• Terres suisses d’outre-mer

    Les traders domiciliés en Suisse possèdent de gigantesques territoires agricoles à l’étranger qu’ils cultivent souvent sans égard pour les populations locales et la nature.

    Des superficies de plantations équivalentes à près de sept fois les terres arables de la Suisse. C’est ce que quatorze des principaux négociants en matières premières basés en Helvétie contrôlent dans des pays du Sud, comme le Brésil, le Cameroun et le Laos. C’est le résultat d’une nouvelle enquête de Public Eye, ONG qui surveille de près depuis 2011 le secteur des matières premières, dont la Suisse est devenue la première place mondiale depuis une quinzaine d’années1. Ainsi, des traders qui opèrent principalement depuis Genève ou Zoug tels que Cargill, Cofco ou LDC ont la haute main sur au moins 2,7 millions d’hectares dans 561 plantations de 24 pays. Canne à sucre, huile de palme, céréales, oléagineux et caoutchouc tiennent le haut du pavé.

    Cette mainmise s’accompagne souvent de violations des droits humains, d’atteintes à l’environnement et prive les populations locales de leurs moyens de subsistance. « La concurrence pour la terre entre les multinationales de l’agro-industrie et les communautés locales augmente alors que ces dernières ont un besoin vital de ces ressources », détaille Silvie Lang, responsable du dossier chez Public Eye. Un accaparement des terres (land grabbing) qui a explosé depuis la crise financière de 2008 et qui est aussi régulièrement dénoncé pour sa dimension néocoloniale (lire ci-après).

    En tant qu’hôte de ces géants de l’agronégoce, la Suisse aurait une responsabilité toute particulière pour réglementer leurs activités dans ce secteur à risque, mais elle n’en prendrait pas le chemin. Publiée il y a quinze jours, l’ordonnance du Conseil fédéral sur l’application du contre-projet à l’initiative pour des multinationales responsables n’imposerait presque aucune obligation à ces dernières (lire ci-dessous).
    Dépossédés sans compensation

    Pourtant, expulsions de populations, déforestations illégales, dégâts environnementaux seraient légion autour des plantations contrôlées par les traders helvétiques. En coopération avec ses partenaires de la société civile locale, Public Eye a documenté dix cas problématiques dans neuf pays. Ils sont présentés sur une carte interactive constellée de petits drapeaux suisses où sont recensés de nombreux autres « territoires suisses d’outre-mer ».

    En Ouganda, les 4000 personnes expulsées de force il y a vingt ans pour faire place nette à une plantation de café aux mains du groupe allemand Neumann Kaffee (NKG) attendent toujours une indemnisation digne de ce nom. « La filiale suisse de NKG, qui gère non seulement le négoce de café vert mais aussi les plantations – y compris en Ouganda –, a une part de responsabilité à assumer », estime Public Eye.

    De même, 52 familles d’agricultrices et d’agriculteurs auraient perdu leurs moyens de subsistance sur le plateau du Boloven au Laos au bénéfice du trader Olam, qui dispose d’un de ses principaux départements de négoce en Suisse. Histoire similaire en Tanzanie, où nombre d’habitants assurent, selon l’association allemande Misereor, avoir été dépossédés de 2000 hectares par Olam qui cultive des caféiers sur leurs terres. En 2015, mille personnes œuvraient dans ces plantations dans des conditions de travail déplorables, privées d’accès à l’eau, à une nourriture décente, et exposées à l’épandage de pesticides dangereux, selon l’ONG.
    Une autorité de surveillance ?

    Au Brésil aussi, en plus de l’accaparement des terres, les pesticides posent des problèmes insolubles dans les plantations de canne à sucre. Le négociant Biosev, propriété jusqu’à peu du groupe suisse Louis Dreyfus, n’a toujours pas réparé les destructions environnementales occasionnées sur et autour de vastes étendues de terres qu’il exploitait illégalement dans la région de Lagoa da Prata.

    Au Cambodge, enfin, l’expulsion des autochtones qui a eu lieu en 2008 sous la responsabilité de Socfin pour y exploiter le caoutchouc n’aurait pas encore abouti à une réparation. Un processus de médiation entre la firme et les communautés, initié en 2017 et cofinancé par la Suisse, devait finalement permettre de trouver une solution à l’amiable. Mais « les personnes concernées sont insatisfaites de la procédure totalement opaque et globalement inutile », indique Public Eye, relayant les rapports de plusieurs autres ONG. Pain pour le prochain et Alliance Sud avaient pour leur part dénoncé en octobre les pratiques d’évasion fiscale agressive de Socfin au Cambodge à destination de Fribourg, qui privent ce pays de précieuses ressources3.

    Ce nouveau dossier donne toujours plus d’arguments à Public Eye pour réclamer une action déterminée des autorités fédérales. Les mannes financières apportées par les traders en Suisse entraîneraient une responsabilité correspondante : « Le Conseil fédéral reconnaît certes officiellement que le secteur des matières premières est confronté à des défis à prendre au sérieux, notamment en matière de droits humains, mais il continue de miser principalement sur la bonne volonté des entreprises à assumer leurs responsabilités. » Regrettant l’échec de l’initiative pour des multinationales responsables, l’ONG recommande à nouveau la création d’une autorité de surveillance du secteur des matières premières (Rohma), proposée en 2014 déjà. Celle-ci s’inspirerait de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), créée en 2009 sous la pression internationale.

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    Un accaparement ralenti mais prometteur

    Le phénomène de l’accaparement des terres a fait grand bruit au début des années 2010. Après la crise financière de 2008, on avait assisté à une ruée sur ce nouvel investissement estimé plus sûr et prometteur pour les détenteurs et détentrices de grands capitaux. Le tumulte s’est ensuite calmé avec le tassement progressif du nombre de terres achetées depuis. Entre 2013 et 2020, indique le dernier rapport de l’initiative de monitoring Land Matrix, qui dispose d’une base de données étendue sur l’accaparement dans les pays à revenus bas et moyens, seuls 3 millions d’hectares supplémentaires ont été enregistrés, sur un total de 30 millions. Le grand bon avait été réalisé entre 2006 (6 millions d’hectares environ) à 2013 (27 millions).

    Différentes raisons expliquent ce ralentissement, selon Land Matrix. D’abord, l’envolée attendue des prix dans la décennie 2010 des produits alimentaires, des agrocarburants et du pétrole n’aurait pas atteint les niveaux espérés. D’autre part, alertés par la société civile, certains Etats ont pris de mesures : « Citons, notamment, les moratoires sur les terres dans d’importants pays cibles, la diminution du soutien aux biocarburants de première génération et les restrictions sur la vente de terres aux investisseurs étrangers, dans certains cas », explique l’initiative.

    Les prix repartent à la hausse

    Mais la vapeur pourrait s’inverser sitôt la crise du Covid-19 passée, craint Land Matrix, d’autant que les prix reprennent l’ascenseur. « Certains pays, dont l’Indonésie et l’Inde, ont déjà libéralisé leurs marchés fonciers afin d’attirer les investissements étrangers. » Le Brésil représente également une plateforme florissant en matière agro-industrielle et connaît des évolutions favorables à un possible boom de l’accaparement des terres, indique un rapport en voie de publication de l’Université fédérale rurale de Rio de Janeiro (nous y reviendrons dans une prochaine édition.)

    Cette situation inquiète la société civile, qui souligne les conséquences souvent désastreuses du phénomène pour les populations paysannes, les autochtones, l’environnement et le climat. Certaines ONG, cependant, se focalisent parfois uniquement sur les violations des droits humains qui accompagnent le processus, sans remettre en cause sur le fond les dynamiques néocoloniales de l’accaparement et l’expansion du capitalisme foncier basé sur l’expropriation des communautés locales, regrettent certains observateurs : « Nous observons aujourd’hui un véritable processus d’enclosure (clôture des parcelles provenant de la division des terrains) à l’échelle mondiale », observe Michel Merlet, ex-directeur de l’Association pour l’amélioration de la gouvernance de la terre, de l’eau et des ressources naturelles (AGTER) en France. « Tout comme en Angleterre avant et pendant la révolution industrielle, ce phénomène se traduit par la dépossession des populations rurales, le développement d’un prolétariat rural, de nouvelles modalités de gestion des pauvres, une foi aveugle dans le progrès. » Une logique qui s’oppose de front à la terre en tant que bien commun.

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    La Suisse, carrefour du land grabbing ?

    Difficile de connaître l’importance relative de la Suisse dans l’accaparement de terres dans le monde. Pour l’heure, aucune étude exhaustive n’existe. Observons pour commencer que le chiffre de 2,7 millions d’hectares contrôlés par des traders suisses est très élevé comparé au total de 30 millions d’hectares de territoires agricoles recensés par Land Matrix dans le monde (qui n’incluent pas les traders basés en Suisse recensés par Public Eye). Un indicateur à considérer avec prudence toutefois, car cette base de données est probablement loin d’être exhaustive, selon plusieurs sources.

    D’autres acteurs helvétiques possèdent-ils ou louent-ils sur une longue durée des terres ? Firmes, fonds de pension, banques, assureurs disposent-ils de ce type d’actifs ? Land Matrix a recensé 6,3 millions d’hectares contrôlés via des investissements de firmes helvétiques, incluant des territoires forestiers cette fois, en plus des terres agricoles. A noter toutefois que 5,9 millions de ces 6,3 millions d’hectares se trouvent en Russie et concernent des concessions forestières, via la société Ilim, domiciliée en Suisse (les fonds pourraient provenir de Russie, ou d’ailleurs).

    Autres pays concernés : la Tanzanie, le Cameroun, la Sierra Leone, le Paraguay, l’Argentine, le Brésil, etc. En tout sont impliquées une quarantaine d’entreprises suisses, dont Nestlé, Louis Dreyfus, Chocolats Camille Bloch, Novartis et Addax Bioenergy SA.

    Aucune information, en revanche, sur les acteurs purement financiers : « Nos données n’incluent pas de banques ou de fonds de pension suisses. Nous ne savons pas s’ils sont impliqués dans ce type d’affaires. Leur investissement n’est pas transparent. Beaucoup passent par des paradis fiscaux ou des hubs financiers, comme Chypre, Singapour, Hong-Kong et les île Vierges », détaille Markus Giger, coresponsable de Land Matrix et chercheur au Centre pour le développement et l’environnement de l’université de Berne.

    L’opacité règne donc. On sait par ailleurs que le secteur financier helvétique cible par exemple des investissements dans l’agriculture, surtout là où il y a de fortes opportunités de profits, et les proposent ensuite sous forme de fonds. Les entreprises financées de cette manière peuvent elles-mêmes être impliquées dans l’accaparement de terres.

    En tant qu’une des principales places financières du monde, la Suisse joue indéniablement un rôle dans les transactions opérées sur nombre de ces terres. Après avoir enquêté sur l’accaparement et la financiarisation des terres au Brésil, le chercheur Junior Aleixo a pu le constater : « De nombreux acteurs impliqués dans l’achat ou la location de terres passent par des intermédiaires suisses ou possèdent des comptes dans des banques helvétiques parce que la Suisse dispose de législations peu regardantes et permet l’évasion fiscale », a confié au Courrier l’universitaire, membre du Groupe d’étude sur les changements sociaux, l’agronégoce et les politiques publiques (GEMAP) de l’Université fédérale rurale de Rio de Janeiro. Le gouvernement suisse lui-même voit d’un bon œil ces investissements sur le principe : « Le Conseil fédéral est d’avis que des investissements privés effectués avec circonspection dans l’agriculture ont des répercussions positives, à condition que les standards sociaux et écologiques soient respectés », avait-il répondu en 2011 à une interpellation de la conseillère nationale verte Maya Graf. Le gouvernement prône des normes et des codes de nature volontaire pour réglementer ce négoce et éviter la spoliation des communautés locales.

    https://lecourrier.ch/2021/12/16/terres-suisses-doutre-mer
    #traders #matières_premières #terres #accaparement_des_terres #Suisse #plantations #Cargill #Cofco #LDC #Canne_à_sucre #huile_de_palme #céréales #oléagineux #caoutchouc #multinationales #industries_agro-alimentaires #colonialisme #néo-colonialisme #agronégoce #dépossession #Neumann_Kaffee (#NKG) #Laos #Boloven #Olam #Tanzanie #Brésil #Biosev #Louis_Dreyfus #Lagoa_da_Prata #Cambodge #Socfin #biocarburants #enclosure #prolétariat_rural #opacité

    • Agricultural Commodity Traders in Switzerland. Benefitting from Misery?

      Switzerland is not only home to the world’s largest oil and mineral traders; it is also a significant trading hub for agricultural commodities such as coffee, cocoa, sugar, or grains. The majority of the globally significant agricultural traders are either based here or operate important trading branches in the country.

      The sector is highly concentrated with ever fewer powerful companies who also control the production and processing stages of the industry. In low-income countries, where many of the commodities traded by Swiss-based companies are produced, human rights violations are omnipresent, ranging from the lack of living wages and incomes, to forced and child labour as well as occupational health and safety hazards. Moreover, the risk of tax dodging and corruption has been shown to be particularly high within agricultural production and trade.

      Public Eye’s 2019 report Agricultural Commodity Traders in Switzerland – Benefitting from Misery? sheds light on the opaque sector of agricultural commodity trade and the human rights violations related to activities in this business and also highlights Switzerland’s refusal to regulate the sector in ways that could address these issues, and it outlines ways to tackle the challenges at hand.

      https://www.publiceye.ch/en/publications/detail/agricultural-commodity-traders-in-switzerland

      #rapport #Public_Eye

    • La culture de l’iniquité fiscale

      Le groupe agroalimentaire #Socfin transfère des bénéfices issus de la production de matières premières vers Fribourg, un canton suisse à faible fiscalité. Au détriment de la population vivant dans les zones concernées en Afrique et en Asie.

      La culture de l’#iniquité_fiscale

      Le groupe agroalimentaire luxembourgeois Socfin transfère des bénéfices issus de la production de matières premières vers #Fribourg, un canton suisse à faible fiscalité. Cette pratique d’#optimisation_fiscale agressive équivaut à l’expatriation de bénéfices au détriment de la population vivant dans les zones concernées en Afrique et en Asie. Pour la première fois, un rapport rédigé par Pain pour le prochain, Alliance Sud et le Réseau allemand pour la #justice_fiscale met en lumière les rouages de ce mécanisme. La Suisse porte elle aussi une part de #responsabilité dans ce phénomène, car la politique helvétique de #sous-enchère en matière d’imposition des entreprises représente l’un des piliers de ce système inique.

      La société Socfin, dont le siège se trouve au #Luxembourg, s’est vu octroyer dans dix pays d’Afrique et d’Asie des #concessions d’une superficie supérieure à 380 000 hectares, soit presque l’équivalent de la surface agricole de la Suisse. Dans ses 15 plantations, le groupe produit du caoutchouc et de l’huile de palme qu’il écoule ensuite sur le marché mondial. Si l’entreprise est dotée d’une structure complexe, il apparaît toutefois clairement qu’elle commercialise une grande partie de son caoutchouc par l’intermédiaire d’une filiale établie à Fribourg, à savoir #Sogescol_FR. Et c’est une autre filiale elle aussi basée à Fribourg, #Socfinco_FR, qui se charge d’administrer les plantations et de fournir des prestations aux autres sociétés du groupe.

      En 2020, Socfin a enregistré un bénéfice consolidé de 29,3 millions d’euros. Le rapport, qui procède à une analyse du bénéfice par employé·e dans les différents pays où opère Socfin, met en évidence la distribution particulièrement inégale de ces revenus. Ainsi, alors que le bénéfice par employé·e avoisinait 1600 euros dans les pays africains accueillant les activités de Socfin, il en va tout autrement au sein des filiales helvétiques du groupe, où ce chiffre a atteint 116 000 euros l’année dernière, soit un montant près de 70 fois supérieur. En Suisse, le bénéfice par employé·e a même en moyenne dépassé les 200 000 euros entre 2014 et 2020.

      À faible #fiscalité, bénéfices élevés
      Comment expliquer ces écarts dans la distribution des bénéfices à l’intérieur d’un même groupe ? Selon le rapport publié par Pain pour le prochain, Alliance Sud et le Réseau allemand pour la justice fiscale, la réponse est à trouver dans la fiscalité des pays accueillant les activités de Socfin. En effet, c’est là où les impôts sont le plus bas que le bénéfice par employé·e de l’entreprise est le plus élevé. Dans les pays africains où Socfin est active, le taux d’impôt varie ainsi de 25 à 33 %, contre moins de 14 % en Suisse. Il s’agit là d’un schéma classique de transfert de bénéfices entre filiales à des fins d’optimisation fiscale agressive.

      Cette pratique très répandue parmi les sociétés multinationales n’est pas forcément illégale, mais elle n’en demeure pas moins en tout état de cause inique, car elle prive les pays producteurs de l’hémisphère sud des recettes fiscales indispensables à leur développement et creuse de ce fait les inégalités mondiales. Chaque année, environ 80 milliards d’euros de bénéfices réalisés dans des pays en développement sont ainsi expatriés vers des territoires peu taxés comme la Suisse, ce qui représente bien plus que la moitié des enveloppes publiques annuelles allouées à la coopération au développement à l’échelle mondiale.

      Le transfert de bénéfices au sein de #multinationales est généralement difficile à appréhender pour l’opinion publique (en raison de l’opacité qui l’entoure) et pour les administrations fiscales (faute de volonté en ce sens ou de moyens suffisants). Dans le cas de Socfin, en revanche, les rapports financiers ventilés par zone publiés par la société livrent des informations sur la structure et l’objet des transactions entre filiales. Qu’elles portent sur le négoce, des prestations de conseil, des licences ou des services d’autre nature, les opérations intragroupe délocalisent en Suisse une grande partie des revenus générés en Afrique et en Asie. Et seul un examen approfondi réalisé par des administrations fiscales permettrait de vérifier si ces prix de transfert sont, ainsi que l’affirme Socfin, conformes aux règles édictées par l’OCDE en la matière.

      La Suisse doit faire œuvre de plus de transparence
      La réalité des plantations dans l’hémisphère sud représente le revers de la médaille des juteux bénéfices enregistrés en Suisse. En effet, Socfin dispose dans ces pays de concessions extrêmement avantageuses, mais n’offre pas une compensation suffisante à la population touchée, ne rétribue le dur labeur des ouvriers·ères que par de modiques salaires et n’honore pas totalement ses promesses d’investissements sociaux. En dépit de ce contexte particulièrement favorable, certaines exploitations du groupe, comme la plantation d’#hévéas de #LAC au #Liberia, n’en affichent pas moins des pertes persistantes – ce qui, selon le rapport, vient encore appuyer l’hypothèse de transfert de bénéfices de l’Afrique vers le paradis fiscal helvétique.

      Et cette pratique profite aujourd’hui considérablement à la Suisse, ces transactions générant près de 40 % des recettes de l’impôt sur les bénéfices des entreprises à l’échelon cantonal et fédéral. Afin de lutter contre les abus qui en découlent, il est impératif que notre pays améliore la transparence de sa politique fiscale et rende publics les #rulings, ces accords que les administrations fiscales concluent avec les sociétés. Il en va de même pour les rapports que les multinationales sont tenues de déposer en Suisse dans le cadre de la déclaration pays par pays de l’OCDE et dont l’accès est actuellement réservé aux administrations fiscales. Avant toute chose, il est primordial que la Suisse promeuve un régime international d’imposition des entreprises qui localise la taxation des bénéfices dans les pays où ils sont générés et non sur les territoires à faible fiscalité.

      Mobilisation à Fribourg
      Ce matin, Pain pour le prochain mène une action de mobilisation devant le siège de Sogescol et de Socfinco à Fribourg afin d’exhorter Socfin à cesser ses pratiques immorales de transfert de bénéfices et d’optimisation fiscale au sein de ses structures. Il importe en outre que le groupe réponde aux revendications des communautés locales, restitue les terres litigieuses et garantisse à tous les ouvriers·ères des plantations le versement de salaires décents.

      https://www.alliancesud.ch/fr/politique/politique-fiscale-et-financiere/politique-fiscale/la-culture-de-liniquite-fiscale

      Pour télécharger le rapport (synthèse en français) :
      https://www.alliancesud.ch/fr/file/88274/download?token=32SEeILA

  • Une curieuse histoire des relations franco-brésiliennes - Thibault Bricheux

    À Florianópolis, capitale de l’Etat brésilien de Santa Catarina, la communication d’entreprise des multinationales françaises devient l’histoire des relations franco-brésiliennes.

    https://www.medelu.org/Une-curieuse-histoire-des-relations-franco-bresiliennes


    #Brésil

  • La pression exercée par le mouvement noir brésilien atteint le Sénat des États-Unis et contribue au veto sur l’utilisation des fonds pour l’élimination des quilombos à Alcântara-MA

    Communiqué de la Coalition Noire pour les Droits

    L’accord dit de sauvegarde technologique, signé en mars 2019 par Trump et Bolsonaro, prévoit l’utilisation exclusive du territoire pour le gouvernement américain et ferait partir, sans consultation préalable, plus de 800 familles quilombolas qui y vivent…

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/10/la-pression-exercee-par-le-mouvement-noir-bresilien-att

    #international #bresil #usa

  • Iron Will: Global Extractivism and Mining Resistance in Brazil and India

    Iron Will lays bare the role of extractivist policies and efforts to resist these policies through a deep ethnographic exploration of globally important iron ore mining in Brazil and India. #Markus_Kröger addresses resistance strategies to extractivism and tracks their success, or lack thereof, through a comparison of peaceful and armed resource conflicts, explaining how different means of resistance arise. Using the distinctly different contexts and political systems of Brazil and India highlights the importance of local context for resistance. For example, if there is an armed conflict at a planned mining site, how does this influence the possibility to use peaceful resistance strategies? To answer such questions, Kröger assesses the inter-relations of contentious, electoral, institutional, judicial, and private politics that surround conflicts and interactions, offering a new theoretical framework of “investment politics” that can be applied generally by scholars and students of social movements, environmental studies, and political economy, and even more broadly in Social Scientific and Environmental Policy research.

    By drawing on a detailed field research and other sources, this book explains precisely which resistance strategies are able to influence both political and economic outcomes. Kröger expands the focus of traditionally Latin American extractivism research to other contexts such as India and the growing extractivist movement in the Global North. In addition, as the book is a multi-sited political ethnography, it will appeal to sociologists, political scientists, anthropologists, geographers, and others using field research among other methods to understand globalization and global political interactions. It is the most comprehensive book on the political economy and ecology of iron ore and steel. This is astonishing, given the fact that iron ore is the second-most important commodity in the world after oil.

    https://www.fulcrum.org/concern/monographs/tq57ns985

    #livre #open_source #extractivisme #Brésil #Inde #résistance #mines #conflits #conflits_armés #résistance_pacifique #fer #acier

  • « Bolsonaro est en train de faire adopter un arsenal législatif qui démantèlera les droits des Indiens sur leurs terres »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/08/bolsonaro-est-en-train-de-faire-adopter-un-arsenal-legislatif-qui-demanteler

    La France ne doit pas se rendre complice de l’ethnocide et de l’écocide en cours au Brésil, affirme un collectif d’anthropologues et d’historiens, parmi lesquels Philippe Descola et Anaïs Fléchet, plaidant pour l’application de sanctions de la part de l’UE.

    Tribune. Depuis le 22 août, 6 000 Indiens du Brésil, issus de 170 peuples différents, ont planté leurs tentes sur l’esplanade des ministères à Brasilia pour s’élever contre une menace inédite sur leurs droits et leurs terres. Ils entendent peser sur une décision de la Cour suprême concernant une demande de l’Etat de Santa Catarina de reprendre possession d’une partie de la terre indigène Ibirama-Laklano revendiquée par le peuple Xokleng. L’enjeu est d’importance puisque cette décision confirmera la doctrine en vigueur ou la remplacera par une autre, très défavorable aux droits des Indiens.

    (...) A titre d’exemple, le territoire des Yanomami fait déjà l’objet de cinq cents demandes formelles d’extraction minière. Une fois les lois votées, on voit mal comment ces demandes pourraient ne pas être acceptées. Ce serait alors, dans cette seule terre, 30 000 kilomètres carrés de forêt qui seraient ouverts à l’exploitation, soit la superficie de la Belgique.

    #ethnocide #écocide #déforestation #droits_originaires

    (rare absence de paywall pour une tribune)

  • Brésil. 7 septembre : « Descendez dans la rue pour faire échec au golpisme »

    Bolsonaro menace le peuple brésilien. Alors que la faim progresse, que l’inflation s’envole, que le chômage n’a jamais été aussi élevé et que le covid continue de faire des victimes, les partisans fanatiques de Bolsonaro sont convoqués pour une action de type d’Etat le 7 septembre, une initiative structurée sur un affrontement avec le pouvoir judiciaire (STF-Tribunal suprême électoral et TSE-Tribunal supérieur électoral). Avec cela, une très grave crise politico-institutionnelle se profile dans le pays.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/05/bresil-7-septembre-descendez-dans-la-rue-pour-faire-ech

    #international #brésil

  • Quand les mairies sont dirigées par des femmes (au Brésil), quelle conséquences sur la gestion de la #crise_sanitaire ?
    Une des conclusions :

    We provide evidence that municipalities under female leadership had fewer deaths and hospitalizations per 100 thousand inhabitants and enforced more non-pharmaceutical interventions (e.g., mask usage and prohibition of gatherings). (...) Our findings provide credible causal evidence that female leaders outperformed male ones when dealing with a global policy issue.

    Source :

    Under Pressure : Women’s Leadership During the COVID-19 Crisis

    In this paper, we study the effect of women’s public leadership in times of crisis. More specifically, we use a regression discontinuity design in close mayoral races between male and female candidates to understand the impact of having a woman as a mayor during the COVID-19 pandemic in Brazil. We provide evidence that municipalities under female leadership had fewer deaths and hospitalizations per 100 thousand inhabitants and enforced more non-pharmaceutical interventions (e.g., mask usage and prohibition of gatherings). We also show that these results are not due to measures taken before the pandemic or other observable mayoral characteristics such as education or political preferences. Finally, we provide evidence that these effects are stronger in municipalities where Brazil’s far-right president, who publicly disavowed the importance of non-pharmaceutical interventions, had a higher vote share in the 2018 election. Overall, our findings provide credible causal evidence that female leaders outperformed male ones when dealing with a global policy issue. Moreover, our results also showcase the role local leaders can play in counteracting bad policies implemented by populist leaders at the national level.

    https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3883010&mc_cid=af0c4948df
    #femmes #leadership #covid-19 #coronavirus #gestion_de_crise #maire #femmes_maires #Brésil

  • L’APIB dénonce Bolsonaro devant la CPI, à La Haye, pour génocide autochtone

    L’Articulation des peuples autochtones du Brésil (Apib) a déposé, ce lundi (9), une déclaration devant la Cour pénale internationale (CPI) pour dénoncer le gouvernement de Bolsonaro pour génocide. En cette date qui marque la Journée internationale des peuples autochtones, l’organisation demande au procureur de la Cour d’examiner les crimes perpétrés contre les peuples autochtones par le président Jair Bolsonaro depuis le début de son mandat, en janvier 2019, avec une attention particulière sur la période de la pandémie Covid-19.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/08/22/lapib-denonce-bolsonaro-devant-la-cpi-a-la-haye-pour-ge

    #international #brésil

  • Les États-Unis envisagent la vaccination obligatoire pour les voyageurs internationaux
    https://www.seneweb.com/news/International/les-etats-unis-envisagent-la-vaccination_n_354145.html

    ÉTATS-UNIS - Les États-Unis, dont les frontières restent fermées à de très nombreux voyageurs étrangers, projettent de les rouvrir à terme aux personnes pleinement vaccinées, a fait savoir ce mercredi 4 août un responsable de la Maison Blanche.Washington élabore une “approche progressive qui signifierait, avec des exceptions limitées, que tous les ressortissants étrangers venant aux États-Unis -depuis tous les pays- doivent être pleinement vaccinés”, a dit cette source, sans donner de calendrier.Les groupes de travail consacrés à cette question “sont en train de développer une politique afin d’être prêts, quand le moment sera venu, à évoluer vers ce nouveau système”, a dit le responsable.Le ton est très prudent mais il s’agit néanmoins d’une évolution pour les États-Unis, qui le 26 juillet encore ne voulaient entendre parler ni de tests ni de vaccins pour rouvrir leurs frontières.À l’heure actuelle, les voyageurs venus d’Europe, d’Inde, du Brésil ou encore de Chine ne peuvent pas entrer aux États-Unis, sauf motifs impérieux précis. Washington était resté sourd jusqu’ici aux appels à la réciprocité des Européens notamment.Tandis que les pays de l’Union européenne ont décidé de rouvrir leurs propres frontières aux Américains, à condition qu’ils soient vaccinés contre le Covid-19 ou présentent un test négatif, les voyageurs en provenance de l’espace Schengen, du Royaume-Uni et d’Irlande ne peuvent, eux, plus entrer aux États-Unis depuis mars 2020.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#UE#bresil#inde#chine#grandebretagne#sante#vaccination#circulation#frontiere#reciprocite#test

  • Covid-19 dans le monde : l’Angleterre supprime la quarantaine pour les voyageurs de France métropolitaine complètement vaccinés
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/04/l-oms-appelle-a-un-moratoire-sur-les-rappels-de-vaccin-accord-de-la-commissi

    Covid-19 dans le monde : l’Angleterre supprime la quarantaine pour les voyageurs de France métropolitaine complètement vaccinés. Les voyageurs se rendant en Angleterre en provenance de France n’auront plus besoin, à compter du 8 août, de s’isoler automatiquement à leur arrivée s’ils ont reçu les deux doses de vaccin.
    Le gouvernement britannique a annoncé, mercredi soir, la suppression à partir de dimanche de la quarantaine imposée aux voyageurs vaccinés contre le coronavirus arrivant en Angleterre en provenance de France métropolitaine.Londres lève ainsi une mesure dénoncée comme « discriminatoire » par Paris, imposée il y a trois semaines, que le gouvernement de Boris Johnson avait justifiée par la présence « persistante » du variant Beta en France. Elle excluait la France d’un assouplissement des règles britanniques, qui permet depuis peu d’exempter de quarantaine les voyageurs en provenance de pays classés en orange s’ils sont vaccinés avec un sérum approuvé par les régulateurs américain et européen. L’Hexagone retrouve ainsi la liste orange classique, qui n’impose une quarantaine comprise entre cinq et dix jours qu’aux voyageurs qui ne sont pas vaccinés. En revanche, l’île de la Réunion et Mayotte, où le variant Beta initialement identifié en Afrique du Sud voisine est présent, sont classées en rouge, réservant aux seuls résidents britanniques la possibilité de rentrer en Angleterre, au prix d’une coûteuse quarantaine à l’hôtel obligatoire de dix jours. Le Mexique et la Géorgie subissent le même sort. L’Inde, le Barhein, le Qatar et les Emirats arabes unis quittent également la liste rouge pour être classés en orange. Sept pays, parmi lesquels l’Allemagne, rejoignent la liste verte, ne nécessitant qu’un test négatif avant le départ et un test au deuxième jour. Les règles fixées par le gouvernement britannique ne concernent que l’Angleterre, mais les gouvernements locaux d’Ecosse, du Pays de Galles et d’Irlande du Nord adoptent généralement les mêmes mesures.
    Les Etats-Unis projettent de rouvrir leurs frontières aux voyageurs vaccinés
    Une annonce est également attendue de la part des Etats-Unis, dont les frontières restent fermées à de très nombreux voyageurs étrangers (en raison d’un « travel ban »). Washington projette de les rouvrir à terme aux personnes pleinement vaccinées, a fait savoir un responsable de la Maison Blanche. Washington élabore une « approche progressive qui signifierait, avec des exceptions limitées, que tous les ressortissants étrangers venant aux Etats-Unis – depuis tous les pays – doivent être pleinement vaccinés », a dit cette source, sans donner de calendrier. Les groupes de travail consacrés à cette question « sont en train de développer une politique afin d’être prêts, quand le moment sera venu, à évoluer vers ce nouveau système ». A l’heure actuelle, les voyageurs venus d’Europe, d’Inde, du Brésil ou encore de Chine ne peuvent pas entrer aux Etats-Unis, sauf motifs impérieux précis. Washington était resté sourd jusqu’ici aux appels à la réciprocité des Européens notamment.

    #Covid-19#migration#migrant#grandebretagne#etatsunis#france#UE#inde#bresil#chine#variant#vaccination#circulation#frontiere#paysarisque#sante

  • Le Brésil de Sérgio Mendes
    https://pan-african-music.com/le-bresil-de-sergio-mendes

    Cet été à nouveau, le patron du label Heavenly Sweetness nous écrit pour partager les trésors de sa discothèque. À lire et écouter sans modération. Aujourd’hui, le Brésilien Sérgio Mendes.

    Avec trois albums :

    Herb Alpert Presents Sérgio Mendes & Brasil ’66 (1966)
    https://www.youtube.com/watch?list=OLAK5uy_n242pEJbMRNltuEQ026LSZNqpj6rsnTr4&v=nkPDVC5PrkU

    Sérgio Mendes & Brasil ’77 – Primal Roots (1972)
    https://www.youtube.com/watch?list=PL_72ShF5Ej8HzFpSB-ld-3QwCivcV0_MN&v=YuAql93bNzc

    Sérgio Mendes — Timeless (2006)
    https://www.youtube.com/watch?list=PL_72ShF5Ej8FgZhMhxsS_GjsTOaaeLhr_&v=2GZwbKnjRyE

    #musique #Sérgio_Mendes #Brésil #jazz #Heavenly_Sweetness #Franck_Descollonges

  • Le Comité Fora Bolsonaro appelle à une nouvelle mobilisation : le 3 juillet. Un scandale de prévarication exacerbe la crise politique

    Une réunion d’urgence du Comité national Fora Bolsonaro [Dehors Bolsonaro] a eu lieu samedi 26 juin après-midi pour discuter des changements de la situation politique, après les témoignages du député Luis Miranda (Democrates-DEM, élu du District fédéral) et de son frère, Luis Ricardo Miranda, fonctionnaire au ministère de la Santé, suite aux allégations de corruption lors de l’achat du vaccin Covaxin. [Lundi 28 juin, trois sénateurs brésiliens ont déposé devant la Cour suprême une demande d’ouverture d’enquête pour « prévarication » contre le président Jair Bolsonaro qu’ils accusent d’avoir fermé les yeux sur un scandale de corruption dans l’achat de vaccins contre la Covid-19.]

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/03/le-comite-fora-bolsonaro-appelle-a-une-nouvelle-mobilis

    #international #brésil

  • Brazil Battered by Drought
    https://earthobservatory.nasa.gov/images/148468/brazil-battered-by-drought

    Prolonged dry conditions have caused the worst drought in central and southern Brazil in almost a century, according to Brazilian government agencies. The drought is expected to cause crop losses, water scarcity, and increased fire activity in the Amazon rainforest and Pantanal wetlands.


    #climat #brésil #sécheresse

  • Etudier en France, un rêve suspendu pour les jeunes issus de pays classés en zone rouge
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/06/29/etudier-en-france-un-reve-suspendu-pour-les-jeunes-issus-de-pays-classes-en-

    Etudier en France, un rêve suspendu pour les jeunes issus de pays classés en zone rouge. Même s’ils ont été admis par un établissement français, les jeunes originaires de certains pays, comme le Brésil ou l’Inde, ne peuvent obtenir, à ce jour, de visa étudiant en raison de la crise sanitaire.
    Natalia Helen Ferraira, docteure en sciences, doit rejoindre en septembre le centre de recherche en cancérologie et immunologie de l’université d’Angers en tant que stagiaire postdoctorale. Raissa Chielle a décroché une bourse afin de poursuivre sa thèse en océanographie au Museum national d’histoire naturelle, à Paris. Valquir Francisco Pacheco Neto a été admis à la rentrée à l’Ecole des mines, à Nancy…Tous les trois sont brésiliens, désireux de poursuivre leurs études en France. Mais leur projet de traverser l’Atlantique est mis à mal : le Brésil figure sur une liste de 21 pays où la situation liée à l’épidémie de Covid-19 est si préoccupante que la France ne délivre plus de visa, sauf motif impérieux. Y figure également le Chili, la Colombie, l’Argentine, la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud… « Les étudiants résidant dans les pays classés en zone rouge n’ont pas été inclus dans les catégories de voyageurs considérés comme ayant un motif impérieux pour voyager en France », confirme le ministère des affaires étrangères.
    Combien sont-ils, ces étudiants qui voient leur rêve suspendu ? Quelques milliers, si l’on se base sur les derniers chiffres rapportés par Campus France, l’organisme public chargé de la mobilité des étudiants étrangers. A la rentrée 2020, 4 800 visas étudiants ont été délivrés à des étudiants originaires des Amériques – un chiffre en baisse de 60 % par rapport à l’année précédente, en raison de la pandémie. A la même période, 8 700 visas avaient été délivrés à des étudiants asiatiques aspirant à suivre un cursus en France.Si la situation ne se débloque pas dans les semaines qui viennent, « c’est la fin d’un rêve » pour Anna Sançao. « Cela fait cinq ans que je me prépare à ce voyage. J’ai énormément travaillé à l’université pour avoir les meilleures notes possible, j’ai dépensé de l’argent pour prendre des cours de français et j’ai obtenu ma place à l’université Lyon-III en relations internationales », soupire la Brésilienne de 22 ans, qui, prête à partir, a déjà vendu sa voiture et quelques effets personnels.
    Laura Reyes, Colombienne de 22 ans, diplômée d’un master de psychologie de l’éducation de l’université de Bogota en février, est aussi très inquiète. Elle a été admise en master de psychologie des troubles du développement chez l’enfant à l’université de Nantes. Le 28 mai, elle a reçu un courriel lui signifiant qu’elle était acceptée : la rentrée est fixée au 30 août… Mais, à ce jour, l’ambassade de France ne peut donner suite à sa demande de visa. Quant à poursuivre ses études dans son pays, c’est impossible. « En Colombie, les inscriptions universitaires sont closes depuis avril », explique-t-elle.Pour les établissements français, cette incertitude est source de difficultés logistiques et budgétaires. En particulier dans les grandes écoles, où les frais de scolarité payés par les étudiants étrangers contribuent pour une large part à leur équilibre financier. « Nous avons admis plusieurs étudiants colombiens et brésiliens, et à ce jour nous n’avons aucune visibilité sur leur venue », regrette Alexandre Nominé, responsable des relations internationales de l’école d’ingénieurs Mines Nancy. De même à l’Institut de management et de communication interculturels (ISIT), qui reçoit des demandes d’étudiants tentant de trouver un moyen de rejoindre l’école : « Ils sont coincés par la situation sanitaire, et nous sommes démunis », regrette Sarah Bordes, directrice du développement international de l’ISIT.Les établissements envisagent de proposer des cours à distance pour ces jeunes, à la manière de ce qui a été mis en place l’année dernière, tout en leur permettant d’arriver en milieu de trimestre si la situation se débloquait. La liste des pays en zone rouge est « régulièrement réévaluée », souligne le Quai d’Orsay, qui conseille aux étudiants de déposer quand même leur demande de visa, dans le cas où la situation sanitaire de leur pays s’améliorerait. L’ambassadeur de France en Inde a même publié, le 14 juin, une vidéo dans laquelle il encourage vivement les étudiants indiens à ne pas laisser tomber leur projet d’études en France.Un collectif d’étudiants et de chercheurs brésiliens tente, par ailleurs, de susciter une mobilisation autour de ce sujet. Ils ont créé un compte Instagram, au travers duquel ils demandent à la France de considérer leurs projets d’études comme un « motif impérieux », condition sine qua non pour obtenir, aujourd’hui, le précieux visa. Il compte, à ce jour, un peu plus de 4 000 abonnés.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#etudiant#circulation#frontiere#listerouge#visa#inde#bresil#motifimperieux

  • Brazil continues to lose an entire generation of Indigenous leaders to COVID-19
    https://news.mongabay.com/2021/06/brazil-continues-to-lose-an-entire-generation-of-indigenous-leaders-t

    There have been 54,622 confirmed COVID-19 cases among Indigenous people in Brazil, according to monitoring by the Instituto Socioambiental (ISA), a Brazilian NGO that advocates for Indigenous and environmental rights. Since the beginning of the pandemic, 1,087 Indigenous people have died from the virus and 163 native groups have been affected, according to the ISA platform. There were nearly 818,000 Indigenous people in Brazil in 2010, according to the national census that year. There haven’t been any updates in the decade since, with the next census set for 2022.

    Meanwhile, data from the Articulation of Indigenous Peoples of Brazil (APIB), the country’s biggest Indigenous organization, reported that in December of last year the mortality rate among Indigenous people was 16% higher than among non-Indigenous Brazilians. In its report, “#COVID-19 and Indigenous Peoples,” APIB said that “We have lost our elders who kept and shared the memories of our ancestry, the guardians of our knowledge, of our songs, our prayers, and our spirituality.”

    #Brésil #peuples_autochtones

  • Delta variant wreaking havoc on viral Indonesia - Asia Times
    https://asiatimes.com/2021/06/delta-variant-wreaking-havoc-on-viral-indonesia

    Delta variant wreaking havoc on viral Indonesia
    JAKARTA – The Indonesian government may have prevented tens of millions of people from returning to their hometowns in the immediate aftermath of the Ramadhan fasting month, but once the restriction was lifted in mid-May it could do little to stop the inevitable floodtide that followed.The consequences of that are now being felt following a dramatic rise in Covid-19 infections from a plateau of 5,500 daily cases in early June to 15,508 on June 23, similar to what happened following the Christmas-New Year holidays.It is the highest single-day rise since the pandemic hit the country in February last year, with the number of deaths rising by more than 100 a day over the last three weeks to 55,544 and a positivity rate now recorded at 49%.
    Effective Friday, Hong Kong has banned all flights from Indonesia, placing the country on its extremely high-risk list, or Group A1, alongside Brazil, India, Nepal, Pakistan, the Philippines and South Africa. The latest outbreak has included a large number of cases of the so-called Delta variant, which health experts say is more transmittable than the original Covid-19 strain and was responsible for a huge increase in infections across India in recent months.So far, the majority of cases have been in Central Java, where the local government has designated 13 districts and cities as red zones, including the provincial capital of Semarang and its surrounding area.
    In the worst-hit district of Kudus, scores of stricken health workers recently injected with the Sinovac vaccine have all recovered quickly, encouraging news for a country that is relying heavily on China for its early vaccine rollout.

    #Covid-19#migration#migrant#sante#indonesie#variant#inde#nepal#pakistan#bresil#philippines#afriquedusud#inde#frontiere#circulation#contamination#java

  • #Covid au #Brésil : mobilisation contre #Bolsonaro alors que le pays dépasse la barre des 500.000 morts
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20210619-covid-au-br%C3%A9sil-mobilisation-contre-bolsonaro-alors-que-le-pays-d%

    ... J’ai plus peur de Bolsonaro que du virus. Je déteste plus Bolsonaro que le virus. »

    Alors qu’une troisième vague épidémique menace le pays, le président a répété que la contamination était plus efficace que la vaccination.

  • 29/05 : Dans tout le Brésil, les femmes sont descendues dans la rue pour dénoncer le gouvernement génocidaire de Bolsonaro (plus autre texte)

    À première vue, il peut sembler contradictoire de défendre la vie dans les rues, dans une pandémie qui a déjà tué plus de 450 000 personnes au Brésil. Mais ce n’est pas le cas. Une partie considérable de ces décès aurait pu être évitée avec une action de l’État qui place la vie au-dessus du profit, de la cupidité, du négationnisme et des valeurs qui disent que certaines vies valent moins que d’autres. C’est peu dire que le président brésilien, Jair Bolsonaro (sans parti), n’a rien fait pour freiner la propagation du covid-19. Plus que cela, il a agi pour permettre à la maladie de se répandre dans tout le pays, tuant des centaines de milliers de personnes.

    C’est pourquoi, le 29 mai, les Brésiliens se sont levés, dans une vague de manifestations, pour réclamer « Dehors Bolsonaro », des vaccins pour toute la population et le maintien de l’aide d’urgence. Le président et son gouvernement, en plus d’avoir favorisé la propagation du nouveau coronavirus au Brésil, précarisent de plus en plus la vie des femmes, des Noirs et des travailleurs, qui souffrent de la faim, du chômage, de la négligence et de la destruction des perspectives d’avenir.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/06/10/29-05-dans-tout-le-bresil-les-femmes-sont-descendues-da

    #international #brésil

  • Covid-19 : comment le variant indien a débarqué au Brésil – Réalités Biomédicales
    https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2021/06/02/covid-19-comment-le-variant-indien-a-debarque-au-bresil

    Publié le 02 juin 2021 par Marc Gozlan
    Covid-19 : comment le variant indien a débarqué au Brésil. L’histoire commence le 27 mars 2021. Le navire « MV Shanddong SA Zhi » quitte la Malaisie pour un long voyage qui doit l’amener à São Luís (État du Maranhão) au Brésil. Signalons au passage que São Luis est la seule capitale d’État du Brésil qui n’ait pas été fondée par les Portugais et dont le nom est d’origine française.Durant son périple, le navire accoste le 21 avril à Le Cap en Afrique du Sud. Les 24 membres d’équipage arrivent au Brésil le 14 mai. Parmi eux, un Indien âgé de 54 ans présente depuis dix jours des symptômes respiratoires évocateurs de Covid-19. Le diagnostic d’infection par le SARS-CoV-2 est rapidement confirmé. Le patient est hospitalisé en réanimation dans un hôpital privé de São Luís. Les prélèvements respiratoires du cas index sont envoyés à l’Institut Evandro Chagas (IEC) à Belém dans l’État du Pará.
    Sur les 24 membres d’équipage, 15 se révèlent positifs pour le SARS-CoV-2, dont trois sont symptomatiques. Tous sont placés en isolement et font l’objet d’une surveillance médicale. Six échantillons biologiques, positifs au test RT-PCR pour le SARS-CoV-2, sont envoyés pour séquençage génomique. Celui-ci permet d’identifier le virus comme appartenant au lignage B.1.617, dit « indien ».Ce virus appartient plus précisément au lignage B.1.617.2, lié à la reprise de l’épidémie en Inde où il a été repéré pour la première fois en octobre 2020. Ce variant a nouvellement été dénommé « Delta » par l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS vient en effet de renommer les variants du SARS-CoV-2 avec des lettres grecques. L’idée est d’avoir des noms « faciles à prononcer et à retenir », tout en évitant les appellations « stigmatisantes et discriminatoires ».
    On regroupe en fait trois lignages différents (B.1.617.1, B.1.617.2 et B.1.617.3) sous le nom générique de variants dits « indiens ». B.1.617.2 est devenu Delta et B.1.617.1 Kappa. Le variant B.1.617.3 n’a pas été renommé. Seul le variant Delta (B.1.617.2) est aujourd’hui considéré comme préoccupant, les deux autres ayant été rétrogradés au rang de variants d’intérêt, a annoncé mardi l’OMS.Le variant Delta (B.1.617.2) présente de façon significative une moindre sensibilité aux anticorps neutralisants, développés par des patients Covid-19 convalescents ou produits après vaccination. Il échappe également partiellement à certains anticorps monoclonaux à visée thérapeutique. À ce jour, ce variant « indien » a été rapporté dans au moins 51 pays.(...)
    Comme le soulignent Mirleide Cordeiro dos Santos et ses collègues virologistes de l’Institut Evandro Chagas, il s’agit de la première détection au Brésil du variant B.1.617.2, autrement dit du lignage « Delta ». Selon eux, leur rapport est une « alerte à la diffusion de ce variant en Amérique du Sud ».Selon ces scientifiques brésiliens, qui ont rapporté le 27 mai 2021 leurs résultats sur le site virological.com, la découverte de ces cas d’importation montre « la nécessité d’une surveillance continue des voyageurs afin d’être en mesure de pouvoir détecter la propagation en temps réel des nouveaux variants du SARS-CoV-2 », porteurs de mutations pouvant les rendre plus transmissibles ou pathogènes, ou encore susceptibles d’échapper au système immunitaire.

    #Covid-19#migrant#migration#bresil#inde#variant#sante#circulation#frontiere