• « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2026/08/09/si-vous-voulez-travailler-vous-travaillez-demain-a-loudeac-l-indispensable-m

    « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    Par Lionel Dangoumau (Loudéac [Côtes-d’Armor], envoyé spécial)
    Plusieurs milliers de Roumains sont venus travailler en Bretagne depuis l’entrée de leur pays dans l’Union européenne. Avec ses nombreux emplois, sa mission orthodoxe et son épicerie spécialisée, la petite ville des Côtes-d’Armor est un pôle d’attraction pour cette diaspora laborieuse.
    La traversée en voiture de l’immense zone d’activité de Loudéac, 400 hectares de béton entourés de champs à la sortie de la petite ville, est un voyage au pays de l’agroalimentaire : Vétagri, Entremont, Paticeo, Gelagri… « C’est le poumon économique des Côtes-d’Armor, affirme Bruno Le Bescaut, le maire (divers centre) de la ville, qui nous ouvre la mairie un samedi matin pour nous recevoir dans son bureau. A Loudéac, nous avons 10 000 emplois pour 10 000 habitants. » Parmi eux, il estime le nombre de citoyens roumains à « environ 450-500 ».Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, en 2007, ils n’ont plus besoin de titre de séjour pour venir en France. De 2011 à 2021, dernier recensement en date de l’Institut national de la statistique et des études économiques, le nombre de Roumains en Bretagne a triplé, pour atteindre environ 6 500 personnes.
    Avec son association culturelle L’Amitié roumaine Centre Bretagne, Doïna Benalloul organise des expositions, des spectacles, et donne aussi des cours de français à la médiathèque de Loudéac, le samedi matin. « Dans les années 1990, je pense que j’étais la seule Roumaine, rigole-t-elle. Quand je suis revenue, en 2018, il y avait beaucoup de Roumains. Ici, si vous voulez travailler, vous travaillez demain ! C’est le plein-emploi. » Au premier trimestre, le taux de chômage dans les Côtes-d’Armor s’établissait à 6,6 %, contre 8,1 % en France, hors Mayotte.
    La filière agroalimentaire aurait aujourd’hui du mal à se passer de ses salariés ou intérimaires roumains, notamment pour certains métiers éprouvants, comme le ramassage des volailles. « C’est dur, confirme Georgiana Alichitoaie, 36 ans, originaire de Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, qui s’était installée une première fois en 2015 à Loudéac avec son ex-mari. On travaille la nuit, il n’y a pas d’horaires fixes. On peut faire un chantier à 3 heures du matin et repartir pour un autre à 20 ou 30 kilomètres. Les volailles sont dans un bâtiment et on doit les mettre dans un chariot puis dans le camion, trois par trois ou deux par deux, et ce n’est pas facile parce qu’il y a beaucoup de poussière. » Rentrée en Roumanie pour divorcer, elle est revenue seule en 2019 à Loudéac, où elle vit avec ses deux fils, Denis, 15 ans, qui passe la semaine dans un institut médico-éducatif, et Rafael, 12 ans.
    Mais la participation des Roumains à l’économie locale ne se résume pas aux emplois non qualifiés. Sise à Lamballe, à 40 kilomètres au nord de Loudéac, la Cooperl est le numéro un de la production porcine en France. Environ 13 % de ses 7 500 salariés sont étrangers, et la nationalité roumaine est la plus représentée, avec près de 300 personnes, dont une dizaine sur le site de Loudéac. « Nous sommes sur un territoire où les départs à la retraite sont plus nombreux que les entrées dans la vie active, constate François Thébault, le directeur des ressources humaines de cette coopérative agricole et agroalimentaire. Il est aussi de plus en plus compliqué de pourvoir à nos besoins en compétences sur des métiers stratégiques, comme ceux de technicien de maintenance ou de technicien en énergie. On ne peut pas fonctionner sans recruter en dehors de notre territoire et à l’international. On a fait le choix de l’assumer et de l’accompagner. »
    Des agences d’intérim se sont même spécialisées dans le recrutement de travailleurs roumains, comme CAPA Intérim, qui compte six agences dans le Grand Ouest et une antenne à Ploiesti, près de Bucarest. « On a des intérimaires d’autres origines, mais c’est vrai qu’il y a des liens particuliers avec ce pays, assure Madalina Marin, 36 ans, assistante relations humaines à l’agence de Josselin (Morbihan) et elle-même roumaine. On recherche majoritairement des profils pour le secteur agroalimentaire, l’industrie, le BTP. Par exemple des ouvriers d’abattoir, comme des désosseurs de volaille ou de porc, des postes où on ne demande pas forcément d’expérience antérieure. Ce qui attire les Roumains ici, c’est surtout l’élément financier. Le coût de la vie est moins élevé en Roumanie, mais il y a de l’inflation, et les salaires ne suivent pas forcément. »
    « A la base, je suis technicienne industrielle dans le textile et, en Roumanie, je gagnais le salaire minimum, 150 euros par mois », témoigne Georgiana Alichitoaie. Après le ramassage des volailles et des périodes d’intérim en abattoir, elle est devenue opératrice de fromagerie, et dit toucher entre 2 200 et 2 400 euros net par mois. Arrivée en 2018 en provenance de Giurgiu, dans le sud de la Roumanie, Nicoleta Gaura, 50 ans, y était couturière et gagnait 300 euros par mois. En Bretagne, elle a commencé comme pareuse en abattoir, pour un salaire mensuel de 1 400 euros : « Avec un couteau, on coupe pour enlever la graisse, le sang, le cartilage, c’est un travail très dur. » Elle est aujourd’hui formatrice à la Société bretonne de volaille et se réjouit de devenir bientôt propriétaire de son logement. « J’ai bien réussi, mais j’ai beaucoup bossé pour ça ! », se félicite-t-elle.
    « Il y a deux typologies, schématise Bruno Le Bescaut au sujet des résidents roumains de sa ville. Les sédentaires, qui exercent souvent dans les professions moyennes et supérieures : techniciens spécialisés, ingénieurs, médecins… Ils s’installent, achètent, parlent français. Et puis les intérimaires, qui font des allers-retours. » Ces derniers, souvent de jeunes hommes qui veulent rentabiliser au maximum leur séjour, sont prêts à accepter des conditions de logement sommaires. Avec la promiscuité et le désœuvrement, en dehors du travail, des épisodes de tapage et des problèmes avec le voisinage ont surgi, sur fond d’alcoolémie. « Le principal problème, c’est le logement, reconnaît l’édile. Mais les employeurs ont été sensibilisés au sujet, et ils ont répondu présent. Ils mettent moins d’employés dans les maisons. »
    Forte de son dynamisme, que reflètent les nombreux commerces d’un centre-ville coquet et bien entretenu, Loudéac pourrait postuler au statut de capitale officieuse de cette communauté laborieuse, qui peut venir faire ses courses à l’épicerie Transilvania, tenue par Ionut et Alina Guler. Professeure de violon, Alina Guler a quitté la Roumanie avec son mari quand la crise financière de 2008 a frappé l’affaire familiale où il travaillait.Après avoir déjà repris en 2016 une épicerie roumaine à Pontivy (Morbihan), Alina et Ionut Guler ont racheté celle de Loudéac, il y a deux ans. Ils ont alors quitté le petit local originel pour ouvrir un espace de 400 mètres carrés, où 80 % des produits proposés sont roumains, de la charcuterie fumée aux fromages, en passant par les conserves de chou en saumure, indispensables pour cuisiner les sarmale, un plat de fête. Un grossiste de Nantes les livre deux fois par mois. « On est partis de zéro, rappelle Alina Guler. Quand on est arrivés, ni mon mari ni moi ne savions parler français. Au début, à Pontivy, nous étions la seule épicerie roumaine. Le week-end, les gens venaient de Brest, Lorient, Vannes, Quimper… Maintenant, il y en a d’autres. » Une grande surface non loin vient même d’ouvrir son propre rayon de produits roumains.
    A deux pas de la mairie, les fidèles orthodoxes de Loudéac ont aussi la possibilité de se rendre à la chapelle catholique Notre-Dame-des-Vertus, qui accueille une mission de l’Eglise orthodoxe roumaine, placée sous le patronage du saint hiéromartyr Charalampe de Magnésie. Pour la fête de Pâques, le bâtiment était plein à craquer, avec plusieurs centaines de personnes réunies autour du père Emil Ungureanu. Lui est arrivé en Bretagne en 2014. Il a d’abord mis de côté sa licence en restauration d’objets d’art pour… un CAP de charcutier-traiteur, avant d’être rattrapé par sa foi. Ordonné prêtre en 2017, il se consacre à la paroisse de Loudéac depuis 2021. Il a fait profiter son église de ses talents de décorateur : il a peint les figures dorées qui embellissent l’iconostase, la cloison séparant l’autel des fidèles dans la liturgie orthodoxe. Ici, il célèbre mariages et baptêmes – « une trentaine l’an dernier », souligne-t-il.
    Dans la conversation, il dit « chez nous, en Bretagne », et offre des spécialités roumaines – coliva (gâteau de blé concassé), cozonac (brioche), placinta (feuilleté) – après avoir confessé une quinzaine de fidèles, qui lui ont soufflé leurs difficultés morales ou physiques : « Les ouvriers des abattoirs souffrent de tendinites, de hernies. » Il se félicite que les Roumains soient « bien accueillis », même si certains ont plus de mal à se faire à l’exil. « Soit parce qu’ils n’ont pas réussi à créer une sociabilité suffisante, soit à cause du travail, explique-t-il. Récemment, un boucher est rentré en Roumanie parce que, maintenant, les salaires ont augmenté. »
    Les nombreuses familles qui réussissent à trouver une situation économique stable envisagent moins ce retour. « Je veux rester ici, insiste Georgiana Alichitoaie. La France est le pays qui voit grandir mes enfants, et mes enfants, c’est ma vie. Ils sont plus en sécurité ici que dans une grande ville. C’est propre et, pour nous qui n’avons pas fait d’études supérieures, c’est plus facile de trouver du travail que dans d’autres régions. »Originaire de Targoviste, au nord de Bucarest, Madalina Marin s’était d’abord installée en Pologne, puis en Ile-de-France. En Bretagne, elle a trouvé un environnement qui lui convient : « Je ne connaissais pas trop la région, mais aujourd’hui je partage pas mal de ses valeurs. J’aime aussi la nature dont on peut profiter ici. J’ai commencé les démarches pour obtenir ma naturalisation, mais ça traîne beaucoup. » Alina Guler aussi voudrait la nationalité française, pour elle, son mari et leurs trois enfants. « On est sérieux, bien intégrés, on paie nos impôts comme tout le monde, on est des bosseurs », justifie-t-elle, prête à convaincre qu’elle est ici pour de bon.

    #Covid-19#migration#migrant#france#bretagne#roumanie#agroalimentaire#economie#immigration#travailleurmigrant#integration#sante

  • Découvrez les #Enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en #Bretagne en août 2026
    https://splann.org/enquetes-publiques-aout-2026

    Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de Splann ! met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne. L’article Découvrez les #enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en août 2026 est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #abattoir #élevage #éoliennes #photovoltaïsme #poules_pondeuses

  • « Je ne suis pas un singe », la crêpière victime d’attaques racistes contre attaque
    https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/je-ne-suis-pas-un-singe-la-crepiere-victime-d-attaques-ra

    Plus de 200 personnes se sont rassemblées ce 19 juillet 2026 pour soutenir Joëlle Dambo. Gagnante de l’émission « Le meilleur de la crêpe », depuis, elle est victime d’injures racistes sur les réseaux sociaux. Elle a porté plainte auprès du Pôle National de Lutte contre la Haine en Ligne et entend se battre pour tous ceux qui subissent la violence raciste.

    #racisme #bretagne #france

  • Lecture d’un extrait du livre « Irène » de Christine Lapostolle, publié aux éditions MF, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/irene-de-christine-lapostolle

    Le récit de Christine Lapostolle s’articule autour de Janis, la fille d’Irène, qui meurt d’un arrêt cardiaque. Sa mort soudaine déchire un quotidien jusque-là tissé d’amour et d’attention. La narratrice croise le chemin d’Irène et devient son amie. Elle restitue pudiquement les trajectoires de ces deux femmes. Leur révolte silencieuse face aux injustices sociales. Leur refus des normes imposées par le pouvoir ou l’argent. Une œuvre chorale et circulaire sur le deuil et l’amitié, où ces trois voix féminines se croisent et s’enchevêtrent, la perte devenant le catalyseur d’une rencontre profonde et singulière, une manière d’être au monde. « Les âmes de nos morts nous entourent, parfois nous sollicitent. Ce sont des puissances. »

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Théâtre, #Langage, #Deuil, #Absence, #Art, #Portrait, #Amitié, #Bretagne (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_ire_ne_christine_lapostolle.mp4

    https://www.editions-mf.com/produit/175/9782378041144/irene

  • L’Autorité environnementale désapprouve le projet de l’État de déclasser les monts d’Arrée des zones vulnérables aux #nitrates
    https://splann.org/monts-darree-nitrates-autorite-environnementale

    Un « risque environnemental » : c’est ainsi que l’Autorité environnementale (AE) qualifie le projet de déclassement de neuf communes des #monts_d'arrée des zones vulnérables aux nitrates. Son avis vient conforter les inquiétudes exprimées par les élus et les associations face à cette possible déréglementation voulue par l’État. L’article L’Autorité environnementale désapprouve le projet de l’État de déclasser les monts d’Arrée des zones vulnérables aux nitrates est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #aappma #agriculture #algues_vertes #aulne #bassin_loire-bretagne #Berrien #Botmeur #Brasparts #Brennilis #bretagne_vivante #claire_desmares #conseil_régional_de_bretagne #eau #eau_et_rivières_de_bretagne #effluents #élevage #epaga #épandage #Huelgoat #La_Feuillée #loïg_chesnais-girard #Lopérec #mélanie_thomin #pêcheurs #Plouyé_et_Saint-Rivoal #pollution #région_bretagne #terrarade

    • Héhé, plein de têtes et de lieux connus ouè. On a pas mal d’histoires de conteneurs à l’eau par ici : une fois c’était des pamplemousses, une autre des paquets de tabac (scellés sous plastique), c’est moins pire que le mazout...

  • [Info « Splann ! »] Du brassage de houblon au projet de création d’un média breton, les ambitions sans #frontières d’Erik Tegnér
    https://splann.org/brasserie-kerfave-erik-tegner

    Dans un document que nous nous sommes procuré, le président du magazine d’extrême droite Frontières évoque l’idée du lancement d’un magazine trimestriel breton. Objectif revendiqué : « Défendre nos terroirs et lutter contre l’invasion migratoire. » L’article [Info « Splann ! »] Du brassage de houblon au projet de création d’un média breton, les ambitions sans frontières d’Erik Tegnér est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en #Bretagne.

    #Libertés_et_droits_humains #brasserie_Kerfave #Erik_Tegnér #extrême_droite #médias

  • « Ce qu’on veut, c’est aider » : des habitants achètent des terres qu’ils louent à des paysans bio

    Que faire quand l’agro-industrie accapare toutes les terres ? Se rassembler en coopérative citoyenne et acheter des hectares. Dans le #Finistère, des terres sont ainsi louées à des agriculteurs qui veulent s’installer en bio.

    Des terres agricoles achetées par des citoyens pour des agriculteurs. Pour la première fois, François foule le sol de la #parcelle_agricole qu’il est en train d’acquérir. « L’agriculture industrielle, telle qu’elle s’est développée ici en #Bretagne, est un vrai souci. J’apporte ma pierre à l’édifice comme je peux », dit le retraité, poncho de pluie sur le dos.

    Comme lui, ils sont une vingtaine à s’être donné rendez-vous en ce dimanche matin de mai — qu’importe la météo qui trempe jusqu’aux os — pour découvrir le lot de 16 hectares de #terres_agricoles qu’ils sont tous en train d’acheter, ensemble, sur la commune du Juch, située en baie de Douarnenez (Finistère). « Au total, on est presque 200 coopérateurs », se félicite Muriel.

    Pour lancer leur activité, Louise, Romain et Jules, jeunes agriculteurs dans la trentaine, ont fait appel à une structure peu courante d’aide à l’installation agricole : Kazel-Ha-Kazel, une #foncière_citoyenne et territoriale, dont le nom breton se traduit par « bras dessus, bras dessous » en français. Les trois paysans sont les premiers bénéficiaires de cette #Scic (Société #coopérative d’intérêt collectif) qui a pour mission d’acheter des terres agricoles pour aider des agriculteurs à lancer leur exploitation.

    En échange, les porteurs de projet doivent répondre à une condition : s’installer en agriculture biologique.

    Une #foncière pour réduire son #endettement

    « On n’est pas attaché à la #propriété_privée de la terre, dit Romain, agronome de formation, qui explique pourquoi ils ont adhéré à l’initiative. Le #droit_locatif est assez protecteur pour les agriculteurs, ce qui fait qu’on n’a pas peur de louer des terres. On a aussi voulu passer par une foncière pour réduire notre endettement. »

    Au total, l’exploitation de ces trois jeunes paysans va s’étendre sur 70 hectares. 10 hectares et du bâti sont en cours d’achat par les associés, 20 sont en location auprès d’agriculteurs retraités et le reste sera loué à des foncières : 24 hectares seront loués à Terre de liens et 16 hectares à #Kazel-ha-Kazel. Louise et Romain cultiveront des légumes type choux, poireaux, courges, pommes de terre, patates douces, en plein champ. Jules, lui, s’occupera des animaux, avec un cheptel de vaches élevées pour leur lait, et des boeufs, pour la viande.

    À la différence de l’association #Terre_de_liens, plus connue, le projet Kazel-ha-Kazel s’ancre dans le pays de #Douarnenez, avec une gouvernance locale et des coopérateurs locaux. 96 % des quasi 200 coopérateurs qui composent la Scic vivent en effet dans le pays de Douarnenez. « C’est aussi pour ça qu’on a voulu faire appel à Kazel-ha-Kazel car on trouve l’approche territoriale intéressante », dit Romain.

    107 200 euros déjà récoltés

    L’idée d’une foncière citoyenne a commencé à émerger en 2021, quand la communauté de communes Douarnenez Communauté a lancé un Projet alimentaire territorial, souvent surnommé « PAT » par les collectivités. Le but d’un PAT est d’établir un diagnostic sur l’agriculture et l’#alimentation, sur un #territoire donné, en fédérant les acteurs locaux. Le PAT est souvent vu comme un levier pour permettre la transition agro-écologique.

    De là, une vingtaine de citoyens se sont réunis pour réfléchir à la question du foncier agricole dans le secteur. Le constat dressé sur le territoire de Douarnenez est alors à peu près le même qu’à l’échelle nationale : ici aussi, les agriculteurs partent à la retraite et ne sont pas ou peu remplacés. Les petites exploitations disparaissent, quand d’autres, pratiquant déjà une agriculture intensive, s’agrandissent. « Entre 2010 et 2020, la population agricole sur le Pays de Douarnenez a diminué de 37 % passant de 397 à 252 personnes », précisent les statuts de la foncière.

    « Officiellement, la Scic a été créée en janvier 2025 », précise Muriel, présente depuis le début du projet. L’achat des 16 hectares dans la commune du Juch va coûter 93 000 euros. « Le prix à l’hectare est relativement cher ici », précise Jules. Cet ancien anthropologue a réalisé une thèse sur les effets des quotas laitiers en Finistère. L’accès à la terre est, selon Terre de Liens, le premier frein au renouvellement des générations.

    Entre 2025 et aujourd’hui, la Scic est passée d’une cinquantaine de coopérateurs à 200, et a réussi à réunir en tout 107 200 euros. En moyenne, chaque coopérateur a versé 500 euros dans la SCIC, la part minimum pour être coopérateur étant de 100 euros. « Et qu’importe la somme versée, un coopérateur égale une voix », indique Muriel.

    Des terres inaliénables

    Via ce projet de foncière, Kazel-ha-Kazel veut ainsi « rendre les terres inaliénables », souligne Anne, coopératrice. « Si dans vingt, trente ans, ils [les paysans locataires] veulent partir, quelqu’un d’autre pourra relouer les terres dans les mêmes conditions », ajoute cette dernière.

    La foncière citoyenne veut aussi limiter la concentration des terres agricoles et favoriser l’#agriculture_paysanne dans un territoire qui souffre déjà de la pression exercée par les porcheries industrielles. Le pays de Douarnenez, situé sur le littoral, est en effet tristement connu pour être régulièrement le théâtre d’échouages d’algues vertes. Malgré cela, en 2025, deux porcheries ont obtenu l’autorisation de s’étendre.

    Aux paysans porteurs de projets de démarcher la foncière citoyenne pour acheter des terres. « Nous on n’y connait rien, on n’est pas du métier. Ce qu’on veut, c’est aider », expliquent Muriel et Anne. La foncière citoyenne serait-elle un levier contre l’#accaparement_des_terres ? En tout cas, la démarche plaît et attire : sans vouloir trop s’étendre, Kazel-ha-Kazel laisse entendre que d’autres porteurs de projets d’installation en agriculture biologique les ont contacté. « Et vers Saint-Cadou, dans le Finistère, des particuliers sont également intéressés pour lancer le même type de projet », se réjouit Anne.

    https://reporterre.net/Ce-qu-on-veut-c-est-aider-des-habitants-achetent-des-terres-qu-ils-louen
    #soutien #aide #terres #alternative #agriculture #agriculture_biologique #location #achat #foncier #coopérative

  • [Vidéo] « Splann ! » dresse le bilan breton des municipales sur « #mediapart » avec l’autrice #Juliette_Rousseau et l’universitaire #Olivier_Tonneau
    https://splann.org/video-splann-fait-le-bilan-des-municipales-sur-mediapart-avec-lautrice-julie

    Partenaire de l’émission de Mediapart, Splann ! a pu présenter ses enquêtes, dresser le bilan des municipales en #Bretagne et engager la discussion autour des imaginaires indispensables pour éviter le pire en 2027. L’article [Vidéo] « Splann ! » dresse le bilan breton des municipales sur « Mediapart » avec l’autrice Juliette Rousseau et l’universitaire Olivier Tonneau est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #élections_municipales #gauche #présidentielle

  • Le pétrole de l’Erika refait surface en #Bretagne, 26 ans après son #naufrage - ICI
    https://www.francebleu.fr/infos/environnement/le-petrole-de-l-erika-refait-surface-en-bretagne-26-ans-apres-son-naufrag

    Une quinzaine d’#oiseaux #mazoutés ont été retrouvés ces dernières semaines sur des #plages du sud-#Finistère. D’après les analyses réalisées par le #Cedre, le #pétrole proviendrait du #pétrolier #Erika, qui a fait naufrage en décembre 1999.

  • Découvrez les #Enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en #Bretagne en décembre 2025
    https://splann.org/decouvrez-les-enquetes-publiques-et-projets-damenagement-en-cours-en-bretagn

    Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de Splann ! met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne. L’article Découvrez les #enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en décembre 2025 est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #gelagri #safran

  • Hommage à Erik Marchand, passeur de musiques entre la Bretagne et les Balkans - Le Courrier des Balkans
    https://www.courrierdesbalkans.fr/Hommage-a-Erik-Marchand-passeur-de-musiques-entre-la-Bretagne-et-

    Grand voyageur, Erik commence à arpenter les #Balkans à la fin des années 1980, découvrant des pays qui s’ouvrent tout juste aux visiteurs étrangers, comme l’Albanie et la Roumanie, mais aussi la Yougoslavie en train de se disloquer dans le sang. Erik, qui parlait parfaitement le roumain et fort correctement le serbo-croate, composa même une chanson dans cette langue, évoquant le siège et la destruction de Vukovar.

    ERIK MARCHAND, BOJAN Z & COSTICA OLAN
    https://www.innacor.com/2017/05/06/erik-marchand-bojan-z-costica-olan

    Erik Marchand, la voix éternelle de la Bretagne s’est éteinte
    https://www.rmn.bzh/erik-marchand-la-voix-eternelle-de-la-bretagne-s-est-eteinte

    https://www.youtube.com/watch?v=1ScYE6WpL5I


    Danse bretonne : Dañs fisel à Gourin avec #Erik_Marchand et Youenn Lange en hommage à Maudez Kerjean
    #Kreizh_Breizh_Akademi #khan_ha_diskan #clarinette #Bretagne

  • « Un nouveau record effroyable » : plus de 900 SDF décédés l’an dernier en France, dont des enfants | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/un-nouveau-record-effroyable-plus-de-900-sdf-decedes-lan-dernier-en-fra


    Plus de 900 personnes sans domicile fixe sont décédées en France l’an dernier, selon le collectif Les morts de la rue.
    EPA/Teresa Suarez

    Un chiffre d’une ampleur inédite : plus de 900 personnes sans domicile fixe sont décédées en France l’an dernier. Un décompte publié par le collectif Les morts de la rue.

    Les plus jeunes n’avaient que quelques jours, la plus âgée 93 ans : plus de 900 personnes sans domicile fixe sont décédées en France l’an dernier, un chiffre d’une ampleur inédite qui s’explique à la fois par une hausse du sans-abrisme et par un recensement associatif plus efficace.

    912 décès dénombrés
    « Tous les indicateurs sont au rouge, il y a urgence à se mobiliser », alerte auprès de l’AFP Adèle Lenormand, membre du collectif Les morts de la rue, qui a publié jeudi son décompte actualisé du nombre de personnes sans domicile fixe décédées en 2024. Des hommes, des femmes mais aussi des enfants : 912 décès ont été dénombrés, soit « un nouveau record effroyable », depuis le premier recensement de 2012. À titre de comparaison, à la même période l’an dernier, le collectif avait comptabilisé 735 morts pour 2023.

    « Plus de signalements »
    La hausse constatée est liée en partie à « l’augmentation du nombre de personnes sans domicile fixe », mais aussi au fait que le collectif reçoit plus de signalements de la part des particuliers, d’associations et de structures d’accompagnement social, explique Adèle Lenormand, qui a coordonné l’enquête.

    Ces personnes SDF sont décédées de manière « prématurée » : à 47,7 ans en moyenne, soit un écart d’espérance de vie de 32 ans avec la population générale. Un âge moyen en recul. Il s’agit en majorité d’hommes (82 %) mais la part de femmes (13 %) est « en hausse, reflétant une féminisation du sans-abrisme », selon le collectif.

    4 % des décès concernent des moins de 15 ans
    Fait « inquiétant », 4 % des décès concernent des moins de 15 ans, soit « un doublement par rapport à la période 2012-2023 ». « C’est lié à la progression du nombre de familles dans la rue », précise Adèle Lenormand. Les plus jeunes personnes décédées recensées sont, selon elle, des bébés de quelques jours à peine. À l’inverse, la personne la plus âgée avait 93 ans. « On observe une progression du nombre de personnes vieillissantes sans domicile fixe », détaille Mme Lenormand. « Depuis l’an dernier, des personnes âgées se retrouvent à la rue pour la première fois à la suite d’une expulsion ».

    Face à cette tragédie, l’urgence est double : protéger les plus vulnérables et réformer en profondeur les politiques publiques
    Une partie des personnes décédées en 2024 vivaient dans la rue au moment de leur mort, d’autres étaient hébergées, dans des structures d’urgence ou de soins. Dans de nombreux cas, la cause du décès reste inconnue (40 %). Pour 17 %, il s’agit d’une mort violente (noyade, agression, suicide). L’Île-de-France concentre 37 % des décès et la région Hauts-de-France enregistre un doublement (163 décès), « notamment survenus lors de traversées de la Manche ».

    Action publique
    « Face à cette tragédie, l’urgence est double : protéger les plus vulnérables et réformer en profondeur les politiques publiques pour que le droit au logement convenable devienne enfin une réalité », soulignent dans un communiqué Les morts de la rue, qui avaient organisé en mai à Paris une cérémonie d’hommage aux disparus.

    Pour l’heure, l’action des pouvoirs publics est largement insuffisante aux yeux des associations. En février, une vingtaine d’entre elles ont déposé devant le tribunal administratif de Paris deux recours contre l’État pour « carence fautive » dans la lutte contre le mal-logement et le sans-abrisme.

    L’État ne remplit pas « correctement » sa mission en matière de politique d’hébergement des personnes sans-abri, avait aussi estimé l’an dernier la Cour des comptes. Le président Emmanuel Macron avait fait la promesse selon laquelle personne ne devait dormir à la rue d’ici à la fin de son premier quinquennat.

    Estimation mise à jour dans un an
    Il est difficile de connaître précisément le nombre de personnes sans domicile fixe en France : elles seraient environ 350 000, dont 20 000 à la rue, selon la Fondation pour le Logement (ex-Fondation Abbé Pierre). La dernière évaluation officielle de l’Institut national de la statistique, qui remonte à 2012, estimait leur nombre à 143 000. L’Insee devrait dévoiler fin 2026 les résultats d’une enquête pour mettre à jour cette estimation.

  • #Algues_vertes, l’histoire interdite

    Pas moins de 3 hommes et 40 animaux ont été retrouvés morts sur les plages bretonnes. L’identité du tueur est un secret de polichinelle : les algues vertes. Un demi-siècle de fabrique du silence raconté dans une enquête fleuve.Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre Van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-algues-vertes-l-histoire-interdite/album-algues-vertes-l-histoire-interdite
    #BD #livre #bande-dessinée
    #Bretagne #algues #plages #hydrogène_sulfuré (#H25) #Côtes_d'Armor #intoxication #santé_publique #Halte_aux_marées_vertes #omerta #Thierry_Morfoisse #justice #Nicol_Environnement #Screg-Colas #Bouygues #Sauvegarde_du_Trégor #silence #déni #agriculture #modernisation #remembrement #industrialisation #élevage_hors-sol #industrice_porcine #agriculture_intensive #pollution #eau_potable #Marc_Le_Fur #porcherie #nitrates #modernisation_agricole #engrais #Institut_scientifique_et_technique_de_l'environnement (#ISTE) #Christian_Bursan #industrie_agro-alimentaire #stratégie_de_l'incertitude #plan_algues_vertes (#PAV) #subventions #lisier #CRESEB #CSEB #conseil_régional_de_bretagne #France #comité_de_convergence_des_intérêts_bretons (#CCIB) #Produit_de_Bretagne #Institut_de_Locarn #Club_des_Trente #Breizh_Europe #Les_dîners_celtiques #Les_amis_du_cochon #tourisme #dépendance #terreur #suicides #banques #grande_distribution #argent_public #élevage #sodiaal #Triskalia #Synutra #Laïta #Jean-René_Auffray #vasières_du_Guessant

    • Les marées vertes

      Qu’y a-t-il de commun entre les plages de Bretagne, la lagune de Venise, et le littoral chinois de Qingdao ?

      Tous les trois ont fait la « une » des journaux en raison d’impressionnantes « marées vertes », causées par l’accumulation estivale de macroalgues du genre Ulva.

      Ces marées vertes sont la forme la plus visible d’un enrichissement excessif des eaux marines. Cela ne doit pas faire oublier la forme planctonique, bien plus étendue vers le large, qu’on appelle « eaux colorées ». Ces phénomènes peuvent s’avérer dangereux tant pour la faune marine, que pour le promeneur du littoral ou le consommateur de coquillages. Alors quelle est la cause de ce soudain dérèglement ? Peut-on y remédier ?

      Depuis quand y a-t-il des marées vertes ? Est-ce un phénomène permanent ou saisonnier ? Que fait-on pour se débarrasser d’une marée verte déjà formée ? Quels sont les impacts sur l’écosystème marin ? Quelles sont les nuisances pour la société humaine ? Peut-on tirer de l’énergie des algues vertes ? Quelle est l’attitude du monde agricole ? Que fait l’administration pour diminuer la nuisance ? Eaux « rouges » contre marées « vertes » : quelles différences pour l’environnement ?

      Autant de questions auxquelles ce petit livre répond sans complaisance ni catastrophisme, au plus près de la connaissance scientifique actuelle, loin des polémiques qui masquent trop souvent la réalité ! Il intéressera les personnes soucieuses de la qualité de leur environnement côtier.

      https://www.quae.com/produit/1402/9782759225552/les-marees-vertes

  • L’hôpital s’effondre et les pouvoirs publics regardent ailleurs, suite de notre grande enquête en Bretagne
    https://splann.org/enquete-hopital-bretagne-effondrement

    En Bretagne aussi, le « droit à la santé pour tous » est en soins palliatifs. C’est le constat amer des trois nouveaux volets de notre grande enquête sur la lente agonie hospitalière. Où les tableurs Excel, les consultants privés, la tarification à l’acte et les médecins « intérimaires » ont pris le pas sur une démarche de soins, à la fois respectueuse des patients et des personnels de santé. L’article L’hôpital s’effondre et les pouvoirs publics regardent ailleurs, suite de notre grande enquête en Bretagne est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Santé_publique #hôpital #santé #service_public

  • Le retour de nosferatu à Matignon - Rennes Infos Autrement
    https://www.rennes-infos-autrement.fr/philippe-gustin-du-prefet-en-bretagne-au-retour-a-matignon

    Avant de revenir dans l’ombre du pouvoir à Paris (il sera le directeur de cabinet du premier ministre Sébastien #Lecornu), Philippe Gustin a fait un bref passage en #Bretagne. Préfet de région et préfet de la zone de défense Ouest entre août 2023 et août 2024, il a marqué par son franc-parler, ses prises de position tranchées et ses rapports particulièrement tendus avec la maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré. Ses déclarations publiques avaient choqué une partie de l’opinion locale de gauche lorsqu’il avait comparé certains militants d’ultragauche à des terroristes et accusé les consommateurs de stupéfiants de porter du sang sur les mains.

    L’ambassadeur des carpates https://w.wiki/FJfh

    Âgé de 65 ans, ce fils de militaire, originaire de Châlons-en-Champagne, a commencé sa vie professionnelle comme instituteur avant d’intégrer l’ENA. Haut fonctionnaire atypique, il a ensuite multiplié les postes dans la #préfectorale et dans les cabinets ministériels. Il a travaillé auprès de Christine Lagarde à Bercy, puis de Luc Chatel, d’abord à l’Industrie, ensuite à l’Éducation nationale. Il a été ambassadeur de France en Roumanie en 2014, avant de rejoindre la direction générale de l’UMP. On le retrouve ensuite auprès de Sébastien Lecornu, qu’il accompagne dans presque toutes ses fonctions : au conseil départemental de l’Eure, aux Outre-Mer, puis au ministère des Armées.

    https://seenthis.net/messages/1134008

  • Le hooliganisme d’extrême droite s’incruste dans les tribunes du foot breton - Basta !
    https://basta.media/quand-le-hooliganisme-d-extreme-droite-s-incruste-dans-les-tribunes-du-foot

    Des groupes de hooligans d’extrême droite se rendent de plus en plus visibles lors des matchs de Rennes et Guingamp (Côtes-d’Armor). Ces tribunes deviennent un vivier pour des groupuscules identitaires qui participent aussi à des actions violentes dans la rue.

    #hooliganisme #extrême_droite #RCK91 #GUD #Bretagne

  • [Info « Splann ! »] Au Faouët, dans le Morbihan, les arbres tombent sous les permis du maire
    https://splann.org/le-faouet-arbres-maire

    Qu’il s’agisse de la création d’une salle de mariages, par un particulier ; de la construction d’un supermarché, par un groupe privé, ou de l’aménagement d’un terrain de loisirs par la municipalité… Le maire du Faouët (56) semble se jouer du code de l’urbanisme. Jusqu’à faire l’objet d’une procédure judiciaire, actuellement engagée par l’Office français de la biodiversité. L’article [Info « Splann ! »] Au Faouët, dans le Morbihan, les arbres tombent sous les permis du maire est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Artificialisation_des_terres #Démocratie_locale

  • Palim Palim ! So märchenhaft lebt Didi Hallervorden auf seiner Privatinsel im Atlantik
    https://www.berliner-zeitung.de/panorama/palim-palim-so-maerchenhaft-lebt-didi-hallervorden-auf-seiner-priva

    Berlin-Steglitz : Sur la gauche le « château » du général Wrangel, à droite la tour « Steglitzer Kreisel » et son parking, aujourd’hui une ruine témoin de la crise immobilière .

    Pour ses 90 ans notre comédien national préféré vend son îlôt privé avec château devant Ploumanach.

    L’Île de Costaérès se trouve en Bretagne où les hivers sont froids et humides, alors son prix est abordable en comparaison avec un rocher du même type en Méditerranée.


    https://www.openstreetmap.org/way/30410931#map=18/48.835575/-3.492702

    Hallervorden a gagné la première tranche de sa fortune avec des comédies grand public et de nombreuses productions de télévision. Ce féru du théâtre a investi son argent pour ranimer une légendaire salle berlinoise abandonnée par les théâtres municipaux après de nombreux échecs. C’est l’ancienne écurie du général Wrangel (celui qui a écrasé dans le sang la révolte de 1848 à Berlin ) qui porte le nom presomptueux Schloßparktheater alors qu’il il y a ni château ni parc à vue d’œil. ( voire photo plus haut )

    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Dieter_Hallervorden

    Hallervorden s’en moque, son théâtre est une réussite.


    https://www.openstreetmap.org/way/35265862#map=18/52.454782/13.317967

    Coup de publicité : Hallervorden a réussi à faire changer l’adresse postale du théâtre de Wrangelstraße en Schloßstraße (rue du château). C’est mensonger car le théâtre n’a pas bougé d’un millimètre. Le comédien s’est servi de ses bonnes relations avec la mairie pour faire autoriser pour son théâtre l’utilisation de l’adresse d’un terrain vague à proximité.

    Vous vous demandez peut-être comment un simple farceur allemand peut accumuler une fortune qui le place dans la catégorie des stars qui achètent dex îles avec château et se déplacent en avion privé. Nous sommes en Allemagne ou les vedettes de cinéma ne gagnent jamais les cachets faramineux de leurs confrères hollywoodiens.

    Dieter Hallervorden est un libéral de gauche comme il n’en reste plus beaucoup et un homme d’affaire engagé qui a su user de ses relations pour créer des affaires partout tout au long de sa carrière de soixante ans.

    Le Schloßparktheater (rebâtisé selon la dernière réforme de l’orthographe allemand en Schlosspark Theater ) est son hobby politique. Il a réussi comme entreprenuer de théâtre où les troupes du théâtre municipal subventionné ont produit des échecs pendant des décennies avant d’abandonner complètement la salle légendaire.

    Hilfegard Knef, Der geschenkte Gaul, Kapitel 9 : Barlog im Schlossparktheater, vorgetragen von Heike Makatsch
    https://www.youtube.com/watch?v=jzgHdNwGljg

    Hallervorden a bâti son fond de commerce actuel en faisant évacuer sa troupe de comédie satirique Die Wühlmäuse de son minuscule domicile dans un building commercial anodin démoli et remplacé par un grand hôtel touristique dans une salle prestigieuse du Westend berlinois.


    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Summit_House

    Après le départ des troupes alliés de la deuxième guerre mondiale l’état libéral allemand bradait son coûteux patrimoine. Berlin vivait une époque de gold rush pour ceux qui savaient profiter du bouleversement historique. Hallervorden a pu acheter à un prix intéressant l’ancien centre commercial des forces d’occupation britanniques NAAFI avec cinéma.

    Les revenus de l’affaire immobilière et de nombreuses productions de télévision dans sa grande salle du Westend garantissent la pérennité des projets de l’entrepreneur de théàtre Hallervorden.

    Pour ses 90 ans il s’offre un rôle sur la scène de de son théâtre de prédilection Schlosspark Theater dans la province berlinoise.

    3.8.2025 von Enno Kramer - Immer wieder polarisiert Didi Hallervorden mit seinen Äußerungen. Nun gibt eine Dokumentation exklusive Einblicke in das Privatleben des Kabarettisten.

    Kaum jemand sorgt in Deutschland so verlässlich für Schlagzeilen wie Dieter „Didi“ Hallervorden. Mal fordert der 89-jährige Kabarettist und Schauspieler vehement, dass Bundeskanzler Friedrich Merz sich wegen seiner „Drecksarbeit“-Aussage vor Gericht verantworten müsse – und zeigt ihn daraufhin an. Mal verwendet er das N-Wort oder sorgt mit Auftritten bei umstrittenen Demonstrationen für Aufsehen.

    Doch wie lebt jemand, der sich immer wieder freiwillig ins mediale Kreuzfeuer begibt? Eine neue ARD-Dokumentation hat den „Palim Palim“-Darsteller begleitet.
    Hallervordens Rückzugsort liegt mitten in der Bretagne

    Anlässlich des am Freitag anstehenden 90. Geburtstags des Komikers zeigte Das Erste den Dokumentarfilm „Hallervorden – Didi gegen den Rest der Welt“. Darin ist unter anderem zu sehen, wie Hallervorden sich gelegentlich zwischen all den Provokationen und Skandalen auf seine Privatinsel in der französischen Bretagne zurückzieht. Dort besitzt er ein bilderbuchartiges, fast schon märchenhaftes Schloss.

    Foto
    Der Blick auf Hallervordens Refugium: Die Privatinsel erstreckt sich über knapp einen Hektar Land.Imago

    Bereits vor mehr als 40 Jahren soll der Kabarettist das ein Hektar große Anwesen mit der vierstöckigen Immobilie namens Château de Costaérès erworben haben. Das Schloss im neugotischen Stil wurde 1896 vom litauisch-polnischen Ingenieur Bruno Abdank-Abakanowicz erbaut und 1980 renoviert. Knapp acht Jahre später ging es in Hallervordens Besitz über.

    In der Dokumentation heißt es, der Komiker könne sich dort „wie ein König“ fühlen. Sein Sohn Johannes, der seinen Vater zuletzt für die Verwendung des N-Worts kritisiert hatte, spricht von einem „Refugium“ für ihn. Wie T-Online berichtet, habe Hallervorden den Ort „nach unendlich langer Suche“ gefunden. „Die Insel bietet mir Raum, in meinem französischen Exil die Batterien aufzuladen und über neue Projekte nachzudenken.“

    Warum möchte Hallervorden sein Schloss verkaufen?

    Doch so schwer ihm die Suche nach dem passenden Refugium auch gefallen sein mag – mittlerweile scheint Hallervorden nicht mehr allzu sehr an der Immobilie zu hängen. Seit rund acht Monaten wird das Schloss offenbar zum Verkauf angeboten, wie die Nachrichtenseite berichtet. Demnach ist auf einem Immobilienportal ein Inserat zu finden, in dem es für 9,5 Millionen Euro angeboten wird. Es verfügt über zehn Zimmer und knapp 300 Quadratmeter Wohnfläche.

    Sowohl der Rittersaal als auch der Empfangs- und Bankettsaal sind bis heute erhalten geblieben. Neben einem Fernsehzimmer, mehreren Terrassen und fünf Schlafzimmern verfügt das Schloss über eine Sauna, einen Fitnessraum und einen Pool. Zum Verkauf des Schlosses hat sich der Schauspieler, der die meiste Zeit in Berlin lebt, bislang noch nicht geäußert.

    #Berlin #Steglitz #Wrangelstraße #Schloßstraße #Bretagne #Ploumanach #théâtre #cinéma #nantis #logement #immobilier #people

  • #Menhirs et #dolmens : la #carte d’un patrimoine qui s’étend bien au-delà des terres bretonnes

    Érigés entre le Néolithique et l’âge du Bronze, ces monuments de pierre racontent une histoire longue de plusieurs millénaires. La nouvelle carte de l’Atelier de cartographie de l’IGN révèle la répartition de ce patrimoine unique, dont une partie vient d’être consacrée par l’#UNESCO.

    La carte topographique de l’IGN fait mention de nombreux menhirs et dolmens qui, un peu partout en France métropolitaine, ponctuent le #paysage, constituant ainsi de véritables points de repères.

    Erigés entre le #Néolithique et l’#âge_de_Bronze, c’est-à-dire sur plusieurs millénaires, ces #monuments_mégalithiques sont la création de groupes d’individus et de sociétés diverses qui ont souhaité marquer à travers eux le #territoire qu’ils occupaient. Un territoire cependant fort différent de celui que nous connaissons aujourd’hui : les glaciers couvraient alors une grande partie de l’Europe et le niveau de la mer était sans doute plusieurs dizaines de mètres sous le niveau actuel !

    Parmi ces nombreux sites, plus d’un millier sont actuellement protégés au titre des #monuments_historiques. En outre, les alignements de #Carnac et les sites alentours des rives du golfe du #Morbihan sont depuis le mois de juillet 2025 classés au patrimoine mondial de l’UNESCO !

    La carte présentée ici donne un aperçu de ce patrimoine exceptionnel.

    https://www.ign.fr/mag/menhirs-et-dolmens-la-france-des-megalithes-en-carte

    #patrimoine #Bretagne #cartographie #visualisation #archéologie
    ping @visionscarto

  • Une immense #mine pollue la #Bretagne, l’État ferme les yeux

    Des analyses réalisées par le média breton Splann ! révèlent comment la mine à ciel ouvert de #Glomel, en Bretagne, contamine son environnement aux métaux toxiques. Cette année, l’État a prolongé son exploitation de vingt ans.

    Des ruisseaux, des tourbières, des prairies humides... La commune de #Glomel, dans le centre de la Bretagne, étendue sur près de 80 km2, abrite la #réserv_ naturelle régionale des #landes et #marais de Glomel, ainsi que deux sites #Natura_2000 et plusieurs zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique.

    Le paradoxe est qu’elle abrite aussi la plus grande mine à ciel ouvert en activité de l’Hexagone : sur place, la multinationale #Imerys peut extraire chaque année jusqu’à 1,5 million de tonnes de roches et raffine dans ses deux usines un quart de la production mondiale d’#andalousite.

    La « #Damrec » comme on dit ici en référence à l’ancien nom d’Imerys, est longtemps passée inaperçue. Déjà, qui connaît l’andalousite, ce minéral résistant aux très hautes températures ? On le retrouve sous forme d’additif dans les bétons ou les peintures, dans les blocs moteurs de camions ou dans les fours de toute l’industrie, de la métallurgie au nucléaire. Mais si l’andalousite est couramment utilisée par la grande industrie pour ses propriétés réfractaires, nous n’avons jamais directement affaire à elle.

    D’autre part, le site de Glomel est resté d’autant plus discret qu’il n’est, aux yeux de l’administration, qu’une carrière : on imagine un modeste carreau au bord d’une route déserte, quelques camions. Sauf que…

    Sauf qu’il s’agit bel et bien d’une mine avec ses immenses cratères, ses usines, ses bassins de décantation remplis d’eau acide et ses montagnes de #déchets qui avancent dans le paysage, avalant les champs, les fermes et les chemins. Tout ceci inquiète nombre de riverains, qui voient se multiplier les cas de #cancer et se demandent ce qu’il restera des zones humides, des sources et des captages dans cet avenir où rien ne sera plus précieux que l’eau.

    Un trou grand comme quinze terrains de football

    Mais Imerys compte bien aller au bout de ce #gisement. Après une enquête publique houleuse et d’âpres débats, l’État vient de l’autoriser à poursuivre l’exploitation jusqu’en 2044 en creusant une quatrième #fosse_d’extraction : un trou grand comme quinze terrains de football et aussi profond que cinq immeubles parisiens empilés.

    Sur le site internet d’Imerys Glomel, on lit qu’« une des priorités du site concerne la gestion des rejets aqueux […] dans les rivières, zones humides et nappes souterraines alentour ». L’enjeu est de taille, puisqu’en aval de la mine se trouve la réserve naturelle régionale de #Magoar_Penvern. Puis, à 6 km du site industriel, un premier captage d’eau potable dans l’#Ellé alimente les 6 000 habitants des communes voisines.

    Dans le #Kergroaz, un minuscule #ruisseau qui serpente dans le sous-bois, Imerys rejette chaque année environ 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. Ces eaux sont traitées, et les exigences de la préfecture ont conduit l’entreprise à investir récemment dans une unité destinée à limiter la quantité de #manganèse et de #fer dans ses rejets. Mais même après traitement, ils contiennent des quantités très importantes de contaminants : la préfecture des Côtes-d’Armor autorise le site à rejeter chaque jour dans ses eaux usées jusqu’à 9 kg d’#hydrocarbures et, entre autres, jusqu’à 11 kg par jour au total de #cobalt et de #nickel, des métaux cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    Pourtant, Imerys assure n’avoir « aucun impact sur les eaux » et a financé une étude sur cinq ans de l’état écologique du #Crazius, où se jette le Kergroaz. Cette étude payée par l’industriel conclut à un « bon état » du cours d’eau pour certains paramètres, mais ce qui frappe, c’est que les métaux les plus toxiques émis par le site ne semblent pas avoir été recherchés dans le cours d’eau.

    Pourquoi s’intéresser à la présence de fer et d’#aluminium, et non à des contaminants bien plus redoutables comme l’#arsenic, le #cadmium, le cobalt ou le nickel, qui sont par ailleurs présents dans les déchets de cette mine ? Interrogé, Imerys n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour y voir plus clair, Splann ! a décidé de faire analyser les sédiments du Crazius.

    En juillet puis en septembre, Splann ! a prélevé plusieurs jeux d’échantillons de sédiments dans le lit du ruisseau d’abord en amont du point de rejet de la mine, pour disposer d’un échantillon « témoin » ; puis dans un deuxième temps au niveau où Imerys rejette ses eaux usées ; et finalement à 2 km de là en aval dans le même cours d’eau, dans la réserve naturelle régionale.

    Des concentrations en nickel jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide

    Ces sédiments ont été analysés par un laboratoire accrédité Cofrac. Les résultats de ces analyses ont été interprétés avec l’aide de Frédéric Gimbert, spécialiste des pollutions minières et chercheur en écotoxicologie au Centre nationale de la recherche scientifique (CNRS) de Besançon.

    Alors que les sédiments du prélèvement témoin, en amont, ne présentent aucune contamination, au niveau du point de rejet d’Imerys, les concentrations en nickel sont jusqu’à 60 fois supérieures à la valeur guide pour un bon état écologique des sédiments d’eau douce. Les concentrations en cobalt sont jusqu’à 20 fois supérieures à cette valeur. Les analyses révèlent aussi la présence de métaux toxiques qu’Imerys n’est pas censé déverser : les sédiments contiennent quatre fois la valeur guide pour l’arsenic et une teneur anormale en cadmium, tous deux également cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

    « De telles quantités de contaminants présentent manifestement un #danger et un #risque pour l’#environnement, dit Frédéric Gimbert. Il faudrait également rechercher ces mêmes contaminants dans les #sols où se déposent les #poussières issues de l’activité minière et conduire plus largement une étude d’évaluation des risques, pour l’environnement, mais aussi pour la #santé_publique. »

    Nos analyses révèlent également que la contamination s’étend au-delà du périmètre immédiat de la mine. À 2 kilomètres en aval du site, au cœur de la réserve naturelle régionale de Magoar Penvern, les concentrations en cobalt et en nickel sont plus de dix fois supérieures aux valeurs guides pour un cours d’eau en bon état écologique.

    Un #captage d’#eau_potable en aval de la mine

    Qu’en est-il à 6 km en aval, dans la rivière Ellé, où #Eau_du_Morbihan prélève une partie de l’eau qui sera ensuite traitée pour être distribuée aux communes voisines ? Pour le savoir, notre équipe s’est rendue à #Toultreincq, qui signifie « trou saumâtre » en breton, dont l’usine de potabilisation est justement en pleins travaux. Une toute nouvelle unité de traitement est en construction pour un coût de 6 millions d’euros d’argent public.

    « La pollution de l’eau par la mine ? C’est simple : ce n’est pas un sujet. Il n’y a aucun problème », déclare, dès le début de notre visite, #Dominique_Riguidel, le directeur d’Eau du Morbihan qui s’est déplacé en personne pour nous le dire. L’ouverture de nouveaux captages d’eau souterraine permettront de « diversifier les ressources et de limiter les prélèvements dans l’Ellé », explique-t-il. C’est-à-dire précisément à limiter la dépendance au captage de Pont Saint-Yves, sur l’Ellé, en aval de la mine.

    Mais le directeur d’Eau du Morbihan est formel : tout ceci n’a aucun rapport avec le fait qu’Imerys rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’eaux usées contenant des sulfates, des hydrocarbures et des métaux lourds en amont de ce captage. « La nouvelle unité permettra de mieux traiter les pesticides et les médicaments », justifie-t-il.

    Un ingénieur chimiste, expert en contaminations pour des organismes de santé publique, s’interroge : « J’ai du mal à croire que tous ces travaux n’aient aucun rapport avec l’agrandissement de la mine. Vu l’argent que ça coûte de changer une installation, ça ne se fait pas sans raison objective. Et il n’est pas courant d’avoir de tels traitements de l’eau en tête de bassin versant, où elle est normalement moins polluée. »

    Pour connaître la qualité de l’eau sur l’Ellé, en aval de la mine, le plus simple est de s’adresser à l’agence régionale de santé (ARS), qui surveille les captages. Nous lui avons demandé de nous communiquer les analyses de l’eau captée en aval de Glomel.

    « Il n’existe pas de contrôle sanitaire sur la ressource “Pont Saint-Yves” exclusivement », a répondu l’ARS. Le captage d’eau le plus exposé aux pollutions de la mine ne serait donc pas surveillé : l’agence publique ne contrôle pas la qualité des eaux brutes qu’après qu’elles ont été mélangées à la station de traitement. Une fois dilués dans les eaux prélevées ailleurs, les contaminants d’Imerys passent inaperçus. Ce qui pousse certains riverains désabusés à résumer ainsi la situation : « La mine de Glomel utilise la réserve naturelle régionale comme station d’épuration » pour traiter ses effluents chargés en métaux toxiques. « Mais si la contamination continue d’augmenter, explique l’ingénieur chimiste, l’eau de ce captage risque de ne plus être utilisable pour produire de l’eau potable. »

    Les déchets miniers ont contaminé les #eaux_souterraines

    « Quand j’étais ado, par une chaude journée d’été, je m’amusais à repérer les plans d’eau des environs sur les photos satellites. J’ai découvert un lagon bleu à Glomel. J’ai demandé à ma mère : “pourquoi on n’est jamais allées s’y baigner ?” » Voilà comment Camille a découvert la mine de Glomel : un espoir de baignade. Espoir déçu : le lac de 12 hectares dont elle parle, une ancienne fosse d’extraction, recueille en continu des #eaux_acides et les boues de traitement des usines du site.

    Une autre riveraine se rappelle : « Pendant une réunion en 2022, j’ai demandé ce que contenait cette fosse qu’on appelle “la fosse 2”. Imerys m’a répondu “du mica et des oxydes de fer”. » Pas de quoi s’inquiéter, donc, Camille aurait pu s’y baigner. Mais dans un tableau perdu dans les 3 000 pages du dossier d’enquête publique, on apprend que ces boues contiennent de fortes concentrations de cadmium, de #chrome, de cobalt, de nickel et de plomb : des métaux dits « lourds », cancérigènes, neurotoxiques et reprotoxiques.

    Les boues de cette fosse contiennent aussi les produits chimiques utilisés dans l’usine. Lors d’une réunion publique, les porte-parole de l’entreprise ont assuré que « le procédé d’extraction ne fait pas intervenir de composés chimiques ». Pourtant, les documents de l’enquête publique indiquent que les usines de Glomel utilisent 75 tonnes par an de substances nocives pour l’environnement et la santé.

    Par exemple, le #méthyl-isobutyl_carbinol, un #solvant dangereux pour les #nappes_souterraines, l’#acrylamide, cancérigène, mutagène et reprotoxique, le #sulfonate_de_sodium et l’#amylxanthate, toxiques pour la vie aquatique.

    Chaque année, une trentaine de tonnes de ces produits sont déversées dans le « joli lac ». Imerys affirme que la fosse est « étanche », mais aucune membrane n’empêche ces boues acides de s’infiltrer dans les eaux souterraines. Et il en va de même dans tous les autres espaces du site où sont entreposées ces boues : la « fosse no 1 » (2 millions de m3) et « l’ancienne digue » (900 000 m3).

    Les contaminants de ces déchets toxiques ont commencé à migrer vers les eaux souterraines : c’est ce qu’indiquent certains éléments qu’Imerys a communiqués à l’administration. L’un des appareils de mesure de l’industriel relève que les taux de contaminants ont explosé entre 2012 et 2021.

    Ainisi, les déchets de la mine contiennent des concentrations importantes de nickel, un métal qui provoque des cancers du poumon et des sinus et des maladies cardiovasculaires. Or, sous le site minier, les eaux souterraines contiennent quarante fois la teneur en nickel maximale autorisée pour les eaux brutes destinées à la consommation. Les autres contaminants (cobalt, cadmium, arsenic, produits chimiques…) susceptibles d’avoir migré vers la nappe ne semblent pas surveillés.

    En juin 2024, en prolongeant l’exploitation de vingt ans, les services de l’État ont autorisé l’entreprise à générer au total environ 12 millions de m3 de déchets supplémentaires, autant de déchets qui seront entreposés sur place et qui sont censés ne pas entrer en contact avec les eaux souterraines pour les décennies et les siècles à venir. Alors que jusqu’ici, Imerys n’a pas réussi à empêcher la contamination des eaux souterraines.

    Qui traitera les eaux acides en l’an 2150 ?

    En 2044, en théorie, l’extraction d’andalousite sera terminée et viendra le temps de la « remise en état », comme on dit. Mais la roche exploitée à Glomel a une particularité : elle contient de la #pyrite, c’est-à-dire du #soufre. Quand la roche mise à nu par l’extraction ou les déchets miniers du site rencontrent de l’eau (la pluie par exemple), cette eau se transforme naturellement en #acide_sulfurique et entraîne vers l’aval les contaminants présents dans la roche. C’est ce qu’on appelle le drainage minier acide, l’une des pollutions les plus redoutables liées à l’activité minière.

    Actuellement, toutes les eaux qui ruissellent sur le site sont collectées et traitées par lmerys pour perdre leur acidité. Qui va traiter ces #eaux_de_ruissellement dans un siècle pour empêcher cette marée acide de contaminer le bassin de l’Ellé ? Dans les documents de l’enquête publique, Imerys assure qu’après la #remise_en_état, « les eaux pluviales ne seront plus susceptibles de s’acidifier ». Les montagnes de déchets seront « étanchéifiées » avec une couche de résidus miniers très fins puis quelques centimètres de terre. L’entreprise assurera un suivi du site pendant dix ans après la fin de l’activité.

    On sait pourtant que le drainage minier acide est sans limite de temps, comme le rappelle l’association de géologues miniers SystExt. À #Chessy-les-Mines, dans le Rhône, un gisement riche en pyrite a été exploité depuis le Moyen Âge. La mine a fermé après un effondrement dans la galerie principale, survenu en 1877. Un rapport confidentiel du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) publié en 2019, que Splann ! s’est procuré, décrit le traitement des eaux acides mis en place à #Chessy.

    L’État a constaté que ces #eaux_minières, quoique traitées « depuis 130 ans », étaient trop polluantes, si bien qu’il a dû y construire une toute nouvelle station de traitement en 2005. Le drainage minier acide de Chessy dure donc depuis 150 ans sans que, d’après le rapport, l’#acidité ou les concentrations de métaux dans les eaux n’aient baissé au cours du temps.

    Des eaux acides dont devront s’occuper les générations suivantes

    À Chessy, le problème se pose sur 20 hectares ; à Glomel, il se poserait sur 265 hectares. La création d’une nouvelle fosse et de nouveaux stockages de déchets augmentent d’autant la quantité d’eaux acides dont auront à s’occuper les six ou sept générations à venir.

    « Les pollutions minières du passé posent des problèmes insurmontables, et l’État, qui doit les gérer tant bien que mal, le sait très bien, dit Dominique Williams, membre d’Eau et rivières de Bretagne. Pourtant, il reproduit les mêmes erreurs à une échelle dix fois supérieure. Les services de la préfecture ont délivré cette autorisation sans prendre la mesure de l’ampleur de cette pollution ».

    La préfecture des #Côtes-d’Armor et la direction régionale de l’environnement ont été alertées de la contamination aux #métaux_lourds que révèle notre enquête, et des problèmes soulevés par l’étendue considérable du #drainage_minier_acide après la fermeture du site. La Région Bretagne a elle aussi « soumis ces informations à l’État afin qu’il puisse répondre aux inquiétudes exprimées » tout en indiquant à Splann ! qu’elle prenait « au sérieux l’alerte émise » sur la pollution de la réserve naturelle régionale.

    Or, malgré nos sollicitations, l’État ne s’est pas exprimé. Quant au groupe Imerys, notre rédaction lui a donné la possibilité de revenir sur ses déclarations concernant l’absence de métaux lourds et d’impact sur les eaux : il n’a pas souhaité nous répondre. L’extension de la mine est d’ores et déjà contestée devant la #justice. Fin octobre, l’association Eau et rivières de Bretagne a déposé un recours contre l’ouverture de la nouvelle fosse au tribunal administratif de Rennes.

    IMERYS PARLE EMPOUSSIÈREMENT

    « Vous voyez cette poussière ? Nos animaux la boivent dans leurs abreuvoirs, nos enfants la respirent », s’inquiète une habitante de Glomel, femme d’agriculteur. Sur l’avant-toit de sa maison, la gouttière que montre Émilie (le prénom a été modifié) est tapissée d’un dépôt noir épais de plusieurs centimètres. « Je l’ai nettoyé, mais il n’a mis que quelques mois à revenir », explique-t-elle.

    En plus des trois usines du site, le principal responsable de cette poussière s’appelle le « Sabès » : une montagne de résidus de trente mètres de haut occupant l’équivalent d’une cinquantaine de terrains de football. Quand le vent souffle, ces poussières forment un panache qui saupoudre la campagne.

    À force de plaintes, l’État a demandé à Imerys de poser des jauges « Owen » dans les hameaux voisins, des récipients en plastique juchés sur des poteaux. Selon l’entreprise, la « mesure des retombées de poussière à proximité du site » n’indique « aucun dépassement des seuils réglementaires ». Elle omet simplement de dire que seule la quantité de poussière est mesurée, et pas sa qualité. Sur ce point, Imerys a affirmé aux habitants que « les poussières de la mine se composent principalement d’aluminium ».

    Dans un document du groupe, on peut même lire que « les résidus sableux stockés sur le Sabès sont constitués de sables fins propres. Ils ne contiennent aucun produit chimique ». La véritable composition de ces résidus miniers qui forment ces poussières, bien plus inquiétante, est renseignée quelque part dans les 3 000 pages du dossier d’enquête publique. On y trouve le même cortège de métaux cancérigènes que dans les sédiments analysés par Splann ! : chrome, nickel, arsenic, plomb…

    Certains habitants relient l’activité de la mine, et en particulier ces poussières, à ce qu’ils considèrent comme une épidémie de cancers dans le voisinage du site. Jean-Yves Jego, éleveur dans un hameau voisin et conseiller municipal d’opposition à Glomel, se souvient d’une remarque de l’agent de la Mutualité sociale agricole, quand il a créé son élevage de chèvres en 2011 : « À moitié pour plaisanter, il m’a demandé : “Vous êtes sûr que vous voulez vous installer ici ? Il y a eu trois jeunes hommes morts du cancer à proximité !” »

    https://reporterre.net/Une-immense-mine-pollue-la-Bretagne-l-Etat-ferme-les-yeux
    #pollution #contamination #métaux_lourds #eau #extractivisme #France

  • Le Chœur des #sardinières

    1924, Mona est ouvrière dans l’une des usines de sardines de #Douarnenez. Elle vit au rythme de la cloche et de l’arrivée des bateaux de pêche. Face à un quotidien de plus en plus difficile, son mari pense qu’il est temps que leur fille rejoigne aussi l’usine.
    Mais en novembre, une poignée de sardinières se soulève contre les #conditions_de_travail et déclare la #grève. Mona commence à rêver d’un autre avenir et rejoint les rangs des manifestantes, contre l’avis de sa famille. Dans la rue, toutes s’élancent : les cantiques bretons qui rythmaient le travail sont remplacés par le chant des #Penn-Sardin en #lutte.

    https://steinkis.com/livres/le-choeur-des-sardinieres.html
    #BD #bande-dessinée #livre #Bretagne #histoire #résistance

  • Avec la #montée_des_eaux, « le coût de l’inaction » risque de se payer cash en #Bretagne
    https://splann.org/montee-eaux-bretagne-perros-guirec

    Selon l’Observatoire de l’environnement en Bretagne, d’ici à 2100, le niveau de la mer s’élèvera de 36 à 69 cm. Un recul du trait de côte aussi bien anticipé par certaines collectivités qu’ignoré par d’autres. Comme à #perros-guirec où un nouvel immeuble se construit dans une zone, pourtant classée « inondable et à risque de submersion marine ». L’article Avec la montée des eaux, « le coût de l’inaction » risque de se payer cash en Bretagne est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Artificialisation_des_terres #littoral #zone_inondable

  • Histoire du gallo - expansive.info
    https://expansive.info/Afin-de-mieux-connaitre-l-histoire-et-les-5561

    Le galo s’orine du latin qi fut amenë en Armoriqe par les lejions romaines. Long les siecls, le gaolouéz, le berton e les parlements jermaniqes pezirent un petit su la langue romane qi tet caozée den la soulaire de la Bertègn. Cete-late, ao Meyen Âje, n’ét pâs ben separtie du rest de la langue d’oïl, ou « vieûz françaez ». Pâs-meins, des ecrivaijes des XIIe e XIIIe siecls monterent deja des merqes du galo. Sou l’Ancien Rejime, le françaez cartaye toutes les aotrs manieres de caozer : c’ét l’invencion des « patouéz ». Den le temp-la, galo ét la langue du peupl partout den les campagnes de Haote-Bertègn, e ventiés den les viles itout. Ao XIXe siecl, le monde siancë comencent a rasserrer les mots de galo, d’aotrs comencent a l’ecrire e a le bani den des gâzettes. Den les anées 1930-1940, des rejionalists ont devocion de parlever le galo pour ne pâs q’i se mouriret, en fezant du tiâtr parempe. Més le centralism, les medias, l’ecole, font qe le monde abandonent le galo e caozent de pus en pus françaez. E core pus fôt a conter de 1945, o la grande hacherie du monde paizan. Den les anées 1970-1980, ene mouvance galéze chanje la maniere de vaer le galo, en recllamant q’i seret vû come ene langue, e pâs come un patouéz. Dedepés, le galo ét de pus en pus reconû par les institucions, més de mouins en mouins caozë.

    #Gallo #Bretagne
    ping @simplicissimus