• L’incertaine #viabilité_économique de l’#IA générative

    Alors que les #investissements gigantesques dans le secteur se poursuivent, les conditions de la #rentabilité deviennent de plus en plus difficiles. Le #modèle_économique du secteur change, sans s’assurer une porte de sortie satisfaisante.

    L’économieL’économie de l’intelligence artificielle (IA) générative entre dans le dur. Ces dernières semaines, plusieurs informations sont venues confirmer que la question des modèles économiques liés à cette technologie se posait avec une acuité particulière. Le 24 mars, #OpenAI, l’inventeur de #ChatGPT et une des locomotives de l’IA, annonçait l’abandon de deux projets annoncés précédemment avec tambours et trompettes.

    Non seulement son idée de #chatbot (#robot_conversationnel) érotique a été « mis[e] en pause indéfiniment », mais, bien plus important, la plateforme de création de vidéos #Sora a également été fermée deux mois après son lancement en grande pompe.

    Pourtant, lors de son lancement en décembre 2025, Sora était présentée comme le produit phare d’OpenAI. Son argument marketing principal était qu’il bénéficiait du catalogue de personnages de Disney. La firme de divertissement avait, en outre, annoncé vouloir investir 1 milliard de dollars dans ChatGPT. Sora, alors, était vue comme une sorte de seconde ChatGPT, renforçant l’usage quotidien de l’IA et sa diffusion dans l’industrie culturelle.

    Seulement, l’affaire avait vite tourné au vinaigre pour #OpenAI. La création de #vidéos par IA est en effet extrêmement coûteuse, mais elle n’a quasiment rien rapporté à l’entreprise. Et le problème, c’est que plus les utilisateurs sont nombreux, plus le coût augmente. Sans relever les recettes en parallèle. Selon le Wall Street Journal, Sora coûtait en moyenne 1 million de dollars par jour et n’a rapporté, depuis son lancement, qu’un peu plus de 2 millions de dollars.

    Un #tonneau_des_Danaïdes qui pourrait, en soi, ne pas poser de problème. C’est en effet la stratégie classique des start-up technologiques : elles imposent un usage par la #quasi-gratuité, enregistrent alors de fortes #pertes, puis une fois cet usage devenu un besoin incontournable, elles ont capté leur clientèle, fixent leurs prix et réalisent des profits records. Un exemple récent de ce système a été celui de la plateforme musicale #Spotify.

    Le modèle économique de l’IA : plus les chemins de fer qu’Internet

    Mais, cette fois, OpenAI n’a pas voulu, dans le cas de Sora, développer cette stratégie. Au contraire, la start-up a proclamé qu’elle allait utiliser les fonds économisés par la fermeture de Sora sur des produits « agentiques », ces applications d’intelligence artificielle capables d’agir de façon autonome pour exécuter des tâches à la place des humains. Des applications visant une clientèle d’entreprises désireuses d’améliorer leur productivité. Autrement dit, des produits potentiellement rentables pour OpenAI, qui pourra récupérer une partie de ces gains de productivité supplémentaires réalisés.

    La décision d’OpenAI traduit un tournant pour l’ensemble de l’industrie naissante de l’IA. Le modèle « Internet » de start-up qui a prévalu jusqu’ici avec ChatGPT a déjà atteint ses limites. Pour une raison simple : l’IA s’appuie bien davantage sur des #infrastructures_physiques dont le coût est élevé. Dès lors, cette technologie est continuellement confrontée à une contradiction entre ce que Karl Marx appelle le « processus de production » et le « processus de valorisation ».

    Sur le papier, l’IA générative peut faire bien des choses, notamment produire à l’infini des vidéos plutôt tartes avec des personnages de Disney pour le plus grand enthousiasme des yeux contemporains. Son processus de production semble sans limites. Mais les conditions de cette production sont très coûteuses. L’IA mobilisée par OpenAI repose sur un grand modèle de langage (large language model, LLM), qui s’appuie sur des puissances de calculs de puces dernière génération extrêmement élevées mises en réseau dans de gigantesques #centres_de_données (#data_centers).

    Tout est cher dans ce schéma : les #puces, la construction des centres de données, leur maintenance dans des conditions optimales, le traitement des données… L’absence théorique de limites de l’IA vient se fracasser sur sa capacité à être rentable. Et la décision d’OpenAI concernant Sora nous dit que certaines applications ne peuvent pas être rentables, même à long terme.

    Le pari à la Spotify ne peut pas fonctionner ici : il nécessiterait la mobilisation beaucoup trop élevée de #moyens_financiers avec des perspectives de #retour_sur_investissement beaucoup trop faibles. Une étude de la banque HSBC indiquait, avant le lancement de Sora fin décembre, que si OpenAI réalisait en 2030 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires (il en a réalisé 13,1 milliards en 2025), il lui faudrait lever, en parallèle, 207 milliards de dollars pour rester financièrement viable. C’est plus que le PIB actuel du Maroc prévu par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2026.

    Voilà la clé pour comprendre l’économie de l’IA : le #changement_d’échelle (#scaling) de la production d’IA sur lequel elle repose s’accompagne d’un changement d’échelle de ses coûts. Et la difficulté est, dès lors, non pas seulement le financement de l’amorçage et du décollage de la technologie, mais celui de son fonctionnement quotidien. C’est cela que nous dit l’affaire Sora : on ne peut pas espérer « sauter par-dessus » l’enfance de l’industrie pour se retrouver dans le monde enchanté d’une activité rentable. L’IA n’est ni le smartphone ni Internet.

    Ce nouveau secteur ressemblerait plutôt davantage au chemin de fer : une technologie fortement capitalistique aux #coûts_fixes si importants que sa rentabilité a toujours été problématique et que l’État a presque toujours dû être mobilisé pour assurer son existence.

    Au reste, le montant des investissements consentis pour le développement des infrastructures de l’IA, principalement les centres de données remplis de puces en réseau, sont si vertigineux qu’ils égalent sans doute ce qui avait été la fièvre de la construction des chemins de fer en Europe occidentale et en Amérique du Nord, dans les années 1840 et 1860.

    Car, alors qu’OpenAI stoppait Sora en catastrophe, les milliards de dollars continuaient à irriguer le secteur. L’entreprise de Sam Altman a levé le 31 mars 122 milliards de dollars, un record historique pour une levée de fonds privée. Et début février, les quatre géants de la technologie (#Amazon, #Meta, #Alphabet et #Microsoft) prévoyaient ensemble de dépenser 650 milliards de dollars dans l’IA en 2026, soit 60 % de plus qu’en 2025.

    Les chiffres sont vertigineux. Selon le Financial Times, l’ensemble de la valeur des installations liées à l’IA en 2030 pourrait atteindre le chiffre astronomique de 9 000 milliards de dollars. Et une puissance cumulée pour les centres de données de 125 gigawatts, soit plus de trois fois l’usage de l’#électricité d’un pays comme le Royaume-Uni aux heures de pointe.

    Fuite en avant

    Ces investissements massifs ne sont pas le fruit du hasard. L’enjeu pour les acteurs du système est d’atteindre le plus rapidement la taille critique pour imposer leurs produits sur le marché, mettre en place un système oligopolistique ou monopolistique et, finalement, pouvoir imposer ses prix et espérer un retour sur leurs investissements.

    Dans ce jeu de vitesse, les acteurs ne sont cependant pas tous égaux. OpenAI est en bout de chaîne. Il développe les produits d’IA, mais ne contrôle pas les centres de données. Sa position est, par ailleurs, plus soumise à la concurrence dans la mesure où les LLM sont moins coûteux à développer que la construction de centres de données. ChatGPT est donc soumis à une dangereuse concurrence, notamment celle de #Claude, le modèle de l’entreprise Anthropic.

    Comme souvent, les « opérateurs » de la technologie sont plus fragiles que les fournisseurs d’infrastructure, parce qu’ils accumulent les coûts en fin de chaîne mais qu’ils sont aussi soumis aux effets de revenus des consommateurs finaux. Les compagnies ferroviaires souffrent davantage que les fournisseurs d’acier prospèrent.

    Mais la particularité de l’IA complique l’équation. À l’importance des coûts s’ajoute la question très sensible de la #durée_de_vie des centres de données et des puces qui les peuplent. On ignore beaucoup de choses sur ce point. L’industrie fonde ses calculs sur une durée de vie de six ans. Microsoft évoque un temps compris entre deux et six ans.

    Certaines sources évoquent la possibilité que les puces soient entièrement épuisées au bout de trois ans. Et Bloomberg estime que les centres de données, des bâtiments très fragiles et sensibles, pourraient devenir obsolètes au bout de cinq ans.

    En estimant que les 9 000 milliards de dollars soient suffisants pour les besoins de l’IA d’ici à 2030, il faudrait donc renouveler cet investissement colossal au moins tous les cinq ans.

    La réponse des Big Tech est alors celle de la #fuite_en_avant. Il faut construire beaucoup et vite pour pouvoir atteindre une taille critique, devenir incontournable pour le marché et imposer une logique oligopolistique capable d’imposer des prix suffisants pour absorber de tels coûts gigantesques. De Spotify, le modèle devient Andrew Carnegie, bâtisseur d’un véritable monopole de l’acier aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

    Une course de vitesse qui a donné aux grands acteurs de l’IA leur nouveau nom : les #hyperscalers, autrement dit ceux qui sont capables de démultiplier l’échelle de l’IA. Car l’#échelle devient un élément central pour la rentabilité.

    Ces acteurs défendent des stratégies proches, mais qui, néanmoins, se distinguent. Meta tente de développer un modèle « interne » concentrant ses investissements sur son propre usage ; Amazon se concentre sur les infrastructures d’amont qu’ils louent à d’autres ; Google et Microsoft rajoutent à cette dernière activité le développement de produits finaux en vue de contrôler tout l’écosystème.

    Circularité de la #dette

    Dans cette course, les Big Tech dispose d’un atout de poids : une trésorerie abondante reposant, dans l’#économie_numérique actuelle, sur des quasi-rentes. On pourrait, d’ailleurs, résumer leurs stratégies par le maintien de cette rente. Mais ces liquidités qui, voici encore quelques années, semblaient gigantesques, ne suffisent plus. L’impensable se produit : les #Big_Tech doivent désormais avoir recours à la dette.

    La banque états-unienne Morgan Stanley estime que les hyperscalers vont emprunter 400 milliards de dollars cette année, après 165 milliards en 2025. En tout, les besoins de financement externe sont estimés à 1 500 milliards de dollars. C’est un changement majeur de modèle économique pour ces entreprises. Et pour préserver leur capacité d’endettement, elles sont même obligées de contourner les obstacles et de prendre de nouveaux risques.

    D’abord, elles mettent en place une « économie circulaire » de la dette. Les acteurs de l’IA ayant tous un intérêt commun, celui d’imposer l’usage de cette technologie au point de la rendre rentable, ils coordonnent leurs efforts par des accords parfois étonnants où ils se prêtent des fonds ou se garantissent des prêts. Désormais, le monde de l’IA est devenu une gigantesque toile d’araignée d’engagements mutuels où chacun dépend financièrement des autres.

    #Risques_financiers

    Une autre façon d’assurer ces moyens, c’est de recourir à des sociétés ad hoc (#special_purpose_vehicle, ou #SPV) pour financer la construction des centres de données ou l’acquisition de puces. Ces entités, souvent montées avec le financement d’investisseurs externes ou de banques, deviennent propriétaires des actifs en question et peuvent émettre des obligations en s’appuyant sur la note de la Big Tech qui pilote l’opération.

    En retour, la Big Tech paie un loyer pour avoir le droit d’utiliser ces actifs. Sa situation financière est laissée intacte par l’opération et les centres de données ou les puces sont mis à sa disposition. Mais, évidemment, la construction n’est pas sans risques. Si le centre de données ou les puces deviennent obsolètes plus rapidement que prévu, il n’est pas dit que le remboursement de la dette soit possible.

    En octobre, la banque centrale britannique s’est inquiétée de l’ampleur de la dette mobilisée pour financer les centres de données. « Si le montant de la dette liée à l’IA et aux infrastructures énergétiques associées se matérialise, les risques sur la stabilité financière pourraient augmenter », souligne l’institution. Car, de plus en plus, les banques et les sociétés de finance privée ont une exposition massive à ce secteur.

    Résumons : la future rentabilité des activités liées à l’IA devra assurer le financement des coûts de fonctionnement gigantesques de cette technologie, mais aussi l’#obsolescence rapide de ces infrastructures et les coûts financiers liés à la dette contractée pour le déploiement de l’IA. Le tout en assurant un rendement « net » permettant la rentabilité des opérations en cours. En bref : le coût du capital de l’IA est astronomique.

    Comment cette technologie pourra-t-elle dégager de telles marges ? La réponse des Big Tech et d’OpenAI, c’est que les utilisateurs finaux paieront. Un pari risqué, que Mediapart explore dans le second volet de cette série.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/040426/l-incertaine-viabilite-economique-de-l-ia-generative
    #économie #perte #gain #coût #profits #profit #AI #IA #intelligence_artificielle

    • Pluralistic: The AI bubble isn’t like the internet #bubble (26 May 2026)

      One of the surprise breakout software products of the early web was Lotus Notes, a kind of primitive precursor to all-in-one office productivity suites like GDocs, Office365, etc. It was so important that its creator, Ray Ozzie, was promoted to Microsoft’s Chief Software Architect, succeeding Bill Gates himself:

      https://knowledge.wharton.upenn.edu/podcast/knowledge-at-wharton-podcast/the-man-who-would-change-microsoft-ray-ozzies-vision-for-co

      People who remember Notes tend to deride it for its clunky user interface and demi-functional administrative tools. But what made Notes so central to Microsoft wasn’t its polish – it was the fact that Notes represented a brokered peace between IT managers, who wanted mainframe-like control over everything their users could do with business equipment, and the users themselves – workers who kept smuggling internet-based tools into the enterprise network on the very sensible grounds that they had a job to do, and these were the best tools to do it.

      The arrival of internet-based tools – especially ones that ran in browsers – represented a major challenge to IT departments, who had been long accustomed to dictating terms to their users. If the IT manager and the compliance department decided that the best way to manage disclosure and leak risks was to block all email attachments for outside users, then that was that: no one could send those attachments.

      But after the internet arrived on the corporate desktop, employees who needed to get documents to supply chain partners and customers could treat these IT policies as damage and route around them. Just fire up your Hotmail or Yahoo mail window, or hop on MSN Messenger or ICQ or AIM, or drop the file on an anonymous FTP server and send the link to your counterparty. Job done!

      IT managers hated this, and to be fair to them, they weren’t (always) wrong. These outside tools came from a variety of untrustworthy sources, including malicious sites that pushed virus-infected versions to their users. Also, by evading firewall rules with these tools, users made it impossible to achieve the compliance goals that IT had been charged with enforcing, and it was IT’s asses on the line if the company got in trouble as a result.

      Foundationally, IT was being asked to do two irreconcilable things: they were supposed to be enabling workers to get their jobs done, and they were supposed to be stopping those workers from doing things that could harm the business. This can’t be done, because the only way to eliminate the possibility that a worker will take an action that harms the business is to gag that worker and lock them in a dungeon. Workers need flexibility and freedom to achieve business goals, and that flexibility and freedom means that those workers might (deliberately or accidentally) thwart the business’s goals.

      What’s more, workers will always run into situations that were not anticipated by policy, and if they are denied any agency or initiative, they will fail to get their jobs done. In work, the exception is the rule, hence the importance of “process knowledge” (all the implicit knowledge shared among workers across the firm and its suppliers and customers, which cannot be captured or recorded):

      https://pluralistic.net/2025/09/08/process-knowledge/#dance-monkey-dance

      Indeed, there’s a form of labor action called a “work to rule,” in which workers only do the things dictated by their rulebooks, without taking any of the routine additional measures dictated by process knowledge. Merely by following every rule to the letter, workers can grind a shop to a halt:

      https://en.wikipedia.org/wiki/Work-to-rule

      Since the dawn of personal computers, workers and IT departments have come into conflict, as workers literally smuggled technology into the business that could do things the IT department had (often arbitrarily and capriciously) prohibited. When Visicalc emerged as the killer app for the Apple ][+, workers snuck these computers into work and used them to sort spreadsheets in ways that IT had declined to permit. They didn’t do this to cheat or steal from the company – the whole point was to do a better job.

      So it was with the early web: workers discovered a myriad of new capabilities in the free-to-use world of web-based tools and realized how these tools would make them much more effective at their jobs. The fact that IT wouldn’t let them do these things was just more evidence that IT – and the managers who set IT’s agenda – didn’t understand the business as well as workers.

      It didn’t help that IT managers’ first line of defense was the high-tech version of abstinence-only education: “You only think you need your work computers to do this, but really, you don’t, so stop trying”:

      https://www.theguardian.com/technology/2009/jun/16/computer-security-abstinence

      Abstinence-only education never works, but where “you only think you need this” failed, Lotus Notes succeeded. Lotus Notes provided a whole suite of tools that largely (if imperfectly) replaced the universe of free tools that workers were using to evade their IT departments’ edicts, so they could get their jobs done. At the same time, Lotus Notes provided a set of management tools that let IT fine-tune how these tools worked, giving them (some) of the controls they needed to achieve their compliance goals.

      Like all brokered peace settlements, Lotus Notes left both sides feeling like they’d made a compromise they could live with, giving up some of their goals, but keeping the things that really mattered to them.

      It’s impossible to overstate how important Lotus Notes and similar products were, because workers demanded the right to use the web on their work computers, and they made those demands so forcefully that managers had to completely re-do their IT policies, lest those workers treat them as damage and route around them. Back then, the tech press was full of stories about these conflicts, as workers insisted that the new technology that was sweeping the nation was so foundational and transformative that they had to be allowed to use it.

      What we never saw back then were stories about how managers had to monitor workers to ensure that they were using the web as much as possible. No one had to force workers to find ways to integrate the web into their workflows.

      In other words, the story of the web at work was the opposite of the story of AI at work. Today, you can’t turn around without reading a story about bosses who are threatening to fire workers if they don’t increase their AI usage:

      https://www.businessinsider.com/boss-track-ai-use-career-2025-8

      Virtually every major company now has a program to force workers into using AI:

      https://www.cnbc.com/2026/05/05/ai-use-work-employee-monitoring-tech-surveillance.html

      It’s conceivable that over the past quarter-century, bosses have become technophiles while workers have fallen prey to superstitious technophobia, but it hardly seems likely. Historically, workers have always been enthusiastic about tools that let them do a better job – indeed, it’s a truism that labor-led automation produces improvements in quality, while capital-driven automation increases throughput (often at the expense of quality).

      Workers aren’t the only typical early adopters who find AI lacking. As a group, teenagers and young adults hate AI:

      https://www.nytimes.com/2026/04/09/style/gen-z-ai-gallup-study.html

      That’s not what it was like during the early web days. Back then, young people entering the workforce were passionate devotees of the web, to the point where the business press routinely ran articles asking how today’s workplaces were going to adapt to the demands of these webbed-up workers.

      https://www.nber.org/digest/apr03/internet-changes-labor-market

      AI boosters insist that the deficits we see in AI – its lack of profitability, its primitive and error-riddled outputs – are no different from the shakedown problems of the early web (and we know how the web turned out!). But this is a profoundly flawed comparison: the early web and AI are very different from one another.

      For one thing, the early web may have lost money, but it had great unit economics. Every new web user brought the web closer to profitability, as did every new use of the web, and every new generation of web technology. By contrast, AI has – in the memorable phrasing of Ed Zitron – “dogshit unit economics.” Every new AI user makes AI less profitable, as does every new use for AI, and each generation of AI loses more money than the last. AI is the money-losingest endeavor in human history:

      https://pluralistic.net/2025/09/27/econopocalypse/#subprime-intelligence

      In other words, the early web was a technology that grew more profitable every day, which workers and young people had to force on their bosses – and AI is a technology that grows less profitable every day, and bosses have to force it on workers and young people.

      Now, it’s true that some workers don’t have to be forced to use AI. Workers who enjoy a high degree of autonomy (that is to say, workers who are positioned to ignore workplace coercion) can adopt AI in ways that they feel suited to, just as those early web users and Visicalc smugglers did. They can fulfill the maxim that labor-driven automation improves quality, while resisting capital’s insistence that automation be used to increase throughput at quality’s expense.

      They can act as centaurs (workers assisted by technology), not as reverse-centaurs (workers who are recruited to serve as peripherals for machines). As with all technology questions, what the technology does is nowhere near as important as who the tech does it for and who the tech does it to:

      https://pluralistic.net/2025/09/11/vulgar-thatcherism/#there-is-an-alternative

      And there’s another group of workers who adopt AI voluntarily: workers who see that AI can do a lot of work that they view as dull and unimportant for them. These workers might be right – there are plenty of bullshit jobs out there:

      https://memex.craphound.com/2018/06/20/david-graebers-bullshit-jobs-why-does-the-economy-sustain-jobs-that

      But it’s also possible that they’re wrong, and they’re substituting AI for something that really should be done by a person.

      But on the plus side, at least no one has to force them to adopt AI.

      https://pluralistic.net/2026/05/26/the-ai-will-continue
      #bulle
      via @freakonometrics et ici aussi:
      https://seenthis.net/messages/1174219

  • Aujourd’hui le S-1 de SpaceX a été rendu public - Mastodon

    https://eldritch.cafe/@UnePorte/116609237004568881

    Aujourd’hui le S-1 de #SpaceX a été rendu public. C’est le document obligatoire avant une introduction en bourse qui contient toutes les informations comptables, prévisions, risques, etc. de l’entreprise

    C’est un document qui est censé informer les investisseurs pour les aider à faire leur choix (investir ou non), et protéger l’entreprise (au cas où des trucs se passe mal ou pas comme prévu, si c’était identifé dans le S1, légalement, ça les couvre)

    Je vais pas faire un compte rendu des 92 pages dont 85 de #bullshit edit : 277 pages + 96 pages d’annexes financières, j’ai mal compté tellement c’était ennuyeux — mais sachez que pour Q1 2026 SpaceX :

    – a fait 4,6 milliards de CA
    – a enregistré un déficit de 4,2 milliards
    – avait des dépenses d’exploitation égales à 141% de son chiffre d’affaires
    – avait une dépréciation égale à la moitié de son chiffre d’affaires
    – a terminé le trimestre avec une dette totale de presque 30 milliards, soit 6 fois et demie son chiffre d’affaires du trimestre, et une fois et demie son chiffre d’affaires de 2025
    – et payé environ 1 milliards d’intérêt sur sa dette, soit 20% de son chiffre d’affaires.

    Tout le « business model » de l’entreprise tiens sur le fantasme de pouvoir envoyer des fusées #Starship en orbite dès la deuxième moitié de 2026. Si ça prend du retard (ou si ça marche pas), tout s’écroule. Fusée starship qui est encore en développement, avec d’ailleurs un douzième lancement de test prévu demain soir.

    L’entreprise veut lever 75 milliards avec son introduction en bourse, pour une #valorisation de 1 700 milliards, soit 95 fois son CA de 2025.

    Voilà, fin de la blague.

  • Géo-ingénierie solaire : face à l’urgence climatique, le danger des apprentis sorciers
    https://lenouveauparadigme.fr/geo-ingenierie-solaire-face-a-lurgence-climatique-le-danger-des-a

    Alors que l’ONU alerte sur un climat « poussé au-delà de ses limites », des acteurs privés accélèrent leurs projets de géo-ingénierie solaire. Une trajectoire que l’Académie des sciences juge suffisamment risquée pour appeler à en interdire tout déploiement.

    « Tous les indicateurs climatiques sont dans le rouge. » Le constat, signé par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, n’a plus rien d’un cri d’alerte, c’est désormais un état des lieux. Ce lundi 23 mars, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’Organisation des Nations unies (ONU), a de nouveau tiré la sonnette d’alarme : la dernière décennie est la plus chaude jamais enregistrée, la planète accumule de la chaleur à un rythme inédit et le déséquilibre énergétique de la Terre atteint des niveaux records (1).
    C’est dans ce contexte d’urgence que ressurgit une vieille promesse technologique : refroidir artificiellement la planète. Non plus en réduisant les émissions, mais en modifiant directement le rayonnement solaire.

  • La bulle de l’IA et l’économie étatsunienne

    Selon l’économiste Michael Roberts, la bulle de l’IA masque l’état désastreux de l’économie américaine… en attendant l’inévitable crise qui découlera de son éclatement.

    [...]

    La «  bulle  » des investissements dans l’IA (mesurée grâce au rapport entre le cours des actions et la «  valeur comptable  » des entreprises) est 17 fois plus importante que celle de la bulle internet en 2000, ou encore que celle des subprimes en 2007. Le ratio entre la valeur du marché boursier étatsunien et le PIB du pays (l’«  indicateur Buffett  ») a atteint un nouveau record de 217 %, soit plus de 2 écarts-types au-dessus de la tendance à long terme.

    https://www.contretemps.eu/bulle-ia-economie-etats-unis-trump-capitalisme

    #Michael_Roberts #Économie #Bulle_IA #GAFAM #IA #intelligence_artificielle #Bulle_spéculative #capitalisme #etats-unis

  • #Dette et inégalités : la face cachée de la #croissance dopée à l’IA
    https://lvsl.fr/dette-et-inegalites-la-face-cachee-de-la-croissance-dopee-a-lia

    Malgré l’aggravation des inégalités et les mauvais chiffres de l’emploi, l’économie américaine a affiché l’an dernier une croissance impressionnante de 4,3 %, portée en grande partie par le secteur de l’intelligence artificielle. Cette performance dissimule toutefois une dynamique reposant fortement sur l’endettement et les aides publiques. Symptôme des crises du capitalisme américain plutôt que d’une embellie réelle, elle peine à masquer les fragilités structurelles de l’économie des Etats-Unis.

    #Économie #Mirages_numériques #AI_bubble #Big_Tch #Big_tech #Bulle_IA #Bulle_numérique #GAFAM #IA #intelligence_artificielle #Tech

  • KI – die irrsinnige Billionen-Dollar-Wette der USA
    https://www.nachdenkseiten.de/?p=141525

    4.11.2025 von Jens Berger - Deutschland wird – so verkündete es jüngst Bundesforschungsministerin Doro Bär – in den kommenden vier Jahren 18 Milliarden Euro in „Schlüsselindustrien“, darunter die KI, investieren. Das ist süß. In den USA werden im gleichen Zeitraum rund vier Billionen US-Dollar in die Entwicklung der KI investiert – mehr als das Zweihundertfache. Die gesamte US-Volkswirtschaft scheint eine Billionen-Dollar-Wette eingegangen zu sein – eine Wette, die sie nur verlieren kann.

    Noch vor wenigen Jahren war der Name Nvidia nur eingefleischten Gamern ein Begriff. Nvidia war und ist der bekannteste Entwickler und Hersteller von Hochleistungschips, die auf Grafikkarten für Computer zum Einsatz kommen. Später entdeckte man, dass die Berechnungen, die beim Schürfen sogenannter Cryptowährungen zum Einsatz kommen, den Berechnungen dreidimensionaler Computergrafiken sehr ähnlich sind und so fanden Nvidia-Chips auch ihren Einzug in die Rechenzentren der Cryptobranche. 2018 war Nvidia bereits einer der großen Player in der Hardware-Branche und kam auf eine Marktkapitalisierung, also einen Firmenwert, von 82 Mrd. US-Dollar, der sich – auch dank des Siegeszugs spieletauglicher Computer und Konsolen während der Coronazeit – bis 2022 auf 362 Mrd. US-Dollar steigerte. Zum Vergleich: Das ist in etwa so viel wie die deutschen Großkonzerne Mercedes, BMW, Volkswagen, DHL und die Deutsche Telekom zusammengenommen.

    Der eigentliche Siegeszug von Nvidia beginnt jedoch erst jetzt. Nvidia-Chips sind nämlich auch sehr effizient bei den Rechenaufgaben, die in den seit 2022 boomenden KI-Rechenmodellen zum Einsatz kommen. Der Bedarf an Rechenpower in den Rechen- und Datenzentren der KI-Anbieter ist nahezu grenzenlos und Nvidia ist deren maßgeblicher Ausrüster. Nvidia wuchs und wuchs. Vor wenigen Tagen konnte Nvidia als erstes Unternehmen der Welt die Fünf-Billionen-Dollar-Marke bei der Marktkapitalisierung knacken. Der Chiphersteller aus Santa Clara ist damit heute das wertvollste Unternehmen der Welt – mit einer Marktkapitalisierung, die mehr als doppelt so groß ist wie die aller 40 deutschen DAX-Unternehmen zusammen.

    Nvidia ist kein Einzelfall. Die zehn wertvollsten Unternehmen machen heute 40 Prozent des Wertes aller 500 Unternehmen im US-Aktienindex S&P 500 aus – ein historischer Rekord. Und die ersten acht dieser zehn Unternehmen sind ausnahmslos Tech-Giganten, die entweder massiv auf dem Feld der KI investieren oder wie im Falle Nvidia von den KI-Investments profitieren. Seit der Einführung von ChatGPT im November 2022 machen KI-bezogene Aktien 75 Prozent der Renditen, 80 Prozent des Gewinnwachstums und 90 Prozent des Wachstums der Investitionsausgaben im S&P 500 aus. Gleichzeitig machen die KI-Investitionen fast 92 Prozent des US-BIP-Wachstums in diesem Jahr aus. Der britische Economist beziffert die KI-Investitionen der US-Tech-Giganten für dieses Jahr auf eine halbe Billion US-Dollar – bis Ende 2028 soll sich dieser Betrag auf drei Billionen US-Dollar summiert haben. Das ist fast so viel wie die komplette deutsche Volkswirtschaft.

    Die USA sind im KI-Rausch. Ohne die Investitionen in KI würde die US-Volkswirtschaft in diesem Jahr stagnieren. Der Anteil an den KI-Investitionen zum US-Wirtschaftswachstum ist heute schon größer als der Anteil der Konsumausgaben. Nicht der Mensch, sondern die Maschine steht im Mittelpunkt der US-Volkswirtschaft. Die US-Volkswirtschaft 2025 ist eine gigantische Wette auf den Erfolg der KI. Man könnte sie jedoch auch als die Mutter der Blasen bezeichnen und wie bei allen Blasen ist das Risiko groß, das diese Wette für die Volkswirtschaft als Ganzes nicht aufgeht.

    Zirkularität – woher kommen eigentlich diese wahnsinnigen Zahlen?

    Drei Billionen US-Dollar sind zweifelsohne eine kaum vorstellbare Zahl. Doch wie kommen solche Zahlen eigentlich zustande? Spätestens hier sollten die ersten Alarmglocken läuten. Ein Großteil dieser Gelder ist nämlich strenggenommen ein geschlossener Kreislauf innerhalb der KI-Branche selbst. Dazu ein kleines Beispiel: Ende September kündigte Nvidia an, 100 Mrd. US-Dollar in den ChatGPT-Betreiber OpenAI zu investieren, und begründete dies damit, dass es den Umsatz für seine eigenen Chips steigern wolle. Zugespitzt könnte man auch sagen, Nvidia gibt OpenAI das Geld, mit dem OpenAI dann die Chips von Nvidia kauft. Und dies ist nur ein Beispiel von vielen. Der US-Ökonom Scott Galloway hat sich die „großen Deals“ der KI-Unternehmen im letzten Jahr einmal näher angeschaut und festgestellt, dass es sich hierbei strenggenommen bei allen „Investitionen“ im Grunde um derartige Kreislaufgeschäfte innerhalb der eigenen Branchen handelte.

    Solche Systeme werden gemeinhin als „Zirkularität“ bezeichnet und sind in der Ökonomie sichere Zeichen für das Entstehen von Blasen. Es gibt keine echten Marktpreise, da es keinen echten Markt gibt. Kennzahlen wie Erlöse oder gar Gewinne sind nicht mehr aussagekräftig, da die zugrundeliegenden Geschäfte Zirkelschlüsse sind. Problematisch ist vor allem, dass die zum Teil absurde Bewertung der beteiligten Unternehmen sich aus diesen Zahlen – und sehr viel Fantasie – ergibt. Solange sich die Unternehmen innerhalb der KI-Branche ihre Produkte und Dienstleistungen mit ihrem eigenen Geld abkaufen, ist dies strenggenommen nur ein Nullsummenspiel. Für den Erfolg oder Misserfolg der Investitionen im größeren Kontext ist es entscheidend, ob und wie viel Geld von außen ins System fließt. Und hier sind Zweifel angebracht.

    KI-Revolution oder Hype ohne Grundlage?

    Wenn pro Jahr rund eine Billion, das sind 1.000 Milliarden bzw. eine Million Millionen, Dollar ins KI-System investiert wird, müsste mindestens diese Summe auch von außen ins System fließen, um diese Investitionen zumindest wieder reinzuholen. Das ist aber mit den gängigen Lizenzmodellen, die heute am Markt sind, gar nicht möglich. OpenAI ruft für sein „Plus-Modell“ derzeit beispielsweise 25 US-Dollar pro Monat, also 300 US-Dollar pro Jahr, auf. Um mit solchen Modellen auf eine Billion zu kommen, müsste man also mindestens 3,5 Milliarden Plus-Lizenzen verkaufen – jeder zweite Erdenbürger müsste also zahlungspflichtiger Abonnent werden. Das ist freilich grotesk, aber das weiß auch die Branche selbst.

    Der Fachjournalist Ezra Klein formuliert es sinngemäß so, dass diese Endkunden-Abo-Modelle ohnehin bestenfalls für die Portokasse sind. Das eigentliche Geschäftsmodell sollen zu einem späteren Zeitpunkt nicht Endkunden-Abos für 25 US-Dollar pro Monat, sondern Business-Lösungen mit Preismodellen sein, die im fünfstelligen Dollar-Bereich pro Monat erst losgehen. Diese Modelle machen für die Firmenkunden dann aber natürlich nur Sinn, wenn sie mithilfe der KI Personalkosten in relevanter Größe sparen können. Und genau das ist die eigentliche Wette, die Billionen-Dollar-Frage.

    KI-Bots bezahlen keine KI-Bots

    Wenn man die eine Billion US-Dollar pro Jahr als Maßstab nimmt und die jährlichen Kosten für einen einzusparenden Job mit 100.000 US-Dollar pro Jahr beziffert, entspräche dies 10 Millionen Jobs. Und dies ist noch sehr konservativ geschätzt. Dario Amodei, CEO des KI-Konzerns Anthropic spricht bereits von einem kommenden „Blutbad“ bei den Bürojobs, wo die KI „die Hälfte aller Einstiegsjobs für Angestellte vernichten – und die Arbeitslosigkeit in den nächsten ein bis fünf Jahren um 10 bis 20 Prozent in die Höhe treiben“ könnte. Der IWF geht derweil davon aus, dass bereits heute 60 Prozent aller Jobs in den Industrieländern durch die KI bedroht sind.

    An dieser Stelle ist ein kleiner Ausflug in die Volkswirtschaft sinnvoll. Der gute alte Satz „Autos kaufen keine Autos“ lässt sich auch 1:1 auf die KI-Branche übertragen. Hier würde es dann wohl heißen, „KI-Bots bezahlen keine KI-Bots“. Die Finanzjongleure arbeiten offenbar diesmal zusammen mit Big Tech schon wieder an der Quadratur des Kreises – einem grenzlosen Wachstum ohne menschliche Beteiligung. Auch das ist freilich ein Zirkelschluss, der so nicht aufgeht. Jeder entlassene Angestellte fällt als Konsument weg und sowohl physische Produkte als auch Dienstleistungen müssen am Ende der Wertschöpfungskette immer noch von einem Konsumenten, also einem Menschen, gekauft werden. Das gesamte KI-Ökonomie-Modell ist also eine Totgeburt. Kein Wunder, dass die KI-Pioniere und Tech-Milliardäre so große Fans eines „bedingungslosen Grundeinkommens“ sind. Aber auch das ist eine Schnapsidee, die nichts an der Grundproblematik ändert, dass es ohne menschliche Produktivität auch nichts zu verteilen gibt.

    Hinzu kommt, dass all die Euphorie zumindest bislang jeglicher Grundlage entbehrt. Wer sich – wie ich – einmal halbwegs professionell mit dem Einsatz sogenannter LLMs (Large Language Models) wie ChatGPT, Grok, Claude oder Gemini beschäftigt hat, merkt nach anfänglicher Begeisterung schnell, dass diese Modelle unglaublich fehlerbehaftet sind. Das mag bei privaten Spielereien nichts ausmachen. Für bestimmte Einsatzzwecke wie die eines Chatbots, der Kundenbeschwerden aufnimmt, mag dies auch kein Problem sein, da die Kunden heute gar keine qualifizierte Betreuung mehr erwarten. Bevor ein Unternehmen aber Kernbereiche wie die Buchhaltung, das Personalwesen, die Rechtsabteilung oder gar die Entwicklung in die Hände von LLMs gibt, muss aber noch sehr, sehr viel passieren. Anders verhält es sich freilich mit generativen und spezialisierten KI-Modellen, die selbstverständlich ihren – auch kommerziellen – Weg in unsere Unternehmenswelt finden werden und ja oft auch bereits gefunden haben. Aber hier sprechen wir dann nicht über ein jährliches Billionen-Volumen.

    Und zu guter Letzt erstaunt bei der Betrachtung der genannten Zahlen auch die Naivität. Man ist begeistert vom technischen Vorsprung, will unbedingt dabei sein, ignoriert dabei aber, dass die technologische Entwicklung nicht stehenbleibt. Die jetzigen Billionen-Investitionen werden in eine Technik vorgenommen, die man wohl als die Frühphase der KI-Entwicklung bezeichnen könnte. Das ist im übertragenen Sinne so, als hätten sich die Industriemagnaten der deutschen Staaten 1835 zusammengetan und Milliarden Taler gesammelt, um ganz Deutschland mit Millionen Dampfloks des Typs Adler an die Schiene zu bringen. Die Adler wurde aber bereits nach wenigen Jahren ausgemustert und durch neue, leistungsfähigere, preiswertere und produktivere Lokomotiven ersetzt.

    Selbstverständlich wird es auf dem Feld der KI ähnlich sein. Schon in wenigen Jahren werden „veraltete“ Rechenmodelle durch neue, effizientere Modelle ersetzt, die Chips von Nvidia, für die heute gigantomanische Rechenzentren mit eigener AKW-Stromversorgung geplant und finanziert werden, werden neuen, effizienteren Chips weichen. Chinas DeepSeek war der erste Warnschuss, der nächste „Sputnik-Moment“ in der KI wird schon bald folgen und womöglich sämtliche Billioneninvestitionen pulverisieren.

    Was wenn die Blase platzt?

    Dass die Blase platzt, ist sicher. Wann dies geschieht und welche Folgen das haben wird, ist offen. Da es sich bei den meisten Investitionen wie oben angeführt um ein geschlossenes System handelt – das allenfalls von außen mit „Private Equity“-Risikokapital gespeist wird -, ist der direkte volkswirtschaftliche Schaden überschaubar. Dann hat die Forbes-Liste halt ein paar Milliardäre weniger. So what? Das gilt jedoch nicht für die dann zu erwartenden Buchverluste.

    Vor allem in den USA – aber leider ja auch mehr und mehr in Deutschland – ist ein großer Teil der Altersvorsorge auf die Aktienmärkte ausgelagert. Lebensversicherung, Pensionsfonds und ETFs – wenn die KI-Branche heute einen Großteil des „Wertes“ des amerikanischen Aktienmarktes ausmacht, wird das Platzen der KI-Branche direkte Folgen auf die Alterseinkünfte großer Teile der Bevölkerung haben. Das ist unvermeidbar, ist die Privatisierung der Altersvorsorge dort doch bereits weit fortgeschritten. Welche Folgeeffekte dies haben wird, ist schwer zu berechnen. Doch allzu viel Fantasie braucht es dafür auch nicht. Wenn weite Teile der Bevölkerung auf einen signifikanten Teil ihrer erwarteten Einnahmen verzichten müssen, hat dies auch massive Auswirkung auf deren Ausgaben. Die Folge: Rückgang der Kaufkraft, Rezession, Wirtschaftskrise.

    Vor allem die USA sind also eine Wette eingegangen, die sie – als Volkswirtschaft – eigentlich nur verlieren können. Gehen – was eher unwahrscheinlich ist – die Prognosen der KI-Branche auf, drohen Massenarbeitslosigkeit, Kaufkraftverlust und Krise. Gehen – was wahrscheinlicher ist – die Prognosen nicht auf, droht ein Platzen der Blase, die Erosion der privaten Altersvorsorge, Kaufkraftverlust und Krise. Tertium non datur.

    P. S.: Dieser Artikel ist der Auftakt einer Reihe zu KI-Themen aus ökonomischer Sicht. Viele Aspekte des Themenbereichs konnte ich in diesem kurzen Artikel nicht behandeln. Das wird aber in Folgeartikeln noch geschehen. Wenn Sie konkrete Fragen oder Anregungen haben, schreiben Sie mir gerne.

    #USA #spéculation #économie #finance #intelligence_artificielle #bulle système_de_Ponzi

  • Microsoft Scales Back AI Goals Because Almost Nobody Is Using Copilot

    Microsoft has cut its sales targets for its agentic AI software after struggling to find buyers interested in using it. In some cases, targets have been slashed by up to 50%, suggesting Microsoft overestimated the potential of its new AI tools. Indeed, compared with ChatGPT and Google’s Gemini, Copilot is falling behind, raising concerns about Microsoft’s substantial AI investment.

    https://tech.yahoo.com/ai/copilot/articles/microsoft-scales-back-ai-goals-144521568.html

    https://media.zenfs.com/en/extreme_tech_articles_222/cfa4a73b8d8204787de386786b93f660#jpg

    #bulle_ia #ia #Intelligence_artificielle #Bulle_spéculative #microsoft

  • Un crash annoncé : Le boom boursier des actions IA, par Ernst Lohoff
    https://www.palim-psao.fr/2025/12/un-crash-annonce-le-boom-boursier-des-actions-ia-par-ernst-lohoff.html

    Les manuels d’économie chantent généralement les louanges de la concurrence. Le « monopole naturel » constitue une exception : si vous recherchez ce terme sur Google, l’IA vous donnera la réponse suivante : « Un monopole naturel apparaît lorsqu’il est plus rentable pour une seule entreprise d’approvisionner un marché que pour plusieurs fournisseurs. Cela s’explique généralement par des coûts fixes élevés et des économies d’échelle, qui rendent la concurrence inefficace. Les entreprises de services publics telles que l’approvisionnement en électricité ou en eau en sont des exemples, car la construction de réseaux supplémentaires serait peu rentable. »

    […]

    Des pans importants du secteur de l’IA obéissent également à cette logique du « winner takes it all ».

    […]

    Dès le début, les géants de l’informatique ont fondé leurs stratégies d’entreprise sur le principe que la révolution de l’IA allait engloutir presque tous ses enfants. Ils ont tous pour objectif d’être parmi les rares survivants de la grande bataille finale afin de pouvoir ensuite, en tant que maîtres de l’univers de l’IA, percevoir des tributs de la société mondiale qui éclipseront tout ce qui a existé jusqu’à présent. Cela signifie toutefois que tous les investisseurs qui n’ont pas misé sur le gagnant ont investi dans le néant. La forme que prendra la destruction du capital fictif reste ouverte. Mais il ne fait aucun doute qu’elle aura lieu.

    #IA #IA_générative #capitalisme #bulle #Ernst_Lohoff et #des_milliards_comme_s_il_en_pleuvait pour @biggrizzly

  • Oracle, symbole du dégonflement de la #bulle de l’#IA
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/18/oracle-symbole-du-degonflement-de-la-bulle-de-l-ia_6658498_3234.html

    La valeur de l’entreprise de #Larry_Ellison s’était envolée après l’annonce de grands investissements dans des data centers. Trois mois plus tard, la baisse est rude : − 50 %, à cause de doutes sérieux sur la concrétisation des promesses. Une désillusion qui commence à se propager à tout le secteur.

    Noël en avance ? ... ... ...

  • La Chine mise sur l’explosion de la bulle IA aux États-Unis — le plan Yifu Lin
    https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/08/chine-explosion-bulle-ia-cinq-ans-yifu-lin

    Il est largement admis qu’en termes de croissance économique, ce qui importe n’est pas seulement le nombre de travailleurs, mais la quantité de main-d’œuvre effective — c’est-à-dire le nombre de travailleurs multiplié par leur nombre moyen d’années de scolarité.

    Quand tu te rends compte que la droite a tellement de dogmes, qu’elle est même capable de se tirer des balles dans le pied pour ses fondamentaux...

  • S’armer pour sauver le capitalisme financier !
    https://lundi.am/S-armer-pour-sauver-le-capitalisme-financier

    L’avènement de Trump est apocalyptique, au sens premier de ce terme, celui de dévoilement. Son agitation convulsive a le grand mérite de montrer la nature du capitalisme, le rapport entre la guerre, la politique et le profit, entre le capital et l’État habituellement voilé par la démocratie, les droits humains, les valeurs et la mission de la civilisation occidentale.

    La même hypocrisie est au cœur du récit construit pour légitimer les 840 milliards d’euros de réarmement que l’UE impose aux États membres par le recours à l’état d’exception. S’armer ne signifie pas, comme le dit Draghi, défendre « les valeurs qui ont fondé notre société européenne » et qui ont « garanti pendant des décennies à ses citoyens la paix, la solidarité et, avec notre allié américain, la sécurité, la souveraineté et l’indépendance », mais cela signifie sauver le capitalisme financier.

    • Trump n’est pas un pacifiste, il ne fait que reconnaître la défaite stratégique de l’OTAN dans la guerre d’Ukraine, alors que les élites européennes refusent l’évidence. Pour elles, la paix signifierait le retour à l’état catastrophique auquel elles ont réduit leurs nations. La guerre doit continuer car pour elles, comme pour les démocrates et l’État profond usaméricain, c’est le moyen de sortir de la crise qui a commencé en 2008, comme ce fut le cas pour la grande crise de 1929. Trump pense pouvoir la résoudre en donnant la priorité à l’économie sans renier la violence, le chantage, l’intimidation, la guerre. Il est très probable que ni l’un ni les autres ne réussiront car ils ont un énorme problème : le capitalisme, dans sa forme financière, est en crise profonde et c’est précisément de son centre, les USA, qu’arrivent les signaux “dramatiques” pour les élites qui nous gouvernent. Au lieu de converger vers les USA, les capitaux fuient vers l’Europe. Une grande nouveauté, symptôme de grandes ruptures imprévisibles qui risquent d’être catastrophiques.

      [...]
      Commençons par la crise de 1929, qui trouve son origine dans la Première Guerre mondiale et la tentative d’en sortir en activant les dépenses publiques par l’intervention de l’État. Selon Baran et Sweezy (ci-après B&S), l’inconvénient des dépenses publiques dans les années 1930 était leur volume, incapable de contrer les forces dépressives de l’économie privée.

      « Considéré comme une opération de sauvetage de l’économie américaine dans son ensemble, le New Deal a donc été un échec flagrant. Même Galbraith, le prophète de la prospérité sans engagements guerriers, a reconnu qu’au cours de la décennie 1930-1940, la “grande crise” n’a jamais pris fin ».

      Ce n’est qu’avec la Seconde Guerre mondiale qu’elle a pris fin : « Puis vint la guerre, et avec la guerre vint le salut (...) les dépenses militaires ont fait ce que les dépenses sociales n’avaient pas réussi à faire », car les dépenses publiques sont passées de 17,5 milliards de dollars à 103,1 milliards de dollars.

      B&S montrent que les dépenses publiques n’ont pas donné les mêmes résultats que les dépenses militaires parce qu’elles étaient limitées par un problème politique qui est toujours d’actualité. Pourquoi le New Deal et ses dépenses n’ont-ils pas atteint un objectif qui « était à portée de main, comme la guerre l’a prouvé par la suite » ? Parce que sur la nature et la composition des dépenses publiques, c’est-à-dire la reproduction du système et du prolétariat, la lutte des classes se déchaîne.

      « Compte tenu de la structure du pouvoir du capitalisme monopoliste usaméricain, l’augmentation des dépenses civiles avait presque atteint ses limites extrêmes. Les forces qui s’opposaient à une nouvelle expansion étaient trop puissantes pour être vaincues ».

      Les dépenses sociales ont concurrencé ou nui aux entreprises et aux oligarchies, les privant de leur pouvoir économique et politique. « Comme les intérêts privés contrôlent le pouvoir politique, les limites des dépenses publiques sont fixées de manière rigide, sans se soucier des besoins sociaux, aussi flagrants soient-ils ». Et ces limites s’appliquaient également aux dépenses, à la santé et à l’éducation, qui à l’époque, contrairement à aujourd’hui, n’étaient pas directement en concurrence avec les intérêts privés des oligarchies.

      La course aux armements permet d’augmenter les dépenses publiques de l’État, sans que cela se traduise par une augmentation des salaires et de la consommation du prolétariat. Comment l’argent public peut-il être dépensé pour éviter la dépression économique qu’entraîne le monopole, tout en évitant le renforcement du prolétariat ? « Par des armements, par plus d’armements, par de plus en plus d’armements ».

      #capitalisme #capitalisme_financiarisé #bulle_financière #guerre #État_social #Allemagne #militarisation
      #Michał_Kalecki #Paul_Sweezy #Paul_A._Baran #Maurizio_Lazzarato

    • Le capital financier ne produit pas de biens, mais des bulles qui gonflent toutes aux USA et éclatent au détriment du reste du monde, se révélant être des armes de destruction massive. La finance usaméricaine aspire de la valeur (les capitaux) du monde entier, l’investit dans une bulle qui tôt ou tard éclatera, obligeant les peuples de la planète à l’austérité, au sacrifice pour payer ses échecs : d’abord la bulle internet, puis la bulle des subprimes qui a provoqué l’une des plus grandes crises financières de l’histoire du capitalisme, ouvrant la porte à la guerre. Ils ont aussi tenté la bulle du capitalisme vert qui n’a jamais décollé et enfin celle, incomparablement plus grosse, des entreprises de haute technologie. Pour colmater les brèches des désastres de la dette privée déchargée sur les dettes publiques, la Réserve fédérale et la Banque européenne ont inondé les marchés de liquidités qui, au lieu de “ruisseler” dans l’économie réelle, ont servi à alimenter la bulle des hautes technologies et le développement des fonds d’investissement, connus sous le nom de “Big Three” : Vanguard, BlackRock et State Street (le plus grand monopole de l’histoire du capitalisme, gérant 50 000 milliards de dollars, actionnaire principal de toutes les plus importantes sociétés cotées en bourse). Aujourd’hui, même cette bulle est en train de se dégonfler.

      #capital_financier #bulles

  • Dominique dominiquekaradjian@eldritch.cafe

    La bulle de l’IA serait-elle enfin en train d’exploser ? Peter Thiel a vendu toutes ses parts de NVIDIA et une partie de ses parts de Tesla. Le deal pharaonique entre Oracle et OpenAI de 300 milliards de dollars [...] est estimé à MOINS 72 milliards.

    https://eldritch.cafe/@dominiquekaradjian/115571402727552575

    L’article du Finacial Times : https://archive.is/uLke9

    Peter Thiel liquide la totalité de ses actions Nvidia, la peur de la bulle IA s’intensifie
    https://www.generation-nt.com/actualites/peter-thiel-nvidia-vente-actions-bulle-ia-softbank-2066169

    Michael Burry, qui avait vu venir la crise de 2008, attaque Nvidia et Palantir : la bulle IA va exploser !
    https://www.generation-nt.com/actualites/michael-burry-nvidia-palantir-short-bulle-ia-2065750

    Allez, on regroupe tout ça sous #bulle_ia comme proposé par @b_b

    #ia #Intelligence_artificielle #Bulle_spéculative #Economie_numérique

    • Et en même temps

      Fort de ses résultats exceptionnels, le patron de Nvidia nie l’existence d’une bulle dans l’IA

      Dopée par les investissements colossaux des géants du secteur, l’entreprise de Jensen Huang, leader mondial des microprocesseurs destinés à l’intelligence artificielle, a dévoilé, mercredi, un chiffre d’affaires et des bénéfices trimestriels supérieurs aux attentes du marché.

      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/11/20/fort-de-ses-resultats-exceptionnels-le-patron-de-nvidia-nie-l-existence-d-un

    • Le diable est dans les détails : oui, Nvidia a 72% de taux de marge… ce qui laisse pantois. Ils ont aussi fait des deals de vente circulaire avec leurs principaux clients, les géants de l’IA… dont je doute qu’ils puissent tous régler Nvidia à la hauteur de ce qu’ils lui achètent, vu qu’ils dégagent encore et toujours… aucune valeur.

      Donc Nvidia a financé certaines de ses ventes en achetant ou en promettant d’acheter les services de ses gros clients dont on se demande combien de temps encore ils vont jouer la cavalerie. Donc, les montants pharamineux dont on ne voit pas bien d’où vient l’argent concrètement et dont le gros (pratiquement tout en fait) sert à arroser les actionnaires.

      Ça ressemble méchamment à un gigantesque « tapis » de casino où tout le monde tente de récupérer ses billes avant la fin de partie qui s’annonce chaotique.

      Ce qui est cohérent avec le général qui nous annonce que le plan, c’est de faire crever nos gosses à la guerre.

  • Les pertes abyssales d’#OpenAI - Cafétech
    https://cafetech.substack.com/p/les-pertes-abyssales-dopenai-6b9

    Plus de douze milliards de dollars envolés en seulement trois mois. Les pertes abyssales accusées par OpenAI au troisième trimestre ne sont pas seulement inédites pour une start-up, symbole des ambitions vertigineuses de son patron Sam #Altman, lancé dans une course effrénée vers une #super-intelligence. C’est aussi le plus lourd déficit jamais enregistré par une entreprise américaine – hors pertes “comptables” liées à des dépréciations d’actifs ou à des charges fiscales exceptionnelles.

    Le creusement des pertes est spectaculaire : sur l’ensemble de l’année dernière, elles s’étaient élevées à cinq milliards de dollars. Cela correspond à une nouvelle phase de développement du créateur de #ChatGPT, qui multiplie les contrats colossaux afin d’acquérir la puissance de calcul nécessaire pour entraîner et faire tourner ses modèles d’#intelligence_artificielle_générative. “C’est un pari qui comporte une part de risques”, reconnaît Sam Altman, interrogé ce week-end dans un podcast.

    #bulle_ia

  • Les signes se multiplient et les conséquences seraient terribles : la bulle de l’IA est-elle prête à éclater ?

    Entre valorisations délirantes, coûts d’infrastructure colossaux et promesses encore loin d’être tenues, l’intelligence artificielle fait planer le spectre d’une bulle prête à exploser.

    Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque d’Angleterre ont tous deux mis en garde, début octobre, contre les risques d’un krach boursier lié à la frénésie autour de l’intelligence artificielle.

    https://www.presse-citron.net/ia-bulle-speculative-openai-nvidia-valorisations

    #ia #Intelligence_artificielle #Bulle_spéculative #Economie_numérique

  • VIDEO Gaza : le D9 israélien, un bulldozer de guerre au service de l’anéantissement de l’enclave
    https://www.lemonde.fr/videos/video/2025/10/16/gaza-le-d9-israelien-un-bulldozer-de-guerre-au-service-de-l-aneantissement-d


    Cette vidéo est très démonstrative du comment faire le génocide/urbicide en pratique
    Elle est sous #pay_wall . Je ne sais pas comment l’extraire, mais ça le vaut
    En particulier, les vidéos de conducteurs d’engins qui expriment toute à la fois leur enthousiasme de détruire ces bâtiments mais témoignent aussi du fait qu’il s’agit très clairement d’ordres venant d’en haut. Et plusieurs d’entre eux le justifient par la volonté de coloniser Gaza. Mais après on nous dira qu’il n’y a pas d’intentionnalité...

  • Analyse à chaud : l’annonce du Premier ministre concernant la réforme des retraites
    http://blogs.alternatives-economiques.fr/zemmour/2025/10/14/analyse-a-chaud-l-annonce-du-premier-ministre-concern

    Michaël Zemmour 14/10/2025

    L’annonce du Premier Ministre laisse prévoir un décalage du calendrier de la réforme de 2023, d’environ 3 mois pour les générations 1964 à 1968 (3,5 m de personnes). La cible des 64 ans et 172 annuité continuerait d’être poursuivie au même rythme, décalé d’une année de naissance.

    • Si le morceau est trop gros à faire avaler, tu le découpes en petits bouts que tu éparpilles en proposant de former des équipes pour chaque échantillon.
      Puis tu appelles le PS pour qu’ils fanfaronnent dans les médias sur cette belle réussite.

    • On peut en déduire que les personnes nées en avril 1965 partiront à 63 ans et 171 trimestres. Puis la réforme poursuivra son cours ordinaire (on peut même imaginer que ça aille plus vite).

      je savais bien qu’il y avait une embrouille. Le PS qui se macronise ou l’inverse d’office ça sent pas bon.

    • Le « pari risqué » du Parti socialiste lui profitera-t-il ?
      https://f24.my/BV27

      Comme l’a reconnu le chef de file des députés socialistes, Boris Vallaud, à la tribune de l’Assemblée nationale, le #Parti_socialiste, en acceptant de ne pas censurer le gouvernement, fait un « pari ». Au risque de s’isoler du reste de la gauche ou d’être qualifié de « sauveur de la #macronie » par l’extrême droite.

      « Je suis heureux pour les 3,5 millions de personnes qui pourront partir à la retraite plus tôt. [...] Quand on fait de la politique, on le fait pour changer la vie des gens. En tout cas c’est ma conception », s’est justifié le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, mardi au 20 heures de TF1, estimant que « provoquer une dissolution, ça ne change pas la vie des gens » et se disant « déterminé à arracher d’autres victoires ».

      à l’instar de la main droite atrophiée de Boris, Olivier à des petits pieds.
      https://seenthis.net/messages/1141048

    • En sauvant la Macronie, le P"S" n’a pas pu éviter la dégradation de la note sur la dette de la France par S&P (AAA —> A+) mais ça c’est sûr, ça va « changer la vie des gens », enfin, surtout celle des rentiers ...
      https://www.ouest-france.fr/economie/budget-collectivites-etat/degradation-de-la-dette-francaise-qui-perd-et-qui-gagne-si-les-taux-rem

      « Cela va demander des efforts » (Roland Lescure, ministre de l’économie)

    • Quelques nouvelles d’une vieille baderne issue de la « mouvance » des droitards « raisonnables », histoire de se mettre en jambe pour cette nouvelle semaine de merdasse médiatique ...
      https://www.lepoint.fr/politique/la-taxe-zucman-est-a-la-croissance-ce-que-l-hydroxychloroquine-etait-au-covi

      Ça fait quand même plus d’un demi-siècle qu’ils nous pourrissent la vie ces vieux salopards.

      #croissance #valeur_travail (avec des guillemets) #loi_de_l'offre #emploi (ou plutôt #bullshit_job) #lois_du_marché (libre et non-faussé, mon cul) #dette_publique #dogmes #horreur_économique

    • @sombre pour Le Point ça fait 53 ans qu’il brosse son lectorat dans le sens du poil. Un poil de CSP+
      Claude Imbert , l’un des fondateurs, fut le premier à occuper le poste de rédac chef. Sa vision a profondément marqué le magazine au cours de ses premières années. Plus tard, Franz-Olivier Giesbert et Étienne Gernelle ont respectivement pris les rênes de l’hebdo.
      L’ère numérique a également vu émerger des figures comme Florent Barraco et Jérôme Béglé , qui ont su adapter Le Point à l’évolution du paysage médiatique et faire concurrence, voire alliance avec un autre torche cul Valeurs Actuelles .
      https://www.viapresse.com/abonnement-magazine-le-point-qui-est-le-directeur-du-magazine-le-point
      Où est Géraldine ?
      https://seenthis.net/messages/1125915

    • « Volte-face » ? Le PS n’a pas « trahi », c’est la France Insoumise qui l’a fait passer pour un allié
      https://www.revolutionpermanente.fr/Volte-face-Le-PS-n-a-pas-trahi-c-est-la-France-Insoumise-qui-l-

      En refusant de voter la censure contre Lecornu, le Parti socialiste a une nouvelle fois sauvé le macronisme. Une « trahison » que Jean-Luc Mélenchon et LFI feignent de découvrir. Pourtant, elle s’inscrit dans la droite lignée de 50 années d’attaques antisociales lancées par le PS.

      Alors que les débats battent leur plein à l’Assemblée nationale, le tandem Macron-Lecornu semble avoir trouvé un chemin pour faire passer leur copie du budget 2026 et imposer une nouvelle austérité brutale. Une stabilisation relative que la macronie doit à la bonne volonté du Parti socialiste, toujours prêt à collaborer pour sauver un régime en difficulté. Les socialistes ont ainsi offert leur soutien à un gouvernement illégitime en échange de l’arnaque de la « suspension », ainsi que de pseudo-concessions qui pourraient bien ne jamais voir le jour étant donné que le budget pourrait passer par ordonnance.

      Cette politique de sauvetage de la macronie par le PS n’est une surprise pour personne. Il suffit en effet de remonter au mois de janvier, lorsque le PS refusait de censurer le gouvernement Bayrou et validait en échange du conclave sur les retraites les coupes brutales du budget 2025. Une séquence que les responsables insoumis ont vraisemblablement oubliée puisque, depuis deux semaines, ils n’ont plus de mots pour dénoncer ce qui est à leurs yeux une terrible « trahison » du PS. Mélenchon, dans deux notes de blog publiées le 23 et 25 octobre, fustige notamment ce « changement de ligne » du PS comme « une caricature de l’opportunisme et du cynisme en politique ».

      Le dirigeant insoumis explique même que cette « volte-face politique » constitue un revirement stratégique total de la part du PS : abandonnant le projet du NFP, Faure et ses lieutenants miseraient désormais sur une « grande coalition » avec le centre macroniste sur le modèle des autres grands partis de la social-démocratie européenne. Un changement si profond qu’il serait de l’ordre des « ondes longues de l’histoire politique des partis en France », souligne-t-il. Un discours d’une profonde hypocrisie : Mélenchon feint d’ignorer que le PS n’a, depuis Mitterrand et le tournant de la rigueur, jamais cessé d’être un parti bourgeois qui, au pouvoir en alternance avec la droite, a joué un rôle central dans à la mise en œuvre des politiques austéritaires, anti-ouvrières et racistes des dernières 50 années.
      Une trahison, vraiment ? Le PS, un parti bourgeois intégré au régime

      Dès lors, parler de « trahison » du Parti Socialiste comme le font les insoumis participe à l’illusion que le PS ferait partie de « notre camp social ». Non, les responsables socialistes n’ont pas été « roulés dans la farine » par les macronistes, et ne sont pas tombés dans l’« amateurisme » comme l’affirme LFI. Ils n’ont pas non plus « changé de ligne » comme cherche à le souligner Mélenchon pour mieux se dédouaner de ses responsabilités dans la résurrection de ce parti. Bien loin de « trahir », le PS ne fait que jouer le rôle qu’il a joué historiquement : se faire élire en donnant l’illusion que cela permettra d’obtenir des concessions sociales, puis imposer certaines des plus graves politiques anti-ouvrières, racistes et autoritaires de la Vème République.

      Cela a notamment commencé avec la victoire de Mitterrand en 1981. Il faudra alors seulement attendre deux ans pour que le PS s’adapte aux exigences politiques de la bourgeoisie française et opère le « tournant de la rigueur ». Au programme : gel des salaires, coupes drastiques dans les services publics, privatisations. Cette brusque offensive anti-ouvrière sur fond d’adaptation à l’agenda néolibéral se poursuivra à chaque séjour des socialistes à Matignon ou à l’Élysée. Sous la « gauche plurielle » de Jospin, le PS s’empressera en effet de privatiser à tour de bras : France Télécom, Air France, le Crédit Lyonnais, Thomson ou encore l’aérospatial y passent. Et l’on ne saurait bien sûr oublier les innombrables attaques contre les travailleurs de la présidence de François Hollande, à commencer par la loi Travail dite « El-Khomri » de 2016. Autant d’illustrations de l’intégration profonde du PS au régime au service de l’offensive néo-libérale.

      Tout au long de son histoire, le PS a su démontrer qu’il se plaçait du côté des patrons, dont il s’est toujours efforcé de garantir et de protéger les profits. Dès les premiers mois de son mandat, Hollande offrait au patronat le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), un cadeau de 100 milliards d’euros, prolongé en 2014 par le Pacte de responsabilité, qui acte une baisse drastique des cotisations payées par les entreprises et préfigure la politique de l’offre menée par les macronistes aujourd’hui. On ne peut donc guère s’étonner du fait que le PS de Faure se prépare déjà à renoncer à la « Taxe Zucman », qui n’était déjà qu’une bien maigre mesure, pour lui préférer une « Taxe Zucman Light ». De l’avis de Zucman lui-même, celle-ci serait absolument indolore pour le grand patronat en permettant notamment à des milliardaires comme Bolloré et Bernard Arnault d’échapper à cet impôt.

      En plus d’avoir rendu de fiers service à la bourgeoisie française, le rôle du PS au service du renforcement répressif de la Ve République est tel qu’il ferait même pâlir la droite traditionnelle. À commencer par la Loi Chevènement et la Loi sur la sécurité quotidienne, promulguées sous Jospin, la première contre les droits des personnes étrangères et la seconde renforçant les moyens policiers et la surveillance de masse. Cette offensive a été continuée et largement étendue sous Hollande, avec notamment l’inscription du délit d’apologie du terrorisme dans le droit commun, le débat sur la déchéance de nationalité, etc.

      Que ce soit dans ses attaques contre les travailleurs et les étrangers ou dans sa politique pro-patronale, la ligne historique du PS est en symbiose avec la politique menée depuis désormais huit ans par Macron, ancien ministre socialiste. Si ses deux mandats ont encore radicalisé les attaques initiées sous Hollande, le soutien du PS à ces offensives n’en reste pas moins l’orientation politique naturelle de ce parti bourgeois, profondément intégré au régime.
      La résurrection du PS, fruit de la stratégie institutionnelle de LFI

      Pour Mélenchon, qui continue de revendiquer une grande partie du bilan du mitterrandisme, l’histoire du PS est avant tout celle d’une force politique au service de l’émancipation, qui aurait connu quelques errements à partir des années 2000. Ainsi, de son point de vue, le « volte-face » actuel conduit le parti à un retour à ces errements, « à la grande tradition de l’arnaque à la François Hollande », et clôturerait la parenthèse durant laquelle le PS était redevenu un authentique « parti de gauche » à travers sa collaboration aux alliances électorales impulsées par LFI, la Nupes en 2022 et le NFP en 2024.

      Mais cette manière de présenter les choses mystifie la réalité : ce sont précisément ces alliances électorales qui ont produit l’illusion d’un revirement à gauche du PS, permettant ainsi à un parti sorti exsangue du quinquennat de Hollande de se refaire une santé et de se réhabiliter comme force politique d’opposition. Loin de toute rupture avec la période hollandiste, après 2017 les socialistes ont simplement été contraints de mettre en sourdine leurs aspects les plus anti-ouvriers et racistes pour éviter leur disparition politique.

      Si Mélenchon est bien conscient que sans l’union de la gauche aux législatives le PS aurait « été instantanément rayé de la carte électorale » [1], c’est bien qu’il pensait pouvoir imposer son hégémonie sur le PS tout en s’appuyant sur son ancrage national. Une opération de réhabilitation du PS qui s’est retournée contre son initiateur et vient à nouveau illustrer les limites stratégiques de LFI. Cherchant à multiplier les alliances et combines électorales pour combler ses problèmes d’implantation locale sur le territoire, LFI a remis en scelle le PS en lui permettant d’appuyer les politiques macronistes. Les insoumis ont donc une part de responsabilité dans l’impasse que constitue la situation actuelle et le sauvetage du régime mis en œuvre par le PS.

      Cette politique de réhabilitation du PS est le produit de la stratégie institutionnelle de LFI. Comme Mélenchon le rappelle dans Faites mieux, les élections sont pour lui l’alpha et l’oméga de la politique : « La conviction démocratique, les élections sont la forme nécessaire de la mobilisation politique capable d’inverser le cours des choses non seulement par la conquête du pouvoir politique mais par l’implication populaire à construire et à maintenir ensuite ». Une orientation qui conduit LFI à raisonner, non pas sur le terrain de la lutte de classe, mais en termes de réserves potentielles de voix dans l’optique de remporter l’élection présidentielle, cœur névralgique de cette stratégie.

      Loin donc de constituer un changement de cap, le soutien actuel du parti d’Olivier Faure au gouvernement Lecornu illustre simplement qu’après avoir été ressuscité le PS n’a plus besoin de la bouée de sauvetage qu’a constitué LFI et n’hésite plus à réaffirmer sa vocation originaire : stabiliser le régime et appuyer les politiques réactionnaires de la macronie. De ce point de vue, la Nupes et le NFP n’ont été que le tremplin qui a permis à ce parti bourgeois de se refaire une santé et de se replacer au centre du jeu politique pour retrouver tout son pouvoir de nuisance.

      De plus, malgré l’hostilité désormais ouverte et affichée du PS envers LFI, qui se prépare à présenter des candidats socialistes contre les députés insoumis sortants aux prochaines élections, Mélenchon refuse toujours de reconnaître le PS comme un ennemi, mais seulement un adversaire qui peut devenir un partenaire de lutte. Lors d’une récente émission, Mélenchon a en effet prévenu : « Si nous commençons à jeter des pierres aux socialistes, ça va nous défouler c’est clair. Les chefs socialistes que nous voyons nous inspirent un mépris incroyable […] Ne tombez pas dans le piège, il faut fraterniser avec les socialistes de terrain, de la base, il faut s’unir dans l’action ». S’il semble avoir perdu l’illusion de se lier à la direction nationale du parti, il ne désespère pas de continuer à s’allier avec certaines sections locales du PS.

      Face à l’impasse de telles stratégies institutionnelles, il est urgent de défendre une autre ligne, loin des combines électorales, pour chercher à reconstruire une gauche révolutionnaire qui critique inlassablement les manœuvres et attaques de tous les partis bourgeois. Une gauche révolutionnaire, qui lutte sur les lieux de travail, dans les quartiers et sur les facs, pour construire les mobilisations qui traversent le pays, sans nourrir d’illusions dans les mécanismes de la Ve République ou dans une hypothétique réforme des institutions. Une gauche qui fait de la lutte des classes son centre de gravité, en totale indépendance politique d’avec les partis du régime comme le PS.

  • IA, une bulle prête à exploser ?
    https://www.clubic.com/actualite-581959-ia-une-bulle-prete-a-exploser.html
    https://pic.clubic.com/v1/images/2340292/raw

    Par Guillaume Belfiore, Rédacteur en chef adjoint.
    Publié le 06 octobre 2025 à 10h05
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    L’auteur de science-fiction et critique technologique Cory Doctorow alerte sur l’imminence d’un krach de l’industrie de l’intelligence artificielle. Selon lui, cette bulle financière est alimentée par des promesses irréalistes et menace aussi bien l’économie mondiale que les emplois de millions de travailleurs.
    IA, une bulle prête à exploser ? - Cory Doctorow ©Wikimedia
    IA, une bulle prête à exploser ? - Cory Doctorow ©Wikimedia

    On le sait, le secteur de l’IA traverse une période d’euphorie financière, mais cette dernière masquerait une réalité économique préoccupante. Cory Doctorow, auteur et figure reconnue de la critique technologique, estime que cette bulle spéculative représente désormais un tiers de la capitalisation boursière américaine concentrée sur une poignée d’entreprises technologiques.
    Une hypothèse économique erronée

    Dans un entretien recueilli par Futurism, l’auteur avance que les investissements massifs dans l’IA reposent sur une hypothèse fondamentalement erronée : la capacité des modèles de langage à remplacer efficacement les travailleurs humains. Doctorow révèle que 95% des entreprises qui tentent d’implémenter des solutions d’IA échouent dans leurs expérimentations. Malgré ces échecs répétés, les méga-corporations technologiques continuent de vendre aux investisseurs l’illusion d’une révolution productive imminente.

    L’éditeur de ChatGPT OpenAI a franchi le cap historique d’une valorisation de 500 milliards de dollars en 2025, devenant la start-up privée la plus chère au monde. Son concurrent Anthropic n’est pas en reste avec une levée de fonds record de 13 milliards de dollars qui propulse sa valorisation à 183 milliards de dollars. Mistral AI est aujourd’hui valorisée 11,7 milliards d’euros après avoir levé 1,7 milliard. Microsoft, Amazon, Google et Meta ont collectivement dépensé près de 100 milliards de dollars en 2024 uniquement pour leurs infrastructures d’IA, tandis que Microsoft prévoit d’investir 80 milliards supplémentaires en centres de données IA pour 2025. Le secteur dans son ensemble a attiré 131,5 milliards de dollars d’investissements en 2024.
    Cory Doctorow ©Shutterstock
    Cory Doctorow ©Shutterstock

    Cette dynamique créerait un paradoxe économique dangereux. Les dirigeants d’entreprises, convaincus par les arguments commerciaux des vendeurs d’IA, licencient des employés pour les remplacer par des systèmes qui ne peuvent pas effectuer leur travail. Doctorow résume cette situation : « L’IA ne peut pas faire votre travail, mais un commercial d’IA peut convaincre votre patron de vous licencier et de vous remplacer par une IA incapable de faire votre travail. »

    Le secteur technologique a enregistré plus de 80 000 licenciements au premier semestre 2025, avec des entreprises comme Microsoft qui a supprimé plus de 15 000 postes en affirmant vouloir les remplacer par des agents d’IA. Chez nous, en France, c’est aussi le cas Onclusive : l’entreprise a justifié la suppression de 217 postes sur 383 par « l’apport de l’intelligence artificielle ». Notons également Salesforce qui a licencié 4 000 employés pour les remplacer par des algorithmes.

    Les « foundation models », ces modèles de base qui nécessitent des investissements colossaux en infrastructures et en énergie, génèrent actuellement des pertes financières considérables. Ces systèmes consomment des ressources monumentales sans produire les retours économiques promis.
    Une catastrophe sociale programmée

    Pour Doctorow, l’effondrement de cette bulle aura des conséquences sociales majeures. Lorsque les investisseurs réaliseront que les promesses de rentabilité ne se matérialiseront pas, les financements s’arrêteront brutalement. Les entreprises se retrouveront alors avec des postes supprimés et des systèmes d’IA non fonctionnels, créant un vide productif difficile à combler.

    L’auteur explique que l’IA agit comme un poison lent dont il faudra tôt ou tard se débarrasser : « L’IA est l’amiante que nous enfonçons dans les murs de notre société et nos descendants devront l’extraire pendant des générations. »

    La seule solution préconisée par le critique consiste à « percer la bulle IA le plus rapidement possible » en démystifiant les capacités réelles des grands modèles de langage. Certains s’en sont déjà rendu compte. On pense notamment à Duolingo qui voulait entièrement miser sur l’IA avant de faire marche arrière assez rapidement.

    Source : Futurism

    #IA #Cory_Doctorow #Bulle_spéculative

  • La Deutsche Bank avertit que la bulle de l’IA est la seule chose qui maintient l’économie US à flot et que, lorsque cette bulle éclatera, la réalité sera bien plus dure que ce que tout le monde imagine
    https://intelligence-artificielle.developpez.com/actu/376214/La-Deutsche-Bank-avertit-que-la-bulle-de-l-IA-

    La Deutsche Bank avertit que la dynamique actuelle de l’économie américaine est dangereusement liée à un cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle (IA) en plein essor, qui pourrait ne pas être durable. Les analystes mettent en garde contre le fait que la forte augmentation des dépenses d’investissement, en particulier dans les centres de données d’IA, gonfle la croissance sans que cela ne s’accompagne de revenus durables. Les gains du marché étant fortement concentrés dans les valeurs technologiques, et les experts prévoyant une correction douloureuse, l’essor de l’IA pourrait déclencher un ralentissement économique brutal lorsque la bulle de l’IA éclatera.

    • ... une part considérable de cette expansion économique est attribuable à la construction de nouvelles installations physiques par des travailleurs humains. En revanche, le secteur des technologies et des services liés à l’IA n’a pas encore apporté de contribution significative au produit intérieur brut (PIB). Cette distinction suggère qu’une grande partie des avantages économiques immédiats provient du développement des infrastructures traditionnelles plutôt que de l’innovation directe en matière d’IA.

      ... il n’existe pas une seule bulle de l’IA, mais trois dynamiques distinctes qui se chevauchent : la bulle spéculative classique, la bulle d’infrastructure correspondant aux investissements colossaux dans l’IA, et la bulle médiatique qui traduit les promesses irréalistes autour de cette technologie.

      #IA #bulle_économique #centres_de_données

    • Nouveau « signal fort » : https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-bourse-au-bord-de-la-rupture-dix-symptomes-qui-temoignent-de-lebullition

      L’euphorie autour des valeurs de l’intelligence artificielle a propulsé les Bourses mondiales à des niveaux record. Le rebond de Wall Street depuis le mini-krach du « Liberation Day », en avril, est l’un des plus violents jamais enregistré. Les professionnels des marchés redoutent l’éclatement d’une nouvelle bulle.

      #paywall

    • Concernant la bulle médiatique j’ai plus que hâte qu’elle explose. Parce que là on est encore en pleine hallucination. Dernièrement, j’ai lu un article (à propos de développement informatique) qui disait « avec l’IA j’ai fait en 6 heures ce qui me prend 24 jours d’habitude »... Évidemment sans jamais donner le code et ce qui est fait généralement « en 24 jours » (mais qui est capable de dire ce qu’il fait précisément en 24 jours ?).

    • #AI boom is unsustainable unless tech spending goes ‘parabolic,’ Deutsche Bank warns | Fortune
      https://fortune.com/2025/09/23/ai-boom-unsustainable-tech-spending-parabolic-deutsche-bank

      The current AI boom is not sustainable, a Deutsche Bank research note warned this morning, because tech spending won’t “remain parabolic.” AI #capex is now so massive it is keeping the U.S. out of recession, the bank said. Separately, Bain & Co. estimate there will be an $800 billion shortfall in the revenues needed to fund the demand for AI computing power. About half the S&P 500’s gains this year have been driven by tech stocks.

      #bulle_ia

    • Pluralistic: The real (economic) AI apocalypse is nigh (27 Sep 2025) – Pluralistic: Daily links from Cory Doctorow
      https://pluralistic.net/2025/09/27/econopocalypse

      (...)

      He said, “OK, but what can we do about that?”

      So I re-iterated the book’s thesis: that the AI bubble is driven by monopolists who’ve conquered their markets and have no more growth potential, who are desperate to convince investors that they can continue to grow by moving into some other sector, e.g. “pivot to video,” crypto, blockchain, NFTs, AI, and now “super-intelligence.” Further: the topline growth that AI companies are selling comes from replacing most workers with AI, and re-tasking the surviving workers as AI babysitters ("humans in the loop"), which won’t work. Finally: AI cannot do your job, but an AI salesman can 100% convince your boss to fire you and replace you with an AI that can’t do your job, and when the bubble bursts, the money-hemorrhaging “foundation models” will be shut off and we’ll lose the AI that can’t do your job, and you will be long gone, retrained or retired or “discouraged” and out of the labor market, and no one will do your job. AI is the asbestos we are shoveling into the walls of our society and our descendants will be digging it out for generations:

      https://pluralistic.net/2025/05/27/rancid-vibe-coding/#class-war

      (...)

      I firmly believe the (economic) AI apocalypse is coming. These companies are not profitable. They can’t be profitable. They keep the lights on by soaking up hundreds of billions of dollars in other people’s money and then lighting it on fire. Eventually those other people are going to want to see a return on their investment, and when they don’t get it, they will halt the flow of billions of dollars. Anything that can’t go on forever eventually stops.

      This isn’t like the early days of the web, or Amazon, or any of those other big winners that lost money before becoming profitable. Those were all propositions with excellent “unit economics” – they got cheaper with every successive technological generation, and the more customers they added, the more profitable they became. AI companies have – in the memorable phraseology of Ed Zitron – “dogshit unit-economics.” Each generation of AI has been vastly more expensive than the previous one, and each new AI customer makes the AI companies lose more money:

      https://pluralistic.net/2025/06/30/accounting-gaffs/#artificial-income

      This week, no less than the Wall Street Journal published a lengthy, well-reported story (by Eliot Brown and Robbie Whelan) on the catastrophic finances of AI companies:

      https://www.wsj.com/tech/ai/ai-bubble-building-spree-55ee6128?st=efV1EF&reflink=article_email_share

      The WSJ writers compare the AI bubble to other bubbles, like Worldcom’s fraud-soaked fiber optic bonanza (which saw the company’s CEO sent to prison, where he eventually died), and conclude that the AI bubble is vastly larger than any other bubble in recent history.

      The data-center buildout has genuinely absurd finances – there are data-center companies that are collateralizing their loans by staking their giant Nvidia GPUs as collateral. This is wild: there’s pretty much nothing (apart from fresh-caught fish) that loses its value faster than silicon chips. That goes triple for GPUs used in AI data-centers, where it’s normal for tens of thousands of chips to burn out over a single, 54-day training run:

      https://techblog.comsoc.org/2024/11/25/superclusters-of-nvidia-gpu-ai-chips-combined-with-end-to-end-netwo

    • Éric Sadin. Le Désert de nous-mêmes. Le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle (Éditions L’échappée)
      https://librairie-quilombo.org/le-desert-de-nous-memes

      Le lancement de #ChatGPT, fin 2022, a inauguré le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle. Désormais, il est demandé à des systèmes de prendre le relais de nos facultés les plus fondamentales – en premier lieu celle de produire du langage et des symboles. Comment ne pas saisir l’ampleur des conséquences sociales, culturelles et civilisationnelles induites ?
      Celles-ci sont principalement de trois ordres. Premièrement, il est mis entre les mains de tous des technologies générant un pseudo-langage, car mathématisé, statistique et standardisé, appelé à devenir hégémonique. Deuxièmement, on ne connaîtra plus la nature ou l’origine d’une image. Émerge une ère de l’indistinction généralisée porteuse de nombreux périls alors que rancœur et défiance grandissent. Troisièmement, des dispositifs vont réaliser plus rapidement et de manière prétendument plus efficace que nous un nombre croissant de tâches à haute compétence cognitive. De ce fait, un ouragan va s’abattre sur les métiers de services et de la culture.
      Nous vivons un moment d’une extrême gravité, voyant l’automatisation, à terme intégrale, du cours du monde ne cesser de s’étendre. Or, il ne s’agit nullement d’un projet de société démocratiquement décidé, mais du résultat des vues d’ingénieurs et de l’ambition sans limites de l’empire de la tech.
      Ce livre procède à une analyse minutieuse des caractéristiques des #IA_génératives ainsi que de la rupture anthropologique à l’œuvre. Il revêt également une valeur de manifeste, appelant à défendre sans concession l’exercice des facultés qui nous définissent. Faute de quoi, nous appartiendrons bientôt à une humanité absente à elle-même.

    • Une autre bulle, côtée en bourse celle-ci.
      https://coinmarketcap.com/fr

      Une fraude à 5 milliards de dollars : une Chinoise de 47 ans plaide coupable de blanchiment en bitcoins à Londres
      https://www.lefigaro.fr/flash-actu/londres-une-ressortissante-chinoise-reconnue-coupable-de-blanchiment-de-bit

      5,5 milliards de livres sterling. L’équivalent de plus de 6 milliards d’euros. C’est le butin colossal que la justice britannique a placé sous scellés, après l’une des plus longues traques financières du XXIe siècle. Le 29 septembre 2025, Zhimin Qian, alias Yadi Zhang, 47 ans, surnommée la « reine du Bitcoin », a finalement plaidé coupable devant le tribunal de Southwark à Londres. Elle est accusée d’avoir orchestré une fraude aux proportions vertigineuses qui a piégé 128 000 investisseurs en Chine et conduit à la plus grande saisie de #cryptomonnaies jamais réalisée.

      En adoptant une posture favorable aux actifs numériques, Trump a assoupli les régulations et fait des États-Unis un leader dans le domaine des #cryptos. Ce soutien affirmé suscite un grand espoir dans l’industrie, notamment pour l’avenir du #Bitcoin et d’autres cryptomonnaies, sous sa présidence.

      Lors de son premier mandat, il s’est montré critique à l’égard des cryptomonnaies, qualifiant le Bitcoin de « fraude » en 2019 et affirmant que ces actifs « n’étaient pas de l’argent ». Cependant, son point de vue a radicalement évolué en 2024. Aujourd’hui, Trump se présente comme un ardent défenseur des cryptos, affirmant qu’elles représentent l’avenir de l’économie mondiale. Ce revirement est en partie dû à l’influence de ses conseillers pro-crypto et à une stratégie visant à attirer les jeunes électeurs et les entrepreneurs du secteur technologique. Et aussi à son enrichissement personnel et celui de sa famille.

  • #Typhaine_D : quand la #justice décortique la violence masculine en ligne

    Neuf hommes ont été jugés, ce 17 septembre, par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, après une vague de #cyberharcèlement subie par l’artiste Typhaine D. Récit.

    Qui aurait pu penser que l’#écriture_inclusive pouvait mener au #tribunal ? Sûrement pas l’artiste Typhaine D. « Au bucher ! Sorcière ! », « Il faut la piquer », « Je déboiterai bien une bonne féministe », « Sale pute de Femen, le seul mot féminin que tu dois connaitre c’est ‘cuisine’ » (sic)… Des messages comme ceux-là, Typhaine D en a reçu des milliers en juillet 2022, après avoir participé à une émission du Crayon.

    Le média en ligne avait publié un très court extrait de la vidéo sur les #réseaux_sociaux – manifestement pour créer la polémique –, dans lequel Typhaine D défendait l’usage de la #Féminine_universelle, une version de la #langue_française féminisée, pensée pour sensibiliser à l’usage excessif du masculin « neutre ». Un extrait, et une vague de harcèlement en ligne. Un an après le début des insultes, des incitations au viol et au meurtre, l’artiste a porté plainte contre X, et onze hommes ont été retrouvés.

    Évolution de la justice

    Les #procès comme celui-ci sont encore peu nombreux en France. Les politiques peinent encore à encadrer les dérives des grandes plateformes – en témoigne la dernière commission d’enquête parlementaire sur TikTok –, et la justice à du mal à suivre le rythme des flots de #haine_en_ligne. D’après une étude Ipsos, 70 % des plaintes déposées pour des faits de #harcèlement_en_ligne n’ont donné lieu à aucune poursuite. Pour pouvoir faire comparaître des prévenus, encore faut-il avoir les moyens de les identifier.

    Fait encore plus rare : lorsqu’elle arrive au commissariat de son quartier pour porter plainte, Typhaine D est directement reconnue par les officiers. Ils avaient repéré la vague de cyberharcèlement, et s’attendaient à ce qu’elle se présente. « Je voudrais remercier l’ensemble des personnes qui ont participé à l’enquête parce que j’ai toujours été prise au sérieux, et ça m’émeut beaucoup », déclare la plaignante lors du procès, étonnée d’avoir été prise au sérieux. Et pour cause : 86 % des plaintes pour des faits de #violences_sexistes_et_sexuelles sont classées sans suite en France.

    Depuis 2020 aussi, le tribunal de Paris est doté d’un pôle contre la haine en ligne. Cette instance décortique les mécanismes spécifiques aux délits en ligne pour les juger au mieux. C’est son vice-président qui sera procureur dans ce procès.

    Des visages derrière les adresses IP

    Onze hommes donc, mais seulement six, ce 17 septembre, sur le banc des prévenus. Trois d’entre eux ne se sont pas présentés et seront jugés en leur absence. Deux étaient mineurs au moment des faits, et seront jugés séparément. Les six présents – d’âges, de professions, de régions différentes –, se parlent comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Ces hommes, ces « #Monsieur-tout-le-monde », sont les visages de la violence masculine en ligne. Le visage de Typhaine D, les accusés le connaissent par cœur. Ils l’ont eux-mêmes partagé ou commenté sur les réseaux sociaux. Elle, les découvre.

    Tous sont accusés de harcèlement en ligne à caractère sexiste. Plusieurs d’entre eux, qui avaient formulé des appels au suicide ou au meurtre, sont aussi poursuivis pour provocation publique à commettre un #crime. « Quand je disais qu’il fallait la pousser sous un train, c’était du second degré. C’était pas concret, je n’imaginais pas que d’autres pouvaient avoir l’image », se défend Mattéo M., boulanger de 25 ans.

    Certains admettent avoir été entraînés dans le flot d’#insultes. D’autres rejettent la faute sur les réseaux sociaux, qui leur auraient proposé ces vidéos au hasard. Signe que la justice commence à prendre conscience des mécanismes des violences sexistes, le président et le procureur soulignent le fonctionnement des #algorithmes : sur les réseaux sociaux, plus on consomme de contenus sexistes, plus on nous en propose.

    Chacun des accusés donne l’impression de s’être senti protégé par l’#anonymat que procure #internet. « Il y a cet effet de meute sur les réseaux : face à un discours clivant, il y a un #effet_de_groupe, on a l’impression que notre #responsabilité est diminuée », reconnaît Robin K., 31 ans. Lui, admet avoir été pris dans une #bulle_numérique pendant des années, avoir consommé et commenté des contenus sur les réseaux sociaux à longueur de journée, ne minimise pas les faits, et soigne ses traumatismes d’enfance en thérapie depuis un an.

    Son avocat souligne cette évolution qui ne transparaît pas chez les autres prévenus : « Plus de trois ans après les faits, il s’est passé des choses dans sa vie. (…) À l’époque, il était bloqué dans une sphère négative. Les sociologues qui travaillent sur le sujet documentent très bien ce phénomène. »

    Du #sexisme au #masculinisme

    L’une des circonstances aggravantes des accusations qui pèsent sur les prévenus, c’est le caractère sexiste du harcèlement. Dehors, sur le parvis du tribunal, une petite centaine de militant·es et de personnalités publiques – l’actrice Anna Mouglalis, la députée Sandrine Rousseau, la sénatrice Laurence Rossignol ou encore le fondateur de Mouv’Enfants Arnaud Gallais – sont venu·es, à l’appel des collectifs féministes, soutenir la plaignante. Les réseaux sociaux servent à ça aussi.

    À l’intérieur de la salle d’audience, l’ambiance est plutôt à la négation des violences sexistes. « Salope », « sorcière », « demie folle » (sic)… Malgré la dimension misogyne indéniable des insultes utilisées, tous les accusés le martèlent : ils ne sont pas sexistes. « ‘Folle’, ça n’a pas de connotation sexiste. On dira aussi d’un homme qu’il est fou », conteste une avocate de la défense.

    Jonathan L., 38 ans, affirme qu’il soutient les femmes : la gestion de la salle de sport dont il est propriétaire, il l’a « même confiée à une femme, qui travaille mieux que certains hommes ». Il se présente comme un amoureux de la littérature, et justifie son commentaire – « Au bucher ! Sorcière ! » – par la défense de langue française, en réaction à l’#écriture_féministe prônée par Typhaine D. Ses livres de chevet ? Des manuels d’entrepreneurs, la biographie de Jean-Luc Mélenchon, et le dernier livre de Philippe De Villiers.

    Allant à rebours des arguments de la défense, le procureur souligne plusieurs fois l’importance de considérer la dimension sexiste des insultes, et demande même au tribunal de l’étendre à certains prévenus qui n’étaient pas concernés par cette circonstance aggravante. Il requiert, pour tous, des peines d’emprisonnement de plusieurs mois assorties d’un sursis, et des amendes allant de 1 000 € à 3 000 €.

    À travers l’examen de l’attitude de chacun des prévenus, il semble se dessiner l’échelle du continuum des violences sexistes. L’un d’eux, Tommy P., 40 ans, minimise l’ampleur des féminicides et pointe du doigt le #féminisme lors de sa garde-à-vue : « C’est pas les bonnes femmes qui sont féminicidées », « les Femen devraient faire un tour en prison », « l’hypocrisie est un mot féminin »… Sur les six accusés présents, c’est le seul qui ne formulera pas de remords. Son code pénal à lui : les règles d’utilisation de Facebook, qu’il assure respecter.

    Au cours de sa déposition, on découvre qu’il passe énormément de temps en ligne, à poster des messages sur des groupes Facebook, qu’il vit seul avec sa mère, et qu’il est passionné d’armes à feu. La mouvance masculiniste incel ne sera pas évoquée, mais son ombre plane au-dessus de l’audience. Un frisson parcours la salle. C’est Me De Filippis-Abate, avocate de Typhaine D, qui mettra des mots sur la réaction épidermique de beaucoup de femmes du public après la déposition de Tommy P. : « Je pense que toutes les femmes ici ont peur que ce monsieur nous tue. »

    https://www.politis.fr/articles/2025/09/justice-affaire-typhaine-d-quand-la-justice-decortique-la-violence-masculine
    #masculin_neutre #condamnation

  • Une #bulle d’#intelligence_artificielle et de #stupidité naturelle
    (pour archivage, publié en 2024)

    La technologie derrière #ChatGPT, #Dall-E et autres n’est pas révolutionnaire, elle est spectaculaire. C’est très différent. Et, comme souvent, le spectaculaire attire une attention démesurée du grand public par rapport aux capacités réelles de la technologie. C’est ce qu’on appelle «  une bulle  ».

    Et une bulle, ça finit toujours par imploser.

    Mais en vrai, c’est quoi l’intelligence artificielle  ?

    Rappelons qu’un logiciel est un ensemble d’instructions données à un ordinateur par un programmeur pour donner un résultat (un «  output  ») basé sur des paramètres modifiables («  l’input  »). Un programme «  classique  » est donc un programme qui donnera toujours un résultat prévisible. Je vous expliquais d’ailleurs cela en détail dans un article précédent.

    L’histoire d’un bit (https://ploum.net/lhistoire-dun-bit/index.html)

    Ce que nous appelons «  intelligence artificielle  » est un ensemble de techniques, parfois très diverses, pour qu’un logiciel puisse être «  entrainé  ». Au lieu de définir exactement comment va fonctionner le logiciel, on va lui fournir des «  données d’apprentissage  » pour qu’il en tire une forme de moyenne statistique. Exemple  : lui montrer des photos de terroristes et des photos de gens innocents pour, ensuite, tenter de voir s’il détecte des terroristes inconnus parmi une foule sur laquelle on n’a aucune information.

    Mais qui est responsable si le programme développé de cette manière désigne un innocent comme terroriste et entraine son élimination par un drone  ? Le programmeur qui a développé l’algorithme  ? Il n’avait pas conscience du cadre d’utilisation, il a juste fait un logiciel pour différencier deux types de personnes sur base de photos. Celui qui a sélectionné les données et qui a «  oublié  » d’inclure des barbus parmi les innocents  ? Celui qui, à la base de tout ça, a imaginé qu’un terroriste était reconnaissable à son visage  ?

    La fameuse intelligence artificielle, ce n’est que ça  : des algorithmes statistiques sont très utiles dans certains cas très spécifiques à condition d’être très surveillés. Mais qui diluent toute responsabilité en cas d’erreur.

    Un algo de type ChatGPT ne fait pas autre chose  : pour simplifier à outrance, il prend à chaque fois le texte de la conversation et tente de prédire quel mot a la plus grande probabilité de suivre. Il prend littéralement tous les mots de son dictionnaire, les rajoute à la fin de la phrase et évalue un score pour le texte résultant basé sur la moyenne statistique calculée durant son apprentissage.

    Si je lui demande  :

    Ploum : Quelle est la couleur d’un schtroumpf  ?

    Il va voir que, dans toutes ses données d’apprentissage, la suite de mot «  Quelle est la couleur de X  ? La couleur de X est  » est plus probable que « Quelle est la couleur de X  ? Banane volante à pistons  ». Du coup, il répond  :

    IA : La couleur de…

    Ben oui, parce que ça fonctionne aussi pour la couleur d’un marsupilami ou de n’importe quoi d’autre. C’est une des raisons qui fait que ChatGPT ne vous répond pas platement «  bleu  » comme n’importe quel humain le fait. Parce que dans ses données d’apprentissage apparait régulièrement qu’une réponse commence souvent en reformulant sa question.

    IA : La couleur d’un schtroumpf est…

    Cette reformulation reprend des parties de la phrase. Ce n’est pas du tout évident, mais cela donne l’impression que ChatGPT comprend ce qu’il dit. C’est faux. C’est simplement le plus probable parmi les milliards de possibilités de la langue française (ou de la langue schtroumpf).

    IA : La couleur d’un schtroumpf est bleue

    Parce que, dans tous les textes du corpus où apparait le mot «  schtroumpf  », c’est le mot «  bleu  » qui revient le plus souvent et qui est souvent associé avec le mot «  couleur  ».

    Évidemment, ce qui est le plus probable n’est pas toujours ce qui a le plus de sens. Les personnages générés par Dall-E ont, par exemple, souvent bien plus de doigts que nécessaire. Pour une raison toute simple  : sur une image, la probabilité est très grande que ce qui est à côté d’un doigt soit un autre doigt. En fait, si vous me montriez une partie de photo représentant un doigt en me demandant de parier sur ce qu’il y a juste à côté, j’aurais tout intérêt à répondre  : «  un autre doigt  !  ». Ce n’est pas une hallucination, c’est un résultat entièrement logique, statistique  !

    Des résultats techniques spectaculaires…

    Nonobstant ce que nous appelons des «  hallucinations  » (un mot choisi à dessein pour anthropomorphiser et rendre encore plus attirantes et mystiques les IA), les résultats sont très impressionnants, spectaculaires, imprévus. C’est un véritable show qui nous est offert dont les hallucinations font intégralement partie.

    À la base de tous les ChatGPT et consorts, on trouve une nouvelle méthode de programmation appelée «  Transformers  » (oui, comme les robots de mon enfance) inventée par 8 types chez Google (qui sont, depuis, tous partis pour fonder leur startup AI sauf un qui a fondé une startup blockchain).

    > [1706.03762] Attention Is All You Need (https://arxiv.org/abs/1706.03762)

    Le papier décrivant la méthode est devenu un «  landmark paper  ». Pour les spécialistes, il est bouleversant, car il introduit de nouvelles techniques, de nouvelles perspectives. Mais, pour le grand public, il n’est finalement qu’une énième optimisation (impressionnante, je le répète) de méthodes de machine learning qui existent et s’améliorent depuis 40 ans. La grosse révolution, outre une amélioration significative des performances générales, c’est d’avoir permis une mise en parallèle des calculs. Du coup, plutôt que de devoir sans cesse optimiser des algorithmes ou créer des superordinateurs, on peut se contenter de mettre beaucoup d’ordinateurs en parallèle. Beaucoup comme dans «  beaucoup beaucoup beaucoup  ». Et donc multiplier les performances des algorithmes existants. Ce qui est très cool mais, selon ma définition, pas vraiment «  révolutionnaire  ».

    > 8 Google Employees Invented Modern AI. Here’s the Inside Story (https://www.wired.com/story/eight-google-employees-invented-modern-ai-transformers-paper), visited on Mon Apr 1 20:51:01 2024

    Ces améliorations de performances ont permis d’entrainer les algorithmes sur des quantités astronomiques de données. De l’ordre de «  tout ce qui nous tombe sous la main  ». Et de créer des produits attractifs pour le grand public (ChatGPT, Dall-E, …) alors qu’à la base, l’algorithme visait surtout à automatiser les traductions.
    Un enthousiasme naïf qui l’est encore plus  !

    Si ces nouvelles techniques sont spectaculaires, la vitesse avec laquelle les investisseurs et les entreprises se sont engouffrées dans le buzz l’est encore plus. Comme le dit très bien Cory Doctorow, de nombreuses boites AI se sont créées avec des technologies incapables de remplacer un travailleur humain, mais avec une équipe marketing capable de convaincre votre patron que c’est bien le cas.

    Et chaque patron découvrant ChatGPT se sent soudain dans l’urgence d’investir dans l’AI, de peur que le concurrent le fasse avant lui. C’est parfois très con un CEO. Surtout quand ça a peur de rater le coche.

    Petit aparté  : si vous apprenez l’existence d’une technologie à travers la presse généraliste, c’est trop tard. C’est que vous êtes le dernier couillon à en ignorer l’existence. Et c’est vous qui allez constituer la dernière couche de la pyramide de ponzi qu’est la bulle spéculative sur ce sujet. Bref, vous êtes le pigeon. Face à un enthousiasme exubérant dans un domaine qui n’est pas le vôtre et sur lequel vous arrivez sur le tard, il n’y a qu’une chose à faire  : rien. Attendre que tout se tasse et tirer les leçons des échecs ou réussites des uns ou des autres.

    Se jeter dans la bulle AI, c’est un peu comme aller voir Titanic en pariant qu’il ne va pas couler à la fin. D’ailleurs, ils sont déjà en train de se casser la gueule : les fournisseurs d’AI ont dépensé 50 milliards de dollars pour des pelles, pardon des puces Nvidia et ont fait… trois milliards de chiffre d’affaires. L’action Nvidia, elle, a vu sa valeur multipliée par 9 en 15 mois. Comme dit le proverbe «  Pour s’enrichir durant une ruée vers l’or, vendez des pelles  !  »

    Tous les CEO qui ont investi dans l’AI commencent à se rendre compte que c’est, en fait, très compliqué ce machin, qu’il y a peu de résultats, qu’on ne peut pas faire confiance dans ces résultats et qu’ils ne dorment plus la nuit par peur que des données privées soient exposées par les AI ou qu’ils soient attaqués pour non-respect du copyright.

    > When Will the GenAI Bubble Burst ? (https://garymarcus.substack.com/p/when-will-the-genai-bubble-burst)

    D’ailleurs, je vous alertais déjà l’année passée sur la problématique d’utiliser des datas privées pour entrainer une IA et sur le fait que, à un moment ou un autre, un petit malin arriverait à les faire ressortir. Ou, du moins, à faire croire qu’il les a ressorties, même si ce sont des hallucinations.

    > Modern AI and the end of privacy (https://ploum.net/2023-02-15-ai-and-privacy.html)

    La fin du film est encore plus prévisible qu’un Marvel du mois d’août  : les boites IA commencent à couler.

    > Stability AI reportedly ran out of cash to pay its AWS bills • The Register (https://sebsauvage.net/links/?Vwkq4g)

    La décadence et la chute

    La technologie a beau être géniale, elle nécessite énormément d’électricité et coute un pognon de dingue. Et puis il faut l’entrainer sur le plus de données possible. C’est-à-dire sur tout ce qui a jamais été posté sur Internet auquel on a accès. Sauf que, ben… ce n’est pas suffisant. Surtout que les gens ne postent plus sur Internet, mais sur des plateformes privées avec lesquelles il faut signer des contrats pour avoir accès aux données.

    > Feeding the Machine (gemini ://rawtext.club/~winter/gemlog/2024/4-02.gmi)

    Pour résumer, on assiste, comme d’habitude, à une belle bulle, une parfaite ruée vers l’or. Avec des vendeurs de pelles (Nvidia) et des vendeurs de mines (Reddit, Facebook et tous ceux qui ont les données). Les mineurs vont, pour la plupart, faire faillite. Toute bulle finit par imploser. La seule question est de savoir si ce que la bulle laissera comme débris sera utile (comme l’ont été les infrastructures réseau financées pendant la bulle du web en 2000) ou s’il ne restera que ruines et destruction (comme la bulle des subprimes en 2008).

    Ces dernières sont les pires bulles  : elles détruisent activement une infrastructure existante. Exactement ce que la bulle AI est en train de faire avec le web en le merdifiant au-delà de tout espoir de sauver quoi que ce soit. Et en pourrissant toutes les données avec lesquelles s’entraineront les prochaines générations AI.

    La bulle actuelle est peut-être en train d’utiliser la connaissance accumulée pendant des décennies pour la diluer irrémédiablement dans sa propre merde, détruisant, en quelques mois, le travail de milliers de chercheurs pour les décennies à venir. Car, dans dix ans, comment pourra-t-on créer des jeux de données importants dont on soit sûrs qu’ils ne contiennent pas de données générées par d’autres algorithmes  ?

    > Drowning in AI Generated Garbage  : the silent war we are fighting (https://ploum.net/2022-12-05-drowning-in-ai-generated-garbage.html)

    Finalement, l’AI ne fait que répéter, en vitesse accélérée, ce que le consuméro-capitalisme inspiré d’Ayn Rand applique à toute la planète depuis Thatcher et Reagan  : promettre un futur incroyable en détruisant le présent pour en revendre les décombres dix fois le prix, ne léguant finalement que des cadavres, des ruines fumantes, des déserts de déchets et un air irrespirable.

    Je me pose cette simple question  : et maintenant  ?

    On a ChatGPT, on a Dall-E. On ne peut pas leur donner plus de données d’apprentissage. On ne peut pas leur donner plus d’électricité ni plus d’ordinateurs. Les augmentations de performance purement algorithmique sont incroyablement rares, difficiles et imprévisibles. Du coup, on fait quoi avec nos bots de discussion qui spamment tous le web  ? On rend les codeurs plus rapides avec Github Copilot  ? Super, on va pondre encore plus de code que personne ne comprend, dont personne n’a la responsabilité. Mais pourquoi  ?

    > Keynote Touraine Tech 2023  : Pourquoi  ? (https://ploum.net/2023-03-30-tnt23-pourquoi.html)

    Beaucoup pensent que ChatGPT est l’aube d’une révolution, d’un nouveau paradigme. Je pense, au contraire, qu’il représente la fin, l’aboutissement technologique à la fois des techniques algorithmiques, mais également de la parallélisation et de la mise en réseau globale des connaissances humaines.

    Nous avons trop souvent tendance à confondre l’aube avec le crépuscule.

    https://ploum.net/2024-04-04-la-bulle-ai.html
    #IA #AI
    #à_lire

  • Les “SAF” ou carburants verts dans l’aérien : du mirage organisé au naufrage annoncé
    https://bonpote.com/les-saf-ou-carburants-verts-dans-laerien-du-mirage-organise-au-naufrage-ann

    Le « SAF » ou Sustainable Aviation Fuel, est depuis longtemps érigé en mesure phare de la décarbonation du transport aérien, qui communique très largement sur le sujet. IATA annonce même sans sourciller que les SAF couvriront 65% des besoins de l’industrie à l’horizon 2050, contre… 0.3% en 2024.

    Qu’en est-il vraiment, et faut-il développer les SAF un peu, beaucoup… ou pas du tout ?

    #transport_aérien #SAF (Sustainable Aerian Fuel) #AAF (Alternative Aerian Fuel) #biocarburants #carburants_de_synthèse #bullshiteries

    • Oups ... Je pensais avoir effacé ce post. Je trouvais que c’était pénible à lire avec tous ces acronymes. Faudra que je liste tout ça en en faisant un glossaire.

      Sinon, rien de bien nouveau dans le monde des transports aériens à part qu’il faudrait que ça « décroisse » puisque :

      Même si l’on ignore le (pourtant très important) sujet de justice sociale (est-il légitime d’utiliser de précieuses ressources pour l’aérien alors que 80% des gens ne prennent jamais l’avion), le SAF, d’un point de vue purement environnemental, prête clairement à débat