• All Cars Sold in the EU Now Require a #Camera Aimed at Your #Face. It’s Still Not Clear Where That #Data Goes
    https://allaboutcookies.org/eu-mandatory-distracted-driver-system

    Starting July 7, 2026, every new car sold in the #European Union must include a driver #monitoring camera aimed at your face. Glance at your phone, your kids in the back seat, or the radio for too long, and the car will flash a warning light and sound an alert.[1]

    #Automakers have known this was coming for years. What they, and #EU #regulators, have never spelled out is what happens to that footage after the alert goes off.

    While the intention behind the new system is difficult to dispute, its implementation has raised several concerns. Early real-world testing suggests the distraction warnings can be overly sensitive and potentially distracting.

    Apparemment, il est prévu que les données de la caméra doivent rester dans le véhicule, en boucle fermée. Mais. Y-a des petites lignes et des antécédents.

    #automobile #ue #biométrie

  • Google’s New #reCAPTCHA Wants Your #Camera Access and 21 Points of Your Hand
    https://reclaimthenet.org/googles-new-recaptcha-wants-your-camera-access-and-21-points-of-your-

    The same company that monetizes everything you do online would like to switch on your camera.

    #Google wants a look at your hands before it lets you through. The company’s newest reCAPTCHA check, rolling out now as a test, asks you to switch on your camera and wave at it so an algorithm can decide whether you’re a human or a bot.

    That wave is less casual than it looks. The system records a short video of your hand and pulls 21 hand-landmark coordinates from it, mapping your finger joints, your palm geometry, and the way you move in real time.

    Google describes the purpose as liveness detection, a way for #websites to fend off automated account creation, credential-stuffing, and other fraud. But this is still a #biometric #scan, collected so you can prove you’re a person and still involves turning on your cameras for Google.

    Vous l’aurez compris, si vous tombez sur un captcha de ce genre, quittez le site qui vous l’impose.

    Exactement comme lorsqu’un site réclame votre photo pour savoir si vous êtes adulte ou pas, c’est la même idée. Cessons de donner des informations à tort et à travers.

  • Giornata ambiente, Costa (M5S): “Con il nucleare la beffa del governo che tradisce due referendum”
    https://informareonline.com/giornata-ambiente-costa-m5s-con-il-nucleare-la-beffa-del-governo-ch

    Roma, 5 giugno 2026. «Nel giorno in cui il mondo celebra la Giornata mondiale dell’ambiente, dedicata quest’anno al clima e alle soluzioni offerte dalla natura, il governo italiano festeggia a modo suo: ventiquattr’ore prima, con un voto alla Camera, ha riaperto la strada al nucleare. Un tempismo che è già una dichiarazione politica», dichiara Sergio […] L’articolo Giornata ambiente, Costa (M5S): “Con il nucleare la beffa del governo che tradisce due referendum” proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #camera_dei_deputati #Giornata_Mondiale_dell'Ambiente #rinnovabili #Sergio_Costa

  • “Surveillance City”

    Directed by Harjant Gill and Pearl Sandhu and featuring Professor Inderpal Grewal, Surveillance City takes viewers on a journey through contemporary #Delhi, narrating a city marked by the extreme inequality resultant of decades of neoliberalism, and highlighting the insidious work of an authoritarian state deploying surveillance and securitisation measures to govern diverse populations and temper unrest. It’s a powerful meditation on masculinism and militarism, populism and patriarchy, the aesthetics and affects of security, nationalism and religion, policing and the law, discourses of terror, fear of the other, the role of the media, but also dissent, protest, and the prospects of democracy in a postcolonial state.

    https://vimeo.com/1149568432?fl=pl&fe=vl


    https://antipodeonline.org/2026/05/13/surveillance-city

    #film #film_documentaire #surveillance #Inde #inégalités #autoritarisme #néolibéralisme #New_Delhi #géographie_urbaine #ville #nationalisme_hindou #nationalisme #minorités #pauvreté #gentrification #enclaves #caméras_de_vidéosurveillance #sécurité #sentiment_de_sécurité #patriarcat #sécuritisation #espace_domestique #masculinité #religion #esthétique #Narendra_Modi #normalisation #émotions #peur #insécurité #lois #lois_coloniales #armée #militaires #policing #réseaux_sociaux #terrorisme #terreur #hindous #homogénéité #géographie #géographie_sociale #classes_sociales #castes #démocratie #Etats_post-coloniaux #colonialisme #répression #droits

    ping @cede

    via @reka

  • À #brest : après l’alliance des gauches aux #municipales, l’enjeu du contrat de sécurité avec la préfecture
    https://splann.org/brest-contrat-securite-integre

    Alors qu’un « accord technique » a été conclu entre #françois_cuillandre (PS) et Cécile Beaudouin (LFI) pour garder Brest à gauche, un autre temps fort risque de rythmer la vie politique locale, à l’issue du scrutin municipal : la signature du second contrat de sécurité intégré entre la Ville et la préfecture. La première mouture avait entériné l’installation de quinze sites de vidéoprotection dans les rues de la cité du Ponant. Alors même que le maire n’en voulait pas. L’article À Brest : après l’alliance des gauches aux municipales, l’enjeu du contrat de sécurité avec la préfecture est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Libertés_et_droits_humains #briefcam #caméras_vidéosurveillance #contrat_de_sécurité_intégré #élections #élections_municipales #finistère #glen_dissaux #libertés_publiques #ligue_des_droits_de_l'homme #louis_le_franc #parti_socialiste #police #police_municipale #police_nationale #sécurité #surveillance #vidéosurveillance

  • #Insécurité : les #caméras_de_vidéosurveillance font-elles vraiment baisser la #délinquance dans les communes ?

    Les communes s’équipent de plus en plus de vidéosurveillance. Alors que la sécurité est la priorité numéro un des Français pour les élections municipales, les élus investissent des milliers d’euros dans les caméras. Mais sont-elles vraiment efficaces ? L’enquête de « L’Œil du 20h ».

    Dans toute la France, des communes s’équipent en vidéosurveillance et ça ne fait qu’accélérer. Ce sont de gros investissements pour des petites municipalités, malgré une efficacité qui reste toujours à prouver. À L’Arbresle, dans le Rhône, il y aura bientôt 41 caméras pour 6 500 habitants.

    Les #caméras sont attendues depuis longtemps par Nathalie Serre, candidate liste DVD et élue de l’opposition."La #criminalité évolue et je pense qu’il faut que nous aussi, on travaille avec notre temps. Je pense que ça peut aussi énormément servir pour tout ce qui concerne l’#incivilité", estime celle qui a toujours été favorable à leur déploiement.

    Le maire de gauche, Pierre-Jean Zannettacci, a toujours été contre. Il a cependant organisé en février 2025 un référendum sur l’installation d’un système de vidéosurveillance dans la commune, pour un montant total de 400 000 euros. 53% des habitants ont voté pour. La ville va donc s’équiper, au grand dam d’une partie de l’ex majorité de gauche, qui juge la dépense inutile.

    « Le maire a dit devant tout le monde, que de toute façon, on ne pouvait pas être sûr que ça marcherait. On va engager tout cet #argent_public sur un truc dont on n’est pas sûr de la réussite ? », s’interroge Sheila McCarron, candidate liste DVG, qui mène une liste d’opposition aux élections municipales à venir.

    Une solution promue par les gendarmeries

    Le maire n’a pas souhaité répondre à l’Œil du 20 Heures. Il nous a renvoyés vers l’un de ses adjoints. Et selon ce dernier, la mairie n’a pas eu l’idée toute seule. « Les gendarmes sont bien venus discuter avec nous. Les #statistiques, je ne les ai pas eues, je ne peux pas vous dire », répond Gilles Peyrichou, élu en charge du déploiement de la #vidéosurveillance. C’est à la demande de la gendarmerie que L’Arbresle s’est équipé.

    La commune n’est pas la seule dans ce cas-là. Il y a cinq ans, la CNIL, l’autorité de contrôle du numérique, pointait déjà, dans une étude, une forme de pression mise sur les mairies pour s’équiper. « Les forces de l’ordre mettent également en avant auprès des maires l’aide que leur procurent des caméras (...). Les maires sont ainsi incités à agir par les forces de police ou de gendarmerie locales qui promeuvent ces solutions », soulignait l’étude.

    Une efficacité discutée

    La gendarmerie locale a refusé toutes nos demandes d’interviews et n’a pas souhaité nous donner de chiffres sur la délinquance à L’Arbresle, pas plus que sur l’efficacité de la vidéosurveillance. Peu d’éléments factuels sont disponibles.

    Il y a 6 ans, la #Cour_des_comptes pointait l’absence de lien entre vidéosurveillance et baisse de la délinquance :"Aucune corrélation globale n’a été révélée entre l’existence de dispositifs de #vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique ou encore le #taux_d'élucidation".

    En 2021, une autre enquête a été réalisée pour le compte de la gendarmerie et a passé au crible près de 2 000 affaires judiciaires. « On n’a pas identifié de différence de niveau de résolution sur les communes équipées ou sur les communes non équipées de vidéoprotection de #voie_publique », explique son auteur, Guillaume Gormand, chercheur à Sciences Po Grenoble - Université Grenoble Alpes, qui en est arrivé aux mêmes conclusions.

    Un #lobby actif

    Si l’efficacité des caméras est encore discutée, comment ceux qui les vendent répondent-ils à cette question ? La réponse est dans ce document : le lobby du secteur a publié un livre blanc juste avant les municipales. On y apprend aux élus comment parler vidéosurveillance sans être anxiogène et comment répondre aux questions sur le #coût. À la question de l’efficacité, la réponse est surprenante. « La vidéoprotection n’a jamais eu vocation à éradiquer la délinquance », est-il écrit.

    Parmi les auteurs du livre blanc, un ancien député La République en marche, désormais lobbyiste, qui a gardé ses entrées à l’Assemblée nationale. « À ma connaissance, je n’ai pas de chiffres à vous donner sur l’efficacité de la vidéoprotection », reconnaît #Jean-Michel_Mis. Le ministère de l’Intérieur, qui dispose de chiffres précis via les préfectures, a refusé de communiquer le nombre de communes s’étant récemment équipées.

    https://www.franceinfo.fr/elections/insecurite-les-cameras-de-videosurveillance-font-elles-vraiment-baisser-l

    #efficacité #inefficacité #surveillance #sécurité

    signalé ici aussi : https://seenthis.net/messages/1160755

    • Evaluation de la contribution de la vidéoprotection de voie publique à l’élucidation des enquêtes judiciaires

      En 2020, les magistrats de la Cour des comptes indiquaient qu’ils n’avaient trouvé « aucune corrélation globale [...] entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique, ou encore les taux d’élucidation ». Ils concluaient alors leur rapport annuel avec, entre autres, la recommandation #5 invitant à « Engager une évaluation de l’efficacité de la vidéoprotection de la voie publique, notamment dans l’élucidation des crimes et délits, avec le concours de chercheurs et d’experts ». Par la présente étude, la Gendarmerie Nationale apporte une réponse à cette demande des Sages de la rue Cambon. En soutenant et accueillant sans tabou une démarche d’analyse scientifique, la Gendarmerie est à l’origine d’une démarche inédite qui constitue à ce jour l’évaluation la plus complète et détaillée de la contribution de la vidéoprotection à l’élucidation d’enquêtes judiciaire en France. La démarche engagée a cherché, comme objectif principal, la mesure de la contribution au travail d’investigation et d’incrimination des auteurs de crimes et de délits de cette technologie installée dans les espaces publics. Au-delà de cette interrogation, les données collectées ont également permis de rendre compte d’un large spectre de l’utilisation de cet outil par les enquêteurs. Elle rend notamment compte du réflexe des enquêteurs à mobiliser cette ressource, décrit pour quels types d’infractions les caméras s’avèrent le plus pertinente ou, surtout, quelles sont les configurations les plus favorables à un bénéfice élevée de la vidéoprotection.

      https://hal.univ-lorraine.fr/CREOGN/hal-04875204v1

    • A cela s’ajoute la volonté politique de contrôler jusqu’au visible. Le schéma national du maintien de l’ordre, puis celui des violences urbaines fin juillet, sans même rappeler la loi Sécurité globale de 2021 furent trois tentatives gouvernementales destinées, en vain, à empêcher de photographier ou de filmer. Une guerre des images : l’Etat filme pour se justifier, mais il redoute d’être vu.

      Nous vivons le moment de la publicité, de l’exposition publique des actes du pouvoir. L’image et le son déplacent la charge de la preuve. Ce n’est plus au citoyen de désigner la faute, c’est au pouvoir d’en nier la trace. Chacun filme pour prouver que l’autre ment. Mais dans ce tohu-bohu d’images et de sons, quelque chose d’irréversible s’est produit : l’Etat se voulait maître du spectacle, il en devient le sujet. L’image n’obéit plus, elle témoigne. Le son ne couvre plus, il accuse. Ce n’est pas la transparence qui sauvera la République, mais le courage de supporter ce qu’elle donne à voir et à entendre.

      Or, depuis bien trop longtemps en France, les ministres de l’intérieur successifs contribuent à la faiblesse du politique face aux institutions policières. Alors que la fonction d’un ministre est de concevoir, de diriger et de contrôler, Laurent Nuñez déclarait, le 28 octobre, à l’Assemblée nationale, être un simple « porte-parole des policiers ». Et, de fait, au lendemain des révélations de Libération et de Mediapart, le ministre de l’intérieur assurait ne voir « ni faute ni violence policière », simplement quelques gestes « non réglementaires ». L’expression « violences policières » demeure taboue, comme si la République se tenait debout par la censure d’un adjectif. On feint de croire qu’admettre la faute, ce serait trahir l’ordre, alors que c’est la dissimulation qui le détruit.

      C’est ici que tout se joue. Le pouvoir moderne, écrivait Balandier, est un art de la scène : il ne gouverne qu’à condition de se montrer. La République se donne à voir, mais ce théâtre ne supporte qu’une lumière, la sienne. A Sainte-Soline, les caméras-piétons ont cependant fait tomber le décor dressé par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur.

      Proportionnalité du geste

      Pour mieux préparer aux rassemblements des « gilets jaunes » du 8 décembre 2018, son prédécesseur Christophe Castaner évoquait leur « volonté de tuer et de tuer nos forces de l’ordre ». La veille du rassemblement à Sainte-Soline, Gérard Darmanin déclarait sur la chaîne CNews que des manifestants allaient « peut-être tuer les gendarmes, tuer les institutions » – irréfutable prophétie, puisqu’il estimait quelques mois plus tôt que les modes opératoires des militants relevaient de « l’écoterrorisme ».

      Toujours assénées sur un ton placide, ces déclarations imposent aux gendarmes le cadre de leurs anticipations : la vie de chacun d’eux est en jeu, la proportionnalité du geste n’entre plus en considération. Les images montrent ce qu’on ne devait jamais entendre : les ordres délictueux, les blagues obscènes, les virilités défaillantes. « Ça va leur faire la bite », entend-on, consterné.
      Dans les écoles de gendarmerie, un polygraphe de la fin du XIXe siècle, comme Hippolyte Taine, est toujours enseigné pour saisir les dynamiques de foule. Voilà ce que ce savant d’hier écrivait dans « L’Histoire, son présent, son avenir », La Revue Germanique (1863, page 503) au sujet de la foule qui décivilise : « Comme sur un radeau de naufragés sans vivres, le mince tissu d’habitudes et d’idées raisonnables s’est déchiré ; les bras nus du sauvage ont reparu, il les agite. Désormais, ce qui règne en lui et par lui, c’est le besoin animal, avec son cortège de suggestions violentes et bornées, tantôt sanguinaires et tantôt grotesques. » Funeste ironie aujourd’hui que de voir ces mots décrire ceux à qui, aujourd’hui, l’on confie de maintenir l’ordre.

      https://justpaste.it/m3wdd

      https://seenthis.net/messages/1145216
      https://seenthis.net/messages/1144850

      #police #gendarmerie #caméras_piéton #IGGN #MDO #violences_policières #vidéos #justice #Sainte_soline

  • « Faut leur tirer dans la gueule ! » : la manifestation de Sainte-Soline vue par les gendarmes | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/051125/faut-leur-tirer-dans-la-gueule-la-manifestation-de-sainte-soline-vue-par-l

    Mediapart et « Libération » révèlent des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire ».
    Camille Polloni et Laura Wojcik

    Deux ans et demi après la manifestation contre les mégabassines qui avait fait des dizaines de blessé·es à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le 25 mars 2023, Mediapart et Libération ont eu accès à plus de quatre-vingt-quatre heures d’images tournées par les gendarmes ce jour-là, principalement via les caméras-piétons qu’ils portaient sur la poitrine.

    Ces images ont été saisies par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour violence par personne dépositaire de l’autorité publique et non-assistance à personne en danger ouverte par le parquet de Rennes, compétent en matière militaire, et désormais en voie d’achèvement. 

    Le but de la procédure était de retrouver les tireurs qui ont fait quatre blessés graves parmi les manifestant·es. En définitive, aucun n’a été identifié. Mais Mediapart et Libération ont récupéré un matériel exceptionnel pour comprendre, de l’intérieur, l’état d’esprit des gendarmes, leurs actes et les propos échangés dans leurs rangs. 

    Multiples tirs tendus
    Ces images révèlent des consignes de la hiérarchie normalement interdites, car dangereuses. Et une apparente cruauté de certains gendarmes, qui semblent tirer sans discernement : ils se réjouissent à de nombreuses reprises de blesser lourdement des manifestant·es. À la vue de ces images, l’IGGN aurait pu signaler au parquet ces potentielles infractions : elle n’en a rien fait. 

    Les fonctionnaires sont conscients d’être filmés, puisqu’ils mettent eux-mêmes en route leur caméra quand ils le jugent utile. Il leur arrive toutefois d’oublier que la caméra tourne ou de déclencher involontairement l’enregistrement. 

    Aucun gendarme n’a été interrogé sur le contenu des images. 
    Sur ces images, on voit de nombreux tirs tendus de grenades lacrymogènes et explosives, ce qui est formellement interdit. Compte tenu de la dangerosité de ces munitions si elles touchent quelqu’un à pleine vitesse, les règles d’utilisation du lance-grenades prévoient exclusivement des tirs en cloche, le canon devant être positionné à 45 degrés et surtout pas à l’horizontale. 

    Ces tirs tendus ne relèvent pas d’initiatives isolées : dans plus de la moitié des escadrons étudiés, des gradés ordonnent à leurs subordonnés de procéder ainsi. 

    Ces vidéos montrent aussi des dizaines de commentaires particulièrement déplacés et d’insultes visant les manifestants, traités de « fils de pute », d’« enculés », de « pue-la-pisse ». Des gendarmes se vantent d’avoir touché des manifestants « en pleine tête » ou « dans les couilles », se réjouissent de « leur faire mal » et vont jusqu’à dire qu’il faudrait « les tuer ».

    Des gendarmes jamais confrontés à leurs propos
    L’avocate Chloé Chalot, qui défend les intérêts des quatre blessé·es graves ayant déposé plainte, regrette que tout n’ait pas été consigné sur procès-verbal par l’IGGN. Elle réclame « un nouveau travail de retranscription, beaucoup plus exhaustif », et note que « les enquêteurs n’ont pas confronté les gendarmes en cause aux comportements constatés et propos tenus, malgré la gravité et les conséquences de ceux-ci ». 

    En effet, les caméras-piétons des gendarmes n’ont été exploitées qu’après les auditions de leurs chefs d’escadron. Aucun gendarme n’a été interrogé sur le contenu des images. 

    Des sommations ont bien été effectuées, mais l’IGGN estime qu’elles sont restées « inaudibles » pour les manifestants.

    De son côté, le procureur de Rennes, Frédéric Teillet, indique que « si ces images révélaient d’autres infractions pénales que celles dont il était saisi, la procédure prévoit que le service d’enquête en informe le parquet. Ce qui n’a pas été le cas ». Il ajoute que « si ces images révélaient des comportements qui, sans constituer d’infraction pénale, relèvent de manquements aux obligations des militaires de la gendarmerie, cela relèverait de la procédure administrative, pour laquelle le parquet n’est pas compétent ». 

    La Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) affirme quant à elle que « les enregistrements disponibles, extraits des caméras-piétons des unités déployées lors des troubles à l’ordre public de Sainte-Soline en mars 2023, ont été mis à la disposition exclusive de la justice, dans le cadre d’enquêtes judiciaires toujours en cours, dont il ne revient pas à la gendarmerie de les commenter ».

    Un dispositif de maintien de l’ordre exceptionnel 
    Mediapart n’a pas recensé les injures proférées au pic des affrontements, qui peuvent échapper à tout un chacun, mais seulement celles prononcées « à froid ». Car, tout au long de l’après-midi, selon l’heure et selon les endroits où sont positionnés les gendarmes, l’intensité des violences varie fortement. 

    La manifestation du 25 mars 2023, organisée par Les Soulèvements de la Terre, le collectif Bassines non merci et la Confédération paysanne, avait été interdite par la préfecture des Deux-Sèvres, qui craignait notamment « une intrusion et l’implantation d’une ZAD [zone à défendre – ndlr] » sur le site de la bassine (déclarée illégale depuis). 

    « Nous ne connaissions pas le lieu et nous ne l’avons connu précisément que le 24 mars au matin », a indiqué la préfète Emmanuelle Dubée au cours de l’enquête pénale, regrettant « l’incertitude délibérée devant laquelle les organisateurs ont souhaité placer les services de l’État » malgré ses tentatives de contact. Selon la préfète, qui garde en mémoire une manifestation survenue en octobre 2022, « nul ne pouvait ignorer la nature violente du rassemblement qui se préparait ».

    Le jour dit, un dispositif exceptionnel de maintien de l’ordre, comptant près de 3 000 agents, est mis en place. Une quinzaine d’escadrons de gendarmes mobiles sont répartis tout autour de la réserve SEV 15 pour empêcher son invasion par trois cortèges convergents : le bleu, le jaune et le rose. Sont aussi déployés deux canons à eau, deux véhicules blindés et vingt quads du peloton motorisé d’intervention et d’interpellation (PM2I) de la Garde républicaine, ultérieurement blanchis par une enquête administrative malgré leurs tirs de LBD en mouvement.

    « Pourquoi ne pas avoir laissé les manifestants accéder symboliquement à la bassine comme ils l’ont demandé ? », ont demandé les enquêteurs de l’IGGN à la préfète, pour qui une telle option était exclue : « Ils ont reconnu que ce ne serait pas que symbolique. […] Il m’appartenait d’assurer la sécurité des biens. […] Leur volonté était aussi de s’en prendre aux forces de l’ordre. »

    « À l’arrivée vers la réserve de Sainte-Soline, […] les trois cortèges se situaient dans le périmètre interdit à la manifestation », ajoute la préfète. Du point de vue légal, cet « attroupement » peut être dispersé par la force après sommations. Des sommations ont bien été effectuées, mais l’IGGN estime qu’elles sont restées « inaudibles » pour les manifestant·es.

    Avec l’autorisation de la préfète, le PM2I tire ses premières grenades lacrymogènes vers 12 h 35 pour disperser le cortège bleu, qui s’approche de la bassine. Puis il vise, « vraisemblablement par erreur », le cortège rose, comme l’a déjà montré le magazine « Complément d’enquête ».

    Alors que les cortèges commencent à se mêler, les manifestant·es semblent vouloir « encercler » la bassine (et donc les gendarmes positionnés devant). La préfète autorise alors l’emploi de la force sur l’ensemble des cortèges. « Les tirs de grenades lacrymogènes s’intensifient, à un rythme très soutenu, et ne cesseront quasiment plus », note l’IGGN, qui observe que « la zone est noyée de fumées lacrymogènes » dès 13 heures.

    Aux alentours de 13 h 15, « les affrontements les plus violents de la journée » commencent et durent presque trois quarts d’heure. Les gendarmes reçoivent des pierres, des cocktails Molotov et des feux d’artifice, tandis que quatre véhicules de gendarmerie sont incendiés. Des manifestant·es essaient de pénétrer dans la SEV 15 en faisant tomber les grillages qui entourent le site.

    « Acculés », les gendarmes tirent sans arrêt. « La plupart des grenades CM6, MP7 ou GM2L atterrissent dans les premiers rangs des black blocs, et parfois au-delà, parmi les manifestants restés en retrait en spectateurs », constate l’IGGN. Les gaz lacrymogènes finissent par « noyer » la « zone des blessés », qui s’est créée spontanément sur un chemin légèrement en retrait. 
    Les affrontements se calment vers 14 heures et reprennent brièvement une heure plus tard, quand un médecin de la gendarmerie s’approche de Serge D., très grièvement blessé, pour le secourir. De 15 h 30 à 16 h 30, les manifestant·es quittent le site.
    « Un putain de trou qui appartient même pas à l’État » 
    Sur la journée, notent les enquêteurs, la gendarmerie « fait état de la consommation de 5 015 grenades lacrymogènes (2 783 CM6, 857 MP7, 1 375 GM2L), de 89 grenades de désencerclement GENL, de 40 grenades assourdissantes ASSR et 81 munitions de LBD 40 ». Quarante-cinq gendarmes sont déclarés blessés, tandis que les manifestant·es dénombrent environ deux cents blessé·es dans leurs rangs.

    Les images issues des caméras-piétons témoignent de ces affrontements. Mais elles montrent aussi des gendarmes prenant leur pause dans les camions, en chantant sur du Michel Fugain ou du Dalida, mangeant leur sandwich ou se plaignant de devoir après cirer leurs chaussures pleines de boue. 

    Ces dizaines d’heures d’enregistrements ouvrent une fenêtre inédite sur leur quotidien, leurs doutes sur l’utilité de protéger « un putain de trou qui appartient même pas à l’État », leurs plaisanteries souvent de mauvais goût (« Tu veux une pipe et un Mars ? — Le Mars non, mais la pipe je suis pas contre »), leurs projets d’apéro. 
    Trois escadrons de gendarmerie mobile (EGM) n’ont transmis aux enquêteurs aucune image de leurs caméras-piétons. L’EGM de Saint-Étienne-lès-Remiremont a expliqué que ses caméras étaient en maintenance. Celui de Chambéry s’est excusé : malgré la réquisition adressée par l’IGGN, il a essayé d’extraire les images trop tard, au-delà du délai de trente jours où elles sont effacées automatiquement. L’EGM de Cherbourg n’a fourni ni images ni explications. 
    Certaines caméras-piétons ont bien été saisies par l’IGGN mais n’ont jamais été exploitées par ses soins (EGM de Clermont-Ferrand). La plupart des images ont bien été visionnées et en partie retranscrites. Mais une grande partie des tirs tendus, insultes et autres propos problématiques qui y figurent ne sont même pas mentionnés.

  • Aux frontières de l’Europe, un arsenal technologique contre les migrants

    "L’Union européenne déploie à ses frontières des technologies civiles et militaires pour bloquer les flux migratoires. De la Pologne à la Serbie, enquête sur le complexe techno-industriel qui érige la « forteresse Europe »."

    – Épisode 1/5 : En #Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la #forêt primaire
    – Épisode 2/5 : À Madrid, au Salon mondial de la #sécurité aux frontières, le #showroom des #technologies de #surveillance
    – Épisode 3/5 : Dans les #Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile
    – Épisode 4/5 : En #Italie, une #fouille intégrale des #téléphones
    – Épisode 5/5 : En #Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les #drones et les #gangs

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-aux-frontieres-de-l-europe-un-arsenal-technologique-contre-les-mig
    #externalisation #militarisation_des_frontières #technologie #migrations #réfugiés #Europe #Trieste #route_des_Balkans #complexe_militaro-industriel
    #podcast #audio

    ping @reka @isskein @karine4

    • Épisode 1/5 : En Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la forêt primaire

      La forêt de Białowieża est l’une des dernières forêts primaires d’Europe, préservée de l’action humaine depuis près de 12 000 ans. Mais son visage a radicalement changé depuis 2021, lorsque le Bélarus, un pays voisin de la Pologne et allié de la Russie, a créé une crise migratoire.

      Le Bélarus a entrepris de délivrer des visas à des familles venant d’Afrique et du Moyen-Orient, pour les acheminer jusqu’à Minsk, la capitale bélarusse. De là, les autorités bélarusses poussaient les exilés vers la Pologne.

      En réponse, la Pologne a entrepris d’ériger un mur à travers la forêt : une immense barrière de métal, longue de 190 kilomètres, haute de cinq mètres, protégée par trois rangées de barbelés, des caméras, des drones et des hélicoptères.

      “Il y a 5 300 caméras, le mur, des soldats, et un système de détection : si quelqu’un touche le mur, nous sommes avertis immédiatement de ce qu’il se passe”, explique Katarzyna Zdanowicz, la porte-parole des gardes frontières pour la région de Białowieża.

      On a parfois l’impression que la frontière sépare aussi deux manières de comprendre la situation. D’un côté, les activistes, qui parlent de femmes, d’enfants, et de familles qui fuient la guerre. De l’autre, le gouvernement Polonais qui dénonce une “menace” migratoire ; le premier ministre Donald Tusk va jusqu’à parler d’une “guerre hybride” dont les munitions seraient les personnes exilées envoyées sur son territoire. En conséquence, la Pologne a autorisé les gardes frontières à utiliser des armes à feu contre les réfugiés en juillet 2024. En mars 2025, le pays a carrément suspendu le droit des exilés à demander l’asile en arrivant dans le pays. Toute personne interceptée sur le territoire est systématiquement refoulée vers le Bélarus.

      Les militants sur place dénoncent des violations régulières des droits humains à l’encontre des exilés, perpétrés par les gardes frontières bélarusses, mais aussi polonais.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-pologne-un-mur-de-190-kilometres-a-travers-la-foret-primaire-7597265

      #murs #barrières_frontalières #Grupa_Granica #Belarus #caméras #caméras_de_surveillance #détection #Biélorussie #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #menaces #menace_migratoire #guerre_hybride #décès #mourir_aux_frontières #gardes-frontières #armes_à_feu #refoulements #push-backs #Krynki #drones

    • Épisode 2/5 : À Madrid, au #Salon_mondial_de_la_sécurité_aux_frontières, le #showroom des technologies de surveillance

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience à Madrid, lors du #World_Border_Security_Congress.

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception : pas le droit de photographier, pas le droit d’enregistrer avec un micro, et une liberté de circuler très relative. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience dans la capitale espagnole, lors du World Border Security Congress, le salon mondial de la sécurité aux frontières, qui réunit les acteurs majeurs de l’industrie de la surveillance et de la répression de l’immigration. L’événement est tout simplement interdit aux journalistes : il nous faut nous faire accréditer par une ONG pour pouvoir y accéder, et découvrir les dernières innovations technologiques en matière de surveillance des frontières.

      Se pensant loin des micros de la presse, #Hans_Leijten, le directeur exécutif de #Frontex, livre un discours extrêmement dur :

      “Laissez-moi être clair : dans le monde actuel, il ne peut plus y avoir de repas gratuit, expose-t-il. La coopération ne fonctionne pas à sens unique. Si un pays veut bénéficier des fonds européens, alors il doit répondre aux demandes de l’Union européenne. Cela veut dire qu’il doit accepter les protocoles de réadmission, renforcer ses contrôles aux frontières, et combattre les réseaux de passeurs”.

      Ce salon, intitulé ’Patrouiller la périphérie’, incarne aussi le plan européen consistant à “externaliser les frontières”, c’est-à-dire à s’implanter dans les pays voisins de l’Union pour y stopper l’immigration avant qu’elle atteigne son territoire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/a-madrid-au-salon-mondial-de-la-securite-aux-frontieres-le-showroom-des-

      #régimes_d'exception #intelligence_artificielle #AI #IA #industrie_de_l'armement #surveillance_mobile #usage_dual #complexe_militaro-industriel #adaptation #façonner_le_monde #business #patrouiller_la_périphérie #gestion_des_frontières

      –-

      –-> citation, voilà ce que dit Hans Leijten dans le salon intitulé « Patrouiller la périphérie », à partir de la min 4,45 :

      « Si nous voulons de la stabilité et du contrôle, alors nous devons construire les mécanismes de sécurité, et pas seulement à nos frontières, mais aussi loin, au-delà. Cette approche a porté ses fruits en Europe, dans les Balkans, où nous avons utilisé une combinaison de gestion des frontières, d’engagement politique et de traités commerciaux qui ont donné de bons résultats »

    • Épisode 3/5 : Dans les Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile

      En s’appuyant sur l’idée “d’externalisation des frontières”, l’Union européenne justifie sa présence dans les pays hors de l’Union européenne, pour y stopper l’immigration avant même que celle-ci n’atteigne son territoire.

      "Tout ce qui concerne la migration en #Bosnie-Herzégovine est payé par l’Union européenne ou les États membres, explique la chercheuse #Nidžara_Ahmetašević, spécialisée dans la migration. Par exemple, la semaine dernière, l’Union européenne a donné des drones pour les gardes frontières. La semaine précédente, elle a donné des voitures."

      Ces #financements proviennent notamment des #Fonds_de_Pré-Accession, des fonds d’aide au développement dont la vocation initiale est d’aider les pays voisins de l’Europe à atteindre un niveau de développement économique suffisant pour devenir des partenaires commerciaux, voire pour intégrer l’Union. En se penchant sur le détail des transactions, on découvre qu’une vaste partie des financements servent en réalité à financer des infrastructures de contrôle de la migration.

      Mais en déployant des technologies de type militaire chez ses voisins aux régimes politiques instables, l’Union européenne risque de créer des situations conflictuelles : ces technologies prévues contre la migration peuvent se retourner contre la société civile.
      Nous nous sommes rendus en Serbie, où les étudiants manifestent depuis plusieurs mois contre le gouvernement d’Aleksandar Vučić. En novembre 2023, le gouvernement de Vučić a déployé une arme nouvelle contre des exilés, dans le nord du pays : un canon à son. En mars 2025, ce même canon à son a, d’après plusieurs témoignages, été utilisé contre les étudiants. “La Serbie est un laboratoire pour tester les technologies aux frontières terrestres, exopse Mila Bajić, de l’association SHARE. Puisque la Serbie ne fait pas partie du territoire européen, il n’y a pas de loi européenne pour encadrer les pratiques, tel que le règlement européen sur l’intelligence artificielle, et les demandes d’accès aux informations publiques ne fonctionnent pas. Le gouvernement peut donc agir sans rien révéler.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/dans-les-balkans-des-technologies-contre-les-migrants-qui-se-retournent-

      #externalisation_des_frontières #Balkans #route_des_Balkans #développement #aide_au_développement #intégration_européenne #drones #test #laboratoire #Serbie #frontières_terrestres #canon_à_son #armes_sonores #barrière_acoustique

      –-

      sur les #murs_sonores, voir aussi :
      La Grèce allonge son mur et le fortifie avec un #mur_acoustique...
      https://seenthis.net/messages/920711
      #mur_sonore

      et aussi :
      –> La police serbe a déjà utilisé des #armes_sonores sur des migrants
      https://seenthis.net/messages/1104712

    • Épisode 4/5 : En #Italie, une fouille intégrale des #téléphones

      L’arsenal technologique déployé aux frontières a plusieurs missions, formalisées dans les documents de la Commission européenne : détecter, contrôler, et surveiller. En Italie, dans la ville portuaire de Trieste, ces technologies ont un impact immédiat pour la vie des exilés.

      D’après de nombreux témoignages que nous avons recueillis, les policiers fouillent de manière quasi-systématique les téléphones des exilés lorsque ceux-ci effectuent leur demande d’asile.

      “Ce qu’ils font, c’est qu’ils lisent vos messages sur #WhatsApp, ils regardent vos photos, ils regardent votre historique de recherche, explique Smaïl, qui a fui le Pakistan il y a plusieurs années et vient en aide aux exilés à Trieste après avoir réussi lui-même à régulariser sa situation. S’ils voient que vous avez cherché “Milan”, ils vous disent : “Tu as cherché des informations sur Milan, alors pars à Milan”. Il y a même des gens qui m’ont dit qu’ils avaient effacé toutes les données sur leur téléphone, mais que la police a trouvé les informations quand même. S’ils font ça, c’est parce qu’ils trouvent qu’en tant que cité frontalière, ils en font déjà assez, alors ils cherchent des excuses pour renvoyer ceux qui demandent l’asile.

      Ce que décrit Smaïl ressemble point par point au logiciel #Le_Kiosk, développé par l’entreprise israélienne #Cellebrite, dont nous avons pu avoir une démonstration au cours du Salon Mondial de la Sécurité aux Frontières. En 2019, la France a annoncé équiper pas moins de 500 commissariats avec le #logiciel Le Kiosk. Ces technologies de surveillance rendent le parcours migratoire toujours plus complexe. Pourtant, les chiffres montrent que les entrées dans l’Union ne baissent pas ; en revanche, les routes sont de plus en plus dangereuses. “Vouloir stopper le mouvement des humains, c’est comme se battre contre la nature, contre la mer : les gens circulent, ils doivent trouver des moyens de passer”, regrette Smaïl.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-italie-une-fouille-integrale-des-telephones-3950382
      #smartphones #Trieste #danger #parcours_migratoire

    • Épisode 5/5 : En Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les drones et les gangs

      A ce stade de l’enquête, une question continuait de nous tarauder : comment, avec tout cet arsenal pour protéger les frontières, expliquer que les entrées illégales dans l’Union européenne continuent ?

      Un paradoxe nous apparaît à la fin de cette tournée des pays des Balkans : les drones, logiciels de surveillance, caméras thermiques et autres équipements, ne sont peut-être pas essentiels pour comprendre la réalité de la migration. Au bout de trois jours passés à #Bihac, dans le nord de la #Bosnie, on comprend déjà beaucoup de la réalité de ce petit village, dernière étape avant l’entrée dans l’Union européenne : sur la place principale, il y a des exilés qui ont été refoulés la veille, qui se reposent pendant la journée, et dont tout le monde sait qu’ils vont retenter leur chance le soir-même. Et puis, il y a ces visages de gens qui ne partent pas, pendant 6 mois, 1 an : eux, ce sont les passeurs. Ici, tout le monde les connaît, ils se baladent dans la rue principale avec leurs clients, dans l’impunité la plus totale. Petit à petit, ces passeurs se sont structurés en réseau ; ces réseaux sont devenus des gangs.

      Nous nous sommes entretenus avec Ali, un passeur qui vit à la frontière entre la Bosnie et la Croatie depuis bientôt huit ans. La première fois que nous l’avons rencontré, c’était à un arrêt de bus. Il faisait presque 40°, le soleil cognait fort, et Ali venait de récupérer un groupe d’Afghans qu’il s’apprêtait à faire traverser. Il avait un pull noir à manches longues. Il a accepté de relever une de ses manches pour nous montrer son bras - lacéré par des cicatrices, du poignet jusqu’à l’épaule.

      “Ils nous ont torturés, raconte-t-il. Ils ont appelé mes parents, ils leur ont dit : “envoyez de l’argent !”. Ils nous ont tout fait. Mais crois-moi, après ça, les cicatrices font de toi quelqu’un de respecté dans le milieu.”

      Comment les passeurs arrivent-ils à déjouer les caméras thermiques, les drones, les patrouilles ? Ali ne nous donnera pas tous ses secrets, mais il laisse en deviner quelques-uns.

      “Je connais les horaires, l’heure à laquelle les gardes frontières font leur ronde, l’heure à laquelle ils sont dans la ville, détaille Ali. Mais il faut aussi s’en remettre à la chance.Tu crois que les caméras et les senseurs pourront m’arrêter. Laisse-moi te dire quelque chose : tu viens de l’Union européenne. Il y a des caméras de surveillance dans toutes les rues, dans tous les magasins. Est-ce que ça empêche les voleurs ? Non, jamais.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-bosnie-rencontre-avec-un-passeur-entre-les-drones-et-les-gangs-839123
      #passeurs

  • Surveillance, greenwashing : le mirage écologique d’une ville « intelligente »

    La ville sud-coréenne de #Songdo incarne une promesse « verte » contestée, une #écologie_de_façade au prix de caméras omniprésentes, capteurs et maisons connectées.

    On s’attendrait presque à n’y voir circuler en silence que quelques voitures électriques. Or, à Songdo, les gratte-ciel étincelants, les façades vitrées et les courbes métalliques futuristes captent d’abord le regard. Au cœur de ce district d’Incheon, sur la côte nord-ouest de la Corée du Sud, serpente un canal relié à la mer Jaune. Sortie de l’eau en à peine vingt ans, Songdo a été bâtie sur des terres artificielles gagnées sur la mer.

    « On observe un basculement dans le discours sur la ville au début des années 2000 : Songdo a d’abord été présentée comme “verte”, malgré une destruction massive de l’environnement naturel lors de sa construction. À partir de 2010, le récit a changé : la ville est devenue “smart” (“intelligente”) », dit Suzanne Peyrard, chercheuse associée au Centre Chine, Corée, Japon de l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess) et autrice d’une thèse sur cette ville coréenne (2023).

    Songdo, vitrine sud-coréenne d’une urbanisation high-tech de 265 000 habitants, incarne une promesse contestée entre écologie de façade, gestion opaque des déchets, dépendance à la voiture et omniprésence d’un dispositif de surveillance qui, lui, ne fait aucun doute.

    Gestion des #déchets intelligente... et défaillante

    Du haut de la G-Tower, au 33e étage, la vue impressionne. Encore en cours de construction, la phase 2 du chantier démesuré de Songdo est prévue pour 2027, selon la Ville. La fin du projet ne cesse d’être repoussée et certains lopins de terre forment toujours des espaces vides au milieu des immeubles géants. Auprès de ces friches, on se sent minuscule.

    Les promoteurs vantent encore aujourd’hui une ville « ecofriendly » (« écologique »), dont 40 % de la surface serait occupée par des espaces verts, selon l’#Incheon_Smart_City_Corporation (#ISCC), une société publique spécialisée dans la conception et la gestion de villes intelligentes. Le plus emblématique de ces lieux, Central Park, s’articule autour d’un canal artificiel, qui s’élargit en lac.

    Certains immeubles affichent fièrement leur certification #Leadership_in_Energy_and_Environmental_Design (#Leed), un label qui garantit le respect de normes de conception durable et d’#efficacité_énergétique. Une #promesse accueillie avec scepticisme par Cha Chungha, cofondateur de Re-Imagining Cities, une ONG de conseils sur le développement de « smart cities » : « La plupart des bâtiments qui sont “Leed” passent tout juste le plus bas niveau de certification. Bien sûr, ce n’est pas cela qui est mis en avant. »

    La ville est équipée d’un système souterrain de gestion des déchets, présenté comme innovant lors de son installation : « Les citoyens de la résidence possèdent une carte, qui leur ouvre l’accès aux conteneurs. Les déchets sont ensuite aspirés sous terre, puis envoyés vers des centres de tri situés en dehors de la ville, mais le système est défaillant. Cela provoque régulièrement l’apparition de tas d’ordures dans les rues. Les tunnels souterrains, prévus pour faciliter la logistique, ont aussi favorisé la prolifération de nuisibles », détaille Suzanne Peyrard.

    De plus, l’accès à ces conteneurs « smart » est inégal suivant les résidences, observe Dakota McCarty, titulaire d’un doctorat en urbanisme et professeur adjoint en sciences et politiques de l’environnement à l’université George Mason de Corée.

    « L’expérience des habitants ne résonne pas avec ce qui correspond à une vision large de la “smart city”. Bien que le système de déchets souterrains soit technologiquement avancé, la plupart des habitants n’y ont plus accès et certains le remettent en question, le considérant comme un projet coûteux dans une ville où d’autres services essentiels, comme les transports publics, semblent sous-développés. »

    Une ville énergivore

    Quant à l’image écologique de la ville, où siège le Fonds vert pour le climat de l’Organisation des Nations unies (ONU) depuis 2013, Richard, un Canadien habitant Songdo depuis trois ans, n’est pas dupe : « C’est assez ironique puisque la ville a été construite sur des terres asséchées. »

    Si quelques panneaux solaires, des pistes cyclables et certains toits végétalisés sont bien visibles, « l’empreinte de Songdo reste importante en raison de sa dépendance à l’égard des #voitures_individuelles, de la forte consommation d’#énergie de ses bâtiments et du coût environnemental de la remise en état des terres sur lesquelles elle a été construite », précise Dakota McCarty. Sans compter les « immenses #parkings et les larges avenues à plusieurs voies qui donnent la priorité à la circulation automobile », ajoute le professeur.

    Pourtant, c’est au cœur d’une zone piétonne qu’a choisi de s’installer Seok-Hoon [*], il y a six ans. Le quadragénaire, qui travaille pour le compte d’entreprises biopharmaceutiques, évoque d’abord l’emplacement du lieu : « Près de mon appartement, c’est un espace interdit aux voitures. J’ai pensé que c’était idéal pour élever mon enfant, plus sûr. »

    Et puis, il y a ses clients. Selon The Korea Herald, la capacité de production biopharmaceutique du Songdo Bio Cluster, un pôle rassemblant plusieurs entreprises leaders du marché mondial, est la plus importante au monde. Quant aux avantages des services intelligents de la ville, il ne les évoquera pas, et ne saura ni les désigner ni émettre d’avis sur le sujet.

    En face du musée de l’histoire urbaine d’Incheon, à l’angle d’un arrêt de bus, un écran indique la position du car en temps réel, mais aussi la température, 36 °C, et la qualité de l’air, bien que cet indicatif soit en panne (mesuré à 0 µg/m³). Plus étonnant, le panneau affiche la fréquentation du bus en question, de « peu fréquenté » à « normal », et va jusqu’à renseigner les passagers sur le nombre de sièges encore disponibles.

    La version considérée comme la plus intelligente de ces arrêts de bus est close, chauffée en hiver, climatisée en été et, au besoin, recharge sans fil votre smartphone. Cette #technologie, comme toutes les autres, est promue par l’ISCC. Pourtant, après avoir sillonné en bus une partie des 600 hectares du district, aucune trace de ces arrêts intelligents. Les agents de l’office du tourisme lèveront le mystère : il n’en existe que quatre.

    Contrôle des #espaces_publics et privés

    À quelques pas de l’institution se dresse l’imposante G-Tower. Les visiteurs peuvent avoir un aperçu des services intelligents développés dans la ville. Après une présentation et la projection d’une courte vidéo promotionnelle, le public est invité à se placer debout devant l’écran. L’effet de surprise ne tarde pas : l’écran est en réalité une immense baie vitrée qui surplombe une salle de contrôle plongée dans la pénombre. Seules les lueurs des écrans s’y détachent, diffusant en temps réel les images captées par des milliers de caméras disséminées dans toute la ville.

    Installés derrière les rangées de bureaux qui y font face, les employés se relaient 24 h/24 pour analyser ces informations. Chaque plaque d’immatriculation entrant et sortant de Songdo est scannée. Un véhicule qui mordrait sur un passage piéton sera identifié. « On nous demande souvent si nous contactons les piétons qui ne respectent pas les feux verts pour traverser par exemple, dit en riant Lee Min-Kyeong, responsable des relations publiques à l’ISCC. La réponse est non. » Mais les équipes, en revanche, sont capables de contrôler les feux des intersections pour permettre une intervention plus rapide de la police et des pompiers.

    Sol, 26 ans, ne savait rien de ces dispositifs. « La première fois que j’ai visité Songdo, ça m’a juste coupé le souffle. Je me suis dit : “Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais je veux vivre ici”. Tout est si beau, si propre, si moderne. »

    L’étudiante dominicaine a fini par choisir son université uniquement pour son emplacement, dans le but de s’installer dans le district. Dans son dortoir, pas de services intelligents, mais à l’extérieur, « smart city » ou pas, c’est plutôt cette impression de neuf et de technologie qui l’enchante, comme la multiplication d’écrans en tout genre.

    Au niveau individuel, « certains dispositifs permettent de contrôler l’ensemble de l’appartement où l’on vit », explique Suzanne Peyrard. Lim Su-Yeon, 38 ans, confirme : « Je reçois une alerte quand le lave-linge a fini de tourner, et je peux vérifier sur mon portable que j’ai bien éteint l’induction. »

    Les écrans de contrôle, en plus d’éteindre et d’allumer lumières et gaz, affichent la consommation en temps réel de l’électricité et du chauffage. Ces données sont bien protégées, assure la chercheuse, qui se dit impressionnée par le niveau de sécurité déployé.

    « Le contexte géopolitique — la guerre toujours en suspens avec la Corée du Nord — oblige le pays à stocker ses #données à l’intérieur de son territoire. Pourtant, cela coexiste avec des pratiques très intrusives dans les #espaces_semi-privés. Lorsqu’on habite dans une résidence, on peut consulter toutes les #caméras des parties communes », développe Suzanne Peyrard, qui a habité le district pendant un an et demi.

    Et la chercheuse d’ajouter : « Une partie des caméras de la ville est factice ou non connectée, et la #reconnaissance_faciale n’est pas systématiquement activée. Finalement, la question de la #surveillance est souvent posée à travers un prisme français. En Corée du Sud, la présence de caméras est largement acceptée, voire considérée comme neutre. »

    https://reporterre.net/Surveillance-greenwashing-le-mirage-ecologique-d-une-ville-intelligente
    #smart_cities #villes_intelligentes #surveillance #green-washing #urbanisme #Corée_du_Sud

  • Oscars 2023: Mit welchen Kameras wurden die nominierten Filme gedreht?
    https://www.slashcam.de/news/single/Oscars-2023--Mit-welchen-Kameras-wurden-die-nomini-17699.html

    Gerade hat die Academy of Motion Picture Arts and Sciences die Nominierungen für den Oscar 2023 bekanntgegeben. Zeit also, sich die ausgewählten Filme für den prestigeträchtigsten Preis der Filmindustrie, speziell der zwei Kategorien „Beste Kamera“ und „Bester Film“ näher anzuschauen: mit welcher Kamera wurden sie gedreht? Wer ist für ihren spezifischen Look verantwortlich? Und schließlich: welche Kameras wurden besonders oft verwendet?

    Oscars 2023: Mit welchen Kameras wurden die nominierten Filme gedreht?

    ARRI rules

    Das Ergebnis ist wie schon in den vergangen Jahren (hier die Kameras der Nominierungen des letzten Jahres eindeutig: ARRI führt auch dieses Jahr wieder mit weitem Abstand. So wurden für die 12 nominierten Filme (drei davon in beiden Kategorien, Beste Kamera und Bester Film) 9x ARRI Kameras verwendet - vier mal davon die digitale 65mm Cinema Kamera ARRI Alexa 65 mit ihrem riesigen Sensor, 2x auch in Kombination mit der ARRI Alexa (Mini) LF, 4x die ARRI Alexa (Mini) LF.
    ARRI Alexa 65
    ARRI Alexa 65

    Den zweiten Platz mit jeweils zwei Einsätzen teilen sich Sony mit der CineAlta Venice (IMAX) und Panavision mit der analogen Panavision Panaflex Millennium XL2 und der digitalen Millennium DXL2 mit RED Monstro Sensor (d.h. ein einziger der 13 Filme wurden auf analogem Film gedreht). RED Kameras (die Gemini 5K und die Helium 8K) waren nur bei einem Film im Einsatz (zusammen mit der ARRI Alexa LF).[Hier übrigens unser Dynamic Shootout: der ARRI Alexa Mini LF vs. Sony VENICE 2 mit 8K].

    Sony Venice 2
    Sony Venice 2

    Wir hatten dem Phänomen ARRI bei den Oscars übrigens mal einen kleinen Artikel gewidmet, nach dem Motto Nobody ever got fired for choosing ARRI — die Maxime scheint nach wie vor seine Gültigkeit zu bewahren.

    Oscars 2022: Mit welchen Kameras wurden die konkurrierenden Filme gedreht?
    https://www.slashcam.de/news/single/Oscars-2022--Mit-welchen-Kameras-wurden-die-konkur-16970.html

    Ende März werden zum 94ten mal die Academy Awards, besser bekannt als die Oscars, vergeben - der prestigeträchtigste Preis der Filmindustrie. Die Nominierungen stehen noch gar nicht fest, lediglich eine Vorauswahl für 10 der Kategorien, jedoch hat sich Indiewire bereits unter Kameraleuten, deren Filme mögliche Kandidaten sind, umgehört, welche Kamera(s) jeweils mit welchen Objektiven eingesetzt und in welchem Format aufgenommen wurde. Gefragt wurden sie auch, warum sie sich jeweils für diese bestimmte Kamera samt Objektiv entschieden haben, wie sie eingesetzt und welchen Look sie damit angestrebt haben, um die Geschichte ihres Filmes visuell am besten erzählen zu können.
    Oscars 2022: Mit welchen Kameras wurden die konkurrierenden Filme gedreht?

    Das Ergebnis ist wie schon in den vergangen Jahren ( hier die Kameras der Nominierungen des letzten Jahres (samt Trailer) eindeutig - ARRI führt mit weitem Abstand - sowohl digital als auch analog. So wurden für 22 der 29 vorgestellten Filmen ARRI Kameras verwendet, davon 7 analoge (16mm und 35mm) Modelle und zweimal ARRIs 6K Spitzenmodell Alexa 65. An zweiter Stelle folgt Panavision mit Einsätzen in vier Filmen (zwei davon auf 35mm) zusammen mit RED mit ebenfalls vier (2 x RED Monstro und 2 x RED Ranger) - in zwei Filmen wurde Sonys Venice verwendet, in einem (unter anderem) eine Canon Super 8.

    Wir hatten dem Phänomen ARRI bei den Oscars übrigens mal einen kleinen Artikel gewidmet, nach dem Motto Nobody ever got fired for choosing ARRI — die Maxime scheint nachwievor seine Gültigkeit zu bewahren.

    #cinéma #technologie #caméra

  • [Oregon, États-Unis] Toutes les #Caméras sont des flics
    https://nantes.indymedia.org/posts/151239/oregon-etats-unis-toutes-les-cameras-sont-des-flics

    Rose City Counter-Info 3 août 2025 Le 25 juillet, le FBI a mené une descente matinale sur une maison à Portland et kidnappé une personne âgée de 24 ans sur des accusations fédérales reliées à une manifestation au bâtiment de l’ICE. Iel encourt 20 ans de prison prétendument pour avoir…

    #balances #Journalisme_aux_ordres #Répression #Ici_et_partout #Global

  • Astronomer CEO Andy Byron Resigns After Video at Coldplay Concert Exposes Alleged Affair - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2025/07/18/style/coldplay-andy-byron-astronomer-video.html

    After Mr. Martin sang a happy birthday song to one ecstatic fan while playing mellow guitar, a giant screen in the stadium showed a couple embracing. The man, who the internet quickly identified as Andy Byron, the married chief executive of a tech company called Astronomer, held his arms around Kristin Cabot, the company’s chief people officer who is not his wife.

    “Oh, look at these two,” Mr. Martin said, prepared to sing another sweet song. Then things became awkward.

    “If you’re in a public place, there is absolutely no expectation of privacy,” said Charles Lindsey, an associate professor of marketing at University at Buffalo School of Management. “When you’re in a public place, whether it be a public park, a store, a concert, there are cameras, and if it’s on camera, you can’t take it back.”

    That lesson had been learned by plenty of people before this incident.

    #Cameras #Vie_privee #Espace_public

  • Les #Héros du #Punk sont #Immortels | Au Poste, média indépendant 100% Live & Libre

    https://www.auposte.fr/les-heros-du-punk-sont-immortels

    #Les_Héros_du_Punk_sont_Immortels
    C’est une histoire sortie d’un roman noir, mais tout à fait authentique. #Gilles_Bertin, figure du #punk français, chanteur de #Camera_Silens (Bordeaux, début des années 1980, braqueur d’un dépôt de la Brink’s en 1988, puis fantôme sans visage trente ans durant. Disparu, réapparu, malade, repenti. Il revient de tout. Et meurt en 2019, à Barcelone, là où il s’était caché. C’est ce destin hors norme que retrace Stéphane Oiry, dessinateur au trait sec et fraternel. Ses Héros du peuple sont immortels, publié chez Dargaud, n’est pas une BD hommage, ni un plaidoyer. C’est un regard. Lucide, inquiet, parfois amusé. Oiry ne juge pas. Il redonne de la chair à un nom devenu mythe, ou mauvaise conscience de toute une génération. C’est sa première convocation #Au_Poste.

    #cavale

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-gilles-bertin-une-vie-en-sursis

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/gilles-bertin-le-braqueur-punk-5260847

  • The EU donates high-tech equipment worth 1.4 million BAM to strengthen operational capacities of the BiH Border Police

    The European Union donated specialised equipment worth 1.4 million BAM to the Border Police of Bosnia and Herzegovina today, with the aim of enhancing their operational capabilities. The equipment includes 25 short and medium-range drones, 30 handheld thermal imaging cameras, and 5 heartbeat detectors, along with specialised training for drone operators. In addition to advanced surveillance technologies, the donation provides four trailers designed for transporting service dogs which will be delivered next week. Together, these resources will significantly enhance surveillance and inspection capabilities at border crossing points and along the border.

    On behalf of the Delegation of the EU to Bosnia and Herzegovina, the equipment was handed over by Karel Lizerot, Head of the Section for Justice and Home Affairs, Migration, and Public Administration Reform to Border Police Director Mirko Kuprešaković, in the presence of Michael J.F. O’Mahony, Deputy Chief of Mission of the International Organization for Migration (IOM) in Bosnia and Herzegovina, who represented IOM BiH, the organization responsible for implementing the procurement and monitoring process.

    “Border security and migration management are shared priorities for Bosnia and Herzegovina and the European Union. The modern surveillance tools the Border Police officers received today will help strengthen the fight against irregular migration and smuggling. Improvements to the coordination, efficiency and the overall effectiveness of border control not only make Bosnia and Herzegovina’s borders safer but enhance our collective security. The EU is committed to supporting Bosnia and Herzegovina on its path to the EU, including strengthening border security and migration management in line with EU standards.”, said Lizerot.

    Director Kuprešaković expressed his gratitude for the long-standing and continuous cooperation with EU: “We especially appreciate that, through various projects - including donations of specialized equipment, vehicles, facilities, communication tools, and officer training, you have helped that Border police agency respond more effectively to numerous security challenges. Thanks to your support and the donated equipment, we are now able to manage the state border more efficiently and strengthen our own capacities, thereby jointly contributing to a safer environment for all citizens in Bosnia and Herzegovina and the wider region," said director Kuprešaković.

    Migration management requires a comprehensive approach to addressing complex humanitarian and security challenges. Therefore, the EU continuously supports the Ministry of Security and Bosnia and Herzegovina in building a sustainable migration management system. Recognising that this task requires significant resources, the EU funded a seven-month training programme in 2025 for 142 new Border Police cadets (the XII generation), worth one million BAM, building on last year’s training of 150 cadets from the XI generation.

    Over the past seven years, the EU has provided more than 9 million euros to strengthen the capacities of the Border Police of Bosnia and Herzegovina, including supplying specialised equipment, vehicles, communication systems, and IT infrastructure. This investment has directly enhanced the operational readiness and professionalism of border management institutions across the country.

    Cooperation between Bosnia and Herzegovina and the EU on border security and migration management will be further strengthened following the signature of the Frontex Status Agreement in Brussels on 11 June 2025, allowing the European Border and Coast Guard Agency (Frontex) to carry out joint operations with Bosnia and Herzegovina and deploy its standing corps anywhere along the country’s borders.

    The European Union, in cooperation with the International Organization for Migration (IOM), will continue to support the strengthening of Bosnia and Herzegovina’s migration and border management systems through the procurement of equipment, capacity building, and the provision of professional assistance to the Ministry of Security, the Service for Foreigners’ Affairs, Border Police and Sector for Asylum, the Directorate for Coordination of Police Bodies in Bosnia and Herzegovina, and other institutions and agencies responsible for this sector.

    The Border Police of Bosnia and Herzegovina will continue to pursue opportunities to modernise its resources and strengthen the expertise of its staff, reaffirming its commitment to building a secure, reliable, and E-standard border management system.

    https://bih.iom.int/news/eu-donates-high-tech-equipment-worth-14-million-bam-strengthen-operational-
    #Bosnia #Bosnia-Herzégovine #Balkans #route_des_Balkans #frontières #migrations #réfugiés #militarisation_des_frontières #IOM #OIM #équipement #don #UE #EU #union_européenne #drones #police #caméras #training #formations #surveillance_des_frontières #Karel_Lizerot #Mirko_Kuprešaković #coopération #border_management #Frontex_Status_Agreement #Frontex

  • City of Cameras

    Atlanta is the most surveilled city in the United States. With 124.14 surveillance cameras per 1,000 people, we not only lead the country, we have more than twice as many cameras per capita as 2nd ranked Washington, DC and more than four times as many as 3rd ranked Philadelphia, Pennsylvania. But no matter how surveilled we are here in Atlanta, it never seems to be enough for our city’s leaders.

    A few years ago, the city council considered requiring all new commercial and residential buildings within the city limits to install surveillance cameras. Another proposal was targeted at ensuring a working surveillance camera was mounted on every single 24-hour gas pump in the city. Wealthy white neighborhoods in the city have taken to raising money themselves to install more of these devices. We’ve even got privately-run apartment complexes employing robotic AI surveillance dogs monitored by low-wage laborers in Colombia. Despite all the ways that surveillance has shifted to focusing on the digital traces produced by our phones and social media activity, video monitoring of our collective existence in, and movements through, public space remain central to the modern carceral state. And the City of Atlanta has latched onto basically every surveillance technology that exists for precisely this purpose.

    But for all the ink spilled about Atlanta’s expansive and ever-growing surveillance network, journalists, academics and activists haven’t previously been able to identify where these cameras actually are. That’s because the Atlanta Police Department (APD) has, to my knowledge, rejected every single open records request for this information (including my own!) on the specious grounds that releasing it would lead to terrorism. Given that the purported promise of these surveillance cameras is creating a comprehensive, real-time view of the city, it’s deeply ironic that the city obstructs the public’s view of the system itself. As long as I’ve wanted to follow the geographer Brian Jordan Jefferson’s suggestion to use “the digital infrastructure of the racial state against itself, turning its tendency to document everything into a vulnerability, scrutinizing its datasets, producing data on the practices it seeks to hide,” because of the city’s intransigence about sharing this data, we’ve had no way to turn the proverbial camera around and get the same kind of comprehensive picture… until now.

    About a year-and-a-half ago, the good folks at the Atlanta Community Press Collective reached out because they’d seen me griping online about my aforementioned open records request being denied. Turns out that, in the course of fulfilling a separate, unrelated open records request, the APD had shared with them an Excel spreadsheet with a list of 1,755 video surveillance cameras and automated license plate readers (LPRs) and their approximate locations. Combining that dataset with another 152 proposed locations for cameras and LPRs that I was able to get my hands on via an open records request, we were able to deduce locations for 1,878 of these devices. All in all, we had the location for 1,158 video cameras and 568 LPRs, along with 68 proposed video cameras and 84 proposed LPRs.

    Of course, this number pales in comparison to the total of over 60,000 cameras attributed to the city in their #1 ranking, or even the nearly 45,000 cameras listed as “connected” or “integrated” on Connect Atlanta’s website as of writing. That’s because the vast majority of the cameras in the city that are connected to the Atlanta Police Foundation (APF)-funded Loudermilk Video Integration Center (VIC) are not owned and operated by the city itself. Instead, these larger numbers include cameras that are privately-owned and/or operated, whether by individual homeowners and businesses, or by larger institutions, like the 140 cameras owned and operated by the Midtown Alliance, 1,100 operated by Georgia State University (not to mention countless others on Atlanta college and university campuses), or even the 20,000+ cameras owned and operated by MARTA. These cameras are then either fully integrated into the VIC for real-time monitoring or are registered with the APD such that footage can be accessed on demand.

    This means that what we’ve been able to map here represents no more than 4.2% of the City of Atlanta’s total surveillance capacity, and probably even less. But given that our total number of locatable cameras is only off by two from this August 2023 snapshot of the system, we think it represents a reasonably good proxy for the cameras owned and operated by the city itself (at least as of a couple years ago), and the geographies that APD has prioritized for continued surveillance. Any better picture of the geography of surveillance in Atlanta would require a successful lawsuit challenging the APD’s claim that such records are exempt from the Georgia Open Records Act, or an insanely herculean effort to crowdsource the locations of an additional 58,000 cameras (which probably isn’t the best use of anybody’s time).

    So where are all of these cameras located? As the table below shows, Downtown Atlanta is the most surveilled neighborhood in the city, with most of the rest of the top 10 neighborhoods being located on the city’s predominantly Black west and south sides. Of the 411 cameras Downtown, 93 are located at APD’s headquarters and another 68 are in City Hall, potentially making these two buildings the most surveilled places in the entire city. And yet, that doesn’t seem to stop some of the people who work there from doing all kinds of nonsense that is substantially more criminal and damaging in both its intent and its effect than whatever the surveillance cameras they’ve got embedded throughout the rest of the city are picking up.

    Given how much these interior cameras can distort our geographic picture, we’ve filtered them out and broken down the following maps by type of surveillance device. The map on the left in green represents the concentrations of just those exterior-facing conventional video surveillance cameras, while the one on the right shows the locations of LPRs on their own. Even still, Downtown and the neighborhoods surrounding it continue to show up as the primary hotspots, with some barely perceptible differences between their respective geographies otherwise.

    By putting the two data sources into conversation with one another via calculating an odds ratio as we do in the map below, we can suss out some of the finer distinctions between the geographies of video cameras and LPRs. This also allows us to compare the relative balance of the two types even though there are roughly twice as many video cameras as LPRs across the full dataset. So here, any of the areas marked in green have a higher-than-expected concentration of video cameras, while those in shades of purple have more LPRs than one would expect based on the overall balance of the two device types. Though the pattern isn’t dramatic, the biggest clustering of LPR-dominant areas is located throughout Buckhead, while most of those more generally surveilled areas in and around Downtown have either a balance of cameras and LPRs or more cameras than expected. While nothing more than speculation, it seems this could reflect a strategy of APD seeking to surveil the city’s most populated neighborhoods, along with those that are otherwise predominantly Black, with video cameras pointed at street level, while the LPRs concentrated in wealthy and whiter neighborhoods reflect a means of drawing a boundary around these spaces, assuming that any crime will be captured by cars entering or exiting the neighborhood.

    But do these cameras actually do anything to help prevent or solve crime? Or do they just record it? Several years ago, APF claimed that these cameras reduce crime 20-50% in their vicinity, but more recently they’ve revised that figure down to just 5%. The only evidence that’s been shared publicly to support these claims is entirely anecdotal. Given that the APD won’t release the full data necessary to fully evaluate these relationships – not to mention the fact that data on crime is extremely unreliable, if not functionally useless, in the first place – there’s no reason for us to take these claims seriously. The people responsible for managing these cameras don’t even know how many of them there are. APD has even admitted to something like 10-20% of their cameras not working at any one time, either because of problems with the technology or their own administrative incompetence. So if these cameras don’t actually stop crime or help to solve it, what are they for?

    The City of Atlanta’s massive investment in surveillance technology represents both a strategy of counterinsurgency and a kind of “extractive abandonment”. That is, it is a means of criminalizing and repressing social movements, political protest and dissent, as well as a way to commodify the general neglect of certain people and places into a publicly-funded revenue stream for private corporations when those dollars could be better spent actually providing the kind of meaningful services to Atlantans that prevents “crime” from happening in the first place.

    Even if these maps represent just a fraction of the full surveillance infrastructure blanketed across the city, they represent the first time that we’ve been able to visualize the geography of Atlanta’s surveillance cameras in this way. And if the APD believes this data is an insufficient or inappropriate sample, they’re more than free to release the full dataset on surveillance camera locations to the public for everyone’s benefit.

    https://mappingatlanta.org/2025/06/09/city-of-cameras
    #surveillance #caméra_de_surveillance #Atlanta #USA #cartographie #visualisation #cartographie_critique #cartographie_radicale #urbanisme #aménagement_du_territoire
    #ressources_pédagogiques
    via @fil

  • #DXOmark

    Leader international de l’évaluation de #qualité.

    Chez DXOMARK nous pensons qu’une bonne technologie n’est pas seulement innovante et performante, mais qu’elle doit correspondre aux besoins et anticiper les attentes de ceux qui l’utilisent.

    L’ambition de DXOMARK est de permettre aux utilisateurs de faire des choix éclairés en toute autonomie sur la base d’éléments de comparaison, de données et de classements objectifs.

    La mission de DXOMARK : encourager les fabricants à développer des produits électroniques grand public et professionnel toujours plus performants pour le bénéfice de l’utilisateur.

    https://www.dxomark.fr
    #smartphones #smartphone #téléphone_portable #tests #comparatif #comparaisons #classement #caméra #photographie

  • Appel à cartographie des caméras de #vidéosurveillance

    Présentation du site #Surveillance_under_Surveillance, un outil permettant de répertorier et cartographier les caméras partout dans le monde.

    Les caméras de surveillance sont un des outil du contrôle social et de la répression. Elles sont toujours utilisées à charges contre les minorités / les opposants. Il n’y a aucune corrélation entre le nombre de caméra dans une ville et la soit disant « sécurité » promise. Elles permettent de démultiplier l’action des policiers sans augmenter leur effectif. Leurs capacités atteignent alors celles qu’auraient bien plus de policiers et on se rapproche du ratio police/population typiques des Etats policiers.

    Cartographier et documenter les caméras est un moyen de contre-surveillance essentiel !

    Le site « SURveillance UNDer Surveillance » répertorie les caméras de vidéosurveillance de partout dans le monde : leur géolocalisation, leur type, leur angle de vue, etc.

    La manière la plus sécurisé de consulter le site est d’utiliser Tor (ou Orbot sur Android ?)
    http://sunders.ahcbagldgzdpa74g2mh74fvk5zjzpfjbvgqin6g3mfuu66tynv2gkiid.onion

    SUNDERS utilise les données cartographiques d’OpenStreetMap, et son fonctionnement est participatif : n’importe qui peut contribuer en ajoutant des informations

    Si la cartographie semble relativement à jour dans les grandes villes, il manque de nombreuses informations sur le positionnement des caméras dans les zones rurales.

    Du coup, c’est toujours bienvenu si vous avez envie de checker si les caméras dans les petites villes et villages près de chez vous (ou non) y sont répertoriées, et si c’est pas le cas de les ajouter à la cartographie !

    Comment contribuer (de manière anonyme) ?

    Depuis Tor visualiser sur Sunders les caméras déjà référencées de la zone de votre balade

    Sortir avec un calepin et un stylo

    Pour chaque nouvelle caméra non-référencée, noter leur adresse précise, leur type, la hauteur et la direction pointée (en degré par rapport au nord)

    Depuis Tor se connecter à MapComplete avec le compte collectif et ajouter les caméras :

    https://mapcomplete.org/surveillance.html?z=13&lat=44.902862309021174&lon=6.646870182698422#

    Par simplicité, voici un compte à usage collectif à disposition :
    Nom d’utilisateur : cartographie-surveillance
    Mot de passe : crametacamera

    Pour infos, les types de caméras sont les suivantes :
    https://wiki.openstreetmap.org/wiki/Key:camera:type

    On recommande pour approfondir le sujet la super brochure pas vu.e pas pris.e
    https://infokiosques.net/spip.php?article2019

    https://bourrasque-info.org/Appel-a-cartographie-des-cameras-de-videosurveillance-2666
    #cartographie #cartographie_participative #surveillance #caméras_de_surveillance #OSM #openstreetmap

    ping @fil @reka

  • Londres sous le diktat de la reconnaissance faciale

    Sous le couvert de réduire le vol dans les magasins, cette technologie qui fiche les individus dits « indésirables » gagne commerces ou boîtes de nuit de la capitale britannique. Une pratique décriée.


    Le système de reconnaissance faciale Facewatch alerte le personnel de sécurité lorsqu’une personne figurant sur une liste de suspects de vol à l’étalage entre dans le magasin. A Basildon, en Angleterre, le 28 juin 2023. SUZIE HOWELL/NYT-REDUX-REA

    Sur la vitrine, un panneau prévient : « Reconnaissance faciale en cours. Pour protéger nos employés, nos clients, nos biens. » A l’entrée du magasin Sports Direct, à Stoke Newington, un quartier résidentiel du nord-est de Londres, la boule noire oscillant dans un socle blanc est bien visible. Au Royaume-Uni, un pays dont la capitale abrite la plus forte densité de #caméras_de_surveillance au monde en dehors de la Chine, la #reconnaissance_faciale se généralise : 97 pour 1 000 habitants contre 2,1 pour 1 000 habitants à Paris, selon les chiffres de la société de sécurité britannique Clarion Security Systems et, pour la France, du ministère de l’intérieur.

    « Il n’y a pas si longtemps, cette technologie était réservée aux forces de police, relève Daragh Murray, un spécialiste des nouvelles technologies et des droits humains à l’université Queen Mary de Londres. Mais, depuis deux ans, elle a connu une expansion spectaculaire dans le secteur privé. » Elle est dorénavant utilisée dans les supermarchés, à l’entrée des boîtes de nuit et même dans l’espace public [et les écoles].

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/01/12/londres-sous-le-diktat-de-la-reconnaissance-faciale_6493772_3234.html

    https://justpaste.it/gsie5

    #surveillance

  • Der Held hinter der Kamera
    https://www.wienerzeitung.at/h/der-held-hinter-der-kamera

    Filmtechnik ist sein Leben: Fritz Gabriel Bauer hat einige der besten analogen Kinokameras entwickelt. Foto Werner Schandor

    Comment les Autrichiens d’Arnold & Richter (Arri) et de Moviecam ont développé la caméra cinématographique qui représente le sommet de la technologie cinématographique avant l’avènement du numérique. Spielberg, Tarantino et Wes Anderson se servent toujours des caméras inégalées ARRICAM .

    Podcast: Steadicam Operator Elizabeth Ziegler
    https://www.listennotes.com/podcasts/the-celluloid-ashram/steadicam-operator-elizabeth-JD_AVP5FZ3X

    16.12.2024.von Werner Schandor - Trotz seiner drei Technik-Oscars gehört der Wiener Fritz Gabriel Bauer zu den weniger bekannten Akteuren des heimischen Films. Dabei hat er die Technik von 35 mm-Filmkameras revolutioniert.

    Oscar-Preisträger Stefan Ruzowitzky hat bei einer Podiumsdiskussion der Österreichischen Forschungsförderungsgesellschaft 2016 darauf hingewiesen, dass ohne die Moviecam von Fritz Ga-briel Bauer der moderne Film vermutlich anders aussehen würde. Bis in die 1970er waren die Kameras, mit denen man Kinofilme drehte, unheimlich schwere Ungetüme, und es brauchte drei Personen, um eine solche Kamera samt Stativ von A nach B zu bewegen.

    Dann kam in den 1970ern Fritz Gabriel Bauer mit seiner Moviecam - einer qualitativ hochwertigen, aber leichten Kamera, die man sowohl als Schulterkamera einsetzen als auch mit verschiedenen Modulen zur Studiokamera aufmagazinieren konnte. Und plötzlich war man bei Actionszenen noch eine Spur näher am Geschehen dran.

    Ist das wirklich so? Hat die Moviecam die Kinoästhetik verändert? - Fritz Gabriel Bauer winkt ab, als ich ihn, einen freundlichen, älteren Herren mit kurzgestutztem grauem Oberlippenbart und wachen Augen, in seinem Haus in Purkersdorf besuche: Ruzowitzkys Einschätzung ist für ihn zu hoch bemessen. Obwohl. Steven Spielberg beispielsweise hat bei der Anfangssequenz von „Soldat James Ryan“, wo die Granaten bei der Landung in der Normandie in den Sand einschlagen, dass man sich mitten im Geschehen wähnt, mit Moviecams gearbeitet.

    Gemeinsam mit Quentin Tarantino sei Spielberg auch einer der Letzten, die noch mit seinen Analogkameras drehen. Alle anderen hätten längst auf Digitaltechnik umgestellt, 4k ist jetzt der Indus-triestandard in Hollywood. Fritz Gabriel Bauer muss es wissen. Schließlich gehört er seit 2012 selbst jenem Komitee an, das die Maßstäbe definiert: der „Academy of Motion Picture Arts & Sciences“, besser bekannt als jene Instanz, die die Oscars vergibt.

    Zuerst Bühnenbilder

    Spulen wir den Film zurück an den Anfang, nach Wien, Ende der 50er Jahre. Der HTL-Maschinenbauer Fritz Bauer, Jahrgang 1941, will Architektur studieren und arbeitet nebenbei in einem Kons-truktionsbüro. Er berechnet unter anderem die Statik der Messehalle. Im Vorlesungsverzeichnis an der Akademie der bildenden Künste fällt ihm ein Fach auf, das ihn noch mehr fasziniert als Architektur: Bühnenbild. Caspar Neher, der es leitet, ist eine Legende. Neher hat unter anderem die Bühnenbilder für alle Uraufführungen von Bert Brecht entworfen. Und er nimmt Fritz Bauer nicht nur in den Kreis seiner Studenten auf, sondern macht ihn nach einem halben Jahr sogar zu seinem Assistenten.

    „Ich bin dann auch dahinter gekommen, warum“, erzählt Fritz Bauer: „Caspar Neher hat immer wunderschöne lavierte Tuschzeichnungen gemacht mit Sepiatinte und aufgehellt mit Weiß. Es war alles immer ein bisschen verschwommen und sehr eindrucksvoll, aber die Werkstätten sowohl in der Oper in Catania, wo Neher wirkte, als auch in Berlin oder in Wien konnten damit wirklich nichts anfangen. Er hat also jemanden gebraucht, der seine Ideen ins bühnentechnisch Machbare übersetzte. Das habe ich dann für ihn versucht.“

    Zehn Jahre später ist Bauer weg vom Bühnenbild. Er hat an der Wiener Staatsoper gearbeitet und ist als Bühnenbilder mit seinem Freund Axel Corti nach Oberhausen ins Ruhrgebiet gegangen, als dieser dort die Theaterleitung erhielt. Ab Mitte der 1960er hat Bauer für eine Münchner Filmfirma die Bühnen für Karajans Opern- und Konzertfilme kameratauglich gemacht.

    Zurück in Wien, gründet Bauer 1969 mit seinem Freund Walter Kindler, einem später vielfach ausgezeichneten Kameramann ("Sei zärtlich, Pinguin", „Weiningers Nacht“, "Hinterholz 8"u.v.a.m.), eine kleine Firma, die Werbefilme und Untertitel macht. Bauer ärgert sich über das Equipment, das beim Abfilmen der Untertitel diese merklich springen lässt. Der Tüftler in ihm gewinnt die Oberhand: Bauer bestellt sich eine große, stabile Filmkamera aus Amerika, zerlegt sie in ihre Einzelteile, nimmt das Greiferwerk heraus, das für einen ruhigen, gleichmäßigen Bildstand sorgt, und baut drumherum eine kleine, relativ leichte Kamera, die sich noch dazu stufenlos in der Geschwindigkeit regulieren lässt.

    Die erste Moviecam ist geboren. Mit ihr kann man Filme in Kinoqualität drehen und dabei fließend in die Zeitlupe und zurück gehen. Ideal für Sportaufnahmen. Aber sie hat noch zu starke Eigengeräusche für Spielfilme. Also arbeitet Bauer, der inzwischen ein paar Mitarbeiter beschäftigt, an einem Modell, das die Kamerageräusche im Keim beseitigt: Die Moviecam 2 entsteht und wird bald nach Erscheinen 1977 - zur geringen Freude des US-amerikanischen Platzhirschen Panavision - von Fachmagazinen als neuer Standard in der Filmindustrie gefeiert.

    „Die Kamera war das Leiseste, was es bis dahin gab“, sagt Bauer nicht ohne Stolz. Die Moviecam 2 ist nicht nur leise, sondern hat auch einen Video-Kanal, über den man das Bild gleich auf einem Monitor begutachten kann. Die Nachfrage aus den USA ist größer als die Fertigungskapazität, das Unternehmen durchlebt seine erste Krise in den 1980er Jahren und geht gestärkt daraus hervor. In den 1990er Jahren, den besten Zeiten der stetig weiterentwickelten Moviecam, werden 60 Kameras pro Jahr gefertigt, rund zwei Drittel davon gehen nach Hollywood. Der Stückpreis beträgt damals eine stolze Million Schilling - heute rund 70.000 Euro, inflationsbereinigt wären wir bei rund 120.000 Euro.

    Bauers Lieblingsfilm

    Mitte der 1990er - da hatte er bereits zwei Technik-Oscars auf dem Haben-Konto - nimmt Bauer das Angebot des deutschen Marktführers ARRI an und entwickelt gemeinsam mit den Technikern von Arri Austria in Wien die Arricam, die technische Vollendung der analogen Filmkameras. Und gleichzeitig mit dem weltweiten Erfolg erlebt Bauer auch den immer rascher fortschreitenden Übergang zur digitalen Bildaufnahme. Heute drehen nur noch einige wenige Regisseure analog, die es sich kraft ihrer Prominenz leisten können.

    „Was ist Ihr Lieblingsfilm, der mit der Moviecam gedreht wurde?“, will ich von Bauer wissen. Seine Augen blitzen auf, die Antwort kommt umgehend: „Eyes Wide Shut“. Kubrick drehte ihn mit der kleinen und leichten Moviecam SL, für die Bauer 2001 seinen dritten Technik-Oscar aus den Händen von Salma Hayek überreicht bekam. Der Film sei Bauers Ansicht nach misslungen, Tom Cruise in der männlichen Hauptrolle eine Fehlbesetzung.

    Aber die Begegnung mit Stanley Kubrick, der ihn, Bauer, 1998 zum Filmset nach London einlud, war ein echtes Highlight. „Ich bekomme einen Anruf von seinem Schwiegersohn Jan Harlan, Stanley möchte mich kennenlernen“, erzählt der Erfinder. „Ich fliege erwartungsvoll nach London, fahre nach Pinewood und warte dort auf ihn, weil er noch das Set für den nächsten Drehtag herrichtet. Für mich ist Kubrick überlebensgroß mit allem, was er gemacht hat - von ,Dr. Seltsam‘ bis ,Barry Lyndon‘. Und dann kommt er und gibt mir einen der sanftesten Händedrucke überhaupt . . .“

    Es sei ein sehr netter Abend mit angeregten Gesprächen geworden, erinnert sich Bauer. Und er erwähnt ein verbindendes Element zwischen ihnen, nämlich ihren Hang zum Perfektionismus. „Das hat bei Stanley dazu geführt, dass er Dinge selbst in die Hand nahm - etwa das Ausleuchten -, obwohl er erstklassige Leute dafür hatte. Das war bei mir manchmal auch so“, sagt Bauer. Nachsatz: „Ich will mich aber nicht mit dem genialen Stanley Kubrick vergleichen.“

    Rolle des Technikers

    Das führt mich zu einer weiteren Frage. Wenn vom Kino die Rede ist, stehen immer Schauspieler oder Regisseure im Mittelpunkt, aber so gut wie nie Techniker und Erfinder wie er. Wie beurteilt er die Rolle der Technik beim Film?

    „Die Technik soll den Kreativen dienen und nicht im Weg stehen bei der Realisation ihrer Ideen“, sagt er. „Die Kamera ist die physische Verlängerung eines Bildgestalters und Geschichtenerzählers.“ Auch wenn es so ist, dass erst die Technik den Film überhaupt ermöglichte - „ohne Technik gäbe es nach wie vor nur Vaudeville-Theater und kein Kino“ -, sei die Rolle des Technikers beim Film nicht unterbewertet. Im Gegensatz zu den Kameraleuten. Diese sind für Bauer die „wirklichen Gestalter des Bildes. Im Grunde genommen sind die zumindest so wichtig wie der Regisseur, denn sie übersetzen die Ideen des Regisseurs in das tatsächliche laufende Bild.“

    Auf dem Kaminsims im Wohnzimmer von Fritz Gabriel Bauer drängen sich Auszeichnungen von Film- und Fernseh-Akademien aus den USA, Großbritannien, Deutschland und Österreich. Der Kamerainnovator wird nächstes Jahr im Sommer 77 Jahre alt. Spitalsärzte und Professoren - als solcher darf er sich übrigens seit 2000 bezeichnen - sind da schon längst im Ruhestand. Aber ein Erfindergeist wie Bauer kennt so etwas nicht. Vor wenigen Jahren hat er ein neues Fokussiersystem für digitale Kinokameras entwickelt, die - anders als Amateurkameras oder Fotoapparate - nach wie vor händisch scharfgestellt werden müssen. Filmproduzenten rund um den Globus zeigen Interesse.

    Nur von der Vereinigung der Kameraleute in Hollywood kommt Gegenwind. Bauers Erfindung würde den Berufsstand des Focus Pullers gefährden - das ist jener Kameraassistent, der die Aufnahmeschärfe manuell regelt. Doch diesen Posten kann Bauers Gerät gar nicht überflüssig machen, denn jemand muss es auch bedienen können.

    cf. https://amateurphotographer.com/latest/photo-news/what-cameras-were-used-to-shoot-wes-andersons-most-popular-movi

    En plus ...

    Why Kubrick used Moviecam SL on EWD ?
    https://cinematography.com/index.php?/forums/topic/79584-why-kubrick-used-moviecam-sl-on-ewd

    Steadicam operator Elizabeth Ziegler films as 1. Bill follows the Tall Butler (Brian Cook), 2. Bill is propositioned by Domino (Vinessa Shaw)
    https://www.reddit.com/r/StanleyKubrick/comments/15lov25/steadicam_operator_elizabeth_ziegler_films_as_1/?rdt=53596

    IMDB Elizabeth Ziegler (rien á voir avec la productrice Regina Ziegler)
    https://www.imdb.com/name/nm0956093/?ref_=ttfc_fc_cr

    Arriflex 35, la caméra mère de toutes les caméras reflex modernes
    https://de.wikipedia.org/wiki/Arriflex

    Movie 8 / Super 8 / 16mm instruction manuals, user manual, PDF camera manual
    https://butkus.org/chinon/movie-8-s8-16/movies8-s8-16.htm


    Source : https://butkus.org/chinon/index.html
    #cinéma #histoire #caméras #Autriche #Hollywood

  • « Nous assistons à une escalade de la #prédation_minière »

    Une nouvelle #ruée_minière a commencé et touche aussi la #France. Au nom de la lutte contre la crise climatique, il faudrait extraire de plus en plus de #métaux. Celia Izoard dénonce l’impasse de cette « #transition » extractiviste. Entretien.

    Basta/Observatoire des multinationales : Il est beaucoup question aujourd’hui de renouveau minier en raison notamment des besoins de la transition énergétique, avec la perspective d’ouvrir de nouvelles mines en Europe et même en France. Vous défendez dans votre #livre qu’il ne s’agit pas du tout d’un renouveau, mais d’une trajectoire de continuité. Pourquoi ?

    #Celia_Izoard : Les volumes de #métaux extraits dans le monde aujourd’hui augmentent massivement, et n’ont jamais cessé d’augmenter. Ce qui est parfaitement logique puisqu’on ne cesse de produire de nouveaux objets et de nouveaux équipements dans nos pays riches, notamment avec la #numérisation et aujourd’hui l’#intelligence_artificielle, et qu’en plus de cela le reste du monde s’industrialise.

    En conséquence, on consomme de plus en plus de métaux, et des métaux de plus en plus variés – aussi bien des métaux de base comme le #cuivre et l’#aluminium que des métaux de spécialité comme les #terres_rares. Ces derniers sont utilisés en très petite quantité mais dans des objets qui sont partout, comme les #smartphones, et de façon trop dispersive pour permettre le #recyclage.

    Et la production de tous ces métaux devrait continuer à augmenter ?

    Oui, car rien ne freine cette production, d’autant plus qu’on y ajoute aujourd’hui une nouvelle demande qui est un véritable gouffre : celle de métaux pour le projet très technocratique de la transition. « Transition », dans l’esprit de nos élites, cela signifie le remplacement des #énergies_fossiles par l’#énergie_électrique – donc avec des #énergies_renouvelables et des #batteries – avec un modèle de société inchangé. Mais, par exemple, la batterie d’une #voiture_électrique représente souvent à elle seule 500 kg de métaux (contre moins de 3 kg pour un #vélo_électrique).

    Simon Michaux, professeur à l’Institut géologique de Finlande, a essayé d’évaluer le volume total de métaux à extraire si on voulait vraiment électrifier ne serait-ce que la #mobilité. Pour le #lithium ou le #cobalt, cela représenterait plusieurs décennies de la production métallique actuelle. On est dans un scénario complètement absurde où même pour électrifier la flotte automobile d’un seul pays, par exemple l’Angleterre ou la France, il faut déjà plus que la totalité de la production mondiale. Ce projet n’a aucun sens, même pour lutter contre le #réchauffement_climatique.

    Vous soulignez dans votre livre que l’#industrie_minière devient de plus en plus extrême à la fois dans ses techniques de plus en plus destructrices, et dans les #nouvelles_frontières qu’elle cherche à ouvrir, jusqu’au fond des #océans et dans l’#espace

    Oui, c’est le grand paradoxe. Les élites politiques et industrielles répètent que la mine n’a jamais été aussi propre, qu’elle a surmonté les problèmes qu’elle créait auparavant. Mais si l’on regarde comment fonctionne réellement le #secteur_minier, c’est exactement l’inverse que l’on constate. La mine n’a jamais été aussi énergivore, aussi polluante et aussi radicale dans ses pratiques, qui peuvent consister à décapiter des #montagnes ou à faire disparaître des #vallées sous des #déchets_toxiques.

    C’est lié au fait que les teneurs auxquelles on va chercher les métaux sont de plus en plus basses. Si on doit exploiter du cuivre avec un #filon à 0,4%, cela signifie que 99,6% de la matière extraite est du #déchet. Qui plus est, ce sont des #déchets_dangereux, qui vont le rester pour des siècles : des déchets qui peuvent acidifier les eaux, charrier des contaminants un peu partout.

    Les #résidus_miniers vont s’entasser derrière des #barrages qui peuvent provoquer de très graves #accidents, qui sont sources de #pollution, et qui sont difficilement contrôlables sur le long terme. Nous assistons aujourd’hui à une véritable #escalade_technologique qui est aussi une escalade de la #prédation_minière. La mine est aujourd’hui une des pointes avancées de ce qu’on a pu appeler le #capitalisme_par_dépossession.

    Comment expliquer, au regard de cette puissance destructrice, que les populations occidentales aient presque totalement oublié ce qu’est la mine ?

    Il y a un #déni spectaculaire, qui repose sur deux facteurs. Le premier est la religion de la #technologie, l’une des #idéologies dominantes du monde capitaliste. Nos dirigeants et certains intellectuels ont entretenu l’idée qu’on avait, à partir des années 1970, dépassé le #capitalisme_industriel, qui avait été tellement contesté pendant la décennie précédente, et qu’on était entré dans une nouvelle ère grâce à la technologie. Le #capitalisme_post-industriel était désormais avant tout une affaire de brevets, d’idées, d’innovations et de services.

    Les mines, comme le reste de la production d’ailleurs, avaient disparu de ce paysage idéologique. Le #mythe de l’#économie_immatérielle a permis de réenchanter le #capitalisme après l’ébranlement des mouvements de 1968. Le second facteur est #géopolitique. Aux grandes heures du #néo-libéralisme, le déni de la mine était un pur produit de notre mode de vie impérial. Les puissances occidentales avaient la possibilité de s’approvisionner à bas coût, que ce soit par l’#ingérence_politique, en soutenant des dictatures, ou par le chantage à la dette et les politiques d’#ajustement_structurel. Ce sont ces politiques qui ont permis d’avoir par exemple du cuivre du #Chili, de #Zambie ou d’#Indonésie si bon marché.

    Les besoins en métaux pour la #transition_climatique, si souvent invoqués aujourd’hui, ne sont-ils donc qu’une excuse commode ?

    Invoquer la nécessité de créer des mines « pour la transition » est en effet hypocrite : c’est l’ensemble des industries européennes qui a besoin de sécuriser ses approvisionnements en métaux. La récente loi européenne sur les métaux critiques répond aux besoins des grosses entreprises européennes, que ce soit pour l’#automobile, l’#aéronautique, l’#aérospatiale, les #drones, des #data_centers.

    L’argument d’une ruée minière pour produire des énergies renouvelables permet de verdir instantanément toute mine de cuivre, de cobalt, de lithium, de #nickel ou de terres rares. Il permet de justifier les #coûts_politiques de la #diplomatie des #matières_premières : c’est-à-dire les #conflits liés aux rivalités entre grandes puissances pour accéder aux #gisements. Mais par ailleurs, cette transition fondée sur la technologie et le maintien de la #croissance est bel et bien un gouffre pour la #production_minière.

    Ce discours de réenchantement et de relégitimation de la mine auprès des populations européennes vous semble-t-il efficace ?

    On est en train de créer un #régime_d’exception minier, avec un abaissement des garde-fous réglementaires et des formes d’extractivisme de plus en plus désinhibées, et en parallèle on culpabilise les gens. La #culpabilisation est un ressort psychologique très puissant, on l’a vu durant le Covid. On dit aux gens : « Si vous n’acceptez pas des mines sur notre territoire, alors on va les faire ailleurs, aux dépens d’autres populations, dans des conditions bien pires. » Or c’est faux. D’abord, la #mine_propre n’existe pas.

    Ensuite, la #loi européenne sur les #métaux_critiques elle prévoit qu’au mieux 10% de la production minière soit relocalisée en Europe. Aujourd’hui, on en est à 3%. Ce n’est rien du tout. On va de toute façon continuer à ouvrir des mines ailleurs, dans les pays pauvres, pour répondre aux besoins des industriels européens. Si l’on voulait vraiment relocaliser la production minière en Europe, il faudrait réduire drastiquement nos besoins et prioriser les usages les plus importants des métaux.

    Peut-on imaginer qu’un jour il existe une mine propre ?

    Si l’on considère la réalité des mines aujourd’hui, les procédés utilisés, leur gigantisme, leur pouvoir de destruction, on voit bien qu’une mine est intrinsèquement problématique, intrinsèquement prédatrice : ce n’est pas qu’une question de décisions politiques ou d’#investissements. L’idée de « #mine_responsable » n’est autre qu’une tentative de faire accepter l’industrie minière à des populations en prétendant que « tout a changé.

    Ce qui m’a frappé dans les enquêtes que j’ai menées, c’est que les industriels et parfois les dirigeants politiques ne cessent d’invoquer certains concepts, par exemple la #mine_décarbonée ou le réemploi des #déchets_miniers pour produire du #ciment, comme de choses qui existent et qui sont déjà mises en pratique. À chaque fois que j’ai regardé de plus près, le constat était le même : cela n’existe pas encore. Ce ne sont que des #promesses.

    Sur le site de la nouvelle mine d’#Atalaya à #Rio_Tinto en #Espagne, on voir des panneaux publicitaires alignant des #panneaux_photovoltaïques avec des slogans du type « Rio Tinto, la première mine d’autoconsommation solaire ». Cela donne à penser que la mine est autonome énergétiquement, mais pas du tout. Il y a seulement une centrale photovoltaïque qui alimentera une fraction de ses besoins. Tout est comme ça.

    Le constat n’est-il pas le même en ce qui concerne le recyclage des métaux ?

    Il y a un effet purement incantatoire, qui consiste à se rassurer en se disant qu’un jour tout ira bien parce que l’on pourra simplement recycler les métaux dont on aura besoin. Déjà, il n’en est rien parce que les quantités colossales de métaux dont l’utilisation est planifiée pour les années à venir, ne serait-ce que pour produire des #batteries pour #véhicules_électriques, n’ont même pas encore été extraites.

    On ne peut donc pas les recycler. Il faut d’abord les produire, avec pour conséquence la #destruction de #nouveaux_territoires un peu partout sur la planète. Ensuite, le recyclage des métaux n’est pas une opération du saint-Esprit ; il repose sur la #métallurgie, il implique des usines, des besoins en énergie, et des pollutions assez semblables à celles des mines elles-mêmes.

    L’accent mis sur le besoin de métaux pour la transition ne reflète-t-il pas le fait que les #multinationales ont réussi à s’approprier ce terme même de « transition », pour lui faire signifier en réalité la poursuite du modèle actuel ?

    Le concept de transition n’a rien de nouveau, il était déjà employé au XIXe siècle. À cette époque, la transition sert à freiner les ardeurs révolutionnaires : on accepte qu’il faut des changements, mais on ajoute qu’il ne faut pas aller trop vite. Il y a donc une dimension un peu réactionnaire dans l’idée même de transition.

    Dans son dernier livre, l’historien des sciences #Jean-Baptiste_Fressoz [Sans transition - Une nouvelle histoire de l’énergie, Seuil, 2024] montre que la #transition_énergétique tel qu’on l’entend aujourd’hui est une invention des #pro-nucléaires des États-Unis dans les années 1950 pour justifier des #investissements publics colossaux dans l’#atome. Ils ont tracé des belles courbes qui montraient qu’après l’épuisement des énergies fossiles, il y aurait besoin d’une #solution_énergétique comme le #nucléaire, et qu’il fallait donc investir maintenant pour rendre le passage des unes à l’autre moins brutal.

    La transition aujourd’hui, c’est avant tout du temps gagné pour le capital et pour les grandes entreprises. Les rendez-vous qu’ils nous promettent pour 2050 et leurs promesses de #zéro_carbone sont évidemment intenables. Les technologies et l’#approvisionnement nécessaire en métaux n’existent pas, et s’ils existaient, cela nous maintiendrait sur la même trajectoire de réchauffement climatique.

    Ces promesses ne tiennent pas debout, mais elles permettent de repousser à 2050 l’heure de rendre des comptes. Ce sont plusieurs décennies de gagnées. Par ailleurs, le terme de transition est de plus en plus utilisé comme étendard pour justifier une #croisade, une politique de plus en plus agressive pour avoir accès aux gisements. Les pays européens et nord-américains ont signé un partenariat en ce sens en 2022, en prétendant que certes ils veulent des métaux, mais pour des raisons louables. La transition sert de figure de proue à ces politiques impériales.

    Vous avez mentionné que l’une des industries les plus intéressées par la sécurisation de l’#accès aux métaux est celle de l’#armement. Vous semblez suggérer que c’est l’une des dimensions négligées de la guerre en Ukraine…

    Peu de gens savent qu’en 2021, la Commission européenne a signé avec l’#Ukraine un accord de partenariat visant à faire de ce pays une sorte de paradis minier pour l’Europe. L’Ukraine possède de fait énormément de ressources convoitées par les industriels, qu’ils soient russes, européens et américains. Cela a joué un rôle dans le déclenchement de la #guerre. On voit bien que pour, pour accéder aux gisements, on va engendrer des conflits, militariser encore plus les #relations_internationales, ce qui va nécessiter de produire des #armes de plus en plus sophistiquées, et donc d’extraire de plus en plus de métaux, et donc sécuriser l’accès aux gisements, et ainsi de suite.

    C’est un #cercle_vicieux que l’on peut résumer ainsi : la ruée sur les métaux militarise les rapports entre les nations, alimentant la ruée sur les métaux pour produire des armes afin de disposer des moyens de s’emparer des métaux. Il y a un risque d’escalade dans les années à venir. On évoque trop peu la dimension matérialiste des conflits armés souvent dissimulés derrière des enjeux « ethniques ».

    Faut-il sortir des métaux tout comme il faut sortir des énergies fossiles ?

    On a besoin de sortir de l’extractivisme au sens large. Extraire du pétrole, du charbon, du gaz ou des métaux, c’est le même modèle. D’ailleurs, d’un point de vue administratif, tout ceci correspond strictement à de l’activité minière, encadrée par des #permis_miniers. Il faut cesser de traiter le #sous-sol comme un magasin, de faire primer l’exploitation du sous-sol sur tout le reste, et en particulier sur les territoires et le vivant.

    Concrètement, qu’est ce qu’on peut faire ? Pour commencer, les deux tiers des mines sur la planète devraient fermer – les #mines_métalliques comme les #mines_de_charbon. Ça paraît utopique de dire cela, mais cela répond à un problème urgent et vital : deux tiers des mines sont situées dans des zones menacées de #sécheresse, et on n’aura pas assez d’#eau pour les faire fonctionner à moins d’assoiffer les populations. En plus de cela, elles émettent du #CO2, elles détruisent des territoires, elles déplacent des populations, elles nuisent à la #démocratie. Il faut donc faire avec une quantité de métaux restreinte, et recycler ce que l’on peut recycler.

    Vous soulignez pourtant que nous n’avons pas cessé, ces dernières années, d’ajouter de nouvelles technologies et de nouveaux objets dans notre quotidien, notamment du fait de l’envahissement du numérique. Réduire notre consommation de métaux implique-t-il de renoncer à ces équipements ?

    Oui, mais au préalable, quand on dit que « nous n’avons pas cessé d’ajouter des nouvelles technologies polluantes », il faut analyser un peu ce « nous ». « Nous » n’avons pas choisi de déployer des #caméras_de_vidéosurveillance et des #écrans_publicitaires partout. Nous n’avons pas choisi le déploiement de la #5G, qui a été au contraire contesté à cause de sa consommation d’énergie.

    La plupart d’entre nous subit plutôt qu’elle ne choisit la #numérisation des #services_publics, instrument privilégié de leur démantèlement et de leur privatisation : l’usage de #Pronote à l’école, #Doctissimo et la télémédecine dont la popularité est due à l’absence de médecins, etc. Dans le secteur automobile, la responsabilité des industriels est écrasante. Depuis des décennies, ils ne cessent de bourrer les véhicules d’électronique pour augmenter leur valeur ajoutée.

    Ces dernières années, ils ont massivement vendu d’énormes voitures électriques parce qu’ils savaient que le premier marché de la voiture électrique, c’était d’abord la bourgeoisie, et que les bourgeois achèteraient des #SUV et des grosses berlines. Donc quand je dis que nous devons réduire notre #consommation de métaux, j’entends surtout par-là dénoncer les industries qui inondent le marché de produits insoutenables sur le plan des métaux (entre autres).

    Mais il est vrai que nous – et là c’est un vrai « nous » - devons réfléchir ensemble aux moyens de sortir de l’#emprise_numérique. Du point de vue des métaux, le #smartphone n’est pas viable : sa sophistication et son caractère ultra-mondialisé en font un concentré d’#exploitation et d’#intoxication, des mines aux usines d’assemblage chinoises ou indiennes.

    Et bien sûr il a des impacts socialement désastreux, des addictions à la #surveillance, en passant par la « #surmarchandisation » du quotidien qu’il induit, à chaque instant de la vie. Là-dessus, il faut agir rapidement, collectivement, ne serait-ce que pour se protéger.

    https://basta.media/nous-assistons-a-une-escalade-de-la-predation-miniere
    #extractivisme #minières #électrification #acidification #contamination #hypocrisie #relocalisation #prédation #guerre_en_Ukraine #militarisation #déplacement_de_populations #dématérialisation #industrie_automobile

  • #Saint-Denis va, elle aussi, tester la #vidéosurveillance_algorithmique

    La sous-préfecture, qui accueille le #village_olympique, le #Stade_de_France et le #Centre_aquatique_olympique, a discrètement acquis un logiciel de vidéosurveillance algorithmique. Sans appel d’offres, sans délibération du conseil municipal ni étude d’impact, et sans en avoir tenu informé le collège d’éthique de la vidéosurveillance.

    La ville de Saint-Denis a déboursé 118 000 euros pour acquérir un logiciel de vidéosurveillance algorithmique (#VSA) de la société #Two-i, révèle Mediapart (https://www.mediapart.fr/journal/france/300724/en-catimini-saint-denis-achete-un-logiciel-de-surveillance-algorithmique).

    La loi #Jeux_olympiques autorise en effet, jusqu’en mars 2025, les polices nationale et municipales, la gendarmerie ainsi que les services de sécurité de la SNCF et de la RATP à coupler des #intelligences_artificielles (#IA) à des #caméras de « #vidéoprotection ». Cette #expérimentation se limite à huit situations prédéfinies, dont la présence d’objets abandonnés, un mouvement de foule, une densité de personnes trop importante ou le port d’une arme, lors d’événements sportifs et culturels.

    « Alors que, durant les #JO, ces algorithmes sont utilisés par la #RATP et la #SNCF dans plus de cinquante gares d’Île-de-France, Saint-Denis est l’une des premières municipalités à affirmer sa volonté d’y avoir recours », relève Mediapart.

    Pas de délibération au conseil municipal, ni contrat ni étude d’impact

    « Les JO ont motivé cet achat, notamment avec les flots de population qu’ils vont générer », précise à Mediapart la ville de Saint-Denis. Elle espère « que le #logiciel sera opérationnel pour les paralympiques, une fois que les agents y auront été formés ». Elle disposera alors de cinquante licences, qui pourront être couplées au même nombre de caméras.

    « Il n’y a eu aucune délibération du conseil municipal. Nous n’avons eu accès à aucune étude d’impact ni contrat », regrette de son côté Sophie Rigard. Élue de l’opposition, elle a appris l’existence de ce logiciel lors d’une réunion avec le directeur de la police municipale.

    Gwenaëlle Badufle-Douchez, adjointe à la sécurité, justifie de son côté l’absence d’appel d’offres par le fait que Saint-Denis avait acquis le logiciel via l’Union des groupements d’achats publics (Ugap), la centrale d’achat publique française.

    Membre du mouvement citoyen La Seine-Saint-Denis au cœur, mais aussi et surtout du collège d’éthique de la vidéosurveillance de Saint-Denis, Bakary Soukouna n’a pas non plus été sollicité. La Charte d’Éthique de la #vidéoprotection des #espaces_publics de la Ville de Saint-Denis précise pourtant qu’ « il est informé des projets en cours et à venir décidés par la Ville de Saint-Denis ».

    450 caméras ayant coûté 6,7 millions d’euros en 4 ans

    Le maire socialiste de Saint-Denis, #Mathieu_Hanotin, qui a « fortement développé l’usage des caméras », souligne Mediapart, s’est de son côté voulu rassurant. Il a évoqué une vidéosurveillance « dont l’#efficacité ne fait plus débat ».

    « Selon le dernier rapport d’orientation budgétaire de Saint-Denis, la ville a dépensé, entre 2020 et 2024, 6,7 millions d’euros dans la vidéosurveillance, portant le nombre de caméras dans la ville à 450 », rapporte Mediapart

    La ville dénombrait 230 caméras en 2023. Le 11 juillet dernier, son conseil municipal adoptait, à l’unanimité des 51 membres présents ou représentés, une demande de #subvention (.pdf) de 318 354 euros au #Fonds_Interministériel_de_Prévention_de_la_Délinquance (#FIPD) au titre de l’année 2024. La délibération précise que ce montant correspond à 50 % des 636 708 euros qu’elle prévoit de dépenser cette année en matière de « vidéoprotection ».

    De la « #détection_d’émotions » à la « #sécurité_préventive »

    Sur son site web, Two-i se présente comme « une plateforme d’analyse vidéo exhaustive » qui permet la mise en place de « mesures de #sécurité et de #sûreté préventives », et « apporte de la valeur à vos investissements en sécurité en transformant vos vidéos en données actionnables, traçables et pertinentes ».

    « En cas de survenue d’événements imprévisibles », Two-i propose aussi une solution de traitement d’images et d’analyse qui « optimise le temps passé à revoir et inspecter des vidéos issues des caméras de surveillance ».

    Dans son rapport sur la VSA, La Quadrature du Net relève que Two-I s’était d’abord lancée dans la « détection d’émotions », qu’elle avait expérimentée dans des gendarmeries et tenté d’utiliser dans les tramways niçois. Elle avait ensuite testé la reconnaissance faciale sur des supporters de football à Metz, avant de se concentrer sur des applications moins sensibles comme du comptage statistique en matière de « villes intelligentes ».

    Le site Technopolice, émanation de La Quadrature du Net, rappelle que Two-I s’était aussi fait connaître, dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, en proposant d’identifier le non-respect des règles de distanciation sociale entre personnes.

    La start-up avait aussi été sélectionnée lors d’un appel d’offre en prévision des Jeux olympiques avec la « solution mobile de #contrôle_des_foules » #Mobil_Security de #BEHM. Censée permettre d’effectuer des contrôles sécurité « sans contact », elle visait à « contrôler 1 500 personnes à l’heure avec 4 agents » :

    « En intégrant la solution d’analyse vidéo de Two-i, qui détecte à l’avance les sacs, les personnes à mobilité réduite et les individus/véhicules non autorisés (…), les agents de sécurité disposent d’un outil puissant pour orienter proactivement le contrôle d’accès des foules. »

    https://next.ink/145459/saint-denis-va-elle-aussi-tester-la-videosurveillance-algorithmique
    #algorithme #vidéosurveillance #France #test #coût #budget