• Passengers, ou l’éloge de la conquête
    http://www.lecinemaestpolitique.fr/passengers-ou-leloge-de-la-conquete

    Film de science fiction réalisé par Morten Tyldum et sorti en France fin 2016, Passengers semble vouloir s’inscrire dans la lignée des classiques du genre (2001, Odyssée de l’espace, Solaris, Interstellar…) par son épure esthétique et ses interrogations existentielles. S’il a été accueilli plutôt froidement par les critiques, qui lui ont reproché principalement un scénario […]

    #Cinéma #capitalisme #male_gaze #masculinisme #néo/post/colonialisme #racisme #sexisme


  • La surveillance, stade suprême du capitalisme ?
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/14/la-surveillance-stade-supreme-du-capitalisme_5476001_3232.html

    Bientôt un autre regard critique sur le concept de capitalisme de surveillance : parution à l’automne du livre de Christophe Masutti qui fait l’archéologie du concept et replonge dans l’évolution sur cinquante ans du traçage informatisé. Chez C&F éditions, évidemment ;-)

    Depuis vingt ans, un capitalisme mutant mené par les géants du Web s’immisce dans nos relations sociales et tente de modifier nos comportements, analyse l’universitaire américaine Shoshana Zuboff dans son dernier ouvrage. Mais son concept de « capitalisme de surveillance » ne fait pas l’unanimité.

    Shoshana Zuboff a été l’une des premières à analyser la manière dont l’informatique transformait le monde du travail. Cette pionnière dans l’étude détaillée des bouleversements du management s’est félicitée, au départ, de l’arrivée de « travailleurs du savoir ». Elle a perçu très tôt que l’extension d’Internet et la généralisation des ordinateurs personnels permettraient de fonder une « économie nouvelle » capable de répondre aux besoins des individus et de renforcer le pouvoir des consommateurs.

    Puis elle a été terriblement déçue. En janvier, Shoshana Zuboff a résumé ses craintes dans The Age of Capitalism Surveillance (Public Affairs, non traduit).

    La presse anglo-saxonne, du libéral Wall Street Journal au très à gauche The Nation, du Guardian à la New York Review of Books, mais aussi l’anticapitaliste Naomi Klein et le professeur de communication Joseph Turow, ont salué ce livre comme un essai majeur.
    « Chef-d’œuvre d’horreur »

    Le titre, « L’Age du capitalisme de surveillance », en annonce le concept : en vingt ans, « sans notre consentement significatif », un capitalisme mutant mené par les géants du Web – Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (Gafam) – s’est immiscé dans nos relations sociales et introduit dans nos maisons – « de la bouteille de vodka intelligente au thermomètre rectal », résume Shoshana Zuboff.

    Un de ses concepts centraux est, assure l’universitaire dans son essai, la notion de « surplus de comportement » : les Gafam, mais aussi les opérateurs de téléphonie comme AT&T ou les sociétés de l’Internet des objets et de la « smart city », ne se contentent pas de collecter les données d’usage et de service : ils intègrent dans les pages en réseaux et dans les machines intelligentes des dispositifs d’espionnage invisible. Ils repèrent ainsi, grâce aux algorithmes, nos habitudes les plus intimes. Ils reconnaissent nos voix et nos visages, décryptent nos émotions et étudient leur diffusion grâce à l’« affective computing » afin de capter « la totalité de l’expérience humaine en tant que matière première gratuite ».

    Ces masses de données comportementales sont revendues comme des « produits de prévision » extrêmement lucratifs. « Vous n’êtes pas le produit, résume Shoshana Zuboff, vous êtes la carcasse abandonnée de l’éléphant traqué par des braconniers ! »
    « Un contrat faustien »

    La logique de cette traque mène à ce qu’elle appelle l’« instrumentarianism » (« l’instrumentalisation ») : la capacité de modeler les comportements en vue d’obtenir « des résultats rentables », voire d’« automatiser » les conduites.

    « Il est devenu difficile d’échapper à ce projet de marché dont les tentacules s’étendent des innocents joueurs de Pokémon Go dirigés vers les bars et les magasins qui paient pour les attirer à l’impitoyable exploitation des profils Facebook à des fins d’orientation de comportement individuel » – et ce « en cliquant oui à l’achat de nouvelles chaussures de sport proposé après votre jogging du dimanche matin », ou en ciblant « votre vote de fin de semaine », comme on l’a vu pendant l’affaire Cambridge Analytica, la société de conseil dont le slogan proclame « Data drives all we do » (« Les données déterminent tout ce que nous faisons »). « Ils veulent notre âme, conclut Shoshana Zuboff. Nous avons signé avec eux un contrat faustien. »

    Depuis sa sortie, « L’Age du capitalisme de surveillance » reçoit une volée de critiques. Dans The Nation, Katie Fitzpatrick, professeure de pédagogie à l’Université d’Auckland, estime que le « sombre constat » de Shoshana Zuboff est justifié mais qu’elle « échoue dans son analyse politique » car elle est aveuglée par la confiance qu’elle accorde aux capacités démocratiques du libéralisme. « Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle théorie politique alarmiste pour comprendre ce qui se passe », conclut-elle.

    Pour le spécialiste du numérique Evgeny Morozov, auteur du Mirage numérique (Les Prairies ordinaires, 2015), l’analyse de Shoshana Zuboff, qui est d’autant plus dérangeante qu’elle a travaillé pour « deux bastions du techno-optimisme », Fast Company et BusinessWeek, insiste trop sur la surveillance et pas assez sur le capitalisme : « En considérant le capitalisme de surveillance comme notre nouveau Léviathan invisible, elle rate la manière dont le pouvoir fonctionne depuis plusieurs siècles : le Léviathan invisible est avec nous depuis longtemps. »

    #Capitalisme_surveillance #Shoshana_Zuboff


  • Rise of China and the Demise of the Capitalist World-economy
    http://digamo.free.fr/minqili08.pdf

    Li Minqi - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Li_Minqi

    In 1994, he authored the book Capitalist Development and Class Struggle in China,[5] which consisted of an analysis of the economic development of China in the Maoist era and the 1980s, as well as a Marxist analysis of the 1989 “democratic movement”, arguing that it was not a popular democratic movement and was abandoned by the liberal intellectuals, led to the physical and ideological slaughter of the urban working class, and led to a victory of the bureaucratic capitalists. He attempted to show that this paved the way for China’s transition to Capitalism. He criticized neoliberal economics and its relation to economic rationality, inherent contradictions between democracy and capitalism, and the social and material conditions that had led to China’s rise with a conclusion focusing on a criticism of state-capitalism and advocating democratic socialism.

    #Chine #économie #capitalisme


  • Cynisme absolu. Après avoir exhorté les dirigeants mondiaux à se tourner vers l’écologie il y a quelques temps :
    A Genève, Macron dénonce les dérives d’un « capitalisme devenu fou »

    « On ne peut pas défendre ce que je dis à l’OIT et dire ensuite au FMI ou autour de la table du Conseil européen : “vous allez vous ajuster face à la crise financière et réduire vos droits sociaux”. Ça doit être terminé », a-t-il insisté, plaidant la cohérence. « Ou dire à l’OMC : “c’est formidable le commerce, il faut négocier des accords avec tout le monde, quelle que soit leur sensibilité sociale et environnementale. Et vive le dumping, ça ira mieux, ça enrichit tout le monde” », a-t-il ajouté, se défendant de tenir un discours « crypo-marxiste » à l’OIT et libéral en France..

    En allusion au mouvement des « gilets jaunes » en France, le chef de l’Etat français a par ailleurs reconnu de nouveau avoir fait une « erreur fondamentale » non de fond mais de méthode. « Nous avons peut-être parfois construit des bonnes réponses trop loin de nos concitoyens en considérant qu’il y avait des sachants et des subissants. C’était une erreur fondamentale », a-t-il admis.

    Il parle aussi du G7 où visiblement il compte servir le même baratin en prônant couverture sociale et salaire minimum pour tous les pays...

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/11/a-geneve-macron-denonce-les-derives-d-un-capitalisme-devenu-fou_5474800_8234

    #confusionisme #politique #gauche #socialisme #liberalisme #capitalisme #baratin

    • Mais non ! #hypocrisie #double_discours
      J’écoutais l’annonce de ce discours dans une émission sur les cent ans de l’OIT et c’est le but principal de Macron, de faire baisser les revenus du travail et sa part socialisée, de les comprimer jusqu’à l’explosion sociale. C’est énervant, de le voir rendre hommage à cette idée qu’on peut vivre plus dignement que ce qu’il impose à la France.



  • Eh bien, recyclez maintenant ! | Grégoire Chamayou
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/CHAMAYOU/59563

    Poubelle jaune, poubelle verte, poubelle bleue… À grand renfort de sermons, on nous chante les louanges d’une « citoyenneté moderne » associée à un geste : le tri des déchets, considéré comme la garantie de sauver une planète dégradée de toutes parts. C’est peut-être se méprendre sur la logique qui sous-tend cette injonction à l’« écoresponsabilité » des consommateurs. Source : Le Monde diplomatique

    • En résumé, les producteurs ont diminué leurs coûts et leurs incertitudes en supprimant les filières de réemploi du verre au profit du jetable. Pour faire bonne mesure, ils financent des campagnes de culpabilisation en vue de la propreté en rejetant les fautes sur les comportements individuels. Pour faire bon cynisme, les filières de recyclage n’existent pas vraiment (cfr la poubelle à plastique sino-tiermondiste) et c’est le consommateur qui les finance avec l’aide du contribuable. Rien de neuf sous le soleil, à Bruxelles fin des années 90, on mit en place le tri sur base volontaire, tous les ingrédients étaient déjà en place. Aujourd’hui on a l’effet de masse mondiale en plus, comme toujours avec le capitalisme financier, ses économies d’échelle et ses externalités gratuites dont la destruction est patente et les résolutions laissées aux génération futures, les États payeront bien...

    • Alors que, en 1947, 100 % des sodas et 85 % des bières étaient vendus dans des bouteilles réutilisables, en 1971 cette part n’était plus respectivement que de 50 % et 25 % (2). Dès lors, canettes vides et bouteilles jetables se mirent à joncher les caniveaux, les terre-pleins, les voies sur berge et les aires de pique-nique. On s’en émut. On fit signer des pétitions. On exigea que les autorités prennent des mesures. En 1953, l’Assemblée générale de l’État du Vermont adopta une première loi rendant obligatoire le système de la consigne. Pour les entreprises, c’était une alerte sérieuse. On redoutait que cette législation crée « un précédent qui pourrait un jour affecter toute l’industrie (3) ». Keep America Beautiful fut fondé la même année pour enrayer le mouvement.

      À l’été 1936, alors qu’elle lançait sur le marché ses toutes nouvelles bières en canettes, la Continental Can Company s’était payé une grande campagne publicitaire dans la presse. Elle y vantait les mérites de son invention, si pratique, qui s’ouvrait en un tour de main, conservait le goût et la fraîcheur, et qui, surtout, permettait de « boire directement, sans avoir de bouteilles vides à rapporter ». Le principal argument de vente pour les bières en canettes jetables était, sans surprise, leur jetabilité. Plus de consigne, plus de cadavres de bouteilles à trimballer. Une photographie montrait deux hommes en bras de chemise dans une barque, dont les postures respectives figuraient deux moments d’une même séquence visiblement appelée à se répéter inlassablement au cours de leur longue après-midi de pêche : l’un buvait, le coude en l’air, et l’autre, le bras levé, s’apprêtait à balancer sa canette vide dans les eaux du lac. Buvez, éliminez.

      Au début des années 1970, les initiatives se multiplièrent pour contraindre les fabricants à revenir à la consigne. Une loi sur les bouteilles fut adoptée en ce sens dans l’Oregon en 1971, puis dans le Vermont l’année suivante. Les industriels enrageaient, au point parfois d’en oublier leurs éléments de langage. « Il nous faut lutter par tous les moyens contre les référendums sur les bouteilles organisés cette année dans le Maine, le Massachusetts, le Michigan et le Colorado, où des communistes, ou des gens qui ont des idées communistes, essaient de faire prendre à ces États le même chemin que l’Oregon », s’emportait William F. May, qui avait la double casquette de directeur de l’American Can Company et de président de Keep America Beautiful (4).

      La pratique du recyclage fut ainsi promue par l’industrie comme une solution de rechange aux projets de consigne obligatoire et d’interdiction des contenants jetables. Au terme de cette contre-offensive victorieuse menée par les lobbys industriels, le recyclage devint « la solution exclusive, plutôt que le complément à des programmes contraignants de réduction à la source (5) ». Alors que se mettaient en place les premières pratiques de tri encouragées par l’industrie, le volume des ordures ménagères explosait.

      Ainsi, au moment même où les industriels démantèlent le système de la consigne, s’exonérant des coûts de retraitement, et prennent des décisions structurellement antiécologiques, ils en appellent à la responsabilisation écologique des consommateurs.

      Mais, tandis que nous trions nos emballages dans nos cuisines, de façon moins immédiatement visible d’autres acteurs, à commencer par les municipalités, ont dû investir et s’endetter pour financer les infrastructures exigées par la production exponentielle d’ordures ménagères. En fin de compte, ce sont les citoyens qui ont « financé (à la fois par leur bonne volonté et par leurs impôts) le système de recyclage des emballages produits par l’industrie de la boisson, permettant aux entreprises d’étendre leurs activités sans avoir à assumer de coûts supplémentaires (7) ».

      Liens vers
      https://academic.oup.com/socpro/article-abstract/65/3/395/3231853?redirectedFrom=fulltext
      http://www.thecre.com/pdf/20090423_conley_dissertation.pdf
      https://www.cambridge.org/core/journals/business-history-review/article/american-beverage-industry-and-the-development-of-curbside-recycling-programs-19502000/EB812DA2754CA5C94D6904F1F2D2F7CE
      https://www.alternet.org/2005/10/the_hidden_life_of_garbage

      Auteur de La Société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, La Fabrique, Paris, 2018, dont cet article est inspiré.

      Bon, ben, ça donne envie de lire le livre !


  • Pourquoi il faut signer l’arrêt de mort du néolibéralisme - Joseph E. STIGLITZ The Guardian - 30 Mai 2019
    • Joseph E. Stiglitz est lauréat du prix Nobel d’économie, professeur à l’Université Columbia et économiste en chef à l’Institut Roosevelt.

    Depuis des décennies, les États-Unis et d’autres états mènent une politique de libre échange qui a échoué de façon spectaculaire.
    Quel type de système économique apporte le plus de bien-être au genre humain ? Cette question est devenue centrale aujourd’hui, car après 40 ans de néolibéralisme aux États-Unis et dans d’autres économies avancées, nous savons ce qui ne fonctionne pas.
    L’expérience néolibérale – réduction de l’impôt des riches, déréglementation des marchés du travail et des produits, financiarisation et mondialisation – a été un échec spectaculaire. La croissance est plus faible que pendant le quart de siècle qui a suivi la seconde guerre mondiale et elle n’a favorisé le plus souvent que ceux qui sont tout en haut de l’échelle. Après des décennies de revenus stagnants, ou même en baisse pour ceux qui se trouvent en dessous d’eux, il faut signer le certificat de décès du néolibéralisme et l’enterrer.


    Au moins trois grandes propositions politiques alternatives existent actuellement : le nationalisme d’extrême droite, le réformisme de centre gauche et la gauche progressiste (le centre-droit représentant l’échec néolibéral). Mais, à l’exception de la gauche progressiste, ces alternatives continuent d’adhérer à une forme d’idéologie qui a (ou aurait dû avoir) fait long feu.

    Le centre-gauche, par exemple, représente le néolibéralisme à visage humain. Son objectif est d’adapter au XXIe siècle les politiques de l’ancien président américain Bill Clinton et de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, en n’apportant que de légères modifications au système de financiarisation et de mondialisation actuel. La droite nationaliste, quant à elle, rejette la mondialisation, et accuse les migrants et les étrangers de tous les problèmes. Mais, comme l’a montré la présidence de Donald Trump, elle continue – du moins dans sa version étatsunienne – à réduire, avec zèle, les impôts des riches, à déréglementer et à réduire ou supprimer les programmes sociaux.

    En revanche, le troisième camp défend ce que j’appelle le capitalisme progressiste, qui propose un programme économique radicalement différent, fondé sur quatre priorités. La première consiste à rétablir l’équilibre entre les marchés, l’État et la société civile. La lenteur de la croissance économique, les inégalités croissantes, l’instabilité financière et la dégradation de l’environnement sont des problèmes nés du marché et ne peuvent donc pas être réglés par le marché. Les gouvernements ont le devoir de limiter et d’organiser le marché par le biais de réglementations en matière d’environnement, de santé, de sécurité au travail et autres. Le gouvernement a également pour tâche de faire ce que le marché ne peut ou ne veut pas faire, par exemple investir activement dans la recherche fondamentale, la technologie, l’éducation et la santé de ses électeurs.

    La deuxième priorité est de reconnaître que la « richesse des nations » est le résultat d’une enquête scientifique – l’étude du monde qui nous entoure – et d’une organisation sociale qui permet à de vastes groupes de personnes de travailler ensemble pour le bien commun. Les marchés gardent le rôle crucial de faciliter la coopération sociale, mais ils ne peuvent le faire que si des contrôles démocratiques les contraignent à respecter les lois. Autrement, les individus s’enrichissent en exploitant les autres et en faisant fructifier leurs rentes plutôt qu’en créant de la richesse par leur ingéniosité. Beaucoup de riches d’aujourd’hui ont emprunté la voie de l’exploitation pour arriver là où ils en sont. Les politiques de Trump ont favorisé les rentiers et détruit les sources de la création de richesse. Le capitalisme progressiste veut faire exactement le contraire.

    Cela nous amène à la troisième priorité : résoudre le problème croissant de la concentration du pouvoir du marché. En utilisant les techniques d’information, en achetant des concurrents potentiels et en créant des droits de douane à l’entrée, les entreprises dominantes peuvent maximiser leurs rentes au détriment des populations. L’augmentation du pouvoir des entreprises sur le marché, conjuguée au déclin du pouvoir de négociation des travailleurs, explique en grande partie la hausse des inégalités et la baisse de la croissance. À moins que le gouvernement ne joue un rôle plus actif que ne le préconise le néolibéralisme, ces problèmes vont probablement s’aggraver à cause des progrès de la robotisation et de l’intelligence artificielle.

    Le quatrième point clé du programme progressiste consiste à rompre le lien entre les pouvoirs économique et politique. Les pouvoirs économique et politique se renforcent mutuellement et se cooptent réciproquement, en particulier là où, comme aux États-Unis, des individus et des sociétés fortunés peuvent financer sans limites les élections. Dans le système étatsunien de plus en plus antidémocratique de « un dollar, une voix », il n’y a plus assez de ces freins et contre-pouvoirs si nécessaires à la démocratie : rien ne peut limiter le pouvoir des riches. Le problème n’est pas seulement moral et politique : les économies plus égalitaires sont en réalité plus performantes. Les capitalistes progressistes doivent donc commencer par réduire l’influence de l’argent en politique et par réduire les inégalités.

    On ne peut pas réparer les dégâts causés par des décennies de néolibéralisme d’un coup de baguette magique. Mais on peut y arriver en suivant le programme que je viens d’ébaucher. Il faudra que les réformateurs soient au moins aussi déterminés à lutter contre le pouvoir excessif du marché et les inégalités, que le secteur privé l’a été pour les générer.

    L’éducation, la recherche et les autres véritables sources de richesse doivent être au cœur des réformes. Il faudra protéger de l’environnement et lutter contre le changement climatique avec la même vigilance que les Green New Dealers aux États-Unis et Extinction Rebellion au Royaume-Uni. Et il faudra mettre en place des mesures sociales permettant à tous de mener une vie décente. Cela veut dire bénéficier de la sécurité économique, d’un travail et d’un salaire décent, de soins de santé et d’un logement convenable, d’une retraite garantie et d’une éducation de qualité pour ses enfants.

    Ce programme d’action n’a rien d’irréaliste ; ce qui serait irréaliste serait de ne pas le mettre en œuvre. Les alternatives proposées par les nationalistes et les néolibéraux engendreraient davantage de stagnation, d’inégalités, de dégradation de l’environnement et de colère, et pourraient avoir des conséquences que nous ne pouvons même pas imaginer.

    Le capitalisme progressiste n’est pas un oxymore. C’est au contraire l’alternative la plus viable et la plus dynamique à une idéologie qui a clairement échoué. Il constitue notre meilleure chance de sortir du marasme économique et politique actuel.

    Joseph E. STIGLITZ

    #néolibéralisme #capitalisme #financiarisation #mondialisation #nationalisme #réformisme #progressisme #pouvoirs #marchés #inégalités #Joseph_Stiglitz

    Sources : https://www.legrandsoir.info/pourquoi-il-faut-signer-l-arret-de-mort-du-neoliberalisme-the-guardian
    https://www.theguardian.com/business/2019/may/30/neoliberalism-must-be-pronouced-dead-and-buried-where-next


  • Why a #hipster, #vegan, #green_tech economy is #not_sustainable | Canada | #Al_Jazeera
    https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/hipster-vegan-green-tech-economy-sustainable-190605105120654.html

    morceaux choisis:

    The illusion of ’#sustainable_development'

    When capitalism teams up with growth-oriented efficiency improvements, one result is the fabulous #hipsterised “green tech” enclaves we see emerging in cities around the world, including #Montreal.

    In recent years, veganism has also been sucked into the #profit-making “green” economy. Its rising popularity is indeed quite mind-boggling. What was traditionally seen as a subversive and anti-establishment form of resistance to the global food industry and its horrific abuse of animals has increasingly become a “cash cow”.

    In the process, the implicit socio-economic violence behind #gentrification will be invariably “greenwashed” and presented as development that would make the area more “sustainable”, “beautiful” and “modern”.

    Unfortunately, creation by destruction is what #capitalism does best, and its damaging practices are anything but green. This #market-driven#sustainable” vision of economic activity, #ecological-conscious diets and “hipness” within modern capitalism reinforce inequality and still hurt the environment.

    On a global scale, capitalism is most certainly not “cool”… it is literally #burning_our_planet. An aloof, detached, apolitical coolness which centres on individuality and imagery is simply not going to cut it any more.
    Such lifestyles may appear marginally efficient, but they are, by and large, a convenient by-product of shifting social and ecological costs to those less privileged both locally and global

    • C’est un bon article. L’impact écologique est lié au revenu et les gens qui prétendent avoir un mode de vie écolo compensent en général ailleurs. Pour ma part, c’est en trajets en avion. Ce consumérisme écolo s’accompagne d’un mépris de classe et d’un abandon des questions d’inégalités (ni droite ni gauche à la Jadot-Macron) alors que la réduction des inégalités est une perspective plus intéressante pour une société écolo.

      https://seenthis.net/messages/785933

      The new campus has been touted as a model of “sustainable development”. It boasts LEED-certified buildings to reduce environmental impact, rainwater collection structures, energy-efficient lighting and heat recycling, infrastructure for electric vehicles and bikes, lots of greenery, and overall, a minimal carbon footprint. A number of tech companies, including Microsoft’s new AI Hub, are moving in and are expected to further enhance the “eco-efficiency” of the area.

      Thus, immigrant-owned grocery stores, halal butcheries and community centres will soon be replaced by vegan chain restaurants, hip vintage clothing joints, organic food stores and coffee-shops galore, as landlords push out poor tenants to make space for more well-to-do ones.

      In the process, the implicit socio-economic violence behind gentrification will be invariably “greenwashed” and presented as development that would make the area more “sustainable”, “beautiful” and “modern”.

      The term “sustainable development” was first introduced at the UN Earth Summit in 1992. At that time, Western governments espousing neoliberalism had just spent the whole previous decade dismantling unions, environmental regulations, and Keynesian welfare programmes and were looking to spread their practices elsewhere, as major geopolitical threats to a fully global and universal capitalist development trajectory were beginning to wane.

      Thus, environmental problems became framed as an issue of inefficiency that could be solved by technology and the better management of resources, which effectively neutralised the politically-oriented environmentalism of the 1960s and 1970s.

      An elite cadre of policy experts, economists and Silicon Valley entrepreneurs took over the environmental issue and transformed it into another profit-making endeavour, presenting the expansion of capital as progress towards a more “sustainable” future.

      The higher efficiency of planes, cars and electronic devices is immediately offset by cheaper prices, resulting in an increase in demand and ultimately greater consumption of energy and resources. And within the globalised economic system we live in, the enhanced efficiency in one place often happens at the expense of growing inefficiency or waste in others.

      In other words, the more efficient we are, the cheaper consumption gets, and in an economy predicated on endless growth, the more we consume and waste. The environment will always be at the losing endof this logic.

      High-tech devices may be advertised as extremely efficient, but the remarkably fast growth of the communications industry has not only increased the demand for material resources, boosting dangerous extractive industries in developing countries but also drastically expanded energy consumption. By 2020, IT would use as much as 20 percent of electricity globally, contributing significantly to carbon emissions.

      L’#effet-rebond, c’est la principale aporie de la résolution des problèmes écologiques par la #technique. Tu as une voiture qui consomme moins, tu l’utilises avec moins de modération parce que tu fonctionnes à budget égal. C’est la dynamique économique seule qui peut arrêter cette fuite en avant en contrôlant la course au profit.

      A growing demand for vegan products would also be devastating for biodiversity because it would rely on monoculture fruit and vegetable crops (particularly soybeans). It would also necessitate expanding arable land by cutting down forests and increase the consumption of water for agriculture. It would also deepen already existing labour exploitation of vulnerable populations and further encourage large landowners and corporations to abuse small-scale farmers.

      Ouais, bof ! Le régime vegan ne demande pas plus de terres et les monocultures de soja seront moindres puisque les animaux ne mangeront plus de soja. Le problème, c’est que l’agriculture bio est fondée sur l’association polyculture-élevage et que les techniques agronomiques véganes reposent majoritairement sur la chimie.

      Urban hipsters are quick to dismiss poorer classes as having no “green consciousness”, for not living up to their expensive “green” standards, and failing to recognise the fact that opportunities to live “green” are limited in places that are economically disadvantaged and neglected by the authorities. They also tend to turn their backs on working-class political struggles for the fairer distribution of wealth and well-being across society.

      Voir ici un article sur les usages de l’écologie comme stratégie de distinction pour les habitant·es aisé·es d’un #éco-quartier.
      https://seenthis.net/messages/785933

      #capitalisme_vert #écologie


  • En France, les services pétroliers sortent avec peine de leurs difficultés | Connaissances des énergies
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/en-france-les-services-petroliers-sortent-avec-peine-de-leu

    S’ajoute un autre problème pour le groupe issu de la fusion l’an dernier du français Technip et de l’américain FMC : les syndicats français accusent la partie américaine d’avoir pris le pouvoir.

    « Les promesses faites au moment de la fusion n’ont pas été tenues », accuse Christophe Héraud, délégué syndical central CFDT. Il dénonce une « purge » au sein des fonctions de direction exécutives, détenues en majorité par d’ex-FMC.

    C’est le genre d’info que tu vois ressortir régulièrement, mais sans réaction de qui que ce soit.

    L’autre soir, au JT de la chaine financée par Macron, ils t’ont expliqué que les impôts allaient devoir rembourser plein d’argent à des multinationales. Et que c’était à cause des décisions des quinquénats précédents. J’ai rigolé. Ils semblent avoir oublié que le ministre de l’économie du quinquennat précédent est désormais président (à moins qu’ils comptent sur le fait que nous ne soyons pas assez informés pour être au courant et en tirer les conséquences ?).

    Et tous là, de l’AFP à tous les autres journalistes, ils semblent avoir oublié que de Technip à Alsthom en passant par Airbus, le ministre de l’économie qui a présidé à ces accords stratégiques avec des multinationales américaines ou avec la justice du même pays... est désormais président.

    #haute_trahison #sabotage


  • Les sociopathes de France Télécom à Macron (Frédéric Lordon, Blog du Diplo “La pompe à phynance”, 31.05.19)
    https://blog.mondediplo.net/les-sociopathes-de-france-telecom-a-macron

    C’est que le merveilleux idéal de la #concurrence généralisée charge le #travail d’enjeux de vie ou de mort sociale. Toute l’organisation est mise sous tension par l’impératif de la valeur pour l’actionnaire dans un contexte de concurrence externe suraiguë, et toute l’organisation sait, dans ces conditions, que le jeu du #profit se jouera à la #productivité, donc à la réduction de la #masse_salariale. Par conséquent que la guerre concurrentielle externe va se réfracter au sein de l’organisation en guerre concurrentielle interne. Quand chacun lutte pour sa propre survie, il n’y a pas à s’étonner que la plus extrême #violence se répande partout : réduire les individus à devoir lutter pour leurs intérêts vitaux, c’est organiser leur devenir-sociopathe : plus rien ne les intéresse que leur autoconservation, dont les « autres » deviendront s’il le faut le simple moyen.
    […]
    Rendu à ce point, il n’y a qu’une alternative : soit, par impossible cohérence, renoncer à tout — impossible, puisque le #capitalisme nous prend en otage pour le tout de notre vie matérielle et que nous n’en finirons pas de nous dépouiller ; soit porter la #lutte là où il faut : non pas dans la réorganisation sans espoir des vies individuelles séparées, mais dans la destruction générale des structures qui imposent ce système de contreparties.


  • #Bilderberg, l’entre-soi des puissants au-delà des fantasmes
    https://lemediapresse.fr/economie/bilderberg-lentre-soi-des-puissants-au-dela-des-fantasmes

    Les quelques lettres suffisent à remplir des pages et des pages de théories imaginatives et de sites internet parfois obscurs. Groupe #secret composé d’illuminatis ou de francs-maçons, réunion occulte d’atlantistes, expression ultime du #Néolibéralisme mondialisé ? Les réunions annuelles et opaques du groupe Bilderberg réunissent les personnalités politiques, économiques et médiatiques les plus influentes d’Europe et d’Amérique du Nord et cristallisent tous les fantasmes. Décryptage.

    #Économie #Politique #Société #élite #élites #Capitalisme #Complot #Complotisme #Complotiste #démocratie #Europe #libéralisme #réseaux #transparence #UE


  • Le marché du steak caché
    https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-marche-du-steak-cache-818971.html


    Reuters

    Quand La Tribune se met à faire des jeux de mots à la Libé

    Le marché de la viande pourrait être bouleversé par l’arrivée des substituts aux produits carnés avec la culture de cellules animales réalisée en labo- ratoire. Pour cause, ce nouveau procédé intéresse désormais le secteur agroalimentaire et les experts qui estiment qu’il pourrait se tailler, dans les dix prochaines années, une part de 10 % du marché mondial de la viande pour un montant de 140 milliards de dollars. Par Robert Jules, directeur adjoint de la rédaction.

    L’une des avancées les plus spectaculaires à laquelle on pourrait assister dans les prochaines décennies porte sur l’alimentation. Ainsi, la viande consommée à travers le monde pourrait ne plus provenir seulement d’animaux mais aussi de culture de cellules animales réalisée en laboratoire. Considérée comme une lubie pour vegan jusqu’à peu, ce nouveau procédé intéresse désormais le secteur agroalimentaire ainsi que les investisseurs. Signe de cet intérêt, la banque britannique Barclays analyse dans une étude de 100 pages les perspectives de ce marché de la « #viande_alternative ». Ses experts estiment qu’il pourrait se tailler dans les dix prochaines années une part de 10 % du marché mondial de la viande, pour un montant de 140 milliards de dollars. Aujourd’hui, il est possible de goûter des steaks hachés, des saucisses ou encore des hamburgers de viande de culture sans que le consommateur n’y voie de différence.


  • Boeing Built Deadly Assumptions Into 737 Max, Blind to a Late Design Change - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/06/01/business/boeing-737-max-crash.html?nl=todaysheadlines&emc=edit_th_190602

    A year before the plane was finished, Boeing made the system more aggressive and riskier. While the original version relied on data from at least two types of sensors, the ultimate used just one, leaving the system without a critical safeguard. In both doomed flights, pilots struggled as a single damaged sensor sent the planes into irrecoverable nose-dives within minutes, killing 346 people and prompting regulators around the world to ground the Max.

    But many people involved in building, testing and approving the system, known as MCAS, said they hadn’t fully understood the changes. Current and former employees at Boeing and the Federal Aviation Administration who spoke with The New York Times said they had assumed the system relied on more sensors and would rarely, if ever, activate. Based on those misguided assumptions, many made critical decisions, affecting design, certification and training.

    Au fond, ne s’agit-il pas de l’application à des outils « physiques » des préceptes et méthodes de l’industrie « immatérielle » ? Une idéologie de l’erreur/bug impossible, de la rapidité de mise sur le marché, de l’absence de réelle documentation, notamment d’une documentation qui ne dit pas « comment ça marche », mais « comment c’est conçu et pourquoi ».

    While prosecutors and lawmakers try to piece together what went wrong, the current and former employees point to the single, fateful decision to change the system, which led to a series of design mistakes and regulatory oversights. As Boeing rushed to get the plane done, many of the employees say, they didn’t recognize the importance of the decision. They described a compartmentalized approach, each of them focusing on a small part of the plane. The process left them without a complete view of a critical and ultimately dangerous system.

    The company also played down the scope of the system to regulators. Boeing never disclosed the revamp of MCAS to Federal Aviation Administration officials involved in determining pilot training needs, according to three agency officials. When Boeing asked to remove the description of the system from the pilot’s manual, the F.A.A. agreed. As a result, most Max pilots did not know about the software until after the first crash, in October.

    L’informatique magique dans toute sa splendeur

    But the plane wasn’t flying smoothly, partly because of the Max’s bigger engines. To fix the issue, Boeing decided to use a piece of software. The system was meant to work in the background, so pilots effectively wouldn’t know it was there.

    That probability may have underestimated the risk of so-called external events that have damaged sensors in the past, such as collisions with birds, bumps from ramp stairs or mechanics’ stepping on them. While part of the assessment considers such incidents, they are not included in the probability. Investigators suspect the angle-of-attack sensor was hit on the doomed Ethiopian Airlines flight in March.

    Bird strikes on angle-of-attack sensors are relatively common.

    A Times review of two F.A.A. databases found hundreds of reports of bent, cracked, sheared-off, poorly installed or otherwise malfunctioning angle-of-attack sensors on commercial aircraft over three decades.

    #Boeing #Sécurité #Ingénierie #Capitalisme_de_catastrophe

    • Concrètement, il s’agit d’une fraude délibérée : en aviation, tu as une obligation (facile à comprendre) de redondance des systèmes. En gros, un seul capteur, c’est criminel.
      Ce n’est pas la première fois du tout que Boeing se fait gauler pour une fraude délibérée à la sécurité de ses avions, en plus, pour une économie de bout de chandelle.

      Il y a avait eu le coup des fermetures de soutes, avec une pièce trop fragile qui cassait en altitude, ouvrait la soute et engendrait une dépressurisation explosive. Dès le premier accident, Boeing avait identifié le problème, mais ils avaient calculé que ça leur coûterait moins cher de ne rien faire et de prendre le risque que ce soit découvert plutôt que de devoir rappeler toutes les flottes en service.

      Calcul cynique avec la vie des passagers et membres d’équipage des clients. Calcul raté parce qu’une famille s’est acharnée, a trouvé une gorge profonde et a obtenu la preuve du crime délibéré du constructeur.

      Pourtant, malgré les dommages et intérêts colossaux, les preuves du processus décisionnel qui accorde plus d’intérêt au profit qu’aux vies des clients, Boeing a continué à vendre.

      On dirait plus une mafia qu’une compagnie.


  • « Une histoire populaire de l’empire américain »

    Depuis le #génocide des #Indiens jusqu’à la #guerre en #Irak en passant par le développement d’un #capitalisme financier globalisé, les États- Unis se sont constitués au fil des siècles comme un #empire incontournable. Peu à peu, leur histoire est devenue #mythologie, mais ce livre propose le récit d’une #nation, un récit qui a réussi à changer le regard des Américains sur eux-mêmes.



    https://www.editions-delcourt.fr/serie/une-histoire-populaire-de-l-empire-americian-ned.html
    #BD #histoire #USA #Etats-Unis #histoire_populaire

    J’en parle ici aussi, à propos de la chanson #Ludlow Massacre, citée dans le livre :
    https://seenthis.net/messages/784622


  • The “Great Dying” Has Begun. Only Transforming the Economy Can Stop It.
    https://onezero.medium.com/the-great-dying-has-begun-only-transforming-the-economy-can-stop-it-

    Extinction has threatened Earth’s plant and animal life several times over the planet’s multibillion-year history. During the mass extinction event called the “Great Dying,” around 250 million years ago, 96% of all marine species died out — gone forever.

    Life is once again headed for total collapse. While coverage of last week’s major Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES) report on biodiversity loss rightly played up the dire numbers — an estimated 1 million species gone by 2050 — what’s truly remarkable are the solutions the authors offer in response. Ditching the timid pragmatism of technocrats, these scientists are calling for nothing less than the total transformation of the global economy. Producing for profit has failed us, they say, and failed the planet. We need a new system.

    #écologie #climate #extinction #science #capitalisme


  • 1000 #emplois supprimés par General Electric : l’histoire d’un #piège américain et d’une #trahison française
    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/1000-emplois-supprimes-par-general-electric-l-histoire-d-un-piege-americain

    Quels enseignements tirer de cette catastrophe ? Tout d’abord, le rappel du caractère fondamentalement prédateur des #États-Unis d’Amérique, un État qui n’hésite pas à mettre sa puissance financière et militaire au service direct de ses #multinationales. Ensuite, les désastres provoqués par la #cupidité du #capitalisme français, privilégiant avec constance les profits financiers à court terme aux stratégies industrielles. L’#oligarchie française a cédé aux sirènes des marchés et des analystes financiers, notamment en démantelant les grands conglomérats industriels comme la CGE ou Thomson, à qui elle reprochait d’utiliser les profits des branches en bonne santé pour aider celles qui traversaient de mauvaises passes à se redresser. Soumis à l’#idéologie néo-libérale, donnant la priorité à la #dérégulation et à la « concurrence libre et non faussée », protestant comme le fit Lionel Jospin que « l’État ne peut pas tout », l’État a encouragé en France ces tendances suicidaires.

    Enfin, la clarté est faite quant à la complicité entre Emmanuel #Macron et GE tout au long de cette affaire, jusqu’au point où c’est son conseiller industrie lors du rachat qui est nommé à la tête de GE France pour mettre en œuvre le plan de restructuration…

    #France

    • Waw ! Le capitalisme français cupide et le néolibéralisme contre les pays dans le Fig’ !

      Jean-Charles Hourcade est ingénieur, polytechnicien, ancien Directeur Général Adjoint du groupe Thomson, ancien Directeur Général de France Brevets. Il est responsable Industrie de République Souveraine.

      La #collusion dont il parle est plus claire ici.

      Quand on sait que le même Hugh Bailey était précédemment le conseiller pour les affaires industrielles d’Emmanuel Macron à l’époque où il était ministre de l’Économie et avait piloté la vente à GE de la branche énergie d’Alstom (chaudières et turbines de génération électrique), il est urgent de revenir sur la genèse de ce nouveau coup dur et d’en tirer tous les enseignements pour préparer au mieux la riposte.

      En septembre 2015, c’est à l’issue d’un véritable thriller politico-industriel que GE prenait le contrôle de la division Energie d’Alstom, signant ainsi l’un des pires revers stratégiques qu’ait connu la France en 150 ans d’histoire industrielle.


  • La stratégie de #Lysistrata ou comment les femmes peuvent changer le monde

    L’ordre masculin repose sur la menace perpétuelle d’un anéantissement pas total mais presque. Il faut que les dominées soient persuadées de leur faiblesse, à chaque instant. Sur quoi repose l’autorité masculine ?

    Du point de vue pratique, sur des positions de pouvoir disséminées dans toute la société, sur la maîtrise matérielle des processus de production, sur le contrôle de l’outillage intellectuel et communicationnel. Les hommes tentent constamment d’empêcher les femmes de prendre position dans tous ces lieux de pouvoir. Mais cela ne suffit pas. Les femmes peuvent prendre le pouvoir, maîtriser tous les métiers, exercer leur puissance intellectuelle. Il faut donc autre chose. Cette autre chose, c’est précisément le #viol.

    https://blogs.mediapart.fr/jean-jacques-delfour/blog/040519/la-strategie-de-lysistrata-ou-comment-les-femmes-peuvent-changer-le-

    #Jean-Jacques_Delfour #féminisme #masculinité #capitalisme #patriarcat #sexisme #culture_du_viol #domination_masculine

    • Il commence mieux qu’il s’achève ce texte. La culture du viol c’est justement ce qui empêche les femmes de faire la grève du sexe et de la procréation. Lysistrata est une comédie car les masculinistes, patriarcaux et virilistes savent bien comment fini une femme qui dit non, surtout quant c’est la leure. Ca fait très peu de temps et c’est dans très peu d’endroits que les femmes peuvent avoir accès à une contraception fiable dont l’IVG. Moyen radical de faire passer les conséquences de l’hétérosexualité à néant. Les crispations sur l’IVG sont un axe centrale sur cet aspect. C’est la première fois chez les primates (que nous sommes) que les femelles ne sont plus engrossables par la première éjaculation venue (consentie ou pas). Plutôt que de culpabiliser les femmes en leur disant « yaka » faire la grève du viol et du plaisir et ne plus faire de gosses, ca serait plus judicieux de la part de ce monsieur de mettre en avant un accès à l’IVG partout, pour toutes, sans culpabilisation, sans déploration d’un prétendue grand nombre qui ne baisse pas, sans en faire un drame, mais plutot un geste militant. IVG pour toutes !
      Dans un monde dans lequel le viol existe, les femmes ne peuvent pas jouer à Lysistrata. Mais dans un monde dans lequel l’IVG existe, elles peuvent se défécondées. Grâce à l’IVG l’équilibre des forces est soudain renversé.
      #ivg

    • Grâce aux violeurs qui violent un quart des femmes et terrorisent les trois autres quarts, chaque homme, là où il est, sans faire d’effort, tire profit de la peur générée par la présence sociale, diffuse, flottante, plus ou moins accentuée, des violeurs. Rien n’arrête cette complicité latente, objective, entre les violeurs et les autres.

      C’est déjà moyen, de parler des violeurs et des autres. On a l’impression que les violeurs sont dans les allées sombres et les hommes « normaux » dans leurs maisons à attendre : c’est pas que chaque homme dire des bénéfices, c’est que chaque homme peut violer. Il suffit d’un regrettable manque d’empathie. Je ne sais pas ce qu’en pensent @rastapopoulos, @reka ou @sandburg mais j’imagine qu’ils n’ont pas l’impression d’être à l’abri à se donner des médailles. Et je reposte ça : un mec super pro-féministe, qui publie des textes impeccables et partage les tâches à la maison pendant vingt ans, peut devenir une merde (peut-être de manière très ciblée, ça tombe sur une personne mais ensuite, comme un vrai mec, il est incapable de demander pardon) suite à un divorce mal digéré.

      https://archive.org/details/Profministe_201811

      Bref...

      Si les femmes

      Il suffirait d’ailleurs

      elles disposent d’un outil radical

      Mais que font-elles alors, le cul sur leur chaise et les doigts dans le fion ?

      Imaginons que chaque femme, en même temps que toutes les autres, fasse

      Mais oui, c’est ça ! Et on pourrait faire pareil contre le capitalisme ! Imaginons que tou·tes les femmes et les hommes de ce pays se soulèvent et hop, plus d’État, plus de capitalisme ! Comment, ça avait l’air encore crédible quand j’expliquais ce que les meufs devaient faire mais j’ai maintenant l’air d’un imbécile en dégenrant mes bons conseils ?

      Une autre solution, plus radicale mais plus économique, consisterait à

      Quand les femmes auront commencé d’organiser collectivement

      Et puis si les mecs ont pratiqué le féminicide avec les sorcières, ping à @mona qui est citée ici, pourquoi pas le contraire ? Ben ouais, ça se passe plutôt bien, quand les femmes tuent leurs nouveaux-nés parce qu’elles n’ont pas trouvé comment s’en débarrasser ! On voit bien que c’est pas un truc sensible, quand les femmes tuent (nouveau-né, conjoint Sauvage, etc.), que la société (des hommes) est prête à accepter que c’est pour son bien. Non, vous avez l’impression que je suis perché dans mon bureau, le cerveau en ébullition entouré de mes livres de philosophie ?

      #yakafokon

      Justement, hier chez ma dentiste j’ai lu l’édito d’Elle par Olivia de Lamberterie et, déjà, elle rendait à Cléopâtre ce qui appartient à Cléopâtre (j’étais avec Éliane Viennot lundi soir ! si on fait abstraction du fait que Cléopâtre n’a pas battu monnaie pour la Palestine, on peut féminiser aussi ça).

      https://continentaltelegraph.com/gender/lysistrata-wont-work-today-alyssa-milanos-call-for-sex-strike-

      The actor (sic !) Alyssa Milano ignited a social media storm with a call for women to join her in a sex strike

      Merci Jean-Jacques pour l’invisibilisation !

      Et donc Mme de Lamberterie disait que c’est infantiliser les hommes et considérer le sexe comme une marchandise. Et que vraiment, pour gagner la bataille, il fallait mettre les hommes de notre côté ! #irénisme Merci Olivia, ça donne envie de lire le reste !

      Il est nouille, ce Jean-Claude (ou Jean-Pierre), à refuser de comprendre la notion de #contrainte. C’est un peu la pierre d’achoppement des théories libérales d’ailleurs. Tiens, on pourrait gagner le rapport de forces en faisant un truc qu’on n’aura jamais le droit de faire, everybody can do it ! Tu le dis bien, @mad_meg : la classe des hommes sait punir assez efficacement la moindre rébellion pour qu’on puisse comprendre la captivité des femmes et ne pas la leur reprocher.

      D’ailleurs, lundi Éliane Viennot était accompagnée d’une jeune comédienne misandre très drôle, à la langue très bien pendue, qui m’a fait penser à nos échanges sur les femmes et la parole en public. Elle était extraordinaire, sans bagout pénible, juste une aisance...
      http://typhaine-d.com. Et les deux disaient que si la question de la féminisation de la langue était aussi tendue, c’est bien parce qu’elle s’inscrivait dans cette guerre que les hommes en tant que classe mènent contre les femmes. Je crois qu’elles oubliaient que les Français·es s’écharpent aussi sur plateforme ou plate-forme et que c’est la langue en général qui est surinvestie mais c’était très convainquant. Et Viennot a très bien montré le projet politique de masculinisation de la langue.

    • Merci @mad_meg et @aude_v pour vos retours, c’est aussi un peu pour ça que je postais cet article sur Seenthis :)

      C’est effectivement la 1ère partie du texte qui m’a interpelée et surtout, la notion de rapport de force, même involontaire et inconscient, que nous avons en notre faveur. Même si certain.es le savent bien, c’est bien parce qu’il est involontaire et inconscient, qu’il est important de le rendre visible.

      Pour la 2nde partie, je partage votre avis même si je ne m’en étais pas vraiment rendu compte à la 1ère lecture.

      Il est tjs difficile de passer du soutien à la production d’actes et de contenus car, comme le dit Victoire Tuaillon (podcast Les couilles sur la table), « c’est très difficile quand on est dans une position de dominant de penser la domination » (https://www.neonmag.fr/vivons-nous-la-fin-de-la-virilite-514116.html). On a bien besoin d’aide là dessus...

      Il serait intéressant de faire retour à Jean-jacques Delfour, je vais essayer de lui envoyer le lien de cette discussion...


  • Les militants Antipub veulent « libérer l’#espace_visuel »

    Elles sont partout. Des murs du métro aux premières secondes de chacune des vidéos que vous consultez sur votre smartphone en passant par la télévision, le cinéma… Une omniprésence dénoncée par les militants antipub, une mouvance qui fait parler d’elle. La #lutte joyeuse de ces activistes contre « la #pollution_visuelle » s’inscrit dans une critique plus vaste du #capitalisme.


    https://radioparleur.net/2019/05/28/militants-antipub-veulent-liberer-lespace-visuel
    #anti-pub #espace_public #résistance #publicité


  • #Thain_Parnell : La prostitution est au cœur de l’oppression des femmes – alors pourquoi beaucoup de gens de gauche la défendent-ils ?

    Pendant des décennies, la plupart des gens de gauches admettaient que la prostitution était au cœur de l’oppression des femmes. Cependant, il y a eu un renversement brutal, au cours des dix dernières années.

    À présent, de nombreux partisans de la gauche plaident pour une légalisation complète du commerce du sexe. Des expressions telles que « les droits des travailleur-euses du sexe » masquent le fait que ceux qui profitent de la vente et ceux qui violentent des femmes, des filles, des garçons et des hommes sont ceux qui sont protégés.

    Parallèlement, même de puissantes organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, semblent s’être orientées en faveur de la prostitution.

    Le plus intrigant est la toute récente tendance de défenseurs de la prostitution qui se disent marxistes et refusent de prêter attention à la position réelle de Marx à ce sujet.

    « Il est évident, du reste, qu’avec l’abolition du régime de production actuel, disparaîtra la communauté des femmes qui en découle, c’est-à-dire la prostitution officielle et non officielle. »[1]

    Il y a plus d’un siècle, Marx a compris que, sans abolir l’industrie de la prostitution, la pleine libération des femmes ne pourrait jamais être pleinement réalisée.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://morningstaronline.co.uk/article/f/prostitution-central-womens-oppression-so-why-do-many-left-defe
    #traite #prostitution #commerce_du_sexe #capitalisme #racisme #marx


  • Silvia Federici : « Le capitalisme est structurellement sexiste » par Olivier Doubre | Politis
    https://www.politis.fr/articles/2019/05/silvia-federici-le-capitalisme-est-structurellement-sexiste-40458

    Silvia Federici : Non, je ne peux pas dire cela ! J’ai beaucoup lu Marx et je considère qu’il est l’auteur absolument fondamental pour comprendre le #capitalisme jusqu’à aujourd’hui, ce système fondé sur l’exploitation du travail humain, le travail aliéné et le travail non payé. Je reconnais également sa contribution à la théorie féministe, avec sa conception de la nature humaine comme produit social et historique. J’admets tout cela, mais je demeure en désaccord avec lui sur bien des points. En particulier, le fait qu’il considère le capitalisme comme un mal nécessaire et que celui-ci aurait même une mission historique (par rapport aux périodes précédentes) de libération de l’humanité, avec le développement de l’industrie et de la productivité du travail. Mais je crois que cette conception s’est révélée ensuite tout à fait aveugle, puisqu’on sait aujourd’hui que l’industrialisation est en train de détruire la richesse sociale et non de produire la base matérielle d’une société plus juste.

    De même, la croyance de Marx dans le développement du capitalisme comme un facteur d’unification de la population mondiale et de nivellement des inégalités sociales est erronée : il n’a pas été capable de comprendre que le capitalisme est structurellement raciste et sexiste. Car il ne s’agit pas d’une ­anomalie ou d’une période temporaire lors d’une phase de son développement. Le capitalisme, ou plutôt l’accumulation capitaliste, est une accumulation de hiérarchies et d’inégalités intrinsèquement nécessaires à l’organisation et à la division du travail dans la production. Et celles-ci sont nécessaires au capitaliste pour son accumulation du travail non payé, qui n’existe pas seulement durant la journée de travail rémunérée. Car, au moyen du salaire qui fait vivre tout un foyer, le capitalisme parvient à mobiliser et à exploiter les non-salariés (dont les femmes sont une grande part) dans toute l’économie productive. Pour toutes ces raisons, je ne peux pas me définir comme marxiste !


  • Résultats des Européennes
    https://www.les-crises.fr/resultats-des-europeennes-2019

    Voici 3 graphiques sur les résultats des européennes. Le premier est le résultat en fonction non pas des suffrages exprimés, ni même des inscrits, mais de l’ensemble de la population en âge de voter (car il y a 12 % de non-inscrits selon l’Insee) : Le deuxième graphique est classiquement le résultat en fonction des […]

    • Là où le genre est très marqué :
      – les femmes votent deux fois plus pour EELV que les hommes (17% contre 9%) ;
      – les porte-couilles votent beaucoup plus pour laREM (25% contre 19%), et pour le RN (26% contre 20%). Dans les deux cas, dans les 30% de plus ;
      – les femmes votent un peu moins que les hommes (49% contre 54%).

    • L’espérance de vie étant bien supérieure pour les femmes que pour les hommes, malgré les chiffres en haut de la colonne, il y a donc plus de votes féminins pour les 60 - 64 ans, et 70 ans et plus.

      => les femmes votent plus pour enMarche que les hommes, idem pour les républicains, l’UDI.
      => Les femmes votent beaucoup moins pour la france insoumise que les hommes.
      => Les femmes votent plus pour le RN que les hommes.

      Pour ce qui est de eelv on est d’accord.

      BCE : Les Bons Calculs Economiques
      Bon, on a pas le détail des chiffres, et moi je n’insulte personne, sur des apparences.

    • Les mères célibataires ont davantage voté pour le rn et Françis Lalanne Ségoléne Forgar - 27 février 2019 - Le figaro Madame

      Une étude Ipsos-Sopra Steria décrypte le vote aux élections européennes des femmes qui élèvent seules leur(s) enfant(s). Très présentes sur les ronds-points lors de la crise des « gilets jaunes », elles ont été voter en nombre ce dimanche.
      . . . . .
      24% d’entre elles semblent avoir été convaincues par le discours du porte-parole du parti et tête de liste, Jordan Bardella. Aucune proposition spécifique aux droits des femmes n’était pourtant formulée dans le programme du parti de Marine Le Pen.
      . . . .

      http://madame.lefigaro.fr/societe/elections-europeennes-les-meres-celibataires-ont-davantage-vote-pour

    • => les femmes votent plus pour enMarche que les hommes, idem pour les républicains, l’UDI.
      => Les femmes votent beaucoup moins pour la france insoumise que les hommes.
      => Les femmes votent plus pour le RN que les hommes.
      ...

      C’est magique la misogynie, on te dit que les hommes votent plus RN que les femmes mais non, « monsieur qui n’insulte personne » il sait lire des chiffres qui n’existent pas mais qui prouvent que le vote RN c’est en fait celui des femmes. C’est d’ailleurs amusant de voire que sa vindicte concerne exclusivement et spécifiquement les femmes qui ne sont plus sous la domination quotidienne d’hommes ; les vieilles, les veuves, les mères célibataires.

    • Y a pas à dire !
      Quand leur haine rassemblée de la réalité est contrariée par les chiffres, les pseudos progressistes du genre nouvelle gauche deviennent agréssi.f.ves.
      Bavez sur tout ce qui n’est pas bac+5, c’est une passion chez vous.

      Quand vous trouvez un chiffre qui vous plait dans un tableau, c’est la victoire, mais vous oubliez quelques lignes et quelques colonnes.
      En entreprise, ou appelle cela le contrôle de gestion.

      Ici, c’est une forme de la #guerre_aux_pauvres, ou de #ligue_du_lol .

    • André, je ne vois pas le rapport entre des femmes jeunes harcelées par des mecs de leur âge qui ont saboté leur carrière et bien réussi la leur au passage et toi... Serais-tu victime de misogynie inversée ? de racisme anti-blanc ? Le négationnisme, c’est « ajouter au malheur du monde »...

      Moi non plus je n’ai pas compris comment tu pouvais lire différemment des chiffres qui me semblent assez évidents : 25 % des hommes et 19 % des femmes qui votent LREM, en quoi c’est trompeur ? Parce que les femmes sont plus nombreuses au final, qu’est-ce que cela change puisqu’il s’agit de proportions et non de nombres de têtes de pipe ? On ne va pas dire que Limoges est plus fasciste que Maubeuge parce qu’il y a plus de gens qui votent à Limoges ?

      Si tu ne veux pas nous expliquer et jouer les profs qui ne prendront pas la peine de nous éclairer parce qu’il vient de classe popu et que son auditoire est d’origine vraiment trop bourgeoise alors ils se drapent dans leur mépris, on demandera à @simplicissimus.

    • À part ça, l’invité de la Grande Table hier
      https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/elections-europeennes-la-fragmentation-en-marche
      a sorti un truc intéressant à propos du choix des prénoms. Il a noté que la France des prénoms américains (Steeve, Jordan, pour donner les exemples de deux élus RN) était aussi celle du vote RN. Explication classiste : quels cons, ces pauvres, et quel mauvais goût. Mais lui en parlait comme d’une désaffiliation d’avec une culture française perçue comme bourgeoise (et qui donne des prénoms classiques à ses gosses, Margot, Aude - non, moi mon père est fils méritant de paysans très pauvres qui vivaient dans la vallée de l’Aude). Leur désaffiliation, ça correspond à un sentiment d’abandon. Et à un libéralisme mal digéré qui était très présent dans la première vague des Gilets jaunes, de gens qui gagnent moyen alors qu’ils font des efforts et restent juste au-dessus des seuil, ce qui les prive d’aides sociales. (J’avais un coloc comme ça, 2000 euros mensuel et il a trouvé un boulot mieux payé en suivant mais il se percevait encore comme pauvre injustement privé d’aides sociales alors que des bobos comment moi en vivent quasi-exclusivement.) Au lieu d’interroger globalement la rémunération du travail, ils se trouvent des ennemis plus dans la merde qu’eux et s’imaginent que ceux-ci vivent mieux qu’eux. Un peu comme les gens en bagnole qui me détestent et me faucheraient volontiers si c’était autorisé (heureusement ils ne savent pas que ça l’est !) parce qu’ils dépensent beaucoup pour se prendre des feux et être ralentis par les autres caisses. J’aurais tendance à dire : Vis ma vie et tu verras les privilèges dont je jouis à vélo...

    • Bonjour Aude.

      Quelques membres éminent.e.s de ce blog n’ont qu’une passion, baver sur les prolos (en oubliant que 51 % des prolos sont des femmes, idem pour les Gilets jaunes), en ne prennent que le chiffre qui arrange leur haine.

      D’autres sont dans l’insulte et l’imprécation permanente envers celles et ceux qui ont la témérité d’aborder des sujets qu’il/elle se réservent, bien qu’il/elle les desservent (les sujets).

      Pour ce qui est des chiffres, suffit de regarder la représentation d’une pyramide des âges.

      Par ailleurs, les harceleuses, ça existe, ne les oublions pas, elles harcèlent aussi les femmes.

      Au revoir,
      André

    • Merci @bce_106_6 mais je sais bien qu’il y a 105 hommes pour 100 femmes en bas de la pyramide des âges et que la proportion est différente en haut (en France, je connais des sociétés où c’est différent). En quoi cela change les chiffres sur la proportion des femmes qui votent ci ou ça ? Le seul biais de ce chiffre, c’est qu’il est basé sur les votes exprimés et qu’ils sont légèrement différent. Sinon, je ne comprends toujours pas... Les différences genrées ne sont d’ailleurs pas signifiantes pour FI et LR, à 1 d’écart c’est kif-kif.

      Je crois que ta contribution sur ce coup-là, elle est contre-productive et sacrément déplaisante. Même aux tous débuts du mouvement des Gilets jaunes, je n’ai pas vu ici de commentaires classistes ou méprisants. Chacun·e a son ethos de classe et ça t’emmerde peut-être mais il ne s’exprime pas de manière méprisante. Regarde comment tu nous expliques que le mec qui comprend les chiffres ici, c’est toi, avec des arguments que tu n’es pas capable de clarifier. Si tu as des comptes à régler, fais-le ailleurs et autrement.

    • Oui, les femmes sont surreprésentées dans la tranche d’âge la plus élevée, mais la borne inférieure étant assez basse (70 ans, tout de même) le différentiel de mortalité n’a pas encore eu le temps de faire trop son œuvre, de sorte que dans cette tranche d’âge il y a 4 femmes pour 3 hommes.

      Ipsos-Sopra fournit une analyse des facteurs au premier ordre, c’est à dire «  à plat  ». Je me garderai donc bien de me lancer dans une analyse au deuxième ordre, c-à-d «  d’effets croisés  » (ou d’interaction).

      Un exemple pour le taux de participation au vote (la non-abstention)

      Les résultats d’ensemble et selon l’âge et le sexe.

      … soit pour les effets du premier ordre :


      • les femmes votent moins
      • la participation augmente avec l’âge
      Au second ordre, la question serait de savoir s’il y a interaction entre ces deux facteurs ou non. P. ex. la participation des femmes augmentent avec l’âge (et donc, celle des hommes décroît) ou l’inverse.

      Pour le choix du vote, je représente les effets du sexe et de l’âge pour les 3 listes arrivées en-tête (avec une même échelle verticale pour faciliter la comparaison).

      Au vu des graphiques, il est hasardeux de spéculer sur un comportement particulier des femmes âgées votant LREM : l’effet sexe est nettement moins marqué que l’effet âge. Sauf à imaginer une interaction vraiment très forte. Et surtout, il est tout à fait impossible de conclure que les femmes âgées votent RN (sauf à…) la tranche des 70+ votant moins que la moyenne pour le RN, contrairement aux « actifs » de la tranche 35-60 ans, et particulièrement les 50-60 ans.

      Notons pour finir que l’effet de loin le plus fort pour une liste est celui de la profession, les ouvriers votant à 40% pour le RN, soit +16,8% par rapport à l’ensemble, catégorie que @bce_106_6, répartit d’ailleurs équitablement entre hommes et femmes (je n’ai pas été vérifié).

      Quelques remarques pour finir, quant aux pondérations. Le tableau ci-dessous est élaboré à partir des données de population au 1/1/2019 de l’Insee. C’est lui, ou une version précédente, qui a dû être utilisé pour l’élaboration des quotas.

      –Poids des tranches d’âges par sexe dans la population française de plus de 18 ans. Au 1/1/2019, presque 67 millions d’habitants dont 52,5 millions de plus de 18 ans._

      Et comme le diable réside dans les détails, je note qu’il ne s’agit pas du corps électoral français, mais de la population, soit le nombre d’habitants.
      • le tableau intègre donc les habitants étrangers (4,4 millions au 1/1/2015, tous âges) dont une partie, les citoyens européens, a, à son choix, le droit de voter en France ou dans son pays et une autre partie, les non communautaires, n’a pas le droit de vote. On ne connait pas (ou du moins, je ne la connais pas) la part des étrangers communautaires dans les inscrits en France.
      • la structure par âge et sexe de la population étrangère est différente de celle de la population française : les hommes y sont (légèrement) majoritaires, et la population active y est surreprésentées (moins de jeunes et moins de vieux)
      • le tableau ne prend pas en compte les électeurs français résidant à l’étranger (1,25 millions d’inscrits, 81,6% d’abstentions, 18% de suffrages exprimés soit 224 000 électeurs (j’arrondis))
      résultats des Français de l’étranger (inscrits en France) ici : https://elections.interieur.gouv.fr/europeennes-2019/000/099/index.html

    • Merci @simplicissimus ! C’est bien ce que je pensais, qu’avant que tu n’en apportes on n’avait pas de données croisant sexe et âge et qu’on ne pouvait que supputer à partir de la prévalence des femmes parmi les personnes âgées sur leur rôle dans les élections...

      Dans le cas de LREM par exemple, les femmes votent moins mais le succès de cette liste croît avec l’âge : les femmes votent-elles plutôt comme des femmes ou plutôt comme des personnes âgées ?

      D’ailleurs, j’aimerais croire que le croisement des courbes d’âge dans le cas d’EELV et de LREM, ça veut dire que le vieux monde est derrière nous et que la masse critique écolo augmente. Mais pfff !

    • Merci Simplicissimus, ce rappel de la pyramide des âges était nécessaire, beaucoup.e semble l’ignorer, et tu as raison, ça n’explique pas tout.

      Pourquoi mon commentaire ?
      C’était par rapport au mépris affiché par arno.
      Remarquons que c’est une habitude pour lui. Exemple :
      Complètement ivre, une mamie tente de s’enfuir en fonçant sur les gendarmes près de #Montpellier
      https://seenthis.net/messages/783590

      Curieux, lui il a pas droit aux insultes habituelles.
      Pourtant, il rabaisse une femme.
      C’est vrai qu’il n’utilise pas souvent les drapeaux #social #capitalisme . . . .

      Une habitude des CSP- de cracher sur ceux (et donc celles) qui ne reconnaissent pas immédiatement qu’ils sont du coté du bien, qui ne votent pas pour eux.
      Il est vrai qu’il doit être terrifié par l’idée d’un déclassement social, il n’est pas le seul.

      Ma contribution sur ce coup-là, est peut être contre-productive et sacrément déplaisante, mais les dénonciateurs.rices professionnel.le.s m’indisposent parfois avec leurs insultes permanentes. Il faut croire qu’elles.ils se sentent supérieur.es.
      Effet ancienne nouvelle gôche ?

      Je rassures tout de suite, je ne suis ni du pcf, de la fi, du npa, du poi, et d’un tas d’autres boutiques du vieux monde, qui m’a l’air d’être bien accroché au pouvoir, et décidé à tout foutre en l’air.

      Marrant, cet article partagé 8 fois n’a pas été repris par 7h 36.
      _ Un oubli. -


  • Le métro de Hong Kong, architecte du consumérisme dans Le Devoir de Montréal

    Plus de la moitié des 91 stations du réseau de métro de Hong Kong sont désormais connectées à des espaces commerciaux et résidentiels. « On est souvent forcé de passer dans un centre commercial pour aller du point A au point B », explique Stefan Al.

    Depuis le début de la construction du métro, en 1975, les habitudes des Hongkongais ont d’ailleurs radicalement changé. « Il y a 30 ans, [ils] n’étaient pas habitués aux centres commerciaux. Mais on a commencé à construire des communautés autour de ces centres [et des stations de métro] pour les inciter à y aller. Et c’est un succès », raconte M. Al.....

    « Les centres commerciaux sont des espaces où on conditionne, renchérit Stefan Al. L’air est conditionné, mais on conditionne aussi à dépenser. »

    Si tout l’effort et le temps consacré à l’architecture de la consommation était utiliser pour encourager les transports doux..

    https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/555343/le-metro-de-hong-kong-architecte-du-consumerisme
    #consommation #aménagement #urbanisme #hongkong #capitalisme


  • Change for Future – Antikapitalistische Plattform in FFF, Kontakt : changeforfuture.de gmx.de
    http://changeforfuture.cf
    Le manifeste de la partie anticapitaliste du mouvement de jeunesse Fridays For Future

    Der Mensch greift spätestens seit der ersten Atombombe nachweislich in alle Bereiche der Natur und jeden Stoffkreislauf auf dem Erdball ein. Der Umfang von Produktion und Verbrauch sind erheblich gestiegen und haben sich vervielfältigt – und mit ihnen die gesellschaftlichen Abfälle. Es entsteht ein unheilbarer Riss im Stoffwechsel des Menschen mit seiner Umwelt. Dieser Riss ist nicht bloß das Ergebnis schlechter Klima- und Energiepolitik, denn er zieht sich durch den gesamten Stoffwechsel, durch die gesamte Produktion und Reproduktion des gesellschaftlichen Lebens – und muss aus dieser Produktion und Reproduktion heraus erklärt werden.
    ...
    Um die Profite oben zu halten, müssen die Konzerne deswegen mehr produzieren, sich ständig ausweiten. Dieses „ewige Wachstum“ bedeutet aber zwangsläufig einen tiefen Eingriff in die Stoffkreisläufe der Natur.
    ...
    Um die Diktatur der großen Konzerne zu beenden, darf das Eigentum an Produktionsmitteln (z.B. Fabriken) nicht weiter in den Händen einiger weniger Konzernbosse sein. Wir möchten eine demokratische Mitbestimmung auf allen Ebenen der Gesellschaft. Dafür muss die Arbeiter*innenklasse das Eigentum an den Produktionsmitteln erkämpfen und erlangen, denn die Macht in Wirtschaft und Politik geht nur damit einher. Das ist der einzige Weg den Kapitalismus zu überwinden.
    ...
    Wir befürworten und streiken auch für Reformen innerhalb des Kapitalismus. Doch aus unserer Sicht kann man den Umweltschutz nicht alleine behandeln, sondern nur im Kontext mit dem herrschenden System. Umweltschutz muss mit Antikapitalismus, Friedensaktivismus, Flüchtlingssolidarität und Arbeiter*innenstreiks einher gehen.

    #capitalisme #socialisme #environnement


  • Gentrification Is a Feature, Not a Bug, of Capitalist Urban Planning

    Look a little closer, however, and some important cracks arise. In his classic 1986 book Planning the Capitalist City, Richard Foglesong analyzes the relationship between capitalism and city planning as it evolved in the United States from the colonial period through the 1920s. He frames the book around two primary contradictions: one he calls “the property contradiction,” and the other “the capitalist-democracy contradiction.”


    https://jacobinmag.com/2019/03/gentrification-is-a-feature-not-a-bug-of-capitalist-urban-planning


  • Réchauffement climatique : vers la disparition des nuages et 13 °C de plus en 2100 ?
    Laurent Sacco, Futura, le 2 mars 2019
    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/rechauffement-climatique-rechauffement-climatique-vers-disparition-

    Trois climatologues californiens ont découvert une instabilité du climat de la Terre passée jusqu’ici inaperçue. Si l’humanité continue ses émissions de gaz carbonique sans frein, à l’horizon 2100, une brusque disparition de la couverture nuageuse au-dessus des océans fera bondir les températures. Celle de la Terre en moyenne gagnerait alors 13 °C de plus. Ce qui sera dévastateur.

    La bataille pour les 1,5 °C est très probablement perdue, celle pour les 2 °C se présente mal ; nous allons, plus probablement, vers les 3 °C de plus globalement par rapport à 1900.

    Comme cette couverture nuageuse refroidit la Terre en réfléchissant les rayons du Soleil, les température devraient grimper brutalement à l’horizon 2100 si rien n’est fait pour réduire et stopper nos émissions. Aux 5 °C déjà produits par le CO2, devraient s’ajouter 8 °C de plus.

    #nuages

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène