• La classification des drogues n’a rien de scientifique, et c’est un problème | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/178929/sante-publique-classification-drogues-licites-illicites-politiques-internation

    Bien évidemment, les frontières séparant les substances légales de celles qui ne le sont pas n’ont aucune valeur scientifique ou médicale : la cartographie, ici, n’est que la résultante d’une longue histoire de domination culturelle, économique et politique. Ces frontières sont d’ailleurs mouvantes, comme en témoigne l’actuel courant international de dépénalisation/légalisation du cannabis. Aucune corrélation n’est établie entre les effets psychotropes, les plaisirs procurés et les dégâts individuels et collectifs.

    Quant à la classification actuelle, loin d’être scientifiquement fondée, elle est bien souvent « tributaire de l’idéologie, des préjugés et de la discrimination de groupes de population marginalisée, voire des intérêts financiers de l’industrie pharmaceutique ».

    Ca me fait pensé à l’émission sur la chasse écouté hier
    https://seenthis.net/messages/789877
    Le problème des classification me semble etre le même.
    Les chasseurs se vantent d’être des écolos qui connaissent, aiment et entretiennent la nature. Or dans la chasse les animaux sont classés en fonction de l’arme utilisé pour les tuer. Gros gibier = gros calibre, petit gibier = petit calibre. Pour les drogues, le classement des drogues est fonction de l’histoire coloniale.

    #taxonomie #catégories #drogue #vocabulaire #colonialisme

  • Les Français, ces migrants dont on parle peu

    Qui sont les Françaises et les Français qui partent s’installer, pour des durées variables, dans un pays du #Maghreb ?

    Alors que le langage courant les qualifie tour à tour de « #retraités », d’« #expatriés », d’« #entrepreneurs » ou de « #binationaux », les spécialistes des migrations internationales s’y intéressent peu. Cela est particulièrement vrai en France où le champ d’études s’est constitué autour du « problème de l’immigration », en se concentrant longtemps sur la figure emblématique du « travailleur immigré » comme le rappelle le sociologue Abdelmalek Sayad.

    Or les recherches que nous menons depuis plusieurs années au sein du programme Mobilités Nord-Sud montrent que la majorité des expériences individuelles de migration se situent à la croisée de logiques économiques, identitaires, hédonistes ou sentimentales.

    Des migrations peu connues

    Sous couvert d’une « mobilité » banalisée parce que privilégiée, l’estimation fiable de ces déplacements est difficile. Les sources statistiques locales ne sont pas systématiquement mises à jour et les chiffres fournis par les services consulaires français restent lacunaires. Les plus récents font état de 119 147 Français inscrits en Afrique du Nord dont 23 324 en Tunisie, 41 780 en Algérie et 54 043 Maroc. Plus des deux tiers seraient des bi-nationaux selon le dernier Rapport du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

    En raison du caractère facultatif de l’inscription auprès de représentations nationales à l’étranger, ces données ne sont qu’indicatives. Au Maroc, par exemple, le nombre de ressortissants français non-inscrits oscillerait entre 25 000 et 40 000 selon les sources ou comme le rapporte la sociologue Chloé Pellegrini.

    Concernant les parcours de ces individus, une enquête effectuée en 2013 par la Direction des Français à l’étranger a montré que 6 % des 1 610 000 individus inscrits au registre mondial des Français établis hors de France résident dans l’un des trois pays du Maghreb. Si pour les autres destinations, la durée moyenne de résidence est comprise entre 1 à 5 ans, 42 % des Français présents au Maghreb y vivent depuis au moins 10 ans.

    Par ailleurs, si 48,7 % indiquent séjourner en Afrique du Nord pour des raisons familiales ou personnelles, seulement 28,7 % le font pour des raisons professionnelles. Or, nos enquêtes mettent plutôt en garde contre la séparation du personnel et du professionnel, attirant l’attention sur les points de convergence entre l’un et l’autre.
    Expatriation, tourisme, retour : des catégories réductrices

    Derrière l’opacité statistique se donne à voir l’hétérogénéité et le dynamisme de ces mobilités. Les catégories traditionnellement utilisées – expatriation, tourisme, retour – montrent ici leurs limites. Non seulement ces termes demeurent le plus souvent approximatifs, mais aussi, dans certains cas, stigmatisants.

    Ainsi en est-il, par exemple, du mot « expatrié », dit familièrement « expat ». Sur le plan juridique, il s’agit de professionnels missionnés par leur État de tutelle, ou par une entreprise, qui leur assure un système de protection spécifique et des ressources matérielles conséquentes dans l’exercice d’une fonction à l’étranger (voir la définition du Larousse, les sites service-public et diplomatie.gouv.fr).

    Dans le langage courant, l’expression « expatrié » ne désigne toutefois pas uniquement ces professionnels, mais s’étend à tout ressortissant français vivant au Maghreb, et, plus largement, à toute personne issue d’un pays du « Nord » qui réside au « Sud ».

    Un imaginaire chargé de connotations négatives

    Il faut ajouter que l’imaginaire qui accompagne ce terme est à tel point chargé de connotations négatives, convoquant d’emblée le privilège, l’entre-soi, le désintérêt, voire le mépris pour la société locale, que bon nombre d’individus tiennent à s’en distancier.

    Sophie, 38 ans, installée professionnellement en Tunisie depuis trois ans et dont le mari et les deux enfants sont restés vivre en France, fait par exemple valoir l’authenticité de son rapport à la société locale :

    « Pour moi, l’idée ce n’est pas de vivre dans une tour d’ivoire, ce n’est pas ma façon d’être. Et si j’ai fait le choix d’être proche de la vraie vie, d’aller au marché trois fois par semaine, ce n’est pas juste pour le fun, c’est pour vivre sur le terrain, vivre avec la population, comprendre aussi la situation du pays. C’est même le choix aussi d’habiter à l’Ariana plutôt que dans les quartiers aisés au nord de Tunis. J’ai eu l’occasion de rencontrer des gens qui sont là depuis 10, 15 ans, qui sont dans des administrations françaises, qui ont une vision… Moi je préfère être dans des quartiers plus populaires, loin des plages ».

    On retrouve les mêmes limites terminologiques à propos de ces Françaises et de ces Français qui passent la période hivernale dans les stations balnéaires ou les villes du Maroc et de Tunisie.

    Le terme de « touriste » est difficilement applicable à celles et ceux qui, dans le cadre de logiques résidentielles plus autonomes, passent des saisons entières dans ces mêmes stations, voire s’y installent durablement pour ne plus faire que de brefs séjours dans leurs pays d’origine.

    « La médina, c’est pour les touristes »

    C’est aussi le cas des « camping-caristes », expression qui connaît d’année en année un succès grandissant au Maroc, ou plus largement des nombreux retraités qui choisissent, plus ou moins durablement, de s’implanter dans la rive sud de la Méditerranée.

    La question de la durée et de la fréquence du déplacement, conjuguée à celle des formes d’installation, appelle ainsi à réinterroger la catégorie du tourisme et à penser ses continuums avec la migration. Au Maroc, par exemple, de nombreux Français s’installent dans le prolongement d’un séjour touristique, qui fut parfois très bref. Si les Marocains les appellent parfois « les touristes qui vivent ici », ces Français ne se reconnaissent pas comme tels et revendiquent bien être des « installés ».

    Anne, gérante de café à Essaouira explique :

    « J’ai visité un local hier qui m’a bien plu, où je pourrais faire de la cuisine, dans un autre quartier, à Azlef, où il y a beaucoup de résidents. Je ne veux plus être dans la médina, c’est pour les touristes ! Et, nous, les résidents, nous venons peu ici, même presque jamais. Je vise une clientèle de résidents, maintenant ».

    Les « binationaux » en question

    La mobilité des descendantes et descendants d’immigrés maghrébins en France – couramment appelé·e·s « binationaux » –, installé·e·s à divers titres dans le pays des origines de la famille, renvoie à une autre aporie des flux vers le Maghreb.

    Régulièrement et maladroitement qualifié de « retour », ce type de mobilité est ramené d’office à l’expérience migratoire des parents, que les enfants parachèveraient en décidant de franchir le pas inverse.

    Or, les acteurs démentent cette lecture circulaire et mettent plutôt en avant des logiques qui leur sont propres. Neila, journaliste sur la trentaine, habite à Alger depuis un an et demi au moment de notre rencontre. Fille d’un couple mixte franco-algérien, elle explique :

    « J’ai fait ce choix-là mais j’avais jamais mis les pieds en Algérie avant de débarquer en avril 2012 donc c’est pas un retour ! Beaucoup me disent “tu es retournée en Algérie” mais vu que je ne connaissais pas le pays, ce n’est pas du tout un retour, c’était une vraie découverte. Bon, j’y suis partie pour plusieurs raisons. D’abord parce que j’avais ce projet en tête depuis longtemps, je voulais connaître l’Algérie. Et je me suis dit que je ne voulais pas connaître l’Algérie juste de passage parce qu’on raconte tellement de choses, tellement d’images, tellement de vécu… Et donc je me suis dit, la meilleure façon de connaître ce pays, c’est d’exercer mon métier de journaliste. Parce que ça m’ouvrirait, voilà, je connaîtrais la société, plusieurs milieux… donc j’ai cherché du travail. Parce qu’aussi j’arrivais à la fin d’un contrat et j’avais aucune opportunité sérieuse en France. »

    Pour cette catégorie d’individus, il est clairement question d’une imbrication de facteurs où l’opportunisme professionnel rencontre éventuellement le souhait de mieux connaître ses origines et, plus rarement, de dépasser les situations de racisme et de discriminations vécues dans l’hexagone.
    Ajustements et nouveaux caps

    La situation de départ initiale fait parfois l’objet d’ajustements qui dessinent un nouveau cap. Sébastien, 37 ans, avait été envoyé à Alger en tant que salarié d’un groupe français détaché en Italie. Les possibilités du marché conjuguées à une qualité de vie somme toute agréable l’ont poussé à revoir son installation et à créer sa propre société.

    D’autres se heurtent à des phénomènes de précarisation, dont les formes, très variables, imposent parfois un retour en France ou un départ vers un autre ailleurs. C’est le cas d’Alice, 19 ans, qui vit au Maroc depuis un an au moment de l’entretien. Elle travaille dans une boutique tenue par une Française pour un salaire marocain (2 500 dh soit 250 euros par mois) et ne sait pas si elle pourra rester, n’ayant pas les moyens de créer sa propre entreprise.

    Le renouvellement des opportunités professionnelles, une rencontre amoureuse, l’appartenance à un réseau d’interconnaissances, l’amélioration de la qualité de vie, ou encore le sentiment de pouvoir accéder à une mobilité sociale ascendante constituent autant de facteurs susceptibles de reconfigurer (positivement) les parcours migratoires.

    S’intéresser à ces expériences permet d’interroger les trajectoires maghrébines des Françaises et des Français au-delà des stéréotypes et des idées reçues qui les devancent et au sein desquels l’assignation à la dimension du privilège s’impose le plus souvent.

    https://theconversation.com/les-francais-ces-migrants-dont-on-parle-peu-116384
    #émigration #France #migrations #vocabulaire #terminologie #mots #migrations_nord-sud #catégories #catégorisation #imaginaire #tourisme

    ping @reka @sinehebdo

  • Réformes socio_fiscales, Sentiment d’injustice et révolte sociale , Pierre Merle
    https://laviedesidees.fr/Sentiment-d-injustice-et-revolte-sociale.html

    La connaissance des gains en pouvoir d’achat des catégories les plus aisées doit être complétée par l’analyse détaillée de la situation des catégories populaires et moyennes (Madec, Plane et Sampognaro, 2018). Pour être complète, une telle analyse ne doit pas se limiter à la seule augmentation de la CSG et aux mesures relatives à la détention et aux revenus du capital mais porter sur l’ensemble des dispositions socio-fiscales qui exercent un effet sur le #revenu disponible des ménages (chèque énergie, #prime_d’activité, revalorisation AAH, RSA et ASPA, baisse de la taxe d’habitation et, évidemment, l’effet de fiscalité écologique et de la fiscalité sur le tabac).

    Pour les quatre premiers vingtiles, l’ensemble des mesures prises par le gouvernement exerce en 2018 des effets le plus souvent négatifs sur le niveau de vie moyen des plus #pauvres (-0,6% pour le premier vingtile). L’effet négatif de la fiscalité écologique est particulièrement marqué. Ce calcul de l’évolution du pouvoir d’achat permet de connaître un effet moyen par vingtile (cf. tableau). Il présente toutefois deux limites. D’abord, l’impact des mesures socio-fiscales du budget estimé jusqu’en décembre 2018, c’est-à-dire en année pleine, est plus favorable aux premiers déciles (Madec, Plane et Sampognaro, 2018). Ensuite, pour les #travailleurs_pauvres qui ne bénéficient pas des mesures sociales (revalorisation RSA, ASPA et AL), la baisse du niveau de vie est plus forte (cf. tableau). Cette baisse est encore plus marquée pour les professions aux revenus modestes dont l’usage de la voiture est particulièrement fréquent (aides ménagères, aides à domicile, ambulanciers, artisans, infirmières libérales, VTC ne bénéficiant pas de détaxe sur le carburant, etc.). Il en est de même des populations rurales. Les analyses cartographiques réalisées par Hervé Le Bras montrent que ces populations spécifiques sont surreprésentées parmi les gilets jaunes.

    Impact des mesures socio-fiscales du budget par vingtile de #niveau_de_vie en moyenne (en % du niveau de vie)

    Où va la France populaire ? Nicolas Duvoux & Cédric Lomba
    https://laviedesidees.fr/Ou-va-la-France-populaire.html

    La #classe_ouvrière n’est plus, la France populaire se fragmente entre classes moyennes et #précarisation croissante. Ce nouvel ouvrage de la collection Vie des idées - Puf dresse une cartographie fine et vivante d’un milieu en pleine recomposition qui tente de faire face, individuellement et collectivement, aux #inégalités_sociales.

    Les « gilets jaunes », une transition populiste de droite
    http://theconversation.com/les-gilets-jaunes-une-transition-populiste-de-droite-110612

    On peut alors émettre l’hypothèse selon laquelle le mouvement des « gilets jaunes » devient, dans ce cadre, le « passeur » du populisme RN en le désenclavant de la situation de blocage sur laquelle le macronisme a pu élaborer sa stratégie électorale.

    #catégories_populaires #gilets_jaunes #populisme #RN #extrême_droite

  • Les panneaux muraux des “Catégories de mots“ appartenant à “La #grammaire en couleurs©“, de C. et M. Laurent

    De la pratique d’une grammaire inductive à la maîtrise de l’orthographe grammaticale et de la langue. Faire faire de la grammaire autrement, en accordant aux apprenants la confiance qu’ils méritent.

    Parallèlement à notre expérience personnelle de praticien, différentes études montrent que les insuffisances en orthographe grammaticale vont la plupart du temps de pair avec des connaissances grammaticales bien trop floues.

    Conformément à cette réalité, notre thèse est que la compréhension du système orthographique français et sa maîtrise à l’écrit doivent passer par l’acquisition préalable des notions de grammaire nécessaires.

    Encore faut-il, au plan de la conduite de la classe ou des cours, que l’enseignant dispose d’outils pertinents permettant de faire construire les savoirs et savoir-faire nécessaires.


    https://www.uneeducationpourdemain.org/les-panneaux-muraux-de-la-grammaire-en-couleurs-de-christian
    #pédagogie #écriture #grammaire_en_couleurs #technique_d'apprentissage

    • Ecrire dans l’#enseignement supérieur - Des apports de la recherche aux outils pédagogiques

      Consacré à la formation à l’écrit dans l’enseignement supérieur, cet ouvrage répond à des attentes très actuelles : si l’on sait aujourd’hui que les étudiants ont besoin de développer encore leurs compétences écrites, les enseignants n’ont pas toujours la formation requise pour satisfaire ces besoins. Il vise à mettre en perspective les avancées de la recherche dans le champ foisonnant des littéracies universitaires - champ qui réunit des spécialistes à l’échelle internationale - et la formation à l’écrit dans le cadre des activités pédagogiques au niveau supérieur.
      Il s’agit donc de lier systématiquement les dimensions « recherche » et « terrain » . Les démarches pédagogiques proposées ont en commun de favoriser l’implication des étudiants en mettant en oeuvre une approche inductive de la connaissance. L’ouvrage est construit en deux parties. Composée de cinq chapitres, la première partie porte sur des aspects complémentaires du travail sur l’écrit et propose une réflexion didactique et des outils pédagogiques pour la classe : - Chapitre 1 : Les défis de l’enseignement supérieur et l’état des recherches sur les littéracies universitaires - Chapitre 2 : Travailler le texte : ponctuation, anaphores et collocations - Chapitre 3 : Travailler la cohérence du texte - Chapitre 4 : Ecriture créative et construction de connaissances à l’université - Chapitre 5 : Ecrire en tant qu’apprenti chercheur Proche du format « manuel » , la seconde partie de l’ouvrage présente de manière complète et détaillée un scénario pédagogique centré sur un aspect particulier de l’enseignement de l’écrit : l’orthographe et la grammaire.
      Ainsi, le praticien trouvera dans cette partie toute la matière nécessaire à une mise en oeuvre pédagogique effective dans sa classe.


      http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100756800
      #enseignement_supérieur
      #livre

    • En fait, @bce_106_6, c’est des méthodes qui sont très intéressantes.
      J’ai vu les résultats de la première méthode mise en place par Gattegno qui s’appelle « #silent_way », utilisée par l’association Camarada à Genève. Notamment une méthode intéressante pour l’apprentissage des langues étrangères pour un public peu ou pas du tout alphabétisé :

      Une approche collective et des parcours personnalisés

      Dans la mesure des places disponibles, il est proposé à chacune un programme à la carte de 3, 6 ou 9 heures par semaine, selon ses besoins, sa disponibilité et sa situation personnelle.

      Les cours de français, organisés en 4 niveaux (2x3h/sem), posent les bases de la communication orale et écrite. L’accent est mis sur la capacité à communiquer : comprendre et s’exprimer. L’approche gattegno permet une entrée dans l’apprentissage de la langue par la phonétique. La prononciation est au cœur du processus, car une bonne discrimination auditive permet aussi d’écrire avec plus de précision.
      L’approche Gattegno

      Aux rectangles de couleurs sont associés les différents sons ; pour le français : 17 sons voyelles et 20 sons consonnes. Ils sont ensuite associés aux différentes manières de les lire et de les écrire pour constituer les mots (niveau 1), puis les phrases (niveau 2), puis les textes (niveau 3) selon les référentiels de compétences du C9. L’approche gattegno offre un code de communication commun bien adapté à la diversité de nos apprenantes (langues maternelles et niveaux de scolarité).

      http://www.camarada.ch/formation-et-integration/sub-page

      Expliquer les concepts qui sous-tendent le Silent Way

      Le Silent Way est généralement défini comme une méthode d’enseignement des langues étrangères dans laquelle les enseignants sont silencieux la plupart du temps et utilisent des réglettes et des tableaux comme leurs principaux instruments d’enseignement. Bien que les enseignants Silent Way utilisent les réglettes et les tableaux la plupart du temps, il peut y avoir de l’enseignement Silent Way sans ces outils, de même qu’il peut y avoir des enseignants qui utilisent les outils conseillés mais qui ne suivent pas vraiment le Silent Way

      La confusion se produit lorsque l’on comprend le Silent Way comme une méthode d’enseignement plutôt que comme une approche de l’enseignement.

      Une méthode se réfère à « un plan d’ensemble pour la présentation ordonnée du matériel de la langue, dont aucune partie ne contredit (et tout est fondé sur) l’approche choisie. Une approche est axiomatique, une méthode est une procédure. » (E. Anthony, « Approach, method and technique, » English Language Teaching)

      Une approche se réfère à « un ensemble d’hypothèses corrélatives qui traitent de la nature de la langue et de la nature de l’enseignement et de l’apprentissage de la langue. Une approche est axiomatique… Elle établit un point de vue, une philosophie… » (Anthony). Caleb Gattegno utilisa la même approche de l’enseignement pour les mathématiques, la lecture et l’écriture, les langues et d’autres sujets scolaires. Je considère que la caractéristique commune à toutes ces approches est ce que Gattegno a appelé « La subordination de l’enseignement à l’apprentissage. » Le Silent Way est le nom qu’on donne à la subordination de l’enseignement à l’apprentissage lorsqu’elle est appliquée aux langues étrangères. La subordination de l’enseignement à l’apprentissage signifie qu’on focalise son enseignement sur des besoins de l’apprenant. Gattegno avait coutume de dire « J’enseigne aux personnes et elles apprennent la langue. » Ceci signifie que l’enseignant et l’élève se concentrent sur des choses différentes pendant la leçon. C’est la tâche des élèves de gérer leur apprentissage ; c’est le travail de l’enseignant de travailler sur les élèves en présentant la langue de telles façons qu’elles forcent la prise de conscience et la présence à l’instant.

      Dans une classe Silent Way, la subordination de l’enseignement à l’apprentissage peut être mise en ouvre selon la séquence suivante :

      L’élève fait une expérience avec la langue. Il produit une phrase, une construction grammaticale, une combinaison de sons.
      L’enseignant donne un feed-back au sujet de l’expérience en indiquant la présence d’une erreur ou d’une imperfection. Ce feed-back représente l’expérience ou essai de l’enseignant. Notez que le feed-back n’inclut jamais la correction de la faute mais uniquement une indication d’où elle se trouve.
      L’élève fait une expérience supplémentaire en essayant de se corriger, ce qui fournit un feed-back à l’enseignant.
      L’enseignant déduit de la phrase produite si son essai était approprié ou utile.
      Le cycle continue jusqu’à ce que la production de l’élève soit adéquate, correcte et vraie.

      https://www.uneeducationpourdemain.org/expliquer-les-concepts-qui-sous-tendent-le-silent-way

  • Les routes de l’#esclavage (1/4)
    476-1375 : au-delà du désert

    Domination, violence, profit : le système criminel de l’esclavage a marqué l’histoire du monde et de l’humanité. Au fil de ses routes, cette série documentaire retrace pour la première fois la tragédie des traites négrières. Captivant et implacable. Premier volet : de la chute de Rome en 476 à la fin du XIVe siècle.

    Après la chute de Rome en 476, les peuples (Wisigoths, Ostrogoths, Berbères, Slaves, Byzantins, Nubiens et Arabes) se disputent les ruines de l’Empire. Tous pratiquent l’asservissement – « esclave » viendrait du mot « slave ». Mais au VIIe siècle émerge un Empire arabe. Au rythme de ses conquêtes se tisse, entre l’Afrique et le Moyen-Orient, un immense réseau de traite d’esclaves, dont la demande ne cesse de croître et qui converge vers Bagdad, nouveau centre du monde. Après la révolte des Zanj – des esclaves africains –, qui s’achève dans un bain de sang, le trafic se redéploie vers l’intérieur du continent. Deux grandes cités commerciales et marchés aux esclaves s’imposent : Le Caire au nord, et Tombouctou au sud, place forte de l’Empire du Mali d’où partent les caravanes. Au fil des siècles, les populations subsahariennes deviennent la principale « matière première » de ce trafic criminel.

    https://www.arte.tv/fr/videos/068406-001-A/les-routes-de-l-esclavage-1-4

    #film #documentaire #Afrique #Empire_romain #histoire #pratique_généralisée #traite #Fustat #économie #Nubie #guerre #violence #butins_de_guerre #Bagdad #main-d'oeuvre #Islam #Berbères #dromadaires #Sahara #Tombouctou #Empire_du_Mali #or #altérité #Touareg #essentialisme #fatalité #Basora #Le_Caire #esclaves_domestiques #paternalisme #négation_de_l'être #domination #esclavage_doux #oasis #Atlas_catalan

    #Catherine_Coquery-Vidrovitch :

    Dans l’Empire arabo-musulman, « l’#esclave n’était pas différencié par sa couleur, ça ne comptait pas. L’esclave était différencié par sa #culture. Il n’avait pas la culture du dominant »

    #géographie_culturelle #domination

    #Ibrahima_Thioub, université Cheickh Anta Diop, Sénégal :

    « Pour mettre en esclavage un individu, un des phénomènes importants c’est de le construire comme autre, de construire une #altérité. Les sociétés humaines ont des registres assez larges. On peut utiliser la différence de #couleur_de_peau, la différence de #religion. Dans la #traite_trans-saharienne, on va combiner les deux ».

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahima_Thioub

    Ibrahima Thioub :

    « L’intérêt des maîtres, c’est de faire croire à l’individu qu’il est esclave non pas parce qu’un jour on lui a opposé un rapport de force qui est réversible, mais parce que, par sa nature, il est destiné à être un esclave. C’est une #idéologie extrêmement forte. Si votre sang est considéré comme un sang servile, et que cette nature vous la transmettez à votre descendance, il devient impossible de sortir du phénomène esclavagiste »

    Selon ce qui est dit dans ce reportage, 3,5 millions d’Africains ont circulé sur les routes de l’esclavage entre le 7ème et le 14ème siècle.

  • http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/70-multitudes-70-printemps-2018

    Derrière ce #bloody_paywall se cache un excellent article de Yann Moulier Boutang que je copie-colle ici sans vergogne excessive, grâcieusement offert par quelque dysfonctionnement inopiné d’un agrégateur de flux rss.

    C’est assez clinique comme analyse et au delà de s’élever contre les futurs lois contre l’immigration, ça a le mérite supérieur de démontrer que cette politique est juste stupide, démonstration qui n’est finalement pas inutile.

    Je ne mets pas en citation pour éviter le rapetissement d’un texte inaccessible autrement

    Misère du monde ou misère des politiques migratoires ?

    Pour repousser une régularisation massive (de quelques dizaines de milliers de sans-papiers), Michel Rocard, loin d’être le plus bête ou le plus pusillanime des hommes politiques de la gauche française, avait lâché la célèbre bourde : « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. » Pourquoi une bourde ? Parce que la misère du monde n’a pas la force physique et mentale de quitter son pays d’origine. Seuls ceux qui en veulent affrontent l’exil. Gérard Collomb, avec son projet de loi sur l’asile et l’immigration, vient de cumuler à peu près toutes les erreurs qu’on peut commettre en matière de migrations internationales : les termes dans lesquels il a posé les débats, les catégories (donc les différenciations qu’il entend introduire), les solutions prônées, les résultats, le ton, la méthode, les propositions, tout est bon à jeter au cabinet, comme on dit chez Molière. La Présidence Hollande s’était enlisée dans le grotesque projet de déchéance de nationalité. Visiblement la leçon n’a pas été tirée.

    Gérard Collomb peut se consoler sur un point : il est aussi nul que ses prédécesseurs de gauche et de droite passés, que les Insoumis, centristes, marinistes et autres philippotistes futurs . Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Les associations qui connaissent le terrain depuis plus d’un demi-siècle, quelques intellectuels pourtant conseillers ou soutiens d’Emmanuel Macron, comme Jean Pisan-Ferry, ont émis un timide « Non possumus ». Le Défenseur des droits, Jacques Toubon ; a mis les pieds dans le plat courageusement. Yann Moix a remis l’ancien maire de Lyon à sa place. Pour le reste, les critiques ou propositions de l’opposition interne ou externe au gouvernement ont été d’une rare insanité, y compris celles qui se réclament d’un « peu plus de tendresse dans un monde de brutes », confondant migrations et chocolat (Lindt) !

    Demandez à n’importe quel expert réel en matière de migrations internationales en France et ailleurs1 (pas ces jeunes conseillers de l’administration aux dents acérées mais aux idées courtes). Tous ont souligné le niveau lamentable du débat. Il y a de quoi enrager : répétez dix fois, vingt fois que s’abriter derrière la distinction entre réfugiés politiques, qu’on pourrait admettre, et migrants économiques, qu’il faudrait châtier et renvoyer séance tenante « chez eux », est une ânerie ; quand le problème à traiter est celui des réfugiés économiques, vous verrez réapparaître ce distinguo éculé, qui est réaffirmé avec un mélange insupportable de naïveté et de morgue.

    Tuez-vous à rabâcher méthodiquement depuis cinquante ans, que le durcissement des conditions d’accès au permis de séjour est à la fois injuste et parfaitement inefficace. Mieux, démontrez que le système lui-même de permis de travail est une forme de travail forcé et d’esclavage temporaire moderne (y compris par une thèse de 500 pages De l’esclavage au salariat, 1998, PUF), vous aurez toujours l’inertie des gratte-papier et des officiers de police administrative qui opposent aux droits fondamentaux de la personne, l’application de la énième circulaire ou pire, la haïssable pratique de l’état de fait : couper l’eau aux migrants puis la rétablir quand on a été désavoué par le Conseil d’État, à hauteur d’auges à cochons, gazer les couvertures de sans-abri, laisser mourir de froid des adolescents qui se lancent dans la traversée des cols des Alpes. On peut comprendre la rage qui saisit toute personne qui a vaguement une âme. Mais la rage contre des abrutis ou des canailles de petite volée n’est rien à côté de celle, métaphysique et purement intellectuelle, qui saisit le chercheur quand il voit un gouvernement s’asseoir sur tout élément de savoir rationnel.

    Prenons le grand argument de l’équilibre (à la française sans doute ?) de la loi en gestation

    Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser ?

    Les Tartuffes français de l’asile après avoir temporisé tout ce qu’ils pouvaient pendant 6 ans annoncent, avec un sérieux passablement comique, être prêts post festum à accueillir 150 000 réfugiés estampillés « pur jus », alors que l’Allemagne en a déjà reçu plus d’un million. Certes, la France peut trouver encore plus pingre qu’elle, du côté des Magyars, des Polonais et des pauvres Tchèques, dont on aurait pu penser que leur histoire ne les conduirait pas à une telle déchéance morale. Mais alors, que le coq gaulois étatique ne se dresse par sur ses ergots ni ne bombe le torse de la leçon. Seuls les humanitaires des associations nous sauvent de la honte nationale et européenne.

    Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an. Son refus d’accueillir un sang neuf la condamne au suicide démographique. Avis à l’Autriche, à la République Tchèque ? Quant à la Pologne, la dégringolade de son taux de fertilité conduit ses hiérarques, obsédés par un nationalisme du XVIIIe siècle, à vouloir revenir sur le peu d’espace concédé à l’avortement.

    Mais il faut ajouter au manque risible de pertinence, la parfaite idiotie de ramer à contre-courant et à contretemps. La croissance économique repart dans toute l’Union Européenne. Chacun sait que pour le marché du travail banal et peu payé, ces centaines de milliers de migrants prêts à travailler n’importe où constituent une aubaine prodigieuse, ce que l’Allemagne a compris trois bonnes années avant la France. En revanche, les réfugiés politiques plus qualifiés, mieux dotés en argent, sont susceptibles d’entrer en concurrence avec les couches plus élevées de la main-d’œuvre. L’extrême droite, comme dans les années 1930, rejointe par ce qui reste des Républicains, pourrait ne pas tarder à réclamer des quotas pour protéger l’emploi « qualifié-de-souche ».

    Le réalisme censé équilibrer « en même temps » la générosité de l’asile n’est pas plus réaliste que l’asile concédé à dose homéopathique n’est humaniste et généreux.

    Demeure une question : ce n’est pas faute d’avoir été avertis que les gouvernements répètent à satiété les mêmes erreurs. Sont-ils purement et simplement bêtes et incompétents ? Ce serait trop simple. Nous avons suffisamment approché des hauts fonctionnaires de l’administration de la « chose migratoire » pour pouvoir avancer une autre explication. Les migrations internationales constituent pour eux un double défi culturel, à la fois pour le concept de souveraineté dont ils sont les produits défraîchis et pour la notion même de politique.

    Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet. Quant au migrant, il n’est pas un pur produit de la réglementation, alors que la réglementation en revanche réagit aux mouvements des migrants et cherche à l’assujettir à des impératifs économiques ou bien à s’en servir symboliquement pour des motifs purement électoraux. Casser du migrant (clandestin, sans papiers, terroristes), ça paie toujours.

    L’administration d’État se trouve donc confrontée au fait migratoire et au système migratoire, produit de l’interaction des mouvements humains, des réglementations mais aussi de toutes les variables instables qui rentrent dans l’équation (les catastrophes politiques, climatiques, le regroupement familial, les pressions économiques, les organisations communautaires). La mondialisation troue la souveraineté : l’économique en est l’exemple toujours cité, mais les migrations humaines minent encore plus l’espace dévolu à la politique et à l’administration car, contrairement au marché, elles mettent en jeu des valeurs inconditionnelles que n’aime pas la loi « nationale » et encore moins la circulaire administrative.

    Pourtant, il est rigoureusement impossible de mélanger les ordres. La vie, le respect des personnes, la priorité des enfants et des femmes, sont des valeurs inconditionnelles. Aucune raison d’État ne peut avoir raison contre ces valeurs. Elles sont d’un autre ordre, dirait Pascal et approuverait Ricœur. La désobéissance civique est un impératif catégorique. Le respect de cette loi-là pose des problèmes mais pas ceux qu’on croit : pas celui de l’assujettissement provisoire, dans une « morale de provision », de ces valeurs à la raison d’État, encore moins à la raison raisonnable appuyée sur les sophismes comme le passage à la limite : mais si tout le monde désobéit... En fait, c’est à la politique de s’ajuster au corset de cette inconditionnalité. Le politique ne devrait s’aventurer sur ce terrain miné qu’avec une grande prudence et une humilité extrême. Et c’est ce bât-là qui blesse la haute fonction publique.

    Comme le « gros animal » de l’État n’a pas l’habitude de cet état de prudence, d’humilité, de modestie vis-à-vis de quelque chose qui le dépasse (quoi de plus étranger à l’État souverain qui régit un territoire que cette prétention des hommes sur la planète de traverser les pays, de changer de « souverain » ?), il faut que d’autres organes se chargent de le lui rappeler (Cour Constitutionnelle, le Conseil d’État) et à défaut les associations.

    Ce serait évidemment à l’Union Européenne de rappeler à l’ordre les États membres, mais on voit que cela supposerait qu’elle en finisse avec le concept de souveraineté illimitée.

    Alors souhaitons à Emmanuel Macron de l’audace, encore de l’audace, fédéraliste pour l’Union ; ce n’est pas avec la loi Collomb que le groupe de Visegrad va être mis au pas.

    Le projet de loi Collomb

    – Pénalisation croissante : les migrants obligés de laisser leurs empreintes dans les « hotspots » des pays d’entrée (Grèce, Italie, Espagne) seront mis en centre de rétention dès leur arrivée en France ; la durée de rétention administrative passera de 45 jours à 135 jours ; le franchissement non autorisé des frontières extérieures de l’espace Schengen sera puni d’un an de prison ; les déboutés de l’asile ne pourront plus demander d’autre titre de séjour.

    – Accélération des procédures : 90 jours pour déposer une demande au lieu de 120 jours aujourd’hui ; 15 jours pour déposer un recours au lieu de 30 jours aujourd’hui ; la décision pourra être prise par ordonnance, sans entretien avec le migrant ; le recours ne sera plus suspensif dans les cas de « procédure accélérée » ; les personnes pourront alors être expulsées du territoire sans délai.

    Cf. www.lacimade.org/decryptage-projet-de-loi-asile-immigration

    1 Pensons à Catherine Withold de Wenden, Patrick Weil, Jean-Pierre Garson, Roxane Silberman, Patrick Simon ou François Héran par exemple.

    • #misère #asile #migrations #réfugiés #loi_asile #France #valeurs #souveraineté #Etat-nation

      Je mets en relief ici un passage sur la #catégorisation #catégories :

      Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

      Et la question liée aux #préjugés sur l’ #afflux et l’#invasion :

      Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an.

      #idées-reçues

      Et pourquoi, même les #murs et #barrières_frontalières ne marchent pas ?

      Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet.

      et #merci à @philippe_de_jonckheere

  • Inégalités : comment expliquer l’hypocrisie de la gauche ? (Louis Maurin, Observatoire des Inégalités)
    https://www.inegalites.fr/Inegalites-comment-expliquer-l-hypocrisie-de-la-gauche

    Le débat sur les #inégalités en France est marqué par une profonde hypocrisie. Les grandes envolées lyriques, souvent à gauche de l’échiquier politique, cachent mal une indifférence au sort des #catégories_populaires.
    […]
    Si l’hypocrisie existe en matière d’#inégalités_sociales, elle vient donc de la gauche, et plus précisément d’une forme de « #bourgeoisie_culturelle ». Diplômée, elle occupe les centres de pouvoir au niveau national comme au niveau local, dans l’univers politique, médiatique, associatif ou professionnel. […] Mais tout en tenant un discours très virulent contre les inégalités, elle s’intéresse surtout à l’école de ses enfants (la #reproduction des inégalités dans le temps), à ses loisirs (la maîtrise de son temps) ou à son environnement (bien manger, bien respirer, etc.). Le sort des ouvriers qui travaillent à la chaîne ou des caissières n’est pas vraiment son problème. Elle célèbre la « #mixité » (sociale, ethnoculturelle, etc.) tant qu’elle s’applique aux autres catégories et n’envahit pas ses quartiers.

    Pour défendre leurs #privilèges, ces bourgeois culturels jouent sur plusieurs registres […]. Tout d’abord, ils mettent en avant les inégalités qui ne bousculent pas leur pouvoir en tant que groupe social : écarts entre les sexes, les générations, les inégalités territoriales et les #discriminations. Redécouvertes, ces « nouvelles inégalités » envahissent les discours et occupent le terrain pour faire paravent aux inégalités entre groupes sociaux. Ensuite, cette bourgeoisie de gauche joue les victimes. La dramatisation des discours qu’elle tient, autour de la #crise et de la #précarité, a une fonction. Si précarité, #déclassement, mauvaises #conditions_de_travail et #chômage touchent tout le monde, ils ne touchent plus personne en particulier. […] Enfin, une part croissante de ces privilégiés est sensible aux #discours_xénophobes sur l’incompatibilité culturelle d’une partie des #immigrés (les Arabes et les noirs, disons les choses clairement) et l’exprime plus ou moins ouvertement.
    […]
    L’#embourgeoisement des organisations qui représentaient le camp de l’égalité sociale est la première explication qui vient à l’esprit. […] Cette explication a une portée limitée. Elle idéalise le bon vieux temps de la politique alors que les instances dirigeantes des partis n’ont jamais été représentatives de la société. Surtout, elle débouche sur une question similaire : pourquoi ces organisations se sont-elles embourgeoisées ?
    […]
    Le transfuge récent d’une partie des élites de la gauche vers La République en marche constitue une forme de « coming out » qui réduit l’hypocrisie de cette composante de la bourgeoisie culturelle. Elle n’a plus besoin de faire semblant de s’opposer aux inégalités, elle est passée aux « premiers de cordée » qui doivent montrer l’exemple de la #réussite_individuelle. Une partie de la gauche est passée du camp social démocrate au camp libéral (au sens économique).

    L’hypocrisie actuelle repose également sur d’autres ressorts. Des facteurs idéologiques : si l’on met autant en avant les « nouvelles inégalités », c’est que la brutalité du raisonnement marxiste d’hier les a longtemps occultées. […] Toute une partie des inégalités, de genre ou liées à la couleur de peau notamment, était passée sous silence. Elles s’invitent d’autant plus fortement dans le débat. L’ampleur du mouvement actuel contre la domination masculine s’explique par la violence de cette #domination. […]

    C’est plus que cela. Les transformations sociales accélérées depuis les années 1970 ont débouché sur une grande confusion. […]

    Les catégories sociales les plus favorisées veulent profiter pleinement de l’avènement de la #société_de_consommation tout en la critiquant. Pour cela, elles ont notamment besoin du temps des autres, qu’elles achètent sous des formes très variées : femmes de ménage, gardes d’enfants, hôtellerie, restaurants, transports, commerces, etc. Elles profitent d’avoir une main d’œuvre #flexible et dont les temps sociaux sont désynchronisés, qui constitue le cœur des catégories populaires.
    […]
    En même temps, la stagnation de l’activité économique rend les choix de répartition des #revenus tendus. En période de progrès, on pouvait donner un peu plus aux plus démunis tant que sa propre part augmentait. Depuis 2008, le revenu global stagne et le combat pour récupérer sa part devient de plus en plus âpre. Quand il faut trancher, ce que l’un gagne, l’autre le perd. […]
    Un dernier facteur joue, plus rarement évoqué, celui du rôle de l’#école. […] Cette bourgeoisie culturelle fait tout ce qu’elle peut pour occulter le rôle du #capital_culturel en matière de domination sociale. […] On comprend que cette bourgeoisie culturelle bloque toute réforme scolaire d’ampleur. […] Son crédo est « l’#élitisme_républicain », qui n’a jamais été autre chose qu’un #élitisme_social accompagné de quelques figures méritantes bien mises en avant. […]

    […] De la lutte pour la #démocratisation de l’école au soutien aux populations migrantes en passant par le combat contre le mal-logement, la #résistance existe grâce à l’investissement d’une frange de cette bourgeoisie culturelle, souvent la moins favorisée. Des associations à l’enseignement, un grand nombre d’acteurs s’investissent tous les jours pour réduire les écarts entre les milieux populaires et les plus défavorisés, même si c’est rarement eux que l’on entend le plus. Enfin, une partie de la jeunesse est certes diplômée mais détient des titres dévalués sur le #marché_du_travail. Elle se trouve sévèrement déclassée et exprime sa #frustration.
    […]
    Méprisées, écartées pour partie du progrès des revenus et de l’école, les catégories populaires se manifestent de plus en plus en soutenant l’extrême droite, comme en témoigne la montée en puissance progressive du Front national. […]

  • La France inégale : partage social de l’espace français
    http://theconversation.com/la-france-inegale-partage-social-de-lespace-francais-75604

    Nous ouvrons avec ces toutes premières visualisations notre nouvelle rubrique Data. Avec nous cette semaine, Hervé Le Bras, démographe, directeur d’études à l’EHESS et chercheur émérite à Institut National d’Études Démographiques (INED). Aujourd’hui, la répartition des catégories sociales à travers le territoire.

    #catégories_sociales #cartographie #France

  • LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE : ANTHROPOLOGIE D’UNE SOCIÉTÉ IMAGINAIRE
    https://www.franceculture.fr/conferences/les-chevaliers-de-la-table-ronde-anthropologie-d-une-societe-imaginair

    Michel Pastoureau, historien du Moyen Âge, nous transporte dans l’univers littéraire des romans de la Table Ronde, écrits et lus dans toute l’Europe des XIIe et XIIIe siècles. En racontant les aventures merveilleuses du roi Arthur et de ses chevaliers, ils mettent en scène une société imaginaire qui est à la fois un miroir - déformé mais grossissant - de la société féodale alors en train de se réorganiser, et un idéal propre à influencer les comportements de leur public jusque fort avant dans le Moyen Âge finissant.

    #conférence #pastoureau #moyen-age #histoire #anthropologie #littérature #légende_arthurienne #table_ronde #chevaliers #licornes #dragons #sirènes

    • Quelques notes :
      - Au moyen age un « monstre » désigne un animal qui est à cheval sur plusieurs catégories d’animaux. La licorne n’est pas un monstre car meme si elle est composite c’est à l’interieur de la catégorie quadrupède.
      #catégories #taxonomie

      – présence des #femmes importante mais perso négatifs ou motif de mauvaise femme (Guenièvre adultère, fée Morgane )

      –culte du « saint-sang » et apparition progressive du motif chrétien. cf - Quête du Graal

      – sur les écheques, au XIV il n’y avait pas de vainqueur et le jeu était sans fin, comme les guerres de l’époque.

      – les auteurs de littérature sur la table rond sont de « militants » de la petite et moyenne noblesse féodale qui soutienne des valeurs réactionnaires/conservatrices pour l’époque. Passages plein de mépris pour les marchands, patriciens et artisans. Mépris aussi pour le mode de vie urbain.

      – la courtoisie est une notion imaginaire vanté et liée à la moralité des perso. L’amour courtois est une notion plus tardive et c’est une notion flou plus ou moins charnelle/platonique.

      – les livres étaient lus à voix haut au XII et XIIIeme en collectif, ca change au XIV. 10 à 12% des européens savaient lire au moment de l’invention de l’imprimerie. Mais savoir écrire est rare.

      – Lien de parenté tres important. Célébration de la parenté large qui commence à etre abandonné à lépoque pour une parenté plus étroite.

      – Tabou de l’inceste Arthure et sa demi soeur Morcadès, nait le traitre Mordray.

  • HCR | Principes directeurs relatifs aux situations de conflit armé et de violence
    http://asile.ch/2016/12/22/hcr-principes-directeurs-relatifs-aux-situations-de-conflit-arme-de-violence

    Les conflits armés et la violence sont aujourd’hui les principales causes de déplacement des réfugiés. La majorité de ces situations engendrent des persécutions politiques, religieuses, sociales ou de genre. Le Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) a publié des lignes directrices encadrant le traitement de demandes d’asile portant sur des situation de […]

    • #catégorisation #asile #migrations #réfugiés_de_guerre #statut_de_réfugiés #HCR #persécution #catégories #migrants

      Ce qui constitue une persécution dans le contexte des personnes fuyant les situations de conflit armé et de violence n’est nullement différent dans d’autres contextes. Il n’est pas nécessaire que le niveau de gravité du préjudice soit plus élevé. Il n’est ni pertinent ni approprié d’évaluer si le demandeur serait traité d’une manière pire que ce à quoi on se serait normalement attendu dans les situations de conflit armé et de violence.

      Dans les situations de conflit armé et de violence, un demandeur peut être exposé au risque d’être visé ou ciblé par une des parties au conflit ou par des acteurs violents. Toutefois, le fait d’être visé ou individuellement ciblé n’est pas déterminant pour établir une crainte bien fondée. Dans les situations de conflit armé et de violence, des groupes, des populations ou des communautés dans leur ensemble peuvent être exposés aux risques, y compris pour s’être associés à l’une des parties au conflit.

      cc @reka
      #conflit #violence #violence_généralisée

  • ProPublica crée un plugin Chrome pour savoir dans quelles catégories #Facebook vous range https://www.propublica.org/article/breaking-the-black-box-what-facebook-knows-about-you

    We built a tool that works with the Chrome Web browser that lets you see what Facebook says it knows about you — you can rate the data for accuracy and you can send it to us, if you like. We will, of course, protect your privacy. We won’t collect any identifying details about you. And we won’t share your personal data with anyone.
    https://chrome.google.com/webstore/detail/what-facebook-thinks-you/eoknmaajkanapojcdeccofmeimpddoim

    This is the same information that Facebook itself offers users — buried deep in its site. (It’s in a section of its settings called “Ad Preferences.”) It’s not clear if this data represents all that Facebook knows about a person. For instance, we haven’t yet seen anyone with credit card or property ownership listed. Which is why we’re particularly interested in hearing what you found out.

    You can help us examine whether what Facebook says it knows matches up with the #categories it sells.

    #privacy #publicité #personnalisation via @opironet

  • Ad Atene gli afgani sono profughi di seconda classe

    Mustafà non trattiene le lacrime: la sua famiglia è stata decimata dai taliban in Afghanistan. Un sabato notte è esplosa una bomba vicino casa sua, i familiari sono morti e lui è dovuto scappare insieme a sua moglie per le continue minacce. “Sono fuggito per salvarmi la vita, non avevo altre possibilità. Ora qui non siamo considerati nemmeno dei profughi, ma solo dei migranti di serie B”, afferma tra i singhiozza. È giovane Mustafà, ha poco più di vent’anni.

    http://www.internazionale.it/reportage/annalisa-camilli/2016/06/24/grecia-profughi-afgani
    #Athènes #Grèce #réfugiés #asile #migrations #réfugiés_afghans #catégories #catégorisation

  • La #Banque_mondiale rend obsolètes les notions de #PED et #PD

    De fait, l’expression de « pays développé » ou « pays en développement » ne paraît plus pertinente aux analystes et sa connotation reste très forte. Ces ensembles recoupent des réalités de développement devenues très diverses. Dans un contexte de mondialisation des territoires, de nouveaux indicateurs et de nouvelles échelles d’analyses deviennent nécessaires.

    http://eduscol.education.fr/histoire-geographie/actualites/actualites/article/la-banque-mondiale-rend-obsoletes-les-notions-de-ped-et-pd.html
    #PVD #catégorisation #catégories #développement
    via @ville_en

  • The World Bank is eliminating the term “developing country” from its data vocabulary — Quartz
    http://qz.com/685626/the-world-bank-is-eliminating-the-term-developing-country-from-its-data-vocabula

    In the 2016 edition of its World Development Indicators, the World Bank has made a big choice: It’s no longer distinguishing between “developed” countries and “developing” ones in the presentation of its data.
    The change marks an evolution in thinking about the geographic distribution of poverty and prosperity. But it sounds less radical when you consider that nobody has ever agreed on a definition for these terms in the first place.

    https://qzprod.files.wordpress.com/2016/05/infant-mortality.gif?w=680

    #chiffres #méthodologie #développement #géographie #économie

  • Voile sur une grève de femmes précaires - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2015/03/23/voile-sur-une-greve-de-femmes-precaires_1226820

    LES FEMMES DU COLLECTIF DES BAS SALAIRES DE L’UNIVERSITÉ PARIS 8

    A l’université Paris 8, à Saint-Denis, celles qui appartiennent à la catégorie la plus basse de la #fonction_publique demandent une revalorisation de leurs #revenus.
    Au nom du féminisme, la secrétaire d’État aux droits des femmes s’est dite favorable à l’interdiction du voile à l’université. Pour lutter contre les inégalités entre les sexes, nous dit-on. Au même moment, une #grève peu visible se déroule à l’université Paris 8, à Saint-Denis, depuis bientôt deux mois. Elle a pour actrices principales des femmes, secrétaires pour beaucoup, qui appartiennent à la plus basse catégorie de la fonction publique, la catégorie C. Des femmes membres des classes populaires qui subissent, plus que d’autres, la précarité de l’emploi et la dégradation de leurs conditions de travail au quotidien.
    Des femmes, pour la plupart mères, qui cumulent une « #double_journée_de_travail » comme elles l’expliquent aux personnes qui s’arrêtent dans le hall de l’université où elles tiennent des tables d’information sur leur mobilisation. Des femmes qui se sont constituées, avec quelques collègues masculins, en « collectif des bas salaires » pour demander une augmentation de revenus pour les #catégories_C et les #contractuel-le-s. Dans cette université de banlieue parisienne d’environ 1 700 salarié-e-s (personnel administratif et enseignant, titulaires ou contractuel-le-s), certaines d’entre elles gagnent entre 1 200 euros et 1 400 euros nets mensuels, quand le SMIC est à 1 136 euros nets mensuels. Du fait du gel du point d’indice, les (très nombreuses) femmes et (moins nombreux) hommes de catégorie C ont même pu voir ces dernières années leur salaire passer en dessous du #SMIC. Les annonces politiques sur la revalorisation de leurs rémunérations n’ont souvent eu pour conséquences sur les fiches de paie qu’une augmentation de quelques euros.

    Avec le passage des universités à l’autonomie, universités et ministère se renvoient la balle : au final, « on n’a plus d’interlocuteur », soulignent-elles, et les primes apparaissent dès lors comme « le seul levier d’action » à l’échelle locale. Plusieurs de ces femmes mobilisées tentent depuis de longues années les concours pour progresser dans leur carrière. Sans succès car les postes sont rares. Elles abandonnent alors, usées. Et, après 30 ans de service dans la fonction publique, certaines d’entre elles partiront en #retraite avec une pension inférieure au minimum vieillesse qui est actuellement de 800 euros par mois.

    Une situation qui n’est pas spécifique à Paris 8 : ces femmes mobilisées reçoivent des messages de soutien d’autres femmes d’autres universités françaises dont les témoignages convergent. Ici comme dans les autres universités, les inégalités entre femmes et hommes persistent : la proportion de femmes chez les BIATOSS (Bibliothécaires, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Ouvriers, personnels Sociaux et de Santé) de catégorie C est ainsi bien plus importante que chez ceux de catégorie A. On le sait, mais il semble utile de rappeler que les #inégalités sociales entre classes se cumulent avec celles entre femmes et hommes. Si le gouvernement entend donc lutter contre les inégalités de sexe, le ministère doit commencer par revaloriser les bas salaires et les établissements les primes qui sont accordées à ces #femmes #précaires sans lesquelles l’université ne pourrait fonctionner très longtemps.

    Signataires : Betty Attia, Stavroula Bellos et Muriel Rodriguez, pour les femmes du #collectif des bas salaires de l’université Paris 8 et Audrey Mariette, Yasmine Siblot et Sylvie Tissot, pour les enseignant-e-s-chercheur-se-s mobilisé-e-s en soutien aux grévistes

  • Pourquoi les fiches de renseignements des professeurs devraient être abandonnées (Le Point)
    http://www.lepoint.fr/societe/pourquoi-les-fiches-de-renseignements-des-professeurs-devraient-etre-abandon

    Le sociologue Pierre Merle explique comment ces informations n’ont aucune utilité et biaisent la relation entre les enseignants et leurs élèves.
    […]
    « Un prof n’a pas besoin de savoir quoi que ce soit de personnel sur ses élèves pour enseigner. Il n’existe pas d’étude qui montre que connaître ces informations ait des répercussions positives pour l’élève, alors qu’en revanche certaines démontrent qu’elles peuvent avoir un impact négatif.
    […]
    Il y a deux raisons essentielles d’être réticent à l’égard de ces fiches. La première concerne les professeurs : il est démontré que les professeurs sont influencés dans leur notation par les informations qu’ils ont sur les élèves, par la connaissance de leur origine sociale, par leur niveau scolaire ou leur établissement d’origine. Tout comme la notation, les fiches de renseignements influencent les attentes des enseignants vis-à-vis des élèves. C’est le principe des prophéties autoréalisatrices : on se crée une image de l’élève, on attend moins de l’élève, donc il fait moins de progrès. Ces biais sociaux d’évaluation ont un effet négatif sur les apprentissages. […]
    Ces fiches de renseignements posent également un problème pour les élèves : certains vont vouloir cacher la réalité de leur vie privée. […] Cette fiche constitue souvent le premier contact avec le professeur et la méfiance peut s’installer d’emblée, alors qu’il vaudrait mieux construire une relation basée sur la confiance. C’est particulièrement dommage. L’enfant se sent en insécurité.
    […]
    Le statut familial compte énormément : l’élève n’a pas nécessairement envie de faire état du décès de son père, du divorce de ses parents, de la présence d’un beau-père comme tuteur... Il existe une proportion non négligeable de familles recomposées ou de mères célibataires.

    […]

    Cette habitude typiquement française perdure en dehors de tout texte réglementaire. C’est une sorte d’habitude professionnelle que les profs se sont créée seuls, et qui trouve sa source à la création du collège d’enseignement secondaire, en 1963, et du collège unique une dizaine d’années plus tard. Avant cela, les élèves étant scolarisés dans des établissements différents selon leur niveau et leur origine sociale, le prof savait "à qui il avait affaire", comme me l’a dit un enseignant.

    #éducation #collège #lycée #fichage #relations_enseignant_élèves

    • La Catégorie socio-professionnelle des parents dans les fiches administratives des élèves (Pierre Merle)
      http://socio-logos.revues.org/2719#tocto1n1

      Les statistiques scolaires du ministère de l’Education nationale relatives au recrutement social des différentes filières de l’enseignement secondaire sont fondées sur la déclaration des professions des parents recueillies dans des fiches administratives élèves. Cette source statistique fait l’objet d’un certain nombre de critiques comme en témoigne un article récent publié par Les Déchiffreurs de l’Education. Ces critiques sont suffisamment fortes pour que la fiabilité de ces données soit contestée et leur abandon parfois préconisé afin de leur préférer les données recueillies dans le cadre d’enquêtes nationales. Le présent article a pour objet de montrer que si les statistiques de l’origine sociale des élèves établies par le ministère de l’Education nationale sont légitimement un objet de débats scientifiques, les critiques émises surestiment la mauvaise qualité statistique des informations recueillies, surestiment les effets de cette qualité moyenne des informations sur les exploitations statistiques qui peuvent en être réalisées, et sous-estiment considérablement les différentes utilisations possibles de cette statistique scolaire. Pour exemplifier l’intérêt des statistiques scolaires du ministère de l’Education nationale, quelques recherches récentes sont présentées et permettent d’introduire, à partir de ces exemples, en quoi peut consister le travail statistique confronté à un recueil imparfait de l’origine sociale des élèves.

      #profession #Sociologie_de_l'école #catégories_socio-professionnelles #ségrégation_scolaire #statistique

  • L’Archéologie du savoir, par #Michel_Foucault
    http://www.youtube.com/watch?v=Wzjw6LGQtMw

    http://1libertaire.free.fr/CourssurFoucault04.html

    L’Archéologie du savoir entreprend de penser la discontinuité dans l’#histoire des #idées, des #sciences, de la #philosophie de façon « #archéologique », ie en demandant comment on passe des #documents aux monuments, comment on construit des faits historiques. Par là même, Foucault suggère de modifier drastiquement le concept usuel de temps historique : au lieu d’un temps linéaire et totalisable, il faut se représenter une stratification, une dispersion, des séries d’événements. Il faut penser une histoire « qui ne serait pas #système, mais dur #travail de la #liberté » (p. 23). (cf. p. 25-26, pour l’idée qu’il ne s’agit pas d’appliquer une quelconque #méthode #structuraliste, ni d’utiliser les #catégories des totalités #culturelles - visions du #monde, types idéaux, etc. -, mais de « définir une méthode d’analyse historique qui soit affranchie du thème #anthropologique »). Et par là même se trouve abandonnée l’idée d’une histoire progressive de la #raison et celle du #sujet comme conscience - #conscience #rationnelle, ou conscience historique qui rassemblerait les événements discontinus en des totalités intelligibles et unitaires. Il n’y a plus de sujet fondateur. « En ce point se détermine une entreprise dont l’Histoire de la #folie, la #Naissance de la #clinique, Les_Mots_et_les_Choses ont fixé, très imparfaitement, le dessin. Entreprise par laquelle on essaie de prendre la mesure des #mutations qui s’opèrent en général dans le domaine de l’histoire » (p. 25).

    De fait, c’est là qu’apparaît à ce stade l’unité du travail de Foucault : se débarrasser de la #souveraineté_du_sujet classique - afin qu’il devienne possible, dans une dernière phase, d’entreprendre de repenser l’#individu (mais plus comme conscience constituante). L’archéologie du savoir représente une étape essentielle de ce processus, celle qui permet de faire éclater simultanément la conscience transcendantale et le temps historique traditionnel. Elle représente en ce sens un retour réflexif sur la démarche « aveugle » des livres précédents :
    « Les enquêtes sur la folie et l’apparition d’une #psychologie, sur la #maladie et la naissance d’une #médecine clinique, sur les sciences de la #vie, du #langage et de l’#économie ont été des essais pour une part aveugles : mais ils s’éclairaient à mesure, non seulement parce qu’ils précisaient peu à peu leur méthode, mais parce qu’ils découvraient - dans ce débat sur l’#humanisme et l’#anthropologie - le point de sa possibilité historique » (p. 26).

    #Philosophie #Structuralisme #Histoire #Foucault #Vidéo

  • Via @rezo

    http://www.metropolitiques.eu/Les-elus-municipaux-representent.html

    Les 500 000 élus locaux sont régulièrement présentés comme les mandataires les plus appréciés et les plus proches des Français. L’accès aux postes de conseiller municipal et de maire est pourtant de plus en plus soumis à une sélectivité sexuelle, générationnelle, résidentielle et surtout sociale : davantage de retraités, de fonctionnaires et de cadres, de moins en moins d’ouvriers et de petits travailleurs indépendants.

    #représentation #politique #élections #sociologie #catégories_sociales