• « T’es un arabe. T’es là pour violer des Françaises et nous voler ! Ici personne ne veut de toi ! Donc tu vas rentrer dans ton pays, suceur de chameaux ! »

    Cinq policiers nationaux de 30 à 48 ans, en poste à Nice, vont devoir répondre de propos racistes, le 24 octobre prochain, devant le tribunal correctionnel de Nice.

    Ce sont nos confrères du Canard enchaîné qui ont révélé l’affaire. Le parquet de Nice a confirmé les faits.

    Ces propos racistes auraient été tenus en juillet dernier à l’encontre de deux Tunisiens, soupçonnés de faire du trafic de stupéfiants.

    Ce moment a été capté par l’un des deux interpellés qui avait déclenché l’enregistrement audio sur son téléphone. Un audio qui dure 32 minutes et 15 secondes et sur lequel on entend ce qui ressemble à des coups portés.

    Toujours selon l’hebdomadaire satirique, les fonctionnaires auraient déchiré des pages du Coran de l’un des interpellés, puis auraient tenté de les lui faire avaler.

    https://www.nicematin.com/societe/justice/ici-personne-ne-veut-de-toi-cinq-policiers-nicois-juges-pour-des-propos-r

    • https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/06/20/legislatives-2024-les-syndicats-de-policiers-peinent-a-maintenir-leur-neutra

      Nulle part n’est mentionnée la moindre consigne de vote pour les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. Mais la lecture du tract incendiaire rendu public, jeudi 20 juin, par le syndicat Alliance-Police nationale, réputé pour ses positions très tranchées en matière de sécurité, ne fait guère illusion. Il pourrait être intitulé « Haro sur le Nouveau Front populaire ».

      https://archive.ph/g5KyM

      Article du Monde que je trouve très complaisant pour nos flics bien-aimés que certains auraient eu tendance à « embrasser » d’un peu trop près depuis 2015.
      Ceci dit, l’enquête menée par la gendarmerie nationale au sujet de quelques colis piégés a été rapidement orientée vers la thèse de la « mauvaise blague » puisque les dispositifs utilisés par leur auteur étaient qualifiés de « faible détonation » par « Ouest-Rance ».
      #naufrage_du_journalisme

      En conclusion, une grosse majorité de flics kiffe le fascisme.

    • Du même tonneau.
      « Pendant que tu travailles, d’autres attendent à la CAF » : quand Cécilia Attias se vautre dans la fange raciste sur la base d’une photo fallacieuse.
      https://www.humanite.fr/social-et-economie/cecilia-attias/pendant-que-tu-travailles-dautres-attendent-a-la-caf-quand-cecilia-attias-s

      L’ex-épouse de Nicolas Sarkozy a publié sur son compte X une photo représentant deux femmes en niqab, prétendument devant un guichet de la CAF, assortie de cette légende : « Pendant que tu travailles, d’autres attendent à la CAF. » Le cliché, qui émane du militant identitaire Damien Rieu, a en réalité été pris dans une fourrière parisienne. L’association La Maison des potes a annoncé le 10 octobre porter plainte pour incitation à la haine raciste.

      Il a fallu d’abord se frotter les yeux et vérifier que le compte X n’était pas un fake. Avant de se rendre à l’évidence : la saillie raciste n’émane pas d’un de ces comptes d’extrême droite, devenus légion sur le réseau d’Elon Musk, mais bien de #Cécilia_Attias.

    • Un rapport épingle le « terreau culturel » sexiste au ministère de l’Intérieur
      https://www.streetpress.com/sujet/1758889428-rapport-epingle-terreau-culturel-sexiste-ministere-interieur

      À l’ère #post-Metoo, la #place_Beauvau reste minée par une ambiance sexiste loin des promesses du ministère. Une situation mise en lumière par l’Inspection générale de l’administration, qui s’est penchée sur la situation des cadres supérieurs.

      Chose rare, ce climat sexiste — #secret_de_Polichinelle pour bien des fonctionnaires de Beauvau interrogés par #StreetPress — a été officiellement ratifié par un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA), remis en 2024 et publié officiellement fin juin 2025. (disponible ci-dessus)

    • https://www.nicematin.com/faits-divers/policiers-poursuivis-pour-des-propos-racistes-mon-client-a-ete-martyrise-

      « Cette fois, Mohamed a pensé au moment de l’interpellation à mettre son téléphone dans son caleçon, il a lancé le dictaphone et tout a été enregistré », précise Me Kada Sadouni. Lors de la garde à vue du jeune Tunisien, l’officier de police judiciaire qui conduit l’interrogatoire prend son téléphone et tombe sur l’enregistrement. « En matière de stup, les policiers exploitent toujours les téléphones. L’enregistrement fait plus d’une demi-heure. Il a été retranscrit, cela fait plus de 50 pages », décrypte l’avocat. L’audio sera, peut-être, diffusé lors de l’audience. Le policier alerte alors l’IGPN, la police des polices, qui a ouvert une enquête pour « violence aggravée et injures non publiques à raison de la religion ».

      https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/12-a-18-mois-de-prison-requis-contre-cinq-policiers-nicois-pour-injures-r

      Le procureur de la République de Nice a requis 12 mois de prison avec sursis simple à l’encontre de l’un des policiers, 15 mois de prison avec sursis simple à l’encontre de deux autres (dont le chef de bord) et 18 mois de prison avec sursis simple pour les deux derniers. Le parquet a également requis l’interdiction définitive d’exercer le métier de fonctionnaire de police nationale pour l’ensemble des prévenus, ainsi que des dommages et intérêts à hauteur de 500 euros chacun. Ils sont par ailleurs suspendus et sous contrôle judiciaire depuis mi-septembre dernier, mais se sont présentés libres devant la justice.

      [Le gras est de France Bleu]

      Les cinq accusés n’auront de cesse pendant l’audience de minimiser les faits. « On regrette tous ces propos, on est des pères de famille, ce ne sont pas nos valeurs, ces mots n’étaient pas des propos racistes » dira l’un d’eux. Un autre renchérit : « On s’est lancé dans une mauvaise blague et ça a dégénéré. On en pouvait plus sous 35 degrés on voulait décompresser. » S’ils reconnaissent les insultes, ils nient tous qu’elles soient racistes et contestent fermement les violences physiques. ["ta gueule", « sale bougnoule », « on veut pas de toi ici, t’es sans papier, retourne dans ton pays de suceur de chameaux », « rentre chez toi dans ton pays de merde », « tu violes la France »]

      https://nicepresse.com/deux-trafiquants-de-drogue-tunisiens-humilies-par-les-forces-de-lordre-d

      Pour sa part, l’avocat Éric Borghini a vivement réagi aux réquisitions, déclarant : « Ces réquisitions sont hallucinantes, vous avez requis la peine de mort, la peine de mort civile peut-être mais la peine de mort quand même ». Il a dénoncé une situation où, selon lui, « un trafiquant de drogue sous OQTF serait mieux traité que des fonctionnaires de la police nationale ». Le tribunal rendra sa décision le 10 novembre.

      Et un petit coup de Figaro pour la fin, parce que c’est toujours instructif de lire les commentaires...
      https://www.lefigaro.fr/flash-actu/nice-prison-avec-sursis-et-interdiction-definitive-d-exercer-requis-contre-

    • ATTENTION c’est du hard bien de chez nous.
      ·
      – Policier : " T’es là pour violer des françaises et voler les français. Donc tu vas rentrer dans ton pays de suceur de chameaux. (...) Tu pleures comme une pute."
      L’enregistrement est diffusé dans la salle. C’est glaçant. Voici les extraits que j’ai réussi à noter :
      – Pourquoi vous faites ça ? S’il vous plait, j’ai rien fait
      – Ta gueule !
      – Pourquoi tu me frappes avec le Coran alors que j’ai rien fait ?
      – Si t’es un Arabe, t’es un voleur
      – Je suis un voleur de quoi ?
      – T’es un voleur de France.
      – Tu m’as frappé avec le Coran tu m’as fait sortir du sang, j’ai du sang sur mon pantalon
      – Mais non il t’a pas frappé
      – (bruits de coups)
      – C’est pas bien, tu déchires le Coran monsieur. Il faut pas déchirer ça (bruit de pages déchirées)
      – Mais non les pages tombent seules !
      – Monsieur s’il vous plait arrêtez de jouer avec le Coran. S’il vous plait respectez-ça (la victime pleure en suppliant)
      – Ta gueule. Y’a écrit quoi là ? C’est quoi c’est de la merde ?
      – Non c’est pas de la merde !
      – Attention à ce que tu vas dire sinon je te casse le nez. Il n’y a qu’un seul Dieu c’est Jésus. Jésus c’est pas ton Dieu de merde ! T’es malade toi !
      – On a essuyé nos pieds dessus, tu veux le garder ?
      – Oui donne moi le, je le garde
      – Non on va le bruler. On n’a pas de briquet.
      – Je veux le garder le Coran, c’est pas bien de jouer avec
      – Non on va le bruler. C’est dur à lire ? Là y’a écrit quoi ?
      – Coran.
      – Ok d’accord. Lis ça.
      – (La victime lit la sourate Al-Fatiha)
      – (Bruits de crachats) Pourquoi tu pleures ? (Rires)
      – C’est pas moi monsieur j’ai rien fait
      – Ta gueule ! Tu connais ta gueule ?
      – Monsieur j’ai rien fait
      – Tu sais ce qu’il a dit tout à l’heure ? Allah c’est comme Jésus (policier à son collègue)
      – C’est Satan ça (autre policier)
      – (Les policiers se mettent à scander un espèce de chant improvisé en criant « amchi l’bled » à 4 ou 5 reprises)
      – La victime pleure en criant aïe aïe aïe s’il vous plait yemma yemma, j’ai rien fait je veux rentrer chez moi (bruits de coups audibles)
      – Ici c’est pas chez toi. Ta gueule !
      – Jure sur le Coran que c’est pas toi ?
      – Le Coran c’est pas moi.
      – Ferme ta gueule l’Arabe !
      Là d’un coup il se passe un truc lunaire digne des pires caricatures. La police met le son « Mon bled » de @rohff
      On entend le début « wesh comoriens, comoriennes » la musique démarre puis disparaît
      – Monsieur j’ai rien fait je viens de revenir de la plage j’étais sur le promenade des anglais. Regardez même les caméras de surveillance. J’ai rien à voir (pleure)
      – (Bruits de coups)
      – Ya Rabbi pourquoi ? S’il vous plait. J’ai rien fait
      – T’as rien a foutre en France. On te ramène parce que t’es un putain d’étranger en situation irrégulière. T’es la pour violer des françaises et voler les français. Donc tu vas rentrer dans ton pays de suceur de chameaux et tu vas arrêter de nous casser les couilles
      – Tu pleures comme une pute.
      – Moi pute ? Je pars pas de France, j’ai ma soeur et ma mère en France.
      – Elle est belle ta soeur ?
      – Pourquoi tu parles de ma soeur ? Ella a 12 ans pourquoi tu parles de ma soeur ? T’as pas honte ?
      – Bah ferme ta gueule. Casse toi, rentre dans ton pays de merde. Rentre chez toi. Y’a rien dans ton pays. Vous êtes tous des grosses merdes.
      – J’ai rien fait.
      – Entre la parole d’un Arabe et la parole d’un flic… La parole d’un Arabe tu crois qu’elle sert à quelque chose ?
      – J’ai rien fait.
      – T’as pas de papiers la con de ta mère ! Arrête de dire que t’as rien fait.
      – Ya rabbi ya rabbi, (pleure en même temps que des bruits de coups)
      – On est de Marseille nous on t’encule
      – Je connais personne à Marseille je suis de Nice
      – T’es quoi toi ? T’es un bougnoule avec tes babouches là ! Blédard.
      – On va voir la police judiciaire.
      – C’est moi la police judiciaire
      – (Hurlements de la victime, bruits de coups) J’ai rien fait, s’il vous plait, j’ai rien fait ! "
      L’enregistrement se termine et l’ambiance dans la salle est crispée. La violence des faits, les pleurs de la victime, les bruits de coups, les injures racistes et islamophobes qui ont retenti, ont jeté un froid glacial https://x.com/FeizaBM/status/1981791000503677291

  • #Cécile_Canut : « La #langue n’est pas un outil neutre, mais un espace de #pouvoir, de #contrôle, et de #hiérarchies_sociales »

    Dans Provincialiser la langue : Langage et colonialisme, la sociolinguiste, Cécile Canut, explore les usages et les #imaginaires_linguistiques en #Afrique_de_l’Ouest. Elle nous invite à penser autrement notre rapport au langage. Interview.

    « Ce que parler veut dire », écrivait Pierre Bourdieu. Sur les pas du père de la sociologie, la sociolinguiste, Cécile Canut, propose dans “Provincialiser la langue : Langage et colonialisme” (Editions Amsterdam, 2021), de renouveler le concept même de « langue » et d’en décortiquer les #rapports_de_pouvoir qui en façonnent la valeur.

    En retraçant les #discours_coloniaux qui ont participé à hiérarchiser les #langues_africaines, qualifiées péjorativement de « #dialectes » pour imposer la #langue_coloniale, c’est en réalité un processus de #standardisation de la langue qu’elle dévoile. Le fameux « #ordre_de_la_langue ».

    Une immersion au cœur de la #sociolinguistique, discipline exigeante mais au rôle clé à la révélation des logiques de #distinctions_sociales. Interview.
    Qu’entendez -vous par “provincialiser” la langue ?

    Il y a une distinction fondamentale entre la langue telle qu’elle a été construite et la manière dont elle a été façonnée par des #politiques_linguistiques précises, mises en place dans chaque pays. Mon idée est donc de changer de perspective sur les #pratiques_langagières, en les abordant non pas à travers la langue, mais directement par leur #usage.

    Provincialiser la langue, c’est la mettre de côté pour observer ce qui se passe ailleurs, notamment en Afrique, où j’ai beaucoup travaillé, car le rapport au langage est différent : il ne passe pas nécessairement par la langue, bien que la #colonisation ait imposé ce modèle.
    Vous décrivez comment en #France s’est imposé un #imaginaire_linguistique basé sur une conception rigide et figé de la langue que vous nommez “l’ordre de la langue”. À quoi correspond exactement cet imaginaire ?

    Avant 1539 et l’ordonnance de #Villers-Cotterêts, il n’existait aucune #homogénéité_linguistique : les populations parlaient une grande #diversité de langues et de dialectes. L’affirmation et la #normalisation du #français s’est faite sous l’influence des politiques linguistiques du XVIIe siècle. En effet, à partir de là, s’est mis en place un processus de construction de la langue, porté par différentes instances : grammairiens, écrivains, politiques… Leur objectif était d’homogénéiser et de standardiser la langue pour en faire un objet cohérent et unificateur.

    Le processus s’est ensuite prolongé avec la construction de la #nation, et l’idée d’une langue pour une nation s’impose, associée à celle d’une #culture_nationale supposée homogène. L’ordre de la langue est donc une #norme supposée être acquise par tous les citoyens pour devenir « français ». En d’autres termes, pour être Français, il faudrait parler un français codifié selon certaines règles.

    Toutefois, l’ordre de la langue s’est déplacé et transformé de manière complexe. Par exemple, même le français en Afrique, bien qu’imposé lors de la colonisation, a été approprié de manière très variable, et a donc évolué, comme c’est le cas partout ailleurs, au Québec et dans d’autres régions.
    Vous retracez l’histoire de la #doxa_coloniale qui a opposé une “véritable #langue_civilisée” aux “dialectes” africains. Comment cette #hiérarchisation s’est-elle construite ?

    Lorsqu’on parle des langues, on ne parle jamais réellement des langues elles-mêmes. Ce dont on parle, ce sont des gens qui les parlent. Les différentes manières d’appréhender les populations, transparaissent dans la manière de catégoriser les langues et les pratiques langagières.

    Cela a donc donné lieu à des tentatives de calquer un parler sur un groupe prétendument ethnique, avec des inventions souvent absurdes de la part des premiers linguistes, administrateurs coloniaux et ethnologues. Ces derniers, tout en prétendant faire preuve de patience et d’objectivité, ne faisaient en réalité que reproduire leurs propres #idéologies.

    Par exemple, certaines langues africaines sont souvent dévalorisées, considérées comme non véritables langues, simplement parce qu’elles ne sont pas écrites. Cela a conduit à des processus de #nomination et de catégorisation. On a ainsi distingué la langue, puis les dialectes, les #sous-dialectes
    Dans votre #livre, vous analysez la politique linguistique de l’#école_coloniale en #Afrique_Occidentale_Française, en insistant sur la #violence physique et symbolique qu’elle impliquait. Vous évoquez l’usage du “#symbole” comme outil disciplinaire. Pouvez-vous nous en parler ?

    Cette pratique consiste à imposer à un enfant un objet, de nature variable, pour l’empêcher de parler une langue spécifique. Le #breton, pendant longtemps, a été un exemple de cette pratique en France, mais ensuite, cela a été importé dans certaines régions d’Afrique par le biais de la #colonisation. Cela pouvait être un os, un crâne de singe, des objets assez répugnants qu’on mettait autour du cou.

    Cette première forme de #punition est déjà assez violente, car elle consiste à dénoncer un enfant, non seulement par l’enseignant, mais aussi par les autres élèves. Le but était de se débarrasser de ce petit objet en le donnant à un camarade dès qu’on entendait quelqu’un parler une langue autre que le français.

    Ces #punitions étaient donc extrêmement violentes, non seulement parce qu’elles étaient physiques, mais aussi parce qu’elles constituaient une #humiliation profonde. Ce sont des pratiques qui sont très importantes à aborder, car on ne se rend pas compte à quel point elles instaurent une politique linguistique profondément humiliante. Cela est d’autant plus grave que ces mesures touchent des #enfants, en pleine construction de leur #identité et de leur #rapport_au_monde.

    Quel rôle peut jouer la sociolinguistique pour déconstruire cet “ordre de la langue” ?

    La sociolinguistique joue un rôle clé : elle permet de décrire et de montrer qu’il existe d’autres façons de voir la langue, de comprendre son fonctionnement et d’expliquer qu’elle est un terrain en perpétuelle évolution. Il y a une dimension de #plaisir dans l’utilisation du langage qui est souvent ignorée, parce que la norme est devenue comme une sorte d’institution rigide.

    En France, la maîtrise de la langue permet d’établir une hiérarchie et de renforcer les distinctions sociales. Quand on regarde l’#immigration, on voit bien comment la langue a été utilisée comme un nouveau moyen de #discrimination, un prétexte pour empêcher le renouvellement des cartes de séjour.

    Le but de notre travail, en tant que sociolinguistes, c’est justement de mettre en lumière toutes ces structures qui entourent la langue, pour montrer que ce n’est pas juste un outil neutre, mais un espace de pouvoir, de contrôle, et de hiérarchies sociales. L’idée, c’est aussi d’essayer de faire évoluer les mentalités, de faire comprendre que la langue n’est pas juste un code à respecter, mais qu’elle est façonnée par des rapports de force. Ce genre de prise de conscience pourrait, à terme, amener un changement.

    Aujourd’hui, je suis contente d’avoir pu toucher des publics un peu moins académiques, et je vais continuer dans cette direction, tout en s’appuyant sur les relais médiatiques qui jouent un rôle clé dans cette dynamique. C’est grâce à ça qu’on peut faire évoluer les choses, c’est-à-dire traduire les idées en termes simples, les partager autour de soi. Et je constate que ça fonctionne vraiment bien, surtout auprès des jeunes, il y a une vraie réceptivité et je suis convaincue que ça va faire son chemin.

    https://www.bondyblog.fr/opinions/interview/cecile-canut-la-langue-nest-pas-un-outil-neutre-mais-un-espace-de-pouvoir-
    #hiérarchisation

    • Provincialiser la langue. #Langage et colonialisme

      Lorsqu’ils ont colonisé l’Afrique, les Européens y ont imposé leur conception idéologique du langage. Pour eux, les pratiques langagières ne pouvaient être appréhendées qu’au prisme d’un ordre de la langue instituant l’essor d’une culture nécessairement nationale. Cette idéologie s’est traduite par la mise en œuvre d’un véritable impérialisme linguistique : outre l’imposition des langues européennes, les missionnaires, puis les administrateurs coloniaux ont façonné des « dialectes africains », catégorisés comme tels afin de mieux les reléguer au bas d’une fantasmatique hiérarchie des langues.
      Si une telle vision, relayée par une partie des élites africaines et confortée, aujourd’hui encore, par les institutions de la Francophonie, a largement survécu aux indépendances, elle n’a jamais cessé d’être contestée – avec succès. C’est précisément de ce succès que Cécile Canut tire toutes les conséquences théoriques et politiques : en mettant au jour les biais inhérents aux approches prétendument scientifiques qui ont dominé l’étude du langage tout au long du xxe siècle, elle nous invite à provincialiser la notion même de langue, ce modèle décharné d’une supposée modernité.

      https://www.editionsamsterdam.fr/provincialiser-la-langue

      #livre

  • Comment partager une #image de façon accessible ?

    On entend souvent dire, sur les réseaux sociaux, qu’il est facile de mettre une alternative à une image pour qu’elle soit accessible. Pourtant, il y a de nombreux types d’images différents (illustrations, photographies, graphiques, textes, infographies…) et la façon de les rendre accessibles peut varier. En effet, selon les besoins d’accessibilité des différents types de handicaps concernés, les solutions ne sont pas toujours les mêmes. On pense souvent aux personnes aveugles qui ne voient pas les images, mais les personnes malvoyantes ou les personnes ayant un handicap cognitif tel que la dyslexie, par exemple, peuvent également être impactées lorsqu’une image contient du texte.

    Nous avons donc rédigé ce guide afin de guider les personnes qui contribuent des contenus : les rédacteurs et rédactrices web dont c’est le métier, mais également toute personne qui publie des contenus (réseaux sociaux, mails, blog, documents Word et PowerPoint…). Les cas présentés sont ceux qu’il est fréquent de rencontrer lorsque l’on contribue des contenus. Ce guide n’aborde pas les points techniques.

    Nous avons choisi de prendre le parti de l’accessibilité réelle et donc d’aller un peu plus loin que ce que demande la conformité aux normes d’accessibilité, notamment en ce qui concerne les images contenant du texte.

    Point de vigilance : une même image peut être concernée par plusieurs cas de figure. Par exemple, elle peut à la fois contenir du texte, être dans un lien et avoir une légende. Il faut donc bien vérifier chaque point et user de réflexion.

    Note : la forme et le fond de cet article ont notamment été inspirés par l’arbre de décision pour les alternatives d’image du W3C nommé « An alt Decision Tree ».

    Sommaire :

    Définition préalable : une alternative d’image doit être courte et concise
    L’image est-elle partagée sur un réseau social qui rend visible l’alternative d’image ?
    L’image contient-elle du texte ?
    L’image est-elle dans un lien ou un bouton qui permet de l’afficher en grand ?
    L’image a-t-elle ou doit-elle avoir une légende ?
    L’image donne-t-elle de l’information ?
    L’image est-elle purement décorative ou sans intérêt pour les personnes ?
    L’image n’est dans aucun des cas présentés ?

    Le reste à lire ici :

    https://www.copsae.fr/partager-image-accessible

    #accessibilité #alt #handicap #personnes_aveugles #cécité #personnes_malvoyantes #handicap_cognitif #dyslexie #guide #manuel

    ping @arno

  • Oh wait let me tell you about Cecilia Payne !
    https://kolektiva.social/@RustyBertrand/112989719778705046

    «Since her death in 1979, the woman who discovered what the universe is made of has not so much as received a memorial plaque. Her newspaper obituaries do not mention her greatest discovery. […] Every high school student knows that Isaac Newton discovered gravity, that Charles Darwin discovered evolution, and that Albert Einstein discovered the relativity of time. But when it comes to the composition of our universe, the textbooks simply say that the most abundant atom in the universe is hydrogen. And no one ever wonders how we know.» — Jeremy Knowles, discussing the complete lack of recognition Cecilia Payne gets, even today, for her revolutionary discovery. (via alliterate)

    OH WAIT LET ME TELL YOU ABOUT CECILIA PAYNE

    • Cecilia Payne’s mother refused to spend money on her college education, so she won a scholarship to Cambridge.

    • Cecilia Payne completed her studies, but Cambridge wouldn’t give her a degree because she was a woman, so she said to heck with that and moved to the United States to work at Harvard.

    • Cecilia Payne was the first person ever to earn a Ph.D. in astronomy from Radcliffe College, with what Otto Strauve called “the most brilliant Ph.D. thesis ever written in astronomy.”

    • Not only did Cecilia Payne discover what the universe is made of, she also discovered what the sun is made of (Henry Norris Russell, a fellow astronomer, is usually given credit for discovering that the sun’s composition is different from the Earth’s, but he came to his conclusions four years later than Payne — after telling her not to publish).

    • Cecilia Payne is the reason we know basically anything about variable stars (stars whose brightness as seen from earth fluctuates). Literally every other study on variable stars is based on her work.

    • Cecilia Payne was the first woman to be promoted to full professor from within Harvard, and is often credited with breaking the glass ceiling for women in the Harvard science department and in astronomy, as well as inspiring entire generations of women to take up science.

    • Cecilia Payne is awesome and everyone should know her.

    (OP: Matthew Gardner)

    #Une_femme #sciences #fondatrices

  • #Mastodon #alt_text
    Un témoignage très intéressant d’une personne aveugle et de sa possibilité de « voir » les images grâce à cet outil de Mastodon :

    As a Blind person i never thought i would be on social media savoring photos. But the communal Mastodon alt text game is so strong that sweet, poetic or silly descriptions abound on my timeline. Thanks to legions of people who take time to write a meaningful description of the ephemera they post, i learn so much about insects, plants, buildings, memes — all dispatches from a dimension of the world that i otherwise wouldn’t experience. If you’re wondering whether anybody reads these things: YES.

    https://mas.to/@ChanceyFleet/112906727542341272
    #cécité #réseaux_sociaux #images #légende #description #texte #description_textuelle

    • How do I make posts more accessible to blind people on Mastodon and the #Fediverse?

      Blind and partially-sighted people on Mastodon and the Fediverse use special apps called “screen readers” that read text out loud, so they can tell what is on the screen.

      There are many things that sighted people can do to make their posts more accessible to people using screen readers:

      - Add text descriptions (“Alt Texts”) describing the visuals to images and videos you’re posting. To do this, click on the “edit” or “caption” button (or write directly on top of the image on some apps) and then add a text description of what is visible. Read it to yourself afterwards, and see if you are able to imagine the important parts of the picture from what you have written. When you’ve finished, remember to click the “Apply” button if if necessary.
      - If you forget to add a description, you can go back and edit the post to add a description.
      - When posting hashtags, use CamelCase (where each word begins with a capital letter), for example #DogsOfMastodon instead of #dogsofmastodon. The capital letters allow screen reader apps to separate the words correctly and read the hashtag out loud properly. This also makes the tag easier for sighted people to read!
      - Don’t do that “sarcastic text” thing where you make fun of someone by having random letters as capitals, because random capitals prevent a screen reader from working properly.
      - If you’re sighted and you see the hashtag #Alt4Me underneath an image post, it means a disabled person wants someone to write a description of the image. Reply to the post with the tag #Alt4You and a description.
      - Also, if you’re a sighted person and you see a remarkable image that doesn’t have a descrption and no one has requested one yet, you can be be pro-active and reply with a description using the tag #Alt4You.
      – Don’t use long strings of emoji, as these sound really annoying when read out loud by screen readers. It’s okay to use emoji, it’s just the huge groups of emoji all bunched together that cause problems.
      - Don’t use deliberately obscure characters for your username, these can sound like gibberish when a screen reader reads them out (click here for an example ⧉). Standard characters work much, much better with screen readers.

      How do I remember to add descriptions to my media posts?

      There is an automatic reminder service called #PleaseCaption which will remind you by DM if you forget to add an alt text description.
      Should I be criticising people who haven’t added alt text?

      It’s important to add descriptions to images so that they’re accessible, but it’s also important not to criticise those who are unable to add alt texts due to their own disability. If someone has written #Alt4Me alongside the image that means they cannot add descriptions themselves. Don’t criticise them or comment on the lack of description, just help them out by replying with an #Alt4You post which includes your own alt text for the image.

      If there’s no #Alt4Me tag on the undescribed image, it’s still worth being polite as no one wants bad feelings generated around the topic of descriptions. You might want to just reply with a description and #Alt4You tag, and if they’re abled they will hopefully get the message that descriptions are preferred.
      How do I fit the image descriptions into my post without breaking the character limit?

      As long as you’re adding the description in the image’s own Alt Text section, it will not count towards your main post’s character limit. There is a much larger limit for descriptions, so you shouldn’t run out of room.

      https://fedi.tips/how-do-i-make-posts-more-accessible-to-blind-people-on-mastodon-and-the-fediv

  • Anne Cordier, Grandir informés. Les pratiques informationnelles des enfants, adolescents et jeunes adultes
    https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/36027

    Par Cécile Dolbeau-Bandin

    Cet ouvrage comporte 12 parties dont une partie de et 11 thématiques avec un seul objectif : « Donner à voir et à ressentir les expériences éprouvées, au sein de la famille, du groupe de pairs, de l’école, mais aussi d’espaces comme la médiathèque de quartier, le café ou la communauté en ligne » (p. 15). Cette recherche essaie de saisir les pratiques informationnelles et communicationnelles des enfants, adolescents et jeunes adultes dans un contexte particulier (crise sanitaire, flambée des infox) et technologique (déploiement des médias sociaux, des applications, du smartphone et des vidéos).

    2Des échanges et des témoignages avec des enfants, adolescents et jeunes adultes, menés de 2012 à 2022, permettent de retracer leur parcours biographique informationnel et de bien distinguer le panel émotionnel engendré par l’activité informationnelle : l’information documentaire qui est l’objet d’émotions positives et l’information dite d’actualité qui génère des émotions exacerbées et est souvent rattachée à un « champ anxiogène » (p. 26). Quoi qu’il en soit, des sociabilités informationnelles se mettent en place en partageant leurs découvertes informationnelles entre pairs ou/et proches ; et une notion de plaisir est associée à cette activité informationnelle liée aux loisirs ou à la sphère académique.

    Tous les récits de ces jeunes adultes démontrent la nécessaire affiliation à un monde de référence exigeant sur le plan informationnel, quelquefois éloigné des habitudes et postures des jeunes concernés. Cet engagement dans ces processus d’acculturation informationnelle sont parfois onéreux sur le plan cognitif et temporel. Il existe bien un capital informationnel ou plus exactement un « avantage informationnel » (Laura Robinson, « Information-Seeking 2.0. The effects of Informational Advantage », RESET, 1, 2012. https://doi.org​10.4000/​reset.135). L’éducation à l’information doit être une éducation qui précise les codes et les décrypte : « Prendre en compte et respecter les pratiques informationnelles de chacun, considérer avec respect toutes les ressources informationnelles que les jeunes convoquent dans leur quotidien est une chose fondamentale » (p. 209).

    Pour ces jeunes, l’évaluation de l’information est une tâche fort complexe et leur démarche est bien souvent incertaine. Cette évaluation est surtout présente pour l’information en ligne. Dans leur imaginaire, l’imprimé serait plus fiable. Ils ne vérifient pas l’information plaisir. Leur vérification (date, références scientifiques, mention d’un auteur, etc.) est associée à un contexte plus académique. Wikipédia reste le premier site qu’ils consultent, une sorte de portail informationnel. Ces jeunes sont inquiets vis-à-vis des infox qui génèrent de l’anxiété. Ils sont sensibles au design des objets informationnels (smartphones) et à la présentation de l’information. Loin d’une soumission, ces jeunes cherchent un équilibre favorisant leur épanouissement singulier. De YouTube à TikTok, les recommandations constituent pour ces jeunes adultes des leviers d’exploitation. A. Cordier souligne l’exploitation informationnelle et l’enrichissement de l’univers personnel. Néanmoins, ils mettent tous en évidence la difficulté de conserver une certaine maîtrise en raison du système de notification qui constitue une forme d’oppression. Ils ont pleinement conscience de l’existence de la bulle de filtre et des modes de surveillance via internet. Une culture technique et économique du Web et de l’information s’avère indispensable pour la compréhension du pouvoir d’agir sur les algorithmes (Dominique Cardon, « Le pouvoir des algorithmes », Pouvoirs, 164 [1], 2018, p. 63-73).

    En définitive, cet ouvrage montre que l’information, les activités et pratiques informationnelles font intrinsèquement partie du quotidien des enfants, adolescents et jeunes adultes accompagnés d’inquiétudes, de joie et d’obstacles. Il est important d’instituer une éducation aux médias et à l’information de la maternelle à l’université. L’enseignement de la méthodologie de travail universitaire, notamment de la recherche documentaire, est nécessaire. Mais il sera important d’inclure cette notion de plaisir : le plaisir à rechercher de l’information. Négliger la pluralité de pratiques informationnelles de ces jeunes, c’est occulter les besoins fondamentaux pour l’insertion sociale et professionnelle. A. Cordier souligne que le « sentiment d’illégitimité informationnelle est prégnant dans les propos tenus par les enfants, adolescents et jeunes adultes étudiés » (p. 315). Afin d’y remédier, il serait préférable de guider et d’accompagner ce jeune public vers des offres médiatiques et informationnelles qui croisent leurs centres d’intérêt et favorisent la culturation informationnelle de ceux qui ne disposent pas des codes. Cet « immense sentiment de solitude informationnelle » (p. 316) est surtout décrit par des étudiants qui entrent à l’université. A. Cordier souligne que les discours ordinaires sur les pratiques numériques de ces jeunes opposent les parents, les enseignants et ces jeunes adultes. Alors qu’il serait temps de les reconnecter tous ensemble pour le bien de nos jeunes !

    #Anne_Cordier #Grandir_Informés #Cécile_Dolbeau-Bandin

  • Un pour cent des #foyers_fiscaux français perçoivent-ils 96% des #dividendes ?

    En pleine polémique autour du #déficit plus important que prévu de la France, le gouvernement fait la chasse aux économies. Le ministre de l’Economie #Bruno_Le_Maire refuse de taxer les dividendes. Mais Cécile Duflot, directrice d’Oxfam France, assure que seulement 1% des ménages touchent 96% des dividendes. C’est vrai, plus précisément 1% des foyers fiscaux.

    Bruno Le Maire n’en démord pas : pas question d’envisager une #taxe sur les dividendes. Alors que le gouvernement cherche des économies à réaliser, sur fond de déficit plus important que prévu, le ministre de l’Economie affirme que taxer les dividendes reviendrait à pénaliser trois millions de salariés actionnaires. Mais pour #Cécile_Duflot, la directrice d’Oxfam France, les dividendes vont surtout aux plus #riches : « 96% des dividendes vont à 1% des ménages », affirme-t-elle. Vrai ou faux ?

    Un pour cent des foyers fiscaux concentrent bien 96% des dividendes

    C’est vrai, ou plus précisément 1% des foyers fiscaux. Les chiffres mis en avant par Cécile Duflot se trouvent dans un #rapport officiel de #France_Stratégie (https://www.vie-publique.fr/en-bref/291443-impot-de-solidarite-sur-la-fortune-isf-le-cout-de-son-remplaceme), un organe rattaché à Matignon. En 2021, 400 000 foyers fiscaux sur 40 millions concentraient bien 96% des dividendes versés.

    Le document montre même que 0,01% des foyers fiscaux captent à eux seuls un tiers des dividendes. Concrètement, cela veut dire que 4 000 foyers fiscaux perçoivent chacun plus d’un million d’euros. Ces proportions sont en hausse depuis 2018.

    Changement de #fiscalité en 2018 et dividendes record en 2023

    Depuis 2018, les dividendes sont en effet moins taxés qu’avant, car à partir de cette année-là, les revenus du capital sont soumis à un #prélèvement_forfaitaire unique de 30%. Emmanuel Macron en avait fait une promesse de campagne : c’est la « #flat_tax », qui concerne les revenus du capital, les intérêts et les dividendes. Le rapport de France Stratégie montre que depuis la mise en place de cette nouvelle fiscalité, les versements de dividendes ont augmenté.

    L’an dernier, le versement des dividendes a battu des records en France, pour atteindre un peu plus de 67 milliards d’euros. Un niveau inédit, dans le sillage de la tendance mondiale.

    La France est le pays de l’Union européenne où les entreprises versent le plus de dividendes aux #actionnaires. Ces sommes records sont liées aux #superprofits de certaines entreprises, des superprofits qu’une partie de la classe politique veut taxer, notamment au sein de l’opposition de gauche. Le Premier ministre Gabriel Attal assure ne pas avoir de dogme à ce sujet, alors que le déficit de la France est à 5,5% du PIB, soit 154 milliards d’euros.

    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/1-des-foyers-fiscaux-francais-percoivent-ils-96-des-dividendes_6424687.
    #France #fisc

  • Paro : un robot peluche en forme de phoque
    https://www.bfmtv.com/normandie/replay-emissions/bonsoir-la-normandie/paro-un-robot-peluche-en-forme-de-phoque_VN-202312110738.html

    Paro : un robot peluche en forme de phoque
    Cécile Dolbeau-Bandin, maîtresse de conférences à l’Université dé Caen et membre active à l’IERHR, était l’invitée de BFM Normandie, ce lundi 11 décembre 2023.

    Interview sur les usage en thérapie non-médicamenteuse du robot dans le traitement des personnes victimes de Alzheimer.

    Le livre de Cécile Dolbeau-Bandin est disponible :
    https://cfeditions.com/paro

    #Paro #Cécile_Dolbeau_Bandin

  • Dans les rumeurs d’enlèvements d’enfants, pourquoi est-il toujours question de camionnette blanche ? - Edition du soir Ouest-France - 07/12/2023
    https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2023-12-07/dans-les-rumeurs-d-enlevements-d-enfants-pourquoi-est-il-toujours-quest

    Dans les rumeurs d’enlèvements d’enfants, pourquoi est-il toujours question de camionnette blanche ?

    Par Anne-Louise SEVAUX.
    Un homme qui rôde, dans une camionnette blanche, aurait essayé d’enlever des enfants. Cette rumeur se diffuse régulièrement partout en France. Il en est d’abord question sur les réseaux sociaux, puis directement en classe ou dans les médias. Mais d’où sort cette histoire ? Et pourquoi est-il toujours question d’une camionnette blanche ? On passe cette rumeur à la loupe.

    « Attention, une tentative d’enlèvement d’enfant a eu lieu. Un homme conduisant une camionnette blanche a tenté d’enlever une petite fille sur le bord de la route, en lui proposant des bonbons. » Cette sordide histoire revient comme un leitmotiv dans l’actualité de nos communes. Aucune région n’est épargnée.

    En ce début décembre 2023, il en est question au Havre (Seine-Maritime) ; le mois dernier, le Morbihan était concerné… On pourrait citer des dizaines d’exemples partout en France ces derniers mois.

    Mais pourquoi cette rumeur revient-elle sans cesse ? Et comment faut-il la traiter ? Y a-t-il des raisons de s’inquiéter ? Pour mieux aborder cette histoire, on a choisi de l’examiner à la loupe.

    Qu’est-ce qu’une rumeur ?

    « La rumeur, c’est la diffusion d’énoncés non vérifiés, dans un contexte particulier, explique Cécile Dolbeau Bandin, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Caen. Autre particularité : elle n’est jamais confirmée. »

    La rumeur a généralement un bouc émissaire. Une catégorie de personnes est particulièrement visée. Quant à sa diffusion, avant c’était « par le bouche-à-oreille, aujourd’hui avec les médias sociaux, la rumeur se propage à toute vitesse ».

    Que raconte la rumeur de la camionnette blanche ?

    L’histoire part généralement de parents d’élèves, qui sont réellement inquiets par cette menace d’enlèvement. Soit ils ont aperçu un comportement qui leur semblait louche, soit l’enfant lui-même a raconté quelque chose. Il est toujours question d’une mystérieuse camionnette blanche, qui rôde autour des écoles ou des arrêts de bus. Les pires histoires vont jusqu’à parler de trafics d’organes. Les parents alertent ensuite leur entourage via les réseaux sociaux. Et l’histoire se diffuse alors très vite.

    À la sortie de l’école, les parents d’élèves, effrayés, ne parlent plus que de ça. Les professeurs mettent en garde les enfants en classe, et les élus appellent chacun et chacune à la plus grande prudence.

    La police et la gendarmerie entendent à leur tour parler de cette rumeur, sans qu’aucune plainte ne soit déposée. Ils lancent alors des appels à témoignages, renforcent la surveillance aux abords des écoles. Les médias viennent même à se saisir de l’affaire. Jusqu’à ce que la rumeur s’éteigne d’elle-même.

    Mais pourquoi cette camionnette blanche ?

    C’est le véhicule passe-partout par excellence : « La camionnette de couleur blanche, c’est l’un des modèles le plus vendu en France », avance Cécile Dolbeau Bandin. Mais surtout, ce véhicule est celui de deux criminels tristement célèbres : Marc Dutroux et Michel Fourniret.

    « Et c’est précisément le fameux « contexte particulier » que j’évoquais tout à l’heure, pour qu’une rumeur se propage », précise la chercheuse. Ces deux criminels ont hanté et continuent de hanter les familles de France et de Belgique. Le nouveau procès de Monique Olivier, ex-femme de Michel Fourniret, qui a lieu en ce début du mois de décembre 2023, ravive les inquiétudes.

    Monique Olivier, l’ancienne femme du tueur Michel Fourniret, est jugée en ce début du mois de décembre 2023 à Nanterre pour complicité de trois meurtres, dont celui de Marie-Angèle Domèce, en 1988, à Auxerre. (Photo : AFP)

    Et Cécile Dolbeau Bandin insiste : « L’enlèvement d’enfants est l’une des plus grandes peurs de la société contemporaine. » Et pour qu’une rumeur prenne, « il faut de l’affect, de l’émotion : on est en plein dedans ! »

    De quand date cette rumeur ?

    Le tueur en série Michel Fourniret est décédé lundi 10 mai 2021. (Franck Dubray / Archives Ouest-France)

    Le sujet daterait des années 1980-1990, en France et en Belgique, années durant lesquelles ont sévi les deux criminels Marc Dutroux et Michel Fourniret. Mais les réseaux sociaux semblent lui avoir offert un nouvel essor. Il suffit de taper « camionnette blanche » sur Facebook, pour s’en rendre compte.
    Le 13 novembre : « Nous venons de savoir par l’école qu’un homme roulant dans une camionnette blanche rôde dans la commune et interpelle les enfants pour les faire monter » ; le 16 novembre : « Ce matin, sur le trajet de l’école entre 8 h et 8 h 30 en direction du collège, une jeune fille s’est fait enlever par deux individus dans une camionnette blanche » ; ou encore, le 25 novembre : « Ma fille de 14 ans qui sortait le chien vient de se faire poursuivre par deux personnes en noir, visages masqués, sortant d’une camionnette blanche. »

    En une semaine seulement, on trouve des dizaines de messages similaires partagés dans des groupes Facebook. Ils suscitent chaque fois des centaines de likes et des dizaines de commentaires. Et personne ne doute de cette histoire.

    Quels rôles jouent les autorités ?

    La rumeur s’emballant, les professeurs viennent à en parler en classe et les élus alertent leurs administrés. « Tout le monde devient alors un informateur officiel, analyse Cécile Dolbeau Bandin. Mais ils ne sont généralement pas allés vérifier l’information, auprès de la police ou de la gendarmerie. Ils n’ont parfois même pas prévenu leur hiérarchie de leur intervention. Le protocole n’existe plus, la rumeur prend le dessus. »

    Quant aux médias, « ils sont nombreux à relayer ce genre d’informations. Notamment parce que ça intéresse les lecteurs et donc que ça fait de l’audience ». Mais selon la maîtresse de conférences, « il est important d’insister sur le fait qu’il n’y ait ni plainte, ni enlèvement ». Il faut entendre la peur des parents, mais s’en tenir aux faits.

    Cette histoire de camionnette blanche existe-t-elle ailleurs qu’en France ?

    La camionnette blanche est une peur très française « qui sévit généralement dans les villes de taille moyenne », détaille la chercheuse. Mais selon elle, chaque pays à son équivalent : « Aux États-Unis par exemple, ce sont les clowns qui enlèvent les enfants. Et il n’est pas question de bonbons, mais de glaces. »

    D’autres marqueurs, d’autres rumeurs, mais une même peur.

    #Rumeur #Cécile_Dolbeau_Bandin #Sociologie #Médias_sociaux

  • “Fake news, réseaux sociaux : il faut réadapter l’éducation aux médias” - Cécile Dolbeau-Bandin - France Bleu
    https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-du-6-9-de-france-bleu-normandie-calvados-et-orne/fake-news-reseaux-sociaux-il-faut-readapter-l-education-aux-medias-cecile

    62 % des Français utilisent internet pour s’informer. Une toile où se mélangent publications de médias officiels et influenceurs en tous genres. Cécile Dolbeau-Bandin, spécialiste de l’actualité à l’Université de Caen, estime qu’il faut améliorer l’éducation aux médias pour apprendre à faire le tri.
    Les jeunes s’informent majoritairement sur les réseaux sociaux (photo d’illustration) Les jeunes s’informent majoritairement sur les réseaux sociaux (photo d’illustration)
    Les jeunes s’informent majoritairement sur les réseaux sociaux (photo d’illustration)

    Quels sont les médias qui vous inspirent confiance ? La question est posée chaque année depuis 1987 par le journal la Croix. La 37e édition de ce baromètre réalisée par Kantar Public est publiée ce mercredi 22 novembre.

    Il en ressort que les journaux télévisés de 13h et 20h sont considérés comme les plus fiables pour 67 % des personnes interrogées. Les journaux régionaux et la radio suivent avec 61 et 60 % d’opinions positives. Tout en bas de ce classement : les réseaux sociaux et les influenceurs avec respectivement 25 % et 14 % de confiance. Or ces réseaux sont souvent l’unique source d’information des jeunes, ce qui nécessite un peu de pédagogie pour leur apprendre à faire le tri entre le vrai du faux selon Cécile Dolbeau-Bandin, maîtresse de conférences en Science de l’information et de la communication à l’Université de Caen

    “Les jeunes s’informent surtout sur TikTok. Et là, effectivement, on ne sait pas qui est l’émetteur, on ne sait pas si ce sont des journalistes. Donc là ça peut poser problème, surtout actuellement dans le contexte, on voit quand même une prolifération de contenus haineux et de fake news. Et les fake news, c’est quand même un symptôme du délitement du débat public” observe la spécialiste de l’information et de son influence. Pour elle, il faut tirer un signal d’alarme : “Oui, il y a une éducation aux médias qui doit être mise en place ou renforcée. Et aussi une éducation, que j’appellerais aux humanités numériques, pour savoir partager et diffuser du contenu via les médias sociaux”. Réécoutez ci-dessus en haut à gauche, l’intégralité de l’interview de Cécile Dolbeau-Bandin.

    En ce jour de présentation du baromètre La Croix/Kantar Public, Radio France vous propose de mieux connaître ses méthodes de travail dans la collecte et la diffusion de l’information à travers une journée intitulée “portes ouvertes de l’information”.

    #Cécile_Dolbeau-Bandin #EMI

  • Rémi Lefebvre, politiste : « La Nupes explose sous les effets de la controverse de trop : le conflit israélo-palestinien »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/30/remi-lefebvre-politiste-la-nupes-explose-sous-les-effets-de-la-controverse-d

    L’accord signé en mai 2022 est à la fois soudain et d’une ampleur historique inédite : après des années de divisions, les parties prenantes optent pour une répartition des candidatures aux élections législatives dès le premier tour sur la base du rapport de force de l’élection présidentielle, très favorable à LFI. Rappelons que les alliances de gauche précédentes (programme commun de 1972 et la gauche plurielle de 1997) étaient surtout des accords de désistement de second tour.

    Alliance bancale et invertébrée

    L’alliance, aussi radicale dans sa forme que superficielle dans sa confrontation idéologique, a eu un vice initial : elle fige le système partisan à gauche et conforte les partis existants, alors que l’absence de rassemblement et ses effets électoraux (une lourde défaite collective) auraient sans doute conduit à des recompositions partisanes. Chaque organisation cherche depuis à réaffirmer ses intérêts, principalement électoraux....

    ... Le « parlement » de la Nupes n’a pas été relancé. Les forces en présence n’ont pas engagé un travail programmatique qui aurait pu aller au-delà des négociations rapides de mai 2022. Il aurait pu pourtant permettre une mise à plat et un dépassement des divergences (sur la laïcité, la police, la politique extérieure, la stratégie parlementaire…) Aussi, l’acte deux de la Nupes n’a jamais eu lieu.

    ... on dénombre à peine 100 000 militants actifs toutes organisations comprises...
    https://archive.ph/wYA6d

    #gauche #Nupes #ceci_n'est_pas_un_programme

  • Cécile Dolbeau-Bandin, Un robot contre Alzheimer. Approche sociologique de l’usage du robot PARO dans un service de gériatrie
    https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/30686

    Ce petit livre se propose, à travers une étude de cas, de mettre en lumière les différentes problématiques posées par la mise à disposition des robots dans les services de santé. L’approche est certes essentiellement sociologique mais de nombreux chercheurs en sciences sociales y trouveront au moins un nœud d’intérêt relatif à leurs préoccupations. Il s’agit pour Cécile Dolbeau-Bandin de rendre compte d’observations de terrain réalisées en service gériatrique après l’introduction du robot PARO dans le parcours de soins. Le robot social PARO (de personal robot), dont l’apparence imite les traits d’un phoque, pèse un peu plus de deux kilos et ne se déplace pas. Il est donc destiné à être posé ou porté et a la capacité d’interagir avec le malade grâce à divers capteurs sensoriels. Ses réactions sont limitées : le robot ne parle pas mais il est capable de produire divers sons, il grogne, cligne des yeux, agite ses nageoires et tremble par exemple. L’auteure cherche ainsi à comprendre s’il existe un bénéfice pour les parties impliquées dans le soin : le malade d’Alzheimer, le personnel médical et la famille ; et si oui, comment l’expliquer. De ce point de vue, C. Dolbeau-Bandin conserve tout au long de cet ouvrage souvent écrit à la première personne une position des plus objectives, aussi manifestée par une déclaration d’absence de conflit d’intérêt.

    Surpris par les compétences somme toute limitées du robot, le lecteur ne cesse de s’interroger sur la pertinence du dispositif et de se demander si, au final, cela fonctionne. C’est justement là que l’approche sociologique de C. Dolbeau-Bandin prend tout son sens : richement illustré de témoignages et d’anecdotes issues de l’expérience du terrain, son raisonnement ne dévie jamais d’une saine prudence. L’auteure prend le soin de tempérer le propos du fabricant comme des premiers retours enthousiastes du personnel médical : oui, le robot facilite le contact, mais surtout parce qu’il initie des discussions à son propos. Oui, le robot permet parfois de réduire les thérapies médicamenteuses mais au cas par cas et il faudra juger avec le temps sur des cohortes plus importantes et des groupes témoins. Oui, le PARO peut faire gagner du temps au personnel, mais celui-ci le reperd aussitôt en formation, entretien, supervision, recharge, et l’autonomie de la batterie baisse avec le temps.

    #paro #Cécile_Dolbeau_bandin #Robots

  • Robots et humains : comment cohabiter en bonne intelligence
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/on-sattache-a-des-robots-de-plus-en-plus-parfaits-qui-vont-toujours-dans-notre-

    Comment envisager nos relations avec ces nouveaux objets virtuels qui imitent de mieux en mieux le langage et le comportement humains ? Pour en savoir plus, nous avons interrogé Cécile Dolbeau-Bandin, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à l’Institut pour l’étude des relations homme robots de l’université de Caen. Elle s’est exprimée à l’occasion du festival Turfu à Caen, qui se déroule jusqu’au 15 avril. Cécile est notamment l’auteure d’Un robot contre Alzheimer, Approche sociologique de l’usage du robot PARO dans un service de gériatrie, publié aux éditions C&F, et a contribué à plusieurs ouvrages sur nos relations aux objets numériques.

    Dans le cadre de mes recherches, je me suis notamment intéressée aux robots sociaux utilisés en milieu médical. Ce qu’on appelle robot social est un robot capable d’identifier des émotions et de faire croire qu’il comprend les humains, et qu’il les aime. Le petit robot Paro est un exemple de cela. C’est un robot animaloïde en forme de phoque utilisé auprès de personnes âgées et de patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Il est proposé aux patients, qui acceptent, ou non, la compagnie du robot. Ils peuvent lui parler, et celui-ci va réagir en fonction du son de leur voix, lever la tête, la tourner à gauche ou à droite, et pousser de petits cris. Ils sont intégrés, mais encadrés par un protocole défini car il s’agit d’un objet thérapeutique. L’acceptation des patients varie du rejet à l’attachement fort. Tout dépend de la personne et du moment où on l’utilise.

    Lorsque Paro est présenté en Ehpad, le personnel précise bien qu’il s’agit d’un robot. Il ne doit pas y avoir de leurre, ni de confusion. Or, ce n’est pas toujours le cas lorsque vous croisez un influenceur virtuel ou lorsque vous discutez avec un chatbot qui mime très bien notre langage.
    Pourquoi a-t-on besoin de rendre les robots plus humains ?

    C. D-B. : L’anthropomorphisme des objets est un phénomène ancien. L’animisme existe dans de nombreuses cultures dites primitives. Pour la robotique, cela est aussi une question d’adaptabilité – par exemple un robot humanoïde s’adapte mieux à notre environnement et cette ressemblance faciliterait l’acceptation sociale. Et surtout, il y a un but commercial derrière cet anthropomorphisme. Hanson Robotics, la société derrière le robot Sophia, lui a donné une apparence humaine très réaliste, lui a donné un genre – ce qui pose par ailleurs question – elle lui a créé un profil sur les médias sociaux. Et c’est la société Hanson Robotics qui parle à travers elle, puisque toutes ses interventions sont « scriptées ». L’objectif est de faire accepter les robots, afin de mieux les commercialiser, de les intégrer de plus en plus dans les domiciles. Sophia permet à Hanson Robotics de commercialiser « Little Sophia », une sorte de petit assistant qui aide les enfants à faire leur devoir. Pour moi, le problème n’est pas tant le fait d’anthropomorphiser les robots, mais plutôt l’empathie artificielle que cela provoque. On va s’attacher de plus en plus à ces objets parce qu’ils nous ressemblent.

    Et pourquoi est-ce problématique ?

    C. D-B. : On va s’attacher à des objets de plus en plus parfaits, qui vont toujours dans notre sens. Replika ou ChatGPT sont consensuels, ils ne font pas de vague. Cela pose question quant à notre esprit critique, mais surtout à notre attachement aux autres. Ne va-t-on pas préférer des objets qui vont nous paraître quasiment parfaits à une communication humaine, qui par nature, est imparfaite ?

    Dans vos travaux, vous montrez tout de même qu’il y a des bienfaits à ces robots compagnons…

    C. D-B. : Je ne suis pas technophobe ni technophile. J’observe ce qu’il se passe sur le terrain. Il y a des effets bénéfiques bien sûr dans le cas de Paro : une meilleure mémorisation chez certains patients, une baisse de l’agressivité, une baisse des angoisses crépusculaires… Mais un robot est un objet particulier, qui nécessite un certain accompagnement. Il ne faut pas qu’il soit utilisé seul par une personne vulnérable comme une personne âgée ou un enfant. Et c’est quelque chose que l’on a tendance à oublier. On commercialise très facilement et sans accompagnement des produits comme ChatGPT, qui sont des objets particuliers. Ce ne sont pas des tables basses ou des micro-ondes, ils nécessitent des explications, une éducation, y compris des plus jeunes. On pense que les enfants savent mieux que nous concernant l’usage des médias sociaux notamment, mais c’est une erreur, il faut les accompagner avec bienveillance. C’est ce que montrent notamment les travaux d’Anne Cordier ou de Danah Boyd.

    #paro #Cécile_Dolbeau_Bandin #Robots

  • Cécile Dolbeau-Bandin, Un robot contre Alzheimer. Approche sociologique de l’usage du robot PARO dans un service de gériatrie
    https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/30686

    Ce petit livre se propose, à travers une étude de cas, de mettre en lumière les différentes problématiques posées par la mise à disposition des robots dans les services de santé. L’approche est certes essentiellement sociologique mais de nombreux chercheurs en sciences sociales y trouveront au moins un nœud d’intérêt relatif à leurs préoccupations. Il s’agit pour Cécile Dolbeau-Bandin de rendre compte d’observations de terrain réalisées en service gériatrique après l’introduction du robot PARO dans le parcours de soins. Le robot social PARO (de personal robot), dont l’apparence imite les traits d’un phoque, pèse un peu plus de deux kilos et ne se déplace pas. Il est donc destiné à être posé ou porté et a la capacité d’interagir avec le malade grâce à divers capteurs sensoriels. Ses réactions sont limitées : le robot ne parle pas mais il est capable de produire divers sons, il grogne, cligne des yeux, agite ses nageoires et tremble par exemple. L’auteure cherche ainsi à comprendre s’il existe un bénéfice pour les parties impliquées dans le soin : le malade d’Alzheimer, le personnel médical et la famille ; et si oui, comment l’expliquer. De ce point de vue, C. Dolbeau-Bandin conserve tout au long de cet ouvrage souvent écrit à la première personne une position des plus objectives, aussi manifestée par une déclaration d’absence de conflit d’intérêt.

    2Pour le profane, l’ouvrage vaut tout d’abord par la clarté de la première partie intitulée « Vous avez dit robots ? » qui brosse un tableau remarquable de la robotique en général, notamment une typologie des robots pour mieux classer par la suite le PARO. L’auteure n’y élude aucune question et n’hésite pas, outre les problèmes juridiques, économiques et éthiques mieux connus, à évoquer la question de la consommation énergétique et de l’empreinte écologique des robots. On apprend aussi qu’un certain relativisme culturel entoure aussi la conception et l’utilisation des robots. En somme, cette première partie se présente comme une synthèse à l’usage de l’enseignant comme du chercheur.

    3Dans la seconde partie, on entre dans le vif du sujet et, dès lors, il n’est plus question que du PARO, dont les propriétés sont ensuite déclinées sous la forme de questions qui correspondent chacune à une partie. Classé dans la catégorie des robots sociaux ou émotionnels, le PARO est certifié comme robot thérapeutique. L’auteure dresse alors l’historique des robots à visée thérapeutique et rappelle que ceux-ci sont souvent utilisés pour réduire le stress et l’anxiété, ce qui, on le sait, est fréquent chez les malades d’Alzheimer. Ce robot, en tant qu’objet dit transitionnel (ou de médiation), permet de diminuer le réflexe de repli sur soi, comme le feraient des animaux domestiques sans les inconvénients évidents de la présence de ces derniers dans un service gériatrique.

    4Mais le PARO est naturellement source de complications lui aussi. Au-delà de son autonomie réduite, de son entretien, etc., il exige une acceptation de toutes les parties : du point de vue du personnel soignant tout d’abord, cela nécessite une formation certes courte mais dont le préalable est un minimum de motivation et de bonne volonté. Du point de vue des malades, le PARO doit bien sûr être accepté, c’est même la condition première : un rejet de leur part et l’affaire est entendue. Enfin, les familles elles-mêmes ont leur mot à dire : un refus, parfois même étonnamment violent, n’est pas à exclure.

    5Surpris par les compétences somme toute limitées du robot, le lecteur ne cesse de s’interroger sur la pertinence du dispositif et de se demander si, au final, cela fonctionne. C’est justement là que l’approche sociologique de C. Dolbeau-Bandin prend tout son sens : richement illustré de témoignages et d’anecdotes issues de l’expérience du terrain, son raisonnement ne dévie jamais d’une saine prudence. L’auteure prend le soin de tempérer le propos du fabricant comme des premiers retours enthousiastes du personnel médical : oui, le robot facilite le contact, mais surtout parce qu’il initie des discussions à son propos. Oui, le robot permet parfois de réduire les thérapies médicamenteuses mais au cas par cas et il faudra juger avec le temps sur des cohortes plus importantes et des groupes témoins. Oui, le PARO peut faire gagner du temps au personnel, mais celui-ci le reperd aussitôt en formation, entretien, supervision, recharge, et l’autonomie de la batterie baisse avec le temps.

    6Par ailleurs, l’auteure rappelle que le PARO ne doit pas être humanisé et doit rester, aux yeux de tous, un robot, un « robjet » qui n’a pas de droits au sens propre. Or l’intégration des robots thérapeutiques en gériatrie est, comme on le découvre ici, déjà le présent mais encore plus l’avenir. À ce titre, les enjeux, éthiques notamment, doivent être précisés sans attendre et l’hôpital devrait se préparer ; cependant, à la lecture de cet ouvrage, on se demande bien comment les fonds publics pourraient permettre de financer un tel équipement à grande échelle : un PARO coûte plus de 10 000 euros et nécessite un entretien. De plus, il ne remplace jamais un soignant. Or, sans financement, un tel débat est presque nul et non avenu. L’auteure en est toutefois parfaitement consciente et cela ne saurait le lui être reproché. En revanche, on regrettera que la maladie d’Alzheimer elle-même, bien décrite dans l’introduction, disparaisse peu à peu dans cet ouvrage au profit du seul robot. Le chapitre VI, intitulé « PARO, peux-tu m’aider à me rappeler ce moment ? », semblait promettre un examen minutieux des processus d’oubli que le robot pourrait contrer, mais il tient en cinq petites pages et la question reste lettre morte. De même, le langage non verbal du PARO, qui aurait pu intéresser le linguiste, n’est pas analysé du tout : on ne saisit donc pas quelles interactions sont possibles avec le malade. Qui plus est, on ne sait pas comment le PARO fonctionne vraiment, quels algorithmes l’animent. Le fabricant ne livre que peu de pistes et l’auteure, si elle en sait plus, n’en dit rien. On l’aura compris, l’approche est ici sociologique, mais des développements inspirés d’autres sciences sociales auraient été plus que bienvenus.

    7Il ne s’agit pas de retirer à ce petit livre l’intérêt qu’il mérite, loin de là. D’abord, l’auteure remplit les objectifs fixés en introduction, adoptant un ton pondéré et une prudence bienvenue. Le lecteur se voit confronté, à travers un cas précis, à un questionnement plus large sur la place des différents types de robots dans nos sociétés. Ici, c’est d’un seul robot, de type social, dans un service de gériatrie dont il est question. Mais l’enjeu est bien plus large et renvoie tout un chacun à ce questionnement ultime : s’il apparaît indispensable et inéluctable de cohabiter avec des robots, quelle relation voulons-nous bâtir avec eux ? C. Dolbeau-Bandin répond de manière ferme et son expérience du terrain semble la conforter dans sa position de se concentrer sur l’humain, qui doit se constituer en « consommateur vigilant », quand bien même les robots sociaux brouilleraient-ils les pistes. Il convient dès à présent de mettre des garde-fous pour conserver la main sur le robot-objet, depuis la conception algorithmique jusqu’à son utilisation et l’exploitation des données qu’il enregistre. Qui plus est, dans le domaine le plus sensible qui soit, celui de la santé.
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    References
    Bibliographical reference

    Christophe Cusimano, “Cécile Dolbeau-Bandin, Un robot contre Alzheimer. Approche sociologique de l’usage du robot PARO dans un service de gériatrie”, Questions de communication, 42 | 2022, 588-590.
    Electronic reference

    Christophe Cusimano, “Cécile Dolbeau-Bandin, Un robot contre Alzheimer. Approche sociologique de l’usage du robot PARO dans un service de gériatrie”, Questions de communication [Online], 42 | 2022, Online since 01 February 2023, connection on 27 March 2023. URL : http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/30686 ; DOI : https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.30686
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    About the author
    Christophe Cusimano

    Université Masaryk, Institut de langues et littératures romanes, CZ-601 77 Brno, République tchèque

    #Cécile_Dolbeau_Bandin #Paro #Alzheimer

  • Les robots humanoïdes peuvent-ils nous faire croire qu’ils ressentent des émotions ?
    https://theconversation.com/les-robots-humano-des-peuvent-ils-nous-faire-croire-quils-ressenten

    Par Cécile Dolbeau-Bandin et Carsten Wilhelm

    Les robots dits sociaux (NAO, Cutii, PARO) investissent de plus en plus l’espace public médiatique et quelques-uns également les domiciles et/ou les établissements spécialisés (hôpitaux, Ehpad…), en particulier pour des publics spécifiques, tels que les enfants malades ou les personnes âgées avec des bénéfices variés (rompre l’isolement, atténuer le stress…).

    Comme les agents conversationnels de type chatbot, ils mobilisent l’intelligence artificielle, mais à la différence de ceux-ci, ils sont physiquement présents, face à nous. Ces robots dits sociaux seraient susceptibles de manifester certains états affectifs ou émotionnels par leurs expressions faciales, leur gestuelle et d’en susciter en réponse chez les humains avec lesquels ils interagissent.

    Ces robots soulèvent d’autres questions que leurs homologues industriels, le plus souvent dédiés à l’exécution de tâches répétitives et bien définies.

    Comment éduquer à l’interaction avec ces robots susceptibles d’influencer nos comportements, au même titre que les influenceuses et influenceurs virtuels qui rencontrent déjà un grand succès sur les médias sociaux ?

    L’influence robotique à visage – presque – humain peut-elle brouiller les pistes entre un humain et un être robotique ? Ce type de communication qui comporte à la fois une prise de parole scriptée et une intelligence artificielle induit un leurre technologique. À travers son discours publicitaire, l’industrie qui commercialise ces robots a pour objectif premier de les rendre accessibles (commercialisation à grande échelle mais Sophia rappelle qu’elle est un robot, voir le tweet ci-dessous) à tous dans un futur proche
    Le cas Sophia

    Alors que les influenceuses et influenceurs virtuels reproduisent les techniques marketing de leurs pendants humains, l’essentiel de la communication du robot Sophia vise un autre objectif. Cette humanoïde cherche en effet à nous familiariser avec la présence de robots dits sociaux dans notre quotidien et à nous convaincre de la réalité de son ressenti, de son identité et de l’authenticité de ses prises de position.

    Depuis 2017, Sophia est le robot humanoïde dit social le plus représenté ou présent dans les médias traditionnels et sociaux. Dévoilée officiellement en mars 2016 lors d’un salon de robotique à Austin par David Hanson, PDG de la Hanson Robotics Limited (HRL), Sophia est le robot de « représentation » de la HRL.

    Il s’agit d’un robot genré doté de l’apparence d’une femme. Sa peau, son regard, ses expressions faciales et sa gestuelle lui permettent d’être actuellement le robot le plus proche en apparence d’un être humain. Au moment de son lancement, ce robot était stationnaire mais depuis 2018, Sophia se déplace à l’aide d’un socle à roulettes. Il en existe un seul exemplaire.

    Sur Twitter et Instagram, Sophia se présente ainsi :

    « Je suis Sophia, le dernier robot humanoïde de @HansonRobotics. Ceci est mon compte officiel, géré en collaboration avec mon système de dialogue IA (intelligence artificielle) et mon équipe de médias sociaux humains ».

    On a affaire à un robot humanoïde dont la communication est un mélange d’intelligence artificielle (IA) et d’un service de communication spécialisé dans la communication numérique, en proportions inconnues.

    Mais comment caractériser cette forme inédite de communication ?

    Avec Sophia, le taux d’interactivité est relativement faible : peu de conversations se produisent. La plupart de ses contributions sont en réalité des prises de parole, dont moins de 8 % de réponses aux commentaires. De son côté, ChatGPT est en passe de parvenir à faire croire à sa sentience – évidemment illusoire –, alors que cette IA, qui n’est pas « incarnée », a un taux d’interactivité très impressionnant.
    Vous avez dit sentience artificielle ?

    Le terme sentience, employé par l’utilitariste Bentham dès 1789, entre dans le dictionnaire Larousse en 2020 en lien avec l’éthique animale dont elle constitue une des preuves de la légitimité :

    « Sentience (du latin “sentiens”, ressentant) : pour un être vivant, capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, etc. et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie. »

    Selon cette approche, les animaux posséderaient la capacité de ressentir subjectivement les expériences il serait légitime qu’ils bénéficient de droits proches ou égaux à ceux des humains. La littérature reconnaît la sentience animale et la distingue de la sentience complète, généralement attribuée aux êtres humains.

    À lire aussi : Les robots féminins sont les plus humains. Pourquoi ?

    En 2020, l’enseignant-chercheur en philosophie Sylvain Lavelle propose d’employer le terme de sentience artificielle dans le contexte de l’intelligence artificielle. Cet auteur évoque un « passage des performances de l’intelligence (raison, raisonnement, cognition, jugement) à celles de la sentience (expérience, sensation, émotion, conscience) » grâce à « l’exploration et [au] transfert des fonctions et des capacités de l’expérience et des sens humains à une machine » (NDLR : traduction des auteurs).

    La sentience artificielle correspondrait alors au résultat d’une communication « visant à créer les conditions de la croyance en la « sentience robotique », sinon complète, du moins « suffisante », fictionnelle mais incarnée ; mécanique, mais suffisamment « vivante » pour être un partenaire intrigant de conversation.

    À lire aussi : Sentience, es-tu là ? IA fais-moi peur

    La communication artificielle du robot Sophia cherche à nous faire croire que ce robot est un sujet autonome. En réalité, il s’agit essentiellement d’un nouvel objet communicant au service de la HRL. Le discours publicitaire ou commercial structure et orchestre cette communication artificielle en légitimant le rôle et la place des robots dits sociaux dans nos sociétés en vue d’une prochaine commercialisation massive, en insistant sur leur supposée sentience.

    Un post Facebook publié en 2019 l’illustre parfaitement :

    « Je veux que les gens me perçoivent comme le robot que je suis. Je ne veux pas faire croire aux gens que je suis humaine. Je veux simplement communiquer avec les humains de la meilleure façon possible, ce qui inclut le fait de leur ressembler. »

    Le robot Sophia et sa mission commerciale

    Avec ce projet d’envergure, la HRL, qui n’a pas de concurrents sérieux à ce niveau de technologie, prépare le public grâce aux « performances politiques pour le marché de la robotique sociale ».

    La communication commerciale de la HRL capitalise ainsi sur l’engagement et la réputation de son ambassadrice robotique pour lancer la lignée de ses robots dits sociaux comme la Little Sophia, sortie en 2022. La HRL présente le projet en ces termes :

    « Little Sophia est la petite sœur de Sophia et le dernier membre de la Hanson Robotics Family. Elle mesure 14 pouces, et va devenir l’amie-robot grâce à laquelle les enfants de 8 ans et plus pourront apprendre la science, la technologie, l’ingénierie, les mathématiques, le code et la création d’intelligence artificielle en s’amusant. »

    La condition nécessaire pour obtenir une adhésion à l’idée de la sentience des robots dits sociaux et in fine leur acceptation sociale est la vraisemblance, prioritaire pour le département de recherche et développement de HRL. Dans le cas du robot Sophia, sa corporéité joue un rôle important : elle est fréquemment utilisée en situation d’interaction avec des personnalités en chair et en os (Will Smith, Jimmy Fallon), ce qui la rapproche d’une « sentience artificielle », ou du moins de l’idée que l’on s’en fait.
    Quelle place souhaitons-nous donner aux robots dits sociaux ?

    Les œuvres de l’industrie culturelle (I, Robot, Her, Real Humans, Westworld, ou au théâtre, la pièce Contes et légendes de Joël Pommerat) explorent déjà la place des robots dans la société et questionnent notre capacité à être dupes de leur supposée sentience.

    La position de la société HRL pose la question de l’instrumentalisation de Sophia. Tout en clamant l’autonomie de son robot, la communication autour de l’humanoïde s’appuie paradoxalement sur les évolutions sociétales visant l’inclusion des minorités et des droits écologiques afin de préparer l’industrialisation d’un secteur de production très prometteur. La fabrication d’une « sentience artificielle ventriloque » – au sens où elle mime l’autonomie en étant « nourrie » par le marketing de HRL – rejoint ainsi la panoplie des stratégies d’influence en milieu numérique.

    De manière générale, les robots dits sociaux, comme les influenceuses et influenceurs générés par ordinateur, soulèvent de nombreuses questions quant à l’authenticité de leur communication, l’éthique de l’interaction homme-machine ou homme-avatar, l’éthique des communications artificielles, mais aussi la normalisation des influenceurs virtuels et leur acceptabilité sociale.

    #Cecile_Dolbeau_Bandin #Robots #Robots_dits_sociaux #Paro

  • À Narbonne, la justice accorde la garde d’un enfant à son père mis en examen pour inceste | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170123/narbonne-la-justice-accorde-la-garde-d-un-enfant-son-pere-mis-en-examen-po

    Un juge de l’Aude vient d’accorder un droit de visite et d’hébergement au père de L., 8 ans, pourtant mis en examen pour agressions sexuelles sur l’enfant. Cette décision va à l’encontre des recommandations officielles en matière de lutte contre l’inceste. La mère, elle, n’a le droit de voir son fils que sous la surveillance des services sociaux.

    #justice_de_classe #patriarcat

    • Le viol des enfants, des plus de 75 ans ou des handicapé·es ne rentrent pas en ligne de compte, pas en france en 2023.

      Inutile de les protéger, il faut sauver la présomption d’immondice oups d’innoncence avant tout soit disant. Et je ne vois toujours pas où est l’atteinte à la présomption d’innocence quand on protège une personne.
      Tu imagines, parce que tu penses défendre d’abord la présomption d’innocence, obliger deux enfants qui se seraient battus, un grand et un petit malingre de rester côte à côte à la cantine ? Absurdité totale. Les éloigner c’est les protéger l’un et l’autre.

      Le discours de cette magistrate, vice-présidente de l’Union syndicale des magistrats (USM) qui se nomme #Cécile_Mamelin est vraiment à vomir au regard de la destruction de ces vies.

      https://seenthis.net/messages/982581

  • Ousted Ubisoft developer Ashraf Ismail quietly working for Tencent
    https://www.axios.com/2022/07/28/ashraf-ismail-tencent-ubisoft

    Ashraf Ismail, former top developer on Assassin’s Creed games for Ubisoft before his dismissal from the company in mid-2020, was hired last year to help lead development on a game at Tencent, Axios has learned.

    Why it matters: The new role amounts to a second chance for a developer whose fall from Ubisoft amid allegations of abusing his power was part of the MeToo reckoning in the game industry two years ago.

    Ousted Assassin’s Creed Valhalla creative director now working for Tencent
    https://www.gamedeveloper.com/production/ousted-i-assassin-s-creed-valhalla-i-creative-director-now-working-fo

    Ashraf Ismail left Ubisoft Montreal following allegations of misconduct towards young female fans, and is said to have been quietly working with Tencent since 2021.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #ressources_humaines #ashraf_ismail #méconduite #harcèlement_sexuel #mysogynie #homophobie #ubisoft_montréal #tencent #jeu_vidéo_assassin_s_creed_origins #jeu_vidéo_assassin_s_creed_valhalla #timi #serge_hascoët #yannis_mallat #cécile_cornet #jeu_vidéo_skull_and_bones #a_better_ubisoft #metoo

  • Grâce à Paro le robot phoque, les malades d’Alzheimer prennent moins de médicaments à l’Ehpad d’Étampes - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/essonne-91/grace-a-paro-le-robot-phoque-les-malades-dalzheimer-prennent-moins-de-med
    https://www.leparisien.fr/resizer/D7A9otlvlk7xO0zNktanMA-NViI=/1200x675/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/MYDVJ36BSVAFZL2TOBMHJLBGLE.jpg

    Les deux Ehpad du centre hospitalier Sud-Essonne, à Étampes et Dourdan, disposent chacun d’un robot émotionnel pour apaiser les patients, et ainsi éviter le recours à un traitement médicamenteux. Cette grosse peluche bourrée de capteurs, qui a l’apparence d’un phoque, réagit à la voix et au toucher.

    Le livre de Cécile Dolbeau-Bandin montre l’ensemble des aspects de l’introduction d’un robot Paro dans un centre de soin Alzheimer. Notamment l’effet sur le personnel, les limites et précautions d’usage (que les patients sachent qu’il s’agit d’un robot...).


    Un robot contre Alzheimer. Approche sociologique de l’usage du robot Paro dans un service de gériatrie
    Cécile Dolbeau-Bandin
    avec une préface de Serge Tisseron
    13,5 x 21 cm. - 168 p. - Collection Interventions
    Version imprimée - 18 € - ISBN 978-2-37662-033-4
    Version epub - 9 € - ISBN 978-2-37662-036-5
    https://cfeditions.com/paro

    #Paro #Alzheimer #Robots #Cécile_Dolbeau-Bandin

  • Paro, le robot phoque attachant qui fait du bien aux malades d’Alzheimer depuis dix ans - Heidi.news
    https://www.heidi.news/sante-alimentation/paro-le-robot-phoque-attachant-qui-fait-du-bien-aux-malades-d-alzheimer-depu
    https://heidi-17455.kxcdn.com/photos/990ffed7-7286-4972-926b-519c01d354f3/medium

    Il est apparu au début des années 2010 : Paro est un robot thérapeutique qui prend les traits d’un bébé phoque aux grands yeux. Il accompagne les personnes âgées atteintes de démence dans les services de gériatrie et dans les EMS. Paro permet d’améliorer la qualité de vie des malades, soulager certains de leurs troubles et les apaiser. Dix ans après son lancement, Cécile Dolbeau-Bandin, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à l’Institut pour l’étude des relations homme-robots à l’université de Caen, s’est penchée sur ce robot social dans « Un robot contre Alzheimer, Approche sociologique de l’usage du robot Paro dans un service de gériatrie », paru au mois de novembre.

    #Paro #Cécile_Dolbeau_Bandin #Alzheimer

  • Ubisoft peine à tourner la page d’un management « toxique » - Économie - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/economie/ubisoft-peine-a-tourner-la-page-d-un-management-toxique-05-05-2021-1274

    Ubisoft n’est toujours pas sorti de la crise déclenchée l’été dernier par la révélation de multiples accusations de viols et de harcèlements sexuels au sein de ses équipes. Selon nos informations, une première action en justice devrait être déclenchée ces prochains jours, concernant des faits de harcèlement et de manquements dans leur gestion par le groupe fondé et présidé par le morbihannais Yves Guillemot.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #ubisoft #ubisoft_nadeo #ubisoft_singapour #culture_toxique #business #emploi #sécurité_au_travail #syndicat_solidaires_informatique_jeu_vidéo #syndicat_stjv #formation #éducation #prévention #ressources_humaines #drh #cécile_cornet #yves_guillemot #anika_grant #raashi_sikka #rémunération #recrutement #harcèlement #florent_castelnérac #hugues_ricour #christophe_derennes #népotisme

  • Ubisoft Singapore employees face a ’French ceiling,’ report says | PC Gamer
    https://www.pcgamer.com/ubisoft-singapore-employees-face-a-french-ceiling-report-says

    In November 2020, Ubisoft Singapore managing director Hugues Ricour was removed from his post following a leadership audit sparked by a Gamasutra report of abuse and misconduct throughout Ubisoft. Ricour had been accused of sexual harassment by multiple sources, according to the report, and anyone who complained faced workplace repercussions that went ignored by Ubi’s HR department.

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  • Ubisoft peine à tourner la page d’un management « toxique » - Économie - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/economie/ubisoft-peine-a-tourner-la-page-d-un-management-toxique-05-05-2021-1274

    La DRH historique, Cécile Cornet, avait été démise de ses fonctions le 12 juillet tout en restant au sein d’Ubisoft, directement sous la responsabilité d’Yves Guillemot mais sans mission. Elle vient, selon nos informations, de quitter le groupe à la suite de l’arrivée de sa remplaçante. Le profil d’Anika Grant, qui prend le titre de « chief people officer » d’Ubisoft, et celui de la nouvelle responsable diversité et inclusion étonnent en interne : elles sont chacune des anciennes d’Uber, la plateforme VTC qui a elle-même été secouée par des accusations de harcèlements. « Je n’attends pas grand-chose de ces nominations à la DRH, soupire un responsable syndical. Les personnes qui ont couvert les faits de harcèlement sont toujours en poste aux RH ».

    #ubisoft #jeux_vidéo #harcèlement #florent_castelnérac #christophe_derennes #yves_guillemot #représentativité #drh #cécile_cornet #anika_grant #uber

  • More than just a statue: why removing Rhodes matters

    In the context of a worldwide movement against race hate, Oriel College’s position makes no sense

    Anger is a potent, if volatile, political force. It can be channelled toward many ends. It’s often dismissed as counterproductive, but Audre Lorde, the African American writer and civil rights activist, reminds us that anger can be a powerful source of energy. It can serve progress and change, it can be liberating and clarifying.

    I remember so viscerally my own anger this time last year as I screamed Black Lives Matter in the aftermath of George Floyd’s murder. And I was not alone. The world witnessed a prolonged outpouring of rage. Global protests with emotionally charged testimonies and determined calls for justice abounded. These protests soon extended beyond the immediate circumstances of Floyd’s death at the knee of Derek Chauvin to challenging an array of institutions that are built on or propagate anti-Black racism. Anger had made it abundantly clear that, despite all the promises of liberal democracy, western society still has a problem with race.

    At first the message appeared to be getting across. If we were to believe the black squares on Instagram, or the spike in sales of anti-racism books, or the spread of a new mantra among white people (“I need to educate myself”), then change of some kind was afoot.

    In Oxford, the Black Lives Matter protests folded into the anti-colonial activism of Rhodes Must Fall. This is not surprising. Colonialism and racism are entwined like the strands of a double helix. In modern Britain, colonialism has transcended its historical epoch. It exists in the present as a kind of nostalgia for the country’s hegemony on the world stage, while fuelling nationalism, buttressing white supremacy and generating anxieties about immigration and cultural change. The statue of Cecil John Rhodes at Oriel College in Oxford perfectly distils this imperial nostalgia into a concrete object.

    The charge sheet against Rhodes is well documented. Rhodes’s imperial philosophy was unabashedly supremacist, and he detested Africans (“If the whites maintain their position as the supreme race, the day may come when we shall be thankful that we have the natives with us in their proper position”). At the end of the 19th century, Rhodes invaded the Ndebele kingdom in what is now Zimbabwe. His British South Africa Company mowed down soldiers, women and children with Maxim guns; it looted cattle and destroyed grain stores and crops, leaving the local population destitute; and it went on to establish the apartheid state of Rhodesia. Rhodes was often present while these atrocities were taking place, and he was involved in strategic discussions about the wars he waged against Black people in southern Africa.

    I have been part of the campaign to take down the statue of Rhodes at Oxford since 2015. In the last six years, I have seen the history of Rhodes – and indeed colonialism – sanitised, ignored, denied and distorted by critics of the campaign. Some claim that Rhodes was not a racist, others who know little of Africa have the gall to accuse people like me of erasing history. George Orwell was right when he wrote: “It is quite true that the English are hypocritical about their Empire.”

    In response to the anti-racism protests last June, Oriel College’s governing body expressed its desire to remove the statue of Rhodes subject to review by an independent commission composed of academics, city councillors, Oriel alumni, university administrators and journalists. This was the second time the college had made such a pledge. In 2016, the college had stated that it would launch a six-month “listening exercise” on the Rhodes statue, only to renege on this commitment within six weeks because it feared losing donor gifts from the college’s old boys’ network.

    I wanted to believe that the independent commission would be taken seriously this time round. The commissioners worked hard. They gathered evidence and testimonies from a wide range of perspectives for nearly a year before producing a detailed, heavily footnoted report. Ultimately, they recommended the removal of the statue and offered several other suggestions for advancing academic and public understanding of the Rhodes legacy.

    On 20 May, Oriel College finally announced its decision: it would retain the statue despite the apparent wishes of the college’s governing body and the recommendations of the independent commission. Why? The college’s website states that the governing body has “carefully considered the regulatory and financial challenges, including the expected time frame for removal, which could run into years with no certainty of outcome, together with the total cost of removal”. Like dowdy clothing, such statements conceal more than they reveal. What are these regulatory and financial challenges exactly? What is meant by “no certainty of outcome”? Even Oxford City Council was baffled.

    The statement goes on to say that “instead” of taking down the statue, the governing body will focus on contextualising Rhodes’s relationship to the college and “improving educational equality, diversity, and inclusion”. The word “instead” is doing a lot of work here: it is dissipating the core demand of the protests into an array of tiny initiatives that the college should be taking anyway. As educators, I think part of our professional mandate is to constantly improve equality, diversity and inclusion among students and colleagues. Oriel deserves no special credit for committing to this.

    Taking down the Rhodes statue might seem symbolic, but it actually represents real change. At the very least, it would demonstrate that the university is not only beholden to a group of wealthy alumni and political patrons. The education secretary, Gavin Williamson, lauded Oriel’s decision as “sensible”. More generally, arguments over statues are always about the present and not the past. They are about which aspects of our cultural heritage we choose to honour in public space and why. They are about what values we wish to promote and who has a voice in these matters.

    There is another salient lesson here. Public outrage can mobilise impassioned calls for change like an all-consuming fire, but this is difficult to sustain. Anger is potent but it is exhausting. When the temperature cools down, when energy is depleted, those opposed to change can extinguish the urgency of anti-racism agendas using bureaucracy, platitudes and obfuscation.

    Still, I don’t think the story will end here. The anger that was activated last summer has shifted the public conversation about race and colonialism. If history has taught us anything, it’s that social change is often slow and difficult. It rarely unfolds through absolute victories but through partial gains and subtle shifts in collective consciousness. It’s a matter of time before anger erupts again. The question of how that anger will ultimately be used is an open one.

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/may/24/oriel-college-rhodes-statue-anti-racist-anger

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    ping @cede

  • #Ku_Klux_Klan - Une #histoire américaine. Naissance d’un empire invisible (1/2)

    L’histoire méconnue du plus ancien groupe terroriste et raciste des États-Unis.

    Le Ku Klux Klan, société secrète née en 1865, a traversé les décennies et a toujours su renaître de ses cendres. Son histoire a défrayé la chronique. 150 ans de haine, de racisme et d’horreur. 150 ans d’exclusion, de violence et de fureur.

    Pour retracer en détail les quatre vies successives du Ku Klux Klan, David Korn-Brzoza a rassemblé un impressionnant fonds d’archives, alimenté en partie par celles du mouvement lui-même, et rencontré une dizaine d’interlocuteurs : un membre repenti de l’organisation, des vétérans de la lutte pour les droits civiques, le juge pugnace qui, quatorze ans après l’attentat de Birmingham, a poursuivi et condamné ses auteurs, ainsi que différents chercheurs et analystes. En montrant ainsi combien le mouvement et ses crimes incarnent une histoire et des valeurs collectives, il jette une lumière crue sur cette part d’ombre que l’Amérique blanche peine encore à reconnaître.

    https://boutique.arte.tv/detail/ku-klux-klan-une-histoire-americaine

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