• États-Unis : Marco Rubio s’attaque à la Cour pénale internationale qu’il accuse de « menacer » les Américains - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260714-%C3%A9tats-unis-marco-rubio-s-attaque-%C3%A0-la-cour-p%C3%A9nale-intern

    « À l’heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays, non pas à coups de balles ou de missiles, mais à coups de statuts, de traités et de la force de ce qu’on appelle le "droit international" », a déclaré le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à travers un message vidéo sur X, une tribune dans le Wall Street Journal et un communiqué.

    « Le danger que représente cette cour internationale n’a cessé de croître. Aujourd’hui, elle menace tous les aspects de notre système politique et juridique », a-t-il poursuivi. Il a encore affirmé que « si nous restons les bras croisés, nous serons tous à la merci de juges étrangers situés à des milliers de kilomètres de là, exposés au risque constant d’être poursuivis, voire emprisonnés, pour le soi-disant crime d’avoir défendu leur propre pays ».

    Une volonté d’isoler la Cour

    Le département d’État a dit examiner « un large éventail de mesures, notamment des interdictions de voyage, des révocations de visas, un renforcement des sanctions à l’encontre de la CPI et des organisations qui lui sont affiliées, ainsi que des pressions diplomatiques exercées sur d’autres pays pour qu’ils se retirent de la CPI », selon un responsable sous couvert de l’anonymat. « Ces appels visent à persuader les pays qui sont actuellement parties au Statut de Rome de se retirer de la CPI et de cesser tout soutien financier à la Cour », a-t-il dit.

    • State Department Launches Campaign to Dismantle International Criminal Court’s Threat to American Sovereignty - United States Department of State
      https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/07/state-department-launches-campaign-to-dismantle-international-criminal-courts

      Today, Secretary of State Marco Rubio announced a sweeping campaign to dismantle the threat posed by the International Criminal Court to U.S. sovereignty.

      The campaign will feature a whole-of-government response to systematically disable the ICC’s ability to operate, target American servicemen or officials, or otherwise threaten American sovereignty.

    • Marco Rubio: Why We’re Dismantling the International Criminal Court - WSJ
      https://www.wsj.com/opinion/why-were-dismantling-the-icc-0af0a8a6

      Most of us would struggle to imagine a world in which U.S. soldiers, police officers, Border Patrol agents and elected leaders could be dragged before an international court, tried by judges from random countries across the globe, found guilty under international laws we neither consent to nor control, and then imprisoned thousands of miles from America.

      But that is what the International Criminal Court now claims the power to do.

    • Il me semble avoir vu passer récemment un n-ième article dénonçant le campisme des gauchistes naïfs qui ne comprennent rien à la complexité du monde. C’est sans doute parce que ce genre d’articles vieillissent affreusement en quelques jours à peine, grâce à la subtilité des déclarations génocidaires américaines (Trump, Vance, Rubio…), qu’il est nécessaire d’en poster régulièrement un nouveau sur notre réseaux.

    • Extrapoler depuis le cas du rapport USA/CPI, c’est mal tenté.

      S’agit pas pas d’être contre l’impérialisme étasunien ou pas, mais d’être contre l’’impérialisme étasunien sans pour autant faire mine de croire que tous les soit-disant ennemis de celui-ci seraient des amis ("Ahmadinejad, mon héros", ha ha ha). Au moins là-dessus Orwell avait raison.

      #campisme

    • Extrapoler, évidemment. Il faut vraiment refaire l’historique des politiques impériales américaines et de leur allié israélien dans la région à chaque fois ? On remonte au génocide à Gaza (sous Biden), à l’invasion de l’Irak, à la guerre Iran-Irak, au renversement de Mossadegh… ?

      Je ne vais pas une fois de plus réexpliquer ce que je pense de ces dénonciations à épisodes du « campisme des gauches occidentales », ne serait-ce que parce que c’est assez typiquement la technique de l’Homme de paille (incarné, ici, par Vijay Prashad). Alors que si tu suis un tant soit peu les gens référencés sur le sujet en question sur Seenthis, il faudra me dire lesquels considèrent Ahmadinejad comme un héros. Angry Arab (Asad Abukhalil) dénonce Ahmadinejad comme un antisémite répugnant (encore récemment : https://x.com/asadabukhalil/status/2077027330782871601) depuis des années, les frères Makdisi et leurs invités (Trita Parsi récemment) ne sont pas des thuriféraires du régime iranien, etc. Même les rapports au Hezbollah relèvent du soutien critique. Mais aussi Jadaliyya (https://www.jadaliyya.com), Orient XXI (https://orientxxi.info). Sans oublier des Chris Hedge et des Mearsheimer (certes pas des gauchistes à la Prashad) qui sont largement influents dans nos cercles, avec des analyses un peu plus subtiles que « Ahmadinejad ce héros »).
      https://www.youtube.com/watch?v=sl-sSsZnSP8

      Georges Corm rappelait régulièrement le principe des contradictions principale et secondaires (Corm n’était pas marxiste). Mais à sa mort, nos aimables anti-campistes se sont empressés de cracher sur sa tombe, parce qu’avoir des idées simplistes autorise à tout.

      Alors Ahmadinejad comme héros des gauches occidentales, je ne sais pas qui tu fréquentes, mais admettons. Dans ce cas, mentionner que c’est aussi le héros de Trump et Netanyahu, comme tu sais :
      https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260714-iran-isra%C3%ABl-comment-le-mossad-aurait-tent%C3%A9-de-recruter-mahmou

      –-----

      Mais sinon, oui, je veux bien concéder qu’il y a des choses que je ne partage pas. The Cradle, par exemple, je ne trouve pas ça fiable. Il y a des gens que je suis sur les réseaux, mais dont je prends les propos avec des pincettes. Tout le monde fait ça. Mais que soudain on passe notre temps, à gauche, à dénoncer notre propre « campisme », tant pis. Dans les années 50, des français étaient porteurs de valises pour le FLN, Jane Fonda est allée se faire prendre en photo en soutien au Viet Cong. Et dans toutes les guerres impérialistes occidentales, il y a eu des gens à gauche qui ont eu des positions qu’on se complait à critiquer du haut de notre pureté idéologique.

    • Sinon, le refus des États-Unis de se soumettre à la moindre instance supra-nationale, c’est une constante bi-partisane, ça n’est pas nouveau. Quant à « punir » les instances internationales qui enquêtent sur les crimes israéliens, ça aussi c’est une constante bi-partisane. Mais le régime fasciste de Trump est plus explicitement brutal et explicite.

    • "Ahmadinejad, mon héros", c’est du Bouteldja.

      Donc, oui, et ce n’est pas une concession de le dire, "il y a des choses que je ne partage pas" . La « pureté » n’a rien à y voir (je suis inscrit sur les listes électorales, par exemple). Juste, on me fera pas croire que cirer les pompe de dictateurs équivaut à porter les valises d’une lutte de libération.

      Sinon, je crois que le récent texte critique du campisme évoqué provient de Contretemps. Il promet une perspective internationaliste, sauf qu’il est inintéressant.
      À ces généralités épaisses, j’ai préféré la lecture de La Griffe Du Chien de Don Winslow (gore, documenté, épatant).

  • « La piétonnisation des centres-villes tue le commerce » - ADEME Infos
    https://infos.ademe.fr/magazine-juillet-2026/la-pietonnisation-des-centres-villes-tue-le-commerce

    Chaque fois qu’une mairie a un projet de piétonnisation, des commerçants s’y opposent. Ils s’inquiètent de perdre les clients qui venaient jusqu’à eux en voiture. En réalité, leur clientèle compte beaucoup moins d’automobilistes qu’ils ne le pensent, et ces derniers sont même prêts à venir autrement.

    Tu m’étonnes qu’au gouvernement, ils souhaitent fermer l’#Ademe. Tout un argumentaire qui va dans le sens de leurs adversaires politiques (les #wokistes !), c’est assurément la preuve que c’est une agence politisée !

    #campisme

    • Comment s’appelait déjà ce mouvement plus ou moins politisé dans la fRance des années cinquante qui défendait les petits commerçants, artisans, la petite entreprise, tous les « méritants » un peu « Dupont-Lajoie » en somme exprimant une franche détestation des impôts, des taxes et de la régulation de l’économie de marché ?

    • À Montpellier, la piétonnisation du centre-ville commence à la fin des années 70 et en 1986 c’est tout l’Écusson qui est devenu piéton. Et évidemment les commerçants avaient hurlé à la mort du petit commerce. Et ça n’est pas arrivé. (Alors même qu’il y a, en plus, un immense centre commercial – Polygone – adjacent au centre-ville.)

      M’enfin les discours sur la bagnole qu’il faudrait maintenir dans les villes, à mon avis ça n’a plus aucune base rationnelle, c’est essentiellement une culture war alimentée par la droite. Ici on a aussi la culture war de la tauromachie. Et évidemment la culture war de la chasse. Et tout ça avec la détestation forcée de toute mesure écologiste.

      Malgré, évidemment, le fait que ce soit ici dans l’Hérault qu’on bat les records de températures, des inondations sévères tous les hivers, et des feux de forêt chaque été. Mais culture war oblige, tout ça c’est des menteries pour nous imposer l’écologie punitive. À un moment, c’est comme Sardou qui explique qu’il voudrait écraser un cycliste avec sa bagnole : c’est une pure perte de temps d’essayer de répondre avec des arguments rationnels.

    • Par contre je serais vraiment partisan qu’on développe ce genre d’arguments pour interdire la cigarette en terrasse : parce qu’on voit bien que les fumeurs sont ultra-minoritaires désormais, mais qu’il suffit d’un seul pour pourrir tous les autres. Mais à chaque fois en France on recule, parce que (1) c’est une culture war assurée, (2) le lobby des bistrotiers, qui sont persuadés que leur clientèle s’effondrera si on ne peut plus fumer en terrasse.

    • A Toulouse, la piétonisation reste expérimentale sur une ou deux rues à grand renfort d’affiches pour interdire aux vélos d’y rouler. Pourtant en centre ville les rues piétonnes gagnaient vers 2012 de la place sur les routes mais depuis que la droitecathomafieuse a repris la mairie, tout ces espaces piétons ont été rouverts aux voitures ou aux terrasses de restaurants. Et pour te dire la mentalité de gros bouseux de la sécurité qui finira mal comme le fils de Romy Schneider, ils ont encerclé le petit square Goudouli ( du nom du poète et de son immonde sculpture au centre) de la place Wilson avec des grilles aux pointes acérées et vante le retour au XIXem siècle pour te dire le niveau...
      Comme ça, si tu as chaud après l’heure de fermeture du miniparc ou il y a un jet d’eau, tu peux faire le spectacle et t’éventrer dessus.


      Toulouse, tu n’as encore rien vu !

  • laiback | Musick
    https://mute.com/laibach
    https://www.youtube.com/watch?v=erR5PSfKo7w


    #Laibach - Allgorhythm (feat. Wiyaala)
    #Mute_Records

    LAIBACH | MUSICK, en vinyle, en CD et numériquement via Mute, et partage la vidéo pour « Fluid Emancipation ».

    La nouvelle vidéo présente des extraits du film slovène-macédonien Fantasy (2025, dir. Kukla), qui suit trois amis explorant le genre, le désir et la découverte de soi – des thèmes explorés dans la piste – lorsqu’ils rencontrent une femme trans nommée Fantasy. L’émancipation des fluides se déroule comme une libération contrôlée de l’identité, de la structure et de la certitude, opérant dans un espace où la forme se dissout, mais ne disparaît jamais complètement. Son rythme reste discipliné mais instable, tandis que la mélodie est séduisante et insaisissable. L’identité apparaît comme quelque chose en constante transformation ; l’émancipation n’est pas une rupture singulière, mais un processus continu d’évasion, de mouvement et d’adaptation et la vidéo reflète et renforce cela.

    La piste réfléchit également aux valeurs des grands systèmes technologiques contemporains – où la circulation sans fin produit une illusion de liberté et d’émancipation, tout en érodant la réflexion, le jugement et la distance critique – tout en pointant simultanément la capacité de l’individu à rompre avec ces contraintes – une capacité façonnée par des décennies de lutte sociale, qui ont permis de dépasser les attentes imposées de classe, de genre et de sexualité.

    Le dernier album de Laibach, décrit par Uncut comme une « méditation sur la musique elle-même », est à la fois une célébration et une critique ludique de notre ère actuelle de la réalité déformée et de la copie d’IA gaudy ; une collection de pop indéniablement entraînante qui se délecte de la post-modernité hyper-pilotée. « Peut-être que ce sont les derniers moments où la création de musique purement pour le plaisir revêt encore une signification plus large – avant que l’intelligence générative extraterrestre ne surjoue et ne nous surpasse tous », dit Laibach. Nous avons donc saisi le moment. »

    https://seenthis.net/messages/1174100#message1175475

    • Je continue ici car on a suffisamment vandalisé le post de @simplicissimus.

      En écoutant un peu plus je découvre qu’ils ont fait la BO d’Iron Sky, et qu’en fait on en parlait déjà ici : https://seenthis.net/messages/888103#message888115

      Ils ont voulu jouer en Ukraine, mais se sont fait jetés  :
      https://www.balcanicaucaso.org/aree/Slovenia/Laibach-le-contraddizioni-e-il-fascino-del-totalitarismo-223883

      Les Laibach, évoquant la guerre en cours, affirmèrent qu’il ne s’agissait que d’un conflit entre les États-Unis et la Russie, mené sur le sol ukrainien. « Une guerre par procuration cynique au service des intérêts géostratégiques des grandes puissances et du capital financier », notamment de l’industrie de l’armement. Les organisateurs n’apprécièrent guère les propos des artistes slovènes. Pour les résistants, se faire traiter de simples marionnettes aux mains des États-Unis et de la haute finance fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

      Des remarques similaires, faites à distance, n’avaient pas manqué dans les années 1990, concernant le processus d’indépendance slovène et la dissolution de la Yougoslavie. Cependant, du point de vue de ceux qui luttaient sur le terrain pour obtenir l’indépendance ou préserver l’intégrité de leurs frontières, ces propos étaient perçus comme profondément offensants, fruits d’une méconnaissance de la situation et d’un complexe de supériorité. Il s’agissait de remarques de salon, faites de loin, teintées d’analyses géopolitiques sophistiquées et d’intentions pacifistes.

      Et sinon, un Tracks (arte) en avait parlé  :
      https://www.dailymotion.com/video/x6n8f

      Et surtout, @sombre essayait déjà de nous les refourguer dans le contexte de... J’aime ma boîte  ! Si si !
      https://seenthis.net/messages/92509

    • merci @vanderling !
      j’avais un peu pioché autour de Laibach, mais, finalement, n’ai pas participé à un auto-trollage…

      Ce n’est pas forcément ma tasse de thé, mais il y a dans ce groupe – et son exceptionnelle longévité, 45 ans ! – une démarche construite particulièrement intéressante. Et ce concept de #rétro-avant-garde est passionnant ainsi que la mise en pratique de la démarche sur le terrain des régimes autoritaires.

      On trouve un peu de jus de crâne sur le sujet, mais assez peu en français. Par exemple :

      Imaginaire de l’avant-garde et identité collective dans l’art d’Europe Centrale et de l’Est – Études slaves, juin 2012
      https://etudesslaves.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=211

      Résumé
      The subject of this paper is inspired by the (pseudo-historiographical) work of the Slovenian artist collective IRWIN in its East Art Map project, where a fictional “retro-avant-gardist” current is presented as playing a central role in the recent history of art in the former communist countries of Europe. While IRWIN’s use of the concept of “retro-avant-garde” is part of their effort to construct a collective identity for Central and Eastern European artists, this paper, which examines several artistic practices that borrow from the legacy of the historical avant-garde in this part of the world, reflects on the potential of the concept of “retro-avant-garde” beyond the frame of IRWIN’s controversial narrative.

      Cet article prend pour point de départ les activités du collectif slovène IRWIN qui, dans son projet East Art Map, fait jouer un rôle clé à un courant « rétro-avant-gardiste » qu’il identifie comme parcourant l’histoire récente de l’art des anciens pays communistes d’Europe. Soulignant comment l’emploi du concept de rétro-avant-garde s’ancre dans une entreprise de construction d’une identité collective fondée sur l’héritage de l’avant-garde historique, nous nous interrogeons sur sa « récupérabilité » à l’extérieur du cadre de la vision du monde de IRWIN, et ce à travers un bref examen de diverses pratiques d’emprunt à l’héritage de l’avant-garde dans l’art contemporain d’Europe Centrale et de l’Est.

      Une très bonne présentation se trouve dans la notice WP[de] du groupe, paragraphe Konzeption und künstlerisches Selbstverständnis

      Laibach (Band) – Wikipedia
      https://de.wikipedia.org/wiki/Laibach_(Band)


      Logo der Band Laibach

      Konzeption und künstlerisches Selbstverständnis

      Das Prinzip „Retroavantgarde“


      „The Thrower“, Laibach-Plakat 1980_

      Das künstlerische Prinzip Laibachs wie auch der gesamten Neuen Slowenischen Kunst wird heute zumeist als Retroavantgarde oder, speziell im Falle Laibachs, als Monumental-Retro-Avantgarde bezeichnet.

      „Retroavantgarde_ ist die grundlegende künstlerische Vorgehensweise von Neue Slowenische Kunst. Sie basiert auf der Prämisse, dass Traumata der Vergangenheit, die sich auf Gegenwart und Zukunft auswirken, nur geheilt werden können durch eine Rückkehr zu den ursprünglichen, auslösenden Konflikten. Die moderne Kunst hat bislang noch nicht den Konflikt überwunden, der durch die […] Assimilierung der historischen Avantgardebewegungen in die Systeme totalitärer Staaten entstand. Die übliche Wahrnehmung der Avantgarde als fundamentales Phänomen des 20. Jahrhunderts ist belastet durch Ängste und Vorurteile. Einerseits wird diese Periode naiv glorifiziert und mystifiziert, während andererseits ihr Missbrauch, ihre Kompromisse und Fehler mit bürokratischer Genauigkeit gezählt werden, um uns daran zu erinnern, dass sich eine derartig grandiose Verblendung niemals wiederholen darf.“
      – Irwin/NSK (1993)

      et ça continue…
      avec de nombreuses citations d’une fameuse interview aux textes (très) préparés

      “We are as much fascists as Hitler was a painter.”

      Wir sind so sehr Faschisten, wie Hitler ein Maler war.“
      – Laibach: Auf die direkte Frage, ob sie Faschisten seien

      “Pop music is for sheep and we are shepherds disguised as wolves.”

      "Popmusik ist für Schafe und wir sind als Wölfe getarnte Hirten.“
      – Laibach

      et, plus encore, dans la notice IRWIN de WP.

      WP[fr] (très) peu développée, mais qui a repris l’illustration pertinente…
      IRWIN — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/IRWIN


      Malevich between two wars, 2003.

      IRWIN est un collectif d’artistes slovènes, principalement des peintres, fondé en 1984 et lui-même rattaché au controversé collectif d’art politique #Neue_Slowenische_Kunst (#NSK) de Slovénie. Les membres d’IRWIN décrivent leur propre travail comme « rétro-principe » ou « rétro-avant-garde ».

      et surtout, WP[de]

      IRWIN – Wikipedia
      https://de.wikipedia.org/wiki/IRWIN

      Konzept und Entwicklung
      IRWIN bezeichnen den Stil ihrer Gruppe sowie auch der gesamten Neuen Slowenischen Kunst als „Retroavantgarde“:

      Retro avant-garde ist die grundlegende künstlerische Vorgehensweise von ‚Neue Slowenische Kunst‘. […]

      avec la suite du passage déjà repris plus haut.

    • Ce qui a été possible en Corée du Nord en 2015 ne l’a pas été il y a 3 ans en Ukraine.

      Guerre en Ukraine : les punks slovènes de Laibach renoncent à leur concert à Kiev - Le Courrier des Balkans
      https://www.courrierdesbalkans.fr/Guerre-en-Ukraine-les-punks-slovenes-de-Laibach-interdits-de-conc

      Laibach, le mythique groupe punk industriel de Slovénie, devait donner un concert à Kiev fin mars. Un projet aussitôt annulé en raison de la « russophilie » supposée du groupe.

      Par la rédaction Ils devaient se produire devant plus d’un millier de personnes le 31 mars à Kiev. Avec leur performance baptisée « Eurovision », allusion au fait que l’Ukraine doit accueillir le concours international en mai prochain, ils auraient été l’un des premiers groupes étrangers à se produire dans une salle de concert ukrainienne depuis le début de la guerre. Quatre jours après avoir annoncé leur venue, les cinq membres de Laibach, groupe culte de la scène alternative slovène et yougoslave depuis les années 1980, font demi-tour. « Ce concert a suscité une vive polémique. Afin de ne pas diviser les Ukrainiens et d’éliminer (…)

      #paywall

      et, en version longue, bien détaillée :

      Slovenian band Laibach’s Ukraine concert canceled amid rift
      repris le 31 mai d’un billet en ukrainien de février 2023
      https://yannis.livejournal.com/1151815.html
      https://l-files.livejournal.net/og_image/6763/4499?v=1780190067

      It’s weird to go back to 2023, but still.
      Published 10:12 PM CEST, February 27, 2023

      LJUBLJANA, Slovenia (AP) — A planned concert by Slovenia’s popular band Laibach in Ukraine next month has been cancelled after the group angered Ukrainians by remarks interpreted to suggest that Kyiv was involved in a proxy war on behalf of its Western patrons.

      The iconic band, known for using military-style imagery and totalitarian symbols, had been due to perform in Ukraine’s capital on March 31.

      The band said the concert aimed to show support for the Ukrainian people during the war, but organizers said its remarks caused “controversy” and discord, forcing the cancellation.

      Ukrainians were apparently angered by Laibach’s statement to The Guardian newspaper that called the war “a cynical proxy war for the geostrategic interests” of world powers.

      Slovenia’s STA news agency said many Ukrainians posting on Facebook compared Laibach’s statement to Russian state propaganda that portrays the invasion as a conflict with NATO and reduces Ukraine to a puppet state of the West.

      “While the team showed support for Ukraine and Ukrainians and condemned the Russian regime, a large part of the audience came out categorically against Laibach’s visit,” the Bel Etage Music Hall said on Facebook late on Sunday.

      “In order to prevent the unnecessary division of Ukrainians into different camps and to eliminate the cause of discord, we have decided to cancel the Laibach concert at Bel Etage,” the statement added.

      Laibach told STA Monday that they were “categorically asked to declare that all Russians are bad and that all Russian art is worthless, which of course (they) did not agree to do.”

      The band had earlier addressed the issue on Facebook, saying “to all those who doubt our views, let us therefore once again make it very clear that Russia is the main aggressor in this clash of destructive political and geostrategic interests.”

      “Not to be mistaken — we love Russian literature, music and art,” said Laibach in a post last week. “But in this senseless war between Russia and Ukraine, we are wholeheartedly on the side of Ukraine and its people who — as in the old biblical story of David and Goliath — are fighting with dignity against a stronger enemy.”

      billet original ici :
      https://yannis.livejournal.com/672493.html

    • Laibach told STA Monday that they were “categorically asked to declare that all Russians are bad and that all Russian art is worthless, which of course (they) did not agree to do.”

      quand toute la production du groupe a été mise sous le patronage de l’avant-garde russe (disons 1910-1925) et, notamment, les œuvres de Kasimir Malevitch, on ne peut qu’apprécier chaleureusement la fermeté et lconstance de leur position

    • Merci @simplicissimus & @inadvertance pour toutes vos informations en particulier pour ce collectif d’art politique New Slovenian Art (NSK) auquel participe Laibach. NSK a été fondé à Ljubljana en 1984, alors que la Slovénie faisait encore partie de la Yougoslavie. Ah bon, je ne savais même pas qu’elle était une des républiques fédérées de Yougoslavie jusqu’en 1992.
      https://de.wikipedia.org/wiki/Neue_Slowenische_Kunst

      „Retroavantgarde ist die grundlegende künstlerische Vorgehensweise von Neue Slowenische Kunst. Sie basiert auf der Prämisse, dass Traumata der Vergangenheit, die sich auf Gegenwart und Zukunft auswirken nur geheilt werden können durch eine Rückkehr zu den ursprünglichen, auslösenden Konflikten. Die moderne Kunst hat bislang noch nicht den Konflikt überwunden, der durch die […] Assimilierung der historischen Avantgardebewegungen in die Systeme totalitärer Staaten entstand. Die übliche Wahrnehmung der Avantagarde als fundamentales Phänomen des 20. Jahrhunderts ist belastet durch Ängste und Vorurteile. Einerseits wird diese Periode naiv glorifiziert und mystifiziert, während andererseits ihr Missbrauch, ihre Kompromisse und Fehler mit bürokratischer Genauigkeit gezählt werden, um uns daran zu erinnern, dass sich eine derartig grandiose Verblendung niemals wiederholen darf.“ – Irwin (1993)

    • A propos de l’eurovision en 2023 PiL avait enchéri pour représenter l’Irlande avec son nouveau single Hawaii et John Lydon est en tournée mondiale depuis l’année dernière avec Public Image Ltd (#PIL) à 70 ans ; Actif depuis 50 ans il était à #Rennes hier soir. Il y a 3 ans l’eurovision avait lieue à Liverpool en raison de l’agression Russe en Ukraine et c’est peut-être aussi un peu pour ça que Laibach n’a pas pu se produire dans l’ancienne république socialiste soviétique.
      https://www.pilofficial.com/about
      Public Image Ltd - Public image
      https://publicimageltd.bandcamp.com/track/public-image

      https://www.pilofficial.com/wp-content/uploads/sites/11247/2026/01/alive-1080x640-1-compressed.jpg

      Si tu n’as pas vu Johnny Rotten à 60 ans ce n’est pas bien grave. Il n’est pas une icône pour moi mais il m’a fallu attendre mes 61 printemps pour le voir sur scène car il fait quand même partie lui aussi de l’avant-garde, musicale entre autres. J’appréhendais un peu en réservant ma place à 40€, le bonhomme peut-être très versatile et je craignais un concert bâclé. Il en a rien été, un gig de bonne tenue avec en 1ère partie, un groupe local The Leather Gallery originaires de Rennes. Dans une salle de concert (l’étage) avec une jauge de 900 personnes au 3/4 pleine, les organisateurs ont du être de leur poche mais ce n’est pas mon problème. Lydon était bien accompagné par un trio basse/batterie/guitare. Ils ont aligné une dizaine de morceaux avant de prévenir d’une pause de 5mn pour finir avec trois autres de leur compos. 1H30 de gig sans esclandres ni provoque du leader, un public en majorité dans ma moyenne d’âge content d’être là, tout comme le groupe d’ailleurs. Franchement une très bonne soirée.


      The Leather Gallery in Chobizenesse

    • Heureusement pour moi @arno je ne comprends ni l’anglais ni son sens de l’humour au Rotten.
      https://www.independent.ie/entertainment/music/john-lydon-i-have-great-fun-%C2%ADribbing-bono.-he-doesnt-have-much-of-a-sense-of-humour/a/132198023.html

      John Lydon: ‘I have great fun ­ribbing Bono. He doesn’t have much of a sense of humour’
      The punk icon talks about coping with grief, heading back on the road, voting for Donald Trump, advice for Samantha Mumba after her Eurovision bid and why he sees the touring Sex Pistols as no more than a karaoke act

      This is Not the Last Tour mais après celui-ci passé 70 ans ça risque de finir en déambulateur sur scène.

      PiL commence à enregistrer son 12eme album studio qui sortira plus tard cette année.

  • Iran : pour en finir avec le campisme
    https://frustrationmagazine.fr/campisme

    Somayeh Rostampour est sociologue et ses recherches portent sur le Kurdistan, l’Iran, le Rojava et la Turquie. Elle est l’autrice de Femmes en armes, savoirs en révolte. Du militantisme kurde à la Jineolojî (Agone, 2025) et poursuit son engagement en tant que chercheuse, Kurde et féministe. Elle est membre active de plusieurs collectifs internationalistes, féministes […]

    #International

    • ... l’#Iran a été, et demeure, la cible d’une agression impérialiste et coloniale. Cela implique au contraire de lire cet assaut dans sa fonction politique profonde : d’une part, une entreprise de destruction meurtrière des vies civiles, des corps, des infrastructures et des territoires (menée sous de faux prétextes), prolongeant l’entreprise génocidaire menée à Gaza et la destruction du Liban ; et, d’autre part, la mise à disposition, pour la République islamique, de nouvelles ressources au service de sa reconstitution.

      QU’EST-CE QUE LE CAMPISME ?

      L’agression israélo-américaine renforce la militarisation de l’Iran, la répression et l’écrasement des soulèvements venus d’en bas. Elle accentue, en prime, une polarisation politique mortifère. D’un côté : une partie de l’opposition, notamment monarchiste, a salué les bombardements impérialistes au nom de son hostilité au régime théocratique. De l’autre côté : une partie des forces politiques est retombée dans l’orbite de la République islamique au nom de l’anti-impérialisme et du refus de la guerre.

      Une impasse, donc.

      Si la nature réactionnaire du premier courant pro-Israël et pro-génocide fait relativement consensus, celle du second demeure bien plus rarement interrogée. Elle est pourtant tout aussi réactionnaire. L’ambiguïté n’en persiste pas moins. C’est dans cette impasse que la question du #campisme resurgit avec une acuité toute particulière.

      #anti-impérialisme_des_imbéciles

  • La France insoumise, le fascisme et la révolution [2/3]
    https://lundi.am/La-France-insoumise-le-fascisme-et-la-revolution-2-3

    Le refus ou la paresse idéologique d’adresser sérieusement la question du pouvoir maintient ouverte la crise de la pensée libertaire. C’est tout le paradoxe de la situation française actuelle : d’un côté, une très forte ébullition du mouvement réel (Gilets jaunes, Nahel, Kanaky) et de l’autre une incapacité de la théorie révolutionnaire à tirer les apprentissages de ces mouvements qui provoque le sentiment d’une répétition des mêmes erreurs génération après génération. Cette situation est renforcée par au moins 4 motifs :

    – Le peu d’espaces de formation et de transmission au sein du camp libertaire entre génération. Ici aussi, dégoûtée par les vieilles formes idéologiques et descendantes du XXe siècle, une large partie des libertaires a rejeté en bloc les pratiques d’apprentissage (même de l’éducation populaire) négligeant un travail nécessaire qui est au contraire proposé par nombre de formations militantes de la gauche autoritaire.

    – La méconnaissance, le manque de curiosité et de recherches approfondies (enquêtes, entretiens, déplacements, rencontres, etc.) au sujet des révoltes à l’échelle nationale comme internationale. Un événement majeur comme la révolte des quartiers populaires suite à l’assassinat de Nahel Merzouk aurait dû produire un électrochoc dans les milieux radicaux mais cet événement a été étouffé par la répression étatique et presque comme un effet symptomatique, par le désintérêt militant - idem pour la révolte de la jeunesse en Kanaky.

    – L’homogénéité sociale d’un milieu qui le rend incapable de rencontrer des expériences différentes et donc de construire ou d’accueillir des points de vue complexifiant ses propres convictions et pratiques.

    – La carence d’espaces de réflexions partisanes mais non-dogmatiques qui cherchent à tâtons des voies stratégiques en phase avec les conjonctures plutôt qu’à imposer des grilles de lectures préétablies.

    #luttes_sociales #anarchisme #libertaire #pouvoir #stratégie #débat #gauche #gauche_autoritaire #politique #LFI #impérialisme #anti-impérialisme

  • Camarades gauchistes occidentaux, vous avez perdu vos camarades du Levant |
    https://interstices-fajawat.org/fr/camarades-gauchistes-occidentaux-vous-avez-perdu-vos-camarades-

    Un article spécialement écrit pour @arno :p

    Souvenez-vous du massacre des réfugiés palestiniens de Tal al-Zaatar, avec la complicité de l’armée syrienne.

    Souvenez-vous de la colère de Yasser Arafat contre Hafez al-Assad et des ruptures d’alliances entre l’OLP et la Syrie.

    Souvenez-vous de l’assassinat du leader druze Kamal Djumblatt, ami et allié de Yasser Arafat, par les sbires du parti social-nationaliste syrien en 1976.

    Souvenez-vous de la privation des libertés politiques des Palestiniens du Liban et de Syrie à partir de 1980 et jusqu’à nos jours, imposées par le Hezbollah et le régime de Assad.

    Et si vous ne vous souvenez pas, par pitié, éduquez-vous !

    Nous ne pouvons pas lister ici les mille trahisons envers la cause Palestinienne et crimes commis à l’encontre des Palestiniens et des Syriens par le Hezbollah, ainsi que leurs compromissions avec le capitalisme occidental, mais nous pouvons vous inviter à lire le livre édifiant de Joseph Daher, « Hezbollah, le fondamentalisme religieux à l’épreuve du libéralisme. »

    #Syrie #gauche #Hezbollah #Assad #campisme #Palestine #Liban

  • Campisme et géopolitisation de la société civile africaine

    Une tendance à la géopolitisation de la société civile africaine existe, qui repose sur cet entrelacs de passif (néo-)colonial non résolu, de sentiment d’aliénation politique et d’affinités électives avec des puissances alternatives.

    Deux courriels qui se suivent dans ma boîte de réception, reçus à deux heures d’intervalle il y a quelques jours. Le premier, un communiqué de presse de l’organisation de la société civile nigérienne Alternative Espaces Citoyens, annonce que son secrétaire général, Moussa Tchangari, enlevé l’avant-veille à son domicile à Niamey par des hommes en civil armés, est retenu en garde à vue dans un service de sécurité pour « apologie du terrorisme ». Le second, le bulletin d’un think tank progressiste – le Tricontinental Institute – rend compte avec enthousiasme de la « Conférence en solidarité avec les peuples du Sahel » tenue dans la même ville de Niamey deux semaines plus tôt, qui visait à manifester un soutien « panafricain » aux pouvoirs militaires de l’Alliance des États du Sahel (Niger, Burkina, Mali). D’un côté, donc, une junte qui arrête un militant progressiste historique, de l’autre, des militants progressistes qui offrent une tribune à cette même junte.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/01/03/campisme-et-geopolitisation-de-la-societe-civi

    #international #afrique #campisme

  • Chute de Bachar al-Assad en Syrie : l’Occident est-il à la manœuvre, comme l’affirme Jean-Luc Mélenchon ?
    https://www.francetvinfo.fr/monde/syrie/chute-de-bachar-al-assad/chute-de-bachar-al-assad-en-syrie-l-occident-est-il-a-la-man-uvre-comme

    Pour le leader de la France insoumise, les États-Unis auraient financé directement les rebelles du groupe HTS. Quelle est sa source ? Jean-Luc Mélenchon dit la détenir du fil d’information de la chaine Telegram ouvrière du mouvement trotskiste Parti Ouvrier Indépendant, dont il est proche. Le jour de sa déclaration, une vidéo de Richard H. Black, ancien élu républicain de l’État de Virginie (États-Unis), se trouvait effectivement sur la chaîne du parti. 

    "Nous avons payé le salaire de chaque terroriste. Nous avons payé chaque arme et chaque camion", y déclarait-il. Mais la vidéo en question a en réalité plus de trois ans. En fouillant le profil de Richard H. Black, il s’avère également que l’ancien élu est un habitué des chaînes de télévision russes et chinoises, où il multiplie les prises de position controversées.

    • C’est ce qu’il faut en penser, en effet.
      JLM, avec sa politique pro-méchants, il génère du chaos, et de la dissension. Il soutient systématiquement les pires ordures, leur envoie des armes, empêche l’expression des opprimés, en faisant intervenir ses services de police.
      Mélenchon, c’est Hitler et Gengis Khan réunis, avec pour parrain Staline.
      Et heureusement pour nous, France Info nous informe de ce fait important.
      Hier, il fallait hurler que Mélenchon est un dictateur en évoquant la démission de Macron.
      Aujourd’hui, il faut convenir que les mêmes propos de De Villepin sont frappés au coin du bon sens, et de toute façon, cépapareil, De Villepin, il n’est pas au gouvernement et il s’exprime mieux, et Mélenchon, il veut être pape à la place de François.

    • On répond par des généralités : les MSM aiment pas Mélenchon, France Inter a des sources pourries. Rien sur ce détail d’un JLM qui s’appuie sur une citation fournie par le POI (...) et qui date d’il y trois ans.

      L’idéologie, c’est le contraire de toute analyse concrète d’une situation concrète, c’est la première arme des exploiteurs.
      Croire s’armer de la sorte n’est que l’indice d’une faiblesse qu’on espère compenser à force de falsifications. Ce fut le socialisme et ses pays du mensonge déconcertant. Et c’est, au moins pour partie, la politique de cette gauche parlementaire, profondément anti-communiste. Mettre ces magouilles de bas étage sous le tapis, c’est en rajouter une couche et conforter une opposition conventionnelle qui ne prépare rien d’autre que de nouveaux rapports de domination.

      #Mélenchon #gauche #idéologie #falsification

    • C’est surtout cette technique de l’homme de paille extrêmement malhonnête, qui consiste à titrer :

      Chute de Bachar al-Assad en Syrie : l’Occident est-il à la manœuvre, comme l’affirme Jean-Luc Mélenchon ?

      Explicité encore plus dans le chapeau :

      Faut-il voir la main de l’Occident derrière le renversement de Bachar al-Assad par les rebelles syriens, comme l’affirmait Jean-Luc Mélenchon le 29 novembre ?

      et à se contenter de la réponse : « Méluche affirme ça en citant une source douteuse ».

      Ce qui ne répond pas à la question annoncée (« L’Occident est-il à la manœuvre ? »)

      Je suis d’accord sur le fait que la source de Méluche est plus que problématique, qu’une analyse de la forme « j’ai vu une vidéo d’un sénateur américain qui vend la mèche », c’est absolument pas sérieux. Par contre l’article qui demande « Faut-il voir la main de l’Occident » et répond par : « Méluche a dit une connerie », c’est extrêmement malhonnête.

      Parce que par ailleurs, on voit bien qu’il y a une énorme poussée pour communiquer sur le fait que ce serait une révolution parfaitement autosuffisante, sans interventions extérieures (j’ai même entendu un type dans une émission soutenant que même la Turquie ne jouait pas vraiment de rôle dans les événements…). Alors même que chacun reconnaît – par exemple – que les sanctions américains (notamment le Caesar Syria Civilian Protection Act) et la confiscation du pétrole syrien (selon Joshua Landis, ça représentait 40% du revenu de l’État syrien), ont joué un rôle énorme dans la démotivation absolue de l’armée et le rejet, finalement, du régime par les populations qui étaient plus divisées initialement face à la rébellion (également rappellé par Landis, aspect qu’on tient absolument à effacer). Ou alors, les sanctions contre les régimes que l’on veut faire tomber, ça n’a aucun effet sur l’éventuelle chute de ces régimes, et ça n’est pas « être à la manœuvre ».

      C’est un aspect, mais on voit bien que la question des soutiens/ingérences étrangères est désormais dénoncée de manière très forte (dans ce sens, d’ailleurs, le retour de la dénonciation quotidienne des gauches anti-impérialistes), et c’est justement très explicitement la queston posée dans l’article, avec pour réponse : « Méluche a dit une connerie », ce qui suggère que la réponse est : « Non, l’Occident n’est pas à la manœuvre. »

    • Cet homme de paille s’y entend bien pour cramer de son propre chef ce qui s’oppose à l’"ordre social" ou au désordre mondial. L’analyse de JLM, à compter du moment où elle se fonde sur un mensonge n’existe tout simplement pas, c’est une pure (im)posture.

      Quand au régime syrien, il avait remplacé la rente pétrolière par la production et le commerce du captagon, mais dans de telles conditions de corruption que les moyens d’entretenir son appareil sécuritaire et son armée lui faisait défaut. Ce n’était d’ailleurs plus nécessaire puisque le Hezbollah et la Russie (qui n’allait certes pas jusqu’à s’opposer aux attaques aériennes israéliennes) prenaient le relais.
      [Pour le Hezbollah, sans s’arrêter à l’idéologie de cette organisation, on peut proposer un parallèle avec l’armée de l’an II : une armée militante est une armée au carré, elle est a priori gagnante C’est terminé après le laminage radical opéré par Israël avec le(s) soutien(s) que l’on sait. Et il leur sera dure de tenir au Liban.]

      Pas la peine de chercher des « gentils », en Syrie, les infidèles à la raison d’État s’étaient soulevés et ils ont perdus. On verra (ou pas ou du moins pas tout de suite) ce qu’il reste de cette expérience là.

    • fRancetvInfo c’est un peu le CNN du paf national.
      https://seenthis.net/messages/1087492
      Grosse fatigue avant l’adoubement du quatrième premier sinistre de 2024. La réunion interminable au château entre micron et le bearnais mettait les éditocrates de plateau en stand-by ou avec des scénarios tous plus acadabrantesques les uns que les autres, à croire qu’ils étaient dans la tête du présipotent. Ou plus assurément porte parole de Mdme Irma. Même Bachelot, certes pas sur un plateau de fRance-Info mais sur un de BFNtv (ce qui est du pareil au même) se demandait combien de temps ils allaient encore blablater pour ne rien dire. Et pour cause, ils ne savaient rien.

    • #campisme

      JLM, je m’en contrefous à partir du moment, où comme tu le dis, sa réflexion n’apporte rien de pertinent. Par contre, quand un média malhonnête profite de la détestation d’une personne du camp du partage pour pousser son agenda de propagande fasciste, là, moi, ça me fout en rogne. Et quand cette propagande fasciste nous est mise sous le nez, pour nous signifier « tu vois, le gauchiste, il est un peu qanon », je trouve ça lourd, surtout quand ça vient toujours du même qui a l’impression de partager ses fulgurances géniales sans se rendre compte qu’il se vautre dans le campisme crétin.

    • Mélenchon « gauchiste » ? On rigole. Si on excepte un CDD au pouvoir exécutif, c’est depuis des décennies un rentier des institutions représentatives.
      Parler de « réflexion » à propos de cette affirmation falsificatrice donne une sympathique touche « liberté de penser » à l’affaire. Sauf qu’une parole politique publique est un acte. Il y plusieurs manières de se « contrefoutre » des actes d’un politicien. Ici, c’est un chèque en blanc.

      #QueSeVayanTodos

    • Tu t’enfonces Colporteur.

      L’article dont tu prétends faire une preuve à charge est une accumulation d’approximations sans aucun moyen de vérifier quoi que ce soit, si par hasard, on avait prévu de se faire une opinion sur la Syrie en écoutant JLM ; ce qui n’est pas le cas, tu en conviendras peut-être, quand on consulte SeenThis : JLM n’est pour ainsi dire jamais cité sur aucun sujet, parce que tout le monde a compris depuis longtemps que JLM, faut ni l’écouter ni lui faire confiance sur rien, tiens, il est sénateur et c’est la preuve qu’il est un gros bourgeois (bordel, il est plus sénateur depuis des lustres, mais on continue de faire comme si, parce que c’est l’argument massue apparemment... et apparemment, le gauchiste, il ne doit être élu nul part, pour être crédible, là, le paradoxe est complet, c’est le gauchiste de shrodinger, qui pour être crédible ne doit pas être élu, mais qui pour être élu, ne peut pas être gauchiste, en quelque sorte, tu te rends compte de la voie sans issue dans laquelle tes détestations te placent ? (et pas de soucis, tu détestes qui tu veux, mais ne va pas t’étonner quand on te fait remarquer que tu déblatères)).

    • En tant que suppôt de l’impérialisme, je ne vois pas comment je pourrais m’enfoncer.
      La vidéo de Mélenchon faisant ces déclarations, je l’ai vu avant qu’elle soit citée par la téloche, ça date du 7 décembre
      https://x.com/destangal/status/1865400574528606468
      N’accorder blanc-seing ni aux politiciens, ni à leurs fans, est-ce de la détestation ?

      Il se trouve que ce bureaucrate, petit-bourgeois plus que bourgeois, à cumulé 62 année de mandats. De ce fait il dispose de 8500 euros de retraite. Ce n’est pas fatal. Ce qui l’est davantage, c’est les moyens employés et les fins soutenues.

    • 𝐋𝐀 𝐂𝐇𝐔𝐓𝐄 𝐃𝐔 𝐑𝐄𝐆𝐈𝐌𝐄, Cantine Syrienne de Montreuil

      Enfin, Assad est tombé. Une nouvelle Syrie est désormais possible. C’est une immense victoire pour la révolution, 13 ans après son déclenchement. L’avenir pourra difficilement être pire que la machine tortionnaire d’Assad. La chute du régime est certainement une étape décisive mais il ne s’agit pas de la fin du processus révolutionnaire. Notre joie indescriptible reste fragile. Aujourd’hui, nous faisons face à des multiples défis et menaces, certains vertigineux :

      ⁃ les interventions directes ou indirectes des puissances étrangères, en premier lieu celle d’Israël, mais aussi de la Turquie en passant par les USA ou les pays du Golfe. Entre bombardements et occupation de territoires, affaires lucratives et négociations diplomatiques, est-il possible d’échapper à un morcellement de notre pays en différentes zones d’influences ?

      ⁃ le risque d’établissement d’un nouveau régime despotique qui combine les restes militaires et institutionnels du régime d’Assad avec la touche d’HTC. Comment éviter le maintien et l’appropriation de ces structures par celle qui est, de facto, la force politique et militaire hégémonique aujourd’hui dans le pays ?

      ⁃ le conflit toujours ouvert entre les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) sous contrôle kurde et l’Armée Nationale Syrienne (ANS) sous contrôle turc fait que la population civile, kurde et arabe, subit exactions, pillages, répression et déplacements dans le nord-est du pays.

      ⁃ les conditions de vie, humanitaires et économiques, qui nécessiteront beaucoup de temps et de ressources pour devenir au minimum dignes.

      Nos aspirations au changement persistent donc après la chute du régime. Nos nombreux combats aussi.

  • #Pierre_Gaussens, sociologue : « Les #études_décoloniales réduisent l’Occident à un ectoplasme destructeur »

    Le chercheur détaille, dans un entretien au « Monde », les raisons qui l’ont conduit à réunir, dans un livre collectif, des auteurs latino-américains de gauche qui critiquent les #fondements_théoriques des études décoloniales.

    S’il passe son année en France comme résident à l’Institut d’études avancées de Paris, Pierre Gaussens évolue comme sociologue au Collège du Mexique, à Mexico, établissement d’enseignement supérieur et de recherche en sciences humaines. C’est d’Amérique latine qu’il a piloté, avec sa collègue #Gaya_Makaran, l’ouvrage Critique de la raison décoloniale. Sur une contre-révolution intellectuelle (L’Echappée, 256 pages, 19 euros), regroupant des auteurs anticoloniaux mais critiques des études décoloniales et de leur « #stratégie_de_rupture ».

    Que désignent exactement les études décoloniales, devenues un courant très controversé ?

    Les études décoloniales ont été impulsées par le groupe Modernité/Colonialité, un réseau interdisciplinaire constitué au début des années 2000 par des intellectuels latino-américains, essentiellement basés aux Etats-Unis. Il comptait, parmi ses animateurs les plus connus, le sociologue péruvien #Anibal_Quijano (1928-2018), le sémiologue argentin #Walter_Mignolo, l’anthropologue américano-colombien #Arturo_Escobar, ou encore le philosophe mexicain d’origine argentine #Enrique_Dussel (1934-2023). Les études décoloniales sont plurielles, mais s’articulent autour d’un dénominateur commun faisant de 1492 une date charnière de l’histoire. L’arrivée en Amérique de Christophe Colomb, inaugurant la #colonisation_européenne, aurait marqué l’entrée dans un schéma de #pouvoir perdurant jusqu’à aujourd’hui. Ce schéma est saisi par le concept central de « #colonialité », axe de #domination d’ordre racial qui aurait imprégné toutes les sphères – le pouvoir, le #savoir, le #genre, la #culture.

    Sa substance est définie par l’autre concept phare des études décoloniales, l’#eurocentrisme, désignant l’hégémonie destructrice qu’aurait exercée la pensée occidentale, annihilant le savoir, la culture et la mythologie des peuples dominés. Le courant décolonial se fonde sur ce diagnostic d’ordre intellectuel, mais en revendiquant dès le début une ambition politique : ce groupe cherchait à se positionner comme une avant-garde en vue d’influencer les mouvements sociaux et les gouvernements de gauche latino-américains. Il est ainsi né en critiquant les #études_postcoloniales, fondées dans les années 1980 en Inde avant d’essaimer aux Etats-Unis. Les décoloniaux vont leur reprocher de se cantonner à une critique « scolastique », centrée sur des études littéraires et philosophiques, et dépourvue de visée politique.

    Pourquoi avoir élaboré cet ouvrage collectif visant à critiquer la « #raison_décoloniale » ?

    Ce projet venait d’un double ras-le-bol, partagé avec ma collègue Gaya Makaran, de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Nous étions d’abord agacés par les faiblesses théoriques des études décoloniales, dont les travaux sont entachés de #simplisme et de #concepts_bancals enrobés dans un #jargon pompeux et se caractérisant par l’#ignorance, feinte ou volontaire, de tous les travaux antérieurs en vue d’alimenter une stratégie de #rupture. Celle-ci a fonctionné, car la multiplication des publications, des revues et des séminaires a permis au mouvement de gagner en succès dans le champ universitaire. Ce mouvement anti-impérialiste a paradoxalement profité du fait d’être basé dans des universités américaines pour acquérir une position de force dans le champ académique.

    La seconde raison tenait à notre malaise face aux effets des théories décoloniales. Que ce soient nos étudiants, les organisations sociales comme les personnes indigènes rencontrées sur nos terrains d’enquête, nous constations que l’appropriation de ces pensées menait à la montée d’un #essentialisme fondé sur une approche mystifiée de l’#identité, ainsi qu’à des #dérives_racistes. Il nous semblait donc crucial de proposer une critique d’ordre théorique, latino-américaine et formulée depuis une perspective anticolonialiste. Car nous partageons avec les décoloniaux le diagnostic d’une continuité du fait colonial par-delà les #décolonisations, et le constat que cette grille de lecture demeure pertinente pour saisir la reproduction des #dominations actuelles. Notre ouvrage, paru initialement au Mexique en 2020 [Piel Blanca, Mascaras Negras. Critica de la Razon Decolonial, UNAM], présente donc un débat interne à la gauche intellectuelle latino-américaine, qui contraste avec le manichéisme du débat français, où la critique est monopolisée par une droite « #antiwoke ».

    Le cœur de votre critique se déploie justement autour de l’accusation d’« essentialisme ». Pourquoi ce trait vous pose-t-il problème ?

    En fétichisant la date de #1492, les études décoloniales procèdent à une rupture fondamentale qui conduit à un manichéisme et une réification d’ordre ethnique. L’Occident, porteur d’une modernité intrinsèquement toxique, devient un ectoplasme destructeur. Cette #satanisation produit, en miroir, une #idéalisation des #peuples_indigènes, des #cosmologies_traditionnelles et des temps préhispaniques. Une telle lecture crée un « #orientalisme_à_rebours », pour reprendre la formule de l’historien #Michel_Cahen [qui vient de publier Colonialité. Plaidoyer pour la précision d’un concept, Karthala, 232 pages, 24 euros], avec un #mythe stérile et mensonger du #paradis_perdu.

    Or, il s’agit à nos yeux de penser l’#hybridation et le #métissage possibles, en réfléchissant de façon #dialectique. Car la #modernité a aussi produit des pensées critiques et émancipatrices, comme le #marxisme, tandis que les coutumes indigènes comportent également des #oppressions, notamment patriarcales. Cette #focalisation_ethnique empêche de penser des #rapports_de_domination pluriels : il existe une #bourgeoisie_indigène comme un #prolétariat_blanc. Cette essentialisation suscite, en outre, un danger d’ordre politique, le « #campisme », faisant de toute puissance s’opposant à l’Occident une force par #essence_décoloniale. La guerre menée par la Russie en Ukraine montre à elle seule les limites d’une telle position.

    En quoi le positionnement théorique décolonial vous semble-t-il gênant ?

    La stratégie de rupture du mouvement conduit à plusieurs écueils problématiques, dont le principal tient au rapport avec sa tradition théorique. Il procède à des récupérations malhonnêtes, comme celle de #Frantz_Fanon (1925-1961). Les décoloniaux plaquent leur grille de lecture sur ce dernier, gommant la portée universaliste de sa pensée, qui l’oppose clairement à leur geste critique. Certains se sont rebellés contre cette appropriation, telle la sociologue bolivienne #Silvia_Rivera_Cusicanqui, qui a accusé Walter Mignolo d’avoir détourné sa pensée.

    Sur le plan conceptuel, nous critiquons le galimatias linguistique destiné à camoufler l’absence de nouveauté de certains concepts – comme la « colonialité », qui recoupe largement le « #colonialisme_interne » développé à la fin du XXe siècle – et, surtout, leur faiblesse. Au prétexte de fonder un cadre théorique non eurocentrique, les décoloniaux ont créé un #jargon en multipliant les notions obscures, comme « #pluriversalisme_transmoderne » ou « #différence_transontologique », qui sont d’abord là pour simuler une #rupture_épistémique.

    Votre critique s’en prend d’ailleurs à la méthode des études décoloniales…

    Les études décoloniales ne reposent sur aucune méthode : il n’y a pas de travail de terrain, hormis chez Arturo Escobar, et très peu de travail d’archives. Elles se contentent de synthèses critiques de textes littéraires et théoriques, discutant en particulier des philosophes comme Marx et Descartes, en s’enfermant dans un commentaire déconnecté du réel. Il est d’ailleurs significatif qu’aucune grande figure du mouvement ne parle de langue indigène. Alors qu’il est fondé sur la promotion de l’#altérité, ce courant ne juge pas nécessaire de connaître ceux qu’il défend.

    En réalité, les décoloniaux exploitent surtout un #misérabilisme en prétendant « penser depuis les frontières », selon le concept de Walter Mignolo. Ce credo justifie un rejet des bases méthodologiques, qui seraient l’apanage de la colonialité, tout en évacuant les critiques à son égard, puisqu’elles seraient formulées depuis l’eurocentrisme qu’ils pourfendent. Ce procédé conduit à un eurocentrisme tordu, puisque ces auteurs recréent, en l’inversant, le « #privilège_épistémique » dont ils ont fait l’objet de leur critique. Ils ont ainsi construit une bulle destinée à les protéger.

    Sur quelle base appelez-vous à fonder une critique de gauche du colonialisme ?

    En opposition aux penchants identitaires des décoloniaux, nous soutenons le retour à une approche matérialiste et #dialectique. Il s’agit de faire dialoguer la pensée anticoloniale, comme celle de Frantz Fanon, avec l’analyse du #capitalisme pour renouer avec une critique qui imbrique le social, l’économie et le politique, et pas seulement le prisme culturel fétichisé par les décoloniaux. Cette #intersectionnalité permet de saisir comment les pouvoirs néocoloniaux et le capitalisme contemporain reproduisent des phénomènes de #subalternisation des pays du Sud. Dans cette perspective, le #racisme n’est pas un moteur en soi, mais s’insère dans un processus social et économique plus large. Et il s’agit d’un processus historique dynamique, qui s’oppose donc aux essentialismes identitaires par nature figés.

    « Critique de la raison décoloniale » : la dénonciation d’une « #imposture »

    Les études décoloniales constitueraient une « #contre-révolution_intellectuelle ». L’expression, d’ordinaire réservée aux pensées réactionnaires, signale la frontalité de la critique, mais aussi son originalité. Dans un débat français où le label « décolonial » est réduit à un fourre-tout infamant, cet ouvrage collectif venu d’Amérique latine apporte un bol d’air frais. Copiloté par Pierre Gaussens et Gaya Makaran, chercheurs basés au Mexique, Critique de la raison décoloniale (L’Echappée, 256 pages, 19 euros) élève le débat en formulant une critique d’ordre théorique.

    Six textes exigeants, signés par des chercheurs eux-mêmes anticoloniaux, s’attachent à démolir ce courant, qualifié d’« imposture intellectuelle ». Les deux initiateurs du projet ouvrent l’ensemble en ramassant leurs griefs : l’essentialisation des peuples à travers un prisme culturel par des auteurs qui « partagent inconsciemment les prémisses de la théorie du choc des civilisations ». Les quatre contributions suivantes zooment sur des facettes des études décoloniales, en s’attaquant notamment à la philosophie de l’histoire qui sous-tend sa lecture de la modernité, à quelques-uns de ses concepts fondamentaux (« pensée frontalière », « colonialité du pouvoir »…) et à son « #ontologie de l’origine et de la #pureté ». Un dernier texte plus personnel de la chercheuse et activiste Andrea Barriga, ancienne décoloniale fervente, relate sa désillusion croissante à mesure de son approfondissement de la pensée d’Anibal Quijano, qui lui est finalement apparue comme « sans consistance ».

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/11/24/pierre-gaussens-sociologue-les-etudes-decoloniales-reduisent-l-occident-a-un
    #décolonial

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    • En complément :
      https://lvsl.fr/pourquoi-lextreme-droite-sinteresse-aux-theories-decoloniales

      L’extrême droite veut décoloniser. En France, les intellectuels d’extrême droite ont pris l’habitude de désigner l’Europe comme la victime autochtone d’une « colonisation par les immigrés » orchestrée par les élites « mondialistes ». Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement », a même fait l’éloge des grands noms de la littérature anticoloniale – « tous les textes majeurs de la lutte contre la colonisation s’appliquent remarquablement à la France, en particulier ceux de Frantz Fanon » – en affirmant que l’Europe a besoin de son FLN (le Front de Libération Nationale a libéré l’Algérie de l’occupation française, ndlr). Le cas de Renaud Camus n’a rien d’isolé : d’Alain de Benoist à Alexandre Douguine, les figures de l’ethno-nationalisme lisent avec attention les théoriciens décoloniaux. Et ils incorporent leurs thèses, non pour contester le système dominant, mais pour opposer un capitalisme « mondialiste », sans racines et parasitaire, à un capitalisme national, « enraciné » et industriel.

      Article originellement publié dans la New Left Review sous le titre « Sea and Earth », traduit par Alexandra Knez pour LVSL.

    • Les pensées décoloniales d’Amérique latine violemment prises à partie depuis la gauche

      Dans un livre collectif, des universitaires marxistes dénoncent l’« imposture » des études décoloniales, ces théories qui tentent de déconstruire les rapports de domination en Amérique latine. Au risque de la simplification, répondent d’autres spécialistes.

      PourPour une fois, la critique ne vient pas de la droite ou de l’extrême droite, mais de courants d’une gauche marxiste que l’on n’attendait pas forcément à cet endroit. Dans un livre collectif publié en cette fin d’année, Critique de la raison décoloniale (L’échappée), une petite dizaine d’auteur·es livrent une charge virulente à l’égard des études décoloniales, tout à la fois, selon eux, « imposture », « pensée ventriloque », « populisme » et « contre-révolution intellectuelle ».

      Le champ décolonial, surgi dans les années 1990 sur le continent américain autour de penseurs comme Aníbal Quijano (1928-2018), reste confidentiel en France. Ce sociologue péruvien a forgé le concept de « colonialité du pouvoir », qui renvoie aux rapports de domination construits à partir de 1492 et le début des « conquêtes » des Européens aux Amériques. Pour ces intellectuel·les, les vagues d’indépendances et de décolonisations, à partir du XIXe siècle, n’ont pas changé en profondeur ces rapports de domination.

      La première génération des « décoloniaux » sud-américains, autour de Quijano, de l’historien argentino-mexicain Enrique Dussel (1934-2023) et du sémiologue argentin Walter Mignolo (né en 1941), a développé à la fin des années 1990 un programme de recherche intitulé « Modernité/Colonialité/Décolonialité » (M/C/D). Ils ont analysé, souvent depuis des campus états-uniens, la « colonialité », non seulement du « pouvoir », mais aussi des « savoirs » et de « l’être ».

      Pour eux, 1492 est un moment de bascule, qui marque le début de la « modernité » (le système capitaliste, pour le dire vite) et de son revers, la « colonialité » : le système capitaliste et le racisme sont indissociables. Selon ces auteurs, « le socle fondamental de la modernité est le “doute méthodique” jeté sur la pleine humanité des Indiens », doute qui deviendra un « scepticisme misanthrope systématique et durable » jusqu’à aujourd’hui, expliquent Philippe Colin et Lissell Quiroz dans leur ouvrage de synthèse sur les Pensées décoloniales. Une introduction aux théories critiques d’Amérique latine, publié en 2023 (éditions de La Découverte).

      « Au-delà des indéniables effets de mode, la critique décoloniale est devenue l’un des paradigmes théoriques incontournables de notre temps », écrivent encore Colin et Quiroz. Depuis la fin des années 1990, cette manière de critiquer le capitalisme, sans en passer par le marxisme, s’est densifiée et complexifiée. Elle a été reprise dans la grammaire de certains mouvements sociaux, et récupérée aussi de manière rudimentaire par certains gouvernements étiquetés à gauche.

      C’est dans ce contexte qu’intervient la charge des éditions L’échappée, qui consiste dans la traduction de six textes déjà publiés en espagnol (cinq au Mexique en 2020, un autre en Argentine en 2021). Parmi eux, Pierre Gaussens et Gaya Makaran, deux universitaires basé·es à Mexico, l’un Français, l’autre Polonaise, s’en prennent à ces « discours académiques qui veulent parler à la place des subalternes » et dénoncent une « représentation ventriloque des altérités ».

      Préoccupé·es par l’influence grandissante des théories décoloniales dans leur milieu universitaire, Gaussens et Makaran veulent exposer leurs « dangers potentiels ». Dont celui de contribuer à « justifier des pratiques discriminatoires et excluantes, parfois même ouvertement racistes et xénophobes, dans les espaces où celles-ci parviennent à rencontrer un certain écho, surtout à l’intérieur du monde étudiant ».

      Les critiques formulées par ces penseurs d’obédience marxiste sont légion. Ils et elles reprochent une manière de penser l’Europe de manière monolithique, comme un seul bloc coupable de tous les maux – au risque d’invisibiliser des luttes internes au continent européen. Ils contestent la focalisation sur 1492 et jugent anachronique la référence à une pensée raciale dès le XVe siècle.

      De manière plus globale, ils dénoncent un « biais culturaliste », qui accorderait trop de place aux discours et aux imaginaires, et pas assez à l’observation de terrain des inégalités économiques et sociales ou encore à la pensée de la forme de l’État au fil des siècles. « L’attention qu’ils portent aux identités, aux spécificités culturelles et aux “cosmovisions” les conduit à essentialiser et à idéaliser les cultures indigènes et les peuples “non blancs”, dans ce qui en vient à ressembler à une simple inversion de l’ethnocentrisme d’origine européenne », écrit le journaliste Mikaël Faujour dans la préface de l’ouvrage.

      Ils critiquent encore le soutien de certains auteurs, dont Walter Mignolo, à Hugo Chávez au Venezuela et Evo Morales en Bolivie – ce que certains avaient désigné comme une « alliance bolivarienne-décoloniale », au nom de laquelle ils ont pu soutenir des projets néo-extractivistes sur le sol des Amériques pourtant contraires aux intérêts des populations autochtones.

      Dans une recension enthousiaste qu’il vient de publier dans la revue Esprit, l’anthropologue Jean-Loup Amselle parle d’un livre qui « arrive à point nommé ». Il critique le fait que les décoloniaux ont « figé », à partir de 1492, l’Europe et l’Amérique en deux entités « hypostasiées dans leurs identités respectives ». « Pour les décoloniaux, insiste Amselle, c’est le racisme qui est au fondement de la conquête de l’Amérique, bien davantage que les richesses qu’elle recèle, et c’est le racisme qui façonne depuis la fin du XVe siècle le monde dans lequel on vit. »

      La parole d’Amselle importe d’autant plus ici qu’il est l’un des tout premiers, depuis la France, à avoir critiqué les fondements de la pensée décoloniale. Dans L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes (Seuil, 2008), il consacrait déjà plusieurs pages critiques en particulier de la pensée « culturaliste », essentialiste, de Walter Mignolo lorsque ce dernier pense le « post-occidentalisme ».

      À la lecture de Critique de la raison décoloniale, si les critiques sur les partis pris téléologiques dans certains travaux de Walter Mignolo et Enrique Dussel visent juste, la virulence de la charge interroge tout de même. D’autant qu’elle passe presque totalement sous silence l’existence de critiques plus anciennes, par exemple sur le concept de « colonialité du pouvoir », en Amérique latine.

      Dans une recension publiée dans le journal en ligne En attendant Nadeau, l’universitaire David Castañer résume la faille principale du livre, qui « réside dans l’écart entre ce qu’il annonce – une critique radicale de la théorie décoloniale dans son ensemble – et ce qu’il fait réellement – une lecture du tétramorphe Mignolo, Grosfoguel [sociologue d’origine portoricaine – ndlr], Quijano, Dussel ». Et de préciser : « Or, il y a un grand pas entre critiquer des points précis des pensées de ces quatre auteurs et déboulonner cette entité omniprésente que serait le décolonial. »

      Tout se passe comme si les auteurs de cette Critique passaient sous silence la manière dont ce champ s’est complexifié, et avait intégré ses critiques au fil des décennies. C’est ce que montre l’ouvrage de Colin et Quiroz dont le dernier chapitre est consacré, après les figures tutélaires des années 1990 – les seules qui retiennent l’attention de Gaussens et de ses collègues –, aux « élargissements théoriques et militants ».
      Méta-histoire

      L’exemple le plus saillant est la manière dont des féministes, à commencer par la philosophe argentine María Lugones (1944-2020), vont critiquer les travaux de Quijano, muets sur la question du genre, et proposer le concept de « colonialité du genre », à distance du « féminisme blanc », sans rejeter pour autant ce fameux « tournant décolonial ».

      Idem pour une pensée décoloniale de l’écologie, à travers des chercheurs et chercheuses d’autres générations que celles des fondateurs, comme l’anthropologue colombien Arturo Escobar (qui a critiqué le concept de développement comme une invention culturelle d’origine occidentale, et théorisé le « post-développement ») ou l’Argentine Maristella Svampa, devenue une référence incontournable sur l’économie extractiviste dans le Cône Sud.

      La critique formulée sur la fixation problématique sur 1492 chez les décoloniaux ne convainc pas non plus Capucine Boidin, anthropologue à l’université Sorbonne-Nouvelle, jointe par Mediapart : « Les auteurs décoloniaux font une philosophie de l’histoire. Ils proposent ce que j’appelle un méta-récit. Ce n’est pas de l’histoire. Il n’y a d’ailleurs aucun historien dans le groupe des études décoloniales. Cela n’a pas de sens de confronter une philosophie de l’histoire à des sources historiques : on ne peut qu’en conclure que c’est faux, incomplet ou imprécis. »

      Cette universitaire fut l’une des premières à présenter en France la pensée décoloniale, en invitant Ramón Grosfoguel alors à l’université californienne de Berkeley, dans un séminaire à Paris dès 2007, puis à coordonner un ensemble de textes – restés sans grand écho à l’époque – sur le « tournant décolonial » dès 2009.

      Elle tique aussi sur certaines des objections formulées à l’égard d’universitaires décoloniaux très dépendants des universités états-uniennes, et accusés d’être coupés des cultures autochtones dont ils parlent. À ce sujet, Silvia Rivera Cusicanqui, une sociologue bolivienne de premier plan, connue notamment pour avoir animé un atelier d’histoire orale andine, avait déjà accusé dès 2010 le décolonial Walter Mignolo, alors à l’université états-unienne Duke, d’« extractivisme académique » vis-à-vis de son propre travail mené depuis La Paz.

      « Contrairement à ce que dit Pierre Gaussens, nuance Capucine Boidin, Aníbal Quijano parlait très bien, et chantait même, en quechua. C’était un sociologue totalement en prise avec sa société. Il a d’ailleurs fait toute sa carrière au Pérou, à l’exception de voyages brefs aux États-Unis durant lesquels il a échangé avec [le sociologue états-unien] Immanuel Wallerstein. Pour moi, c’est donc un procès d’intention qui fait fi d’une lecture approfondie et nuancée. »
      L’héritage de Fanon

      Au-delà de ces débats de spécialistes, les auteur·es de Critique de la raison décoloniale s’emparent avec justesse de nombreux penseurs chers à la gauche, de Walter Benjamin à Frantz Fanon, pour mener leur démonstration. Le premier chapitre s’intitule « Peau blanche, masque noire », dans une référence au Peau noire, masques blancs (1952) de l’intellectuel martiniquais. Le coup est rude : il s’agit d’accuser sans détour les décoloniaux d’être des « blancs » qui se disent du côté des peuples autochtones sans l’être.

      Pierre Gaussens et Gaya Makaran insistent sur les critiques formulées par Fanon à l’égard du « courant culturaliste de la négritude », qu’ils reprennent pour en faire la clé de voûte du livre. « Si le colonisé se révolte, ce n’est donc pas pour découvrir une culture propre ou un passé glorieux, ni pour prendre conscience de sa “race”, mais parce que l’oppression socio-économique qu’il subit ne lui permet pas de mener une existence pleine et entière », écrivent-ils.

      Dans l’épilogue de sa biographie intellectuelle de Fanon (La Découverte, 2024), Adam Shatz constate que des critiques de l’antiracisme contemporain, depuis le marxisme notamment, se réclament parfois du Martiniquais. « Ce qui intéressait Fanon n’était pas la libération des Noirs, mais celle des damnés de la Terre », confirme-t-il. Mais Shatz se montre aussi plus prudent, alors que « l’horizon de la société post-raciale [que Fanon appelait de ses vœux – ndlr] s’est considérablement éloigné » par rapport à 1961, année de sa mort à 36 ans à peine.

      À lire Shatz, Fanon menait une critique des pensées binaires telles que certains universalistes et d’autres identitaires la pratiquent. La nature de son œuvre la rend rétive aux récupérations. Il juge aussi que les décoloniaux, et des mouvements comme Black Lives Matter, qui se revendiquent tout autant de Fanon que les marxistes critiques de l’antiracisme, « sont plus fidèles à la colère » du psychiatre martiniquais, avec « leur style d’activisme imprégné d’urgence existentielle ».

      Aussi stimulante soit-elle, la publication de Critique de la raison décoloniale témoigne surtout, en creux, de la trop faible circulation des textes originaux des théories décoloniales en France, et du trop petit nombre de traductions disponibles en français (parmi les exceptions notables, la publication aux PUF en 2023 de Philosophie de la libération, de Dussel, classique de 1977). Le livre des éditions de L’échappée est une entreprise de démontage d’un champ encore peu documenté en France, ce qui donne à sa lecture un abord inconfortable.

      Et ce, même si Mikaël Faujour, collaborateur au Monde diplomatique, qui a traduit une partie des textes du recueil en français, avec l’essayiste partisan de la décroissance Pierre Madelin, insiste, dans une préface périlleuse, sur une clé de lecture française, qui complique encore la réception de l’ouvrage. Le journaliste s’inquiète des « cheminements » de la pensée décoloniale dans l’espace francophone, d’abord via les revues Multitudes et Mouvements, puis à travers le parti des Indigènes de la République (PIR) autour notamment de Houria Bouteldja, jusqu’à déplorer « le rapprochement, à partir de 2019, entre les décoloniaux autour du PIR et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ».

      La charge n’est pas sans rappeler le débat suscité en 2021 par le texte du sociologue Stéphane Beaud et de l’historien Gérard Noiriel, sur le « tournant identitaire » dans les sciences sociales françaises. Au risque d’ouvrir ici une vaste discussion plus stratégique sur les gauches françaises, qui n’a que peu à voir avec les discussions théoriques posées par les limites des premières vagues de la théorie décoloniale en Amérique latine ?

      Joint par Mediapart, Faujour assure le contraire : « Il n’y a pas d’étanchéité entre les deux espaces [français et latino-américain]. D’ailleurs, le livre [original publié en 2020 au Mexique] contenait un texte critique de Philippe Corcuff sur les Indigènes de la République. Par ailleurs, Bouteldja salue Grosfoguel comme un “frère”. Dussel et Grosfoguel sont venus en France à l’invitation du PIR. Tout l’appareillage lexical et conceptuel, la lecture historiographique d’une modernité débutée en 1492 unissant dans la “colonialité”, modernité, colonialisme et capitalisme, mais aussi la critique de la “blanchité”, entre autres choses, constituent bel et bien un fonds commun. »

      Mais certain·es redoutent bien une confusion dans la réception du texte, dans le débat français. « Pierre Gaussens et Gaya Makaran travaillent depuis le Mexique, avance Capucine Boidin. Je comprends une partie de leur agacement, lorsqu’ils sont face à des étudiants latino-américains, de gauche, qui peuvent faire une lecture simplifiée et idéologique de certains textes décoloniaux. D’autant qu’il peut y avoir une vision essentialiste, romantique et orientaliste des cultures autochtones, dans certains de ces écrits. »

      « Mais en France, poursuit-elle, nous sommes dans une situation très différente, où les études décoloniales sont surtout attaquées sur leur droite. Manifestement, Pierre Gaussens est peu informé des débats français. Ce livre arrive comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, avec le risque de donner à la droite des arguments de gauche pour critiquer les études décoloniales. »

      https://www.mediapart.fr/journal/international/271224/les-pensees-decoloniales-d-amerique-latine-violemment-prises-partie-depuis

  • « Il y a un risque de trouble à l’ordre public » : Rima Hassan interdite de conférence à l’Université de Strasbourg après Sciences-Po Paris
    Publié le 21/11/2024 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2024/11/21/il-y-a-un-risque-de-trouble-a-lordre-public-rima-hassan-interdite-de-confe

    Une conférence de Rima Hassan prévue le 28 novembre prochain à l’Université de Strasbourg a été interdite. L’eurodéputée LFI dénonce une annulation sans justification.

    Après Sciences-Po Paris, l’Université de Strasbourg a interdit une conférence de l’eurodéputée de La France insoumise Rima Hassan, qui était prévue le 28 novembre. Un fait dénoncé par l’élue sur le réseau social X.

    Le président de l’université de Strasbourg @DenekenMichel a interdit une conférence que je devais assurer le jeudi 28 novembre organisée par le comité Palestine Unistras et Solidaires Étudiants et ce sans aucune justification. Voici le contenu du mail qui a été envoyé aux…
    — Rima Hassan (@RimaHas) November 20, 2024
    https://twitter.com/RimaHas/status/1859219215405756760

    « Le président de l’université de Strasbourg Michel Deneken a interdit une conférence que je devais assurer le jeudi 28 novembre organisée par le comité Palestine Unistras et Solidaires Étudiants et ce sans aucune justification », a déclaré l’Insoumise. Contactée par l’AFP, l’Université de Strasbourg a confirmé : « L’autorisation de conférence n’a pas été accordée. Il y a un risque de trouble à l’ordre public » précisant que « la réponse aux étudiants qui ont demandé est en cours ».

    Tout mon soutien à @DenekenMichel qui vient de prendre une décision courageuse ! Il est temps que notre université arrête de servir de tribune aux soutiens de groupuscules islamistes ! https://t.co/cJl82I8de6
    — Pernelle Richardot\ud83c\uddea\ud83c\uddfa (@PernelRichardot) November 20, 2024

    La conseillère municipale socialiste de Strasbourg, Pernelle Richardot, a exprimé son « soutien » au président de l’Université de Strasbourg « qui vient de prendre une décision courageuse », selon son message posté sur X. « Il est temps que notre université arrête de servir de tribune aux soutiens de groupuscules islamistes », ajoute-t-elle. Rima Hassan compte déposer un recours pour contester cette décision, tout comme pour l’affaire à Sciences-Po Paris.

    Multiplication de déclarations polémiques sur Israël

    Plusieurs universités ont déjà interdit des conférences de Rima Hassan. Celle de Lille l’avait notamment interdit avant que cette annulation soit finalement interdite par la justice. L’eurodéputée, qui multiplie les déclarations polémiques sur Israël, est visée par une enquête pour « apologie du terrorisme » après des propos sur le mouvement islamiste palestinien du Hamas.

    #censure #liberté_d'expression

    • Apparemment, que des ressortissants français (Salah Hamouri ou Rima Hassan) fassent des conférences, ça mérite d’être interdit parce que « risque de trouble à l’ordre public ». Par contre, un match de foot avec les supporters israéliens et pro-israéliens racistes et violents, il est indispensable que trois Présidents de la république s’y déplacent avec 4000 flics et des hélicoptères ; et une conférence de soutien à l’armée génocidaire à laquelle la présence de Smotrich est annoncée, ça doit à tout prix être maintenu.

  • Où a disparu le mouvement pacifiste ?
    https://italienpcf.blogspot.com/2024/08/ou-disparu-le-mouvement-pacifiste.html?m=1

    par Heribert Prantl

    Quarante ans plus tard. Il y a un silence, un grave silence. Des missiles de croisière Tomahawk, des missiles SM-6 et des missiles hypersoniques sont déployés en Allemagne, le pays reste silencieux, l’Europe est silencieuse. Pas de protestations, pas de manifestations

    Il Manifesto 21 août 2024

    Il y a un silence, un silence de pierre. Des missiles de croisière Tomahawk, des missiles SM-6 et des missiles hypersoniques sont déployés en Allemagne, le pays reste silencieux, l’Europe est silencieuse. Pas de protestations, pas de manifestations.

    L’Allemagne est le seul pays d’Europe auquel ces systèmes d’armes américains sont destinés. Ils sont dirigés contre la Russie.

    Pourquoi est-ce si calme ? Est-ce l’été, est-ce les vacances ? Pourquoi la déclaration américano-allemande sur le déploiement est-elle si incroyablement concise et sèche ? Elle ne fait que neuf lignes. Le silence a-t-il quelque chose à voir avec le fait qu’il semble y avoir encore du temps ? Après tout, le déploiement ne commencera pas avant 2026. Ou est-ce parce que l’on est convaincu que ces missiles « n’apporteront que la paix » ?

    À l’avenir, seule la paix sortira du sol allemand" : telle est la promesse faite par les deux États allemands en 1990 avec le traité « Deux plus quatre ». La RDA et la République fédérale étaient les deux ; les quatre étaient la France, l’Union soviétique, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Ce traité a ouvert la voie à la réunification de l’Allemagne. La paix viendra-t-elle donc de ces nouveaux missiles, qui pourraient être équipés d’armes nucléaires ? Ou bien cette promesse a-t-elle pris un autre sens après la guerre en Ukraine, parce que la dissuasion est désormais plus importante que le désarmement ? Les temps sont-ils devenus tellement guerriers que parler de désarmement n’a plus de sens ? Le mot « paix » a-t-il perdu de son attrait ? Derrière ces points d’interrogation se cache le silence.

    Le président russe Vladimir Poutine a annoncé qu’il réagirait en miroir. Lorsque l’on répond à une action menaçante par une menace encore plus grande et que les adversaires ont des contre-réactions qui se nourrissent les unes des autres, on parle d’escalade. L’escalade signifie que les missiles à longue portée, qui peuvent être dotés de l’arme nucléaire en théorie, le seront également en pratique. Bertold Brecht a mis en garde contre cette course au réarmement il y a plusieurs décennies. La grande Carthage, écrivait-il en 1951, a mené trois guerres. Après la première, elle était encore puissante, après la deuxième, elle était encore habitable. Après la troisième, elle était introuvable". Dans une troisième guerre mondiale, l’Europe serait comme Carthage, ou pire. Les cavaliers de l’apocalypse sont désormais dotés d’armes nucléaires.

    Le chancelier allemand Olaf Scholz a qualifié la décision d’installer les nouveaux missiles américains en Allemagne de « très bonne décision ». Doit-il dire cela parce que, dans son serment, il a promis d’éviter de nuire au peuple allemand ? Quelle est l’ampleur du risque de voir l’Allemagne devenir un champ de bataille ? C’est la crainte qui a marqué les manifestations contre le réarmement dans les années 1980, lorsque les missiles Pershing II ont été installés en République fédérale.

    La guerre nucléaire, disait-on à l’époque, devenait « plus précise et plus contrôlable » avec les missiles Pershing ; le seuil d’inhibition à leur utilisation serait alors abaissé. Les Tomahawk actuellement déployés méritent vraiment le qualificatif de « précis ». Et, contrairement aux Pershing, ils peuvent atteindre Moscou. Cela augmente-t-il ou diminue-t-il le risque que Moscou tente d’éliminer ces missiles de manière préventive ?

    Le silence est tel en Allemagne que l’on peut encore entendre les échos des anciennes manifestations, celles de l’époque, lorsqu’il y avait un mouvement pacifiste dans toute l’Europe. C’était il y a quarante ou quarante-cinq ans. À l’époque, des millions de personnes sont descendues dans la rue avec le slogan « Non à la mort nucléaire » et ont protesté contre la « double décision » de l’OTAN d’installer des missiles et d’entamer des négociations avec Moscou. En Allemagne, ce fut le thème central des protestations, avec la manifestation pacifiste au Hofgarten de Bonn en octobre 1981, suivie des nombreux blocages contre les transports de missiles à Mutlangen. Parmi ceux qui ont barré la route aux missiles, on trouve des écrivains comme Günther Grass et Heinrich Böll, des hommes et des femmes d’église, des artistes et des universitaires, puis de grandes masses de personnes anonymes.

    À cette époque, à l’heure des mouvements pacifistes, le désarmement atteint également le système judiciaire allemand : en 1995, la Cour constitutionnelle fédérale juge que les blocages effectués par les sit-in ne constituent pas des actes de violence. Les jugements prononcés à l’encontre de ceux qui avaient bloqué les missiles ont donc dû être annulés. C’était il y a longtemps. Mais en 2010, le Bundestag a décidé à une large majorité que le gouvernement Merkel devait faire campagne « vigoureusement » pour le retrait de toutes les armes nucléaires américaines d’Allemagne. C’était également il y a longtemps. Les missiles Tomahawk d’aujourd’hui sont-ils moins dangereux parce qu’ils sont plus précis et plus rapides que les missiles Pershing d’autrefois ? Ou bien la situation mondiale est-elle si dangereuse que nous devons accepter de vivre avec la crainte que, si le pire devait arriver, il ne resterait pas une seule pierre debout en Allemagne ?

    Aujourd’hui, la peur paralyse. À l’époque, elle alimentait les protestations, mais aujourd’hui, elle absorbe leur énergie. Beaucoup de gens s’éteignent complètement lorsqu’il s’agit de guerre, d’armement et d’armes, parce qu’ils ont l’impression d’être face à une montagne qu’ils ne peuvent pas voir parce qu’elle est de plus en plus haute. C’est ce qu’on appelle le désespoir. Et certains évitent de lutter pour le désarmement parce qu’ils ne veulent pas être considérés comme des amis de Poutine.

    Le ministre de la défense, Boris Pistorius, affirme qu’il existe un « déficit de capacités » pour justifier le renforcement des forces armées. Mais le mouvement pacifiste souffre également d’un « déficit de capacité ». Il a perdu la capacité de protester au nom de l’espoir.

    En Europe, nous devons réapprendre ce qu’est la paix. Il n’y a pas de sécurité avec encore plus de dépenses militaires, encore plus de chars ou encore plus d’ogives nucléaires. La sécurité ne double pas si l’on double les dépenses militaires et les armes. Elle ne sera pas réduite de moitié si les dépenses et les armes sont réduites de moitié. Elle augmentera si les deux adversaires apprennent à se regarder l’un l’autre. C’est ainsi que nous pourrons réapprendre à faire la paix.

    –-

    Heribert Prantl est chroniqueur au journal allemand Süddeutsche Zeitung.

    #Allemagne #histoire #pacifisme

    • La Russie de Poutine a envahi plusieurs pays, a rasé la Tchetchenie.
      Poutine doit être dissuadé de nuire par des armes de dissuasion.

      Il n’y a aucun parallèle à faire avec les Palestiniens qui subissent une occupation de plus de 70 ans et qui actuellement, subissent un génocide.

    • La dissuasion fonctionne bien et depuis longtemps.

      Maintenant ce sont les populations des états non nucléarisés qui se font massacrer par les états nucléarisés.

      L’Ukraine a eu le grand tort de rendre ses armes nucléaires ...

    • La dissuasion unilatérale, à la façon dont les occidentaux l’envisagent nous mène à une nouvelle course aux armements. Les occidentaux ont sapé tous les outils de déconflictuation mis en place au cours de la guerre froide pour éviter un holocauste nucléaire impromptu.

      Annoner « poutine, poutine, poutine » n’y changera pas grand chose ; à une autre époque, c’était « sadam sadam sadam », ou « kadafikadafikadafi ». Faire comme si la désintégration des outils internationaux de déconflictuation (ONU, Convention de Genève...), du fait en premier lieu des occidentaux eux mêmes, telle qu’elle a lieu en Israël, d’une façon si éloquente et odieuse, ou telle qu’elle a lieu en Arménie, ou telle qu’elle a eu lieu en Syrie ou telle qu’elle a eu lieu en Irak, faire comme si ces actes de tyrannie et d’ultra-violence étaient tous séparés les uns des autres, et tous imputables à quelques diables de circonstance, quand la source est unique et aveuglante (les occidentaux/le capitalisme), ce n’est pas à proprement parler une façon de faire avancer les choses.

      Les pacifistes sont aujourd’hui criminalisés dans nos contrées des « Lumières ». Tout est lié.

    • C’est cela : les pacifistes sont en prison et les missiles sont partout. Les instances de domination de l’occident global ont appris à se « bunkeriser » et des conflits à dominante nucléaire les impacteront très peu. Cela sera aussi, selon leur vision, une opportunité pour éliminer quelques milliards de surnuméraires, les fameux « animaux humains ».

    • Pour nous faire une idée de la question si une comparaison entre l’Ukraine et Gaza est possible, et si on doit y livrer des armes, rappellons nous de ce qu’est l’Ukraine.

      Voilà onze points qu’on peut considérer comme confirmés malgré le brouillard de guerre .

      1. Dans le courant de la dissolution de l’URSS les oligarques régionaux s’emparent de la Crimée et des riches terres qui ont plus ou moins constitué l’Ukraine historique. Ces exploiteurs dominent le peuple dit ukrainien dépourvu de pouvoir réel.

      2. Ces gens puissants s’arrangent pour s’enrichir sur le dos du peuple déshérité et transforment l’état d’Ukraine en celui avec la population la plus pauvre d’Europe.

      3. Un jour les habitants de la Crimée en ont ras le bol et optent pour le retour à la Russie plus prospère et culturellement plus proche. Manque de bol, ce n’est pas prévu dans la loi internationale, mais c’est possible quand même à cause de la convergence d’intérêts avec le pouvoir russe dit « Poutine ».

      4. Une alliance plus ou moins ouverte entre une fraction des oligarques d’Ukraine et leurs confrères aux États Unis (la bande à Biden ;-) destitue le président du pays par un coup d’état et fait élire un candidat plus incliné à la cause « occidentale ».

      5. Commence une guerre des nationalistes ukrainiens contre la population du Donbas envieuse des habitants de la Crimée désormais rattachée à la Russie prospère.

      6. Les ukrainiens portent au pouvoir un comédien qui promet de régler leurs problèmes. Pourtant la pauvreté et le régne des oligarques persistent, et le nouveau président sous influence « occidentale » fait tout pour saboter le processus de paix connu sous le nom protocole et accord de Minsk.

      7. Suite au refus de l’Ouest de retirer ses missiles et d’en finir avec l’expansion de l’OTAN vers l’Est la Russie invahit l’Ukraine.

      8. La majorité des Ukraniens ne comprend pas qu’ils ne sont depuis la dissolution de l’URSS que des pions sur le grand échequier de Zbigniew Brzeziński et ses apprentis sorciers. Aveuglé par les discours nationalistes ils se lancent dans une guerre perdue d’avance qui sert d’abord à l’impérialisme états-unien. Ces impérialistes occidentaux gèrent la stratǵie et la tactique ukrainienne, alimentent ses amées et en ce faisant profitent du sang versé. Les oligarques d’outre-mer et d’Ukraine continuent à se remplir les poches.
      J’observe tous les jours à Berlin les grosses bagnoles de luxe des sbires d’oligarques ukrainiens qui y complètent leurs fins de mois avec le « Bürgergeld » , qui est une sorte d’argent de poche de +/- €1000 mensuels que l’Allemagne leur paye sans condition. Tout le monde sait qu’il n’y a pas de petit bénéfice .

      9. Le peuple d’Ukraine meurt s’il n’a pas réussi de fuir les combats. Les rescapés d’Ukraine construiront leur avenir en Allemagne ou en France où le patronat leur a souhaité la bienvenue comme « immigration de qualité ». Je suis d’accord avec ce point du vue car il faudra bien quelqu’un qui paie ma retraite qui ne sera assurée ni par les allemands autochtones ni par les réfugiés peu qualifiés d’Afrique.

      10. Une fois la guerre terminée l’Ukraine appartiendra ou à la Russie (d’une manière ou d’une autre) ou aux États Unis qui s’empareront des terres fertiles du pays pour se faire rembourser les frais de la guerre provoquée par eux mêmes.

      11. Cette guerre a déjà détruit l’Ukraine à un point où une reconstruction suivant l’exemple allemand ( Wirtschaftswunder ) est exclue. Les peuples d’Ukraine ont tout perdu et les habitants du pays ne récupèreront quoi que ce soit uniquement s’ils font déjà maintenant partie des profiteurs de cette guerre absurde.

      Conclusion : On ne peut pas comparer la guerre contre Gaza et la guerre en Ukraine car les palestiniens n’ont pas d’Allemagne pour les acceuillir. Du point de vue d’Israel il faut donc ĺes éliminer pour se débarasser de la menace arabe.

      Dans l’absolu la guerre en Ukraine est plus déstructive et meurtrière que celle contre l’état palestinien in statu nascendi mais la brutalité de la politique et des forces armées juives dépasse de loin celle de la campagne militaire russe.

      Alors l’unique point commun des conflits est le fait qu’on assassine des êtres humains pour s’emparere de la terre qui devrait leur appartenir.

      Alors est-ce qu’on doit soutenir un des partis belligerants en Ukraine par des livraisons d’armes ? Je pense que ce n’est pas justifiable quand on se place du côté des populations souffrantes. Les livraisons d’armes ne sont justifiées que du point de vue de celui qui par espoir de gains matériels se rallie aux instigateurs des conflits.

      C’est ce que fait le gouvernement bourgeois allemand. Ses membres misent sur le succès de son partenaire d’outre-mer et essaient d’ecarter toute voix dissédente. Je considère donc les membres de ce gouvernement comme des criminels responsables pour l’hécatombe en Ukraine.

      Le temps est loin quand les représentants du camp bourgeois modéré comme Heribert Prantl pouvaient se rallier à la cause pacifiste. Aujourd’hui il n’y a plus que le peuple même pour se montrer solidaire avec les victimes des guerres des riches. Voilà l’explication pour la disparition du mouvement pacifiste reconnu.

      A vous de choisir votre camp.

      #Ukraine #Gaza #Russie #Israel #guerre #pacifisme

    • Oh, apparemment je me suis mal exprimé. Malheureusement le sujet de la guerre interdit chaque forme d’ironie alors qu’il est insupportable sans y ajouter une prise d’humour. Alors continuons sur un ton sachlich .

      D’abord je m’attendais un peu au reproche malhonnête de poutinisme vu qu’actuellement chaque voix susceptible de pacifisme se fait traiter ainsi.

      Pour le dire clairement - on ne peut que diffcilement nier le fait que l’Ukraine et ses population soient un pion sur l’échequier états-unien. Ceci est vrai aussi pour l’Allemagne et d’autres pays même si les pions se montrent parfois réticents aux ordres du joueur d’outre mer.

      Argument

      Au moment de l’invasion russe le gouvernement d’Ukraine avait le choix entre la guerre totale et la solution gaulliste. Au lieu de s’exiler à Londre il a opté pour le sacrifice de son peuple, qui l’a naturellement suivi .

      Je comprend les simples gens qui pensent défendre leur pays alors qu’ils ne défendent que les intérêts de leurs exploiteurs. Les gouvernements et les intellectuels de tous les pays belligérants par contre devraient le savoir, et à mon avis ils le savent pertinemment. C’est une tromperie qu’on pratique partout pour entraîner les peuples dans les guerres, en Ukraine, en Russie, aux États Unis et ailleurs.

      Opinion

      Vivement qu’on nous épargne la mobilisation générale en Europe de l’Ouest.

      Argument

      Je sais aussi qu’il y un courant idéologique qui prend le gouvernment de Russie pour une bande d’impérialistes qui ont déclenché la guerre afin de faire avancer leur projet de rétablissement d’une grande russie, un peu comme le gouvernement turc sous Erdogan qui aimerait rétablir l’Empire ottoman.Si on part de cette position chaque voix qui n’est pas pour la guerre contre la Russie se ressent comme une voix de traitre. Mais ceci n’a pas d’importance pour mon argument.

      Opinion (du point de vue de classe prolétaire)

      Dans une guerre entre pays capitalistes on ne peut que s’opposer aux meurtres et se prononcer pour la fin immédiate des hostilités, le cas échánt pour la désertion ou la révolte contre le gouvernement de son propre pays.

      Opinion (du point de vue humain)

      Il est déjà inacceptable que les puissants d’un pays gâchent sa richesse pour la production d’armes. Soutenir leur export équivaut à la participation aux boucheries.

      J’espère avoir éclairci mon point de vue.

      #propagande_de_guerre

    • Oui c’est plus clair....

      Au moment de l’invasion russe le gouvernement d’Ukraine avait le choix entre la guerre totale et la solution gaulliste. Au lieu de s’exiler à Londre il a opté pour le sacrifice de son peuple, qui l’a naturellement suivi .

      C’est vrai que laisser son peuple se faire envahir par la Russie de Poutine c’est pas du tout un sacrifice. Faut demander aux biélorusses ce qu’ils en pensent tiens...

    • Opinion (du point de vue de classe prolétaire)

      Anatole France (qui avait réussi à s’extirper de sa condition de prolétaire en devenant un « intellectuel engagé » pour son époque) avait déjà compris bien des choses :
      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4004637/f1.item.texteImage.

      En fait, on en revient toujours au même : si tu ne prends pas fait et cause pour un camp, tu deviens automatiquement un « traître ».

      #campisme #bellicisme

    • Les accords de Minsk I et II n’ont pas été appliqués par la partie Ukrainienne. C’est un fait, pas un complot ni une vue de l’esprit.

      L’armée Ukrainienne préparait la reprise en main du Donbass fin 2021, sous la supervision des occidentaux et de l’Otan, c’est un fait, confirmé par deux signataires des accords de Minsk I et II, Merkel et Hollande. Ces deux là ont confirmé qu’ils ont signé ces accords pour gagner du temps et qu’il n’était pas question de faire le moindre compromis avec les habitants du Donbass.

      Ces compromis, l’application des accords de Minsk, qui consistaient en une fédéralisation de l’Ukraine, auraient permis d’éviter la guerre que l’on a aujourd’hui.

      Mais on continue de faire comme si cette guerre n’avait qu’un seul fautif.

    • Les accords de Minsk I et II n’ont pas été appliqués par la partie Ukrainienne. C’est un fait, pas un complot ni une vue de l’esprit.

      Oui et le Hamas a attaqué Israël le 7 octobre donc Israël a bien le droit de mener la guerre qui est menée (puisque apparemment on peut faire ce genre de parallèles, pourquoi se priver).

      Mais sinon les Russes ont vachement bien respecté le truc aussi ? Et attendez, ça venait d’où déjà ce besoin d’avoir des accords de Minsk ? Ce serait pas la Russie qui aurait financé des barbouzes (et non « les habitants du Donbass ») pour conquérir des territoires ukrainiens (et même envoyé ses propres militaires, ce qu’elle a reconnu ultérieurement) ?

      Petit conseil : arrêtez de lire le diplo sur le sujet car ils sont ridicules.

      Les dirigeant ukrainiens sont probablement critiquables, à peu près autant que les notre. Les dirigeants Russes actuels sont un peu un cran au dessus, entre les camps d’internement et les assassinats politiques mon choix est vite fait de préférer un Zelensky à Poutine. L’armée Russe enlève des enfants ukrainiens pour les emmener en Russie, pour les « rééduquer », rien que ce fait doit glacer le sang et amener à réagir.

      Le pacifisme, ça a du sens quand 2 pays (enfin surtout leurs bourgeoisies) à peu près égaux veulent se mettre sur la gueule en utilisant les prolos comme chair à canon. Quand il y a un agresseur à l’idéologie mortifère qui veut conquérir ses voisins, je pense que ça mérite d’y réfléchir à 2 fois avant de demander la paix, et on a quand même quelques exemples dans l’histoire (et encore actuellement).

    • Sur mes réseaux Mastodon, j’ai pleins de gens toute la journée, qui publient les éléments de langage pour voter pour Harris. Et toute la journée, tu constates que le parti Démocrate continue de soutenir le génocide de Gaza. Mais si tu es un bon petit occidental qui sait que Poutine est méchant, alors, tu sais que Trump est méchant, et qu’il faut lui préférer Harris. Ou Biden. Ou un autre. Peu importe. Il est démocrate et pro-occidental. Donc il est gentil. Et comme tu le dis « ça doit glacer le sang et amener à réagir ». En votant et se mobilisant pour Harris. Du camp des génocidaires. Avec des boussoles de ce genre, forcément, on finit tous dans les poubelles de l’Histoire sans crier gare.

    • L’inventaire des horreurs des uns et des autres ne suffit pas à expliquer comment on en est arrivé à une situation

      Oui c’est vrai parce que, comme cela a été dit, expliquer c’est excuser hein.

      Mais sinon je trouve ça assez cocasse de venir pleurnicher des accusations de traîtrise après avoir dit que les ukrainiens auraient soit disant mieux fait de se laisser envahir et en même temps de sous-entendre que les discours anti-poutine viendraient plus ou moins de gens qui sont pro-génocide israélien (pourtant Poutine est un bon pote de Netanyahou, c’est à n’y rien comprendre).

    • Poutine, bon pote de Netanyahou ? Arrête ton délire @alexcorp ...
      De toute façon, ton analyse est biaisée depuis le départ avec ton soutien indéfectible de l’Ukraine corrompue contre la Russie autocratique et autoritaire (oui, la Russie est un état dirigée par un autocrate mafieux mais Zelensky qui ne passe pas encore pour un autocrate est lui aussi passé maître en matière de corruption).

      Pour rappel, le pacifisme n’est pas se coucher devant un adversaire belliqueux (être « munichois ») mais surtout permettre aux parties belligérantes de se rencontrer pour négocier un arrêt des hostilités. D’aucuns nomment cela « diplomatie ». Cette notion est cruellement absente des confrontations de ce premier quart du 21e siècle, chacun préférant montrer ses muscles et pousser du menton virilement en prouvant aux médias qu’il aboie le plus fort. Fin de la blague.

    • Ah si, un dernier truc : qui était derrière la « révolution orange » et le mouvement Maïdan en 2013-2014 ?
      Du coup, Poutine a entrepris la « dénazification » de la Crimée et a encouragé la sédition dans le Donbass. C’est con, hein ?

    • @sombre https://www.lopinion.fr/international/le-lien-personnel-entre-poutine-et-netanyahu-permet-de-sauver-la-relation-r

      Les Israéliens n’appliquent pas, pour l’instant, de sanctions à l’égard de la Russie et ne fournissent pas l’Ukraine en armes. Les relations économiques restent modestes, mais ont progressé pour atteindre 2,7 milliards de dollars en 2023. Le lien personnel entre Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu, bien qu’ils aient réduit leurs échanges, permet de sauver la relation russo-israélienne et d’éviter les dérapages.

      Poutine et Netanyahu sont du même moule et s’entendent fort bien.

      D’aucuns nomment cela « diplomatie ». Cette notion est cruellement absente des confrontations de ce premier quart du 21e siècle, chacun préférant montrer ses muscles et pousser du menton virilement en prouvant aux médias qu’il aboie le plus fort. Fin de la blague.

      Ah mais je suis tout à fait d’accord, le problème c’est quand l’autre en face ne veut pas négocier, tu fais comment ? Et ça vaut pour Poutine et Netanyahu (là y avait 200 000 personnes dans les rues d’Israël lui demandant de négocier, il s’en fout complètement).

      Ah si, un dernier truc : qui était derrière la « révolution orange » et le mouvement Maïdan en 2013-2014 ?

      Faut pas faire du suspens comme ça, tu peux donner ta version des faits.

    • @sombre je l’avais lu à l’époque, je signale quand même que Berruyer est connu pour relayer le narratif russe (en point d’orgue, il avait été invité par Lavrov en 2019 à l’ambassade de Russie) et ce qui est clairement absent de son analyse c’est justement toutes les manipulations russes en arrière plan (et au passage, ça parle beaucoup de l’extrême droite ukrainienne, à raison hein, mais quid de l’extrême droite russe ? (qui, rappelons le, est en grande partie au pouvoir ou dans des forces paramilitaires type Wagner)).

      Bref, Maïdan est parti du fait que les russes ont mis la pression sur l’Ukraine pour qu’elle ne se rapproche pas de l’UE. En gros ça faisait 5 ans que l’Ukraine négociait un accord, les états membres de l’UE se mettant enfin d’accord (on peut être pour ou contre c’est pas la question, et les points soulevés par Berruyer sont pas déconnants), tout d’un coup t’as le président ukrainien qui dit « euh non en fait je veux plus, on va bosser avec les russes » (tiens donc...). Cela a abouti au renversement d’un président vu comme une marionnette des russes et les ukrainiens ont commencé à flipper de se retrouver dans un truc à la biélorusse (le mouvement est massif, c’est pas juste des fachos qui s’excitent). Suite à cela le président suivant (Porochenko) a signé l’accord avec l’UE. Ensuite la Russie a financé des barbouzes dans l’est de l’Ukraine et envahi la Crimée (je suppose bêtement que ça devait être la menace qui avait fait reculer le président renversé). Maintenant, évidemment que tout un tas de capitalistes trouvent un intérêt à cette guerre, en premier lieu l’industrie d’armement des Etats-Unis (mais ça n’a échappé à personne que depuis très longtemps les Etats-Unis aiment fourrer leur nez dans les affaires des autres, surtout si ça emmerde un de leurs ennemis).

    • Les pressions américaines sur Nord Stream 1 et 2 datent de bien avant 2014. Mais tout est bien qui finit bien, les américains vendent enfin leur gaz de schiste sous forme de GNL à l’Europe.

      Les magouilles entre capitalistes russes et américains pour prendre pied en Ukraine datent de bien avant 2014, d’où les instabilités de pouvoir dans ce pays, et les manœuvres choquantes, de part et d’autres.

      Tu as un article cette semaine qui évoque le fait que les affrontements entre capitalistes sont à l’origine des instabilités du monde. Et d’ailleurs, tu pourras constater que dès que Milei est arrivé au pouvoir, il s’est empressé de faire revenir le FMI et tous les fonds vautours, qui œuvraient depuis 20 ans pour un retour aux affaires, depuis qu’ils avaient été mis à la porte par quelques gauchistes, dont les gens bien centristes comme il faut savent t’expliquer comment et pourquoi ces gauchistes n’ont pas su se montrer suffisamment doués pour garder le pouvoir (on a les mêmes partout, ils parviennent systématiquement à t’expliquer que les gauchistes sont des nuls, et que les gens de droite sont méchants, ok, mais bon, y-a pas le choix ; sérieux les centristes, vous fatiguez).

    • @klaus : même si @alexcorp est prompt à dégainer un argumentaire « ad poutinum », je me réserve le droit de continuer à « ferrailler » avec lui parce qu’il en va de l’intelligence collective où « intelligence » signifie traitement pertinent de l’information dans ce cas précis. Bon mais là maintenant, j’ai pas trop le temps ...

    • @sombre après 30+ ans d’internet je ne vois plus beaucoup d’intelligence collective (Wisdom of Crowds cf. https://en.wikipedia.org/wiki/The_Wisdom_of_Crowds) sauf pour les spider #AI qui collectent la connerie des foules afin de nous construire les nouveaux mondes à la con.

      J’aime les échanges ouverts avec des gens qui ne sont pas forcément d’accord avec moi surtout quand elles /ils me font découvrir des choses. La découverte de parti pris et d’arguments ad hominem n’en font pas partie. Pourtant je ne m’en fache pas. Lors ce que tu te prononces sur la toile, tu sais ce que tu fais ;-)

    • Il y a parfois un certain relativisme vis à vis du régime russe (ou au moins une minimisation du problème) qu’on ne retrouve pas quand il s’agit de parler des américains ou des israéliens (le meilleur exemple mainstream sur le sujet étant Mélenchon et sa clique, ce premier ayant par exemple dit que la Russie faisait du « bon boulot » en Syrie). Bon, j’aurais quand même lu ici que les Ukrainiens auraient mieux fait de se laisser envahir... (et c’est moi le troll...)

      Heureusement le NPA ou UCL ont des positions un peu plus réfléchies (cf par exemple ce communiqué au moment de l’invasion russe : https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Ukraine-Retrait-immediat-des-troupes-d-occupation )

    • Oh ben tiens ! Je me permets une petite digression qui n’en est pas vraiment une en l’occurrence :

      La disputatio est une méthode ancienne qui présente de nombreux avantages. Parmi les missions de l’Institut Ethique et Politique, il en est une qui est de cultiver le doute face aux certitudes et de valoriser la liberté de chacun à penser différemment, sans qu’aucun point de vue ne soit présenté comme définitif. Il est vrai que grande est la tentation de rechercher le consensus par le ralliement à une position majoritaire pour mettre un terme à la discorde. De premier abord, cela nous semble le prix à payer pour garantir l’unité. Pourtant il serait dommage de faire taire ou d’étouffer l’expression d’opinions peut-être plus réconciliables qu’il n’y parait..

      https://www.ethique-politique.fr/disputatio-debat-contradictoire

      Maintenant concernant l’interprétation d’@alexcorp sur un soit-disant assentiment à l’invasion russe de l’Ukraine dans cette discussion :

      Bon, j’aurais quand même lu ici que les Ukrainiens auraient mieux fait de se laisser envahir...

      je répondrai en premier lieu par cette sorte d’oracle :
      « Ce n’est pas quand quand on a chié dans les draps qu’il faut commencer à serrer les fesses ».

    • @sombre
      C’est par rapport à cette phrase que je disais ça, je ne trouve pas que mon interprétation est si dingue :

      Au moment de l’invasion russe le gouvernement d’Ukraine avait le choix entre la guerre totale et la solution gaulliste. Au lieu de s’exiler à Londre il a opté pour le sacrifice de son peuple, qui l’a naturellement suivi .

  • La guerre entre Israël et le Hamas fracture le monde intellectuel
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/12/08/la-guerre-entre-israel-et-le-hamas-fracture-le-monde-intellectuel_6204694_32

    #campisme

    La guerre ravage tout sur son passage. Et celle entre Israël et le Hamas ne dément pas ce tragique qui traverse les âges. Mais ce conflit, qui mobilise la communauté internationale, a déjà fait un dégât collatéral. « Cette guerre est aussi en train de fracturer une bonne partie du champ des sciences sociales et de la pensée, peut-être de façon irréversible », s’alarme le philosophe Pierre Charbonnier, professeur à Sciences Po. En effet, dès le 7 octobre, des camps se sont rapidement constitués. D’un côté, on accuse d’« antisémitisme » les manifestants de la cause palestinienne ; et, de l’autre, de « fascisme » les partisans de la guerre menée par Israël. Au point que l’on pourrait parler de « campisme », cette manière de se rallier immédiatement à un camp sans prendre en compte la singularité d’un événement.

    Un campisme de droite condensé dans la célèbre formule de l’officier de la marine américaine Stephen Decatur (1779-1820), « my country, right or wrong », que l’on peut traduire par « mon pays, à tort ou à raison », maxime d’un alignement sur une politique patriotique, qu’elle soit pacifique ou guerrière, juste ou mortifère. « C’est comme si on disait : “Ma mère, ivre ou sobre” », ironisait l’écrivain britannique G. K. Chesterton (1874-1936), qui voyait dans cette expression la manifestation d’un nationalisme primaire, « quelque chose qu’aucun patriote ne devrait dire, sauf dans des cas désespérés ».

    Pour la droite identitaire, la défense inconditionnelle du gouvernement israélien a pris la forme d’une réaction occidentaliste : Israël serait la pointe avancée de l’Occident dans un Orient musulman. Une importation du conflit orchestrée par le national-populisme intellectuel et médiatique qui compare la situation d’Israël au Proche-Orient à celle de la France et ses banlieues « islamisées ».
    « Le campisme est la maladie de la pensée »

    Le campisme de gauche est, quant à lui, un héritage de la guerre froide. C’est un réflexe politique qui démonise un ennemi unique – le plus souvent l’empire américain – et conduit à une incapacité à imaginer d’autres formes d’impérialismes, notamment russe, comme lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. Ordonnée par Vladimir Poutine, l’invasion du 24 février 2022 a pourtant enterré « la vision obsolète d’un monde en noir et blanc où toutes les victimes du seul impérialisme – américain – seraient miraculeusement unies contre lui », remarque Dominique Vidal, ancien journaliste au Monde diplomatique et spécialiste du Moyen-Orient.

    Ce campisme continue toutefois d’imprégner certaines franges de l’anticapitalisme. « Un logiciel marxiste anti-impérialiste et étatiste périmé identifiant rage politique et criminelle, et validant, voire glorifiant, le meurtre », analyse la politologue Catherine Hass sur le site Lundimatin. Une logique selon laquelle « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » qui transforme des exactions contre des civils en actes de résistance, des crimes de guerre en luttes de libération et le Hamas en mouvement progressiste. « Le campisme est la maladie de la pensée », résume Dominique Vidal. Une polarisation qui empêche bien souvent de passer du réflexe à la réflexion. « Le temps de la pensée est écrasé par la tempête de la guerre et de ses atrocités, la réflexion n’est plus d’actualité », résume, de son côté, le philosophe Ivan Segré.

    • « Il est politique d’ôter à la haine son éternité. »
      Catherine Hass (26 novembre 2023)

      https://lundi.am/Faire-date-autrement

      La facilité avec laquelle nous recodons les événements pour en extraire des clivages factices est consubstantielle au mouvement qui abolit ou suspend la politique - le « faire politique ». La sanglante séquence initiée le 7 octobre n’échappe pas à ce fait. Dans cet excellent texte, Catherine Hass, autrice de Aujourd’hui la guerre et de République et Châtiment, s’inscrit en faux vis-à-vis de l’injonction à camper d’un côté ou de l’autre. Ce n’est pas qu’elle refuse naïvement toute division. Elle refuse cependant toute division naïve. Elle fait en sorte de la rendre éminemment politique. Car la politique commence d’abord lorsque l’on sort des pièges et des cycles infinis tendus par la logique de terreur.

    • cette guerre qui détruit avec elle toute possibilité qu’il en soit autrement en détruisant toute politique, anéantirait la possibilité même d’une pensée de la politique. (...) Demeure l’injonction comminatoire à dire son camp même si ce dernier n’existe pas dans les termes de l’injonction.

      Hass date son texte du 10 novembre. Le découvrant, je trouve dommage qu’il vienne à la suite de cet état des lieux intellectuels franco-centriste où le crevard carriériste Pierre Charbonnier donne le la et lui dédie un seen spécifique.
      #politique #évènement #pensée

  • ★ Il n’est de juste guerre que la guerre de classe (OCL nov. 2022)

    « Lorsque deux impérialismes s’affrontent, grande est la tentation de choisir son camp.
    Il y a ceux qui le font clairement en fonction de leurs options idéologiques et de leur intérêt (ou de ce qu’ils croient être leur intérêt). Il y a ceux qui hésitent, qui pèsent le pour et le contre, qui essayent de mesurer ce qu’il y a à gagner dans la victoire de l’un ou la défaite de l’autre et qui se refusent à condamner de manière identique et claire les deux camps : il y aurait, au bout du compte, un agresseur et un agressé.
    Parmi celles et ceux qui se rangent en temps de paix dans le camp anticapitaliste, anarchistes ou marxistes, on entend souvent l’argument consistant à dire que les grands principes anti-impérialistes sont valables en général, mais que cette fois-ci la situation est particulière. Cet argument, on l’a lu et entendu en 1914, en 1939, au moment de la guerre en Yougoslavie, de la guerre du Golfe ou de la guerre en Ukraine aujourd’hui. Eh oui, c’est une évidence, chaque situation est différente d’une autre ! Mais chaque grève aussi est différente d’une autre par son contexte, ses enjeux, ses acteurs, et cela ne veut pas dire qu’il est possible de choisir le camp des patrons ! Ou, sans aller jusque-là, de trouver quelque vertu à des alliances (temporaires, juré craché !) avec l’ennemi de classe… et de même, pour ce qui nous occupe ici, avec l’un des impérialistes (...)
     »

    ▶ Lire la suite... https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article3401

    #guerres #impérialisme #campisme #anticapitalisme #antiétatisme #antimilitarisme #internationalisme #Anarchisme

  • Ouf, Julian Röpcke, reporter pour Bild et spécialiste de la guerre en Ukraine, est « soulagé » : ceux-là étaient des journalistes qui méritaient d’être assassinés.
    https://twitter.com/JulianRoepcke/status/1726910300400611442

    Was shocked after the first tweet and relieved after the second.

    Almayadeen channel is Hezbollah’s house propaganda channel and has nothing to do with journalism. These reporters were probably embedded with the Lebanese terror group, attacking northern Israel on behalf of Iran.

    Its reporters were present at many terrorist attacks against Israel over the past six weeks. I don’t see journalists here.

  • « Voici la France. Pendant ce temps Madame Braun-Pivet campe à Tel-Aviv pour encourager le massacre. Pas au nom du peuple français ! »

    ...ce « campe » intrigue. Un bref retour sur l’histoire s’impose. Dans La Dernière Bataille, Edouard Drumont − le pape de l’antisémitisme à la française − écrit, en 1890 : « La race juive ne peut vivre dans aucune société organisée, c’est une race de nomades et de Bédouins ; quand elle a installé quelque part son campement, elle détruit tout autour d’elle. »
    Plus tard, au moment du Front populaire, Maurice Bedel soutient, dans son livre Bengali (1937) composé d’articles publiés par Candide, journal antisémite [publié entre 1924 et 1944], que Léon Blum est « le président du Conseil venu d’une race errante camper en Ile-de-France par un hasard qui l’eût aussi bien mené à New York ».

    Plus tard encore, le 2 juillet 1954, Aspects de la France, l’autre organe royaliste antisémite, écrit au sujet de Pierre Mendès France, alors président du Conseil : « Il est, de tous les Mendès, celui qui campe présentement entre Atlantique et Pyrénées. » Toujours ce « campe » qui revient comme un leitmotiv ; autant de juifs d’Etat dévoués à l’intérêt public qui campent, ici ou là, selon les circonstances.

    Décidément, ce « campe » plonge dans une longue histoire qu’il conviendrait de retracer plus soigneusement, tant elle a à voir avec le mythe du juif errant au campement provisoire − mythe propagé sans cesse par les populismes d’extrême droite mais aussi, fréquemment, d’extrême gauche, à travers l’histoire mouvementée des guerres franco-françaises. Ce « campe », étrange et incompréhensible, ne cesse de nous bouleverser tant il risque de faire resurgir les tragiques fêlures qui ont déchiré la nation dans un passé encore tout proche.

    https://archive.ph/cW0Dk

    https://seenthis.net/messages/1022811
    @mad_meg @biggrizzly @fsoulabaille @fitzlombard

    #histoire #antisémitisme #antisémitisme_de_gauche #gauche

  • La guerre de Gaza et la situation mondiale. Vincent Présumey, 23/10/2023
    https://aplutsoc.org/2023/10/24/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale-vincent-presumey-le-23-10-2023

    Il est indispensable d’intégrer ce qui est pour l’instant la #guerre de #Gaza mais pourrait devenir plus et pire, depuis les 7-8 octobre 2023, à l’analyse globale de la crise mondiale contemporaine. Le plus grand danger intellectuel, et par voie de conséquence politique et moral, serait de croire à un feuilleton déjà connu, tant les forces en présence dans cette région du monde sont observées, mythifiées, assimilées dans les consciences depuis des décennies. Ce danger est aggravé par le fait que la question en surplomb dans la situation mondiale, c’est celle de la #guerre_mondiale. Devant un théâtre où tout le monde croit reconnaître les siens, et devant un danger que l’on préfère souvent ne pas nommer, grande est la tentation de fuir sans phrases, fuir la démarche qui consiste à analyser pour trouver comment agir en intégrant le nouveau et pas en répétant seulement le connu ou ce que l’on croit connaître.

    Réciter les slogans et s’y réfugier n’est plus que conservatisme devant la catastrophe et ne conjure rien du tout. Le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté, inséparables, devraient être de rigueur.

    Le tournant du 7 octobre 2023 est l’évènement le plus retentissant, au plan mondial, depuis le 24 février 2022. Il ne nous ramène nullement à l’avant 24 février. Au contraire, il nous engage plus encore dans le XXI° siècle des guerres et des révolutions.

    Plan du texte :

    Le cadre dans lequel cette guerre survient.
    « Sud global » contre « Occident », ou le discours de l’impérialisme multipolaire.
    La balance de la justice, vraiment ?
    Le sens historique des #pogroms des 7-8 octobre.
    La nature de la guerre israélienne contre Gaza.
    La place de l’#Iran.
    A propos du « deux poids deux mesures ».
    Le positionnement de Washington et la possibilité sous-jacente de la guerre mondiale.

    ... Qu’il soit nécessaire, pour analyser la place de la guerre engagée le 7 octobre, d’une analyse mondiale intégrant la guerre en Ukraine et reliant les deux guerres, semble [...] tout à fait inenvisageable, voire impensable. Sud global contre Occident impérialiste, telle est la représentation idéologique qui doit submerger tout autre discours, toute autre réflexion

    ... plus riches des dures leçons de l’histoire et des combats anticolonialistes, sont les réflexions de nos camarades ukrainiens propalestiniens, que les pogroms révulsent et qui s’écrient, comme Hanna Perekhoda : « Notre Hamas, nous l’avons eu ! », c’était l’OUN, et cela pourrait être Azov : ces camarades, aux premiers rangs de la lutte de libération nationale, récusent ces organisations, leurs méthodes et leurs crimes, antisémites et antipolonais, récusent tout amalgame mythique entre leur lutte à eux, la guerre de libération actuelle, et la tradition « bandériste », et savent combien la nation ukrainienne a payé et paie cher ces crimes et cet amalgame, « nazi-ukrainien », cette équation raciste que, s’agissant des Palestiniens, Gilbert Achcar croit conjurer en dénonçant leur « nazification », mais qu’il conforte en fait, en montant un échafaudage idéologique pour nous expliquer que les crimes du Hamas, dans sa petite « balance de la justice » qui ne serait soi-disant « pas métaphysique » et pas occidentale, sont des crimes de bonne qualité puisque ce sont des crimes commis du bon côté.

    .... « S’il y a une leçon à tirer de la guerre de libération algérienne, c’est bien que le terrorisme contre les civils dessert les luttes des opprimés et des exclus (...) » - écrivait Mohamed Harbi, qui sait de quoi il parle, dans Hommes et libertés, n°117, janvier-mars 2002.

    .... Pas plus que le Hamas ne combattait l’oppression nationale et coloniale israélienne les 7 et 8 octobre, l’armée israélienne ne « riposte » ou n’exerce des « représailles » visant à « détruire le Hamas » à Gaza. Il s’agit de la plus monstrueuse opération menée contre cette population civile emprisonnée dans un immense ghetto

    .... Beaucoup de commentateurs parlent d’une « seconde #Nakba ». Là encore soyons clairs : c’est pire. L’histoire n’est pas répétition, et tant que le capitalisme conduit biosphère et genre humain à l’abîme, elle est aggravation. C’est pire parce que de plus grande dimension, parce que la population gazaouie n’a pas où aller, l’Égypte fermant ses portes, l’errance au Sinaï, ce vieux mythe n’est-ce pas, signifiant la décimation, pire aussi parce que le nettoyage ethnique en Cisjordanie pourrait bien être le corollaire.

    ... l’Iran. Engagé dans une fuite en avant par peur de la révolution, peur de « Femmes, Vie, Liberté », la caste oligarchique ultra-réactionnaire des mollahs a un programme, un programme de réaction sur toute la ligne, et le génocide du peuple judéo-israélien en fait partie. Il en fait partie, à côté de la répression sauvage en Iran, de l’écrasement des kurdes, de la vassalisation de l’Irak, de l’inféodation du #Liban aux structures mafieuses du #Hezbollah, et du charcutage de la Syrie avec l’expulsion des arabes sunnites d’une grande partie du territoire.

    ... Le rôle contre- révolutionnaire de l’Iran lui a permis d’avoir la tolérance états-unienne, contre la révolution syrienne, et l’alliance russe. .....

    en pdf
    https://aplutsoc.files.wordpress.com/2023/10/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale_vp_2023-10-23.p

    #campisme #Israël #E-U #U.S.A #impérialisme_multipolaire #guerre_en_Ukraine #internationalisme #Gilbert_Achcar #Franz_Fanon #pogroms (by both sides) #Jewish_Voice_for_Peace #crimes_contre_l’humanité #gazaouis

  • Lettre d’un juif français de gauche, à qui veut bien entendre, volia vizeltzer
    https://blogs.mediapart.fr/volia-vizeltzer/blog/281023/lettre-d-un-juif-francais-de-gauche-qui-veut-bien-entendre

    .... en observant la droite prendre le pas de qualifier tout antisionisme comme de l’antisémitisme, vous avez décidé comme d’habitude, de jouer sur la posture. Pour vous donc, au contraire, aucun antisionisme n’est de l’antisémitisme on dirait bien. C’est pas nouveau pourtant ici la convergence des deux. Aurai-je besoin de rappeler la carrière de Dieudonné par exemple ? Aurai-je besoin de rappeler la tuerie de l’Hyper Casher en 2015, perpétrée « au nom » des palestinien·nes ? L’idée n’est pas d’amalgamer bien évidemment, mais la solution ne sera jamais de nier non plus.
    Et nous y revoilà. La droite instrumentalise et la gauche nie.

    #campisme #gauche #antisémitisme #antisionisme #droite

  • What Palestinians Really Think of Hamas
    https://www.foreignaffairs.com/israel/what-palestinians-really-think-hamas

    Our most recent interviews were carried out between September 28 and October 8, surveying 790 respondents in the West Bank and 399 in Gaza. (Interviews in Gaza were completed on October 6.) The survey’s findings reveal that Gazans had very little confidence in their Hamas-led government. Asked to identify the amount of trust they had in the Hamas authorities, a plurality of respondents (44 percent) said they had no trust at all; “not a lot of trust” was the second most common response, at 23 percent. Only 29 percent of Gazans expressed either “a great deal” or “quite a lot” of trust in their government. Furthermore, 72 percent said there was a large (34 percent) or medium (38 percent) amount of corruption in government institutions, and a minority thought the government was taking meaningful steps to address the problem.

    [...]

    Overall, 73 percent of Gazans favored a peaceful settlement to the Israeli-Palestinian conflict. On the eve of Hamas’s October 7 attack, just 20 percent of Gazans favored a military solution that could result in the destruction of the state of Israel. A clear majority (77 percent) of those who provided this response were also supporters of Hamas, amounting to around 15 percent of the adult population. Among the remaining respondents who favored armed action, 13 percent reported no political affiliation.

  • Quel est le problème d’antisémitisme avec le verbe « camper » qui doit je presume faire reference au mot « campisme » plus qu’a la pratique du « camping » ?
    Pour moi le « campisme » c’est s’aligner sur un « camp » ou une des parties et ne pas en bouger quoi qu’il arrive. Mais alors si c’est bien ca, en quoi ca peu etre juger antisémite ?
    Si une bonne ame seenthitienne pouvait éclairé ma lanterne j’en serais reconnaissante.
    Cf Bron-pivet/méluch
    #vocabulaire #guerre_des_mots #campisme #antisémitisme

    • Le campisme c’est de défendre « son » camp même quand celui-ci se comporte manifestement mal.

      Mais si tu ne veux pas être accusé de campisme, potentiellement, tu tends la perche. Et les campistes de l’autre camp vont en jouer, du style « l’autre là, il admet que son camp a commis un crime de guerre, alors appuyons là où ça fait mal ». Et toi, quand tu expliques que les crimes de l’un n’excusent pas les crimes de l’autre, t’as juste envie de tout envoyer bouler. Et de ne faire partie d’aucun camp. De tous les renvoyer dos à dos. Puis de t’en foutre (l’UE pendant longtemps... maintenant l’UE a choisi son camp, ouf).

    • rien à voir avec le campisme, bien que le campisme puisse conduire ou accompagner l’antisémitisme (par ex., soutenir le socialisme = organiser ou soutenir les procès de Prague https://fr.wikipedia.org/wiki/Procès_de_Prague)

      si la droite peut se permettre de dire ça de ces déclarations (il n’a pas été dit « camper » mais « camp », comme dans camp de la guerre, camp de concentration, camp israélien dans la guerre en cours) c’est qu’il est notoire que - spécialement depuis que c’est un délit - hors beuveries ou réunions entre intimes, l’antisémitisme doit se dire allusivement, par jeux de mots (si possible moins insistants que le déjà préhistorique "Durafour crématoire" de JMLP), usage de la polysémie, collages ("étoile de David sur machette rwandaise", Médine), de manière indirecte ("les chambres à gaz ont elles existé ?"), sauf lapsus ("ils ont tué des victimes innocentes" avait dit Raymond Barre après l’attentat de la rue Copernic qui avait aussi tué des goys, innocents par nature, ces derniers n’ont jamais mangé d’enfants)

      encore une fois, si la droite et les fafs peuvent se permettre de se poser en défenseurs des juifs (jusqu’à D@mi€n Ri€u, ex porte parole de G.n.ration Id.ntitair. passé à R.conqu.t.) c’est en raison de l’absence de toute gauche sur cette question, et de diverses tolérances ou adhésion à un antisémite, inavouable. ils exploitent ce vide pour y ... camper à l’aise.

      il existe aussi, depuis la naissance du sionisme des variantes d’un philo sionisme antisémite (par exemple Lord Balfour, mais aussi, un moment, l’URSS)

    • Je découvre qu’il s’agit de commenter les dernières élucubrations de ce qui préside l’Assemblée Nationale.

      Cette personne est inculte et crétine, mais vue sa position de pouvoir, aucun journaliste ne lui dira. Pire, ils relaieront, parce que tout ce qui est en dehors de l’arc républicain peut être insulté. L’intelligence, par exemple, ne fait plus partie de l’arc républicain. On a le droit de commettre des insultes à l’intelligence en direct, et quotidiennement, sans être questionné.

    • @fitzlombard j’avais pas penser au verbe « camper » dans ce sens. J’ai cherché la phrase exacte de méluch pour voire (j’aurais du commencer par là)
      Méluch écrit « 
      Voici la France. Pendant ce temps Madame Braun-Pivet campe à Tel Aviv pour encourager le massacre. Pas au nom du peuple français ! pic.twitter.com/ruxMujq14k
      — Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 22, 2023
       »
      –—

      Une interprétation possible par Braun-Pivet serait donc

      Voici la France. Pendant ce temps Madame Braun-Pivet « fait la gardienne de camp de la mort » à Tel Aviv pour encourager le massacre. Pas au nom du peuple français !

      Ca me semble capillotracté de convertir le mot camper de cette façon c’est pour ca que j’ai pensé spontanément au campisme mais vu que le mot campisme (car Méluch est bien capable de faire des « jeux de mots ») comporte aussi la racine « camp ».

      Voici la France. Pendant ce temps Madame Braun-Pivet « fait du campisme » à Tel Aviv pour encourager le massacre. Pas au nom du peuple français !

      Dire que Braun-Pivet est campiste ca peut etre lu aussi comme une ref à la Lepen durafour ou Dieudonné du nazi-sioniste et je me retrouve potentiellement autrice de ce genre de jeu de mots abominable à mon tour en ayant pensé au campisme qui reste racinaire dans le « camp ».

      Merci pour vos réponses j’y voie un peu plus claire et je me demande ce que l’académie française attend pour rectiffier les definitions du mots camping, campeur, camps de vacance et campisme et Darmachien pour fiché S tous les campeurs ces messieurs Jourdain de l’antisémitisme qui mettent une cible dans le dos de notre excellente présidente de l’assemblée....

    • Merci @colporteur pour cette mise en perspective. J’ai répondu avant de te lire. J’ai du mal à imaginer Méluch faire un « jeu de mot » aussi vile que ce que cette macronnarde de compétition lui incombe. Hier il y avait le discours de Mathilde Panot à l’assemble qui m’a semble équillibré et la présidente n’as pas fait son travail en faisant taire les parties adverses comme ca devrait etre son role.
      https://www.youtube.com/watch?v=R9cSjzVpndg

    • C’est juste une diversion, un moyen de faire planer le doute dans l’esprit de celles et ceux qui l’écoutent. Il ne faut pas perdre de vue que les politiques parlent à un public composé essentiellement de « bourrins sectaires » (j’admet que c’est outrancier mais si peu...) prêts à montrer les crocs au moindre signal d’un·e chef·fe
      Tout politien vit aux dépends de celui qui l’écoute.

    • erreur de ma part « YBP campe » littéralement s’installe, séjourne, dans le camp israélien (l’un des deux camps dans la guerre en cours). en gros, elle (et la France avec) a choisi son camp et le démontre de manière insistante. après, c’est la réception qui fait le message. or il se trouve qu’elle est d’origine juive et soutient Israël (et c’est certain qu’à l’extrême droite on y voit la permanence de la "France enjuivée" de Drumont). on peut toujours dire que c’est en tant que juive (et pourquoi pas en tant que femme aussi) que cette merde est attaquée (elle est juive, elle a choisi le camp de juifs). Avec y compris le petit collage qui va bien coté gauche : "pas en notre nom".

      droite et faf peuvent exploiter ad libitum la lutte contre l’antisémitisme", car cet espace est intégralement vide à gauche.

      sinon, c’est pas slt l’A.N, mais le bombardement médiatique destiné à corrompre et distraire (pendant que la France envoie des équipages militaires là-bas et prétend jouer un rôle clé en matière de renseignement, en plus d’un soutien politique sans aucune retenue à Israël), car il n’est pas seulement question de "bourrins sectaires" mais aussi de désorientés à rassurer (ceci alors même que l’on fabrique la désorientation), de « citoyens » invités à admettre ce que font (ou pas) leurs responsables.

      pendant ce temps les commentateurs un tant soit peu sérieux notent (y compris dans les média français) que Macron et la France sont cramés pour ce qui est de jouer une médiation, de contribuer à une solution politique.
      le suivisme de la France vis-à-vis de l’Israël d’après le 7 octobre, et des E-U [edit qui eux ont au moins en vue de gagner du temps pour faire sortir leurs otage et les binationaux palestino-américains], c’est, nostalgie du gaullisme ou du mitterrandisme aidant, exactement ce qui est déploré, de Villepin https://seenthis.net/messages/1020792 à la LFI et maintenant dans une partie de la presse dominante (ça diminue encore une France qui vient de se faire bouter hors d’Afrique)

      tout comme Darmanin s’est pris dans la tronche ses interdictions automatiques de manifs de solidarité avec la Palestine, Nabomacron a encore raté une occasion de susciter une unité nationale comme une position politique un tant soi peu autonome et sensée l’aurait permis, y compris à reculons pour certains. une de fois plus, c’est minable (et on a mal à la grandeur de la France ah ah ah).

      #France

    • Je suis tombé sur Léomant qui se fait bien malmené
      https://www.youtube.com/watch?v=wA0IliYSak0


      il propose l’interprétation « elle visite un camp militaire »
      Je n’avais pas pensé à cette interprétation. Je sais pas si les militaires qui font des camps militaires sont antisémite car les camps de la mort étaient tenus plus par des militaires que pas des LFI ou des musulmans. L’islamophobie des intervenants de l’extrait que j’ai mis ci dessus et ahurissante.

    • des précisions sur les propos de Mélenchon

      ...ce « campe » intrigue. Un bref retour sur l’histoire s’impose. Dans La Dernière Bataille, Edouard Drumont − le pape de l’antisémitisme à la française − écrit, en 1890 : « La race juive ne peut vivre dans aucune société organisée, c’est une race de nomades et de Bédouins ; quand elle a installé quelque part son campement, elle détruit tout autour d’elle. »
      Plus tard, au moment du Front populaire, Maurice Bedel soutient, dans son livre Bengali (1937) composé d’articles publiés par Candide, journal antisémite [publié entre 1924 et 1944], que Léon Blum est « le président du Conseil venu d’une race errante camper en Ile-de-France par un hasard qui l’eût aussi bien mené à New York ».

      Plus tard encore, le 2 juillet 1954, Aspects de la France, l’autre organe royaliste antisémite, écrit au sujet de Pierre Mendès France, alors président du Conseil : « Il est, de tous les Mendès, celui qui campe présentement entre Atlantique et Pyrénées. » Toujours ce « campe » qui revient comme un leitmotiv ; autant de juifs d’Etat dévoués à l’intérêt public qui campent, ici ou là, selon les circonstances.

      Décidément, ce « campe » plonge dans une longue histoire qu’il conviendrait de retracer plus soigneusement, tant elle a à voir avec le mythe du juif errant au campement provisoire − mythe propagé sans cesse par les populismes d’extrême droite mais aussi, fréquemment, d’extrême gauche, à travers l’histoire mouvementée des guerres franco-françaises. Ce « campe », étrange et incompréhensible, ne cesse de nous bouleverser tant il risque de faire resurgir les tragiques fêlures qui ont déchiré la nation dans un passé encore tout proche.

      https://archive.ph/cW0Dk

      d’erreur en erreur, un peu de vrai. et que personne ne fasse comme si le tribun de LFI étant ignorant en matière historique et politique, ni comme si il s’agissait des « élucubrations » d’une politicienne de droite.

      #histoire #antisémitisme

    • Je met ici la réponse que je t’ai faite ailleurs sur ta citation de Drumont ;

      Utiliser le mot camper et la racine « camp » ca n’arrive tout de même pas qu’aux antisémites. D’ailleur Drumont utilise aussi le mot « vivre » et « aucun », « société » et pas mal d’autres dont je t’ai vu te servir un jour... Est-ce que ca dit qqch de ton antisémitisme ?
      Drumont a bcp ecrit de saloperies est-ce que tout les mots qu’il a utilisé ainsi que leur racine latine sont entaché d’antisémitisme ? Est-ce que tu crois que les nazis en parlant de "camps d’extermination" citaient Drumont dans le texte ?

      Braun-Pivet etait en visite d’un camp millitaire , c’est quand même un indice de pk méluch utilise ce mot plus crédible que le fait que Drumont parle de campements de bédouins dans un texte d’il y a un siècle. Méluch est cultivé, ok mais de là à se souvenir de Drumont dans le texte au point de faire une ref que seul une recherche informatique peu obtenir.

      Pour l’antisémitisme supposé de méluch, en dehors de ce mot sur le camping, vu qu’il est anticolonialiste ca me semble logique qu’il s’oppose à la politique du gouvernement israélien. Est-ce que tous les anticolonialistes sont antisémites puisque il y a des juifs colonialistes sur le territoire d’une ancienne colonie britannique que les européens ont fourgués aux juifs pour se laver les mains de leur culpabilité d’antisémites historiques ? Car il n’y a pas que les nazis qui ont percecutés les juifs en europe, loin de là.

  • Internationalisme et anti-impérialisme aujourd’hui

    http://www.palim-psao.fr/2023/10/internationalisme-et-anti-imperialisme-aujourd-hui-par-moishe-postone-ine

    [...] je propose de comprendre la propagation de l’antisémitisme et des formes antisémites apparentées de l’islamisme, à l’image de celles présentes chez les Frères musulmans égyptiens et leur branche palestinienne, le Hamas, comme la diffusion d’une idéologie anticapitaliste fétichisée, qui prétend donner un sens à un monde perçu comme menaçant. Même si cette idéologie a été attisée et aggravée par Israël ou la politique israélienne, sa caisse de résonance réside dans le déclin relatif du monde arabe sur fond d’une transition structurelle profonde du fordisme au capitalisme mondial néolibéral. Le résultat est un mouvement populiste anti-hégémonique profondément réactionnaire et dangereux, notamment pour tout espoir de politique progressiste au Moyen-Orient. Cependant, au lieu d’analyser cette forme de résistance réactionnaire dans le but de soutenir des formes de résistance plus progressistes, la gauche occidentale l’a soit ignorée, soit rationalisée comme une réaction regrettable mais compréhensible à la politique israélienne et aux États-Unis. Cette manifestation d’un refus de voir s’apparente à la tendance à concevoir l’abstrait (la domination du capital) dans les termes du concret (l’hégémonie américaine). J’affirme que cette tendance constitue l’expression d’une impuissance profonde et fondamentale, tant conceptuelle que politique.

    • L’une des ironies de la situation actuelle est qu’en adoptant une position anti-impérialiste fétichisée, l’opposition aux États-Unis ne s’adossant plus à un soutien à un changement progressiste, les libéraux et les progressistes ont permis à la droite néoconservatrice américaine de s’approprier, voire de monopoliser, ce qui a traditionnellement été le langage de la gauche : le langage de la démocratie et de la libération.

      […]

      Alors que pour la génération précédente, s’opposer à la politique américaine impliquait encore de soutenir explicitement des luttes de libération considérées comme progressistes, aujourd’hui, s’opposer à la politique américaine est en soi considéré comme anti-hégémonique. Il s’agit là paradoxalement d’un héritage malheureux de la Guerre froide et de la vision dualiste du monde qui l’accompagne. La catégorie spatiale du « camp » a remplacé les catégories temporelles des possibilités historiques et de l’émancipation en tant que négation historique déterminée du capitalisme. Cela n’a pas seulement conduit à un rejet de l’idée du socialisme comme dépassement historique du capitalisme, mais aussi à un déséquilibrage de la compréhension des évolutions internationales.

      […]

      La Guerre froide semble avoir effacé de la mémoire le fait que l’opposition à une puissance impériale n’était pas nécessairement progressiste et qu’il existait aussi des anti-impérialismes fascistes. Cette distinction s’est estompée pendant la Guerre froide, notamment parce que l’Union soviétique a conclu des alliances avec des régimes autoritaires, en particulier au Moyen-Orient, comme les régimes du Baas en Syrie et en Irak, qui n’avaient pas grand-chose en commun avec les mouvements socialistes et communistes. Au contraire, l’un de leurs objectifs était de liquider la gauche dans leurs propres pays. Par la suite, l’anti-américanisme est devenu un code progressiste en soi, bien qu’il y ait toujours eu des formes profondément réactionnaires d’anti-américanisme à côté des formes progressistes.

      #campisme #anti-impérialisme

    • Il est significatif qu’une telle attaque n’ait pas été menée il y a deux ou trois décennies par des groupes qui avaient toutes les raisons d’être en colère contre les États-Unis, comme les communistes vietnamiens ou la gauche chilienne. Il est important de comprendre l’absence d’une telle attaque, non pas comme un hasard, mais comme l’expression d’un principe politique. Pour ces groupes, une attaque visant en premier lieu des civils demeurait hors de leur horizon politique.

      […]

      Il existe une différence fondamentale entre les mouvements qui ne choisissent pas comme cible une population civile au hasard (comme le Viêt-Minh, le Viêt-Cong et l’ANC) et ceux qui le font (comme l’IRA, Al-Qaïda ou le Hamas). Cette différence n’est pas simplement tactique, elle est hautement politique, car la forme de la violence et la forme de la politique sont en relation l’une avec l’autre. Cela signifie que la nature de la société et de la politique futures sera différente selon que les mouvements sociaux militants feront ou non une distinction entre les objectifs civils et militaires dans leur pratique politique. S’ils ne le font pas, ils ont tendance à mettre l’accent sur l’identité. Cela les rend radicalement nationalistes dans le sens le plus large du terme, car ils travaillent avec une distinction ami/ennemi qui essentialise une population civile en tant qu’ennemie et rend ainsi impossible la possibilité d’une coexistence future. C’est pourquoi les programmes de ces mouvements ne proposent guère d’analyses socio-économiques visant à transformer les structures sociales (à ne pas confondre avec les institutions sociales que ces mouvements mettent en partie à disposition). Dans ces cas, la dialectique de la guerre et de la révolution du xxe siècle se transforme en une subordination de la « révolution » à la guerre. Ce qui m’intéresse ici, cependant, a moins à voir avec de tels mouvements qu’avec les mouvements d’opposition actuels dans les métropoles et leurs difficultés évidentes à faire la distinction entre ces deux formes différentes de « résistance ».

      Joseph Andras disait cela aussi dans ces dernières interviews ou textes

      #morale #terrorisme #civils

    • Ali Abunimah is now on bluesky sur X :

      Elderly Israeli Yocheved Lifshitz turns around, shakes the hand of a Palestinian Qassam Brigades soldier and says “Shalom” as she is transferred to the Red Cross. The resistance are keeping their promise to safely return home all detained noncombtants, as conditions allow.

      https://twitter.com/AliAbunimah/status/1716573935943266606

      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1716570755150872576/pu/vid/avc1/636x360/H0kHbrd9bNrMlycs.mp4?tag=12

    • Je vois passer beaucoup de ce genre de commentaires cette nuit, et franchement j’ai beaucoup de mal. Si on veut démontrer son humanité, il y a quand même mieux que de se pavaner en train de libérer une femme de 85 ans qu’on vient de prendre en otage pendant quinze jours. Par exemple en ne prenant pas en otage une femme de 85 ans.

    • cette militante du dialogue Israélo palestinien va subir un long débriefing. ses interventions média seront à surveiller

      edit

      Leurs époux sont toujours retenus dans la bande de Gaza .... Le porte-parole de la branche militaire du Hamas, Abou Obeida, a affirmé dans un communiqué que les deux femmes otages avaient été libérées « pour des raisons humanitaires pressantes » grâce à une médiation du #Qatar et de l’#Egypte. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affirmé de son côté avoir facilité la libération de ces deux #otages. .... Les négociations sur une éventuelle libération d’un groupe de 50 otages ont échoué, le Hamas exigeant qu’Israël autorise les livraisons de carburant à Gaza, ce que rejette l’Etat hébreu tant que tous les otages n’auront pas été libérés, selon des responsables au fait des #pourparlers, rapporte le Wall Street Journal. .... D’après les estimations des responsables du kibboutz [Nir Oz] , environ un quart de ses 400 habitants ont été tués, kidnappés ou sont portés disparus.

      https://www.20minutes.fr/monde/israel/4059174-20231023-guerre-hamas-israel-mouvement-islamiste-palestinien-affir

      #Yocheved_Lifshitz #kibboutz_Nir_Oz #otages #Hamas #Israël

    • @arno
      J’ai bien conscience que c’est de la propaguande et que peut etre les Quassam mangent des mémés israeliennes hors caméra mais je comprend pas le pbl de sortir les civils non combattants via la croix-rouge quand c’est possible pour les éloigner des bombes. C’est quand même un geste qui montre un « humanisme » plus élévé que les bombardement de Gaza. J’ai pas vu écrit "otage"et a te lire j’ai l’impression que ton pbl c’est le sexe et l’age de la dame. Comment on fait a guerre proprement et « humainement » (tellement d’hommerie dans l’hypocrisie de ce mot) ? Quel types de civils non-combattants doit on éloigner du feu ? Quel est la différence entre un « civil non-combattant évacué à la croix-rouge » et un « otage libéré qui n’aurais jamais du être otagé » ?

    • Les terroristes ne doivent jamais paraître humains. Et à chaque fois que tu parles d’eux et de leurs actes, tu dois rappeler que ce sont des terroristes inhumains. Sinon tu es comme eux.

      Il n’en reste pas moins qu’il s’agit apparemment d’une survivante de la directive Hannibal... ainsi qu’une survivante des bombardements d’autodéfense... ainsi qu’une survivante des armées diaboliques du Hamas. J’ignore lequel des 3 est le plus prodigieux.

      (je n’adhère pas forcément à tout ce que j’écris ; je me laisse coupablement aller à un certain cynisme, et j’ai honte... au moins 30 secondes... mon cynisme est cependant à priori moins létal que les Quassam ou les JDAM)

    • J’avais pas vu l’article de 20mns mis par @colporteur - on parle bien d’otages et on apprend que les « époux » sont toujours retenus (si c’est des prostates non-combattantes ca passe de les otagé manifestement). Mais vu qu’il y a un échange je pense maintenant qu’on peu parler d’otages. Si j’ai compris ce que j’ai lu, les deux femmes libéres avaient des besoins de santé qui justifiaient leur évacuation. C’est quand même un peu plus sympa vu d’ici que de couper électricité et l’eau ou bombarder 55 hopitaux...

      Je sais pas ce qu’est la directive Hannibal, mais est-ce que ces otages ou civiles non-combattants sont sur des territoire qui devraient revenir à la Palestine selon les directives de l’ONU ? Si c’est le cas c’est pas exactement simplement ce que j’appellerait des « non-combattants » ou des « otages » ? Je veux pas dire que des colonialistes israeliennes mériteraient d’etre prises en otage, mais je voudrais comprendre du mieux possible ce que couvre tous ces mots qui sont pas claire, cad terroristes/resistants, otages/civiles-non-combattants/colons...

      (Il y a « campisme » aussi qui à popé hier dans cette guerre de vocabulaire et là aussi j’avoue ne pas trop comprendre quelle hommerie cache ce mot. Il doit y avoir des infos sur seenthis désolé pour ce hors sujet.)

    • " On peut définir le campisme comme la "science du camp". une affaire scout, "toujours prêts, ou vcegda gatov chez les pionniers.

      https://wikirouge.net/Campisme
      (peut mieux faire...)

      Le « campisme » : une vision binaire et idéologique des questions internationales, Bernard Dréano
      https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/160818/le-campisme-une-vision-binaire-et-ideologique-des-questions-internat

      en consultant les cartes successives de la présence juive puis de la création et de l’extension d’Israël, on constate que la bande de Gaza a dès la création d’Israël été un isolat bordé par Israël et l’Égypte.
      si on adopte une définition politique extensive de l’État colon, on considérera que les habitants israéliens et juifs du désert du Néguev sont des colons. si on en reste au droit international (impérialiste), il n’en est pas de même. nombre des morts suite aux massacre commis par le Hamas sont d’ailleurs nés dans le Neguev, et on a pu lire que certains tâchaient d’entrenir des relations avec des gazaouis, prenaient position contre le traitement infligé par Israël aux Bédouins du Néguev, faisaient partie de ceux qui lors de la récente contestation massive du régime avaient réintroduit la question d’une paix juste avec les palestiniens (outre le fait quelle doit escompter un traitement acceptable de son mari et des autres otages, Yocheved Lifshitz vient de fournir une image fort troublante à ce sujet)
      https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/israel
      lorsque des otages sont en cause, il est classique (si on est pas en Russie avec le massacre de Beslan en 2004 https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_d%27otages_de_Beslan) que l’État supposé garant de leur sécurité soit traversé de contradictions quant à la manière de procéder, négocier, ou pas ? jusqu’ou ? (WP évoque un refus de laisser livre du carburant à Gaza, blocus, libération de prisonniers palestiniens par milliers, ouverture de négociations politiques sur le devenir des palestiniens ? un état palestinien ? mais où ?!?). l’article de 20mn cite la presse US qui parle de tractations s !ur le sort des otages. si cessez-le-feu il pouvait y avoir c’est aussi par là que ça passe. cependant, dans bien des cas, la libération d’otages revient en boomerang contre l’État des libérés.

      ainsi, par exemple, la Démocratie chrétienne italienne a-t-elle chose le refus de toute négociation préférant un Aldo Moro mort exécuté par les BR plutôt que libéré et apte à livrer publiquement une analyse politique de la putréfaction du compromis historique qui a continué à lier la DC au PCI.

      Ici les enjeux sont tout autres, le Gouvernement israélien d’unité nationale devra finir, quand ? comment ? c’est le jeu de parties israéliennes (dont celle, disons "pour une paix juste", passée de minoritaire à marginale, que l’on silence à coups de licenciements et de censure) y compris dans la manière de mener la guerre.
      #campisme #négociation

    • D’après certains témoignages, la directive Hannibal aurait débordé du cadre lors de la riposte à l’attaque (terroriste) du Hamas, au sens où apparemment, des tirs de mortiers auraient été employés pour déloger les combattants (terroristes) embusqués avec des civils israéliens (innocents).

    • כאן חדשות sur X : “גורמים שעוסקים בהסברה הישראלית בימים האחרונים: העובדה שאפשרו ליוכבד ליפשיץ לשאת הצהרה בשידור חי הייתה טעות. לא בטוח שהיה מישהו שערך דיון מקדים בנושא ושאל את עצמו את כל השאלות • בתמונה: כך סיקרו ב”סקיי ניוז" את הצהרתה AmichaiStein1
      https://twitter.com/kann_news/status/1716761417380950040

      “Each person had a guard watching him or her. They took care of all the needs. They talked about all kinds of things, they were very
      friendly.”
      sky Yocheved Lifshitz details what it was like while
      being held hostage by Hamas.

    • Les responsables israéliens seraient mécontents d’une interview donnée par une ancienne captive âgée du Hamas à Gaza parce qu’elle n’avait pas été bien préparée à cette déclaration.

      https://seenthis.net/messages/1022869

      le Sin beth patauge dans la semoule ou quoi ? je voyais Yocheved Lifshitz partie pour une semaine de débriefing avant éventuelle prise de parole (ou internement).

      edit : la trad automatique de la partie en hébreu du tweet cité : « Facteurs impliqués dans la propagande israélienne ces derniers jours : le fait que Yocheved Lifshitz ait été autorisé à faire une déclaration en direct était une erreur. Il n’est pas sûr que quelqu’un ait eu une discussion préliminaire sur le sujet et se soit posé toutes les questions. • Sur la photo : voici comment Sky News a couvert sa déclaration »

    • le Sin Beth, aux fraises, a fait comme si on ne savait pas qui était libéré, alors qu’il leur est loisible d’enfermer le temps qu’il faut dans un hôpital militaire qui est susceptible de revenir de captivité avec un discours et une attitude inapproprié

      Haaretz :

      Lifshitz is a peace activist who together with her husband helped sick Palestinians in Gaza get to hospital for years, her grandson told Reuters. Lifshitz and her 83-year-old husband, Oded, were kidnapped from their home at the Nir Oz kibbutz, close to the border with Gaza in southern Israel and Oded remains a captive, according to the Israeli government.
      “They are human rights activists, peace activists for all their life,” grandson Daniel Lifshitz told Reuters in Tel Aviv before the release was confirmed. “For more than a decade, they took... sick Palestinians from the Gaza Strip, not from the West Bank, from the Gaza Strip every week from the Erez border to the hospitals in Israel to get treatment for their disease, for cancer, for anything,” he added.

  • George Orwell: Looking Back on the Spanish War
    https://www.orwellfoundation.com/the-orwell-foundation/orwell/essays-and-other-works/looking-back-on-the-spanish-war

    I have little direct evidence about the atrocities in the Spanish Civil War. I know that some were committed by the Republicans, and far more (they are still continuing) by the Fascists. But what impressed me then, and has impressed me ever since, is that atrocities are believed in or disbelieved in solely on grounds of political predilection. Everyone believes in the atrocities of the enemy and disbelieves in those of his own side, without ever bothering to examine the evidence. Recently I drew up a table of atrocities during the period between 1918 and the present; there was never a year when atrocities were not occurring somewhere or other, and there was hardly a single case when the Left and the Right believed in the same stories simultaneously. And stranger yet, at any moment the situation can suddenly reverse itself and yesterday’s proved-to-the-hilt atrocity story can become a ridiculous lie, merely because the political landscape has changed.

  • L’anthropologue #Didier_Fassin sur #Gaza : « La non-reconnaissance de la qualité d’êtres humains à ceux qu’on veut éliminer est le prélude aux pires violences »

    Le sociologue s’alarme, dans une tribune au « Monde », que l’Union européenne n’invoque pas, dans le cadre du conflit israélo-palestinien, la « responsabilité de protéger » votée par l’Assemblée des Nations unies, et qu’elle pratique le deux poids deux mesures dans ses relations internationales.

    L’incursion sanglante du #Hamas en #Israël a produit dans le pays un #choc sans précédent et a suscité des réactions d’horreur dans les sociétés occidentales. Les #représailles en cours à Gaza, d’autant plus violentes que le gouvernement israélien est tenu responsable par la population pour avoir favorisé l’essor du Hamas afin d’affaiblir le #Fatah [le parti politique du président palestinien, Mahmoud Abbas] et pour avoir négligé les enjeux de sécurité au profit d’une impopulaire réforme visant à faire reculer la démocratie, ne génèrent pas de semblables sentiments de la part des chancelleries occidentales, comme si le droit de se défendre impliquait un droit illimité à se venger. Certaines #victimes méritent-elles plus que d’autres la #compassion ? Faut-il considérer comme une nouvelle norme le ratio des tués côté palestinien et côté israélien de la guerre de 2014 à Gaza : 32 fois plus de morts, 228 fois plus parmi les civils et 548 fois plus parmi les enfants ?

    Lorsque le président français, #Emmanuel_Macron, a prononcé son allocution télévisée, le 12 octobre, on comptait 1 400 victimes parmi les Gazaouis, dont 447 enfants. Il a justement déploré la mort « de nourrissons, d’enfants, de femmes, d’hommes » israéliens, et dit « partager le chagrin d’Israël », mais n’a pas eu un mot pour les nourrissons, les enfants, les femmes et les hommes palestiniens tués et pour le deuil de leurs proches. Il a déclaré apporter son « soutien à la réponse légitime » d’Israël, tout en ajoutant que ce devait être en « préservant les populations civiles », formule purement rhétorique alors que #Tsahal avait déversé en six jours 6 000 bombes, presque autant que ne l’avaient fait les Etats-Unis en une année au plus fort de l’intervention en Afghanistan.

    La directrice exécutive de Jewish Voice for Peace a lancé un vibrant « #plaidoyer_juif », appelant à « se dresser contre l’acte de #génocide d’Israël ». Couper l’#eau, l’#électricité et le #gaz, interrompre l’approvisionnement en #nourriture et envoyer des missiles sur les marchés où les habitants tentent de se ravitailler, bombarder des ambulances et des hôpitaux déjà privés de tout ce qui leur permet de fonctionner, tuer des médecins et leur famille : la conjonction du siège total, des frappes aériennes et bientôt des troupes au sol condamne à mort un très grand nombre de #civils – par les #armes, la #faim et la #soif, le défaut de #soins aux malades et aux blessés.

    Des #crimes commis, on ne saura rien

    L’ordre donné au million d’habitants de la ville de Gaza de partir vers le sud va, selon le porte-parole des Nations unies, « provoquer des conséquences humanitaires dévastatrices ». Ailleurs dans le monde, lorsque éclatent des conflits meurtriers, les populations menacées fuient vers un pays voisin. Pour les Gazaouis, il n’y a pas d’issue, et l’armée israélienne bombarde les écoles des Nations unies où certains trouvent refuge. Ailleurs dans le monde, dans de telles situations, les organisations non gouvernementales apportent une assistance aux victimes. A Gaza, elles ne le peuvent plus. Mais des crimes commis, on ne saura rien. En coupant Internet, Israël prévient la diffusion d’images et de témoignages.

    Le ministre israélien de la défense, #Yoav_Gallant, a déclaré, le 9 octobre, que son pays combattait « des #animaux_humains » et qu’il « allait tout éliminer à Gaza ». En mars, son collègue des finances a, lui, affirmé qu’« il n’y a pas de Palestiniens, car il n’y a pas de peuple palestinien ».
    Du premier génocide du XXe siècle, celui des Herero, en 1904, mené par l’armée allemande en Afrique australe, qui, selon les estimations, a provoqué 100 000 morts de déshydratation et de dénutrition, au génocide des juifs d’Europe et à celui des Tutsi, la non-reconnaissance de la qualité d’êtres humains à ceux qu’on veut éliminer et leur assimilation à des #animaux a été le prélude aux pires #violences.

    Rhétorique guerrière

    Comme le dit en Israël la présidente de l’organisation de défense des droits de l’homme, B’Tselem, « Gaza risque d’être rayée de la carte, si la communauté internationale, en particulier les Etats-Unis et l’Europe, ne fait pas stopper – au lieu de laisser faire, voire d’encourager – les crimes de guerre qu’induit l’intensité de la riposte israélienne ». Ce n’est pas la première fois qu’Israël mène une #guerre à Gaza, mais c’est la première fois qu’il le fait avec un gouvernement aussi fortement orienté à l’#extrême-droite qui nie aux Palestiniens leur humanité et leur existence.
    Il existe une « responsabilité de protéger », votée en 2005 par l’Assemblée des Nations unies, obligeant les Etats à agir pour protéger une population « contre les génocides, les crimes de guerre, les nettoyages ethniques et les crimes contre l’humanité ». Cet engagement a été utilisé dans une dizaine de situations, presque toujours en Afrique. Que l’Union européenne ne l’invoque pas aujourd’hui, mais qu’au contraire la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, se rende, sans mandat, en Israël, pour y reprendre la #rhétorique_guerrière du gouvernement, montre combien le deux poids deux mesures régit les relations internationales.
    Quant à la #France, alors que se fait pressante l’urgence à agir, non seulement le gouvernement apporte son appui sans failles à l’#opération_punitive en cours, mais il interdit les #manifestations en faveur du peuple palestinien et pour une #paix juste et durable en Palestine. « Rien ne peut justifier le #terrorisme », affirmait avec raison le chef de l’Etat. Mais faut-il justifier les crimes de guerre et les #massacres_de_masse commis en #rétorsion contre les populations civiles ? S’agit-il une fois de plus de rappeler au monde que toutes les vies n’ont pas la même valeur et que certaines peuvent être éliminées sans conséquence ?

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/18/l-anthropologue-didier-fassin-sur-gaza-la-non-reconnaissance-de-la-qualite-d

    #à_lire #7_octobre_2023

    • Le spectre d’un génocide à Gaza

      L’annihilation du Hamas, que la plupart des experts jugent irréaliste, se traduit de fait par un massacre des civils gazaouis, ce que la Première ministre française appelle une « catastrophe humanitaire », mais dans lequel un nombre croissant d’organisations et d’analystes voient le spectre d’un génocide.

      Au début de l’année 1904, dans ce qui était alors le protectorat allemand du Sud-Ouest africain, les Hereros se rebellent contre les colons, tuant plus d’une centaine d’entre eux dans une attaque surprise.

      Au cours des deux décennies précédentes, ce peuple d’éleveurs a vu son territoire se réduire à mesure que de nouvelles colonies s’installent, s’emparant des meilleures terres et entravant la transhumance des troupeaux. Les colons traitent les Hereros comme des animaux, les réduisent à une forme d’esclavage et se saisissent de leurs biens. Le projet des autorités est de créer dans ce qui est aujourd’hui la Namibie une « Allemagne africaine » où les peuples autochtones seraient parqués dans des réserves.

      La révolte des Hereros est vécue comme un déshonneur à Berlin et l’empereur envoie un corps expéditionnaire avec pour objectif de les éradiquer. Son commandant annonce en effet qu’il va « annihiler » la nation herero, récompensant la capture des « chefs », mais n’épargnant « ni les femmes ni les enfants ». Si l’extermination n’est techniquement pas possible, ajoute-t-il, il faudra forcer les Hereros à quitter le pays, et « ce n’est qu’une fois ce nettoyage accompli que quelque chose de nouveau pourra émerger ».

      Dans les mois qui suivent, nombre de Hereros sans armes sont capturés et exécutés par les militaires, mais la plupart sont repoussés dans le désert où ils meurent de déshydratation et d’inanition, les puits ayant été empoisonnés. Selon l’état-major militaire, « le blocus impitoyable des zones désertiques paracheva l’œuvre d’élimination ». On estime que seuls 15 000 des 80 000 Hereros ont survécu. Ils sont mis au travail forcé dans des « camps de concentration » où beaucoup perdent la vie.

      Le massacre des Hereros, qualifié par les Allemands de « guerre raciale » est le premier génocide du XXe siècle, considéré par certains historiens comme la matrice de la Shoah quatre décennies plus tard. Dans Les Origines du totalitarisme, la philosophe Hannah Arendt elle-même a établi un lien entre l’entreprise coloniale et les pratiques génocidaires.

      Comparaison n’est pas raison, mais il y a de préoccupantes similitudes entre ce qui s’est joué dans le Sud-Ouest africain et ce qui se joue aujourd’hui à Gaza. Des décennies d’une colonisation qui réduit les territoires palestiniens à une multiplicité d’enclaves toujours plus petites où les habitants sont agressés, les champs d’olivier détruits, les déplacements restreints, les humiliations quotidiennes.

      Une déshumanisation qui conduisait il y a dix ans le futur ministre adjoint à la Défense à dire que les Palestiniens sont « comme des animaux ». Une négation de leur existence même par le ministre des Finances pour qui « il n’y a pas de Palestiniens car il n’y a pas de peuple palestinien », comme il l’affirmait au début de l’année. Un droit de tuer les Palestiniens qui, pour l’actuel ministre de la Sécurité nationale, fait du colon qui a assassiné vingt-neuf d’entre eux priant au tombeau des Patriarches à Hébron un héros. Le projet, pour certains, d’un « grand Israël », dont l’ancien président est lui-même partisan.

      Pendant les six premiers jours de l’intervention israélienne, 6 000 bombes ont été lâchées sur Gaza, presque autant que les États-Unis et ses alliés en ont utilisé en Afghanistan en une année entière

      Dans ce contexte, les attaques palestiniennes contre des Israéliens se sont produites au fil des ans, culminant dans l’incursion meurtrière du Hamas en territoire israélien le 7 octobre faisant 1 400 victimes civiles et militaires et aboutissant à la capture de plus de 200 otages, ce que le représentant permanent d’Israël aux Nations unies a qualifié de « crime de guerre ». La réponse du gouvernement, accusé de n’avoir pas su prévenir l’agression, s’est voulue à la mesure du traumatisme provoqué dans le pays. L’objectif est « l’annihilation du Hamas ».

      Pendant les trois premières semaines de la guerre à Gaza, les représailles ont pris deux formes. D’une part, infrastructures civiles et populations civiles ont fait l’objet d’un bombardement massif, causant 7 703 morts, dont 3 595 enfants, 1 863 femmes et 397 personnes âgées, et endommageant 183 000 unités résidentielles et 221 écoles, à la date du 28 octobre. Pendant les six premiers jours de l’intervention israélienne, 6 000 bombes ont été lâchées sur Gaza, presque autant que les États-Unis et ses alliés en ont utilisé en Afghanistan en une année entière, au plus fort de l’invasion du pays.

      Pour les plus de 20 000 blessés, dont un tiers d’enfants, ce sont des mutilations, des brûlures, des handicaps avec lesquels il leur faudra vivre. Et pour tous les survivants, ce sont les traumatismes d’avoir vécu sous les bombes, assisté aux destructions des maisons, vu des corps déchiquetés, perdu des proches, une étude britannique montrant que plus de la moitié des adolescents souffrent de stress post-traumatique.

      D’autre part, un siège total a été imposé, avec blocus de l’électricité, du carburant, de la nourriture et des médicaments, tandis que la plupart des stations de pompage ne fonctionnent plus, ne permettant plus l’accès à l’eau potable, politique que le ministre de la Défense justifie en déclarant : « Nous combattons des animaux et nous agissons comme tel ». Dans ces conditions, le tiers des hôpitaux ont dû interrompre leur activité, les chirurgiens opèrent parfois sans anesthésie, les habitants boivent une eau saumâtre, les pénuries alimentaires se font sentir, avec un risque important de décès des personnes les plus vulnérables, à commencer par les enfants.

      Dans le même temps, en Cisjordanie, plus d’une centaine de Palestiniens ont été tués par des colons et des militaires, tandis que plus de 500 éleveurs bédouins ont été chassés de leurs terres et de leur maison, « nettoyage ethnique » que dénoncent des associations de droits humains israéliennes. Croire que cette répression féroce permettra de garantir la sécurité à laquelle les Israéliens ont droit est une illusion dont les 75 dernières années ont fait la preuve.

      L’annihilation du Hamas, que la plupart des experts jugent irréaliste, se traduit de fait par un massacre des civils gazaouis, ce que la Première ministre française appelle une « catastrophe humanitaire », mais dans lequel un nombre croissant d’organisations et d’analystes voient le spectre d’un génocide.

      L’organisation états-unienne Jewish Voice for Peace implore « toutes les personnes de conscience d’arrêter le génocide imminent des Palestiniens ». Une déclaration signée par 880 universitaires du monde entier « alerte sur un potentiel génocide à Gaza ». Neuf Rapporteurs spéciaux des Nations unies en charge des droits humains, des personnes déplacées, de la lutte contre le racisme et les discriminations, l’accès à l’eau et à la nourriture parlent d’un « risque de génocide du peuple palestinien ». Pour la Directrice régionale de l’Unicef pour le Moyen Orient et l’Afrique du nord, « la situation dans la bande de Gaza entache de plus en plus notre conscience collective ». Quant au Secrétaire général des Nations unies, il affirme : « Nous sommes à un moment de vérité. L’histoire nous jugera ».

      Alors que la plupart des gouvernements occidentaux continuent de dire « le droit d’Israël à se défendre » sans y mettre de réserves autres que rhétoriques et sans même imaginer un droit semblable pour les Palestiniens, il y a en effet une responsabilité historique à prévenir ce qui pourrait devenir le premier génocide du XXIe siècle. Si celui des Hereros s’était produit dans le silence du désert du Kalahari, la tragédie de Gaza se déroule sous les yeux du monde entier.

      https://aoc.media/opinion/2023/10/31/le-spectre-dun-genocide-a-gaza

    • Cette réponse sur AOC est d’une mauvaise foi affligeante. Ils se piquent de faire du droit international, et ne se rendent pas compte que leurs conclusions vont à l’encontre de ce qui est déclamé par les instances multilatérales internationales depuis des dizaines d’années.

      Personnellement, les fachos qui s’ignorent et qui prennent leur plume pour te faire comprendre que tu n’es pas assez adulte pour comprendre la complexité du monde, ils commencent à me chauffer les oreilles. La tolérance c’est bien, mais le déni c’est pire. Et là, cette forme de déni, elle est factuelle. Elle n’est pas capillotractée comme lorsqu’on étudie les différentes formes d’un mot pour en déduire un supposé racisme pervers et masqué.

    • La réponse dans AOC mais fait vraiment penser à la sailli de Macron sur les violences policières : « dans un État de droit il est inadmissible de parler de violences policières » : autrement dit ce ne sont pas les violences elles-mêmes, concrète, prouvées, qui sont à condamner, mais c’est le fait d’en parler, de mettre des mots pour les décrire.

      Là c’est pareil, l’État israélien fait littéralement ces actions là : tuerie de masse par bombes sur civils, destruction des moyens de subsistance en brulant les champs (d’oliviers et autres), et en coupant tout accès à l’eau (base de la vie quand on est pas mort sous les bombes) ; ce qui correspond bien factuellement au même genre de stratégie militaire d’annihilation des Héréros par les allemands. Mais ce qui est à condamner c’est le fait de le décrire parce que ça serait antisémite, et non pas les actions elles-mêmes.

      Parce que l’accusation d’empoisonnement est un classique de l’antisémitisme depuis le moyen âge, alors si concrètement une armée et des colons de culture juive bloquent l’accès à la subsistance terre et eau, ça n’existe pas et il ne faut pas en parler.

      (Et c’est le même principe que de s’interdire de dire que le Hamas est un mouvement d’extrême droite, avec une politique autoritaire et ultra réactionnaire, et qu’ils promeuvent des crimes de guerre, parce qu’ils se battent contre l’État qui les colonise. Il fut un temps où beaucoup de mouvements de libération, de lutte contre le colonialisme et ou les impérialismes, faisaient attention aux vies civiles, comme le rappelait Joseph Andras il me semble.)

      #campisme clairement ("mon camp", « notre camp », ne peut pas faire ça, puisque c’est les méchants qui nous accusaient faussement de faire ça…)

  • Le sionisme, l’antisémitisme et la gauche, par Moishe Postone
    http://www.palim-psao.fr/2019/02/le-sionisme-l-antisemitisme-et-la-gauche-par-moishe-postone.html


    Graffiti antisémite en Belgique en 2013

    Moishe Postone : Il est exact que le gouvernement israélien se sert de l’accusation d’#antisémitisme comme d’un bouclier pour se protéger des critiques. Mais ça ne veut pas dire que l’antisémitisme lui-même ne représente pas un problème grave.

    Ce qui distingue ou devrait distinguer l’antisémitisme du #racisme a à voir avec l’espèce d’imaginaire du pouvoir attribué aux #Juifs, au sionisme et à #Israël, imaginaire qui constitue le noyau de l’antisémitisme. Les Juifs sont perçus comme constituant une sorte de pouvoir universel immensément puissant, abstrait et insaisissable qui domine le monde. On ne trouve rien d’équivalent à la base d’aucune autre forme de racisme. Le racisme, pour autant que je sache, constitue rarement un système complet cherchant à expliquer le monde. L’antisémitisme est une critique primitive du monde, de la modernité capitaliste. Si je le considère comme particulièrement dangereux pour la gauche, c’est précisément parce que l’antisémitisme possède une dimension pseudo-émancipatrice que les autres formes de racisme n’ont que rarement.

    MT : Dans quelle mesure pensez-vous que l’antisémitisme aujourd’hui soit lié aux attitudes vis-à-vis d’Israël ? On a l’impression que certaines des attitudes de la #gauche à l’égard d’Israël ont des sous-entendus antisémites, notamment celles qui ne souhaitent pas seulement critiquer et obtenir un changement dans la politique du gouvernement israélien à l’égard des Palestiniens, mais réclament l’abolition d’Israël en tant que tel, et un monde où toutes les nations existeraient sauf Israël. Dans une telle perspective, être juif, sentir qu’on partage quelque chose comme une identité commune avec les autres Juifs et donc en général avec les Juifs israéliens, équivaut à être « sioniste » et est considéré comme aussi abominable qu’être raciste.

    MP : Il y a beaucoup de nuances et de distinctions à faire ici. Dans la forme que prend de nos jours l’#antisionisme, on voit converger de façon extrêmement dommageable toutes sortes de courants historiques.

    L’un d’eux, dont les origines ne sont pas nécessairement antisémites, plonge ses racines dans les affrontements entre membres de l’intelligentsia juive d’Europe orientale au début du XXesiècle. La plupart des intellectuels juifs – intellectuels laïques inclus ? – sentaient qu’une certaine forme d’#identité_collective faisait partie intégrante de l’expérience juive. Cette identité a pris de plus en plus un caractère national étant donné la faillite des formes antérieures, impériales, de collectivité – c’est-à-dire à mesure que les vieux empires, ceux des Habsbourg, des Romanov, de la Prusse, se désagrégeaient. Les Juifs d’Europe orientale, contrairement à ceux d’Europe occidentale, se voyaient avant tout comme une collectivité, pas simplement comme une religion.

    Ce sentiment national juif s’exprima sous diverses formes. Le sionisme en est une. Il y en eut d’autres, représentées notamment par les partisans d’une #autonomie_culturelle juive, ou encore par le #Bund, ce mouvement socialiste indépendant formé d’ouvriers Juifs, qui comptait plus de membres qu’aucun autre mouvement juif et s’était séparé du parti social-démocrate russe dans les premières années du XXe siècle.

    D’un autre côté, il y avait des Juifs, dont un grand nombre d’adhérents aux différents partis communistes, pour qui toute expression identitaire juive constituait une insulte à leur vision de l’humanité, vision issue des Lumières et que je qualifierais d’abstraite. Trotski, par exemple, dans sa jeunesse, qualifiait les membres du Bund de « sionistes qui ont le mal de mer ». Notez que la critique du #sionisme n’avait ici rien à voir avec la Palestine ou la situation des Palestiniens, puisque le Bund s’intéressait exclusivement à la question de l’autonomie au sein l’empire russe et rejetait le sionisme. En assimilant le Bund et le sionisme, Trotski fait plutôt montre d’un rejet de toute espèce d’identité communautaire juive. Trotski, je crois, a changé d’opinion par la suite, mais cette attitude était tout à fait typique. Les organisations communistes avaient tendance à s’opposer vivement à toute espèce de #nationalisme_juif : nationalisme culturel, nationalisme politique ou sionisme. C’est là un des courants de l’antisionisme. Il n’est pas nécessairement antisémite mais rejette, au nom d’un #universalisme_abstrait, toute identité collective juive. Encore que cette forme d’antisionisme soit souvent incohérente : elle est prêt à accorder l’autodétermination nationale à la plupart des peuples, mais pas aux Juifs. C’est à ce stade que ce qui s’affiche comme abstraitement universaliste devient idéologique. De surcroît, la signification même d’un tel universalisme abstrait varie en fonction du contexte historique. Après l’Holocauste et la fondation de l’État d’Israël, cet universalisme abstrait sert à passer à la trappe l’#histoire des Juifs en Europe, ce qui remplit une double fonction très opportune de « nettoyage » historique : la violence perpétrée historiquement par les Européens à l’encontre des Juifs est effacée, et, dans le même temps, on se met à attribuer aux Juifs les horreurs du colonialisme européen. En l’occurrence, l’universalisme abstrait dont se revendiquent nombre d’antisionistes aujourd’hui devient une idéologie de légitimation qui permet de mettre en place une forme d’#amnésie concernant la longue histoire des actes, des politiques et des idéologies européennes à l’égard des Juifs, tout en continuant essentiellement dans la même direction. Les Juifs sont redevenus une fois de plus l’objet d’une indignation spéciale de la part de l’Europe. La solidarité que la plupart des Juifs éprouvent envers d’autres Juifs, y compris en Israël – pour compréhensible qu’elle soit après l’Holocauste – est désormais décriée. Cette forme d’antisionisme est devenue maintenant l’une des bases d’un programme visant à éradiquer l’autodétermination juive réellement existante. Elle rejoint certaines formes de nationalisme arabe – désormais considérées comme remarquablement progressistes.

    Un autre courant d’antisionisme de gauche – profondément antisémite celui-là – a été introduit par l’Union Soviétique, notamment à travers les procès-spectacles en Europe de l’Est après la Seconde Guerre mondiale. C’est particulièrement impressionnant dans le cas du #procès_Slánský, où la plupart des membres du comité central du parti communiste tchécoslovaque ont été jugés puis exécutés. Toutes les accusations formulées à leur encontre étaient des accusations typiquement antisémites : ils étaient sans attaches, cosmopolites, et faisaient partie d’une vaste conspiration mondiale. Dans la mesure où les Soviétiques ne pouvaient pas utiliser officiellement le discours de l’antisémitisme, ils ont employé le mot « sionisme » pour signifier exactement ce que les antisémites veulent dire lorsqu’ils parlent des Juifs. Ces dirigeants du PC tchécoslovaque, qui n’avaient aucun lien avec le sionisme – la plupart étaient des vétérans de la guerre civile espagnole – ont été exécutés en tant que sionistes.

    Cette variété d’antisionisme antisémite est arrivée au Moyen-Orient durant la #guerre_froide, importée notamment par les services secrets de pays comme l’#Allemagne_de_l’Est. On introduisait au Moyen-Orient une forme d’antisémitisme que la gauche considérait comme « légitime » et qu’elle appelait antisionisme. Ses origines n’avaient rien à voir avec le mouvement contre l’installation israélienne. Bien entendu, la population arabe de Palestine réagissait négativement à l’immigration juive et s’y opposait. C’est tout à fait compréhensible. En soi, ça n’a certes rien d’antisémite. Mais ces deux courants de l’antisionisme se sont rejoints historiquement.

    Pour ce qui concerne le troisième courant, il s’est produit, au cours des dix dernières années environ, un changement vis-à-vis de l’existence d’Israël, en premier lieu au sein du mouvement palestinien lui-même. Pendant des années, la plupart des organisations palestiniennes ont refusé d’accepter l’existence d’Israël. Cependant, en 1988, l’OLP a décidé qu’elle accepterait cette existence. La seconde Intifada, qui a débuté en 2000, était politiquement très différente de la première et marquait un revirement par rapport à cette décision. C’était, à mon avis, une faute politique fondamentale, et je trouve surprenant et regrettable que la gauche s’y soit laissée prendre au point de réclamer elle aussi, de plus en plus, l’abolition d’Israël. Dans tous les cas, il y a aujourd’hui au Moyen-Orient à peu près autant de Juifs que de #Palestiniens. Toute stratégie fondée sur des analogies avec la situation algérienne ou sud-africaine est tout simplement vouée à l’échec, et ce pour des raisons aussi bien démographiques que politico-historiques.

    Moishe Postone est notamment l’auteur de Critique du fétiche-capital. Le capitalisme, l’antisémitisme et la gauche (PUF, 2013)

    #Moishe_Postone #URSS #nationalités #autodétermination_nationale #anti-impérialisme #campisme #islam_politique

    • Il y a un siècle, la droite allemande considérait la domination mondiale du capital comme celle des Juifs et de la Grande Bretagne. À présent, la gauche la voit comme la domination d’Israël et des États-Unis. Le schéma de pensée est le même. Nous avons maintenant une forme d’antisémitisme qui semble être progressiste et « anti-impérialiste » ; là est le vrai danger pour la gauche. Le #racisme en tant que tel représente rarement un danger pour la gauche. Elle doit certes prendre garde à ne pas être raciste mais ça n’est pas un danger permanent, car le racisme n’a pas la dimension apparemment émancipatrice qu’affiche l’antisémitisme.

    • Israël, ce ne sont pas les juifs ; heureusement. Le pouvoir d’extrême droite israélien aimerait bien que tout le monde raisonne comme cela. Afin de perpétuer cet amalgame confus, qui permet de dire « t’es anti-impérialiste ? t’es antisémite ! ». on le voit arriver, le glissement dans cette dernière citation. Cet instrumentalisation l’air de rien. On passe de Juif+Grande-Bretagne à Israël+Usa, comme par magie. Et on nie tous les faits politiques qui objectivement démontrent que les Us et Israël sont à la manœuvre conjointement, géopolitiquement, au Moyen Orient, depuis plusieurs dizaines d’années.

      Le pouvoir israélien est un pouvoir fasciste et colonialiste. Cela dure depuis plusieurs dizaines d’années. Le pouvoir américain est un pouvoir impérialiste. Et cela dure depuis plusieurs dizaines d’années. Ce sont des faits objectifs.

      Renvoyer tous leurs adversaires plus ou moins progressistes dans la cuvette de l’antisémitisme, c’est confus, pour rester courtois.

    • La partie sur l’antisionisme et la Palestine repose sur un tour de passe-passe sémantique très classique : la création d’Israël est sobrement qualifiée d’« autodétermination nationale », et sa critique est systématiquement accolée à l’accusation d’être favorable à l’autodétermination des peuples, « sauf des juifs » ; tout en minimisant (voire en niant carrément) le fait que cette « autodétermination » a nécessité – et nécessite toujours – le nettoyage ethnique à grande échelle de la population indigène.

      Encore que cette forme d’antisionisme soit souvent incohérente : elle est prêt à accorder l’autodétermination nationale à la plupart des peuples, mais pas aux Juifs.

      […]

      Cette forme d’antisionisme est devenue maintenant l’une des bases d’un programme visant à éradiquer l’autodétermination juive réellement existante.

      […]

      Cette idée que toute nation aurait droit à l’autodétermination à l’exception des Juifs est bel et bien un héritage de l’Union Soviétique.

      À l’inverse, le termine « colonisation » n’est ici utilisé que pour être nié.

      la violence perpétrée historiquement par les Européens à l’encontre des Juifs est effacée, et, dans le même temps, on se met à attribuer aux Juifs les horreurs du colonialisme européen.

      […]

      Subsumer le conflit sous l’étiquette du colonialisme, c’est mésinterpréter la situation.

      Évidemment : l’euphémisation « immigration juive », alors qu’on parle de la période de la guerre froide (la Nakba : 1948) :

      Bien entendu, la population arabe de Palestine réagissait négativement à l’immigration juive et s’y opposait.