• Sur la route des Canaries, une mission de surveillance aérienne pour repérer les bateaux de migrants en détresse - InfoMigrants
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    Sur la route des Canaries, une mission de surveillance aérienne pour repérer les bateaux de migrants en détresse
    Par Julia Dumont Publié le : 11/02/2026
    Depuis la mi-janvier, l’ONG Humanitarian Pilots Initiative mène une opération test de surveillance aérienne dans l’Atlantique pour tenter de repérer des embarcations de migrants en difficultés sur la route des Canaries. C’est la troisième mission de ce type depuis le printemps dernier. De nombreux canots se retrouvent en détresse sur cette route migratoire où aucun bateau humanitaire ne navigue.
    C’est une zone grande comme la Suisse, balayée par des vents violents et des courants puissants. La route migratoire des Canaries s’étend sur près de 2 000 km, des côtes de Guinée à l’archipel espagnol des Canaries, au large du continent africain.
    Même si le nombre d’arrivées a baissé en 2025, de nombreuses embarcations de migrants s’aventurent toujours sur cet itinéraire dans l’espoir d’atteindre l’archipel espagnol. Le voyage dure en moyenne sept jours et il n’est pas rare que des embarcations disparaissent en mer. Mais, contrairement à la Méditerranée centrale, aucun navire humanitaire ne circule dans l’Atlantique pour secourir les bateaux de migrants en difficultés. Seuls les services de secours en mer espagnols et les gardes-côtes marocains peuvent intervenir.
    C’est pour combler ce manque que l’ONG Humanitarian Pilots Initiative (HPI) a lancé mi-janvier une nouvelle mission de surveillance aérienne dans l’Atlantique, la troisième en neuf mois. Cette surveillance aérienne dans l’Atlantique a été lancée au printemps dernier et est encore à l’état de projet pilote.
    « Jusqu’à présent, ce n’était que des missions exploratoires. Nous aimerions pouvoir réellement commencer à partir de cet été avec un projet cohérent et des opérations sur le long terme », indique à InfoMigrants Pascal Stadelmann, pilote d’avion professionnel et volontaire pour HPI, comme une vingtaine d’autres pilotes. Ces trois premières missions de test ont appris aux équipes de HPI que la recherche de bateaux en détresse ne peut pas se faire de la même manière en Méditerranée et dans l’Atlantique. L’ONG mène depuis plusieurs années des opérations de surveillance aérienne en Méditerranée pour repérer les embarcations de migrants en détresse mais entre ces deux zones maritimes, les façons d’agir diffèrent.
    « La différence la plus frappante réside dans la taille même de la zone opérationnelle. La distance entre la Libye et l’île italienne de Lampedusa est d’environ 140 milles marins [environ 260 km, ndlr], tandis que dans l’Atlantique, elle peut atteindre 1 300 milles marins [2 400 km, ndlr] », explique Cat Spangehl, coordinatrice des opérations aériennes de HPI, dans une interview publiée sur le site de l’ONG. « Une autre différence majeure est l’absence d’infrastructures de sauvetage [sur la route des Canaries]. En Méditerranée, il existe des navires de sauvetage civils et les gardes-côtes italiens. En Atlantique, en revanche, nous devons souvent compter sur des cargos, des pêcheurs ou des marins pour nous aider en cas d’urgence, même s’ils ne sont ni formés ni équipés pour de tels sauvetages », poursuit-elle.
    Pour faire face à ces contraintes, les équipes de HPI ont imaginé un nouveau mode d’action. « À l’heure actuelle, nous sommes en quelque sorte en veille. Cela signifie que notre équipage est basé en Europe continentale mais est prêt à embarquer sur un vol à destination des îles Canaries dans les 24 heures si quelque chose se présente et que nous voulons partir à sa recherche », détaille Pascal Stadelmann. L’appareil Beechcraft 58 Baron utilisé pour la mission est, lui, positionné sur l’île de Grande Canarie et prêt à décoller à tout moment.
    Au début de la mission, « nous avons commencé à effectuer des vols pendant plusieurs semaines et nous avons essayé de déterminer comment fonctionner au mieux [...] L’un des enseignements que nous avons tiré était que voler sans avoir aucune information [sur les bateaux en détresse] n’avait pas beaucoup de sens », raconte Pascal Stadelmann.Pour obtenir un maximum d’informations sur les pirogues en difficultés, les membres d’HPI collaborent avec des organisations comme Alarm phone et Caminando Fronteras.
    « Les canots partent de très loin au sud [des départs vers les Canaries se font désormais aussi depuis la Guinée et la Gambie, ndlr] et le voyage dure parfois jusqu’à deux semaines, rappelle le pilote. Les proches des exilés commencent généralement à contacter les ONG après une semaine ou dix jours pour demander des nouvelles. C’est généralement à ce moment-là que les informations commencent à circuler. En fonction de ces informations, nous faisons une estimation de l’endroit où le bateau pourrait se trouver et nous décidons si nous devons voler ou non ».
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 3 000 migrants sont morts en 2025 en tentant de rejoindre clandestinement l’Espagne à la recherche d’un avenir meilleur. La plupart des décès ont eu lieu sur la route de l’Atlantique, entre l’Afrique et l’archipel espagnol des Canaries. Les pays européens restreignant les visas et contrôlant de plus en plus leurs frontières, ces personnes migrantes sont forcées de prendre cette route périlleuse. La route migratoire de la Méditerranée centrale a, elle aussi, été meurtrière en 2025. Plus de 1 870 personnes y ont perdu la vie l’an dernier, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais les navires humanitaires présents dans cette zone maritime parviennent à effectuer de nombreux sauvetages d’embarcations, notamment grâce au soutien aérien de plusieurs avions de surveillance aérienne, tels que le Sea-Bird et le l’Albatross Uno de HPI en collaboration avec les ONG Sea-Watch et SOS Méditerranée.

    #Covid-19#migration#migrant#canaries#atlantique#routemigratoire#humanitaire#sante#mortalite#gambie#guinee

  • #Sénégal : les migrants, #fantômes de l’Atlantique

    Vingt ans après la crise migratoire de 2006, la #route_atlantique entre le Sénégal et les #îles_Canaries reste l’une des plus dangereuses pour les migrants. En 2024, plus de 10 000 personnes y sont mortes ou portées disparues. Confrontées à l’#anonymat de ces victimes, familles et associations tentent de leur rendre un nom. Reportage de Sarah Sakho et Simon Martin.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/69571/senegal--les-migrants-fantomes-de-latlantique
    #décès #disparus #migrations #réfugiés #mourir_aux_frontières #mourir_en_mer #identification #Afrique_de_l'Ouest #Canaries #fantôme

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  • Route des Canaries : deux hommes retrouvés morts dans un canot secouru dans l’Atlantique - InfoMigrants
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    Route des Canaries : deux hommes retrouvés morts dans un canot secouru dans l’Atlantique
    Par Clémence Cluzel Publié le : 16/01/2026
    Un canot pneumatique transportant une centaine de passagers a été secouru mercredi par les autorités espagnoles dans le sud-est d’El Hierro, une île des Canaries, après avoir dérivé pendant une semaine dans l’Atlantique. Au total, 106 survivants, dont des femmes et des mineurs, ont été acheminés au port d’Arguineguín. Deux exilés sont également décédés. Deux hommes sont décédés à bord d’un canot pneumatique qui dérivait depuis une semaine dans l’Atlantique, au large de Dakhla (Sahara). L’embarcation, qui transportait 106 autres personnes désireuses de rejoindre les îles Canaries, a été secourue mercredi 14 janvier, ont indiqué les services d’urgence du port d’Arguineguín (Grande Canarie) à l’agence de presse espagnole EFE.
    Le bateau de fortune avait été localisé par un cargo, le Sara M, dans l’après-midi du mercredi, à environ 275 km au sud-est d’El Hierro. L’équipage avait alors alerté les autorités espagnoles, puis distribué de l’eau ainsi que des médicaments, avec l’aide du cargo Eurostar, en attendant l’arrivée du Guardamar Urania, le bateau de sauvetage des autorités. Le canot transportait 74 hommes mais également 20 femmes ainsi que quatre mineurs, ont indiqué les services de sauvetage en mer. Les passagers se sont retrouvés confrontés à de très mauvaises conditions maritimes, avec des vagues de deux à trois mètres ainsi que des vents pouvant atteindre les 65 km/h. Ces avaries ont provoqué la dérive du bateau, cela durant une semaine.
    Après 18 heures de navigation, les survivants ainsi que les corps des deux hommes décédés - dont l’un est mort pendant le sauvetage - ont été rapatriés par le Guardamar Urania au port d’Arguineguín. Une personne a également été évacuée vers un hôpital pour y suivre des soins. La nationalité des passagers reste pour l’heure inconnue tout comme le lieu de départ de l’embarcation.
    Les drames recensés sur la route des Canaries au départ des pays d’Afrique de l’Ouest continuent d’être très fréquents. Depuis plus d’un mois, une pirogue partie de Gambie et transportant entre 200 et 300 migrants a disparu dans l’Atlantique alors qu’elle tentait de gagner l’archipel des Canaries. Le 1er janvier, le naufrage d’un bateau avec plus de 200 migrants à son bord, au large de la Gambie, a fait au moins 39 morts alors que 112 personnes ont pu être secourues. Pour échapper au renforcement des contrôles policiers et au durcissement des politiques migratoires en Mauritanie, au Sénégal et au Maroc, autrefois épicentres des embarcations de migrants originaires d’Afrique de l’Ouest, de nouvelles routes migratoires à destination des Canaries émergent ces derniers mois.
    Désormais, la Gambie est de plus en plus empruntée par les migrants souhaitant rejoindre l’archipel des Canaries. Les départs de pirogues se font également de plus en plus depuis la Guinée et la Guinée-Bissau. Du fait de leur éloignement des Canaries, ces itinéraires sont plus souvent meurtriers puisqu’en allongeant la traversée, ils augmentent également les risques de naufrage et de dérive des embarcations. En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries par la route Atlantique contre environ 47 000 personnes durant l’année 2024. Soit une chute de 62% due aux partenariats conclus entre l’Europe et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest afin d’endiguer les flux migratoires et l’intensification de la répression - par des interpellations et expulsions - contre les migrants dans ces pays. La forte baisse des arrivées dans l’archipel s’est également traduite par ricochet sur le nombre de décès et disparitions recensés sur la route de l’Atlantique. Selon l’ONG Caminando Fronteras, 1 906 exilés sont morts ou ont disparus sur cette route durant l’année 2025, contre 9 757 pour l’année précédente. Cette reconfiguration a favorisé en parallèle l’émergence d’une autre route migratoire vers l’Espagne, via les Baléares. Celle-ci, de plus en plus utilisée, connait une recrudescence des arrivées depuis janvier 2025. Au point que cet itinéraire au départ de l’Algérie est désormais devenu « la principale route de transit vers l’Espagne », selon cette même ONG. En 2025, plus 7 200 migrants ont rejoint cet archipel situé au large de la côte est de l’Espagne, contre 5 900 en 2024. Soit une augmentation de 27%, d’après les autorités espagnoles. Cette route algérienne « est principalement empruntée par des ressortissants algériens, bien que des migrants syriens et palestiniens soient également fréquemment présents en plus petit nombre. En 2025, des migrants somaliens ont rejoint les ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest qui avaient commencé à emprunter cette route plusieurs années auparavant », précise Caminando Fronteras. Avec l’augmentation des arrivées de migrants, c’est aussi une hausse des décès qui est enregistrée. Alors que 517 personnes ont perdu la vie lors de cette traversée en 2024, le chiffre grimpe à 1 037 décès pour 2025.

    #Covid-19#migration#canaries#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite#atlantique

  • En Gambie, le « backway », la migration en pirogue vers les Canaries, souvent mortelle
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/13/en-gambie-le-backway-la-migration-en-pirogue-vers-les-canaries-souvent-morte

    En Gambie, le « backway », la migration en pirogue vers les Canaries, souvent mortelle
    par Jules Crétois (Banjul, envoyé spécial)
    Plus d’un mois après son départ, une pirogue partie de Gambie pour rallier les îles espagnoles des Canaries, avec environ 300 personnes à son bord, originaires de différents pays d’Afrique de l’Ouest, est introuvable. L’embarcation avait quitté le village côtier de Jinack le 5 décembre 2025. Le 6 décembre, elle était au large de Joal-Fadiouth, au Sénégal. Depuis, aucune nouvelle. Les acteurs de la société civile, en Gambie et au Sénégal notamment, s’alarment.
    " La traversée vers les Canaries est censée durer une semaine. Ils n’ont pas pris la mer par bon temps… C’est très inquiétant », soupire Saliou Diouf, président de l’association locale sénégalaise Boza Fii, engagée dans l’aide aux migrants. Le responsable associatif connaît certains des passagers, originaires de la région côtière du Sine Saloum, au Sénégal. « Je sais qu’il y a une mère de famille sénégalaise sur le bateau. Il y a aussi un couple parti avec leur enfant », détaille-t-il.
    Depuis plusieurs mois, les contrôles réguliers au large de la Mauritanie et du Sénégal ont poussé les candidats à la migration à partir des côtes gambiennes et guinéennes. Mais en se déplaçant toujours plus loin vers le sud, la traversée pour rejoindre l’Europe via les îles espagnoles situées dans l’Atlantique, au large du Maroc, est toujours plus périlleuse.Depuis le mois de décembre, les incidents se succèdent. Le 1er janvier, au moins 39 personnes ont trouvé la mort dans un naufrage survenu au large de Jinack. Le 8 janvier, les autorités gambiennes ont annoncé avoir sauvé 112 migrants originaires de Gambie, de Guinée, du Sénégal et d’autres pays africains. En 2025, 1 906 personnes sont mortes durant la traversée des côtes africaines vers les Îles Canaries, parmi lesquelles 160 étaient parties de Gambie, selon l’ONG Caminando Fronteras.
    Depuis plusieurs semaines, Jinack, logé dans un réseau de petites îles et presqu’îles dans la mangrove, est devenu un point de départ particulièrement prisé. La coutume interdit l’entrée de policiers en uniforme dans la communauté, ce qui complique les opérations des forces de l’ordre. « Nous avons perdu des fils dans les traversées ! Le village et ses abords connaissent un afflux de migrants. La situation est difficile et, en plus, on nous accuse dans les médias, et parfois jusqu’à certains policiers, d’être complices des départs », s’insurge un habitant du village, sous couvert d’anonymat.
    Depuis plusieurs jours, en Gambie, tout le monde a l’expression « backway » (« en arrière », en anglais) à la bouche. Elle désigne le voyage en pirogue vers ce que beaucoup de jeunes appellent « Babylone » : l’Europe. Sur le réseau social TikTok, « Ebrima Migrants », de son vrai nom Ebrima Drammeh, lui-même un jeune survivant de la migration irrégulière, cumule des centaines de milliers de likes en alertant sur les dangers de la traversée, à l’appui sa propre expérience.
    En décembre 2025, il contestait des déclarations du ministre de l’information gambien, Ismaila Ceesay, selon lesquelles l’attention médiatique sur le backway a enflé davantage que le nombre de départs. Lors d’un meeting politique, le 5 janvier, le président gambien, Adama Barrow, a de son côté mis en cause les familles qui financent le voyage à leurs enfants, suscitant des critiques de l’opposition.
    Le 9 janvier, le gouvernement gambien a annoncé lancer l’opération « Zero Departure » (« zéro départ », en anglais). « Une force spéciale a été déployée dans les régions pour perturber et démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains », ont annoncé les autorités, qui reçoivent, au nom de cette lutte contre l’émigration illégale, des financements européens. Sur la première semaine de janvier 2026, Banjul a annoncé l’arrestation de 782 candidats au départ. « Cette pirogue disparue, dont on espère qu’elle n’a pas chaviré, illustre encore une fois les limites d’une approche purement sécuritaire et répressive », soupire Saliou Diouf. « Les contrôles se durcissent dans un pays, les migrants se dirigent vers un autre. Il faut maintenant penser en termes de sauvetage, pas d’arrestations », plaide l’activiste sénégalais.

    Covid-19#migrant#migration#gambie#canaries#atlantique#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025 - InfoMigrants
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    Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025
    Par Leslie Carretero
    En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries, contre près de 47 000 en 2024. Soit une baisse de 62% sur un an, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Cette chute des arrivées dans l’archipel espagnol s’explique par un renforcement des contrôles sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest à la faveur d’accords signés avec l’Espagne. Après deux années de records d’arrivées consécutifs aux Canaries, les flux migratoires vers l’archipel espagnol se sont considérablement taris en 2025. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, un peu plus de 17 700 migrants sont arrivés aux Canaries en 2025, contre près de 47 000 en 2024 et près de 40 000 en 2023. Ainsi entre 2024 et 2025, la baisse constatée est de 62%.
    Cette forte chute s’explique par le renforcement des accords conclus entre l’Union européenne et la Mauritanie, le Sénégal et le Maroc, les trois principaux pays de départ de pirogues ces dernières années. En 2024, l’UE a multiplié les visites en Afrique pour signer de nouveaux partenariats et ainsi tenter d’enrayer les départs de migrants vers l’archipel espagnol. Un an plus tard, les effets de ces accords ont commencé à se faire sentir.
    Depuis 2023, la Mauritanie est le premier lieu de départ des migrants d’Afrique de l’Ouest arrivés dans l’archipel espagnol.
    Depuis plus de 20 ans, Nouakchott reçoit pourtant des sommes conséquentes de l’Espagne et de l’UE pour la gestion des migrants. Pour la période 2022-2027, l’allocation de l’UE s’élevait à 12,5 millions d’euros. Mais les récentes arrivées massives ont poussé les Vingt-Sept à augmenter les financements. Ainsi en mars 2024, un nouvel accord signé entre l’UE et la Mauritanie a permis d’allouer une enveloppe de 200 millions d’euros au pays saharien. L’été suivant, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a effectué une visite à Nouakchott afin de signer un autre accord migratoire avec la Mauritanie - et la Gambie. En échange, les autorités mauritaniennes se sont engagées à durcir la législation locale sur l’immigration clandestine.
    Depuis le début de l’année 2025, la Mauritanie mène une politique répressive envers les migrants subsahariens qui se trouvent dans le pays en attendant de prendre la route de l’Atlantique pour rejoindre les Canaries. De très nombreux migrants ont raconté les arrestations arbitraires jusque dans la rue ou sur les lieux de travail des exilés. Les personnes ont ensuite été expulsées vers les frontières du pays, et notamment la ville de Rosso, au Sénégal, qui a vu débarquer en quelques semaines des milliers d’exilés. Entre janvier et avril 2025, la Mauritanie a ainsi intercepté plus de 30 000 migrants, avaient indiqué des sources gouvernementales en mai. Et lors d’une rencontre tenue à Madrid le 17 octobre, l’Espagne et la Mauritanie ont annoncé avoir déjoué 3 500 tentatives de migration irrégulière en 2025 sur le sol mauritanien.
    Le Sénégal aussi, second pays de départ vers les Canaries, a reçu, en octobre 2024, une aide de 30 millions d’euros de la part de l’UE pour lutter contre l’immigration clandestine. La Commission européenne finance déjà un projet de 5,75 millions d’euros visant à renforcer la capacité des forces de sécurité sénégalaises pour lutter contre l’immigration clandestine, la traite des êtres humains et le trafic de migrants.Cet accord, comme celui avec la Mauritanie, a commencé à porter ses fruits en 2025 : au premier trimestre, les forces sénégalaises ont interpellé plus de 1 900 personnes qui tentaient de prendre la mer, « dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » avait indiqué en septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.
    Le Maroc, quant à lui, a reçu en décembre 2024 une enveloppe de 2,5 millions d’euros afin de renforcer ses capacités en matière de surveillance des frontières, de mieux contrôler les points d’entrée, de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains et de protéger le sud de l’Europe des flux migratoires venus de ce pays du Maghreb. En parallèle, depuis 2013, l’UE a déboursé plus de 360 millions d’euros - dont 234 millions proviennent du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, indique une note de l’UE datée de février 2022 - pour aider le Maroc dans sa lutte contre l’immigration irrégulière.
    Cette chute de 62% des arrivées de migrants aux Canaries en 2025 accompagne logiquement une baisse générale de 42,6% des arrivées irrégulières sur tout le sol espagnol (36 775 en 2025 contre 64 019 en 2024). Mais un autre archipel, celui des Baléares, a lui connu une recrudescence des arrivées. En 2025, près de 7 400 personnes sont arrivées sur ce territoire espagnol, contre 5 900 en 2024. Soit une hausse de 24,5%. « Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière », racontait en octobre à InfoMigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.
    La route qui part de l’Algérie vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG Caminando Fronteras dans un rapport publié fin décembre. Cette hausse des départs vers cet archipel se traduit par un plus grand nombre de morts. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025, contre 517 en 2024.
    À l’inverse, les décès vers les Canaries ont chuté. Caminando Fronteras dénombre 1 906 morts et disparus sur la route atlantique. En 2024, l’ONG avait décompté 9 757 décédés ou disparus dans la même zone maritime. Soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là.

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  • Gambie : le bilan du naufrage d’un bateau de migrants monte à... | Seneweb -
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    Gambie : le bilan du naufrage d’un bateau de migrants monte à 31 morts
    Auteur : AFP
    Au moins 31 migrants sont morts dans le naufrage au large de la Gambie le 1er janvier d’un bateau qui tentait de rejoindre l’Europe, et de « nombreux autres ont disparu et sont probablement morts », a annoncé lundi le gouvernement dans un nouveau bilan à la hausse.
    Le naufrage de ce bateau, parti le soir du 31 décembre et qui transportait plus de 200 personnes, a ému ce pays ouest-africain d’où de nombreuses personnes tentent de rejoindre les Canaries espagnoles par la périlleuse route de l’Atlantique. Le précédent bilan faisait état d’au moins 7 morts.

    #Covid-19#migrant#migration#gambie#canaries#routemigratoire#atlantique#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Route des Canaries : au moins 7 morts et de nombreux disparus dans un naufrage au large de la Gambie - InfoMigrants
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    Route des Canaries : au moins 7 morts et de nombreux disparus dans un naufrage au large de la Gambie
    Par La rédaction Publié le : 02/01/2026
    Sept personnes sont mortes jeudi 1er janvier dans un naufrage survenu au large de la Gambie. Au moins 96 exilés ont pu être secourus mais l’embarcation transportait « présumément plus de 200 personnes », ce qui laisse craindre un nombre élevé de disparus.
    C’est au large de Jinack, dans la région frontalière du Sénégal de North Bank, en Gambie, que le naufrage s’est produit. Au moins sept personnes sont mortes dans ce drame qui est survenu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier."Le gouvernement est informé d’un accident maritime tragique impliquant un bateau transportant présumément plus de 200 personnes migrantes, et qui aurait chaviré vers minuit dans la nuit du 31 décembre au large de Jinack, dans la région de North Bank", dans le nord-ouest de la Gambie, selon un communiqué du ministère gambien de la Défense transmis à l’AFP.
    Alertée par un appel de détresse, la marine nationale gambienne a lancé vers 1 heure du matin jeudi une opération de recherche et sauvetage, à laquelle ont pris part plusieurs bateaux de la marine et un bateau de pêche venu prêter main forte, affirme le communiqué.
    Cette opération a permis de secourir 96 personnes. « Parmi elles, dix sont dans un état grave », a précisé le ministère. Selon les autorités, l’embarcation « transportait présumément plus de 200 personnes migrantes », ainsi « nombre de passagers sont portés disparus », ajoute le communiqué.
    Plusieurs victimes ont été identifiées comme n’étant pas de nationalité gambienne, ont annoncé les autorités sans donner davantage de précisions. Les identifications sont toujours en cours.
    Dans son communiqué, le gouvernement gambien a présenté « ses sincères condoléances aux familles endeuillées et à tous ceux affectés par ce regrettable incident », et a rappelé « son engagement » à lutter contre l’émigration clandestine.Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens.
    Et les naufrages se multiplient sur cet itinéraire. Le 24 décembre, au moins 12 corps d’exilés ont été repêchés au large de Joal, dans le département de Mbour, au sud de Dakar, suite au naufrage d’une embarcation de migrants. En août également, au moins 69 personnes sont mortes suite à un naufrage au large de la Mauritanie. Les exilés étaient eux aussi partis d’Afrique de l’Ouest et faisaient route vers les iles Canaries.
    Cette année, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Du côté de la route Atlantique, c’est-à-dire de l’Afrique occidentale vers l’archipel des Canaries, l’ONG dénombre 1 906 morts et disparus en 2025. La grande majorité étaient partis de Mauritanie. L’an dernier, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là). Une baisse notamment due à la chute des arrivées aux Canaries en 2025. Un peu plus de 17 500 personnes ont rejoint l’archipel depuis le 1er janvier, contre près de 47 000 en 2024, selon le ministère espagnol de l’Intérieur. Cette chute des arrivées est attribuée par les autorités au renforcement de la surveillance des frontières au Sénégal et en Mauritanie, dans le cadre d’accords bilatéraux passés avec l’Espagne, et de partenariats migratoires avec l’Union européenne.
    Mais l’autre conséquence du renforcement des contrôles, c’est que les exilés tentent maintenant de prendre la mer depuis des côtes beaucoup plus éloignées. C’est le cas de l’embarcation qui a fait naufrage jeudi. Plus de 1 500 km séparent les côtes gambiennes des îles Canaries, rendant la traversée bien plus dangereuse. « La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », expliquait Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines fin septembre à InfoMigrants

    #Covid-19#migrant#migration#gambie#senegal#routemigratoire#canaries#atlantique#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Route des Canaries : au moins 12 morts après un naufrage au large du Sénégal - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68916/route-des-canaries--au-moins-12-morts-apres-un-naufrage-au-large-du-se

    Route des Canaries : au moins 12 morts après un naufrage au large du Sénégal
    Par La rédaction Publié le : 24/12/2025
    Au moins 12 corps d’exilés ont été repêchés au large de Joal, dans le département de Mbour, au sud de Dakar, suite au naufrage d’une embarcation de migrants. Une trentaine de personnes ont aussi été secourues. Une pirogue qui était en route vers les îles espagnoles des Canaries a fait naufrage dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 décembre. Selon des sources sécuritaires interrogées par l’Agence de presse sénégalaise (APS), « 12 corps sans vie ont été repêchés ». Selon ce même bilan provisoire, il y a une trentaine de rescapés.
    Selon l’APS, le nombre de passagers à bord de l’embarcation qui a chaviré aux alentours de 4h du matin n’a pas pu être précisément déterminé. Le quotidien sénégalais Le Soleil évoque, de son côté, une embarcation avec « près de 200 personnes », ce qui laisse suggérer qu’il pourrait y avoir de nombreux disparus. Les corps sans vie ont été acheminés à la morgue de Joal, dans le département de Mbour, au sud de Dakar, tandis que les rescapés ont été conduits à la brigade de gendarmerie. Une enquête a d’ailleurs été ouverte afin de déterminer les circonstances de ce drame.
    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Et les naufrages se multiplient sur cet itinéraire. En août dernier par exemple, au moins 69 personnes sont mortes suite à un naufrage au large de la Mauritanie. Les exilés étaient eux aussi partis d’Afrique de l’Ouest et faisaient route vers les iles Canaries.
    Cette route est d’ailleurs l’une des plus meurtrières. Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1 482 décès a été comptabilisé par l’ONG sur cette même route.
    Les candidats au départ, depuis les côtes sénégalaises, mauritaniennes ou gambiennes, fuient la pauvreté, le chômage ou l’absence de perspectives. Ils embarquent clandestinement, moyennant finances, sur des pirogues ou des embarcations précaires, complètement inadaptées à de telles traversées.
    Il faut plusieurs jours de navigation pour parcourir les 1 500 km jusqu’aux Canaries dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et la soif, du soleil, des éléments et des avaries. Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté depuis le début de l’année. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, entre le 1er janvier et le 15 décembre 2025, 17 555 exilés sont arrivés aux Canaries par cayucos - les pirogues utilisées pour faire la traversée -, contre 43 737 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 59,9%.

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  • #Frontex consolida su red de control indirecto en África más allá de la ruta canaria de migración

    En las Islas Canarias, como territorio fronterizo entre África Occidental y Europa, se despliega el brazo ejecutor de la política migratoria de la Unión Europa a través de una de sus agencias con mayor presupuesto.

    Canarias es desde hace años una pieza clave en la política de control de fronteras, una de las señas de identidad de la Unión Europea (UE). Por ello, es habitual la presencia de agentes de la Agencia Europea de la Guardia de Fronteras y Costas (Frontex) en las principales islas de desembarco. Al mismo tiempo, algunas autoridades y parte de la sociedad exigen mayor despliegue de este cuerpo en el archipiélago, a pesar de las dudas que ha generado su labor. “El enfoque con el que actúa Frontex es securitario, no es humanitario”, aclara Koldobi Velasco, integrante de Acción Directa Noviolenta y Alternativa antimilitarista-MOC.

    La presencia de Frontex en el archipiélago canario desde su reactivación en 2020 hasta ahora se limita a su actividad en puerto bajo la operación Hera, que desde su puesta en marcha en 2006, en la conocida primera ‘crisis de los cayucos’, ha pasado por varias fases. En una respuesta a El Salto, Frontex señala que sus agentes están presentes en las islas en apoyo a las autoridades españolas en las tareas de gestión de fronteras. Sus funciones incluyen el control, la toma de huellas dactilares y el registro de los migrantes que llegan por mar, según indica la agencia. También, especifica, que en las entrevistas voluntarias, recopilan información sobre los países de origen de los migrantes, motivos del viaje, las rutas seguidas, las vulnerabilidades y las pruebas de participación de traficantes de personas.

    La agencia cuenta en las islas con 70 agentes y personal especializado, incluyendo 18 intérpretes y mediadores culturales, según los datos proporcionados este verano. Su periodo de estancia varía en función de las necesidades del operativo. Fuentes de Frontex señalan, además, que su intervención “se basa en la cooperación operativa con las autoridades nacionales españolas” y defiende que el personal de Frontex apoya la identificación y derivación de personas que puedan requerir protección internacional, posibles víctimas de trata de personas, menores no acompañados y otras personas vulnerables. “Los agentes también proporcionan información inicial a quienes necesitan o desean solicitar protección internacional, asegurándose de que conozcan sus derechos y los procedimientos disponibles”, declaran las mismas fuentes.

    La agencia cuenta en las islas con 70 agentes y personal especializado, incluyendo 18 intérpretes y mediadores culturales, según los datos proporcionados este verano

    El tipo de despliegue de la agencia se fundamenta en la petición que realicen los estados miembros de la UE. La fundadora del Observatori Bretxa y del Centre Delàs d’estudis per la pau, Ainhoa Ruiz Benedicto, aclara que Frontex opera siempre a petición de un estado miembro y en forma de cooperación o colaboración. En Canarias, las intervenciones tienen lugar en los puertos y en los Centros de Atención Temporal de Extranjeros (CATE). El Gobierno de Canarias ha reclamado una mayor intervención de la agencia en las islas, “con medios aéreos, embarcaciones, radares y otros sistemas que mejoren la vigilancia marítima y fronteriza”, según una nota del Ejecutivo autonómico. También demanda que la agencia pueda participar en labores de gestión humanitaria y en tareas de salvamento marítimo.

    A pesar de esta reciente petición del Gobierno regional en agosto de este año, las tareas de Frontex llevan años limitándose solo a labores de inteligencia e identificación, sin realizar tareas humanitarias. En 2023, Por Causa alertó de que Canarias iba camino de convertirse en un hotspot, un punto de entrada crítico, como son Lampedusa o Lesbos. El colapso del muelle de Arguineguín, en Gran Canaria, en 2020 ilustra este riesgo. “Es curioso que siempre se pide Frontex, pero no tiene una función de ayudar con los servicios logísticos, humanitarios, a los hospitales que se pueden desbordar o a los sistemas educativos. Todo el refuerzo que se está pidiendo al final, y esto es opinión de analista, es para interceptar estos flujos migratorios, para impedir que lleguen aquí”, recalca Benedicto.

    El operativo actual difiere del que se desplegó en la primera crisis de los cayucos y en el que buques y aeronaves de Frontex vigilaban las aguas de Canarias, Mauritania, Cabo Verde y Senegal, la cual fue la primera operación a gran escala de la agencia. La intervención de agentes de la agencia en alta mar, obliga a llegar a un acuerdo con los países del oeste africano. La organización Statewatch en el informe Exportando fronteras. Frontex y la expansión de la fortaleza europea en África occidental de este año revela que el director de la agencia, Hans Leijtens, ha expresado su reticencia a iniciar operaciones en Mauritania y Senegal: “Es mucho más difícil cooperar con los países africanos, y para ser franco, me siento muy reticente”, según sus palabras recogidas en el documento. Además, Benedicto añade que, del mismo modo que Italia y Grecia suelen recurrir más a Frontex, España prefiere seguir manteniendo el control sobre sus operaciones.

    Una de las dudas que suscita la recopilación de datos sobre las personas migrantes es el uso que se hace con esta información. Una investigación realizada por El País reveló que parte de la información obtenida en las identificaciones posteriores a los desembarcos, había sido transferida “ilegalmente” a Europol. En ese sentido, Benedicto se pregunta en qué condiciones se ha obtenido y compartido esta información con esta agencia, y si ha habido garantía de derecho y protección de datos. En la misma línea, Velasco apunta que la obtención de información de las personas migrantes es un “ejercicio de control y represión”, que circula según los intereses del control de fronteras. “Es un gran peligro porque no hay ningún tipo de protección de esa información; son datos con los que se mercadea por parte de Frontex”, subraya.
    Frontex y los supuestos patrones de pateras

    El trabajo de los agentes de Frontex en las identificaciones de las personas migrantes en los puertos de recepción canarios y las acusaciones sobre los supuestos patrones de las embarcaciones ha sido cuestionado por el Defensor del Pueblo. Este organismo recomendó en 2022 una revisión de los planes operativos de las actuaciones de Frontex en España para asegurar que se limite el contenido y duración de las entrevistas a los aspectos estrictamente necesarios, que se abstengan de realizar entrevistas sobre cuestiones que puedan guardar relación con la comisión de infracciones penales y recomienda que se lleven a cabo las comprobaciones necesarias para garantizar que las personas entrevistadas se encuentren en condiciones psicofísicas adecuadas para realizarlas y para prestar su consentimiento. El órgano, además, incide en la constatación de que este tipo de entrevistas se realizan en los momentos posteriores al desembarco, cuando las personas están “en condiciones de peligro y vulnerabilidad, se encuentran privadas de libertad, conocedoras de la posibilidad de ser devueltas y sin haber tenido asistencia jurídica en el momento de la entrevista, sino posteriormente”, matiza la recomendación.

    Por su parte, el informe Vulneración de Derechos Humanos en Canarias 2024 realizado por Novact-Iridia alerta de que en algunos casos agentes de Frontex en Tenerife no han aparecido identificados en los atestados, que no se menciona si la agencia ha participado en estos interrogatorios y subraya que son “las propias personas migrantes las que han constatado la participación de agentes de Frontex”. Al mismo tiempo, la entidad enfatiza que al no estar identificados ni referir sus intervenciones, “no se puede citar a ninguno para que testifiquen en los procedimientos judiciales”, destaca.

    La investigación realizada por Novact-Iridia recoge el caso de un joven de Costa de Marfil acusado injustamente de tráfico ilegal de personas tras un interrogatorio por parte de agentes de la Policía Nacional y de Frontex. El acusado, que fue finalmente absuelto, narró que lo llevaron a un despacho y se le presentó un agente de Frontex que le hablaba en francés y que “solamente” quería saber información sobre el itinerario. Esta persona recordó que ese agente tenía tanto su móvil como el de su mujer, quien había fallecido en el trayecto junto a su hija. Esta persona relató a la entidad que había visto en una pantalla que habían descargado todo el contenido de su teléfono. Las entidades resaltan la falta de transparencia y objetividad en los criterios de selección de los testigos en las acusaciones a los supuestos patrones de pateras y apuntan a que “la Policía Nacional y Frontex se entrevistan sin criterio unificado” .

    Control migratorio en la ruta canaria desde Senegal y Mauritania

    “Frontex está vinculada a perpetuar el proyecto neocolonial en África. Es un elemento clave para externalizar las fronteras y entrenar a fuerzas de seguridad y convierte a esos otros países en puntos fronterizos de la UE sin ningún tipo de vigilancia ni de inspección”, subraya Velasco. En el oeste del continente africano está la otra cara del control de la ruta migratoria canaria que marca Europa. Frontex considera África Occidental como una región prioritaria. La propia agencia en el informe Cooperación entre Frontex y terceros países de 2024, apunta a que ese año ante el aumento de los flujos migratorios a través de la ruta atlántica, la cooperación con Senegal, Mauritania y Gambia era fundamental.

    Frontex declara que no opera en Mauritania y Senegal. Pero según señalan varias entidades que trabajan en ámbito de las migraciones en Senegal, esta agencia está conectada indirectamente con otros cuerpos y programas que trabajan en terreno. Por ejemplo, en este país, según Ibrahima Konate, investigador independiente y fundador de la ONG Missing Voices REER, la cooperación se manifiesta en formaciones y apoyos técnicos destinados a la Policía del Aire y de Fronteras (PAF, por sus siglas en francés) y a la Dirección de Vigilancia del Territorio (DST, en francés), al intercambio de datos e información sobre las rutas migratorias y la presencia de asesores europeos en ciertas operaciones denominadas de “lucha contra la migración irregular”.

    Además, Frontex contribuyó en 2010 a la creación de la Comunidad de Inteligencia África-Frontex (AFIC) con presencia en 32 países africanos, entre ellos Senegal, Gambia y Mauritania. Tal y como detalla la web de la propia agencia, esta organismo fue creado con el objetivo de intercambiar información sobre “el tráfico de migrantes y las amenazas a la seguridad fronteriza”. El trabajo de la AFIC también ha sido analizado por Statewatch, el cual desgrana que los Estados miembros intercambian datos estadísticos, casos prácticos y descripciones de los modus operandi desde las perspectivas de gestión fronteriza, seguridad fronteriza y análisis de riesgos. Además, alerta que los proyectos relacionados suelen situarse “fuera del marco de los acuerdos de cooperación formal”, por lo cual son más difíciles de rastrear y controlar.

    En el marco de la AFIC, se encuentran a su vez las Células de Análisis de Riesgo (RAC), dirigidas por analistas locales capacitados por Frontex que se encargan de recopilar y analizar datos sobre la delincuencia transfronteriza y brindar apoyo a las autoridades encargadas de la gestión fronteriza. Esto incluye información sobre cruces fronterizos ilegales, falsificación de documentos, trata de personas y otros tipos de delitos transfronterizos, según detalla la página web de Frontex. Hay ocho células de este tipo en África. Están en Costa de Marfil, Gambia, Ghana, Senegal, Níger, Nigeria, Togo y Mauritania, donde se creó la última en 2022.

    Pero además, dependiente de Frontex están los Oficiales de Enlace de Frontex (FLO, por sus siglas en inglés) que en África se encuentran en Dakar, aunque su ámbito de actuación incluye Gambia y Mauritania, de acuerdo con la información de su página web. Konate detalla que “hay un oficial de enlace de Frontex basado en Senegal, que realiza regularmente recorridos entre el puerto de Dakar, el aeropuerto y el centro de análisis AFIC. Por lo tanto, aunque Frontex aún no tenga una base oficial en Senegal, su presencia es real y ya está integrada en los dispositivos de seguridad y control migratorio del país”, asevera.

    También en la capital de Senegal se encuentra otro organismo dirigido al control de fronteras creado por el Gobierno del país. El Comité Interministerial de Lucha contra la Migración Ilegal (CILEC, por sus siglas en francés), tal y como señala la ONG Alarm Phone, está formado en gran parte por altos mandos del Ejército senegalés y su objetivo es “perseguir a quienes llaman traficantes y acusarlos de trata de personas”. “Es un comité como Frontex, compuesto por personal de la armada y gendarmes. Después de 2022 cuando comenzamos a denunciar lo que hace Frontex, se creó este cuerpo y hacen prácticamente lo mismo que Frontex”, señala un miembro de la organización senegalesa Boza Fii. Según detalla en su página web, el CILEC tiene, entre otros cometidos, el de la gestión de fronteras, reforzar la cooperación internacional en materia de tráfico de personas y los dispositivos de seguridad en las fronteras o vigilar los puntos de salida de embarcaciones. Este organismo ha interceptado desde enero hasta septiembre de este año a 3.521 migrantes, según recoge su página oficial.

    Muchos migrantes interceptados en la costa o en alta mar son expulsados del territorio por las autoridades del país que ha realizado el operativo. Una las consecuencias de la aplicación de la política de externalización de fronteras en África están las trabas a la movilidad para los ciudadanos africanos. La Comunidad Económica de Estados de África Occidental (CEDEAO) establece la libre circulación de los ciudadanos de los países miembros. Sin embargo, Konate critica que ciudadanos con documentos de identidad CEDEAO son expulsados de Senegal hacia algunos de los países con los que hacen frontera, como Mali o Guinea. “El Estado senegalés viola flagrantemente el Protocolo sobre la libre circulación de personas dentro de la región de la CEDEAO, ya que todos estos extranjeros que abandonan Senegal forman parte de esta comunidad. En primer lugar, se dictan condenas ilegales y, en segundo lugar, se producen deportaciones encubiertas, incluso dentro de las fronteras de estos países”, sostiene.

    La realidad es que este año las llegadas por la ruta del Atlántico se han reducido drásticamente. Según datos del Ministerio de Interior de España, desde el 1 de enero hasta el 15 de noviembre de 2025 han llegado por esta vía 14.690 personas, un 63% menos con respecto al mismo periodo del año 2024. Hay varios factores que explicarían este descenso, como el el refuerzo policial en las salidas desde los países de tránsito y origen o las expulsiones masivas a Senegal y Mali de migrantes que se encontraban en Mauritania. La organización Human Rights Watch (HRW), con base en datos del Gobierno mauritano, señaló que este año el país había expulsado a 28.000 personas. Además, en Mauritania, de acuerdo a una investigación publicada por este medio, se han construido dos cárceles más para migrantes financiadas con dinero público procedente del Estado español y de la UE.

    https://www.elsaltodiario.com/islas-canarias/frontex-ruta-canaria-criticas-interrogatorios-al-control-indirecto-af

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  • Migrations : la route entre l’Afrique et les Canaries de plus en plus longue et périlleuse
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/12/11/migrations-la-route-entre-l-afrique-et-les-canaries-de-plus-en-plus-longue-e

    Migrations : la route entre l’Afrique et les Canaries de plus en plus longue et périlleuse
    Par Mustapha Kessous
    Le vent, les vagues et, au loin, la promesse de l’Europe. Depuis 2019, la route des Canaries, archipel espagnol situé au large du Maroc, est l’une des voies les plus empruntées par les migrants pour rejoindre le Vieux Continent. Mais cette année, ce trajet périlleux à travers l’océan Atlantique – et ses courants meurtriers – connaît un repli sans précédent : du 1er janvier au 30 novembre, 16 807 personnes, principalement originaires du Mali, ont accosté sur l’une des îles des Canaries, soit une chute de 60 % par rapport à la même période de 2024, selon le ministère de l’intérieur espagnol.
    Frontex, l’agence européenne des frontières, attribue cette baisse aux contrôles migratoires accrus au Maroc mais aussi en Mauritanie, principal pays de départ. Un durcissement qui fait suite aux accords conclus pour renforcer la lutte contre la migration irrégulière : l’un entre Madrid et Rabat, en février 2023, l’autre entre l’Union européenne (UE) et Nouakchott, en mars 2024, contre une aide de 210 millions d’euros. « Nous respectons nos engagements », rappelle un conseiller ministériel mauritanien.
    Rien qu’au premier trimestre de cette année, 88 réseaux de passeurs ont été démantelés et plus de 30 000 migrants ont été interceptés par les autorités de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Dès février, et pendant plusieurs mois, celles-ci ont procédé à une vaste campagne d’arrestations et de refoulements, une « répression » qui a été dénoncée, cet été, dans un rapport de l’ONG Human Rights Watch, accusant la Mauritanie de « graves violations » des droits des migrants.
    Côté marocain, la route des Canaries n’est pas la seule à s’être refermée : les autorités de ce pays contrôlent aussi les départs vers les Baléares et vers l’Espagne continentale. De plus en plus d’exilés sont ainsi poussés à tenter « l’aventure », comme ils disent, de l’Algérie. « Ainsi, on peut dire que le Maroc et la Mauritanie jouent véritablement leur rôle de garde-frontière de l’Europe. L’externalisation du contrôle des flux migratoires voulue par Bruxelles fonctionne, note Roberto Forin, directeur adjoint du Mixed Migration Centre, un réseau mondial de recherche indépendant. Mais il y a des conséquences à ce renforcement des frontières. »
    Et celles-ci se mesurent déjà : s’agissant des Canaries, la traversée de l’Atlantique est devenue plus longue et plus risquée. « Pour échapper aux contrôles, les points de départ se déplacent de plus en plus vers le Sud, depuis le Sénégal, la Gambie et même la Guinée », constate Andrea Gallinal Arias, enseignante à Sciences Po Lille, spécialiste des politiques migratoires aux îles Canaries.
    « On observe une réactivation de ces routes du Sud, déjà empruntées entre 2006 et 2008 avant qu’elles ne se tarissent, précise Delphine Perrin, chercheuse à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), spécialiste des politiques migratoires africaines, basée à Dakar. Celles-ci se déplacent en fonction des contraintes et des contrôles. » M. Forin ajoute, pour sa part, que « les passeurs se sont organisés et leurs réseaux se sont encore davantage professionnalisés pour proposer des départs depuis le Sénégal, la Gambie et la Guinée ».
    L’Organisation internationale pour les migrations assure au Monde avoir également observé cette tendance mais n’est pas encore en mesure de pouvoir chiffrer le nombre de départs de ces zones du Sud. Elle dit « mettre en œuvre un suivi au plus près des flux basés sur ces routes ».
    De la centaine de kilomètres qui séparent les côtes marocaines des Canaries aux 2 400 kilomètres depuis Conakry, les distances se sont étirées jusqu’à devenir vertigineuses pour certains migrants. « Ils passent encore davantage de jours en mer. Sept, parfois huit, voire dix », note Mme Gallinal Arias. Les forts courants de l’océan et les embarcations de fortune, souvent des pirogues de pêcheurs, rendent le voyage vers l’archipel espagnol particulièrement dangereux, quel que soit le point de départ.
    Les interceptions au large se multiplient, les sauvetages aussi, comme le 30 novembre, où la marine mauritanienne a secouru 141 personnes – Sénégalais et Gambiens pour la plupart – non loin des rivages de Nouadhibou, dans le nord du pays. « Ces sauvetages sont devenus fréquents parce que les bateaux des migrants se perdent, explique le conseiller ministériel mauritanien. Presque chaque jour, nous retrouvons des corps sur nos plages. »
    Les naufrages se comptent par dizaines et les morts par centaines. Au cours des cinq premiers mois de l’année 2025, l’ONG espagnole Caminando Fronteras a comptabilisé 1 865 migrants qui ont perdu la vie en mer en tentant de rejoindre l’Espagne par l’Atlantique ou la Méditerranée. « La route Atlantique reste la plus meurtrière, avec un total de 1 482 morts. La route au départ de la Mauritanie est la plus mortelle, avec 1 318 victimes », a-t-elle détaillé dans son rapport Surveillance du droit à la vie à la frontière occidentale euroafricaine. « Les migrants prennent davantage de risques, même celui de ne jamais arriver aux Canaries, relève Mme Gallinal Arias. Certaines embarcations ont été retrouvées aux Caraïbes. »
    A mesure que les routes se déplacent vers le Sud, le Sénégal et la Gambie veulent éviter que leurs plages deviennent des points de départ durables. Ces pays – qui ont également des accords migratoires avec l’Espagne – disent combattre le phénomène et communiquent, notamment sur les réseaux sociaux, à chaque interception de pirogue ou démantèlement de réseaux. Selon le Comité interministériel sénégalais de lutte contre la migration irrégulière, 3 763 migrants – dont plus de 2 000 ressortissants étrangers – ont été interpellés entre janvier et octobre. Ils étaient 5 192 au total en 2024.

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  • Route des Canaries : plus de 340 migrants secourus au large du #Sénégal en une journée

    La Marine nationale sénégalaise a secouru mardi plus de 230 migrants qui se trouvaient dans une #pirogue à la dérive au large de #Dakar. Le même jour, 110 candidats à l’émigration ont également été interceptés dans le centre du pays. Malgré la forte baisse des arrivées de migrants aux Canaries depuis cette année, les tentatives de traversées continuent d’être très fréquentes depuis les côtes ouest-africaines.

    De nouvelles interceptions de pirogues transportant des migrants ont eu lieu au Sénégal. La Marine nationale sénégalaise a annoncé mardi 9 décembre sur son compte X avoir porté secours à une pirogue en détresse au large de Dakar. L’embarcation transportait 238 migrants, « candidats à l’émigration irrégulière » en Europe.

    La pirogue, à la dérive, était exposée à de graves risques en pleine mer et soumise aux avaries.

    Une fois l’embarcation détectée, l’opération de secours rapidement menée par les autorités a permis de sauver l’ensemble des passagers. Les rescapés ont été débarqués à la Base navale Amiral Faye Gassama, située dans la capitale, pour être pris en charge, notamment au niveau médical.

    Le lieu de départ de l’embarcation n’a pas été précisé.

    Le même jour, une pirogue a également été interceptée par une brigade de gendarmerie à 40 kilomètres des côtes dans le centre du Sénégal, rapporte l’agence de presse locale APS. Les 110 candidats au départ présents à bord, originaires du Sénégal, de Gambie, du Ghana et de Guinée, étaient partis depuis la Gambie, espérant rallier l’Europe par l’Espagne.
    Lutte contre l’émigration

    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines, notamment sénégalaises, pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est l’une des routes principales empruntées par les migrants subsahariens.

    Face à l’ampleur des départs vers l’Europe, les opérations de contrôle et les interceptions de migrants se sont intensifiées sur les côtes sénégalaises et mauritaniennes, notamment depuis le renouvellement d’accords de coopération entre ces deux pays et l’Union européenne, dans le but de limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe.

    Le Sénégal a ainsi accentué ses efforts pour freiner le flux des migrations irrégulières vers le continent européen. Les autorités ont interpellé au premier trimestre 2025 plus de 1 900 « personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers », a rapporté début septembre le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI). En 2024, les forces de défense et de sécurité du Sénégal ont déclaré avoir interceptés plus de 5 000 migrants au Sénégal.

    En Mauritanie, plus de 30 000 migrants ont été interceptés entre janvier et avril 2025 tandis que 88 réseaux de passeurs ont été démantelés dans le pays en quatre mois.

    Mais les tentatives de départ vers les Canaries se poursuivent. Elles se font désormais plus au sud pour éviter les contrôles. La Gambie est ainsi devenue ces derniers mois l’un des principaux lieux de départ de ces embarcations, tout comme la Guinée.

    Entre le 28 et le 30 novembre, 524 personnes réparties dans trois pirogues ont été interceptées à plusieurs kilomètres des côtes espagnoles, puis acheminées sur l’île d’El Hierro, principal point d’arrivées de l’archipel. Deux d’entre elles au moins étaient parties de Gambie. Les migrants, parmi lesquels des femmes et des mineurs, étaient Gambiens, Sénégalais, Guinéens, Maliens et Ivoiriens. Cinq personnes, des hommes entre 15 et 35 ans, sont décédées.
    Forte baisse des arrivées aux Canaries

    Cependant si les tentatives persistent et que de nouvelles routes émergent, la surveillance des frontières semble porter ses fruits. Depuis janvier, les arrivées ont nettement diminué dans l’archipel des Canaries.

    Selon les autorités espagnoles, 16 807 personnes ont débarqué aux Canaries depuis le début de l’année, contre plus de 41 425 à la même période en 2024. Soit une baisse d’environ 59 %. Un record avait été atteint au cours de l’année 2024 : environ 47 000 personnes avaient rejoint l’archipel cette année là.

    Dans le même temps, en raison de l’extrême dangerosité de cette route migratoire, 10 457 migrants sont décédés ou ont disparus en mer lors de ces traversées vers l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour.

    Pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG enregistre 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.

    Des chiffres probablement sous-évalués. Il est en effet fréquent que les embarcations disparaissent dans l’immensité de l’Atlantique, sans laisser de traces, et deviennent des « bateaux fantômes », hors des radars des autorités ou des ONG.

    Et en partant de toujours plus loin pour rallier les îles espagnoles, les risques, eux aussi, deviennent toujours plus grands. Entre la Gambie et les Canaries, « la distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », rappelait la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines, à InfoMigrants fin septembre.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68628/route-des-canaries--plus-de-340-migrants-secourus-au-large-du-senegal-
    #route_atlantique #Canaries #îles_Canaries #migrations #réfugiés #sauvetages
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  • Route des Canaries : plus de 340 migrants secourus au large du Sénégal en une journée - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68628/route-des-canaries--plus-de-340-migrants-secourus-au-large-du-senegal-

    Route des Canaries : plus de 340 migrants secourus au large du Sénégal en une journée
    Par Clémence Cluzel Publié le : 10/12/2025
    La Marine nationale sénégalaise a secouru mardi plus de 230 migrants qui se trouvaient dans une pirogue à la dérive au large de Dakar. Le même jour, 110 candidats à l’émigration ont également été interceptés dans le centre du pays. Malgré la forte baisse des arrivées de migrants aux Canaries depuis cette année, les tentatives de traversées continuent d’être très fréquentes depuis les côtes ouest-africaines.
    De nouvelles interceptions de pirogues transportant des migrants ont eu lieu au Sénégal. La Marine nationale sénégalaise a annoncé mardi 9 décembre sur son compte X avoir porté secours à une pirogue en détresse au large de Dakar. L’embarcation transportait 238 migrants, « candidats à l’émigration irrégulière » en Europe.
    La pirogue, à la dérive, était exposée à de graves risques en pleine mer et soumise aux avaries.Une fois l’embarcation détectée, l’opération de secours rapidement menée par les autorités a permis de sauver l’ensemble des passagers. Les rescapés ont été débarqués à la Base navale Amiral Faye Gassama, située dans la capitale, pour être pris en charge, notamment au niveau médical.
    Le même jour, une pirogue a également été interceptée par une brigade de gendarmerie à 40 kilomètres des côtes dans le centre du Sénégal, rapporte l’agence de presse locale APS. Les 110 candidats au départ présents à bord, originaires du Sénégal, de Gambie, du Ghana et de Guinée, étaient partis depuis la Gambie espérant rallier l’Europe par l’Espagne.
    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines, notamment sénégalaises, pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est l’une des routes principales empruntées par les migrants subsahariens. Face à l’ampleur des départs vers l’Europe, les opérations de contrôle et les interceptions de migrants se sont intensifiées sur les côtes sénégalaises et mauritaniennes, notamment depuis le renouvellement d’accords de coopération entre ces deux pays et l’Union européenne, dans le but de limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe.
    Le Sénégal a ainsi accentué ses efforts pour freiner le flux des migrations irrégulières vers le continent européen. Les autorités ont interpellé au premier trimestre 2025 plus de 1 900 « personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers », a rapporté début septembre le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI). En 2024, les forces de défense et de sécurité du Sénégal ont déclaré avoir interceptés plus de 5 000 migrants au Sénégal.En Mauritanie, plus de 30 000 migrants ont été interceptés entre janvier et avril 2025 tandis que 88 réseaux de passeurs ont été démantelés dans le pays en quatre mois.
    Mais les tentatives de départ vers les Canaries se poursuivent. Elles se font désormais plus au sud pour éviter les contrôles. La Gambie est ainsi devenue ces derniers mois l’un des principaux lieux de départ de ces embarcations, tout comme la Guinée.
    Entre le 28 et le 30 novembre, 524 personnes réparties dans trois pirogues ont été interceptées à plusieurs kilomètres des côtes espagnoles, puis acheminées sur l’île d’El Hierro, principal point d’arrivées de l’archipel. Deux d’entre elles au moins étaient parties de Gambie. Les migrants, parmi lesquels des femmes et des mineurs, étaient Gambiens, Sénégalais, Guinéens, Maliens et Ivoiriens. Cinq personnes, des hommes entre 15 et 35 ans, sont décédées.
    Cependant si les tentatives persistent et que de nouvelles routes émergent, la surveillance des frontières semble porter ses fruits. Depuis janvier, les arrivées ont nettement diminué dans l’archipel des Canaries.Selon les autorités espagnoles, 16 807 personnes ont débarqué aux Canaries depuis le début de l’année, contre plus de 41 425 à la même période en 2024. Soit une baisse d’environ 59%. Un record avait été atteint au cours de l’année 2024 : environ 47 000 personnes avaient rejoint l’archipel cette année là.Dans le même temps, en raison de l’extrême dangerosité de cette route migratoire, 10 457 migrants sont décédés ou ont disparus en mer lors de ces traversées vers l’Espagne selon l’ONG Caminando Fronteras. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour.Pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG enregistre 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.
    Des chiffres probablement sous-évalués. Il est en effet fréquent que les embarcations disparaissent dans l’immensité de l’Atlantique, sans laisser de traces, et deviennent des « bateaux fantômes », hors des radars des autorités ou des ONG.Et en partant de toujours plus loin pour rallier les îles espagnoles, les risques eux- aussi deviennent toujours plus grands. Entre la Gambie et les Canaries, « la distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », rappelait la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines, à InfoMigrants fin septembre.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Mauritanie : 132 migrants secourus au large des côtes après avoir erré six jours en mer - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68385/mauritanie--132-migrants-secourus-au-large-des-cotes-apres-avoir-erre-

    Mauritanie : 132 migrants secourus au large des côtes après avoir erré six jours en mer
    Par La rédaction Publié le : 27/11/2025
    Les gardes-côtes mauritaniens ont intercepté, mercredi, 132 exilés, dont des femmes et des mineurs, partis six jours plus tôt des côtes sénégalaises. Selon les témoignages des passagers, les capitaines avaient abandonné l’embarcation après une panne de carburant.
    Mercredi 26 novembre, 132 exilés qui tentaient de rejoindre les îles Canaries ont été secourus au large de la Mauritanie par les gardes-côtes. Selon un communiqué des autorités mauritaniennes, parmi les passagers figurent 104 Sénégalais, dont 20 femmes, 3 mineurs et un nourrisson. Six autres personnes proviennent de Guinée-Conakry. Les 22 passagers restants, dont 7 femmes (une étant mineure), sont Gambiens. D’après les gardes-côtes, l’embarcation était partie de Mbour, au sud de Dakar, au Sénégal, le 20 novembre dans la soirée, soit six jours plus tôt. Les passagers ont été ramenés au port de Nouadhibou, au nord-ouest de la Mauritanie, où ils ont été pris en charge par les secours. Selon les témoignages des rescapés relayés par des médias locaux, les capitaines de la pirogue ont quitté le bateau et laissé les passagers à leur sort après une panne totale de carburant en pleine mer.
    À la mi-novembre, les gardes-côtes mauritaniens avaient déjà secouru 227 migrants partis de Gambie et dont l’embarcation était à la dérive depuis dix jours. Dans un communiqué, les autorités ont précisé que les rescapés se trouvaient « dans un état d’épuisement extrême dû à la faim et à la soif ». Plusieurs survivants parlaient « d’événements graves au cours de la traversée, notamment des actes de violence », sans plus de détails.
    Depuis les accord signés avec l’Union européenne et l’Espagne, la Mauritanie intensifie ces derniers mois les contrôles sur ses côtes et les interceptions de migrants en situation irrégulière pour empêcher les traversées vers l’Europe. Le 17 octobre, la Mauritanie et l’Espagne annonçaient avoir réussi, grâce à leur coopération conjointe, à contrecarrer près de 3 500 tentatives de départs clandestins depuis le début de l’année 2025. En 2024, plus de 10 000 cas avaient déjà été déjoués. Aussi, plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a également démantelé 88 réseaux de passeurs. Toutefois, avec le durcissement de sa politique migratoire, Nouakchott multiplie les arrestations, et un climat de peur s’est installé dans le pays.
    Les interceptions se sont aussi intensifiées au Sénégal, où les autorités ont interpellé au premier trimestre 2025 plus de 1 900 « personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers », rapportait début septembre le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI). Et en effet, le nombre d’arrivées aux îles Canaries tend à diminuer ces derniers mois. Entre le 1er janvier et le 15 novembre, 14 690 exilés ont débarqué dans l’archipel espagnol, contre 39 713 à la même période l’an dernier, d’après les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Soit une baisse de 63 %.
    Pour éviter les contrôles accrus depuis les côtes sénégalaises et mauritaniennes, de plus en plus de candidats à l’exil tentent de partir d’encore plus au sud, depuis la Gambie ou la Guinée. Mais partir depuis ces deux pays multiplie les risques en mer pour les migrants. « Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », précisait récemment à InfoMigrants Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines.
    Les ONG alertent aussi régulièrement sur les « bateaux fantômes », ces embarcations qui dérivent en mer puis qui disparaissent sans laisser de traces.
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour. Pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG enregistre 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#mauritanie#gambie#guinee#routemigratoire#canaries#migrationirreguliere#sante#atlantique

  • Las causas del descenso de cayucos en la ruta canaria están al otro lado del mar: torturas, cárceles y abusos

    Dos investigaciones recientes advierten de las vulneraciones de derechos fundamentales que sufren los migrantes en Mauritania, uno de los principales puntos de salida hacia el Archipiélago

    El número de personas que han sobrevivido a la ruta canaria en lo que va de año se ha desplomado un 58,6%. Entre enero y octubre han sido rescatados, según los datos del Ministerio del Interior, 14.099 migrantes a bordo de 231 embarcaciones. En el mismo periodo de 2024, la cifra ascendía a los 34.087 supervivientes localizados en 506 barcazas. Los grandes protagonistas de esta travesía mortal han sido los #cayucos mauritanos. De este modo, Mauritania se ha convertido en socio estratégico de la Unión Europea y de España para frenar la inmigración irregular. Los acuerdos han conseguido su propósito: el número de llegadas ha caído. Sin embargo, investigaciones recientes han arrojado luz sobre la cara oculta de la vigilancia fronteriza y han destapado las vulneraciones de derechos que sufren quienes intentan salir del país.

    Apenas 700 kilómetros separan Canarias de una de las principales ciudades de Mauritania, Nouadhibou. El aumento de las salidas desde este país hicieron que la Unión Europea anunciara en marzo del año pasado 210 millones de euros para el régimen mauritano con el propósito de reforzar la vigilancia de fronteras. “Esto es parte del enfoque de externalización fronteriza en curso de la UE en África: buscar evitar las llegadas irregulares a Europa subcontratando los controles migratorios a los países de origen y tránsito”, explica la organización Human Rights Watch (HRW) en su último informe.

    Este control no siempre se hace con garantías. El estudio, titulado “Me acusaron de intentar ir a Europa”: Abusos de control migratorio y externalización de la UE en Mauritania, recoge las ’’continuas violaciones de los derechos de los migrantes’’ perpetradas por las autoridades mauritanas encargadas de cumplir con los controles migratorios por tierra y por mar. Human Rights Watch ha documentado entre 2020 y 2025 decenas de casos de tortura, violación, acoso sexual, arrestos, detenciones arbitrarias, extorsiones, confiscación de dinero, expulsiones colectivas y condiciones de detención inhumanas.

    Los niños tampoco han escapado a esta violencia y han sufrido detenciones, malos tratos y falta de alimentos. Las 78 víctimas entrevistadas por HRW eran negras y subrayaron que el racismo jugó un papel clave en el maltrato que sufrieron. “Si tienes piel negra, no te respetan, te insultan y te quitan los papeles”, dijo un migrante senegalés. Entre los testimonios recogidos en la investigación está el de una mujer de 43 años que señala a un policía por pedir dinero a los migrantes a cambio de no expulsarlos y “obliga a las mujeres a dormir con él… o [se enfrentan] a la deportación”.

    La investigación registra también diferentes casos de tortura. Las víctimas fueron acusadas de contrabando de migrantes. Mamadou (nombre ficticio), de nacionalidad mauritana, cuenta que la policía lo torturó durante tres días en una habitación privada. “Empezaron a azotarme con cables en la espalda. Me abofetearon la cara”, dice su testimonio. “Tenían un cable eléctrico y me impactaron con la corriente”, añade.

    Los centros de detención

    Tanto la investigación de HRW como la publicada recientemente por la Fundación porCausa y ‘El Salto diario’ recogen que las autoridades realizan redadas y detienen de forma arbitraria a personas negras. Los detenidos son abandonados en las desérticas fronteras de Senegal y Malí, obviando en este último caso la elevada presencia en la zona de la organización yihadista JNIM, filial de Al Qaeda en El Sahel. Muchas de estas expulsiones se han producido de forma colectiva, sin evaluar las circunstancias individuales de cada persona y si se trata o no de solicitantes de protección internacional.

    Mauritania recibe a cientos de malienses que escapan de un país que lleva en guerra más de una década. En muchos casos, este país no es solo un lugar de tránsito, sino también de destino para refugiados del norte y del centro de Mali, atravesado directamente por la guerra.

    En otros casos, los migrantes son arrestados en centros en condiciones de hacinamiento, con uso restringido de los baños y con “poca o ninguna comida”. Ibrahim Kamara, un joven de 23 años de Sierra Leona, fue internado en la cárcel de Ksar en agosto de 2022: “[La policía] me golpeó mucho y no me dio comida. Me trataron como a un animal. Cuando quería ir a orinar [o] hablar con un oficial, me golpeaba la mano o la espalda”.

    Mauritania cuenta desde el pasado 17 de octubre con dos nuevas cárceles para migrantes gracias a la financiación de un proyecto europeo. Los dos centros han sido rehabilitados por la agencia de cooperación española FIAP (Fundación para la Internacionalización de las Administraciones Públicas), dependiente del Ministerio de Asuntos Exteriores. La dirección de estos espacios, inspirados en los Centros de Atención Temporal de Extranjeros (CATE) de Canarias, corresponde a la Policía de Mauritania y en ellos podrán pernoctar menores de edad y bebés lactantes.

    El primer centro tiene 107 plazas y estará en Nouakchott, la capital del país. El segundo está en Nouadhibou y tiene capacidad para 76 personas. La apertura de estas cárceles requirió un desembolso total de al menos 1.080.625 euros de fondos europeos. Preguntada por este periódico, desde la FIAP apuntan que la supervisión de derechos humanos dentro de estos espacios corresponde a la Comisión Nacional de Derechos Humanos mauritana.

    “Dentro de los centros estará la Media Luna Roja para la gestión de las personas, la Instancia nacional de lucha contra la trata y el tráfico de personas mauritana, la Organización Internacional para las Migraciones (OIM) y Acnur para identificar a las personas que puedan tener protección internacional”, sostienen desde la FIAP.

    Para abrir estos centros, las autoridades mauritanas se desplazaron a Gran Canaria y El Hierro para conocer “de primera mano” el modelo. A diferencia de los campamentos instalados en España, en Mauritania sí podrán pernoctar en los CATE niños e incluso bebés. Entre el mobiliario adquirido para equiparlos, según la documentación consultada por este periódico, hay cuatro cunas, dos para cada recurso. El objetivo, según la FIAP, es mantener unidas a las familias.

    https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/causas-descenso-cayucos-ruta-canaria-lado-mar-torturas-carceles-abusos_1_12
    #Mauritanie #îles_Canaries #Canaries #route_atlantique #migrations #réfugiés #externalisation #Espagne #Nouadhibou #externalisation_des_frontières

    ping @6donie

    • “They Accused Me of Trying to Go to Europe”

      Racial and ethnic profiling, extortion, mass arrests, detention for days or weeks with little to no food, collective expulsions, beatings and torture: these are just some of the violations migrants, asylum seekers, and others have experienced over the past several years at the hands of security forces in the context of border and migration control in Mauritania, a country in northwest Africa. Meanwhile, those same forces have continued to receive financial and material support from the European Union (EU) and Spain.

      Located south of Morocco, Mauritania is bordered by the Atlantic Ocean, Senegal, Mali, Algeria, and the Moroccan-occupied Western Sahara. Both a destination and transit country for mainly West and Central African migrants, Mauritania also hosts asylum seekers and refugees, the majority from Mali, where armed conflict and violence have worsened in recent years. With lighter-skinned Beidan Mauritanians, descendants of Arabs and Berbers, predominating in the security forces and upper levels of government, discrimination against Black Mauritanians – Haratine and Afro-Mauritanians – and Black migrants has persisted.

      Due to the increasing migration pressures and insecurity in the Sahel, Mauritania has grown in geostrategic importance for the EU and Spain, whose Canary Islands are some 700 kilometers from Mauritania’s northernmost city, Nouadhibou.

      The sea migration route from northwest Africa to the Canaries, known as the “Atlantic Route” or “Northwest African Route,” has grown increasingly active since 2020, becoming one of the busiest and deadliest irregular routes to Europe. In 2024, a record 46,000 migrants and asylum seekers – mostly from West, Central, or North Africa, with Malians the most numerous – arrived in the Canaries in small boats. That year, the majority of departures along the route were from Mauritania. Others embarked from Senegal, The Gambia, Morocco, and the Western Sahara.

      In total, more than 147,000 people arrived in the Canaries by boat between 2020 and 2024, with 11,300 more arriving during the first half of 2025. Estimates of how many people lost their lives en route during this period vary from 4,300 to 24,800. Tens to hundreds of thousands of others were rescued or intercepted at sea, or blocked from departing, by Mauritanian, Moroccan, Senegalese, and Gambian forces, supported by EU funds and Spanish forces deployed in Mauritania and Senegal.

      In March 2024, the EU announced a new migration partnership with Mauritania and €210 million in funding for the Mauritanian government to reinforce border and migration management, counter-smuggling, and security, while addressing “root causes” of migration through support to refugees, job creation, infrastructure, and more. This is part of the EU’s ongoing “border externalization” approach in Africa: seeking to prevent irregular arrivals in Europe by outsourcing migration controls to countries of origin and transit. In Mauritania, the EU and Spain had been pursuing this strategy long before the 2024 partnership, despite ongoing violations of migrants’ rights by Mauritanian authorities.

      This report focuses on the impacts of migration control along the Atlantic Route during the last five years, documenting abuses by Mauritanian security forces and revealing how EU border externalization disregarded and exacerbated human rights violations.

      https://www.hrw.org/report/2025/08/27/they-accused-me-of-trying-to-go-to-europe/migration-control-abuses-and-eu
      #rapport #HRW #profilage_racial #torture #détention #arrestations_de_masse #expulsions_collectives #extorsions #violence

  • Espagne : le gouvernement accélère la prise en charge des mineurs isolés arrivés aux Canaries - InfoMigrants
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    Espagne : le gouvernement accélère la prise en charge des mineurs isolés arrivés aux Canaries
    Par Leslie Carretero Publié le : 24/11/2025
    Le gouvernement de Madrid a pris en charge 679 mineurs isolés arrivés aux Canaries, conformément à des ordonnances de la Cour suprême obligeant depuis le mois d’avril les autorités à accueillir ces jeunes dans le réseau national d’accueil. Les transferts se sont accélérés ces dernières semaines, alors que le gouvernement des Canaries ne cessait de déplorer la lenteur de ces opérations.
    Après des mois de transferts au compte-goutte, le gouvernement espagnol a accéléré ces dernières semaines sa prise en charge des mineurs isolés arrivant aux Canaries. Au total, 679 jeunes ont été intégrés au réseau national d’accueil, a indiqué la ministre de la Protection sociale du gouvernement des Canaries, Candelaria Delgado. La majorité sont des migrants originaires du Mali.
    Parmi eux, 336 ont été transférés dans des centres pour mineurs de la péninsule et 343 dans des structures gérées par Madrid dans l’archipel espagnol. Le chiffre initial concernait 919 jeunes, mais 240 ont atteint l’âge de la majorité durant le processus. Ils ont été pris en charge dans des établissement pour adultes.
    Le secrétaire d’État aux Migrations a par ailleurs précisé que 817 places ont été mises à disposition des mineurs isolés, une centaine restant donc à pourvoir. En accentuant les transferts de ce type, Madrid répond à une nouvelle ordonnance de la Cour suprême qui avait donné jusqu’à vendredi 21 novembre aux autorités espagnoles pour accueillir ces jeunes ayant demandé l’asile aux Canaries.
    Fin septembre, le président des Canaries avait envoyé une lettre à la Cour suprême pour se plaindre de la lenteur des transferts de mineurs isolés – seuls 127 migrants avaient à l’époque été intégrés au réseau national d’accueil malgré la décision de justice. Le responsable canarien estimait que Madrid commettait un « outrage » et une « désobéissance manifeste » sur le sujet.C’est la troisième fois que la haute juridiction exhorte le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour permettre d’enregistrer les demandes d’asile des quelque 5 500 mineurs entassés dans les centres d’hébergement de l’archipel des Canaries. La première ordonnance avait été émise en avril. Après sept mois de mise en garde, la Cour suprême a estimé en octobre que « le rythme d’exécution de ce mandat est manifestement irrecevable » et a donné un nouvel ultimatum aux autorités, le menaçant une nouvelle fois de sanctions.
    Le ministère des Migrations a quant à lui souligné « les difficultés et la complexité » de cette ordonnance puisqu’il s’agit « d’enfants particulièrement vulnérables ». Pour respecter cette décision judiciaire et intégrer à son réseau les mineurs isolés des Canaries, le gouvernement a dû modifier « complètement » son système en créant de nouvelles structures. Jusque-là, Madrid gérait uniquement les adultes et les enfants en famille, la prise en charge des mineurs non accompagnés relevant des régions. Le gouvernement a notamment ouvert un centre d’évaluation à Grande Canarie, qui fonctionne comme un lieu de transit en attendant de déterminer si les jeunes ont des attaches dans l’archipel. L’État dispose aussi de deux centres dans l’archipel et a créé plusieurs structures d’accueil dans diverses localités de la péninsule. Le ministère de l’Inclusion affirme également que d’autres sites sont recherchés pour augmenter les capacités d’accueil gérés par Madrid dans ces îles.
    Malgré cela, la ministre de la Protection sociale du gouvernement des Canaries continue de tirer la sonnette d’alarme. Elle a averti vendredi 21 novembre que le système de protection de l’archipel « reste très tendu » car les services éducatifs, sanitaires et sociales délivrés aux mineurs restent à la charge des îles.
    Les Canaries, perdues dans l’océan Atlantique, sont une des principales portes d’entrée des migrants en Europe. Ce bout de terre, situé à l’ouest des côtes africaines, voit régulièrement débarquer des canots surchargés de migrants. Dimanche, 260 personnes à bord de deux embarcations, aussi appelées « cayucos », ont été secourues au large de la petite île d’El Hierro par les services espagnols. Parmi eux, on compte 92 mineurs.
    Cependant, le nombre d’arrivées tend à diminuer ces derniers mois. Entre le 1er janvier et le 15 novembre, 14 690 exilés ont débarqué aux Canaries, contre 39 713 à la même période de l’an dernier, d’après les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Soit une baisse de 63%. En 2024, les Canaries ont connu des records d’arrivées : près de 47 000 personnes sont parvenues à rejoindre les îles. Du jamais vu pour l’archipel espagnol, même au plus fort de la « crise des cayucos » en 2006. Dans le même temps, le nombre de morts dans l’Atlantique a explosé : selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#routemigratoire#canaries#mineur#sante#politiquemigratoire#migrationirreguliere

  • Route des Canaries : 180 migrants interceptés au départ de la Gambie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68059/route-des-canaries--180-migrants-interceptes-au-depart-de-la-gambie

    Route des Canaries : 180 migrants interceptés au départ de la Gambie
    Par La rédaction Publié le : 11/11/2025
    Près de 200 migrants ont été interceptés au large de la Gambie par la marine du pays samedi 8 novembre. Conséquence des renforcements des contrôles côtiers au large des autres pays d’Afrique de l’Ouest, de nombreux migrants embarquent depuis la Gambie pour tenter de rallier les îles des Canaries. Un trajet en Atlantique hautement risqué de plus de 1 600 km.
    Aux premières heures du jour, samedi 8 novembre, 180 migrants ont été interceptés en mer, a annoncé la marine gambienne. C’est lors d’une patrouille quotidienne près de Dog Island, une petite ile située sur le fleuve Gambie à une dizaine de kilomètres de Banjul, que les exilés ont été repérés par les autorités.
    Toujours selon la marine, le groupe de migrants était composé de 163 Gambiens, 15 Sénégalais et deux Guinéens. Plusieurs migrants ont reçu des soins médicaux suite à l’interception et ils ont tous été remis aux autorités.Quelques jours plus tôt, le 5 novembre, la marine gambienne avait également empêché le départ d’une embarcation. « Ces actions soulignent l’engagement continu de la marine gambienne […] à atténuer les migrations irrégulières », estiment les autorités dans un communiqué.
    L’objectif de ces migrants était de rejoindre les îles espagnoles des Canaries, à plus de 1 600 km de la Gambie. Face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal ou en Mauritanie, le nombre de départs de migrants depuis les côtes gambiennes ne cesse d’augmenter. « La Gambie est une zone de départ potentielle comme l’ensemble des pays côtiers de cet espace (Mauritanie, Sénégal, Guinée), sachant que les départs avaient déjà eu tendance à se déplacer – du Maroc vers la Mauritanie et vers le Sénégal. Depuis récemment, donc, on note une augmentation des départs de Gambie, mais aussi plus au Sud, de Guinée-Bissau et de Guinée », expliquait auprès d’InfoMigrants Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines fin septembre.
    « Ce récent déplacement est de nouveau dû au resserrement d’autres voies migratoires », assurait-elle, évoquant les durcissements des contrôles au Maroc « et plus récemment en Mauritanie et au Sénégal ».
    Le rallongement de la route signifie aussi plus de risques. « La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », rappelait la chercheuse. Les embarcations peuvent réellement disparaître dans l’immensité de l’Atlantique, sans laisser de traces, et ainsi devenir des « bateaux fantômes », hors des radars des autorités ou des ONG. En mai dernier par exemple, 14 corps de migrants « morts de soif et de faim » et en état de décomposition avaient été retrouvés au large du Venezuela. Ils avaient dérivé depuis les côtes africaines lors d’une tentative d’atteindre les iles espagnoles. Cette traversée est extrêmement meurtrière. Le 29 août, au moins 69 corps avaient été repêchés après le naufrage d’une embarcation au large de la Mauritanie. Là aussi, la pirogue était partie de Gambie.
    Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour. Pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG enregistre 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#gambie#atlantique#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • #Mauritanie : près de 2 000 « retours volontaires » ont eu lieu depuis le début de l’année

    Le nombre de « retours volontaires » depuis la Mauritanie se multiplie depuis cette année. Selon l’OIM, près de 2 000 exilés ont été ramenés dans leur pays depuis janvier 2025. Le double par rapport à toute l’année 2024.

    Le nombre de retours volontaires depuis la Mauritanie explose. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, entre janvier et septembre, 1 754 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire ». Un chiffre auquel il faut ajouter les 200 migrants rapatriés le 21 octobre dernier.

    Au total, au moins 1 954 migrants ont pu être ramenés chez eux via un « retour volontaire » depuis la Mauritanie. Un chiffre qui a doublé par rapport à l’année 2024. L’année dernière, 995 « retours volontaires » ont été opérés par l’OIM.

    Une majorité de Guinéens

    À l’intérieur de ces vols, on retrouve majoritairement des Guinéens. Depuis le mois d’août, ils ont occupé au moins 762 places, selon nos informations confirmées par l’OIM.

    Ils ont été rapatriés à bord de 4 #vols organisés cet été. Le 5 août, 190 migrants, dont 111 enfants, ont bénéficié d’un « retour volontaire ». Le 2 septembre, 195 migrants (107 enfants et 55 femmes) sont montés à bord d’un vol charter de l’OIM. Quelques semaines plus tard, le 23 septembre, il y avait 177 Guinéens, dont 36 femmes et 120 enfants, à bord du vol. Et enfin, le 21 octobre, ce sont 200 migrants, dont 90 enfants et 53 femmes, qui ont été rapatriés.

    « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles »

    Cette hausse des demandes de « retours volontaires » est notamment due aux conditions de vie des migrants en Mauritanie, selon une source dans le pays à InfoMigrants. « Les conditions sécuritaires deviennent trop difficiles. Les contrôles ne s’arrêtent jamais et la police va jusqu’à rentrer dans les maisons pour arrêter des gens », raconte cette même source qui souhaite rester anonyme.

    Selon elle, « près de 2 000 demandes de ’retours volontaires’ de Guinéens sont encore en attente ». « Les prochains prochains retours volontaires assistés sont en cours de planification et préparation », nous explique l’OIM.

    Il évoque également des difficultés avec les #visas, « extrêmement compliqués à obtenir », notamment à cause de la nouvelle législation adoptée en début d’année.

    Il y a trois mois, c’est la communauté sénégalaise en Mauritanie qui dénonçait les mêmes #mauvais_traitements. « Nous sommes un peu perturbés, étonnés et franchement fatigués des rafles qui se multiplient du jour au lendemain », expliquait Oumar Ndaw, le vice-président de la Fédération des associations et groupements des Sénégalais en Mauritanie.

    « Globalement, nous observons une augmentation générale des demandes », acquiesce l’organisation onusienne. Se basant sur « des témoignages recueillis auprès des migrants assistés », elle complète : « Plusieurs d’entre eux évoquent des changements dans la politique migratoire en Mauritanie qui pourraient avoir influencé leur décision de retour ». Mais « ces éléments restent à approfondir dans le cadre d’une analyse plus structurée », ajoute l’OIM.

    Le traitement des migrants a également été dénoncé par l’ONU. Au terme d’une visite de dix jours en Mauritanie en septembre, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme des migrants, Gehad Madi, a exhorté Nouakchott à « respecter les norme internationales en matière de droits humains ».

    « Au cours de ma visite, j’ai entendu des témoignages faisant état de cas d’#arrestations_arbitraires, de #détentions prolongées dans des conditions difficiles et d’#expulsions_collectives sans évaluation individuelle ni accès à une assistance juridique », avait-il déclaré Gehad Madi dans un communiqué. « Je suis également préoccupé par la situation des #femmes et des #enfants migrants, particulièrement exposés aux risques de #violence, de #séparation_familiale et de #vulnérabilité accrue. »

    Politique migratoire durcie

    Pour lutter contre l’immigration irrégulière, la Mauritanie serre la vie depuis le début de l’année, période à laquelle une vaste campagne d’expulsions de migrants avait été mené. Elle avait mené à l’expulsion de plus de 28 000 personnes durant les six premiers mois de l’année, selon le gouvernement Mauritanien.

    Un tournant qui s’explique notamment car la Mauritanie, vaste pays désertique situé sur la côte atlantique ouest-africaine, est devenue le principal lieu de départ des canots arrivés aux #Canaries, selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras. Au cours de l’année 2024, 46 843 exilés ont atteint l’archipel espagnol situé au large des côtes marocaines, du jamais vu.

    Ainsi, inquiète de voir cette route migratoire se réactiver, l’Union européenne a signé un #accord avec le pays en 2024. Au programme : renforcement de la #coopération entre agences, démantèlement des réseaux de passeurs, construction de #centres_de_rétention et délégation des contrôles, le tout grâce à une enveloppe de 210 millions d’euros accordée au pays saharien.

    Et depuis, le nombre de migrants arrivant aux Canaries depuis l’Afrique de l’Ouest a drastiquement chuté. Moins de 14 000 personnes sont arrivées aux Canaries cette années, soit une baisse de 59%.

    Interrogé par l’ONG Human Rights Watch en août, le gouvernement mauritanien « rejette catégoriquement les allégations de torture, de discrimination raciale ou de violations systématiques des droits des migrants ». Il a cité les mesures récentes prises pour améliorer le respect des droits, notamment l’"interdiction stricte des expulsions collectives" et les nouvelles #Procédures_Opérationnelles_Standard (#POS) adoptées en mai 2025 pour réglementer les débarquements et la « prise en charge » des migrants, avec des garanties solides en matière de droits et de protection.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67716/mauritanie--pres-de-2-000-retours-volontaires-ont-eu-lieu-depuis-le-de

    #retours_volontaires #IOM #OIM #chiffres #statistiques #externalisation #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #rafles

    ping @6donie @reka

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    voir aussi :
    Mauritania once again deports a large number of migrants
    https://seenthis.net/messages/1115330

  • Route des Canaries : plus de 120 exilés secourus par la marine nationale au large du Sénégal - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67517/route-des-canaries--plus-de-120-exiles-secourus-par-la-marine-national

    Route des Canaries : plus de 120 exilés secourus par la marine nationale au large du Sénégal
    Par La rédaction Publié le : 15/10/2025
    Lundi, la marine sénégalaise a porté secours à 123 migrants à bord d’une pirogue partie « d’un pays voisin », à une centaine de kilomètres de la pointe de Sangomar, dans le sud du pays. Dans le même temps, mardi, une embarcation de 230 exilés en provenance de la Gambie a atteint l’archipel espagnol des Canaries.
    Les tentatives de départ vers les Canaries se poursuivent, et continuent de se faire toujours plus au sud. Lundi 13 octobre, 123 « candidats à l’émigration irrégulière » ont été interceptés par la marine nationale sénégalaise, selon un message posté sur X, à 110 km de Sangomar (dans le sud-ouest du Sénégal), point de départ récurrent des traversées vers l’archipel espagnol.
    Partis « d’un pays voisin », indique la marine, les migrants « ont été débarqués à la base navale Amiral Faye Gassama [à Dakar, ndlr] et mis à la disposition des services compétents ». Dans le même temps, un canot avec à son bord environ 230 exilés, dont 13 femmes et 6 mineurs, a atteint les Canaries mardi, rapporte l’agence de presse espagnole EFE. Repérée par la Garde Civile espagnole au large de l’archipel, l’embarcation a rejoint le port de La Restinga, à El Hierro, où la Croix-Rouge et des équipes médicales ont pris en charge les migrants. Trois personnes ont été transférées à l’hôpital, ajoute EFE.
    D’après le récit des exilés, originaires de Gambie, du Sénégal, du Mali et de Guinée-Conakry, ils étaient partis huit jours plus tôt depuis Barra, en Gambie, à plus de 1 500 km des îles espagnoles.
    Tentatives de départ encore plus au sud
    Ces derniers mois, face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie, les tentatives de traversée par la mer pour rejoindre les Canaries se déplacent de plus en plus au sud, vers la Gambie ou la Guinée.Le 22 septembre, près de 200 migrants subsahariens sont arrivés sur l’île d’El Hierro, après être partis sept jours plus tôt de Gambie. Le 16 septembre encore, une pirogue transportant une centaine de migrants a été secourue au large des côtes dakaroises. Là encore, l’embarcation était partie de Gambie cinq jours plus tôt, avec pour destination les Canaries.
    Les opérations de contrôle et les interceptions de migrants se sont intensifiées sur les côtes sénégalaises et mauritaniennes, notamment depuis le renouvellement d’accords de coopération entre ces deux pays et l’Union européenne, dans le but de limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe. Concrètement, plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a aussi démantelé 88 réseaux de passeurs. Avec le durcissement de sa politique migratoire, Nouakchott multiplie les arrestations, et un climat de peur s’est installé dans le pays.
    Du côté du Sénégal, les autorités ont interpellé au premier trimestre 2025 plus de 1 900 « personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers », a rapporté début septembre le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI). Par ailleurs, 32 pirogues ont été saisies et 74 suspects, des convoyeurs, arrêtés et déférés devant la justice. Depuis janvier, les arrivées ont nettement diminué aux Canaries : selon les autorités espagnoles, un peu moins de 13 000 personnes ont rejoint l’archipel depuis le début de l’année, contre plus de 30 000 à la même période en 2024. Soit une baisse d’environ 58%.
    Sauf que prendre la mer depuis la Gambie ou la Guinée pour tenter de rallier les îles espagnoles, c’est partir d’encore plus loin et donc prendre encore plus de risques. « La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », rappelait la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines, à InfoMigrants fin septembre.
    Les embarcations peuvent aussi disparaître dans l’immensité de l’Atlantique, sans laisser de traces, et ainsi devenir des « bateaux fantômes », hors des radars des autorités ou des ONG.
    Cette traversée est donc extrêmement meurtrière. Le 29 août, au moins 69 corps avaient été repêchés après le naufrage d’une embarcation au large de la Mauritanie. Là aussi, la pirogue était partie de Gambie. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 10 457 migrants sont décédés ou portés disparus sur les routes migratoires menant vers l’Espagne en 2024. Soit une moyenne de 30 morts ou disparus par jour. Pour les cinq premiers mois de 2025, l’ONG enregistre 1 865 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#gambie#guinee#mauritanie#routemigratoire#migrationirreguliere#CILMI

  • Migration : Un convoi de 230 personnes, parti du Sénégal, accoste à El Hierro (Canaries)
    https://www.dakaractu.com/Migration-Un-convoi-de-230-personnes-parti-du-Senegal-accoste-a-El-Hierro

    Migration : Un convoi de 230 personnes, parti du Sénégal, accoste à El Hierro (Canaries)
    Un convoi de migrants, composé de 230 personnes, dont 13 femmes et 6 enfants, a atteint les côtes de l’île d’El Hierro, dans l’archipel des Canaries (Espagne), après avoir quitté le Sénégal.Selon des sources espagnoles, le groupe a été pris en charge dès son arrivée sur l’île par les services d’urgence et la Croix-Rouge. Les migrants, épuisés par la longue traversée de l’Atlantique, ont reçu une première assistance médicale et humanitaire.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#elhierro#migrationirreguliere#sante#routemigratoire

  • Migration-Îles Canaries : Baisse de 77 % des arrivées de migrants en provenance du Sénégal sur les neuf derniers mois
    https://www.dakaractu.com/Migration-Iles-Canaries-Baisse-de-77-des-arrivees-de-migrants-en-provenan

    Migration-Îles Canaries : Baisse de 77 % des arrivées de migrants en provenance du Sénégal sur les neuf derniers mois
    Les arrivées de migrants en provenance du Sénégal vers les Îles Canaries ont connu une baisse spectaculaire de 77 % au cours des neuf (9) derniers mois, selon les données révélées par le gouvernement des Canaries lors d’une réunion consacrée à la question migratoire en Mauritanie. D’après le quotidien espagnol La Provincia visité par Dakaractu, la tendance à la baisse touche également d’autres pays de départ dont moins de 52 % pour la Mauritanie et moins de 55 % pour le Maroc. Entre janvier et septembre 2025, les Îles Canaries ont enregistré 8 178 arrivées, contre 16 976 sur la même période en 2024.
    Cette diminution s’explique, selon les autorités locales, par le renforcement de la coopération entre la Commission européenne et la Mauritanie, notamment dans le cadre de la prévention des départs terrestres. L’objectif est d’endiguer le phénomène en amont, les sauvetages en mer demeurant particulièrement complexes et dangereux. Par ailleurs, le démantèlement progressif des réseaux de trafiquants et mafias de la migration irrégulière a contribué à déplacer les routes migratoires plus au sud, notamment vers la Gambie, le Sénégal et, plus récemment, la Guinée-Conakry, située à près de 2 000 kilomètres des Canaries.
    Rappelons qu’après l’incident qui s’est déroulé dans la petite côte à Mbour, en septembre 2024, avec le chavirement d’une pirogue de migrants qui a fait 35 morts, le chef de l’État Sénégalais, Bassirou Diomaye Faye avait promis de « traquer » les trafiquants de migrants. L’Armée et ses démembrements, la police, la Gendarmerie, et la Marine ont réussi à intercepter plusieurs départs dans plusieurs zones stratégiques du Sénégal.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#senegal#guineeconakry#gambie#migrationirreguliere#sante#routemigratoire

  • Santé : Gran Canaria, nouvelle destination pour le tourisme médical en Afrique de l’Ouest
    https://www.dakaractu.com/Sante-Gran-Canaria-nouvelle-destination-pour-le-tourisme-medical-en-Afriq

    Santé : Gran Canaria, nouvelle destination pour le tourisme médical en Afrique de l’Ouest
    Proche du continent africain, l’archipel des Canaries, en particulier l’île de Gran Canaria, s’impose de plus en plus comme une destination privilégiée pour les soins médicaux spécialisés et le bien-être. Située à seulement 45 minutes de vol de la Mauritanie, et deux heures vol avec le Sénégal, l’île attire de nombreux patients d’Afrique de l’Ouest en quête de traitements de pointe.
    Gran Canaria dispose en effet d’un plateau médical moderne et diversifié, avec des centres hospitaliers réputés dans plusieurs disciplines : oncologie intégrée, cardiologie, cancérologie, traumatologie, entre autres. Ces structures collaborent déjà avec des établissements de santé publics en Afrique de l’Ouest, où au Sénégal certaines évacuations médicales se font vers Gran Canaria avec la Fonction Publique et des fois avec les sociétés d’assurances. Cependant, c’est en Mauritanie que proviennent la majeure partie des patients de l’Afrique de l’Ouest, a renseigné la délégation Canarienne, composée de la présidente de Gran Canaria Spa, Wellness et Health, Barbara Svchlakova et de la Responsable de la Stratégie Internationale de l’hôpital privé de San Roque de Maspalomas.
    Au Sénégal, les évacuations médicales se font traditionnellement vers la France, le Maroc, la Tunisie ou encore la Turquie. Mais pour Mme Yurena Rivero, responsable de la stratégie internationale des hôpitaux universitaires de San Roque, Gran Canaria a un rôle majeur à jouer dans le développement du tourisme sanitaire régional. Elle met en avant les collaborations déjà en cours avec des médecins sénégalais, notamment en télé-médecine et dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à la santé. En visite au Sénégal, la délégation Canarienne a également soulevé la question des visas pour les patients et leurs accompagnants. Un frein majeur qui pourrait ralentir les échanges médicaux. Toutefois, Mme Rivero rassure : « des négociations sont en cours avec les responsables diplomatiques des deux pays afin de faciliter l’octroi de papiers administratifs pour les évacuations médicales ».
    Avec ce projet, Gran Canaria espère renforcer son attractivité et devenir une plateforme de référence en matière de tourisme médical pour toute l’Afrique de l’Ouest, particulièrement le Sénégal.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#grancanaria#tourismemedical#sante#senegal#sante

  • Espagne : le gouvernement des Canaries dénonce la lenteur des transferts de mineurs isolés vers la péninsule - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67134/espagne--le-gouvernement-des-canaries-denonce-la-lenteur-des-transfert

    Espagne : le gouvernement des Canaries dénonce la lenteur des transferts de mineurs isolés vers la péninsule
    Par La rédaction Publié le : 24/09/2025
    En trois mois, seulement 127 mineurs isolés ont été transférés des Canaries vers la péninsule espagnole, dans le cadre d’un accord sur la répartition des jeunes non accompagnés signé en mars. Le président de l’archipel, Fernando Clavijo, accuse l’État de « désobéissance manifeste » dans l’application de la loi.
    Le président des îles Canaries, Fernando Clavijo, perd patience. Six mois après la signature d’un accord sur la répartition des mineurs isolés arrivés dans l’archipel vers la péninsule espagnole, les transferts se font au compte-goutte. Au total, seuls 127 jeunes ont été envoyés dans d’autres régions d’Espagne, soit « 1,5 par jour », regrette Fernando Clavijo. Plus de 5 500 mineurs non accompagnés sont accueillis dans les centres d’hébergement surpeuplés des Canaries pour une capacité de 900 places. Dans ce contexte, le président des Canaries a envoyé une lettre à la Cour suprême mardi 23 septembre pour se plaindre de la lenteur des transferts de mineurs isolés. Il estime que Madrid commet un « outrage » et une « désobéissance manifeste » sur le sujet.
    Début juin, deux mois après un premier avertissement, la Cour suprême avait adressé un ultimatum à l’État sur les délais de prise en charge des demandes d’asiles des 5 500 mineurs présents dans l’archipel. La haute juridiction avait imposé à l’État plusieurs consignes, comme celle de doter les bureaux des ressources nécessaires pour traiter les demandes d’asile dans un délai raisonnable. En cas de non-respect des consignes dans un délai de 15 jours, la Cour suprême avait menacé d’imposer des « mesures coercitives » comme des amendes ou des poursuites pénales contre les agents de l’État.
    Lors d’une session parlementaire régionale mardi, Fernando Clavijo a averti que le rythme « insuffisant » des transferts de mineurs maintient les Canaries au bord de l’effondrement, alors que les arrivées de migrants continuent dans l’archipel. Du côté du gouvernement central, on estime que l’État respecte les mesures de précaution de la Cour suprême et son engagement à répondre à la « surpopulation dans les centres d’accueils des îles Canaries ». Selon un rapport du secrétaire d’État aux Migrations, 315 mineurs ont été retirés du dispositif d’hébergement de l’archipel pour les orienter vers des structures publiques. Mais l’ensemble d’entre eux n’a pas encore été transféré vers la péninsule - ce qui explique l’écart avec les chiffres des autorités canariennes.
    Le secrétaire d’État aux Migrations a par ailleurs annoncé qu’en octobre, Madrid prévoit d’envoyer 120 mineurs isolés vers le continent, portant à 500 le nombre total de jeunes transférés depuis le début des opérations. Le premier transfert de mineurs a été opéré début août : il concernait neuf mineurs maliens et un sénégalais. À l’époque déjà, les autorités des Canaries s’inquiétaient de la « lenteur des démarches ». « Un peu plus de 1 000 mineurs bénéficient d’une protection internationale aux Canaries ; à ce rythme, cela prendrait plusieurs mois, et la pression et la surpopulation dans les centres pour mineurs migrants restent les mêmes », avait déclaré Francis Candil, vice-ministre de la Protection sociale et de l’Immigration du gouvernement des Canaries, auprès du média La Vanguardia.
    Les Canaries, situées dans l’océan Atlantique au large des côtes ouest-africaines, sont redevenues ces dernières années une des principales portes d’entrée des migrants dans l’Union européenne (UE). Depuis le début de l’année, près de 12 500 exilés ont atteint l’archipel espagnol, contre plus de 26 000 l’an dernier à la même époque, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Soit une baisse de 53,3%.
    En 2024, les Canaries ont connu des records d’arrivées : près de 47 000 personnes sont parvenues à rejoindre les îles. Du jamais vu pour l’archipel espagnol, qui fait face depuis à une saturation de plus en plus importante de son système d’accueil, notamment celui réservé aux mineurs.
    Cette saturation entraîne une détérioration des soins de santé, indispensables aux jeunes après des jours passés dans l’océan Atlantique, sans eau ni nourriture en quantité suffisante. Les services de santé se disait d’ailleurs « complètement dépassés », confiait le pédiatre Abián Montesdeoca au média Cadena Ser en octobre. « Il est triste de voir qu’un pays avec un niveau de développement comme le nôtre n’est pas capable de soigner […] ces mineurs ».

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#espagne#sante#mineur#accueil#protection

  • Aux Canaries, les migrants témoignent de l’horreur de traversées de plus en plus dangereuses
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/22/aux-canaries-les-migrants-temoignent-de-l-horreur-de-traversees-de-plus-en-p

    Aux Canaries, les migrants témoignent de l’horreur de traversées de plus en plus dangereuses
    Par Sandrine Morel (Madrid, correspondante)
    Entassés à 300 à bord d’une pirogue de 20 mètres de long, menacés, frappés et parfois jetés à l’eau pieds et poings liés, encore vivants… Des migrants, secourus au large de la Grande Canarie, le 24 août, ont livré un récit détaillé à la police espagnole de leur terrifiante traversée. Un cauchemar qui a abouti, mercredi 17 septembre, à la mise en examen de 19 personnes, 5 passeurs présumés et 14 passagers. Parmi eux, 17 Sénégalais et 2 Gambiens. Ils sont accusés d’homicides, de lésions et de tortures ainsi que d’encouragement à l’immigration clandestine.
    Face au renforcement du contrôle des côtes du Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal, le nombre de migrants arrivés dans l’archipel espagnol depuis début 2025 a chuté. Entre le 1er janvier et le 15 septembre, 12 500 personnes ont accosté aux Canaries, soit 53 % de moins que sur la même période en 2024.
    Cependant, l’assèchement relatif de cette route migratoire a plusieurs conséquences. La route dite des Baléares, au départ de l’Algérie, a connu depuis janvier un essor considérable, avec 5 500 arrivées (+ 70 %). Par ailleurs, fait nouveau, des pirogues partent rejoindre les Canaries de pays de plus en plus éloignés, de Gambie voire de Guinée, bien que la distance à parcourir s’en trouve considérablement rallongée. Enfin, les pirogues qui accostent sont de plus en plus grandes et surchargées, aggravant les conditions de vie à bord.
    Le 15 septembre, l’une d’elles, secourue au large de l’île d’El Hierro, transportait 235 personnes. Le 24 août, celle qui a accosté dans le port d’Arguineguin, sur la Grande Canarie, en comptait 248. Au départ, ils étaient entre 300 et 320 migrants, originaires du Sénégal, du Mali, de Gambie, de Guinée et de Sierra Leone, dont 12 femmes et 19 enfants, selon le témoignage des rescapés. Ce qui en ferait la plus grande pirogue jamais partie pour les Canaries.
    Sur la base des récits concordants des migrants et des dépositions précises de quatre témoins protégés, bénéficiant d’un permis de résidence le temps de la procédure judiciaire, les policiers espagnols de la brigade des frontières ont pu reconstituer leur traversée. Au Sénégal, les migrants ont d’abord embarqué sur plusieurs petits bateaux de pêche, afin de ne pas attirer l’attention des garde-côtes.
    A 7 ou 8 milles des côtes, ils ont été transbordés en pleine mer dans l’immense pirogue qui mouillait hors de portée des radars de surveillance des côtes, selon une source policière espagnole. Cette méthode est d’autant plus dangereuse que de nombreux migrants ne savent pas nager. Elle est cependant de plus en prisée des passeurs du fait du renforcement de la surveillance des côtes.
    « Il existe un climat de crispation et de tension fort parmi les migrants en Mauritanie, où les persécutions policières sont très violentes, avec des tortures et des morts. Comme il est plus difficile de partir, les mafias sont très nerveuses et utilisent des pirogues de plus en plus grandes », confirme Mamadou Sekana, président de l’Association pro-droits humains.
    En mer, ce sont les passeurs qui imposent un climat de terreur, comme en ont témoigné à la police les migrants secourus fin août. Ceux qui osaient se plaindre des pénuries d’eau et d’aliments ont été frappés, d’autres migrants ont été accusés de sorcellerie ou de leur porter malheur, après que la pirogue a souffert d’une panne de moteur.
    Le parquet de l’île d’El Hierro instruit deux autres cas similaires, correspondant à deux traversées fin 2024 durant lesquelles respectivement quatre et huit migrants auraient été jetés à l’eau après avoir été accusés d’être responsables d’une malédiction empêchant le bateau d’avancer. « Les gens arrivent traumatisés. Le fait d’être perdu en haute mer, le manque d’eau et d’alimentation, les pannes de moteur ou de GPS plongent certains dans des états de psychose, provoquent des délires, des cauchemars, des hallucinations, qui s’ajoutent parfois à des superstitions », souligne M. Sekana.
    Frappés, ligotés, certains auraient été poussés par-dessus bord encore vivants. D’autres, tombés par accident, auraient été abandonnés à leur sort. Les corps de plusieurs passagers, morts de déshydratation, auraient aussi été jetés à l’eau. La police espagnole a pu identifier une trentaine de passagers manquants, mais elle estime que vingt à cinquante autres ont pu périr durant le voyage qui a duré onze jours, avant que la pirogue, à la dérive, soit aperçue par un navire marchand à l’ouest de Dakhla, dans le Sud marocain, à 400 kilomètres de l’île de Grande Canarie. Elle a finalement été secourue par les services de sauvetage espagnols.
    « La violence existe toujours, dès lors que l’on entreprend le voyage. C’est l’expérience la plus déshumanisante et terrible que l’on peut vivre », rappelle Teodoro Bondyale, porte-parole de la Fédération des associations africaines des Canaries. Dans les centres d’accueil de migrants, la traversée est un sujet tabou. Ceux qui acceptent d’en parler insistent surtout sur la peur terrible, indescriptible, qu’ils ont ressentie, en particulier la nuit lorsque, dans l’obscurité totale, des cris des passagers, souffrant, délirant, déchirent le silence. « Les passeurs ont fait des migrants une marchandise et n’hésitent pas à les jeter par-dessus bord en haute mer, ou même à tuer des nourrissons parce qu’ils pleurent, comme cela s’est passé pour une femme qui est restée un mois plongée dans le mutisme avant de pouvoir nous l’expliquer », ajoute M. Bondyale. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, qui a créé un observatoire de la migration, 1 865 migrants sont morts ou ont disparu en mer durant les cinq premiers mois de l’année 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#traversee#sante#santementale#mortalite#violence#atlantique

  • Plus de 50 migrants jetés à la mer lors d’une traversée : La justice espagnole confirme la détention provisoire de 19 migrants arrêtés aux Îles Canaries
    https://www.dakaractu.com/Plus-de-50-migrants-jetes-a-la-mer-lors-d-une-traversee-La-justice-espagn

    Plus de 50 migrants jetés à la mer lors d’une traversée : La justice espagnole confirme la détention provisoire de 19 migrants arrêtés aux Îles Canaries
    Dakaractu annonçait, il ya quelques jours l’arrestation de migrants sénégalais, impliqués dans des actes de tortures lors d’une traversée vers les Îles Canaries d’une pirogue de 248 survivants le 24 août. Les 19 détenus, qui voyageaient sur le même bateau que leurs victimes, ont été placés en détention provisoire. Les autorités espagnoles ont confirmé la mise en détention provisoire de 19 présumés chefs de bord , accusés d’atrocités d’une rare violence. Ils sont notamment accusés d’aide à l’immigration irrégulière, d’homicide, de blessures et de torture. La gravité des chefs d’inculpations et le nombre élevé de victimes font de ce cas l’un des plus extrêmes enregistrés sur les routes migratoires vers les îles Canaries.
    L’enquête s’inscrit dans le cadre de l’Opération Triton, spécialisée dans la lutte contre les réseaux d’immigration irrégulière et développée par l’UCRIF. Selon le site Grancanariatv.com, les témoignages recueillis par les enquêteurs, renseignent que la pirogue a d’abord quitté le Sénégal avec environ 300 personnes à bord. Au cours des onze jours de navigation, les patrons de l’embarcation présumés ont soumis les passagers à un régime de terreur qui comprenait des agressions systématiques, des passages à tabac et des mauvais traitements de toutes sortes.
    Des témoins racontent des épisodes particulièrement glaçants : plusieurs migrants ont été jetés vivants à la mer, tandis que les présumés tortionnaires ont délibérément refusé d’aider ceux qui sont tombés accidentellement à l’eau. L’enquête, menée par la Brigade provinciale des étrangers et des frontières de Las Palmas et des membres du Commissariat général aux étrangers et aux frontières, estime qu’au moins 50 personnes ont disparu pendant la traversée. Les motifs de ces crimes sont particulièrement troublants. Selon les déclarations des survivants, de nombreux décès étaient liés à des superstitions qui ont conduit certains membres de l’équipage à être qualifiés de « sorcières » lors d’incidents survenus pendant le voyage, tels que des pannes de moteur, des pénuries de nourriture ou du mauvais temps. D’autres homicides ont eu lieu en représailles contre des migrants qui avaient protesté ou manifesté leur mécontentement face aux conditions épouvantables du voyage, transformant toute plainte en condamnation à mort, rapporte nos confrères de Grancanariatv.com.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#mortalite#sante#sorcellerie#violence#migrationirreguliere

  • D’Alger à Ibiza, l’odyssée maritime de sept adolescents ravive le débat sur la migration en Algérie
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/09/d-alger-a-ibiza-l-odyssee-maritime-de-sept-adolescents-ravive-le-debat-sur-l

    D’Alger à Ibiza, l’odyssée maritime de sept adolescents ravive le débat sur la migration en Algérie
    Partis sur une embarcation de plaisance volée, sept garçons ont réussi à atteindre une plage des Baléares, tout en diffusant en direct leur périple sur TikTok.
    Par Mustapha Kessous
    Des rires insouciants, la musique à fond. Mercredi 3 septembre, sept adolescents partis des environs d’Alger sur un bateau volé ont réussi à rallier Ibiza. « Une histoire sans précédent dans les annales de la migration maritime irrégulière », selon le journal espagnol El Confidencial. Depuis plusieurs jours, l’odyssée de ces jeunes Algériens suscite un profond émoi dans leur pays d’origine. Pourquoi ces garçons sont-ils partis ? Cherchaient-ils à fuir à un pays asphyxiant et sans avenir pour eux ? Ou n’était-ce qu’une virée entre copains, histoire de s’amuser comme jamais sur une île réputée pour ses fêtes et inonder les réseaux sociaux de « stories » ?
    Leur petit bateau de plaisance à pont ouvert a accosté vers 18 h 30 sur la plage d’en Bossa aux Baléares. A son bord, sept garçons, âgés, selon la presse algérienne, de 14 à 17 ans, revêtus de simples shorts, t-shirts et claquettes. Ils avaient quitté neuf heures plus tôt la cité de Tamentfoust, à l’extrême est de la baie d’Alger, après avoir dérobé une embarcation, un Geisa Naval Open 550. Cette aventure, les sept adolescents l’ont diffusée en direct sur TikTok et Instagram, racontant leur périple comme une sortie en mer un jour d’été.
    Ils disent avoir soigneusement préparé leur traversée pendant une année, amassant, litre après litre, l’essence nécessaire pour parcourir les 300 km qui séparent les deux rives. Aucun adulte avec eux. Pas de GPS de navigation non plus. Ils ont trouvé « mieux », raconte l’un d’eux : ils ont téléchargé sur un téléphone l’application de pêche ou de navigation à voile Navionics qui indique « combien tu as parcouru, combien il te reste jusqu’à l’Espagne ». Aucun accroc majeur pendant le voyage, si ce n’est un moteur parfois capricieux qu’ils ont su réparer, on ne sait comment, à chaque panne.
    Sur le pont, on les voit reprendre en chœur des chansons qui parlent des « harraga », ces « brûleurs » de frontières qui quittent leur pays par la mer, sans passeport ni visa. « Nous, on est des hommes, mes frères », lance l’un d’eux dans un « live ». Une fois arrivés à Ibiza, les adolescents, fiers de leur coup, se sont filmés, grands sourires, une nouvelle fois pour immortaliser leur moment. Ils ont été depuis pris en charge par les autorités espagnoles et placé dans un centre pour mineurs. « Avoir 15 ans et de la fuite dans les idées », a titré avec humour le journal algérien en ligne Twala. Plus crispé, El Khabar, proche du pouvoir, a dénoncé un incident instrumentalisé par des médias, notamment marocains, pour nuire à l’image de l’Algérie. Mais dans un pays où la moitié de la population – 46 millions d’habitants – a moins de 30 ans, et où le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) frôle les 30 %, la virée des adolescents a surtout ravivé le débat sur les raisons de l’exode des Algériens vers l’Europe.
    « Derrière chaque embarcation, qu’elle arrive à destination ou sombre dans l’oubli et le silence des profondeurs de la Méditerranée, se joue le récit d’un double échec : celui d’une jeunesse contrainte à l’exil, et celui d’un pouvoir qui peine à créer les conditions nécessaires pour la retenir », a ainsi pointé Le Matin d’Algérie.
    Mais la séquence des jeunes en route vers Ibiza, parce qu’elle a été filmée et diffusée en direct, se nourrit aussi des codes de l’influence en ligne. « Ces adolescents ne sont pas seulement les produits d’un système défaillant. Ils sont aussi les enfants de Netflix, de TikTok, d’Instagram », souligne l’universitaire Zoubida Berrahou.
    « Leur imaginaire n’est plus forgé par les récits nationaux mais par des fictions globales où l’ado devient héros de sa propre épopée. Ceux qui persistent à lire chaque geste de la jeunesse en termes de “faillite du pays” manquent la mutation en cours : l’entrée dans une ère de codes planétaires, où un gamin de Bab-El-Oued partage parfois plus de références avec un ado californien qu’avec son propre oncle », décrypte l’économiste devenue romancière sur sa page Facebook.
    Entre le 1er janvier et le 31 juillet, 4 320 Algériens ont gagné le sud de l’Espagne ou ses îles, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), principalement par les Baléares (+ 77 % par rapport à 2024 sur la même période). Ils constituent ainsi la deuxième nationalité la plus représentée, derrière les Maliens (5 551). Une tendance qui place 2025 sur le même rythme que 2024. L’an dernier, l’Agence espagnole de sécurité nationale avait comptabilisé 9 552 Algériens arrivés sur leur territoire, soit 36 % de plus qu’en 2023.
    Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas commenté l’histoire des sept adolescents qui pourraient mal se terminer. « Ce qu’ils ignorent totalement, c’est que les deux jeunes qui apparaissent dans les vidéos aux commandes du bateau risquent fortement la prison dès qu’ils atteindront la majorité, a écrit le journal espagnol Diario de Ibiza. Pour l’instant, l’illusion de l’aventure ne s’est pas encore dissipée. » Le 3 septembre, avant l’arrivée des sept adolescents à Ibiza, les corps sans vie de sept migrants rejetés par la mer ont été retrouvés sur deux plages andalouses, au sud de l’Espagne, après le naufrage de leurs embarcations parties, elles aussi, d’Algérie.

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