Le prestigieux lycée Sainte-Marie de Neuilly recrute l’organisatrice d’un défilé #néonazi
La militante d’extrême droite Maylis de Cibon a été embauchée par l’établissement privé sous contrat, véritable institution de l’enseignement catholique francilien, pour enseigner l’histoire-géographie. Certains parents ont découvert avec effroi le curriculum vitæ de la nouvelle professeure.
Mathilde Goanec et Matthieu Suc
15 septembre 2025 à 12h16
Vieux de plus d’un siècle et géré par la communauté apostolique Saint-François-Xavier, l’établissement scolaire Sainte-Marie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a une histoire et des traditions. Il a compté parmi ses élèves Simone de Beauvoir, les filles de deux présidents de la République (Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing), la députée Renaissance et ancienne ministre Olivia Grégoire ainsi que la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse.
Une histoire, des traditions et une réputation, l’excellence : en 2025, le palmarès du Figaro Étudiant a classé son lycée à la quatrième place au niveau national, avec un taux de réussite au baccalauréat de 100 % et un taux de mentions de 99 %.
À la rentrée, les adolescentes du collège (l’école primaire et le collège n’accueillent que des filles) ont vu arriver au poste de #professeure_d’histoire-géographie des classes de cinquième une femme de 25 ans, Maylis de Cibon. Des parents s’étonnent de la jeunesse de la nouvelle recrue et décident de s’intéresser à son cursus.
Sur le réseau LinkedIn, l’enseignante affiche une double licence d’histoire et un master de droit, et sa seule expérience professionnelle n’a rien à voir avec l’enseignement. En 2023 et 2024, elle a été l’assistante parlementaire des député·es Christian Girard (Rassemblement national, RN) et Sophie Ricourt Vaginay (Union des droites pour la République, le parti d’Éric Ciotti).
Surtout, son nom apparaît dans plusieurs articles de presse, notamment sur Mediapart, pour son appartenance au groupuscule néofasciste Luminis et pour avoir dirigé, alors qu’elle était encore étudiante, l’antenne de La Cocarde, une organisation étudiante identitaire proche de groupuscules violents, à l’université d’Assas à Paris.
La manifestation du Comité du 9-Mai, le 10 mai 2025, a été déclarée en préfecture par Maylis de Cibon (ici au centre avec un haut blanc). © Photo Pixel ArchivC’est aussi #Maylis_de_Cibon qui, au printemps 2025, a déposé auprès de la préfecture de police de Paris la demande d’autorisation de la manifestation du Comité du 9-Mai (#C9M). Il s’agit du rendez-vous annuel des néonazi·es français·es, qui défilent dans les rues parisiennes pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, un activiste d’#extrême_droite tombé d’un toit en 1994 en tentant d’échapper à la police.
Cette année encore, la manifestation a réuni un millier de personnes dont une importante délégation allemande, arborant des tee-shirts du parti néonazi Der Dritte Weg, des membres du groupuscule hongrois Légió Hungária ainsi que des militants espagnols, italiens, hollandais, tchèques ou polonais. Deux hommes encagoulés en chemise blanche rythmaient la marche à l’aide de tambours identiques à ceux de la #Jeunesse_hitlérienne. À leurs côtés, deux autres militants portaient des drapeaux ornés de la #rune_Algiz, symbole employé notamment dans les codes funéraires nationaux-socialistes.