Épisode 1/2 : #Fabrizio_de_André, #cantautore en toute liberté
Chantée en italien, son œuvre compte parmi les plus importantes de la chanson européenne. Hommage au cantautore Fabrizio de André (1940-1999), qui vit en #Brassens un véritable Socrate, et qui chanta les #marginaux, la #vie et l’#amour avec #humanité.
Véritable #conteur, Fabrizio de André décida de chanter l’amour par la #fable et mit au centre de ses textes les #antihéros de la société dans laquelle il vivait. Dans les années 1960, c’est un titre comme “La Canzone di Marinella” qui lui a permis de gagner sa vie comme cantautore, un terme désignant les gens qui chantent, qui écrivent et qui composent leurs propres #chansons.
Chanter les marginaux
Né à Gênes en 1940, juste avant la guerre et dans une famille très bourgeoise, Fabrizio de André vit sa petite enfance dans une grande liberté, habitant notamment à la campagne, où la guerre les mène. Il retourne ensuite à Gênes, ville au port labyrinthique où l’on retrouve marins, pêcheurs, artisans mais aussi prostituées et voleurs. Gênes que Fabrizio de André chante dans des titres comme “La città vecchia” (1965), qui évoque la vieille ville tout en se référant aux nombreux textes qui ont formé sa plume. Parmi ces derniers, Embrasse-moi de Jacques Prévert, une évocation de la figure des prostituées.
Toute sa vie, Fabrizio de André sera le chanteur des marginaux. Il se sent lui-même en marge de sa famille très bourgeoise, dont le père, grand lecteur, lui transmet l’amour de la langue française. D’abord marié à Enrika avec qui il a un enfant, Fabrizio choisit de s’éloigner de cette vie conventionnelle au profit de l’#alcool et de l’#anarchie.
#Georges_Brassens, un maître à penser
Fabrizio de André ne serait sans doute pas devenu Fabrizio de André s’il n’avait pas écouté un certain Georges Brassens dans les années 1950. Une découverte musicale qui lui montre à quel point les chansons peuvent parler du monde réel. En outre, son premier album, Tutto Fabrizio De André (1966), comprend deux chansons de Brassens, dont La marche nuptiale.
Il fait également référence à l’oeuvre de Brassens dans des chansons comme Bocca di Rosa, qui peut faire penser au titre Brave Margot de ce dernier. Bocca di Rosa est devenue si mythique qu’on l’utilise plus ou moins dans la langue italienne comme synonyme d’une femme légère ou d’une prostituée. Car c’est un peu l’histoire que raconte cette chanson inspirée à Fabrizio de André par l’une de ses premières fiancées, une prostituée surnommée Anna “la gorilla”.
Un engagement pacifiste
La #violence et la #guerre comptent parmi les thématiques qui habitent Fabrizio de André. On les retrouve dans une chanson comme “La ballata dell’eroe”, chantée par un certain #Luigi_Tenco, camarade de Fabrizio, compagnon de Dalida et dont le suicide tragique en 1967 au festival de la chanson italienne de Sanremo fut longtemps entouré de mystère. En outre, la mort de son ami marqua durablement Fabrizio de André.
Avant cela, dans la chanson antimilitariste “La guerra di Piero” (1964), Fabrizio de André affirme son #pacifisme radical. Préfigurant l’#engagement social et politique du cantautore, ce titre fait autant référence à un oncle revenu des camps de concentration qu’au Dormeur du Val de Rimbaud et aux textes pacifistes de l’écrivain et résistant #Italo_Calvino, notamment Dove vola l’avvoltoio ?.
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