#brewster_kahle

  • Le site #Internet_Archive mis en danger par des poids lourds de l’édition

    Sous la pression d’une #plainte déposée devant un tribunal new-yorkais par quatre poids lourds de l’édition aux États-Unis, le site Internet Archive a décidé d’avancer de 15 jours la fermeture de sa #bibliothèque_d’urgence, créée en réponse à l’#épidémie de #coronavirus.

    Une infraction « massive et délibérée » au #droit_de_reproduction. C’est ce que quatre éditeurs, dont la filiale américaine du groupe #Hachette, reprochent au site Internet Archive, connu notamment pour son archivage du web mondial, la #Wayback_Machine, dans laquelle on peut retrouver des pages web disparues.

    Mais l’Internet Archive, c’est aussi une immense #médiathèque, riche de millions de #livres, #films, #images, jeux vidéo et documents sonores. Côté bibliothèque, son « but ultime » est de « mettre tous les travaux publiés de l’humanité à la disposition de tous dans le monde ». Chacun·e, à condition d’être inscrit·e, peut emprunter jusqu’à dix livres à la fois, pour une durée de quinze jours. Les livres sont prêtés sous la forme de fichiers pdf. Selon Internet Archive, 17 500 livres sont empruntés chaque jour.

    Comme dans une bibliothèque classique, un livre doit être disponible pour pouvoir être emprunté – une règle que le site a « concoctée de toutes pièces », lui reprochent les plaignants. Ce concept du « #prêt_numérique_contrôlé » autorise un prêt à la fois pour un livre numérisé donné. Soutenu par le Conseil des directeurs des bibliothèques d’État des États-Unis, il n’avait encore jamais été mis en cause devant les tribunaux.

    Ce qui a décidé les #maisons_d’édition à risquer un #procès pas gagné d’avance, c’est la #Bibliothèque_nationale_d’urgence mise en place à la fin du mois de mars par Internet Archive, pour répondre à la fermeture des écoles, bibliothèques et universités en raison du coronavirus, et donc à l’impossibilité d’aller y chercher des livres. Installé aux États-Unis, le site avait simplement décidé de « suspendre les listes d’attente […] pendant toute la durée de l’urgence nationale américaine » : c’est-à-dire qu’il n’y avait plus besoin qu’un livre (numérique) revienne pour être emprunté à nouveau. Plusieurs lecteurs pouvaient ainsi en bénéficier en même temps.

    Mercredi 10 juin, son fondateur, #Brewster_Kahle, a publié sur son blog un billet (https://blog.archive.org/2020/06/10/temporary-national-emergency-library-to-close-2-weeks-early-returning-) pour annoncer la fin prochaine du dispositif, avancée au 16 juin, espérant trouver avec les détenteurs de droits « un système qui marche ».

    Son initiative a été soutenue publiquement par des dizaines de bibliothèques et d’universités, ces institutions se revendiquant du principe du « #fair_use », qui autorise des dérogations aux droits de reproduction, particulièrement quand il s’agit d’enseignement, et selon les circonstances. C’est le cas, estime Brewster Kahle, de l’épidémie due au coronavirus.

    Au contraire, cette ouverture des portes numériques est intervenue, selon les éditeurs, au pire moment, celui-là « même où de nombreux auteurs, éditeurs et librairies indépendantes, sans parler des bibliothèques, luttent pour survivre ». Le risque pour Internet Archive est vital, la loi sur le #droit_d’auteur (#Copyright_Act) autorisant des #dommages_et_intérêts pouvant atteindre 150 000 dollars par œuvre en cas de violation délibérée. Si le site propose au prêt 1,3 million de livres, certains sont toutefois dans le #domaine_public.

    « La #gratuité est un concurrent indépassable », estiment les éditeurs dans leur plainte, rappelant l’argument le plus éculé de l’industrie musicale. Internet Archive « ne fait qu’exploiter les investissements que les éditeurs ont faits dans leurs livres », accusent-ils, et « au moyen d’un modèle économique conçu pour profiter librement du travail des autres ». La plainte s’acharne à démontrer que l’Internet Archive serait une entreprise commerciale vivant de la #numérisation des livres, un travail qu’elle effectue contre rémunération pour les bibliothèques. Urgence ou pas, elle demande la destruction de toutes les copies illégales.

    Avec les livres prêtés par l’Internet Archive, on est pourtant loin du mp3 recopié ou downloadé en clic. Brewster Kahle rappelle dans une lettre adressée le 10 avril à Thom Tillis, un sénateur républicain président de la Commission sur la #propriété_intellectuelle, réservé sur la légalité du procédé, que son organisation, sans but lucratif, est régulièrement reconnue comme bibliothèque par la Californie. Cela fait bientôt dix ans, dit-il, que les livres sont prêtés selon la règle « #un_lecteur_à_la_fois ». De plus, se défend le fondateur de la bibliothèque, « nos livres numériques sont protégés par les mêmes protections techniques que celles utilisées par les éditeurs pour garantir que les lecteurs n’ont accès à un livre que pendant les deux semaines de son prêt, et que des copies supplémentaires ne peuvent être faites ».

    Toujours à destination de l’élu républicain, il explique : « Vos électeurs ont payé pour des millions de livres auxquels ils n’ont pas accès actuellement » – 15 millions de livres bloqués derrière les portes fermées de 323 bibliothèques, rien qu’en Caroline du Nord, l’État du sénateur, a compté Brewster Kahle.

    Aux éditeurs, il fait remarquer que la bibliothèque d’urgence ne comporte aucun livre publié il y a moins de cinq ans ; 90 % des livres empruntés ont plus de dix ans, et deux tiers datent du XXe siècle. Quant aux auteurs qui ne voudraient pas que leurs livres soient ainsi prêtés, il leur suffit de le demander par mail, poursuit Kahle. Certains ont au contraire, affirme-t-il, demandé à figurer dans la bibliothèque numérique.

    Dès le 31 mars, la Guilde des auteurs avait mobilisé ses membres contre la bibliothèque d’urgence, parlant de « piratage pur et simple », et proposé un modèle de réclamation. Ce groupement d’auteurs avait déjà fait connaître son désaccord avec le prêt de livres numérisés selon le principe « un livre papier, une copie numérique » en janvier 2019. Le #Syndicat_national_des_auteurs (#National_Writers_Unions) a de son côté préféré entamer des discussions amiables avec Internet Archive et les défenseurs du prêt numérique contrôlé.

    L’Internet Archive est en effet, aux États-Unis, loin d’être la seule bibliothèque à pratiquer de la sorte. La pratique du prêt numérisé contrôlé est théorisée, défendue et pratiquée par de nombreux juristes et des bibliothèques universitaires ou locales, comme celles des villes de Los Angeles, San Francisco et Boston. Un livre imprimé peut être prêté : c’est le principe des bibliothèques. Il doit en être de même pour sa déclinaison à l’identique au format numérique, un exemplaire numérique prêté à une personne à la fois.

    En attendant la décision du tribunal new-yorkais, des internautes se posent à travers le monde la question d’archiver l’Internet Archive et ses téraoctets de documents.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110620/le-site-internet-archive-mis-en-danger-par-des-poids-lourds-de-l-edition
    #open_access #confinement #édition_scientifique #recherche #justice

  • BBC - Future - Why there’s so little left of the early internet
    http://www.bbc.com/future/story/20190401-why-theres-so-little-left-of-the-early-internet

    Tew, who now runs the meditation and mindfulness app Calm, indeed became a millionaire. But the homepage he created has also become something else: a living museum to an earlier internet era. Fifteen years may not seem a long time, but in terms of the internet it is like a geological age. Some 40% of the links on the Million Pixel Homepage now link to dead sites. Many of the others now point to entirely new domains, their original URL sold to new owners.

    The Million Dollar Homepage shows that the decay of this early period of the internet is almost invisible. In the offline world, the closing of, say, a local newspaper is often widely reported. But online sites die, often without fanfare, and the first inkling you may have that they are no longer there is when you click on a link to be met with a blank page.

    You could, quite reasonably, assume that if I ever needed to show proof of my time there it would only be a Google search away. But you’d be wrong. In April 2013, AOL abruptly closed down all its music sites – and the collective work of dozens of editors and hundreds of contributors over many years. Little of it remains, aside from a handful of articles saved by the Internet Archive, a San Francisco-based non-profit foundation set up in the late 1990s by computer engineer Brewster Kahle.

    It is the most prominent of a clutch of organisations around the world trying to rescue some of the last vestiges of the first decade of humanity’s internet presence before it disappears completely.

    Dame Wendy Hall, the executive director of the Web Science Institute at the University of Southampton, is unequivocal about the archive’s work: “If it wasn’t for them we wouldn’t have any” of the early material, she says. “If Brewster Kahle hadn’t set up the Internet Archive and started saving things – without waiting for anyone’s permission – we’d have lost everything.”

    One major problem with trying to archive the internet is that it never sits still. Every minute – every second – more photos, blog posts, videos, news stories and comments are added to the pile. While digital storage has fallen drastically in price, archiving all this material still costs money. “Who’s going to pay for it?” asks Dame Wendy. “We produce so much more material than we used to.”

    “The Internet Archive first started archives pages in 1996. That’s five years after the first webpages were set up. There’s nothing from that era that was ever copied from the live web.” Even the first web page set up in 1991 no longer exists; the page you can view on the World Wide Web Consortium is a copy made a year later.

    “I think there’s been very low level of awareness that anything is missing,” Webber says. “The digital world is very ephemeral, we look at our phones, the stuff on it changes and we don’t really think about it. But now people are becoming more aware of how much we might be losing.”

    We consider the material we post onto social networks as something that will always be there, just a click of a keyboard away. But the recent loss of some 12 years of music and photos on the pioneering social site MySpace – once the most popular website in the US – shows that even material stored on the biggest of sites may not be safe.

    #Archive #Web_archive #Brewster_Kahle #Internet_Archive

  • In Limbo
    (Antoine Viviani)

    Documentaire de 34 minutes sur la mémoire numérique.

    http://future.arte.tv/fr/in-limbo

    bande d’annonce :
    https://www.youtube.com/watch?v=DX9hFD0-cLc

    IN LIMBO questionne le devenir de notre mémoire individuelle et collective à l’ère d’Internet, depuis le point de vue de toutes les données qui nous survivront. Articulé autour d’un film de trente minutes augmenté de vos données personnelles, IN LIMBO vous emmène au coeur d’un voyage sensoriel dans notre mémoire connectée.

    Que devient notre mémoire, individuelle et collective, à l’ère numérique ? Nos données nous accompagnent toute notre vie comme nos ombres et nos empreintes. Lorsque nous aurons tous disparu, elles hanteront la mémoire du réseau, enveloppant toute la planète de ses ondes et de ses câbles.

    IN LIMBO, l’expérience web, vous permet d’explorer l’étrange vie de cet organisme du point de vue des données elles-mêmes. Vous n’avez qu’à connecter les comptes liés à votre identité et lancer l’expérience connectée à votre propre mémoire numérique. Un film linéaire de 30 minutes augmenté de vos propres données vous emmènera au cœur d’un voyage poétique et sensoriel dans la mémoire du réseau. A différents moments du récit, plongez dans l’espace des limbes et naviguez dans nos souvenirs connectés.

    En dérivant dans la mémoire cet étrange cerveau collectif, vous retrouverez peut être certaines de vos propres données, mais vous rencontrerez également les personnages qui le peuplent : ses premiers explorateurs (Gordon Bell, pionnier du life logging et pionnier d’Internet), ses bâtisseurs (#Brewster_Kahle, le fondateur d’Internet Archive), ses prophètes (#Ray_Kurzweil, en charge de designer l’intelligence artificielle de Google), parmi bien d’autres.

    Que deviennent nos identités dans un monde sans oubli ? Sommes-nous en train de construire un gigantesque cimetière de données ou bien une immense cathédrale, d’un genre nouveau ?

    Le documentaire intègre le spectateur dans le sens que si vous introduisez votre nom, donnez accès à votre web cam, et autres données personnelles, celles-ci seront intégrés dans le documentaire... (juste le temps de visionnage, rien ne sera stocké (...) )

    Y figurent / parlent également #Cathal_Gurrin (l’homme le plus numérisé ?), Viktor Mayer-Schönberger et Kenneth Cukier, auteurs du livre de référence sur le #Big_Data, le neuroscientifique David Eagleman.

    On y voit aussi une belle vue sur la salle de serveurs du #MareNostrum, dans l’église (chapelle) du 19ème siècle à Barcelone (BSC- Barcelona Supercomputing Center, 52 racks, 120m²). Jolie métaphore pour ce nouveau monde où Data = the New Religion

    http://www.bsc.es/marenostrum-support-services/mn3

    Une projection du documentaire, avec discussion :

    http://www.scam.fr/fr/ViewerArticle/tabid/363606/ArticleId/3323/Avant-premiere-In-Limbo-dAntoine-Viviani.aspx

    Bémol :

    Il faut quand même rester un peu critique face à ce qui est dit, comme :

    "sometimes I think that if I collect enough data [about myself] I can understand who [I am]"

    et

    "my computer knows more details [about me] than my mother"

    OK, c’est peut-être cool de dire ce genre de trucs profonds, #nonmaisallôquoi.

  • The Internet’s Own Boy HD VOSTFR - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=7ZBe1VFy0gc

    "Ce film raconte l’histoire de Aaron Swartz, programmeur de génie et activiste de l’information. Depuis l’aide qu’il a apporté au développement de RSS, l’un des protocoles à la base d’Internet, à la co-fondation de Reddit, son empreinte est partout sur Internet. Mais c’est le travail révolutionnaire de Swartz autour des questions de justice sociale et d’organisation politique, combiné à son approche sans concession de l’accès à l’information pour tous, qui l’a pris au piège dans un cauchemar légal de deux années. Cette bataille s’est terminée par son suicide à 26 ans. L’histoire d’Aaron touche une corde sensible chez des personnes même éloignées des communautés online parmi lesquelles il était une célébrité. Ce film est une histoire personnelle à propos de ce que nous perdons lorsque nous restons (...)