#cfdt

  • Les grands gagnants de « l’économie du confinement »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/02/06/covid-19-les-grands-gagnants-de-l-economie-du-confinement_6068977_3234.html

    La crise planétaire a détruit des emplois et asséché des secteurs entiers. Mais elle en a aussi dopé d’autres, enrichissant les actionnaires de multinationales comme Apple, Netflix et Amazon.

    Non, le nouveau coronavirus n’a pas tout asséché ni appauvri. La crise économique est sans nul doute planétaire et historique. L’économie française a plongé de 8,3 % en 2020, selon l’Insee. De surcroît, la récession a détruit 255 millions d’emplois dans le monde, d’après l’Organisation internationale du travail. Le marché de l’automobile est exsangue, et accuse un recul de 15 % aux Etats-Unis et de 25,5 % en France. Les avions sont immobilisés au sol, les salles de restaurant et de cinéma, vides.

    Toutefois, l’année 2020 aura aussi été celle d’une boulimie de dépenses de loisirs numériques et d’une fièvre acheteuse en ligne, à la suite de profonds « changements de modes de consommation », observe Simon Borel, chargé de recherches à l’ObSoCo, société d’études et de conseil en stratégie. Cela tient d’abord aux modes de vie casaniers, à cette injonction de rester à la maison, dans ce « refuge » qui préserve et protège. « L’ultime champ de repli » où nos concitoyens « ont pu agir », relève le sociologue.

    Le domicile est devenu un bureau, une école, un gymnase, une salle de cinéma, mais aussi un restaurant ouvert matin, midi et soir. Partout, le télétravail a dopé les ventes d’ordinateurs (+ 4,8 % en 2020, soit la plus forte croissance annuelle depuis dix ans dans le monde) et asséché les stocks de fauteuils de bureau chez Ikea.

    Les hypermarchés ont été pris d’assaut. Cela a été « une année exceptionnelle », marquée par « une accélération inédite », reconnaît Didier Duhaupand, président du groupement Les Mousquetaires, à la tête d’Intermarché. Dans l’Hexagone, la vente de produits de grande consommation a progressé de 7,7 %, selon Kantar Worldpanel. Du jamais-vu.

    Car la crise a mis hommes et femmes aux fourneaux. Ils ont confectionné des gâteaux et des pains (+ 57 % pour les ventes de levure), à l’aide d’un robot flambant neuf (+ 34 % pour les ventes de modèles multifonctions), et investi dans une boîte Pyrex (+ 30 %) pour transporter leur « gamelle » au bureau. Privés de salles de spectacles, les ménages se sont rabattus sur les téléviseurs. Des grands formats, surtout. Aux Etats-Unis, leurs ventes ont bondi de 19 %.

    Le désœuvrement a aussi été le meilleur ami des éditeurs de bande dessinée (+ 9 % en France), de puzzles (+ 63 % entre janvier et novembre 2020 dans l’Hexagone), des fabricants de skateboard (+ 31 % aux Etats-Unis) et de consoles de jeux. Entre avril et décembre 2020, Nintendo a écoulé 24,1 millions de sa Switch et 31 millions d’exemplaires du jeu Animal Crossing : New Horizons, exutoire favori de nombreux confinés.Retour ligne automatique
    Marchés dopés

    Les adultes se sont, eux aussi, offert de nouveaux jouets. Les ventes de machines à coudre se sont envolées de 70 % chez Singer, atteignant 380 000 unités en France, fin 2020. Black & Decker a également profité de cette petite victoire du « C’est moi qui l’ai fait pendant le confinement » : le chiffre d’affaires du spécialiste de la perceuse était en hausse de 19 % au quatrième trimestre 2020.

    ManoMano, plate-forme de vente de produits de bricolage, a généré 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, soit 20 % de plus que prévu. Les enseignes de bricolage (+ 4,8 %) et les jardineries (+ 8,1 %) ont bénéficié du « repli sur soi », analyse Laurence Paganini, présidente de la fédération du commerce spécialisé, Procos.

    Les consommateurs ont passé plus de temps sur leur smartphone. Pour trouver l’amour (les revenus de Match Group, propriétaire de Tinder et de Meetic, ont crû de 17 % en 2020), prendre des nouvelles et rire, en dépit de l’actualité. Plus de 2,6 milliards de personnes utilisent quotidiennement Facebook, WhatsApp et Instagram, soit 15 % de plus que fin 2019. L’activité du groupe de Mark Zuckerberg a augmenté de 33 % de septembre à décembre.

    En ville, la crainte d’être contaminé dans un métro ou un bus a soutenu les ventes de vélo, électriques surtout (+ 20 % prévus en 2020)

    Le confinement, la peur, l’angoisse d’être emporté par la pandémie de Covid-19 ont dopé nombre de marchés. A l’automne, 1,7 million de traitements supplémentaires d’anxiolytiques ont été prescrits par rapport aux prévisions initiales, d’après le rapport Epi-Phare en France rendu public à la mi-décembre 2020.

    La mysophobie (crainte extrême de la saleté et des microbes) a, quant à elle, accéléré l’usage du sans-contact lors des paiements par carte bancaire et… les ventes de détergent et lessive chez Procter & Gamble (+ 12 %). En ville, la crainte d’être contaminé dans un métro ou un bus a soutenu les ventes de vélo, électriques surtout (+ 20 % prévus en 2020).

    « Le développement était déjà exponentiel, rappelle Virgile Caillet, délégué général de l’Union Sport & Cycle. La pandémie a accéléré la transition. » Car notre mode de vie à l’ère du Covid-19 a validé des marchés déjà jugés prometteurs.

    Les jeux de hasard en ligne progressent de 40 %, note la Française des Jeux. Et la livraison de repas à domicile aurait « gagné deux à trois ans de développement sur ses plans de marche initiaux », d’après Just Eat en France.Retour ligne automatique
    Plusieurs valeurs boursières battent des records

    Le commerce en ligne a aussi été placé sur orbite. Faute de pouvoir faire du lèche-vitrines, les consommateurs se sont rués sur Internet. En France, le Web représente désormais 13,4 % des ventes, rapporte la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, grâce au bond de 32 % des achats de produits physiques. Soit 112 milliards d’euros au total.

    La Toile a recruté partout de nouveaux adeptes : au Brésil (+ 66 %), au Mexique (+ 54 %), en Russie (+ 45 %), mais aussi en Inde (+ 28 %), observe Euromonitor International. Les transporteurs, les fabricants de carton et, bien sûr, Amazon en ont fait leur miel. Pour la première fois depuis sa création, en 1994, le site de Jeff Bezos a généré plus de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires au cours d’un trimestre. L’américain a clos l’exercice 2020 sur 320 milliards d’euros de ventes (+ 38 % par rapport à 2019).

    Les mesures de confinement ont fait « tomber des barrières » sur le marché de la visioconférence, juge Gilles Bertaux, cofondateur de Livestorm, le spécialiste français. Ce média s’est imposé aux employeurs, aux salariés, aux écoliers et aux étudiants. Résultat : la société organise 40 000 événements par mois. Son concurrent, Zoom, revendique près de 400 000 entreprises clientes de plus de dix employés. Son chiffre d’affaires devrait quadrupler, à plus 2 milliards d’euros en 2021.

    La « visio » payante entre aussi dans les mœurs, pour un cours de yoga ou une consultation médicale. Pas moins de 19 millions d’actes réalisés en téléconsultation ont été remboursés par la Sécurité sociale en 2020, dont 8 millions par le biais de Doctolib. Le verrou psychologique de l’abonnement en ligne à un service a sauté.

    Apple revendique désormais 620 millions d’abonnements, soit 140 millions de plus que fin 2019. Netflix, lui, en affiche plus de 200 millions dans le monde (+ 31 % en un an), avec des revenus avoisinant 25 milliards de dollars (20,8 milliards d’euros, + 24 %). Vingt-trois ans après sa création, le site de films et séries approche du seuil de rentabilité.

    Aucun de ces phénomènes n’a échappé à la Bourse. En dépit de la crise économique, plusieurs valeurs, soutenues par la politique très accommodante des banques centrales, battent des records. A commencer par Apple. L’américain a réalisé le plus gros bénéfice trimestriel jamais enregistré par une entreprise privée : 23,8 milliards d’euros fin 2020. La firme pèse dorénavant 2 300 milliards de dollars en Bourse.Retour ligne automatique
    De nombreux investisseurs se sont enrichis

    Le contexte pandémique n’a pas non plus empêché les levées de fonds. Fin 2020, Livestorm a levé 25 millions d’euros. Chez Deliveroo, le montant est encore plus spectaculaire : après avoir bouclé un tour de table de 180 millions de dollars mi-janvier 2021, le britannique vaut désormais 7 milliards de dollars. La plate-forme de livraison se délecte de la fermeture des restaurants : elle a décroché le référencement de 46 000 restaurants, dont la plupart ont été privés d’activité. L’entreprise qui fait rouler 110 000 livreurs file tout droit vers une entrée en Bourse, dès avril. Ce sera au bénéfice de ses actionnaires, des fonds d’investissements, surtout, et… d’Amazon.

    Les sociétés pharmaceutiques ont tiré le meilleur parti de 2020. Du moins celles qui se sont positionnées avec succès sur le vaccin contre le Covid-19

    De fait, la crise a déjà enrichi moult investisseurs, à l’image des actionnaires de Spotify. La capitalisation boursière du champion du streaming musical a doublé, pour atteindre 65 milliards de dollars, à la faveur de la hausse du nombre d’abonnés (+ 24 %, à 155 millions).

    DocuSign fait aussi partie des gagnants. Le leader mondial de la signature électronique (solution sécurisée lors de la conclusion de contrats à distance) a vu son activité franchir le cap du milliard de dollars. Son cours de Bourse a explosé : + 188 % en un an.

    Sans surprise, les sociétés pharmaceutiques ont également tiré le meilleur parti de l’année écoulée. Du moins celles qui se sont positionnées avec succès sur le vaccin contre le Covid-19. Moderna, dont le vaccin est autorisé dans l’Union européenne depuis le 6 janvier, dépasse les 60 milliards de dollars de capitalisation boursière. Lonza, son sous-traitant suisse, en profite : son bénéfice net a connu une hausse d’environ 35 % en 2020.

    Au fil de l’année, le cours de la firme allemande BioNTech, qui a développé avec Pfizer un vaccin à ARN messager, a bondi de 250 %. La fortune de son PDG, Ugur Sahin, s’élève aujourd’hui à plus de 5 milliards de dollars, à en croire Bloomberg. Albert Bourla, directeur général de Pfizer, s’est aussi largement enrichi, lors de la vente de 5,6 millions de dollars d’actions du laboratoire, le 9 novembre 2020, jour de l’annonce de bons résultats préliminaires de son vaccin. Depuis, le groupe estime que celui-ci devrait générer 15 milliards de dollars de ventes en 2021.Retour ligne automatique
    Décryptage : Les 90 % d’efficacité du vaccin de Pfizer, un « résultat extraordinaire » qui pose des questions

    Si les actionnaires de ces entreprises se frottent les mains, qu’en est-il de leurs salariés ? Ont-ils aussi bénéficié de la crise ? Chez Black & Decker, le PDG a adressé un message de remerciement à « chacun » des 53 000 employés pour leur « performance héroïque » et leur a accordé… un jour de congé, lundi 1er février. « On l’a pris », déclare Pierre Rousseau, représentant CFDT au comité européen du groupe, et délégué central des usines françaises, en soulignant qu’« il est certain que les salariés auraient préféré une prime ou une augmentation de salaire ». Un sentiment largement partagé, après une année si particulière.Retour ligne automatique
    Multiples controverses

    Car les représentants du personnel sonnent régulièrement l’alarme. En entrepôt, par exemple, les cadences ont été infernales. Le syndicat SUD note combien les postiers ont été « rincés » par l’explosion du nombre de livraisons assurées par La Poste fin 2020, avec près de 4 millions de colis par jour en France. Depuis l’irruption de la pandémie, l’emballement de la « gig economy », cette économie de petits boulots précaires que symbolisent les livreurs Deliveroo ou Uber Eats, soulève de multiples controverses.

    Just Eat, qui jure prôner un modèle social plus responsable, annonce vouloir recruter 4 500 livreurs en CDI en 2021 dans l’Hexagone. Amazon veille aussi à son image. Accusé au printemps 2020 de ne pas avoir suffisamment protégé ses employés, le site américain a augmenté leur salaire de 2 euros de l’heure, d’avril à juin, puis distribué une prime d’été de 500 à 1 000 euros, et, enfin, reconduit une prime de fin d’année liée au pic d’activité des fêtes.

    Chez Seb, la prime dite Macron a été versée en deux fois à près de 3 900 des 6 000 employés français. Et pour faire face à la hausse d’activité dans ses usines hexagonales et l’envolée de la demande de yaourtières (+ 26 %) et de machines à pain (+ 39 %), le groupe a accordé une prime de 15 euros par jour à ses salariés, entre mars et juin 2020. Au premier trimestre 2021, une « centaine d’intérimaires seront embauchés en contrat à durée indéterminée », précise son directeur des ressources humaines, Dan Abergel.

    Le secteur de la vente en ligne embauche aussi à tour de bras. En France, ManoMano va signer 350 recrutements en 2021, après 200 en 2020. Fin 2021, le site emploiera plus de 1 000 personnes. Amazon, lui, a déjà recruté 400 000 personnes entre janvier et octobre 2020, soit plus de 1 300 par jour en moyenne, dans le monde. L’e-commerçant, qui fait travailler 1,15 million de salariés, figure parmi les premiers employeurs des Etats-Unis, aux côtés de Walmart (2,2 millions). Signe que le Covid-19 n’a pas fini de bousculer le monde de l’entreprise.

    #Apple #Match #Nintendo #Amazon #Deliveroo #Doctolib #Facebook #Instagram #JustEat #Meetic #Netflix #Tinder #WhatsApp #bénéfices #BigPharma #consommation #COVID-19 #FoodTech #santé #télétravail #travail #visioconférence #CFDT #SUDSolidaires (...)

    ##santé ##GigEconomy

  • Livreurs : la lente conquête syndicale
    https://www.alternatives-economiques.fr/livreurs-lente-conquete-syndicale/00095447

    A quelques mois des ordonnances qui trancheront sur les modalités du dialogue social pour les plates-formes, de plus en plus de villes se dotent de collectifs de livreurs. Un salaire de 10,30 euros de l’heure pour 4 500 livreurs en CDI – vous avez bien lu, en contrat à durée indéterminée –, c’est l’objectif annuel que vient d’annoncer Just Eat, qui souhaite salarier et fidéliser ses livreurs aujourd’hui indépendants. Avec la fermeture des restaurants, le couvre-feu à 18 heures, le secteur de la (...)

    #Deliveroo #Frichti #JustEat #UberEATS #migration #FoodTech #GigEconomy #lutte #syndicat #travail #CFDT #CLAP (...)

    ##CGT

  • A Strasbourg, RSI Vidéo se vide de ses salariés en proie à la souffrance
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080121/strasbourg-rsi-video-se-vide-de-ses-salaries-en-proie-la-souffrance

    Face à une souffrance au travail niée par leur direction, 37 salariés et ex-employés d’une entreprise alsacienne, soutenus par la CFDT et les élus du personnel, ont porté plainte au pénal pour harcèlement moral organisationnel. Une action rarissime.

    La démarche est exceptionnelle. Le 2 décembre 2020, 37 salariés et ex-employés de l’entreprise RSI Vidéo, accompagnés du comité social et économique (CSE) et de la CFDT Communication, conseil et culture, ont déposé une plainte pénale auprès du procureur de la République contre leur employeur ainsi que contre quatre dirigeants ou anciens cadres pour harcèlement moral. Cela représente plus des deux tiers de l’effectif de cette société basée à Strasbourg (Alsace).

    La plainte, que Mediapart a pu consulter, illustre la lente agonie d’équipes qui se désagrègent, et dresse en creux une stratégie pour vider l’entreprise de ses salariés, alors qu’un plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE) présenté à l’été 2019 a avorté.

    « Les victimes entendent dénoncer le harcèlement moral organisationnel mis en place au sein de la société, ainsi que l’atteinte à l’intégrité psychique et physique des salariés », conclut la plainte, espérant y voir une possibilité de procès, puis de condamnation sur le modèle de celle de France Télécom en décembre 2019.

    Les plaignants affirment : « Il faut relever que le cabinet Alixio [qui a effectué une expertise après une alerte pour danger grave et imminent fin 2019 – ndlr] a relevé que 85 % des salariés présentaient des troubles psychologiques avec le contexte actuel et 56 % des salariés présentaient des manifestations physiques associées à la situation actuelle, au moment de l’expertise début 2020, ce qui est démesurément élevé ! »

    De l’ancien directeur financier au développeur, de la responsable de la communication aux commerciaux, tout le monde est touché. Entre début 2018 et fin 2020, date du dépôt de la plainte, l’effectif de RSI Vidéo dégringole de 81 à 48 salariés, sans qu’aucun plan social soit mis en œuvre, et alors que la santé économique de l’entreprise demeure très bonne. Dans le même temps, dix membres du comité de direction sont évincés. Aucun n’est remplacé, y compris sur le site.

    Fondée en 2000, RSI Vidéo est une success story locale qui emploie déjà 95 salariés en 2015. Elle conçoit des systèmes de surveillance vidéo et de sécurité, principalement pour les particuliers. En 2016, elle est rachetée par le géant américain Honeywell qui, deux ans après, via un spin-off (c’est-à-dire la création d’une entité pour regrouper des activités de même nature), la transfère au sein de Resideo qui agrège d’autres entreprises du groupe.

    Le management est rapidement changé, et débute la valse des dirigeants, pour la plupart américains, parfois même non francophones. « Les choses ont commencé à se dégrader dès le rachat, témoigne un ingénieur, dont le service de recherche et développement regroupe la moitié de l’effectif. Des gens partaient et n’étaient jamais remplacés. Des projets s’arrêtaient du jour au lendemain. On nous disait que c’était décidé d’en haut, mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter. »

    À cette époque, l’ingénieur se dit confiant, l’entreprise marche bien, elle est très rentable et possède des brevets exclusifs. Chacun est fier d’y travailler, depuis plusieurs années déjà pour un bon nombre.

    En fait, selon nos informations, ce qu’ignorent la plupart des salariés, c’est que Resideo a pour projet de passer de dix-sept à cinq centres de recherche dans le monde, et de privilégier en France celui de Mougins, dans les Alpes-Maritimes, au détriment de celui de Strasbourg. Il faut intégrer de force la petite entreprise gauloise à la grosse machine américaine.

    Un ancien dirigeant, qui souhaite rester anonyme, affirme que peu à peu l’entreprise est vidée d’un management d’expérience et que, parmi trois des personnes visées par la plainte (dont la DRH, devenue délégataire du président), aucune n’a « de pouvoir institutionnel ». « Ils collent des timbres, ironise-t-il, car le pouvoir est concentré aux États-Unis. » « Ce sont des bizuts qui sont aux commandes », conclut-il, pour expliquer une partie de la déconfiture de l’entreprise et le mal-être réel qui va en découler au sein des équipes.

    Puisqu’il faut rationaliser, et aussi mutualiser, le mieux est encore de se débarrasser des salariés en trop. En juillet 2019, sans aucune alerte « ni signaux faibles », selon l’ancien cadre supérieur interrogé, un PSE est présenté devant les élus du personnel en comité d’entreprise (devenu depuis le CSE). La surprise est totale, d’autant qu’il touche la recherche et le développement, soit plus de 30 ingénieurs et techniciens qui font la force de l’entreprise.

    « Je vois des salariés pleurer. L’absentéisme est édifiant »

    D’ailleurs, un audit effectué par un cabinet mandaté par le CSE, et rendu à l’automne 2019, évoque « des résultats remarquables » de RSI Vidéo, ainsi que « des performances robustes ». Et même si les experts pointent une stratégie à trois ans plus grise, il n’y a rien qui justifierait de se séparer de 40 % de l’effectif.

    Un défaut d’informations aux élus du personnel permet de suspendre le plan social, d’autant que des élections professionnelles doivent avoir lieu à la rentrée 2019 pour renouveler les représentants des salariés et mettre en place le CSE nouvelle formule. Le PSE ne sera jamais réactivé et pourtant les départs vont se succéder, même si l’immense majorité des demandes de rupture conventionnelle sont refusées.

    Cyrielle Klein, secrétaire du CSE, témoigne de l’acharnement à faire mourir l’entreprise à petit feu. Comme responsable de la communication, « mon budget a été réduit de 40 % », assure-t-elle, qui se considère comme mise au placard depuis sa prise de fonction comme élue, avec la perte de la gestion d’une marque et le retrait d’activités commerciales. « Depuis juin 2020, je considère que 95 % de mon travail m’a été retiré. » Elle a été mise en arrêt maladie en décembre dernier.

    De son côté, l’ancien cadre dirigeant évoque une charge de travail qui a augmenté d’un bon tiers à cause des départs non remplacés. Il dit avoir « descendu l’escalier tout doucement », entrant dans « une période physiquement et psychologiquement de plus en plus difficile ». Il se souvient du « contact quotidien avec la souffrance » : « Je vois des salariés pleurer. L’absentéisme est édifiant. » En février 2020, il s’effondre à cause « d’un épuisement physique et moral ». Il sera licencié peu de temps après.

    Un ingénieur du bureau d’études, principalement visé par le PSE avorté, parle « d’un service qui se dépeuple ». « L’entreprise arrête de se préoccuper des gens pour qu’ils aient envie de partir ou de se mettre en arrêt maladie », résume le trentenaire. Il a démissionné au printemps dernier.

    François Griset, délégué syndical CFDT et à l’origine de la plainte au pénal : « Deux fois par semaine au moins, des salariés m’appellent pour des problèmes de sommeil, en pleurs. » Le syndicaliste évoque la peur et le stress qui circulent dans l’entreprise et qui conduisent à un taux d’absentéisme qui atteint 20 % de l’effectif restant, selon lui.

    L’augmentation du mal-être ne faiblit pas fin 2019. Une alerte pour danger grave et imminent est actionnée par le CSE au nom de l’ensemble des salariés. Trois mois plus tard, coup sur coup, l’inspectrice du travail et la médecin du travail écrivent à la direction avec des mots choisis.

    La première enjoint au management d’« évaluer les facteurs de troubles psychosociaux » et de « mettre en œuvre les actions adaptées pour supprimer ce risque ainsi que les troubles existants ». La seconde, quelques jours plus tôt, en février 2020, parle de « très nette détérioration de la santé d’une partie [des] salariés », avec des causes multiples comme « une surcharge de travail pour certains », « une absence totale de travail pour d’autres » et « une perte de sens au travail ».

    La direction se décide enfin à agir, et notamment à examiner une demande du CSE de mettre en place une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et compétences afin de cadrer l’avenir et de donner des perspectives. Demande qui restera finalement lettre morte, malgré toutes les alertes déclenchées que les dirigeants ne pouvaient ignorer.

    De fait, dans un document estampillé « Confidentiel » datant de mars 2020, dont Mediapart a pris connaissance, la direction de Resideo donne les résultats d’une consultation des salariés sur leur situation dans l’entreprise et leur sentiment sur la stratégie du groupe. Le constat est implacable sur le divorce d’avec les équipes.

    L’enquête menée par le CSE montre que 86 % des salariés se méfient ou n’ont aucune confiance dans la direction, 70 % souhaitent quitter l’entreprise (et 25 % restent par dépit). La grande majorité valide la proposition du CSE « d’un plan de transition », qui n’a pas vu le jour.

    Sollicitée par Mediapart, l’actuelle direction a refusé de répondre sur des points précis de cette séquence de deux ans. Une porte-parole basée en Grande-Bretagne se contente d’écrire, dans une langue de bois managériale : « Le bien-être de nos employés est, pour nous, de la plus haute importance et nous déployons les moyens nécessaires pour demeurer à leur écoute. Comme vous le comprendrez, nous ne ferons pas de commentaires sur des questions qui pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires. »

    Une écoute finalement si passive que, comme l’explique Cyrielle Klein, « la plainte au pénal était [son] dernier recours après avoir tenté pendant des mois d’expliquer combien les gens allaient mal ». Elle parle de « gâchis », de « point de non-retour » et, à titre personnel, dit « ne voir d’autre solution qu’à terme quitter l’entreprise ».

    L’ancien directeur, lui, est désormais à la recherche d’un emploi, expliquant avoir mis du temps pour se retaper. « Je me disais pendant des mois qu’on allait dans le mur. Et on est allés dans le mur », se rappelle-t-il, comme parlant de sa propre situation.

    Quant à l’ingénieur qui a vu son service se vider, il a récemment retrouvé un poste moins bien payé mais qui lui permet de vivre mieux. « Je prends de temps en temps des nouvelles des gens qui sont restés, confie-t-il. J’ai envie de pleurer. Maintenant, j’ai peur d’en demander à nouveau tellement c’est triste. »

    #CCTV #vidéo-surveillance #santé #travail #CFDT

    ##santé

  • Amazon paiera ses salariés absents lors du premier confinement
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/111120/amazon-paiera-ses-salaries-absents-lors-du-premier-confinement-0?userid=eb

    Plusieurs centaines d’employés du géant américain avaient refusé de se rendre au travail, pour ne pas prendre de risques sanitaires. Pour éviter les procès, l’entreprise leur accordera un salaire pour les jours manqués.

    Tirer un trait sur les conflits internes, surtout ceux qui pourraient déboucher sur des décisions de justice gênantes. Il y a quelques jours, Amazon France a décidé de se prémunir contre les centaines de contentieux potentiels qui menaçaient l’entreprise à propos de la délicate question des droits de retrait pendant la première période de confinement, entre mars et mai derniers. Un accord d’entreprise signé le 30 octobre avec les syndicats de l’entreprise met un terme au conflit.

    À l’époque, en pleine explosion de la crise sanitaire, plusieurs centaines de salariés d’Amazon France Logistique, qui regroupe 10 000 salariés dans six entrepôts géants répartis sur tout l’Hexagone, avaient décidé de ne pas se rendre au travail, inquiets des mesures de protection jugées trop légères contre le Covid-19.

    Appuyés par les syndicats, ils entendaient appliquer une procédure prévue par le code du travail : en cas de mise en danger immédiate, un salarié peut se mettre en retrait de son poste, tout en continuant à être payé. Au plus fort de la crise, dans les premières semaines du premier confinement, jusqu’à 40 % des salariés ont été absents des entrepôts, malades ou refusant d’aller travailler, selon une évaluation de la CFDT.

    Pendant des semaines, Amazon a contesté le droit de ses salariés d’exercer leur droit de retrait. Dans un courrier type envoyé aux absents, l’entreprise affirmait « prendre toutes les mesures pour [leur] permettre de travailler en toute sécurité » et indiquait ne voir « aucun motif légitime » à leur absence. Elle refusait donc de les rémunérer pendant leur absence.

    Plusieurs procès avaient été lancés contre cette position. Un premier, en référé (la procédure d’urgence) à Lille mi-mai, à l’initiative de la CFDT et de la CGT, avait été favorable à Amazon. Mais d’autres dossiers étaient lancés au fond, devant des conseils des prud’hommes : douze dossiers portés par la syndicat Sud devaient être jugés à Nanterre dans les jours qui viennent, après un report intervenu en septembre ; et une vingtaine de dossiers étaient prêts à Montélimar, à l’initiative de la CFDT. D’autres auraient pu suivre.

    Mais ces audiences n’auront pas lieu. Dans l’« accord sur le dialogue social en période de crise sanitaire exceptionnelle » signé le 30 octobre, Amazon affirme « sa volonté de mettre un terme définitif à tout litige ou différend intervenu au cours de cette période des mois de mars, avril et mai 2020 ».

    Tout salarié ayant exercé un droit de retrait entre le 1er mars et le 15 avril et qui souhaite être payé pour ses jours d’absence devra se signaler à l’entreprise pour qu’un accord personnalisé lui soit proposé. En échange, il s’engagera « à ne pas initier de procédure judiciaire à l’encontre de la société et/ou à se désister de toute instance et action ».

    Amazon prend bien soin d’affirmer qu’elle avait « mis en place les mesures de prévention et de sécurité recommandées par le gouvernement français ainsi que des mesures de protection additionnelles ». Et elle assure que sa démarche ne signifie pas qu’elle souhaite « reconnaître le bien-fondé des droits de retrait exercés par les salariés au cours de cette période ».

    Ces déclarations n’empêchent pas les syndicats de l’entreprise de savourer ce qu’ils considèrent comme une victoire. Sud salue dans un communiqué une décision « visiblement prise sous la pression des multiples dossiers portés par Sud Solidaires et d’autres organisations devant les prud’hommes ». Et pour la CFDT, le délégué syndical central Vincent Julien juge que Amazon « a voulu s’épargner une vague de procès qu’ils risquaient de perdre ».

    Amazon avait en effet de quoi ne pas être tout à fait sereine. Comme l’avait révélé Mediapart, le responsable des entrepôts en France avait reconnu devant les syndicats au tout début de l’épidémie que les mesures mises en place n’étaient pas encore suffisantes. Malgré plusieurs mesures correctrices, l’entreprise a ensuite fait l’objet de quatre mises en demeure de l’inspection du travail, pour ne pas avoir suffisamment assuré la sécurité et la santé de ses salariés. Amazon a alors encore modifié ses plans, et les mises en demeure ont été levées.

    Cela n’a pas empêché la condamnation en justice de l’entreprise à deux reprises. Le 14 avril, le tribunal judiciaire de Nanterre a imposé à Amazon de limiter son activité aux commandes de produits « alimentaires, médicaux et d’hygiène », à la suite de quoi l’entreprise a préféré fermer ses entrepôts. Dix jours plus tard, la décision était confirmée en appel, la justice condamnant le géant du commerce en ligne à respecter le droit du travail, en procédant à une rigoureuse évaluation des risques professionnels liés à l’épidémie et à y associer étroitement les représentants des salariés.

    Ce n’est qu’à partir du 19 mai que les entrepôts ont progressivement rouvert, uniquement avec des salariés volontaires dans un premier temps. Tous ces éléments concrets démontrent que la décision de salariés d’utiliser leur droit de retrait n’était pas absurde. Et c’est sans doute pour éviter de se le faire entendre dire par un tribunal que Amazon a décidé de donner raison à ces salariés.

    L’entreprise n’a sans doute pas intérêt attirer à nouveau la lumière sur elle en cette période de reconfinement, alors que la fermeture de nombreux commerces jugés non essentiels par la gouvernement lui garantit un accès de choix au portefeuille des Français, peu avant les fêtes de fin d’année.

    Jamais les commandes n’ont été aussi importantes en France : le responsable des entrepôts français a confié à Challenges que les ventes ont augmenté de 15 % depuis le début du deuxième confinement. Et qu’il vise une hausse de 20 % de son chiffre d’affaires sur l’année 2020… La période des fêtes s’annonce faste, à tel point que la direction a rendu obligatoire le travail les quatre samedis précédant Noël.

    Pour faire face, l’entreprise recrute à tour de bras. Mais pas des salariés en CDI, puisqu’elle privilégie les intérimaires. « Il y a par exemple actuellement environ 3 000 intérimaires précaires dans l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge (Essonne), pour 1000 salariés », indique Vincent Julien, de la CFDT.

    Cet afflux de personnel inquiète d’autant plus les syndicalistes qu’il rend plus difficile le respect des mesures de sécurité désormais mises en place de façon sérieuse par Amazon. Les bus bondés amenant les salariés aux portes des entrepôts, les files d’attente qui s’allongent aux tourniquets d’entrée, la promiscuité en partie inévitable, malgré les efforts déployés par l’entreprise… Amazon est aussi le symbole de ces entreprises où le télétravail est impossible pour les salariés peu qualifiés, et où les risques existeront toujours, malgré les efforts de prévention réels qui y sont déployés.

    #Amazon #COVID-19 #santé #CFDT #bénéfices

    ##santé

  • Pour Amazon, le coronavirus est une affaire très profitable
    https://reporterre.net/Pour-Amazon-le-coronavirus-est-une-affaire-tres-profitable

    La crise sanitaire et le confinement d’une partie de la population mondiale profitent largement au géant du commerce électronique. Qui entend se rendre incontournable aux yeux des États. Et faire oublier qu’il est un champion de l’évasion fiscale. Le cours de la bourse de l’action Amazon a bondi de 12 % en une semaine. Partout ailleurs, les indicateurs des grandes entreprises s’effondrent, la récession menace. Mais le géant du commerce en ligne semble imperturbable. Il surfe sur la crise avec des (...)

    #Amazon #bénéfices #consommation #COVID-19 #santé #CFDT #CGT #technologisme #GigEconomy (...)

    ##santé ##travail

  • Ascoval : un leader syndical soupçonné d’avoir détourné près de 630000 euros - Le Parisien
    paywall : www.leparisien.fr/economie/ascoval-un-leader-syndical-soupconne-d-avoir-detourne-pres-de-630000-euros-10-09-2020-8382444.php

    Bruno Kopczynski, l’ancien trésorier du CE de l’aciérie Ascoval, porte-parole des salariés en lutte pour le maintien du site, est visé par une enquête pour abus de confiance. Selon un rapport d’expert-comptable, que nous révélons, près de 630000 euros auraient pu être détournés.

    https://www.youtube.com/watch?v=6bY-aizd-TY

    Ils auront tout vécu, les salariés d’Ascoval ! Deux ans à se faire ballotter entre les annonces de reprise et de liquidation, et un nouveau choc alors que la faillite de l’aciérie était finalement écartée : l’ancien trésorier du comité d’entreprise (CE) et héraut de la lutte syndicale Bruno Kopczynski est soupçonné d’avoir détourné 630 000 euros, selon « Le Parisien » (11/9).
    Entre 2017 et 2019, le CE de l’usine nordiste aurait notamment versé plus de 500 000 euros à une entreprise d’événementiel, ESO Prod, dirigé par le syndicaliste et sa femme. Le parquet de Lille a ouvert une enquête.
    Et les salariés gardent un moral d’acier ?
    Jérôme Canard « Le Canard enchaîné » 16/9/2020

    http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/fermeture-de-bridgestone-a-bethune-une-riposte-politique

    « C’est honteux », « ce sont de sacrés menteurs »… Mais au-delà de l’émotion, les élus de la Région et les services de l’État mettent les moyens de leurs plans de relance au service d’un « plan B ». Et tenter de sauver ce qui pourra l’être pour ne pas fermer Bridgestone.

    Dessin de Large pour #Urtikan.net
    #par_ici_la_bonne_soupe

  • Le bilan journalier dérisoire de la pandémie en France, qui ne justifie en rien la VIOLENCE de ce gouvernement #EnMarche
    23 Juillet 2020 : Coronavirus : 7 nouveaux décès, près de 1000 nouveaux cas confirmés en 24 heures en France
    https://www.lefigaro.fr/sciences/coronavirus-7-nouveaux-deces-pres-de-1000-nouveaux-cas-confirmes-en-24-heur
    . . . . . . .
    Au cours des dernières 24h, 7 personnes hospitalisées ont perdu la vie des suites d’une infection au coronavirus.

    Selon les chiffres de la Direction générale de la santé (DGS) publiés ce mercredi 22 juillet, 6366 patients sont toujours pris en charge par les services hospitaliers, 455 d’entre eux sont en réanimation.

    « Le virus circule sur l’ensemble du territoire national », indique la DGS, en soulignant le nombre croissant de clusters. Sur les 561 détectés depuis le 9 mai, 212 sont encore en activité et 14 ont été découverts dans la journée.
    . . . . . . .
    #macro_lepenisme #maintien_de_l'ordre macronien #violence #épidémie #pandémie pas #en_vedette #imposture #confinement
    C’est pas à la une des #médias de #france #propagande #journulliste #journullistes #medias #politique #médiacrates #mass_merdias

    • Amputations, défigurations, fracas maxillo-facial ou dentaire, dilacération oculaire ou énucléation, fracas crânien, hémorragies cérébrales…

      Couvrez ces plaies que je ne saurais voir…
      Le 24 janvier 2019, le professeur Laurent Thines, neurochirurgien au CHU de Besançon, après avoir constaté les dégâts occasionnés par les #LBD, informe les pouvoirs publics et lance une pétition.
      https://www.legrandsoir.info/couvrez-ces-plaies-que-je-ne-saurais-voir.html
      Il écrit : « J’ai été particulièrement choqué par les photos prises et les lésions observées chez les personnes blessées lors des mouvements de manifestation. Beaucoup, très jeunes (potentiellement nos enfants), ont été mutilés alors qu’ils ne représentaient aucune menace spécifique ». Et d’ajouter : « amputation de membre, défiguration à vie, fracas maxillo-facial ou dentaire, dilacération oculaire ou énucléation, fracas crânien, hémorragies cérébrales engageant le pronostic vital et entrainant des séquelles neurologiques, autant de mutilations qui produisent de nouveaux cortèges de « Gueules cassées »…Tant de vies ont été ainsi sacrifiées (…)…Pour toutes ces raisons nous, soignants (médecins, chirurgiens, urgentistes, réanimateurs, infirmiers, aides-soignants…) apolitiques et attachés à l’idéal de notre pays, la France, au travers de la déclaration des Droits de l’Homme, de la Femme et du Citoyen, demandons qu’un moratoire soit appliqué sur l’usage des armes sublétales de maintien de l’ordre en vue de bannir leur utilisation lors des manifestations »(1) .

      Première parenthèse : on dit « létal » pour éviter « mortel », « bâton souple de défense » pour ne pas dire « matraque », « lanceur de balles de défense » pour cacher que le lanceur est une arme d’attaque, « forces de l’ordre » pour indiquer que la violence n’est pas imputable aux policiers, « blessures oculaires » pour que le vilain mot « éborgnement » ne soit pas prononcé.

      Seconde parenthèse : la revendication de l’ « apolitisme » des signataires nous ferait tousser comme un contaminé au Covid-19 si l’on ne comprenait pas qu’il signifie « de diverses opinions politiques ».

      Avec Cathy JURADO, Laurent THINES publie à présent un recueil de textes dont ils disent : « né au cœur des ronds-points et des manifestations de Gilets Jaunes, il témoigne de ce combat historique, par le biais d’une évocation poétique sans concession de la répression contre ce mouvement mais aussi de la ferveur et du courage des militants. Les droits d’auteur seront reversés intégralement au Collectif des Mutilés pour l’Exemple ».

      C’est publié par « Le temps des Cerises » , excellent éditeur qui a publié.

      Maxime VIVAS Pour participer à ce geste de solidarité, contactez : poemesjaunes@gmail.com
      Pour en savoir plus, lisez l’article ci-contre https://www.legrandsoir.info/feu-poemes-jaunes.html

      Note (1) La réponse au cours de l’année a été la violence policière répétée contre le personnel soignant, matraqué et gazé. En mars 2020, des policiers se sont rendus, à la nuit tombée, avec des véhicules de service aux gyrophares allumés, devant des hôpitaux pour y applaudir (à distance) le personnel soignant qui est aux premières lignes dans la lutte contre le Coronavirus. Dérisoire initiative d’un corps de métier qui bénéficie, pour « maintenir l’ordre » de masques de protection qui font défaut dans les hôpitaux et qui usa de la matraque si les soignants manifestaient pour en réclamer. Puis, les manifestations ont repris et les brutalités contre le personnel soignant aussi.

      #violence #violences_policières #police #répression #violences #violence_policière #emmanuel_macron #giletsjaunes #resistances #social #mutilations #mutilés #maintien_de_l'ordre #gilets_jaunes #justice #répression #violence #armes_non_létales #flashball #blessures #langage

    • Le Ségur de la honte ! Jean-Michel Toulouse, ancien directeur d’hôpital public - 22 juillet 2020
      https://pardem.org/actualite/1057-le-segur-de-la-honte

      Certes il était illusoire d’espérer que des décisions à la mesure des besoins de l’hôpital, du personnel et des patients seraient prises au Ségur de la Santé. Sauf à croire au miracle ! 


      Mais la réalité dépasse la fiction : trois syndicats se sont déshonorés en signant les « accords » séguro-macroniens. Non seulement les revendications répétées des personnels hospitaliers depuis de très longs mois ont été piétinées mais il ne subsiste aucun espoir que les problèmes de fond qui minent la santé publique soient réglés.


      Mais l’honneur et la lutte n’ont pas disparu. Ils étaient incarnés le 14 juillet entre République et Bastille à Paris et dans de nombreuses villes par les soignants qui manifestaient et par les 15 organisations médicales et non médicales, qui ont refusé d’être complices du Ségur de la honte.

      Ils ont signé : la #CFDT, #FO et l’ #UNSA - les syndicats les moins représentatifs dans de nombreux hôpitaux et chez les médecins. Après 6 semaines de négociation bâclées, voici ce qu’ont accepté ces organisations : 


      – Un « socle » de 7,6 milliards d’euros pour les personnels para-médicaux (infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes, etc.) et non médicaux (administratifs, agents des services hos-pitaliers, techniciens divers, etc.) est attribué à 1,5 million d’hospitaliers : une augmentation de salaire versée en deux temps, soit 90 euros au 1er septembre prochain et 93 euros au 1er mars 2021. Au total 183 euros nets mensuels sont octroyés aux agents des hôpitaux et des #EHPAD. Ce qui ne rattrape même pas le blocage du point indiciaire depuis 10 ans ! En effet pour ce rattrapage il aurait fallu 280 euros nets mensuels. Il s’agit donc d’une obole qui montre le mépris du pouvoir pour les salariés, qualifiés de « héros » par Macron ! Il est vrai que la notion de héros est commode : elle dépolitise le problème et, en outre, un héros n’a pas de besoin ! 


      – Une « révision des grilles salariales » - sans autre précision - en avril 2021, et cela ne représentera que 35 euros nets mensuels en moyenne ! Voilà la reconnaissance macronnienne pour celles et ceux qui ont tenu le pays à bout de bras pendant 3 mois et ont limité les dégâts de l’incompétence de ce pouvoir.


      – La « revalorisation » des heures supplémentaires, des primes pour travail de nuit, mais « plus tard » et sans autre précision, ce qui signifie que ce sera indolore pour ce pouvoir !


      – La création de 15 000 postes - sans précision non plus - alors qu’il en faudrait 100 000. De plus, ces postes seront à discuter avec les directions d’établissement, ce qui n’est pas acquis !


      – S’agissant des médecins, le Ségur leur octroie 450 millions d’euros (au lieu de 1 milliard), et 16 « autres mesures » à venir… La principale étant la « revalorisation » de la prime de service exclusif qui passera de 490 euros à 700 euros nets mensuels pour les PHPT (Praticiens hospitaliers plein temps), puis à 1 010 euros en 2021, à condition que ces #PHPT aient 15 ans d’ancienneté...


      – Toujours pour les médecins, révision des grilles salariales mais au rabais (100 millions d’euros), et en 2021, avec la fusion des trois premiers échelons déjà prévue par le plan Buzyn, et en créant 3 échelons supplémentaires en fin de carrière, c’est-à-dire aux calendes grecques !


      – Enfin pour les jeunes médecins et les internes, 124 millions d’euros pour les indemnités aux jeunes praticiens, qui seront portées au niveau du SMIC horaire ! Mais sans revalorisation de leurs grilles indiciaires ! Et cela alors que 30 % des postes sont vacants. Pas de mesure sur les gardes et la permanence des soins. Ce n’est pas avec cela que l’hôpital public sera plus attractif ! On risque même assister à une fuite générale des compétences vers le privé.

      Volet 2 (organisation et investissement) : du pareil au même !
      Monsieur Véran, ministre de la Santé, déclare que ce plan n’est pas fait « pour solde de tout compte ». En effet ! Nous apprenons que ce ne sera pas 15 000 postes qui seront créés mais seulement 7 500 car les 7 500 autres sont déjà inscrits dans le collectif budgétaire prévu dans le plan Buzyn « Ma santé 2022 » ! 


      Ce plan Ségur, animé par Nicole Notat, annoncé par Macron et Castex, proclame que 20 milliards de plus sont alloués aux hôpitaux. Mais en réalité il y en a déjà 13 qui sont sensés contribuer à éponger les dettes des hôpitaux (sur une dette de 30 milliards), ce qui réduit à 6/7 milliards l’ensemble des autres mesures ! 
Notat, qui a remis son rapport sur le volet 2 le 21 juillet, poursuit donc son travail d’enfumage macronien. Ce volet n°2 se limite, en effet, à injecter, sur 4 à 5 ans, 6 à 7 milliards d’euros pour financer les bâtiments, les équipements et le numérique. 6 milliards en 4-5 ans pour l’ensemble de ces mesures alors que l’hôpital est rongé par l’austérité et la réduction de moyens depuis 30 ans ! Sans compter qu’il faudra partager avec le secteur privé « assurant des missions de service public » !

      Considérant l’état des hôpitaux publics, on voit le fossé abyssal qui sépare les besoins réels et cette aumône méprisante ! En guise « d’investissement massif » - comme le promettait Macron - ce ne seront que 2,5 milliards pour les établissements de santé (projets territoriaux de santé, Ville-Hôpital, pour « casser les silos » !), 2,1 milliards pour le médico-social et les EHPAD (rénovation d’un quart des places, équipement en rails de transfert, capteurs de détection de chute, équipements numériques) et 1,5 milliard pour l’investissement dans le numérique et « les nouvelles technologies » . Il est donc évident que ce plan est loin de permettre de « changer de braquet ». Alors que ce sont des milliers de lits qui ont été supprimés depuis 30 ans (quelque 12 000 ces 5 dernières années), le plan Véran-Notat prévoit 4 000 créations mais seulement « à la demande » et « en fonction des besoins » (évalués par qui ?), et pour des motifs de « grippe saisonnière ou d’autres pics d’activité exceptionnels ». En réalité pas un lit ne sera créé pour compenser la destruction systématique de nos hôpitaux. Le COPERMO (Comité interministériel pour la performance et la modernisation de l’offre de soins hospitaliers), véritable instrument de verrouillage de l’investissement dans les hôpitaux publics, sera supprimé et remplacé par un « Conseil national de l’investissement » qui « accompagnera les projets, établira les priorités, répartira les enveloppes uniquement pour ceux qui seront financés sur fonds publics (on ne voit pas comment l’hôpital public serait financé autrement…), ou qui seront supérieurs à 100 millions d’euros » ! Autant dire que seul change le nom du COPERMO mais qu’est conservé l’instrument de verrouillage des investissements hospitaliers ; même si l’intention de le faire cautionner par quelques élus est annoncée comme une mesure formidable !
Ce volet 2 traite de « déconcentration de la gestion des investissements » et envisage de donner plus de pouvoirs aux Délégations départementales des ARS et « aux territoires ». Mais l’on sait que ces Délégations doivent respecter les « plans régionaux de santé » décidés par les ARS... Cette association des élus est donc un leurre !

      Véran annonce que les tarifs de la T2A « vont continuer d’augmenter » les années prochaines, alors que cela fait 10 ans qu’ils baissent… Par ailleurs le ministre propose « de mettre en place une enveloppe qui permettra aux hôpitaux de sortir plus rapidement de ce système » et « d’accélérer la réduction de la part de la T2A... » . Face au caractère fumeux de ces propos il est raisonnable d’être circonspect !

      Parmi « les 33 mesures » annoncées, citons aussi la volonté d’ « encourager les téléconsultations » , de décloisonner l’hôpital, la médecine de ville et le médico-social mais sans mesure concrète, « libérer les établissements des contraintes chronophages » et autres baragouinage sans mesure concrète.


      Le gouvernement veut « une gouvernance plus locale » et une revitalisation des services. Les candidats chefs de service devront présenter un projet : mais c’est déjà le cas ! On ne voit pas très bien le changement… Les pôles sont maintenus, même si les hôpitaux seront libres d’en décider.


      S’agissant des Instituts de formation en soins infirmiers (#IFSI), le gouvernement propose de doubler les formations d’aides-soignantes d’ici 2025 et d’augmenter de 10% celles des #IDE (Infirmières diplômées d’Etat). Ces mesures s’imposaient car l’on sait que la « durée de vie professionnelle » d’une IDE est de 6 ans... Mais au lieu d’augmenter massivement les postes d’IDE et de renforcer les IFSI, le gouvernement « lance une réflexion sur une nouvelle profession intermédiaire entre les IDE et les médecins » … ce qui lui permettra de gagner du temps et ne résoudra pas les manques d’effectifs dans les services !


      S’estimant satisfait d’avoir « remis de l’humain, des moyens et du sens dans notre système de santé » le Ministre conclut en annonçant un autre « Ségur de la santé publique » pour la rentrée et un « comité de suivi » des volets 1 et 2 du Plan Ségur.

      Qui peut se faire encore des illusions après cet enfumage cynique ?
      L’aumône concédée aux soignants, loin de leurs revendications qui préexistaient au Covid-19, ne suffit même pas à corriger le blocage du point d’indice depuis 10 ans alors que des centaines de milliards d’euros sont offerts aux multinationales et au #MEDEF.


      Rien n’est dit sur les ordonnances Juppé de 1995, sur la loi #HPST (hôpital, patients, santé, territoire) de la ministre de la Santé de Sarkozy, Roselyne Bachelot, qui vient de faire un grand retour en qualité de ministre de la culture ! Rien sur les lois Touraine et Buzyn qui ont continué à fermer des lits et détruire des postes !

      Rien sur le matériel, les respirateurs, les médicaments, les postes à créer, les hôpitaux à moderniser ! Rien sur les lits de réanimation dont on a vu la pénurie pendant ces 6 derniers mois ! Rien sur les 30 000 morts dont le pouvoir est responsable, faute de production locale de masques, de gel hydro-alcoolique, de gants, de tenues de protection, de médicaments, alors qu’une autre vague de la Covid-19 menace ! Où est le plan de relocalisation des industries de santé ?

      La signature de cet « accord » par la CFDT, FO et l’UNSA est une infamie ! Et cela alors que ces syndicats savent que Macron-Castex vont remettre sur la table la contre-réforme des retraites ! 


      Ils prétendaient après le volet 1 que les « autres volets » Ségur arrivaient : investissement et financement des hôpitaux, réforme de la #T2A, organisation territoriale, et « gouvernance » de l’hôpital. Pipeau !


      Qui peut se faire encore des illusions après cet enfumage cynique ? 


      Qui peut encore gober les déclarations officielles faisant des soignants des héros alors qu’ils ont été maltraités, le sont et le seront encore après ce Ségur de la honte ?


      Comment l’hôpital public va-t-il s’en sortir alors que la France est en voie de paupérisation et qu’il y aura un million de chômeurs de plus à la fin de l’année ?

      Ce qu’il faut retenir, c’est que 15 organisations n’ont pas signé cet « accord » déshonorant ! Parmi lesquelles la CGT, Sud, l’AMUF, la Confédération des praticiens des Hôpitaux, le Syndicat Jeunes Médecins, l’Union syndicale Action Praticiens des Hôpitaux, le Syndicat des professionnels IDE, etc. Leur manifestation du 14 juillet contre ce « plan » Macron-Castex-Véran-Notat est le début de la réplique contre l’indécent « hommage » de ce pouvoir aux soignants ! Il faut espérer que le mouvement social n’en restera pas là ! Que les citoyens s’en mêleront !

      Un seul objectif s’impose à nous : virer ce pouvoir inféodé aux multinationales, à la finance et à l’Union européenne !

      #Santé #santé_publique #soin #soins #enfumage #baragouinage #ségur #capitalisme #économie #budget #politique #olivier_véran #nicole_notat #agnès_buzyn #jean castex #alain_juppé #roselyne_bachelot #marisol_touraine #paupérisation #médecine #hôpital #inégalités #médecins #médecine #services_publics #conditions_de_travail #infirmières #infirmiers #soignants #soignantes #docteurs #budget #argent #fric #ue #union_européenne

  • Joies et malheurs en télétravail
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200520/joies-et-malheurs-en-teletravail

    Le télétravail serait promis à un avenir radieux, après deux mois où un tiers des actifs ont testé le bureau à la maison, sans trop de dommages pour les entreprises. La réalité pourrait être moins idyllique, surtout en l’absence de cadre collectif. Ah, le bureau qu’éclaire le soleil du matin, et cette tasse de café/thé/Ricoré qui fume près de l’ordinateur, dans une pièce à soi, nimbée de la délicieuse sensation du travail bien fait. Le télétravail pourrait s’apparenter à une semaine sans lundi, à une charmante (...)

    #PSA #COVID-19 #discrimination #santé #télétravail #travail #CGT #CFDT

    ##santé

  • S’il n’y avait qu’un seul article à lire pour apercevoir le monde qui vient et s’y préparer...

    Du Covid-19 à la crise de 2020 https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2020/05/17/du-covid-19-la-crise-de-2020_147702.html

    Ce texte est daté du 8 mai 2020, mais seules les citations choisies dans la presse auraient pu être actualisées, pas le fond du constat. La crise sanitaire est loin d’être terminée, et l’économie et la société s’enfoncent de plus en plus dans la crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences pour les classes laborieuses. L’humanité a largement les moyens scientifiques et techniques de maîtriser la pandémie, même si ceux qui font autorité en matière scientifique répètent qu’il faut du temps pour cela et qu’il faut « apprendre à vivre avec le coronavirus ». Mais la société est enfermée dans le carcan de l’organisation capitaliste, avec la propriété privée des moyens de production et des États nationaux rivaux, et dont les dégâts directs ou indirects sont incommensurablement plus grands que ceux dus au coronavirus...

    Lutte de Classe n°208 - juin 2020 :
    #pdf https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc208_0.pdf
    #epub https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc208_0.epub
    #mobi https://mensuel.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/ldc/files/ldc208_0.mobi

    #capitalisme #crise #pandémie #coronavirus #covid_19 #impérialisme #crise_économique #étatisme #union_européenne #nationalisme #souverainisme #internationalisme #lutte_de_classe #réformisme #CFDT #CGT #révolution_sociale #dette #PCF #gafam #medef #bce #Deuxième_Guerre_mondiale #Etats_unis #chine #concurrence #concentration_du_capital #profit #loi_du_marché #allemagne #dépression #prolétariat #classe_ouvrière #afrique #famine #CNR #Conseil_national_de_la_résistance #Marx #Lénine #Trotsky

  • L’hécatombe du Covid-19 parmi les personnes âgées : colère et indignation !
    http://solidaires.org/L-hecatombe-du-Covid-19-parmi-les-personnes-agees-colere-et-indignation

    C’est dans les rangs des retraités qu’on comptera le plus de victimes, en EHPAD, à domicile, à l’hôpital. Pour enrayer la propagation de la maladie, l’urgence est de remédier à la pénurie de moyens, de personnels, de lits et de respirateurs dans les hôpitaux et, partout, de gants, masques, écrans faciaux, lunettes, blouses, gel hydro-alcoolique, ... afin que les personnels soignants et de service se protègent et protègent les résidents et patients.
    Il est désormais urgent que l’ensemble des personnes âgées puisse avoir accès aux tests de dépistage permettant l’accès aux soins pour les malades et le déconfinement pour ceux qui ne le sont pas.

    Tiens, dans le « groupe des 9 » qui publie ce communiqué, personne de la CFDT, qui signe des communiqués communs pour la bonne marche de l’économie avec le Medef.
    https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/crise-du-coronavirus/coronavirus-pour-le-medef-et-la-cfdt-face-la-crise-l-heure-est-au-rasse

    #Ehpad

    • C’est suffisamment rare et inhabituel pour être souligné : le président du Medef des Pays de la Loire, Samuel Tual, et la secrétaire régionale de la CFDT, Isabelle Mercier [...] cosignent un communiqué commun, ce mercredi 8 avril 2020

      Ils ont la mémoire courte chez ouest-torchon, les retraites, la loi travail etc...

      Il est essentiel que, dans un avenir le plus proche possible, la vie économique et sociale de la Nation puisse être progressivement restaurée. Il en va de l’avenir de notre pays, de notre région, de nos entreprises et de ses emplois.

      « De la méthode construite aujourd’hui dans le dialogue dépendra la solidité des réponses qui permettront ensuite de s’adapter à d’éventuelles répliques. »

      et de la solidité de ceux qui seront passés entre les gouttes.
      dans l’entretien avec I.Mercier

      Les plus vulnérables, CDD, intérimaires, stagiaires, apprentis, sont en première ligne…

      Pour eux, c’est catastrophique. Moins structurés, les précaires trinquent encore plus. C’est la double peine. Même s’il est fondamental et nécessaire de donner des aides aux entreprises, il faut aussi se mobiliser pour la masse silencieuse, alors que les associations ont du mal à fonctionner à cause du confinement.

      si même la CFDT dit ça...

    • Depuis que la CFDT plaide pour les « réformes » néolibérales, elle le fait en prétendant les orienter de façon à ouvrir de nouveaux droits à des salariés non garantis, « exclus ». C’est un reste de ce souci social extra professionnel et interprofesionnel post-déconfesionalisation qui avait fait de ce syndicat un des fers de lance des luttes d’immigrés (OS) et de femmes (ces couches dominées du salariat avaient ainsi pu faire usage de ce syndicat). Premiers « syndicats de chômeurs », et rares expérience de syndicalisation par bassin d’emploi, par delà les entreprises, statuts, etc. Les derniers y ont été les premiers dans l’après 68, en conjonction avec des couches qualifiés modernistes. Et cela donne encore, à l’occasion, un type de prise en compte des dégâts du progrès de la précarisation effectivement plus consistant que chez les autres syndicats.

  • « La prochaine offensive du patronat et de #Macron sera de supprimer les congés payés. La #CFDT clamera victoire car cela sera effectif qu’à partir de 2036. »
    Ce syndicat de patrons propose de stocker des congés pour partir plus tôt à la retraite !
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/francois-asselin-cpme-conges-retraite_fr_5e330d0ac5b6f2623325f99b

    François Asselin, patron de la CPME, estime qu’il faudra travailler plus intensément pendant la vie active... pour pouvoir travailler moins longtemps sur toute une vie.

    • Malin. Mais je propose mieux ! Le travail 24/24 et on a le droit de stocker les heures de sommeil pour la retraite.

      Ils sont géniaux.

      Un peu d’audace, allons plus loin !

      Ne perdons pas plus de temps en mesures sociales hostiles à l’entreprise : supprimons les congés payés et la retraite qui font vieillir bien trop vite les travailleurs. Hop.

  • «  Berger s’indigne moins quand il est lui même condamné pour avoir mis au pas les adhérents #CFDT qui rejette sa politique de la trahison permanente des travailleurs.
    Le loup dans la bergerie syndicale... »
    https://www.revolutionpermanente.fr/La-CFDT-condamnee-Porte-fracturee-salaries-intimides

    Tout le monde connaît l’un des premiers films des frères Lumière, « L’arroseur arrosé ». Cette fois-ci, dans le rôle du jardinier, nous avons Laurent Berger, qui se scandalise facilement quand il s’agit de jouer aux victimes, mais est davantage discret quand c’est la CFDT qui est condamnée…

    L’histoire est assez simple. Et tristement révélatrice de certaines pratiques de la direction cédétiste. En 2015, sur les Grands Magasins parisiens du Boulevard Haussmann, les militants du syndicat du commerce CFDT s’opposent aux accords signés, à l’époque, par leur confédération sur le travail le dimanche. Ils n’ont pas envie de turbiner le week-end, et on les comprend. Ils estiment qu’il s’agit d’une régression sociale, et ils ont raison.

    Comment réagit Laurent Berger, grand démocrate devant le gouvernement et le patronat ? Il voit rouge (pour une fois). Il envoie des gros-bras de la confédération pour fracturer la porte des locaux syndicaux afin de placer le syndicat sous tutelle et, au passage, s’approprier ses comptes bancaires. Les syndicalistes qui ont été vidés de leur organisation ne s’avouent pas vaincus, reconstituent une nouvelle organisation, sur le champ, le Syndicat Commerce Indépendant Démocratique (SCID) et portent plainte contre leur ancien secrétaire général.

    La sentence est tombée le 16 janvier, la veille de la visite de plusieurs grévistes de la Coordination RATP-SNCF aux locaux nationaux de la CFDT, à Belleville. Bizarrement, la décision des juges n’a pas fait la une de la presse, n’a pas fait l’objet d’une prise de position de Macron et n’a pas non plus été commentée par Berger. Et pour cause. Berger a été condamné par la cour d’appel de Paris pour « abus de pouvoir ». Mettre un syndicat de base sous tutelle et prendre des sanctions contre ses militants contrevient non seulement aux statuts de la Confédération Française Démocratique du Travail, mais viole également l’une des conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) de Genève. Comme on dit, en langage courant, c’est ballot.

    Les syndicalistes du SCID, eux, persistent et signent. Après cette condamnation de Berger, ils continuent à demander sa démission pure et simple…

  • #Assurance-chômage : voici les nouvelles règles d’indemnisation en vigueur à partir du 1er novembre

    Ces dispositions très décriées qui pourraient créer des « drames » pour les #chômeurs, selon le numéro un de la #CFDT, Laurent Berger.

    Même la CFDT le dit... MÊME LA CFDT !

    6 mois (au lieu de 3) pour ouvrir des droits, 6 mois (au lieu d’1) pour les recharger, 10 000€ / an pendant 2 ans pour ouvrir des droits en tant qu’indépendant (quand 75% des #auto-entrepreneurs ne se dégagent pas un SMIC) et uniquement en cas de liquidation (qui liquide son activité alors qu’il fait 10000€/an ?), des droits pour les démissionnaires au bout de 5 ans uniquement si projet sérieux ( = créer son entreprise et sortir du système du chômage) et avec contrôle bien sûr (par qui ?)...

    C’était le volet social du quinquennat #Macron, merci bonsoir...

    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/assurance-chomage-voici-les-nouvelles-regles-d-indemnisation-en-vigueur

    #chomeur

  • Les 66 propositions du « pacte pour le pouvoir de vivre » , où Berger sort de sa niche avec Hulot et qu’avec L’ImMonde ils se proposent d’amender et sauver le régime
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/05/les-66-propositions-du-pacte-pour-le-pouvoir-de-vivre_5431464_3232.html

    Dans une alliance inédite, dix-neuf organisations, ONG et syndicats présentent mardi 5 mars une série de mesures pour « faire face à l’urgence sociale et économique ».

    Document. Le ton est solennel. Dans un document publié mardi 5 mars, présenté dans Le Monde par Nicolas Hulot, le président de la fondation qui porte son nom, et le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, dix-neuf organisations, ONG et syndicats mettent en garde. « Les alarmes retentissent. Qu’elles viennent de nos organisations depuis des années ou plus récemment de citoyens éloignés de la vie publique, ces alarmes disent la même chose. Un modèle de société qui génère autant d’inégalités et d’injustices et met en péril la vie sur Terre de nos enfants et petits-enfants, et de millions d’êtres humains à travers le monde, n’est plus un modèle. C’est un non-sens », écrivent ces organisations.

    Ces structures – dont l’UNSA, ATD quart-monde, la Mutualité française, France terre d’asile, le Réseau action climat, la FAGE… – sont rassemblées dans une coalition inédite en faveur d’un « nouveau pacte politique, social et écologique », qu’elles définissent comme « un pacte pour l’humain et pour l’humanité (…). Un pacte du #pouvoir_de_vivre, aujourd’hui et demain, dans la dignité et le respect, un pacte qui nous engage tous ».
    A l’appui, 66 propositions, qui vont du logement à la formation, de la lutte contre l’exclusion à la mobilité, de la fiscalité à la politique du grand âge, avec comme exigence centrale la préservation de l’environnement et des conditions de vie futures de l’humanité.

    Avec une vidéo et la liste des propositions, "un quasi-programme politique"...
    #Pacte_social

    Nicolas Hulot et Laurent Berger : « 66 propositions pour un pacte social et écologique », Propos recueillis par Simon Roger, Audrey Garric et Rémi Barroux

    Au nom d’une coalition inédite de 19 organisations, l’ancien ministre et le secrétaire général de la CFDT présentent un pacte visant à concilier transition environnementale et équité.

    Représentant une alliance de dix-neuf organisations issues de la protection de l’environnement et du mouvement social, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Nicolas Hulot, ancien ministre de la transition écologique qui a démissionné de son poste en août 2018, aujourd’hui président de la fondation qui porte son nom, présentent un projet « pour donner à chacun le pouvoir de vivre ». Celui-ci rompt avec la politique du gouvernement, sur fond de crise des « gilets jaunes » et de mobilisations pour le climat.

    Vous présentez, mardi 5 mars, soixante-six propositions qui forment un « pacte social et écologique ». Qu’apportez-vous de plus dans le débat actuel sur l’enjeu climatique ?

    Nicolas Hulot Notre alliance : cette coalition veut rendre définitivement indissociable l’enjeu écologique et l’enjeu social. Ce n’est pas un front de dénonciation, mais de proposition. Notre responsabilité, dans un contexte très tendu, au niveau national, européen et, plus encore, au niveau mondial, est de ne pas rester dans le constat, mais d’aller vers la construction, dans la proposition, d’additionner les intelligences et cesser de les opposer.
    Toutes les initiatives en cours, marches, mobilisation des jeunes, etc., sont autant de signaux positifs, incitatifs, à destination des politiques. Dans une démocratie qui fonctionne bien, il faut trouver une forme de synchronisation entre les aspirations citoyennes et la volonté politique.
    Un dénominateur commun existe entre elles : la double soif de cohérence et de dignité. Ces mouvements posent des questions qui doivent être entendues, notamment la demande d’équité – que chacun prenne sa part à proportion de ses moyens –, et de dignité parce qu’il y a des injustices dont on s’est accommodé trop longtemps. Ce n’est plus possible dans un monde où tout se voit, tout se sait.

    Laurent Berger A l’urgence écologique a répondu une ambition très faible. Le mouvement social, qui a bien d’autres causes, s’est cristallisé au départ sur la question de la fiscalité écologique. L’ambition sociale n’est pas antinomique du respect de l’environnement et de l’ambition écologique, et doit être au contraire construite de façon concomitante. Dans notre pacte, se retrouvent des organisations environnementales, des syndicats, des associations de lutte contre la pauvreté, sur le logement, de jeunesse et des mouvements d’éducation populaire.
    Ensemble, nous voulons affirmer l’enjeu de la transition écologique. « L’Affaire du siècle » [quatre associations attaquent l’Etat en justice pour son « inaction climatique »], mais aussi la mobilisation internationale des jeunes, le 15 mars, et la marche du 16 mars pour le climat sont autant de raisons d’espérer. Ne lâchons rien, et même allons beaucoup plus loin sur la transition écologique. Elle contribue aux solidarités, à l’emploi, à la lutte contre la pauvreté. A la condition que l’on fasse les bons choix, notamment en termes de répartition des richesses, en termes de politique fiscale. Ce n’est pas ce qui se fait aujourd’hui.

    Qu’espérez-vous concrètement avec le lancement de la plate-forme ?

    N. H. Il faut rester réaliste, d’autant qu’on est à un point de bascule dans nos sociétés. Nous ne passerons pas d’un état de scepticisme et d’inquiétude à un état d’euphorie. Il en faudrait peu pour basculer vers l’irréversible. Et il n’en faudrait pas non plus beaucoup pour qu’en y mettant des moyens et de la cohérence, on puisse faire un saut qualitatif. Mais les délais sont très courts. Les choix qui vont être faits en Europe et en France sont déterminants sur l’amplitude de la crise écologique, qui se cumule à une crise sociale, économique, culturelle et de civilisation.
    A partir du moment où il y a une expression diversifiée, massive, une injonction presque amicale aux politiques, j’attends qu’ils se sentent pousser des ailes et piochent dans notre boîte à outils, dans les propositions de ceux qui représentent des citoyens, des hommes et des femmes de terrain. Qu’ils ne voient pas cela comme un affront, mais comme une aubaine.
    Il y a une nécessité de rétablir une forme de confiance entre le politique et le citoyen. Ne tombons pas dans le travers démagogique qui est de considérer que ce serait dû au fait que le politique ne comprend rien à rien. Il a les défauts et les qualités du reste de la population. Il faut essayer de comprendre pourquoi, tous les cinq ans, on se soumet à une forme d’illusion et pourquoi, un an et demi après, on retombe sur terre violemment.
    Ce qui ne fonctionne pas, c’est qu’on ne se donne pas les moyens, c’est-à-dire qu’on se débarrasse d’un certain nombre de sujets avec des feuilles de route, des plans mais, bien souvent, sans la capacité de les réaliser, et notamment sans le nerf de la guerre : l’argent. Dans une période de transition qu’il est nécessaire d’accompagner, afin de la rendre socialement acceptable et même désirable, il faut investir.

    Dans quels secteurs ?

    N. H. Les problèmes de précarité énergétique, de mobilité, d’alimentation saine, appellent des investissements massifs. Et l’on sait bien que les marges budgétaires des Etats, si l’on tient compte des critères maastrichtiens et de la réalité de notre budget, sont réduites comme peau de chagrin. Si on ne sort pas des sentiers battus, on entretiendra encore une fois une mystification et une grande désillusion collective.
    Dans nos propositions, il y a deux choses. Premièrement, être capable d’extraire les investissements des critères européens. Deuxièmement, il faut un big bang fiscal parce que la fiscalité actuelle n’est pas juste, que le partage de l’effort n’est pas équitable. La fiscalité s’est accommodée trop longtemps de ce que les plus malins se sont organisés pour échapper à la solidarité. Parce qu’aussi, la fiscalité écologique a toujours été pensée comme additionnelle et punitive – ce qui s’est passé avec la fameuse taxe carbone –, alors qu’il faut faire en sorte qu’elle soit incitative ou dissuasive, mais sans mettre en difficulté.
    Bercy [le ministère de l’économie] doit faire son deuil sur l’affectation de la taxe carbone au budget national. Les recettes doivent être affectées à un coussin social, destiné aux gens qui se retrouvent dans une impasse. Personne ne conteste la nécessité de mettre un prix à la pollution, mais, collectivement, on s’y est très mal pris.

    L. B. Notre objectif, c’est que le gouvernement entende l’ambition que portent un certain nombre d’organisations représentant les corps intermédiaires. Celle-ci ne consiste pas en une simple liste de mesures, c’est celle d’un pacte social pour la transition écologique, la construction d’un autre modèle de développement. Pour cela, il existe plusieurs leviers dont le principal est financier. Il faut des politiques d’investissement, au niveau national comme européen, dignes de ce nom et pour cela, il faut mettre à contribution les flux financiers et rendre la finance plus responsable socialement et écologiquement.
    Le gouvernement doit comprendre que s’il se contente de retenir le troisième tiret d’une proposition, puis le quatrième d’une autre, cela ne fera pas sens. Cette transition doit se faire à hauteur de femme et d’homme. C’est cela que nous appelons le pouvoir de vivre. Nous n’avons pas seulement rédigé une contribution pour le grand débat, nous voulons nous inscrire dans la durée et peser sur les politiques menées, durablement. Et nous espérons qu’elle ne sera pas traitée d’un revers de la main.

    Pourquoi seriez-vous plus entendu aujourd’hui, alors que vous évoquez un « manque d’écoute du gouvernement »…

    L. B. Nous n’avons certes pas la certitude d’être entendus. Le gouvernement peut décider de traverser cette crise en continuant, comme avant, dans une pure logique budgétaire, sans fixer un cap de politiques sociales dans le cadre d’une vraie transition écologique. Si, à la fin du grand débat, la conclusion est soit institutionnelle, soit faite de mesurettes s’inscrivant dans un cadre budgétaire contraint, ce sera un échec. La colère ressurgira sous d’autres formes, avec des issues qui nous inquiètent profondément. Il n’y a pas qu’un enjeu écologique et social, il y a un enjeu démocratique dans la crise que nous traversons.
    Il n’y a que ceux qui n’auront pas essayé de peser sur l’issue du grand débat qui auront fait une connerie. Moi, je suis un peu plus flippé qu’il y a quelques années sur la situation sociale, écologique et démocratique. On aurait tous préféré être écoutés plus en amont. Mais il vaut mieux maintenant que jamais.

    La taxe carbone, point de départ de la colère des « gilets jaunes », peut-elle être conjuguée aux attentes sociales ?

    N. H. Pas telle qu’elle a été mise en œuvre. C’est un vieux débat. A l’époque où l’idée de fixer un prix au carbone avait été mise sur la table, je rappelle que les ONG, dont je faisais partie, avaient parlé de cette contribution climat énergie pour aider ceux qui allaient se retrouver dans la difficulté. La recette de cette taxe doit être intégralement affectée à la dimension sociale. Mais il faut quand même inciter tout le monde à la vertu, et mettre un prix à la pollution. Il faut un dispositif d’ensemble. J’ai toujours fait partie des convaincus qui estimaient que si on voulait cette transition, il fallait intégrer l’élément social. Pourquoi, d’après vous, ai-je appelé mon ministère « de la transition écologique et solidaire » ?
    Mais l’heure n’est ni au constat ni au procès du passé, notre démarche n’est pas agressive, elle est constructive. Personne n’a seul la vérité, mais chacun en détient une part. Le citoyen avec son gilet jaune a sa part de réalité mais ne mésestimons pas les corps intermédiaires, les ONG qui se sont penchées depuis longtemps sur cette question et avaient tiré le signal d’alarme.
    La fiscalité dans son ensemble est un outil de recettes pour certains, mais c’est aussi un outil de régulation. En affirmant les principes de prévisibilité, de progressivité et d’irréversibilité, en quinze ans, on peut changer les modes de production et de consommation. Qu’est-ce qui nous interdit dans la perspective européenne de mettre sur la table une TVA modulable en fonction des impacts sociaux et environnementaux ? Qu’est-ce qui nous interdit d’y aller à fond sur la taxe sur les transactions financières, car si nous ne donnons pas une bouffée d’air aux Etats, nous serons toujours condamnés à l’austérité au Nord et à la misère au Sud. Qu’est-ce qui nous interdit d’inscrire dans les priorités la fin de l’optimisation fiscale dans l’espace européen ?

    La fiscalité apparaît centrale dans votre approche…

    N. H. Si on ne met pas fin à ces injustices, je peux comprendre que la taxe carbone paraisse injuste car dans le même temps l’ISF a été supprimé. En outre, on voit que l’aviation et le transport maritime sont exonérés de cette taxe. Même si j’entends les arguments d’Emmanuel Macron sur l’intérêt d’arrêter cet impôt, il faut mettre l’ensemble de ces sujets sur la table si on veut apaiser les esprits. Que le citoyen n’ait pas le sentiment d’être le seul mis à contribution et que les plus gros pollueurs, les plus puissants, y échappent. Le moment de l’équité et de la vérité fiscale est venu.
    Dans la perspective des élections européennes, il faut mettre la barre très haut. Rien qu’en France, on a besoin de 10 à 30 milliards d’euros en plus pour investir dans la transition. Il ne faut pas les voir comme des éléments de dépense mais comme des éléments d’indépendance. Tout ce qu’on investira dans les énergies renouvelables restera dans nos frontières. Tout ce qu’on économisera grâce à l’efficacité énergétique sera autant d’argent à investir dans le social, la santé, l’éducation. Quand j’étais ministre, on me disait en permanence que, « par principe », on ne pouvait pas sortir des critères de Maastricht. Ce dont je suis sûr, c’est qu’à force de dire « on ne peut pas par principe », cela se terminera forcément mal. On ne peut pas continuer comme cela.

    Etes-vous favorables à la relance de la hausse de la taxe carbone ?

    L. B. Il y a nécessité de relancer la taxe carbone. Est-ce qu’il faut repartir sur le même mécanisme, c’est un vrai sujet. Mais donner un prix au carbone est nécessaire. Il faut aller plus loin : répartir différemment les richesses, taxer davantage les dividendes, taxer les transactions financières.

    N. H. Il faut regarder toutes les possibilités pour donner un prix à la pollution. Certains parlent d’une taxe flottante. D’autres disent que cela n’est pas possible à piloter, mais il me semble qu’en d’autres temps [entre 2000 et 2002], on a eu une TIPP [taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers] flottante. En revanche, on sait ce qu’il ne faut plus faire : une augmentation de la taxe carbone qui ne soit pas redistribuée, soit dans la transition énergétique, soit pour aider les personnes impactées qui n’auraient pas la possibilité de compenser.

    Faut-il rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ?
    L. B. On a besoin d’une contribution fiscale des plus hauts revenus. Est-ce l’ISF ? Les combats perdus ne m’intéressent pas, le gouvernement ne reviendra pas sur la suppression de l’ISF. Une régulation de la finance, en renforçant la lutte contre l’évasion fiscale ou en taxant les GAFA [les géants du numérique, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft], accompagnée par une fiscalité beaucoup plus redistributive avec, par exemple, une tranche d’impôts supplémentaire, peut permettre de dégager les moyens importants que nécessite la transition écologique. On doit mettre les moyens là où on en a le plus besoin – l’investissement productif au service de la transition écologique, la vie quotidienne des Français avec les déplacements, le logement –, et en direction des plus fragiles.

    N. H. La fiscalité écologique a été le bouc émissaire. Il y a eu un manque de transparence et la brutalité d’une hausse sans compensation. Vouloir dégager des marges de manœuvre grâce à la fiscalité écologique est une erreur. J’ai la conviction que pour Bercy, la taxe carbone a été une aubaine. Pour faire des économies, il faudrait plutôt remettre en cause les milliards de subventions aux énergies fossiles, ou revoir la fiscalité sur les dividendes et sur tout ce qui est exonéré en toute immoralité. C’est cela qui crée l’exaspération et la colère des citoyens, et qu’il faut remettre à plat.
    La transition, c’est aussi du concret. On propose, par exemple, un service public de la transition écologique avec un guichet unique. Cela fait partie de ces mille mesures qui restent lettre morte. On se fixe depuis plusieurs gouvernements des objectifs de rénovation des passoires thermiques, mais on ne met pas l’argent. Soit parce que l’on ne va pas le chercher là où il est, soit parce que l’on est prisonnier des critères de Maastricht.

    Comment trouver cet argent ?
    N. H. Les traités européens offrent des flexibilités que l’on n’exploite pas pleinement pour investir massivement dans la transition. L’urgence climatique ne justifie-t-elle pas de déroger, au moins quelques années, au court-termisme budgétaire ? Quand il y a eu la crise économique, on ne s’est pas posé la question de sortir de l’orthodoxie financière en faisant de la création monétaire, pour sauver pas seulement les banques mais aussi les épargnants. Cela a davantage servi à la spéculation plutôt qu’à l’investissement. Aujourd’hui, on s’interdit d’y penser pour sauver non seulement la planète, mais surtout l’avenir de nos enfants. Ça me rend dingue.
    On peut aussi étudier la proposition de Pierre Larrouturou et de Jean Jouzel du pacte finance-climat [qui prévoit notamment la création d’une banque et d’un fonds européen du climat, totalisant jusqu’à 300 milliards d’euros par an].

    L. B. Il faut aussi conditionner un certain nombre d’aides publiques versées aux entreprises au fait qu’elles investissent dans la transition écologique et dans des politiques sociales, comme l’intégration de personnes discriminées. Elles doivent aussi investir dans un partage de la gouvernance.

    Pourquoi la France ne sait-elle pas organiser concrètement la transition, comme assurer la mutation professionnelle liée à la fermeture d’une centrale nucléaire ?

    L. B. Notre pays ne vit que dans l’instant et pâtit d’une incapacité d’anticipation. Quand le moment des choix arrive, ils se déroulent toujours dans une forme d’hystérie et de confrontation stérile. On ne sait pas se fixer un cap clair ou tracer une trajectoire sans mettre les problèmes sous le tapis.

    N. H. Quand on s’est fixé l’objectif de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici à 2025, c’était un cas d’école : on met ça dans la loi de transition énergétique et plus personne ne s’en occupe. Quand on regarde après, c’est la panique. C’est pour ça que la transition doit être basée sur trois principes : prévisibilité, progressivité mais irréversibilité.

    Soutenez-vous la mobilisation des jeunes et la grève scolaire internationale du 15 mars ?

    L. B. Je préfère toujours voir des lycéens se mobiliser sur des causes nobles et justes, pour le climat, contre le racisme ou le rejet de l’autre, plutôt que sur des choix sur telle ou telle réforme de droit du travail qui les concernera un jour mais pas tout de suite. Je pense que la jeunesse a un devoir d’alerte et qu’elle l’exerce aujourd’hui. En revanche, je ne soutiens jamais la désobéissance civile. On vit avec des règles communes ; si on les respecte tous, on peut les faire évoluer.

    N. H. Je me réjouis simplement qu’ils se manifestent et expriment leur inquiétude car leur sort est entre nos mains. Je ne pratique pas la désobéissance civile, mais je n’ai pas à dire aux lycéens ce qu’ils doivent faire. Ce signal très intéressant ne peut pas laisser insensibles les uns et les autres.

    Nicolas Hulot, pensez-vous que votre démission ait été le catalyseur de ce mouvement ?

    N. H. Je ne suis pas le mieux placé pour y répondre, mais quand je regarde la chronologie des faits, je me dis que cela y a probablement contribué. Je ne l’avais pas imaginé. Je me réjouis de toutes ces initiatives, positives, constructives et pacifiques. Cela me redonne un peu d’espoir.

    Toujours prévoir un ersatz de #sociale-démocratie au cas où ça tangue trop fort.

    • « Le syndicat le plus constructif de France » : Comment Laurent Berger est devenu le premier opposant à Emmanuel Macron, [rire un peu avec] Françoise Fressoz
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/09/comment-laurent-berger-est-devenu-le-premier-opposant-a-emmanuel-macron_5433

      Depuis le début du quinquennat, le secrétaire général de la CFDT tente de s’inscrire dans une opposition constructive au chef de l’Etat pour rénover la social-démocratie.

      Ne dites pas à Laurent Berger qu’il fait de la politique, il vous répondra que « la CFDT assume ce qu’elle est : un syndicat de transformation sociale ». Ne lui rétorquez pas qu’il est en train de s’imposer comme l’opposant numéro un au chef de l’Etat dans le camp de la social-démocratie moribonde, il vous assurera la main sur le cœur qu’il n’est « ni dans le combat politique ni dans une opposition à Emmanuel Macron, mais dans une démarche constructive ». Et pourtant, à 50 ans, le secrétaire général de la CFDT est en train de changer de stature. [tadadam !]

      Naguère discret, le syndicaliste occupe le devant de la scène politique, comme s’il était le dernier survivant de la famille sociale-démocrate mise en déroute par l’élection du candidat d’En marche ! Son dernier coup d’éclat ? La publication, mardi 5 mars, d’un « pacte social et écologique » soutenu par dix-neuf organisations, comportant soixante-six propositions concrètes, doublée d’un entretien croisé dans Le Monde avec l’ex-ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. L’emblématique défenseur de l’environnement avait dit oui à Emmanuel Macron en mai 2017, avant de quitter le gouvernement en août 2018, estimant n’avoir pas les moyens de son action.

      Ce que proposent aujourd’hui les deux hommes est un véritable manifeste politique centré sur la compatibilité entre l’écologie et le social avec des propositions qui sont autant de contestations de l’action en cours : plus grande progressivité de l’impôt, taxation des hauts patrimoines, fin des dérogations bénéficiant aux revenus du capital, etc. En plein grand débat national, le texte aurait dû être logiquement porté par la gauche réformiste, si celle-ci n’était sortie exsangue de l’élection présidentielle.

      Fin janvier, L’Obs avait consacré sa « une » au syndicaliste, voyant en lui le digne héritier d’Edmond Maire (ex-secrétaire général de la CFDT) et le phare de la reconstruction de la deuxième gauche. Et tant pis si sa visibilité reste encore faible. Dans les rangs syndicaux, on ne s’improvise pas leader comme cela. Laurent Berger le Nantais a été repéré en 2003 par François Chérèque et a gagné ses galons un à un, en se faisant élire puis réélire patron de la CFDT, au terme d’un minutieux travail de terrain. Puis, il a hissé son organisation au rang de premier syndicat de France et cela l’a libéré.

      « Heureusement qu’il est là ! »

      Dans un pays où la gauche réformiste a toujours eu du mal à s’assumer, rongée par la culpabilité de n’être jamais suffisamment révolutionnaire, lui revendique haut et fort le positionnement que la centrale assume avec constance depuis l’éviction des trotskistes en 2003. « Je ne me lève pas chaque matin en me demandant ce que va dire Philippe Martinez [le secrétaire général de la CGT] », s’amuse-t-il.

      Sous le précédent quinquennat, cela donnait lieu à des discussions épiques avec François Hollande. « Assume donc tes conquêtes au lieu de t’en excuser » , conseillait le syndicaliste au chef de l’Etat, qui n’a pourtant cessé de louvoyer entre son aile sociale-démocrate et son aile sociale-libérale, pour finir par être dépassé par cette dernière.

      Même s’il déplore un beau gâchis, le leader cédétiste n’a jamais rompu le dialogue avec l’ancien président. Lorsque la Fondation Jean-Jaurès l’a auditionné à l’automne 2018 pour tirer l’inventaire du précédent quinquennat, Laurent Berger n’a pas chargé la barque, contrairement à beaucoup d’autres. Les deux hommes continuent d’échanger avec plaisir mais sans exclusive.

      Article réservé à nos abonnés : L’autopsie sans complaisance du quinquennat Hollande par la Fondation Jean-Jaurès

      Le syndicaliste a aussi des contacts réguliers avec Bernard Cazeneuve, Jean-Marc Ayrault, Michel Sapin et beaucoup d’autres dans les rangs #socialistes et #écologistes. « Heureusement qu’il est là ! », s’exclament ces derniers en substance.

      Mais plus les éloges fusent, plus le syndicaliste se braque. « Si la #gauche pense qu’elle peut me récupérer, elle se fourre le doigt dans l’œil ! », dit-il au Monde. Pas touche à l’autonomie de la CFDT, c’est son ADN [qu’une série de mutations génétiques initiées durant les 70 a totalement retournée] . Tout comme l’est sa volonté de s’affirmer encore et toujours comme le syndicat le plus constructif de France .

      Créer un rapport de force

      Oui, mais comment le démontrer sans débouché politique ? C’est la question autour de laquelle tourne Laurent Berger depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Pour prouver son utilité, il doit créer un rapport de force, donc jouer la surenchère. C’est la grande nouveauté par rapport à l’ère Hollande. Il n’y était pas forcément préparé car, a priori, rien d’incompatible entre lui et le président. A la fin de l’étrange printemps 2017, l’ex-secrétaire générale de la CFDT #Nicole_Notat avait d’ailleurs appelé à voter Macron. Et une grande partie des adhérents l’avait suivie, tout comme une majorité d’électeurs socialistes.

      Mais, depuis le début du quinquennat, le courant ne passe pas. « J’ai des discussions intéressantes avec le président mais, à certains moments-clés, lorsque certains mots sont prononcés comme ceux de solidarité ou de pauvreté, je vois son regard partir ailleurs », a récemment confié à un proche Laurent Berger, très troublé, de retour d’un tête-à-tête avec le chef de l’Etat.

      Lire aussi La gauche salue le « pacte » proposé par Laurent Berger et Nicolas Hulot [sic]

      Au sein de la majorité, un certain nombre d’élus ou de responsables regrettent d’ailleurs que le quinquennat se déporte trop à droite et néglige l’apport capital, à leurs yeux, du syndicat réformiste. Lorsque, en plein mouvement des « #gilets_jaunes », le premier ministre Edouard Philippe éconduit maladroitement le leader de la CFDT en refusant le « Grenelle du pouvoir de vivre » qu’il vient de proposer, le président du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, le rattrape par la manche en l’invitant, le 14 janvier, à intervenir devant les députés de la majorité. Laurent Berger y est ovationné.

      « Je n’ai pas de problème personnel avec Emmanuel Macron, je ne suis ni son ami ni son ennemi », tient aujourd’hui à préciser le leader syndical, faisant valoir que ce qui envenime leur relation dépasse largement le cadre du ressenti personnel.

      « Ce qui est en jeu, c’est la nature et l’ampleur de la recomposition politique en cours, analyse Gérard Grunberg, directeur de recherche émérite CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po. Soit il y a encore de la place pour une gauche sociale-démocrate rénovée, soit on va vers une recomposition à l’américaine autour d’un parti démocrate social-libéral. »

      Pour un retour en force des partenaires sociaux
      Laurent Berger joue clairement la première option. Le syndicaliste supporte mal le discours présidentiel autour des « premiers de cordée » qui néglige la notion « d’émancipation collective » chère à la CFDT. « On grandit avec les autres et dans les autres », martèle l’ancien adhérent de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), qui met en cause le bonapartisme du président, cette « vision personnelle » du pouvoir.

      Ce que reproche en retour Emmanuel Macron à la CFDT, comme aux autres syndicats, n’est pas moins lourd. Le président les tient pour responsables de ne pas vouloir assumer leur part dans la transformation qu’il appelle de ses vœux. « Si la CFDT avait fait son travail, on n’en serait pas là », soupire souvent M. Macron devant ses proches, en évoquant, entre autres, le chômage de masse qui gangrène le pays.
      Le mouvement des « gilets jaunes » n’a pas permis de solder la querelle. Certes, il a fait vaciller le pouvoir, mais sans épargner les syndicats, qui se sont sentis débordés et contestés. Là où Laurent Berger plaidait pour un retour en force des partenaires sociaux, le président a répondu par un grand débat national qui a conforté sa relation directe aux Français.
      L’idée que les syndicats, comme les partis, sont « mortels » s’ils ne se régénèrent pas, que le pays traverse un épisode dangereux pour la démocratie, parce que ses structures se désagrègent, éclaire toute sa démarche. « Il faut resserrer les liens avec la société civile et les territoires, martèle le syndicaliste. Si on veut éviter que le pays s’hystérise encore plus, il faut savoir entendre les différentes aspirations, dialoguer et concerter. »

      Depuis deux ans, le leader de la CFDT a intensifié le travail avec les intellectuels, les fondations, mais aussi les associations, pour faire émerger des propositions communes sur tous les grands sujets, devenant ainsi « le navire amiral de la société civile sociale-démocrate », selon l’expression du directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein. « Laurent Berger a parfaitement compris l’importance de l’enjeu environnemental. Il renoue avec ce qu’avait tenté de faire le syndicat dans les années 1970 en travaillant sur ce sujet avec les ONG », observe l’ancien secrétaire confédéral de la CFDT, Richard Robert, éditeur du site Internet Telos.

      « Je veux être utile », répète comme un mantra Laurent Berger, sans pour autant cacher que son alliance avec le très médiatique et populaire Nicolas Hulot est un pavé dans la mare. « Après ça, je ne crois pas qu’ils puissent nous mépriser totalement », jubile-t-il en désignant l’Elysée et Matignon. Quelques heures après la publication du manifeste, le chef de file de la CFDT a reçu ce SMS dithyrambique de Gilbert Cette, professeur d’économie associé à l’université Aix-Marseille, qui avait conseillé Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle : « Bravo pour ce texte, tu positionnes la CFDT comme le grand syndicat réformiste du XXIe siècle ! »

      La réaction de LRM, qui doit présenter sa contribution au grand débat dimanche 10 mars, est bien plus mesurée. « Je me retrouve sur le projet de société, sur le fait de remettre les citoyens au cœur et de penser les sujets de transition comme un tout », réagit le délégué général du parti présidentiel, Stanislas Guerini. Mais pas question pour autant d’avaliser les propositions du syndicaliste.
      « Je ne suis pas sûr qu’être dans la surenchère soit efficace. La période est tellement particulière qu’elle appelle chacun à se dépasser », souligne pour sa part le conseiller d’Emmanuel Macron Philippe Grangeon. Pas de doute, Laurent Berger fait de la politique.

      #CFDT #syndicat_jaune

  • Les directions syndicales répondent à l’appel de Macron pour maintenir l’ordre contre les gilets jaunes

    Une journée. Il n’a pas fallu une journée à Macron pour discipliner les directions syndicales. En échange du sacro-saint « dialogue social », la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU, ont répondu à l’appel à l’union sacrée du gouvernement visant à maintenir l’ordre contre les gilets jaunes qui font aujourd’hui trembler les classes dominantes.

    http://www.revolutionpermanente.fr/Les-directions-syndicales-repondent-a-l-appel-de-Macron-pour-ma

    #Macron #syndicats #dialogue_social #CFDT #CGT #FO #giletsjaunes #gilets_jaunes

    • The undead centre meets the shitstorm | Richard Seymour on Patreon
      https://www.patreon.com/posts/23184702

      The problem is that, absent further ideological clarification, organisation and “leaderful” development, Macronite tactics will work. The fact that the leaders of the major unions were successfully drafted by Macron into an initiative to control the protests in exchange for an opening of ’dialogue’ on the government’s reforms, is bad news, both for the unions themselves and the protesters.

      The shitstorm, the unpredictable explosion of social anger mediated by data platforms, is the future. These uprisings will create complex terrains of political action, not finished objects. They create moments from which new coalitions and chains-of-equivalents can be assembled, but their unity is intrinsically precarious, and they cannot sustain themselves without reaching into and mobilising a ’thick’, tactically cautious, civic society fabric.

    • Les syndicats doivent prendre leurs responsabilités
      https://solidaires.org/Les-syndicats-doivent-prendre-leurs-responsabilites

      L’Union syndicale #Solidaires n’a pas signé aujourd’hui le texte rendu public par toutes les autres organisations syndicales à la suite d’une réunion qui s’est tenue ce matin.

      Pour Solidaires il n’est pas possible :
      – de décider qu’il est urgent de ne rien faire
      – de s’engager dans des négociations à leur sens ouvertes par le gouvernement
      – de condamner uniquement « les formes de violence dans l’expression des revendications ».

      Cette déclaration des syndicats d’aujourd’hui est hors sol.
      La colère sociale exprimée depuis plusieurs semaines par les gilets jaunes et les maigres reculs consentis ne peuvent être transformés en « négociations » de circonstances voulues par le gouvernement. Cette colère n’est plus canalisable par de faux semblants.

      Nous avons proposé aux autres syndicats de construire rapidement une journée de grève générale pour peser dans le rapport de force et arracher des augmentations de salaire et des droits sociaux. Notre proposition est restée lettre morte.

      Une posture d’unité syndicale qui n’évoque pas les violences subies par les manifestant-es depuis plusieurs années, et encore plus gravement depuis les dernières semaines, est inconcevable pour Solidaires.

      Nous portons et continuerons à porter dans le champ syndical la parole de ceux et celles qui considèrent que la construction de convergence de luttes entre les lycéen-nes, retraité-es, étudiant-es, salarié-es précaires, chômeur-euses, et toutes celles et ceux qui se battent pour la justice sociale, la justice environnementale est à mener.

      Nous appelons dès le 8 décembre à réaliser la convergence entre alarmes climatiques et sociales en étant présent-es dans la rue. Nous appelons à amplifier les mobilisations dans les secteurs où elles sont en cours, notamment par la grève, nous sommes aux côtés de celles et ceux qui, partout aujourd’hui, exigent la justice sociale. Notre Union syndicale met à disposition son outil syndical partout où cela sera jugé utile.

  • « Gilets jaunes » : les syndicats dénoncent « toutes formes de violences » - Les Echos
    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0600291393067-gilets-jaunes-les-syndicats-denoncent-toutes-formes-de-violen

    Jugeant que la mobilisation des « #gilets_jaunes » a « permis l’expression d’une colère légitime », la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa et la FSU appellent « le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations ».

    Du côté des "partenaires sociaux", les syndicats (excepté Solidaires) répondent ainsi (pas de violences !!!!) à l’appel à l’aide de Macron. On verra bientôt si les syndiqués et salariés en lutte les contraignent à obéir à d’autres priorités, à jouer (au moins provisoirement....) aux adversaires sociaux.

    • Évidemment c’est compliqué et contradictoire, spécialement pour la CGT, double contrainte de l’unité de bla bla avec les confs de jaunes sans gilets ou/et unité d’action dans les luttes...

      Le gouvernement joue à l’incendiaire social : c’est irresponsable !

      https://www.cgt.fr/actualites/france/pouvoir-dachat/le-gouvernement-joue-lincendiaire-social-cest-irresponsable

      Répondre à ces urgences est un préalable qui permettrait d’amorcer une résolution de la crise actuelle. Ce n’est certes pas l’invitation de la Ministre Pénicaud aux organisations syndicales et patronales pour discuter de la méthode et du calendrier des mises en œuvre et décisions (mais lesquelles ?) annoncées par le Premier ministre qui peut nous satisfaire. La CGT se refuse à toute concertation. Elle exige maintenant l’ouverture immédiate de négociations sur l’urgence sociale. Elle confirme son appel aux travailleurs à se réunir et à décider de l’action sur les lieux de travail.

      La CGT ne répondra donc pas à cette invitation. Elle ne se laissera pas « récupérer » par le gouvernement qui tente de trouver une unité nationale sous prétexte de risques de violences lors des manifestations et actions à venir.

    • POURQUOI ATTENDRE MARTINEZ ?
      « Notre syndicat peut agir de façon indépendante », la CGT Lafarge appelle à manifester avec les gilets jaunes
      http://www.revolutionpermanente.fr/Notre-syndicat-peut-agir-de-facon-independante-la-CGT-Lafarge-a

      Crise des gilets jaunes : les directions syndicales passent à côté de l’histoire
      https://www.anti-k.org/2018/12/07/crise-des-gilets-jaunes-les-directions-syndicales-passent-a-cote-de-lhistoir

      Malgré une crise sociale, doublée cette semaine d’une crise politique avec un Premier ministre sur un siège éjectable, les organisations syndicales font le service minimum. Ce jeudi 6 décembre les secrétaires généraux des syndicats CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, FSU, UNSA et Solidaires se sont rencontrés pour la première fois depuis le début de la crise des gilets jaunes. L’initiative en revient à la CFDT et la CGT. Une première demande de réunion de Solidaires au lendemain du 17 novembre était restée lettre morte.

      Le résultat est pour le moins léger. Un communiqué long de vingt lignes, signé par l’ensemble des organisations à l’exception de l’Union syndicale Solidaires. Au-delà des formules consacrées et consensuelles sur « l’expression d’une colère légitime » des gilets jaunes et le rappel des demandes syndicales déjà anciennes de « politiques publiques permettant de la justice sociale », pas grand-chose. Les signataires du texte notent que « le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue », et indiquent qu’ils s’y engageront avec leurs propres propositions « en commun chaque fois que cela sera possible ». Pas vraiment un grand élan unitaire.

      Par cette déclaration, les syndicats français mettent leurs pas dans le sillon tracé par le leader de la CFDT qui avait proposé un rôle d’intermédiaire entre le gouvernement et la colère des gilets jaunes en suggérant le 18 novembre la mise en place d’un « Pacte de la transition écologique ». Et ce en faisant fi du rejet de toute représentation, exprimé par le mouvement des gilets jaunes. En résonance avec les demandes de l’exécutif appelant à la responsabilité des « corps intermédiaires », la déclaration unitaire « dénonce toute forme de violence dans l’expression des revendications », sans même évoquer celles commises par les forces de maintien de l’ordre. (...)

      À partir de dimanche soir, les fédérations des transports de la CGT et de Force ouvrière lancent un appel à la grève. Des débrayages dans des raffineries et chez les dockers ont déjà été lancés par la fédération CGT des industries chimiques qui appelle les militants CGT à ne pas rester spectateurs. Les fédérations CGT de l’agroalimentaire, des cheminots, des mines-énergie, du commerce et des services ont appelé à ce que chacun « contribue dans son domaine d’action à développer le rapport de force sur les revendications sociales et économiques ».

    • Les syndicats doivent prendre leur responsabilité, Union syndicale Solidaires
      https://solidaires.org/Les-syndicats-doivent-prendre-leur-responsabilite

      L’Union syndicale Solidaires n’a pas signé aujourd’hui le texte rendu public par toutes les autres organisations syndicales à la suite d’une réunion qui s’est tenue ce matin.

      Pour Solidaires il n’est pas possible :
      – de décider qu’il est urgent de ne rien faire
      – de s’engager dans des négociations à leur sens ouvertes par le gouvernement
      – de condamner uniquement « les formes de violence dans l’expression des revendications ».

      Cette déclaration des syndicats d’aujourd’hui est hors sol.
      La colère sociale exprimée depuis plusieurs semaines par les gilets jaunes et les maigres reculs consentis ne peuvent être transformés en « négociations » de circonstances voulues par le gouvernement. Cette colère n’est plus canalisable par de faux semblants.

      Nous avons proposé aux autres syndicats de construire rapidement une journée de grève générale pour peser dans le rapport de force et arracher des augmentations de salaire et des droits sociaux. Notre proposition est restée lettre morte.
      Une posture d’unité syndicale qui n’évoque pas les violences subies par les manifestant-es depuis plusieurs années, et encore plus gravement depuis les dernières semaines, est inconcevable pour Solidaires.

      Nous portons et continuerons à porter dans le champ syndical la parole de ceux et celles qui considèrent que la construction de convergence de luttes entre les lycéen-nes, retraité-es, étudiant-es, salarié-es précaires, chômeur-euses, et toutes celles et ceux qui se battent pour la justice sociale, la justice environnementale est à mener. Nous appelons dès le 8 décembre à réaliser la convergence entre alarmes climatiques et sociales en étant présent-es dans la rue. Nous appelons à amplifier les mobilisations dans les secteurs où elles sont en cours, notamment par la grève, nous sommes aux côtés de celles et ceux qui, partout aujourd’hui, exigent la justice sociale. Notre Union syndicale met à disposition son outil syndical partout où cela sera jugé utile.

    • Après la déclaration dite des organisations syndicales du 6 décembre, STUPEUR et CONSTERNATION de la Fédération #CGT des industries chimiques

      La FNIC-CGT demande la réunion immédiate du Comité Confédéral National (CCN) de la CGT (en vertu de l’article 28 des statuts de la CGT). (....) Réuni en urgence, le sécrétariat fédéral a décidé de se désolidariser totalement de ce communiqué (...) indigne de la CGT. C’est un coup de poignard dans le dos de ceux qui luttent actuellement, qu’ils soient salariés, lycéens ou retraités."

      La violence n’est en rien dans l’expression des revendications, elle est dans les rapports sociaux subis par les plus démunis, par les petites gens, les sans-dents (...) Si violence il y a, la responsabilité est à rechercher du côté des oppresseurs et non des opprimés.

      #giletsjaunes #gilets_jaunes #CFDT #dialogue_social #syndicats

      http://www.communcommune.com/2018/12/apres-la-declaration-dite-des-organisations-syndicales-du-6-decembre-

  • #SNCF : les #syndicats proposent une #grève longue et discontinue
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/160318/sncf-les-syndicats-proposent-une-greve-longue-et-discontinue

    À partir du 4 avril, les cheminots devraient être en grève deux jours sur cinq. L’intersyndicale tente de ménager le porte-monnaie de ses troupes, pour durer face au gouvernement, bien décidé à mener au pas de charge la réforme de l’entreprise publique. En interne, les agents de la SNCF devraient être très mobilisés.

    #Economie #CFDT #CGT #Mobilisation #Sud #Unsa

  • Les salariés de Coca-Cola en grève et en colère contre l’Etat
    https://www.mediapart.fr/journal/france/140218/les-salaries-de-coca-cola-en-greve-et-en-colere-contre-letat

    Face à la suppression probable de 200 postes en #France, les salariés de Coca-Cola ont cessé le travail mercredi 14 février. Ils ne décolèrent pas contre leur employeur, mais aussi contre l’administration, accusée de laisser faire.

    #CFDT #Coca_Cola #Direccte #plan_social #suppressions_d'emplois #syndicats

  • Les manifestants font du surplace
    https://www.mediapart.fr/journal/france/161117/les-manifestants-font-du-surplace

    Plus le nombre de manifestants s’amenuise, plus la situation apparaît crûment. La journée de mobilisation du 16 novembre n’a pas fonctionné car les #syndicats, coincés entre les #ordonnances et de futures réformes aux contours encore flous, paient au prix fort leurs stratégies divergentes. La banderole de tête de la #manifestation parisienne, le 16 novembre. © D.I.

    #France #Economie #CFDT #CGT #Force_Ouvrière #réforme_de_l'université

  • En marche ou crève.

    interruption du séminaire au collège de france de monsieur start-up nation, le conseilller de la présidence Philippe Aghion.
    D’une pierre trois coups. En dénonçant pour le prime time des « multirécidivistes du refus d’emploi », #Macron criminalise tous ceux qui n’acceptent pas de travailler dans n’importe quelles conditions et à n’importe quel tarif. Il prépare une vague de #radiations des #chômeurs et, en même temps, par ce choix du terme pénal « multirécidiviste », menace toute opposition qui ne serait pas sans conséquences .

    Mardi 31 octobre, des chômeuses, intermittentes et précaires, sont intervenues au séminaire de #Philippe_Aghion au Collège de France [1], conseiller « officieux » de la présidence, pour y diffuser le tract qui suit et prendre la parole pour en restituer l’argument : le discours de cet économiste du régime a pour fonction de masquer la terrible #violence_sociale_organisée par les dirigeants économiques en charge de l’entreprise France.

    Une partie d’un public nombreux constitué majoritairement de septuagénaires à l’allure bourgeoise sans doute venus vérifier la qualité de leur placement a tenté de mettre fin à la main à cette intervention rapidement relayés par les vigiles maison. Refusant de participer au pugilat qui s’annonçait et menaçait de tourner au lynchage, les contradicteurs ont alors décidé d’aller prendre l’air.

    Tout ce que nous souhaitons à Macron et à ses semblables est d’avoir à subsister en conduisant un fenwick dans un entrepôt frigorifique en équipe de nuit.

    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=8788#nb1

    Dans le projet de loi de finances de 2018, les entreprises se voient accorder des baisses massives d’impôts : réduction de l’impôt sur les sociétés à 25% d’ici 2022, suppression de la tranche supérieure de la taxe sur les salaires, suppression de la taxe sur la distribution de dividendes. Au total, le gouvernement Macron offre aux entreprises des réductions d’impôts de 15 à 17 milliards d’euros… qui iront pour une bonne part grossir les dividendes distribués à leurs actionnaires (45,8 milliards d’euros déjà distribués en 2016, soit 57 % des bénéfices des entreprises).

    Pas de justice, pas de paix.

  • #syndicats : une mobilisation aux forceps
    https://www.mediapart.fr/journal/france/251017/syndicats-une-mobilisation-aux-forceps

    Deux mois après le dévoilement des ordonnances réformant le code du travail et à quelques jours de leur ratification, Force ouvrière rejoint la #CGT et Solidaires dans la rue. La #CFE-CGC et la FSU pourraient également manifester le 16 novembre. En revanche, les antagonismes se creusent avec la #CFDT.

    #France #Economie #FO #loi_travail_saison_2 #manifestation #mouvement_social #ordonnances_Macron

  • Face à Macron, les #syndicats jouent en solo
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/191017/face-macron-les-syndicats-jouent-en-solo

    La #CGT manifeste ce jeudi, seule avec l’union Solidaires. Face à un gouvernement inflexible sur sa volonté de réformer, le syndicat souhaite s’afficher comme une force d’opposition incontournable. Mais son choix interroge : qu’y a-t-il à gagner, au sein d’un paysage syndical très divisé ? Le cortège du 12 septembre à Paris. © Amélie Poinssot

    #Economie #CFDT #FO #loi_travail_saison_2 #manifestations #ordonnances

  • Face à Macron et aux autres #syndicats, la #CGT joue en solo
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/191017/face-macron-et-aux-autres-syndicats-la-cgt-joue-en-solo

    La centrale de Montreuil défile ce jeudi, seule avec l’union Solidaires. Face à un gouvernement inflexible sur sa volonté de réformer, le syndicat souhaite s’afficher comme une force d’opposition incontournable. Mais son choix interroge : qu’y a-t-il à gagner, au sein d’un paysage syndical très divisé ? Le cortège du 12 septembre à Paris. © Amélie Poinssot

    #Economie #CFDT #FO #loi_travail_saison_2 #manifestations #ordonnances

  • A la fête de la #CFDT, la fronde de la base
    https://www.mediapart.fr/journal/france/031017/la-fete-de-la-cfdt-la-fronde-de-la-base

    La CFDT fêtait en grande pompe sa première place d’organisation syndicale dans le privé, en réunissant 10 000 militants à Paris. Au-delà de l’autocélébration, de nombreux syndicalistes ont fait savoir leur incompréhension face à la stratégie de leur centrale, qui se refuse toujours à appeler à manifester contre la réforme du code du travail.

    #France #Economie #Laurent_Berger #loi_travail_saison_2 #ordonnances #syndicalisme