• Projet Duty free shop : l’évolution du terminal de l’aéroport de Stockholm, 2005-2007
    https://www.visionscarto.net/duty-free-shop-stockholm

    Titre Projet Duty free shop : Le Terminal de l’aéroport de Stockholm, 2005-2007 Mots-clés #cartographie_radicale #cartographie_expérimentale #transport #aéroport #espace_public #espace_privé #accaparement #colonisation #capitalisme #consommation #commerce #Stockholm #Suède #DFS Auteur Philippe Rekacewicz Date de création 2008-2012 #Cartothèque

  • ReistMap. WE HAVE THE WATCH.

    People need accurate information to stay safe and keep the permanent record to hold power accountable.

    Find out what’s happening in your neighborhood and across the nation. Welcome to ResistMap.

    https://resistmap.com
    #résistance #cartographie #visualisation #cartographie_participative #cartographie_critique #cartographie_radicale #USA #violences_policières #ICE

    ping @reka

  • En Guyane, une carte participative pour porter les revendications des Kali’na
    https://www.visionscarto.net/cartographie-participative-en-guyane

    Nous exposons ici une démarche de cartographie participative réalisée en partenariat avec des habitant·es du village Prospérité, membres de la communauté guyanaise autochtone kali’na d’at’opo wɨpɨ. Le village est situé dans l’Ouest guyanais, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Saint-Laurent du Maroni, dans la forêt qui borde la route nationale 1. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de conflit d’usage autour du déploiement d’une centrale photovoltaïque destinée à produire de (…) Billets

    #Billets_

  • Comment les #cartes sont devenues des #contre-pouvoirs pour redessiner le monde

    Luttes écologistes, défense des libertés, mouvements féministes… Longtemps réservée aux puissants, la cartographie se réinvente sous l’impulsion de collectifs citoyens, de chercheurs, de journalistes et d’artistes. Un mouvement critique ancré dans une riche histoire théorique.

    Des îlots de forêt sillonnés par des camions de rondins et cernés par des usines de papier et de pellets, d’où surgit un impressionnant crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. C’est ainsi que des habitants de la Montagne limousine ont représenté « leur » massif forestier, à la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

    Coéditée par IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, et la maison d’édition associative A la criée, située à Nantes, la carte au format papier n’est pas destinée aux randonneurs ou aux touristes de passage. En mêlant #dessins et #récits, elle « vise à questionner les dynamiques forestières », explique #Frédéric_Barbe, géographe, artiste et membre de l’association, et donne à voir ce que les cartes institutionnelles ne montrent pas : l’industrialisation d’un territoire, la tristesse des riverains face aux coupes rases et leur volonté d’un autre avenir pour la #forêt.
    La publication fait partie de la douzaine de « #cartes_de_résistance » produites en dix ans par l’éditeur, vendues à prix bas ou libre avec un certain succès. La conception est toujours collective, menée à l’initiative ou au plus près des habitants, avec le soutien d’un géographe et d’un graphiste. La première, celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), en février 2016, est épuisée après cinq tirages et plus de 20 000 exemplaires diffusés. Celle des Jeux olympiques de Paris, en partenariat avec le collectif local Saccage 2024, raconte le revers de la médaille des JO, les expulsions d’habitants à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et les morts d’ouvriers sur les chantiers du Grand Paris.
    Ces productions rompent délibérément avec les conventions graphiques de la cartographie institutionnelle. « La carte n’est pas le #territoire, mais invite à le penser, affirme l’éditeur. C’est un outil d’#éducation_populaire, simple et pas cher, que l’on peut afficher au mur ou poser sur une table pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut vivre sur cet espace. »
    Un vent de rébellion souffle sur la cartographie, une discipline pourtant perçue comme technique et très codifiée. Un foisonnement d’initiatives et de réflexions a émergé depuis une quinzaine d’années, dont il est difficile de cerner les contours, tant il exprime une variété d’intentions, de méthodes et de productions. « Je travaille dans ce domaine depuis trente-cinq ans, et je n’arrive pas à suivre le rythme de toutes les initiatives », s’exclame #Philippe_Rekacewicz, chercheur associé au département des sciences sociales de l’université de Wageningue (Pays-Bas) et l’une des figures françaises de ce courant.

    Pour la « #justice_spatiale »

    Cet ex-journaliste au Monde diplomatique se réclame d’une pratique « radicale » de la discipline, d’autres préfèrent se dire « critiques », d’autres encore ont adopté le terme de « #contre-cartographie ». Ces démarches, à la croisée des sciences, des arts, de la politique et de militantisme social, partagent un socle commun, celui de vouloir renverser le #pouvoir_des_cartes et les mettre au service d’une forme de « justice spatiale ». Luttes écologistes et urbaines, défense des libertés et des droits humains, mouvements féministes… Associations et collectifs contestent les représentations institutionnelles, se réapproprient l’espace ou montrent des réalités jusque-là invisibilisées. Elles sont souvent soutenues par des cartographes reconnus, et s’inscrivent dans une riche réflexion théorique et un « dialogue ancien entre le champ académique et les pratiques sociales », constate #Irène_Hirt, professeure au département de géographie et environnement de l’université de Genève (Suisse).
    De fait, ces pratiques contestataires trouvent leurs racines dans l’histoire même de la discipline. La géographe #Françoise_Bahoken, coautrice avec Nicolas Lambert de Cartographia. Comment les géographes (re)dessinent le monde (éditions Armand Colin, 2025), en date les prémices dès la fin du XIXe siècle, alors que la cartographie occidentale s’est imposée comme un modèle de scientificité, d’abord avec la précision des mesures, puis avec l’essor de la géographie quantitative liée à l’utilisation de données statistiques.

    Dès les années 1880, le géographe allemand #Ernest_George_Ravenstein s’empare du recensement de la population britannique pour infirmer l’idée selon laquelle les populations migrantes se déplaceraient de façon anarchique. Un peu plus tard, le sociologue afro-américain W. E. B. #Du_Bois visualise, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, les « lignes de couleur » qui divisent la société américaine, démontrant, cartes et graphiques à l’appui, comment le racisme empêche toute égalité sociale.

    Il faut cependant attendre les années 1960 pour que ces travaux commencent à se diffuser, grâce à deux figures respectées de la profession, les géographes #David_Harvey et #William_Bunge (1928-2013). Le premier crée un courant d’inspiration marxiste, désigné sous le nom de « #géographie_radicale », qui s’attache à analyser la façon dont le capitalisme modèle les #inégalités_spatiales. Le second décide, en 1968, de rompre avec l’approche quantitative lorsqu’il prend conscience de son rôle dans les politiques urbaines ségrégationnistes aux Etats-Unis.

    Avec #Gwendolyn_Warren, leader militantiste des droits civiques de la communauté noire de Detroit (Michigan), William Bunge développe, dans cette ville ouvrière du nord des Etats-Unis, un projet de recherche géographique fondé sur l’enquête de terrain, embarquant dans l’aventure plusieurs centaines de jeunes habitants, femmes et hommes, du quartier noir de Fitzgerald. Pour Warren et Bunge, former les résidents à documenter les #logiques_spatiales, c’est démocratiser l’exercice du pouvoir. Ces « #expéditions_géographiques » conduiront à la publication d’un livre (Fitzgerald : Geography of a Revolution, Cambridge, 1971) sur les processus de paupérisation et d’exclusion du quartier.
    Ce sont toutefois les travaux d’un historien, #John_Brian_Harley (1932-1991), qui, à la fin des années 1980, opèrent un tournant théorique majeur. Dans son article fondateur, « Deconstructing the Map » (Cartographica, 1989), il invite à lire les cartes non comme de simples reflets du réel, mais comme des constructions sociales, traversées par des #rapports_de_pouvoir. La carte est une construction située dans le temps et dans l’espace, affirme-t-il, dont « une grande part du pouvoir (…) est qu’elle opère sous le masque d’une science en apparence neutre. Elle cache et nie sa dimension sociale en même temps qu’elle la légitime ».

    L’historien identifie un double pouvoir derrière l’outil : celui du cartographe ou de son commanditaire, qui décide de ce qui est représenté par le biais de choix multiples (projection, échelle, toponymes…), mais aussi un pouvoir interne, propre à la carte elle-même. Non seulement elle n’est pas neutre, mais elle est performative : elle agit sur nos #imaginaires et induit des #représentations. « Pour Harley, il faut absolument analyser d’un côté les intentions et les choix politiques de l’auteur, et de l’autre les usages, la façon dont la carte peut être instrumentalisée pour penser un territoire », souligne le géographe et chercheur au CNRS #Matthieu_Noucher.

    Ces réflexions, ainsi que l’ambitieuse History of Cartography que John Brian Harley dirige avec David Woodward (Presse de l’université de Chicago) à la même époque – le premier volume est publié en 1987 –, provoquent un choc méthodologique durable. La mise en lumière des formats multiples des cartes non occidentales contribue à décentrer le regard et à éclairer la dimension partielle et politique de toute représentation spatiale.

    Mythe de la #terre_vierge

    Cette prise de conscience va inspirer de nombreuses études en sciences sociales, notamment sur le rôle central de la cartographie dans l’#histoire_coloniale. « Elles montrent que, du XVIIe au XIXe siècle, la carte a servi à créer le mythe de la #terra_nullius, la terre vierge inhabitée, pour justifier les #conquêtes_coloniales en accréditant l’idée de territoires vides d’hommes et de femmes », explique Matthieu Noucher. Le chercheur s’est attaché à analyser le « #blanc_des_cartes », voire leur « #blanchiment » lorsqu’il s’agit d’effacer les rares mentions de populations autochtones. Ainsi, en Guyane, une première carte française notifie, en 1732, la présence de « nations indiennes » sur le territoire, une formule remplacée trois décennies plus tard par la mention de « belles et très fertiles plaines que doit habiter la nouvelle colonie française ». Entre-temps, la France a perdu ses possessions canadiennes et a décidé de fonder une colonie de peuplement en Guyane.
    L’approche critique ne se limite pas à questionner la carte comme représentation dominante. A partir des années 1970, l’outil lui-même est réinvesti par les communautés autochtones pour défendre leurs droits territoriaux face aux projets extractivistes. Pour les communautés locales d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, produire des cartes devient une stratégie de #résistance à l’industrialisation des terres, comme en Colombie-Britannique (Canada) contre la construction de pipelines de gaz et de pétrole. En 1995, la sociologue américaine #Nancy_Lee_Peluso forge le terme de « #contre-cartographie » pour désigner cette production destinée à contester les structures de pouvoir.

    Ces « contre-cartes » interrogent aussi la dimension culturelle des #méthodes utilisées, et du même coup les frontières de la science occidentale. « La contre-cartographie invite en effet à une #décolonisation des savoirs géographiques qui ne se matérialisent pas tous sous forme d’images. Ils peuvent se transmettre par la parole, le chant, la danse, la sculpture ou les rêves, intimement liés aux pratiques et aux territoires de la chasse ou de la pêche, souligne Irène Hirt, qui a accompagné des communautés mapuche au Chili et innu au Québec dans la reconstitution de leur milieu de vie. Loin d’être vides comme le disent les cartes, ces terres sont pleines de toponymes, de lieux de rassemblement ou de sépultures, de sentiers de portage et de routes de migration humaine et non humaine. »

    A l’aube des années 2000, la généralisation des outils numériques ouvre un nouveau chapitre. L’essor des techniques de la géomatique (systèmes d’information géographique – SIG –, GPS, télédétection, etc.) et l’accès à de larges bases de données transforment profondément la cartographie conventionnelle. La géovisualisation devient en quelques années l’alliée indispensable de l’organisation des territoires. « Avec l’arrivée de l’application cartographique Google Maps en 2005, on a vu ressurgir une forme de croyance aveugle dans l’objectivité des données, et dans leur capacité à livrer en temps réel une image exacte du territoire », constate Matthieu Noucher.

    Les algorithmes et leur vision du monde

    Cette rupture renouvelle radicalement les enjeux de pouvoir. « Pour prendre au sérieux la proposition de John Brian Harley, il faut désormais s’intéresser aux fonctionnements des #algorithmes, des #bases_de_données et des applications », prévient le géographe. Et comprendre comment ces programmes, loin d’être neutres, imposent eux aussi une vision du monde. L’auteur de Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques (CNRS Editions, 2023) analyse les choix et les silences de modèles économiques fondés sur la publicité, qui « conduisent à privilégier, par exemple, l’affichage des commerces et à ignorer les milieux vivants ».

    Le « blanc des cartes », affirme Matthieu Noucher, prend un tout autre sens avec la personnalisation algorithmique et les bulles de filtre qui imposent désormais des réalités différentes selon le profil des utilisateurs, leur pays et leurs usages. Ainsi, Google Maps adapte son affichage en fonction du contexte politique et géographique du pays. « Depuis la décision de Donald Trump de remplacer l’appellation “golfe du Mexique” par “golfe d’Amérique”, un écolier américain ne voit plus la même carte qu’un élève mexicain », regrette le géographe.

    Cette personnalisation enferme les individus dans des visions fragmentées de l’espace, où commerces, infrastructures et frontières symboliques sont hiérarchisés différemment pour chacun. Ce basculement marque une rupture : « En se substituant aux organismes nationaux et internationaux chargés de réguler les noms et les représentations des lieux, les grandes plateformes numériques imposent progressivement leurs propres logiques, souvent guidées par des intérêts économiques ou géopolitiques », alerte le chercheur. Alors que la carte constituait jusque-là un #bien_commun et un support partagé indispensable au débat démocratique, « elle tend désormais à devenir un objet individualisé, soumis à une postsouveraineté cartographique dominée par les géants du numérique, au risque d’éroder toute représentation collective de l’espace ».

    Confrontées à ces évolutions, les approches critiques se sont, elles aussi, renouvelées. La démocratisation d’outils de plus en plus accessibles et participatifs a renforcé les pratiques alternatives. Lancé en 2004, le projet collaboratif de cartographie en ligne #OpenStreetMap, créé et mis à jour par des bénévoles du monde entier, et dont les données géographiques sont ouvertes à tous, reste « l’exemple le plus abouti de la contestation de la mainmise d’une multinationale comme #Google sur les représentations géographiques du monde », estime #Nicolas_Lambert, ingénieur en sciences de l’information géographique au CNRS. Ce spécialiste de la #géovisualisation a rejoint Migreurop en 2009, un réseau d’experts et d’une cinquantaine d’associations de défense des droits humains, qui « documente » et « dénonce » les effets des politiques migratoires européennes à travers la publication d’atlas « engagés ».

    Les initiatives de cartographie critique se développent aujourd’hui dans une grande diversité de contextes, d’échelles et de formes. Elles peuvent être individuelles ou collectives, concerner un quartier, un pays ou avoir une portée internationale, s’inscrire dans le cadre de travaux académiques, de luttes politiques ou d’enquêtes journalistiques, ou encore entremêler tout cela à la fois.
    De nombreuses productions s’appuient sur des données statistiques, tandis que d’autres ont recours à des approches dites « sensibles », qui visent à réinscrire les #expériences_vécues au cœur des #représentations_spatiales. Cette cartographie fondée sur les #sens et les #émotions s’est développée à travers les marches exploratoires de femmes, créées dans les années 1990 au Canada, à Toronto et à Montréal, puis organisées en France depuis une dizaine d’années. Angoisse, peur, sentiment de sécurité ou de confort deviennent autant d’éléments traduits en symboles graphiques. En rendant visibles les expériences de l’#espace_public différenciées selon le #genre, ces marches ont fait de la carte un outil pour repenser l’aménagement urbain et lutter contre les violences, mais aussi un levier d’émancipation. « S’inscrire dans l’espace symbolique de la carte revient à se réapproprier l’espace, à forcer la reconnaissance de soi et à exister aux yeux des autres », se réjouit l’historienne Nepthys Zwer, autrice de Pour un spatio-féminisme. De l’espace à la carte (La Découverte, 2024).

    « #Cartes_mentales » des émotions

    Dans ce contexte, le recours à des modes d’expression créatifs (collage, dessin, broderie) facilite la participation de publics peu familiers des codes classiques. A Grenoble, des « rencontres cartographiques » entre migrants, chercheurs en sciences sociales et artistes, organisées dans les locaux de l’association Accueil Demandeurs d’asile, ont permis de collecter les récits de parcours migratoires par le dessin, la broderie et même la sculpture de l’argile à travers des « cartes mentales » des émotions, comme l’ont montré les travaux des géographes #Sarah_Mekdjian et #Anne-Laure_Amilhat-Szary.

    Dans cette perspective, la #subjectivité de la démarche est clairement revendiquée. Mais ces approches soulèvent aussi des questions : que peuvent apporter ces représentations à des pratiques plus conventionnelles ? Quelle place leur accorder dans une discipline formalisée ?

    « Parce qu’elle légitime et réhabilite les attachements et l’expérience empirique qu’ont les individus d’un territoire, la contre-cartographie est forcément subjective, comme toute carte d’ailleurs », souligne Nepthys Zwer. Elle se réclame d’un double héritage : celui de John Brian Harley, pour qui la carte n’est jamais neutre, et celui de la philosophe féministe américaine #Donna_Haraway, pour qui « toute #objectivité est toujours produite à partir d’un “#savoir_situé” ». Pour autant, « ces pratiques ne peuvent se réduire à un outil de lutte politique, prévient l’historienne. Elles font partie intégrante de la discipline qu’elles complètent et enrichissent, et doivent à ce titre être évaluées comme les autres ».

    C’est aussi l’avis de Philippe Rekacewicz, qui a choisi de son côté d’abandonner le terme de « contre-cartographie », parce qu’il « peut être interprété comme s’opposant à la cartographie conventionnelle ». « Or, nous utilisons les mêmes règles, nos méthodes d’enquête et d’entretien sont celles de la géographie qualitative et des sciences humaines en général. Ce qui change, c’est l’#intention, la volonté de déconstruire le discours du pouvoir et de rendre visible ce qu’il ne souhaite pas montrer », explique-t-il.

    Néanmoins, pour Françoise Bahoken, il faut différencier les cartes des « images et autres représentations de territoire ». « Certes, aucune représentation n’est objective par définition, mais la cartographie en tant que discipline scientifique s’appuie sur des théories et des méthodes, des dispositifs et des principes, et tend vers l’objectivité. Certaines approches ne sont pas scientifiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas importantes, puisqu’elles permettent à des non-spécialistes de s’emparer des questions d’inégalité spatiale. »

    Planisphères et contre-cartes

    Longtemps marginal, le mouvement commence à se faire une place à l’université. « La cartographie critique fait l’objet de travaux académiques aujourd’hui largement reconnus et qui suscitent des vocations », affirme Nicolas Lambert. A l’université de Tours, un cursus de cartographie expérimentale a vu le jour au sein du département de géographie où des étudiants s’initient à des ateliers de #cartographie_sensible, tandis que d’autres universités comme Bordeaux et Grenoble proposent, elles aussi, des ateliers.

    De son côté, l’approche critique numérique fait l’objet d’un intérêt croissant, avec la prise de conscience de la puissance et de l’opacité des boîtes noires algorithmiques et du besoin de méthodes pour analyser leur fonctionnement. L’Agence nationale de la recherche finance désormais des projets dans ce domaine. « Un vrai progrès », se réjouit Matthieu Noucher, qui anime un groupe de travail autour des approches critiques au sein du réseau Magis, principalement composé de géomaticiens, ces spécialistes des données et des systèmes d’information géographique, et premiers concepteurs de cartes. « Jusque-là, les acteurs de la cartographie critique et ceux de la production de cartes officielles ne se parlaient pas beaucoup. Le principal enjeu aujourd’hui est de faire dialoguer les points de vue pour enrichir les modes de représentation », souligne le géographe.

    Le chercheur prépare, pour juin, à Bordeaux, une exposition à la croisée des arts et des sciences, qui fera dialoguer différentes représentations spatiales de la planète : des planisphères et des contre-cartes des Attikamek du Québec, des globes terrestres numériques à la manière de Google Earth et des sculptures de communautés autochtones kali’na de Guyane. Une autre façon de construire des ponts entre différentes visions du monde.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/02/comment-les-cartes-sont-devenues-des-contre-pouvoirs-pour-redessiner-le-mond
    #cartographie #visualisation #cartographie_radicale #cartographie_critique #pouvoir #performativité
    ping @visionscarto @reka
    via @karine4

  • Squaring the nation - two strange Hungarian cartograms from 1902
    https://attilabatorfy.substack.com/p/squaring-the-nation-two-strange-hungarian

    Squaring the nation - two strange Hungarian cartograms from 1902
    The first equal square mosaic tile maps.
    Attila Bátorfy
    Dec 08, 2025

    This article was originally published in IMCoS Map Journal in 2023. Republished with permission. Recommended citing: Bátorfy, Attila 2023. “Squaring the Nation: Two Strange Hungarian Cartograms from 1902.” IMCoS Map Journal No. 172 (March 2023), pp. 6–15. This online version contains a few minor changes and a new paragraph at the end.

    Two of the twenty-two map appendices in Pál Balogh’s book A népfajok Magyarországon (The Ethnic Species of Hungary), published in 19021, which runs to more than one thousand and thirteen pages, are remarkable for the way they present the ethnicities and religions of Hungary (Figs 1ab & 2). The graphic method used to produce them is variously known as as equal square/area grid map, or tilegram, or mosaic map, and it has been suggested that they may be the first examples of maps employing this method2. The two maps, designed by Pál Balogh and drawn by Sándor Kocsárd Proff are well known in Hungarian map history, especially within ethnic cartography.3 Balogh’s work is also a frequently cited source in the Hungarian historical demographic literature. But the now popular method of the maps4 or ‘anamorphic cartograms’5 is worth a closer look.

    #cartographie_radicale #précurseurs #cartographie #sémiologie #couleurs #cartoexperiment_2025

  • Cinq cent ans d’histoire du monde en en cinq actes et un entracte
    https://www.visionscarto.net/cinq-cent-ans-d-histoire-du-monde

    Si l’on pense le monde comme un grand théâtre et que la carte représente ce monde, il nous faut alors reconnaître qu’elle met le monde en scène. Et c’est bien la ou le cartographe qui va structurer et coordonner la scénographie, avec des actrices et des acteurs principaux et secondaires, des décors sur plusieurs plans, des accessoires, des mouvements et une dynamique d’un bout à l’autre de la scène. Le geste cartographique, l’acte de création de la carte, est un processus complexe qui met (…) Billets

    #cartographie #cartographie_radicale #sémiologie #chôrématique #histoire_moderne #histoire_contemporaine

  • Pixel prison

    https://www.visionscarto.net/pixel-prison

    Texte et photos : Richard Pereira de Moura, géographe

    Les espaces carcéraux ont longtemps échappé aux études géographiques, qui se sont beaucoup plus intéressées à leur répartition qu’à leurs spatialités internes. Ce projet s’inscrit dans une approche élargie de la cartographie appréhendée à travers le prisme des arts visuels : non plus comme outil de représentation ou d’analyse, mais comme expérience sensible, critique et narrative des
    espaces.

    Si la géographie est l’étude des espaces habités, la prison en est à l’évidence un terrain d’exploration privilégié. Quiconque expérimente la détention — qu’il s’agisse du détenu, du visiteur, du fonctionnaire ou, dans mon cas, de l’artiste intervenant en détention — ne peut ignorer, à des degrés évidemment divers, le poids de l’espace architectural et géographique sur le corps et l’imaginaire.

    #cartographie_sensible #enfermement #prison #cartographie_radicale

  • Nos cartes personnelles

    Une réflexion sur la cartographie sensible, ou expérientielle offerte par The Times of India

    https://timesofindia.indiatimes.com/the-maps-our-lives/articleshowprint/124821506.cms

    N’y a-t-il pas quelque chose de magnifique dans une carte ? Souvenez-vous du plaisir d’ouvrir un grand atlas de « cartographie traditionnelle » et de contempler ses splendides représentations de la Terre : d’immenses continents au milieu d’océans bleus tourbillonnants, des États-nations aux frontières précises, des montagnes majestueuses, de vastes déserts, des enchevêtrements denses de jungle, des îles grandes comme des mouchoirs, reliées entre elles par des réseaux commerciaux, de chemins de fer, de lignes aériennes et maritimes, jusqu’aux tracés du transport public qui nous mènent vers (et depuis) les lieux d’activité.

    Ces cartes révèlent aussi d’immenses richesses terrestres : là où se trouvent les diamants, l’or et l’argent, quels pays cultivent le blé doré et ondoyant, quelles strates géologique recèlent le pétrole, le charbon ou la tourbe — et qui en a le contrôle.

    Mais à quoi ressemblerait votre propre carte ? la carte qui raconte votre propre vie ? Que traceriez-vous sur ses axes ? le lieu où vous êtes né, l’école que vous avez fréquentée, le grand arbre sur lequel vous grimpiez, le trajet de bus vers l’université, votre trajet quotidien vers le travail, votre dispensaire et votre club, les maisons de vos amis, vos magasins préférés, voire les endroits risqués que vous évitez soigneusement ?

    La cartographie traditionnelle, élaborée au fil des siècles à mesure que le colonialisme se développait (et pour le servir), avide de toujours plus de sources de capital à exploiter, reste grandiose, mais elle passe à côté des aspects ordinaires de nos vies.

    Et cela est important au-delà de la seule émotion : car nos existences sont en réalité tramées et quadrillées selon des histoires dont beaucoup sont encore bien vivantes. Pensez à la manière dont des millions de personnes communiquent en anglais dans le monde entier, utilisent le dollar, exploitent les combustibles fossiles et perpétuent sans y penser le spécisme et l’extraction des ressources.

    C’est que nos vies ont été cartographiées par ces processus plus vastes et plus profonds, qui se sont entremêlés à nos cultures et à nos visions du monde, ouvrant une nouvelle voie où beaucoup d’entre nous sont devenus de simples observateurs, la consommation étant notre principale forme de participation. C’est l’une des raisons pour lesquelles le leg bien réel et brutal du colonialisme et du capitalisme — le changement climatique — reste bien présent sans être remis en question.

    Nous vivons sous les nuages de l’histoire, blottis le long des lignes de base de ses cartes.

    Pour faire face à ces héritages d’inégalités, nous, les peuples, devrions être placés au centre de la carte. Maintenant que le monde et sa grandeur géographique sont largement connus, il est essentiel de passer à une cartographie plus radicale, qui représente les enjeux du quotidien — la pollution, les discriminations de genre, la perte des habitats naturels. Une grande partie de ce qui a été infligé à notre monde au nom du progrès industriel et des normes sociales demeure dans les hautes sphères intellectuelles, toujours contrôlée par les pouvoirs traditionnels.

    En cartographiant ces réalités avec clarté, couleur et franchise, nous pouvons en discuter, en comprendre les effets et imaginer des solutions plus efficaces.

    #cartographie #cartographie_sensible #cartographie_radicale #colonialisme

  • Nusantara Atlas

    https://nusantara-atlas.org

    Track deforestation weekly to rapidly detect who might be responsible as it happens

    Monitor the performance of protected areas

    Monitor impact of road developments on forests

    Monitor companies’ compliance with zero-deforestation targets

    Track deforestation weekly to rapidly detect who might be responsible as it happens

    #cartographie #indonésie #activisme #résistance #cartographie_radicale #cartoexperiment_2025

  • Symposium and Workshops on Experimental Mapping Practices (Sensorial and Emotional) in the context of Social Science Research

    https://www.visionscarto.net/symposium-workshops-wur-sept-oct-2025

    Staring next week, this meeting is proposed by the Embodied Ecologies project and supported by Wageningen University & Research – Knowledge, Technology and Innovation (KTI), and the European Research Council (ERC)

    « we will be meeting at Wageningen University in the Netherlands to share our cartographic practices, ideas, and creativity. We will therefore “sense the space,” draw, map, listen, and engage in dialogue in an atmosphere we hope will be friendly and informal.

    Over the course of these two and a half days, theorists and practitioners of alternative cartography—as well as researchers and curious participants—will be invited to :

    – Share and discuss concepts, approaches, research fields, and ongoing questions during presentations and roundtable discussions ;

    – Explore a variety of practices during workshops, where participants will experiment with creating their own sensorial and emotional maps, using tools that blend scientific and artistic approaches. »

    #cartographie_radicale #cartoexperiment_2025 #cartographie_sensible

  • Symposium and Workshops on Experimental Mapping Practices (Sensorial and Emotional) in the context of Social Science Research

    https://www.visionscarto.net/symposium-workshops-wur-sept-oct-2025

    Staring next week, this meeting is proposed by the Embodied Ecologies project and supported by Wageningen University & Research – Knowledge, Technology and Innovation (KTI), and the European Research Council (ERC)

    « we will be meeting at Wageningen University in the Netherlands to share our cartographic practices, ideas, and creativity. We will therefore “sense the space,” draw, map, listen, and engage in dialogue in an atmosphere we hope will be friendly and informal.

    Over the course of these two and a half days, theorists and practitioners of alternative cartography—as well as researchers and curious participants—will be invited to :

    – Share and discuss concepts, approaches, research fields, and ongoing questions during presentations and roundtable discussions ;

    – Explore a variety of practices during workshops, where participants will experiment with creating their own sensorial and emotional maps, using tools that blend scientific and artistic approaches. »

    #cartographie_radicale #cartoexperiment_2025 #cartographie_sensible

  • Symposium et Ateliers : Pratique de la Cartographie expérimentale (sensorielle et émotionnelle) pour la Recherche en Sciences Sociales

    Proposé par le projet Embodied Ecologies et soutenu par Wageningen University & Research – Knowledge, Technology and Innovation (KTI) ainsi que par le Conseil Européen de la Recherche (ERC)

    Du lundi 29 septembre au mercredi 1er octobre 2025
    l’Université de Wageningen, Pays-Bas

    –-----

    Nous allons « expérimenter l’espace », dessiner, cartographier, écouter et dialoguer dans une atmosphère que nous espérons conviviale et informelle.

    Au cours de ces deux jours et demi, théoriciens et praticiens de la cartographie alternative — ainsi que chercheuses, chercheurs et participants curieux — seront invités à :

    – Partager et discuter des concepts, des approches, des champs de recherche et des questions en cours lors de présentations et de tables rondes ;

    – Explorer diverses pratiques lors d’ateliers, au cours desquels les participants expérimenteront la création de leurs propres cartes sensorielles et émotionnelles, en utilisant des outils qui mêlent approches scientifiques et artistiques. Ces exercices seront simples et accessibles à toutes et tous. Aucune compétence artistique ou cartographique préalable n’est requise — seulement le désir de s’écouter soi-même et les autres, d’explorer, de jouer et de partager.

    Ce symposium/atelier proposera trois types d’activités :

    A) Courtes présentations , durant lesquelles les participants partageront méthodes et idées, et décriront différents aspects de leurs pratiques cartographiques participatives ou créatives. Nous tenons à ce que ces présentations restent courtes (15 à 20 minutes maximum) afin de laisser du temps, d’une part, pour le dialogue et l’échange, et d’autre part, pour mener les ateliers, dessiner et créer ;

    B) Ateliers pratiques de 2 à 3 heures , durant lesquels nous réaliserons des cartes sensorielles et des illustrations à partir de données et d’informations collectées dans l’espace environnant le lieu de notre rencontre, ou en explorant notre mémoire ;

    C) Discussions collectives autour de thèmes et de questions clés concernant la définition et la pratique de cette cartographie sensorielle et émotionnelle, ainsi que des réflexions sur la pertinence de telles pratiques pour les sciences humaines, et peut-être pour comprendre le monde et l’espace autrement.

    Programme


     —

     —

     —


    Présentation

    Les ateliers de cartographie expérimentale (sensorielle et émotionnelle) sont des lieux d’exploration et de création, de pratiques cartographiques originales orientées sur la représentation de nos perceptions sensibles et personnelles du monde, de nos espaces quotidiens, de nos itinéraires de vie, ou tout simplement de nos imaginaires.

    Elle est une “pratique en prolongement” de la cartographie radicale ou critique, conceptualisée et mise en œuvre au tournant des années 1970 par David Harvey et surtout William Bunge avec Gwendolyn Warren, à la suite des grands mouvements de lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Après avoir été largement et efficacement utilisée dans des contextes politiques pour révéler et dénoncer ces injustices ou des pratiques en contradiction avec le droit international et les droits humains fondamentaux, cette approche cartographique a évolué vers des dimensions plus intimes et plus immersives, autrement dit, plus sensibles.

    Cette pratique exige alors que nous mobilisions tous nos sens, que nous soyons à l’écoute de nos émotions, autant lors de la collecte des données que lors de la phase de création à proprement parler : le regard pour voir enfin ce que nous ne regardons habituellement pas ; l’ouïe pour entendre ces bruits et ces sons auxquels nous ne prêtons généralement aucune attention ; l’odorat, le goût et le toucher pour prendre pleinement conscience de l’atmosphère des lieux. Enfin, cette démarche engage largement ce que nous appelons le « sixième sens », c’est-à-dire notre intuition des choses, notre capacité à ressentir le réel en le confrontant à notre imaginaire, ce qui laisse le champ libre à l’expression poétique et artistique, à l’épanouissement de notre sens créatif, notamment lorsqu’il s’agit de jouer avec les couleurs, les formes et les mouvements. En d’autres termes, on pourrait dire que c’est une cartographie « expérientielle », en ce qu’elle constitue la restitution dessinée de notre immersion dans des lieux, des terrains où nous sommes ou avons été physiquement.

    Elle peut aussi être « mémorielle » dans la mesure où elle restitue les lieux à partir des impressions et perceptions qui peuplent notre mémoire, mais aussi de nos « savoirs territoriaux transmis » (particulièrement important, par exemple, lorsque des communautés autochtones entreprennent d’explorer leurs domaines ancestraux). Depuis le début des années 1990, de très nombreux collectifs citoyens à travers le monde se sont intéressés à cette forme d’expression, qu’ils ont perçue comme un médium efficace pour défendre et soutenir les causes qu’ils portaient (surtout orientées vers la justice sociale et spatiale). Ces groupes d’artistes et d’activistes se sont emparés de cette pratique qu’ils ont développée, conceptualisée et expérimentée sous une riche variété de dénominations : cartographie radicale, critique, participative, collective, sensible, émotionnelle, olfactive, expérientielle, mentale, perceptive, et même contre-cartographie (bien que ce terme soit aujourd’hui sujet à discussion). Elle a de ce fait pris une dimension militante et activiste, au service des communautés, des minorités ou tout simplement des citoyens.

    Parallèlement, des groupes de recherche en cartographie critique et radicale se sont aussi constitués dans le milieu académique, d’où ont émergé des laboratoires et des formations universitaires centrées sur la pratique d’une cartographie critique, radicale et expérimentale, abordant la diversité de ses usages et approches. L’Université de Wageningen n’a pas fait exception. Depuis 2021, le projet de recherche « Écologies incarnées », mené au sein du département des sciences sociales sous la direction de l’anthropologue Anita Hardon, a développé et mis en œuvre la cartographie sensorielle dans le cadre de ses recherches, en l’utilisant comme un outil d’investigation et d’exploration au même titre que les entretiens ou les enquêtes. Les résultats de ces expérimentations (toujours en cours) sont déjà très prometteurs, et montrent comment cette mise en œuvre fait avancer la recherche anthropologique.

    Pour les chercheurs, cela permet de « territorialiser » leurs entretiens et, plus encore, de mieux comprendre les territoires (dans certains cas les domaines ancestraux) dans leur dimension sacrée et intime, ainsi que de mesurer pleinement l’espace (notamment l’importance des distances) dans lequel se déploient les processus sociaux et économiques complexes que vivent les communautés.

    Pour les représentants des communautés avec lesquelles nous travaillons, cela a permis l’émergence de ce que l’on pourrait appeler des « illustrations synthétiques ». Celles-ci offrent des représentations visuelles immédiates et accessibles de problématiques subtiles et complexes, rendant visibles des aspects de la réalité souvent obscurcis par les données qualitatives ou quantitatives traditionnelles. C’est aussi l’occasion de porter un autre regard sur leur propre espace de vie, d’y découvrir de nouveaux potentiels, de le comprendre sous des perspectives inhabituelles.

    De plus, le fait de cartographier les émotions a aidé les communautés à surmonter des barrières psychologiques, leur permettant de mieux comprendre les raisons de certaines pratiques spatiales, ainsi que leurs propres conditions et positions en tant qu’êtres sociaux dans les espaces qu’elles cartographient. En ce sens, cet outil agit comme un révélateur complémentaire dans les enquêtes ethnographiques, permettant à l’image cartographique de dialoguer avec les textes écrits et de révéler des phénomènes, des processus ou des dynamiques jusque-là négligés.

    Donc, de revisiter le passé, de le mettre en lien avec le présent, pour éventuellement imaginer les formes que pourraient prendre le futur. Pendant deux jours et demi, théoriciens et praticiens de la cartographie alternative — mais aussi chercheurs et passionnés — pourront :

    – Discuter, partager les approches, les concepts, les champs de recherche, mais aussi les doutes et les questionnements lors des présentations et des tables rondes.

    – S’essayer à une diversité de pratiques lors des ateliers, où les participants seront invités à expérimenter leurs propres cartes sensorielles et émotionnelles, exprimées à travers des outils mêlant science et art. Les exercices seront simples et accessibles à toutes et tous. Aucune compétence artistique ou cartographique n’est requise — seulement une volonté de s’écouter soi-même et d’écouter les autres, d’explorer, de jouer, et de partager.

    #cartographie_sensible #cartographie_radicale #cartoexperiment_2025

  • Symposium et Ateliers : Pratique de la Cartographie expérimentale (sensorielle et émotionnelle) pour la Recherche en Sciences Sociales

    Proposé par le projet Embodied Ecologies et soutenu par Wageningen University & Research – Knowledge, Technology and Innovation (KTI) ainsi que par le Conseil Européen de la Recherche (ERC)

    Du lundi 29 septembre au mercredi 1er octobre 2025
    l’Université de Wageningen, Pays-Bas

    –-----

    Nous allons « expérimenter l’espace », dessiner, cartographier, écouter et dialoguer dans une atmosphère que nous espérons conviviale et informelle.

    Au cours de ces deux jours et demi, théoriciens et praticiens de la cartographie alternative — ainsi que chercheuses, chercheurs et participants curieux — seront invités à :

    – Partager et discuter des concepts, des approches, des champs de recherche et des questions en cours lors de présentations et de tables rondes ;

    – Explorer diverses pratiques lors d’ateliers, au cours desquels les participants expérimenteront la création de leurs propres cartes sensorielles et émotionnelles, en utilisant des outils qui mêlent approches scientifiques et artistiques. Ces exercices seront simples et accessibles à toutes et tous. Aucune compétence artistique ou cartographique préalable n’est requise — seulement le désir de s’écouter soi-même et les autres, d’explorer, de jouer et de partager.

    Ce symposium/atelier proposera trois types d’activités :

    A) Courtes présentations , durant lesquelles les participants partageront méthodes et idées, et décriront différents aspects de leurs pratiques cartographiques participatives ou créatives. Nous tenons à ce que ces présentations restent courtes (15 à 20 minutes maximum) afin de laisser du temps, d’une part, pour le dialogue et l’échange, et d’autre part, pour mener les ateliers, dessiner et créer ;

    B) Ateliers pratiques de 2 à 3 heures , durant lesquels nous réaliserons des cartes sensorielles et des illustrations à partir de données et d’informations collectées dans l’espace environnant le lieu de notre rencontre, ou en explorant notre mémoire ;

    C) Discussions collectives autour de thèmes et de questions clés concernant la définition et la pratique de cette cartographie sensorielle et émotionnelle, ainsi que des réflexions sur la pertinence de telles pratiques pour les sciences humaines, et peut-être pour comprendre le monde et l’espace autrement.

    Programme


     —

     —

     —

     

    Présentation

    Les ateliers de cartographie expérimentale (sensorielle et émotionnelle) sont des lieux d’exploration et de création, de pratiques cartographiques originales orientées sur la représentation de nos perceptions sensibles et personnelles du monde, de nos espaces quotidiens, de nos itinéraires de vie, ou tout simplement de nos imaginaires.

    Elle est une “pratique en prolongement” de la cartographie radicale ou critique, conceptualisée et mise en œuvre au tournant des années 1970 par David Harvey et surtout William Bunge avec Gwendolyn Warren, à la suite des grands mouvements de lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Après avoir été largement et efficacement utilisée dans des contextes politiques pour révéler et dénoncer ces injustices ou des pratiques en contradiction avec le droit international et les droits humains fondamentaux, cette approche cartographique a évolué vers des dimensions plus intimes et plus immersives, autrement dit, plus sensibles.

    Cette pratique exige alors que nous mobilisions tous nos sens, que nous soyons à l’écoute de nos émotions, autant lors de la collecte des données que lors de la phase de création à proprement parler : le regard pour voir enfin ce que nous ne regardons habituellement pas ; l’ouïe pour entendre ces bruits et ces sons auxquels nous ne prêtons généralement aucune attention ; l’odorat, le goût et le toucher pour prendre pleinement conscience de l’atmosphère des lieux. Enfin, cette démarche engage largement ce que nous appelons le « sixième sens », c’est-à-dire notre intuition des choses, notre capacité à ressentir le réel en le confrontant à notre imaginaire, ce qui laisse le champ libre à l’expression poétique et artistique, à l’épanouissement de notre sens créatif, notamment lorsqu’il s’agit de jouer avec les couleurs, les formes et les mouvements. En d’autres termes, on pourrait dire que c’est une cartographie « expérientielle », en ce qu’elle constitue la restitution dessinée de notre immersion dans des lieux, des terrains où nous sommes ou avons été physiquement.

    Elle peut aussi être « mémorielle » dans la mesure où elle restitue les lieux à partir des impressions et perceptions qui peuplent notre mémoire, mais aussi de nos « savoirs territoriaux transmis » (particulièrement important, par exemple, lorsque des communautés autochtones entreprennent d’explorer leurs domaines ancestraux). Depuis le début des années 1990, de très nombreux collectifs citoyens à travers le monde se sont intéressés à cette forme d’expression, qu’ils ont perçue comme un médium efficace pour défendre et soutenir les causes qu’ils portaient (surtout orientées vers la justice sociale et spatiale). Ces groupes d’artistes et d’activistes se sont emparés de cette pratique qu’ils ont développée, conceptualisée et expérimentée sous une riche variété de dénominations : cartographie radicale, critique, participative, collective, sensible, émotionnelle, olfactive, expérientielle, mentale, perceptive, et même contre-cartographie (bien que ce terme soit aujourd’hui sujet à discussion). Elle a de ce fait pris une dimension militante et activiste, au service des communautés, des minorités ou tout simplement des citoyens.

    Parallèlement, des groupes de recherche en cartographie critique et radicale se sont aussi constitués dans le milieu académique, d’où ont émergé des laboratoires et des formations universitaires centrées sur la pratique d’une cartographie critique, radicale et expérimentale, abordant la diversité de ses usages et approches. L’Université de Wageningen n’a pas fait exception. Depuis 2021, le projet de recherche « Écologies incarnées », mené au sein du département des sciences sociales sous la direction de l’anthropologue Anita Hardon, a développé et mis en œuvre la cartographie sensorielle dans le cadre de ses recherches, en l’utilisant comme un outil d’investigation et d’exploration au même titre que les entretiens ou les enquêtes. Les résultats de ces expérimentations (toujours en cours) sont déjà très prometteurs, et montrent comment cette mise en œuvre fait avancer la recherche anthropologique.

    Pour les chercheurs, cela permet de « territorialiser » leurs entretiens et, plus encore, de mieux comprendre les territoires (dans certains cas les domaines ancestraux) dans leur dimension sacrée et intime, ainsi que de mesurer pleinement l’espace (notamment l’importance des distances) dans lequel se déploient les processus sociaux et économiques complexes que vivent les communautés.

    Pour les représentants des communautés avec lesquelles nous travaillons, cela a permis l’émergence de ce que l’on pourrait appeler des « illustrations synthétiques ». Celles-ci offrent des représentations visuelles immédiates et accessibles de problématiques subtiles et complexes, rendant visibles des aspects de la réalité souvent obscurcis par les données qualitatives ou quantitatives traditionnelles. C’est aussi l’occasion de porter un autre regard sur leur propre espace de vie, d’y découvrir de nouveaux potentiels, de le comprendre sous des perspectives inhabituelles.

    De plus, le fait de cartographier les émotions a aidé les communautés à surmonter des barrières psychologiques, leur permettant de mieux comprendre les raisons de certaines pratiques spatiales, ainsi que leurs propres conditions et positions en tant qu’êtres sociaux dans les espaces qu’elles cartographient. En ce sens, cet outil agit comme un révélateur complémentaire dans les enquêtes ethnographiques, permettant à l’image cartographique de dialoguer avec les textes écrits et de révéler des phénomènes, des processus ou des dynamiques jusque-là négligés.

    Donc, de revisiter le passé, de le mettre en lien avec le présent, pour éventuellement imaginer les formes que pourraient prendre le futur. Pendant deux jours et demi, théoriciens et praticiens de la cartographie alternative — mais aussi chercheurs et passionnés — pourront :

    – Discuter, partager les approches, les concepts, les champs de recherche, mais aussi les doutes et les questionnements lors des présentations et des tables rondes.

    – S’essayer à une diversité de pratiques lors des ateliers, où les participants seront invités à expérimenter leurs propres cartes sensorielles et émotionnelles, exprimées à travers des outils mêlant science et art. Les exercices seront simples et accessibles à toutes et tous. Aucune compétence artistique ou cartographique n’est requise — seulement une volonté de s’écouter soi-même et d’écouter les autres, d’explorer, de jouer, et de partager.

    #cartographie_sensible #cartographie_radicale #cartoexperiment_2025

  • City of Cameras

    Atlanta is the most surveilled city in the United States. With 124.14 surveillance cameras per 1,000 people, we not only lead the country, we have more than twice as many cameras per capita as 2nd ranked Washington, DC and more than four times as many as 3rd ranked Philadelphia, Pennsylvania. But no matter how surveilled we are here in Atlanta, it never seems to be enough for our city’s leaders.

    A few years ago, the city council considered requiring all new commercial and residential buildings within the city limits to install surveillance cameras. Another proposal was targeted at ensuring a working surveillance camera was mounted on every single 24-hour gas pump in the city. Wealthy white neighborhoods in the city have taken to raising money themselves to install more of these devices. We’ve even got privately-run apartment complexes employing robotic AI surveillance dogs monitored by low-wage laborers in Colombia. Despite all the ways that surveillance has shifted to focusing on the digital traces produced by our phones and social media activity, video monitoring of our collective existence in, and movements through, public space remain central to the modern carceral state. And the City of Atlanta has latched onto basically every surveillance technology that exists for precisely this purpose.

    But for all the ink spilled about Atlanta’s expansive and ever-growing surveillance network, journalists, academics and activists haven’t previously been able to identify where these cameras actually are. That’s because the Atlanta Police Department (APD) has, to my knowledge, rejected every single open records request for this information (including my own!) on the specious grounds that releasing it would lead to terrorism. Given that the purported promise of these surveillance cameras is creating a comprehensive, real-time view of the city, it’s deeply ironic that the city obstructs the public’s view of the system itself. As long as I’ve wanted to follow the geographer Brian Jordan Jefferson’s suggestion to use “the digital infrastructure of the racial state against itself, turning its tendency to document everything into a vulnerability, scrutinizing its datasets, producing data on the practices it seeks to hide,” because of the city’s intransigence about sharing this data, we’ve had no way to turn the proverbial camera around and get the same kind of comprehensive picture… until now.

    About a year-and-a-half ago, the good folks at the Atlanta Community Press Collective reached out because they’d seen me griping online about my aforementioned open records request being denied. Turns out that, in the course of fulfilling a separate, unrelated open records request, the APD had shared with them an Excel spreadsheet with a list of 1,755 video surveillance cameras and automated license plate readers (LPRs) and their approximate locations. Combining that dataset with another 152 proposed locations for cameras and LPRs that I was able to get my hands on via an open records request, we were able to deduce locations for 1,878 of these devices. All in all, we had the location for 1,158 video cameras and 568 LPRs, along with 68 proposed video cameras and 84 proposed LPRs.

    Of course, this number pales in comparison to the total of over 60,000 cameras attributed to the city in their #1 ranking, or even the nearly 45,000 cameras listed as “connected” or “integrated” on Connect Atlanta’s website as of writing. That’s because the vast majority of the cameras in the city that are connected to the Atlanta Police Foundation (APF)-funded Loudermilk Video Integration Center (VIC) are not owned and operated by the city itself. Instead, these larger numbers include cameras that are privately-owned and/or operated, whether by individual homeowners and businesses, or by larger institutions, like the 140 cameras owned and operated by the Midtown Alliance, 1,100 operated by Georgia State University (not to mention countless others on Atlanta college and university campuses), or even the 20,000+ cameras owned and operated by MARTA. These cameras are then either fully integrated into the VIC for real-time monitoring or are registered with the APD such that footage can be accessed on demand.

    This means that what we’ve been able to map here represents no more than 4.2% of the City of Atlanta’s total surveillance capacity, and probably even less. But given that our total number of locatable cameras is only off by two from this August 2023 snapshot of the system, we think it represents a reasonably good proxy for the cameras owned and operated by the city itself (at least as of a couple years ago), and the geographies that APD has prioritized for continued surveillance. Any better picture of the geography of surveillance in Atlanta would require a successful lawsuit challenging the APD’s claim that such records are exempt from the Georgia Open Records Act, or an insanely herculean effort to crowdsource the locations of an additional 58,000 cameras (which probably isn’t the best use of anybody’s time).

    So where are all of these cameras located? As the table below shows, Downtown Atlanta is the most surveilled neighborhood in the city, with most of the rest of the top 10 neighborhoods being located on the city’s predominantly Black west and south sides. Of the 411 cameras Downtown, 93 are located at APD’s headquarters and another 68 are in City Hall, potentially making these two buildings the most surveilled places in the entire city. And yet, that doesn’t seem to stop some of the people who work there from doing all kinds of nonsense that is substantially more criminal and damaging in both its intent and its effect than whatever the surveillance cameras they’ve got embedded throughout the rest of the city are picking up.

    Given how much these interior cameras can distort our geographic picture, we’ve filtered them out and broken down the following maps by type of surveillance device. The map on the left in green represents the concentrations of just those exterior-facing conventional video surveillance cameras, while the one on the right shows the locations of LPRs on their own. Even still, Downtown and the neighborhoods surrounding it continue to show up as the primary hotspots, with some barely perceptible differences between their respective geographies otherwise.

    By putting the two data sources into conversation with one another via calculating an odds ratio as we do in the map below, we can suss out some of the finer distinctions between the geographies of video cameras and LPRs. This also allows us to compare the relative balance of the two types even though there are roughly twice as many video cameras as LPRs across the full dataset. So here, any of the areas marked in green have a higher-than-expected concentration of video cameras, while those in shades of purple have more LPRs than one would expect based on the overall balance of the two device types. Though the pattern isn’t dramatic, the biggest clustering of LPR-dominant areas is located throughout Buckhead, while most of those more generally surveilled areas in and around Downtown have either a balance of cameras and LPRs or more cameras than expected. While nothing more than speculation, it seems this could reflect a strategy of APD seeking to surveil the city’s most populated neighborhoods, along with those that are otherwise predominantly Black, with video cameras pointed at street level, while the LPRs concentrated in wealthy and whiter neighborhoods reflect a means of drawing a boundary around these spaces, assuming that any crime will be captured by cars entering or exiting the neighborhood.

    But do these cameras actually do anything to help prevent or solve crime? Or do they just record it? Several years ago, APF claimed that these cameras reduce crime 20-50% in their vicinity, but more recently they’ve revised that figure down to just 5%. The only evidence that’s been shared publicly to support these claims is entirely anecdotal. Given that the APD won’t release the full data necessary to fully evaluate these relationships – not to mention the fact that data on crime is extremely unreliable, if not functionally useless, in the first place – there’s no reason for us to take these claims seriously. The people responsible for managing these cameras don’t even know how many of them there are. APD has even admitted to something like 10-20% of their cameras not working at any one time, either because of problems with the technology or their own administrative incompetence. So if these cameras don’t actually stop crime or help to solve it, what are they for?

    The City of Atlanta’s massive investment in surveillance technology represents both a strategy of counterinsurgency and a kind of “extractive abandonment”. That is, it is a means of criminalizing and repressing social movements, political protest and dissent, as well as a way to commodify the general neglect of certain people and places into a publicly-funded revenue stream for private corporations when those dollars could be better spent actually providing the kind of meaningful services to Atlantans that prevents “crime” from happening in the first place.

    Even if these maps represent just a fraction of the full surveillance infrastructure blanketed across the city, they represent the first time that we’ve been able to visualize the geography of Atlanta’s surveillance cameras in this way. And if the APD believes this data is an insufficient or inappropriate sample, they’re more than free to release the full dataset on surveillance camera locations to the public for everyone’s benefit.

    https://mappingatlanta.org/2025/06/09/city-of-cameras
    #surveillance #caméra_de_surveillance #Atlanta #USA #cartographie #visualisation #cartographie_critique #cartographie_radicale #urbanisme #aménagement_du_territoire
    #ressources_pédagogiques
    via @fil

  • Et dans ma tête, les cartes...
    https://www.visionscarto.net/et-dans-ma-tete-les-cartes

    Cette contribution restitue les réflexions et les créations de quatre ateliers d’écriture et de cartographie sensible organisés en octobre 2024 à Massalia Vox, un lieu partagé dédié à l’éducation populaire. Les auteurs se sont engagés dans la production d’une carte collective pour imaginer « une ville rêvée » avec des habitant·es de différents quartiers de Marseille. Ils ont ainsi découvert le pouvoir narratif et la force suggestive de la cartographie. par Aroun Mariadas & Bruno Mathé (…) Billets

    #Cartographie_sensible
    #cartographie_radicale
    #cartoexperiment_2025

  • Atelier de cartographie de la répression et des futurs anti-carcéraux

    Cet atelier propose une initiation à la cartographie collective comme un outil d’exploration des espaces de contrôle et de répression dans nos villes sous différentes formes.

    La prison n’est que l’architecture la plus visible d’un système complexe qui comprend la répression de la solidarité et de la dissidence, la restriction de la liberté de mouvement, l’effacement des droits humains, le profilage racial, l’autoritarisme et la médicalisation forcée. Ce système repose sur une vision punitive comme unique réponse aux problèmes et conflits sociaux, tant à l’échelle européenne qu’en Italie, à travers d’anciennes et de nouvelles lois et décrets.

    En parallèle à cette cartographie du présent, nous voudrions collectivement essayer d’imaginer ensemble un futur sans prisons dans un avenir abolitionniste.

    #cartographie_radicale
    #cartographie_critique
    #orangotango

  • Le tour du monde de visionscarto.net (07)

    Cette année, pour passer de 2024 à 2025, nous vous emmenons dans un voyage virtuel autour du monde, en puisant dans nos archives, un jour un lieu, un jour une histoire.

    Jour 7 : Frontière Canada Alaska

    « Une carte textuelle de la frontière entre l’Alaska et le Canada » - août 2020

    https://www.visionscarto.net/carte-textuelle-alaska

    Par Emily Fuhrman

    « Une carte est une représentation symbolique d’un territoire physique. Si la « carte cartographique » représente un territoire au moyen d’une relation iconographique, ce n’est pas le cas d’une carte comme celle présentée ci-dessus. Purement textuelle, cette carte interroge la représentation linguistique d’un territoire aux extrêmes orthogonaux de la précision et de l’illisibilité. »

    #cartographie_radicale #cartoexperiment #canada #alaska

  • Le tour du monde de visionscarto.net (06)

    Cette année, pour passer de 2024 à 2025, nous vous emmenons dans un voyage virtuel autour du monde, en puisant dans nos archives, un jour un lieu, un jour une histoire.

    Jour 6 : États-Unis (Manhattan)

    « marcher sans être vu·e à Manhattan » - 2001

    https://www.visionscarto.net/reappartion-cartographie-radicale.html#manhattan

    Par l’Institut d’autonomie appliquée

    « Cette carte a été imaginée et conçue collectivement par des activistes — défenseurs et défenseuses des libertés civiles — regroupé·es au sein d’un improbable « Institut d’autonomie appliquée » (Institute for Applied Autonomy) en collaboration avec le New York Surveillance Camera Project, une émanation de la New York Civil Liberties Union. Ce collectif s’est organisé pour identifier et cartographier les milliers de caméras de vidéosurveillance qui filment l’espace public de la ville, y compris les caméras sur les bâtiments, celles qui surveillent les distributeurs automatiques de billets et les feux de circulation. »

    #cartographie_radicale #cartoexperiment #états_unis

  • Projet Duty free shop : l’évolution du terminal de l’aéroport d’Oslo, 2005-2007
    https://www.visionscarto.net/duty-free-shop-oslo

    Titre Projet Duty free shop : l’évolution du terminal de l’aéroport d’Oslo, 2005-2007 Mots-clés #cartographie_radicale #cartographie_expérimentale #transport #aéroport #espace_public #espace_privé #accaparement #colonisation #capitalisme #consommation #commerce #Oslo #Norvège #DFS Auteur Philippe Rekacewicz Date de création 2008-2012 #Cartothèque

  • Les trajets les moins surveillés à Manhattan aux environs de 2001
    https://www.visionscarto.net/manhattan-video-surveillance

    Titre Les trajets les moins surveillés à Manhattan aux environs de 2001 Mots-clés #cartographie_radicale #cartographie_expérimentale #États-unis #New_York #contrôle Source Institute of Applied Autonomy (IAA) with Site-R Apparition(s) An Atlas of Radical Cartography, Journal of Aesthetics and Protest Press, 2007 (Edited by Lize Mogel et Alex Baghat) Auteur Steve Rowell Date de création 2001 #Cartothèque

  • Art - peinture - musée Pinto, manille (Philippines)

    « Land to the Tillers », Cian Dayrit, 2018.

    Dans ce magnifique musée était exposé une œuvre de l’artiste Cian Dayrit, dont j’avais fait la connaissance à partir de 2014 alors que nous commencions à travailler sur le livre « This is not an atlas » avec les amis du collectif Orangotango + (Severin Halder, Paul Schweizer, Boris Michel, Karl Heyer, Silke Greth, Nico Baumgarten, Philip Boos, Janina Dobrusskin, Laurenz Virchow, Christoph Lambio).

    Deux œuvres de Cian Dayrit

    Source : This is not an atlas , Collectif Orangotango+, Transcript, pp. 150-151 2018

    Vous pouvez télécharger l’atlas ici : https://notanatlas.org/book

    C’était particulièrement émouvant de le retrouver dans une des salles "décoloniale" du musée de Manille après la publication de « This is not an atlas », qui reste à ce jour une des plus belles rencontres de "contre-cartographie" (je préfère le terme de cartographie radicale, ou encore expérimentale, ou activiste ou sensible, mais tout est permis bien entendu), avec la présence de collègues et d’ami·es chèr·es comme Elisa Bertuzzo, Denis Wood, John Krygier, Julia Risler, Pablo Ares (Iconoclasistas), Sarah Mekdjian, Anne-Laure Amilhat Szary et Élise Olmédo.

    J’ai fait un petit résumé de sa démarche ci-dessous en m’inspirant partiellement de ce qu’en dit le This is not an atlas :

    Cian Dayrit utilise la cartographie en combinaison avec l’art pour aborder les questions de pouvoir, de contrôle et de mémoire. IL essaye de visualiser l’information de manière artistique, un peu comme le faisait Mark Lombardi de manière plus géométrique. C’est un art de résistance, Cian Dayrit met en scène les classes pauvres, marginalisées, discriminées et les minorités. Il essaye de dénoncer la colonisation, les brutalités, les viols et les dépossessions qui vont avec, autant pendant la période coloniale que dans le « monde contemporain décolonial »

    Il a exposé un peu partout dans le monde, en particulier deux œuvres majeure :

    l’Atlas of the Global South Présenté pour la première fois à la galerie Kaida (Manille) en 2016, dans laquelle on retrouve des tensions géopolitiques, du néocolonialisme et des politiques néolibérales qui dévastent le « sud global ». Les cartes mettent en scène les inégalités, le pouvoir hégémonique et la violence

    Cartography for Colonialisme où l’artiste propose des lectures alternatives des frontières coloniales, dénonce les cartes conventionnelles qui visent à maintenir les structures traditionnelles du pouvoir politique, et enfin essaye des expérimentations narratives et cartographiques pour aborder l’histoire et la géographie coloniale sous l’angle du « bas », c’est-à-dire des conséquences désastreuses pour les peuples colonisés. Il questionne de manière « dynamique » (to put it mildly) les pratiques cartographiques impérialistes.

    Cian Dayrit explique enfin qu’il ne pourrait rien faire de tel sans des collaborations avec des collectifs, des syndicats, des universitaires et d’autres personnes. Son art est résolument participatif, ouvert et généreux. Cette pratique est en grande partie née de la nécessité d’articuler les questions relatives à la justice sociale et à l’inégalité, en particulier avec les communautés paysannes et autochtones qui explorent les modes de résistance au système étatique néocolonial et semi-féodal qui exploite de manière rampante les secteurs marginalisés de la société philippine. Il s’est associé avec divers participant·es pour faire des ateliers et produire des cartographies basées sur les communautés, mêlant ethnographie, géographie et art. Ces ateliers consistaient à demander aux participants de dessiner des cartes de leur vie quotidienne dans des espaces de protestation et des campements à Manille...

    Et pour finir en beauté cette œuvre de cian :

    Pagsasanay sa paggawa ng isang counter-map (Instructions on How to Create a Counter Map), 2020.

    Petit clin d’œil aux initiateurs et initiatrices à la cartographie radicale, sensible et expérimentale !

    Pour aller plus loin, vous pouvez lire un très bel article sur son approche radicale :

    How To Wipe Colonialism Off The Map : Cian Dayrit’s Subversive Cartography

    https://artreview.com/how-to-wipe-colonialism-off-the-map-cian-dayrits-subversive-cartography

    #cartographie
    #cartographie_radicale
    #colonialisme
    #cian_dayrit
    #philippines

  • La cartographie sensible et participative. Pour qui, pour quoi, comment ?

    Dans ce Tuto, nous abordons les méthodes et apports de la cartographie dite « sensible » comme processus d’exploration et mode de co-écriture scientifique.

    Dans un premier temps, #Morgane_Dujmovic présentera les évolutions récentes des cartes sensibles et leur contribution à l’épistémologie et aux méthodologies des sciences sociales. De façon croissante ces quinze dernières années, des travaux au croisement de la recherche, des pratiques artistiques et/ou du travail social se sont intéressé à des solutions graphiques adaptées à la subjectivité des récits. Dans le domaine de la cartographie, l’approche sensible a exploré l’utilisation de techniques manuscrites ou manuelles permet d’évoquer les dimensions narratives, psychologiques et émotionnelles des récits de vie, par exemple l’atténuation (Khalili 2011) et la représentation manuscrite du fond de carte (B. Ahmed et Dujmovic 2017) ou la construction d’une légende commune (Amilhat Szary et Mekdjian 2015). Les cartes sensibles entendent ainsi mobiliser les sens et la sensibilité des cartographes, pour susciter ceux des lecteurs ou lectrices de la carte (Rekacewicz et Tratnjek 2016, Mekdjian et Olmedo 2016).

    Plus rares sont les travaux qui comportent une dimension participative affirmée. La seconde partie du Tuto aborde la carte comme outil d’expression, de restitution, et comme mode relationnel. Nous verrons comment on peut appliquer ces réflexions sur le terrain et comment les retranscrire en pratiques cartographiques, à partir du projet « CartoMobile » qui s’intéresse aux savoirs et représentations de personnes exilées dans des contextes frontaliers violents (frontières françaises, balkaniques et Méditerranée centrale). Morgane Dujmovic détaille le dispositif d’ateliers cartographiques itinérants qui lui a permis de fabriquer des processus cartographiques « à hauteur d’individus », adaptées aux expériences singulières de la frontière – de la formulation d’un projet de carte, aux choix de sémiologie graphique et de valorisation. On s’interrogera ainsi sur le potentiel des co-écritures graphiques sensibles pour générer des recherches à plusieurs mains et plusieurs voix.

    Ce Tuto ouvre également une réflexion sur la restitution et la réception de telles cartes, où sont à nouveau questionnées les possibilités de participation de personnes dont les savoirs sont peu entendus, délégitimés et/ou mis en silence. Cette réflexion s’appuie sur deux expériences de restitution collective : l’exposition participative issue de la CartoMobile, qui fait interagir le public avec les récits cartographiques de personnes exilées, et le projet art-science « Freestyler la carte » qui met en dialogue et en jeu la musique, le corps et la voix dans la représentation de l’espace en exil (actuellement en création avec l’artiste congolais Wanny S-King dans le cadre d’une résidence EHESS/Fondation Camargo).

    https://mate-shs.cnrs.fr/actions/tutomate/tuto60_carto-sensible_dujmovic

    https://www.youtube.com/watch?v=2o5SMn-ihNA&t=35s

    #cartographie_participative #cartographie_sensible #visualisation #méthodologie #conférence #cartographie_radicale #migrations #frontières #imaginaire #ressources_pédagogiques #sémiologie_graphique #sens #sensibilité #contre-cartographie #espace_vécu #choix_graphiques #savoirs_expérientiels #vidéo

    ping @visionscarto @reka

  • Histoire de la cartographie du XXe siècle : Visionscarto publie ce matin la version française d’un remarquable opus de Gilles Palsky publié initialement en anglais, qui explore l’œuvre de deux cartographes radicaux avant l’heure, Frank Horrabin, socialiste britannique, et Alexander Radó, communiste hongrois.

    Des cartes pour dénoncer l’impérialisme

    https://www.visionscarto.net/es-cartes-pour-denoncer-l-imperialisme

    par Gilles Palsky, Professeur de géographie
    université de Paris I Panthéon-Sorbonne

    « Horrabin et Radó envisageaient les cartes comme des outils permettant de dénoncer et de combattre l’impérialisme bourgeois. Ils présentaient leurs travaux comme des projets nouveaux, différents des atlas ordinaires, qu’ils voulaient ancrés dans l’actualité et offrant des approches dynamiques. »

    #cartographie_radicale #précurseurs #rado #horrabin #histoire_de_la_cartographie