• Après de nouveaux rejets acides dans un #ruisseau cet été, des voix réclament la suspension des activités minières d’Imerys à #Glomel
    https://splann.org/imerys-glomel-rejets-acides-juillet-2026

    La publication d’un arrêté préfectoral le 5 août a révélé qu’une pollution émanant de la #mine de Glomel (22) avait été constatée début juillet. La capacité de la multinationale à maîtriser sa production d’andalousite est plus que jamais questionnée. Certains opposants réclament la suspension de ses activités. L’article Après de nouveaux rejets acides dans un ruisseau cet été, des voix réclament la suspension des activités minières d’Imerys à Glomel est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #Andalousite #biodiversité #blavet #carrière #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #Douar_Bev #eau_et_rivières #écologie #effluents_acides #ellé #environnement #extraction #extractivisme #fer #Imerys #industrie #industrie_minière #jean-yves_jégo #kreiz_breizh #langonnet #le_faouët #plouray #préfecture #Refracterre #rivière #sabès #udb #union_démocratique_bretonne

  • [Info « Splann ! »] #Pollutions d’Imerys #Glomel : la #préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières
    https://splann.org/imerys-glomel-prefecture-gestion-eaux

    Après plusieurs déversements d’eaux contaminées hors de la #mine d’andalousite de Glomel (22), l’État somme #Imerys de revoir son système de gestion des eaux. Les associations jugent la décision insuffisante. L’article [Info « Splann ! »] Pollutions d’Imerys Glomel : la préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Artificialisation_des_terres #acide_sulfurique #Andalousite #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #crazius #Douar_Bev #dreal #eau #eau_et_rivières_de_bretagne #écologie #effluents_acides #ellé #environnement #hydrologie #icpe #industrie #jean-yves_jégo #minerais #mines #multinationale #Nicolas_Forray #parquet_de_saint-brieuc #pollution #risques_industriels #rivière

  • Le Danemark dit « non » à la folie énergétique de l’IA | Chut !
    https://chut.media/environnement/le-danemark-dit-non-a-la-folie-energetique-de-lia

    Face à un réseau électrique saturé, le gouvernement danois vient d’établir une hiérarchie stricte. La ministre du Climat Samira Nawa est claire : les projets « peu flexibles » comme les immenses data centers ne peuvent plus monopoliser une capacité devenue rare. Le luxe de l’IA passe désormais après l’intérêt général des citoyen·nes.

  • #IA : les centres de données émettent bien plus de #CO2 qu’estimé, selon Allianz Trade

    Les centres de données, dont les besoins explosent avec l’essor de l’IA, émettraient beaucoup plus de CO2 qu’estimé jusqu’ici, selon une étude publiée mardi par l’assureur-crédit #Allianz_Trade.

    Les applications d’IA générative se multiplient, faisant que les centres de données, qui hébergent et alimentent ces services, deviennent un moteur majeur de la consommation mondiale d’électricité.

    Selon l’étude, les émissions de ces infrastructures ont atteint 286 millions de tonnes de CO2 en 2025, soit 57% de plus que les évaluations antérieures.

    L’IA représente déjà entre 15% et 20% de la consommation électrique des centres de données, et cette proportion pourrait grimper à 40% d’ici à 2030, est-il expliqué.

    « Les centres de données passent d’un phénomène marginal à un moteur structurel de la demande d’électricité dans de nombreuses régions », souligne Patrick Hoffmann, économiste climat chez Allianz Trade, cité dans un communiqué.

    Une même puissance de calcul peut générer des émissions très différentes selon l’origine de l’électricité utilisée.

    Les émissions liées au courant dépassent ainsi 600 grammes de CO2 par kilowattheure (kWh) en Inde, contre moins de 30 grammes en Norvège ou en Suède, où l’électricité est largement décarbonée.

    La France en est à 41 grammes de CO2 par kWh, contre 329 grammes en Allemagne, pays parmi les moins bien classés en Europe en raison du poids encore important du charbon dans sa production d’électricité.

    Selon Allianz Trade, près de 70% des émissions mondiales des centres de données sont aujourd’hui concentrées aux Etats-Unis et en Chine.

    Sans accélération de la décarbonation, elles pourraient atteindre jusqu’à 643 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2030.

    Les besoins en eau augmentent également rapidement : les centres de données auraient consommé quelque 814 milliards de litres d’eau dans le monde en 2025, un volume susceptible de passer à 1.800 milliards de litres d’ici à la fin de la décennie, selon l’étude.

    S’exprimant mardi dernier à Londres, en pleine canicule en Europe, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé aux entreprises de l’IA de dire « toute la vérité » sur le coût écologique de leurs centres de données et à s’engager à recourir aux énergies renouvelables d’ici 2030.

    https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260630-ia-les-centres-de-donn%C3%A9es-%C3%A9mettent-bien-plus-de-co2-qu-

    #AI #intelligence_artificielle #émissions_de_CO2 #rapport #statistiques #chiffres #infrastructure #data_centers #centres_de_données

    • Code, carbon, kilowatts: AI’s hidden toll and the race to green the grid

      - Data-center investment reached USD580bn in 2025, putting AI on track to become one of the world’s fastest-growing sources of electricity demand. Installed capacity is expected to double by 2030, with AI workloads already accounting for 15–20% of data-center electricity use and potentially approaching 40% by the end of the decade. Yet the sector’s environmental footprint remains underestimated as most analyses focus only on operational electricity use. This analysis takes a broader systems view across 26 countries (+93% of global capacity), adding lifecycle emissions, water use and AI’s growing resource demand.
      – Identical workloads can generate up to 24 times more emissions depending on the emission intensity of the grid, making location as decisive as demand growth. Fossil-dependent grids in Indonesia, India and Malaysia exceed 600 gCO₂/kWh, compared with under 30 gCO₂/kWh in Norway and Sweden. The US and China, which host the largest data-center clusters, sit in between at 384 gCO₂/kWh and 526 gCO₂/kWh, respectively, giving Europe’s cleaner power mix a structural advantage for low-carbon AI growth. These disparities are amplified by transmission and distribution losses of 10–15% in some markets, while less reliable grids raise electricity needs and dependence on backup generation.
      – At 286 MtCO₂ in 2025, the true carbon footprint of data centers is 57% larger than IEA estimates suggest. Electricity consumption (Scope 2) accounted for 76% of this footprint, at 218 MtCO₂, with hardware manufacturing and construction (Scope 3) contributing a further 66 MtCO₂, or 23%, and direct Scope 1 emissions remaining negligible (<1%). Emissions are also heavily concentrated geographically, with the US and China alone accounting for roughly 70% of the global total. AI accounts for an estimated 43-60 MtCO₂ of today’s emissions, and this is set to climb steeply as deployment widens and computing demand grows.
      – Without grid decarbonization, global data-center emissions would more than double to 643 MtCO₂ by 2030, leading to an estimated USD154bn in annual climate damages (up from USD68bn today). AI workloads already account for an estimated USD13bn in climate damages annually and could exceed USD50bn by 2030. By contrast, an ambitious decarbonization pathway would hold emissions to around 329 MtCO₂ despite continued growth in computing demand, and keep climate damages at USD79bn. This makes the pace of power-sector decarbonization the primary determinant of whether AI growth can be decoupled from emissions in the near term. Even under ambitious decarbonization, however, the footprint does not vanish but moves up the supply chain: as Scope 2 falls from more than 70% of the footprint today to around half by 2030, embodied emissions from servers, semiconductors and infrastructure become the binding constraint, approaching 50% of the total. Achieving genuinely low-carbon AI will therefore require not only cleaner power, but also closer attention to emissions embedded in digital infrastructure supply chains.
      – Deployed across the economy, AI could cut global CO₂ emissions by around 1.4 Gt a year by 2035, more than offsetting the emissions generated by its own infrastructure and creating net savings of roughly 750 MtCO₂. According to the IEA, these reductions would result from efficiency gains, optimization and improved resource management across sectors such as energy, industry, buildings and transport, and are equivalent to around 2.6% of current global emissions. However, this outcome is not guaranteed. With most AI applications still at an early stage of deployment, its ultimate climate impact will depend on whether these economy-wide benefits can scale faster than the infrastructure required to support them.
      – Data centers consumed 814bn liters of water in 2025 and could require 1.3–1.8trn liters by 2030, comparable to Switzerland’s annual consumption, making water the overlooked resource constraint of AI. Most of this footprint is indirect, with roughly three-quarters originating from electricity generation and the remainder from on-site cooling and semiconductor manufacturing. This ties water use closely to the energy transition, since fossil and nuclear plants require substantial cooling water while wind and solar use little or none in operation, lowering both the carbon and water footprints of a cleaner grid. Although power-sector decarbonization can help moderate future water demand, water-related risks are becoming increasingly concentrated in water-stressed regions such as South Korea, India, Mexico and parts of China, where rapid data-center growth is colliding with existing pressure on local water resources, raising the risk of access constraints and community or regulatory opposition to new capacity.
      – Realizing “green AI” will depend less on making data centers marginally more efficient than on transforming the energy systems that power them. Unlocking AI’s environmental potential will require a broader policy framework, combining clean-power expansion, greater transparency on resource use, stronger incentives to price environmental costs, and faster deployment of AI applications that reduce emissions across the wider economy.

      https://www.allianz.com/en/economic_research/insights/publications/specials_fmo/260630-ai-carbon.html

  • [Info « Splann ! »] Nouvelle #pollution de la mine #Imerys à #Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau
    https://splann.org/pollution-imerys-glomel-acides-ruisseau

    Un nouvel incident environnemental fragilise un peu plus Imerys auprès des élus du centre Bretagne. Déjà alertés par nos révélations sur un déversements de 3.000 litres de #Produits_chimiques, ils ont appris, le 23 juin, que 15 millions de litres d’effluents acides pollués par des métaux lourds avaient été déversés en amont de la #réserve_naturelle de Glomel. L’article [Info « Splann ! »] Nouvelle pollution de la mine Imerys à Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #acide_sulfurique #allier #Andalousite #arsenic #Association_de_mise_en_valeur #cadmium #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #Douar_Bev #dreal #eau_et_rivières_de_bretagne #emmanuel_macron #Gilles_Benveniste #le_faouët #lithium #loïg_chesnais-girard #magoar_penvern #mellionnec #mines #murielle_lepvraud #Refracterre #Sandra_Le_Nouvel #toxicité

  • Alsace La lutte s’organise contre le projet de méga data center de Microsoft
    https://www.off-investigation.fr/alsace-la-lutte-s-organise-contre-le-projet-de-mega-data-center-de

    Un employé travaillant au data center Equinix, le 21 juillet 2014 à Pantin (Seine-Saint-Denis). | Photographie d’illustration Martin BUREAU / AFP #A 15 kilomètres de Mulhouse, Microsoft est à la manœuvre pour implanter un data center gigantesque de 36 hectares spécialisé dans l’intelligence artificielle. La multinationale américaine fait face à une contestation locale et à une mobilisation qui va crescendo parmi les habitants, les associations écolos et des élus locaux. Une enquête publique est en cours jusqu’au 3 juillet. La canicule ne les a pas découragés. Ce lundi 22 juin, ils se sont donné rendez-vous dans l’après-midi devant le Parc des Expositions […]Lire la suite : Alsace La lutte s’organise contre le projet de méga data center de Microsoft

    #Économie #Société

  • Intelligence artificielle, données, calculs : quelles #infrastructures dans un monde décarboné ?

    En plein «  phénomène IA  », #The_Shift_Project a choisi d’éclairer le sujet avec son prisme  : la vision physique. Pour ce faire, nous avons étudié une composante clé des infrastructures du numérique, la filière #centre_de_données, et la manière dont elle se construit en interaction avec l’intelligence artificielle, principal déterminant de ses dynamiques aujourd’hui.

    Le programme numérique du Shift Project (voir l’ensemble de nos travaux) mène et documente depuis plusieurs années une réflexion sur les pratiques et actions qui permettent de limiter les impacts environnementaux directs et indirects du #numérique, sans empêcher l’effet net des potentiels leviers qu’il propose en matière de #transition_écologique.

    Le numérique est un secteur non négligeable  : il représentait déjà 3 à 4 % des émissions mondiales en 2020 (The Shift Project, 2021), soit du même ordre que l’intégralité des poids lourds dans le monde (IEA, 2021) et avec une augmentation de 6 %/an en moyenne de cette empreinte. À l’échelle française, il représentait 4,4 % de l’empreinte carbone du pays en 2022 (ADEME, 2025).

    Ce nouveau projet trace le contour de la manière dont le déploiement généralisé de l’IA infléchit ces dynamiques déjà insoutenables. Il éclaire les pistes à suivre pour réorienter vers la #soutenabilité énergie-carbone nos choix technologiques, qui sont de véritables choix politiques, économiques et stratégiques.

    https://theshiftproject.org/publications/intelligence-artificielle-centres-de-donnees-rapport-final
    #rapport #IA #AI #intelligence_artificielle #infrastructure

  • Reinvigorating local epistemic communities around Alpine digital infrastructures

    What are the politics of political ecology? How can politics and ecology be conjugated in practice? For several years, I looked at political ecology as a powerful analytical framework to unveil the political dimension of ecological practices and environmental regulations across different scales and settings. Trained in critical development studies and anthropology, my approach to political ecology—like that of many others—drew on concepts and methodologies from diverse disciplinary and intellectual traditions (Marxist theory, subaltern studies, the anthropology of development, public policy analysis, environmental anthropology, and economic geography, etc.).

    I thought that this interdisciplinary framework would enable me to identify, describe, and critically assess power dynamics, inequalities, and structures of accumulation and dispossession within socio-ecological configurations. In this vein, my MA works were oriented in documenting the invisible consequences of European ecological transition policies on land rights of nomadic people in rural Western India. I then turned that same lens towards the Alps, the region where I have grown up. There, “failed” development projects, scientific approaches to mountain farming, and conservation-related conflicts gradually made me aware of the recurrent epistemic injustices that affect rural communities, even in Western Europe.

    It was in this spirit that, during my postdoctoral fieldwork at NICHE – Centre for Environmental Humanities (Ca’ Foscari University of Venice), I unexpectedly encountered a project for a future data centre, planned for construction in the belly of the Dolomites. Although potentially huge, the economic and ecological impact of this infrastructure had been little discussed with the valley inhabitants. In a moment when this mountain area was reinventing its economic trajectory, opportunities for debating the project had been hampered by local authorities. Technical data about resource consumption has not been made available. This very absence of data made it impossible for people to decide autonomously on the soundness of the project. In other terms—and differently from my previous research experiences—room for politics was not only reduced, but consciously obliterated.This awareness strongly influenced my presence in the field. Instead of attempting to elaborate scenarios on my own regarding the long-lasting consequences of this infrastructure, and more generally about how the material ecologies of the Alps would have become a financial asset, I turned my field research into an exercise of public imagination and collective research. Privileges (times, status) connected to my scholar condition proved useful in creating and sustaining a local epistemic community, rather than only documenting it. Soon, the research became a collective effort. Interviews and talks became occasions for elaborating alternative imaginaries with NGOs, local associations, and inhabitants. Writing resulted into a powerful tool for opening new possibilities. I was no longer the only one questioning the future data centre and wondering what to do. My approach to political ecology has shifted: from revealing the unspoken political dimensions of ecology to ecologizingpolitics itself, by actively participating in an ecology of political practices.

    https://pollenpoliticalecology.network/gabriele-orlandi-reinvigorating-local-epistemic-communit
    #montagne #IA #AI #infrastructure #intelligence_artificielle #Alpes #infrastructure_digitale #communautés_épistémiques #écologie_politique

    • Des ingénieur·es contre des paysan·nes ? Significations et ancrage local d’un conflit concernant l’implantation d’un #data_center dans une vallée alpine

      Cet article explore les dynamiques et les conflits qui accompagnent l’implantation d’un data center dans une vallée alpine italienne. Le projet, soutenu par un partenariat public-privé, vise à installer une infrastructure du web dans une ancienne mine en Val di Non/Nonsberg, dans les entrailles des Dolomites, bénéficiant d’un cadre légal approprié et de conditions environnementales perçues comme favorables, notamment en termes de consommation énergétique. En particulier, le texte met en évidence les dynamiques locales suscitées par ce projet. D’une part, le projet est considéré comme une opportunité de développement pour une région confrontée à des défis économiques et sociaux importants, notamment la désertification et le vieillissement de la population. D’autre part, il soulève des préoccupations environnementales et sociales, dans la mesure où le projet implique l’utilisation de deux ressources locales, l’eau et les terrains collectifs. Les réactions locales au projet sont variées : certain·es habitant·es s’opposent à la manière dont il est mis en œuvre, tandis que d’autres y voient une promesse de modernité et de renouveau économique. De manière plus générale, l’étude montre que les infrastructures du web telles que les data centers ne sont pas seulement des supports matériels pour l’économie numérique, mais aussi des vecteurs de changement des imaginaires sociaux et environnementaux de ces espaces alpins. Enfin, tout en illustrant les complexités et les contradictions inhérentes à la mise en place de telles infrastructures dans des contextes ruraux et montagneux, le cas de #Val_di_Non / #Nonsberg met en lumière une nouvelle façon de produire de la valeur à partir des écologies matérielles des montagnes alpines. Il appelle ainsi à un renouvellement des études critiques du développement et de la modernisation dans ces zones de montagne.

      https://journals.openedition.org/rga/15520
      #centres_de_données

  • Pour les sans-papiers, l’assignation à résidence comme ultime punition | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220526/pour-les-sans-papiers-l-assignation-residence-comme-ultime-punition

    Sous le coup d’une expulsion, mais sans perspective d’éloignement, de nombreux sans-papiers se retrouvent assignés à résidence par l’État. Une réalité méconnue, sous-documentée et aux objectifs obscurs. Témoignages à Marseille.
    Clara Martot Bacry (Marsactu)

    Marseille (Bouches-du-Rhône).– Hocine a encore été arrêté en sortant de son FlixBus à la gare Saint-Charles. Cet Algérien de 28 ans monte dans ces grands autocars verts deux fois par semaine, les mardis et jeudis, pour se rendre à Rodez. « J’ai quitté l’Algérie, et c’est ma famille là-bas qui doit m’aider à payer le loyer ici, avec tous ces bus ! » Il se désole. Bien que résidant à Marseille depuis quatre ans, c’est dans le département de l’Aveyron qu’il a été placé en garde à vue une fois, à cause de la fausse ordonnance de Lyrica et Rivotril, deux médicaments à l’usage détourné, qu’il avait dans la poche.

    Depuis cet incident, la #préfecture de l’Aveyron l’a #assigné_à_résidence, c’est-à-dire contraint à un pointage régulier, toujours au même endroit, jusqu’à son éloignement. Aussi absurde que cela puisse paraître, Hocine doit donc faire un aller-retour de 700 kilomètres deux fois par semaine pour aller pointer à Rodez. Le tout parce qu’il est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (#OQTF)… et bien qu’aucune expulsion vers l’Algérie ne semble envisagée ni envisageable.

    [...]

    Combien d’étrangers sous le coup d’une mesure d’expulsion sont dans la même situation à Marseille ? Contactée, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a pas répondu à nos questions. Le seul chiffre public à ce jour est celui communiqué ce mardi 19 mai dans le rapport annuel de la Cimade, association de soutien aux personnes migrantes. Nous y apprenons que quelque 5 % des personnes passées par le #centre_de_rétention du Canet en 2025 sont ressorties « libres » avec une assignation à résidence, soit trente-huit personnes. Mais cette donnée ne comprend pas les très nombreux #sans-papiers qui, comme Hocine et d’autres témoins rencontrés, n’ont jamais été enfermés. Et se retrouvent, de fait, privés d’une part de liberté. Avec des pointages parfois très contraignants.

    https://justpaste.it/m33hc

  • Want to Resist a Data Center? These Organizers Share How They Did It.

    Organizers from #Tennessee, #Wisconsin, and #Arizona share strategies for resisting data centers in other communities.

    The prolific construction of massive data centers that house the physical computing power for artificial intelligence (AI) is galvanizing resistance in localities across the United States. Communities are fighting back against the billionaire tech and financial power behind these projects and their numerous harms, from their noise and pollution to their hyperconsumption of water and electricity.

    Truthout has been covering the corporate interests behind the data center boom and local resistance to data centers. In this roundtable, we brought together representatives from three campaigns across the U.S. to share their experiences and lessons from taking on data centers and AI infrastructure in their areas.

    KeShaun Pearson is the leader of Memphis Community Against Pollution (MCAP), based in Memphis, Tennessee, which is focused on fighting for environmental and climate justice in the predominantly Black community of southwest Memphis that’s most impacted by the concentrated pollution from nearby toxic release facilities. MCAP is currently campaigning against Elon Musk’s polluting xAI Colossus supercomputer. Tricia Boehlke is an organizer with No Data Center in DeForest, which recently succeeded in halting a proposed data center that was pushed by a private equity-owned company in a small town outside of Madison, Wisconsin. Lee Ziesche organizes with the Tucson Democratic Socialists of America and the No Desert Data Center Coalition, which has been taking on Project Blue, a huge data center proposed in the Tucson, Arizona, area. The campaign against Project Blue won a victory when Amazon recently pulled out of the project, but its developers are again trying to advance it.

    This roundtable has been lightly edited for length and clarity.

    Derek Seidman: What’s some initial advice you’d offer to people looking to organize against a proposed data center in their area?

    KeShaun Pearson: Activate your community as quickly as you possibly can and inform as many people as possible. These projects move with an urgency and speed by developers that we haven’t seen before. They’re steamrolling our communities and our elected officials. Also, if they’re talking about one data center, remember that it’ll likely be two or three. That’s something I wish Memphis Community Against Pollution knew earlier, because now there are three sites for the xAI project her

    Tricia Boehlke: The number one thing is to start going to public meetings. You need to get ahead of it. Get open records requests as soon as you can, because you don’t know what’s happening behind closed doors. Talk to your board members individually because they’re likely getting misinformation from staff and not hearing from the public. Also, find people who you can connect with. Get a Facebook group going and pull together volunteers so that you’re not alone.

    Lee Ziesche: Talk to literally everybody you know. By the time your community finds out about the data center, they’ve been working on it for years. It’s urgent to get the word out. And find your local experts. We have amazing people in Tucson who know about water and energy and were able to combat the propaganda of these companies.

    Figure out your levers of power. Who or what locally has the ability to say ‘no’? This varies by state or town. Also, reach out to people who have fought data centers. So many communities are fighting back now. There are a lot of brilliant people with creative ideas and information to share. You’re not alone.

    How did you get the word out about the data centers in your areas?

    Pearson: One of our biggest movers was social media. Post far and wide on Facebook, Instagram, and other accounts. Spread the word beyond your network. We also printed documents to hand out. We knocked on doors and talked to people at grocery store parking lots. Don’t underestimate the power of word of mouth and face-to-face conversations.

    Boehlke: We learned that interaction on social media is what really drives things. We made our Facebook page into a public group. It gained 4,400 followers, which is huge for us. Find volunteers to help screen and administer the page. We used hashtags and QR codes to help people share things that ended up going viral. Local businesses also put up signs to get the word out.

    Ziesche: We made short videos on social media to combat all the propaganda. That was huge for us. We were at every festival in Tucson talking to people and handing out flyers, making sure people were showing up to public meetings. Also, once we realized that the big “public meetings” about the data center were propaganda sessions, we held our own events to expose the disinformation and present the truth and discuss next action steps.

    What’s important for others to know about how you build coalitions and alliances to take on data centers?

    Boehlke: We just brainstormed whoever we knew that we could contact and who might be helpful. We created a volunteer survey asking about experiences and skills. We got the word out and found experts who lived in and outside of our community. We reached out to other No Data Center groups in Wisconsin and made a statewide coalition.

    Pearson: We’ve been blessed to have been in coalition with environmental justice groups since 2020 when we fought the Byhalia Connection Pipeline. We’ve literally been meeting together for six years. Do the power-mapping work and figure out who the experts are in your area. You want to meet often and also set your ground rules. We noticed that patriarchal dynamics manifest themselves in coalitions, so there’d be meetings happening outside of meetings to set standards of respect and how to move in a coalition in a way that is intentionally different from mainstream culture.

    Ziesche: The major issue in Tucson that reaches everybody is water. We’re in a desert, so that got people onboard quickly. There are environmental justice communities in Tucson whose water has been poisoned by the military-industrial complex here that have been fighting for clean water for decades. Recognizing the base and the social networks that already exist is important.

    Also, Tucson is a border community. Understanding that the data center was part of the web of surveillance that’s targeting our immigrant communities here was really important to center. Energy affordability was also a huge issue. If you can’t afford energy in the summer in Tucson, you literally die. We were able to grow a huge base of people who realized the data center was going to impact their lives.

    What are the biggest challenges you’ve faced in your organizing?

    Ziesche: We’re almost entirely volunteer-run. It’s been challenging to keep that going day after day. We’re trying to figure out how to sustain this fight for the long term. It’s also been a challenge to get our expertise taken seriously. Many local elected officials don’t know much about data centers or how our grid or water system works, but they take corporations and private utilities to be experts. We’ve had to continually show that there’s expertise in the community and in people’s lived experience.

    Pearson: Everybody who’s fighting a data center will face the challenge of misinformation. The other side runs very expensive disinformation campaigns to resign people to the idea that the data center is just going to happen. You have to be prepared for that and intentional about combating it. They’ll also do everything they can to keep the talks around the data center clandestine. They’ll work behind closed doors with legislators who support them. In Memphis, we had to pass a resolution just to have our first-ever public hearing about an air pollution permit. You have to try to create public spaces for the public to be heard to bolster the support that you have.

    What are important lessons you’ve learned from your campaigns?

    Ziesche: I wish we would have known earlier that the data center was coming. It makes a huge difference if you can get ahead of it. Keep an eye on your planning boards. You have to be meticulous to catch these things. And how you present information is also really important. Make resistance to the data center part of local culture. For example, Tucson has amazing artists who created gorgeous posters that we put everywhere.

    There are so many things wrong with these data centers, and you don’t want to overwhelm people. Figure out three or four main things to focus on. They can be diverse things, but simplify the message. Your top line messaging should focus on what’s going to move people in your community and what will move elected officials or the people with the power to stop it.

    Also, there are these supposed rules of decorum, but don’t be afraid to make elected officials uncomfortable. We had these meetings where like 900 people would show up. We didn’t control everybody there, and plenty of people were standing up and yelling when they knew they were being lied to. Making them a little uncomfortable can be helpful.

    You’re all taking on very powerful corporate forces. What keeps you motivated?

    Boehlke: The community resistance on both sides of the aisle is so enormous. This feels like the one thing that is connecting everybody together. I’ve connected with other people I otherwise would’ve never talked to. I learned how to be an activist fighting this data center. I saw how a small group of people can make a difference. If you’re dedicated, even if you’re just everyday people, you can fight and win against something that seems so impossible.

    It’s like there’s a big fish, but then there’s a school of little fish that come together to become an even bigger fish. That’s the visualization that I always have. We’re just little fish, but we’re all pulling together to become the bigger fish.

    Ziesche: This fight is about whether Tucson will be livable in the future. Will it be too hot here for people to live here? Will people be able to afford their electric bills with these data centers here? It’s also a test of our power. Are we powerful enough to come together as a community and stop this?

    Every community has a different story of an extractive industry that came in and took from it and leaves behind nothing but harm. We’re told these data centers are inevitable — that they’re the future, and we’re standing in the way of “progress.” But we know the truth. We know who is going to benefit from them. It’s Big Tech, the surveillance industry, the war industry, the fossil fuel industry. It’s not our community. At the end of the day, this is about whether we have a say over the future of Tucson. And we do not think that future is in data centers.

    Pearson: This is a life-or-death struggle for many people. The preciousness of life is being eroded. These AI billionaires and data center investors have decided that there are some communities that ought to be sacrificed on the altar of their progress. But I believe our lives are so much more valuable than the profits of companies that have built an extractive ecosystem across our entire world, where people are suffering to service these data centers and these AI models.

    In Memphis, we carry this environmental exploitation in our bodies. Our families live 10 to 13 years less than our counterparts just miles away. Our youth have higher than the national average rates of respiratory illnesses because of asthma. We have experienced grief and loss. I buried both of my grandmothers in their early 60s. They were these giants of character and integrity that I lost because they were raised in the wrong zip code. xAI is perpetuating that same harm.

    But the hope I have is rooted in the truth that evil cannot persist forever. These data center projects are not the end-all and be-all. We have seen them fail. I believe that we’re shaping a new future right now with our very lives and work. I am committed to seeing that come to fruition.

    https://truthout.org/articles/want-to-resist-a-data-center-these-organizers-share-how-they-did-it
    #résistance #exemples #data_centers #centres_de_données #AI #IA #intelligence_artificielle #USA #Etats-Unis

  • 108 – Infrastructures of Power (Cities and Geopolitics II)
    https://urbanpolitical.podigee.io/108-infrastructures-of-power-cities-and-geopolitics-ii

    The second episode of the Cities and Geopolitics series turns to the material architectures through which geopolitical power is organised and exercised. From energy grids and digital networks to ports, logistics hubs, and semiconductor infrastructures, contemporary geopolitical rivalries are increasingly mediated through complex, often invisible, urban systems. This episode explores how infrastructures are not merely technical backdrops to global politics, but strategic assets and active instruments of power. Our guests examine how infrastructures are designed, financed, and governed in ways that embed geopolitical priorities, whether through the securitisation of supply chains, the territorialisation of digital systems, or the reconfiguration of energy networks in the context of (…)

    #Infrastructures,Geopolitics,Power
    https://audio.podigee-cdn.net/2503706-m-29d9f8effac173a02f1b977242e25ae5.m4a?source=feed

  • L’incertaine #viabilité_économique de l’#IA générative

    Alors que les #investissements gigantesques dans le secteur se poursuivent, les conditions de la #rentabilité deviennent de plus en plus difficiles. Le #modèle_économique du secteur change, sans s’assurer une porte de sortie satisfaisante.

    L’économieL’économie de l’intelligence artificielle (IA) générative entre dans le dur. Ces dernières semaines, plusieurs informations sont venues confirmer que la question des modèles économiques liés à cette technologie se posait avec une acuité particulière. Le 24 mars, #OpenAI, l’inventeur de #ChatGPT et une des locomotives de l’IA, annonçait l’abandon de deux projets annoncés précédemment avec tambours et trompettes.

    Non seulement son idée de #chatbot (#robot_conversationnel) érotique a été « mis[e] en pause indéfiniment », mais, bien plus important, la plateforme de création de vidéos #Sora a également été fermée deux mois après son lancement en grande pompe.

    Pourtant, lors de son lancement en décembre 2025, Sora était présentée comme le produit phare d’OpenAI. Son argument marketing principal était qu’il bénéficiait du catalogue de personnages de Disney. La firme de divertissement avait, en outre, annoncé vouloir investir 1 milliard de dollars dans ChatGPT. Sora, alors, était vue comme une sorte de seconde ChatGPT, renforçant l’usage quotidien de l’IA et sa diffusion dans l’industrie culturelle.

    Seulement, l’affaire avait vite tourné au vinaigre pour #OpenAI. La création de #vidéos par IA est en effet extrêmement coûteuse, mais elle n’a quasiment rien rapporté à l’entreprise. Et le problème, c’est que plus les utilisateurs sont nombreux, plus le coût augmente. Sans relever les recettes en parallèle. Selon le Wall Street Journal, Sora coûtait en moyenne 1 million de dollars par jour et n’a rapporté, depuis son lancement, qu’un peu plus de 2 millions de dollars.

    Un #tonneau_des_Danaïdes qui pourrait, en soi, ne pas poser de problème. C’est en effet la stratégie classique des start-up technologiques : elles imposent un usage par la #quasi-gratuité, enregistrent alors de fortes #pertes, puis une fois cet usage devenu un besoin incontournable, elles ont capté leur clientèle, fixent leurs prix et réalisent des profits records. Un exemple récent de ce système a été celui de la plateforme musicale #Spotify.

    Le modèle économique de l’IA : plus les chemins de fer qu’Internet

    Mais, cette fois, OpenAI n’a pas voulu, dans le cas de Sora, développer cette stratégie. Au contraire, la start-up a proclamé qu’elle allait utiliser les fonds économisés par la fermeture de Sora sur des produits « agentiques », ces applications d’intelligence artificielle capables d’agir de façon autonome pour exécuter des tâches à la place des humains. Des applications visant une clientèle d’entreprises désireuses d’améliorer leur productivité. Autrement dit, des produits potentiellement rentables pour OpenAI, qui pourra récupérer une partie de ces gains de productivité supplémentaires réalisés.

    La décision d’OpenAI traduit un tournant pour l’ensemble de l’industrie naissante de l’IA. Le modèle « Internet » de start-up qui a prévalu jusqu’ici avec ChatGPT a déjà atteint ses limites. Pour une raison simple : l’IA s’appuie bien davantage sur des #infrastructures_physiques dont le coût est élevé. Dès lors, cette technologie est continuellement confrontée à une contradiction entre ce que Karl Marx appelle le « processus de production » et le « processus de valorisation ».

    Sur le papier, l’IA générative peut faire bien des choses, notamment produire à l’infini des vidéos plutôt tartes avec des personnages de Disney pour le plus grand enthousiasme des yeux contemporains. Son processus de production semble sans limites. Mais les conditions de cette production sont très coûteuses. L’IA mobilisée par OpenAI repose sur un grand modèle de langage (large language model, LLM), qui s’appuie sur des puissances de calculs de puces dernière génération extrêmement élevées mises en réseau dans de gigantesques #centres_de_données (#data_centers).

    Tout est cher dans ce schéma : les #puces, la construction des centres de données, leur maintenance dans des conditions optimales, le traitement des données… L’absence théorique de limites de l’IA vient se fracasser sur sa capacité à être rentable. Et la décision d’OpenAI concernant Sora nous dit que certaines applications ne peuvent pas être rentables, même à long terme.

    Le pari à la Spotify ne peut pas fonctionner ici : il nécessiterait la mobilisation beaucoup trop élevée de #moyens_financiers avec des perspectives de #retour_sur_investissement beaucoup trop faibles. Une étude de la banque HSBC indiquait, avant le lancement de Sora fin décembre, que si OpenAI réalisait en 2030 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires (il en a réalisé 13,1 milliards en 2025), il lui faudrait lever, en parallèle, 207 milliards de dollars pour rester financièrement viable. C’est plus que le PIB actuel du Maroc prévu par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2026.

    Voilà la clé pour comprendre l’économie de l’IA : le #changement_d’échelle (#scaling) de la production d’IA sur lequel elle repose s’accompagne d’un changement d’échelle de ses coûts. Et la difficulté est, dès lors, non pas seulement le financement de l’amorçage et du décollage de la technologie, mais celui de son fonctionnement quotidien. C’est cela que nous dit l’affaire Sora : on ne peut pas espérer « sauter par-dessus » l’enfance de l’industrie pour se retrouver dans le monde enchanté d’une activité rentable. L’IA n’est ni le smartphone ni Internet.

    Ce nouveau secteur ressemblerait plutôt davantage au chemin de fer : une technologie fortement capitalistique aux #coûts_fixes si importants que sa rentabilité a toujours été problématique et que l’État a presque toujours dû être mobilisé pour assurer son existence.

    Au reste, le montant des investissements consentis pour le développement des infrastructures de l’IA, principalement les centres de données remplis de puces en réseau, sont si vertigineux qu’ils égalent sans doute ce qui avait été la fièvre de la construction des chemins de fer en Europe occidentale et en Amérique du Nord, dans les années 1840 et 1860.

    Car, alors qu’OpenAI stoppait Sora en catastrophe, les milliards de dollars continuaient à irriguer le secteur. L’entreprise de Sam Altman a levé le 31 mars 122 milliards de dollars, un record historique pour une levée de fonds privée. Et début février, les quatre géants de la technologie (#Amazon, #Meta, #Alphabet et #Microsoft) prévoyaient ensemble de dépenser 650 milliards de dollars dans l’IA en 2026, soit 60 % de plus qu’en 2025.

    Les chiffres sont vertigineux. Selon le Financial Times, l’ensemble de la valeur des installations liées à l’IA en 2030 pourrait atteindre le chiffre astronomique de 9 000 milliards de dollars. Et une puissance cumulée pour les centres de données de 125 gigawatts, soit plus de trois fois l’usage de l’#électricité d’un pays comme le Royaume-Uni aux heures de pointe.

    Fuite en avant

    Ces investissements massifs ne sont pas le fruit du hasard. L’enjeu pour les acteurs du système est d’atteindre le plus rapidement la taille critique pour imposer leurs produits sur le marché, mettre en place un système oligopolistique ou monopolistique et, finalement, pouvoir imposer ses prix et espérer un retour sur leurs investissements.

    Dans ce jeu de vitesse, les acteurs ne sont cependant pas tous égaux. OpenAI est en bout de chaîne. Il développe les produits d’IA, mais ne contrôle pas les centres de données. Sa position est, par ailleurs, plus soumise à la concurrence dans la mesure où les LLM sont moins coûteux à développer que la construction de centres de données. ChatGPT est donc soumis à une dangereuse concurrence, notamment celle de #Claude, le modèle de l’entreprise Anthropic.

    Comme souvent, les « opérateurs » de la technologie sont plus fragiles que les fournisseurs d’infrastructure, parce qu’ils accumulent les coûts en fin de chaîne mais qu’ils sont aussi soumis aux effets de revenus des consommateurs finaux. Les compagnies ferroviaires souffrent davantage que les fournisseurs d’acier prospèrent.

    Mais la particularité de l’IA complique l’équation. À l’importance des coûts s’ajoute la question très sensible de la #durée_de_vie des centres de données et des puces qui les peuplent. On ignore beaucoup de choses sur ce point. L’industrie fonde ses calculs sur une durée de vie de six ans. Microsoft évoque un temps compris entre deux et six ans.

    Certaines sources évoquent la possibilité que les puces soient entièrement épuisées au bout de trois ans. Et Bloomberg estime que les centres de données, des bâtiments très fragiles et sensibles, pourraient devenir obsolètes au bout de cinq ans.

    En estimant que les 9 000 milliards de dollars soient suffisants pour les besoins de l’IA d’ici à 2030, il faudrait donc renouveler cet investissement colossal au moins tous les cinq ans.

    La réponse des Big Tech est alors celle de la #fuite_en_avant. Il faut construire beaucoup et vite pour pouvoir atteindre une taille critique, devenir incontournable pour le marché et imposer une logique oligopolistique capable d’imposer des prix suffisants pour absorber de tels coûts gigantesques. De Spotify, le modèle devient Andrew Carnegie, bâtisseur d’un véritable monopole de l’acier aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

    Une course de vitesse qui a donné aux grands acteurs de l’IA leur nouveau nom : les #hyperscalers, autrement dit ceux qui sont capables de démultiplier l’échelle de l’IA. Car l’#échelle devient un élément central pour la rentabilité.

    Ces acteurs défendent des stratégies proches, mais qui, néanmoins, se distinguent. Meta tente de développer un modèle « interne » concentrant ses investissements sur son propre usage ; Amazon se concentre sur les infrastructures d’amont qu’ils louent à d’autres ; Google et Microsoft rajoutent à cette dernière activité le développement de produits finaux en vue de contrôler tout l’écosystème.

    Circularité de la #dette

    Dans cette course, les Big Tech dispose d’un atout de poids : une trésorerie abondante reposant, dans l’#économie_numérique actuelle, sur des quasi-rentes. On pourrait, d’ailleurs, résumer leurs stratégies par le maintien de cette rente. Mais ces liquidités qui, voici encore quelques années, semblaient gigantesques, ne suffisent plus. L’impensable se produit : les #Big_Tech doivent désormais avoir recours à la dette.

    La banque états-unienne Morgan Stanley estime que les hyperscalers vont emprunter 400 milliards de dollars cette année, après 165 milliards en 2025. En tout, les besoins de financement externe sont estimés à 1 500 milliards de dollars. C’est un changement majeur de modèle économique pour ces entreprises. Et pour préserver leur capacité d’endettement, elles sont même obligées de contourner les obstacles et de prendre de nouveaux risques.

    D’abord, elles mettent en place une « économie circulaire » de la dette. Les acteurs de l’IA ayant tous un intérêt commun, celui d’imposer l’usage de cette technologie au point de la rendre rentable, ils coordonnent leurs efforts par des accords parfois étonnants où ils se prêtent des fonds ou se garantissent des prêts. Désormais, le monde de l’IA est devenu une gigantesque toile d’araignée d’engagements mutuels où chacun dépend financièrement des autres.

    #Risques_financiers

    Une autre façon d’assurer ces moyens, c’est de recourir à des sociétés ad hoc (#special_purpose_vehicle, ou #SPV) pour financer la construction des centres de données ou l’acquisition de puces. Ces entités, souvent montées avec le financement d’investisseurs externes ou de banques, deviennent propriétaires des actifs en question et peuvent émettre des obligations en s’appuyant sur la note de la Big Tech qui pilote l’opération.

    En retour, la Big Tech paie un loyer pour avoir le droit d’utiliser ces actifs. Sa situation financière est laissée intacte par l’opération et les centres de données ou les puces sont mis à sa disposition. Mais, évidemment, la construction n’est pas sans risques. Si le centre de données ou les puces deviennent obsolètes plus rapidement que prévu, il n’est pas dit que le remboursement de la dette soit possible.

    En octobre, la banque centrale britannique s’est inquiétée de l’ampleur de la dette mobilisée pour financer les centres de données. « Si le montant de la dette liée à l’IA et aux infrastructures énergétiques associées se matérialise, les risques sur la stabilité financière pourraient augmenter », souligne l’institution. Car, de plus en plus, les banques et les sociétés de finance privée ont une exposition massive à ce secteur.

    Résumons : la future rentabilité des activités liées à l’IA devra assurer le financement des coûts de fonctionnement gigantesques de cette technologie, mais aussi l’#obsolescence rapide de ces infrastructures et les coûts financiers liés à la dette contractée pour le déploiement de l’IA. Le tout en assurant un rendement « net » permettant la rentabilité des opérations en cours. En bref : le coût du capital de l’IA est astronomique.

    Comment cette technologie pourra-t-elle dégager de telles marges ? La réponse des Big Tech et d’OpenAI, c’est que les utilisateurs finaux paieront. Un pari risqué, que Mediapart explore dans le second volet de cette série.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/040426/l-incertaine-viabilite-economique-de-l-ia-generative
    #économie #perte #gain #coût #profits #profit #AI #IA #intelligence_artificielle

    • Pluralistic: The AI bubble isn’t like the internet #bubble (26 May 2026)

      One of the surprise breakout software products of the early web was Lotus Notes, a kind of primitive precursor to all-in-one office productivity suites like GDocs, Office365, etc. It was so important that its creator, Ray Ozzie, was promoted to Microsoft’s Chief Software Architect, succeeding Bill Gates himself:

      https://knowledge.wharton.upenn.edu/podcast/knowledge-at-wharton-podcast/the-man-who-would-change-microsoft-ray-ozzies-vision-for-co

      People who remember Notes tend to deride it for its clunky user interface and demi-functional administrative tools. But what made Notes so central to Microsoft wasn’t its polish – it was the fact that Notes represented a brokered peace between IT managers, who wanted mainframe-like control over everything their users could do with business equipment, and the users themselves – workers who kept smuggling internet-based tools into the enterprise network on the very sensible grounds that they had a job to do, and these were the best tools to do it.

      The arrival of internet-based tools – especially ones that ran in browsers – represented a major challenge to IT departments, who had been long accustomed to dictating terms to their users. If the IT manager and the compliance department decided that the best way to manage disclosure and leak risks was to block all email attachments for outside users, then that was that: no one could send those attachments.

      But after the internet arrived on the corporate desktop, employees who needed to get documents to supply chain partners and customers could treat these IT policies as damage and route around them. Just fire up your Hotmail or Yahoo mail window, or hop on MSN Messenger or ICQ or AIM, or drop the file on an anonymous FTP server and send the link to your counterparty. Job done!

      IT managers hated this, and to be fair to them, they weren’t (always) wrong. These outside tools came from a variety of untrustworthy sources, including malicious sites that pushed virus-infected versions to their users. Also, by evading firewall rules with these tools, users made it impossible to achieve the compliance goals that IT had been charged with enforcing, and it was IT’s asses on the line if the company got in trouble as a result.

      Foundationally, IT was being asked to do two irreconcilable things: they were supposed to be enabling workers to get their jobs done, and they were supposed to be stopping those workers from doing things that could harm the business. This can’t be done, because the only way to eliminate the possibility that a worker will take an action that harms the business is to gag that worker and lock them in a dungeon. Workers need flexibility and freedom to achieve business goals, and that flexibility and freedom means that those workers might (deliberately or accidentally) thwart the business’s goals.

      What’s more, workers will always run into situations that were not anticipated by policy, and if they are denied any agency or initiative, they will fail to get their jobs done. In work, the exception is the rule, hence the importance of “process knowledge” (all the implicit knowledge shared among workers across the firm and its suppliers and customers, which cannot be captured or recorded):

      https://pluralistic.net/2025/09/08/process-knowledge/#dance-monkey-dance

      Indeed, there’s a form of labor action called a “work to rule,” in which workers only do the things dictated by their rulebooks, without taking any of the routine additional measures dictated by process knowledge. Merely by following every rule to the letter, workers can grind a shop to a halt:

      https://en.wikipedia.org/wiki/Work-to-rule

      Since the dawn of personal computers, workers and IT departments have come into conflict, as workers literally smuggled technology into the business that could do things the IT department had (often arbitrarily and capriciously) prohibited. When Visicalc emerged as the killer app for the Apple ][+, workers snuck these computers into work and used them to sort spreadsheets in ways that IT had declined to permit. They didn’t do this to cheat or steal from the company – the whole point was to do a better job.

      So it was with the early web: workers discovered a myriad of new capabilities in the free-to-use world of web-based tools and realized how these tools would make them much more effective at their jobs. The fact that IT wouldn’t let them do these things was just more evidence that IT – and the managers who set IT’s agenda – didn’t understand the business as well as workers.

      It didn’t help that IT managers’ first line of defense was the high-tech version of abstinence-only education: “You only think you need your work computers to do this, but really, you don’t, so stop trying”:

      https://www.theguardian.com/technology/2009/jun/16/computer-security-abstinence

      Abstinence-only education never works, but where “you only think you need this” failed, Lotus Notes succeeded. Lotus Notes provided a whole suite of tools that largely (if imperfectly) replaced the universe of free tools that workers were using to evade their IT departments’ edicts, so they could get their jobs done. At the same time, Lotus Notes provided a set of management tools that let IT fine-tune how these tools worked, giving them (some) of the controls they needed to achieve their compliance goals.

      Like all brokered peace settlements, Lotus Notes left both sides feeling like they’d made a compromise they could live with, giving up some of their goals, but keeping the things that really mattered to them.

      It’s impossible to overstate how important Lotus Notes and similar products were, because workers demanded the right to use the web on their work computers, and they made those demands so forcefully that managers had to completely re-do their IT policies, lest those workers treat them as damage and route around them. Back then, the tech press was full of stories about these conflicts, as workers insisted that the new technology that was sweeping the nation was so foundational and transformative that they had to be allowed to use it.

      What we never saw back then were stories about how managers had to monitor workers to ensure that they were using the web as much as possible. No one had to force workers to find ways to integrate the web into their workflows.

      In other words, the story of the web at work was the opposite of the story of AI at work. Today, you can’t turn around without reading a story about bosses who are threatening to fire workers if they don’t increase their AI usage:

      https://www.businessinsider.com/boss-track-ai-use-career-2025-8

      Virtually every major company now has a program to force workers into using AI:

      https://www.cnbc.com/2026/05/05/ai-use-work-employee-monitoring-tech-surveillance.html

      It’s conceivable that over the past quarter-century, bosses have become technophiles while workers have fallen prey to superstitious technophobia, but it hardly seems likely. Historically, workers have always been enthusiastic about tools that let them do a better job – indeed, it’s a truism that labor-led automation produces improvements in quality, while capital-driven automation increases throughput (often at the expense of quality).

      Workers aren’t the only typical early adopters who find AI lacking. As a group, teenagers and young adults hate AI:

      https://www.nytimes.com/2026/04/09/style/gen-z-ai-gallup-study.html

      That’s not what it was like during the early web days. Back then, young people entering the workforce were passionate devotees of the web, to the point where the business press routinely ran articles asking how today’s workplaces were going to adapt to the demands of these webbed-up workers.

      https://www.nber.org/digest/apr03/internet-changes-labor-market

      AI boosters insist that the deficits we see in AI – its lack of profitability, its primitive and error-riddled outputs – are no different from the shakedown problems of the early web (and we know how the web turned out!). But this is a profoundly flawed comparison: the early web and AI are very different from one another.

      For one thing, the early web may have lost money, but it had great unit economics. Every new web user brought the web closer to profitability, as did every new use of the web, and every new generation of web technology. By contrast, AI has – in the memorable phrasing of Ed Zitron – “dogshit unit economics.” Every new AI user makes AI less profitable, as does every new use for AI, and each generation of AI loses more money than the last. AI is the money-losingest endeavor in human history:

      https://pluralistic.net/2025/09/27/econopocalypse/#subprime-intelligence

      In other words, the early web was a technology that grew more profitable every day, which workers and young people had to force on their bosses – and AI is a technology that grows less profitable every day, and bosses have to force it on workers and young people.

      Now, it’s true that some workers don’t have to be forced to use AI. Workers who enjoy a high degree of autonomy (that is to say, workers who are positioned to ignore workplace coercion) can adopt AI in ways that they feel suited to, just as those early web users and Visicalc smugglers did. They can fulfill the maxim that labor-driven automation improves quality, while resisting capital’s insistence that automation be used to increase throughput at quality’s expense.

      They can act as centaurs (workers assisted by technology), not as reverse-centaurs (workers who are recruited to serve as peripherals for machines). As with all technology questions, what the technology does is nowhere near as important as who the tech does it for and who the tech does it to:

      https://pluralistic.net/2025/09/11/vulgar-thatcherism/#there-is-an-alternative

      And there’s another group of workers who adopt AI voluntarily: workers who see that AI can do a lot of work that they view as dull and unimportant for them. These workers might be right – there are plenty of bullshit jobs out there:

      https://memex.craphound.com/2018/06/20/david-graebers-bullshit-jobs-why-does-the-economy-sustain-jobs-that

      But it’s also possible that they’re wrong, and they’re substituting AI for something that really should be done by a person.

      But on the plus side, at least no one has to force them to adopt AI.

      https://pluralistic.net/2026/05/26/the-ai-will-continue
      #bulle
      via @freakonometrics et ici aussi:
      https://seenthis.net/messages/1174219

  • Le condizioni dei cpr sono pessime. Lo dicono anche le carte del ministero
    https://lavialibera.it/it-schede-2676-cpr_centri_rimpatrio_condizioni_pessime_documenti_ministe

    Infiltrazioni e umidità, sistemi antincendio mancanti, impianti di riscaldamento da sostituire, niente spazi ricreativi, trattenuti che dormono sui tavoli della mensa: le condizioni nei centri di permanenza per il rimpatrio (cpr) italiani sono pessime e a dirlo, questa volta, non sono le associazioni o i garanti dei detenuti, ma lo stesso ministero dell’Interno. Cosa sono i cpr e tutti i nostri articoli sul tema A fine aprile, sul sito di Invitalia, l’agenzia pubblica che gestisce gli appalti pubblici, è comparso un bando per la "manutenzione straordinaria delle strutture e degli impianti a servizio dei centri di permanenza per il rimpatrio": spesa totale 14,7 milioni di euro, di cui 13,2 per lavori e 1,4 per servizi tecnici, ripartiti tra tutti i dieci centri attivi (…)

    #MIGRAZIONI_●_GENERAZIONI

  • « C’est une réquisition populaire » - Un bâtiment de six étages occupé dans le centre ville de Liège - Entretien avec les occupants
    https://lundi.am/C-est-une-requisition-populaire

    « Centre social autogéré » (CSA), c’est une étiquette qui répond à une tradition politique associée à l’Italie des années 60-70 et qui entend rompre par ses pratiques avec la politique parlementaire. Mais c’est une étiquette qui a aussi l’avantage d’être facilement appropriable par qui n’est pas familier de cette tradition. L’enjeu pour nous étant qu’une certaine transmission, non autoritaire, s’opère entre cette tradition et les pratiques en tout genre qui vont fleurir dans un centre social autogéré comme celui de Liège.
    Nous avons choisi (choix difficile, discutable), d’être un centre social pour organiser la lutte contre l’Arizona,(nom de la coalition néolibérale au pouvoir en Belgique) , et son monde ("Shoot l’Arizona" comme le dit d’ailleurs une des banderoles sur la façade), contre l’impérialisme et ses guerres, et donc, malgré la taille du bâtiment, de ne pas être un lieu qui place directement dans sa dynamique la question de l’hébergement.

    Plusieurs d’entre nous sont impliqué.e.s directement dans des groupes ou des luttes relatives au logement, et des collectifs qui luttent dans ce champ s’organisent déjà dans le CSA. Ce choix découle d’expériences personnelles : nous avions ouvert il y a plus d’un an un bâtiment qui entendait être foyer de luttes diverses et offrir aussi un hébergement pour qui en avait besoin. Très vite la dynamique-hébergement a éclipsé la dynamique-foyer-de-luttes. Il nous a semblé qu’il était préférable, avant ouverture, d’assumer un choix, même à l’encontre d’une part de notre sensibilité, celui d’ouvrir un lieu qui soit prioritairement un espace d’organisation pour les luttes. Ce qui implique que toute personne qui vit dans ce centre social le défende, dans d’éventuelles tractations entre nous et la ville, en tant que centre social autogéré et non en tant qu’habitat personnel.

     

    Le CSA se situe dans l’hyper centre de la ville de Liège, à deux pas de la grande place Saint-Lambert et de sa Galerie Marchande, tout près d’une rampe de tram flambant neuve. Liège c’est une ville dirigée depuis 50 ans par le PS, depuis 25ans par le même bourgmestre (Willy D., qui récemment se réjouissait de voir le prix de l’immobilier grimper en flèche dans sa ville grâce à la mise en circulation du tram). C’est une ville moyenne (200 000 habitant.e.s, 500 000 dans l’agglo) mais qui se (re)structure selon le modèle et la vision cauchemardesques de la Métropole (en incluant, de façon comique et terrifiante, des territoires ruraux dans ce cauchemar) : tram donc, galerie marchande évidemment, quartier des affaires aux façades totalement vitrées, commerces bourgeois hyper spécifiques dans le centre, gare dernier cri, caméras qui pullulent, espaces de co-[...]ing, etc.

    Mais cet hyper-centre, n’est pas qu’un lieu de passage et de consommation, c’est aussi un espace où beaucoup de monde zone (notamment des jeunes en sortie d’école et qui trainent aux alentours des enseignes marchandes). Il faut imaginer que dans un rayon d’un km à la ronde autour du CSA on trouve plein d’écoles secondaires, des services sociaux et des institutions publiques, plusieurs galeries marchandes, plein de commerces, des institutions culturelles (dans la courte rue du CSA il y a par exemple une salle de concert, l’opéra régional, mais aussi un chouette cinéma et une librairie ’de gauche’), une place qui centralise l’arrivée de beaucoup de bus, un carrefour de rues nommé ’Le Carré’ où communie en beuverie la jeunesse-Erasmus. Bref, et bien qu’avec le prix de l’immobilier grimpant en flèche les maisons et appartements du centre sont essentiellement détenus par des bourgeois qui y vivent ou qui louent leurs bien, le centre est un espace assez composite avec beaucoup de passages et de bandes qui trainent, dont le décor est fait essentiellement de petits commerces (pour) bourgeois et de grandes enseignes dégueulasses.

    #solidarité #centre_social #occupation #Liège #pratiques_sociales #luttes_collective #prenons_la_ville

  • #Denver passes one-year data center moratorium

    Why it matters: The city’s one-year moratorium reflects mounting public pushback against data centers, whose massive water and energy needs are drawing tremendous scrutiny.

    The decision comes days after state lawmakers abandoned their own attempt to rein in data centers.

    Driving the news: Denver City Council unanimously approved the pause Monday, blocking new data center development and construction.

    Mayor Mike Johnston backed the proposal. Councilmember Paul Kashmann said it takes effect May 21.

    Yes, but: The ban won’t affect those that are currently operating or permitted for construction.

    Between the lines: A controversial 180,000-square-foot data center under construction at 4900 Race St. — which drew public outcry — won’t be affected.

    Context: Council will explore new regulations for data centers during the one-year pause, including weighing how to conserve water and energy, and reducing impacts on nearby residents.

    By the numbers: Denver has about 50 data centers, including roughly five large enough to fill entire buildings, city documents show.

    https://www.axios.com/local/denver/2026/05/19/denver-data-center-moratorium-approved
    #moratoire #data_centers #centres_de_données #AI #IA #intelligence_artificielle #résistance #USA #Etats-Unis #eau #énergie

  • Glané pour vous en avril 2026 : enquête judiciaire ouverte après nos révélations sur #Imerys #Glomel
    https://splann.org/enquete-judiciaire-imerys-glomel

    L’affaire de #pollution impliquant la #mine Imerys de Glomel prend une tournure politique et judiciaire. Après nos révélations sur un important déversement de produits chimiques, plusieurs responsables publics, associations environnementales et organisations syndicales réclament davantage de transparence, un renforcement des contrôles et des comptes à rendre de la part de l’industriel comme de l’État. L’article Glané pour vous en avril 2026 : enquête judiciaire ouverte après nos révélations sur Imerys Glomel est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #afis #Agnès_Buzyn #air_breizh #ArcelorMittal #assemblée_nationale #centre-bretagne #chrome_vi #Côtes_d'Armor #extraction #François_de_Rugy #Géraldine_Woessner #Indre #industrie #insecticide #journalisme_scientifique #justice #lindane #loi_d'urgence_agricole #loïg_chesnais-girard #Loire-Atlantique #mines #muriel_lepvraud #nantes #nickel #parquet #pesticide #phytatmo_dataviz #quotaclimat #Rennes #zones_humides

  • Explosion des data centers en France : une trajectoire hors de contrôle

    La #loi_de_simplification_de_la_vie_économique, à travers son #article_15, assouplit le #droit de l’#urbanisme et de l’#environnement pour favoriser l’émergence de sites dits #hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    En France, la multiplication de data centers s’accélère à un rythme effréné, portée par une #volonté_politique assumée de faire du territoire un hub stratégique du #numérique. Face à cette #fuite_en_avant, le collectif #Le_nuage_était_sous_nos_pieds vient de lancer son site internet, accompagné d’une cartographie participative recensant les data centers, actuels et futurs. Un outil pensé pour rendre visible une industrie opaque et alimenter les résistances face à l’expansion incontrôlée des infrastructures numériques.

    Le secteur du numérique connaît actuellement une expansion internationale fulgurante, qui s’explique notamment par l’essor de l’Intelligence Artificielle (IA) et son utilisation, devenue régulière pour deux tiers de la population mondiale.

    La France fait partie des têtes de file dans la course effrénée au développement de l’IA et du tout numérique, passant de la 13ème place en 2023 à la 5ème place en 2024 dans le Global AI Index – un indice qui évalue les pays en fonction de leurs investissements et de leurs innovations relatifs à l’IA.
    La cartographie comme outil politique

    Dans ce contexte, le collectif Le nuage était sous nos pieds a lancé son site internet avec, notamment, la mise en ligne d’une cartographie participative afin de répertorier les data centers en France.

    « Nous avons cartographié 350 data centers déjà existants et 47 data centers en cours de déploiement à travers la France : 28 annoncés, 11 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction », peut-on lire sur leur site.

    Si cette comptabilisation n’est pas complète – à cause du manque de transparence de l’industrie – elle rend toutefois compte de l’importance de la croissance du secteur dans l’Hexagone.

    « Les objectifs du collectif : politiser les infrastructures du numérique, les visibiliser, les mettre au cœur du débat public et en faire un objet de lutte », explique Antoine, l’un des membres du collectif.

    Loin d’un simple travail de recensement, la cartographie du collectif s’attaque frontalement à l’opacité d’une industrie dont le développement échappe largement au débat public, et fournit par la même occasion un outil d’enquête citoyenne indispensable pour engager un rapport de force avec l’État et les géants du numérique.

    Une expansion organisée et encouragée par l’État

    Si cette initiative voit le jour aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Le développement des data centers en France connaît une accélération brutale, encouragée par les pouvoirs publics. Depuis le sommet international sur l’intelligence artificielle organisé à Paris en février 2025, l’exécutif affiche sa volonté d’investir massivement dans l’IA et ses infrastructures, au nom de la compétitivité et de la souveraineté numérique.

    À cette occasion, 109 milliards d’euros d’investissement privés – majoritairement étrangers – avaient été annoncés pour accélérer cette expansion, s’ajoutant aux 400 millions d’euros de subventions annoncés par l’ancien Premier ministre, François Bayrou, et aux 10 milliards d’investissement de la BPIFrance.

    Cette stratégie se traduit concrètement par une série de mesures facilitant l’implantation des data centers. La loi de simplification de la vie économique, à travers son article 15, assouplit le droit de l’urbanisme et de l’environnement pour favoriser l’émergence de sites dits hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    L’État, en lien avec EDF et RTE, a également identifié 63 sites “clés en main”, directement raccordés et proposés aux investisseurs pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers, accentuant davantage la responsabilité des pouvoirs publics dans cette course au gigantisme.
    L’ADEME alerte sur une trajectoire hors de contrôle

    Le 6 janvier 2026, l’ADEME a publié un rapport dans lequel l’agence avance des estimations de l’évolution du secteur jusqu’à 2060 en fonction de cinq scénarios :

    – Tendanciel : une poursuite des dynamiques actuelles qui se traduit par une explosion des usages numériques, un développement massif de l’IA, et une bascule vers des data centers hyperscaler.
    - Génération frugale : un scénario de sobriété forte reposant sur une dénumérisation partielle des usages, un moratoire sur les nouveaux data centers et des politiques publiques contraignantes.
    – Coopérations territoriales : un développement encadré des data centers, en concertation avec les territoires et sous contraintes environnementales, avec une priorité aux usages socialement utiles et une recherche de synergies locales, notamment pour limiter les tensions sur l’eau, l’énergie et le foncier.
    – Technologies vertes : les data centers deviennent des leviers de la transition écologique, soutenus par l’État au nom de la souveraineté et du mix électrique français.
    – Pari réparateur : une trajectoire qui se traduit par une confiance dans l’innovation pour compenser les impacts du numérique, avec une régulation allégée et une forte croissance des usages.

    À travers ces cinq scénarios, l’agence estime alors la consommation électrique des data centers ainsi que leurs émissions de gaz à effet de serre sur les 35 années à venir.

    « Le rapport de l’ADEME montre très clairement que la tendance actuelle est insoutenable, et qu’on va dans le mur en termes de poursuite de nos objectifs climatiques », analyse Lou Welgryn, secrétaire générale de Data for Good, pour La Relève et La Peste.

    Accaparement des ressources et tensions locales

    Derrière ces chiffres et ces estimations, des conflits très concrets se manifestent. Les data centers sont extrêmement gourmands en électricité et en eau, deux ressources déjà sous tension.

    Selon les estimations de l’ADEME, si rien n’est fait, la consommation électrique de ces infrastructures pourrait être multipliée par 3,7 d’ici à 2035, passant de 9,91 TWh/an à 36,73 TWh/an, soit près de 7% de la production actuelle d’électricité en France.

    L’implantation rapide de ces infrastructures fait émerger des conflits d’usage, comme à Marseille, qui accueille un certain nombre de data centers du fait de l’arrivée de dix-huit câbles intercontinentaux dans la cité phocéenne. Sur place, l’électricité consommée par les centres de données entre en concurrence directe avec l’électrification des ferrys et des transports locaux.

    Une problématique que la chercheuse et la professeure Anne Pasek résume ainsi : « Si nous ne faisons qu’augmenter les capacités du réseau électrique dans le seul but de répondre à une demande toujours plus croissante [des data centers], nous ne parviendrons pas à atteindre nos objectifs de décarbonation ».
    Contre-pouvoir face au techno-capitalisme

    Face à cette dynamique, la cartographie du collectif vise à « fabriquer une réflexion autour des data centers » et à « favoriser l’émergence de nouvelles contestations ». Par ce biais, elle s’inscrit dans une stratégie plus large de surveillance citoyenne, de plaidoyer et de politisation des enjeux liés aux infrastructures numériques.

    En parallèle, les associations en lutte multiplient les alertes sur les impacts du numérique et de l’IA.

    « Mettre en lumière ces problématiques et briser l’opacité permet de placer ce sujet au cœur du débat démocratique », rappelle Noémie Levain, juriste à La Quadrature du Net, pour La Relève et La Peste

    Les collectifs portent également une critique plus profonde de la trajectoire numérique empruntée actuellement, en la replaçant dans une lecture décroissante. Ils interrogent quant aux besoins réels, à la dépendance aux technologies et la compatibilité du tout-numérique avec les objectifs climatiques.

    « Il faut se poser la question : pourquoi construit-on autant de centres de données et pourquoi aurait-on besoin d’autant de puissances de calcul ? », insiste Lou Welgryn.

    En rendant visibles les infrastructures, la cartographie force le débat politique et rappelle que derrière l’IA se joue un choix de société aux conséquences durables sur les ressources, les territoires et les personnes qui les habitent.

    https://lareleveetlapeste.fr/explosion-des-data-centers-en-france-une-trajectoire-hors-de-contr

    #liste #data_centers #centres_de_données #IA #AI #France #intelligence_artificielle #infrastructure #carte #visualisation #cartographie #cartographie_participative #recensement #opacité #expansion #ressources #électricité #eau #conflits #tensions_locales #contre-pouvoir #techno-capitalisme

    ping @reka

    • Carte des data centers, des projets et des contestations en France

      Nous publions une carte participative répertoriant les data centers existants, les projets et les oppositions qui s’organisent en France autour de ces infrastructures. Notre objectif est de favoriser l’émergence ou la consolidation de contestations partout où ces bases du numérique dominant se prévoient.
      Nous avons cartographié 351 data centers déjà existants et 67 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 43 annoncés, 16 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction.
      À cela il faut ajouter les 63 sites « clés-en-main » proposés par le gouvernement aux industriels de la tech pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers - dont seulement 26 localisations précises sont publiques à ce jour. RTE et EDF mettent également 8 sites à disposition des promoteurs avec des procédures de raccordement électrique accéléré.
      Il est important de noter que le nombre de data centers ne permet pas de se faire une idée adéquate de l’accroissement des infrastructures. Les technologies impliquées sont en forte mutation, et la consommation énergétique des data centers ou le nombre de serveurs qu’ils abritent donne une indication plus ajustée des évolutions du secteur. Ainsi, les data centers actuels peuvent avoir une consommation énergétique jusqu’à plusieurs milliers de fois plus importante que les data centers historiques. Et les serveurs qu’ils abritent sont toujours plus nombreux et intenses en technologies.
      Nous avons recensés une vingtaine d’oppositions locales à ces déploiements, menées par des collectifs, des individus ou des associations.

      https://lenuageetaitsousnospieds.org/articles/2025-12-11-carte-des-data-centers-des-projets-et-des-conte
      #opposition #résistance

    • Prospective d’évolution des consommations des data centers à court, moyen et long terme de 2024 à 2060

      Cette étude de l’ADEME répond à 3 objectifs :
      1. Dresser l’état des lieux de la consommation électrique actuelle des centres de données en France ;
      2. Proposer un modèle prospectif détaillé permettant de modéliser des scénarios d’évolution des consommations des centres de données dans le temps ;
      3. Modéliser et analyser 5 scénarios prospectifs jusqu’à 2060 : un scénario tendanciel et 4 scénarios envisageant les 4 chemins possibles de transition écologique.

      Cette étude a considéré les émissions de gaz à effet de serre engendrées, la pression sur les ressources en eau, l’artificialisation des sols, la concurrence avec les d’autres usages de l’électricité, ou encore les enjeux de souveraineté numérique et distingue les consommations en France des consommations à l’étranger pour un usage français.

      https://librairie.ademe.fr/energies/8910-prospective-d-evolution-des-consommations-des-data-centers-a-co
      #ADEME #rapport

  • Il Cloud su Torino: datacenter e #guerra energetica a Lucento
    https://radioblackout.org/podcast/il-cloud-su-torino-datacenter-e-guerra-energetica-a-lucento

    11 maggio (2.10) “Il Cloud su Torino sembra muoversi al tuo fianco…”. In vista della TAZ contro la guerra vol. 2 e facendo seguito ai nostri precedenti approfondimenti sull’oggetto data center (1, 2, 3), una chiacchierata con due compagne in studio sul rapporto tra guerra, energia, infrastrutture digitali e città a partire dal progetto di […]

    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/05/datacenter_lu100.mp3

  • Mapping local, state, and federal policy interventions to stop or restrict data center development.

    This policy toolkit is primarily geared toward stopping, slowing, and restricting rampant data center development in the US at the local and state level. Our approach recognizes the extractive relationship between data centers and local communities: Hyperscale data centers deplete scarce natural resources, pollute local communities and increase the use of fossil fuels, raise energy costs for everyday ratepayers, pull tax dollars away from community needs, and fail to deliver on overpromised economic developments.

    This toolkit is intended to help organizers and policymakers identify the strongest possible actions. Recognizing that the North Star policy may not always be feasible, we also offer scaffolded protections that put people above corporate profits.

    https://datacenters.ainowinstitute.org

    #résistance #data_centers #centres_de_données #infrastructure #IA #AI #opposition #manuel #kit #communautés_locales #actions

    via @hubertguillaud
    https://seenthis.net/messages/1171148

  • AI data center project secretly sucked 29 million gallons of water over 15 months before detected by residents complaining about low water pressure — officials refuse to fine builders of massive 6.2 million-square-foot facility over unauthorized water use

    County’s soft touch is attributed to the data center being ’our largest customer, and we have to be partners.’

    Fayette County, Georgia, was telling residents to stop watering their lawns to conserve water. The request came after homeowners in a nearby subdivision reported unusually low water pressure, but when the county investigated, it found the cause: a data center campus 20 miles south of Atlanta had been drawing roughly 29 million gallons through two water connections the county didn’t know existed, Politico reported Saturday.

    Quality Technology Services (QTS), the Blackstone-owned developer behind the 615-acre Fayetteville campus, owed $147,474 in retroactive charges for the unmetered consumption, but the county didn’t fine the company.

    The QTS Fayetteville (“Project Excalibur”) campus is among the largest data center developments in the country, currently comprising 13 buildings totaling approximately 6.2 million square feet, with plans for up to 16 buildings at full buildout. QTS has said it expects to invest up to $1 billion in the project, which began construction in 2023 and isn’t expected to be completed for another three to five years.

    QTS told Politico the 29 million gallons were consumed during temporary construction activities, including concrete work, dust control, and site preparation. The company markets a “closed-loop” cooling system for its data centers, which recirculates the same water rather than drawing from the municipal supply. Once operational, QTS said its facilities would only require water for domestic needs like bathrooms and kitchens.

    However, the discrepancy between QTS’s stated and actual water usage remained undetected for months, with Politico reporting that the county’s water system director, Vanessa Tigert, attributed the oversight to a procedural error during the county’s transition to a cloud-based metering system.

    Tigert told Politico that her department has a single employee handling both inspections and plan reviews, saying, “... we don’t have enough staff. We can’t keep staff.” QTS and the county disagreed on how long the water went unmetered, withTigert estimating about four months and QTS saying 9 to 15 months. Despite the unauthorized connections, Fayette County opted not to fine the company. “They’re our largest customer, and we have to be partners,” Tigert said. “It’s called customer service.”

    The incident came to light last week after a Fayette County resident obtained the utility’s May 2025 letter to QTS through a public records request. Fayetteville had already moved to restrict data center growth before this, with the city council banning new data centers in every zoning district earlier this year, adopting Ordinance 26-0-12. A separate proposal from developer Crow Holdings was denied by the city’s planning commission in January, and the company withdrew its appeal in March.

    Georgia’s Public Service Commission also froze Georgia Power’s base rates through 2028, specifically to prevent data centers from shifting electricity costs to residential customers. The state is currently experiencing moderate to severe drought, and Gov. Brian Kemp declared a state of emergency last month over wildfires. Georgia hosts more than 200 data center facilities.

    The QTS campus is projected to generate $150 million to $200 million annually in property tax revenue, according to the city. Fayetteville is one of at least 50 cities across the U.S. that currently have active bans on new data center construction, with four adopting permanent prohibitions, according to the U.S. Data Center Moratorium Tracker.

    https://www.tomshardware.com/tech-industry/georgia-data-center-used-29-million-gallons-of-water
    #eau #AI #IA #intelligence_artificielle #infrastructure #data_centers #centres_de_données

    • Data center guzzled 30 million gallons of water, and nobody noticed for months

      A curious case in #Georgia serves as a warning for many parts of the US hastily approving data center developments without first updating their water systems to better monitor for severe upticks in usage.

      On Friday, Politico reported that one of the country’s biggest data center developments had guzzled nearly 30 million gallons of water without paying for it. Even worse, the water grab came at a time when nearby drought-stricken residents were warned to restrict their personal water consumption, and some reported sudden decreases in water pressure.

      An investigation conducted by utility officials in Georgia’s Fayette County found that the Quality Technology Services (QTD) facility had two industrial-scale water hookups that weren’t being monitored. “One water connection had been installed without the utility’s knowledge, and the other was not linked to the company’s account and therefore wasn’t being billed,” Politico reported.

      QTS eventually paid about $150,000 for the water, but there were no consequences for exceeding peak limits established by the county during the data center planning process. Frustrating residents, the county declined to fine QTS. Fayette County’s water system director, Vanessa Tigert, told Politico that the decision was partly because the county blamed itself and didn’t want to offend QTS.

      “They’re our largest customer, and we have to be partners,” Tigert said. “It’s called customer service.”

      Notably, the main reason the water usage was overlooked is that the county is transitioning from outdated water meters to a smart, cloud-based system that is supposed to make it easier to track leaks and other unexpected drains on the county’s water system. Tigert also told Politico that the county failed to notice the water usage because it’s understaffed, explaining that the only worker available to inspect meters is “spread pretty thin.”

      Ultimately, the county dismissed QTS’s excess water usage as a “procedural mix-up,” Tigert said, retroactively charging QTS at a higher construction rate for the water but imposing no penalties for taking more water than the county expected.

      Asked for comment, QTS told Ars that it’s “false and inaccurate” to suggest the facility “used any water improperly.”

      “Once this billing issue was flagged, QTS paid all charges,” QTS said. “All water usage followed relevant and applicable regulations.”

      QTS also pointed to statements from county officials denying residents’ claims that the facility’s excess water usage had decreased water pressure across the county system. Residents complaining about water pressure relied on wells, the county has said, while QTS does not draw water from wells or groundwater.

      Moving forward, the county confirmed that QTS’s water hookups will now be accurately monitored. Additionally, QTS emphasized that after construction, the facility’s water needs will drastically drop.

      However, residents are likely still stinging after receiving county notices recommending they restrict their water consumption due to ongoing drought conditions in the area. And some have lost trust in both QTS and the county.

      James Clifton, an attorney and property rights advocate who first exposed the QTS controversy after submitting a public records request, told Politico that he’s upset that QTS will face no consequences simply because “most months” they’re the county’s “No. 1 customer.”

      “The first thing they do is lean on the individuals and the citizens to stop water consumption when we have QTS that’s just absolutely draining us,” Clifton said.
      AI industry can’t easily solve water crisis

      Increased demand for water to fuel America’s AI ambitions comes just as crumbling water systems across the country require upgrades, and, unsurprisingly, many AI firms expect AI to help address water supply problems in the industry.

      In a report on Monday, The Information explained why the water-supply question is a problem for the entire AI industry to solve—not just data centers, which are already finding ways to reduce and reuse water.

      Citing research from a water technology company called Xylem, The Information reported that “the water toll of AI is far greater at semiconductor factories and the power plants electrifying chipmaking and computing than at the data centers themselves.”

      However, as hyperscale data centers from tech giants like Meta, Google, and Microsoft perhaps increasingly rely on power for cooling, the demand for water to cool down power plants will explode, experts suggest. And it doesn’t help that 40 percent of data centers and 29 percent of global chip fabs are built in “water-stressed” areas, Xylem reported.

      Over the next 25 years, “AI-associated water use will more than double,” Xylem forecasted.

      One solution to make up some of the difference could be to recover about 30 percent of the world’s water that is lost to leaks and theft, The Information reported.

      That’s why some AI firms, like Microsoft, are paying to install “high-tech water leak detection systems” built by FIDO Tech.

      By feeding sensor data into AI, advanced smart meters can detect and “isolate” leaks, speeding up repairs and preventing excess water loss. Such smart meters can also help identify where fixes are most needed, as many areas scrambling to fix their water systems are “cash-starved” and cannot cover all the needed repairs, The Information reported.

      In drought-stricken Georgia, QTS claimed it’s also exploring alternative water solutions, such as capturing storm water or roof runoff.

      The Environmental Protection Agency announced in March an initiative to “focus on… innovative water infrastructure” to strengthen water systems across the US, with early efforts focusing particularly on rural areas where budgets might be most stretched. However, the water sector isn’t completely sure yet how using AI might impact the nation’s systems and is not rushing to implement tech companies’ solutions.

      According to a 2026 State of the Water Industry report from the international nonprofit American Water Works Association, “utilities are cautiously exploring new technologies like artificial intelligence, recognizing both their potential benefits and associated risks, especially in the area of cybersecurity.”

      Most organizations haven’t implemented comprehensive solutions yet and “are not expecting revolutionary changes in the immediate future, the report said.
      Residents fight to protect water sources

      For residents in embattled areas like Fayette County, questions about water remain.

      Although QTS plans to use a closed-loop cooling system that does not consume water for cooling when the data center is online, construction, which is draining far more water, is expected to continue for up to five more years, Politico reported.

      Additionally concerning to residents, data centers rely on “electricity-hungry equipment” for cooling, which “often entails a trade-off,” Politico noted.

      Consumer Reports reached the same conclusion in March, reporting that “generating the electricity to keep data centers powered up requires additional millions of gallons of water, even more than the water used for cooling.”

      That’s why communities aren’t satisfied when data centers promise that construction-phase water consumption represents temporary peak usage.

      In drought-plagued Arizona, a nonprofit advocacy group called Ceres estimated that data centers around Phoenix “already use approximately 385 million gallons of water per year for direct cooling need,” Consumer Reports noted. Once all that region’s data centers come online, “that amount will skyrocket to 3.7 billion gallons per year,” Ceres forecasted.

      In a letter to Congress last month, more than 120 organizations advocating against rushed data center developments warned lawmakers that it’s not enough to focus legislation on addressing spiking electricity bills.

      “Water use is equally alarming,” among other harms, groups said.

      “In drought-prone regions,” groups explained, data centers that consume up to 5 million gallons a day strain “drinking water supplies, agriculture, and ecosystems.” Meanwhile, closed-loop systems “require the use of toxic chemicals that, if not properly disposed of, can eventually flow and pollute water ways.”

      To avoid disastrous consequences for the country’s water supply, groups recommended that Congress pass laws requiring comprehensive environmental reviews prior to construction. They also want Congress to commit to rejecting “any legislation that would fast-track permitting and development for hyperscale, artificial intelligence, and other conventional data centers” through the end of this legislative session.

      Some efforts to protect water resources have had limited success, as backlash has increased to secretive deals that allow data center developments without public notice.

      In Utah, one hyperscale data center in Box Elder County withdrew an application to transfer 1,900 acre-feet of water from a ranch to their facility. About 4,000 residents paid about $15 each to file notices of opposition to block that request, the Salt Lake Tribune reported. But although that battle was won, residents expect the larger fight to be far from over.

      As the war against data centers rages on beyond Utah, the Salt Lake Tribune editorial board published an op-ed, warning that officials risk eroding trust the more they shrug off residents’ reasonable concerns about things like water supplies, electric bills, air quality, and quality of life.

      “Even if the data center isn’t as dreadful as feared—or if it never is actually built—the stench attached to the rushed and secret political process will take a very long time to dissipate,” the editorial board wrote. “If it ever does.”

      https://arstechnica.com/tech-policy/2026/05/data-center-used-30-million-gallons-of-water-without-initially-paying

  • Come #Big_Tech ha reso segreti i dati ambientali sui data center a livello europeo

    I data center europei dovrebbero essere tenuti a comunicare all’Ue indicatori chiave come il consumo di energia e acqua. Un’inchiesta di Investigate Europe -pubblicata in esclusiva in Italia da Altreconomia- mostra però che una clausola di riservatezza, proposta da #Microsoft e dalla lobby #DigitalEurope, è stata inserita nella normativa comunitaria, impedendo così l’accesso pubblico a informazioni di capitale importanza

    La Commissione europea raccoglie dati chiave sui data center, come l’efficienza energetica e il consumo idrico. Tuttavia, le informazioni sull’impatto ambientale dei singoli impianti restano segrete, dopo che le grandi aziende tecnologiche hanno fatto pressione per modificare una normativa del 2024 collegata alla direttiva sull’efficienza energetica, classificando questi dati come riservati e commercialmente sensibili.

    Un’inchiesta di Investigate Europe rivela come Microsoft e la lobby DigitalEurope -che annovera tra i suoi membri Amazon, Apple, Google e Meta- abbiano guidato questa campagna, incidendo su una normativa pensata per garantire trasparenza in un settore in rapida espansione: quello dei data center, la cui capacità nell’Ue è stimata triplicare nei prossimi cinque anni.

    Il settore dei data center è sempre più sotto pressione per l’elevato consumo di energia e l’impatto su comunità e ambiente. Negli ultimi anni, la Commissione europea ha introdotto alcune norme per ridurne l’impronta ambientale, tra cui il Regolamento Ecodesign, che definisce requisiti di progettazione ecocompatibile per prodotti come server e sistemi di archiviazione dati, e la revisione del 2023 della direttiva sull’efficienza energetica, che per la prima volta obbliga gli operatori a comunicare dati su consumi di energia e acqua.

    Durante la fase di consultazione sulla revisione della direttiva, Microsoft e la lobby DigitalEurope hanno presentato osservazioni convergenti, proponendo l’introduzione di un nuovo articolo per classificare come riservate tutte le informazioni relative ai singoli data center, invocando la tutela degli interessi commerciali. L’obiettivo era andare oltre la proposta iniziale della Commissione e impedire che questi dati potessero essere ottenuti anche tramite richieste di accesso agli atti.

    Quando la Commissione ha pubblicato il testo definitivo nel marzo 2024, l’articolo proposto dall’industria era stato inserito quasi parola per parola.

    L’articolo 5, paragrafo 5, stabilisce infatti che “la Commissione e gli Stati membri interessati mantengono riservate tutte le informazioni e tutti gli indicatori chiave di prestazione dei singoli centri dati che sono comunicati alla banca dati. Tali informazioni sono considerate informazioni riservate che incidono sugli interessi commerciali dei gestori e dei titolari dei centri dati”.

    Per questo, sono stati resi pubblici solo dati aggregati a livello nazionale, mentre le informazioni sull’impatto specifico dei singoli data center restano fuori dalla portata di comunità locali, ricercatori, giornalisti e cittadini.

    Si tratta di un altro esempio di come l’industria stia “intensificando i propri sforzi di lobbying per influenzare la legislazione dell’Ue”, afferma Bram Vranken, che si occupa di questi temi per Corporate Europe Observatory, un’organizzazione con sede a Bruxelles che promuove la trasparenza nelle istituzioni europee. A suo avviso, si tratta di un caso senza precedenti nella modifica della normativa europea.

    “Il fatto che la Commissione abbia copiato e incollato un emendamento di Microsoft è scioccante”, ha aggiunto. “Chi rappresenta davvero la Commissione: le grandi aziende tecnologiche o l’interesse pubblico?”. Contattati da Investigate Europe, Microsoft e DigitalEurope non hanno risposto alle richieste di commento.

    Gli esperti giuridici sostengono che la clausola sia in contrasto con la Carta dei diritti fondamentali dell’Unione europea e con la Convenzione di Aarhus, che garantisce al pubblico l’accesso alle informazioni ambientali, comprese quelle sulle emissioni.

    “In vent’anni non ricordo un caso simile”, afferma Jerzy Jendrośka, per 19 anni membro dell’organismo di supervisione della Convenzione e oggi professore di Diritto ambientale europeo all’Università di Opole, in Polonia. “Questo chiaramente non è in linea con la Convenzione di Aarhus”.

    Per Luc Lavrysen, ex presidente della Corte costituzionale belga e professore emerito di Diritto ambientale all’Università di Gand, la clausola di riservatezza generalizzata “è chiaramente in violazione” delle norme Ue sulla trasparenza e della Convenzione di Aarhus.

    Sulla stessa linea Kristina Irion, docente di Diritto dell’informazione all’Università di Amsterdam, secondo cui la “presunzione generalizzata di riservatezza” favorisce indebitamente gli interessi delle aziende a scapito dell’accesso pubblico ai dati. “Ciò che merita protezione, in quanto informazione riservata che incide sugli interessi commerciali delle società di data center, dovrebbe essere determinato caso per caso”.

    Contattata per un commento, la Commissione europea ha sostenuto che la riservatezza fosse sempre stata parte della sua proposta e ha rifiutato di fornire una risposta ufficiale. “Durante la consultazione abbiamo ricevuto numerosi commenti su questo tema”, ha affermato un funzionario europeo, parlando a condizione di anonimato. “Abbiamo analizzato i contributi e adottato un testo che li riflette, come da prassi”.

    Gli Stati membri dell’Ue sono stati inoltre incoraggiati a respingere le richieste pubbliche di accesso a queste informazioni, rivela Investigate Europe. In un’e-mail inviata all’inizio del 2025 e condivisa con chi scrive, un alto funzionario della Commissione ha sottolineato alle autorità nazionali che erano “tenute a mantenere riservate tutte le informazioni e gli indicatori chiave di prestazione relativi ai singoli data center”.

    Secondo fonti vicine alla vicenda, la posizione interna della Commissione è che rendere pubbliche le informazioni sui singoli data center potrebbe spingere gli operatori a smettere di comunicare i dati, nonostante gli obblighi previsti. Tuttavia, gli stessi dati dell’Ue mostrano che finora solo il 38% delle strutture interessate ha effettivamente trasmesso le informazioni richieste.

    Il settore ha “un interesse concreto a tenere nascosti i dati”, afferma Alex de Vries-Gao, accademico che studia l’impatto ambientale dell’intelligenza artificiale e dei data center presso la Vrije Universiteit di Amsterdam. Le sue analisi si basano per lo più su dati aggregati, proprio per la scarsità di informazioni disponibili. “Le informazioni pubbliche sono estremamente limitate. Di solito bisogna fare i salti mortali per riuscire a ricavarne dei dati”.

    In Italia, l’adesione all’obbligo di trasmissione dei dati all’Ue resta limitata: secondo il Politecnico di Milano, nel Paese ci sono circa 200 data center, ma nel 2024 -stando alla Commissione europea- solo 33 strutture avevano trasmesso le informazioni richieste. Anche considerando che il numero complessivo fosse allora leggermente inferiore rispetto alle stime attuali, il livello di adesione resta molto basso.

    Investigate Europe ha contattato le società proprietarie dei data center in Italia, chiedendo di condividere alcune informazioni di base, tra cui la capacità totale di energia installata, la quota effettivamente utilizzata dai server, la quantità d’acqua impiegata per il raffreddamento e il consumo dei generatori diesel, sia per gli impianti già in funzione sia per quelli pianificati ma non ancora costruiti.

    Delle 102 società contattate, solo 7 hanno fornito i dati richiesti. Tra chi ha risposto rifiutando di condividerli figura proprio Microsoft, che ha motivato il rifiuto citando “ragioni di concorrenza, conformità normativa e sicurezza”.

    Ma la clausola di riservatezza è solo una delle diverse deroghe favorevoli alle imprese che l’industria è riuscita a ottenere nelle normative europee che regolano i data center.

    A dicembre 2025, la Commissione europea ha infatti presentato una proposta di legge per accelerare le valutazioni di impatto ambientale previste dall’Ue per i grandi progetti edilizi, inclusi molti dei più grandi data center. La proposta fa parte di un’iniziativa più ampia volta a ridurre quelli che vengono presentati come “oneri burocratici” per le imprese.

    La legge, alla primavera 2026 ancora in fase di revisione, introduce scadenze rigide per le autorità locali, limita a 90 giorni la consultazione pubblica e apre alla possibilità di iter accelerati per i progetti considerati prioritari.

    Un documento ottenuto tramite una richiesta di accesso agli atti mostra che Microsoft ha incontrato un funzionario dell’Ue alla fine dell’ottobre scorso per discutere delle autorizzazioni, chiedendo di “fissare un limite massimo ai tempi”. L’azienda ha definito la “semplificazione delle procedure autorizzative come un fattore abilitante cruciale”, scrivendo in un’e-mail diretta alla Commissione europea: “Insieme ai nostri team sul campo, abbiamo sviluppato una serie di proposte concrete”.

    Per mesi, Microsoft e Amazon sono state tra le aziende che hanno fatto pubblicamente pressione per accelerare le procedure di autorizzazione dei permessi edilizi, indicando come modello l’approccio dello “sportello unico” adottato nella regione spagnola dell’Aragona per le pratiche ambientali: un sistema che concentra in un’unica autorità tutte le autorizzazioni, accorciando tempi e passaggi burocratici.

    L’area è diventata un importante hub europeo per i data center, con Amazon che, secondo un rapporto pubblicato a marzo dalla stessa azienda, avrebbe investito 33 miliardi di euro in infrastrutture per l’intelligenza artificiale e il cloud nella sola Spagna.

    Le nuove norme favorevoli agli investitori introdotte nella regione sono state criticate dagli attivisti locali, secondo cui consentono agli operatori come Amazon di “modificare la destinazione d’uso dei terreni, eludere tasse e scadenze, con scarsa partecipazione pubblica”.

    Ioannis Agapakis, avvocato dell’organizzazione no profit ClientEarth, avverte che una riduzione dei tempi di consultazione pubblica potrebbe impedire ai cittadini di individuare problemi rilevanti. “Nel peggiore dei casi, potrebbe legittimare progetti affetti da irregolarità procedurali o sostanziali”, ha detto a Investigate Europe.

    Le conseguenze di questi cambiamenti ricadranno soprattutto su chi vive più vicino alla rete in espansione dei data center in Europa. “La società sta pagando il prezzo pieno per le emissioni di carbonio e il consumo idrico dei data center”, ha affermato Alex de Vries-Gao della Vrije Universiteit di Amsterdam.

    La Commissione prevede di pubblicare punteggi di sostenibilità basati su alcuni indicatori per i singoli data center. Si tratta di un passo avanti, ma la maggior parte dei dati comunicati dagli operatori resterà riservata, protetta proprio da quella medesima clausola che l’industria ha contribuito a scrivere.

    https://altreconomia.it/come-big-tech-ha-reso-segreti-i-dati-ambientali-sui-data-center-a-livel
    #données #environnement #data_centers #centres_de_données #énergie #eau #ressources #impact_environnemental #Amazon #Apple #Google #Meta #droit #normes #Ecodesign #empreinte_environnementale #directive #lobbying #convetion_de_Aarhus #confidentialité #EU #Union_européenne #UE #infrastructure #IA #AI #intelligence_artificielle

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    voir aussi:
    https://www.investigate-europe.eu/posts/big-tech-data-centres-secrecy-eu-law-environment-footprint

  • #Mégabassines, #data_centers : « La guerre contre l’#eau s’est intensifiée »

    Dans le livre-enquête « Les Assoiffeurs », les journalistes Nicolas Celnik et Fabien Benoit montrent comment certains acteurs privés accaparent, avec la bénédiction de l’État, une ressource de plus en plus rare et de plus en plus polluée.

    DepuisDepuis dix ans, un tiers du territoire français subit des restrictions d’eau et le pays vit désormais au rythme d’épisodes de sécheresse toujours plus longs et plus intenses. Qui demain aura accès à l’eau ? De quelle qualité ? Depuis les années 1980, près de 14 000 captages d’eau potable ont dû fermer en raison de taux de pollution aux pesticides trop importants. Et le scandale de la contamination massive aux PFAS ne fait que commencer…

    À Sainte-Soline, les militants en lutte contre l’accaparement de l’eau par le modèle agricole productiviste ont reçu pour toute réponse du gouvernement un déluge de grenades.

    Dans une enquête fouillée, les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik montrent comment certains acteurs privés, des producteurs de maïs aux promoteurs de data centers, font main basse sur l’eau, avec la bénédiction de l’État.

    Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (Les Liens qui libèrent, 2026) pointe comment certains comptent aussi capitaliser sur la raréfaction de la ressource et sur les inquiétudes concernant la santé. Entretien.

    « Mediapart » : La loi d’urgence agricole qui arrive à l’Assemblée nationale le 19 mai comporte un important volet sur l’eau. Une fois de plus, le gouvernement veut « sécuriser » l’accès à l’eau pour les agriculteurs et agricultrices irrigant·es, au détriment des autres usagers et usagères, en favorisant notamment la construction de mégabassines.

    Fabien Benoit : On a beaucoup parlé de guerre de l’eau, notamment autour des bassines. Pour nous, il y a surtout une guerre contre l’eau, c’est-à-dire contre cette ressource, pour l’accaparer, pour l’abîmer. Cette loi d’urgence agricole en est un nouvel épisode. Si on met d’ailleurs bout à bout la loi d’orientation agricole qui consacre l’intérêt majeur de l’agriculture, les arrêtés sécheresse qui exonèrent régulièrement les plus gros accapareurs de l’eau, et la révision de la directive-cadre eau européenne qui est sur la table…, on se rend compte que cette guerre contre l’eau s’est intensifiée, au détriment de sa qualité, de sa disponibilité.

    Nicolas Celnik : Il y a dans ce projet de loi deux articles qui entrent en résonance avec notre enquête : l’article 6, qui prévoit que le préfet puisse déroger aux schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour des projets d’ouvrage de stockage de l’eau, et l’article 5, qui rend facultative la consultation publique pour construire une bassine. Cela correspond à ce que le chercheur Sylvain Baron appelle la « préfectorialisation de la politique de l’eau ». C’est la volonté de donner aux préfets des moyens de contourner cette démocratie locale de l’eau, qui est certes imparfaite, mais qui reste une expérimentation démocratique vraiment intéressante. Là, on assiste à une « reverticalisation » des politiques de l’eau au nom des intérêts économiques.

    Vous montrez bien dans votre livre comment ceux que vous appelez les « assoiffeurs » parviennent à s’affranchir du droit commun pour faire main basse sur la ressource.

    N. C. : Nous avons cherché à comprendre les stratégies des grands acteurs économiques (agriculture, data centers, embouteilleurs…) qui s’assurent qu’ils bénéficieront de réserves d’eau, même dans des situations de tension sur la ressource. Leur travail de lobbying a été, effectivement, de normaliser des situations d’exception. Alors qu’il existe en France une hiérarchie des usages de l’eau qui priorise la santé humaine, puis les écosystèmes et enfin les enjeux économiques, être parvenu à imposer l’agriculture comme « d’intérêt général majeur » dans la loi inverse cette hiérarchie. On normalise le fait qu’en cas de sécheresse, l’activité économique vaut autant que la préservation de l’environnement. Une mégabassine est présumée dans la loi Duplomb d’intérêt général majeur.

    F. B. : Et quand on parle de « l’agriculture qui a besoin d’eau », il faut rappeler quelques ordres de grandeur. L’agriculture représente 60 % de la consommation d’eau douce en France, 92 % de cette eau-là va à l’agriculture irriguée. Et les surfaces irriguées en France, c’est 7 à 8 % des surfaces. Donc, 93 % du monde agricole n’a pas besoin de beaucoup d’eau. Ce n’est pas « l’agriculture » qui a besoin d’énormément d’eau mais un certain modèle agro-industriel qui produit de la céréale, dont en bout de chaîne 7 % environ sert finalement à l’alimentation humaine.

    Vous dites que c’est la répression des manifestant·es de Sainte-Soline contre les mégabassines qui vous a donné l’envie de faire ce livre. Pourquoi ?

    F. B. : L’usage extrême de la violence pour réprimer des militants qui défendaient l’eau comme un patrimoine commun, ce qui est inscrit dans la loi, nous a effectivement frappés. L’idée d’accaparement de l’eau était au cœur de cette mobilisation et cela nous a conduits à nous interroger sur les acteurs qui aujourd’hui accaparent cette ressource avec le soutien de l’État.

    N. C. : Concernant l’agriculture, c’était intéressant d’essayer d’enquêter sur le fonctionnement de ce petit monde du lobbying de la FNSEA. Le principal syndicat agricole a un groupe dédié spécialement au lobbying sur la production du maïs, et ce lobby a son propre lobby interne spécialement dédié à l’irrigation du maïs. Pourquoi ? Parce qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour le maïs, et en particulier au pic de chaleur, parce que c’est une plante tropicale.

    Ils ont travaillé à diffuser l’idée, notamment dans les médias, qu’il fallait absolument stocker l’eau d’hiver pour l’été parce que sinon l’eau « partirait à la mer ». En fait, d’après les compréhensions du cycle de l’eau, il est au contraire important de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre, être stockée dans des zones humides, comme l’expliquent les hydrogéologues. Le lobbying de la FNSEA a aussi consisté à faire travailler le concept de « souveraineté alimentaire », qui signifiait initialement la capacité de manger ce qu’on produit, et qui désigne à présent la capacité de choisir vers qui l’on exporte notre production. Au nom de la « souveraineté alimentaire », on soutient les producteurs de maïs qui exportent pour nourrir le bétail.

    Et vous montrez aussi comment désormais la transition écologique – avec le besoin d’électrifier les usages – sert aussi de prétexte à sécuriser l’accès à l’eau pour les industriels des semi-conducteurs ou des data centers.

    F. B. : Oui, parce qu’on a une transition écologique qui est carbo-réductionniste, c’est-à-dire qui s’intéresse uniquement aux émissions de CO2, en occultant tout le reste. Et, effectivement, l’électrification, comme le numérique, implique une course aux métaux, ce qui veut dire des besoins colossaux en eau.
    C’était important pour nous de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle d’une « transition écologique et numérique ».

    Comme si, en soi, le numérique était synonyme de mieux-disant écologique. C’est absolument faux et c’est le fruit d’un récit, forgé depuis des décennies, pour nous faire croire que le numérique s’affranchirait de la matière et de la pression sur les écosystèmes.

    En réalité, depuis les mines, en passant par la production de semi-conducteurs, le fonctionnement des data centers, jusqu’à tous les appareils numériques qu’on a entre nos mains, on a un continuum qui demande beaucoup, beaucoup de matières premières et, à chacune des étapes, énormément d’eau. À un moment, ce n’est plus soutenable.

    Face à ce secteur-là qui est dans une croissance exponentielle, notamment en raison du développement de l’intelligence artificielle (IA), il y a une forme de gouffre hydrique qui se présente devant nous. Il faut se rappeler que le secteur des data centers, c’est 30 % de croissance par an. Aux États-Unis, on construit plus de data centers que de bureaux. Là, le côté systémique est intéressant, car qui pointe le bout de son nez dans cette équation-là ? Ce sont les acteurs industriels de l’eau, qui disent : « Vous n’y arrivez pas, mais on peut vous construire une usine de désalinisation, on peut produire de l’eau pour vous. »

    Effectivement, vous le montrez bien, plus la ressource en eau est dégradée, plus il y a un marché.

    N. C. : Oui, ce sont des sortes d’intérêts bien compris où le secteur des technologies de dépollution de l’eau devient l’acteur qui permet aux autres leur forme d’accaparement. Sans ces « solutions » de traitement de l’eau de plus en plus complexes et chères, on serait obligés de se demander justement comment on utilise l’eau, comment on se la partage. En somme, de questionner les usages de l’eau.

    Là-dessus, nous racontons comment des géants de l’eau comme Veolia, Suez et d’autres, qui faisaient leur business en distribuant l’eau dans les villes, ont été obligés de revoir leur modèle, prenant acte d’un mouvement de remunicipalisation (à la suite de nombreux scandales financiers notamment). Ils se présentent depuis une dizaine d’années comme des champions de la « transition écologique » et de la dépollution. D’après leurs déclarations aux investisseurs, leurs clients ne sont pourtant pas les usagers individuels, vous et moi, qui avons besoin d’eau pure au robinet : leurs principales cibles commerciales sont les infrastructures industrielles, comme les data centers ou les usines de semi-conducteurs, qui ont besoin d’eau très pure pour ne pas corroder leurs équipements, etc.

    Ces procédés sont aussi extrêmement énergivores et ont des effets délétères sur les écosystèmes. L’eau relève d’enjeux éminemment locaux. Ce qui est prélevé ici ne peut pas être compensé en remplissant une nappe à l’autre bout du pays. Et puis derrière, quid de tous les autres effets de l’extraction minière, sur la biodiversité, sur la destruction des terres arables qu’on utilise pour alimenter cette machine ?

    F. B. : Ce solutionnisme technologique est un autre nom pour le business as usual et la destruction du vivant. La réutilisation des eaux grises, qui semble être du bon sens, c’est une façon de ne pas questionner les usages, de les pérenniser, et c’est de l’eau qui n’est pas rendue aux milieux. Donc, cela portera atteinte à la bonne santé des écosystèmes.

    Et puis, on peut dérouler le même raisonnement sur la désalinisation, qui répond à la même logique, avec toujours des conséquences très lourdes d’un point de vue écologique. L’impensé, c’est celui des interdépendances. On ne peut pas traiter le sujet de l’eau isolément, sans traiter celui de la biodiversité, de la santé des milieux, de la santé humaine. Alors que dans le débat public, dans les discours politiques, le sujet a tendance à être traité de manière uniquement technique, comme une question de flux, de stocks. Les industriels de l’eau parlent de « produire de l’eau », comme si on pouvait en fabriquer de toutes pièces, ce qui est complètement inepte.

    L’eau en bouteille a historiquement construit son modèle économique sur celui de la santé. Les industriels ne voient pas d’un mauvais œil l’inquiétude grandir sur la qualité de l’eau.

    F. B. : Le risque avec l’eau en bouteille, deux mille fois plus énergivore que l’eau du robinet, c’est que cela devienne effectivement une réponse de marché à un problème public, qui est celui de la qualité de l’eau. Et en même temps, l’industrie de l’embouteillage a subi quand même des revers, des polémiques qui font que la pureté supposée des eaux en bouteille en a pris un coup. Un doute est en train de se diffuser autour des eaux en bouteille, avec, évidemment, le cas emblématique de Nestlé, mais pas uniquement.

    Et il y a tout ce qu’on ne veut pas voir quand on parle de qualité de l’eau au sens large, qu’il s’agisse de l’eau en bouteille ou du robinet. Il y a plein de choses qu’on ne tente pas de détecter. Sur la question des PFAS, c’est particulièrement interpellant. On se rend compte qu’on contrôle 20 PFAS depuis janvier 2026, alors que l’EPA américaine parle de 14 000 variétés de PFAS ou qu’une autre agence américaine évoque plutôt 2 millions. Il y aurait sans doute une panique morale totale si on commençait à essayer de détecter tout ça.

    N. C. : Face aux pollutions au PFAS, aux pesticides, on se dit : soit on boit de l’eau en bouteille, soit on « maxifiltre » l’eau qui va arriver au robinet. Et c’est ce qu’on voit en Île-de-France avec le projet du Syndicat des eaux de la région, qui est un projet à 1 milliard pour avoir de l’eau potable pour une partie des communes d’Île-de-France, dont Paris ne fait pas partie. Ce projet mise très majoritairement sur le traitement, alors qu’il serait entre cinq et dix fois moins cher de prévenir plutôt que guérir, d’après certaines études. La régie publique Eau de Paris, par exemple, a essayé de passer des pactes avec les agriculteurs pour avoir moins d’épandage de pesticides, donc ils peuvent se permettre de mettre en place des solutions de traitement moins coûteuses.

    Mais certains y trouvent leur compte. L’entreprise DuPont, qui est une grande émettrice de PFAS, est la même qui vend des membranes de filtration des PFAS pour potabiliser l’eau. Water Europe, qui est le lobby européen des entreprises de traitement de l’eau, dont Suez-Veolia et autres, demande à la Commission européenne 255 milliards sur cinq ans, juste pour investir dans ces technologies de traitement. Il y a un risque de système à deux vitesses, entre les grandes métropoles qui pourront investir dans ces systèmes très coûteux de dépollution de l’eau et des communautés de communes rurales pour lesquelles ce sera beaucoup trop cher.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/080526/megabassines-data-centers-la-guerre-contre-l-eau-s-est-intensifiee
    #centres_de_données #guerre_de_l'eau #privatisation #rareté #pollution #sécheresse #eau_potable #pesticides #PFAS #Sainte-Soline #accaparement #guerre_contre_l’eau #agriculture #préfectorialisation #démocratie #démocratie_locale #reverticalisation #économie #intérêts_économiques #lobbying #santé #écosystèmes #intérêt_général_majeur #loi_Duplomb #irrigation #industrie_agro-alimentaire #répression #résistance #violence #FNSEA #maïs #cycle_de_l’eau #souveraineté_alimentaire #élevage #bétail #transition #numérique #matières_premières #IA #AI #intelligence_artificielle #data_centers #centres_de_données #dépollution #Veolia #Suez #business #remunicipalisation #municipalisation #semi-conducteurs #énergie #techno-solutionnisme #eaux_grises #désalinisation #interdépendances #biodiversité #eau_en_bouteille #Nestlé #qualité #qualité_de_l'eau #pesticides #business #DuPont #filtration #Water_Europe

    • Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau

      Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

      Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

      Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

      Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

      https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Les_Assoiffeurs-9791020923691-1-1-0-1.html
      #livre

    • et Veolia c’est qui ? c’est Bolloré.
      Et quels sont les députés qui ont refusé de laisser les premiers m3 d’eau gratuits aux pauvres ? c’est les députés fachos, oups les nazis, oups les députés du parti fondé par des nazis.
      A Toulouse ils te collent du Eau-Toulouse-Metropole mais en fait derrière c’est Véolia Bolloré. Du Moudenc tout craché. Et l’eau est devenue plus cher l’été, tour de passe passe.

  • [Podcast] À #Glomel, #jean-yves_jégo mène bataille contre l’extension de la mine d’andalousite d’Imerys
    https://splann.org/podcast-imerys-glomel-jean-yves-jego

    Jean-Yves Jégo est une figure de l’opposition à l’extraction d’andalousite par #Imerys à Glomel (22). En mars 2026, c’est lui qui a signalé au procureur de Saint-Brieuc le déversement de produits chimiques commis au sein de la mine cinq ans plus tôt. #antoine_chao et #william_petit l’ont rencontré. #reportage. L’article [Podcast] À Glomel, Jean-Yves Jégo mène bataille contre l’extension de la mine d’andalousite d’Imerys est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Pollutions #aménagement_du_territoire #Andalousite #capitalisme #carrière #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #déchets #Douar_Bev #écologie #environnement #extraction #industrie #Jean-Daniel_Bourdonnay #Mines_de_Rien #multinationale #podcast #pollution #port_du_légué #poussières #zone_humide

  • En #Virginie, la capitale mondiale des #data_centers confrontée à la #contestation croissante des habitants

    Cet Etat de la Côte est des Etats-Unis concentre 12 % des capacités mondiales des centres de données géants essentiels à l’intelligence artificielle, qu’elle a attirés notamment grâce à des exemptions fiscales. Un essor de plus en plus contesté par les riverains, notamment inquiets de leur impact écologique.

    C’est donc ça, l’envers du décor de cette révolution. De gigantesques entrepôts cerclés de clôtures et des chantiers non moins colossaux qui en annoncent de futurs. Impossible de déambuler entre ces parcelles sans âme, disposées le long de grandes artères de la banlieue de Washington. Bienvenue à Loudoun County, dans le nord de la Virginie, qui détient le record mondial du nombre de centres de données.
    La zone, qui a logiquement hérité du surnom « Data Center Alley », est à la fois le cœur du réacteur de la révolution de l’intelligence artificielle (IA) et le laboratoire d’un contre-mouvement : ici, comme partout aux Etats-Unis, la contestation monte contre ces excroissances visibles d’une technologie énergivore qui fascine autant qu’elle inquiète.
    Pour mesurer ce que les centres de données sont à la Virginie, il faut fournir quelques chiffres. Cet Etat de la Côte est américaine concentre à lui seul 12 % des capacités mondiales des « hyperscalers », les géants de la gestion des données Internet, selon le cabinet Synergie Group Research. Le comté de Loudoun compte 200 centres de données, soit environ 5 kilomètres carrés d’entrepôts, l’équivalent des quatre arrondissements du centre de Paris. Et ce n’est que le début. « Plus de 26 kilomètres carrés de nouveaux data centers sont déjà approuvés ou en cours d’approbation dans l’Etat, cela correspond à l’équivalent d’environ 1 500 supermarchés Walmart », explique Julie Bolthouse, directrice de l’aménagement du territoire au conseil environnemental de Piedmont, une large zone du nord de la Virginie, où est massé l’essentiel des infrastructures.
    45 % des recettes fiscales
    Le compagnonnage de la Virginie avec les géants du numérique remonte à la naissance d’Internet. Avec la proximité du Pentagone et de la capitale, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, le comté de Loudoun devient rapidement un lieu incontournable pour le stockage de données. A partir des années 2000 et 2010, une large portion du trafic Internet mondial transite par cet Etat.
    Les habitants plébiscitent (ou ignorent) alors cette industrie discrète, qui occupe des espaces dans des zones industrielles, paie des taxes foncières importantes et génère un peu d’emplois. « Nous avons tiré durant toutes ces années un bénéfice financier maximal des centres de données », explique Mike Turner, le vice-président du conseil exécutif de Loudoun County. Ces derniers représentent aujourd’hui 45 % des recettes fiscales du comté, soit 1,3 milliard de dollars (environ 1,15 milliard d’euros). Cela se répercute sur la feuille d’impôt des habitants : les taxes foncières sont en moyenne 25 % plus basses que dans les circonscriptions voisines.
    Mais, depuis le début des années 2020, les choses ont radicalement changé. La révolution de l’intelligence artificielle s’appuie sur la puissance de calcul des puces électroniques, les semi-conducteurs contenus dans des serveurs, eux-mêmes stockés dans ces fameux centres de données. Une requête dans ChatGPT, le robot conversationnel d’OpenAI, mobilise en moyenne beaucoup plus de puissance de calcul qu’une recherche Google. Si l’on compare l’IA au développement de la voiture au XXe siècle, les puces sont l’essence et les data centers sont les stations-service. Tout à la conquête de ce marché en devenir, les hyperscalers – Amazon, Google et Microsoft en tête – ne reculent aucun investissement pour en construire le maximum.
    Jusqu’à la saturation ? C’est, en tout cas, ce qui menace Loudoun County. « On reçoit de plus en plus de messages d’habitants qui nous disent d’arrêter d’approuver des data centers, témoigne Mike Turner. La différence avec avant, c’est que quand on explique que ça fait baisser les impôts locaux ils nous répondent : “Je m’en fiche, augmentez les impôts, mais arrêtez ça.” » Les comtés voisins observent la même tendance. Un gigantesque projet a été abandonné début avril à Prince William County, sous la pression de la population : il prévoyait l’installation de 37 unités aux abords de Manassas National Battlefield Park, le site protégé des deux batailles de Bull Run, pendant la guerre de Sécession (1861-1865).
    Désagréments visuels et sonores
    Le mouvement est national. Le Maine vient de voter un moratoire sur tous les grands projets de centre de données, d’ici à 2027. Et d’autres Etats pourraient rapidement leur emboîter le pas. Terry Clower, professeur de politiques publiques à la Schar School of Policy and Government de l’université George-Mason, située à Fairfax, en Virginie, s’étonne de cette évolution rapide. « Je me demande de plus en plus si cette opposition virulente n’est désormais pas autant liée à la peur de l’intelligence artificielle qu’aux centres de données eux-mêmes. Ils sont l’infrastructure qui permet de faire fonctionner l’IA, et le discours dominant aujourd’hui est que celle-ci vient prendre nos emplois. »
    Un sondage mené par son université montre que désormais, 40 % des habitants de Loudoun County pensent que les centres de données détériorent leurs conditions de vie, contre 19 % qui estiment que cela les améliore, et 40 % qui jugent que cela ne change rien. Les griefs des opposants sont nombreux, à commencer par les désagréments visuels et sonores : ces entrepôts sont massifs, peu esthétiques et génèrent en général une sorte de vrombissement. Construits à côté de zones d’habitation, ils peuvent représenter une réelle nuisance.

    Aux yeux (et aux oreilles) de Terry Clower, ce rejet est largement exagéré. « Vous achetez une maison et vous vous installez à proximité d’un terrain classé en zone industrielle, commerciale ou autre. Préféreriez-vous y voir s’implanter un centre de données, ou plutôt un pôle de distribution Amazon, avec 400 ou 500 camions entrants et sortant du site chaque jour ? » Selon lui, la nuisance sonore est similaire au bruit de fond d’une autoroute située à quelques kilomètres.

    Il n’est pas aisé de trancher, car il existe plusieurs types et plusieurs générations de data centers, avec des systèmes de refroidissement différents, plus ou moins bruyants. Les concepteurs travaillent sur l’isolation et sur le design, en mettant des fausses fenêtres ou des couleurs plus gaies. Difficile, cependant, de faire des miracles : in fine, il s’agit toujours d’un entrepôt bourdonnant de la taille de deux ou trois terrains de football. Contactée par Le Monde, la Data Center Coalition, qui regroupe les grands acteurs du secteur, n’a pas répondu.
    Une pollution importante
    La cause principale du rejet est, de toute façon, ailleurs. C’est l’empreinte énergétique et écologique des centres qui inquiète le plus les habitants. La consommation en électricité nécessaire pour faire tourner les serveurs est colossale. Et certaines installations disposent de générateurs au diesel qui engendrent une pollution importante.
    Selon Julie Bolthouse, si la totalité des projets en cours étaient effectivement construits dans le nord de la Virginie, cela nécessiterait un quadruplement de la capacité actuelle du réseau d’électricité. « C’est complètement fou, on a mis cent ans à construire le réseau actuel », s’exclame-t-elle, en pointant l’échelle des risques, de la simple panne liée à la surcharge temporaire jusqu’à l’effondrement du système.

    Le sujet empêche parfois Mike Turner de dormir, lui qui constate l’existence d’une forme de pensée magique chez les constructeurs. « Je dis aux industriels : “Pourquoi vous voulez encore construire ici, alors que vous n’aurez pas l’électricité qu’il faut avant dix ans ?” Ils me répondent : “L’opérateur trouvera une solution, et le jour où il la trouvera, nos installations seront prêtes.” Avec mes équipes, on a beau chercher, on ne voit pas comment ils pourront faire. » La relation idyllique avec ces constructeurs s’est quelque peu refroidie ces derniers temps, alors que les permis sont désormais délivrés au compte-gouttes. « La tension dans les réunions est plus palpable qu’avant », euphémise le vice-président du conseil exécutif.
    Si le prix de l’électricité explose globalement aux Etats-Unis, il est difficile pour le moment d’attribuer cela à l’IA. Tous les experts s’accordent néanmoins à dire qu’une forte hausse des coûts est attendue dans les années à venir. Les Etats cherchent la parade, en obligeant par exemple les hyperscalers à construire leurs propres centrales ou à prendre en charge une partie de l’augmentation. Mais le consommateur ne sera pas épargné, quel que soit le scénario.
    Limiter le foncier disponible
    Les opposants aux hyperscalers de Virginie ont bien une idée pour ralentir la ruée : mettre fin à l’exemption de taxes sur les achats dont bénéficie l’industrie dans l’Etat. Un cadeau fiscal à 1,9 milliard de dollars en 2025 pour le secteur le plus riche du monde, qui explique en grande partie, avec la qualité de la fibre, la disponibilité du foncier et les conditions météo clémentes, l’attrait pour la Virginie. Le renouvellement de cette exemption, qui allait de soi jusque-là, est suspendu, cette année, à une décision des parlementaires locaux, signe d’un changement d’époque.
    Les opposants soulignent que cela découragerait les nouvelles installations, sans faire fuir l’industrie déjà présente. Mike Turner n’en est pas si sûr. Il craint le départ pur et simple de la poule aux œufs d’or : avec les progrès fulgurants de la technologie des semi-conducteurs, les hyperscalers remplacent les équipements très régulièrement et l’exemption de taxe leur permet de faire à chaque fois de précieuses économies.

    Les autorités locales misent davantage sur une meilleure gestion de l’urbanisme, afin de cantonner les centres aux zones éloignées des habitations, et sur une limitation du foncier disponible. La partie ouest de Loudoun County a ainsi été décrétée « data center free », en prenant pour prétexte la préservation des cultures, notamment viticoles.
    La Virginie conservera-t-elle sa position dominante aux Etats-Unis et dans le monde ? Une analyse réalisée par Synergie Research Group montre une migration progressive depuis la Côte ouest et la Côte est, les deux pôles technologiques du pays, vers le centre du pays, où l’électricité est moins chère et le foncier abondant. Pour John Dinsdale, analyste en chef au sein de ce cabinet, se battre contre ces installations revient à lutter contre des moulins à vent : « Si le centre ne se construit pas dans une localité, l’opérateur ira dans une ville différente, dans un autre comté, un autre Etat ou un autre pays. Mais il sera construit quoi qu’il arrive. » On n’arrête pas une révolution en marche.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/05/08/en-virginie-la-capitale-mondiale-des-data-centers-confrontee-a-la-contestati
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  • Kit d’opposition aux data centers
    https://danslesalgorithmes.net/stream/kit-dopposition-aux-data-centers

    Aux Etats-Unis, l’AI Now Institute lance une boîte à outils pour s’opposer au projets et aux déploiements de centres de données. L’AI Now Institute fait le point sur les multiples recours possibles, en fonction des politiques locales, étatiques et fédérales et des différentes réglementations sectorielles (sur le développement économique, l’énergie, la pollution, la transparence, l’usage […]