• Du cannabis pour les animaux de compagnie Fabien Deglise - 13 Novembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/541205/du-cannabis-pour-les-animaux-de-compagnie

    Près d’un mois après la légalisation du cannabis à des fins récréatives au pays, un regroupement de vétérinaires canadiens appelle le gouvernement fédéral à réviser sa loi sur le cannabis pour permettre aux animaux de compagnie, mais aussi aux animaux d’élevage, d’avoir également accès à cette substance à des fins thérapeutiques. Les perspectives en matière de santé animale seraient élevées, prétendent-ils, et tombent actuellement dans une zone grise.


    Photo : Marcus Simaitis Agence France-Presse La loi sur le cannabis qui encadre désormais l’usage de ce produit, à des fins récréatives et médicales au pays, ne tient pas compte des animaux qui pourraient pourtant profiter de la légalisation, estime l’ACMCV.

    « Depuis le 17 octobre, les animaux ont accès au cannabis, mais avec des produits pour humains que nous pouvons utiliser hors homologation, résume Louis-Philippe de Lorimier, vétérinaire oncologue à Brossard et membre de l’Association canadienne de médecine cannabinoïde vétérinaire (ACMCV). Il existe aussi des produits de santé et de bien-être qui leur sont destinés, mais qui évoluent dans un marché qui n’est pas surveillé par Santé Canada. Et c’est ce que nous aimerions voir changé. »

    Malgré des consultations auxquelles le monde de la médecine vétérinaire a pris part lors de sa construction, la loi sur le cannabis qui encadre désormais l’usage de ce produit, à des fins récréatives et médicales au pays, ne tient pas compte des animaux qui pourraient pourtant profiter de la légalisation, estime l’Association. Le groupe réclame ainsi un amendement au Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales pour y faire entrer les chiens, les chats, les chevaux…, souligne Sara Silcox, vétérinaire dans la région de Toronto et présidente de l’ACMCV. « Pour le moment, nous avons eu plusieurs contacts avec la direction des médicaments vétérinaires à Santé Canada, dit-elle en entrevue au Devoir. Elle est sensible à notre position et à nos arguments, mais un peu moins aux changements que nous réclamons. »

    Pourtant, le cannabis est utilisé depuis plusieurs années en médecine animale, avec des résultats prometteurs, assure M. de Lorimier. Certains propriétaires d’animaux en font usage, en s’approvisionnant sur le marché noir, sur Internet et désormais dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC) pour régler des problèmes de comportement chez leurs animaux de compagnie ou pour des traitements de douleurs postopératoires ou chroniques. « Pour le moment, nous avons des données empiriques intéressantes, poursuit le vétérinaire, mais ce sont les données scientifiques qui manquent », données qu’un changement dans la loi, selon lui, permettrait plus facilement d’obtenir.

    Le scientifique est d’ailleurs impliqué dans une recherche en cours, dit-il, sur l’apport potentiel du cannabis dans les traitements contre le cancer chez certains animaux. « Le cannabis, et particulièrement le cannabidiol, la composante non psychotrope de la plante, peut être utilisé chez les animaux, comme chez les humains, pour traiter la douleur, l’anxiété, mais aussi pour des traitements ophtalmologiques ». Les chiens particulièrement angoissés lorsqu’ils sont confinés dans des appartements, loin de la meute qui tient pourtant de leur nature, sont des animaux particulièrement ciblés par les usages vétérinaires du cannabis.

    « Le THC, la composante psychoactive du cannabis, peut être dangereux pour les animaux lorsqu’il est présent à des niveaux trop élevés, résume Mme Silcox. Dans ce contexte, les conseils et les recommandations d’un vétérinaire peuvent être très utiles, si bien sûr on nous permettait de le faire. »

    L’ACMCV demande qu’Ottawa permette aux vétérinaires de donner des informations sur le cannabis aux propriétaires d’animaux, mais réclame un droit de parole dans l’évaluation de nouveaux produits médicaux contenant du cannabis qui pourraient être administrés à la gent canine, féline et aux autres bêtes. « Les vétérinaires devraient être autorisés, par la loi, à faire des recommandations sur les produits à base de cannabis légalement accessibles au Canada, pour utilisation chez les animaux, comme nous le faisons pour d’autres médicaments non approuvés pour un usage animal », dit Mme Silcox qui voit d’un bon oeil le développement d’une nouvelle pharmacopée dans le cadre de la légalisation, en espérant que tous, y compris ses patients à poils, puissent en profiter.

    « Nous avons un avantage sur nos homologues américains, qui ne peuvent même pas parler du cannabis à leur clientèle, y compris dans des États où la plante a été légalisée, dit Louis-Philippe de Lorimier. Ici, les choses ont changé depuis le 17 octobre, mais pour prescrire, il nous faut des études scientifiques et un cadre qui va nous permettre de les réaliser. »

    Les dépenses pour les animaux domestiques sont en croissance au Québec où, en 2016, selon Statistique Canada, elles ont atteint 1,7 milliard de dollars, pour 16 millions de compagnons à poils. Le marché des médicaments vétérinaires à base de cannabis, mais également des biscuits, des gâteries et des produits d’hygiène, dont les crèmes et les shampooings pour animaux, issus de cette plante est estimé à plusieurs millions de dollars annuellement.

    #vétérinaires #animaux #animaux_domestiques #Canada #canabis #cannabis #marijuana #THC #gâteries #animaux_d_élevage


  • How #technology is revolutionizing the #cannabis market
    https://hackernoon.com/how-technology-is-revolutionizing-the-cannabis-market-2dc04c15d965?sourc

    (Source)There is a growing demand for cannabis in North America and growers are struggling to keep up. Those in the retailing business in Alberta, Canada are already having trouble keeping up and it has only been days since the legalization of recreational #marijuana. Those in the U.S. are not facing the same problem yet but if the Senate makes progress towards amending the federal law on cannabis substances, then growers and retailers will be put on the same spot.Since the industry is going through massive changes, technological advancements are beginning to play an important role in the daily operations of growers and retailers. Technology is being used for an array of purposes including supply chain management, e-commerce guidance and even artificial intelligence in the production (...)

    #innovation #emerging-technology


  • Canada : La Santé publique s’inquiète des pressions du privé sur la distribution du cannabis Fabien Deglise
    - 2 Novembre 2018 - Le Devoir

    https://www.ledevoir.com/societe/540388/la-sante-publique-s-inquiete-des-pressions-du-prive-sur-la-distribution-du

    Alors que le nouveau gouvernement de François Legault s’apprête à rouvrir d’ici la fin de l’année la loi encadrant le cannabis, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) s’inquiète des pressions qu’exercent plusieurs producteurs pour éroder le monopole étatique de distribution en place au Québec et s’assurer que le secteur privé trouve, comme dans d’autres provinces canadiennes, une place dans la distribution de cette substance.

    « Les intérêts économiques des producteurs qui doivent répondre à leurs actionnaires ne sont pas compatibles avec l’esprit de la loi actuelle qui cherche avant tout à prévenir la consommation et à protéger la santé des gens, dit Émilie Dansereau-Trahan, de l’ASPQ. Depuis le début des discussions sur la légalisation, les acteurs de la santé publique martèlent qu’il ne faut pas de liens directs entre le producteur et le consommateur. Et il ne faudrait pas que ça change. »


    Depuis plus d’un an pourtant, le producteur de cannabis Aurora, un des fournisseurs de la Société québécoise du cannabis (SQDC), embauche un lobbyiste à Québec pour faire avancer la cause d’une privatisation de la distribution auprès des élus chargés de construire le cadre légal autour du cannabis récréatif. Son mandat est actif jusqu’à la fin de décembre et vise à « encourager le commerce en ligne de cannabis sans intermédiaire pour assurer des prix compétitifs », indiquent les informations inscrites au registre des lobbyistes.

    Hexo, premier fournisseur de cannabis de la SQDC, a également cherché à défendre cette position dans la dernière année en présentant « au gouvernement les avantages à caractère économique, de santé et de sécurité publique associés au modèle coopératif et de distribution privée ». L’entreprise dit toutefois avoir récemment changé son fusil d’épaule. « Nous n’avons plus d’intérêt à avoir des discussions sur la vente privée au Québec, a avoué au Devoir Isabelle Robillard, porte-parole de l’entreprise. Nous sommes fiers de notre statut de fournisseur privilégié [de la SQDC]. Nous travaillons avec le gouvernement selon la loi qui a été établie. »

    En accédant au pouvoir, le gouvernement Legault s’est engagé à réécrire la loi sur le cannabis au Québec afin de faire passer l’âge légal des consommateurs de 18 à 21 ans, mais également pour étendre les lieux où la consommation de cette substance va être interdite. Entre autres. Le dossier est porté par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

    Dans le cadre réglementaire sur le cannabis présenté par la Coalition avenir Québec en septembre 2017, le parti disait préférer un modèle public de distribution et d’exploitation des points de vente au Québec. « Nous insistons sur le fait que la consommation ne doit pas avoir comme objectif de générer plus de revenus », a indiqué cette semaine Ewan Sauves, porte-parole du gouvernement.

    Depuis le 17 octobre dernier, le secteur privé est actif dans la distribution du cannabis dans les provinces centrales, soit en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, où des commerces non gérés par l’État ont désormais pignon sur rue. Le Manitoba reste toutefois la seule province qui autorise la vente directe de cannabis récréatif, sans intermédiaire, entre le producteur et le consommateur.

    #cannabis #privatisation

    Le crime organisé aurait ses entrées
    Des producteurs de cannabis ont reçu le feu vert de Santé Canada malgré des liens avec le crime organisé, a révélé jeudi l’émission Enquête. Les enquêtes menées sur ces compagnies par Santé Canada et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avant de leur délivrer un permis de production se sont limitées aux têtes dirigeantes. Les investisseurs et les sociétés mères qui les détiennent sont passés sous le radar. Santé Canada s’est défendue en disant n’avoir « aucune preuve » d’une quelconque infiltration du crime organisé parmi l’un des 130 producteurs agréés par le gouvernement fédéral depuis 2013. La GRC a invoqué de son côté le manque de ressources, notamment lorsqu’il est question d’investisseurs basés dans des paradis fiscaux. « Si jamais les corps policiers nous disent qu’ils ont besoin de plus de ressources, c’est sûr que c’est quelque chose que nous allons évaluer », a commenté la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor. Elle a assuré que les enquêtes de l’agence et de la police fédérales sont « très exhaustives », refusant de commenter directement les allégations de Radio-Canada. Guillaume Lepage

    #mafia #multinationales


  • L’Afrique, du #Sahel et du #Sahara à la #Méditerranée : intégrations, #circulations et #fragmentations

    Catherine Fournet-Guérin et Géraud Magrin
    L’Afrique, du Sahel et du Sahara à la Méditerranée : intégrations, circulations et fragmentations [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Africa, from the Sahel and the Sahara to the Mediterranean Sea. Integrations, circulations and fragmentations
    Alexis Gonin

    Le #foncier_pastoral au Sahel, des #mobilités fragilisées [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Pastoral land tenure in Sahel : jeopardized mobilities)
    #pastoralisme
    Ronan Mugelé

    La #Grande_muraille_verte au Sahel : entre ambitions globales et ancrage local [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The great green wall in Sahel : from global to local ambitions
    Géraud Magrin et Christine Raimond

    La région du lac #Tchad face à la crise #Boko_Haram : interdépendances et vulnérabilités d’une charnière sahélienne [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The Lake Chad region and Boko Haram crisis : links and vulnerability of a sahelian hinge
    Anne Bouhali

    Les places marchandes du #made_in_China au #Caire et à# Oran : #mondialisation et transformations des espaces et des pratiques de consommation [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The marketplaces of made-in-China goods in Cairo and Oran : globalization and transformations of consumption spaces and practices
    Nora Mareï et Olivier Ninot
    #Chine #Chinafrique

    Entre Afrique du Nord et de l’Ouest, les #relations_transsahariennes à un moment charnière [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Between north Africa and west Africa : trans-Saharan relations at a key moment
    Alice Franck

    L’échec de la partition d’un État à la charnière entre monde arabe et Afrique subsaharienne : le cas du #Soudan [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The failure of the partition of a pivotal State between the arab world and sub-saharan Africa : the case of Sudan
    Raphaëlle Chevrillon-Guibert et Géraud Magrin

    Ruées vers l’#or au #Soudan, au #Tchad et au Sahel : logiques étatiques, mobilités et contrôle territorial [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Gold rushes in Sudan, Chad and the Sahel : state logic, mobility, territorial control
    Laurent Gagnol
    #extractivisme #mines_d'or #mines

    Marginalité, spécificités et instabilité du #tourisme saharien [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Marginality, specificities and instability of Saharan tourism
    Pierre-Arnaud Chouvy

    Du #kif au #haschich : évolution de l’industrie du #cannabis au #Maroc [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    From kif to hashish. the evolution of the cannabis industry in Morocco

    #drogues


    https://journals.openedition.org/bagf/2953
    #revue




  • Comment légaliser le cannabis sans embraser les cités ? - Métropolitiques
    https://www.metropolitiques.eu/Comment-legaliser-le-cannabis-sans-embraser-les-cites.html

    Dans l’hypothèse d’une légalisation de l’économie du cannabis, il est certain que les « gros bonnets » chercheraient à minimiser les pertes financières qui en résulteraient en développant d’autres marchés criminels. Il est cependant peu probable que ces nouveaux marchés aient la capacité d’absorber la nombreuse main-d’œuvre aujourd’hui dévolue au commerce du cannabis. Et ce d’autant plus que les forces de l’ordre, débarrassées du fardeau du cannabis, pourraient remobiliser leurs efforts sur la lutte contre les autres marchés criminels (plus circonscrits), et ainsi empêcher leur développement, voire leur apparition. Il n’est, de plus, pas évident que les « petites mains » aient les compétences nécessaires et fassent le choix de s’impliquer dans des trafics illicites plus dommageables en termes de risque pénal et de violence potentiellement subie, comme le trafic d’héroïne, par exemple, ou celui des armes.

    L’argument de la déstabilisation de l’économie des « quartiers » apparaît donc peu fondé sur les observations dont nous disposons et leur examen raisonné.

    #légalisation #cannabis


  • A Hacking Session on Marijuana? GrowUp’s First Annual Cannabis Hackathon is Fast Approaching!
    https://hackernoon.com/a-hacking-session-on-marijuana-growups-first-annual-cannabis-hackathon-i

    The first-ever GrowUp Cannabis Hackathon will take place Sept. 6–7, where hackers will build innovative tech solutions to the fast-growing cannabis industry.September 6th is going to be an incredible time for all cannabis champions, marijuana members, and dope hackers. It will be a time where hackers will be able to build innovative tech solutions for… marijuana?That’s right! GrowUp Cannabis Conference & Expo is hosting its very first 24-hour Cannabis Hackathon! Competing hackers will explore ideas for tracking, purchasing, reporting, strain identification, verification, integration with the entertainment industry, and much more.Competitors will explore ideas for tracking, strain identification, and more.The Hackathon will feature 24 hours of innovative work, brainstorming, debates, (...)

    #marijuana-hacking-session #marijuana-hacking #hackathons #cannabis-hacking #marijuana-hackathon


  • Why #cbd Needs to be Part of Your Medical Regimen
    https://hackernoon.com/why-cbd-needs-to-be-part-of-your-medical-regimen-2ba8c5329b52?source=rss

    In a world where prescriptions are king and synthetic pharmaceuticals rule the medical community, finding reliable natural or homeopathic remedies can be a challenge. However for patients who have not found solutions for their conditions from “traditional” treatment, CBD, or Cannabidiol, has been something of a miracle cure. Reacting directly with the serotonin receptors in the body, CBD helps restore these natural neurotransmitters, helping the body to help itself.For individuals who suffer from minor motion sickness, chronic vertigo, and even chemotherapy related nausea, CBD treats these symptoms effectively and safely. One in four cancer patients, traditional treatments to manage nausea and vomiting have little to no effect. In these individuals, doses of CBD have been shown to (...)

    #cbd-oils #health #cannabis #infographics


  • En #Albanie, « l’argent de la #drogue est devenu l’argent de la politique »

    Les lourds soupçons de #collusion entre le gouvernement socialiste et les narcotrafiquants devraient peser sur les négociations d’adhésion du pays à l’UE, qui seront évoquées lors du Conseil européen de jeudi et vendredi.

    http://www.liberation.fr/planete/2018/06/26/en-albanie-l-argent-de-la-drogue-est-devenu-l-argent-de-la-politique_1662
    #cannabis


  • Les propriétaires s’insurgent contre la culture du cannabis à domicile Benoit Ste-Marie Directeur général de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) - 1 Juin 2à18 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/529302/les-proprietaires-s-insurgent-contre-la-culture-du-cannabis-a-domicile

    Les propriétaires de logements locatifs procurent un toit à des ménages et à des familles vivant en collectivité dans une promiscuité où les comportements des uns affectent le bien-être des autres. Au-delà de l’obligation légale de procurer pleine jouissance paisible des lieux au locataire, le propriétaire a aussi l’obligation #morale d’offrir un lieu où le vivre-ensemble implique des limites aux libertés individuelles : faire du bruit, négliger la propreté, garder un animal dangereux, fumer, etc. Or, la légalisation du cannabis est incompatible avec ces obligations et représente un danger réel pour les occupants.


    Les propriétaires sont responsables du bien-être de familles, d’enfants, d’aînés et de personnes malades. En bons pères et mères de famille, ils ne peuvent que s’opposer fermement à la légalisation de la culture du cannabis à domicile.

    Au #Québec, un locataire peut continuer de fumer illégalement de la marijuana pendant des mois et parfois même pendant deux ans avant que le propriétaire obtienne une audience à la Régie du logement. Les délais judiciaires y sont démesurés. Ce tribunal ordonnera alors de cesser l’activité — ordonnance qui ne sera pas forcément respectée par la suite — ou résiliera le bail.

    En pratique toutefois, le propriétaire seul ne peut pas faire cesser la consommation, la culture ou même le #trafic de cannabis. S’il s’adresse au tribunal, le propriétaire aura le fardeau de la preuve et les plaignants — les autres locataires — craindront de témoigner contre leur #voisin.

    Attrait économique
    Fumer et cultiver le #cannabis a jusqu’ici été une activité criminelle, mais plusieurs enfreignent la loi : 42 % des #propriétaires ont, dans la dernière année, constaté qu’un #locataire fumait du cannabis et 5 % ont découvert une #culture dans au moins un de leurs logements. En légalisant le cannabis, la consommation s’étendra et les problèmes dans les #immeubles aussi. L’attrait économique qu’auront les individus pour la culture à domicile, désormais encouragée par le gouvernement fédéral, fera bondir le taux de locataires qui s’y adonnent, au détriment de la santé, de la sécurité et des relations entre locataires #voisins.

    La culture de cette drogue à domicile est déjà une catastrophe : humidité excessive causant des moisissures, équipements ou procédés non sécuritaires, absence de contrôle, revente et distribution à des tiers. Cela entraîne l’augmentation de la prime d’assurance, la dégradation du bâtiment et le départ de locataires voisins affectés. C’est sans compter les risques d’incendie, de dommages et de querelles interminables entre locataires et propriétaires.
    Le #propriétaire épuise son temps de gestion dans des démarches judiciaires pour tenter de rétablir l’équilibre de vie indispensable aux #locataires. Permettre à monsieur et madame Tout-le-Monde de cultiver son cannabis dans un lieu résidentiel qui ne lui appartient pas est inconcevable, alors que le produit sera accessible en magasin et en ligne. En ce qui concerne cette culture à des fins personnelles, comment contrôlerait-on la limite de quatre plans autorisés par le gouvernement du #Canada ? Impossible.

    Il est tout aussi inquiétant de penser que la loi fédérale banalisera le produit et ses effets sur la santé. Le Québec adoptera sous peu une loi interdisant la production à domicile, mais le fait qu’une loi fédérale l’autorisera lance un message inverse qui, déjà, cautionne moralement les gens à le cultiver, y compris pour faire de l’argent.

    Les ministres fédéraux de la Santé et de la Justice ont récemment cosigné une lettre défendant leur approche en comparant la culture du cannabis à la production à domicile de #bière ou de vin. Entendons-nous, fabriquer de la bière est complexe et coûteux, alors que fabriquer du cannabis est facile et lucratif. Quant aux effets sur la santé, comment peut-on oser comparer le cannabis à la bière ?

    En toute logique, le gouvernement fédéral ne devrait pas permettre la culture du #cannabis à domicile.

    #MDR #Humour


  • #cannabis : les pays qui le légalisent ne sont pas les libertaires qu’on croit - Challenges.fr
    https://www.challenges.fr/societe/cannabis-les-pays-qui-le-legalisent-ne-sont-pas-les-libertaires-qu-on-cro

    La prohibition est un échec. On ne compte plus les rapports faisant état des trafics, des troubles à l’ordre public qu’ils engendrent, du manque de connaissance quant aux risques supposés et ceux avérés, de la facilité de s’en procurer… « Ça pousse partout » entend-on lorsqu’on tend l’oreille. Dans de nombreux Etats, la légalisation du cannabis est en marche. Ces pays l’ont bien compris : légaliser pleinement permet de réguler efficacement. Autoriser signifie contrôler qui signifie sanctionner lorsque le droit n’est pas respecté. C’est ce que montre le nouveau rapport du Think tank GenerationLibre. https://www.generationlibre.eu/cannabis-pourquoi-et-comment-legaliser — (...)

    #politiquesdrogues


  • #cannabis : Pourquoi et comment légaliser - GenerationLibre
    https://www.generationlibre.eu/cannabis-pourquoi-et-comment-legaliser

    La légalisation se justifie du simple point de vue utilitariste de la santé publique. Elle permet d’éradiquer les trafics, de contrôler la qualité des produits, et d’améliorer les programmes de prévention, notamment en direction des mineurs – sans même mentionner les bénéfices économiques.

    — Permalink

    #politiquesdrogues #rapport


  • Banking the Unbanked #cannabis Industry — The Holy Grail for #blockchain Technology
    https://hackernoon.com/banking-the-unbanked-cannabis-industry-the-holy-grail-for-blockchain-tec

    Banking the Unbanked Cannabis Industry — The Holy Grail for Blockchain Technology ?It’s hard to conceive of any industry that size not having ready access to basic financial services.Banking the unbanked of the world is one of the Holy Grails for blockchain technology and could help millions of people around the globe reach financial inclusion.However, it may come as a surprise to many that this is not just a third-world problem or that it doesn’t only affect individuals. A whole industry in the United States is currently operating completely unbanked and cryptocurrencies could save the day.Cannabis is legal in nearly two-thirds of American states, but the industry is forced to operate without bank accounts.This is because the US government has not effectively caught up with its own (...)

    #cannabis-blockchain #cannabis-on-blockchain #blockchain-cannabis


  • Benjamin, 21 ans : « A ma sortie de prison, sans boulot, je retournerai dealer »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280318/benjamin-21-ans-ma-sortie-de-prison-sans-boulot-je-retournerai-dealer

    © Reuters Une fois recruté dans un réseau de #drogue, difficile d’en démissionner. La machine judiciaire se déclenche, la prison ouvre grandes ses portes et à la sortie, le trafic réembauche. Comment éviter cet engrenage ? Trois jeunes Marseillais racontent leur parcours.

    #France #cannabis #Dealers #légalisation #Marseille


  • Incertitudes sur les effets du #cannabis au volant | GREA - Groupement Romand d’Etudes des Addictions
    https://www.grea.ch/publications/incertitudes-sur-les-effets-du-cannabis-au-volant

    "Une publication récente s’interroge sur les résultats souvent divergents des études sur les effets de la consommation de cannabis au volant. La question est de savoir si les liens observés sont statistiquement significatifs. Les études analysées ne permettent pas de montrer qu’il existe de relations statistiquement significatives du cannabis sur les incidents routiers. Les résultats montrent que les biais de publications sont très élevés". — Permalink


  • La fibre de cannabis, voie d’avenir du #Rif marocain
    https://reporterre.net/La-fibre-de-cannabis-voie-d-avenir-du-Rif-marocain

    Cultivé depuis des siècles dans le nord du Maroc, le #cannabis n’est aujourd’hui produit (illégalement) que pour ses qualités psychoactives. Pourtant, explique l’autrice de cette tribune, la #fibre de #chanvre est un atout majeur pour le développement de cette région, en particulier pour ses usages dans la #construction.

    #architecture #histoire #maroc #rénovation_énergétique #déforestation


  • Kaya... 19 ans après, ses mots sont toujours des armes - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/kaya-15-ans-apres-ses-mots-sont.html

    Le #21février 1999 est un jour sombre dans l’histoire de l’île #. Au petit matin de ce « #bloodySunday », #Kaya est retrouvé mort au fond de sa #cellule, le crâne ouvert... 19 ans après, l’inventeur du #seggae est devenu la figure emblématique d’un #combat qui se poursuit pour plus de #justice et de #paix au sein de la société mauricienne. Un documentaire de Michel Vuillermet, réalisé en 1992, retrace le parcours hors norme de #JosephRéginaldTopize, alias Kaya.

    #RacineTatane #Mauritius #IleMaurice #prison #repression #cannabis #assassinat


  • Drogues et agriculture : une interaction méconnue | IRIS
    http://www.iris-france.org/106922-drogues-et-agriculture-une-interaction-meconnue

    Tout ceci nous ramène à l’#agriculture. Le cannabis est, en effet, soulignons-le nettement, un produit agricole non-alimentaire. Et la #Californie représente la ferme des #États-Unis. C’est un État agricole puissant où l’innovation dans les champs n’est donc pas que technologique aujourd’hui. La Californie produit 6000 tonnes de #marijuana, qui représentent cinq fois sa consommation intérieure et une manne fiscale importante pour ses finances publiques (1 milliard de dollars selon les estimations à maturité du marché). Une filière se met en place, avec des exploitations qui se convertissent sur cette culture à haute valeur ajoutée. Des organisations professionnelles spécifiques (California growers association, California canabis industry association) coexistent avec des producteurs locaux qui revendiquent des « #appellations » selon les #terroirs. À cela s’ajoutent la prolifération de start-ups de Silicon Valley, se positionnant sur la filière #cannabis et dont les levées de fonds battent des records.

    Le cannabis ne mettra sans doute pas en péril la puissante ferme californienne. De sérieuses limites au développement de la filière méritent d’être indiquées : une règlementation stricte (permis de production), une fiscalité élevée ou un plafond foncier très faible (une acre soit 4000 mètres carrés) sur 5 ans pour freiner l’émergence d’une agriculture de firme et capitalistique. Mais sa production pourrait toutefois gagner du terrain au détriment des filières horticoles et de fruits et légumes, car ces cultures ont des besoins analogues en énergie, eau et en infrastructures (cultures sous serres). En outre, la production californienne excède déjà largement la consommation locale dans l’État. Sachant que les exportations interétatiques de cannabis sont interdites sur le sol américain, nous observons donc dans une explosion du marché noir dans les villes californiennes.


  • #cannabis_thérapeutique : « Il n’est pas question de stigmatiser les patients »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/010218/cannabis-therapeutique-il-n-est-pas-question-de-stigmatiser-les-patients

    Alors que le ministre de l’intérieur a choisi de créer une amende forfaitaire délictuelle pour les consommateurs de #stupéfiants, le psychiatre Nicolas Authier, qui préside la commission des stupéfiants et psychotropes de l’Agence du médicament, estime que le développement des cannabinoïdes thérapeutiques en #France passera par des médicaments.

    #cannabidiol #cannabinoïdes_médicaux #sante



  • Le marché mondial du cannabis est en pleine évolution. Comment s’organise-t-il entre pays producteurs et pays consommateurs ? Et quel est l’impact économique de la légalisation menée par certains États ?
    https://www.arte.tv/fr/videos/067846-019-A/le-dessous-des-cartes
    #Cannabis


  • Le coup de gueule de la présidente de la commission des Lois contre deux députés | LCP Assemblée nationale
    http://www.lcp.fr/actualites/le-coup-de-gueule-de-la-presidente-de-la-commission-des-lois-contre-deux-deputes

    Yaël Braun-Pivet n’a pas apprécié que ces élus dévoilent à plusieurs médias le contenu de leur rapport sur le #cannabis, avant même de le présenter en commission. Elle s’en est expliquée avec les intéressés.

    C’était sans compter sur le tempérament impétueux de Robin Reda, l’un des deux députés mis en cause, qui se risque à relever « le rappel au règlement quasi-maternel » de Yaël Braun-Pivet. « J’adore vos réflexions misogynes ! », fulmine la présidente de commission. « Je dis ça parce que vous pourriez être ma mère... », s’enfonce Reda. On a connu plus élégant...

    Reda : premier de la classe



    http://juvisy.fr/democratie-locale/vos-elus
    non de dieu ! mais y’a pas de beuh à Juvisy ou quoi !

    https://twitter.com/robinreda
    le pétard devrait être obligatoire à l’assemblée !


  • Enquête sur les petites mains du deal de #cannabis
    http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2018/01/25/les-soutiers-du-deal_5246663_3224.html

    Selon le rapport publié fin 2016 par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) et intitulé « Estimation des marchés des #drogues illicites en France », il réalise à lui seul un chiffre d’affaires annuel de 1,1 milliard d’euros et compte plus de 240 000 personnes. Presque autant que #La_Poste.

    • Entre stress du « métier », violence du milieu et salaires de misère, de jeunes recrues racontent le quotidien des vendeurs et des guetteurs. Le business du cannabis emploie plus de 200 000 personnes en France.

      LE MONDE | 25.01.2018, Par Louise Couvelaire

      C’est indiqué en gras et en lettres capitales sur l’affichette postée sur la Toile : « On recherche guetteur. » « Profil recherché : jeune, physionomiste, maîtrise du deux-roues appréciée, respectueux envers les clients et les clientes », décrit la petite annonce avec barres d’immeubles et feuilles de chanvre en arrière-plan. « Horaires de travail : de 10 heures à 22 heures (adaptés aux horaires de vente). Prix : 100 euros/jour ». Comme s’il s’agissait d’une banale offre d’emploi.

      Le trafic de cannabis est un business – presque – comme un autre, un modèle de néolibéralisme avec ses grandes entreprises et ses PME, ses stratégies marketing habiles et son management impitoyable, ses patrons grassement rétribués et ses petites mains sous-payées. Mais sans syndicat. En France, il représente la moitié du marché des stupéfiants.

      Selon le rapport publié fin 2016 par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) et intitulé « Estimation des marchés des drogues illicites en France », il réalise à lui seul un chiffre d’affaires annuel de 1,1 milliard d’euros et compte plus de 240 000 personnes. Presque autant que La Poste.

      Un poids lourd de l’économie française, en somme, qui opère en toute illégalité mais recrute à tour de bras « des armées de larbins qui triment pour moins que le smic », dénonce un médiateur d’une cité des Yvelines. Le chercheur Nacer Lalam, coauteur du rapport de l’INHESJ, les appelle « le prolétariat du cannabis », dont les revenus ne font, le plus souvent, qu’assurer la survie. « Comme dans les entreprises normales, les patrons s’enrichissent, pas les employés », résume un officier de police judiciaire des Hauts-de-Seine.

      Un « boulot très ennuyeux et stressant »
      On l’appellera Marvin. Il a 22 ans et vend du shit dans un quartier de l’est de Paris depuis deux ans. Ce soir de janvier, frigorifié dans son petit blouson noir zippé jusqu’au menton, il attend le « clicos » (le client) sur un bout de macadam désert depuis cinq heures déjà. Il lui reste cinq heures de plus « à poireauter dehors », jusqu’à minuit. A intervalles réguliers, il étire son cou et balaye du regard les environs, histoire de s’assurer de l’absence de policiers. « C’est l’enfer, commente-t-il, la mine lasse. C’est un boulot à la fois très ennuyeux et très stressant. »
      Horaires à rallonge, pressions et craintes des représailles physiques sont le lot quotidien du jeune homme, dont le salaire hebdomadaire varie en fonction des ventes et de l’humeur de son patron : 450 euros maximum, 250 euros le plus souvent. Pas de quoi gagner son autonomie – il vit chez un cousin – ni mener grand train.

      « Vu tous les risques que je prends – les gardes à vue, la prison, les règlements de comptes –, c’est pas cher payé », se lamente-t-il.
      Loin des idées reçues et des fantasmes d’argent facile, le deal ne profite en réalité qu’à un petit nombre de personnes haut placées dans les réseaux qui, « par leur train de vie et leur visibilité quotidienne, assurent la publicité et la pérennité du contre-modèle qu’elles incarnent », écrit Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, dans son rapport de recherche sur « L’implication des mineurs dans le trafic de stupéfiant » (décembre 2016).

      « Ça gagne que dalle »
      A 19 ans, Amine (le prénom a été modifié) mène une carrière à faire saliver d’envie ses petits camarades qui se voient déjà au volant d’une berline aux vitres teintées. A 12 ans, il jouait les guetteurs contre quelques billets ; depuis ses 18 ans, en tant que chef des vendeurs, il empoche jusqu’à 250 euros par jour, prétend-il. De quoi entretenir son image.

      « Moi, ça se voit que je deale, j’ai toujours des nouvelles baskets et de nouvelles fringues, se targue le jeune homme, qui vend de la “beuh” dans le Val-d’Oise et espère obtenir un poste plus important d’ici peu. Mais le grand patron, lui, c’est un invisible. Personne dans la cité ne sait qui c’est. »
      Chouf (guetteur, chargé de prévenir de l’arrivée de la police), rabatteur (dont la mission est d’aller chercher le client), portier (quand le trafic a lieu au sein d’un hall d’immeuble), coupeur (conditionnement des sachets de shit ou de beuh), bicraveur ou charbonneur (vendeur)… « Tous ces postes sont nuls, ça gagne que dalle », lance Amine. De fait, cette main-d’œuvre bon marché turbine au bas de l’échelle pour quelques euros de l’heure dans des conditions de travail « infernales », martèle Marvin. D’où le fort taux de #turnover.



      Dans l’économie parallèle, les conflits sociaux se règlent souvent par la violence physique, et la concurrence s’élimine à coups de pompes et, parfois, à la kalachnikov. Si certaines têtes de réseaux optent pour une méthode de management « douce », voire paternaliste, d’autres emploient la manière forte. Retardataires tabassés, guetteurs brûlés à la cigarette lorsqu’ils ont tardé à alerter les vendeurs de l’arrivée de la police… Et malheur aux rabatteurs des cités voisines : « Ceux-là, si on les chope, on les fracasse », dit Amine. Même lorsque les trafiquants tentent une approche « courtoise », la menace reste l’argument massue.
      Cette affichette à destination des habitants, placardée dans le hall d’un immeuble de Seine-et-Marne, en témoigne : « Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gène occasionnée due au commerce au sein de votre bâtiment. De ce fait, il est de votre devoir de garder le silence et de ne pas coopérer avec la police. (…) Pour votre plus grand bien, nous vous recommandons de bien vouloir vous taire, à défaut de représailles. Nous vous remercions de votre compréhension et restons à votre entière disposition. »

      « C’est une histoire de dette »
      Meilleur vendeur de son réseau, Marvin a été roué de coups par son patron et menacé avec un couteau lorsqu’il a voulu démissionner. Le jeune homme n’attend qu’une seule chose : que la police démantèle son réseau et mette ainsi fin à son « cauchemar ». Son cas est loin d’être isolé, selon l’officier de police judiciaire des Hauts-de-Seine.
      « Toutes les méthodes et tous les prétextes fallacieux sont utilisés pour les prendre au piège, raconte-t-il. Le plus souvent, c’est une histoire de dette. »
      Faire crédit à un jeune consommateur local pour lui réclamer ensuite le remboursement immédiat de son ardoise est l’un des ressorts classiques de l’entrée dans le trafic. Le même mécanisme s’appliquera pour le contraindre à y rester. « Les gérants du réseau accusent un vendeur d’avoir perdu de la marchandise ou financent les frais d’avocats lorsqu’il se fait arrêter et réclament ensuite d’être remboursés sur le champ, poursuit le policier. Il n’a alors pas d’autre choix que de reprendre son poste. »

      Marvin est pourtant titulaire d’un CAP de menuiserie et rêve d’une formation en ébénisterie. « Cela fait plus d’un an que je cherche et que je ne trouve pas. Je n’ai plus le courage, confie-t-il. J’ai proposé mes services au dealer il y a deux ans parce que je n’avais rien : j’étais à la rue et sans emploi. Ils m’ont embauché tout de suite. »
      Avoir un rôle dans l’entreprise « virile » du trafic
      Là où l’économie légale leur ferme les portes, l’économie de la pauvreté, ou de la débrouille, prend le relais. « Le secteur des stups n’est pas discriminant et accepte les non-diplômés, principalement des jeunes hommes issus de milieux défavorisés, observe l’économiste Christian Ben Lakhdar, maître de conférences à l’université de Lille-II. C’est un marché du travail auquel ils ont accès. »
      Dans les quartiers où les taux de chômage et de décrochage scolaire atteignent parfois 50 %, « l’école de la rue » se substitue à l’école républicaine. « Des jeunes se pointent tous les jours pour du boulot, à l’heure d’ouverture des points de vente », raconte Amine.

      Pour la Mission métropolitaine de prévention des conduites à risques (une coopération entre la Mairie de Paris et le département de la Seine-Saint-Denis), avoir un rôle dans l’entreprise « virile » du trafic procure au jeune le « sentiment intense d’exister » et la satisfaction d’obtenir un « statut » dans la cité, mais aussi d’accéder à une forme de normalité, en lui permettant d’avoir une place dans la société de consommation.
      « Demander à sa mère, c’est le cafard, estime le dealer du Val-d’Oise. Avec ses 1 200 euros par mois en tant que femme de ménage dans un hôtel, on ne va nulle part. Moi, je voulais de l’argent. »
      Ceux qui, comme lui, parviennent à gravir les échelons, « coffrent » leurs économies pour ouvrir un commerce légal le plus souvent. Les autres déchantent, sans un sou en poche mais avec un casier judiciaire bien rempli.

      #emploi_informel #caillasse

    • Les vendeurs de cannabis, des salariés comme les autres ? Le Monde, 25.01.2018, Louise Couvelaire

      Capacité à prendre des risques, compétences en marketing… des initiatives tentent de valoriser l’expérience des dealeurs pour les aider à s’en sortir.

      Ce n’est pas le genre d’expérience que l’on peut inscrire sur un CV ni faire valoir lors d’un entretien d’embauche. Pourtant, Sofiane (le prénom a été modifié), 17 ans, est un patron avant l’âge. Il n’est pas encore sorti de l’adolescence qu’il s’exprime déjà comme un homme d’affaires aguerri. Faussement nonchalant, les mains dans les poches de son survêtement siglé d’un blanc immaculé, il parle « recrutement », « stratégie marketing » et « fidélisation du consommateur ».

      En quelques années, il a gravi les échelons de son organisation du Val-de-Marne à une vitesse record, passant de livreur de sandwichs à « bras droit » du « big boss » chargé du management, de la comptabilité et des importations. Une succession de postes qu’il a occupés à temps plein depuis l’arrêt de ses études, en classe de 3e. Mais sa carrière s’est arrêtée net un matin d’avril 2017, lorsque les policiers ont enfoncé la porte du domicile de sa mère. Son interpellation s’est soldée par un séjour de quatre mois à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).

      Sofiane dirigeait un « four », un point « chaud » de deal de résine et d’herbe de cannabis, réalisant un chiffre d’affaires de 6 000 euros par jour en moyenne et employant une trentaine de personnes. « Faire tourner un trafic de stups, c’est comme gérer une société, lance-t-il. Donnez-moi les clés de n’importe quelle entreprise et je vous garantis des bénéfices. » Son aplomb masque mal une réalité dont il a conscience : son ascension fulgurante dans le deal ne lui ouvrira pas les portes du CAC 40.

      Savoir-faire comptable et commercial

      « Certains dealeurs sont pourtant très ingénieux et développent de vraies capacités, souligne Karima Esseki, éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse. Mais ce n’est pas comme ça que la société les voit. » Face à une politique répressive que beaucoup jugent inefficace, certaines initiatives tentent une nouvelle approche : repêcher les acteurs de l’économie souterraine pour en faire de bons élèves de l’économie légale.

      Effacement du casier judiciaire, processus de valorisation de l’expérience acquise, transfert de compétences…

      « L’idée est de modifier la posture que l’on a face à eux, explique Emmanuel Meunier, de la Mission métropolitaine de prévention des conduites à risques (coopération entre la Mairie de Paris et le département de la Seine-Saint-Denis). La plupart sont en totale perte de confiance en eux, ils sont persuadés qu’ils ne savent rien faire et que la société ne veut pas d’eux. Or, les aptitudes qu’ils acquièrent sont souvent proches de celles recherchées dans l’économie classique. »

      Capacité à prendre des risques et à juger des rapports de force, savoir-faire comptable et commercial, habiletés en communication et en management, ponctualité, don d’observation, résistance au stress… Parmi la liste des « connaissances acquises » les plus citées figurent aussi les stratégies marketing, calquées sur celles des industriels.

      Une filière d’apprentissage parmi d’autres

      « La plupart de nos clients sont des petits-bourgeois parisiens, raconte Sofiane. Il faut s’adapter pour les fidéliser. » De plus en plus de dealeurs appâtent désormais le chaland grâce à des opérations de promotion – « jusqu’à minuit, 1 gramme acheté, 0,5 offert » –, du merchandising (briquet offert, feuilles de papier à rouler…), un packaging léché (couleurs pop, liserés dorés…) et une diversification du réseau de distribution par la mise en place de « drive » et de livraisons à domicile. « Les vendeurs-livreurs développent une vraie relation clientèle », juge un officier de police judiciaire des Hauts-de-Seine.

      Le deal, une filière d’apprentissage parmi d’autres, en quelque sorte, dont ils sont plusieurs milliers à sortir chaque année. Dans ce secteur, on fait rarement de vieux os. « Passer son temps à regarder derrière soi, c’est pas une vie », confie Sofiane. A part quelques têtes de réseau, la plupart quittent le métier avant 25 ans.

      « Au-delà, ceux qui n’en sortent pas sont perçus comme des cas sociaux, rappelle Luc-Henry Choquet, coordinateur du livre Protéger la jeunesse contre l’usage et le trafic de drogues (LEN, 2017), distribué à 1 500 éducateurs. La norme sociale reprend le dessus. »

      Pour le chercheur Nacer Lalam, de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, « le recours quasi systématique à la violence pour gérer les conflits est une limite au principe de “compétences transférables” ». Un obstacle qui peut être levé, selon Omer Mas Capitolin, de la Maison communautaire pour un développement solidaire, à Paris. « Lorsque l’on sort du deal, on sort de la violence, dit-il. Comme on ne se retourne plus toutes les trente secondes dans la rue pour vérifier que personne ne veut vous régler votre compte, la pression baisse mécaniquement. » Et de tempérer : « C’est au cas par cas, en fonction de la sensibilité de chaque jeune. »

      Expériences fictives

      Encore faut-il faire oublier son passé pour avoir les meilleures chances de se reconvertir. Certaines associations acceptent ainsi de combler rétroactivement les trous figurant dans le CV, en attestant d’expériences fictives. D’autres organismes vont plus loin, comme le Collectif jeunesse prévention des conduites à risques de la ville de Sevran (Seine-Saint-Denis) : depuis septembre 2016, il facilite les démarches légales d’effacement du casier judiciaire, avec une permanence juridique hebdomadaire tenue par une avocate et un conseiller d’insertion.

      « L’aspect le plus délicat à traiter dans ce processus [de reconversion], c’est celui du cash immédiat, estime Omer Mas Capitolin. Ces jeunes avaient l’habitude de toucher des sommes en liquide régulièrement, et, d’un coup, plus rien. »
      Depuis quelques années, il participe à un programme baptisé « Paris par rues méconnues ». Le principe ? Faire de ces jeunes, dans un délai record, des guides touristiques de leur quartier, « qu’ils connaissent mieux que personne », afin de leur procurer au plus vite un salaire de remplacement, le temps qu’ils trouvent un emploi plus pérenne.

      #dealeurs #Business_School_of_the_streets #livreurs


  • « Les gendarmes m’ont dit que c’était pire que d’avoir commis un crime »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220118/les-gendarmes-m-ont-dit-que-c-etait-pire-que-d-avoir-commis-un-crime

    En #France, la justice continue de condamner les patients, parfois atteints de maladies chroniques lourdes, qui utilisent le cannabis pour se soigner ou soigner un enfant. Nous publions les récits de cinq personnes, dont certaines ont écopé de prison ferme.

    #cannabinoïdes #cannabis_médical