• Odonymie et espace public | Politika
    passés futurs, Numéro 15 - juin 2024
    https://www.politika.io/fr/revue-passes-futurs/odonymie-espace-public
    la revue (220 pages) est en téléchargement libre

    Odonymie et espace public
    Nommer les rues et les avenues a longtemps été une simple démarche utilitaire. Au fil du temps s’y sont ajoutées des références honorifiques et mémorielles. Ces choix posés dans le passé suscitent aujourd’hui débats et controverses. De nouvelles revendications, portées par des acteurs jusqu’alors absents du débat, en viennent à être posées. Les noms de rue apparaissent en réalité comme un procédé commode de « fabrique du citoyen ». Au-delà de l’espace public géographique, le débat se prolonge désormais en d’autres lieux, notamment l’environnement numérique et les musées. À partir de l’évolution de trois capitales (Buenos Aires, Bruxelles et Montevideo) et de l’impact mémoriel de deux personnalités assassinées (Giacomo Matteotti et Marielle Franco), Passés futurs revient sur le rôle central joué par l’odonymie.

    Dossier coordonné par Chantal Kesteloot et José Rilla

    Davantage qu’une simple plaque… Odonymie et espace public
    Chantal Kesteloot, José Rilla

    Ecos de la Nueva Troya. Nomenclatura y gestión del pasado en Montevideo (1840-1940)
    Carolina Porley

    A la vista del pueblo y de labio en labio. Buenos Aires y la toponimia de una capital (1822-1919)
    Pablo Valaco

    L’histoire au bout de la rue. Le passé dans l’espace public bruxellois
    Chantal Kesteloot

    Italy’s Public Memory of its Main Anti-fascist Martyr : Giacomo Matteotti in the Public Space One Century After his Murder
    Camilla Zucchi

    Placas de la “calle Marielle Franco”. Memorias en disputa en la ciudad y museos de Río de Janeiro
    Carina Martins Costa, Claudia Rose Ribeiro da Silva

  • La #mémoire de la #Résistance au travers des #noms_de_rues

    Héritage du Moyen Âge, les noms de rues ont progressivement évolué d’une origine vernaculaire vers un système honorifique et mémoriel. Aux dénominations anciennes –souvent très pittoresques – ont succédé des appellations destinées à perpétuer le souvenir d’événements marquants ou à honorer des personnalités. Au même titre que les monuments, plaques ou stèles, les noms de rues[1] sont ainsi devenus de véritables lieux de mémoire. Quelle est la trace laissée à cet égard par la Résistance ?

    Définition et constitution du corpus

    Plutôt que les rues rendant globalement hommage à la Résistance ou aux victimes de la répression allemande, ont été sélectionnées ici celles qui, idéologiquement et politiquement plus clivantes, sont dédiées, par la volonté des conseils municipaux, à la mémoire de tel résistant ou de tel autre ; ce qui, au-delà, traduit une représentation spécifique de la Résistance.

    Le choix a obéi à plusieurs critères. Afin d’éviter des interférences avec une carrière ultérieure, n’ont été retenus que les résistants morts pendant la guerre, ce qui exclut par exemple de Gaulle, Leclerc, Edmond Michelet, le colonel Rémy etc. Par ailleurs, les figures purement locales de la Résistance échappant matériellement aux possibilités d’identification à l’échelle du pays entier, le corpus se limite aux hommes et femmes dont la renommée a largement franchi les limites départementales. À partir de cette liste a été établie une base de données comportant près de 4 400 rues de France, dont émergent très clairement une vingtaine de noms.

    Cependant, l’hommage rendu aux résistants est sensiblement plus large que ne le laisse deviner la perspective offerte ici. Si la ville de Caen n’a ainsi consacré la mémoire que d’une seule figure de premier plan (Fred Scamaroni), elle a attribué à une trentaine de ses rues le nom de résistants locaux. De même, dans les quarante communes de Seine-Saint-Denis, une soixantaine de voies leur sont dédiées.

    Répartition spatiale

    La répartition spatiale dépend de plusieurs paramètres : la couleur politique des conseils municipaux, mais aussi le nombre de communes et de voies par département, ou encore le caractère dominant de chacun d’eux (rural ou urbain) en gardant à l’esprit que la Résistance a été un phénomène touchant davantage les villes que les campagnes.

    La première carte recense la totalité des rues vouées à la mémoire des résistants retenus. À sa manière, elle peut donner une indication sur le degré d’attachement des différentes régions envers la mémoire nationale de la Résistance. On remarquera le faible hommage qui lui est rendu en Alsace, dans l’Ouest intérieur ou le sud du Massif central. La région parisienne, le quart nord de la France, le littoral méditerranéen et le couloir rhodanien se distinguent en sens inverse.

    Compte tenu du poids occupé par les rues « Jean Moulin » au sein de l’échantillon (50 %), leur représentation est assez proche de la carte précédente. On observera toutefois que les rues à son nom étaient surtout situées avant 1964 dans les villes liées à sa vie personnelle, à sa carrière ou à ses activités de résistant. Par la suite, sa mémoire a été honorée – à des degrés divers – dans l’ensemble du pays.

    La carte des rues dédiées aux principales figures communistes de la Résistance, regroupées pour la circonstance, montre certaines analogies avec les deux précédentes, avec toutefois une concentration plus forte dans certaines régions (Nord, banlieue parisienne, Var, Meurthe-et-Moselle), mais aussi une large zone de faiblesse à l’ouest d’une diagonale allant du Havre à Marseille. Cette distribution, pas totalement conforme avec le vote communiste en 1945 ( Les élections à la première Assemblée constituante), illustre le décalage mémoriel entre les anciennes zones de maquis (Massif central, Alpes etc.) et les régions de résistance urbaine.

    Chronologie des dénominations

    Un échantillon formé à partir de 565 questionnaires retournés par des mairies permet d’esquisser une approche chronologique. La Libération est marquée par une forte effervescence dénominative. Si certains choix s’avèrent consensuels (Avenue de la Résistance, rue des Martyrs, etc.), on remarque cependant, notamment dans la banlieue parisienne, la forte émergence d’une mémoire spécifiquement communiste se concentrant autour de quelques noms (Gabriel Péri, Danielle Casanova, Pierre Semard, le colonel Fabien etc.) avec lesquels rivalisent essentiellement ceux de Pierre Brossolette ou d’Honoré d’Estienne d’Orves.

    La Guerre froide marque un coup d’arrêt à cette tendance, alors même que le nombre total des voies recevant le nom d’un résistant décroît fortement sous la IVe République.

    Le retour au pouvoir de De Gaulle en 1958 et, plus encore, la fin de la guerre d’Algérie marquent un incontestable regain, mais essentiellement au profit de la mémoire gaulliste de la Résistance. Jean Moulin, jusqu’alors assez délaissé, en est le principal bénéficiaire, surtout après le transfert de ses cendres au Panthéon en 1964 qui enclenche un mouvement de grande ampleur dans l’ensemble du pays. Au cours des quatre décennies suivantes, il monopolise 70 % des nouvelles dénominations.

    Depuis le milieu des années 1970, on observe un recul général du nombre de voies ayant reçu le nom d’un résistant de premier plan[2]. Ce phénomène pourrait être lié à la concurrence d’autres mémoires comme au fait que la création de rues nouvelles est désormais principalement liée à l’extension des communes périurbaines où les dénominations sont souvent d’ordre floral, artistique ou vernaculaire.

    [1] Entendons par-là l’ensemble des voies publiques : rues, boulevards, avenues, places, ponts etc.

    [2] L’année 1983, qui marque le quarantième anniversaire de la mort de Jean Moulin, fait exception.

    https://atlasfrance.hypotheses.org/15384
    #toponymie #odonymie #WWII #seconde_guerre_mondiale #deuxième_guerre_mondiale #cartographie #visualisation #France

  • #Amo_Collective

    The Amo Collective is a group of students, artists, scholars and members of civil society based at the Institut für Europäische Ethnologie, part of Humboldt-Universität zu Berlin. The collective emerged through the anti-racist and decolonial struggles surrounding the renaming of our street after Afro-German Enlightenment philosopher and anti-racist pioneer of the early 18th century: #Anton_Wilhelm_Amo.

    https://amo-collective.org

    #Berlin #décolonial #anti-racisme #toponymie #toponymie_politique #balade_décoloniale #flânerie_décoloniale #cartographie #cartographie_participative #M-Straße #Allemagne_coloniale #noms_de_rue #Mohrenstraße

    ping @reka @cede @_kg_

    voir aussi :
    Un quartier de #Berlin rebaptise des lieux avec les noms de résistants africains à la #colonisation
    https://seenthis.net/messages/982499

  • Dove sono i metalli rari in Italia

    Se lo sta chiedendo il governo, che ha approvato un decreto per sfruttare vecchi giacimenti e aprire nuove miniere.

    Dopo le sollecitazioni ricevute negli ultimi anni dall’Unione Europea, lo scorso 20 giugno il governo italiano ha approvato un decreto per sostenere la ricerca delle cosiddette “materie prime critiche”, un gruppo di metalli particolarmente necessari per il settore tecnologico e per la transizione energetica. Le materie prime critiche servono soprattutto all’industria dei microchip e dei componenti elettronici o per la produzione di batterie dei veicoli elettrici. Alcune hanno nomi più conosciuti, come il rame, il litio, il silicio e il nichel, altre sono meno note come il bismuto, il boro, il cobalto, il gallio, il germanio, il magnesio e il manganese, la grafite naturale, il titanio e il tungsteno.

    Fino a qualche decennio fa in Italia c’erano diversi giacimenti di questi metalli, miniere via via abbandonate perché dai costi insostenibili soprattutto se paragonati a quelli delle importazioni. Tuttavia negli ultimi anni l’aumento della richiesta dei metalli rari ha invertito questo rapporto: ora comprarli all’estero e importarli è molto costoso, mentre è più vantaggioso e politicamente strategico sfruttare vecchi giacimenti o trovarne di nuovi.

    Con queste premesse il governo ha approvato una serie di misure: semplificare le procedure per consentire alle compagnie minerarie di cercare nuovi giacimenti, finanziare una mappatura più completa delle aree sulla base di studi geologici, realizzare un piano nazionale delle materie prime con una definizione più puntuale dei finanziamenti per questo settore. L’obiettivo è spingere le compagnie a investire nella ricerca di nuovi giacimenti.

    Il ministro dell’Ambiente e della Sicurezza energetica, Gilberto Pichetto Fratin, ha detto che il programma esplorativo dovrà essere pronto entro il 24 maggio 2025. Se ne occuperà l’ISPRA, l’istituto superiore per la protezione e la ricerca ambientale, a cui sono stati dati 3,5 milioni di euro per realizzare una mappa dei possibili giacimenti, la nuova carta mineraria dell’Italia. Grazie alla nuova carta potranno essere aggiornati e migliorati i censimenti fatti dall’ISPRA negli ultimi anni.

    Uno degli ultimi censimenti è stato pubblicato nell’atlante dei dati ambientali, aggiornato al 2023, e comprende i giacimenti sfruttati in passato e ora da rivalutare.

    Nel documento dell’ISPRA si legge che l’Italia è «totalmente dipendente» dai mercati esteri, ma anche che sul territorio esistono mille possibili giacimenti: i più interessanti sono nell’arco alpino, in Liguria, nella fascia tirrenica tra Toscana e Campania, in Calabria e in Sardegna. «La coltivazione di minerali metalliferi è stata progressivamente abbandonata a cavallo dei due secoli non per esaurimento delle risorse ma, nella quasi totalità, per le convenienti condizioni economiche dei mercati esteri delle materie prime e per la mancanza di lungimiranza della politica industriale mineraria», dice lo studio.

    Risultano attive soltanto due miniere di fluorite (a Bracciano, in provincia di Roma, e a Silius, in Sardegna) e una ventina di feldspato tra Piemonte, Toscana, Lazio, Calabria e Sardegna. C’è poi un giacimento di titanio in Liguria, uno di cobalto in Piemonte, di litio in Lazio. Negli ultimi anni sono stati dati permessi per cercare zinco, cobalto, titanio e nichel in particolare sull’arco alpino.

    Il decreto prevede anche che le compagnie minerarie titolari delle concessioni, già attive o future, dovranno dare allo Stato tra il 5 e il 7 per cento dei prodotti estratti. Questa sorta di tassa finanzierà il fondo nazionale del Made in Italy per sostenere nuovi investimenti e un’ulteriore ricerca di materie prime critiche.

    In merito all’impatto ambientale, su cui c’è una maggiore sensibilità rispetto al passato, il governo ha incaricato l’ISPRA di vigilare sui progetti di ricerca dei metalli insieme alle soprintendenze dei territori interessati. L’ISPRA potrà bloccare i permessi se verranno rilevate irregolarità, per esempio trivellazioni in punti non consentiti. L’istituto dovrà anche coinvolgere gli enti locali, in particolare i comuni, per spiegare in modo approfondito i lavori previsti, l’impatto delle ricerche e dell’eventuale apertura di nuove miniere.

    https://www.ilpost.it/2024/07/14/mappa-metalli-rari-italia
    #Italie #extractivisme #Alpes #permis #mines #minières #Italie #terres_rares #matières_premières_critiques #transition_énergétique #batteries #extractivisme #décret #matières_premières_critiques #microchip #électronique #lithium #cuivre #cobalt #tungstène #titan #mines #minières #ISPRA #Gilberto_Pichetto_Fratin #matières_premières #concessions #cartographie #visualisation #carte

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    #métaliste sur l’#extraction de #terres_rares dans les #Alpes :
    https://seenthis.net/messages/1013289

  • Résidence de cartographie dans la Vallée de la Roya

    En début d’année 2024 j’ai été contacté par l’association Prévention MAIF pour les accompagner sur une démarche de cartographie sensible dans la Vallée de la Roya. Après plusieurs échanges avec Aveline Carmoi et Angello Smaniotto, j’ai proposé de faire une résidence de cartographie sensible et participative afin de ; 1/ rencontrer les acteurs locaux, m’imprégner des enjeux et des dynamiques locales, 2/ sensibiliser à l’approche de cartographie sensible et participative du territoire et 3/ esquisser une carte participative de la vallée de la Roya avec des acteurs locaux.

    J’ai ainsi résidé la semaine du 23 au 27 avril 2024 au Monastère de Saorge – Centre des monuments nationaux, un magnifique ancien monastère et haut lieu culturel de la vallée.

    Mercredi 24 avril, nous avons organisé une conférence à la salle des fêtes de la Mairie de Saorge intitulée La cartographie sensible/participative, un outil de résilience territoriale ?. Une trentaine de personnes aux profils variés étaient présentes avec lesquels nous avons eu de riches échanges. J’ai conclu ma présentation en expliquant pourquoi, selon moi, la cartographie sensible et participative peut contribuer à la résilience d’un territoire ;

    → Les projets participatifs/communautaires renforcent la résilience territoriale.
    → La connaissance des perceptions des habitant.e.s est un levier d’action publique territoriale.
    → La conscience de son milieu est un levier d’action bénéfiques pour le territoire.
    → Valorisation et émergence de “communs territoriaux”, matériels et immatériels.

    Bilan de la semaine

    Je ressors de cette semaine avec des apprentissages personnels sur les spécificités ce territoire, telles que je les ai perçues. Ainsi, je me suis demandé si la Vallée de la Roya ; ça ne serait pas le monde de demain ?

    Tout d’abord, il m’a semblé que les relations sont parfois fortement conflictuelles avec le Vivant. C’est par exemple le cas avec l’eau ou avec le loup.
    C’est d’ailleurs suite aux immenses dégâts causés par l’inondation créée par tempête Alex (oct 2020) que l’association Prévention MAIF intervient dans ce territoire.

    Ensuite, j’ai été marqué le potentiel de rétro-innovation* agriculturelle (cultures en terrasses, valorisation de la châtaigne…), par la forte solidarité entre les gens et par le fait que les habitant.e.s sont souvent en multi-activité professionnelle.
    * notion développée par Alberto Magnaghi, fondateur de l’École des territorialistes italiens, que j’ai eu l’honneur de croiser à l’institut d’urbanisme de Bordeaux quand j’y étais étudiant. Voir plus ICI ou LA.

    Enfin la vallée m’a aussi paru un lieu caractérisé des rapports humains assez polarisés, une action publique hyper centrée sur les infrastructures et peu d’innovation démocratique institutionnelle. En s’intéressant à la vallée on se rend aussi rapidement compte qu’elle de fait considérée comme un “territoire servant”, c’est à dire que l’état s’y intéresse car la région urbaine de Nice en dépend pour son alimentation en énergie (via les barrages hydro-électriques créés après guerre). C’est aussi le cas concernant l’alimentation et peut-être aussi le tourisme.

    Les ateliers de cartographie

    Le jeudi après-midi et le vendredi après-midi, nous avons organisé des ateliers de cartographie participative de la vallée, en proposant à des expert.e.s des sujets concernés de se mettre autour d’un fond de plan et d’élaborer une carte collectivement.
    Le premier atelier a porté sur l’agriculture dans la vallée.
    Le second a porté sur sur le patrimoine de la vallée, dans les deux dimensions de patrimoine matériel et immatériel.

    Enfin le samedi matin nous avons terminé la semaine par un atelier de cartographie sensible de la vallée, ouvert au public et organisé dans la Librairie du Caïros, un lieu important de convivialité et de culture à Saorge. Pendant ce dernier atelier, nous avons demandé aux participant.e.s, quels étaient selon elles/eux les REPÈRES du territoire, les lieux qu’ils/elles AIMENT, les lieux qu’ils/elles N’AIMENT PAS et ce qui constitue le PATRIMOINE de la vallée.

    Les cartes produites ;

    Une fois les ateliers réalisés, j’ai mis au propre les données récoltées et réalisé les cartes suivantes. Ces cartes peuvent être considérées comme des « communs cartographiques« , c’est à dire des ressources appropriables par tout un chacun.e. De tels document sont à mon sens stratégiques pour qu’un territoire puisse se montrer à lui-même et aux acteurs extérieurs à celui-ci. Ils contribuent à l’identité du territoire, et permettent de mieux comprendre et respecter les spécificités de la vallée.

    Nous avons donc réalisé 4 cartes ;

    → une carte de l’#agriculture dans la vallée

    → une carte du #patrimoine_matériel de la vallée

    → une carte du #patrimoine_immatériel de la vallée

    → une carte subjective de la vallée

    https://quentinlefevre.com/residence-de-cartographie-dans-la-vallee-de-la-roya

    #cartographie #Roya #Vallée_de_la_Roya #cartographie_sensible #Alpes_Maritimes #visualisation #cartographie_subjective #résidence #cartographie_participative #résilience_territoriale #communs_territoriaux #communs #commons #Alberto_Magnaghi #atelier

    via @reka

    cc @_kg_

  • 𝗖𝗼𝗳𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀 𝗱𝗲𝘁𝗲𝗰𝘁𝗮 𝗵𝗶𝘀𝘁ó𝗿𝗶𝗰𝗮 𝗰𝗼𝗹𝘂𝘀𝗶ó𝗻 𝗾𝘂𝗲 𝗳𝗮𝘃𝗼𝗿𝗲𝗰í𝗮 𝗺𝗼𝗻𝗼𝗽𝗼𝗹𝗶𝗼 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗰𝗲𝗿𝗼𝘀 𝗮𝘂𝘁𝗼𝗿𝗶𝘇𝗮𝗱𝗼𝘀
    https://www.gob.mx/cofepris/articulos/cofepris-detecta-historica-colusion-que-favorecia-monopolio-de-terceros-autoriza
    • 𝙎𝙚 𝙘𝙤𝙧𝙧𝙚𝙜𝙞𝙧á𝙣 𝙙𝙚 𝙞𝙣𝙢𝙚𝙙𝙞𝙖𝙩𝙤 𝙧𝙚𝙨𝙤𝙡𝙪𝙘𝙞𝙤𝙣𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙡𝙖𝙘𝙞𝙤𝙣𝙖𝙙𝙖𝙨 𝙘𝙤𝙣 𝙚𝙢𝙥𝙧𝙚𝙨𝙖𝙨 𝙖𝙪𝙭𝙞𝙡𝙞𝙖𝙧𝙚𝙨 𝙚𝙣 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙧𝙤𝙡 𝙨𝙖𝙣𝙞𝙩𝙖𝙧𝙞𝙤, 𝙘𝙤𝙢𝙤 𝙡𝙖𝙗𝙤𝙧𝙖𝙩𝙤𝙧𝙞𝙤𝙨 𝙙𝙚 𝙥𝙧𝙪𝙚𝙗𝙖 𝙮 𝙙𝙚 𝙞𝙣𝙩𝙚𝙧𝙘𝙖𝙢𝙗𝙞𝙖𝙗𝙞𝙡𝙞𝙙𝙖𝙙 𝙙𝙚 𝙢𝙚𝙙𝙞𝙘𝙖𝙢𝙚𝙣𝙩𝙤𝙨
    • 𝙎𝙚 𝙞𝙙𝙚𝙣𝙩𝙞𝙛𝙞𝙘ó 𝙦𝙪𝙚 𝙖𝙡 𝙢𝙚𝙣𝙤𝙨 𝙪𝙣𝙖 𝙚𝙢𝙥𝙧𝙚𝙨𝙖 𝙛𝙪𝙚 𝙛𝙖𝙫𝙤𝙧𝙚𝙘𝙞𝙙𝙖 𝙘𝙤𝙣 𝙚𝙫𝙖𝙡𝙪𝙖𝙘𝙞𝙤𝙣𝙚𝙨 𝙢𝙚𝙣𝙤𝙨 𝙧𝙞𝙜𝙪𝙧𝙤𝙨𝙖𝙨, 𝙢𝙞𝙚𝙣𝙩𝙧𝙖𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙤𝙩𝙧𝙖𝙨 𝙚𝙣𝙛𝙧𝙚𝙣𝙩𝙖𝙧𝙤𝙣 𝙨𝙤𝙗𝙧𝙚𝙧𝙧𝙚𝙜𝙪𝙡𝙖𝙘𝙞ó𝙣 𝙞𝙣𝙟𝙪𝙨𝙩𝙞𝙛𝙞𝙘𝙖𝙙𝙖
    • 𝙀𝙨𝙩𝙖 𝙖𝙪𝙩𝙤𝙧𝙞𝙙𝙖𝙙 𝙨𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙤𝙡𝙞𝙙𝙖 𝙘𝙤𝙢𝙤 𝙪𝙣𝙖 𝙞𝙣𝙨𝙩𝙞𝙩𝙪𝙘𝙞ó𝙣 𝙛𝙤𝙧𝙢𝙖𝙙𝙖 𝙥𝙤𝙧 𝙥𝙧𝙤𝙛𝙚𝙨𝙞𝙤𝙣𝙖𝙡𝙚𝙨 𝙦𝙪𝙚, 𝙘𝙤𝙣 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙧𝙤𝙢𝙞𝙨𝙤 𝙮 𝙝𝙤𝙣𝙚𝙨𝙩𝙞𝙙𝙖𝙙, 𝙩𝙧𝙖𝙗𝙖𝙟𝙖𝙣 𝙥𝙖𝙧𝙖 𝙡𝙖 𝙨𝙖𝙡𝙪𝙙 𝙙𝙚𝙡 𝙥𝙪𝙚𝙗𝙡𝙤 𝙙𝙚 𝙈é𝙭𝙞𝙘𝙤


    #CártelDeLasMedicinas

  • Carte de France des votes aux élections législatives ville par ville
    https://www.liberation.fr/apps/2024/06/carte-interactive-legislatives-2024

    #cartographie détaillée, il faut plaquer une autre carte sur celle-ci pour comprendre les motivations.
    Test avec la carte de la densité de population, son âge, son alcoolisme, ses revenus, son taux de chômage. Bassins miniers ravagés au nord, retraités sclérosés autour de la méditerranée.

    Et puis cette dispersion géographique des NFP qui saute aux yeux, comme si il fallait les moyens de penser, même isolé·e, à contre courant, d’avoir la critique rationnelle pour ne pas être colonisé par les médias Bolloré.

  • En Normandie, les Afghans d’Argentan redoutent la vague brune
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2024/06/28/en-normandie-les-afghans-d-argentan-redoutent-la-vague-brune_6244928_4500055

    En Normandie, les Afghans d’Argentan redoutent la vague brune
    Une soixantaine de réfugiés afghans vivent dans cette municipalité de l’Orne sans tensions avec les habitants. Mais, depuis le score de 35 % obtenu par le Rassemblement national dans la ville, la petite communauté craint pour son avenir en cas de victoire de l’extrême droite aux législatives.
    Par Paul Boyer
    Lorsque le coup de sifflet retentit, les onze joueurs de l’équipe de cricket d’Argentan (Orne) cavalent sur le terrain. Le lanceur prend son élan pour jeter la balle en cuir en direction du batteur. Un bruit sec résonne lorsqu’elle vient cogner la batte du joueur, sous les cris des supporteurs et de quelques curieux, alignés en bordure de la surface. Dans la commune, une soixantaine de réfugiés afghans sont arrivés progressivement depuis 2018.
    Après avoir longtemps voté à gauche, la petite ville de quatorze mille habitants a basculé en faveur du Rassemblement national (RN) lors des élections européennes du 9 juin, avec 35 % des voix. Frédéric Léveillé, le maire socialiste, a toujours été en faveur de l’immigration et mis en avant l’exemple de l’intégration des Afghans : « Nous les connaissons depuis leur arrivée, nous leur avons ouvert les portes du stade en leur aménageant des horaires. Je prône l’accueil de ces réfugiés, je suis ferme sur cette question », précise ce fervent soutien du Nouveau Front populaire (NFP) pour les législatives.
    Bandeau aux couleurs de l’ancienne République d’Afghanistan – noir, rouge et vert – autour de la tête, symbole fort d’opposition au nouveau régime, Ahmad Safi, le capitaine de l’équipe, ­distribue protections et casques à ses joueurs. A 21 ans, se concentrer sur son sport de cœur est une manière de mettre à distance un passé douloureux. « Jouer permet de guérir un peu nos traumatismes », lâche-t-il.Au début du match, Bénédicte Richez embrasse chaque membre de l’équipe. Cette habitante de la commune jongle avec son ­travail d’infirmière à l’hôpital et son poste de professeure bénévole, avec l’association qu’elle a créée, Les mots du bout du monde. Passionnée par l’Afghanistan, la soignante est engagée auprès des réfugiés depuis des années. Pendant son temps libre, elle multiplie les allers-retours à Dunkerque, à Boulogne-sur-Mer ou à Calais pour effectuer des maraudes.
    Très vite, elle accompagne Ahmad Safi dans la création du club. En février 2023, la mairie accepte de leur ouvrir le stade municipal une fois par semaine. « Comme ça, ils peuvent jouer légalement, sans que personne ne vienne les emmerder », précise Bénédicte Richez. L’équipe, aujourd’hui composée de vingt joueurs, s’est constituée petit à petit.
    En 2021, Ahmad Safi arrive dans le village après un court passage à Paris, près de la porte de la Chapelle. Là, une assistante sociale lui parle d’Argentan en lui promettant une place dans un logement social. Ahmad accepte. Des joueurs de l’équipe, il a été le premier à venir s’installer dans la commune. Trois ans auparavant, d’autres réfugiés afghans y avaient déjà déposé leurs bagages à la suite de grandes tensions entre la communauté et des habitants du quartier de Perseigne, à Alençon, à une cinquantaine de kilomètres.
    Le 1er août 2018, une bagarre éclate entre habitants et réfugiés afghans. Massoud, un Afghan de 29 ans, meurt. La rixe mortelle déclenche aussitôt l’exode d’une partie de la communauté afghane vers Argentan. Mais, aujourd’hui, le maire assure qu’il n’y a aucun problème de cohabitation. « Le résultat du vote RN est grave, mais il faut intégrer le taux d’abstention : 55 %. Ce vote n’est pas en lien avec les Afghans présents ici, je l’espère », affirme-t-il.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A bord du « Belem », Zabih, réfugié afghan de 25 ans, prend conscience que la mer n’est pas que « le lieu où l’on peut mourir »
    Dès son arrivée, Ahmad Safi fait pourtant face au rejet de certains habitants. « Je sentais des regards lourds, j’ai eu des réflexions comme “pourquoi tu es parti ?” ou “il n’y a pas de travail ici” », soupire le grand gaillard du haut de son mètre quatre-vingt-dix pour 95 kilos. Aujourd’hui encore, certains résidents changent de trottoir au passage des joueurs. « Ils ne se mélangent pas, ils restent tout le temps entre eux », murmure Mélanie (qui ne souhaite pas donner son nom), une habitante d’Argentan.
    Dans l’équipe, l’approche des élections législatives engendre craintes et angoisses. « Ça me fait peur le RN, je sais qu’ils vont annuler l’immigration et peut-être me renvoyer dans mon pays. Je n’ai toujours pas de papiers en France, si le RN passe, je ne pourrai rien faire », s’inquiète Ezharullah Mubarez, arrivé à Argentan à la fin de l’année 2021.
    Au quatrième étage d’un HLM du centre-ville, Hamrad Muslim prépare du thé assis sur des toshaks (coussins de sol) tout en se remémorant les démarches kafkaïennes pour demander l’asile en France. « J’attends ma carte de séjour depuis neuf mois, je suis bloqué, je ne peux même plus travailler », soupire-t-il en ajustant son pakol (béret traditionnel pachtoune). Seule une dizaine sur les soixante présents dans la commune ont déjà reçu le précieux sésame.Un autre membre de la communauté, qui souhaite rester anonyme, confie être toujours choqué par les résultats des européennes, mais compte bien rester à Argentan quels que soient les résultats des 30 juin et 7 juillet. « Si le RN gagne aux législatives ? Je ne partirai pas, mais je raserai les murs, encore plus que d’habitude. De toute façon, nous restons déjà entre nous », indique le jeune homme de 23 ans.

    #Covid-19#migrant#migration#france#afghanistan#integration#politique#asile#cartedesejour#sante#extremedroite#xenophobie

  • #carfree Maps
    https://carfree.fr/index.php/2024/06/25/carfree-maps

    Après avoir présenté sur Carfree un classement des villes les plus piétonnes, je vous propose aujourd’hui un nouvel outil de #cartographie en ligne destiné à promouvoir les #alternatives à la Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Autopartage #Fin_de_l'automobile #Marche_à_pied #Ressources #Transports_publics #Vélo #carte #internet #mobilité #technologie

  • Pollution de l’air : 8,1 millions de personnes sont mortes en #2021

    Devant le tabac ou l’alcool, la pollution de l’air est le deuxième facteur de risque de décès dans le monde, avec un nouveau chiffre de 8,1 millions de personnes décédées en 2021, selon la cinquième édition du #rapport « #State_of_Global_Air », publié le 19 juin. Cela représente un décès sur huit dans le monde.

    D’un bout à l’autre de la planète, la population mondiale marche au milieu d’un air invisible et pourtant pollué. « Pratiquement tous les habitants de la planète respirent chaque jour des niveaux de pollution atmosphériques nocifs, avec des répercussions considérables sur la santé », établit le rapport « State of Global Air ».

    Les gaz d’échappement des véhicules ou la combustion du bois et charbon des activités industrielles et agricoles produisent quotidiennement des particules fines extérieures (PM2,5), qui rejoignent l’air. Toutes petites, ces particules s’infiltrent dans les poumons et pénètrent la circulation sanguine : elles provoquent des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, du diabète, des cancers du poumon, et 90 % des décès dus à la pollution atmosphérique, soit 7,8 millions de personnes.

    À l’échelle de la France, chaque année, 40 000 décès sont attribuables chaque année aux particules fines, selon Santé Publique France.
    Les enfants, premières victimes de la pollution atmosphérique

    Naissances prématurées, insuffisance pondérale, maladies pulmonaires… Les enfants de moins de cinq ans sont très vulnérables face à la pollution de l’air. En 2021, la mort de 700 000 enfants de moins de cinq ans était liée à une exposition à la pollution atmosphérique, cela en fait le deuxième facteur de risque de décès dans le monde pour cette tranche d’âge, après la malnutrition.

    Rédigé conjointement avec l’UNICEF, le rapport des instituts de recherches américains Health Effects Institute (HEI) et Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), met en avant la responsabilité des combustibles polluants dans les décès infantiles. En Afrique et en Asie, la cuisson en intérieur avec des combustibles polluants rend toxique l’air domestique. Ce dernier est responsable de 500 000 décès infantiles.

    Le rapport apporte toutefois une bonne nouvelle : depuis l’année 2000, « le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté de 53 % ».
    Le changement climatique augmente la pollution

    La pollution atmosphérique augmente aussi le réchauffement de la planète. La combustion de combustibles fossiles et de biomasse dans le secteur des transports, celui de l’habitat ou des centrales électriques, est responsable de la production de la pollution atmosphérique qui augmente le gaz à effet de serre, et réchauffe ainsi la planète.

    Les populations les plus vulnérables sont disproportionnellement touchées par les risques climatiques et la population de l’air. « Les régions où les niveaux de NO 2 (dioxyde d’azote N.D.L.R.) sont élevés peuvent s’attendre à voir augmenter les niveaux d’ozone, ce qui aura des effets encore plus graves sur la santé », rapporte les chercheurs. Le NO 2 provient massivement des gaz d’échappement des véhicules : les zones urbaines, notamment dans les pays à revenu élevé enregistrent « les niveaux les plus élevés d’exposition au NO 2 et d’effets sur la santé ».

    34 % de la population mondiale vit dans des zones qui dépassent même les objectifs provisoires les moins stricts de l’OMS en matière de qualité de l’air. « Cela indique clairement que les villes et les pays doivent considérer la qualité de l’air et la pollution atmosphérique comme des facteurs à haut risque lorsqu’ils élaborent des politiques de santé et d’autres programmes de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles », se sont prononcés les auteurs du rapport.

    https://www.humanite.fr/environnement/climat/pollution-de-lair-81-millions-de-personnes-sont-mortes-en-2021

    #pollution #pollution_de_l'air #victimes #statistiques #chiffres #monde #morts #pollution_atmosphérique

    • State of Global Air Report 2024

      The State of Global Air 2024 reports provides a comprehensive analysis of data for air quality and health impacts for countries around the world. The analysis finds that:

      ● Air pollution accounted for 8.1 million deaths globally in 2021, becoming the second leading risk factor for death, including for children under five years. Of the total deaths, noncommunicable diseases including heart disease, stroke, diabetes, lung cancer, and chronic obstructive pulmonary disease (COPD) account for nearly 90% of the disease burden from air pollution.

      ● In 2021, more than 700,000 deaths in children under 5 years were linked to air pollution; this represents 15% of all global deaths in children under five.

      As in previous years, the State of Global Air 2024 report and accompanying website provides comprehensive data on the levels and trends in air quality and health for every country in the world. This State of Global Air report was produced in partnership with UNICEF. In the State of Global Air 2024 interactive app (

      The State of Global Air 2024 reports provides a comprehensive analysis of data for air quality and health impacts for countries around the world. The analysis finds that:

      ● Air pollution accounted for 8.1 million deaths globally in 2021, becoming the second leading risk factor for death, including for children under five years. Of the total deaths, noncommunicable diseases including heart disease, stroke, diabetes, lung cancer, and chronic obstructive pulmonary disease (COPD) account for nearly 90% of the disease burden from air pollution.

      ● In 2021, more than 700,000 deaths in children under 5 years were linked to air pollution; this represents 15% of all global deaths in children under five.

      As in previous years, the State of Global Air 2024 report and accompanying website provides comprehensive data on the levels and trends in air quality and health for every country in the world. This State of Global Air report was produced in partnership with UNICEF. In the State of Global Air 2024 interactive app, you can explore, compare, and download data and graphics reflecting the latest air pollution levels and associated burden of disease for over 200 individual countries, territories, and regions, as well as track trends from 1990 to 2021.
      ), you can explore, compare, and download data and graphics reflecting the latest air pollution levels and associated burden of disease for over 200 individual countries, territories, and regions, as well as track trends from 1990 to 2021.

      https://www.stateofglobalair.org/resources/report/state-global-air-report-2024
      #cartographie #visualisation

  • Etats-Unis : Joe Biden annonce vouloir faciliter la régularisation de centaines de milliers d’immigrés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/18/etats-unis-joe-biden-annonce-vouloir-regulariser-des-centaines-de-milliers-d

    Etats-Unis : Joe Biden annonce vouloir faciliter la régularisation de centaines de milliers d’immigrés
    Le Monde avec AFP
    Publié le 18 juin 2024 à 19h24, modifié le 19 juin 2024 à 00h23
    En pleine campagne pour la présidentielle américaine, Joe Biden a annoncé, mardi 18 juin, des mesures pour faciliter les régularisations qui pourraient bénéficier à des centaines de milliers de personnes, des annonces aussitôt condamnées par son rival républicain Donald Trump.« Nous pouvons à la fois sécuriser la frontière [avec le Mexique] et fournir des voies légales d’immigration », a dit le président américain, candidat à un second mandat, dans un discours à la Maison Blanche.
    Le démocrate de 81 ans en a profité pour critiquer son prédécesseur, l’accusant d’alimenter les « peurs » des Américains et jugeant « scandaleux » de dire, comme le milliardaire républicain de 78 ans l’a fait, que les migrants étaient des « animaux » qui « empoisonnent le sang » du pays.Donald Trump, en campagne dans le Wisconsin, a lui assuré que s’il était élu en novembre, ce « projet d’amnistie illégal [serait] déchiré et jeté dès le premier jour », pendant que ses partisans clamaient, à l’intention des migrants en situation irrégulière, « Virons-les ! Virons-les ! ».
    L’équipe de campagne du républicain, qui promet des expulsions massives en cas de victoire électorale, a elle assuré que les mesures annoncées mardi allaient « sans aucun doute alimenter la criminalité des migrants » ou encore « voler les avantages sociaux des seniors américains ».
    Joe Biden tente à la fois de répondre aux accusations de laxisme de la droite et de rester fidèle à ses promesses de campagne d’un système d’immigration plus « humain ». Le président, qui avait annoncé récemment annoncé des mesures très restrictives contre les demandeurs d’asile arrivant à la frontière sud des Etats-Unis, va faciliter la délivrance de permis de séjour permanent – la fameuse « carte verte » – aux conjoints et conjointes de citoyens américains et à leurs enfants.Les personnes résidant depuis au moins dix ans aux Etats-Unis, et mariés à un citoyen ou une citoyenne américaine, pourront engager une démarche de régularisation sans devoir quitter au préalable le territoire américain, comme c’était jusqu’ici le cas.« Cette mesure va protéger environ un demi-million de conjoints et de conjointes de citoyens américains, et environ 50 000 enfants immigrés âgés de moins de 21 ans », selon la Maison Blanche.
    La grande association de défense des droits civiques ACLU a « salué » dans un communiqué la décision de Joe Biden, y voyant « le genre de mesures humaines et de bon sens qui rendent l’Amérique plus forte. » La même ONG avait au contraire décidé de porter plainte contre les mesures prises par le président démocrate pour limiter les entrées à la frontière avec le Mexique.Krish O’Mara Vignarajah, le chef de Global Refuge, une association de soutien aux migrants, a elle aussi félicité ces mesures pour faciliter les régularisations. « Cette décision va soulager des milliers de familles », a-t-elle souligné dans un communiqué sur X.
    Joe Biden veut par ailleurs accélérer la procédure de visas de travail pour certains immigrés ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur aux Etats-Unis et ayant reçu une offre d’emploi dans le pays.Cette décision s’appliquera en particulier aux bénéficiaires d’un programme protégeant les mineurs immigrés, mis en place en 2012 quand Barack Obama était président.L’équipe de campagne du démocrate a diffusé une vidéo dans laquelle des bénéficiaires de ce programme, connus aux Etats-Unis sous le nom de « Dreamers », attaquent en anglais et en espagnol les positions anti-immigration de Donald Trump.
    L’ancien président se réfère régulièrement à des meurtres particulièrement choquants, commis par des personnes entrées illégalement aux Etats-Unis, pour marteler qu’il existe une vague de criminalité due à l’immigration clandestine. Mais ni les statistiques policières disponibles dans les grandes villes américaines, ni les études réalisées par des experts, ne montrent la réalité d’un tel phénomène.Son équipe de campagne a évoqué mardi l’arrestation récente d’un ressortissant du Salvador, accusé d’avoir violé et tué une femme sur un sentier de randonnée du Maryland, en 2023, pour ensuite assurer que Joe Biden allait régulariser des « millions » de personnes en situation irrégulière. Ce suspect ne remplit toutefois aucun des critères pour être concerné par les mesures annoncées mardi par la Maison Blanche.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#regularisation#asile#visa#carteverte#economie#enseignementsuperieur#sante#droit

  • Sociologie des électorats | Ipsos
    https://www.ipsos.com/fr-fr/europeennes-2024/sociologie-des-electorats-2024

    Pas mal d’infos très intéressantes :
    – 30% de l’électorat du RN serait féminin. Incroyable, tant les femmes auraient à perdre...
    – le vote RN progresse dans les catégories aisées. Il faut arrêter de dire (tout comme pour le vote Trump d’ailleurs) que c’est un parti qui capte les colères des catégories sociales à faible revenu et faible niveau d’étude. C’est un parti qui s’étend sur tout le spectre social.
    – ce qui est donc d’autant plus grave, car c’est vraiment un parti qui capte et construit le bruit de fond culturel, ce qui va donc forcément bien au delà des moments électoraux. Quand les idéologies de haine, les réflexes faciles et la volonté d’en découdre sans qu’il n’y ait pour autant de projet, de réelles perspectives (cf les positions sur l’écologie, le climat, les retraites, le modèle économique, les impôts, le service public...) alors, on est sur une pente glissante, savonnée et donc difficile à remonter.

    C’est spectaculaire. Forte d’un gain de huit points par rapport aux Européennes 2019 (31,36% vs 23,34%) et quasiment le tiers des suffrages, la liste RN de Jordan Bardella est arrivée en tête dans presque toutes les catégories sociodémographiques testées dans notre enquête.

    En termes de sexe et d’âge, elle a progressé de dix points dans l’électorat féminin (20% des voix en 2019, 30% aujourd’hui), confirmant la fin du gender gap spécifique à l’extrême-droite. La liste Bardella a également fait beaucoup mieux chez les moins de 25 ans, passant de 15% à 26% des voix.

    La progression la plus importante se situe peut-être dans la classe moyenne, où le RN a clairement pris le leadership : les scores sont passés de 19% à 29% dans les professions intermédiaires (+10 points), de 16% à 29% chez les Bac +2 (+13). Le RN a aussi enregistré des gains supérieurs à 50% chez les cadres (de 13% à 20% des voix, +7), tout en renforçant son socle traditionnel (40% chez les employés, record à 54% chez les ouvriers, +14). C’est devenu le premier parti des salariés (36% des voix), du public (34%) comme du privé (37%). La concurrence est écrasée, c’est considérable. Le vote RN a par ailleurs aussi largement pénétré la catégorie Retraités, avec 29% des suffrages (22% en 2019).

    En termes politiques, la liste Bardella a bénéficié de renforts de toutes parts : 8% des électeurs qui avaient choisi Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle 2022 et qui se sont déplacés aux Européennes ont cette fois choisi de voter RN, comme 9% de ceux qui avaient voté pour Fabien Roussel et 7% qui avaient voté pour Emmanuel Macron. Les transferts de voix provenant de la droite sont proportionnellement encore plus nombreux, avec près de 20% de l’électorat de Valérie Pécresse et 43% de l’électorat d’Eric Zemmour. A noter aussi l’excellent report de voix de l’électorat de Marine Le Pen, proche des 90% (4% partis vers Reconquête, 4% sur une petite liste).

    Le socle électoral du Rassemblement National s’est donc considérablement renforcé et il n’y a guère qu’au sein des catégories très favorisées qu’il n’a pas joué la première place : chez ceux qui se classent dans les « milieux aisés ou privilégiés » (19% des voix pour 26% à la liste Renaissance) et chez ceux qui « arrivent à mettre beaucoup d’argent de côté » (15% vs 24% pour Renaissance).

    Le RN s’est envolé et l’écart avec la liste de la majorité Présidentielle s’est d’autant plus creusé que cette dernière a perdu beaucoup des soutiens de 2019. Son score a diminué de plus de 60% chez les employés, les ouvriers, les chômeurs, mais c’est la baisse de 50% chez les cadres qui est la plus symptomatique. Avec 15% des suffrages (29% en 2019), la liste de la majorité présidentielle a été devancée dans cette catégorie à la fois par la liste PS-Place publique de Raphaël Glucksmann et par la liste RN, à égalité (20% chacune). Renaissance a également beaucoup perdu chez les jeunes (17% des voix en 2019 pour seulement 7% cette année chez les 25-34 ans).

    A l’inverse, la liste PS-Place publique a vu ses scores multipliés par deux ou trois dans presque toutes les catégories testées, à l’exception notable des ouvriers (7% en 2019, 7% aujourd’hui) et des 18-24 ans (5% en 2019, 5% aujourd’hui). Partout ailleurs les progressions sont d’autant plus inédites qu’on partait de très bas. Sur l’ensemble du corps électoral, la progression de 7,6 points pour passer de 6,19% en 2019 à 13,8% correspond ainsi à une augmentation de 123%. Et on est largement au-delà pour de nombreuses catégories, avec par exemple un bond de 233% chez les cadres (de 6% à 20%). La liste PS-Place publique a devancé la liste Renaissance dans toutes les catégories d’actifs, mais est restée derrière chez les retraités et les catégories aisées. Politiquement, elle est parvenue à capter une large part du vote de gauche : 25% de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon à la dernière Présidentielle, 30% de celui de Fabien Roussel, 32% de celui de Yannick Jadot, mais aussi 16% de celui d’Emmanuel Macron. Au coude à coude dans les intentions de vote avec la liste de la majorité présidentielle, la liste socialiste a incontestablement bénéficié d’un vote utile anti-Macron.

    Les autres listes de gauche en ont forcément souffert. Le succès de la liste LFI de Manon Aubry auprès des jeunes lui a néanmoins permis d’obtenir un meilleur score qu’en 2019 (9,9% pour 6,3% en 2019, +3,6). Cette performance électorale (près du tiers des voix des 18-24 ans et 18% chez les 25-34 ans) est sans doute à rapprocher de la position très forte de LFI sur « la situation à Gaza », retenue parmi les principaux déterminants du vote par 22% des 18-24 ans, vs 6% sur l’ensemble des électeurs. L’élection a été en revanche beaucoup plus difficile pour les écologistes, tombés sous les 10% dans toutes les catégories socio-démographiques testées dans notre enquête. Passés de 13,5% des voix en 2019 à 5,5% cette année, les scores d’un scrutin à l’autre se sont presque inversés avec ceux de la liste PS-Place publique. A droite, la liste LR de François-Xavier Bellamy est également restée bloquée sous les 10%, sauf dans l’électorat de plus de 70 ans (12%), chez les Retraités CSP+ (11%) et au sein des classes moyennes supérieures (11%). A noter enfin une répartition très homogène du vote Reconquête, qui malgré le succès de la liste Bardella enregistre autour de 5% des voix dans quasiment toutes les catégories d’électeurs, à part les plus jeunes.

    #Carte_électorale #Européennes #Analyse_sociale

  • #DataSuds-geo partage les #données_géographiques de l’#IRD

    Le nouveau service DataSuds-geo est un service dédié aux données géographiques, il vient compléter l’offre de publication et de diffusion des #données_scientifiques à l’IRD.

    DataSuds-geo donne accès à plus de 790 #jeux_de_données cartographiques, déposés par des scientifiques de l’IRD ou transférés depuis la base #Sphaera (ancien #catalogue des cartes de l’IRD). Ce nouvel outil donne accès à des informations et des services spécifiques : localisation géographique, visualisation cartographique, téléchargement, etc. Les données cartographiques peuvent également être consultées hors connexion via un système d’information géographique installé sur son poste de travail.

    https://www.ird.fr/datasuds-geo-partage-les-donnees-geographiques-de-lird
    https://datasuds-geo.ird.fr/geonetwork/srv/fre/catalog.search#/home
    #données #cartes #cartographie

  • Épuisement cartographique d’un lieu montmorillonais
    https://www.imagomundi.fr/article84.html

    À l’occasion de l’édition 2024 du Printemps des Cartes, dix participant·es ont réalisé des instantanés cartographiques de la cité médiévale de Montmorillon, la ville de Nouvelle-Aquitaine qui accueille le festival. Dessinées en moins d’une heure, ces petites cartographies sensibles « épuisent » le cœur historique de la ville à la façon de George Pérec.

    https://www.printempsdescartes.fr/festival-printemps-des-cartes-2024-programme-complet

  • Personnes trans en migration
    https://migreurop.org/article3270.html

    Migreurop vous présente une nouvelle carte issue de l’« Atlas des migrations dans le monde : libertés de circulation, frontières, inégalités » qui propose un traitement original et éclairant des enjeux migratoires contemporains en explorant la notion de liberté de circulation. Cet ouvrage s’intéresse aux moments historiques, aux dispositifs, aux politiques et aux moyens mis en œuvre par les États pour faciliter les migrations et les mobilités en général et vise à remettre en question (…) #Cartes

    https://www.acceptess-t.com
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/05/29/le-senat-adopte-une-proposition-de-loi-controversee-visant-a-encadrer-les-tr

  • Bombes, grenades, torpilles… Où se trouvent les #munitions explosives ou toxiques enfouies dans les #fonds_marins français ?

    Franceinfo publie un #recensement inédit des #décharges d’explosifs immergées, en collaboration avec les équipes de l’émission « Vert de rage » diffusée sur France 5.

    Les deux guerres mondiales ont laissé derrière elles des centaines de tonnes de #munitions chimiques et conventionnelles (#bombes, #grenades, #torpilles) inutilisées. Dès 1920, le gouvernement français s’est servi de la mer comme d’une #poubelle pour se délester à moindre coût de ces #armes toxiques et dangereuses. Mais où se trouvent exactement ces décharges à munitions ? Dans un nouveau numéro, diffusé lundi 27 mai sur France 5, l’émission « Vert de rage » tente de reconstituer le plus précisément possible les emplacements de ces décharges, mais aussi la présence avérée de munitions ou de mines dans des épaves.

    Cet inventaire, non exhaustif, permet de donner une idée de l’ampleur des immersions, qu’elles soient volontaires ou non. Pour ce faire, les données ont été collectées à partir de plusieurs sources : cartes maritimes du service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom), archives de presse, rapports de la Commission Oslo-Paris. Cette convention internationale définit les modalités de la coopération pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est.

    Certaines de ces zones sont bien identifiées et protégées par des interdictions de plongée, de baignade ou de navigation, établies par les préfectures maritimes et indiquées sur les cartes maritimes. Mais, en l’absence d’un recensement précis, d’autres zones restent accessibles au public, pouvant présenter un danger pour les pêcheurs et les plongeurs.

    Une pratique qui a eu cours jusqu’en 2002

    Dès les années 1920, trois méthodes de déversement en mer étaient utilisées pour se débarrasser des munitions : le sabordage des navires pour les faire couler ; le pétardage, qui consistait à enterrer des munitions pour les faire exploser (ce fut notamment le cas en baie de Somme) ; et l’immersion des munitions, par avion, sous-marin ou bateau, dans des endroits plus ou moins profonds, et peu fréquentés par les bateaux, comme la fosse du cap Levi (près de Cherbourg) ou celle des Casquets (au nord de Guernesey). C’est cette technique qui était la plus répandue. « A partir de 1998, la Marine a réduit substantiellement les volumes concernés. A cette période, le volume annuel de matière explosive était inférieur à 10 tonnes par an », explique la préfecture maritime, qui assure que les dernières opérations ont eu lieu quatre ans plus tard, en 2002.

    « On les balançait dans des zones qui n’étaient pas chalutées, pas travaillées par les pêcheurs. A l’époque, on pensait qu’elles allaient rester là, puis disparaître au fil du temps. » (Bertrand Sciboz, chasseur de mines)

    Le #pétardage, lui, fut pratiqué jusqu’au 30 avril 1997, jour de l’accident mortel du navire La Fidèle, relaté par France Bleu. Ce bateau de la Marine nationale avait pour mission d’immerger 1 450 grenades conventionnelles (représentant 600 kg d’explosifs) au large de Cherbourg. Les circonstances exactes restent floues, mais certaines grenades auraient explosé avant d’être immergées, tuant cinq personnes et en blessant dix-sept autres. Mais, selon Bertrand Sciboz, plongeur sous-marin français spécialisé dans le renflouement d’épaves, bien que le nombre de munitions immergées volontairement soit important, « la majorité des munitions présentes dans le milieu sous-marin est située dans des navires de guerre bombardés et naufragés ».

    « Un problème insoluble »

    Ces immersions font aujourd’hui courir deux risques majeurs pour la #biodiversité : les #explosions_sous-marines, qui font l’effet d’un tremblement de terre pour les poissons, et l’érosion des gaines en métal protégeant les munitions, qui provoque la fuite de substances toxiques. Dans le cas des #munitions_chimiques, le #gaz_moutarde finit ainsi par se diffuser dans les fonds marins, infectant les mollusques, les algues, les poissons, et par conséquent l’ensemble de la #chaîne_alimentaire. Aujourd’hui est une période critique puisque les scientifiques estiment qu’il faut 80 à 100 ans pour qu’une munition finisse par s’abîmer.

    La #dissémination de ces composants toxiques dans l’environnement sous-marin crée aussi une réaction chimique qui mène à l’#hypoxie, un taux d’oxygène insuffisant dans l’eau, étouffant au passage les organismes vivants, selon plusieurs études menées en mer Méditerranée et en mer Baltique, connue pour être la plus grande zone d’immersions du monde. « Le problème, c’est qu’aujourd’hui, nous n’avons pas de solution technique pour récupérer ces munitions chimiques », explique Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris.

    « Il est probable que le remède soit pire que le mal : manipuler des munitions érodées, qui sont depuis des dizaines d’années dans la mer, risque d’accélérer la dissémination des agents chimiques dans l’eau. » (Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris)

    Pour les munitions dites conventionnelles, plusieurs techniques existent, comme le #contre-minage, c’est-à-dire la destruction des armes avec d’autres charges explosives. Des opérations sont régulièrement menées par les préfectures maritimes, comme à Plouguerneau (Finistère) en octobre 2023. « Le contre-minage concerne principalement les mines allemandes qui étaient les plus dangereuses et les plus fréquentes », détaille Bertrand Sciboz. Dans certains cas, les munitions peuvent être « océanisées », c’est-à-dire déplacées vers une zone plus profonde, comme ce fut le cas à Nouméa en mai 2018.
    Des taux de composants d’explosifs jamais observés

    En plus de son travail de recensement, « Vert de rage » a réalisé, en partenariat avec le chercheur Aaron Beck, responsable du groupe de travail Geomar, des mesures de composants d’explosifs, tels que le #TNT et ses dérivés, dont la #toxicité est préoccupante. L’équipe a plongé à Fouras (Charente-Maritime), au-dessus d’une décharge d’explosifs recensée sur les cartes marines et interdite à la plongée, où des milliers de munitions de la Première Guerre mondiale ont été immergées par l’armée française dans les années 1920. Des prélèvements ont également été effectués dans une épave située dans la Manche, près de Courseulles (Calvados), rouverte à la plongée après avoir fait l’objet d’opérations de déminage.

    Résultat : à Fouras, les taux de #DANT, une molécule issue de la dégradation du TNT, atteignent 2 401 nanogrammes par litre (ng/L) dans l’eau. C’est le taux le plus élevé jamais observé par l’équipe de chercheurs allemands. Le TNT est potentiellement cancérigène et suspecté de nuire à la fertilité, ainsi que de provoquer des malformations génétiques. Un autre échantillon affiche 827 ng/L de tétryl, un explosif toxique utilisé dans le passé, jamais détecté auparavant par les chercheurs. Le sable de Fouras contient quant à lui jusqu’à 2 355 nanogrammes par kilo (ng/kg) de TNT brut. On y retrouve aussi des niveaux importants de cobalt, nickel, arsenic et plomb, qui dépassent les seuils de risques environnementaux.

    Même conclusion du côté de Courseulles, où les niveaux de contamination étaient similaires aux taux observés en mer Baltique, où plusieurs milliers de tonnes d’armes conventionnelles et chimiques ont été immergées. Des résidus de TNT et de ses dérivés, jusqu’à 242 ng/kg, ont aussi été retrouvés dans le sable.

    « Une question ultrasensible » pour les autorités

    A ce jour, le nombre exact de munitions immergées est difficile à estimer et aucune cartographie officielle et exhaustive n’existe, malgré la promesse du ministère de la Transition écologique d’en produire une. En décembre dernier, Patrice Vergriete, alors ministre délégué chargé du Logement, a affirmé que des travaux interministériels, « échelonnés sur plusieurs années », étaient en cours, sans préciser le calendrier. Trois ans plus tôt, Annick Billon, sénatrice centriste de la Vendée, avait posé une question similaire au gouvernement, et reçu exactement la même réponse.

    Comment expliquer la difficulté du recensement ? « Ces immersions ont été effectuées par des services différents, en métropole comme en outre-mer. L’administration est tellement complexe qu’elle ne sait pas elle-même où elle a mis ces dossiers », argue Bertrand Sciboz. « Les premières immersions ont été effectuées immédiatement après la Première Guerre mondiale, sans que ces opérations soient forcément documentées », renchérit Olivier Lepick.

    Toutes les données existantes sont donc produites par des commissions internationales comme la convention Ospar (Oslo-Paris) ou par des associations. Selon Olivier Lepick, un travail de recensement, même non exhaustif, a certainement dû être effectué par la Direction générale de l’armement (DGA) depuis le début des années 1990. « Le problème, c’est que ces données ne sont pas accessibles au public et encore moins publiées. » En effet, la France oppose le secret-défense à toute question relative au déversement d’armes en mer. Un secret-défense renforcé en 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

    « C’est une question ultrasensible : quels responsables politiques seraient prêts à reconnaître que la France a eu des comportements aussi inacceptables ?, poursuit Olivier Lepick. Ces immersions ont eu lieu à une époque où la sensibilité environnementale était très réduite, voire nulle. » De son côté, le caractère dangereux des munitions (en particulier chimiques) n’encourage pas les autorités à une diffusion d’informations trop précises sur les stocks et la localisation des armes immergées.

    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/carte-visualisez-l-emplacement-des-munitions-chimiques-et-conventionnel

    #cartographie #visualisation #mer #France

  • Sylvain Genevois, Matthieu Noucher
    Le Blanc des cartes
    Quand le vide s’éclaire

    Cartographe : Xemartin Laborde

    S’il n’y a rien, c’est déjà qu’il y a quelque chose…
    Absence d’informations ou de données, oublis involontaires ou invisibilisation à des fins politiques ou culturelles, les blancs laissés sur les cartes ne sont pas neutres. Ces zones vides décuplent la curiosité et parfois même les fantasmes de ce qu’elles représentent ou peuvent cacher. Ce qui est vide est-il le reflet du rien ?
    Alors que nous sommes aujourd’hui saturés de données disponibles, des blancs sur les cartes subsistent. Les auteurs dévoilent ici, grâce à une quarantaine de cartes, un nouveau monde et révèlent la diversité de ces « silences » cartographiques.

    Atlas - Atlas pour tous
    Paru le 01/05/2024
    Genre : Géographie

    128 pages - 195 x 236 mm Couleur - Relié EAN : 9782080427793 ISBN : 9782080427793

    https://www.autrement.com/le-blanc-des-cartes/9782080427793

  • Les voitures nous volent notre #territoire… et limitent les échanges sociaux
    https://carfree.fr/index.php/2024/05/24/les-voitures-nous-volent-notre-territoire-et-limitent-les-echanges-sociaux

    Cet article de David Engwicht, un urbaniste australien, est extrait de son livre « Street Reclaiming : Creating Livable Streets and Vibrant Communities » (Récupérer les rues : créer des rues habitables et des Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Argumentaires #Etalement_urbain #Fin_de_l'automobile #Fin_des_autoroutes #Insécurité_routière #2000 #aménagement #australie #culture #mobilité #recherche #san_francisco #société #trafic #transport #urbanisme #ville #ville_compacte

    • En 1970, Donald Appleyard, urbaniste anglo-américain à l’Université de Californie à Berkeley, a mené des recherches novatrices à San Francisco. Il a choisi trois rues résidentielles qui, à première vue, étaient identiques, à l’exception de leur niveau de trafic.

      [...]

      Il a demandé aux gens d’indiquer où vivaient leurs amis et connaissances dans leur rue. Les habitants de la rue calme ont déclaré avoir trois fois plus d’amis et deux fois plus de connaissances dans leur rue que ceux de la rue à fort trafic (figure 1.1).

      Un indice sur la raison pour laquelle les habitants de la rue à fort trafic avaient trois fois moins d’amis et de connaissances que les habitants de la rue calme est apparu lorsqu’Appleyard a demandé aux habitants de dessiner sur la carte de leur rue ce qu’ils considéraient comme leur « territoire familier » (figure 1.2).

      [...]

      Appleyard a découvert que le trafic ne se contente pas d’occuper l’espace physique. Il a une « zone d’influence » qui intimide et prend possession d’un espace sur le plan psychologique. À mesure que la vitesse et le volume du trafic augmentent, la zone d’influence s’étend et le territoire familier se rétrécit. Dans la rue calme, les enfants jouaient encore au milieu de la rue et les gens s’y arrêtaient pour parler. Mais avec l’augmentation du trafic, ces activités se sont déplacées sur le trottoir. Avec l’augmentation du trafic, la fonction du trottoir est passée d’un espace de jeu et de socialisation à un espace utilisé « uniquement comme un couloir entre le sanctuaire des maisons individuelles et le monde extérieur ». L’abandon du trottoir comme espace de socialisation crée un cercle vicieux. Les enfants et les adultes abandonnent cet espace parce qu’il est sale, dangereux et bruyant. La suppression de ces activités rend l’espace encore plus stérile et accroît le sentiment qu’il s’agit d’une sorte de territoire étranger. Il est donc encore plus délaissé.

      Cependant, Appleyard a constaté que le rétrécissement du territoire familier ne s’arrêtait pas au trottoir. Sur la rue à fort trafic, le nombre de personnes jardinant ou simplement assises sur leur perron a considérablement diminué. Le rétrécissement ne s’est pas non plus arrêté au perron. De nombreux habitants de la rue à fort trafic ont abandonné les pièces de leurs habitations donnant sur la rue, les utilisant davantage comme tampon entre la rue et les pièces arrières de la maison. Ainsi, certains habitants de la rue à fort trafic ont même perdu une partie de leur espace de vie interne en tant qu’élément de leur territoire familier.

      L’une des raisons pour lesquelles les habitants de la rue à fort trafic avaient moins de contacts sociaux est précisément qu’ils avaient moins de territoire sur lequel ils pouvaient effectuer des échanges sociaux. La dernière étape de cette saga du rétrécissement du territoire familier a été l’abandon total du logement par certaines personnes, ce qui a eu pour effet de perturber les réseaux sociaux existants. Ce phénomène, combiné au rétrécissement du territoire familier, explique pourquoi les habitants de la rue à fort trafic avaient moins de contacts sociaux dans leur rue.

      #urbanisme #mental_mapping #carte_mentale

  • Carte à la une. Déconstruire un récit impérial : le mythe Sykes-Picot — Géoconfluences
    https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/carte-a-la-une/sykes-picot

    Très bon article

    La carte dite de Sykes-Picot (1916) est souvent présentée comme l’illustration la plus flagrante de l’impérialisme européen au Moyen-Orient et de la manière dont les frontières y ont été tracées arbitrairement. En replaçant cette carte dans son contexte historique, l’historiographie récente nuance cette idée. Exagérer son importance revient à occulter la longue histoire des frontières et tend à faire oublier que ce mythe est lui-même en partie hérité des discours impériaux.


    #cartographie #colonisation #géopolitique