• Attention à l’économie de l’attention
    https://framablog.org/2026/02/17/attention-a-leconomie-de-lattention

    Parce que les phénomènes d’addiction aux médias sociaux ne sont pas apparus spontanément mais ont savamment été mis en place par les GAFAM, et qu’il faudrait sans doute que ça se sache un peu plus… Attention à l’économie de l’attention … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #G.A.F.A.M. #Capitalisme #capitalisme_de_surveillance #Economie #Publicité #Smartphone #Surveillance

  • Internet devient-il une dictature ? - Les Idées larges avec Félix Tréguer
    https://www.arte.tv/fr/videos/122772-003-A/internet-devient-il-une-dictature

    Comment comprendre le ralliement de la Silicon Valley à l’extrême droite ? Pourquoi l’État veut-il mettre la main sur le web ? Internet devient-il une dictature ? Entretien avec le sociologue Félix Tréguer, auteur de "Contre-histoire d’Internet. Du XVe siècle à nos jours".

    Vous avez sûrement été sidéré par le salut nazi d’Elon Musk. Ce qui sidère, c’est bien entendu la symbolique d’un salut fasciste réalisé par l’un des hommes les plus puissants de la démocratie américaine. Mais c’est aussi que la Silicon Valley s’est longtemps présentée comme le bastion d’un monde cool et progressiste. A présent, Elon Musk a mis son #réseau_social au service de Trump. Mark Zuckerberg a supprimé la vérification des faits sur Facebook et Jeff Bezos a limité la liberté d’expression du Washington Post, dont il est propriétaire. En découvrant les travaux de #Félix_Tréguer, on comprend que ces revirements spectaculaires ne constituent pas une anomalie, mais s’inscrivent dans une histoire longue. 
    Félix Tréguer est chercheur associé au Centre Internet et société du CNRS et membre de La Quadrature du Net, une association qui défend les libertés fondamentales dans le domaine du numérique. Son ouvrage_ “Contre-histoire d’#Internet permet de saisir comment l’#État et le #capitalisme_numérique peuvent converger.

    Références :

    Félix Tréguer, "Contre-histoire d’Internet. Du XVe siècle à nos jours" (Agone, 2023)
    Félix Tréguer, "Technopolice. La surveillance policière à l’ère de l’intelligence artificielle" (Divergences, 2024)

    Shoshana Zuboff, "L’âge du capitalisme de surveillance"_ (Zulma, 2020)

    #IA #capitalisme_de_surveillance

  • Asma Mhalla : "la dystopie est devenue notre réalité" • FRANCE 24 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=C8p-QyCtyR0

    Sommes-nous en train de basculer dans une nouvelle forme de totalitarisme, servi par la technologie, qui asservit nos cerveaux, dans l’objectif de nous faire penser d’une certaine manière, de nous convaincre parfois que le réel n’est pas réel ? Qui nous empêche aussi de prendre le temps de réfléchir, nous enlevant par là même, notre liberté ? C’est la thèse développée dans « Cyberpunk, le nouveau système totalitaire », le dernier essai de la politologue Asma Mhalla, invitée d’Au Cœur de l’Info.

    • De retour avec « Cyberpunk », Asma Mhalla, une politologue en vogue
      https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/10/19/de-retour-avec-cyberpunk-asma-mhalla-une-politologue-en-vogue_6648056_450005

      L’autrice d’un premier essai remarqué analysant l’influence des nouvelles technologies sur les libertés récidive avec « Cyberpunk », un nouveau best-seller dans lequel elle alerte sur le rapprochement entre les géants de la tech et le pouvoir politique conservateur.

      Un pouvoir de conviction
      Révélée en 2024 avec son premier livre, Technopolitique. Comment la technologie fait de nous des soldats (Seuil), Asma Mhalla, 41 ans, est de retour avec Cyberpunk. Le nouveau système totalitaire. Paru le 19 septembre, cet essai de 208 pages saucissonnées en une vingtaine de chapitres analyse la manière dont ces nouvelles technologies changent la nature même de la chose politique. Il bénéficie d’un #plan_média efficace : invitée à la télévision dans « Quotidien » (TMC) et « C à vous » (France 5), à la radio sur France Inter et France Culture, au micro de l’influenceur Hugo Travers, alias HugoDécrypte, aux Rendez-vous de l’histoire de Blois, au festival Citéphilo à Lille, début novembre, ou lors de rencontres dans les librairies de France, Asma Mhalla déplie son scénario avec un singulier pouvoir de conviction.

      Une théoricienne sur Instagram
      Charismatique et fine débatteuse, Asma Mhalla raconte, comme si c’était nouveau, ce que l’on sait déjà : partant des travaux du spécialiste de Michel Foucault et professeur de droit Bernard Harcourt (La Société d’exposition. Désir et désobéissance à l’ère numérique, Seuil, 2020), ou de ceux de la philosophe Shoshana Zuboff, qui explicitait, dans L’Age du #capitalisme_de_surveillance (Zulma, 2020), la manière dont les intérêts des géants de la tech se substituent à la souveraineté du peuple, Asma Mhalla explique, à grand renfort de posts Instagram, que nos smartphones nous contrôlent. A la clef : un « #techno-fascisme possible », résultat de l’alliance entre dirigeants autoritaires et oligarchies techno-réactionnaires.

      Une plume pressée
      Tiré à 20 000 exemplaires, réimprimé plusieurs fois, Cyberpunk figure dans le top 5 des meilleures ventes dans la catégorie essais (derrière Populicide, de Philippe de Villiers, chez Fayard, et Logocratie, de Clément Viktorovitch, au Seuil) ; deux semaines après sa sortie, il s’était déjà écoulé à 10 000 exemplaires. Une belle performance pour un #livre à l’écriture expéditive mais dont le style démontre l’indéniable éloquence de son autrice. Dans la droite ligne de son titre, qui intrigue, Asma Mhalla déploie un vocabulaire hybride, tout en néologismes et anglicismes : « technoïde », « fluxcratie », « hypermoderne », « hypervitesse », « hyper-stabilisation [du] corps social », « post-law politics »…

      Une transfuge de la finance
      Née en Tunisie, fille d’un père haut fonctionnaire devenu entrepreneur, petite-fille d’un homme politique proche du président indépendantiste Habib Bourguiba, Asma Mhalla étudie au lycée français de Tunis avant de partir, seule, pour Paris. Elle y intègre l’Ecole supérieure de commerce de Paris, qui la prépare à une carrière dans la finance qu’elle entame avec succès dans le conseil en stratégie chez BNP Paribas. Mais, en 2016, elle tombe malade et reste immobilisée durant trois mois. Une expérience qui lui inspire un changement de cap : une fois rétablie, elle obtient un doctorat en études politiques à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et se réinvente en théoricienne du chaos contemporain. Une voix qui semble trouver de l’écho dans nos temps troublés.

      Elle en veut :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Asma_Mhalla

    • L’article de Clémentine Goldszal n’est pas mieux que le seen de vazi, en plus faut être abonné pour le lire. Elle remarque quoi Clémentine ?
      https://www.lemonde.fr/signataires/clementine-goldszal

      Tiré à 20 000 exemplaires, réimprimé plusieurs fois, #Cyberpunk figure dans le top 5 des meilleures ventes dans la catégorie essais (derrière Populicide, de Philippe de Villiers, chez Fayard

      La cyberpunk à chienne est de retour sur SeenThis
      https://seenthis.net/messages/1135613
      https://w.wiki/FkMc

  • Docilités numériques
    https://framablog.org/2025/04/29/docilites-numeriques

    L’illusion du progrès numérique masque une réalité brutale : celle d’un monde où chaque geste alimente des systèmes de contrôle, de surveillance et d’exploitation. Ce n’est pas seulement l’intelligence artificielle, mais tout un modèle technologique, celui des plateformes, de la capture … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique #Intelligence_Artificielle #Libertés_numériques #Mouvement_libriste #Capitalisme #capitalisme_de_surveillance #Christophe_Masutti #Intelligence_artificielle

  • Big Tech Consolidation Amplified the CrowdStrike Outage
    https://jacobin.com/2024/07/crowdstrike-microsoft-big-tech-consolidation

    21.7.2024 by Freddy Brewster, Lucy Dean Stockton , Katya Schwenk, Helen Santoro - On Friday, an update to a cybersecurity program took down Microsoft systems across the globe. Microsoft has resisted efforts to regulate a root cause of this chaos: the concentration of digital infrastructure in the hands of a few tech giants.

    A little more than a year before Microsoft’s systems crashed on Friday, creating global chaos in the banking, airline, and emergency service industries, the company pushed back against regulators investigating the risks of a handful of cloud services companies controlling the world’s technological infrastructure, according to documents we reviewed.

    “Regulators should carefully avoid any intervention that might disturb the competitive offerings that have promoted the explosive innovation and growth attributable to the cloud,” the company wrote in response to the Federal Trade Commission’s 2023 review of cloud computing companies’ security practices and interoperability protocols.

    The agency questioned whether these companies “invest sufficient resources in research and development” of systems upon which the economy and government rely.

    Microsoft is blaming this week’s global cloud outages on an update from CrowdStrike, a cybersecurity firm whose software protects against hacks. The debacle comes two days after federal agencies released new guidance sounding additional alarms that Big Tech’s consolidation of cloud services could put consumers at serious risk. It also comes one day after Microsoft’s cloud services experienced a separate outage in certain parts of the United States.

    “This is a CrowdStrike-caused outage. It would be inaccurate to report this as a Microsoft outage,” the company said in a statement. “A CrowdStrike update was responsible for bringing down a number of IT systems globally. We are actively supporting customers to assist in their recovery.”

    CrowdStrike did not respond to a request for comment.

    “All too often these days, a single glitch results in a system-wide outage, affecting industries from healthcare and airlines to banks and auto-dealers,” posted Lina Khan, Federal Trade Commission chairwoman, whose agency spearheaded the probe of the cloud computing industry. “Millions of people and businesses pay the price. These incidents reveal how concentration can create fragile systems.”

    At the root of the problem, regulators and researchers say, is Big Tech’s consolidation of cloud services, a technology that allows consumers to store computer information in massive data centers rather than storing it on-site. Just three companies — Amazon, Microsoft, and Google — control 65 percent of the cloud market, according to a report released on July 18 by CloudZero, a cost management platform.

    Microsoft and CrowdStrike also dominate the end point security market, which ensures cybersecurity for devices like desktops, laptops, and mobile devices. As of 2022, the two companies controlled more than 30 percent of the market.

    This consolidation helped allow a simple error to spiral on Friday.

    “We had this cascading failure of all of these businesses, banks, the London Stock Exchange, all of these airlines had to be grounded, because of this one mistake,” said Zane Griffin Talley Cooper, a researcher at the University of Pennsylvania studying digital infrastructure. “And it’s because the internet has become so centralized in the hands of four or five big companies.”

    “With that model, catastrophic failures like this are going to be increasingly common,” he added.
    Regulatory Scrutiny Intensifies

    In March 2023, the Federal Trade Commission announced a wide-ranging survey of the business practices of cloud providers. The agency looked at “market power, business practices affecting competition, and potential security risks,” soliciting comments from companies and the public.

    In its response to the Federal Trade Commission’s probe, Microsoft claimed the marketplace for cloud services remains robust, and warned that regulations may affect “billions of dollars” in investments.

    The company also suggested that the Federal Trade Commission’s intervention would “run the risk of impacting the quality of these solutions and the pace of innovation, and ultimately disadvantaging American companies on the global stage,” Microsoft wrote.

    Public Citizen, a consumer advocacy nonprofit, warned the Federal Trade Commission in 2023 that the market dominance of Amazon, Microsoft, and Google over the cloud services sector is a threat to the economy.

    “Single point dependency on a cloud provider is a structural weakness for the entire economy with the potential to cause more consumer harm in the future,” the group wrote in June 2023.

    On Wednesday — just two days before the global outage — the Department of the Treasury, along with the Consumer Financial Protection Bureau and other federal agencies, cautioned that the industry’s deep reliance on a small handful of cloud service providers left it vulnerable to widespread outages and disruptions.

    The Treasury also released a suite of guidance for banks and financial institutions, following its report from last February that raised an alarm about the potential risks of the highly consolidated market. The report advised that a failure like the one on Friday “could impact multiple financial institutions or U.S. consumers,” and recommended additional oversight, like inspecting third-party service providers.

    The Consumer Financial Protection Bureau’s chief, Rohit Chopra, said on Friday that the failures are just a glimpse of the havoc that could be wreaked by this kind of outage in the financial sector. His agency has warned that in the future, such events could further “freeze parts of the payments infrastructure or grind other critical services to a halt.”

    “There are just a handful of big cloud companies where so much of the economy is now resting on,” Chopra said on CNBC. “We’re getting a taste of some of the potential effects of a real reliance of sectors across the economy relying on a handful of cloud companies and other key systems.”

    Friday’s outage was just a preview, he said, of what could go wrong in extreme cases of corporate consolidation and deregulation.

    “Break Up This Cloud Consortium”

    First reports of the outage surfaced early Friday morning, as computers running on Microsoft’s Windows operating system went down all at once. The issue traced back to a system update that was pushed by a company called CrowdStrike, a cybersecurity provider that is used to protect against hackers in a wide range of sectors, from airlines to banking — and was previously known for its involvement in the 2016 investigation into Russia’s hack of the Democratic National Committee.

    CrowdStrike quickly said it had identified the problem with the update and began pushing a solution, but added that the fixes could take hours.

    “We are aware of this issue and are working closely with CrowdStrike and across the industry to provide customers technical guidance and support to safely bring their systems back online,” Satya Nadella, Microsoft’s CEO, posted on X.

    Microsoft, which was one of the early pioneers of cloud computing software, controls a staggering 85 percent of federal productivity software, and even more of its operating system.

    Yet the Big Tech giant has a history of pushing back against cybersecurity measures. In 2016, the Federal Reserve, the Office of the Comptroller of the Currency, and the Federal Deposit Insurance Corporation released a joint rulemaking notice regarding the need for increased regulations on “enhanced cyber risk management standards for large and interconnected entities.”

    The proposed rule would have “significant consequences not only for the financial services industry but also for third-parties like Microsoft,” the company wrote in a comment letter. It also raised concerns about the new rules, and added that cloud service providers offer better service and cybersecurity than traditional on-site storage centers.

    The rule was withdrawn in March 2019.

    Agencies and Congress have repeatedly tried and failed to strengthen cybersecurity regulations. Within the past three years, lawmakers have introduced at least four legislative initiatives to address these concerns, though none have been adopted so far.

    This February, the federal Cybersecurity and Infrastructure Security Agency also announced it was renewing a task force charged with managing risks to the global information and communications technology supply chain, crucial for protecting computer hardware, software, and applications.

    The companies themselves were seemingly aware of the potential threat caused by an overreliance on cloud-based systems.

    In a 2023 comment letter to the Consumer Financial Protection Bureau about a proposed rulemaking to tighten personal data restrictions, CrowdStrike — the cybersecurity company responsible for Friday’s data breach — argued that the biggest risk to cybersecurity was not software supply chain issues, but hackers.

    “It is our view that perhaps the most significant threat to data comes from bad actors operating unlawfully, leading to data breaches, cyberattacks, exploits, ransomware attacks and other exposure of consumer data,” CrowdStrike wrote.

    CrowdStrike echoed their concerns about the dangers of hackers and resulting system failures in their most recent annual 10-K report. The company told investors that the “consolidation of siloed products” was a concern because “integrating and maintaining numerous products, data and infrastructures across highly distributed enterprise environments” created “blind spots that hackers can exploit.”

    Microsoft, in its 2023 annual report to shareholders, also expressed that “providing [their] customers with more services and solutions in the cloud puts a premium on the resilience of [their] systems.”

    But the companies have worked hard to keep regulators from taking steps to address these risks.

    Microsoft is one of the country’s top spenders on lobbying, ranking in the top one hundred of corporations. So far this year, the company spent more than $5 million on campaign donations and lobbying lawmakers and regulators. Microsoft lobbied Congress, the Federal Trade Commission, the Treasury Department, the Executive Office of the White House, and other regulators on “policy issues in cloud computing,” among other issues, disclosures show.

    “What we really need,” said Cooper, the University of Pennsylvania researcher, “is regulators to break up this cloud consortium of four or five companies and help distribute management of the internet backbone through a host of different companies.”

    Contributors

    Freddy Brewster is a freelance reporter and has been published in the Los Angeles Times, NBC News, CalMatters, the Lost Coast Outpost, and other outlets across California.

    Lucy Dean Stockton is the news editor at the Lever.

    Katya Schwenk is a journalist based in Phoenix, Arizona.

    Helen Santoro is a journalist based in Colorado.

    #capitalisme #informatique #internet #nuage #sécutité #GAFAM #cloud_computimg #monopoles #Microsoft #Amazon #Google

  • Comment s’organiser contre la domination assistée par ordinateur ? [forum ouvert]
    https://framablog.org/2023/08/08/comment-sorganiser-contre-la-domination-assistee-par-ordinateur-forum-ouv

    Dans le cadre de l’Université d’Été des Mouvements Sociaux et de la Solidarité (UEMSS) qui se déroulera du 23 au 27 août à Bobigny, et avec les copaines de Attac, Ritimo, Globenet, Convergence Services Publics, Transiscope, l’April, L’Établi numérique, La … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique #action_sociale #capitalisme_de_surveillance #Communaute #événements #forum #Surveillance

  • TikTok, le roi de l’économie de l’attention
    https://lesechos.fr/tech-medias/medias/tiktok-le-roi-de-leconomie-de-lattention-1965285

    […] Un public captif et captivé de plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels actifs qui, sans être aussi valorisé par les annonceurs qu’une audience plus mûre au pouvoir d’achat supérieur, est prisé pour sa capacité à façonner les tendances de demain. « #TikTok est devenu le point de destination d’une génération sur Internet, souligne Alexandre Mahé, de Fabernovel. De toutes les plateformes, il reste celle où l’on peut toucher l’audience la plus jeune. » Les annonceurs apprécieront cette statistique : 46 % des sondés par Kantar affirment « ne pas se laisser distraire » lorsqu’ils sont sur TikTok.

    « Temps de cerveau humain disponible »

    Car le dernier-né des réseaux a réussi une véritable prouesse : capter l’intérêt des usagers dans un univers ultra-concurrentiel dans lequel « l’abondance d’informations crée une rareté de l’#attention », comme le théorisait, en 1971, le psychologue et économiste américain Herbert A. Simon. Le concept d’« économie de l’attention » n’est pas né d’hier. En 2004, Patrick Le Lay, PDG du groupe TF1, avait déjà reconnu que son métier consistait à « vendre à Coca-Cola du temps de cerveau humain disponible ». Les géants du numérique ont encore professionnalisé l’opération.

    « Si les plateformes ont des usages multiples et proposent des fonctionnalités distinctes, leur modèle économique est sensiblement le même : il consiste à transformer le temps que nous y passons en revenus publicitaires, expose Arthur Grimonpont dans ’#Algocratie, vivre libre à l’heure des #algorithmes', paru en 2022 chez Actes Sud. De là naît une compétition redoutable pour se partager une ressource rare et précieuse : notre #temps_d'attention. »

    Et TikTok exploite mieux que quiconque ce « nouveau pétrole » grâce à son algorithme, aussi mystérieux que surperformant, qui génère un flux infini de recommandations en rapport avec les centres d’intérêt de chaque usager à partir de ses « scrolls » passés, de ses interactions, des vidéos regardées jusqu’au bout ou même visionnées plusieurs fois, etc. […]

    (Les Échos)

    #capitalisme #capitalisme_de_surveillance

  • Reconnaissance faciale : 2/3 des aéroports internationaux se sont déjà équipés de systèmes d’enregistrement automatisés et 80 % ont des projets d’investissement à 3 ans :

    A Roissy, un système de reconnaissance faciale, testé en 2021 et 2022, a permis de gagner 15 minutes sur le temps d’#embarquement d’un avion gros-porteur long-courrier - en évitant aux passagers volontaires d’avoir à ressortir carte d’embarquement et pièce d’identité. Le taux de satisfaction était de 94 %. Toujours à #Roissy, des #radar_Lidar à infrarouge, couplés à un logiciel d’#intelligence_artificielle, permettent de suivre l’évolution de la fréquentation des aérogares et même d’anticiper les pics d’affluence, afin d’adapter les postes de contrôle en conséquence. A terme, ils permettraient aux passagers de connaître à l’avance les temps d’attente.

    Dans le nouvel #aéroport_international d’Istanbul, le système de #reconnaissance_faciale, qui permet au passager d’accéder à la zone d’embarquement, aux salons et à l’avion sans sortir ni passeport, ni carte d’embarquement, aurait réduit de 30 % la durée totale du parcours du passager. A Lyon-Saint-Exupéry, Vinci va même tenter prochainement une première mondiale, en testant l’identification des passagers par leur iris.

    (Les Échos)
    #capitalisme_de_surveillance #système_d'enregistrement_automatisé

  • La radio publique en plein #capitalisme_de_surveillance

    Comme beaucoup d’internautes, j’écoute des podcasts. Plein de podcasts en fait, de tous les styles. J’aime beaucoup les émissions de #Radio_France (Inter, Culture notamment). Et j’ai donc toujours utilisé un logiciel de #podcast pour m’abonner à mes émissions préférées et les écouter.

    Mais ça, c’était avant que Radio France ne se lance dans le capitalisme de surveillance, verrouille ses podcasts et force la consommation par ses canaux (site web et application) bourrés de traceurs. Un scandale, car on parle ici d’un #service_public payé par nos impôts, qui ne se contente pas de compléter son modèle économique par de la #publicité (discutable, mais entendable), mais qui se complait dans les pires techniques du capitalisme de surveillance. Démonstration en trois actes.

    https://louisderrac.com/2022/11/28/la-radio-publique-en-plein-capitalisme-de-surveillance

  • #Google, l’espion le plus con du monde
    https://framablog.org/2022/09/09/google-lespion-le-plus-con-du-monde

    On le sait bien : Google se permet de tranquillement lire tous les mails qui passent sur ses serveurs, ceux des boîtes Gmail ainsi que ceux adressés à des boîtes Gmail… En général, le but est de refourguer de la publicité … Lire la suite­­

    #Grise_Bouille #capitalisme_de_surveillance #espionnage #GAFAM #pédopornographie

  • Contra #Chrome : une BD décapante maintenant en version française
    https://framablog.org/2022/09/08/contra-chrome-une-bd-decapante-maintenant-en-version-francaise

    Il y a loin de la promotion du navigateur Chrome à ses débuts, un outil cool au service des internautes, au constat de ce qu’il est devenu, une plateforme de prédation de #Google, c’est ce que permet de mesurer la … Lire la suite­­

    #Dégooglisons_Internet #G.A.F.A.M. #Interview #Libres_Cultures #Libres_Logiciels #capitalisme_de_surveillance #Contrachrome #Framalang #Google_Chrome #Leah_Elliott #remix #Traduction #vie_privée #Zuboff

  • Bifurquer avant l’impact : l’impasse du capitalisme de surveillance
    https://framablog.org/2022/08/29/bifurquer-avant-limpact-limpasse-du-capitalisme-de-surveillance

    La chaleur de l’été ne nous fait pas oublier que nous traversons une crise dont les racines sont bien profondes. Pendant que nos forêts crament, que des oligarques jouent aux petits soldats à nos portes, et vu que je n’avais … Lire la suite­­

  • Streamez Citéphilo 2021 - Surveiller et vendre par philolille | Écoutez en ligne gratuitement sur SoundCloud
    https://soundcloud.com/user-946726599/citephilo-2021-surveiller-et-vendre?si=3ada5a552eb8430d98ee0fb7f7657442


    La surveillance est devenue un modèle d’affaires dès lors que l’informatique a intégré les organisations pour extraire, traiter et valoriser les données. Ce modèle a généré un capitalisme de surveillance dont les contours historiques et matériels restent obscurs. Nous lèverons le voile en suivant l’apparition de l’activité de courtage de données au tournant des années 1970. Dans un contexte où les lois commençaient à réguler le fichage numérique, se dessinaient les conditions techniques de l’exercice de notre vie privée.

    Avec Christophe Masutti, présenté par Bertrand Bocquet

    #Christophe_Masutti #Surveillance #Capitalisme_de_surveillance

  • #Shoshana_Zuboff sur le #capitalisme_de_surveillance
    VPRO Documentaire, Youtube, le 20 décembre 2019
    https://www.youtube.com/watch?v=hIXhnWUmMvw

    Le professeur de Harvard Shoshana Zuboff a écrit un livre monumental sur le nouvel ordre économique qui est alarmant. "The Age of Surveillance Capitalism", révèle comment les plus grandes entreprises technologiques traitent nos données. Comment reprendre le contrôle de nos données ? Qu’est-ce que le capitalisme de surveillance ?

    Dans ce documentaire, Zuboff enlève le couvercle de Google et Facebook et révèle une forme impitoyable de capitalisme dans laquelle aucune ressource naturelle, mais le citoyen lui-même, ne sert de matière première. Comment les citoyens peuvent-ils reprendre le contrôle de leurs données ?

    Nous sommes en 2000 et la crise de dot.com a causé de profondes blessures. Comment le démarrage de Google survivra-t-il à l’éclatement de la bulle Internet ? Les fondateurs Larry Page et Sergey Brin ne savent plus comment inverser la tendance. Par hasard, Google découvre que les "données résiduelles" que les gens laissent derrière eux dans leurs recherches sur Internet sont très précieuses et échangeables.

    Ces données résiduelles peuvent être utilisées pour prédire le comportement de l’internaute. Les publicités sur Internet peuvent donc être utilisées de manière très ciblée et efficace. Un tout nouveau modèle économique est né : le « capitalisme de surveillance ».

  • Comment le capitalisme de surveillance “transforme notre intimité en matière première”
    https://www.telerama.fr/idees/comment-le-capitalisme-de-surveillance-transforme-notre-intimite-en-matiere

    … et pourquoi il faut lutter contre. Dans “L’Âge du capitalisme de surveillance”, enfin traduit, Shoshana Zuboff, professeure émérite à la Harvard Business School, sonne l’alerte contre les géants du numérique qui nous dépossèdent de nos vies pour mieux les soumettre au marché.

    Au temps du tube cathodique, Jacques Ellul, l’un des grands penseurs de l’aliénation contemporaine, se posait déjà la seule question qui vaille vraiment à propos du pouvoir de la technique : « Une des illusions qu’on cherche à développer dans l’homme moderne, c’est de lui faire croire [qu’elle] le rend plus libre. […] Libre de quoi ? » À l’heure des réseaux sociaux et de la toute-puissance technologique, Shoshana Zuboff, professeure émérite à la prestigieuse Harvard Business School, prend le relais. Et sonne l’alerte. Nous sommes dépossédés de nos propres vies dans des proportions « indéchiffrables pour le cerveau humain ». Pire, plus nos spoliateurs en savent sur nous, moins nous en savons sur eux.

    Dans L’Âge du capitalisme de surveillance, un pavé de plus de huit cents pages sorti début 2019 aux États-Unis et enfin traduit en français (aux éditions Zulma), l’universitaire décrit minutieusement une société dystopique – mais bien réelle – dans laquelle les Google, Facebook et consorts capturent sans vergogne notre « surplus comportemental », raffinant le moindre atome de nos intimités numérisées pour leur seul profit. « C’est une double agression, contre notre autonomie et contre la démocratie », s’inquiète-t-elle, en livrant ce qui s’apparente à un opportun manuel de résistance.

    Celui-ci est d’autant plus notable qu’il n’émane pas d’une dangereuse radicale, bien au contraire : à la fin des années 1990, Shoshana Zuboff, prise dans une crise identitaire, a quitté son campus pour partir vivre dans une ferme. À l’époque, persuadée de faire partie du problème plus que de la solution, elle fait face à un choix : « Trouver un nouveau champ de recherche, ou chausser de nouvelles lunettes. » Ainsi a mûri sa charge – à mort – contre les tenants de ce « capitalisme renégat » qui nous traque tous, en permanence. Vous n’avez rien à cacher ? « Alors, vous n’existez pas. »

    Vous avez popularisé le terme « capitalisme de surveillance » depuis quelques années. Comment fonctionne-t-il ?

    L’effrayante spécificité du capitalisme de surveillance, c’est qu’il capture l’expérience personnelle pour la soumettre aux impératifs du marché. On pourrait même parler d’un marché de l’avenir humain. Ce capitalisme dévoyé transforme notre intimité en matière première qui, raffinée sous la forme de données, alimente une chaîne d’approvisionnement complexe. Dans ces usines d’un nouveau genre, on ne fabrique plus des produits mais des prédictions, individuelles et collectives. Ces conjectures, tirées de nos vies, émanent de nous, mais ne nous appartiennent pas. Elles nous concernent, mais ne nous reviennent pas.

    De la même manière que Ford aurait révolutionné le capitalisme en 1913, avec sa chaîne de production, vous posez le postulat que Google a inventé le capitalisme de surveillance au tournant du millénaire. Dans quelles circonstances ?

    Je situe sa naissance dans la Silicon Valley pendant l’éclatement de la bulle Internet, entre 2000 et 2001. À l’époque, de jeunes gens très intelligents dirigent des entreprises prometteuses, à l’intérieur desquelles ils inventent toutes sortes de services en ligne. Problème : ils ne gagnent pas d’argent. Là où le capitalisme industriel a réussi à transformer les ressources naturelles en énergie, les fleurons de cette nouvelle économie se révèlent incapables de répéter l’opération. Par conséquent, les investisseurs se retirent, et ils commencent à faire faillite les uns après les autres. Dans ce tableau, Google est perçu comme une pépite, mais même chez eux, il y a urgence.

    À vous écouter, ils n’étaient pas très doués pour le capitalisme !
    Jusqu’à ce qu’ils n’aient plus le choix, Sergey Brin et Larry Page, les fondateurs de Google, étaient publiquement opposés à la publicité ciblée. Quand ils ont commencé à regarder de plus près les données stockées sur leurs serveurs, des historiques de recherche, des miettes, des restes, ils ont réalisé qu’ils avaient à disposition un gisement gigantesque. C’est à ce moment-là qu’ils ont décidé d’exploiter notre surplus comportemental, que je nomme ainsi car il dépasse largement leurs besoins réels.
    “Au lieu de l’âge de l’information dont nous rêvions, fondé sur le partage de la connaissance permis par Internet, nous sommes renvoyés à un système féodal dans lequel des entreprises gigantesques peuvent influencer et contrôler nos comportements.”

    On touche ici une différence fondamentale. Le capitalisme industriel était une division du travail ; le capitalisme de surveillance, écrivez-vous, est une division de la connaissance. C’est-à-dire ?

    Il nous a fallu des décennies pour mesurer les conséquences du capitalisme industriel, pour déterminer par exemple que la dépendance aux énergies fossiles accélérait le réchauffement climatique. Aujourd’hui, nous sommes capables d’identifier les répercussions négatives du capitalisme de surveillance, à savoir la production secrète, effroyablement asymétrique, de savoir. C’est son effet le plus profond et le plus pernicieux, et il est indissociable d’un événement : le 11 Septembre. Au Capitole, juste avant que les tours jumelles s’effondrent, les parlementaires discutaient des contours d’une législation destinée à protéger la vie privée.

    En l’espace de quelques heures, George W. Bush a déclaré la « guerre contre la terreur », nous sommes entrés dans l’ère de l’information totale et dans une quête de certitudes. « Puisque nous n’avons pas su connecter les points, nous avons besoin de tous les points de tout le monde », ont dit les services de renseignement. Le département de la Défense, la CIA ou la NSA œuvrant sous les auspices de la Constitution américaine et obéissant à l’État de droit, il a fallu trouver une solution. Puisque Google et consorts n’étaient pas soumis aux mêmes contraintes, les autorités ont décidé de les laisser amasser richesse et pouvoir, afin qu’ils se chargent de connecter les points. Ainsi s’est forgée la symbiose entre la sphère publique et la sphère privée, entre la sphère du marché et celle du gouvernement.

    Pendant vingt ans, nous avons ensuite été aveuglés par notre optimisme sur le pouvoir libérateur de la technologie. Au lieu de l’âge de l’information dont nous rêvions, fondé sur le partage de la connaissance permis par Internet, nous sommes renvoyés à un système féodal dans lequel des entreprises gigantesques peuvent influencer et contrôler nos comportements. C’est une double agression, contre notre autonomie et contre la démocratie.

    Le pouvoir que vous décrivez est aussi immense qu’effrayant. Mais est-il vraiment effectif ?
    En 2001, Larry Page, le patron de Google, se référait à la capacité de calcul de ses serveurs en parlant de « [leur] intelligence artificielle ». Aujourd’hui, quand Google utilise cette expression, il s’agit d’un pouvoir sans commune mesure avec ces premières déclarations. Avec le capital qu’elles possèdent, ces entreprises visent le long terme. Pour entraîner son intelligence artificielle, Facebook ingère des trillions (milliards de milliards) de données chaque jour, afin de produire 6 millions de prédictions sur nos comportements par seconde. C’est une échelle inimaginable, indéchiffrable pour le cerveau humain.

    Pendant très longtemps, nous n’avions pas conscience de ce qui se jouait en arrière-plan. Puis le scandale Cambridge Analytica [du nom de cette officine britannique spécialisée dans le conseil politique qui a siphonné 87 millions de comptes Facebook au profit des campagnes du Brexit et de Donald Trump, ndlr] en 2018 a ouvert les yeux de l’opinion publique.
    “En 2016, le camp républicain a eu recours au micro-ciblage psychologique pour manipuler des comportements numériques qui ont des effets dans le monde réel. C’est ça le gagne-pain du capitalisme de surveillance.”

    Un récent rapport des autorités britanniques a tout de même montré que Cambridge Analytica a très largement survendu ses compétences…
    Mais personne ne peut nier que la campagne de Trump en 2016 a utilisé la technologie publicitaire de Facebook plus efficacement que quiconque. Le camp républicain a eu recours au micro-ciblage psychologique pour manipuler des comportements numériques qui ont des effets dans le monde réel. C’est ça le gagne-pain du capitalisme de surveillance.

    Vous estimez que le capitalisme de surveillance est « tyrannique », mais qu’il ne requiert « ni le fouet du despote, ni les camps ou les goulags du totalitarisme ». Avec l’omniprésence de nos smartphones, nos applications intrusives, nos objets connectés qui mouchardent, nous sommes devenus les agents consentants de notre propre enfermement. Plus que la manipulation cognitive, n’est-ce pas la plus grande victoire du phénomène que vous décrivez ?
    Nous nous sommes enchaînés nous-mêmes et c’est une intolérable tragédie. Dans nos sociétés libérales contemporaines, nous ne sommes pas éduqués à nous opposer au progrès technologique. Face à la dictature de l’inévitabilité, nous avons pourtant cruellement besoin d’alternatives et d’apprentissage citoyen. C’est d’autant plus problématique que les réseaux sociaux ont été inventés par des adolescents. Nous savons que ce moment de la vie désigne un soi inachevé.

    On construit sa personnalité et son libre-arbitre en se confrontant à l’altérité, au questionnement, à la dissonance. Or ces plateformes ne renvoient pas à des questionnements intérieurs – « Qui suis-je ? » – mais à des logiques de groupe. Des légions de pré-adolescents et de jeunes adultes sont profondément investis dans une machinerie conçue par d’autres adolescents et sont coincés dans un monde où ils sont constamment jugés par les autres. On parle souvent d’une économie de l’attention [qui consiste, dans la surabondance d’informations, à capter l’attention du public pour la valoriser économiquement, ndlr], mais c’est une confusion trompeuse. L’attention n’est que l’effet d’une cause, et cette cause, c’est un impératif économique qui demande une implication permanente.

    Craignez-vous que la pandémie, pendant laquelle nos vies se déroulent massivement en ligne, n’accélère cette dynamique ?
    À cause du coronavirus, l’Unesco estime que près de 300 millions d’enfants n’ont pas pu aller à l’école. C’est un chiffre sans précédent. Dans le même temps, Classroom, la plateforme d’apprentissage de Google à destination des enseignants, a multiplié par deux le nombre d’utilisateurs. Contrairement à ce que pensent les dirigeants des géants du numérique, cette consolidation n’est pas liée à un soudain afflux d’amour.

    Au contraire, deux enquêtes réalisées cet été montrent un renforcement du techlash (contraction de technology et backlash, ce mot-valise désigne le retour de bâton subi par les oligopoles de la Silicon Valley depuis deux ou trois ans, NDLR). La première dévoile que 75 % des Américains accordent plus d’importance à leurs données personnelles qu’au service offert par les plateformes ; 77 % pensent que ces entreprises ont trop de pouvoir ; 84 % ne leur font pas confiance. Dans la seconde, on apprend que la seule industrie moins populaire que Mark Zuckerberg est celle du tabac. Ces chiffres démontrent une véritable rupture entre le public et les Gafam, Facebook en particulier.

    “Je suis impressionnée par notre capacité collective à nous rassembler malgré l’isolement dans lequel nous sommes maintenus. C’est un premier pas et, désormais, il faut réussir à amener cette énergie dans l’arène politique.”

    Ce qui rend le moment aussi intéressant qu’incertain : sous le règne du capitalisme traditionnel, les classes populaires ont su s’unir pour défendre leurs droits en s’organisant en syndicats, en faisant grève, etc. Et face au capitalisme de surveillance ?
    Jusqu’à présent, nous n’étions que des utilisateurs, le terme dont nous affublent les plateformes. Une terminologie qui annonce notre anonymat interchangeable. En janvier 2019, j’ai quitté mon domicile pour trois semaines de tournée promotionnelle. Au bout du compte, j’ai voyagé pendant quatorze mois. Partout où je suis allée, aux États-Unis et en Europe, j’ai demandé aux gens de résumer en un seul mot pourquoi ils venaient à ma rencontre. En les compilant, j’ai réalisé qu’ils étaient récurrents et formaient un champ lexical parfaitement cohérent : liberté, anxiété, démocratie, manipulation, contrôle, résistance, colère, rébellion, action, invasion, peur, vie privée, vol, droits, autonomie, constitution, pouvoir, justice.

    Je suis impressionnée par notre capacité collective à nous rassembler malgré l’isolement dans lequel nous sommes maintenus. C’est un premier pas et, désormais, il faut réussir à amener cette énergie dans l’arène politique. Nous allons devoir inventer de nouveaux modes d’organisation, qui seront probablement différents des institutions du XXe siècle. Je pense par exemple au Real Facebook Oversight Board, lancé au mois de septembre et dans lequel je siège avec vingt-cinq autres membres de la société civile [ce collectif a été créé afin de surveiller l’Oversight Board officiel, « cour suprême » du réseau social chargée d’arbitrer les différends liés aux contenus, ndlr].

    Des armes anciennes pourraient toutefois être efficaces, comme les lois antitrust. Pensez-vous qu’il faille démanteler Facebook ou Google ?
    Ce n’est qu’une partie de la solution. Ces lois ont été conçues pour répondre à d’autres situations. Une entreprise comme Amazon était une impitoyable capitaliste avant de devenir une impitoyable capitaliste de surveillance. Autour de 2015, son patron, Jeff Bezos, a commencé à prendre conscience des incroyables revenus générés par les dividendes de la surveillance, et il s’est mis à réfléchir à un moyen d’embrasser ce modèle, en plus des pratiques dont il était déjà coutumier, qu’il s’agisse d’exploiter sa main-d’œuvre ou d’éliminer la concurrence.

    On pourrait dire la même chose de Facebook ou de Google. Il est vital que nous mesurions l’ampleur exacte du problème que nous tentons de résoudre. Quand les dirigeants de ces entreprises sont auditionnés au Congrès américain, il est surtout question d’invasion de la vie privée, de géolocalisation clandestine, du risque de désinformation. Ces interrogations montrent bien qu’il ne s’agit pas seulement de démanteler des monopoles. En Europe, le Règlement général sur la protection des données [entré en vigueur en mai 2018, ndlr] montre à la fois la voie et qu’il est bien trop tôt pour sabrer le champagne.

    Vous parlez d’un « capitalisme renégat » comme s’il était accidentel. Cela signifie-t-il qu’il peut être réformé ?
    Le capitalisme possède cette propriété que l’historien Fernand Braudel nommait « la longue durée ». Il faut l’analyser à travers ce prisme, en prenant en compte les spécificités de son époque, en l’occurrence le numérique. Je le nomme renégat car il renie certains aspects du capitalisme de longue durée, indispensables à sa durabilité, particulièrement l’idée d’offre et de demande. Même si Marx ou Schumpeter [le théoricien de la fameuse destruction créatrice, ndlr] ne partagent évidemment pas la même vision sur ses effets, le capitalisme, aussi violent et inégalitaire soit-il, a appris à améliorer les sociétés, en renforçant par exemple les classes moyennes.
    “Le capitalisme de surveillance ne s’intéresse ni à la réciprocité de l’offre et de la demande, ni à la résolution des problèmes que rencontrent les individus. Comme la financiarisation, c’est une forme entièrement parasite, et il n’y a rien à en sauver.”

    Le capitalisme de surveillance s’éloigne de ce modèle en ce sens qu’il détourne la technologie de notre époque à des seules fins d’accumulation. Il ne s’intéresse ni à la réciprocité de l’offre et de la demande, ni à la résolution des problèmes que rencontrent les individus. Comme la financiarisation, c’est une forme entièrement parasite, et il n’y a rien à en sauver. Je ne pense pas qu’on puisse dire la même chose du capitalisme industriel, qui a su en partie épouser les formes d’une société démocratique.

    Pour conclure sur une note plus personnelle et universelle, vous militez pour un droit au sanctuaire. Que répondez-vous à ceux, nombreux, qui prétendent qu’ils n’ont rien à cacher ?

    Si vous n’avez rien à cacher, vous n’existez pas. C’est une intoxication dangereuse. Cela revient à vous laisser détrousser de votre vie privée, à abandonner toute solitude et à ouvrir votre intimité à n’importe laquelle de ces entreprises. Dire que vous n’avez rien à cacher, c’est accepter votre condition d’utilisateur vide, uniquement défini par le rapport qu’il entretient avec les technologies qu’il utilise.

    #Alphabet #Google #DoD #NSA #CIA #algorithme #bénéfices #BigData #surveillance #microtargeting

  • Espace urbain et distanciation sociale
    https://acta.zone/espace-urbain-et-distanciation-sociale

    Cet entretien avec Stefan Kipfer a été réalisé au beau milieu du confinement. Un an après la publication de son livre « Le temps et l’espace de la décolonisation. Dialogue entre Frantz Fanon et Henri Lefebvre », édité par Eterotopia France, on a voulu revenir sur certaines de ses idées et hypothèses pour interroger le présent et développer des pistes d’analyse concernant la manière dont la crise actuelle investit la production de l’espace urbain. Source : ACTA

    • [...] On pourrait dire, pour retourner très vite au passé, que l’influence hygiéniste dans la période haussmannienne du XIXème siècle et dans la période fonctionnaliste à partir des années 1930, a renforcé l’aspect contre-révolutionnaire de ces deux moments de l’urbanisme moderne. Cet urbanisme a répondu à la fois aux mouvements révolutionnaires des classes populaires en métropole et aux mouvements qui essayaient de résister au colonialisme dans les colonies pour après se transformer en mouvements pour l’indépendance au XXème siècle.

      L’hygiénisme transforme une analyse médicale et sociale des conditions de santé des habitants en idéologie sanitaire qui considère que les classes subalternes et les peuples colonisés sont des éléments pathogènes, notamment quand ils se concentrent dans leur habitats géographiques « naturels » (la foule, les taudis, les faubourgs, les bidonvilles, les banlieues etc.). L’hygiénisme comme idéologie sanitaire comporte donc un déterminisme spatial qui propose que la forme urbaine serait la cause des problèmes sociaux, ce qui amène à des solutions spatiales qui essaient avant tout de séparer les classes dominantes (ou bien les administrateurs coloniaux) des classes populaires ou bien des peuples colonisés. Souvent ces stratégies essaient aussi de dissoudre l’habitat populaire. Si on regarde l’histoire de certains instruments d’intervention d’aménagement – le zonage, l’aménagement des parcs métropolitains, la méthode de la coulée verte – on voit bien comment l’urbanisme moderne est influencé par l’idéologie sanitaire hygiéniste.

      À plusieurs moments de l’histoire moderne de l’urbanisme on voit que ces interventions comprennent une volonté de disperser ou de déconcentrer les classes populaires. Ceci a amené à la production de la banlieue standardisée au milieu du XXème siècle et à l’ urban sprawl (l’étalement urbain), accentué depuis deux générations. L’étalement urbain prend des formes très différentes selon les régions, mais il est devenu une tendance à l’échelle mondiale depuis les années 1980. Il est une force qui a contribué à la destruction des habitats écologiques et à la création d’une situation structurelle favorable à la circulation des virus, des pathogènes et des pandémies16. La première conclusion à tirer est que n’importe quelle stratégie visant à dédoubler la déconcentration de la population aura certainement pour effet de renouveler les conditions qui ont contribué à la production accélérée de pandémies depuis la deuxième moitié du vingtième siècle.

      Espace urbain et distanciation sociale

      Il est vrai qu’aux États-Unis, au Canada, en France et ailleurs, il y a eu une remontée de la critique de la densité, de la vie urbaine dense et intense17. Certaines de ces critiques reprennent le même déterminisme spatial que l’idéologie sanitaire hygiéniste classique, affirmant en gros que ce n’est pas le virus qui tue, mais la morphologie urbaine. Il y a là un déplacement du regard de l’analyse biomédicale du virus à une manière de stigmatiser la forme urbaine. Ceci est une manœuvre classique dans l’idéologie sanitaire. Et pourtant on sait déjà très bien que la densité démographique, la densité de population n’est pas une explication suffisante pour l’avancée de la pandémie. Les premières études portant sur la Chine et New York City ont bien montré que le taux d’infection est déterminé par les conditions sociales et sanitaires et non par la densité elle-même18.

      En fait, il y a toute une série de pays et de villes qui sont soit aussi denses soit plus denses que Milan, Madrid, Paris, et New York, et qui ont réussi beaucoup mieux que ces villes à maîtriser la pandémie : Taiwan, la Corée du Sud, et, avant tout, Hong Kong19. Ils ont réussi ce coup justement à cause de la qualité de leurs infrastructures sanitaires et grâce à leur capacité de poursuivre des démarches proactives de prévention. Je crois que le cas plus impressionnant, le cas le plus frappant qui nous aide à contrer les critiques vulgaires de la densité est le Kerala20. Le Kerala est un État indien qui est trois fois plus dense que la moyenne indienne. C’est un État qui est très lié au niveau international, avec un pourcentage de travailleurs migrants assez important qui partent et qui retournent au pays. Mais le Kerala a un taux d’infection de coronavirus qui est beaucoup plus bas que la moyenne indienne. Pourquoi ? Le Kerala est géré depuis longtemps par un gouvernement de gauche, qui se voulait communiste à un certain moment mais qui est plus ou moins social-démocrate, qui a construit un réseau décentralisé d’infrastructures sanitaires et qui a donc développé une capacité d’action proactive assez impressionnante. Ceci a permis aux autorités et aux citoyens du Kerala de répondre très rapidement lorsque le premier cas de Covid 19 est arrivé dans cet État fin de janvier. Le Kerala nous montre que la densité n’est pas forcément un problème dans une pandémie. Elle peut même être un atout dans le combat contre la propagation du virus.
      Je crois qu’il y une conclusion importante et générale à tirer de cette discussion de l’idéologie sanitaire. Il ne faut jamais faire l’amalgame entre (1) les conditions sanitaires et médicales concrètes, (2) la morphologie urbaine (la forme physique de l’urbain), et (3) les rapports sociaux et politiques qui influencent à la fois la forme urbaine et les conditions sanitaires. Pour éviter une idéologie hygiéniste sanitaire, il faut toujours faire une distinction analytique entre ces trois aspects de la vie urbaine.

      #Stefan_Kipfer #urbanisme #classes_populaires #hygiénisme #Smart_City #capitalisme_High_Tech #surveillance #capitalisme_de_surveillance #atomisation #individualisation #racialisation #État #luttes #travail_essentiel #reproduction_sociale

  • « Nous sommes les agents consentants de notre propre surveillance technologique » - entretien avec Olivier Tesquet, auteur de « A la trace » - NEON
    https://www.neonmag.fr/nous-sommes-les-agents-consentants-de-notre-propre-surveillance-technologiqu

    Tous fliqués ? Le journaliste Olivier Tesquet fait le point dans son livre A la trace sur la sournoise généralisation de la surveillance dans nos vies. Interview. Vous avez sans doute, comme moi, un rapport d’amour-haine vis-à-vis de votre téléphone. Vous le reposez, le reprenez, fermez rageusement Instagram avant de rouvrir machinalement l’appli. Autant vous prévenir, la lecture d’A la trace d’Olivier Tesquet, 32 ans, journaliste à Télérama, ne va pas arranger cette relation ambigüe. Dans cet (...)

    #CambridgeAnalytica #Google #Huawei #ICE #Ring #Amazon #Instagram #algorithme #CCTV #biométrie #migration #consentement #vidéo-surveillance #BigData #data #santé #SocialCreditSystem #SocialNetwork #surveillance #travailleurs (...)

    ##santé ##_

  • Comment Ring est passée d’une start-up de domotique au premier réseau de surveillance des Etats-Unis ? | LINC
    https://linc.cnil.fr/comment-ring-est-passee-dune-start-de-domotique-au-premier-reseau-de-surve

    La journaliste Caroline Haskins vient de publier sur Motherboard une passionnante enquête en trois volets sur la start-up Ring, rachetée en 2018 par Amazon . L’entreprise propose des sonnettes avec caméra connectées, qui permettent d’accéder aux images à distance. Lorsque quelqu’un sonne ou qu’un mouvement est détecté, la caméra s’enclenche et le propriétaire est alerté sur son smartphone. Il peut alors regarder la vidéo en direct (et discuter avec la personne) ou la consulter a posteriori puisque celle-ci est enregistrée.

    Le premier réseau américain de « surveillance individualisée de masse »

    Ring fait face à plusieurs concurrents sur le marché des sonnettes connectés : Google Nest, Arlo ou Wyze. L’entreprise est toutefois la seule à avoir développé une collaboration avec les services de police. Initié en 2016, l’entreprise a conclu plus de 600 partenariats avec des forces de police locale (dont 200 lors des trois derniers mois). Ces dernières ont accès à la plateforme Law Enforcement Neighborhood Portal, qui leur permet d’interagir avec les propriétaires de caméras et de leur demander d’accéder à leurs enregistrements vidéo sans aucun mandat (voir la vidéo de présentation). En contrepartie, elles doivent participer à la promotion des produits de l’entreprise.

    Pour encourager ces partenariats, l’entreprise multiplie les événements festifs destinés aux autorités policières, leur propose des formations pour obtenir plus aisément les enregistrements vidéos et des réductions sur ses caméras. Certaines municipalités proposent même de subventionner l’acquisition de caméras Ring par leurs habitants, avec pour certaines un tarif dégressif en fonction de l’espace couvert par la caméra : plus elle permet de surveiller l’ensemble des alentours, plus elle est subventionnée. Ainsi, en l’espace de quelques années, Ring et ses caméras ont été intégrés au système de maintien de l’ordre.

    Selon ses détracteurs, plutôt que de réduire la criminalité, le réseau social Neighbors encourage un climat de peur et de suspicion généralisée et conduit à stigmatiser toute personne étrangère au quartier, ce qui, à terme, contribue à renforcer la ségrégation spatiale. Comme le souligne Motherboard : « ça encourage les gens à réfléchir qui est en membre [du quartier] et qui est étranger. Dès lors, Neighbors n’est pas seulement un dispositif numérique de surveillance du quartier. C’est une gated community numérique ». Surtout, à l’instar des autres applications de réseau social centré sur un quartier (NextDoor, Citizen), très populaires aux Etats-Unis, des dérives sont rapidement apparues : les signalements sont empreints de racisme et tendent à discriminer les individus de couleur. Comme le conclut Caroline Haskins dans son enquête, l’achat d’une caméra Ring n’est pas une décision individuelle mais un engagement collectif : « Vous ne prenez pas seulement la décision de surveiller votre propre propriété et vos visiteurs lorsque vous en achetez une. Vous prenez une décision au nom de tous ceux qui vous entourent. Si quelqu’un passe devant votre maison, habite à côté ou livre des colis à votre domicile, ils seront enregistrés et surveillés. Ils n’ont pas le choix. L’achat d’une seule caméra Ring est une décision fondamentalement collective. »

    Commercialisés en France, les visiophones connectés de Ring peuvent être légalement installés s’ils ne portent atteinte à la vie privée des voisins, des visiteurs et des passants. Seules les autorités publiques peuvent filmer la voie publique en respectant certaines formalités préalables et principes garantissant les libertés individuelles. Les particuliers peuvent filmer uniquement l’intérieur de leur propriété (et non la voie publique) et doivent respecter le droit à l’image des personnes filmées. Par ailleurs, si l’entreprise Ring ne propose pas de partenariats avec les forces de police et que l’application Neighbors n’est pas disponible en France, les dispositifs de « vigilance citoyenne » présentent des risques élevés de surveillance des personnes et d’atteinte à la vie privée qui doivent être proportionnés à la finalité poursuivie.

    #Amazon #Ring #Surveillance #Capitalisme_de_surveillance #Racisme

  • #Facebook, emblème du « capitalisme de surveillance »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/070418/facebook-embleme-du-capitalisme-de-surveillance

    Le détournement de 87 millions de profils Facebook par #Cambridge_Analytica afin d’influer sur la campagne présidentielle américaine a Mark Zuckerberg lors du Mobile World Congress en février 2016 à Barcelone © Facebook plongé la société de Mark Zuckerberg dans une crise sans précédent en la mettant face à un dilemme en apparence insoluble : comment rassurer investisseurs et utilisateurs alors que son modèle économique repose par définition sur la collecte massive des données personnelles ?

    #International #capitalisme_de_surveillance #GAFAM

    • Même si Cambridge Analytica a bien dérobé quelque 87 millions de profils, c’est en fait quasiment toute l’économie du numérique qui repose sur une collecte massive des données des utilisateurs. Avant l’explosion du scandale, la société se vantait d’ailleurs de posséder des profils sur 220 millions d’Américains, des données obtenues légalement auprès des multiples « data brokers » ou vendeurs de données du pays. Ce modèle économique auquel sont irrémédiablement liés Facebook mais également Google ou Twitter a été théorisé sous l’expression de « capitalisme de surveillance ».

      Le concept a fait l’objet d’une première définition dans un article des universitaires John Bellamy Foster et Robert W. McChesney, publié en juillet 2014 sur le site Monthly Review. Dans celui-ci, les auteurs font du capitalisme de surveillance l’évolution naturelle du complexe militaro-industriel dénoncé par les président Dwight Eisenhower dans son célèbre discours de janvier 1961. Ils rappellent les origines militaires du Net et les efforts constants déployés par l’armée pour contrôler la recherche et les industries de pointe.

      L’article du Monthly Review en question, que j’avais pas vu passer : ▻https://seenthis.net/messages/328312

    • Avec aussi le concept de #surplus_comportemental développé par https://twitter.com/shoshanazuboff
      « [...] les utilisateurs ne sont ni des acheteurs ni des vendeurs ni des produits. Les utilisateurs sont une source de matériaux bruts gratuits [...] »

      Dans un article publié en 2016 dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, elle explique comment « le capitalisme a été détourné par un projet de surveillance lucratif ». Ce détournement a eu lieu, raconte Shoshana Zuboff, lorsque Google a pris conscience du profit qu’il pouvait tirer des données comportementales de ses utilisateurs, données qu’elle désigne sous le terme de « surplus comportemental ».

      « Le succès dramatique de Google dans le “matching” des publicités et des pages a révélé la valeur transformationnelle de ce surplus comportemental comme moyen de générer des revenus et, finalement, de transformer les investissements en capital », écrit Shoshana Zuboff. « Dans ce contexte, les utilisateurs ne sont plus une fin en eux-mêmes. À la place, ils sont devenus un moyen de faire des profits dans un nouveau type de marché dans lequel les utilisateurs ne sont ni des acheteurs ni des vendeurs ni des produits. Les utilisateurs sont une source de matériaux bruts gratuits qui nourrit un nouveau type de processus de fabrication », poursuit la professeure. « Le jeu ne consiste plus à vous envoyer un catalogue de vente par correspondance ou même à cibler la publicité en ligne. Le jeu consiste à vendre l’accès au flux en temps réel de votre vie quotidienne – votre réalité – afin de l’influencer directement et de modifier votre comportement pour faire des profits. »

    • Les références de l’article sont plus qu’intéressantes :
      – John Bellamy Foster et Robert W. McChesney sur le site Monthly Review sur le complexe militaro-industriel et le #capitalisme_de_surveillance
      https://monthlyreview.org/2014/07/01/surveillance-capitalism

      – Nicholas Confessore et Matthew Rosendbergmarch dans le NY Times sur le lien entre #Cambrige_Analytica et #Palantir
      https://www.nytimes.com/2018/03/27/us/cambridge-analytica-palantir.html

      – Shoshana Zuboff dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung sur le #capitalisme_de_surveillance
      http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/the-digital-debate/shoshana-zuboff-secrets-of-surveillance-capitalism-14103616.html
      => Article récemment traduit par l’équipe #Framalang
      https://framablog.org/2017/03/28/google-nouvel-avatar-du-capitalisme-celui-de-la-surveillance