#côte_d’ivoire

  • Parution : nouvel ouvrage de Survie, sur l’ingérence française en Côte d’Ivoire - Survie
    https://survie.org/pays/cote-d-ivoire/article/parution-nouvel-ouvrage-de-survie-sur-l-ingerence-francaise-en-cote-d-ivoire

    « Dans la nuit, plusieurs dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues à l’appel de Charles Blé Goudé, leader des “jeunes patriotes”, et se dirigent vers l’aéroport et la base militaire française. Les Ivoiriens se heurtent rapidement aux hélicoptères et aux chars des soldats français, qui tirent à balles réelles et à la grenade offensive, faisant une trentaine de morts. Le lendemain, l’état-major français ne reconnaît pourtant que “des tirs d’intimidation”. Le soir, le général Bentégeat admet qu’ils ont “peut-être blessé ou même tué quelques personnes”, mais ne parle que de “pillards” et se déclare “très fier de la réaction qu’a eue le détachement Licorne. Ils ont montré qu’on ne tue pas impunément les soldats français”. La suite des événements confirmera qu’on peut en revanche tuer impunément des civils ivoiriens. »

    Derrière une neutralité affichée, la France n’a cessé d’intervenir dans la vie politique ivoirienne, défendant âprement ses intérêts économiques et son influence régionale. De la mort d’Houphouët-Boigny à la chute de Gbagbo, tout l’arsenal de la #Françafrique s’est déployé en #Côte_d’Ivoire : diplomatie parallèle, réseaux officieux, affaires troubles, coups tordus et crimes de guerre.

    https://agone.org/dossiersnoirs/unpompierpyromane
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/07/03/bombardement-de-bouake-en-2004-vers-l-ouverture-d-un-proces-en-france_532529
    #armée_française #ingérence


  • #Accaparement_de_terres : le groupe #Bolloré accepte de négocier avec les communautés locales
    –-> un article qui date de 2014, et qui peut intéresser notamment @odilon, mais aussi d’actualité vue la plainte de Balloré contre le journal pour diffamation. Et c’est le journal qui a gagné en Cour de cassation : https://www.bastamag.net/Bollore-perd-definitivement-son-premier-proces-en-diffamation-intente-a

    Des paysans et villageois du Sierra-Leone, de #Côte_d’Ivoire, du #Cameroun et du #Cambodge sont venus spécialement jusqu’à Paris. Pour la première fois, le groupe Bolloré et sa filiale luxembourgeoise #Socfin, qui gère des #plantations industrielles de #palmiers_à_huile et d’#hévéas (pour le #caoutchouc) en Afrique et en Asie, ont accepté de participer à des négociations avec les communautés locales fédérées en « alliance des riverains des plantations Bolloré-Socfin ». Sous la houlette d’une association grenobloise, Réseaux pour l’action collective transnationale (ReAct), une réunion s’est déroulée le 24 octobre, à Paris, avec des représentants du groupe Bolloré et des communautés touchées par ces plantations.

    Ces derniers dénoncent les conséquences de l’acquisition controversée des terres agricoles, en Afrique et en Asie. Ils pointent notamment du doigt des acquisitions foncières de la #Socfin qu’ils considèrent comme « un accaparement aveugle des terres ne laissant aux riverains aucun espace vital », en particulier pour leurs cultures vivrières. Ils dénoncent également la faiblesse des compensations accordées aux communautés et le mauvais traitement qui serait réservé aux populations. Les représentants africains et cambodgiens sont venus demander au groupe Bolloré et à la Socfin de garantir leur #espace_vital en rétrocédant les terres dans le voisinage immédiat des villages, et de stopper les expansions foncières qui auraient été lancées sans l’accord des communautés.

    https://www.bastamag.net/Accaparement-de-terres-le-groupe-Bollore-accepte-de-negocier-avec-les
    #terres #Sierra_Leone #huile_de_palme

    • Bolloré, #Crédit_agricole, #Louis_Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement de terres
      –-> encore un article de 2012

      Alors que 868 millions de personnes souffrent de sous-alimentation, selon l’Onu, l’accaparement de terres agricoles par des multinationales de l’#agrobusiness ou des fonds spéculatifs se poursuit. L’équivalent de trois fois l’Allemagne a ainsi été extorqué aux paysans africains, sud-américains ou asiatiques. Les plantations destinées à l’industrie remplacent l’agriculture locale. Plusieurs grandes entreprises françaises participent à cet accaparement, avec la bénédiction des institutions financières. Enquête.

      Au Brésil, le groupe français Louis Dreyfus, spécialisé dans le négoce des matières premières, a pris possession de près de 400 000 hectares de terres : l’équivalent de la moitié de l’Alsace, la région qui a vu naître l’empire Dreyfus, avec le commerce du blé au 19ème siècle. Ces terres sont destinées aux cultures de canne à sucre et de soja. Outre le Brésil, le discret empire commercial s’est accaparé, via ses filiales Calyx Agro ou LDC Bioenergia [1], des terres en Uruguay, en Argentine ou au Paraguay. Si Robert Louis Dreyfus, décédé en 2009, n’avait gagné quasiment aucun titre avec l’Olympique de Marseille, club dont il était propriétaire, il a fait de son groupe le champion français toute catégorie dans l’accaparement des terres.

      Le Groupe Louis-Dreyfus – 56 milliards d’euros de chiffre d’affaires [2] – achète, achemine et revend tout ce que la terre peut produire : blé, soja, café, sucre, huiles, jus d’orange, riz ou coton, dont il est le « leader » mondial via sa branche de négoce, Louis-Dreyfus Commodities. Son jus d’orange provient d’une propriété de 30 000 ha au Brésil. L’équivalent de 550 exploitations agricoles françaises de taille moyenne ! Il a ouvert en 2007 la plus grande usine au monde de biodiesel à base de soja, à Claypool, au Etats-Unis (Indiana). Il possède des forêts utilisées « pour la production d’énergie issue de la biomasse, l’énergie solaire, la géothermie et l’éolien ». Sans oublier le commerce des métaux, le gaz naturel, les produits pétroliers, le charbon et la finance.

      Course effrénée à l’accaparement de terres

      En ces périodes de tensions alimentaires et de dérèglements climatiques, c’est bien l’agriculture qui semble être l’investissement le plus prometteur. « En 5 ans, nous sommes passés de 800 millions à 6,3 milliards de dollars d’actifs industriels liés à l’agriculture », se réjouissait le directeur du conglomérat, Serge Schoen [3]. Le groupe Louis Dreyfus illustre la course effrénée à l’accaparement de terres agricoles dans laquelle se sont lancées de puissantes multinationales. Sa holding figure parmi les cinq premiers gros traders de matières premières alimentaires, avec Archer Daniels Midland (États-Unis), Bunge (basé aux Bermudes), Cargill (États-Unis) et le suisse Glencore. Ces cinq multinationales, à l’acronyme ABCD, font la pluie et le beau temps sur les cours mondiaux des céréales [4].

      L’exemple de Louis Dreyfus n’est pas isolé. États, entreprises publiques ou privées, fonds souverains ou d’investissements privés multiplient les acquisitions – ou les locations – de terres dans les pays du Sud ou en Europe de l’Est. Objectif : se lancer dans le commerce des agrocarburants, exploiter les ressources du sous-sol, assurer les approvisionnements alimentaires pour les États, voire bénéficier des mécanismes de financements mis en œuvre avec les marchés carbone. Ou simplement spéculer sur l’augmentation du prix du foncier. Souvent les agricultures paysannes locales sont remplacées par des cultures industrielles intensives. Avec, à la clé, expropriation des paysans, destruction de la biodiversité, pollution par les produits chimiques agricoles, développement des cultures OGM... Sans que les créations d’emplois ne soient au rendez-vous.

      Trois fois la surface agricole de la France

      Le phénomène d’accaparement est difficile à quantifier. De nombreuses transactions se déroulent dans le plus grand secret. Difficile également de connaître l’origine des capitaux. Une équipe de la Banque mondiale a tenté de mesurer le phénomène. En vain ! « Devant les difficultés opposées au recueil des informations nécessaires (par les États comme les acteurs privés), et malgré plus d’un an de travail, ces chercheurs ont dû pour l’évaluer globalement s’en remettre aux articles de presse », explique Mathieu Perdriault de l’association Agter.

      Selon la base de données Matrice foncière, l’accaparement de terres représenterait 83 millions d’hectares dans les pays en développement. L’équivalent de près de trois fois la surface agricole française (1,7% de la surface agricole mondiale) ! Selon l’ONG Oxfam, qui vient de publier un rapport à ce sujet, « une superficie équivalant à celle de Paris est vendue à des investisseurs étrangers toutes les 10 heures », dans les pays pauvres [5].

      L’Afrique, cible d’un néocolonialisme agricole ?

      L’Afrique, en particulier l’Afrique de l’Est et la République démocratique du Congo, est la région la plus convoitée, avec 56,2 millions d’hectares. Viennent ensuite l’Asie (17,7 millions d’ha), puis l’Amérique latine (7 millions d’ha). Pourquoi certains pays se laissent-il ainsi « accaparer » ? Sous prétexte d’attirer investissements et entreprises, les réglementations fiscales, sociales et environnementales des pays les plus pauvres sont souvent plus propices. Les investisseurs se tournent également vers des pays qui leur assurent la sécurité de leurs placements. Souvent imposées par les institutions financières internationales, des clauses garantissent à l’investisseur une compensation de la part de l’État « hôte » en cas d’expropriation. Des clauses qui peuvent s’appliquer même en cas de grèves ou de manifestations.

      Les acteurs de l’accaparement des terres, privés comme publics, sont persuadés – ou feignent de l’être – que seul l’agrobusiness pourra nourrir le monde en 2050. Leurs investissements visent donc à « valoriser » des zones qui ne seraient pas encore exploitées. Mais la réalité est tout autre, comme le montre une étude de la Matrice Foncière : 45% des terres faisant l’objet d’une transaction sont des terres déjà cultivées. Et un tiers des acquisitions sont des zones boisées, très rentables lorsqu’on y organise des coupes de bois à grande échelle. Des terres sont déclarées inexploitées ou abandonnées sur la foi d’imageries satellites qui ne prennent pas en compte les usages locaux des terres.

      40% des forêts du Liberia sont ainsi gérés par des permis à usage privés [6] (lire aussi notre reportage au Liberia). Ces permis, qui permettent de contourner les lois du pays, concernent désormais 20 000 km2. Un quart de la surface du pays ! Selon Oxfam, 60% des transactions ont eu lieu dans des régions « gravement touchées par le problème de la faim » et « plus des deux tiers étaient destinées à des cultures pouvant servir à la production d’agrocarburants comme le soja, la canne à sucre, l’huile de palme ou le jatropha ». Toujours ça que les populations locales n’auront pas...

      Quand AXA et la Société générale se font propriétaires terriens

      « La participation, largement médiatisée, des États au mouvement d’acquisition massive de terre ne doit pas masquer le fait que ce sont surtout les opérateurs privés, à la poursuite d’objectifs purement économiques et financiers, qui forment le gros bataillon des investisseurs », souligne Laurent Delcourt, chercheur au Cetri. Les entreprises publiques, liées à un État, auraient acheté 11,5 millions d’hectares. Presque trois fois moins que les investisseurs étrangers privés, propriétaires de 30,3 millions d’hectares. Soit la surface de l’Italie ! Si les entreprises états-uniennes sont en pointe, les Européens figurent également en bonne place.

      Banques et assurances françaises se sont jointes à cette course à la propriété terrienne mondiale. L’assureur AXA a investi 1,2 milliard de dollars dans la société minière britannique Vedanta Resources PLC, dont les filiales ont été accusées d’accaparement des terres [7]. AXA a également investi au moins 44,6 millions de dollars dans le fond d’investissement Landkom (enregistré dans l’île de Man, un paradis fiscal), qui loue des terres agricoles en Ukraine. Quant au Crédit Agricole, il a créé – avec la Société générale – le fonds « Amundi Funds Global Agriculture ». Ses 122 millions de dollars d’actifs sont investis dans des sociétés telles que Archer Daniels Midland ou Bunge, impliquées comme le groupe Louis Dreyfus dans l’acquisition de terres à grande échelle. Les deux banques ont également lancé le « Baring Global Agriculture Fund » (133,3 millions d’euros d’actifs) qui cible les sociétés agro-industrielles. Les deux établissement incitent activement à l’acquisition de terres, comme opportunité d’investissement. Une démarche socialement responsable ?

      Vincent Bolloré, gentleman farmer

      Après le groupe Louis Dreyfus, le deuxième plus gros investisseur français dans les terres agricoles se nomme Vincent Bolloré. Son groupe, via l’entreprise Socfin et ses filiales Socfinaf et Socfinasia, est présent dans 92 pays dont 43 en Afrique. Il y contrôle des plantations, ainsi que des secteurs stratégiques : logistique, infrastructures de transport, et pas moins de 13 ports, dont celui d’Abidjan. L’empire Bolloré s’est développée de façon spectaculaire au cours des deux dernières décennies « en achetant des anciennes entreprises coloniales, et [en] profitant de la vague de privatisations issue des "ajustements structurels" imposés par le Fonds monétaire international », constate le Think tank états-unien Oakland Institute.

      Selon le site du groupe, 150 000 hectares plantations d’huile de palme et d’hévéas, pour le caoutchouc, ont été acquis en Afrique et en Asie. L’équivalent de 2700 exploitations agricoles françaises ! Selon l’association Survie, ces chiffres seraient en deçà de la réalité. Le groupe assure ainsi posséder 9 000 ha de palmiers à huile et d’hévéas au Cameroun, là où l’association Survie en comptabilise 33 500.

      Expropriations et intimidations des populations

      Quelles sont les conséquences pour les populations locales ? Au Sierra Leone,
      Bolloré a obtenu un bail de 50 ans sur 20 000 hectares de palmier à huile et 10 000 hectares d’hévéas. « Bien que directement affectés, les habitants de la zone concernée semblent n’avoir été ni informés ni consultés correctement avant le lancement du projet : l’étude d’impact social et environnemental n’a été rendue publique que deux mois après la signature du contrat », raconte Yanis Thomas de l’association Survie. En 2011, les villageois tentent de bloquer les travaux sur la plantation. Quinze personnes « ont été inculpées de tapage, conspiration, menaces et libérées sous caution après une âpre bataille judiciaire. » Bolloré menace de poursuivre en justice pour diffamation The Oakland Institute, qui a publié un rapport en 2012 sur le sujet pour alerter l’opinion publique internationale.

      Au Libéria, le groupe Bolloré possède la plus grande plantation d’hévéas du pays, via une filiale, la Liberia Agricultural Company (LAC). En mai 2006, la mission des Nations Unies au Libéria (Minul) publiait un rapport décrivant les conditions catastrophiques des droits humains sur la plantation : travail d’enfants de moins de 14 ans, utilisation de produits cancérigènes, interdiction des syndicats, licenciements arbitraires, maintien de l’ordre par des milices privées, expulsion de 75 villages…. La LAC a qualifié les conclusions de la Minul « de fabrications pures et simples » et « d’exagérations excessives ». Ambiance... Plusieurs années après le rapport des Nations Unies, aucune mesure n’a été prise par l’entreprise ou le gouvernement pour répondre aux accusations.

      Une coopératives agricole qui méprise ses salariés

      Autre continent, mêmes critiques. Au Cambodge, la Socfinasia, société de droit luxembourgeois détenue notamment par le groupe Bolloré a conclu en 2007 un joint-venture qui gère deux concessions de plus de 7 000 hectares dans la région de Mondulkiri. La Fédération internationale des Droits de l’homme (FIDH) a publié en 2010 un rapport dénonçant les pratiques de la société Socfin-KCD. « Le gouvernement a adopté un décret spécial permettant l’établissement d’une concession dans une zone anciennement protégée, accuse la FIDH. Cette situation, en plus d’autres violations documentées du droit national et des contrats d’investissement, met en cause la légalité des concessions et témoigne de l’absence de transparence entourant le processus d’approbation de celles-ci. » Suite à la publication de ce rapport, la Socfin a menacé l’ONG de poursuites pour calomnie et diffamation.

      Du côté des industries du sucre, la situation n’est pas meilleure. Depuis 2007, le géant français du sucre et d’éthanol, la coopérative agricole Tereos, contrôle une société mozambicaine [8]. Tereos exploite la sucrerie de Sena et possède un bail de 50 ans (renouvelable) sur 98 000 hectares au Mozambique. Le contrat passé avec le gouvernement prévoit une réduction de 80% de l’impôt sur le revenu et l’exemption de toute taxe sur la distribution des dividendes. Résultat : Tereos International réalise un profit net de 194 millions d’euros en 2010, dont 27,5 millions d’euros ont été rapatriés en France sous forme de dividendes. « De quoi mettre du beurre dans les épinards des 12 000 coopérateurs français de Tereos », ironise le journaliste Fabrice Nicolino. Soit un dividende de 2 600 euros par agriculteur français membre de la coopérative. Pendant ce temps, au Mozambique, grèves et manifestations se sont succédé dans la sucrerie de Sena : bas salaires (48,4 euros/mois), absence d’équipements de protection pour les saisonniers, nappe phréatique polluée aux pesticides... Ce doit être l’esprit coopératif [9].

      Fermes et fazendas, nouvelles cibles de la spéculation

      Connues ou non, on ne compte plus les entreprises et les fonds d’investissement français qui misent sur les terres agricoles. Bonduelle, leader des légumes en conserve et congelés, possède deux fermes de 3 000 hectares en Russie où il cultive haricots, maïs et pois. La célèbre marque cherche à acquérir une nouvelle exploitation de 6 000 ha dans le pays. Fondée en 2007 par Jean-Claude Sabin, ancien président de la pieuvre Sofiproteol (aujourd’hui dirigée par Xavier Beulin président de la FNSEA), Agro-énergie Développement (AgroEd) investit dans la production d’agrocarburants et d’aliments dans les pays en développement. La société appartient à 51% au groupe d’investissement LMBO, dont l’ancien ministre de la Défense, Charles Millon, fut l’un des directeurs. Les acquisitions de terres agricoles d’AgroEd en Afrique de l’Ouest sont principalement destinées à la culture du jatropha, transformé ensuite en agrocarburants ou en huiles pour produits industriels. Mais impossible d’obtenir plus de précisions. Les sites internet de LMBO et AgroED sont plus que discrets sur le sujet. Selon une note de l’OCDE, AgroEd aurait signé un accord avec le gouvernement burkinabé concernant 200 000 hectares de Jatropha, en 2007, et négocient avec les gouvernements du Bénin, de Guinée et du Mali.

      « Compte tenu de l’endettement massif des États et des politiques monétaires très accommodantes, dans une optique de protection contre l’inflation, nous recommandons à nos clients d’investir dans des actifs réels et notamment dans les terres agricoles de pays sûrs, disposant de bonnes infrastructures, comme l’Argentine », confie au Figaro Franck Noël-Vandenberghe, le fondateur de Massena Partners. Ce gestionnaire de fortune français a crée le fond luxembourgeois Terra Magna Capital, qui a investi en 2011 dans quinze fermes en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. Superficie totale : 70 500 hectares, trois fois le Val-de-Marne ! [10]

      Le maïs aussi rentable que l’or

      Conséquence de ce vaste accaparement : le remplacement de l’agriculture vivrière par la culture d’agrocarburants, et la spéculation financière sur les terres agricoles. Le maïs a offert, à égalité avec l’or, le meilleur rendement des actifs financiers sur ces cinq dernières années, pointe une étude de la Deutsche Bank. En juin et juillet 2012, les prix des céréales se sont envolés : +50 % pour le blé, +45% pour le maïs, +30 % pour le soja, qui a augmenté de 60 % depuis fin 2011 ! Les prix alimentaires devraient « rester élevés et volatils sur le long terme », prévoit la Banque mondiale. Pendant ce temps, plus d’un milliard d’individus souffrent de la faim. Non pas à cause d’une pénurie d’aliments mais faute d’argent pour les acheter.

      Qu’importe ! Au nom du développement, l’accaparement des terres continuent à être encouragé – et financé ! – par les institutions internationales. Suite aux famines et aux émeutes de la faim en 2008, la Banque mondiale a créé un « Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale » (GFRP). Avec plus de 9 milliards de dollars en 2012, son fonds de « soutien » au secteur agricole a plus que doublé en quatre ans. Via sa Société financière internationale (SFI), l’argent est distribué aux acteurs privés dans le cadre de programme aux noms prometteurs : « Access to land » (accès à la terre) ou « Land market for investment » (marché foncier pour l’investissement).

      Des placements financiers garantis par la Banque mondiale

      Les deux organismes de la Banque mondiale, SFI et FIAS (Service Conseil pour l’Investissement Étranger) facilitent également les acquisitions en contribuant aux grandes réformes législatives permettant aux investisseurs privés de s’installer au Sierra Leone, au Rwanda, au Liberia ou au Burkina Faso… Quels que soient les continents, « la Banque mondiale garantit nos actifs par rapport au risque politique », explique ainsi l’homme d’affaire états-unien Neil Crowder à la BBC en mars 2012, qui rachète des petites fermes en Bulgarie pour constituer une grosse exploitation. « Notre assurance contre les risques politiques nous protège contre les troubles civils ou une impossibilité d’utiliser nos actifs pour une quelconque raison ou en cas d’expropriation. »

      Participation au capital des fonds qui accaparent des terres, conseils et assistances techniques aux multinationales pour améliorer le climat d’investissement des marchés étrangers, négociations d’accords bilatéraux qui créent un environnement favorable aux transactions foncières : la Banque mondiale et d’autres institutions publiques – y compris l’Agence française du développement – favorisent de fait « la concentration du pouvoir des grandes firmes au sein du système agroalimentaire, (...) la marchandisation de la terre et du travail et la suppression des interventions publiques telles que le contrôle des prix ou les subventions aux petits exploitants », analyse Elisa Da Via, sociologue du développement [11].

      Oxfam réclame de la Banque mondiale « un gel pour six mois de ses investissements dans des terres agricoles » des pays en développement, le temps d’adopter « des mesures d’encadrement plus rigoureuses pour prévenir l’accaparement des terres ». Que pense en France le ministère de l’Agriculture de ces pratiques ? Il a présenté en septembre un plan d’action face à la hausse du prix des céréales. Ses axes prioritaires : l’arrêt provisoire du développement des agrocarburants et la mobilisation du G20 pour « assurer une bonne coordination des politiques des grands acteurs des marchés agricoles » Des annonces bien vagues face à l’ampleur des enjeux : qui sont ces « grands acteurs des marchés agricoles » ? S’agit-il d’aider les populations rurales des pays pauvres à produire leurs propres moyens de subsistance ou de favoriser les investissements de l’agrobusiness et des fonds spéculatifs sous couvert de politique de développement et de lutte contre la malnutrition ? Les dirigeants français préfèrent regarder ailleurs, et stigmatiser l’immigration.

      Nadia Djabali, avec Agnès Rousseaux et Ivan du Roy

      Photos : © Eric Garault
      P.-S.

      – L’ONG Grain a publié en mars 2012 un tableau des investisseurs

      – La rapport d’Oxfam, « Notre terre, notre vie » - Halte à la ruée mondiale sur les terres, octobre 2012

      – Le rapport des Amis de la Terre Europe (en anglais), janvier 2012 : How European banks, pension funds and insurance companies are increasing global hunger and poverty by speculating on food prices and financing land grabs in poorer countries.

      – Un observatoire de l’accaparement des terres

      – A lire : Emprise et empreinte de l’agrobusiness, aux Editions Syllepse.
      Notes

      [1] « En octobre 2009, LDC Bioenergia de Louis Dreyfus Commodities a fusionné avec Santelisa Vale, un important producteur de canne à sucre brésilien, pour former LDC-SEV, dont Louis Dreyfus détient 60% », indique l’ONG Grain.

      [2] Le groupe Louis Dreyfus ne publie pas de résultats détaillés. Il aurait réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 56 milliards d’euros, selon L’Agefi, pour un bénéfice net de 590 millions d’euros. La fortune de Margarita Louis Dreyfus, présidente de la holding, et de ses trois enfants, a été évaluée par le journal Challenges à 6,6 milliards d’euros.

      [3] Dans Le Nouvel Observateur.

      [4] L’ONG Oxfam a publié en août 2012 un rapport (en anglais) décrivant le rôle des ABCD.

      [5] Selon Oxfam, au cours des dix dernières années, une surface équivalente à huit fois la superficie du Royaume-Uni a été vendue à l’échelle mondiale. Ces terres pourraient permettre de subvenir aux besoins alimentaires d’un milliard de personnes.

      [6] D’après les ONG Global Witness, Save My Future Foundation (SAMFU) et Sustainable Development Institute (SDI).

      [7] Source : Rapport des Amis de la Terre Europe.

      [8] Sena Holdings Ltd, via sa filiale brésilienne Açúcar Guaraní.

      [9] Une autre coopérative agricole, Vivescia (Ex-Champagne Céréales), spécialisée dans les céréales, investit en Ukraine aux côtés Charles Beigbeder, fondateur de Poweo (via un fonds commun, AgroGeneration). Ils y disposent de 50 000 hectares de terres agricoles en location.

      [10] La liste des entreprises françaises dans l’accaparement des terres n’est pas exhaustive : Sucres & Denrée (Sucden) dans les régions russes de Krasnodar, Campos Orientales en Argentine et en Uruguay, Sosucam au Cameroun, la Compagnie Fruitière qui cultive bananes et ananas au Ghana…

      [11] Emprise et empreinte de l’agrobusiness, aux Editions Syllepse.


      https://www.bastamag.net/Bollore-Credit-agricole-Louis
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    • Crime environnemental : sur la piste de l’huile de palme

      L’huile de palme est massivement importée en Europe. Elle sert à la composition d’aliments comme aux agrocarburants. Avec le soutien de la région Languedoc-Roussillon, une nouvelle raffinerie devrait voir le jour à Port-la-Nouvelle, dans l’Aude. À l’autre bout de la filière, en Afrique de l’Ouest, l’accaparement de terres par des multinationales, avec l’expropriation des populations, bat son plein. Basta ! a remonté la piste du business de l’huile de palme jusqu’au #Liberia. Enquête.

      Quel est le point commun entre un résident de Port-la-Nouvelle, petite ville méditerranéenne à proximité de Narbonne (Aude), et un villageois du comté de Grand Cape Mount, au Liberia ? Réponse : une matière première très controversée, l’huile de palme, et une multinationale malaisienne, #Sime_Darby. D’un côté, des habitants de Port-la-Nouvelle voient d’un mauvais œil la création d’« une usine clés en main de fabrication d’huile de palme » par Sime Darby, en partie financée par le conseil régional du Languedoc-Roussillon. À 6 000 km de là, les paysans libériens s’inquiètent d’une immense opération d’accaparement des terres orchestrée par le conglomérat malaisien, en vue d’exploiter l’huile de palme et de l’exporter vers l’Europe, jusqu’à Port-la-Nouvelle en l’occurrence. Un accaparement de terres qui pourrait déboucher sur des déplacements forcés de population et mettre en danger leur agriculture de subsistance.

      Le petit port de l’Aude devrait donc accueillir une raffinerie d’huile de palme. Deux compagnies, la néerlandaise #Vopak et le malaisien #Unimills – filiale du groupe Sime Darby – sont sur les rangs, prêtes à investir 120 millions d’euros, venant s’ajouter aux 170 millions d’euros du conseil régional. La Région promet la création de 200 emplois, quand Sime Darby en annonce 50 pour cette usine qui prévoit d’importer 2 millions de tonnes d’huile de palme par an [1].

      Du Languedoc-Roussillon au Liberia

      Une perspective loin de réjouir plusieurs habitants réunis au sein du collectif No Palme [2]. Ces riverains d’une zone Seveso ont toujours en tête l’importante explosion de juillet 2010 dans la zone portuaire, après qu’un camion transportant du GPL se soit renversé. « La population n’a jamais été consultée ni informée de ce projet de raffinerie, relève Pascal Pavie, de la fédération Nature et Progrès. Ces installations présentent pourtant un risque industriel surajouté. » Le mélange du nitrate d’ammonium – 1 500 tonnes acheminées chaque mois à Port-la-Nouvelle – avec de l’huile végétale constituerait un explosif cocktail. Avec les allers et venues de 350 camions supplémentaires par jour. Cerise sur le gâteau, l’extension du port empièterait sur une zone côtière riche en biodiversité. « Notre collectif s’est immédiatement intéressé au versant international et européen de ce projet », explique Pascal.

      L’opérateur du projet, Sime Darby, est un immense conglomérat malaisien, se présentant comme « le plus grand producteur mondial d’huile de palme ». Présent dans 21 pays, il compte plus de 740 000 hectares de plantations, dont plus d’un tiers au Liberia. Et c’est là que remonte la piste de l’huile que l’usine devra raffiner.

      De Monrovia, la capitale, elle mène à Medina, une ville de Grand Cape Mount. D’immenses panneaux de Sime Darby promettent « un avenir durable ». Scrupuleusement gardés par des forces de sécurité privées recrutées par la compagnie, quelques bâtiments en béton émergent au milieu des pépinières d’huile de palme. C’est là que les futurs employés pourront venir vivre avec leurs familles. 57 « villages de travail » seront construits d’ici à 2025, promet la firme. Mais quid des habitants qui ne travailleront pas dans les plantations ? L’ombre d’un déplacement forcé de populations plane. « Quand Sime Darby a commencé à s’installer, ils ont dit qu’ils nous fourniraient des centres médicaux, des écoles, du logement… Mais nous n’avons rien vu, se désole Radisson, un jeune habitant de Medina qui a travaillé pour l’entreprise. Comment pourraient-ils nous déplacer alors qu’aucune infrastructure n’est prévue pour nous accueillir ? »

      Agriculture familiale menacée

      Le village de Kon Town est désormais entouré par les plantations. Seuls 150 mètres séparent les maisons des pépinières d’huile de palme. « Le gouvernement a accordé des zones de concession à la compagnie sans se rendre sur le terrain pour faire la démarcation », déplore Jonathan Yiah, des Amis de la Terre Liberia. Un accaparement qui priverait les habitants des terres cultivables nécessaires à leur subsistance. Les taux d’indemnisation pour la perte de terres et de cultures sont également sous-évalués. « Comment vais-je payer les frais scolaires de mes enfants maintenant ? », s’insurge une habitante qui ne reçoit qu’un seul sac de riz pour une terre qui, auparavant, donnait du manioc, de l’ananas et du gombo à foison.

      La compagnie Sime Darby se défend de vouloir déplacer les communautés. Pourtant, un extrait de l’étude d’impact environnemental, financée par la compagnie elle-même, mentionne clairement la possibilité de réinstallation de communautés, si ces dernières « entravent le développement de la plantation » [3]. Du côté des autorités, on dément. Cecil T.O. Brandy, de la Commission foncière du Liberia, assure que le gouvernement fait tout pour « minimiser et décourager tout déplacement. Si la compagnie peut réhabiliter ou restaurer certaines zones, ce sera préférable ». Faux, rétorque les Amis de la Terre Liberia. « En laissant une ville au milieu d’une zone de plantations, et seulement 150 mètres autour pour cultiver, plutôt que de leur dire de quitter cette terre, on sait que les habitants finiront par le faire volontairement », dénonce James Otto, de l’ONG. Pour les 10 000 hectares déjà défrichés, l’association estime que 15 000 personnes sont d’ores et déjà affectées.

      Des emplois pas vraiment durables

      L’emploi créé sera-t-il en mesure de compenser le désastre environnemental généré par l’expansion des monocultures ? C’est ce qu’espère une partie de la population du comté de Grand Cape Mount, fortement touchée par le chômage. Sime Darby déclare avoir déjà embauché plus de 2 600 travailleurs permanents, auxquels s’ajouteraient 500 travailleurs journaliers. Quand l’ensemble des plantations seront opérationnelles, « Sime Darby aura créé au moins 35 000 emplois », promet la firme. Augustine, un jeune de Kon Town, y travaille depuis deux ans. D’abord sous-traitant, il a fini par être embauché par la compagnie et a vu son salaire grimper de 3 à 5 dollars US pour huit heures de travail par jour. Tout le monde ne semble pas avoir cette « chance » : 90 % du personnel de l’entreprise disposent de contrats à durée déterminée – trois mois en général – et sous-payés ! Les chiffres varient selon les témoignages, de 50 cents à 3 dollars US par jour, en fonction de la récolte réalisée. « Dans quelle mesure ces emplois sont-ils durables ?, interroge Jonathan, des Amis de la Terre Liberia. Une fois que les arbres seront plantés et qu’ils commenceront à pousser, combien d’emplois l’entreprise pourra-t-elle maintenir ? »

      L’opacité entourant le contrat liant le gouvernement à Sime Darby renforce les tensions [4]. Malgré l’adoption d’une loi sur les droits des communautés, les communautés locales n’ont pas été informées, encore moins consultées. « Sime Darby s’est entretenu uniquement avec les chefs des communautés, raconte Jonathan Yiah. Or, la communauté est une unité diversifiée qui rassemble aussi des femmes, des jeunes, qui ont été écartés du processus de consultation. »

      Contrat totalement opaque

      Même de nombreux représentants d’agences gouvernementales ou de ministères ignorent tout du contenu du contrat, certains nous demandant même de leur procurer une copie. C’est ainsi que notre interlocuteur au ministère des Affaires intérieures a découvert qu’une partie du contrat portait sur le marché des crédits carbone. Des subventions qui iront directement dans la poche de la multinationale, comme le mentionne cet extrait en page 52 du contrat : « Le gouvernement inconditionnellement et irrévocablement (...) renonce, en faveur de l’investisseur, à tout droit ou revendication sur les droits du carbone. »

      « C’est à se demander si les investisseurs son vraiment intéressés par l’huile de palme ou par les crédits carbone », ironise Alfred Brownell, de l’ONG Green Advocates. « Nous disons aux communautés que ce n’est pas seulement leurs terres qui leur sont enlevées, ce sont aussi les bénéfices qui en sont issus », explique Jonathan Yiah.

      La forêt primaire remplacée par l’huile de palme ?

      Les convoitises de la multinationale s’étendent bien au-delà. Le militant écologiste organise depuis des mois des réunions publiques avec les habitants du comté de Gbarpolu, plus au nord. Cette région abrite une grande partie de la forêt primaire de Haute-Guinée. Sime Darby y a obtenu une concession de 159 827 hectares… Du contrat, les habitants ne savaient rien, jusqu’à ce que les Amis de la Terre Liberia viennent le leur présenter. La question de la propriété foncière revient sans cesse. « Comment le gouvernement peut-il céder nos terres à une compagnie alors même que nous détenons des titres de propriété ? », interrogent-ils. La crainte relative à la perte de leurs forêts, de leurs terres agricoles, d’un sol riche en or et en diamants s’installe.

      Lors d’une réunion, au moment où James énonce la durée du contrat, 63 ans – reconductible 30 ans ! –, c’est la colère qui prend le pas. « Que deviendront mes enfants au terme de ces 63 années de contrat avec Sime Darby ? », se désespère Kollie, qui a toujours vécu de l’agriculture, comme 70 % de la population active du pays. Parmi les personnes présentes, certaines, au contraire, voient dans la venue de Sime Darby la promesse d’investissements dans des hôpitaux, des écoles, des routes, mais aussi dans de nouveaux systèmes d’assainissement en eau potable. Et, déjà, la peur de nouveaux conflits germent. « Nous ne voulons de personne ici qui ramène du conflit parmi nous », lance Frederick. Les plaies des deux guerres civiles successives (1989-1996, puis 2001-2003) sont encore ouvertes. Près d’un million de personnes, soit un Libérien sur trois, avaient alors fui vers les pays voisins.

      Mea culpa gouvernemental

      « En signant une série de contrats à long terme accordant des centaines de milliers d’hectares à des conglomérats étrangers, le gouvernement voulait relancer l’économie et l’emploi, analyse James, des Amis de la Terre Liberia. Mais il n’a pas vu toutes les implications ». D’après un rapport de janvier 2012 réalisé par le Centre international de résolution des conflits, près de 40 % de la population libérienne vivraient à l’intérieur de concessions privées ! Aux côtés de Sime Darby, deux autres compagnies, la britannique Equatorial Palm Oil et l’indonésienne Golden Veroleum, ont acquis respectivement 169 000 et 240 000 hectares pour planter de l’huile de palme.

      Dans le comté de Grand Cape Mount, en décembre 2011, des habitants se sont saisis des clés des bulldozers de Sime Darby afin d’empêcher la poursuite de l’expansion des plantations et d’exiger des négociations. Une équipe interministérielle a depuis été mise en place, où siègent des citoyens du comté. « Oui, il y a eu des erreurs dans l’accord », reconnait-on à la Commission foncière. « Nous essayons de trouver des solutions pour que chacun en sorte gagnant », renchérit-on au ministère des Affaires intérieures. Difficile à croire pour les habitants du comté, qui n’ont rien vu, jusque-là, des grandes promesses philanthropes de Sime Darby.

      De l’huile de palme dans les agrocarburants

      Et si le changement venait des pays où l’on consomme de l’huile de palme ? Retour dans l’Aude, au pied du massif des Corbières. En décembre 2011, Sime Darby a annoncé geler pour un an son projet d’implantation de raffinerie à Port-la-Nouvelle. Les prévisions de commandes d’huile de palme sont en baisse, alors que le coût de l’usine grimpe. L’huile de palme commence à souffrir de sa mauvaise réputation, alimentaire et environnementale. De nombreuses marques l’ont retirée de la composition de leurs produits. L’huile de palme contribuerait à la malbouffe. Une fois solidifiée par injection d’hydrogène, elle regorge d’acides gras qui s’attaquent aux artères : un cauchemar pour les nutritionnistes. Dans les enseignes bios, elle commence également à être pointée du doigt comme l’une des causes de la déforestation, en Indonésie, en Afrique ou en Amérique latine. Pourtant, bien que la grande distribution réduise son besoin en huile de palme, cette dernière demeure aujourd’hui, et de loin, la première huile végétale importée en Europe. Merci les agrocarburants…

      « La consommation moyenne d’un Européen est d’environ 12 litres/an d’huile de palme, ce qui représente un accaparement d’environ 25 m2 de plantation de palmiers à huile dans un autre pays », souligne Sylvain Angerand, des Amis de la Terre France. « Relocaliser l’économie, développer les transports en commun, lutter contre l’étalement urbain seraient autant de mesures structurelles permettant de réduire notre consommation de carburant », propose l’écologiste. Réduire nos besoins ici, en Europe, pourrait diminuer partiellement l’accaparement des terres dans le Sud. À Port-la-Nouvelle, le collectif No Palme planche déjà sur des plans de développement alternatif pour le port. Avec en tête, les témoignages de leurs compères libériens.

      https://www.bastamag.net/Crime-environnemental-sur-la-piste


  • Conflit #foncier en Côte d’Ivoire : les communautés se défendent face à SIAT et l’État
    https://www.grain.org/fr/article/entries/5854-conflit-foncier-en-cote-d-ivoire-les-communautes-se-defendent-face-a-sia

    Tout commença un bon matin d’août 2011, quand trois communautés villageoises situées dans le centre-est de la Côte d’Ivoire apprirent qu’une société belge nommée #SIAT allait s’installer sur leurs terres. Peu après, un projet d’#agrobusiness venait s’installer pour la #monoculture d’#hévéa sur 11 000 hectares de #terres que les communautés n’avaient jamais ni vendues, ni cédées, et que SIAT n’était pas en droit d’exploiter.

    Aujourd’hui, en parcourant les villages touchés, Famienkro, Koffessou-Groumania et Timbo, la tristesse s’impose et les greniers vides sont le quotidien des communautés. Il faut désormais acheter la nourriture, mais avec quel argent ? Ainsi, de nombreux paysans et paysannes sans terres dépendent de SIAT pour être en mesure de nourrir leurs familles.

    La #famine et l’#insécurité_alimentaire qui se profilent à l’horizon doivent interpeller les autorités nationales et leurs partenaires internationaux. Ce rapport cherche à décrire la situation que vivent les communautés face à l’État de #Côte_d’Ivoire et à la #multinationale belge SIAT. Il souhaite relancer le débat quant à l’autorisation du gouvernement ivoirien à exploiter les terres revendiquées par les communautés de Famienkro. Les zones d’ombre légales entretenues par l’État, démontrent-elles une volonté de spoliation des terres communautaires au profit de cette multinationale engagée dans l’hévéa ?


  • Agroalimentaire : Seaboard Corporation, enquête sur le géant de la farine africaine – JeuneAfrique.com
    http://www.jeuneafrique.com/mag/509666/economie/agroalimentaire-enquete-sur-seaboard-corporation-le-geant-de-la-farine

    L’acquisition des actifs meuniers de #Mimran pour plus de 300 millions d’euros signe l’arrivée du groupe américain, #Seaboard Corporation au #Sénégal et en #Côte_d’Ivoire. L’entreprise familiale, qui cultive la discrétion, va y développer un modèle fondé sur l’#intégration_verticale avec l’ambition de confirmer son statut de numéro un.

    #petite_coopérative_du_Midwest #agroalimentaire #Afrique


  • Quand les femmes s’engagent dans la rébellion : le cas des ex-combattantes ivoiriennes - Noria Research
    http://www.noria-research.com/ex-combattantes-ivoiriennes

    À travers l’exemple des femmes engagées dans la rébellion en #Côte_d’Ivoire entre 2002 et 2011, cet article illustre la complexité de l’engagement féminin dans les #groupes_armés. Il propose une analyse des trajectoires de femmes enrôlées dans le #conflit ivoirien dans différentes régions et à différentes périodes de la #rébellion. Quelle a été l’implication des #femmes dans le conflit ivoirien ? Quelles logiques ont présidé à leur #engagement et, une fois engagées, quelles ont été leurs activités ? Comment peut-on comparer leur engagement dans la rébellion à celui des hommes ?

    pas encore lu


  • Une nouvelle force antiterroriste dans le Sahel

    Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad ont décidé de faire front commun en créant la #Force_conjointe_du_G5_Sahel (#FC-G5S), une armée constituée de 5 000 soldats qui sera déployée dans cette région particulièrement agitée pour affronter les combattants islamistes. Mais une nouvelle réponse militaire à la crise est-elle la solution ?

    https://www.irinnews.org/fr/analyses/2017/10/30/une-nouvelle-force-antiterroriste-dans-le-sahel
    #sahel #anti-terrorisme #armée #G5_Sahel #ISIS #EI #Etat_islamique
    cc @reka

    Et en anglais :
    New Sahel anti-terror force : risks and opportunities
    https://www.irinnews.org/analysis/2017/10/30/new-sahel-anti-terror-force-risks-and-opportunities

    • @kassem: quelques réponses à ta question ici:

      The European Union’s partnership with the G5 Sahel countries

      On 23 February 2018, the European Commission is hosting the International High Level Conference on the Sahel in Brussels, with the African Union, the United Nations and the G5 Sahel group of countries, to strengthen international support for the G5 Sahel regions.

      Why is the EU working with Africa’s “G5 Sahel countries”?

      In 2014, Burkina Faso, Chad, Mali, Mauritania, and Niger set up the “G5 Sahel” group of countries to foster close cooperation in the region and tackle the major challenges that these countries face. Since then, the EU has stepped up cooperation with this African-led initiative to build a strong partnership on many fronts: from political dialogue, to development and humanitarian support, to strengthening security and tackling irregular migration.

      The Sahel region faces a number of pressing challenges such as extreme poverty, frequent food and nutrition crises, conflict, irregular migration and related crimes such as human trafficking and migrant smuggling. Violent extremism also poses a serious security challenge to the region and has potential spill-over effects outside the region, including Europe.

      What are the EU’s main areas of support to the G5 Sahel countries?

      The EU is now supporting the G5 Sahel countries on 3 main tracks:

      Political partnership: The EU is a strong political partner of the G5 Sahel countries and has set up regular “EU-G5” dialogues. High Representative Vice-President Federica Mogherini has held annual meetings with G5 Sahel Foreign Ministers to strengthen cooperation in areas of shared interest such as security, migration, counter-terrorism, youth employment, humanitarian response and long-term development. The EU is also strongly engaged in the Mali peace process.
      Development assistance: The EU, together with its Member States, is the biggest provider of development assistance to the region with €8 billion over 2014-2020. It uses all its tools to support development efforts in the region, notably the ’EU Emergency Trust Fund for stability and addressing root causes of irregular migration and displaced persons in Africa’ under which €843 million has been committed so far. The EU is also a member and key supporter of the newly formed Alliance for the Sahel, set up to coordinate existing EU and Member States development assistance better in the region, in a faster and more interlinked way than before through joint action.
      Security support: The EU supports concrete regional-led security initiatives. The EU has already provided an initial €50 million to establish the African led G5 Sahel Joint Force which aims to improve regional security and fight terrorist groups. The EU is itself a key security player in the region, with its 3 active Common Security and Defence Policy missions; EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel Mali, EU training mission (EUTM) in Mali.

      How is the EU involved in the Alliance for the Sahel?

      The EU is a member of the Alliance for the Sahel, launched and signed by the EU, France and Germany in July 2017. It is currently composed of 9 members: France, Germany, Italy, Spain, the UK, the EU, UNDP, the African Development Bank (AfDB), and the World Bank. It aims to coordinate and deliver aid quicker and more efficiently in the region. It will have a particular focus on peripheral, cross border and fragile zones of the Sahel. Since its launch, the Sahel Alliance has identified priority six priority areas: (1) youth employment; (2) rural development, agriculture and food security; (3) climate, notably energy access, green energy and water; (4) governance; (5) support for return of basic services throughout the territory, including through decentralisation; (6) security.

      What security support does the EU provide in the Sahel?

      The G5 Sahel Joint Force

      The EU has fully supported this African led initiative from the very beginning and provided an initial contribution of €50 million to help set it up. This EU funding is provided through the African Peace Facility and can only cover non-lethal equipment.

      Building on the EU’s defence planning capacity and expertise, the EU has set up a one of a kind Coordination Hub to gather together the many offers of international support to the G5 Joint Force. The Hub is already up and running and enables donors to channel much needed assistance. In practice it works by matching the offers of donors to a Recognised List of Needs provided and determined by the Joint Force.

      The Joint Force will be comprised of troops from Mali, Mauritania, Niger, Burkina Faso and Chad, and will operate in all five countries. To step up action on security, particularly in border areas in the Sahel countries which face terrorist and security threats, the G5 Sahel countries have set up their own regional security force. Concretely, the G5 Joint Force will have permanent forces deployed along the borders, able to operate together under a centralised command and communication structure. This will help tackle the pressing terrorist and security threat in the region, which is a cross-border issue for all the countries concerned.

      Missions under the Common Security and Defence Policy (CSDP)

      The EU currently has three CSDP missions in the Sahel:

      EUCAP Sahel Niger is a civilian mission supporting the Nigerien security institutions/forces (Police, Gendarmerie, National Guard, Armed forces) to reinforce the rule of law and Nigerien capacities to fight terrorism and organised crime. Since May 2015, its mandate has been enlarged to a fifth objective related to migration. Niger has opened a field office in Agadez, with a permanent presence activated from May 2015.
      EUCAP Sahel Mali is a civilian mission providing expertise in strategic advice and training to the Malian Police, Gendarmerie and National Guard and the relevant ministries in order to support reform in the security sector. A renewed mandate extends the mission until January 2019 and includes a reference to ‘the Accord for Peace & Reconciliation’ and instructions to contribute to the inter-operability and coordination of the internal security forces of the G5 Sahel countries and the Malian internal security forces.
      EUTM Mali is a military training mission providing advice to the Malian authorities in the restructuring of the Malian Armed Forces, through the training of battalions (8 between 2013 and 2017) and support for the elaboration of the first Defence Programming Law ever adopted in Mali. Since July 2017, two security experts – one military and one civil – have been deployed in each of the five Sahel countries as part of the regionalisation of the CSPD missions. Their mandate currently runs until May 2018.

      How does the EU support the peace process in Mali?

      The EU is actively supporting Mali’s peace process and is a guarantor of the Peace and Reconciliation Agreement signed in 2015. The EU supports the United Nations Resolution for targeted sanctions against those who threaten the Mali peace agreement, and is a major partner of Mali on security. Two EU CSDP missions, one military (EUTM) and one civilian (EUCAP Sahel Mali) provide strategic advice and training to Mali’s Armed and Security Forces and relevant ministries in order to contribute to the restauration of Malian territorial integrity, the protection of the population, and to support reforms in the security sector. High Representative/Vice-President Federica Mogherini visited Mali in June 2017 and announced EU support of €500,000 to the ’Comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali’.

      How does the EU support the region with humanitarian assistance?

      The European Union is one of the largest providers of humanitarian aid to the Sahel countries (including Nigeria and Senegal). In 2017, the European Commission allocated €234 million, including €90.2 million for food assistance, €56.7 million for nutrition, €22.5 million for health and €11 million for protection. Furthermore, the EU also supports disaster risk reduction initiatives to enhance emergency preparedness and response. Thanks to EU support, over 1.9 million vulnerable people received food assistance in 2017. The EU also supported the treatment of 455,000 children for malnutrition and in need of assistance.

      EU assistance per G5 Sahel country:

      Burkina Faso

      European Development Fund: €628 million (2014-2020): support for good governance, health, food security, agriculture, water, employment, culture, sustainable energy, public services, including budget support
      EU Trust Fund for Africa: €154,5 million (since 2016) plus regional projects
      Humanitarian aid: €6.5 million (2017)

      Chad

      European Development Fund: €542 million (2014-2020): support for (i) food security, nutrition and rural development; (ii) management of natural resources; (iii) strengthening the rule of law
      Emergency Trust Fund for Africa: €113.3 million (since 2016) plus regional projects
      Instrument contributing to Stability and Peace: €6.9 million
      Humanitarian aid: €53 million (2017)

      Mali

      European Development Fund: €665 million (2014-2020): support for (i) peace consolidation and State reform, (ii) Rural Development and food security, (iii) education and infrastructure
      African Investment Facility: €100 million for the construction of road and energy infrastructures
      Emergency Trust Fund for Africa: €186.5 million (since 2016) plus regional projects
      Humanitarian aid: €34 million (2017)
      EU CSDP missions: EUCAP Sahel Mali, EUTM Mali

      Mauritania

      European Development Fund: €160 million (2014-2020): support for (i) rural development, (ii) good governance and (iii) the improvement of the health system.
      African Investment Facility: €20.5 million for the construction of infrastructure.
      Emergency Trust Fund for Africa: €54.2 million (since 2016) plus regional projects.
      Humanitarian aid: €11.8 million (2017)

      #Niger

      European Development Fund: €686 million (2014-2020): support for (i) food security and resilience (ii) supporting the State in delivering social services (iii) security, governance, and peace consolidation (iv) road infrastructure for regions at risk of insecurity and conflict.
      Emergency Trust Fund for Africa: €229.9 million (since 2016)
      Humanitarian aid: €42.6 million (2017)
      African Investment Facility: 36 million (2017)
      Instrument contributing to Stability and Peace
      CSDP mission: EUCAP Sahel Niger

      http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-18-942_en.htm
      #Mauritanie #Mali #Tchad #Burkina_Faso #business #argent

    • Vu du Burkina Faso. L’armée française encore endeuillée, le G5 Sahel a besoin d’aide

      Deux soldats français ont été tués au Mali, mercredi 21 février. Selon ce site d’information burkinabé, c’est le signe que le sommet sur le G5 Sahel, qui se tient à Bruxelles vendredi, doit proposer des avancées concrètes pour lutter contre le terrorisme dans la région.

      https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-burkina-faso-larmee-francaise-encore-endeuillee-le-g5-s

    • Donors pledge $500 million for troops in West Africa’s Sahel

      BRUSSELS (Reuters) - International donors pledged half a billion dollars for a multinational military operation in West Africa’s Sahel region on Friday, as Europe seeks to stop migrants and militants reaching its shores.


      https://www.reuters.com/article/us-africa-security-sahel-eu/donors-pledge-500-million-for-troops-in-west-africas-sahel-idUSKCN1G70J7

    • New funding for Sahel confirms link between development efforts, security and migration control

      In the context of the High Level Conference on the Sahel, an international commitment of 414 million Euro’s was announced by the European Commission on February 23. The ambition of tackling root causes of instability and irregular migration resembles the focus areas of the EU Partnership with Sahel.

      The announcement of funding confirms the willingness of EU and Member States to commit substantial economic and political investment in the Sahel region (Burkina Faso, Chad, Mali, Mauritania, Niger) including 8 billion Euro in development assistance (2014-2020), and 100 million Euro additional contribution to the Joint Force of the G5 Sahel.

      The EU is already active in the region with three Common Security and Defence Policy missions in the region (EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel, Mali, EUTM Mali) and 843 million Euro committed through the EU Emergency Trust Fund for Africa

      From the EU-G5 Sahel strengthened partnership, created in 2014 to the Sahel Regional Action Plan (RAP), adopted in 2015, and to the German French led Alliance for the Sahel in 2017, migration management and security are constant and interlinked areas of focus.

      “It is positive that Europe is increasing funding for the Sahel region where the needs are evident and urgent. However, it is vital that the focus is on the long-term development, with the SDG as the yardstick, and on the security of the people in the region. Focusing spending on prevention of migration to Europe doesn’t tackle root causes – and may even exacerbate them by disrupting local economic migration. There are multiple development, human security, and sector reform activities, run by local populations and authorities across the Sahel, in which the EU could invest,” says ECRE Secretary General Catherine Woollard.

      The increased focus on security and migration control was criticized by Francesco Rocca, head of the International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies (IFRC) after a recent visit to Niger meeting stranded migrants unable to reach Europe and unable to return home: “When we talk about European migration policies, it is only about security – how they are not allowed to enter – and not about the dignified manner in which you have to treat human beings,” he told the Thomson Reuters Foundation.

      France is heavily engaged in Sahel and has 4000 troops in the region, is conducting asylum procedures in Niger as the first European country to do so on the African continent and a French draft law on immigration and asylum put forward by the Macron government on February 21 defines Niger as a safe third country.

      The European Commission (February 27) as well as the Council of the European Union (February 26) have announced additional substantial funding packages with a focus on migrant management.

      https://www.ecre.org/new-funding-for-sahel-confirm-link-between-development-efforts-security-and-mi
      #développement #migrations #sécurité

    • Rencontre à Niamey sur la migration - Déclaration conjointe suivant la réunion de coordination de la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains

      Les Ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères d’#Allemagne, du #Burkina_Faso, de la #Côte_d’Ivoire, de l’#Espagne, de la #Guinée, de la #France, de l’#Italie, de la #Libye, du #Mali, de la #Mauritanie, du #Niger, du #Sénégal, du #Tchad, ainsi que l’Union européenne, l’Organisation des Nations unies, la Commission de l’Union africaine, les Secrétariats du G5 Sahel et de la #CENSAD, se sont réunis à Niamey le 16 mars 2018, à l’invitation du Niger assurant la Présidence du G5 Sahel, pour améliorer la coordination de la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains entre les Etats d’origine, de transit et d’arrivée de migrants. Ont participé à cette réunion l’Organisation Internationale des Migrations et le Haut- Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

      2. Rappelant que le Niger, le Tchad, la Libye, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont affirmé, dans une déclaration conjointe adoptée à Paris le 28 août 2017, leur volonté de lutter contre les réseaux de passeurs afin de limiter les migrations irrégulières vers l’Europe et de protéger les migrants contre les atteintes aux droits de l’Homme et les conditions dégradantes qu’ils subissent. Ils sont également convenus à cette fin de renforcer leur soutien opérationnel aux efforts des pays de transit des migrations.

      3. Soulignant que ces objectifs ont été réaffirmés lors du Sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan le 29 novembre 2017 qui a permis l’adoption d’un plan en neuf points pour renforcer la coopération entre les services de police et de renseignement pour lutter contre les réseaux de trafiquants et des passeurs et mettre ainsi un terme à leurs activités, y compris les circuits financiers et leurs avoirs, et aux crimes subis par les migrants.

      4. Reconnaissant les efforts en vue de la réinstallation des réfugiés identifiés et évacués de la Libye, en coopération étroite avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et ce conformément aux priorités de l’UE, de l’Allemagne, de l’Espagne, de la France et de l’Italie qui avaient convenu de mener des missions de protection au Niger et au Tchad, en étroite concertation et en accord avec leurs gouvernements.

      5. Se basant sur les engagements pris dans le cadre du Plan d’action conjoint de la Valette, des Processus de Rabat et de Khartoum, de la Déclaration de Malte et se félicitant des résultats atteints dans ces cadres ;

      6. Soulignant la nécessité d’une approche globale et solidaire pour la gestion intégrée de la migration et ce, à travers notamment le partage équitable des responsabilités entre les pays d’origine, de transit et de destination, et selon leurs capacités nationales, en l’occurrence par le financement de projets d’investissement, en particulier dans les zones d’origine et de transit des migrants ;

      7. Rappelant la volonté de poursuivre une approche coordonnée au développement durable dans le but de s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés dans les pays d’origine ;

      8. Relevant les efforts consentis par les différents pays se trouvant sur la route de la Méditerranée centrale, en particulier par les communautés locales dans les pays de transit, pour lutter contre les passeurs, prévenir la migration irrégulière, assister et rapatrier les migrants bloqués et coopérer à l’identification et à la protection des demandeurs d’asile et réfugiés ;

      9. Mettant en exergue la nécessité de développer les conditions d’émergence d’une économie alternative à l’économie souterraine du trafic illicite des migrants et de la traite des êtres humains par la création de nouvelles sources de revenus au profit des communautés affectées par le trafic ou en passe de l’être dans les pays de transit.

      10. Saluant les efforts déjà fournis dans la gestion et la gouvernance de la migration par les pays africains, l’UE et ses Etats membres à travers la mise en œuvre du Plan de la Valette et les dialogues politiques migratoires nationaux et régionaux.

      11. Rappelant le soutien continu offert par l’UE et ses Etats membres qui ont déjà permis, entre autres, en partenariat avec l’Organisation Internationale pour les Migrations et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le retour volontaire et la réintégration de 15 000 migrants et l’évacuation de plus de 1000 réfugiés de Libye en accord avec les engagements pris lors du Sommet Union Africaine – Union Européenne d’Abidjan.

      12. Les participants ont convenu d’engager ensemble les actions suivantes :

      1) Renforcer les cadres législatifs nationaux en matière de lutte contre le trafic illicite et la traite d’êtres humains

      13. Continuer de soutenir l’élaboration de stratégies migratoires nationales cohérentes visant à garantir les droits des migrants et permettant de judiciariser l’ensemble des formes de criminalité associées au trafic illicite de migrants et à la traite des êtres humains, de lutter contre le blanchiment d’argent et de saisir les avoirs criminels.

      14. Promouvoir notamment la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et en particulier la ratification de ses deux protocoles, l’un visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, l’autre à lutter contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer.

      15. Faciliter davantage le partage d’expériences, la conduite de missions techniques d’assistance menées par les Etats déjà parties à ces protocoles et l’établissement d’un mécanisme de suivi de l’élaboration des cadres législatifs nationaux visant à cette ratification.

      16. Encourager la ratification par les Etats membres de la CEDEAO impliqués dans la lutte contre le trafic de migrants de tous les protocoles et conventions de cette organisation contre la traite des Personnes et le Trafic illicite de Migrants, afin de disposer d’un arsenal juridique uniforme pour développer la coopération policière entre ces Etats.

      2) Renforcer les outils nationaux de lutte opérationnelle contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains et mieux coordonner ces outils nationaux au niveau régional

      17. Soutenir, dans les pays africains d’origine et de transit des migrants la création d’équipes conjointes d’investigation (ECI), coordonnées étroitement avec les forces de police et de gendarmerie nationales, les forces armées et les gardes nationales, ainsi que la Force Conjointe du G5 Sahel, ayant pour mission d’identifier et d’interpeler les membres de réseaux d’immigration irrégulière et de traite des êtres humains, et assurer un financement pérenne du fonctionnement de ces structures.

      18. Soutenir, dans les mêmes pays, la création de groupes d’action rapide – surveillance et intervention (GAR-SI), destinés à stabiliser les zones isolées et les régions transfrontalières pour faire cesser les trafics de migrants et lutter contre la traite des êtres humains. Assurer la durabilité et la bonne intégration de ces dispositifs par les autorités nationales dans le maillage national des forces de défense et de sécurité, ainsi que la coordination régionale de ces dispositifs nationaux, afin de pouvoir lutter efficacement contre les réseaux transnationaux.

      19. Appuyer l’évolution des mandats des missions EUCAP SAHEL Niger et EUCAP Mali, ainsi que EUBAM Libye, dans le cadre d’une approche coordonnée aux actions de l’Union Européenne de sécurité et de défense commune dans la région, en vue de renforcer le soutien aux forces de sécurité intérieure contre les réseaux de passeurs.

      20. Sur la base d’AFIC (Africa-Frontex Intelligence Community), renforcer la coopération avec l’Agence Européenne de Garde-Frontières et de Garde-Côtes (Frontex) et établir des partenariats opérationnels entre les pays d’origine et de transit des flux migratoires et l’Agence Européenne de Garde-Frontières et de Garde-Côtes, notamment en développant davantage l’échange d’informations et le travail analytique conjoint concernant la gestion des frontières, y compris la lutte contre le trafic illicite de migrants, la traite des êtres humains et d’autres activités illicites affectant la sécurité des frontières..

      21. Assurer une coordination régionale entre équipes nationales d’investigation pour assurer le démantèlement effectif des réseaux transnationaux. En particulier, établir une matrice recensant des points de contacts nationaux en charge de la lutte contre les réseaux de trafic de migrants et de traite des êtres humains, pour assurer des échanges réguliers entre services de sécurité intérieure.

      22. Assurer la bonne appropriation et le fonctionnement des systèmes d’échanges et de partage d’information- qui pourront être favorisés par la mise en place dans chaque pays d’un système électronique centralisée d’information policière pour assurer la coordination de la lutte contre la criminalité organisée, y compris en matière de trafic de migrants et de traite des êtres humains, qui sont actuellement développés en Afrique de l’Ouest, tels que la plateforme de coopération en matière de sécurité (PCMS) du G5 Sahel et le Système d’Information Policière pour l’Afrique de l’Ouest (SIPAO/WAPIS).

      3) Renforcer les capacités technique et matérielle des Forces de défense et de sécurité en charge de la lutte contre le trafic illicite et la traite de personnes dans les pays d’origine et de transit.

      23. Développer et intensifier des formations des membres des Forces de Défense et Sécurité chargées de la lutte contre le trafic de migrants dans tous les pays pour qu’elles développent un savoir spécifique dans le domaine. Les activités de formation menées par EUCAP Sahel Niger et Mali peuvent servir de référence pour l’élaboration et la conduite de ces programmes de formation (détection de faux documents, enquêtes sur réseaux, etc.).

      24. Soutenir la mise en place des infrastructures et l’équipement des Forces de Défense et de Sécurité dans le cadre du contrôle des frontières dans des zones névralgiques sur la route de migration irrégulière de la Méditerranée centrale (Nord Niger et Nord Tchad).

      4) Renforcer la coopération judiciaire

      25. Soutenir la mise en place et le renforcement de dispositifs de coopération judiciaire à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest. En particulier, assurer la consolidation du réseau d’Autorités Centrales et de Procureurs d’Afrique de l’Ouest (WACAP), établi au sein de la CEDEAO et qui associe la Mauritanie, notamment en appuyant financièrement le développement du dispositif.

      26. Travailler à la coordination des réseaux judiciaires avec les mécanismes d’entraide judiciaire qui existent dans les pays de destination des migrants et des victimes de la traite afin de disposer d’un cadre cohérent associant pays d’origine, de transit et de destination des migrations irrégulières. Promouvoir des mécanismes d’entraide judiciaire et d’extradition entre les Etats où de tels mécanismes n’existent pas.

      5) Renforcer le contrôle des frontières

      27. Renforcer les dispositifs nationaux de contrôle des frontières, associant à la fois les forces de défense et les forces de sécurité intérieure, pour identifier les voies empruntées par les flux migratoires irréguliers et permettre l’interception des moyens de transport utilisés par les réseaux de trafic illicite de migrants et de traite des êtres humains.

      28. Renforcer les dispositifs régionaux de surveillance des frontières dont l’action doit contribuer à la lutte contre l’activité des réseaux de trafic de migrants et de traite des êtres humains. A cet égard, appuyer la pleine mise en œuvre du mandat de lutte contre les trafiquants de migrants et la traite des êtres humains au sein du G5 Sahel, en particulier par le développement au sein des PC de fuseau d’une composante police et justice afin d’assurer la continuité de la chaîne pénale et un traitement judiciaire approprié des personnes interpelées.

      6) Protéger les migrants irréguliers et les victimes de la traite

      29. Appuyer le travail conjoint de la Task Force tripartite UA-UE-ONU mise en place au Sommet d’Abidjan afin de faciliter la protection internationale des demandeurs d’asile actuellement en Libye et au Niger, en vue de leur prise en charge dans les meilleures conditions humaines et matérielles par le HCR et l’OIM et dans ce cadre, soutenir les programmes de retour volontaire assisté des migrants

      30. Respecter les termes des engagements pris dans la déclaration conjointe adoptée à Paris le 28 août 2017 et réaffirmés lors du Sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan le 29 novembre 2017 concernant la réinstallation par les pays européens des réfugiés et des demandeurs d’asile évacués hors de Libye.

      31. Mettre en place des mécanismes de référencement, d’orientation et de prise en charge des victimes de la traite des êtres humains afin d’éviter qu’elles soient à nouveau la cible de réseaux criminels de traite. Mettre en place des dispositifs d’accompagnement des migrants interpellés avec les passeurs afin d’éviter de nouvelles sollicitations ou tentatives de migration irrégulière.

      32. Continuer de soutenir les migrants vulnérables sur le chemin du retour pour faciliter leur intégration économique dans leurs communautés locales ;

      7) Assurer le développement durable et la promotion d’une économie alternative pour la maitrise des flux migratoires.

      33. Continuer la mise en œuvre effective du plan de la Valette par la prise en compte des programmes de développement durable pour s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière et des programmes pour la maitrise des flux migratoires et le développement d’une économie alternative.

      34. Promouvoir des alternatives économiques au trafic dans la région et développer la résilience des populations locales à travers l’amélioration de l’accès aux services de base et la création d’opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes.

      35. Renforcer les mécanismes de suivi et d’évaluation des projets FFU et des autres partenaires entrant dans le cadre de la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite de personnes ;

      8) Assurer le suivi des engagements

      36. Instituer un mécanisme permanent de suivi des engagements pris pendant la présente réunion.

      37. Organiser le 18 juin 2018, à Niamey, un atelier de concertation régionale sur la lutte contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains, qui réunira les directeurs généraux des services de défense et de sécurité intérieure, les directeurs généraux chargés de la migration, les points focaux nationaux en charge de la lutte contre les réseaux de trafic et de traite des Etats participants, pour accompagner la mise en œuvre pratique des engagements contenus dans cette déclaration.

      38. Informer les pays partenaires des progrès effectués dans la mise en œuvre des engagements contenus dans cette déclaration par le biais des points de contact des participants.

      STATEMENT/18/2067, Bruxelles, 16 Mars 2018

      https://www.google.com/search?q=Rencontre+%C3%A0+Niamey+sur+la+migration+%E2%80%93+D%C3%A9claration


  • Des Français investissent dans le cacao en Côte d’Ivoire
    http://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/des-francais-investissent-dans-le-cacao-en-cote-d-ivoire-5078508


    Avec la photo qui va bien

    Et pour cause, les vergers intensifs de #cacao sont très rares en #Côte_d’Ivoire, pourtant premier producteur mondial de fèves (40 % de la production). C’est d’ailleurs pour cela que Rémy Allemane a choisi cet investissement. « Je voyais des #plantations intensives de palmiers, d’hévéa, de bananiers, mais pas de cacaoyers, explique ce Français, ex-gestionnaire de fortunes en Suisse. Un de mes amis financiers devait réserver 10 % de son #fonds_d’investissement à l’Afrique. Alors, nous nous sommes lancés. » La société a déjà levé 18 millions d’euros. « Le cacao, ça fait aussi #luxe, #environnement, #social… », sourit Rémy.

    A Bocanda, on parle plutôt en francs CFA. « Ici, nous employons un millier de personnes avec les saisonniers », explique Laurent alors que nous traversons un campement de travailleurs construit au milieu de la plantation. Les salaires ? L’ex-patron de la société automobiles PGO s’exécute : « Les ouvriers de base gagnent 65 000 francs par mois (100 €), c’est 20 % de plus que le salaire minimum local ». Nous visitons une école, un puit... « Le social fait partie du projet », poursuit ce fils d’un boulanger lensois issu d’une famille polonaise.

    Acquérir les 1 300 ha – il y a aussi de l’igname, du manioc… - n’a été de tout repos. « Nous avons multiplié les réunions avec les villageois pour les convaincre de nous céder leurs #terres, explique Rémy. Nous signons des baux de 35 à 50 ans sur la base de 5 % du chiffre d’affaires. Au début, comme il n’y a pas de production, nous louons 10 à 20 000 francs par ha et par an (15 à 30 €) ». D’ailleurs, Rémy nous quitte pour aller négocier « 1 500 hectares supplémentaires près du fleuve Bandama ». Pratique pour l’#irrigation.

    Son but à terme : « Produire quatre millions de cacaoyers intensifs sur 3 000 ha en Côte d’Ivoire ». Sportif, mais pas trop risqué : les grands chocolatiers prévoient un déficit de fèves d’un million de tonnes dans les années à venir avec l’augmentation de la consommation en Chine et en Afrique.


  • Très dépendante du gaz, la #Côte_d’Ivoire se convertit, lentement, aux #énergies_renouvelables
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/20/tres-dependante-du-gaz-la-cote-d-ivoire-se-convertit-lentement-aux-energies-

    Afin de réaliser son objectif d’émergence, la Côte d’Ivoire a prévu de doubler son potentiel électrique d’ici à 2020 en passant des 2 000 MW produits aujourd’hui à 4 000 MW. Pour y parvenir, le gouvernement a développé un plan de production destiné à privilégier bientôt l’#hydroélectricité et les énergies renouvelables sur le #gaz. Pour l’instant, les énergies renouvelables sont peu utilisées malgré un potentiel important en #biomasse qu’apporterait la valorisation des# déchets dans les cultures de# cacao et de #coton.


  • #Femmes et #migrations : celles qui restent

    Ce numéro d’Échogéo, dans différents contextes géographiques au sud (Amérique centrale, Afrique de l’ouest et de l’est, Asie du sud), interroge la place des femmes dans l’émigration internationale, et plus particulièrement de celles qui « restent » en l’absence des hommes, de celles qui restent alors que d’autres partent. Le rôle des femmes dans les espaces d’émigration a fait l’objet de certains travaux dans le champ de la géographie ou plus largement des sciences sociales et ce, dès les années 1970-1980 et plus encore dans les années 1990. Cependant, les contextes actuels de mondialisation migratoire, de diversification des flux et des profils de migrants, de complexification des formes de migrer, de facilitation des mobilités via les nouvelles technologies de l’information ou encore le resserrement des liens urbain-rural suscitent un besoin de nouveaux éclairages.

    Geneviève Cortes
    Femmes et migrations : celles qui restent [Texte intégral]
    Introduction
    Anaïs Trousselle
    Mobilités et #immobilités des femmes qui « restent » dans la #vallée_du_Rio_Negro (#Nicaragua) [Texte intégral]
    Aurélia Michel
    Les femmes qui restent, ressorts de l’#économie_familiale d’archipel au #Mexique [Texte intégral]
    Pierre Dérioz, Pranil Upadhayaya, Maud Loireau, Philippe Bachimon, Justine Le Noac’h et Mauve Létang
    #Émigration_masculine et développement touristique en versant sud du massif des #Annapurna (#Népal) : les femmes à la manœuvre [Texte intégral]
    Colette Le Petitcorps
    Genre, migrations et sédentarités [Texte intégral]
    Le cas de Mauriciennes #employées_de_maison en #France de retour au pays
    Sihé Néya
    Les mobilités spatiales féminines entre logiques individuelle et familiale [Texte intégral]
    L’exemple des migrantes burkinabè entre le #Burkina_Faso et la #Côte_d’Ivoire
    François Ruf
    « Une femme en Côte d’Ivoire, une femme au Burkina Faso » [Texte intégral]
    Changement écologique et social autour du #cacao... et de l’#anacarde
    Amina Saïd Chiré et Bezunesh Tamru
    Les migrantes de retour dans la #Corne_de_l’Afrique [Texte intégral]
    Vers une transformation sociale des espaces émetteurs : le cas éthiopien

    http://echogeo.revues.org/14646
    #celles_qui_restent #genre #mobilité #revue #île_Maurice #Ethiopie #sédentarité
    cc @isskein
    signalé par @ville_en (merci !)


  • En #Côte_d’Ivoire, seuls les nationaux pourront détenir des terres agricoles (Ouattara) - Agence Ecofin
    http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0610-41467-en-cote-d-ivoire-seuls-les-nationaux-pourront-detenir-des-t

    Le gouvernement ivoirien a décidé d’offrir aux #terres_agricoles une protection constitutionnelle. C’est ce qu’a expliqué mercredi dernier aux parlementaires le président de la République, Alassane Ouattara, lors de la présentation de l’avant-projet de nouvelle constitution.

    « Il est clairement établi que seuls l’Etat, les collectivités publiques et les personnes physiques de nationalité ivoirienne peuvent accéder à la propriété foncière rurale et que les droits seront garantis », a déclaré sans équivoque le président, selon les informations de l’AIP.

    Si le texte est voté en l’état, il devrait contribuer à renforcer la sécurisation des droits fonciers des populations rurales ivoiriennes. Il devrait également envoyer un signal fort aux multinationales (actives dans l’agro-business) dont la course effrénée au foncier agricole a poussé la Cour pénale internationale à ranger les accaparements de terres au rang de crimes contre l’humanité.


  • La face cachée du #chocolat : seulement 7% du prix d’une tablette reviennent aux petit-e-s producteur-trices | ActionAid
    http://www.peuples-solidaires.org/2016/05/la-face-cachee-du-chocolat-seulement-7-du-prix-dune-tablette-rev

    Alors que huit parlements nationaux de l’Union européenne viennent de lancer une initiative « carton vert » pour initier une régulation sur le devoir de vigilance des multinationales à l’échelle européenne, la Plateforme pour le Commerce Equitable en partenariat avec Peuples Solidaires-ActionAid France publie un rapport intitulé « La face cachée du chocolat » qui compare les coûts sociaux et environnementaux des filières conventionnelles, durables et équitables du cacao originaires de Côte d’Ivoire et du Pérou.

    Ce nouveau rapport réalisé par Le BASIC [1] révèle les impacts négatifs que la filière cacao engendre sur les petit-e-s producteurs-rices tels que le travail des enfants, l’insécurité alimentaire ou encore la déforestation. Ce rapport dévoile, qu’en réalité, ces impacts négatifs ne sont rien d’autres que des « coûts cachés », à savoir des coûts sociétaux qui devraient être pris en charge par les structures qui en sont à l’origine et ne pas peser sur les populations locales. Ils sont estimés à 2,85 milliards d’euros pour la Côte d’Ivoire et à 62 millions d’euros pour le #Pérou, à comparer aux 3,7 milliards d’euros et 166 millions d’euros de revenus générés par l’exportation de cacao dans les deux pays respectifs. En d’autres termes, pour un euro de valeur créée, la filière cacao-chocolat génère 77 centimes de coûts sociétaux en #Côte_d’Ivoire et 37 centimes au Pérou.

    #cacao


  • #Côte_d’Ivoire : affrontements entre éleveurs et agriculteurs, au moins 17 morts
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/03/26/cote-d-ivoire-affrontements-entre-eleveurs-et-agriculteurs-au-moins-17-morts

    17 morts et 30 blessés dont cinq membres des forces de sécurité. Tel est le premier bilan des affrontements violents qui ont éclaté dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 mars entre des éleveurs et des agriculteurs à Bouna, une ville située au nord-est de la Côte d’Ivoire.

    « C’est un bilan provisoire. C’est une crise, il faudra attendre encore quelques heures ou quelques jours pour avoir le bilan définitif », a indiqué un responsable du ministère de la défense, vendredi 25 mars.

    #conflit_foncier


  • Sauver les singes : les forêts vierges de la Côte d’Ivoire menacées par l’agro-industrie - RFI
    http://www.rfi.fr/emission/20160325-cote-ivoire-sauver-singes-forets-vierges-menacees-agro-industrie?ns_cam

    La #Côte_d’Ivoire a perdu plus de 80% de sa #forêt vierge en 50 ans : de 16 millions d’hectares en 1960, la surface forestière est passée à seulement 3 millions d’hectares aujourd’hui. Les monocultures de #palmiers_à_huile, d’#hévéa et de #cacao ont eu raison de 12 millions d’hectares de forêts primaires. La forêt des Marais Tanoé-Ehy, une forêt de 12 000 hectares, a échappé à l’#agro-industrie en raison des difficultés d’accès : pendant 9 mois par an, la pluie rend toute sa surface inaccessible, les arbres ont littéralement les pieds dans l’eau. Mais, en 2008, la firme Palmci, le plus grand exploitant de palmiers à huile de Côte d’Ivoire annonce avoir trouvé le moyen d’assécher les marais et de raser la forêt. Commence alors une lutte entre ceux qui rêvent des retombées de l’#agrobusiness, et ceux qui veulent protéger la forêt contre tous les dangers... car à part l’agro-industrie, ce sont des activités illégales comme la coupe d’arbres par les riverains et le braconnage qui menacent cette forêt d’une #biodiversité exceptionnelle : elle abrite, entre autres, trois espèces de petits #singes menacés d’#extinction.

    #déforestation #industrie_palmiste


  • Croissance sans réconciliation en #Côte_d’Ivoire, par Vladimir Cagnolari (octobre 2015)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2015/10/CAGNOLARI/53965

    La région du Guémon, dont la ville de Duékoué est le cœur, est riche de ses forêts que défrichent depuis des décennies les populations allogènes (étrangères, pour la plupart du Burkina Faso) et allochtones (venues d’autres régions de la Côte d’Ivoire). « La terre appartient à celui qui la met en valeur », proclamait Houphouët-Boigny. Après sa mort en 1993, le concept d’ivoirité s’est imposé à la terre. La crise économique a poussé les populations locales autochtones à revendiquer les terres plantées en cacao qu’elles avaient cédées ou concédées aux agriculteurs venus d’ailleurs. Bien des accords ont alors été remis en cause par les autochtones, et, dans le Sud-Ouest ivoirien (où ceux-ci sont minoritaires), des planteurs qui n’étaient pas originaires de la région furent chassés des terres qu’ils avaient mises en valeur. Ainsi débuta un cycle de violences et de représailles qui firent de l’Ouest ivoirien un nid de conflits intercommunautaires.


  • En #Libye, une nouvelle guerre qui ne dit pas son nom, par Philippe Leymarie (Les blogs du Diplo, 16 mars 2016)
    http://blog.mondediplo.net/2016-03-16-En-Libye-une-nouvelle-guerre-qui-ne-dit-pas-son #st

    Il est sorti du #Sahel : jamais Al-Qaida au Maghreb islamique (#AQMI), qui a revendiqué l’attentat de Grand-Bassam en #Côte_d’Ivoire (18 morts, dont quatre Français, sur une plage fréquentée par les étrangers), n’avait opéré si loin de ses bases. Il souhaite ainsi prouver qu’il a encore du ressort, malgré la destruction de son califat, au nord du Mali, la mobilisation sécuritaire de cinq pays de la région (qui bénéficient du « parapluie » militaire français), et la concurrence, jusque dans l’horreur, de l’Organisation de l’Etat islamique (#OEI), qui a essaimé ces derniers mois en Libye.

    http://zinc.mondediplo.net/messages/20773 via Le Monde diplomatique


  • Déforestation : Menaces sur les forêts africaines.
    Greenpeace

    La nouvelle frontière de la déforestation se trouve désormais en Afrique. C’est une économie complexe, reposant sur un dédale de filiales difficile à déchiffrer. Mais parfois, la longue chaîne de capitaux qui menace la forêt remonte jusqu’en France. Exemple avec le groupe Bolloré et la Socfin.

    >>> Menaces sur les forêts africaines - Greenpeace
    http://forets.greenpeace.fr/bollore-zero-deforestation
    >>> Pétition à l’adresse de Bolloré
    http://greenpeace.fr/petition-bollore

    #Déforestation #Groupe_Bolloré #Socfin #éco-tartuffe #Hubert_Fabri #palmier_à_huile #hévéa

    #Afrique_centrale #Cameroun #Congo #Gabon #Guinée_équatoriale #République_centrafricaine #République_démocratique_du_Congo
    #Côte_d’Ivoire #Ghana #Libéria #Nigeria #Sao_Tomé-et-Principe #Sierra_Leone.

    #Asie #Cambodge #Indonésie


  • Carnet de route d’un voyageur en Afrique de l’Ouest

    Un voyage illustré au cœur des mots de la migration

    #NIGER
    – Ganji (Brousse ; en zarma)
    – Yamma & kurmi (Ouest & pays forestier ; en zarma)
    – Hangasin (Le compagnon ; en zarma)
    – Yammayize & kurmiize (Enfant de l’ouest & enfant de la forêt ; en zarma)
    – Jaaway (Passer la saison froide ailleurs que dans son village ; en zarma)
    PORTRAIT : TROIS FRÈRES
    – Jawiize (Fils de la saison froide ; en zarma)
    – Tallako (Colporteur ; en zarma)
    – Jaaje (Rentrer au bercail ; en zarma)
    – Faransi (Pays côtiers ; en zarma)
    – Zarma zeeno (Le vieux Zarma ; en zarma)

    #BURKINA_FASO
    – Sore (La route ; en moré)
    – Train (Train ; en français)
    – Ba-yiri (Village du père ; en moré)
    – Kaoos weoogo & Paa weoogo (Il a duré en brousse & il est resté en brousse ; en moré)
    – Lebge (Revenir sur ses pas ; en moré)
    – Locataire (Les locataires ; en français)
    – Zake tuuma (Travail dans la cour ; en moré)
    PORTRAIT : KARIMA
    – Tẽnga, diaspo, VDV (Broussard, diaspo et VDV ; en français et moré)

    #CÔTE_D’IVOIRE
    – Boyorodjan (Qui vient/qui sort du lointain ; en dioula)
    – Gaou (Naïf ; en nouchi)
    – Benguistes (Les émigrés ; en nouchi)
    – Poste frontière (Poste frontière ; en français)
    PORTRAIT : ATTA KOKO

    #MALI
    – Tungaranke (Étranger ; en bambara)
    – Lo cú mi ɲú (Il a enfoncé sa tête ; en boomu)
    – Lé-lé-béré’a (Partir à l’aventure ; en boomu)
    – Baaragnini (Un chercheur de travail ; en bambara)
    – Car-rapide, bâchée (Véhicule de transport ; en français)
    – Coxeur (Rabatteur, agent de transport ; en français)
    – Exode (Migration ; en français)
    – Baana-baana (Petit commerçant sans grande valeur ; en bambara)
    – Les 52 (Les petites bonnes à Bamako ; en français)
    – Refoulés (Migrants refoulés aux frontières ; en français)
    – Marun warama (Ceux qui font la culture en plaine ; en dogon)
    – Les « naphtaline » (Les migrants dogons ; en français)
    – Aventurier (Voyageur, migrant ; en français)
    – Etre sur/rejoindre le goudron (Voyager sur les grands chemins ; en français)
    – Dagaye (Partir, émigrer ; en soninké)
    – Silahanda (Viatique ; en soninké)
    – Ta(g)ama (Marcher ; en bambara)
    – Kille (Itinéraire ; en soninké)
    – Kaara (Lieu d’origine ; en soninké)
    – Kaseti (Cassette ; en soninké et bambara)
    – Baase (Cadeau au migrant de retour ; en soninké)
    – Jaajayinbalaaxu (Celui qui a échoué en migration ; en soninké)

    #MAURITANIE
    – Ṛḥîl (Déplacement ; en ḥassâniyya)
    – Tâsuvṛa (Sac de voyage ; en ḥassâniyya)
    – Ṛaḥle (Selle d’homme ; en ḥassâniyya)
    – Seddeṛ (Errance, drague ; en ḥassâniyya)

    #SÉNÉGAL
    – Luttude (Ne plus revenir ; en pulaar)
    – Jaajaade (Le « bien revenir » ; en pulaar)
    – Nawetaan (Ouvriers saisonniers issus des zones rurales ; en wolof)
    – Ndakaaru (Dakar ; en pulaar ou wolof)
    – Baol-Baol (Jeune migrant vers les centres urbains ; en wolof)
    – Fatou-Fatou & Modou-Modou (Les migrants internationaux ; en wolof)
    – Nawtaal (Ailleurs, appel, rappel ; en wolof)
    – Wootal (Faire rentrer par des procédés mystiques une personne longtemps restée à l’étranger ; en wolof)
    – Kayiit ke (Les papiers de voyage ; en sereer)
    – Dakaar (Le nouvel arrivant ; en wolof)
    – Boutikou-mbag (Celui qui porte sa boutique ; en franco-wolof)
    – Jaatigi (Le logeur ; en soninké et bambara)
    – Vacancier (Migrant de retour en vacances ; en français)
    – Come on town (Branché, urbain ; en anglais)
    – Fekki (Rejoindre quelqu’un ; en wolof)
    – Gaddaye (Exil, s’exiler ; en wolof)
    – Barça wala barsaq (Barça ou la mort ; en wolof)
    – Mbek-mi (Coup de tête ou choc brutal entre deux choses ; en wolof)
    – Tekki (Réussir ; en wolof)

    #CAP-VERT
    – Mandjaku (Les Africains du continent ; en kréol capverdien)
    – Téra longi (Terre lointaine ; en kreol capverdien)
    – Manda mantenha (Saluer ; en kréol capverdien)
    – Sôdadi (Souvenir nostalgique ; en kréol capverdien)
    – Emigranti (Émigrant ; en kréol capverdien)
    PORTRAIT : LUCILINA
    – Dispidida (Les adieux ; en kréol capverdien)
    – Partida (Moment de la séparation ; en kréol capverdien)
    – Duku (Celui qui revient les poches vides ; en kréol capverdien)
    – Bidon di Merka (Bidon d’Amérique ; en kréol capverdien)
    – Rapatriados (Rapatriés ; en kréol capverdien)


    http://www.lecavalierbleu.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=414
    #mots #terminologie #asile #migrations #réfugiés #livre
    cc @reka @sinehebdo

    #ressources_pédagogiques : pour montrer qu’il y a bien plus que le mot « migrant » et « réfugié » si on se place du côté de ceux qui migrent... Tout un univers sémantique complètement méconnu.
    Un livre facile à utiliser en classe : sur chaque double une page, un mot d’un pays d’Afrique de l’Ouest, une carte, une photo, une explication...

    • Effectivement, « Aventuriers » ou « Vacanciers », voilà des termes auxquels je n’avais pas pensé !

      Marrant aussi, les Benguistes (Les émigrés, en nouchi, de Côte d’Ivoire) et les Naphtaline (Les migrants dogons, au Mali) !

      Quelques mises en contexte :

      Barca wala barsakh, Mapenda Seck (Adouna Tey, 2013)
      https://www.youtube.com/watch?v=Z0JV0l9Ibxs

      Dispidida, Mayra Andrade (Navega, 2006)
      https://www.youtube.com/watch?v=Iaz6ZGAs1XY

      Et, à ce propos, cette magnifique chanson d’émigration :
      Poc li denté é tcheu, Mayra Andrade (Navega, 2006)
      https://www.youtube.com/watch?v=b_QaftRlJzg


      http://www.mayra-andrade.com/2013/01/17/navega

      Mi ja-m oiá kma vida li tá mut difísil
      Má solusom ka emigrá pa bá sofré
      Na solabánk di mar, dbóx d’grit d’komandant
      I s’bo tchgá na térra é pa lová Nós Senhor Jezus Krist.
      Ranja-m trabói m-kré fiká
      Mi m-ka mesté pasaport
      Nhas dokumént é :
      Nxada, martel, má nhas dos bróss.
      Ka-nhos pintcha-m pa-m bai,
      Fidj ka ta kriá na ninhu sem pai.
      Nha pai skrevê-m
      Pa-m bá tratónd d’nhas papelada
      Má nha korasom
      Ja fla kma nãu : kaminh di bai !
      Má també m’ka podé, fká li d’riba parbóx
      Sempr ta spiá trabói, má um brók d’kaza k’é pa-m morá.
      Ranja-m trabói k’é pa-m ganhá
      Akel pãu di kada dia
      Pok li-dént é tcheu, fortuna la fóra é fantazia.
      Ka-nhos pintcha-m pa-m bai,
      Fidj ka ta kriá na ninhu sem pai.

      Ce peu que nous avons, Mayra Andrade (Navega, 2006)

      Je sais bien qu’ici la vie est très dure,
      Mais la solution n’est certainement pas
      d’émigrer au péril de sa vie
      Dans les flots déchaînés et sous les
      vociférations du capitaine du capitaine,
      En rendant grâce à dieu si on parvient
      finalement à bon port !
      Donne-moi du travail, je veux rester ici
      Je n’ai pas besoin de passeport,
      J’ai déjà tous les documents qu’il me faut :
      Ma houe, mon marteau et mes deux bras.
      Ne me forcez pas à m’en aller,
      On n’élève pas des enfants dans un foyer sans père.
      Mon père m’a recommandé par lettre
      De m’occuper des papiers nécessaires,
      Mais mon cœur a déjà dit non à l’idée du départ.
      D’un autre côté, je ne peux pas rester ici à aller et venir
      En quête d’un travail impossible à trouver et
      d’une improbable maisonnette où habiter.
      Donne-moi du travail, juste ce qu’il faut pour
      que je puisse gagner Mon pain quotidien,
      Ce peu que nous avons chez nous est déjà beaucoup.
      La fortune censée nous attendre ailleurs n’est que chimère.
      Ne me forcez pas à m’en aller,
      On n’élève pas des enfants dans un foyer sans père.


  • Nestlé, Mars et Hershey’s visés par une plainte sur la traite des enfants
    http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2015/10/02/nestle-mars-et-hershey-s-vises-par-une-plainte-sur-la-traite-des-enfants_478

    Les producteurs de #Kit-Kat, #Snickers, #M_&_M’s et autres friandises prisées par les enfants exploiteraient-ils d’autres enfants pour récolter le cacao qui entrent dans leurs recettes ? Les groupes Nestlé, Hershey’s et Mars sont, en tout cas, visés par trois plaintes collectives (class actions) déposées à la fin de septembre en Californie auprès du cabinet juridique américain Hagens Berman, spécialisé dans le droit des consommateurs. Motif : la #traite et le #travail_forcé des enfants dans les #plantations de Côte d’Ivoire.

    Selon les plaignants, ces trois firmes agroalimentaires importent du cacao en provenance de fournisseurs qui emploient des enfants, qui plus est dans des conditions de travail dangereuses et pénibles. Ils évoquent le transport de charges lourdes, l’exposition à des substances toxiques, le travail forcé et l’absence de paie, les menaces physiques. Nombre de ces enfants seraient vendus par des trafiquants qui les enlèvent ou les achètent dans des pays voisins de la Côte d’Ivoire.

    ...

    Selon la fondation Initiative internationale pour le cacao (ICI), une organisation créée par l’industrie du chocolat pour lutter contre le travail des enfants dans la filière, entre 300 000 et un million d’enfants travaillent dans le cacao ivoirien, allant de la contribution occasionnelle au travail forcé. Les plaignants des class actions évoquent de leur côté 1,1 million d’enfants engagés dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire, citant les Nations unies.

    A la fin de juin, 48 #enfants âgés de 5 à 16 ans avaient été secourus lors d’une opération de police dans les plantations de cacao de San Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, qui abrite également le premier port de cacao au monde. D’après Interpol, ces enfants, qui « travaillaient dans des conditions extrêmes, particulièrement dangereuses pour leur santé », étaient originaires du #Burkina_Faso, de #Guinée, du #Mali et du nord de la #Côte_d’Ivoire. Certains d’entre eux, « employés dans les champs depuis un an, ont déclaré aux enquêteurs travailler régulièrement de longues heures chaque jour sans recevoir ni salaire, ni éducation », selon Interpol.

    #esclavagisme #maltraitance #agro-industrie


  • Les #prisons ignorent les droits des jeunes ivoiriens

    Abidjan, 21 mai 2015 (IRIN) - Des centaines d’enfants séjournent pendant de longues périodes dans les prisons pour adultes surpeuplées de la #Côte_d’Ivoire. Le système de justice pénale du pays a été affaibli par la crise : ils doivent parfois patienter pendant des mois avant de connaître la date de leur procès.

    http://www.irinnews.org/fr/report/101528/les-prisons-ignorent-les-droits-des-jeunes-ivoiriens
    #mineurs #enfance


    • #migration #Maghreb #chanson

      Deux figures de l’immigré dominent le débat public. À droite, celle du travailleur, toléré dans la mesure où il se laisse exploiter. À gauche, celle du damné de la terre, défendu pour ses souffrances. Elles occultent toutes deux un fait pourtant très simple : les immigrés ont une vie et des désirs propres, qui ne se réduisent pas aux lamentations de l’exil. Pour peu qu’on sache l’entendre, une musique en témoigne.

      #Discographie sélective :
      Poc Li Dente é Tcheu, Mayra Andrade, Cap Vert
      Ya Rayah, par Dahmane El Harrachi ou par Rachid Taha, Algérie
      Ach Adani, par Dahmane El Harrachi ou par Rachid Taha, Algérie
      La carte de résidence, Slimane Azem et Nourredine Meziane, Algérie
      Exil (Dayrib), Idir, Algérie
      Tout le disque Origines Contrôlées, de Mouss et Hakim
      Immigrés/Bitim Rew, Youssou N’Dour, #Sénégal
      I Feel Like Going Home, Muddy Waters, U.S.
      Come, Let Us Go Back To God, the Soul Stirrers, #U.S.
      El Mayoral (Le maître des esclaves), Susana Baca, #Pérou
      Africa Unite, Bob Marley, #Jamaïque
      A La Sierra De Armenia (Seguiriya), La Niña De Los Peines, Espagne
      Naci en Alamo, Remedios Silva Pisa, #Espagne
      Imidiwan Winakalin, Tinariwen, Mali
      Assouf, Tinariwen, #Mali
      Sodade, Cesaria Evora, #Cap_Vert
      Sawah (L’errant), Abdel Halim Hafez, #Egypte
      Sanarjaou Yaoumann, Fairouz, #Liban
      Oran Marseille, Khaled et IAM, Algérie / France
      Ou veux-tu que j’aille, Tiken Jah Fakoly et Mouss & Hakim, #Côte_d’Ivoire / Algérie / France
      Entre Deux, Sniper, Algérie / France
      Manich Mena (Je ne suis pas d’ici), MAP, #Algérie / France


  • Peasant farmers launch series of occupations on Socfin’s plantations
    http://farmlandgrab.org/post/view/24811

    Peasant farmers deprived of their lands launch a series of occupations on Socfin’s plantations in Cameroon, Liberia, Cambodia and Côte d’Ivoire from now until the annual shareholder meetings of the Socfin group (27 May) and the #Bolloré group (4 June).

    “These lands were stolen from us. We come now to take them back and occupy them until an agreement with Bolloré and #Socfin is reached.” Along with Michel Essonga, 6,000 Cameroonian peasants have had their forests destroyed and seen 40,000 ha of their land appropriated by Socapalm, a plantation controlled by Socfin. Tomorrow, the occupation of the plantation in Dibombarri marks the first in a series of actions that will take place in Cambodia next week, then in #Liberia and #Cote_d’Ivoire. Brought together by the NGO ReAct, the peasants affected by the abuse of the same transnational corporation across the world have decided to unite and pressure the company to respect their rights.

    #résistance #Cambodge #terres #agro-industrie



  • Les planteurs de cacao sont chocolat
    http://www.lecourrier.ch/128535/les_planteurs_de_cacao_sont_chocolat

    Un demi-dollar par jour. C’est le revenu moyen d’un planteur de #cacao en #Côte_d’Ivoire, le plus grand producteur mondial de la précieuse fève de #chocolat. Le travail et la traite des enfants dans les plantations d’Afrique de l’Ouest, dénoncés dans les médias depuis 2012, est le corollaire de la misère des petits cultivateurs. C’est ce que met en évidence une étude d’une dizaine d’ONG, dont Oxfam, Voice, Solidaridad et la Déclaration de Berne1. Intitulé « Baromètre du cacao 2015 », ce rapport s’intéresse aux causes du phénomène et propose des solutions.

    Merci @cdb_77

    • C’est surtout ça qui me fait bouillir, parce que les consommateurs paient volontairement plus cher en pensant aider les producteurs. Donc où passe le pognon ?

      Du « fairtrade » toujours peu équitable

      Confirmant une étude de l’université de Londres de 2014 portant sur le café et le thé1, le Baromètre 2015 du cacao fait état des piètres résultats du label Fairtrade Max Havelaar quant à l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs (sans parler des labels UTZ, utilisé par Frey en Suisse notamment, et Rainforest Alliance, dont les exigences sont encore bien en deçà).

      « Le label Fairtrade (Max Havelaar) dispose d’un prix minimum garanti mais celui-ci se trouve depuis des années en dessous du prix du marché », relèvent les auteurs du rapport. Quant à la prime dont disposent les producteurs pour leur participation au programme Fairtrade, elle ne semble pas avoir un « impact significatif » sur leur revenu : « Les paysans reçoivent 200 dollars de plus pour une tonne de cacao, ce qui correspond à une majoration de revenu d’environ 10%. » Mais les coûts de la certification sont élevés pour le producteur, même si l’intégralité de sa production ne peut pas être certifiée. « Au mieux,
      le bénéfice net des primes est donc
      incertain. »

      La Déclaration de Berne relève aussi des problèmes relatifs aux dysfonctionnements des coopératives et au déroulement des audits en Afrique de l’Ouest.
      L’organisation n’en défend pas moins le principe du commerce équitable et suggère des pistes de réformes pour obtenir un label qui améliore véritablement le niveau de vie des bénéficiaires : « Il faut une amélioration des audits, un meilleur accompagnement des paysans qui collaborent avec le label et une augmentation importante du prix minimum garanti et du montant des primes », estime Andrea Hüsser, de la Déclaration de Berne.


  • #Côte_d’Ivoire : les forces de sécurité attaquées dans la ville de #Grabo

    Les forces de sécurité dans la ville de Grabo et ses environs ont été attaquées dans la nuit de vendredi à samedi. Deux soldats ivoiriens ont été tués. La zone se situe dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, près du Liberia. Ce n’est pas la première fois que la ville est ciblée.


    http://news.abidjan.net/h/520218.html
    #attaques #violence


  • How to map wealth in Africa using nothing but mobile-phone minutes - Quartz
    http://qz.com/128987/how-to-map-wealth-in-africa-using-nothing-but-mobile-phone-minutes

    A group of Belgian researchers has come up with a novel way (pdf) of mapping the distribution of wealth in #Côte_d’Ivoire—by looking at purchases of #mobile airtime minutes.

    #cartographie #inégalités

    • Du point de vue cartographique, je ne trouve pas que ce soit une bonne idée d’habiller la carte avec les routes... Ou en tout cas avec cette densité de routes. On a l’impression d’être face à une carte des isochrones... à la pgRouting