• Occupation de l’Association Française des Entreprises Privées (AFEP) suite à une autoréduction, reçu par mel

    Nous étudiantes et étudiants, chômeuses et chômeurs, travailleuses et travailleurs, et individus en lutte contre la précarité, occupons en ce moment le siège de l’AFEP, Association Française des Entreprises Privées – club très sélect et surtout très confidentiel du grand patronat français. Nous pensions y trouver Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, que nous cherchons désespérément depuis des mois. Encore loupé. Nous négocions actuellement avec le personnel pour établir un contact avec lui, mais ce contact nous est pour l’instant refusé.
    Pourquoi nous sommes nous lancé·e·s dans cette périlleuse entreprise ?

    Le 14 octobre 2021, son groupe a obtenu la condamnation de deux de nos camarades pour « vol en réunion ». Pour ces faits, il et elle doivent désormais verser 38.000 euros de dommages et intérêts au Groupe Carrefour.

    Nous ne laisserons pas nos camarades verser un centime à cette multinationale, Carrefour doit renoncer à cette somme et retirer sa plainte.

    « Vol en réunion », voilà leur version et celle de la justice. Voici la nôtre.

    Le 30 janvier 2021, après plusieurs mois de confinements, couvre-feux et autres restrictions, nous étions une soixantaine à avoir mené une #autoréduction au #Carrefour Market de la rue Nationale à Paris. Riz, pâtes, huile, lait bio, couches de qualité pour bébé, serviettes hygiéniques… Des chariots ont été remplis pour fournir des #cantines et des distributions solidaires. Avec ces caddies pleins de victuailles, bien meilleures que des boîtes de conserve premier prix, nous avons bloqué les caisses du magasin et demandé à rencontrer le patron pour obtenir son accord de partir avec tout ou partie de la marchandise. Des représentants du groupe sont venus et ont accepté de nous céder les biens considérés comme « de première nécessité ». La police a contrôlé deux des soixante participant·e·s à cette autoréduction et les a retrouvé·e·s. Malgré son engagement à donner ces produits, le groupe Carrefour a décidé de porter plainte. Eux y voient un vol, nous y voyons une juste réappropriation en contrepartie des bénéfices accumulés jalousement par la grande distribution.

    Nous avons presque tout tenté pour retrouver Alexandre Bompard. Nous avons tracté dans de nombreux Carrefour de France à maintes reprises, occupé le siège du groupe à Massy en mars dernier, nous nous sommes même incrusté·e·s à un gala où il était invité. Jamais nous n’avons été entendu·e·s. Si nous ne pouvons pas le rencontrer chez lui, nous avons décidé d’aller chez ses amis de l’AFEP, dans les quartiers bourgeois de l’Ouest parisien, où lui et les patrons du CAC40 s’organisent des petits-déjeuners. Mais à l’AFEP, on ne boit pas seulement du jus d’orange pressé avec Bolloré ou le patron de Total. Entre deux macarons, on réfléchit à comment agir en coulisse pour défendre les intérêts de ceux qui ont déjà tout : la fin de l’ISF, le maintien du crédit d’impôt recherche, la non-taxation des jets privés ou des superprofits.

    Et Carrefour a pleinement profité de ces manigances. Nous ne pouvons pas laisser ce monstre de la grande distribution réclamer 38.000 euros à nos camarades, alors qu’il fait un milliard de bénéfices en 2021. Le modèle de Carrefour bâti par Bompard consume la forêt amazonienne, selon le rapport d’une ONG. Carrefour, « partenaire premium » des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, partenaire de toujours plus de gentrification, bétonisation et techno-surveillance de notre monde. Leurs profits creusent notre tombe. Quand nous subissons l’inflation, c’est la rémunération des patrons du CAC 40 qui explose : elle a bondi de 52% en 2021 (un « record historique », selon le rapport annuel de Proxinvest publié le 22 novembre).

    Il est temps de perturber ces espaces où les puissants se sentent depuis bien trop longtemps à l’aise.

    Nous ne paierons pas. Carrefour, retire ta plainte.

    Paris, le 2 décembre 2022
    Contact : contact14octobre [at] riseup.net

    partis vu le déséquilibre des forces, les occupants ont été nassées par la police dans le métro, ont refusé de donner leurs papiers, deux d’entre eux ont été embarqués, a priori pour une vérification d’identité. à suivre...

    https://seenthis.net/messages/980351
    https://seenthis.net/messages/980224
    https://seenthis.net/messages/953032
    le procès de novembre 2021 :
    https://seenthis.net/messages/937094
    https://seenthis.net/messages/932624
    https://seenthis.net/messages/931234
    https://seenthis.net/messages/899354

    #toctoc ? (ça passera pas en presse) #solidarité #justice #grande_distribution

  • ­Pour les autoréductions et contre Carrefour - expansive.info
    https://expansive.info/Pour-les-autoreductions-et-contre-Carrefour-3566

    En janvier 2021, après presqu’un an de confinement, 60 militant·es et précaires, certain·es impliqué·es dans des collectifs de solidarité, ont procédé à une autoréduction au #Carrefour_Market de la rue Nationale à Paris. L’objectif était de s’approprier des biens de première nécessité pour des cantines et distributions solidaires. Des caddies ont été remplis de produits alimentaires et hygiéniques, les caisses ont été bloquées, des tracts distribués et des banderoles déployées. Une heure plus tard, la direction et le siège de Carrefour ont accepté de laisser sortir les marchandises. Deux personnes ont été contrôlées à la sortie, puis poursuivies par Carrefour malgré son engagement à ne pas porter plainte. Pour avoir participé à cette autoréduction, ces deux camarades ont été condamné·es à verser au groupe Carrefour plus de 38 000 euros. Iels ont décidé de faire appel. On ne paiera pas !

    Nous invitons celles et ceux pour qui la solidarité en actes fait sens à participer du 28 novembre au 4 décembre à une semaine d’action contre Carrefour et la #grande_distribution et pour la défense des inculpé·es. Agir contre Carrefour pour qu’ils retirent leur plainte avant le procès en appel, c’est lutter pour la relaxe, ne pas faire porter une action collective sur deux personnes et tenter d’empêcher la criminalisation des #autoréductions. Alors que tout augmente – biens de « première nécessité », tarifs du gaz et de l’électricité, loyers – ne nous laissons pas dicter la manière dont la solidarité doit s’exprimer.

  • Pour les autoréductions et contre Carrefour : semaine d’action ! #Carrefour retire ta plainte - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/pour-les-autoreductions-et-contre-15808

    En octobre 2021, deux personnes ont été condamnées à verser au groupe Carrefour plus de 38 000 euros d’amende pour avoir participé avec soixante autres personnes à une #autoréduction au Carrefour Market de la rue Nationale à Paris. Après avoir rempli des caddies de produits alimentaires et hygiéniques, les caisses avaient été bloquées, des tracts distribués et des banderoles déployées. Au bout d’une heure de négociation, la direction et le siège de Carrefour avaient accepté de les laisser sortir avec les marchandises. Deux personnes avaient été contrôlées à la sortie par les flics. Carrefour était revenu sur sa parole de ne pas porter plainte et les avait poursuivi·es pour vol en réunion.

    Les condamné·es et leurs soutiens ont décidé de faire appel de cette décision de justice qui maximise encore les profits de Carrefour.

    La grande distribution fait les poches des précaires avec la complicité de la justice !
    Mais on ne paiera pas !

    La pandémie n’a pas les mêmes conséquences pour tout le monde. D’un côté, les prix ne cessent d’augmenter, les files d’attentes s’allongent à l’aide alimentaire, les services sociaux sont débordés, des millions de personnes n’arrivent plus à se loger ou même à se chauffer. La précarisation en temps de pandémie fait la Une des médias, qui fabriquent non pas de l’indignation mais de l’acceptabilité – rendre normale la pauvreté, faire accepter un monde où il y a ceux qui crèvent et ceux qui gagnent. De l’autre côté, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, se félicite que l’année 2020 ait été un « tournant de l’histoire de Carrefour ».

    L’entreprise a en effet encaissé 1 milliard d’euros de bénéfices qu’elle a allègrement partagé avec ses actionnaires ; tout en se contentant de verser une prime inflation ridicule à ses salarié·es. Elle a employé des travailleur·ses sans-papiers avant de les licencier quand iels demandaient un cerfa de régularisation. Elle a fait condamner en justice deux personnes pour une action d’auto-réduction tout en se faisant passer pour de bons samaritains à travers des opérations de collectes alimentaires surmédiatisées. Carrefour est bien une entreprise championne du monde capitaliste !

  • Pétition · Carrefour doit réintégrer Gollé Sylla !l’Etat doit le régulariser ! · Change.org
    https://www.change.org/p/la-pr%C3%A9fecture-de-police-de-paris-carrefour-doit-r%C3%A9int%C3%A9grer-go

    C’est une croisade contre Carrefour qu’il nous faut maintenant organiser. Carrefour connaît les règles du jeu, c’est une des entreprises qui les fabrique. l’État à sa botte, Macron à leur service.
    Ses collègues soutiennent entièrement Gollé. Iels ont débrayé le 6 et le 28 janvier en faveur de sa régularisation et de sa réintégration,m. Aujourd’hui, iels proposent à Gollé de signer une pétition des salariés qui dénoncentles agissements de leur employeur.

    Iels sont aux côtés de celui qui était Sacko, découvert Gollé, un invisible sans papiers et pourtant l’individu qu’iels apprécient en tant que personne et collègue. Gollé est apprécié pour ses qualités humaines et professionnelles. 
    Gollé a su construire cela et ses collègues font preuve de force, de résistance, de solidarité et remettent l’humain au centre de l’enjeu dans cette cynique affaire.
    Nous, les soutiens, les camarades, les syndicats, les résistant.e.s, nous nous devons de nous battre à ses côtés. Seule la lutte paye. Seule la lutte rétablit. Seule la lutte oblige les monstres à réintégrer l’humain dans son insupportable système dénué de sens et de droits.

    #Carrefour #Licenciement #régularisation

  • Hypermarchés, la chute de l’empire

    Le modèle de l’hypermarché a-t-il fait son temps ? Ce concept révolutionnaire du « tout sous le même toit », popularisé en 1963 par Carrefour, a conquis le monde entier. Aujourd’hui pourtant, le pionnier français, comme ses concurrents, a un genou à terre. En cause notamment, la crise du gigantisme, associé à une déshumanisation du commerce et à la surconsommation, pointée du doigt à l’heure des grands défis écologiques, mais aussi la concurrence du e-commerce. Désormais, tout le secteur cherche à sauver ce qui peut l’être, quitte à verser dans des pratiques à la limite de la légalité. Pour obtenir des prix toujours plus bas, sans lesquels elles seraient désertées, les grandes enseignes mettent les fournisseurs de plus en plus sous pression.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/19158_1

    #film #film_documentaire #documentaire
    #consommation #grande_distribution #Amazon #hypermarchés #hypermarché #Marcel_Fournier #Carrefour #consommation_de_masse #prix #crise #guerre_des_prix #fournisseurs #omerta #RCD #rétorsions #justice #distributeurs #coopernic #CWT #AgeCore #Horizon_International #Suisse #accords_internationaux #Genève #Nestlé #pratiques_commerciales_abusives #Carrefour_Franchising #franchising #illégalité #Whole_Foods #secteur_alimentaire #Amazon_Fresh #JD.com #robotisation #Agriculture_Brain #industrie_agro-alimentaire #intelligence_artificielle #AI #IA #Slovaquie #Amazon_Prime #concurrence #e-commerce #automatisation #centre-ville #Carrefour_City #technologie

  • A Paris, Carrefour lance un magasin « Flash » où on paye ses courses en 10 secondes, sans les sortir du panier
    https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/a-paris-carrefour-experimente-un-magasin-connecte-ou-ne-scanne-pas-ses-pr


    Dans ce tout premier magasin Carrefour Flash, 60 caméras au plafond suivent les clients pour constituer leur panier en temps réel. © Radio France - Faustine Mauerhan

    Après la révolution des caisses automatiques, celle des caisses sans scanner ? Le groupe Carrefour, ouvre ce jeudi à Paris, un tout nouveau magasin, où le client se sert dans les rayons et paye sans scanner ses articles. Des caméras et des balances calculent en temps réel son panier.

    Dix secondes pour faire ses courses et dix secondes pour payer : c’est la promesse du nouveau concept de #Carrefour, nommé "Carrefour Flash 10/10" et présenté ce mercredi, au 11 avenue Parmentier dans le 11e arrondissement de #Paris. Dans ce petit magasin de 50 mètres carrés qui ouvre jeudi 24 novembre, on entre et on se sert en rayon comme n’importe où ailleurs. C’est au moment de payer que le client découvre cette révolution : pas besoin de sortir les articles de son sac. Ici, il suffit de se positionner sur un rond bleu, devant une tablette et celle-ci affiche directement notre liste de course. Adieu donc l’étape du scan en caisse. On valide son panier sur l’écran et on paye en sans-contact directement sur la tablette, ou juste à côté sur une caisse automatique.

    Des caméras, des balances et un algorithme

    Pour savoir quels produits le client a pris dans les rayons, 60 caméras observent depuis les murs et le plafond, via une technologie élaborée avec la start-up californienne AiFi. Un algorithme représente ensuite le client sous la forme de points et de traits, comme un petit bonhomme en bâton, qu’on peut suivre dans le magasin, jusqu’à la caisse. 

    Aussi, près de 2.000 capteurs de poids disposés sur les étagères complètent le système, pour définir exactement quels produits ont été pris ou reposés. "On estime que le système est exact à 96%", explique Miguel Angel González Gisbert, directeur technologie et data du groupe Carrefour.


    (ici, le traditionnel #.jpeg n’entraine pas l’affichage
    edit comme le signale @loutre, il faut d’abord ôter « .webp », et aussi n’indiquer que « .jpeg », sans le faire précéder de #)
    Sur les écrans de contrôle, les clients se transforment en avatars anonymes. © Radio France - Faustine Mauerhan

    Les employés sont aussi en charge des autres nouveaux services du magasin, comme le #drive_piéton. "On voulait faire un vrai magasin, et un vrai magasin c’est avec des employés", dit Elodie Perthuisot, directrice exécutive e-commerce, data et transformation digitale du groupe. Les horaires sont aussi les mêmes qu’un magasin de proximité classique. Le modèle du magasin sans caisse fait mouche dans la grande distribution depuis qu’Amazon a créé le sien, Amazon Go. Le géant américain a déjà ouvert une vingtaine de supermarchés aux Etats-Unis et le premier en Europe a vu le jour au Royaume-Uni en mars.

    Mais pour y accéder, il faut disposer de l’application dédiée et récupérer un QR Code qu’on scanne à l’entrée. Puis on sélectionne ses produits et on sort en repassant par un portique, sans payer. Le paiement se fait directement via l’application Amazon et le ticket de caisse est envoyé dans les cinq minutes suivantes. Ici "vous n’avez pas besoin d’être connecté, vous n’avez pas besoin d’appli, pas besoin de QR Code, n’importe qui peut venir acheter", se félicite encore Elodie Perthuisot, faisant du magasin de l’avenue Parmentier, le seul et unique à proposer cette expérience client dans le monde.

    En France, Auchan a lancé un magasin similaire en septembre à Croix, dans le Nord, avec la start-up chinoise Cloudpick, qui est ouvert 24h/24. Casino a aussi un supermarché "autonome" ouvert 24h/24 à Paris depuis 2018, mais le client doit scanner les produits avec son téléphone avant de payer en caisse automatique ou via son application. Monoprix, qui appartient au groupe Casino, a lancé en octobre 2020 un concept plus proche de celui de ses concurrents, avec des mini-magasins nommés "Black Box".

    Carrefour Flash 10/10 a déjà été testé pendant un an au siège du groupe, à Massy, en Essonne. Ce premier magasin ouvert au public constitue une nouvelle phase de test pour le groupe, qui n’a pas pour l’heure pas prévu de le développer ailleurs en France.

    #grande_distribution #société_de_contrôle

  • À j-4 du procès des #autoréductions (source : @Paroleerrante)
    https://seenthis.net/messages/931234

    Ce procès intenté par le groupe #Carrefour est une 1ère qui risque de déboucher sur une jurisprudence permettant de condamner ces pratiques de solidarité.

    Carouf avait donné son accord pour cette réquisition de denrées alimentaires et de produits d’hygiène (les déclarations du directeur du magasin versées au dossier le confirme). Mais, dès le lendemain, un journal d’extrême droite annonçait des poursuites en titrant "Un Carrefour cambriolé par un obscur groupuscule anti-précarité"

    Alors que la « crise sociale » ne cesse de s’approfondir, que la réforme du #DroitAuChômage entre en application, on veut prévenir toute reprise de ces pratiques de lutte.

    Par solidarité avec des accusés qui encourent de lourdes peines (Carrefour impute à l’action un préjudice de plusieurs dizaines de milliers d’euros), il est utile de faire circuler l’information sur ce procès d’une action collective que Carrefour et la justice entendent faire condamner par un juge unique (partout, il faut en finir avec la collégialité des décisions), et en 40 minutes maximum.

    Il est possible aussi d’aller visiter un minimarketexpressbioc’ bon carouf pour y déposer en rayon ces tracts que l’on donne aux salariées en leur racontant #CarrefourRetireTaPlainte, puis d’aller voir les caissières. Bien souvent, le message remonte à la direction nationale.

    Il ne s’agit pas seulement de défendre une pratique de #lutte. Peu avant l’autoréduction visée par ce procès, la revue de presse Carrefour relevait : Une maman prise en flagrant délit de vol au Carrefour Market à Verviers a dérobé de l’alimentation et du dentifrice , avant d’être entendue sur les faits et RELAXÉE https://seenthis.net/messages/899256#message899371 Faire condamner une autoréduction a aussi pour objectif de dissuader ces comportements d’appropriation, autrement plus diffus, massifs et quotidiens, auxquels la #grande_distribution est confrontée.

    • « Ce qui est indécent, ce sont les profits de Carrefour, pas notre action »
      https://basta.media/autoreduction-Carrefour-proces-ce-qui-est-indecent-ce-sont-les-profits-pas-

      « Autoréduction » ou vol ? Deux militants parisiens en procès
      https://www.mediapart.fr/journal/france/151021/autoreduction-ou-vol-deux-militants-parisiens-en-proces

      Après une « action de solidarité » dans un Carrefour Market parisien en janvier, un homme et une femme ont comparu ce 14 octobre pour des faits de vol en réunion. Ils assurent avoir obtenu l’accord du directeur pour se servir dans son magasin.

      « Carrefour ne daigne même pas venir ! » Mélange d’indignation et de colère dans la voix d’Alice* ce jeudi 14 octobre. Elle comparaît en tant que prévenue aux côtés de Fabrice* (tous les militants ont été anonymisés, voire notre Boîte noire), après une opération d’« autoréduction » réalisée dans un supermarché parisien. Mais seul l’avocat de l’entreprise est présent.

      « Ceux qui ont mené l’action ont fait exprès de choisir un magasin non franchisé », déclare en marge du procès Rémi*, membre du comité de soutien et présent avec une trentaine de camarades à l’audience. Les militants souhaitaient en effet porter préjudice « à l’entreprise nationale Carrefour et pas à un directeur de magasin franchisé, qui, lui, engage ses propres fonds ».

      Les faits remontent au 30 janvier. La France est encore sous le régime du couvre-feu, après le deuxième confinement, qui a duré du 30 octobre au 15 décembre. Dans un Carrefour Market du XIIIe arrondissement de Paris, des militants associatifs, membres de collectifs solidaires, arrivent, bloquent les caisses, distribuent des tracts et procèdent à une opération d’« autoréduction ».

      En d’autres termes, ils emportent sans les payer des produits, ici de première nécessité. Les participants à cette opération étaient entre 30 et 50, selon les versions. « Ces opérations font partie des principes de la lutte sociale. C’est un certain mode d’action », témoigne Alice. La présidente de la 24e chambre correctionnelle reste impassible.

      Après négociation avec le manager du magasin, qui avait lui-même discuté avec sa hiérarchie, les participants ont eu l’autorisation de se servir en biens de première nécessité, et l’assurance qu’aucune poursuite ne serait engagée. Fabrice le rappelle d’ailleurs à la présidente : « Je n’avais pas de crainte d’un point de vue judiciaire car on avait conclu un accord ! »

      Accord du directeur du magasin ?

      Un accord qui aurait été rompu en raison de la nature des produits qui ont été pris dans les rayons. « Au cours de sa deuxième audition, le directeur du magasin affirme avoir vu plusieurs sacs contenant des bouteilles d’alcool ainsi que de la hi-fi. Ce n’est pas de première nécessité », martèle la procureure.

      Un huissier avait été envoyé sur place par Carrefour pour faire les constatations. « Il a notamment remarqué que les étalages de magrets de canard étaient vides. Pareil pour les rayons boucherie et poissonnerie, et pour les denrées les plus chères... », énumère la magistrate.

      Des rires se font entendre dans la salle, et la présidente rappelle à l’ordre les personnes présentes. La procureure énonce le cœur de ce procès : « La question est celle des moyens mis en œuvre et de leur périmètre. » Malgré l’accord de la direction, cette action est-elle un vol ? Et si oui, celui-ci est-il aggravé par le fait qu’il soit commis en réunion ?

      Les interrogations en découlant sont vertigineuses : le fait de se servir en couches sans chlore plutôt qu’en couches premier prix correspond-il à un besoin de première nécessité ? Première nécessité, cela implique-t-il forcément moindre qualité ?

      « Si la remise est volontaire, ce n’est pas considéré comme du vol car l’infraction n’est pas caractérisée », assure à la cour Émilie Bonvarlet, avocate de la défense. L’avocat de Carrefour, seul représentant des parties civiles à l’audience, donne des éclaircissements sur l’accord passé entre les militants et le directeur du magasin, pas franchement volontaire, selon lui : « Évidemment que le directeur a accepté. Il y avait une situation de contrainte. Il voit plus de 40 personnes arriver, il craint une escalade de la violence. Il tenait à la sécurité des employés et des clients présents. »

      Des faits contestés par les prévenus : « On parlait avec les clients, on leur distribuait des tracts, on servait du café et on leur expliquait notre démarche. Et des policiers étaient de toute façon présents », explique Alice. Ce sont d’ailleurs les policiers qui ont contrôlé les identités des deux militants, permettant au manager de remonter jusqu’à eux et de les identifier comme « les meneurs ». Fabrice récuse ce terme.

      L’avocat de Carrefour continue sa démonstration. Il précise les dommages et les préjudices subis par l’entreprise qu’il représente, en se basant sur les calculs du directeur et l’expertise de l’huissier. Il reste réaliste : « Oui, cela représente 1 % du chiffre d’affaires du magasin. Ça n’a pas grande importance d’un point de vue financier, certes. Mais le préjudice matériel existe tout de même. »

      Contactée par Mediapart, la direction de Carrefour confirme ces chiffres : « Le directeur du magasin a évidemment saisi la justice car il s’agissait d’un évident vol en réunion. Carrefour a subi un préjudice financier s’élevant à plus de 16 000 euros de produits sortis du magasin sans avoir été payés. À cela s’ajoute la violence de l’opération à l’encontre de nos collaborateurs et de nos clients, sans parler de la perte d’exploitation engendrée par la fermeture du magasin pendant trois heures. »

      L’évaluation du préjudice est contestée

      Ces chiffres sont contestés par la défense. L’avocate des prévenus s’appuie notamment sur l’expertise de David Gaborieau, sociologue du travail spécialiste de la grande distribution, sollicité pour cette affaire : « Sur les 111 bouteilles d’alcool qui ont été prises, 90 seraient des bouteilles de whisky ? Ce n’est pas réaliste. » Elle demande également que le calcul du préjudice total se fasse hors taxes : « On fait payer aux prévenus les 20 % de TVA », remarque-t-elle.

      « Tous les témoignages d’associations et de groupes d’entraide qui ont reçu les produits issus de cette opération n’ont, à aucun moment, parlé d’alcool ou de matériel hi-fi », insiste l’avocate.

      Elle produit des photos montrant des bouteilles d’alcool du magasin portant un système antivol au niveau du bouchon : « Ça aurait sonné si des bouteilles d’alcool avaient été emmenées. Et il y avait des témoins ! », insiste-t-elle.

      Viennent les réquisitions. La procureure se montre compréhensive : « Sur le principe, l’idée de “Robin des Bois” est louable. Mais la justice ne fait pas de distinction, notamment car il y a d’autres moyens d’action. » Elle requiert 2 000 euros d’amende avec sursis pour chaque prévenu.

      L’avocat de Carrefour est moins clément. Il demande 18 000 euros d’amende pour le préjudice matériel. Il relève également un préjudice d’image, car « cette action a eu un effet sur la clientèle habituelle du magasin ». À ce titre, il demande 15 000 euros d’amende supplémentaires. L’avocate des prévenus plaide pour sa part la relaxe intégrale.

      La décision sera rendue le 18 novembre. La salle se vide, le comité de soutien se met à chanter au sein du palais de justice : « Face à la précarité, solidarité ! » et « De l’argent pour les précaires, pas les actionnaires ! »

      Une banderole est déployée dans les couloirs. Des agents de police interviennent et la saisissent immédiatement. Elle est redéployée dehors. « Si la relaxe n’est pas prononcée, je ferai évidemment appel », déclare Alice. Idem du côté de Fabrice. La détermination se ressent dans leurs regards et leurs voix. Les chants de soutien reprennent en chœur.

      Procès.. Quand Carrefour surfacture la solidarité
      https://www.humanite.fr/proces-quand-carrefour-surfacture-la-solidarite-724223

      Jeudi 14 octobre, Alice et Didier, deux membres de collectifs de précaires, étaient poursuivis devant le tribunal de Paris pour « vol en réunion » par l’enseigne de grande distribution, après une action militante d’« autoréduction ».

      L’audience n’a pas encore commencé. Pourtant, devant la 24e chambre du tribunal judiciaire de Paris, l’atmosphère est déjà électrique. Et pour cause : la cinquantaine de militants venus soutenir Alice et Didier, les accusés (1), se voit refuser l’accès au procès. « C’est injuste qu’on ne puisse pas rentrer pour assister à un jugement qui est important », lance Camilla, du collectif Brigade de solidarité populaire. Le jugement
      est d’autant plus attendu qu’il marque la fin de dix mois d’une situation invraisemblable. Car le délit qui leur a valu d’être mis en cause, n’est autre qu’un délit de solidarité.

      L’affaire remonte au 30 janvier 2021. Dans la matinée, un groupe de 60 personnes - militants et précaires impliqués dans divers collectifs de solidarité - procèdent à un prélèvement, baptisé « autoréduction », de denrées alimentaires et de produits d’hygiène au Carrefour Market de la rue Nationale, à Paris. Plusieurs caddies de produits essentiels sont remplis tandis que les caisses sont bloquées. Le but est simple : négocier la gratuité des marchandises avec le directeur de l’établissement, qui finit par accepter, sous condition qu’il ne s’agisse que de biens de première nécessité. Or c’est bien la même direction qui poursuit, aujourd’hui, Didier et Alice pour « vols en réunion ». Pour autant, aucun représentant de l’enseigné « n’a daigné se déplacer à l’audience, ce qui rajoute à la honte et à l’indécence à la situation », fustige la mère de famille visée par la plainte.

      « Un inventaire fantaisiste et mensonger »

      Sur le banc des accusés, les principaux concernés écoutent. « Clef USB, alcool, carte SD, casque, shampoing, déodorants » : tels sont les biens que Carrefour leur reproche d’avoir dérobés pour un montant total de 16 499,75 euros. Le plaignant fustige « une extraction frauduleuse de marchandises qui n’était pas de première nécessité ». Le tout , « réalisé dans une situation de contrainte et de violence ».

      Dans la salle, les quelques militants qui sont parvenus à entrer, ne peuvent contenir leur stupéfaction, tant la liste ne correspond pas à la réalité des faits. Car si la défense admet avoir réquisitionné des produits alimentaires et hygiéniques, celle-ci réfute les accusations portant sur les autres biens. Le contentieux concerne aussi notamment 110 bouteilles d’alcool qui auraient été volées en toute impunité. « Toutes les bouteilles étaient revêtues d’un antivol. Il aurait été tout simplement impossible que ni les portiques, ni les vigiles (qui examinaient les sacs), ni la police, également présente, n’ait pu les laisser passer », argumente Me Bonvarlet, l’avocate de la défense.

      Surtout, ces allégations provoquent la colère et l’incompréhension des militants, en particulier celle de Sylvain qui pointe des « accusations fantaisistes et mensongères » en arguant « que dans les sacs fouillés, aucun produit cité n’a été retrouvé ». Il semblerait que le magasin Carrefour ait tenté d’imputer tous ses écarts de stock à l’action caritative et ce, pour une période indéterminée. C’est en tout cas ce qu’affirme Me Bonvarlet, qui dénonce le manque de transparence de l’enseigne. « Le magasin a réalisé un inventaire des choses qui n’étaient plus en rayon, sans nous indiquer la date de l’inventaire précédent, de sorte qu’on n’a aucun moyen de savoir ce qui a pu réellement être retiré du magasin », explique-t-elle.

      Le litige du magret de canard

      Carrefour reproche également aux accusés d’avoir profité de la situation pour soutirer, au préjudice de l’enseigne, des produits qualifiés de haut de gamme, comme… du magret de canard. Déplorant « des rayons vidés de ses viandes les plus onéreuses », la partie civile se lamente d’avoir perdu 20 000 euros de chiffre d’affaires. Les militants rappellent, eux, qu’à l’échelle nationale, l’activité du distributeur a augmenté de 107 % durant la crise sanitaire. Provoquant la révolte de Didier : « Pour Carrefour, les produits de première nécessité sont forcément les moins chers ». « C’est comme si les plus précaires n’avaient pas le droit à une alimentation de bonne qualité »_, rajoute Alice. Leur avocate a réclamé une relaxe simple. La décision a été mise en délibéré au 18 novembre."

    • Nathalie Quintane : « Nelly, ce n’est pas moi, mais ce livre, c’est moi… » (La Cavalière)
      https://diacritik.com/2021/10/26/nathalie-quintane-nelly-ce-nest-pas-moi-mais-ce-livre-cest-moi-la-cavalie

      J’étais avec Frédéric Danos dans un festival de poésie, à Nantes, un très bon festival… Il a répondu quelque chose de très juste à la fameuse question : Que peut l’art ? Rien, a-t-il dit. Tout ce que nous faisons peut être récupéré… Y compris par Macron, Bolloré, etc. En revanche, l’auto-réduction que des ami.e.s ont fait dans un Carrefour et pour laquelle ils passent en procès, ça, ce n’est pas récupérable. Une auto-réduction, c’est ce que faisaient les Italiens dans les années 70, par exemple. Ça consiste à remplir des caddies à plusieurs (voire à beaucoup) et à les sortir sans payer d’un hypermarché, en force, pour redistribuer la nourriture à ceux qui en ont besoin. Dans une affaire récente, la négociation avait été possible avec la direction du magasin… Jusqu’à ce que, plus haut, ils reviennent en arrière et flanquent un procès aux auto-réducteurs… Une certaine justice fait un travail remarquable de découragement, en France et en Europe, pour reprendre ce mot… On affame les pauvres, dans ce pays…

  • Pour faire des économies, Carrefour remplace une partie de ses CDD par des jeunes en contrat pro | StreetPress, 19/04/2021
    https://www.streetpress.com/sujet/1618828051-economies-carrefour-remplace-cdd-jeunes-contrat-pro-supermar

    Pour aider les jeunes (mais oui mais oui, ndc) largement impactés par un marché de l’emploi en crise, l’État subventionne les contrats de professionnalisation. Carrefour profite de l’occasion pour remplacer ses CDD et ainsi faire des économies.

    Ève (1) n’en revient toujours pas. Depuis sept mois, elle travaillait à la caisse d’un #Carrefour du Nord de la France. Son CDD s’achève dans les jours qui viennent et on lui a promis qu’il serait renouvelé. Mais son manager lui propose un drôle de deal : une prolongation au même poste… en alternance. C’est ça ou rien. « Je n’ai pas plus d’explication à te donner, ça vient de la RH », lui assure son supérieur. La jeune femme refuse finalement le contrat pro moins bien payé qui lui est proposé et se retrouve au chômage.

    Dans une autre enseigne du groupe, en Île-de-France, Marie (1), la vingtaine, travaillait en réserve. Elle n’a pas été renouvelée. Victime d’un accident du travail après avoir porté une charge importante, elle est immobilisée plusieurs semaines, peu avant le renouvellement de son CDD. Sa direction a décidé de s’en séparer, sans ménagement. Aux quatre coins de la France, plusieurs salariés décrivent les mêmes méthodes. « Depuis novembre, tout est bon pour ne pas renouveler un CDD. Ceux qui ont moins de 29 ans se voient proposer un contrat pro. S’ils refusent, ils ne sont pas renouvelés. Les autres, sans trop d’ancienneté partent », décrit Martin (1) en CDI depuis un an et demi dans un Carrefour du Nord de la France.

    #apprentissage #alternance

    • Ne pas renouveler un CDD… Ah bah oui, c’est sûr que les CDD déjà c’est la panacée...

      Quant aux recrutements en CDI, Carrefour privilégie les jeunes issus de « Quartiers de la Politique de la Ville » (QPV) dont le recrutement est lui aussi subventionné par l’État. Sur un CDI Carrefour va économiser, en cumulé sur trois ans, 15.000 euros. Au total, selon nos calculs, entre les contrats pro et ces emplois aidés, Carrefour économisera environ 100 millions d’euros par an pendant trois ans.

  • « Abandon et traîtrise de Carrefour » : la bataille d’un collectif de salariés contre la location-gérance -Cécile Hautefeuille
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/061021/abandon-et-traitrise-de-carrefour-la-bataille-d-un-collectif-de-salaries-c

    Un collectif de salariés part en guerre contre Carrefour et son système de location-gérance. Il permet au groupe de céder l’exploitation de magasins à des tiers, tout en leur transférant les contrats de travail des employés. Le collectif y voit un plan social déguisé et dénonce des pertes d’avantages pour les salariés. Le groupe assure qu’il s’agit au contraire de sauvegarder des emplois.

    « C’est le rêve des patrons : gagner beaucoup d’argent... sans avoir de salariés ! » Zohra Abdallah, cadre manager chez Carrefour à Sevran (Seine-Saint-Denis) résume ainsi sa vision du système de location-gérance à l’œuvre depuis trois ans au sein du groupe.

    Un mode de gestion qu’elle combat, au sein d’un collectif naissant de salariés. Il rassemble pour l’heure une soixantaine de personnes, issues de vingt magasins, partout en France. Ses membres s’inquiètent de la montée en puissance – et de ses effets – de la location-gérance, lancée dès 2018 dans le groupe, sous l’impulsion d’Alexandre Bompard, nommé PDG du groupe un an plus tôt.

    Ce système permet au propriétaire d’un fonds de commerce (ici, Carrefour) d’en céder l’exploitation à un tiers (le locataire-gérant), moyennant le paiement d’une redevance et le rachat du stock du magasin, sous forme de prêt. L’exploitation lui est d’abord transmise pour un an. Passé ce délai, le contrat peut être résilié, en respectant un préavis de trois mois. Le locataire n’est pas propriétaire, à la différence d’un franchisé. Tous les contrats des employés du magasin lui sont en revanche automatiquement transférés.

    Ce point révulse le collectif de salariés. « La location-gérance permet [à Carrefour] de conserver la mainmise sur l’activité sans devoir payer les salaires, ni les cotisations sociales, ni même les licenciements », écrivent-ils dans un communiqué intitulé « Carrefour ou la fraude au PSE », en référence au plan de sauvegarde de l’emploi, qui doit être mis en place dans une entreprise en cas de licenciements économiques.

    Le collectif pointe des milliers d’emplois quittant « le périmètre du groupe Carrefour sans qu’aucune mesure d’accompagnement prévue par un PSE ne soit appliquée ». « Nous ne sommes pas dupes », écrivent les salariés : « Cette stratégie de mise en location-gérance […] permet à Carrefour de ne pas avoir à financer d’éventuels plans sociaux, ou de reclassements au sein du groupe. »

    Interrogé par Mediapart, le groupe répond qu’il s’agit, au contraire, d’un plan destiné à ne pas fermer de magasins, et ajoute que « ces passages en location-gérance se font dans le cadre d’un accompagnement social exemplaire, et permettent de sauver des emplois ».

    Ils sont d’abord montés sur les magasins de proximité, tous basculés en franchise. Puis ils s’en sont pris aux Market et aux petits hypers. Et maintenant, ils vont monter sur les gros hypers.
    Nabila Aoudia, déléguée syndicale CFDT
    À ce jour, les données sur le nombre de magasins passés en location-gérance divergent selon les sources. Selon FO (majoritaire chez Carrefour), plus de la moitié des supermarchés et supérettes rassemblés sous la bannière Carrefour Market ont ainsi été sortis du groupe, soit 260 sur 500.

    Carrefour, qui a répondu par écrit aux questions de Mediapart, n’en décompte que 153, et évalue son parc de Market à 998 magasins. « Ils comptent les enseignes déjà franchisées, c’est habile ! Nous, on fait le total des magasins encore intégrés au groupe », répond Laurent Boulanger, délégué syndical national FO-Market.

    En revanche, direction et syndicats s’accordent sur le nombre d’hypermarchés concernés par la location-gérance : 32 (sur 234) depuis 2018. « Ils sont d’abord montés sur les magasins de proximité, tous basculés en franchise. Puis ils s’en sont pris aux Market et aux petits hypers. Et maintenant, ils vont monter sur les gros hypers », analyse Nabila Aoudia, salariée d’un hypermarché à Épernay (Marne), passé en location-gérance en octobre 2020.

    Membre du collectif et déléguée syndicale CFDT, elle est persuadée que Carrefour amorce un mouvement de fond, qui engloutira le parc d’hypers dans le système de la location-gérance. « On y passera tous, c’est évident, à raison d’une bonne dizaine par an », complète Zohra Abdallah, déléguée CGT à Carrefour Sevran. Son enseigne est toujours intégrée au groupe mais « plus pour très longtemps », pressent-elle. « Vous imaginez l’enjeu derrière tout ça ? Carrefour se débarrasse de nous, en transférant des milliers d’emplois. C’est un abandon et une traîtrise. Les salariés perdent gros ! »

    Sortir des accords collectifs, cela représente plus de 2 000 euros annuels en moins par salarié.
    Le collectif en lutte contre la location-gérance
    En cas de passage en location-gérance, les contrats en cours sont maintenus à l’identique en termes de qualification, rémunération et ancienneté. En revanche, les salariés externalisés perdent le bénéfice des accords collectifs d’entreprise, quinze mois après le transfert de leur contrat. Épargne salariale, semaine de congé supplémentaire, jours d’ancienneté et de carence… les avantages s’éteignent, passé ce délai. La convention collective de branche, bien moins favorable, prend alors le relais.

    « Sortir des accords collectifs, cela représente plus de 2 000 euros annuels de perte par salarié », chiffrent plusieurs membres du collectif, qui soulignent que « Carrefour a la convention collective la plus avantageuse de la grande distribution ».

    Le groupe argue qu’une clause sociale, signée en 2018, « permet de maintenir de nombreux acquis pour les personnels transférés ». Et cite en exemple les tickets-restaurant, la remise sur achat de 10 % à valoir sur le magasin, le régime de mutuelle et de prévoyance « plus avantageux que celui prévu par les accords de branche », et enfin « le maintien du respect du volontariat pour le travail dominical ».

    Le groupe rappelle aussi qu’au bout de quinze mois, les représentants du personnel peuvent négocier de nouveaux accords avec leur repreneur. Or, ces rapports sont « très souvent moins favorables », souligne un rapport d’expertise sur la location-gérance, présenté en comité central d’entreprise en 2018 et que Mediapart a pu consulter.

    « On le sait très bien, on n’aura rien ! », prédit ainsi Nabila Aoudia. Dans son magasin d’Épernay, les accords collectifs cesseront de s’appliquer le 31 décembre 2021. Elle s’apprête à lancer des négociations avec son nouveau directeur mais n’est pas très optimiste sur leur issue.

    En réalité, le magasin n’est jamais sorti du groupe... Il n’y a que les salariés qui en sont sortis.
    Kathy Lefort, salariée à Fécamp et déléguée syndicale FO
    Avec plusieurs dizaines d’autres salariés de son magasin, elle a par ailleurs engagé une procédure devant le conseil des prud’hommes. Tous demandent la réintégration de leurs contrats au sein de Carrefour.

    Selon leur avocat, la stratégie du groupe s’apparenterait à de la fraude en contournant le droit du licenciement économique. Dans ses conclusions, il avance aussi que l’autonomie, dont est censé disposer le locataire-gérant, ne serait qu’une façade. Il serait en réalité « co-employeur » avec le groupe Carrefour.

    « Tout, absolument tout est Carrefour dans le magasin… à part nos contrats ! », argumente Nabila Aoudia. Elle cite tour à tour « les règles commerciales, les outils informatiques, les badgeuses et même l’en-tête du courrier que l’on reçoit ».

    Un constat partagé par Kathy Lefort, employée de rayon à Fécamp, en Seine-Maritime, et déléguée syndicale FO. Son magasin est en location-gérance depuis un an. Elle assure ne voir « aucune autonomie » de l’enseigne vis-à-vis de Carrefour. « Il faut s’approvisionner dans la centrale d’achat du groupe et on doit appliquer exactement les mêmes process. En réalité, le magasin n’est jamais sorti du groupe… Il n’y a que les salariés qui en sont sortis. Et les accords collectifs ! » Kathy Lefort et ses collègues n’en bénéficieront plus, à compter de février 2022. Comme à Épernay, elle ne se fait aucune illusion sur les négociations avec son directeur.

    « Les repreneurs ne vont certainement pas accorder des avantages aux salariés alors qu’ils sont là pour redresser des magasins qui se portent mal et faire des économies », commente à ce sujet Zohra Abdallah, de Sevran.

    Mon directeur est arrivé avec un capital de 10 000 euros, explique Nabila Aoudia, document à l’appui. Avec cette mise de départ, il va réussir à acheter le stock et à redresser un magasin, là où un groupe brassant des milliards n’a pas réussi ? C’est qui le type, c’est Zorro ?
    Passer en location-gérance des établissements en difficulté, c’est effectivement la manœuvre – assumée – du groupe. Carrefour le confirme à Mediapart : « [Ce] sont des magasins déficitaires ou en déclin mais avec un potentiel de croissance du chiffre d’affaires insuffisamment exploité en mode intégré [intégré dans le groupe – ndlr] par rapport à la zone de chalandise. »

    Une stratégie qui fait bondir les membres du collectif. « Comment est-il possible qu’un seul homme réussisse là ou une multinationale échoue ? », s’interrogent-ils dans leur communiqué. « Mon directeur est arrivé avec un capital de 10 000 euros, explique Nabila Aoudia, document à l’appui. Avec cette mise de départ, il va réussir à acheter le stock et à redresser un magasin, là où un groupe brassant des milliards n’a pas réussi ? C’est qui le type, c’est Zorro ? »

    Le collectif, en guerre contre la location-gérance, en est convaincu : les économies se font aux dépens des salariés, transformés en variable d’ajustement. À Fécamp et Épernay, les déléguées du personnel remarquent « un recours plus important aux contrats précaires et des conditions de travail très dégradées ».

    Dans l’établissement de Nabila Aoudia, le médecin du travail a adressé, en juillet 2021, un « courrier d’alerte » à la direction. Mediapart a pu le consulter. Il dit voir, depuis plusieurs mois, « un nombre croissant de salariés […] manifestement en souffrance ». Souffrance qui « semble être liée à leur activité professionnelle ».

    Pour obtenir des résultats, le locataire-gérant dispose de deux leviers : rogner sur les frais généraux et sur les frais de personnel.
    Jérôme Coulombel, ex-directeur juridique chez Carrefour
    « La location-gérance, c’est la chronique d’une catastrophe sociale annoncée », commente Jérôme Coulombel, ex-directeur juridique au département contentieux du groupe Carrefour. Il a accepté de témoigner en précisant qu’il est aujourd’hui « en conflit » avec son ancien employeur.

    Il a quitté le groupe il y a un peu plus de trois ans, quand la location-gérance était sur les rails. Il pose sur elle un regard sévère et a fourni une attestation aux salariés d’Étampes, pour nourrir leur procédure prud’homale.

    Il y dépeint un système profitant surtout à Carrefour, qui « transfère les risques de l’exploitation sur la société locataire tout en gardant la propriété du fonds de commerce et donc la part de marché et en percevant de nombreux postes de revenus ».

    D’après lui, le locataire-gérant doit par exemple signer un « contrat de franchise » l’obligeant à s’approvisionner « de façon quasi exclusive auprès des entrepôts du groupe ». Interrogé sur ce point, le groupe dément : « Les franchisés Carrefour n’ont aucune exclusivité d’approvisionnement auprès des entrepôts Carrefour. Ils peuvent s’approvisionner librement auprès de tiers. »

    Sur un contrat de franchise que Mediapart a pu consulter, il est pourtant inscrit que « le Client, au titre des achats qu’il réalise sur les entrepôts du fournisseur, s’engage à respecter un taux de fidélité au minimum égal à 45 % ou 50 % ». Sinon, il sera « redevable d’une indemnité forfaitaire ».

    Dans son attestation, Jérôme Coulombel pointe également « la situation extrêmement précaire et déséquilibrée » du locataire-gérant, « puisque à tout moment, passé la première année, il peut tout perdre moyennant le respect d’un simple préavis de trois mois ». Il ajoute que des « facultés de résiliation anticipée » sont prévues « au seul profit du loueur propriétaire du fonds de commerce », plaçant le locataire-gérant « dans une situation de dépendance juridique, commerciale et économique totale vis-à-vis du groupe Carrefour ».

    À Mediapart, il résume ainsi sa vision des choses : « Pour obtenir des résultats, le locataire-gérant dispose de deux leviers : rogner sur les frais généraux et sur les frais de personnel. »

    « C’est absolument le contraire, répond Carrefour. La location-gérance est un procédé qui repose sur une véritable relation de partenariat entre le locataire-gérant et Carrefour, il permet d’insuffler dans les magasins concernés un esprit entrepreneurial avec davantage d’agilité dans leur gestion au quotidien. Tous les hypermarchés passés en location-gérance ont vu leur chiffre d’affaires ou leur rentabilité progresser », ajoute le groupe.

    « La location-gérance est vendue comme un eldorado aux futurs directeurs de magasin. Ils espèrent se constituer un apport suffisant pour acheter, à terme, un fonds de commerce. Mais dans les trois quarts des cas, ils n’y arrivent pas. »

    Une affirmation que les salariés, engagés dans le collectif, aimeraient bien vérifier. Deux droits d’alerte économique ont été lancés à Fécamp et Épernay. Chaque fois, ils ont été contestés par Carrefour. « Ils ne veulent pas qu’on mette le nez dans les comptes. Il n’y a aucune transparence, nous n’avons accès à rien », commente Kathy Lefort, en Seine-Maritime. Elle regrette d’avoir été déboutée de sa demande de droit d’alerte, au motif « que seul le CSE central peut le faire ».

    À Épernay, en revanche, les élus du CSE ont obtenu, par un jugement rendu début juin, qu’un cabinet comptable puisse auditer les comptes de leur établissement. Nabila Aoudia attend avec impatience les résultats. Elle ferraille par ailleurs avec sa direction qui a engagé contre elle une procédure de licenciement, refusée par l’inspection du travail car elle est déléguée syndicale. La ministre du travail doit désormais statuer sur son cas, courant novembre.

    « Nous sommes le pot de terre contre le pot de fer mais on va au combat », commente Zohra Abdallah, au nom du collectif. Si certains de ses membres sont délégués syndicaux, le groupe ne revendique aucune couleur syndicale. Pour une salariée d’un magasin de région parisienne, les syndicats « sont trop dans l’acceptation ».

    « Nous, on veut réveiller les gens, alerter les employés de Carrefour, ajoute Zohra Abdallah. On épluche tout ce qu’on trouve, on fait du travail de fond pour comprendre le système. Nous pouvons arrêter ensemble la destruction de nos emplois. Car, à votre avis, que va-t-il arriver si le repreneur n’atteint pas ses objectifs ? »

    À ce sujet, Jérôme Coulombel, l’ex-juriste de Carrefour, est formel : « La location-gérance est vendue comme un eldorado aux futurs directeurs de magasin. Ils espèrent se constituer un apport suffisant pour acheter, à terme, un fonds de commerce. Mais dans les trois quarts des cas, ils n’y arrivent pas. »

    Des magasins fermés, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Des salariés licenciés

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    Mediapart avait déjà documenté ici et là « l’itinéraire vers la faillite », raconté par des franchisés Carrefour. L’histoire semble se répéter pour les locataires-gérants.

    « C’est un sytème qui n’est pas tenable, les sociétés locataires ne peuvent pas être compétitives et dégager les marges nécessaires », estime Me François-Xavier Awatar, qui défend franchisés et locataires-gérants de Carrefour. « J’ai au moins une dizaine de dossiers où ça finit mal », conclut-il.

    Le rapport d’expertise de 2018 sur la location-gérance décrivait d’ailleurs une exploitation du fonds par le locataire-gérant « à ses risques et périls ». S’il échoue, « Carrefour le remplace par un autre, et ainsi de suite », explique Jérôme Coulombel. Ou alors, le magasin ferme, purement et simplement. Plusieurs Market, passés en location-gérance, ont ainsi baissé définitivement le rideau cette année, notamment dans les Hauts-de-France, à Saint-Pol-Sur-Ternoise et Trith-Saint-Léger.

    Dans ce dernier magasin, les salariés « ont pu être replacés par Carrefour, au prix de fermes négociations », indique le délégué syndical national FO-Market. En revanche, à Saint-Pol, « faute de lutte », ils ont tous été licenciés.

    Interrogé par Mediapart sur le nombre de magasins en location-gérance ayant définitivement fermé, le groupe botte en touche : « À date, aucun hypermarché n’a fermé », répond Carrefour. Sans mentionner le sort des Market.

    #Carrefour #franchise

  • Procès suite à une autoréduction : appel à solidarité offensive
    https://paris-luttes.info/proces-suite-a-une-autoreduction-15366

    Suite à une action d’autoréduction en janvier dernier à Paris dans un Carrefour, deux camarades sont convoqué.es pour un procès le 14 octobre. À cette occasion, nous vous proposons quelques réflexions sur la période actuelle et les raisons qui nous animent dans nos luttes au quotidien. Nous appelons à faire circuler ce texte et à venir en solidarité le jour du procès !

    Jeudi 14 octobre à 9h, se déroulera au tribunal judiciaire de Paris le procès de deux de nos camarades, dont l’identité a été contrôlée lors de l’autoréduction qui a eu lieu au Carrefour Market de la rue Nationale, dans le 13e arrondissement de Paris, le 30 janvier dernier. Il leur est reproché d’avoir « frauduleusement soustrait des biens de consommation (denrées alimentaires, alcool, hi-fi etc…) pour un montant total estimé à 16 449,75 euros au préjudice de Carrefour Market, avec cette circonstance que les faits ont été commis en réunion ». Au-delà de ce montant fantasque dont on ignore la méthode de calcul, il est important de rappeler ce qu’il s’est passé.

    Le samedi 30 janvier 2021, nous avons été une soixantaine de militant·e·s à remplir nos caddies de produits alimentaires et hygiéniques dans ce supermarché. Après avoir distribué des tracts tant aux salarié·e·s qu’aux client·e·s, déployé deux banderoles, bloqué les caisses et expliqué au mégaphone les raisons de notre action, une négociation a été entamée entre nous et le directeur du supermarché. Contacté par le directeur, le siège de Carrefour a accepté de céder la marchandise s’il s’agissait, selon leurs critères, de produits de première nécessité. Au bout d’une heure et demie d’une discussion qui a principalement porté sur la qualité et la nature des produits que l’on nous autorisait à emporter, nous sommes parti·e·s avec donc l’accord de la direction.

    Dans les jours qui ont suivi cette autoréduction, différents collectifs de la région parisienne engagés dans des actions de lutte contre la précarité ont redistribué les produits alimentaires et hygiéniques. Ce sont les liens tissés depuis le premier confinement qui ont permis à des cantines populaires, des réseaux de maraude, des associations de femmes, des collectifs de travailleur·euse·s sans papiers, mais aussi à des mères isolées de récupérer ces produits.

    Pour en finir avec la charité

    En mars 2020, alors que l’État abandonnait les plus précaires d’entre nous (mères isolées, étudiant·e·s, travailleur·euse·s sans papiers, etc.) et que les structures associatives fermaient, nous avons été nombreux·euses (voisin·e·s, militant·e·s, etc.) à nous mobiliser en distribuant nourriture et produits d’hygiène, partout en France : les brigades de solidarité populaire dans différentes villes, la Casa de Toulouse, l’Île Égalité de Cusset à Villeurbanne, le McDo autogéré de Saint-Barthélémy à Marseille, parmi tant d’autres exemples. Depuis, nous voulons faire perdurer et développer ces actions d’entraide mises en place durant le premier confinement.

    Pour alimenter l’entraide, nous allons par exemple à Rungis récupérer les fruits et légumes invendus, et ce n’est pas par bonté de cœur que les grossistes nous les donnent : en plus de bénéficier d’avantages fiscaux, cela leur permet de ne pas avoir à s’occuper de leurs déchets. De la même manière, quand nous organisons une collecte devant un supermarché, les entreprises de la grande distribution y trouvent leur compte, cela leur permet d’augmenter leur chiffre d’affaires, tout en faisant peser le poids de la solidarité sur celles et ceux d’entre nous qui ont encore les moyens de consommer au supermarché et de payer pour les autres. Ainsi, un directeur de Leader Price à Montreuil a contacté l’un d’entre nous pour nous inciter à organiser des collectes devant son magasin plutôt que devant le Monoprix, ou comment se faire de la publicité sur le dos des initiatives de solidarité. Face à cette hypocrisie, nous partageons un constat : les dons et la récupération de produits invendus ne suffisent pas. Plutôt que de nous contenter des miettes, des restes et des invendus de médiocre qualité, nous avons choisi l’autoréduction, afin d’en finir avec la charité et de prendre selon nos besoins.

    #autoréduction #justice #précaires #brigades_de_solidarité_populaire #entraide #Carrefour

    • « Il y a de la casse chez les salariés » : la grande distribution essorée par un an et demi de Covid-19 (cité par l’article ci-dessus)
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/07/06/il-y-a-de-la-casse-chez-les-salaries-la-grande-distribution-essoree-par-un-a

      Les hôtesses de caisse des hypers et des supermarchés conservent un souvenir amer, voire traumatisant, de leur expérience d’« employées de la deuxième ligne » durant les divers confinements liés à la pandémie.

      « Bonsoir à toute l’équipe, merci d’avoir été autant disponible cette semaine. Journée très, très, rude aujourd’hui, qui, sans vous, aurait été encore plus un enfer. » Ce vendredi 13 mars 2020, à 21 h 30, Carole Amanou, la responsable du secteur caisse et de l’accueil du supermarché Casino de Marseille Valmante, envoie un SMS à ses collaborateurs. Depuis plusieurs jours, partout en France, les clients s’arrachent papier toilette et pâtes dans les rayons. A 47 ans, elle a beau travailler « au pied des calanques », une fois le message envoyé, ses nerfs lâchent.

      A cette heure, elle ne sait pas encore que le premier ministre d’alors, Edouard Philippe, annoncera, le lendemain, la fermeture, « jusqu’à nouvel ordre », de tous les « lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays »

      Le début d’une année éprouvante pour les salariés de la grande distribution, contraints de se rendre sur leur lieu de travail malgré le risque sanitaire. Une année que Carole Amanou résume ainsi : « Au premier confinement, on avait du personnel, mais pas les protections. Et, au deuxième, on avait les protections, mais pas le personnel. » Pour tous, « c’était difficile, émotionnellement, nerveusement et physiquement ».

      Mme Amanou fait partie de ces 632 957 salariés du commerce à prédominance alimentaire, d’après l’Observatoire prospectif du commerce. Et de ces 4,6 millions de salariés du privé, hors secteur médical, dans « dix-sept professions, qui ont continué à travailler sur site durant la crise sanitaire, pour continuer à apporter à la population les services indispensables à la vie quotidienne, avec un risque potentiel d’exposition au Covid-19 », précise la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du travail, dans un document paru en mai.

      « Déficit global de qualité de l’emploi et du travail »

      Des travailleurs « de la deuxième ligne » qui « souffrent d’un déficit global de qualité de l’emploi et du travail, observable avant la crise à partir d’un ensemble de sources statistiques concernant six dimensions : salaires et rémunérations ; conditions d’emploi ; conditions de travail ; horaires et conciliation vie familiale-vie professionnelle ; formation et trajectoires professionnelles ; dialogue social », écrit l’organisme public. Mais aussi, comme le raconte Carole Amanou, du regard de clients qui ne se retiennent plus en caisse de lancer un « regarde, si tu ne vas pas à l’école, tu seras caissière comme la dame ».

      « On était en deuxième ligne. Pas en première ligne, comme les personnels soignants, mais les inquiétudes étaient là », déclare Nadia Ayad, 53 ans et « vingt-deux ans de Carrefour », tient-elle à préciser. Malgré son tempérament bien trempé, cette vendeuse au rayon multimédia du magasin d’Ollioules (Var), à côté de Toulon, « terminait les journées sur les nerfs, lors de cette période folle du premier confinement, au bord des larmes ».

      Dans les métiers de contact avec les clients, les #femmes sont surreprésentées : 82 % des caissiers et employés de libre-service, selon la Dares. Carole Amanou, dont le compagnon, infirmier, partait tous les jours à l’hôpital, s’angoissait « de l’avenir » de ses enfants de 20 et 11 ans. « Le grand vivait la nuit et dormait le jour, et il fallait éviter que le petit ne soit constamment sur sa console de jeu pendant qu’on n’était pas là », se rappelle celle qui devait aussi « faire les courses pour [s]es parents et [s]a grand-mère, juste avant d’aller travailler ».

      Et, le soir, ces employés devaient observer une discipline, presque médicale, de « laver leurs vêtements tous les jours en machine, ou de passer par leur garage pour se dévêtir entièrement, avant de rentrer dans la maison », raconte Carole Desiano, secrétaire fédérale de la FGTA-FO, l’un des syndicats du secteur.

      « Faire la police »

      Marina Vilatte, âgée de 32 ans, responsable du drive au Super U d’Angoulême, a vécu de l’intérieur la frénésie des Français pour les courses à distance. De vingt par jour en temps normal, son équipe a dû assurer 125 commandes au début de l’épidémie. « Il fallait même attendre trois ou quatre jours pour avoir un créneau de livraison. »

      Séparée avec deux enfants à charge de 11 et 13 ans, elle commençait ses journées à 5 heures du matin. « Sans école ni centre aéré, il n’y avait pas d’autre solution que de laisser les enfants tout seuls à la maison, raconte Marina Vilatte. Quand ils se chamaillaient trop, ils m’appelaient pour me dire : “elle m’a dit ça”, “il a fait ça”. Et moi, je ne pouvais rien faire. C’était du stress en plus. En rentrant, je finissais par ne plus faire attention sur la route. » Son fils a fini en dépression et sa fille à l’hôpital. « Tout le monde en a souffert. Nous, au moins, au travail, on avait quand même une vie sociale », dit-elle en soupirant.

      Dans cette population de travailleurs de la chaîne alimentaire, plus d’une vie a été brisée. Malgré son « physique d’adolescente » et « une pêche d’enfer » pour sa soixantaine, Marie-Joe Joubaud, caissière au Carrefour d’Ollioules, éprouve un sentiment de culpabilité d’avoir refusé d’héberger son neveu, fraîchement séparé, et ses deux enfants. Elle ne voulait pas risquer de les contaminer, car, dans un hypermarché, elle serait « au contact de beaucoup de monde ». « Trois jours plus tard, mon neveu s’est pendu. »

      Ces salariés, qui ont dû « travailler comme des soldats envoyés au front », ont été en première ligne face aux clients agacés par les restrictions, pour « faire la police », afin qu’ils ne rentrent pas tous en même temps, et les faire sortir « pour que le magasin ferme à l’heure », raconte Nadia Ayad. Et, tous les jours, affronter les incivilités. Comme cet homme que Carole Amanou a refusé de faire entrer « alors qu’[ils] étai[en]t en train de fermer » et qui « a fini en [lui] lançant un “ramène-moi ton mari” ». « On est constamment sur la défensive », ajoute-t-elle.

      « On est solidaire entre nous »

      Des histoires comme celle-là, elles en ont plein à raconter. L’une s’est fait « cracher dessus ». L’autre « traiter de connasse ». Une autre encore s’est vue menacée par deux jeunes, énervés par un rappel de la distanciation physique, qui « ont jeté par terre leurs deux bouteilles de cognac. Il y en avait partout. Tout de suite, c’était de [s]a faute », se rappelle Marina Vilatte.

      L’« agressivité des clients », Amara Fousya, 37 ans, également hôtesse d’accueil dans le Carrefour d’Ollioules, a appris à la gérer grâce à « d’anciennes formations ». « Je ne rentre pas en conflit. Quand le client t’agresse, il n’en a pas contre toi, il s’en prend à Carrefour. » Récemment séparée de son conjoint, elle s’était arrêtée dès le début pour garder ses enfants, âgés de 3 ans et demi et 10 ans. « Mais j’ai très mal vécu ces deux mois à la maison, _témoigne-t-elle. Je culpabilisais de laisser ma collègue toute seule au boulot. Quand j’ai repris le travail, j’étais contente. »

      Le deuxième confinement ? « Hors de question de m’arrêter. On est solidaire entre nous. » Entre elles, d’ailleurs, elles s’appellent « les filles », comme si elles exerçaient ensemble un sport de compétition. « On était hypersoudées, telle une armée qui devait faire bloc face au Covid-19 », se rappelle Carole Amanou.

      « Certaines auraient pu se mettre en absence pour garde d’enfant et ne l’ont pas fait, pour ne pas mettre à mal les collègues », raconte Nadia Ayad. « [Rétrospectivement,] on s’est dit qu’on avait vécu quelque chose qui nous appartenait », par rapport à ceux qui se sont arrêtés, ajoute Mme Amanou.

      De leur engagement, certains dirigeants en ont pris conscience, tant ils craignaient que cela ne fracture leur entreprise. « Nos équipes dans les magasins travaillaient dans des conditions compliquées les premiers jours, raconte le patron d’un groupe de grande distribution, qui souhaite garder l’anonymat. Je m’étais dit que ça allait casser la psychologie de la boîte en deux, avec, d’un côté, les sièges fermés et les dirigeants dans leur maison et, de l’autre, ceux qui vont tous les jours au travail et qui ne se posent pas la question d’y aller. Finalement, cela a été contrebalancé par un sentiment de fierté et d’utilité, dans un secteur qui souffre parfois de ne pas être reconnu et apprécié. »

      Pour autant, ces employés de la « seconde ligne » savent que « leur métier se transforme, qu’un jour il n’y aura plus besoin de caissières », dit Amara Fousya. « Chez nous, l’installation des caisses automatiques, cela crée énormément de stress. En quelques années, on est passé de 120 caissières à moins de 70. Les embauches, c’est pour le drive. »

      Cette année folle, « cela laisse des traces », d’après Mme Desiano. « Il y a de la casse, renchérit Nadia Ayad. Des salariés qui ne sont toujours pas rentrés, d’autres qui ont de grosses difficultés. » Comme cette collègue, « qui pourtant a du métier », à qui il ne faut pas parler trop fort, « sinon elle fond en larmes, car elle se sent agressée. Certaines, déjà fragiles, se sont retrouvées avec encore plus de failles ». Beaucoup regardent ces événements comme des épreuves qu’elles sont fières d’avoir surmontées.

      En 2020, la plupart des enseignes les avaient récompensés par la « prime Macron » de 1 000 euros. Cette année, cela ne semble pas d’actualité. Et pourtant. « La pandémie a enrichi la grande distribution et fragilisé les travailleuses », en France comme dans le reste du monde, « plus durement touchées par la crise, car surreprésentées dans les emplois peu qualifiés et mal payés des grandes chaînes d’approvisionnement, et notamment alimentaires »_, selon un rapport Oxfam publié le 22 juin. Selon l’organisation, le salaire net médian de ces employés était de 1 300 euros par mois.

      #commerce #travail #grande_distribution

  • Plus con tu meurs ! l’oeuf à 1 euro

    Carrefour City à Paris. Ici on sauve les poules de l’abattoir. Mais à 6 € les 6 œufs (entre 4 et 6 fois le prix) c’est mon portefeuille qui n’en sort pas vivant.

    Source : https://www.olivierdauvers.fr/2021/06/12/samedi-conso-mon-carnet-retail-mais-pas-que-de-la-semaine-167

    #grande_distribution #france #alimentation #carrefour #foutage_de_gueule #sans_viande #oeufs

  • Excédé.e.s face à l’attente aux caisses, des client.e.s abandonnent 168 caddies dans un supermarché.e ce 1er mai Idem pour d’autres magasins

    Privés de caissiers, le Géant Casino de Fréjus avait ouvert ses portes en libre-service ce samedi 1er mai.


    Illustration sexiste du Figaro, comme si les hommes étaient les seuls pousseurs de caddies.

    Mauvaise surprise pour les employés du Géant Casino de Fréjus (Var) en arrivant sur leur lieu de travail le dimanche 2 mai. La veille, plus d’une centaine de caddies ont été laissés à l’abandon dans les allées du supermarché. La raison ? Face à la longue attente aux caisses automatiques du magasin, certains clients impatients ont abandonné leur chariot avec leur course à l’intérieur.

    Bien qu’il s’agisse d’un jour férié, le supermarché avait gardé ses portes ouvertes en libre-service. L’absence de caissiers en raison de la fête du Travail a contrasté avec l’afflux de clients de ce samedi, qui ont dû se contenter des 21 caisses automatiques mises à leur disposition pour régler leurs achats. Ainsi, chaque client devait tour à tour scanner, peser, ranger et payer par carte, via l’application Casino Max ou par espèce en caisse rapide ses courses, ce qui a engendré de longues queues au moment de payer. Excédés face à l’attente, certains clients ont abandonné leur course, laissant derrière eux 168 caddies dispersés dans les allées du supermarché.

    En arrivant le lendemain, les salariés ont dû s’occuper du rangement et du réapprovisionnement des rayons. . . . . .

    La suite, sans intêret : https://www.lefigaro.fr/conso/excedes-face-a-l-attente-aux-caisses-des-clients-abandonnent-168-caddies-da

     #france #casino #monoprix  #carrefour #auchan #grande_distribution #travail #centre_commercial #Connards #travail #caissières

  • Résultats auchan carrefour 2020 + Gafam, Cac40 : La chanson de leurs Bons Calculs Économiques

    Le mot COVID ne serait il pas l’abréviation de : Capacité d’Ordonner Vite d’Immenses Dépenses à nos frais.

    Les nouvelles de la grande distribution : Auchan

    Passage du chiffre d’affaire consolidé de 46,4 en 2019 à 32,117 milliards d’euros en 2020. - 31% en une année. Que se passe t’il ?

    Perte de 945 millions d’euros en 2018 en chiffre d’affaire, et de 1255 millions d’euro en 2019.

    Par contre, le bénéfice net de 2020 : 900 millions d’euros, suite aux cessions stratégiques de la Chine, du Vietnam, de l’Italie (perte de prés de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaire).

    Licenciements, postes supprimés du groupe auchan : 677 postes, en 2020, 1475 postes en cours en 2021.

    La marge commerciale reste autour de 24,5%.

    La valeur ajoutée passe de 12,5 à 13,1 %.

    Le résultat de l’excédent brut d’exploitation est passé à prés de 6%, alors qu’en 2018 il était de 4%.

    Les bénéfices sont là.

    La suite et les commentaires de notre économiste : https://www.campuslille.com/index.php/entry/resultats-auchan-carrefour-2020-gafam-cac40-bons-calculs-economiques

    #cac40 #Auchan #Mulliez #Carrefour #Casino #multinationales #grande_distribution #France #h&m . . . .

  • Autoréduction à Paris ce samedi, via @Paroleerrante sur touiteur
    https://twitter.com/Paroleerrante/status/1355489979405893633

    Autoréduction réussie à Paris dans un carrefour [market]. Les caisses ont été bloquées le temps que la direction accepte de ne pas porter plainte, ce qui a permis de sortir le contenu de 25 caddies, des produits alimentaires et hygiéniques

    Deux vidéos (que je ne sais importer ici...)
    https://twitter.com/BMasques/status/1355453473995845632
    https://twitter.com/CerveauxNon/status/1355458779953963012

    Le #tract (qui n’avait pas prévu l’absence de confinement)

    Nous appelons chacun et chacune à continuer de s’organiser pour mener des actions solidaires.

    Nous n’en avons pas fini avec la crise sanitaire et sociale. #autoréduction une lecture recommandée : AUTO-RÉDUCTIONS ! Expériences d’auto-réductions dans le mouvement autonome italien des années 70 https://infokiosques.net/spip.php?article620

    À propos d’autoréductions, on peut également consulter un chapitre de La horde d’or : Des bancs publics aux centres sociaux http://ordadoro.info

    Des supermarchés de centre ville, on en trouve partout.
    Diverses revendications d’#autoréductions en utilisant un moteur de recherche : « autoréductions cip-idf » (ce site a un bug mais des document restent lisibles).

    1/ Note PRATIQUE : bloquer les caisses avec des caddies pleins aux heures de pointe fait perdre du fric à l’entreprise, ce qui donne du poids à une négociation qui a pour objectif que la direction ne porte pas plainte, ne sollicite pas une intervention policière

    2/ Sans demande du responsable de supermarché (pour tentative de vol ou autre), la police ne dispose pas dun cadre légal pour intervenir. On a vu des manifestants sortir avec des caddies entre deux haies de CRS et de civils, sans suite.

    3/ A contrario , sur ordre de la préfecture, les policiers peuvent faire pendant l’action pression pour que la direction requière une intervention. Parfois avec succès. Même si c’est pas le cas, cela rend la négociation plus difficile pour les manifestants.❞

    #Carrefour #grande_distribution #solidarité #luttes

    • Paris. Des militants obligent un Carrefour à les laisser partir avec des caddies remplis sans payer
      https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/carrefour/paris-des-militants-obligent-un-carrefour-a-les-laisser-partir-avec-des

      Après des négociations, le magasin les a laissées repartir avec des caddies remplis de produits alimentaires et hygiéniques, devant des policiers qui ont procédé à des [deux] contrôles d’identité.
      Le directeur du magasin, interrogé par l’AFP, a souligné des « moments de tension » et regretté la mise en danger de ses clients. « Carrefour étudie les suites à donner en matière judiciaire », a indiqué une porte-parole de l’enseigne.

    • Bonne nouvelle numéro deux : Relaxée après un vol chez Carrefour
      https://www.sudinfo.be/id318256/article/2021-01-27/une-maman-prise-en-flagrant-delit-de-vol-avec-sa-fille-au-carrefour-market

      Une mère de famille verviétoise a été pincée en flagrant délit de vol ce mardi après-midi, au Carrefour Market du centre-ville de Verviers. Elle était en compagnie de sa fille.

      L’auteur des faits est une Verviétoise de 31 ans accompagnée de sa fille en bas âge. Elle a dérobé de l’alimentation et du dentifrice.

      « Elle a été entendue sur les faits et relaxée », termine la police.

    • Un Carrefour cambriolé par un obscur groupuscule anti-précarité

      Dans la journée du 30 janvier, un magasin parisien du groupe Carrefour a été investi et cambriolé par un collectif inconnu de militants. Ce dernier prétendait « réquisitionner » les denrées du magasin au profit des « précaires ».

      Scène hallucinante dans les rayons d’un Carrefour parisien. Samedi 30 janvier, un groupuscule qui se revendique anti-précarité et anti-raciste s’est introduit dans le magasin, afin d’en « réquisitionner » certains produits alimentaires et hygiéniques. L’opération est intégralement filmée et diffusée sur Twitter, via le compte « Cerveaux non-disponibles » (près de 60 000 abonnés), qui relaie fréquemment les actions et mouvements sociaux. Munis d’un mégaphone, les activistes procèdent au pillage des rayons du magasin, remplissant plusieurs chariots entiers. Ils entreprennent ensuite de bloquer toutes les caisses, jusqu’à ce que la direction du site les autorise à sortir. L’opération est alors sobrement qualifiée… de « réquisition négociée » par le compte « Cerveaux non-disponibles ». Il affirme également que les activistes « ont obtenu gain de cause [et] sont sortis sans encombre [afin] de procéder à des distributions des victuailles, à des familles et personnes dans le besoin ».

      « Carrefour assassin, Carrefour raciste »

      Dans un communiqué diffusé sur ce même compte Twitter, le groupuscule d’activistes développe sa rhétorique, et explique son geste. Fait notable : le cambriolage n’est pas revendiqué par un groupe existant ou connu, mais par « des étudiant.es, des retraité.es, chômeur.ses, travailleur.ses et individus en lutte contre la précarité ». Ces derniers affirment que, face à l’explosion de la précarité, la distribution classique de biens de première nécessité par les banques alimentaires « ne suffit plus ». Surtout, les militants accusent le groupe Carrefour d’avoir fait trop de bénéfices en 2019, et de connaître des retards de paiement dans une prime de 1 000 euros promise aux employés pendant le premier confinement. Enfin, et pour conclure sa démonstration, le collectif accuse Carrefour d’être… un groupe assassin et raciste. En cause ? La mort d’un homme noir, tabassé par des vigiles d’un Carrefour de Porto Alegre… au Brésil. Un crime qui, selon le communiqué, « s’inscrit dans la polémique du Groupe Carrefour au Brésil, qui correspond au racisme systémique du pays ».

      Pour qui voudrait parcourir des commentaires souvent proches du ton de cet article
      https://twitter.com/CerveauxNon/status/1355458779953963012

    • Retour sur l’autoréduction de samedi à Paris et appel à démultiplier les actions
      https://paris-luttes.info/retour-sur-l-autoreduction-de-14719

      Concernant les pourparlers, ils ont essentiellement porté sur la nature et la qualité des produits. Selon la direction de Carrefour, le précaire doit manger des biens médiocres ou des invendus. Nous avons refusé leurs miettes pour récupérer les bonnes choses, celles auxquelles tout le monde devrait avoir accès. Sur la fin, la police a malheureusement fait deux contrôles d’identité avant que nous puissions tous.tes reprendre le métro.

      Nous redistribuerons les marchandises cédées gracieusement aux collectifs dans lesquels nous militons, pour les publics les plus touchés par la crise (exilés, précaires, mères isolées, familles en galère...). Nous ne voulons plus attendre la charité pour lutter contre la précarité.

      La crise économique liée à la crise sanitaire n’en est qu’à ses débuts et les rassemblements statiques ne suffiront plus ! Blocages de l’économie, grèves, réquisitions de logements, autoréductions dans les supermarchés, démultiplions les actions de solidarité !

  • Que reproche-t-on à Amazon ?
    https://www.numerama.com/politique/671976-que-reproche-t-on-a-amazon.html#utm_medium=e-mail

    La multinationale et plus grosse entreprise mondiale de e-commerce est sous le feu de vives critiques depuis quelques semaines en France. Associations et personnalités politiques n’ont pas manqué de donner pointer du doigt l’entreprise que les Françaises et les Français utilisent très largement lors des fêtes de fin d’année. Mais que reproche-t-on vraiment à Amazon ? « Stop Amazon », « Noël Sans Amazon », « Boycottez Amazon », « Sauve ton Commerçant ». Ces dernières semaines, les initiatives et les actions (...)

    #Alibaba #Carrefour #ELeclerc #Amazon #écologie #domination #fiscalité #bénéfices #copyright #GigEconomy #travail #AmisdelaTerre #ATTAC (...)

    ##fiscalité ##SUDSolidaires
    //c0.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2020/11/amazonlogo.png

  • Brésil : des manifestants prennent d’assaut des supermarchés Carrefour
    https://www.francetvinfo.fr/societe/racisme/bresil-des-manifestants-prennent-dassaut-des-supermarches-carrefour_419

    Une vague d’indignation s’est répandue au #Brésil, après qu’un homme noir a été battu à mort par les agents de #sécurité #blancs d’un supermarché #Carrefour, jeudi 19 novembre.

    Brésil : Une responsable de Carrefour arrêtée pour la mort violente d’un homme noir
    https://www.20minutes.fr/monde/2916359-20201125-bresil-responsable-carrefour-arretee-mort-violente-homme-

    #racisme_structurel #BlackLivesMatter

    • Thread sur twitter :
      https://twitter.com/Disclose_ngo/status/1279049745659559938

      Une enquête de @TBIJ, avec @Disclose_ngo et le @guardian révèle que 2,3 milliards d’euros ont été versés à l’industrie de la viande et du lait par la #BERD et #IFC, deux des principales banques d’aide au développement de @Banquemondiale.

      Principal bénéficiaire des financements de l’IFC et de la BERD : la filière laitière, avec plus de 890 millions d’euros investis en 10 ans. Les filières de la #volaille et du #porc ont obtenu 445 millions d’euros chacune.

      et ses partenaires ont découvert que ces #fonds_publics ont été largement mis au service de l’expansion de #multinationales. Des géants de l’#agrobusiness qui les ont utilisés pour construire des #abattoirs et des « #méga-fermes » industrielles à travers le monde.

      Parmi les bénéficiaires se trouve des poids lourds de l’agroalimentaire français. En 2010, la BERD a pris une participation dans les filiales d’Europe de l’Est et d’Asie centrale du groupe @DanoneFR – 25,3 milliards d’euros de CA en 2019.
      En 2016, c’est le @groupe_lactalis, n°1 mondial du lait, qui obtient un prêt de 15 millions d’euros de la part de la BERD. Les fonds ont bénéficié à #Foodmaster, la filiale de Lactalis au Kazakhstan.

      A l’époque, la #BERD annonce que « ce programme permettra à #Foodmaster d’augmenter la production et la qualité des produits laitiers » locaux. Ces dernières années, #Lactalis a été impliqué dans plusieurs scandales, dont la contamination de lait infantile à la salmonelle en 2017.
      Récemment, l’IFC a validé un prêt de 48M d’euros à la société indienne Suguna, le plus gros fournisseur de volaille du pays et l’un des dix plus gros producteurs mondiaux. En 2016, une ferme de Suguna a été accusée d’utiliser un antibiotique pointé du doigt par l’OMS.

      Autant d’investissements en contradiction avec les engagements de la BERD et de l’IFC en faveur de la lutte contre le changement climatique. Incohérence d’autant plus criante que l’élevage industriel est responsable de près de 15% des émissions de gaz à effets de serre.

      #Danone #France #Lactalis #Kazakhstan #produits_laitiers #lait_infantile #Suguna #antibiotiques

    • Le groupe #Carrefour complice de la #déforestation de l’#Amazonie

      Au #Brésil, les supermarchés Carrefour se fournissent en viande de #bœuf auprès d’un géant de l’agroalimentaire baptisé #Minerva. Une multinationale accusée de participer à la déforestation de l’Amazonie, et qui bénéficie du financement de la Banque mondiale.

      Chaque année, le Brésil exporte près de deux millions de tonnes de viande de boeuf. Pour assurer un tel niveau de production, l’élevage intensif est devenu la norme : partout à travers le pays, des méga-fermes dévorent la forêt amazonienne pour étendre les zones de pâturages.

      L’organisation internationale Trase, spécialisée dans l’analyse des liens entre les chaînes d’approvisionnement et la déforestation, a publié en 2019 une étude indiquant que l’industrie de la viande bovine au Brésil est responsable du massacre de 5 800 km2 de terres chaque année. Cette déforestation massive met en danger la faune et la flore, accélère les dérèglements climatiques et favorise les incendies, souvent localisés dans les zones d’élevage.

      Parmi les géants du bœuf brésilien qui sont aujourd’hui dans le viseur de plusieurs ONG : Minerva. Cette société inconnue en France est l’un des leaders de l’exportation de viande transformée, réfrigérée et congelée vers les marchés du Moyen-Orient, d’Asie ou d’Europe. Selon nos informations, l’un de ses principaux clients n’est autre que le groupe français Carrefour, qui a fait du Brésil son deuxième marché après la France.

      Fin 2019, après les incendies qui ont dévasté l’Amazonie, Noël Prioux, le directeur général de Carrefour au Brésil, s’est fendu d’une lettre à ses fournisseurs brésiliens, dont Minerva. Il souhaitait s’assurer que la viande de bœuf fournie par Minerva, mais aussi JBS et Marfrig, ne provenait pas d’élevages installés dans des zones déboisées. Quelques mois plus tôt, en juin, Carrefour s’était engagé à ce que « 100% de sa viande fraîche brésilienne » soit issue d’élevages non liés à la déforestation.

      Contacté par Disclose, Carrefour qualifie Minerva de fournisseur « occasionnel » au Brésil. Selon un responsable de la communication du groupe, Carrefour Brasil » a demandé à l’ensemble de ses fournisseurs de la filière bœuf un plan d’action pour répondre à l’engagement de lutte contre la déforestation. Dès que le groupe a connaissance de preuves de pratiques de déforestation, il cesse immédiatement d’acheter les produits dudit fournisseur. »

      https://www.youtube.com/watch?v=6ACsayFkw_Y&feature=emb_logo

      Le groupe continue pourtant à se fournir en viande bovine auprès de Minerva, mis en cause dans un rapport de Greenpeace Brésil au début du mois de juin. Selon l’ONG, l’entreprise aurait acheté des milliers de bovins à une exploitation appelée « Barra Mansa ». Laquelle est soupçonnée de se fournir auprès d’éleveurs accusés de déforestation. À l’image de la ferme de Paredão, installée dans le Parc national Serra Ricardo, dont la moitié des 4000 hectares de terrain auraient été déboisés illégalement. Barra Mansa, située à quelques kilomètres à peine, y a acheté 2 000 bovins, qui ont été achetés à leur tour par Minerva, le fournisseur de Carrefour au Brésil. Les analyses de données effectuées par Trase indiquent, elles aussi, qu’il existerait un lien direct entre les chaînes d’approvisionnement de Minerva et la déforestation de plus de 100 km2 de terres chaque année ; Minerva conteste ces conclusions.

      Minerva bénéficie du soutien de la Banque mondiale

      En décembre 2019, notre partenaire, The Bureau of Investigative Journalism (TBIJ), et le quotidien britannique The Guardian ont révélé que la Banque mondiale et son bras financier, la Société internationale financière (IFC), soutiennent directement l’activité de Minerva. Une participation financière initiée en 2013, date de la signature d’un prêt de 85 millions de dollars entre Minerva et l’IFC. Objectif affiché à l’époque : « Soutenir [le] développement [de Minerva] au Brésil, au Paraguay, en Uruguay et probablement en Colombie ». En clair, une institution d’aide au développement finance un géant mondial du bœuf soupçonné de participer à la déforestation de l’Amazonie. Le tout, avec de l’argent public.

      Selon des experts de l’ONU interrogés par le BIJ, la Banque mondiale doit absolument reconsidérer ses investissements au sein de Minerva. « Compte tenu de la crise climatique mondiale, la Banque mondiale devrait veiller à ce que tous ses investissements soient respectueux du climat et des droits de l’Homme et doit se retirer des industries qui ne respectent pas ces critères », a déclaré David Boyd, le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme et l’environnement. Une position également défendue par son prédécesseur, le professeur de droit international John Knox : « Le financement international de projets contribuant à la déforestation et la détérioration du climat est totalement inexcusable ».

      Contactée, l’IFC explique avoir « investi dans Minerva afin de promouvoir une croissance pérenne (…) dans le but de créer une industrie bovine plus durable ». L’organisation assure que sa participation dans l’entreprise a permis à Minerva de prendre « des mesures pour améliorer la traçabilité de son approvisionnement auprès de ses fournisseurs directs », précisant qu’aujourd’hui « 100 % de ses achats directs proviennent de zones qui n’ont pas été déforestées. » Quid, dès lors, des fournisseurs indirects ? Ceux qui font naître et élèvent les bovins, avant qu’ils n’arrivent aux ranchs qui les enverront à l’abattoir ? Ils constituent de fait le premier maillon de la chaîne d’approvisionnement.

      Taciano Custódio, responsable du développement durable de Minerva, reconnaît lui-même qu’ « à ce jour, aucun des acteurs de l’industrie n’est en mesure de localiser les fournisseurs indirects ». Il en rejette la faute sur l’administration brésilienne et l’absence de réglementation en la matière, tout en justifiant la déforestation : « Les pays d’Amérique du Sud possèdent encore un grand pourcentage de forêts et de terres non défrichées qui peuvent être exploitées légalement et de manière durable. Certains pays invoquent notamment la nécessité d’agrandir leur territoire de production afin de pouvoir développer la santé et l’éducation publiques et investir dans des infrastructures. ».

      Depuis le début de l’année 2020, plus de 12 000km2 de forêt ont disparu. Soit une augmentation de 55% par rapport à l’année dernière sur la même période.

      https://disclose.ngo/fr/news/au-bresil-le-groupe-carrefour-lie-a-la-deforestation-de-lamazonie

  • Les courses à la voix, la nouvelle expérience e-commerce alimentaire lancée par Carrefour et Google en France
    https://www.carrefour.com/fr/newsroom/les-courses-la-voix-la-nouvelle-experience-e-commerce-alimentaire-lancee-

    Carrefour et Google lancent aujourd’hui en France, dans le cadre de leur partenariat stratégique signé en juin 2018, une nouvelle expérience e-commerce de courses alimentaires à la voix. Carrefour poursuit ainsi le développement de son offre omnicanale en étant le premier distributeur au monde à mettre à la disposition de ses clients le nouveau service de courses à la voix intégré de l’Assistant Google. Ce service innovant combine plusieurs avancées technologiques pour simplifier et personnaliser (...)

    #Carrefour #Google #Assistant #domotique #reconnaissance #BigData #FoodTech #smartphone (...)

    ##voix

  • Les chauffeurs-livreurs ont « l’impression d’être moins importants que l’économie du pays » | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1584549182-les-chauffeurs-livreurs-ont-impression-moins-importants-econ

    Ils sont chauffeurs-livreurs pour Carrefour et Amazon ou coursiers pour Deliveroo. Obligés de travailler contractuellement ou par précarité, ils tentent de se protéger du coronavirus comme ils le peuvent. « J’espère juste ne pas tomber sur le mauvais digicode ou le mauvais ascenseur… » À l’autre bout du fil, Amine (1) est fataliste. Comme d’autres livreurs ou chauffeurs-livreurs, le vingtenaire continue de travailler et de sortir alors que le confinement dû au coronavirus a mis une partie des Français (...)

    #Carrefour #Amazon #CDiscount #Deliveroo #Uber #GigEconomy #santé #travail

    ##santé

  • Compas : #Cartographie et #Outils_Multisensoriels Pour l’#Accessibilité_Spatiale

    Le projet de recherche Compas, porté par le Laboratoire d’Informatique, de Modélisation et d’Optimisation des Systèmes (Unité Mixte de Recherche CNRS/UCA en informatique) se propose d’explorer les possibilités offertes par les sciences et techniques informatique, afin d’améliorer les outils pour l’accessibilité spatiale des personnes en situation de #déficience_visuelle.

    La #perception et la compréhension de l’#espace par les personnes déficientes visuelles est en effet souvent un défi. Les professionnels tels que les instructeurs de locomotion ou les adaptateurs-transcripteurs jouent un rôle essentiel dans la construction de cette compréhension. De plus en plus d’outils viennent compléter ces pratiques de transmission. On peut par exemple penser aux #GPS_piétons, qui s’améliorent au gré des avancées techniques et des propositions commerciales des grands acteurs du domaine.

    En se plaçant en amont des solutions commerciales émergentes, Compas se propose d’explorer les différents champs des possibles. Depuis 2017, le projet s’est principalement focalisé sur la problématique de l’aide à la conception de #cartes_en_relief. Les prochaines années verront ces premières propositions se consolider, et le champs des techniques s’élargir, avec notamment l’intégration de génération de texte de synthèse pour la description de #carrefours_urbains.


    https://compas.limos.fr
    #mobilité #aveugles

    ping @reka @fil

  • Comment la désinformation sur le climat se diffuse et se finance sur YouTube
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/01/17/comment-la-desinformation-sur-le-climat-se-diffuse-et-se-finance-sur-youtube

    « Le changement climatique est l’un des plus grands défis de notre époque […], des mesures immédiates doivent être prises à l’échelle mondiale pour limiter et, idéalement, inverser [ses effets] », clame Google dans son rapport environnemental 2019. Pourtant, malgré ces propos volontaristes, l’entreprise semble bien démunie, voire complaisante, face à la diffusion de contenus climatosceptiques sur sa plate-forme de vidéos YouTube, selon un rapport de l’ONG Avaaz publié jeudi 16 janvier. Ce document d’une (...)

    #Carrefour #Google #L'Oréal #Facebook #Twitter #Uber #YouTube #algorithme #écologie #manipulation #modération #Avaaz #Greenpeace #WWF #Danone #Décathlon (...)

    ##RedBull

  • La révolution sera féministe

    Une création de Charlotte Bienaimé
    Un podcast à soi Un podcast à soi — Numéro 9

    Femmes en lutte dans l’Histoire, à #Carrefour et sur la #ZAD

    https://www.arteradio.com/son/61660140/la_revolution_sera_feministe_9

    « C’est chaque fois les femmes qui s’excusent, jamais les mecs, ou très peu. Il faut que j’arrête de m’excuser de prendre la parole et me sentir légitime de le faire. »

    Juste nécessaire contrepoint en ce moment :)

    #Féminisme #féminisme_en_lutte #facilitations #lutte #chansons_de_lutte #ni_dieu_ni_mec #radio

  • En Chine, le duel Alibaba-Tencent écrase l’Internet
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/12/01/en-chine-le-duel-alibaba-tencent-ecrase-l-internet_6021254_3234.html

    Alibaba, qui vient de s’introduire une deuxième fois en Bourse – à Hongkong après Wall Street –, n’a plus qu’un concurrent de taille en Chine, Tencent. Au fil des ans, l’affrontement entre les géants du Web chinois a pris un air de duel : Alibaba, fondé par l’exubérant Jack Ma, domine le commerce en ligne et, de plus en plus, le commerce physique. Tencent, bébé du discret Pony Ma, est le champion des réseaux sociaux avec l’omniprésent Wechat, mais aussi du divertissement : médias, films, jeux vidéo. Tous (...)

    #RiotGames #Alibaba #ByteDance #Carrefour #Suning #Tencent #Ubisoft #TikTok #WeChat #Baidu #Meitu #Alipay #domination #bénéfices #lutte #publicité #SocialNetwork #Supercell #Ele.me #Youku #JD.com #Pinduoduo #Douyin (...)

    ##publicité ##Toutiao

  • #Matières_premières : comment les #géants #français épuisent la #planète - Observatoire des ##multinationales
    http://multinationales.org/Matieres-premieres-comment-les-geants-francais-epuisent-la-planete
    #terres

    Soja : une prise de conscience insuffisante pour prévenir la déforestation et les abus
    Utilisé comme matière première dans l’industrie agroalimentaire et surtout pour l’alimentation animale, le soja est devenue une denrée clé pour l’industrie. Sa production a littéralement explosé en Amérique du Sud, associé à l’utilisation massive de pesticides et de semences génétiquement modifiées et à des violations des droits des communautés et des travailleurs. L’expansion du soja empiète non seulement sur la forêt amazonienne, mais également sur d’autres régions du continent comme le la savane du #Cerrado au Brésil ou la région du #Chaco (Brésil, Argentine, Paraguay).

    Les associations Mighty Earth, France nature #environnement et Sherpa se sont associés pour identifier les principaux acheteurs français de soja en provenance d’Amérique du Sud. Une liste dans laquelle on retrouve des groupes agroalimentaires (et notamment laitiers) comme Danone ou Lactalis, des acteurs de la restauration comme #Sodexo et Elior, des chaînes de grande distribution comme #Auchan, #Carrefour ou #Casino.

    Force est de constater que ces firmes ne semblent pas avoir pris la mesure des risques liés à leur approvisionnement en soja, ni de leur responsabilité (y compris juridique, dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance) dans la prévention des abus constatés sur le terrain. Seule une poignée d’entre eux (Avril, Danone et Bel) fournit des informations un peu poussées (mais très incomplètes) sur les volumes, l’origine et la part tracée du soja utilisé dans la chaîne d’approvisionnement. D’autres ont purement et simplement refusé de répondre aux ONG au nom du secret commercial. La plupart de celles qui identifient les risques liés au soja se contentent de promouvoir des systèmes de « soja certifié » notoirement insuffisants pour empêcher la déforestation.

    Huile de palme : une industrie destructrice qui continue à s’étendre
    De l’agroalimentaire aux cosmétiques en passant par les #agrocarburants, l’huile de palme est un ingrédient commode et bon marché apprécié de nombreuses industries. Problème : son exploitation à grande échelle a dévasté des millions d’hectares de forêt en Asie du Sud-est, déplaçant des populations entières et mettant en danger des espèces animales emblématiques comme l’orang-outang.

    Malgré la prise de conscience des consommateurs, l’exploitation de l’huile de palme ne ralentit pas. Davantage surveillées en Indonésie et en Malaisie, les multinationales du secteur tournent désormais leurs regards vers l’Afrique et l’Amérique du Sud, créant les mêmes problèmes.

    Une fuite en avant alimentée entre autres par la demande de multinationales françaises comme L’#Oréal ou #Danone (71 000 tonnes d’huile de palme et de dérivés achetées chacune en 2018) et bientôt de #Total, qui a choisi de reconvertir sa raffinerie de La Mède, dans le Sud de la France, pour produire des agrocarburants à base d’huile de palme. Initialement, le géant pétrolier voulait en importer pas moins de 550 000 tonnes par an, mais a revu ce chiffre à la baisse sous pression des écologistes. Les multinationales acheteuses se défendent souvent en arguant qu’elles n’achètent presque que de l’huile de palme certifiée « responsable », mais l’expérience prouve que ces certifications ne sont pas fiables (lire notre article).

    Le #caoutchouc, aussi nocif que l’#huile_de_palme ?
    Des géants français sont très impliqués dans la filière, à commencer par #Michelin, en tant que fabricant de pneumatiques, et la #Socfin, filiale du groupe #Bolloré. Greenpeace a mis en cause les agissements de l’entreprise singapourienne Halcyon au #Cameroun, qui fournit des groupes comme Michelin. Face à la montée des critiques, l’industrie du pneumatique a fini par lancer en 2018 une initiative « multi-partie prenantes » sur le caoutchouc soutenable, sur le modèle de celles qui existent déjà pour le soja ou l’huile de palme. Lorsque l’on voit à quel point ces initiatives sont contestées, il n’est pas sûr que cela suffise à enrayer les problèmes.

    Bois et papier : une filière toujours opaque
    Le groupe Rougier et Guillemette & Cie se sont ainsi approvisionnées, selon l’ONG Amazon Watch, auprès du groupe brésilien Benevides Madeiras, condamné pour #déforestation illégale en #Amazonie. D’autres firmes ont commercialisé les produits de l’entreprise forestière de RDC Ifco, accusée par l’ONG Global Witness de couper des arbres en dehors des périmètres autorisés.

    Eau : la soif intarissable des grands groupes