#carleton_watkins

  • "« L’#art_écologique » l’est-il vraiment ?", par #Bénédicte_Ramade
    https://theconversation.com/lart-ecologique-lest-il-vraiment-54861

    La plupart des études s’accordent ainsi sur l’année 1861 pour dater les premières pressions exercées sur les décideurs politiques en faveur de la protection de sites naturels à partir d’une première série du photographe #Carleton_Watkins dans la vallée du Yosemite. Cette campagne d’information photographique – dont l’ironie du sort veut qu’elle ait été initialement commandée par une compagnie aurifère dans un but prospectif – a finalement été utilisée par le politique Thomas Starr King, l’architecte de Central Park Frederick Law Olmsted et le photographe pour pousser le gouvernement à protéger ces territoires.

    Les photographies prises en Californie par Carleton Watkins ont également été exposées à la galerie Goupil à New York fin 1862 et cette exposition semble avoir joué un rôle prépondérant dans l’élaboration et la diffusion d’une pensée conservatoire de la nature, puisque le président Abraham Lincoln en personne l’aurait visitée.

    (...) L’art écologique semble tiraillé entre une tendance au coup médiatique et un devoir de répondre d’utilité publique en plus d’être pertinent sur le plan esthétique. Et c’est d’abord son empreinte écologique qui fait débat. Car il faut s’entendre sur ce point : l’art écologique n’est pas nécessairement un art vertueux ni écologiquement neutre. #Olafur_Eliasson et son Ice Watch (2015) – ces fragments d’iceberg ramenés à grands frais d’un fjord du Groenland sur la place du Panthéon de Paris pendant la COP21 – a répondu habilement à cette attaque en fournissant le bilan carbone de son opération « glace », à savoir 30 tonnes de CO2, l’équivalent de trente personnes effectuant un vol entre Paris et Nuuk au Groenland. « Faute avouée à moitié pardonnée », dit l’adage.

    (...) Le philosophe américain #Timothy_Morton le soulignait dès 2009 : l’#écologie est de moins en moins affaire de #nature. La finalité de l’art écologique ne semble pas déroger à cette règle et il s’agit ici, avant toute autre chose, de négocier avec les spectateurs (par ailleurs citoyens).

    (...) L’#activisme superficiel des réseaux sociaux de notre époque ressemble à s’y méprendre à celui pratiqué dans les années 1960 par une certaine bourgeoisie américaine, finançant l’environnementalisme du #Sierra_Club par l’achat de coffee table books , ces désormais célèbres portfolios qui compilaient des clichés réalisés par les plus grands noms de la photographie de nature américaine, d’Ansel Adams à Eliot Porter. Leur efficacité aura été bien relative, car jamais ces livres n’ont réussi à empêcher la construction d’un barrage ou la destruction d’un site naturel.