• Plus malade du médicament que de la maladie

    Depuis le 1er avril 2018, date que j’ai choisie pour inspirer de la joie au regard de mon traitement contre une rechute, je prends chaque jour un cachet de #tamoxifène (en plus des gouttes journalières pour ne pas devenir aveugle avec un glaucome aux deux yeux découvert presque en même temps que le cancer du sein). La pharmacienne ne peut m’en fournir pour plus d’un mois, ce qui m’oblige à aller régulièrement demander ma dose.
    Depuis un mois, j’ai commencé à perdre mes cheveux, c’est un des problèmes de ce traitement. Je ne sais pas si mon moral est affecté, mais c’est pas génial de ne pas comprendre pourquoi je manque autant d’énergie dans le même temps.
    Je pense que je vais arrêter, je prends cependant mes précautions et vous donne ici quelques liens de réflexions.

    En premier, la dénonciation du communiqué de presse qui accompagne une étude considèrant qu’il faut mentir aux femmes sur les traitements d’hormonothérapie. Ce traitement, comme la prise de tamoxifène agit contre la production d’œstrogènes et les femmes non ménopausées ont des risques de déclencher celle-ci.
    http://guerir-du-cancer.fr/non-les-effets-secondaires-de-lhormonotherapie-dans-le-cancer-du-se

    22/08/2016 L’université de Marburg publie une étude dans Annals of Oncology, consacrée au lien unissant les effets secondaires anticipés par les patientes et les effets finalement ressentis, dans le cadre d’un traitement par hormonothérapie après cancer du sein. L’étude est largement relatée dans les médias.

    Pour soutenir cette thèse de l’origine psychosomatique des effet secondaires, les auteurs soulignent que beaucoup d’effets déclarés sont « non spécifiques », c’est-à-dire qu’ils les estiment « non attribuables à l’action du médicament », et attribuables par conséquent à l’effet nocebo. Problème : cette classification apparaît arbitraire et infondée. Exemple parmi bien d’autres : la perte de cheveux (alopécie) figure bel et bien comme effet « fréquent » dans le RCP du tamoxifene, ou de l’exemestane, les deux produits cités dans l’étude, et s’explique directement par leur action androgénique. Elle est pourtant classée par les auteurs parmi ces effets « nocebo ».

    Trois des sept auteurs sont liés financièrement aux laboratoires commercialisant les médicaments concernés, qui se félicitent qu’on se propose d’imputer la responsabilité des effets indésirables aux patientes et non à leurs produits.

    Le sur-risque d’embolie pulmonaire sous tamoxifene est de l’ordre de 1 embolie/1000 femmes par an.

    Bon, je fais le rappel ici qu’une femme sur 8 en France traversera un cancer du sein, et on en est encore à vouloir affirmer que les femmes inventent les effets indésirables des merdes qui sont censés les soigner.

    L’information donnée aux femmes sur les effets secondaires de l’hormonothérapie, lourds et particulièrement fréquents (71% souffrent de douleurs articulaires dans cette étude par exemple, mais également 53% de prise de poids, 46% de bouffées de chaleur, entre autres) était déjà notoirement insuffisante. Au point que des patientes se sont réunies en association (AFICS ) pour tenter d’apporter l’information objective qu’elles n’ont pas reçue des soignants. Cette étude et le tapage médiatique qui l’entourent risquent de nuire davantage au droit à l’information de ces patientes.

    Elle risque également d’amener les patientes elles-mêmes à s’autocensurer et négliger de signaler des effets secondaires, en particulier si on les leur a décrits comme purs produits de l’effet nocebo.

    Le tamoxifene a prouvé qu’il pouvait sauver la vie de 4% des femmes (1 femme sur 25) au bout de 5 ans de traitement, et encore de 2.5% (1 femme sur 40) les 5 années de traitement suivantes.[4] En revanche, au bout de 10 ans, une étude récente de l’anti-aromatase letrozole ne démontre aucun bénéfice en termes de mortalité, en dépit d’une couverture médiatique récente, là encore aussi massive que trompeuse[5].

    Il appartient à chaque patiente de choisir pour elle-même, en fonction de ses risques et préférences personnels, entre ce bénéfice potentiel et le risque d’une qualité de vie altérée. Mais pour que ces femmes puissent exercer ce droit, il faut qu’on les informe et non qu’on les « rassure », encore moins qu’on les manipule. Nombreuses sont les patientes qui s’expriment sur les forums pour regretter de n’avoir pas eu ce choix.

    #faire_des_histoires #cancer #hormonothérapie #femmes #droit_à_l'information #alopécie #santé #effets_indésirables

    • AFICS : Association de Femmes pour l’Information après Cancer du Sein
      http://www.afics-association.fr

      L’association a été créée en 2015 par le Docteur Danielle Barbotin, médecin gynécologue, victime elle-même d’effets indésirables importants de l’Arimidex®. L’idée le la création de l’association lui est venue suite du constat de l’absence d’information données aux femmes lors de la prescription d’un inhibiteur de l’aromatase et de la sous-estimation des effets indésirables importants de ces médicaments. Elle a aussi écrit un livre sur le sujet.

      http://www.afics-association.fr/Couverture.JPG

    • http://www.afics-association.fr/Presentation.html

      Présentation

      ON VOUS A PRESCRIT UN INHIBITEUR DE L’AROMATASE

      Ces médicaments s’appellent :

      – ARIMIDEX® : anastrozole du laboratoire ASTRA-ZENECA
      – FEMERA® : létrozole du laboratoire NOVARTIS
      – AROMASINE® : exemestane du laboratoire PFIZER

      Ces traitements ont pour but de diminuer le risque de récidive après cancer du sein, mais leur observance est mauvaise, plus de 60% des femmes l’ont arrêté avant 5 ans (durée de la prescription)

      #refus_de_soin

    • Je trouve finalement la description des effets indésirables que je ressens et qui me donnent l’impression d’avoir de la béchamel à la place du cerveau, sans parler des insomnies …

      http://www.afics-association.fr/Informationsmedicales12.html

      Les effets indésirables révélés secondairement sont l’insomnie, la dépression, la baisse de libido, ainsi que des effets graves sur la santé à moyen et long terme articulaires, cardio-vasculaires et neuro-cognitifs, cependant ces effets sont aujourd’hui peu reconnus.


  • #J&J knew for decades that #asbestos lurked in its Baby Powder
    https://www.reuters.com/investigates/special-report/johnsonandjohnson-cancer

    J&J didn’t tell the #FDA that at least three tests by three different labs from 1972 to 1975 had found asbestos in its talc – in one case at levels reported as “rather high.”

    #etats-unis #criminels#pacte_de_responsabilité#poudre #cancer


  • David Harvey : la revanche de l’espace by Cecile Gintrac

    Le géographe marxiste David Harvey développe depuis plusieurs années un « matérialisme historico-géographique » permettant notamment de penser les conflits entre les territoires comme un enjeu central de la domination capitaliste. Reprenant à Henri Lefebvre le concept de « droit à la ville », il réfléchit également aux manières d’en sortir

    « Le capitalisme est accro à l’expansion géographique autant qu’au changement technologique et qu’à la croissance économique » David Harvey

    Lire la suite dans : https://www.causecommune-larevue.fr/david_harvey_la_revanche_de_l_espace

    #periurbain #harvey #geopolitique #capitalisme #blanc_des_cartes


  • « Gilets jaunes » : la révolte des ronds-points
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/15/sur-les-ronds-points-les-gilets-jaunes-a-la-croisee-des-chemins_5397928_3224

    Adélie a 28 ans, employée aux pompes funèbres, sa vocation. A ceci près que la spécialité est verrouillée dans le coin et travailler plus loin revient trop cher en essence, en garde d’enfant, en temps. Bref, chômeuse. En fait, à cet instant précis, Adélie s’en fout. Depuis quand sa vie ne lui avait pas semblé si excitante ? Laisser le téléphone allumé en rentrant à la maison. Ne plus regarder les dessins animés avec la petite, mais les infos. Parler à des gens auxquels elle n’aurait jamais osé adresser la parole, Stéphane par exemple, avec sa barbichette tortillée en deux tresses et sa dégaine de gouape. Un routier, en fait, adorable. « Sinon, on fait quoi de nos journées ? », dit Adélie. Etre au cœur du réacteur, cette fois au moins.

    #Florence_Aubenas #Paywall

    • La grande reportrice Florence Aubenas et le photographe Edouard Elias racontent cette France qui se retrouve depuis un mois sur les carrefours giratoires.

      Deux bâches sont tendues en plein vent sur une charpente en bois récupéré. Un coin fait cuisine, Butagaz, table bricolée. Deux canapés occupent le fond, un générateur, quatre drapeaux français et le sapin de Noël, apporté par un club de motards. C’est « la cahute », appellation officielle : combien y en a-t-il aujourd’hui en France, posées sur le bord des ronds-points ? Celle-là est à côté du Leclerc, à l’entrée de Marmande (Lot-et-Garonne). « On dirait un campement roumain », jubile Adélie. Des flammes s’élancent de trois gros bidons.

      Adélie a 28 ans, employée aux pompes funèbres (...) au cœur du réacteur, cette fois au moins.

      On est le 6 décembre, il est midi. Trois semaines que le mouvement a démarré, avec l’impression, ici, que tout ne fait que commencer. Un noyau de 150 « gilets jaunes » occupent par roulement le rond-point Leclerc. « Macron, nous te retirons ta Légion d’honneur », proclame la pancarte.

      A la ronde, deux autres ronds-points sont aussi occupés, chacun avec son identité et sa cahute : celui du Leclerc est le plus gros, la vitrine locale du mouvement, le rond-point VIP, baptisé « le QG ». Là se brassent les nouvelles, vraies ou fausses. Bruxelles ne veut plus d’agriculteurs en France, vous êtes au courant ? Les banques vont faire faillite, l’argent sera bloqué, retirez tout ce que vous avez. Quelqu’un a vu l’adjudant de la gendarmerie, celui qui est beau gosse ? Le seul sujet dont personne ne parle, c’est le moratoire pour la taxe sur les carburants, que vient juste d’annoncer le gouvernement. La hausse de son montant avait déclenché le mouvement, mais ça n’intéresse plus personne. Trop tard. Tant pis. Déjà ailleurs. Certains ne sont même pas au courant.

      Trois dames, employées dans une grande surface – dont l’une tricote aussi des bonnets pour 2 euros –, rangent des fromages dans une glacière. La plus jeune a sauté le déjeuner. Trop cher. Il faut s’habituer à entendre l’expression, elle revient sans cesse sur le rond-point. « Moi, c’est pareil, sauf le dimanche de la Fête de la mère », précise la tricoteuse. « Mais ici, c’est gratuit, on pourrait manger », glisse la troisième. La plus jeune râle : « Ah non, j’ai peur d’y prendre goût. »

      Les syndicats de routiers FO-transports et la CGT ont annoncé une grève illimitée. Les paysans devraient les rejoindre, les lycéens aussi. La France pourrait être paralysée. Devant la cahute, les gendarmes boivent le café. « Vous défendez tout le monde ou quoi ? », risque un gradé. « On ne défend pas tout le monde, on défend M. et Mme Tout-le-Monde. Vous
      voyez la nuance ? »

      Vendredi 7 décembre, rond-point de la Satar, 9 heures

      Coralie arrive la première. A son mari, apiculteur, certains sont allés dire : « On a vu ta femme sur le #rond-point avec des voyous et des #cas_soc’. » « Moi aussi, je suis un cas social », constate Coralie, 25 ans. Elle a mis un temps à digérer le mot, mais « objectivement », dit-elle, c’est bien celui qui pourrait la définir. Elle vient de déposer à l’école ses deux fils d’un premier mariage. Garde le souvenir amer d’un élevage de chevaux catastrophique. Aimerait devenir assistante maternelle. Il fait très froid, il faudrait rallumer le feu éteint dans le bidon. « Qu’est-ce que je fais là ? », se demande Coralie. Et puis, un grand gars arrive, qui voudrait peindre un slogan sur une pancarte. « Je peux écrire “Pendaison Macron” ? », il demande.

      « Vas-y, fais-toi plaisir », dit Coralie. Personnellement, elle ne voit aucune urgence à pendre Macron. Et alors ? On affiche ce qu’on veut. Le gilet jaune lui-même sert à ça, transformer chacun en homme-sandwich de son propre message, tracé au feutre dans le dos : « Stop au racket des citoyens par les politiques » ; « Rital » ; « Macron, tu te fous de ton peuple » ; « Non au radar, aux 80 km/h, au contrôle technique, aux taxes, c’est trop » ; « 18 ans et sexy » ; « Le ras-le-bol, c’est maintenant » ; « Marre d’avoir froid » ; « Fatigué de survivre » ; « Staff du rond-point » ; « Frexit » ; « Le peuple en a assé, Macron au buchet. »

      Depuis des mois, son mari disait à Coralie : « Sors de la maison, va voir des copines, fais les magasins. » Ça a été les « #gilets_jaunes », au rond-point de la Satar, la plus petite des trois cahutes autour de Marmande, plantée entre un bout de campagne, une bretelle d’autoroute et une grosse plate-forme de chargement, où des camions se relaient jour et nuit.

      L’activité des « gilets » consiste ici à monter des barrages filtrants. Voilà les autres, ils arrivent, Christelle, qui a des enfants du même âge que ceux de Coralie, Laurent, un maréchal-ferrant, André, un retraité attifé comme un prince, 300 chemises et trois Mercedes, Sylvie, l’éleveuse de poulets. Et tout revient d’un coup, la chaleur de la cahute, la compagnie des humains, les « Bonjour » qui claquent fort. Est-ce que les « gilets jaunes » vont réussir à changer la vie ? Une infirmière songeuse : « En tout cas, ils ont changé ma vie. »

      Le soir, en rentrant, Coralie n’a plus envie de parler que de ça. Son mari trouve qu’elle l’aime moins. Il le lui a dit. Un soir, ils ont invité à dîner les fidèles du rond-point. Ils n’avaient jamais reçu personne à la maison, sauf la famille bien sûr. « Tu l’as, ton nouveau départ. Tu es forte », a glissé le mari. Coralie distribue des tracts aux conducteurs. « Vous n’obtiendrez rien, mademoiselle, vous feriez mieux de rentrer chez vous », suggère un homme dans une berline. « Je n’attends rien de spécial. Ici, on fait les choses #pour_soi : j’ai déjà gagné. »

      Rond-point Leclerc, 11 heures

      Une clameur au bout de la rue, 150 #élèves débarquent du lycée Val-de-Garonne, à Marmande, vers le rond-point Leclerc. Ils ont longtemps hésité à faire grève, les classes comptent une majorité de #boursiers, anxieux pour leurs subsides.

      Depuis les années 1990, Marmande et ses riches terres agricoles se sont abîmées dans le croissant de la pauvreté. « Si je vois mon fils dans le cortège, ça va barder : il est censé préparer le bac S », dit Antoine, un ancien de la pub et fervent « gilet jaune ».

      D’un pas traînant d’ados, les lycéens embraient vers le Centre Leclerc, en face de la cahute. « On va faire des pillages, comme à Paris ? », se renseigne l’un, pas étonné. Ici, Leclerc, c’est bien plus qu’un hypermarché, un empire battant sa propre monnaie et tenu par une famille surnommée « les nababs de Marmande ». Très haut par-dessus les pompes, le prix du gasoil clignote en rouge : 1,39 euro aujourd’hui. On le consulte comme ailleurs le Dow Jones. En général, les autres grandes surfaces s’alignent.

      Au début, ça se passait au mieux entre Leclerc et les « gilets jaunes », l’hyper leur avait même livré une palette de bouteilles d’eau. Puis le patron a estimé que la contestation avait assez duré et a envoyé des employés détruire la cahute pendant la nuit. « On est restés deux jours sans abri : plus personne ne venait. Sans cabane, le mouvement disparaît », dit un « gilet jaune ». Une autre a été construite de l’autre côté du rond-point.

      Voyant arriver les lycéens, vigiles et gendarmes s’approchent. La jeune troupe a déjà fait demi-tour, traînant un unique chariot pour #butin. Christophe, dit « Kéké », les accueille entre deux pins parasols, au milieu du rond-point. Employé à la SNCF, motard, prof de handball, syndiqué Sud Rail, un gros charisme et une petite barbe, Kéké est une des figures des « gilets jaunes » : « On vous applaudit, les jeunes, mais que ce soit clair : si vous faites les cons, nous, les adultes, on se retirera et on vous laissera seuls avec les gendarmes. Vous vous ferez gazer, ce sera plié en une heure. »

      Les lycéens sont contre la réforme du bac, contre Parcoursup, contre la pause déjeuner qui dure quarante-cinq minutes seulement. « Il faut faire un tract », propose l’un. « Un quoi ? »

      Un « gilet jaune » passe parmi eux avec des gâteaux sur un plateau. Installée depuis peu dans la région, Cécile se présente : « Je suis une vilaine mélenchoniste. Je suis zadiste, j’ai fait Notre-Dame-des-Landes. » Des cèpes poussent dans sa cuisine, elle a son propre potager. Demain, le 8 décembre, un samedi annoncé « noir », elle compte manifester à Paris. « Ce sera violent, mais le monde a besoin d’images de violence pour se réveiller. Il faut un référendum pour renverser Macron. »

      Trois lycéennes parlementent : « C’est très dangereux, madame, Marine Le Pen va passer. Vous êtes dans le Lot-et-Garonne, il y a une majorité de personnes blanches qui vivent là depuis des générations. » Cécile, abasourdie : « Tu ne veux pas destituer Macron ? » Les lycéennes : « Vous ne venez pas de province, vous ne comprenez pas. »

      Samedi 8 décembre. Rond-point Leclerc, 14 heures

      Finalement, personne n’ira manifester à Paris. A Bordeaux non plus, et même Agen paraît soudain bien loin. La veille, Dorothée aussi était tentée « de monter au front » : « Je sais que ce ne sera pas la féria, mais j’ai besoin de voir par moi-même. » Finalement non.

      Dorothée, 42 ans, monteuse-câbleuse, 1 100 euros net, est l’une des deux porte-parole des « gilets » de Marmande. « Ça faisait des années que je bouillais devant ma télé, à me dire : “Personne ne pense comme moi, ou quoi ?” Quand j’ai entendu parler des “gilets jaunes”, j’ai dit à mon mari : “C’est pour moi.” »

      A l’autre bout du rond-point, Yohann, l’autre porte-parole, est en train de se faire traiter de « traître » : il a négocié avec le maire (Constructifs/Agir) de Marmande, Daniel Benquet, et certains agriculteurs pour éviter le blocage de la ville. « On doit être des “gilets jaunes” exemplaires, aucune dégradation », sermonne Yohann, ton de bon pasteur. D’autres se mettent à l’accuser de viser une carrière politique, la pire insulte sur le rond-point. Lui, plus fort : « Je veux juste faire chier, je le jure. »

      Kéké propose une action : tout le monde rentre dans le Leclerc « en civil » – c’est-à-dire sans gilet jaune –, remplit un chariot, puis se dirige vers les caisses. Coup de trompette, on enfile les gilets et on abandonne les courses en criant : « On est le 8 du mois, et, désolés, on n’a déjà plus d’argent ! » Quelques petites voix se font entendre. Ici, tout le monde a plus ou moins un lien avec Leclerc, des proches qui y travaillent ou bien comme client, tout simplement. « Je ne suis pas assez culottée pour y aller », murmure quelqu’un.

      Une vingtaine de volontaires finissent par se disperser dans les rayons, sous les affiches célébrant la « foire au porc ». Aucune consigne n’a été donnée sur la façon de remplir les chariots. Mais sans se concerter, tous – ou presque – y entassent la même chose : leurs fantasmes. L’une accumule des #cadeaux de Noël démesurés pour les enfants (« J’en ai trois à charge et 25 euros de budget pour chacun »). Béret et allure de rentier bonhomme, Christian rafle des dessous féminins par brassées, bas et culottes exclusivement. Un couple s’offre les courses dont il rêve, que de la marque, même pour les boîtes de thon, et sans regarder les prix. C’est la première fois : « D’habitude, on a la calculatrice à la main, ça prend des heures. » Martine est perdue, elle ne va plus au Leclerc depuis longtemps. « Trop cher. »

      Aujourd’hui, les virées dans les hypermarchés ont changé de goût. Fini la grande fête innocente des années 1980, avec son sentiment d’opulence et de liberté. « On y va, bien obligé, mais humilié. Un jour, ça pétera aussi. La rage n’est plus très loin », dit quelqu’un. Coup de trompette. Les gilets sortent, en même temps qu’une Marseillaise. Certains photographient le chariot qu’ils ne prendront pas. « C’est déjà ça. »

      Dimanche 9 décembre. Rond-point de Samazan, 15 heures

      On se croirait à un barbecue en famille, ça discute par groupes, un gobelet à la main. « Au début, on ne savait pas où on mettait les pieds », raconte une retraitée. Des gens arrivaient de partout, seuls en général, sans se connaître, pas très sûrs de rester. Personne n’osait vraiment se parler, certains n’ont rien dit pendant longtemps, dos courbé dans un coin. On les a vus peu à peu se redresser.

      Et puis, que s’est-il passé ? Comment tout le monde s’est soudain retrouvé à déballer devant de parfaits inconnus – « Des gens à qui on aurait marché dessus chez Leclerc à peine deux semaines plus tôt, sans les saluer » – les choses les plus profondes de sa vie ? Des choses si intimes qu’on les cachait soigneusement jusque-là, « sauf parfois entre amis, mais c’était gênant ». La cahute est devenue le lieu où « les masques tombent ». Plus de honte. « Ça fait dix ans que je vis sans sortir, à parler à ma chienne. Aujourd’hui, les digues lâchent », dit une infirmière.

      Chacun a son histoire, toujours très compliquée, mais toutes se ressemblent au fond, un enchevêtrement de problèmes administratifs, de santé, de conditions de travail. Pris à part, chacun des éléments paraît logique, voire acceptable, mais placés bout à bout, ils finissent par former une infernale machine à broyer.

      Il est question, par exemple, de ces trois frères, placés dans trois centres aérés différents à cause des écoles, mais il est impossible de payer les trois notes et de les convoyer tous le mercredi : alors il a fallu choisir lequel resterait à la maison. Ou bien ce laboratoire de biotechnologie végétale, un des quatre en France, qui n’arrive pas à recruter : Marmande, c’est trop loin, disent les écoles, on préfère envoyer nos stagiaires au Kenya.

      Vous voyez ces maisons en bord de route, que les voitures frôlent en passant ? Eux, c’est là qu’ils habitent. La mairie et l’école sont à 2 km, la poste à 7 km, le médecin et les impôts à 8 km, Intermarché à 9 km, l’hôpital à 25 km. Le travail de monsieur à 26 km. Ils ont une seule voiture. La suite du feuilleton dure une bonne heure. Mais dans la cahute, tout le monde la réclame.

      « Ici, il n’y en a pas un plus haut que l’autre, personne pour te juger. » Un jeune homme en fauteuil roulant continue : « Dépendre de la société, c’est ce qui pouvait m’arriver de pire. On a une espèce de fierté, lâchons le mot. » Cet autre, un petit costaud, joue le Père Noël dans les écoles et les supermarchés, payé en nature. « Je vis au black, en fait. » La voiture de celui-là roule sans contrôle technique. « On est tous passés hors la loi, sans même le vouloir. On n’a même plus peur des gendarmes. Qu’est-ce qu’on va devenir ? »

      Le rond-point de Samazan se trouve entre le péage de l’autoroute – dont les « gilets jaunes » ouvrent régulièrement les barrières sans faire payer – et le village du même nom, 883 habitants. Si les maires des alentours soutiennent en général le mouvement, l’édile de Samazan est un des seuls à porter le gilet jaune. Cette année, deux agriculteurs de la commune se sont fait saisir les terres. Quatre tracteurs de la Coordination rurale viennent parfois tourner sur les carrefours, solidaires, mais avec leurs propres problèmes. Finalement, les routiers ne feront pas grève, revendications acceptées. Les lycéens non plus : pas de transport collectif, et les parents renâclent à les conduire au rond-point.

      Lundi 10 décembre. Rond-point Leclerc, 20 heures

      On est quel jour ? Le 10 ? Celui où Emmanuel Macron doit prendre la parole ? Non, celui où les #retraites sont versées, voilà la grande attente qui occupe les conversations.

      Ça y est, le président s’est mis à parler, on le regarde dans la cahute sur une tablette. « Il annoncera son départ », pronostique Kéké. Macron est l’unique homme politique dont le nom est prononcé sur les ronds-points de Marmande, jamais aucun autre.

      La politique est prohibée : un militant communiste a bien essayé de tracter, puis un petit couple – lui en costume, elle en blouson de cuir –, se disant France insoumise. Tous ont été chassés. Le seul discours commun évoque les « privilégiés de la République », députés, énarques, ministres, sans distinction, à qui « on ne demande jamais de sacrifices ». En fait, c’est à eux qu’on en veut, bien davantage qu’aux multinationales ou aux patrons.

      Fabien attend un coup d’Etat militaire, « restaurer la discipline et le respect ». Un autre est sûr qu’Emmanuel Macron va lever une armée de migrants, « qui sont tous des guerriers », pour mater les pays récalcitrants dans l’Union européenne. Cette armée pourrait finir par le renverser. Chacun s’écoute sans broncher, personne ne contredit personne. « On va vers la troisième guerre mondiale », conclut quelqu’un. Puis ça rigole quand même. « Vous vous imaginez dire ça à table, en famille ? Tout de suite, ça déraperait. »

      L’allocution est finie. Macron est toujours président. « Il nous a servi du flan, ou quoi ? », demande Nico, interloqué. Silence général. Dehors, un gendarme monte la garde. « Des gens qui n’auraient jamais dû se rencontrer se mettent ensemble. Ça fait peur. »

      Mardi 11 décembre. Rond-point Leclerc, 8 heures

      Des « gilets » du rond-point de Samazan sont venus en visite. On échange quelques mots.

      « A votre rond-point, vous avez des gens de couleur ?

      – Pourquoi ?

      – On dirait que le mouvement ne les arrange pas. Ici, il n’y a que des gens comme moi, des purs Français.

      – Attention, je ne suis pas raciste. Je vais prendre leur défense.

      – Moi non plus, je ne suis pas raciste, sauf pour une tranche d’âge, les 12-25 ans. Pas plus. En tout cas, c’est la première fois que je parle avec quelqu’un qui soutient les migrants. »

      Le premier samedi où elle est venue, cette présidente d’association a failli s’en aller. « J’étais à la torture. Ils se lâchaient sur les Arabes qui profitent. » Puis elle s’est dit : « On est là, il faut essayer. » Curieusement, son mari, fonctionnaire, ne s’est pas mis en colère comme avec leurs amis qui votent Marine Le Pen. Il discute. Oui, ici, c’est possible, chacun fait en sorte que tout se passe bien. La conversation a repris. « Certains Arabes peuvent être méchants, ça dépend de leur degré de religion. »

      Comme par miracle, Zara et Fatma apparaissent à cet instant précis, en foulards imprimés léopard, pour offrir un grand plat de couscous. « Trop timides pour se faire voir », disent-elles, en repartant sur la pointe des pieds. Tout le monde mange du couscous. Un gendarme passe. La direction de #Leclerc vient de couper ses dotations aux associations et à certaines communes : trop d’argent perdu à cause des « gilets jaunes ».

      Mercredi 12 décembre. Rond-point Leclerc, 17 heures

      Mathieu, un routier, gare son camion sur le terre-plein. Il annonce avoir reçu un message du maire de Marmande, Daniel Benquet : « Je souhaiterais avoir les doléances des “gilets jaunes” pour en faire part au premier ministre. » Mathieu a immédiatement répondu : le référendum d’initiative citoyenne, visant notamment certains personnages politiques quand le peuple ne se sent plus représenté. Emmanuel Macron, par exemple. Le maire – qui n’avait pas l’air emballé, selon Mathieu – a demandé s’il y en avait d’autres.

      « Je me suis permis de dire que c’était la seule », dit Mathieu. Sous la cahute, Yohann vient d’arriver. « Moi, je vais monter à Paris. Il faut les attaquer intra-muros : aller marcher sur les bobos. » « Les quoi ? », demande quelqu’un. « Les gens de la métropole qui nous qualifient de sauvages, qui nous méprisent parce qu’on ne pense pas et qu’on ne vit pas comme eux. » Yohann bombe le torse, en mimant des « Bonjour », lèvres pincées. Il est lancé : « Oui, je me suis durci. J’ai une haine, ça me bouffe, ça me réveille la nuit. Je me retiens depuis si longtemps. »

      Il irait même tout de suite, s’il pouvait. Mais il y a celle qui vient de lui téléphoner et qu’il appelle « Madame », puis cette maison pour laquelle il s’est endetté et qui est sa « revanche à prendre ». Dehors, ça pleut dru. Il remet son manteau. Le père de Yohann est employé à la blanchisserie de l’hôpital. Sa mère est femme de ménage. Lui travaille dans les pièces détachées pour automobiles. Classe moyenne, dit-il. Les mains se serrent. Ça va aller ? Il s’excuse. « Je ne sais pas ce qui m’a pris. »

      Un « gilet jaune » demande qu’on le raccompagne à sa voiture : celle des gendarmes est à côté, on ne sait jamais. Lui, c’est un petit retraité qui se met soudain à raconter sa guerre d’Algérie. Puis s’arrête. « Est-ce qu’on va nous laisser respirer ? » Alors, un gendarme : « La lutte continue. » A la demande d’un hôtel cette fois, la cahute a dû être à nouveau déplacée.

      #ouvrières #ouvriers #mobilisation #rencontre


  • Une vie de bouts de ficelle

    Alors qu’a lieu l’« #acte_V » ce samedi, Élodie, gilet jaune du rond-point de #Voreppe, raconte le découvert chronique, la débrouille et le courroux.

    Elle ne compte plus les kilomètres depuis qu’elle a endossé le gilet jaune. Élodie, 34 ans, en parcourt habituellement quarante, aller-retour, pour se rendre au travail chaque jour. S’y sont ajoutés vingt autres pour rejoindre, à la pause-déjeuner et certains soirs, le rond-point de Voreppe. Occupé depuis plus de trois semaines par les gilets jaunes, squatté par Les Jours depuis le 3 décembre, c’est devenu l’un des carrefours de la #mobilisation dans la campagne iséroise. La première fois qu’on a rencontré Élodie, elle nous a dit sa « #colère présente depuis très longtemps » (lire l’épisode 3, « On est les sans-chaussettes, mais on est là, debout » : https://lesjours.fr/obsessions/gilets-jaunes/ep3-rond-point-voreppe). Son courroux est intact à l’aube de l’« acte V » du mouvement, ce samedi 15 décembre.


    https://lesjours.fr/obsessions/gilets-jaunes/ep11-voreppe-elodie
    #gilets_jaunes #témoignage #femmes #campement

    Reportage de Maïté Darnault (@wereport )

    • « On est les sans-chaussettes, mais on est là, debout »

      « Les Jours » s’installent sur le rond-point de Voreppe, près de #Grenoble. Dans leur campement, les gilets jaunes partagent la soupe et la colère.

      Les klaxons ne s’arrêtent jamais. Avec Jacky, on a fait le calcul à haute voix, comme pour résoudre un problème d’arithmétique à l’école. À raison d’un coup de trompe toutes les trois secondes, de 6 heures du matin à 21 heures, on en est déjà à 18 000 véhicules qui claironnent, chaque jour, leur soutien aux gilets jaunes sur le rond-point de Voreppe (Isère). « Et même la nuit, ça continue », se réjouit Jacky, 66 ans. Depuis trois semaines, il est là, de bon matin et parfois jusque tard. « Après, chacun fait comme il peut, on a tous des obligations », ajoute-t-il. Retraité de l’industrie, lui a « du temps » et semble dans son élément à quelques mètres des 38 tonnes qui barrissent en passant sur la départementale 3. C’est l’un des piliers de l’occupation de ce rond-point de campagne, situé à une quinzaine de kilomètres de Grenoble, à côté de l’entrée d’autoroute dont l’embranchement mène à Valence ou à Lyon. La six-voies court au pied du massif du Vercors, le long de l’#Isère. En face, les champs s’étendent dans la plaine, ponctuée de zones d’activité et de petites agglomérations.


      https://lesjours.fr/obsessions/gilets-jaunes/ep3-rond-point-voreppe



  • Pablo Servigne : « Il est possible que nos sociétés se dégradent beaucoup plus rapidement que les anciennes civilisations »
    https://www.lemonde.fr/climat/article/2018/12/14/pablo-servigne-il-est-possible-que-nos-societes-industrielles-se-degradent-b

    Pour moi, la révolte des « #gilets_jaunes » est un symptôme. La colère jaillit immanquablement lorsqu’on n’est pas écouté, lorsqu’il y a trop d’injustices et d’inégalités. Nous avons amplement montré (et nous ne sommes pas les seuls) que les grandes inégalités sont corrosives pour toutes les sociétés, et même sont un facteur d’effondrement. Donc aucune surprise, et je dirais même que ces mouvements vont se multiplier, c’est évident.


  • Venezuela : les étrennes des retraités étant versées en #petro sur le compte associé au #carnet_de_la_patria, El Nacional explique comment les convertir en Bolivar Soberano.

    Así se convierten los petros en bolívares en el sistema patria
    http://www.el-nacional.com/noticias/sociedad/asi-convierten-los-petros-bolivares-sistema-patria_263301


    écran d’accès (par le numéro d’identité) au système Patria

    El 29 de noviembre el presidente Nicolás Maduro anunció que el tercer mes de aguinaldos sería depositado en petro y calificó la entrega como «un regalo de la revolución». 

    Les voy a dar (a los pensionados) un regalo. Les vamos a pagar el tercer mes de aguinaldo en petros, si lo quieren convertir en bolívares o si lo quieren ahorrar o cambiarlo en divisas convertibles. Medio petro para los pensionados”, dijo Maduro durante los anuncios económicos.

    Adultos mayores han estado expresando su descontento, confusión y rechazo. Algunos calificaron la medida como «arbitraria», pues no tienen conocimiento de cómo acceder al dinero. El Nacional Web explica los pasos a seguir para realizar el cambio de petros a bolívares:


    première des 7 copies d’écran


  • Scandale aux Pays-bas : des morceaux de corps humains vendus à prix d’or Pascale Bollekens - 14 Décembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/onpdp/sante/detail_scandale-aux-pays-bas-des-morceaux-de-corps-humains-vendus-a-prix-d-or?i

    C’est un business juteux que nos collègues de la télévision publique néerlandaise viennent de dénoncer dans « Nieuwsuur » un magazine d’actualité. Nos confères ont mené l’enquête jusqu’aux Etats-Unis. Là-bas, chaque année, des milliers d’Américains, acceptent de donner, après leur mort, leur corps à des entreprises privées. Ces sociétés proposent aux familles des donneurs de prendre en charge les frais de funérailles. Elles revendent ensuite des parties de corps à des centres de recherche ou des facultés d’anatomie.

    Jusque là, tout est légal. Mais nos confrères ont poussé la porte de l’une d’entre elles. Et là, les règles de ce business semblent pour le moins floues. Chez Science Care, ces morceaux de corps rapportent des millions de dollars. Selon, les journalistes de « Nieuwsuur », une tête rapporterait 500 dollars, un avant-bras 250 dollars et un torse, pas moins de 2000 dollars.

    Un journaliste de Reuters, aurait même réussi à acheter en ligne, deux têtes après quelques échanges de mails. Apparemment, les familles des défunts n’avaient pas été prévenus de ces découpes de corps et du commerce que l’on en ferait. Ils sont sous le choc.

    En 10 ans, 500 têtes arrivées aux Pays-Bas
    L’exportation de corps humains est légale, en 10 ans, 500 têtes sont ainsi arrivées aux Pays-Bas, par bateau ou par avion dans des containers réfrigérés comme des marchandises classiques pour être distribuées dans toute l’Europe. 

    Selon la télé néerlandaise, leur pays joue un rôle important dans ce commerce. Deux centres universitaires, L’hôpital AMC d’Amsterdam et l’hôpital Erasmus de Rotterdam en auraient acheté pour certains cours aux étudiants de médecine.

    Morceaux de corps à vendre en Belgique ?
    En Belgique, les facultés de médecine ont-elles ou ont-elles eu recours à ce type d’achats. Pierre Bonnet, Professeur d’anatomie à la faculté de médecine de l’université de Liège et chirurgien urologue au CHU du Sart-Tilman, affirme avec force, qu’il n’a jamais vendu ou acheté de morceaux de corps pour former ses étudiants. « Une question d’éthique et de déontologie » poursuit-il « chez nous, les corps qui servent aux cours pratiques des futurs médecins ou chirurgiens, proviennent de dons de corps pour la science. Ils ne quittent jamais la faculté et encore moins en morceaux, ils sont ensuite restitués à la famille si elle le demande ».

    Mais il a déjà entendu parler de recours à des corps reconstitués entre autres à l’Ircad, un centre de recherche en cancérologie digestive à Strasbourg ou en Allemagne. La pratique semble exister. Il sait qu’il a été possible d’acheter des morceaux de corps pour étudier, par exemple, des fractures maxilo-faciales.

    Aux Pays-Bas, le gouvernement vérifie toutes les règles douanières. Il s’engage à renforcer ces règles si de graves manquements sont constatés. Un projet de loi est sur les rails pour protéger nos voisins du nord de telles pratiques. Dans le reportage, l’hôpital d’Amsterdam annonce avoir arrêté d’acheter de nouvelles têtes.

    #violence_médicale #corps #capitalisme #fric #commerce #mort #médecine #médecine #cadavre #beurk #Pays_Bas (trés bas) #nécrophilie



  • Friede Springer übernimmt komplette Kontrolle über Medienkonzern Axel Springer und die Aktie gibt nach › Meedia
    https://meedia.de/2018/11/29/friede-springer-uebernimmt-komplette-kontrolle-ueber-medienkonzern-axel-sprin
    Voici un exemple comment les très riches travaillent pour la pérennité de leur patrimoine.

    Friede Springer übernimmt die volle Kontrolle über die Axel Springer Gesellschaft für Publizistik GmbH & Co, wie der Konzern am Donnerstag in Berlin mitteilte. Diese Gesellschaft ist Großaktionär der Axel Springer SE und kontrolliert den Medienkonzern. Die bisher ebenfalls an der Publizistik GmbH beteiligten Enkelkinder des Verlagsgründers Axel Springer, Ariane und Axel Sven, erhalten dafür direkt Anteile an der börsennotierten Axel Springer SE.

    Von Meedia Redaktion

    Im Zuge dieser Maßnahme überträgt die Axel Springer Gesellschaft für Publizistik 7,36 Prozent der Aktien an der Axel Springer SE an Axel Sven Springer sowie 2,36 Prozent der Aktien an dessen Schwester Ariane Springer. “Ich freue mich, dass weiterhin die Voraussetzungen dafür geschaffen sind, den Mitarbeitern und dem Vorstand von Axel Springer langfristig eine verlässliche Perspektive für die Zukunft des Unternehmens zu geben”, sagte Friede Springer laut der Mitteilung des Konzerns.

    Nach Angaben aus ihrem Umfeld plant Friede Springer im kommenden Jahr die Gründung einer gemeinnützigen Gesellschaft. Als Vorbild soll hier offenbar der schwäbische Weltkonzern Bosch dienen, wie die Deutsche Presse-Agentur erfuhr. Bosch wird von einer ähnlich angelegten Gesellschaft kontrolliert.

    #capitalisme #nantis #fondations #Allemagne #médias



  • En 2019, les cadeaux aux riches et aux entreprises feront peser une lourde menace sur le modèle social français
    https://www.bastamag.net/En-2019-les-cadeaux-aux-riches-et-aux-entreprises-feront-peser-une-lourde

    Les annonces de Macron pour calmer les esprits après un mois de manifestations et de blocages ne changent rien : son « agenda néolibéral » se poursuit. Les plus riches continuent de profiter d’exonérations sans précédents. En 2019, 40 milliards seront versés aux entreprises au titre du « crédit d’impôt compétitivité emploi » et en allègement de cotisations. Chaque salarié devrait voir son pouvoir d’achat légèrement augmenter, sans que son salaire ne progresse. Mais en arrière-plan, ce sont l’ensemble des (...)

    #Décrypter

    / #Luttes_sociales, Quel avenir pour nos #Protections_sociales ?, #Fractures_sociales, #Capitalisme, Protections sociales, #Finance, A la une, Une newsletter (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ? #Une_newsletter_spéciale


  • Pablo Servigne : « L’effondrement a déjà commencé »
    http://www.socialter.fr/fr/module/99999672/748/pablo_servigne__qleffondrement_a_dj_commencq

    Bien sûr, il y a toute une filiation intellectuelle : ça fait près de cinquante ans que le Club de Rome dit que le système peut s’effondrer. On n’a pas la certitude absolue qu’un effondrement va se produire – et encore moins une date certaine. Mais c’est de plus en plus évident et imminent. En réalité, ça a déjà commencé. Peut-on éviter « un » effondrement (c’est une question piège) ? Qu’entend-on par effondrement ? Il faut selon moi voir cela comme une succession de catastrophes, ponctuelles dans le temps et dans l’espace, sur fond de dégradation globale et irréversible. On a malheureusement tendance à percevoir l’effondrement comme un seul événement, en faire une singularité dans le temps, ce qui biaise l’analyse et empêche d’y répondre correctement au niveau imaginaire, émotionnel, politique… S’il est trop tard pour beaucoup de choses, il n’est pas trop tard pour limiter les dégâts. Il n’est jamais trop tard pour se mettre en action.


  • La violence en politique, par Aurélien Bellanger
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-conclusion/la-violence-en-politique

    C’est pas tous les jours qu’on entend aussi finement pensée la #violence à la radio, quoi qu’on en pense par ailleurs. La réaction à côté de la plaque du présentateur au terme de la chronique le prouve d’ailleurs.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18292-13.12.2018-ITEMA_21919802-0.mp3

    Vendredi soir dernier, alors qu’il n’était, même rétrospectivement, pas absolument certain que la République survive à la journée du lendemain, j’étais à Bordeaux, comme un gouvernement en exil. Et comme à chaque fois que je dors à l’hôtel, j’ai regardé Cyril Hanouna à la télévision : j’ai besoin, de temps en temps, de savoir ce qu’en pensent Isabelle Maurini-Bosc et Gilles Verdez. 

    Mais ce jour là, il y avait un dispositif spécial, les chroniqueurs n’étaient pas là et la chose aurait pu s’appeler Touche pas à ma France plutôt que Touche pas à mon poste. 

    Le public était intégralement composé de #gilets_jaunes, des gilets jaunes peut-être un peu défraîchis, trois semaines après le début du mouvement — à moins qu’on ait maintenant appris, en régie, à estomper un peu l’impact visuel de ces feu-follets fluo, en atténuant les éclairages directs et en limitant la luminosité des caméras. 

    C’était un peu l’idée de l’émission : un projet d’atténuation des gilets jaunes. Cyril Hanouna jouait un rôle presque inhabituel, un rôle de modérateur plutôt que d’animateur. 

    Et il avait clairement un objectif ce soir-là : obtenir que le mouvement des gilets jaunes se désolidarise des casseurs. Obtenir une condamnation de la violence. 

    J’ai eu cette discussion depuis, avec un fin observateur du mouvement : les gilets jaunes entretiennent une dialectique étonnante avec les #casseurs, et précisément avec les plus radicalisés d’entre eux, les black Blocks, qu’on pourrait qualifier de casseurs rationnels, de casseurs léninistes : des casseurs avec un agenda #politique, une pensée précise de la violence politique, des casseurs dont les dégradations sont comme des éléments de langage, et qui seraient la partie la plus consciente, la plus vivante, des mouvements sociaux, qu’ils auraient appris à parasiter — une queue de cortège qui rêverait en tout cas d’en être secrètement la tête : « vous voulez la revalorisation du SMIC, mais ne préféreriez-vous pas voir la mort du capitalisme ? »

    Et si c’était les gilets jaunes, cette fois, qui pensaient, et les casseurs qui obéissaient à leurs mots d’ordre implicite ? 

    C’était frappant vendredi soir : Hanouna voulait vraiment leur arracher une condamnation claire de la violence, et il n’y arrivait pas vraiment. Mais je me disais que même s’il avait adopté la manœuvre adverse, ardissonienne, et voulu jeter le discrédit sur le mouvement en obtenant un soutien explicite à la violence, il n’y serait pas parvenu : la faute tactique aurait été trop évidente. 

    Les gilets jaunes étaient là, sur des tribunes qui se faisaient face, étonnamment dignes et étonnamment habiles : ce n’était pas la caricature du peuple qu’on voit habituellement dans le public des émissions de télévision, qui applaudit n’importe quoi, qui se laisse prendre à tous les tours populistes des invités. 

    On aurait dit, par instant, une assemblée constituante. 

    Une assemblée constituante faussement neutre et excessivement habile — une assemblée constituante dont les débats empreints de la plus profonde rationalité ne reposaient que sur une seule chose, sans la nommer jamais : la présence, tout autour d’elle, d’une armée de sans-culottes. Et l’assemblée n’avait évidemment aucun intérêt à s’en dissocier, comme l’y invitait Hanouna de façon insistante. 

    Mais ce qui m’a le plus frappé était la teneur des débats, dans l’élite intellectuelle que la configuration bifrontale du studio, et les impératifs d’audience, avait malgré tout conservé, au milieu de la foule. 

    Il y avait là un syndicaliste policier, des polémistes en vue et un député de la France Insoumise. 

    Leurs échanges, très vite, se sont concentrés, sur le soutien plus ou moins affiché, du leader de la France Insoumise à un certain degré de violence politique. 

    La République, le sens de l’Etat, la responsabilité historique et les années noires ont été très vites invoquées, dans le désordre et de façon volontairement polémique — et en même temps médiatiquement efficace. 

    C’était cela, le monde dans lequel j’avais grandi : un monde sans violence politique, un monde où l’appel à la violence politique valait destitution. 

    Mais les polémistes qui guerroyaient ainsi, caparaçonnés d’arguments forgés dans des débats antérieurs, ressemblaient cette fois aux chevaliers condamnés d’Azincourt.

    Ils rataient, surtout, le véritable objet du débat, la présence invisible d’une violence terrible venue de la nuit des temps et qui ruisselait par dessus les épaules dorées du public.

    Ils avaient l’air de gladiateurs dont la mise à mort était déjà actée.

    Ou plutôt de chrétiens jetés dans l’arène : car ce que le dispositif mettait à mort à travers eux, c’était une certaine idée de la douceur du monde, un pacte ancien sur le refus de la violence politique.


  • « Quand William Playfair voulait dépecer la France ! »

    Signalé sur Twitter par Michael Friendly @datavisFriendly

    A little known Playfair map: “A map of France with the proposed divisions”, 1793.

    William Playfair proposes dividing France and giving pieces to its neighbors.

    Found in: John Delaney’s “First X, Then Y, Now Z”, p. 143.

    #cartoexperiement #cartographie #william_playfair #précurseurs #frontières #territoires


  • Une marche pour rendre hommage à ceux et celles qui ont péri au cours de leur exil
    https://www.bastamag.net/Une-marche-pour-rendre-hommage-a-ceux-et-celles-qui-ont-peri-au-cours-de-l

    Mardi 18 décembre prochain à l’occasion de la journée internationale des migrants, des associations, collectifs, organisations syndicales et politiques appellent à un rassemblement, à 18h, dans plus de 40 villes françaises. Pour rendre hommage à ceux et celles qui ont péri au cours de leur exil, pour la liberté de circuler, contre les politiques d’austérité et l’accaparement des richesse. Nous relayons ici leur appel. Parce que c’est l’équivalent d’une ville entière comme Marseille qui a perdu un (...)

    ça bouge !

    / #Luttes_sociales, #Migrations

    #ça_bouge_ !


  • [Paris-Montreuil] Tissons des solidarités face au droit de propriété ! #SquatSolutions et #Camelot Europe, une histoire de capitalisme urbain
    https://fr.squat.net/2018/12/13/paris-montreuil-contre-squatsolutions-et-camelot-europe

    Si tu possèdes un bien immobilier (un studio, un appartement, un atelier) et que tu le laisses vide parce que « dans quelques années je pourrai le vendre/louer plus cher », ou parce que « je n’ai pas le temps de m’en occuper » ou bien car « c’est compliqué, on n’arrive pas à trouver une solution avec les autres […]

    #Montreuil #Paris #Seine-Saint-Denis



  • « Avec les Gilets jaunes, Facebook dispose d’une formidable base de données d’opinion »
    https://www.alternatives-economiques.fr/gilets-jaunes-facebook-dispose-dune-formidable-base-de-donnees/00087367

    Manifestation sur les Champs-Elysées, occupation de ronds-points, de péages... Les Gilets jaunes se sont exprimés dans de nombreux lieux, mais celui d’où le mouvement est parti et où il s’est organisé est le réseau social Facebook. Que ce soit les Facebook live (vidéo en direct), les groupes Facebook avec quelques millions de membres ou encore les événements Facebook pour se donner rendez-vous, la plate-forme a servi d’outil de mobilisation. Mais cette dernière est avant tout une entreprise (...)

    #CambridgeAnalytica #Facebook #algorithme #manipulation #données #électeurs #profiling #BigData


  • Baisse récente de la fécondité en France : tous les âges et tous les niveaux de vie sont concernés - Insee Focus - 136
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/3675496

    La fécondité diminue légèrement en France depuis 2015. Cette baisse est générale : elle n’est pas centrée sur une classe d’âge en particulier. Tous les niveaux de vie sont concernés. La baisse de la fécondité touche aussi bien les femmes qui n’avaient pas encore d’enfant que celles qui en avaient déjà. Elle ne concerne toutefois pas les immigrées, dont la fécondité reste stable. Leur contribution à la fécondité globale se maintient à 0,1 enfant par femme.

    • Le Monde (avec AFP) reprend mot pour mot le communiqué de l’Insee, avec quelques différences :

      le titre, d’abord : La fécondité des Françaises baisse et reste stable pour les immigrées

      et « omet » quelques passages, sans doute sans intérêt,…

      La fécondité des Françaises baisse et reste stable pour les immigrées
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/13/la-fecondite-des-francaises-baisse-et-reste-stable-pour-les-immigrees_539689

      version Le Monde

      La fécondité des immigrées – personnes résidant en France nées à l’étranger et de nationalité étrangère à leur naissance – est en moyenne plus élevée que celles des non-immigrées. En 2015 et 2016, les femmes immigrées ont eu environ 0,8 enfant de plus par femme que les non immigrées.
      Leur indicateur conjoncturel de fécondité se maintient autour de 2,7 enfants par femme en 2015 et 2016, niveau comparable à celui des années 2012 à 2014. La contribution des immigrées à la fécondité totale en France reste toutefois limitée, de l’ordre de 0,1 enfant par femme, souligne l’Insee, et n’a quasi pas évolué depuis 2012.

      original INSEE

      La fécondité des immigrées est en moyenne plus élevée que celles des non immigrées. D’après les taux de fécondité par âge estimés en 2015 et en 2016, elles ont environ 0,8 enfant de plus par femme que les non immigrées. Ce phénomène est en partie lié à l’effet de l’immigration, qui décale souvent les naissances après l’arrivée dans le pays d’accueil. Les femmes ayant immigré avant l’âge de 15 ans ont une fécondité très proche des femmes nées en France [Toulemon, 2004].

      La fécondité a diminué parmi les femmes non immigrées : environ 1,8 enfant par femme en 2015 et 2016, contre 1,9 en 2012 ou 2013 (figure 4). Elle est en revanche restée plus stable pour les femmes immigrées : leur indicateur conjoncturel de fécondité se maintient autour de 2,7 enfants par femme en 2015 et 2016, niveau comparable à celui des années 2012 à 2014.

      La contribution des immigrées à la fécondité totale en France reste limitée, de l’ordre de 0,1 enfant par femme. Elle n’a quasiment pas évolué depuis 2012. En 2016, l’indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,92 enfant par femme en moyenne pour l’ensemble des femmes résidant en France, et de 1,80 enfant par femme en moyenne pour l’ensemble des femmes non immigrées, soit un écart de 0,12 enfant par femme. En 2012, 2013 et 2014, avant la baisse récente de la fécondité, la contribution des immigrées à la fécondité totale était également de l’ordre de 0,1 enfant par femme.


  • Le chinois ZTE fournit des cartes d’identité numériques intrusives au gouvernement de Nicolas Maduro
    https://cyberguerre.numerama.com/250-le-chinois-zte-fournit-des-cartes-didentite-numeriques-int

    Le régime de Nicolas Maduro étend son contrôle sur les vénézuéliens grâce au développement d’une identité numérique pour chaque citoyen. La technologie supportant ce système d’identification est fournie par le Chinois ZTE. La Chine ne partage pas le blocus des Américains quand il s’agit du Venezuela : pour fournir le pays en technologies, les géants de Shenzen dont ZTE, prennent avantageusement la place des entreprises nord-américaines. L’équipementier chinois est installé au cœur de Caracas dans un (...)

    #ZTE #Identité #smartphone #écoutes #données #surveillance #élections #électeurs #passeport_électronique #hacking (...)

    ##Identité ##SocialCreditSystem
    //c0.lestechnophiles.com/cyberguerre.numerama.com//content/uploads/sites/2/2018/12/8439815798_c396c3b515_o.jpg

    • Le #carnet_de_la_patria (plusieurs entrées ici sur ce sujet) n’est pas qu’une carte d’identité, il est aussi moyen de paiement. Ainsi, il devrait être utilisé pour le versement des retraites. Il est obligatoire pour bénéficier d’un panier alimentaire mensuel, il est aussi utilisé pour obtenir de l’essence dans 41 municipios frontaliers et devrait l’être également au niveau national pour avoir accès au tarif subventionné de l’essence (lorsque la hausse annoncée et sans cesse reporté,…) aura eu lieu.

      Pour mémoire, la carte d’identité « sécurisée » française (ie biométrique) contient une puce RFID avec les données d’identification et l’image des empreintes digitales et une deuxième puce qui a vocation à permettre l’identification dans les échanges électroniques avec l’administration. Mais ce n’est pas un moyen de paiement ou de perception d’allocation ni un mini-dossier médical,…



  • Nombreux blessés par #flashball à Paris : la nouvelle « doctrine » #Castaner - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/121218/nombreux-blesses-par-flashball-paris-la-nouvelle-doctrine-castaner?page_ar

    « C’était impressionnant de voir autant de blessés »
    Boris est conduit à un véhicule de secours, où il rencontre une jeune fille touchée par un tir à la mâchoire, ainsi qu’un manifestant blessé à l’arcade sourcilière. « Un gradé des pompiers disait à ses collègues que les flics devaient arrêter de tirer au niveau de la tête. C’était impressionnant de voir autant de blessés. Je ne pensais pas qu’une balle en caoutchouc pouvait faire aussi mal. » Le photographe a déposé plainte à l’#IGPN.

    Membres de la BRI présents sur les #Champs-Élysées. © DR
    À 14 heures, au moment de ces tirs, c’est Fiorina, 20 ans, qui s’écroule, blessée à l’œil gauche. Elle se trouve sur le trottoir opposé, côté pair de l’avenue. « Nous étions le long du mur, près du McDo, et d’un coup, sur le trottoir d’en face, les CRS et #policiers civils se sont mis à tirer, a expliqué un témoin à Libération. J’ai entendu un bruit juste à côté de moi et j’ai vu cette fille tomber juste à côté de moi. » La jeune femme a été prise en charge à Cochin et, selon un témoignage obtenu par Libération, elle aurait « perdu la vision de l’œil gauche et ne la retrouvera jamais » et « subi de nombreuses fractures sur des os de la face et des saignements dans le cerveau ». Son entourage, qui la présente comme une « patriote » ralliée aux gilets jaunes, a fait une collecte pour couvrir ces dépenses urgentes.

    Un autre reporter d’images, Laurent Bortolussi, de l’agence Line Press, a suivi lui aussi la progression des hommes de la BRI vers l’avenue Georges V. « Cette unité de police descendait sur le côté droit des Champs, explique-t-il. C’était un mélange de civils et d’une compagnie de sécurisation. Et ils tiraient partout. Le 1er décembre, il y avait eu des heurts extrêmement violents et assez peu de blessés, et cette fois, on a eu des heurts moins violents, mais des blessés à la pelle. Les premiers incidents ont commencé vers 11 heures, et de 11 à 18 h 30, les policiers ont tiré au flashball des dizaines et des dizaines de fois. Plusieurs photographes ont été touchés. Un photographe italien a été touché à l’œil. Des tirs, on en voit plein. Il y a des moments où les policiers se lâchent et on les voit tirer à tort et à travers. »

    Policiers d’une compagnie d’intervention sur les Champs-Élysées. © karl Laske
    Laurent Bortolussi est témoin d’un tir qui a touché une dame de 70 ans, près de lui. « Ce tir est absolument incompréhensible, raconte-t-il. Elle était clairement la cible. Je regardais en direction des policiers. Et j’ai vu le tir partir de ce groupe et la percuter, et je l’ai vue hurler. À ce moment-là, je suis un peu pris à partie par la foule qui me dit de filmer ce qui se passe. Cette dame avait un gilet jaune, elle était appuyée contre un poteau, mais du fait de son âge, elle n’était ni violente, ni véhémente. Ce tir n’avait aucune nécessité de maintien de l’ordre. Il n’avait aucune justification. » Le reporter – dont on peut voir le film de la journée ici – se souvient de nombreuses personnes touchées plus légèrement, agenouillées, prostrées, après les tirs.

    Listant pêle-mêle blessures, mauvais traitements, confiscations de matériels subis par une dizaine de professionnels, l’Union des photographes professionnels (UPP) a dénoncé les « atteintes portées aux photojournalistes en exercice de leur métier », samedi.

    Questionné par Mediapart sur l’utilisation des flashball par son unité et les plaintes déposées à l’IGPN, le patron de la BRI, Christophe Molmy, renvoie sur le service communication de la préfecture. « Si c’est vrai, on traitera ça, a-t-il commenté, mais je ne vous répondrai pas. »

    Partisan d’une ligne dure et « d’un dispositif plus offensif » face aux manifestants, le patron du syndicat national des commissaires (SNCP), le commissaire David Le Bars, juge que ces blessés sont « des blessés de trop ». « S’il y a, à l’évidence des gestes inappropriés, ou des tirs ratés, on n’a pas de quoi se réjouir, commente le commissaire. Le tir de LBD doit être cadré, s’il y a un tir “tête”, c’est un tir raté. » Le syndicaliste juge néanmoins qu’il s’agit de « dommages collatéraux » et que le nouveau dispositif, « plus dynamique », a permis « d’éviter le chaos ». M. Le Bars ne veut pas commenter l’usage systématique des flashball en haut des Champs-Élysées, samedi.

    a question de la légalité de ce recours à outrance à ce type d’arme et des blessures au visage infligées à un certain nombre de manifestants sera pourtant posée. En effet, le règlement d’emploi du LBD 40 stipule expressément que « la tête n’est pas visée ». Dans son rapport consacré au « maintien de l’ordre au regard des règles déontologiques », le Défenseur des droits avait recommandé, en décembre 2017, « d’interdire l’usage des lanceurs de balle de défense dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre, quelle que soit l’unité susceptible d’intervenir ».

    À l’est de Paris, d’autres unités de Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) interviennent. Antoine Coste, un graphiste 25 ans, est touché à la tête dans la soirée par un tir de flashball, boulevard Saint-Martin. Habitant le quartier République, il était descendu voir « par curiosité » et « sympathie » la fin du rassemblement avec des amis. Il est surpris par une charge des policiers parisiens sur la place, se retrouve seul et est touché par un tir alors qu’il se prépare à rentrer chez lui (voir ici une vidéo qui témoigne de la violence de la charge policière). « Il y avait une charge et la foule s’engouffrait dans le boulevard en direction de Strasbourg-Saint-Denis, explique Antoine. Ca sifflait, ça criait : “Macron démission !” Je me suis retourné pour voir ce qui se passait au niveau de la place de la République et j’ai reçu l’impact, d’un coup sec, puissant. Je me suis pris ce coup, je suis tombé au sol et je me suis relevé. Je ne sentais plus mon côté gauche. J’ai regardé ma main qui était pleine de sang. Les gens disaient que j’avais été touché à la tête. » Un manifestant inconnu le guide jusqu’à une ambulance, puis disparaît. « Quand j’étais dans le camion, je l’ai vu partir par le hublot et j’ai pensé : “Merde, je n’ai pas pu lui dire merci.” »
    Il a ainsi perdu l’un des témoins du tir policier. Hospitalisé à Cochin, Antoine a été opéré, mais il craint de perdre son œil.

    « Dans le cadre d’un rassemblement sur la voie publique, notait aussi le rapport du Défenseur des droits, le lanceur de balle de défense ne permet ni d’apprécier la distance de tir, ni de prévenir les dommages collatéraux. Au cours d’une manifestation, où par définition les personnes visées sont généralement groupées et mobiles, le point visé ne sera pas nécessairement le point touché et la personne visée pourra ne pas être celle atteinte. » Le rapport soulignait que même en cas de respect de la doctrine d’emploi, l’arme pouvait provoquer de graves blessures comme la perte d’un œil, « qui confère à cette arme un degré de dangerosité disproportionnée au regard des objectifs de maintien de l’ordre ».

    Le changement de « doctrine » opéré par Christophe Castaner laisse dubitatifs les analystes du maintien de l’ordre. Fabien Jobard, chercheur au CNRS rattaché au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), juge que l’institution a été gagnée par « un début de psychose » devant certaines scènes montrant la faiblesse du dispositif policier et des policiers eux-mêmes, le 1er décembre. « Parler de violence inouïe, voire de guerre civile était une forme de surenchère, juge Fabien Jobard. La guerre civile, ce n’est pas ça… Les #CRS font un travail très anxiogène, et y ajouter une communication qui mise tout sur la peur ne peut rien arranger. »

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  • Les gilets jaunes fichés « J » et « C ». Théophraste R. - 13 Juillet 2018 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/les-gilets-jaunes-fiches-j-et-c.html

    Questions de José Espinosa, collaborateur du Grand Soir.
- « Comment se fait-il que les manifestants gilets jaunes soient fouillés et que des terroristes connus de la police se promènent librement avec une arme dans la poche ? Comment est-il possible qu’après l’attentat, le coupable s’échappe malgré les caméras vidéos qui pullulent dans la ville de Strasbourg ? Comment une personne fichée, surveillée, connue, peut-elle sortir des radars policiers ? ».

    C’est vrai ça ! Et : 
- Comment se fait-il que la perquisition du matin chez ce délinquant multirécidiviste ait été un échec ? Elle n’a donc pas été faite par 100 policiers comme chez Jean-Luc Mélenchon, au Parti de gauche, à la France Insoumise ?

    – Comment se fait-il qu’un gilet jaune non violent ait du mal à entrer sur les Champs-Elysées, à prendre le train, mais qu’un délinquant, poursuivi depuis le matin, puisse déambuler armé dans un marché de noël ?

    – Comment se fait-il qu’il n’était pas « marqué à la culotte » , tandis que toute une équipe suivait Julien Coupat pour l’arrêter, Coupat qui n’a pas été condamné 27 fois pour des faits de droit commun, ni inscrit au Fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), ni fiché S, (« Sûreté de l’Etat »), lui ?

    – Comment se fait-il que les pouvoirs publics aient prétendu que les marchés de Noël étaient sécurisés alors qu’à Strasbourg se promenait un assassin en puissance, qui a connu la prison en Suisse, en Allemagne, en France, radicalisé depuis 2015, chez qui les gendarmes ont trouvé le matin même une grenade défensive, une arme de calibre 22 long rifle et des munitions ?

    J’ai encore des questions qui commencent par « Comment se fait-il » , mais je sais bien que si je les pose je serai fiché « C » (complotiste) . Donc, motus, et oubliez ce que vous venez de lire.

    Théophraste R. « Faites demi-tour avec prudence » (conseil de mon GPS trouilloumétrique).

    #Strasbourg #caméras #terroristes #terrorisme #police #gendarmerie #surveillance #complotisme #Giletsjaunes