• Ruptures conventionnelles : une étude de France Travail critiquée pour ses biais | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200226/ruptures-conventionnelles-une-etude-de-france-travail-critiquee-pour-ses-b

    Aujourd’hui, elles sont accusées de coûter cher au régime de l’assurance-chômage (9,4 milliards d’euros, soit 26 % des dépenses totales) mais aussi de « se substituer de plus en plus à la démission et aux licenciements ». L’argument est jugé « aberrant » par le chercheur Gwendal Roblin. Usant des ficelles habituelles de dénigrement des personnes sans emploi, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, fustige quant à lui « ces gens » qui « profitent d’être au chômage pour passer un an tranquille ». En novembre, il pointait ainsi des « dérives », sans les chiffrer.

    Deux mois plus tard, #France_Travail est venu, fort opportunément, livrer des détails sur le sujet aux partenaires sociaux. Un document intitulé « Lutte contre les comportements abusifs » leur a été présenté lors de la séance de négociation de janvier, avec un focus sur les « campagnes de contrôles » ayant visé depuis 2024 des inscrit·es au chômage suite à une rupture conventionnelle. Bilan : en moyenne sur « deux campagnes », 21 % de ces contrôles ont abouti à des sanctions, indique France Travail dans ce rapport que Mediapart s’est procuré.

    Qu’est-il exactement reproché à ces personnes sanctionnées ? Que signifie « comportement abusif » ? Cela n’a pas été précisé « et c’est bien le problème », s’agace Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT, chargé de l’emploi, des retraites et du chômage. « Ont-ils manqué un rendez-vous ? Pas assez démontré qu’ils cherchaient un emploi ? On n’a eu aucun élément. On nous livre des taux de sanction sans aucun contexte, ce n’est pas honnête », tempête-t-il.

    Un chiffrage étonnant

    Sollicité par Mediapart, France Travail concède que « la notion de comportement abusif n’est pas explicitement définie par les textes » et en livre sa propre définition : « Le comportement abusif traduit un détournement ou un usage opportuniste des règles du régime d’assurance-chômage » (...).

    Claire Vivès, sociologue au centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et spécialiste du #contrôle_de_la_recherche_d’emploi a tiqué, tant sur le fond que sur la forme.
    « En l’état, le document est flou et les termes qu’il mobilise mériteraient d’être clarifiés », commente la chercheuse, qui s’étonne en premier lieu d’un chiffrage des sanctions réalisé par France Travail. Selon le document, les « 2 432 sanctions prononcées » représentent en effet plus de 1,6 million d’euros.
    « Chiffrer ainsi des “économies” réalisées sur des sanctions ciblant une population spécifique – en l’occurrence les allocataires inscrits suite à une rupture conventionnelle – est selon moi, très problématique, explique-t-elle. Jusqu’ici, seuls les montants des dépenses évitées dans le cadre de la lutte contre la fraude étaient rendus publics. En faisant cela, France Travail entretient le flou entre frauder et ne pas respecter ses obligations. »

    [...]

    Claire Vivès constate aussi « un vrai virage » dans le vocabulaire employé. Outre les « comportements abusifs », France Travail parle en effet de « publics à risque » à propos des allocataires inscrit·es après une rupture conventionnelle. Sont également inclus·es les ex-travailleuses et travailleurs frontaliers et créatrices et créateurs d’entreprise percevant des allocations-chômage.

    Ces publics « à risque » présentent, selon le document, « un profil commun ». À savoir « des formes d’usage parfois détournées du système d’indemnisation » et « un poids financier important ». Sur ce point, Claire Vivès ironise : « Être “à risque”, c’est donc avoir une allocation-chômage un peu supérieure à la moyenne et qui permet de survivre ? » (...).

    Tour l’article vaut la lecture quant à la reprogrammation des modalités de contrôle à France travail, au moment où on vote à l’A.N. une disposition semblable à celle existant à la CAF : coupure de l’alloc en cas de suscpicion de fraude.

    #chômage #chômeurs #profilage

  • Ce qu’il faudra faire pour vaincre l’#extrême_droite

    L’extrême droite se nourrit du #désespoir économique, de l’#insécurité et de l’#exclusion. Pour la priver de ses ressources, ceux qui veulent préserver la #démocratie doivent proposer un contre-discours axé sur la #dignité et l’#appartenance, ainsi qu’un programme politique conçu pour favoriser l’#inclusion_économique et la #résilience_climatique.

    De l’Allemagne aux États-Unis en passant par le Brésil et au-delà, l’extrême droite gagne du terrain. Si les détails varient d’un pays à l’autre, le schéma est étonnamment cohérent : l’extrême droite prospère lorsque les économies ne parviennent pas à assurer le #bien-être, l’#équité et la #sécurité.

    Ce n’est pas une observation nouvelle. #Antonio_Gramsci, #Karl_Polanyi et d’autres penseurs du XXe siècle ont diagnostiqué le #fascisme comme une réponse réactionnaire à l’#instabilité_capitaliste et aux mouvements progressistes qui avaient émergé pour contrer ses excès. Dans The Great Transformation, Polanyi a fait valoir que le « #déracinement » des marchés des #relations_sociales avait créé un terrain fertile dans lequel l’#autoritarisme pouvait s’enraciner.

    À notre époque, #Nancy_Fraser, de la New School for Social Research, a décrit comment le #néolibéralisme érode la #solidarité_sociale, alimentant le #populisme exclusif. D’autres analystes soulignent que l’#austérité et la #précarité rendent les citoyens vulnérables aux #discours_simplistes qui désignent des #boucs_émissaires.

    Ainsi, l’histoire montre comment le #chômage_de_masse, l’#inflation et la baisse du #niveau_de_vie peuvent favoriser l’#extrémisme, en particulier lorsqu’ils s’accompagnent d’institutions faibles, d’une #polarisation_politique ou de discours exploitant les #griefs et les #peurs. Tout comme la #Grande_Dépression a ouvert la voie au fascisme en Europe, la #crise_financière mondiale de #2008 a créé les conditions d’un retour du #nationalisme à travers le monde.

    Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une nouvelle itération du même cycle. Bien que l’#Allemagne ait initialement fait preuve de résilience pendant la pandémie de COVID-19, la crise énergétique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’a particulièrement touchée. Comme l’ont montré les économistes Isabella M. Weber et Tom Krebs, la hausse des #coûts_énergétiques s’est répercutée sur l’ensemble de l’#économie, la fixation des prix par les entreprises amplifiant les pressions inflationnistes. Alors que les ménages étaient en difficulté, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland a vu sa popularité monter en flèche.

    Aux États-Unis, des décennies de #désindustrialisation, de stagnation des #salaires et d’augmentation des inégalités ont érodé l’idée que chaque génération fera mieux que la précédente. L’Inflation Reduction Act de l’ancien président Joe Biden était une initiative ambitieuse visant à relancer la politique industrielle et à stimuler la fabrication écologique, mais son héritage s’est avéré éphémère. Donald Trump a exploité le mécontentement suscité par la hausse des prix après la pandémie et a remporté les élections de 2024 en utilisant comme arme l’#aliénation et le #ressentiment, en désignant comme boucs émissaires les immigrants, la #mondialisation et les « #élites_urbaines ».

    Le #Brésil illustre une autre dynamique. Des millions de personnes sont sorties de la #pauvreté sous le gouvernement du Parti des travailleurs du président Luiz Inácio Lula da Silva dans les années 2000, mais beaucoup ont vu ces acquis s’inverser, tandis que d’autres ressentent de l’amertume d’être exclus des programmes sociaux. La révolution numérique rend le travail plus précaire. Lula a tenté de restaurer certains des acquis perdus depuis son retour au pouvoir en 2023, mais il est confronté à un Congrès dominé par l’extrême droite et ses alliés.

    Même si Jair Bolsonaro a été condamné pour tentative de coup d’État, d’autres dirigeants d’extrême droite au Brésil promettent également un retour à l’ordre, à la stabilité et à la foi religieuse. Leur rhétorique met l’accent sur l’#esprit_d’entreprise et l’#autonomie. Bien que séduisante sur le plan émotionnel, l’idée selon laquelle les individus sont responsables de la pauvreté ignore cyniquement les obstacles structurels qui bloquent la mobilité socio-économique.

    Les #chocs_internationaux – ruptures de la chaîne d’approvisionnement pendant la pandémie, volatilité des marchés énergétiques, #conflits prolongés, effets inflationnistes du #changement_climatique – ont également alimenté la montée des forces d’extrême droite. Ces problèmes exigent une coopération transfrontalière, mais les extrémistes les exploitent pour attaquer le #multilatéralisme, le présentant comme un « #complot mondialiste ». Les #droits_de_douane punitifs de Trump incarnent cette réponse, présentant le commerce mondial comme une lutte à somme nulle dans laquelle les étrangers sont les ennemis des travailleurs américains.

    Ces discours simplistes unissent les mouvements d’extrême droite plus que n’importe quel ensemble de politiques communes. Chacun repose sur une opposition fondamentale entre « nous » et « eux ». Comme le note la sociologue brésilienne Esther Solano, ces discours séduisent ceux qui se sentent abandonnés, en faisant des immigrants, des minorités, des féministes, des militants pour le climat et d’autres groupes des ennemis. Dans un monde binaire de gagnants et de perdants, la #complexité disparaît dans les mythes d’une #pureté_culturelle et d’une grandeur nationale révolues.

    Pour contrer ces discours, il faut plus qu’une réfutation raisonnée. Si les racines de l’ascension de l’extrême droite sont en grande partie économiques, il sera impossible de la vaincre sans une nouvelle #vision_économique.

    Cela signifie, pour commencer, s’attaquer à l’inflation à sa source. La récente vague d’inflation était moins liée à une demande excessive qu’à des chocs d’offre, à la #spéculation et à des fragilités structurelles. Pourtant, l’orthodoxie économique a continué à privilégier les hausses de taux d’intérêt et l’austérité, pénalisant les travailleurs et les plus vulnérables. Les gouvernements doivent plutôt utiliser des #outils_fiscaux – soutien au revenu, #allégements_fiscaux sur les produits de première nécessité, renforcement des #services_publics – pour protéger les ménages, tout en investissant dans les capacités nationales en matière d’#énergies_renouvelables, de #sécurité_alimentaire et de production durable. Il faut lutter de front contre la spéculation des entreprises en appliquant les #lois_antitrust, en renforçant les règles de #transparence et en sanctionnant les pratiques abusives en matière de #prix.

    Une deuxième priorité consiste à investir massivement (et stratégiquement) dans les #infrastructures_publiques. Des #transports au #logement, en passant par la #santé et l’#éducation, le domaine public doit être reconstruit. La propriété publique ou la réglementation des secteurs clés garantirait la fiabilité, l’équité et la #résilience_climatique des services. Mais l’#investissement seul ne suffit pas. Les institutions doivent être rendues plus transparentes, responsables et participatives, afin de restaurer la #confiance dans le fait que les gouvernements servent l’#intérêt_général.

    Troisièmement, nous avons besoin d’une transition véritablement juste vers une économie à faible émission de carbone. Une politique industrielle verte peut créer des emplois et revitaliser les régions laissées pour compte tout en décarbonisant l’activité économique. Mais si elle est trop laissée au marché, la transition verte risque d’aggraver les inégalités. La #transition_énergétique doit donner du pouvoir aux travailleurs, et non les abandonner. Les emplois verts doivent être des #emplois de qualité : sûrs, bien rémunérés, syndiqués et ancrés dans les communautés. À cette fin, la #politique_industrielle devrait se concentrer sur les énergies propres, la régénération des écosystèmes et les secteurs des soins.

    Quatrièmement, nous devons restaurer la confiance dans les institutions. Cela signifie apporter des améliorations tangibles dans des domaines tels que le #logement_abordable, les #soins_de_santé publics et les infrastructures résilientes. Cela signifie également démocratiser la prise de décision. Des mécanismes tels que la #budgétisation_participative, les #assemblées_citoyennes et les #initiatives_communautaires en faveur du climat peuvent permettre aux citoyens non seulement d’être témoins du changement, mais aussi de le façonner.

    Enfin, pour contrer les discours simplistes de l’extrême droite, il faut élaborer de nouveaux discours audacieux. Un message de renouveau culturel et politique doit accompagner la réforme économique. Là où l’extrême droite offre la peur, la #division et des boucs émissaires, les forces démocratiques doivent offrir la #solidarité, la dignité et l’#espoir, en s’appuyant sur un #discours qui met l’accent sur le #bien-être_collectif, célèbre la #diversité et donne le sentiment que le #progrès est possible et réel.

    L’extrême droite se nourrit du désespoir, de l’insécurité et de l’exclusion. Bricoler les contours du néolibéralisme ne permettra pas d’apporter la sécurité, la dignité et le sentiment d’appartenance nécessaires pour l’affamer. Pour cela, nous avons besoin d’un nouveau modèle économique, fondé sur la #durabilité, la #justice et la solidarité.

    https://www.reseau-bastille.org/2025/12/26/ce-quil-faudra-faire-pour-vaincre-lextreme-droite
    #à_faire #résistance #fisc #fiscalité #économie #gauche #contre-discours
    ping @karine4

  • Juan Carlos Martinez Lazaro, économiste : « L’Espagne en est à sa troisième année de croissance, mais le chômage reste autour de 10 % »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/21/juan-carlos-martinez-lazaro-economiste-l-espagne-en-est-a-sa-troisieme-annee

    Portée par l’#immigration, le #tourisme et les fonds européens, l’économie espagnole affiche une croissance nettement supérieure à celle de ses voisins. Mais derrière ces performances, des fragilités structurelles persistent, explique l’économiste Juan Carlos Martinez Lazaro dans un entretien au « Monde ».

    Juan Carlos Martinez Lazaro est professeur d’économie à l’IE University, à Madrid. Selon lui, à court terme, la #croissance espagnole devrait se poursuivre. Mais les faiblesses structurelles qui pèsent de longue date sur l’économie du pays, en particulier le #chômage et la #crise_du_logement, contribuent à une croissance inégalement ressentie dans la population.

    Quels facteurs expliquent qu’aujourd’hui l’Espagne soit l’économie à la croissance la plus rapide en Europe ?

    La croissance actuelle repose sur une conjonction de facteurs qui se renforcent mutuellement. Le premier tient à l’arrivée d’immigrés ces dernières années, qui a entraîné une hausse significative de la population : près de 1,5 million de personnes en plus depuis 2023, pour un pays d’environ 49 millions d’habitants. Cet afflux élargit à la fois le marché du travail et la consommation.

    Le deuxième facteur, étroitement lié au précédent, est la progression de l’emploi. L’#Espagne a dépassé les 22 millions de personnes en activité. Le taux de chômage demeure élevé, autour de 10 %, mais l’emploi continue d’augmenter. Troisièmement, le tourisme. Depuis 2023, les records historiques se succèdent. Le nombre de visiteurs devrait frôler les 100 millions cette année et, surtout, les recettes touristiques progressent d’environ 7 %, ce qui représente des montants considérables. En 2024, plus de 126 milliards d’euros sont ainsi entrés dans l’économie.

    Enfin, il faut mentionner le déploiement des #fonds_européens de relance mis en place après la pandémie (programme NextGenerationEU, en tout 56,7 milliards d’euros, selon les chiffres du gouvernement publiés en octobre), que l’Espagne a su mobiliser efficacement. L’ensemble de ces facteurs s’autoalimente, entraînant l’économie dans une spirale positive.

    Vous parliez de l’importance de l’immigration. L’Espagne va à contre-courant de l’Europe en la matière. Cet afflux migratoire n’a pas suscité de rejet social, du moins pour le moment…

    Les #travailleurs_étrangers sont devenus indispensables, faute de main-d’œuvre suffisante en Espagne. Les entreprises en demandent de plus en plus, notamment dans le secteur de la #construction. Il me semble aussi que l’immigration latino-américaine suscite moins de rejet que celle en provenance d’autres régions du monde, essentiellement pour des raisons culturelles : la langue, les références communes facilitent grandement l’intégration. Cela n’efface pas les difficultés : il existe des tensions, bien sûr, et du racisme.

    La demande intérieure soutient aussi la croissance, alors que les salaires restent bas. Le gouvernement a relevé le #salaire_minimum de 61 % en sept ans (actuellement de 1 184 euros brut sur quatorze mois), et la réforme du marché du travail de 2021 a fait reculer la précarité. Ces mesures ont-elles eu un effet positif ?

    Je ne pense pas que la réforme du marché du travail ait eu un impact significatif. Le chômage demeure aujourd’hui intolérablement élevé lorsqu’on compare l’Espagne au reste de l’Union européenne. Je donne toujours cet exemple à mes élèves : l’Espagne en est à sa troisième année de croissance, avec des taux proches de 3 %, et pourtant le chômage s’établit encore autour de 10 % en 2025. A l’inverse, l’Allemagne est en récession depuis deux ans ; cette année, elle ne devrait croître que de 0,2 %, mais son taux de chômage est seulement de 3,9 %.

    La réforme du marché du travail a surtout permis de masquer la réalité de nombreux travailleurs, notamment dans le secteur touristique : ceux que l’on appelle les « salariés en CDI intermittents » (fijos discontinuos, « fixes discontinus »). Lorsque la saison s’achève, ils perçoivent des #allocations-chômage sans apparaître dans les statistiques officielles. La fragilité structurelle du marché du travail espagnol, une constante historique, n’a pas été résolue.

    https://justpaste.it/dv1mj

    #emploi_discontinue #fixes_discontinus #discontinuité_de_l'emploi #saisonniers

    • foin d’idéologie du travail, le réalisme minimal à ce sujet, c’est qu’un gouvernement de gauche (sans plus, Israel mis à part, et corruption incluse) distribue du revenu de manière relativement indépendante de l’emploi.

      spécialement si celui-ci est, dans la forme qu’il revêt par nécessité, une ressource économique décisive (le tourisme, manne de nombreux états européens, dont la France).

      #emploi_précaire #gauche

  • Contrôles intrusifs et menaces de radiation : la peur de la sanction PARALYSE les allocataires du RSA
    https://www.mediapart.fr/journal/france/151225/controles-intrusifs-et-menaces-de-radiation-la-peur-de-la-sanction-paralys

    Le décret « sanctions » concernant le RSA est entré en vigueur cet été. Depuis, des allocataires font face à des exigences accrues de la part de France Travail et des départements. Un système de contrôle « abusif et déroutant », dénoncent des bénéficiaires.

    À 42 ans, Marie n’avait pas imaginé qu’elle devrait demander à son père, octogénaire, d’écrire une lettre manuscrite indiquant qu’il était bien à l’origine d’un virement récurrent de 38,11 euros sur son compte bancaire. Une lettre à accompagner d’une copie de sa carte d’identité et à adresser au #département, qui gère le versement du revenu de solidarité active (#RSA). Même procédure pour justifier le remboursement d’un prêt d’une centaine d’euros à une amie.

    Marie est agricultrice dans la presqu’île de Crozon (Finistère) ; elle perçoit le RSA en complément du revenu tiré de son exploitation. La somme oscille entre 100 et 500 euros, en fonction de la prime pour l’emploi. À ce titre, le département lui réclame de justifier la moindre ligne de ses relevés de compte. Depuis l’été, elle le sent, les contrôles se durcissent.

    Elle en veut pour preuve les courriers qu’elle reçoit dans le cadre du « contrôle du juste droit au RSA ». À chaque fois, des dizaines de lignes d’opérations bancaires à justifier une par une. Des copies de documents lui sont demandées : bilan comptable et compte de résultat du dernier exercice de son exploitation, relevés bancaires professionnels, livret d’épargne et livret A des années 2023 et 2024… À chaque fois, des relevés « probants » sont exigés.

    « Plutôt à l’aise » avec la chose administrative, l’agricultrice commence toutefois à perdre patience face à cette surenchère. « J’envoie les documents réclamés, j’en suis au quatrième courrier. La dernière fois, j’ai envoyé un dossier de cinquante pages, ils ont tout épluché. »

    Avant son entrée en vigueur, il y a presque un an, les associations de solidarité avaient alerté : la loi dite « plein emploi » risquait de fragiliser les #allocataires du RSA. Le décret « #sanctions » reste particulièrement décrié. Entré en vigueur le 31 mai, il conditionne l’obtention et le maintien du RSA à la réalisation de quinze heures d’activité hebdomadaire. Mais en dehors même de cette disposition, les #contrôles et demandes de documents justificatifs s’accroissent.

    #CAF

    • Wenn morgens die Truppe mit den Handschellen klingelt
      https://www.zeit.de/arbeit/2025-12/buergergeld-empfaenger-nordhausen-poizei-arbeit-sanktionen

      In Nordhausen werden Bürgergeldempfänger von Beamten geweckt – um zur Arbeit gefahren zu werden. Wer sich weigert, wird sanktioniert. Geht es wirklich nur noch so?

      Bevor Christian Klein klingelt, sucht er offene Fenster. Nur dann hat er überhaupt Hoffnung, dass ihm an diesem Montagmorgen jemand aufmacht. „Wer im Winter sein Fenster aufhat, kann nicht so tun, als sei er nicht zu Hause“, sagt Klein. Genau darin seien die Menschen, bei denen er vor der Tür steht, oft Meister.

    • Espérance de vie : l’écart se creuse entre les personnes les plus aisées et les plus modestes
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/15/esperance-de-vie-jusqu-a-dix-sept-ans-d-ecart-entre-les-personnes-modestes-e

      Un homme modeste a ainsi sept fois plus de risques de décéder dans l’année de son 50e anniversaire qu’un homme aisé. Chez les femmes, qui vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, c’est à 65 ans que l’écart entre les catégories sociales est le plus fort : les plus modestes ont six fois plus de risques que les plus aisées de décéder dans l’année.

      L’Insee a pris en compte l’évolution de l’espérance de vie entre deux périodes : 2012-2016 et 2020-2024. Ces périodes de quatre ans permettent de prendre en compte un nombre de décès suffisant pour établir des données solides. Premier constat : l’espérance de vie, entre ces deux périodes, n’a progressé que faiblement. Les femmes ont gagné 0,2 an et les hommes 0,6 an. Cela s’explique d’une part par la pandémie de Covid-19, et d’autre part par un effet de génération. Les personnes nées entre 1941 et 1955, qui arrivent à partir de 2020 dans ce qu’il est convenu d’appeler le troisième âge, ne voient pas leur mortalité diminuer, contrairement aux générations suivantes, car cette génération est fortement touchée par les maladies liées au tabac ou à l’alcool.
      Surtout, aussi faible soit-elle, cette évolution de l’espérance de vie entre les deux périodes considérées n’a pas touché les classes sociales de la même manière. Pour le quart le plus modeste de la population, elle a même globalement diminué, tandis qu’elle progressait pour les plus aisés. L’écart entre les 5 % les plus modestes et les 5 % les plus aisés est ainsi passé de 8,3 à 8,7 ans chez les femmes et de 12,7 à 13 ans chez les hommes.

    • ... la peur de la sanction PARALYSE les allocataires du RSA

      Avant son entrée en vigueur, il y a presque un an, les associations de solidarité avaient alerté : la loi dite « plein emploi » risquait de fragiliser les allocataires du RSA. Le décret « sanctions » reste particulièrement décrié. Entré en vigueur le 31 mai, il conditionne l’obtention et le maintien du RSA à la réalisation de quinze heures d’activité hebdomadaire. Mais en dehors même de cette disposition, les contrôles et demandes de documents justificatifs s’accroissent.

      Fin octobre, les associations et syndicats ont formulé un recours contre ce volet spécifique. Vincent Lalouette, secrétaire général adjoint de la FSU Emploi, partie prenante de l’action, n’est pas étonné par le récit fait par Marie.
      L’archéologie administrative est une « nouveauté » de la loi « plein emploi », a-t-il constaté. « C’est une #violence_institutionnelle, c’est d’abord du contrôle pour ensuite forcer les gens à prendre n’importe quel boulot. On est clairement dans l’idéologie libérale et patronale, qui juge que ceux qui ne travaillent pas sont des fainéants. Et là, effectivement, ils ont décidé de taper du poing. » [pas "sur la table" mais dans d’innombrables faces, ndc].

      Une atmosphère inquisitrice

      Marie se démène pour élever seule ses deux enfants, âgés de 9 et 12 ans, depuis la mort de son compagnon, il y a sept ans. Elle compte le moindre euro et lutte pour maintenir à flot l’exploitation qu’elle gérait avec son époux. En colère, elle a l’impression de subir « un contrôle fiscal » invasif, comme si elle avait fauté. À la fin de ces lettres figure en effet cet avertissement, surligné en gras : « À défaut de la réception de tous les documents demandés […], votre allocation RSA sera suspendue. »

      À 54 ans, Catherine, qui travaille et réside dans le Vaucluse, craint plus que tout de subir le même sort : un contrôle poussé de la part du département, qui verrait que sa mère lui verse « 100, 200 euros » par mois pour la dépanner. Même si c’est improbable, elle craint qu’on lui demande de rembourser ces sommes, peu rassurée par cette atmosphère inquisitrice.
      Catherine propose des ateliers d’éveil et d’initiation musicale pour les tout-petits. « J’apporte dans les structures de petite enfance tous les instruments de musique pour que les enfants puissent les découvrir et favoriser leur ouverture d’esprit. » Seulement, les contrats se font rares et elle vit dans « l’incertitude permanente ».

      Grâce à cet emploi, elle gagne 200 euros par mois et touche en complément 150 euros de #prime_d’activité, ainsi que 300 euros d’aide pour le logement (sur un loyer de 460 euros). Elle a pendant un temps reçu en alternance le #chômage puis l’allocation de solidarité spécifique, destinée à celles et ceux qui ont épuisé leurs droits, pour trois mois. Depuis septembre, Catherine est passée au RSA : 83 euros mensuels.

      Mais en octobre, le département lui a écrit qu’elle était radiée, faute d’avoir fourni en temps et en heure les documents réclamés. Un « contrôle abusif et déroutant », raconte-t-elle : elle ne disposait que d’ un seul jour pour remplir sa « démarche RSA ». La liste des documents requis, avis d’imposition, fiches de paie, et surtout quatre mois d’extraits bancaires, la surprend. « Je ne savais pas qu’ils avaient le droit. J’ai vérifié, apparemment si. Mais je trouve ça très intrusif. »

      Stressée, elle commet une erreur : « Le 31, j’ai fait ça vite. Au lieu d’envoyer les extraits de compte, j’ai envoyé les impôts. » Quatre jours plus tard, la sanction tombe : radiation immédiate. « Ils ne m’ont pas dit : “Vous vous êtes trompée, renvoyez les bons documents.” Ils ont juste clos le dossier. » Une absence de droit à l’erreur qu’elle juge incompréhensible. « Partout ailleurs, même aux impôts, on peut se tromper. À France Travail aussi. Mais au RSA, non. »

      Sans comprendre comment, elle continue pourtant de recevoir une somme d’argent, et la Caisse d’allocations familiales lui indique qu’elle n’est pas radiée. Finalement, le droit à l’erreur a fonctionné, et elle a pu fournir les documents demandés. « Ça m’a donné un gros coup de stress, je ne dors plus. »
      Seulement, Catherine doit de nouveau fournir de nouvelles pièces comme la copie des statuts de son association, ses derniers bulletins de salaires de 2025 ou les copies des relevés bancaires de l’ensemble de ses comptes depuis le printemps. Et ceci avant Noël. Des requêtes sans fin pour elle.

      Suivis de très près

      Marie, illustratrice et artiste, qui a déjà livré son témoignage dans notre chronique « À découvert », perçoit le RSA couple avec Charles. En octobre, sa conseillère #France_Travail lui demande de signer un contrat d’engagement réciproque, avec toutes les obligations afférentes. Elle explique qu’elle percevait l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et qu’elle ne pouvait pas rentrer dans le dispositif. « Je m’étais dit qu’ils allaient m’oublier. »

      En réalité, on lui annonce qu’elle a un reliquat de 1,37 euro de RSA et doit donc, au titre de cette somme, se plier au contrôle de France Travail. « Effectivement, c’est bien marqué que j’ai potentiellement du RSA, mais que c’est tellement petit qu’ils ne me le donnent pas, ce 1,37 euro. Mais ce n’est pas hyper clair. » Pour elle, « symboliquement, c’est assez hallucinant, on dirait qu’ils veulent remettre tout le monde sur le droit chemin ».

      Son compagnon, Charles, a aussi signé son contrat d’engagement réciproque en juin, alors qu’il touchait encore le RSA. Il est accompagné par « un conseiller un peu zélé » et un cabinet de conseil. En septembre, il a fait les vendanges et averti son conseiller qu’il ne pourrait peut-être pas honorer leur rendez-vous. Puis, pris dans sa tâche, il a oublié de prévenir son interlocuteur de son absence effective. Il s’en excuse platement mais dépasse aussi le délai pour justifier sa non-présentation.

      Résultat : un message de France Travail qui lui « fait la leçon ». Le conseiller écrit : « Travailler de façon épisodique ou par intermittence OK, mais vous devez tendre vers quelque chose de stable et durable. » Et d’inciter Charles à se reconvertir pour devenir professeur d’arts plastiques ou peintre décorateur, afin de devenir « autonome financièrement ». Charles a fait amende honorable. « J’ai dû faire des courbettes en leur disant que j’étais très motivé. »

      Outre les conséquences sur les allocataires, Vincent Lalouette, le responsable syndical, souligne que la pression exercée rejaillit aussi sur les conseillers et conseillères de France Travail chargé·es de la mise en œuvre de ces contrôles. « Cela crée des problèmes éthiques chez les collègues, dit-il. Ils ne sont pas entrés à France Travail pour contrôler les chômeurs mais pour essayer de leur trouver un projet professionnel. Mais là, on a changé de paradigme. C’est-à-dire qu’on est désormais passés à du contrôle administratif, plutôt que de s’occuper directement des gens qui en ont vraiment besoin. »

      Des politiques variables selon les départements

      D’un département à l’autre, l’approche change, certains se révélant plus souples dans l’application du volet sanctions. Contacté, le Finistère, géré par une majorité de droite, met en avant son plan RSA et « se félicite d’une baisse du nombre d’allocataires », passé·es de 18 000 en 2021 à 13 500 aujourd’hui, dont 1 078 radiations liées aux contrôles. Une baisse drastique.

      Le département assure se situer dans la moyenne nationale « sur le plan des sanctions » et précise que « 14 % des allocataires radiés ont réintégré le dispositif RSA après avoir justifié de leur situation ». Un médiateur a été recruté, insiste le département.

      La Loire-Atlantique, gérée par la gauche, est un des territoires qui ont [gentiment] mené l’expérimentation de la réforme avant son déploiement total. En septembre 2025, elle comptait 29 929 ménages allocataires du RSA. Personne n’a été radié depuis. Sous l’ancien régime de sanctions, de janvier à août 2025, une trentaine de radiations ont été dénombrées. Le département a mis en place « une procédure de suspension de six mois minimum avant la décision de radiation ». Il se dit « convaincu que le RSA n’a de sens que s’il est assorti d’un accompagnement soutenu, adapté et respectueux des personnes ».

      Le Vaucluse, présidé par la droite, comptait 13 227 foyers allocataires du RSA en 2024, et 11 008 foyers aujourd’hui. Durant l’année 2024, 3 799 allocataires ont fait l’objet d’une suspension du versement de leur allocation (le délai de recours est de trente jours), contre 3 471 à fin novembre 2025. La baisse est imputable, selon le département, à sa « politique volontariste ». Les documents demandés, à savoir les quatre derniers relevés bancaires du foyer, permettent de vérifier la « situation déclarée », d’« identifier d’autres droits plus avantageux », enfin de « lutter contre la fraude », indique encore le département.

      Marie, l’agricultrice du Finistère, veut dénoncer une pression qui confine au harcèlement : « J’ai le sentiment que l’État essaie de retirer de l’argent à des gens qui n’en ont pas. Les courriers se font de plus en plus menaçants, avec toujours plus d’exigences. Comme si les personnes au RSA allaient faire de l’épargne… Quand on touche 500 euros, on les dépense dans le mois. »

      À force, elle craint d’être radiée. « L’État veut nous faire penser qu’on ne serait pas dans notre droit, qu’on est des voleurs d’argent public, poursuit-elle. C’est un État déshumanisé où personne ne se présente, où personne n’est responsable de rien. C’est pour cette raison qu’il faut se battre. »

      Catherine pense que le contrôle poussé qu’elle a subi l’a mise aussi dans le radar de France Travail. Là-bas, on lui a dit qu’à compter de janvier elle devrait venir dans les locaux trois heures le matin, cinq jours par semaine. Une manière de réaliser les quinze heures d’activité hebdomadaire prévues par la loi. « Je travaille parfois le matin pour mes ateliers et, le reste du temps, je prospecte déjà », explique-t-elle, désemparée face à cette contrainte supplémentaire. Elle s’est résolue à prendre « n’importe quel travail » dans l’attente de projets musicaux à venir. « C’est une catastrophe. On bascule dans un État de non-droit. »

      #le_plus_froid_des_monstres_froids

    • Norden Gail
      https://bsky.app/profile/nordengail.bsky.social/post/3ma6zvtxcac2t

      Ma collègue est au téléphone avec la CAF pour un bénéficiaire, je l’entends dire à l’agent de la CAF : Mais vous ne prévenez plus les gens par courrier ou notification quand vous clôturez leur dossier maintenant ?
      L’agent : Ah ben, ils le verront bien quand ils ne toucheront plus d’argent

      Pas de notification c’est jours mieux qu’une notification illégale (non motivée en fait et en droit) ?

  • Ein Blick zurück in Zeiten, in den die Bundesagentur für Arbeit von Reserveoffizieren gekapert wurde – das Erbe aus der jüngsten Vergangenheit
    https://cdn.website-editor.net/99b9ebaf754545859fe2f4596fb10714/files/uploaded/SJ+11_2025.pdf

    L’administration fédérale pour chômeurs (Bundesagentur für Arbeit) est un exemple d’inefficacité radicale. On a identifié l’origine de la situation : depuis 2010 un groupe d’anciens officiers de la Bundeswehr a pris le contrôle de l’institution et y a introduit des chaînes de commande militaire. Le résultat est digne d’un roman picaresque et frôle l’absurdité des aventures du brave soldat Švejk .

    Le document référencé contient une analyse détaillée des résultats de la numérisation « réussie » de l’administration. Voici un extrait qui ne décrit que la préhistoire .

    Vielleicht ein Grund der Ineffizienz und vielleicht die Hoffnung, dass es besser werden kann: Die langjährige innige Beziehung der Bundesagentur für Arbeit zur Bundeswehr und deren Führungsprinzip »Führen durch Auftrag«

    Im Zuge des Umbaus der Bundesagentur für Arbeit hatte der Reserveoffizier Frank-Jürgen Weise1 hohe Positionen der Arbeitsagentur mit ehemaligen Offizieren der Bundeswehr besetzt (z.B. Ralf Holzwart, hat den Job als Leiter der Regionaldirektion Bayern der BA als Quereinsteiger 2010 bei einer Reservistenübung von Frank-Jürgen Weise angeboten bekommen, Hans-Christian Witthauer, bis 2008 aktiver Offizier der Bundeswehr, wurde von Weise als Leiter der Führungsakademie der Bundesagentur für Arbeit eingesetzt. Gleichzeitig wurde ihm die Aufgabe der Leitung der zentralen Abteilung Personal der Bundesagentur für Arbeit übertragen).

    Die Führungsakademie der Bundesagentur für Arbeit kooperiert eng mit der Führungsakademie der Bundeswehr. Auf die Frage » Was können Ex-Offiziere besser als Ungediente?«, antwortete Frank-Jürgen Weise:

    Nicht, dass sich diese Qualitäten nicht auch bei Ungedienten fänden. Aber klar ist: Offiziere kennen sich mit komplexen Organisationen gut aus, beherrschen die Auftragstechnik und können mit Rückschlägen gut umgehen. (in: WirtschaftsWoche 4.7.2013)

    Auf die Frage » Und wie übertragen Sie Ihre Erfahrungen, die Sie als Offizier gesammelt haben, auf die Organisation der Bundesagentur? «, lautete die Antwort:

    Nehmen wir den Führungskompass – ein Leitfaden für die Führungskräfte unserer Organisation: Darin finden sie Formulierungen und Inhalte, die an den Führungsstil der Bundeswehr angelehnt sind –
    beispielsweise in angepasster Form das Modell Führen mit Auftrag......das vorherrschende Führungskonzept in der Bundeswehr...
    ..bei dem der Vorgesetzte keinen sturen Befehl gibt, sondern einen Auftrag. Das heißt, er gibt zwar das Ziel vor, der Soldat entscheidet aber, wie der Weg dorthin aussieht.

    Diese Methodik mit Aufträgen und Zielvereinbarungen von oben – ohne Produktverantwortung (die Art der Durchführung eines Auftrags ist ein Produkt) – zu steuern, scheiterte und setzt Mitarbeitende unter Druck.

    Resultat des Führungskonzepts war ein desaströses Betriebsklima bei der Bundesagentur für Arbeit. Das Ergebnis einer Befragung der Führungskräfte nach Weises Weggang fasste dessen Nachfolger, Detlef Schlee in folgenden Worten zusammen: »Die Befragung ist eher schlecht ausgefallen. Das muss man sagen. Auch mit Noten zwischen fünf und sechs. Das entspricht einem blauen Brief und die Versetzung ist gefährdet«. Im detaillierten Bericht des Handelsblattes
    (https://www.handelsblatt.com/politik/deutschland/bundesagentur-fuer-arbeit-befragung-offenbart-desastroeses-
    betriebsklima/20620814.html) vom 22.11.2017 hieß es:

    Bei der Befragung im vergangenen Sommer hatten viele der rund 3000 befragten Führungskräfte den
    Führungsstil des BA-Vorstands teils scharf gerügt. Das geht aus einer Videobotschaft von BA-Chef Scheele an die Mitarbeiter hervor, die der dpa vorliegt. Nach Einschätzung der Beschäftigten fehlt es in der
    Bundesagentur an „Wertschätzung, Kommunikation und Zusammenarbeit“. Mitarbeiter in der Nürnberger
    Bundesbehörde beklagten zudem eine „Kultur des Misstrauens“. Es gebe zu viele Hochglanzbroschüren, die gelebte Wirklichkeit sehe aber ganz anders aus.

    Von 2004 bis 2017 wirkte Frank-Jürgen Weise als Vorstandsvorsitzender der BA und besetzte wichtige Führungspositionen mit ehemaligen Offizieren der Bundeswehr ohne Stellenausschreibungen (Dieses Recht ließ er sich vertraglich bestätigen). Mittlerweile sind 8 Jahre nach Weises Weggang vergangen und die BA bemüht sich seitdem, eine moderne Unternehmenskultur zu etablieren. Auch das IT-Systemhaus war nur in der Außendarstellung ein moderner Software-Entwickler und vollzieht derzeit einen tiefen Umbruch.

    Kaum jemand würde heute die Bundeswehr als Institution nennen, wenn es um Effizienz und Effektivität geht. Der Import des Führungsmodells der Bundeswehr könnte eine Mitursache für die Ineffizienz und Ineffektivität der Bundesagentur für Arbeit nicht nur bei der Digitalisierung sein.

    https://www.cicero.de/wirtschaft/ein-offizier-fur-nurnberg/37348 : Ein Offizier für Nürnberg: Frank-Jürgen Weise ist seit zwei Jahren Chef der Bundesagentur für Arbeit. Mit dem Bundeswehrkonzept der inneren Führung, „Motivation durch Überzeugung“, will der Kompaniechef a.D. die schwerfällige Behörde zu einer effizienten Eingreiftruppe machen.
    Frank-Jürgen Weise „Mit Basisdemokratie hat man keinen Erfolg“, Interview in der Wirtschaftswoche vom 4.7.2013

    #Allemagnen #chômage #militaire #administration

  • « Aujourd’hui, on ne peut pas comprendre le contrôle à France Travail sans comprendre les algorithmes » - Entretien avec Claire Vivès
    https://www.odap.fr/articles/sur-la-piste-des-algorithmes-claire-vives

    Au fil de l’enquête, on s’est rendu compte que plusieurs outils qu’on peut qualifier d’« algorithmiques » jouent un rôle essentiel dans la sélection et le traitement des #allocataires qui vont, justement, faire l’objet d’un #contrôle. Il faut d’abord préciser que le mot « #algorithme » n’est pas toujours utilisé en interne : certains outils sont qualifiés de « robots », d’autres ressemblent à des documents Excel, mais ils participent tous à un processus de sélection ou de hiérarchisation automatisée des personnes inscrites sur les listes de #France_Travail.

    De fait, aujourd’hui, les personnes inscrites à France Travail peuvent être désignées pour un contrôle via trois modalités principales : le #signalement par leur conseiller ou leur conseillère, le #tirage_aléatoire, ou, finalement, ce qu’on appelle les « #requêtes_ciblées ». C’est là qu’intervient le premier véritable algorithme. Ces requêtes sélectionnent des personnes à partir de critères jugés pertinents (par exemple, une formation financée par France Travail achevée depuis plus de six mois ou une inscription dans un métier dit « en tension »). Ces critères sont définis au niveau national, puis adaptés régionalement. Ce sont des outils puissants de #ciblage, qui traduisent une forme de #suspicion_institutionnelle : pourquoi êtes-vous encore au chômage alors que vous avez été formé récemment ; ou que vous postulez dans un métier dans lequel les employeur·ses disent manquer de main-d’œuvre ?

    Un deuxième outil est récemment apparu, avec la réforme du contrôle de la recherche d’emploi entrée en vigueur au 1er janvier 2025. Pour répondre à l’objectif fixé par le gouvernement de passer de 600 000 contrôles par an à 1,5 million d’ici 2027, France Travail a introduit un « robot d’analyse des dossiers » censé permettre d’augmenter le nombre de contrôles à effectifs constants. C’est un outil qui vise à gagner du temps, en pré-classant en groupes les dossiers à contrôler. L’objectif est de déterminer si les demandeur·ses d’emploi recherchent activement un travail, à partir de critères comme la présence d’un CV sur l’espace personnel, les périodes travaillées au cours des trois derniers mois, ou encore les échanges avec France Travail. Mais déjà au niveau des critères, il y aurait beaucoup de choses à dire. Par exemple, l’usage de l’espace personnel n’est pas obligatoire : est-il donc pertinent que le robot en fasse un critère de tri ? Dans tous les cas, à ce stade, cet algorithme semble encore loin d’être opérationnel : il produit des erreurs basiques sur des informations comme les périodes travaillées, pourtant bien connues du système puisqu’elles déterminent l’indemnisation… À ce stade de notre enquête – qui n’est qu’à ses débuts sur cet aspect -, il semblerait que beaucoup d’agent·es ne l’utilisent pas, parce qu’iels considèrent qu’il leur fait perdre plus de temps qu’il n’en fait gagner. Il aurait même été suspendu le temps qu’une nouvelle version de l’outil soit déployée.

    Le dernier outil que nous avons identifié récemment est encore plus opaque. Il s’agit d’un « outil d’aide à la détermination de la #sanction » destiné à aider les agent·es dans l’application d’un nouveau type de sanction : la suspension du revenu de remplacement en cas de non-respect du #contrat_d’engagement1. Cette sanction est liée à la parution d’un décret, qui prévoit une suspension de l’indemnisation de durée et de niveau variable, en fonction des “manquements” identifiés. Pour ce faire, les agent·es utilisent un tableau Excel, non relié au système d’information de France Travail, dans lequel iels cochent dans des liste le ou les « indices de non-respect des engagements détecté(s) au cours du contrôle » d’une part, et les « contrainte(s) personnelle(s) et difficulté(s) détectées au cours du contrôle », d’autre part. L’outil attribue ensuite une « note » et propose une sanction selon trois critères : la « nature », le « pourcentage du revenu de remplacement impacté » et la « durée ». Nous ignorons absolument pour l’instant comment les différentes informations sont pondérées pour aboutir aux caractéristiques de la sanction préconisée.

    (...) Contrairement aux promesses d’automatisation libératrice qui présentent ces outils comme permettant aux agent·es de réduire leur charge de travail et de se concentrer sur leur cœur de métier en se déchargeant des tâches répétitives, on observe, au contraire, que ces dispositifs peuvent alourdir leur activité, sans que ce processus soit forcément visible, ni évident à mesurer. En fait, on constate qu’au mieux, les algorithmes ne font pas gagner de temps, et au pire, ils en font perdre. De plus, ces outils pourraient à terme conduire à déléguer au robot le travail d’analyse, ce qui ne laisserait aux agent·es que la charge de valider une décision prise par la machine ; sur la caractérisation des sanctions par exemple, les agent·es se trouvent dépossédés par l’algorithme.

    (...) Nos demandes d’observations du travail réalisé sur les plateformes de contrôle, par exemple, n’ont jamais abouti.

    #chômage #agents #automatisation_du_contrôle #contrôle_de_la_recherche_d’emploi #opacité #métier_en_tension #chomeur.euses #surveillance

    • certains critères redoublent les inégalités. Par exemple, le fait d’être inscrit·e sur un métier en tension : une telle situation atteste souvent d’autres difficultés, sociales ou de santé par exemple. Or, en 2023, plus de la moitié des contrôles ont ciblé des demandeur·ses d’emploi inscrit·es dans des métiers dits en tension.

  • Trop âgées pour trouver un emploi, trop jeunes pour la retraite : les femmes de plus de 50 ans de plus en plus concernées
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/28/ni-en-emploi-ni-en-retraite-cet-entre-deux-qui-touche-de-plus-en-plus-de-fem

    Si le sort des « NEET », ces jeunes « ni en emploi ni en formation », mobilise les gouvernements depuis les années 1980, certes sans grand succès (leur part est passée de 10,1 % des 15-34 ans début 2023 à 12,8 % au deuxième trimestre 2025, selon l’Insee), les seniors NER [« ni en emploi ni en retraite »], eux, restent encore relativement invisibilisés.
    Pourtant, ils représentent 21 % des 55-61 ans, selon les données issues du dossier « Emploi, chômage et revenus du travail » publié par l’Insee en juillet 2024. Le pic est atteint à 60 ans. Une partie de ces personnes s’est retirée du marché du travail pour des raisons de santé, de handicap ou autres. Mais un tiers d’entre elles subit cette situation, précise l’Insee. Parmi ce tiers, trois personnes sur quatre sont des femmes, et cette surreprésentation progresse avec l’âge : à partir de 62 ans, elles sont deux fois plus nombreuses que les hommes à n’être ni en emploi ni en retraite.

    Sans surprise, ce déséquilibre est la conséquence du millefeuille d’#inégalités qui s’accumulent tout au long des #trajectoires_professionnelles entre hommes et femmes. « Tous les facteurs qui caractérisent les carrières féminines, comme les trous dans le CV, les temps partiels et les moindres rémunérations, retardent significativement l’accès des femmes au taux plein nécessaire pour une retraite sans décote », explique Laetitia Vitaud, autrice de la note sur « Le coût de la séniorité des femmes » publiée par la Fondation des femmes en juin.

    Un chiffre résume cette inégalité sur le marché du travail : passé 55 ans, les écarts salariaux entre les sexes se creusent pour atteindre 27,2 %, au détriment des femmes, contre 23,1 % entre 40 et 49 ans, selon les données 2023 de l’Insee.

    Puiser dans ses économies

    Compte tenu des interruptions de carrière liées à la maternité, à la garde des enfants et à la multiplication des temps partiels, les femmes donc sont plus nombreuses que les hommes à devoir attendre l’âge de 67 ans, auquel la décote s’annule, pour faire valoir leurs pleins droits à la retraite. En outre, elles partent en moyenne à l’âge de 63 ans, contre 62 ans et 4 mois pour les hommes, soit huit mois plus tard, selon le service statistique ministériel de la santé et du social, la Drees. La réforme des retraites votée en 2023 – dont le sort est actuellement en suspens – a aggravé cette inégalité, en repoussant l’âge de départ. Résultat : en cas de perte d’emploi à cet âge, « elles se trouvent dans une sorte de purgatoire entre l’activité et l’inactivité », explique Laetitia Vitaud, et ce purgatoire est bien plus long que celui subi par les hommes dans la même situation.

    [...]

    Selon l’association Force Femmes, qui aide celles de plus de 45 ans au chômage à retrouver un emploi, 68 % des cabinets de recrutement considèrent l’âge comme un facteur discriminant et 47 % reconnaissent qu’il est difficile pour une femme de plus de 45 ans de trouver un poste. Cela, parce que, en plus des interruptions de carrière, certaines ont encore leur(s) enfant(s) à charge, et-ou s’occupent de leurs parents vieillissants, ce qui limite en outre leur possibilité de mobilité géographique.

    au programme, essayer de survivre, retourner chez sa mère (58% des NER ne sont pas en couple), ou dépendre du revenu du conjoint.
    https://justpaste.it/a83nw

    #femmes #pauvreté #chômage #emploi #retraite #RSA (pour préretraite) #vieux #vieilles #seniors

    • https://www.alternatives-economiques.fr/budget-lecornu-va-t-ameliorer-retraite-femmes/00116584

      En progrès, mais peut mieux faire

      Si l’on zoome d’abord sur le premier point, il est concrètement question d’établir le salaire de référence, qui sert à calculer la pension de retraite, sur la base des 24 meilleures années de carrière pour les mères d’un enfant, et des 23 meilleures années de carrière pour les mères de deux enfants et plus. Aujourd’hui, ce calcul est réalisé en prenant compte les 25 meilleures années.

      « Cette mesure entrera en vigueur pour les départs en retraite intervenant à compter de l’année 2026 et générera une hausse de la pension pour 50 % des femmes liquidant à compter de cette date », précise le gouvernement.

      Un impact qui paraît impressionnant, en théorie. Et en pratique ?

      « L’idée de prendre moins d’années pour les femmes n’est pas mauvaise, mais en se basant sur une ou deux années de moins, la différence est faible, analyse Michaël Zemmour, enseignant-chercheur en économie à l’université Lyon 2 et chercheur associé au LIEPP (Sciences Po). L’effet d’une année blanche, avec le gel des pensions [qui est aussi dans le budget Lecornu, NDLR.] aura par exemple plus d’effets négatifs sur les retraites. »

      D’après les évaluations réalisées pendant le conclave des retraites, réduire le nombre d’années pour le calcul de la retraite d’un ou deux ans représenterait une amélioration de… 1 % des pensions des femmes. Sans concerner, en plus, celles qui touchent le minimum contributif (Mico), puisque la nouvelle majoration serait absorbée par ce dispositif.

      « On le disait déjà au sortir du conclave, avoir 1 % de mieux, alors qu’on a perdu deux ans avec la réforme Borne, ce n’est pas suffisant », commente Denis Gravouil, secrétaire confédéral à la CGT.

      https://archive.ph/EZTZ4

      « Peut mieux faire », « pas suffisant » ... J’espère que c’est ironique et que ces euphémisme signifient « ils nous prennent vraiment pour des buses ».

  • #Olivier_De_Schutter, rapporteur de l’ONU sur l’extrême #pauvreté : « La #stigmatisation des #pauvres accroît le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique »

    Dans une tribune au « Monde », le juriste décrit les mécanismes d’une véritable « guerre contre les pauvres plutôt que contre la pauvreté », menée par un Etat-providence qui contrôle plus qu’il ne protège.

    L’économiste juif hongrois #Karl_Polanyi, alors exilé aux Etats-Unis, détaillait en 1944 dans La Grande Transformation, les raisons de la montée de l’#extrême_droite en Europe. Il soulignait que la foi sans limites des élites dans l’#autorégulation_du_marché et l’absence de mécanismes de #sécurité_sociale au moment de la crise économique de 1929 ont plongé une grande partie de la population dans une extrême pauvreté, favorisant la désignation de #boucs_émissaires et la montée des #fascismes. Tirerons-nous les leçons de son enseignement ?

    Les parallèles avec la situation actuelle sont trop nombreux pour pouvoir être ignorés. Depuis les années 1980, l’affaiblissement progressif du #système_social hérité de la période d’après-guerre plonge de plus en plus de personnes dans un état d’#insécurité_économique. Dans un contexte de crise de la croissance keynésienne et de hausse du #chômage, les fondements mêmes de notre système social ont été graduellement remis en cause par les thèses néolibérales.

    L’approche d’une #protection_sociale_universelle, fondée sur l’existence de #droits_sociaux garantis par la Constitution, a été remplacée par une approche conditionnelle. Les dépenses de sécurité sociale sont désormais considérées comme un #coût à réduire plutôt que comme un #investissement nécessaire au maintien de la #cohésion_sociale et à la #lutte_contre_la_pauvreté.

    Dérive dystopique

    En réalité, on a assisté à un grand retournement de la #politique_sociale : du rôle protecteur qui était le sien, l’#Etat-providence est passé à un rôle de #contrôle. Les dispositifs qui le constituent expriment une #méfiance envers des pauvres jugés coûteux, peu méritants, voire #fainéants. Les politiques dites « d’#activation » conditionnent désormais l’obtention d’une #prestation_sociale à une période d’activité, dans le but affiché « d’inciter » les personnes en situation de pauvreté à travailler, suggérant qu’elles sont tentées par l’#oisiveté.

    C’est ce que traduit la récente #réforme du #revenu_de_solidarité_active (#RSA), dont le versement est désormais conditionné à quinze heures d’activité gratuites par semaine. Dans une récente communication au gouvernement français, j’ai mis en garde contre les impacts de cette mesure qui, comme le soulignent la Défenseure des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’homme et le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, pourrait mener à une augmentation du taux de #non-recours aux #prestations ainsi qu’à des cas relevant de la qualification de #travail_forcé. A ce jour, le gouvernement français n’a pas répondu à nos inquiétudes à ce sujet.

    La #dématérialisation de l’accès à l’#aide_sociale est une autre illustration de cette dérive aux accents dystopiques. Le « #tout-numérique » peut aggraver le phénomène de non-recours aux #aides_sociales et fragiliser les conditions de vie de nombreuses personnes en situation de pauvreté. En outre, les outils algorithmiques permettent d’automatiser #contrôles et #sanctions.

    La #Caisse_d’allocations_familiales (#CAF) a, par exemple, ciblé de manière discriminatoire des #familles_monoparentales ainsi que des personnes en situation de handicap. Cela mène à des retraits rétroactifs de prestations, aggravant ainsi la situation des bénéficiaires. Non seulement ces formes de contrôle constituent un frein au recours aux aides sociales et à la sortie de la pauvreté, mais elles sont souvent vécues par celles et ceux qui les subissent comme une #humiliation.

    Territoires abandonnés

    L’extrême droite prospère sur l’essor des inégalités et la #peur du #déclassement au sein des classes moyennes et populaires. Dans un contexte économique morose marqué par la stagnation des salaires et de nombreuses #délocalisations, la #stigmatisation des pauvres accroît encore davantage le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique des classes moyennes paupérisées. Elle risque ainsi de renforcer les #divisions_sociales en opposant les « pauvres » aux « encore plus pauvres », d’une part, et « nos pauvres », jugés dignes d’être aidés, aux « migrants » qui viendraient leur faire concurrence, d’autre part. Ces dynamiques alimentent le discours décliniste des populistes d’extrême droite, qui attribuent l’insécurité économique à des #boucs_émissaires désignés par leurs origines ethniques.

    Pour inverser la tendance, les politiques sociales doivent être refondées sur le principe d’#universalité de la #protection_sociale, qui constitue un droit humain. Ces efforts doivent se doubler d’un plan de #cohésion_territoriale, permettant de garantir une véritable égalité d’opportunités entre populations des zones rurales et habitants des villes, alors qu’aujourd’hui beaucoup de ruraux ont le sentiment de vivre dans des territoires abandonnés, méprisés par les élites urbaines.

    La montée des populismes d’extrême droite est le résultat direct de la refonte néolibérale du modèle social d’après-guerre. Pour enrayer leur progression, la guerre contre les pauvres doit être remplacée par une guerre contre la pauvreté.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/22/olivier-de-schutter-rapporteur-de-l-onu-sur-l-extreme-pauvrete-la-stigmatisa
    #néolibéralisme #conditionnement #conditionnalité #inconditionnalité #immigrés #populisme

    aussi signalé par @colporteur
    https://seenthis.net/messages/1142934

    –-

    ajouté à la métaliste sur la #guerre_entre_pauvres :
    https://seenthis.net/messages/567127

  • Des contrôles « humiliants » : associations et syndicats attaquent l’État sur la réforme du RSA | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/221025/des-controles-humiliants-associations-et-syndicats-attaquent-l-etat-sur-la

    Le Secours catholique, ATD Quart Monde, la LDH, mais aussi les syndicats CGT, CFDT et Solidaires assignent en justice l’État pour sa politique visant les chômeurs et les allocataires du RSA. Les sanctions brandies à l’égard des bénéficiaires sont tout particulièrement visées.

    De la réforme du #RSA et son volet #sanctions, entériné par un décret entré en vigueur le 31 mai 2025, les responsables associatifs et syndicaux n’ont que du mal à en dire. Réuni le 22 octobre pour une conférence de presse, un collectif composé d’une dizaine d’associations a décidé de s’unir de manière inédite pour saisir la justice. Avec un objectif : l’abrogation du décret « sanctions » de la loi dite « plein emploi » qui conditionne l’obtention du RSA à la réalisation de quinze heures d’activité hebdomadaire.

    Quatre recours ont été déposés par la Ligue des droits de l’homme (LDH), le Secours catholique, ATD Quart Monde et Emmaüs France ainsi que des syndicats comme la CGT, la CFDT, Solidaires ou la FSU contre ce texte, qui constitue à leurs yeux une « ligne rouge ». 
    Quatre #recours différents, portés par quatre avocats, ont été déposés par les associations fin juillet, ce qui n’avait pas été rendu public. Elles disposent de trois mois à compter de cette date pour défendre leur requête sur le fond. Leur argumentaire sera communiqué au #Conseil_d’État à la fin du mois d’octobre et une date d’audience devrait être communiquée d’ici à la fin d’année. 

    « On ne sort pas les personnes de la pauvreté à coups de suspensions, mais par la confiance et l’accompagnement », jugent les requérants. Depuis la parution de ce décret, toute personne inscrite à France Travail est menacée de se voir suspendre de 30 % à 100 % de son indemnité chômage ou de son RSA pendant un à plusieurs mois. Et ce, dès le premier manquement, c’est-à-dire n’avoir pas respecté le contrat d’engagement, ne pas s’actualiser correctement ou manquer un rendez-vous.

    Le texte est contesté de longue date. Les associations et des institutions comme le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ou la Commission nationale consultative des droits de l’homme ont alerté en vain sur les risques d’une telle réforme.

    Des sanctions disproportionnées

    Lors de la conférence de presse organisée pour expliciter la démarche du collectif, Didier Duriez, président du Secours catholique, dénonce le choix du gouvernement « de punir » les plus vulnérables : « La loi “plein emploi” et son décret “sanctions” marquent un tournant. Ils marquent un virage inquiétant dans cette société qui s’éloigne de plus en plus de l’impulsion qu’on avait eue juste après-guerre, celle d’un accès digne à l’emploi pour tous, et un soutien à l’ensemble des personnes. »
    Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme, complète : désormais, les allocations deviennent « une sorte de rétribution au mérite ». Il ne faut pas s’y tromper, ajoute-t-elle, ces orientations relèvent d’une « idéologie ». 
    Le collectif déplore de ne pas parvenir à obtenir l’attention du gouvernement. Pour Didier Duriez, l’écoute s’est tarie : « Les réunions avec les gouvernements sont plus rares, la prise en compte de ce qu’on leur présente est de plus en plus marginale. »

    Les requérants mobilisent plusieurs arguments. Ce décret est considéré tout d’abord comme une atteinte au droit. Réduire les allocations à titre de sanction « revient à supprimer les moyens de subsistance ». Surtout au regard de la faiblesse du montant du RSA (646 euros en 2025 pour une personne seule) qui est deux fois inférieur à celui du seuil de pauvreté (60 % du revenu médian, soit 1 216 euros en 2025). Les associations et syndicats pointent « la disproportion manifeste des sanctions ».

    Sans compter que la possibilité de se défendre est réduite. Auparavant, une sanction RSA enclenchait la réunion d’une instance durant laquelle la personne était reçue et pouvait expliquer sa situation. Aujourd’hui, dès lors que les personnes sont notifiées de la suspension de leurs allocations, elles ne disposent que de dix jours pour contester la décision, parfois sans réunion ou rencontre physique en fonction des départements. Un délai trop restreint et des conditions inadéquates pour #se_défendre, jugent les associations.

    « Le décret méconnaît par ailleurs le droit au silence [?] et le droit d’être entendu, ce qui constitue une atteinte grave aux #droits_de_la_défense », ajoutent-elles. Elles pointent aussi la confusion, une « erreur de qualification juridique » entre les allocataires du RSA et les demandeurs d’emploi indemnisés. Le collectif rappelle que le RSA n’est pas une indemnisation du chômage, mais « un revenu de survie au nom du droit à des moyens convenables d’existence, pour des personnes souvent éloignées durablement de l’emploi ».

    Des contrôles « humiliants »

    Pour sa part, Lydie Nicol de la CFDT rappelle les promesses déçues de cette loi qui vantait la mise en œuvre d’un accompagnement resserré de qualité avec une meilleure coopération entre les acteurs de l’accompagnement. « Et là, on en est très loin. Et même, c’est assez antinomique avec le décret auquel on s’oppose aujourd’hui. » Elle évoque les #contrôles de #France_Travail, multipliés par trois. En 2024, le premier ministre Gabriel Attal avait en effet annoncé un triplement en trois ans des contrôles, pour arriver à 1 500 000 en 2027.

    La responsable syndicale juge que le gouvernement considère donc l’ensemble des personnes en difficulté comme « soit des fraudeurs en puissance, soit des personnes qui ne veulent pas travailler ». « Pour nous, le chômage n’est jamais un choix. C’est une situation subie. »
    Ces sanctions aggravent le non-recours, la maltraitance institutionnelle, l’exclusion et compromettent le retour à une activité salariée stable de ces personnes. Certaines vont même accepter des emplois précaires pour éviter de perdre leur allocation.
    Isabelle Doresse, vice-présidente d’ATD Quart Monde, relaye des témoignages des premiers et premières concerné·es. Tous disent l’humiliation et l’inquiétude face à la réforme. Par exemple, Bernard se dit « fier mais usé » par ses vingt-cinq années de travail en usine comme manutentionnaire. Sans emploi, il « se sent harcelé par France Travail ». Il partage son stress et sa panique face aux menaces de sa conseillère de lui retirer « un à quatre mois de RSA pour recherche insuffisante ». Il assure tout faire pour trouver du travail, y compris suivre les formations proposées par France Travail.
    Corinne, mère isolée de quatre enfants, en invalidité, s’est vu imposer une activité hebdomadaire alors qu’elle doit honorer des rendez-vous médicaux réguliers. Elle a réussi à négocier cinq heures d’activité. Marie-Andrée Bresson, présidente de Solidarité Paysans, a évoqué le cas de cette agricultrice à qui l’on a demandé de justifier son RSA en envoyant tous ses relevés bancaires et factures d’une année. « C’est quelque chose d’humiliant et d’une violence sans nom vis-à-vis des personnes. »

    L’accompagnement en souffrance

    Élie Lambert, secrétaire national de l’union syndicale Solidaires, accuse le gouvernement de provoquer « le découragement des allocataires, pour les dissuader de solliciter ce filet de survie », alors qu’on constate un taux de non-recours déjà important pour certaines franges de la population. Marie-Andrée Bresson rappelle que chez les agriculteurs, il est estimé entre 50 et 60 %. Et il est impossible pour beaucoup de s’acquitter de l’obligation des quinze heures d’activité hebdomadaire, « alors que nombre d’agriculteurs travaillent déjà très durement pour survivre », ajoute-t-elle.
    Agnès Aoudaï, coprésidente du Mouvement des mères isolées, considère cette obligation d’activité comme « injuste et violent ». Elle ajoute : « C’est une mise à disposition de nos corps et de notre temps tout à fait inacceptable. » Dans la même veine, Denis Gravouil, secrétaire confédéral CGT, dénonce « un système violent et incompréhensible pour les 8 millions de personnes en recherche d’emploi ».

    Vincent Lalouette, secrétaire général adjoint de la FSU Emploi, rêve d’un « sursaut collectif », en particulier sur la question des contrôles, qui mettent des personnes dans la difficulté : « L’expression suicidaire chez les gens dont on s’occupe [comme agents de France Travail] est en forte augmentation ces derniers temps. C’est évidemment lié à la diminution des revenus à cause des différentes réformes de l’assurance-chômage, mais c’est aussi l’une des conséquences directes de la politique qui est menée avec la loi dite “plein emploi”. »
    Du reste, ces contrôles s’accroissent sans les personnels adéquats pour les mener. L’accompagnement se trouve ainsi dégradé et les agent·es de France Travail sont en souffrance. Car, estime encore Vincent Lalouette, aucun moyen supplémentaire n’a été débloqué pour absorber la charge de travail supplémentaire due notamment à l’obligation faite à tous les allocataires du RSA de s’inscrire à France Travail. Les velléités de résistance s’amenuisent aussi face au réel. 
    Les sanctions sont appliquées à la discrétion des conseils départementaux. Difficile d’obtenir des chiffres précis en ce domaine. Aucun outil statistique n’a été mis en place, regrette Lydie Nicol de la CFDT. Les données sur le devenir des personnes radiées des dispositifs de solidarité ne sont pas davantage disponibles. « Ces réformes marquent un durcissement sans précédent des politiques sociales dans notre pays », regrette encore le collectif.

    L’expression suicidaire au guichet (me touche pas ou je meures !) passe pour la seule forme de résistance possible actuellement.

    #revenu_minimum #droits_sociaux

    • Décret sanctions des demandeurs d’emploi et bénéficiaires du RSA : nous attaquons l’Etat en justice
      https://oxi90.com/IPCRWSF67/DF5AF95316134AE3B9931B90021DB3CE.php

      Changer de Cap fait partie des 11 associations et 5 syndicats qui attaquent au Conseil d’État le décret sanctions de la loi Plein emploi et demandent son abrogation. Ce décret, publié le 30 mai 2025, permet de suspendre ou de supprimer les allocations des demandeurs d’emploi au moindre « manquement ». Cela concerne les chômeurs comme les bénéficiaires du RSA, puisque ceux-ci sont désormais inscrits automatiquement à France Travail.

      Pour un rendez-vous manqué ou un manquement dans le contrat d’engagement réciproque, une personne peut perdre 30 à 100 % de son RSA, pendant 1 à 4 mois, avant remobilisation ou radiation. Ce décret, publié dans le cadre de la #loi_« Plein_Emploi » qui impose 15h d’activité à toute personne au RSA comme à toute personne au #chômage, marque une étape supplémentaire dans le contrôle des plus précaires.

      Les associations et syndicats qui se sont unis dans des recours juridiques en Conseil d’État fondent leur requête sur différents arguments, parmi lesquels :

      Le droit à des moyens convenables d’existence est un droit fondamental, protégé par la constitution comme tous les droits humains. Le RSA est un minimum vital pour survivre. On ne peut donc pas le supprimer, quelle que soit la raison. Rappelons que le montant du RSA pour une personne seule, 646 €, est inférieur au seuil d’extrême pauvreté en France.

      La disproportion des #sanctions : le Conseil constitutionnel avait déclaré la loi « Plein Emploi » constitutionnelle sous réserve que les sanctions soient proportionnées. Or supprimer totalement le RSA dès le premier manquement n’est clairement pas proportionné.
      Les inégalités territoriales : les sanctions peuvent aller de 30 à 100 % du RSA sur 1 à 4 mois, elles sont donc appliquées de manières très différentes selon les départements. En effet, ce sont les #conseils_départementaux qui décident de la hauteur des sanctions en cas de « manquement », notion par ailleurs très floue.
      Pour illustrer concrètement cette rupture de l’égalité des droits, prenons l’exemple des départements de la #Creuse et de la Saône-et-Loire. Par délibération en date du 10 octobre 2025, le Conseil départemental de la Creuse a voté une suspension du RSA de 80 % pendant deux mois pour une personne seule dès le premier manquement. En Saône-et-Loire, c’est la commission permanente qui a actualisé son Règlement départemental d’aide sociale (RDAS) et décidé d’une suspension de 50 % pendant un mois, toujours pour une personne seule et toujours au premier manquement.
      La violation du droit de la défense : avant le décret, une suspension de RSA nécessitait une réunion où l’allocataire pouvait se défendre et expliquer son point de vue. Cette réunion est supprimée. De plus, le délai de recours est de seulement 10 jours, ce qui est très largement insuffisant pour préparer une contestation ou demander de l’aide à un avocat ou une association.

      NOTRE POSITION
      Le décret sanctions, une nouvelle arme budgétaire
      Ce renforcement des sanctions a de multiples conséquences, qui ont été abordées lors d’une conférence de presse organisée par les syndicats et les associations le 22 octobre. Pour #Changer_de_Cap, ce décret est aussi une nouvelle arme dans la politique de réduction des #dépenses_sociales, quel qu’en soit le coût humain. Derrière cette réforme, c’est une logique budgétaire assumée qui se dessine : faire des plus #précaires une variable d’ajustement des finances publiques.
      En 2022, 34 % des personnes éligibles au RSA n’ont pas perçu l’aide à laquelle elles avaient droit. La complexité administrative dans les conditions d’accès, leur durcissement via la loi « Plein emploi » et la multiplication des contrôles, des sanctions et des suspensions hors de tout #droit_au_contradictoire ajoutent une pièce dans la machine politique d’#institutionnalisation_du_non-recours, qu’on peut chiffrer au bas mot à 10 milliards d’euros toutes prestations confondues. Cette réalité, associée aux radiations, réduit artificiellement le coût de la protection sociale, au prix d’une #précarisation accrue.

      Dans un contexte de rigueur, ce manque à verser est devenu un pilier silencieux de l’équilibre budgétaire. L’État serait incapable de payer ces milliards d’euros si toutes les personnes demandaient effectivement leurs droits [hum hum] et les Les sommes « économisées » sur le dos des plus vulnérables sont désormais budgétisées dans les prévisions budgétaires se basent sur les demandes actuelles. L’État anticipe donc le non-recours et n’a aucun intérêt à lutter contre.

      Les plus précaires comme variable d’ajustement budgétaire : l’exemple des #Départements

      Le décret « sanctions » va renforcer une réalité déjà tangible. Avant même l’annonce d’une « année blanche » sur les prestations sociales, les Départements de France, via l’association éponyme, ont annoncé qu’ils ne respecteraient pas la revalorisation légale du RSA (1,7 %) au 1er avril 2025. Dans le #Finistère, le président Maël de Calan affiche clairement un objectif de baisse du nombre d’allocataires. Des paroles aux actes, entre 2021 et 2024, le nombre de bénéficiaires est passé de 18 000 à 14 700, permettant 8 millions d’économies sur le budget du département. Des décisions n’émanent donc plus de la situation réelle des personnes concernées ou même des textes réglementaires, mais bien des « sommes disponibles » [c-à-d de décisions politiques]. Le principe d’économies budgétaires se substitue au principe de réalité.

      Des économies sur le dos des bénéficiaires du RSA et des chômeurs

      Selon les données de la DREES, en 2022 et au niveau national, les dépenses de minima sociaux (Allocation adulte handicapé, minimum vieillesse, Revenu de solidarité active, Allocation de solidarité spécifique) ont reculé de 3,1 % (-3 % en 2021). Cette baisse portée presque exclusivement par les allocataires du RSA (939 millions sur les 963 économisés). De même, l’ASS a connu une baisse de 12,8 %. Le budget consacré à deux autres minimas sociaux, l’AAH et le minimum vieillesse, a augmenté. Ces chiffres démontrent que les coupes budgétaires visent d’abord les chômeurs et les bénéficiaires du RSA.

      Des coûts reportés sur la société entière

      Ces économies « apparentes » entraînent de graves conséquences tant personnelles (aggravation de la précarité, #isolement, dégradation de la #santé physique et mentale, #expulsions locatives, #insécurité_alimentaire…) que collectives (tensions sociales, pertes de la cohésion sociale, déport sur les collectivités locales). Toutes ces conséquences ont un prix, qui sera supporté par l’ensemble de la société.
      Affaiblissement des services publics, fragilisation des plus précaires, éloignement des citoyens de leurs droits… Avec cette logique, la précarité devient rentable — tant que ses conséquences restent invisibles dans les comptes publics.

      L’austérité sociale, un choix politique

      La contestation du décret sanction devant le Conseil d’État n’est donc pas seulement une bataille juridique : c’est une bataille symbolique sur la place du social dans les choix budgétaires de l’État.
      Alors que le discours public se durcit sur les prétendus « assistés », les politiques d’accès aux droits sont présentées comme un coût, et non comme un investissement collectif.
      Cette #austérité de gestion, justifiée au nom de la responsabilité budgétaire, fragilise le pacte social. Elle transforme le droit à la #solidarité en suspicion d’#assistanat et fait du non-recours une politique publique à part entière.
      À force de chiffrer la solidarité, on finit par dévaloriser le pacte social. Et derrière les économies immédiates, c’est la cohésion nationale qui se délite, lentement mais sûrement.

      Nous vous proposons l’écoute de l’émission de France Culture sur le recours déposé au Conseil d’État, et plus largement sur la dégradation de la protection sociale.
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/culture-de-l-info/protection-sociale-un-collectif-d-associations-attaquent-l-etat-sur-sa-r

      L’annonce du recours contre le décret sanction est concomitant avec la publication d’un rapport des Nations Unies : « Le populisme d’#extrême_droite et l’avenir de la protection sociale ». Son auteur, Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté, y dénonce la #guerre_aux_pauvres, menée en France et ailleurs, et l’imputation de la responsabilité de la #pauvreté aux personnes elles-mêmes. Conséquence, parmi d’autres, une défiance à l’égard de l’État et des services sociaux, qui alimente le non-recours.

      Cette défiance et l’insécurité économique font le lit d’une extrême droite qui se nourrit des clivages et de la peur du déclassement, alors que les populistes autoritaires, lorsqu’ils sont au pouvoir, amplifient la dégradation des protections sociales. Pour Olivier de Schutter, cette protection sociale est un droit humain et en tant que tel devrait servir de rempart contre la montée des populismes. « Il est temps de changer de cap. Les dirigeants soucieux de parer au recul de la démocratie devraient en faire plus pour apaiser les craintes et assurer la sécurité économique. Et ils doivent éviter toute rhétorique présentant la protection sociale comme une œuvre charitable réservée à ceux qui la méritent. Face à la menace de l’extrême droite, il faut donner à la protection sociale tout le crédit qui lui est dû en tant que droit humain de l’individu et en tant que bien public source d’importantes externalités positives bénéficiant à l’ensemble des membres de la société ».

      Ce rapport de 21 pages est disponible en ligne, et en français. On ne peut que recommander sa lecture !
      https://docs.un.org/fr/A/80/138

      APPEL A TEMOIGNAGES
      Pour #documenter les conséquences de l’application de cette réforme et de ce décret, les associations et syndicats lancent un appel à témoignages !
      Les personnes concernées sont invitées à remplir un questionnaire en ligne : https://framaforms.org/recueil-de-temoignages-sur-la-loi-dite-pour-le-plein-emploi-et-le-decret
      Les données seront traitées pour être anonymisées et l’accord de la personne explicitement demandé quant à l’utilisation de son témoignage.

      edit tribune d’Olivier De Schutter dans Le Monde
      https://seenthis.net/messages/1142934

  • Dix ans après avoir accueilli 1,2 million de réfugiés, l’#Allemagne dresse le #bilan

    Wir schaffen das (“Nous y arriverons”) : c’est en ces termes que l’ex-chancelière allemande #Angela_Merkel évoquait, en 2015, le défi de l’intégration de 1 200 000 réfugiés. Les #données publiées en août 2025 par l’Institut de recherche sur le #marché_du_travail et les professions (IAB) lui donnent raison (https://iab.de/publikationen/publikation/?id=10919220).

    Au lendemain de la parution de l’étude de l’institut de recherche allemand #IAB sur l’intégration des réfugiés en Allemagne, le DGB ne cachait pas son enthousiasme face à ce qui passait, en 2015, pour le pari fou d’Angela Merkel. « Ensemble, nous accomplissons souvent plus que ce que nous pensons pouvoir faire. Qui aurait cru cela possible il y a dix ans ? », réagit la Confédération allemande des syndicats. Il faut dire que les chiffres de l’IAB sont implacables : 69 % des réfugiés arrivés en Allemagne en 2015 et 2016 ont aujourd’hui un emploi (dont 5 % en tant qu’indépendants).

    Un #taux_d’emploi des #réfugiés relativement élevé

    En 2023, ils percevaient un #salaire brut moyen de 2 297 euros en 2023 (contre 2 675 euros en moyenne pour l’ensemble de la population active allemande). L’étude révèle également que le taux d’emploi des réfugiés est identique à celui de l’ensemble de la population allemande. Il est même supérieur (76 %) pour les hommes réfugiés des huit principaux pays d’origine des demandeurs d’asile – parmi lesquels la Syrie, l’Afghanistan et l’Irak. En outre, 84 % d’entre eux subviennent à la totalité de leurs besoins par leur propre travail.

    Le DGB, qui salue une réussite, reste lucide. « Bien sûr, tout ne se passe pas bien. Beaucoup de réfugiés perçoivent des salaires bas, et trop peu de #femmes occupent un emploi rémunéré. » Alors qu’elles représentent un réfugié sur trois, les femmes ne sont que 35 % à travailler. L’IAB rappelle par ailleurs que si le taux de #chômage des demandeurs d’asile reste élevé (28,3 % en 2024), il était de 40,2 % en 2017.

    Besoin d’immigration pour continuer à prospérer

    À l’heure où le parti d’extrême droite #AfD – qui s’est imposé comme la première force politique dans certains Länder – agite les peurs et multiplie les contrevérités, le DGB redit sa détermination à poursuivre son action en faveur de l’accueil et de l’intégration des réfugiés dans le monde du travail et en dehors. À quelques mois des échéances électorales pour plusieurs parlements régionaux (Bade-Wurtemberg [8 mars 2026], Rhénanie-Palatinat [22 mars 2026] et Saxe-Anhalt [6 septembre 2026]), il ne fait aucun doute que les sujets de l’immigration et de l’intégration des réfugiés reviendront sur le devant de la scène. Or, selon le DGB, « l’Allemagne a besoin de l’immigration pour continuer à prospérer. Les décisions politiques ne doivent pas aller dans l’autre sens, elles ne doivent ni exclure, ni stigmatiser. Nous resterons vigilants et rappellerons ces réussites ».

    https://www.syndicalismehebdo.fr/article/dix-ans-apres-avoir-accueilli-12-million-de-refugies-lallemagne-dr
    #wir_schaffen_das #migrations #réfugiés #travail #chiffres #statistiques #emploi

    ping @karine4

  • Dopo i roghi ai terreni tolti ai boss, l’Antimafia ascolta le coop impegnate nel riutilizzo sociale
    https://lavialibera.it/it-schede-2439-incendi_ai_terreni_confiscati_ai_boss_la_commissione_anti

    Dopo aver subìto, nel corso dell’estate appena conclusa, intimidazioni, incendi e danni che hanno messo in difficoltà le imprese economiche e il recupero di beni confiscati alle mafie, i rappresentanti di tre cooperative sono stati ascoltati il 24 settembre dal secondo comitato della commissione antimafia. Domenico Fazzari della cooperativa Valle del Marro di Polistena (Reggio Calabria), Alfio Curcio della cooperativa Beppe Montana di Lentini (Siracusa) e Francesco Pascale, direttore di Terra Felix a Succivo (Caserta) hanno potuto spiegare ad alcuni parlamentari le difficoltà di chi quotidianamente si impegna per gestire i terreni tolti alla criminalità organizzata cercando di creare lavoro e benessere per aree disagiate. Nuovi attentati alle cooperative che coltivano i terreni tolti (...)

    #MAFIE_●_RESISTENZE

    • Mercoledì 24 settembre il comitato II della commissione parlamentare ha ascoltato i rappresentanti di tre società cooperative attive in Calabria, Campania e Sicilia e obiettivo di gravi intimidazioni. Allo studio soluzioni per migliorare la gestione dei terreni confiscati alle mafie

      Dopo aver subìto, nel corso dell’estate appena conclusa, intimidazioni, incendi e danni che hanno messo in difficoltà le imprese economiche e il recupero di beni confiscati alle mafie, i rappresentanti di tre cooperative sono stati ascoltati il 24 settembre dal secondo comitato della commissione antimafia. Domenico Fazzari della cooperativa Valle del Marro di Polistena (Reggio Calabria), Alfio Curcio della cooperativa Beppe Montana di Lentini (Siracusa) e Francesco Pascale, direttore di Terra Felix a Succivo (Caserta) hanno potuto spiegare ad alcuni parlamentari le difficoltà di chi quotidianamente si impegna per gestire i terreni tolti alla criminalità organizzata cercando di creare lavoro e benessere per aree disagiate.

      Nuovi attentati alle cooperative che coltivano i terreni tolti alle mafie
      L’audizione al comitato II della commissione antimafia

      “Abbiamo potuto approfondire i fatti che hanno riguardato queste società. Le persone che scelgono di fare questo percorso di vita coraggioso nella gestione dei beni confiscati meritano l’attenzione e il sostegno delle istituzioni”, ha spiegato a lavialibera il coordinatore, Erik Pretto (Lega), ricordando che l’audizione è stata richiesta dalla senatrice Enza Rando (Pd), “a dimostrazione del percorso condiviso tra maggioranza e opposizione”, ha sottolineato lui. «Dopo gli eventi di questa estate, che non sono i primi, ho ritenuto opportuno avvisare la commissione antimafia e in particolare il comitato che si occupa di beni confiscati – spiega la senatrice Rando –. Il presidente del comitato si è dimostrato sensibile e abbiamo organizzato un’audizione, così che resti agli atti il loro racconto».

      “Trovo positivo che abbiano dato voce alle nostre realtà. Ci dà forza il fatto che una storia come la nostra sia stata ascoltata da dei parlamentari”, afferma Fazzari, direttore della cooperativa della Piana di Gioia Tauro, obiettivo di quattro intimidazioni nel corso di un mese, tra cui il grave incendio a oltre ottocento olivi biologici. “L’ascolto è stato importante e momenti di incontro con le istituzioni dovrebbero aumentare – dice Pascale di Terra Felix –. Abbiamo raccontato quanto fatto negli anni e le difficoltà provocate dagli atti che subiamo”, come l’incendio doloso che il 6 luglio scorso ha distrutto per il terzo anno consecutivo i terreni coltivati confiscati al boss della camorra, Francesco “Sandokan” Schiavone. “In un territorio come quello della provincia di Caserta, dove la disoccupazione avanza e aumentano i neet (i giovani che non studiano e non lavorano, ndr), il riutilizzo dei beni confiscati e i posti di lavoro che creano sono importanti”, sottolinea Pascale.
      I boss scarcerati tornano sui terreni

      La presenza del clan in questi territori è ancora forte: “Due settimane dopo l’incendio, il figlio del boss, Ivanhoe Schiavone, è stato arrestato perché riscuoteva gli utili dei terreni del padre intestati a prestanome”, aggiunge il direttore di Terra Felix. Come dice Alfio Curcio della società cooperativa Beppe Montana, impegnata sui campi agricoli tolti a Cosa nostra, “più facciamo bene il nostro lavoro, più siamo sotto attacco. Le nostre cooperative, e non solo loro, sono viste male”.

      Durante l’audizione è emerso un problema comune legato all’uscita dal carcere dei boss, o di molti ex proprietari condannati e incarcerati, e al loro ritorno sul territorio. Ad esempio, proprio il giorno prima dell’appuntamento con i parlamentari, l’operazione Res Tauro aveva riportato in cella il boss della ‘ndrangheta, Pino Piromalli, che – tornato in libertà dopo oltre 22 anni di detenzione – aveva ripreso il controllo dell’area di Gioia Tauro e delle attività. “Bisogna continuare a sostenere il nostro lavoro – riprende Fazzari – perché dobbiamo essere pronti a occupare gli altri spazi liberati dagli arresti e dai sequestri”, e quindi evitare che beni e terreni tornino nella mani sbagliate e non generino economie pulite. “I beni devono essere riutilizzati nel più breve tempo possibile, prima che deperiscano”, aggiunge.

      Trent’anni di Libera: beni confiscati, territori rigenerati
      I nodi della gestione dei terreni agricoli confiscati alle mafie

      Tante sono le difficoltà, spesso burocratiche, su cui la commissione antimafia può intervenire con proposte. Pretto sta pensando a una soluzione che potrebbe migliorare la gestione dei terreni agricoli confiscati. “Quando un comune o un ente locale che ha in gestione un bene così lo affida alle organizzazioni, fa dei bandi di concessione della durata di cinque anni, che sono troppo pochi per chi opera nel settore agricolo – spiega il deputato –. Un terreno è diverso da un immobile a uso abitativo, commerciale o direzionale. Quindi va ripensato questo aspetto prevedendo delle durate maggiori per le concessioni, anche perché nell’agricoltura ci sono dei costi da anticipare e investimenti e inoltre gli alberi da frutto hanno bisogno di anni per rendere”. Per questo “se a livello istituzionale riuscissimo a dare questa linea guida, forniremmo dei riferimenti ai funzionari che scrivono i bandi”. Conferma Curcio, secondo cui “c’è bisogno che gli enti locali abbiano delle linee guida, perché la durata deve essere legata alla tipologia di bene”. Un esempio sono gli agrumeti e gli oliveti, che danno frutto molti anni dopo la messa a dimora: “Non sono come i terreni seminativi, i cui risultati arrivano di stagione in stagione”, spiega.

      “Negli ultimi dieci anni, amministrazioni comunali e l’Agenzia nazionale dei beni sequestrati e confiscati hanno pubblicato bandi per concessioni brevi, di cinque o dieci anni – aggiunge Fazzari – e questo non è di aiuto. Un impianto arboreo ha bisogno di almeno cinque anni dalla messa a dimora degli alberi per ottenere i primi frutti di qualità”. In certi casi, le società hanno ottenuto condizioni più favorevoli: “Per i nostri contratti, negli anni noi abbiamo avuto concessioni con tempi lunghi, ma sono in scadenza e servirebbe un meccanismo per un rinnovo rapido”.

      Guida ai beni confiscati alle mafie

      Il problema della scadenza dei comodati d’uso e del loro rinnovo è stato sottolineato da molti. Con tempi burocratici lunghi e incerti, i terreni e gli alberi rischiano di rovinarsi, rendendo più complesso il riavvio. C’è poi il nodo legato alle spese anticipate, spesso dai singoli soci delle cooperative che faticano a ottenere prestiti e garanzie dalle banche: “Noi facciamo investimenti privati su dei beni pubblici. Bisogna ‘ricaricare’ le aziende che hanno svolto un buon lavoro”, afferma Curcio.

      Il rischio, quindi, è che dopo anni di spese, non ci sia modo di godere dei risultati o, peggio, di veder tutto perduto. Capita inoltre che gli enti locali non vogliano partecipare a bandi per l’utilizzo di fondi pubblici fondamentali per le attività.Tutti temi su cui il comitato II dell’Antimafia continuerà ad approfondire per arrivare ad alcune proposte normative. «Credo sia stata un’audizione importante – conclude Rando – anche per vedere se ci sono strumenti che si possono migliorare e attivare, anche sul risarcimento dei danni subiti, dei veri atti intimidatori ambientali».

      https://lavialibera.it/it-schede-2439-incendi_ai_terreni_confiscati_ai_boss_la_commissione_anti

      #Calabre #Campanie #Sicile #Italie #intimidations #incendies #feu #beni_confiscati #biens_confisqués #mafia #Terra_Felix #Caserta #neet #chômage #Ivanhoe_Schiavone #Pino_Piromalli #Gioia_Tauro #agriculture

  • Au #Maroc, deux personnes abattues près d’Agadir au cours des #manifestations de la Gen Z
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/02/maroc-manifestations-autorisees-pour-la-premiere-fois-dans-plusieurs-villes-

    Le royaume fait face à une vague inédite de mobilisation d’une partie de la jeunesse, depuis le 27 septembre, à l’appel du collectif Gen Z 212. D’après les autorités, les deux personnes tuées tentaient de « prendre d’assaut » une brigade de gendarmerie.

    Il s’agit de l’incident le plus grave depuis le début des protestations impulsées, samedi 27 septembre, par un collectif de jeunes baptisé Gen Z 212, pour réclamer de meilleurs systèmes éducatif et de santé. Pour la première fois, les manifestations avaient été autorisées . Elles ont rassemblé des centaines de personnes à Casablanca, Tanger ou Tétouan, avec les slogans : « Le peuple veut la chute de la corruption » et « Liberté, dignité et justice sociale ». Les protestataires à Casablanca ont également demandé le « départ » du chef du gouvernement Aziz Akhannouch.

    Mardi soir, des manifestations non autorisées avaient déjà donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre dans des villes comme Oujda et Inezgane, en banlieue d’Agadir. A la suite de ces violences, qui ont fait près de 300 blessés, en majorité dans les rangs des forces de l’ordre, plus de 400 personnes ont été interpellées, a indiqué Rachid El Khalfi, porte-parole du ministère de l’intérieur.
    Il a précisé que plus de 140 véhicules de la police et 20 voitures de particuliers avaient été incendiés et que les manifestants ont également pris d’assaut des administrations, des agences bancaires et des commerces, notamment à Inezgane et Oujda.

    (interdire systématiquement les manifs ne permet pas de s’entrainer au MDO, le résultat est cuisant)
    https://seenthis.net/messages/1137921#message1137940

    • Au Maroc, les manifestants appellent à la démission du premier ministre
      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/02/au-maroc-les-manifestants-appellent-a-la-demission-du-premier-ministre_66440

      Cette version [selon laquelle ces deux morts résulteraient de tirs policiers en état de légitime défense] est en partie démentie par un représentant local du collectif Gen Z 212, à l’origine de la mobilisation. Il affirme que des manifestants, échaudés par la répression des forces de l’ordre, se seraient effectivement rendus devant la brigade, cible de nombreux jets de projectiles, mais sans chercher à y pénétrer par la force.

      Jeudi, peu après minuit, le collectif #Gen_Z_212 s’est exprimé, sur le réseau social Discord, parlant d’une « génération entière, épuisée par des années d’attente et rongée par la frustration ». « Nous avons presque [wtf] totalement perdu confiance dans les gouvernements successifs. Cette perte n’est pas passagère, mais plutôt le résultat d’une longue accumulation de promesses non tenues, qui ont affaibli dangereusement la confiance dans les institutions officielles », ajoutait le mouvement, qui dit maintenir ses revendications : « Le droit à la liberté d’expression et une réforme radicale des secteurs de la santé et de l’éducation. »

      La pression s’accentue sur le gouvernement, qui se dit ouvert au dialogue avec les manifestants, mais qui n’a pas apporté de réponses urgentes à leurs doléances. A Casablanca, principale ville du Maroc, des centaines de protestataires marchaient, mercredi, dans le quartier de Sidi Bernoussi, aux cris de « Akhannouch dégage ! . Aziz Akhannouch, le chef de l’exécutif [un milliardaire qui a fait fortune dans les hydrocarbures], concentre toutes les critiques en raison de son bilan jugé « insuffisant » par les protestataires et les partis d’opposition, au terme de quatre ans de mandature.

      Le ras-le-bol culmine face au #chômage, en baisse mais qui frôle toujours les 13 %, et à la corruption persistante, alors que le gouvernement, composé de nombreux hommes d’affaires, dont Aziz Akhannouch lui-même, est associé par une large part de la population à la rente et à la prédation. Une source sécuritaire, citée par Jeune Afrique, affirmait mercredi que « ce gouvernement ne prend pas ses responsabilités et nous laisse seuls en première ligne face à la rue. Le strict minimum serait que les ministres de la santé et de l’éducation soient limogés »_
      .
      Un limogeage, « le seul levier »

      Parmi les ministres en poste, une seule voix a fait acte de contrition, un exercice avec lequel le gouvernement n’est pas familier. « Nous n’avons pas réussi. Si nous avions réussi, nous n’entendrions pas ces voix aujourd’hui dans la rue et sur les réseaux sociaux, et cette colère ne perdurerait pas », a déclaré la ministre de l’habitat, Fatima Zahra Mansouri, également maire de Marrakech, lors d’une réunion de sa formation, le Parti authenticité et modernité, mardi.

      L’hypothèse d’une démission du patron de l’exécutif est à présent sur toutes les lèvres. « Réformer la santé et l’éducation prendra des années, un limogeage d’[Aziz] Akhannouch est le seul levier dont dispose le Palais pour répondre dans l’immédiat aux demandes des manifestants », assure, sous couvert d’anonymat, un homme d’affaires de Casablanca. Le collectif Gen Z 212 se voulant apolitique, partis et syndicats n’ont guère de prise sur lui, ce qui rend plus étroite la marge de manœuvre pour parvenir à apaiser un mouvement dont la mobilisation ne faiblit pas.
      Un signe du plus haut sommet de l’Etat se fait donc attendre, alors que les activités officielles de la famille royale se poursuivaient ces derniers jours. (...)

      Au Maroc, la pression s’accentue sur le gouvernement alors que les manifestations ont connu leurs premières violences
      https://www.jeuneafrique.com/1726525/politique/au-maroc-la-pression-saccentue-sur-le-gouvernement-alors-que-les-manif

      La police marocaine indique que beaucoup des jeunes interpelés ont entre 15 et 20 ans et n’appartiennent pas à la fameuse « Génération Z » qui donne son nom au mouvement mais à la suivante, baptisée Génération Alpha.

      [...]
      Le mouvement gagne aussi en popularité auprès des Marocains de la diaspora, qui s’expriment de plus en plus massivement sur le sujet. Plusieurs footballeurs évoluant ou ayant évolué en équipe nationale – Sofyan Amrabat, Bilal El Khannouss, Nayef Aguerd, Yassine Bounou, Mohamed Chib, Azeddine Ounahi, Abdelhamid Sabir, Hakim Ziyech – ont affiché publiquement, ces dernières heures, leur solidarité avec le mouvement.

      https://justpaste.it/c52pg

      Un gouvernement d’hommes d’affaires, c’est rétro, ils ont pas appris les allers-et-retours du pantouflage et les renvois d’ascenseur. Une authentique modernisation se répare (un gouvernement de technocrates ?).

      [Publié le 23 septembre] Au Maroc, des morts suspectes à l’hôpital public d’Agadir symbolisent un pays à deux vitesses
      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/23/au-maroc-des-morts-suspectes-a-l-hopital-public-d-agadir-symbolisent-un-pays

      Des #manifestations ont secoué la ville d’un demi-million d’habitants pour dénoncer la situation catastrophique du système de santé public, tandis que des milliards sont dépensés pour le développement économique.


      Une capture d’écran d’une vidéo sur le réseau social TikTok montre des manifestants devant l’hôpital Hassan-II, à Agadir (Maroc), en septembre 2025. ABDE.RA7M/TIKTOK

      Jeudi 18 septembre, le roi Mohammed VI inaugurait de nouvelles installations dans le port de Casablanca. Les images télévisées ce jour-là montrent le souverain traversant la ville en Mercedes sous escorte policière, puis foulant un tapis rouge au son d’une fanfare militaire. Réunis pour l’occasion, des employés du complexe portuaire l’applaudissent, tandis que des ministres et de hauts responsables se courbent l’un après l’autre à son passage pour lui embrasser la main, l’épaule ou le bras, avant que le monarque n’entame l’objet de sa visite : inspecter pour 5 milliards de dirhams (environ 470 millions d’euros) de chantiers « visant à conforter le rayonnement économique et touristique de la métropole », selon la première chaîne, Al-Aoula.

      Le contraste est saisissant entre cette séquence, officiellement un symbole de « la dynamique de développement du Maroc », et l’ambiance qui dominait la veille à Agadir [dont maire n’est autre, depuis 2021, que le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch], à cinq heures de route au sud. Dépêché à l’#hôpital public Hassan-II après la mort suspecte de huit femmes, le ministre de la santé, Amine Tahraoui, y annonçait le limogeage de son directeur et de plusieurs cadres régionaux. Ce qui s’apparente à un scandale sanitaire – les patientes sont mortes en l’espace d’une semaine après avoir accouché par césarienne – a provoqué un tollé au niveau local, où des manifestations se sont tenues devant l’hôpital, l’onde de choc s’étant propagée dans tout le royaume.

      [...]

      Cette réalité – un pays émergent engagé dans une course à la modernité, mais dont le système hospitalier est digne d’une nation « sous-développée », aux dires d’une médecin de Casablanca – est connue de tous les Marocains. C’est la principale raison avancée par nombre de ceux résidant à l’étranger pour justifier leur refus de (re)venir s’installer au Maroc. L’hôpital en question, pourtant la principale structure de soins d’Agadir, est décrit de longue date comme une « morgue » et les témoignages à son sujet font froid dans le dos. Des patients se plaignent d’avoir été traités « comme du bétail », d’autres affirment avoir été contraints de fournir draps et oreillers, parfois même les flacons destinés aux prises de sang. Le sous-effectif et le sous-équipement y sont patents, l’insalubrité chronique. Durant les six premiers mois de l’année, son seul service des urgences a reçu 63 000 personnes, à peine deux fois moins que le CHU Ibn Sina de Rabat, le plus grand du Maroc, qui dispose de quatre fois plus de lits. Pour l’établissement d’Agadir, à la capacité d’accueil presque inchangée depuis son ouverture dans les années 1960, la pression est insoutenable.

      L’inquiétude des Marocains n’est pas nouvelle – l’accès aux soins était une revendication des manifestants du Rif lors du mouvement de protestation qui traversa la région entre 2016 et 2017 (...)

      https://justpaste.it/8xodk

  • « On avait tous le trac » : à Granville, des bénéficiaires du RSA défilent devant des employeurs
    https://www.ouest-france.fr/normandie/granville-50400/on-avait-tous-le-trac-a-granville-des-beneficiaires-du-rsa-defilent-dev


    Une trentaine de personnes en recherche d’emploi accompagnées de leurs coachs ont défilé devant quelque 250 personnes dont des recruteurs et des chefs d’entreprise. | OUEST-FRANCE

    Accompagnés de leurs #coachs, des bénéficiaires du #RSA ont défilé en vêtements de travail customisés face à des #recruteurs à Granville (Manche). Ce show était l’aboutissement d’une opération de quatre mois pour découvrir des #secteurs_en_tension et apprendre à se vendre.

    « L’idée de ce défilé est de montrer aux employeurs que l’on peut recruter autrement que sur CV et lettre de motivation, mais sur le savoir-être. » Samir Ghalem, le directeur départemental de #France_Travail est satisfait. Jeudi 18 septembre 2025, le défilé de mode organisé au théâtre l’Archipel à Granville (Manche) avait tous les ingrédients d’un vrai show : invités triés sur le volet, mise en scène coordonnée par Emmanuelle Polle et Victor Duclos de la Cie Le Leurre, musique d’ambiance samplée par DJ Sainte Chanèle. Mais, à la différence des défilés chics et chers, les mannequins qui défilaient sont des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA).

    #plusbellelavie

    • Normandie : Des bénéficiaires du RSA défilent devant des employeurs, des Internautes indignés parlent « d’humiliation »
      https://www.20minutes.fr/societe/4174980-20250924-normandie-beneficiaires-rsa-defilent-devant-employeurs-in

      Samir Ghalem, directeur départemental de France Travail, défend l’initiative en expliquant que « L’idée de ce défilé est de montrer aux employeurs que l’on peut recruter autrement que sur CV et lettre de motivation, mais sur le savoir-être ».

      Dans l’article publié par nos confrères, les réactions des participants, qu’il s’agisse des bénéficiaires du RSA ou des élus et employeurs potentiels, semblent plutôt positives. « Ce stage m’a permis de sortir de chez moi et d’avoir une vie sociale », explique Eddy. « L’un des objectifs était de leur faire prendre confiance en eux et de les aider à retrouver l’estime de soi au travers d’ateliers », souligne Sylvie Gâté, vice-présidente du département de la Manche, en charge de l’autonomie des personnes et de l’insertion.

      Mais sur les réseaux sociaux, le ton n’est pas du tout le même. Le terme « d’humiliation » revient de façon récurrente. (...) « Maintenant, il faut danser ou défiler, s’humilier et divertir les patrons pour peut-être obtenir un job qui ne permet pas de vivre dignement », enchérit un autre.

      Gérard (...) se remémore « un sketch de Groland sur le recrutement des caissières façon star Academy », il y a une dizaine d’années. « Ça y ressemble beaucoup, c’est terrible ». (...)

      « Ce projet est avant tout une aventure humaine [sic] qui a pour but de remobiliser les bénéficiaires du RSA grâce à la découverte de métiers dans des domaines d’activités divers au travers d’un parcours de professionnalisation de 4 mois », justifie de son côté le département de la Manche, dans un communiqué envoyé à notre rédaction. « Le défilé, sur la base du volontariat, était l’événement de clôture de cette action. » La collectivité regrette « vivement les réactions de certains sur les réseaux sociaux qui sont bien loin de la réalité du ressenti des participants ».

      Le département dresse un bilan positif de ce « parcours mené par 40 personnes a permis la signature de dix contrats, quatre entrées en formation et 15 immersions en entreprises, onze entretiens de recrutements fixés ».

      Alors les emplois qui exigent du "savoir-être" c’est effectivement des tafs de caissières, vendeurs, serveurs, aide-ménagères, aides soignantes, vigiles, partout où en étant mal payé (secteur en tension) on est en contact avec des clients.

      Sinon, avec un ami nous nous faisions la remarque qu’il y avait pas, ou si peu qu’on ne les voit pas, d’habitants de Granville originaire d’Afrique ou d’Afrique du Nord. Un élément d’ambiance semble confirmer l’épaisseur locale : une épicerie un peu fine (mais pas trop...) du bled inscrit sur ses sacs "Infusions des colonies"...
      Le « Ce stage m’a permis de sortir de chez moi et d’avoir une vie sociale » qu’on trouve toujours à publier car il fait partie du problème (privation en matière de sociabilité) aurait sans doute pu être complété par un "là, il y a des Granvillais qui me voient et doivent même me regarder" (voir le chômeur au premier plan sur la photo), mais cela ne se dit pas et ça n’aurait pas été publié dans ce journal.

      Pour finir, la comparaison avec l’esclavage oublie que les premières choses auparavant impossibles qu’ont pu faire les esclaves américains affranchis était de choisir leur conjoint.e et de vo-ya-ger.
      Le star Ac du cassos parait mieux venu lorsqu’on parle du théâtre de l’employabilité auquel on assigne les chômeurs.

      #emploi #marché_aux_Rsastes #parcours_de_professionnalisation #candidat #customisé

    • Et on vient te dire que tout cela est sur la base du volontariat.
      On peut être volontaires à se soumettre à n’importe quoi, un bon discours bien ficelé, la promesse d’une embauche, la limite du désespoir après laquelle on en a plus rien à foutre qu’on t’explique qu’il te faut teindre tes cheveux, paraitre plus jeune si tu veux avoir de l’argent pour t’offrir un logement où le plafond ne te tombe pas dessus et donc accepter d’être salariée, oui parce qu’évidemment indépendante c’est une blague, faut arrêter de surfer madame. Car cela doit être ton but : sorti de la condition de merde dans laquelle tu es et surtout en avoir honte car tu n’as pas fait tout ce qu’il fallait « pour en sortir ». Et tu es assise devant une assistante sociale qui a 20 ans de moins que toi et qui t’explique la vie.
      Donc, le contraire du volontariat c’est quoi, la rue direct et la 8/6 pour ne pas avoir trop froid ?

      Jouer à forcer son sourire de soumission et être dans le spectacle capitaliste jusqu’à dissoudre toute réflexion politique critique. Et cette volonté d’abaisser l’être humain, c’est vraiment détestable avec ces cinglés moulés dans le rôle réel des employeurs.

    • Les règles ont changé, c’est pas le même jeu : pas de marathon, mais pleins de runs (au guichet de France Travail aussi). On te promet pas du cash mais un emploi, et on te garde un peu en état pour postuler encore et encore.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/On_achève_bien_les_chevaux

      On achève bien les chevaux (They Shoot Horses, Don’t They ?) est un film américain réalisé par Sydney Pollack, sorti en 1969. Le film est inspiré du roman du même nom de Horace McCoy publié en 1935.

      Au début des années 1930, en Californie. Au cœur de la Grande Dépression, on se presse pour participer à l’un des nombreux marathons de danse organisés à travers le pays pour gagner les primes importantes qui y sont mises en jeu.

    • [Authenticité et soumission] « Fuyez si cela vous arrive » : attention au « test du sac à main » en entretien d’embauche
      https://www.leparisien.fr/sentinelles/fuyez-si-cela-vous-arrive-attention-au-test-du-sac-a-main-en-entretien-de

      Des témoignages de candidates pour un emploi décrivent une pratique illégale et discriminante de #recrutement, visant à laisser regarder le contenu de leur sac pour juger de leur capacité d’organisation.

      C’est totalement illégal : le test du sac à main, qui consiste à regarder l’intérieur de l’objet pour vérifier les capacités d’organisation d’une candidate, est une pratique sexiste et interdite.

      « Que dit votre sac à main de votre personnalité ? » La question ressemble à ces tests qui occupent les pages de magazines féminins, certainement pas à une interrogation venant d’un recruteur. C’est pourtant ce qui a été demandé à Marie (le prénom a été changé), lors d’un #entretien_d’embauche à un poste d’animatrice de vente, pour lequel elle a été invitée à présenter le contenu de son sac.

      Une demande censée évaluer sa capacité d’organisation. « Il s’agissait plutôt d’évaluer ma soumission à l’entreprise. Le vrai test qu’on me faisait passer était de savoir si j’obéissais aveuglément », reprend Marie. Une pratique interdite et sexiste — car qui porte des sacs à main ? — dans un contexte de recrutement, dont la confidentialité a été levée à la faveur d’un témoignage.

      Sur le blog américain Ask a Manager, traitant des problèmes dans le monde du travail, une internaute s’étonne qu’un recruteur ait demandé à une candidate, en fin d’entretien, s’il pouvait fouiller dans ses effets personnels. « Rien de ce que j’ai entendu depuis ne m’a paru plus étrange comme question », confie la personne à l’origine du témoignage, qui relate l’expérience de son amie sollicitant alors un poste administratif. Déstabilisée, la jeune candidate finit par accepter, pensant que le poste lui tendait les bras. Le patron, après avoir inspecté le sac, le lui rend sans un mot. Résultat : elle n’est pas retenue, malgré un entretien réussi.

      « J’ai cru à une blague »

      Difficile d’estimer la fréquence de cette pratique. Dans une majorité écrasante des cas, ce sont les #managers, en France, qui sélectionnent le candidat. Ils sont ainsi 85 % à participer à la phase du choix final, selon une étude Apec de 2022, et ils sont nombreux à être les ultimes décisionnaires. « J’étais seule face au #chef des ventes pour l’entretien, confirme d’ailleurs Marie. Au départ, c’était très classique. Nous avons parlé de ma capacité à travailler en équipe, de mon sens de la communication, de ma connaissance des produits, puis nous avons abordé mes qualités organisationnelles », décrit la trentenaire.

      Ce point ne lui fait pas peur : planifier les tâches, respecter les délais impartis, maintenir son environnement de travail rangé, Marie connaît. Elle est toutefois fébrile. Une période de #chômage de huit mois fragilise son assurance et accroît l’importance du rendez-vous. « Tout se passait bien et puis il m’a demandé s’il pouvait jeter un coup d’œil dans mon sac pour voir si tout y était aussi bien rangé que dans ma tête. J’ai cru à une blague mais il a ajouté que c’était aussi une preuve de transparence si j’acceptais, lance-t-elle encore ébahie. J’avais besoin de ce boulot, j’ai accepté et j’ai été prise mais je ne décolère pas depuis. Je savais que cette requête n’était pas normale », reconnaît cette habitante de l’Oise, par ailleurs mère solo.

      Elle pense encore avec embarras aux protections périodiques apparentes dans la poche intérieure de son sac. « Il a observé attentivement mes affaires, sans fouiller. Heureusement, ma boîte d’antidépresseurs était dans le fond. Il aurait pu, en plus, obtenir des informations médicales. C’est une violation totale de mon intimité. Tout ça pour un salaire de 1 800 € par mois », s’étrangle celle qui est désormais en poste.

      Le message de Patrice Adam, président de l’Association française de droit du travail et de la sécurité sociale (AFDT) et professeur à la faculté de droit de Nancy (Meurthe-et-Moselle). « Les textes sont très clairs : c’est totalement illégal, tranche l’expert. Lors d’un processus de recrutement, les pratiques employées doivent être pertinentes au regard de l’emploi visé. Or, ce n’est pas le cas.

      Aucune étude sérieuse n’associe la façon de ranger son sac à sa méthode de travail [ouf ! on a eu chaud]. « Par ailleurs, ce test est une véritable atteinte à la vie privée et constitue une discrimination sexuelle puisqu’il est rare qu’un homme se présente avec un sac, raille le président de l’AFDT. La candidate serait en droit de saisir un juge pour réclamer des dommages et intérêts mais nous savons qu’elle ne le fera pas. Elle n’est pas en position de force », concède l’expert.

      Que faire alors ? « Individuellement, c’est compliqué « la fouille d’un sac est strictement encadrée et ne se justifie que par des raisons impératives de sécurité ».

      Le théâtre de l’employabilité ne convainc personne et surtout pas ceux qui l’imposent. On cherche, en amont de périodes d’essai qui parfois se résument à un sketch prolongé de la part d’employé.es madré.es avant tout désireu.ses de préserver leur salaire, à vérifier l’authenticité des candidats.

      une version sans paywall #toctoc ?
      https://www.tf1info.fr/vie-pro/attention-ce-test-demande-lors-d-un-entretien-d-embauche-est-absolument-ille

      #savoir_être

    • Défilé de mode d’allocataires du RSA dans la Manche : quand la communication déraille
      https://www.lepoulpe.info/defile-de-mode-d-allocataires-du-rsa-dans-la-manche-quand-la-communicatio

      À Granville, le programme d’insertion « Le Bleu Enchanté », qui comprend notamment un défilé de mode d’allocataires du RSA face à des recruteurs, a été dénoncé par les médias et les réseaux sociaux. Ses organisateurs le défendent mordicus quand d’autres voix fustigent un système de retour à l’emploi qui pousse trop loin certains concepts, quitte à en oublier l’essentiel.

      Perrine Courbaron (à l’extrême droite sur la photo) directrice de l’insertion et de l’emploi au conseil départemental de la Manche.
      https://www.lamanchelibre.fr/actualite-983832-manche-aider-les-beneficiaires-du-rsa-a-s-en-sortir


      Mars 2022

      La Manche serre la vis autour des bénéficiaires du RSA pour les accompagner plus vite vers le retour à l’emploi.

      Une seule remarque sur ce cliché, la pendule, la france qui se lève tôt 6h45. Désolé ces gueules de déterrées me donne rdv des potron-minet, je reste couché. Y font peur.

      Granville. Le défilé de mode des bénéficiaires du RSA fait polémique
      https://www.lamanchelibre.fr/actualite-1191889-granville-le-defile-de-mode-des-beneficiaires-du-rsa

      « Des apparences de marché aux esclaves moderne », une « foire aux bestiaux », une initiative « scandaleuse, dégradante et humiliante »… Les réactions négatives sont nombreuses à la suite de l’événement « Le Bleu enchanté » relaté dans notre édition du 27 septembre. Durant cette opération qui était organisée jeudi 18 septembre dernier au théâtre de l’Archipel à Granville, une trentaine de bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) participaient à un défilé de mode en présence de recruteurs et de travailleurs sociaux.

      En réponse à ces réactions, un communiqué a été publié par les organisateurs : le Conseil départemental de la Manche, France travail et le groupement d’intérêt public Tandem (une entité créée par le Département pour l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA). Dans celui-ci, les auteurs entendent dénoncer « fermement » des « récupérations et propos injurieux, contraires aux valeurs de solidarité et de bienveillance » qu’ils estiment porter. Ils indiquent que ce projet avait pour but « de remobiliser les bénéficiaires du RSA grâce à la découverte de métiers dans divers domaines d’activité, à travers un parcours de professionnalisation de quatre mois ».
      « Ce qui a été dit n’est du tout représentatif de ce que nous avons vécu »

      Ils précisent que le défilé, qui était proposé « sur la base du volontariat », intervenait en clôture de cette action. Les organisateurs livrent aussi trois témoignages de participants. « Ce qui a été dit n’est du tout représentatif de ce que nous avons vécu », rapporte une bénéficiaire tandis qu’un autre indique avoir passé « un bon moment ». Enfin, d’après les organisateurs, ce « parcours de professionnalisation », suivi par quarante personnes, a permis « la signature de dix contrats, de quatre entrées en formation et de quinze immersions en entreprises ». Onze entretiens de recrutement seraient par ailleurs fixés.

      Depuis 2022, le Département a entrepris une réorganisation de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA. En 2024, les responsables ont annoncé le lancement d’une expérimentation du « RSA renforcé » sur les trois intercommunalités du sud-Manche, dont Granville Terre et Mer, lançant ainsi diverses actions visant à « améliorer l’orientation », favoriser la « remobilisation » et l’insertion des bénéficiaires. Au niveau national, depuis le 1er janvier 2025, chaque personne percevant le RSA doit réaliser au moins 15 heures d’activité par semaine (mise en situation professionnelle, formation…).

      Au total, le département de la Manche compte 8 460 bénéficiaires du Revenu de solidarité active.

  • #Sénégal : plus de 1 900 migrants interpellés au 1er trimestre 2025

    Selon le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), 1 946 migrants ont été interpellés, 74 convoyeurs arrêtés et 32 #pirogues saisies par les forces de sécurités sénégalaises durant le 1er semestre 2025. Des chiffres qui relatent l’ampleur du phénomène migratoire au Sénégal malgré les efforts entrepris pour lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe.

    Au premier trimestre 2025, les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont interpellé « 1 946 personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » a indiqué mardi 2 septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.

    Le contrôleur général de police a également précisé que 32 pirogues avaient été saisies et 74 suspects, des convoyeurs, arrêtés et déférés devant la justice. Ces chiffres ont été présentés à l’occasion d’un atelier s’inscrivant dans le cadre de la #Stratégie_nationale_de_lutte_contre_la_migration_irrégulière avec la #vision_Sénégal_2050 (#SNLMI).

    « La migration irrégulière est un défi de longue date, qui ne peut être résolu par un coup de baguette magique » a déclaré #Modou_Diagne. « Nous voulons réduire drastiquement ce phénomène à l’horizon 2035 », a-t-il cependant insisté.

    Face à l’ampleur de ces #départs irréguliers vers l’Europe, le Sénégal a accentué ses efforts ces dernières années afin de freiner le flux des migratoires.

    Multiplication des efforts

    Les #opérations_de_contrôle menées par les autorités de Dakar se sont donc multipliées sur le #littoral ces derniers mois. Un renforcement notamment dû au renouvellement d’accords de #coopération entre les #pays_de_transit (dont le Sénégal mais aussi la Mauritanie) et l’#Union_européenne, pour limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe. Dakar avait ainsi reçu une aide de 30 millions d’euros en octobre 2024 pour contrer ces départs mais aussi secourir les migrants en mer.

    « La #surveillance renforcée des #côtes commence à porter ses fruits », a souligné le Modou Diagne, saluant notamment les avancées réalisées dans le démantèlement des filières de #passeurs et l’intensification de la #répression à leur encontre.

    La SNLMI, validée en 2023 afin de lutter contre le phénomène d’ampleur de l’immigration clandestine au Sénégal, s’axe sur cinq volets : #prévention et #sensibilisation, répression des #filières_de_passeurs, gestion et #surveillance_des_frontières, #protection, retour et #réintégration des migrants. C’est pour coordonner toute ses actions que la CILMI a été créé en 2024 par le président de la République du Sénégal.

    L’accent est notamment mis sur la prévention pour dissuader les jeunes Sénégalais de partir clandestinement. Plusieurs campagnes de sensibilisation sont menées dans le pays depuis le début de l’année et des comités départementaux et régionaux de #lutte_contre_la_migration_irrégulière ont également été mis sur pied pour « impliquer les communautés dans cette #prévention ».

    https://x.com/Min_Interieur/status/1889799947647959160

    Le secrétaire permanent a insisté sur « la nécessité d’aller au-delà du volet sécuritaire » et d’"offrir aux jeunes et aux femmes des alternatives crédibles pour bâtir un avenir au Sénégal". Des #programmes_économiques générateurs de #revenus sont aussi en cours de déploiement dans le pays pour tenter de dissuader la population de prendre la route de l’exil.

    Une route très empruntée, mais très meurtrière

    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté cette année. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 12 126 exilés sont arrivés aux #Canaries depuis janvier par pirogues, contre 25 571 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 52,6%.

    En 2024, le Sénégal est devenu le second pays de départ vers cette destination selon le rapport de la Sécurité nationale espagnole. Si les départs sont moins nombreux cette année depuis les côtes sénégalaises en raison des mesures répressives et sécuritaires adoptées, cela ne signifie pas pour autant que les pirogues ne partent plus. La route de l’Atlantique s’est simplement déplacée plus au nord faisant désormais de la #Mauritanie, le principal lieu de départ des personnes désireuses de gagner les Canaries. La route au départ de la #Guinée est aussi de plus en plus utilisée par les migrants.

    Dans un pays touché par un #chômage_de_masse et une #crise_économique ainsi que par la raréfaction des #poissons due à la #surpêche, des milliers de jeunes Sénégalais tentent de traverser l’Atlantique pour rejoindre les Canaries, prenant des #risques énormes. Il faut au moins cinq jours de navigation pour parcourir les 1 500 km qui séparent le pays de l’archipel, dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et la soif, du soleil, des intempéries et des avaries.

    Cela en fait l’une des routes les plus meurtrières avec de fréquents naufrages recensés. L’un des derniers drames en date remonte au 28 août. Partie de Gambie avec plus 160 personnes à bord, toutes gambiennes et sénégalaises, une pirogue a fait naufrage au large de la Mauritanie. Au moins 69 corps ont été repêchés et seuls 17 migrants ont pu être secourus.

    Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1 482 décès a été comptabilisé par l’ONG sur cette route.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/66735/senegal--plus-de-1-900-migrants-interpelles-au-1er-trimestre-2025
    #statistiques #chiffres #2025 #migrations #réfugiés #route_atlantique #dissuasion #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #frontières #externalisation
    ping @6donie

  • L’agence France Travail d’Aubenas rouvre ses portes ce mardi 29 juillet
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/l-agence-france-travail-d-aubenas-rouvre-ses-portes-ce-mardi-29-juillet-7

    L’incendie est parti de deux voitures appartenant à des agents et garées contre la façade du bâtiment de #France_Travail. Les flammes ont léché le mur extérieur et ont fait fondre les huisseries. La fumée s’est engouffrée dans une partie du bâtiment provoquant des dégâts notamment dans les gaines d’aération et de climatisation. Il a fallu remplacer les faux-plafonds et nettoyer les bureaux.

    L’incendie criminel ne fait pas beaucoup de doute puisque l’on sait aujourd’hui que les voitures garées à l’intérieur du parking de France Travail et contre une des façades ont été fracturées avant d’être incendiées.

    #sabotage #chômage

  • Banden betrügen massiv bei Rekord-Bürgergeld : Auf die Regierung kommt ein harter Brocken zu
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/buergergeld-missbrauch-rekordkosten-mehr-arbeitslose-auf-die-regier

    421 cas de fraude organisée par des bandes est-européennes est une quantité négligeable par rapport aux millions de chômuirs qui tombent sous le régime d’aide sociale « Bürgerheld » après seulement un an de chômage. La propagande anti-pauvres s’en sert comme prétexte pour rendre la vie insupportable aux plus pauvres :

    Les allocations de base (Grundsicherung) n’augmenteront plus suivant l’inflation mais après une décision politique, et le régime de sanctions sera plus sévère pour les bénéficiaires capables de travailler. Le vrai problème est la disparition des postes de travail simples et le refus des entreprises d’embaucher des personmes au dela de la cinquantaine.

    Les chefs de gare, les balyeurs de rue , la concierge et le cordonnier, ont disparu et été remplacés par des « solutions » technologiques. Bientôt les Uber seront conduit par des machines. Le chômage a toujours été indispenssble pour les capitalistes pour faire presdion sur les salaires et le progrès technologique ne fait qu’accélérer la disparition de métiers et de tâches à accomplir par des humains.

    La politique anti-pauvres n’est qu’un élément du terrorisme d’état qui sert à faire accepter l’austérité et dépenses militaires gigantesques. Du travsil il n’xyen a que pour les jeunes dipllomés pas trop exigeants par rapport au salaire.

    29.7.2023 von Anne-Kattrin Palmer - Die geplante Bürgergeld-Reform wird zur Nagelprobe für die Koalition. Gelingt sie nicht, droht ein politisches und gesellschaftliches Fiasko.

    Missbrauch, Milliardenkosten, kaum Vermittlungserfolge – das Bürgergeld steht am Pranger. Was die Ampel einst als soziale Modernisierung feierte, soll nun unter Kanzler Friedrich Merz (CDU) radikal zurechtgestutzt werden. Die neue schwarz-rote Koalition will das System nicht reformieren, sondern umbauen, verschärfen – und eindämmen.

    Hinter den Kulissen tobt längst ein Machtkampf. Nach dem kommunikativen Debakel um die Stromsteuer (Privathaushalte gehen vorerst leer aus) will die Union kein zweites Prestigeprojekt scheitern sehen. Die Gangart ist entsprechend scharf. CDU-Generalsekretär Carsten Linnemann kündigte bei Welt TV bereits eine umfassende Sozialstaatsreform für den Herbst an. Der neue Grundsatz: Wer Arbeit verweigert, ist nicht bedürftig.

    Auch Kanzler Merz selbst hat klare Linien gezogen: Er sprach von „falschen Anreizen“, forderte härtere Maßnahmen gegen Leistungsbetrug und will die Jobcenter zu Kontrollbehörden aufrüsten. Das Ziel der Koalition ist unmissverständlich: Den Sozialstaat verschlanken, Fehlanreize beseitigen, Milliarden einsparen.

    Im Zentrum der Reform: Bundesarbeitsministerin und SPD-Chefin Bärbel Bas. Sie muss das Projekt schultern – und den Spagat zwischen sozialer Absicherung und fiskalischer Disziplin meistern. Geplant ist ein Zwei-Stufen-Modell: Schon im Herbst soll ein erstes Maßnahmenpaket kommen – inklusive verschärfter Sanktionen für Arbeitsverweigerer. Das könnte ohne Zustimmung des Bundesrats umgesetzt werden. 2026 folgt dann der zweite Teil, etwa zu den Kosten der Unterkunft, der nur mit den Ländern beschlossen werden kann.

    Die Erwartungen sind hoch, der Druck immens. In Koalitionskreisen heißt es: Scheitert die Reform, droht der nächste gesellschaftliche Spaltpilz – wie bei der Migrationsdebatte. Denn das Bürgergeld hat sich längst vom reinen Verwaltungsthema zur politischen Projektionsfläche entwickelt.

    Was auf dem Papier nach Ordnung und haushaltspolitischer Vernunft klingt, entpuppt sich in der Realität als Drahtseilakt an der Grenze zur Verfassungswidrigkeit. Die heiklen Fragen liegen auf dem Tisch: Wie weit darf der Staat kürzen? Wer gilt als bedürftig? Und was bedeutet soziale Gerechtigkeit in Zeiten leerer Kassen?

    Reformdruck durch Kostenexplosion und Systemversagen

    Die Bilanz der Reformvorgänger ist ernüchternd. Seit seiner Einführung 2023 gilt das Bürgergeld als Symbol für gut gemeinte, aber schlecht gemachte Sozialpolitik. Die nackten Zahlen sprechen eine klare Sprache: Allein 2024 stiegen die Bürgergeld-Ausgaben auf über 40,7 Milliarden Euro, 2025 werden mehr als 43 Milliarden erwartet – ein Rekordwert. Gleichzeitig hat sich das System als ineffektiv erwiesen. Der von SPD-Minister Hubertus Heil 2023 ausgerufene „Job-Turbo“ blieb eine Luftnummer: Die versprochenen 400.000 Arbeitsvermittlungen sind nie eingetreten. Die Jobcenter melden Stagnation statt Aufbruch.

    Bürgergeld-Betrug: Banden plündern Sozialkassen

    Noch brisanter ist der Blick auf die massiven Missbrauchszahlen: 421 bandenmäßige Betrugsfälle gab es im Jahr 2024 – fast doppelt so viele wie im Vorjahr, zeigen jetzt neue Zahlen. Die Tricks sind immer raffinierter: Scheinmietverträge, gefälschte Identitäten, Mehrfachanträge. Bis Mai 2025 kamen 195 weitere Verdachtsfälle hinzu. Der Vertrauensverlust ist gewaltig – und treibt die Regierung zum Handeln.

    In der Berliner Zeitung packte der Geschäftsführer des Jobcenters Berlin-Spandau aus. Winfried Leitke beobachtet eine alarmierende Professionalisierung der Methoden. Zur Berliner Zeitung sagt er: „Die Betrugsstrukturen zeigen leider einen hohen Professionalisierungsgrad – etwa durch gefälschte Anmeldungen bei der Sozialversicherung, Miet- und Arbeitsverträge sowie Übersetzerdienste, die bei Terminen im Jobcenter begleiten.“

    Die Betroffenen dagegen leben häufig in menschenunwürdigen Verhältnissen, werden ausgebeutet und fungieren gleichzeitig als Strohpersonen für ein lukratives Betrugsmodell. Oft ist der angebliche Arbeitgeber zugleich auch Vermieter, Dolmetscher und Kontaktperson – ein undurchsichtiges System. „Viele dieser Menschen sind selbst Opfer der Strukturen“, sagt Leitke. Er fügt hinzu: „Die Hintermänner profitieren mehrfach – über Mieten, vermittelte Jobs und letztlich die erschlichenen Sozialleistungen.“ Die Behörden dagegen sind meistens machtlos, auch, weil es keinen Datenaustausch gibt.

    Der Umbau: Von Bürgergeld zur Grundsicherung

    Was nun folgen soll, ist eine Rückabwicklung des Bürgergelds im Rekordtempo. Die Koalition aus CDU, CSU und SPD plant die schärfste Reform seit seiner Einführung. Das ist geplant: Wer Termine im Jobcenter schwänzt oder Jobs ablehnt, muss künftig sofort mit 30 Prozent Kürzung rechnen. Bei Wiederholung: kompletter Leistungsentzug, ausgenommen Miete und Heizkosten. Dabei sind diese Sanktionen bereits heute möglich – sie wurden bisher nur praktisch nie umgesetzt. Seit März 2024 erlaubt das Gesetz eine Totalkürzung, aber kein einziger Fall wurde bislang dokumentiert. Jetzt soll das geändert werden – mit Druck von oben.

    Weniger Schonvermögen, kürzere Karenzzeiten: Statt eines Jahres bleiben Hilfsempfängern künftig nur sechs Monate, bis eigenes Vermögen angetastet wird. Auch das geschützte Vermögen wird reduziert – abhängig von Alter und Erwerbsbiografie. Die Pauschalregelungen fallen. Auch soll der Inflationsausgleich wegfallen. Die automatische Anpassung der Regelsätze an die Preisentwicklung wird gestrichen. Künftig entscheidet die Politik wieder nach Haushaltslage – ein klarer Sparkurs.

    47 Prozent der Bürgergeld-Empfänger sind Ausländer

    Die größte politische Brisanz liegt jedoch nicht in den Sanktionsmechanismen, sondern in einer Zahl: 47 Prozent der Bürgergeldbezieher sind Ausländer. Die Ursachen sind vielschichtig – Migration, Sprachbarrieren, nicht anerkannte Abschlüsse – doch in der öffentlichen Debatte wird zunehmend der Eindruck vermittelt: Migration sei ein Haupttreiber der Sozialausgaben. Der Begriff „Sozialtourismus“ ist zurück im Diskurs – nicht nur am rechten Rand, sondern auch in der bürgerlichen Mitte. Die neue Härte im System wird so nicht nur als ökonomische Notwendigkeit verkauft – sondern auch als migrationspolitisches Signal.

    Die derzeitige Regelung ist klar: Ausländische Staatsangehörige haben grundsätzlich nur dann Anspruch auf Bürgergeld, wenn sie dieselben Voraussetzungen erfüllen wie Deutsche. Sie müssen mindestens 15 Jahre alt sein, ihren gewöhnlichen Aufenthalt in Deutschland haben, hilfsbedürftig sein – und ihren Lebensunterhalt nicht aus eigenem Einkommen oder Vermögen bestreiten können. Zentrale Voraussetzung ist zudem ein rechtmäßiger Aufenthaltstitel, der sie ausdrücklich zur Erwerbstätigkeit berechtigt. Wer lediglich mit einem Visum zur Jobsuche eingereist ist, hat in der Regel keinen Anspruch auf Bürgergeld.

    Fest steht bereits: Ukrainer sollen künftig kein Bürgergeld mehr erhalten – und das sogar rückwirkend zum 1. April 2025. Stattdessen sollen sie unter das deutlich niedrigere Asylbewerberleistungsgesetz fallen. Doch wie genau dieser Systemwechsel funktionieren soll, ist völlig unklar. Vor allem die rückwirkende Umsetzung wirft rechtliche und verwaltungstechnische Fragen auf. Wer zahlt zurück? Wie wird umgestellt? In den Behörden herrscht aktuell mehr Verwirrung als Klarheit.

    Das sind die Bedenken: Verfassungsrechtlich hochriskant

    Die Reformpläne bewegen sich auf juristisch dünnem Eis. Das Bundesverfassungsgericht urteilte 2019, dass Kürzungen über 30 Prozent des Existenzminimums grundrechtswidrig sind – außer bei schwersten Pflichtverletzungen. Ob der geplante vollständige Leistungsstopp im Wiederholungsfall Bestand hat, ist fraglich. Artikel 1 und 20 des Grundgesetzes garantieren eine menschenwürdige Grundsicherung – auch für Totalverweigerer.

    Dazu kommt: Die Jobcenter sind bereits jetzt überfordert. Neue Sanktionsmechanismen, schnellere Verfahren und individuelle Prüfungen brauchen Personal, Digitalisierung und klare Standards – all das fehlt. Schon heute führen viele Sanktionen ins Leere, weil sie nicht vollzogen werden. Der angekündigte Umbau könnte das System in den Kollaps treiben – verwaltungstechnisch und moralisch.

    #Allemagne #trvail #chômage #ssnctions #Bürgergeld

  • « C’est aujourd’hui 25% de l’indemnisation au chômage » : le gouvernement va s’attaquer aux abus de la rupture conventionnelle
    https://emploi.lefigaro.fr/carriere-remuneration/c-est-aujourd-hui-25-de-l-indemnisation-au-chomage-le-gouvernement-v

    Le nombre de ruptures conventionnelles a bondi de 17% depuis 2019, passant d’environ 440.000 à 514.000 en 2024 (à comparer à quelque 2 millions de démissions en 2024, selon la Dares). Au premier trimestre 2025, les #ruptures_conventionnelles étaient le quatrième motif d’inscription à #France_Travail (après la fin de contrat en tête).

    Dans un récent entretien à L’Union, la ministre du Travail et de la Santé Catherine Vautrin a estimé que « cela a fluidifié les relations au travail », mais pointé « aussi un effet d’aubaine extrêmement important ». « Le salarié perçoit des indemnités pour quitter l’entreprise et bénéficie aussitôt de l’assurance chômage. Ne faut-il pas instaurer un délai correspondant à cette indemnisation avant de percevoir le chômage ? », demandait-elle.

    La ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet a aussi mis en avant « des abus ». « C’est aujourd’hui 25% de l’indemnisation au chômage », a-t-elle affirmé récemment sur BFMTV/RMC, pointant des indemnités « supérieures » et une durée d’indemnisation plus longue (15 mois, contre 14 pour un licenciement économique ou 13 pour un départ volontaire, selon l’Unédic). La piste d’une prolongation du #délai_de_carence, c’est-à-dire le moment où démarre l’indemnisation, fait partie des choses qui « pourraient être envisagées », a-t-elle indiqué.

    #Chômage #emploi

    • Les ruptures conventionnelles dans le viseur du gouvernement
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/07/25/les-ruptures-conventionnelles-dans-le-viseur-du-gouvernement_6623862_823448.

      Dans un entretien à l’hebdomadaire Le Point, publié jeudi 24 juillet, [la ministre chargée du travail, Astrid Panosyan-Bouvet] affirme que la rupture conventionnelle « bénéficie en premier lieu à des travailleurs en milieu de carrière très qualifiés qui, pourtant, utilisent en moyenne plus longtemps leurs droits au chômage ». Selon elle, « certains ne commencent donc pas immédiatement leur recherche de [poste] », alors même que le régime d’indemnisation des demandeurs d’emploi « est un filet de sécurité pour un temps qui doit être le plus court possible » et non « pas un #revenu de confort ».

      ... des « dérives » ont eu lieu, selon [ Jean-Eudes Tesson, président Medef de l’Unédic], car il s’est substitué « dans bien des cas, aux démissions, ce qui entraîne des coûts supplémentaires pour les employeurs et pour le régime d’assurance-chômage » – alors que les #démissions, elles, ne donnent droit à rien, le plus souvent.

      La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), par la voix de son vice-président, Eric Chevée, développe une analyse nuancée sur le phénomène. « Les sociétés de taille moyenne et intermédiaire sont attachées à la rupture conventionnelle car elle contribue à empêcher des conflits », estime-t-il. En revanche, enchaîne-t-il, l’appréciation « est sans doute différente » chez les dirigeants d’établissement comptant moins de dix personnes : « Ils trouvent que certains salariés tirent sur la corde en mobilisant ce dispositif, sans raison légitime, pour s’accorder des coupures aux frais de la société. » Le recours croissant à cet outil « est un peu lié au rapport de plus en plus dégradé que les Français entretiennent avec le travail », complète Michel Picon, le numéro un de l’Union des entreprises de proximité : il n’y a « pas que du vice » dans ces situations, précise-t-il, le mal-être pouvant aussi résulter de « rémunérations insuffisantes ».

      ... Pour Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, l’exécutif cherche des prétextes « afin de justifier des économies en prétendant que les salariés abusent, alors que les ruptures conventionnelles sont souvent des licenciements déguisés ».

      #flexibilité

  • La nouvelle chasse aux pauvres
    https://www.youtube.com/watch?v=3v-aEilQS-k

    Les Jobcenter dépensent davantage pour le tâches administratives que pour la formation et le soutien des chômeurs. L’émission Monitor montre les gens qui devraient profiter des fonds disponibles et explique comment la politique démantèle les mesures de réinsertaion les plus efficaces. Pendant ce temps les têtes médiatiques des partis appellent à l’exclusion de « fainéants » et préparent la suppression complète du Bürgergeld.

    The unemployed should find jobs again. Every federal government – including the conservative-red coalition – has proclaimed this goal. However, while they increase pressure on the long-term unemployed and spread the narrative of millions of alleged job-refusers, job centers have less money for vocational integration. The result: fewer job placements and the end of particularly successful measures that have helped many people find jobs again.

    👉 In this video, we look at:
    ✔️ Why are job centers actually receiving less money?
    ✔️ What does this mean for measures that help the unemployed find jobs?
    ✔️ What does this do to those affected?

    🔔 Don’t forget: Subscribe to our channel for more research and analysis.

    Authors: Herbert Kordes, Lutz Polanz

    The video reflects the status as of July 2025.

    MONITOR is a WDR production for ARD.

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    #citizen's allowance #welfarestate #hartziv

    #Allemagne #travail #chômage

  • 211 milliards d’euros par an : les entreprises gavées aux aides publiques | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/080725/211-milliards-d-euros-par-les-entreprises-gavees-aux-aides-publiques

    C’est « le premier budget de l’État », financé sans aucun contrôle sur son utilisation : les entreprises ont bénéficié en 2023 de 211 milliards d’euros de subventions, aides fiscales et allègements de cotisations sociales en France, a calculé la commission d’enquête du Sénat.

    Dissiper le flou général qui entoure les aides publiques distribuées aux #entreprises dans une période où les plans de licenciements s’accumulent, et où les dividendes distribués par le CAC 40 battent des records à la hausse : telle est la mission que s’était donnée, à l’automne 2024, la commission d’enquête sénatoriale « sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants », présidée par Olivier Rietmann (Les Républicains, LR), avec pour rapporteur le communiste Fabien Gay.

    La protection sociale :
    – Chômage indemnisé :34Md€
    – Aides au logement :15Md€
    – Allocations familiales :13Md€
    – RSA :12Md€,
    – AAH :11Md€
    – Prime d’activité : 11Md€
    – ASPA : 4Md€

    #budget #assistance_aux_entreprises

    • « François Bayrou annonce un budget de rigueur touchant les plus précaires », Julie Martinez [PS]
      https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/francois-bayrou-annonce-un-budget-de-rigueur-touchant-les-plus-precaires

      Les chiffres publiés par l’Insee sont alarmants. Mais ce qu’ils ne mesurent pas l’est tout autant. Le taux officiel repose sur un périmètre restrictif : il exclut des millions de personnes vivant sans toit, en foyer, en habitat mobile ou dans les départements d’outre-mer. En 2021, l’Insee évaluait ces invisibles à deux millions. Cela signifie qu’au total près d’un Français sur cinq vit aujourd’hui sous le seuil de #pauvreté, dans une situation relevant de l’urgence nationale.

      LE RÉEL CONTRE LA FICTION BUDGÉTAIRE

      Ces données, en pleine séquence budgétaire, auraient dû déclencher un débat à la hauteur de l’enjeu. Il n’en fut rien. La pauvreté ne recule pas : elle se transforme, et l’outil budgétaire reste figé. Loin de la figure terrible et fantasmée de « l’assisté », ce sont les actifs à bas revenu, les familles monoparentales, les jeunes diplômés précaires qui composent les visages contemporains de la pauvreté. Cette précarité intégrée, compatible avec le travail et l’effort, est le résultat d’un affaiblissement progressif des mécanismes de redistribution, au nom de contraintes budgétaires déconnectées des besoins sociaux.

      Et pourtant, on continue de répéter que « la France vit au-dessus de ses moyens ». Mais de quels moyens parle-t-on quand un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté ? Quand 8,3 % des actifs en emploi sont pauvres, et que 34,3 % des familles monoparentales survivent avec moins que le minimum ?

      Quand, dans le même temps, le niveau de vie des plus riches progresse, tiré par les rentes financières et les optimisations fiscales, héritage de réformes engagées depuis 2017 au nom d’une théorie du ruissellement qui n’a jamais porté ses fruits ? L’efficacité de nos finances publiques doit être sérieusement interrogée. Car manifestement, les comptes n’y sont pas.

      de quoi faire oublier le CICE, les allégements et dégrèvements d’impôts et de cotisations, décidés par les socialistes ?

    • Fraude sociale : Catherine Vautrin détaille les axes du projet de loi
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/08/02/fraude-sociale-catherine-vautrin-detaille-les-axes-du-projet-de-loi_6626360_

      La ministre souhaite par exemple que « les caisses de Sécurité sociale aient accès à l’ensemble du patrimoine du bénéficiaire » des prestations sociales pour « s’assurer qu’il n’a pas des revenus non déclarés ». Ce projet de loi devra aussi « améliorer les capacités de recouvrement sur les allocations chômage ». En cas de « fraude avérée », il serait ainsi possible de « demander le remboursement de l’intégralité des sommes indûment perçues, ce qui n’était pas possible aujourd’hui pour le dispositif d’aide au retour à l’emploi, par exemple », détaille-t-elle. « Si cela ne suffit pas, nous pourrons également récupérer l’argent dû en débitant le compte bancaire du fraudeur. »

      " Ne voyez-vous pas qu’il est trop tard. Que le monde se fera sans vous, ou contre vous." ,

      #chômage #allocataires #fraude #RabotPartout

  • France Travail : ce profil de chômeurs ciblé par la suspension des allocations chômage et la radiation - Capital.fr
    https://www.capital.fr/votre-carriere/france-travail-ce-profil-de-chomeurs-cible-par-la-suspension-des-allocations


    © Illustration Capital / Freepik

    Ce jeudi 10 juillet, la Dares a publié une étude retraçant le parcours des demandeurs d’emploi radiés de France Travail. Certains profils sont bien plus fréquemment ciblés.

    Un petit oubli qui peut vous coûter cher. Lorsque vous vous inscrivez à #France_Travail, vous vous engagez auprès de l’opérateur sur deux choses. D’abord, effectuer une #recherche_active_d’emploi ; et surtout, répondre aux convocations de votre conseiller. Des obligations auxquelles vous ne pouvez pas vous soustraire, sous peine de « radiation des listes de France Travail pour une durée variant d’un à douze mois », rappelle la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, dans une note publiée le jeudi 10 juillet. Résultat, vos allocations #chômage sont suspendues, partiellement (uniquement le temps de la radiation) ou totalement.

    En 2024, ces #radiations représentaient 10% des sorties des inscrits en catégories A, B et C. Autrement dit, chaque mois, 1 chômeur sur 10 (soit 55 000) quitte France Travail non pas parce qu’il a retrouvé un job, mais parce qu’il y a été contraint. Dans la grande majorité des cas (62%), la sanction tombe pour une raison simple : ne pas avoir répondu à une #convocation de son conseiller France Travail. Viennent ensuite les radiations pour ne pas avoir suffisamment cherché un job dans 1 cas sur 3 (35%). Les sorties pour fraude, quant à elles, restent anecdotiques (3%).

    Une majorité de jeunes hommes, peu diplômés et au RSA

    Mais alors, qui sont ces radiés ? Selon la Dares, ce sont « le plus souvent de jeunes hommes, moins diplômés et bénéficiaires du RSA ». Plus précisément, 61% des radiés sont des hommes (qui ne représentent que 50% des chômeurs non sanctionnés), et 28% ont moins de 25 ans. La différence saute aussi aux yeux côté diplôme : seuls 5% des radiés ont un bac +3 ou plus, quand ils sont 15% parmi les autres inscrits. Les #radiés vivent aussi plus souvent seuls, sans enfant (58% contre 49%), et sont davantage concentrés dans les quartiers prioritaires (18% contre 13%). Enfin, 19% touchent le RSA, contre 12% chez les non-radiés. A noter bien souvent, les radiés n’en sont pas à leur coup d’essai [ ?!]. Entre 2023 et 2024, 1 radié sur 3 (30%) avait déjà été exclu entre 2021 et 2022.

  • Une « mise au travail forcée de nos aînés » ? La création d’un CDI senior pour les plus de 60 ans validé à l’Assemblée - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/politique/mobilisations-retraites/une-mise-au-travail-forcee-de-nos-aines-un-nouveau-cadeau-au-patronat-la-cr

    Une majorité de députés a approuvé, jeudi 3 juillet, une mesure censée faciliter l’embauche des plus de 60 ans. Baptisé « contrat de valorisation de l’expérience » (CVE), ce nouveau dispositif « fait perdre beaucoup aux salariés, et gagner encore un peu plus aux employeurs », a cinglé l’élu communiste Nicolas Sansu.

    Lors du premier mandat présidentiel de macron (un pognon de dingue)
    https://seenthis.net/messages/995077
    Les chômeureuse ont eu droit aux choix de leur avenir professionnel, voilà maintenant le contrat de valorisation de l’expérience. Et ces politiques sont payés un pognon de dingue pour pondre ce genre de connerie.
    La ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet a argué que l’emploi des seniors en France était l’un des « points faibles » de la France. Je confirme Mdme la sinistre, dans mon cas j’ai une très haute expérience à ne rien branler et je suis près à en discuter avec le premier patron venu.
    https://seenthis.net/messages/993532#message994933
    https://seenthis.net/messages/1120800
    #Chômage #seniors #retraites

  • Le néolibéralisme et la guerre aux assistés – Colloque « La valeur travail, à quel prix ? » - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=q8fB8CeX_sQ

    Un atelier animé par Jean-Marie Pillon et Hadrien Clouet pour explorer les transformations contemporaines de l’#emploi sous l’effet des politiques néolibérales.

    Il revient sur les logiques de #contrôle, de #précarisation et de culpabilisation à l’œuvre dans l’accompagnement des #chômeur·ses, et montre comment celles-ci participent à affaiblir le rapport de force entre le travail et le capital.

    00:00 Intervention de Jean-Marie Pillon, sociologue, spécialiste du marché du travail et du #chômage, co-auteur de Chômeurs, vos papiers ! et de La condition intérimaire.

    24:49 Intervention d’Hadrien Clouet, député LFI-NFP, co-animateur du département de sociologie de l’Institut La Boétie, co-auteur de Chômeurs, vos papiers !

    #France_travail #rationalisation

    https://www.youtube.com/watch?v=7SKJDv_pgs0

    • La suspension du RSA remet-elle en cause la présomption d’innocence ?
      https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2025/05/29/la-suspension-du-rsa-remet-elle-en-cause-la-presompti

      loi renforçant la lutte contre les fraudes aux aides publiques, adoptée par le Parlement fait l’objet de la part des députés LFI d’un recours devant le Conseil Constitutionnel.

      [...]

      « à titre d’exemple, une personne dépendant du revenu de solidarité active pour se loger, se nourrir et se déplacer, et suspectée par un agent de la Caisse d’allocations familiales de toucher un revenu annexe, pourrait se voir geler le versement de cette aide publique, pour une durée de six mois. Si cette suspension, pour une demi-année, doit donner lieu en cas d’absence de fraude à la restitution des sommes non-versées, la longueur du délai, et le rapport de dépendance à l’aide publique considérée est de nature à altérer gravement la capacité de la personne à assurer la satisfaction de ses besoin fondamentaux, en premier lieu se loger, se nourrir, et se déplacer. »

      #RSA #CAF

  • France Travail : des robots pour contrôler les chômeurs·euses et les personnes au RSA
    https://www.laquadrature.net/2025/05/22/france-travail-des-robots-pour-controler-les-chomeurs%c2%b7euses-et-le

    France Travail déploie actuellement des robots visant à automatiser et massifier le contrôle des personnes inscrites à France Travail. Depuis le 1 janvier 2025, cela inclut également les personnes au RSA. Il s’agit d’une nouvelle…

    #Surveillance

  • Le #décrochage_scolaire : un #coût humain et social sous-estimé

    #Apprentis_d’Auteuil alerte sur le coût du décrochage scolaire pour les #jeunes et pour la société. Ce 19 mai, la fondation publie un rapport sur les jeunes qui quittent l’école sans diplôme ni qualification, et sur le coût que représente le décrochage scolaire pour toute la société. Ce rapport montre combien il est urgent de redonner le goût d’apprendre à ces jeunes dans leur intérêt et celui de la collectivité. Exemple au collège Nouvelle Chance d’Apprentis d’Auteuil au Mans.

    Aujourd’hui, en France, plus de 75 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme ni qualification. Ces décrocheurs accèdent difficilement à l’emploi, sont plus touchés par le #chômage que les autres jeunes et risquent l’#exclusion. À ce drame humain s’ajoute un surcoût pour la société : accompagner un décrocheur coûte cher à la collectivité.
    Selon les chiffres de l’Éducation nationale, le décrochage scolaire a décru : en 2023, 7,6% des 18-24 ans étaient en dehors du système scolaire contre 11% en 2006. « Trop de jeunes décrochent encore ! constate Jean-Baptiste de Chatillon, directeur général d’Apprentis d’Auteuil. Et les plus vulnérables sont les premiers concernés. Nous refusons de nous y habituer car il existe des solutions. »

    Les plus vulnérables ? Des garçons et des filles en difficulté scolaire, qui ne trouvent pas de sens à l’école, peinent à acquérir les fondamentaux, sont mal orientés, freinés par une santé mentale fragile, victimes de harcèlement scolaire, etc.
    Ces adolescents vivent souvent des difficultés socio-économiques au sein d’un environnement marqué par la précarité ou le chômage. Les difficultés peuvent également être d’ordre familial (ruptures, événement particulier, problèmes d’acculturation, de langue, lien famille-école distendu) ou personnel (liées à la santé, à la mésentente avec les enseignants, à la quête de l’argent facile...)

    « Tous ces facteurs ont des conséquences sur le jeune, sa santé mentale et physique, son comportement en classe, ses résultats scolaires, sa motivation, sa projection dans l’avenir, souligne Julien Pautot, chef de projet au Pôle prévention du décrochage scolaire à Apprentis d’Auteuil. Les difficultés scolaires résultent de difficultés plus larges. Raison pour laquelle les décrocheurs ont besoin d’être accompagnés et suivis individuellement pour retrouver, avant toute chose, confiance en soi et estime de soi. »

    L’innovation du #collège_Nouvelle_Chance au Mans

    En proposant un #accompagnement_renforcé et des #pédagogies_innovantes en matière de #prévention et de #remédiation, Apprentis d’Auteuil démontre que le décrochage scolaire n’est pas une fatalité.
    Au Mans, par exemple, le collège Nouvelle Chance ouvert en 2014, accueille des élèves âgés de 13 à 16 ans qui n’ont plus le goût d’aller à l’école, sont déscolarisés ou en cours de #déscolarisation. Il leur propose, en plus d’un parcours scolaire personnalisé établi en concertation avec le jeune, sa famille et une équipe pédagogique et éducative pluridisciplinaire, un apprentissage de la vie en société et de la #citoyenneté.

    « L’objectif du collège Nouvelle Chance est de révéler le meilleur de chaque jeune, de faire germer et grandir en lui ses capacités, ses compétences, ses talents et ses envies, résume Emmanuelle Barsot, directrice. Pour que chacun reprenne confiance en soi mais aussi dans l’institution scolaire et s’autorise à rêver. Bien souvent, ce sont des jeunes extraordinaires qui ont une histoire de vie compliquée. À nous de changer notre regard sur eux, de leur faire confiance et de leur donner les moyens de s’épanouir et de réussir. Un simple « Tu vois, tu y arrives » peut changer beaucoup de choses. »

    Depuis le mois de janvier, Shelly, 15 ans, vient tous les jours au collège Nouvelle Chance. Une grande victoire pour elle après plus de trois mois de déscolarisation, et une énorme satisfaction pour les enseignants chaque jour à ses côtés. « En 5e, je ne pouvais plus aller au collège, se souvient-elle. J’avais peur de l’école, j’en vomissais. Je ne voulais pas que ma mère me voie dans cet état. Tout cela à cause d’élèves qui ne faisaient pas attention à ce qu’ils disaient. J’en ai parlé à beaucoup d’adultes, mais rien n’a changé. Un jour, j’ai dit à l’ancien directeur : "Je ne peux pas rester là. Sinon, je risque de faire une grosse bêtise." Il a appelé ma mère et nous a proposé le collège Nouvelle Chance. Ici, je n’ai plus peur. »

    Un parcours scolaire personnalisé

    Faire différemment pour ces jeunes loin de l’école, tel est le leitmotiv du collège Nouvelle Chance, qui accueille 30 élèves décrocheurs ou exclus d’établissements scolaires de la Sarthe. Pour chacun, un projet personnalisé et attractif destiné à le raccrocher aux apprentissages. « À un moment de l’année scolaire, les collèges des jeunes se trouvent un peu démunis. Ils ont tout tenté pour les raccrocher à l’école, en vain, explique Emmanuelle Barsot. En nous confiant ces adolescents pour un an, exceptionnellement deux, ils espèrent leur donner une nouvelle chance. »

    Dans des classes à petits effectifs de 6 à 8 élèves, les jeunes suivent des cours de trois-quarts d’heure (avec pauses de quinze minutes) le matin. À leurs côtés, deux enseignants dont l’un fait cours et l’autre apporte des compléments d’information. Au déjeuner, jeunes et adultes se retrouvent à la même table pour un temps d’échange informel. L’après-midi, en compagnie de professeurs et d’éducateurs, les collégiens participent à des activités susceptibles de les aider dans leur orientation scolaire ou professionnelle. Des projets artistiques ou sportifs individuels ou collectifs, des rencontres intergénérationnelles, des stages, des découvertes métiers leur sont proposés. Des emplois du temps à la carte sont même créés pour les jeunes qui ont décroché depuis plusieurs mois voire années.

    « L’essentiel est que les décrocheurs viennent de plus en plus souvent au collège Nouvelle Chance et retrouvent le goût et l’envie d’apprendre et de progresser via un projet personnalisé, conclut Emmanuelle Barsot. Et ce, en lien étroit avec les familles. Aucun décrocheur n’est livré avec un mode d’emploi. Chacun a sa façon de fonctionner. À nous de lui faire confiance et de l’aider au mieux. Tous en valent vraiment la peine ! »

    https://www.apprentis-auteuil.org/actualites/plaidoyer/le-decrochage-scolaire-un-cout-humain-et-social-sous-estime
    #France #rapport #école #éducation #statistiques #chiffres