• à part l’imprécision sur la moindre transmission du virus par la faible part des vaccinés (10% ?) susceptibles d’être contaminés, cet article me parait un bon résumé des réponses à donner aux inquiets, points par point

      Dupagne se présente en détails et indique

      Les inconditionnels de la vaccination ne m’aiment pas : je me suis prononcé contre l’obligation vaccinale. J’ai critiqué certains vaccins d’intérêt douteux comme le BCG ou celui contre la varicelle. J’ai longtemps été dubitatif sur l’intérêt des vaccins contre les virus du cancer du col de l’utérus. Je milite pour que l’on réserve la vaccination contre la grippe aux personnes très âgées ou très fragiles. Bref, je suis tout sauf un idolâtre des vaccins. Pour autant, je n’ai jamais remis en cause le principe de la vaccination, progrès thérapeutique absolument majeur : je ne suis pas un médecin « antivaccin ».

      sur un des points, justifié !, qui fonde bien des réticences : le refus de s’inclure plus encore dans le cheptel de clients de #bigpharma

      La vaccination ne sert qu’à enrichir les labos !

      C’est vrai et faux à la fois. C’est vrai que les laboratoires pharmaceutiques ne sont pas des sociétés philanthropiques et qu’elles cherchent avant tout (quoi qu’elles en disent) a rémunérer leurs actionnaires. Les laboratoires ayant produit des vaccins efficaces vont gagner beaucoup d’argent avec la vente de ces vaccins. Mais ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que pour les gros laboratoires, le chiffre d’affaire de ces vaccins représente peu de choses par rapport à celui des autres médicaments : ceux qui traitent les maladies chroniques.

      Le « bon médicament », pour un laboratoire, c’est celui que des millions de malades prennent tous les jours, pendant des années, pour une maladie qui ne guérit pas et qui ne tue pas trop vite ! Ce sont les médicaments du diabète, de l’hypertension, de l’excès de cholestérol, de l’arthrose etc.

      je dirais #toctoc, puisqu’il faut bien passer outre la crainte d’être assimilé au régime

    • Au pays des Lumières éteintes, en se vaccinant on peut gagner un whopper

      Les 18/25 ans qui recevront une 1ère injection entre le 1er et le 15 août dans l’#Hérault pourront bénéficier de promos dans des commerces partenaires. Ils pourront par exemple avoir un hamburger Whopper offert [pr tout achat d’un menu] chez Burger King. (préfecture)

      https://twitter.com/Brevesdepresse/status/1420791788416258049

      #honte #obésité_sur_commande

    • Bon, c’est tout de même très réducteur de ne prendre que le Burger King. Je ne trouve pas d’article précis sur les offres, mais l’affiche du truc indique d’autres « offres » (assez classiques je suppose dans les « partenariats » qui ciblent cette tranche d’âge) :

      Là où c’est marrant, c’est qu’il faut faire sa première injection entre le 1er et le 15 août : si tu t’es fait vacciner avant (ce qui est tout de même encore mieux), tu n’as droit à rien.

    • Le Whopper ça vaut 3,89 euros, les premiers prix de menus mac sont à 10 balles, la réduc pour aller dans ces machins est pas top.

      _Edit oups, gourance, les menus Burger king seraient moins chers https://modesdevie.com/prix-menu-burger-king/_

      Et puis nous les pauvres, on préfère le fric dont on fait ce qu’on veut, et pas les machins en nature, surtout quand il faut d’abord dépenser pour les avoir ! (vas-y, sort les tes 10 balles ! un kebab en vaut 5 ou 6)

      Je trouve pas à quoi correspondait les 3Frs de 1871 de La Commune (voir plus haut), mais je suis certain que c’est plus, et plus égal.

      Biden est moins borné (une épidémie de non-vaccinés c’est coûteux), il demande aux instituions locales de payer qui se vaccine.

      Quant à payer que ceux qui le font maintenant, c’est évident, sinon, ce serait trop cher, et ce qui compte c’est la croissance du taux de vaccination, pas le stock (ceux là on financera, ou pas la troisième dose).

      Pourquoi 15 août ? faut préparer la rentrée au plus vite, que ceux qui seront pas évincés soient nombreux.

      La seule chose valable quoi qu’on en ait c’est l’intégration à une culture jeune (qu’on continue à amocher ah ah ah).

      Drôle d’ « aller-vers ».

      #marketing #chaines

    • Alain Fischer, le « Monsieur Vaccin » qui conseille le gouvernement, a insisté sur la nécessité de « rassurer et convaincre » les « hésitants » à la vaccination. Le dispositif « aller vers » qui prévoit de multiples initiatives : vaccibus, campagnes au pied des tours, vaccination dans les centres commerciaux, en pharmacie, appels téléphoniques ciblés est renforcé…

      Dessin de Sié pour #Urtikan.net

  • Comment sécuriser les #universités vis-à-vis de l’épidémie ?

    Comment éviter de nouvelles vagues épidémiques sans restreindre ni les libertés publiques ni l’activité sociale ? Comment faire en sorte que les universités, ainsi que les autres lieux publics, ne participent pas à la circulation du virus ? Nous examinons ici l’état des connaissances sur les voies de contamination pour formuler des préconisations à mettre en œuvre de toute urgence .

    Le coronavirus se transmet principalement par voie respiratoire. Une personne atteinte du Covid et symptomatique, émet en toussant des gouttelettes de salives entre 50 microns et 1 mm, chargées en virus . Les porteurs symptomatiques ou asymptomatiques, en parlant ou simplement en respirant, émettent de plus petites gouttes porteuse de particules virales, entre la centaine de nanomètre, ce qui correspond à la taille du virus, et 5 microns. Ces deux types de gouttelettes ont des comportements hydrodynamiques différents . Les grosses gouttelettes produites par la toux retombent sur le sol après un vol de l’ordre du mètre. Lorsqu’on les respire, elles se déposent, du fait de leur inertie, sur les parois des voies respiratoires. Les petites gouttelettes produites par la toux, par la parole, par le chant ou par la respiration ont une faible inertie et suivent l’écoulement de l’air. En conséquence, elles peuvent rester suspendues en aérosol dans l’air, entraînées par ses mouvements turbulents. Lorsqu’on les respire, elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires. Seules des gouttelettes de petites tailles peuvent ainsi aller jusqu’aux alvéoles pulmonaires . Une dizaine d’études de cas ont montré des contaminations par voies aérosol. Cela a été confirmé par des études sur des modèles animaux. On estime maintenant que 50% au moins des contaminations sont dues aux porteurs asymptomatiques, ce qui implique des gouttes transportées en aérosol. Du reste, 4 personnes sur 5 se montrent incapables de savoir précisément dans quelles circonstances elles ont été contaminées.

    https://www.youtube.com/watch?v=x_HcZyz1pFQ

    #ESR #université #sécurisation #contamination #facs #vidéo #voie_aérosol #modélisation #goutelettes #épidémie #repas #coronavirus #covid-19 #toilettes #aérosolisation_fécale #masques #salles_de_cours #chaînes_épidémiques #tests #transmission #lieux_collectifs #ventilation #niveau_de_ventilation #respiration #tutoriel #CO2 #VMC #fenêtres #transmission_aéroportée #purificateurs_d'air #filtres_HEPA

    ping @simplicissimus

  • La France en « position intermédiaire » face à la pandémie de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/13/la-france-en-position-intermediaire-face-a-la-pandemie-de-covid-19_6055842_3

    La mission indépendante présidée par le Suisse Didier Pittet et chargée d’évaluer l’exécutif sur la gestion de la #crise_sanitaire en France rend ce mardi son rapport d’étape avant le rendu final de décembre. Par Delphine Roucaute et Béatrice Madeline

    Tirer des enseignements de la première vague pour pouvoir rectifier le tir à l’automne. C’est l’objectif que se donne le rapport d’étape présenté mardi 13 octobre par la mission sur l’évaluation de la gestion de la crise sanitaire due au Covid-19. Confiée il y a plus de trois mois par Emmanuel Macron à l’infectiologue et épidémiologiste suisse Didier Pittet, cette mission est chargée de fournir une analyse indépendante sur la manière dont l’exécutif français a fait face à l’épidémie. Ces premières préconisations arrivent au moment où la France commence à affronter la deuxième vague de l’épidémie, alors que les mesures de restriction se multiplient sur le territoire national pour tenter d’enrayer la propagation du virus. « On n’imaginait pas que les choses seraient si compliquées au moment du rapport d’étape , confie au Monde l’un des cinq membres de la mission, Raoul Briet, président de la première chambre de la Cour des comptes. C’est une matière inflammable. »

    Alors que la France fait figure de mauvaise élève européenne depuis la rentrée en étant l’un des premiers pays où le virus a recommencé à circuler intensivement, « en matière d’excès de mortalité, la France occuperait une position intermédiaire par rapport à ses voisins européens » , note le rapport. Cette comparaison des #excès_de_mortalité prend en compte les variations saisonnières au cours des années précédentes (comme les morts causées par la grippe), ainsi que la structure démographique des différents pays.

    Satisfecit global

    Autre indicateur intéressant, créé par le groupe de recherche de la mission : le nombre de jours passés au-dessus du seuil de un décès de patient atteint de Covid-19 par million d’habitants. Cet indice « permet d’approcher à la fois la sévérité de la crise dans le pays donné et l’efficacité des politiques mises en place pour diminuer son impact » , soulignent les auteurs. Quand les Etats-Unis s’enfoncent dans la crise et témoignent de leur manque de réactivité et d’efficacité dans la gestion de la vague épidémique, la France se place, là encore, en position intermédiaire, avec soixante-huit jours enregistrant plus de 66 morts causées par le Covid-19, contre trente-quatre jours avec plus de 8 morts pour l’Autriche ou quarante-quatre jours à plus de 83 morts pour l’Allemagne.

    Infographie Le Monde

    Au chapitre économique et social, les travaux conduits par Laurence Boone, économiste en chef de l’OCDE, décernent un satisfecit global à la gestion de la crise en France : ni le soutien budgétaire apporté aux entreprises, ni les dispositifs d’activité partielle, qui ont permis de préserver l’emploi, n’ont à souffrir de la comparaison internationale. Certes, l’activité économique en France a chuté de manière plus importante au premier semestre (– 13,8 %) qu’en Allemagne, par exemple, alors que la surmortalité a été plus élevée. Mais cette moindre performance n’est pas liée, selon les experts, à la qualité de la réponse en matière de politique économique, mais bien à « l’intensité » – durée, périmètre et ampleur – du #confinement. Avec huit semaines de confinement total, étendu à tout le territoire, la France a donc donné un coup de frein plus puissant à son économie que certains de ses voisins, tels que la Belgique ou l’Allemagne.

    Assurer les conditions d’une reprise durable et dynamique suppose aujourd’hui de « rassurer » les salariés

    Quelques facteurs supplémentaires sont toutefois venus aggraver l’impact du confinement sur l’activité : l’inquiétude des ménages, qui a pesé sur la consommation, l’arrêt de certaines activités même « sans injonction juridique » … Ce phénomène n’est pas propre à la France : l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni sont également concernés. Autre point négatif : la chute de l’activité dans les administrations publiques et dans certaines activités de service aurait pu être moindre si le #télétravail avait pu « pallier l’absence de travail en présentiel », soulignent les auteurs du rapport, dans une critique à mots couverts.

    De même, l’insuffisance des équipements sanitaires, suivie d’une « mise au point laborieuse des protocoles » , a entravé au début de la crise l’activité dans les secteurs de la construction et des travaux publics. La tenue du premier tour des élections municipales a également pu jouer un rôle perturbateur.

    Assurer les conditions d’une reprise durable et dynamique suppose aujourd’hui de « rassurer » les salariés et de permettre ainsi leur retour sur leur lieu de travail. Pour cela, la mission formule quelques recommandations à destination des ministres, en particulier ceux chargés du travail et des transports : donner plus de flexibilité aux salariés pour « répondre aux craintes engendrées par l’utilisation des transports en commun aux heures de pointe » . Elle suggère également que les entreprises puissent proposer – et non imposer – des tests de dépistage du SARS-CoV-2 à leurs salariés. « Les données macroéconomiques ne reflètent pas toute la réalité. Dans une seconde étape, d’ici au mois de décembre, il faudra éclaircir les conséquences de la crise pour les populations les plus fragiles » , estime Anne-Marie Moulin, médecin et philosophe, membre de la mission. Pour y parvenir, elle compte conduire une enquête de terrain, et s’appuyer sur les récents travaux d’une équipe de l’Inserm sur les inégalités sociales face au virus.

    Pistes d’amélioration

    Les auteurs du rapport notent dans la gestion globale de l’épidémie certains ratés, notamment des « défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion » . « Le discours sur les #masques_ [jugés d’abord inutiles pour les non-soignants puis imposés de manière généralisée en septembre] _a été un mauvais départ, qui a créé une perte de confiance. Le citoyen français a beaucoup moins confiance dans son gouvernement que les Italiens ou les Allemands » , admet le président de la mission, Didier Pittet, ajoutant que « la manière dont a été appliqué le confinement a créé une déresponsabilisation de la population qui n’a pas été opportune » , notamment par les attestations à remplir avant de sortir de chez soi. La communication mise en place par le gouvernement, elle, est jugée « perfectible » , ayant provoqué « un sentiment d’infantilisation et de défiance » dans la population française.

    Par ailleurs, l’effort de #dépistage n’a pas tenu ses promesses, selon le rapport, notamment en raison d’une sorte de retard à l’allumage. Aujourd’hui, la stratégie « tester, tracer, isoler » portée par le gouvernement doit amener à s’interroger sur la gestion « de la priorisation, les délais de restitution des résultats et surtout leur utilisation opérationnelle en vue du contrôle de l’épidémie (traçage, isolement) » . « Ce qui manque le plus, ce sont des analyses plus fines des clusters » , souligne Pierre Parneix, médecin de santé publique au CHU de Bordeaux et membre de la mission. « Il faut faire des #enquêtes_de_terrain_ , renchérit Didier Pittet. _De l’épidémiologie d’intervention pour casser les #chaînes_de_transmission. » Et comprendre au plus près comment les contaminations se multiplient dans certaines situations.

    Face à la deuxième vague, quelles sont les options du gouvernement ?

    Plusieurs préconisations sont ainsi données pour la gestion de la crise actuelle, comme accroître la couverture vaccinale contre la grippe et préparer la mise en œuvre d’un éventuel vaccin contre le Covid-19, ce qui impliquerait de réfléchir dès aujourd’hui à l’éventuelle mise en place d’un « #passeport_immunitaire » pour attester l’immunité des personnes. Ou engager dès maintenant une étude approfondie sur la question des reports de soins (opérations reportées ou diagnostics différés), qui risquent de compliquer la crise sanitaire dans les mois qui viennent. Enfin, travailler sur la concertation pour permettre une adhésion de la population sur le long terme. « On était dans une phase d’urgence et il faut entrer dans une phase associant davantage les parties prenantes. Il faut faire monter à bord tous les Français car on ne peut pas gérer une telle crise par le haut » , conclut Raoul Briet. La mission rendra son rapport définitif en décembre.

    #covid-19 #rapport #économie #gouvernement

    • Rapport public - Mission indépendante nationale sur l’évaluation de la gestion de la crise Covid-19 et sur l’anticipation des risques pandémiques - Rapport d’étape, 13 octobre 2020. Auteur(s) : Didier Pittet - Laurence Boone - Anne-Marie Moulin - Raoul Briet - Pierre Parneix
      https://www.vie-publique.fr/rapport/276679-gestion-de-crise-la-covid-19-et-anticipation-des-risques-pandemi

      La Mission remettra son rapport final au mois de décembre 2020. Le présent rapport d’étape présente la méthodologie de travail, expose les premiers constats et analyses quantitatives, qui seront approfondis par la suite, et appelle l’attention des pouvoirs publics sur plusieurs points :

      Faire partager une claire conscience du contexte (vivre durablement avec le virus) et transformer la communication ;
      Mieux asseoir la légitimité des décisions en matière sanitaire ;
      Assumer clairement que les #tests ont vocation à casser les chaînes de transmission ;
      Mener une politique volontariste pour accroître la couverture vaccinale contre la grippe saisonnière et préparer la mise en oeuvre d’un éventuel #vaccin anti-Covid ;
      Organiser le partage d’information entre ARS et établissements de santé de manière à garantir la prise en charge de l’ensemble des patients ;
      Rassurer sur la sécurité au #travail ;
      Engager sans tarder une étude approfondie sur la question des #reports_de_soins.

      Le travail de cette mission officielle (voir le résumé posté ci-dessus par l’imMonde) s’ajoute aux résultats des enquêtes #EpiCov et #CoviPrev. Le couvre-feu ne s’est pas décidé sans une lecture de ces résultats (critiques).
      Sauf que tout ce que touche le gouvernement (masques, test, santé publique) se transforme en déchet et ce de façon renouvelée, répétée, constante. L’exemple des masques restant parmi les plus clairs (avant celui des tests). Il n’y en avait pas besoin, et pas assez pour les soignants ; il y en a, et on doit les porter y compris là où c’est inutile, mais c’est de la drouille souvent bien moins efficace que ce qui serait possible (pas de réelles normes de fabrication, pas de chaines de production de ces « équipements personnels » là où chaque individu est suspect de mal faire). Et ils ne sont de nouveau pas nécessaires là où c’est un enjeu public qui nécessiterait une dépense collective (école). Et il manque de nouveau des FFP2 dans les services de santé. Alors qu’il aurait fallu en fabriquer, de même que des chirurgicaux corrects, y compris pour certaines circonstances auxquelles la population générale peut être confrontée (visites aux vieux vieux par exemple).
      Les cost killers , c’est la gabegie, criminelle.

      #vivre_avec_le_virus

  • Covid : les lacunes des données de Santé publique France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/08/covid-les-lacunes-des-donnees-de-sante-publique-france_6055280_3244.html


    En l’absence de données localisées sur les délais de tests, difficile de mettre en place des politiques plus ciblées. Ici, un test du Covid-19 à la caserne des pompiers de Marseille, le 22 Septembre. ERIC GAILLARD / REUTERS

    Analyse des chaînes de contamination, détail des clusters, taux de tests effectués par les cas contacts : de nombreuses informations cruciales pour le suivi de l’épidémie ne sont pas disponibles.
    Par Chloé Hecketsweiler, Maxime Ferrer et Léa Sanchez

    Combien de personnes âgées sont réellement décédées du Covid-19 dans les maisons de retraite cet été ? La question travaille Jean-Marie Robine, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED). A plusieurs reprises, il a constaté que Santé publique France (SPF), l’établissement chargé notamment de collecter les données relatives à la santé des Français, avait revu à la baisse le bilan des décès survenus en Ehpad. En cause : des erreurs de saisie dans le système de déclaration des cas et des décès en maisons de retraite mis en place dans l’urgence fin mars.

    Le 4 septembre, après plusieurs autres modifications cet été, l’agence retranche ainsi 38 victimes du total des décès sans que les données antérieures soient pour autant corrigées. De quand datent ces morts comptabilisées « en trop » ? Santé publique France, qui se contente de publier le nombre de décès cumulés, ne l’indique pas. Dès lors, faute de données journalières fiables, « impossible de suivre la situation dans le temps et de savoir combien de personnes sont décédées dans les Ehpad cet été » , se désole Jean-Marie Robine.

    Des progrès depuis le début de la crise

    Ces informations manquantes – pourtant cruciales pour éclairer les décisions publiques – font partie d’une longue liste de données que réclament citoyens, chercheurs et journalistes aux autorités sanitaires. Des progrès ont été effectués depuis le début de la crise avec la création du tableau de bord officiel de Santé publique France https://dashboard.covid19.data.gouv.fr/vue-d-ensemble?location=FRA , qui rassemble des informations sur les hospitalisations, les décès ou encore les tests. Mais de nombreux indicateurs sont encore indisponibles, faute de système d’information adapté, de moyens humains ou encore de cadre légal pour leur diffusion.

    [Déclaration de décès en Ehpad et dans les établissements médicaux-sociaux.
    En l’état des données de Santé Publique France, des valeurs négatives peuvent apparaître. Elles correspondent à des corrections apportées par l’organisme.
    avril 2020 (...) octobre 2020-250 250 750
    Source : Santé Publique France]

    C’est le cas des données qui permettraient d’évaluer l’efficacité du contact tracing, un dispositif-clé dans le contrôle de l’épidémie qui vise à repérer et isoler le plus vite possible les personnes infectées. Le test de dépistage du virus RT-PCR doit être en principe réalisé dans les vingt-quatre heures après l’apparition des symptômes, et le résultat rendu en vingt-quatre heures. Le Monde a cherché, en vain, à connaître ce délai, département par département, pour savoir s’il était bien tenu.

    Ces données sont consignées dans une base de données, baptisée Sidep – pour système d’information de dépistage du Covid-19 – et analysées chaque semaine par Santé publique France dans son point épidémiologique. Le 1er octobre, ce document indiquait que le délai constaté entre le début des signes cliniques et la date de prélèvement était en moyenne de 3,3 jours, auxquels s’ajoute le délai de remise de résultat (2,7 à 5,2 jours selon les régions).

    Tout compris, cela signifie que, dans de nombreux cas, l’enquête démarre alors que le « patient zéro » n’est déjà plus très contagieux, et que ses contacts ont déjà eu le temps de contaminer d’autres personnes. Mais, en l’absence de données localisées sur les délais de tests, difficile de mettre en place des politiques plus ciblées, ou de repérer les zones « à risque », où le contact tracing ne permet plus de contrôler la circulation du virus.

    Informations sensibles

    Les autorités sont d’autant plus dans le brouillard, qu’elles n’ont aucun moyen de savoir si les cas contacts se font bien tester. En effet, l’Assurance-maladie n’a pas la possibilité de croiser sa base, Contact Covid, avec la base des tests Sidep pour voir s’il y a bien un résultat pour chacun d’eux. « C’est un peu compliqué côté système d’information. On aimerait obtenir ce type de données de façon plus systématique mais, pour l’instant, on ne peut pas le faire » , avance Thomas Fatome, directeur général de l’Assurance-maladie.

    Le sujet embarrasse. « C’est vrai que pour mesurer l’efficacité du dispositif, cet indicateur serait à étendre » , reconnaît Cécile Somarriba, de la direction veille et sécurité sanitaire de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France. En août, l’Assurance-maladie s’est résolue à mener une enquête auprès d’un échantillon d’assurés : elle a révélé que 86 % des cas contacts avaient bien réalisé le test prescrit. Mais impossible de savoir si ce pourcentage a évolué dans le temps, ou si l’adhésion au dispositif varie d’une région à l’autre.

    Pas de croisement des bases de données

    A l’heure d’annoncer de nouvelles restrictions, une autre inconnue brille par son absence : l’analyse des chaînes de contamination. Les agents de l’Assurance-maladie, lors de leur enquête, ont bien eu connaissance des circonstances dans lesquelles le « patient zéro » a potentiellement contaminé ses contacts. En allant chercher l’information dans Sidep, il serait aussi possible de savoir lesquels de ces contacts ont été infectés. Mais, là encore, aucun croisement n’est fait. L’Assurance-maladie explique ce retard par des contraintes juridiques, liées à la loi Informatique et libertés. « Cela prend un peu de temps. On est très attentifs à ces fichiers qui sont des données sensibles » , souligne Thomas Fatome.

    Seuls les clusters, qui représentent une faible part des cas détectés, sont connus : les cas groupés en entreprise, dans les écoles, ou encore les réunions familiales. Mais là aussi, difficile d’obtenir des informations précises, notamment le nombre de personnes infectées dans chacune de ces situations.

    Difficultés techniques

    Dès le début de la crise, les autorités sanitaires ont rencontré des difficultés pour centraliser les données éparpillées dans le millefeuille du système de santé français. Si cinq data scientists ont été appelés en renfort par le Centre opérationnel de réception et de régulation des urgences sanitaires et sociales (Corruss), Santé publique France s’est vite retrouvé débordé : « Nous avons eu une pression importante pour produire des données très rapidement », raconte Yann Le Strat, responsable de la direction appui, traitements et analyses des données (DATA) de Santé publique France, qui compte 50 personnes.

    D’autant plus qu’en mars, l’organisme public ne disposait pas d’un outil de crise permettant une gestion, au niveau national, d’une pandémie. Sidep a par exemple été créé « en un mois et demi, explique Yann Le Strat. En temps normal, cela nous aurait pris plusieurs années ». Ce système d’information est à la base des différents indicateurs livrés quotidiennement au grand public, comme le taux d’incidence – nombre de nouveaux cas confirmés pour 100 000 habitants sur une période de sept jours – décliné par classe d’âge ou encore par département.

    Système de surveillance sommaire

    Fin août, Jean Castex se félicitait des « progrès » accomplis. « Lors de la première vague (…) on avait des indicateurs, d’abord assez rustiques, et nationaux (…) mais nous avons su nous doter d’outils de suivi territorialisé » , avançait-il sur les ondes de France Inter. Ces chiffres ne sont cependant pas disponibles à une échelle plus fine que celle du département, quand le virus circule surtout dans les grandes métropoles. Et font l’objet de corrections importantes pour intégrer les résultats de tests arrivés tardivement.

    Le système de surveillance mis en place dans les maisons de retraite est, lui, assez sommaire. Il s’agit d’un questionnaire en ligne « très basique » , reconnaît Yann Le Strat. Les établissements sont invités à indiquer le nombre de cas concernés et le nombre de décès, mais il s’agit de nombres agrégés : impossible de connaître l’âge et le sexe des victimes, au contraire des personnes décédées du Covid-19 dans les hôpitaux. « Il faudrait que tous les Ehpad soient bien informatisés (…) et qu’on ait une saisie individuelle de bonne qualité » , pour pouvoir obtenir ces données, relève Yann Le Strat.

    #Covid-19 #santé_publique #Santé_publique_France #chaînes_de_contamination #cas_contacts

  • Comme si la réforme des #retraites et les annonces autour de la #LPPR n’étaient pas suffisants... voilà que sort du chapeau ministeriel le #pacte_productif

    LPPR : le Pacte de productivité, jumeau maléfique de la Loi de programmation pluri-annuelle de la recherche ?

    « Il y aura des textes forts politiquement, des textes qui viendront avec le « Pacte Productif », par exemple sur la réforme de la recherche et de l’#enseignement_supérieur » – Emmanuel #Macron, Président de la république,11 février 2020 (https://twitter.com/ebothorel/status/1227334119132143617)

    Annoncé en avril 2019, le Pacte productif ambitionne de construire « un nouveau modèle français respectueux de l’environnement pour atteindre le #plein_emploi ». Pour ce faire, il s’intéresse de près au #financement de la #recherche mais aussi à l’#enseignement.

    L’orientation des moyens de la #recherche_publique vers un #développement_industriel précis

    « La loi de programmation de la recherche devrait être l’occasion de réfléchir à une augmentation des moyens consacrés à des #programmes_de_recherche publique en #contrepartie de leur orientation vers un développement industriel précis. » – Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, 15 octobre 2019 (https://www.economie.gouv.fr/pacte-productif/discours-de-bruno-le-maire-ministre-de-leconomie-et-des-finances)

    L’idée est donc de concentrer les moyens de la recherche sur des « #chaînes_de_valeur_stratégiques » définies par « la qualité de la #base_industrielle en #France, la situation du #marché et les #performances de notre recherche ». En clair, il s’agit de concentrer les moyens sur l’#innovation à certains secteurs rentables décidés par le haut, au détriment de la recherche en général dont les thématiques sont décidées par le bas.

    L’inquiétante disparition de la recherche

    La consultation sur le Pacte productif 2025 (Synthèse des contributions, France Stratégie : https://www.economie.gouv.fr/files/files/ESPACE-EVENEMENTIEL/Pacte_Productif/Pacte_Productif_Synth%C3%A8se_des_Contributions.pdf) s’est articulée en 6 thématiques. La thématique portée par Mme Vidal est celle de l’innovation, et la recherche n’apparaît pas malgré sa pertinence dans le sujet, ne manquant pas de faire écho à la suppression initiale.

    Plusieurs propositions sont faites dans la thématique innovation, toutes allant dans le sens d’un contrôle accru du #secteur_privé sur le secteur public, telles que :

    « le doublement de l’assiette qui existe pour la #R&D sous-traitée aux #organismes_publics_agréés » pour le #crédit_d’impôt_en_faveur_de_la_recherche (#CIR) : c’est-à-dire l’augmentation du contrôle des #entreprises sur le #financement_public de la recherche publique ; ou
    « encourager les chercheurs du public à s’investir dans le monde de l’entreprise ou en #partenariat avec lui, notamment en majorant la pondération des activités de #création_d’entreprise, de #consultance ou de dépôt de #brevets d’invention, dans l’ensemble des critères retenus pour la #progression_de_carrière » : c’est-à-dire affaiblir les #libertés_académiques en incitant les chercheurs publics à un rapprochement avec le privé.

    Autre témoin inquiétant : alors que les rapports de la LPPR prennent la peine de traiter le cas des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines et Sociales (LLASHS) à part puisqu’ils n’entrent pas dans le plan global, le Pacte productivité ne prend pas cette peine et les ignore complètement.

    MESRI vs. Bercy : un arbitrage perdu qui pourrait avoir de lourdes conséquences

    Globalement, il ressort de l’idée générale du Pacte productif de financer l’innovation, et donc essentiellement le secteur privé, avec les moyens de la recherche publique, y compris de la « #recherche_d’excellence ». Cela traduirait d’un arbitrage perdu entre le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de le l’innovation de Mme Vidal et le Ministère de l’économie et des finances de M. Le Maire, qui pourrait bien représenter une #menace réelle et critique sur l’appareil de recherche public français.

    Si la LPPR est « une loi financière » comme l’annonce Mme Vidal, alors un arbitrage perdu avec Bercy pourrait avoir des conséquences beaucoup plus profondes que simplement budgétaires.

    http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2020/02/20/lppr-le-pacte-de-productivite-jumeau-malefique-de-la-loi-de-programmat

    #pacte_productivité #ESR #liberté_académique

    –---

    Sur les réformes dans l’ESR en France :
    https://seenthis.net/messages/820330

    • Discours de Bruno #Le_Maire , ministre de l’Economie et des Finances

      Mesdames et Messieurs les ministres,
      Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,

      Il nous faut bâtir un agenda des transitions à horizon 2025 pour donner une visibilité à chacun.
      Nous avons besoin d’une stratégie collective pour la nation, un pacte productif permettant d’atteindre le plein emploi en 2025"

      Voilà la commande qui a été passée par le président de la République aux membres du Gouvernement en avril à l’occasion de la restitution du Grand débat national.

      Depuis 6 mois, nous travaillons, avec les membres du Gouvernement, les fédérations professionnelles, les organisations syndicales, les chambres de commerce et les chambres de métiers, pour bâtir ce pacte productif.

      Je tiens à remercier tous ceux qui, depuis 6 mois, ont participé à ce travail : mes collègues ministres, les responsables syndicaux, les 2 000 chefs d’entreprises qui se sont exprimés grâce aux consultations des chambres de commerce et des chambres de métiers, les 74 organisations professionnelles et collectivités qui ont participé. Grâce à eux, nous avons pu faire un diagnostic précis de la situation économique de la France et en tirer des orientations pour les années à venir, avec un objectif : concilier puissance économique et protection de la planète, pour que la France reste une grande puissance au 21è siècle.

      1. Il est d’autant plus nécessaire de donner de la lisibilité à nos choix économiques que nous sommes confrontés à une double révolution technologique et environnementale.

      1ère révolution : la révolution technologique

      L’intelligence artificielle est la rupture technologique du 21è siècle. Elle va transformer tous les métiers et tous les secteurs.

      Elle peut apporter le meilleur : créer des centaines de milliers d’emplois ou combattre des maladies incurables.

      Comme elle peut apporter le pire : détruire des milliers d’emplois ou aliéner nos libertés.

      Une seule certitude, cette révolution technologique changera l’ordre des puissances. La Chine est déjà le premier investisseur mondial en matière d’intelligence artificielle. L’atelier du monde est en train de devenir le cerveau de la planète.

      2è révolution : la révolution environnementale

      Nous prenons conscience que notre planète peut devenir invivable pour l’homme. Nous réalisons que le progrès mal maîtrisé peut être une régression.

      Le politique doit désormais réconcilier progrès technologiques et protection de notre planète. Le pacte productif doit être un pacte environnemental. Un pacte passé avec les salariés, avec les entrepreneurs mais aussi un pacte passé avec notre planète.

      2. Face à cette double révolution, comment la France se positionne-t-elle ?

      Elle a des atouts considérables. Elle a des laboratoires de recherche exceptionnels : le CNRS, l’INRIA, le CEA. Elle a des infrastructures de grande qualité. Elle a des services publics irréprochables. Elle a une énergie nucléaire qui est un atout majeur pour faire face à la lutte contre le réchauffement climatique et à la réduction des émissions de CO2.

      Elle réussit dans une conjoncture internationale difficile. La croissance française s’établira à 1,4 % en 2019 et 1,3 % en 2020. Ce sont des niveaux de croissance supérieurs à la moyenne de la zone euro.

      Mais nous avons toujours trois faiblesses structurelles majeures.

      notre fiscalité de production reste trop élevée par rapport à nos partenaires européens. Elle est

      7 fois plus élevée qu’en Allemagne et 2 fois plus élevée que la moyenne de la zone euro ;

      notre spécialisation sur des produits et des services de moyenne gamme est mauvaise. Elle ne crée pas suffisamment de valeur pour les industriels et pour les producteurs agricoles. Elle nous ferme des marchés ;
      Le nombre d’heures travaillées est plus faible que chez nos partenaires européens. Si bien que nous nous sommes appauvris relativement aux États du G7 au cours des dernières années. Notre PIB a augmenté mais la richesse par habitant a augmenté moins vite que dans les autres grandes nations industrialisées du G7.

      3. Ces faiblesses structurelles expliquent en grande partie la désindustrialisation de la France depuis 10 ans. Elles nous menacent de déclassement économique.

      La part de l’industrie dans le PIB est passée de 17 % à 12 % en France en 20 ans. Elle s’est maintenue à 23 % en Allemagne, à près de 18 % en Italie et à 14 % en Espagne. 100 usines par an ont été fermées depuis 10 ans, 1 million d’emplois industriels ont été supprimés. Ces chiffres sont sans appel.

      Nous nous en sortons dans trois secteurs : l’aéronautique, le luxe, les vins et spiritueux. Mais on ne bâtit pas une force industrielle sur trois secteurs, qui plus est, trois secteurs qui sont les mêmes depuis 20 ans.

      Certains secteurs se sont fragilisés : je pense à l’agroalimentaire ou à l’industrie pharmaceutique. Enfin, d’autres secteurs n’ont trouvé leur salut qu’en délocalisant leur production. Je pense, par exemple, à l’industrie automobile. La production automobile française est passée d’un excédent commercial de 13 milliards d’euros en 2004 à un déficit de 12 milliards d’euros en 2018. Dans le même temps, l’excédent commercial allemand a progressé de 70 à 122 milliards d’euros.

      En résumé : la France a fait le choix de la consommation plutôt que le choix de la production. Elle a fait le choix de la redistribution plutôt que de la création de richesses. Elle a accepté les délocalisations plutôt que de valoriser nos technologies, nos savoir-faire et notre intelligence collective.

      Les conséquences de ces choix économiques, nous les connaissons : le chômage reste élevé, des centaines de milliers d’emplois restent non pourvus, les inégalités territoriales menacent l’unité de la nation française.

      4. Pourtant, les résultats que nous avons obtenus depuis plus de deux ans montrent que ce risque de déclassement n’est pas une fatalité. Nous pouvons inverser la tendance. Nous avons commencé à le faire. Le Pacte productif doit permettre d’aller plus loin dans la transformation économique du pays et d’ouvrir le deuxième temps de la transformation économique du quinquennat.

      Cela suppose de faire les choix politiques clairs devant et avec nos compatriotes.

      1er choix : rester une nation de production. C’est un choix qui ne va pas de soi. Nous pourrions très bien faire le choix d’une économie de services : devenir la plateforme financière

      et le pays des services en Europe. C’est le choix qu’ont fait les Britanniques avec Margaret Thatcher dans les années 1980 en libéralisant les marchés financiers et la bourse londonienne. Ce n’est pas le choix que nous faisons. La France ne serait pas la France sans production industrielle et sans production agricole. Elle ne serait pas davantage la France si nous abandonnions certains territoires et si nous concentrions la production de richesses dans les seules métropoles. Le pacte productif doit aussi être un pacte territorial.

      2è choix : réussir dans les échanges internationaux. Je ne crois pas au repli sur soi. Je crois dans les vertus du libre-échange sur la base du principe de réciprocité. L’économie française sera plus forte si nos entreprises exportent davantage.
      3è choix : rester une des nations technologiquement les plus avancées. Nous voulons préserver notre indépendance technologique par rapport à la Chine et aux des États-Unis en matière d’intelligence artificielle ou de stockage d’énergie. Nous voulons rester dans la course à l’innovation pour maîtriser les innovations futures et préserver notre souveraineté politique. Il n’y aura plus au 21è siècle de souveraineté politique sans souveraineté technologique.

      Sur la base de ces choix, nous vous présentons 5 orientations stratégiques pour la production française dans les années à venir.
      1ère orientation : atteindre une économie zéro carbone en 2050

      Nous nous sommes fixés comme objectif dans le Plan climat zéro émission nette de CO2 en 2050. Cet objectif est accessible mais il implique d’être cohérent.

      La cohérence est de ne pas augmenter notre empreinte carbone, c’est-à-dire les biens et les services carbonés que nous consommons, quand nous baissons nos propres émissions de CO2.

      C’est pourtant la situation actuelle. Nos émissions nationales ont baissé de près 20 % en 20 ans tandis que nos émissions liées à nos importations ont doublé. Au final, notre empreinte carbone globale a augmenté de 10 %.

      Nous fixons des contraintes environnementales à notre industrie, elle perd en compétitivité, elle délocalise sa production. Et nous continuons à consommer ailleurs les mêmes produits carbonés. C’est inefficace pour notre économie et ce n’est pas cohérent avec nos objectifs environnementaux.

      Nous devons gagner en cohérence et faire que toutes les politiques publiques décarbonent notre production et notre consommation.

      Cela suppose de mettre en place le plus rapidement possible des réponses européennes : une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne est nécessaire. Sans elle, toutes les politiques publiques européennes seront dépourvues d’efficacité.

      Cela suppose également de mettre en place une taxation européenne des moyens de transport les plus polluants. Il est incompréhensible que des objectifs d’émissions carbone aient été fixés pour nos voitures et qu’aucun objectif n’ait été fixé pour les avions ou les bateaux. Nous proposons de travailler à une taxation européenne du carburant des avions et des bateaux.

      Cela suppose aussi de dégager les financements nécessaires. La Banque européenne d’investissement pourrait devenir une banque verte, avec au moins la moitié des encours dédiée à la transition énergétique

      Cela suppose, enfin, de montrer la voie en matière de finance verte en créant une taxonomie européenne qui permette de distinguer en toute transparence les investissements verts des autres investissements. Le nucléaire doit être maintenu dans cette taxonomie européenne et être considéré comme une énergie indispensable à la lutte contre le réchauffement climatique. Nous en débattrons avec nos partenaires allemands, mais le GIEC et de nombreux scientifiques sont formels sur la nécessité de recourir au nucléaire pour lutter contre le réchauffement climatique.

      La puissance publique nationale doit aussi s’engager pour atteindre cette économie zéro carbone en 2050.

      Nous avons déjà établi, avec Gérald Darmanin, un budget vert pour l’Etat. 20 milliards d’investissement sont dédiés à la transition écologique au cours du quinquennat. L’enveloppe dédiée au bonus automobile et à la prime à la conversion augmentera de 50 % cette année. Le crédit d’impôt pour la transition écologique sera transformé en aide directe et concentré pour aider les ménages les plus modestes.

      Cette politique publique nationale exige également, comme l’a indiqué le président de la République à l’Assemblée générale des Nations Unies, que l’État cesse de financer des projets qui contribuent à la croissance des émissions de CO2 en dehors de nos frontières. Nous engagerons donc une revue globale précise des garanties du trésor à l’exportation. Nous communiquerons les résultats de cette revue au premier trimestre 2020. Nous en tirerons les conséquences avec un objectif : réduire l’empreinte carbone des garanties du trésor. Nous engageons déjà cette politique dans le PLF 2020 en interdisant toute garantie du trésor pour les projets charbon.

      2è orientation : anticiper les besoins de compétences et former pour 2025.

      La France n’a pas connu le plein emploi depuis 50 ans. Nous n’avons pas réussi à atteindre le plein emploi pour deux raisons : nous avons mal formé et nous avons un coût du travail trop élevé. Nous avons réduit ce coût du travail grâce aux allègements de charges, nous ne reviendrons pas dessus.

      Mais le prix du plein emploi ne peut pas être et ne sera pas le dumping salarial. Nous voulons élever les compétences plutôt que baisser les salaires. En cela, nous nous inscrivons en rupture claire avec les politiques de minijobs ou de contrat « zéro heure » qui ne correspondent pas à notre vision du capitalisme responsable.

      Nous voulons mettre en place une gestion prévisionnelle des compétences à l’échelle nationale pour la première fois en France : comprendre nos besoins et notre offre de compétences en France et région par région.

      Cette gestion prévisionnelle nous permettra de concevoir les formations initiales en secondaire et en universitaire et de fixer des objectifs pour 2025. 80 000 emplois sont aujourd’hui vacants dans le secteur du numérique et ce nombre va aller croissant si nous n’agissons pas. Nous devons augmenter massivement le nombre de techniciens, d’ingénieurs, de docteurs formés pour demain. Nous avons pour objectif de doubler le nombre d’étudiants formés en IA.

      Cette gestion permettra aussi de créer les formations continues et les accompagnements pour requalifier les emplois menacés par la robotisation ou la numérisation de notre économie.

      Cette politique doit nous amener à diviser par deux le nombre d’emplois non pourvus en le ramenant de 200 000 à 100 000. Elle pourra être complétée, comme le Premier ministre l’a indiqué à la représentation nationale, par une immigration de travail choisie pouvant inclure des quotas par branche professionnelle.

      Nous sommes prêts à ouvrir ces travaux avec les organisations syndicales et les représentants des salariés et des entreprises.

      3è orientation : devenir une économie de rupture technologique

      La France est une économie de l’innovation : nous avons les chercheurs, les ingénieurs, un écosystème de start-up. Mais la France n’est pas une économie de rupture technologique. Nous suivons les innovations américaines ou chinoises plutôt que de montrer la voie. Pour inverser la tendance, nous devons travailler dans trois directions : les financements, la recherche et les chaînes de valeur technologiques.

      Nous avons besoin de plus de financements. Sur les 100 plus grandes entreprises numériques cotées en 2018, 49 sont américaines, 14 sont chinoises et 2 entreprises seulement sont françaises. Ce n’est pas une question de talent ou de créativité, c’est une question de manque de financement.

      Le PIA III arrive à son terme, c’est l’occasion de lancer une nouvelle vague d’investissement d’avenir, une vague plus ambitieuse. Comment faire ? Quelle enveloppe dédier ? Quel véhicule utiliser ? Pourquoi ne pas utiliser le fonds d’innovation de rupture ?

      La structure est en place. Elle garantit un financement sûr et régulier de l’innovation. Nous pourrions rassembler dans le même fonds un possible nouveau PIA et le fonds pour l’innovation de rupture, pour disposer d’un rendement sûr et plus élevé chaque année.

      Par ailleurs, nos pépites technologiques ne trouvent pas les financements nécessaires pour devenir des géants mondiaux. Elles lèvent 5, 10, 15 millions d’euros mais ne trouvent pas des tickets de 50 ou 100 millions.

      Résultat : elles se font racheter par des entreprises américaines qui récupèrent le siège, les emplois et la propriété intellectuelle. Le contribuable français n’a pas vocation à financer des startup qui finissent ensuite dans les mains de grandes entreprises américaines.

      Nous avons fait une première étape pour augmenter les financements sur le marché français : des investisseurs institutionnels se sont engagés à investir 5 milliards. Nous pourrions maintenant nous fixer cet objectif : 20 milliards d’euros de levées de fonds publics et privés pour le financement des entreprises innovantes à échéance 2025.

      Enfin, nous avons besoin de plus de protections. Nos start-up se font racheter parce qu’elles manquent de financement, mais aussi parfois parce qu’elles manquent de protection. C’est pourquoi nous avons renforcé les décrets IEF dans la loi PACTE.

      Nous proposons de renforcer encore ces protections : le seuil de prise de participation dans une entreprise stratégique déclenchant le contrôle pourrait être abaissé de 33,3 % à 25 %. Le champ des secteurs protégés pourrait être élargi aux médias et à la sécurité alimentaire.

      Sur la politique de recherche

      Nous avons une recherche publique d’excellence et une industrie de haute technologie. Mais recherche et industrie ne travaillent pas ensemble. Il existe encore un mur entre la recherche publique et son développement industriel. Nous devons casser ce mur. Nous avons commencé à le faire dans PACTE, nous devons aller plus loin.

      La loi de programmation de la recherche devrait être l’occasion de réfléchir à une augmentation des moyens consacrés à des programmes de recherche publique en contrepartie de leur orientation vers un développement industriel précis.

      Enfin, nous devons développer une stratégie claire de chaînes de valeur technologiques.

      Nous l’avons fait pour la nanoélectronique. C’est un succès. STMicroelectronics ou SOITEC maintiennent en France et en Europe une production de semi-conducteurs qui auraient été totalement délocalisée en Asie si l’Etat n’était pas intervenu.

      Nous le faisons aussi sur les batteries électriques. Nous produirons dès 2022 des batteries électriques en France et Allemagne car nos deux Etats sont intervenus pour conserver une industrie automobile européenne puissante et souveraine.

      Mais dans quelles chaînes de valeurs investir ? Quelles technologies assureront notre croissance et notre souveraineté ? Et comment les choisir ?

      Nous devons croiser trois critères : la qualité de la base industrielle en France, la situation du marché et les performances de notre recherche. Sur la base de ces critères, nous avons identifié des chaînes de valeur qui pourraient être immédiatement renforcées pour 2025 et considérées comme des chaînes de valeur stratégiques.

      Je pense par exemple aux nouvelles thérapies et à la médecine personnalisée, à la chaîne de traction électrique, au-delà des batteries, ou encore aux technologies avancées de recyclage, qui permettent de fabriquer des matières premières recyclées aussi qualitatives que des matières vierges.

      D’autres chaînes de valeur moins matures aujourd’hui seront absolument incontournables à horizon 2030. Là aussi, nous devons développer une stratégie complète pour préparer l’avenir. Je pense par exemple à l’hydrogène pour la mobilité, à l’internet des objets industriels ou encore à de nouveaux agro-équipements, permettant de réduire massivement l’usage de pesticides

      Nous ne décrétons pas que ce sont les seules chaînes de valeur stratégiques, nous lançons le débat. Nous devons maintenant utiliser les mois qui viennent pour les confronter à des experts, des scientifiques, des économistes et des industriels.

      4è orientation : être compétitif pour produire en France

      Si nous voulons rapatrier les capacités de production en France, nous devons retrouver une compétitivité fiscale.

      L’enjeu des impôts de production n’est pas de faire un cadeau aux entrepreneurs, c’est de rapatrier la production dans nos territoires. Pour cela, nous avons besoin d’une baisse massive, régulière et définitive.

      Cela implique de faire un choix politique collectif : avec les présidents de Régions, de départements, avec les maires, avec les industriels et avec l’ensemble des Français.

      Cela suppose de prendre le temps de débattre ensemble pour répondre aux vraies questions : quel impôt baisser ? A quelle vitesse les baisser ? Comment les baisser suffisamment pour relancer la production sans couper les ressources des collectivités ?

      Nous pouvons être audacieux et imaginer des solutions nouvelles :

      une priorité à la suppression de la C3S ;
      une trajectoire de baisse claire sur plusieurs années ;
      une possibilité pour les régions de faire de baisser la CVAE comme le propose le Premier ministre ;
      une déduction fiscale pour les entreprises qui investiraient dans la transition énergétique et digitale.

      Autant de pistes de réflexion que je livre au débat. Je propose de les étudier avec les partenaires sociaux, avec l’Association des maires de France et dans le cadre du conseil Etat-Régions. Donnons-nous 6 mois pour aboutir.

      5è orientation : engager un nouvel acte de décentralisation en matière de développement économique

      Un pas a déjà été fait sur la politique d’innovation lors de la phase IV des pôles de compétitivité. La gestion des pôles sera transférée aux régions et les appels à projets seront désormais gérés par les régions.

      Nous pouvons aller plus loin en matière fiscale. Les régions pourraient définir des stratégies de compétitivité territoriale avec de nouvelles compétences fiscales et sociales.

      En matière industrielle : un conseil Etat-région pourrait être mis en place pour partager les orientations des politiques industrielles nationales et régionales.

      Voilà nos 5 orientations, elles ne sont pas inscrites dans le marbre. Elles ont vocation à être débattues. Nous devons maintenant concerter, consulter et évaluer. C’est la méthode du pacte productif.

      La concertation est ouverte avec les collectivités, avec les maires de France, avec les responsables syndicaux et les chefs d’entreprise.
      Une consultation publique est lancée ce matin. Chaque Français pourra réagir à ces orientations sur un site internet dédié au pacte productif.
      Enfin, une évaluation des chaînes de valeurs stratégiques sera demandée au conseil de l’innovation. Pour faire cette évaluation, il sera renforcé par des économistes, des chefs d’entreprise, des associations, des scientifiques, des syndicats.

      Cette méthode permettra au président de la République de présenter aux Français la stratégie collective dont nous avons besoin pour atteindre le plein emploi en 2025.

      Elle pourra conduire si nécessaire à une loi PACTE 2 à l’automne 2020 et des dispositions fiscales dans le PLF 2021.

      Je vous remercie.

      https://www.economie.gouv.fr/pacte-productif/discours-de-bruno-le-maire-ministre-de-leconomie-et-des-finances

  • Écoutons encore une fois Servan* :

    “(...) Quand vous aurez ainsi formé la chaîne des #idées dans la tête de vos #citoyens, vous pourrez alors vous vanter de les conduire et d’être leurs #maîtres. Un #despote #imbécile peut contraindre des #esclaves avec des #chaînes de fer ; mais un vrai #politique les lie bien plus fortement par la chaîne de leurs propres idées ; c’est au plan fixe de la #raison qu’il en attache le premier bout ; lien d’autant plus fort que nous en ignorons la texture et que nous le croyons notre ouvrage ; le désespoir et le temps rongent les liens de fer et d’acier, mais il ne peut rien contre l’union habituelle des idées, il ne fait que la resserrer davantage ; et sur les molles fibres du cerveau est fondée la base inébranlable des plus fermes #Empires”.

    * JM Servan, Discours sur l’administration et la justice criminelle 1767, p. 35.

    #MICHEL_FOUCAULT (Surveiller et punir, p. 105, collection Bibliothèque des histoires, Gallimard, 1975)

  • Migrant Hostages : A Lucrative Business in Turkey

    Last week’s discovery of 96 Pakistani and Afghan migrants who had spent a month chained in an Istanbul basement was met with reactions of shock and horror. The men had paid traffickers between four and five thousand lira to cross into Turkey with the intention of eventually reaching Europe. Upon arriving in Istanbul, they were locked in a basement, with their captors demanding that the men call their families to inform them they had arrived in Europe, and ask for money. Those who refused were tortured. Fortunately, one of the men was able to get a hold of a key. After he released the others, they banded together to attack their captors and then summoned help.

    http://www.bmigration.com/migrants-hostage-turkey
    #Turquie #otages #business #asile #migrations #réfugiés #torture #chaînes #Istanbul #sous-terrain #sous-sol #esclavage #esclavage_moderne

  • La fin de la liberté des travailleurs américains RTBF - Paul Krugman - 23 Mai 2017

    Les conservateurs américains aiment parler de la liberté. Le célèbre ouvrage pro capitaliste de Milton Friedman ainsi que sa série télé étaient intitulés « Libres de choisir ». Et les plus durs des membres de la Chambre des Représentants qui poussent pour un démantèlement total de l’Obamacare se nomment eux-mêmes le Caucus de la Liberté.

    Eh bien pourquoi pas ? Après tout, l’Amérique est une société ouverte, dans laquelle chacun est libre de faire ses propres choix quant à l’endroit où il veut travailler et la façon dont il veut vivre.

    Tout le monde, certes, à l’exception des 30 millions de travailleurs qui sont désormais couverts par des clauses de non concurrence, qui pourraient se retrouver parfaitement inemployables s’ils quittent leur emploi actuel ; les 52 millions d’américains qui ont des antécédents médicaux qui seront effectivement dans l’incapacité de souscrire une assurance de santé individuelle, et qui seront donc bloqués avec leur employeur actuel, si le Caucus de la Liberté a gain de cause ; et les millions d’américains qui croulent déjà sous les dettes de leurs prêts étudiants, ou autres.

    La réalité, c’est que les américains, et notamment les travailleurs américains, ne se sentent pas du tout libres. L’Etude mondiale de Gallup demande aux habitants de nombreux pays s’ils ont le sentiment qu’ils ont « la liberté de faire des choix de vie » ; les Etats-Unis ne sont pas très bien placés, notamment comparés aux notes élevées en termes de liberté des nations européennes qui ont de forts filets de sécurité sociale.

    Et l’on peut facilement démontrer que nous sommes de moins en moins libres à mesure que le temps passe.
    Parlons d’abord de ces clauses de non concurrence, qui ont été récemment au cœur d’un article édifiant dans le New York Times (le dernier de toute une série), en plus d’un reportage venant de l’administration Obama poussant pour mettre des limites à cette pratique.

    Des clauses de non concurrence étaient à l’origine censées concerner la protection de secrets industriels et donc aider à promouvoir l’innovation et les investissements dans la formation professionnelle. Imaginons qu’une entreprise tentant de construire un meilleur piège à souris embauche une nouvelle ingénieure spécialisée en piège à souris. Son contrat de travail pourrait fort bien inclure une clause l’empêchant de partir quelques mois plus tard pour un emploi pour une entreprise concurrente, puisqu’elle pourrait donner des informations confidentielles à cette nouvelle entreprise. Et ça se comprend tout à fait.

    Pourtant, aujourd’hui, quasiment un employé américain sur cinq est sujet à une clause de non concurrence. Il ne peut y avoir autant d’employés qui possèdent des secrets industriels de valeur, notamment lorsque la plupart de ces employés ont des emplois relativement mal payés. Par exemple, l’une des affaires les plus importantes met en cause Jimmy John’s, une chaîne de sandwicheries, qui tente, en gros, d’interdire à ses anciens franchisés de travailler avec d’autres sandwicheries.

    De plus, les termes de ces clauses sont le plus souvent étendus de manière ridicule. C’est comme si notre ingénieure imaginaire en piège à souris avait l’interdiction de chercher un emploi avec une autre entreprise de manufacture, ou tout autre poste qui utiliserait ses savoirs faire d’ingénieure.

    En d’autres termes, aujourd’hui, les clauses de non concurrence sont là, dans la plupart des cas, bien moins pour protéger des secrets industriels que pour lier les employés à leurs employeurs actuels, incapables de demander de meilleurs salaires ou de démissionner pour trouver un meilleur emploi.

    Cela ne devrait pas se produire en Amérique, et pour être honnête, certains politiques des deux partis parlent du besoin de changer cela (bien que peu de gens s’attendent à ce que l’administration Trump ne suive l’impulsion de réforme initiée par l’administration Obama). Mais il y a un autre aspect du déclin de la liberté des employés qui est un vrai sujet lié aux partis : la santé.

    Jusqu’à 2014, en gros, il n’existait qu’une seule façon d’obtenir une assurance santé pour les américains ayant des antécédents médicaux âgés de moins de 65 ans : c’était trouver un employeur qui proposait une couverture santé. Certains employeurs étaient en fait volontaires pour le faire. Pourquoi ? Parce qu’il y avait de gros avantages en termes d’impôts – les premiums ne sont pas comptabilisées comme des revenus imposables – mais pour obtenir ces avantages, les plans santé des employeurs devaient offrir la même couverture santé à chaque employé, quelques soient ses antécédents médicaux.

    Et que se passait-il si vous souhaitiez changer d’emploi, ou lancer votre propre boîte ? Dommage : en gros, vous étiez bloqués (et je connais un certain nombre de gens dans ce cas).

    Puis, l’Obamacare est entré en vigueur, garantissant une couverture santé abordable même à ceux ayant des antécédents médicaux. Cela fut un changement incroyablement libérateur pour des millions de gens. Même si vous n’aviez pas tiré profit immédiatement de ce nouveau programme pour vous lancer en solo, le fait était que désormais, vous pouviez le faire.

    Mais peut-être plus pour très longtemps. Le Trumpcare – l’American Health Care Act – réduirait de manière drastique les protections pour les américains ayant des antécédents médicaux. Et même si ce projet de loi ne devient jamais une loi, l’administration Trump est, dans les faits, en train de saboter les marchés de l’assurance privée, ce qui veut dire que dans de nombreux cas les américains qui perdent la couverture de leur employeur n’auront aucun recours – ce qui, en réaction ne fera que lier encore plus à leur employeur actuel ceux qui ont une telle couverture.

    L’on pourrait dire, avec un peu d’hyperbole, que les employés en Amérique, soi-disant le pays de la liberté, sont en fait sur la voie de la servitude, sous le joug des employeurs des grandes entreprises de la même façon que les paysans russes étaient autrefois liés aux terres de leurs maîtres. Et les personnes qui les poussent sur cette route sont ceux-là même qui crient le plus fort « la liberté ».

    #Liberté #Travail #non_concurrence #choix_de_vie #secrets_industriels #chaînes #esclavage

  • En faillite, la chaîne de distribution RadioShack va être dépecée

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/02/06/en-faillite-la-chaine-de-distribution-radioshack-va-etre-depecee_4571156_323

    Le distributeur américain de produits et de composants d’électronique RadioShack a déposé son bilan, jeudi 5 février. Cette icône de la distribution, née en 1921, qui a bercé plusieurs générations d’Américains, ne fêtera pas son centenaire.

    Quatre jours plus tôt, le New York Stock Exchange avait déjà suspendu la cotation du titre. Le groupe s’est désormais placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites et s’apprête à être dépecé. Un accord a été signé dans ce sens avec le fonds d’investissement Standard General, qui avait injecté 535 millions de dollars en octobre 2014. Mais ce traitement a finalement tenu plus des soins palliatifs que d’une véritable thérapie porteuse d’espoir.

    #grande_distribution #chaines_commerciales #commerce

  • Sujets sans importance - observatoire des sondages
    http://www.observatoire-des-sondages.org/Sujets-sans-importance.html

    Comme le confirme le baromètre établi par l’INA qui enregistre une augmentation de plus de 70% sur 10 ans de la rubrique faits divers dans les sujets des JT des grandes chaines audiovisuelles d’informations (Cf. INA-Stat), la presse est toujours plus friande de faits divers dramatiques ou sordides. Les sondeurs aussi. Leurs sujets sont les mêmes.

    Paris-Match consacre sa une aux vacances « en amoureux de Carla Bruni et Nicolas Sarkozy », autre bon client des sondeurs, et, la seconde information ne reléguant pas la première, à la mort de 295 passagers du vol de Malaysia Airline abattu par un missile (n° 3401, 24-31 juillet 2014). Autre titre du même groupe de presse, le JDD du 27 juillet se consacre seulement au crash. Nicolas attendra un autre article de promotion (JDD, 28 juillet 2014). Afin de répondre à la question grave : « Faut-il avoir peur de l’avion ? »,.......

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    la presse est toujours plus friande de faits divers dramatiques ou sordides. Les sondeurs aussi. Leurs sujets sont les mêmes.

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    #faits_divers
    #JT
    #chaines_audiovisuelles_d’informations
    #sondages

  • Le Capital naturel, un nouvel eldorado pour le business ?

    Le concept de « capital naturel » a été récemment promu par de nombreuses conférences et publications dans les arènes nationales et internationales. Pour protéger l’environnement ou permettre le maintien d’un business as usual dévastateur ? Retour sur le récent premier Forum Mondial sur le capital naturel organisé à Edimbourg fin novembre 2013.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/110214/le-capital-naturel-un-nouvel-eldorado-pour-le-business

    #capital_naturel #business #Edimbourg #Ecosse #Rio+20 #services_écosystémiques #compensation #investissement #révolution #Royal_Bank_of_Scotland #Rio_Tinto #Coca_Cola #KPMG #IUCN #scientifique #biodiversité #carbone #zones_humides #mangroves #Havas #Defra #chaines_d'approvisionnement #métrique #entreprises #PUMA #Webcor #TruePrice #internaliser #externalités #communs
    @rezo

  • Poujadistes et extrémistes : Mon overdose de cette droite insupportable ~ A Perdre La Raison
    http://www.perdre-la-raison.com/2013/11/poujadistes-et-extremistes-mon-overdose.html

    Depuis un moment déjà je suis d’humeur pénible du fait des agissements d’une bande d’énergumènes croyant avoir tous les droits et s’agitant contre la démocratie française et le vote des français.

    Nous observons quelques mouvements patronaux poujadistes, (vite noyautés par l’extrême droite), de personnes se pensant au dessus des lois et détruisant ici ou là des portiques ecotaxe et maintenant des radars tout ça parce qu’ils ont décidé que les représentants du peuple avaient mal voté une loi en 2009 au temps de la splendeur de Sarkozy.

    Et les voilà en train de couiner et chouiner sur BFM contre une taxe écologique qui selon eux ne devrait pas être appliquée en Bretagne. Mais enfin pour qui se prennent-ils ?

    Entend t-on les lorrains qui subissent la crise depuis la disparition de la sidérurgie dans les années 70/80 ? Entend t-on les résidents du Nord-Pas de Calais, région la plus pauvre de France ? Entend t-on les habitants du Languedoc Roussillon, région au taux de chômage le plus important ? etc.... Non, alors qu’il y a de quoi.

    Et puis hier nous avons eu droit à quelques agités extrémistes contre le mariage pour tous qui s’en sont pris à François Hollande venu rendre hommage aux combattants de la grande guerre à Paris et aux résistants à Oyonnax qui ont bravé les nazi et la milice française en défilant le 11 novembre 1943.

    Ces insignifiants écervelés qui se prétendent en dictature socialiste ne respectent en rien la démocratie alors que François Hollande et sa majorité ont été élu par le peuple il y a à peine 18 mois pour mettre en place leur programme, malheureusement en plus, il doivent organiser la réduction des dettes et déficits constatés à leur arrivée.

    Alors que quelques groupuscules d’extrême droite s’agitent n’a rien d’étonnant, ils ne respectent pas la démocratie et le vote des Français, il profitent des chaines d’infos qui leur laissent l’antenne avec bienveillance alors qu’ils ne représentent rien ni personne d’autre qu’eux même dans notre démocratie représentative.

    Ils rêvent sans doute de faire comme le NSDAP qui le 12 novembre 1933, il y a pile 80 ans remportait les élections législatives avec 92,2% des suffrages ..... où tous les autres partis allemands avaient été interdits.

    Voilà, toutes ces personnes m’emmerdent profondément, je ne les supporte plus, y compris ceux qui relaient à loisir leur parole, leur action comme les blogueurs de droite ont pris l’habitude de le faire.

    Quant au gouvernement, il me semble que soit venu le temps de maintenir l’autorité de l’Etat et de combattre sans relâche tous ces factieux, tous ces poujadistes, tous ses intérêts particuliers qui agissent au détriment de l’intérêt général.

    Le Président de la République est en place pour un mandat de cinq ans et point barre que cela plaise ou non c’est ainsi, le peuple a tranché le 6 mai 2012. Que le gouvernement fasse respecter le choix du peuple exprimé en mai et juin 2012 et qu’il mette en place les mesures pour lesquelles il a été élu.

    #poujadisme
    #extrémistes
    #chaines-d'infos

  • Chaînes YouTube : le gros bide de la télé potache - Télévision - Télérama.fr
    http://television.telerama.fr/television/chaines-youtube-le-gros-bide-de-la-tele-potache,98152.php

    Aux Etats-Unis, plusieurs chaînes YouTube – comme Machinima et ses sept millions d’abonnés — font déjà davantage d’audience que certaines chaînes du câble. Le succès est tel que le site lancera bientôt cinquante-trois canaux payants (sur abonnement), rivalisant avec la télé traditionnelle. En France, YouTube tâtonne encore. En 2012, l’hébergeur a élu treize producteurs français, leur proposant des avances sur recettes (de 500 000 à un million d’euros) pour expérimenter des programmes courts. Cela ne ressemble pas encore un flux télé en direct, mais à un portail. Le site et les producteurs se rémunèrent sur les publicités qui précèdent chaque programme. Problème, pour l’instant, une seule chaîne française fait de l’audience : Studio Bagel, vouée à l’humour (forcément), avec plus de 500 000 abonnés. Vidéo la plus populaire ? La parodie pas très classe (ni très drôle) d’une vieille pub Yop (plus de 3 millions de vues). Hum...

    #Youtube #chaînes #humour #flop