• Der Führer schenkt den Juden eine Stadt (Le Führer offre une ville aux Juifs)


    Sources : United States Holocaust Memorial Museum, Ivan Vojtech Fric, https://collections.ushmm.org/search/catalog/pa1144024 et https://collections.ushmm.org/search/catalog/pa1144026
    Ce film nazi de 1944/45 a été tourné à Theresienstadt, le camp de concentration de Terezín en Tchécoslovaquie annexée, après qu’il eut été transformé artificiellement en camp de travail modèle le temps de la visite de la Croix Rouge.
    Une autre forme de l’horreur.
    Quelques fragments ont été conservés, dont, ici, un exemple sonore : https://archive.org/details/TheresienstadtDerFhrerSchenktDenJudenEineStadtFilm

    Des infos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Theresienstadt_(film)
    #shoah #Theresienstadt #camp_de_concentration #propagande #film #national-socialisme

  • L’accueil de réfugiés « réinstallés » dans les communes rurales de #Dordogne

    La campagne serait-elle le meilleur endroit pour accueillir les réfugiés les plus vulnérables ? Dans le cadre des « réinstallations » en France — par le #HCR — de réfugiés venus de pays moins sûrs, des communes rurales se sont portées volontaires pour les accueillir. Récit en Dordogne où la volonté des bénévoles et des élus tente de compenser les manquements de l’État dans l’accompagnement de ces personnes fragilisées par les violences de la guerre ou de leur histoire migratoire.

    Quand, à l’automne 2015, Pascal Bourdeau, maire d’une petite commune de Dordogne, entend l’appel de Bernard Cazeneuve aux édiles de France pour accueillir des réfugiés (« votre mobilisation est déterminante », leur écrit-il), il n’hésite pas une seconde. La France vient de s’engager à recevoir 22 000 réfugiés « relocalisés » depuis les hotspots de Grèce et d’Italie (dont elle n’accueillera finalement que 5 030 personnes). La photo d’Alan Kurdî, enfant syrien trouvé mort sur une plage, plane encore dans les esprits. La ville de Nontron, 3 500 habitants, ouvre donc ses portes à deux familles syriennes. Deux familles soudanaises et une autre centre-africaine les rejoindront deux ans plus tard. Elles sont arrivées dans le cadre d’un programme d’évacuation d’urgence de Libye vers le Niger sous mandat du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, le HCR (voir notre article à ce sujet).

    « Je considère que c’est un devoir d’accueillir ces gens, déclare le maire devenu également vice-président du conseil départemental. Je suis issu d’une famille de résistants et #Nontron a accueilli des Lorrains et des Alsaciens juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. La Dordogne est une terre d’asile : accueillir ces cinq familles allait de soi ». En 2015, Pascal Bourdeau contacte donc le préfet et prépare l’arrivée de la première famille syrienne avec son conseil municipal. Les conditions sont réunies : les écoles sont mobilisées, des navettes mises en place vers Périgueux et Angoulême (pas Limoges, l’autre grande ville de la zone). Plusieurs associations se disent prêtes à accompagner ces nouveaux venus que la guerre et la vie dans les camps a « un peu cabossés physiquement et mentalement », constate le maire de Nontron.

    Ces réfugiés ont bénéficié du programme de réinstallation du HCR, qui existe depuis longtemps et indépendamment de l’épisode des hotspots de la crise de l’accueil en Europe. La France n’avait jusqu’alors pas participé à ce programme qui permet de réinstaller dans des pays sûrs des réfugiés présents dans les camps de l’organisation humanitaire. C’est le cas au Liban, en Turquie, en Guinée, au Tchad ou encore au Niger. Cette réinstallation s’exerce selon le critère humanitaire de la plus grande vulnérabilité.

    En France, l’accueil des réfugiés passe par les territoires

    L’État français, qui pour la première fois a accepté de participer à un programme de réinstallation, délègue l’accueil de ces familles et personnes réfugiées à des associations nationales ou locales. En octobre 2017, la France annonçait l’accueil de 10 000 réfugiés d’ici octobre 2019, dont 3 000 venant du Tchad et du Niger, dans le cadre des programmes de réinstallation de migrants. Ce chiffre n’est pas encore atteint 1, mais la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (#Dihal) a mandaté pas moins de 24 opérateurs pour accompagner ces réfugiés particulièrement vulnérables sur l’ensemble du territoire.

    À Périgueux, en Dordogne, l’association Aurore s’est occupée des Syriens, tandis que France terre d’asile (FTdA) a pris en charge les Subsahariens évacués de #Libye via le #Niger. Accueillis dans un premier temps dans la #Cité_de_Clairvivre, un important établissement public médico-social à #Salagnac, ils ont été relogés ensuite dans les communes du département qui se portaient volontaires.

    Pour Claire Courtecuisse, historienne du droit à l’Université Grenoble-Alpes, la volonté politique d’installer les migrants à la campagne remonte à la fin du XIXe siècle, quand se consolide l’idée d’une communauté nationale soucieuse d’identifier les étrangers sans les mêler au reste de la population. « On pense alors que le migrant étranger s’installera de façon durable dans des campagnes, vidées par les Français, grâce aux valeurs attachées à la terre, gage de stabilité et d’ancrage ». Les forts besoins en main-d’œuvre, notamment saisonnière, permettent au secteur agricole de déroger aux lois qui protègent la main-d’œuvre nationale, comme celle du 10 août 1932 qui ne s’appliquera pas au secteur primaire.

    Sur les naturalisations, là encore, les zones rurales font exception. À la Libération, instruction est donnée par le général de Gaulle à son ministre de la Justice de « limiter strictement les naturalisations dans les villes, notamment à Paris, Marseille, Lyon, où l’afflux des étrangers n’est pas désirable », quitte à les favoriser en milieu rural. L’idée d’une répartition équitable des étrangers accueillis sur le territoire français a ressurgi avec la loi Asile et Immigration du 10 septembre 2018, qui confie à chaque préfet de région un #schéma_régional_d'accueil_des_demandeurs_d’asile_et_des_réfugiés (#SRADAR) en lien avec le schéma national.

    « Avec la politique de #répartition_territoriale, la question de l’accueil par les petites villes et les villages se pose de plus en plus », affirmait Matthieu Tardis, chercheur à l’Ifri, devant les maires de France invités à l’atelier de la Dihal sur le « Relogement des réfugiés : un enjeu pour la cohésion des territoires ». Selon le chercheur, les #territoires_ruraux sont une « terre d’asile (...), le citoyen [étant] l’accélérateur de l’intégration des réfugiés. À la fois parce qu’il les aide à s’approprier la langue, et parce qu’il peut être facteur d’insertion professionnelle ».

    Avec sa « Stratégie nationale pour l’accueil et l’intégration des personnes réfugiées », lancée en juin 2018, l’État en appelle — à nouveau — aux maires pour reloger durablement les réinstallés, réfugiés ou demandeurs d’asile présents dans les #Cada (Centres d’Accueil des demandeurs d’asile) ou #CAO (Centres d’accueil et d’orientation).

    Les premiers CAO, ouverts à la hâte à l’automne 2015 pour « mettre à l’abri » les occupants de la lande de Calais (appelée « la jungle ») et de la place Stalingrad à Paris, n’ont pas toujours été bien accueillis par les populations, se souvient Olivier Clochard, directeur de Migrinter. Installé à Poitiers, ce laboratoire héberge le programme de recherche « Campagnes françaises dans la dynamique des migrations internationales ». Camigri réunit une dizaine de géographes sur trois terrains en Aquitaine (Périgord vert, Vienne et Pyrénées ariégeoises) et s’intéresse à l’installation de nouveaux habitants dans les campagnes, qu’ils soient réfugiés, demandeurs d’asile, néo-ruraux ou agriculteurs. Pendant 5 ans (2016-2021), les chercheurs observeront les changements que ces arrivées provoquent en termes démographiques, économiques et politiques dans ces lieux peu peuplés.

    « La mise en place de dispositifs établis sans concertation inquiète les acteurs, explique Olivier Clochard, on doit entendre ces mécontentements, voire comprendre les raisons qui conduisent les personnes à ces réticences. » Le chercheur retient aussi l’expérience positive des tables rondes menées dans les communes rurales des #Deux-Sèvres : « Ces rencontres permettent de saisir une multitude d’initiatives. Écoutant les protagonistes, effectuant des enquêtes (...), j’observe que les politiques migratoires ne se font plus uniquement dans les ministères ou les préfectures aujourd’hui ; elles se construisent également dans les campagnes avec ces diverses mobilisations. »

    Le rôle important des #bénévoles

    Les bénévoles jouent un rôle central dans l’accueil des réfugiés en zone rurale. À Nontron, Brigitte, l’ancienne directrice d’école, était à la retraite l’année de l’arrivée de la première famille syrienne. « Je suis entrée en lien avec l’association prestataire. On devait rencontrer la famille ensemble, mais la personne de l’association m’a fait faux bond ; alors, je me suis débrouillée, et c’est ce que je fais depuis ! » Brigitte met en place un accompagnement scolaire. Avec les nouvelles arrivées, elle mobilise son frère, Christophe, également à la retraite, puis la femme de Christophe, Marie-Noëlle, retraitée du conseil départemental, qui garde les petits quand les parents suivent des cours de français deux fois par semaine.

    Ces réfugiés particulièrement vulnérables ont besoin de soins médicaux. Les rendez-vous se multiplient, particulièrement pour la famille soudanaise arrivée avec une petite fille handicapée qui demande beaucoup de soins et de déplacements. « J’ai fini par lancer un appel par le Collectif de transition citoyenne en Périgord vert (Gco) qui fonctionne par email, raconte Brigitte. Nous sommes aujourd’hui une trentaine de bénévoles, dont quinze très actifs, et ça marche plutôt pas mal. »

    L’installation de ces familles nombreuses bénéficie aussi aux communes. « Nos cinq familles de réfugiés nous ont apporté 20 enfants et ont sauvé nos écoles », se réjouit Erwan Carabin, l’adjoint au maire de Nontron. « Les plus jeunes ont appris le français en un temps éclair. Pour les adultes, c’est plus compliqué. » Pour raconter son histoire, Issam 2 et sa femme, des Syriens arrivés en 2018 d’un camp du HCR au Liban, demandent à leur fils Mansour, 16 ans, de traduire leurs propos.

    Issam a reçu un éclat d’obus au pied et attend la reconnaissance de son handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour pouvoir trouver un travail adapté. Il ne peut pas se déplacer à Périgueux pour suivre les cours de français langue étrangère proposés par le Greta. L’association mandatée localement par l’État pour la prise en charge des « réinstallés » a achevé son mandat après un an pour des raisons budgétaires (c’est la norme). Les cours, et tout le reste, se sont arrêtés du jour au lendemain. « Ils devaient aller deux fois par semaine à Périgueux, explique Brigitte, c’était impossible pour lui, alors nous avons mis en place un cours localement, d’abord financé par une association périgourdine puis, quand ça s’est arrêté, grâce à une bénévole... jusqu’à ce qu’elle trouve du travail ! » Aujourd’hui, il n’y a plus d’enseignement du français pour les réfugiés à Nontron.

    La maîtrise du français est pourtant une des priorités des dispositifs mis en place par les associations prestataires de l’État. France terre d’asile finance également 200 heures de cours de français pendant sa prise en charge. Lorsque le mandat prend fin pour des raisons budgétaires, les communes doivent prendre le relais. Ce n’est pas toujours possible dans une petite ville comme Nontron.

    Dans son HLM, bercé par le chant des canaris en cage, Issam sort son téléphone pour lancer l’application qui lui permet de communiquer en français grâce à une traduction immédiate à l’écrit et à l’oral. Le résultat est plutôt satisfaisant, mais ne convient pas à toutes les situations. Pendant les rendez-vous médicaux, les réfugiés de Nontron peuvent appeler une association d’interprètes à Paris, à laquelle la mairie souscrit par tranches de 15 minutes. « On a bien un habitant qui parle arabe et accepte de venir quand on l’appelle, explique Erwan Carabin, mais on ne peut pas le solliciter tout le temps. Il faut aussi savoir ménager nos bénévoles ! »

    « On ne peut pas s’habituer
    à une souffrance, physique
    ou mentale comme ça,
    surtout quand on ne peut rien faire
    pour la soulager. »

    Marie-Noëlle, bénévole

    Entre les cours de soutien scolaire, deux fois par semaine, et l’accompagnement aux rendez-vous médicaux ou administratifs dans les grandes villes avoisinantes, Brigitte trouve le temps de monter le dossier MDPH de la petite Soudanaise de 8 ans, lourdement handicapée, afin qu’elle soit scolarisée avec des horaires aménagés. Elle a aussi repris le dossier d’Issam, ouvert par l’association prestataire qui a dû renoncer à accompagner cette famille depuis que sa salariée est en congé de longue durée. Les bénévoles ne reçoivent aucune formation et apprennent « sur le tas ». En mai dernier, Brigitte craque ; elle doit s’arrêter quelque temps. « L’histoire de ces gens est douloureuse, explique Marie-Noëlle, sa belle-sœur. Lorsque nous les accompagnons aux rendez-vous médicaux, nous entrons dans leur intimité. On ne peut pas s’habituer à une souffrance, physique ou mentale comme ça, surtout quand on ne peut rien faire pour la soulager. »

    La décision de l’État de placer ces réfugiés particulièrement vulnérables dans des zones qui souffrent de désertification médicale surprend. « Nous avons eu un problème à propos d’une famille qui avait une urgence, se souvient Pascal Bourdeau. Un médecin de Nontron a refusé de les prendre, même entre deux rendez-vous, alors qu’ils ne pouvaient pas se déplacer. Nous avons réglé le problème grâce aux bénévoles et je n’ai pas voulu polémiquer avec lui. La précarité de la médecine en milieu rural est une réalité et sa présence est une aubaine pour l’ensemble de notre communauté. »

    « On a des gens en difficulté dans notre propre population, ajoute Erwan Carabin, on ne peut pas créer de fossé entre les migrants et les autres. Il faut que l’action de la mairie soit pareille pour tous. »
    Les limites de l’installation en milieu rural

    La Dihal a évalué les relogements pour la première fois en avril 2018 à l’échelle des villes et villages de moins de 5 000 habitants. Ils sont opérés depuis 2015 pour « soulager l’effort de certains territoires par la mobilisation de logements vacants dans des territoires moins tendus ». 6 % des relogements de familles ou d’individus réfugiés ont eu lieu dans ces communes.

    Dans son évaluation, le Pôle Migrants de la Dihal fait plusieurs recommandations : ne pas envoyer à la campagne « les personnes nécessitant un suivi médical régulier ou présentant des fragilités psychologiques » ; s’assurer du consentement des réfugiés pour une installation en milieu rural ; vérifier qu’ils ont les moyens de communiquer et se déplacer par eux-mêmes pour prendre rapidement un emploi dans les filières qui recrutent. Et la Dihal de conclure à la nécessité d’un suivi régulier pour « assurer les besoins à court terme des réfugiés relogés dans les territoires ruraux ». Cependant, une fois relogés, les réfugiés ont d’autres besoins, notamment l’aide à l’emploi qui n’est pas prévue dans la mission des associations prestataires.

    L’assistante sociale du département, qui prend le relais quand l’accompagnement spécifique d’un an arrive à son terme, peut intervenir comme elle le fait pour tout autre public « fragile ». En Dordogne, il y a besoin de main-d’œuvre, notamment dans l’agriculture. Les deux pères soudanais de Nontron qui souhaitaient travailler se sont vus proposer un travail à 40 kilomètres. Faute de voiture, ils ont dû décliner.

    « Que faire sans capacité à être mobile
    et tant que les gens ne maîtrisent pas la langue ? »

    Pascal Bourdeau, maire de Nontron en Dordogne

    « On a besoin de gens pour ramasser les pommes, confirme Pascal Bourdeau, et l’économie de Nontron est florissante, notamment dans le luxe avec l’usine Hermès et le sellier CWD de l’équipe de France d’équitation. Certaines entreprises me disent qu’elles manquent de bras, mais que faire sans capacité à être mobile et tant que les gens ne maîtrisent pas la langue ? » Les réfugiés vivent pour l’instant du RSA, des aides de la Caf et de la solidarité du voisinage. « On ne peut pas dire que rien n’a été fait par l’État, reconnaît le maire de Nontron. Un comité de pilotage a été mis en place pendant un an et demi par la préfecture avec les associations prestataires et les assistantes sociales du département, mais le dispositif spécifique s’éteint parfois trop tôt. Il faudrait pouvoir le prolonger pour des cas difficiles. »

    L’intervenante sociale qui suit Aman, un jeune Érythréen désormais installé dans la banlieue de Périgueux (après plusieurs mois à la Cité de Clairvivre), sait qu’il aurait besoin d’être accompagné plus longtemps. Il attend toujours le début d’une formation d’électricien mais, comme les autres réfugiés suivis par les associations prestataires, sa maîtrise du français est très faible, insuffisante pour qu’il soit autonome après un an de prise en charge.

    « Tout cet accompagnement n’est pas assez structuré pour permettre aux réfugiés de s’intégrer », s’emporte Liliane Gonthier, maire de Boulazac, dont la commune a aussi dû accueillir des demandeurs d’asile dans un hôtel proche de la mairie. « Si on veut être une terre d’accueil, il faut une volonté politique. Quand on voit les demandeurs d’asile entassés dans le Formule 1, sans cuisine ou même frigo, ce n’est pas un accueil digne. On sait que, dans certaines communes, les migrants sont repartis vers les grandes villes, peut-être vers la jungle de Calais. Ce n’est pas une politique aboutie et ça manque d’humanité ! » « J’aurais pu continuer à accueillir des personnes », se désole Pascal Bourdeau qui ne souhaite pas recevoir plus de 5 familles dans sa commune, pourtant convaincu que « l’intégration est plus facile dans les campagnes et que les mélanges sont une richesse ». Mais il n’y a aucune coordination entre les différents acteurs institutionnels et peu ou pas de suivi. « Quand on arrive au bout du dispositif prévu par les associations prestataires, on nous laisse tomber ! »

    Certaines familles désirent déjà rejoindre les grandes villes où elles ont des proches. Si Issam, enfant de paysans en Syrie, a choisi la campagne quand le HCR au Liban lui a demandé de choisir, Aman, évacué de Libye via un camp du HCR au Niger, ne savait pas où il arriverait en France quand l’intervenante sociale de FTdA l’a accueilli à Bordeaux.

    « Les territoires ruraux peuvent être des laboratoires de dispositifs innovants en matière d’accueil. »

    Olivier Clochard, directeur de Migrinter

    Comment relever les défis d’une installation dans des petites communes, volontaires mais impuissantes à retenir ces familles et surtout ces hommes en âge de travailler ?

    « Si les lois sont faites principalement par des sédentaires, et des sédentaires qui ne connaissent pas toujours les spécificités de ces territoires ruraux, regrette Olivier Clochard, il me semble important de s’intéresser aux questions politiques relatives à la circulation, voire à l’accueil des personnes dans ces communes rurales — quel que soit le niveau : institutionnel, associatif voire informel — car dans certains cas, elles peuvent être vues à bien des égards comme des laboratoires de dispositifs innovants, rompant avec cette petite musique lancinante des discours présentant généralement l’immigration comme un problème... »

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-11
    #réinstallation #asile #migrations #réfugiés #France #rural #vulnérabilité #campagne
    ping @karine4

  • Le Niger, #nouvelle frontière de l’Europe et #laboratoire de l’asile

    Les politiques migratoires européennes, toujours plus restrictives, se tournent vers le Sahel, et notamment vers le Niger – espace de transit entre le nord et le sud du Sahara. Devenu « frontière » de l’Europe, environné par des pays en conflit, le Niger accueille un nombre important de réfugiés sur son sol et renvoie ceux qui n’ont pas le droit à cette protection. Il ne le fait pas seul. La présence de l’Union européenne et des organisations internationales est visible dans le pays ; des opérations militaires y sont menées par des armées étrangères, notamment pour lutter contre la pression terroriste à ses frontières... au risque de brouiller les cartes entre enjeux sécuritaires et enjeux humanitaires.

    On confond souvent son nom avec celui de son voisin anglophone, le Nigéria, et peu de gens savent le placer sur une carte. Pourtant, le Niger est un des grands pays du Sahel, cette bande désertique qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, et l’un des rares pays stables d’Afrique de l’Ouest qui offrent encore une possibilité de transit vers la Libye et la Méditerranée. Environné par des pays en conflit ou touchés par le terrorisme de Boko Haram et d’autres groupes, le Niger accueille les populations qui fuient le Mali et la région du lac Tchad et celles évacuées de Libye.

    « Dans ce contexte d’instabilité régionale et de contrôle accru des déplacements, la distinction entre l’approche sécuritaire et l’approche humanitaire s’est brouillée », explique la chercheuse Florence Boyer, fellow de l’Institut Convergences Migrations, actuellement accueillie au Niger à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Géographe et anthropologue (affiliée à l’Urmis au sein de l’IRD, l’Institut de recherche pour le Développement), elle connaît bien le Niger, où elle se rend régulièrement depuis vingt ans pour étudier les migrations internes et externes des Nigériens vers l’Algérie ou la Libye voisines, au nord, et les pays du Golfe de Guinée, au sud et à l’ouest. Sa recherche porte actuellement sur le rôle que le Niger a accepté d’endosser dans la gestion des migrations depuis 2014, à la demande de plusieurs membres de l’Union européenne (UE) pris dans la crise de l’accueil des migrants.
    De la libre circulation au contrôle des frontières

    « Jusqu’à 2015, le Niger est resté cet espace traversé par des milliers d’Africains de l’Ouest et de Nigériens remontant vers la Libye sans qu’il y ait aucune entrave à la circulation ou presque », raconte la chercheuse. La plupart venaient y travailler. Peu tentaient la traversée vers l’Europe, mais dès le début des années 2000, l’UE, Italie en tête, cherche à freiner ce mouvement en négociant avec Kadhafi, déplaçant ainsi la frontière de l’Europe de l’autre côté de la Méditerranée. La chute du dictateur libyen, dans le contexte des révolutions arabes de 2011, bouleverse la donne. Déchirée par une guerre civile, la Libye peine à retenir les migrants qui cherchent une issue vers l’Europe. Par sa position géographique et sa relative stabilité, le Niger s’impose progressivement comme un partenaire de la politique migratoire de l’UE.

    « Le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. »

    Marco Prencipe, ambassadeur d’Italie à Niamey

    Le rôle croissant du Niger dans la gestion des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe a modifié les parcours des migrants, notamment pour ceux qui passent par Agadez, dernière ville du nord avant la traversée du Sahara. Membre du Groupe d’études et de recherches Migrations internationales, Espaces, Sociétés (Germes) à Niamey, Florence Boyer observe ces mouvements et constate la présence grandissante dans la capitale nigérienne du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) chargée, entre autres missions, d’assister les retours de migrants dans leur pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=dlIwqYKrw7c

    « L’île de Lampedusa se trouve aussi loin du Nord de l’Italie que de la frontière nigérienne, note Marco Prencipe, l’ambassadeur d’Italie à Niamey, le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. » Une affirmation reprise par plusieurs fonctionnaires de la délégation de l’UE au Niger rencontrés par Florence Boyer et Pascaline Chappart. La chercheuse, sur le terrain à Niamey, effectue une étude comparée sur des mécanismes d’externalisation de la frontière au Niger et au Mexique. « Depuis plusieurs années, la politique extérieure des migrations de l’UE vise à délocaliser les contrôles et à les placer de plus en plus au sud du territoire européen, explique la postdoctorante à l’IRD, le mécanisme est complexe : les enjeux pour l’Europe sont à la fois communautaires et nationaux, chaque État membre ayant sa propre politique ».

    En novembre 2015, lors du sommet euro-africain de La Valette sur la migration, les autorités européennes lancent le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique « en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Doté à ce jour de 4,2 milliards d’euros, le FFUA finance plusieurs types de projets, associant le développement à la sécurité, la gestion des migrations à la protection humanitaire.

    Le président nigérien considère que son pays, un des plus pauvres de la planète, occupe une position privilégiée pour contrôler les migrations dans la région. Le Niger est désormais le premier bénéficiaire du Fonds fiduciaire, devant des pays de départ comme la Somalie, le Nigéria et surtout l’Érythrée d’où vient le plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe.

    « Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration “irrégulière”. »

    Florence Boyer, géographe et anthropologue

    Pour l’anthropologue Julien Brachet, « le Niger est peu à peu devenu un pays cobaye des politiques anti-migrations de l’Union européenne, (...) les moyens financiers et matériels pour lutter contre l’immigration irrégulière étant décuplés ». Ainsi, la mission européenne EUCAP Sahel Niger a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2016 dans le but d’« assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières ».

    « Tout cela ne serait pas possible sans l’aval du Niger, qui est aussi à la table des négociations, rappelle Florence Boyer. Il ne faut pas oublier qu’il doit faire face à la pression de Boko Haram et d’autres groupes terroristes à ses frontières. Il a donc intérêt à se doter d’instruments et de personnels mieux formés. Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’immigration "irrégulière". »

    Peu avant le sommet de La Valette en 2015, le Niger promulgue la loi n°2015-36 sur « le trafic illicite de migrants ». Elle pénalise l’hébergement et le transport des migrants ayant l’intention de franchir illégalement la frontière. Ceux que l’on qualifiait jusque-là de « chauffeurs » ou de « transporteurs » au volant de « voitures taliban » (des 4x4 pick-up transportant entre 20 et 30 personnes) deviennent des « passeurs ». Une centaine d’arrestations et de saisies de véhicules mettent fin à ce qui était de longue date une source légale de revenus au nord du Niger. « Le but reste de bloquer la route qui mène vers la Libye, explique Pascaline Chappart. L’appui qu’apportent l’UE et certains pays européens en coopérant avec la police, les douanes et la justice nigérienne, particulièrement en les formant et les équipant, a pour but de rendre l’État présent sur l’ensemble de son territoire. »

    Des voix s’élèvent contre ces contrôles installés aux frontières du Niger sous la pression de l’Europe. Pour Hamidou Nabara de l’ONG nigérienne JMED (Jeunesse-Enfance-Migration-Développement), qui lutte contre la pauvreté pour retenir les jeunes désireux de quitter le pays, ces dispositifs violent le principe de la liberté de circulation adopté par les pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la Cedeao. « La situation des migrants s’est détériorée, dénonce-t-il, car si la migration s’est tarie, elle continue sous des voies différentes et plus dangereuses ». La traversée du Sahara est plus périlleuse que jamais, confirme Florence Boyer : « Le nombre de routes s’est multiplié loin des contrôles, mais aussi des points d’eau et des secours. À ce jour, nous ne disposons pas d’estimations solides sur le nombre de morts dans le désert, contrairement à ce qui se passe en Méditerranée ».

    Partenaire de la politique migratoire de l’Union européenne, le Niger a également développé une politique de l’asile. Il accepte de recevoir des populations en fuite, expulsées ou évacuées des pays voisins : les expulsés d’Algérie recueillis à la frontière, les rapatriés nigériens dont l’État prend en charge le retour de Libye, les réfugiés en lien avec les conflits de la zone, notamment au Mali et dans la région du lac Tchad, et enfin les personnes évacuées de Libye par le HCR. Le Niger octroie le statut de réfugié à ceux installés sur son sol qui y ont droit. Certains, particulièrement vulnérables selon le HCR, pourront être réinstallés en Europe ou en Amérique du Nord dans des pays volontaires.
    Une plateforme pour la « réinstallation »
    en Europe et en Amérique

    Cette procédure de réinstallation à partir du Niger n’a rien d’exceptionnel. Les Syriens réfugiés au Liban, par exemple, bénéficient aussi de l’action du HCR qui les sélectionne pour déposer une demande d’asile dans un pays dit « sûr ». La particularité du Niger est de servir de plateforme pour la réinstallation de personnes évacuées de Libye. « Le Niger est devenu une sorte de laboratoire de l’asile, raconte Florence Boyer, notamment par la mise en place de l’Emergency Transit Mechanism (ETM). »

    L’ETM, proposé par le HCR, est lancé en août 2017 à Paris par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie — côté UE — et le Niger, le Tchad et la Libye — côté africain. Ils publient une déclaration conjointe sur les « missions de protection en vue de la réinstallation de réfugiés en Europe ». Ce dispositif se présente comme le pendant humanitaire de la politique de lutte contre « les réseaux d’immigration économique irrégulière » et les « retours volontaires » des migrants irréguliers dans leur pays effectués par l’OIM. Le processus s’accélère en novembre de la même année, suite à un reportage de CNN sur des cas d’esclavagisme de migrants en Libye. Fin 2017, 3 800 places sont promises par les pays occidentaux qui participent, à des degrés divers, à ce programme d’urgence. Le HCR annonce 6 606 places aujourd’hui, proposées par 14 pays européens et américains1.

    Trois catégories de personnes peuvent bénéficier de la réinstallation grâce à ce programme : évacués d’urgence depuis la Libye, demandeurs d’asile au sein d’un flux dit « mixte » mêlant migrants et réfugiés et personnes fuyant les conflits du Mali ou du Nigéria. Seule une minorité aura la possibilité d’être réinstallée depuis le Niger vers un pays occidental. Le profiling (selon le vocabulaire du HCR) de ceux qui pourront bénéficier de cette protection s’effectue dès les camps de détention libyens. Il consiste à repérer les plus vulnérables qui pourront prétendre au statut de réfugié et à la réinstallation.

    Une fois évacuées de Libye, ces personnes bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention du statut de réfugié au Niger. Elles ne posent pas de problème au HCR, qui juge leur récit limpide. La Commission nationale d’éligibilité au statut des réfugiés (CNE), qui est l’administration de l’asile au Niger, accepte de valider la sélection de l’organisation onusienne. Les réfugiés sont pris en charge dans le camp du HCR à Hamdallaye, construit récemment à une vingtaine de kilomètres de la capitale nigérienne, le temps que le HCR prépare la demande de réinstallation dans un pays occidental, multipliant les entretiens avec les réfugiés concernés. Certains pays, comme le Canada ou la Suède, ne mandatent pas leurs services sur place, déléguant au HCR la sélection. D’autres, comme la France, envoient leurs agents pour un nouvel entretien (voir ce reportage sur la visite de l’Ofpra à Niamey fin 2018).

    Parmi les évacués de Libye, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays dit « sûr ».

    Depuis deux ans, près de 4 000 personnes ont été évacuées de Libye dans le but d’être réinstallées, selon le HCR (5 300 autres ont été prises en charge par l’OIM et « retournées » dans leur pays). Un millier ont été évacuées directement vers l’Europe et le Canada et près de 3 000 vers le Niger. C’est peu par rapport aux 50 800 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès de l’organisation onusienne en Libye au 12 août 2019. Et très peu sur l’ensemble des 663 400 migrants qui s’y trouvent selon l’OIM. La guerre civile qui déchire le pays rend la situation encore plus urgente.

    Parmi les personnes évacuées de Libye vers le Niger, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays volontaire, selon le HCR. À ce jour, moins de la moitié ont été effectivement réinstallés, notamment en France (voir notre article sur l’accueil de réfugiés dans les communes rurales françaises).

    Malgré la publicité faite autour du programme de réinstallation, le HCR déplore la lenteur du processus pour répondre à cette situation d’urgence. « Le problème est que les pays de réinstallation n’offrent pas de places assez vite, regrette Fatou Ndiaye, en charge du programme ETM au Niger, alors que notre pays hôte a négocié un maximum de 1 500 évacués sur son sol au même moment. » Le programme coordonné du Niger ne fait pas exception : le HCR rappelait en février 2019 que, sur les 19,9 millions de réfugiés relevant de sa compétence à travers le monde, moins d’1 % sont réinstallés dans un pays sûr.

    Le dispositif ETM, que le HCR du Niger qualifie de « couloir de l’espoir », concerne seulement ceux qui se trouvent dans un camp accessible par l’organisation en Libye (l’un d’eux a été bombardé en juillet dernier) et uniquement sept nationalités considérées par les autorités libyennes (qui n’ont pas signé la convention de Genève) comme pouvant relever du droit d’asile (Éthiopiens Oromo, Érythréens, Iraquiens, Somaliens, Syriens, Palestiniens et Soudanais du Darfour).

    « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses. »

    Pascaline Chappart, socio-anthropologue

    En décembre 2018, des Soudanais manifestaient devant les bureaux d’ETM à Niamey pour dénoncer « un traitement discriminatoire (...) par rapport aux Éthiopiens et Somaliens » favorisés, selon eux, par le programme. La représentante du HCR au Niger a répondu à une radio locale que « la plupart de ces Soudanais [venaient] du Tchad où ils ont déjà été reconnus comme réfugiés et que, techniquement, c’est le Tchad qui les protège et fait la réinstallation ». C’est effectivement la règle en matière de droit humanitaire mais, remarque Florence Boyer, « comment demander à des réfugiés qui ont quitté les camps tchadiens, pour beaucoup en raison de l’insécurité, d’y retourner sans avoir aucune garantie ? ».

    La position de la France

    La question du respect des règles en matière de droit d’asile se pose pour les personnes qui bénéficient du programme d’urgence. En France, par exemple, pas de recours possible auprès de l’Ofpra en cas de refus du statut de réfugié. Pour Pascaline Chappart, qui achève deux ans d’enquêtes au Niger et au Mexique, il y a là une part d’hypocrisie : « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses par la mer ou le désert ». « Il est quasiment impossible dans le pays de départ de se présenter aux consulats des pays “sûrs” pour une demande d’asile », renchérit Florence Boyer. Elle donne l’exemple de Centre-Africains qui ont échappé aux combats dans leur pays, puis à la traite et aux violences au Nigéria, en Algérie puis en Libye, avant de redescendre au Niger : « Ils auraient dû avoir la possibilité de déposer une demande d’asile dès Bangui ! Le cadre législatif les y autorise. »

    En ce matin brûlant d’avril, dans le camp du HCR à Hamdallaye, Mebratu2, un jeune Érythréen de 26 ans, affiche un large sourire. À l’ombre de la tente qu’il partage et a décorée avec d’autres jeunes de son pays, il annonce qu’il s’envolera le 9 mai pour Paris. Comme tant d’autres, il a fui le service militaire à vie imposé par la dictature du président Issayas Afeworki. Mebratu était convaincu que l’Europe lui offrirait la liberté, mais il a dû croupir deux ans dans les prisons libyennes. S’il ne connaît pas sa destination finale en France, il sait d’où il vient : « Je ne pensais pas que je serais vivant aujourd’hui. En Libye, on pouvait mourir pour une plaisanterie. Merci la France. »

    Mebratu a pris un vol pour Paris en mai dernier, financé par l’Union européenne et opéré par l’#OIM. En France, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) confie la prise en charge de ces réinstallés à 24 opérateurs, associations nationales ou locales, pendant un an. Plusieurs départements et localités françaises ont accepté d’accueillir ces réfugiés particulièrement vulnérables après des années d’errance et de violences.

    Pour le deuxième article de notre numéro spécial de rentrée, nous nous rendons en Dordogne dans des communes rurales qui accueillent ces « réinstallés » arrivés via le Niger.

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-10
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #Europe #UE #EU #sécuritaire #humanitaire #approche_sécuritaire #approche_humanitaire #libre_circulation #fermeture_des_frontières #printemps_arabe #Kadhafi #Libye #Agadez #parcours_migratoires #routes_migratoires #HCR #OIM #IOM #retour_au_pays #renvois #expulsions #Fonds_fiduciaire #Fonds_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique #FFUA #développement #sécurité #EUCAP_Sahel_Niger #La_Valette #passeurs #politique_d'asile #réinstallation #hub #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM) #retours_volontaires #profiling #tri #sélection #vulnérabilité #évacuation #procédure_accélérée #Hamdallaye #camps_de_réfugiés #ofpra #couloir_de_l’espoir

    co-écrit par @pascaline

    ping @karine4 @_kg_ @isskein

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765325

  • Au #Bangladesh, deux ans après l’afflux de #réfugiés_rohingyas, l’#hostilité grandit

    Quand des centaines de milliers de musulmans rohingyas, victimes d’exactions en #Birmanie, ont fui pour se réfugier à partir de l’été 2017 au Bangladesh, les populations locales les ont souvent bien accueillies. Mais deux ans après l’afflux de réfugiés, l’hostilité grandit.

    « Au départ, en tant que membres de la communauté musulmane, nous les avons aidés », raconte Riazul Haque. Cet ouvrier qui habite près de la ville frontalière d’Ukhiya, dans le district de Cox’s Bazar (sud-est du Bangladesh), a permis à une soixantaine de familles de s’établir sur un lopin de terre lui appartenant, pensant qu’elles allaient rester deux ou trois mois maximum.

    « Aujourd’hui, on a l’impression que les Rohingyas encore établis en Birmanie vont bientôt arriver au Bangladesh », s’inquiète-t-il.

    Ukhiya comptait environ 300.000 habitants, mais l’arrivée massive de réfugiés, à partir d’août 2017, a plus que triplé la population.

    La plupart des réfugiés sont logés dans le camp tentaculaire de Kutupalong. D’autres, qui disposent de davantage de ressources, ont tenté de se faire une place dans la société bangladaise.

    Pollution et criminalité en hausse, perte d’emplois : les locaux les accusent de tous les maux.

    « Ils nous volent les petits boulots en soudoyant les forces de l’ordre », assure Mohammad Sojol, qui a perdu son emploi de conducteur de pousse-pousse car, selon lui, les propriétaires des véhicules préfèrent désormais embaucher des réfugiés contre un salaire inférieur, même si ces derniers ne sont officiellement pas autorisés à travailler.

    A la suite de protestations, certains Rohingyas qui s’étaient installés en dehors des camps officiels sont maintenant obligés d’y retourner et leurs enfants sont expulsés des écoles locales.

    – Gangs de la drogue -

    Les Rohingyas, une minorité ethnique musulmane, ont fui les exactions - qualifiées de « génocide » par des enquêteurs de l’ONU - de l’armée birmane et de milices bouddhistes.

    Seule une poignée d’entre eux sont rentrés, craignant pour leur sécurité dans un pays où ils se voient refuser la citoyenneté et sont traités comme des clandestins.

    Le fait que ces réfugiés soient « inactifs dans les camps (les rend) instables », estime Ikbal Hossain, chef intérimaire de la police du district de Cox’s Bazar.

    « Ils reçoivent toutes sortes d’aides, mais ils ont beaucoup de temps libre », relève-t-il, ajoutant que beaucoup sont tombés entre les mains de trafiquants de drogue.

    Des dizaines de millions de comprimés de méthamphétamine (yaba) entrent depuis la Birmanie, un des premiers producteurs au monde de cette drogue de synthèse, au Bangladesh via les camps.

    Et les trafiquants utilisent les Rohingyas comme mules, chargées d’acheminer les stupéfiants dans les villes voisines.

    Au moins 13 Rohingyas, soupçonnés de transporter des milliers de yaba, ont été abattus au cours d’affrontements avec la police.

    Et la présence des gangs de la drogue dans les camps a renforcé l’insécurité et les violences, incitant le Bangladesh à accroître la présence policière.

    Selon la police, le taux de criminalité est ici supérieur aux statistiques nationales du pays, qui enregistre quelque 3.000 meurtres par an pour 168 millions d’habitants.

    318 plaintes au pénal ont été déposées contre des Rohingyas depuis août 2017, dont 31 pour meurtres, d’après Ikbal Hossain. Mais selon des experts, le nombre de crimes dans les camps serait bien supérieur aux chiffres de la police.

    « Nous ne nous sentons pas en sécurité la nuit, mais je ne peux pas quitter ma maison, sinon le reste de mes terres sera également occupé par des réfugiés », déplore Rabeya Begum, une femme au foyer vivant dans le hameau de Madhurchhara, à proximité du camp de Kutupalong.

    Mohib Ullah, un responsable de la communauté rohingya, réfute entretenir de mauvaises relations avec la population locale. « Nous nous entraidons car nous sommes voisins (...) Nous ferions la même chose pour eux ».

    Quelque 3.500 Rohingyas ont été autorisés à rentrer du Bangladesh en Birmanie à compter de jeudi, s’ils le souhaitent.

    En novembre 2018, une précédente tentative de placer quelque 2.200 d’entre eux sur une liste de rapatriement avait échoué, les réfugiés, sans garantie de sécurité en Birmanie, refusant de quitter les camps.

    https://www.liberation.fr/depeches/2019/08/21/au-bangladesh-deux-ans-apres-l-afflux-de-refugies-rohingyas-l-hostilite-g
    #réfugiés #asile #migrations #Rohingyas #camps #camps_de_réfugiés

  • Football : à Rome, vie et mort d’un chef « ultra » de la Lazio

    Fasciste convaincu et lié à des figures légendaires du crime organisé, Fabrizio Piscitelli régnait sur le peuple des « #ultras » de la Lazio Rome. Il a été assassiné au début d’août.

    Par Jérôme Gautheret

    Dimanche 1er septembre, c’était jour de derby au stade olympique de #Rome. Comme à chaque fois, pendant deux heures, la ville a retenu son souffle. Un affrontement entre l’AS Rome et la #Lazio, quel que soit le contexte, et même à un moment de l’année où beaucoup de Romains n’ont pas encore regagné la capitale, ce n’est jamais anodin. Cette fois-là, les forces de l’ordre avaient encore renforcé leur dispositif, pour canaliser la foule aux abords du stade, et surtout contrôler les agissements des groupes de supporteurs.
    En cette première journée de championnat, l’enjeu sportif entre ces deux équipes habituées à lutter pour les places d’honneur en Série A était négligeable. Les regards des observateurs étaient surtout tournés vers la Curva Nord, fief des ultras de la Lazio, qui avaient annoncé qu’ils allaient réaliser un tifo bien particulier, en l’honneur de leur chef charismatique, le sulfureux Fabrizio Piscitelli, tué par balles le 7 août, à l’âge de 53 ans.

    La préfecture et la direction du club, qui n’avaient aucun moyen d’empêcher l’hommage à « Diabolik » (le pseudonyme que s’était choisi Piscitelli, en hommage au héros – particulièrement violent – d’une bande dessinée culte italienne), ont opté pour le moindre mal : laisser faire, et éviter les débordements. Dans les environs du stade il y a bien eu quelques saluts fascistes, des chants antisémites et des jets de pierre contre les forces de l’ordre, mais dans le stade, rien de tel.

    Messages de condoléances

    Quelques minutes avant le coup d’envoi, les occupants du virage ont déployé un portrait géant de leur ancien chef, ainsi qu’une une banderole à sa gloire. Le camp adverse, par respect pour Diabolik, avait accepté de ne pas chercher à rivaliser, et même envoyé – le cas est rarissime – quelques messages de condoléances. Dans ce contexte parfaitement inhabituel, la partie s’est déroulée sans encombre, et les deux équipes se sont séparées sur un score nul (1-1) qui n’embarrasse personne. L’affaire Diabolik, en revanche, est loin d’être close, et ses moindres rebondissements sont suivis avec passion, tant ils convoquent les mythes et les fantômes du milieu romain.

    Mercredi 7 août, Fabrizio Piscitelli était tranquillement assis sur un banc, dans le Parco degli Acquedotti, non loin de son domicile, au milieu des sportifs et des promeneurs. Un peu avant 19 heures, un homme en tenue de jogging s’est glissé derrière lui, et lui a tiré une balle de 7.65 dans la nuque, avant de rejoindre un complice puis de s’évanouir dans la ville. Nul besoin de grandes connaissances en criminologie pour comprendre qu’il n’a pas été tué au hasard, par un rôdeur.

    Le lendemain soir, une poignée de supporteurs parviennent, malgré la surveillance, à déployer en son honneur une gigantesque banderole « il diablo vive » (« le diable est vivant ») sur le Ponte degli Annibaldi, face au Colisée. Diabolik était leur empereur, il ne pouvait pas quitter la scène sans apothéose.

    Nom cité dans de nombreuses affaires

    Enfant du peuple « laziale » et de la périphérie sud de Rome, Diabolik est vite devenu une figure importante dans le monde des ultras de la Lazio. A partir de la fin des années 1980, il s’impose comme le chef des « Irriductiblili », un groupe très lié aux mouvements néofascistes qui, au fil du temps, absorbera tous les autres collectifs d’ultras de la tribune. Son influence est telle qu’il essaie, au cours des années 2000, de prendre le contrôle du club, sans succès.

    Homme d’affaires avisé, Diabolik s’appuie sur son aura pour développer un fructueux commerce de produits dérivés. Las, il ne s’arrête pas aux seuls produits autorisés, ce qui lui vaudra de passer quatre années et demie au total en prison. Dans les années 1990, il est lié au clan Abate, un rameau de la #Camorra implanté en périphérie de Naples, sur les pentes du Vésuve, mais également très présent dans la capitale. Plus tard, son nom est cité dans de nombreuses affaires, et il apparaît surtout, en 2014, dans le scandale #Mafia capitale, qui a mis au jour les liens existant entre l’administration de la ville de Rome et le crime organisé.

    Au centre des ramifications de cette tentaculaire affaire, il y a un homme, Massimo Carminati, qui passe pour avoir été un des amis les plus proches de Diabolik. Véritable légende du milieu romain, surnommé « le dernier roi de Rome » par la presse locale, Carminati, qui purge actuellement une peine de vingt ans de prison, soumis au très rigoureux « 41bis », le régime de détention des chefs mafieux, est un ancien proche de la bande de la #Magliana, qui a régné sur Rome des années 1970 au début des années 1990. Mais il est surtout un ancien des #NAR (#Noyaux_armés_révolutionnaires), un groupe néofasciste très actif durant les années de plomb. Dans les divers interrogatoires qu’il a subis, #Carminati s’est toujours décrit comme « fasciste » avant tout. Diabolik se présentait de la même manière.

    « Fascistes, pas mafieux »

    Dans les stades italiens, la liste des provocations dont se sont rendus coupables les Irriductibili sous sa direction est impressionnante, depuis la banderole à la gloire du criminel de guerre serbe Arkan, en 2000 à Bari, à la diffusion dans les travées de l’Olimpico, en 2017, de très douteux photomontages représentant Anne Frank vêtue du maillot du club rival, l’AS Roma.

    Pour toutes ces raisons, les autorités tenaient à ce que les funérailles de Diabolik ne tournent pas à la manifestation fasciste spontanée. Aussi, après avoir tenté d’imposer des obsèques strictement privées, la police a-t-elle convenu avec la famille d’une cérémonie devant une centaine de personnes, le 21 août, dans l’enceinte du sanctuaire de Notre-Dame du Divin Amour, en périphérie de la ville. Les fumigènes et les banderoles sont restés au dehors, mais cela n’a pas empêché plusieurs journalistes d’être pris à partie par des proches du défunt.

    Pendant que les hommages au chef ultra se poursuivent, la recherche du tueur et surtout du ou des commanditaires suit son cours. Celle-ci a connu un spectaculaire rebondissement le 2 septembre lorsqu’est apparue sur YouTube une vidéo dans laquelle une autre figure du milieu romain, Fabio Gaudenzi, un proche de Carminati et Diabolik déclare, le visage cagoulé, son intention de se rendre à la police, pour leur révéler l’identité des commanditaires du crime et sauver sa peau.

    Dans ce court message, prononcé à la hâte, avant l’arrivée de la police, l’homme révèle que Carminari, Diabolik et lui appartenaient à un petit cercle néofasciste « élitiste ». Puis il lance à la caméra : « Nous sommes des fascistes, pas des mafieux. »

    Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)

    #ITALIE #football #Néofascisme #années_de_plomb

    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/09/09/a-rome-vie-et-mort-d-un-chef-ultra-de-la-lazio_5508024_3210.html

  • South Sudanese Refugees Transform a Camp Into a City in Uganda

    #Bidi_Bidi refugee camp is home to nearly a quarter-million South Sudanese who fled the violence of civil war in their home country. Its progressive policies allow refugees to live, farm and work together while they wait to return to their home country. But, as conditions are slow to improve in South Sudan, many refugees are opting to stay.

    U.S. Democratic Senators Chris Coons and Chris Van Hollen visited the camp recently. The two lawmakers were touring several refugee settlements throughout Uganda last month, including Bidi Bidi — one of the world’s largest.

    Speaking by phone, Senator Van Hollen called the settlements an “important model” that other countries should consider when housing the displaced.

    “Obviously a key ingredient to the success of that model has been significant international support,” he said.

    When Bidi Bidi was opened in 2016, it was a rural piece of land in northern Uganda, where South Sudanese refugees, mostly women and children, fled to avoid violence during their country’s civil war.

    As is often the case, tensions are common between refugees and the local population, who feel that the refugees are taking resources that might have been available for them.

    But, Uganda decided to do something different, earmarking a percentage of the country’s international funding to go toward local amenities. Refugee families were given plots of land to build family-style clusters of homes with room to grow their own fruits and vegetables. As a result, a small-scale economy began to flourish in the camp, with some refugees starting their own businesses.

    Last year, following a peace deal between warring South Sudan leaders, Ugandan President Yoweri Museveni said he hoped the refugees would begin returning home.

    But, that’s not the case.

    According to a new report published this week by several humanitarian agencies, including Oxfam, refugees — especially women — are hesitant to return home. They fear the peace won’t last.

    As a result, settlement official Michael Joelle says Bidi Bidi has reached capacity, and refugees are being turned away and settlements are feeling the strain.

    “Before the 2016 emergency, we were offering a plot of 50 by 100, so the number has been decreasing as the number of refugees increase,” said Joelle.

    The situation has become more dire after international donors suspended their funding earlier this year after it was reported that funds for refugees in Uganda had been mismanaged.

    Grace, a refugee at Bidi Bidi, fled her home country with her children four years ago. Her husband finally joined the family last year.

    The former teacher said she doesn’t see herself moving back to South Sudan anytime soon.

    “Even we’re receiving bad news, so and so has been killed, so and so has been raped, so many things are happening.”

    https://www.voanews.com/africa/south-sudanese-refugees-transform-camp-city-uganda

    #Soudan_du_Sud #Ouganda #camps_de_réfugiés #réfugiés #asile #migrations #ville

    Et commentaire de Jeff Crisp sur twitter :

    It’s not a question of whether a camp looks like a city or not. It’s a question of what rights the refugees are able to exercise.

    https://twitter.com/JFCrisp/status/1170460384513466368

  • Près de 1 500 personnes ont été fichées par Monsanto en Europe
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/09/07/pres-de-1-500-personnes-ont-ete-fichees-par-monsanto-en-europe_5507493_3244.


    AUREL

    Un rapport commandé par Bayer dévoile l’ampleur de la campagne menée pour obtenir le renouvellement de l’autorisation du glyphosate dans l’Union

    Défendre le glyphosate n’est pas une petite entreprise. Seize millions de dollars (14,4 millions d’euros) de contrat, un emboîtement d’une demi-douzaine de firmes de relations publiques, plus de soixante consultants à plein temps, près de 1 500 personnes fichées dans sept pays et 7 millions de dollars destinés au recrutement de « tierces parties » – des personnalités non affiliées à Monsanto qui portent la parole de la firme dans le débat public ou l’arène scientifique. Les éléments-clés du rapport publié, jeudi 5 septembre, par le cabinet d’avocats Sidley Austin sur l’affaire du « fichier Monsanto » donnent la mesure de l’ampleur des opérations d’influence conduites en Europe par l’agrochimiste américain, désormais propriété de Bayer.

    L’entreprise allemande avait recruté Sidley Austin en mai, après la révélation, par Le Monde et France 2, de l’existence d’un fichier de 200 personnalités françaises élaboré par la société de lobbying FleishmanHillard pour le compte de Monsanto. Constitué dès l’automne 2016, ce fichier de responsables politiques, journalistes, scientifiques, militants ou syndicalistes, était utilisé dans le cadre de la « campagne de renouvellement du glyphosate ». Réautorisation européenne qui sera obtenue en 2017.

  • The Invisible Wall of #Lampedusa: Landscaping Europe’s Outer Frontier

    Two people are standing by a beaten-up Toyota on an arid, scrub-covered hilltop in the middle of nowhere. They are looking at the valley, keeping a safe distance from the edge. They have to make sure they are not visible from down there, to avoid any trouble. From where they stand, they can see only the roofs of the buildings at the bottom of the valley, some red and white prefabs making their way out of the green vegetation. Getting closer to the edge, they can probably see people walking between the buildings, hanging clothes out to dry on their fences, maybe playing football or talking outside. We’ve all seen these scenes on TV. But they can’t get any closer, otherwise the soldiers might confiscate their cameras. Instead, they will just take nice pictures of the valley, the prickly pears and the scattered agaves lining the hillsides. Even of the sea, in the background.


    https://failedarchitecture.com/the-invisible-wall-of-lampedusa-landscaping-europes-outer-fronti
    #séparation #division #murs #frontières #in/visibilité #ségrégation #migrations #asile #réfugiés #camps #paysage #CPSA #Centro_di_Primo_Soccorso_e_Accoglienza #Porta_d’Europa #monument #port #Molo_Favaloro

    via @isskein
    ping @mobileborders @reka

    Et la conclusion:

    Broadly speaking, Lampedusa serves as evidence of the complexity of the spatial implications of political borders, when they do not translate into physical barriers. The narrative around migration that currently permeates Europe has not necessitated a physical wall in Lampedusa, but it has taken the form of a network of artefacts, whose collective purpose is to produce the spectacle of a border.

  • Διαμαρτυρία ανηλίκων στη Μόρια

    Oλοένα και αυξάνεται η πίεση στο καζάνι της Μόριας. Μόλις μία μέρα μετά την αναχώρηση σχεδόν 1.500 προσφύγων από το ΚΥΤ, μια μίνι εξέγερση των ανήλικων εγκλωβισμένων ήρθε να υπενθυμίσει ότι η κατάσταση συνεχίζει να είναι απελπιστική. Και θα συνεχίσει, όσο σε έναν χώρο που είναι φτιαγμένος για 3.000 ανθρώπους στοιβάζονται αυτή τη στιγμή πάνω από 9.400 ψυχές, εκ των οποίων οι 750 είναι ανήλικοι.

    Μερίδα αυτών των ανηλίκων και ειδικότερα των νεοεισερχομένων ήταν αυτή που ξεκίνησε τη χθεσινή διαμαρτυρία, ζητώντας την άμεση αναχώρησή τους από τη Λέσβο ή έστω τη μεταφορά τους σε ξενοδοχεία, αφού από τη μέρα που πάτησαν το πόδι τους στο ΚΥΤ είναι υποχρεωμένοι να ζουν όλοι μαζί στοιβαγμένοι σε μια μεγάλη σκηνή που έχει στηθεί στον χώρο της Πρώτης Υποδοχής και η οποία μέχρι πρόσφατα έπαιζε τον ρόλο της ρεσεψιόν για όλους τους νεοαφιχθέντες, αλλά πλέον έχει μετατραπεί σε χώρο προσωρινής διαμονής ανηλίκων, έως ότου δοθεί κάποια λύση.

    Η ένταση ξεκίνησε το μεσημέρι της Τετάρτης, όταν ομάδα ανηλίκων έσπασε την πόρτα της σκηνής και ορισμένοι επιχείρησαν να βάλουν φωτιά σε κάδους απορριμμάτων. Παράλληλα, άλλη ομάδα από τους 300 ανήλικους που βρίσκονται στην τέντα κινήθηκε προς την έξοδο και μπλόκαρε τον δρόμο έξω από την πύλη, φωνάζοντας συνθήματα όπως Athens-Athens και Hotel-Hotel, θέλοντας έτσι να κάνουν κατανοητά τα αιτήματά τους.

    Σύντομα, στον χώρο επενέβη η Αστυνομία, που απώθησε με δακρυγόνα τους ανήλικους, και όταν η κατάσταση ηρέμησε ξεκίνησαν κάποιες διαπραγματεύσεις μεταξύ των δύο πλευρών, χωρίς να καταγραφούν μέχρι αυτή την ώρα συλλήψεις ή τραυματισμοί.

    Παρών στη Μόρια κατά τη διάρκεια των επεισοδίων ήταν και ο ύπατος αρμοστής της UNHR, Φίλιπ Λεκλέρκ, που έφθασε στη Μυτιλήνη προκειμένου να έχει προσωπική εικόνα της κατάστασης που έχει δημιουργηθεί, αλλά και για να συμμετάσχει σε σύσκεψη όλων των δημάρχων του Βορείου Αιγαίου που πραγματοποιήθηκε υπό τον νέο περιφερειάρχη, Κώστα Μουτζούρη.
    Ακροδεξιά λογική Μουτζούρη και δημάρχων

    Σε αυτήν, κυριολεκτικά επικράτησε η ακροδεξιά λογική, με τους συμμετέχοντες να καταλήγουν σε ένα πλαίσιο που βρίθει ξενοφοβικών και ρατσιστικών στερεοτύπων. Στην τετράωρη σύσκεψη -και με τη συμμετοχή των περιφερειακών διευθυντών Αστυνομίας και Λιμενικού-, οι δήμαρχοι με τον περιφερειάρχη κατέληξαν ομόφωνα σε ένα κείμενο με αιτήματα που θα αποσταλεί στο υπουργείο Προστασίας του Πολίτη, όπου θα ζητούν την εφαρμογή όσων υποσχόταν προεκλογικά η Ν.Δ. Αναλυτικά οι αυτοδιοικητικοί ζητούν :

    ● Να μη δημιουργηθεί καμία νέα δομή για πρόσφυγες και μετανάστες στα νησιά της περιφέρειας.

    ● Την άμεση μεταφορά των υφισταμένων δομών εκτός των αστικών ιστών και την οριστική διακοπή λειτουργίας των ΚΥΤ της Σάμου, της Μόριας και της ΒΙΑΛ στη Χίο.

    ● Την αναλογική διασπορά των προσφύγων στο σύνολο της χώρας, με άμεση αποσυμφόρηση των νησιών και μαζικές επιστροφές στην Τουρκία, στο πλαίσιο της κοινής δήλωσης Ε.Ε. – Τουρκίας, ώστε η σημερινή αναλογία του 1:7 (μετανάστες προς γηγενείς) των νησιών να μειωθεί στο 1:170 της ηπειρωτικής χώρας.

    ● Την άμεση και πλήρη αποζημίωση των κατοίκων που έχουν υποστεί καταπάτηση και ζημιές στο φυτικό και ζωικό κεφάλαιο από τους πρόσφυγες και μετανάστες.

    ● Την άμεση καταγραφή και τον έλεγχο των ΜΚΟ που δραστηριοποιούνται στην περιφέρεια.

    ● Την αποτελεσματική φύλαξη των θαλάσσιων συνόρων και την άμεση υλοποίηση των προεκλογικών δεσμεύσεων της κυβέρνησης και των πρόσφατων αποφάσεων του ΚΥΣΕΑ.

    ● Τη στήριξη των εμπλεκόμενων δημόσιων υπηρεσιών και πρωτίστως του Λιμενικού Σώματος, της ΕΛ.ΑΣ. και των ενόπλων δυνάμεων για την καθοριστική συμβολή τους στην αντιμετώπιση του προβλήματος και την απαίτηση για άμεση ενίσχυσή τους με προσωπικό και μέσα.


    https://www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/209598_diamartyria-anilikon-sti-moria

    Avec ce commentaire de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migreurop, reçu le 05.09.2019 :

    Le reportage du quotidien grec Efimerida tôn Syntaktôn donne plus des précisions sur les incidents qui ont éclaté hier mercredi au hot-spot de Moria à Lesbos. Il s’agissait d’une mini-révolte des mineurs bloqués sur l’île, qui demandaient d’être transférés à Athènes ou du moins d’être logés à l’hôtel. Même après le transfert 1.500 personnes au continent, il y a actuellement à Moria 9.400 personnes dont 750 mineurs pour une capacité d’accueil de 3.000. Les mineurs qui arrivent depuis quelques jours sont entassés dans une grande #tente qui servait jusqu’à maintenant de lieu de Premier Accueil, une sorte de réception-desk pour tous les arrivants, qui s’est transformé en gîte provisoire pour 300 mineurs. Hier,vers midi, un groupe de mineurs ont cassé la porte de la tente et ont essayé de mettre le feu à des poubelles, tandis qu’un deuxième groupe de mineurs avait bloqué la route vers la porte du camp en criant Athens-Athens et Hotel-Hotel, faisant ainsi comprendre qu’ils réclament leur transfert à Athènes ou à défaut à des chambres d’hôtel. La police est intervenue en lançant de gaz lacrymogènes, et une fois le calme répandu ; des pourparlers se sont engagés avec les deux groupes. Il n’y a pas eu ni arrestations ni blessés.

    En même temps la situation est encore plus désespérante au hot-spot de Samos où pour une capacité d’accueil de 648 personnes y sont actuellement entassées presque 5.000 dans des conditions de vie inimaginables. Voir le tableau édité par le Ministère de Protection du Citoyen (alias de l’Ordre Public) (https://infocrisis.gov.gr/5869/national-situational-picture-regarding-the-islands-at-eastern-aegean-sea-4-9-2019/?lang=en)

    #Moria #Lesbos #Lesvos #migrations #asile #réfugiés #camps_de_réfugiés #Grèce #hotspot #révolte #résistance #mineurs #MNA #enfants #enfance #violence

    • Διαμαρτυρία εκατοντάδων ανηλίκων για τις απάνθρωπες συνθήκες διαβίωσης στη Μόρια

      Ένταση επικράτησε το μεσημέρι της Τετάρτης στο Κέντρο Υποδοχής και Ταυτοποίησης Προσφύγων στην Μόρια, καθώς περίπου 300 ανήλικοι πρόσφυγες και μετανάστες διαμαρτυρήθηκαν για τις απάνθρωπες συνθήκες διαβίωσης στο κέντρο, που έχουν γίνει ακόμα χειρότερες τις τελευταίες μέρες λόγω της άφιξης εκατοντάδων νέων ανθρώπων.

      Όπως αναφέρουν πληροφορίες της ιστοσελίδας stonisi.gr, περίπου 300 ανήλικοι πρόσφυγες και μετανάστες προχώρησαν σε συγκέντρωση διαμαρτυρίας έξω από το κέντρο της Μόριας, θέλοντας να διαμαρτυρηθούν για τις απάνθρωπες συνθήκες διαβίωσης.

      Οι ίδιες πληροφορίες αναφέρουν ότι πάρθηκε απόφαση να εκκενωθεί η πτέρυγα των ανηλίκων ενώ έγινε και περιορισμένη χρήση χημικών από την αστυνομία. Σημειώνεται ότι τη Δευτέρα έφτασαν στο νησί εκατοντάδες άνθρωποι, που πλέον κατευθύνθηκαν σε δομές της Βόρειας Ελλάδας, όπου είναι ήδη αδύνατη η στέγαση περισσότερων ανθρώπων.

      https://thepressproject.gr/diamartyria-ekatontadon-anilikon-gia-tis-apanthropes-synthikes-diavi

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      Avec ce commentaire de Vicky Skoumbi (05.09.2019) :

      Des centaines de mineurs protestent contre les conditions de vie inhumaines en Moria
      La tension a monté d’un cran mercredi à midi au centre de réception et d’identification des réfugiés de Moria. Environ 300 réfugiés et immigrants ont protesté contre les conditions de vie inhumaines dans le centre, qui se sont encore aggravées ces derniers jours avec l’arrivée de centaines de personnes.

      Selon des informations du site Internet stonisi.gr , quelque 300 réfugiés et migrants mineurs se sont rassemblés hors du centre de la Moria, dans le but de protester contre ces conditions de vie inhumaines.

      La même source d’’information indique qu’une décision a été prise d’évacuer l’aile des mineurs tandis que la police a fait un usage moderé de gaz chimiques. Il est à noter que lundi, des centaines de personnes sont arrivées sur l’île, se dirigeant maintenant vers des structures situées dans le nord de la Grèce, où il est déjà impossible d’accueillir plus de personnes.

  • CAMPEMENTS DE MIGRANTS SANS-ABRI : COMPARAISONS EUROPÉENNES ET RECOMMANDATIONS

    Depuis quelques années, les campements de migrants sans-abri défraient la chronique. Présents dans certains quartiers ou à la périphérie des #villes, ils suscitent des réactions indignées ou exaspérées. Désignés comme un retour des #bidonvilles, ils sont principalement habités par des immigrés aux situations variées : demandeurs d’asile et réfugiés aux dossiers incorrectement traités, ressortissants européens roms, sans-papiers… Ces sites sont régulièrement évacués puis repeuplés. #Visibilité et volume du problème distinguent la France, particulièrement #Paris. C’est ce que montre une enquête réalisée en 2018 dans six capitales européennes (#Bruxelles, #Berlin, #Bucarest, #Londres, #Madrid et #Rome). En ce qui concerne les migrations, la prise en charge des dossiers y repose sur le droit national et les moyens de sa mise en oeuvre. Mais, dans ces métropoles, les autorités locales ont davantage la main face aux campements que dans les villes françaises. Il serait judicieux de s’inspirer de leurs réalisations, tant en ce qui concerne le recensement que le traitement des phénomènes. Comparaison et coopération s’imposent d’autant plus que la dimension proprement européenne de l’#errance et de la grande indigence s’avère cruciale. En tout état de cause, la situation et la politique française, singulièrement à Paris, méritent d’être appréciées à l’aune de ce qui se déroule dans d’autres pays européens. La France ne saurait se résoudre à une #banalisation que l’on ne rencontre pas ailleurs.


    http://www.fondapol.org/etude/campements-de-migrants-sans-abri-comparaisons-europeennes-et-recommandatio
    #campements #migrations #sans-abri #sans-abrisme #SDF #réfugiés #asile #France #rapport #urban_matter #migrerrance

    ping @isskein @karine4

  • Male rape survivors go uncounted in #Rohingya camps

    ‘I don’t hear people talk about sexual violence against men. But this is also not specific to this response.’
    Nurul Islam feels the pain every time he sits: it’s a reminder of the sexual violence the Rohingya man endured when he fled Myanmar two years ago.

    Nurul, a refugee, says he was raped and tortured by Myanmar soldiers during the military purge that ousted more than 700,000 Rohingya from Rakhine State starting in August 2017.

    “They put me like a dog,” Nurul said, acting out the attack by bowing toward the ground, black tarp sheets lining the bamboo tent around him.

    Nurul, 40, is one of the uncounted male survivors of sexual violence now living in Bangladesh’s cramped refugee camps.

    Rights groups and aid agencies have documented widespread sexual violence against women and girls as part of the Rohingya purge. UN investigators say the scale of Myanmar military sexual violence was so severe that it amounts to evidence of “genocidal intent to destroy the Rohingya population” in and of itself.

    But boys and men like Nurul were also victims. Researchers who study sexual violence in crises say the needs of male survivors have largely been overlooked and neglected by humanitarian programmes in Bangladesh’s refugee camps.

    “There’s a striking division between aid workers and the refugees,” said Sarah Chynoweth, a researcher who has studied male survivors of sexual violence in emergencies around the world, including the Rohingya camps. “Many aid workers say we haven’t heard about it, but the refugees are well aware of it.”

    A report she authored for the Women’s Refugee Commission, a research organisation that advocates for improvements on gender issues in humanitarian responses, calls for aid groups in Bangladesh to boost services for all survivors of sexual violence – recognising that men and boys need help, in addition to women and girls.

    Rights groups say services for all survivors of gender-based violence are “grossly inadequate” and underfunded across the camps – including care for people attacked in the exodus from Myanmar, as well as abuse that happens in Bangladesh’s city-sized refugee camps.

    Stigma often prevents Rohingya men and boys from speaking up, while many aid groups aren’t asking the right questions to find out.

    But there are even fewer services offering male victims like Nurul specialised counselling and healthcare.

    Chynoweth and others who work on the issue say stigma often prevents Rohingya men and boys from speaking up, while many aid groups aren’t asking the right questions to find out – leaving humanitarian groups with scarce data to plan a better response, and male survivors of sexual violence with little help.

    In interviews with organisations working on gender-based violence, health, and mental health in the camps, aid staff told The New Humanitarian that the needs of male rape survivors have rarely been discussed, or that specialised services were unnecessary.

    Mercy Lwambi, women protection and empowerment coordinator at the International Rescue Committee, said focusing on female survivors of gender-based violence is not intended to exclude men.

    “What we do is just evidence-informed,” she said. “We have evidence to show it’s for the most part women and girls who are affected by sexual violence. The numbers of male survivors are usually low.”

    But according to gender-based violence case management guidelines compiled by organisations including the IRC, services should be in place for all survivors of sexual violence, with or without incident data.

    And in the camps, Rohingya refugees know that male survivors exist.

    TNH spoke with dozens of Rohingya refugees, asking about the issue of ”torture against private parts of men”. Over the course of a week, TNH met 21 Rohingya who said they were affected, knew other people who were, or said they witnessed it themselves.

    When fellow refugees reached out to Nurul on behalf of TNH, he decided to share his experiences as a survivor of sexual violence: “Because it happened to men too,” he said.
    Asking the right questions

    After his attack in Myanmar, Nurul said other Rohingya men dragged him across the border to Bangladesh’s camps. When he went to a health clinic, the doctors handed him painkillers. There were no questions about his injury, and he didn’t offer an explanation.

    “I was too ashamed to tell them what had happened,” he said.

    When TNH met him in June, Nurul said he hadn’t received any counselling or care for his abuse.

    But Chynoweth says the problem is more complicated than men being reluctant to out themselves as rape victims, or aid workers simply not acknowledging the severity of sexual violence against men and boys.

    She believes it’s also a question of language.

    When Chynoweth last year started asking refugees if they knew of men who had been raped or sexually abused, most at first said no. When she left out the words “sexual” and “rape” and instead asked if “torture” was done against their “private parts”, people opened up.

    “Many men have no idea that what happened to them is sexual violence,” she said.

    Similarly, when she asked NGO workers in Bangladesh if they had encountered sexual violence against Rohingya men, many would shake their heads. “As soon as I asked if they had treated men with genital trauma, the answer was: ‘Yes, of course,’” she said.

    This suggests that health workers must be better trained to ask the right questions and to spot signs of abuse, Chynoweth said.
    Challenging taboos

    The undercounting of sexual violence against men has long been a problem in humanitarian responses.

    A December 2013 report by the Office of the Special Representative of the UN Secretary-General on Sexual Violence in Conflict notes that sexual and gender-based violence is often seen as a women’s issue, yet “the disparity between levels of conflict-related sexual violence against women and levels against men is rarely as dramatic as one might expect”.

    A Security Council resolution this year formally recognised that sexual violence in conflict also targets men and boys; Human Rights Watch called it “an important step in challenging the taboos that keep men from reporting their experiences and deny the survivors the assistance they need”.

    But in the Rohingya refugee camps, the issue still flies under the radar.

    Mwajuma Msangi from the UN Population Fund, which chairs the gender-based violence subsector for aid groups in the camps, said sexual violence against men and boys is usually only raised, if at all, during the “any other business” section that ends bimonthly coordination meetings.

    “It hasn’t really come up,” Msangi said in an interview. “It’s good you are bringing this up, we should definitely look into it.”

    TNH asked staff from other major aid groups about the issue, including the UN’s refugee agency UNHCR, which co-manages UN and NGO efforts in the camps, and the World Health Organisation, which leads the health sector. There were few programmes training staff on how to work with male survivors of sexual violence, or offering specialised healthcare or counselling.

    “The [gender-based violence] sector has not been very proactive in training health workers to be honest,” said Donald Sonne Kazungu, Médecins Sans Frontières’ medical coordinator in Cox’s Bazar. “I don’t hear people talk about sexual violence against men. But this is also not specific to this response.”

    "The NGO world doesn’t acknowledge that it happened because there is no data, and there is no data because nobody is asking for it.”

    No data, no response

    For the few organisations that work with male survivors of sexual violence in the camps, the failure to assess the extent of the problem is part of a cycle that prevents solutions.

    "The NGO world doesn’t acknowledge that it happened because there is no data, and there is no data because nobody is asking for it,” said Eva Buzo, country director for Legal Action Worldwide, a European NGO that offers legal support to people in crises, including a women’s organisation in the camps, Shanti Mohila.

    LAW trains NGO medical staff and outreach workers, teaching them to be aware of signs of abuse among male survivors. It’s also trying to solidify a system through which men and boys can be referred for help. Through the first half of the year, the organisation has interacted with 25 men.

    "It’s really hardly a groundbreaking project, but unfortunately it is,” Buzo said, shrugging her shoulders. “Nobody else is paying attention.”

    But she’s reluctant to advertise her programme in the camps: there aren’t enough services where male victims of sexual violence can access specialised health and psychological care. Buzo said she trusts two doctors that work specifically with male survivors; both were trained by her organisation.

    “It’s shocking how ill-equipped the sector is,” she said, frustrated about her dilemma. “If we identify new survivors, I don’t even know where to refer them to.”

    The issue also underscores a larger debate in the humanitarian sector about whether gender-based violence programmes should focus primarily on women and girls, who face added risks in crises, or also better include men, boys, and the LGBTI community.

    “If we identify new survivors, I don’t even know where to refer them to.”

    Buzo says the lack of services for male survivors in the Rohingya camps points to a reluctance to recognise the need for action out of fear it might come at the expense of services for women – which already suffer from funding shortfalls.

    The Rohingya response could have been a precedent for the humanitarian sector as a whole to better respond to male survivors of sexual violence, according to an aid worker who worked on protection issues in the camps in 2017 as the massive refugee outflow was unfolding.

    When she questioned incoming refugees about sexual violence against women, numerous Rohingya asked what could be done for men who had also been raped, said the aid worker, who asked not to be named as she didn’t have permission to speak on behalf of her organisation.

    “We missed yet another chance to open this issue up,” she said.

    Chynoweth believes health, protection, and counselling programmes for all survivors – female and male – must improve.

    “There aren’t many services for women and girls. The response to all survivors is really poor,” she said. “But we should, and we can do both.”

    http://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2019/09/04/Rohingya-men-raped-Myanmar-Bangladesh-refugee-camps-GBV
    #viol #viols #violences_sexuelles #conflits #abus_sexuels #hommes_violés #réfugiés #asile #migrations #camps_de_réfugiés #Myanmar #Birmanie

  • #Migrerrance... de camp en camp en #Grèce...
    Des personnes traitées comme des #paquets de la poste

    Greece moves 1400 asylum-seekers from crowded Lesbos camp as migrant numbers climb

    Greek officials and aid workers on Monday began an emergency operation to evacuate 1,400 migrants from a dangerously overcrowded camp on Lesbos as numbers of arrivals on the island continue to climb.

    Six hundred and forty people were bussed away from Moria camp, which has become notorious for violence and poor hygiene, with 800 more following.

    “I hope to get out of this hell quickly,” 21-year-old Mohamed Akberi, who arrived at the camp five days earlier, told Agence-France Presse.

    Lesbos has been hit hard by the migrant crisis, with authorities deadlocked over what to do with new arrivals. Some 11,000 have been put in Moria camp, an old army barracks in a remote part of the island which has a capacity of around 3,000.

    The camp has been criticised sharply by human rights organisations for its squalid living conditions and poor security. Last month, a 14-year-old Afghan boy was killed in a fight and women in the camp are targets for sexual violence.

    The migrants removed from Moria on Monday will be taken by ferry to Thessaloniki, where they will be transported to Nea Kavala, a small camp in northern Greece near the border with North Macedonia.

    Lesbos saw 3,000 new arrivals in August, with around 650 arriving in just one day last week, and another 400 over the weekend.

    The emergency transfer from Moria was agreed by the government at an emergency meeting on Saturday, with unaccompanied minors and other vulnerable people given priority.

    The Greek government agreed to do away with the appeal procedures for asylum seekers to facilitate their swift return to Turkey.

    Greece will also step up border patrols with the help of the EU border control agency Frontex.

    Nearly 1,900 migrants have been forcibly returned to Turkey under a deal brokered by the European Union in 2016, and 17,000 migrants have voluntarily left Greece for their home countries over the last three years.

    Aid workers have questioned whether the emergency move provides a meaningful solution to Greece’s migrant problem.

    “While the situation in Moria is certainly diabolical, the government’s response to move people doesn’t solve the problem of overcrowding and is more of a PR exercise without addressing the issues that will be exacerbated by the move,” one aid worker with Nea Kavala, who wished to remain anonymous, told the Telegraph. “It’s very much an out-of-the-frying-pan-into- the-fire situation.”

    Stella Nanou, a spokesperson at the UNHCR in Greece, told the Daily Telegraph: “The situation is an urgent one in Moria and requires urgent relief. It is obvious more needs to be done in the short term. In the long term, solutions need to be provided to decongest and relieve the situation on the islands. We stand ready to help.”

    https://www.telegraph.co.uk/news/2019/09/02/greece-moves-1400-asylum-seekers-crowded-lesbos-camp-migrant
    #Moria #Lesbos #Lesvos #camps_de_réfugiés #Grèce_du_Nord #déplacement #asile #migrations #réfugiés

    ping @isskein

    • Grèce : Plus de 1 000 migrants transférés de l’île de Lesbos vers le continent

      Un premier groupe de 600 migrants ont été transférés lundi matin du camp de Moria, à Lesbos, vers le continent. Un deuxième contingent de 700 personnes devraient aussi être acheminé vers le continent grec dans l’après-midi. Ce week-end, le gouvernement avait annoncé une série de mesure pour faire face à l’afflux de migrants, notamment le transfert rapide des mineurs non accompagnés et des personnes les plus vulnérables des îles vers le continent.

      Les premières évacuations de l’île grecque de Lesbos vers le continent ont débuté lundi 2 septembre. Un premier contingent de 600 migrants installés dans le camp saturé de Moria ont été évacués lundi matin.

      Six cent trente-cinq Afghans, transportant des bagages encombrants, se sont précipités pour monter dans les bus de la police, sous la supervision du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (#HCR).

      Dans la cohue générale, ils ont ensuite embarqué sur le navire « Caldera Vista » vers le port de Thessalonique, où ils doivent être acheminés vers le camp de réfugiés de Nea Kavala, dans la ville de Kilkis situé dans le nord de la Grèce.

      Un autre groupe de 700 migrants devaient également être transférés dans l’après-midi vers le même lieu, dans le cadre de la décision du gouvernement grec de désengorger le camp de Moria.

      « 3 000 arrivées rien qu’au mois d’août »

      Samedi 31 août, le gouvernement grec a annoncé une série de mesure pour faire face à l’afflux de migrants, notamment le transfert rapide des mineurs non accompagnés et des personnes les plus vulnérables des îles vers le continent mais aussi la suppression des procédure d’appels aux demandes d’asile pour faciliter les retours des réfugiés en Turquie.

      Le camp de Moria, centre d’enregistrement et d’identification de Lesbos, héberge déjà près de 11 000 personnes, soit quatre fois la capacité évaluée par le HCR.

      Le nombre de migrants n’a cessé de grossir cet été. L’agence onusienne parle de « plus de 3 000 arrivées rien qu’au mois d’août ». Jeudi soir, 13 bateaux sont arrivés à Lesbos avec plus de 540 personnes dont 240 enfants, une hausse sans précédent qui inquiète le gouvernement conservateur arrivé au pouvoir le 7 juillet dernier.

      Ce week-end, 280 autres migrants sont arrivés en Grèce, souvent interceptés en pleine mer par les garde-côtes de l’Union européenne et de la Grèce.

      Sur la côte nord de l’île où les canots pneumatiques chargés de migrants débarquent le plus souvent, la surveillance a été renforcée dimanche. Une équipe de l’AFP a pu constater les allers et venues des patrouilleurs en mer, et la vigilance accrue des policiers sur les rives grecques.
      Depuis l’accord UE-Turquie signé en mars 2016, le contrôle aux frontières a été renforcé, rendant l’accès à l’île depuis la Turquie de plus en plus difficile. Mais, ces derniers mois près de 100 personnes en moyenne parviennent chaque jour à effectuer cette traversée.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/19227/grece-plus-de-1-000-migrants-transferes-de-l-ile-de-lesbos-vers-le-con

    • Message de Vicky Skoumbi reçu via la mailing-list de Migreurop, 03.09.2019:

      Des scènes qui rappellent l’été 2015 se passent actuellement à Lesbos.

      Le nombre particulièrement élevé d’arrivées récentes à Lesbos (Grèce) – plus que 3.600 pour le seul mois d’août- a obligé le nouveau gouvernement de transférer 1.300 personnes vulnérables vers le continent et notamment vers la commune Nouvelle Kavalla à Kilkis, au nord-ouest du pays. Il s’agit juste d’un tiers de réfugiés reconnus comme vulnérables qui restent bloqués dans l’île, malgré la levée de leur confinement géographique. Jusqu’à ce jour le gouvernement Mitsotakis avait bloqué tout transfert vers le continent, même au moment où la population de Moria avait dépassé les 10.000 dont 4.000 étaient obligés de vivre en dehors du camp, dans des abris de fortune sur les champs d’alentours. Le service médical à Moria y est désormais quasi-inexistant, dans la mesure où des 40 médecins qui y travaillaient, il ne reste actuellement que deux qui ne peuvent s’occuper que des urgences – et encore-, tandis qu’il n’y a plus aucune ambulance disponible sur place. Ceci a comme résultant que les personnes qui arrivent ne passent plus de contrôle médical avec tous les risques sanitaires que cela puisse créer dans un camp si surpeuplé.

      Le nouveau président de la Région de l’Egée du Nord, M. Costas Moutzouris, de droite sans affiliation, avait déclaré que toutes les régions de la Grèce doivent partager le ‘fardeau’, car « les îles ne doivent pas subir une déformation, une altération raciale, religieuse, et ethnique ».

      Source (en grec) Efimerida tôn Syntaktôn (https://www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/209204_sti-moria-kai-sti-sykamnia-i-lesbos-anastenazei)

      C’est sans doute l’arrivée de 13 bateaux avec 550 personnes à Sykamia (Lesbos) samedi dernier, qui a obligé le gouvernement de céder et d’organiser un convoi vers le continent. Mais l’endroit choisi pour l’installation de personnes transférées est un campement déjà surchargé – pour une capacité d’accueil de 700 personnes, 924 y sont installés dans de containers et 450 dans des tentes. Avec l’arrivée de 1.300 de plus ni le réseau d’eau potable, ni les deux générateurs électriques ne sauraient tenir. La situation risque de devenir totalement chaotique, d’autant plus que le centre d’accueil en question est géré sans aucune structure administrative par une ONG, le Conseil danois pour les Réfugiés. En même temps, l’endroit est exposé aux vents et les tentes qui y sont montés pour les nouveaux arrivants risquent de s’envoler à la première rafale. D’après le quotidien grec Efimerida tôn Syntktôn (https://www.efsyn.gr/ellada/dikaiomata/209222_giati-i-boreia-ellada-kathistatai-afiloxeni-sto-neo-kyma-prosfygon) toutes les structures du Nord de la Grèce ont déjà dépassé la limite de leurs capacités d’accueil.

    • Greece to increase border patrols and deportations to curb migrant influx

      Greece is to step up border patrols, move asylum-seekers from its islands to the mainland and speed up deportations in an effort to deal with a resurgence in migrant flows from neighboring Turkey.

      The government’s Council for Foreign Affairs and Defence convened on Saturday for an emergency session after the arrival on Thursday of more than a dozen migrant boats carrying around 600 people, the first simultaneous arrival of its kind in three years.

      The increase in arrivals has piled additional pressure on Greece’s overcrowded island camps, all of which are operating at least twice their capacity.

      Arrivals - mostly of Afghan families - have picked up over the summer, and August saw the highest number of monthly landings in three years.

      Greece’s Moria camp on the island of Lesbos - a sprawling facility where conditions have been described by aid organizations as inhumane - is also holding the largest number of people since the deal was agreed.

      On Saturday, the government said it would move asylum-seekers to mainland facilities, increase border surveillance together with the European Union’s border patrol agency Frontex and NATO, and boost police patrols across Greece to identify rejected asylum seekers who have remained in the country.

      It also plans to cut back a lengthy asylum process, which can take several months to conclude, by abolishing the second stage of appeals when an application is rejected, and deporting the applicant either to Turkey or to their country of origin.

      “The asylum process in our country was the longest, the most time consuming and, in the end, the most ineffective in Europe,” Greece’s deputy citizen protection minister responsible for migration policy, Giorgos Koumoutsakos, told state television.

      Responding to criticism from the opposition that the move was unfair and unlawful, Koumoutsakos said:

      “Asylum must move quickly so that those who are entitled to international protection are vindicated ... and for us to know who should not stay in Greece.”

      The government was “determined to push ahead with a robust returns policy because that is what the law and the country’s best interest impose, in accordance with human rights,” he said.

      Greece was the main gateway to northern Europe in 2015 for nearly a million migrants and refugees from war-torn and poverty-stricken countries in the Middle East and Africa.

      A deal between the EU and Turkey in March 2016 reduced the influx to a trickle, but closures of borders across the Balkans resulted in tens of thousands of people stranded in Greece.

      Humanitarian organizations have criticized Greece for not doing enough to improve living conditions at its camps, which they have described as “shameful”.

      https://www.reuters.com/article/us-europe-migrants-greece/greece-to-increase-border-patrols-and-deportations-to-curb-migrant-influx-i

    • Grèce : les migrants de Lesbos désemparés dans leur nouveau camp

      « Nous avons quitté Moria en espérant quelque chose de mieux et finalement, c’est pire » : Sazan, un Afghan de 20 ans, vient d’être transféré, avec mille compatriotes, de l’île grecque de Lesbos saturée, dans le camp de #Nea_Kavala, dans le nord de la Grèce.

      Après six mois dans « l’enfer » de Moria sur l’île de Lesbos, Sazan se sent désemparé à son arrivée à Nea Kavala, où il constate « la difficulté d’accès à l’eau courante et à l’électricité ».

      A côté de lui, Mohamed Nour, 28 ans, entouré de ses trois enfants, creuse la terre devant sa tente de fortune pour fabriquer une rigole « pour protéger la famille en cas de pluie ».

      Mille réfugiés et migrants sont installés dans 200 tentes, les autres seront transférés « dans d’autres camps dans le nord du pays », a indiqué une source du ministère de la Protection du citoyen, sans plus de détails.

      L’arrivée massive de centaines de migrants et réfugiés la semaine dernière à Lesbos, principale porte d’entrée migratoire en Europe, a pris de court les autorités grecques, qui ont décidé leur transfert sur des camps du continent.

      Car le camp de Moria, le principal de Lesbos, l’un des plus importants et insalubres d’Europe, a dépassé de quatre fois sa capacité ces derniers mois.

      En juillet seulement, plus de 5.520 personnes ont débarqué à Lesbos - un record depuis le début de l’année - auxquelles se sont ajoutés 3.250 migrants au cours de quinze premiers jours d’août, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

      – Tensions à Moria -

      Quelque 300 mineurs non accompagnés ont protesté mercredi contre leurs conditions de vie dans le camp de Moria et demandé leur transfert immédiat à Athènes. De jeunes réfugiés ont mis le feu à des poubelles et la police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes, a rapporté l’agence de presse grecque ANA.

      « Nous pensions que Moria était la pire chose qui pourrait nous arriver », explique Mohamed, qui s’efforce d’installer sa famille sous une tente de Nea Kavala.

      « On nous a dit que notre séjour serait temporaire mais nous y sommes déjà depuis deux jours et les conditions ne sont pas bonnes, j’espère partir d’ici très vite », assène-t-il.

      Des équipes du camp œuvrent depuis lundi à installer des tentes supplémentaires, mais les toilettes et les infrastructures d’hygiène ne suffisent pas.

      Le ministère a promis qu’avant la fin du mois, les migrants seraient transférés dans d’autres camps.

      Mais Tamim, 15 ans, séjourne à Nea Kavala depuis trois mois : « On nous a dit la même chose (que nous serions transférés) quand nous sommes arrivés (...). A Moria, c’était mieux, au moins on avait des cours d’anglais, ici on ne fait rien », confie-t-il à l’AFP.

      Pour Angelos, 35 ans, employé du camp, « il faut plus de médecins et des infrastructures pour répondre aux besoins de centaines d’enfants ».

      – « Garder espoir » -

      Plus de 70.000 migrants et réfugiés sont actuellement bloqués en Grèce depuis la fermeture des frontières en Europe après la déclaration UE-Turquie de mars 2016 destinée à freiner la route migratoire vers les îles grecques.

      Le Premier ministre de droite Kyriakos Mitsotakis, élu début juillet, a supprimé le ministère de la Politique migratoire, créé lors de la crise migratoire de 2015, et ce dossier est désormais confié au ministère de la Protection du citoyen.

      Face à la recrudescence des arrivées en Grèce via les frontières terrestre et maritime gréco-turques depuis janvier 2019, le gouvernement a annoncé samedi un train de mesures allant du renforcement du contrôle des frontières et des sans-papiers à la suppression du droit d’appel pour les demandes d’asile rejetées en première instance.

      Des ONG de défense des réfugiés ont critiqué ces mesures, dénonçant « le durcissement » de la politique migratoire.

      La majorité des migrants arrivés en Grèce espère, comme destination « finale », un pays d’Europe centrale ou occidentale.

      « Je suis avec ma famille ici, nous souhaitons aller vivre en Autriche », confirme Korban, 19 ans, arrivé mardi à Nea Kavala.

      « A Moria, les rixes et la bousculade étaient quotidiennes, c’était l’enfer. La seule chose qui nous reste maintenant, c’est d’être patients et de garder espoir », confie-t-il.

      https://www.la-croix.com/Monde/Migrants-transferes-Grece-Ici-pire-Lesbos-2019-09-04-1301045157

  • My Mother Sold Me. Cambodia, where virginity is a commodity

    Instead of playing with school friends and doing homework, many underage girls in Cambodia work in #nightclubs and karaoke bars, that in reality, are brothels. Many are forced into the sex trade by their own families who sold their daughter’s virginity as a last resort to make ends meet. RTD visits Cambodia for an inside look at the thriving child sex industry and virgin trade as told by the girls and their mothers.

    https://www.youtube.com/watch?v=MEaFdDsp5Co


    #film #documentaire #Cambodge #prostitution #filles #femmes #industrie_du_sexe
    ping @albertocampiphoto

  • UN Human Rights Council Should Address Human Rights Crisis in Cambodia at its 42nd Session

    Dear Excellency,

    The undersigned civil society organizations, representing groups working within and outside Cambodia to advance human rights, rule of law, and democracy, are writing to alert your government to an ongoing human rights crisis in Cambodia and to request your support for a resolution ensuring strengthened scrutiny of the human rights situation in the country at the upcoming 42nd session of the UN Human Rights Council (the “Council”).

    National elections in July 2018 were conducted after the Supreme Court, which lacks independence, dissolved the major opposition party, the Cambodia National Rescue Party (CNRP). Many believe that this allowed the ruling Cambodian People’s Party (CPP) under Prime Minister Hun Sen to secure all 125 seats in the National Assembly and effectively establish one-party rule. Since the election, respect for human rights in Cambodia has further declined. Key opposition figures remain either in detention – such as CNRP leader Kem Sokha, who is under de facto house arrest – or in self-imposed exile out of fear of being arrested. The CNRP is considered illegal and 111 senior CNRP politicians remain banned from engaging in politics. Many others have continued to flee the country to avoid arbitrary arrest and persecution.

    Government authorities have increasingly harassed opposition party members still in the country, with more than 147 former CNRP members summoned to court or police stations. Local authorities have continued to arrest opposition members and activists on spurious charges. The number of prisoners facing politically motivated charges in the country has remained steady since the election. The government has shuttered almost all independent media outlets, and totally controls national TV and radio stations. Repressive laws – including the amendments to the Law on Political Parties, the Law on Non-Governmental Organizations, and the Law on Trade Unions – have resulted in severe restrictions on the rights to freedom of expression, peaceful assembly and association.

    It is expected that a resolution will be presented at the 42nd session of the Human Rights Council in September to renew the mandate of the UN Special Rapporteur on the situation of human rights in Cambodia for another two years. We strongly urge your delegation to ensure that the resolution reflects the gravity of the situation in the country and requests additional monitoring and reporting by the Office of the High Commissioner for Human Rights (OHCHR). Mandated OHCHR monitoring of the situation and reporting to the Council, in consultation with the Special Rapporteur, would enable a comprehensive assessment of the human rights situation in Cambodia, identification of concrete actions that the government needs to take to comply with Cambodia’s international human rights obligations, and would allow the Council further opportunities to address the situation.

    Since the last Council resolution was adopted in September 2017, the situation of human rights in Cambodia, including for the political opposition, human rights defenders, and the media, has drastically worsened. Developments since the 2018 election include:

    Crackdown on Political Opposition

    On March 12, 2019, the Phnom Penh Municipal Court issued arrest warrants for eight leading members of the opposition Cambodia National Rescue Party who had left Cambodia ahead of the July 2018 election – Sam Rainsy, Mu Sochua, Ou Chanrith, Eng Chhai Eang, Men Sothavarin, Long Ry, Tob Van Chan, and Ho Vann. The charges were based on baseless allegations of conspiring to commit treason and incitement to commit felony. In September 2018, authorities transferred CNRP head Kem Sokha after more than a year of pre-trial detention in a remote prison to his Phnom Penh residence under highly restrictive “judicial supervision” that amounts to house arrest. Cambodian law has no provision for house arrest and there is no evidence that Sokha has committed any internationally recognizable offense.

    During 2019, at least 147 arbitrary summonses were issued by the courts and police against CNRP members or supporters. Summonses seen by human rights groups lack legal specifics, containing only vague references to allegations that the person summoned may have violated the Supreme Court ruling that dissolved the CNRP in November 2017.

    Human Rights Defenders and Peaceful Protesters

    In November 2018, Prime Minister Hun Sen stated that criminal charges would be dropped against all trade union leaders related to the government’s January 2014 crackdown on trade unions and garment workers in which security forces killed five people. However, the following month, a court convicted six union leaders – Ath Thorn, Chea Mony, Yang Sophorn, Pav Sina, Rong Chhun, and Mam Nhim – on baseless charges and fined them. An appeals court overturned the convictions in May 2019, but in July 2019 the court announced its verdict in absentia convicting Kong Atith, newly elected president of the Coalition of Cambodian Apparel Workers Democratic Union (CCAWDU), of intentional acts of violence in relation to a 2016 protest between drivers and the Capitol Bus Company. The court imposed a three-year suspended sentence, which will create legal implications under Article 20 of the Law on Trade Unions, which sets out among others that a leader of a worker union cannot have a felony or misdemeanor conviction.

    In December 2018, Thai authorities forcibly returned Cambodian dissident Rath Rott Mony to Cambodia. Cambodian authorities then prosecuted him for his role in a Russia Times documentary “My Mother Sold Me,” which describes the failure of Cambodian police to protect girls sold into sex work. He was convicted of “incitement to discriminate” and in July 2019 sentenced to two years in prison.

    In March 2018, the government enacted a lese majeste (insulting the king) clause into the Penal Code, and within a year four people had been jailed under the law and three convicted. All the lese majeste cases involved people expressing critical opinions on Facebook or sharing other people’s Facebook posts. The government has used the new law, along with a judiciary that lacks independence, as a political tool to silence independent and critical voices in the country.

    In July 2019, authorities detained two youth activists, Kong Raya and Soung Neakpoan, who participated in a commemoration ceremony on the third anniversary of the murder of prominent political commentator Kem Ley in Phnom Penh. The authorities charged both with incitement to commit a felony, a provision commonly used to silence activists and human rights defenders. Authorities arrested seven people in total for commemorating the anniversary; monitored, disrupted, or canceled commemorations around the country; and blocked approximately 20 members of the Grassroots Democracy Party on their way to Takeo province – Kem Ley’s home province.

    Attacks on Journalists and Control of the Media

    Prior to the July 2018 election, the Cambodian government significantly curtailed media freedom, online and offline. In 2017, authorities ordered the closure of 32 FM radio frequencies that aired independent news programs by Radio Free Asia (RFA) and Voice of America. RFA closed its offices in September 2017, citing government harassment as the reason for its closure. The local Voice of Democracy radio was also forced to go off the air.

    Since 2017, two major independent newspapers, the Phnom Penh Post and The Cambodia Daily, were subjected to dubious multi-million-dollar tax bills, leading the Phnom Penh Post to be sold to a businessman with ties to Hun Sen and The Cambodia Daily to close.

    Social media networks have come under attack from increased government surveillance and interventions. In May 2018, the government adopted a decree on Publication Controls of Website and Social Media Processing via Internet and the Law on Telecommunications, which allow for arbitrary interference and surveillance of online media and unfettered government censorship. Just two days before the July 2018 elections, authorities blocked the websites of independent media outlets – including RFA and VOA – which human rights groups considered an immediate enforcement of the new decree.

    Since then, Cambodian authorities have proceeded with the politically motivated prosecution of two RFA journalists, Yeang Sothearin and Uon Chhin. They were arrested in November 2017 on fabricated espionage charges connected to allegations that the two men continued to report for RFA after RFA’s forced closure of its Cambodia office. They were held in pre-trial detention until August 2018. Their trial began in July 2019 and a verdict on the espionage charges is expected late August. They face up to 16 years in prison.

    *

    The Cambodian government’s actions before and since the July 2018 election demonstrate a comprehensive campaign by the ruling CPP government to use violence, intimidation and courts that lack judicial independence to silence or eliminate the political opposition, independent media, and civil society groups critical of the government.

    We strongly urge your government to acknowledge the severity of the human rights situation and the risks it poses to Cambodia’s fulfillment of its commitments to respect human rights and rule of law as set out in the Paris Peace Accords 1991. It is crucial that concerned states explicitly condemn the Cambodian government’s attacks on human rights norms and take steps to address them.

    For these reasons, we call on the Human Rights Council to adopt a resolution requesting the UN High Commissioner for Human Rights to monitor and report on the situation of human rights in Cambodia and outline actions the government should take to comply with its international human rights obligations. The High Commissioner should report to the Council at its 45th session followed by an Enhanced Interactive Dialogue with participation of the Special Rapporteur on Cambodia, other relevant UN Special Procedures, and members of local and international civil society.

    We further recommend that your government, during the Council’s September session, speaks out clearly and jointly with other governments against ongoing violations in Cambodia.

    We remain at your disposal for any further information.

    With assurances of our highest consideration,

    Amnesty International
    ARTICLE 19
    ASEAN Parliamentarians for Human Rights (APHR)
    Asian Forum for Human Rights and Development (FORUM-ASIA)
    Asian Legal Resource Centre (ALRC)
    Cambodian Alliance of Trade Unions (CATU)
    Cambodian Center for Human Rights (CCHR)
    Cambodian Food and Service Workers’ Federation (CFSWF)
    Cambodian Human Rights and Development Association (ADHOC)
    Cambodian League for the Promotion & Defense of Human Rights (LICADHO)
    Cambodian Youth Network (CYN)
    Cambodia’s Independent Civil Servants Association (CICA)
    Center for Alliance of Labor and Human Rights (CENTRAL)
    CIVICUS: World Alliance for Citizen Participation
    Civil Rights Defenders (CRD)
    Committee to Protect Journalists (CPJ)
    Commonwealth Human Rights Initiative (CHRI)
    FIDH – International Federation for Human Rights
    Fortify Rights
    Human Rights Now
    Human Rights Watch (HRW)
    International Commission of Jurists (ICJ)
    Independent Democracy of Informal Economy Association (IDEA)
    International Service for Human Rights (ISHR)
    Lawyers’ Rights Watch Canada (LRWC)
    National Democratic Institute (NDI)
    Reporters Without Borders (Reporters Sans Frontières - RSF)
    World Organisation Against Torture (OMCT)

    https://www.hrw.org/news/2019/08/30/un-human-rights-council-should-address-human-rights-crisis-cambodia-its-42nd-se
    #Cambodge #droits_humains #arrestations #opposition #liberté_d'expression #censure #presse #médias #lese_majeste #Kem_Ley #Rath_Rott_Mony #Kong_Raya #Soung_Neakpoan #réseaux_sociaux

  • En #Inde, près de deux millions de citoyens, la plupart #musulmans, déchus de leur #nationalité

    La Cour suprême exclut de nombreux citoyens des registres d’état civil de l’#Etat_de_l’Assam.


    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/31/en-inde-pres-de-deux-millions-de-citoyens-la-plupart-musulmans-dechus-de-leu
    #citoyenneté #apatridie #Assam #apatrides

    –---------

    En 2018, le Courrier international titrait :
    Inde. Quatre millions d’habitants de l’Assam considérés comme apatrides
    https://seenthis.net/messages/712102

    • India builds detention camps for up to 1.9m people ‘stripped of citizenship’ in Assam

      Ten centres ‘planned’ across northeastern state after national register published
      The Indian government is building mass detention camps after almost two million people were told they could be effectively stripped of citizenship.

      Around 1.9m people in the north-eastern state of Assam were excluded when India published the state’s final National Register of Citizens (NRC) list in August.

      Those excluded from the register will have to appeal to prove they are citizens. The UN and other international rights groups have expressed concern that many could be rendered stateless.

      The citizenship list is part of a drive to detect illegal immigrants in Assam.

      The Indian government claims that the migrants have arrived from neighbouring Muslim-majority Bangladesh.

      Critics say that the register has upended the lives of Muslims who have lived legally in the state for decades.

      Record keeping in parts of rural India is poor and many, including those building the camps, have been caught out by the NRC’s stringent requirements.

      “We don’t have birth certificates,” Malati Hajong, one of the labourers working at a site near the village of Goalpara, told the Reuters news agency.

      The Goalpara camp is one of at least 10 planned detention centres, according to local media reports.

      It is around the size of seven football pitches and designed to hold 3,000 people.

      Officials plan to have a school and hospital at the centre, as well as a high boundary wall and watchtowers for the security forces.

      Critics have accused the Modi administration of using the NRC to target Assam’s large Muslim community.

      But the government says it is simply complying with an order from India’s Supreme Court, which said the NRC had been delayed for too long and set a strict deadline for its completion.

      Government sources say those excluded from the list retain their rights and have 120 days to appeal at local “Foreigners Tribunals”. If that fails, they can take their cases to the High Court of Assam and ultimately the Supreme Court. What happens to those who fail at all levels of appeal is yet to be decided, they said.

      Last month the local chapter of India’s ruling Bharatiya Janata Party expressed dismay after it became apparent that many Hindus had also been excluded from the list.

      Officials said the government may pass legislation to protect legitimate citizens.

      The government is already in the process of bringing legislation to grant citizenship to Hindu, Sikh and Buddhist immigrants from neighbouring countries.

      Muslim immigrants are not included in the law.

      The nationalist, hardline Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) group also called for genuine citizens to be included in the list after it emerged that Hindus had been affected. The RSS and BJP are closely affiliated.

      https://www.independent.co.uk/news/world/asia/assam-india-detention-camps-bangladesh-nrc-list-a9099251.html

      #camps_de_détention #détention

  • Réfugiés : du #Niger à la #Dordogne

    La France a adhéré en 2017 à l’#Emergency_Transit_Mechanism, programme humanitaire exceptionnel permettant à des réfugiés évacués d’urgence de #Libye (reconnus « particulièrement vulnérables ») d’être pris en charge dès le Niger, et réinstallés dans des #pays_sûrs. Comment cela passe-t-il aujourd’hui ?

    De nouveaux naufrages cette semaine au large de la Libye nous rappellent à quel point est éprouvant et risqué le périple de ceux qui tentent de rejoindre l’Europe après avoir fui leur pays. Partagée entre des élans contradictoires, compassion et peur de l’invasion, les pays de l’Union européenne ont durci leur politique migratoire, tout en assurant garantir le droit d’asile aux réfugiés. C’est ainsi que la #France a adhéré à l’Emergency Transit Mechanism (#ETM), imaginé par le #HCR fin 2017, avec une étape de transit au Niger.

    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) réinstalle chaque années des réfugiés présents dans ses #camps (Liban, Jordanie, Tchad ou encore Niger) dans des pays dits ‘sûrs’ (en Europe et Amérique du Nord). La réinstallation est un dispositif classique du HCR pour des réfugiés « particulièrement vulnérables » qui, au vu de la situation dans leur pays, ne pourront pas y retourner.

    Au Niger, où se rend ce Grand Reportage, cette procédure est accompagnée d’un dispositif d’#évacuation_d’urgence des #prisons de Libye. L’Emergency Transit Mechanism (ETM) a été imaginé par le HCR fin 2017, avec une étape de #transit au Niger. Nouvelle frontière de l’Europe, pour certains, le pays participe à la #sélection entre migrants et réfugiés, les migrants étant plutôt ‘retournés’ chez eux par l’Organisation Internationale des Migrants (#OIM).

    Sur 660 000 migrants et 50 000 réfugiés (placés sous mandat HCR) présents en Libye, 6 600 personnes devraient bénéficier du programme ETM sur deux ans.

    La France s’est engagé à accueillir 10 000 réinstallés entre septembre 2017 et septembre 2019. 7 000 Syriens ont déjà été accueillis dans des communes qui se portent volontaires. 3 000 Subsahariens, dont une majorité évacués de Libye, devraient être réinstallés d’ici le mois de décembre.

    En Dordogne, où se rend ce Grand Reportage, des communes rurales ont fait le choix d’accueillir ces réfugiés souvent abîmés par les violences qu’ils ont subis. Accompagnés pendant un an par des associations mandatées par l’Etat, les réfugiés sont ensuite pris en charge par les services sociaux locaux, mais le rôle des bénévoles reste central dans leur installation en France.

    Comment tout cela se passe-t-il concrètement ? Quel est le profil des heureux élus ? Et quelle réalité les attend ? L’accompagnement correspond-il à leurs besoins ? Et parviennent-ils à s’intégrer dans ces villages français ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/refugies-du-niger-a-la-dordogne
    #audio #migrations #asile #réfugiés #réinstallation #vulnérabilité #retour_volontaire #IOM #expulsions #renvois #externalisation #tri #rural #ruralité #accueil
    ping @isskein @pascaline @karine4 @_kg_ @reka

    Ajouté à cette métaliste sur l’externalisation :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765335

  • #Richard_Mosse. #Incoming

    Richard Mosse retourne contre elles-mêmes les technologies militaires. Dans le cadre du Voyage à Nantes, le Lieu unique présente la première exposition personnelle en France de ce photographe irlandais né en 1980.

    « Dire ʺshooterʺ pour ʺprendreʺ une photographie, c’est reconnaître la parenté entre photographie et #violence. (1) » Dans cet article daté de février dernier, Teju Cole, critique au New York Times, ne choisit pas ses mots par hasard. Il y est question de « domination visuelle » : effective dans des daguerréotypes du 19e siècle pris en Afrique, empreints de colonialisme européen, renversée dans l’une des dernières séries de Richard Mosse, The Castle (2017).

    Ce photographe est connu pour les rouges et roses d’Infra (2011), série de photographies, et de The Enclave (2013), installation photographique et vidéo (2). Il utilisait alors un film infrarouge Kodak Aerochrome, la même technique que celle employée par l’armée américaine dans les années 1940 pour débusquer un ennemi camouflé dans la forêt. À l’image, la chlorophylle des plantes virait au pourpre. Avec cette pellicule sensible à des longueurs d’ondes que nous ne percevons pas – le spectre infrarouge –, il racontait, à sa manière, la complexité et l’opacité, pour nous, Occidentaux, de la guerre au Congo, peu, ou mal, couverte par la presse. La beauté, acide rosée, rouge sang, de ses paysages et portraits de guerriers disait, indirectement, la violence latente, invisible, de ce conflit. On se souvient de ces couleurs, ambivalentes, vénéneuses, qui retenaient le regard et exprimaient davantage que ce qui était photographié.

    Rendre visible ce qu’on ne veut pas voir, détourner une technologie militaire, exprimer la violence d’une situation et du regard que nous portons sur elle, pour Richard Mosse, les enjeux et les méthodes n’ont pas bougé. Il présente au Lieu unique ses deux derniers projets, entamés en 2014 : des Heat Maps (2016-18) (3), photographies tirées de la série The Castle, et Incoming (2014-17), installation vidéo. Cette fois, nous ne sommes plus au Congo, mais dans des camps de réfugiés (Grèce, Bulgarie, Allemagne, Liban) – Heat Maps –, ou le long de leur périple en mer – Incoming. Cette fois, ni rose, ni rouge, l’image, en noir et blanc, irréelle, est obtenue à l’aide d’une #caméra_thermique, classée équipement de guerre, « capable de détecter un corps humain à 30 km » : « une arme au sens propre » (4). Alors que cette technologie est habituellement utilisée pour surveiller les frontières de l’Europe ou ajuster, de loin, le tir d’un missile, Richard Mosse s’en sert pour nous montrer, concrètement, ce que nos gouvernements tiennent à distance : ces personnes qui, fuyant la violence d’un conflit ou les conséquences du réchauffement climatique, migrent en masse.


    https://www.artpress.com/2019/07/02/richard-mosse-incoming
    #photographie #forensic_architecture #architecture_forensique #retournement #migrations #réfugiés #asile #frontières #art

    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere @reka @karine4 @mobileborders

  • UNHCR shocked at death of Afghan boy on #Lesvos; urges transfer of unaccompanied children to safe shelters

    UNHCR, the UN Refugee Agency, is deeply saddened by news that a 15-year-old Afghan boy was killed and two other teenage boys injured after a fight broke out last night at the Moria reception centre on the Greek island of Lesvos. Despite the prompt actions by authorities and medical personnel, the boy was pronounced dead at Vostaneio Hospital in Mytilene, the main port town on Lesvos. The two other boys were admitted at the hospital where one required life-saving surgery. A fourth teenager, also from Afghanistan, was arrested by police in connection with the violence.

    The safe area at the Moria Reception and Identification Centre, RIC, hosts nearly 70 unaccompanied children, but more than 500 other boys and girls are staying in various parts of the overcrowded facility without a guardian and exposed to exploitation and abuse. Some of them are accommodated with unknown adults.

    “I was shocked to hear about the boy’s death”, said UNHCR Representative in Greece, Philippe Leclerc. “Moria is not the place for children who are alone and have faced profound trauma from events at home and the hardship of their flight. They need special care in dedicated shelters. The Greek government must take urgent measures to ensure that these children are transferred to a safe place and to end the overcrowding we see on Lesvos and other islands,” he said, adding that UNHCR stands ready to support by all means necessary.

    Frustration and tensions can easily boil over in Moria RIC which now hosts over 8,500 refugees and migrants – four times its capacity. Access to services such as health and psychological support are limited while security is woefully insufficient for the number of people. Unaccompanied children especially can face unsafe conditions for months while waiting for an authorized transfer to appropriate shelter. Their prolonged stay in such difficult conditions further affects their psychology and well-being.

    Nearly 2,000 refugees and migrants arrived by sea to Greece between 12 and 18 August, bringing the number of entries this year to 21,947. Some 22,700 people, including nearly 1,000 unaccompanied and separated children, are now staying on the Greek Aegean islands, the highest number in three years.

    https://www.unhcr.org/gr/en/12705-unhcr-shocked-at-death-of-afghan-boy-on-lesvos-urges-transfer-of-unacco

    #MNA #mineurs #enfants #enfance #Moria #décès #mort #asile #migrations #réfugiés #Grèce #camps_de_réfugiés #Lesbos #bagarre #dispute #surpopulation

    • Cet article du HCR, m’a fait pensé à la #forme_camps telle qu’elle est illustrée dans l’article... j’ai partagé cette réflexion avec mes collègues du comité scientifique du Centre du patrimoine arménien de Valence.

      Je la reproduis ici :

      Je vous avais parlé du film documentaire « #Refugistan » (https://seenthis.net/messages/502311), que beaucoup d’entre vous ont vu.

      Je vous disais, lors de la dernière réunion, qu’une des choses qui m’avait le plus frappé dans ce film, c’est ce rapprochement géographique du « camp de réfugié tel que l’on se l’imagine avec des #tentes blanches avec estampillons HCR »... cet #idéal-type de #camp on le voit dans le film avant tout en Afrique centrale, puis dans les pays d’Afrique du Nord et puis, à la fin... en Macédoine. Chez nous, donc.

      J’ai repensé à cela, ce matin, en voyant cette triste nouvelle annoncée par le HCR du décès d’un jeune dans le camps de Moria à Lesbos suite à une bagarre entre jeunes qui a lieu dans le camp.

      Regardez l’image qui accompagne l’article :

      Des tentes blanches avec l’estampillons « UNHCR »... en Grèce, encore plus proche, en Grèce, pays de l’Union européenne...

      Des pensées... que je voulais partager avec vous.

      #altérité #cpa_camps #altérisation

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  • L’expérience du Presidio #No_Borders à #Vintimille, été 2015

    Du 15 juin au 30 septembre 2015, à l’initiative d’un groupe de migrant.e.s et de « solidaires » européen.ne.s, un campement permanent s’est organisé à la frontière italo-française pour dénoncer la mise en place de pratiques de contrôle et de refoulement systématiques. Photos : Stefano Vitale.

    Du 6 au 8 juin 2015, à l’occasion du G7 en Allemagne, les accords de Schengen ont été suspendus et des contrôles systématiques réintroduits aux frontières internes de l’Union. Ces mesures ont particulièrement concerné les frontières entre l’Italie, dont les côtes et les îles du sud font l’objet d’une arrivée massive de migrant.e.s, et ses voisins communautaires, la France et l’Autriche. Des centaines de migrant.e.s – en provenance pour la grande majorité du Soudan, de l’Érythrée, de la Somalie et de la Syrie – qui remontaient la péninsule soit vers l’Allemagne et les pays scandinaves, soit vers la France et le Royaume-Uni, se sont ainsi retrouvé.e.s bloqué.e.s à différentes étapes de leur trajectoire.

    Au début de l’été, après une semaine de fermeture des frontières, quelques 800 personnes ont ainsi été bloquées à la gare Tiburtina à Rome, 500 à la gare centrale de Milan, une centaine à la gare de Bolzano et entre 100 et 250 personnes à la gare de Vintimille. Dans chaque ville, les autorités locales ont mis en place des centres d’accueil d’urgence à l’intérieur ou à proximité des gares, tandis que différents groupes et associations ont organisé des actions de solidarité avec les migrant.e.s.

    Le 15 juin, l’Allemagne et l’Autriche ont réintroduit les accords de Schengen, rétablissant le transit dans les gares de Rome, Milan et Bolzano et permettant ainsi le passage de dizaines de migrant.e.s chaque jour. La situation à la frontière franco-italienne s’est avérée plus complexe. Si les autorités françaises ont affirmé (le 13/06) n’avoir jamais suspendu les accords de Schengen, la police a pourtant mis en place des contrôles systématiques aux frontières avec l’Italie dès le début de l’année 2015, contrôles qui perdurent jusqu’à aujourd’hui.

    Ces contrôles se déroulent en particulier à la gare de Menton Garavan, premier arrêt des trains TER reliant Vintimille à Nice[1]. Ils sont effectués sur la totalité des trains et des wagons, sans pour autant concerner tou.te.s les passager.e.s : seul.e.s les « non blanc.he.s » sont ciblé.e.s[2]. Les migrant.e.s obligé.e.s de quitter le train sont transféré.e.s dans une structure temporaire[3] située à côté du poste frontière du Pont St. Louis, sur la route de moyenne corniche appelée frontiera alta par les italien.ne.s. Ils et elles sont ensuite refoulé.e.s vers l’Italie[4] – y compris des mineur.e.s isolé.es, situation dénoncée comme illégale par la police italienne – via le poste frontière du Pont St. Ludovic situé sur la route de bord de mer (frontiera bassa)[5]. Les migrant.e.s sont ainsi prise.e.s dans un système circulaire qualifié de « manège » (la Giostra) par les activistes No Borders sur place.

    La gestion de cette situation a mis à jour cet été la forte tension qui régnait entre les autorités de part et d’autre de la frontière. Tandis que les autorités françaises accusaient les pouvoirs publics italiens d’omettre sciemment d’identifier les migrant.e.s contrairement aux règles du traité de Dublin, les autorités italiennes dénonçaient les déséquilibres générés par ce même traité et exigeaient la mise en place d’un système de quotas au niveau de l’Union Européenne. Les tensions ont été telles que les pouvoirs publics italiens en sont venus à menacer (le 16/06) de fournir à tou.te.s les migrant.e.s des permis de séjour temporaires leur permettant de traverser les frontières au sein de l’espace Schengen, comme ils l’avaient fait lors de la « crise des tunisiens » en 2011.

    C’est dans ce contexte, et à partir de la mobilisation d’un groupe de migrant.e.s dénonçant la Giostra qui les empêchaient de passer la frontière pourtant officiellement ouverte, que le presidio (la « permanence ») No Borders de Vintimille s’est mis en place à l’été 2015. Il s’est installé devant le poste frontière du Pont Saint Ludovic : non pas à un point de passage pour les migrant.e.s, mais à l’endroit où elles.ils atterrissaient lorsqu’elles.ils étaient refoulé.e.s par la police française.

    Naissance du presidio No Borders

    Le 11 juin 2015, un groupe de migrant.e.s refoulé.e.s a résisté à son transfert forcé vers le centre d’accueil d’urgence dressé à l’intérieur de la gare de Vintimille, refusant de quitter la zone frontalière du Pont St. Ludovic. Environ 80 migrant.e.s ont ainsi passé deux jours retranché.e.s sur les rochers au bord de la route, manifestant leur intention de ne pas quitter les lieux avant qu’une solution politique soit trouvée pour leur permettre de passer la frontière. Dès le début, la Croix Rouge Italienne, Médecins du monde et de nombreu.x.ses habitant.e.s de la région ont fourni des biens de première nécessité aux migrant.e.s retranché.e.s – couvertures, tentes et nourriture en particulier. Le 13 juin, la police italienne a de nouveau tenté de transférer les migrant.e.s, cette fois-ci en collaboration avec la Croix Rouge, mais cette tentative s’est à son tour soldée par un échec : la plupart des migrant.e.s ont refusé ce transfert, menacé de faire une grève de la faim et se sont à nouveau retranché.e.s sur les rochers (seul.e.s les quelques femmes et enfants qui étaient présent.e.s ont accepté d’être transféré.e.s dans le centre). C’est ce deuxième acte de résistance qui peut être considéré comme le moment fondateur du presidio.

    Dans les jours qui ont suivi, des activistes italien.ne.s et français.e.s[6] ont rejoint les migrant.e.s mobilisé.e.s et contribué à organiser la permanence avec eux. L’une des premières organisations à s’être installée de façon permanente et sans autorisation (à la différence de la Croix Rouge) a été le collectif Eat the Rich, cantine sociale anarchiste de Bologne. D’autres associations italiennes ont également très vite manifesté leur solidarité, comme la Communauté San Benedetto al Porto ou Music for Peace, de Gênes. Du côté français, des associations de Menton comme Amnesty International, de Nice comme l’ADN, Habitat et Citoyenneté, la Fédération des Musulmans du Sud, Fraternité du Savoir, Au cœur de l’espoir, et d’autres associations de la Vallée de la Roya sont intervenues pour soutenir le campement, comme l’ont fait nombre d’habitant.e.s de la région à titre individuel.

    Pour les militant.e.s ayant rejoint le site, il s’agissait de développer un lieu qui soit à la fois un campement d’accueil auto-géré et une plateforme pour dénoncer le manque de réponses politiques de la part de l’Union Européenne face à la question des migrant.e.s.

    Les 25 et 26 juin, des manifestations de solidarité ont été organisées au poste frontière du Pont St. Ludovic. Celles-ci ont été le point de départ de ce que les militant.e.s No Borders ont appelé la « bulle », sorte d’espace en suspension précaire et transitoire, lieu de répit et d’action pour les migrant.e.s. Les tentes se sont multipliées, les premières douches ont été installées et un panneau solaire a même été fabriqué pour permettre aux migrant.e.s de charger leur téléphone portable.

    Constitué au début de quelques tentes disposées sur les rochers, le presidio s’est installé à la fin du mois de juin sur le parking d’à côté, qui mène à la plage dite Balzi Rossi, du nom du hameaux touristique de Vintimille où elle se trouve. Il s’est ensuite rapidement étendu jusque sous le pont de la voie ferrée, où les tentes ont été transférées, des douches et des sanitaires installés, et des points de récolte de vêtements, de draps et de couvertures organisés. Une cuisine a vu le jour ainsi que le « point connecté » du campement – des postes Internet, des ordinateurs et des multiprises pour les téléphones – à côté d’un bâtiment abandonné (anciennement occupé par des bureaux de l’agence italienne du tourisme) que les militant.e.s ont finalement ouvert et investi à partir du mois d’août. Au centre de la permanence, un espace destiné à accueillir les assemblées, les rencontres et les projections s’est progressivement doté de chaises, de fauteuils et de canapés.

    Shebab et solidaires : la vie au sein du presidio.

    Tout au long des mois de juillet-août, on a compté plus de 250 migrant.e.s sur le site ainsi qu’une trentaine de militant.e.s No Borders. Ces dernier.e.s se réfèrent aux migrant.e.s mobilisé.e.s en les appelant shebab (« les jeunes » en arabe) et se désignent quant à elles.eux comme des « Européen .ne.s solidaires » (solidali europeani) de leur lutte.

    En plus de fournir un abri sûr, de la nourriture, des services d’hygiène, des habits, le presidio proposait aux migrant.e.s des informations juridiques, des indications géographiques, des aides linguistiques et des contacts avec des militant.e.s, des avocat.e.s et des associations de l’autre côté de la frontière – tout en dénonçant la mise en place d’un réseau de passeurs, lié à la criminalité locale organisée[7], et en empêchant ces derniers d’entrer dans le campement.

    Un passage collectif de la frontière a été organisé dans la nuit du 9 au 10 août, lorsqu’une centaine de migrant.e.s ont emprunté le train TER depuis la gare de Vintimille. Tou.te.s seront arrêté.e.s à Menton et conduit.e.s dans la zone de rétention au poste frontière, face auquel s’est organisé une manifestation de soutien.

    Au delà de ces actions de solidarité, trois activités ont structuré le quotidien du camp pendant ses trois mois d’existence : les manifestations à la frontière, la surveillance des opérations de refoulement, et les actions d’information autour de la situation des migrant.e.s.

    D’abord, pendant plusieurs semaines, shebab et solidaires ont manifesté tous les jours à 17h en bord de route face au campement. La cadence de ces manifestations est ensuite devenue hebdomadaire, bloquant régulièrement le passage de la frontière.

    Ensuite, des opérations de veille, appelées screening ou copwatching (« surveiller la police »), ont été organisées pour garder un œil sur la situation des personnes détenues au poste frontière Saint Louis (frontiera alta) en attente d’être refoulées vers Vintimille. Ces opérations ont notamment permis de les dénombrer et de documenter la durée et les conditions de leur détention : selon les rapports des militant.e.s, entre 20 et 55 personnes sont simultanément détenues pendant une période de temps qui n’est pas censée dépasser quatre à six heures mais qui se prolongerait dans certains cas jusqu’à plusieurs jours, pendant lesquels les migrant.e.s. seraient également privés d’eau, de soins et de nourriture. Cette activité a également permis de relever l’existence d’un deuxième « circuit de refoulement » reliant la frontière franco-italienne aux régions du sud de la péninsule – des groupes de migrant.e.s déjà réadmis sur le territoire italien auraient ainsi été transférés depuis le poste frontière de Vintimille vers les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CARA) de Bari, dans les Pouilles, et Crotone, en Calabre.

    Enfin, un certain nombre d’activités (projections de films, concerts, repas…) ont été organisées sur le site du presidio dans le but de le faire connaître et de débattre des enjeux qu’il souhaitait, mettre en avant. Le collectif du presidio a ainsi invité des groupes ou associations « solidaires » à présenter leur travail, comme le groupe NoTav de la Vallée de Susa (Piémont), ou le groupe NoTendaBis de la vallée voisine de la Roya. Deux « week-end ouverts » ont été organisés du 24 au 26 juillet et du 11 au 13 septembre, autour d’assemblées publiques et d’ateliers thématiques (sur les pratiques de la police française, sur la convergence des luttes entre migrant.e.s et solidaires, sur les modalités d’action notamment à la gare de Vintimille, etc.) Une assemblée publique a également été organisée le 8 août à la gare de Vintimille. Enfin, deux cortèges dans la ville de Vintimille, le 20 juin et le 4 octobre, ont marqué le début et la fin de l’expérience de la permanence.

    L’intention des acteur.trice.s impliqué.e.s dans la permanence était donc double. Il s’agissait d’abord de soutenir la démarche de « résistance » mise en œuvre par les migrant.e.s afin de dénoncer les incohérences dans la gestion des frontières internes et de réclamer une réponse de la part de l’Union Européenne. Mais il s’agissait également d’inventer un lieu d’accueil des migrant.e.s auto-géré, alternatif et critique à l’égard du système d’accueil institutionnel existant. Cette double démarche n’a pas toujours été facile à gérer : conjuguer les impératifs de l’accueil et de la contestation, de la discrétion et de la visibilité a pu s’avérer très complexe[8]. Les militant.e.s du presidio se sont souvent retrouvé.e.s tiraillé.e.s entre la volonté de ne pas réduire leur rôle à celui d’une solidarité « matérielle », pour ne pas risquer de reproduire des dynamiques d’assistance ou de charité, et la crainte de ne pas nuire aux migrant.e.s, déjà vulnérables.

    Fin de la permanence : « Vintimille partout »

    Le campement a été démantelé le 30 septembre. L’opération a débuté très tôt le matin ; les militant.e.s et migrant.e.s se sont à nouveau retranché.e.s sur les rochers, sans parvenir à sauver quoi que ce soit du campement : tentes, meubles, couvertures, denrées alimentaires, tout a été détruit.

    Malgré le caractère brutal de l’opération, cette issue était néanmoins attendue. En effet, le maire de Vintimille, Enrico Ioculano (centre-gauche), avait plusieurs fois demandé aux autorités compétentes le démantèlement de la permanence : selon lui, les actions du collectif portaient atteinte à l’image de la ville, qui vit largement du tourisme français. Par ailleurs, dans les semaines précédant le démantèlement, différents épisodes – dont une plainte pour viol déposée par une « solidaire » italienne contre un migrant – avaient contribué à rendre la situation autour du presidio plus tendue.

    Les activités des militant.e.s. No Borders ne s’étaient pas non plus déroulées sans que des réponses policières se mettent en place[9]. Suite à la manifestation en soutien aux migrant.e.s détenus la nuit du 9 août, par exemple, trois militants français seront mis en garde à vue et dix-sept militant.e.s italien.ne.s identifiés. D’autres militant.e.s français.es et italien.ne.s ont été placé.e.s en garde à vue ou en détention préventive suite à des opérations de screening au poste frontière du Pont St. Louis. Côté italien, durant les trois mois d’existence du presidio, les militant.e.s No Borders ont fait l’objet de huit interdictions de présence sur le territoire de la ville de Vintimille d’une durée de trois ans (foglio di via) et d’une vingtaine de plaintes.

    Dans l’après-midi du 30 septembre, un accord a été trouvé, notamment grâce à la médiation de l’Évêque de Vintimille et à l’intervention de l’avocate Alessandra Ballerini[10], experte en droit de l’immigration. Les migrant.e.s ont accepté de rejoindre le centre d’accueil de la Croix Rouge, à condition de ne pas donner leurs empreintes digitales. Les militant.e.s ont quant à elles.eux obtenu la garantie de ne pas être accusé.e.s d’autre chose que d’occupation illégale de terrains et d’immeubles[11].

    Depuis le démantèlement de la permanence, les militant.e. s No Borders ont avant tout cherché à faire connaître l’expérience du presidio à un public plus large : des manifestations de solidarité ont notamment été organisées dans différentes villes – dont Rome, Turin, Gênes et Milan – dans les jours qui ont suivi le démantèlement. Celui-ci ne devait pas signifier la fin de l’expérience : il fallait à présent porter « Vintimille partout », Ventimiglia ovunque, faire connaître la réalité de la situation à la frontière, faire progresser la contestation des politiques de restriction de la circulation des migrant.e.s, poursuivre la surveillance des pratiques de contrôle à la frontière et de pénalisation des migrant.e.s.

    Il est encore difficile de dresser un bilan de l’expérience du presidio de Vintimille. Si l’organisation du campement a bel et bien permis de créer une alternative auto-gérée au système institutionnel d’accueil, de faire connaître la situation des migrant.e.s à cette frontière interne à l’Union Européenne, et d’en dénoncer la gestion incohérente et violente, on peut se demander si elle a effectivement contribué à une « politisation » de la question à l’échelle européenne, telle qu’elle était revendiquée par les migrant.e.s refoulé.e.s mobilisé.e.s. Par ailleurs, même si les « solidaires » du presidio et les associations qui les ont soutenus provenaient aussi bien de France que d’Italie, la situation a souvent été cadrée d’un point de vue médiatique et du discours politique comme relevant d’une faiblesse nationale (le système d’accueil italien), voire locale. Toutefois, née sur la frontière et « dans » la frontière, l’expérience du presidio restera un épisode emblématique de la fermeture des frontières européennes durant l’été 2015.

    [1] Tout l’été, des contrôles systématiques ont également été effectués à la gare de Nice.

    [2] Quatre associations françaises, dont Amnesty International France et le Gisti, ont saisi le Conseil d’État en dénonçant ces contrôles comme des contrôles au faciès, mais l’ordonnance du Conseil de l’Etat du 29 juin 2015 les a jugés conformes à la loi.

    [3] Selon les militant.e.s No Borders, cette structure préfabriquée pourrait abriter une dizaine de personnes et les migrant.e.s présent.e.s sont souvent deux ou trois fois plus nombreu.x.ses. Souvent, en raison de leur nombre, les migrant.e.s seraient retenu.e.s dans une enceinte à l’extérieur de la structure, sans aucun abri.

    [4] Au delà des mesures contenues dans le règlement de Dublin II concernant les demandeur.se.s d’asile qui auraient été identifié.e.s et enregistré.e.s dans un pays de l’Union Européenne, les refoulement de la France vers l’Italie ont lieu en conformité avec les accords franco-italiens de Chambéry. Ces accords permettent – dans ce cas à la France – de refouler vers l’Italie tous les migrant.e.s qui seraient entré.e.s sur le territoire français à travers une frontière italienne même en l’absence de procédures d’identification ou de tout autre enregistrement sur le territoire italien. Dans ce cas, les autorités française envoient aux autorités italiennes une demande de réadmission, à laquelle ces dernières répondent positivement en fonction des places disponibles pour l’accueil des refoulé.e.s. Selon les témoignages des militant.e.s No Borders quand elles.ils ne sont pas réadmis.es en Italie, les migrant.e.s sont tout simplement relâché.e.s en territoire français sans autre information.

    [5] Selon un article paru dans Le Monde le 11 août, qui fait référence à des sources internes à la préfecture des Alpes Maritimes, après un pic de 1 548 migrants la première semaine de juin, le nombre de contrôles auraient oscillé entre 450 et 720 personnes par semaine, et deux tiers de ces migrant.e.s auraient fait l’objet d’une réadmission en Italie.

    [6] Les trajectoires et les motivations des militant.e.s sont différentes. La plupart sont âgé.e.s entre vingt et trente ans, et viennent de différentes régions de l’Italie. Des personnes plus âgées résidant dans la région s’engagent également dans la vie quotidienne du presidio.

    [7] Par ailleurs, un certain nombre d’activistes italien.ne.s de la région sont ou ont été par le passé engagé dans des luttes locales contre la criminalité organisée, historiquement enracinée dans cette partie de la Ligurie.

    [8] Les rapports entre « shebab » et « solidaires » se veulent « égalitaires » et « paritaires » au sein de la permanence, mais le choix des modalités de mobilisation révèle souvent une disparité entre ces deux groupes. Les interventions des « solidaires » qui succèdent aux assemblées publiques de la permanence, systématiquement traduites en italien, français et arabe, en témoignent. Lors de l’assemblée générale du dimanche 26 juillet, par exemple, une discussion s’est engagée sur ce que certain.e.s « solidaires » appellaient une « perception d’agressivité » que pourraient avoir notamment les chauffeurs transitant par la route lors des manifestations au poste frontière. Ce type de manifestation engage entre autre l’utilisation d’objet en métal ou de cailloux afin de produire du bruit, en les frappant par exemple sur les barrières métalliques positionnées au poste frontière. Les militant.e.s appelle ce type de manifestation une battitura (battage). À la fin de l’assemblée, et après s’être réuni.e.s entre elles.eux, les migrant.e.s, ont décidé de ne pas appliquer cette méthode de manifestation le soir comme il était pourtant prévu de le faire.

    [9] Des mesures restrictives avaient également touché les bénévoles d’autres associations investies dans la solidarité avec les migrant.e.s bloqué.e.s à Vintimille, et notamment une ordonnance émise le 8 août par la mairie de Vintimille interdisant toute distribution de nourriture aux migrant.e.s par des acteurs autres que les opérateurs de la Croix Rouge, sous peine d’une amende de deux cents euros.

    [10] Les deux étaient prêts à intervenir sur les lieux, puisque le soir même une rencontre publique était prévue à l’initiative de l’évêque et à la présence de militant.e.s No Borders et de l’avocate Ballerini. À cette rencontre, l’évêque de Vintimille, qui avait à plusieurs reprises manifesté son soutien aux migrant.e.s et militant.e.s du presidio, avait également invité le maire de la ville qui avait quant à lui décliné l’invitation.

    [11] Il s’agit de vingt militant.e.s : onze de nationalité italienne, huit de nationalité française et un de nationalité mexicaine. Un autre « solidaire », de nationalité bosniaque, qui préparait les repas au sein de la permanence, a été arrêté : accusé d’avoir effectué des cambriolages dans le nord de l’Italie en 2012, un mandat d’arrêt international avait été lancé à son encontre.

    http://mouvements.info/lexperience-du-presidio-no-borders-a-vintimille-ete-2015
    #Presidio_No_Borders #campement #solidarité #asile #migrations #réfugiés #frontières #Italie #France

    –-> je mets ici pour archivage, l’article est sorti en 2016

  • Watching the clothes dry: How life in Greece’s refugee camps is changing family roles and expectations

    On the Greek Islands where refugees face long waiting times and a lack of adequate facilities, women are being pushed to the margins of camp society as children are deprived of education and safe places to play. While governments and the EU fail to provide satisfactory support, and NGOs fight to fill the gaps, how can we stop a generation of women and girls with high hopes of independence and careers from being forced back into domestic roles?

    “The days here are as long as a year.

    “In the camp I have to wash my clothes and dishes with cold water in the cold winter, and I have to watch my clothes dry because I lost almost all of my dresses and clothes after hanging them up.

    “As a woman I have to do these jobs – I mean because I am supposed to do them.”

    The boredom and hopelessness that Mariam* describes are, by now, common threads running through the messy, tragic tapestry of stories from the so called “migrant crisis” in Greece.

    Mariam is from Afghanistan, and had been studying business at university in Kabul, before increasing violence and threats from the Taliban meant that she was forced to flee the country with her husband. Soon after I met her, I began to notice that life in camp was throwing two distinct concepts of herself into conflict: one, as a young woman, ambitious to study and start a career, and the other, as a female asylum seeker in a camp with appallingly few facilities, and little freedom.

    While Mariam felt driven to continue her studies and love of reading, she could not escape the daily domestic chores in camp, a burden placed particularly on her because of her gender. I was familiar with Mariam the student: while managing the Alpha Centre, an activity centre run by Samos Volunteers, I would often come across Mariam sitting in a quiet spot, her head bent over a book for hours, or sitting diligently in language classes.

    The other side of her was one I rarely saw, but it was a life which dominated Mariam’s camp existence: hours and hours of her days spent cooking, cleaning, mending clothes, queuing for food, washing dishes, washing clothes, watching them dry.
    Women as caregivers

    Mariam’s experience of boredom and hardship in the camp on Samos is, unfortunately, not uncommon for any person living in the overcrowded and squalid facilities on the Greek islands.

    Many, many reports have been made, by newspapers, by Human Rights organisations such as Amnesty International, and NGOs such as Medécins Sans Frontières (MSF). All of them speak, to varying degrees, of the crushing boredom and despair faced by asylum-seekers in Greece, the dreadful conditions and lack of resources, and the mental health implications of living in such a situation. MSF describes the suffering on the Aegean islands as being on an “overwhelming scale.”

    While these issues apply indiscriminately to anyone enduring life in the island camps – and this undoubtedly includes men – there have been reports highlighting the particular hardships that women such as Mariam have to face while seeking asylum in Greece. In a 2018 report, “Uprooted women in Greece speak out,” Amnesty International comments on the additional pressures many women face in camp:

    The lack of facilities and the poor conditions in camps place a particularly heavy burden on women who often shoulder the majority of care responsibilities for children and other relatives. The psychological impact of prolonged stays in camps is profound. Women spoke of their anxiety, nightmares, lack of sleep and depression.

    The article recognises how much more likely women are than men to take on a caregiving role, an issue that is not unique to asylum-seeking populations. According to a report titled ‘Women’s Work’ released in 2016 by the Overseas Development Institute, women globally do on average over three times more unpaid work than men – work including childcare and domestic chores. This is across both ‘developed’ and ‘developing’ countries, and demonstrates inequality on a scale far beyond refugee and migrant populations.

    However, as Amnesty points out, it is not the perceived roles themselves which are the issue, but rather the glaring lack of facilities in camps – such as lack of food, ‘horrific’ sanitary conditions, and poor or non-existent washing facilities, as well as significant lack of access to education for children, and waiting times of up to two years. All of these factors exacerbate the gender divides which may or may not have been prevalent in the first place.

    The expectation for women to be primary caregivers was something I particularly noticed when running women’s activities on Samos. There was a stark difference between the daily classes – which would fill up with men attending alone, as agents distinct from their families in camp – and the women-only sessions, where accompanying children were almost always expected, and had to be considered in every session plan.

    The particular burden that I noticed so starkly in Mariam and many other women, was a constant battle to not be pushed to the margins of a society, which she desperately wanted to participate in, but had no opportunity to do so.

    Beyond lack of opportunities, many women speak of their great fear for themselves and their children in camp. Not only does a lack of facilities make life harder for people on the move, it also makes it incredibly dangerous in many ways, putting the most vulnerable at a severe disadvantage. This issue is particularly grave on Samos, where the camp only has one official doctor, one toilet per 70 people, and a gross lack of women-only bathrooms. This, alongside a volatile and violent environment – which is particularly dangerous at night – culminates in a widespread, and well-founded fear of violence.

    In an interview with Humans of Samos, Sawsan, a young woman from Syria, tells of the agonising kidney stones she experienced but was unable to treat, for fear of going to the toilet at night. “The doctor told me you need to drink a lot of water, but I can’t drink a lot of water, I am afraid to go outside in the night, is very dangerous,” she explained to my colleague.

    As Amnesty International reported last year, “women’s rights are being violated on a daily basis” in the Greek island hotspots. Their report features a list of ten demands from refugee women in Greece, including “full access to services,” “safe female only spaces,” and “livelihood opportunities.” All of these demands not only demonstrate a clear lack of such services currently, but also a real need and desire for the means to change their lives, as expressed by the women themselves.

    I remember the effect of this environment on Mariam, and the intense frustration she expressed at being forced to live an existence that she had not chosen. I have a vivid memory of sitting with her on a quiet afternoon in the centre: she was showing me photos on her phone of her and her friends at university in in Kabul. The photos were relatively recent but seemed another world away. I remember her looking up from the phone and telling me wearily, “life is so unexpected.”

    I remember her showing me the calluses on her hands, earned by washing her and her husband’s clothes in cold water; her gesturing in exasperation towards the camp beyond the walls of the centre. She never thought she’d be in this position, she told me, performing never ending domestic chores, while waiting out her days for an unknown life.

    Stolen childhoods

    Beyond speaking of their own difficulties, many people I approached told me of their intense concern for the children living in camps across Greece. As Mariam put it, “this situation snatches their childhoods by taking away their actual right to be children” – in many inhumane and degrading ways. And, as highlighted above, when children are affected, women are then far more likely to be impacted as a result, creating a calamitous domino effect among the most vulnerable.

    I also spoke to Abdul* from Iraq who said:

    The camp is a terrible place for children because they are used to going out playing, visiting their friends and relatives in the neighbourhood, and going to school but in the camp there is nothing. They can’t even play, and the environment is horrible.”

    Many asylum-seeking children do not have access to education in Greece. This is despite the government recognising the right of all children to access education, regardless of their status in a country, and even if they lack paperwork.

    UNHCR recently described educational opportunities for the 3,050 5-17 year olds living on Greece’s islands, as “slim.” They estimate that “most have missed between one and four years of school as a result of war and forced displacement” – and they continue to miss out as a result of life on the islands.

    There are several reasons why so many children are out of school, but Greek and EU policies are largely to blame. Based mistakenly on the grounds that people will only reside on the islands for brief periods before either being returned to Turkey or transferred to the mainland, the policies do not prioritise education. The reality of the situation is that many children end up waiting for months in the island camps before being moved, and during this time, have no access to formal education, subsequently losing their rights to play, learn, develop and integrate in a new society.

    In place of formal schooling, many children in camps rely on informal education and psychosocial activities provided by NGOs and grassroots organisations. While generally doing a commendable job in filling the numerous gaps, these provisions can sometimes be sporadic, and can depend on funding as well as groups being given access to camps and shelters.

    And while small organisations try their best to plug gaps in a faulty system, there will always, unfortunately, be children left behind. The ultimate result of Greek and EU policy is that the majority of children are spending months in limbo without education, waiting out their days in an unsafe and unstable environment.

    This not only deprives children of formative months, and sometimes years, of education and development, it can also put them at risk of exploitation and abuse. Reports by the RSA and Save the Children state that refugee children are at much higher risk of exploitation when they are out of school. Save the Children highlight that, particularly for Syrian refugee girls, “a lack of access to education is contributing to sexual exploitation, harassment, domestic violence and a significant rise in forced marriages”.

    There have also been numerous cases of children – often unaccompanied teenage boys – being forced into “survival sex,” selling sex to older, predatory men, for as little as €15 or even less, just in order to get by. The issue has been particularly prevalent in Greece’s major cities, Athens and Thessaloniki.

    While all children suffer in this situation, unaccompanied minors are especially at risk. The state has particular responsibilities to provide for unaccompanied and separated children under international guidelines, yet children in Greece, especially on Samos, are being failed. The failings are across the board, through lack of education, lack of psychological support, lack of appropriate guardians, and lack of adequate housing – many children are often placed in camps rather than in external shelters.

    This is a particular issue on Samos, as the designated area for unaccompanied minors in the reception centre, was not guarded at all until recently, and is regularly subject to chaos and violence from other camp residents, visitors or even police.

    Many refugee children in Greece are also at risk of violence not only as a result of state inactions, but at the hands of the state itself. Children are often subject to violent – and illegal – pushbacks at Greece’s border with Turkey.

    There have been multiple accounts of police beating migrants and confiscating belongings at the Evros river border, with one woman reporting that Greek authorities “took away her two young children’s shoes” in order to deter them from continuing their journey.

    The Council of Europe’s Committee for the Prevention of Torture and Inhuman or Degrading Treatment or Punishment (CPT) spoke out earlier this year, criticising treatment in Greek camps and detention facilities, stating that conditions were “inhuman and degrading.” They have called for an end to the detention of children with adults in police facilities, as well as the housing of unaccompanied minors in reception and identification centres, such as the hotspot on Samos.

    Smaller organisations are also making their voices heard: Still I Rise, a young NGO on Samos providing education for refugee children, has just filed a lawsuit against the camp management at the refugee hotspot, for their ill treatment of unaccompanied minors. The organisation states:

    We are in a unique position to witness the inhumane living conditions and experiences of our students in the refugee hotspot. With the support of Help Refugees, we gathered evidence, wrote affidavits, and build a class action on behalf of all the unaccompanied minors past and present who suffered abuse in the camp.

    After witnessing the many failings of the camp management to protect the unaccompanied minors, the NGO decided to take matters into their own hands, raising up the voices of their students, students whose childhoods have been stolen from them as they flee war and persecution.
    “Without love I would give up”

    Every day on Samos, I worked with people who were battling the ever-consuming crush of hardship and boredom. People came to the activity centre to overcome it, through learning languages, reading, socialising, exercising, teaching and volunteering. They demonstrated amazing commitment and perseverance, and this should not be forgotten in the face of everything discussed so far.

    Nadine*, a young woman from Cameroon whose help at the centre became invaluable, told me that she ‘always’ feels bored, and that “the worst is a closed camp,” but that she has managed to survive by teaching:

    I teach the alphabet and sounds, letters for them to be able to read. I teach adult beginners, it’s not easy because some of them didn’t go to school and they are not able to write in their own language. So it’s hard work, patience and love because without love I would give up.”

    The perseverance demonstrated by Nadine, Mariam, and other women like them, is extraordinary. This is not only considering the challenges they had to confront before even reaching Greece, but in the face of such adversity once reaching the EU.

    Those refugees who are most vulnerable – particularly women and children, but also the silent voices of this article, those who are disabled, LGBTQ+ or otherwise a minority – are being pushed to the margins of society by the despicable policies and practices being inflicted on migrants in Greece. Refugees and migrants are being forced to endure immense suffering simply for asking for a place of safety.

    Yet despite everything, even those at the most disadvantage are continuing to fight for their right to a future. And while I know that, especially in this climate, we need more than love alone, I hang onto Nadine’s words all the same: “without love I would give up.”

    https://lacuna.org.uk/migration/watching-the-clothes-dry-how-life-in-greeces-refugee-camps-is-changing-fa
    #femmes #asile #migrations #réfugiés #rôles #Samos #Grèce #attente #tâches_domestique #lessive #marges #marginalisation #ennui #désespoir #détressse #déqualification #camps #camps_de_réfugiés #liberté #genre #cuisine #soins #caregiver #santé_mentale #fardeau

    #cpa_camps

  • India Plans Big Detention Camps for Migrants. Muslims Are Afraid. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/08/17/world/asia/india-muslims-narendra-modi.html

    NEW DELHI — More than four million people in India, mostly Muslims, are at risk of being declared foreign migrants as the government pushes a hard-line Hindu nationalist agenda that has challenged the country’s pluralist traditions and aims to redefine what it means to be Indian.

    The hunt for migrants is unfolding in Assam, a poor, hilly state near the borders with Myanmar and Bangladesh. Many of the people whose citizenship is now being questioned were born in India and have enjoyed all the rights of citizens, such as voting in elections.

    State authorities are rapidly expanding foreigner tribunals and planning to build huge new detention camps. Hundreds of people have been arrested on suspicion of being a foreign migrant — including a Muslim veteran of the Indian Army. Local activists and lawyers say the pain of being left off a preliminary list of citizens and the prospect of being thrown into jail have driven dozens to suicide.

    But the governing party of Prime Minister Narendra Modi is not backing down.

    Instead, it is vowing to bring this campaign to force people to prove they are citizens to other parts of India, part of a far-reaching Hindu nationalist program fueled by Mr. Modi’s sweeping re-election victory in May and his stratospheric popularity.

    The stated purpose of the citizenship dragnet in Assam is to find undocumented immigrants from Bangladesh — a predominantly Muslim country to its south. Amit Shah, India’s powerful home minister, has repeatedly referred to those immigrants as “termites.’’

    #Fascisme #Narandra_Modi #Inde #Camps_concentration #Immigration

  • The world’s most-surveilled cities - Comparitech
    https://www.comparitech.com/vpn-privacy/the-worlds-most-surveilled-cities

    Here are our key findings:

    Eight out of the top 10 most-surveilled cities are in China

    London and Atlanta were the only cities outside of China to make the top 10

    By 2022, China is projected to have one public #CCTV #camera for every two people

    We found little correlation between the number of public CCTV cameras and #crime or safety

    #surveillance #sécurité #Chine