• « Nous sommes les agents consentants de notre propre surveillance technologique » - entretien avec Olivier Tesquet, auteur de « A la trace » - NEON
    https://www.neonmag.fr/nous-sommes-les-agents-consentants-de-notre-propre-surveillance-technologiqu

    Tous fliqués ? Le journaliste Olivier Tesquet fait le point dans son livre A la trace sur la sournoise généralisation de la surveillance dans nos vies. Interview. Vous avez sans doute, comme moi, un rapport d’amour-haine vis-à-vis de votre téléphone. Vous le reposez, le reprenez, fermez rageusement Instagram avant de rouvrir machinalement l’appli. Autant vous prévenir, la lecture d’A la trace d’Olivier Tesquet, 32 ans, journaliste à Télérama, ne va pas arranger cette relation ambigüe. Dans cet (...)

    #CambridgeAnalytica #Google #Huawei #ICE #Ring #Amazon #Instagram #algorithme #CCTV #biométrie #migration #consentement #vidéo-surveillance #BigData #data #santé #SocialCreditSystem #SocialNetwork #surveillance #travailleurs (...)

    ##santé ##_

  • Comment Ring est passée d’une start-up de domotique au premier réseau de surveillance des Etats-Unis ? | LINC
    https://linc.cnil.fr/comment-ring-est-passee-dune-start-de-domotique-au-premier-reseau-de-surve

    La journaliste Caroline Haskins vient de publier sur Motherboard une passionnante enquête en trois volets sur la start-up Ring, rachetée en 2018 par Amazon . L’entreprise propose des sonnettes avec caméra connectées, qui permettent d’accéder aux images à distance. Lorsque quelqu’un sonne ou qu’un mouvement est détecté, la caméra s’enclenche et le propriétaire est alerté sur son smartphone. Il peut alors regarder la vidéo en direct (et discuter avec la personne) ou la consulter a posteriori puisque celle-ci est enregistrée.

    Le premier réseau américain de « surveillance individualisée de masse »

    Ring fait face à plusieurs concurrents sur le marché des sonnettes connectés : Google Nest, Arlo ou Wyze. L’entreprise est toutefois la seule à avoir développé une collaboration avec les services de police. Initié en 2016, l’entreprise a conclu plus de 600 partenariats avec des forces de police locale (dont 200 lors des trois derniers mois). Ces dernières ont accès à la plateforme Law Enforcement Neighborhood Portal, qui leur permet d’interagir avec les propriétaires de caméras et de leur demander d’accéder à leurs enregistrements vidéo sans aucun mandat (voir la vidéo de présentation). En contrepartie, elles doivent participer à la promotion des produits de l’entreprise.

    Pour encourager ces partenariats, l’entreprise multiplie les événements festifs destinés aux autorités policières, leur propose des formations pour obtenir plus aisément les enregistrements vidéos et des réductions sur ses caméras. Certaines municipalités proposent même de subventionner l’acquisition de caméras Ring par leurs habitants, avec pour certaines un tarif dégressif en fonction de l’espace couvert par la caméra : plus elle permet de surveiller l’ensemble des alentours, plus elle est subventionnée. Ainsi, en l’espace de quelques années, Ring et ses caméras ont été intégrés au système de maintien de l’ordre.

    Selon ses détracteurs, plutôt que de réduire la criminalité, le réseau social Neighbors encourage un climat de peur et de suspicion généralisée et conduit à stigmatiser toute personne étrangère au quartier, ce qui, à terme, contribue à renforcer la ségrégation spatiale. Comme le souligne Motherboard : « ça encourage les gens à réfléchir qui est en membre [du quartier] et qui est étranger. Dès lors, Neighbors n’est pas seulement un dispositif numérique de surveillance du quartier. C’est une gated community numérique ». Surtout, à l’instar des autres applications de réseau social centré sur un quartier (NextDoor, Citizen), très populaires aux Etats-Unis, des dérives sont rapidement apparues : les signalements sont empreints de racisme et tendent à discriminer les individus de couleur. Comme le conclut Caroline Haskins dans son enquête, l’achat d’une caméra Ring n’est pas une décision individuelle mais un engagement collectif : « Vous ne prenez pas seulement la décision de surveiller votre propre propriété et vos visiteurs lorsque vous en achetez une. Vous prenez une décision au nom de tous ceux qui vous entourent. Si quelqu’un passe devant votre maison, habite à côté ou livre des colis à votre domicile, ils seront enregistrés et surveillés. Ils n’ont pas le choix. L’achat d’une seule caméra Ring est une décision fondamentalement collective. »

    Commercialisés en France, les visiophones connectés de Ring peuvent être légalement installés s’ils ne portent atteinte à la vie privée des voisins, des visiteurs et des passants. Seules les autorités publiques peuvent filmer la voie publique en respectant certaines formalités préalables et principes garantissant les libertés individuelles. Les particuliers peuvent filmer uniquement l’intérieur de leur propriété (et non la voie publique) et doivent respecter le droit à l’image des personnes filmées. Par ailleurs, si l’entreprise Ring ne propose pas de partenariats avec les forces de police et que l’application Neighbors n’est pas disponible en France, les dispositifs de « vigilance citoyenne » présentent des risques élevés de surveillance des personnes et d’atteinte à la vie privée qui doivent être proportionnés à la finalité poursuivie.

    #Amazon #Ring #Surveillance #Capitalisme_de_surveillance #Racisme

  • #Facebook, emblème du « capitalisme de surveillance »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/070418/facebook-embleme-du-capitalisme-de-surveillance

    Le détournement de 87 millions de profils Facebook par #Cambridge_Analytica afin d’influer sur la campagne présidentielle américaine a Mark Zuckerberg lors du Mobile World Congress en février 2016 à Barcelone © Facebook plongé la société de Mark Zuckerberg dans une crise sans précédent en la mettant face à un dilemme en apparence insoluble : comment rassurer investisseurs et utilisateurs alors que son modèle économique repose par définition sur la collecte massive des données personnelles ?

    #International #capitalisme_de_surveillance #GAFAM

    • Même si Cambridge Analytica a bien dérobé quelque 87 millions de profils, c’est en fait quasiment toute l’économie du numérique qui repose sur une collecte massive des données des utilisateurs. Avant l’explosion du scandale, la société se vantait d’ailleurs de posséder des profils sur 220 millions d’Américains, des données obtenues légalement auprès des multiples « data brokers » ou vendeurs de données du pays. Ce modèle économique auquel sont irrémédiablement liés Facebook mais également Google ou Twitter a été théorisé sous l’expression de « capitalisme de surveillance ».

      Le concept a fait l’objet d’une première définition dans un article des universitaires John Bellamy Foster et Robert W. McChesney, publié en juillet 2014 sur le site Monthly Review. Dans celui-ci, les auteurs font du capitalisme de surveillance l’évolution naturelle du complexe militaro-industriel dénoncé par les président Dwight Eisenhower dans son célèbre discours de janvier 1961. Ils rappellent les origines militaires du Net et les efforts constants déployés par l’armée pour contrôler la recherche et les industries de pointe.

      L’article du Monthly Review en question, que j’avais pas vu passer : ▻https://seenthis.net/messages/328312

    • Avec aussi le concept de #surplus_comportemental développé par https://twitter.com/shoshanazuboff
      « [...] les utilisateurs ne sont ni des acheteurs ni des vendeurs ni des produits. Les utilisateurs sont une source de matériaux bruts gratuits [...] »

      Dans un article publié en 2016 dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, elle explique comment « le capitalisme a été détourné par un projet de surveillance lucratif ». Ce détournement a eu lieu, raconte Shoshana Zuboff, lorsque Google a pris conscience du profit qu’il pouvait tirer des données comportementales de ses utilisateurs, données qu’elle désigne sous le terme de « surplus comportemental ».

      « Le succès dramatique de Google dans le “matching” des publicités et des pages a révélé la valeur transformationnelle de ce surplus comportemental comme moyen de générer des revenus et, finalement, de transformer les investissements en capital », écrit Shoshana Zuboff. « Dans ce contexte, les utilisateurs ne sont plus une fin en eux-mêmes. À la place, ils sont devenus un moyen de faire des profits dans un nouveau type de marché dans lequel les utilisateurs ne sont ni des acheteurs ni des vendeurs ni des produits. Les utilisateurs sont une source de matériaux bruts gratuits qui nourrit un nouveau type de processus de fabrication », poursuit la professeure. « Le jeu ne consiste plus à vous envoyer un catalogue de vente par correspondance ou même à cibler la publicité en ligne. Le jeu consiste à vendre l’accès au flux en temps réel de votre vie quotidienne – votre réalité – afin de l’influencer directement et de modifier votre comportement pour faire des profits. »

    • Les références de l’article sont plus qu’intéressantes :
      – John Bellamy Foster et Robert W. McChesney sur le site Monthly Review sur le complexe militaro-industriel et le #capitalisme_de_surveillance
      https://monthlyreview.org/2014/07/01/surveillance-capitalism

      – Nicholas Confessore et Matthew Rosendbergmarch dans le NY Times sur le lien entre #Cambrige_Analytica et #Palantir
      https://www.nytimes.com/2018/03/27/us/cambridge-analytica-palantir.html

      – Shoshana Zuboff dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung sur le #capitalisme_de_surveillance
      http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/the-digital-debate/shoshana-zuboff-secrets-of-surveillance-capitalism-14103616.html
      => Article récemment traduit par l’équipe #Framalang
      https://framablog.org/2017/03/28/google-nouvel-avatar-du-capitalisme-celui-de-la-surveillance