• « Les connards qui nous gouvernent », par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 19 mars 2020)
    https://blog.mondediplo.net/les-connards-qui-nous-gouvernent

    Le problème avec les grandes #catastrophes — financières, nucléaires, sanitaires — c’est qu’il vaut mieux les avoir vues venir de loin. C’est-à-dire avoir pris le risque de gueuler « connards » quand tout allait bien, ou plutôt quand tout semblait aller bien — alors que le #désastre grossissait dans l’ombre. L’armement, et le réarmement permanent de la #finance, donc des crises financières, y compris après celle de 2007 : connards. La #destruction de l’école, de l’université et de la recherche (notamment sur les coronavirus, quelle ironie) : connards. La démolition de l’hôpital public : ah oui, là, sacrés connards.

    • Mais zéro-stock, zéro-bed : c’était la consigne efficace des lean-managers — les zéro-managers. À qui ne reste plus que la supplication.

      Je dois fréquenter dans mon entourage professionnel un gars qui « fait du lean » et qui parle comme ça « zero-bed », anglicismes bêtes, à longueur de phrases.

    • L’armement, et le réarmement permanent de la finance, donc des crises financières, y compris après celle de 2007 : connards. La destruction de l’école, de l’université et de la recherche (notamment sur les coronavirus, quelle ironie) : connards. La démolition de l’hôpital public : ah oui, là, sacrés connards. Le surgissement des flacons de gel désinfectant dans les bureaux de vote quand même les personnels soignants en manquent : hors catégorie.

    • Macron, comme un hipster du 11e arrondissement qui aurait fait l’atelier poésie au collège, nous invite — le 11 mars –- : « Nous ne renoncerons à rien, surtout pas à rire, à chanter, à penser, à aimer, surtout pas aux terrasses, aux salles de concert, au fêtes de soir d’été, surtout pas à la liberté », pour le 12 fermer les écoles, le 14 laisser son premier ministre annoncer un début de confinement général, et le 16 morigéner la population qui continuait sur la lancée de l’exemple qu’il lui donnait depuis des semaines ; quand on se remet sous les yeux le tableau d’ensemble de ces ahurissements, on se dit en effet que tous ces gens se sont fait prendre soit par surprise, soit par connerie. Et que l’hypothèse de la surprise étant à l’évidence exclue, il ne reste que celle de la connerie — qui n’est pas une surprise.

    • Il y a les zéro-managers et, donc, il y a les epsilon-journalistes : ceux qui commencent à crier aux « connards » quand la catastrophe est là. C’est-à-dire un peu tard. D’autres gens criaient aux « connards », depuis longtemps même, mais, Dieu toute cette radicalité ! Toute cette violence ! La démocratie c’est le débat apaisé et loin des extrêmes (qui se touchent). À France Inter, sur Arte, au Monde et à Libération, la raison est le nom de la mission : la violence, c’est pour la populace bornée en ses passions jaunasses, ou les fous furieux de « l’ultra-gauche ». Et puis tout d’un coup, un jour : « connards ».

    • On comprend, dans de telles conditions de fragilité morale, que le gouvernement ait besoin d’en appeler à la « guerre » et à « l’union nationale ». C’est qu’autoriser le moindre départ de contestation menace de tourner en incendie général. Au vrai, la solidarité dont Macron fait ses trémolos zézayants, et qui est en effet très impérieuse, n’entraîne nullement d’être solidaire avec lui — juste : entre nous. Dans ces conditions, rien n’est ôté du devoir de regarder et de la liberté de dire : « connards », s’il s’avère.

    • La mise à mort du service public, entreprise poursuivie avec acharnement par tous les libéraux qui se sont continûment succédés au pouvoir depuis trente ans, mais portée à des degrés inouïs par la clique Macron-Buzyn-Blanquer-Pénicaud et tous leurs misérables managers, n’est pas qu’une mise à mort institutionnelle quand il s’agit du service public de la santé — où les mots retrouvent leur sens propre avec la dernière brutalité. En décembre 2019, une banderole d’hospitaliers manifestants disait : « L’État compte les sous, on va compter les morts ». Nous y sommes.

      Pour l’heure on dit « connards », mais il ne faut pas s’y tromper : c’est peut-être encore une indulgence. Qui sait si bientôt on ne dira pas autre chose.

      Tuez-les tou·tes ?

  • « Dans un monde aussi brutal, la #convivialité est un combat »
    Par Geneviève Azam
    Publié le 13 mars 2020 à 14h00 - Mis à jour le 13 mars 2020 à 14h58
    Lecture 3 min.
    #collapsologie

    L’économiste Geneviève Azam observe, dans une tribune au « Monde », que le refus de l’#effondrement du monde conduit la société à se « reformer » autour d’expériences concrètes de #cohésion_sociale.
    Le monde semble vaciller. Les alertes s’accumulent : inégalités insupportables, dépendance à des systèmes techniques incontrôlés, #accélération du chaos climatique et de l’extinction du vivant, déracinement de millions de personnes sans terre pour les accueillir, pollutions, système financier au bord de l’implosion, et désormais épidémie : la liste est longue des menaces qui sapent la confiance dans un avenir, même tout proche. Nous ne vivons pas une crise passagère, offrant une sortie moyennant quelques mesures correctrices pour revenir à la « normale ». Nous sommes confrontés à des irréversibilités et à une accélération hors norme, illustrées tout particulièrement par les #catastrophes écologiques. Nous vivons le temps d’effondrements.

    « Fabrique du diable »

    L’effondrement est aussi politique. Depuis plusieurs décennies, les Etats ont sacrifié la sphère publique, les communs, et ont fait des sociétés un « appendice » du marché et de l’économie, selon l’expression de Karl Polanyi, dans son ouvrage La Grande Transformation, publié en 1944 (Gallimard, 1983). L’économiste faisait alors du grand marché « autorégulateur » une « fabrique du diable » et une des causes des fascismes des années 1930. Avec le néolibéralisme, cette fabrique s’est élargie, et se trouve en surchauffe. A force de devoir s’adapter aux lois de la concurrence, la vie, sous toutes ses formes, humaines et autres qu’humaines, est menacée. Non plus à l’échelle géologique mais à l’échelle historique. L’histoire, pensée dans la modernité comme fabriquée par des humains souverains, nous échappe en partie. La Terre et le vivant ripostent. Nous avons en effet déclenché des événements non maîtrisables et qui s’auto-entretiennent. Le récit néolibéral d’optimisation de la vie et de la santé s’effondre lui aussi.

    Lire aussi : Savants ou militants ? Le dilemme des chercheurs face à la crise écologique
    Le capitalisme global répond à ces événements par une bio-politique, déjà percée à jour par Michel Foucault : l’adaptation des populations prend la forme de fichages, traçages, sélections, confinements, murs et camps de rétention, surveillance et répression. Elle est désormais pratiquée de manière plus « rationnelle » et industrielle avec l’appui de « l’intelligence » artificielle et des algorithmes.

    LES COMMUNAUTÉS DES RONDS-POINTS, CES NON-LIEUX D’UNE VIE CONDAMNÉE À CIRCULER SANS S’ATTACHER, SURGISSENT DU DÉSASTRE
    Pourtant, la créativité humaine échappe aux contrôles. L’imaginaire des effondrements est aussi un dérangement qui, loin de pétrifier la pensée et l’action, semble bien au contraire les libérer de l’attente progressiste d’un futur qui exile de la présence au monde. Il donne la mesure des enjeux et éloigne des illusions d’une transition par étapes successives, d’une « sortie de crise » dans un temps linéaire et réversible. Il anime les générations futures, dont la présence désormais concrète et les engagements redonnent sens à l’idée de faire monde et protège d’attentes apocalyptiques qui, elles, se nourrissent de la perte de sens. Habiter le monde, habiter la Terre, reconquérir les territoires perdus, vidés, détruits ou enlaidis s’incarnent dans de multiples expériences. Expériences concrètes de convivialité nées au sein de communautés terrestres, incluant humains et autres qu’humains, se confrontant aux oligarchies prédatrices et hors-sol.

    Lire aussi : « La recherche publique ne doit plus servir à détruire la planète »
    C’est en refusant la gestion des catastrophes, appelée désormais « réformes », que la société défaite se « reforme », que s’inventent d’autres manières de vivre. Les communautés des ronds-points, ces non-lieux d’une vie condamnée à circuler sans s’attacher, surgissent du désastre. La convivialité retrouvée au sein du vivant se nomme agroécologie, agroforesterie, permaculture, circuits courts de production et de consommation, coopération dans le travail, solidarité sociale, sobriété et partage, accueil des migrants, occupation de terres, techniques conviviales ou low tech. La société se reforme en destituant les institutions du consumérisme et de la société ubérisée. Ce sont des expériences de « joie pure et sans mélange », comme les grèves ainsi qualifiées par Simone Weil lors des manifestations des métallurgistes en 1936.

    Lire aussi : L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »
    Au lieu de l’accélération qui supprime tous les attachements, le temps retrouvé s’accorde au rythme du vivant saccagé par la cadence du monde industriel. La convivialité prend sens quand des avocats en grève se regroupent pour faire appliquer le droit et la justice, quand des enseignants refusent la pédagogie algorithmique, quand des cheminots en lutte s’opposent à la déshumanisation de la fermeture des guichets, quand plus de mille scientifiques appellent à la désobéissance, quand l’échelon de la commune devient à nouveau un enjeu politique face à une métropolisation imposée. Dans un monde aussi brutal, la convivialité est un combat.

    Geneviève #Azam est économiste, essayiste, membre du comité scientifique d’Attac et signataire du Second Manifeste convivialiste (Actes Sud, 144 pages, 9,80 euros).

  • The #Climate-Migration-Industrial_Complex

    Thirty years ago there were fifteen border walls around the world. Now there are seventy walls and over one billion national and international migrants. International migrants alone may even double in the next forty years due to global warming. It is not surprising that over the past two decades, we have also seen the rise of an increasingly powerful global climate-security market designed to profit from (and help sustain) these crises. The construction of walls and fences to block rising sea levels and incoming people has become one of the world’s fastest growing industries, alongside the detention and deportation of migrants, and is projected to reach $742 billion by 2023. I believe we are witnessing the emergence of what we might call a “climate-migration-industrial complex.”

    This complex is composed of private companies who profit by securitizing nation-states from the effects of climate-related events, including migration. This includes private detention centers, border construction companies, surveillance technology consultants and developers, deportation and transportation contractors, and a growing army of other subcontractors profiting from insecurity more broadly. Every feature of this crisis complex is an opportunity for profit. For example, even when security measures “fail” and migrants cross borders illegally, or remain beyond their visas to live without status as “criminals,” there is an entire wing of private companies paid to hunt them down, detain them, and deport them just across the border, where they can return and begin the market cycle all over again. Each step in the “crimmigration” process now has its own cottage industry and dedicated army of lobbyists to perpetuate the laws that support it.

    Here is the incredible double paradox that forms the backbone of the climate-migration-industrial complex: right-wing nationalists and their politicians claim they want to deport all undocumented migrants, but if they did, they would destroy their own economy. Capitalists, on the other hand, want to grow the economy with migrant labor (any honest economist will tell you that immigration almost always leads to growth in GDP), but if that labor is too expensive, then it’s not nearly as profitable.

    Trump is the Janus-faced embodiment of this anti-immigrant, pro-economy dilemma and the solution to it — not that he necessarily knows it. With one hand, migrant labor is strategically criminalized and devalorized by a xenophobic state, and with the other, it is securitized and hyper-exploited by the economy. It is a win-win situation for right-wing capitalists but a crucial element is still missing: what will continue to compel migrants to leave their homes and work as exploited criminals in an increasingly xenophobic country?

    This is where the figure of the climate migrant comes in. What we call “climate migrants” or “climate refugees” are not the victims of merely “natural disasters,” because climate change is not a strictly natural process — it is also highly political. The causes of climate-related migration are disproportionately produced by rich Western countries and the effects are disproportionately suffered by poorer countries. The circumstances that determine who is forced to migrate are also influenced by the history of colonialism, global inequality, and the same conditions that have propelled economic migration for decades. In short, the fact that climate change benefits the perpetrators of climate destruction by producing an increasing supply of desperate, criminalized, physically and economically displaced laborers is no coincidence. In fact, it is the key to the Trump “solution.”

    Another key is the use of climate change to acquire new land. When people are forced to migrate out of a territory, or when frozen territories thaw, new lands, waters, and forests become open to extractive industries like mining, drilling, fishing, and logging. Trump’s recent (and ridiculous) bid to buy the thawing territory of Greenland for its oil and gas reserves is one example of this. Climate-stricken urban areas open up new real estate markets, as the gentrification of New Orleans after hurricane Katrina illustrated. In other words, climate change might not mean the end of capitalism, but rather could actually signal its resurgence from current falling rates of ecological profit. During colonialism, everything and everyone that could be easily appropriated (oil, slaves, old-growth forests, etc.), was gobbled up. The workers who are left today under post-colonialism demand more money and more rights. The minerals left are more expensive to extract. This is why capitalists have increasingly retreated to financial speculation, and now to monetizing their own crises.

    If only there were new ways, the capitalist dreams, to kick start the economy and cheaply dislodge huge numbers of people from their land, devalorize their labor, and then appropriate that labor extremely cheaply. In other words, if climate change did not exist, capitalism would have to create it. Luckily for the capitalists, it does exist, because they did create it. Climate migrants now form what we might call a “disposable climate labor army,” conscripted out of a standing reserve of global poverty from wherever the next climate-related disaster strikes, and deployed wherever capitalism demands precarious, securitized, and criminalized labor to be exploited.

    We need to rethink the whole framing of the climate migration “crisis.” Among other things, we need a more movement-oriented political theory to grapple better with the highly mobile events of our time — what I call a “kinopolitics.” The advent of the Capitalocene/Kinocene makes possible today the insight that nature, humans, and society have always been in motion. Humans are and have always been fundamentally migratory, just as the climate and the earth are. These twin insights might sound obvious today, but if taken seriously, they offer a complete inversion of the dominant interpretive paradigms of the climate and migration crises.

    Humans and Earth have always been in motion, but not all patterns of motion are the same. There is no natural, normal, or default state of the earth or of human society. Therefore, we have to study the patterns of circulation that make possible these metastable states and not take them as given. This is what I have tried to work out in The Figure of the Migrant (2015) and Theory of the Border (2016). Unfortunately, the dominant framework for thinking about the climate and migrant crises is currently upside down. It starts from the perspective of a triple stasis: 1) that the earth and human society are in some sense separable and static, or at least stable, structures; 2) that the future should continue to be stable as well; and 3) that if there is not stability, then there is a “crisis.” Mobility, then, is a crisis only if we assume that there was or should be stasis in the first place. For example, migrants are said to destabilize society, and climate change is said to destabilize the earth.

    From a kinopolitical perspective, we can see that the opposite is, in fact, true: Humans were first migratory, and only later settled into more metastable patterns of social-circulation (made historically possible by the social expulsion and dispossession of others). Migrants are not outside society but have played a productive and reproductive role throughout history. Migrant movements are constitutive and even transformative elements of society, rather than exceptional or marginal phenomena. The real question is how we ever came to act and think as if societies were not processes of social circulation that relied on migration as their conditions of reproduction. The earth, too, was first migratory, and only later did it settle into metastable patterns of geological and atmospheric circulation (e.g. the Holocene). Why did we ever think of the earth as a stable surface, immune from human activity in the first place?

    The problem with the prevailing interpretation of climate change and migration is that the flawed paradigm that has defined the “crisis,” the notion of stasis, is also proposed as the solution “Let’s just get things back to normal stability again.” In short, I think a new paradigm is needed that does not use the same tools that generated the “crisis” to solve it — i.e. capitalism, colonialism, and the nation-state.

    Today’s migrant “crisis” is a product of the paradox at the heart of the capitalist, territorial nation-state form, just as the climate crisis is an expression of the paradox at the heart of anthropocentrism. The solutions, therefore, will not come from the forms in crisis but only from the birth of new forms-in-motion that begin with the theoretical primacy of the very characteristic that is dissolving the old forms: the inherent mobility of the migrant climate and the climate migrant.

    https://publicseminar.org/essays/the-climate-migration-industrial-complex

    #complexe_militaro-industriel #réfugiés_environnementaux #réfugiés_climatiques #murs #barrières_frontalières #business #climat #changement_climatique #sécurité #rétention #détention_administrative #privatisation #contrôles_frontaliers #kinopolitics #kinopolitique #kinocène #mobilité #circulation #crise #stabilité #philosophie #ressources_pédagogiques #Etat-nation

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    #catastrophes_naturelles :

    What we call “climate migrants” or “climate refugees” are not the victims of merely “natural disasters,” because climate change is not a strictly natural process — it is also highly political. The causes of climate-related migration are disproportionately produced by rich Western countries and the effects are disproportionately suffered by poorer countries. The circumstances that determine who is forced to migrate are also influenced by the history of colonialism, global inequality, and the same conditions that have propelled economic migration for decades. In short, the fact that climate change benefits the perpetrators of climate destruction by producing an increasing supply of desperate, criminalized, physically and economically displaced laborers is no coincidence.

    –-> @karine4

    #terres #accaparement_des_terres :

    Another key is the use of climate change to acquire new land. When people are forced to migrate out of a territory, or when frozen territories thaw, new lands, waters, and forests become open to extractive industries like mining, drilling, fishing, and logging.

    –-> @odilon
    #extractivisme #colonialisme

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    @sinehebdo, un nouveau mot :
    –-> #crimmigration
    #mots #terminologie #vocabulaire

    Et aussi... la #kinocène

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    Lien avec le #capitalisme :

    If only there were new ways, the capitalist dreams, to kick start the economy and cheaply dislodge huge numbers of people from their land, devalorize their labor, and then appropriate that labor extremely cheaply. In other words, if climate change did not exist, capitalism would have to create it. Luckily for the capitalists, it does exist, because they did create it. Climate migrants now form what we might call a “disposable climate labor army,” conscripted out of a standing reserve of global poverty from wherever the next climate-related disaster strikes, and deployed wherever capitalism demands precarious, securitized, and criminalized labor to be exploited.

    #expoitation #travail #disposable_climate_labor_army #pauvreté

    signalé par @isskein

    ping @fil @reka

  • Tribune
    https://cryptpad.fr/pad/#/2/pad/view/J3nN2zuIquy6w212DxMSIlG8scXoWKrWSOokaDBiLI4/embed
    Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire

    Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines #académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements français successifs, ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.

    Les observations #scientifiques sont incontestables et les #catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e #extinction_de_masse, 200 #espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds...).

  • Recettes de #résilience_urbaine

    Dans un contexte de dérèglement climatique, les #catastrophes sont devenues de plus en plus fréquentes et intenses, il est donc capital de réfléchir notre façon de s’y préparer. L’auteure présente ici les principales notions de la gestion de risques. Avec une écriture pédagogique et claire, elle explicite les notions d’#aléa, de risque et de #catastrophe. Le concept de #résilience, désignant la capacité d’une société à absorber un choc pour ensuite revenir à un #équilibre acceptable, est expliqué et interrogé dans l’utilisation que pourraient en avoir les décideurs et les urbanistes. Elle en donne également un exemple concret avec le cas des risques d’#inondations à #Avignon, s’appuyant sur plusieurs cartes et graphiques.


    http://univ-avignon.fr/bibliotheque/les-editions-universitaires-d-avignon-eua-/nouveautes/#HEINZLEF
    #risques #risque #gestion_des_risques #ressources_pédagogiques #urban_matter #urbanisme #géographie_urbaine #livre

  • Maps show where disasters strike - Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/graphics/2019/national/mapping-disasters

    The fear of losing everything in a natural disaster sits in the back of our minds no matter where we live. The same diverse physical geography that gives us sunny beaches and crisp mountain air also generates devastating storms and wildfires. Climate change is only making things worse.

    Data collection for these events has never been more consistent. Mapping the trends in recent years gives us an idea of where disasters have the tendency to strike. In 2018, it is estimated that natural disasters cost the nation almost $100 billion and took nearly 250 lives. It turns out there is nowhere in the United States that is particularly insulated from everything.

    Superbe #cartographie

    #climat #catastrophes_naturelles (mmmm) #États-Unis

  • Vendredi soir j’ai participé à un #mapathon , organisé par #CartONG à #Grenoble dans le cadre de la #Nuit_de_la_géogrpahie :


    https://www.youtube.com/watch?v=Dxn5qQllKPo&feature=share

    C’était la première fois que je participais au mapathon, et ça a été très sympa. Beaucoup de jeunes présents dans la salle mise à disposition par l’Institut d’urbanisme et géographie alpine :

    C’est l’occasion pour faire un petit peu de pub ici pour CartONG, #association dont le siège est à #Chambéry :

    CartONG est une ONG française créée en 2006 par des cartographes souhaitant améliorer la façon dont les organisations humanitaires utilisaient les cartes et les données géographiques. Elle a depuis grandi et propose aux acteurs de l’humanitaire et du développement de nombreux outils innovants de gestion de l’information, de cartographie, d’analyse et de communication.

    La géographie ne sauve pas de vies, mais elle peut avoir un impact déterminant quand elle est utilisée à bon escient. L’objectif central de CartONG est donc de soutenir les organisations et les personnes qui sauvent des vies, participent au développement et protègent l’environnement à travers le monde, afin que ceux-ci puissent le faire mieux et à plus grande échelle.

    Nous pensons que cela n’est possible qu’en permettant à ces organisations et personnes d’acquérir les compétences et la stratégie adaptés à chaque structure et contexte particulier. C’est pour cela que nos équipes fournissent des conseils, des formations, de l’appui stratégique, et du staff, à la fois au siège et sur le terrain. Nous proposons les outils les plus adaptés grâce à notre veille technologique et contribuons au développement de nouvelles solutions et à la définition de bonnes pratiques. Pour en savoir plus, jetez un oeil à nos projets et services.

    Nos experts et nos bénévoles participent à de nombreux secteurs des réponses humanitaires et du développement : par exemple, l’aide aux réfugiés, la logistique, la santé, les catastrophes naturelles et l’environnement. Nous promouvons la gestion de l’information et les SIG comme des outils transversaux pouvant être utilisés dans différents métiers (par exemple, l’analyse des besoins, la planification de projet, ou le suivi/évaluation), mais permettant également de diffuser un esprit innovant et collaboratif au sein des organisations et des communautés que nous soutenons.

    Travailler avec les communautés locales et renforcer les compétences du staff local est crucial pour nous, puisque c’est le prérequis pour développer des projets durables et répondant aux besoins des populations que nous aidons. Nous sommes également des partisans actifs du partage de l’information, de l’open data et de la mutualisation des moyens pour améliorer l’efficacité globale et l’impact de l’aide.


    http://www.cartong.org/fr

    CartONG est le coordinateur français du projet international #Missing_Maps :

    Remettre les personnes les plus vulnérables de la Terre sur la carte

    Chaque année, les catastrophes naturelles tuent près de 100 000 personnes et touchent ou déplacent 200 millions de personnes dans le monde. La plupart des endroits où se produisent ces catastrophes sont littéralement ’absents’ des cartes et les premiers secours manquent d’informations pour prendre les bonnes décisions sur le terrain. Missing Maps est un projet ouvert et collaboratif auquel vous pouvez participer, en cartographiant les zones où les organisations humanitaires essaient de répondre aux besoins des populations touchées.

    https://www.missingmaps.org/fr
    #cartographie_humanitaire #catastrophes_naturelles #géographie_du_vide #géographie_du_plein

    Lors du mapathon, on a utilisé la plateforme #HOT , #Humanitarian_OpenStreetMap_Team :
    HOT is an international team dedicated to humanitarian action and community development through open mapping.
    https://www.hotosm.org
    #OSM #OpenStreetMap #open_street_map

  • EM-DAT | The international disasters database
    https://www.emdat.be/index.php

    Welcome to the EM-DAT website

    In 1988, the Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) launched the Emergency Events Database (EM-DAT). EM-DAT was created with the initial support of the World Health Organisation (WHO) and the Belgian Government.

    The main objective of the database is to serve the purposes of humanitarian action at national and international levels. The initiative aims to rationalise decision making for disaster preparedness, as well as provide an objective base for vulnerability assessment and priority setting.

    EM-DAT contains essential core data on the occurrence and effects of over 22,000 mass disasters in the world from 1900 to the present day. The database is compiled from various sources, including UN agencies, non-governmental organisations, insurance companies, research institutes and press agencies.

    #données #statistiques #désastres #catastrophes

  • #Fortapàsc

    En 1985, Giancarlo Siani est tué de dix balles de revolver. Il avait 26 ans. Il était journaliste au quotidien "Il Mattino" et avait le défaut de s’informer, de vérifier les nouvelles, d’enquêter sur les faits. Nous le suivons ici dans les quatre derniers mois de sa vie : son dernier été, quand il descendait tous les jours dans l’enfer de Torre Annunziata, règne du boss mafieux #Valentino_Gionta. A cette période, tout tournait autour des intérêts pour la reconstruction de l’après-tremblement de terre de 1980. Au milieu des « camorristes », des politiciens corrompus, des magistrats craintifs et des carabiniers impuissants, Giancarlo voyait. Il comprenait.


    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=174715.html
    #film #journalisme #presse #médias #meurtre #assassinat #Naples #mafia #Italie #Torre_Annunziata #camorra #appels_d'offre #reconstruction #tremblement_de_terre #catastrophes_naturelles #Giancarlo_Siani #corruption

  • What do we know about data on environmental migration?

    Disaster displacement forces millions of people away from their homes every year. Many more move in the context of environmental changes. Estimating the number of people affected remains a challenge for the international community. #Atle_Solberg, Head of the Platform on Disaster Displacement and #Francois_Gemenne, specialist of environmental geopolitics and migration dynamics, share their views on this topic.

    https://vimeo.com/305714985


    #statistiques #chiffres #réfugiés_environnementaux #migrations #réfugiés #asile #données #catastrophes #climat #changement_climatique #vitesse #rapidité #fiabilité #IDPs #déplacés_internes #collecte_de_données

    ping @reka @simplicissimus

  • 7 idées reçues sur les #migrations climatiques
    https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/7-idees-recues-sur-les-migrations-climatiques

    Chaque année, plusieurs millions de personnes sont contraintes de quitter leur lieu de vie à cause des dégradations environnementales ou des catastrophes naturelles. Ces déplacés climatiques sont de plus en plus nombreux, et pourtant on les connaît encore mal.

    #climat

  • #ILO Global Estimates on International Migrant Workers – Results and Methodology

    If the right policies are in place, labour migration can help countries respond to shifts in labour supply and demand, stimulate innovation and sustainable development, and transfer and update skills. However, a lack of international standards regarding concepts, definitions and methodologies for measuring labour migration data still needs to be addressed.

    This report gives global and regional estimates, broken down by income group, gender and age. It also describes the data, sources and methodology used, as well as the corresponding limitations.

    The report seeks to contribute to the 2018 Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration and to achieving SDG targets 8.8 and 10.7.


    https://www.ilo.org/global/publications/books/WCMS_652001/lang--en/index.htm

    Le résumé:


    https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---dgreports/---dcomm/---publ/documents/publication/wcms_652029.pdf

    #OIT #statistiques #chiffres #monde #genre #âge #2017 #migrations #travailleurs_migrants #travail #femmes

    • Global migrant numbers up 20 percent

      Migrants of working age make up 4.2 percent of the global population, and the number is growing. A UN report notes how poorer countries are increasingly supplying labor to richer ones to their own detriment.

      There are 277 million international migrants, 234 million migrants of working age (15 and older) and 164 million migrant workers worldwide, according to a UN report.

      Figures for 2017 from the United Nations’ Department of Economic and Social Affairs (UN/DESA) published on Wednesday show that migrants of working age make up 4.2 percent of the global population aged 15 and older, while migrant workers constitute 4.7 percent of all workers.

      The numbers rose by almost 20 percent between 2013 and 2017 for international migrants, 13 percent for migrants of working age and 9 percent for migrant workers.

      Distribution

      Of the 164 million migrant workers worldwide, 111.2 million (67.9 percent) are employed in high-income countries, 30.5 million (18.6 percent) in upper middle-income countries, 16.6 million (10.1 percent) in lower middle- income countries and 5.6 million (3.4 percent) in low-income countries.

      From 2013 to 2017, the concentration of migrant workers in high-income countries fell from 74.7 to 67.9 percent, while their share in upper middle-income countries increased, suggesting a shift in the number of migrant workers from high-income to lower-income countries.

      The report noted that this growing number could be attributed to the economic development of some lower-income nations, particularly if these countries are in close proximity to migrant origin countries with close social networks.

      The share of migrant workers in the labor force of destination countries has increased in all income groups except for lower middle-income countries.

      In high-income countries, falling numbers of migrant workers were observed simultaneously with a higher share in the labor force as a result of the sharp fall in the labor force participation of non-migrants, due to a variety of factors such as changes in demographics, technology and immigration policies.

      “Stricter migration policies in high-income countries and stronger economic growth among upper middle-income countries may also contribute to the trends observed,” the report noted.

      Geography

      Some 60.8 percent of all migrant workers are found in three subregions: Northern America (23.0 percent), Northern, Southern and Western Europe (23.9 percent) and Arab States (13.9 percent). The lowest number of migrant workers is hosted by Northern Africa (less than 1 percent).

      The subregion with the largest share of migrant workers as a proportion of all workers is Arab States (40.8 percent), followed by Northern America (20.6 percent) and Northern, Southern and Western Europe (17.8 percent).

      In nine out of 11 subregions, the labor force participation rate of migrants is higher than that of non-migrants. The largest difference is in the Arab States, where the labor force participation rate of migrants (75.4 percent) is substantially higher than that of non-migrants (42.2 percent).

      Gender

      Among migrant workers, 96 million are men and 68 million are women. In 2017, the stock of male migrant workers was estimated to be 95.7 million, while the corresponding estimate for female migrant workers was 68.1 million.

      “The higher proportion of men among migrant workers may also be explained by...the higher likelihood of women to migrate for reasons other than employment (for instance, for family reunification), as well as by possible discrimination against women that reduces their employment opportunities in destination countries,” the report noted.

      It added that societal stigmatization, the discriminatory impacts of policies and legislation and violence and harassment undermine women’s access to decent work and can result in low pay, the absence of equal pay and the undervaluation of female-dominated sectors.

      Age

      Prime-age adults (ages 25-64) constitute nearly 87 percent of migrant workers. Youth workers (aged 15-24) and older workers (aged 65 plus) constitute 8.3 percent and 5.2 percent, respectively, of migrant workers. This age composition holds for male and female migrant workers alike.

      “The fact that the overwhelming majority of migrant workers consist of prime-age adults suggests that some countries of origin are losing the most productive part of their workforce, which could have a negative impact on their economic growth,” the report noted, but it added that emigration of prime-age individuals may also provide a source of remittances for countries of origin.

      Destination countries, meanwhile, benefit from receiving prime-age workers as they are increasingly faced with demographic pressures.

      Labor shortage in Germany

      Germany’s BDI industry association said skilled labor from abroad was key to Germany’s future economic success. “The integration of skilled workers from other countries contributes significantly to growth and jobs,” BDI President Dieter Kempf said.

      The country’s VDE association of electrical, electronic and IT engineering was the latest group in Germany to point to the growing need for foreign experts. Emphasizing that Germany itself was training too few engineers, VDE said there would be a shortage of 100,000 electrical engineers over the next 10 years.

      “We will strive to increase the number of engineers by means of migration,” VDE President Gunther Kegel noted.

      https://www.dw.com/en/global-migrant-numbers-up-20-percent/a-46596757

    • Al menos uno de cada cuatro movimientos migratorios son retornos a los países de origen

      Un estudio estima que entre el 26% y el 31% de los flujos de migración mundiales consisten en regresos a los lugares de partida. En los últimos 25 años apenas ha habido cambios en la proporción de población migrante mundial

      https://ctxt.es/es/20181226/Firmas/23708/ctxt-Observatorio-Social-La-Caixa-migracion.htm
      #retour_au_pays
      source: https://www.pnas.org/content/116/1/116

    • GLOBAL MIGRATION INDICATORS

      Préparé par le Centre mondial d’analyse des données sur la migration (CMADM) de l’OIM, le rapport 2018 sur les indicateurs de la migration dans le monde résume les principales tendances mondiales en fonction des dernières statistiques, présentant 21 indicateurs dans 17 domaines relatifs à la migration.

      Le rapport s’appuie sur des statistiques provenant de sources diverses facilement accessibles sur le Global Migration Data Portal.

      Le rapport regroupe les statistiques les plus récentes dans des domaines comme la migration de main-d’œuvre, les réfugiés, les étudiants internationaux, les envois de fonds, le trafic illicite de migrants, la gouvernance des migrations et bien d’autres, permettant aux responsables politiques et au grand public d’avoir un aperçu de l’ampleur et des dynamiques de la migration à travers le monde.

      Par ailleurs, le rapport est le premier à faire le lien entre le programme mondial de gouvernance des migrations et les débats sur les données migratoires. Les thèmes choisis sont particulièrement pertinents pour le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et pour les Objectifs de développement durable (ODD). Le rapport fait un état des lieux des données sur chaque thème et propose des solutions pour les améliorer.

      « Bien que le Pacte mondial sur la migration et les ODD soient des cadres importants pour améliorer la façon dont nous gérons les migrations, des données plus précises et fiables sur les sujets relatifs à la migration sont nécessaires pour tirer parti de cette opportunité. Ce rapport donne un aperçu global de ce que nous savons et ne savons pas sur les tendances de la migration dans le monde », a déclaré Frank Laczko, Directeur du CMADM. 

      « La communauté internationale prend des mesures pour renforcer la collecte et la gestion des données sur la migration mais il reste beaucoup à faire. Une base de données solide est essentielle pour éclairer les politiques nationales sur la migration et seront plus que jamais nécessaires à la lumière du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », a déclaré Antonio Vitorino, le nouveau Directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations.

      https://www.iom.int/fr/news/loim-publie-un-rapport-sur-les-indicateurs-de-la-migration-dans-le-monde-2018

      –---------
      Pour télécharger le rapport :

      https://publications.iom.int/system/files/pdf/global_migration_indicators_2018.pdf

      Quelques éléments-clé :


      #indicateurs #femmes #travailleurs_étrangers #étudiants #réfugiés #migrations_forcées #étudiants_étrangers #remittances #trafic_d'êtres_humains #mourir_aux_frontières #esclavage_moderne #exploitation #smuggling #smugglers #passeurs #retours_volontaires #retour_volontaire #renvois #expulsions #IOM #OIM #économie #PIB #femmes #migrations_environnementales #réfugiés_environnementaux #catastrophes_naturelles #attitude #attitude_envers_les_migrants #opinion_publique #environnement

  • La collapsologie : un discours réactionnaire ? (Jean-Baptiste Fressoz, Libération)
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/07/la-collapsologie-un-discours-reactionnaire_1690596

    Très en vogue, les théories de l’#effondrement trouvent leur origine chez les élites industrielles et colonisatrices du XIXe siècle. Elles risquent aujourd’hui de négliger la dimension politique des #enjeux_écologiques.
    […]
    Premièrement, le terme d’effondrement est beaucoup trop #anthropocentrique. […] En se focalisant sur l’effondrement à venir de la #civilisation_industrielle, le risque est de se rendre aveugle à tous les effondrements de la #nature qui sont en cours et même déjà très avancés.
    […]
    Deuxièmement, le discours de l’effondrement est très « #occidentalocentré ». Dit plus simplement : c’est une #écologie de riches. Ce que nous vivons est infiniment plus pervers : le #changement_climatique accentue les autres formes de #violence et d’#inégalités. Suprême injustice, il est causé par les riches et persécute surtout les pauvres des pays pauvres. Et c’est d’ailleurs cette caractéristique qui explique l’apathie générale. […] Il faut reconnaître au #capitalisme sa #résilience extraordinaire face aux #désastres de tout ordre.
    […]
    Troisièmement, le #discours actuel de l’effondrement mélange deux choses : la #perturbation du système Terre et la #sixième_extinction, qui sont avérées, et l’#épuisement_des_ressources_fossiles qui est sans cesse repoussé à plus tard. […] Dit autrement, le capitalisme fossile se porte à merveille, il est dans la force de l’âge, son effondrement est peu probable, et c’est bien là le tragique de la situation.
    […]
    Quatrièmement, le discours de l’effondrement dépolitise la question écologique.
    […]
    Tous ces problèmes, l’effondrement les doit à ses origines intellectuelles et politiques.
    […]
    Si en France on connaît surtout la « #collapsologie » de gauche, celle d’Yves Cochet, de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens qui tentent de construire une politique post-apocalyptique #émancipatrice, il ne faut pas oublier que l’effondrement a, au cours de sa longue histoire, nourri les passions politiques les plus nauséabondes.
    […]
    L’effondrement disparaît et réapparaît, recule ou revient en force en s’ajustant aux futurs successifs. En attendant, les #catastrophes se multiplient partout, et surtout en dehors d’une #civilisation_occidentale qui depuis deux siècles n’a cessé d’admirer sa #puissance au prisme de son effondrement.

  • Des catastrophes pas tout à fait naturelles

    Cet hiver, un petit hameau dʹétables a été emporté par une #avalanche à #Täschalp dans la vallée de Zermatt.
    De manière générale, le risque de catastrophe « naturelle » augmente avec le réchauffement climatique.
    #Adrien_Zerbini nous emmène dans cette région avec le géographe et spécialiste des impacts climatiques Markus Stoffel, professeur à Institut des sciences de l’environnement de lʹUniversité de Genève. Puis nous évoquons, sur le même thème, lʹexposition RISK qui est proposée au pénitencier de Sion jusquʹau 6 janvier 2019.

    https://www.rts.ch/play/radio/prise-de-terre/audio/des-catastrophes-pas-tout-a-fait-naturelles?id=9879414&station=a9e7621504c6959e3

    #catastrophes_naturelles #nature #climat #changement_climatique #Suisse #risque

  • Quand les eaux montent – Mise en #patrimoine des #crues et des #inondations

    Cet ouvrage, issu des travaux de la Chaire Capital environnemental et gestion durable des cours d’eau (Géolab/Université de Limoges) présente des études de cas en France, en Europe mais aussi en Inde et au canada et propose une lecture patrimoniale des inondations.

    Si Jamie Linton enseigne la géographie à l’Université de Limoges, Alexis Metzger est associé au centre de formation sur l’environnement et la société de l »ENS-ULM. Tous deux introduisent l’ouvrage qu’il coordonne, organisent les diverses contributions en trois parties : traces et mémoires qui conduisent le lecteur dans le Gers et au Canada, Risques et cultures des rives du Brahmapoutre au Rhin en passant par les bords de Loire, la seine et le Tibre, Transmissions et créations entre Loire et Garonne.

    L’introduction Mind the floods ! Définit le cadre conceptuel : le patrimoine en relation avec la crue considérée comme utile à l’écosystème de la rivière, une « contrainte à intégrer au développement des territoires »1. Les auteurs rappellent le contexte d’élaboration de l’ouvrage : un colloque tenu à limoges en octobre 2015 et invitent à compléter la lecture par l’écoute d’extraits de communications et proposent une bibliographie générale sur ces thèmes 2

    Traces et mémoires

    Franck David (Université Bretagne -Sud), spécialiste des traces mémorielles des héritages douloureux entre valorisation et oubli, aborde les mémoires d’une crue assez récente à Auch3, une crue dévastatrice pour les habitants de la ville basse épargnant la ville historique en rive gauche.Il pose une série de questions : la mémoire, construction sociale, constitue-telle un patrimoine ? Comment sont conservées ou cachées les traces visuels de la crue ? Les mesures de prévention des risques ne pourraient-elles pas entretenir les traces de hauteurs d’eau pour rappeler le risque ? La loi du 30 juillet 2003 prévoit en effet de matérialiser les repères de PHEC4 alors que rien n’est prévu en ce qui concerne l’étendue spatiale de l’inondation. L’auteur montre que d’autres formes existent : monument ou spectacle vivant. Il analyse deux figurations du sculpteur Jaime Plensa installées en 1992 et le parcours d’interprétation de la ville « chemin de traverse » les associant à une représentation chorégraphique évoquant la crue. Le but de ces œuvres est de réconcilier les habitants avec le rivière de même que les aménagements de rectification des rives et aménagements paysagers avec promenade et parcours sportif pour permettre une réappropriation pacifié du Gers.

    Anne Watelet der l’école de l’environnement de l’Université Laurentienne (Ontario-Canada) entraîne le lecteur sur les rives de la rivière des Ouataouais. Il s’agit d’une rivière liée à l’histoire même du Québéc, patrimoine reconnu officiellement en 2017 mais la mémoire des crues est peu connue. L’étude porte sur deux villages à l’ouest de Montréal, l’un est un point de portage incontournable à, l’aval de rapides fréquentés dès le début du XVIIe siècle par les migrants européens. Les vestiges du canotage ont été largement détruit par la construction d’une centrale hydroélectrique (1962). Comment les habitants vivent-ils aujourd’hui le milieu riverain ? L’auteure décrit l’hydrologie de la rivière et ses crues fréquentes, la mémoire des crues utiles à l’exploitation forestière5 ou à la ^pêche à l’esturgeon. La présentation des effets du barrage sur le sentiment des riverains montre une différence selon qu’ils vivent en amont ou en aval du barrage6. L’auteure constate que l’éloignement de la connaissance et de la crainte des crues amène à une extension des zones bâties en zone inondable en aval et une prise de conscience récente de la collectivité locale.

    Quatre universitaires britanniques : Lindsey McEwen, Joanne Garde-Hansen, Iain Robertson, Andrew Holmes explorent la nature changeante des archives d’inondation, leur relation avec la mémoire et les savoir locaux. Ils définissent les archives et les conditions de leur collecte. Ils montrent le poids ses élites dans la définition de ce qui doit être conservé même si des mémoires plus personnelles ou familiales existent. Les auteurs évoquent la conservation d’archives d’inondation : photographies7, témoignages, repères. Ils concluent sur l’existence d’un patrimoine culturel immatériel et pose la question de sa mise à disposition du public.

    Risques et cultures

    Quatre articles abordent la question sous l’angle risques/ressources.

    Émilie Crémin nous entraîne sur les rives du Brahmapoutre. Elle montre comment les populations y ont vécu en utilisant les différents niveaux d’eau, « jouant » avec les crues tandis que les autorités tentent depuis le XIIe siècle de les maîtriser. Elle présente la culture ancienne du fleuve divinisé, associé à Brahma, les politiques de préservation de l’écosystème de la plaine inondable dans le Parc National de Kaziranga et le « savoir vivre avec les crues des habitants de l’île de Majuli. Elle analyse ensuite un autre patrimoine lié à la longue histoire des digues, les évolution des pratiques agricoles, les critiques de ces politiques de protection. Elle conclut sur l’existence dans cette région d’une culture du risque exprimée par des dessins d’enfants.

    Sylvain rode et Sylvie Servain se penchent sur la Loire moyenne autour de la question : « l’approche en terme de patrimoine ne peut-elle pas aider à donner une visibilité au risque inondation 8 » sur un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis l’an 2000 ? Il s’agit ici à la fois des paysages naturels de l’eau et des paysages culturels9 et du risque qui véhicule une image négative aux antipodes de la vallée des châteaux. L’interrogation porte sur l’intérêt d’une patrimonialisation de l’inondation pour définir une identité du lieu, un atout de développement notamment touristique et une culture du risque à construire.

    Ce ne sont pas moins de dix auteurs, historiens et géographes, qui analysent la culture du risque dans le fossé rhénan. Ils constatent une méconnaissance largement répandue du risque dans une zone urbanisée et industrielle. Si l’Alsace a un riche patrimoine historique et bien que très marquée par la présence du Rhin la connaissance et la mémoire des inondations sont faibles sans doute en raison, pour les auteurs, de l’histoire des conflits franco-allemands10. Les auteurs évoquent &également les travaux de correction, endiguement des cours d’eau et la rareté des repères de rue. La prise de conscience du risque est récente, peut-être une chance pour une patrimonialisation des inondations omniprésentes dans l’histoire de l’Alsace11. Les auteurs militent pour une géohistoire des inondations.

    Sofiane Saadia (doctorant à l’Université Paris Diderot) compare sur un siècle (des années 1930 au début du XXIe siècle) les stratégies de Paris et Rome face à la crue. Quelle intégration du risque dans les aménagements urbains ? L’auteur amorce sa réflexion autour des ouvrages de protection, leur patrimonialisation et les conséquences : valorisation des berges et mesures de prévention des risques, des rapports parfois antagonistes12. A partir de l’exemple d’aménagement du parc interdépartemental des sports de Choisy-le-Roi il pose ensuite la question : l’inondation peut-elle être considérée comme un patrimoine naturel ?

    Transmissions et créations

    Avec Annie Sigwalt, sociologue, on aborde la question des terres agricoles en zone inondable, les zones humides en Pays de Loire, autrefois élément de l’exploitation agricole, aujourd’hui en perte d’actifs agricoles.Elle présente les travaux de la commission marais de la chambre d’agriculture de Loire atlantique et notamment comment les éleveurs perçoivent leur activité professionnelle en zone humide, confirmant une connaissance réelle du milieu et des savoir à transmettre : formes de valorisation, connaissance du risque, réactions aux mesures agro-environnementales.

    L’exemple de patrimonialisation de la moyenne vallée de la Garonne marmandaise est présenté par Philippe Valette, Philippe Marmiesse et Jean-Michel Moreau. Après une description de la Garonne et son régime de crues les auteurs rappellent quelques données historiques et les caractéristiques d’un bâti traditionnel adapté et mis en valeur à Couthures par la Maison « Gens de Garonne ».

    En guise de conclusion La géographe Nancy Meschinet de Richemond développe bla nécessaire dimension positive de l’inondation pour une patrimonialisation allant au-delà de la dimension économique du patrimoine.

    https://clio-cr.clionautes.org/quand-les-eaux-montent-mise-en-patrimoine-des-crues-et-des-inond
    #mémoire #catastrophe #livre #géographie_culturelle #risques #catastrophes #histoire

  • Le #Japon : entre #culture et #coutumes ancestrales, #technologie de pointe et #controverse.
    (Japan: between culture and ancestral customs, advanced technology and controversy.)

    Ces dimensions se superposent dans un pays dont 93,93% de la #population est #urbaine (selon la Banque mondiale) et qui possède de nombreuses #contraintes #naturelles desquelles peuvent résulter des #catastrophes à la suite de prises de #risques parfois considérées comme nécessaires pour le développement #économique (comme ce fut le cas de Fukushima en 2011). Le Japon est aussi une île déphasée du reste du monde et dévastée pendant la Seconde Guerre #mondiale, qui a pourtant connu un #développement rapide à la suite de cette destruction. Or, c’est précisément dans cet élan qu’on été emportés culture et #traditions. C’est également ainsi que le pays a su garder l’#insularité qui fait sa spécificité tout en étant en étroite connexion avec le reste du #monde par ses #innovations et son #soft-power. Ce sont tous ces aspects de l’archipel japonais qui donnent lieu à des sujets se prêtant à l’approche #géographique.

    These dimensions superimpose themselves in a country made of 93,93% city-dweller (according to the World Bank) and that possesses many natural constraints from which can result catastrophes after risk taking sometimes considered as necessary for the economic development (as it happened in Fukushima in 2011). Japan is also an island out of sync with the rest of the world and devastated during World War II, that has however acquainted a fast development after that destruction. However, it’s precisely in this rush that have been carried culture and traditions. It is also this way that the country knew how to keep its insularity which made its specificity while being in close connection with the rest of the world through its innovation and soft-power. All of these aspects of the Japanese archipelago permit subjects suitable to a geographic approach.

  • Des catastrophes socio-naturelles, par Robert Kurz, 2002
    Dans le monde entier, inondations et sécheresses simultanées annoncent que la crise écologique a franchi un nouveau seuil
    http://www.palim-psao.fr/2018/03/des-catastrophes-socio-naturelles.dans-le-monde-entier-inondations-et-sec

    Il serait trop facile de mettre la dynamique de la destruction écologique sur le compte de la seule technique. Ce sont certes des moyens techniques qui, directement ou indirectement, interviennent dans les phénomènes naturels et leurs interactions, mais ces moyens n’existent pas en soi. Ils sont au contraire le résultat d’une forme spécifique d’organisation sociale qui détermine aussi bien les rapports sociaux que le « métabolisme avec la nature ». Le système moderne de production marchande, fondé sur la valorisation de capital-argent comme fin en soi, révèle alors son caractère irrationnel de deux manières : à la fois au macro-niveau de l’économie nationale et mondiale, et au micro-niveau de l’économie d’entreprise.

    […]

    D’un côté, le changement dû à l’économie de marché et à l’économie d’entreprise concentre à l’extrême sur des zones particulières les pluies autrefois réparties équitablement. D’un autre côté, et à la suite des pratiques non réflexives de l’économie de marché et d’entreprise, les masses d’eau ont moins qu’auparavant la possibilité de s’évacuer et de s’infiltrer dans la terre.

    Si les critiques écologistes ont établi ces relations et mis en garde contre les catastrophes qui se produisent aujourd’hui sous nos yeux, ils ont toujours évité de mettre en question le principe économique causal en tant que tel. Théoriciens écologistes et publicistes, partis « Verts » et ONG telle que Greenpeace, tous se sont laissés condamner aux principes « éternels » du capitalisme. Ils ne veulent être qu’une sorte de « lobby de la nature » dans le cadre de la logique même qui détruit la biosphère.

    Toute la discussion sur le développement dit « durable » ignore la nature du principe abstrait de valorisation et de croissance, c’est-à-dire le fait que ce principe est totalement insensible aux qualités matérielles, écologiques et sociales et que, par là, il se montre incapable d’en tenir compte. L’idée selon laquelle l’économie d’entreprise devrait inclure dans ses bilans les coûts de destruction de la nature qu’elle a auparavant externalisés est complètement absurde. Par essence, l’économie d’entreprise consiste à externaliser systématiquement ces coûts qui, pour finir, ne peuvent plus être payés par aucune instance. Si elle devait cesser de le faire, elle ne serait plus une économie d’entreprise, et les ressources sociales qui servent au « métabolisme avec la nature » devraient être organisées d’une façon qualitativement différente. Mais que l’économie d’entreprise nie son propre principe est illusoire. Le loup ne se fera pas végétarien, et le capitalisme ne se transformera pas en association pour la protection de l’environnement et de l’humanité.

    #écologie #capitalisme #catastrophes #Robert_Kurz #critique_de_la_valeur #wertkritik #externalisation_des_coûts

  • Brazil: natural disasters and large-scale construction forced millions from homes | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2018/mar/07/at-least-77m-brazilians-forced-to-leave-homes-since-2000-natural-disast

    At least 7.7 million Brazilians, or one every minute, have been forced to leave their homes since 2000, a pioneering study has found.

    Of those, 6.4 million moved after large-scale flooding, droughts and other natural disasters, while 1.2 million were forced out by large-scale construction projects such as dams.

    The analysis was conducted by Forced Migration Observatory (FMO), a digital platform launched on Wednesday that uses georeferencing data.

    Significant attention has been paid recently to the fact that Brazil, a large country with a population of 209 million, has taken in only 10,000 refugees from countries such as Syria.

    But little is known about people affected by forced migrations within Brazil, whom the government has no legal framework to protect, said researchers from the Igarapé Institute, an independent thinktank based in Rio de Janeiro.

    Brésil #déplacement #déplacements_forcés #intempéries #développement

  • 06.01.2018 – Décision Parlement européen et Conseil - Instrument de flexibilité - Défis actuels liés à la migration, à l’afflux de réfugiés et aux menaces pesant sur la sécurité

    Contenu de la décision_

    Décision (UE) 2018/8 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2017 relative à la mobilisation de l’#instrument_de_flexibilité aux fins du financement de mesures budgétaires immédiates pour faire face aux défis actuels liés à la migration, à l’afflux de réfugiés et aux menaces pesant sur la sécurité

    LE PARLEMENT EUROPÉEN ET LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,

    vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

    vu l’accord interinstitutionnel du 2 décembre 2013 entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission sur la discipline budgétaire, la coopération en matière budgétaire et la bonne gestion financière (1), et notamment son point 12,

    vu la proposition de la Commission européenne,

    considérant ce qui suit :

    (1) L’instrument de flexibilité vise à permettre la prise en charge de dépenses clairement identifiées qui ne pourraient être financées dans les limites des plafonds disponibles pour une ou plusieurs rubriques.

    (2) Le plafond du montant annuel disponible pour l’instrument de flexibilité s’élève à 600 000 000 EUR (aux prix de 2011), comme le prévoit l’article 11 du règlement (UE, Euratom) no 1311/2013 du Conseil (2).

    (3) Afin de faire face aux défis actuels liés à la migration, à l’afflux de réfugiés et aux menaces pesant sur la sécurité, il est nécessaire de mobiliser des montants supplémentaires importants pour financer sans délai ces mesures.

    (4) Après examen de toutes les possibilités de réaffectation des crédits sous le plafond des dépenses de la rubrique 3 (Sécurité et citoyenneté), il est nécessaire de mobiliser l’instrument de flexibilité pour compléter le financement disponible du budget général de l’Union pour l’exercice 2018, au-delà du plafond de la rubrique 3, par un montant de 837 241 199 EUR, afin de financer des mesures dans le domaine de la migration, des réfugiés et de la sécurité. Cette somme comprend les montants du Fonds de solidarité de l’Union européenne et du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation qui ont été annulés les années précédentes et qui sont mis à la disposition de l’instrument de flexibilité, conformément à l’article 11, paragraphe 1, deuxième alinéa, du règlement (UE, Euratom) n° 1311/2013.

    (5) Sur la base du profil des paiements escompté, il y a lieu que les crédits de paiement correspondant à la mobilisation de l’instrument de flexibilité soient répartis sur plusieurs exercices.

    (6) Afin de permettre une mobilisation rapide des fonds, la présente décision devrait s’appliquer à partir du début de l’exercice 2018,

    ONT ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION :

    Article premier

    1. Dans le cadre du budget général de l’Union relatif à l’exercice 2018, il est fait appel à l’instrument de flexibilité pour fournir le montant de 837 241 199 EUR en crédits d’engagement à la rubrique 3 (Sécurité et citoyenneté).

    Le montant visé au premier alinéa doit servir à financer des mesures visant à faire face aux défis actuels liés à la migration, à l’afflux de réfugiés et aux menaces pesant sur la sécurité.

    2. Sur la base du profil des paiements escompté, la répartition des crédits de paiement correspondant à la mobilisation de l’instrument de flexibilité est estimée comme suit :

    a) 464 039 631 EUR en 2018 ;

    b) 212 683 883 EUR en 2019 ;

    c) 126 354 910 EUR en 2020 ;

    d) 34 162 775 EUR en 2021.

    Les montants spécifiques des crédits de paiement de chaque exercice sont autorisés conformément à la procédure budgétaire annuelle.

    Article 2

    La présente décision entre en vigueur le jour de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

    Elle est applicable à partir du 1er janvier 2018.

    Fait à Bruxelles, le 12 décembre 2017.

    Par le Parlement européen

    Le président

    A. TAJANI

    Par le Conseil

    Le président

    K. SIMSON

    http://www.europeanmigrationlaw.eu/documents/Decision%202018-8-InstrumentFlexibilite.pdf

    #migrations #asile #réfugiés

    • Commentaire de Claudia Charles via la mailing-list de Migreurop :

      Cette décision décide d’affecter l’instrument de flexibilité à des questions de migration et « aux menaces pesant sur la sécurité ».

      Il y est dit que les sommes affectées « comprend les montants du #Fonds_de_solidarité de l’Union européenne et du #Fonds_européen_d'ajustement_à_la_mondialisation qui ont été annulés les années précédentes et qui sont mis à la disposition de l’instrument de flexibilité ».
      Or, par une très rapide recherche, je trouve que le fonds de solidarité de l’UE

      « a été mis en place dans le but de faire face aux grandes catastrophes naturelles et d’exprimer la solidarité de l’UE à l’égard des régions sinistrées. Il a été créé en réponse aux graves inondations qui ont touché l’Europe centrale durant l’été 2002. Depuis, il est intervenu dans 76 cas de catastrophes naturelles, parmi lesquels des inondations, des incendies de forêts, des tremblements de terre, des tempêtes et la sécheresse. »

      http://ec.europa.eu/regional_policy/index.cfm/fr/funding/solidarity-fund

      et le Fonds européen d’ajustement à la #mondialisation

      « aide les personnes ayant perdu leur emploi à la suite de changements structurels majeurs survenus dans le commerce international en raison de la mondialisation (par exemple lorsqu’une grande entreprise ferme ou que la production est délocalisée en dehors de l’UE), ou du fait de la crise économique et financière mondiale.
      Le #FEM dispose d’un budget annuel maximum de 150 millions d’euros pour la période 2014-2020. Il peut financer jusqu’à 60 % du coût des projets destinés à aider les personnes ayant perdu leur emploi à retrouver du travail ou à créer leur propre entreprise.

      En général, le FEM ne peut intervenir que lorsque plus de 500 travailleurs ont été licenciés par une seule entreprise (y compris ses fournisseurs et les producteurs en aval), ou si un grand nombre de travailleurs sont licenciés au sein d’un secteur particulier dans une ou plusieurs régions avoisinantes. »

      http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=326&langId=fr

      Sauf si je fais une interprétation erronée, il y a bien là bel et bien un #détournement de l’objectif initial de la création de ces instruments.
      Claudia

      #développement #catastrophes_naturelles #chômage

  • Les femmes sont les premières victimes des changements climatiques Le Devoir - Alexandre Shields - 12 Décembre 2017.
    http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/515222/les-femmes-premieres-victimes-des-bouleversements-climatiques

    Les impacts dévastateurs des #changements-climatiques sont de plus en plus connus. Mais ce que l’on sait moins, c’est que les #femmes en sont le plus souvent les premières victimes. Cette réalité doit d’ailleurs plus que jamais être prise en compte, ont rappelé lundi plusieurs intervenantes de différents horizons dans le cadre d’un événement organisé à la veille du One Planet Summit de Paris.
     
    « Plus de 80 % des victimes du tsunami qui a dévasté Aceh [en Indonésie] en 2004 étaient des femmes avec des enfants », a rappelé d’entrée de jeu la ministre des Finances de l’Indonésie, Sri Mulyani, dans le cadre d’un événement organisé en soirée au siège du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à Paris.
     

    Cette situation dramatique illustre un phénomène beaucoup plus vaste, a d’ailleurs souligné la Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Patricia Espinosa. Les femmes sont aux premières loges des impacts de plus en plus concrets des sécheresses, des phénomènes climatiques extrêmes, de la désertification ou alors de la raréfaction des ressources, a-t-elle fait valoir. « Cette situation est la réalité de millions de femmes dans le monde. »
     
    Les données officielles lui donnent d’ailleurs raison. Les femmes sont ainsi victimes de #surmortalité, par rapport aux hommes, lors des #catastrophes-naturelles, des phénomènes qui auront tendance à augmenter en raison du #réchauffement global.
     
    Lors de ces catastrophes, les femmes connaîtraient un taux de #surmortalité cinq fois supérieur à celui des hommes, selon des données d’ #Oxfam. En plus du tsunami de 2004, les intervenantes ont notamment cité lundi l’exemple du cyclone qui, en 1991, a frappé le #Bangladesh, tuant 70 femmes sur 1000, contre 15 hommes sur 1000.
     
    Qui plus est, les bouleversements du climat mettent plus que jamais en péril l’agriculture dans plusieurs régions du monde, notamment dans les pays en développement. Or, 80 % de la production alimentaire d’Asie et d’Afrique subsaharienne repose sur un modèle agricole familial dont, dans 45 à 80 % de cas, les femmes assument la charge.
     
    Dans les zones rurales des pays en voie de développement, l’approvisionnement en eau et en alimentation repose essentiellement sur les femmes et les filles. Elles sont donc les premières touchées lorsque survient une sécheresse ou des pluies qui ruinent les récoltes. Quand la nourriture et l’eau viennent à manquer, elles doivent redoubler d’efforts pour subvenir aux besoins du foyer.
     
    Le plus récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) constate d’ailleurs ce facteur de croissance des inégalités entre hommes et femmes, tandis que l’Accord de Paris reconnaît la nécessité que les femmes et les questions de genre soient mieux intégrées dans la planification de l’action climatique.
     
    Femmes et action  
    Malgré la démonstration du phénomène, l’action n’est toujours pas au rendez-vous, a déploré lundi une coalition d’organisations de défense des droits des femmes. Dans le cadre d’un appel pour une « finance climat en action pour les femmes », elles ont souligné qu’à peine « 0,01 % des financements mondiaux soutiennent des projets s’attaquant à la fois au changement climatique et aux inégalités entre les sexes ».
     
    Cette coalition, qui compte des organisations issues de plusieurs régions du monde, a donc plaidé en faveur d’une augmentation « significative des financements publics » dans la lutte contre les changements climatiques, avec pour ambition que 20 % des « projets » financés aient aussi « pour objectif principal de réduire les inégalités entre les sexes », et ce, d’ici 2020. Les femmes sont « vecteurs de changement et d’évolution » en matière de développement durable, a fait valoir Mme Espinosa, en offrant son soutien à cette initiative.
     
    Le regroupement propose par ailleurs de favoriser l’inclusion des femmes dans les prises de décision quant aux milliards de dollars qui sont désormais dirigés vers la lutte contre les changements climatiques. L’enjeu est d’autant plus important que la communauté internationale s’est engagée à verser, dès 2020, plus de 100 milliards de dollars par année aux pays en développement pour leur permettre de mieux s’adapter aux impacts du réchauffement, mais aussi de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
     
    « Le meilleur outil que nous avons pour lutter contre les changements climatiques, c’est l’égalité entre les hommes et les femmes », a d’ailleurs fait valoir Yannick Glemarec, directeur exécutif adjoint d’ONU-Femmes.

  • Le système du risque à #Saint-Martin (Petites #Antilles françaises)

    L’île de Saint-Martin constitue un terrain particulièrement intéressant pour étudier le système du #risque_naturel et les conditions de la co-évolution territoire/#catastrophes. Les mécanismes qui s’y observent renforcent sa #vulnérabilité et l’efficacité du retour d’expérience est affaiblie par des blocages d’ordre politique et juridique.


    http://developpementdurable.revues.org/7303
    –-> Article de 2008... trouvé sur twitter aujourd’hui, je mets ici pour archivage
    #risques #visualisation #cartographie

  • L’après-« Harvey » et « Irma » : les forces économiques et politiques poussent à l’inertie Le Devoir - 9 septembre 2017 - Isabelle Paré
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/507625/l-apres-harvey-et-irma-les-forces-economiques-et-politiques-poussent-a-l-i

    Les catastrophes vécues à Houston et celles laissées dans le sillage du puissant ouragan Irma deviendront-elles coutume ? Ouragans et inondations comptent désormais pour près de 75 % des désastres liés au climat. Le nombre de pluies « extrêmes » sur la planète monte en flèche. L’avenir s’annonce détrempé. Or, la répétition des désastres ne semble pas réussir à infléchir les façons de faire, notamment de penser les villes. Pourquoi ?

    Au lendemain de l’ouragan Katrina, Julie Hernandez, alors jeune géographe, se souvient d’avoir entendu « plus jamais ». Dans les rues, on s’arrachait les t-shirts arborant le slogan « Le réchauffement climatique n’est pas un mythe. Y croyez-vous maintenant ? ». Or, 12 ans plus tard, c’est comme si les 1800 morts et les 108 milliards de dommages qui ont plombé l’économie de la région et du pays avaient été oubliés.

    « On pensait que La Nouvelle-Orléans allait être un laboratoire et un modèle de ville résiliente au climat. Les architectes et ingénieurs ont repensé la ville, ont proposé un plan pour concentrer la population sur les terres les plus élevées et pour transformer les terrains bas en zones vertes. Il y a presque eu une insurrection civile, les gens voulaient non seulement retourner dans leur ville, mais dans leur maison ! » affirme cette géographe de l’École de santé publique de l’Université Tulane à La Nouvelle-Orléans.

    Le nouveau normal
    Après Katrina, les raisonnements scientifiques et les engagements politiques ont vite été dissolus dans les eaux brouillées de la sensibilité collective. Il faudra s’attendre à la même chose au lendemain de Harvey et d’Irma, à moins que cette fois le chaos et les coûts n’aient l’effet d’un coup de Jarnac sur les consciences, estime Paul J. Ferraro, professeur d’économie spécialisé dans les enjeux environnementaux à l’Université Johns Hopkins.

    « Il faut arrêter d’utiliser l’expression “tempête historique” pour justifier notre manque de préparation à ces événements qui causent des pertes de vie et des dommages substantiels. Ce que nous observons, ce sera “la nouvelle normalité”. Or, nous n’étions déjà pas prêts à affronter “l’ancienne réalité” », appuie le professeur.

    La professeure Hernandez estime elle aussi qu’il faut cesser de s’étonner de ces déferlements du climat, dont la surenchère s’observe depuis déjà quelques décennies. En Asie du Sud-est, les crues provoquées par des typhons sont en hausse depuis des années. Et il y a belle lurette que ce que les « tempêtes tropicales » sèment le chaos bien au-delà des tropiques. « Les ouragans s’observent à des latitudes de plus en plus élevées, dans des zones où l’on ne les attendait pas. Ce n’est pas arrivé brutalement. Houston avait vécu trois inondations majeures ces dernières années, sans pourtant revoir ses systèmes de gestion des catastrophes », critique-t-elle.

    Revoir les modèles
    Les modèles prédictifs de l’intensité des catastrophes, qui qualifient d’« une sur 500 ans ou 1000 ans » la probabilité et l’intensité d’un ouragan ou d’une crue, sont désuets. Ils confortent décideurs, investisseurs et même la population dans l’idée qu’ils ont été victimes d’un rarissime mauvais sort, contre qui rien ni personne ne peut agir.

    Pour Paul J. Ferraro, la capacité à gérer les sursauts du climat dans les États et les villes vulnérables est minimale. On a décrié ad nauseam les ratés urbanistiques qui ont démultiplié l’impact de Harvey sur Houston. Le développement immobilier effréné des dernières années s’est fait en toute connaissance de cause dans des zones inondables, marais et bayous ont été remblayés pour accueillir la population croissante, rendant la ville de moins en moins apte à absorber des trombes d’eau.

    Pis, le lacis des canaux de drainage creusés et de digues érigées pour assécher des zones humides aux fins de construction a littéralement servi de « cheval de Troie » aux flots déchaînés pour engloutir le centre-ville, affirme Julie Hernandez.

    D’aucune façon ces villes et ces États n’ont tenté de devenir plus « résilients » aux fléaux climatiques susceptibles de s’abattre sur eux, déplore le professeur Ferraro. « Les gens restent insensibles à la notion de risque, car il n’y a aucun incitatif financier pour les faire changer d’idée. Les gens qui profitent du développement immobilier ne sont pas ceux qui paient ensuite pour les dommages. C’est le gouvernement fédéral. Il doit y avoir un prix à payer pour les villes ou les promoteurs qui font fi de cette réalité », dit-il.

    Amnésie collective
    Même à La Nouvelle-Orléans, une fois les plans « de ville résiliente » mis à la corbeille, la ville s’est reconstruite sur les mêmes bases fragiles, à quelques exceptions près. Pourquoi ? « Refuser à des gens de retourner chez eux a un coût politique immense. Or, les élus pensent d’abord à leur réélection. Ils mettent dans la balance les bénéfices à court terme d’une telle décision et le risque lointain qu’un tel scénario apocalyptique se reproduise », affirme Julie Hernandez, qui a participé au processus de récupération et de mobilisation post-catastrophe après Katrina.

    Selon ces deux observateurs, la décentralisation des pouvoirs aux États-Unis favorise l’inertie actuelle. « Cela cause un grand chaos. Il faudrait centraliser et standardiser les décisions [liées aux nouvelles réalités environnementales] qui ont un impact sur le zonage. En ce moment, ces décisions sont entre les mains de ceux-là mêmes qui n’ont rien à gagner à changer les normes », insiste Paul J. Ferraro, qui juge inouï que des programmes permettent d’obtenir des subventions pour reconstruire en zone inondable. Pis, le gouvernement perpétue cette spirale insensée en payant la surprime d’assurance imposée aux propriétaires de résidences à risque.

    Julie Hernandez croit toute intervention fédérale inespérée, en ces temps « où la logique a déserté la Maison-Blanche ».« Ces événements vont faire couler beaucoup d’encre, mais l’idée même que le gouvernement fédéral impose des normes de construction nationales est de la pure science-fiction ! Mis à part dans les parcs nationaux, il n’y a pas de lois sur les littoraux. Le modèle d’un État-providence qui n’agit qu’en temps de crise est bien ancré. Ce modèle est une incitation à ne pas changer les choses, à ne pas planifier pour l’avenir. »

    Ultimement, la création de villes résilientes coûtera très cher, estime la géographe, qui intervient auprès des populations vulnérables. Des impacts sociaux sont aussi à prévoir. Car le surcoût de nouvelles normes urbaines aura malheureusement un effet direct sur les populations plus pauvres, souvent retranchées dans les « banlieues ethniques » (surnommées ethnoburbs), ces secteurs où les habitations sont moins chères, justement parce qu’elles sont situées dans les zones à haut risque de crues soudaines.

    « Dans tous les cas de figure, ce sont eux qui en paieront le prix et qui devront aller vivre ailleurs, toujours plus loin. »

    #catastrophes #médias #Nouvelle-Orléans #Houston #désastres

  • More Than 1,000 Died in South Asia Floods This Summer
    https://www.nytimes.com/2017/08/29/world/asia/floods-south-asia-india-bangladesh-nepal-houston.html

    More than 1,000 people have died in floods across South Asia this summer, and as sheets of incessant rain pummeled the vast region on Tuesday, worries grew that the death toll would rise along with the floodwaters.

    According to the United Nations, at least 41 million people in Bangladesh, India and Nepal have been directly affected by flooding and landslides resulting from the monsoon rains, which usually begin in June and last until September.

    #catastrophes #inondations #mousson