• Un scientifique suédois préconise de manger des humains pour lutter contre le changement climatique
    https://www.anguillesousroche.com/changement-climatique/un-scientifique-suedois-preconise-de-manger-des-humains-pour-lutt

    Un scientifique suédois a fait sensation en affirmant que pour enrayer les effets néfastes des changements climatiques, les humains doivent commencer à se manger les uns les autres. Bien sûr, il n’appelle pas au cannibalisme total comme on l’a pratiqué tout au long de l’histoire. Il pense plutôt que si nous nous débarrassons de certains tabous très évidents, nous pourrions envisager de manger des cadavres humains.

    Alors qu’il parlait du sommet gastronomique suédois sur la nourriture pour le futur, le scientifique du comportement et stratège en marketing Magnus Söderlund de la Stockholm School of Economics a proposé que, pour vraiment prendre en charge les effets du changement climatique, nous devons “réveiller l’idée” que manger de la chair humaine devrait être discuté comme une option dans le futur.

    #cannibalisme #collapsologie

    • Tu as aussi la société de #philanthropophagie de Paulin Gagne

      Sauver le monde en riant
      Gagne au pied de l’obélisque de Louxor.

      Lors de la famine qui ravage l’Algérie en 1868, Gagne publie dans L’Unité, journal universel et pantoglotte de l’avenir une « constitution philanthropophagique » instaurant des « sacrifices sauveurs » qui permettront aux gens de se manger les uns les autres. Ceux qui ne veulent pas mourir pourront se faire couper une jambe ou un bras. Leurs membres seront accommodés de diverses manières et consommés avec recueillement par les affamés. Pendant le siège de Paris, en 1870, il propose de « philanthropophager » ainsi tous les journalistes et tous les vieillards. Il se dit prêt à s’immoler lui-même le premier. La place de la Concorde sera transformée en un vaste temple universel « rayonnant de toutes les splendeurs des cieux ». Aux côtés du pape Pie IX, devenu archi-pontife, il sera, lui, Gagne Ier, l’archi-monarque de la France et du monde.

      Surgissant dans les réunions publiques avec « sa barbe et ses cheveux blancs démesurément longs, ses allures hoffmannesques, sa figure émaciée, son grand corps maigre serré dans une redingote noire boutonnée jusqu’au cou15 », Paulin Gagne ne recula jamais devant aucun excès verbal pour faire parler de lui. On se moqua cruellement de ses vers et de ses proclamations. On se gaussa de le voir trotter chez les marchands et dans les galeries pour placer ses ouvrages. Et l’on haussa les épaules lorsque, après une ultime pétition où il demandait pour ses travaux littéraires « une récompense ou une aumône nationale » capable de le « ravir aux crocs de la faim », il mourut de misère et de privations.


      Relégué en marge d’une société qu’il avait courtisée toute sa vie avec une persévérance hors du commun, Paulin Gagne en triompha néanmoins d’une certaine manière en faisant rire de lui et en devenant ainsi, sinon un grand homme, un homme connu16. Et peut-être la clef de ses plus folles extravagances se trouve-t-elle dans la devise de Gagne Ier, Salvat ridendo mundum : « Il sauve le monde en riant17. »

      André Blavier conclut l’étude qu’il consacre à Paulin Gagne, dans Les fous littéraires (1982), par cette parodie publiée dans L’Éclipse, le 1er avril 1872 :

      « Aux archi-démêlés pour mettre une archi-fin,
      L’Archi-monopanglant, par un arrêt certain,
      Aux archi-prétendants apprend que, sans réplique,
      L’archi-monarque-roi fait l’archi-république18. »

      Allons enfants de la carotte
      Le jour de gloire est arrivé,
      Contre nous du blé qui marmotte
      L’étendard sanglant est levé ;
      Ils viennent jusque dans nos bras
      Égorger nos carottes compagnes !
      Aux armes, carottiers, formez vos bataillons,
      Marchons, que la carotte inonde nos sillons.

      Amour sacré de la carotte
      Conduis, soutiens nos bras vengeurs,
      Liberté chérie en compote
      Combats avec tes défenseurs.
      Des peuples fiers de leur victoire
      Viens parfumer le pot-au-feu
      Pour qu’ils puissent faire en tout lieu
      Éclater la carotte en gloire19.

    • L’anthropophagie etait aussi la technique Aztec pour avoir de la viande. Les aztecs ne chassaient pas les animaux non-humains pour se nourrir, illes ne pratiquaient pas non plus l’elevage de non-humains. Il semblerait que via la « guerre fleurie » on soit face à une sorte d’élévage d’humains dans lesquels les aztecs venaient régulièrement prélevés des individus pour leur viande (le cœur etait offert aux dieux, le reste du corps étant manger par la population - le sang mélanger à du cacao et des piments était consommer aussi).
      Ici une video tres interessante qui raconte tout ca en détail - attention c’est hyper hard les coutumes aztec
      https://www.youtube.com/watch?v=aAbFxSnTNbM

  • La Boétie - Discours de la servitude volontaire

    Volontiers le peuple, du mal qu’il souffre, n’en accuse point le tyran, mais ceux qui le gouvernent : ceux-là, les peuples, les nations, tout le monde à l’envi, jusqu’aux paysans, jusqu’aux laboureurs, ils savent leur nom, ils déchiffrent leurs vices, ils amassent sur eux mille outrages, mille vilenies, mille maudissons ; toutes leurs oraisons, tous leurs vœux sont contre ceux-là ; tous les malheurs, toutes les pestes, toutes leurs famines, ils les leur reprochent ; et si quelquefois ils leur font par apparence quelque honneur lors même qu’ils les maugréent en leur cœur, et les ont en horreur plus étrange que les bêtes sauvages. Voilà la gloire, voilà l’honneur qu’ils reçoivent de leur service envers les gens, desquels, quand chacun aurait une pièce de leur corps, ils ne seraient pas encore, ce leur semble, assez satisfaits ni à-demi saoûlés de leur peine ; mais certes, encore après qu’ils sont morts, ceux qui viennent après ne sont jamais si paresseux que le nom de ces mange-peuples ne soit noirci de l’encre de mille plumes, et leur réputation déchirée dans mille livres, et les os mêmes, par manière de dire, traînés par la postérité, les punissant, encore après leur mort, de leur méchante vie.

    #cannibalisme #servitude #peuple

  • « Peut-on considérer le cannibalisme comme une forme d’amour ? »

    Amanda Lear, artiste

    « Salvador Dalí m’avait confié qu’il aimerait manger sa femme Gala. Dans ma rue, il y a quarante ans, un Japonais amoureux a découpé et bouffé une Hollandaise », note l’artiste multicasquette Amanda Lear. Chanteuse, actrice, animatrice, elle est aussi peintre à ses heures perdues.

    #cannibalisme #misogynie #bac #grosses_têtes #phallosophie
    Aimer une femme ou aimer la viande c’est tellement semblable que la difficulté posé par cette question est un sujet de bac. C’est sympas de faire posé cette question misogyne par une femme, privilège de la galanterie coquière et cocardière. Amanda Lear dit n’importe quoi, Issay Sagawa n’était en aucun cas amoureux de sa victime. Ses parents très fortunés l’avait envoyé en France car au japon il mordait les prostituées au sang et il fallait éloigné cet héritier de zaibatsu du Japon avant qu’il y ai scandale. Ce grand romantique n’a pas été condamé en France ni au Japon et il fait des films porno et des pubs pour des boucheries, tout en oubliant pas de mettre une dédicace dans la langue des parents de sa victime dans chacun des livres qu’il publie pour s’enrichir de son crime.

    #séduction_à_la_française #féminicide #amour #couple #carnisme #hétérosexualité

  • The Cook, The Thief, His Wife And Her Lover
    https://www.nova-cinema.org/prog/2019/173-summer-stoemp/stoemp-weekend-1/article/the-cook-the-thief-his-wife-and-her-lover-21627

    Peter Greenaway, 1989, GB, 35mm, VO ST FR, 124’

    Huis-clos esthétique, cruel et orgiaque dans un grand restaurant hors du temps et de l’espace, qui offre une fresque aussi nourrissante pour les sens que l’esprit. Les monceaux d’aliments, la somptuosité des décors, la précision de la mise en scène, la critique virulente de la société de la surabondance font penser à ces vanités du XVIIe siècle. Tout est exagéré et parfaitement maîtrisé : de longs travellings avec une foultitude de personnages affairés, la musique obsédante de Michael Nyman, les images Scope telles des tableaux vivants qui évoquent la peinture flamande, l’utilisation symbolique et changeante des couleurs qui s’ajoutent comme touche festive et inventive, sans compter le terrible accent français de Richard Bohringer. Le corps est montré (...)

  • Lustucru: From Severed Heads to Ready-Made Meals

    Jé Wilson charts the migration of the Lustucru figure through the French cultural imagination — from misogynistic blacksmith bent on curbing female empowerment, to child-stealing bogeyman, to jolly purveyor of packaged pasta.

    https://publicdomainreview.org/2019/06/13/lustucru-from-severed-heads-to-ready-made-meals

    via https://www.metafilter.com/181455/Lustucru-From-Severed-Heads-to-Ready-Made-Meals

    • Wahoo quelle histoire !

      The sign of the shop, hanging at upper left, displays a decapitated woman’s body above the words “Tout en est bon”, from the saying, “Une femme sans tête: tout en est bon”, meaning “A woman without a head: everything is good”. To make the message absolutely clear, the block of text encourages men to bring their difficult wives to this head doctor, where their brains will be reforged and purged of all screechy, angry, lunatic, obstinate, rebellious, willful, and lazy ways. Any woman with a mind of her own is guaranteed a graphically brutal straightening out.

      As sexist satire goes, this is dark. Even darker is the fact that, as soon as the image appeared, the head-pounding blacksmith “became all the rage” in France.2 Publishers began to churn out stand-alone broadsheets of his image in order to feed a demand for cheap copies, and versions of him in his forge spread from France to Germany and Italy.3 An entire almanac calendar for 1660 was dedicated to Lustucru.4 He was written into the latest comic plays and poems, and his image was even stamped on tokens or “jetons” (metal coins used mainly as counters in the age before calculators). In today’s terms, he went viral.

      His name, Lustucru, comes from a slurring of “L’eusses-tu-cru?”, a stock phrase used in that period by theatrical fools, which meant, “Would you have believed it?” or in this case, “Would you have thought a woman’s head could be fixed?” According to the seventeenth-century French writer Gédéon Tallemant des Réaux, Lustucru was born from a desire for male revenge.

      Je me demande bien de quelle revenche contre les femmes auraient les hommes de cette époque et dont parle ce Gédéon Tallemant.

      Male anxiety regarding the growing influence and power of women was generally on the rise in France during the 1650s. Women had begun to gain some standing in the literary arts and were established enough to have been satirized as “les précieuses”, a type of clever woman who frequented Parisian salons, wrote books, and favored an elegantly refined (or, to other minds, affected and pretentious) speaking and writing style.

      Les femmes n’ont pas gagné en puissance vers 1650, c’est même tout l’inverse, c’est la période de la création de l’académie française, institution dont le but principale est de baillonner les femmes et excisé la langue de toute trace de féminin qui ne soit pas humiliant. C’est aussi la période de la chasse aux sorcière, des interdictions de reprendre le commerce familial en cas de veuvage,

      #séduction_à_la_française #inversion_patriarcale #blâmer_la_victime #misogynie #féminicide #domination_masculine #mégèrisme #histoire #marque #cannibalisme #lobotomie #hystérie #femmes #guerre_des_sexes #couple #amour #hétérosexualité #domination_masculine #chirurgie #violences_médicale #patriarcat #matriarcat

  • Le Dolcett : les hommes qui rêvent de manger des femmes - Motherboard
    https://motherboard.vice.com/fr/article/bm7xbz/le-dolcett-le-fantasme-de-manger-des-femmes

    Il restait néanmoins un spécimen de fétichiste plus rare que les autres à documenter : le cannibale. Mon sang ne fit donc qu’un tour lorsque l’un de mes contacts m’annonça qu’il en avait rencontré un de qualité supérieure. « Il est super sympa » affirma-t-il. « Je lui ai parlé de toi, il fait partie d’une grande communauté d’hommes et de femmes qui se dévorent entre eux, et il a accepté de t’en parler. Ça s’appelle le Dolcett. »

    #Cannibalisme #Dolcett #sexualité

  • Une épave de l’expédition Franklin retrouvée dans l’Arctique | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/062223-000-A/une-epave-de-l-expedition-franklin-retrouvee-dans-l-arctique

    En 1845, deux navires britanniques, partis à la recherche du mythique passage du Nord-Ouest, sont coincés par les glaces de l’Arctique. Plus d’un siècle et demi plus tard, des archéologues ont retrouvé l’une des épaves. Ce documentaire captivant retrace leurs travaux et la tragique expédition.

    Ce qui devait être un coup d’éclat de l’Empire britannique tournera en hécatombe. En 1845, alors que les guerres de territoires se gagnent via l’exploration scientifique, la Royal Navy envoie deux navires, commandés par sir John Franklin, en terres arctiques. La Couronne ambitionne de dresser la carte de l’impénétrable passage du Nord-Ouest, zone inconnue censée relier l’Atlantique au Pacifique par le nord du Canada. Malgré l’équipement moderne des navires, la glace emprisonne le convoi, contraignant les marins à passer deux hivers sur place. Les hommes y périssent les uns après les autres. Le 22 avril 1848, 105 survivants partent en quête de secours. Affamés, ils finissent par dévorer leurs morts. Aucun d’entre eux ne survivra. Les deux bateaux sont engloutis par les glaces.

    Énigme maritime
    En septembre 2014, après des années de recherche, des équipes d’archéologues de l’agence gouvernementale Parcs Canada, assistées par des navires de la garde côtière canadienne, sont finalement parvenues à découvrir l’un des deux navires, l’Erebus, reposant par 11 mètres de fond dans le golfe de la Reine-Maud. Des images de synthèse, générées à partir de sonars, ont permis de créer une simulation en 3D de l’épave, jusque dans ses détails les plus étonnants. Le documentaire nous entraîne dans ce fascinant périple et montre en parallèle le destin atroce des marins et les recherches complexes des équipes actuelles. Combinant iconographie, témoignages d’historiens, reconstitutions historiques autour du fil rouge de la quête de l’épave, ce film captivant livre la clef d’une énigme maritime vieille de plus d’un siècle.

    #Cannibalisme

  • William Seabrook — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Seabrook

    En 1931, lors d’un voyage en Afrique de l’Ouest, William Seabrook rencontre une tribu d’anthropophages connue sous le nom de Guero1. Les membres de cette communauté mangent leurs ennemis tués au combat. Les guerriers Guero lui expliquent que les parties les plus appréciées sont le dos, le foie, le cœur et le cerveau. Un guerrier lui avoue que, pour lui, la paume des mains est le meilleur morceau2.

    Une fois revenu en France, William Seabrook se procure un morceau de chair humaine auprès d’un interne de la Sorbonne. Seabrook déclare qu’il s’agissait d’un homme récemment mort mais qu’il n’a pas été assassiné3. Dans la villa du baron Gabriel des Hons, à Neuilly, il cuisine la viande en un ragoût accompagné de riz et la goûte : « Cela ressemblait à de la bonne viande de veau bien développé, pas trop jeune mais pas encore un bœuf. C’était indubitablement comme cela, et cela ne ressemblait à aucune autre viande que j’aie déjà goûtée. C’était si proche d’une bonne pièce de veau à pleine maturité qu’à mon sens, aucune personne dotée d’un palais ordinaire et d’une sensibilité normale n’aurait pu faire la différence. »

    #cannibalisme

  • L’apport calorique d’un repas anthropophage est assez bas comparés aux autres repas carnivores traditionnels :

    Assessing the calorific significance of episodes of human cannibalism in the Palaeolithic
    James Cole
    Sci. Rep. 7:44707, 2017
    https://www.nature.com/articles/srep44707

    Episodes of Palaeolithic cannibalism have frequently been defined as ‘nutritional’ in nature, but with little empirical evidence to assess their dietary significance. This paper presents a nutritional template that offers a proxy calorie value for the human body. When applied to the Palaeolithic record, the template provides a framework for assessing the dietary value of prehistoric cannibalistic episodes compared to the faunal record. Results show that humans have a comparable nutritional value to those faunal species that match our typical body weight, but significantly lower than a range of fauna often found in association with anthropogenically modified hominin remains. This could suggest that the motivations behind hominin anthropophagy may not have been purely nutritionally motivated. It is proposed here that the comparatively low nutritional value of hominin cannibalism episodes support more socially or culturally driven narratives in the interpretation of Palaeolithic cannibalism.

    Vainqueur du Prix #Ig_Nobel 2018 en Nutrition
    https://www.improbable.com/ig/winners/#ig2018

    A rajouter à la compilation #archéologie et #discriminations :
    https://seenthis.net/messages/633249

    #histoire #préhistoire #anthropologie #civilisation #évolution #anthropophagie #cannibalisme #nourriture #calories

    • Modeste proposition, par Jonathan Swift

      Pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à charge à leurs parents et à leur pays et pour les rendre utiles au public
      . . . . .
      Un jeune américain de ma connaissance, homme très-entendu, m’a certifié à Londres qu’un jeune enfant bien sain, bien nourri, est, à l’âge d’un an, un aliment délicieux, très-nourrissant et très-sain, bouilli, rôti, à l’étuvée ou au four, et je ne mets pas en doute qu’il ne puisse également servir en fricassée ou en ragoût.
      . . . . .
      Un enfant fera deux plats dans un repas d’amis ; et quand la famille dîne seule, le train de devant ou de derrière fera un plat raisonnable, et assaisonné avec un peu de poivre et de sel, sera très-bon bouilli le quatrième jour, spécialement en hiver.
      J’ai fait le calcul qu’en moyenne un enfant qui vient de naître pèse vingt livres, et que dans l’année solaire, s’il est passablement nourri, il ira à vingt-huit.

      J’accorde que cet aliment sera un peu cher, et par conséquent il conviendra très-bien aux propriétaires, qui, puisqu’ils ont déjà dévoré la plupart des pères, paraissent avoir le plus de droits sur les enfants.

      La chair des enfants sera de saison toute l’année, mais plus abondante en mars, et un peu avant et après, car il est dit par un grave auteur, un éminent médecin français, que, le poisson étant une nourriture prolifique, il naît plus d’enfants dans les pays catholiques romains environ neuf mois après le carême qu’à toute autre époque : c’est pourquoi, en comptant une année après le carême, les marchés seront mieux fournis encore que d’habitude, parce que le nombre des enfants papistes est au moins de trois contre un dans ce royaume ; cela aura donc un autre avantage, celui de diminuer le nombre des papistes parmi nous.
      . . . . .

      https://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1700

      #Littérature #Jonathan_Swift #Angleterre

    • 28 septembre 13h30 UQAM (279 Sainte-Catherine Est, Montréal, DC-2300) : Le cannibalisme comme métaphore de l’humain
      https://evenements.uqam.ca/evenements/le-cannibalisme-comme-metaphore-de-l-humain/3679

      Mondher Kilani, Professeur honoraire, Université de Lausanne
      Les modalités de la relation de soi à l’autre passent par le cannibalisme en tant que métaphore d’ingestion et de digestion, d’assimilation et de destruction.L’imaginaire cannibale, mélange subtil de désir et d’appréhension, d’accusation et d’aveu, de rumeur et de réputation, fonctionne sur le mode du « je sais bien mais quand même ». Depuis le moment inaugural de la modernité occidentale, ce thème n’a cessé de traverser les récits de voyage, les romans d’aventure, la littérature, le cinéma, les contes, les manifestes intellectuels et artistiques, mais aussi la philosophie et les sciences sociales. Le cannibalisme y représente un modèle auquel la culture se conforme ou duquel elle se défie. Il contribue à ce titre à la production de l’humain, tout comme il éclaire l’épistémologie de l’anthropologie considérée comme alimentation.
      Présentation en lien avec sa dernière publication, Du goût de l’autre. Fragments d’un discours cannibale, Paris, Seuil, 2018.

  • Un sanctuaire dans les Andes | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/063616-000-A/un-sanctuaire-dans-les-andes

    e mont Huascarán, plus haut sommet des Andes péruviennes, est vénéré depuis des temps immémoriaux par les populations autochtones, qui y voyaient la demeure des esprits de la terre. C’est dans ces paysages de haute altitude que furent érigés il y a trois mille ans les premiers sanctuaires des civilisations précolombiennes. Le site archéologique de Chavín de Huántar – qui a donné son nom à la civilisation de Chavín – est situé à 3 200 mètres d’altitude dans l’actuel Pérou. Il offre un exemple remarquable des imposantes constructions en pierre réalisées par les premières cultures andines, vers 900 avant J.-C. La cité était alors dirigée par une caste de prêtres, « ambassadeurs des dieux », qui se serait emparée du pouvoir sans recourir à la force. En parcourant le site, on découvre les vestiges de constructions architecturales stupéfiantes, mises au service du culte – notamment un grand complexe cérémoniel comprenant un théâtre où étaient mis en scène oracles, rituels impliquant l’usage de mescaline, sacrifices humains ou même cannibalisme… Les superbes reconstitutions de ce documentaire-fiction révèlent combien le pouvoir de la religion et les représentations spirituelles ont influencé la conception de ce lieu fascinant.

    #Cannibalisme

  • Après midi Nicolas Coltice - UNIVERSITÉ CLAUDE BERNARD LYON 1
    https://www.youtube.com/watch?v=g9Svnmp-FVU

    La première #conférence de 30 minutes sur l’ #entraide est celle de mon frère @raul - Corentin (ca commence à 19 mins et ca finit à 41 minute)
    cc @fil @baroug
    et @sinehebdo ca devrait t’intéresser.
    @simplicissimus @odilon @reka @alain1 @monolecte aussi peut être.
    #collaboration #biologie #zoologie #compétition #parcoursup

    La seconde conférence s’intitule « sciences et arts » -
    Sur le bleu Goyer voire http://www.marseilleexpos.com/blog/2018/04/10/le-bleu-lumiere-sur-le-dessin-au-bitume-et-a-la-craie
    #optique

    La troisième est sur les #drones de #géologie utilisés pour le #rugby ca pourrait interessé @lecoincoin mais je vais pas la regardé (timing 1h03 elle dure 10 mins)

    La 4eme « des bouts de vie en antarctique » récit d’une chimiste de l’ #atmosphère et glaciologue en #antarctique - ou plutot séjour scientifique en antarctique
    timing 1h14

    Le prof à 1h45 minute est rigolo ! Ca parle du filet de boeuf et de la bouteille qui l’accompagne. :) #viande #clitoris #cannibalisme

  • La « drogue zombie », autopsie d’un fantasme d’internet
    http://observers.france24.com/fr/20171110-drogue-zombie-intox-fake-news-fantasme-internet-intox-f

    Les vidéos et les articles qui en parlent font peur : depuis plusieurs mois, de nombreux sites affirment qu’une nouvelle drogue transformerait les humains en vrais zombies. Au minimum pace qu’elle aurait un effet léthargique. Dans le pire des cas, parce qu’elle pousserait carrément au #cannibalisme. Décryptage sur le vrai du faux de la drogue-zombie.

    Notre enquête nous a permis de comprendre que s’il existe bien un ensemble de drogue de synthèse qui provoque des effets évoquant les morts-vivants tels que décrits dans la fiction, aucune n’a des effets aussi dévastateurs que le cannibalisme, et rien ne prouve qu’elle serait en cause dans les cas relayés récemment.

    #panic_sociale #phénomène_psychogénique_de_masse

  • List of incidents of cannibalism - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_incidents_of_cannibalism

    This is a list of incidents of cannibalism, or anthropophagy, as the consumption of human flesh or internal organs by other human beings. Accounts of cannibalism date back as far as Biblical times, and some anthropologists suggest that cannibalism was common in human societies as early as the Paleolithic Era. Historically, numerous tribal societies have engaged in cannibalism, although very few are thought to continue the practice to this day.

    Occasionally, starving people have resorted to cannibalism for survival necessity. Classical antiquity recorded numerous references to cannibalism during siege starvations. More recent well-documented examples include the Essex sinking in 1820, the Donner Party in 1846 and 1847, and the Uruguayan Air Force Flight 571. Some murderers, such as Albert Fish, Boone Helm, Andrei Chikatilo, and Jeffrey Dahmer, are known to have devoured their victims after killing them. Other individuals, such as artist Rick Gibson and journalist William Seabrook, have legally consumed human flesh out of curiosity, or to attract attention to themselves.

    #cannibalisme

  • Affaire de Nazino — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_Nazino

    L’affaire de Nazino est la déportation massive de 6 000 personnes, dont 4 000 mourront sur l’île de Nazino (en russe : остров Назино) en URSS en 1933. La petite île isolée de Sibérie est située à 800 km au nord de Tomsk. Elle est surnommée en russe « l’île de la mort » (Остров Смерти, Ostrov Smerti) ou encore l’« île des cannibales », les déportés ayant été abandonnés avec seulement de la farine pour nourriture, aucun outil, leurs seuls vêtements qu’ils portaient lors de leur arrestation et sans abris1. Surveillés par des gardes recrutés localement, très rapidement dépassés par les événements, et par des commandants profitant de la situation, les déportés les plus faibles furent rapidement victimes d’actes de cannibalisme pratiqués par des bandes organisées.

    Un rapport sur les événements fut envoyé à Staline par Vassili Arsenievich Velichko et distribué par Lazare Kaganovitch aux membres du Politburo, rapport qui sera archivé à Novossibirsk. Dans celui-ci, il déclare que « 6 114 éléments socialement nuisibles ou sans classe »2 sont arrivés sur l’île fin mai 1933. Une partie de ces déportés étaient de petits délinquants récidivistes, mais l’immense majorité se composait de vagabonds et de paysans dékoulakisés qui avaient fui leurs villages et étaient sans papiers. Arrêtés lors de rafles ordonnées par Staline, ils ont été transportés de Moscou et de Leningrad par train jusqu’à Tomsk et par barges fluviales jusqu’à Nazino. Au moins 27 déportés sont morts lors du transport.

    L’île est située sur l’Ob et mesure 3 kilomètres de long sur 500 mètres de large3. Il n’y avait pas d’abri, il a neigé la première nuit et aucune nourriture ne fut distribuée pendant 4 jours. Le premier jour, 295 personnes ont été enterrées.

    Une commission spéciale fut mise en place en septembre 1933 par le comité régional du parti communiste de la Sibérie occidentale. Leurs rapports seront publiés en 2002 par l’ONG russe Memorial4.

    #cannibalisme #crime_de_masse #déportation #stalinisme #travail_forcé #sans-papiers #goulag

  • Notes anthropologiques (XIV) - la voie du jaguar
    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XIV

    Cette cérémonie religieuse — au cours de laquelle le captif, sacrifié sur l’autel du dieu Xipe Tótec puis écorché et dépouillé, comme on effeuille la mazorca (épi) de maïs, est mangé au cours d’un banquet rituel — apporte un éclairage a posteriori sur les mœurs cannibales des Tupinamba. La civilisation Tupi-Guarani, regroupant un grand nombre de tribus, dont les Tupinamba, sur un très vaste territoire de l’Amérique du Sud, reposait sur la pratique d’un cannibalisme à profonde portée religieuse et sociale. Cette pratique n’était pas limitée à cette civilisation et restait ancrée dans les mœurs de bien d’autres sociétés tribales.

    partie 2 : https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XV

    #cannibalisme #anthropophagie #mâle-alphisme #androcentrisme #virilité #guerre

  • Notes anthropologiques (XV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XV

    Bref éloge du cannibalisme (suite et fin)
    Seconde partie, la légende

    Dans les notes anthropologiques précédentes j’ai cherché à saisir le cannibalisme sous son aspect culturel, comme pratique sociale liée au défi et au don, comme une sorte de potlatch extrême au cours duquel on s’offre comme nourriture à l’autre. Le cannibalisme vu sous cet angle devient alors une pratique hautement spirituelle : nourrir l’autre de son humanité. Ce cannibalisme, en tant que sceau d’une civilisation reposant sur la vendetta au cours de laquelle la réciprocité est toujours à prendre, a marqué bien des sociétés guerrières et tribales sur tous les continents. Nous le retrouvons sur le mode d’un sacrifice propitiatoire aux dieux dans les sociétés plus complexes reposant sur la domination d’un peuple guerrier sur des peuples paysans, comme dans le cas des Mexica.

    L’opprobre jeté par notre civilisation chrétienne et hypocrite sur cette pratique interdit la plupart du temps d’en reconnaître sereinement la dimension culturelle. Nous la saisissons comme une dépravation des mœurs, comme un retour à l’état de nature. (...)

    #anthropologie #cannibalisme #transgression #ogres #Sade #légende #Kwakiutl #grizzly #Dionysos

  • Comment nous sommes redevenus cannibales - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/05/23/comment-nous-sommes-redevenus-cannibales_1652141

    Il faut se rendre au musée de l’Homme, à Paris, et suivre l’anthropologue suisse, Mondher Kilani, auteur du Goût de l’autre (Seuil), dans l’exposition consacrée à la femme et à l’homme de Néandertal pour comprendre qu’il y a quelque chose de cassé dans notre chaîne alimentaire et découvrir que nous sommes tous des Néandertaliens, donc d’ex-cannibales qui se demandent aujourd’hui s’ils peuvent rester carnivores. L’auteur démonte dans cet ouvrage la notion même de cannibalisme en partant de ces hommes primitifs, qui mangeaient leurs semblables, pour arriver à ses contemporains plantés devant leur assiette de viande en se demandant : « Que faire ? »
    BUSTES SIMIESQUES

    En parcourant rapidement l’histoire de l’humanité, la femme et l’homme de Néandertal vivaient il y a 400 000 ans en Europe, au Moyen-Orient ou en Asie, et pratiquaient le cannibalisme, pense-t-on. Longtemps, il a fallu, pour cette raison, les éloigner de l’Homo sapiens, c’est-à-dire de nous, en les faisant ressembler à de grands singes pas très intelligents avec des orbites enfoncées et une mâchoire proéminente. La génétique avançant, nous avons dû admettre que nous avions des gènes en commun, entre 1 % et 3 % pour chacun d’entre nous. Il faut donc les réintégrer dans la famille des Homo sapiens et les laver des accusations mal fondées voire diffamatoires.

    « Néandertal l’Expo » (1) retrace ce parcours en partant « du » crâne, pas une reproduction, mais « le » crâne de cet homme de Néandertal, en poursuivant avec des portraits et des bustes simiesques du XIXe siècle quand l’imagination des chercheurs les guidait, pour finalement, dans la dernière salle de l’exposition, se retrouver face à une femme habillée d’un blue-jean et cardigan bleu Agnès b., qui passerait inaperçue place du Trocadéro, où se trouve le musée de l’Homme. Si « elle » n’avait pas disparu il y a 35 000 ans.

    La réintégration des Néandertaliens dans la famille de l’homme moderne suppose que l’on porte un autre regard sur le cannibalisme. L’incertitude prévaut aujourd’hui quand il s’agit de l’évoquer. La lecture du cartelde l’exposition présentant des os entaillés et brûlés, retrouvés dans la grotte de Krapina (Croatie), montre que le sujet est désormais traité avec d’énormes pincettes : « La présence sur plusieurs ossements de stries faites par un couteau en pierre et de traces de calcinations […] suscite la controverse. Ces traces résulteraient d’un traitement complet des corps, désarticulés et décharnés intentionnellement dans le but d’en prélever la chair », est-il écrit.

    Longtemps le cannibalisme a permis de tracer une frontière entre l’autre et nous, « le sauvage » et « le civilisé », « le primitif » et « l’être évolué », ou entre celui qui ne sait pas que manger son prochain « c’est pas bien », et celui qui a intégré le tabou.
    « FÉTICHISME »

    Le combat en réhabilitation, mené depuis des années par Marylène Patou-Mathis, directrice de recherches au CNRS et co-commissaire de l’exposition, est terminé : la femme et l’homme de Néandertal font partie de la famille des humains (2).

    Pour Kilani, ces frontières n’ont pas grand sens puisqu’il s’agit avant tout de projections de celui qui construit un discours scientifique. Il a lui même franchi la borne qui sépare le sauvage, supposé anthropophage, de l’homme civilisé. Un jour, en 1984, le jeune docteur en anthropologie, il a alors 36 ans, se trouve dans la région de Sepik, en Papouasie-Nouvelle-Guinée en compagnie d’un « ancien », un sage nommé Laplap. Alors qu’ils cheminent, ce dernier lui demande si ses ancêtres venus de l’autre côté de la planète n’avaient pas ingéré les siens. Berbère, originaire de Tunisie, il a les yeux un peu bridés et pourrait être, pour son interlocuteur, un descendant des soldats japonais qui auraient pratiqué l’anthropophagie dans l’île pendant la Seconde Guerre mondiale. « La question était d’autant plus surprenante que je m’étais justement attelé à l’examen des catégories de l’anthropologie comme la magie, le fétichisme, le mythe ou la rationalité à travers lesquelles la discipline appréhendait alors les sociétés dites primitives. C’était un travail qui accompagnait le tournant critique et réflexif de l’anthropologie en France et dans le monde francophone », s’amuse aujourd’hui encore Kilani qui voit alors la perspective s’inverser. L’intéressant n’est plus de regarder le sauvage, mais le civilisé avec les yeux du sauvage. Toute l’anthropologie de l’époque, et notre chercheur avec, opérait ce retournement du questionnement.

    Avec méthode le Goût de l’autre reprend cette construction du sauvage, de l’homme cannibale à la femme de Néandertal plantée fièrement au bout de l’exposition, qui, bras ballant, pourrait être devant une boucherie se demandant si elle doit entrer ou s’abstenir.

    En 2018, l’homme n’est plus cannibale ou de manière très marginale, mais la question posée est de savoir s’il va cesser d’être carnivore. Mondher Kilani s’interdit d’avancer une réponse toute faite dans un domaine trop éloigné de ses sujets de prédilection. Mais, il ne s’interdit pas de baliser le terrain. « Dans les sociétés traditionnelles, le lien était sacré, les interdits religieux et les tabous alimentaires imposaient de n’abattre un animal que selon un rituel strict, de ne pas consommer certains animaux ou certaines parties des animaux, de modérer la chasse, etc. Dans notre société moderne non seulement ce lien sacré a disparu mais toute dimension symbolique également, ne laissant place qu’à une appréhension purement utilitariste et objectiviste de notre rapport à la nourriture et à l’animal, par exemple, avec la crise de la vache folle. A cause du régime alimentaire "carnivore" que nous avons imposé à un herbivore, nous redécouvrons le lien secret, donc symbolique, qui lie le mangeur à ce qu’il mange. Dans le cas particulier de la vache rendue carnivore et cannibale quand elle mange ses semblables, nous nous imaginons aussi cannibales. Et, au lieu d’assumer d’emblée notre dimension cannibale, nous mangeons des êtres sensibles, qui nous ressemblent, nous vivons cet état honteusement. »

    Il faudrait donc d’urgence reconstruire la dimension symbolique ou imaginaire qui nous relie à la nourriture que nous ingurgitons. « Le malaise conceptuel attaché à la consommation de la viande d’animaux, poussait les populations amazoniennes, et l es sociétés paysannes traditionnelles, à sacraliser l’objet de leur appétit et à modérer leur consommation. Nous nous sommes libérés d’un tel lien et nous pensons nous en sortir par des calculs purement utilitaristes. Or, quand l’animal devient un semblable, la limite entre carnivore et cannibale s’estompe. Dès lors on ne peut s’en tirer avec des considérations purement utilitaires. »

    Entre Néandertal et nous, Homère avait déjà posé la question de la modération de la consommation de viande. Quand les compagnons d’Ulysse trouvent refuge sur une île, ils ont interdiction de manger les bœufs d’Elios, le dieu qui éclaire les vivants. Ces derniers, profitant de l’absence d’Ulysse, ne résistent pas à la tentation déclenchant la colère des dieux : « Ils ont tué audacieusement les bœufs dont je me réjouissais quand je montais à travers l’Ouranos étoilé, et quand je descendais de l’Ouranos sur la Terre. Si vous ne me donnez pas une juste compensation je descendrai dans la demeure d’Hadès, et j’éclairerai les morts. » Pour éviter ce cataclysme les compagnons d’Ulysse vont périr.
    DE MONTAIGNE À L214

    Ce qui se redessine, quand L214 diffuse des images insoutenables de la manière dont les animaux sont tués dans les abattoirs industriels, est sans doute cette frontière entre barbare et homme civilisé. Comme le rappelle Kilani dans son ouvrage, cette limite n’a cessé de bouger. Quand il faut conquérir les contrées habitées d’Amérique du Sud ou d’ailleurs, il suffit de déclarer que les autochtones sont des cannibales pour les disqualifier. L’anthropologue se met lui dans les pas de Jean de Léry (1534-1613) et de Hans Staden (1525-1579), les premiers qui ont adopté un discours bienveillant à propos des populations du Brésil. Il suit aussi Sade (1740-1814), Claude Lévi-Strauss, le père de l’anthropologie moderne, Bataille ou Vázquez Montalbán.

    Mais le premier arpenteur de l’humain qui a, de son propre aveu, influencé Kilani est Montaigne (1533-1592) quand il appelle l’homme « moderne » à la prudence dans son texte Des cannibales : « Il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ; comme de vrai, il semble que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et idée des opinions et usages du pays où nous sommes. » Et de conclure : « Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie. »
    EUCHARISTIE

    Pour achever d’appeler à la reconstruction d’une frontière symbolique entre ce que l’on peut manger et ce que l’on ne peut pas, Kilani s’amuse à rappeler que la pratique de l’eucharistie revient à faire du catholique un cannibale du dimanche. Quand les protestants ne voient qu’un symbole dans le pain et le vin, c’est-à-dire l’évocation du dernier repas du Christ, l’Eglise de Rome, elle, en appelle régulièrement aux paroles de Jean (6, 53-56) : « En vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle […] qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. »

    On peut avoir bon appétit et manger le fils de Dieu à condition que ce soit sacré. Mondher Kilani n’invite pas au sacré, il est resté marxiste : mais il propose de reconstruire la limite symbolique qui nous sépare du sauvage alors que nous ne regardons plus que le bilan économique de la filière viande.

    #cannibalisme

  • Notes anthropologiques (XIV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XIV

    Bref éloge du cannibalisme
    Première partie, la réalité

    Le culte rendu à Xipe Tótec par les Mexica nous plonge aux fondements religieux de la civilisation où l’être se confond avec sa nourriture : l’homme de maïs. La nourriture, le maïs, est essentiellement spirituelle, à la fois produit de la vie sociale et générant la vie sociale, l’esprit se faisant chair. Au cours de la cérémonie tlacaxipehualiztli consacrée à Xipe Tótec, « Notre Seigneur l’Écorché », les prisonniers immolés en haut du temple aussi bien que les captifs morts dans un combat simulé étaient écorchés et dépouillés par les prêtres. Leur peau était portée comme un trophée pendant les vingt jours du mois tozoztontli consacré au dieu ; et les corps, dépecés et mangés au cours d’un banquet rituel, comme si les Aztèques devaient prendre au mot l’expression « homme de maïs ». (...)

    #anthropologie #cannibalisme #tabou #guerre #Dionysos

  • Soi-même comme un cannibale
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-la-philo/le-journal-de-la-philo-du-lundi-23-avril-2018

    C’est un livre dont vous avez peut-être déjà entendu parler, ici ou ailleurs, il est paru aux PUF : c’est le livre de l’anthropologue Mondher Kilani, Du goût de l’autre, fragments d’un discours cannibale.

    Le cannibalisme, le phénomène n’échappe pas aux philosophes, c’est pourquoi j’en parle… Mais j’en parle aussi et tout simplement parce que je suis comme tout le monde : le cannibalisme, ça me fascine. Mais pourquoi ? La question philosophique part bien de là : que recouvre cette fascination entre attraction et répulsion ?

    Voici le genre de récits qu’on imagine quand on prononce le mot de “cannibalisme” : des cérémonies venues d’ailleurs, avec de la faim, du sang… Pourtant, à bien y regarder, le cannibalisme dépasse largement ce genre de récits, exotiques, érigés au rang de faits. Il dépasse même largement les époques, les frontières, les peuples auxquels on l’a associé, des Scythes et Assyriens, aux Jivaros d’Amazonie et aux Dayaks de Bornéo…

    Si vous regardez bien, le #cannibalisme est partout. Son sens plastique le permet : il renvoie tout à la fois aux conquêtes coloniales de Christophe Colomb (c’est la 1ère fois que le mot apparaît) qu’à la manducation de la chair humaine, à l’autre monstrueux ou à la dévoration des siens (même de ses parents).

    Et si vous regardez encore mieux, le cannibalisme traverse la culture : Moby-Dick, Robinson Crusoé, le film récent de Julia Ducournau, Grave, le Petit Chaperon Rouge, Sade... Voici donc le cannibalisme : renvoyé à un ailleurs, il ne cesse pourtant de hanter notre culture la plus proche.

    Loin d’être une question de nature, un donné, un fait, on l’entend avec Lévi-Strauss qui rappelle le mythe narrant son apparition, le cannibalisme est bien plutôt une question de culture. Il trouve dans la fiction et la narration, les mots et les images, les contes et les constructions fantasmatiques, sa raison d’être.

    D’où ce paradoxe du cannibalisme : cette altérité, cette étrangeté, ce sont les nôtres, celles que l’on cultive dans nos imaginaires, celle sur laquelle Montaigne, Diderot, Bataille, Baudrillard, Barthes ont réfléchi...

    Et c’est la thèse de Mondher Kilani, dans son livre, à la fois réflexion sur l’anthropophagie et sur la méthode anthropologique (pas si éloignées dans les termes), il souligne ce rapport toujours construit à l’autre, façonné et médiatisé par nos discours. Mais pourquoi le cannibalisme en particulier ? Pourquoi le cannibale serait-il cet autre privilégié ?

    Et si le cannibalisme ne faisait pas que hanter nos esprits mais nos gestes, même les plus amoureux ? Et si nous étions, nous tous, des cannibales ? Quand on mange de la viande, quand on épie les autres, qu’on aimerait bouffer le monde, qu’on dévore des livres, ou avec son amant…

    Il y a quelque chose de foncièrement déconcertant avec le cannibale : cet autre ne mange pas quelqu’un d’autre, mais de la chair humaine, il mange quelqu’un qui lui ressemble et il le fait encore plus sien, il l’ingère, le digère, l’incorpore.

    Voilà donc l’étrangeté, la vraie : le cannibale est vu comme un autre, alors qu’il reste dans le même, à manger les siens... Et il y a ici comme un aveu : c’est comme si un rapport à l’autre restait impossible, même pas pour partager un repas.

  • Le #Cannibalisme au menu
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/010418/le-cannibalisme-au-menu

    Cannibalisme au Brésil en 1557 décrit par Hans Staden. © DR La chair humaine cuite a-t-elle plutôt un goût de porc ou de veau ? C’est une des nombreuses questions auxquelles répond l’anthropologue #Mondher_Kilani dans sa vertigineuse et impressionnante plongée dans le mythe et la métaphore cannibales.

    #Culture-Idées #anthropologie #anthropophagie #Sauvage

  • #Cannibalisme et religion, l’horreur du siège d’Antioche | Raconte-moi l’Histoire
    http://www.racontemoilhistoire.com/2016/04/27/cannibalisme

    En 1098, c’est le siège d’Antioche et c’est pas franchement de la rigolade. Les croisés encerclent la ville, certes ils vont finir par l’avoir, mais il y fait pas bon vivre, il caille et c’est la famine. Un siège, lorsque ça dure quelques jours ça va, mais là, ça va durer d’octobre à juin tout de même. A partir de décembre, il n’y a plus de réapprovisionnement, ou très peu, les chrétiens locaux apportent quelques vivres mais il n’y a pas de quoi faire vivre 10 000 hommes et leurs chevaux. Les croisés doivent avoir envie de bouffer Urbain II et ses idées à la con.

    Coffe et le cannibalisme

    Les mecs sont obligés de bouffer tout ce qu’ils trouvent, beaucoup désertent, d’autres meurent d’épuisement, les derniers rongent les plantes, les tiges de fèves, les herbes mangent les chevaux morts, mais aussi les chameaux ou les chien errants. Et même les rats, les souris mortes et les ordures. Jusqu’à ce qu’ils aient une idée pour pouvoir manger de la chair fraîche…
    Le cannibalisme en croisade

    « À Maarrat, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans des marmites, ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés » Raoul de Caen

    « Les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turcs et les Sarrasins tués mais aussi les chiens » Albert d’Aix « En fît mettre à la broche et rostir plusieurs comme pour viande préparée au souper de lui et des siens » Bohémond de Tarente à propos des espions

    Après avoir mangé tous les trucs vivants qu’il y a dans le coin, les plantes et les animaux, devinez ce qu’il reste ? Bin oui. Les ennemis. Les croisés ont tellement la dalle, que les troupes de Tafur (soit environ 10 000 mecs) décident de croquer la cuisse des Turcs. C’est un vrai festin du coup… Il suffit d’en attraper quelques uns, de les tuer proprement (on évite les coups dans le torse pour une côtelette de bonne qualité), on les vide, ensuite on les fout soit dans une marmite, à la broche, ou au grill et A TAAAAAABLE !

    Kebab et cannibalisme

    Je vous dis pas la déstabilisation des Turcs qui gardent la ville. Déjà, ils sont assiégés et ça sent grave la bouffe. En plus, ce sont leurs copains qui sont en train de griller. Enfin, les croisés prennent des forces et c’est pas bon pour eux. Et en effet, quelques temps après, les croisés réussissent à prendre la ville. Et puis en fait, ils vont la reperdre… Et il y a un second siège en juin, mais seulement de quelques jours !

    Ce qu’il faut retenir, le cannibalisme c’est mal, sauf si c’est pour la religion. Mouais.