• Lien entre #pesticides et #cancers : pour la première fois, des chercheurs mesurent des effets à l’échelle d’un pays
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/04/01/lien-entre-pesticides-et-cancers-pour-la-premiere-fois-des-chercheurs-mesure


    Des agriculteurs péruviens, près de Jauja, dans la région andine centrale de Junin, identifiée comme une zone à haut risque par les chercheurs français, au Pérou, le 29 mai 2024. CRIS BOURONCLE/AFP

    Les chercheurs ne se sont pas arrêtés à de simples corrélations. Pour parfaire la démonstration, ils ont analysé les tissus tumoraux et non tumoraux d’une trentaine de personnes touchées par un carcinome hépatocellulaire (la principale forme de cancer du foie), vivant dans les zones à fort risque d’exposition aux pesticides. Conduites à l’Institut Pasteur, ces analyses indiquent l’absence de stress cellulaire lié aux causes habituelles de ces cancers (forte consommation d’alcool, virus de l’hépatite B, stéatose, toxines alimentaires…).

    Au contraire, les chercheurs y détectent la signature d’une exposition à des cancérogènes non génotoxiques : ce n’est pas l’altération du génome de la cellule qui la rend cancéreuse, mais des modifications plus subtiles de l’expression de certains gènes qui « prédisposent le tissu à la transformation maligne ». En comparant cette signature moléculaire à des données obtenues sur d’autres cohortes, en France, à Taïwan ou en Turquie, les chercheurs montrent qu’elle est singulière aux patients péruviens originaires des zones à risque.


    « Cette étude de cas est une masterclass de raisonnement scientifique,commente M. Brugel. On identifie le cluster, on l’associe à une surexposition aux pesticides, on obtient les données transcriptomiques et épigénétiques, on les compare, on remarque qu’elles sont différentes, on génère une hypothèse et on ouvre une nouvelle voie. » Non seulement ces travaux identifient à l’échelle d’un pays plusieurs centaines de zones de risque accru de cancers par l’exposition environnementale aux pesticides, mais ils proposent une élucidation des mécanismes par lesquels ces substances peuvent, en mélange, promouvoir silencieusement la #cancérogenèse dans certains organes.
    La portée d’une telle démonstration est considérable : partout dans le monde, les systèmes d’évaluation des risques reposent sur l’évaluation de chaque substance testée indépendamment des autres, et sur l’hypothèse qu’une molécule n’est pas cancérogène si elle n’est pas génotoxique – c’est-à-dire si elle n’endommage pas le génome des cellules. Stéphane Bertani, Jorge Honles, Pascal Pineau (Inserm, Institut Pasteur) et leurs collègues battent en brèche ces deux piliers de la « science réglementaire ». « Dans leur ensemble, nos résultats étayent solidement l’existence d’un lien mécanistique entre exposition aux pesticides et cancer, remettant ainsi en cause les hypothèses de non-cancérogénicité chez l’homme issues de modèles expérimentaux réductionnistes », résument-ils.

    https://justpaste.it/iwmdq

    #science_réglementaire #épidémiologie

    • Mapping pesticide mixtures to cancer risk at the country scale with spatial exposomics

      Despite decades of concern over the carcinogenic potential of agricultural pesticides, toxicological studies relying on single endpoints have yet to establish a definitive link between environmental pesticide exposure and cancer in real-world contexts. Here we use an integrative spatial Bayesian framework that merges high-resolution environmental pesticide risk modelling with comprehensive cancer registry data to map pesticide-linked cancer clusters in Peru with unprecedented precision. Our process-based model, encompassing 31 key pesticide active ingredients, together with an innovative stratification of cancer cases by developmental lineage, reveals a robust spatial association between environmental pesticide exposure risk and cancer incidence. In pesticide-associated cancer hotspots, exposomic profiling of liver tissue—a primary target of chemical carcinogens—uncovers a distinct transcriptomic signature of pesticide exposure, implicating a non-genotoxic mode of action that disrupts core regulatory circuitries sustaining cell identity. Collectively, these findings strongly support a mechanistic link between pesticide exposure and cancer, challenging assumptions of human non-carcinogenicity derived from reductionist experimental models. This study redefines the exposome as a lineage-conditioned, mechanistically tractable framework and shows how complex pesticide mixtures can contribute to carcinogenic trajectories, with profound and far-reaching implications for global health policy and socio-ecological equity.

      https://www.nature.com/articles/s44360-026-00087-0

  • Des substances toxiques dans les tampons et les serviettes hygiéniques
    https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/07/19/des-substances-toxiques-dans-les-tampons-et-les-serviettes-hygieniques_53333

    Le #lindane et le #quintozène sont deux #pesticides dont l’usage est interdit en Europe depuis 2000. Ils sont pourtant présents là où on les attendrait le moins : dans des #serviettes_hygiéniques et des #protège-slips commercialisés en France. Et ils ne sont pas les seules substances dangereuses à se cacher dans les protections intimes. On y retrouve même du #glyphosate, le célèbre herbicide de Monsanto.

    Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), publié jeudi 19 juillet, dresse la liste des composés chimiques « préoccupants » identifiés. Elle est effarante.

    Outre des pesticides, des tests réalisés en 2016 ont mis en évidence la présence de nombreux #hydrocarbures aromatiques polycycliques (#HAP) ou de #phtalates dans les protections externes, de #dioxines et #furanes ainsi que de #DnOP (phtalate) dans les #tampons. Autant de substances aux effets #cancérogènes, #mutagènes ou #reprotoxiques (#CMR) démontrés, ou considérées comme des #perturbateurs_endocriniens.

    #n'en_jetez_plus #santé (ou pas)

  • La pollution industrielle imprègne les habitants de Fos-sur-Mer
    https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/05/28/la-pollution-industrielle-impregne-les-habitants-de-fos-sur-mer_5305981_1652

    Elle était très attendue depuis une autre étude alarmante (Fos Epseal) publiée en janvier 2017. Une équipe universitaire franco-américaine révélait en effet que les cas de #cancers et de #diabète de type 1 étaient deux fois plus nombreux à Fos que dans le reste de la France.

    Portée par l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) et validée par l’Agence régionale de santé PACA, Index conclut à une « #surimprégnation de la population de #Fos-sur-Mer en certains #polluants ». Il s’agit de « trois polluants spécifiques, typiques des #émissions_industrielles » : le #plomb, deux #furanes_heptachlorés (famille des #dioxines) et le #benzène (chez les individus les plus âgés). Si le plomb et le benzène sont reconnus comme #cancérogènes, les deux furanes identifiés présentent des niveaux de #toxicité bien moindre que la funeste « dioxine de Seveso ».

    #pollution #santé

  • Onglerie : la #santé des professionnels en péril - A la une - Destination Santé
    https://destinationsante.com/onglerie-sante-professionnels-peril.html


    Donc, les produits pour les ongles sont des merdes qui mettent en péril la santé des gens qui les manipulent au travail… mais pour les femmes qui les portent tous les jours, tout va bien ou c’est juste qu’on s’en fout ?

    Les professionnels de l’onglerie posent des vernis classiques ou semi-permanents, réalisent des soins de manucure et posent de prothèses ongulaires par différentes techniques comme celle du gel ou de la résine. Saisie par l’Agence nationale de Sécurité du médicament (ANSM), l’Anses a évalué les risques liés à leur exposition aux produits utilisés dans le cadre de cette activité.

    Environ 700 substances ont été repérées dans la composition des produits utilisés ou dans les atmosphères de travail. Parmi elles, 60 ont été jugées « très préoccupantes ». Elles étaient soit classifiées comme « #cancérogènes, #mutagènes ou #toxiques pour la reproduction (CMR), ou encore sensibilisant et/ou inscrites sur une liste de perturbateurs endocriniens potentiels », note l’Anses.

    #cosmétiques

  • La charcuterie industrielle, profits et scandale sanitaire maximum
    https://reporterre.net/La-charcuterie-industrielle-profits-et-scandale-sanitaire-maximum

    Un vent de panique souffle sur la filière cochon depuis que l’OMS l’a confirmé fin 2015 : les #charcuteries sont #cancérogènes, directement responsables du cancer de l’intestin. Aussi appelé « cancer colorectal », c’est le plus fréquent chez les non-fumeurs. Principal coupable : la charcuterie traitée au #nitrate_de_potassium et au #nitrite_de_sodium. Les industriels jurent que ces #additifs sont indispensables pour protéger le public contre certaines bactéries.

    C’est un #mensonge. En réalité, ils servent à accélérer la fabrication, à donner à la chair une appétissante couleur rosée, à baisser les coûts de production et à maximiser les profits.

    Fruit de cinq années d’enquête dans les archives administratives et médicales, ce livre dévoile l’histoire secrète des « charcuteries modernes » optimisées par la chimie. Popularisés par quelques entrepreneurs de Chicago, les knacks et les jambons nitrés ont conquis toute la planète en évinçant les charcuteries traditionnelles, plus longues à fabriquer.

  • Les produits retardateurs de flamme présentent des risques pour la santé
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/10/23/haro-sur-les-retardateurs-de-flamme_4795283_3244.html

    C’est l’un des rapports les plus perturbants qu’elle aura eu à rendre. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié, jeudi 22 octobre, une expertise très attendue sur les #retardateurs_de_flamme, ces produits ajoutés à certains meubles rembourrés, matériels électroniques, textiles, mousses synthétiques, etc. Les experts soulignent que ces molécules présentent des risques pour la #santé et l’#environnement, mais pas de bénéfices démontrés dans la prévention des incendies.

    Les scientifiques de l’Anses le formulent dans une litote propre à la langue des experts : il est plausible que les retardateurs de flamme n’aient eu, en près de quarante ans d’utilisation, qu’une utilité marginale, voire nulle. Les risques, eux, sont bien réels : certains de ces composés sont #cancérogènes, #perturbateurs_endocriniens, toxiques pour la reproduction, persistants ou neurotoxiques. Ou tout cela à la fois.

    C’est ce qu’on appelle un #retour_de_flamme

  • CIRC : 3 nouveaux #pesticides et herbicides classés #cancérogènes ou cancérogènes probables | Le Quotidien du Médecin
    http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2015/06/24/circ-3-nouveaux-pesticides-et-herbicides-classes-cancerogenes-o

    Le centre international de recherche sur le #cancer (CIRC), agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vient de classer trois nouveaux agents – deux insecticides, le lindane et le DDT, et l’herbicide 2,4-D – comme substances cancérogènes ou probablement cancérogènes pour l’homme. L’étude de cancérogénicité est publiée cette semaine dans la revue « The Lancet Oncology ».

    Le lindane : cancérogène avéré

    Pour le lindane (gamma-hexachlorocyclohexane), le groupe de travail de 26 experts a indiqué disposer d’« indications suffisantes » pour affirmer une association avec le lymphome non hodgkinien (LNH) chez l’homme. Le CIRC cite de grandes études épidémiologiques sur les expositions en milieu agricole, menées aux États-Unis et au Canada, qui auraient montré une augmentation du risque de 60 % de LNH chez les personnes exposées au lindane.

    Le CIRC l’a donc rangé dans le groupe 1 – premier échelon de dangerosité. Si l’insecticide a été largement utilisé, y compris dans l’agriculture et pour le traitement des poux et de la gale chez l’homme, son utilisation « est désormais interdite ou limitée dans la plupart des pays » rappelle le centre dans un communiqué de presse diffusé mardi.

    Le DDT : cancérogène probable

    Le DDT (dichlorodiphenyltrichloroethane) a, quant à lui, été classé comme « cancérigène probable » (groupe 2A), sur la base d’« indications suffisantes » selon lesquelles le DDT provoque le cancer chez l’animal de laboratoire, et d’« indications limitées » de sa cancérogénicité pour l’homme. Chez l’homme, l’instance cite des études épidémiologiques montrant une association entre l’exposition au DDT et le LNH, le cancer des testicules et le cancer du foie.

    « Le DDT et ses produits de dégradation sont très persistants et peuvent se retrouver dans l’environnement et dans les tissus animaux et humains dans le monde entier », souligne le CIRC. Malgré l’interdiction du pesticide dans les années soixante-dix, il reste utilisé « de manière strictement limitée en vertu de la Convention de Stockholm » dans la lutte anti-vectorielle, contre le paludisme.

    2,4-D : peut-être cancérigène

    Enfin, le 2,4-D (acide 2,4-dichlorophenoxyacetique), a été classé comme « peut-être cancérogène » pour l’homme (Groupe 2B), car les indications sont cette fois « insuffisantes » chez l’homme et « limitées » chez l’animal. Le 2,4-D est un désherbant dénoncé depuis longtemps par les groupes environnementaux aux États-Unis, qui tentent de persuader les autorités d’en restreindre l’usage.

    « Depuis son introduction en 1945, le 2,4-D a été largement utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes en agriculture, en foresterie et en milieu urbain et résidentiel, rappelle le CICR. Les expositions professionnelles au 2,4-D peuvent survenir lors de la fabrication comme de l’application, et la population générale peut être exposée par le biais des aliments, de l’eau, de la poussière ou d’applications résidentielles, et pendant la pulvérisation. »

    Rappelons qu’au mois de mars dernier, le CICR avait déjà classé cinq pesticides comme cancérogènes « probables » ou « possibles » : le Roundup, le malathion, le dazinon, le tetrachlorvinphos et le parathion.