• Genève se mobilise pour réclamer la libération de Julian Assange Chams Iaz

    « Il a perdu sa liberté pour protéger la nôtre ». Plusieurs personnalités genevoises emmenées par la compagne du lanceur d’alerte déclenchent ce vendredi un « Appel de Genève » pour que Londres le libère et pour qu’il puisse être accueilli, en Suisse ou ailleurs


    De gauche à droite : le conseiller aux Etats Carlo Sommaruga, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture Nils Melzer, l’avocat de Julian Assange Antoine Vey et la fiancée du lanceur d’alerte, Stella Morris — © KEYSTONE/Magali Girardin

    « Son seul crime est d’avoir dit la vérité », martèlent tour à tour les signataires de l’Appel de Genève. Cette pétition https://www.change.org/p/la-justice-du-royaume-uni-gen%C3%A8ve-lance-un-appel-pour-lib%C3%A9rer-assan , lancée ce vendredi 4 juin, demande « la libération immédiate » de Julian Assange, le lanceur d’alerte et fondateur de Wikileaks retenu dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, à Londres, depuis le 11 avril 2019 – jour de son arrestation à l’ambassade d’Équateur. Julian Assange venait déjà de vivre sept années enfermé dans cette ambassade, où il s’était réfugié pour éviter l’extradition vers la Suède, qui le réclamait pour viol, un dossier depuis classé.

    Le fondateur de WikiLeaks est aujourd’hui menacé d’extradition vers les Etats-Unis. Là-bas, il risque une peine de prison de 175 ans. En cause, son ONG fondée en 2006, Wikileaks, cette plateforme internet développée par l’Australien pour permettre à tout citoyen de publier anonymement des documents compromettants sur une société, une organisation ou un gouvernement. C’est grâce à celle-ci que des centaines de milliers de câbles diplomatiques ont pu être publiés dès 2010 en partenariat avec des médias internationaux dont  The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, Le Monde et El País.

    Et parmi ceux-ci : des milliers de documents confidentiels du Département d’Etat américain et du Pentagone. Julian Assange a notamment révélé les bavures commises par l’armée américaine en Irak ou en Afghanistan, ou encore les mauvaises conditions de détention à Guantanamo. Pour les Etats-Unis, il a surtout mis en péril la vie d’individus ayant fourni des informations à l’armée ou à la diplomatie américaine.

    C’est pourquoi le Ministère américain de la justice réclame son extradition auprès du gouvernement britannique. La juge en charge de ce dossier a déjà opposé un premier refus, le 6 janvier 2021, invoquant le risque de son suicide, et a décidé de le maintenir en détention sur son territoire en attendant l’examen de l’appel demandé par les Etats-Unis. La date exacte de cette procédure est toujours inconnue.

    Six demandes
    Dans l’attente, plusieurs institutions et personnalités genevoises ont donc décidé de s’unir ce vendredi 4 juin, aux Bains des Pâquis, pour soutenir Julian Assange et rappeler ses mauvaises conditions de détention. Parmi les figures mobilisées figurent la compagne du lanceur d’alerte l’avocate britannique Stella Morris, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture Nils Melzer, la maire de Genève Frédérique Perler, l’ancien directeur du CICR Yves Daccord, le conseiller aux Etats Carlo Sommaruga, le secrétaire général de l’ONG Reporters Sans Frontières Christophe Deloire, l’ex-député Jean Rossiaud et le directeur exécutif du Club suisse de la presse Pierre Ruetschi.

    Ce dernier estime que « cet Appel de Genève est avant tout un appel citoyen » et que le lieu de cette conférence de presse est particulièrement symbolique. « Genève, ville où siège le Conseil des droits de l’homme, ville humanitaire, ville de paix et de négociation, ville qui accueillera le 16 juin les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine : c’est ici que les choses se décident, c’est ici que nous exigeons la libération de Julian Assange. »

    Dans leur pétition, les signataires s’adressent à plusieurs interlocuteurs « au nom des valeurs promues par les organisations de défense des droits humains basées à Genève ». Ils demandent ainsi aux autorités britanniques de refuser l’extradition de Julian Assange et de lui rendre sa liberté, au gouvernement américain de renoncer aux poursuites engagées contre lui, aux organisations internationales et aux ONG d’user de leurs compétences et autorités pour contribuer à le faire libérer, aux médias de continuer à informer sur sa situation, aux peuples de le soutenir, enfin à tous les Etats démocratiques de lui assurer un refuge.

    Un visa humanitaire
    Frédérique Perler, maire de Genève, s’associe « pleinement » à cet appel, souligne-t-elle. « Julian Assange est le symbole de la persécution politique et judiciaire insensée dont les lanceurs d’alerte peuvent être victimes. Il a dû fuir, s’exiler et vivre caché pour nous avoir informés. Il a perdu sa liberté pour protéger la nôtre. » Le conseilleur aux Etats Carlo Sommaruga déclare son indignation face « aux crimes commis prétendument pour le maintien de la démocratie » et « aux turpitudes commises à l’insu des citoyens. » Pour le socialiste, il est du devoir de la Suisse de « protéger les nouveaux dissidents qui agissent désormais dans le monde virtuel. »

    Sur ce sujet, l’ancien député du grand conseil genevois Jean Rossiaud réitère son idée d’accorder à l’Australien un visa humanitaire. « Les députés ont déjà voté cette résolution, donc Genève est prête à l’accueillir, dit-il. Sauvons-le de la torture, amenons-le dans un hôpital pour le soigner, et ensuite, grâce à ce visa il pourra choisir ce qu’il veut faire et où aller. Le plus important est qu’il soit libre et qu’il puisse recouvrer sa santé et son état mental. »

    Confiné, puis incarcéré depuis plus de dix ans, Julian Assange a vu son état de santé physique et mental se dégrader, rapportent régulièrement des observateurs ou proches. Sa compagne Stella Morris confie craindre pour sa survie. Pour elle, son mari et père de ses deux enfants sortira de prison soit en homme libre, soit mort. « Julian n’est pas simplement un nom ou un symbole ; c’est un homme, un être humain et il souffre. On le cache, on tente de le faire taire, mais il se bat », insiste-t-elle.

    Bouleversée par la statue de son compagnon réalisée par le sculpteur Davide Dormino érigée aux Bains des Pâquis, au côté de celle d’Edward Snowden et de Chelsea Manning, elle poursuit : « Il est en cellule pour avoir divulgué des preuves concrètes sur des crimes commis par le même pays qui tente aujourd’hui de l’extrader. Joe Biden, qui sera bientôt ici, doit cesser cette folie ».

    Source : https://www.letemps.ch/suisse/geneve-se-mobilise-reclamer-liberation-julian-assange

    #wikileaks #assange #julian_assange #surveillance #snowden #actualités_internationales #nsa #internet #etats-unis #censure #usa #cablegate #journalisme #activisme #julianassange #liberté

  • Nouvel accord énergétique entre Chypre, la Grèce et Israël
    https://marine-oceans.com/actualites/21844-nouvel-accord-energetique-entre-chypre-la-grece-et-israel

    Nicosie, 8 mars 2021 (AFP) -

    Chypre, la Grèce et Israël ont signé lundi un nouvel accord dans le domaine énergétique, relatif à la mise en oeuvre du plus long câble électrique sous-marin au monde (plus d’un millier de kilomètres).

    Le protocole d’accord portant sur ce projet « EuroAsia Interconnector » a été signé à Nicosie par la ministre chypriote de l’énergie Natasa Pilides et son homologue israélien Yuval Steinitz, en vidéoconférence avec le Grec Kostas Skrekas.

    Il vise à connecter les réseaux électriques d’Israël, de Chypre et de Crète (Grèce) par un câble sous-marin de 2000 mégawatts, à une profondeur maximale de 2.700 mètres.

    La première phase devrait être bouclée d’ici 2025, a indiqué Mme Pilides. Selon la partie israélienne, le montant global du projet atteint trois milliards de shekels (plus de 755 millions d’euros).

    Dans une déclaration commune, les trois ministres ont estimé que ce programme constituait un « grand pas en avant » pour l’intégration des ressources en énergies renouvelables. (...)

    #IsraelGrèce #IsraelChypre

  • La fin d’un homme, la fin d’un monde _ Le blog de pierre verhas
    http://uranopole.over-blog.com/2020/12/la-fin-d-un-homme-la-fin-d-un-monde.html

    La fin d’un homme
    Depuis plusieurs mois, nous évoquons l’évolution de la situation de l’informaticien et journaliste australien Julian Assange, persécuté pour avoir publié les câbles diplomatiques secrets de Washington qui révélaient les crimes de guerre des Etatsuniens et de leurs alliés en Afghanistan et en Irak, accusé par la Suède d’un prétendu viol.
     
    « Vous vous souvenez du meurtre de sang froid de civils irakiens dans Collateral Murder ? Vous vous souvenez de la torture à Guantanamo Bay ? Vous vous souvenez de la corruption politique révélée par les câbles diplomatiques ? Ce sont quelques-unes des histoires qui ont fait la une en 2010, lorsque les principaux journaux internationaux, du New York Times au Guardian en passant par Der Spiegel, se sont associés à WikiLeaks pour exposer les crimes de guerre américains et une longue liste de vérités honteuses que nos gouvernements avaient gardées secrètes. » (Ex Berliner – EXB – journal berlinois en langue anglaise, 8 septembre 2020)
     
    Assange se trouvait à Londres lorsque la Justice suédoise demanda son extradition pour une accusation de viol. Sentant le piège et craignant d’être ensuite extradé de Suède vers les Etats-Unis, Assange s’est d’abord réfugié durant sept années à l’ambassade d’Equateur à Londres d’où il ne pouvait sortir et où, à son insu, ses moindres faits, gestes et paroles étaient notés par la CIA par l’intermédiaire d’une société de surveillance espagnole qui a clandestinement installé des dispositifs d’espionnage Quelques semaines après le renversement du président progressiste Rafaele Correa qui lui avait accordé l’asile et la nationalité équatorienne, exclu du pouvoir suite à des élections contestables, le nouveau président, Lénine (!) Moreno, sous la pression du gouvernement étatsunien, retire à Assange sa nouvelle nationalité et le fait expulser de sa « résidence » équatorienne. La police londonienne l’a transféré manu militari à la prison de haute sécurité de Belmarsch, où il côtoie des terroristes et de dangereux criminels. Il a d’abord été condamné par un tribunal londonien à 52 semaines de détention pour avoir échappé à la Justice anglaise en se réfugiant à l’ambassade d’Equateur. Cette période de détention a permis aux juges britanniques de préparer le procès de l’extradition d’Assange pour répondre à la demande de la puissance étatsunienne.
     
     

    L’expulsion manu militari de Julian Assange par la police londonienne révèle son traitement futur !
     
    Entre temps, la Justice suédoise a abandonné les poursuites contre le fondateur de Wikileaks, faute de preuves. À y réfléchir, cette affaire de viol avait un double objectif : discréditer Assange auprès de l’opinion publique et le livrer indirectement aux Etats-Unis. Tout cela pour ce qui est en définitive une banale relation sexuelle consentie non protégée !
     
    C’est d’ailleurs ce que dit Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture :
     
    « Je ne sais pas si Julian Assange a commis une agression sexuelle ou non, mais ce que je sais, c’est que la Suède ne s’est jamais souciée de le savoir. Ils voulaient utiliser ces allégations pour le discréditer. Et une fois qu’ils ont activement diffusé ces allégations aux quatre coins du monde, ils se sont ensuite assurés qu’il n’y aurait jamais de procès en bonne et due forme car, comme le procureur l’a finalement admis en novembre 2019, ils n’ont jamais eu suffisamment de preuves pour même porter plainte contre Julian Assange. »

    Nils Melzer est un éminent juriste suisse, professeur à Genève et aussi dans plusieurs pays étrangers, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et les traitements inhumains, a pris fait et cause pour Julian Assange.
     
    Un palais de justice qui fait partie d’un système carcéral.
     
    Une première série d’audiences du procès d’extradition britannique eut lieu fin février, début mars 2020. Elles se déroulèrent à Woolwich Court attenant à la prison de Belmarsch. Craig Murray a rédigé et publié le compte-rendu de ces audiences. Il commente :
    « Woolwich Crown Court est conçu pour imposer le pouvoir de l’État. Les tribunaux normaux de ce pays sont des bâtiments publics, délibérément placés par nos ancêtres en plein centre-ville, presque toujours à proximité d’une rue principale. Le but principal de leur positionnement et de leur architecture était de faciliter l’accès au public, avec la conviction qu’il est vital que la justice soit visible par le public.
     
    Woolwich Crown Court, qui accueille le Belmarsh Magistrates Court, est construit sur un principe totalement opposé. Il n’a pas d’autre but que d’exclure le public. Rattaché à une prison située dans un marais balayé par les vents, loin de tout centre social normal, une île accessible uniquement en naviguant dans un labyrinthe de routes à double voie, tout l’emplacement et l’architecture du bâtiment sont pensés pour décourager l’accès au public. Il est entouré par la même barrière de palissage en acier extrêmement résistant qui ceinture la prison. C’est une chose extraordinaire, un palais de justice qui fait partie du système carcéral lui-même, un lieu où l’on est déjà considéré comme coupable et incarcéré dès son arrivée. Le Woolwich Crown Court n’est rien d’autre que la négation physique de la présomption d’innocence, l’incarnation même de l’injustice coulée dans du béton, de l’acier, et des vitres blindées. Il a précisément la même relation à la justice que Guantanamo Bay ou la Lubyanka. Il n’est en réalité que l’aile de condamnations de la prison de Belmarsh. »

     
    Le tribunal est présidé par la magistrate Vanessa Baraitser qui se montre particulièrement hostile à l’égard de l’accusé et de sa défense.
     
    « … dans la salle d’audience elle-même, Julian Assange est confiné au fond du tribunal derrière un écran de verre pare-balles. Il a fait remarquer à plusieurs reprises au cours de la procédure qu’il lui était ainsi très difficile de voir et d’entendre les débats. La magistrate, Vanessa Baraitser, a choisi d’interpréter cela, avec une malhonnêteté étudiée, comme un problème dû au très faible bruit des manifestants à l’extérieur, par opposition à un problème causé par le fait qu’Assange est enfermé à l’écart dans une énorme boîte de verre pare-balles.
     
    Or, il n’y a aucune raison pour qu’Assange se trouve dans cette boîte, conçue pour contenir des terroristes extrêmement violents physiquement. Il pourrait siéger, comme le ferait normalement un accusé à une audience, au sein du tribunal à côté de ses avocats. Mais la lâche et vicieuse Baraitser a refusé les demandes répétées et persistantes de la défense pour qu’Assange soit autorisé à s’asseoir avec ses avocats. »

     
    Voilà donc comment la Justice britannique traite Julian Assange ! Public limité au strict minimum, enfermement de Julian Assange dans une cage de verre pour entraver les contacts avec ses avocats, attitude hostile de la présidente du tribunal. Le procès s’annonce très mal ! Un incident révélateur : à la seconde audience, un des avocats d’Assange, Baltasar Garzon, l’ancien juge espagnol qui a fait poursuivre le dictateur Pinochet et qui souhaitait poursuivre les crimes du franquisme, devait rejoindre Madrid. Il se leva et alla vers la cage de verre pour saluer et serrer la main d’Assange. Les gardiens assis à ses côtés l’en empêchèrent !
     
     

    Baltasar Garzon, évincé de son mandat de juge d’instruction, pour sa tentative d’exhumation du passé franquiste de l’Espagne est un des avocats de Julian Assange.
     
    Des décisions pré-écrites  
    La première série d’audiences s’acheva le 8 avril 2020 pour reprendre le 7 septembre, à Westminster cette fois. Craig Murray dans son compte-rendu de la dernière audience du 30 septembre écrit :
     
    « Baraitser a de nouveau suivi son cheminement habituel qui consiste à refuser chaque requête de la défense, à la suite de décisions pré-rédigées (je ne sais pas si elles sont écrites par elle ou si elle les a copiées), même lorsque l’accusation ne s’y oppose pas. Vous vous rappelez qu’au cours de la première semaine de l’audience d’extradition proprement dite, elle a insisté pour que Julian soit maintenu dans une cage de verre, bien que l’avocat du gouvernement américain n’ait émis aucune objection à ce qu’il siège dans le tribunal, et qu’elle ait refusé d’intervenir pour faire cesser ses fouilles à nu, ses menottes et la confiscation de ses documents, même si le gouvernement américain s’est joint à la défense pour contester sa déclaration selon laquelle elle n’avait pas le pouvoir de le faire (pour laquelle elle a ensuite été vivement réprimandée par l’Association internationale du barreau).
     
    Hier, le gouvernement américain ne s’est pas opposé à une motion de la défense visant à reporter la reprise de l’audience d’extradition. La défense a invoqué quatre motifs :
     
    1) Julian est actuellement trop malade pour préparer sa défense
2) En raison du confinement, l’accès à ses avocats est pratiquement impossible
3) Les témoins vitaux de la défense, y compris de l’étranger, ne pourraient pas être présents pour témoigner
4) Le traitement des problèmes de santé mentale de Julian a été interrompu en raison de la situation de Covid-19.
     
    Baraitser a rejeté catégoriquement tous ces motifs - bien que James Lewis ait déclaré que l’accusation était neutre sur la question - et a insisté pour que la date du 18 mai soit maintenue. Elle a déclaré que Julian pouvait être amené dans les cellules du tribunal de Westminster pour des consultations avec ses avocats. (Premièrement, en pratique, ce n’est pas le cas, et deuxièmement, ces cellules ont un passage constant de prisonniers, ce qui est très manifestement indésirable avec Covid19). »

     

    L’ancien diplomate Craig Murray a fait état de toutes audiences du procès Assange.
     
    Il y a deux constats : à chaque fois, la juge Baraitser présente des décisions écrites avant l’audience – est-ce de sa propre initiative ou lui ont-elles été dictées ? – et rejette systématiquement toute requête de la défense, même si l’accusation ne s’y oppose pas ! Se conformerait-elle à des instructions préalables, on peut raisonnablement se poser la question.
     
    Enfin, nulle mesure de protection d’Assange contre le Covid 19 n’a été prise aussi bien à la salle d’audience qu’à la prison de Belmarsch. Sans doute, son éventuelle contamination aurait arrangé pas mal de monde !
     
    _ Trois pas sur deux !
     
    Voici ce que conclut Craig Murray de ces trois semaines d’audience :
     
    « … dans cette salle d’audience, vous étiez en présence du mal. Avec un placage civilisé, un semblant de procès, et même des démonstrations de bonhomie, la destruction totale d’un être humain était en cours. Julian était détruit en tant que personne sous mes yeux. Pour le crime d’avoir publié la vérité. Il a dû rester assis là à écouter des jours entiers de discussions posées sur l’incroyable torture qui l’attendait dans une prison américaine de grande sécurité, privé de tout contact humain significatif pendant des années, à l’isolement dans une cellule de seulement 4,5 mètres carrés.
     
    4,5 mètres carrés. Retenez bien cela. Trois pas sur deux. De toutes les terribles choses que j’ai entendues, la plus effrayante était peut-être ce qu’a dit le directeur Baird en expliquant que la seule heure par jour autorisée pour sortir de la cellule est passée seul dans une autre cellule absolument identique, appelée "cellule de loisirs". Cela et l’infâme "expert" du gouvernement, le Dr Blackwood, décrivant comment Julian pourrait être suffisamment drogué et physiquement privé des moyens de se suicider pour le maintenir en vie pendant des années. »

     
    Le jugement sur l’extradition est annoncé pour le 4 janvier 2021.
     
    Nils Melzer estime : « Quelle que soit la décision, je pense qu’un appel sera interjeté auprès de la Haute Cour. Probablement par Julian Assange, car je ne m’attends pas à ce que la première instance refuse l’extradition. Mais même si un miracle se produit et que le juge refuse de l’extrader, les États-Unis feront certainement appel de cette décision. »
     
    Laissons la conclusion à Nils Melzer :
     
    « Nous parlons des droits de l’homme et non des droits des héros ou des anges. Assange est une personne, et il a le droit de se défendre et d’être traité avec humanité. Peu importe de quoi il est accusé, Assange a droit à un procès équitable. Mais ce droit lui a été délibérément refusé - en Suède, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Équateur. Au lieu de cela, il a été laissé à pourrir pendant près de sept ans dans les limbes d’une pièce. Puis, il a été soudainement été traîné dehors et condamné en quelques heures et sans aucune préparation pour une violation de la liberté sous caution qui consistait à lui avoir accordé l’asile diplomatique d’un autre État membre des Nations unies sur la base de persécutions politiques, comme le veut le droit international et comme l’ont fait d’innombrables dissidents chinois, russes et autres dans les ambassades occidentales. Il est évident que ce à quoi nous avons affaire ici, c’est la persécution politique. En Grande-Bretagne, les violations de la liberté sous caution entraînent rarement des peines de prison - elles ne sont généralement passibles que d’amendes. En revanche, Assange a été condamné dans le cadre d’une procédure sommaire à 50 semaines dans une prison de haute sécurité - une peine clairement disproportionnée qui n’avait qu’un seul but : détenir Assange suffisamment longtemps pour que les États-Unis puissent préparer leur dossier d’espionnage contre lui.
     
    Que signifie le refus des États membres de l’ONU de fournir des informations à leur propre rapporteur spécial sur la torture ?  
    Qu’il s’agit d’une affaire arrangée d’avance. Un simulacre de procès doit être utilisé pour faire un exemple de Julian Assange. Le but est d’intimider d’autres journalistes. L’intimidation, d’ailleurs, est l’un des principaux objectifs de l’utilisation de la torture dans le monde. Le message que nous devons tous recevoir est le suivant : Voici ce qui vous arrivera si vous imitez le modèle de Wikileaks. »
     
    Une affaire arrangée d’avance ? Nils Melzer en est bien conscient et ne se fait guère d’illusions sur son propre sort :
     
    « En tout cas, je ne me fais pas d’illusions sur le fait que ma carrière aux Nations unies est probablement terminée. Ayant ouvertement affronté deux États P5 (membres du Conseil de sécurité des Nations unies) comme je l’ai fait, il est très peu probable qu’ils m’acceptent à un autre poste de haut niveau. On m’a dit que mon engagement sans compromis dans cette affaire avait un prix politique. Mais le silence a aussi un prix. Et j’ai décidé que je préfère payer le prix pour m’exprimer que le prix pour rester silencieux. »
     
    L’affaire Assange n’a jamais porté sur Julian Assange.
    Mais pour lui, le plus important est :
    « Mais l’affaire Assange n’a jamais porté sur Julian Assange. Il s’agit de l’éléphant dans la pièce que tout le monde semble ignorer : la mauvaise conduite officielle des états qu’Assange a exposé. En 2010, au moment des révélations, tout le monde était choqué par les crimes de guerre, la torture, la corruption, et le public du monde entier a commencé à en parler. Cela a rendu les États concernés très nerveux. Ce n’est donc pas un hasard si, quelques semaines plus tard, les autorités suédoises ont délibérément publié un gros titre dans la presse à sensation : Julian Assange est soupçonné de double viol. Immédiatement, le public du monde entier s’est désintéressé de la discussion des crimes des puissants, a changé d’orientation et a commencé à débattre du caractère et de la personnalité de Julian Assange : est-il un violeur, un narcissique, un hacker, un espion ? »  
     
    Ainsi, la fin d’un homme est programmée par l’Etat profond étatsunien avec comme supplétifs la Justice britannique et la Justice équatorienne.
     
    La fin d’un homme, la fin d’un monde.

    Pierre Verhas

  • How the U.S. Uses Technology to Mine More Data More Quickly
    https://www.nytimes.com/2013/06/09/us/revelations-give-look-at-spy-agencys-wider-reach.html

    WASHINGTON — When American analysts hunting terrorists sought new ways to comb through the troves of phone records, e-mails and other data piling up as digital communications exploded over the past decade, they turned to Silicon Valley computer experts who had developed complex equations to thwart Russian mobsters intent on credit card fraud. The partnership between the intelligence community and Palantir Technologies, a Palo Alto, Calif., company founded by a group of inventors from (...)

    #NSA #Paypal #BigData #Anduril #Palantir #PRISM #Maven #payement #scraping #câble

  • « Souveraineté numérique : les câbles sous-marins, un enjeu aussi important que la 5G ». La tribune de Cyrille Dalmont, chercheur associé à l’Institut Thomas-More https://www.lopinion.fr/edition/economie/souverainete-numerique-cables-marins-enjeu-aussi-important-que-5g-225405

    Le débat sur la souveraineté numérique relatif à la 5G fait rage depuis quelque temps en France, en particulier en raison des risques pour notre souveraineté et notre sécurité intérieure que soulève une éventuelle participation de l’entreprise Huawei au déploiement des antennes relais. Ce débat, selon des modalités et une intensité variables, la plupart des pays occidentaux l’ont ou l’ont eu. La 5G et ses implications (comme la crise sanitaire d’ailleurs) nous ramènent inévitablement aux fondamentaux de la politique : qui commande ? Qui dit « nous voulons » ?

    Mais une autre guerre des mondes sévit dans le même temps à bas bruit : celle des câbles internet. La réalité est simple : pour les communications internationales, plus de 99% du trafic Internet passe par des #câbles_sous-marins. En 2020, on en recense près de 380 à travers le monde, pour un total de 1,3 million de kilomètres posés. (…)

    Accélération chinoise. Sur le terrain, la Chine est particulièrement offensive et son fer de lance était jusqu’à il y a peu la société #Huawei marine networks, créée en 2008. Dans le cadre des « Routes de la soie numériques », elle a travaillé à elle seule sur près d’une centaine de projets de construction ou de modernisation de liaisons par fibre optique sur les fonds marins. Cet expansionnisme a connu un coup d’arrêt avec l’embargo récent (15 mai 2019) de l’administration Trump à l’encontre de la firme chinoise Huawei. Accusé d’espionnage à grande échelle au profit du gouvernement chinois, il est désormais interdit aux sociétés américaines de travailler avec le constructeur chinois. Donald Trump a encore haussé le ton en mai dernier et cet embargo s’applique désormais aux fournisseurs basés hors des Etats-Unis, dès lors que leurs produits ou services utilisent des technologies américaines, qu’il s’agisse de propriété intellectuelle, de logiciels ou d’équipements de production.

    Mais cet embargo sera vite contourné car la Chine a trouvé rapidement la parade : Huawei a annoncé en juin la cession de 51% de Huawei marine networks à Hengtong optic-electric, une autre entreprise chinoise. Bien évidemment, la Chine non seulement ne ralentit pas mais entend amplifier son programme de pose de câbles comme l’a confirmé, au retour de sa tournée européenne, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, lors de la signature d’un accord avec le Kazakhstan.

    De leur côté, les Etats-Unis, inventeurs d’Internet, dominent toujours aujourd’hui le marché mondial du transfert de données, notamment grâce à l’activité débordante des Gafam, en particulier Facebook et Google dont l’appétit pour la pose de câbles est à la hauteur des ressources, c’est-à-dire sans limite. Google possède ou contrôle aujourd’hui pas moins de 14 câbles (dont trois en propre). Facebook en possède 10, Microsoft quatre et Amazon trois.

    Si elle est moins dépendante des câbles sous-marins que les Occidentaux, en raison du continuum de son territoire, et moins active dans la pose de câbles, la Russie, quant à elle, n’hésite pas à jouer les trouble-fêtes avec ses mini-sous-marins espions de plongée profonde à propulsion nucléaire, connus sous le terme russe AGS. Ou à mettre la pression sur des pays de son environnement pour imposer sa volonté quant au choix d’une société de pose de câble.

    C’est ce qui s’est passé en Géorgie, pour le groupe azéri Neqsol avec l’acquisition de Caucasus Online, seule société géorgienne détenant la gestion du réseau de fibre venant d’Europe à travers la Mer Noire, dans le cadre d’un projet de route de fibre optique entre l’Europe, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l’Asie, qui devait permettre une alternative aux routes terrestres actuelles à travers la Russie. Cette opération, finalisée en 2019, est bloquée depuis juillet, la Commission nationale géorgienne des communications semblant chercher tous les moyens d’annuler la vente. Tous les coups sont ainsi permis dans cette guerre où le droit du plus fort devient le droit tout court.

    Et l’Europe dans tout cela ? Dans ce domaine comme dans tant d’autres, dotée d’une expérience industrielle indéniable (notamment avec le groupe Alcatel submarine networks, désormais filiale de Nokia) mais privée de direction comme de volonté politique, elle n’a ni stratégie, vision de long terme. Les entreprises européennes se contentent donc le plus souvent de participer à des projets de groupement internationaux telle que le projet 2Africa de câble sous-marin de 37 000 kilomètres reliant 23 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe et s’étendant vers l’Asie. (…)

    Les câbles sous-marins au centre des tensions entre Pékin et Washington https://www.zdnet.fr/actualites/les-cables-sous-marins-au-centre-des-tensions-entre-pekin-et-washington-399105

    Dernière illustration en date début septembre, lorsque Facebook et Google ont dû renoncer à leur ambitieux projet de câble sous-marin reliant Los Angeles à Hong Kong, baptisé "Pacific Light Cable Network" (PLCN). Annoncé initialement en 2016, ce projet constitué de six paires de fibres optiques visait pourtant à connecter directement Hong Kong à Los Angeles. Un trajet de près de 13 000 kilomètres, qui a dû être remanié en catastrophe afin d’obtenir l’approbation du régulateur américain, dont la direction est réputée proche de l’administration Trump – particulièrement hostile au régime chinois.

    En juin dernier, le gendarme américain des télécoms avait en effet refusé l’exploitation de ce système de câbles sous-marins se connectant directement à Hong Kong, arguant que ce projet serait contraire à l’intérêt de la sécurité nationale américaine.

    La FCC faisait également valoir que la grande capacité et la faible latence du réseau encourageraient le trafic de communication américain traversant le Pacifique à faire un détour par Hong Kong avant d’atteindre la destination prévue, ce qui augmenterait inutilement la quantité de données passant par les infrastructures contrôlées par le gouvernement chinois. Ce qui a conduit Google et Facebook à revoir leurs plans. Si Google et Facebook ont indiqué qu’elles déposeraient bientôt une nouvelle demande de licence « pour un système reconfiguré » acceptable par l’administration de Trump, celle-ci n’a toujours pas été rendue publique.

  • Inside Facebook’s new power grab
    https://www.wired.co.uk/article/facebook-power-grab

    From cables to internet cafes, Mark Zuckerberg is leaving his mark on the global South Mark Zuckerberg is not a man used to failure. He has built a $600-billion empire, buying up or crushing most would-be competitors and brushing regulators aside. When, in 2015, he personally headed up an effort – first called internet.org, then “Free Basics” – to help 3.5 billion people worldwide who don’t have access to the internet get connected, he might have expected praise for what he framed as (...)

    #Facebook #câble #drone #WiFi #domination #BigData #lobbying

  • Facebook abandons broken drilling equipment under Oregon coast seafloor
    https://www.oregonlive.com/environment/2020/08/facebook-abandons-broken-drilling-equipment-under-oregon-coast-seafloor.

    Lynnae Ruttledge was worried when she heard Facebook planned to build a landing spot for an undersea fiber-optic cable near her Oregon Coast home. Tierra Del Mar, where the 70-year-old retired government worker lives part-time, is a tiny community north of Pacific City with no stoplights and no cell-phone service. The enclave, all zoned residential, consists of about a dozen mostly gravel streets running perpendicular to an idyllic stretch of beach, each lined with single-family homes. (...)

    #Facebook #câble #écologie #bug

  • A Bird ? A Plane ? No, It’s a Google Balloon Beaming the Internet
    https://www.nytimes.com/2020/07/07/world/africa/google-loon-balloon-kenya.html?campaign_id=158&emc=edit_ot_20200708&instanc

    A commercial deal in Kenya marks the first application of balloon-powered internet in Africa, the region with the lowest percentage of internet users globally. NAIROBI, Kenya — A fleet of high-altitude balloons started delivering internet service to Kenya on Tuesday, extending online access to tens of thousands of people in the first-ever commercial deployment of the technology. The balloons, which hover about 12 miles up in the stratosphere — well above commercial airplanes — will (...)

    #Alphabet #Google #câble #technologisme #domination #aérien

  • Facebook Connectivity Investments to Deliver Over $200 Billion in Economic Benefits
    https://about.fb.com/news/2020/07/facebook-connectivity-economic-benefits/?campaign_id=158&emc=edit_ot_20200708&instance_id=20127&nl=on-tech-with-sh

    Reports Estimate the 5-Year Impact of Facebook’s Infrastructure in LATAM, ASEAN and Sub-Saharan Africa The importance of reliable, affordable internet connectivity has become more apparent to many people adapting to new ways of life during the coronavirus pandemic. Yet, 3.5 billion people around the world remain unconnected to the internet. Closing the digital divide is critical to ensure access to information, education and healthcare. Over the years, Facebook has invested in (...)

    #Facebook #technologisme #domination #câble

  • Justice Department opposes Google, Facebook cable link to Hong Kong
    https://www.politico.com/news/2020/06/17/justice-department-hong-kong-google-facebook-cable-326688

    Officials warn that if allowed to proceed, an underseas cable project could expose Americans’ data to China’s government. A key group of Trump administration officials now formally opposes an effort involving Google and Facebook to activate an underwater cable network connecting the United States to Hong Kong. In a new filing staking out opposition to that Hong Kong link, executive branch officials raised concerns it would expose global data flows to the eyes of China’s communist government. (...)

    #Google #Facebook #câble

  • Chine et États-Unis se livrent une guerre technologique sous-marine
    https://korii.slate.fr/tech/chine-etats-unis-guerre-technologique-sous-marine-cable-internet-liaison

    Une rivalité à 20.000 lieues sous les mers. Le projet date de 2016. « Pacific Light » est le fruit de l’association entre Google et Facebook avec Pacific Light Cable Network, une entreprise du New Jersey, pour dérouler un câble internet entre Los Angeles, Hong Kong, Taïwan et les Philippines. Cette liaison serait la première à relier directement les États-Unis et Hong Kong, ce qui permettrait de transmettre de l’information à 120 terabytes par seconde. Mais pour que ce projet voie le jour, les deux (...)

    #Google #US-Department-of-Justice-DoJ #FCC #Facebook #Huawei #5G #câble

  • « Oubliez le satellite, le sans-fil ou le "cloud" : dans sa réalité matérielle, internet est avant tout une histoire de câbles interminables et de vastes bâtiments remplis de fibres et de serveurs. Ces infrastructures pas du tout virtuelles s’étendent sous les mers, sur terre, prennent de la place et consomment de l’énergie. Du navire câblier qui dépose la fibre au fond des océans au data center qui héberge nos données, le numérique offre aussi une face visible et palpable mais trop souvent méconnue. Ce reportage nous emmène à Brest, Marseille, Paris et sur le plateau de Saclay à la découverte de ces briques essentielles sans lesquelles internet n’existerait pas. »

    https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/dans-la-tuyauterie-dinternet

    #Internet #câbles_sous_marins

  • Gli investimenti di #Google nei cavi #Internet sottomarini

    Il colosso di #Mountain_View è attivo in questo settore dal 2008, quando iniziò la costruzione del cavo #Unity tra Usa e Giappone entrato in servizio nel 2010. Tra il 2019 e il 2021 diverranno attivi altre nove infrastrutture, portando a 14 il totale dei cavi controllati da Google.

    Come si vede dalla mappa, le due principali rotte dei dati solcano il Pacifico e il Nord Atlantico. Con il Nordamerica al centro, i cavi allacciano le coste orientali dell’Asia e l’Europa, le due estremità più decisive per il controllo dell’Eurasia, perno della grande strategia degli Stati Uniti.

    I progetti di Google sono diventati d’improvvisa attualità strategica quando si è diffusa la notizia che il dipartimento di Giustizia Usa intende bloccare un progetto ormai quasi completato, il Pacific Light Cable Network (Plcn), indicato nella carta con il numero 3. Lunga circa 8 mila chilometri e costata quasi 300 milioni di dollari, l’infrastruttura collega Los Angeles e Hong Kong ed è finanziata, oltre che da Google, da Facebook e da Dr. Peng, il quarto operatore nelle telecomunicazioni di Cina.

    http://www.limesonline.com/carta-cavi-sottomarini-internet-google-cina-pacific-light-cable-network-hong-kong/114061
    #câbles_sous-marins #cartographie #visualisation #infrastructure
    ping @fil

  • Un océan de câbles, dans les profondeurs d’Internet - RFI
    http://webdoc.rfi.fr/ocean-cables-sous-marins-internet

    Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passe lorsque vous vous connectez à RFI.fr ou de quelle façon ces vidéos de chatons innocents arrivent sur votre écran ? Par où « passent » ces données ? Savez-vous que le web est quelque chose de bien réel, que l’infrastructure de cette Toile invisible est aussi matérielle que nos routes et autoroutes ? Aujourd’hui, l’essentiel de nos communications voyagent d’un continent à l’autre par des câbles qui sillonnent le fond des océans. Mais alors, que se passerait-il si quelque chose ou quelqu’un venait à couper ces gros tuyaux de l’information mondiale ? Internet ne tiendrait-il qu’à un fil ? Suivez le câble.

  • China Spying: The Internet’s Underwater Cables Are Next - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2019-04-09/china-spying-the-internet-s-underwater-cables-are-next


    Underwater eyes on China.
    Photographer: Mass Communication Specialist 3rd Class Adam K. Thomas/U.S. Navy via Getty Images

    As the West considers the threat posed by China’s naval ambitions, there is a natural tendency to place overarching attention on the South China Sea. This is understandable: Consolidating it would provide Beijing with a huge windfall of oil and natural gas, and a potential chokehold over up to 40 percent of the world’s shipping.

    But this is only the most obvious manifestation of Chinese maritime strategy. Another key element, one that’s far harder to discern, is Beijing’s increasing influence in constructing and repairing the undersea cables that move virtually all the information on the internet. To understand the totality of China’s “Great Game” at sea, you have to look down to the ocean floor.
    […]
    But now the Chinese conglomerate #Huawei Technologies, the leading firm working to deliver 5G telephony networks globally, has gone to sea. Under its Huawei Marine Networks component, it is constructing or improving nearly 100 submarine cables around the world. Last year it completed a cable stretching nearly 4,000 miles from Brazil to Cameroon. (The cable is partly owned by China Unicom, a state-controlled telecom operator.) Rivals claim that Chinese firms are able to lowball the bidding because they receive subsidies from Beijing.
    […]
    A similar dynamic [as in 5G equipment] is playing out underwater. How can the U.S. address the security of undersea cables? There is no way to stop Huawei from building them, or to keep private owners from contracting with Chinese firms on modernizing them, based purely on suspicions. Rather, the U.S. must use its cyber- and intelligence-gathering capability to gather hard evidence of back doors and other security risks. This will be challenging — the Chinese firms are technologically sophisticated and entwined with a virtual police state.

    And back doors aren’t the only problem: Press reports indicate that U.S. and Chinese (and Russian) submarines may have the ability to “tap” the cables externally. (The U.S. government keeps such information tightly under wraps.) And the thousand or so ground-based landing stations will be spying targets as well.

    #cables_sous-marins #internet #espionnage

  • Au #Ghana, avec les #damnés du « Sodome et Ghomorre » électronique - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/01/09/au-ghana-avec-les-damnes-du-sodome-et-ghomorre-electronique_1701925
    #numerique #pollution #dechets #hardware

    Ils brûlent les #câbles et les #déchets pour en récupérer du cuivre et d’autres métaux. Une combustion qui pollue les sols. Selon un rapport publié en 2013 par l’ONG américaine Blacksmith Institute, Agbogbloshie est désormais le lieu le plus pollué au monde… devant Tchernobyl. #Cadmium, #plomb, #mercure et #arsenic sont durablement présents dans les sols d’#Agbogbloshie, parfois à des niveaux 100 fois supérieurs aux seuils autorisés.

    Bœufs et moutons faméliques
    A proximité des lieux de combustion, la chaleur est insoutenable. La fumée âcre charrie des émanations toxiques. Les travailleurs tentent de s’en prémunir en mettant un linge devant leur nez. Mince rempart. « Je sens la fumée entrer dans mes poumons et j’ai régulièrement mal à la gorge », souffle Thomas, 18 ans, qui travaille dans la décharge depuis plus de cinq ans. Faute de protection, la plupart des « #salvagers » souffrent de brûlures, lésions oculaires, problèmes respiratoires chroniques. Certains développent également rapidement des cancers. « Je souffre de chaleur la nuit, j’ai du mal à respirer et je tousse souvent », dit Devit de sa voix rauque. A 36 ans, il fait figure de doyen à Agbogbloshie, après y avoir passé plus d’une dizaine d’années. Les visages, les mains, les vêtements des forçats sont couverts d’une épaisse poussière. Les traits sont tirés. La plupart des « salvagers » ont commencé à travailler dans le camp à l’âge de 10 ans. Ils errent dans le camp avec une ficelle au bout de laquelle pend un aimant pour récupérer quelques grammes de métal pour un gain de quelques centimes. « C’est vraiment l’enfer, résume Ibrahim, 26 ans. Mais il est difficile de trouver du travail à #Accra. Même si cela est mauvais pour la santé, je n’ai pas le choix. » Alors il continue de tenter de survivre dans un environnement hypertoxique.

  • Câble sous-marin transatlantique Dunant : Orange s’associe à Google
    https://www.latribune.fr/technos-medias/cables-sous-marins-orange-s-associe-a-google-793947.html

    Orange a indiqué qu’il s’était associé au groupe de Mountain View dans le cadre du projet Dunant, qui vise à tirer un nouveau câble sous-marin transatlantique. Long de 6.600 kilomètres, ce câble servira à écouler une partie de l’énorme trafic, qui ne cesse d’augmenter, entre les États-Unis et l’Europe. Il aura la particularité d’atterrir directement en France alors que les #câbles_sous-marins transatlantiques passent généralement souvent par la Grande-Bretagne.

    À l’initiative de ce projet, Google souhaitait visiblement disposer d’un accès direct à la Belgique en passant par l’Hexagone. Il faut dire que le géant américain dispose d’une importante activité de data center dans le Plat Pays.

  • #Cartographie numérique : Les câbles sous-marins, enjeu majeur de la mondialisation de l’information

    http://cartonumerique.blogspot.com/2018/04/les-cables-sous-marins-enjeu-majeur-de.html
    https://lh5.googleusercontent.com/proxy/7nyOoKPFChdTbSMr3m5xJ9e5lrcPyUFzJSavVs1QWr6aiP2IixC2NDxy-kSdd

    Les #câbles sous-marins, enjeu majeur de la mondialisation de l’information
    Qui a dit qu’Internet reposait sur des flux immatériels d’information ? Il semble bien au contraire exister une matérialité des réseaux numériques qui n’ont rien de « virtuel ». La société de l’information exige ses infrastructures, ses serveurs, ses ordinateurs, ses téléphones portables, ses satellites... et surtout ses câbles qui en sont les artères principales. Le centre de recherche américain Telegeography publie chaque année une nouvelle carte des câbles sous-marins dans le monde. En 2018, le site recense 428 câbles sous-marins, soit une longueur totale atteignant plus d’1,1 million de kilomètres. Véritable ossature matérielle d’Internet, les câbles sous-marins sont devenus un enjeu majeur de la mondialisation de l’information.