• “Aujourd’hui, je n’ai pas réussi à aller travailler” (Prof en scène)
    https://profenscene.tumblr.com/post/188194344681/lundi-7-octobre

    Aujourd’hui, je n’ai pas réussi à aller travailler.
    […]
    C’est ce que j’ai expliqué au médecin. Parce que ce n’est pas une question de fierté. Il n’est pas normal qu’un professeur de trente-sept ans, au bout d’un mois, ne puisse pas réunir la force nécessaire à aller travailler. Je me suis dit que le problème venait de moi.
    […]
    Et je me déteste d’être dans cet état si tôt dans l’année.
    […]
    En vrai, moi, ce qui me fait tenir, c’est de me raconter des histoires. Je vais au boulot pour sauver telle élève. J’y vais pour mettre en scène telle pièce de théâtre, j’y vais pour transformer telle classe. Des fantasmes grotesques. Mais qui me portent depuis des années.

    Ce matin, je n’avais pas d’histoire assez puissante pour me soutenir.

    […]

    Ce lundi 7 octobre j’ai craqué. C’est peut-être le début de la fin, ce sont peut-être des conditions de travail qui se dégradent chaque jour un peu plus, c’est peut-être - je le souhaite - uniquement passager. […] Parce qu’on fait tous de notre mieux.

    Et il y a des jours où notre mieux, ça ne suffit pas.

    #éducation #collège #salariat #enseignant·es #BurnOut #conditions_de_travail

  • The Linux desktop is in trouble | ZDNet
    https://www.zdnet.com/article/the-linux-desktop-is-in-trouble

    Jason Hicks, Muffin maintainer and member of the Linux Mint team, observed on Reddit, as reported by Brian Fagioli:

    I also have a life outside open-source work, too. It’s not mentally sound to put the hours I’ve put into the compositor. I was only able to do what I could because I was unemployed in January. Now I’m working a job full time, and trying to keep up with bug fixes. I’ve been spending every night and weekend, basically every spare moment of my free time trying to fix things.

    There’s also been tension because we’re 1-2 months from a release. We’ve had contentious debate about input latency, effects of certain patches, and ways to measure all of this. Other team members are going through their own equally hard circumstances, and it’s an unfortunate amount of stress to occur all at once at the wrong times. We’re human at the end of the day. I wish these aspects didn’t leak into the blog post so much, so just wanted to vent and provide some context. If you take away anything from it, please try the PPA and report bugs. We need people looking for things that might get stuck in cinnamon 4.2.

    I’ve heard this before. There have been a lot of Linux desktop distros over the years. They tend to last for five or six years and then real life gets in the way of what’s almost always a volunteer effort. The programmers walk away, and the distro then all too often declines to be replaced by another.

    It is not easy building and supporting a Linux desktop. It comes with a lot of wear and tear on its developers with far too little reward. Mint is really a winner and I hope to see it around for many more years to come. But I worry over it.

    Looking ahead, I’d love to see a foundation bring together the Linux desktop community and have them hammer out out a common desktop for everyone. Yes, I know, I know. Many hardcore Linux users love have a variety of choices. The world is not made up of desktop Linux users. For the million or so of us, there are hundreds of millions who want an easy-to-use desktop that’s not Windows, doesn’t require buying a Mac, and comes with broad software and hardware support. Are you listening Linux Foundation?

    #Logiciels_libres #Linux #GUI #Economie

  • YouTube’s top creators are burning out and breaking down en masse
    https://www.polygon.com/2018/6/1/17413542/burnout-mental-health-awareness-youtube-elle-mills-el-rubius-bobby-burns-pe

    Three weeks ago, Bobby Burns, a YouTuber with just under one million subscribers, sat down on a rock in Central Park to talk about a recent mental health episode. One week ago, Elle Mills, a creator with more than 1.2 million subscribers, uploaded a video that included vulnerable footage during a breakdown. Six days ago, Rubén “El Rubius” Gundersen, the third most popular YouTuber in the world with just under 30 million subscribers, turned on his camera to talk to his viewers about the fear of an impending breakdown and his decision to take a break from YouTube.

    Burns, Mills and Gundersen aren’t alone. Erik “M3RKMUS1C” Phillips (four million subscribers), Benjamin “Crainer” Vestergaard (2.7 million subscribers) and other top YouTubers have either announced brief hiatuses from the platform, or discussed their own struggles with burnout, in the past month. Everyone from PewDiePie (62 million subscribers) to Jake Paul (15.2 million subscribers) have dealt with burnout. Lately, however, it seems like more of YouTube’s top creators are coming forward with their mental health problems.

    Constant changes to the platform’s algorithm, unhealthy obsessions with remaining relevant in a rapidly growing field and social media pressures are making it almost impossible for top creators to continue creating at the pace both the platform and audience want — and that can have a detrimental effect on the very ecosystem they belong to.

    #travail_immatérielle #économie_politique_du_signe #neurocapitalisme #YouTube #youtubers #burnout

  • Canada : Activistes au bout du rouleau
    Épuisés, des militants cherchent à se ressourcer afin de mieux mener leurs luttes. 6 janvier 2018 |Marie-Lise Rousseau
    http://www.ledevoir.com/plaisirs/loisirs/516804/activistes-au-bout-du-rouleau

    Mardi soir, 5 décembre, Mile-End. Assis en cercle sur des coussins, nous fermons les yeux, avec pour seul bruit la pluie battante qui se bute contre les grandes fenêtres du studio. « Je dédie la pratique d’aujourd’hui aux femmes victimes de la tuerie de Polytechnique, il y a 18 ans, aux écolières nigérianes enlevées par Boko Haram toujours en captivité, aux femmes autochtones disparues et assassinées, ainsi qu’à toutes les survivantes et les victimes d’actes de violence. »


    « Rest to Resist – Repos et résistance » n’est pas une classe de méditation comme les autres. Son animateur, Dexter Xurukulasuriya, l’a conçue pour les « acteurs de changements, les militants et militantes, les survivants et survivantes de sévices », mais tout le monde y est bienvenu. L’enseignant aux cheveux noirs bouclés, dont les mèches tombent sur ses lunettes, cherche à redonner des forces aux activistes épuisés afin qu’ils puissent poursuivre leur lutte, quelle qu’elle soit, à long terme.

    « C’est fatigant d’être activiste », laisse tomber celui qui a plusieurs années de désobéissance civile dans le corps. Au point où, récemment, il en a fait un burnout. Et il a vu un grand nombre de ses proches subir le même sort. « Les besoins sont infinis, ils sont au-delà de la capacité de chaque être humain », résume-t-il de sa voix basse ponctuée d’un accent anglophone, qui lui vient de sa jeunesse à Winnipeg.

    Cet épuisement, le psychologue Nicolas Lévesque l’a observé de près, lui qui a traité de nombreux étudiants qui militaient pour une meilleure accessibilité aux études au printemps 2012. En plus du burnout, il a traité des activistes pour dépression, syndrome de stress post-traumatique et dépendance à la drogue ou à l’alcool, entre autres.

    « À force de toujours être investi dans une cause extérieure, on finit par négliger sa vie privée et ses propres besoins, explique-t-il. Les activistes se donnent à une cause au-delà de leurs limites physiques et psychologiques. À un moment donné, le corps n’est plus capable. »

    Le sujet a fait les manchettes l’an dernier, quand l’ex-députée de Québec solidaire Françoise David a annoncé son départ de la vie politique. « Je ne veux pas jouer de nouveau dans ce film-là », avait-elle expliqué, évoquant le burnout qu’elle avait surmonté plus tôt dans sa carrière.

    Avant de se lancer en politique, Mme David a milité pendant des années, notamment pour l’avancée du féminisme et pour une meilleure justice sociale. Elle a décliné notre demande d’entrevue à ce sujet, justement, afin d’éviter de se surmener durant sa fin d’année déjà très occupée.

    Pour sa part, Dexter Xurukulasuriya s’est épuisé après avoir jonglé entre son emploi dans une boîte de production et le militantisme pendant près de 10 ans. « Je cachais mon activisme. Entre les contrats, je disais que j’allais en voyage, mais en fait, je participais à des manifestations ou des coups d’éclat, durant lesquels je me faisais arrêter et me ramassais en prison. Pendant des années, j’ai fait ces deux jobs, sans vacances. C’est super épuisant. »

    Militer autrement
    Depuis son burnout, dont il est toujours en processus de guérison, Dexter cherche à incarner son engagement autrement que par l’activisme de combat.

    . . . . .
    #Femmes #Activisme #Résistance une #réalité qu’on oublie #Luttes

  • Un salarié du privé sur cinq a renoncé à un arrêt #maladie prescrit - Sciencesetavenir.fr
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/un-salarie-du-prive-sur-cinq-a-renonce-a-un-arret-maladie-prescrit_

    Les salariés qui ne prennent pas leur arrêt maladie avancent comme principales raisons dans la première étude le fait qu’il n’est « pas dans (leurs) habitudes de se laisser aller » (48%), la « peur d’être surchargé de travail au retour » (29%) ou de se « sentir contraint par la hiérarchie » (22%).

    Pourtant, 39% d’entre eux « regrettent » après coup de ne pas avoir respecté l’arrêt maladie prescrit tandis que 65% d’entre eux disent être conscients de l’impact de leur refus sur la « baisse de leur productivité au travail » et sur la « qualité de leur #travail ».

    50% sont également conscients que cela risque d’avoir un impact négatif sur leur #santé à moyen ou long terme.

  • The License Zero Manifesto
    https://medium.com/licensezero/the-license-zero-manifesto-fecb7aaf4c0a

    you need support to avoid harm to yourself and the integrity of your craft. You need recognition, help, and material aid from those who rely on your work and take your time. There’s no good reason independent craft and life-sustaining software success shouldn’t go hand-in-hand.

    https://licensezero.com

    je ne sais pas si c’est la bonne solution, mais ça pose de bonnes questions : #logiciel_libre #burnout #exploitation

  • Penser le #travail de demain (2/4) : travailler pour vivre ou vivre pour travailler ? | La plume d’un enfant du siècle
    https://marwen-belkaid.com/2017/08/15/penser-le-travail-de-demain-24-travailler-pour-vivre-ou-vivre-pour-t

    En réalité, il n’y a rien de bien surprenant à voir augmenter parallèlement les courbes du #chômage et du nombre de #burnout. Il est même tout à fait logique de voir ces deux données augmenter de manière réciproque. Si le nombre de chômeurs est si élevé, c’est bien parce que certains travaillent plus qu’ils ne devraient et qu’ils sont au bord de l’explosion. Contrairement à ce que l’on essaye de nous vendre constamment, le chômage a historiquement été une véritable aubaine pour le patronat et le marché en général. Celui-ci leur permet en effet de faire peser la menace d’un remplacement par l’un des millions de pauvres hères actuellement au chômage sur leurs travailleurs afin de leur faire accepter tous les compromis et toutes les compromissions pour conserver leur emploi. Vouloir nous faire croire que le taux de chômage élevé et le nombre de burnout ainsi que la détérioration des conditions de travail n’ont aucun lien relève au mieux de la fable au pire de la franche moquerie à notre égard. La loi Travail promulguée il y a quelques mois et dont nous commençons à voir les premiers effets va évidemment poursuivre cette double logique mortifère du toujours plus de chômeurs et du toujours moins de bonnes conditions de travail. Tout cela sera encore et toujours au bénéfice d’une poignée de personnes qui sont, malgré toutes les apparences, les véritables assistés de notre société.

    #chantage

  • Prendre soin de soi
    –> Par Jonas Lubec ~ Carnet d’un rêveur
    http://casdenor.fr/index.php?post%2F2016%2F02%2F07%2FPrendre-soin-de-soi

    Prendre soin de soi est important. Cela semble aller de soi, pour autant, dans le #militantisme, cette idée est profondément sous-estimée. Il y a tout d’abord, dans le milieu militant, une tendance viriliste à être solide, puissant-e, à tenir dans la durée face aux micros-agressions, à la mauvaise foi et aux #agressions tout court d’ailleurs. Ce #virilisme ne naît pas d’une volonté d’être meilleur que les autres (même s’il peut s’y adjoindre) mais plutôt d’une volonté de combattre un système cherchant à briser, et donc à se montrer inbrisable, ce qui offre la sensation de le « battre » là où bien souvent, on se retrouve plus face à des moulins à vent insupportables. Il y a le fait aussi que prendre soin de soi, ça veut dire aussi parfois partir un peu en arrière, prendre du temps pour soi. Or cette idée de prendre du temps pour soi se retrouve face à l’idée couramment répandu que seuls les privilégiés peuvent se le permettre. Qu’une #femme ne pourra pas prendre de temps pour elle sans vivre de misogynie. Ce qui est vrai.

    un texte qui m’a fait énormément de bien, et un énième qui confirme ma sensation qu’on prend super cher, les filles de luttes... mais que nojs blessures sont bien moins sexy que du sang, des bleus et des bosses. Pourtant elles nous marquent tout autant et certain-e-s vont très loin très bas à cause de ça...

    #feminisme #burnout #bienveillance #collectif

    • Come je le dis ce texte m’a fait du bien à un moment où j’allais mal à cause de souffrances sont il est difficile de parler dans le cercle des luttes, et encore plus en dehors. J’ai pas trop perçu ce dont tu parles, bien plus intéressées par les questionnements qu’il soulève. Désolée s’il t’incommmode par contre, c’était pas le but en le publiant ici.

  • J – 129 : Ce matin en entrant dans l’ascenseur qui me conduit tous les matins au travail, je me suis fait la réflexion que c’était pour moi le dernier jour de l’année que je venais au travail, la semaine prochaine, la dernière de l’année, je suis en congé.

    Je suis généralement le premier arrivé à mon étage, aussi quand je sors de l’ascenseur je débouche sur un open space à la fois désert et plongé dans l’obscurité seulement trouée, par intermittence, par les écrans de veille des collègues analystes qui ont lancé avant de partir, la veille au soir, de ces requêtes de bases de données qui ont besoin d’une bonne partie de la nuit pour rendre à leur sondeur le fruit de telles recherches. Profitant d’un long apprentissage du temps de la photographie argentique, j’aime mettre au défi mon regard nyctalope et je m’installe à mon poste dans le noir.

    D’abord aveuglé par mon écran d’ordinateur, puis peu à peu, je plonge dans les premières tâches, je ne sais pas pourquoi mais cette obscurité alentour, sans parler du désert, sont pour moi extrêmement propices et c’est souvent que je parviens en une petite heure de travail, parfois un peu plus, mais souvent un peu moins aussi, à déblayer le terrain pour la journée. Ce matin rien de tel, je n’ai rien à faire qui soit urgent et la plupart de mes interlocuteurs habituels en plus de ne pas être encore arrivés, n’arriveront de toute manière pas, ils anticipent, apparemment c’est tout un travail, le réveillon du lendemain. Du coup je me fais un café, noir, dans le noir, que je bois en regardant le jour se lever sur le parc des Guilands sur les hauteurs de Montreuil et de Bagnolet partagées, en fait je regarde en direction du point où ont été tournés les premiers plans de l’Effet aquatique de Solveig Ansprach et dans cette abondance d’habituations, je peux plus ou moins deviner trois maisons amies. J’y vois comme un signe.

    En fait ce signe je me demande si je ne suis pas en train de le distinguer depuis le premier avril, depuis que je suis arrivé dans ce nouvel open space de la Très Grande Entreprise, à quelques encablures seulement de la Croix de Chavaux. Depuis le premier avril en effet, il n’est pas rare que je croise dans la rue, en chemin pour le café ou la pause méridienne, tel ou telle amis, telle connaissance lointaine, et cela fait plaisir de se voir, ou pas, et du coup de prendre un café, ou pas, depuis septembre j’ai eu l’occasion de déjeuner quelques fois avec Guillaume, discuter de la Petite fille qui sautait sur les Genoux de Céline ou encore de faire l’école buissonnière un vendredi midi pour regarder son film, dans une de ses ultimes versions de montage. Depuis l’automne c’est régulièrement que je donne des rendez-vous à quelques amis soit pour la pause méridienne soit à la sortie du travail et alors j’ai le sentiment de sortir de mon bureau pour me mettre vraiment au travail avec ces amis qui comme moi sont impliqués dans toutes sortes de projets. Alors comment ne serait-il pas tentant d’y voir comme un signe, que je suis comme ces prisonniers du film de Guillaume dans une prison devenue toute relative. Encore que.

    Au printemps j’ai même reçu des signes, que j’ai d’abord jugés inquiétants, de la part de la Très Grande entreprise, il était question de se débarrasser d’une partie du personnel et il était question que je fasse partie de cette partie du personnel, c’est étonnant le coup de fouet que cela m’a donné. D’ailleurs en plus de me faire entrevoir la possibilité d’une libération anticipée, cela m’a inspiré un récit, Élever des chèvres en Ardèche (et autres logiques de tableur) , dans lequel, par l’extrapolation de la fiction, j’ai tenté d’approcher cette idée d’une libération. Je ne sais pas d’ailleurs si j’y suis bien parvenu, je veux dire à me donner des pistes de réflexion, non, la fiction est sans doute venue brouiller davantage les pistes qui n’étaient déjà pas très clairement dessinées.

    Je ne suis pas doué pour les réveillons, d’ailleurs c’est tellement connu auprès de mes amis et de mes proches que nul ne songerait à m’inviter à une telle fête assuré que je viendrais tout gâcher, alors pensez, avec un tel manque d’entraînement, si j’ai la moindre chance de m’améliorer. Longtemps je travaillais en de telles occasions qui par ailleurs jour férié oblige étaient payées triple, surtout si c’était de nuit. Et j’étais souvent volontaire, d’autant plus que cela rendait parfois d’insignes services à des collègues qui auraient été de la baise, comme on dit à l’armée pour les tours de garde et pendant longtemps j’ai trouvé que mon travail de surveillance de forêts de serveurs et de processeurs était comme l’extension logique du service militaire. En général, mon réveillon à moi, tout du moins celui de la Saint-Sylvestre, commence vers 16 heures 30 et est tout à fait fini vers 17 heures, c’est dans cet intervalle de temps que je sors pour aller regarder les dernières lumières de l’année. Une fois la nuit tombée, je me moque pas mal du reste de la soirée. Il est même fréquent que je sois en fait couché avant minuit ce soir-là. Quand je me lève, j’ai un certain plaisir à parcourir les rues désertes du quartier, c’est un peu le même plaisir que de me déplacer dans un open space enténébré en étant le premier arrivé le matin, ou le travailleur de nuit - il n’en faut sans doute pas plus comme explication à mon goût ultime pour les images de Homo Sapiens de Nikolaus Geyrhalter.

    Et je ne dévoile rien de très étonnant si je dis que par ailleurs à la fois ma conception du réveillon, les dernières lumières du jour, cette première marche de l’année, sont en général pour moi l’occasion de réflexions amusées et pleines d’anticipation de ce que sera faite cette année qui commence tout juste, et de tenter des effets de miroir avec l’année qui vient tout juste de se clore. Par exemple la fin de l’année 2015 aura été l’occasion d’un curieux équilibre entre ce qui avait été plaisant dans cet année, pas grand-chose, si ce n’est le plaisir pendant une bonne partie de l’année de travailler à Février , l’émotion due à la naissance de la petite Sara, fille de Clémence et de Marco, mais aussi, comme pour beaucoup, celle, terrible, conséquemment aux attentats du 13 novembre 2015, et dans mon cas cette pensées préoccupante de devoir ma survie, et celle de mon amie Laurence, à un très fameux coup de chance, aidé en cela par une maladie de vieux, l’arthrose, d’où le récit éponyme. D’autres tracasseries, comme de devoir rencontrer et bavarder avec un cinquième Juge aux Affaires Familiales, l’agression dont j’avais été victime au travail (et qui me vaut ce changement d’ open space depuis le premier avril, pour être séparé de mes agresseurs - que je te les aurais foutus à la porte moi, mais, c’est heureux, personne ne m’écoute jamais moi - finalement cet incident, si minime soit-il, avait bien davantage de répercussions que je ne les aurais anticipées), la fin de ma relation amoureuse avec B., tout cela cumulé, c’est le mot, faisait que j’étais tout de même chargé d’espoir pour ce qui était de l’année, à venir, celle finissante désormais, 2016.

    Et je comprends bien comme je suis expéditif en souhaitant déclarer le plus tôt possible la fin de cette dernière année, c’est qu’il s’y est passé quelque chose de très heureux, mon roman Une fuite en Egypte a trouvé un éditeur, et tel un enfant qui piaffe en attendant qui, la fin de la semaine, qui, l’arrivé éminente des grandes vacances, je voudrais déjà être au premier mars, date de la sortie du livre.

    Il n’empêche seul dans l’ open space qu’un jour gris et timide commence à éclairer sans violence, ni couleurs excessives, réalisant que c’est le dernier jour de l’année que je passe dans ce dernier, j’anticipe un peu cette fin d’année et me pose la question de savoir si à cette époque-là de l’année 2017 je serais encore assis sur ce siège à cinq roulettes - ce dernier doit souhaiter que non, il a la vie nettement plus dure que son collègue qui ne supporte que ma nouvelle collègue, d’ailleurs est-ce que je ne devrais pas profiter de l’ open space désert pour permuter nos deux sièges, voilà qui est fait, le tour est joué - y serai-je donc encore assis ?

    I would prefer not to.

    Exercice #59 de Henry Carroll : Prenez une photographie qui ne peut être prise qu’aujourd’hui, pas hier ni demain.

    Réponse : il n’y a pas d’autres photographies que celles qui ne peuvent être prises qu’ajourd’hui, pas hier ni demain, sinon quel intérêt de prendre une photographie ? On dira que ce théorème, un peu personnel j’en conviens, et pas nécessairement destiné à la postérité, est ma théorie à moi de l’instant décisif, à ne pas confondre avec celle, dite de l’instant décisif également, d’un obscur photographe français tout gris.

    #qui_ca

    • @aude_v Comme toujours je lis ton article avec attention, cela me demande parfois une attention accrue, parce que ne sachant pas grand chose précisément des contextes que tu évoques, je suis tenu à une certaine forme d’extrapolation, tout en restant prudent pour me tenir éloigné des éventuels contresens. Chaque fois, il y a une partie de ce que tu écris qui emporte mon adhésion sans grand effort de ma part pour faire chemin vers ce que tu penses et écris. Et puis il y a toujours, une partie pour laquelle je suis parfois contraint de lutter contre des habitudes de penser qui sont les miennes, à ce titre je dois même te remercier tant il est souvent arrivé que je finisse par comprendre à la faveur de la lecture de tels passages des choses qui vraiment, je peux même en concevoir de la honte rétrospective, résistaient beaucoup à ma compréhension, voire mon acceptation.

      Mais ce denier article, ouille-ouille, j’ai beau le relire, je ne trouve pas son point d’entrée dans ce qui pourrait devenir une compréhension commune entre nous.

      Ce que tu décris des bienfaits du travail, et s’ils sont avérés te concernant, je m’en réjouis sans réserve, ces bienfaits me sont entièrement étrangers. Pour ma part si je parvenais à vivre avec beaucoup moins sans travailler, mon sang ne ferait qu’un tour, je ne travaillerais pas. Mais ici il faut que je précise, que le travail dont je parle pour le moment est celui rémunéré par un tiers, parce que cette possibilité de m’absenter d’un tel travail, ce serait, on le comprend j’espère entre les lignes, ce serait pour mieux me consacrer à un travail qui, lui, à défaut de me nourrir, me nourrit, comprendre, de faire en sorte que la pitance, la mienne et celle de mes enfants, soit assurée, versus me nourrir intellectuellement, tout du moins de me donner des gratifications, parce qu’il arrive, en de rares occasions que ces gratifications personnelles viennent en récompense d’un travail non intellectuel, manuel disons pour simplifier.

      Or, sur ce point, je vois bien comment toi et moi différons sur un point fondamental, au delà du fait que chômeuse, quand tu l’étais, tu ne désirais rien tant que ce dont j’aimerais m’extraire à tout prix, l’ open space et le bruit de Windows qui démarre dans les odeurs du café en gobelet désormais en carton, open space, Windows et gobelet, que je ne peux plus du tout supporter, même si j’ai bien compris que tu forçais le trait pour bien faire comprendre à quel point l’absence de travail c’est la mort au point que l’on puisse désirer le bruit du démarrage de Windows . Pour toi, est solidement chevillée au travail rémunéré la possibilité d’accomplissements collectifs, quand ils ne sont pas communs, et alors là je suis subjugué que ce soit dans le travail rémunéré que tu espères de tels accomplissements et il me faudrait alors des dizaines et des dizaines de pages d’exemples pour te montrer à quel point le travail pour moi c’est ce que tu décris très bien en une seule ligne :

      Il semble normal de se faire relancer pendant trois mois ou plus pour une tâche qui prendra deux heures et qui en attendant bloque tout un chantier.

      Et c’est d’autant moins compréhensible, cette attente de ta part, pour moi, que je suis l’employé d’une société qui compte presque un demi million d’employés de par le monde et qui vend mes services à une entreprise du CAC40, autant dire qu’étant payé un SMIC et demi, je suis rarement ému quand mon employeur se vante de ses accomplissements ou encore quand son client pareillement manifeste son contentement dominateur en parts de marché. Dans de telles conditions, ce que je remarque aussi pour ce qui est du fonctionnement collectif c’est que la nocivité managériale s’appuie beaucoup sur la propension collective des uns et des autres à ne pas raisonner de façon très collective, au point qu’après des années et des années pendant lesquelles le management s’est réjoui d’un comportement aussi peu louable, il est désormais ennuyé que cela grippe un peu ses mécanismes de la productivité et c’est limite si on ne ferait pas entrer des entraîneurs de rugby pour réapprendre les règles les plus élémentaires de la poussée collective dans la même direction, et le même sens. Et je dois avoir l’esprit bien retors pour me réjouir que cela ne fonctionne pas bien quand même, en dépit de l’entraîneur de rugby.

      Forcément en respirant tous les jours un air aussi vicié, tu penses si je suis heureux tous les soirs de retrouver la paix relative de mon home, tout du moins son aimable désordre, sa chaleur humaine, la turbulence enfantine et le soir, plus tard, la solitude de mon garage pour tenter d’œuvrer à de moins sinistres besognes. Et à vrai dire, puisque @reka se posait la question de savoir quel genre de produits je prenais pour avoir une telle production écrite, je dois faire l’aveu qu’il m’arrive quand même de temps en temps de profiter que les rouages de la Très Grande Entreprise soient grippés (tu n’imagines pas à quel point cette notion de chantier bloqué pendant trois mois par une tâche dont l’exécution ne demanderait pas plus de deux heures à la personne à laquelle elle est demandée, à quel point cette description m’est familière) pour jeter quelques notes écrites dans un fichier texte, et si je ne faisais pas cela, ce qui est désormais possible dans l’ open space dans lequel je respire les miasmes collectifs de l’air conditionné, ce qui ne l’était pas les trois dernières années, et alors je peux témoigner que le bore-out ce b’était pas une vue de l’esprit : il est incroyablement fatigant de s’ennuyer.

      Bref tout ce que tu décrtis d’un certain bonheur à retrouver le bruit de Windows à l’heure du café du matin en open space, je suis capable de m’en réjouir pour toi que j’apprécie, mais j’ai du mal à le comprendre au point de me demander, de te demander, tu es sûre ?

      Et puis arrive un léger vacillement de ma part dans mes certitudes anti travail rémunéré, et au contraire ma véritable appétence pour un travail fort solitaire, je remarque quand même que mes moments de plus grande réalisation ont eu lieu dans des projets collectifs, travailler avec Alice, @fil et @mona, et un peu @reka aussi, sur le fameux numéro 109 de Manière de voir , ou encore le spectacle Formes d’une Guerre et désormais sur son petit frère, Apnées en trio avec Dominique Pifarély et Michele Rabbia, ou encore ce que je perçois en ce moment de travail collectif en amont de la sortie d’ Une Fuite en Egypte me laisse penser que oui, il peut y avoir des bonheurs supérieurs, je me désole cependant qu’ils soient si rares, l’exception en somme, et dans ton cas, accompagnés du bruit de Windows .

      Alors, bon courage l’amie ! Vivement.

    • En général, mon réveillon à moi, tout du moins celui de la Saint-Sylvestre, commence vers 16 heures 30 et est tout à fait fini vers 17 heures, c’est dans cet intervalle de temps que je sors pour aller regarder les dernières lumières de l’année. Une fois la nuit tombée, je me moque pas mal du reste de la soirée.

      C’est marrant ça me fait penser à la façon dont je vis cette période. Mon réveillon à moi c’est le matin du solstice d’hiver, si possible dans un lieu dégagé et silencieux, et puis une fois baigné un moment dans ces premières lumières nouvelles, les jours suivants m’importent assez peu en tant que tels.

    • @koldobika Et dans un genre assez voisin, quand on passe d’une période à une autre, d’une saison à une autre, je me demande souvent, de façon un peu inquiète, si, en été si j’ai suffisamment profité des fruits rouges, en automne si j’ai suffisamment pris de photographies des canopées, en hiver si j’ai suffisamment hiberné et au printemps, si j’ai suffisamment aéré ma chambre de cet air tellement libre d’avril. Et ces questions sont bien plus mes rythmes que quoi que ce soit d’autres finalement, tout du moins mes repères. Quand les enfants seront plus grands, voleront de leurs propres ailes, je pense que je serai assez heureux de pouvoir abandonner tous les autres repères que je trouve factices finalement.

    • @aude_v et @koldobika Je reprends de nombreux des textes de la rubrique #qui_ca dans un projet de texte plus vaste (dont je ne connais pas encore la ou les destinées finales), je me demandais, en dehors des considérations de copyleft , si l’une et l’autre vous accepteriez que je reprenne vos contributions dans ce signalement de seenthis (en précisant clairement que vous en êtes les auteurs ? Dites-moi. Et c’est possible d’en discuter par mail (pdj arotruc desordre.net)

    • En apprenant les sciences cognitives, je trouvais l’éloignement aux psychologies thérapeutiques très réconfortante. Pouvoir expliquer des comportements non pas à partir des inférences et des ressentis, mais à partir de l’anatomie fonctionnelle.
      En tout cas, concernant le #boreout et le #burnout, voici une approche neurologique légère mais convaincante :
      https://youtu.be/TQ0sL1ZGnQ4


      C’est marrant, mais les sciences cognitives avancent à grand pas et trouvent souvent ce qui était pressenti mais pas démontré il y a 15 ans. Grâce à l’évolution des techniques.

  • Quand le travail détruit. Témoignage d’une jeune chercheur en burn-out.

    Je sais ce qu’il se passe, le chef est en train de se déculpabiliser, il dit à mes collègues que j’ai des problèmes psychologiques, que je suis instable, dépressif. On me l’a rapporté et il m’avait déjà dit des choses comme ça sur d’autres. Il parle de problèmes individuels pour déresponsabiliser l’organisation du travail. J’ai été là quand il le fallait, j’ai fait fonctionner la machine, je me suis sacrifié, j’ai accepté de travailler dans des conditions lamentables. Se retrouver au placard est très anxiogène, rien n’est vraiment dit, mais on m’a retiré toutes mes responsabilités. Je reste toujours vigilant, je n’ai jamais l’esprit tranquille.

    http://lutopik.com/article/je-ne-voulais-pas-voir-que-ma-souffrance-venait-du-travail
    #travail #burnout

  • “Qu’est-ce que tu crois ? C’est comme ça. C’est partout pareil.” – Burnout : rallumons la flamme ! @mcpaccard

    https://medium.com/burnout-rallumons-la-flamme/quest-ce-que-tu-crois-c-est-comme-%C3%A7a-c-est-partout-pareil-6a1e49bc160a

    Idées reçues tenaces, #formulations_toxiques et comment les expressions à la “c’est comme ça” nourrissent les racines du #burnout

    C’est vrai après tout, c’est partout pareil. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Les choses sont ce qu’elles sont. Les gens sont comme ça. Le travail, c’est pas censé être une partie de plaisir. Les patrons sont tous les mêmes. Y’a que le CDI qui compte. Entreprendre coûte trop cher. C’est la crise, c’est normal que les salaires soient bas et qu’ils n’augmentent pas. Et c’est vraiment de la folie de croire le contraire. C’est l’jeu, ma pauvre Lucette !

    Pauvres Lucette, au passage.

  • Suite et fin du débat sur le BurnOut.
    Le Sénat a tranché, ce ne sera pas une maladie professionnelle.


    http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/06/25/le-senat-estime-que-le-burn-out-n-est-pas-une-maladie-professionnelle_466113

    Le Sénat a retiré, mercredi 24 juin, le burn-out de la liste des maladies professionnelles. A l’occasion du débat en première lecture, l’Assemblée nationale avait inscrit dans le projet de loi sur le dialogue social que les maladies psychiques pouvaient être reconnues comme maladies professionnelles.

    Ça laisse perplexe. On apercevait une avancée, certes hypocrite, dans ce domaine. Reconnaître un état mental généré par le travail, comme maladie professionnelle. Quoi de plus logique ?
    Mais non, pas de progrès cette fois-ci. Vous repasserez.
    Alors d’ici à reconnaître le BoredOut, laissez tomber.

    #burnout #sénat #schnock

  • « Burnoutte », de l’anglo-américain burn-out, subst. masc., lecture provisoire | Condroz belge
    http://condrozbelge.com/?p=3648

    Pour que les #salariés en arrivent au #burnoutte, qui signifie que l’effort porté contre soi-même a dépassé une limite très haute de dangerosité, il faut aussi que les enrichisseurs d’employeurs estiment ne pas pouvoir se soustraire à l’exigence qui leur est faite. Il faut qu’ils soient dévoués ou perfectionnistes, serviles, aliénés, je dirais qu’ils doivent être domestiqués comme le cheval prêt à obéir à la cravache jusqu’à l’épuisement mortel. L’on sait que tous les animaux n’acceptent pas le dressage jusqu’à cette extrémité, et de même tous les salariés mis dans des conditions identiques n’iront pas jusqu’au burnoutte. Certains feront des oublis, des gaffes, des endormissements, une simple chute de tension, ils craqueront, lâcheront, démissionneront avant le burnoutte. Ou ils se révolteront, un peu, beaucoup, passionnément, ils se fâcheront sur un supérieur, ils saboteront la chaîne de fabrication ou l’informatique de l’entreprise qui les maltraite. D’une manière ou d’une autre ils feront un pas de côté et « sortiront du cadre », consciemment ou pas. Selon les options de l’observateur, il sera dit que leur inconscient, leur conscience, leur tempérament, leur ange gardien, les protégera.

    #aliénation #travail #exploitation

    • Il faut être un peu con pour faire un burnoutte, je le dis malgré ma compassion pour ceux qui ne peuvent l’éviter.

      L’auteur a certainement raison : c’est aussi qu’il faut tout de même être « un peu con » pour se contenter de (sur)vivre dans cette société.

      Ne nous ferait-il pas un petit accès de fétichisme idéaliste et très libéral de la Révolte , sur le dos de certain-e-s qui ont le tort assez peu pardonnable de ne pas s’empresser assez à son goût de tout tout foutre en l’air alors qu’ellils morflent peut-être plus que lui.

      Je suppose que ce garçon se rassure comme il peut. Même quand on est persuadé d’être soi-même assez rebelle ou malin pour avoir (sans blague !) échappé à la domestication que subissent... les autres, et éviter le « burnoutte », on ne vit quand même pas une époque confortable. La malice et la rebelle attitude sont bien mal récompensées !

      (je suis enclin à penser que la domsetication n’est jamais aussi sûre qu’accompagnée des illusions libérales adéquates : celles qui, devant telle ou telle de ses spectaculaires manifestations, permet à tout un chacun de s’imaginer ne devoir qu’à ellui-même d’y avoir échappé - ou de supposer que, quand même, les domestiqués doivent être « un peu con(ne)s »).

      #salauds_de_pauvres
      #domestication
      #illusions_libérales

    • “le burnout est un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus“normaux”, qui est caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. Cet état d’esprit
      n’est souvent pas remarqué par le travailleur pendant un long moment. Il résulte
      d’une différence entre les intentions et la réalité du travail. Souvent, les travailleurs
      entretiennent cet état d’esprit par des stratégies d’adaptation qui sont inefficaces”.
      (Schaufeli & Enzmann, 1998, p.36 cités dans Schaufeli & Buunk, 2003).
      http://www.emploi.belgique.be/WorkArea/DownloadAsset.aspx?id=33628
      J’ai surtout le sentiment que l’auteur adapte une définition à un discours, ce qui rend caduc tout développement sur un postulat faux, incomplet, simplificateur. A fortiori si le but du discours se résume à les travailleurs sont des veaux.
      Il doit falloir être plus que con pour s’immoler devant son lieux de travail ou sa CAF.

  • The Joys and Sorrows of Late-Night #Email - The Atlantic
    http://www.theatlantic.com/business/archive/2014/08/email-is-killing-us/378666

    There’s also the social signal sent by a late-night email. After a certain hour, I’m not just sending a message; I’m also sending a message. Responding to somebody 24 hours late suggests a lack of diligence. Responding to that person around midnight takes the same amount of procrastination, but disguises it as industriousness: “Oh, hey, see that 1:04 AM timestamp? I guess I’m just that busy! (yet dedicated!).”

    j’en envoie, mais quand j’en reçois ça ne me donne pas le sentiment que mon correspondant est industrious, plutôt qu’il ne sait pas (mieux) vivre (que moi)

    #travail #burnout

    • Comme je suis indépendante, je m’interdis de poster des mails pros aux heures de fermeture légales des salariés. Ça me laisse croire que ma ou mon client·e ne se permettra pas de m’appeler n’importe quand en croyant que je suis à sa disposition 24h/24.
      Parce qu’évidemment, je fais partie de ce·lleux qui bossent après dîner, mais chuttt

      The young and childless, meanwhile, continue working, creating a guilt that forces parents to log back on after dinner.

      #pression_sociale_à_la_con #éducation_numérique

    • Avant d’avoir un enfant, quand je travaillais, sous contrat intermittent, c’était près de 14h par jour, l’ordi restait au bureau et je refusais d’avoir un micro parce que j’anticipais l’impossibilité de m’en détacher et les informaticiens pur jus me déprimaient avec leurs incapacités humaines.
      J’ai choisi d’avoir un enfant et de m’en occuper, contrairement aux copines exerçant le même taf que j’avais vu désespérer de ne pas voir les leurs grandir, mais je n’ai pas retrouvé de salariat compatible avec ce que je voulais que soit ma parentalité.
      Une des raisons est que s’occuper d’un enfant est juste épuisant, et mener les deux plein temps de front, ou bien se retrouver à travailler la nuit, même après le dîner et chez toi, te mène assez directement au burnout.
      Donc là, finalement ce n’est pas qu’une histoire de culpabilité quant tu dois travailler pour te payer une vie qui ne soit pas non plus complètement aliénée à l’ordinateur.

      du coup, on fait des horaires raisonnables

      raisonnables, vraiment ? le problème c’est que je ne connais aucun codeur ou codeuse à qui ce terme puisse coller ;)