• Un policier condamné pour violence contre un mineur malien qui se réfugiait en France

    Deux agents de la #police_aux_frontières ont été condamnés à Gap, jeudi, pour « #violence » et « #soustraction_de_fonds ». « Dans un contexte de déni des violences policières par le pouvoir politique […], cette décision est un signal de justice fort », réagit l’avocat du mineur victime.

    Deux agents de la police aux frontières (PAF) ont été condamnés, jeudi 30 juillet, par le tribunal correctionnel de Gap, à de la prison avec sursis pour des faits de « violence commis par une personne dépositaire de l’autorité publique » pour l’un, pour « usage de faux en écriture publique » et « soustraction de biens d’un dépôt public » pour l’autre.

    Les faits remontent à 2018, à une époque où ils étaient basés au poste de Montgenèvre (Hautes-Alpes), au niveau d’un col qu’empruntent de nombreux exilés pour franchir la frontière qui sépare l’Italie de la France. Le premier, un gardien de la paix, est condamné à deux ans de prison avec sursis, 1 000 euros d’amende, et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans, pour avoir frappé un mineur malien, Moussa*, qui venait juste d’être refoulé et se plaignait d’un vol d’argent à la PAF. Il devra également verser 900 euros de dommages et intérêts à l’adolescent.

    Le second, un ancien adjoint de sécurité, écope de 18 mois de prison avec sursis, 1 000 euros d’amende et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans, pour avoir gardé l’argent d’une contravention après l’avoir annulée, sans explication claire.

    « Cette décision intervient dans un contexte de déni des violences policières par le pouvoir politique et rappelle que nul ne doit échapper à la loi, réagit l’avocat de Moussa*, Me Vincent Brengarth, auprès de Mediapart. Elle est un signal de justice fort à l’adresse des victimes. »

    Nous republions ci-dessous le compte-rendu du procès, qui s’est tenu il y a un mois.

    Gap (Hautes-Alpes).– L’audience était très attendue. Jeudi 2 juillet, deux agents de la police aux frontières (PAF) étaient renvoyés devant le tribunal correctionnel de Gap pour des délits commis au col de Montgenèvre, où des migrants tentent presque tous les jours de rallier Briançon : un gardien de la paix, âgé de 51 ans, était jugé pour des « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » sur un adolescent malien passé en France à l’été 2018, Moussa* ; le second, un adjoint de sécurité dont le contrat n’a pas été renouvelé en 2020, était poursuivi pour « usage de faux » et « soustraction de biens d’un dépôt public », en l’occurrence 90 euros.

    Après cinq longues heures d’audience, le procureur de la République de Gap, Florent Crouhy, a requis à leur encontre respectivement deux ans et 18 mois de prison avec sursis, ainsi que l’interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans.

    Au départ, les soupçons d’abus commis à la PAF de Montgenèvre étaient bien plus larges. Depuis des années, non seulement des associations signalaient des récits de violences et de vols commis aux dépens de migrants, mais un réserviste de la PAF avait, lui aussi, tiré la sonnette d’alarme. En janvier 2019, enfin, un rapport du directeur départemental de la police aux frontières remis au procureur de Gap a pointé une série de dysfonctionnements liés à l’interpellation de migrants, dont l’argent disparaissait, ainsi qu’au contrôle d’automobilistes et au détournement de l’argent de contraventions. « À plusieurs reprises, peut-on y lire, des migrants auraient indiqué qu’il leur manquait de l’argent lors de notifications de refus d’entrée [en France – ndlr]. » Or, à chaque fois, « le gardien de la paix et l’adjoint de sécurité [jugés jeudi – ndlr] étaient présents lors des interpellations ou des notifications ».

    En janvier 2019, une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) était diligentée, qui s’est vite resserrée autour de l’histoire de Moussa, interpellé une nuit d’août 2018 lors d’une tentative de passage en France et renvoyé aussi sec en Italie, alors qu’il avait 15 ans, qu’il était isolé et que la France avait obligation de l’accueillir.

    Recroisant deux policiers sur sa route cette nuit-là, Moussa s’était plaint du vol de son argent à la PAF et avait eu le réflexe d’enregistrer la conversation. Diffusé à l’audience, cet échange de cinq minutes permet d’entendre des menaces, puis des bruits de coups : « T’accuses la police de vol, ce soir t’es en garde à vue et demain t’es dans un avion, hein ? […] Et c’est Tripoli-Paris ! » « T’arrêtes de nous traiter de voleurs parce que je t’en colle une, hein ? Moi je te dérouille ! » Ou encore : « Tu me traites encore une fois de voleur et je te jette là-dedans [un trou – ndlr]. T’as compris ? » Identifiés par l’IGPN, ce sont ces deux policiers qui étaient jugés jeudi.

    Avant que ne débute l’audience, Moussa échangeait encore avec Agnès Antoine, en terrasse d’un café, une militante des droits des étrangers, bénévole de l’association Tous migrants et de l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers), qui a été l’une des premières à le rencontrer après sa traversée réussie en France.

    « Je l’ai accueilli chez moi après qu’il est passé par le refuge solidaire de Briançon », confie celle qui participe également aux maraudes organisées pour venir en aide aux exilés sur la frontière, avec des élus parfois, pour contrôler les pratiques de la PAF. Elle se souvient d’un jeune homme « traumatisé », se plaignant de douleurs au ventre et au bas du dos résultant des coups reçus. « Il était incapable de comprendre comment la police française pouvait faire une chose pareille. »

    Le jeune homme a quitté le Mali, son pays d’origine, fin 2017, dans l’espoir « d’une vie meilleure ». « J’ai mis sept mois à rejoindre l’Europe. Avec un ami majeur, on a tenté plusieurs fois de passer la frontière à Montgenèvre, jusqu’à cette fameuse nuit », confie Moussa, qui assure que cinq autres migrants les accompagnaient.

    À sa première « rencontre » avec les policiers de la PAF, il n’a pas voulu fuir. « Ils nous ont interpellés et ramenés au poste, où ils nous ont demandé nos papiers. J’ai donné un acte de naissance prouvant que j’étais né en 2002. » Mais la police n’en tient pas compte, évoque une date de naissance « incohérente », selon la notification de refus d’entrée signée par un brigadier à minuit ce 4 août. Lui et son ami sont ramenés à la frontière après avoir été fouillés et contrôlés. La loi est pourtant claire : un étranger mineur « ne peut faire l’objet d’une mesure d’expulsion ».

    Mais arrivés sur place, Moussa et le second migrant découvrent qu’il leur manque de l’argent. « J’avais 600 euros et mon ami 200 euros. L’argent avait disparu de nos portefeuilles alors qu’on l’avait avant d’arriver au poste. »Il décide de retourner à la PAF de Montgenèvre et tombe sur deux policiers, qu’il dit reconnaître, le gardien de la paix et de l’adjoint de sécurité. « J’ai enregistré pour avoir une preuve de tout ça, car je sentais que ce n’était pas clair. Cet argent, je l’avais économisé en travaillant dans les marchés en Italie, je le gardais pour pouvoir manger et dormir. » En plus des menaces verbales, le policier lui aurait asséné des coups de poing et de pied.

    Si Moussa ne tarde pas à raconter sa mauvaise rencontre avec les forces de l’ordre à Agnès et à lui faire écouter l’enregistrement, celle-ci ne lui conseille pas de porter plainte dans l’immédiat. « On se méfiait même de la justice… On craignait que la reconnaissance de sa minorité lui soit refusée s’il y avait une plainte. » Reconnu mineur et pris en charge par le conseil départemental, comme le veut la règle pour tous les mineurs étrangers non accompagnés (MNA dans le jargon), Moussa a finalement déposé plainte en mars 2019.

    Au tribunal, jeudi, il joue nerveusement avec ses doigts. À la barre, la présidente appelle le gardien de la paix, résume les faits, puis hausse le ton :

    « Il vous dit que son argent a disparu et vous me dites que vous entendiez ça très souvent dans le discours des migrants à cette époque. Vous auriez pu lui laisser le bénéfice du doute ! »

    – Ça n’arrivait pas qu’à Montgenèvre, rétorque le gardien de la paix en référence aux vols.

    – Vous vous enfoncez, Monsieur. […] Vous appelez ça discuter, vous ?

    – J’étais exaspéré, c’était très tendu avec le problème migratoire. […] J’ai eu des phrases malheureuses, ce n’était pas malin. »

    Concernant les coups, à l’écoute de l’enregistrement, le gardien de la paix affirme avoir repoussé le migrant vers un panneau métallique. Il reconnaît toutefois ne pas s’être senti menacé par les exilés à ce moment-là. « On entend clairement plusieurs coups », contredit la juge, qui cherche à savoir « dans quel cadre procédural » se situe alors l’agent. « Logiquement, vous auriez dû les ramener à nouveau au poste pour suivre la procédure. De quel droit estimez-vous que c’est inutile ? D’aucun ! Vous êtes un exécutant, c’est illégal de prendre ce genre d’initiatives. »

    Selon Me Vincent Brengarth, conseil de Moussa, cette affaire démontre « le caractère indispensable des vidéos pour qu’il y ait justice ». « La question des violences policières sur les migrants est exploitée de façon assez secondaire, alors qu’elle a un caractère tout aussi systémique, plaide l’avocat. Elles sont exercées à l’encontre de personnes vulnérabilisées et ce ne sont pas des cas isolés. » Me Brengarth rappelle le rapport du Défenseur des droits ou celui de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme), avant de dénoncer un « tandem » spécialisé dans la répétition de ces comportements.

    Devant le tribunal, l’ex-adjoint de sécurité n’est toutefois poursuivi que pour des faits sans rapport avec les exilés, simplement pour avoir gardé l’argent d’une contravention après l’avoir annulée, sans explication claire. « Vous dites d’abord avoir rempli la quittance sans prendre l’argent, puis vous évoquez une erreur de remplissage, insiste la juge. Vous avez paniqué ? Vous êtes un élève de maternelle ou un professionnel de la police ? » « Vous faites vraiment n’importe quoi dans cette brigade ! Plus on ment, plus on s’enfonce », assène-t-elle, sans être convaincue.

    Pour l’avocat du prévenu, le dossier aura eu « le mérite » de révéler les défaillances du commandement de la brigade et de la PAF au moment des faits. « Il ne faut pas que le ministère public et la partie civile fassent l’amalgame entre les violences dont est accusé le gardien de la paix et les autres faits qui concernent mon client. »

    « Tout ce qui compte pour moi, c’est qu’on me rende mon argent et que ça ne se reproduise plus avec d’autres », insiste Moussa, fier aujourd’hui de voir que sa situation se débloque en France. Cette année, il s’est inscrit dans un centre de formation et d’apprentissage (CFA) en Auvergne-Rhône-Alpes. Il passe en deuxième année et s’apprête à fêter ses 18 ans.

    « Il est apprenti cuisinier dans un restaurant et ça se passe très bien, précise le travailleur social qui l’accompagne depuis janvier 2019 pour l’association PlurielS. Il a son récépissé et devrait obtenir son titre de séjour travailleur temporaire dès septembre prochain. »

    Dans un rapport intitulé Persona non grata et publié en février 2019, l’Anafé dénonçait les pressions, violences policières et vols dont faisaient l’objet des personnes exilées. « On est rassurés que la justice se soit saisie de cette situation aujourd’hui car la question est d’autant plus grave quand les violences sont commises par les forces de l’ordre », note Laure Palun, directrice de l’association, qui relève que l’interdiction d’exercer peut avoir un effet dissuasif, en plus de la prison avec sursis. « S’ils sont condamnés, j’espère que cela empêchera d’autres policiers d’avoir des comportements similaires, que ce soit à Montgenèvre, Menton, ou toute autre frontière ou zone d’attente française. » Réponse le 30 juillet.

    https://soundcloud.com/mediapartpodcast/policier-de-la-paf-taccuses-la-police-de-vol-demain-tes-dans-un-avion-paris-tripoli/s-ZLMnohIShj6

    https://www.mediapart.fr/journal/france/300720/un-policier-condamne-pour-violence-contre-un-mineur-malien-qui-se-refugiai

    #France #condamnation #justice #police #violences_policières #PAF #frontières #migrations #Alpes #asile #réfugiés #Montgenèvre #frontière_sud-alpine #montagne #Italie

    #cartographie #carte #visualisation

  • La #transition_électrique : les doigts dans l’emprise — #Datagueule_98
    https://peertube.datagueule.tv/videos/watch/38560d1d-1e4a-4fc3-9d83-670e776455c5

    En 2017, 4 md de tonnes de pétrole consommés ainsi que 1,8 milliard de tonnes équivalent pétrole d’électricité contre 0,8 milliard équivalent pétrole d’électricité en 1990.
    En 2017, 38 % de la production électrique mondiale provenait du #charbon et 23 % du #gaz_naturel.
    #Énergies_renouvelables : #métaux_rares, #acides.
    #Chauffage_électrique : 10 % en 1970 des logements, 45 % en 1980.
    #Efficacité_énergétique : #paradoxe_de_Jevons.

    Entretien avec Mme Mathilde Szuba, maître de conférences en sciences politiques à Sciences Po Lille. Elle cite une étude du Crédoc sur l’engagement de façade des #classes supérieures :https://www.credoc.fr/publications/consommation-durable-lengagement-de-facade-des-classes-superieures
    Sa thèse, Gouverner dans un monde fini : des limites globales au #rationnement individuel, sociologie environnementale du projet britannique de politique de #Carte_carbone(1996-2010) : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01794527/document

    #électricité #énergies #transition_énergétique #coûts_cachés #soutenabilité #seuils_de_normalité #niveaux_de_revenus #taxe_carbone #politique_énergétique #quotas #avion #loterie #sobriété

  • Les cartes du « Monde Afrique » : qui a dessiné les frontières de l’Afrique ?

    C’est lors de la #conférence_de_Berlin, du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, que les puissances européennes se sont partagé le continent.

    Plus de trente-deux conflits territoriaux ont éclaté en Afrique entre 1974 et 2002, ce qui en fait le continent le plus affecté par ce type de conflits. Ces nombreuses tensions transfrontalières depuis les indépendances s’expliquent par l’artificialité des frontières africaines, largement héritées des partages coloniaux datant du XIXe siècle.

    Tracées à l’issue de la Conférence de Berlin – du 15 novembre 1884 à Berlin au 26 février 1885 –, ces démarcations correspondaient davantage aux ambitions hégémoniques des puissances européennes qu’aux identités et solidarités des populations locales. Aujourd’hui, 87 % de la longueur des frontières du continent, soit 70 000 km sur un total d’environ 80 000 km, selon les calculs du géographe Michel Foucher, sont le résultat de cette histoire coloniale.

    https://www.lemonde.fr/afrique/video/2020/07/16/les-cartes-du-monde-afrique-qui-a-dessine-les-frontieres-de-l-afrique_604637
    #frontières_africaines #Afrique #frontières #frontières_artificielles #vidéo #cartes #cartographie #visualisation

    –—

    Ajouté à la #métaliste sur la supposée #artificialité des #frontières_africaines :
    https://seenthis.net/messages/868132

    • Encore des clichés sur les frontières africaines #Thread
      Revers de main avec index pointant vers le bas

      Commentaire (critique) sur twitter de #Camille_Lefebvre :

      1/ En cherchant à dénoncer l’arbitraire colonial, ce discours réduit les configurations territoriales africaines à de simples csq de la domination et fait des pop. africaines des spectateurs passifs de leur propre histoire

      2/ On sait depuis les années 1970 qu’aucune frontière n’a été tracée à la conférence de Berlin comme l’ont montré les travaux sur les archives de la conférence d’Henri Brunschwig et de beaucoup d’autres à sa suite.
      3/ L’idée que les E. se seraient partagés l’Afrique est une idée coloniale ! La construction du thème du partage de l’Afrique par l’Europe apparait à la fin des années 1880 dans la propagande coloniale et sert à construire l’idée d’un continent africain comme espace à conquérir
      4/ On ne peut plus faire aujourd’hui une histoire des frontières en Afrique qui ne serait qu’une histoire de la diplomatie européenne ou de l’action coloniale sur le continent. Pour comprendre ces frontières, il faut s’intéresser à l’histoire africaine qui entoure leur tracé.
      5/ Lorsque les colonisateurs fr. ou brit. occupent le continent au19e s., contrairement à ce qu’ils disent ils n’arrivent pas dans des espaces vides. Sur le terrain, ils rencontrent des autorités, des États, utilisent des routes et des frontières qui existent en dehors d’eux.
      6/ Pour comprendre comment des frontières ont été tracées il faut reconstituer la complexité de cette géopolitique africaine, il faut s’intéresser au monde dans lequel la colonisation arrive. Les colonisateurs n’ont jamais été tout puissant, ils ont été combattus, ont dû négocier
      7/ Sur la question de ce que cette vidéo appelle les « ethnies divisées », une immense bibliographie a montré la complexité de cette question à la suite des travaux d’Anthony asiwaju, puis de @GeorgeNugybaby et Bill Miles
      Ce type de discours perpétue l’idée d’une exceptionnalité du continent africain, pour lequel les frontières politiques ne seraient pas vraiment adaptées, où il y aurait plus de conflits qu’ailleurs. Le continent africain et son histoire méritent mieux que cela.

      https://twitter.com/CamiLefebvre/status/1284860000540725248

      ping @reka @isskein @cede @karine4

  • The Real Dangers of Surveillance
    https://www.nytimes.com/2020/06/12/technology/surveillance-protests-hong-kong.html?auth=login-email&campaign_id=158&emc=e

    How citizens and authorities respond to one another during large-scale protests — including how they use technology as a tool in the battle — can say a lot about trust in the entire political system. Paul Mozur, who has written extensively about the Chinese state surveillance machine for The New York Times, told me that mistrust of the authorities in Hong Kong was reflected in constant digital surveillance and paranoia during the pro-democracy demonstrations that started a year ago and (...)

    #algorithme #carte #CCTV #activisme #biométrie #technologisme #facial #reconnaissance #immatriculation

  • C’était octobre 2019, et le Gisti faisait ce communiqué...

    #Allocation_pour_demandeurs_d’asile : NON au changement de fonctionnement de la carte

    L’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) a annoncé le 2 août dernier que la carte de retrait remise aux demandeurs et demandeuses d’asile pour utiliser l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) deviendrait - à partir du mois de septembre - uniquement une carte de paiement. De ce fait, elle ne permettra plus de retirer de l’argent liquide dans les distributeurs de billets. Elle n’autorisera pas non plus les virements vers un compte bancaire ou les paiements sur internet.

    Finalement, l’Ofii a publié un communiqué afin d’annoncer que la mise en place de cette nouvelle carte était reportée au 5 novembre.

    Les associations membres de la CFDA et de la Fédération des acteurs de la solidarité, mobilisées quotidiennement auprès des personnes exilées, s’alarment des graves conséquences de cette mesure qui va plonger les personnes demandant l’asile dans une situation encore plus précaire. Rappelons que le montant de l’Ada est nettement inférieur aux besoins d’une personne (6.80 euros par jour pour une personne isolée).

    Même si la France a l’obligation d’héberger l’ensemble des personnes demandant l’asile pendant toute la procédure, moins de la moitié d’entre elles est hébergée par l’État, dans les structures qui leur sont dédiées. Les personnes qui ne sont pas prises en charge dans les structures réservées aux demandeurs d’asile sont dès lors contraintes de trouver un hébergement par leurs propres moyens (locations, colocations, sous-locations, hébergements solidaires), de faire appel aux structures d’hébergement d’urgence ou, en l’absence de places suffisantes dans ces dispositifs, de rester à la rue.

    Dans le cas où les personnes qui ne sont pas hébergées par l’Etat parviennent à accéder à un logement privé, le règlement des loyers ne peut en général s’effectuer que par virement, ou en espèces, l’État n’ayant aucun moyen de contraindre les acteurs privés à s’équiper de terminaux de paiement électronique. Dès lors, les personnes concernées risquent donc tout simplement de perdre leur hébergement du jour au lendemain, alors même que la loi attribue une allocation d’un montant légèrement supérieur (quoique nettement insuffisant pour se loger dignement : 7€40 par jour pour les personnes isolées non hébergées) afin de financer cet hébergement personnel.

    Les demandeurs d’asile n’ayant accès à aucune solution de logement ou d’hébergement et qui survivent dans la rue seront nécessairement confrontés à une dégradation accrue de leurs conditions de vie.

    Le bénéfice avancé par l’Ofii, à savoir la possibilité de jouir des sommes inaccessibles en raison des seuils de retrait, justifie que la carte devienne une carte de paiement, mais ne justifie en rien la suppression de la possibilité de faire des retraits. Le retrait d’espèce relève des services bancaires de base et l’argent liquide est nécessaire pour de nombreux actes de la vie quotidienne.

    Vexatoire et lourde de conséquences, cette mesure semble surtout destinée à exercer un contrôle accru sur les demandeurs et demandeuses d’asile dans l’utilisation de la maigre allocation qui leur est versée en contrepartie de l’interdiction de travailler qui leur est imposée.

    Pour justifier la mise en place de ce dispositif, l’#Ofii invoque le coût élevé du système de carte de retrait et le risque que la manipulation d’argent liquide génère du « racket » : or, ces arguments ne s’appuient sur aucun élément concret, objectif et vérifiable.

    L’Ofii se réfère également à la réussite de ce système en Guyane. Or, telle n’est pas l’appréciation de nos associations présentes sur place : elles ont au contraire constaté que le passage à une carte de paiement a réduit le pouvoir d’achat et compliqué la vie courante des demandeurs d’asile, qui ne peuvent plus acheter de nourriture au marché, ni acheter du gaz, ni payer des tickets de bus.

    L’Ofii a enfin évoqué la possibilité d’effectuer tout de même des retraits d’espèces auprès des commerçants qui pratiquent le « cashback » (le commerçant remet de l’argent liquide au client payant par carte bancaire pour un montant supérieur au bien acheté). Pourquoi mettre en avant cette pratique qui a été surtout mise en place dans les zones rurales pour pallier le manque de DAB, et au demeurant refusée par de nombreux commerçants, plutôt que de laisser la possibilité aux personnes de payer et de retirer de l’argent simplement avec leur carte ?

    En outre, la décision de faire payer les paiements dans les commerces 0,50 € au-delà de 25 par mois (moins d’un paiement par jour) est scandaleuse : elle revient à reporter les frais de fonctionnement de la carte proposée par l’Ofii sur des personnes qui sont sans ressources.

    Voici quelques-unes des conséquences qu’entraînera cette mesure pour les demandeurs d’asile :

    - une baguette à 1,10 €, achetée dans les boulangeries qui acceptent le paiement à partir d’un euro, reviendra, après l’utilisation des 25 paiements autorisés, à 1,60 € ;

    – un ticket de métro coûtera 2,40 € au lieu de 1,90 € ;

    – il sera impossible de payer un hébergement si le logeur n’est pas équipé d’un terminal de paiement ;

    - il sera impossible d’acheter des aliments de première nécessité à bas prix vendus par des commerçants ne disposant pas de terminal de paiement ou sur les marchés.

    Pour toutes ces raisons, les associations membres de la CFDA et de la Fédération des acteurs de la Solidarité demandent au ministère de l’Intérieur et à l’Ofii de revenir sur cette décision et de mettre en place une carte permettant à la fois le retrait d’espèces et la possibilité de payer sur un terminal de paiement.

    https://www.gisti.org/spip.php?article6245

    #asile #migrations #réfugiés #France #allocation #ADA #cash #liquide #carte #frais #carte_de_crédit #carte_de_paiement #carte_de_retrait

  • Aux Pays-Bas, les cartes d’identité ne mentionneront plus le sexe des citoyens - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/international/au-pays-bas-les-cartes-d-identite-ne-mentionneront-plus-le-sexe-des-citoy

    Une inscription jugée « inutile ». Le sexe des citoyens néerlandais ne sera plus mentionné sur leur carte d’identité d’ici quelques années, annonce la ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Science Ingrid van Engelshoven.

    Dans une lettre adressée au parlement et consultée samedi par l’AFP, la ministre, également chargée de l’Emancipation, a fait part de son intention de supprimer l’inscription du sexe sur les cartes d’identité « à partir de 2024-2025 ».

    Ingrid van Engelshoven souhaite « limiter dans la mesure du possible la mention inutile du sexe », qui restera cependant mentionné sur les passeports, rendu obligatoire par l’Union européenne.

    « Les Pays-Bas ne seraient pas le premier État membre à posséder une carte d’identité sans mention de genre. La carte d’identité allemande ne mentionne pas de sexe », écrit la ministre.
    « Façonner sa propre identité »

    Ingrid Van Engelshoven estime que les citoyens doivent pouvoir « façonner leur propre identité et la vivre en toute liberté et sécurité ».

    « C’est une excellente nouvelle pour les personnes qui éprouvent jour après jour des problèmes avec cette catégorie de genre sur leur carte d’identité », ont déclaré des organisations néerlandaises de défense des droits des homosexuels et autres minorités sexuelles.

    #genre #individualisation_du_genre

    cc @tetue puisqu’on avait parlé des mentions utiles et des mentions inutiles du genre.

  • #Cartographier la #déportation des Juifs – Mondes Sociaux
    https://sms.hypotheses.org/25271

    Pour bien saisir la démarche, prenons un autre exemple, celui de la commune de La Bachellerie. Une analyse fine des #cartes, menée dans le département de la Dordogne, où la déportation a été intense, souligne l’intensité de la persécution de cette petite commune. Forte de 756 habitants en 1936, cette commune du Périgord noir, enregistre la déportation de 33 femmes et enfants et l’exécution sommaire de 7 hommes (le plus jeune était âgé d’à peine 15 ans).

    Rapporté à la #population, le nombre des victimes juives des exactions a été 5 fois supérieur à Paris, pourtant très durement éprouvée avec environ 35 000 victimes. Dit autrement, si la capitale avait subi la persécution avec la même intensité que la Bachellerie, le nombre des victimes juives y aurait atteint le chiffre de… 150 000. La carte souligne – et avec quelle force – l’existence d’un événement exceptionnel qu’il faut expliquer.

  • Iraq : COVID-19 Camp Vulnerability Index - OCHA

    The aim of this vulnerability index is to understand the capacity of camps to deal with the impact of a COVID-19 outbreak, understanding the camp as a single system composed of sub-units. The components of the index are: exposure to risk, system vulnerabilities (population and infrastructure), capacity to cope with the event and its consequences, and finally, preparedness measures. For this purpose, databases collected between August 2019 and February 2020 have been analysed, as well as interviews with camp managers (see sources next to indicators), a total of 27 indicators were selected from those databases to compose the index.

    #Covid-19#Moyen-Orient#Iraq#KRG#Carte#Vulnérabilité#Camps#migrant#migration

    https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/77145.pdf
    https://reliefweb.int/report/iraq/iraq-covid-19-camp-vulnerability-index-15-june-2020

  • Iraq: COVID-19 Population Density in Internally Displaced Person Formal Camps - May 2020 - REACH

    Population density was calculated as the total number of individuals per hectare of the designated living area in each IDP camp.

    Data collection for IDP Camp Directory Round XIII could not be conducted in all of the IDP camps, due to the public health and access implications of the COVID-19 pandemic. For this reason, the Round XII data has been used for the camps that could not be accessed.

    #Covid-19#Moyen-Orient#Iraq#KRG#Carte#Déplacés#Camps#migrant#migration

    https://reliefweb.int/map/iraq/iraq-covid-19-population-density-internally-displaced-person-formal-camps
    https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/REACH_IRQ_Map_COVID19_PopulationDensity_InCampIDPs_May2020_A4.pdf

  • This chart shows link between #restaurant spending and new virus cases
    https://www.cnbc.com/2020/06/26/this-chart-shows-the-link-between-restaurant-spending-and-new-coronavirus-case

    Higher restaurant spending appears to be linked to a faster spread of the coronavirus, according to a JPMorgan study.

    Analyst Jesse Edgerton analyzed data from 30 million Chase credit and debit cardholders and from Johns Hopkins University’s case tracker. He found that increased restaurant spending in a state predicted a rise in new infections there three weeks later.

    He also said restaurant spending was the strongest predictor across all categories of card spending.

    #dépenses #carte-bancaire #traces #covid-19

    • Intéressant : la méthode (j’imagine qu’ils ont optimisé le R2 (0,38 pour 51 observations) en fonction du retard) estime donc un délai de 3 semaines entre la contamination et la détection.

      Ce serait intéressant de savoir ce qui est précisément utilisé pour les dépenses au restaurant, puisque visiblement l’effet taille (la population) est éliminé. L’étude (que je ne trouve pas) dit également que l’augmentation des dépenses au supermarché est corrélée, avec les mêmes 3 semaines de décalage, à une diminution des contaminations. Dans cette partie du texte, il semble d’ailleurs que c’est la variation par rapport à la dépense de l’année précédente qui est utilisée.

      Is it safe to go to a restaurant ? JP Morgan finds link between restaurant spending, COVID outbreaks | Fortune
      https://fortune.com/2020/06/26/is-it-safe-restaurant-coronavirus-cases-credit-cards-restaurants-jp-morgan-

      And interestingly, the JPMorgan study also found that increased spending in supermarkets correlated to a slower spread of the virus. Analyst Edgerton wrote that the correlation hints that “high levels of supermarket spending are indicative of more careful social distancing in a state.” The firm pointed out that as of three weeks ago, supermarket spending in states like New York and New Jersey, which are now seeing a decrease in cases, was up 20% or more from a year ago, whereas states now seeing a surge like Texas and Arizona saw supermarket spending up less than 10%.

      Évidemment, ça ne fait pas plaisir aux restaurateurs…

      The National Restaurant Association said in a statement that “It is irresponsible to pin the rise [of COVID-19 cases] on a single industry. Restaurants have historically operated with highly regulated safety protocols based on the FDA’s Food Code and now have taken new steps to meet social distancing guidelines required by state and federal officials. We all have responsibility for wearing masks, washing hands, and social distancing.

  • Batailles en cours et à venir autour des données de paiement
    https://linc.cnil.fr/fr/batailles-en-cours-et-venir-autour-des-donnees-de-paiement

    Le secteur des moyens de paiement connaît d’importantes recompositions au travers desquelles la maîtrise des données de paiement est centrale. Si les services apportent des fonctionnalités aux consommateurs, ils soulèvent des enjeux en termes de protection des données personnelles. Les recompositions dans le secteur du paiement électronique sont majeures. Le développement du e-commerce a contribué à renouveler les solutions de paiement sur Internet. De nouveaux acteurs sont apparus, tels que Paypal (...)

    #Apple #Google #Samsung #Facebook #Paypal #WeChat #algorithme #cryptage #cryptomonnaie #Alipay #ApplePay #bitcoin #Libra #payement #WeChatPay #sexisme #discrimination #finance #CNIL #MasterCard #Visa #WesternUnion #carte #SociétéGénérale (...)

    ##BNP-Paribas ##géolocalisation ##BigData ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_

  • Cash Less Society : comment préserver la vie privée dans une société sans argent liquide ?
    https://linc.cnil.fr/cash-less-society-comment-preserver-la-vie-privee-dans-une-societe-sans-ar

    Les innovations dans le secteur des moyens de paiements contribuent à réduire inexorablement la part de l’argent liquide, au point que certains annoncent l’avènement d’une société « cashless » (c’est-à-dire sans argent liquide). La fin du cash soulève toutefois des questions majeures en termes de droits fondamentaux, de respect de la vie privée et d’inclusion sociale. La crise sanitaire du coronavirus accélère l’usage des paiements digitaux au détriment des pièces et des billets perçus comme un possible (...)

    #WeChat #cryptage #cryptomonnaie #Alipay #carte #payement #QRcode #smartphone #WeChatPay #technologisme #discrimination (...)

    ##CNIL

  • L’#histoire par les cartes : la #carte_archéologique de #Paris

    Paris possède un #patrimoine_archéologique extrêmement riche, qui s’étend de la Préhistoire à l’époque contemporaine.

    Cette carte interactive présente plus de 2000 découvertes archéologiques réalisées à Paris. De nombreuses sources de données ont été analysées, allant des mentions de découvertes anciennes des XVIIe et XVIIIe siècles jusqu’aux rapports d’opérations archéologiques préventives les plus récents.

    http://cartonumerique.blogspot.com/2020/06/carte-archeologique-paris.html

    #Théodore_Vacquer #cartographie #archéologie #urbanisation

  • Capitaliser et valoriser les données de paiement : l’exemple de l’industrie des cartes de crédit
    https://linc.cnil.fr/capitaliser-et-valoriser-les-donnees-de-paiement-lexemple-de-lindustrie-de

    Si les données sont aujourd’hui au cœur des recompositions de l’écosystème des moyens de paiement, leur transformation en actif valorisable est le fruit d’une histoire plus longue qui trouve son origine dès le début du XXe siècle aux Etats-Unis. A la fin des années 2000, une enseigne de distribution américaine a envoyé des bons de réduction pour des produits pour futures mamans à une adolescente de 17 ans. Son père, énervé, était alors venu trouver le directeur du supermarché local, avant de venir (...)

    #AmericanExpress #Google #MasterCard #Visa #Western_Union #carte #payement #métadonnées #prédiction #BigData (...)

    ##surveillance

  • IDemia
    https://technopolice.fr/idemia

    Historique Idemia est une entreprise française qui se présente comme le « leader de l’identité augmentée ». Elle est née en 2017 de la fusion de Morpho (Safran), considéré comme chef de file mondial d’identification biométrique et d’Oberthur Technologies, spécialisé dans la fabrication de carte à puce et de documents d’identité. Idemia se veut leader d’identification biométrique ainsi que des paiements sécurités. Aujourd’hui, la société possède des références dans l’identification criminelle (avec le FBI, (...)

    #Idemia #Interpol #Morpho #NYPD #Safran #carte #PARAFE #biométrie #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #Aadhaar #empreintes #frontières #sport #surveillance (...)

    ##CNIL

  • How to Make an Illustrated Map in 8 Steps - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/04/26/travel/how-to-make-an-illustrated-map-in-8-steps.html

    Travel and travel planning are being disrupted by the worldwide spread of the coronavirus. For the latest updates, read The New York Times’s Covid-19 coverage here.

    Many of us are in the same situation: homebound, a little restless and a lot distracted. Not only are our future travel plans on hold, but even our local outings and excursions — a quick trip to the market, a stroll in the park, a walk with the dog — are limited. That doesn’t mean we need to curtail our wanderlust or stop exploring the world around us, and within us. Here is an idea that will help fill the void left by travel restrictions and social distancing, redirect our attention to the immediate worlds we know best — either before our eyes or in our minds — while keeping our creative juices flowing:

    Make an illustrated map!

    The rigid and scientific rules of cartography simply do not apply here! Nope. While an illustrated map is often a wildly useless tool for providing directions, it can be a beautiful and highly personal reflection of a place you, friends and family know quite well. It can tell a story, a personal history, or be a unique lens through which one can experience a special place. An illustrated map can be loose and hand-drawn, filled with fun drawings and doodles that together make a sometimes inaccurate, but always spot on record of a memory or a place from one’s own perspective.

    #dragons #carto_experiment #géographie #cartographie #atelier_de_cartographie_expérimentale #my_identity_map
    #carte_mentale #cartographie_sensible #cartographie_émotionnelle

  • Quand les villes suent

    Le changement climatique provoque de plus en plus de vagues de #chaleur. Ce sont les villes qui en souffrent le plus. En été, elles enregistrent davantage de jours de #canicule et de #nuits_tropicales. Pour se rafraîchir, elles misent sur la #végétalisation, la multiplication des #plans_d’eau ouverts et une bonne #circulation_de_l’air dans les quartiers.

    En été, lorsqu’il fait chaud, les jets d’eau de la Place fédérale de Berne ravissent autant les touristes que les locaux. Devant les grandes façades de grès du Palais fédéral et de la Banque nationale, des enfants s’ébattent entre les 26 jets d’eau qui représentent chacun un canton suisse. Trempés jusqu’aux os, ils s’allongent à plat ventre sur le sol en pierre chaud pour se faire sécher. Aux terrasses des restaurants, au bord de l’Aar et aux stands de glaces, on respire une atmosphère méditerranéenne. Et c’est un fait : du point de vue climatique, les villes de l’hémisphère nord deviennent de plus en plus méridionales. Une étude de chercheurs de l’ETH de Zurich, qui ont analysé les changements climatiques prévus ces 30 prochaines années pour 520 capitales, le démontre. En 2050, le climat de Berne pourrait être le même que celui de Milan aujourd’hui. Londres lorgnera du côté de Barcelone, Stockholm de Budapest et Madrid de Marrakech.

    En Suisse, les derniers scénarios climatiques prévoient une hausse des températures estivales de 0,9 à 2,5 degrés Celsius. Par conséquent, le nombre de jours de canicule (dès 30°C) continuera d’augmenter, mettant à rude épreuve surtout les villes, qui deviennent de véritables #îlots_de_chaleur. Enfilades de maisons sans #ombre et #places_asphaltées réchauffent fortement l’atmosphère. La nuit, l’air refroidit peu, et les « nuits tropicales » (lorsque le thermomètre ne descend pas au-dessous de 20°C) se multiplient.

    Des #arbres plutôt que des #climatiseurs

    En Suisse, le chef-lieu du canton du Valais, #Sion, est particulièrement touché par la hausse de la chaleur : dans aucune autre ville suisse, les températures n’ont autant grimpé au cours de ces 20 dernières années. Le nombre de jours de canicule est passé de 45 à 70 depuis 1984. Il y a six ans, le chef-lieu a lancé un projet pilote soutenu par la Confédération, « #AcclimataSion ». Le but est de mieux adapter l’#aménagement_urbain et les normes de construction au changement climatique, explique Lionel Tudisco, urbaniste de la ville. Le slogan qui accompagne le projet est le suivant : « Du vert et du bleu plutôt que du gris ». Dans l’espace public, on mise sur une végétalisation accrue. « Un arbre livre la même fraîcheur que cinq climatiseurs », souligne l’urbaniste. À l’ombre des arbres, on enregistre en journée jusqu’à sept degrés de moins qu’aux alentours. Le « bleu » est fourni à la ville par les cours d’eau, fontaines, lacs ou fossés humides : « Ils créent des microclimats et réduisent les écarts de température ». Ces mesures visent non seulement à réduire la chaleur en ville, mais aussi à atténuer le risque d’inondations. Car le changement climatique accroît aussi la fréquence des fortes précipitations. Les Sédunois l’ont constaté en août 2018, quand un orage violent a noyé les rues basses de la ville en quelques instants.

    La réalisation phare d’« AcclimataSion » est le réaménagement du cours Roger Bonvin, une promenade située sur la tranchée couverte de l’autoroute. Avant, cet espace public de 500 mètres de long était peu attrayant et, avec ses surfaces imperméabilisées, il était livré sans protection aux rayons du soleil. Aujourd’hui, 700 arbres dispensent de l’ombre et des promeneurs flânent entre les îlots végétalisés. Une plage de sable et un vaste espace où s’asseoir et se coucher créent une atmosphère de vacances. Des enfants barbotent dans des bassins.

    #Points_chauds sur les #cartes_climatiques

    Dans les grandes villes suisses aussi, le changement climatique préoccupe les autorités. La ville de #Zurich s’attend à ce que le nombre de jours de canicule passe de 20 à 44, et veut agir. « Notre but est d’éviter la #surchauffe sur tout le territoire urbain », explique Christine Bächtiger, cheffe du département municipal de la protection de l’environnement et de la santé. Concrètement, il s’agit de réduire autant que possible les surfaces goudronnées ou imperméabilisées d’une autre manière. Car celles-ci absorbent les rayons du soleil et réchauffent les alentours. La ville souhaite aussi décharger certains quartiers où la densité d’habitants est forte et où vivent de nombreux seniors, particulièrement sensibles à la chaleur. On envisage d’étoffer le réseau de chemins menant à des parcs ou à des quartiers moins chargés. Par rapport à d’autres villes, Zurich jouit d’une topographie favorable : trois quarts des zones habitées urbaines bénéficient d’un air frais qui arrive la nuit par les collines boisées entourant la ville. Pour préserver cette #climatisation_naturelle, il faut conserver des axes de #circulation_de_l’air lorsqu’on construit ou limiter la hauteur des immeubles.

    La ville de #Bâle a elle aussi repéré les îlots de chaleur, les espaces verts rafraîchissants et les flux d’air sur une #carte_climatique. Des urbanistes et des architectes ont utilisé ces données pour construire le quartier d’#Erlenmatt, par exemple. Là, les bâtiments ont été orientés de manière à ne pas couper l’arrivée d’air frais de la vallée de Wiesental. De grands #espaces_ouverts et des rues avec des zones de verdure façonnent également l’image de ce nouveau quartier urbain construit selon des principes durables.

    La ville de #Genève, quant à elle, mise sur une végétalisation accrue. Les autorités ont arrêté l’été dernier un plan stratégique faisant de la végétalisation un instrument à part entière du Plan directeur communal. Dans le cadre du programme « #urbanature » déjà, les jardiniers municipaux avaient planté près de 1200 arbres et 1,7 million de plantes dans l’#espace_public. La municipalité juge par ailleurs qu’un changement de paradigme est nécessaire du côté de la #mobilité, avec une diminution du #trafic_individuel_motorisé. Ainsi, des cours intérieures aujourd’hui utilisées comme places de parc pourraient être végétalisées. Les arbres apportent de la fraîcheur en ville, et ils absorbent les particules fines qui se trouvent dans l’air.

    La ville de #Berne compte elle aussi agir à différents niveaux. Ainsi, les #revêtements ne seront plus imperméabilisés que si cela s’avère indispensable pour le trafic ou l’accès des personnes handicapées. Tandis qu’un revêtement en #asphalte sèche immédiatement après la pluie, l’eau s’infiltre dans les surfaces en #gravier et peut s’évaporer plus tard. « Nous devons repenser tout le #circuit_de_l’eau », déclare Christoph Schärer, directeur de Stadtgrün Bern. L’#eau ne doit plus être guidée au plus vite vers les #canalisations, mais rester sur place pour contribuer au #refroidissement_de_l’air par l’#évaporation ou pour assurer l’#irrigation. « Chaque mètre carré non imperméabilisé est un mètre carré gagné. » À Berne, les nombreuses #fontaines et #cours_d’eau participent aussi au refroidissement de l’atmosphère, comme le Stadtbach qui coule à ciel ouvert dans la vieille ville.

    En ce qui concerne la végétalisation, Berne adopte de plus en plus de variétés d’arbres « exotiques » adaptés au changement climatique. Certains arbres indigènes comme le tilleul à grandes feuilles ou l’érable sycomore supportent mal la chaleur et la sécheresse. Alors on plante par exemple des #chênes_chevelus. Ce feuillu originaire du sud de l’Europe supporte le chaud, mais aussi les hivers froids et les gelées printanières tardives qui ont été fréquentes ces dernières années. Christoph Schärer ne parlerait donc pas d’une « #méditerranéisation », du moins pas en ce qui concerne les arbres.

    https://www.revue.ch/fr/editions/2020/03/detail/news/detail/News/quand-les-villes-suent
    #urban_matter #changement_climatique #villes

    • Acclimatasion

      Le climat se réchauffe et les événements extrêmes se multiplient. Avec ACCLIMATASION la Ville de Sion s’est engagée pour la réalisation d’aménagements urbains qui donnent la priorité à la végétation et au cycle de l’eau. Objectif ? Diminuer la chaleur, favoriser la biodiversité et limiter les risques d’inondation.

      La Confédération réagit face au changement climatique. De 2014 à 2016, elle a soutenu une trentaine de projets pilotes avec pour but d’identifier les meilleures pistes pour limiter les dommages et maintenir la qualité de vie des habitants.

      La Ville de Sion, en partenariat avec la Fondation pour le développement durable des régions de montagne, a été choisie pour mener à bien un projet lié à l’adaptation des villes au changement climatique, c’est ACCLIMATASION.

      Au terme du projet pilote une série de résultats concrets sont visibles, en particulier :

      Des aménagements exemplaires ont été réalisés par la Ville dans le cadre du projet pilote et se poursuivent aujourd’hui par la réalisation de nouveaux projets. Le réaménagement du Cours Roger Bonvin réalisé en 2016 est le projet phare d’ACCLIMATASION.
      Des projets privés ont été soutenus pour montrer des solutions concrètes et inciter les propriétaires à s’engager. Le guide de recommandations à l’attention des propriétaires privés capitalise les actions concrètes que tout un chacun peut entreprendre.
      Diverses actions ont été menées pour sensibiliser la population, échanger avec les professionnels et mobiliser les responsables politiques : événements de lancement et de capitalisation, expositions et concours grand public, interventions dans les écoles.
      Les outils d’aménagement du territoire évoluent progressivement, de même que les compétences des services communaux et des professionnels. En particulier, les principes d’un aménagement urbain adapté au changement climatique ont été consolidés dans des lignes directrices adoptées par l’exécutif de la Ville en 2017 et applicables à l’ensemble des espaces publics.

      https://www.youtube.com/watch?v=PUI9YsWfT7o

      https://www.sion.ch/acclimatasion

    • #urbannature

      Ce programme, lancé par le Conseiller administratif Guillaume Barazzone, repense les espaces publics bétonnés en les rendant plus conviviaux et en les végétalisant. À terme, il a comme ambition de favoriser la biodiversité en milieu urbain. Le programme urbanature rend Genève encore plus verte ; il est mis en place et réalisé par le Service des espaces verts (SEVE).

      Le programme
      Corps de texte

      Il comprend trois niveaux d’action : des réalisations temporaires et saisonnières (fin mai à fin octobre), des aménagements durables, ainsi que l’élaboration d’un plan stratégique de végétalisation.

      Chaque année, des réalisations temporaires permettent d’amener de la végétation rapidement dans différents secteurs de la Ville. Depuis 2015, des projets durables de végétalisation sont réalisés afin d’étendre le maillage vert encore essentiellement constitué par les parcs. Le plan stratégique de végétalisation de la Ville sert à décrire les différentes actions concrètes à mener à long terme pour rendre Genève encore plus verte.

      https://vimeo.com/97531194

      https://www.urbanature.ch

    • Ô comme je pense que le mépris des dirigeants bordelais pour la nature en ville vient du fait qu’ils ont des jardins (la ville est très verte entre les murs des particuliers) et qu’ils passent l’été au cap Ferret. Qu’ils n’ont donc pas besoin de ces arbres qui pour d’autres sont vitaux.

  • List of nuraghi

    https://www.tharros.info/sites/Nuraghi/Nuraghi002.jpgdf

    Lavorando al mio sito web Tharros.info sulla Sardegna mi è venuta l’idea di realizzare un database degli innumerevoli nuraghi che si trovano sull’isola. Un censimento esauriente delle torri dell’età del bronzo non esisteva ancora. Secondo le stime di alcuni archeologi si contano dai 6000 agli 8000 nuraghi in tutta l’isola. I censimenti eseguiti in passato hanno interessato territori più o meno delimitati senza estendersi comunque all’intero territorio della regiona Sardegna. Appassionati di archeologia hanno preso l’iniziativa di segnalare tutti i nuraghi utilizzando il sito di Wikimapia, una mappa pubblica dove si possono segnalare luoghi di interesse culturale, di bellezza naturale o di utilità economica. Nel 2009 ho cominciato a lavorare al database e a annotare la posizione geografica dei nuraghi sia su una mappa Google che in un elenco, creando la possibilità di ritrovare i monumenti basandosi sui nomi di questi o sul nome del comune di appartenenza. In questo articolo spiego il metodo di ricerca che ho attuato per compilare l’elenco dei nuraghi di Tharros.info.

    https://www.tharros.info/NuraghiMap.php?lng=en

    https://www.tharros.info/ViewNuraghi.php?lng=en

    #Nuraghe #sardaigne #archéologie #carte #database #cartographie

  • Last week 7 and this week 9 provinces were opened after some weeks quarantined. There are still 16 out 81 provinces in #Turkey, including Istanbul, Ankara and Izmir, where it is forbidden to enter or to leave -except under certain provisions- due to #Covid19. -Andrés Mourenza

    https://twitter.com/Andresmourenza/status/1260144674846789633/photo/1

    #Covid-19#Turquie#Confinement#Quarantaine#Carte#Pandémie#migrant#migration