• Friche Saint Sauveur à Lille : la guerre des mondes Bénédicte Vidaillet - 30 Juillet 2018 - Médiapart
    https://blogs.mediapart.fr/vidaillet/blog/300718/friche-saint-sauveur-lille-la-guerre-des-mondes

    Le devenir de la friche Saint Sauveur, 23 hectares au centre de Lille, fait l’objet d’une vive lutte entre la poignée d’élus qui ont « programmé » sa transformation, et des habitants et associations qui se mobilisent pour un projet alternatif. Mais la Ville reste sourde à leurs arguments. Révélant ainsi le véritable enjeu de cette lutte.

    Longtemps j’ai cru que la bataille autour de l’avenir de la friche Saint Sauveur se jouerait sur le terrain de la raison. Foutaises ! Car des chiffres, des arguments, nous en avons donné[1] : ratio désastreux des m2 d’espaces verts par habitant à Lille pour faire valoir radicalement plus de nature dans le projet, cartographies précises montrant l’effet « îlot de fraîcheur » du Belvédère et de la friche pour contester l’affirmation de leur « faible valeur patrimoniale », nombre de logements ou de bureaux inoccupés à Lille pour revoir à la baisse la programmation. Nous avons débusqué les grossières erreurs méthodologiques dans les prévisions de pollution atmosphérique, soulevé les risques de pollution de nappe phréatique et les risques sanitaires induits par le projet, montré que le principe « Eviter Réduire Compenser » n’était pas appliqué à certaines espèces protégées identifiées sur le site. Biodiversité, syndrome du manque de nature, coefficients d’albédo, alignés à la pelle.

    Mais il faut le reconnaître : la carte de la raison ne fonctionne pas. Les chiffres, ratios, études, etc., celle et ceux qui se croient légitimes à penser pour nous notre territoire, s’en foutent. Cela ne fait pas mouche car – et comment ne l’avions-nous pas compris avant ? - il ne s’agit pas de chiffres et la raison n’est qu’une façade. Il s’agit d’une façon d’habiter le monde, de le désirer, de le sentir, de l’imaginer.

    Ils nous parlent développement, valorisation, économie, programmation et m2. Ils nous parlent nombre de logements, piscine olympique, fosse de plongée de compétition, métropole européenne, attractivité du territoire. Et nous, ce territoire, nous le vivons. Nous le voulons. Nous ne le vivons et ne le voulons pas comme eux. Nous l’habitons avec nos corps, nos sens, nos souvenirs, nos sensibilités, bien plus qu’avec notre raison. Nous le relions à nos histoires, à nos mémoires, à nos rêves et à nos pas.

    Nous ne voulons pas de ce monde laid qui a poussé et continue de pousser sur toute la ceinture périphérique de Lille sous la série « #Euralille », déclinée en saison 1 puis 2 : gare tunnel balayée par les vents, casino à l’imprenable vue sur les échangeurs, hôtel de région aux centaines de fenêtres alignées qui puent la bureaucratie autant que la démesure ; tours lisses, façades glacées, auxquelles aucune aspérité de vie ne peut s’accrocher ; architecture standardisée qu’on voit à Pékin comme en front de mer à Reykjavik ; matériaux sans histoire autre que celle qui les relie à l’industrie mondialisée qui les produit ; arbustes sur tige, pied encadré, racines maîtrisées, balisant méthodiquement le parcours ; trottoirs gris, sans interstices, sans relief, où se réveille sous nos pas une vague angoisse métaphysique. Car sur ces trottoirs que l’on emprunte, dans ces quartiers que l’on traverse, nul ne se promène, nulle ne déambule, aucun flâneur.

    Nous ne voulons pas de ces « parcs » domestiqués, conçus « pour nous » par des agences de paysagistes choisies sur concours, aux plantes produites en des serres lointaines, sélectionnées par l’industrie horticole, gavées d’intrants, repiquées à tant de pieds au m2.

    Nous ne voulons pas de ces « îlots nordiques » fermés aux horizons, à la pelouse centrale privatisée, ravie au regard même des passants, poussant sur une dalle de parking sous-terrain.

    Nous ne voulons pas d’une piscine o-lym-pique, « grand équipement » à cinquante millions d’euros construit à la hâte pour servir en 2024 de « base arrière » à une compétition sportive mondiale que chacun s’empressera d’oublier sitôt son écran occupé par la performance suivante. Et encore moins d’une fosse de plongée de 40 mètres de profondeur –quasiment la hauteur de l’Arc de Triomphe -, quand Dunkerque s’enorgueillait récemment d’inaugurer la « plus grande fosse au Nord de Paris » - 20 mètres !

    Voilà longtemps déjà que ce monde-là nous donne la #nausée. Il produit ses effets, nous pousse au bord du gouffre, et il nous faudrait encore applaudir celle et ceux qui proposent de franchir le pas supplémentaire ? Faisons dérailler ce funeste train, revendiquons le pas de côté, qui nous mène à la friche Saint Sauveur flâner parmi les herbes folles. Ceux-là, qui s’arrogent le droit de modeler notre destin, qui jouent à SimCity mais avec nos vies, y sont-ils jamais venus ? Ont-ils gravi un flanc du Belvédère pour y admirer le soleil couchant que ponctue le beffroi ? Ont-ils senti le vent qui fait frissonner au printemps les vagues de graminées sauvages ? Se sont-ils émerveillés des dizaines d’orchidées dont on n’a pas besoin de savoir qu’elles sont une « espèce protégée » pour faire le vœu, au premier regard de leurs miraculeux pétales en forme d’abeille, qu’on les verra refleurir ? Se sont-ils demandé qui nous avait légué ces arbres superbes qui faisant écran à la circulation de l’ancien périphérique transforment ce lieu en havre magique ? Ont-ils pu apprécier l’incongrue zébrure lumineuse du métro aérien le soir ? Ont-ils été saisis par la force de la vie végétale qui recouvre l’asphalte ou vient éclater le béton de la friche ? Ou par la force de ces vies humaines qui tentent, là, de perdurer aux marges ?

    Si leur agenda sans trou, leurs véhicules à chauffeur, leurs vies efficaces et climatisées, les en ont empêchés, alors, ils ne peuvent pas comprendre. Ni notre attachement à ce lieu, ni la violence de ce qu’ils nous imposent. Ils ne peuvent pas comprendre pourquoi nous nous dressons sur la route balisée de leurs projets. Nous refusons leur monde, nous ne renoncerons pas au nôtre. Nous ne pouvons que leur tendre la main et les inviter à nous suivre, et sinon, tant pis, ce sera la #guerre, la guerre des mondes.
     
    [1] Cf. à ce sujet : Contribution à l’enquête publique des associations Amis de la Terre Nord, ASPI, Entrelianes, Fête la Friche https://www.registre-numerique.fr/lille-saint-sauveur/voir-avis?avis=30546

    #Saint_Sauveur #luttes_sociales #des_grands_projets..._inutiles #Lille #martine_aubry #PS #raison #Bénédicte_Vidaillet #europacity #grand_paris #france #agriculture #urbanisme #triangle_de_gonesse #terres #gonesse #ecologie #climat #centre_commercial #mulliez #Ceetrus #immobilier #grande_distribution #destruction


  • EuropaCity : « C’est le projet tout entier qui débloque » | Marie Desplechin
    https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20180730.OBS0332/europacity-c-est-le-projet-tout-entier-qui-debloque-par-marie-de

    En ces temps de feu, le « Grand Paris » n’a rien de plus pressé que de donner son feu vert à la bétonisation de 300 hectares de terres agricoles, situées au nord de l’agglomération, à proximité de l’aéroport de Roissy, pour y faire du commerce des choses, du commerce des loisirs, et du commerce de la culture. Du commerce, quoi. Il est vrai que nous manquions cruellement de magasins où nous procurer des vêtements, des objets, des entrecôtes saignantes. Et d’une piste de ski artificielle. Investisseurs et pouvoirs publics, merci ! Source : BibliObs


  • mulliez : Une place dans les grands projets parisiens Eric Treguier - 3 Juillet 2018 - chalenge

    Sur ces quatres appels d’offres, le plus gros, le plus visible aussi, c’est sans conteste le chantier de la Gare du Nord. Les Lillois du groupe #Mulliez sauront, dans quelques jours, sinon dans quelques heures, s’ils emportent le morceau face au des autres finalistes, spécialistes eux aussi de l’immobilier commercial : Apsys et Altaréa-Cogédim. Pour la foncière nordiste, c’est l’opération qui ferait basculer son modèle et fera entrer #Ceetrus dans le monde des grands de l’aménagement urbain. L’ex-Immochan deviendrait alors un animateur de lieux, et plus seulement le gestionnaire des magasins des marques du groupe (Pimckie, Norauto, Auchan, Leroy-Merlin…). Ce qu’il a été pendant 40 ans. Il s’agit d’un budget de plusieurs centaines de millions d’euros et qui vise à rénover la première gare parisienne, qui a déjà eu un coup de lifting entre 2014 et 2017, et à la préparer pour 2024, c’est à dire pour les Jeux olympiques. Avec ses architectes du cabinet Valode & Pistre, les Nordistes ont conçu une toiture végétalisée et à des innovations sur la mobilité qui pourrait, selon des spécialistes, leur permettre de décrocher le chantier...


    Derrière ce gros projet, Ceetrus devrait annoncer dans les prochains jours deux autres dossiers sur lesquels elle a été sélectionnée en short-list, avec là encore, de bonne chances d’être retenue. Il s’agit de l’ex-usine de pompage d’eau de Seine dite « Usine d’#Auteuil », dans le 16ème arrondissement, un ensemble de 3500 m² (deux halles et un bâtiment annexe) qu’il faut réhabiliter, dans le cadre de l’appel à projets «  Réinventer #Paris  », et qu’il faut densifier avec des commerces et des logements. Ceetrus est aussi finaliste sur un autre chantier : l’#Hôtel-Dieu. C’est le plus ancien hôpital de la capitale, en plein cœur de #Paris, à deux pas de Notre-Dame. Il a déjà été en partie attribué, l’an dernier, mais il reste une partie non négligeable (environ 17 000 m²) à restructurer. La présélection de Ceetrus montre sa détermination à se battre face à de nombreux concurrents pour ce projet situé dans un quartier parmi les plus prisés de la capitale. La foncière a aussi été présélectionnée, avec deux autres concurrents, pour construire trois passerelles au-dessus de la Seine, et en faire des lieux de passage et d’animation, dans le cadre de «  Reinventing Cities  »…

    Enfin, le groupe a aussi été retenu sur un dernier appel d’offre, ultra-parisien s’il en est : le déménagement des réserves du #Centre_Pompidou. Le musée national d’Art moderne (#MNAM) du Centre Pompidou, au coeur de Paris, cherche en effet 30000 mètres carrés en #Ile-de-France à l’horizon 2025 pour des espaces de stockage, d’exposition et de recherche. Car il est confronté à un problème de stockage de ses 120 000 œuvres. Et il cherche activement à pouvoir les stocker à moins de 45 minutes des tuyauteries de #Beaubourg. «  On pourrait très bien imaginer que ces réserves puissent être accueillies sur notre pôle d’exposition de 12000 m² de notre projet #EuropaCity, à #Gonnesse, dans le Val d’Oise. Nous avons ce qu’il faut pour cela...  » se plait à espérer Benoit Lheureux, directeur général de la foncière présidée par Vianney Mulliez, fils d’un cousin germain du fondateur du groupe nordiste. Il faut dire que pour le moment, son projet a été stoppé en rase campagne. En mars dernier, le tribunal de Cergy-Pontoise avait annulé la ZAC créant Europacity. Depuis, l’Etat et l’agence Grand Paris Aménagement ont fait appel, mais la candidature d’Europacity comme Réserve de Beaubourg ressemble beaucoup à un dernier espoir pour relancer ce #méga-projet de plusieurs milliards, créé il y a maintenant une dizaine d’années et financé par les chinois du groupe #Wanda et… la famille Mulliez.

    #Gare #auchan #centre_commercial #centres_commerciaux #Auchan_dégage #les_hagards_du_Nord #immobilier #carambouille


  • L’expansion d’Auchan au Sénégal terrifie les petits commerçants — et le gouvernement fait un geste envers eux Elisabeth Hu - 20 Juillet 2018 - businessinsider.fr

    http://www.businessinsider.fr/expansion-auchan-senegal-petits-commercants-gouvernement-decret

    Le groupe Auchan est la cible d’une contestation au Sénégal depuis plusieurs mois. La grogne s’est amplifiée fin juin avec la création d’un collectif intitulé « Auchan dégage », puis un appel au boycott depuis le 2 juillet.

    Contrairement à la situation de Danone au Maroc, où l’impulsion du mouvement venait des consommateurs, là Auchan est visé par les petits commerçants qui l’accusent de détruire leur activité. 

    Implanté au Sénégal depuis 2014, Auchan y exploite désormais une vingtaine de points de vente et a mis en place un plan d’investissement de 65 milliards de francs CFA (près de 100 millions d’euros).

    Le 9 décembre dernier, le directeur général d’Auchan retail Sénégal, Laurent Leclerc annonçait ses ambitions dans une interview au journal Le Soleil « pour ce qui est des quatre années à venir, nous envisageons d’atteindre 50 magasins à Dakar et dans les régions ».


    Une expansion qui réjouit les consommateurs des classes moyennes mais terrifie les petits commerçants à l’initiative de la contestation. D’après l’Agence nationale de la statistique et de la démographie du Sénégal, citée par l’organisation Sénégal Black Rainbow, le tissu économique sénégalais est composé presque exclusivement d’entreprises informelles (97 %), avec une surreprésentation des activités de commerce (52 %), et celles-ci ont du mal à rivaliser avec les prix compétitifs de la grande distribution.

    Pour l’Union nationale des commerçants et industriels 15.000 emplois de petits commerçants pourraient disparaître à cause d’Auchan.

    Dans une tribune, publiée le 18 juillet, sur le site dakaractu.com, le journaliste et homme politique El Malik Seck n’est pas tendre avec le petit commerce. « Les commerçants sénégalais, pour leur écrasante majorité, sont dépassés », écrit-il. « Leurs boutiques sont sales [...]. Le commerçant n’affiche jamais les prix et les change comme il veut. »

    « Auchan va rester », poursuit-il, « et j’invite tous les sénégalais à finalement même boycotter les boutiques qui n’améliorent pas le confort, la qualité et le pouvoir d’achat des consommateurs. Ce combat [contre Auchan, Ndlr.] entamé par une organisation qui n’arrive même pas à régler ses crises internes est perdu d’avance. Car l’écrasante majorité des sénégalais a choisi Auchan. »

    Face à cette situation, le gouvernement sénégalais a choisi de faire un geste envers les petits commerçants. Lors du conseil des ministres du 18 juillet, le ministre du Commerce a annoncé un futur décret pour réglementer l’implantation surfaces de vente et combler le vide juridique.

    Jusque-là, un simple registre de commerce et des formalités d’ordre fiscal suffisaient pour ouvrir un centre commercial, avec ce décret l’ouverture de surfaces commerciales de plus de 300 mètres carrés sera soumise à une autorisation préalable. Un comité composé du préfet, de la chambre de commerce, de la chambre des lois et des consommateurs sera chargé d’étudier chaque cas avant de donner son feu-vert. 

    Le ministre a annoncé également le lancement d’une concertation nationale avant la mise en place d’un cadre juridique — aujourd’hui inexistant — pour mieux organiser le secteur tout en respectant la concurrence entre tous les acteurs. 

    « L’objectif n’est pas de tuer le petit commerçant », explique le ministre Alioune Sarr cité par le journal Senenews. « Mais nous avons besoin de moderniser le circuit de distribution et de développer notre économie. »


    #Sénégal #auchan #pauvreté #super_marchés #grande_distribution #centre_commercial #mulliez #Ceetrus #Auchan_dégage #pillage


  • Vianney Mulliez : « J’ai la certitude qu’EuropaCity se fera » Grégoire Allix - 9 Juin 2018 - le monde
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/06/09/vianney-mulliez-j-ai-la-certitude-qu-europacity-se-fera_5312175_3244.html

    Dans un entretien au « Monde », l’actionnaire du mégaprojet du Triangle de Gonesse, qui souhaite y faire venir une annexe du Centre Pompidou, répond aux critiques de ses opposants.

    Un Centre Pompidou à EuropaCity ? Le mégacomplexe de culture, de loisirs et de commerces, qui prévoit de s’implanter sur 80 hectares dans le Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), est candidat à l’accueil d’une annexe du musée parisien. Celui-ci cherche un point de chute pour installer ses futures réserves ouvertes au public. Porté à parité par Ceetrus – ex-Immochan, la branche immobilière du groupe Auchan – et le groupe chinois Wanda, le mastodonte EuropaCity, un investissement à 3,1 milliards d’euros, pourrait offrir cet écrin.


    Le président de Ceetrus, Vianney Mulliez, a défendu son dossier, jeudi 7 juin à Beaubourg, aux côtés de la star danoise de l’architecture Bjarke Ingels, maître d’œuvre du projet. Les incertitudes qui pèsent sur l’opération restent le principal handicap de cette candidature, alors que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé en mars la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC) du Triangle de Gonesse et qu’EuropaCity continue de faire face à une vive opposition. Dans un entretien au Monde, M. Mulliez assure que le projet se fera.

    Quels sont les atouts d’EuropaCity pour attirer le Centre Pompidou ?
    L’architecture de Bjarke Ingels est un élément important pour l’emporter, mais surtout nous répondons à leurs besoins. Les réserves ouvertes du Centre Pompidou seraient situées dans la grande halle d’exposition d’EuropaCity, conçue comme une porte d’entrée de l’ensemble du site. Tous les visiteurs qui arriveront par la gare de métro du Grand Paris Express la traverseront. Cela représente 15 millions de personnes par an ! Nous avons une ambition pour les espaces d’exposition qui va au-delà du cahier des charges du Centre Pompidou et qui correspond à leur envie d’attirer de nouveaux publics.

    Etes-vous optimiste quant à votre capacité à faire venir de grands opérateurs ?
    Nous avons beaucoup de discussions et des protocoles d’accord . . . . . . .

    Le reste de l’article payant, mais après tout on en a pas besoin.

    #europacity #auchan #grand_paris #france #centre_pompidou #agriculture #urbanisme #triangle_de_gonesse #terres #gonesse #ecologie #des_grands_projets..._inutiles_ #climat #centre_commercial #mulliez #Ceetrus #immobilier


  • Immobilier commercial : Immochan devient Ceetrus et diversifie ses activités - 5 Juin 2018 - Le Moniteur _
    https://www.lemoniteur.fr/article/immobilier-commercial-immochan-devient-ceetrus-et-diversifie-ses-activite

    En changeant de nom, la branche immobilière du Groupe Auchan entend incarner sa transformation de filiale commerciale en « développeur immobilier mixte ». Elle compte ainsi investir d’autres activités telles que la production de logements ou encore de bureaux.


    Nouveau nom pour une nouvelle vie ? Le fameux adage pourrait s’appliquer pour Immochan, qui devient Ceetrus. « Ce nouveau nom combine à la fois le mot « city » (ville), mais aussi le mot « see » (je vois). Enfin la deuxième partie du nom fait référence à « trust » (confiance) et « us », le nous », présente Benoît Lheureux, directeur général de Ceetrus. Un changement, dévoilé ce 5 mai 2018, qui se veut le signe d’une transformation opérée en 2016 par la filiale du Groupe Auchan spécialisée dans l’immobilier.

    La foncière commerciale compte ainsi devenir un « développeur immobilier mixte ». « Il s’agit d’intervenir en réponse aux besoins des habitants et des territoires », décrypte Benoît Lheureux. « Nous voulons faire évoluer notre patrimoine, composé de 400 centres commerciaux [dont 93 en France et d’une valeur totale de 8 milliards d’euros – NDLR], en ajoutant éventuellement d’autres activités telles que le logement, le bureau, le coworking, ou encore des espaces de santé ou de culture. »

    Pour Ceetrus, le changement de nom témoigne d’une vision à horizon 2030. « Nous nous proposons d’être des acteurs pour des villes qui souhaitent remettre en cause ou questionner des anciens quartiers industriels », continue le directeur général de Ceetrus. La filiale d’Auchan, qui avec ce changement de nom a voulu prendre son indépendance vis-à-vis de la société mère, compte travailler avec d’ « autres partenaires qui sont des sachants sur les domaines du logement ou des bureaux », complète Benoît Lheureux. Sa société a pour objectif de doubler la valeur de son patrimoine d’ici 12 ans.
     

    750 millions d’euros d’investissements par an  
    Ceetrus fait ainsi partie des finalistes, avec Altarea-Cogedim et Apsys, de l’appel à projet sur la rénovation de la gare du Nord à Paris. Le lauréat de ce partenariat public privé sera connu en juillet. La filiale participe également à des appels à projets tels que Réinventer Paris, mais également Reinventing cities. « Nous nous positionnons notamment sur les « Passerelles » [un appel à projets qui comprend trois sites dans Paris et dont le but est d’améliorer le lien entre les berges de la capitale – NDLR] », complète Benoît Lheureux.

    Au total, Ceetrus prévoit 750 millions d’euros d’investissement par an sur les 4 prochaines années, soit le double d’aujourd’hui. La société travaille aussi sur l’aménagement d’un quartier de logements et de bureaux (80 000 m²) à Saint-André-Lez-Lille, dans le Nord. Elle pilote également le projet très controversé d’Europacity, au nord de Paris, qui doit accueillir un gigantesque complexe en 2024. Entre autres opérations, l’ex-Immochan prévoit, en outre, l’extension du centre commercial Auchan de Lyon Saint-Priest, pour en faire un lieu de commerce, de culture et de loisirs, complété d’un projet de ferme urbaine.

    #europacity #auchan #grand_paris #france #agriculture #urbanisme #triangle_de_gonesse #terres #gonesse #ecologie #des_grands_projets..._inutiles_ #climat #centre_commercial #mulliez #Ceetrus #gare #Saint-Priest #immobilier