• [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour #dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit #maël_de_calan après la perte de son #rsa
    https://splann.org/reportage-video-cecile-maraichere-rsa-finistere

    La date du 15 juin est cochée depuis plus de deux mois dans l’agenda de Cécile Weyer. La maraîchère bio de Guengat, dans le Sud-Finistère, a rendez-vous ce lundi au tribunal judiciaire de Brest. Radiée du RSA, elle s’est portée partie civile contre Maël de Calan dans la procédure pour « harcèlement moral institutionnel » engagée par la #cgt. L’article [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit Maël de Calan après la perte de son RSA est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Libertés_et_droits_humains #agricultrice #agriculture #agriculture_biologique #bimbamjob #burn_out #cécile_rigard #charlie_renaud #confédération_paysanne #ferme #finistère #ludovic_morin #maraîchage #minima_sociaux #nathan_martin #pauvreté #paysanne #précarité #psychologie #souffrance #travail

  • Ruptures conventionnelles : le patronat arrache une nouvelle baisse des droits au chômage - Basta !
    https://basta.media/ruptures-conventionnelles-le-patronat-arrache-une-nouvelle-baisse-des-droit

    À l’issue d’une dernière séance de #négociation, mercredi, le #patronat et plusieurs organisations #syndicales se sont accordés sur un texte qui entérine une #réduction des #droits pour les #chômeurs en #rupture_conventionnelle.

    #jaunes :-)

  • #Sophie_Binet, secrétaire générale de la #CGT, mise en examen pour injure publique après avoir qualifié les patrons de « rats »

    La dirigeante de la CGT, Sophie Binet, a annoncé, mardi 2 décembre sur France Inter, sa mise en examen pour injure publique après avoir qualifié en janvier à la radio les patrons de « rats qui quittent le navire » dont « le seul objectif est l’appât du gain ».

    Sophie Binet avait commenté, le 31 janvier sur RTL, des propos tenus quelques jours auparavant par le patron du groupe #LVMH, Bernard Arnault. Le milliardaire avait estimé que le projet de surtaxe du gouvernement « poussait à la délocalisation ».

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/02/sophie-binet-cgt-mise-en-examen-pour-injure-publique-apres-avoir-qualifie-le

    La plainte a été déposée par le lobby patronal #Ethic financé par Stérin :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Entreprises_de_taille_humaine,_ind%C3%A9pendantes_et_de_croissance

    #patronat

  • Soutenu.es par les syndicats, les #vacataires de l’Université Paul-Valéry se mobilisent
    https://academia.hypotheses.org/63538

    Le 6 novembre dernier, les syndicats #CGT et Sud Education de l’Université Montpellier Paul-Valéry (UPMV) appelaient à la #grève et à la mobilisation, en soutien à 16 vacataires administratifs.ves mis.es à la porte du jour au lendemain par la direction … Continuer la lecture →

    #Actualités_/_News #CDD_de_la_honte #précarité #Sud_éducation #Université_Montpellier_3

  • La stratégie perdante de l’intersyndicale
    https://lvsl.fr/la-strategie-perdante-de-lintersyndicale

    En sacralisant l’unité syndicale et le « dialogue social », les #syndicats ont fait échouer le mouvement social de la rentrée avec leur stratégie perdante de « #grève perlée ». Alors que la base syndicale a su forger de nouvelles alliances ces dernières années, les directions se refusent toujours à toute introspection.

    #Politique #CFDT #CGT #FO #intersyndicale #Macron #manifestation #Marylise_Léon #Sophie_Binet

  • La « #Sécu », une ambition à retrouver ? Entretien avec #Léo_Rosell
    https://lvsl.fr/la-secu-une-ambition-a-retrouver-entretien-avec-leo-rosell

    En octobre 2025, la #sécurité_sociale fête ses quatre-vingt ans. Fondée dans une France de l’après-guerre où tout était à reconstruire, elle s’est imposée comme une institution fondamentale. Pourtant, bien peu connaissent sa véritable histoire : pour beaucoup, la Sécurité sociale, ce sont les remboursements des soins de santé grâce à la carte vitale, mais aussi […]

    #Société #CGT #CNR #Croizat #Laroque #PCF #Retraites

  • “Les #vacataires, fantômes de l’Université”
    https://academia.hypotheses.org/63141

    A l’heure où un énième tour de vis budgétaire est prévu par le gouvernement, Academia relaie cet article du média “Le Courrier” (lien vers l’article) au sujet des enseignant.es vacataires à l’université, en France. L’article revient notamment sur la mobilisation … Continuer la lecture →

    #Actualités_/_News #CGT #précaires #Université_Paris-1

    • Au cœur d’une séance de rédaction collective de référés organisée par l’« action collective vacataires » de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, nous plongeons dans le combat inégal que mènent les enseignantes et enseignants vacataires pour obtenir le respect de leur droits et un changement de statut. Doctorant·es, professionnel·les externes, retraité·es, professeur·es de lycée, les profils ont beau être variés, leur statut prend finalement les mêmes contours tordus. Ni fonctionnaire, ni agent·e contractuel·le, ni salarié·e relevant de la fonction publique, les vacataires composent, à l’échelle nationale, une masse mal définie d’au moins 170 000 intervenant·es extérieur·es rémunéré·es à la tâche.

      Le recours à ces vacataires, censé·es au départ répondre occasionnellement à des besoins particuliers, s’est de fait généralisé, jusqu’à devenir au fil du temps une pratique constante. Quand bien même quand leur travail effectif ne correspond plus du tout à leur dénomination. Non comptabilisé·es, peu reconnu·es, très mal rétribué·es, ils et elles abattent un travail vital pour les universités françaises, dont 91% recourent à leurs services. Ils représentent deux-tiers du corps enseignant supérieur.

      Dans les locaux de la CGT du VIe arrondissement parisien, une douzaine de vacataires de Paris 1 s’affairent avec application dans une atmosphère de camaraderie bienveillante. Affiliée à la CGT FERC Sup, qui regroupe les syndicats de personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’antenne locale les encourage à faire valoir leurs droits en passant par l’action légale. Au programme du jour : rédaction collective de courriers de mise en demeure et de référés. Malgré son aura prestigieuse, l’université parisienne n’échappe pas aux pratiques répandues dans le reste du pays : paiements très tardifs, salaires, frais de transport non remboursés, « oubli » de certaines heures dispensées en cours de semestre. Avec, en prime, la sourde oreille d’une direction qui se garde bien d’accepter le dialogue avec les concerné·es.

      Le constat est sans appel : partout en France, les universités ne respectent pas la Loi de programmation de la recherche (LPR), votée par l’Assemblée nationale en 2020. La mensualisation de la rémunération, fixée par le texte en vigueur depuis septembre 2022, n’est qu’un vœu pieux jamais mis en œuvre. Quand on apprend que même l’université Paris-Saclay, alors présidée par la future ministre de l’Enseignement supérieur Sylvie Retailleau (2022-2024), n’a pas jugé opportun de se conformer à la loi, imaginer l’application de cette dernière à l’échelle nationale relève de la douce utopie.

      « On ne sait pas à l’avance combien d’heures de cours seront données, donc le paiement est effectué à la fin du semestre, une fois que tout est comptabilisé », explique Adèle1. « C’est le merveilleux système du contrat ‘zéro heure’ : on travaille d’abord, on compte après. »

      A cette pratique viennent s’ajouter plusieurs désavantages : aucun socle minimal d’heures de travail n’est assuré, et les heures de préparation et de correction ne sont pas comptabilisées. « On dit qu’une heure de vacation coûte 50 euros à l’établissement, contre en moyenne 300 euros pour un professeur titulaire », indique Jean. Le calcul est vite fait… Ajoutez à cela une absence totale de protection sociale et vous obtiendrez le triste panorama de leurs conditions de travail.

      Les vacataires seraient donc voués à subir ? Par le passé, les méthodes de protestation variaient, explique Nicolas : « Nous avons fait de la rétention de notes en 2016 et 2019, activé des relais politiques, réalisé des actions ponctuelles qui tendaient à s’évaporer une fois la campagne terminée. » Il poursuit : « Les vacataires étant parfois isolés ou ne dispensant que peu d’heures éparpillées dans le semestre, il était souvent difficile de les mobiliser pour faire valoir leurs droits. De plus, le manque de moyens logistiques et financiers limitait forcément notre marge de manœuvre. » Avec la CGT, il y a « un local, une structure plus visible et accessible, et un peu d’argent pour des avocats, si besoin », complète Alexia, non sans une pointe d’ironie.

      Mais depuis l’entrée en vigueur de la loi, le collectif opte désormais pour un mode opératoire plus direct : la procédure judiciaire. « Notre idée est assez simple : à force d’assaillir l’université de procédures, la direction sera bien contrainte de repenser en profondeur sa structure et sa manière de nous considérer », explique Lou. Elle détaille le plan d’action en deux étapes mis en place par le collectif : « Dans un premier temps, on adresse une mise en demeure à l’attention de la direction de l’établissement. Si elle ne répond pas, on envoie un courrier référé, cette fois-ci à destination du tribunal administratif. Bien sûr, ce dossier est très strict formellement, et bien fourni : les revendications doivent être solidement appuyées. » Pour affronter des démarches « qui peuvent avoir quelque chose d’aride », la solidarité est de mise. Ainsi, Jean, est désigné par ses pairs, non sans humour, comme le « spécialiste en droit administratif ».

      Relayés par le monde politique, en témoigne une récente tribune publiée dans Le Monde2, les collectifs demandent l’abandon du statut de vacataire, qui ne correspond dans bien des cas plus à leur réalité professionnelle, et le passage à celui de contractuel. Celui-ci permet de bénéficier de certaines dispositions applicables aux agent·es de la fonction publique : congés payés, formation, indemnité de fin de contrat.

      En toile de fond, une question paraît évidente. Si la loi est inapplicable avec le statut actuel, pourquoi le Ministère de l’enseignement rechigne-t-il à mener une véritable réforme qui inclurait ce changement statutaire ? Cela aurait le mérite de clarifier la situation, de sortir d’une impasse juridique et de stabiliser les relations avec le corps enseignant.

      La précarité, un choix politique ?

      D’après plusieurs projections, cette requalification coûterait environ 50 millions d’euros à l’Etat3, mais elle lui permettrait par ailleurs d’éviter de nombreuses lourdeurs administratives. Difficile donc d’expliquer par le seul facteur budgétaire cette unanime réticence à adopter un changement de système.

      En réalité, la raison centrale est comptable : les vacataires ne sont pas comptabilisés comme des emplois publics. N’apparaissant pas dans les bilans sociaux, le Ministère de l’économie considère dès lors, pour reprendre l’étrange terminologie de Bercy, qu’ils « ne consomment pas d’emplois ». Ce vide comptable artificiel permet ainsi de contourner les plafonds d’emploi public fixés par le Parlement français, tout en continuant d’absorber l’augmentation constante de la population étudiante. Grâce à ce système, 5,6 millions d’heures d’enseignement sont effectuées chaque année par des vacataires. L’équivalent de 15 000 emplois temps plein, occupés par 30 000 enseignant·es-chercheur·euses. Autrement dit, pour chaque cours dispensé par un enseignant·e-chercheur·euse en France, un double diffus, invisible et méconnu abat la même quantité de travail, en dehors de tout radar.4

      Derrière ce prodigieux tour de passe-passe budgétaire se cache une réalité moins rose : surcharge de travail, précarité, et finalement la tenace amertume de celles et ceux qu’on invisibilise malgré leur rôle essentiel. Tout en esquivant habilement les contraintes de création de postes, on continue de faire tourner les universités à plein régime. « En fait, ça donne vraiment l’impression que l’université se maintient en vie au détriment de notre santé et de notre dignité », résume Adèle. « Personne ne se sent vraiment respecté dans ces conditions, et forcément ça a un impact sur la qualité de l’enseignement. »

      Dans ce contexte tendu, où les équipes de recherche manquent de moyens, où les infrastructures sont de plus en plus vétustes, la problématique nourrit forcément le débat sur l’avenir de l’université publique en France. Le désarroi n’a pas encore tout à fait eu raison des vacataires de Panthéon-Sorbonne, et leur énergie mobilisatrice leur permettra sans doute des victoires en chemin. Mais tant que les vacataires de France seront maintenus dans ce brouillard artificiel, leur combat restera d’actualité.

  • « Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! » : huit syndicats lancent une pétition pour l’abandon des mesures budgétaires de François Bayrou
    https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/les-sacrifices-pour-le-monde-du-travail-ca-suffit-huit-syndicats-lancent-une-

    La pilule ne passe pas. Remontés à bloc contre le plan de redressement des finances publiques présenté la semaine dernière par le Premier ministre François Bayrou, huit syndicats - CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires ont lancé ce mardi 22 juillet une pétition pour « exiger l’abandon immédiat » des mesures budgétaires annoncées, prévoyant notamment la suppression de deux jours fériés pour atteindre 43,8 milliards d’euros d’économies.

    Mise en ligne sur la plateforme Change.org en début d’après-midi, aux alentours de 14 heures ce mardi, la pétition recueille déjà près de 1.200 signatures à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    On les sent en effet prêt à tout (#lol). Une pétition sur Change.org, on sent qu’ils ont compris ce qu’il se passe avec les PAN (#non).

    C’est consternant.

    • Les Pétitions de l’Assemblée Nationale, tu as une chance que tes données personnelles soient relativement préservées.
      Les Pétitions Change.org, tu as une chance d’être fiché définitivement et par tous les services étatiques de la planète en une seule fois.
      Faut continuer comme ça, les syndicats, c’est certain, z’allez nous faire gagner.

    • Y’a vraiment une peur du fichage ? C’est pas ce micro débat qui a agité les média réac ces 48 dernières heures pour détourner les badauds de signer la pétition Duplomb ?
      Fiché, à moins d’avoir pris des mesures depuis 15 ans et d’etre resté très cohérent et systématique tous réseaux confondus, y’a pas moyen de ne pas l’être.

    • Sur les PAN, on en a discuté avec @olaf à plusieurs reprises, et rien ne garantie qu’il ne soit pas possible de remonter jusqu’à ton identité. Mais cette désanonymisation n’est pas naturelle, et ce n’est assurément qu’entre les mains de l’état Français.
      De plus, le décompte des signatures est quasi-impossible à mettre en doute, ce sont bien des adultes français distincts qui ont signé.

      Alors qu’avec Change.org, c’est open bar, t’as rien de garanti, ni de l’identité des signataires, ni du décompte des signatures, ni du respect du RGPD, ni de qui fait quoi de tes données et de tes votes.

      Bien sûr qu’on est tous fichés. Mais y-a des différences entre les opérateurs de pétitions, tout de même : entre signer une PAN, et signer sur Change.org, y-a pas photo.

      Et donc, les syndicats auraient pu décider de créer une PAN, et décider de demander à tout le monde de signer cette PAN. Par exemple. Plutôt que de proposer de tous aller s’enregistrer auprès d’une startup américaine.

    • autre exemple :
      – si tu signes une PAN, FranceConnect sait que tu as signé une PAN, mais il ne sait ni quand, ni laquelle, ni si tu en as signé plusieurs - la session dure 30 min
      – si tu signes une PAN, la plateforme des PAN ne sait pas qui tu est, juste que tu est/as un OpenID (hash fourni par FranceConnect) et que tu as plus de 18 ans - par ta date de naissance, seule donnée transmise par FranceConnect, en plus de ton OpenID. Et elle se souvient que cet OpenID a signé cette PAN.

    • au fait, quelqu’un a déjà entendu parler d’une pétition change.org qui aurait été « entendue » par le gouv ?

    • Ne rigolez pas : les 8 plus gros syndicats du pays s’unissent pour faire trembler le capitalisme. En demandant aux gens de signer une pétition en ligne.

      Je sais pas, moi : ils pourraient aussi menacer de s’auto-dissoudre, ça serait sans doute plus efficace.

    • Oui, mais franchement, même si la pétition était hébergée en libre façon Framasoft super-clean et tout et tout, l’idée que les 8 principaux syndicats du pays s’unissent pour ne trouver comme moyen d’action que d’ouvrir une pétition en ligne, ça fait clairement pitié.

      Je pense que je vais lancer une pétition dans laquelle j’exige que les 8 centrales syndicales me prenne en otage avec une belle grève générale reconductible.

    • On est bien d’accord. Non seulement c’est nul comme ambition, du genre « attendez, on va d’abord mesurer la température avec une pétition, et si ça se confirme, on fera peut-être plus ambitieux, on ne sait jamais, si on s’emballe, on va passer pour des guignols », mais en plus, c’est carrément malveillant (amtha) pour tous ceux qui vont laisser leurs coordonnées sur cette plateforme.

    • Les directions syndicales en définitive se comportent en rentiers d’une situation qui n’a pas encore pu voir le jour. Si elle voit le jour, ils claironneront qu’ils ont réussi, et feront le nécessaire pour la mettre au pas. Et si la situation n’advient pas, ils diront que sans la base, rien n’est possible, cépanot’fot.

      Le système syndical tel qu’il a été mis au pas par l’état est un système nocif au mouvement syndical. Pour meilleure preuve - je vais faire dans la provocation - mais tout de même - les grandes centrales sont dirigées par des femmes : les hommes (ceux qui n’en veulent) ont tous compris que ça ne sert à rien de diriger de telles machines à perdre (ces hommes sont partis diriger des syndicats patronaux...).

  • Bas-Rhin : Force Ouvrière invite le RN, la CGT s’y oppose et se fait virer
    https://www.blast-info.fr/articles/2025/bas-rhin-force-ouvriere-invite-le-rn-la-cgt-sy-oppose-et-se-fait-virer-2B

    Comment un député du parti d’extrême droite a-t-il pu se retrouver au milieu d’une tribune syndicale, aux côtés du numéro un du troisième syndicat français, FO ? A en croire Théo Bernhardt, sa présence n’a jamais posé problème aux syndicalistes de BDR Thermea [usine de pompes à chaleur dont la direction a annoncé 320 suppressions de postes le 21 mai]. « Quand j’ai appris le plan de licenciement, explique-t-il à Blast, via des contacts au sein de l’entreprise, j’ai joint l’intersyndicale, composée de FO, la CGC et la CGT et je les ai rencontrés quelques jours plus tard. Ils ont chaleureusement accueilli mon soutien. Lorsqu’ils ont annoncé une manifestation pour le 5 juillet, j’ai publiquement fait savoir que je m’y rendrais. » De nombreux élus locaux font de même, et l’intersyndicale prévoit, en fin de manifestation, des prises de parole des différents soutiens. Dont Théo Bernhardt.

    L’information remonte jusqu’aux sièges parisiens des confédérations. « Il n’y a qu’à la CGT que cela a posé problème », affirme le député. Lazarus et Kern, les délégués de FO et de la CGC, confirment n’avoir eu aucune remarque de leurs confédérations. Mais à la CGT, ça coince. « Nous sommes absolument intransigeants avec l’extrême droite, et il n’est pas question pour nous de partager une tribune avec un député RN », martèle Laurent Feisthauer [secrétaire de l’union départementale CGT du Bas-Rhin]. « Notre direction a fait connaître son opposition catégorique à notre délégué dans l’entreprise, Olivier Weiss. Ce dernier appelle alors Théo Bernhardt pour lui dire qu’il n’y aura aucune prise de parole politique, et qu’il ne s’exprimerait donc pas à a tribune. »

    [...] Mais le reste de l’intersyndicale n’est pas d’accord : « Weiss lui-même n’était pas opposé à la présence de Bernhardt, mais nous a dit que c’était délicat vis-à-vis de sa confédération. Mais dans l’usine, les salariés gueulaient et ne comprenaient pas que l’on ne donne pas la parole au RN, alors que ce député nous soutenait. Nous l’avons alors convaincu de désobéir à sa direction ». Le 2 juillet, Théo Bernhardt s’en félicite : « Je serai bien présent parmi vous le samedi 5 juillet. »

    [...] Quoi qu’il en soit, l’affaire, sans précédent, illustre le fossé qui sépare les positions de principe très hostiles à l’extrême droite des directions des centrale syndicales et la réalité du terrain. [Feisthauer, CGT :] « Notre ligne intransigeante, c’est vrai, est parfois difficile à faire respecter localement. Certains délégués savent que dans leur entreprise cette ligne est impopulaire. Et il peut y avoir çà et là, y compris chez nous, des délégués qui ont des sympathies pour le RN. Quand cela apparaît publiquement, nous les excluons. »

    Il y a quelques précédents connus, comme Fabien Engelman, maire RN d’Hayange depuis 2014. En octobre 2010, il est secrétaire de la section CGT des fonctionnaires territoriaux de la commune de Nilvange (Moselle) lorsqu’il rejoint le Front national (futur RN). En mars 2011, il est exclu de la CGT, ainsi que les 26 membres de sa section de Nilvange, qui avaient refusé de le désavouer. « La CGT, comme Solidaires, la FSU, la CFDT et, de plus en plus l’UNSA, ont une ligne extrêmement claire vis à vis de l’extrême droite », explique Arnaud Benoist, syndicaliste à Solidaires et adhérent de VISA (Vigilance syndicale antifasciste, créée en 1996, qui compte plus de 300 adhérents). « Les autres syndicats ont une ligne plus fluctuante, arguant du caractère apolitique de leur organisation. C’est le cas de FO, ce qui n’empêche pas que nous avons néanmoins des adhérents à FO. »

    #syndicats #partis #FO #CGT #CGC #RN

    • Quels effets de l’adhésion syndicale sur le vote ? - Focus sur les élections législatives de 2024
      https://silogora.org/quels-effets-de-ladhesion-syndicale-sur-le-vote

      Ainsi, et contrairement à ce qu’on observe dans d’autres pays européens, la relation entre adhésion syndicale et comportement électoral n’est pas plus faible parmi les travailleurs et travailleuses des classes populaires. Elle est même plus importante en ce qui concerne le vote RN : au sein des classes populaires, l’adhésion syndicale fonctionne donc encore souvent un rempart face au vote RN, même si ces données électorales attestent aussi d’une pénétration incontestable de ce vote dans leurs rangs militants.

  • Des dockers du port de Marseille-Fos refusent de charger un conteneur « avec des pièces détachées pour fusils-mitrailleurs » à destination d’Israël
    Publié le 04/06/2025 16:44
    https://www.franceinfo.fr/monde/proche-orient/guerre/des-dockers-du-port-de-marseille-fos-refusent-de-charger-un-conteneur-ave

    Un conteneur avec « des pièces détachées pour fusils mitrailleurs » a été mis de côté au port de Marseille-Fos par des dockers et ils « ne le chargeront pas sur le bateau à destination d’Haïfa », indique mercredi 4 juin le syndicat général de la CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du Golfe de Fos dans un communiqué que franceinfo a consulté.

    Le syndicat explique avoir « été alerté par plusieurs réseaux que 19 palettes de maillons d’Eurolinks devaient être embarquées par conteneur ce jeudi après-midi via le port de Marseille-Fos en direction du port d’Haïfa en Israël ». Eurolinks est une société marseillaise qui fabrique des maillons pour armes automatiques, des petites pièces métalliques servant à relier entre elles des balles de fusils mitrailleurs et permettant des tirs en rafale.
    « Nous sommes pour la paix entre les peuples »

    « Ces maillons d’Eurolinks sont des pièces détachées pour fusils-mitrailleurs servant à l’armée israélienne pour continuer le massacre de la population palestinienne », affirme la CGT dans son communiqué. Le syndicat explique avoir informé ses employeurs et les autorités compétentes, et avoir pu trouver ce conteneur.

    « Le port de Marseille-Fos ne doit pas servir à alimenter l’armée israélienne, justifie le syndicat dans ce communiqué. Les dockers et portuaires du Golfe de Fos ne participeront pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien. Nous sommes pour la paix entre les peuples. Nous déplorons tous ces conflits armés qui engendrent la mort, la misère, l’exode de populations. »

    #résistance

  • La #CGT célèbre ses 130 ans avec un album de chants de luttes

    130 ans, ça se fête. Et en musique c’est toujours mieux. Pour célébrer son anniversaire, la Confédération Nationale du travail a confié à son entreprise de presse, la Nouvelle vie ouvrière (NVO), le soin de concocter un album de chants de luttes d’hier et d’aujourd’hui.

    https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/cgt/la-cgt-celebre-ses-130-ans-avec-un-album-de-chants-de-luttes

    Haha, ce sera peut-être corrigé en ligne mais la coquille Confédération Nationale du Travail au lieu de Générale en gros #CNT à la place de CGT, c’est drôle.

  • FUR 44 – Apéro #3 (salarié·es de la restauration)
    https://nantes.indymedia.org/events/144862/fur-44-apero-3-salarie%c2%b7es-de-la-restauration

     Lundi 5 mai, le FUR44 organise son apéro ouvert à tous·tes ! Que tu sois dans la restauration depuis 10 ans ou 10 jours, en CDI, CDD, temps plein, partiel, contrat étudiant etc… Rejoins-nous pour un moment convivial entre collègues 🧑‍🍳👩‍🍳 Au programme : rencontres, discussions autour d’un verre,…

    #Apero #Cgt #nantes #Nantes

  • Mis en cause par François Bayrou, les agents de l’#Office_français_de_la_biodiversité appelés à faire la grève des contrôles
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/01/17/mis-en-cause-par-francois-bayrou-les-agents-de-l-office-francais-de-la-biodi

    Mis en cause par François Bayrou, les agents de l’Office français de la biodiversité appelés à faire la grève des contrôles
    Trois jours après l’attaque frontale du premier ministre contre le travail des agents de l’#OFB, les syndicats de l’établissement public demandent des excuses publiques.

    Par Perrine Mouterde

    Publié le 17 janvier 2025 à 16h39

    Ne plus effectuer aucune mission de police, ne plus réaliser aucune opération en lien avec le monde agricole, ne plus transmettre aucun avis technique… tant que le premier ministre n’aura pas formulé des excuses publiques. Trois jours après que François Bayrou a attaqué frontalement le travail des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), les syndicats de l’établissement public appellent, vendredi 17 janvier, à une grève partielle et à un vaste mouvement de contestation. « En réponse à la remise en cause incessante de nos missions et afin d’éviter de commettre des “fautes”, l’intersyndicale demande à l’ensemble des personnels de rester au bureau », résument dans un communiqué cinq organisations (#Syndicat_national_de_l’environnement, FSU, FO, CGT, Unsa, EFA-CGC).

    Quasiment muet sur les #sujets_climatiques_et_environnementaux lors de sa déclaration de politique générale, mardi 14 janvier, #François_Bayrou a en revanche lancé un acte d’accusation sévère à l’encontre de l’instance chargée de veiller à la préservation de la biodiversité et au respect du droit de l’environnement. « Quand les #inspecteurs de la #biodiversité viennent contrôler le fossé ou le point d’eau avec une arme à la ceinture, dans une ferme déjà mise à cran, c’est une humiliation, et c’est donc une faute », a-t-il affirmé.

    Cette déclaration ne pouvait que remettre de l’huile sur le feu après dix-huit mois de vives tensions entre l’établissement et certains syndicats agricoles. La #FNSEA et la Coordination rurale, notamment, assurent que les agriculteurs sont contrôlés de manière excessive et intimidante par les inspecteurs de l’environnement et réclament leur désarmement. Fin 2023 et début 2024, des personnels et des agences de l’OFB avaient été pris pour cibles lors de manifestations. Fin 2024, lors d’un nouveau mouvement de protestation agricole, une cinquantaine d’agressions et d’attaques ont été recensées.

    « Le premier ministre, qui a outrepassé ses fonctions en se faisant le porte-parole de syndicats agricoles, doit se reprendre et réparer sa faute, affirme aujourd’hui #Sylvain_Michel, représentant #CGT à l’OFB. Il est intolérable que le deuxième plus haut représentant de l’Etat attaque directement un établissement public dont les missions sont dictées par la loi et qui consistent à faire respecter le code de l’environnement. »

    Expression « mal comprise »
    La présidente du conseil d’administration de l’OFB, Sylvie Gustave-dit-Duflo, a également fait part de sa colère après les propos de François Bayrou. « Lorsque le premier ministre prend directement à partie l’OFB sans avoir pris la peine de s’intéresser à nos missions, à ses enjeux, c’est inconcevable, c’est une faute », a déclaré vendredi Me Gustave-dit-Duflo, qui est aussi vice-présidente de la région Guadeloupe. « La probabilité pour qu’une exploitation agricole soit contrôlée par les 1 700 inspecteurs de l’environnement, c’est une fois tous les cent-vingt ans », a-t-elle ajouté.

    Les propos du #premier_ministre avaient déjà fait réagir ces derniers jours. Dès mercredi, un membre du Syndicat national des personnels de l’environnement (SNAPE)-FO, Benoît Pradal, a décrit sur France Inter « l’humiliation » ressentie depuis des mois par les agents de l’OFB et assuré n’avoir aucun problème avec « la majorité » des agriculteurs. « On a le sentiment que ce que veulent [une minorité d’agriculteurs], c’est ne plus nous voir dans leurs exploitations. C’est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de ne plus venir dans les cités », a-t-il ajouté. La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont aussitôt dénoncé « une comparaison honteuse » et réclamé la suspension des contrôles. Le patron des LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez, a lui réclamé que l’OFB soit « purement et simplement supprimé ».

    L’ancien député Modem Bruno Millienne, conseiller de Matignon, juge que l’expression de François Bayrou a été « mal comprise » et prône « le bon sens et le respect mutuel de part et d’autre ». De son côté, la ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a appelé vendredi à l’apaisement, en rappelant que les agents de l’OFB « font le travail que nous leur demandons ». « Si la loi doit évoluer, c’est aux parlementaires de la faire évoluer. Ce n’est pas aux agents de l’OFB de ne pas respecter la loi », a-t-elle ajouté.

    Etuis de port d’armes discrets
    Outre la suspension d’un certain nombre de missions, l’intersyndicale de l’établissement public invite les quelque 3 000 agents (dont les 1 700 inspecteurs de l’environnement) à cesser toute participation aux réunions organisées en préfecture sur des sujets agricoles ainsi que tout appui technique aux services de l’Etat, aux établissements publics et aux collectivités territoriales. Elle suggère aussi, dans le cadre d’une action symbolique, d’aller remettre en mains propres aux préfets les étuis de port d’armes discrets, censés permettre de dissimuler l’arme sous les vêtements.

    Une circulaire du 3 décembre 2024 prévoit la mise en place immédiate de ce port d’armes discret. Pour Sylvain Michel, cet outil est « de la poudre aux yeux », qui ne réglera en aucun cas les difficultés. « Ceux qui attaquent les armes violemment ne veulent pas de droit de l’environnement, et donc pas de police de l’environnement », a jugé récemment le directeur général de l’établissement, Olivier Thibault. La police de l’environnement est celle qui contrôle le plus de personnes armées chaque année.

    #Perrine_Mouterde

    • « L’Office français de la biodiversité, l’un des principaux remparts contre l’effondrement du vivant, est victime d’attaques intolérables »

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/01/07/l-office-francais-de-la-biodiversite-l-un-des-principaux-remparts-contre-l-e

      TRIBUNE
      Collectif

      Amputer les missions de l’#OFB, en réduire les moyens ou revenir sur ses dotations sacrifierait des ressources indispensables pour sa capacité à protéger la biodiversité et à la défendre face aux pratiques illégales qui la dégradent, explique, dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités d’horizons divers, parmi lesquelles Allain Bougrain-Dubourg, Marylise Léon, Christophe Béchu et Valérie Masson-Delmotte.

      ’Office français de la biodiversité (OFB) a récemment déposé une cinquantaine de plaintes au niveau national pour dégradations et menaces.

      Début octobre, la voiture d’un chef de service du Tarn-et-Garonne a été visée par un acte de sabotage. Le 26 janvier 2024, sur fonds de colère agricole, des manifestants ont tenté de mettre le feu au siège de Trèbes (Aude), tandis que l’enquête ouverte après l’incendie de celui de Brest (Finistère), à l’occasion d’une manifestation de marins pêcheurs mécontents, le 30 mars 2023, vient d’être classée sans suite.

      A Guéret (Creuse), les locaux de l’établissement public ont été saccagés, et des documents volés, pour la première fois ; à Beauvais, un service a été muré, et plusieurs services ont reçu un mail d’insultes et de menaces. D’autres établissements publics – tels que l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement ou l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail – et certains agents ont été victimes d’attaques intolérables.

      3 000 agents répartis à travers la France
      L’OFB incarne pourtant l’un des principaux remparts contre l’érosion de la biodiversité. Cet établissement public, créé par le législateur, en 2019, lors de la fusion de l’Agence française pour la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, rassemble plus de 3 000 agents répartis à travers la France métropolitaine et les outre-mer. Inspecteurs de l’environnement, ingénieurs, experts thématiques, vétérinaires, techniciens, personnel administratif, œuvrent ensemble pour accompagner les collectivités et les divers acteurs économiques vers des pratiques respectueuses de la nature.

      L’OFB réunit des compétences uniques pour mesurer, analyser et anticiper l’effondrement du vivant. Que savons-nous de la fragilité des espèces ou des écosystèmes déjà affectés ? Quel est l’état de santé des zones humides, des milieux forestiers et marins ? Affaiblir l’OFB, c’est saper les fondations mêmes de notre connaissance et de nos capacités d’action. Le défendre, c’est affirmer que la science est un levier crucial de la résilience de nos sociétés.

      Protéger la biodiversité, c’est aussi la défendre face aux pratiques illégales qui la dégradent. L’une des missions centrales de l’OFB vise à assurer l’application des lois environnementales. Avec ses 1 700 inspecteurs, cette police de l’environnement lutte contre le braconnage, les pollutions et autres atteintes aux milieux naturels et aux espèces protégées. Ses équipes aident également les usagers à mieux comprendre et à respecter les réglementations, en proposant des solutions concrètes et constructives.

      L’OFB n’agit pas seul. Il constitue le cœur d’un réseau d’acteurs qui tissent ensemble des initiatives locales et nationales : Etat, collectivités, citoyennes et citoyens engagés, en particulier dans les associations, entreprises, scientifiques. De la ruralité au cœur des villes, cette force agit pour la préservation de la biodiversité et de l’équilibre de nos territoires.

      La base de notre existence
      Loin de faire cavalier seul, comme certains l’affirment, les agents de l’OFB participent à la résilience des activités économiques, établissent des ponts entre des intérêts parfois divergents, en facilitant le dialogue avec les agriculteurs, pêcheurs, chasseurs, pratiquants des sports de nature ou encore les acteurs de l’énergie. Qu’il s’agisse de la restauration d’un marais, de la survie d’une espèce endémique ultramarine ou de l’éducation des plus jeunes, chaque avancée repose sur cette synergie avec la même ambition : léguer un futur viable aux prochaines générations.

      La biodiversité n’est pas un luxe, elle est la base même de notre existence : l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les sols qui nous nourrissent. Ses interactions et interdépendances ont permis, au cours de l’évolution, de créer les conditions d’émergence de l’ensemble du vivant. Ce fil fragile menace bientôt de rompre. Quand les océans s’élèvent, que les habitats naturels se dégradent, que les cours d’eau s’assèchent ou débordent, que les espèces sauvages disparaissent à un rythme sans précédent, nous devons faire front et nous unir derrière un unique objectif : protéger la vie.

      Dans ce contexte, amputer les missions de l’#OFB, réduire ses moyens budgétaires et humains ou revenir sur les dotations décidées il y a à peine un an pour les politiques publiques de biodiversité, sacrifierait des ressources indispensables pour notre capacité à agir efficacement pour préserver l’#avenir.

      C’est pourquoi, aujourd’hui, nous appelons élus, #associations, #scientifiques, #citoyennes_et_citoyens à faire front pour soutenir cet #opérateur_public, aujourd’hui sous le feu de #critiques_injustifiées. Celles-ci visent en réalité, à travers l’OFB ainsi qu’à travers l’ensemble de ses agents, des politiques publiques et des #réglementations qui ont mis des années à progresser et à commencer à faire leurs preuves.

      Premiers signataires : Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux ; Antoine Gatet, président de France Nature Environnement ; Erwan Balanant, député (#MoDem) du Finistère ; Sandrine Le Feur, députée (Renaissance) du Finistère ; Marie Pochon, députée (#EELV) de la Drôme ; Dominique Potier, député (divers gauche) de Meurthe-et-Moselle ; Loïc Prud’homme, député (LFI) de Gironde ; Richard Ramos, député (MoDem) du Loiret ; Marylise Léon, secrétaire nationale de la CFDT ; Christophe Béchu, maire d’Angers et ancien ministre ; Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, directrice de recherches au CEA ; Claude Roustan, président de la Fédération nationale de la pêche. Liste complète des signataires ici.

      Collectif

    • Jean-Baptiste Fressoz, historien : « Les #polices_environnementales subissent de nombreuses entraves »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/02/28/jean-baptiste-fressoz-historien-les-polices-environnementales-subissent-de-n

      Jean-Baptiste Fressoz, historien : « Les polices environnementales subissent de nombreuses entraves »
      CHRONIQUE

      Jean-Baptiste Fressoz

      Historien, chercheur au CNRS

      La mise en cause de l’Office français de la biodiversité à l’occasion des manifestations d’agriculteurs s’inscrit dans l’histoire des entraves à la protection de l’environnement, observe l’historien dans sa chronique.Publié le 28 février 2024 à 06h00, modifié le 28 février 2024 à 08h15 Temps deLecture 2 min.

      Les locaux de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont été plusieurs fois visés par les manifestations d’agriculteurs, par exemple à Mende, le 2 février, et à Carcassonne, le 27 janvier. Le 26 janvier, le premier ministre, Gabriel Attal, avait annoncé le placement de l’établissement public sous la tutelle des préfets. L’OFB fait partie des « polices environnementales », vocable regroupant différentes institutions qui vont des anciens gardes-chasse, gardes forestiers, gardes-pêche – devenus agents de l’OFB – aux inspecteurs des établissements classés (Polices environnementales sous contraintes, de Léo Magnin, Rémi Rouméas et Robin Basier, Rue d’Ulm, 90 pages, 12 euros).

      Le mot « police » a cela d’intéressant qu’il renvoie à l’origine de ces institutions. Sous l’Ancien Régime, la police méritait en effet pleinement son nom, car elle s’occupait de tout ce qui avait trait à l’espace urbain, à la fois l’ordre public, bien sûr, mais aussi l’ordre environnemental, la propreté des rues, l’organisation des marchés, les fumées des artisans…

      Le succès administratif des termes « environnement », dans les années 1970, puis « biodiversité », dans les années 2000, cache la profonde continuité des pratiques et des institutions qui encadrent les usages de la nature. A l’instar de la police d’Ancien Régime, la police environnementale recourt surtout à la pédagogie et aux rappels aux règlements bien plus qu’aux sanctions. Une police qui repose davantage sur les bonnes pratiques que sur des normes strictes et des instruments de mesure.

      On retrouve aussi une même rivalité entre administration et justice tout au long de son histoire. Au début du XIXe siècle, la mise en place du système administratif (préfets et Conseil d’Etat) avait conduit à marginaliser les cours judiciaires dans la gestion de l’environnement : d’un côté, une administration qui pense « production et compétitivité nationale », de l’autre, des cours qui constatent des dommages, des responsabilités et attribuent des réparations.

      Gestion de contradictions
      Les polices environnementales subissent également de nombreuses entraves. Tout d’abord celle liée au manque de personnel : pour surveiller l’ensemble de ses cours d’eau, la France ne dispose que de 250 agents, soit moins d’un agent pour 1 000 kilomètres de rivière. Quant aux établissements classés, on en compte plus de 500 000 en France, pour 3 100 inspecteurs. On est bien loin des 30 000 gardes champêtres qui quadrillaient les campagnes françaises au XIXe siècle !

      Entraves qui tiennent ensuite à la faible prise en charge judiciaire de ces affaires : les atteintes à l’environnement représentent ainsi une part infime des affaires correctionnelles. Entraves liées enfin à l’état du monde agricole français : moins de 2 % de la population exploite plus de la moitié du territoire métropolitain ; logiquement, les agriculteurs concentrent la majorité des contrôles. Et la peur de la violence d’un monde agricole en détresse économique taraude les inspecteurs : un contrôle de trop peut enclencher la faillite…

      Robert Poujade, tout premier ministre de l’écologie de 1971 à 1974, avait conté son expérience au Ministère de l’impossible (Calmann-Lévy, 1975). La police de l’environnement est une « police de l’impossible », davantage caractérisée par ses contraintes que par ses pouvoirs, une police « d’avant-garde » par certains aspects, mais qui tente de faire respecter des règles souvent anciennes, une police enfin qui n’est soutenue par aucune campagne de sensibilisation massive, contrairement à ce qui a été fait, par exemple, pour la sécurité routière, et qui se trouve devoir gérer les contradictions entre système productif et politique. Selon la formule des auteurs de Polices environnementales sous contraintes, « l’écologisation de nos sociétés n’a rien d’automatique et demeure un processus hautement contingent, sinon un objectif essentiellement discursif ». Les reculades de Gabriel Attal face aux revendications de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles confirment cette sombre appréciation.

      #Jean-Baptiste_Fressoz (Historien, chercheur au #CNRS)

    • « Il appartient aux autorités politiques de #défendre l’#existence de l’Office français de la #biodiversité, chargé d’appliquer les #réglementations_environnementales »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/03/02/il-appartient-aux-autorites-politiques-de-defendre-l-existence-de-l-office-f

      « Il appartient aux autorités politiques de défendre l’existence de l’Office français de la biodiversité, chargé d’appliquer les réglementations environnementales »
      TRIBUNE
      Collectif

      L’OFB est devenu le bouc émissaire de la crise agricole, déplorent dans une tribune au « Monde » les représentants des organisations siégeant au conseil d’administration de cet établissement national. Pour eux, la coopération entre agriculture et biodiversité est une évidente nécessité.Publié le 02 mars 2024 à 06h30 Temps deLecture 4 min.

      Le #déclin_de_la_biodiversité à une vitesse et à une intensité jamais égalées est #scientifiquement_établi depuis des années, et particulièrement dans les rapports de la Plate-Forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (#IPBES). Les menaces sur l’eau et la biodiversité sont toutes d’origine humaine et s’exacerbent mutuellement.

      Cet #effondrement_de_la_biodiversité, conjugué au changement climatique, remet en question l’habitabilité de notre planète et interroge l’avenir du vivant, humain et non humain.

      Face à ce constat, l’Etat a créé en 2020 un établissement national spécialisé, l’Office français de la biodiversité (#OFB), consacré à la protection et à la restauration de la biodiversité en métropole et dans les outre-mer. Le législateur et le gouvernement lui ont assigné des missions essentielles, en particulier :

      – la connaissance et l’expertise : mieux connaître les espèces, les milieux naturels, les services rendus par la biodiversité et les menaces qu’elle subit est essentiel pour protéger le vivant ;

      – un appui aux politiques publiques : à tous niveaux, les équipes de l’OFB appuient les politiques publiques pour répondre aux enjeux de préservation de la biodiversité ;

      – la gestion et restauration des espaces protégés : parcs naturels marins, réserves, appui aux parcs nationaux, travail en réseau… ;

      – la contribution à la police de l’environnement, qu’elle soit administrative ou judiciaire, relative à l’eau, aux espaces naturels, à la flore et la faune sauvages, à la chasse et à la pêche ; à la lutte contre le trafic des espèces sauvages menacées d’extinction.

      Manque de moyens
      Quatre ans après sa création, l’OFB continue de consolider son identité et sa place dans le paysage institutionnel. En manque d’un véritable portage politique, ce « fer de lance de la biodiversité » a vu ses missions s’étoffer et se complexifier considérablement, tandis que ses effectifs n’ont augmenté qu’à la marge.

      Le manque de moyens humains reste une entrave à l’action, à tous niveaux.

      Par exemple, sur les seules missions de police judiciaire, à l’échelle du territoire national, l’OFB ne compte que 1 700 inspecteurs pour prévenir et réprimer les atteintes à l’environnement (surveillance du territoire, recherche et constat des infractions, interventions contre le braconnage, …), qui doivent également contribuer à la connaissance, apporter leur expertise technique, sensibiliser les usagers, réaliser des contrôles administratifs sous l’autorité du préfet, etc. Mais d’autres agents et métiers de l’OFB sont également en tension.

      Durant les manifestations de colère agricole, l’OFB se voit conspué, ses implantations locales dégradées, ses agents vilipendés. L’OFB est devenu le bouc émissaire de la crise agricole, en l’absence de réponses concrètes sur le revenu des paysans.

      La santé des agriculteurs en premier lieu
      Ces attaques réitérées contre l’OFB sont inacceptables, car elles visent, au travers de l’établissement et de ses agents, à affaiblir les politiques publiques de protection et de sauvegarde de la nature, de l’eau et de la biodiversité.

      Parce que l’eau et la biodiversité renvoient à la complexité du vivant, le bon sens, qu’il soit populaire ou paysan, ne peut suffire à protéger ou à restaurer un fonctionnement équilibré des milieux naturels. L’OFB est un outil précieux de connaissance et d’expertise pour accompagner et garantir la mise en œuvre des politiques publiques (collectivités, habitants, filières professionnelles, etc.). La remise en cause de certaines de ses missions et de sa capacité d’agir générerait des reculs concrets et dommageables pour l’intérêt général et nos modes de vie.

      Elle ne constituerait aucunement un gain pour le monde agricole, dont une grande partie a déjà intégré les enjeux de préservation des milieux et des cycles naturels. Rappelons que, en faisant appliquer les réglementations environnementales, l’OFB et les autres opérateurs publics de l’environnement protègent aussi la santé de tous les citoyens, celle des agriculteurs en premier lieu.

      A l’inverse de la tendance à opposer agriculture et protection de la nature, la coopération entre agriculture et biodiversité est une nécessité évidente : le système agroalimentaire intensif aujourd’hui dominant constitue l’une des principales pressions sur la biodiversité, dont l’érosion continue provoque, en retour, une fragilisation de tous les modèles agricoles.

      Rappeler les lois, voire sanctionner
      Les politiques publiques, comptables vis-à-vis des générations futures, ne doivent pas renoncer à la transition agroécologique ; elles doivent au contraire l’accompagner, la guider et la soutenir, au bénéfice de la biodiversité, de l’atténuation et de l’adaptation du changement climatique, de la santé des humains (et en premier lieu des producteurs), des autres êtres vivants et de l’agriculture elle-même.

      Nous soutenons sans réserve tous les paysans qui s’engagent dans cette transition agroécologique, dans un modèle à la fois vertueux pour l’environnement et où les femmes et les hommes qui nous nourrissent vivent dignement de leur travail, sans mettre en jeu leur santé et celle des citoyens.

      Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés « Face au changement climatique, l’agriculture biologique doit être soutenue »

      L’OFB a sa place au côté d’une agriculture en pleine mutation, pour accompagner les paysans de bonne volonté, engagés dans la transition, mais aussi pour rappeler les lois et règlements en vigueur, voire sanctionner ceux qui ne respectent pas la loi, qu’ils soient des entreprises, des agriculteurs, des collectivités ou des individus.

      L’Etat doit lui en donner véritablement les moyens, avec des effectifs à la hauteur de ces enjeux et des agents reconnus qui vivent, eux aussi, dignement de leur travail. Comme pour d’autres établissements publics pris pour cible par des groupes d’intérêts économiques, il appartient aux autorités politiques de défendre l’existence de cet organisme dont les missions sont définies dans le cadre légitime de l’action publique de l’Etat

      Les signataires de cette tribune proviennent tous d’organisations siégeant au conseil d’administration de l’Office français de la biodiversité : Véronique Caraco-Giordano, secrétaire générale du #SNE-FSU, Syndicat national de l’environnement ; Antoine Gatet, président de France Nature Environnement ; Bernard #Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et biodiversité ; Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux ; Claude Roustan, président de la #Fédération_nationale_de_la_pêche en France ; Vincent Vauclin, secrétaire général #CGT_environnement (domaine OFB et #parcs_nationaux).

    • À #Poitiers, l’immense désarroi de la police de l’environnement | Mediapart
      https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/150225/poitiers-limmense-desarroi-de-la-police-de-l-environnement

      À Poitiers, l’immense désarroi de la police de l’environnement
      Harcelés par les syndicats agricoles, les agents de l’Office français de la biodiversité se sentent abandonnés et constatent une perte de sens de leur travail. D’autant que François Bayrou les a jetés en pâture dès son arrivée à Matignon, les accusant d’« humilier les agriculteurs ».

      Lucie Delaporte

      15 février 2025 à 10h28

      PoitiersPoitiers (Vienne).– Sur la porte vitrée du local subsistent encore les traces laissées par la Coordination rurale (CR). Des graines mélangées à une substance visqueuse et, çà et là, quelques autocollants du syndicat : « Stop à l’agricide », « OFB stop contrôle ».

      Dans la nuit du dimanche 2 février, les locaux de l’agence départementale de l’Office français de la biodiversité (#OFB) à Poitiers ont été pris pour cible par des militants du syndicat agricole proche de l’extrême droite. Des #graffitis ont été tracés sur le bâtiment, des sacs de légumes pourris déversés devant les locaux. « Un camion entier », précise Alain*, le premier agent à être arrivé sur les lieux.

      C’est la sixième fois en un an et demi que cette antenne de l’OFB de la Vienne est attaquée. Le procureur de la République a ouvert une enquête en flagrance pour les dégradations matérielles mais aussi pour harcèlement, au regard de la répétition de ces actes de malveillance.

      Dans cette âpre campagne où le syndicat disputait son leadership à la FNSEA, l’OFB aura été sa cible répétée. « On leur a servi de bouc émissaire idéal », résume un agent que nous rencontrons dans la salle de repos où sont collées des affichettes montrant des agents couverts de déchets avec le slogan « Nous ne sommes pas des punching-balls ».

      Après le témoignage sur France Inter d’un responsable syndical de l’OFB qui avait comparé à des « dealers » les agriculteurs hors la loi, le climat s’est enflammé. « Une voiture de l’OFB qui entre dans une exploitation sera brûlée sur place », a déclaré peu après dans un meeting le secrétaire général de la CR, Christian Convers.

      Grève du zèle
      Né en 2020 de la fusion de l’Agence française pour la biodiversité et de l’Office français de la chasse et de la faune sauvage, l’OFB, qui compte 2 800 agents, est encore mal connu du grand public. Il exerce des missions de police administrative et de police judiciaire relatives à l’eau, aux espaces naturels, aux espèces, à la chasse et à la pêche.

      À Poitiers, quelques jours après cette sixième attaque contre ses locaux, l’antenne tourne au ralenti. « On fait une grève larvée. Globalement, on ne fait pas de police pénale, pas de contrôle administratif. On essaie de solder les procédures en cours et on va surtout voir des espèces sur le terrain », résume un agent qui, comme tous les autres, requiert l’anonymat.

      On se dit qu’un agriculteur va peut-être franchir la ligne rouge, avec le sentiment que, s’il le fait, il sera soutenu par les syndicats agricoles et par le premier ministre.

      Gilles, agent à l’OFB
      Après une manifestation le 31 janvier devant la préfecture, les agents poursuivent le mouvement par cette grève du zèle, en écho à une année étrange où leurs tutelles – le ministère de l’agriculture et celui de la transition écologique – leur ont demandé de lever le pied sur les contrôles face à l’ampleur de la contestation agricole.

      « C’est notre quotidien : se faire insulter ou agresser par des gens qui viennent déverser des détritus juste parce qu’on essaie de faire respecter des lois votées au Parlement », indique Alain, qui fait visiter les lieux.

      Un mètre de lisier dans la voiture
      Le lâchage en règle des agents de l’OFB par deux premiers ministres, sous la pression du mouvement agricole, a été très douloureusement ressenti. Lors de son discours de politique générale, François Bayrou a évoqué l’« humiliation » infligée, à ses yeux, au monde agricole par les agents de l’OFB, qui arborent une arme lors de leurs interventions. 

      « On s’était déjà fait crucifier en janvier sur place par Attal sur sa botte de foin, qui avait repris au mot près le slogan de la FNSEA : “Faut-il être armé pour contrôler une haie ?” », s’étrangle Alain, qui rappelle les agressions continuelles que subissent les agents. 

      Depuis fin 2023, l’OFB a recensé 90 actions contre ses locaux mais aussi des actes malveillants visant directement ses agents. En octobre, le chef de l’OFB du Tarn-et-Garonne, juste après une réunion sur les contrôles à la chambre d’agriculture, a constaté qu’une des roues de son véhicule avait été démontée. « Un collègue s’est retrouvé avec un mètre de lisier dans sa voiture », raconte Max en buvant sa chicorée, parce qu’il s’est rendu compte que le café portait trop sur ses nerfs déjà assez malmenés.

      « Il y a une violence qu’on ressent de plus en plus. Ce climat-là multiplie le risque d’avoir un contrôle qui se passe mal. On se dit qu’un agriculteur va peut-être franchir la ligne rouge, avec finalement le sentiment que, s’il le fait, il sera soutenu par les syndicats agricoles et par le premier ministre », poursuit-il.

      Travailler à l’OFB a un coût, surtout quand on habite dans un village. « Là où j’habite, je suis blacklisté. C’est un village très agricole. Je l’ai senti quand on est arrivés. Ma femme ne comprenait pas. Je lui ai dit : “Cherche pas : tout le monde se connaît, ils savent le métier que je fais” », explique l’agent.

      Un autre raconte avoir fait l’erreur d’aller regarder ce qui se disait sur les réseaux sociaux à propos de l’OFB. Insultes, menaces, dénigrement… « C’est désastreux. On est les emmerdeurs, payés par vos impôts, pour protéger les papillons, les amphibiens. Et à partir du moment où l’État qui m’emploie me désavoue, quelle légitimité j’ai à continuer à faire ce travail-là ? »

      Depuis 2023, du fait des dérogations de la préfecture, l’eau d’une grande partie de la Vienne n’est officiellement plus « potable », à cause de ces pollutions, mais « consommable ».

      L’accusation de « harceler » le monde agricole provoque ici l’agacement. « D’abord, on focalise sur le monde agricole, mais ce n’est qu’une petite partie de notre travail. On contrôle les collectivités, les entreprises, les particuliers aussi », souligne Max, la trentaine. À raison de 3 000 contrôles par an pour 400 000 exploitations, une exploitation a une chance de se faire contrôler tous les cent vingt ans. « Ici, on a verbalisé vingt exploitations sur les phytos [produits phytosanitaires – ndlr] l’an dernier sur les 3 500 du département. La vérité, c’est qu’on devrait faire beaucoup plus de contrôles. On est treize agents, ici, on devrait plutôt être quarante pour bien faire notre métier », assure-t-il.

      Car ce qu’ils racontent sur l’ampleur des atteintes à l’environnement qu’ils constatent au quotidien fait froid dans le dos. « Sur la qualité de l’eau, c’est une catastrophe ! À certains endroits, on en est venus à interconnecter des points de captage pour diluer la pollution », rapporte un policier. Un cache-misère pour rendre moins visibles des niveaux de pollution inédits.

      Julien est ici le spécialiste de l’utilisation des produits phytosanitaires. Il décrit les conséquences désastreuses de ces produits utilisés trop souvent hors des clous et qui restent parfois plusieurs décennies à l’état de métabolites dans les sols et les nappes phréatiques.

      Interdit depuis 2013, le chlorothalonil, un fongicide, continue de faire des ravages. « Il y a certaines zones dans le département où on était à quasiment 70 fois la norme ! » Pour lui, de telles concentrations indiquent que le produit a sans doute été utilisé récemment : « Les agriculteurs peuvent se fournir à l’étranger, sur Internet. »

      Depuis 2023, du fait des dérogations de la préfecture, l’eau du robinet d’une grande partie du département n’est officiellement plus « potable », à cause de ces pollutions, mais « consommable », c’est-à-dire les seuils très précis de pollution qui régissent les normes de potabilité sont dépassés mais dans des proportions qui n’impactent pas immédiatement la santé humaine. Dans ce cas, les préfectures peuvent, temporairement, publier des décrets dérogatoires. Sur le long terme, qui vivra verra… Une situation dénoncée par les associations environnementalistes dans l’indifférence générale. 

      Yves s’agace de l’aveuglement des pouvoirs publics sur le sujet : « La conscience des élus de la gravité de la situation de l’eau, elle est... faible, euphémise-t-il dans un demi-sourire. Ils ne se rendent pas du tout compte ou alors ils disent : “On va trouver des solutions curatives, on va traiter l’eau.” Mais, même dans les récentes usines de filtration à 15 millions d’euros qui ont été construites ici, on continue de trouver ces métabolites. » Il faut des filtres de plus en plus performants, plus chers et finalement payés par les contribuables.

      Moi, je n’ose même plus parler de biodiversité puisqu’on regarde toutes les populations se casser la gueule…

      Un policier de l’environnement
      Faire appliquer la loi serait, au minimum, un bon début. Mais c’est précisément ce qu’on les empêche de faire en leur imposant des procédures longues et complexes, avec très peu de moyens.

      Pour ces agents, observer au quotidien l’effondrement de la biodiversité dans l’indifférence générale est un crève-cœur. « On est un peu comme des urgentistes qui voient passer des cadavres toute la journée. Moi, je n’ose même plus parler de biodiversité puisqu’on regarde toutes les populations se casser la gueule… J’en suis juste à me dire : essayons d’avoir encore de l’eau potable demain », affirme Alain.

      Le droit de l’environnement est-il trop complexe ? Un argument qui est beaucoup revenu pendant le mouvement des agriculteurs. Alain reconnaît que certains aspects sont très techniques, y compris pour lui, mais souligne que cette complexité est souvent le fruit d’un intense travail de lobbying des industriels et des groupes de pression.

      « Le #lobbying a tendance à complexifier encore plus la loi, avec une multitude de sous-amendements parfois difficilement interprétables… On se dit que c’est exprès pour que ce soit inapplicable ! Ce serait bien de simplifier la loi mais que cette simplification ne se fasse pas au détriment de l’environnement, comme c’est la plupart du temps le cas », juge-t-il.

      Agrandir l’image : Illustration 3
      Une saisie d’un bidon de glyphosate. © Lucie Delaporte
      Julien assure que concernant les « phytos », grand sujet de crispation avec les agriculteurs, la « complexité » a bon dos : « Les exploitants ont quand même une formation pour obtenir un certificat individuel d’utilisation des produits phytosanitaires, et sur chaque bidon de phytosanitaire, la règle d’utilisation est écrite : “À ne pas appliquer à moins de 5 mètres ou 20 mètres d’un cours d’eau”, etc. »

      Dans une profession agricole qui a été encouragée à utiliser massivement des pesticides pendant des décennies, engendrant une dépendance de plus en plus grande à la chimie, certains agriculteurs préfèrent simplement ignorer des réglementations qui les contraignent.

      « On a fait des formations justement pour expliquer la réglementation. Comme sur le terrain on entend toujours que c’est très compliqué, on s’attendait à avoir des salles pleines. Sur les 3 500 exploitations dans la Vienne, une cinquantaine d’agriculteurs sont venus », soupire un agent chevronné.

      Avec des formules qu’ils veulent diplomatiques, ils décrivent tous un monde agricole qui s’est globalement affranchi des règles sur le respect de l’environnement, avec la bénédiction des pouvoirs publics qui ont décidé de fermer les yeux. « Il faudrait faire une étude sociologique : pourquoi les exploitants agricoles ne se sentent-ils jamais en infraction ? Ils nous disent : “Mais nous on gère en bons pères de famille, intéressez-vous plutôt aux délinquants, aux dealers dans les cités.” C’est quelque chose qui a été entretenu parce qu’il y a très peu de contrôles en agriculture. Et forcément, dès qu’il y en a un petit peu, tout de suite, la pression monte », analyse Julien.

      Si, de fait, les contrôles sont rares, les sanctions ne sont pas non plus très dissuasives. Dans le département, un agriculteur qui se fait contrôler pour non-respect de la loi sur l’utilisation des pesticides est condamné à faire un stage payant de 300 euros. « Ce n’est pas très cher payé quand on voit les dégâts pour les écosystèmes », soupire Alain.

      La faiblesse des contrôles pourrait d’ailleurs coûter cher à la France concernant les aides de la politique agricole commune (PAC). « Il y aurait 9 milliards d’aides et pas de contrôles ? Ça ne marche pas comme ça », relève un agent. L’Union européenne conditionne en effet ses aides au respect d’un certain nombre de règles environnementales garanties par un bon niveau de contrôle et pourrait condamner la France. 

      Ma hantise, c’est qu’un agriculteur se #suicide.

      Gilles, agent de l’OFB
      Malgré leurs vives critiques, tous les agents rencontrés insistent sur leur attachement à un monde agricole qu’ils connaissent bien et qu’ils savent effectivement en détresse. « Mon père était exploitant agricole. Je viens de ce milieu, prévient d’emblée Julien. Avec le Mercosur, l’année dernière était pourrie par le climat avec une baisse de la production… Ils ont l’impression de perdre sur tout. On est le coupable idéal parce que c’est facile de taper sur nous. »

      Essentielle à leurs yeux, leur mission de police n’est pas toujours facile à endosser. « Ma hantise, c’est qu’un agriculteur se suicide, raconte Gilles. C’est arrivé à un collègue après un contrôle. On prend le maximum de précautions, on appelle la DDT [direction départementale des territoires – ndlr] pour savoir s’il y a des risques psychosociaux avant d’intervenir chez un exploitant par exemple. »

      Faire respecter le droit de l’environnement, notamment sur les « phytos », est aussi dans l’intérêt des agriculteurs, plaident-ils. « Certains agriculteurs sont dans le déni. Moi, j’essaie de leur parler des impacts sur leur santé, celle de leur famille », explique Max. Il se souvient d’un agriculteur qui avait passé quinze jours à l’hôpital après s’être pris des pesticides en retour d’air dans la cabine de son semoir : « Il crachait du sang. Mais de là à changer… Ils sont convaincus qu’il n’y a pas d’autres solutions, alors que rien qu’en modifiant certaines pratiques, ils peuvent baisser drastiquement le recours aux phytos. »

      Il y a aussi désormais des points de non-retour. Yves se souvient de la prise de conscience d’un agriculteur qui a un jour fait venir un pédologue pour comprendre ce qui se passait sur son exploitation : « Il lui a dit que les sols de ses 600 hectares étaient morts ; ça lui a mis une claque. » Beaucoup d’agents interrogés voudraient voir leur travail à l’OFB en partie comme un accompagnement de ces agriculteurs aujourd’hui englués dans la dépendance aux produits chimiques.

      L’éclatante victoire dans le département de la Coordination rurale, qui veut supprimer le maximum de normes environnementales, ne va pas vraiment en ce sens.

      Au sein de l’antenne de Poitiers, le découragement gagne les agents. Beaucoup nous font part de leur envie d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. « Je regarde les offres d’emploi, c’est vrai », reconnaît l’un d’eux. « Je n’ai pas envie de servir de caution verte au gouvernement. Si on nous dit demain : le monde agricole, vous ne le contrôlez plus, vous faites les particuliers, les entreprises et les collectivités…, là, j’arrêterai. J’aurai l’impression de clairement voler les contribuables en prenant un salaire pour quelque chose de totalement inutile : il faut remettre les enjeux à leur place », poursuit ce jeune agent, que ses collègues décrivent comme un « monstre dans son domaine ».

      Gilles se remet mal d’une discussion récente avec une collègue. « Elle a fait vingt-quatre ans de service. Une fille hyperperformante dans plein de domaines, mais là, elle n’en peut plus. Elle a craqué nerveusement. Elle fait une rupture conventionnelle. Elle ne veut même plus entendre parler d’environnement, c’est devenu insupportable pour elle. »

  • https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/01/19/pierre-ferracci-president-du-paris-fc-et-homme-d-affaires-tout-terrain_65048

    #Pierre_Ferracci, président du Paris FC et homme d’#affaires tout-terrain
    Par #Yann_Bouchez

    PORTRAIT Le président du modeste #club_de_football sera-t-il le premier dirigeant à pouvoir rivaliser avec le #PSG dans la capitale ? L’accord conclu à l’automne avec la #famille_Arnault lui donne trois ans pour y travailler. Un joli coup pour cet homme de #réseaux qui s’apprêterait, à 72 ans, à passer les rênes du #groupe_Alpha, le #cabinet_de_conseil spécialisé dans les #relations_sociales qu’il a fondé.

    Présider un club de #Ligue_2, l’antichambre de l’#élite du football professionnel, n’est pas toujours une sinécure. Ce samedi 7 décembre au soir, il pleut à verse sur #Ajaccio. Dans les tribunes du stade Michel-Moretti, un millier de courageux, guère plus, est venu assister au match opposant l’#AC_Ajaccio au #Paris_FC (PFC). Entre deux chants corses couvrant le bruit de la pluie, des supporteurs locaux lancent, de temps à autre, des noms d’oiseaux visant les « Français » de l’équipe parisienne.

    A 72 ans, Pierre Ferracci en a vu d’autres. Veste grise sur jeans foncé, cheveux clairsemés, le patron du Paris Football Club, lui-même né à Ajaccio, suit la rencontre en tribunes. Il s’est assis entre son fils François, directeur sportif du PFC, et un ex-dirigeant de l’AC Ajaccio. Le voilà presque comme un spectateur lambda ; ce soir-là, il a ignoré la loge dévolue aux dirigeants du club visiteur, trop excentrée.

    Le plateau de coppa, lonzu et fromages corses est resté intact, tout comme la bouteille de champagne. Malgré tout, Pierre Ferracci, s’est régalé. Au coup de sifflet final, scellant une victoire des Parisiens sur deux buts gaguesques, il s’invite sur la pelouse. Sous la pluie battante, il serre des mains, tout sourire. A ses joueurs comme aux adversaires.

    Changement de dimension

    Pierre Ferracci est un patron de club heureux. Les récentes défaites n’y changeront rien. D’ailleurs, le PFC, actuel troisième du classement, peut toujours viser la montée en Ligue 1 en fin de saison. « Je suis heureux parce que j’ai l’impression d’avoir mis le club sur de bons rails », avançait-il, satisfait, avant le match face à Ajaccio. « De bons rails », l’expression frise la coquetterie. Car le septuagénaire, fondateur et dirigeant du groupe Alpha, spécialiste et leader du conseil en ressources humaines, vient sans doute de réussir l’un des plus beaux deals de sa carrière. Le plus retentissant, à coup sûr.

    L’information a d’abord fuité dans le quotidien sportif L’Equipe, le 9 octobre. Une semaine plus tard, confirmation officielle : le Paris FC, modeste club de Ligue 2, jusque-là aux mains de Pierre Ferracci, accompagné d’un pack d’actionnaires, est en passe d’être racheté par la famille Arnault. Promesse, avec ces milliardaires, d’un changement de dimension. Et si émergeait enfin un « deuxième club de la capitale » capable, qui sait, de rivaliser un jour avec le richissime Paris Saint-Germain, sous pavillon qatari ?

    Le 20 novembre, foin de bling-bling, c’est dans la cantine du centre de formation du PFC, à Orly (Val-de-Marne) que Pierre Ferracci et Antoine Arnault, patron de deux fleurons du groupe de luxe LVMH, le maroquinier Berluti et le spécialiste du cachemire de très grand luxe, commentent l’union. Face à eux, des dizaines de caméras et une centaine de journalistes. L’affluence, pour une conférence de presse du PFC, est inédite. L’aîné de la fratrie Arnault, 47 ans, fan de foot et… du PSG, prend des accents philanthropiques : « L’idée est de rendre à la société, à Paris, à notre pays, ce qui nous a été donné. » Une manière adroite, peut-être aussi, de faire oublier les dribbles du patriarche avec le fisc.

    Un carnet d’adresses bien fourni

    Pierre Ferracci savoure le moment. Avec gourmandise, il évoque les coulisses de l’opération, en se gardant de tout dévoiler. La décision prise « avec [ses] deux fils, à l’été 2023 », de « s’associer à des forces économiques plus puissantes que les [leurs] » pour viser la Ligue 1. La satisfaction d’avoir trouvé, ensuite, par le biais de la banque Rothschild, un investisseur français « alors qu’aujourd’hui les deux tiers des clubs de L1 et de L2 sont contrôlés par des capitaux étrangers ». « Un enjeu de souveraineté nationale », ose-t-il, tout en reconnaissant que ces dernières années, il avait réuni au capital du Paris FC, « à titre minoritaire » certes, des actionnaires venus de Bahreïn, des Etats-Unis, d’Arménie et du Sri Lanka.

    Du montant du rachat, il ne dit rien ou presque. Il conservera 30 % des parts jusqu’en 2027, date prévue de son départ de la présidence du club. Agache Sport, la holding des Arnault, possédera alors 85 % du PFC, contre 15 % pour Red Bull – sous réserve que BRI Sports Holding, l’actionnaire anglo-sri-lankais, le seul qui résiste, accepte de vendre ses parts (7 %).

    Jongler avec les sujets économiques, politiques et sportifs, voilà la marque de fabrique de cet homme de réseaux. Autoproclamé « de gauche » et « homme de compromis », ce patron tout-terrain évolue au carrefour de plusieurs mondes. L’entrepreneur, aujourd’hui à la tête d’un groupe fort d’un millier de collaborateurs et d’un chiffre d’affaires annuel supérieur à 140 millions d’euros, côtoie depuis des décennies le gratin des grands patrons, des syndicalistes, comme des dirigeants sportifs. Il déteste l’expression « homme d’affaires », trop « péjorative » à ses yeux.

    Ses différentes activités lui ont permis de se constituer l’un des carnets d’adresses les plus fournis du Tout-Paris. Depuis vingt ans, il loue, au travers de sa société Alpha, une loge VIP au Stade de France – compter environ 200 000 euros à l’année. Il y invite les huiles du monde patronal et syndical. « Le foot, résume-t-il, c’est le sport le plus populaire de la planète. Il fédère beaucoup de personnes, d’états d’esprit différents. J’aime ça. »

    « Il était très militant »

    Le sport, pourtant, a d’abord occupé une place annexe dans sa vie. Car, avant tout, il y eut les affaires. Certes, dans les années 1960, gamin à Ajaccio, Pierre Ferracci allait voir les matchs du Gazélec, le club de foot des gaziers et électriciens corses. S’il en est resté un « supporteur historique », cela relevait en partie, à l’époque, du tropisme héréditaire.

    Albert Ferracci, son père, instituteur et ancien résistant, fut une figure éminente en Corse du Parti communiste. Sa mère, Rose, également enseignante et syndicaliste, partageait les mêmes engagements. Le soutien au Gazélec s’est imposé comme une évidence. Mais, niveau loisirs, le petit Pierre préfère encore, durant ses vacances d’été, les parties de chasse sous-marine du côté de Suartone, un village dans le sud de l’île, près de Bonifacio, où habite la famille du côté paternel.

    Doué à l’école, Pierre Ferracci monte à la capitale et mène des études d’économie et d’expertise comptable à l’université Paris-Dauphine. L’un de ses profs s’appelle Jacques Attali – on y reviendra. Déjà, l’étudiant porte plusieurs casquettes. Il adhère aux Jeunesses communistes – il prendra vite ses distances avec le #PCF – et à l’#UNEF, syndicat étudiant marqué à gauche. « Il était très militant mais pas gauchiste du tout », se remémore Paul-Antoine Luciani, un ami de la famille, figure #communiste et ancien adjoint à la #mairie d’Ajaccio.

    Rapports cordiaux avec Vincent #Bolloré

    Le jeune homme tisse des liens avec la #CGT. La figure de son père, très respecté chez les communistes, est un atout qu’il n’est pas besoin d’inscrire sur son CV. Précieux pour lancer sa carrière. Au début des années 1980, il rejoint un petit cabinet d’expertise-comptable, Maréchal. Très vite, il grimpe les échelons, en prend la tête. Les #lois_Auroux, en 1982 et en 1983, favorisent les négociations salariales et élargissent le rôle des comités d’entreprise (CE). #Pierre_Ferracci flaire le bon filon.

    Son groupe, #Alpha, qui voit le jour en 1983, d’abord avec le cabinet #Secafi, s’impose assez vite sur cette niche très rentable ; la CGT deviendra un de ses principaux clients, avec le syndicat des cadres #CFE-CGC plus récemment. Le cabinet de conseil travaille aujourd’hui pour environ 2 000 comités sociaux et économiques (#CSE). Le groupe s’est diversifié : il s’occupe aussi du reclassement des salariés, après un plan de licenciement. Un conflit d’intérêts, s’offusquent des concurrents du secteur qui reprochent à Alpha de jouer sur les deux tableaux, #syndical et #patronal. « La plupart du temps, on modifie à la marge les plans de licenciement. Donc l’accompagnement des salariés licenciés, c’est la suite logique », répond Pierre Ferracci.

    Grâce à son activité, il est l’un des #patrons les mieux informés de l’état de santé des grandes entreprises françaises. L’expert du #dialogue_social cultive une proximité avec un nombre incalculable de patrons. Il y a eu les #Corses, comme Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France (1997-2008), ou Jean-Marie Colombani, directeur du Monde (1994-2007). Et puis des figures du #CAC_40 et capitaines d’industrie, parmi lesquels le spécialiste du textile Maurice Bidermann (mort en 2020), l’ancien sidérurgiste et ex-ministre Francis Mer ou encore Vincent Bolloré.

    Pierre Ferracci connaît le milliardaire conservateur breton « depuis longtemps ». « Dans les années 1990, j’ai même réussi à lui faire rencontrer, lors d’un repas, Louis Viannet, le secrétaire général de la CGT. » Et d’ajouter, facétieux : « C’était à l’époque où Vincent Bolloré avait une image un peu plus sociale qu’aujourd’hui. » Il a conservé des rapports cordiaux avec l’industriel : « Mais on parle plus de football et de #Canal que du #JDD et de #CNews, si c’est ça que vous voulez savoir. »

    Donateur du candidat d’En marche !

    Pierre Ferracci n’a cessé de tisser son réseau, tous azimuts. Son étiquette d’expert des questions sociales est un précieux sésame. En 2007, au début de la présidence Sarkozy, il accepte d’être membre de la commission #Attali sur la libération de la croissance. Beaucoup, à la CGT, tiquent. Peu lui importe. Le Corse aime le rappeler aux journalistes : c’est Emmanuel Macron, alors banquier chez #Rothschild et rapporteur général adjoint de la commission, qui a glissé son nom. « Manu », comme il l’appelle en privé, le tutoyant, est depuis vingt ans l’un des amis de son fils aîné, #Marc_ferracci, économiste devenu ministre sous les gouvernements Barnier puis Bayrou.

    Etudiants à Sciences Po, Marc Ferracci et Emmanuel Macron ont préparé l’#ENA ensemble. Les révisions s’organisaient parfois dans le chic appartement que loue aujourd’hui encore Pierre Ferracci près du jardin du Luxembourg, à Paris. En 2017, l’homme d’affaires sera d’ailleurs l’un des donateurs du candidat d’En marche !, ce qui ne l’a pas empêché, par la suite, de critiquer publiquement l’actuel chef de l’Etat, avec qui il conserve des relations « respectueuses et amicales ». Insaisissable Pierre Ferracci. Sous la présidence #Hollande, en 2014, il est nommé à la tête du Conseil national éducation économie, une structure visant à favoriser le dialogue entre le système éducatif et les entreprises. Il a également été membre du Conseil d’orientation pour l’emploi.

    « Pierre, c’est un pont entre plusieurs mondes, courtois, bon vivant », résume le consultant en stratégie sociale Antoine Foucher, qui a appris à le connaître lorsqu’il travaillait au Medef, vers 2012-2013. « Je ne suis jamais pour la politique de la chaise vide, justifie Pierre Ferracci. Là où il y a moyen de faire passer ses idées, j’y vais. » Son mantra : que les choix économiques n’écrasent pas les questions sociales. Ses détracteurs dénoncent des compromissions, lui vante les « compromis équilibrés ».

    Débuts catastrophiques au Paris FC

    C’est le football qui va lui permettre d’étoffer encore ses réseaux. Au début des années 2000, le conseil général de Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Ouen demandent à son groupe un audit du Red Star, avant de le sonder pour qu’il reprenne les rênes du club. L’affaire n’est pas conclue, mais elle lui donne des idées. En 2007, Guy Cotret, dirigeant du Crédit foncier, fait entrer Pierre Ferracci dans l’actionnariat du Paris FC, alors en National, le troisième échelon français.

    Le Corse sympathise avec des dirigeants et des personnalités du ballon rond, comme le mythique entraîneur Arsène Wenger ou le journaliste Didier Roustan. « Le football lui a permis d’élargir son carnet d’adresses avec des personnalités qui ne sont pas forcément celles qu’il rencontrait habituellement à travers son activité », résume Guy Cotret. Qui, en 2012, se fait évincer par Pierre Ferracci de la tête du club. « Il avait mis au pot plus que moi, 1 million d’euros environ, se remémore le président déchu et fâché à l’époque. Il voulait garder la main. C’est un chef d’entreprise, il y a une part d’autoritarisme qui n’est pas anormale. Mais l’affaire s’est conclue en bonne intelligence. »

    Les débuts de la présidence Ferracci au Paris FC sont catastrophiques. Le club est relégué. Les entraîneurs valsent les uns après les autres. La venue comme conseiller de son ami le journaliste Charles Villeneuve, ex-président du PSG rencontré par l’intermédiaire d’#Alain_Minc, est un échec. Le projet, avec Jean-Marc Guillou, un ancien joueur de l’équipe de France qui a entraîné par la suite la Côte d’Ivoire, de faire venir des jeunes joueurs africains, ne prend pas non plus. « Ça m’a vacciné d’entrée, ça c’est sûr », observe Pierre Ferracci avec le recul. Depuis plus de dix ans, il ne jure plus que par la formation locale et la richesse du bassin parisien. « Il croit à ce projet et a une vision claire de ce qu’il veut faire », salue Jean-François Martins, ancien adjoint aux sports à la mairie de Paris.

    Accord critiqué avec le #Bahreïn

    En douze ans de présidence, Pierre Ferracci a professionnalisé le PFC. Sans parvenir à lui faire goûter à la Ligue 1. Un centre d’entraînement et de formation a été inauguré à Orly en 2019. Le budget du club, l’un des plus gros de Ligue 2, se situe désormais autour de 30 millions d’euros. Pierre Dréossi, figure connue de la Ligue 1 et manageur général du PFC de 2015 à 2020, loue un patron de club qui a su « trouver des partenaires financiers ».

    En 2015, ce fut d’abord Vinci comme sponsor – un groupe que le cabinet Secafi connaissait bien. Puis le Bahreïn en 2020, à l’époque pour 25 millions d’euros et 20 % du capital du club – et 2 millions d’euros annuels pour être sponsor maillot. L’accord a suscité son lot de critiques, d’autant que le prince Nasser Ben Hamed Al Khalifa, à la tête du fonds bahreïni, est accusé par plusieurs ONG d’actes de torture. « Vous avez au Bahreïn une synagogue, une église catholique, une église orthodoxe et beaucoup plus de liberté pour les femmes qu’au Qatar, donc je n’avais pas de problème avec le Bahreïn », balaie cet athée revendiqué – « je suis très croyant : je crois que Dieu n’existe pas » –, qui apprécie peu de recevoir des leçons.

    Pierre Ferracci reconnaît d’ailleurs sans mal avoir essayé, « dans les années 2014-2015 », de recruter le géant russe #Gazprom comme sponsor : « En octobre 2015, j’ai même eu un rapide échange avec #François_Hollande, #Vladimir_Poutine et #Alexandre_Orlov [ambassadeur de la Russie à Paris] à ce sujet. » Aucun accord n’a été trouvé, mais la rencontre lui a rappelé l’époque où Alpha avait des bureaux à Saint-Pétersbourg et à Moscou.

    Ces dernières années, avant le rachat par #les_Arnault, il a réussi, grâce à son seul entregent, quelques « coups ». Comme faire de Raï, l’ex-star brésilienne du PSG, pas vraiment désireuse de travailler avec les Qataris, un ambassadeur du PFC. Ou de rendre gratuite la billetterie du stade Charléty, l’enceinte du Paris FC, aux tribunes souvent aux trois quarts vides – cela a un peu changé ces derniers mois. Fin novembre 2024, il a nommé son ami #Michel_Denisot au conseil d’administration du PFC. L’homme de télé, ex-président du PSG, est aussi un ancien de Canal+. Le dirigeant du PFC milite d’ailleurs pour qu’un jour la #chaîne_cryptée et le football français renouent leur longue alliance, interrompue ces dernières années. En vain pour l’instant.

    L’affaire de ses villas

    Au cours des dernières semaines, la BBC, le New York Times ou le Washington Post l’ont sollicité pour des interviews. Flatteur, même pour cet habitué de la presse. S’il est intarissable sur les mille et une nuances du monde syndical, les petites ou grandes histoires du football européen, il l’est beaucoup moins, en revanche, sur ce qu’il considère relever de son intimité. De son goût pour les bolides, il n’a jamais rien dit. Rien non plus sur ses revenus – un peu plus de 750 000 euros déclarés auprès du fisc pour l’année 2018, selon nos informations.

    L’affaire de ses deux villas et de sa piscine près de #Suartone, en Corse, qui lui ont valu une longue bataille judiciaire et 1 #million_d’euros d’amende pour un permis de construire non respecté, l’agace encore. S’il a pu conserver les #villas, il n’a pas digéré les nombreux articles écrits. « Une conséquence de ma relation avec Emmanuel Macron », estime-t-il à propos de cette #attention_médiatique. Mais, même sur ces polémiques, le verbe s’emporte rarement. « Il est assez insondable, Pierre, observe Jean-François Martins, l’ex-adjoint parisien, c’est assez déroutant. Il n’est pas surexpressif, même s’il dit ce qu’il pense. »

    Le ton affable et le goût revendiqué pour le dialogue social de Pierre Ferracci ne convainquent pas tout le monde. Plusieurs ex-salariés du groupe Alpha décrivent, sous couvert d’anonymat, un patron « autocrate » et « un management de la tension ». Simple aigreur de collaborateurs licenciés ? Pas sûr : l’inspection du travail s’est émue, à plusieurs reprises, au mitan des années 2010, du manque de dialogue chez Secafi-Alpha lors de plans de réorganisation, avec des #syndicats_internes informés « au compte-goutte ».

    En 2015, un fichier des ressources humaines listant des dizaines de salariés avec des remarques désobligeantes et parfois personnelles fuite. #Scandale dans le groupe. « Il y a eu des sanctions, ces pratiques n’existent plus », assure Pierre Ferracci. Et d’ajouter : « Le groupe Alpha n’est ni une entreprise parfaite ni, compte tenu du modèle social qu’elle a mis en place, un groupe qui doit être l’objet de toutes les critiques, tant s’en faut. »

    Des mystères demeurent
    Au sein du Paris FC, depuis ses débuts compliqués, tout le monde reconnaît l’implication de Pierre Ferracci. Il assiste à la plupart des matchs. Mais quelques mystères demeurent. Combien d’argent a-t-il mis dans le club depuis près de quinze ans ? « Beaucoup, beaucoup », sourit-il. Mais encore ? « Ça, je ne le dirai jamais. » Malgré nos relances, il ne précise pas, non plus, à quel prix le club a été racheté – « ça n’a pas grande importance ». D’une formule, il reconnaît tout de même : « C’est une très belle #valorisation. » Et ajoute qu’il est « ravi que tous les actionnaires qui [l]’ont suivi depuis le départ n’ont pas perdu d’argent mais en ont gagné » avec la reprise par les Arnault. Lui compris, évidemment.

    Au sujet des nouveaux propriétaires, Pierre Ferracci l’assure : il ne connaissait pas personnellement la #famille_Arnault avant le printemps, au début des négociations. Avec son groupe Alpha, il avait pourtant eu à gérer, dans les années 2000, deux dossiers sensibles liés à LVMH. D’abord, la fermeture contestée de la Samaritaine, où son cabinet Secafi avait été très critiqué par des salariés l’accusant d’avoir joué le jeu de la direction. Ensuite, le rachat (d)#Les_Echos par #Bernard_Arnault.

    Antoine Arnault confirme n’avoir, avant le printemps 2024, que « croisé » le président du PFC « dans différentes réceptions ou événements liés à nos vies professionnelles ». Mais, depuis le printemps, ils ont appris à se connaître et à s’apprécier. Le patron de Berluti salue des #négociations menées « avec une grande intelligence et une grande patience ». « Après, nuance le nouveau propriétaire du Paris FC, c’est quelqu’un qui a aussi ses idées et qui n’en démord pas, et va négocier de manière extrêmement déterminée. Ce n’est pas un enfant de chœur, Pierre Ferracci. » C’est dit comme un compliment.

    Le casse-tête du stade

    Ces dernières semaines, Antoine Arnault, habitué aux tribunes VIP du Parc des Princes, a assisté à des matchs de son nouveau club. Même si l’enceinte du Paris FC n’a pas de loges, il a pu y côtoyer du beau monde. « Pierre Ferracci est quelqu’un qui a une très grande intelligence des gens et qui arrive à se les mettre dans la poche, jauge-t-il. Quand je vais à Charléty et que je croise aussi bien Philippe Martinez que Pascal Obispo… Il réussit à réunir des gens d’univers très différents et à les faire dialoguer. Dieu merci, avec Martinez, ce n’est pour l’instant que pour parler foot ! »

    Cette année, Pierre Ferracci a promis de passer la main à la présidence du groupe Alpha. D’ici à l’automne, il souhaite créer un fonds de dotation pour soutenir des actions liées à « l’éducation des tout-petits », un sujet cher à ce fils d’instits. Sa casquette de président du Paris FC, pour trois ans encore, devrait bien l’occuper.

    Les #chantiers ne manquent pas. Il y a cette montée en Ligue 1, dont il rêve depuis des années. L’agrandissement du centre d’entraînement, à #Orly, qui paraît sous-dimensionné au vu des ambitions des nouveaux propriétaires. Et puis, surtout, le casse-tête du stade. #Charléty, avec sa piste d’athlétisme et ses tribunes ouvertes aux quatre vents, n’est pas l’écrin rêvé. Il faudrait le réaménager, si la Ville de Paris l’accepte. Afin de pouvoir accueillir les célébrités qui devraient se presser en tribunes, pour voir jouer le club alliant désormais le savoir-faire du président Ferracci à l’argent des Arnault.

    #Yann_Bouchez

  • Ces #syndicats qui combattent l’#extrême_droite dans leurs rangs | #StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1736868396-exclusions-dialogues-dilemme-syndicats-extreme-droite-RN-com

    L’annonce a provoqué un coup de tonnerre dans le petit milieu des #syndicalistes de l’Assemblée nationale avant les fêtes. Au Palais Bourbon, la section de la confédération chrétienne #CFTC a nommé à sa direction Rémi Scholtz, attaché parlementaire affilié au député du Rassemblement national (#RN) Timothée Houssin. L’info, révélée par Challenges, a déclenché une levée de boucliers chez les autres mouvements de l’Hémicycle et un casse-tête pour la CFTC. Déjà, car la confédération n’est pas sûre que l’homme soit adhérent… « On ne sait pas quoi faire, peut-être qu’il n’a pas encore été intégré dans nos fichiers, mais cela nous met en porte-à-faux avec les autres syndicats de l’Assemblée nationale. Si son adhésion est confirmée, on traitera la question avec attention », assure son président Cyril Chabanier. La CFTC a pris position contre le RN en 2022, mais ne souhaite pas exclure ses militants tant qu’ils ne soutiennent pas ouvertement le programme du parti lepéniste ou tiennent des propos racistes. « Les collaborateurs parlementaires font un métier difficile, qui mérite d’être défendu, et tous peuvent se syndiquer chez nous. Nous ne demandons jamais à nos adhérents leur couleur politique. Par contre, s’ils prennent des positions qui vont à l’encontre des valeurs de la CFTC, nous les exclurons sans aucun problème », certifie-t-il.

    #FO #CGT #sud #hayange #charte_d'amiens #FSU

  • Émile Pataud
    https://www.partage-noir.fr/emile-pataud

    Émile Pataud, le citoyen Pataud, ou plutôt le camarade Pataud, comme on dit à la C.G.T., est un éteigneur de lumière d’une autre envergure que le falot Viviani. Il ne grimpe pas dans le ciel pour y décrocher les étoiles. Il est plus terre à terre. Il se contente de supprimer le courant, d’un geste. Et il accomplit cela avec une désinvolture, une bonhomie souriante, une grâce bon enfant qui effarent et désarment en même temps. Chez lui, point de grandiloquence, point d’emphase, point (…) #Les_Hommes_du_Jour, #Émile_Pataud, #CGT

    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/emile_pataud.pdf

  • #SCOP-TI, dix ans après, les victoires des #ex-Fralib : « On est toujours là, alors qu’on était voués au Pôle emploi »

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/11/06/scop-ti-dix-ans-apres-les-victoires-des-ex-fralib-on-est-toujours-la-alors-q

    Ils ont suivi à distance, et avec sympathie, l’annonce de la #reprise par ses #salariés de l’#usine de verres #Duralex au milieu de l’été. Comme une réminiscence de leur propre victoire, il y a dix ans, face à la multinationale Unilever, ses thés Lipton et ses tisanes Eléphant. Un combat à la David contre Goliath, souvent cité en exemple dans les luttes ouvrières. « Chaque histoire est unique. On n’a aucune leçon à donner », précise d’emblée Olivier Leberquier, depuis les bureaux de l’ex-usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône), devenue la société coopérative ouvrière provençale de #thés et infusions SCOP-TI.

    Aujourd’hui, il en est le président ; en 2014, il en était le délégué #CGT. A l’époque, alors que les #Fralib venaient d’obtenir le droit de reprendre leur usine en SCOP après quatre ans d’une lutte acharnée, il déclarait : « La lutte va se poursuivre, puisqu’il va falloir pérenniser notre activité. » Dix ans après, ils tiennent enfin leur vraie victoire. Celle d’avoir « réussi à faire perdurer le projet dans le temps », résume-t-il. « On est toujours là, alors qu’on était voués au Pôle emploi. [En 2024], nous allons faire notre meilleur chiffre d’affaires en dix ans, en hausse de 30 % ou 35 %, et nous serons bénéficiaires, sans artifice ni aide extérieure, juste grâce à notre activité. »

    Intarissable dans sa description passionnée du projet de l’entreprise, Nasserdine Aissaoui, qui prépare les commandes passées par Internet, ne dissimule rien de la réalité des dix années : « Jusqu’à aujourd’hui, ça a été compliqué, il n’y a rien qui est facile. » Les SCOP-TI ont su dès la reprise qu’ils partaient avec un sévère handicap : contrairement aux Duralex, ils n’ont pas obtenu de conserver la marque #Eléphant. « Ça représentait un volume de 450 tonnes, alors qu’aujourd’hui on tourne autour de 300 tonnes, donc ça aurait été tout de suite gagné ! », explique Olivier Leberquier.

  • envoyé au service comm de la CGT, sur le site cgt.fr

    Bonjour,

    pensez-vous pouvoir faire la promo, dans vos rangs et en général, de l’initiative citoyenne nº2360 #MacronDestitution à l’Assemblée ?

    https://politipet.fr/2360

    Il s’agit d’une "pétition" sur le site de l’Assemblée, mais cet outil est quasiment un RIC électronique. En effet, les signatures - via France Connect - sont officielles et anonymes, équivalentes à des votes.

    La tentative précédente, nº1123, a fini classée "sans suite" en commission en octobre 2023, avec 66k voix et un argument intéressant : Macron a été élu avec 18 millions de voix.

    Sous entendu « faites mieux ».

    Il suffit de viser 20 millions sur la suivante :-)

    Pour cela, il faut des promoteur-es efficaces avec un réseau conséquent. L’outil est disponible depuis fin 2020, utilisable, mais peu connu et surtout peu promu. C’est dommage, car c’est un outil de démocratie directe, facile à utiliser, et quelques millions de voix populaires, officielles, sur des sujets précis, devrait suffire, en théorie, à motiver et engager les parlementaires, député-es et même jusqu’au sénat. Plus d’info ici : https://politipet.fr/info

    Merci pour la lecture ! En attendant votre réponse, bonne rentrée sociale.

    Cordialement,
    PoLiTiPeT

    • Nouvelle tentative, envoyé cette fois au service « confédération » :

      Bonjour,

      pensez-vous pouvoir faire la promo, dans vos rangs et en général, de l’outil pétitions « initiatives citoyennes » de l’Assemblée nationale ?

      Les « pétitions » sur le site de l’Assemblée sont, selon la proposition, pratiquement des RIC électroniques. En effet, les signatures sont officielles et anonymes (garanties France Connect), équivalentes à des votes.

      L’outil est disponible depuis fin 2020, mais peu connu et surtout peu promu. C’est dommage, car c’est un outil de démocratie (presque) directe, facile à utiliser, et puissant si on s’en sert massivement. Quelques millions de voix populaires, officielles, sur des sujets précis, devraient suffire, en théorie, à motiver et surtout à engager les parlementaires. Pour cela, il faut une pression populaire suffisante, plusieurs millions de votes. C’est à la population de se saisir de cet outil « RIC électronique », mais pour diffuser la pratique, il faut des promoteur-es efficaces avec un réseau conséquent.

      La CGT + CGF-FO fédèrent plus d’ 1 million de personnes, dont la quasi-totalité a un accès France Connect (43 millions d’utilisateur-ices), à travers leur compte ameli.fr ou impots.gouv.fr. Si seulement 50% du carnet d’adresse CGT vote régulièrement pour les propositions pertinentes pour elle, le niveau de participation créera au moins le buzz média autour de l’outil et sans doute par suite un effet d’entraînement.

      Le niveau de buzz média se situe probablement vers 200.000 voix, niveau atteint une seule fois en 4 ans. À partir de 500.000 voix, score jamais atteint faute de participation, une proposition est potentiellement débattue dans l’hémicycle, et ceci de droit. On peut aussi voir cet outil comme une sorte de « manif virtuelle » pour porter des revendications précises directement à l’Assemblée et mettre les parlementaires devant leurs responsabilités de représentants des citoyen-nes.

      Plus d’info ici : https://politipet.fr/info

      Cet outil de démocratie (presque) directe manque de ❤️ populaire et de promo, alors qu’en vrai, selon les cas, on a un RIC électronique. Pensez-vous que la CGT pourrait jouer un rôle de marraine bienveillante ?

      Merci pour la lecture ! En attendant votre réponse, bonne rentrée sociale.

      Cordialement,
      PoLiTiPeT.fr

  • JO : la CGT porte la flamme olympique et valide la trêve sociale
    https://www.revolutionpermanente.fr/JO-la-CGT-porte-la-flamme-olympique-et-valide-la-treve-sociale

    Jeudi, l’ancien dirigeant de la CGT Bernard Thibault a porté la flamme olympique. Après avoir promis de ne pas « gâcher la fête », la #CGT s’est félicitée de son rôle dans l’organisation des #JO et a confirmé sa volonté de répondre aux appels à la « trêve politique » de Macron par une trêve sociale.

  • Trop de femmes sur une liste #CGT : la #CFDT attaque, et gagne
    https://www.rue89strasbourg.com/femmes-cgt-cfdt-cse-justice-292727

    En décembre, la CGT a remporté les élections du personnel au sein de la société de transports Antoni Voyages, avec une liste composée à égalité d’hommes et de femmes. La CFDT du Bas-Rhin a contesté l’élection, en raison du « sexe surreprésenté », à savoir les femmes. Le tribunal de Haguenau lui a donné raison.

    Article sous paywall, sans autre référence dans les moteurs de recherche d’actualités. Avez-vous des références de votre côté sur ce jugement qui parvient à décréter que 50/50≠égalité ?

  • Interview de Léo #Voline
    https://www.partage-noir.fr/interview-de-leo-voline

    Troisième fils de Voline, Léo Eichenbaum (plus connu sous le nom de #Léo_Voline) est né le 4 janvier 1917. Très tôt, il partage les idéaux de son père et, au début de l’année 1937, gagne l’Espagne pour être incorporé dans la Columna confederal de la #CNT. #Itinéraire_-_Une_vie,_une_pensée n°13 : « Voline »

    / Voline, Léo Voline, #@narlivres, Itinéraire - Une vie, une pensée, Piotr Archinov , #Nestor_Makhno, CNT, #CGT-SR, Révolution espagnole (1936-1939)

    #Itinéraire_-_Une_vie,une_pensée_n°13:« _Voline » #Piotr_Archinov_ #Révolution_espagnole_1936-1939_
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_voline2.pdf

  • Elections professionnelles à EDF : trop de femmes sur une liste CGT, selon la CFDT qui attaque
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/elections-professionnelles-edf-trop-de-femmes-sur-une-liste

    AFP parue le 16 janv. 2024 - 15h23

    Une élue CGT d’EDF et la fédération CGT de l’énergie sont convoquées en justice car la CFDT les accuse d’avoir présenté une liste de candidats aux élections professionnelles comportant trop de femmes, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

    « Notre camarade Laurence Bourgoin, qui est la seule élue femme cadre à la CGT - dans ce collège cadres +moyens centraux+ du site d’EDF Cap Ampère (Seine-Saint-Denis NDLR)- est convoquée au tribunal, ainsi que notre fédération, parce que nous avons présenté un ratio de 60% de femmes sur la liste cadres, alors qu’il n’y a que 40% de femmes dans les effectifs », a déclaré à l’AFP Simon Franco-Ramos, de la CGT EDF-Cap Ampère, confirmant une information de France Inter.

    (...)

    « Il est apparu que la liste de candidats présentée par la CGT sur le 3e collège +cadre+ titulaire ne respectait pas les dispositions légales relatives à la représentation équilibrée entre femmes et hommes », estime la CFDT, qui demande au tribunal « d’annuler l’élection de Madame Laurence Bourgoin », selon cette convocation.

    (...)

    #backlash #jaune #cfdt #cgt

  • Paris 2024 : « La CGT ne va pas s’amuser à gâcher la fête pour des millions de Françaises et de Français », avance Sophie Binet
    https://www.francetvinfo.fr/les-jeux-olympiques/paris-2024/paris-2024-la-cgt-ne-va-pas-s-amuser-a-gacher-la-fete-pour-des-millions

    Face à la menace de grèves, notamment dans les transports en commun, pendant les Jeux olympiques de Paris 2024, Sophie Binet assure sur franceinfo lundi 11 décembre que « la CGT ne va pas s’amuser à gâcher la fête pour des millions de Françaises et de Français ». La secrétaire générale du syndicat ne peut pas certifier qu’il n’y aura pas de grève, « ce n’est pas à moi de garantir quoi que ce soit », explique-t-elle.

    Une chose est sûre, et c’est regrettable, il n’est pas prévu de réclamer un retour à la retraite à 60 ans à cette occasion.

    (pourquoi ai-je à ce point envie que ces JO n’aient pas lieu, alors même que les journalistes te disent en continu que des millions de français sont en attente de ce spectacle ?)

    • Exploitation sur les chantiers, surcharge de travail, limitation du droit de grève : les JO ne sont pas une « fête » des travailleurs

      En plus de promettre un climat liberticide pour les classes populaires, ces Jeux Olympiques vont particulièrement mettre à l’épreuve les travailleurs. Pour assurer la tenue des JO et la construction des infrastructures sportives d’abord, les travailleurs sans papiers des chantiers des jeux sont confrontés à des conditions de travail particulièrement indignes pour des salaires de misère, comme nous le racontaient plusieurs d’entre eux, avec de nombreux manquements à la sécurité au travail et un ouvrier de 51 ans mort au travail.

      Pour garantir la fête aux touristes du monde entier, le gouvernement et la région île de France ne comptent pas non plus s’embarasser de mouvements sociaux, et prévoient de limiter le droit de grève des cheminots et leurs droits de congés, et ce alors que les travailleurs des transports seront particulièrement sollicités pendant les jeux.

      Des attaques particulièrement dures qui montrent que les JO n’auront rien d’une fête pour les travailleurs, comme semble l’oublier Sophie Binet. Alors que les JO sont pensés comme un grand moment pour le gouvernement, afin de « rassembler la Nation » et de rayonner à l’international, la responsabilité de la direction de la centrale syndicale est plutôt de lutter contre l’application de ces mesures liberticides et anti-ouvrières. Pendant que les regards du monde entier seront tournés vers la France, le gouvernement sera particulièrement craintif à chaque menace de grève. Dans ce cas, plutôt que donner des gages de bonne tenue, ces Jeux peuvent surtout être une occasion en or pour faire sa fête à Macron.

      https://www.revolutionpermanente.fr/JO-2024-malgre-les-attaques-Sophie-Binet-ne-veut-pas-gacher-la-