• « Pour Emmanuel Macron, tout l’enjeu consiste à sauver le capitalisme sanitaire et ses grandes industries »
    https://www.bastamag.net/Macron-plan-massif-pour-hopital-Etat-providence-Big-Pharma-covid19-neolibe

    Basta ! : Dans votre livre La casse du siècle. À propos des réformes de l’hôpital public, vous dénoncez le détricotage néolibéral des politiques de …

  • Dépister et fabriquer des masques, sinon le confinement n’aura servi à rien
    https://reporterre.net/Depister-et-fabriquer-des-masques-sinon-le-confinement-n-aura-servi-a-ri

    Pour sortir efficacement de la pandémie du Covid-19, le confinement seul ne suffira pas, explique l’auteur de cette tribune. Qui rappelle la priorité dans un contexte d’hôpital public martyrisé par des décennies de #politiques_néolibérales : permettre le dépistage et distribuer des #masques de protection.

    Ce dont nous sommes en train de faire l’expérience, au prix d’une souffrance inouïe pour des pans significatifs de la population, c’est que l’Occident vit au Moyen Âge, et pas seulement sanitaire. Comment sortir du Moyen Âge sanitaire très vite et entrer au XXIe siècle ? C’est cet apprentissage que les Occidentaux doivent faire, en quelques semaines. Voyons pourquoi et comment.

    Il faut commencer par le redire, au risque de choquer aujourd’hui, la #pandémie du #Covid-19 aurait dû rester ce qu’elle est : une pandémie un peu plus virale et létale que la grippe saisonnière, dont les effets sont bénins sur une vaste majorité de la population mais très graves sur une petite fraction. Au lieu de cela, le démantèlement du système de #santé européen et nord-américain commencé depuis plus de dix ans a transformé ce virus en catastrophe inédite de l’histoire de l’humanité qui menace l’entièreté de nos #systèmes_économiques.

    #Gaël_Giraud #dépistage #test #quarantaine #système_de_santé_public #service_public #capitalisme #État-providence #individualisme

  • Pour sortir du #confinement, un plan d’urgence anticapitaliste

    Par bien des aspects, la #crise_sanitaire en cours est un révélateur de l’incapacité du #capitalisme européen à résoudre les grands problèmes de l’humanité. L’#Italie, la #France et l’#Espagne sont les pays où le virus frappe le plus fort car le #système_sanitaire a été ravagé par les politiques austéritaires depuis au moins une décennie. En France, ce sont 69.000 lits qui ont été supprimés à l’hôpital entre 2003 et 2017, 4.000 en 2018. Par souci d’économie, les réserves stratégiques de masques et de respirateurs ont été supprimées (près d’un milliard de masques dans les années 2000 - supprimé par Xavier Bertrand en 2011). Toujours par souci d’économie, la recherche publique sur les coronavirus n’a pas été soutenue et un temps précieux a été perdu dans la possibilité de trouver des traitements efficaces. La rigueur budgétaire et la recherche du profit sont les principaux responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

    Confinement ou immunité collective ?

    Face à la pandémie, les gouvernements hésitent entre deux solutions. La première, minoritaire, défendue par les gouvernement britanniques et néerlandais est l’acquisition d’une immunité de groupe. Cette immunité à l’avantage d’éviter les nouvelles épidémies. Selon les connaissances que nous avons du virus (R0 ~ 2.5), cela nécessite que 60% de la population entre en contact avec le virus et en soit immunisée. Ce processus est très bien décrit par le groupe de modélisation de l’équipe ETE (Laboratoire MIVEGEC, CNRS, IRD, Université de Montpellier) (http://alizon.ouvaton.org/Rapport2_Immunisation.html). Une fois ce taux atteint, la population dans son ensemble (y compris les personnes non immunisées) est protégée contre une nouvelle épidémie.

    Cependant, sans mesure de contrôle, les projections montrent qu’entre 81 et 89% de la population pourrait être infectée. Soit entre 20% et 30% de plus que le seuil pour atteindre l’immunité collective. Cela représente potentiellement 20 millions de personnes infectées en plus dans un pays comme la France.

    Nous ne connaissons pas précisément le taux de létalité du virus. Les chiffres dont nous disposons sont tous biaisés, et a priori largement surestimés, par l’absence de tests systématiques dans la population. Plus on dépiste, plus on détecte des personnes contaminées présentant peu ou pas de symptômes, plus ce taux est bas. Mais aussi bas soit ce taux, lorsqu’il est multiplié par des dizaines de millions de personnes, les morts se compteraient très probablement en centaines de milliers. Par ailleurs, l’austérité budgétaire et l’affaiblissement des systèmes de santé doivent être intégrés dans l’équation. La létalité du Covid-19 est visiblement provoquée par un choc cytokinique qui nécessite une prise en charge en soin intensifs avec respirateurs. Plus la pénurie de respirateurs est grande, plus la mortalité est haute, plus les équipes médicales doivent choisir qui maintenir en vie et qui sacrifier par manque de moyens. C’est sûrement ce qui explique les taux de mortalité très élevés par rapport à d’autres pays en Italie, en Espagne et dans une moindre mesure en France (bien que cela pourrait s’aggraver au pic de l’épidémie) qui sont mal équipés en nombre de lits en « soins aigus ».

    Dans la plupart des pays, ces chiffres ne sont pas assumables par les gouvernements en place. Et ce sont ces projections qui ont poussé partout le pouvoir à confiner les populations malgré la crise économique majeure et les conséquences sociales dramatiques que cela entraine.

    En effet, la distanciation sociale permet de ralentir la progression du virus, d’aplatir le pic, et donc de diminuer l’afflux de malades en détresse à l’hôpital. Ce processus est décrit de façon très intuitive dans le Washington Post (https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator). La distanciation sociale peut recourir à plusieurs mécanismes, de la fermeture des écoles jusqu’au confinement total. L’étude publiée le 16 mars par l’Imperial College COVID-19 Response Team (https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/sph/ide/gida-fellowships/Imperial-College-COVID19-NPI-modelling-16-03-2020.pdf) réalise des projections du nombre de lits occupés en soins intensifs en fonction de plusieurs scénarios de confinements. Si cette étude est forcément incomplète, notamment car les courbes dépendent du moment où les mesures sont mises en œuvre, cela nous montre que les mesures de confinement, dans le cas où aucun traitement ne serait trouvé, devraient s’étaler jusqu’à la fin de l’année 2021 pour que la population atteigne les 60% d’immunisés. Dans le cas contraire, tout relâchement du confinement pourrait correspondre à un nouveau développement incontrôlé de l’épidémie dans la population.

    Mais comment imaginer que la situation que nous vivons depuis une semaine en France se poursuivent pendant des mois ? Ce n’est tenable ni économiquement, ni socialement. Ce n’est pas le propos de cet article (pour cela voir le texte de Mimosa Effe : https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences), mais le #confinement_de_classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    Nous l’avons vu, le confinement est d’abord imposé par la faillite de notre système de santé et l’impréparation au risque de pandémie qui sont dues à l’austérité imposée par les gouvernements successifs en France et en Europe. Dans la forme qu’il prend, généralisé dans la vie sociale mais pas au travail, de classe, policier, il est la solution que les capitalistes pensent avoir trouvé pour limiter la casse et maintenir au maximum leur place dans la concurrence internationale. Mais la gestion capitaliste de cette épidémie est marquée par l’impossibilité de planifier une quelconque sortie de crise. Un gouvernement anticapitaliste, au service de la population, motivé par la santé plutôt que par les profits, pourrait mettre en place une toute autre politique.

    Existe-t-il une troisième voie ? De toute urgence prendre des mesures anticapitalistes pour sortir du confinement !

    Il ne s’agit pas ici de dire que le confinement pourrait être levé du jour au lendemain. Nous l’avons vu, étant donné les conditions d’impréparation des gouvernements et la dégradation des capacités de l’hôpital public à supporter une telle épidémie, le confinement était la seule solution pour éviter une mortalité élevée. En ce sens, toutes les initiatives syndicales ou de travailleurs.euses pour stopper le travail - et se protéger - dans les productions non-essentielles sont fondamentales. Le slogan « nos vies valent plus que leurs profits » prend ici tout son sens. Il est également fondamental de dénoncer le gouvernement qui nous explique qu’il faut renforcer le confinement mais continuer à travailler, bien au-delà des secteurs essentiels à la lutte contre l’épidémie. Pénicaud, Macron, Philippe sont plus préoccupé.e.s par le maintien des profits que par notre santé. Les scandaleuses mesures contre le droit du travail, les 35h, nos congés, articulées au renforcement de l’Etat policier, ont été prise au moment où la sidération était la plus haute dans la population.

    Mais il est indispensable maintenant de déterminer quelles sont les conditions qui permettraient d’envisager la levée du confinement à très court terme :

    – Il faut de tout urgence pratiquer le dépistage de masse. D’ailleurs, entre les lignes, le Ministre Olivier Veran reconnait lors de sa dernière conférence de presse (https://www.youtube.com/watch?v=wpGjmCkLDHs

    ) que le confinement ne pourra être levé que lorsqu’il sera possible d’effectuer plus de dépistages revenant sur la communication gouvernementale qui affirmait que le dépistage n’était plus un outil en phase 3. Le dépistage de masse permet de n’isoler que les malades et leur entourage. Il permet également une prise en charge précoce des patients considérés comme « à risque » et ainsi de diminuer la létalité du virus. Le problème, c’est que le fournisseur n’arrive pas à suivre la demande en kit de dépistage (https://www.thermofisher.com/order/catalog/product/11732088#/11732088). Il faut donc de toute urgence organiser la production de kits de dépistages en réquisitionnant les entreprises du secteur et en passant outre les brevets.

    – De toute urgence également, il faut injecter des moyens dans la santé et l’hôpital public pour augmenter les capacités de prise en charge des patients en détresse respiratoire. C’est l’inverse des politiques menées jusqu’alors qui font fonctionner l’hôpital comme une entreprise, en flux tendu, incapable de s’adapter à des situations d’urgence. Pour l’instant, le gouvernement a débloqué 2 milliards d’euros pour l’hôpital. Dans le même temps, il injecte 43 milliards dans l’économie et garantit 350 milliards d’euros aux entreprises privées !

    – Pour augmenter le nombre de lits en soins intensifs et protéger celles et ceux qui travaillent il faut réorganiser en profondeur l’appareil industriel pour planifier les productions utiles à résoudre la crise sanitaire : masques, respirateurs, oxygène… En ce sens, il faut soutenir l’action de la CGT qui demande la réouverture et la nationalisation de Luxfer, seule usine d’Europe à produire des bouteilles d’oxygène médical fermées. C’est un bon exemple qui pourrait se poser pour d’autres productions.

    Enfin, l’attention est captée à une échelle assez large sur la mise en place d’un traitement. Le plus prometteur, la chloroquine (ou son dérive l’hydroxy chloroquine) est testée dans plusieurs pays et de nombreux services hospitaliers, y compris en France, ont commencé à l’utiliser sur des malades. Ce médicament semble réduire la charge virale et la durée du portage du virus. Si ce traitement s’avère efficace, la question de la nationalisation de l’industrie pharmaceutique va devenir compréhensible à une échelle très large.C’est peut-être la peur de cette évidence qui motive les grands groupes du secteur à anticiper en proposant de fournir ce traitement gratuitement, que ce soit #Sanofi (https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-sanofi-pret-a-offrir-aux-autorites-francaises-des-millions-) ou #Novartis (https://www.lefigaro.fr/flash-eco/coronavirus-novartis-offre-130-millions-de-doses-de-chloroquine-20200320) !

    Ainsi, nous pouvons affirmer que le confinement aurait pu être largement réduit, voire évité, en généralisant les dépistages, en développant les capacités d’accueil de l’hôpital public et en accélérant les tests sur des traitements antiviraux.

    Ce plan d’urgence n’est possible à court terme que si l’on s’affronte au capitalisme. Il faut reprendre le contrôle, sans indemnité ni rachat, sur l’appareil productif, notamment dans le domaine de la santé, des protections pour les salariés, de l’industrie pharmaceutique et biochimique.

    Macron et son gouvernement, LR et le PS avant lui, portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle. L’heure de solder les comptes arrivent. Les réponses anticapitalistes pourraient alors apparaître comme une solution à une échelle inédite jusqu’alors. Pour cela, sans attendre la fin du confinement, il nous faut renforcer les réseaux de solidarité, les réseaux militants pour recommencer à agir dans la situation.

    https://npa2009.org/idees/sante/pour-sortir-du-confinement-un-plan-durgence-anticapitaliste
    #anticapitalisme #anti-capitalisme #austérité #hôpitaux #lits #masques #réserves_stratégiques #stock #respirateurs #recherche #rigueur_budgétaire #immunité_collective #immunité_de_groupe #létalité #taux_de_létalité #tests #dépistage #choc_cytokinique #distanciation_sociale #flattening_the_curve #aplatir_la_courbe #vie_sociale #travail #atomisation #Etat_policier #impréparation #troisième_voie #droit_du_travail #dépistage_de_masse #soins_intensifs #industrie #nationalisation #Luxfer #chloroquine #industrie_pharmaceutique #responsabilité

    ping @simplicissimus @fil @reka

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    Citation sélectionnée pour @davduf :

    Le confinement de classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    • Le confinement, la destruction du #lien_social et ses conséquences

      Le 19 mars l’Assemblée rejetait l’amendement visant à prolonger le délai d’#avortement pendant la crise sanitaire. Si ce n’est finalement que peu étonnant de la part des députés LREM, ce rejet est révélateur de quelque chose de plus profond. Le confinement de la population va mettre en danger massivement les #femmes et les #classes_populaires de manière générale.

      Quelle que soit la façon dont certains ont essayé de le tourner, le confinement est profondément inégalitaire. Il y a ceux et celles qui ont un logement pour se confiner et les autres qui n’en ont pas, celles et ceux qui ont un logement décent et les autres qui ont un logement insalubre, celles et ceux qui ont une maison avec un jardin et celles et ceux qui doivent se pencher à la fenêtre pour respirer de l’air frais.

      Le message du gouvernement à l’aide de mesures coercitives violentes (oui les amendes sont effectives et en Seine-Saint-Denis elles ont conduit à des arrestations et des garde-à-vue) fait croire à la portée individuelle du confinement sans prise en charge collective de ses répercussions. Face à cela, certainEs ont essayé de mettre en place des réseaux de solidarité dans les immeubles, dans les quartiers, ... Si ces réseaux sont nécessaires et même indispensables, ils ne contrebalancent pas les problèmes qui se posent avec le confinement et qui vont forcément causer là aussi des morts, et parfois ils confortent même dans l’idée qu’il faut nécessairement rester chez soi : promener son chien, faire du jogging serait dangereux. Le propos de cet article n’est pas de dire que le confinement est inutile pour contrer le Covid-19 mais que le confinement n’est pas viable à moyen terme, c’est pourquoi la sortie de crise ne peut venir que de la mise en place d’un plan d’urgence visant à dépister et à soigner ce qui veut dire concrètement donner des moyens aux personnels de santé et des moyens de protection à la population.

      Le confinement face à l’organisation sociale de la dernière phase du capitalisme

      Le confinement dans l’histoire n’a jamais été une partie de plaisir, mais elle pose question dans le capitalisme tel qu’il s’organise aujourd’hui. Depuis les trente dernières années : on peut dire que la tendance à détruire les structures familiales est plutôt lourde. Les foyers composés de personnes seules s’élèvent à 35% des foyers (20% des femmes et 15% des hommes) auxquels se rajoutent presque 9% de familles monoparentales (dont le gros du contingent est composé de femmes). La grande majorité des foyers composés d’une personne seule ont plus de 65 ans (plus de 70%)1. Le problème c’est qu’avec cette épidémie ce sont ces mêmes personnes considérées comme vulnérables qui vont donc se retrouver complètement isolées.

      De l’autre côté, l’on sait aussi qu’un ménage sur douze vit dans un logement surpeuplé, 18% des logements sont considérés comme trop bruyant (donc mal isolés), 22% n’ont pas de système de chauffage efficient et près de 13% ont des problèmes d’humidité.2

      Le confinement produit aussi des rapports au travail qui accentuent ce qui existait auparavant : d’une part il y a ceux qui télétravaillent et ceux qui continuent de travailler dans des conditions de sécurité face au virus alarmantes et avec l’idée que le travail s’accompagne de toute une série de mesures restrictives.3 Mais à cela, il faut encore ajouter que le télétravail n’est pas le même pour tout le monde (que l’on soit cadre ou que l’on fasse un travail administratif) surtout quand l’on se retrouve face à un travail qui s’accompagne de plus en plus d’une perte de sens, d’autant plus qu’il envahit la sphère privée et que les loisirs sont considérablement réduits. Quant aux précaires, aux étudiantEs, à celles et ceux qui travaillaient sans contrat de travail, c’est une situation dramatique qui s’ouvre sans qu’aucune aide ne soit prévue si ce n’est un chômage auxquels ils n’ont pas tous droit.

      De plus, le système capitaliste entraîne une détresse psychologique : la dépression, le suicide ou les tentatives de suicides vont s’accentuer avec la perte de lien social, la perte d’activités émancipatrices et une vie tournée autour du travail.

      Toute la prise en charge associative, comme du service public de ses éléments là, comme de la prise en charge de l’extrême pauvreté va être ou drastiquement réduite voire inexistante.

      Dans le confinement, les femmes trinquent (et meurent !)

      Outre la question de l’avortement dont nous avons parlé plus haut, les femmes vont subir une répercussion violente du confinement. Elles assumeront plus de tâches ménagères qu’à l’ordinaire et de tâches de soin, et on le sait ce sont elles qui dans la plupart des foyers assumeront le suivi de « l’école à la maison » et d’occuper les enfants, sans compter les familles monoparentales ou les mères se retrouveront seules face à l’éducation de leurs enfants.

      Le confinement va augmenter les violences intra-familiales et en particulier les violences conjugales, c’est déjà ce qu’a révélé l’expérience du Wuhan4. Là encore, ces violences seront encore moins prises en charge qu’avant puisque le 3919 ne fonctionne plus pendant cette crise contrairement à ce qu’avait annoncé Marlène Schiappa.5 Au sixième jour du confinement, cette tendance est d’ailleurs aussi relatée par la FCPE ce dimanche.6

      Le manque d’accès à l’avortement pourra provoquer des recherches de solutions mettant en danger les femmes subissant des grossesses non-désirées quand celles-ci ne provoqueront tout simplement pas le suicide.

      Dans le même temps, on pourra noter que les adolescents LGBT confrontés en permanence à l’homophobie pourraient là aussi augmenter les tentatives de suicides et les suicides, alors même que c’est déjà une cause importante de suicides chez les adolescentEs.

      Ajoutons à cela que des secteurs largement féminisés se trouve en première ligne de la gestion de la maladie : infirmières, caissières, ...

      L’isolement des individus entraîne une baisse de la conscience de classe

      Le confinement produit un rapport de force dégradé de manière objective. En ce moment, des lois d’exception sont en train de passer à l’Assemblée diminuant nos droits, sans possibilité de riposte et si la légitimité du gouvernement reste affaiblie, les mesures prises rencontrent au moins une part de consentement. Si c’est le cas, c’est bien parce que la crise que l’on rencontre, a de grosses difficultés à être résolue par le système sans faire des milliers de morts.

      Individuellement, les gens ne peuvent pas se protéger et pour une grande majorité restent donc chez eux de peur (et cette peur est fondée) de devenir malade ou de l’être déjà et de contaminer d’autres personnes. Le problème c’est que sans dépistage massif et traitement le confinement risque de durer longtemps.

      Or, isolément, les gens ne peuvent d’une part pas s’organiser (ce qui dégrade le rapport de force) et de l’autre entraîne une baisse de la conscience de classe dans ce qu’elle a de plus simple car c’est l’organisation du travail qui fonde objectivement cette conscience. De plus, le confinement, repose sur le consentement d’une population à être confinée : c’est d’ailleurs par les réseaux sociaux, mais aussi dans la presse ou dans son entourage une pression sociale à « Restez chez vous », mais aussi à prendre le temps de lire ou de se cultiver.

      De fait cette pression sociale, construit alors le modèle de ceux qui y arriveraient en étant forts, en ayant accès à de la culture ou à des habitudes culturelles. Les vieux qui vivent seuls, les dépressifs, les pauvres, ceux qui n’ont pas accès à la culture se retrouveraient alors mis à l’amende.

      Pour l’instant, cette idéologie ne se fait que sous forme de pression, mais elle pourrait produire autre chose, elle passerait alors du consentement à la collaboration : elle est déjà en partie à l’œuvre de manière minoritaire, elle passe par la délation de celles et ceux qui sortent et la volonté d’un durcissement des mesures coercitives.

      Le confinement ne peut qu’être une mesure à court terme, sinon les effets violents décrits auront des effets durables, surtout si, comme c’est le cas aujourd’hui le mouvement ouvrier ne riposte pas.

      https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences
      #confinés #non-confinés #inégalités #logement #mesures_coercitives #amendes #Seine-Saint-Denis #arrestations #garde_à_vue #rester_chez_soi #isolement #télétravail #chômage #détresse_psychologique #santé_mentale #école_à_la_maison #soins #care #tâches_ménagères #conscience_de_classe #lois_d’exception

  • Dans les cliniques privées : les soignants attendent des masques, les actionnaires des compensations
    https://www.bastamag.net/Covid-19-Coronavirus-Cliniques-privees-requisition-lits-reanimation-plan-b

    Dans la situation d’urgence sanitaire, les cliniques privées à but lucratif sont appelées à annuler leurs interventions non urgentes et à accompagner l’hôpital public pour l’accueil des patients Covid-19. Quel sera le prix à payer pour ces « réquisitions » ? Face à la vague de nouveaux cas sévères de Covid-19 qui s’annonce et à l’impérieux besoin de places en réanimation, les cliniques privées de France sont mises à contribution. C’est une demande expresse du ministère de la #Santé_et de ses agences régionales (...) #Décrypter

    / Quel avenir pour nos protections sociales ?, #Enquêtes, Santé , #Multinationales, (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ? #Capitalisme

  • Surviving the Virus: An Anarchist #Guide

    Capitalism in Crisis—Rising Totalitarianism—Strategies of Resistance

    The pandemic is not going to pass in the next few weeks. Even if strict confinement measures succeed in cutting the number of infections down to what it was a month ago, the virus could resume spreading exponentially again as soon as the measures are suspended. The current situation is likely to continue for months—sudden curfews, inconsistent quarantines, increasingly desperate conditions—though it will almost certainly shift form at some point when the tensions within it boil over. To prepare for that moment, let’s protect ourselves and each other from the threat posed by the virus, think through the questions about risk and safety that the pandemic poses, and confront the disastrous consequences of a social order that was never designed to preserve our well-being in the first place.

    Surviving the Virus

    Longstanding anarchist forms of organization and security have a lot to offer when it comes to surviving the pandemic and the panic it is causing.
    Form an Affinity Group

    The prospect of quarantine tells us a lot about how we were already living. Those who live in close-knit families or joyous collective houses are in a much better situation than those in broken marriages and those who have big empty houses all to themselves. This is a good reminder of what really matters in life. Despite the models of safety that are represented by the bourgeois dream of nuclear family home ownership and the US foreign policy that reflects it, togetherness and care are much more important than the kind of security that depends on fencing out the whole world.

    “Social distancing” must not mean total isolation. We won’t be safer if our society is reduced to a bunch of atomized individuals. That would neither protect us from the virus nor from the stress of this situation nor from the power grabs that capitalists and state authorities are preparing to carry out. As much as the elderly are at risk from the virus, for example, older people are already dangerously isolated in this society; cutting them off from all contact with others will not preserve their physical or mental health. All of us need to be embedded in tight-knit groups in a way that maximizes both our safety and our collective capacity to enjoy life and take action.

    Choose a group of people you trust—ideally people you share day to day life with, all of whom share similar risk factors and levels of risk tolerance. For the purposes of surviving the virus, this is your affinity group, the basic building block of decentralized anarchist organization. You don’t necessarily need to live in the same building with them; the important thing is that you can cut down your risk factors to those you all share and feel comfortable with. If your group is too small, you’ll be isolated—and that will especially be a problem if you get sick. If your group is too big, you’ll face needless risk of infection.

    Talk with each other until you arrive at a set of shared expectations as to how you will engage with the risk of contagion. This could be anything from total physical isolation to remembering to use hand sanitizer after touching surfaces in public. Within your group, as long as no one has the virus, you can still hug, kiss, make food together, touch the same surfaces—as long as you agree about the level of risk you are collectively ready to tolerate and communicate about it when a new risk factor arises.

    This is what anarchists call security culture—the practice of establishing a set of shared expectations to minimize risk. When we’re dealing with police repression and the surveillance of the state, we protect ourselves by sharing information on a need-to-know basis. When we’re dealing with a virus, we protect ourselves by controlling the vectors along which contagions can spread.

    It’s never possible to avoid risk altogether. The point is to determine how much risk you are comfortable with and conduct yourself in such a way that if something goes wrong, you won’t have any regrets, knowing you have taken all the precautions you deemed necessary. Sharing your life with an affinity group, you get the best parts of both caution and conviviality.

    For resources on how to continue organizing via secure digital platforms with other comrades despite “social distancing,” read this: https://www.systemli.org/en/2020/03/15/solidarity-as-infrastructure.html.

    Form a Network

    Of course, your affinity group alone won’t suffice to meet all your needs. What if you need resources that none of you can safely access? What if you all get sick? You need to be connected to other affinity groups in a network of mutual aid, so that if any group in the network gets overwhelmed, the others can come to their aid. Participating in a network like this, you can circulate resources and support without all needing to expose yourselves to the same level of risk. The idea is that when people from different groups within the network interact, they employ much stricter safety measures, so as to minimize additional risk.

    The phrase “mutual aid” has been thrown around a lot lately, even by politicians. In its proper sense, mutual aid does not describe a program that provides unidirectional assistance for others the way a charity organization does. Rather, it is the decentralized practice of reciprocal care via which participants in a network make sure that everyone gets what they need, so that everyone has reason to be invested in everyone else’s well-being. This is not a matter of tit-for-tat exchange, but rather an interchange of care and resources that creates the sort of redundancy and resilience that can sustain a community through difficult times. Mutual aid networks thrive best when it is possible to build up reciprocal trust with others over a long period of time. You don’t have to know or even like everyone else in the network, but everyone has to give enough to the network that together, your efforts create a sense of abundance.

    The framework of reciprocity might seem to lend itself to social stratification, in which people from similar social classes with similar access to resources gravitate to each other in order to get the best return on the investment of their own resources. But groups from different backgrounds can have access to a wide range of different kinds of resources. In these times, financial wealth may prove much less valuable than experience with plumbing, the ability to speak a particular dialect, or social ties in a community you never thought you’d find yourself depending on. Everyone has good cause to extend their networks of mutual aid as far and wide as possible.

    The fundamental idea here is that it is our bonds with others that keep us safe, not our protection from them or our power over them. Preppers who have focused on building up a private stockpile of food, gear, and weapons are putting the pieces in place for an each-against-all apocalypse. If you put all your energy into individual solutions, leaving everyone around you to fight for survival on their own, your only hope is to outgun the competition. And even if you do—when there’s no one else to turn those guns on, you’ll be the last one left, and that gun will be the last tool at your disposal.
    How We Relate to Risk

    The appearance of a new potentially lethal contagion compels all of us to think about how we relate to risk. What’s worth risking our lives for?

    On reflection, most of us will conclude that—all other things being equal—risking our lives just to keep playing our role in capitalism is not worth it. On the other hand, it might be worth it to risk our lives to protect each other, to care for each other, to defend our freedom and the possibility of living in an egalitarian society.

    Just as being completely isolated is not safer for the elderly, trying to avoid risk entirely won’t keep us safe. If we keep strictly to ourselves while our loved ones get sick, our neighbors die, and the police state takes away every last vestige of our autonomy, we will not be safer. There are many different kinds of risk. The time is probably coming when we will have to rethink what risks we are prepared to take in order to live with dignity.

    This brings us to the question of how to survive all the needless tragedies that governments and the global economy are heaping upon us in the context of the pandemic—not to mention all the needless tragedies they were already creating. Fortunately, the same structures that can enable us to survive the virus together can also equip us to stand up to them.

    Surviving the Crisis

    Let’s be clear: totalitarianism is no longer a threat situated in the future. The measures being implemented around the world are totalitarian in every sense of the word. We are seeing unilateral government decrees imposing total travel bans, 24-hour-a-day curfews, veritable martial law, and other dictatorial measures.

    This is not to say that we should not be implementing measures to protect each other from the spread of the virus. It is simply to acknowledge that the measures that various governments are implementing are based in authoritarian means and an authoritarian logic. Think about how much more resources are being poured into the military, the police, the banks, and the stock market than into public health care and resources to help people survive this crisis. It’s still easier to get arrested for loitering than to get a test for the virus.

    Just as the virus shows us the truth about how we were already living—about our relationships and our homes—it also shows us that we were already living in an authoritarian society. The arrival of the pandemic just makes it formal. France is putting 100,000 police on the streets, 20,000 more than were deployed at the high point of the gilets jaunes protests. Refugees in need of asylum are being turned away along the borders between the US and Mexico and between Greece and Turkey. In Italy and Spain, gangs of police attack joggers in empty streets.
    https://vimeo.com/398582259

    In Germany, the police in Hamburg have taken advantage of the situation to evict a self-organized refugee tent that had been standing for several years. Despite the quarantine, the police in Berlin are still threatening to evict an anarchist collective bar. Elsewhere, police dressed in full pandemic stormtrooper regalia raided a refugee center.

    Worst of all, all this is occurring with the tacit consent of the general population. The authorities can do virtually anything in the name of protecting our health—right up to killing us.

    As the situation intensifies, we will likely see the police and the military employing increasingly lethal force. In many parts of the world, they are the only ones who are able to gather freely in large numbers. When police comprise the only social body that is able to gather en masse, there is no word other than “police state” to describe the form of society we live in.

    There have been signs that things were heading in this direction for decades. Capitalism used to depend on keeping a massive number of workers available to perform industrial labor—consequently, it was not possible to treat life as cheaply as it is treated today. As capitalist globalization and automation have diminished dependence on workers, the global workforce has shifted steadily into the service sector, doing work that is not essential to the functioning of the economy and therefore less secure and well-paid, while governments have become increasingly dependent on militarized police violence to control unrest and anger.

    If the pandemic goes on long enough, we will probably see more automation—self-driving cars pose less threat of infection to the bourgeoisie than Uber drivers—and the displaced workers will be divided up between the repression industries (police, military, private security, private military contractors) and precarious workers who are forced to take on great risk to make a few pennies. We’re accelerating into a future in which a digitally connected privileged class performs virtual labor in isolation while a massive police state protects them from an expendable underclass that takes most of the risks.

    Already, billionaire Jeff Bezos has added 100,000 jobs to Amazon, anticipating that his company will drive local stores everywhere out of business. Likewise, Bezos won’t give his Whole Foods employees paid leave despite the constant risk they face in the service sector—though he is giving them a $2 raise through April. In short, he still considers their lives worthless, but he admits that their deaths should be better paid.

    In this context, there is bound to be revolt. It is likely that we will see some social reforms aimed at placating the population—at least temporary ones to mitigate the impact of the pandemic—but that they will arrive alongside the ever-increasing violence of a state that no one can imagine doing without, insofar as it is misunderstood as the protector of our health.

    In fact, the state itself is the most dangerous thing to us, as it enforces the drastically uneven distribution of resources that compels us to face such imbalanced distributions of risk. If we want to survive, we can’t just demand more equitable policies—we also have to delegitimize and undermine the power of the state.
    Strategies of Resistance

    Towards that end, we’ll conclude with a few strategies for resistance that are already getting off the ground.
    Rent Strikes

    In San Francisco, the housing collective Station 40 has led the way by unilaterally declaring a rent strike in response to the crisis:

    “The urgency of the moment demands decisive and collective action. We are doing this to protect and care for ourselves and our community. Now more than ever, we refuse debt and we refuse to be exploited. We will not shoulder this burden for the capitalists. Five years ago, we defeated our landlord’s attempt to evict us. We won because of the the solidarity of our neighbors and our friends around the world. We are once again calling on that network. Our collective feels prepared for the shelter-in-place that begins at midnight throughout the bay area. The most meaningful act of solidarity for us in this moment is for everyone to go on strike together. We will have your back, as we know you will have ours. Rest, pray, take care of each other.”

    For millions of people who will not be able to pay their bills, this makes a virtue of necessity. Countless millions who live from one paycheck to the next have lost their jobs and income already and have no way to pay April’s rent. The best way to support them is for all of us to go on strike, rendering it impossible for the authorities to target everyone who does not pay. Banks and landlords should not be able to continue profiting on renters and mortgages when there is no way to earn money. That’s just common sense.

    This idea has already been circulating in many different forms. In Melbourne, Australia, the local branch of the Industrial Workers of the World is promoting a COVID-19 Rent Strike Pledge. Rose Caucus is calling for people to suspend rent, mortgage, and utility payments during the outbreak. In Washington state, Seattle Rent Strike is calling for the same. Chicago tenants are threatening a rent strike alongside people in Austin, St. Louis, and Texas. In Canada, there is organizing in Toronto, Kingston, and Montreal. Others have circulated documents calling for a rent and mortgage strike.

    For a rent strike to succeed on a countrywide level, at least one of these initiatives will have to gain enough momentum that large numbers of people will be certain they will not be left high and dry if they commit to participating. Yet rather than waiting for a single mass organization to coordinate a massive strike from above, it is best for these efforts to begin at the grassroots level. Centralized organizations often compromise early in the process of a struggle, undercutting the autonomous efforts that give such movements power. The best thing we could do to come out of this experience stronger would be to build networks that can defend themselves regardless of decisions from on high.

    Labor and Transit Strikes

    Hundreds of workers at the Atlantic shipyards in Saint-Nazaire went on strike yesterday. In Finland, bus drivers refused to take payments from riders in order to increase their safety from contagion and protest against the risks they are being exposed to, showing in the process that public transit could be free.

    If ever there was a good time for the embattled and precarious working class to show strength through strikes and work stoppages, this is it. For once, much of the general population will be sympathetic, as the interruption of business as usual can also diminish the risk of the virus spreading. Rather than seeking to improve the individual circumstances of particular employees through wage increases, we believe the most important thing is to build networks that can interrupt business as usual, disrupt the system as whole, and point towards the revolutionary introduction of alternative ways of living and relating. At this point, it is easier to imagine the abolition of capitalism than to imagine that even under these circumstances, it could be reformed to serve all of our needs in a just and equitable manner.
    Prison Revolts

    Revolts in Brazilian and Italian prisons have already resulted in several escapes, including mass escapes. The courage of these prisoners should remind us of all the targeted populations that are kept out of public view, who will suffer the most during catastrophes like this.

    It can also inspire us: rather than obeying orders and remaining in hiding as the entire world is converted into a matrix of prison cells, we can act collectively to break out.

    https://fr.crimethinc.com/2020/03/18/surviving-the-virus-an-anarchist-guide-capitalism-in-crisis-rising-to
    #anarchisme #coronavirus #résistance #totalitarisme #capitalisme #solidarité #réseau
    via @mobileborders

  • Les #femmes travaillent, les hommes accumulent…
    http://www.laviedesidees.fr/Celine-Bessiere-Sibylle-Gollac-genre-capital.html

    À propos de : Céline Bessière, Sibylle Gollac, Le #genre du capital, La Découverte. Grâce à une enquête ethnographique leur ayant permis de pénétrer notamment dans les coulisses des études de notaires et cabinets d’avocats, deux sociologues montrent l’origine de profondes inégalités de genre dans la répartition du #patrimoine familial.

    #Société #capitalisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200323_baudelot.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200323_baudelot.docx

    • http://davidharvey.org/2020/03/anti-capitalist-politics-in-the-time-of-covid-19


      Voici deux joyeux spéculateurs de la bourse caca qui on touché le gros lot après avoir investi massivement dans du papier toilette. C’est à peu près l’état d’esprit actue des patrons de big pharma .

      Corporatist Big Pharma has little or no interest in non-remunerative research on infectious diseases (such as the whole class of corona viruses that have been well-known since the 1960s). Big Pharma rarely invests in prevention. It has little interest in investing in preparedness for a public health crisis. It loves to design cures. The sicker we are the more they earn. Prevention does not contribute to share-holder value. It might even diminish it. The business model applied to public health provision eliminated the surplus coping capacities that would be required in an emergency. Prevention was not even an enticing enough field of work to warrant public private partnerships.

      #capitalisme #iatrocratie

  • #Que_faire ?

    L’État doit agir avant que le pire advienne. Des milliers de vies sont en jeu. Il faut cesser de mentir. Les #solutions sont connues. Il faut prendre les bonnes #décisions. Maintenant, toute de suite : des #tests, des #masques et des #lits.

    Je suis devant mon écran en ce 21 mars, 6ème jour de confinement, le 2ème jour d’un printemps qu’on a oublié. Il est 15h. Il pleut. 100 messages tombent chaque heure sur mon ordinateur. Je n’arrive plus à les lire. J’essaie de répondre aux urgences, mais je ne sais plus quelles sont les #urgences. Il n’y a que des urgences. Les nouvelles, les analyses et les projections, toutes plus catastrophiques les unes que les autres, tombent comme des obus dans un champ de bataille. Je signe des pétitions, je participe à la rédaction d’appels, je me nourris de l’illusion d’avoir peut-être sauvé des vies en faisant voter un avis de CHSCT, j’alerte dans tous les sens et je ne sais plus où est le sens. Je m’arrête un instant, je respire, je ferme les yeux.

    Je revois le visage de la jeune caissière du supermarché, où je suis allé faire les provisions du confiné. C’était hier. J’étais masqué, presque seul à porter le sésame. Un peu honteux avec mon vieux FFP2 de gilet jaune, au milieu de petits vieux sans masques, d’enfants sans masque et de jeunes caissières sans masque. Ou alors avec un bout de tissus bricolé qu’elles portaient depuis des heures et dans lequel elles transpiraient. J’ai dit à la jeune caissière sans masque qu’elle devait porter un masque ou faire valoir son #droit_de_retrait. Elle m’a dit qu’elle n’avait pas de droit de retrait parce qu’elle avait droit à un masque par jour, un masque en tissu qu’elle ne supportait plus. Alors, en regardant ces jeunes visages et ces jeunes vies sans protection que le virus s’apprêtait à couronner, je me suis dit ceci : les salauds qui ont contraint des milliers de #caissières et d’#ouvriers à travailler sans aucune #protection, au #risque de leur santé et de leur vie, vont devoir payer. Payer très cher. Pas tout de suite parce qu’il y a des priorités, mais ils vont payer. Nous n’oublierons pas. Oui, me dis-je, je vais écrire un billet sur le #capitalisme_de_crise et la #guerre_sociale qui conduit à toujours sacrifier les plus pauvres, les travailleurs et les travailleuses auxquelles on va donner une #prime de la honte en échange de leur sacrifice pour le capitalisme mondialisé et les quelques pourritures couronnées qui nous gouvernent. Le « #En_même_temps » du #confinement et de l’#injonction_à_travailler. Le « En même temps » de Macron n’est plus seulement une #imposture permanente : il devient un #crime. Oui, me dis-je, il faut dénoncer ça pour empêcher le crime de masse qui se déroule sous nos yeux.

    Je rouvre les yeux. Une notification de ma messagerie cryptée me réveille de mon cauchemar. Je prends mon téléphone et lit les messages. On débat d’un projet d’action en extérieur avec un objectif noble. Il s’agit de #sauver_des_vies. Et pour sauver des vies il faut enfreindre le confinement. Une majorité s’oppose à toute prise de risque. Au nom des personnels de santé, pour les personnels de santé, par respect pour leur demande, pour leurs vies. On propose des pancartes aux fenêtres et des chants contre Macron, tous ensemble à 20h : « On est là ! Même si Macron ne le veut pas, nous on est là ! ». Je leur écris que j’écris un billet sur « Nous », les #confinés_en_colère, les confinés déter. Ceux que Macron enferme dans une prison un jour et à laquelle il met le feu le lendemain. C’était mon projet de billet d’avant-hier, quand Macron annonce à l’Institut Pasteur les 5 milliards pour la recherche. Je me dis alors : « Ouah, on a gagné la suspension des retraites, et là on va gagner le combat pour le refinancement de la recherche ». Las, ce n’est pas 5 milliards tout de suite pour le PLFR, c’est 5 milliards sur 10 ans et dans le cadre de la #LPPR, dont Macron reparle explicitement à l’occasion de son annonce. Le projet de loi était suspendu. Il le ressort au moment où il suspend la démocratie. Je reprends mes notes de jeudi soir :

    Macron annonce la suspension de toutes les réformes en cours ;
    Le peuple, conscient de l’intérêt général, consent au confinement et à la suspension provisoire de la #démocratie pour sauver le maximum de vies ;
    Et Macron réactive les #réformes au moment même il suspend la démocratie et annonce une attaque majeure contre le #droit_du_travail et les #acquis_sociaux (#35_heures et #congés).

    Question : #inconscience, #indécence ou #obscénité ? Pourquoi fait-il ça ? Est-il fou ? Je réfléchis un peu. Je repense au bonhomme, à ce "cas Macron" comme il y a un " cas Schreber". Il n’aura donc pas tenu plus de trois jours, le président. Il ne lui aura fallu que trois jours après le début du confinement pour retrouver son penchant le plus naturel à la #provocation_narcissique, au pied de nez bravache, à la vacherie anti-sociale. « Vous me voyez là, sans masque au milieu d’un labo, en train de faire la morale aux français confinés et annoncer tout de go que 5 milliards sont dégagés dans la cadre de la LLPR ». La LPPR qui mettait le feu aux poudres de l’université il y a deux semaines, le 5 mars exactement, quand l’université s’est arrêtée !

    Le confinement et tous ces #morts - passés, présents et à venir - sont une grande souffrance pour notre pays. Les #sacrifices sont et seront immenses. Chacun en a conscience. Et voilà un président, portant une #responsabilité insigne dans la gestion calamiteuse de la crise, qui passe son temps non seulement à rabrouer son peuple, mais aussi à narguer celles et ceux qui ont consenti au confinement et à la suspension de la démocratie. Celles et ceux qui ont consenti à sacrifier leur lutte et à mettre entre parenthèse le mouvement social. Et voilà encore que ce président met à profit cette suspension de nos libertés pour poursuivre la destruction des derniers acquis sociaux !

    Il faut que Macron fasse bien attention : le #consentement est là parce que le peuple est responsable, mais si le peuple consent ce jour, il consent avec une immense #colère contre l’indécence et l’obscénité de celui qui le nargue du haut d’un pouvoir qu’il usurpe et avilit. Ce président ne mérite plus aucun respect. Les #Gilets_jaunes ont inventé une chanson juste qui lui colle à la peau et ne le lâchera jamais : « #Macron_nous_fait_la_guerre ». Aujourd’hui il fait la guerre à un peuple confiné. Je me permets quelques analogies. Avec la relance de la LPPR le président-roi prenait plaisir à gifler un enfant dont il venait de lier les mains. Avec les 35 heures et les congés, ce ne sont plus des gifles qu’il assène, mais des coups de poing. Comment nomme-t-on un pays dans lequel on torture les citoyens emprisonnés ? Comment nomme-t-on un pays dans lequel on interdit aux manifestants de se protéger ? Comment nomme-t-on un pays dont la police éborgne et mutile ? Comment nomme-ton un pays où on empêche les malades de se protéger, par imprévoyance coupable et choix politiques irresponsables ? Que doivent faire des élus et les membres d’un gouvernement qui ont menti au peuple pour masquer leurs erreurs, leurs #fautes et leur #incompétence ?

    Macron a aujourd’hui une seule responsabilité, avant de quitter le pouvoir ou avant qu’il ne lui soit repris : sauver des vies. C’est tout ce qu’on attend de lui. C’est sa responsabilité et celle de son gouvernement, sa dernière responsabilité. Pour en finir avec toutes les #fautes, les #erreurs, les #mensonges, l’#incurie, les #atermoiements, l’#irresponsabilité_collective, aujourd’hui partout dénoncés, pour que le scandale d’Etat des masques, des tests et des lits finisse, pour sauver des milliers de vies, Macron et son gouvernement ont trois décisions à prendre. Elles sont simples : commander un milliard de masques tout de suite et les faire mettre en production par tous les moyens. Tester massivement la population pour que l’on sache qui est contaminé et qui doit par conséquent protéger autrui. Enfin construire dans les 2 semaines qui viennent au moins trois #hôpitaux_provisoires pour accueillir chacun 1000 malades. Les Chinois l’ont fait. Nous avons les moyens de le faire aussi. C’est ainsi qu’on sauvera des vies. Les 30 lits de l’Armée à Mulhouse nous font pleurer. Vous êtes obscènes jusque dans la communication et le ballet de vos avions. Vous n’avez rien compris. Vous avez laissé le Haut-Rhin contaminer le Bas-Rhin et la Franche-Comté pendant deux semaines alors que tout le monde vous mettait en garde contre ces décisions criminelles. Vous devrez répondre un jour de cela, et de bien d’autres choses. Alors aujourd’hui, si vous ne prenez pas ces trois décisions - les masques, les tests et les 3000 lits - vous aurez ajouté à l’indécence et à l’incompétence un véritable #crime_contre_l’humanité. Les morts vous regardent déjà au fond des yeux.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/210320/que-faire
    #dépistage #coronavirus

    • La semaine de SLU du 16 au 21 mars 2020

      Je meurs de l’absence de masques,

      Je meurs de l’absence de tests,

      Je meurs de l’absence de gel hydroalcoolique,

      Je meurs de l’absence de blouses dans les hôpitaux,

      Je meurs de l’absence d’antirétroviraux dans les hôpitaux,

      Je meurs de l’absence de nivaquine dans les hôpitaux, le royaume du Maroc ayant, lui, su acheter tout le stock à Sanofi,

      Je meurs de l’absence de lit de réanimation et de machines,

      Je meurs de la destruction de l’hôpital public,

      Je meurs des consignes efficaces des lean-managers : zéro-stock, zéro-bed,

      Je meurs de la mise en danger des personnels médicaux faute de moyens élémentaires,

      Je meurs de vivre dans un pays du tiers-monde, la France, non la france,

      Je meurs de la politique de Touraine,

      Je meurs de la politique de Buzyn,

      Je meurs de la politique de tous nos ministres de la recherche depuis 20 ans,

      J’aimerais ne pas mourir pour rien et puisque le Covid-19 c’est la guerre,

      qu’à la différence de la fin de la deuxième guerre mondiale où l’on a su tondre les femmes qui avaient couchés avec les allemands mais où les hauts fonctionnaires pétainistes passèrent au travers des gouttes,
      que cette fois-ci les responsables soient, pour une fois, déclarés #coupables.

      http://www.sauvonsluniversite.fr/spip.php?article8687

  • De l’#évaluation au doigt mouillé du #capitalisme (Johann Chapoutot, Libération, 04.03.2020)
    https://www.liberation.fr/debats/2020/03/04/de-l-evaluation-au-doigt-mouille-du-capitalisme_1780586

    Les bureaux d’études ont ensuite pris leur indépendance […] dans un mouvement d’autonomisation de la raison #technocratique qui aboutit au fantasme d’un gouvernement de la société, de l’économie et de la politique par les #experts. Ce fantasme, très présent dans les régimes autoritaires et totalitaires, de Vichy - avec son école des cadres d’Uriage - au IIIe Reich, ne fut pas boudé par les démocraties d’après-guerre.
    […]
    Les agents économiques toutefois (entendez : les investisseurs) ont besoin d’#information pour agir : les « agences de notation » ont ainsi émergé, pour « évaluer » les titres, les obligations, les Etats, les entreprises… Pour donner des repères, dans un monde économique qui les détruisait en masse.
    […]
    Rendant des verdicts au doigt mouillé, ces agences se sont à peu près tout le temps trompées sur tout (souvenons-nous qu’elles recommandaient avec ferveur les subprimes à l’été 2008 !), mais elles sont le couronnement de cet édifice évaluateur qui coiffe (ou étouffe) nos vies actives : avant même de noter notre prestataire Uber (qui nous note également), nous sommes (auto-)évalués partout, et tout le temps, sous l’injonction impérieuse de millions de personnes dont c’est le métier principal. Des gens qui ne font rien de concret, donc.

  • Lettre d’un soignant à ceux qui nous gouvernent – ACTA
    https://acta.zone/lettre-dun-soignant-a-ceux-qui-nous-gouvernent

    Vos politiques néolibérales, telles que vous les poursuivez depuis plusieurs années, ont abouti à cela (pour ne parler que du secteur médical). Avant le coronavirus déjà, et bien plus avec lui, il faudra que nous parvenions un jour à estimer le nombre de morts qui vous est dû. Vous pourrez alors vous préparer à en payer le prix, celui des criminels. Car votre monde est un crime organisé : le travail casse et tue, les patrons encaissent, les flics jouent les hommes de main, les politiques entérinent ça en droit. Et, tout en écrasant le secteur de la santé (coupes budgétaires, gestion managériale, objectifs de rentabilité, suppressions de poste et de matériel), vous nous confiez la précieuse mission d’agir en recycleur du capitalisme : assurer la reproduction de la force de travail en réparant les corps broyés pour les remettre à votre disposition sur le marché du travail. Nous le savons, et détestons trop souvent notre travail. Tiraillés entre l’envie profonde de prendre soin des autres, et le refus catégorique de répondre à vos missions. Entre le désir d’accompagner les patients parfois en détresse, et la course au temps et à l’argent qui nous est imposée. Et vous, vous savez pertinemment notre impuissance face à vos politiques assassines. Car s’y opposer signifie tout bloquer ; et tout bloquer, c’est inévitablement mettre en danger celles et ceux qui ont besoin de soins. On ne peut que tristement constater à quel point la grève massive des services d’urgences de ces derniers mois n’a abouti à rien (sans jamais bien sûr remettre en question le courage et la détermination de celles et ceux qui l’ont menée). Imaginez la rage de les voir vanter le mérite et l’abnégation des soignants en cette période de crise, du haut de leur hypocrisie.

    #colère

  • « Les connards qui nous gouvernent » par Frédéric Lordon, 19 mars 2020
    https://blog.mondediplo.net/les-connards-qui-nous-gouvernent

    Bien sûr ça n’est pas moi qui le dis — ça non. C’est Claude Askolovitch. Plus exactement, Claude Askolovitch rapporte les propos d’un « ami pneumologue ». En même temps, on sent qu’il les endosse un peu. Ça n’est pas exactement lui qui le dit mais un peu comme si quand même. En tout cas, tous les papiers de la respectabilité sont dûment tamponnés : un journaliste de France Inter et d’Arte, on pourra difficilement plus en règle. Et donc tout d’un coup, sans crier gare, le voilà qui parle, ou laisse parler, de nos gouvernants comme de « connards ».

    On se demande ce qui l’a piqué — en même temps il faut admettre : quand une vidéo appelée à demeurer dans la mémoire collective montre Agnès Buzyn, ci-devant ministre de la santé, déclarer fin janvier qu’évidemment le virus restera à Wuhan et qu’il n’y a aucune chance que nous en voyions jamais la couleur ; quand, jusqu’au 12 mars après-midi, le ministre Blanquer assène qu’il n’y a aucune raison de fermer les écoles (moi aussi, comme Claude Askolovitch, j’ai un ami : dans la classe de sa fille, sept cas positifs, mais pourquoi embêter les parents avec d’inutiles soucis de garde ?), et que le soir même la fermeture générale est annoncée ; quand, dans un tweet à ranger sur la même étagère que la vidéo de Buzyn, Macron, comme un hipster du 11e arrondissement qui aurait fait l’atelier poésie au collège, nous invite — le 11 mars –- : « Nous ne renoncerons à rien, surtout pas à rire, à chanter, à penser, à aimer, surtout pas aux terrasses, aux salles de concert, au fêtes de soir d’été, surtout pas à la liberté », pour le 12 fermer les écoles, le 14 laisser son premier ministre annoncer un début de confinement général, et le 16 morigéner la population qui continuait sur la lancée de l’exemple qu’il lui donnait depuis des semaines ; quand on se remet sous les yeux le tableau d’ensemble de ces ahurissements, on se dit en effet que tous ces gens se sont fait prendre soit par surprise, soit par connerie. Et que l’hypothèse de la surprise étant à l’évidence exclue, il ne reste que celle de la connerie — qui n’est pas une surprise.

  • « Face au coronavirus, les politiques n’ont pas eu le cran de poser le débat » Tribune d’Yves Sintomer
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/18/face-au-coronavirus-les-politiques-n-ont-pas-eu-le-cran-de-poser-le-debat_60

    Le gouvernement n’a pas profité des deux derniers mois pour élaborer un plan B : faire des provisions suffisantes de masques, préparer un système hospitalier malmené depuis des années par les restrictions budgétaires pour le cas où la pandémie frapperait le pays.

    La politique à l’égard du coronavirus est à l’image de celle menée sur d’autres fronts : un mélange d’amateurisme, d’improvisation et d’arrogance. Les simples citoyens ont été privés des débats nécessaires sur les choix à faire. Ils ont logiquement eu du mal à suivre le réveil soudain de leurs responsables.

    Le virus vient nous rappeler que les humains font partie de la nature et qu’ils courent à la catastrophe s’ils oublient cette donnée. Il nous rappelle aussi qu’il faut changer la politique. Radicalement. Faute de quoi, son déclin s’accentuera et les scénarios les plus noirs seront à l’ordre du jour.

  • Coronavirus

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Coronavirus

    Contester le danger du coronavirus relève à coup sûr de l’absurdité. En revanche, n’est-il pas tout aussi absurde qu’une perturbation du cours habituel des maladies fasse l’objet d’une pareille exploitation émotionnelle et rameute cette incompétence arrogante qui bouta jadis hors de France le nuage de Tchernobyl ? Certes, nous savons avec quelle facilité le spectre de l’apocalypse sort de sa boîte pour s’emparer du premier cataclysme venu, rafistoler l’imagerie du déluge universel et enfoncer le soc de la culpabilité dans le sol stérile de Sodome et Gomorrhe.

    La malédiction divine secondait utilement le pouvoir. Du moins jusqu’au tremblement de terre de Lisbonne en 1755, lorsque le marquis de Pombal, ami de Voltaire, tire parti du séisme pour massacrer les jésuites, reconstruire la ville selon ses conceptions et liquider allègrement ses rivaux politiques à coups de procès « proto-staliniens ». On ne fera pas l’injure à Pombal, si odieux qu’il soit, de comparer son coup d’éclat dictatorial aux misérables mesures que le totalitarisme démocratique applique mondialement à l’épidémie de coronavirus.

    Quel cynisme que d’imputer à la propagation du fléau la déplorable insuffisance des moyens médicaux mis en œuvre ! Cela fait des décennies que le bien public est mis à mal (...)

    #coronavirus #apocalypse #Vaneigem #Tchernobyl #totalitarisme #bien_public #catastrophisme #capitalisme #vache_folle #dénaturation #peste_émotionnelle #Espagne #réflexion

  • Cette crise met bien en évidence la précarité de beaucoup de person...
    https://diasp.eu/p/10602171

    Cette crise met bien en évidence la précarité de beaucoup de personnes et des limites de notre système économique. Non, il ne sert pas la Vie, il ne sert même pas l’Humain.

    « Nous sommes auteurs·trices, intermittent·es, pigistes, autoentrepeneurs·euses, artistes, salarié·es, bénévoles, toutes et tous précaires. Nous sommes des acrobates de l’arène des dossiers, cascadeur·euses du lien social et aguerri·es aux diverses mobilités du travail. Nous devons souvent choisir entre créer et survivre. Or la crise actuelle du Coronavirus met en péril immédiat cette économie fragile dont nous vivons au quotidien. »

    https://blogs.mediapart.fr/sons-federes/blog/150320/coronavirus-il-est-urgent-de-mettre-en-place-un-revenu-universel-san

    #précarité #capitalisme (...)

  • Entretien avec Caitlin Manning
    Résistance aux parcs éoliens dans l’isthme de Tehuantepec

    Alizé Lacoste Jeanson, Caitlin Manning

    https://lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Caitlin-Manning-Resistance-aux-parcs-eoliens-dans-l-i

    Les immenses agglomérations de parcs éoliens dans l’isthme de Tehuantepec sont un exemple édifiant de la destruction que les technologies dites « vertes » impliquent lorsqu’elles sont mises en place par des entreprises qui cherchent à faire du profit, aidées par les gouvernements qui offrent à leurs copains capitalistes toutes sortes d’arrangements et trompent les populations locales avec des mensonges et des fausses promesses — le plus gros mensonge reposant sur l’idée que ces projets sont dans leur intérêt, et vont leur permettre d’accéder à une utopique modernité capitaliste. Comme le dit Bettina Cruz dans la vidéo, la promesse que le développement est à destination des populations locales est un grand mythe.

    Les parcs éoliens de l’Isthme recouvrent des dizaines de milliers d’hectares sur ce qui fut un temps des petits terrains agricoles que les communautés indigènes ont occupés et organisés de manière soutenable pendant des milliers d’années. Ils font pousser du maïs, des légumes, cueillent des plantes médicinales, chassent du petit gibier et font de l’élevage bovin à petite échelle. Ce mode de vie a été gravement mis à mal par les parcs éoliens. (...)

    #Mexique #Oaxaca #éoliennes_industrielles #capitalisme #résistance #peuples #autonomie #zapatistes

  • Nous n’avons pas besoin d’autorisation pour lutter pour la vie
    Les femmes zapatistes s’unissent à la grève nationale du 9 mars

    https://lavoiedujaguar.net/Nous-n-avons-pas-besoin-d-autorisation-pour-lutter-pour-la-vie-Les-f

    Armée zapatiste de libération nationale. Mexique.

    Aux femmes qui luttent au Mexique et dans le monde,
    De la part des femmes indigènes zapatistes de l’EZLN.

    Compañera et sœur,

    Nous te saluons au nom des femmes indigènes zapatistes de tous âges, aussi bien les plus petites que les plus sages, en âge. Nous espérons que tu vas bien et que tu luttes en compagnie de tes familles, sœurs et compañeras.

    Nous avons beaucoup de problèmes ici à cause des paramilitaires qui maintenant sont du côté de Morena, et qui avant étaient du PRI, du PAN, du PRD et du Parti des verts écologistes.

    Mais ce n’est pas de cela que nous voulons parler, mais de quelque chose de plus urgent et de plus important : des grandes violences commises à l’encontre des femmes dont on voit qu’elles ne cessent pas, mais au contraire qu’elles augmentent ainsi que la cruauté. Les assassinats et disparitions de femmes sont déjà une folie qu’on ne pouvait pas imaginer avant. Aucune femme, de n’importe quel âge, classe sociale, militantisme politique, couleur, race ou croyance religieuse n’est en sécurité. (...)

    #Mexique #EZLN #femmes #violence #assassinats #disparitions #8_mars #mobilisation #organisation #grève #patriarcat #capitalisme #gouvernement

  • The #Climate-Migration-Industrial_Complex

    Thirty years ago there were fifteen border walls around the world. Now there are seventy walls and over one billion national and international migrants. International migrants alone may even double in the next forty years due to global warming. It is not surprising that over the past two decades, we have also seen the rise of an increasingly powerful global climate-security market designed to profit from (and help sustain) these crises. The construction of walls and fences to block rising sea levels and incoming people has become one of the world’s fastest growing industries, alongside the detention and deportation of migrants, and is projected to reach $742 billion by 2023. I believe we are witnessing the emergence of what we might call a “climate-migration-industrial complex.”

    This complex is composed of private companies who profit by securitizing nation-states from the effects of climate-related events, including migration. This includes private detention centers, border construction companies, surveillance technology consultants and developers, deportation and transportation contractors, and a growing army of other subcontractors profiting from insecurity more broadly. Every feature of this crisis complex is an opportunity for profit. For example, even when security measures “fail” and migrants cross borders illegally, or remain beyond their visas to live without status as “criminals,” there is an entire wing of private companies paid to hunt them down, detain them, and deport them just across the border, where they can return and begin the market cycle all over again. Each step in the “crimmigration” process now has its own cottage industry and dedicated army of lobbyists to perpetuate the laws that support it.

    Here is the incredible double paradox that forms the backbone of the climate-migration-industrial complex: right-wing nationalists and their politicians claim they want to deport all undocumented migrants, but if they did, they would destroy their own economy. Capitalists, on the other hand, want to grow the economy with migrant labor (any honest economist will tell you that immigration almost always leads to growth in GDP), but if that labor is too expensive, then it’s not nearly as profitable.

    Trump is the Janus-faced embodiment of this anti-immigrant, pro-economy dilemma and the solution to it — not that he necessarily knows it. With one hand, migrant labor is strategically criminalized and devalorized by a xenophobic state, and with the other, it is securitized and hyper-exploited by the economy. It is a win-win situation for right-wing capitalists but a crucial element is still missing: what will continue to compel migrants to leave their homes and work as exploited criminals in an increasingly xenophobic country?

    This is where the figure of the climate migrant comes in. What we call “climate migrants” or “climate refugees” are not the victims of merely “natural disasters,” because climate change is not a strictly natural process — it is also highly political. The causes of climate-related migration are disproportionately produced by rich Western countries and the effects are disproportionately suffered by poorer countries. The circumstances that determine who is forced to migrate are also influenced by the history of colonialism, global inequality, and the same conditions that have propelled economic migration for decades. In short, the fact that climate change benefits the perpetrators of climate destruction by producing an increasing supply of desperate, criminalized, physically and economically displaced laborers is no coincidence. In fact, it is the key to the Trump “solution.”

    Another key is the use of climate change to acquire new land. When people are forced to migrate out of a territory, or when frozen territories thaw, new lands, waters, and forests become open to extractive industries like mining, drilling, fishing, and logging. Trump’s recent (and ridiculous) bid to buy the thawing territory of Greenland for its oil and gas reserves is one example of this. Climate-stricken urban areas open up new real estate markets, as the gentrification of New Orleans after hurricane Katrina illustrated. In other words, climate change might not mean the end of capitalism, but rather could actually signal its resurgence from current falling rates of ecological profit. During colonialism, everything and everyone that could be easily appropriated (oil, slaves, old-growth forests, etc.), was gobbled up. The workers who are left today under post-colonialism demand more money and more rights. The minerals left are more expensive to extract. This is why capitalists have increasingly retreated to financial speculation, and now to monetizing their own crises.

    If only there were new ways, the capitalist dreams, to kick start the economy and cheaply dislodge huge numbers of people from their land, devalorize their labor, and then appropriate that labor extremely cheaply. In other words, if climate change did not exist, capitalism would have to create it. Luckily for the capitalists, it does exist, because they did create it. Climate migrants now form what we might call a “disposable climate labor army,” conscripted out of a standing reserve of global poverty from wherever the next climate-related disaster strikes, and deployed wherever capitalism demands precarious, securitized, and criminalized labor to be exploited.

    We need to rethink the whole framing of the climate migration “crisis.” Among other things, we need a more movement-oriented political theory to grapple better with the highly mobile events of our time — what I call a “kinopolitics.” The advent of the Capitalocene/Kinocene makes possible today the insight that nature, humans, and society have always been in motion. Humans are and have always been fundamentally migratory, just as the climate and the earth are. These twin insights might sound obvious today, but if taken seriously, they offer a complete inversion of the dominant interpretive paradigms of the climate and migration crises.

    Humans and Earth have always been in motion, but not all patterns of motion are the same. There is no natural, normal, or default state of the earth or of human society. Therefore, we have to study the patterns of circulation that make possible these metastable states and not take them as given. This is what I have tried to work out in The Figure of the Migrant (2015) and Theory of the Border (2016). Unfortunately, the dominant framework for thinking about the climate and migrant crises is currently upside down. It starts from the perspective of a triple stasis: 1) that the earth and human society are in some sense separable and static, or at least stable, structures; 2) that the future should continue to be stable as well; and 3) that if there is not stability, then there is a “crisis.” Mobility, then, is a crisis only if we assume that there was or should be stasis in the first place. For example, migrants are said to destabilize society, and climate change is said to destabilize the earth.

    From a kinopolitical perspective, we can see that the opposite is, in fact, true: Humans were first migratory, and only later settled into more metastable patterns of social-circulation (made historically possible by the social expulsion and dispossession of others). Migrants are not outside society but have played a productive and reproductive role throughout history. Migrant movements are constitutive and even transformative elements of society, rather than exceptional or marginal phenomena. The real question is how we ever came to act and think as if societies were not processes of social circulation that relied on migration as their conditions of reproduction. The earth, too, was first migratory, and only later did it settle into metastable patterns of geological and atmospheric circulation (e.g. the Holocene). Why did we ever think of the earth as a stable surface, immune from human activity in the first place?

    The problem with the prevailing interpretation of climate change and migration is that the flawed paradigm that has defined the “crisis,” the notion of stasis, is also proposed as the solution “Let’s just get things back to normal stability again.” In short, I think a new paradigm is needed that does not use the same tools that generated the “crisis” to solve it — i.e. capitalism, colonialism, and the nation-state.

    Today’s migrant “crisis” is a product of the paradox at the heart of the capitalist, territorial nation-state form, just as the climate crisis is an expression of the paradox at the heart of anthropocentrism. The solutions, therefore, will not come from the forms in crisis but only from the birth of new forms-in-motion that begin with the theoretical primacy of the very characteristic that is dissolving the old forms: the inherent mobility of the migrant climate and the climate migrant.

    https://publicseminar.org/essays/the-climate-migration-industrial-complex

    #complexe_militaro-industriel #réfugiés_environnementaux #réfugiés_climatiques #murs #barrières_frontalières #business #climat #changement_climatique #sécurité #rétention #détention_administrative #privatisation #contrôles_frontaliers #kinopolitics #kinopolitique #kinocène #mobilité #circulation #crise #stabilité #philosophie #ressources_pédagogiques #Etat-nation

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    #catastrophes_naturelles :

    What we call “climate migrants” or “climate refugees” are not the victims of merely “natural disasters,” because climate change is not a strictly natural process — it is also highly political. The causes of climate-related migration are disproportionately produced by rich Western countries and the effects are disproportionately suffered by poorer countries. The circumstances that determine who is forced to migrate are also influenced by the history of colonialism, global inequality, and the same conditions that have propelled economic migration for decades. In short, the fact that climate change benefits the perpetrators of climate destruction by producing an increasing supply of desperate, criminalized, physically and economically displaced laborers is no coincidence.

    –-> @karine4

    #terres #accaparement_des_terres :

    Another key is the use of climate change to acquire new land. When people are forced to migrate out of a territory, or when frozen territories thaw, new lands, waters, and forests become open to extractive industries like mining, drilling, fishing, and logging.

    –-> @odilon
    #extractivisme #colonialisme

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    @sinehebdo, un nouveau mot :
    –-> #crimmigration
    #mots #terminologie #vocabulaire

    Et aussi... la #kinocène

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    Lien avec le #capitalisme :

    If only there were new ways, the capitalist dreams, to kick start the economy and cheaply dislodge huge numbers of people from their land, devalorize their labor, and then appropriate that labor extremely cheaply. In other words, if climate change did not exist, capitalism would have to create it. Luckily for the capitalists, it does exist, because they did create it. Climate migrants now form what we might call a “disposable climate labor army,” conscripted out of a standing reserve of global poverty from wherever the next climate-related disaster strikes, and deployed wherever capitalism demands precarious, securitized, and criminalized labor to be exploited.

    #expoitation #travail #disposable_climate_labor_army #pauvreté

    signalé par @isskein

    ping @fil @reka

  • « La #passion peut devenir le levier de nouvelles formes d’#exploitation »

    L’anthropologue et ethnologue #Giulia_Mensitieri a obtenu le Grand Prix du livre de mode 2019 pour son enquête sur la précarité systémique au sein de l’industrie de la mode. Elle y expose comment ce milieu a réussi ce que bien des industries créatives et culturelles tentent de faire : rendre normal de proposer des dimensions symboliques comme le prestige ou l’espoir en guise de rémunération. Son essai, Le plus beau métier du monde (La Découverte), paraît en format poche au mois de mars. Entretien.

    Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur le milieu de la mode ?

    Giulia Mensitieri : J’avais envie d’enquêter sur les transformations du travail, de sa valeur et de sa nature dans le #capitalisme contemporain. Lorsque j’étais en doctorat à l’EHESS, j’ai pu constater que les jeunes chercheurs dont je faisais partie, tout comme les travailleurs des industries culturelles et créatives, bénéficiaient d’un statut social valorisé et valorisant, tout en étant dans une forte précarité financière. Il y avait une sorte de scission entre le statut social et le statut économique.

    En tant qu’anthropologue, je procède par enquêtes ethnographiques, en immersion. Il me fallait trouver un terrain – un milieu, une communauté – dans lequel je pourrais m’introduire et explorer les questions qui m’intéressaient. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Mia, styliste photo, et découvert les inégalités qui régissent le monde de la mode, l’une des industries les plus puissantes du capitalisme contemporain.

    Votre livre restitue le quotidien de travailleurs de la mode, qu’ils travaillent dans des maisons de couture, en boutique ou dans l’atelier d’une figure montante. Vous faites preuve de beaucoup d’empathie pour leurs choix et leurs situations et cela peut se lire dans l’enquête. Pourquoi était-ce important pour vous ?

    C’est une posture déontologique propre à l’anthropologie. Il faut essayer de comprendre les situations de l’intérieur et les choix des individus sans juger. J’ai pris très au sérieux les motivations, les désirs, les choix et les arguments des personnes qui m’entouraient. De surcroît, lorsque l’on est en immersion, que l’on côtoie les gens et que l’on tisse des liens avec eux, il est très difficile de se mettre à distance et d’objectiver, bien que ce soit également le travail du chercheur.

    Dans le cas particulier de ma recherche, j’ai donné une place importante aux émotions, y compris celles dont j’ai moi-même fait l’expérience, car je les considère comme des données de l’enquête. Le milieu de la mode fonctionne sur les affects et les relations interpersonnelles de manière très particulière, qui en font des leviers de l’exploitation. Je m’explique : il y a une tendance à penser les rapports inégalitaires dans le monde du travail de manière subjective, interpersonnelle, anecdotique – « Mon chef est désagréable », « j’ai de la chance » ou « je n’ai pas de chance » –, quand ces rapports sont en réalité structurels et systémiques. Dans une industrie régie par des passions, des élans de désirs, il s’agit en fait d’une autre échelle de la violence. Ces nouvelles formes d’exploitation basées sur les #affects font partie de ce que l’on appelle le #capitalisme_émotionnel.

    Les travailleurs de la #mode choisissent ce métier car ils aiment la haute couture, la beauté, vous dites qu’ils sont « saisis » par le rêve… Au point qu’une fois l’envers du rêve révélé, peu des personnes interrogées dans votre enquête, même quand elles sont déçues, décident de partir. Comment l’expliquer ?

    C’est un peu plus complexe que cela. En effet, l’amour pour la beauté, la création, l’art, les vêtements et la transformation que la mode vend est sans doute l’une des raisons les plus courantes de l’entrée dans ce monde. Le statut social importe également. La mode vend un rêve de luxe, de prestige et d’exception qui meut également les travailleurs et les aspirants travailleurs de cette industrie, bien que cela soit très lointain de la réalité professionnelle.

    Alors pourquoi restent-ils ? Pour plusieurs raisons. Souvent, très concrètement, les personnes exploitées n’ont pas de temps pour chercher un autre emploi. Elles sont tenues sous l’eau, comme dans bien de milieux professionnels. Mais au-delà de ça, la mode offre, en échange de la précarité et des inégalités, un statut social privilégié. Dire « je travaille dans la mode » place directement les individus dans une sorte d’élite symbolique. Il y a vraiment un effet magique. Pour les travailleurs, il est difficile de renoncer à ce statut, de ne plus bénéficier de ce regard-là et de quitter ce que j’appelle cette « élite du désir » pour se projeter dans d’autres milieux professionnels qui ne bénéficient pas de cette aura.

    En réalité, ils sont pourtant nombreux à partir parce qu’ils ne peuvent plus tenir. La durée de carrière dans cette industrie est très courte, à moins d’avoir la possibilité de travailler gratuitement à long terme, ce qui pose un enjeu de classe très important, relatif à de nombreuses industries culturelles et créatives. Qui peut se permettre de travailler gratuitement pour construire son CV ? D’investir dans cette économie de la promesse et de l’espoir ? Ceux qui sortent de ce monde sont ceux qui n’ont pas cette possibilité-là, économique, voire psychique.

    Au lieu de partir, pourquoi n’essaient-ils pas de changer les choses ?

    L’une des règles qui structurent de façon implicite le monde de la mode est que l’on accepte d’emblée les inégalités. Dans le livre, je cite cette phrase de Lagerfeld : « La mode c’est l’injustice totale, c’est comme ça, c’est tout ». Cela fait partie des dimensions qui rendent en apparence ce monde exceptionnel, comme s’il était régi par d’autres règles que celles qui structurent le monde du travail en général. Je dis bien « en apparence exceptionnel » parce que je ne pense pas que l’on puisse considérer la deuxième industrie la plus puissante en France du point de vue économique, une industrie qui représente 6 % de la consommation mondiale et qui mobilise plusieurs milliards de travailleurs, comme une exception dans le capitalisme. Elle en est davantage un emblème.

    Pour préserver sa carrière dans la haute couture, la styliste photo que vous suivez, Mia, doit cacher ses missions rémunératrices pour des catalogues grand public et mettre en avant des prestations gratuites ou payées en bons d’achats par des marques de luxe. Quelle est la logique derrière cela ?

    C’est ce que j’appelle dans le livre « la règle du jeu » : plus une prestation professionnelle est valorisante pour le CV et la carrière, moins elle sera payée en argent. La mode a réussi – et encore une fois je vous invite à faire le lien avec de nombreuses autres industries – ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait la « démonétisation du travail ». C’est-à-dire que le travail n’est plus payé en argent mais dans des dimensions symboliques et immatérielles. Des prestations professionnelles vont être payées en prestige, en visibilité, ou en espoir… C’est également une manière d’affirmer des hiérarchies. Quand une marque de luxe ou une marque qui se porte très bien financièrement peut se permettre de ne pas payer les gens qui travaillent pour elle, elle établit un lien hiérarchique très fort. Le propos est essentiellement : « Tu as la chance de travailler pour moi, je n’ai pas besoin de te payer, je te rends un service en te permettant de travailler pour moi et c’est toi qui devrais être reconnaissant. »

    Certaines marques vont payer leurs travailleurs avec des biens de luxes, des sacs à main, des vêtements ou autres… Elles sont alors gagnantes sur tous les plans. Non seulement elles n’ont pas besoin de payer leurs travailleurs, mais ces derniers vont en outre mettre en scène les objets que l’industrie produit dans l’espace public, sur Instagram, et devenir ce que les marques appellent des « ambassadeurs ». Cet aspect-là pose d’ailleurs la question de la frontière extrêmement floue entre consommateur et travailleur. Dans la mode, la désirabilité que les travailleurs créatifs produisent – et qui sert d’incitation auprès des consommateurs – est un désir qui les anime aussi. Ils ont eux-mêmes cette forme de désir pour les produits de l’industrie, dont ils sont, selon les échelons, des « consommateurs manqués » ou des consommateurs accédant à ces objets grâce à leur travail. Mia par exemple, alors complètement précaire et sans salaire, a reçu un bon de 5000 € d’une marque de luxe et a pu s’acheter un sac à main à 3000 €. Elle n’aurait jamais pu se le permettre autrement.

    Si le travail assumé n’est pas ce qui permet de gagner sa vie, il semble qu’il y ait une confusion entre le travail et la passion…

    Je vous retourne la question : n’est-ce pas également le cas des journalistes, des chercheurs dont je fais partie et de nombreux autres métiers dans lesquels les conditions financières sont très instables ? La passion fait partie de ces affects qui peuvent devenir les leviers de nouvelles formes d’exploitation. Si l’on remonte aux critiques relatives à l’aliénation durant Mai 68, le travailleur y est considéré comme une machine, aliéné de ses affects et de ses sentiments, répétant continuellement les mêmes tâches. Aujourd’hui, nous sommes quelque part dans une situation complétement inverse. Les exploitations découlent du manque total de frontières entre le sujet hors travail, hors production, et le sujet au travail. Je ne sais pas s’il y a une confusion mais il y a un manque de barrières.

    Les métiers des industries culturelles et créatives sont de surcroît des métiers où il est très difficile de comptabiliser le temps de travail. Est-ce que si l’on est au bar en train de faire du réseau à l’heure de l’apéro, on travaille ? Quand on fait des posts sur Instagram, quand on est dans son lit en train de penser à sa collection ou à son article, est-ce qu’on travaille ? Ce sont des questions que ce type de métiers pose. En tant qu’industrie extrêmement lucrative se permettant néanmoins de ne pas payer tous ses travailleurs en vertu d’un statut social, de désirs et de passions, la mode les pose de manière très particulière, mais ces dynamiques régissent également d’autres mondes professionnels.

    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/entretien/la-passion-peut-devenir-le-levier-de-nouvelles-formes-d
    #émotions

  • Comment la tribune VIP du Real Madrid a permis au magnat de la construction espagnol de bâtir son empire
    https://www.bastamag.net/Milliardaires-Espagne-Florentino-Perez-Realmadrid-inegalites-scandales-pou

    Florentino Pérez fait partie des dix hommes les plus riches d’Espagne. Dirigeant d’une multinationale du BTP et président du club de foot madrilène, il bénéficie de grands contrats d’infrastructures publiques. Les plus riches concentrent toujours plus de richesses entre leurs mains tandis que les inégalités s’accroissent. Au moment où les dirigeants de grandes entreprises et ceux des États se rencontrent au Forum économique mondial de Davos, Basta ! regarde ce qui se cache derrière les légendes dorées (...) #Décrypter

    / #Europe, #Capitalisme, #Oligarchies, #Multinationales, A la une


    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/know_your_billionaires-1.pdf

  • Comment le groupe Bigard est devenu le maître de la bidoche sur le dos des éleveurs
    https://www.bastamag.net/Bigard-charal-viande-bovine-bidoche-steak-hache-CICE-eleveurs-management

    Le groupe Bigard est devenu un géant de la viande bovine grâce à l’invention du steak haché sous vide... et à des pratiques controversées. Deux steaks hachés sur trois vendus en supermarché sont fabriqués par ses usines agroalimentaires. Il est difficile d’échapper au groupe Bigard, numéro un de la viande en France, qui possède les marques Charal et Socopa. Son chiffre d’affaires dépasse les quatre milliards d’euros [1]. La fortune personnelle de son dirigeant et principal actionnaire, Jean-Paul Bigard, (...) #Décrypter

    / #Capitalisme, Quelle agriculture pour demain ?, #Alimentation, #Enquêtes, #Conditions_de_travail, A la une, (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ? #Multinationales

  • Action contre BlackRock : « Nous devons mettre hors d’état de nuire les plus grands pollueurs de la planète »
    11 février 2020 / Entretien avec Clément, de Youth for Climate
    https://reporterre.net/Action-contre-BlackRock-Nous-devons-mettre-hors-d-etat-de-nuire-les-plus

    (...) Quel bilan faites-vous de cette action ?

    On est satisfait. D’un point de vue technique, malgré la répression policière, on a réussi à envahir un lieu emblématique. Cela nous a permis aussi de faire écho à la lutte contre la réforme des retraites. C’est un message fort envoyé à tous ceux qui se battent et qui font grève contre le projet du gouvernement. C’est un signe de convergence. Nous devons comprendre que les luttes sociales sont indispensables et que nos combats sont indissociablement liés. On s’attaque au même système. On ne veut pas d’un monde écolo où les inégalités demeurent. Ça n’aurait aucun sens.

    Pourquoi avez-vous ciblé BlackRock ?

    C’est le premier investisseur de Total. D’un point de vue climatique, c’est la pièce maîtresse d’un système capitaliste que l’on combat à Youth for Climate Ile-de-France. On considère que le système capitaliste n’est pas viable. Il pousse à consommer toujours plus de ressources et d’énergie. En ciblant BlackRock, on vise l’un des principaux financiers mondiaux qui alimente des entreprises très polluantes. BlackRock fait aussi énormément de greenwashing, on peut le voir sur son site internet. Elle dit qu’elle prône la finance verte et que la croissance verte serait la solution. Nous, on ne le croit pas. (...)

    #BlackRock