• PM says New Zealand’s borders shut for much of 2021 – Asia Times
    https://asiatimes.com/2021/01/pm-says-new-zealands-borders-shut-for-much-of-2021

    New Zealand’s borders are likely to remain closed for much of the year as health officials assess global vaccine rollouts, Prime Minister Jacinda Ardern warned Tuesday.Ardern said the emergence over the weekend of New Zealand’s first case of community transmission in more than two months showed the danger Covid-19 still posed to a nation hailed for its response to the coronavirus.She said her government would not re-open its borders – which have been effectively closed to all but returning citizens since last March – while the pandemic was still raging worldwide.“Given the risks in the world around us and the uncertainty of the global rollout of a vaccine, we can expect our borders to be impacted for much of this year,” she told reporters.Still, Ardern said New Zealand would continue to pursue “travel bubbles” with Australia and Pacific island nations, which have also been largely successful at keeping out or containing the virus.
    Plans to open a travel bubble by the end of March were thrown into question when Australia suspended quarantine-free travel for Kiwis in response to the latest case of community transmission.
    Ardern said the case – a 56-year-old New Zealander who recently returned from Europe – was “well under control” and criticized Australia for re-imposing quarantine for New Zealanders.The center-left leader said she made her feelings known in a call on Monday with Australian Prime Minister Scott Morrison.“If we’re to enter a trans-Tasman travel bubble, we need to give people confidence they won’t see border closures at very short notice over incidents that we believe can be well managed domestically,” she said.
    Officials in Canberra on Monday said the restrictions on New Zealanders were being imposed “out of an abundance of caution.”New Zealand Health Minister Chris Hipkins said 15 close contacts of the infected woman had tested negative for the virus, which has been identified as the more contagious South African variant

    #Covid-19#migrant#migraion#nouvellezelande#autralie#tasmanie#sante#test#bulledevoyage#frontiere

  • Another lockdown was inevitable. We have to get this one right | Coronavirus | The Guardian
    http://www.theguardian.com/commentisfree/2021/jan/05/vaccines-pandemic-covid-variant-lockdown
    https://i.guim.co.uk/img/media/ccc68d13ed82ff7c64195eed215e9366e9c64871/0_137_4104_2462/master/4104.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    A third lockdown for England was inevitable. Pressure on the NHS is growing as it deals with new infections from a variant of the coronavirus that scientists estimate is 50-70% more transmissible. New infections continue to climb past 50,000 each day, and daily deaths are in the hundreds. A few weeks ago, many felt optimistic that vaccines could return England to normal by the spring. Instead, it seems we are entering a dangerous new chapter of this pandemic. It’s easy to feel frustrated by the government’s response to this pandemic, and wonder why it hasn’t acted sooner. Ministers wasted an opportunity to suppress the virus in the summer when cases were low, and instead chose to open up quickly and recklessly after the first national lockdown. The government subsidised people to eat out in restaurants and bars, and encouraged holidays abroad via “travel corridors” without any kind of testing or quarantine restrictions for when travellers returned. It was always likely that, if uncontrolled, the virus that causes Covid-19 would mutate. High prevalence created more opportunities for a variant to emerge that now appears to be spreading at a worrying pace.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#sante#confinement#corridor#circulation#bullevoyage#test#quarantaine#virusmutant

  • Affaire libyenne : les lourds secrets du contrat « Eagle »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/131220/affaire-libyenne-les-lourds-secrets-du-contrat-eagle?userid=843d7823-45bc-

    La société qui a fourni des armes de guerre électronique au régime Kadhafi a détruit en 2011 tous ses disques durs et ses mails relatifs au contrat libyen, au cœur de l’affaire Sarkozy-Kadhafi. L’ancien président et son entourage prétendent n’avoir rien su de la mise en œuvre de ce contrat.

    Sous son autorité, la France a remis au régime libyen de redoutables outils de surveillance de sa population, mais Nicolas Sarkozy prétend toujours qu’il n’en a rien su.

    « Il y a des collaborations entre le ministère de l’intérieur et des entreprises, mais je n’y ai jamais été associé de près ou de loin », s’est justifié l’ancien président devant les juges de l’affaire libyenne, début octobre. « Jamais le nom d’Amesys [la société française au cœur du deal – ndlr] n’a été prononcé devant moi, ni lors de ma visite en tant que ministre de l’intérieur, ni pendant celle en tant que président de la République. Cela n’a fait l’objet d’aucun document, d’aucune signature, d’aucune contrepartie », a-t-il insisté.

    Baptisée « Eagle », la technologie française fournie à la Libye par la société Amesys – absorbée par Bull, puis partiellement cédée à Nexa Technologies depuis – a permis d’aspirer l’intégralité du trafic internet du pays et ainsi de détecter et d’interpeller les opposants libyens durant le Printemps arabe.

    Selon nos informations, la traque des opposants opérée grâce à ce transfert technologique – et ce avant l’intervention militaire déclenchée le 19 mars 2011 – pouvait être suivie par les services secrets français, qui disposaient d’une « backdoor » ou porte dérobée dans Eagle, leur permettant de se connecter au dispositif.

    Les juges de l’affaire libyenne considèrent désormais qu’Eagle constitue l’un des volets du pacte de corruption présumé scellé par Mouammar Kadhafi et l’équipe du ministre de l’intérieur, dès l’automne 2005, grâce aux pourparlers secrets de Ziad Takieddine et de Claude Guéant avec l’un des chefs des services de renseignement libyens, Abdallah Senoussi, un homme condamné en France pour avoir commandité l’attentat contre le DC10 d’UTA en 1989. Ces faits figurent parmi les chefs de mise en examen de Nicolas Sarkozy.

    En parallèle, les juges du pôle crimes contre l’humanité saisis depuis 2012 de plaintes pour « complicité de torture, traitements inhumains et dégradants » déposées par des victimes de cette surveillance en Libye n’ont pour l’instant placé la société Amesys que sous le statut de « témoin assisté », en dépit des révélations de l’enquête.

    Selon les informations obtenues par Mediapart, les investigations ont pourtant mis au jour la destruction par Amesys des disques durs et des dossiers relatifs au contrat Eagle en décembre 2011. Une destruction de preuves qui prive la justice des pièces essentielles à la compréhension du deal franco-libyen.

    Joint par Mediapart, le signataire du contrat, Philippe Vannier, ancien patron d’Amesys et de Bull passé chez Atos, aujourd’hui président d’Ecso (European Cyber Security Organisation), n’a pas souhaité commenter ces développements de l’enquête.

    C’est son bras droit, Stéphane Salies, ancien directeur commercial d’Amesys, aujourd’hui patron de Nexa, qui a révélé qu’un ordre de destruction des pièces du dossier avait été donné. Questionné sur la localisation des « documents contractuels, discussions commerciales, cahier des charges, contrats, avenants, liés au contrat libyen », il révèle : « À vrai dire, fin 2011, début 2012, Philippe Vannier nous a demandé de tout détruire. J’ai trouvé cela ridicule et je le lui ai dit, mais nous l’avons fait, les time capsules [disques durs de sauvegarde de Mac – ndlr] ont été détruites, les disques durs ont été effacés, les échanges de mails aussi. Le contrat était dans le coffre mais je ne sais pas ce qu’il est devenu. »

    Philippe Vannier a répondu, quant à lui, ne pas savoir où ces documents se trouvaient. « À votre demande, nous les avons cherchés, mais nous ne les retrouvons pas, et ce n’est pas faute d’avoir essayé », a-t-il déclaré.

    Initiées par Ziad Takieddine, par l’entremise de la société d’intelligence économique Salamandre, les négociations d’Amesys avec les Libyens ont été rapidement suivies de très près par les services spéciaux français. « Il [Philippe Vannier] m’avait dit que ses contacts allaient lui faire rencontrer les représentants de l’État libyen pour des contrats, que c’était sérieux et avec l’aval des cousins [DGSE – ndlr] », a précisé Stéphane Salies.

    Très tôt, quelques jours avant la venue de Nicolas Sarkozy à Tripoli en octobre 2005, Abdallah Senoussi évoque les besoins libyens en matériel de sécurité et la « coopération » qu’il espère obtenir du ministre auprès de Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, et de Takieddine. Le nom d’Amesys n’est pas encore sur la table, mais il le sera début 2006. « Il [Nicolas Sarkozy] nous a transmis le dossier d’une société française de surveillance d’Internet dénommée Amesys […] par le biais de Claude Guéant », a résumé Saïf al-Islam Kadhafi, dans une déclaration aux juges français.

    Selon l’ancien directeur commercial d’Amesys, le fils de Mouammar Kadhafi était d’ailleurs venu saluer l’équipe de l’entreprise française à Tripoli, lors de la mise en place du système d’interception.

    L’affaire démarre en mars ou en avril 2006 : Takieddine et le patron d’Amesys, Philippe Vannier, entrent en contact à Paris. Dans une de ses notes, la société Salamandre présente Amesys/I2E comme un « fournisseur ultra-habilité » en France. L’entreprise avait comme objet « la fabrication de solutions d’interception, sur la partie HF (radio) pour les services français ou l’armée », résume Stéphane Salies, ancien directeur commercial. Elle disposait d’un officier de sécurité en relation avec la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD), aujourd’hui Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD), et d’ingénieurs et d’anciens militaires ou gendarmes habilités « confidentiel défense » dans ses rangs. « Les services de renseignement étaient informés de tout ce qui était fait avec la Libye, ça nous rassurait un peu », commente un ancien cadre.

    Takieddine, lui, espère vendre aux Libyens un vaste de marché de surveillance des frontières comme il a failli en signer avec l’Arabie saoudite en 2003, avec, déjà, l’aval de l’équipe Sarkozy.

    L’intermédiaire voit grand.

    « Il m’a expliqué que la Libye avait besoin de s’équiper de matériels d’interception télécoms radio, de rénover des frégates, de contrôle des passeports aux frontières, de véhicules de protection des VIP, de systèmes de protection de leurs réseaux et communications, résume Philippe Vannier. Une visite a été organisée en Libye afin de présenter les capacités du groupe en matière de protection aux frontières avec l’informatisation des passeports, des radars côtiers et systèmes de chiffrement. […] C’est lors de cette visite qu’ils ont commencé à nous parler de leur besoin d’un système d’écoute tout canal, de l’interception hertzienne jusqu’à l’interception IP – via Internet. Nous avons présenté ce que nous pouvions faire et ce qu’on pouvait vendre. »

    Un document à en-tête d’Amesys (également appelé I2E à l’époque) vante le produit Cryptowall, un système de cryptage particulièrement efficace et « difficile à casser », et la « collaboration » du ministre de l’intérieur avec la société.

    Selon le directeur commercial, Philippe Vannier a « négocié le contrat avec plein de rendez-vous avec Ziad Takieddine, Omar Salem, directeur de la DRM [Direction du renseignement militaire – ndlr], et Abdallah Senoussi », et il se rend deux fois en Libye avant d’y amener ses équipes. Stéphane Salies s’y rend à son tour pour y prendre note « des besoins libyens », à savoir « une solution pour faire de l’interception IP sur l’ensemble du pays », officiellement pour contrer Al-Qaïda.

    De retour en France, une première ébauche du projet Eagle, qui n’existait pas encore, est élaborée. « Nous avons vendu une feuille blanche, et la Libye a payé la création et le développement de la solution et du produit Eagle. Ils ont financé la totalité de la recherche et développement », résume Stéphane Salies.

    « Il ne voulait pas que je connaisse le montant des commissions et d’autres détails »

    « La négociation du contrat n’a été effectuée que par Philippe Vannier, même si j’étais directeur commercial, poursuit-il. Je n’ai pas eu le droit d’y participer, car il ne voulait pas que je connaisse le montant des commissions et d’autres détails. » En décembre 2006, Vannier rentre de Tripoli avec le contrat signé.

    Lors de la divulgation des archives numériques de Takieddine en 2011, Mediapart avait dévoilé le paiement occulte par Amesys d’un total de 4,5 millions d’euros à l’intermédiaire, via deux de ses sociétés offshore – Tristar et Como – entre 2007 et 2008, sur des comptes à Beyrouth. Il s’agissait d’« un contrat pour l’installation de climatisations et de groupes électrogènes » qui était « une commission déguisée », détaille Stéphane Salies, et d’un second contrat pour « une commission officielle ». Il était prévu que Ziad Takieddine reçoive 30 % du montant total du contrat d’Amesys avec la Libye.

    La mise au point technique d’Eagle est plus complexe et nécessite entre 20 et 30 déplacements du directeur commercial. Ce dernier rencontre Abdallah Senoussi dans sa villa, en 2007, qui demande de nouvelles prestations, comme la géolocalisation des personnes, qu’Amesys ne peut pas encore offrir. Mais le dispositif de surveillance d’Internet est élaboré en partenariat avec la société Qosmos, qui fournit une première sonde avant d’être écartée – elle en vendra par la suite au régime Syrien.

    « Le tapping [copie du trafic – ndlr] était fait au kilomètre 4 à Tripoli. Il y avait une avancée sur la mer avec des bâtiments de deux étages appartenant à l’opérateur GPTC. À cet endroit sortaient les fibres optiques de la mer, expose Stéphane Salies. La sonde ainsi que le stockage [de données – ndlr] se trouvaient dans un bâtiment de l’opérateur GTPC, le centre névralgique de celui-ci, où nous disposions d’une petite salle. Les opérateurs du système étaient à 500 mètres plus loin, dans un bâtiment appartenant à l’armée dénommé HQ1. »

    Un deuxième centre d’écoute, HQ2, se trouvait à deux ou trois kilomètres. Amesys permet ainsi aux Libyens d’intercepter l’intégralité du trafic internet, puis d’extraire des données grâce à des filtres sur des mots-clés, des adresses mails, des numéros de téléphone, des pseudonymes. L’interception de mails, de tchats ou de messageries instantanées était possible, à l’exception des données chiffrées.

    Les employés d’Amesys se posent des questions sur l’utilisation de leur système. « Il y avait des cibles dans le logiciel qui ne paraissaient pas liées au terrorisme, a détaillé un ingénieur aux gendarmes. Je crois me rappeler qu’il y avait une ONG de défense des droits de l’homme qui était ciblée. Il était clair pour moi que la lutte contre le terrorisme n’était qu’un prétexte. » D’après cet ingénieur, Amesys avait installé un « tunnel sécurisé » (VPN) entre ses serveurs à Paris et une agence de renseignement française. En outre, « il y avait une backdoor, une porte dérobée dans le logiciel Eagle qui permettait aux services secrets de se connecter au système sans que les Libyens le sachent », relève-t-il.

    Reste la question non clarifiée des autorisations, qui elles non plus n’ont pas été retrouvées, hormis une seule. En novembre 2010, Amesys a obtenu une autorisation d’exportation de matériel de guerre (AEMG) pour la vente aux renseignements militaires libyens de dix exemplaires d’un système passif d’interception de GSM (téléphonie mobile). Rien sur Eagle…

    « Pour tout le contrat, des vérifications ont été effectuées pour obtenir la garantie que le matériel était exportable, et qu’Amesys avait le droit d’exporter en Libye, a indiqué Philippe Vannier aux enquêteurs. De mémoire, la seule autorisation préalable obligatoire a été sur les outils de chiffrement, qui a par ailleurs été obtenue. »

    Eagle n’était ni un matériel de guerre, ni un bien à double usage – soumis à un autre régime d’autorisation –, a soutenu aussi l’ancien directeur commercial d’Amesys. « Par contre, l’étude et la conception en France du système d’interception Eagle ont été faites sous autorisation de l’article R226 », a-t-il précisé, c’est-à-dire avec le feu vert de la commission autorisant – sous l’autorité du premier ministre – la fabrication de matériels susceptibles de porter atteinte à l’intimité de la vie privée ou au secret des correspondances. Mais là encore, le dossier d’instruction de cette autorisation n’a pas été communiqué aux services d’enquête.

    Alain Juillet, un acteur pourtant bien placé – ancien directeur du renseignement à la DGSE, alors responsable de l’intelligence économique auprès du premier ministre –, a livré un tout autre avis aux juges en estimant au sujet d’Eagle qu’« une demande » avait « nécessairement été faite à la CIEEMG [la commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre] » et que ce dossier comportait « nécessairement un avis du ministère de l’intérieur ». « S’il n’y a pas eu de demande et qu’ils l’ont fait directement, il y a faute, a tranché Alain Juillet. Et ça m’étonnerait d’une entreprise comme Amesys qui avait l’habitude de travailler avec du matériel sensible et qui connaissait les risques à se passer d’une demande d’autorisation, c’est-à-dire le risque que l’entreprise soit sanctionnée et fermée. »

    Ce type de dossier ne pouvait être que du ressort du cabinet du ministre de l’intérieur, selon Alain Juillet : « Une affaire comme cela, envoyer du matériel en Libye, ce n’est pas une affaire courante, c’est ce qu’on appelle une affaire sensible du domaine réservé du cabinet du ministre. »

    Lors de son audition, en octobre dernier, Nicolas Sarkozy a pourtant assuré n’avoir « à aucun moment » été « informé de l’existence de ce contrat ». « Que le directeur de cabinet du ministère de l’intérieur soutienne les intérêts d’une entreprise française à l’export ne me choque pas », a ajouté l’ancien président.

    Au ministère des armées, les juges n’ont pas retrouvé non plus le moindre document classifié portant sur les conditions de signature du contrat d’I2E, et l’implication du ministère de l’intérieur ou de son dircab.

    La pêche a été plus fructueuse au ministère de l’intérieur. Les juges ont souligné qu’un « ensemble de notes partiellement déclassifiées », « dont la plus ancienne date du 16 janvier 2007 et la plus récente du 27 juillet 2013 », montre « que les services de renseignement étaient parfaitement informés » et « suivaient les transferts de technologies de surveillance des sociétés françaises vers la Libye ».

    Ainsi, en janvier et mars 2007, des synthèses « confidentiel défense » des services du renseignement intérieur – alors placés sous l’autorité de Nicolas Sarkozy – détaillent très précisément les différents lots de matériels prévus au contrat. « La livraison à la Libye de matériels d’interception de communication et de contre-mesure électronique est extrêmement sensible et génère une certaine tension chez les personnels amenés à s’en occuper, signale la DCRI. Il conviendra de s’assurer que ces matériels sont vendus avec les autorisations nécessaires. »

    Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il n’avait « pas la mémoire » de ces notes de renseignement.

    Ni comme ministre, ni comme président de la République.

    #AMESys #Bull #DGSE #Nexa #EAGLE #corruption #écoutes #surveillance

  • Coronavirus: Singapore tightens travel rules for Hong Kong visitors amid surge in cases | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/news/asia/southeast-asia/article/3113668/coronavirus-singapore-tightens-travel-rules-hong-kong

    Singapore’s border controls for people coming in from Hong Kong will be revised given the “deteriorating” Covid-19 outbreak in the Chinese city, the Ministry of Health (MOH) said on Friday.Travellers who have been to Hong Kong in the last 14 days and are entering Singapore from next Monday will need to serve a two-week stay-home notice at dedicated facilities.
    From December 19, travellers from Hong Kong planning to enter Singapore must take a Covid-19 polymerase chain reaction (PCR) test within 72 hours before departure and present a valid negative test.
    The PCR test does not apply to Singapore citizens and permanent residents. The Civil Aviation Authority of Singapore (CAAS) announced earlier this month that the launch of the Singapore-Hong Kong air travel bubble has been delayed to next year, with the exact start date to be reviewed in late December, given the Covid-19 situation in Hong Kong.

    #Covid-19#migrant#migration#hongkong#chine#singapour#sante#test#voyageur#bullevoyage

  • Covid19 Fédération sur Twitter :
    🔷🔹Appel à une grande vigilance 🔹🔷 Hold Up, un monument de désinformation ?
    https://twitter.com/C19Federation/status/1326595799858475009

    👉 Depuis quelques jours, les réseaux sociaux sont envahis de teasers préparant la sortie d’un documentaire « choc », Hold Up. Ce film (long de 2h40 ! ) prétend révéler un véritable scandale dans la gestion de l’épidémie de Covid19 sur fond de corruption.

    Après son visionnage, nous – le collectif Covid 19 Fédération – avons décidé d’en faire une analyse détaillée tant les “informations” qu’il véhicule sont trompeuses, dangereuses ; en fait, totalement irresponsables._

    […]

    il nous semble que c’est faire preuve de la plus grande irresponsabilité que de diffuser, maintenant - en pleine crise, et sans aucun recul - , un tel “documentaire.

    • J’ai tenté de le regarder, mais j’avoue que sans parler du fond rien que le montage est effarant avec un nombre élevé de coupures rapides mêlées à un fond musical flippant. Et surtout à un moment entendre un médecin dire que « nous avons été bombardé » ça m’a fait bondir et je n’ai plus supporté de poursuivre le visionnage. Non, il n’y a pas eu de bombardement, il faut arrêter les âneries ! Il me semble plus qu’inutile si on souhaite faire comprendre ce qui se passe d’utiliser des termes faux et anxiogènes, j’aimerai voir une analyse de cette crise dans des termes intelligents pas un truc qui surfe sur le #complotisme pour faire de l’audience. D’autant que les questions à se poser réellement ne manquent pas.

    • @reka, le lien gratuit vimeo a été supprimé. Ce qui m’ennuie c’est que c’est une jeune militante qui me l’a envoyé alors que nous avions déjà discuté (je croyais suffisamment clairement) de l’absurdité de ces thèses. Je discute beaucoup, c’est l’unique moyen d’action que j’ai gardé pour interroger poursuivre et ancrer une pensée politique libératrice, reprendre la parole et les mots, parler encore et encore et déconstruire en questionnant et cela dans divers milieux et surtout sans à priori avec qui et où. Et je suis très inquiète des dérives que j’entends ou vois (comme ce film) qui amalgament n’importe quoi pour les déverser dans des cerveaux perméables à cette bouillie sous des dehors révolutionnaires. Comme si la réflexion et l’organisation de la pensée commençaient à être salement atteintes dans leur fondement même.

    • pour l’instant, l’analyse la plus complète et ettayée que j’ai trouvée est celle de Loïc Steffan : Loïc Steffan :
      https://www.facebook.com/loic.steffan/posts/10221632402871394 (archive hors FB : https://archive.vn/iJQxy )
      Et il y a la possibilité de participer à un fact check collectif chez captainfact : https://captainfact.io/videos/4Y7d
      Deux liens qui sont parmi d’autre sur la tentative de mise en commun des ressources dont il est question ici https://seenthis.net/messages/886194 comme le signale @jeanmarie (merci !)
      #HoldUp

    • Quelques sources sur le producteur et le réalisateur

      Le 6 novembre, France soir publie une longue interview via visioconférence cf YT nommée debriefing de Christophe Cossé, producteur du film « Hold-Up » où l’on se tutoie entre potes journalistes.
      #rance_soir

      Quant au réalisateur Pierre Barnérias il a réalisé M et le 3e Secret film documentaire sorti en 2014 au cinéma

      Ce film documentaire de 110 minutes est une enquête sur les apparitions de la Vierge Marie et plus particulièrement celle de Fatima en 1917 ou elle révéla 3 secrets à des enfants. Deux furent révélés et se produisirent mais le troisième qui devait être divulgué à une certaine date, ne le fut que bien plus tard.

      #tout_va_bien

    • Pour rappel, cela fait plus d’un an que France soir n’a plus aucun journaliste du tout, n’est officiellement plus une « entreprise de presse », et qu’il s’agit uniquement depuis lors d’un « site d’actus/blog » tenu juste par le propriétaire du nom. Et c’est assez dégueu parce que plein de gens continuent de relayer ça comme s’il s’agissait « d’articles de journal », fût-ce un journal de mauvaise qualité, alors que c’est pire c’en n’est même plus un du tout.

    • Une problématique un peu différente du debuking omniprésent :

      Après quelques journées à ruminer les échanges lus sur des forums de déminage consacré à un récent nanar complotiste sur la covid-19, que je ne citerai pas sur ma page pour ne pas lui donner davantage de publicité encore (il en a reçu bien assez à mon goût), j’envisage sérieusement de me lancer dans l’analyse du discours complotiste, sous un angle linguistique / psycholinguistique / sociolinguistique, me disant qu’il y a là une vraie question d’utilité publique à laquelle il est urgent de s’atteler.

      Je suis frappé des récurrences dans le discours complotiste en général (avec son lot de sophismes caractérisés : inversion de la charge de la preuve, homme de paille / caricature, amalgame...), et m’interroge sur la façon dont une science de la structure du discours ou de l’argumentation, disons, pourrait en rendre compte.

      Ce discours se développe souvent en retrait de tout raisonnement contradictoire - ainsi ce film très clairement complotiste, comme beaucoup de productions de ce type, loin de mettre en dialogue des thèses contradictoires, se présente comme un réquisitoire à charge (ce qui est le contraire par essence de tout raisonnement analytique, scientifique - au sens large - ou non d’ailleurs), et n’envisage pas un instant de prendre au sérieux la validité d’une proposition contraire à son credo.

      « L ’évidence interprétative », est un autre trait saillant des discours complotistes : il s’agit de feindre ne pas imposer de relations entre prémisses et conclusions (’tirez-en vos propres conclusions’ est une autre antienne complotiste), tout en créant les conditions nécessaires (orientation argumentative au sens de Ducrot 1981, par ex.) à l’émergence d’un ensemble limité de propositions-conclusions bien orientées. Cet aspect là serait aisé à saisir dans une théorie formelle du discours.

      Cette « évidence interprétative » est bien sûr consubstantielle à l’idée, pour le complotiste, du caractère acquis de ses croyances et de l’abondance des « preuves » afférentes, et donc, du rejet de la charge de la preuve. Tout ceci rend particulièrement difficile le dialogue contradictoire avec le complotiste, puisqu’il est un peu une monade (au sens leibnizien) aux portes et fenêtres fermées, inaccessible à la raison d’autrui, à l’inter-subjectivité critique. Et lui donne le sentiment de sa toute-puissance intellectuelle. Ce n’est, bien sûr, que l’illusion d’une « pensée » renfermée sur elle-même et ses biais cognitifs qui sont autant de forteresses impénétrables. La psycholinguistique expérimentale est une autre porte d’entrée dans l’étude du discours complotiste, à cet égard.

      Le champ n’est pas vide, loin s’en faut (Le Caroff & Foulot, Nicolas, Zaragella & Annoni, etc.), mais une approche formelle / quantitative / expérimentale, peu représentée dans ce que j’ai pu trouver, me semble à même d’apporter des éclairages nouveaux. Qu’en pensez-vous ?

      vu sur FB https://www.facebook.com/patrick.caudal/posts/10158836027124525

  • Hong Kong reveals plans to step up border controls to shield city from Covid-19 rebound, as warning signs of new wave emerge among drivers | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/news/hong-kong/health-environment/article/3109334/hong-kong-step-covid-19-border-controls-city-put

    Hong Kong risks a winter surge of Covid-19 if it lets its guard down, Sophia Chan says. New Covid-19 measures:
    •Four regular testing centres to operate long-term, offering free service for those at high risk of infections, and paid screening for those requiring certification to travel, especially for Singapore-Hong Kong bubble
    •A virus notification app will be set up for users to record their travel history and notify them of exposure risks
    •A multi-pronged strategy will be adopted to close border loopholes for people exempted from quarantine, including a mandatory negative test for those from high-risk countries, and point-to-point pickups instead of public transport
    Hong Kong revealed plans to step up border controls against Covid-19 as possible new infections among taxi drivers emerged on Wednesday, sparking concerns that the next wave could be starting.Health minister Professor Sophia Chan Siu-chee moved to close quarantine loopholes to prevent another onslaught of cases during the winter flu season, saying the city had to remain vigilant.“If we let down our guard, a fourth wave can start anytime and can become more severe with the flu season in the autumn and winter,” the secretary for food and health said. “Externally [we must] guard our border well, and internally stop the spread.”

    #Covid-19#migrant#migration#hongkong#singapour#sante#mesuresanitaire#frontiere#grippe#bullevoyage#tracking#politiquesante

  • HK-Singapore ’travel bubble’ starts on November 22 - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/11/hk-singapore-travel-bubble-starts-on-november-22

    Hong Kong and Singapore will launch a “travel bubble” on November 22, their governments said Wednesday, in a rare piece of good news for the pandemic-battered airline and tourism industries.A quota of 200 residents from each city will be able to travel on one daily flight to the other, Hong Kong commerce minister Edward Yau told a press conference.Only those who have been in Hong Kong or Singapore for two weeks and tested negative for the coronavirus will be allowed to board, he added.The corridor offers a glimpse into how places with less severe outbreaks might be able to safely restart some travel.Passengers arriving in Hong Kong will have to test negative again at the airport to avoid quarantine, while those arriving in Singapore will have to download a contact-tracing app.
    Those hoping to get on a plane in Hong Kong will have to stump up about HK$1,500 (US$190) for a test at a government-approved laboratory or hospital.In Singapore, a test will set you back about Sg$200 ($150).

    #Covid-19#migrant#migration#hongkong#singapour#sante#bullevoyage#frontiere#test#tracking#tourisme#economie

  • « Les mâles de notre espèce sont parmi les primates les plus violents envers leurs femelles, les femmes » , Pascal Picq 
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/11/09/pascal-picq-les-males-de-notre-espece-sont-parmi-les-primates-les-plus-viole

    Le paléoanthropologue, dans son dernier ouvrage, propose une analyse évolutionniste de la coercition des femmes, concluant qu’il s’agit d’une question sociale, culturelle et anthropologique.

    Charles Darwin, Friedrich Engels, Karl Marx, tous ont fait ce constat : la première classe des opprimés, dans les sociétés humaines, ce sont les femmes. Pourquoi tant de violences ? Jusqu’ici, la question avait été explorée à l’aune de l’anthropologie, de la sociologie, de l’ethnologie… Dans son dernier ouvrage Et l’évolution créa la femme (Odile Jacob, 464 pages, 22,90 euros), c’est un regard évolutionniste que pose Pascal Picq, maître de conférence au Collège de France, sur ce problème sociétal. Héritage biologique ou évolution malheureuse des sociétés humaines ? Fait de nature ou de culture ?

    Comment avez-vous cherché à répondre à la question – si polémique – de l’origine de la sujétion des femmes ?

    J’ai voulu m’extraire des stéréotypes ou des idéologies propres à une partie des sciences sociales par un regard neuf, une approche scientifique évolutionniste. Elle s’articule en deux temps. Je compare d’abord le degré de coercition sexuelle entre les différentes espèces de primates, dont la nôtre. Des contraintes environnementales et biologiques analogues ont-elles produit les mêmes effets sur les comportements de coercition masculine ? Puis je plonge dans la préhistoire de notre espèce et des espèces proches. Mon livre propose une esquisse de ce qu’a pu être l’évolution de la femme et des rapports entre les genres au cours des différentes périodes de la préhistoire. Comment les violences à leur encontre sont-elles apparues ? Comment ont-elles évolué au fil des époques et des cultures ?

    Pour vous, quel est le sens de ces comparaisons entre humains et grands singes ?

    C’est le principe même de l’approche phylogénétique. Pour étudier les origines et l’évolution d’une espèce, on la compare aux espèces plus ou moins proches puis, dans un second temps, on regarde comment ses caractères ont évolué. L’application de cette approche à l’étude de l’évolution des systèmes sociaux est assez récente.

    Que nous enseigne la comparaison des différentes espèces de primates ?

    D’une manière générale, la coercition sexuelle reste assez rare chez les mammifères, même si les mâles ont tendance à être dominants sur les femelles – soit dit en passant, chez le cheval, le dauphin, les otaries, les antilopes, des espèces que nous trouvons généralement si sympathiques, les mâles exercent une forte coercition à l’égard des femelles. Ce sont de vrais machos !

    Il y a 32 millions d’années, apparaissent les lignées de singes que nous connaissons aujourd’hui. Auparavant, il y a de fortes chances que les mâles aient été très peu coercitifs. Les lémuriens, en effet, sont parmi les plus anciens des primates aujourd’hui vivants : leurs sociétés sont dominées par les femelles. Chez les primates, une règle empirique émerge : plus il y a d’asymétrie dans l’investissement reproductif, avec un investissement des femelles important (« anisogamie »), et plus les mâles ont tendance à être coercitifs. Par ailleurs, les mâles de notre espèce la rangent – en moyenne – parmi les sociétés de primates les plus violentes envers leurs femelles : les femmes. Ils partagent ce triste record avec les babouins hamadryas et les chimpanzés. Mais les bonobos forment des sociétés très égalitaires. Les singes d’Amérique du Sud (platyrrhiniens), eux aussi, sont peu ou pas coercitifs. En revanche, les singes de l’Ancien Monde, ou catarrhiniens (babouins, macaques, colobes, gorilles, chimpanzés, hommes…) sont en moyenne plus coercitifs.

    Bilan de ces comparaisons ?

    A de rares exceptions, aucune lignée ne se caractérise par la présence ou par l’absence systématique de coercition. Autrement dit, aucune lignée évolutive ne voue à la coercition ! Dans la lignée des hominidés, les humains et les chimpanzés sont très coercitifs, mais les bonobos, on l’a vu, montrent un équilibre des pouvoirs entre sexes. Chez les babouins, les hamadryas sont coercitifs, au contraire des geladas, pourtant voisins géographiquement. Chez les macaques, les singes rhésus sont de vrais machos, tandis que les magots sont plus égalitaires. Par ailleurs, il n’y a pas de corrélation entre le type d’habitat – savanes, forêts – et le degré de coercition sexuelle. Pas plus qu’il n’y en a entre le degré de dimorphisme sexuel [les différences de taille et de forme entre mâles et femelles] et l’intensité de la coercition masculine. Des contraintes environnementales interviennent, mais n’expliquent pas tout. Donc, ni contrainte phylogénétique, ni déterminisme écologique, si ce n’est en termes de tendances ou comme facteurs aggravants.

    Un comportement violent serait-il plus acceptable s’il existait chez d’autres primates ?

    Bien sûr que non. Ce n’est pas parce qu’un caractère est présent chez une espèce proche de nous qu’il est bon ou mauvais, légitime ou condamnable ! Les anthropologues évolutionnistes n’ont que faire de ce que les chimpanzés ou les bonobos sont coercitifs ou égalitaires. C’est l’affaire de ces deux espèces. D’ailleurs, aucune d’elles n’est plus proche de nous, sur le plan phylogénétique. Cela dit, si les bonobos (connus depuis seulement un demi-siècle) n’existaient pas, on pourrait affirmer que la lignée des hominidés (qui comprendrait alors seulement les humains et les chimpanzés) est terriblement coercitive.

    Pour éviter ce type de biais, il faut donc une approche phylogénétique impliquant de nombreuses espèces. Ne confondons pas un jugement de fait avec un jugement normatif. Celles et ceux qui justifient les violences des hommes envers les femmes parce qu’il en est ainsi chez les chimpanzés commettent une erreur, un paralogisme. Ce que nous disent ces grands singes si proches de nous, c’est que ces comportements varient. Et que c’est à nous, dans le cadre de nos sociétés, d’œuvrer pour telle ou telle évolution. Le XIXe siècle a dramatiquement penché du côté du chimpanzé. Le XXIe siècle nous rapprochera-t-il des bonobos ?

    Que pensez-vous du modèle des campagnols des prairies et des montagnes : deux espèces très proches au plan phylogénétique. Mais les premiers, monogames et égalitaires, sont des parents attentionnés, tandis que les seconds, volages et coercitifs, font figure de parents indignes…

    Dans cet exemple canonique, les seules différences biologiques mesurées entre ces deux espèces sont les concentrations en ocytocine et vasopressine : elles sont très élevées chez les premiers, effondrées chez les seconds. Pour autant, ces hormones ne sont pas la cause de leurs comportements. Ceux-ci viennent des médiateurs qui, au fil de l’évolution, les ont renforcés. Entre ces deux espèces, des divergences écologiques et éthologiques, par la voie de la sélection naturelle et de dérives génétiques, se sont accentuées. Il faut dire que peu d’espèces de mammifères sont monogames. C’est chez les primates qu’on en trouve le plus, environ un quart, ce qui est très significatif. Il existe différents types de monogamies, qui toutes s’accompagnent de transformations physiologiques, sexuelles, reproductives, comportementales et cognitives. Une fois monogames, les espèces ne reviennent jamais vers d’autres systèmes sociaux, même ceux de leurs ancêtres.

    Quelles pourraient être les causes des comportements si opposés, entre bonobos et chimpanzés ?

    Les singes, plus encore les grands singes et plus encore les humains, sont des espèces dites K, un mode de reproduction très qualitatif : après une longue gestation, un seul petit naît (des jumeaux parfois) ; le sevrage est tardif, l’enfance longue et l’adolescence plus ou moins longue. Soit une maturation de plus d’une décennie, avec le temps de l’apprentissage social. C’est là qu’interviennent les neurones miroirs et les processus cognitifs qui construisent les comportements sociaux des individus. Chez les singes, on parle de « cerveau social ». S’ils naissent dans des sociétés coercitives, les jeunes mâles reproduiront ces schémas – et inversement. S’il n’y a pas de déterminisme génétique, il peut y avoir des influences génétiques, mais les activités de nombreux gènes se combinent entre elles (sans oublier les facteurs épigénétiques). Je ne nie pas non plus que l’environnement n’intervienne pas. Ainsi, le milieu protégé des bonobos est plus propice à une vie sociale apaisée que les forêts et les savanes arborées des chimpanzés. De même, en Afrique australe, les pressions de prédation sont plus favorables aux babouins kinda, plus égalitaires, qu’aux babouins chacma, plus coercitifs. Même chose dans les sociétés humaines : une crise comme le Covid-19 tend à aggraver l’insécurité et les violences envers les femmes.

    Revenons sur la très forte contrainte reproductive qui pèse sur les femmes…

    L’émergence du genre humain (Homo) en Afrique, il y a 2 millions d’années environ, s’est accompagnée de changements considérables, plus encore chez les femelles qui deviennent des femmes. Il y a le « camouflage de l’œstrus » : les femmes ne présentent plus de signes morphologiques manifestes de leur période de fécondité. Elles ne savent pas toujours quand elles sont en période d’ovulation, et leur réceptivité sexuelle devient permanente. Et puis, il y a des transformations anatomiques majeures. D’un côté, le bassin prend une forme en cuvette fermée, qui soutient les viscères tout en permettant une bipédie performante. D’un autre côté, la taille du cerveau humain augmente beaucoup, ce qui complique l’accouchement : la tête du nouveau-né a du mal à passer à travers le bassin maternel. Malgré tout, cette anatomie du bassin féminin a limité le développement du cerveau humain in utero. C’est le « dilemme obstétrical ». Après la naissance, le cerveau du petit humain poursuit donc son développement et connaît une maturation importante.

    Conséquence : le petit humain devient très dépendant de « l’utérus social » où il est plongé…

    Ce bébé nécessite des soins parentaux intenses, dont la charge est surtout portée par les mères. C’est pourquoi celles-ci nécessitent de l’entraide (« alloparentalité »), qui dépend grandement de la considération pour les femmes dans chaque société.

    De plus, la forte contrainte de reproduction fait des femmes un enjeu de contrôle pour les hommes. Plus encore que chez toutes les autres espèces de primates, elles deviennent des ressources rares et précieuses. Leur réceptivité sexuelle permanente et les exigences de l’investissement parental provoquent des tensions, sources de coercition masculine autour de la certitude ou non de la paternité. Tout cela va profondément transformer les sociétés humaines. Ces constats résultent de recherches lancées par des anthropologues et éthologues féministes, issues d’universités anglo-saxonnes pour la plupart. L’étude des effets de cette contrainte sur la coercition masculine, en revanche, est très récente.

    Les femelles de notre lignée font face à une difficulté supplémentaire…

    Oui. Presque toutes les sociétés de singes sont des sociétés matrilocales : les femelles restent toute leur vie dans leur groupe natal, que les mâles quittent à l’adolescence. Cette règle résulte du déséquilibre de l’investissement parental entre mâles (peu investis) et femelles (très investies). Il faut donc que celles-ci bénéficient d’un soutien parental de la part du groupe pour l’accès à la nourriture, les soins, la protection et l’éducation des petits… Elles apprennent à être des mères avec l’assistance de leurs consœurs, affiliées ou pas. Le système matrilocal favorise cette entraide.

    « Le contrôle des femmes et leur coercition s’aggravent avec la recherche de statuts sociaux chez les hommes, notamment plus âgés. »

    Mais les humains, les chimpanzés et les bonobos forment des sociétés patrilocales. Les mâles restent toute leur vie dans leur groupe natal, que les femelles quittent à l’adolescence. Cette exogamie des femmes a bien été décrite par Claude Lévi-Strauss et l’école d’anthropologie du Collège de France. Mais ce qui ressort de mon analyse, c’est que seules les sociétés humaines sont majoritairement patrilinéaires [avec un statut social transmis de pères en fils] et patriarcales [le père a une autorité prépondérante]. Autrement dit, alors que les contraintes de la reproduction exigent de l’entraide envers les femmes, elles ont plus de mal à en bénéficier dans des sociétés patrilocales.

    Que nous apprend la paléoanthropologie sur les relations passées entre sexes ?

    Chez les australopithèques et Homo erectus, elle ne nous permet pas de reconstituer les systèmes sociaux. On ignore donc si Lucy, ses consœurs et les femmes Homo erectus subissaient des violences sexuelles. Au paléolithique moyen (350 000 - 45 000 ans), l’étude des tombes ne permet pas non plus de déceler des différences de statut social ni des traces de contrainte sexuelle. Mais l’étude de l’ADN des fossiles – la « paléogénétique » – montre que les sociétés d’Homo sapiens et de Néandertal étaient patrilocales. Au paléolithique supérieur (45 000-12 000 ans), Homo sapiens reste seul en scène. Des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus complexes apparaissent, avec des statuts différenciés, plus de richesses et de sédentarité. Soit autant de facteurs corrélés à une coercition sexuelle accrue et à des sociétés plus inégalitaires.

    Comment peut-on connaître l’organisation sociale de ces sociétés anciennes ?

    Malgré d’importants biais, on peut procéder par analogies avec ce que l’on sait des ultimes sociétés de chasseurs-cueilleurs actuelles, même si leur diversité passée et présente est très sous-estimée. En témoigne la découverte, publiée le 4 novembre dans Science Advances, de femmes qui participaient activement à la chasse dans les Andes il y a 9 000 ans.

    Revenons à l’ethnographie comparée : elle décrit certaines sociétés égalitaires, d’autres très inégalitaires et coercitives envers les femmes (avec parfois des mises en esclavage). Et l’on découvre plusieurs tendances. Tout d’abord, le contrôle des femmes et leur coercition s’aggravent avec la recherche de statuts sociaux chez les hommes, notamment plus âgés. En témoigne le « prix de la fiancée », cette dette dont un homme doit s’acquitter pour épouser une femme. Un autre ressort de ces violences est l’augmentation des richesses, dont l’effet paraît moindre que la recherche de statuts. Autres facteurs aggravants : l’éloignement des femmes de leur famille, l’établissement d’espaces privés, la sédentarité, le contrôle des relations extérieures du groupe, la guerre…

    Il n’y a ni bons ni vilains sauvages. Nonobstant Rousseau et Marx, les oppressions ne résultent pas de la production de richesses et de leurs répartitions, qui constituent incontestablement des facteurs aggravants, mais pas systématiquement. Les origines des inégalités reposent sur le contrôle des femmes. En découlent ensuite les autres formes d’esclavage et d’exploitation des groupes sociaux.

    Au néolithique, apparaissent les premières sociétés d’agriculteurs. Cela change-t-il le statut des femmes ?

    Oui. Globalement, il se dégrade ! Il y a 10 000 ans environ, soit après la dernière glaciation, la diversité des sociétés humaines s’accroît encore. Le nombre de sociétés inégalitaires augmente. Les massacres collectifs interhumains s’intensifient, les différences de statuts et de tâches entre sexes se renforcent, les déplacements de femmes et leurs rapts s’amplifient.

    « Les sociétés d’Europe du sud sont plus phallocrates, tandis que celles d’Europe du nord montrent plus d’équité entre sexes. »
    Au Proche-Orient, émergent les premières sociétés agricoles. Et que lit-on dans les fossiles ou les dents des femmes de cette époque ? Elles se marient de plus en plus tôt, enchaînent les grossesses et meurent plus jeunes. La paléogénétique montre aussi qu’elles viennent de plus loin, dans des sociétés patrilocales et patrilinéaires. Or plus les femmes sont éloignées de leur groupe natal, plus cela favorise les violences à leur encontre.

    Mais cette tendance souffre d’exceptions. Quel que soit le type d’économie (chasseurs-cueilleurs de différents types, sociétés horticoles, agricoles ou d’éleveurs), on y trouve des sociétés plus égalitaires et d’autres franchement inégalitaires. Prenons les sociétés horticoles : on en trouve des coercitives (Baruyas de Nouvelle-Guinée) et d’autres non (Hurons du Canada). Il en va de même chez les chasseurs-cueilleurs : il y a parmi eux des peuples très coercitifs (Aborigènes australiens) et d’autres très égalitaires (Bushmen d’Afrique). Il en va même parmi les sociétés agricoles, industrielles et actuelles.

    Que se passe-t-il ensuite quand ces sociétés d’agriculteurs arrivent en Europe ?

    Malgré leur diversité, on peut dégager de grandes tendances. Plus ces sociétés sont anciennement agricoles, plus elles sont patriarcales et coercitives à l’égard des femmes. On distingue deux grands flux migratoires. Il y a 8 000 ans, les premières sociétés agricoles et patriarcales, issues du Proche-Orient, s’établissent en Europe, plutôt dans le sud. Puis, il y a 6 000 ans, d’autres populations d’éleveurs issues d’Eurasie centrale, plus égalitaires, arrivent à leur tour en Europe et remontent vers le nord.

    Conséquences actuelles : le génome des populations d’Europe du sud contient plus de gènes des populations agricoles coercitives venues du Proche-Orient. Et le génome des populations d’Europe du nord contient plus de gènes des populations d’éleveurs, plus égalitaires, venues d’Eurasie. Fait stupéfiant, on retrouve aujourd’hui ces différences culturelles dans les héritages respectifs du droit romain et du droit germanique. Ainsi, les sociétés d’Europe du sud sont plus phallocrates, tandis que celles d’Europe du nord montrent plus d’équité entre sexes. On mesure même l’impact de ces différences sur les recherches sur les inégalités de genre ! Ces études sont rares dans les pays de langues latines, mais fréquentes dans les pays anglophones et germanophones. L’histoire aussi porte la trace de ces différences. En Europe du sud, il n’y eut guère qu’Isabelle la Catholique ou Isabeau de Bavière pour avoir porté durablement les attributs du pouvoir. Mais en Europe du nord, on ne compte plus les reines, impératrices, femmes premières ministres…

    Revenons aux primates non humains. Pour contrer la coercition exercée par les mâles, de quels moyens disposent les femelles ?

    Elles peuvent se coaliser, sélectionner des mâles tolérants, multiplier les partenaires sexuels (« polyandrie sexuelle ») ou tisser des liens d’amitiés avec des mâles protecteurs. Ces comportements sont favorisés par les sociétés matrilocales et matrilinéaires, organisations dominantes dans la grande majorité des espèces. Pour autant, ils se manifestent aussi chez des espèces patrilocales comme les bonobos. De manière générale, la matrilocalité ne garantit pas l’absence de coercition masculine. Et même dans des sociétés patrilocales, il peut y avoir un équilibre des pouvoirs entre les sexes.

    Et les sociétés humaines matriarcales ? On en parle peu…

    Vous soulignez-là un biais considérable de l’anthropologie et de l’ethnographie : ces disciplines sont nées à la fin du XIXe siècle, un des siècles les plus marqués par l’antagonisme sexuel en Occident. Les hommes qui ont lancé ces études ont donc été nourris à la mamelle du patriarcat. Et toutes les connaissances acquises, au départ, ont porté sur l’arc géographique qui s’étend sur le Proche-Orient et l’Europe du Sud : un arc patriarcal. Résultat : on a largement ignoré les sociétés matrilinéaires et matrilocales, voire matriarcales d’Asie, d’Afrique et des Amériques. Leur nombre actuel est pourtant loin d’être négligeable.

    Quels sont vos grands messages ?

    La comparaison des sociétés humaines avec celles des singes et des grands singes confirme que la coercition masculine est moins une question de tendances évolutives propres aux différentes lignées de primates ou aux conditions écologiques et économiques qu’une question sociale, culturelle et anthropologique. Autrement dit, rien ne justifie, au regard de l’évolution de notre lignée, le fait que nos sociétés ne puissent radicalement changer sur la question de l’égalité de droit entre femmes et hommes. Bâtir un humanisme qui n’oublie pas les femmes, tel est le défi. L’enjeu est aussi économique : le coût estimé de la discrimination envers les femmes se chiffre en millions de milliards d’euros. Selon les études les plus récentes, plus que la transformation numérique et organisationnelle de nos économies, le principal atout réside dans l’équité femmes-hommes. Rappelons qu’il n’y a pas d’innovation sans diversité. Discriminer plombe les capacités d’adaptation. C’est une loi d’airain de l’évolution.

    #paléoanthropologie #utérus_social #femmes

    • « on a largement ignoré les sociétés matrilinéaires et matrilocales, voire matriarcales d’Asie, d’Afrique et des Amériques. Leur nombre actuel est pourtant loin d’être négligeable. »
      #bullshit
      Les sois disant sociétés matriarcales n’oppriment pas les hommes. Je demande à voire tous ces sois disant peuples d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique qui interdisent l’instruction des garçons pour les mettre à disposition de l’agrément des filles et des femmes.

    • « J’ai voulu m’extraire des stéréotypes ou des idéologies propres à une partie des sciences sociales par un regard neuf, une approche scientifique évolutionniste. »

      Donc, il ne s’agit pas d’une approche historique, mais d’une simple reconstruction à partir de raisonnement « logiques » purement spéculatifs ; on est clairement dans une approche sociobiologique - et qu’elle soit « de gôche » n’enlève rien à l’#imposture.

      Picq est pourtant bien connu pour être une sorte de bouffon scientifique, une petite frappe scientiste.

      #sociobiologie, #scientisme, #pseudo-critique.

    • @rastapopoulos C’est normal qu’on parle peu de sociétés humaines matriarcales vu que ca n’existe pas. Ce que les gens appellent « matriarcat » ce sont des sociétés moins inégalitaires mais ou les femmes se coltinent toujours les corvées de chiotte et les culs à torché. Il n’y a pas de cultures humaines dans lesquelles les hommes sont opprimés par et pour les femmes.

      @tranbert Merci pour tes précision

    • J’étais intéressée jusqu’à ce que ce type de raccourcis surgissent

      Ainsi, les sociétés d’Europe du sud sont plus phallocrates, tandis que celles d’Europe du nord montrent plus d’équité entre sexes.

      et donc merci @tranbert d’éclairer mon envie de vomir à cette lecture.
      #racisme_anthropologique

    • Peut être que Patou-Mathis est plus fiable que Picq mais elle dit aussi des choses pas très fiables en particulier je l’ai lu dire de grosses erreures sur le cannibalisme. Elle se servait des « niam-niams » comme exemple de peuple anthropophage avéré dans « mangeurs de viande » alors que c’est un peuple fictif sensé avoir une queu et inventé par les blancs pour légitimé l’oppression des noirs.
      https://www.cairn.info/zoos-humains-et-exhibitions-coloniales--9782707169976-page-169.htm


      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67054t.texteImage

    • Et en plus, je trouve que c’est parfaitement malhonnête de présenter cette étude comme soit disant scientifique sur l’oppression des femmes, parce que ses idées nauséabondes peuvent ensuite circuler librement dans des milieux féministes peu avertis et nous intoxiquer.
      #pensée_toxique

    • Désolée, mon post a croisé le tien @mad_meg, je lève le malentendu car je ne m’adressais pas à toi, je parlais du racisme de Picq subrepticement planqué derrière l’anthropologie, pas tant des cultures matriarcales.
      Même si évidemment tu soulèves un point important de cette ignorance entretenue de par sa position.
      En fait ce texte est un collage puérile et non explicité de ce que sont pour lui les violences faites aux femmes pour aboutir au gène_sexiste. Quand il dit par exemple que les femmes qui s’éloignent de leur famille/clan subissent alors plus l’oppression des hommes, ça me parait très péremptoire, ce ne sont que des suppositions basées sur des pratiques culturelles, elles aussi non replacées dans leur contexte historique et culturel. On pourrait très bien aussi supposer que les femmes qui s’éloignent de leur famille/clan le font parce qu’elles ont la possibilité de le quitter sans que cela leur pose un souci ou qu’elles s’extirpent des violences qu’elles y subissent.

    • Pour le coup je vois difficilement comment ça pourrait être autre chose que péremptoire (cette affirmation ou n’importe quelle autre hein) dans une très courte interview qui sert juste à effleurer le contenu global du livre. Je suppose que - s’il est sérieux - chacune de ses affirmations est argumenté dans le livre en prenant appui sur telles et telles sources archéologiques/anthropologiques/biologiques. Mais ce n’est qu’une supposition, il faudrait lire le livre pour ça. Et du coup le critiquer suivant s’il argumente réellement ou pas, et pouvoir dire « non cette source est biaisée » etc. Bref un travail… de sciences sociales. Peut-être que c’est nul et que les sources qu’il utilise sont nazes. Mais pour ça faudrait lire le livre ou que d’autres pair⋅es du même domaine l’ait lu et critiqué pour nous et tant mieux si des gens font ce boulot !

    • @rastapopoulos tu adoptes un ton professoral pour ta leçon de lecture avec tout ces « il faut faire comme ci » exigeant le respect d’un travail scientifique alors que les arguments développés sont construits pour aboutir à la conclusion que le gène du patriarcat est plus développé au Proche-Orient. [EDIT correction Moyen-> Proche]

      Je reste libre de dire ici que je trouve que ce texte sent mauvais sans m’étendre sur mon analyse ni qu’on me dise qu’il faudrait fouiller plus, merci mais non.

    • Moi je veux bien qu’il dise de la merde mais rien que pour juste l’interview seule alors, on lit pas la même chose, avec le même texte sous les yeux…

      1) Dans la première phrase, il ne parle que de l’Europe déjà.
      2) Ensuite il parle du Proche-orient, et il dit ça pour un point précis : parce que culturellement c’est là que l’agriculture y est apparu et donc en entrainant une organisation de ces sociétés différentes. Il se trouve que ces « premières sociétés agricoles » bah oui c’est effectivement au Proche-orient que ça démarre ! Mais on s’en fout, ça pourrait être ailleurs ça serait pareil… Ce qui compte c’est qu’il parle de sociétés agricoles, pas du Proche-orient, il me semble, car pour la plupart des cas, le fait d’être agricole aboutit effectivement à des organisations totalement différentes des pas agricoles.
      3) Dans les deux cas (Europe et là les « premières sociétés agricoles »), ce qu’il affirme est censés venir de preuves archéologiques montrant des faits précis : que de manière plus fréquente, les femmes de ces sociétés meurent plus jeunes, ont plus de grossesses, etc. Donc bah s’il faut le critiquer c’est en disant que ses preuves là sont fausses ou biaisées, et c’est bien possible que l’état des connaissances sur ces sociétés là de cette période, ça soit ça, ou pas ça, mais vraiment moi je n’ai pas la connaissance de l’actualité archéologique pour le dire.

      Mais quel rapport avec les gênes et avec un quelconque racisme dans ces faits là ? Je suis naïf ou débile je sais pas, mais vraiment je vois pas ou ne lit vraiment pas la même chose…

    • Vous me rassurez, moi aussi j’ai tiqué à ce passage :

      Conséquences actuelles : le génome des populations d’Europe du sud contient plus de gènes des populations agricoles coercitives venues du Proche-Orient. Et le génome des populations d’Europe du nord contient plus de gènes des populations d’éleveurs, plus égalitaires, venues d’Eurasie.

      Mais j’avais déjà tiqué avant. En effet, grâce à seenthis, je m’intéresse depuis quelque temps à l’évolution de la condition des femmes à travers l’histoire. Si tout le monde (même Picq) est d’accord pour dire que ça empire avec l’agriculture, les données sont très difficiles à obtenir pour ce qui précède, jusqu’aux chasseuses-cueilleuses. Et ici, Picq (mais bon, c’est vrai que je n’ai pas lu son livre, il a peut-être plus d’arguments) semble juste faire des déductions au doigt mouillé. En ce qui concerne les premiers homo sapiens, ce qui suit n’est basé sur aucune preuve ni même observation :

      Ce bébé nécessite des soins parentaux intenses, dont la charge est surtout portée par les mères. C’est pourquoi celles-ci nécessitent de l’entraide (« alloparentalité »), qui dépend grandement de la considération pour les femmes dans chaque société.

      De plus, la forte contrainte de reproduction fait des femmes un enjeu de contrôle pour les hommes. Plus encore que chez toutes les autres espèces de primates, elles deviennent des ressources rares et précieuses. Leur réceptivité sexuelle permanente et les exigences de l’investissement parental provoquent des tensions, sources de coercition masculine autour de la certitude ou non de la paternité. Tout cela va profondément transformer les sociétés humaines. Ces constats résultent de recherches lancées par des anthropologues et éthologues féministes, issues d’universités anglo-saxonnes pour la plupart. L’étude des effets de cette contrainte sur la coercition masculine, en revanche, est très récente.

      Au contraire, il semble y avoir des preuves que l’égalité hommes-femmes est assez grande jusqu’à l’agriculture (en terme d’analyses osseuses, de morphologie, de nourriture etc.). C’est d’ailleurs ce qu’il semble reconnaître ci-dessous, alors du coup on se demande d’où viennent ses élucubrations :

      Chez les australopithèques et Homo erectus, elle ne nous permet pas de reconstituer les systèmes sociaux. On ignore donc si Lucy, ses consœurs et les femmes Homo erectus subissaient des violences sexuelles. Au paléolithique moyen (350 000 - 45 000 ans), l’étude des tombes ne permet pas non plus de déceler des différences de statut social ni des traces de contrainte sexuelle. Mais l’étude de l’ADN des fossiles – la « paléogénétique » – montre que les sociétés d’Homo sapiens et de Néandertal étaient patrilocales. Au paléolithique supérieur (45 000-12 000 ans), Homo sapiens reste seul en scène. Des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus complexes apparaissent, avec des statuts différenciés, plus de richesses et de sédentarité. Soit autant de facteurs corrélés à une coercition sexuelle accrue et à des sociétés plus inégalitaires.

      Malgré d’importants biais, on peut procéder par analogies avec ce que l’on sait des ultimes sociétés de chasseurs-cueilleurs actuelles, même si leur diversité passée et présente est très sous-estimée. En témoigne la découverte, publiée le 4 novembre dans Science Advances, de femmes qui participaient activement à la chasse dans les Andes il y a 9 000 ans.

      Il n’y a qu’à partir de l’agriculture qu’on est d’accord. Agriculture qui apporte le capitalisme, le sexisme, la privation de nourriture pour les femmes, et leur taille qui diminue. Là, oui, il y a des preuves :

      Oui. Globalement, il se dégrade ! Il y a 10 000 ans environ, soit après la dernière glaciation, la diversité des sociétés humaines s’accroît encore. Le nombre de sociétés inégalitaires augmente. Les massacres collectifs interhumains s’intensifient, les différences de statuts et de tâches entre sexes se renforcent, les déplacements de femmes et leurs rapts s’amplifient.

      Au Proche-Orient, émergent les premières sociétés agricoles. Et que lit-on dans les fossiles ou les dents des femmes de cette époque ? Elles se marient de plus en plus tôt, enchaînent les grossesses et meurent plus jeunes. La paléogénétique montre aussi qu’elles viennent de plus loin, dans des sociétés patrilocales et patrilinéaires. Or plus les femmes sont éloignées de leur groupe natal, plus cela favorise les violences à leur encontre.

      Là, je n’ai pas trop le temps, mais lors de ma prochaine mise à jour je rajouterai les tags #archéologie habituels...

  • HK offers low-cost tests for ‘travel bubble’ plan - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/11/hk-offers-low-cost-tests-for-travel-bubble-plan

    HK offers low-cost tests for ‘travel bubble’ plan. Hong Kong is planning four test centers and to partner with private laboratories to offer low-cost coronavirus tests to those going to visit Singapore in the proposed “travel bubble” scheme.The centers will start operating in mid-November and provide tests at HK$240 (US$30.95) per person, the government said.
    The centers will collect combined nasal and throat swabs and test for Covid-19 to serve general community uses such as cross-boundary travel but not for medical diagnosis and treatment.They aim to serve all asymptomatic individuals, including Hong Kong residents and non-residents, who are over six years old and suitable for testing.

    #Covid-19#migrant#migration#hongkong#bullevoyage#testlowcost#resident#nonresident#economiesante

  • Covid-19 : comment les pays d’Asie ont réussi à laisser la pandémie à leurs portes
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/06/comment-les-pays-d-asie-ont-reussi-a-laisser-la-pandemie-de-covid-19-a-leurs

    Après avoir mis en place, à partir de mars ou avril, des protocoles sécurisés et des restrictions à l’entrée sur leur territoire, principalement au moyen de quatorzaines systématiques, les principaux pays d’Asie du Nord-Est et du Sud-Est, de la Chine (4 739 morts) au Vietnam (35 morts) et à la Thaïlande (59 morts), en passant par Taïwan (7 morts), la Corée du Sud (475) et le Japon (1 799) ont remarquablement maîtrisé l’épidémie au printemps et n’ont pas connu de vague secondaire, ou l’ont jugulée assez rapidement. Ces pays ont choisi de ne pas baisser la garde cet été, et ce jusqu’à aujourd’hui, malgré quelques aménagements, tout comme la Nouvelle-Zélande (25 morts) et l’Australie (907) même si ces derniers ont dû reconfiner.
    Ces politiques se sont avérées un pari gagnant : si les flux de touristes et d’hommes d’affaires se sont taris dans tous ces pays, elles ont permis de continuer de faire fonctionner à un régime soutenu les économies – les commerces, les restaurants, les établissements sportifs ou culturels – mais aussi l’emploi dans les usines. Trois d’entre eux, la Chine, Taïwan et le Vietnam, ont même vu leurs exportations bondir de 6 % à 11 % au troisième trimestre par rapport à celui de l’année précédente, quand le Covid-19 était inexistant, signe qu’ils ont gagné en parts de marché tandis que l’Inde concurrente était frappée de plein fouet par le virus. Tous trois devraient éviter une récession.
    Désormais, plusieurs de ces pays prévoient des « bulles de voyage » les uns avec les autres avec des protocoles allégés – comme entre Hongkong et Singapour d’ici fin novembre en principe, sans quatorzaine. La Chine et la Thaïlande travaillent à un accord en ce sens pour janvier. Les Australiens ont allégé leurs restrictions pour les Néo-Zélandais – mais pas l’inverse. La première ministre néo-zélandaise, tout juste réélue, Jacinda Ardern, a prévenu ses concitoyens qu’elle ne tenait à prendre aucun risque pour les vacances de l’été austral « et que le pays va continuer avec les restrictions en place aux frontières ». Certes longtemps retardés, ces dispositifs devraient soulager certains secteurs économiques.
    Confronté à une pénurie de main-d’œuvre dans l’agriculture et les services sociaux, Taïwan vient de mettre en place des aides pour subventionner le séjour de quatorzaine pour des travailleurs étrangers – en général du Vietnam, des Philippines et d’Indonésie – tout en sécurisant dans des centres spécialisés leur quatorzaine. Le contraste est saisissant avec la France et plus généralement l’Europe. Alors qu’une quatorzaine obligatoire aux entrées dans les aéroports hexagonaux a un temps été évoquée à l’approche du déconfinement en France, il n’en fut finalement rien : les Français et les étrangers munis de visa longue durée ou de carte de séjour, dont l’entrée sur le territoire a toujours été autorisée, n’ont cessé de revenir par charters, ou vols commerciaux, directement ou via des capitales européennes, pour certains de territoires où l’épidémie explosait comme les Etats-Unis, le Brésil ou l’Inde. Nombre d’entre eux étaient atterrés à leur arrivée en France du manque de mesures strictes de suivi sanitaire – en dehors d’une attestation sur l’honneur d’absence de symptômes rarement relevée.

    #Covid-19#migrant#migration#asie#europe#sante#frontiere#test#quarantaine#bullevoyage#economie#politiquesanitaire

    • Dans ces pays d’Asie parfois insulaires, tous dotés de frontières physiques à la différence de l’Europe de la libre circulation, la fermeture des frontières consécutive a l’épidémie de Covid-19 a parfois viré à l’excès de zèle. Le Japon a ainsi attendu l’été pour permettre à ses résidents étrangers ayant quitté le pays d’y revenir, un acte hautement discriminatoire pour une démocratie. L’Australie a interdit à ses propres nationaux de sortir du pays. Très peu d’entre eux restent ouverts aux touristes : la Thaïlande, par exemple, a accepté, de manière expérimentale, l’arrivée de touristes chinois sous quarantaine. Et Hongkong, uniquement pour les Chinois n’ayant pas été récemment à l’étranger – et avec quatorzaine.

      Choix de gouvernance

      Ayant tous mis en place au printemps des quatorzaines strictes aux frontières nationales – et dans le cas de la Chine et de l’Australie, entre des régions – ces pays ont pu dès lors mesurer la brèche potentielle que constituaient les mouvements de personnes une fois l’épidémie maîtrisée – et alors qu’elle commençait à ravager le reste du monde. A Taïwan, sur 568 cas de contamination identifiés depuis le début de la pandémie, 476 sont « importés » c’est-à-dire qu’ils se sont déclarés en quarantaine, et malgré des tests Covid-19 négatifs à l’arrivée des personnes. Ainsi le 3 novembre, parmi quatre nouveaux cas identifiés après leur retour récent, on compte un Taïwanais revenu de France, un autre du Royaume-uni et un autre d’Allemagne – tous âgés de moins de 30 ans.

      En Thaïlande, les autorités ont découvert de nouveaux cas à la suite d’une résurgence du Covid-19 dans la Birmanie voisine, attribués aux passages illégaux de frontière. Hongkong (106 morts) fait régulièrement face à des cas importés : trois des six contaminations récentes venaient ainsi du Royaume-Uni. Face au rebond épidémique européen, Hongkong a renforcé les exigences de test pour les passagers en provenance de ces régions.

      Le recours à ces quarantaines ne tient pas à quelque trait « confucéen » pour les régions sous influence culturelle chinoise, ou à une quelconque « discipline collective » qui serait propre aux sociétés asiatiques : il découle de choix de gouvernance, encadrés par des mesures adaptées. A Taïwan, les personnes en quarantaine et n’ayant pas de symptômes peuvent s’isoler à domicile – avec un contrôle quotidien au téléphone, une localisation GPS et de très lourdes amendes pour les contrevenants.

      « On rejoint son lieu de quarantaine avec son véhicule individuel ou en prenant un taxi spécial, désinfecté, il est interdit de prendre les transports en commun », note le Français Pierre-Yves Baubry, du bureau d’information du gouvernement de Taïwan. « Les quatorzaines ont clairement joué un rôle tampon qui a évité toute reprise épidémique », poursuit-il. Plusieurs cas de violation de ces règles ont défrayé la chronique et été dûment punis. A Hongkong, les personnes de retour de l’étranger peuvent aussi s’isoler chez elles – avec un bracelet électronique. La Nouvelle-Zélande a mis en place un système de « managed isolation » (isolement adapté) qui permet des allègements des conditions selon la situation du voyageur.

      Obligations bien moins coûteuses

      Rétrospectivement, ces obligations de confinement individualisé apparaissent aujourd’hui bien moins coûteuses ou attentatoires aux libertés que des confinements généralisés et à répétition. Un juste milieu, en Europe, aurait consisté en des quarantaines plus courtes, assorties d’un suivi par des tests intermédiaires.

      Selon Fang Chi-Tai, professeur de santé publique à l’Université nationale de Taïwan, ces quatorzaines aux frontières n’ont de sens « que lorsque l’épidémie est maîtrisée, c’est-à-dire quand le taux de reproduction du Covid-19, soit le nombre de nouvelles contaminations par personne positive, est inférieur à un. Pour en arriver là, il faut tester en masse et établir des mesures strictes de distanciation sociale ». Ce qui fut le cas en France, au sortir du premier confinement.

      Parmi les pays asiatiques, la Corée du Sud fait partie de ceux qui ont dû subir une deuxième vague – en plein mois d’août, à la suite des déplacements estivaux et des rassemblements, notamment d’évangéliques – mais alors qu’aucune entrée sur le territoire n’était autorisée sans quarantaine, puisque celle-ci avait été imposée le 1er avril.

      Le pays recourt depuis aux recettes qui lui avaient permis de juguler la première vague : la mobilisation massive d’équipes de traceurs – dont un très grand nombre avait été recruté et formé durant la première vague –, l’accès à des données électroniques capables de compléter les informations transmises par les personnes positives interrogées (caméras de surveillance, suivi des achats de carte de crédit et applications spécialisées) et des tests massifs. Tout cas contact est bien sûr astreint à une quatorzaine. Il a fallu un mois à la courbe pour redescendre d’environ 441 cas de contamination quotidiens fin août, à une petite centaine en moyenne aujourd’hui.

      #agents_de_santé #traceurs

  • HK’s travel bubble plan challenged by local cases - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/10/hks-travel-bubble-plan-challenged-by-local-cases

    Hong Kong recorded two local infections between Wednesday and Thursday, creating obstacles for the city to form “travel bubbles” with other places.The Center for Health Protection said Friday that seven cases were identified on Thursday, including six imported cases and one local infection. It had been the first coronavirus infection with no known source in almost one week

    #Covid-19#migrant#migrationhongkong#sante#bulle#frontiere#casimporte

  • Dès le printemps, la guerre sur un paddle : Crise sanitaire : un rapport pointe de sévères dysfonctionnements au sommet de l’Etat | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/281020/crise-sanitaire-un-rapport-pointe-de-severes-dysfonctionnements-au-sommet-

    Commandé par le gouvernement, un rapport confidentiel pointe les dysfonctionnements au plus haut sommet de l’État dans la gestion de la crise sanitaire. Mediapart en publie de larges extraits, alors que les leçons ne semblent pas avoir été tirées de ce bilan.

    Fruit de dizaines d’entretiens avec les ministres et hauts fonctionnaires impliqués dans la gestion de la crise, ce document de 67 pages, « confidentiel » à « diffusion restreinte », souligne les dysfonctionnements institutionnels dans la gestion de la première vague de l’épidémie du Covid-19, au printemps dernier.

    La mission – conduite à la demande de l’ex-premier ministre Édouard Philippe par le général Lizurey, ancien directeur général de la Gendarmerie nationale, avec l’appui d’Amélie Puccinelli, inspectrice de l’administration – a relevé que l’action de l’État ne reposait que sur quelques personnes, bien en peine pour animer une vraie stratégie interministérielle, ainsi que pour répercuter leurs décisions sur le terrain et faire appel à des compétences précises (comme pour l’achat de masques, par exemple).

    Autant de problèmes qui ne semblent pas résolus à l’heure d’affronter la seconde vague : le rapport estime en effet qu’un autre « aspect crucial pour permettre une organisation efficace de la gestion de crise en cas de rebond réside dans la conservation de l’expertise acquise lors de la première vague épidémique » . Or, en juin 2020, le général Lizurey écrit : « Des renforts ont d’ores et déjà été démobilisés sans que ne soit prévue ni organisée la possibilité d’un retour en cas de deuxième vague. »

    Les conclusions du rapport ont été révélées par Le Canard enchaîné ce mercredi 28 octobre. Mediapart en publie ici de larges extraits. Invité à réagir sur son contenu, et au fait que les recommandations n’ont visiblement pas été suivies d’effet, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a déclaré, ce mercredi, qu’il n’avait « pas vu » l’article du Canard enchaîné et s’est engagé à « apporter une réponse dans les plus brefs délais ».

    Sollicité par Mediapart, Matignon n’avait pas encore répondu à nos questions au moment de la publication de cet article. Au sein du gouvernement, le document semble n’avoir guère circulé, puisqu’un conseiller qui aurait dû en être destinataire a été informé de son contenu par voie de presse. Ce qui ne rassure pas quant au manque d’information au sein des ministères – un des griefs justement formulés par la mission d’enquête.

    Dans son rapport, le général Lizurey rappelle que « la gestion de la crise a reposé sur un nombre réduit de responsables nationaux » dont « l’engagement a été marqué par une exceptionnelle intensité » pendant plusieurs mois.

    Ce mode d’organisation a posé plusieurs problèmes. À commencer par la capacité de ces hauts fonctionnaires et membres de cabinets à tenir dans le temps et « à garder du recul sur une gestion dans laquelle ils ont été totalement engagés dans la durée ».

    Ce mode d’organisation, reposant sur peu de personnes, a aussi contribué à installer un véritable bazar institutionnel à la tête du pays. « Certains acteurs ont pu exercer indistinctement plusieurs niveaux de responsabilité, mélangeant notamment rôle stratégique et conduite opérationnelle » , note ainsi le rapport, en estimant que cette situation « soulève le risque que la conduite ait parfois pris le pas sur la stratégie pour les acteurs en charge de cette dernière, et que le niveau responsable de la conduite se soit trouvé en partie déresponsabilisé ».

    Dans les faits, la gestion de crise a donné lieu à de « très nombreuses réunions, souvent longues et ne traitant pas toujours des sujets du bon niveau » , relève le général Lizurey. Ce dernier souligne à titre d’exemple la « mobilisation permanente du directeur de cabinet du premier ministre » , qui a lui seul « a présidé 34 réunions de synthèse de la cellule interministérielle de crise (CIC) en deux mois et demi, entre mi-mars et mi-juin, certaines ayant duré jusqu’à 3 heures » .

    La confusion des rôles a aussi imprégné certaines instances stratégiques, comme le conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) que réunit Emmanuel Macron toutes les semaines et qui occupe une place déterminante dans le dispositif actuel (lire ici). Le conseil a parfois « privilégié l’information au détriment de son rôle de décision stratégique ».

    La forte centralisation des décisions a aussi « laissé une plus faible place aux initiatives locales, dans un contexte où l’épidémie connaissait pourtant une forte hétérogénéité territoriale » et a « pu également allonger les circuits de circulation de l’information » , déplore aussi le général Lizurey.
    En théorie, la stratégie gouvernementale face au Covid-19 aurait dû prendre racine dans la cellule interministérielle de crise (CIC). Mais la cellule n’a en réalité jamais endossé la responsabilité de coordonner l’action de tous les ministères.

    Plusieurs éléments expliquent ce dysfonctionnement. « Du fait de sa localisation à Beauvau et de son armature principalement par des hauts fonctionnaires du ministère de l’intérieur », la CIC a dans un premier temps été perçue « par beaucoup d’agents d’autres ministères comme une cellule majoritairement intérieure » , indique le général Lizurey. Ce dernier est bien placé pour identifier le problème, puisqu’il était à Beauvau jusqu’en 2019.

    Ce sentiment d’une cellule rattachée à un seul ministère a été, selon le général, « amplifié par l’existence » d’autres cellules qui ont continué à fonctionner « dans leurs domaines de compétences » en parallèle de la CIC. C’est notamment le cas du centre de crise santé (CSS) au ministère des solidarités et de la santé, ou celui du ministère de l’économie et des finances. Conséquence : les autres ministères n’ont pas participé à la CIC ou n’ont envoyé en réunion que des profils « junior » sans réel pouvoir décisionnel. À titre d’exemple : le ministère de la santé, pourtant au cœur de la crise, était en dehors de la cellule interministérielle jusqu’au 20 mai 2020, indique le rapport.

    À ce moment-là, la coordination entre les deux ministères (intérieur et santé), pas optimale, a souffert de plusieurs insuffisances au sein des deux cellules : des organigrammes globaux trop complexes, un circuit de validation interne des documents pas toujours formalisés, une absence de fiches de poste, etc. 


    Des risques de contamination au sein de la cellule de crise

    Cette situation a inévitablement « créé des doublons, des incompréhensions et des conflits de compétence » entre les ministères. Un problème accru par « la faiblesse des moyens techniques de visioconférence du ministère de l’intérieur », selon le rapport. « Faute de bande passante ou de ponts suffisants, plusieurs préfets ont vu leur visioconférence annulée et ont dû se reporter vers des outils de visioconférence civils ou d’audioconférence », y append-on par exemple.


    Extrait du rapport confidentiel. © Document Mediapart

    En raison de « circuits de partage de l’information et de décision flous », « plusieurs membres » du cabinet du premier ministre, la CIC, le CCS puis la mission de déconfinement menée par Jean Castex (avant qu’il devienne premier ministre en juillet), ont « parfois déploré une information insuffisante » , relève le rapport. Des membres de ces structures ont par exemple « découvert des textes législatifs ou réglementaires trop tardivement pour pouvoir y intégrer leur expertise et le résultat des travaux produits ».

    Extrait du rapport confidentiel. © Document Mediapart

    L’incapacité du ministère de l’intérieur à adapter son fonctionnement à la crise a aussi accru les risques de contamination au sein même de la cellule interministérielle de crise. Ainsi que l’avait révélé Mediapart (lire ici), « plusieurs personnes travaillant au sein de la CIC ou de cabinets ministériels ont été arrêtées car elles avaient développé des symptômes d’une infection au coronavirus entre mars et mai 2020 » , rappelle le rapport Lizurey, en pointant clairement des risques de contamination au sein même du ministère.

    « Les salles de gestion de crise utilisées à Beauvau se sont révélées peu adaptées : situées en majorité en sous-sol, elles ne peuvent être aérées avec de l’air extérieur et leur exiguïté rend difficile le maintien d’une distance d’un mètre entre les agents. Le transfert des cellules situation et anticipation de la CIC à la salle des fêtes de Beauvau (située au rez-de-chaussée et dotée de fenêtres) a amélioré la situation, sans la rendre optimale compte-tenu des dimensions de la salle, petite au regard des effectifs engagés. »

    Le ministère de l’intérieur ne disposait pas non plus, dans un premier temps, d’équipements en Plexiglas pour isoler les postes de travail les uns des autres : ils ont « finalement pu être installés le 27 mars » , soit deux semaines après l’annonce du confinement, note le rapport. De plus, « si du gel hydroalcoolique et des masques étaient à la disposition des équipes, le respect des gestes barrières n’a été qu’imparfait et s’est révélé difficile à maintenir dans la durée – par manque d’habitude et pour des questions pratiques et de confort » , écrit le général Lizurey.

    Au-delà de la coordination interministérielle défaillante, la mission de contrôle établit que « nombre d’acteurs publics et privés n’ont pas été associés à la définition de la stratégie globale de gestion de crise », quand bien même ils auraient joué un rôle déterminant sur le terrain. Ainsi, « les grands groupes gérant des Ehpad ont par exemple reçu des informations tardives et ont été peu associés aux décisions prises, alors que leurs fédérations et syndicats auraient pu constituer un relais », explique le rapport.

    D’autres acteurs privés ont souligné la difficulté à identifier les décisionnaires et les voies d’accès et d’échange avec ces responsables, rendant difficile la remontée de problèmes en dehors de contacts personnels informels. Ce fut notamment le cas sur les importations de masques. Dans ce cas précis, le cloisonnement est d’autant plus préjudiciable que « la manœuvre logistique a été complexifiée par la difficulté à mobiliser des ressources humaines qualifiées », relève le rapport. Tandis que le CCS, au ministère de la santé, a « éprouvé des difficultés à faire appel à des acheteurs qualifiés sur le champ de la santé » , Santé publique France, chargée de la gestion de la réserve sanitaire et des stocks stratégiques nécessaires à la protection des populations, a rencontré des difficultés « faute notamment de compétences et de moyens suffisants (seules 7 personnes étaient avant la crise dédiées à la manutention logistique) » , note le général Lizurey. Au même moment, de nombreux importateurs qualifiés qui proposaient leur aide à l’État pour éviter une pénurie n’ont jamais reçu de réponse (lire ici).

    En ce qui concerne les collectivités territoriales, leur information et association à la gestion de la crise « semblent avoir été inégales selon les régions et départements » , estime la mission. Ce « manque de fluidité dans les relations entre acteurs locaux a pu être source d’inefficience, en ne mobilisant pas tous les moyens disponibles », estime le général Lizurey. Certaines préfectures ont aussi fait part de leur frustration par un processus de « décision des ARS perçu comme trop bureaucratique et lent et trop centralisé » , selon le rapport. Pour essayer de corriger le tir, le rapport sollicite la constitution d’une réserve de hauts fonctionnaires mobilisables pour des missions d’appui territorial.


    Extrait du rapport confidentiel. © Document Mediapart

    Cette proposition fait partie des 21 préconisations formulées par le général Lizurey. Les autres propositions sont principalement axées sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les ministères. « Il apparaît d’emblée indispensable de conduire un retour d’expérience (RETEX) interministériel objectivé et partagé, accompagné le cas échéant d’un ou plusieurs RETEX spécifiques, afin de préparer dans les meilleures conditions possibles une nouvelle crise de nature similaire », écrit le général. Cela lui semble, à l’époque, d’autant plus urgent que, relève-t-il alors, « certains experts, dont le président du conseil scientifique, prévoyant une possible reprise de l’épidémie à l’automne, il est indispensable de se préparer au plus tôt » .

    Interrogé par Mediapart, Matignon ne nous a pas indiqué si le premier ministre Jean Castex avait suivi la recommandation du général Lizurey et lancé un Retex pendant l’été.

  • Une enquête pour percer les bulles de filtres sur les réseaux sociaux
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/ia-machine-learning-iot/enquete-decrypter-algorithmes-facebook-youtube

    Pendant plusieurs mois, le site d’information The Markup va analyser les contenus proposés par les plateformes à 1 200 personnes.

    On sait que les réseaux sociaux utilisent nos informations, nos likes et nos recherches pour mieux nous cerner, nous conforter dans des bulles de filtres et nous proposer certains types de contenus et publicités. Mais malgré les nombreuses enquêtes sur le sujet, nous connaissons encore mal tous les rouages des algorithmes utilisés.
    Un navigateur fait-maison pour mener l’enquête

    Pour tenter d’y voir plus clair, The Markup, un site d’information à but non lucratif, a lancé le 16 octobre un navigateur baptisé The Citizen Browser. 1 200 personnes de différents âges, origines ethniques, genres, opinions politiques, ont été choisies (et seront payées) pour l’utiliser pendant plusieurs mois lors de leurs visites sur Facebook et YouTube. Il s’agit d’un panel représentatif de la population américaine, souligne The Markup.

    Le but est de savoir quel contenu est proposé à quelle personne. Les journalistes derrière ce projet pourront faire des connexions entre le profil démographique des participants et les contenus qui apparaissent sur leurs fils. Les données des panélistes seront anonymisées, précise le site.

    Selon Julia Angwin, rédactrice en chef de The Markup interrogée par Fast Company, cette enquête menée en partenariat avec le New York Times permettra de savoir si les plateformes proposent les même contenus à une personne noire et une personne blanche par exemple, ou si certaines informations (ou fausses informations) sont davantage mises en avant sur le fil d’un conservateur versus celui d’un libéral. On sait déjà, grâce à une récente enquête de Radio France, que Facebook ne propose pas les mêmes offres d’emplois aux hommes et aux femmes. Il est donc possible que d’autres différences existent.
    Percer les bulles de filtres

    « Les réseaux sociaux dictent les informations que le public consomme grâce à des algorithmes “boîtes noires” conçus pour maximiser les profits au détriment de la vérité et de la transparence. Le Citizen Browser Project est un puissant moyen de contrôler la responsabilité de ce système, de percer les bulles de filtres et d’orienter le public vers un discours plus libre et démocratique », expose Julia Angwin sur le site de The Markup. La vérité d’un algorithme ne réside pas tant dans la manière dont il est écrit, mais dans les résultats qu’il produit, considère la journaliste qui a mené plusieurs enquêtes sur le sujet.

    Les résultats de cette grande investigation au procédé inédit seront publiés l’année prochaine.

    #Facebook #Bulle_filtre #Algorithme #Enquête #Individualisation

  • Hong Kong pushes health code to open up travel - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/10/hong-kong-pushes-health-code-to-open-up-travel

    The Hong Kong government is pushing hard for the launch of a health code system that will let people travel in the Greater Bay Area without being quarantined. Chief Executive Carrie Lam told local newspapers she had explained to the central government that it was hard for Hong Kong to have zero local cases though the city had been successful in identifying imported cases. Whenever Hong Kong managed to control its epidemic, it could reopen its border with mainland China under certain conditions, which include the launch of a health code system, the use of negative test certificates and a cap on the number of travellers, Lam said.
    If Hong Kong could reopen its border with Guangdong, it would not be far to resume travel between the territory and Macau, she said, adding that she was closely monitoring the number of local infections every day.According to the mainland’s standard, a low-risk region refers to a province or city that has not recorded any local case for 14 consecutive days. A single case can make a place become a medium-risk region. The Center for Health Protection said Monday that a total of 15 cases were recorded, including 14 imported cases and one local infection, within the 24 hours on Sunday. The local case could be linked to previous cases. It was the third day Hong Kong has recorded no local infection with no known source. Between Friday and Saturday, 21 cases were identified, comprising 19 imported cases and two local cases with known sources.
    Three in four Hong Kong people hoped that they could be allowed to visit Macau and mainland China freely with a health code system as early as possible, according to a survey conducted by Youth Vision, a pro-Beijing activist group, which interviewed 1,780 people between October 8 and 12 over the Internet.Ben Chan, an advisor of Youth Vision and a lawmaker of the Democratic Alliance for the Betterment of Hong Kong, said people who had to travel between Hong Kong and mainland due to medical or family reasons had been seriously affected by the border closure this year. Chan urged the Hong Kong government to speed up its discussions with the central government about the launch of a health code system for the Greater Bay Area region. Chan also said it would be more urgent to reopen Hong Kong’s border with Macau, rather than forming a “travel bubble” with Singapore, as many Hong Kong people’s relatives were living in the nearby special administrative region.According to the Hong Kong Tourism Board, the number of visitors to Hong Kong amounted to 9,132 in September, down 99.7% from the same period last year. Last week, the Hong Kong government announced that Singapore and the territory had agreed to set up an “air travel bubble” that would allow people to travel between the two places with negative test certificates. Meanwhile, Sophia Chan, the Secretary for Food and Health, said in a radio program on Sunday that the government was seeking legal advice about requiring those who have mild illness symptoms to have mandatory virus tests.

    #Covid-19#migrant#migration#singapour#chine#macau#frontiere#sante#circulation#bullevoyage#codesante#casimporte

  • Hong Kong to form ‘travel bubble’ with Singapore - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/10/hong-kong-to-form-travel-bubble-with-singapore

    Hong Kong and Singapore have agreed in principle to form an “air travel bubble,” which will let people who have tested negative for coronavirus travel between the cities without being quarantined.The agreement was reached between Edward Yau, Hong Kong’s Secretary for Commerce and Economic Development, and Ong Ye Kung, Singapore’s Transport Minister, in a videoconference on Wednesday. Travelers would have to take a Covid test recognised in each place before they could be exempted from quarantine, Yau said on Thursday. There would be no restriction on the purpose of the travel or itineraries but there were conditions. For example, “bubble” passengers would be required to take a designated flight and no transit passengers would be allowed on it, he said. The scheme could be adjusted or suspended at any time, depending on the epidemic situation in the two places, Yau said. The governments hoped the scheme could be launched within weeks.
    “I am pleased that both sides have agreed on the key features to underpin the expeditious conclusion of the air travel bubble between two major international aviation hubs in the world,” Yau said. “This is a milestone in our efforts to resume normalcy while fighting against the long-drawn battle of Covid-19.”
    Ong was quoted as saying in a press release issued by the Hong Kong government, “Both our cities have low incidence of Covid-19 cases and have put in place robust mechanisms to manage and control the virus. This has given us the confidence to mutually and progressively open our borders to each other.” “It is a safe, careful, but significant step forward to revive air travel, and provide a model for future collaboration with other parts of the world.”

    #Covid-19#migrant#migration#singapour#hongkong#circulation#sante#bullesecurite

  • un concentré de #bullshit en hommage à David Graeber :

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/23/avec-une-levee-de-fonds-de-300-millions-de-dollars-mirakl-devient-une-licorn

    Valorisée désormais à 1,5 milliard de dollars, la start-up française de « solutions logicielles de marketplaces » a vu son volume d’activité bondir durant le confinement.

    Tu t’en fous ? Moi aussi.

    #marchandisation #valorisation_de_la_crétinerie #obsession_mercantile #peignes_cul

    • complètement et en plus, j’en ai marre d’accepter leur protocole de merde au Monde.

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      va fanculo ! le monde

    • La « marketplace » de Darty et la Fnac, est-ce qu’il y a des articles qui se demandent si vraiment c’est une bonne idée ?

      L’année dernière, le porte-filtre de mon percolateur, acheté chez Darty, pète. Je vais donc au service après-vente, ou le gentil monsieur m’informe que c’est pas couvert par la garantie (j’ignore pourquoi une poignée de porte-filtre mal branlée et qui pète quand on l’utilise, n’est pas couverte par la garantie, mais c’est pas la question).

      Donc faut que j’en achète une nouvelle. Et le monsieur m’annonce d’un air désolé que c’est pas donné : de mémoire, dans les 40 euros chez Darty.

      Mais, me dit-il en tapotant sur un ordinateur, ça doit être moins cher sur la marketplace de Darty.fr. Hé oui dis-donc : 25 euros ! Moi, comme un con, je demande pourquoi Darty vend les choses moins chères sur son site que dans le magasin : « ah mais non c’est pas Darty, là, qui vend le porte-filtre sur le site de Darty… ».

      Donc j’ai pas acheté chez Darty, parce que chez Darty on m’a dit que c’était moins cher sur l’internet-by-Darty.

      Alors je rentre chez moi, et tant qu’à faire, je découvre que c’est encore moins cher sur l’internet-by-Amazon. Parce que le port est gratuit, et en plus ça sera livré chez moi hier.

      Alors je veux bien la licorne française qui rend nos journalistes si fiers de vivre dans une startup nation, mais je dois avouer que comme stratégie commerciale, pour Darty et la Fnac, ces « marketplaces » qui vendent leur propre concurrence, j’aurais tendance à les classer dans la catégorie « balle dans le pied ».

    • Alors je rentre chez moi, et tant qu’à faire, je découvre que c’est encore moins cher sur l’internet-by-Amazon. Parce que le port est gratuit, et en plus ça sera livré chez moi hier.
      dans un colis préparé avant-hier ?
      _De la publicité comme contre-propagande_Lignes de force
      https://lignesdeforce.wordpress.com/2020/09/24/de-la-publicite-comme-contre-propagande
      https://www.youtube.com/watch?v=RzjeLcP0Iek&feature=emb_logo

      N’en voulons pas à ce comédien (ou à ce travailleur convaincu de jouer son propre rôle) : il faut bien vivre . Mais observons qu’Amazon, « géant de la vente en ligne », outre l’effet de sidération déjà évoqué, montre simplement sa force.

      Je répondrai à Claude Guillon (anarchiste en retraite) : plutôt crever !

  • Forget N95 Masks. These Space Helmets Are The Latest Pandemic Fashion Accessory
    https://www.forbes.com/sites/davidhochman/2020/08/28/forget-n95-masks-these-space-helmets-are-the-latest-pandemic-fashion-accesso

    A year ago they would have called you crazy. Today, wearing a modified space helmet on an airplane or subway makes you the person to envy. Masks are everywhere but rocking mission-to-Mars-level protection during the pandemic adds glamour and sci-fi flair to social distancing.

  • On s’était dit rendez-vous dans quinze ans
    https://infokiosques.net/spip.php?article1751

    Retour sur une quinzaine d’années au sein des mouvements radicaux des années 2000 et 2010, en mode auto-analyse critique. « Ça se passe il y a quinze ans déjà, si c’est pas un peu plus. À cette époque, on était complètement anarchistes. On croyait en rien. Toutes les lois, toutes les normes nous semblaient sans fondement. On riait de tout. On se moquait de tout. On écrivait aux journaux de gauche pour leur dire qu’on les détestait. On collait des affiches dadaïstes sur les murs de la ville. On proclamait l’absurdité du monde. On faisait un journal et on y marquait tout ce qui nous passait par la tête, on dénonçait les injustices, on était drôles et méchants et l’avis des adultes nous indifférait. On rencontrait des gens, on semait la pagaille.(...) Mais alors c’était tellement la fête ? Oui et non, parce (...)

    #O #Infokiosque_fantôme_partout_ #Expérimentations_collectives
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/onsetaitditrendezvousdans15ans-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/onsetaitditrendezvousdans15ans-pageparpage.pdf

    • Parce que, évidemment, on était tous d’ailleurs, on était tous des produits d’importation, qui nous étions retrouvés dans cette ville sans y avoir de famille, sans y avoir tous ces liens qui se tissent quand on a été gamin dans un bled, quand on a été à l’école, au bahut avec cette diversité de gens qu’on ne rencontre ensuite plus nulle part. Et c’est pas en organisant un « repas de quartier » dans le squat qu’on vient d’ouvrir dans un quartier qu’on ne connaissait pas trois semaines avant qu’on rencontre ses voisins.

      […]

      Car, en toute honnêteté, je me pose la question : les libertaires/radicaux/etc (nous) sont-ils une force politique conséquente en France en 2018 ? Une force avec laquelle il faut nécessairement compter ? À part ce que NDDL représente ou a pu représenter, avons-nous la moindre influence au niveau national ? Je ne vous parle pas d’avoir des députés mais de constituer une force qui influe sur les choix de société, qui essaime des idées, un bâton dans les roues du Pouvoir. Ma réponse, c’est : non. On existe, on fait des trucs super-chouettes, parfois des trucs super-moins-chouettes, voire parfois carrément glauques mais globalement on fait des trucs chouettes. Par contre on est complètement marginaux dans l’espace politique. Je veux dire : d’une part on est minoritaires numériquement. Au vu des querelles de milieu j’ai parfois l’impression que tout le monde chez nous n’en a pas conscience, mais en France celles et ceux qui se reconnaissent dans les problématiques anti-capitalistes, libertaires et féministes ça doit culminer à moins de 1% de la population. Être minoritaires c’est pas grave. Ça arrive. Ça peut changer. Mais surtout, en plus de notre minorité numérique on n’a qu’un impact hyper-limité sur l’espace politique. Comparés – par exemple – à la Manif pour tous ou à l’association française transhumaniste (qui ont toutes deux ce point commun avec nous d’être des mouvements politiques qui ne s’inscrivent pas dans le champ politique traditionnel et d’être très minoritaires) on est des rigolos. Ce qu’on fait reste bien souvent dans la bubulle, on reste des extra-terrestres pour ma grande-tante et mes voisins d’en face. Nos pratiques et nos idées sont bien souvent tellement en décalage avec le Restedumonde qu’on n’arrive pas à communiquer.

      […]

      Soit on prend « les gens » pour des cons, et on part s’acheter une ferme en Ardèche pour y lire Benjamin ou Debord en attendant que le système s’écroule ; soit on postule que nous sommes « des gens » comme les autres et on essaye de faire bouger les lignes par le pouvoir de la discussion et de l’écriture. On essaye de rallier des gens à nos positions, de constituer une fraction non-négligeable du champ des idées.

      J’ai écrit « soit ». C’est à dire que je pense bien qu’on peut intervenir dans le débat politique tout en habitant en Ardèche. Mais le fait d’habiter en Ardèche ne constitue pas pour moi une option politique, juste un mode de vie. J’ai pas mal de pratiques quotidiennes en dissidence avec le Français moyen. Mais mon implication politique ne repose pas là-dessus. Au contraire, elle repose sur mes points communs avec mes concitoyens. L’apologie de la marge je m’en méfie (pourtant, un sociologue-flic pourrait aisément démontrer que j’en fais partie, de la marge). Parce que pour changer la société, pour changer les rapports sociaux, on a besoin de connaître la diversité du monde et de s’appuyer dessus. De s’appuyer sur nos singularités, mais aussi de ne pas perdre le contact avec nos semblables.

      #anarchisme #autonomie #bulle #politique #pouvoir #rapport_de_force #forme_de_vie

  • Ne lisez pas cet article ! En fait tu t’aperçois que plus on développe d’arguments sur la transmission (probable) de #SARS_Cov-2, plus les explications et les analyses des « experts » collent au terrain des problématiques économiques et sociétales. #bullshit #cojonesvirus (le retour ?)

    Covid-19 : les enfants, finalement très contagieux ? Ce que les dernières données nous apprennent | LCI
    https://www.lci.fr/population/coronavirus-les-enfants-tres-contagieux-ce-que-les-dernieres-donnees-nous-appren

    EN BREF - Si au début de l’épidémie, des scientifiques alertaient sur le potentiel rôle contaminant des plus jeunes, il semblait acquis qu’ils n’étaient finalement pas de grands vecteurs de diffusion. Mais une nouvelle étude pourrait inciter à nouveau à la vigilance. L’occasion de faire le point sur ce que l’on sait.

  • Vivre avec un « complotiste » : « Il y a des sujets qu’on n’aborde plus » - 20 minutes
    https://www.20min.ch/fr/story/vivre-avec-un-complotiste-il-y-a-des-sujets-quon-naborde-plus-358933916972

    Avec la pandémie, de plus en plus de gens sont séduits par des théories du complot et en font part à leur entourage. Pour les proches, cette situation peut être frustrante, voire difficile à vivre. — Permalien

    #covid19 #psychologique #sciences #société #théorieducomplot

  • #Santé_mentale des #migrants : une #étude sonne l’alarme

    Une étude réalisée par le Comité pour la santé des exilés (Comede), portant sur la violence, la vulnérabilité sociale et les troubles psychiques chez les migrants, souligne l’importance d’une meilleure prise en compte des questions de santé mentale des exilés et de leur accompagnement.

    « La santé mentale des migrants/exilés constitue un enjeu important de santé publique », alerte le Comede. Dans son étude publiée ce mardi 5 septembre dans le #Bulletin_épidémiologique_hebdomadaire, le Comité pour la santé des exilés analyse les violences qu’ont subies les exilés, leurs conditions de vulnérabilité sociale et les troubles psychiques graves dont ils sont atteints. Et montre à quel point ces trois phénomènes sont étroitement liés. La question est rarement évoquée ; elle constitue pourtant un problème majeur dans les conditions de vie des migrants et leur intégration.

    Hébergé au sein de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, en banlieue parisienne, voilà près de 40 ans que le Comede vient en aide aux personnes exilées, en leur proposant des soins et un accompagnement dans leurs démarches administratives. Le traitement des troubles psychologiques et psychiatriques représente une part non négligeable de son activité. L’étude rapporte ainsi que sur les 16 095 personnes reçues entre 2007 et 2016 pour un bilan de santé, 16,6% affichaient des troubles psychiques graves. Il s’agissait pour les deux tiers de syndromes psychotraumatiques et de traumas complexes, mais aussi de troubles anxieux et de psychoses. Des pathologies lourdes qui se manifestent par des troubles du sommeil, de la mémoire et de la concentration, des idées suicidaires, et qui nécessitent souvent plusieurs mois de suivi thérapeutique.

    Ces troubles psychiques graves constituent ainsi « la première maladie qui affecte les exilés passés par le Comede, bien loin devant le VIH et la tuberculose », indique Arnaud Veïsse, l’un des auteurs de l’étude.

    Violences

    « Chez les exilés récemment arrivés en France, les psychotraumatismes résultent en premier lieu des causes ayant provoqué leur départ, ainsi que des conséquences immédiates de l’exil », remarquent les auteurs de l’étude. Or, 62% des quelque 5 000 personnes reçues en consultation médicale au Comede entre 2012 et 2016, originaires pour la grande majorité d’Afrique et d’Asie du Sud, ont dit avoir été victimes de violence, 14 % de torture et 13 % de violences liées au genre et à l’orientation sexuelle (viols, mariages forcés, excisions…).

    Au-delà des souffrances physiques immédiates, ces violences peuvent provoquer à long terme une vulnérabilité sociale. Selon l’étude du Comede, 98% des personnes interrogées n’avaient pas de logement personnel, 81% étaient dépourvus de protection maladie, 38% ne pouvaient pas communiquer en français, 23% ne pouvaient pas manger à leur faim. Une vulnérabilité sociale elle-même susceptible de renforcer les troubles psychiques. « C’est un cercle vicieux, analyse Arnaud Veïsse : les violences subies sont susceptibles de générer des psychotraumatismes qui peuvent conduire à un isolement social, qui accroît le risque d’être exposé à des violences… » L’étude observe ainsi que les traumatismes complexes, les idées suicidaires, les troubles de la mémoire et de la concentration ainsi que les troubles dépressifs sont plus nombreux chez les personnes en situation de détresse sociale.

    Le cercle vicieux des procédures administratives

    La situation administrative des exilés est également pointée comme pouvant constituer un facteur aggravant. « Les psychothérapeutes témoignent fréquemment de décompensations, de syndromes psychotraumatiques et de dépressions lors de la détérioration de la situation socio-administrative des patients », rapportent ainsi les auteurs de l’étude. Et de préciser : « Les structures de soins spécialisés constatent que les thérapies des personnes déboutées de l’asile sont plus longues. Le rejet de la demande d’asile, qui représente pour certains exilés un déni de reconnaissance des violences subies, provoque la peur d’être reconduit dans le pays d’origine et entraîne le plus souvent une précarisation des conditions de vie (perte d’hébergement, absence de ressources, impossibilité d’exercer un emploi). »

    Or le rejet de la demande d’asile peut être lui-même la conséquence de ces troubles psychiques et de l’incapacité de ceux qui en souffrent à se présenter aux convocations de l’administration, ou à raconter en détail les raisons qui les ont poussés à fuir leur pays. Comment en effet répondre à un interrogatoire ultra pointilleux sur les violences subies lorsqu’on souffre de pertes de mémoire ? Se profile alors le risque d’un autre cercle vicieux : incapables de tenir un récit solide et cohérent, les exilés voient leur demande d’asile rejetée, ce qui provoque une aggravation des symptômes.

    Apparemment conscient de l’ampleur du phénomène et de ses enjeux, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui statue sur les demandes d’asile, affirme avoir pris des mesures pour y répondre. Des mesures qui passent notamment par la formation de son personnel et des interprètes.

    Face à un constat alarmant, Arnaud Veïsse du Comede juge donc indispensable d’améliorer l’accueil des exilés en France, et plus spécifiquement l’accès à la santé mentale et à l’interprétariat. Et de déconstruire les idées reçues. « Souvent, les structures de santé publique nous renvoient des patients en disant qu’elles ne sont pas spécialisées dans le soin aux exilés. En réalité, elles manquent de temps et de moyens. »

    #mental_health #migration #France #rapport #Comede #violence #vulnerability #trauma #public_health #BEH

    Rapport : http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2017/19-20/index.html

    https://www.rfi.fr/fr/france/20170905-sante-mentale-migrants-une-etude-sonne-alarme

  • Quand la #banque_centrale donne gratuitement de l’argent aux grandes #banques_commerciales au lieu de financer la #reconstruction_écologique
    https://www.institut-rousseau.fr/quand-la-banque-centrale-donne-gratuitement-de-largent-aux-grandes

    Et toutes ces sommes sont empruntées à taux négatifs, à – 1 % ! Ce qui signifie que la banque centrale donne littéralement de l’argent aux banques privées pour qu’elles daignent venir lui emprunter des liquidités, alors même qu’on refuse toujours de financer directement les États ou d’annuler les #dettes_publiques qu’elle détient. D’ailleurs, les conditions à atteindre pour bénéficier du taux de – 1 % ont été considérablement assouplies. Auparavant, les banques devaient apporter la preuve qu’elles avaient accru leur portefeuille de prêts aux entreprises et aux ménages pour profiter du coût le plus favorable. Dans le cadre de cette nouvelle opération, elles peuvent se contenter de le maintenir à leur niveau d’avant la crise du Covid. Et on rajoute à cela que si jamais des emprunteurs font défaut, il y a désormais de bonnes chances pour que les banques soient remboursées directement par le Gouvernement. Rien que pour la première année de leur emprunt, ce sont donc 13 milliards d’euros qui seront versés gratuitement aux banques par la création monétaire ex nihilo de la banque centrale. Sur trois ans, près de 40 milliards d’euros seront ainsi offerts. N’a-t-on pas mieux à faire avec 40 milliards d’euros, comme lutter contre le #changement_climatique par exemple ?

    Dans le monde des économistes orthodoxes, personne ou presque ne s’inquiète de la « crédibilité » de l’action de la banque centrale, du risque d’#inflation sur les #marchés_financiers (c’est-à-dire de #bulles_financières que ce type d’action ne manquera pas d’engendrer), ou bien de l’impact sur les fonds propres de la banque centrale (qui pour le coup est absolument certain contrairement aux opérations d’annulation de dettes publiques détenues par la banque centrale). En 2008, nous avions été choqués de la socialisation des pertes et la privatisation des profits sans rien faire, sinon des réformes cosmétiques. Nous avons désormais fait mieux en passant dans une phase de couverture intégrale des pertes et de fabrication artificielle des profits grâce à une banque centrale dont l’indépendance farouche vis-à-vis des États n’a d’égale que sa complaisance et sa dépendance à l’égard du système financier privé.

    Si la proposition, portée notamment par l’Institut Rousseau, d’annulation des dettes publiques détenues par la BCE a suscité une levée de boucliers de la part d’un petit groupe d’économistes néolibéraux confortablement installés dans leurs certitudes, leur silence concernant les dérives de ces pratiques est en revanche assourdissant. À croire que l’indignation ne naît que lorsqu’on tente de rétablir la monnaie comme l’instrument d’émancipation sociale et politique qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, mais pas quand la #création_monétaire de la banque centrale vise à faire des cadeaux perpétuels aux #banques_privées sans aucune contrepartie ou presque.

    C’est pourquoi il importe de rappeler une nouvelle fois que l’indépendance des banques centrales n’a rien de naturel et est foncièrement antidémocratique. Elle ne repose que sur une décision politique funeste, désormais inscrite dans les traités, qui la coupe du pouvoir délibérant de la collectivité et la place sous la coupe des marchés financiers. Cette architecture monétaire et financière relève entièrement d’un choix politique et idéologique qui repose sur l’idée que la monnaie doit être neutre, soustraite aux mains de politiques nécessairement démagogiques et confiée entièrement aux marchés privés qui nous conduiront vers la prospérité grâce aux vertus naturelles de la main invisible et de la libre-concurrence. Il est donc temps de comprendre que le sérieux et la raison ne sont pas du côté de ceux qui, par suivisme ou par intérêt, défendent ce type de pensée magique et nous imposent les sacrifices inutiles qui l’accompagnent, tout en bénéficiant allégrement de la création monétaire qu’ils dénoncent.