• Deuxième volet. Chronique d’une initiation militante où l’activisme anarchiste de l’auteur prend les couleurs d’un certain "pessimisme combatif"

    BALLAST | Francis Dupuis-Déri : « C’est la rage du désespoir qui me pousse à écrire » 2/2
    https://www.revue-ballast.fr/francis-dupuis-deri-cest-la-rage-du-desespoir-qui-me-pousse-a-ecrire-2

    En 2009, vous écriviez dans un article que l’hypothèse d’un « grand soir », qu’il soit électoral ou insurrectionnel, n’était pas envisageable. 10 ans plus tard, vous écrivez que « l’espérance n’est plus de mise » et qu’il ne nous reste que « le pessimisme combatif ». Nos ennemis ont donc définitivement gagné ?

    Nos ennemis ont perdu depuis longtemps, mais ne le savent pas encore… C’est ce qu’annonçait déjà Herbert Marcuse quand il discutait de l’irrationalité de la rationalité du capitalisme ou de l’État. Ces systèmes semblent rationnels car ils maximisent la capacité humaine d’extorsion, de production, d’accumulation et de destruction organisée lors des guerres, par exemple. Mais cette rationalité est irrationnelle car elle mène l’humanité à sa perte, littéralement. Je ne suis ni météorologue, ni géologue, ni géographe, ni physicien, mais j’ai la certitude depuis les années 1980 que c’est foutu : l’humanité a accumulé bien trop de stock atomique civil et militaire et produit bien trop de déchets toxiques et de pollution pour que cela n’entraîne pas d’épouvantables catastrophes. Bientôt ou dans un avenir rapproché, ou dans quelques centaines d’années… Je n’ose même pas imaginer la situation dans 1 000 ou 2 000 ans, quand vont fissurer les silos dans lesquels les déchets nucléaires sont ensevelis et qu’il n’y aura peut-être même plus d’État ou de gouvernement juridiquement « responsable » de ces stocks. « L’espoir, c’est tout ce qui nous reste », me confient des jeunes des écoles secondaires qui se mobilisent pour le climat, et leur mobilisation m’apparaît évidemment comme un signe positif. J’imagine même que dans les prochaines années, plusieurs de ces jeunes vont se radicaliser autant dans leur position idéologique que dans leurs moyens d’action. Car après tout, c’est bien de l’avenir de la civilisation ou de l’humanité qu’il s’agit, et de la survie de milliers d’espèces animales. Mais je carbure surtout au pessimisme car j’ai l’impression depuis longtemps qu’il est trop tard et que les forces conservatrices et réactionnaires sont beaucoup trop puissantes. Bref, je suis encore punk : No Future !

    #anarchisme_punk

    • Et j’ai commencé à utiliser les toilettes publiques indistinctement de leur assignation à un genre, pratique subversive que j’ai rapidement interrompue car cela rendait mal-à-l’aise des utilisatrices des toilettes pour femmes.

      Intéressant ! Et oui, déjà que les femmes ont trop peu de toilettes pour leurs besoins, c’est sympa de ne pas venir piquer les leurs au motif qu’on n’est pas un violeur, donc on n’a pas à respecter les safe spaces des femmes ! Il est classe, de raconter ses erreurs de jeunesse.

      Après quoi vous avez publié Lettre aux cons, l’année suivante.

      Un court pamphlet contre les élections, oui, orné d’un A-cerclé sur la couverture, mais pour lequel je choisirais un autre titre aujourd’hui.

      Je suis sorti politiquement épuisé, si je puis dire, du XXe siècle, et je regarde le siècle passé avec un très fort pessimisme tant l’État (et le patronat) a révélé toute sa puissance destructrice : guerres mondiales, camps d’extermination, colonialisme, emprisonnement de masse, etc.

      Car contrairement à ce que l’on croit généralement, il y a bien moins de marge de manœuvre et de possibilité de liberté collective en Occident qu’hors de l’Occident, même si la violence y est plus brutale. C’est ce que je retiens des expériences des zapatistes et des Kurdes, que je ne connais qu’à distance, mais qui me semblent incarner — au moins partiellement — des principes anarchistes. Ces expériences, auxquelles vous avez d’ailleurs consacré des textes très intéressants, sont bien plus impressionnantes que tous les squats et toutes les ZAD d’Europe et d’Amérique du Nord ! Je dis ceci avec tout mon respect pour les squatteuses et les zadistes.

      Ça, c’est important : liberté des Anciens, liberté des Modernes pris dans leurs gangues techno-étatiques...

      La moindre des choses est d’ailleurs que les États offrent quelques services à leur population, après avoir consacré tant d’énergie pendant des siècles à détruire (et souvent interdire) l’organisation autonome et communautaire — au sens du commun — du travail et de l’aide mutuelle. C’est ainsi que s’est imposé l’étatisme, c’est-à-dire la domination, l’oppression, l’appropriation et l’exclusion « administrées » par et pour l’État « souverain ». Toutes les réalisations que vous associez à de célèbres présidents « socialistes » évoquent des revendications et des projets que portaient des anarchistes dès le XIXe siècle : éducation (mixte) pour toutes et tous, réduction du temps de travail salarié et caisse d’aide mutuelle pour les camarades sans emploi, malades, blessés ou à la retraite, liberté amoureuse et sexuelle et autogestion de leur corps pour les femmes, sans compter l’abolition de la peine de mort et du service militaire…

      Le capitalisme lui-même nous offre tant de produits dont raffolent mêmes les « révolutionnaires », et que nous offrons en cadeau aux gens qu’on aime, y compris ce merveilleux ordinateur avec lequel vous pouvez écrire des textes critiques pour Ballast ! Or je connais peu de socialistes qui s’intéressent aux bienfaits des firmes capitalistes et qui suggèrent de devenir actionnaire de telle ou telle firme pour intervenir dans l’assemblée d’actionnaires afin de favoriser l’amélioration des conditions de travail et de promouvoir l’adoption d’un code d’éthique encadrant la production — cela dit, quelques progressistes voient là une manière d’influencer positivement le capitalisme… Bref, malgré toute cette publicité qui ne nous montre que les bons côtés de l’État et du capitalisme, je préfère marquer ma dissidence à la fois de l’État et du capitalisme, auxquels je collabore trop souvent malgré moi ou malgré tout.

      J’ai le privilège d’écrire et d’être publié, ce qui m’aide beaucoup à « gérer » ma colère et mon désespoir, mais il s’agit là d’un geste narcissique et surtout insignifiant à l’échelle de la société. Malgré le temps et l’énergie que je consacre à mon emploi, je parviens parfois à militer dans des réseaux anarchistes ou anarchisants, contre la police ou la guerre, entre autres causes. Il est vrai que s’exercent dans ces réseaux militants des dynamiques d’exclusion et qu’on s’y retrouve entre-soi, comme dans tous les réseaux sociaux, y compris les partis. Mais vous savez : plusieurs anarchistes sont aussi des gens ordinaires, et militer ainsi change nos vies, au moins momentanément… J’imagine que c’est encore plus vrai pour des classes ou catégories subalternes, comme les femmes dans les réseaux féministes ou les autochtones au Canada dans les cercles traditionalistes.

  • CHU de Montpellier : la morgue est pleine, des cadavres dans un camion frigorifique
    https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/chu-montpellier-morgue-est-pleine-cadavres-dans-camion-frigorifique_25907484.ht

    Les vingt casiers de la morgue du Département de médecine légale au CHU Lapeyronie, à Montpellier, sont occupés en raison d’un afflux de cadavres de l’ex-région Languedoc-Roussillon, à cause des épisodes de fortes chaleurs, notamment, mais pas que : il y a eu des noyades, des affaires criminelles et des accidents de la circulation.

    […]

    Actuellement, les corps en attente d’autopsie sont conservés dans un camion frigorifique loué à la société Petit Forestier.

    • Bonne remarque @mad_meg , mais ils vont pouvoir envoyer leurs morgues portatives en Allemagne.

      Une étude propose de fermer plus de la moitié des hôpitaux allemands Blandine Milcent/oang - 15 Juillet 2019 - RTS
      https://www.rts.ch/info/monde/10573470-une-etude-propose-de-fermer-plus-de-la-moitie-des-hopitaux-allemands.ht

      Il y aurait trop d’hôpitaux en Allemagne et il faudrait en fermer plus d’un sur deux. C’est la conclusion d’une étude commandée par la fondation Bertelsmann, présentée lundi.
      Selon les experts mandatés pour cette étude https://www.bertelsmann-stiftung.de/de/themen/aktuelle-meldungen/2019/juli/eine-bessere-versorgung-ist-nur-mit-halb-so-vielen-kliniken-moe , un hôpital proche de son domicile n’est pas forcément un gage de qualité au contraire.

      « Beaucoup de complications dans le traitement de cas lourds pourraient être évitées » (s’il y avait moins d’établissements), disent-ils, car souvent, des cliniques de taille modeste n’ont pas suffisamment de personnel, pas suffisamment d’expérience, et pas assez d’équipements pour faire face correctement à certaines urgences."

      Rendre l’offre de soins plus efficace
      Les auteurs de l’étude préconisent en conséquence de passer une bonne partie des 1400 établissements hospitaliers allemands pour n’en conserver que 600. Une telle réduction du nombre d’hôpitaux et de cliniques permettrait selon eux de rendre plus efficace l’offre de soins proposée aux Allemands.

      En termes de jour passés à l’hôpital par rapport au nombre d’habitants, l’Allemagne dépasse largement la moyenne européenne, aujourd’hui. Mais un établissement hospitalier sur trois est déficitaire.

      #santé #hôpital #médecine #fric #capitalisme #Allemagne

    • Je me suis très bien présentée à André la semaine dernière, avec mon curriculum militant parce qu’il avait l’air de me prendre (comme nous tou·tes ici) pour une bourgeoise pas politisée. Il n’a pu manquer de faire le lien entre AV qui signait tout ça et AV qu’il a rencontrée à La Brique.

      Moi aussi j’ai vu passer l’adresse à @mad_meg alors qu’il s’agissait de moi et j’ai choisi de ne pas y répondre. C’est vrai qu’André est assez âgé pour confondre tout le monde avec un peu de mauvaise volonté mais que ça soit ça ou une vexation pour nous dire que toutes les féministes du réseau sont interchangeables, qu’elles débitent toutes le même discours convenu... je m’en fous.

      Le mec qui n’est pas capable de se rendre compte qu’il n’est pas plus anti-capitaliste que tout le monde ici,
      le mec qui trimballe partout son complexe d’infériorité et reproche l’utilisation de mots aussi compliqués que « procrastiner » (va à La Brique, mec, la moitié ont des thèses mais font style d’être cool - l’alcool nivelle tout... en façade - alors qu’en vrai tu es pour eux l’imbécile militant de base),
      le mec qui trolle (gentiment) des fils sur le traitement des cadavres avec un truc qui n’a rien à voir sur le système hospitalier allemand en période d’austérité sélective (intéressant par ailleurs mais pourquoi le mettre ici ? parce que ça cause plus que sur son fil ?),
      le mec qui sort des bêtises dans le déni des racines très profondes du patriarcat parce que la manière dont une moitié de l’humanité opprime l’autre, c’est un front secondaire,
      le mec qui a un disque rayé à la place du cerveau (mais oui, c’est mal, l’austérité, le néolibéralisme et le capitalisme, continue de le documenter avec nous ici plutôt que de nous blâmer !),
      c’est vraiment pas le genre de personne avec qui tu as envie d’interagir sur un réseau social, que ce soit pour éclairer sa lanterne ou pour répondre à ses provoc. C’est un pauvre papi, laissons-le dans son caca.

    • Moi aussi j’ai vu passer l’adresse à @mad_meg alors qu’il s’agissait de moi et j’ai choisi de ne pas y répondre.

      Résultat je peu allé me faire foutre... je trouve bien moche que tu te serve de tes rencontre avec les gens irl pour les humilier sur seenthis. Ici tes insultes agistes sur @bce_106_6 ne sont franchement pas nécessaire, il serais jeune ca ne changerais rien au fait que tu n’es pas moi et un simple « je ne suis pas madmeg aurais suffit ».

    • Mais je n’ai jamais laissé imaginer à qui que ce soit, @mad_meg, que j’étais toi ! D’où te vient cette histoire ? Parce que je suis sous pseudo ? Je suis sous pseudo parce que je suis stalkée sur Seenthis, figure-toi, et parce que jusqu’à présent je ne crois pas que les notifications aient été coupées quand une personne décide de te suivre et de ne suivre que toi et reçoit des notifications ne concernant que toi (post et éventuellement commentaires).

      Je me suis identifiée à André (et à quelques camarades que j’ai taguées par la même occasion pour qu’elles reçoivent notification parce que j’ai choisi de ne pas laisser en ligne les références de mes écrits avec mon nom complet). Je veux un peu de pseudonymat sur Seenthis, je ne vole le pseudo de personne et c’est un pseudo que j’utilise depuis 2012, je ne vois pas où est le problème.

      Quant à l’âge d’André, je ne pense pas qu’il soit étranger à sa manière de prendre tout le monde pour des imbéciles qui n’ont rien compris à la vie. On le sait, que l’âge et le statut social sont des variables dans les comportements patriarcaux. Autant que le sexe ! Je rappellerais que c’est un bourge si c’était un bourge. Mais valide ses interactions ici, c’est vrai qu’elles sont très respectueuses et que la compréhension des rapports sociaux de sexe en sort toujours grandie.

      Pour ton information et celles des autres, tes trois tags @aofobb ont généré un seul mail de notification. Un seul aurait suffi mais on a parfois des énervements compréhensibles alors je ne vais pas te le reprocher.

      Bravo pour ta propension à donner envie à tout le monde de se casser dès que sa tête ne te revient pas, tu vas rester avec des André qui vont t’expliquer où est la cause des femmes et qui c’est les vrais méchants.

      @seenthis

  • The case of Jeffrey Epstein and the depravity of America’s financial elite
    https://www.wsws.org/en/articles/2019/07/13/epst-j13.html

    Ils sont tous bien plus corrompus qu’on pensait. Le problème pour nous est que leur actes scandaleux cachent les crimes encore plus graves commis par les membres les plus vertueux de leur classe sociale.

    Acosta was forced out of office because of his role in 2007, as US attorney for Southern Florida, in organizing a sweetheart deal for Epstein, then facing a 53-page indictment and the possibility of a 45-year sentence in federal prison on sex trafficking charges involving dozens of underage girls. Federal authorities accused Epstein, according to the Miami Herald in November 2018, of “assembling a large, cult-like network of underage girls—with the help of young female recruiters—to coerce into having sex acts behind the walls of his opulent waterfront mansion as often as three times a day.”

    “The eccentric hedge fund manager,” the Herald observed, “whose friends included former President Bill Clinton, Donald Trump and Prince Andrew, was also suspected of trafficking minor girls, often from overseas, for sex parties at his other homes in Manhattan, New Mexico and the Caribbean, FBI and court records show.”

    The deal agreed to by Acosta provided for Epstein to plead guilty to only two prostitution charges in state court. The plea deal included granting the multi-millionaire, along with several named co-conspirators and any unnamed “potential co-conspirators,” immunity from all federal charges. The agreement, “called a non-prosecution agreement,” reported the Herald, “essentially shut down an ongoing FBI probe into whether there were more victims and other powerful people who took part in Epstein’s sex crimes.”

    Moreover, despite a federal law banning such an action, Acosta agreed that information about the agreement would be kept secret from the alleged victims. As a result, the deal was sealed “until after it was approved by the judge, thereby averting any chance that the girls—or anyone else—might show up in court and try to derail it.”
    ...
    Helaine Olen makes a stronger case in the Washington Post that the Epstein scandal tells us something more far-reaching and important about “how our current age of wealth excess might come to an end.” She suggests that the affair “will come to be viewed in future years as one of the defining events that brings our age of excess to a close,” and that people will study it in years to come as they now do the conduct of Marie Antoinette and Rasputin on the eve of the French and Russian revolutions.

    “Our era is one of exploding and all but unpunished crime by the wealthy and connected,” she writes. “The Epstein scandal blows holes through the foundational myths of our time, revealing them for the empty and sickening bromides used to justify obscene wealth and power and privilege that they really are.”

    #USA #exploitation #prostitution #capitalisme

  • Belgique : Inégalités salariales entre femmes et hommes : un combat toujours d’actualité Natalia Hirtz - 12 Juillet 2019 - InvestigAction
    https://www.investigaction.net/fr/inegalites-salariales-entre-femmes-et-hommes-un-combat-toujours-dact

    Le 8 mars dernier, l’une des revendications de la première grève des femmes en Belgique portait sur l’égalité salariale. En effet, 53 ans après la grève historique des femmes de la Fabrique Nationale (Herstal), l’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 7,6 % en salaire horaire et de 20,6 % en salaire annuel. Quelle a été l’évolution historique de ces inégalités en Belgique et comment expliquer les écarts actuels ?
     

    Si les femmes ont toujours travaillé, la distinction entre travail salarié (c’est-à-dire, du travail partiellement rémunéré [1]) et travail « domestique » (non rémunéré) est l’une des caractéristiques principales du système capitaliste. Durant la période féodale, la famille paysanne (les serfs) travaille une partie de la semaine sur le domaine seigneurial et l’autre partie, dans la sphère dite « domestique ». Durant cette période de l’histoire, la domination masculine est indéniable et il existe bel et bien une division sexuelle du travail, c’est-à-dire qu’hommes et femmes (voir même enfants) ne réalisent pas les mêmes tâches. Avec le salariat, qui s’installe au XVIe siècle en Europe, la division sexuelle du travail est renforcée par la séparation entre travail salarié (masculin) et domestique (féminin). Ce dernier sera non seulement dévalorisé, mais surtout invisibilisé [2]. Les femmes ne seront cependant pas toutes écartées de la sphère salariale qui deviendra l’affaire des plus pauvres d’entre elles. Les travailleuses sont reléguées aux emplois les moins bien valorisés, car considérés comme étant des tâches ne relevant d’aucune qualification acquise, sinon de qualités féminines innées. L’écart salarial augmente. Si au XIVe siècle, les femmes perçoivent la moitié de la paye d’un homme à travail égal, au XVIe siècle elles ne reçoivent qu’un tiers du salaire de leurs homologues masculins [3].

    À partir du XIXe siècle, le travail des femmes en dehors de la sphère domestique est érigé en source de dysfonctionnement et de pathologies sociales. Il est accusé d’entrainer la pauvreté, l’immoralité, la dénatalité et la décadence sociale. Les ouvrières des ateliers sont particulièrement ciblées. En parallèle, le modèle de la famille nucléaire s’impose comme vertu avec au centre, la figure du père, pourvoyeur de revenus, et de la mère, ménagère et pourvoyeuse des soins dans le foyer. La critique du travail salarié des femmes est accompagnée de mesures spécifiques [4]. Le Code civil (1830) donne à la femme mariée le même statut qu’aux mineurs : elle ne peut pas gagner de l’argent, faire des économies ou réaliser des transactions économiques sans la permission de son mari. Pour exercer un travail salarié, elle doit obtenir l’autorisation de son époux. C’est lui qui signe le contrat de travail et qui, jusqu’en 1900, perçoit son salaire. Ce n’est qu’en 1958 qu’une réforme du Code civil supprime la notion de puissance maritale [5].

    Ces mesures précarisent les travailleuses sans pour autant empêcher leur présence dans le monde salarial : à la veille de la Première Guerre mondiale, près d’un employé sur trois est une femme [6]. La discrimination des femmes sur le marché de l’emploi est renforcée durant l’entre-deux-guerres et atteint son apogée durant la crise des années 1930. En 1933 et 1935, le gouvernement diminue les salaires des femmes fonctionnaires et des institutrices ; en 1934, il suspend l’embauche des femmes dans le service public (exception faite du service de nettoyage) [7]. L’arrêté royal de décembre 1934 autorise le ministre du Travail à « contingenter dans chaque branche d’industrie le pourcentage de femmes […] en vue du remplacement éventuel des excédents par des chômeurs involontaires » [8]. En 1935, il interdit le cumul des époux dans la fonction publique. Ces arrêtés royaux provoquent une forte mobilisation féminine et, en 1937, ces mesures sont abrogées. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement met en place un ensemble de mesures pour encourager le retour des femmes au foyer : la mère au foyer se voit attribuer une allocation (1948-1957), la réforme fiscale introduit le cumul des revenus des époux (1962-1988) [9], pénalisant le travail des femmes et renforçant son statut de salaire d’appoint.

    La proportion des femmes dans la population active ne retrouve son niveau d’avant 1914 (30 %), qu’en 1970 [10]. Elle remonte de manière continue jusqu’à nos jours pour atteindre 36,6 % en 1990 et 47,8 % en 2018 [11]. Ces chiffres n’impliquent pas pour autant la fin des inégalités. En effet, la part des femmes sur le marché de l’emploi augmente dans un contexte marqué par la progression des contrats précaires, des emplois flexibles et, comme développé dans les articles de B. Bauraind et d’A. Dufresne (dans ce numéro), d’une réduction de la part salariale dans le revenu national ainsi que des réductions de dépenses publiques (ce qui aura de forts impacts sur les femmes, responsables des soins au sein de la famille).

    L’écart salarial entre hommes et femmes s’est progressivement réduit, en particulier grâce au combat des femmes. Et c’est plus précisément les ouvrières de la Fabrique Nationale Herstal qui, avec leur grève de 1966, ont marqué un tournant important dans l’histoire des inégalités salariales, et par conséquent dans l’histoire des femmes.
     
    La grève des ouvrières de la FN Herstal
    Lors de la signature du Traité de Rome (1957), instituant la Communauté économique européenne, le principe de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes devient une « valeur » fondatrice des institutions européennes. Or, le Traité de Rome vise une intégration économique entre les pays signataires [12], non une union politique ou sociale. À ce titre, les enjeux sont multiples. Parmi les six pays signataires, la France réclame un article portant sur l’égalité salariale entre femmes et hommes. En effet, contrairement à certains de ses partenaires, la France avait adopté des dispositions législatives diminuant cet écart [13]. Elle craint de ce fait une ouverture à la concurrence du marché défavorable pour les secteurs à forte main-d’œuvre féminine [14].

    Le Traité de Rome établit un délai de 5 ans aux pays signataires pour instaurer l’égalité salariale. Or, 10 ans après sa signature, en Belgique comme ailleurs, aucune loi n’a été adoptée pour contrecarrer ces inégalités. Ce n’est que par les négociations salariales que les travailleuses pouvaient espérer une hausse de leurs revenus. Dans le secteur des fabrications métalliques, les négociations signées en 1962 ramenaient l’écart des salaires à 15 %, c’est-à-dire que les femmes gagnaient 85 % du salaire des hommes. En 1966, une nouvelle convention est en cours de négociation pour les années 1966-1968. Les discussions sont difficiles et elles visent une réduction des écarts, mais pas une disparition des inégalités. C’est dans ce contexte que le 16 février 1966, 3.000 ouvrières de la FN Herstal entament une grève en revendiquant « À travail égal, salaire égal ». En effet, la direction de la FN attend la conclusion de l’accord national avant de lancer les négociations au sein de l’entreprise et affirme qu’à la FN, il n’existe pas de distinction entre les hommes et les femmes. Or, les compétences des femmes y sont sous-évaluées, elles sont payées à la production et sont exclues de toute possibilité de promotion interne [15].

    Le 18 février, un projet d’accord sectoriel est conclu prévoyant un rattrapage des salaires étalé sur deux ans, pour atteindre 90 %, puis 93 % et enfin 96,7 %. Cet accord ne représente que 20 % de l’augmentation exigée par les femmes de la FN. Elles décident donc de continuer la grève. Dès la fin de la deuxième semaine de grève, faute de pièces, plus de 5.000 hommes sont mis en chômage technique. Le conflit fait tache d’huile dans d’autres usines du pays et dépasse les frontières. Le 25 avril, des délégations belges et européennes participent à la marche sur Liège en soutien aux grévistes [16]. Un comité « À Travail égal, salaire égal » est lancé pour soutenir la grève et dénoncer plus largement les discriminations sexistes.

    Le 4 mai, après 12 semaines de grève, syndicats et direction signent un accord. Les femmes obtiennent une augmentation salariale moindre que celle revendiquée, mais supérieure à celle proposée au départ par la direction. L’accord n’inclut pas les demandes concernant les conditions de travail et introduit la lutte contre l’absentéisme des femmes. Mais, au-delà de la question concernant les conquêtes immédiates, cette grève est devenue l’une des plus importantes de l’histoire de la Belgique. Non seulement par sa durée, mais surtout par ses répercussions sociales et politiques. La mobilisation des ouvrières a propulsé sur la scène belge, mais aussi internationale, la revendication de l’égalité salariale. Ce combat aura des répercussions jusqu’au parlement européen où une réunion extraordinaire est organisée pour évaluer l’application de l’article 199 du Traité de Rome concernant l’égalité salariale. En Belgique, les organisations syndicales sont poussées à repenser la place des femmes au sein de leurs structures et dans les négociations collectives. Enfin, cette grève accélère la publication de l’arrêté royal du 24 octobre 1967, qui sépare la réglementation du travail des enfants de celle des femmes adultes. Le principe de l’égalité salariale défini par le Traité de Rome est confirmé, mais sans donner de repères interprétatifs concernant ce qu’on entend par « travail de valeur égale ». C’est l’une des raisons pour lesquelles, comme nous le verrons plus loin, les inégalités salariales persistent. Enfin, l’arrêté royal ouvre le droit aux actions en justice pour cause d’inégalité salariale. Cependant, les syndicats ne feront jamais usage de cet outil juridique pour mettre en œuvre l’égalité salariale [17].
     
    La grève des ouvrières de Bekaert-Cockerill (Fontaine-L’Évêque)
    Le 3 novembre 1982, les 31 ouvrières de la fabrique de clous et de fils d’acier Bekaert-Cockerill, entament une grève. Elles protestent contre la signature d’une convention imposant la réduction du temps de travail des femmes.
     
    En effet, quelques mois plus tôt, en avril, ouvriers et ouvrières entament une grève contre un plan de restructuration. Après 9 semaines de grève et devant l’échec des négociations, la commission paritaire régionale réunit son bureau de conciliation. Les négociations débouchent sur un accord signé par les deux parties (syndicale et patronale) avec la caution du conciliateur social, représentant du ministère du Travail. Seules les femmes seront touchées par la restructuration : 28 ouvrières (non-chefs de ménage) doivent passer à mi-temps. En effet, lors des négociations, tous les efforts se sont concentrés sur la sauvegarde des emplois masculins, ce qui en dit long sur la conception de l’emploi des femmes en tant que salaire d’appoint [18].
     
    Tant la Direction de l’entreprise que les responsables syndicaux et le représentant du ministère du Travail décident d’ignorer la loi de 1978, qui impose l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes dans le cadre de l’emploi et des relations économiques en général. Pour les ouvrières, cet accord implique de passer d’un contrat à durée indéterminée à temps plein à un contrat à mi-temps valable pour la durée de la convention, perdant donc, aussi, les avantages sociaux liés à leur ancienneté [19]. Le 18 octobre, le syndicat organise une assemblée générale (AG) pour valider la convention. Les ouvrières dénoncent une discrimination scandaleuse : les postes des femmes seront remplacés par des hommes. Elles demandent à leurs « camarades » de rejeter cette convention, mais très peu d’hommes se solidarisent [20]. Sur les 226 personnes présentes à l’AG, 60 votent contre (toutes les femmes et seulement 29 hommes), 40 s’abstiennent et 126 hommes votent à faveur de la convention, décidant ainsi du sort des ouvrières. La convention est signée et la solidarité ouvrière, brisée [21]. Mais, loin de se laisser abattre, le 3 novembre, les femmes partent en grève, sans le soutien des syndicats, qui considèrent leurs revendications (d’égalité) trop « extrémistes ». Certaines d’entre elles installent un piquet de grève. Mais elles ne parviennent pas à retenir leurs camarades hommes, qui décident de reprendre le travail. Après 20 jours de grève, la convention est abandonnée et une nouvelle convention est signée. Cette fois-ci, 13 femmes seront licenciées. Et ce seront plus précisément celles qui ont participé aux piquets de grève [22]. Elles seront remplacées par 23 hommes.
     
    L’ouverture du marché de l’emploi aux femmes… comme armée de réserve et avec un salaire d’appoint  
    C’est le contexte de la fin des années 1960 marqué par une pénurie de main-d’œuvre et une forte conflictualité sociale qui pousse le gouvernement à encourager l’entrée des femmes dans le salariat. Ainsi, le Plan du travail de 1971-1975 vise à faciliter la combinaison du travail salarié et de la vie de famille pour les femmes, tout en les orientant massivement vers des secteurs d’activité dits féminins. Le contrat de travail à temps partiel est présenté comme un outil privilégié à cette fin. L’État investit dans la création de crèches [23].

    La crise structurelle qui surgit en 1973 [24] et les politiques mises en place pour y répondre marquent un point d’inflexion dans l’organisation du travail. Le retour des femmes sur le marché de l’emploi se passe donc dans un contexte de blocage salarial, d’augmentation du chômage et de multiplication des emplois précaires [25]. En outre, l’ouverture du salariat aux femmes ne concerne que certains secteurs considérés comme « féminins » et donc moins bien rémunérés. La multiplication des contrats à temps partiel s’impose au nom de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale des femmes (toujours tenues pour seules responsables du bien-être familial). Elles sont ainsi massivement considérées comme une main d’œuvre d’appoint ne méritant donc qu’un salaire d’appoint. Et c’est précisément cette question qui sera soulevée et combattue par une nouvelle grève historique : celle des ouvrières de l’usine Bekaert-Cockerill.
     
    La persistance des inégalités salariales
    De nos jours, des scandales comme celui qui fut mis en lumière par les ouvrières de Bekaert-Cockerill semblent peu probables. Cependant, lorsqu’on observe les statistiques, on s’aperçoit que le travail des femmes continue à être considéré comme un travail d’appoint et donc payé comme tel. En effet, si on aborde le salaire d’un point de vue collectif, on observe qu’en 2014 (dernières données statistiques pour la Belgique), l’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 7,6 % en salaire horaire brut moyen et de 20,6 % en salaire annuel brut moyen (ce qui s’explique par une différence de temps de travail, nous y reviendrons plus bas) [26]. Alors que les femmes sont actuellement plus instruites et plus diplômées que les hommes, elles sont moins payées, plus exposées aux exclusions de chômage [27] et bien plus pauvres quand vient le temps de la retraite, car à moindre salaire, moindre pension. Sans prendre en considération les régimes de pension extralégaux (ce qui ferait augmenter cet écart [28]), la pension moyenne des femmes est 24,8 % inférieure à celle des hommes.
     
    Tableau 1. Évolution des écarts salariaux hommes-femmes entre 2010 et 2014
    Voir l’article https://www.investigaction.net/fr/inegalites-salariales-entre-femmes-et-hommes-un-combat-toujours-dact 

    D’autres inégalités relevant de la division internationale du travail  
    Le salaire exprime non seulement une division sociale et sexuelle du travail, mais aussi une division internationale du travail. L’inégalité salariale selon l’origine nationale des travailleur.euse.s, manque dans cette analyse. En effet, la discrimination sur le marché de l’emploi frappe encore plus fortement les migrant.e.s. Mais tout.e.s ne connaissent pas le même sort : les Allemand.e.s, les Françai.se.s, les États-Unien.ne.s et les Néerlandai.se.s qui travaillent en Belgique gagnent en moyenne plus que les Belges (notamment les hommes). Au contraire, les personnes de nationalité hors UE-27 (hormis les États-Unien.ne.s) accusent un important écart salarial par rapport aux Belges. Les salaires horaires bruts sont les plus faibles pour les travailleur. euse. s originaires des pays du Maghreb et du reste de l’Afrique, et ils le sont encore plus pour les femmes originaires de ces pays qui gagnent respectivement 10 % et 8 % de moins que leurs compatriotes masculins [29].
     
    L’écart salarial en salaires horaires  
    Comment expliquer que malgré une loi interdisant les discriminations salariales, les femmes gagnent 8 % en moins que les hommes par heure de travail ? En effet, cet écart est dû notamment aux discriminations directes et indirectes (les femmes sont majoritairement concentrées dans des emplois moins bien rémunérés).

    Dans nos sociétés, certains emplois sont considérés comme plus qualifiés que d’autres, et donc mieux rémunérés. Au tournant du XXe siècle, les salaires échappent largement aux négociations collectives. Les hiérarchies salariales suivent divers critères comme l’âge ou le sexe. Les femmes constituent donc une catégorie à part. Avec l’essor des conventions collectives, dans l’entre-deux-guerres, des grilles salariales sont élaborées selon la qualification et la pénibilité. Les débats sont ardus quant à la manière de mesurer la qualification. La reconnaissance d’une qualification est le fruit de rapports de force et de négociations entre représentants syndicaux et patronaux, représentés par des hommes. Ces négociations, officialisées par des conventions collectives, reflètent donc des hiérarchisations sociales dont celles concernant le genre. Les métiers masculins sont les premiers à être requalifiés, alors que le travail « féminin » sera largement considéré comme relevant de qualités féminines innées et donc, non qualifié. Ainsi, même au sein d’un même secteur, les emplois considérés plus qualifiés sont souvent largement masculins, comme c’est le cas pour le secteur du nettoyage où les hommes sont concentrés là où les salaires sont plus élevés tels que le nettoyage industriel ou le lavage de vitres.

    Il en va de même pour la reconnaissance de la pénibilité dont la notion est largement définie en fonction de critères masculins. Les facteurs de risques encourus par les femmes demeurent donc occultés, comme les gestes répétitifs ou les tâches liées au nettoyage et aux services à la personne [30].

    Mais le fait qu’hommes et femmes n’occupent pas les mêmes emplois n’explique pas tout. À l’intérieur d’un même secteur, on observe également des écarts de salaire entre hommes et femmes. Ceci s’explique par ce qu’on appelle des « discriminations directes » s’appuyant sur des stéréotypes que certain.e.s croient dépassés. L’un d’entre eux concerne la maternité, ou plutôt le soupçon de maternité. Celui-ci constituerait une des sources principales de discrimination à l’embauche (des postes mieux rémunérés), mais aussi aux promotions et à l’attribution des primes. En effet, la maternité irait de pair avec l’absentéisme, une moindre mobilité et donc, de moins bonnes performances.

    Il est certain que les mères sont plus nombreuses que les pères à prendre des congés pour s’occuper des enfants et, comme elles prennent en charge la majorité du travail domestique, elles sont donc moins « disponibles » que les hommes pour ce qui concerne leur carrière professionnelle. Cependant, une étude menée en France, comparant les salaires entre des hommes et des femmes qui n’ont jamais interrompu leur carrière et qui ont entre 39 et 49 ans (à priori, ne présentant plus la probabilité de maternité), montre que les hommes gagnent en moyenne 17 % en plus que les femmes. En effet, même celles qui ne sont pas mères restent soupçonnées de moindre performance que les hommes [31]. Elles ont donc moins accès aux promotions et aux primes.

    Comme le montre le tableau 2, les compensations salariales individuelles ne font que renforcer ces discriminations, maintes fois voilées par des opinions pointant des complexes relevant des femmes elles-mêmes (sensées ne pas oser négocier leur salaire) plutôt que des discriminations directes.


     
    L’interruption de carrière liée à la maternité est aussi un facteur explicatif de l’écart salarial. Les femmes cumulent moins d’ancienneté, ce qui a des répercussions sur leur possibilité de promotion sur un marché de l’emploi où elles sont en désavantage par rapport aux hommes.

    Enfin, si on observe l’écart salarial en fonction du statut, on remarque que chez les employé.e.s l’écart salarial s’élève à 22 % ; parmi les ouvrier.e.s, il est de 19 % alors que chez les fonctionnaires contractuel.le.s il n’est que de 2 %, et qu’il est même négatif chez les fonctionnaires statutaires (-5 %). Dans ce sens, le chiffre global de l’écart salarial de 8 % cache des différences significatives en fonction du statut [32]. En effet, étant donné les réglementations existantes contre les discriminations, l’État devrait être exemplaire. Cependant, cette égalité salariale s’accompagne d’une inégalité statutaire : alors qu’il y a autant de travailleuses que de travailleurs dans la fonction publique, seuls 48 % des femmes sont des fonctionnaires statutaires contre 61 % des hommes. Inversement, elles sont surreprésentées parmi le personnel contractuel [33]. Enfin, si dans le secteur privé les écarts sont plus importants, c’est notamment parce que, outre les discriminations indirectes, les compensations salariales individuelles favorisent les discriminations directes. Dans ce sens, la tendance à la sous-traitance des emplois publics et l’augmentation des fonctionnaires contractuel.le.s ne peuvent qu’accroître les inégalités salariales.
     
    L’écart salarial en salaires annuels
    Si on observe l’écart salarial sur une base annuelle, il se creuse encore. Au bout d’une année, les femmes gagnent 21 % en moins que les hommes. Cet écart s’explique par la surreprésentation des femmes dans l’emploi à temps partiel. En effet, en 2014, 43,9 % des travailleuses occupent un temps partiel, contre 9,6 % des travailleurs. Les raisons pour lesquelles les femmes travaillent à temps partiel ne sont pas les mêmes que celles des hommes. Selon l’enquête sur les forces de travail, pour 49 % des travailleuses à temps partiel, la combinaison entre vie professionnelle et vie privée constitue la raison principale de ce « choix », alors que cette même raison n’est invoquée que pour 23 % des hommes travaillant à temps partiel [34].

    Graphique 1. Écarts de salaires horaires bruts moyens (en €) et écarts salarial entre emplois à temps plein et à temps partiel et selon le sexe (2014)

    



    Enfin, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes, les travailleur.euse.s à temps partiel occupent majoritairement des emplois moins bien rémunérés que les travailleur.euse.s à temps plein. Dans ce sens, les femmes qui travaillent à temps partiel cumulent deux désavantages majeurs : en tant que femmes et en tant que travailleuses à temps partiel (voir graphique 1). De plus, l’écart des salaires correspondant aux contrats de travail à temps plein et à temps partiel a crû ces dernières années en Belgique. Ceci a un impact majeur sur l’écart salarial entre les hommes et les femmes. De cette façon, si entre 2010 et 2014, les écarts de salaires ont légèrement diminué, l’écart salarial calculé sur base annuelle diminue bien plus lentement que celui basé sur les salaires horaires (voir tableau 1).
     
    Les hiérarchies sociales exprimées dans les salaires
    Les rapports salariaux sont des rapports d’exploitation, car le salaire n’est jamais égal à la valeur créée par le.s travailleur.euse.s. Le salariat s’est constitué sur la base même du surtravail, une partie de la valeur créée par le travailleur qui ne lui est pas reversée. Et dans ce même mouvement, il a impliqué une division entre un travail considéré comme « producteur » (de richesses) et un travail considéré comme « reproducteur » (de la force de travail, c’est-à-dire, des travailleur.euse.s). Les femmes ont été reléguées à ce travail dit « reproductif », considéré comme n’étant pas créateur de valeur et donc, non rémunéré.

    Loin d’être des victimes passives, le combat des femmes pour l’égalité (politique, sociale, sexuelle et économique) n’est pas neuf. Mais, dans une société patriarcale, leurs revendications tardent à être reconnues. Si depuis les années 1970, elles sont appelées à participer massivement au monde salarial, c’est plus pour servir de laboratoire à la précarisation de l’ensemble du salariat que comme travailleuses à part entière. Cependant, leur entrée dans des espaces plus reconnus par cette société (capitaliste et patriarcale) a facilité leur organisation et leur visibilité, accélérant de la sorte la reconnaissance de leurs revendications. Le combat n’est pas terminé. Le chemin est encore long pour parvenir à une égalité femmes-hommes. Égalité qui, bien évidemment, n’empêchera pas d’autres inégalités, propres à une société divisée en classes sociales. Néanmoins, l’égalité des salaires impliquerait une moindre exploitation du travail salarié des femmes, mais aussi une transformation plus globale des rapports de genre, dont le salaire n’en est qu’une expression. En ceci, la grève féministe internationale convoquée le 8 mars dans plus d’une quarantaine de pays marquera surement un tournant dans l’histoire de cette lutte.

    Notes
    [1] . Nous reprenons le concept défini par K. Marx. Dans ce sens, le travail salarié est un travail fourni pour autrui en échange d’un salaire qui est toujours inférieur à la valeur apportée par ce travail. Le profit de l’employeur vient de la partie de travail non payé. Ce temps travaillé gratuitement est désigné comme « exploitation ». Karl Marx, « Le Capital. Livre I », Éditions sociales, 2016.
    [2] . Lire à ce propos, Silvia Federici, « Point zéro : propagation de la révolution. Salaire ménager, reproduction sociale, combat féministe », Racine de iXe, 2016 et « El patriarcado del salario », Fabricantes de sueños, Madrid, 2018. Pour une synthèse sur les rapports de genre durant la période de formation du capitalisme, Natalia Hirtz « Le sauvage, le vagabond et la sorcière. Aux racines du capitalisme », Gresea Échos n°95, 2018.
    [3] . Silvia Federici, « Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive », Ed. Entremonde. Senonevero, 2017.
    [4] . Éliane Gubin et Claudine Marissal dans, Éliane Gubin et Catherine Jacques (dir.), « Encyclopédie d’histoire des femmes. Belgique, XIXe-XXe siècles », Ed. Racine, 2018, pp. 559-563.
    [5] . Le Code civil belge (et ses reformes) est disponible dans http://www.droitbelge.be/codes.asp#civ.
    [6] . Éliane Gubin dans, Éliane Gubin et Catherine Jacques (dir.) 2018, op.cit. p. 570.
    [7] . Éliane Gubin et Claudine Marissal, 2018 op.cit.
    [8] . Éliane Vogel-Polsky, « La construction sociosexuée du droit du travail en Belgique », dans, Yota Kravaritou, « Le sexe du droit du travail en Europe », Kluwer Law International, 1996.
    [9] . Éliane Gubin et Claudine Marissal, 2018 op.cit.
    [10] . Éliane Gubin, 2018, op.cit, p.573.
    [11] . Estimation modélisée, Organisation internationale du travail, https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.CACT.FE.ZS.
    [12] . La CEE fut fondée par l’Italie, la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Allemagne de l’Ouest.
    [13] . À propos de ces dispositifs législatifs en France, lire, Rachel Silvera « Un quart en moins. Des femmes se battent pour en finir avec les inégalités de salaires », La Découverte, 2014.
    [14] . Hélène Périvier, « Le Traité de Rome et l’égalité », 2017, https://www.ofce.sciences-po.fr/blog/le-traite-de-rome-et-legalite
    [15] . Marie-Thérèse Coenen, « La grève des femmes de la FN en 1966. Une première en Europe, POL-HIS, 1991.
    [16] . Ibid.
    [17] . Marie-Thérèse Coenen, « Comment faire une société égalitaire quand l’inégalité est partout ? Les leçons de la grève des travailleuses de la FN », https://www.carhop.be/images/societe_egalitaire_2016.pdf.
    [18] . Éliane Vogel-Polsky, « La construction socio-sexuée du droit du travail en Belgique », dans, Yota Kravaritou, « Le sexe du droit du travail en Europe », Kluwer Law International, 1996.
    [19] . Ibid.
    [20] . Écouter l’émission « Un jour dans l’info : Femmes des années 80 ». RTBF dans https://www.rtbf.be/info/societe/detail_un-jour-dans-l-info-femmes-des-annees-80?id=9999497
    [21] . Éliane Vogel-Polsky, 1996, op. cit.
    [22] . Émission RTBF, op. cit.
    [23] . Éliane Gubin et Claudine Marissal, 2018 op.cit.
    [24] . Si on observe la croissance réelle du PIB mondial depuis 1950 jusqu’à nos jours, on remarque, à partir de 1973, une croissance globale moins forte à celle de la période antérieure (1950-1973) ainsi que l’apparition des crises (conjoncturelles) successives et de plus en plus profondes. https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/ny.gdp.mktp.kd.zg
    [25] . Voir les articles précédents de ce même numéro : A.Dufresne, pour le blocage salarial, C. Leterme pour le chômage et B. Bauraind pour ce qui concerne la réorganisation du monde du travail.
    [26] . Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, « L’écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique Rapport 2017 », http://statbel.fgov.be/sites/default/files/2017-12/Rapport%20Ecart%20salarial%202017.pdf Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, 2017, op. cit.
    [27] . La réforme sur la limitation du droit à l’allocation de chômage d’insertion et la diminution de la limite d’âge (voir l’article de C. Leterme, dans ce même numéro) a mené à des exclusions massives dont 2/3 sont des femmes. Vie féminine, « La précarité des femmes en chiffres », 2015, http://www.viefeminine.be/IMG/pdf/La_precarite_des_femmes_en_chiffres.pdf
    [28] . Ceci se doit au fait que12 % d’hommes et 9 % de femmes bénéficient d’un régime de pension extralégal. De plus, la contribution patronale moyenne pour les femmes est 37 % inférieure à celle des hommes.
    [29] . Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, 2017, op. cit.
    [30] . Voir Mélanie Mermoz, « Compte pénibilité. La santé des femmes dans l’angle mort », L’Humanité Dimanche, février 2016 ; Cécile Andrzejewski « Invisible pénibilité du travail féminin » ; Le Monde Diplomatique, décembre 2017 ; ou Laurent Vogel, « Femmes et maladies professionnelles. Le cas de la Belgique », ETUI, 2011.
    [31] . Dominique Meurs, Ariane Pailhé et Sophie Ponthieux « Enfants, interruptions d’activité des femmes et écart de salaire entre les sexes », Revue de l’OFCE, 2010. Cité dans Rachel Silvera, 2014, Op.cit.
    [32] . Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, 2017, Op. cit.
    [33] . Ibid.
    [34] . Ibid.

    Source : http://www.gresea.be/Inegalites-salariales-entre-femmes-et-hommes

    #Histoire #Femmes #Ouvrières #Salaires #travail #luttes #discriminations #discriminations_salariales #égalité #exploitation #capitalisme

  • Yves Cochet, ex-ministre de l’Environnement prêt pour l’effondrement | Brut.
    https://www.brut.media/fr/news/yves-cochet-ex-ministre-de-l-environnement-pret-pour-l-effondrement-61251027

    L’effondrement et la fin de notre civilisation, c’est pour dans une quinzaine d’années selon l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet. Brut l’a rencontré dans sa maison à la campagne, où il a tout prévu pour survivre si l’eau et l’électricité venaient à manquer. Visite guidée de la maison d’Yves Cochet, prêt pour la survie…

    Voici une vidéo que je n’ai pas vue. Pas très envie, question de #solastalgie. Des ami·es qui vont en manif avec leurs enfants ados m’ont dit ne pas vouloir leur montrer ça. Trop dur. Pourtant, s’il est bien question de ne se déplacer qu’à cheval et vélo dans quinze ans, c’est gentil ! Parce que je pense plutôt que ce sera des pimpins qui n’ont plus rien à manger et des seigneurs de guerre qui seront toujours en caisse, fossiles ou éthanol ! Ce qui me fait le plus peur, ça n’est pas l’organisation collective de la sobriété mais la violence pour la captation inégale des dernières ressources...

    Qu’en pensez-vous ? Vous montreriez ça à vos enfants ? @reka ? @touti ? @fil @monolecte ?
    Et quid de sa méthode survivaliste s’il a oublié le jardin, un hectare par famille ?

    @sinehebdo @nepthys
    #survivalisme #catastrophe #effondrement

    • Ce monsieur a certainement l’age quand papi commence à se faire des soucis pour tout. Il a vu tellement de choses. Heureusement il a son jardin où il peut vivre tous ce qui l’intéresse. Malheureusement dans sa vie il a été ministre au gouvernement national et ne cesse de prendre chacune de ses idées pour un sujet mondial. Sans doute il est heureux comme il est. Les problèmes dans l’avenir seront abordés par d’autres.

      C’est à eux qu’il faudra poser les questions concernant le futur.

    • Finalement, les adeptes de la théorie de l’effondrement ont un point commun avec les adeptes du « développement personnel » et des régimes qui nous conduirons directement au paradis : contemplons nous le nombril, il en sortira toujours quelque chose. Les uns cherchent la béatitude dans les bras de Gaïa ; les autres aménagent leur bunker, les derniers cherchent à la loupe tout ce qu’ils pourraient bien éviter de consommer pour vivre selon leurs principes... Tous se foutent de la dimension sociale des luttes et considèrent fort dogmatiquement celui ou celle qui a une pensée divergente de la leur comme le premier ennemi à abattre. Désolé mais je n’adhère pas à ces nouvelles formes de mysticisme caricatural. Pour ce qui est du jardin : ça fait plus de quarante ans que je fais le mien et je peux donner quelques conseils aux citadins en mal de reconversion.
      Heureusement qu’il y a des jeunes et des moins jeunes qui se battent pour monter des projets collectifs qui - je l’espère - permettront un tout autre avenir que ceux qu’on annonce de divers horizons.

    • ou écouter zombies da grande máquina des Pisscharge

      https://pisscharge.bandcamp.com/track/zombies-da-grande-m-quina


      Acredite eu não tenho pena
      se voce sabe que é braço do sistema
      o guardião de toda podridão
      Um dia eles vão te deixar na mão

      Grande otário se tornou opressor
      Despeja nos outros a própria dor
      seu cego você causa estrago
      sai daqui e vai pra casa do caralho

      porque eu tenho nojo e não te perdoo
      é culpa tua parte de todo esse engodo
      o teu terrorismo controla o medo
      dos que deveria tratar com respeito

      mas agora não vou fazer mais nada
      além de jogar bomba nessa paz inventada
      moralista tuas horas estão contadas
      eu daqui to rindo da tua vida que é uma farsa

    • En ce qui me concerne, je ne perdrai pas mon temps à montrer ça à mes kids, tout à fait hors de propos et elles et ils ne comprendraient rien. Bien malin celui qui peut faire des prévisions à 15 ou 20 ans de toutes façons, et enfin j’adhère à La Feuille pour l’essentiel de ce que la Feuille dit beaucoup mieux que moi sur la dimension collective et participative totalement ignorée pour ne pas dire méprisée par ces médiocres Narcisses.

    • Commentaire d’une copine :

      Certes il a une élocution fort giscardienne mais Cochet a peut-être beau porter des chaussures de ville dans la vidéo, il a construit lui-même sa baraque il y a des décennies, a mis au chômage le chauffeur qui lui avait été attribué et a fait changer le carburant de tout le parc auto en 2 ans.
      De plus il n’est pas du tout un « grand possédant »

      C’est bien, qu’un ministre se passe d’un chauffeur (et prenne le métro ?) et arrête le diesel pour sa flotte mais si c’est un ministre de l’environnement j’espère qu’il n’a pas que des petits gestes comme ça à son bilan !

    • Comme @reka et @la_feuille, je pense que le gus qui croit que son petit jardin va le protéger du chaos qui vient est surtout un gros con égoïste. Croire que les gens vont mourir à la lisière de son petit paradis sur mesure parce qu’il a signé un papier payé en monnaie de singe, c’est quand même être profondément à la ramasse.

      La seule chose qui nous protégera, c’est d’éviter le chaos qui vient et la seule manière d’y arriver, c’est d’y œuvrer tous et pour tous, ce qui commence par détruire les processus d’accaparement.

      Comme je ne suis pas naïve non plus, je crains qu’on ne puisse échapper au chaos qui vient, tant tout le monde est convaincu qu’il ne pourra s’en sortir que CONTRE tous les autres.

    • Encore une fois, je n’ai pas vu cette vidéo qui a traumatisé mes ami·es mais s’imaginer que le monde va aller tranquillement à cheval ou à vélo, c’est assez niais au regard de l’inévitable violence pour l’accaparement des ressources. Et une approche survivaliste impose de vivre soit caché soit bien défendu.

      Un entretien :
      https://www.franceculture.fr/societe/qui-sont-les-survivalistes-ces-elus-des-derniers-temps
      Et une grosse série diffusée en mai cette année :
      https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/la-fin-du-monde-et-nous-tous-survivalistes-34-le-credo-survivaliste

      Je ne retrouve plus le reportage des « Pieds sur terre » où ces mecs se racontent...

      Moi aussi, j’ai une grosse rancune contre les gens qui cassent mes affaires sans un mot, sans une proposition de réparation. Ils te le rendent cassé, parfois sans même un pauvre « j’m’escuse ». Quand en plus tu es fauchée et eux plus friqués que toi, ça fait mal...

    • C’est un peu la raison pour laquelle j’ai arrêté de côtoyer les milieux écolo, @monolecte. Et pourquoi je ne sais plus où m’engager en tant que féministe. Grosses déceptions sur tout ce beau monde !

      Pour moi, ce n’est pas un détail, que des milieux politiques soient aussi compétitifs, sans pitié. Ça ne tient pas à la valeur assez faible des personnes mais à leur culture commune : la cause est super, je n’ai pas besoin de bien me comporter. Rien n’excuse de contribuer à un panier de crabes. Et au contraire, des milieux bof m’épatent par la qualité relationnelle (qu’ils disent, hein, j’ai pas eu le temps de vérifier).

      La Cause ne dit pas merci - Mon blog sur l’écologie politique
      http://blog.ecologie-politique.eu/post/La-Cause-ne-dit-pas-merci

      J’ai l’intuition que ce qui rend les espaces militants presque aussi violents que ceux que nous condamnons, c’est le refus de faire circuler des dons et des contre-dons. Tout ce qui circule circule entre soi et la Cause. Ne vous attendez pas à un merci, la Cause ne dit pas merci, c’est une abstraction. Ne vous sentez pas obligé-e vis-à-vis d’elle, vous pouvez vous en dégager unilatéralement : la Cause ne pourra pas non plus vous le reprocher. La Cause n’oblige pas (c’est pratique), la Cause ne reconnaît pas (et ça, c’est un peu moins drôle). Au final, l’idée que nous donnons à la Cause et non aux autres dans la vie d’un groupe militant déshumanise complètement les relations, et nous interdit d’y faire circuler de la reconnaissance. Au mieux, le militantisme est l’occasion de créer des liens amicaux qui, eux, sont assez bienveillants pour faire oublier que l’ethos militant lui-même refuse la réciprocité et prône plutôt une gratuité déshumanisante (5).

      Faire circuler les obligations, sous leur double aspect (dons et contre-dons, mais aussi contraintes), c’est ce qui permet de reconstruire des communautés politiques. La convergence des égoïsmes (pardon, des désirs), elle, nous a mené-e-s exactement où nous sommes... Si nous souhaitons nous y vautrer, allons-y, ne changeons rien. Mais si nous souhaitons y faire quelque chose, il va falloir nous attacher à produire des « liens qui libèrent », une autonomie collective, bien plus puissante et positive que cette liberté individuelle sur laquelle est assise la soumission au capitalisme. L’enjeu étant de trouver un équilibre entre liberté (collective) des Anciens et liberté (individuelle) des Modernes, et de créer des communautés politiques moins étouffantes que celles d’autrefois.

      https://archive.org/details/Profministe_201811

    • @aofobb

      Pour moi, ce n’est pas un détail, que des milieux politiques soient aussi compétitifs, sans pitié.

      Je partage cet avis parce que ce dernier temps j’ai fait exprès de m’engager dans un context de gauche où se cotoient les pros et
      les militant/e/s bénévoles. Ma conclusion : si tu as envie de gagner ta vien en faisant de la politique, vas-y, tu peux y gagner (relativement) beaucoup d’argent et tu peux te créer un bonne conscience en même temps. Par contre tu paiera ta place par les baffes et intrigues dirigées contre toi sans parler des actes de violence de l’extrême droite auxquelles tu t’exposes si tu as la malheur de te retrouver dans leur colimateur.

      Si tu optes pour le bénévolat et le militantisme il faut créer tes propres structures qui gageneront en influence en se connectant avec des initiatives semblables. Il n’y a que tes ami/e/s qui sont tes ami/e/s.

      Les partis en Allemagne à l’exception de l’extrême droite se plaigent tous de ne pas pouvoir recruter assez de jeunes et de perdre des membres actifs. C’est bien fait pour eux, parce qu’ils ont arrrêtés de repésenter le peuple depuis longtemps. C’est notre tâche de créer les alternatives progressives.

      Et là je ne pense pas que les milieux féministes féministes soient très différents des milieux de gauche qui sont tous plus ou moins féministes aussi. C’est l’argent de l’état qui pourrit tout en alimentant les milieux soi-disant d’opposition.
      Je cite :

      Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
      Décrétons le salut commun.

    • Je le trouve lucide. Il dit, malgré tout je ne suis pas sûr de survivre non plus, même en me préparant, à la guerre, avant la guerre. Les gamins, ils font des manifs pour respirer à la maternelle. Ils vivent dans l’angoisse, une vidéo comme ça, est pas pire qu’une autre. Ils savent très bien, dès leur plus jeune âge que ça ne va pas. Quand au retour aux chevaux, c’est pas gagné, ça tombe pas du ciel un cheval de travail ou de monte. Avec tous les chevaux aseptisés, rasés et surmédiqués qu’on se fabrique, ça va prendre du temps, hein, le retour au cheval. S’armer contre les futures mafias ? Se retrancher dans des bunkers à la campagne ? Faire des collectivités etc... Rien, mais absolument rien ne va garantir la survie de ceux qui nous sont chers. Qui va survivre ? Sortez les boules de cristal...

  • Alain Damasio : « Créer une pluralité d’îlots, d’archipels, est la seule manière de retourner le capitalisme »
    https://www.bastamag.net/Alain-Damasio-Les-Furtifs-La-Volte-ultra-liberalisme-ZAD-pouvoir-alienatio

    Comment vivre dans des villes privatisées, où notre attention est contrôlée et sollicitée en permanence, et nos corps pistés à chaque instant ? Le dernier roman d’Alain Damasio, dont l’action se déroule en 2040, explore ce monde possible, avec justesse, de manière sensible et réaliste. Il nous invite à sortir d’urgence de nos « techno-cocons », à expérimenter de nouvelles manières d’être au monde et de résister, pour reprendre le contrôle sur nos vies. Attention, entretien décapant. Photo (une) : Alain Damasio (...) #Inventer

    / A la une, #Politique, #Altermondialisme, #ZAD, #Surveillance_et_biométrie


    • Photo (une) : Alain Damasio en visite sur la Zad de à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ancienne bibliothèque du Taslu, celle qui était accessible aux handicapés / © ValK

      Cette description peut sembler un détail ou anecdotique, mais, au vu de ce que dit Alain Damasio sur la #zad #NDdL, je ne regrette pas d’avoir demandé de rajouter ceci... Faut que je cherche encore comment je vais articuler ça mais dire que le #CMDO a eut raison est non seulement violent pour pas mal de gens mais surtout, faux. Il n’y avait ni raison ni tord possible a ce moment là, il n’y avait que l’urgence et le chantage et par d’habiles trahisons et autre retournements de vestes, on a voulu nous faire croire que c’était une victoire mais tant que les membres du CMDO et autres « complices » ne tordront pas le cou à cette légende, nous n’avancerons pas et ce sera un gâchis immense de perte de connaissances pour la suite... voir par exemple les différentes versions de réponses au dernier texte critique paru : https://seenthis.net/messages/788890

      #validisme #héroïsme #consentement #dépassement #victoire #histoire

    • Pour expliquer, quand même, la légende de la photo : la bibliothèque de Taslu était initialement dans l’ex Transfu, la petite cabane qui avait servi de point Medic en 2012 puis aussi d’espace communication. Sauf qu’au bout d’un moment, y’avait trop de livres à mettre dedans, les dons affluaient ! Il a été décidé de l’agrandir et le choix s’est porté sur le 1er étage de la « maison en dur » de la Rollandière, pour qu’elle reste « au même endroit ». Des travaux ont été fait pour que cette partie accueil en bas et bibliothèque en haut soient rénovées... dont un magnifique escalier en planches de bois qui semblent sortir du mur de torchis impeccable. Y’a pas à dire c’est très beau, vraiment ... mais ... sans rampe ! Toutes les personnes à mobilité réduite, toutes les personnes sujettes au vertige galèrent. Mais quand t’es visiteur-ice, tu te sens tellement privilégié d’être là que tu dis rien. Moi, au bout de 2 ou 3 visites, alors que j’accompagnais des visiteurices du Mexique, j’en ai quand même parlé, de cet accès difficile aux handicapé-e-s, qui posait sacrément problème pour un lieu comme ça. Spontanément il m’a été répondu que ça allait faire moche une rampe, qu’il n’y avait pas de problème, qu’il y avait même une cage prévue à l’extérieur qui allait servir pour les fauteuils roulants, mais bon, c’était un peu galère donc la mise en place était suspendue. Sur l’instant, choquée, je me suis contentée de signaler que ça me faisait chier d’avoir plus de mal à accéder à la bibliothèque de la zad qu’à Nantes... La personne m’a alors « gentiment » dit qu’il suffisait de demander de l’aide, que même les mômes s’adaptaient en montant et descendant sur leurs fesses... Ouaip, c’était trash... mais c’était pas fini !
      Un peu plus tard, autour du repas partagé avec les visiteureuses du Mexique, quelques anecdotes fusent, les présentations-critiques des différents lieux aussi. Une fois de plus je suis choquée par cette propension à dire des trucs comme ça devant des visiteureuses, mais à vitrioler le moindre reproche qui dépasse sur internet. Vient l’anecdote de Pâques : un sympathisant avait largué quelques paquets d’œufs en chocolat dans différents champs. Ça repart en vannes, sur quel lieu allait gueuler de ne pas en avoir et allait critiquer les lieux qui en avaient pour les taxer de privilégié-e-s. Devant la surprise d’un des visiteurs, une personne lui explique que, absurdité totale, y’avait des gens qui s’étaient mis en tête qu’il y avait une lutte des classes sur la zad. J’avoue, là, j’y tiens plus, les invité-e-s sont censé-e-s faire le lien avec les communautés zapatistes, il est hors de question de nier que oui, y’a des lieux qui galèrent grave et d’autres où c’est, en comparaison, le luxe. Courroux de mes « allié-e-s » de la zad : on ne peut pas laisser dire ça, « on a tout sacrifié pour venir s’installer là » (sauf que s’installer, ça n’est déjà plus se percevoir comme squateureuses) etc. etc. Lorsque je souligne qu’un lieu comme le Taslu est déjà immensément riche de toutes les visites et de tous les dons, même redistribués (comment ?) que c’est un des premiers qui reçoit les sourires et les considérations de celleux qui viennent comme pour un pèlerinage, et que par exemple ne pas pouvoir accéder à la bibliothèque magnifiquement dotée sans souffrance, ça me fout les boules (j’avoue, à ce moment là, j’ai les larmes aux yeux) je récolte des sortes de « allons, allons », la « bienveillance » d’une habitante exténuée (réellement) qui m’explique que ce n’est pas intentionnel et qu’iels croulent sous les charges. Je sais que c’est vrai, je ne dis plus rien, un silence gêné s’installe ... pas longtemps, la bonhommie de l’accueil reprend : il est temps de demander aux visiteureuses où iels souhaitent dormir : description rapide des possibilités « mais ici y’a moyen d’avoir une chambre individuelle en dur avec une couette en plumes ! » ... Je laisse passer à nouveau même si dans un lieu plus « roots » attend un compa qui les connait et a fait son maximum pour les accueillir mais ... sans « chambre individuelle bla bla bla » ... je ronge mon frein. Et c’est là que j’ai sans doute eut tord : j’aurai dû parler plus longuement aux ami-e-s visiteureuses et leur expliquer les dégâts que provoquait déjà ce glissement : on fait visiter la zad en commençant par la « zone Est » et la route des Chicanes, tellement « célèbres » et marquantes et aussitôt sa destruction verbale commence avec l’égrenage de tout ce qui ne va pas sur cette partie. Il en a été de même pour Alain Damasio, son récit transpire ça. Ce qu’il rapporte n’est pas ce qu’il a ressenti mais la construction qui lui en a été faite, et les grandes tablées pantagruéliques de St Jean du Tertre y sont aussi pour beaucoup : comment résister à tant de générosité opulente ?! Lorsqu’il est venu au Taslu, nous n’avons été que 2 à lui poser des questions un peu grattantes. Moi je lui ai justement parlé de l’aspect « viriliste » de ses bouquin, avouant n’avoir lu que quelques extraits que j’avais adoré mais d’autres qui m’avaient gênée, et il avait expliqué ce qu’il dit dans l’interview, que oui il était conscient désormais qu’il avait des lacunes côté féminisme.
      Sauf qu’à Saint-Jean-du-Tertre, il a rencontré Golgoth... et il l’a suivi !

      Ce que je lis ça et là des furtifs est grandement marqué par cette rencontre, entre autres, et j’y vois en filigrane, un #capacitisme qui sera traduit, comme sur la zad, en un #validisme « inconscient », « pas malveillant » ... tu penses bien ! Ce truc qui consiste à dire que si tu vas sur internet plutôt qu’en manif, t’es de la merde « mais je parle pas pour toi hein ! » .. Bah si, justement, et ça fait mal de se prendre et des lacrymos de flics et des lacrymales de censément « allié-e-s ». Sur twitter y’a un hashtag qui déferle depuis quelques jours pour définir ce que ça provoque : #PayeTonBurnOutMilitant
      https://twitter.com/search?q=%23PayeTonBurnOutMilitant&src=tyah
      Ce même capacitisme qui a fait le tri sur la zad et permet de dire désormais que non, y’a pas de problème, la négociation a permis de protéger la plupart des gens et que celleux qui sont parti-e-s n’arrivaient pas à s’adapter !

      Ha, et pour l’anecdote, plusieurs mois plus tard il n’y avait toujours pas de rampe, il a fallu que je suggère l’idée d’une corde, qui pourrait même être esthétique (l’habitant a pigé la pique et s’est excusé)... A ma connaissance et à moins que ça ait changé depuis septembre 2018, il n’y en a toujours pas.

    • La rencontre entre #Beb-deum et #Alain_Damasio produit autre chose qu’un beau livre avec de jolis textes littéraires, ce qui serait déjà beaucoup. C’est un carnet d’anthropologue perdu, comme tombé du futur entre nos mains. Un carnet qui compacte en une seule unité de papier un catalogue de vente d’êtres humains, tel que l’hypercapitalisme va certainement en produire, avec la parole de ces futurs « clownes » – esclaves parfois affranchis, clones fugitifs, rebelles à leur docilité programmée – et qui pensent ! Qui pensent et qui écrivent, créent des slogans, parodient leur condition, racontent leur vie de corps commercialisé qu’ils se réapproprient à leur façon par des autoportraits, leurs propres marques physiques, toute une autre « présentation de soi ».
      https://seenthis.net/messages/601882

  • Méditerranée : La température de l’eau dépasse 30 °C, les scientifiques craignent le pire avec ce « record »
    https://www.20minutes.fr/planete/2559663-20190708-mediterranee-temperature-eau-depasse-30-scientifiques-cra

    Un record dans l’histoire contemporaine des relevés météorologiques. La température de la mer Méditerranée atteint des sommets, avec pas moins de 30 °C sur le littoral, à Marseille. « La température est de 28 °C à planier [au large des côtes], et elle atteint localement 31, voire 32 °C en surface près du littoral le littoral », précise Paul Marquis, prévisionniste météo.

    Une situation « pas du tout normale », selon lui. « Même en 2003, la mer n’avait pas atteint ces températures. Jamais dans l’époque contemporaine des relevés météo, nous n’avons atteint ces températures, que ce soit à la fin ou au début de l’été », avance-t-il. En cause, les fortes chaleurs observées depuis la fin du mois de juin, couplées à l’absence de mistral.

  • Hauskäufe in bar - Die Geldwäsche ist in Deutschland zum Massenphänomen geworden
    https://www.berliner-zeitung.de


    Les institutions allemandes sont incapables de contrer l’afflux d’argent gagné au noir par le crime organisé. Depuis des décennies les ministres de la finance refusent de former assez de spécialistes pour occuper les postes en place censés d’arrêter les abus. Sur 475 poste au FIU ( financial intelligence unit , département du service douanier) plus de 180 sont occupés par des remplaçants et 51 sont inoccupés. Les augmentations astronomiques du prix de l’immobilier en sont le résultat direct.

    Von Frank-Thomas Wenzel

    Wenn es um Geldwäsche geht, dann ist Deutschland eine der ersten Adressen weltweit. Das zeigen auch die Zahlen der Financial Intelligence Unit (FIU), die am Dienstag in Köln vorgelegt wurden. Im vergangenen Jahr wurden der Behörde, die zum Zoll gehört, rund 77 200 Verdachtsfälle für Geldwäsche gemeldet. Das entspricht einer Steigerung um fast ein Drittel im Vergleich zum Vorjahr. Doch die Dunkelziffer dürfte erheblich größer sein. Denn von Immobilienmaklern und Notaren kamen zum Beispiel kaum Hinweise. Um wie viele Straftaten es tatsächlich geht, ist allerdings unklar. Denn die FIU fungiert lediglich als Zentralstelle zum Sammeln und für eine erste Analyse der Meldungen. Bei 58 Prozent der Fälle wurden 2018 die Akten wegen eines begründeten Verdachts an die Strafverfolgungsbehörden weitergeleitet. Es ist indesein offenes Geheimnis, dass Deutschland unter anderem bei italienischen Mafia-Organisationen als Standort für „Investitionen“ besonders beliebt ist. Auch Geld aus anderen Ländern, das mit dem internationalen Drogenhandel in Verbindung steht, wird bevorzugt in Deutschland gewaschen.

    Die Kriminellen schätzen Diskretion und Effizienz bei der Abwicklung der Geschäfte. Anlageobjekt Immobilie Begünstigend kommen relativ laxe gesetzliche Bestimmungen hinzu und die noch immer ausgeprägte Vorliebe der Deutschen für Bargeld. Das fließt erstaunlich häufig bei Immobiliengeschäften. Häuser und Wohnungen hierzulande bieten zudem den Vorteil, dass sie als wertbeständig gelten – vor allem, wenn es dabei um Objekte in Großstädten geht. Bei den Deals verbergen die Kriminellen häufig ihre Identität mittels Briefkastenfirmen in exotischen Steuerparadiesen und komplizierten Vertragskonstruktionen. Und auch mit Extraprovisionen für hiesige Helfer, die in bar ausgezahlt werden, wird vielfach operiert.

    Auffällig werden fragwürdige Geschäfte nicht selten dadurch, dass sie in ausländischen Währungen abgewickelt werden. Die Steigerung der Meldungen bei der FIU um 17 500 im vergangenen Jahr erklärt sich zum großen Teil aus einer höheren Sensibilisierung vor allem in der Finanzbranche. Auch spektakuläre Razzien wegen Geldwäscheverdachts wie etwa bei der Deutschen Bank haben zahlreiche andere Institute wachsamer werden lassen. In den Banken laufen Computerprogramme mit, die automatisch verdächtige Transaktionen erkennen. Es gebe in Deutschland ein Bewusstsein für die Notwendigkeit, „Kriminalität dort zu bekämpfen, wo es den Kriminellen besonders weh tut – nämlich beim Geld“, sagte Christof Schulte, Leiter der FIU, bei der Vorstellung des Jahresberichts in Köln. Doch diese Aussage ist nicht uneingeschränkt gültig.

    So stammen aus der Finanzbranche 98 Prozent der eingegangenen Meldungen. Aus allen anderen Sektoren, die ebenfalls zur Meldung verpflichtet sind, kamen dagegen nur 597 Hinweise zusammen. Das sei nach wie vor ein erstaunlich geringes Aufkommen, so die FIU. „Das ist aus meiner Sicht ganz klar zu wenig“, sagte Schulte. Man habe daher die Anstrengungen verstärkt, die Verpflichteten stärker zu sensibilisieren. Das gilt insbesondere für die Immobilienbranche. Von Maklern sind Medienberichten zufolge im vergangenen Jahr nur 31 Verdachtsfälle gemeldet worden. Notare hätten gar in gerade einmal acht Fällen Alarm geschlagen. Dabei besteht auch für sie eine gesetzliche Pflicht, die FIU über verdächtige Geschäfte zu informieren. Dies gilt unter anderem auch für Händler von Luxusgütern.

    Kritik an der Behörde Kritiker halten der FIU vor, dass sie nicht einmal die bisherigen Meldungen in angemessener Zeit abarbeite. Schulte betonte: „Im Laufe des letzten Jahres haben wir die FIU personell und fachlich verstärkt. Wir haben erfolgreich eine elektronische Meldungsplattform eingeführt.“ Künftig werde man zusätzliche Analysewerkzeuge einsetzen, um die Filterfunktion seiner Institution weiter zu stärken. Dies werde wegen des starken Anstiegs der Verdachtsfälle immer wichtiger. Jede eingehende Meldung werde „umgehend erstbewertet und priorisiert“. Besonders sensible und zeitkritische Sachverhalte sollen so zügig bearbeitet werden. Generell hat die FIU die Aufgabe, nur „werthaltige Fälle“ an die Strafverfolgungsbehörden weiterzugeben.

    In der Vergangenheit gab es immer wieder Kritik an der FIU wegen eklatanter organisatorischer Schwierigkeiten. Aus der Antwort auf eine Anfrage der Linken-Fraktion im Bundestag, über die der NDR berichtet, geht hervor, dass im Mai mehr als 36 000 vorliegende Meldungen nicht abschließend bearbeitet waren. Das sei der bislang größte Rückstau. Fabio de Masi von der Linken-Fraktion bezeichnet die Behörde „als Krisenherd der Geldwäschebekämpfung“. Die Beamten seien überfordert. Er verlangt vom zuständigen Finanzminister Olaf Scholz (SPD) einen Masterplan zur Bekämpfung von Geldwäsche.

    Nach NDR-Informationen sind von den 475 Planstellen der FIU mehr als 180 mit Aushilfen besetzt. Weitere 51 Posten seien vakant. Die finanzpolitische Sprecherin der Grünen im Bundestag, Lisa Paus, forderte einen besseren Austausch mit den Strafverfolgungsbehörden. Sonst sei „die FIU langfristig zum Scheitern verurteilt“. (dpa)

    https://www.youtube.com/watch?v=I8P80A8vy9I

    #Allemagne #blanchiment_d_argent #corruption #capitalisme #mafia

  • It’s the End of the World as They Know It – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/environment/2019/07/weight-of-the-world-climate-change-scientist-grief

    It’s hardly surprising that researchers who spend their lives exploring the dire effects of climate change might experience emotional consequences from their work. Yet, increasingly, Cobb, Shukla, and others in the field have begun publicly discussing the psychological impact of contending with data pointing to a looming catastrophe, dealing with denialism and attacks on science, and observing government inaction in the face of climate change. “Scientists are talking about an intense mix of emotions right now,” says Christine Arena, executive producer of the docuseries Let Science Speak, which featured climate researchers speaking out against efforts to silence or ignore science. “There’s deep grief and anxiety for what’s being lost, followed by rage at continued political inaction, and finally hope that we can indeed solve this challenge. There are definitely tears and trembling voices. They know this deep truth: They are on the front lines of contending with the fear, anger, and perhaps even panic the rest of us will have to deal with.”

    [...]

    “We have for too long as scientists rested on the assumption that by providing indisputable facts and great data that we are…counter[ing] the forces against science. And obviously that strategy has failed miserably. What we need right now is all the scientists who care so deeply…to shake off the fear that holds them back from engaging in this space.” This was, she says, the first time she had placed her “personal voice and body on the line.”

    #chercheurs #climat #dépression #engagement

  • Les #taux_d_intérêt au plus bas, manifestation du parasitisme achevé du #capitalisme | Le mensuel de #Lutte_Ouvriere (Lutte de Classe n°201 - juillet-août 2019)

    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2019/06/29/les-taux-dinteret-au-plus-bas-manifestation-du-parasitisme-a

    Mercredi 30 janvier, devant la menace, annoncée de toute part, d’une entrée en récession de l’économie américaine, la #banque_centrale des États-Unis, la FED, a annoncé une pause dans le relèvement de son principal taux directeur. La #FED, soucieuse de rassurer les marchés financiers sur leurs possibilités d’accéder à de l’argent pas cher, a promis qu’en 2019 ces taux resteraient à 2,5 %, soit le plus bas taux pratiqué par la banque centrale en fin de cycle (à la veille d’une récession) depuis au moins quarante ans. En Europe, la même tendance se confirme. La Banque centrale européenne, la #BCE, si elle a réduit la quantité d’argent qu’elle injecte dans les marchés financiers, maintient son principal taux directeur à 0 %. Il en va de même au Japon et au Royaume-Uni. Au total, cela fait près de dix ans, du jamais vu, que les taux directeurs des banques centrales des pays riches restent au plus bas, malgré tous les inconvénients que cela entraîne. Une telle situation n’est pas fortuite, elle est la manifestation, à sa manière, de l’impasse dans laquelle se trouve l’#économie capitaliste. [...]

    Sommaire :
    – Taux d’intérêt et #taux_de_profit
    – Le rôle des banques centrales
    – Des variations cycliques…
    – … et un mouvement de fond
    – Derrière les taux bas, la #crise permanente

  • #Grèce : #Tsipras chute, discrédité par sa soumission au capital | #editorial de #Lutte_Ouvriere
    https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/grece-tsipras-chute-discredite-par-sa-soumission-au-capital-133251.h
    #capitalisme

    [...] Aujourd’hui, après avoir soulevé bien des illusions, on comprend que les années d’austérité à la sauce #Syriza soient restées en travers de la gorge des travailleurs grecs. Et, la droite discréditée il y a encore quelques années, en a profité pour revenir aux affaires. Elle continuera les plans d’austérité et la politique anti-ouvrière tout en l’aggravant. Elle ajoutera également sa touche profondément réactionnaire dans ce pays où la dictature militaire a régné de 1967 à 1974.

    Pour nous, travailleurs, la leçon de cette évolution est que ceux qui prétendent s’opposer aux puissances de l’argent sans vouloir s’attaquer aux racines du pouvoir de la bourgeoisie se condamnent à devenir de nouveaux serviteurs de celle-ci.

    Leur politique est une impasse et les illusions qu’ils créent nous désarment. Il n’y aura pas de sauveur suprême. Et notre seule perspective ne peut être que de mener nous-mêmes le combat jusqu’au bout, jusqu’à l’expropriation des grandes banques et des grandes entreprises. L’utopie n’est pas de vouloir renverser l’ordre social capitaliste. C’est de croire que les intérêts des travailleurs sont conciliables avec la domination du grand capital.

  • L’Atlantique tropical ceinturé par les algues sargasses
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/07/09/l-atlantique-tropical-ceinture-par-les-algues-sargasses_5487087_1650684.html

    Joseph Montoya (Georgia Institute of Technology, Atlanta) et ses collègues se sont appuyés sur des données satellitaires pour étudier l’évolution de ce qui évoque un superorganisme d’une dimension inédite : en juin 2018, cette ceinture mesurait 8 850 kilomètres de long pour une biomasse de 20 millions de tonnes ! La croissance des algues est dopée par les effluents charriés en plus grande quantité jusqu’à l’océan par l’Amazone, en raison des #épandages d’#engrais agricoles et de la #déforestation, et par la remontée de nutriments sur les côtes africaines.

    #algues_sargasses
    https://science.sciencemag.org/content/365/6448/83

  • Book Review: Oxford Weather and Climate Since 1767 by Christopher C. Burt | Category 6 | Weather Underground
    https://www.wunderground.com/cat6/Book-Review-Oxford-Weather-and-Climate-1767

    The Radcliffe Observatory in Oxford has one of the longest continuous weather records in the world, and thus its data contributes in a significant way to the climate change record.

    #temps #climat

  • Les trés trés trés riches se plaignent de la loi de l’offre et de la demande. #MDR
    A Davos (GR), la hausse des prix menace le site du Forum économique ats/ani - 6 Juin 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10557327-a-davos-gr-la-hausse-des-prix-menace-le-site-du-forum-economique-.html

    *

    Selon le fondateur du Forum économique mondial (WEF) Klaus Schwab, l’explosion des prix à Davos pourrait devenir un problème si elle se poursuit. Il n’exclut pas un départ de la station grisonne, et donc de la Suisse. *

    Les participants du WEF seraient heureux de payer pour une bonne performance, a déclaré Klaus Schwab dans une interview accordée au quotidien alémanique Südostschweiz et publiée samedi. Cependant, ils réagiraient de manière très sensible s’ils avaient le sentiment d’être exploités.

    « Si une hausse des prix devait se poursuivre, il se pourrait que nous soyons exposés à une pression telle de la part de nos participants que nous devions abandonner le site de Davos malgré notre bonne volonté », a-t-il déclaré. « Mais je dois aussi dire que nous parlons de cas isolés et que nous sommes heureux que les hôteliers, les loueurs d’appartements et les restaurateurs soient conscients de la responsabilité collective », a-t-il encore dit.

    Capacité d’accueil trop faible
    Selon lui, Davos n’est pas une simple collaboration, mais un véritable partenariat à ne pas briser. Après cinquante ans, le WEF ne veut pas dissoudre une communauté qui a fait ses preuves et a grandi ensemble. « Au contraire nous ne voulons pas seulement la maintenir, mais la développer davantage. Il faut pour cela que les conditions nécessaires soient réunies », a ajouté le fondateur du WEF.

    Le Forum économique a récemment indiqué aux autorités de Davos que, pour accueillir les participants, il faudrait au moins 2800 chambres d’hôtel à des prix raisonnables. Il est également souhaité qu’il y ait suffisamment d’appartements pour héberger les collaborateurs.

    « Si ces conditions ne sont pas remplies, nous devrons chercher un autre endroit, le #coeur_lourd ». Cela signifierait qu’il faudrait quitter la Suisse, car il n’y existe aucune alternative en termes d’infrastructure pour les conférences.

    à #davos l’#obscénité doit être considéré comme un #Art , tout comme le #fouttage_de_gueule #prix #inflation #économie #wef #multinationales #en_vedette #international #riches #capitalisme #exploitation #hébergement #hôtel

  • Paola Antonelli : « Les designers peuvent faire en sorte que la fin de l’humanité soit élégante »
    https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2019/07/03/paola-antonelli-les-designers-peuvent-faire-en-sorte-que-la-fin-de-l-humanit


    Paola Antonelli, conservatrice du département d’architecture et de design et directrice de la R&D du Museum of Modern Art, à New York, membre du jury de la design parade à Hyères 2019.

    Figure du Museum of Modern Art (MoMA), à New York, où elle est conservatrice du département d’architecture et de design et directrice de la R&D, Paola Antonelli était cette année membre du jury de la Design Parade Hyères.

    Dans « Broken Nature : Design takes on Human Survival », l’exposition dont vous êtes la commissaire à la Triennale de Milan, à voir jusqu’au 1er septembre, vous prônez surtout un design réparateur…
    Oui, je pense que l’humanité est vouée à s’éteindre comme d’autres espèces avant elle. Les designers ne pourront pas empêcher cela mais ils peuvent faire en sorte que cette fin soit encore lointaine et élégante. Que nous laissions une trace sur la Terre, pour la prochaine espèce dominante, qui soit un exemple d’une relation apaisée et intelligente avec notre milieu naturel. Le concept d’un design réparateur (restorative design), visant à corriger la course de l’humanité vers l’autodestruction, embrasse un vaste champ de solutions. Il explore tantôt la technologie, tantôt l’artisanat ou une combinaison des deux. Il ne s’agit pas seulement de recyclage mais aussi d’acheter moins et de se transmettre, comme le faisaient nos grands-mères, le lit ou le canapé d’une génération à l’autre.

  • Cause animale, véganisme et antispécisme | Le mensuel de LO
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2019/06/29/cause-animale-veganisme-et-antispecisme_132985.html

    Cet exposé a été présenté à la fête de #Lutte_Ouvrière à Presles (8-10 juin derniers), parmi plusieurs dizaines d’autres conférences-débats.

    Sommaire :
    – Les rapports entre humains et animaux  : toute une histoire
    – Les animaux désormais soumis à la loi du profit
    – La souffrance animale dans l’industrie de la viande
    – Les vrais responsables, les capitalistes
    – Tous coupables selon les antispécistes
    – La mode végane, nouvelle source de profit
    – Les marxistes, soucieux de la protection de la nature
    – Le programme révolutionnaire et la #cause_animale
    – Renverser le système capitaliste, la mère de toutes les batailles

    #capitalisme #alimentation #véganisme #végétariannisme #spécisme #marxisme

  • Insect collapse: ‘We are destroying our life support systems’ | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2019/jan/15/insect-collapse-we-are-destroying-our-life-support-systems

    Scientist Brad Lister returned to Puerto Rican rainforest after 35 years to find 98% of ground insects had vanished

    “We knew that something was amiss in the first couple days,” said Brad Lister. “We were driving into the forest and at the same time both Andres and I said: ‘Where are all the birds?’ There was nothing.”

  • Boeing’s 737 Max Software Outsourced to $9-an-Hour Engineers - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-06-28/boeing-s-737-max-software-outsourced-to-9-an-hour-engineers

    In offices across from Seattle’s Boeing Field, recent college graduates employed by the Indian software developer HCL Technologies Ltd. occupied several rows of desks, said Mark Rabin, a former Boeing software engineer who worked in a flight-test group that supported the Max.

    The coders from HCL were typically designing to specifications set by Boeing. Still, “it was controversial because it was far less efficient than Boeing engineers just writing the code,” Rabin said. Frequently, he recalled, “it took many rounds going back and forth because the code was not done correctly.”

    Boeing’s cultivation of Indian companies appeared to pay other dividends. In recent years, it has won several orders for Indian military and commercial aircraft, such as a $22 billion one in January 2017 to supply SpiceJet Ltd. That order included 100 737-Max 8 jets and represented Boeing’s largest order ever from an Indian airline, a coup in a country dominated by Airbus.

    Based on resumes posted on social media, HCL engineers helped develop and test the Max’s flight-display software, while employees from another Indian company, Cyient Ltd., handled software for flight-test equipment.

    C’est beau comme tout la langue de bois des public relations :

    Boeing said the company did not rely on engineers from HCL and Cyient for the Maneuvering Characteristics Augmentation System, which has been linked to the Lion Air crash last October and the Ethiopian Airlines disaster in March. The Chicago-based planemaker also said it didn’t rely on either firm for another software issue disclosed after the crashes: a cockpit warning light that wasn’t working for most buyers.

    “Boeing has many decades of experience working with supplier/partners around the world,” a company spokesman said. “Our primary focus is on always ensuring that our products and services are safe, of the highest quality and comply with all applicable regulations.”

    In a statement, HCL said it “has a strong and long-standing business relationship with The Boeing Company, and we take pride in the work we do for all our customers. However, HCL does not comment on specific work we do for our customers. HCL is not associated with any ongoing issues with 737 Max.”

    Starting with the 787 Dreamliner, launched in 2004, it sought to increase profits by instead providing high-level specifications and then asking suppliers to design more parts themselves. The thinking was “they’re the experts, you see, and they will take care of all of this stuff for us,” said Frank McCormick, a former Boeing flight-controls software engineer who later worked as a consultant to regulators and manufacturers. “This was just nonsense.”

    Sales are another reason to send the work overseas. In exchange for an $11 billion order in 2005 from Air India, Boeing promised to invest $1.7 billion in Indian companies. That was a boon for HCL and other software developers from India, such as Cyient, whose engineers were widely used in computer-services industries but not yet prominent in aerospace.

    La sous-traitance logicielle peut-elle suivre les modèles de la sous-traitance de l’industrie ?

    HCL, once known as Hindustan Computers, was founded in 1976 by billionaire Shiv Nadar and now has more than $8.6 billion in annual sales. With 18,000 employees in the U.S. and 15,000 in Europe, HCL is a global company and has deep expertise in computing, said Sukamal Banerjee, a vice president. It has won business from Boeing on that basis, not on price, he said: “We came from a strong R&D background.”

    Still, for the 787, HCL gave Boeing a remarkable price – free, according to Sam Swaro, an associate vice president who pitched HCL’s services at a San Diego conference sponsored by Avionics International magazine in June. He said the company took no up-front payments on the 787 and only started collecting payments based on sales years later, an “innovative business model” he offered to extend to others in the industry.

    The 787 entered service three years late and billions of dollars over budget in 2011, in part because of confusion introduced by the outsourcing strategy. Under Dennis Muilenburg, a longtime Boeing engineer who became chief executive in 2015, the company has said that it planned to bring more work back in-house for its newest planes.

    #Boeing #Sous-traitance #Capitalisme #Sécurité #Logiciel

  • Cocorico : Les milliardaires français s’enrichissent plus vite que les autres Charles Gautier - 1 er Juillet 2019 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/les-milliardaires-francais-s-enrichissent-plus-vite-que-les-autres-20190701

    Le patrimoine cumulé par les 14 milliardaires français a progressé de 78 milliards de dollars depuis le 31 décembre 2018, selon le dernier classement Bloomberg.

    Un record : la richesse cumulée des 14 milliardaires français figurant dans le Top 500 mondial de Bloomberg s’est accrue de 34,8 % depuis le 31 décembre 2018, a révélé lundi l’agence financière. Ces « premiers de cordée » ont cumulé une croissance de leur patrimoine de 78 milliards de dollars (68,8 milliards d’euros).

    Une hausse bien plus forte que celle enregistrée dans tous les autres pays. Elle est même légèrement supérieure à celle des grandes fortunes thaïlandaises (+ 32,7 %) et singapourienne (+ 30,8 %). Avec 23 %, le Danemark clôt le Top 5 mondial de la croissance derrière le Japon (+ 24,2 %).

    Cette croissance française est deux fois plus importante que celle des plus riches des Chinois (+ 17 %). Quant aux Américains, ils feraient presque pâle figure avec seulement 15 % de hausse. . . . . . . . .

     #milliardaires #france #riches #inégalités #enMarche #richesse #fortune #capitalisme #enrichissement #en_vedette #pauvreté #économie #politique #corruption #violence #ruissellement

  • NASA just made a stunning discovery about how fracking fuels global warming – ThinkProgress
    https://thinkprogress.org/nasa-study-fracking-global-warming-0fa0c5b5f5c7

    A new NASA study is one final nail in the coffin of the myth that natural gas is a climate solution, or a “bridge” from the dirtiest fossil fuels to low-carbon fuels like solar and wind.

    NASA found that most of the huge rise in global methane emissions in the past decade is in fact from the fossil fuel industry–and that this rise is “substantially larger” than previously thought. And that means natural gas is, as many earlier studies have found, not a climate solution.

    Selon les chercheurs, les émissions industrielles de #méthane sont 100 fois plus élevées que celles rapportées…
    https://trustmyscience.com/emissions-industrielles-methane-100-fois-plus-elevees-que-estimation

    L’équipe de recherche a équipé une voiture Street View de Google avec un capteur de méthane à haute précision et a découvert que les émissions de méthane des usines d’engrais à l’ammoniac sont 100 fois supérieures aux estimations autodéclarées de l’industrie des engrais.

    Ces émissions sont donc bien supérieures aux estimations de l’Environmental Protection Agency (#EPA) concernant TOUS les processus industriels aux #États-Unis. « Nous avons pris le cas d’une petite industrie dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler et avons découvert que ses émissions de méthane étaient trois fois supérieures que ce que l’EPA supposait être émis par la production industrielle totale aux États-Unis », a déclaré John Albertson, co-auteur et professeur des droits civils et génie de l’environnement. « Cela nous montre qu’il y a un énorme écart entre les estimations divulguées au grand public, et les mesures du monde réel », a-t-il ajouté.

    Au cours de ces dernières années, l’utilisation du #gaz_naturel a augmenté, notamment grâce à l’amélioration de l’efficacité de l’extraction du gaz et également car il est généralement pensé que le gaz naturel est un #combustible_fossile « moins nocif » à utiliser. « Mais le gaz naturel est principalement constitué de méthane, qui, molécule après molécule, possède un potentiel de réchauffement planétaire supérieur à celui du dioxyde de carbone », a déclaré Albertson. « La présence d’émissions ou de fuites importantes en tout point de la chaîne d’approvisionnement pourrait faire du gaz naturel un facteur plus important de changement climatique qu’on ne le pensait auparavant », a-t-il ajouté.

    #climat #énergie

  • #Globalisation is dead and we need to invent a new world order - Open Future
    https://www.economist.com/open-future/2019/06/28/globalisation-is-dead-and-we-need-to-invent-a-new-world-order

    The Economist : Describe what comes after globalisation—what does the world you foresee look like?

    Mr O’Sullivan : Globalisation is already behind us. We should say goodbye to it and set our minds on the emerging multipolar world. This will be dominated by at least three large regions: America, the European Union and a China-centric Asia. They will increasingly take very different approaches to economic policy, liberty, warfare, technology and society. Mid-sized countries like Russia, Britain, Australia and Japan will struggle to find their place in the world, while new coalitions will emerge, such as a “Hanseatic League 2.0” of small, advanced states like those of Scandinavia and the Baltics. Institutions of the 20th century—the World Bank, the International Monetary Fund and the World Trade Organisation—will appear increasingly defunct.

    The Economist : What killed globalisation?

    Michael O’Sullivan : At least two things have put paid to globalisation. First, global economic growth has slowed, and as a result, the growth has become more “financialised”: debt has increased and there has been more “monetary activism”—that is, central banks pumping money into the economy by buying assets, such as bonds and in some cases even equities—to sustain the international expansion. Second, the side effects, or rather the perceived side-effects, of globalisation are more apparent: wealth inequality, the dominance of multinationals and the dispersion of global supply chains, which have all become hot political issues.

    • global economic growth has slowed, and as a result, the growth has become more “financialised”: debt has increased and there has been more “monetary activism”—that is, central banks pumping money into the economy by buying assets, such as bonds and in some cases even equities—to sustain the international expansion.

      #capitalisme_inversé (cf. La Grande Dévalorisation de Trenkle et Lohoff)

  • Beyond the Hype of Lab-Grown Diamonds
    https://earther.gizmodo.com/beyond-the-hype-of-lab-grown-diamonds-1834890351

    Billions of years ago when the world was still young, treasure began forming deep underground. As the edges of Earth’s tectonic plates plunged down into the upper mantle, bits of carbon, some likely hailing from long-dead life forms were melted and compressed into rigid lattices. Over millions of years, those lattices grew into the most durable, dazzling gems the planet had ever cooked up. And every so often, for reasons scientists still don’t fully understand, an eruption would send a stash of these stones rocketing to the surface inside a bubbly magma known as kimberlite.

    There, the diamonds would remain, nestled in the kimberlite volcanoes that delivered them from their fiery home, until humans evolved, learned of their existence, and began to dig them up.

    The epic origin of Earth’s diamonds has helped fuel a powerful marketing mythology around them: that they are objects of otherworldly strength and beauty; fitting symbols of eternal love. But while “diamonds are forever” may be the catchiest advertising slogan ever to bear some geologic truth, the supply of these stones in the Earth’s crust, in places we can readily reach them, is far from everlasting. And the scars we’ve inflicted on the land and ourselves in order to mine diamonds has cast a shadow that still lingers over the industry.

    Some diamond seekers, however, say we don’t need to scour the Earth any longer, because science now offers an alternative: diamonds grown in labs. These gems aren’t simulants or synthetic substitutes; they are optically, chemically, and physically identical to their Earth-mined counterparts. They’re also cheaper, and in theory, limitless. The arrival of lab-grown diamonds has rocked the jewelry world to its core and prompted fierce pushback from diamond miners. Claims abound on both sides.

    Growers often say that their diamonds are sustainable and ethical; miners and their industry allies counter that only gems plucked from the Earth can be considered “real” or “precious.” Some of these assertions are subjective, others are supported only by sparse, self-reported, or industry-backed data. But that’s not stopping everyone from making them.

    This is a fight over image, and when it comes to diamonds, image is everything.
    A variety of cut, polished Ada Diamonds created in a lab, including smaller melee stones and large center stones. 22.94 carats total. (2.60 ct. pear, 2.01 ct. asscher, 2.23 ct. cushion, 3.01 ct. radiant, 1.74 ct. princess, 2.11 ct. emerald, 3.11 ct. heart, 3.00 ct. oval, 3.13 ct. round.)
    Image: Sam Cannon (Earther)
    Same, but different

    The dream of lab-grown diamond dates back over a century. In 1911, science fiction author H.G. Wells described what would essentially become one of the key methods for making diamond—recreating the conditions inside Earth’s mantle on its surface—in his short story The Diamond Maker. As the Gemological Institute of America (GIA) notes, there were a handful of dubious attempts to create diamonds in labs in the late 19th and early 20th century, but the first commercial diamond production wouldn’t emerge until the mid-1950s, when scientists with General Electric worked out a method for creating small, brown stones. Others, including De Beers, soon developed their own methods for synthesizing the gems, and use of the lab-created diamond in industrial applications, from cutting tools to high power electronics, took off.

    According to the GIA’s James Shigley, the first experimental production of gem-quality diamond occurred in 1970. Yet by the early 2000s, gem-quality stones were still small, and often tinted yellow with impurities. It was only in the last five or so years that methods for growing diamonds advanced to the point that producers began churning out large, colorless stones consistently. That’s when the jewelry sector began to take a real interest.

    Today, that sector is taking off. The International Grown Diamond Association (IGDA), a trade group formed in 2016 by a dozen lab diamond growers and sellers, now has about 50 members, according to IGDA secretary general Dick Garard. When the IGDA first formed, lab-grown diamonds were estimated to represent about 1 percent of a $14 billion rough diamond market. This year, industry analyst Paul Zimnisky estimates they account for 2-3 percent of the market.

    He expects that share will only continue to grow as factories in China that already produce millions of carats a year for industrial purposes start to see an opportunity in jewelry.
    “I have a real problem with people claiming one is ethical and another is not.”

    “This year some [factories] will come up from 100,000 gem-quality diamonds to one to two million,” Zimnisky said. “They already have the infrastructure and equipment in place” and are in the process of upgrading it. (About 150 million carats of diamonds were mined last year, according to a global analysis of the industry conducted by Bain & Company.)

    Production ramp-up aside, 2018 saw some other major developments across the industry. In the summer, the Federal Trade Commission (FTC) reversed decades of guidance when it expanded the definition of a diamond to include those created in labs and dropped ‘synthetic’ as a recommended descriptor for lab-grown stones. The decision came on the heels of the world’s top diamond producer, De Beers, announcing the launch of its own lab-grown diamond line, Lightbox, after having once vowed never to sell man-made stones as jewelry.

    “I would say shock,” Lightbox Chief Marketing Officer Sally Morrison told Earther when asked how the jewelry world responded to the company’s launch.

    While the majority of lab-grown diamonds on the market today are what’s known as melee (less than 0.18 carats), the tech for producing the biggest, most dazzling diamonds continues to improve. In 2016, lab-grown diamond company MiaDonna announced its partners had grown a 6.28 carat gem-quality diamond, claimed to be the largest created in the U.S. to that point. In 2017, a lab in Augsburg University, Germany that grows diamonds for industrial and scientific research applications produced what is thought to be the largest lab-grown diamond ever—a 155 carat behemoth that stretches nearly 4 inches across. Not gem quality, perhaps, but still impressive.

    “If you compare it with the Queen’s diamond, hers is four times heavier, it’s clearer” physicist Matthias Schreck, who leads the group that grew that beast of a jewel, told me. “But in area, our diamond is bigger. We were very proud of this.”

    Diamonds can be created in one of two ways: Similar to how they form inside the Earth, or similar to how scientists speculate they might form in outer space.

    The older, Earth-inspired method is known as “high temperature high pressure” (HPHT), and that’s exactly what it sounds like. A carbon source, like graphite, is placed in a giant, mechanical press where, in the presence of a catalyst, it’s subjected to temperatures of around 1,600 degrees Celsius and pressures of 5-6 Gigapascals in order to form diamond. (If you’re curious what that sort of pressure feels like, the GIA describes it as similar to the force exerted if you tried to balance a commercial jet on your fingertip.)

    The newer method, called chemical vapor deposition (CVD), is more akin to how diamonds might form in interstellar gas clouds (for which we have indirect, spectroscopic evidence, according to Shigley). A hydrocarbon gas, like methane, is pumped into a low-pressure reactor vessel alongside hydrogen. While maintaining near-vacuum conditions, the gases are heated very hot—typically 3,000 to 4,000 degrees Celsius, according to Lightbox CEO Steve Coe—causing carbon atoms to break free of their molecular bonds. Under the right conditions, those liberated bits of carbon will settle out onto a substrate—typically a flat, square plate of a synthetic diamond produced with the HPHT method—forming layer upon layer of diamond.

    “It’s like snow falling on a table on your back porch,” Jason Payne, the founder and CEO of lab-grown diamond jewelry company Ada Diamonds, told me.

    Scientists have been forging gem-quality diamonds with HPHT for longer, but today, CVD has become the method of choice for those selling larger bridal stones. That’s in part because it’s easier to control impurities and make diamonds with very high clarity, according to Coe. Still, each method has its advantages—Payne said that HPHT is faster and the diamonds typically have better color (which is to say, less of it)—and some companies, like Ada, purchase stones grown in both ways.

    However they’re made, lab-grown diamonds have the same exceptional hardness, stiffness, and thermal conductivity as their Earth-mined counterparts. Cut, they can dazzle with the same brilliance and fire—a technical term to describe how well the diamond scatters light like a prism. The GIA even grades them according to the same 4Cs—cut, clarity, color, and carat—that gemologists use to assess diamonds formed in the Earth, although it uses a slightly different terminology to report the color and clarity grades for lab-grown stones.

    They’re so similar, in fact, that lab-grown diamond entering the larger diamond supply without any disclosures has become a major concern across the jewelry industry, particularly when it comes to melee stones from Asia. It’s something major retailers are now investing thousands of dollars in sophisticated detection equipment to suss out by searching for minute differences in, say, their crystal shape or for impurities like nitrogen (much less common in lab-grown diamond, according to Shigley).

    Those differences may be a lifeline for retailers hoping to weed out lab-grown diamonds, but for companies focused on them, they can become another selling point. The lack of nitrogen in diamonds produced with the CVD method, for instance, gives them an exceptional chemical purity that allows them to be classified as type IIa; a rare and coveted breed that accounts for just 2 percent of those found in nature. Meanwhile, the ability to control everything about the growth process allows companies like Lightbox to adjust the formula and produce incredibly rare blue and pink diamonds as part of their standard product line. (In fact, these colored gemstones have made up over half of the company’s sales since launch, according to Coe.)

    And while lab-grown diamonds boast the same sparkle as their Earthly counterparts, they do so at a significant discount. Zimnisky said that today, your typical one carat, medium quality diamond grown in a lab will sell for about $3,600, compared with $6,100 for its Earth-mined counterpart—a discount of about 40 percent. Two years ago, that discount was only 18 percent. And while the price drop has “slightly tapered off” as Zimnisky put it, he expects it will fall further thanks in part to the aforementioned ramp up in Chinese production, as well as technological improvements. (The market is also shifting in response to Lightbox, which De Beers is using to position lab-grown diamonds as mass produced items for fashion jewelry, and which is selling its stones, ungraded, at the controversial low price of $800 per carat—a discount of nearly 90 percent.)

    Zimnisky said that if the price falls too fast, it could devalue lab-grown diamonds in the eyes of consumers. But for now, at least, paying less seems to be a selling point. A 2018 consumer research survey by MVI Marketing found that most of those polled would choose a larger lab-grown diamond over a smaller mined diamond of the same price.

    “The thing [consumers] seem most compelled by is the ability to trade up in size and quality at the same price,” Garard of IGDA said.

    Still, for buyers and sellers alike, price is only part of the story. Many in the lab-grown diamond world market their product as an ethical or eco-friendly alternative to mined diamonds.

    But those sales pitches aren’t without controversy.
    A variety of lab-grown diamond products arrayed on a desk at Ada Diamonds showroom in Manhattan. The stone in the upper left gets its blue color from boron. Diamonds tinted yellow (top center) usually get their color from small amounts of nitrogen.
    Photo: Sam Cannon (Earther)
    Dazzling promises

    As Anna-Mieke Anderson tells it, she didn’t enter the diamond world to become a corporate tycoon. She did it to try and fix a mistake.

    In 1999, Anderson purchased herself a diamond. Some years later, in 2005, her father asked her where it came from. Nonplussed, she told him it came from the jewelry store. But that wasn’t what he was asking: He wanted to know where it really came from.

    “I actually had no idea,” Anderson told Earther. “That led me to do a mountain of research.”

    That research eventually led Anderson to conclude that she had likely bought a diamond mined under horrific conditions. She couldn’t be sure, because the certificate of purchase included no place of origin. But around the time of her purchase, civil wars funded by diamond mining were raging across Angola, Sierra Leone, the Democratic Republic of Congo and Liberia, fueling “widespread devastation” as Global Witness put it in 2006. At the height of the diamond wars in the late ‘90s, the watchdog group estimates that as many as 15 percent of diamonds entering the market were conflict diamonds. Even those that weren’t actively fueling a war were often being mined in dirty, hazardous conditions; sometimes by children.

    “I couldn’t believe I’d bought into this,” Anderson said.

    To try and set things right, Anderson began sponsoring a boy living in a Liberian community impacted by the blood diamond trade. The experience was so eye-opening, she says, that she eventually felt compelled to sponsor more children. Selling conflict-free jewelry seemed like a fitting way to raise money to do so, but after a great deal more research, Anderson decided she couldn’t in good faith consider any diamond pulled from the Earth to be truly conflict-free in either the humanitarian or environmental sense. While diamond miners were, by the early 2000s, getting their gems certified “conflict free” according to the UN-backed Kimberley Process, the certification scheme’s definition of a conflict diamond—one sold by rebel groups to finance armed conflicts against governments—felt far too narrow.

    “That [conflict definition] eliminates anything to do with the environment, or eliminates a child mining it, or someone who was a slave, or beaten, or raped,” Anderson said.

    And so she started looking into science, and in 2007, launching MiaDonna as one of the world’s first lab-grown diamond jewelry companies. The business has been activism-oriented from the get-go, with at least five percent of its annual earnings—and more than 20 percent for the last three years—going into The Greener Diamond, Anderson’s charity foundation which has funded a wide range of projects, from training former child soldiers in Sierra Leone to grow food to sponsoring kids orphaned by the West African Ebola outbreak.

    MiaDonna isn’t the only company that positions itself as an ethical alternative to the traditional diamond industry. Brilliant Earth, which sells what it says are carefully-sourced mined and lab-created diamonds, also donates a small portion of its profits to supporting mining communities. Other lab-grown diamond companies market themselves as “ethical,” “conflict-free,” or “world positive.” Payne of Ada Diamonds sees, in lab-grown diamonds, not just shiny baubles, but a potential to improve medicine, clean up pollution, and advance society in countless other ways—and he thinks the growing interest in lab-grown diamond jewelry will help propel us toward that future.

    Others, however, say black-and-white characterizations when it comes to social impact of mined diamonds versus lab-grown stones are unfair. “I have a real problem with people claiming one is ethical and another is not,” Estelle Levin-Nally, founder and CEO of Levin Sources, which advocates for better governance in the mining sector, told Earther. “I think it’s always about your politics. And ethics are subjective.”

    Saleem Ali, an environmental researcher at the University of Delaware who serves on the board of the Diamonds and Development Initiative, agrees. He says the mining industry has, on the whole, worked hard to turn itself around since the height of the diamond wars and that governance is “much better today” than it used to be. Human rights watchdog Global Witness also says that “significant progress” has been made to curb the conflict diamond trade, although as Alice Harle, Senior Campaigner with Global Witness told Earther via email, diamonds do still fuel conflict, particularly in the Central African Republic and Zimbabwe.

    Most industry observers seems to agree that the Kimberley Process is outdated and inadequate, and that more work is needed to stamp out other abuses, including child labor and forced labor, in the artisanal and small-scale diamond mining sector. Today, large-scale mining operations don’t tend to see these kinds of problems, according to Julianne Kippenberg, associate director for children’s rights at Human Rights Watch, but she notes that there may be other community impacts surrounding land rights and forced resettlement.

    The flip side, Ali and Levin-Nally say, is that well-regulated mining operations can be an important source of economic development and livelihood. Ali cites Botswana and Russia as prime examples of places where large-scale mining operations have become “major contributors to the economy.” Dmitry Amelkin, head of strategic projects and analytics for Russian diamond mining giant Alrosa, echoed that sentiment in an email to Earther, noting that diamonds transformed Botswana “from one of the poorest [countries] in the world to a middle-income country” with revenues from mining representing almost a third of its GDP.

    In May, a report commissioned by the Diamond Producers Association (DPA), a trade organization representing the world’s largest diamond mining companies, estimated that worldwide, its members generate nearly $4 billion in direct revenue for employees and contractors, along with another $6.8 billion in benefits via “local procurement of goods and services.” DPA CEO Jean-Marc Lieberherr said this was a story diamond miners need to do a better job telling.

    “The industry has undergone such changes since the Blood Diamond movie,” he said, referring to the blockbuster 2006 film starring Leonardo DiCaprio that drew global attention to the problem of conflict diamonds. “And yet people’s’ perceptions haven’t evolved. I think the main reason is we have not had a voice, we haven’t communicated.”

    But conflict and human rights abuses aren’t the only issues that have plagued the diamond industry. There’s also the lasting environmental impact of the mining itself. In the case of large-scale commercial mines, this typically entails using heavy machinery and explosives to bore deep into those kimberlite tubes in search of precious stones.

    Some, like Maya Koplyova, a geologist at the University of British Columbia who studies diamonds and the rocks they’re found in, see this as far better than many other forms of mining. “The environmental footprint is the fThere’s also the question of just how representative the report’s energy consumption estimates for lab-grown diamonds are. While he wouldn’t offer a specific number, Coe said that De Beers’ Group diamond manufacturer Element Six—arguably the most advanced laboratory-grown diamond company in the world—has “substantially lower” per carat energy requirements than the headline figures found inside the new report. When asked why this was not included, Rick Lord, ESG analyst at Trucost, the S&P global group that conducted the analysis, said it chose to focus on energy estimates in the public record, but that after private consultation with Element Six it did not believe their data would “materially alter” the emissions estimates in the study.

    Finally, it’s important to consider the source of the carbon emissions. While the new report states that about 40 percent of the emissions associated with mining a diamond come from fossil fuel-powered vehicles and equipment, emissions associated with growing a diamond come mainly from electric power. Today, about 68 percent of lab-grown diamonds hail from China, Singapore, and India combined according to Zimnisky, where the power is drawn from largely fossil fuel-powered grids. But there is, at least, an opportunity to switch to renewables and drive that carbon footprint way down.
    “The reality is both mining and manufacturing consume energy and probably the best thing we could do is focus on reducing energy consumption.”

    And some companies do seem to be trying to do that. Anderson of MiaDonna says the company only sources its diamonds from facilities in the U.S., and that it’s increasingly trying to work with producers that use renewable energy. Lab-grown diamond company Diamond Foundry grows its stones inside plasma reactors running “as hot as the outer layer of the sun,” per its website, and while it wouldn’t offer any specific numbers, that presumably uses more energy than your typical operation running at lower temperatures. However, company spokesperson Ye-Hui Goldenson said its Washington State ‘megacarat factory’ was cited near a well-maintained hydropower source so that the diamonds could be produced with renewable energy. The company offsets other fossil fuel-driven parts of its operation by purchasing carbon credits.

    Lightbox’s diamonds currently come from Element Six’s UK-based facilities. The company is, however, building a $94-million facility near Portland, Oregon, that’s expected to come online by 2020. Coe said he estimates about 45 percent of its power will come from renewable sources.

    “The reality is both mining and manufacturing consume energy and probably the best thing we could do is focus on reducing energy consumption,” Coe said. “That’s something we’re focused on in Lightbox.”

    In spite of that, Lightbox is somewhat notable among lab-grown diamond jewelry brands in that, in the words of Morrison, it is “not claiming this to be an eco-friendly product.”

    “While it is true that we don’t dig holes in the ground, the energy consumption is not insignificant,” Morrison told Earther. “And I think we felt very uncomfortable promoting on that.”
    Various diamonds created in a lab, as seen at the Ada Diamonds showroom in Manhattan.
    Photo: Sam Cannon (Earther)
    The real real

    The fight over how lab-grown diamonds can and should market themselves is still heating up.

    On March 26, the FTC sent letters to eight lab-grown and diamond simulant companies warning them against making unsubstantiated assertions about the environmental benefits of their products—its first real enforcement action after updating its jewelry guides last year. The letters, first obtained by JCK news director Rob Bates under a Freedom of Information Act request, also warned companies that their advertising could falsely imply the products are mined diamonds, illustrating that, even though the agency now says a lab-grown diamond is a diamond, the specific origin remains critically important. A letter to Diamond Foundry, for instance, notes that the company has at times advertised its stones as “above-ground real” without the qualification of “laboratory-made.” It’s easy to see how a consumer might miss the implication.

    But in a sense, that’s what all of this is: A fight over what’s real.
    “It’s a nuanced reality that we’re in. They are a type of diamond.”

    Another letter, sent to FTC attorney Reenah Kim by the nonprofit trade organization Jewelers Vigilance Committee on April 2, makes it clear that many in the industry still believe that’s a term that should be reserved exclusively for gems formed inside the Earth. The letter, obtained by Earther under FOIA, urges the agency to continue restricting the use of the terms “real,” “genuine,” “natural,” “precious,” and “semi-precious” to Earth-mined diamonds and gemstones. Even the use of such terms in conjunction with “laboratory grown,” the letter argues, “will create even more confusion in an already confused and evolving marketplace.”

    JVC President Tiffany Stevens told Earther that the letter was a response to a footnote in an explanatory document about the FTC’s recent jewelry guide changes, which suggested the agency was considering removing a clause about real, precious, natural and genuine only being acceptable modifiers for gems mined from the Earth.

    “We felt that given the current commercial environment, that we didn’t think it was a good time to take that next step,” Stevens told Earther. As Stevens put it, the changes the FTC recently made, including expanding the definition of diamond and tweaking the descriptors companies can use to label laboratory-grown diamonds as such, have already been “wildly misinterpreted” by some lab-grown diamond sellers that are no longer making the “necessary disclosures.”

    Asked whether the JVC thinks lab-grown diamonds are, in fact, real diamonds, Stevens demurred.

    “It’s a nuanced reality that we’re in,” she said. “They are a type of diamond.”

    Change is afoot in the diamond world. Mined diamond production may have already peaked, according to the 2018 Bain & Company report. Lab diamonds are here to stay, although where they’re going isn’t entirely clear. Zimnisky expects that in a few years—as Lightbox’s new facility comes online and mass production of lab diamonds continues to ramp up overseas—the price industry-wide will fall to about 80 percent less than a mined diamond. At that point, he wonders whether lab-grown diamonds will start to lose their sparkle.

    Payne isn’t too worried about a price slide, which he says is happening across the diamond industry and which he expects will be “linear, not exponential” on the lab-grown side. He points out that lab-grown diamond market is still limited by supply, and that the largest lab-grown gems remain quite rare. Payne and Zimnisky both see the lab-grown diamond market bifurcating into cheaper, mass-produced gems and premium-quality stones sold by those that can maintain a strong brand. A sense that they’re selling something authentic and, well, real.

    “So much has to do with consumer psychology,” Zimnisky said.

    Some will only ever see diamonds as authentic if they formed inside the Earth. They’re drawn, as Kathryn Money, vice president of strategy and merchandising at Brilliant Earth put it, to “the history and romanticism” of diamonds; to a feeling that’s sparked by holding a piece of our ancient world. To an essence more than a function.

    Others, like Anderson, see lab-grown diamonds as the natural (to use a loaded word) evolution of diamond. “We’re actually running out of [mined] diamonds,” she said. “There is an end in sight.” Payne agreed, describing what he sees as a “looming death spiral” for diamond mining.

    Mined diamonds will never go away. We’ve been digging them up since antiquity, and they never seem to lose their sparkle. But most major mines are being exhausted. And with technology making it easier to grow diamonds just as they are getting more difficult to extract from the Earth, the lab-grown diamond industry’s grandstanding about its future doesn’t feel entirely unreasonable.

    There’s a reason why, as Payne said, “the mining industry as a whole is still quite scared of this product.” ootprint of digging the hole in the ground and crushing [the rock],” Koplyova said, noting that there’s no need to add strong acids or heavy metals like arsenic (used in gold mining) to liberate the gems.

    Still, those holes can be enormous. The Mir Mine, a now-abandoned open pit mine in Eastern Siberia, is so large—reportedly stretching 3,900 feet across and 1,700 feet deep—that the Russian government has declared it a no-fly zone owing to the pit’s ability to create dangerous air currents. It’s visible from space.

    While companies will often rehabilitate other land to offset the impact of mines, kimberlite mining itself typically leaves “a permanent dent in the earth’s surface,” as a 2014 report by market research company Frost & Sullivan put it.

    “It’s a huge impact as far as I’m concerned,” said Kevin Krajick, senior editor for science news at Columbia University’s Earth Institute who wrote a book on the discovery of diamonds in far northern Canada. Krajick noted that in remote mines, like those of the far north, it’s not just the physical hole to consider, but all the development required to reach a previously-untouched area, including roads and airstrips, roaring jets and diesel-powered trucks.

    Diamonds grown in factories clearly have a smaller physical footprint. According to the Frost & Sullivan report, they also use less water and create less waste. It’s for these reasons that Ali thinks diamond mining “will never be able to compete” with lab-grown diamonds from an environmental perspective.

    “The mining industry should not even by trying to do that,” he said.

    Of course, this is capitalism, so try to compete is exactly what the DPA is now doing. That same recent report that touted the mining industry’s economic benefits also asserts that mined diamonds have a carbon footprint three times lower than that of lab-grown diamonds, on average. The numbers behind that conclusion, however, don’t tell the full story.

    Growing diamonds does take considerable energy. The exact amount can vary greatly, however, depending on the specific nature of the growth process. These are details manufacturers are typically loathe to disclose, but Payne of Ada Diamonds says he estimates the most efficient players in the game today use about 250 kilowatt hour (kWh) of electricity per cut, polished carat of diamond; roughly what a U.S. household consumes in 9 days. Other estimates run higher. Citing unnamed sources, industry publication JCK Online reported that a modern HPHT run can use up to 700 kWh per carat, while CVD production can clock in north of 1,000 kWh per carat.

    Pulling these and several other public-record estimates, along with information on where in the world today’s lab diamonds are being grown and the energy mix powering the producer nations’ electric grids, the DPA-commissioned study estimated that your typical lab-grown diamond results in some 511 kg of carbon emissions per cut, polished carat. Using information provided by mining companies on fuel and electricity consumption, along with other greenhouse gas sources on the mine site, it found that the average mined carat was responsible for just 160 kg of carbon emissions.

    One limitation here is that the carbon footprint estimate for mining focused only on diamond production, not the years of work entailed in developing a mine. As Ali noted, developing a mine can take a lot of energy, particularly for those sited in remote locales where equipment needs to be hauled long distances by trucks or aircraft.

    There’s also the question of just how representative the report’s energy consumption estimates for lab-grown diamonds are. While he wouldn’t offer a specific number, Coe said that De Beers’ Group diamond manufacturer Element Six—arguably the most advanced laboratory-grown diamond company in the world—has “substantially lower” per carat energy requirements than the headline figures found inside the new report. When asked why this was not included, Rick Lord, ESG analyst at Trucost, the S&P global group that conducted the analysis, said it chose to focus on energy estimates in the public record, but that after private consultation with Element Six it did not believe their data would “materially alter” the emissions estimates in the study.

    Finally, it’s important to consider the source of the carbon emissions. While the new report states that about 40 percent of the emissions associated with mining a diamond come from fossil fuel-powered vehicles and equipment, emissions associated with growing a diamond come mainly from electric power. Today, about 68 percent of lab-grown diamonds hail from China, Singapore, and India combined according to Zimnisky, where the power is drawn from largely fossil fuel-powered grids. But there is, at least, an opportunity to switch to renewables and drive that carbon footprint way down.
    “The reality is both mining and manufacturing consume energy and probably the best thing we could do is focus on reducing energy consumption.”

    And some companies do seem to be trying to do that. Anderson of MiaDonna says the company only sources its diamonds from facilities in the U.S., and that it’s increasingly trying to work with producers that use renewable energy. Lab-grown diamond company Diamond Foundry grows its stones inside plasma reactors running “as hot as the outer layer of the sun,” per its website, and while it wouldn’t offer any specific numbers, that presumably uses more energy than your typical operation running at lower temperatures. However, company spokesperson Ye-Hui Goldenson said its Washington State ‘megacarat factory’ was cited near a well-maintained hydropower source so that the diamonds could be produced with renewable energy. The company offsets other fossil fuel-driven parts of its operation by purchasing carbon credits.

    Lightbox’s diamonds currently come from Element Six’s UK-based facilities. The company is, however, building a $94-million facility near Portland, Oregon, that’s expected to come online by 2020. Coe said he estimates about 45 percent of its power will come from renewable sources.

    “The reality is both mining and manufacturing consume energy and probably the best thing we could do is focus on reducing energy consumption,” Coe said. “That’s something we’re focused on in Lightbox.”

    In spite of that, Lightbox is somewhat notable among lab-grown diamond jewelry brands in that, in the words of Morrison, it is “not claiming this to be an eco-friendly product.”

    “While it is true that we don’t dig holes in the ground, the energy consumption is not insignificant,” Morrison told Earther. “And I think we felt very uncomfortable promoting on that.”
    Various diamonds created in a lab, as seen at the Ada Diamonds showroom in Manhattan.
    Photo: Sam Cannon (Earther)
    The real real

    The fight over how lab-grown diamonds can and should market themselves is still heating up.

    On March 26, the FTC sent letters to eight lab-grown and diamond simulant companies warning them against making unsubstantiated assertions about the environmental benefits of their products—its first real enforcement action after updating its jewelry guides last year. The letters, first obtained by JCK news director Rob Bates under a Freedom of Information Act request, also warned companies that their advertising could falsely imply the products are mined diamonds, illustrating that, even though the agency now says a lab-grown diamond is a diamond, the specific origin remains critically important. A letter to Diamond Foundry, for instance, notes that the company has at times advertised its stones as “above-ground real” without the qualification of “laboratory-made.” It’s easy to see how a consumer might miss the implication.

    But in a sense, that’s what all of this is: A fight over what’s real.
    “It’s a nuanced reality that we’re in. They are a type of diamond.”

    Another letter, sent to FTC attorney Reenah Kim by the nonprofit trade organization Jewelers Vigilance Committee on April 2, makes it clear that many in the industry still believe that’s a term that should be reserved exclusively for gems formed inside the Earth. The letter, obtained by Earther under FOIA, urges the agency to continue restricting the use of the terms “real,” “genuine,” “natural,” “precious,” and “semi-precious” to Earth-mined diamonds and gemstones. Even the use of such terms in conjunction with “laboratory grown,” the letter argues, “will create even more confusion in an already confused and evolving marketplace.”

    JVC President Tiffany Stevens told Earther that the letter was a response to a footnote in an explanatory document about the FTC’s recent jewelry guide changes, which suggested the agency was considering removing a clause about real, precious, natural and genuine only being acceptable modifiers for gems mined from the Earth.

    “We felt that given the current commercial environment, that we didn’t think it was a good time to take that next step,” Stevens told Earther. As Stevens put it, the changes the FTC recently made, including expanding the definition of diamond and tweaking the descriptors companies can use to label laboratory-grown diamonds as such, have already been “wildly misinterpreted” by some lab-grown diamond sellers that are no longer making the “necessary disclosures.”

    Asked whether the JVC thinks lab-grown diamonds are, in fact, real diamonds, Stevens demurred.

    “It’s a nuanced reality that we’re in,” she said. “They are a type of diamond.”

    Change is afoot in the diamond world. Mined diamond production may have already peaked, according to the 2018 Bain & Company report. Lab diamonds are here to stay, although where they’re going isn’t entirely clear. Zimnisky expects that in a few years—as Lightbox’s new facility comes online and mass production of lab diamonds continues to ramp up overseas—the price industry-wide will fall to about 80 percent less than a mined diamond. At that point, he wonders whether lab-grown diamonds will start to lose their sparkle.

    Payne isn’t too worried about a price slide, which he says is happening across the diamond industry and which he expects will be “linear, not exponential” on the lab-grown side. He points out that lab-grown diamond market is still limited by supply, and that the largest lab-grown gems remain quite rare. Payne and Zimnisky both see the lab-grown diamond market bifurcating into cheaper, mass-produced gems and premium-quality stones sold by those that can maintain a strong brand. A sense that they’re selling something authentic and, well, real.

    “So much has to do with consumer psychology,” Zimnisky said.

    Some will only ever see diamonds as authentic if they formed inside the Earth. They’re drawn, as Kathryn Money, vice president of strategy and merchandising at Brilliant Earth put it, to “the history and romanticism” of diamonds; to a feeling that’s sparked by holding a piece of our ancient world. To an essence more than a function.

    Others, like Anderson, see lab-grown diamonds as the natural (to use a loaded word) evolution of diamond. “We’re actually running out of [mined] diamonds,” she said. “There is an end in sight.” Payne agreed, describing what he sees as a “looming death spiral” for diamond mining.

    Mined diamonds will never go away. We’ve been digging them up since antiquity, and they never seem to lose their sparkle. But most major mines are being exhausted. And with technology making it easier to grow diamonds just as they are getting more difficult to extract from the Earth, the lab-grown diamond industry’s grandstanding about its future doesn’t feel entirely unreasonable.

    There’s a reason why, as Payne said, “the mining industry as a whole is still quite scared of this product.”

    #dimants #Afrique #technologie #capitalisme

  • Cigna Official Site | Global Health Service Company
    https://www.cigna.com

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    Top 822 Reviews about Cigna Health Insurance
    https://www.consumeraffairs.com/insurance/cigna_health.html

    Karen of Maumelle, AR
    Verified Reviewer
    Original review: June 19, 2019

    Cigna plays God with your health. The company refuses to cover medical expenses for treatments other insurance companies have covered for years. Cigna does not consider how well your chronic conditions have been managed in the past, or what your doctor may order to monitor your condition. I’ve had rheumatoid arthritis for years, and under United and Blue Cross coverage was able to receive the treatments I need to manage my condition well. My husband has a severe case of myasthenia gravis that we have been able to manage with Blue Cross and United. Cigna does not care if people suffer; nor do the company’s doctors respect their highly reputable colleagues in the field of medicine. The doctors spend no time understanding your medical history; they simply follow standard black and white written protocols, without regard for patients’ well-being.

    Carl Icahn Cigna: Billionaire Slams Express Scripts Deal | Fortune
    http://fortune.com/2018/08/07/carl-icahn-cigna-express-scripts

    “Purchasing Express Scripts may well become one of the worst blunders in corporate history, ranking up there with the Time Warner/AOL fiasco and General Electric’s long-running string of value destruction,” wrote Icahn, citing one of the most heavily criticized mergers of the past few decades. Icahn reportedly has acquired a “sizable” stake in Cigna, according to the Wall Street Journal, but the precise extent of that stake is unclear.

    Icahn also mentioned the specter of Amazon entering the prescription drug business as a key reason why the Cigna-Express Scripts merger would amount to a “$60 billion folly,” adding that recent federal government actions scrutinizing the largely opaque benefits management industry are also a major red flag. PBMs have been accused of being one of the key reasons why prescription drug prices remain so high.

    “When Amazon starts to compete as we believe they will, with their 100 million Prime users and scale distribution system, they will have no trouble breaking into the so called ‘ecosystem.’ With lower prices, the beneficiary will be American consumer, not the owners of Express Scripts,” wrote Icahn in an underlined section of the letter. Icahn also disclosed that he has taken a short position on Express Scripts, expecting the stock to fall.

    Behind the Scenes, Health Insurers Use Cash and Gifts to Sway Which Benefits Employers Choose | HealthLeaders Media
    https://www.healthleadersmedia.com/behind-scenes-health-insurers-use-cash-and-gifts-sway-which-bene

    The insurance industry gives lucrative commissions and bonuses to independent brokers who advise employers. Critics call the payments a “classic conflict of interest” that drive up costs.

    #USA #assurance_maladie #capitalisme