• Le sexe du talent
    Sur le talent indéniable de Polanski et le déni de talent fait à Adèle Haenel.


    C’est une réflexion qui m’est venu de la discutions sur le texte de Despentes suite au César du meilleur réalisateur donné à Polanski.
    https://seenthis.net/messages/828405#message828807
    Un texte féministe mentionne que le talent de Polanski est indéniable, et ca m’a fait pensé à pas mal de choses.

    Pour documenté le déni fait au talent d’Adèle Haenel :
    https://sandrine70.wordpress.com/2020/03/01/apres-les-cesar-la-guerre-des-sexes-naura-pas-lieu

    Que Portrait de la jeune fille en feu ait été volontairement boudé, on ne peut finalement guère s’en étonner. Car les César ne se sont jamais vraiment intéressés au cinéma en tant qu’art, plus à son industrie. On regrette juste que parce que c’est un film exigeant, mais aussi parce que c’est un film subversif (montrer l’amour entre femmes et dans l’égalité, c’est bien plus subversif que céder aux sirènes du regard pornographique comme dans « la vie d’Adèle »), il ne puisse être accessible au-delà d’un nombre de personnes qui reste trop restreint.

    Comme je part en hors sujet, je réunis les infos ici.

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    Sur le texte de Lise B pointé par @vanderling
    https://lisefeeministe.wordpress.com/2020/03/02/les-cesar-2020-consacrent-lextraordinaire-impunite-de-roma

    « Les amis de Polanski » nous disent, entre autres, qu’il n’est pas un justiciable ordinaire car c’est un auteur accompli, un grand artiste, créateur d’une œuvre sublime. On peut tout d’abord relever un lien logique suspect entre son talent (qui est indéniable) et le rapport de ce dernier avec la justice criminelle. A écouter ces gens-là, ce talent aurait pour conséquence qu’il serait hors de question de porter un quelconque jugement sur sa consécration ni qu’il perde une journée de plus de sa vie en prison. Mais qui décide de cette utilité sociale extra-ordinaire ?

    Prenons un exemple particulièrement saillant en ce moment : en plein mois de février, quand nous avons froid et que notre chaudière tombe en panne, qui peut se passer d’un bon plombier-chauffagiste ? Nous serions sûrement très fâchées que notre excellent chauffagiste, lui aussi nommé Roman Polanski, aille en prison pour le viol d’une jeune fille de 13 ans précisément en plein hiver, mais la loi est ainsi faite en démocratie que même les professionnels exceptionnels et indispensables sont comme tous les autres citoyens, passibles des mêmes peines pour les mêmes crimes.

    Personne ne parle du talent perdu de ces 12 victimes de Polanski. Si Polanski avait été arrêté pour les 12 viols qu’il a commis, ces films n’auraient pas été fait et on ne s’en serait pas plus mal sorti. Mais le talent (qui est indéniable) de Polanski c’est un talent qui compte car on ne dénie pas le talent des phallopores qu’ils soient cis ou femmes-trans. Le talent qui ne compte pas c’est celui des femmes cis et des hommes-trans, car personne ne parle du talent perdu de ces 12 femmes (et peut être plus) qui s’est peut être perdu à cause de Polanski. Ca me fait pensé à la sœur de Shakespeare dont parle Virginia Woolf. Qui pleur le talent perdu de toutes ces filles et femmes que les hommes détruisent à coup de bite ? Combien de génie au féminin avons nous perdus à cause des violences masculines ? aucune en fait car contrairement au talent de Polanski qui est INDÉNIABLE, le talent des femmes cis et des hommes-trans est toujours DÉNIABLE. Les Césars l’ont montré très clairement à Adèle Haenel et illes le montrent jours après jours aux femmes, d’Alice Guy à Céline Sciamma.

    Il y a aussi cet exemple du talent du plombier chauffagiste ou du boulanger qui serait non reconnu au prétexte qu’il violerait. Ca me fait pensé que pour le talent d’une boulangère ou d’une plombière-chauffagiste on ne se pose même pas la question. Elle n’aura pas besoin de commettre des crimes pour se voire dénier son talent. Il suffit qu’elle ne sois pas belle, qu’elle ne sois pas mère, qu’elle ne sois pas jeune, et son « talent » de boulangère-plombière,chauffagiste ne vaudra pas tripette.
    #déni #talent

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    Un texte féministe sur l’age des femmes et des hommes.
    Je met ce passage en avant, il montre la dénégation des talents des femmes et leur réduction à un objet à visé décorative.

    Dans de nombreuses industries, en tout cas, l’invisibilisation des femmes de plus de 50 ans demeure quasi-systématique. Exemple classique : les médias, et plus particulièrement la télévision. Où sont en effet les équivalents féminins de Michel Drucker, Jean-Pierre Pernaut, Jean-Jacques Bourdin ? (j’aurais pu citer Claire Chazal, si elle ne s’était pas fait évincer par TF1 à l’âge canonique de 58 ans…) Cantonnées à la météo ou condamnées à jouer les chroniqueuses, les femmes dites « mûres » se font discrètes sur le petit écran.

    La réalité n’est-elle pas qu’on les écarte de la scène parce qu’elles portent moins bien la jupe pailletée et le décolleté plongeant qu’une femme de 30 ans ? Parce que le désir qu’elles provoquent est la raison première de leur présence à l’écran, avant même leurs compétences de journaliste et/ou présentatrice ? Parce que les décideurs des chaînes de télévision sont des hommes (de plus de… 50 ans), qui procèdent avant tout en fonction de leurs fantasmes ?

    Au cinéma, la situation est encore plus critique. Les jeunes actrices sont fétichisées, portées aux nues entre 20 et 25 ans, avant de laisser la place à leurs plus jeunes sœurs. Le cimetière du cinéma est plein de ces jeunes espoirs féminins ayant trop tôt disparu, abruptement remplacées par de nouvelles sensations plus jeunes, plus lisses et plus aptes à flatter l’implacable regard masculin.

    Quant aux femmes plus âgées, elles se font rares sur le grand écran. Sur l’ensemble des films français de 2015, seuls 8 % des rôles ont été attribués à des comédiennes de plus de 50 ans. En 2016, c’était 6 %.

    https://egalitaria.fr/2020/02/28/quel-est-le-probleme-avec-lage-des-femmes

    Je vais voir si je trouve la moyenne d’age des meilleur interprètes féminines pour les César, j’ai comme l’impression que leur talents sera en lien avec leur jeunesse.
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    Toujours sur le talent au féminin, une campagne féministe :
    « Fières de nos talents »

    En avant-première du 8 mars 2020, sept associations* et les Éditions iXe lancent la campagne FIÈRES DE NOS TALENTS ET DES MOTS QUI LES DISENT ! Car, au féminin, les noms qui désignent les activités longtemps monopolisées par les hommes continuent d’être mal aimés, ou distordus pour ressembler encore et toujours à des noms masculins .

    Il s’agit d’une carte postale que chaque groupe va diffuser dans ses réseaux, qu’on peut se procurer auprès des Éditions iXe (par 100 exemplaires minimum, au prix de 0,10 € la carte postale) pour les distribuer gratuitement ou les vendre, et dont le visuel est libre de droits : il peut circuler sur les réseaux sociaux.

    Cette campagne fait suite à l’action des diplômées en doctorat de mathématiques de l’Université Lyon 1, qui ont souhaité voir écrit le mot « doctoresse » sur le procès-verbal de leur soutenance et sur leur diplôme, et non celui de « docteur ». Or il s’avère que cette inscription n’est qu’une vieille habitude du temps où les femmes n’étaient pas admises dans les universités. De fait, aucun diplôme ne devrait présenter de titre (ni au féminin, ni au masculin), mais seulement le nom du diplôme lui-même (licence, master, doctorat…).

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    Ca me fait pensé aussi à l’expression Ténor du Barreau, qui ne s’accorde pas au féminin dans une profession ou il y a 50% d’écart de revenus entre les femmes et les hommes.
    Cf : https://seenthis.net/messages/748347

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    Il y a des salons "Talents de femmes" un peu partout en France, les affiches valent leur poids en magazine Jeune et jolie !

    • Un exemple frappant de la différence entre le talent des uns et celui des unes.
      Source ; https://seenthis.net/messages/828828

      Citation du touit d’Olivier Carbone, directeur de casting :

      « Vu mes sources Haenel, tu vas avoir une bonne surprise très prochainement avec une bonne omerta carrière morte bien méritée qui te pend au nez ! »

      « Haenel tu es minuscule par rapport au talent de Roman ! Tu es qui pour avoir le melon et la raconter comme ça face à un monstre vivant ! Tu fous la gerbe »

      Polanski mérite un césar pour les 12 viols qu’il a commis. Il a d’ailleur été nominé 12 fois. Il en a le droit car c’est un monstre sacré. Adèle Haenel mérite l’omerta pour ne pas avoir respecté l’omerta. Elle n’a pas fait la potiche. Et elle a gâcher la fête à neuneud du cinéma bankable. Le Boys club des cocaïnomanes lui promet le châtiment ultime, le Damnatio memoriae et vu ce qu’a voté la communauté française du cinéma aux césar il y a de sérieuses raison de croire qu’une armé de biteux va se déchainé sur elle.

      #grand_homme #boys_club #omerta #backlash #mérite #violences_masculine #violences_économique #damnatio_memoriae

    • Une citation de Lambert Wilson qui me semble assez parlante niveau grandeur masculine et petitesse féminine. Un grand qui pleur sur le crime de lèse-magesté dans une reprise des meilleurs gags de la folie des grandeurs.

      « Et en plus, qu’est-ce qu’on va retenir de la vie de ces gens par rapport à l’ énormité du mythe de Polanski ? Qui sont ces gens ? Ils sont minuscules »

      https://www.ouest-france.fr/culture/polanski-terrorisme-apres-les-cesar-lambert-wilson-denonce-un-lynchage-
      #grand_homme et #petite_femme

    • Pour une critique de l’art contemporain : questions de méthode
      https://blogs.mediapart.fr/antoineidier/blog/060420/pour-une-critique-de-l-art-contemporain-questions-de-methode

      Le champ de l’art contemporain connaît depuis quelques temps un regain de politisation et de contestation interne bienvenu, dans un espace habituellement pauvre en dissensus et en confrontation. Si ce n’est que le diagnostic global, en des termes purement économiques – une dénonciation du « marché », du « capitalisme », de « l’art et l’argent » ou d’une « entreprise culture » –, fait fausse route.

      Je pense notamment à plusieurs ouvrages parus depuis 2017, à diverses publications, ainsi qu’à des mobilisations majeures qui ont eu lieu ces derniers mois – notamment contre la réforme des retraites, autour du mouvement « L’art en grève », par des interventions sur la rémunération ou les conditions de travail, etc. Il n’y a évidemment aucun doute quant à l’importance et la nécessité de ces mobilisations, et quant à l’importance et la nécessité de les soutenir, en particulier dans un secteur où il y a habituellement peu de mobilisations collectives. Il y a même urgence à se préoccuper de la situation économique du champ de l’art : pour nombre de ses acteurs, en premier lieu les artistes, une préoccupation quotidienne est de réussir à payer leur loyer, à se nourrir et à pourvoir à des besoins immédiats. La question a encore plus d’acuité en pleine crise du Covid19 qui prive les indépendants de revenus sans possibilité de compensation.

      Mais il s’agit aussi de formuler une critique « de gauche » et d’adresser des questions aux mouvements dont ces mobilisations sont parties prenantes. Pour le dire simplement : c’est faire erreur – et se mentir collectivement – que de prendre comme point de départ l’hypothèse selon laquelle la situation actuelle du champ de l’art s’explique par sa soumission à l’argent, au marché et au capitalisme, et que cette soumission détermine toutes les conditions de possibilité à l’intérieur du champ.

      Ces derniers mois, j’ai parfois été très étonné de voir des individus particulièrement mobilisés alors que, par ailleurs, leur travail artistique est très conforme aux attentes dominantes du champ et très peu politisé – pour le dire rapidement, c’est un travail « formel » ou « formaliste », avec un discours et des considérations très esthétiques –, une forme typique d’habitus clivé comme le dit Geoffroy de Lagasnerie dans son intervention au Conservatoire de Paris (1). Comme s’ils opéraient une dichotomie très nette entre un engagement politique et une production artistique. Et comme si leur critique de l’art pouvait laisser de côté leur propre travail et leurs propres engagements esthétiques.

      À limite, il sera aisé de communier contre le marché et les fondations avec quelqu’un avec lequel on n’est artistiquement en accord sur rien, voire dont on pense le travail foncièrement réactionnaire. Dans les écoles d’art, pourtant souvent traversées par de vives tensions et de vrais désaccords esthétiques, il y a souvent un unanimisme suspect pour bannir tout enseignement des mécanismes économiques et du marché – quand bien même on pourrait penser que maîtriser les catégories conceptuelles de l’économie permet aussi d’en faire une critique plus efficace et d’en subvertir les dispositifs, et que tous les étudiants ne sont pas égaux dans la maîtrise de ces dispositions.

      En outre, à gauche de l’art, on discute bien peu d’esthétique, et des valeurs esthétiques dominantes. C’est aussi qu’est évacuée toute discussion symbolique. On le sait, un des principes de base de la valeur artistique (la valeur d’un travail artistique, d’une œuvre d’art, du nom d’un artiste) est sa double valeur, tant « symbolique » – c’est-à-dire que l’art est reconnu comme tel, et qu’une contribution est reconnue comme importante, contemporaine, en résonance avec les préoccupations d’une époque, légitimée aux yeux des acteurs du champ, etc. –, qu’« économique » – c’est-à-dire sa valeur sur le marché, son évaluation monétaire, sa cote.

      C’est un problème ancien, notamment investi par la sociologie de la culture élaborée par Pierre Bourdieu : une critique qui se soucie principalement du marché (oubliant, par ailleurs, que « le marché » n’existe pas : il y a des marchés et des acteurs économiques très différents) ou des mécanismes économiques laisse totalement de côté le symbolique et la légitimité artistiques. Elle ne se demande pas : qui produit les artistes et les acteurs du champ de l’art ? Quelles sont les valeurs artistiques dominantes, quel est l’art légitime, quel type d’art est produit, montré, valorisé par les institutions du champ (centres d’art, musées, galeries, etc.) ? Où est le pouvoir qui détermine quel est l’art d’aujourd’hui et qu’est-ce que ce pouvoir consacre ? La critique du champ de l’art doit aussi et avant tout prendre en compte le symbolique et la production de la légitimité.

      Bien sûr, il ne fait aucun doute que l’action des fondations – ou plutôt de certaines fondations – pose de graves problèmes. Notamment du fait d’un déplacement et d’une concentration du pouvoir dans les mains de quelques acteurs et d’une perte d’autonomie de l’artistique par rapport à l’économique. La Fondation Louis Vuitton en est un très bon exemple : elle est devenue si puissante qu’elle peut obtenir ce qu’elle veut, par exemple, de la part de musées dépendants du mécénat, des prêts de toiles précieuses et d’ordinaire rarement prêtées – comme, en 2015, Le Cri que le Musée Munch d’Oslo refuse de faire voyager depuis le début des années 2002 –, ou l’élaboration d’un protocole diplomatique permettant de faire venir la collection Chtchoukine en 2016, objet d’un conflit avec des héritiers du collectionneurs (3).

      Mais, monstre économique, la Fondation est aussi un poids lourd symbolique : il est indéniable que, sur des critères proprement esthétiques et artistiques, il s’y passe des choses importantes et reconnues ; et c’est notamment une des forces de la fondation d’avoir constitué son équipe actuelle en faisant venir des personnalités consacrées et à leur tour consacrantes (en l’occurrence, les anciennes équipes du Musée d’art moderne de la Ville de Paris).

      Les lieux de pouvoir

      Il ne faut pas se leurrer non plus : l’argent du mécénat pose lui aussi de nombreux problèmes. D’une part, son poids accru, la réduction des financements publics et l’obligation de trouver de l’argent ailleurs (« il faut développer les ressources propres », dit-on de manière euphémisée) créent de fait une perte d’autonomie et une dépendance. D’autre part, comme la Cour des comptes le soulignait très clairement en 2018 (et, plus tard, le scandale de l’incendie de Notre-Dame), le principe de défiscalisation du mécénat conduit à ce que l’argent public sert à faire des bénéfices privés et est capté par quelques très grands mécènes.

      Mais, à mal localiser le pouvoir, on en situe mal la critique. Le pouvoir n’est pas exclusivement à la frontière entre le seizième arrondissement de Paris et Neuilly. Il est aussi en plein cœur de la capitale : le Centre Pompidou, institution publique, est aujourd’hui un des lieux les plus puissants de l’art français.

      Il est frappant de voir que le champ de l’art est si peu porté à se demander pourquoi un artiste ou un travail artistique existe et se voit accorder de l’intérêt : non pas parce que cet artiste ou son travail est doté d’une force esthétique en soi, mais parce que les autres – en l’occurrence ceux qui ont le pouvoir de décider de cela – le reconnaissent comme ayant une force esthétique. Je pense souvent à cette formule de Michel Journiac : « Greco a disparu pendant deux siècles ; [Maurice] Barrès l’a fait ressusciter. (4) »

      Or, précisément, le Centre Pompidou est un des lieux majeurs de la consécration. Dans un marché symbolique qui fonctionne par accumulation de la valeur (en schématisant : pour un artiste, quelques pièces exposées dans des petits centres d’art rendent alors possible l’achat d’une œuvre par un Fonds régional d’art contemporain, achat qui justifie alors une exposition dans un musée important en région, laquelle peut justifier l’achat d’une pièce par le Fonds national d’art contemporain, etc.), au sommet de la pyramide, quelques lieux dont le Centre Pompidou donnent le la de la raison artistique. Quand un artiste a une monographie à Beaubourg, c’est parce qu’il est un grand artiste… mais il est aussi un grand artiste parce qu’il a eu une monographie à Beaubourg. (Ce qui donne lieu à des règles tacites : un artiste qui a une exposition solo dans une grande institution parisienne sait qu’il n’aura pas tout de suite d’exposition à Beaubourg ; donc celui qui attend Beaubourg sait qu’il ne doit pas accepter une grande exposition monographique ailleurs dans la capitale.)

      Le Centre Pompidou est aussi une puissance instance de consécration pour le public, y compris le plus éloigné du cœur du champ, du fait de sa force de frappe en nombre de visiteurs. Là où, en des étapes antérieures, tel FRAC ou tel musée départemental, reconnus pour le goût sûr de ceux qui y officient mais avec un public moindre, ont plutôt un effet prescripteur pour le cœur du champ (les « professionnels »), Beaubourg touche largement (le « grand public » – en tout cas, le grand public suffisamment doté socialement pour mettre les pieds à Beaubourg, ce qui est bien sûr très loin du grand public), en tant que lieu au puissant pouvoir de prescription.

      Quand je participais au jury d’admission de l’école d’arts de Paris-Cergy, où un nombre important de candidats non-parisiens (et parfois très éloignés de Paris), de 18-20 ans, se présentaient, nous leur demandions souvent : « quelle exposition marquante avez-vous vu récemment ? » « quel artiste vous a touché ? ». Le plus souvent, la réponse était une des grosses expoitions parisiennes de Beaubourg ou du Palais de Tokyo. La question, en fait, est stupide : par un effet de l’examen, la réponse est rarement spontanée, mais celle qui apparaît comme attendue (elle ne dit pas grand-chose des goûts de la personne qui répond, mais plutôt des attentes qu’il perçoit chez ses interlocuteurs – des profs d’une grande école parisienne). Mais, en discutant avec eux, nous nous apercevions aussi qu’ils avaient vu l’exposition la veille : du fait de la centralisation culturelle, profitant du séjour à Paris, ils allaient voir quelques unes des expos « importantes » du moment – Beaubourg ou le Palais de Tokyo étaient un des points de passage obligés. C’est ainsi que se forme un large « goût » artistique.

      Le problème de Beaubourg, ce n’est alors pas qu’il est soumis au marché, mais que l’esthétique qu’il promeut est largement discutable. Où sont les expositions des artistes femmes ? Le ratio, pour les grandes expositions monographiques, est actuellement de quatre pour une : en 2019, Vasalery, Bernard Frize, Francis Bacon, Christian Boltanski… et Dora Maar ; en 2018 : César, David Goldblatt, Chagall/Lissitzky/Malevitch, Franz West… et Sheila Hicks (sans même rentrer dans le détail des expositions thématiques collectives). Où sont les artistes non-blancs ? Quelle est la place accordée aux questions politiques, aux mouvements sociaux, au féminisme, à la sexualité, à l’antiracisme, au postcolonialisme (5) ? Il faudrait aussi analyser les hiérarchies internes et la répartition des espaces : quand une très belle exposition a lieu sur l’histoire de la photographie sociale engagée (mais, d’ailleurs, sur l’histoire, pas sur le présent de la photographie engagée – « Photographie, arme de classe », 2018-2019), c’est au sous-sol, dans un espace réduit, gratuit, etc. (c’est-à-dire l’exposition qu’on visite « en plus », rapidement, fatigué de la grosse exposition payante que l’on vient de voir).

      Qui en est responsable ? Ce ne sont pas les galeries ou les fondations, mais bien la présidence et la direction, les conservateurs qui élaborent le programme, la conception qu’ils se font de ce que le Centre doit exposer… mais aussi, plus fondamentalement, toute l’histoire qui a produit comme artistes et art consacrés ceux qui sont montrés. Beaubourg, en tant qu’ultime étage de la pyramide, condense à la fois l’histoire présente, passée et future du champ de l’art : pour être à la hauteur de sa réputation en même temps qu’il s’agit de la conserver, Beaubourg ne peut montrer que des travaux ou des artistes que les étages juste en-dessous ont suffisamment reconnus comme légitimes. Une expo à Beaubourg met à la fois en jeu Beaubourg lui-même, mais aussi tous les échelons intermédiaires et antérieurs de la consécration qui rendent possible l’exposition à Beaubourg. Et la dépolitisation, l’esthétique esthétisante, le formalisme qui globalement caractérisent Beaubourg, sont au fond les symptômes des tendances dominantes de l’art français.

      Prenons un autre lieu de production de capital symbolique : la Biennale de Venise, à la consécration tant internationale (être exposé à la Biennale, c’est intégrer un certain niveau de l’art international) que nationale (pour l’artiste choisi qui « représente » la France). Or la programmation du Pavillon Français est une pure décision de l’autorité publique (Ministère de la culture et Ministère des affaires étrangères), selon un processus plus ou moins opaque, qui varie selon les années, mais qui a associé, pour les derniers choix, un comité de sélection composé de personnalités des plus légitimes et des plus reconnues du champ, comité dans lequel tant les institutions publiques que le corps des conservateurs du patrimoine, fonctionnaires de la culture, étaient loin d’être sous-représentés. Or, les choix des artistes ces dernières années sont très conformes aux attentes dominantes du champ de l’art français, et aux choix opérés par les institutions publiques : il suffit de regarder même rapidement les CV des artistes retenus pour les trois dernières biennales pour voir qu’ils sont passés par certain nombre de lieux publics, lesquels ont concouru à légitimer ces artistes selon une forme de cursus honorum des prestiges. Quant à la grande exposition de la Biennale, cible de nombreuses critiques, elle était confiée en 2017 à une conservatrice en chef du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, et pure produit des institutions culturelles publiques françaises.

      C’est pour cela qu’accuser le seul marché revient à occulter l’ensemble de la production de la légitimé, dont le marché n’est que très partiellement partie prenante (c’est évacuer, aussi, que le « marché » permet à certains d’exister parce qu’un autre système – par exemple un circuit de reconnaissance plus « institutionnel » – ne leur permettrait pas, pour une raison ou pour une autre). Ce sont les expositions, les critiques, les aides et bourses, les acquisitions dans des collections publiques – pour un artiste, avoir une œuvre dans une de ces collections, c’est signifier à ses interlocuteurs futurs que d’autres avant eux ont jugé votre travail digne d’intérêt. D’ailleurs, quand on discute avec celles et ceux qui gèrent ces collections, ils peuvent être tout à fait lucides rétrospectivement sur les lacunes qu’elles présentent (des lacunes inhérentes à l’existence même d’une collection) : absences parfois criantes, sur-représentations qui a posteriori semblent incompréhensibles. Le goût se révise au fur et à mesure que l’histoire s’écrit, mais le goût s’invente également au quotidien par l’accumulation de ces légitimations symboliques.

      En fait, le symbolique est précisément la condition de l’économique : si une institution peut se permettre de ne pas payer l’artiste qu’elle expose (ça marche également pour une galerie qui escroque son artiste), c’est parce qu’elle sait très bien que le capital symbolique qu’elle lui apporte, ainsi que la promesse d’un profit encore plus grand à l’avenir, rendu possible par cet apport initial de capital, l’emportera sur l’absence d’argent.

      Les profits de l’irresponsabilité

      L’avantage de dénoncer le seul marché, c’est qu’il n’y aura personne pour vous contredire tant c’est le discours le plus convenu, et peut-être le plus satisfait de soi-même. Au moment de la parution de La Distinction, dans un entretien avec Didier Eribon, Pierre Bourdieu expliquait que « les intellectuels ont intérêt à l’économisme qui, en réduisant tous les phénomènes sociaux et en particulier les phénomènes d’échange à leur dimension économique, leur permet de ne pas se mettre en jeu » (6). Je remplacerai volontiers « intellectuels » par « acteurs du champ de l’art ». La critique du seul marché a une fonction sociale très précise : renvoyer à une entité abstraite, extérieure (et, par ailleurs, grossière, faisant fi des hiérarchies entre le petit galeriste parisien et la galerie internationale, etc.), permet d’évacuer la question du fonctionnement global du champ, de tous les échelons du pouvoir, de sa propre contribution et des hiérarchies desquelles on est soi-même, inévitablement, partie prenante.

      Ainsi, il reste à faire une analyse véritablement critique du champ de l’art, de ce qu’il produit artistiquement, de son fonctionnement et de l’idéologie artistique dominante qui le justifie. Personne ne vous reprochera de dénoncer le marché ou l’argent, c’est une des positions les moins exposées. C’est plus facile – et moins coûteux en termes de profit symbolique – de dénoncer le marché de l’art que, pour un artiste, se demander quelles œuvres d’art il produit ; pour un enseignant en école d’art, se demander ce qu’il enseigne ou comment il enseigne ; pour un commissaire, quels artistes il expose ; pour un critique, quels artistes il soutient ; pour un directeur de FRAC, à quels artistes il achète des œuvres ; pour quelqu’un qui siège dans une commission, quel type de décisions et quelles légitimités produit cette commission, etc. Discuter des conditions de production sans discuter de la production elle-même n’est pas un gage de progressisme.

      À l’automne dernier, une journaliste influente et considérée comme une voix dissonante pouvait se réjouir d’un « choix radical », celui de ne pas faire figurer de cartel explicatif dans l’exposition Francis Bacon du Centre Pompidou. « Comme s’il fallait tout contextualiser, tout historiciser, tout asséner », écrivait-elle, « et dissiper à coup de références le mystère de la création » (7). Choix le moins radical qu’il soit, et le plus conforme à une pensée bourgeoise magique du génie artistique qui pénètre et transporte naturellement le visiteur : le « mystère de création » n’est pleinement saisissable que par celles et ceux qui ont les compétences et les dispositions esthétiques pour le lire, lesquelles sont avant tout des compétences et des dispositions sociales.

      Il ne s’agit pas de procéder à une dénonciation nominative (encore que, parfois…), mais une critique des habitus et des inconscients, et de leurs effets concrets dans la production artistique contemporaine. J’ai beaucoup parlé de Beaubourg : ceux qui y décident sont principalement des conservateurs de musée, devenus membres d’un corps à la suite d’un concours extrêmement sélectif, dont la critique est relativement banale. Tant la formation (il est courant dans le milieu de se moquer des cours et des examens « sur diapositive » de l’École du Louvre, voie royale pour devenir conservateur, où il s’agit de savoir identifier de mémoire des œuvres à partir de leur reproduction) que les modalités de sélection des conservateurs (une des épreuves phares du concours consiste à reconnaître et commenter quatre reproductions, sans titre, sans auteur, sans date et sans légende) définissent un profil et une relative uniformité des catégories de jugement et des critères de la perception esthétique – sans compter l’homogénéité sociale qui caractérise le milieu.

      Mais il y a aussi les écoles d’art : qui les dirige, qui y enseigne, avec quel enseignement, quels étudiants sont sélectionnés, avec quelles qualités attendues, et quels étudiants en sortent ? Quand je travaillais à l’école de Paris-Cergy, nous avons eu de nombreuses discussions sur l’enseignement de l’histoire de l’art : dans une école qui se voulait « expérimentale » ou « pratique », au fil des années les cours d’histoire de l’art se trouvaient réduits à la portion congrue, perçus comme des vestiges de l’académisme et de la vieille pédagogie, magistraux, descendants, incapables de couvrir l’ensemble des intérêts des étudiants, etc. Nous étions parfois prêts à croire qu’il fallait laisser les étudiants aller librement vers les références historiques qui les aideraient, que leur « créativité » les guiderait… mais cette inclinaison ne faisait que ratifier l’écart entre ceux qui disposaient déjà d’une culture historique et artistique (par leur famille, leur milieu), et ceux qui n’en avaient pas. Et ce n’est qu’une des croyances dont les écoles d’art sont traversées. Lesquelles ne sont que des acteurs parmi d’autres – avec les critiques, les commissaires, les institutions, – DRAC, FRAC, centres d’art, musée… ainsi que les fondations, les galeries, les prix, les bourses, etc.

      S’il y a un lieu commun des interventions qui se veulent critiques sur l’art, c’est dans l’usage du terme « fétichisation ». Mais s’il y a en effet fétichisation, c’est-à-dire un effacement des conditions sociales de production, c’est bien une fétichisation symbolique : l’art consacré est le produit de tout un système, d’un champ entier et d’un ensemble d’acteurs mus par certain nombre de croyances et de représentations. En circonscrire l’analyse, c’est circonscrire la possibilité de le transformer réellement.

      (1). « Penser (l’art) dans un monde mauvais », 12 octobre 2018, https://www.youtube.com/watch?v=FH5liBXAMIY

      (2) Roxana Azimi, « La Fondation Vuitton à pied d’œuvres », Le Monde, 3 avril 2015, https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/04/03/la-fondation-vuitton-a-pied-d-uvres_4608406_4497186.html ; Harry Bellet et Roxana Azimi, « Chtchoukine : comment Vuitton a mis (presque) tout le monde dans sa poche », Le Monde, 22 octobre 2016, https://www.lemonde.fr/arts/article/2016/10/22/chtchoukine-comment-vuitton-a-mis-presque-tout-le-monde-dans-sa-poche_501860

      (4) Michel Journiac, Écrits, 2013, p. 156. Soit dit en passant : si Barrès redécouvre Le Greco – et donc si Le Greco existe pour nous aujourd’hui –, c’est aussi à travers l’obsession de Barrès pour les « Arabes » et les « Juifs », pour les traces de « la plus belle lutte du romanisme et du sémitisme » (Greco ou le secret de Tolède)

      (5) Sur l’homosexualité, cf. mon texte « Démonstration de respectabilité : Pureté d’Hockney et Twombly au Centre Pompidou », Diacritik, 20 juillet 2017, https://diacritik.com/2017/07/20/demonstration-de-respectabilite-purete-dhockney-et-twombly-au-centre-pomp

      (6) Pierre Bourdieu, « L’art de résister aux paroles », Questions de sociologie, 2002, p. 10.

      (7) Roxana Azimi, « Le paradoxe du cartel », Le Quotidien de l’art, 12 septembre 2019, https://www.lequotidiendelart.com/articles/15958-le-paradoxe-du-cartel.html

    • Penser (l’art) dans un monde mauvais
      https://www.youtube.com/watch?v=FH5liBXAMIY


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      Les transclasses ou l’illusion du mérite par Chantal Jaquet
      https://www.youtube.com/watch?v=BwoLZgwZxLI

      « Quand on veut, on peut ».. pas vraiment pour la philosophe Chantal Jaquet pour qui le mérite est une pure construction politique destinée à conforter l’ordre social. Car en insistant sur les capacités personnelles des individus, l’État se dédouane de ses responsabilité collectives. Chantal Jaquet , philosophe et directrice du Centre d’Histoire des Philosophies modernes de la Sorbonne, a popularisé le terme de « transclasses » dans ses derniers ouvrages. Un mot qui désigne à la fois une réalité sociale mais aussi une construction politique, celle de la méritocratie.

  • #Sexisme, « #boys_club » et #plafond_de_verre : les #universités suisses continuent de sacrifier les #femmes

    Cet article fait partie de notre dossier sur la grève des femmes, publié le 14 juin dernier. Nous le republions à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science qui se tient ce 11 février 2020.

    L’université reste un bastion masculin en 2019. Si au niveau bachelor et master, la Suisse atteint la parité – et même une légère majorité de femmes ! –, c’est loin d’être le cas lorsque l’on monte dans la hiérarchie académique. Le pays ne compte que 22,8% de professeures, alors que la Conférence des recteurs avait fixé l’objectif de 25% pour… 2012.

    Pourquoi c’est grave. Ce phénomène appelé leaky pipeline représente une immense perte de compétences pour la recherche. Une fuite des cerveaux vers d’autres carrières, en quelque sorte.

    Dans un contexte de concurrence féroce pour faire preuve d’excellence et attirer les meilleurs chercheurs, mais aussi d’augmentation de la population estudiantine, et donc des besoins en enseignement, il s’agit pour les universités d’un enjeu majeur.

    Les chiffres qui fâchent.

    La Suisse comptait 22,8% de professeures en 2017, selon les dernières données disponibles de l’Office fédéral de la statistique.

    À titre de comparaison, en Europe, la Roumanie arrive en tête, avec 54,3% en 2016, et Chypre ferme la marche avec 13%. La Suisse se place légèrement en-dessous de la moyenne européenne, qui se situe à 23,7%.

    La faible part de professeures varie d’une discipline à l’autre. Elle est particulièrement marquée dans les sciences exactes et naturelles (14,6%), les sciences techniques (15,7%) et les sciences économiques (17,6%).

    De grandes différences existent aussi entre les institutions, comme le montre notre graphique. L’Université de Lucerne compte 33,8% de professeures. Elle est suivie par le Graduate Institute de Genève (31,3%) et l’Université de Neuchâtel (28,8%). Les EPF se situent en bas du tableau, avec un taux de 14,4% pour Zurich et de 15,6% pour Lausanne.

    Un problème ancien. La prise de conscience ne date pourtant pas d’hier.

    Depuis 2000, les universités ont reçu 65 millions de francs de la Confédération pour développer l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. S’ajoutent à cela 12 millions supplémentaires pour la période 2017-2020. Ces montants ont par ailleurs été complétés par des sommes au moins équivalentes venant des universités elles-mêmes. De son côté, le FNS dispose aussi d’instruments pour soutenir les femmes qui font carrière dans la recherche.

    Les programmes fédéraux ont ancré la problématique dans les universités et permis de prendre des mesures concrètes, comme la création de bureaux de l’égalité, le lancement de programmes de mentorat et de sensibilisation, la présence de délégués à l’égalité dans les commissions de nominations ou encore l’ouverture de crèches.

    Pourtant, même si l’on revient de loin – moins de 10% de professeures en 2000 –, force est de constater que les changements sont très lents.

    Un épais plafond de verre. Une étude de la chercheuse en psychologie sociale Klea Faniko s’est penchée sur les obstacles à la progression des chercheuses à l’Université de Genève. Elle conclut que les barrières ne viennent pas des femmes elles-mêmes, qui se montrent tout aussi motivées et investies dans leur carrière que les hommes. Les freins se situent donc dans l’environnement.

    L’université est profondément imprégnée de préjugés sexistes : blagues sur les compétences des femmes, interpellations de type « ma petite » ou « ma mignonne », parole plus fréquemment coupée dans les réunions, tâches administratives confiées à des assistantes plutôt qu’à des assistants : Ces attitudes dévalorisent les chercheuses et constitue un obstacle à leur progression professionnelle. Klea Faniko commente :

    « Dans la mesure où l’université réunit des personnes cultivées, avec un haut niveau de formation, on s’attend à trouver moins de sexisme, de racisme ou d’homophobie que dans le reste de la société, mais ce n’est pas le cas. »

    L’université est encore largement un « boys’ club », où les hommes s’entraident davantage. L’étude constate ainsi une disparité de traitement entre les femmes et les hommes de la part de la hiérarchie. Plus les chercheuses avancent dans leur carrière, moins elles se voient soutenues.

    Le système académique est hostile envers la maternité. Devenir parent n’a pas le même impact pour les chercheuses que pour les chercheurs. Pour les premières, on considère plus facilement que leurs priorités vont changer et que leur motivation va baisser.

    Pourquoi le changement est si lent. Un rapport d’évaluation des programmes fédéraux publié en 2018 par le SEFRI, note que les universités se sont longtemps montrées « très réticentes » à établir des objectifs chiffrés. Les auteurs constatent que les buts fédéraux concernant le nombre de professeures sont restés une indication « très abstraite » au sein des institutions, et les mesures concrètes pour y parvenir « largement floues ».

    Julia Nentwich, professeure en psychologie des organisations à l’Université de St-Gall, a étudié les mesures fédérales. Selon elle, il a fallu près de 15 ans pour que les bureaux de l’égalité des universités parviennent à acquérir la légitimité nécessaire pour agir dans les processus nominations, qui étaient historiquement du ressort des facultés. « Il y a très peu de management top-down dans les universités. Pour provoquer des changements, il faut que tout le monde adhère au même discours. »

    Même si les directions d’université se montrent pro-active, cela ne suffit souvent pas. L’implémentation des conseils et programmes des bureaux de l’égalité restent dépendants des personnes qui ont le pouvoir de faire changer les choses à l’intérieur des facultés. Et il n’y a pas assez de pression sur ces dernières, indique Manuela Hugentobler, chercheuse de l’Université de Berne à l’origine du « Manifeste académique pour la grève des femmes ». Elle donne un exemple :

    « L’Université de Berne a mis en place un guide sur le langage inclusif. Mais ces recommandations ne sont pas vraiment mises en œuvre car, dans les facultés, rares sont les personnes qui y prêtent attention. »

    Les mesures mises en place sous l’impulsion de la Confédération ont par ailleurs longtemps consisté à adapter les femmes à une structure masculine, avec des instruments pour démystifier les carrières, des programmes d’encouragement, du mentorat ou des subsides.

    Carine Carvalho, déléguée à l’égalité de l’Université de Lausanne :

    « On a voulu augmenter les chances des chercheuses d’évoluer dans un système que l’on n’a pas remis en question. Ces mesures ont eu des effets très positifs sur certains parcours individuels, mais ils ne suffisent pas pour atteindre la parité. »

    Les délégués à l’égalité des universités ont entamé une importante réflexion sur la précarité des carrières académiques, qui décourage davantage les femmes que les hommes, avec le passage du post-doctorat au premier poste fixe comme enjeu principal.

    Dans la même optique, Julia Nentwich, de l’Université de St-Gall, propose une solution radicale :

    « Le plus efficace pour réparer le leaky pipeline serait de supprimer les fonctions dans lesquelles il n’y a pas assez de femmes, en l’occurrence celle de professeur ordinaire, et de réorganiser les facultés sans ces royaumes qui concentrent beaucoup de pouvoir et d’argent. »

    Dernier point important, l’université dépend aussi du cadre général en Suisse. Le manque de volonté politique à intégrer les femmes dans le marché du travail, caractérisé par l’absence de congé paternité et une pénurie de solutions de garde pour les jeunes enfants, constitue indéniablement un frein.

    Les revendications actuelles. De nombreuses chercheuses réclament aujourd’hui des mesures fortes. Dans une lettre ouverte, la Conférence des déléguées à l’égalité auprès des universités et hautes écoles polytechniques demande que chaque université engage au moins 50% de femmes dans les fonctions académiques et que le financement des institutions soit lié à leur performance en matière d’égalité.

    Le « Manifeste académique pour la grève des femmes », signé par plus de 1500 scientifiques, comprend 20 demandes. Il exige en premier lieu 50% de nominations de professeures dans toutes les disciplines et 50% de femmes dans les positions dirigeantes jusqu’à obtention de la parité, ainsi que la transparence salariale.

    La suite. Dans la stratégie 2021-2024 de Swissuniversities, l’égalité entre hommes et femmes ne figure plus comme programme fédéral à part entière. La thématique sera probablement intégrée à un volet qui porte sur la diversité au sens large, et recevra donc beaucoup moins de financements qu’au cours de ces vingt dernières années.

    Plus que jamais, la balle est dans le camp des universités.

    https://www.heidi.news/articles/egalite-dans-les-universites-pourquoi-la-suisse-n-atteint-pas-ses-objectifs
    #inégalités #discrimination #université #Suisse #statistiques #chiffres #hommes

    –-> Article paru en juin 2019, republié à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science qui se tient ce 11 février 2020.

  • Témoignage Twitter sur les #boys_club à l’école des Gobelins, par Kelsi Phụng.

    #Racisme #Queerphobies #Gaslighting #Cinéma_d'Animation

    Storytime.

    J’ai besoin de parler des dynamiques qui m’ont traumatisé-e pendant 4 ans d’études au sein des Gobelins, dans une classe remplie de personnes cis blanches avec lesquelles je n’avais aucunement ma place.

    J’ai besoin d’en parler parce que j’ai la nausée rien qu’à l’idée de croiser une personne qui m’a traumatisé-e au sein de ma promotion et qui vient de mettre les pieds pour la semaine dans la petite ville dans laquelle je réside actuellement. Une parmi tant d’autres, dans une classe remplie de personnes cis blanches qui m’ont enfoncé-e pendant 4 ans dans une dépression dont je ne suis pas sorti-e. Des dynamiques qui m’ont tellement bouffé-e de l’intérieur que je n’ai jamais eu le courage d’en extérioriser les ressorts.

    Quand je suis arrivé-e aux Gobelins, j’avais beaucoup d’espoir et d’ambition. Je pensais pouvoir échanger avec des personnes talentueuses et ouvertes d’esprit, dans un milieu qu’on considère comme artistique alors qu’il se rapproche plus, en réalité, d’une industrie compétitive, individualiste et écrasante des plus faibles. Les plus faibles, c’est les personnes qui n’arrivent pas à s’intégrer à la majorité active : les boys clubs.

    Les boys clubs sont d’une efficacité remarquable : ils ont le temps de balancer des blagues misogynes, racistes et homophobes et de bosser selon ce qu’on exige d’eux. Les plus faibles, les minorités, reçoivent, que ça leur soit adressé ou non, les propos qui les dénigrent de plein fouet. C’est la charge mentale des minorités. Et laissez-moi vous dire que je me la suis farcie à chaque minute passée dans ma classe.

    Quand j’ai eu le malheur (oui, le malheur) de rapporter l’impact de ces dynamiques aux personnes en charge de la coordination de nos classes, on m’a demandé de : faire des efforts. De leur faire confiance. D’accepter de RIRE avec eux.

    J’ai commencé cette école en 2014. Je n’avais pas Twitter. Je n’avais pas de référent-e queer racisé-e engagé-e. Pas d’exemples. Je ne savais pas quelle était ma légitimité à l’ouvrir. Je ne connaissais pas le fabuleux travail de @Napilicaio.

    J’ai donc ravalé ce que je croyais (littéralement) être ma “fierté”. Je devais leur accorder leur chance. Alors j’ai rassemblé mon courage malgré ma fatigue. Je leur ai proposé d’aller voir ensemble des films qui pouvaient peut être les aider à ouvrir leur regard sur nos vies. Et j’ai cru que ça allait marcher. Mais leur retour sur un biopic qui mettait en scène un protagoniste homosexuel m’a glacé-e. Ils l’ont résumé à un film “avec des bites qui claquent” tout du long, pas à même d’être critiqué selon son histoire.
    Là, j’ai compris que je mettais les pieds en enfer. Les semaines s’enchaînent. Je débarque dans la classe et j’en entends un gueuler une trentaine de fois par jour “Faggot !”. C’est sa nouvelle expression préférée.

    A longueur de journée, ils dénigrent les femmes, les homosexuel-les, les personnes racisées. Ils se cherchent “une meuf”. Quelle qu’elle soit. Ils veulent pécho. Il paraît qu’en section photo, “elles sont grave bonnes”. “Sauf elle, pourquoi elle a atterri là, elle”. Leur fond d’écran : des femmes hypersexualisées, en maillot de bain. J’essaie de les sensibiliser, puisqu’il paraît que c’est mon rôle : essayer de m’intégrer, ouvrir le dialogue. Je leur parle d’homophobie, je leur parle de slutshaming, je leur parle d’hypersexualisation.

    Je les vois déshumaniser une de mes camarades. Elle se fait convoquer. On lui demande pourquoi elle porte des vêtements “trop courts”. Elle se défend. Mais on doit s’intégrer, après tout, ils ont l’air de bien rigoler.
    Dans l’œil de l’équipe pédagogique, c’est ceux qu’on entend le plus fort, qui réussissent le mieux les exercices, qui savent rigoler, venir en cours à l’heure et avec le sourire, à qui on doit l’ambiance merveilleuse qu’ils semblent propager.

    Je me dis que j’ai un problème. Que ça doit pas être si grave de les entendre dire que “c’est trop gay”, ils doivent pas en connaître beaucoup des gays. Alors en soirée, j’essaie de jouer leur jeu, je raconte mes aventures, comme eux viennent de le faire.
    On me dit “Ew, commence pas à raconter ça”. Je me tais. Un autre soir, il y en a un qui demande des conseils par rapport à son couple à notre table. Ah, pardon ! Je dois la fermer, je suis pédé-e, j’ai failli oublier !

    Heureusement, dans ma classe, il y avait des meufs qui se considéraient #féministes. Heureusement, dans ma classe, il y avait des meufs blanches hétérosexuelles qui se considéraient féministes. Alors je leur dis que c’est homophobe. Je leur dis que je n’en peux plus de ces piques à longueur de journée. Alors elles demandent au boys club “Mais ça va, non, c’était pas méchant ?” et le boys club leur répond “Mais clair, faut pas abuser”.

    Heureusement, dans ma classe, il y avait des meufs blanches hétérosexuelles féministes. Heureusement parce que sinon, je n’aurais pas compris qu’il fallait que je pardonne les “bêtises” qu’exprime le boys club chaque jour : c’est de l’ignorance, il paraît !
    Alors j’accepte ce postulat. De l’ignorance ? Mais les ressources et les mots que je leur apporte sur un plateau, est-ce que ça les laisse toujours dans l’ignorance ? Après tout, il y a des luttes plus importantes, alors je me laisse m’effacer.
    Alors on parle. On parle d’écologie, avec mes amies blanches hétérosexuelles féministes. Alors on parle. Alors on parle et puis un jour je découvre des personnes queer racisées sur les réseaux.

    Alors on parle et pendant qu’on parle je découvre grâce aux réseaux que je suis non-binaire. Alors on parle et pendant qu’on parle je découvre grâce aux réseaux que j’ai le droit de ne pas me laisser marcher sur les pieds.
    Alors on parle et pendant qu’on parle je leur demande si on ne pourrait pas se passer de la projection d’un film qui a remplacé volontairement ses protagonistes asiatiques par des personnes blanches.
    Alors on me dit d’arrêter de parler, que je vais peut-être trop loin. Alors plus tard on parle d’autre chose mais j’en reparle, de mon intérêt pour mon histoire, de mon intérêt pour comprendre les rouages de la #colonisation qu’a vécue ma famille.

    Alors on parle et un jour avec une de mes amies blanches hétérosexuelles féministes, on regarde un documentaire sur le génocide des Khmers Rouges et à son issue, elle me dit que ce visionnage lui a donné envie de manger thaï.

    Alors j’ai envie de craquer, j’ai envie de pleurer. Mais je me dis qu’elle ne prendra pas bien ma colère ou les pleurs que je n’arrive plus depuis longtemps à faire sortir de mon corps. Alors je prends un temps et je lui explique qu’elle ne peut pas dire ça.
    Je lui explique que ça n’a rien à voir et que la comparaison est déplacée. Je lui explique que ça me blesse mais tout ce qu’elle entend, c’est que j’implique qu’elle est raciste.

    Alors toute une nuit, alors qu’on doit travailler jour et nuit sur nos films de fin d’études respectifs, elle m’explique à quel point c’est violent que je lui exprime mon indignation. Elle m’explique sa peine et le lendemain, elle me dit qu’elle n’en a pas fermé l’œil.
    (Elle, c’est la personne que je redoute de croiser dans la ville où je réside actuellement. Elle, c’est une militante écologiste médiatisée dont je ne prendrai même pas la peine d’écrire le nom)
    Alors dans ma classe on en parle à voix basse pendant que j’essaie de rattraper mon retard et de ravaler, encore une fois, mon intégrité.

    Alors dans ma classe il se dit que je m’exprime trop fort sur le racisme, alors dans ma classe il se dit que je sous-entends que le racisme les concerne. Alors dans ma classe il se dit que je devrais. Peut-être. Me taire, encore.
    Généreuse, mon amie blanche hétérosexuelle féministe, m’exprime en aparté ce qu’il se dit de moi. Généreuse, elle me fait réviser la communication non-violente et me propose de parler de racisme avec humour. Avec même, si cela s’exprime à l’écrit, des émoticones.

    Je suis à bout. Je suis au bout de mes quatre ans dans cette école.

    J’entends les meufs blanches hétérosexuelles féministes se targuer d’avoir fait évoluer la mentalité du boys club. J’entends le boys club, quand elles ne sont plus là, noter qui est la + “bonne”, la + “salope”, la + “dégueue”.

    Fin 2018. L’école est finie. Je les ai laissé-e-s de côté, je suis parti-e de Paris parce que je n’avais pas les moyens d’y rester. Je peine à commencer mon activité en indépendant-e. J’ai envie de pleurer tout le temps.
    Je repense à ces années passées à m’écraser. Je repense à ces amies blanches hétérosexuelles féministes qui n’ont pas hésité à me gaslighter à la minute où j’ai osé me défendre face à leur racisme ou à leur transphobie.
    Je repense au boys club qui m’aura fait me sentir comme la pire des merdes pendant ces 4 ans. Qui m’aura fait me sentir comme risible, ridicule, trop sensible puis trop véner-e. Qui m’aura fait me taire et me dégoûter de moi-même.
    Je repense à l’équipe pédagogique qui n’aura jamais cherché à comprendre tout ce que je devais affronter pour venir à l’école. La charge de leurs remarques, la charge de les voir rire autour de ce qui construit une part importante de mon identité.

    Je repense au fait d’avoir dû me découvrir dans ce contexte scolaire, de m’être mis-e en danger chaque jour sans que cela ne soit jamais considéré ni remis en question.

    Les mois passent et au début de 2019, je retombe sur le groupe Facebook de ma classe à la suite d’une annonce d’offre d’emploi. Je vois que leurs soirées se déroulent maintenant au Comptoir Général. Je leur exprime mon dégoût. L’un d’entre elleux juge bon d’assumer et de faire des blagues sur la colonisation, la fabrication de son smartphone par mes comparses asiatiques, l’esclavage, même. Personne ne le remet à sa place. A la même période, je remarque l’enchaînement de mèmes qu’iels s’amusent à poster sur le groupe. Il y en a un qui compare l’un des mecs de ma classe à un vétéran de la Guerre du Vietnam. Jungle, paysage apocalyptique, bombardements.

    Je déroule le fil. Je vois un GIF supposé humoristique qui fait défiler des photographies d’enfants vietnamiens calcinés par le napalm. Je vois les likes. Les likes du boys club. Les likes des meufs blanches hétérosexuelles féministes. Je. Vomis.
    Je leur écris un message d’adieu, leur expliquant l’inacceptable de la situation présente et passée. Iels réagissent par l’ironie, le mépris ou la morale inversée. “J’ai fait un test ADN, j’ai 0,5% de sang asiat, tu peux rien me dire”. “Tu me traites pas de blanc, sale raciste”.

    Je mets du temps à me remettre de l’impact qu’a eu cette classe et cette école sur moi-même. J’ai mis du temps à me reconstruire, à me retrouver pour pouvoir avoir assez de confiance en moi pour ne plus me laisser marcher sur les pieds.

    Aujourd’hui, je cherche à créer des histoires pour lutter contre notre invisibilisation en tant que minorités et pour mettre en lumière les ravages que cause l’hégémonie cis hétérosexuelle blanche tout au long de notre vie.
    Je cherche aussi à montrer l’importance du collectif, l’entraide et notre besoin immense de repères et de solidarités non-mixtes.

    Aujourd’hui malheureusement, ces personnes qui m’ont marqué-e à vif ont les jobs les plus gratifiants de notre industrie, les mieux payés et les plus reconnus.
    Aujourd’hui, je ne peux plus mettre le pied dans un open space sans redouter de retomber face à ces dynamiques. Je travaille tant bien que mal en freelance en attendant de pouvoir développer mes projets plus conséquents en CHOISISSANT mes équipes.
    Et je vous jure que je ferai tout pour qu’elles soient constituées de mes adelphes queer et racisé-e-s les plus resplendissant-e-s et que notre identité pourra briller comme jamais.

  • Non #Gabriel_Matzneff, la pédophilie n’est pas un « style de vie » | Slate.fr

    Rappel : article et Renaudot de 2013 (c’était hier...) et bien peu s’en sont ému. Trois jours après l’Apostrophe de 1990 dans lequel il est dénoncé par Denis Bombardier, dans Le Monde, Philippe Sollers la traitait de "connasse", et 30 ans plus tard, Josianne Savigneau de "purge" [ La Presse écrit "merde" mais le twitt de Savigneau dit "purge"]...

    L’intervention de Denise Bombardier, faite sous les yeux d’un jeune Alexandre Jardin bouche bée, avait notamment valu à l’auteure québécoise de se faire traiter de « connasse » par Philippe Sollers. Josyane Savigneau, ancienne directrice du Monde des livres, en a rajouté le 23 décembre dernier, disant sur Twitter avoir toujours détesté ce qu’écrit et dit Denise Bombardier avant de conclure son message en la traitant ni plus ni moins de « merde ».

    Source : ci-dessous.

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    C’est qu’il y avait déjà du niveau, au Monde à cette époque.
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    http://www.slate.fr/culture/80167/matzneff

    «Les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare.»

    #grand_homme

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    Affaire Matzneff : les droits des enfants avant la littérature

    https://www.lapresse.ca/arts/litterature/201912/26/01-5255046-affaire-matzneff-les-droits-des-enfants-avant-la-litterature.php

    « C’est incroyable. On prend position dans la vie et on peut changer le cours des choses », constate Denise Bombardier, « ravie » de voir que Vanessa Springora prend la parole à son tour. Même après tout ce temps. « Elle n’était pas prête », dit-elle. Denise Bombardier est aussi heureuse de constater que ses propos, qui ont été tellement critiqués à l’époque, ont fait œuvre utile.

    Son intervention n’avait rien du coup de gueule impulsif. Elle avait lu le livre de Gabriel Matzneff. Elle savait qu’elle avait une tribune. Qu’elle devait l’utiliser. Son éditeur l’avait d’ailleurs prévenue qu’elle risquait de se mettre à dos une frange importante – et puissante – de l’institution littéraire française. « Je lui ai dit : “Je ne peux pas laisser passer ça”, raconte-t-elle aujourd’hui. “Je ne peux pas ne pas intervenir.” »

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    Quand le prix Renaudot Essai est attribué à Gabriel Matzneff, défenseur de la pédophilie - le Plus
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/968288-quand-le-prix-renaudot-essai-est-attribue-a-gabriel-matznef

    Voici ce qu’il écrit dans « Les moins de seize ans » :

    « Ce qui me captive, c’est moins un sexe déterminé que l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être – bien plus que ce que l’on entend d’ordinaire par cette formule – le véritable troisième sexe. Seize ans n’est toutefois pas un chiffre fatidique pour les femmes qui restent souvent désirables au-delà de cet âge. (..) En revanche, je ne m’imagine pas ayant une relation sensuelle avec un garçon qui aurait franchi le cap de sa dix-septième année. (...) Appelez-moi bisexuel ou, comme disaient les Anciens, ambidextre, je n’y vois pas d’inconvénient. Mais franchement je ne crois pas l’être. À mes yeux l’extrême jeunesse forme à soi seule un sexe particulier, unique. »

    Gabriel Matzneff se qualifie lui-même d’amant des enfants, païen imprégné d’orthodoxie, végétarien qui aime la viande, pédéraste qui aime les femmes, et esprit libre qui n’irriterait que les sots.

    Sensible ? mon cul oui.

    • excellent cet article :

      Surtout, je voudrais comprendre cet argument selon lequel « l’art n’a rien à voir avec la morale ». Qui dit le contraire aujourd’hui ? Qui dit qu’une œuvre, pour être belle, devrait être conforme à une idéologie ? Personne ne dit : Polanski a été accusé d’abus sexuel sur mineur, donc Le Pianiste est un film horrible. Cantat a été condamné pour homicide involontaire, ses chansons sont devenues affreuses

      .

    • L’écrivain Gabriel Matzneff rattrapé par son passé
      https://www.la-croix.com/Culture/Lecrivain-Gabriel-Matzneff-rattrape-passe-2019-12-25-1201068455

      Denise Bombardier, sur le plateau d’« Apostrophes », dénonce, avec une rage froide et implacable, ses agissements qui tombent sous le coup de la loi. Dès le lendemain, l’auteure et journaliste québécoise est brocardée et ostracisée par le milieu intellectuel.

      Ami de Matzneff, Philippe Sollers la qualifie publiquement de « mal baisée ». Dans Le Monde, Josyane Savigneau pourfend sa « sottise » et défend avec ardeur « l’homme qui aime l’amour ». Sur Twitter, ces jours-ci, elle le glorifie encore.

      Dans VSD, Jacques Lanzmann s’étonne que Matzneff n’ait pas « aligné la Bombardier d’une grande baffe en pleine figure ». À son retour au Québec, elle reçoit des lettres anonymes, des appels menaçants, sa maison est taguée, ses vitres cassées, ainsi qu’elle le raconte dans son autobiographie parue en février dernier (2). « Rétrospectivement, écrit Vanessa Springora, je m’aperçois du courage qu’il a fallu à cette auteure canadienne pour s’insurger, seule, contre la complaisance de toute une époque. »

    • Je lis un peu ce qui s’écrit sur cette affaire et je vois passer des noms qui ont, à plusieurs reprise, et qui pour certaines continuent de le faire, encensé Matzneff, qui l’ont défendu en niant ses crimes pédophiles.

      Yann Moix
      Richard Millet
      Philippe Sollers
      Josianne Savigneau
      Bernard Henry Levy
      Jean d’Ormesson
      Alain Finkielkraut
      Bernard Pivot (qui rigole presque en écoutant Daniel Cohn Bendit expliquer qu’il aime se faire désahbiller par une petite fille de 5 ans, et qui plus récemment délire sur les petites suédoises - la vieillesse dans son cas est un naufrage)
      Jean-François Kahn (grand spécialsite du troussage de domestique apparement et défenseur de Dominique Strauss-Kahn)
      Simone de Beauvoir
      Jacques Lanzmann
      Michel Foucault
      André Glucksmann
      Bernard Kouchner

      Il y en a d’autres, mais juste ceux là, de penser qu’ils (et hélas un peu elles) « régissent » une grande partie la vie intellectuelle française me donne une sorte de grand vertige rétrospectif.

    • L’écrivain Gabriel Matzneff rattrapé par son passé

      Ce passé qui ne ressurgit que maintenant parce que le livre de Vanessa Springora sortira début 2020 ou parce qu’il y a une certaine omerta dans le milieu « intellectuel » parisien ?
      Je ne connaissais pas ce Matzneff mais Sollers est définitivement grillé à mes yeux. Je l’ai toujours trouvé plus que douteux.
      #le_bal_des_pourris

    • Alors pour ce qui concerne les prix littéraires, les membres du jury du Renaudot 2013 ont vraiment fait très fort : Yann Moix et Gabriel Matzneff dans la catégorie Essai.

      Un néonazi et un pédophile, Ce qu’il fallait pour renforcer la crédibilité des prix ...

      Parmi les membres du jury du prix :

      Franz-Olivier Giesbert
      Georges-Olivier Châteaureynaud
      Jean-Marie Le Clézio
      Patrick Besson
      Jérôme Garcin
      Frédéric Beigbeder

      La suite du grand vertige ...

    • Pour Finkielkraut je voudrais documenté son soutiens à Matzneff et ses interventions de l’époque sur sa fiche, puisqu’il se permet de faire des appels au viol ca me semble pas mal de réunir les infos là bas. J’arrive pas à trouvé une source explicite mais @reka tu semble l’avoir vu mentionné dans une de tes sources, est ce que tu pourrais me retrouvé d’ou ca viens stp ?
      https://seenthis.net/messages/811204

      Pour Simone de Beauvoir, je croyait avoir deja fait un poste pour elle mais en fait je l’ai juste mentionné dans mon premier poste sur les #grand_homme à partir du Dalaï Lama
      https://seenthis.net/messages/413241#message425819

      Je fait faire un poste sur elle et sa relation au sujet.
      Aussi, dans ces listes de pedophilophiles et violophiles d’enfants on trouve beaucoup des grands penseurs de « french théory » - En plus de Beauvoir, il y a Foucault, Derrida, Quaratti, Deleuze et le #féminicide #Althusser et peut être d’autres dans les ...
      Il me semble que Quaratti s’était illustré dans la misogynie crasse autour des questions de féminisation de la langue avec Levi_strauss mais je ne retrouve pas, possible que je confonde avec quelqu’un d’autre - je vais vérifié.

      Les femmes sont peu nombreuses mais je tag #grande_femme pour #Dolto et #Beauvoir

      Poste sur Dolto = https://seenthis.net/messages/688632
      Poste sur Beauvoir = https://seenthis.net/messages/817770

      Il me semble aussi que la discutions de 2015 sur #lolita et la manière dont les gens ont pris le point de vue d’Humbert Humbert contre Dolorès Haze
      https://seenthis.net/messages/399841

    • 2018, c’était hier @reka et les années 80 avant-hier, voire hier 3/4.
      Gabriel Matzneff est né en 1936, en juillet. Ma mère en décembre, ce monsieur a l’âge d’être mon père. A t-il des enfants ?
      J’ai regardé vite fait sa fiche wikipédia ou il y a des extraits de ses bouquins et son site matzneff.com à son image (vert de gris).
      et ceci en bas de page : Fous d’enfance : qui a peur des pédophiles ? (avec plusieurs cosignataires dont Luc Rosenzweig, Gilbert Villerot, Jean-Luc Hennig, René Schérer, Bernard Faucon et Guy Hocquenghem), Éditions Recherches, 1979
      https://seenthis.net/messages/505807
      Il a aussi écrit sur le suicide et ça ne m’étonnerais pas qu’il passe à l’acte comme Hamilton. Je trouve ça beau, un vieux qui se suicide mais ça dépend pourquoi. Dans son cas c’est irrecevable, sa cause est indéfendable, une ordure de 84 ans.

    • Pour Hamilton je suis tombé il y a 2 semaines sur un « débat » anti #metoo dans lequel il avait encore de farouches défenseuses. L’argument était que son suicide était la preuve que #metoo tue des innocents.
      https://seenthis.net/messages/814755

      Sinon dans les tactiques de l’agresseur je relève que Matzneff demande à étre appelé « philopéde » et non pédocriminel comme le violeur de Dolorès Haze se fait appelé « nympholepte » dans le roman de Nobokov.
      #vocabulaire #euphémisme

      Pour la pétition de 1977 wikipédia donne la liste complète

      Le Monde publie le 23 mai 1977 sous le titre « Un appel pour la révision du code pénal à propos des relations mineurs-adultes » des extraits d’une « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs »7 envoyée par 80 personnalités et intellectuels au Parlement français8,9. Cet appel réclame une réécriture des dispositions du code pénal concernant les relations sexuelles entre adultes et mineurs de quinze ans afin de les rendre moins strictes8,7.

      Le Monde reproduit les signatures de Louis Althusser, Jean-Paul Aron, Roland Barthes, André Baudry, Simone de Beauvoir, Jean-Claude Besret, Jean-Louis Bory, Bertrand Boulin, François Chatelet, Patrice Chéreau, Copi, Alain Cuny, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, Félix Guattari, Michel Leiris, Gabriel Matzneff, Bernard Muldworf, Christiane Rochefort, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, le docteur Pierre Simon et Philippe Sollers8.

      La lettre a également été signée par Dennis Altman (en), Claude Bardos, le pasteur G. Berner, Christian Bourgeois, Christine Buci-Glucksmann, Jean-Pierre Colin, Dominique Desanti, Jean-Toussaint Desanti, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, Philippe Gavi, André Glucksmann, Renaud Goyon, Daniel Guérin, Pierre Hahn, Jean-Luc Hennig, Christian Hennion, Guy Hocquenghem, Roland Jaccard, Pierre Klossowski, Anne Laborit, Madeleine Laïk, Georges Lapassade, Dominique Lecourt, Jacques Lefort, Michel Lobrot, Jean-François Lyotard, Michel Mardore, Dionys Mascolo, Gérard Molina, Vincent Monteil, Nicole Nicolas, Marc Pierret, Jacques Rancière, Claude et Olivier Revault d’Allonnes, Jean Ristat, Gilles Sandier, René Schérer, Victoria Thérame, Hélène Védrine et les Drs Frits Bernard, Boegner, Cabrol, Challou, Maurice Eme, Pierrette Garreau, R. Gentis, Michel Meignant, Jean Nicolas, Séguier, Torrubia7.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9titions_en_France_concernant_la_majorit%C3%A9_sexuelle
      –—
      Pour Christiane Rochefort est ce que c’est celle de « sortir les couteaux » ? ...
      http://1libertaire.free.fr/Rochefort01.html
      il semble que oui :(

      –—

      Entretiens avec Denis Bombardier

      Un copinage dont elle dit avoir fait les frais. « Mon éditeur, Claude Cherki, m’avait prévenue. “Écoute Denise, je ne pense pas que tu te rends compte du pouvoir qu’ont ces gens dans la vie littéraire parisienne. Ça va nuire à ton livre [Tremblement de coeur] et à tous les livres que tu publieras par la suite.” » Il avait raison. « J’ai été boycottée par tous ces milieux durant trente ans. »

      #historicisation #invisibilisation_des_femmes #fraternité #boys_club #pré-carré

  • Cette magnifique photographie des « représentants » des travailleurs, face aux « représentants » du gouvernement, c’est trop beau pour être vrai. Comment tout de suite on se sent trop bien représenté·es…

    Source ici par exemple :
    https://www.france24.com/en/20191219-french-unions-to-stage-new-strikes-and-protests-on-january-over-p

  • Des hommes violents

    Condamnés par le tribunal pour #violences_conjugales, ces douze hommes sont contraints par la justice de participer à un groupe de parole pendant six mois. Tous viennent d’univers différents : l’un est un homme d’affaires à succès, un autre à la recherche d’emploi, un autre tient un garage... Ils commencent par clamer unanimement leur innocence ou par refuser de reconnaître leurs torts. Puis évoluent, ou pas.

    Ce #podcast s’attache séance après séance à suivre leur avancée, à partir à leur rencontre, à les écouter. Il est nourri des propres interrogations du narrateur, Mathieu Palain, sur le mouvement #metoo et la question des #masculinités aujourd’hui. Et mis en perspective par trois récits de victimes.

    Un podcast de #Mathieu_Palain et #Cécile_Laffon

    https://www.franceculture.fr/emissions/des-hommes-violents-le-podcast-original

    Et la chronique du réalisateur : https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/qui-sont-les-hommes-violents

    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2019/11/193f1e63-f9da-473c-b017-a9464b047737/2000x500_hommes_violents_clean_1.webp

    #violence_faite_aux_femmes #violences_faites_aux_femmes #féminicide #france_culture #radio #audio

  • L’économie du viol : prostitution et aménagement du territoire en Allemagne (2/3)
    https://www.50-50magazine.fr/2019/10/17/leconomie-du-viol-prostitution-et-amenagement-du-territoire-en-allemag

    Les villes allemandes sont attrayantes, elles ont des centres urbains touristiques et vivants, des centres industriels et administratifs, des zones commerciales en périphérie. La prostitution s’adapte à chaque tissu urbain. Dans les banlieues et les zones industrielles, la densité d’établissement de consommation de viols tarifés est forte : entre une concession automobile et un magasin de bricolage, lieux souvent fréquentés par les hommes, ces eros centers ou « clubs » font partie du paysage. Ils ont des enseignes lumineuses explicites, des fenêtres décorées et lumineuses, une sonnette à l’entrée, ainsi qu’une caméra de surveillance. Souvent la porte porte la mention « entrée interdite aux femmes », très paradoxale alors qu’il n’y a que des femmes à l’intérieur…

    Les clients fréquentent d‘autant plus les bordels qu‘ils sont en déplacement professionnel et ne risquent pas d‘y rencontrer leurs voisin.nes. La camaraderie qui se noue lors de voyages d‘affaire se consolide souvent au bordel. Les chefs d‘entreprise peuvent y inviter leurs cadres, les cadres d‘un même service s‘y retrouver pour décompresser.

    Les entreprises installées sur la même zone s‘accommodent de ce voisinage, nouent même des relations commerciales privilègiées avec les Clubs. Tel négociant en vins propose à un „club érotique“ du voisinage des bouteilles customisées portant le nom du bordel. Souvent les studios de tatouage, les salles de musculation sont des voisins compréhensifs et coopérants : leurs clients sont les mêmes, même si les tatouages sont très répandus et ne sont pas le signe distinctif du prostitueur, Il y a beaucoup de prostitueurs tatoués. Et une des légitimations de l‘achat de sexe est l‘augmentation du taux de testostérone dans le sang lors d‘une activité sportive. La proximité géographique des salles de sport et des bordels est donc fréquente.

    #prostitution #viol #masculinité #boys_club #fraternité #sport

  • Dans la rédaction du site de France Info : un « boys club », une enquête et des sanctions | David Perrotin et Paul Aveline
    https://www.liberation.fr/france/2019/04/05/dans-la-redaction-du-site-de-france-info-un-boys-club-une-enquete-et-des-

    « Libération » a recueilli les témoignages de salariés du site d’information. Ils révèlent une ambiance sexiste entretenue et permise par la chefferie masculine et qui a abouti mardi à un licenciement et à des sanctions disciplinaires. Source : Libération

  • Marie BUSCATTO, sociologue de l’art et du travail - entretien consacré aux conditions de féminisation du travail artistique

    https://www.youtube.com/watch?v=KiPivjAkrLs&feature=youtu.be

    Ce qui m’a semblé le plus interessant dans ce que dit Marie Buscatto c’est le fait que les gens aiment que les artistes soient précaires. Or quant les femmes sont précaires dans la culture patriarcale, elles doivent utiliser leur corps sur le plan sexuel, que ca soit dans le couple, ou sur le périphérique. Et quant les femmes sont précaires, elles ont souvent des enfants ou/et parents à charge, doubles journées...

    Je pense que l’adoration que les masses portent à Van Gogh est vraiment connecté à ce lien entre création et sacrifice. Barbara Heinrich parle de lui comme d’un saint martyre laïque, un ascète de l’art. Je pense que le sacrifice ou martyre des femmes n’est pas vraiment reconnu car il est vu comme naturel, allant de soi et il est "gratuit". C’est vu comme normal que les femmes se sacrifient pour la carrière de leur conjoint, pour les enfants de leur conjoints, pour la collectivité via le bénévolat... C’est dans la nature des femmes de se sacrifié, leur sacrifice n’a pas de valeur. Par contre un homme qui se sacrifie, c’est reconnu, car ce n’est pas dans la nature des hommes de se sacrifié, alors que c’est une exigeance qu’on attend des femmes, allant jusqu’à les traité d’égoïstes quant elles ne font pas leur devoir de faire des enfants. Souvent les deux sont opposés, les hommes crée l’art, les femmes la vie (on m’a expliqué ca très jeune, du fait de mon sexe je ne pourrais jamais crée de l’art). Les hommes se "sacrifient" pour l’art et les femmes se sacrifient pour que les hommes aient une descendance à qui faire croire que les hommes se sacrifient pour l’art.

    Il y a par dessus ce principe l’idée que si tu as du plaisir dans ta pratique tu ne mérite pas de rémunération. Il y a aussi pour les femmes tout le travail invisible lié au devoir, charge ménagère, charge mentale, charge sociale, charge émotionnelle, charge parentale, charge contraceptive, charge sexuelle... qui n’est pas reconnu comme du travail. Les femmes sont sensé aimer leurs enfants, conjoints, foyers... et faire leurs devoirs dans la joie et l’amour qui font office de rémunération.

    L’amour implique le sacrifice et la souffrance, surtout des dominé·es. On trouve cette idée dans la bible, Abraham doit tuer son fils pour prouver son amour à un père qui exige de la souffrance pour son petit plaisir narcissique de dominant.

    #amour #sacrifice #martyre
    –---

    Autre aspect important dans ce que dit Marie Buscatto, le réseautage. Avec le contexte actuel de la #ligue_du_Lol et des #boys_clubs on voie assez concrètement comment ca se passe. Les hommes sont comme la classe possédante décrite pas Monique Pinçon-Charlot. Les hommes ont une forte conscience et solidarité de classe (la plus part sont masculinistes sans le reconnaitre ouvertement #fraternité ) et ils agissent en coordination pour nuire aux femmes (équivalent des pauvres pour la classe possédante). Par exemple dans les profession et milieux très masculinisées il y a une pratique de la misogynie active (injures sexistes, harcèlement moral et sexuel, Violences physiques et sexuelles, paternalisme, culture porno, bière, foot...) qui ne trouve pas d’équivalence dans les milieux très féminisés ou les hommes sont bien accueillis (éducation, santé, danse... ), obtiennent les meilleurs postes et trouvent le moyen de se plaindre sans cesse du milieu féminin. Les milieux comme l’armée, la police, le btp, la restauration... sont extrêmement hostile aux femmes. Les hommes bénéficient en plus de la complicité de nombreuses femmes, surtout des rares qu’ils tolèrent dans leur milieux privilégiés, comme la classe possédante décrite par Monique Pinçon-Charlot bénéficie de l’adhésion des masses qui votent pour les intérêts des riches.

    Les femmes qui réussissent le mieux dans l’art sont d’un milieu favorable, souvent filles d’artistes, compagnes d’artistes, grandes bourgeoises, ayant fait de hautes études. Le niveau des femmes doit être supérieur en tout à celui des hommes pour obtenir un peu de reconnaissance.

    –----

    Le rapport à la colère, ca me semble aussi un des éléments clé qui n’a pas été évoqué par Marie Buscatto. Je ne sais plus dans quel émission france cul écouté hier il y avait une digression sur #Dante. Dante disait au sujet de la divine Comédie, que l’art est toujours vengeance. C’était en lien avec le fait que Dante avait été chassé d’une ville et son texte met les habitant·es de cette ville au cœur de son enfer. La divine comédie était donc inspiré par un sentiment de haine et une implacable vengeance. On retrouve la même chose avec Sade qui a surtout écrit en prison pour se venger de ses ennemis.

    Je dirait pas que l’art est toujours vengeance comme Dante, mais je reconnais que c’est aussi plutot un moteur de l’art que j’apprécie.

    Par rapport aux femmes, dans la culture patriarcale, ca renvoie aux Érinyes qui sont :
    Mégère (Μέγαιρα / Mégaira, « la Haine »)
    Tisiphone (Τισιφόνη / Tisiphónê, « la Vengeance »)
    Alecto (Ἀληκτώ / Alêktố, « l’Implacable »).

    Autant dire que les femmes n’ont pas le droit de se venger, pas le droit à la haine et pas le droit à l’implacabilité. Dans la perspective de l’art vu par Dante, elles ne peuvent qu’être d’affreuses mégères furieuses et hystériques, ce qui n’est pas un compliment. La colère et la haine sont réprimés chez les femmes et valorisés chez les hommes.

    Parfois des gentes me "complimentent" en me disant que je dessine comme un homme ou que mon dessin n’est pas féminin. Je croie que c’est en lien à cette idée d’expression de la colère, comme mon travail est plutot motivé par le sentiment de révolte, les gentes trouvent que c’est viril ou masculin et me félicitent pour ça.

    #mégèrisme
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    Sur le talent. Marie Buscatto dit que c’est une prérequis, nécessaire et qu’il y a bien des gentes talentueuses mais peu d’élues. Les facteurs sont nombreux pas seulement de genre. La surreprésentation des hommes blancs de la classe dirigeante parmi les artistes qui ont accès à une rémunération de leur travail en est témoin.

    Comme mon travail est très démonstratif en temps de travail et savoir faire, les gentes me complimentent souvent sur mon "talent". Et me disent que je serais obligatoirement reconnue ... un jour. C’est gentil de me dire cela, et j’y travaille, mais à mes yeux c’est l’expression de la croyance dans le mérite. Et c’est une méconnaissance des mécanismes de la société et des milieux artistiques. Il y a bien sur des personnes qui font exception, qui sont parvenues à la reconnaissance (sachant quant même que "Notre besoin de reconnaissance est impossible à rassasier", j’essaye de faire exception) dans un contexte défavorable, mais comme le dit le début de ma longue phrase ; elles font exception, alors que je parle ici de changer la règle.

    –----

    Par rapport au temps de travail et au savoir faire, j’ai écouté aussi ce matin un entretiens avec Christine Delphy, sur l’expo Elles qui avait eu lieu à Beaubourg.
    https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/ccBLAM/r8EK9Mn
    Elle disait que le temps de travail est une chose que les gens peuvent convoité à travers l’art. Elle donne l’exemple d’un touriste qui vente son achat d’un souvenir qui est "beau" parce qu’il y a beaucoup de temps de travail dans le façonnage de la pièce.
    Et là je me dit que le temps de travail des femmes n’a pas non plus la valeur de celui des hommes. Les techniques les plus emblématiques sont dans le textile, broderie, crochet, tricot, dentellerie... et ce travail n’est pas rémunéré convenablement surtout lorsqu’il est effectué par des femmes, et il y a ce truc circulaire car ces travaux sont dévalorisées car catégorisés comme féminins.

    –—

    Il y aussi la notion de savoir faire, perçu comme de l’application scolaire, laborieuse quant c’est un travail de femmes et perçu comme génial si c’est masculin. J’ai pas vu qu’on dise que Bosch ou Van Eyck sont laborieux et scolaires du fait que leur travail soit minutieux.
    Ce truc du génie me rappel une phrase de Titiou Lecoq entendu dans un conférence, elle disait qu’en tant que mère d’un petit garçon elle se mettais une pression folle en imaginant son fils devenir un génie si elle bosse bien en tant que mère, ou un psychopathe si elle faillit dans son devoir d’éducatrice.
    Je me suis dit mais si elle avait une fille de quoi elle aurais peur en tant que mère ? Je n’imagine pas que les mères projettent l’avenir de leur filles comme des potentielles génies qui deviendront des psychopathes si la mère à été en faillite éducatrice.
    Je parle de la projection des mères, mais c’est toute la société qui n’imagine pas le génie au féminin. Le génie étant une tare pour les femmes car ça les dénature , leur nature étant toute entière dans leur matrice.
    Tout ca semble bien verrouiller.

    –---
    #femmes #invisibilisation #féminisme #arts

    cc @mona

    • Accusations de sexisme à l’Université : deux enquêteurs ont été nommés

      Les choses n’ont pas traîné. Moins de deux semaines après avoir annoncé l’ouverture d’une enquête indépendante sur les accusations de sexisme au sein du rectorat de l’Université de Genève (nos éditions précédentes), le recteur Yves Flückiger a désigné les membres de la commission d’enquête et précisé leur mission.

      https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/accusations-sexisme-universite-deux-enqueteurs-nommes/story/30911588

    • La photo du mois dans @lacite signée @albertocampiphoto :

      Combattre le sexisme, une question de timing ?

      Cela fait plusieurs mois que La Cité suit de près la problématique du sexisme au sein du milieu universitaire genevois. Après la publication, en février 2017, des résultats quelque peu inquiétants du rapport Carrière académique à l’Université de Genève : le facteur humain par Klea Faniko et l’article que lui a consacré La Cité *, voilà que, le 20 novembre, l’Université de Genève lance fièrement sa campagne #uniunie contre le harcèlement.


      https://www.lacite.info/hublot/sexisme-unige

    • #Rapport de la #commission_d'enquête indépendante sur les cas de sexisme et de harcèlement

      Mesdames, Messieurs, chères et chers collègues,

      Au cours de l’année 2017, l’Université de Genève a été confrontée à des accusations récurrentes de sexisme et de mobbing au sein du rectorat à l’égard de femmes cadres, relayées à plusieurs reprises par des articles de presse dont la plupart d’entre vous ont eu connaissance.

      En accord avec la politique de tolérance zéro adoptée par l’institution à l’égard du harcèlement sexiste et sexuel, j’ai annoncé le 1er décembre 2017 l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ces accusations. Au terme de plus de deux mois d’auditions, la commission d’enquête a rendu son rapport le 3 avril dernier. D’entente avec le président du Comité d’éthique et de déontologie de l’UNIGE qui en était comme moi le destinataire, j’ai décidé de rendre ce rapport public dans son intégralité, accompagné des commentaires et mesures qu’il m’a incité à prendre.

      La commission d’enquête indépendante n’a pas relevé d’agissements relevant du sexisme et du mobbing liés au genre envers des femmes cadres de la direction de l’université et pouvant être reprochés aux membres du rectorat. La commission relève également que l’incident du stylo tel que relaté dans la presse, faisant état d’un échange supposé entre un membre du rectorat et une collaboratrice, n’a pas pu être confirmé et « doit être considéré comme n’ayant pas existé ».

      En revanche, deux cas de souffrance au travail et un cas de grand inconfort ayant été identifiés par la commission sans toutefois être qualifiés de sexisme, j’ai décidé d’un train de mesures dont vous trouverez le détail dans le communiqué de presse en annexe, qui sera adressé aux médias en fin de matinée.

      J’ai par ailleurs décidé d’accepter la démission de ses fonctions de vice-recteur que m’a présentée Michel Oris, lassé des attaques répétées dont il a fait l’objet et doutant que les conditions d’un travail serein et utile à l’institution puissent être reconstruites. Je tiens à le remercier ici pour la générosité de son engagement sans faille et à souligner l’importance de sa contribution à notre institution, reconnue par l’ensemble de l’équipe rectorale.

      Dès 12h00, le rapport complet pourra être consulté sur le site de l’UNIGE.

      En vous remerciant de votre précieuse collaboration au quotidien, et en vous encourageant à recourir à tous les outils à votre disposition si vous deviez être victime ou témoin d’actes ou de comportements relevant du harcèlement, je vous adresse, Mesdames, Messieurs, chères et chers collègues, mes salutations les meilleures.

      En attendant midi, donc...

    • Procédure réclamée contre Oris

      Article publié dans Le Courrier, le 24 avril 2018

      Le personnel administratif et la CUAE réclament une procédure contre le vice-recteur. Plusieurs de ses collaborateurs le défendent. Tous dénoncent l’incapacité de l’Uni à lutter contre le sexisme.

      MARDI 24 AVRIL 2018 RACHAD ARMANIOS

      L’Université de Genève a à cœur de s’engager contre le sexisme. PATRICK LOPRENO

      UNIVERSITÉ DE GENÈVE

      Les réactions au rapport de l’enquête indépendante sur les soupçons de sexisme au rectorat de l’université de Genève (Unige) se multiplient. Mardi, le personnel administratif et technique (PAT) et la faîtière des étudiants se sont étonnés que le vice-recteur Michel Oris n’ait pas fait l’objet d’une enquête administrative. A l’inverse, une quinzaine de ses collaborateurs ou anciens collaborateurs se sont indignés que le recteur ait accepté sa démission sans le soutenir.

      Pour rappel, les deux enquêteurs ont écarté les accusations de sexisme et de harcèlement sexué. Mais ils ont pointé deux cas de « souffrance manifeste » et un de « grand inconfort » parmi la douzaine de cadres supérieurs en lien direct avec le rectorat. Dans ces cas, une facteur important provient d’une « certaine inadéquation relationnelle » de Michel Oris, parfois maladroit dans ses relations ou clivant. Lassé des attaques, il quittera son poste de vice-recteur à fin juillet, mais restera professeur.

      L’association du PAT s’étonne qu’au vu de son « paternalisme prégnant et d’ordinaire plus marqué à l’égard des femmes », les enquêteurs n’aient pas qualifié ses comportements de « sexisme délibéré » et que le recteur n’ait pas ouvert une enquête administrative contre lui. Pourtant, s’inquiète le PAT, la cadre supérieure ayant dénoncé un incident sexiste fait, elle, l’objet d’une procédure. Dont le retrait est demandé par la CUAE, la faîtière des étudiants. A noter que l’incident n’a pas existé, selon les enquêteurs.

      « Le paternalisme est une forme de sexisme »

      La CUAE dénonce surtout un rapport d’enquête « incohérent » et un rectorat « qui ne prend pas réellement en charge les cas de sexisme et de harcèlement ». Qu’est le paternalisme sinon une forme de sexisme, pointe-t-elle dans une lettre ouverte, aussi signée par des doctorants. Aucune sanction n’est donnée contre celui qui restera professeur et continuera donc à exercer du pouvoir sur ses étudiants ou assistants, souligne la faîtière : « Nous refusons d’être les prochaines victimes, et pour cela, le recteur doit agir. »

      « Les dispositifs tels que le groupe de confiance anonyme et indépendant de l’Unige pourront être activés le cas échéant », avait expliqué Yves Flückiger au Courrier. Une enquête administrative ? Elle ne se justifie pas car les difficultés concernent ses fonctions de vice-recteur et qu’il a démissionné de ce poste, ajoutait-il.

      « On démissionne et plus rien ? L’université apparaît comme une institution hors de tout contrôle effectif, où l’on se protège entre pairs », s’offusque une ancienne assistante de Michel Oris. En 2004, elle et d’autres femmes avaient été entendues dans le cadre d’une enquête contre ce professeur. Aucun acte de harcèlement ou de discrimination n’avait été retenu, mais il avait été sanctionné pour des « difficultés relationnelles certaines », un « excès de familiarité » et l’instauration d’un climat que certains jugeaient « étouffant ». Il n’avait pas compris que certains collaborateurs, en particulier de sexe opposé, n’apprécient pas un excès de familiarité de la part d’un professeur qui n’a plus leur âge et dont ils dépendent hiérarchiquement, notait le rapport d’enquête. Celui publié le 9 avril dernier souligne encore que l’intéressé ne semble pas avoir conscience de l’inadéquation de certains comportements. « Le recteur l’a sciemment promu, confiant les ressources humaines à quelqu’un sans savoir-être », s’étrangle notre interlocutrice.

      « Totalement blanchi »

      Mais des collaborateurs ou ex-collaborateurs du professeur prennent sa défense. Ils fustigent le fait que le recteur ait accepté sa démission alors même que l’enquête l’a « totalement blanchi ». « Les seuls aspects négatifs relevés se limitent à de vagues reproches d’ordre personnel », ont-ils écrit le 10 avril. Ces soutiens sont indignés par la procédure « à charge », sans confrontation des personnes. Michel Oris, lui, s’est scandalisé dans la Tribune de Genève d’une « démarche inquisitoire », se disant victime d’un rapport relayant des « rumeurs » et constituant « une atteinte à sa personnalité ».

      Toutefois, les réactions convergent sur l’affirmation que les mesures contre le harcèlement et le sexisme, comme le groupe de confiance, ne permettront pas le règlement des problèmes à l’université, faute de véritables sanctions et faute de soutien aux victimes. En cause, surtout, le « sexisme structurel » d’une institution foncièrement « hiérarchique et inégalitaire ».

      Le personnel administratif et technique estime enfin que les tensions entre lui et le rectorat, et de manière générale le monde académique, « sont à un niveau jamais atteint auparavant ». Il demande à être associé aux réflexions pour une meilleure gouvernance. La CUAE, elle, relève qu’Yves Flückiger dira, en juin, s’il veut rempiler dans un an pour un nouveau mandat : « La décision finale n’est pas sienne, il s’agit du recteur de notre université (…) »

    • Université de Genève, la fin de l’innocence

      Dans la lutte contre le sexisme, comme des parallèles en géométrie, les aspirations et les actes de l’Université de Genève ne convergent pas. Déclamée au lendemain de la publication, en novembre 2016, d’un rapport troublant sur l’étendue du sexisme dans l’Alma mater genevoise, la politique de la « tolérance zéro » a manqué son premier test.

      Un nouveau rapport a épinglé le comportement « partenaliste », « excessivement familier » et « inapproprié » d’un vice-recteur, sans la conviction, toutefois, qu’il puisse être qualifié de « sexisme délibéré ». Un choix s’offrait à l’institution : poser le curseur sur l’un ou l’autre de ces termes. Elle a embrassé la seule option qui l’éloignait définitivement de la cible.

      La formule « sexisme délibéré » a été interprétée sous l’angle de l’absence d’intentionnalité : le vice-recteur a clamé avoir été « innocenté », le recteur Yves Flückiger décrétant que le chapitre était clos. Une décision qui tourne hâtivement le dos au questionnement que l’adoption de cette formule soulève pourtant.

      Car plaider l’absence d’intentionnalité, c’est préserver cet angle mort dans lequel se tapit le sexisme. Pourquoi ne pas avoir consulté d’autres experts, pour lesquels le « sexisme délibéré » est un ovni ?

      À quoi bon financer, avec l’argent public, des études sur le sujet, si l’on ignore ce principe cardinal, « il importe peu que l’auteur soit conscient qu’il commet un acte sexiste », comme le rappelle un professeur du droit du travail ? La méthode contre le sexisme consiste à lui arracher son déguisement et l’exposer à la lumière. Non à contribuer à le travestir.

      Le « sexisme délibéré », c’est une feuille de vigne sur le leurre de la tolérance zéro. Car le rapport ne conclut pas à son absence, mais en creux à sa présence, tout en la couvrant du voile de la non-intentionnalité. Vu de la doctrine de la tolérance zéro, cette nuance aurait dû motiver le déclenchement de mesures à la hauteur des enjeux : le sexisme est un poison lent qui, si on le laisse agir, menace d’entraver le bon fonctionnement de l’institution.

      L’affaire se solde par la seule démission spontanée (non exigée) du vice-recteur de ses fonctions rectorales. Il garde son poste de professeur et aucune sanction n’a été prise à son encontre. Pour le rectorat, vaut-il mieux une interprétation controversée qu’un acte exemplaire ?

      Cette issue ne peut que renforcer le « sentiment d’injustice » relevé dans le rapport d’avril. Et surtout cette « peur de représailles » qui entrave la libération de la parole. Les rédactions de presse se retrouvent ainsi engorgées de témoignages, vrais ou faux, alors qu’à l’Université, les lieux préposés à l’écoute du personnel en souffrance sont « peu utilisés ». Un comble.

      Les auteurs du rapport pointent également « l’insuffisance managériale » du rectorat entré en fonction il y a trois ans. Les lacunes se multiplient, au lieu d’être comblées. Il y a dans ces conclusions une telle dimension d’échec qui ne mérite pas qu’on donne à ce rectorat une deuxième chance.

      https://www.lacite.info/editorial/uni-geneve-fin-innocence

    • Sexual harassment isn’t just about sex: Groundbreaking report details persistent hostility female scientists face

      Ask someone for an example of sexual harassment and they might cite a professor’s insistent requests to a grad student for sex. But such lurid incidents account for only a small portion of a serious and widespread harassment problem in science, according to a report released this week by the National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine. Two years in the making, the report describes pervasive and damaging “gender harassment”—behaviors that belittle women and make them feel they don’t belong, including sexist comments and demeaning jokes. Between 17% and 50% of female science and medical students reported this kind of harassment in large surveys conducted by two major university systems across 36 campuses.

      “We are trying to bring to the fore the concept of gender harassment,” says anthropologist Kate Clancy of the University of Illinois in Urbana, an author of the report. “The vast majority of sexual harassment that occurs is sexist hostility and crude behavior. And the literature supports that these everyday experiences may have as bad or worse personal and professional consequences as things like unwanted sexual advances.”

      Decades of failure to curb sexual harassment, despite civil rights laws that make it illegal, underscore the need for a change in culture, the report says. “We have been addressing this problem for a long time. And we have not made progress,” said cardiologist Paula Johnson, president of Wellesley College in Massachusetts and co-chair of the committee that wrote the report. “The legal system alone is really just not adequate for addressing the issues.” The authors suggest universities take measures to clearly report the number of harassment complaints they receive and investigations they conduct, use committee-based advising to prevent students from being in the power of a single harasser, and institute alternative, less formal ways for targets to report complaints if they don’t wish to start an official investigation.

      The report, Sexual Harassment of Women: Climate, Culture, and Consequences in Academic Sciences, Engineering, and Medicine, noted that many surveys fail to rigorously evaluate sexual harassment. It used data from large surveys done at two major research universities—the University of Texas system and the Pennsylvania State University system—to describe kinds of sexual harassment directed at students by faculty and staff. The most common was “sexist hostility,” such as demeaning jokes or comments that women are not smart enough to succeed in science, reported by 25% of female engineering students and 50% of female medical students in the Texas system. The incidence of female students experiencing unwanted sexual attention or sexual coercion was lower, ranging in both Texas and Pennsylvania between 2% and 5% for the former and about 1% for the latter. But the report declares that a hostile environment—even if it consists “more of putdowns than come-ons,” as Johnson puts it—makes unwanted sexual attention and coercion more likely.

      The report says women in science, engineering, or medicine who are harassed may abandon leadership opportunities to dodge perpetrators, leave their institutions, or leave science altogether. It also highlights the ineffectiveness of ubiquitous, online sexual harassment training and notes what is likely massive underreporting of sexual harassment by women who justifiably fear retaliation. To retain the talents of women in science, the authors write, will require true cultural change rather than “symbolic compliance” with civil rights laws.

      http://www.sciencemag.org/news/2018/06/sexual-harassment-isn-t-just-about-sex-groundbreaking-report-details-per

    • Révocation d’un prof agrégé (pour notamment harcèlement envers ses étudiantes) !

      "Considérant qu’il résulte de l’instruction que monsieur XXX adopte avec ses étudiants un comportement brutal et arbitraire, comme en attestent les expulsions d’étudiants d’amphithéâtre, perçues comme humiliantes selon les témoignages recueillis, dont l’une a été suivie de la déclaration publique de monsieur XXX selon laquelle « tout serait fait » pour que l’étudiant expulsé n’ait pas son année ou, dans le même sens, les 00/20 attribués par monsieur XXX à quarante-et-une copies de la promotion comportant 170 étudiants ; que l’une des étudiantes personnellement contactées par monsieur XXX, qui s’est vu attribuer la note de 3/20 après qu’elle lui avait demandé de cesser tout contact avec elle, a considéré cette notation comme constitutive de représailles ; qu’au regard du comportement général adopté par monsieur XXX à l’égard des étudiants, les intéressées se sont légitimement senties placées en situation d’intimidation ;

      Considérant qu’il résulte de l’instruction que des étudiants se sont offusqués de l’utilisation par monsieur XXX de propos grossiers et choquants en cours, relatifs aux pratiques sexuelles telles la sodomie ou la fellation ; que monsieur XXX a adressé des mails insultants et diffamatoires aux personnels administratifs et à ses collègues, comme un courriel adressé à des collègues faisant état de ce que Monsieur YYY, qui représente l’université dans les procédures disciplinaires le concernant, était accusé de plagiat par un autre universitaire"

      Publié par Serge Slama sur FB :
      https://www.facebook.com/serge.slama/posts/10156552923114647

      voilà le lien pour ce cas :
      http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid20536/bulletin-officiel.html?cid_bo=133844&cbo=1

    • #Témoignages de #sexisme_ordinaire à l’université

      Un exemple :

      Bonne pouliche reproductrice

      “Au cinquième siècle avant Jesus-Christ dans la Grèce antique, une femme servait essentiellement de bonne pouliche reproductrice. Prenez-en note pour plus tard, mesdemoiselles.”

      Un enseignant d’histoire Ancienne lors de notre second cours de première année en licence d’Histoire … Des années plus tard, cette remarque demeure encore dans ma tête et me choque toujours autant, surtout lorsque l’on prête attention au sous-entendu qu’elle contient.

      https://payetafac.tumblr.com

    • GARCIA Project

      The GARCIA Project is concerned with the implementation of actions in European Universities and research centres to promote a gender culture and combat gender stereotypes and discriminations. The project runs from February 2014 to January 2017.

      By taking into account the involved organisations, but also their broader national context, this project aims to develop and maintain research potential and skills of both, women and men researchers, in order to sustain the quality of their working conditions.

      Particular attention is given to the early stages of academic and scientific career. The project focuses on both, STEM (Science, Technology, Engineering and Mathematics) and SSH (Social Sciences and Humanities) disciplines to assure that the aim of transforming academia and research towards a more gender equal environment can be extended to all levels of the institution by putting into practice the best systemic organisational approaches.

      Macro, meso and micro level analyses will be followed by the implementation of action plans, which are mainly directed to: gender regimes; awareness raising on gendered practices; gender equality in management and decision making; the phenomenon of Leaky Pipeline; the implicit gendered subtexts in evaluating excellence.

      http://garciaproject.eu

    • Gender and Precarious Research Careers

      The literature on gender and science shows that scientific careers continue to be characterised – albeit with important differences among countries – by strong gender discriminations, especially in more prestigious positions. Much less investigated is the issue of which stage in the career such differences begin to show up.

      Gender and Precarious Research Careers aims to advance the debate on the process of precarisation in higher education and its gendered effects, and springs from a three-year research project across institutions in seven European countries: Italy, Belgium, the Netherlands, Iceland, Switzerland, Slovenia and Austria. Examining gender asymmetries in academic and research organisations, this insightful volume focuses particularly on early careers. It centres both on STEM disciplines (Science, Technology, Engineering and Mathematics) and SSH (Social Science and Humanities) fields.

      Offering recommendations to design innovative organisational policies and self-tailored ‘Gender Equality Plans’ to be implemented in universities and research centres, this volume will appeal to students and researchers interested in fields such as Gender Studies, Sociology of Work and Industry, Sociology of Knowledge, Business Studies and Higher Education.


      https://www.taylorfrancis.com/books/e/9781351781428
      #précarité #carrière #livre

    • Harcèlement sexuel : 
dans l’enseignement supérieur, des #cellules_d’écoute au compte-gouttes

      La ministre de l’Enseignement supérieur avait annoncé il y a près d’un an la généralisation dans toutes les universités de tels lieux. Plusieurs semaines après la rentrée, des initiatives ont bien été mises en place, mais chaque établissement fait comme il l’entend et à moyens constants.
      « Lors d’un oral, un enseignant à Paris-I m’a fait remarquer à la fin de ma présentation que je devrais arrêter de me caresser les seins pendant que je parlais, ça distrayait le public. J’avais en réalité épousseté mon tee-shirt pour y enlever une miette. Je n’ai parlé à personne de son comportement, je n’aurais pas su vers qui me tourner et je craignais un retour de bâton », lance Sandra (1), 27 ans. Les faits qu’elle relate datent de quelques années, mais les choses n’ont malheureusement pas radicalement changé depuis. Portée par la vague #MeToo, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait annoncé en décembre que toutes les universités et écoles devraient se doter de cellules d’écoute et de lutte contre le harcèlement sexuel dès cette rentrée. Promettant, en outre, de suivre de « très près la réalisation de ces objectifs ».

      Rien de vraiment nouveau. Selon la ministre, ces cellules existaient déjà en 2017 dans une vingtaine d’universités. Le tout était donc de les généraliser. En 2015, une circulaire incitait déjà les établissements à se doter de moyens de prévention et de prise en charge du harcèlement sexuel. Cette fois-ci, le coup de pression a-t-il été suivi d’effets ?

      Pour suivre l’avancement du dossier, le ministère a mis en ligne une cartographie en open source recensant les initiatives des établissements visant à lutter « contre les violences sexistes et sexuelles ». Soixante-cinq sont répertoriées, mais seulement 25 renvoient à des dispositifs opérationnels, 25 autres sont en cours d’installation et le reste en cours de réflexion (14) ou sans statut (1). Contacté, le ministère n’a pour le moment pas souhaité donner plus d’éléments sur les modalités de mise en œuvre de cette mesure. Camille (1), de l’association Clasches (Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur) souligne : « Ça n’a pas du tout été mis en place partout. Des réflexions sont lancées, mais pour l’heure ça n’a pas révolutionné le paysage universitaire. Les initiatives recensées sont en plus très inégales. Ça peut être une cellule ou juste un plan d’action dont on ne connaît pas l’application. »
      Pionnier

      C’est en 2008, à l’université Lille-III, qu’a été fondée la première cellule de veille de France sous l’impulsion de Nathalie Coulon, enseignante-chercheuse en psychologie. Depuis sa création, une soixantaine de saisines ont été enregistrées. « La moitié n’est pas du registre du harcèlement sexuel. Mais ce qu’on voit n’est pas ce qui existe réellement. Certains en parlent à d’autres ou le gardent pour eux », note-t-elle. Etudiants, doctorants, personnels, tous peuvent témoigner.

      Sandrine Rousseau, vice-présidente de l’université de Lille chargée de l’égalité femmes-hommes explique : « L’université est un lieu où se développent des violences sexistes et sexuelles, notamment en raison des rapports de pouvoir très particuliers. S’il arrive quelque chose, on peut nous envoyer un mail. Après un premier rendez-vous, au-delà de l’écoute et des conseils, une enquête interne indépendante peut être menée par la cellule. On peut ensuite convoquer les instances de discipline et accompagner la victime. »

      La forme que prend la cellule est laissée à la libre appréciation des établissements. Celle de l’université de Bordeaux, qui existe depuis 2015, comme celle de Clermont-Auvergne, créée en septembre, se basent sur le principe lillois avec un dispositif interne et dédié. L’Université Sorbonne-Paris-Cité, entre autres, a choisi l’externalisation en la confiant à l’Institut en santé génésique. L’Institut polytechnique (INP) de Grenoble s’est récemment penché sur la question. Ici, pas de cellule dédiée, mais deux dispositifs pour traiter les risques psychosociaux (harcèlement moral, sexuel, racisme…) : un pour le personnel, un autre pour les doctorants et les étudiants, toujours en cours d’élaboration.
      « Un regard plus extérieur

      Tous disent la même chose. La généralisation des cellules est une nécessité. Leur mise en place reste toutefois pour le moment basée sur la bonne volonté des établissements. « La difficulté est que tout se fait à moyens constants », confie Ioannis Parissis, vice-président en charge des ressources humaines à l’INP Grenoble. A Lille, Nathalie Coulon dresse le même constat : « Il ne suffit pas de décréter qu’il faudrait qu’il y en ait. C’est un chemin qui prend du temps, il faut mobiliser des personnes, les former, avoir des moyens. Dans ma déclaration d’heures de l’année dernière, je n’ai eu que six heures d’équivalent TD de gratification. Par rapport au temps consacré, c’est ridicule. Les autres personnes font ça dans le cadre de leur mission ou en plus du reste. C’est du bénévolat. »

      Pour Clasches, les cellules sont un premier pas. Mais la réflexion doit aller plus loin avec des faits punis à leur juste mesure. « On milite pour qu’il y ait un regard plus extérieur sur ces affaires. Une fois que des procédures disciplinaires arrivent à être lancées, ce sont des personnes de l’établissement qui jugent leurs collègues ou étudiants. Rien n’empêche qu’en interne, le travail soit fait pour étouffer les affaires. D’ailleurs, lorsque des sanctions sont prononcées, très peu mentionnent le terme "harcèlement sexuel", on parle plutôt de "comportement inapproprié". Les établissements tentent de ne pas rester inactifs, tout en donnant un minimum de sanction. » Le collectif plaide pour une remise à plat de ces procédures dans lesquelles les victimes, dépossédées de leur affaire, n’ont qu’un statut de témoin.

      https://www.liberation.fr/france/2018/11/04/harcelement-sexuel-dans-l-enseignement-superieur-des-cellules-d-ecoute-au
      #France

    • A l’#ENS #Lyon, la culture du silence face à des affaires de harcèlement

      Depuis l’émergence du mouvement #Metoo il y a un an, au moins cinq affaires de harcèlement et de sexisme ont secoué la célèbre grande école. Une timide libération de la parole, malgré la frilosité d’une direction plus soucieuse de préserver la réputation d’#excellence de l’établissement.


      https://www.mediacites.fr/enquete/2018/11/28/a-lens-lyon-la-culture-du-silence-face-a-des-affaires-de-harcelement

    • Violences sexuelles : dans l’enseignement supérieur et la recherche aussi, #SupToo !

      Plus d’une centaine d’universitaires, venus de toutes les disciplines, appellent à témoigner des violences sexistes ou sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche, grâce aux réseaux Tumblr SupToo et #SupToo. Loin d’être des lieux préservés, « nos établissements sont des espaces où les circonstances aggravantes, d’abus d’autorité et de dépendance, sont au cœur même des fonctionnements institutionnels ».

      Toutes les enquêtes le montrent, les violences faites aux femmes concernent tous les milieux sociaux et professionnels. Il n’y a donc aucune raison que nos universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche en soient préservés. D’autant plus qu’en leur sein les relations hiérarchiques se conjuguent souvent aux rapports de pouvoir multiples liés à l’autorité, au prestige, aux grades et aux fonctions.

      Le recrutement des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, leurs promotions, l’attribution de responsabilités ou le financement des contrats doctoraux sont décidés par des pair·e·s. En master ou en thèse, certaines démarches administratives (réinscription, bourse, titre de séjour, etc.), les demandes de financement, les lettres de recommandation, les candidatures à des postes ou les autorisations de publication nécessitent l’appui des responsables de master, de mémoire, du directeur ou de la directrice de thèse, de laboratoire, d’équipe de recherche etc.

      Loin d’être des lieux préservés, nos établissements d’enseignement supérieur sont donc des espaces propices aux violences sexistes et sexuelles, où les circonstances aggravantes, d’abus d’autorité et de dépendance, sont au cœur même des fonctionnements institutionnels.

      D’un établissement à l’autre, cela conduit à des situations qui se ressemblent tristement.

      C’est l’étudiante, d’abord fière que son responsable de diplôme souhaite travailler sur son projet de mémoire le soir après les cours, et qui se trouve progressivement prise dans une spirale sans plus savoir comment dire non. Elle commence à ne plus venir en cours, subit les blagues de son harceleur devant le rire des autres étudiant·e·s et finit par arrêter ses études, dans l’incompréhension totale de ses parents.

      C’est la doctorante qui, en colloque à l’étranger, ne sait plus comment faire comprendre à son directeur de thèse que non, elle n’a pas besoin d’être raccompagnée jusqu’à la chambre de son hôtel. Une fois rentrée dans son laboratoire, elle craindra les échanges seule avec lui, il lui reprochera alors d’être moins investie, et préfèrera soutenir un autre projet plus prometteur.

      Ainsi, les violences bénéficient d’un contexte favorable : abus de pouvoir et de confiance, dépendance et silence, vulnérabilité exacerbée pour les étudiantes étrangères connaissant mal leurs droits et plus isolées. Car la personne qui les dénoncera courra le risque d’être privée de toute chance d’avoir une carrière académique ; il sera facile d’avancer des motivations scientifiques (manque de qualification ou de motivation) pour convaincre les instances compétentes de rejeter sa candidature à un recrutement ou une promotion. Bien sûr des sections disciplinaires existent et sont parfois mobilisées mais elles sont composées de pair.e.s appartenant à l’établissement, trop peu formé.e.s et outillé.e.s sur ces sujets, méconnaissant jusqu’à leur propre rôle, et leur saisine peut s’avérer compliquée, largement tributaire du bon vouloir de la direction ou présidence de l’établissement, du rectorat ou du ministère.

      Depuis quelques années les choses commencent à changer. Des dispositifs de lutte contre les violences sexistes et sexuelles se mettent en place, des formations toujours plus nombreuses sont proposées, des guides sont publiés, des campagnes de sensibilisation sont produites et des groupes de travail existent, avec le soutien du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Une dynamique très positive est enclenchée, avec un investissement remarquable des personnes qui portent ces dispositifs, et des associations partenaires. Mais cela ne suffit pas, les sanctions envers les agresseurs sont souvent minimes et les moyens manquent cruellement.

      L’expérience des établissements mobilisés montre que, pour pouvoir entendre la parole des témoins et des victimes, accompagner ces dernières dans toutes les dimensions nécessaires (médicale, juridique, psychologique, sociale…), mais aussi mener des actions de prévention, tous les établissements doivent disposer d’au moins une personne formée et à temps plein sur les questions d’égalité. De plus, l’institution doit maintenant prendre conscience de l’ampleur du phénomène et construire des garde-fous plus efficaces contre les violences faites aux femmes.

      Pour la mise en œuvre effective de la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la fonction publique, nous demandons donc que des moyens conséquents soient dégagés, accompagnés d’une large réflexion sur les dysfonctionnements de nos établissements. Nous appelons le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, la conférence des présidents d’université, la conférence des grandes écoles, la conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs, les président.e.s d’université, les syndicats, les associations et l’ensemble des personnels à se saisir pleinement de ces enjeux.

      Afin de soutenir cette dynamique, nous invitons toutes les femmes et tous les hommes à partager leur expérience en tant que témoin ou victime de violences sexistes ou sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche. Plusieurs réseaux existent : Tumblr SupToo, #SupToo. Vous pouvez aussi vous adresser à la mission Égalité ou à la cellule contre le harcèlement de votre établissement lorsqu’elle existe, et soutenir sa mise en place lorsqu’elle n’est pas encore instituée.

      Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche forment les citoyens et citoyennes de demain, ils se doivent d’être exemplaires en matière d’égalité et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Ensemble, mobilisons-nous pour un enseignement supérieur et une recherche sans violences.

      Signataires :

      Sylvie Cromer – sociologie
      Philippe Liotard – épistémologie
      Séverine Lemière – économie
      Colette Guillopé – mathématiques
      Réjane Sénac – science politique
      Yves Raibaud – géographie
      Gabrielle Houbre – histoire
      Brigitte Ranque – médecine
      Béatrice Delzangles - droit public
      Nolwenn Lécuyer – archéologie
      Claudine Hermann – physique
      Rozenn Texier-Picard – mathématiques
      Artemisa Flores Espinola – sociologie
      Kamila Bouchemal – études de genre, littératures comparées
      Michèle Ferrand – sociologie
      Elisabeth Luquin – anthropologue
      Cendrine Marro – psychologie et sciences de l’éducation
      Anne-Laure Féral-Pierssens – médecine
      Dominique Chandesris – physique
      Pascale Molinier – psychologie sociale
      Barbara Schapira – mathématiques
      Nathalie Bertrand – informatique
      Rachel Silvera – économie
      Rebecca Rogers – histoire
      Catherine Marry – sociologie
      Hélène Marquié – études de genre, art
      Françoise Vouillot – psychologie
      Jules Falquet – sociologie
      Gwenaelle Perrier – science politique
      Marion Charpenel – sociologie
      Anne Eydoux – économiste
      Florence Rochefort – histoire
      Hélène Fleckinger – cinéma
      Erika Flahault – sociologie
      Marion Girer – droit
      Dominique Fougeyrollas – sociologie
      Azadeh Kian – sociologie
      Françoise Milewski – économie
      Christelle Hamel – sociologie
      Sophie Pochic – sociologie
      Patrick Laurenti – biologie
      Hélène Nicolas – anthropologie
      Françoise Picq – science politique
      Nathalie Lapeyre – sociologie
      Hélène Breda – sciences de l’information et de la communication
      Marina Rosas-Carbajal – sciences de la Terre
      Fatiha Talahite – économie
      Delphine Naudier – sociologie
      Mathilde Guergoat-Larivière – économie
      Anne-Marie Devreux – sociologie
      Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles – épidémiologiste
      Fabienne Gillonnier – EPS-STAPS
      Lucile Ruault – sociologie politique
      Marion Tillous – géographie
      Eliane Viennot – littérature
      Fabrice Dhume – sociologie
      Jessica Brandler-Weinreb – sociologie
      Coline Cardi – sociologie
      Anne Bertrand – mathématiques
      Margaret Maruani – sociologie
      Soline Blanchard – sociologie
      Virginie Nicaise – psychologie
      Anne-Françoise Bender – gestion
      Nathalie Coulon – psychologie
      Christine Gruson – sociologie
      Rose-Myrlie Joseph – sociologie
      Geneviève Pruvost – sociologie
      Catherine Thibault – physique nucléaire et physique des particules
      Joëlle Wiels – biologie
      Hélène Périvier – économie
      Hyacinthe Ravet – sociologie et musicologie
      Cécile Ottogalli-Mazzacavallo – histoire
      Delphine Chedaleux – histoire des médias
      Geneviève Pezeu – sciences de l’éducation
      Frédéric Le Roux - mathématiques
      Indira Chatterji - mathématiques
      Maxime Forest – science politique
      Anaïs Bohuon – STAPS
      Clare Ramsbottom – anglais
      Didier Chavrier – sciences de l’éducation
      Nahema Hanafi – histoire
      Claire Blandin – sciences de l’information et de la communication
      Fabrice Virgili – histoire
      Karine Bergés – civilisation espagnole
      Natacha Lillo – civilisation espagnole contemporaine
      Yannick Chevalier – grammaire et stylistique française
      Pascale Rialland – biologie
      Antoine Cazé – littérature américaine
      Anne Le Friant – sciences de la Terre
      Pascal Tisserant – psychologie sociale
      Michela Petrini – physique
      Christian Brouder – physique
      Condon Stéphanie – socio-démographie
      Christine Rivalan Guégo – études hispaniques
      Alice Debauche – sociologie
      Emmanuel Fureix – histoire
      Magali Mazuy – sociologie et démographie
      Camille Schmoll – géographie
      Jean-Christophe Komorowski – sciences de la Terre
      Florence Gherchanoc – histoire
      Annik Houel – psychologie sociale
      Françoise Thébaud – histoire
      Laure Bonnaud – biologie
      François Bouteau – biologie
      Marguerite Cognet – sociologie
      Josette Feral – études théâtrales
      Nathalie Feuillet – sciences de la Terre
      Éric Queinnec – biologie
      Régine Dhoquois – droit
      Marion Paoletti – science politique
      Cedric Lemogne – médecine
      Sandrine Rousseau – économie
      Antigoni Alexandrou – physique
      Audrey Darsonville – droit
      Fanny Gallot – histoire
      Gaël Pasquier – sociologie
      Romain Pudal – sociologie
      Silyane Larcher – science politique
      Claire Cossée – sociologie
      Irène Peirera – philosophie
      Aude Rabaud – sociologie et anthropologie
      Samir Hadj Belgacem – sociologie
      Marion Carrel – sociologie
      Violaine Girard – sociologie
      Lissel Quiroz – histoire
      Laure Pitti – sociologie
      Abdellali Hajjat – science politique
      Arlette Gautier – sociologie
      Frédérique Le Doujet-Thomas – droit
      Sandy Montanola – information et communication
      Irène Berthonnet – économie
      Myriam Hachimi Alaoui – sociologie
      Lissel Quiroz – histoire
      Jérôme Courduriès – anthropologue
      Jean-Baptiste Combes – économie de la santé
      Miyana Hémadi – chimie

      https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/061218/violences-sexuelles-dans-l-enseignement-superieur-et-la-recherche-au

    • Discriminations en tout genre à l’Université. Recommandations à l’attention du Rectorat.

      Messages clés

      Le Service Egalité ainsi que la division des ressources humaines de l’Université de Genève mettent en place des mesures pour favoriser l’égalité et le bien-être : promotion de la diversité, lutte contre les discriminations, sensibilisation.
      Malgré ces mesures, sexisme, paternalisme et malaises professionnels étaient encore rapportés à la Cellule Confiance en 2018.
      Fort de ce constat, le présent rapport contribue à l’effort universitaire en la matière en adressant ses recommandations au Rectorat.

      Résumé

      La campagne #UNIUNIE diffusée depuis 2017 par le Service Egalité a constitué une démarche active pour sensibiliser les personnes qui fréquentent l’Université à l’existence du harcèlement sexuel et sexiste au sein même de l’institution.

      Durant le semestre de printemps 2019, les 21 étudiant-e-x-s de la clinique d’analyse sociale ont réalisé 26 entretiens auprès d’étudiant-e-x-s et du corps enseignant pour mieux appréhender les effets de la campagne #UNIUNIE et les expériences de #discrimination. Le cours a également bénéficié des contributions de 3 expertes en politiques de genre et d’égalité, internes et externes à l’université.

      Ces étudiant-e-x-s de Master ont développé une liste de 14 #recommandations adressées au Rectorat de l’Université de Genève. Ces dernières visent à favoriser l’inclusion et le respect des modes de vie pluriels à l’université. À travers un travail collaboratif élaboré autour de réflexions, de discussions, de revues de littérature et d’entretiens menés seul-e-x-s ou en groupes, nous avons produit des recommandations orientées sur cinq axes : la sensibilisation, l’inclusion, l’agir civique, la transparence des procédures et l’adaptation des structures universitaires aux modes de vie pluriels. Ces mesures élargissent en outre les actions menées par l’Université dans cette campagne en incluant d’autres formes de discriminations.

      https://www.unige.ch/sciences-societe/socio/fr/publications/sociobrief/sociobrief-1