• Ok, je plie aussi ; le fil sur lequel de nombreux échanges, à la suite d’un post sur Stallman, avaient dérivé sur le tagage de Madmeg a été bel bien effacé, c’est à dire avec lui les traces de cette conflictualité politique nécessaire pour avancer.

    Evidemment, ça s’est barré en sucettes, et la conséquence a été le départ de Philippe De Jonckheere. Cet effaçage, qui va réécrire l’histoire (puisqu’aura disparu également mon mot sur les essentialisations outrancières qu’implique le tagage à la terreur de cette imbécile malfaisante, obsédée par le pouvoir, de MadMeg, lors d’un de ses mémorables décomptes de corps parfaitement hors-sujet et bourré de points aveugles politiques sur un sommaire de revue qu’elle n’a jamais lue) va être la raison de mon propre départ. Je laisse le compte pour le travail fait qui y est encore consultable, et je coupe tout le reste, notifications surtout.
    C’est donc mon dernier mot ici, et je laisse ce message pour qu’il soit au moins inscrit une fois que quelqu’un n’est pas dupe de la brutalité permanente de ces tags à la con et des methodes désastreuses de MadMeg.
    Les tags de MadMeg, les méthodes de MadMeg, l’incarnation désopilante si elle n’était aussi mortifère DU féminisme (en fait de sa version différentialiste étriquée la plus néfaste, impensante, infertile, désespérante, comptable) c’est le point aveugle de Seenthis, sa zone de folie douce, de mortification générale, et d’acceptation de trucs qu’on n’accepterait jamais de personne d’autre.

    j’en ai ma claque de ces conneries, le travail féministe de la MG (dont nous sortons de trois jours de travail passionnant avec de quoi bosser pour longtemps) serait intégralement foutu à feu et à sang avec des positions de pouvoir aussi hostiles et aussi folles, aussi prédatrice et centralisantes ; MadMeg est une foutue plaie au pied qui fait boiter le féminisme à un tel point d’un seul côté qu’il tournerait en rond jusqu’à la mort si elle était représentative de quoique ce soit.
    Voilà ce que ça peut donner, la méthode :
    https://seenthis.net/messages/797268
    se faire traiter de nazi - de « masculiniste », c’est à dire la version nazillonne de la position misogyne incarnée en programme - sous une critique de dessin de presse définitivement non genrée, puisque je traite n’importe quel dessin de presse depuis vingt an de la même façon - ça ne choque PERSONNE. Normal. Tout va bien. J’ai essayé de répondre sur un ton calme et léger avec la cible de Graham - alors que n’importe quand, dans la vraie vie, si on va dans les zones de la calomnie sur fond de fascisme, c’est ma main dans la gueule sans détour ou l’équivalent écrit - ceci par considération pour le cadre seenthis. Au singe, en temps normal, je ne parle que la langue du singe : selon l’humeur, je montre mon cul comme un babouin ou je deviens gorille, c’est selon.
    Son désir d’incarner ici la figure de l’artiste politique tient également du même tragicomique, de la même usurpation, et je ne doute pas que mon parfait mépris pour ses pensums graphiques est pour beaucoup dans sa rage bafouillante continue à mon égard. J’en tirerais une certaine vanité si, dans mon cadre de vie, dans mon monde, elle existait vraiment. Mais j’ai l’orgueil de me choisir des adversaires moins miteux et elle n’existe nulle part ailleurs qu’ici. Tant mieux, je n’aurai plus aucune chance d’entendre parler d’elle de toute ma vie, ce sera un poil chatouillant ma narine bienheureusement arraché. Le seul truc qui me désole est qu’il m’aura fallu, au bout de tant d’années, tout de même, consacré plus de deux lignes à cette nuisible.
    Qu’elle continue donc à gratter laborieusement ses pompières allégories ridicules sur papier, qui seront sans doute les dernières du monde à inscrire sous chaque instance convoquée, sous chaque personnage, sous chaque représentation, son petit nom pour qu’on soit bien sûr de comprendre où penser, de savoir qui est qui, qu’est-ce qui représente quoi, sous les yeux complaisants de tous : comme s’il suffisait d’être du même bord politique (supposé) pour abdiquer toute exigence poétique, intellectuelle, esthétique.

    Je me casse donc aussi, j’en ai plein le cul de ces conneries ;
    qu’elle vive librement son petit régime de terreur local, et qu’aillent se faire foutre tous ceux qui sont aveugles à la volonté de pouvoir de ce phallus casqué (il faudra être le dernier des ennemis de la psychanalyse* - comme tout ce qui ne la lit pas - pour ne pas voir de position masculine dans ce corps qui bégaie à l’infini sa position féminine).

    –--------
    * lire et relire Anne Emmanuelle Berger « le grand théâtre du genre »

  • Une #métropolisation heureuse est-elle possible ? | Marianne
    https://www.marianne.net/debattons/entretiens/une-metropolisation-heureuse-est-elle-possible

    La métropolisation représente toutefois un moment particulier de cette longue histoire des desseins économiques et politiques dans et par l’urbain. Elle est le stade néolibéral du #capitalisme #patriarcal, engagé depuis une quarantaine d’années, d’abord dans les pays tôt convertis à cette doctrine, puis dans toutes les grandes agglomérations mondialisées. Ce stade est celui de la
    #polarisation urbaine des nouvelles filières économiques postindustrielles et d’une conversion rapide des pouvoirs urbains aux logiques de firme entrepreneuriale. Le statut de Métropole en vigueur en France depuis 2014 entérine et diffuse nationalement un tel mouvement, alors même que ses effets sont déjà largement connus à bien des endroits.

    Tout d’abord, un espace métropolitain n’est pas égalitaire. Les #ségrégations et #relégations y sont légion. Comme toute grande ville de l’ère thermo-industrielle me direz-vous, mais avec néanmoins une ampleur inégalée des #exclusions et évictions sociales. Au point d’interroger ce que la pensée dominante a longtemps défendu comme vertus intégratives de la grande ville : mélange et brassage, anonymisation et émancipation. A en juger par le sort réservé aux migrants, les métropoles ne sont pas les lieux idoines de l’urbanité ou encore de l’hospitalité. Nous y reviendrons. De même, on a connu plus vertueux d’un point de vue écologique. Le fait urbain c’est 55 % de la population mondiale (70 % en 2050 selon l’ONU) pour 70 % des déchets planétaires, 75 % de l’énergie consommée et 80 % des émissions de gaz à effet de serre.

    #territoire

  • « Les plates-formes du numérique n’ont pas pu s’opposer au mouvement de fond actuel pour une meilleure redistribution »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/17/les-plates-formes-du-numerique-n-ont-pas-pu-s-opposer-au-mouvement-de-fond-a


    La représentante démocrate de Californie Lorena Gonzalez défend sa proposition de loi à San Diego (Californie), le 28 août 2019. Rich Pedroncelli / AP

    En Californie, une loi impose aux entreprises de requalifier comme employés leurs travailleurs payés à la tâche et de leur octroyer des prestations sociales, détaille Corine Lesnes, correspondante du « Monde » à San Francisco .

    Chronique. La Californie a été le berceau de l’économie de partage et de l’emploi à la demande. Le laboratoire où se dessine l’avenir du travail ou ce qu’il en restera (selon les Cassandre) quand les robots auront fini de s’emparer de secteurs d’activité entiers. Elle est aujourd’hui à l’avant-garde des efforts des pouvoirs publics pour remettre le génie dans la bouteille, à un moment où le débat politique – dans le camp démocrate – est centré sur les moyens de corriger les inégalités.

    Le 13 septembre, les parlementaires californiens, aux deux tiers démocrates, ont envoyé pour promulgation au gouverneur, Gavin Newsom, une loi qui modifie profondément le code du travail dans l’Etat. Elle impose aux entreprises de requalifier comme employés leurs travailleurs contractuels payés à la tâche. A partir du 1er janvier 2020, des centaines de milliers de travailleurs précaires – jusqu’à 1 million de personnes, selon les sources – devraient avoir droit à des prestations sociales : salaire minimum, congé maladie, assurance chômage. Ils pourront même se syndiquer.

    La loi vise au premier chef les forçats de l’économie numérique : les chauffeurs des compagnies de VTC, Uber et Lyft, ou du service Amazon Flex ; les livreurs de DoorDash, Uber Eats, Instacart, Postmates, dont le paiement est soumis à la loi de l’offre et la demande, selon des modalités algorithmiques qui leur échappent le plus souvent. Les plates-formes l’ont combattue bec et ongles. Mais elles n’ont pas pu s’opposer au mouvement de fond actuel pour une meilleure redistribution, illustré à merveille par les livreurs de DoorDash. Le 5 septembre, ceux-ci sont venus déposer des sacs de cacahuètes devant le siège de la compagnie à San Francisco pour montrer ce que représente leur salaire : « Peanuts. »

    Des livreurs de journaux sous-payés

    La loi est considérée comme une victoire pour le mouvement syndical, que la « gig economy » (celle du travail à la tâche) croyait avoir réduit à l’obsolescence dans la nouvelle économie. Son auteure, la représentante démocrate Lorena Gonzalez, ancienne responsable de l’AFL-CIO (regroupement syndical) de San Diego, a balayé l’argument de liberté et de flexibilité des horaires mis en avant par les entreprises – et souvent les contractuels eux-mêmes – pour défendre leur modèle. « Ce n’est pas de la flexibilité, a accusé l’élue, fille d’un ouvrier agricole et diplômée de Stanford. C’est du féodalisme. » Les élus ont chiffré à 30 % du coût du travail les économies réalisées par les plates-formes en recrutant des contractuels indépendants plutôt que de les salarier.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le modèle économique d’Uber et de Lyft menacé par la législation californienne.

    Pendant la discussion, souvent passionnée, il est apparu que la loi ratissait bien au-delà d’Uber et Lyft, et que nombre de professions indépendantes risquaient d’être affectées. Début septembre, le Sénat de Californie est devenu le lieu d’un lobbying intense, chaque groupement professionnel cherchant à faire adopter un amendement l’exemptant du projet de loi. Des douzaines de dérogations ont été consenties, considérant que ces professions fixent elles-mêmes les tarifs appliqués aux consommateurs : thérapeutes, avocats, courtiers en assurances, musiciens, rédacteurs free-lance, pêcheurs, agents immobiliers…

    Quid des livreurs de journaux ? La presse s’est aperçue avec horreur que l’un des petits métiers de la profession, le portage des quotidiens à domicile, était également menacé de changement statutaire. Les médias ont mis en avant le fait qu’ils risquaient de mettre la clé sous la porte si le législateur les forçait à payer assurance maladie et cotisations sociales. Et de mobiliser les lecteurs, comme le Sacramento Bee, au nom du « rôle joué par les journaux dans la défense de la démocratie »… Lorena Gonzalez a rappelé que plus de 500 plaintes déposées par des livreurs de journaux payés moins que le salaire minimum étaient actuellement en cours d’examen aux Etats-Unis. Il est temps de « demander des comptes » aux entreprises de presse tout autant qu’à Uber, a-t-elle souligné. A regret, l’élue a cependant dû accepter un compromis de dernière minute : les journaux auront un an pour traiter correctement leurs livreurs sous-payés.

    « Uber touché au cœur de son modèle économique », Philippe Escande, 12 septembre 2019.


    Des chauffeurs d’Uber manifestent devant le le siège social de la plate-forme à San Francisco, en Californie, le 27 août 2019. JUSTIN SULLIVAN / AFP

    La Californie devrait obliger la plate-forme à requalifier en salariés ses chauffeurs. L’enjeu de la protection du travail flexible permettra le développement de l’économie numérique, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

    Pertes & profits. Elles sont toutes deux nées dans les rues de San Francisco avant de partir à la conquête du monde. Uber, créée en 2009, est aujourd’hui présente dans presque 800 villes dans le monde, avec près de 3 millions de chauffeurs. Lyft, lancée en 2012, opère dans des centaines de villes aux Etats-Unis. Pour imposer leur modèle de taxis alternatifs accessibles par smartphone, elles ont bataillé partout contre les acteurs en place et les autorités de tous bords. Mais c’est finalement de chez elles qu’est venu le coup le plus sévère. L’Assemblée puis le Sénat de l’Etat de Californie ont adopté la législation la plus sévère au monde les concernant. Elle devrait les obliger à requalifier en salariés la majorité de leurs chauffeurs, afin de leur donner droit à un salaire minimum, au chômage et à une couverture santé. Le texte, voté à une large majorité, mardi 10 septembre, est supposé s’appliquer au 1er janvier 2020.

    Uber, Lyft et quelques autres n’ont pas encore rendu totalement les armes. Elles tentent de négocier une exemption à cette loi qui concerne le million de travailleurs indépendants qui œuvrent en Californie, coursiers, travailleurs domestiques, dans la construction et autres services. Elles envisagent même l’appel à un référendum pour rejeter cette loi.

    « Il n’y a rien d’innovant à sous-payer quelqu’un »

    Elles déploient une énergie considérable car ce texte, ainsi que tous ceux en préparation dans de nombreux Etats américains, menace le cœur de leur modèle économique. Alors que ces entreprises perdent encore des sommes considérables, plus de 5 milliards de dollars (4,54 milliards d’euros) pour Uber au deuxième trimestre 2019, la requalification généralisée de ses chauffeurs pourrait augmenter ses coûts de 20 % à 30 %, selon les estimations qui circulent.
    C’est la raison pour laquelle elles ont négocié, sans succès, pendant un an avec les autorités et les syndicats, proposant un statut intermédiaire entre celui de salarié et d’indépendant, permettant d’accéder au chômage et à un salaire minimum, au travers de négociations de branche.

    L’histoire n’est pas finie. L’économie numérique tout entière a cru pouvoir prospérer sur le concept de la flexibilité du travail librement choisie par les employés qui utiliseraient ces jobs comme des compléments à une activité principale. La réalité est tout autre. En Californie et dans tous les pays développés s’est établie une forme de sous-prolétariat survivant exclusivement de ces expédients. « Il n’y a rien d’innovant à sous-payer quelqu’un », a rappelé la sénatrice démocrate Maria Elena Durazo. Mais l’innovation doit aussi faire son chemin dans le droit du travail, largement conçu à l’ère des grandes organisations industrielles. L’enjeu de la protection efficace du travail flexible sera la clé du développement futur de l’économie numérique.

    #travail #travail_à_la_tâche #capitalisme_de_plate-forme #west_is_the_best #luttes_sociales #droits_sociaux

  • Les capitalistes ont peur Chris Hedges - 18 Sep 2019 - Investigaction

    Quand les grands patrons des États-Unis signent une charte sur la bonne gouvernance et promettent un avenir meilleur, Chris Hedges nous rappelle ce qu’est le capitalisme. C’est clair, net, précis et ça montre à quel point ces grands patrons débordent d’hypocrisie. Mais cela montre aussi à quel point ils ont peur et tentent par tous les moyens de redorer un blason qui ne fait plus illusion. (IGA)

    Les capitalistes cherchent à maximiser les profits et à réduire le coût du travail. Cela résume la base du capitalisme. Il est défini par ces objectifs immuables. Il ne s’agit pas de démocratie. Il ne s’agit pas, comme certains l’affirment, de créer de la richesse pour la classe ouvrière. Cela n’a rien à voir avec la liberté non plus. Dans les grandes entreprises en particulier, les capitalistes sont remplacés quand ils ne sont pas en mesure d’augmenter les profits et de réduire les coûts de la main-d’œuvre à coups de licenciements, de réductions salariales, de destruction des syndicats, de délocalisations, de sous-traitance ou d’automatisation des emplois. L’éthique personnelle est hors sujet. Le capitalisme est juste une histoire d’acquisition et d’exploitation.

    Les capitalistes poussent le vice jusqu’à l’absurde dès lors qu’il leur faut mentir sur la vraie nature du capitalisme. Dernièrement, la Business Roundtable a publié une nouvelle version des Principes de la bonne gouvernance d’entreprise. Le document est signé par 181 PDG très importants, notamment les directeurs d’Amazon, de General Motors et de Chevron qui, tous les trois, n’ont payé aucun impôt fédéral sur le revenu en 2018. Cette déclaration apparait comme un double discours digne des pires régimes totalitaires du 20e siècle.

    Si maximiser les profits implique de transformer les océans en zones mortes, d’emplir l’atmosphère d’émissions de carbone et de toxines qui rendent le climat invivable pour les humains, d’injecter des produits chimiques et des déchets dans le sol, l’eau, l’air et les réserves alimentaires en s’assurant ainsi que le cancer devienne épidémique ; si ça implique également d’acheter des responsables élus et des juges pour servir les intérêts exclusifs du capital, de privatiser les services sociaux, y compris les soins de santé, le transport, l’éducation et tous les services publics de manière générale ; si ça implique d’arnaquer le public, eh bien, c’est le prix des affaires.

    Si réduire le coût de la main-d’œuvre implique de contraindre les travailleurs à rester désorganisés, si ça implique d’abolir les réglementations relatives au travail, à la santé et à la sécurité, s’il s’agit de délocaliser l’industrie dans des pays où les travailleurs triment comme des serfs du 19e siècle, si ça implique de supprimer chez nous des salaires et de contraindre des populations appauvries à la servitude de la dette, eh bien, c’est le prix des affaires.

    Ce n’est pas un hasard si les États-Unis connaissent aujourd’hui la pire inégalité de revenus depuis les années 1920. Cela a été conçu par la classe capitaliste. Mais ce que nous révèle la déclaration de la Business Roundtable, c’est que les capitalistes ont peur d’être démasqués. Un capitalisme libéré de toute contrainte extérieure et interne va piller et exploiter une population captive jusqu’à ce qu’elle se lève avec fureur. C’est cette éruption que les capitalistes d’aujourd’hui craignent.

    Le capitalisme, parce qu’il est une force tellement destructrice sur le plan social, sature le paysage médiatique de publicités visant à désinformer et à manipuler l’opinion publique. Il utilise ses immenses richesses pour acheter la presse, domestiquer les universités, les organisations à but non lucratif et les groupes de réflexion. Il utilise aussi ses richesses pour diaboliser et museler ses détracteurs. Il finance des pseudo-intellectuels et des pseudo-économistes qui propagent inlassablement l’idéologie du néolibéralisme, cette croyance selon laquelle le transfert des richesses entre les mains des oligarques au pouvoir serait bénéfique pour la société. Le capitalisme forme des monopoles mondiaux qui s’attaquent au public. Dans sa quête de profit, il mène des guerres sans fin. Il associe l’agitation anticapitaliste au terrorisme. Concrètement, cela implique que toute personne aux États-Unis qui filme ou photographie la sauvagerie et la cruauté de l’agriculture industrielle – l’une des principales causes d’émissions de carbone – peut être accusée de terrorisme. Et lorsque ses systèmes pyramidaux, ses fraudes et ses bulles financières éclatent, le capitalisme pille le trésor national et laisse la facture aux contribuables. (Lors de la crise économique étasunienne de 2008, les sociétés ont englouti 4 600 milliards de dollars d’argent public.)

    Le capitalisme, comme l’a compris Karl Marx, est une force révolutionnaire s’il n’est ni réglementé ni entravé. Il crée d’abord une économie mafieuse, comme l’a écrit Karl Polanyi, puis un gouvernement mafieux. C’est la cupidité de la classe capitaliste qui a transformé nos villes en ruines et qui a appauvri plus de la moitié du pays. C’est l’avidité de la classe capitaliste qui nous a mis sur la voie de l’écocide. C’est la cupidité de la classe capitaliste qui a créé les mécanismes de répression interne, y compris une police qui fonctionne comme des unités de voyous paramilitaires dans nos propres colonies intérieures, la surveillance de masse du public, un vaste système d’incarcération massive, sans oublier des agences comme la NSA, la Sécurité intérieure et le FBI qui espionnent le public pour contrecarrer toute résistance. C’est encore la cupidité de la classe capitaliste qui a démantelé les institutions démocratiques des États-Unis. C’est toujours l’avidité de la classe capitaliste qui nous a donné Donald Trump. Ce dédain marqué pour le bien commun et la démocratie font de ces capitalistes des traitres.

    Jamie Dimon, PDG de JP Morgan Chase et président de la Business Roundtable, a reconnu dans le communiqué de presse contenant la « Déclaration sur l’objectif d’une société » que « le rêve américain est vivant, mais en train de s’effriter« . Il nous a cependant assuré que « les grands employeurs investissent dans leurs travailleurs et leurs communautés, car ils savent que c’est le seul moyen de réussir à long terme. Ces principes modernisés reflètent l’engagement indéfectible du monde des affaires de continuer à faire pression pour une économie au service de tous les Américains. »

    Alex Gorsky, président du conseil d’administration et PDG de Johnson & Johnson, mais aussi président du comité de gouvernance d’entreprise de la Business Roundtable, a ajouté de son côté que la déclaration « affirme le rôle essentiel que les entreprises peuvent jouer pour améliorer notre société« .

    Darren Walker, président de la Fondation Ford, a qualifié la déclaration de « formidable nouvelle » et a dit que cela « se traduirait par une prospérité partagée et durable tant pour les entreprises que pour la société« .

    Les passages sentencieux et autosatisfaits de la déclaration peuvent être résumés par ses premiers paragraphes :

    « Les Américains méritent une économie qui permette à chaque personne de réussir grâce au travail acharné et à la créativité, une économie qui permette de mener une vie remplie de sens et de dignité. Nous pensons que le système de libre marché est le meilleur moyen de créer de bons emplois, une économie forte et durable, l’innovation, un environnement sain et des perspectives économiques pour tous.

    Les entreprises jouent un rôle vital dans l’économie en créant des emplois, en encourageant l’innovation et en fournissant des biens et des services essentiels. Les entreprises fabriquent et vendent des produits de consommation ; fabriquent du matériel et des véhicules ; soutiennent la défense nationale ; cultivent et produisent de la nourriture ; fournissent des soins de santé ; génèrent et délivrent de l’énergie ; et offrent des services financiers, de communication et autres qui sous-tendent la croissance économique. »

    Des capitalistes tels que Dimon (valeur nette de 1,4 milliard de dollars) et Gorsky devraient être en prison dans une démocratie qui fonctionne. La société du premier a payé plus d’amendes réglementaires qu’aucune autre en Amérique. Celle de Gorsky a été chargée d’aider à alimenter la crise des opioïdes en Oklahoma pour se voir ensuite condamnée par un tribunal à verser 572 millions de dollars à cet État. Johnson & Johnson, Purdue Pharma, Pfizer et McKesson sont responsables de la mort de plusieurs milliers d’Américains. Selon le gouvernement fédéral, plus de 130 personnes sont décédées chaque jour en 2016 et 2017 aux États-Unis à la suite d’overdoses liées aux opioïdes.

    Les crimes financiers de Dimon sont à eux seuls assez nombreux et notoires. Ils comprennent notamment la souscription de titres frauduleux dans les années qui ont précédé le krach financier de 2008, la surfacturation à des membres de l’armée de prêts hypothécaires et d’opérations de refinancements hypothécaires, la surfacturation de frais de découvert, la manipulation d’offres sur les marchés de l’électricité en Californie et dans le Midwest, la surfacturation d’assurances contre les inondations, la facturation de services inexistants de surveillance de cartes de crédit, la pratique de taux et de commissions hypothécaires plus chers pour les minorités que pour les emprunteurs blancs, ou encore le non-paiement des heures supplémentaires aux travailleurs de l’entreprise.

    Alors, que penser de cette déclaration – qui ne vaut pas mieux que celles d’Al Capone soulignant que la mafia dirigeait une œuvre de bienfaisance à Chicago ?

    Cette déclaration nous montre que les capitalistes prennent peur. Ils savent que l’idéologie dominante du néolibéralisme n’a plus de crédibilité. Ses mensonges ont été révélés. Ils savent que les institutions au pouvoir, y compris les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ne fonctionnent plus et sont méprisés. Ils savent que les médias, Wall Street et les grandes banques ont perdu la confiance du public et sont détestés. Ils savent que le système de justice pénale, qui criminalise la pauvreté et légalise la fraude dans les entreprises, est une imposture. Ils savent que l’ascenseur social est une farce. Et surtout, ils savent que le système financier, bâti sur l’échafaudage de milliards de dollars que le gouvernement leur a prêtés à des taux d’intérêt minimes, n’est pas viable et déclenchera une autre récession, voire une dépression. Ils savent aussi qu’ils sont responsables de tout ça.

    Les capitalistes sont déterminés à protéger leurs richesses. Ils sont déterminés et probablement capables d’empêcher les candidates de gauche, Elizabeth Warren et Bernie Sanders, d’obtenir la candidature démocrate pour la présidence. Mais ils sont également conscients que les politiciens tels que Hillary Clinton, Nancy Pelosi, Chuck Schumer et Joe Biden, qui ont passé leur carrière au service du pouvoir des entreprises, sont de plus en plus difficiles à vendre à l’électorat. Les mensonges et l’hypocrisie du Parti démocrate apparaissent comme évidents avec la présidence de Barack Obama, qui s’était présenté comme un outsider et un réformateur à la suite de la crise financière de 2008. Obama – que Cornel West a qualifié de « mascotte noire de Wall Street » – a trahi de façon flagrante la base du parti. Les mesures qu’il a prises, ainsi que Clinton et d’autres dirigeants démocrates après la débâcle financière de 2008, ont ouvert la porte au démagogue Donald Trump. Bien qu’il fût un escroc et un menteur invétéré, Trump a été assez astucieux pour dire aux électeurs, en particulier ceux de la classe ouvrière blanche, ce qu’ils voulaient entendre.

    La déclaration du mois d’août de la Business Roundtable est une tentative pathétique de redéfinir les rôles que doivent tenir les capitalistes dans la société, une tentative de donner à ces escrocs professionnels un visage plus gentil. Ça ne marchera pas. Les capitalistes ont le pouvoir de détruire, mais plus celui de créer. De leur incessante et inarrêtable campagne de destruction émergeront des troubles sociaux qu’ils craignent tant, mais aussi des monstruosités plus terrifiantes encore que Donald Trump.

    Source : Truthdig - https://www.truthdig.com/articles/the-capitalists-are-afraid
    & https://www.investigaction.net/fr/les-capitalistes-ont-peur
    Traduit de l’anglais par Investig’Action

    #idéologie #capitalisme #néolibéralisme #profits #idéologie #Démocratie #finances #multi_nationales #business_roundtable #mafia #écocide

  • Déclaration internationale : le #capitalisme détruit la planète, détruisons le capitalisme
    http://carfree.fr/index.php/2019/09/18/declaration-internationale-le-capitalisme-detruit-la-planete-detruisons-le-c

    Face à l’urgence de la #crise climatique, il est nécessaire de construire une stratégie capable d’affronter la cause de la catastrophe écologique et sociale qui nous menace : le système Lire la suite...

    #Destruction_de_la_planète #Réchauffement_climatique #climat #communisme #critique #destruction #écologie #socialisme

  • Pollution des océans : Coca-Cola pollue l’équivalent d’une benne à ordure chaque minute 17 septembre 2019 - La Relève et La Peste

    Le plus effarant de cette affaire reste peut-être l’absurdité d’une telle démarche : certes, la mise en place généralisée de systèmes de collecte demanderait une adaptation de la part de Coca-Cola (et donc des coûts), mais le rapport de Greenpeace souligne qu’une telle adaptation s’est déjà faite avec succès dans plusieurs pays, sans menacer la santé de l’entreprise.

    Un argument de poids
    « Coca-Cola cache l’étendue de son empreinte plastique et refuse de prendre des mesures significatives pour empêcher la pollution de nos océans par ses produits » 

    C’est sur ce préambule que débute un rapport publié par Greenpeace la semaine dernière, accompagné d’une action d’éclat sur le parvis du siège social de la société, à Londres : le message est assené de tout le poids (2,5 tonnes) d’une statue de l’artiste Jason de Caires Taylor, qui représente une famille de vacanciers sur une plage, indifférente aux oiseaux marins régurgitant avec peine du plastique à leurs pieds.

    L’empreinte coupable de Coca-Cola
    Dans son rapport, Greenpeace mélange les données publiées par Coca-Cola et des estimations de son cru pour les compléter. L’organisme rappelle que Coca-Cola vend plus 1,9 milliards de doses de soda par jour à travers le monde, ce qui élève sa production annuelle de bouteilles en plastique à environ 110 milliards de bouteilles. Comme l’a d’ailleurs reconnu la multinationale en 2010 dans son rapport écologique, ces produits « font partie des déchets que l’on peut trouver répandus à tort sur les littoraux à travers le monde » ; une masse de plastique qui pollue massivement les océans au rythme de l’équivalent d’une benne à ordure par minute.

    Ces déchets ne sont pas seulement une gêne esthétique pour les amateurs de farniente l’été. Les plus gros morceaux sont ingérés par les requins ou les oiseaux marins, qui, incapables de les digérer, les régurgitent – s’ils n’en meurent pas avant – sous forme de microplastiques qui vont ensuite mettre en danger toute la chaîne alimentaire océane.

    « Coca-Cola cache l’étendue de son empreinte plastique et refuse de prendre des mesures significatives pour empêcher la pollution de nos océans par ses produits »

    S’ajoute à cette pollution des océans la pollution associée à la fabrication des bouteilles neuves, issue d’hydrocarbures polluants. En effet, le rapport montre que Coca-Cola est loin d’avoir atteint son objectif de 2015 de 25% des bouteilles fabriquées à partir de plastique recyclé (rPET), avec à peine 7% de ses produits emballés dans un tel matériau. La multinationale, ajoute le rapport, a même reconnu que cet objectif était devenu un « challenge » avec la diminution récente du coût du pétrole, matière première du plastique vierge. Pourtant, le plastique utilisé pour ces bouteilles est tout à fait recyclable et certains acteurs du secteur, comme PepsiCo sur la ligne 7Up, ont d’ores et déjà atteint le 100 % recyclé.

    Trop de bouteilles à usage unique
    Il apparaît que le cœur du problème n’est pas le matériau des bouteilles, mais bien l’usage qu’il en est fait. Là où Coca-Cola fait beaucoup d’effort pour réduire la quantité de plastique utilisée pour fabriquer une bouteille, Greenpeace appelle à un passage massif au packaging réutilisable.

    Le principe est simple : au lieu de recycler une bouteille après une seule utilisation, l’entreprise peut encourager les consommateurs à rapporter la bouteille vide sur le point d’achat, où elle est récupérée contre une petite caution, nettoyée, remplie à nouveau et renvoyée sur les étalages du magasin. Ironie du sort, Coca-Cola était un pionner de ce système avec sa mythique bouteille de verre au début du siècle, avec un taux de réutilisation proche de 96% à la fin des années 1940.

    Aujourd’hui, le constat n’est plus le même : depuis plusieurs années, la proportion de contenants réutilisables dans les ventes de Coca-Cola ne fait que diminuer ; de plus d’un tiers (33%) en 2008, celle-ci est passée à moins d’un quart (25%) en 2015. Pourtant, les systèmes de collecte efficaces sont aujourd’hui largement répandus, notamment en Allemagne, en Suède et au Danemark. Dans un tel système, une bouteille de verre peut être réutilisée 50 fois avant d’être recyclée, 15 fois pour une bouteille de plastique.

    Résultats opaques et lobbying
    Au lieu d’adhérer à ces modèles écologiques, Coca-Cola s’y oppose en secret, refuse de publier des statistiques précises sur son empreinte plastique et se cache derrière de nombreux efforts de « greenwashing ».

    Dans ses pages illustrées d’oiseaux agonisants, le rapport accuse : « des courriels internes divulgués au printemps 2016 révèlent l’intention de Coca-Cola de résister à certains éléments du programme européen sur l’économie circulaire ». Ces données interceptées par Greenpeace indiquent les efforts déployés par la multinationale pour combattre la mise en place de système de collecte, en faisant une des cibles principales des 900 000€ qu’elle investit annuellement en lobbying au niveau européen.

    Le plus effarant de cette affaire reste peut-être l’absurdité d’une telle démarche : certes, la mise en place généralisée de systèmes de collecte demanderait une adaptation de la part de Coca-Cola (et donc des coûts), mais le rapport de Greenpeace souligne qu’une telle adaptation s’est déjà faite avec succès dans plusieurs pays, sans menacer la santé de l’entreprise. Au lieu de tendre vers une solution logique et responsable, Coca-Cola se cache derrière un marketing « vert » bruyant et peu efficace, comme l’initiative « Keep America Beautiful », une organisation qui insiste sur le rôle du consommateur dans la pollution en éclipsant celui du fabricant.

    En tant qu’acteur majeur du secteur, Coca-Cola devrait prendre la tête de la transformation écologique des modes de consommation, en favorisant un double mouvement : le passage au 100 % recyclé dans les matériaux d’emballage, mais aussi, plus important encore, la sensibilisation du public à la réutilisation et à la réduction maximale des emballages – car une bouteille, qu’elle soit en plastique recyclé, réutilisé ou bioplastique, reste une menace pour la vie des océans.

    Source : https://lareleveetlapeste.fr/pollution-des-oceans-coca-cola-pollue-lequivalent-dune-benne-a-ord

    #coca_cola#pollution organisée #greenpeace #plastique #ordures #greenwashing #lobbying #recyclage #emballages #santé #multinationales #alimentation #publicité #eau #agroalimentaire #marketing #sucre  #capitalisme #coca

  • En ciblant Purdue Pharma, « l’appareil judiciaire américain s’attaque au capitalisme débridé »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/16/en-ciblant-purdue-pharma-l-appareil-judiciaire-americain-s-attaque-au-capita

    Aujourd’hui, face à une crise qui à elle seule a réussi à faire chuter l’espérance de vie aux Etats-Unis, la quasi-totalité des Etats du pays a lancé des poursuites pour réclamer des dédommagements au nom du million de familles touchées par ce fléau. Au total, 2 600 plaintes ont été enregistrées. Pour tenter d’éteindre l’incendie, la société a demandé, dimanche 15 septembre, à être placée sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. Et elle propose une résolution globale spectaculaire : la nationalisation de Purdue.
    Nationalisation des pertes

    Il s’agirait de confier la gestion de l’entreprise et l’ensemble de ses gains futurs à un trust représentant les Etats, l’ensemble des bénéfices leur étant reversés pour financer l’aide aux victimes et la recherche sur la lutte contre l’addiction. La transaction est évaluée à dix milliards de dollars et la famille Sackler a promis d’y ajouter trois milliards. Vingt-neuf Etats et territoires ont accepté la transaction, mais 26 autres s’y opposent formellement, dont celui de New York.

    Ils ne sont pas du tout d’accord avec cette nouvelle version de la privatisation des gains et de la nationalisation des pertes. Car, durant toutes ces années, la famille Sackler a vu sa fortune exploser, pour représenter, selon Forbes, près de 13 milliards de dollars. Elle doit rendre gorge, exigent les procureurs généraux, sortes de ministre de la justice des Etats. D’autant que l’enquête de celui de New York affirme que près d’un milliard de dollars aurait été discrètement envoyé en Suisse pour échapper au fisc.

    #Purdue_Pharma #Opioides #Capitalisme_sauvage #Sackler

  • Comment le gouvernement Macron prépare discrètement la privatisation des grandes infrastructures gazières
    https://www.bastamag.net/privatisations-ADP-Francaise-des-jeux-Engie-GRTgaz-loi-Pacte-gazoducs-port

    Dans la loi Pacte promulguée en mai 2019, il n’y a pas que la privatisation d’Aéroports de Paris et de la Française des jeux. Il y a aussi la sortie programmée de l’État du capital d’Engie et son désengagement de GRTgaz, qui exploite les gazoducs et les terminaux méthaniers français. Qu’en attendre, dans un contexte où les infrastructures gazières sont devenues une affaire de gros sous, dominée par une poignée de géants européens peu connus mais très influents ? Dans la série des privatisations à venir, (...) #Décrypter

    / A la une, #Enquêtes, #Capitalisme, #Multinationales, #Finance

    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/3_french_tso_web.pdf

    • Collectivement, Snam, Fluxys, Enagás et GRTgaz ont dépensé 900 000 euros en lobbying à Bruxelles en 2018, et rencontré 47 fois les commissaires européens et leurs adjoints entre 2014 et 2019. À quoi s’ajoutent les structures de lobbying qu’ils ont créé conjointement comme l’alliance « Gas for Climate », Gas Infrastructure Europe, le groupe European Network of Transmission System Operators – Gas (ENTSO-G) et quelques autres. Au total, une puissance de feu cumulée de 2,2 millions d’euros. Leurs discours présentant le gaz naturel fossile comme une énergie de « transition » étant de moins en moins crédibles, ils ont tendance aujourd’hui à insister davantage sur les perspectives du « gaz vert ». Le terme est utilisé pour désigner un ensemble de technologies pas toutes très écologiques et qui, en tout état de cause, ne représentent aujourd’hui qu’une fraction infime du gaz que transportent leurs tuyaux. En attendant, le gaz fossile venu de Russie, du Texas, d’Algérie ou du Nigeria continuera de couler à flots, avec les émissions de gaz à effet de serre massives que cela implique.

      #privatisation #gaz #lobbying #green_washing #gazoduc #GRTgaz #Engie

  • Sur le plancher des vaches (III)
    Liturgie et bréviaire

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-plancher-des-vaches-III-Liturgie-et-breviaire

    Paris, le 10 septembre 2019
    Amis,

    Le « plancher des vaches II » s’annonçait comme indigeste, si vous l’avez lu, vous l’aurez sans aucun doute vérifié, de plus, sa lecture a pu être compliquée par son caractère en fait très synthétique : les « démarches » qui y sont décrites pourraient chacune nécessiter des pages et des pages d’explications. Par ailleurs, une infinité de préceptes existant dans le joyeux monde du travail ont tout simplement été laissés de côté.

    De quoi s’agissait-il donc dans ce « plancher des vaches » ? D’une part, de s’offrir le luxe de quelques détails sur des aspects particulièrement importants s’agissant du formatage des esprits (formation par objectifs et développement personnel, et « démarches qualité »), de mettre également l’accent sur des aspects généralement méconnus, « l’initiative pour le génome des matériaux », ou encore la mondialisation, par le biais du Pacte mondial, des labels développement durable. Ramené à une phrase, le « plancher des vaches II » décrivait un mouvement progressif de chosification du vivant. (...)

    #génome #ontologie #Bruno_Latour #Descartes #Catherine_Larère #technique #religion #Walter_Benjamin #capitalisme #projet #évaluation #certification #label #valeur #organisation #Christophe_Dejours #novlangue #Castoriadis #Thucydide #L’Oréal #contrôle #qualité #SNCF

  • Lebensgefährlich unbrauchbar (Beilage „Wissenschaft & Technik“ vom 11.09.2019) (Tageszeitung junge Welt)
    https://www.jungewelt.de/beilage/art/362448

    Von Daniel Bratanovic
    ...
    Als vor zehn Jahren gleich mehrere große Luftfahrzeuge abstürzten, weil auch damals schon die Menschen das Verhalten des Autopiloten nicht begriffen hatten, schlussfolgerte der Technikphilosoph Kevin Kelly: »Auf lange Sicht sollten Flugzeuge nicht von menschlichen Piloten gesteuert werden.« Der »Risikokapitalist« Vinod Khosla befand 2013, ein »Doctor Algorithm« solle den Ärzten nicht bloß assistieren, sondern sie am besten gleich komplett ersetzen; das kanadische Startup »Deep Genomics« stipuliert dieser Tage, die Zukunft der Medizinforschung liege in der Künstlichen Intelligenz, »weil Biologie zu komplex für Menschen ist«.

    Die Skeptiker hingegen werden auf Inuit aufmerksam, die jahrtausendelang bei der Suche nach Wild auf verblüffende Weise in der Lage waren, sich in der öden und monotonen Eis- und Tundralandschaft zu orientieren, obwohl es dort kaum Wegzeichen gibt und Fährten über Nacht verschwinden. Die jüngere Generation der Jäger setzt inzwischen aber auf GPS-Technologie, verliert dabei das Geländegespür der Vorfahren und provoziert schwere Jagdunfälle. »So könnte ein einzigartiges Talent, das ein Volk seit Jahrhunderten auszeichnet, schon binnen einer Genera­tion verschwinden«, klagt der Journalist Nicholas Carr. Den prähistorischen Jägern und Sammlern, aus denen langsam Ackerbauern wurden, dürfte es ähnlich ergangen sein, die Jagdfertigkeiten gingen schlicht verloren. Man kann so etwas bedauern.

    Und nicht ohne Grund lässt sich fürchten, dass der hochtechnisierte Imperialismus nicht bloß Ramsch und Schrott produziert, sondern Chaos und Unvermögen erzeugt. Ein Verein freier Menschen, der nach wissenschaftlichen Einsichten plant und seinen Stoffwechsel mit der Natur regelt, hätte dagegen die Maschinen von den Fesseln bornierter Produktionsverhältnisse zu befreien, damit die sich revanchieren können.

    #technologie #progrès #capitalisme

  • Ärger bei Axel Springer : Vorstandschef Mathias Döpfner kappt betriebliche Altersvorsorge für Beschäftigte › Meedia
    https://meedia.de/2019/09/13/aerger-bei-axel-springer-vorstandschef-mathias-doepfner-kappt-betriebliche-al

    Le patron des éditions Axel Springer coupe la contribution de l’entreprise aux retraites de ses employés. Is ne toucheront plus que la moitié de la contribution que leur accordait l’entreprise dans le passé.

    Vor zehn Jahren warb Axel Springer für seine vorbildliche betriebliche Altersvorsorge seiner Mitarbeiter. “Die Axel Springer VarioRente ist unserer Kenntnis nach eines der attraktivsten Modelle der betrieblichen Altersversorgung in Deutschland und stellt somit sicherlich auch einen Wettbewerbsvorteil für das Unternehmen dar. Sie ist ein wichtiger Eckpfeiler der betrieblichen Sozialleistungen und ein richtiger Schritt auf das vom Vorstand ausgegebene Ziel – das mitarbeiterfreundlichste Medienhaus Europas zu werden”, hieß es damals aus dem Springer-Verlag. Daran dürfte sich wohl wenig geändert haben, wenn man die am Freitag erschienene Bild-Zeitung in die Hand nimmt. Hier lobt die Boulevardzeitung die betriebliche Altersvorsorge in Deutschland in höchsten Tönen, um sich ab Mitte 50 gegen die “Armut im Alter” zu schützen.

    Begründung: “Anpassung an die wirtschaftlichen Rahmenbedingungen”

    Doch ausgerechnet nach dem Einstieg des renditehungrigen Finanzinvestors KKR drohen hier der Springer-Belegschaft nun Einschnitte: Denn Vorstandschef Mathias Döpfner hat überraschend die freiwillige Gesamtbetriebsvereinbarung zur so genannten Vario-Rente zum 31. Dezember 2019 gekündigt, erfuhr MEEDIA aus Unternehmenskreisen.

    Sie sah vor, dass die Beschäftigten bislang eine Verzinsung auf die eingezahlten Beträge für die Altersvorsorge von sechs Prozent erhielten. Davon will der Springer-Vorstand nun Abstand nehmen und künftig nur noch drei Prozent zahlen. Konkret bedeutet dies für die Beschäftigten: “Das Geld, welches bisher bereits eingezahlt und angespart wurde, soll auch weiterhin mit den bisher üblichen sechs Prozent verzinst werden. Nur das Geld, welches ab Januar 2020 eingezahlt wird, soll dann ab diesem Zeitpunkt mit nur drei Prozent verzinst werden”, heißt es in einer Mitteilung des Konzertbetriebsrats, die MEEDIA vorliegt. Bei Neuabschlüssen ab 2020 soll der Rechnungszins generell nur noch drei Prozent betragen.

    Laut Betriebsrat begründet der Springer-Vorstand die “Änderung mit der Anpassung an die wirtschaftlichen Rahmenbedingungen”. Gemeint ist wohl die aktuelle Zinsentwicklung.

    #journalisme #capitalisme #retraites #Allemagne

  • Des années après, l’ombre du #cancer plane sur le 11 septembre
    https://www.rtbf.be/tendance/bien-etre/sante/detail_des-annees-apres-l-ombre-du-cancer-plane-sur-le-11-septembre?id=10310690

    En attendant de connaître toutes les conséquences pour la #santé de la tragédie, Jaquelin Febrillet et Richard Fahrer [deux malades] déplorent que la ville de New York n’en ait pas fait plus, après les attentats, pour protéger les résidents du quartier.

    « Il y aurait pu y avoir plus d’efforts pour limiter l’exposition des adultes sains et les empêcher d’entrer dans la zone de la catastrophe », dit M. Fahrer.

    La priorité était que « la ville revienne à la normale, la #Bourse de New York a rouvert au bout de quelques jours » mais « on ne nous a jamais dit que quelque chose pouvait arriver », regrette Mme Febrillet.

    #capitalisme #états-unis

  • #Quebec : Un système de santé qui rend malades ses soignants Texte collectif - 11 avril 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/551885/un-systeme-de-sante-qui-rend-malades-ses-soignants

    La chaîne de montage de l’usine de santé qu’ont mise en place nos gouvernements successifs menace très sérieusement de défaillir, car les ouvriers sont de plus en plus souffrants, abandonnant chaque jour l’usine pour partir en congé de maladie. Depuis la réforme de 2015, les heures liées aux congés de maladie des employés du réseau de la santé ont en effet augmenté de 24 %.


    Photo : Fred Dufour Agence France-Presse « Les valeurs et principes de la logique industrielle sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels », rappellent les auteurs.

    Le taux historique des congés de maladie met en lumière un aspect qui, selon nous, va bien au-delà d’une simple crise circonstancielle. La crise actuelle révèle plutôt un fossé abyssal entre les valeurs humanistes que portent et défendent les soignants et les valeurs de type industriel que le ministère et ses gestionnaires imposent avec une autorité machinale depuis plusieurs années.

    Pour le ministère et ses gestionnaires, le « bon » soignant, c’est celui maintenant qui voit le plus de personnes dans le moins de temps possible. Celui qui jadis prenait son temps auprès d’une mère, d’une famille ou d’une personne âgée est aujourd’hui devenu le « bouc émissaire » de la nouvelle gestion publique. C’est ainsi que la logique comptable vient à la fois dévaluer et amputer le temps nécessaire à la réalisation de plusieurs pratiques comme l’écoute, l’accueil et l’accompagnement.

    On voit bien comment cette situation ne peut qu’être préjudiciable pour la population. Quant aux soignants, cette nouvelle norme du « bon » soignant occasionne chez eux de la colère et un sentiment d’impuissance.

    Le délire de la technocratie
    Le temps qu’exige l’administratif est en voie de d’égaliser le temps consacré à la population. À titre d’exemple, actuellement, une demande d’hébergement en santé mentale dans le réseau public exige de remplir un questionnaire de 60 pages et plus, alors que moins de 8 pages suffisaient dans les années 2000.

    Paradoxalement, alors que ces outils sont censés mieux desservir la population, jamais tels outils n’ont autant éloigné les soignants de la population. En fait, l’intensification des exigences technico-administratives est rendue à un point tel, en matière de quantité et de complexité, que l’ensemble du personnel de soutien aux soignants est maintenant mobilisé à la gestion des procédures technico-administratives. Conséquemment, non seulement les soignants ont de moins en moins de temps pour être auprès de la population, mais ils sont aussi de moins en moins aidés pour gérer les impasses cliniques qu’ils rencontrent dans leur travail.

    Crise des valeurs et perte de sens
    La rentabilité, la performance, l’optimisation, la concurrence et la compétition représentent autant de valeurs que de principes issus de la logique industrielle où la performance et les résultats sont évalués strictement en termes comptables. Or, ces valeurs et ces principes sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels. Chemin faisant, l’évaluation comptable de la performance comme nouvelle norme institutionnelle engendre chez les soignants un sentiment de culpabilité, d’incompétence et une de perte de sens dans ce qu’ils font.

    Prendre un congé de maladie
    Enfin, pour faire face à la détresse des soignants, l’institution propose de revoir leur gestion du temps et du stress, et on les réfère vers les programmes d’aide aux employés (PAE). Aussi nécessaires et aidantes soient-elles, ces solutions individuelles révèlent le déni institutionnel des causes structurelles qui sont, croyons-nous, à la source de la souffrance qui assaille actuellement des milliers de soignants.

    Étant incapables de surmonter le conflit entre leurs valeurs humanistes et celles imposées par le monde industriel d’un côté, et incapables, de l’autre côté, de se résigner à quitter le réseau de la santé, les soignants finissent en effet par tomber malades du fait de leur souffrance inédite et n’ont d’autre choix que de partir en congé de maladie.

    L’espoir d’un rétablissement ?
    L’étiquette psychologique de « résistance au changement » comme explication causale de la hausse des congés de maladie des soignants ne tient pas la route. Il y a beaucoup trop de recoupage dans les témoignages des soignants pour réduire cette souffrance aux dimensions individuelles. Mettre en valeur les solutions organisationnelles ne peut qu’ouvrir la voie, selon nous, au rétablissement des milliers de soignants « partis » en congé de maladie.

    La société québécoise doit donc exiger que le ministère s’engage à désintoxiquer les pratiques soignantes de la logique comptable et du délire chronique de la technocratie institutionnelle afin que les soignants puissent être libérés de leur fardeau et retourner ainsi faire dignement leur travail auprès de la population.

    Sont cosignataires du texte :
    Marjolaine Goudreau, présidente du RECIFS (Association des travailleuses sociales et techniciennes en travail social) ; Natalie Stake-Doucet, présidente de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers ; Isabelle Leblanc, présidente des médecins québécois pour le régime public ; Charles Roy, président de l’Association des psychologues du Québec ; Angelo Soares, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal.

    #travail #santé #capitalisme fausse #rentabilité #médecine #santé_publique #humanité #rendement #technico-administratif #procédures #performance #évaluation_comptable #normes #soignantes #soignants #solutions_organisationnelles #délire #Services_publics #technologie #bureaucratie #néolibéralisme #administration

    • Dans les commentaires
      Comme on ferme des établissements, on en fusionne d’autres jusqu’à devenir ces monstres régionaux CISSS et CIUSSS, il faut de plus en plus de mécanismes de reddition de comptes : la gestion de proximité étant rendue très difficile, il faut introduire toujours plus de processus écrits, informatisés pour tout justifier, monitorer, calculer pour que les gestionnaires de haut niveau aient des tableaux de bord qui orienteront leurs décisions.

      Les intervenants de toute catégorie doivent passer un temps considérable à consigner ce qu’ils font pour que soient comptabilisées leurs actions et qu’on puisse en établir la productivité, les coûts-bénéfices. On a beau démoniser de temps à autres les cadres (trop nombreux, trop cher payés disent-ils) de fait, c’est la pensée gestionnaire qu’on a fait triompher depuis des années. Les professionnels, techniciens et employés de tous corps de métier sont à la merci depuis des décennies des vagues de ré-organisations à petite oun grande échelle que la nouvelle école de pensée en gestion fait mettre en chantier. Même si un certain nombre de gestionnaires ont d’abord été des professionnels de la santé ou des services sociaux, ils sont vite invités à se distancer de leur métier de base pour devenir de « vrais » gestionnaires. Hélas, la relation soignante n’entre pas dans leurs paramètres... Désolant état, ce réseau muselé.

    • C’est la « nouvelle gestion publique » qui fait des ravages. De fausses prémisses pour encourager la concurrence entre individus d’une même organisation.

      Ça commence par de la #pseudo-science : l’« autonomisation » (« #empowerment »). C’est le nirvana pour un #gestionnaire (qui trouve ça « très le fun » de ne plus se sentir « responsable », car, c’est les autres, maintenant). Autre pseudo-science, celle du « #savoir-être », autre #canular dérivé de l’intelligence émotionnelle (fabuleuse découverte ! Il faut entendre les cris d’indignation : ce n’est pas vrai, ça existe le « savoir-être » !), alors, les gens médiocres ont du « savoir-être ».

      Il y a, aussi la « #gouvernance » ! Il faut faire confiance à l’imagination pour que ce terme se retrouve dans la bouche du « gestionnaire » qui se gargarise avec.

      En résumé, la gestion, dans les dernières décennies on envahit de très vastes aspects du fonctionnement d’une organisation (avec l’aide des « #RH ») avec de la speudo-science. À l’aide de principe de la « nouvelle gestion publique », qui relève plus de la religion : « un scrum, ça se fait debout » (si vous dites que non, vous êtes « excomunié »). La gestion glane des informations avec lesquels elle « découvre » des « correlations » et appel cela des « #indicateurs » et « gouverne » dernière un écran (en sachant que les employés s’« autogérent » !?!?).

      Des solutions ? Retrouver le sens du « savoir-faire » (celui-ci est plus facilement « mesurable » que le « savoir-être », en cela, qu’un défi vous est lancé de trouver comment mesurer le « savoir-être »), retirer le regroupement professionnel RH. Instruire au lieu de former. Enseigner l’esprit critique au lieu de donnée des cours de finance.

      Si vous n’êtes pas d’accord avec la gestion, vous êtes déloyale, vous faites preuve d’insubordination. Vous êtes des hérétiques

  • Environnement-Débat. « Naomi Klein sait qu’un Green New Deal est notre seul espoir contre la catastrophe climatique » | A l’encontre
    https://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/environnement-debat-naomi-klein-sait-quun-green-new-deal-est-notre-seul-

    D’un côté, c’est très simple. Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous avons maintenant plus de gens en mouvement que jamais. Les migrations massives vont devenir une réalité à l’ère des bouleversements climatiques qui nous attendent. Les perturbations climatiques sont une cause directe de la migration, et aussi une cause indirecte de la migration, parce que les stress climatiques agissent comme un accélérateur dans de nombreux conflits armés. Dans de nombreux cas, elles se recoupent avec différentes formes de violence. Elles agissent comme un accélérateur. Le stress climatique aggrave les problèmes que vous rencontrez, ce qui incite souvent les gens à migrer.

    Nous sommes confrontés à un choix très clair quant à la façon dont nous allons faire face à cette réalité. Allons-nous complètement réimaginer nos frontières ? Allons-nous comprendre qu’il s’agit d’une crise qui a été créée dans le monde riche et qui est ressentie d’abord et avant tout par les populations les plus pauvres de la planète ? Allons-nous ouvrir nos bras et ouvrir nos frontières à bien d’autres personnes ? Ou allons-nous fortifier ces frontières et nous contenter de dire que nous allons prendre soin des nôtres ?

    La montée de l’éco-fascisme nous dit que nous allons le faire. Et quand cela se produit, et que des milliers de personnes commencent à se noyer en Méditerranée, et quand vous avez des gens enfermés dans des conditions abominables dans des camps de détention, que ce soit au Texas, en Libye, à Manus ou à Nauru [îles transformées par le gouvernement australien en camps de détention], il faut des théories pour justifier cette barbarie, des théories qui disent que la vie de certaines personnes vaut plus que celle d’autres et qui réaffirment cette hiérarchie brutale. Ainsi, de la même manière que le racisme pseudoscientifique est apparu comme un moyen de justifier la barbarie de l’esclavage et le vol de terres coloniales, nous sommes maintenant au milieu d’une résurgence de ces mêmes visions brutales du monde, pour justifier le sacrifice actuel et futur de la vie humaine face aux bouleversements climatiques.

    #green_new_deal #capitalisme_du_désastre #naomi_klein

  • Accumuler de la matière, laisser des traces | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/09/11/accumuler-de-la-matiere-laisser-des-traces

    Les raisons du pic ? La Chine, 57% de la demande globale en 2015. Comparaison affolante : ce pays a consommé entre 2011 et 2013, donc en trois ans, autant de ciment que toute l’économie américaine au XXème siècle. Vous avez bien lu : en-trois-ans. Que ce pays consomme un peu moins et la courbe mondiale s’aplatit. La même explication, quasi triviale, vaut pour l’accroissement de la hausse depuis le début des années 2000 (1,5 Giga tonnes5 en 2000 à plus de 4 Gt en 2015). On peut encore rappeler, histoire de rajouter du vertige au vertige, que la consommation de ciment en Chine a été multipliée par 9000 entre 1920 et 2013 et par 3600 depuis 1949 (Cao et al., 2017). Evidemment, cette réponse ne peut que laisser insatisfait. La Chine n’est pas un monolithe – on ne rappellera pas toutes les différences socio-économiques entre sa côte, les nouvelles villes du centre et les régions les plus à l’Ouest du pays. En outre, cette courbe agrégée au niveau mondial cache l’explosion de la consommation dans certains pays et la baisse, parfois depuis des décennies, dans d’autres. Enfin, il ne faut pas oublier que les courbes peuvent baisser… pour mieux repartir à la hausse.

    #capitalisme_fossile #ciment #matière #déchets #écologie #finance

  • La #géo-ingénierie au secours du #climat ?
    https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/la-geo-ingenierie-au-secours-du-climat_3605589.html

    La géo-ingénierie, ce sont les techniques de manipulation du climat pour combattre le réchauffement climatique. Kelly Wanser, experte en la matière pour l’ONG Silver Lining, a étudié les techniques applicables dans les prochaines années : parmi elles, le contrôle du rayonnement solaire atteignant la Terre. Aux Philippines, quand le volcan Pinatubo est entré en éruption, il a lâché des tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère. C’était en 1991. Ces particules ont reflété la lumière du Soleil vers l’espace. En dix-huit mois, la planète s’est refroidie de 0,5°C.

    Des chercheurs d’#Harvard se sont inspirés de cette histoire pour créer le projet Scopex, financé par #Bill_Gates. Le but : envoyer un ballon à haute altitude pour disperser des particules chimiques et voir comment elles affectent l’atmosphère. Mais le projet est controversé, car on craint des ouragans et des sécheresses. Le projet de Silver Lining est d’utiliser des bateaux pour pulvériser des cristaux de sel marin vers les nuages, ce qui permettrait de les modifier, mais aussi réduire les émissions de C02 ou bien encore affaiblir les ouragans.

    #capitalisme ou la #mort

  • « Pouloducs », élevages intensifs, aliments importés : les dérives de l’œuf bio industriel
    https://www.bastamag.net/Agriculture-biologique-derives-oeuf-bio-industriel-elevage-24000-poules-po

    Des élevages industriels de poules pondeuses bio apparaissent en France, encouragés par un règlement européen qui n’impose aucune limite de taille. Sur le terrain, les agriculteurs et organisations soucieux de préserver les petits élevages et les valeurs fondamentales de l’agriculture bio lancent l’alerte. C’est un marché en pleine expansion. Un œuf sur cinq vendu aujourd’hui dans l’hexagone provient d’un élevage labellisé en #Agriculture biologique. A la différence des poules élevées en cage ou « au sol (...) #Résister

    / Quelle agriculture pour demain ?, #Alimentation_et_agriculture_biologique, #Capitalisme, A la une, #Enquêtes, Agriculture, (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_? #Alimentation

  • Catastrophisme, pétitionisme ou petitsgestime : comment se prétendre écolo et rester bourgeois 23 août 2019 - Frustration la revue
    https://www.frustrationlarevue.fr/catastrophisme-petitionisme-ou-petitsgestime-comment-se-pretendre

    L’été a été riche en actualités alarmantes, illustrant désormais dans notre quotidien et celui des autres ce qui n’était qu’une idée assez abstraite il y a encore dix ans : le réchauffement climatique détraque notre climat et le système capitaliste détruit la nature et ce qu’elle nous offre pour vivre. Le mode de vie qui nous est imposé d’en haut (« tous les jeunes devraient vouloir être milliardaire », selon notre cher président) et les contraintes de la désorganisation néolibérale (temps de transport pour aller travailler, délocalisation et mondialisation des productions, agriculture intensive…) font tous de nous des participants actifs à ce processus d’auto-destruction de notre lieu de vie.

    Tous ? Noooon, un petit village d’irréductibles connards collabore et planifie bien plus que les autres à cet état de fait : les bourgeois. Ils sont à la tête ou au service actif du système économique qu’ils ont eu la joie d’étendre à toute la planète : Le capitalisme, qui se base sur la subordination du travail à la fructification du capital, qui fait des dirigeants ceux qui possèdent et non ce qui bossent ou qui vivent, qui subordonne toute considération morale, politique ou écologique au nécessaire enrichissement des actionnaires, et qui de fait rend impossible une gestion des ressources et des modes de vie différente. Répartis en strates successives, des 0,001% de très riches aux notables de province, professions libérales et une bonne partie des médiacrates, les bourgeois sont a priori les derniers à pouvoir donner de vertes leçons car ils sont les principaux responsables de ce qui nous arrive.
    . . . . .
    Petitsgestime : doctrine individualiste inefficace et inconséquente consistant à mettre en scène sa participation au combat écologique
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    Pétitionisme : pratique sociale consistant à faire appel au bon cœur de gouvernements corrompus en feignant de croire qu’ils ont en tête “l’Intérêt Général”
    . . . . .
    Catastrophisme : ensemble de théories quasi-religieuse décrivant l’épouvante à venir, culpabilisant “l’Homme” plutôt que les puissants et appelant à des solutions fumeuses et conservatrices

    Le catastrophisme est la troisième attitude, et certainement la plus branchée du moment : incarnée notamment par les tenants de la « collapsologie », elle consiste en la lecture et le partage de grands textes semi-religieux, parlant d’effondrement, « d’anthropocène » (pratique, encore une fois tous les hommes sont coupables, y compris les millions qui ne mangent pas à leur faim)… Et appelant à une sorte de résignation collective, mais joyeuse, face à cette catastrophe, et l’adoption d’un nouveau mode de vie plus frugal, au sein de « biorégions ».

    Le gros avantage politique de ce genre de théories d’apparence très radicale (ce qui fait leur charme subversif), c’est qu’elles font peu de liens entre le monde réel et le monde qu’elles décrivent : pleines de gros concepts chocs et abstraits (« Humanité », « Planète », « Effondrement », « Civilisation »…) elles ne traitent qu’à la marge du monde capitaliste concret avec ses dominants, ses dominés, ses collabos, ses victimes… On est tous mis dans le même panier de l’effondrement, et en prime on doit s’y résigner (mais « joyeusement » et avec spiritualité). Combattre les politiques néolibérales, les multinationales et les politiques vendus n’est plus au programme.

    Et d’ailleurs, si rien n’est fait pour sauver les planètes, c’est parce que nous vivrions tous dans le déni, et que tout cela sera affaire de psychologie sociale et non de la confiscation du pouvoir par une petite minorité qui n’agit que pour s’engraisser. C’est ce qu’ils nous soutiennent dans leur dernière tribune dans « Le Monde », qui appelle à « changer de modèle culturel ». Les tenants de la collapsologie, dont le désormais célèbre Pablo Servigne,y évoquent ces « biorégions » qui correspondent en fait à des changements d’échelles, à la fois « conviviaux » et « complexe », des modes de production. C’est effectivement intéressant et séduisant, mais ça ne parle jamais ô grand jamais des rapports de pouvoir. Ni même de fin du libre-échange, ni de barrière douanière. Le mot capitalisme n’apparaît d’ailleurs pas une seule fois dans la tribune. Et naturellement, aucune piste concrète n’est donnée pour atteindre cet état de fait. Seuls ceux qui en ont la possibilité et les moyens peuvent tenter ce retour à la campagne et à des liens plus locaux.

    En s’adressant au lecteur du Monde, les collapsologues ne s’adressent pas à l’électeur, ni au décideur. Ils s’adressent à des gens à qui ça fera du bien d’entendre parler de ce genre d’utopie qui ne touche pas à ses privilèges, et qui peut correspondre à un horizon individuel de vie, pour une super reconversion, au mieux.

    Petitsgestime, pétitionisme et catastrophisme sont trois doctrines qui font vendre du papier et qui génèrent du clic. Trois doctrines inoffensives et inefficaces grâce auxquelles les grands bourgeois peuvent dormir sur les deux oreilles, les petits bourgeois se sentir à la pointe du combat sans remettre en cause leur position de classe, tandis que les autres vont continuer d’en chier et de passer pour des indifférents parce qu’eux ne passent pas la journée à se lamenter et à prôner de grands gestes inutiles, pendant que la planète crame.

    #catastrophisme #pétitionisme #petitsgestime #collapsologie #doctrine #capitalisme #bourgeoisie #privilèges #intérêt_général #pouvoir #libre-échange #planète

  • ‘Indecent’ and ‘Absurd’ : Project for Gare du Nord Divides Paris

    A group of leading French architects have denounced a plan to renovate the Gare du Nord, one of Paris’s main train stations, calling the designs that would turn the station into a glassy, mammoth, restaurant-filled shopping mall “indecent,” “absurd” and “unacceptable.”

    https://www.nytimes.com/2019/09/04/world/europe/paris-gare-du-nord.html?action=click&module=News&pgtype=Homepage

    #capitalism #urbanplanning #SNCF

  • 05.09.2019 : Lebensgefahr durch Einsparungen (Tageszeitung junge Welt)
    https://www.jungewelt.de/artikel/362166.notstand-im-krankenhaus-lebensgefahr-durch-einsparungen.html


    Après un décret du ministre de la santé Jens Spahn les hôpitaux allemands ferment de nombreux services d’urgence afin d’échapper aux sanctions.

    In vielen deutschen Krankenhäusern können Intensivstationen aus Personalmangel nicht voll genutzt werden. In einer Umfrage des Deutschen Krankenhausinstituts (DIK) gaben 37 Prozent der repräsentativ befragten Kliniken an, Betten auf Stationen für die intensivmedizinische Betreuung zumindest zeitweise stillgelegt zu haben, wie die Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) am Mittwoch berichtete. Weitere sechs Prozent der Befragten erwarteten dies in der nächsten Zeit.

    Grund dafür seien die schlechte Personallage und anspruchsvolle Personalvorgaben des Gesetzgebers, erklärte die Deutsche Krankenhausgesellschaft (DKG). Diese Politik gehe zu Lasten der Patienten, sagte DKG-Hauptgeschäftsführer Georg Baum der FAZ. Ein großer Teil der Krankenhäuser reagiere auf die Vorschriften, indem Betten gesperrt oder »ganze Stationen« abgemeldet würden. Klinikdirektoren berichteten sogar von abgewiesenen Rettungswagen, obwohl Betten frei seien. Denn mit einem neuen Patienten rissen die Kliniken ihre Personalquoten.

    Harald Weinberg, Sprecher für Gesundheitspolitik der Bundestagsfraktion der Partei Die Linke, hob am Mittwoch gegenüber jW hervor, dass Gesundheitsminister Jens Spahn (CDU) nach dem Scheitern der Verhandlungen zwischen DKG und dem Spitzenverband der Kassen harte Sanktionen für die Krankenhäuser festgelegt habe, wenn Personaluntergrenzen nicht eingehalten würden. »Die Folge ist zunächst einmal, dass die Krankenhäuser sie zu 98 Prozent einhalten, indem sie ihre Kapazitäten reduzieren, also Betten schließen«, sagte Weinberg. Allerdings handele es sich um ein rein statistisches Maß, wobei die Personalausstattung des am stärksten betroffenen Viertels der Einrichtungen als kritisch eingestuft werde. »Das bedeutet, in der nächsten Runde wird sich die Grenze wieder verschieben. Um den Sanktionen zu entgehen, werden die Krankenhäuser weitere Betten sperren«, so Weinberg. DKG, Deutscher Pflegerat und Verdi hätten hingegen gemeinsam einen neuen Vorschlag zur Personalbemessung eingebracht, »der sich am tatsächlichen Pflegebedarf orientiert«.

    #Allemagne #hôpitaux #santé #politique #capitalisme

  • Over 200,000 people deleted Uber after #deleteUber - Business Insider
    https://www.businessinsider.de/over-200000-people-deleted-uber-after-deleteuber-2017-2?r=US&IR=T

    Même les géants du web sont vulnérables aux conséquences des mouvements sociaux surtout quand elles sont bien orchestrés.

    3.02.2017 - More than 200,000 people deleted their Uber accounts after a weekend of outrage aimed at the ride-hailing company, according to The New York Times.

    Furious Uber riders had deleted the app after the company continued operating its service at John F. Kennedy International Airport on Saturday, creating the perception that it was undermining a taxi strike in protest of President Trump’s immigration ban.

    Dans son nouveau livre Super Pumped The Battle for Uber Mike Isaac raconte comment la campagne #deleteuber lancée par un seul militant a couté des millions à la plateforme #Uber.

    Super Pumped The Battle for Uber, Mike Isaac, W. W. Norton Company, 2019, ISBN 978-0-393-65224-6

    Chapter 21
    #DELETEUBER

    As Travis fought his way onto the Trump business advisory council, a Chicago tech worker named Dan O’Sullivan still believed Donald Trump was full of shit.
    The president spent his entire first week arguing with the press over the size of his inauguration crowd. (“The biggest ever inauguration audience!” Trump’s press office announced, an obviously false statement.) Trump was a buffoon, O’Sullivan thought, an idiot foisted upon the office by an electorate poisoned by Fox News. By the time he left office, O’Sullivan prayed, Trump would be thwarted by his advisors and accomplish little of what he promised on the stump in 2016.

    The Long Island–born son of a nurse and an Irish telephone lineman, Dan O’Sullivan grew up worlds away from Trump’s gold-plated tower in Manhattan. He was proud of his blue-collar background. His great-great-uncle, Mike Quill, co-founded the Transport Workers Union in New York City back in 1934. Quill’s ties to the Communist Party earned him the nickname “Red Mike.” On the night of his sister’s birth, O’Sullivan’s father was out on strike with fellow linemen in the Communication Workers Union.

    After kicking around schools in Long Island and Maine, Dan O’Sullivan landed in Chicago, a place he liked though knew little about. At six-foot-three and pushing 220 pounds, O’Sullivan looked like a different kind of lineman—more Chicago Bear than Bell Atlantic like his father. He picked up a Chicago accent quickly, cutting short his “U’s” and “A’s.” His nasally vowels gave many the mistaken impression he was a native Chicagoan.

    O’Sullivan dreamed of being a writer, and started freelancing political pieces for Gawker, Jacobin, and other left-leaning outlets. To pay the bills, he landed in a call center at a tech company, a lower-level peon answering angry customer support questions. The work was depressing, but he spent his off-hours pursuing his passion, hustling for opportunities to write.

    More vivid than his dreary call center job was O’Sullivan’s digital life on Twitter. He mostly used it to follow political accounts and news and to connect with other writers. He started chatting with other leftists and joking around with people who began as anonymous avatars in his Twitter feed, then slowly grew to become his online friends. Even as Dan despaired at Trump’s popularity and success, at least he could make fun of Trump’s buffoonery with his friends on Twitter.

    O’Sullivan cherished his digital anonymity. He was opinionated and crass on Twitter, and knew his obscenities towards Trump might not please his employer. And if he had to find a new job, some of the esoteric, vulgar in-jokes he shared with Twitter friends wouldn’t thrill a recruiter.

    Still, Twitter was worth it. He chose a handle for himself, a pun his online friends could remember him by: @Bro_Pair.

    The order came as night fell on Friday, January 27, a week after Trump took the oath of office. Effective immediately, Trump was closing the nation’s borders. Singling out predominantly Muslim countries, he barred refugees from places like Syria, which was in the midst of a violent civil war that was driving thousands to seek asylum from potential slaughter.

    “We don’t want them here,” Trump said, referring to so-called “radical Islamic terrorists”—his name for Muslims—during the signing ceremony. “We want to ensure that we are not admitting into our country the very threats our soldiers are fighting overseas. We only want to admit those into our country who will support our country, and love deeply our people.”

    Trump had presaged such a proposal at the end of 2015 on the campaign trail, in which he called for a complete restriction of all Muslims from entering the United States as a response to bloody terrorist attacks in San Bernardino, California and Paris, France. Christians and other religious practitioners, he said, should be granted immigration priority over Muslims seeking asylum. The Muslim ban played extremely well at rallies. Trump’s base loved it. At the time, of course, politicians from both parties condemned the idea as inhumane and unconstitutional. But the outrage at the time passed almost as quickly as it arrived.

    Now it was 2017, Donald Trump was the president of the United States, and he was following through with a campaign promise. Among ardent Trump opponents like Dan O’Sullivan, the Muslim Ban brought forth all of the rage that had simmered since November 9. The announcement confirmed that Trump would be every bit as monstrous as they had imagined.

    That energy wasn’t squandered. Millions of people across the country rushed to airports and other places where immigrants seeking asylum might be turned away by the TSA, ICE, or other federal agencies. Thousands of lawyers arrived clad in neon yellow hats and T-shirts to offer pro bono legal advice to immigrants stuck in limbo. Throngs of protesters flooded baggage claim areas and TSA security lines with chants of outrage against Trump, carrying hastily written cardboard signs and posters with pro-immigrant messages.

    As the protests continued through Friday night and into Saturday morning, the Muslim community of taxi drivers in New York banded together to strike at the airport, in part to show solidarity, and also to give America a glimpse of the country without Muslim workers. “NO PICKUPS @ JFK Airport 6 PM to 7 PM today,” the New York Taxi Workers Alliance posted to its Twitter account shortly after 2:00 p.m. Saturday afternoon. “Drivers stand in solidarity with thousands protesting inhumane & unconstitutional #MuslimBan.”

    As taxi workers organized, employees in Uber’s New York office watched and began to worry. People were traveling to airports in droves, often using Uber to get there. JFK was slammed, its terminals were drawing one of the largest crowds in the country that weekend. If passengers kept Ubering to JFK in large numbers, Uber’s “surge pricing” would kick in. That meant people would be charged multiples of the base fare—two, three, four times as much or even greater—just to go and protest. Managers in New York and San Francisco could predict the negative headlines if surge pricing kicked in: big bad Uber fleecing honest citizens during a humanitarian protest.

    Uber didn’t need that headache now. A manager in San Francisco gave New York the all-clear to turn off surge pricing for Uber trips to JFK. Later that evening, @Uber_NYC sent a tweet: “Surge pricing has been turned off at #JFK Airport. This may result in longer wait times,” the tweet read. “Please be patient.”

    The tweet would end up costing Uber millions.

    O’Sullivan couldn’t believe what he was seeing.
    Election night had broken him. He wrote a final piece for the leftist magazine Jacobin on the Trump victory—a half-delirious meditation on Trumpism and the forces it took to bring America to propel such a man to victory—and subsequently swore off political writing for good. He wandered the empty streets of Chicago in a stupor after the race was called, sensing a deep depression coming on, one that would carry into 2017 and add another ten pounds to his frame.

    The swearing-in ceremony in January was painful to watch. He winced as the group of tycoons and robber barons surrounded Trump at the Capitol, celebrating the triumph of evil over good. The travel ban carried out less than a week later seemed sadistic to him. The cruel execution of the announcement perfectly symbolized Stephen Miller and Steve Bannon—two of Trump’s most xenophobic, nationalistic advisors—and their desire to inflict pain on immigrants.

    But O’Sullivan felt a glimmer of hope as the news reported crowds of people gathering at the airport to protest Trump’s unjust ban. Thousands of other people like him, fed up with fear and anger, were fighting the administration through protest, one of the most American acts there is. And as @Bro_Pair, he scanned his Twitter account and monitored chatter from reporters, newspapers, and his digital friends who, too, were speaking out against the president. As Saturday wore on, @Bro_Pair noticed a tweet from the New York Taxi Workers Alliance scroll through his Twitter feed, noting their strike on the JFK airport. He appreciated the solidarity.

    A few minutes later, he noticed another tweet—this one from Uber, claiming it was shutting off surge pricing at JFK.

    Up until that point, O’Sullivan had never really liked Uber. He had passively followed its various controversies; everyone in tech did. To the leftist O’Sullivan, Travis Kalanick was an avatar of Silicon Valley’s capitalist id, concerned only with user and revenue growth, not the lives of everyday workers like himself. He used Uber occasionally—it was, after all, a great product and very convenient—but always felt guilty afterwards.

    But at that moment, seeing Uber’s tweet pass through his feed, he saw it as an act of subversion—a betrayal of solidarity. O’Sullivan and others interpreted Uber’s tweet as company trying to profit off the backs of striking cab workers, a cash grab during a vulnerable public moment. Even beyond the immediate circumstances, the tweet reminded him of his larger ideological grievances towards Uber, and the core of how its business operates. The contract-based labor model that eschewed directly employing drivers. The campaigns against drivers who wanted to unionize. To him, this faceless, monolithic tech company would never defend its Muslim cab drivers. O’Sullivan couldn’t pinpoint whether it was his deep, familial ties to organized labor, the frustration he felt towards his shitty call center tech job, or the deep-seated need to fight back against Trump. He just snapped: he had had it with Uber.

    Sitting alone in his cold apartment in the dead of a Chicago winter, he started typing a response to Uber’s tweet, still fuming with anger. “congrats to @Uber_NYC on breaking a strike to profit off of refugees being consigned to Hell,” @Bro_Pair tweeted, “eat shit and die.” He quickly followed up with an idea for a hashtag, something people could add to their angry tweets about the company: “#deleteUber.”

    “Don’t like @Uber’s exploitative anti-labor policies & Trump collaboration, now profiting off xenophobia? #deleteUber,” he tweeted. O’Sullivan dug into Uber’s support pages on its website to figure out how to actually delete his Uber account, a feat that was surprisingly difficult and required filling out a form and sending it to engineers at the company. O’Sullivan started tweeting out screenshots and links to the online account deletion form, making it simpler for others to find it and delete their own accounts.

    The hashtag began to resonate. Others tweeted angrily at Uber, joining @Bro_Pair. People started adding #deleteUber to the end of their tweets. As seething Americans sought an outlet for their helpless rage, the idea that Uber was not just subverting the protest but actively trying to profit from it was maddening. Hundreds of people started replying and retweeting @Bro_Pair’s tweet, catching the attention of other angry onlookers. Hundreds turned to thousands, which turned to tens of thousands of people chanting, digitally: #deleteUber.

    To O’Sullivan’s amazement, people started tweeting their screenshots of their account deletions back to him. “You’re fascist colluding scabs,” one user’s screenshot said. “Taking advantage of the taxi strike in NYC is a disgusting example of predatory capitalism and collusion with an overtly fascist administration,” another user wrote, tweeting back at @Bro_Pair. Another person added: “Catch a rideshare to hell.”

    O’Sullivan was dumbstruck. Celebrities were tweeting him screenshots of themselves deleting Uber. The press started calling him for interviews. He had tapped into a rage shared by more people than he had realized. Most immediately, those who retweeted him expressed anger towards the Trump administration and its discriminatory actions. But deleting Uber went beyond that; it became something people could do, an action they could broadcast as part of their protest, a repudiation of tech culture, of fake news, of Silicon Valley—the industry that many believed duped Americans into electing Trump in the first place. To #deleteUber wasn’t just to remove a ride-hailing app from one’s phone. It was also to give a giant middle finger to greed, to “bro culture,” to Big Tech—to everything the app stood for.

    As O’Sullivan logged out of the @Bro_Pair account on Twitter and turned off his computer later that night, he felt a twinge of happiness for the first time in months. #deleteUber was trending across Twitter around the entire world. The press was covering the fallout, and Uber was scrambling to try and contain the damage.

    “Okay I have to go to bed,” @Bro_Pair tweeted. “But this has been the only good thing I’ve seen come from hashtags ever. thank you all, keep it going.”

    He signed his tweet with a hashtag: “#deleteUber.”

    All hell broke loose at 1455 Market Street.
    As the #deleteUber hashtag gained traction, engineers had account deletion requests flood in by the thousands from across the world. Up until that point, the company had received few deletion requests. Everyone loved the product, and those who didn’t merely erased the app from their phone without deleting their account. There was no automated mechanism in place to handle such requests. By the time @Bro_Pair’s protest spurred a mass revolt, Kalanick was forced to assign an engineer the task of implementing a system to process the flood of account deletions.

    Uber’s public relations team scrambled to try and convince reporters that Uber wasn’t breaking a strike but actually trying to help protesters get to the JFK protests by eliminating surge pricing. Kalanick had attempted a mealy-mouthed apology that weekend, noting that he planned to raise Uber’s issues with the travel ban the following week with President Trump in person. He was days away from the first meeting of Trump’s policy council of executives. But the statement had the opposite effect, instead reminding people that Kalanick was actively working with the administration. Outsiders saw Kalanick’s position as a tacit endorsement of Trump. Eventually, his own employees began to see it that way, too.

    “I understand that many people internally and externally may not agree with that decision, and that’s OK,” Kalanick said to employees in an email. “It’s the magic of living in America that people are free to disagree.”

    His thinking on keeping his seat on the council didn’t last long. In the span of a week, more than 500,000 people deleted their Uber accounts entirely, not counting the incalculable others who simply deleted the app from their phones. Uber’s all-important ridership growth curves—for years always hockey-sticking up and to the right—started turning downward. Kalanick began to sweat.

    Lyft, at that point running out of money and on the verge of surrender, benefitted enormously from the backlash. People began to ditch Uber and switch over to Lyft. (Protest felt good, but people still needed to be able to call a car sometimes.) Lyft’s executives then pulled a well-executed PR stunt, publicly donating $1 million to the American Civil Liberties Union over four years, making themselves look like white knights while Uber was groveling before Trump.

    The resultant surge in ridership brought Lyft back from the brink of failure. At last showing positive signs of growth, Lyft soon attracted investment from Kohlberg Kravis Roberts, the private equity firm, buoying the ride-hailing company with more than a half-billion dollars in additional capital.

    Lyft’s fundraising sunk Kalanick’s spirits. He had spent the entire summer trying, and failing, to defeat his largest competitor in China. And now, just as the new year began, his chance to kill his strongest American opponent had slipped away as well. He was so close to rubbing John Zimmer’s nose in defeat. No longer.

    Less than a week later, at the Tuesday all-hands meeting, multiple employees confronted Kalanick for keeping his position on Trump’s advisory council. Two different engineers asked him what it would take for him to step down from the position, a question he repeatedly dodged. But by Thursday, with ridership losses mounting and employees fast losing faith in their leader, Kalanick acceded.

    With less than twenty-four hours before he was scheduled to be at his first advisory council meeting at the White House, a call was arranged between Kalanick and President Trump so he could tell him he was withdrawing from his position.

    The call was brief and awkward; Kalanick apologized and gave a pitiful explanation. Trump grumbled through it. The two men had never met before, but Kalanick ended the call knowing that he had annoyed the president of the United States.

    Later that day, he wrote a conciliatory email to staff, noting he had left the council, though for many both inside and outside of Uber, the concession felt too little, too late. It didn’t stop the downturn of Uber’s growth numbers, either, as ill will toward the company continued to damage the brand and overall ridership. But for the moment, Kalanick had neutralized the immediate threat and knocked Uber’s name out of negative headlines.

    For the moment.

    #capitalisme #USA #boycott #taxi

  • La NRA qualifiée d’organisation terroriste par San Francisco Fabien Deglise - 6 septembre 2019 - Le devoir
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/leo-malet-il-ny-pas-souvent-de-brouillard-sur-le-pont-de-0

    À l’autre bout du fil, l’homme rigole quand on lui parle de la résolution adoptée mardi soir par la Ville de San Francisco qui désigne désormais la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes à feu aux États-Unis, comme une « organisation de terrorisme intérieur ».

    « C’est une très bonne idée », laisse tomber Gilles Rousseau, père de l’enseignante Lauren Rousseau qui a perdu la vie, avec 25 autres hommes, femmes et enfants, dans la tuerie de l’école primaire Sandy Hook en 2012. Le Devoir l’a joint jeudi au Connecticut où ce Québécois d’origine vit depuis plusieurs années. « Ni Washington, ni le Congrès n’arrivent à réduire la prolifération d’armes à feu et à enrayer les tueries qui se produisent presque quotidiennement ici. Cette démarche est un petit pas, mais un pas qui va dans la bonne direction ».

    Les instances politiques fédérales ont été pointées du doigt à plusieurs reprises pour leur indolence en matière contrôle des armes à feu. En février dernier, deux projets de loi visant à les encadrer ont été adoptés par la chambre basse du Congrès. Ils n’ont toutefois jamais été inscrits à l’ordre du jour du Sénat par le chef de la majorité républicaine, Mitch McConnell.

    « Désinformation »
    C’est dans ce contexte que le conseil de surveillance de San Francisco, composante législative du gouvernement de la ville et du comté, a voté à l’unanimité cette semaine un texte qui dénonce l’influence de la NRA et sa contribution dans l’entretien de la terreur sur le territoire américain par son engagement envers le commerce d’armes à feu.

    « La NRA existe pour diffuser de la désinformation et mettre sciemment des armes entre les mains de ceux qui pourraient nous nuire et nous terroriser, a résumé l’élue démocrate Catherine Stefani, à l’origine de la démarche qui s’inscrit plus d’un mois après la fusillade qui s’est produite lors du Festival de l’ail de Gilroy en Californie. C’était le 28 juillet dernier. 4 personnes, dont le tueur de 19 ans armé d’une arme automatique, y ont perdu la vie. 13 autres ont été blessées.

    « Il est temps de débarrasser ce pays de la NRA et de les appeler pour ce qu’ils sont vraiment : il s’agit d’une organisation terroriste nationale », a- t-elle ajouté.

    « Geste de communication »
    Mercredi, ladite organisation a réagi avec vigueur en dénonçant sur Twitter « un geste de communication » qui « vise à détourner les regards sur les problèmes avec lesquelles San Francisco doit composer, comme la hausse de l’itinérance, de l’abus de drogue et de la petite criminalité ».

    La multiplication des tueries de masse aux États-Unis met le lobby des armes dans la ligne de mire d’un nombre croissant d’États, de gouvernements locaux et d’entreprises depuis le début de l’année. Mardi, le géant Walmart a annoncé la fin de la vente de munitions pour armes semi-automatiques, utilisées dans la plupart des récentes tueries, et demandé à ses clients de ne plus exhiber leur arme à la ceinture dans ses magasins, là où la loi le permet. Une décision dénoncée par la NRA.

    La résolution de San Francisco, même si elle n’a qu’une portée symbolique, pourrait devenir une source d’inspiration pour d’autres villes. Le conseil les appelle d’ailleurs à lui emboîter le pas et demande au passage aux États et au gouvernement fédéral d’adopter également des résolutions pour définir la NRA comme vecteur du terrorisme intérieur.

    Une idée soutenue par M. Rousseau. « Depuis plusieurs années, je ne fais plus de politique sur ces questions, assure-t-il. Mais je les encourage bien sûr à aller dans cette voie ».

    #nra #armes #usa #états-unis #etats-unis #violence #lobby #armes #armement #lobbying #deuxième_amendement #capitalisme #désinformation

  • Le #capitalisme est la cause du dérèglement climatique

    #Naomi_Klein est journaliste, réalisatrice et l’auteure de plusieurs essais remarqués : No Logo : La tyrannie des marques (Actes Sud, 2001), La Stratégie du choc : Montée d’un capitalisme du désastre (Actes Sud, 2008) et Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique (Actes Sud, 2015). Nous vous proposons la traduction inédite d’un de ses derniers articles publié le 3 août dernier sur le site américain TheIntercept.com : « Capitalism killed our climate momentum, not “human nature” ».

    Demain Dimanche [4 août – ndlr], un seul article occupera l’intégralité du magazine du New York Times, et portera sur un sujet unique : l’absence de réaction face à la crise climatique mondiale dans les années 80, à l’époque où du point de vue scientifique la question était réglée, mais aussi où les opinions politiques semblaient tenir compte de ce point de vue. L’auteur de l’article est Nathaniel Rich, dont le travail d’historien foisonne de révélations d’initiés sur le refus de prendre certaines décisions, ce qui me fit jurer à voix haute à de nombreuses reprises. Au cas où le moindre doute subsisterait quant au fait que les conséquences de ces non-décisions graveront une empreinte suffisamment profonde pour définir une ère géologique, un reportage de photographie aérienne de George Steinmetz ponctue le texte de Rich, et notre regard ne peut se détacher de ces témoignages sur le délitement accéléré des systèmes planétaires, depuis la transformation de la glace du Groenland en un déchaînement d’eaux vives, jusqu’aux gigantesques efflorescences algales du troisième lac chinois par la taille.

    La longueur de l’article est celle d’un court roman ; il constitue un exemple du type de prise de position médiatique que la crise climatique mérite depuis longtemps, mais dont elle ne bénéficie presque jamais. Un sujet aussi trivial que le pillage de notre unique habitat ne mérite pas de faire les gros titres, et la litanie de justifications à une telle affirmation ne nous est que trop familière : « Le changement climatique est un problème de bien trop long terme » ; « Il est malvenu de parler politique, au moment où des gens périssent, victimes d’ouragans ou d’incendies » ; « Les journalistes s’adaptent à l’actualité, ne la créent pas » ; sans oublier, bien entendu : « Rien de tel pour fracasser l’audimat ».
    La responsabilité des médias

    Aucune de ces excuses ne saurait dissimuler le manquement au devoir. Les médias dominants ont toujours eu le pouvoir de décider, tout seuls, que la déstabilisation planétaire était un sujet d’actualité de la plus haute importance ; parmi ceux du moment, il est sans aucun doute le plus lourd de conséquences. Ils ont toujours eu cette capacité de mobilisation des talents de leurs journalistes et photographes, qui leur permettrait de mettre en évidence le lien entre sciences abstraites et évènements climatiques extrêmes, tels qu’ils sont vécus. Le feraient-ils avec constance, qu’ils atténueraient le besoin pour les journalistes de déterminer l’agenda politique, dans la mesure où un public mieux au fait de la menace comme des solutions concrètes, tend à pousser ses élus à prendre des mesures courageuses.

    Ainsi s’explique l’exaltation ressentie en apprenant que le Times mobilisait l’intégralité des troupes de sa machine éditoriale pour soutenir l’opus de Rich – à coups de film promotionnel, de lancement télévisé en direct depuis le Times Center, en passant par la publication de matériel pédagogique dédié.

    Ainsi s’explique également, la colère qui nous étreint à la lecture d’un article dont les prémisses sont à ce point erronées. Selon Rich, entre 1979 et 1989, la science fondamentale du changement climatique était comprise et acceptée, le sujet n’avait pas encore provoqué de clivage partisan, les compagnies d’exploitation des énergies fossiles n’avaient pas encore entamé de véritable campagne de désinformation, enfin une puissante dynamique politique semblait entraîner le monde vers la conclusion d’un accord international de réduction des émissions, à la fois ambitieux et contraignant. Lorsqu’il parle de cette période-clé, à la fin des années 80, Rich écrit : « Toutes les conditions du succès étaient réunies ».

    Mais nous avons tout gâché – « nous », c’est à dire les humains, dont la myopie sévère nous empêche de sauvegarder notre avenir. Et au cas où nous n’aurions pas bien compris sur qui, ou sur quoi, rejeter la responsabilité de notre « perte de la terre », la réponse de Rich se présente sous la forme d’un cri indigné en pleine page : « Tous les faits nous étaient connus, aucun obstacle ne barrait la voie. C’est à dire … aucun, à part nous-mêmes. »

    Ouais … vous, moi. Selon Rich, pas les compagnies pétrolières, qui participèrent à chacune des réunions politiques dont l’article fait mention. (Essayez d’imaginer un gouvernement étasunien qui chargerait l’industrie du tabac de rédiger les politiques visant à interdire de fumer. Au cas où ce type de réunions échouerait à prendre la moindre mesure concrète, devrait-on en conclure à la tendance suicidaire des populations ? Devrait-on, au contraire, pencher pour la corruption d’un système politique à l’agonie ?).

    Depuis mercredi, date de la mise en ligne de la première version de l’article, de nombreux scientifiques et historiens ont souligné ce contresens. D’autres ont attiré l’attention sur les invocations insupportables à la « nature humaine », ainsi que sur le « nous » de majesté, utilisé pour décrire un groupe de personnages très influents, dont l’homogénéité est à mourir de rire. On ne trouve, dans le compte rendu de Rich, pas la moindre allusion à ces dirigeants de « Pays du Sud », qui exigèrent des mesures contraignantes, pendant et après cette période-clé, et dont l’humanité, bizarrement, ne les empêchait pas de se soucier des générations futures. Parallèlement, il est aussi rare de percevoir l’écho d’une voix féminine dans le texte de Rich, que d’observer des pies à bec ivoire en pleine nature – et si nous, mesdames, finissons bien par apparaître, c’est avant tout dans le rôle de déesses de douleur, épouses de héros tragiques.
    Des politiques tout aussi coupable

    Rich finit par conclure que tout fut gâché par l’intervention de quelque chose du nom de « nature humaine », sans pour autant se soucier de fournir la moindre preuve, ni sociale, ni politique. Il affirme que « les êtres humains, qu’ils soient membres d’organisations mondiales, de démocraties, d’entreprises, de partis politiques, ou simplement en tant qu’individus, ont conscience du châtiment qu’ils infligeront aux générations futures, mais ils se révèlent incapables de sacrifier leurs habitudes de consommation présentes pour autant. On dirait que nous sommes incapables de nous détacher de « notre obsession du présent, notre souci du moyen terme, notre tendance à chasser le long terme de nos esprits, comme on recrache un poison ».

    Mon analyse de la même période me fit aboutir à une conclusion diamétralement opposée : avec le recul, ce qui ressemblait au premier abord à l’opportunité idéale de mise en œuvre de politiques de préservation du climat, se révèle avoir été un anachronisme historique de première ampleur. En effet, l’analyse rétrospective de ce moment le fait apparaître clairement comme la conjonction du rassemblement de gouvernements enfin bien décidés à brider l’industrie pétrolière, et de la transformation en tsunami de la vague néolibérale, dont les objectifs de déconstruction économique et sociale entrèrent en collision frontale avec les impératifs de la science du climat d’une part, de l’imposition de règles permanentes aux grandes entreprises d’autre part. L’absence de la moindre allusion, même infime, à l’apparition de cette autre caractéristique du monde de l’époque, trace au cœur de l’article de Rich, un angle mort dont l’énormité donne le vertige. Après tout, le métier de journaliste offre cet avantage essentiel de pouvoir revenir sur le passé récent, en étant capable de discerner alors des tendances, des structures, demeurées invisibles aux yeux de celles et ceux qui furent emportés par ces bouleversements, en temps réel. Par exemple, en 1988, la communauté scientifique ne pouvait avoir conscience d’être en équilibre sur le bord d’un précipice, prête à basculer dans le creuset d’une révolution libérale dont les convulsions allaient remodeler toutes les principales économies de la planète.

    Mais nous, nous savons. Lorsqu’on se penche sur la fin des années 80, il apparaît très clairement que 1988-89 étaient très loin de rassembler « des conditions de réussite on ne peut plus propices » ; en fait, pour une humanité décidée à prendre la résolution ferme de placer la santé de la planète en tête de ses priorités, loin devant les dividendes, il s’agissait très probablement du pire moment.

    Situons le contexte. En 1988, les États-Unis signèrent avec le Canada un accord de libre-échange qui allait servir de prototype aux innombrables traités du même genre conclus par la suite. La chute du Mur de Berlin était toute proche, un événement dont les idéologues étasuniens d’extrême-droite allaient réussir à s’emparer pour en faire à la fois la preuve de la « fin de l’histoire », et le blanc seing les autorisant à exporter aux quatre coins de la planète privatisations, dérégulation, austérité, à savoir les trois ingrédients de base de la recette Reagan-Thatcher.

    Ce fut cette convergence de tendances historiques – l’émergence au niveau mondial de deux architectures, l’une en prévision de la lutte contre le changement climatique, et l’autre, beaucoup plus solide, destinée à libérer le capital de toute contrainte -, qui enraya le mouvement dont Rich procède à la juste identification. En effet, fait-il remarquer à de nombreuses reprises, la relève du défi de la lutte contre le changement climatique, aurait réclamé d’une part l’imposition de règles strictes aux pollueurs, d’autre part un plan d’investissements dans les services publics, afin de transformer nos modes d’alimentation en énergie, nos habitudes de vies dans les grandes villes, nos moyens de transport.

    Tout ceci était possible dans les années 80-90 (et continue à l’être) – mais uniquement au prix d’une bataille frontale contre le projet néolibéral, qui lançait, à ce moment précis, une offensive contre l’idée même de service public (« La société est une chimère », nous répétait Thatcher). Parallèlement, les accords de libre-échange conclus à l’époque, faisaient tout leur possible pour rendre illégales au regard du droit du commerce international, de nombreuses initiatives bienvenues pour le climat – comme les subventions, ou la priorité accordées à l’économie verte localisée, ou le refus opposé aux nombreux projets polluants, comme les oléoducs ou la fracturation hydraulique.

    J’ai écrit un livre de 500 pages sur cette collision entre planète et capitalisme, dont je ne vais pas ressasser les détails ici-même. Cependant, cet extrait traite le sujet en profondeur, c’est pourquoi je me permets d’en citer un court extrait :

    Nous n’avons pas fait le nécessaire pour réduire les émissions, parce que la nature même de ce type d’actions entre en conflit avec le capitalisme dérégulé, à savoir l’idéologie dont le règne couvre toute la période au cours de laquelle nous nous sommes démenés pour trouver le moyen de sortir de cette crise. Nous n’avançons pas, parce que les mesures qui constitueraient notre meilleure chance d’éviter la catastrophe – et dont la très grande majorité bénéficierait – représentent une menace extrême pour une élite minoritaire qui tient en laisse les médias dominants, et bride nos économies comme notre fonctionnement politique. Ce problème n’aurait probablement rien eu d’insurmontable, s’il était survenu à tout autre moment de notre histoire. Mais pour notre grand malheur à tous, c’est au moment précis où la communauté scientifique présentait la menace pesant sur le climat sous forme de diagnostic irréfutable, que cette élite put jouir sans entraves de pouvoirs politique, culturel, intellectuel, qui n’avaient plus été aussi étendus depuis les années 20. En fait la diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre avait fait l’objet de discussions sérieuses entre gouvernements et scientifiques dès 1988 – l’année même où se leva l’aube de ce que nous allions connaître sous le nom de « mondialisation ».

    Un socialisme démocrate vert comme solution ?

    Pourquoi l’absence de mention par Rich de cette collision, remplacée chez lui par l’affirmation selon laquelle c’est bien la « nature humaine » qui scella notre sort, nous importe-t-elle ? Son importance tient au fait que, si « nous-mêmes » sommes la force qui enraya la mobilisation en faveur de l’action, alors la une fataliste du magazine du New York Times, – « La Perte de la Terre » – est effectivement appropriée. Si nous sommes incapables de faire des sacrifices à court terme, même dans l’espoir d’améliorer notre santé et notre sécurité dans le futur, et si cette inaptitude est une composante fondamentale de notre ADN collectif, alors nous ne saurions espérer être capables de changer le cours des évènements assez tôt, pour éviter un réchauffement vraiment catastrophique.

    En revanche, si nous autres humains étions vraiment à deux doigts de nous tirer d’affaire dans les années 80, jusqu’au moment où un raz-de-marée élitiste de libre-échangisme fanatique nous submergea – en dépit de millions d’opposants aux quatre coins de la planète -, alors nous pouvons agir de manière on ne peut plus concrète. Nous pouvons faire face à cet ordre économique, afin d’essayer d’y substituer une alternative soucieuse de sécurité humaine et planétaire, qui ne maintiendrait pas en son centre, coûte que coûte, la recherche de la croissance et du profit.

    Quant à la bonne nouvelle – car il y en a une – elle tient au fait qu’aujourd’hui, contrairement à 1989, un jeune mouvement, en pleine expansion, de socialistes démocrates « verts », fait campagne aux États-Unis autour d’un tel projet. Cette alternative n’est pas uniquement électorale – elle donne à voir notre seul et unique horizon vital.

    Soyons clairs cependant : cet objectif, qu’il est indispensable d’atteindre, ne s’appuie sur aucun essai préalable, en tout cas pas à l’échelle requise. Lorsque le Times publia sur Twitter une accroche pour l’article de Rich, évoquant « l’inaptitude de l’humanité à juguler la catastrophe climatique », l’excellente aile écolo-judiciaire des Socialistes Démocrates d’Amérique, s’empressa de proposer cette correction : « LE CAPITALISME ; S’ils voulaient vraiment chercher les causes du déraillement, leur enquête porterait sur un capitalisme incapable de s’attaquer au problème posé par la catastrophe du changement climatique ». Malgré le capitalisme, l’humanité est tout à fait capable de s’organiser en modèles florissants de sociétés, délimités par les contraintes de l’écologie ».

    Leur argument se tient, en dépit de ses failles. Rien n’oblige les humains à vivre sous le règne du capitalisme ; nous, les humains, sommes capables de nous organiser sous les formes de toutes sortes d’ordres sociaux différents, parmi lesquels des sociétés dont l’horizon temporel serait beaucoup plus éloigné, ou plus aptes à respecter les systèmes soucieux de préserver les conditions de survie de la nature. En fait, c’est ainsi que les humains vécurent, sauf pendant une infime partie de notre histoire, et de nos jours encore bien des cultures indigènes perpétuent des cosmologies géocentriques. Le capitalisme n’est qu’une anomalie minuscule dans l’histoire collective de notre espèce.

    Mais il ne suffit pas de pointer la seule responsabilité du capitalisme. Sans contestation possible, on peut affirmer que le capitalisme, en raison de sa soif inextinguible de croissance et de profits, se dresse comme un obstacle sur l’unique chemin menant à la transition rapide vers la sortie des énergies fossiles. Sans contestation possible, on peut également affirmer que la propagation sur toute la planète, dans les années 80-90, d’une forme débridée du capitalisme connue sous le nom de néolibéralisme, explique à elle seule le pic désastreux des émissions au cours des dernières décennies, au niveau mondial, et constitue aussi l’unique pierre d’achoppement, sur laquelle les gouvernements continuent de buter, depuis qu’ils se réunissent (et parlent, encore et encore), au moment de prendre des mesures de sauvegarde du climat, d’inspiration scientifique. Il s’agit aujourd’hui encore de l’obstacle principal, même dans des pays, comme la France et le Canada, qui se vantent d’être en première ligne dans la bataille climatique.

    Cela dit, il nous faut faire preuve d’honnêteté, et admettre que le socialisme industriel autocratique fut tout aussi désastreux pour l’environnement, comme le prouve la chute brève mais spectaculaire des émissions au début des années 90, soit au moment où s’effondrèrent les économies de l’ex-Union Soviétique. Ainsi que je l’écrivais dans Tout Peut Changer, le populisme pétrolier du Venezuela perpétue cette tradition toxique de nos jours, avec des conséquences désastreuses.

    Reconnaissons-le, tout en soulignant que des pays de forte tradition social-démocrate – comme le Danemark, la Suède, ou l’Uruguay – appliquent des politiques qui comptent parmi les plus visionnaires au monde en matière d’environnement. Ce qui nous amène à conclure que, si socialisme et écologie ne vont pas forcément de pair, une nouvelle forme d’éco-socialisme démocratique, suffisamment humble pour retenir les leçons des enseignements indigènes sur nos devoirs envers les générations futures, comme sur l’interconnexion de toutes les formes de vie, a toutes les apparences du pari le moins risqué, pour une humanité en quête de survie collective.

    Tel est l’enjeu de la floraison de candidatures politiques issues du tissu associatif, dont les campagnes en faveur d’un projet éco-socialiste démocratique, révèlent les liens entre les déprédations économiques consécutives à plusieurs décennies d’hégémonie néolibérale, et l’état dévasté de notre habitat naturel. En partie inspirés par la campagne présidentielle de Bernie Sanders, plusieurs candidats, d’origines multiples – à l’image d’Alexandra Ocasio-Cortez, à New York, de Kanelia Ing, à Hawaï, et de bien d’autres encore – font campagne sur des programmes appelant à un « New Deal Vert », apte à satisfaire les besoins matériels fondamentaux de chacun, à offrir de vraies solutions en matière d’injustices envers certaines communautés, de race ou de genre, tout en catalysant une transition rapide vers un recours exclusif aux énergies renouvelables. Plusieurs d’entre eux, comme Cynthia Nixon, candidate au poste de gouverneur de l’état de New York, ou Zephyr Teachout, candidat au poste de procureur général du même état, ont promis, non seulement de refuser l’argent des compagnies pétrolières, mais encore de les poursuivre en justice.

    Tous ces candidats, qu’ils se revendiquent ou non du socialisme démocratique, rejettent le centrisme néolibéral des élites du Parti Démocrate, et la fadeur de leurs solutions « compatibles avec l’économie de marché » à la crise écologique, tout comme le guerre totale de Trump contre la nature. Ils incarnent également une alternative concrète aux socialistes extractivistes peu soucieux de démocratie, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Par dessus-tout, cette nouvelle génération de dirigeants politiques, se refuse à faire de « l’humanité » le bouc-émissaire, condamné à expier les péchés d’avarice et de corruption d’une élite restreinte. Elle cherche, au contraire, à aider l’humanité – notamment celles et ceux dont on ignore systématiquement la parole, voire l’identité – à se constituer en un pouvoir soudé, doté d’une voix unique, et capable de tenir tête à cette élite.

    Nous ne perdons pas la terre – mais son réchauffement accéléré la place sur une trajectoire menant un grand nombre d’entre nous à leur perte. Une nouvelle voie politique se présente, juste à temps, pour nous emmener en lieu sûr. Le temps n’est pas aux lamentations sur les années perdues. Le moment est venu de s’engager sur cette voie, sans perdre un instant.

    https://www.luxediteur.com/le-capitalisme-est-la-cause-du-dereglement-climatique
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