• Comment les riches ravagent la planète. Et comment les en empêcher

    En dix-sept ans, les riches n’ont rien appris, rien compris, rien changé. Ils se gavent. Les milliardaires ont multiplié leur fortune, la catastrophe écologique s’amplifie, la crise sociale est mondiale. Le lien entre ces phénomènes ? Les inégalités. On n’évitera pas le désastre climatique si l’on ne ramène pas les ultra-riches à la raison. C’est ce qu’explique ce livre détonnant, où une analyse implacable se combine à un dessin complice et surprenant. Inspirée de Comment les riches détruisent la planète, best-seller paru en 2007 et traduit en douze langues qui a largement contribué à montrer l’articulation intime entre crise écologique et crise sociale, cette bande dessinée s’imposait pour en actualiser les données et le constat. Elle raconte comment, en bientôt vingt ans, l’oligarchie a augmenté sa passion destructrice et endossé les nouveaux habits du capitalisme.

    https://www.seuil.com/ouvrage/comment-les-riches-ravagent-la-planete-herve-kempf/9782021552508
    #bande_dessinée #BD #bande-dessinée #livre #riches #richesse #écologie #capitalisme #changement_climatique #Svante_Arrhenius #biodiversité #inégalités #modernisation #1980s #choc_pétrolier #finance #dérégulation #néo-libéralisme #mondialisation #hyper-riches #rivalité_ostentatoire #potlach #ostentation #gaspillage #surconsommation #profit #techno-solutionnisme #oligarchie #médias #résistance #révoltes #répression #violences_policières #surveillance #tax_the_rich #taxer_les_riches

  • #Ikea ou la mafia du #bois

    Ion Holban milite à l’association #Agent_Green, qui lutte contre le #trafic_de_bois en #Roumanie. Rencontré sur le site d’une #coupe_rase illégale, il raconte comment l’#industrie_de_l’ameublement, et notamment Ikea, privatise et détruit les forêts du pays pour vendre des produits rapidement obsolètes.

    Pouvez-vous présenter le site où nous nous trouvons ? Que s’est-il passé ici ?

    Nous sommes sur un site naturel protégé du nom de #Podiciul_Hartibatiului, au centre de la Roumanie. C’est le plus grand site Natura 2000 du pays, avec 250 hectares. Ici, à côté de la ville de #Cincu, il y a eu une coupe rase : sur 10 hectares, tous les arbres ont été coupés en même temps, ce qui est illégal. Cette #forêt, composée à 60-70% de #chênes, avait une grande valeur, car c’est l’espèce la plus rentable que nous avons. Au lieu d’intervenir de façon modérée, en laissant une partie des arbres, l’entreprise #Silva 1 a décidé de tout couper. Ce groupe, basé près de #Sibiu, coupe et transporte du bois. Nous avons suivi leur activité et constaté que le bois a été acheminé, stocké puis envoyé vers plusieurs clients, dont les usines d’Ikea. Elles ont beau ne pas porter la marque “Ikea”, nous savons que la majorité des grosses usines roumaines - qui s’appellent #Aviva 1, #Sortilemn 2 ou #Plimob 3 - produisent pour Ikea.

    Cette chaîne de sous-traitance brouille les pistes ?

    Oui, c’est une façon de cacher la #chaîne_de_production. Si vous demandez à des représentant.es d’Ikea d’où vient leur bois, on vous répondra qu’il vient de différents entrepôts, d’entreprises comme Silva, mais on ne vous dira pas où il a été coupé. Lorsque des journalistes les questionnent, ils et elles répondent que tout va bien. Or, depuis 10 ans, nous avons suivi énormément de #cartels du bois, d’entreprises mafieuses qui abiment la forêt roumaine de façon intensive et, selon moi, la pire est de loin Ikea. C’est l’entreprise la plus opaque à laquelle nous avons affaire, la seule qui refuse de changer quoi que ce soit dans sa manière de faire, qui ne nomme jamais ses partenaires, ne partage jamais ses enquêtes, et nous renvoie vers des institutions bidon comme #FSC. Or les forêts certifiées FSC sont coupées exactement comme ici, car FSC n’est pas un organisme de certification indépendant : c’est un #label bidon créé par l’industrie, payé par l’industrie, pour protéger l’industrie.

    Dans quels autres pays d’Europe constate-t-on des problèmes similaires ?

    Dans les pays où il est possible d’acheter de la forêt. Dans des pays comme l’Ukraine ou la Pologne, c’est très difficile, mais en Roumanie, #Estonie ou #Lettonie, c’est possible et ce n’est pas cher. Vu le niveau de #corruption ici, vous pouvez facilement en acheter beaucoup si vous connaissez les bonnes personnes. Et Ikea a à l’évidence de grosses connections avec les politiques et le ministère de l’environnement roumain. Ils sont donc devenus rapidement les plus gros propriétaires privés de forêts, avec plus de 50 000 hectares. Et leur gestion est déplorable, comme on le voit ici. Les équipes d’Ikea ne voient pas la forêt comme un écosystème, ni comme une alliée indispensable dans la lutte contre le changement climatique. Ils la voient comme une #monoculture intensive : ils coupent agressivement de riches forêts mixtes, puis replantent les espèces qui sont les plus rentables.

    À propos de changement climatique, cet été a-t-il été particulièrement chaud en Roumanie ?

    Oui. Ici, dans le centre du pays on a atteint des records de température. Or les monocultures d’arbres sont les plus exposées au #changement_climatique, aux incendies, aux attaques d’insectes... Une #forêt_mixte est beaucoup plus résiliente : si certains arbres sont touchés par le scolyte, par exemple, certaines espèces mourront, mais d’autres subsisteront et les remplaceront. Là où vous avez 100% d’espèces identiques, la forêt toute entière est soumise aux mêmes vulnérabilités.

    Un autre impact de cette industrie, ce sont les déchets d’ameublement, que nous appelons en France "#bois_B" et dont l’incinération se développe. Comment expliquer le fait que tant de produits du bois soient jetés - ce qui engendre toujours plus de production, de coupes, de #gaspillage ?

    Je pense que c’est une question de mentalité et de business plan. Ikea a développé ce modèle économique de #fast_furniture : on vient en magasin, on achète le #mobilier de cette année, qu’on aime pour sa couleur jaune, mais l’année prochaine on voudra du vert. Alors on jette et on rachète, vu que le prix est relativement bas et qu’ils encouragent cette mentalité, cette idée selon laquelle les meubles sont en quelque sorte jetables : on peut les recycler et les remplacer si on en a envie. C’est complètement insoutenable. La forêt n’en est pas capable. Si toutes les compagnies de meubles adoptaient le modèle d’Ikea, nous viendrions à bout de nos forêts, car elles ne poussent pas aussi vite que les meubles sont fabriqués et jetés.

    Comment fait Ikea pour vendre si peu cher ?

    Une combinaison de stratégies permet de réduire les coûts de production : abuser de la forêt, couper autant que possible, transporter aussi vite que possible, et payer très peu les travailleur.ses. Dans beaucoup de leurs usines, les gens gagnent le salaire mininum 4. On a donc des #coûts_de_production très bas pour un bois de valeur.

    Ce modèle de consommation rencontre-t-il du succès en Roumanie ?

    Il y a quinze ans, il n’y avait qu’un seul magasin Ikea, à Bucarest. Aujourd’hui, il y en a dans la plupart des grandes villes. Il y a donc un marché pour ces meubles à bas coût. L’industrie qui produisait des meubles de qualité il y a 30 ans était dispersée en petites entreprises et s’est complètement effondrée. Nous savons qu’à l’époque communiste les conditions de travail étaient très mauvaises dans les usines, la santé des travailleur.ses n’était pas prise en compte, les produits chimiques employés généraient des cancers et d’autres pathologies. Aujourd’hui, les usines utilisent toujours des produits dangereux comme du #formaldéhyde, ne respectent pas non plus la vie des travailleur.ses ou des riverain.es. Concernant la consommation, il y avait tellement de pauvreté qu’on n’avait pas les moyens de jeter des meubles : si le lit était fonctionnel, on le gardait, si la chaise était cassée, on la réparait et on l’utilisait jusqu’à ce qu’elle soit complètement hors-service. Mais aujourd’hui, alors même qu’il y a plus d’argent en Roumanie et que ces objets de l’ère communiste atteignent la fin de leur cycle de vie, on constate que très peu de gens peuvent se permettre de dépenser dans du bon matériel, ce qui résulte aussi de la #pauvreté.

    La pauvreté incitait à faire durer les choses, aujourd’hui elle incite à acheter du jetable ?

    Oui. Il y a aussi cette représentation : il faut se débarrasser du vieux mobilier communiste et acheter des produits avec de jolies couleurs et un joli design, sans prêter attention à la qualité ou à la traçabilité du bois. Lorsque nous parlons avec des jeunes, ils sont souvent surpris, ils s’attendent à ce que des compagnies comme Ikea soient responsables. Si vous lisez les textes publiés sur leur site Internet, vous pouvez croire que leurs produits sont des dons que Dieu envoie aux terrien.nes, ce qu’il y a de plus soutenable. Les gens croient à ces folies. Nous voulons changer ça, que les gens y réfléchissent à deux fois avant d’acheter ces produits.

    Quelles victoires avez-vous remportées ?

    De petites victoires. Ici, à Cincu, nous avons déposé plusieurs plaintes auprès de la commune et des gardes forestiers, et le maire a accepté de placer 10% de la forêt sous stricte protection - auparavant on était à 1%. Nous voyons des résultats au niveau local, mais peu au niveau international. Les grandes batailles seront longues : il faudra des années avant d’avoir des réponses d’organisations aussi opaques qu’Ikea.

    De l’autre côté de l’Europe, et à l’autre bout du cycle de vie du meuble, d’autres activistes se battent contre les effets néfastes de la fast furniture : je pense aux opposant.es au projet d’incinérateur de bois B "Thermo-sur-Seine", dans le 94. Quels conseils leur donneriez-vous ?

    Il faut continuer à se battre, tenir bon, ne pas être abattu.es par les premiers échecs. Il faut se fixer des objectifs à long terme et persévérer dans la lutte parce que le bien triomphe toujours. C’est ma conviction : si vous vous battez pour la nature, vous êtes du bon côté de l’histoire. Et à la fin, on va gagner.

    –-

    1Entreprise fondée en 2007 à Bucarest, qui produisait initialement des sapins de Noël.

    1Entreprise fondée en 1999 à Sighetul Marmatiei, fabriquant du parquet, des plans de travail, des meubles et ustensiles de cuisine.

    2Entreprise fondée en 1961 à Gherla, privatisée en 1991, fabriquant des meubles en bois.

    3Entreprise également basée à Sighetul Marmatiei, née en 1995 de la scission de plusieurs sites de production, fabriquant notamment des chaises en bois pour Ikea qui est son partenaire principal.

    4En 2026 le salaire minimum net en Roumanie équivaut à 515 € net (815 € brut).

    https://blogs.mediapart.fr/jeanne-guien/blog/050926/ikea-ou-la-mafia-du-bois
    #meubles #privatisation

  • Il castello di #Chantilly in Francia apre le porte con una mostra dedicata a Carolina Bonapate
    https://informareonline.com/la-collezione-di-carolina-bonapate-la-regina-che-preferi-napoli-a-s

    Il castello di Chantilly, a nord di Parigi, apre gratuitamente le sue porte per le Giornate europee del patrimonio di settembre con una mostra eccezionale dedicata a #Carolina_Bonaparte_Murat, regina di #Napoli dal 1808 al 1815 e sorella minore di #Napoleone I. L’esposizione, intitolata «De Naples à Chantilly. Les collections de la reine Caroline […] L’articolo Il castello di Chantilly in Francia apre le porte con una mostra dedicata a Carolina Bonapate proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Cultura

  • More Fucked Today than Yesterday. And even more fucked tomorrow

    I keep wanting to write a post showing off my latest graphics along with the latest data and forecasts, because the picture they paint is one of a truly fucked planet. From the latest global surface temperatures to sea-surface temperatures to the latest El Niño forecasts to the Earth Energy Imbalance to albedo to polar ice. And then there’s everything else. There is so much to write about, so much to document, so many warnings to give.

    And then I think, “but tomorrow will be even more fucked, so if I wait a day, the article will be even stronger.” And so I wait and don’t post. And tomorrow comes and most of the time it’s more fucked, but sometimes it isn’t.

    Collapse is both slow and fast. It’s glacial and it’s light speed, gradually then suddenly. Total collapse tomorrow or the day after, guaranteed! All humans will be extinct by January 1, 2030. Or, just maybe, there will be some sort of post-apocalyptic dystopia moment on March 17th, 2074. Is it too late in the collapse of everything to go to Starbucks? When is the new iPhone coming out?

    The right day will never exist: a hypothetical local maximum of planetary fuckery. So I’m going to take a chance that tomorrow will not be significantly more fucked than today and share some graphics and data. Let’s have a look.
    Global Mean Surface Temperatures

    More fucked today. The planet is on day six with the global mean surface temperature above 17.0°C. The only other years on record that have broken past this barrier are 2023 and 2024. If we consider the paleo-temperature record, then it is highly likely that 2023, 2024 and 2026 are the only years to break 17.0°C in the last 115,000 years.

    How fucked will we be tomorrow? The global mean surface temperature will likely be over 17.0°C again tomorrow and for a few more days.

    Meanwhile, taking the developing record-breaking El Niño into account, the full year 2027 has a solid chance of breaking 1.70°C above the 1850-1900 pre-industrial baseline. So long Paris. It’s odds-on to see a day above 17.5°C next year, with about a 35% chance of a full month registering an anomaly of 2.0°C or higher.

    A decade from now, our lonely planet will likely see the first full year with an anomaly above 2.0°C, with a daily mid-Summer peak reaching over 18.0°C.
    Sea Surface Temperatures

    More fucked today. It’s hard to put into any concrete terms just how insanely hot the oceans all over the planet are at this moment. Back in 2023, when new records started to be set, there was huge media interest in the topic. Some of my graphics went viral, with images showing temperatures spiking almost vertically to new record highs. Arguments over the lack of Saharan dust and the impacts of the new IMO 2020 low-sulfur shipping fuel regulations were in the headlines.

    And then there’s yesterday. It’s not just that a new record daily high was set, yesterday was the 55th consecutive new daily record high, and the global oceans were a full 0.14°C hotter than any previous July 26th on record. For statistics geeks, the current temperature is more than 3.8 standard deviations above the 1991-2020 mean. The daily temperatures are on the precipice of setting a new record high temperature for any time of the year.

    Is this being discussed in mainstream media? Crickets. Global oceans teetering on the edge? Crickets. Global impacts? Crickets.

    How fucked will we be tomorrow? As you can see from the image above, there is an annual peak that typically happens in late March, and a smaller secondary peak that happens in late August. Given the current sea-surface temperature, it is very likely that a new record will be set sometime in the next few weeks.

    What does this mean in practice? Dead, dying and bleached coral. Marine heatwaves that cause mass die-offs for fish, seabirds and marine mammals. Toxic algae blooms. More intense hurricanes and typhoons, especially in the Pacific. And for humans, the collapse of some fisheries as fish populations migrate towards cooler polar waters.
    El Niño

    More fucked today. The current sea-surface temperature in the Niño 3.4 region is about 2.3°C above the 1991-2020 average. Niño 3.4 is the area of the Pacific Ocean used to define and quantify ENSO events. By any historical measure, this El Niño is already record-breaking. July 26th marked the 58th consecutive day with the Niño 3.4 region hitting a new record daily high, about 0.5°C above the previous daily record high.

    How fucked will we be tomorrow? The latest CFSv2 model run has this El Niño reaching a maximum Niño 3.4 anomaly of about 4.3°C above the 1991-2020 baseline in November. For historical purposes, the previous record Niño 3.4 anomaly was 2.8°C during the 1997-98 El Niño.

    Even Zeke Hausfather, who is known for being conservative with his climate predictions, put the peak of this El Niño at over 3.5°C.

    There is simply no historical precedent for a global climate event of this magnitude. Global industrial civilization has never before confronted a planetary emergency as potentially devastating. The precautionary principle says it should be all-hands on deck for every person, neighborhood, city and country to prepare for what may be coming.

    Here is a quote from Adam McKay’s Yellow Dot Studios: (p.s. send this letter to your local political leaders).

    This El Niño driven warming will lead to significantly more global flooding, fires, storms, droughts, deadly heat events, dangerous turbulence, and most concerning, a significant threat to food supply chains, crops, and power grids.

    The previous strongest recorded El Niño occurred in 1877 leading to 40 million deaths worldwide from famine.

    And this coming El Niño event looks to be even stronger.

    Earth Energy Imbalance

    More fucked today. The “Earth Energy Imbalance” measures the difference between incoming solar energy and the totality of outgoing energy, both reflected (short wave) and radiated (long wave). It gives a simple accounting of energy into the system versus energy out of the system. When the two are not in balance, Earth either warms or cools. According to James Hansen, the “Earth’s energy imbalance is the best diagnostic of where climate is heading.”

    As of the latest data from CERES for May, 2026, on an annualized basis, the Earth Energy Imbalance shows the Earth warming at a rate of about 14 Hiroshima nuclear bombs per second. This equals about 1,200,000 Hiroshimas per day or 440 million Hiroshimas worth of planetary heating over the last 12 months.

    For those who want a more politically correct way to measure the rate of heating, the current rate is equivalent to brewing about 10.7 billion cups of tea per second.

    How fucked will we be tomorrow? As the planet heats up during this El Niño , there will be more outgoing longwave radiation (radiative heat). Given the strength of this El Niño , this is expected to put strong downward pressure from now until a few months after the El Niño peaks later this year. However, the long-term expectation is for the EEI to continue to set new record highs.

    In other words, the planet is not only heating today at a near record pace, but the rate of heating will keep increasing for the foreseeable future.
    Albedo

    More fucked today. For those who want a quick reminder, “albedo” measures the reflectivity of the planet. It is simply the percentage of incoming solar radiation that is reflected out to space instead of being absorbed and heating the planet. The lower the albedo, the more sunlight reaches the planet’s surface to warm the oceans, melt ice, and heat land and the atmosphere.

    The primary drivers of albedo are low-level cloud cover and polar snow and ice. Other drivers include ash and dust, deforestation, and declining concentrations of reflective aerosols. Because of the volatility associated with these drivers, albedo is best measured over longer average periods.

    Here is the 36-month running average for albedo, from February, 2003 through May, 2026, showing May’s albedo just above the record low set in February, 2026. Over the last 23 years albedo has dropped from 29.33% to 28.67%. While these values may seem quite close to each other, on a percentage basis, the planet has lost about 2.25% of its albedo during this period.

    From this 2025 article in Discover magazine:

    For more than two decades, Earth has slowly been growing darker. Using 24 years of data from NASA’s Clouds and Earth’s Radiant Energy System (CERES), researchers have learned that this encroaching darkness is because Earth is reflecting less sunlight, with the most dramatic dimming occurring in the Northern Hemisphere.

    How fucked will we be tomorrow? The expectation is that albedo will just keep on going down as all the main drivers are expected to keep increasing in their impact. Less ice? Check! More ash? Check! More deforestation? Check! Decreasing aerosols? Check!

    And what about clouds? Virtually all global climate models predict a substantial future decrease in low-level marine cloud cover as the planet warms. This article gives three reasons scientists expect this to continue:

    The first is a decrease in human-caused aerosol emissions over recent decades. Aerosols – tiny, light‑scattering particles produced mainly by burning fossil fuels – influence the formation of clouds, by acting as “seeds” for cloud droplets to form.

    Second, increasing concentration of greenhouse gases in the atmosphere has led to a warmer and drier atmosphere, which also helps to dissipate clouds.

    Finally, cloud cover decreases have also been linked to ocean surface warming, which affects atmospheric humidity and, thus, cloudiness. Reduced cloudiness leads to more sunlight being absorbed at the ocean surface – and more warming. This amplifying loop is known as a “cloud feedback”.

    And this article finds that decreasing albedo due to cloud loss is part of a larger feedback loop:

    The team also found that the thinning of low clouds … amplifies global warming through a feedback loop: Rising sea-surface temperatures lead to fewer clouds, meaning less reflected sunlight and a warmer planet.

    Declining albedo is “The Great Darkening.”
    Polar Ice

    More fucked today. One of the bright spots on the global doom-o-rama wheel is that polar ice is not set to hit a new low this year. As of July 26th, Arctic sea-ice extent is 8th lowest on record for the day, with data back to 1979. Likewise, Antarctic sea-ice extent is 5th lowest on record for the day. Taken together, global sea-ice extent is 4th lowest on record for the day, about 2.1 standard deviations below the 1991-2020 mean, but over 1.1 million square kilometers above the record low for the day, set in 2024.

    How fucked will we be tomorrow? Will a new record low maximum for global sea-ice extent be set later this year? Maybe. Will the Arctic see an ice-free summer in 2027, a so-called “Blue Ocean Event”? Probably not. But the long-term future of ice on this planet is dire. The consensus opinion of climate scientists is that the Arctic will see its first ice-free day in the 2040s or 2050s. My personal Over/Under is 2043.

    But the real future fuckedness happening with Arctic sea ice is that a certain fucking horrible human piece of excrement managed to shut down “PIOMAS” Arctic data — the primary data source for Arctic volume and thickness. In other words, the future of ice is even more fucked because we have lost one of the most important tools to predict its future.

    And finally, even though I neglected to mention a few things, you surely are following the latest news:
    Heatwaves and fires and floods and storms and drought and melting glaciers and the AMOC and Thwaites and the methane bomb and planetary boundaries and tipping points and feedback loops and the AI bubble and kakistocratic fascism and pedophiles and genocide and Iran and Ukraine and Gaza and ICE and explosive diarrhea and Ebola and Covid-19 and famine and the new world screwworm and the Kessler syndrome and conspiracy theories and … and … and … nevermind, there’s solar and wind and batteries.
    More fucked today than yesterday and even more fucked tomorrow. I’ll leave it to the interested reader to track down the information and fill in the details.

    https://climatecasino.substack.com/p/more-fucked-today-than-yesterday
    #climat #changement_climatique #futur #graphiques #statistiques #chiffres #el_niño #albedo #température #mer #températures
    signalé aussi par @fil:
    https://seenthis.net/messages/1187817

  • #Inuit

    Vingt ans après avoir découvert l’art inuit au musée des beaux-arts du Canada, Edmond Baudoin réalise avec son ami le dessinateur Troubs, ce grand voyage qu’ils attendaient depuis longtemps : se rendre dans deux territoires peuplés par des Inuits, le #Labrador et le #Nunavut. Un périple aussi compliqué qu’onéreux car ces régions isolées sont difficiles d’accès…

    La force des récits de Baudoin et Troubs réside dans l’accumulation de témoignages et de points de vue variés comme ceux d’une bibliothécaire, d’un ancien maire, d’un sculpteur, d’un archéologue, d’une activiste… En assemblant leurs récits, Inuit évoque les problèmes économiques, sociaux et écologiques que rencontrent ces populations autochtones du nord du continent américain et surtout, l’angoisse existentielle qui les habite. Car les modes de vie se sont radicalement transformés au cours du siècle passé – du fait de la #sédentarisation et de la #colonisation – et des pans entiers de la culture traditionnelle disparaissent.

    Loin d’être uniquement un livre de voyage vers des contrées lointaines, Inuit propose un état des lieux poétique, non-exhaustif et humaniste de la culture inuite en ce début de XXIe siècle.

    https://www.lassociation.fr/catalogue/inuit
    #inuits #peuples_autochtones #Canada #livre #BD #bande-dessinée #Arctique #conte_du_Narwal #art #art_inuit #North_West_River #Labrador #Goose_Bay #religion #chamanisme #langue #chasse #Innus #marche #inuktitut #colonisation #alcoolisme #drogues #Nunavut #pensionnats #génocide_culturel #commission_vérité_et_réconciliation #Pang #kattajaq

  • Danyel Waro en live, son « Dernié Viraj » au Cabaret Sauvage à Paris - RFI Concerts - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/rfi-concerts/20260829-danyel-waro-en-live-son-derni%C3%A9-viraj-au-cabaret-sauvage-%C3%A0-par

    Après une tournée printanière en Europe à guichets fermés, l’ambassadeur du maloya réunionnais jouait peut-être son dernier concert parisien le 7 juin 2026 au Cabaret Sauvage. RFI vous en propose de larges extraits, présentés par Laurence Aloir.

    https://aod-rfi.akamaized.net/rfi/sounds/fr/2026/08/19/6ede6f36-9bf1-11f1-9f36-a34f518d55f6.mp3

    Danyèl Waro : militant du maloya jusqu’au « dernier souffle » - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/musique/20260828-dany%C3%A8l-waro-militant-du-maloya-jusqu-au-dernier-souffle

    À 71 ans, l’artiste et militant Danyèl Waro a terminé une tournée de 18 dates, Dernié Viraz, qu’il a annoncé comme sa dernière sur le continent européen avant de retourner sur son île de La Réunion. Le dernier concert de cette série, capté au Cabaret Sauvage à Paris en juin dernier, est diffusé ce samedi 29 août à 20h10 TU sur les ondes de RFI (puis disponible en réécoute sur notre site) : l’occasion pour l’artiste réunionnais de revenir sur son parcours et sa découverte du maloya.

    J’ai eu la chance de le voir cet été pour ce dernié viraz, dans la merveilleuse guinguette de chez nous, et c’était si beau !

    #musique #La_Réunion #Danyèl_Waro #maloya #chanson #chœur #percussion #concert #live

  • Volo Così
    https://www.youtube.com/watch?v=Pm2jZRi2_IQ

    Mi sembra di volare, anche se sono ancora qui
    e scusa se ti faccio male, se me ne vado via così
    e mi riprendo i sogni le speranze le illusioni tutto quel che sai di me
    e mi riprendo questo amore in tutte le versioni e ricomincio a vivere
    E volo così, a braccia aperte tra le nuvole
    Volo così, nell’aria tersa senza limiti
    Volo nell’anima di queste notti tenere
    Volo così perchè è così che devo vivere
    Volo nel cuore di chi ha voglia di sbagliare
    Volo nel sole perchè ho voglia di bruciare
    Volo così, volo così
    Adesso no, ti prego non parlare, non mi cadere in questo blu
    non ho bisogno di certezze ma di sognare un pò di più
    E all’improvviso il vento smuove nuove sensazioni che non so più distinguere
    E all’improvviso non resisto più alle tentazioni e ricomincio a vivere
    E volo così a braccia aperte tra le nuvole
    Volo così nell’aria aperta senza limiti
    Volo più in alto e mi respiro l’impossibile
    Volo planando e così mi sento vivere
    Volo fra questi scogli superando il mare
    Volo nel sole perchè ho voglia di bruciare
    Volo così, volo così, volo così
    A braccia aperte tra le nuvole
    Volo così

    #amour #chanson #Paola_Turci #voler #chanson_italienne

  • Je cherchais des références pour une #chanson, dont j’ai écouté une version contemporaine et « hybride » par un chanteur-artiste dans un concert à #Riace, en #Calabre, organisé par l’association #Radicare...

    Le concert de #Fabrizio_Piepoli s’intitule #Trabtella (une #fusion entre #tarantelle et #trap) :

    Tarabtella è un sound che fonde i beat elettronici contemporanei, il groove della tarantella pugliese, e una vocalità evocativa e melismatica, che vuole indurre al tarab, lo stato di commozione estatica associato tradizionalmente al canto arabo.

    E’ il sound di una nuova scrittura d’autore, un inno all’incontro tra Oriente e Occidente, fra tradizione e contemporaneità, ribadito da una scrittura dei testi che si muove tra il suono “percussivo” del dialetto barese, l’italiano e il potere evocativo della lingua araba.

    Tarabtella è un concerto che affianca a brani originali alcuni brani di tradizione – tra Sud Italia e Medioriente – rivisitati in chiave contemporanea, elettronica, ambient, urbana.
    Tarabtella esplora il senso delle radici, dell’appartenenza, della libertà, seguendo una visione umana e sonora di fusione tra culture, inclusività, convivenza orizzontale.


    https://www.fabriziopiepolimusic.com/?page_id=275

    Je cherchais notamment des informations sur une #chanson qu’il a chantée à la fin et qu’il avait présentée ainsi :

    « #chants d’#amour chantés par des femmes à des hommes sous les #prisons, c’était en réalité un #code_secret, sous le couvert de chansons d’amour il y avait des messages politiques. Ces chansons sont nées sous le mandat anglais et puis la tradition a continué pour résister contre les Israéliens »

    Je cherchais aussi la référence aux #montagnes, car j’avais noté un lien avec la #montagne :
    « À vous qui allumaient le feu, à vous qui arrivez des montagnes j’espère que vous soyez en sécurité là-dedans » (là-dedans = en prison).

    En commentaire, ce que j’ai trouvé, mais si quelqu’un·e a plus d’informations, elles sont bienvenues (surtout en lien avec la question des montagnes, car j’avais pensé peut-être écrire un petit texte pour une rubrique du Journal of Alpine Research | Revue de géographie alpine : https://journals.openedition.org/rga.

    #tarantella

    • Women - Led Resistance Movements in #Palestine

      The melody is like a gentle breeze or lullaby that instantly evokes goosebumps. The lyrics are phonemically Arabic, yet strangely indiscernible. The song is a #tarweedeh, an encoded art form developed by Palestinian women while under British colonialism (1923-1948) to deliver encrypted messages of resistance.

      During the Great Palestinian Revolt of 1936-1939, the British imprisoned an overwhelming number of Palestinian men just for speaking up against their rule. The incarcerations severed communication between revolutionaries and their village-dwelling families, leaving behind many women whose brothers, fathers, husbands, and sons were wrongfully imprisoned. In response, Palestinian women developed and deployed tarweed to secretly transmit instructions for their loved ones’ liberation.

      The encryption in tarweed involves inverting the last letters of words, repeatedly inserting the letter L (“lam” in Arabic), or using poetry, symbol, and analogy with embedded meanings. This process transformed the original message into a gibberish that neither the occupiers nor their translators could comprehend. Women walked along the outside walls of the prisons, delivering messages in serenades that wafted through the barred prison windows. To the occupiers, the sight of Palestinian women strolling and singing folk songs was innocuous, yet it proved instrumental to the prisoner’s escape.

      Tarweed survived the Nakba (“catastrophe”), the 1948 ethnic cleansing of Palestine when at least 700,000 indigenous Palestinians were violently expelled from their homes and homeland by Zionist terrorist militias and Israeli military forces to establish the state of Israel. Today, these folk songs continue—along with traditional food, clothing, storytelling, poetry, and folk dance—as markers of Palestinian identity and preservers of a scattered folk heritage ever-threatened by a system of apartheid and genocide. Palestinians within the occupied territories and in the shatat (“diaspora”) continue to pass on these traditions in the ongoing fight against their erasure.

      Tarweed embodies an aspect of Palestinian history too often belied by Western mainstream narratives: the vital role of women in the struggle. While these narratives depict Palestinian women as voiceless entities in an “inherently patriarchal” society, in reality women-led resistance movements have been an essential part of the more than century-long fight against colonization and oppression in Palestine. The artfulness of tarweed further highlights women’s resourcefulness and ingenuity in this ongoing resistance.

      Although there are multitudinous examples of Palestinian women’s resistance, Fatima Bernawi and Shadia Abu Ghazala are two women who made critical contributions to the struggle for Palestinian liberation. Bernawi, who was born in 1939 and survived the Nakba with her Palestinian mother, reunited with her Nigerian father, who had fought in the 1936 revolt, shortly thereafter. She became an active participant and leader in the struggle for freedom. She is the first woman prisoner listed in the records of the Palestinian women prisoners’ movement. Shadia Abu Gazala was one of the early members of the Popular Front for the Liberation of Palestine, founded in 1967. She led women’s military units and was deeply dedicated to the education of the people, though she died in late 1968. A school named after her in the Gaza strip was the site of an Israeli massacre in December of 2023.

      Women’s Leadership in the First Intifada

      Palestinian women were a cornerstone of the First Intifada (“uprising”) that erupted in December of 1987. After decades of Israeli military occupation and settlement expansion, an Israeli truck collided with a civilian car in Gaza; killing four Palestinians in Gaza proved to be the last straw. Palestinians in Gaza and the West Bank mobilized as a united front, catching Israel off guard. Israel responded with a swift and brutal crackdown. Countless Palestinian men were arrested and imprisoned, deported, or killed. Palestinian women quickly stepped in to fill the void and formed the backbone of the uprising.

      Women from urban cities and traditional villages mobilized as part of the First Intifada, uniting across generations, political factions, and class lines. They organized at the grassroots level, rallying hundreds of thousands of Palestinians in a series of coordinated efforts against the Israeli occupation. Every major Palestinian faction formed a women’s committee disguised as a homemaking group because it was illegal to be a member of any political party or student union. Publicly, they called for knitting, cooking, and sewing meetups, but they were secretly planning the intifada.

      During the First Intifada Palestinian women initiated mass political strikes and spearheaded the first mass boycott against Israel. In defiance of Israel’s restrictive laws, they found innovative ways to provide home-grown alternatives to Israeli goods, setting up backyard gardens and farming cooperatives where women learned to grow their own food. When Israel shut down Palestinian schools and universities to prevent students from mobilizing politically, Palestinian women organized teach-ins in basements and abandoned buildings. They taught themselves medicine and set up teams to provide emergency care to protesters injured by Israeli violence. The civil strikes and coordinated boycotts across Palestine caused such a hit to the economy that Shimon Peres, who was the Foreign Minister at the time, warned the economy was “in danger.”

      Not surprisingly, the Israeli government doubled-down with intimidation and aggression, imposing daily curfews, ordering mass arrests, and giving Israeli soldiers the infamous orders to ‘break the bones’ of Palestinians. They cut phone-lines in Palestinian towns and villages and placed huge swaths of organizers under house arrest. Palestinian women, and the resistance as a whole, found ways around every barrier that Israel put in their way. When Israel outlawed the Palestinian flag, women formed knitting circles and made their own flags to fly at demonstrations. When Palestinian women leaders were placed under house arrest, they baked bread and placed communiques in each loaf, which they distributed across villages, towns, and refugee camps undetected by Israeli forces.

      Women’s efforts throughout the First Intifada captured global attention, forcing Israel’s staunchest ally, the United States, to withhold its financial support in response to Israel’s unwillingness to negotiate. For the first time since 1948, Palestinians brought Israel to its knees and women were front and center in the movement.

      The nonviolent groundswell of resistance we know as the First Intifada was cut off at the knees in 1991 by the secretive signing, at the White House, of the Oslo Accords, an agreement that has worsened the lives of Palestinians to this day. Beyond significantly increasing the number of illegal settlements, the Accords created a corrupt political class known today as the ‘Palestinian Authority’ that actively collaborates with the Israeli occupation to crush resistance.

      Sumud as a Political Practice

      To truly understand Palestinian women’s tireless fight for thawabit (their “inviolable rights”), it helps to invoke the cultural value of sumud, or steadfastness. Sumud emerged in full force following the June 1967 war, or Naksa (“setback” or “defeat”), when Israel annexed and occupied the West Bank, East Jerusalem, and Gaza, more than tripling its size. Since then, sumud has persisted as an ideological theme and political strategy for surviving Israel’s colonization, military occupation, and hegemony.

      All of the active and organized resistance efforts enacted by Palestinians over the years are built upon the foundation of sumud. It is resistance at the psychological level, akin to revolutionary optimism inasmuch as it offers an antidote to nihilism at the hands of an oppressive government and ignites faith in the power of the people to usher in the society they deserve. Sumud has sustained Palestinians in the face of the severe policies and tactics that Israel has relentlessly employed in an effort to “break” them.

      From massacres, expulsion, dispossession, and genocidal wars, to the surveillance and control tactics of occupation—checkpoints, barriers, curfews, closed military zones, settlements, “settler-only” roads, watchtowers, gates, nightly raids, and mass arrests; from denying Palestinians access to water, healthcare, and education; to burning olive trees and bulldozing homes, Israel’s goal has been to make the daily lives of Palestinians unbearable, and ultimately, to force them to leave their homes in search of a better life elsewhere. Sumud declares to the occupier: You may break our bones, but you cannot break our spirit!

      Sumud encompasses a range of everyday acts by which Palestinians fight for their right to exist in their homeland, stay rooted in their culture, and maintain some semblance of normal life under conditions that are anything but normal.

      The spirit of sumud is on stark display in the enduring commitment of women in the Palestinian territories to creating and nurturing life, even as they are forced to live like prisoners under deplorable conditions. For a society that has faced the threat of extinction for over 75 years, the choice to have and care for children is deeply entwined with survival and solidarity. Performing domestic roles and caring for children in the Palestinian territories, which have been occupied piece by piece since 1948, requires unthinkable levels of willpower, determination, and fortitude. As one journalist Meryem Ilayda Atlas put it, the woman who bathes her two children in the rubble of a building in Gaza is serving a public role.

      Unfortunately, this women’s struggle has been weaponized by Israel and maligned by narrow, decontextualized notions of “first world” bourgeois feminism that are the handmaid of capitalism. For example, in an article titled “Why are so many of the victims in Gaza Children?” the Economist attributed the high death toll of children in Gaza since October 7th to the high fertility rate. The article went on to link high fertility rates to poverty and low levels of education (while Gaza does have a high poverty rate, it also has a high rate of literacy among women) while never mentioning the actions of Israel or the Israeli Occupying Forces. This narrative turns a blind eye to the Gazan women doctors caring for babies who could not survive on life support after the hospital’s electricity was cut off, or the Gazan women journalists calmly broadcasting to the world in English amid terrorized shrieks, or the Gazan women trying their best to go on in the ruins because they have no other choice.

      In the village of Nabi Saleh in the central occupied West Bank, red-tiled roofs of illegal Israeli settlement houses dot the adjacent hilltop. The vast majority of the land in this Area C village is under Israeli military control. Between 2009 and 2016, the villagers organized demonstrations against Israeli settler expropriation of village land and water that were met with fierce and sometimes deadly repression by the Israeli Army.

      “Zania” a young Palestinian mother from Nabi Saleh recounts the time she had to throw her two-year-old daughter out a second-floor window and into the safety of a neighbor’s arms when the Israeli army fired a tear gas canister into her home. For Zania and other Palestinian women, sumud is embodied in the determination to maintain a physical presence on the land—knowing that if they leave, they may never be able to return by their jailers, the Israelis—and the ability to adapt to adverse and ever-worsening conditions:

      “The important thing is to stay in our house, in front of the Israeli soldiers and the occupation,” Zania says. “If we stay in our house it says ‘we are not afraid of your guns.’ We stay in our house, we live a normal life, and ah, this is our fortitude under occupation, this is the important thing.”

      At its core, sumud is existence as resistance. More than a mindset, it is a duty to fulfill the commitment to liberation. It is not blind hope that change will one day come, but an active awareness that only through struggle and solidarity can Palestinian lives be transformed. And Palestinian women have been its torch-bearers. As the intense U.S.-backed Israeli brutality wages on in Gaza, killing tens of thousands of people and displacing millions from their homes, sumud and tarweed remind us that the Palestinian resistance has a long history. Palestinians have resisted imperialist genocide in countless and creative ways and will continue to do so.

      https://breakingthechainsmag.org/women-led-resistance-movements-in-palestine
      #résistance #femmes

    • Reviving Palestinian Tarweedeh in Modern Music

      Preserving Heritage through Tarweedeh in Palestinian Resistance Songs

      Imagine hearing “perlalalafct” and trying to determine its meaning. You might guess “Pearls,” “Pre-effect,” “Blanket,” or “Perfect.” This illustrates the confusion caused by mispronunciation. If you’re learning English and struggle with “perfect,” hearing “perlalalafct” makes understanding impossible. This is similar to the Palestinian Tarweedeh, or “Mwalalala,” where Palestinian women in the late 19th century inserted “lalalala” into Arabic words to confuse British colonizers, despite their knowledge of Arabic.

      Palestinian Tarweedeh, or “Mwalalala,” was developed by Palestinian women in the late nineteenth century. It involves pronouncing Arabic in the Palestinian dialect and inserting “lalalala” in the middle of words, making it harder for British colonizers to comprehend conversations, despite their potential knowledge of Arabic.

      Today, Tarweedeh persists in Palestinian culture, particularly in traditional songs performed at weddings and gatherings, often by female artists. Influenced by the current situation of Israeli settlements and ongoing conflicts, many Arab artists have revived Tarweedeh in their music as a symbol of resistance against occupation. This resurgence has gained popularity, making Tarweedeh a notable trend once again.

      One recent example is Dana Salah’s song “Ya Talie’en,” which combines Arabic poetry with two traditional Palestinian Tarweedeh songs—one originally by Reem Albanna and a traditional song from the late nineteenth century named “Shamali,” meaning “the north.” This blend of languages and musical styles distinguishes Dana’s song, making it both trendy and culturally significant, enhanced by a richly symbolic music video.

      Dana Salah, a Jordanian-Palestinian youth artist born and raised in Amman, continued her education at Duke University and began producing her music in New York City. She embodies hope and solidarity through her music, bringing attention to the enduring cultural heritage of Tarweedeh.X$
      Palestinian Tarweedeh in Modern Resistance Music: A Cultural Revival

      The integration of Tarweedeh into modern resistance music represents both a cultural resurgence and a potent form of political expression. As demonstrated in Asalah Nasri’s latest video clip for “The Natives,” this ancient Palestinian musical style serves as a powerful medium for conveying messages of resistance, pride, and solidarity. This revival has gained popularity because it has touched on some emotional points that were rarely touched before.

      The use of traditional music forms like Tarweedeh in resistance art also attracts international attention, educating global audiences about Palestinian culture and struggles, thereby fostering empathy and support worldwide. Artists like Dana Salah bridge local traditions with global platforms, amplifying the Palestinian voice on the world stage.

      The role of Palestinian Tarweedeh in modern resistance music underscores the enduring power of cultural heritage. By blending ancient art forms with contemporary issues, artists create a layered narrative that resonates deeply with local and global audiences alike. This cultural revival honors the past while empowering present and future generations in their ongoing pursuit of justice and peace.
      “Ya Talaeen”: A Poetic Journey of Nostalgia and Hope

      The song “Ya Talaeen” by Dana Salah blends touching Arabic verses with a heartfelt English chorus, telling a story full of hope, strength, and longing. It came out during a time of regional turmoil and political unrest, capturing the desire of a community for freedom and to go back to their homeland. and draws upon vivid poetic imagery deeply entrenched in Middle Eastern culture. References to mountains, fire, and gazelles evoke themes of strength and passion, resonating with historical narratives of endurance and struggle. These symbolic motifs not only affirm a cultural identity but also foster a sense of unity among listeners through shared heritage.
      Themes of Longing and Resistance

      The lyrics of the song poignantly articulate a profound longing for liberation and justice. Lines such as “From the river to the sea, my people tasted freedom” vividly paint a collective desire to overcome oppression and reclaim sovereignty. The refrain “Hold on, just a little longer, we’re going home” underscores a message of resilience and optimism amidst adversity, striking a chord with those who empathize with struggles for self-determination and dignity.

      During a period marked by heightened political tensions and social movements advocating for human rights, “Ya Talaeen” serves as both a reflection of current realities and a call for change. It embodies the aspirations of a community determined to carve out a better future, urging listeners to envision and actively pursue progress. The song’s release against the backdrop of global movements for justice amplifies its relevance and impact.

      Musically, “Ya Talaeen” seamlessly blends traditional Arabic elements with contemporary influences, creating a melodic tapestry that enhances its lyrical poignancy. The interplay of Arabic verses with an English chorus not only broadens its accessibility but also bridges cultural divides, allowing the song to resonate globally while preserving authenticity. This musical fusion amplifies its emotional resonance, reinforcing themes of unity and solidarity across borders. and that also reflected on the artist herself as an Arab American.
      Cultural Revival through Tarweedeh and its significance

      The incorporation of the Palestinian Tarweedeh style into “Ya Talaeen” signifies a profound cultural revival within modern resistance music. Its adaptation in contemporary music by artists like Dana Salah not only preserves Palestinian heritage but also connects today’s war with a legacy of resilience against oppression. Tarweedeh’s adaptation of “Ya Talaeen” serves multiple purposes, including the coding communication of Tarweedeh and the emotional resonance through The traditional melodies and rhythms of Tarweedeh evoke nostalgia and strengthen emotional bonds within the community, fostering solidarity and unity among listeners. including the symbolic imagery Dana Salah’s accompanying visuals in the song’s video further amplify its message, featuring poignant scenes such as olive trees, Al-Aqsa mosque, and children with rocks against the armor of occupiers, reinforcing its historical and cultural significance. and historical references that resonate with the enduring struggle for justice.
      Contemporary Relevance and Global Impact

      In current resistance movements, music serves as a powerful medium for raising awareness and mobilizing support. The incorporation of Tarweedeh into “Ya Talaeen” educates global audiences about Palestinian culture and its ongoing struggles, fostering international empathy and support. Artists like Dana Salah bridge local traditions with global platforms, amplifying Palestinian voices on the world stage.
      Tarweedeh as a Tool of Resistance

      “Ya Talaeen” outperforms its role as a song; it represents a history of hope, resilience, and cultural pride. Through its lyrics, mixing melodies, and the integration of Tarweedeh, the song encapsulates the aspirations and struggles of a people striving for freedom and justice. Dana Salah’s artistic expression through “Ya Talaeen” not only honors Palestinian heritage but also empowers present and future generations in their quest for justice and peace. It stands as a testament to music’s transformative power to inspire change and unite communities in pursuit of a shared future.

      The integration of Tarweedeh into modern resistance music not only preserves Palestinian cultural heritage but also serves as a potent form of political expression. Artists like Dana Salah and Asalah Nasri continue to bridge local traditions with global platforms, amplifying the Palestinian voice and garnering international support for the Palestinian cause.

      This cultural revival through Tarweedeh underscores the enduring power of heritage in the ongoing struggle for justice and peace in Palestine.

      https://www.youtube.com/watch?v=cmHm8zju41E&t=1s

      https://www.arabamerica.com/reviving-palestinian-tarweedeh-in-modern-music

      –-> References to mountains, fire, and gazelles evoke themes of strength and passion, resonating with historical narratives of endurance and struggle. These symbolic motifs not only affirm a cultural identity but also foster a sense of unity among listeners through shared heritage.

      #montagne #feu #gazelles

  • Sécheresse en France : les sols n’ont jamais été aussi secs depuis le début des mesures | Météo-France
    https://meteofrance.com/secheresse-en-france-les-sols-nont-jamais-ete-aussi-secs-depuis-le-debu

    Le pays a ainsi connu trois longues périodes sans précipitations significatives : du 20 au 31 mai, du 11 au 26 juin, puis du 29 juin au 14 juillet. Quelques orages localisés se sont produits par la suite, mais sans réellement améliorer la situation hydrologique. Ce manque de pluie s’est en outre accompagné de fortes chaleurs, avec plusieurs épisodes caniculaires au cours de l’été. Juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais observé sur la France, tout mois confondu. Juin 2026 est le mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures.

  • #Riturnella

    https://www.youtube.com/watch?v=NPx0ISGhxyQ

    Riturnella è un canto popolare d’origine calabrese. In esso si chiede a una rondinella, grande viaggiatrice, di attendere il tempo di dire delle parole d’amore da portare all’amata lontana.

    **

    «Tu rìnnina chi vai
    Tu rìnnina chi vai
    Lu maru maru
    Oi riturnella
    Tu rìnnina chi vai lu maru maru

    Ferma quannu ti dicu
    Ferma quannu ti dicu
    Dui paroli
    Oi riturnella
    Ferma quannu ti dicu dui paroli

    Corri a jettari lu
    Corri a jettari lu
    Suspiru a mari
    Oi riturnella
    Corri a jettari lu suspiru a mari

    Pe’ vìdiri se mi rišpunna
    Pe’ vìdiri se mi rišpunna
    Lu mio beni
    Oi riturnella
    Pe’ vìdiri se mi rišpunna lu mio beni

    Non mi rišpunna, ah no
    Non mi rišpunna, ah no
    È troppu luntanu,
    Oi riturnella
    Non mi rišpunna, annò, è troppu luntanu

    È sutt’ a na frišcura
    È sutt’a na frišcura
    Chi sta durmennu
    Oi riturnella
    È sutt’a na frišcura chi sta durmennu

    Poi si rivigghja cu
    Poi si rivigghja cu
    lu chjantu all’occhi
    Oi riturnella
    Poi si rivigghja cu lu chjantu all’occhi

    Si stuja l’occhi e li
    Si stuja l’occhi e li
    Passa lu chjantu
    Oi riturnella
    Si stuja l’occhi e li passa lu chjantu

    Piglia lu muccaturu
    Piglia lu muccaturu
    Lu vaju a llavu
    Oi riturnella
    Piglia lu muccaturu, lu vaju a llavu

    Poi ti lu špannu a nu
    Poi ti lu špannu a nu
    Peru de rosa
    Oi riturnella
    Poi ti lu špannu a nu peru de rosa

    Poi ti lu mannu a Na
    Poi ti lu mannu a Na
    puli a stirare
    Oi riturnella
    Poi ti lu mannu a Napuli a stirare

    Poi ti lu cogliu a la
    Poi ti lu cogliu a la
    Napulitana
    Oi riturnella
    Poi ti lu cogliu a la napulitana

    Poi ti lu mannu cu
    Poi ti lu mannu cu
    Ventu a purtari
    Oi riturnella
    Poi ti lu mannu cu ventu a purtari

    Ventu và portacellu
    Ventu và portacellu
    A lu mio beni
    Oi riturnella
    Ventu và portacellu a lu mio beni

    Mera pe’ nun ti cara
    Mera pe’ nun ti cara
    Pe’ supra mari
    Oi riturnella
    Mera che nun ti cara pe’ supra mari

    Ca perda li sigilli
    Ca perda li sigilli
    De chistu cori
    Oi riturnella
    Ca perda li sigilli de chistu cori»

    https://it.wikipedia.org/wiki/Riturnella

    –—

    Maria Marone a aussi fait une version de #Aremu_Rindineddha :
    https://www.youtube.com/watch?v=52OAugAwmEw


    voir : https://seenthis.net/messages/1025490

    #chanson #chant #musique_populaire #Calabre #Italie #hirondelle #Neapolis_Ensamble #Maria_Marone

    • Alla riscoperta della canzone cirotana ‘Riturnella’

      Brano riscoperto dal professor Antonello Ricci grazie alla memoria di #Manciulina_Pirito, anziana donna di #Cirò

      In questa ennesima ‘documentazione’ sul dialetto cirotano vorrei parlare di una canzone dal testo altamente poetico e che sembra avere origini cirotane, o che, perlomeno, è stato riscoperto a Cirò e per merito di un ricercatore ‘ipsicroneo’ (così ci prendo sia la Marina, sia Cirò Superiore). ‘Riturnella’ è più nota di quanto si possa pensare, anche grazie alle risorse offerte da internet, dove si possono reperire le interpretazioni di vari artisti, oltre a traduzioni in inglese, francese, spagnolo, greco. Direi quindi che si tratta di un testo molto amato. Spero che possa esserlo anche presso i cirotani. La versione che propongo è ripresa da internet e le note che vi ho apposto, essendo dirette non solo a lettori cirotani – dal momento che sono apparse anche su un blog ‘nazionale’ – in qualche caso potranno sembrare superflue al parlante ‘ipsicroneo’. Riprendo il tema di ‘Riturnella’, poiché è un componimento, musicale e poetico, che prediligo e che mi ‘prende’ sempre. In fondo, afferrare il fruitore è una delle caratteristiche e funzioni salienti della lirica, associata o meno che sia alla musica o al canto. Ripropongo queste riflessioni anche confortato dal giudizio positivo che esse hanno ricevuto da parte del professor Antonello Ricci. Il mio approccio alla cultura è, fondamentalmente, autodidattico e improntato ad un ‘interessato diletto’; in pratica mi confronto coi testi e le materie che arbitrariamente scelgo: ovviamente la mancanza di un confronto comporta dei rischi, per quanto innocui. Da qui deriva la soddisfazione per le parole di apprezzamento da parte dello specialista prof. Ricci, al quale va il mio ringraziamento. ’Riturnella’ è un canto popolare calabrese, molto meno noto di ‘Calabrisella mia’, riscoperto negli anni ’70 (del ’900) dall’etnomusicologo cirotano Antonello Ricci, del quale, pur nella mia poca conoscenza della materia musicale, segnalo ‘La capra che suona’ (E. Salvatorelli Editore, collana ‘squiLibri’, Roma 2004), libro scritto a quattro mani con Roberta Tucci, in cui ‘fotografa’ la musica popolare calabrese, anche – ma non solo – attraverso un ricco apparato iconografico al quale l’uso della fotografia in bianco e nero conferisce una ulteriore patina di aderenza alla realtà ritratta. Successivamente questo ‘canto popolare’ è stato reso relativamente famoso da Eugenio Bennato, con l’album ‘Musicanova’ (1978). Credo di poter dire che ‘Riturnella’ sia un canto di estrazione popolare, ma non ‘popolaresco’ come ‘Calabrisella mia’, considerando tra l’altro che ‘Riturnella’ è stato riscoperto dal Ricci grazie alla memoria di una anziana donna di Cirò, Manciulina Pirito, che ne ricordava le parole, mentre ‘Calabrisella mia’, ad esempio, io la conoscevo perché alle elementari me la fecero imparare a memoria. E fecero bene, tra l’altro, benché la versione ‘scolastica’ non brilli certo per il suo valore musicale che, specie in certe versioni più spiccatamente commerciali e folkloristiche, nel senso negativo del termine, riesce persino imbarazzante. Discorso diverso merita invece la ‘Calabrisella’ delle origini, questa sì ‘popolare’, nel senso nobile che vorrei allegare a tale termine, e che, come indicatomi dal professor Ricci, si può rintracciare nel brano, presente nel cd allegato a ‘La capra che suona’, recante il titolo ‘A Rosabella’, un canto tipico della provincia di Cosenza.

      Si tratta, nella versione registrata a Torano Castello nel 1984, di un breve componimento narrativo che il fine orecchio dello studioso ha fatto risalire alle origini della molto più nota e diffusa ‘Calabrisella’, con la quale, a ben vedere, ha poco da spartire, quanto a valore storico e demologico. I due brani, ‘A Rosabella’, e ‘Riturnella’ sono presenti nel cd della rivista ‘World Music’, per la serie Tribù Italiche, dedicato alla Calabria (2004), con la splendida esecuzione, per quanto riguarda Riturnella, del trio ‘Xicrò’, composto dallo stesso Ricci, Alessandro Cercato e Arnaldo Vacca… e pensare che solo grazie all’acquisto quasi fortunoso di quella rivista ho avuto modo di conoscere questa splendida poesia! Nel riproporre queste note, che vogliono significare soprattutto il mio amore per questo brano e per le mie origini, ho tenuto conto dei suggerimenti che il professor Antonello Ricci mi ha cortesemente offerto in uno scambio di mail. Ovviamente lo ringrazio tanto per i complimenti nei miei confronti, quanto per le osservazioni che ha mosso e che evidenzierò nel resto dello scritto. Lo stesso docente, del resto, premettendo che sulla traduzione da me proposta ‘è sempre difficile trovare una chiave interpretativa per tradurre un testo che di fatto è poetico’ afferma giustamente che ‘le traduzioni sono sempre frutto di interpretazioni e quindi non univoche o filologicamente più o meno esatte.’ E aggiunge che ‘…oggi il testo di Riturnella è stato sottoposto a talmente tante variazioni lessicali, e dialettali, che non è possibile ricostruirlo se non ricorrendo alla versione originaria cantata da Manciulina Pirito a Cirò. Ma anche quella era la sua versione, magari altre persone l’avrebbero cantata con altre leggere differenze.’ A questo aggiungerei che un atteggiamento diffuso, vuoi per gioco, scherno o parodia, vuoi per errata o incompleta conoscenza delle parole, è proprio quello di ‘contribuire’ alla corruzione dei testi originali. Nella mia traduzione, la parola ‘rìnnina’ è resa con ‘rondine’ e la parola ‘riturnella’ con ‘rondinella’. Antonello Ricci mi fa notare che in fondo non c’è bisogno di tradurre ‘riturnella’ con ‘rondinella’, dal momento che ‘in realtà è intraducibile essendo un cosiddetto inserto non sense’. La tesi è inappuntabile, ma conservo la traduzione con rondine e rondinella, in quanto mi sembrano ‘orecchiabili’ o ‘cantabili’ anche in italiano, a differenza di rìnnina. Tra l’altro la parola rondinella è ormai entrata anche nel dialetto cirotano. In realtà, la parola ‘riturnella’, a differenza di quanto attestato in giro da vari traduttori di questo testo, non è termine calabrese per indicare la rondinella… ma, a mio modesto avviso, indica una tecnica di canto, per cui non dovrebbe leggersi, ‘a (articolo determinativo) riturnella’ come ‘la rondinella’, ma ‘a (preposizione) ritornelli’, ‘alla maniera dei ritornelli’, cioè come un canto fatto di ritornelli… Se di cirotano si tratta, poi, in questa parlata esistono solo ‘rìnnina’, ‘rinninèdda’, ‘rinninùnu’, con quest’ultima parola ad indicare il rondone e non il maschio della rondine.

      **

      Questo il testo originale. Alla fine trovate il video del brano

      Tu rìnnina chi vai (Tu rondine che vai)[1] (A)
      Tu rìnnina chi vai (Tu rondine che vai) (A)
      Lu maru maru (Per mari e mari)[2] (B)
      Oi riturnella (O rondinella)[3] (C)
      Tu rìnnina chi vai lu maru maru (Tu rondine che vai per mari e mari (D)

      Ferma quannu ti dicu (Ferma quanto[4] ti dico)
      Ferma quannu ti dicu (Ferma quanto ti dico)
      Dui paroli (Due parole)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Ferma quannu ti dicu dui paroli (Ferma quanto ti dico due parole)

      [1] - Il testo consta di 16 cinquine che rispettano il seguente schema: un verso ripetuto (A+A), esteso al terzo (B), l’invocazione nel quarto (C), con la ripresa e il completamento nel quinto verso (D), che è composto da A+B; il verso che ho segnalato con la lettera ‘D’ rima con le due ‘B’ precedenti, e si potrebbe anche leggere, di conseguenza, uno schema AABCB (AABCA/B, dove A/B è un verso unico).

      [2] - Il raddoppiamento lessicale è di uso comune e naturalissimo nei dialetti calabresi, sia nella formazione di superlativi di aggettivi, come in italiano, ma anche, diversamente da questo, nella formazione di complementi di moto per luogo, del tipo ‘u maru mar’, lungo il mare, ‘a riva riva’, lungo la riva, ‘a rasa rasa’, ‘camminare seguendo una linea radente i muri delle case, con circospezione, ‘a ruva ruva’, per le strade del rione… Il professor Ricci ritiene si debba tradurre semplicemente ‘per mare’. Ciò è esatto, ma il mio ‘per mari e mari’ è dovuto oltre che alla distanza abissale dei due innamorati, anche ad una sorta di peso, di misura, che impostami dal mio modo di intendere il verso.

      [3] - Nel testo in calabrese appare solo l’interiezione ‘Oi’: ritengo che ‘Oi’ si disponga a diverse interpretazioni, relativamente alla diversa intonazione delle richieste rivolte alla rondine; questo ho creduto di fare traducendo talvolta con ‘O’, talaltra con ‘Ohi’, e ancora con ‘Oh’, a segnalare passaggi più o meno dolenti. Ricci osserva che ‘’Oi è una interiezione che spesso ha senso soltanto ritmico e non emotivo’’.

      [4] - La lezione ‘quannu’ non mi trova d’accordo, nel senso che ritengo ‘quantu’ molto più coerente col testo e con la parlata calabrese: quel ‘quantu’ significa ‘giusto il tempo di’, ‘solo il tempo che mi serve per…’ e collima secondo me perfettamente con il tono invocativo del testo. Ad un ascolto successivo del brano si sente in effetti la pronuncia ‘quantu’, in luogo del ‘quann’ del testo oggetto di questa traduzione.

      Corri a jettari lu (Corri a gettare il)
      Corri a jettari lu (Corri a gettare il)
      Suspiru a mari (Sospiro a mare)
      Oi riturnella (Ohi rondinella)
      Corri a jettari lu suspiru a mari (Corri a gettare il sospiro a mare)[5]

      Pe’ vìdiri se mi rišpunna (E guarda[6] se mi risponde)
      Pe’ vìdiri se mi rišpunna (E guarda se mi risponde)
      Lu mio beni (Il bene mio)[7]
      Oi riturnella (O rondinella)
      Pe’ vìdiri se mi rišpunna lu mio beni (E guarda[8] se mi risponde il bene mio)

      Non mi rišpunna annò, (Non mi risponde, no)[9]
      Non mi rišpunna, annò (Non mi risponde, no)
      È troppu luntanu, (E’ troppo lontano)
      Oi riturnella (Ohi rondinella)
      Non mi rišpunna, annò, è troppu luntanu (Non mi risponde, no, è troppo lontano)

      È sutt’ a na frišcura (E’ sotto una frescura)[10]
      È sutt’a na frišcura (E’ sotto una frescura)
      Chi sta durmennu, (Che sta dormendo)
      Oi riturnella (O rondinella)
      È sutt’a na frišcura chi sta durmennu (E’ sotto una frescura che sta dormendo)[11]

      Poi si rivigghja cu (Poi si risveglia con)
      Poi si rivigghja cu (Poi si risveglia con)
      lu chjantu all’occhi (Il pianto agli occhi)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Poi si rivigghja cu lu chjantu all’occhi (Poi si risveglia con il pianto agli occhi)[12]

      [5] - Nel ‘gettare il sospiro a mare’ trovo non del tutto peregrino un richiamo alla disperazione; del resto la rondine non ha bisogno del mare per farsi portatrice del sospiro della voce della amante che parla, ma è il mare nella sua immensità anche paurosa e distanziatrice che deve farsi ‘mezzo’ di quel sospiro. Annoto che mi sarei aspettato, in luogo di ‘lu suspiru’, (‘il sospiro’), un ‘su suspiru’, (‘questo sospiro’); tra l’altro l’uso di ‘su’, dimostrativo, è talmente diffuso che si preferisce e sovrappone all’articolo determinativo ‘il’, ‘lo’.

      [6] - ‘Pè vìdiri’, in realtà il raddoppiamento fonosintattico è inevitabile, raddoppiandosi la ‘p’ iniziale, e trasformandosi la ‘v’ in una ‘b’ (ppè bìdir), altrimenti l’accento si sposta sulla seconda ‘i’ con raddoppiamento della ‘v’: pè vvidìr, fenomeno che posso attestare senza ombra di dubbio nel dialetto di Cirò/Cirò Marina. Il significato di ‘vidir ca’ è ‘vedi che’, ‘stai attento, bada, guarda, controlla che…’

      [7] - ‘Lu mio beni’ è forma ‘culturale’, dal momento che la dizione comune è ‘u benu meju’, ‘u benu mè’. Come dire: un ‘mio’ così formulato, in calabrese, non credo esista.

      [8] - Ritorno un attimo sul dialetto in uso nel testo: date per scontate contaminazioni tra varie parlate di Calabria, quel verbo all’infinito retto da un ‘ppè’ restringe alquanto l’areale dialettale, escludendo tutta la Calabria a sud di Crotone, dove, come già attestato nella grammatica di D’Ovidio e Meyer-Lubke, inizi ’900, si dovrebbe leggere un ‘ppè mu’ oppure ‘ppè ma’, quindi ‘ppè mu/ma vidi’, ‘ppè nu mu vidi’.

      [9] - ’Annò’ non mi trova assolutamente d’accordo, è solo il legamento, la continuità fonica, tra ‘rišpunna’ e ‘no’, che essendo raddoppiato inizialmente suona come un annò: ‘non mi rišpunna, nnò’ (oppure: ‘umm’ arrišpunna, nnò). Si potrebbe forse scrivere anche ‘Nu’ mi rišpunna no’, tenendo presente il raddoppiamento fono sintattico, suonando quindi come un ‘nummirišpunnannò’, con accento secondario sulle due ‘u’.

      [10] - La traduco con ‘frescura’, questa ombra riposante, magari prodotta da un albero o una pergola, dove l’amato lontano è colto dal sonno per le fatiche del corpo e dell’anima, e magari anche per lenire le pene d’amore, considerando il risveglio.

      [11] - Qui voglio immaginare che la rondinella sia arrivata sul luogo dell’amato e che la voce parlante sia quasi trattenuta, frenata da quel sonno di cui ‘il mio bene’ ha bisogno, anche se costa una nota di malinconia nell’invocazione…

      [12] - E infatti il sogno dell’amato era animato e percorso dal ricordo della donna ‘poetante’, sicché egli si sveglia e asciuga le lacrime dagli occhi: è stato solo un attimo quel timore avvertito nelle strofe precedenti, quella paura che la voce non potesse essere udita per la troppa distanza.

      Si stuja l’occhi e li (Si asciuga gli occhi e gli)
      Si stuja l’occhi e li (Si asciuga gli occhi e gli)
      Passa lu chjantu (Passa il pianto)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Si stuja l’occhi e li passa lu chjantu (Si asciuga gli occhi e gli passa il pianto)[13]

      Piglia lu muccaturu (Prendi(gli)[14]il fazzoletto)
      Piglia lu muccaturu (Prendi(gli)[15] il fazzoletto)
      Lu vaju a llavu (Vado a lavarlo)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Piglia lu muccaturu, lu vaju a llavu (Prendi(gli) il fazzoletto, vado a lavarlo)

      Poi ti lu špannu a nu (Poi te lo stendo[16] ad una)
      Poi ti lu špannu a nu (Poi te lo stendo ad una)
      Peru de rosa (Pianta[17] di rosa)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Poi ti lu špannu a nu peru de rosa (Poi te lo stendo ad una pianta di rosa)

      Poi ti lu mannu a Na (Poi te lo mando a Na)
      Poi ti lu mannu a Na (Poi te lo mando a Na)
      puli a stirare (Poli a stirare)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Poi ti lu mannu a Napuli a stirare (Poi te lo mando a Napoli a stirare)

      Poi ti lu cogliu a la (Poi te lo piego alla)[18]
      Poi ti lu cogliu a la (Poi te lo piego alla)
      Napulitana (Napoletana)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Poi ti lu cogliu a la napulitana (Poi te lo piego alla napoletana)

      Poi ti lu mannu cu (Poi te lo mando col)[19]
      Poi ti lu mannu cu (Poi te lo mando col)
      Ventu a purtari (Vento a portare)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Poi ti lu mannu cu ventu a purtari (Poi te lo mando a portare col vento)[20]

      [13] - ‘Passare il pianto’ è costruzione simile all’italiano ‘Passare l’appetito’, ad esempio.

      [14] - Il desiderio si sta compiendo: ora la rondine dovrà prendere il fazzoletto che trattiene le lacrime dell’amato e portarlo alla innamorata perché possa lavarlo, stirarlo e ripiegarlo secondo un preciso rituale, addirittura inclusivo di un viaggio di andata e ritorno fino ad una Napoli lontanissima, a quei tempi irraggiungibile ai più, capitale del Regno.

      [15] - Non escluderei una lettura di quell’articolo ‘lu’ con un dimostrativo ‘ddu’, quello.

      [16] - Nel senso specifico di ‘sciorinare’. Quel ‘te’ di ‘te lo stendo’ è un dativo etico.

      [17] - In dialetto calabrese ‘peru’ è propriamente piede, in tutte le comuni accezioni, e albero, pianta: ‘per(u) ‘e rosa’ quindi significherebbe più precisamente ‘albero di rosa’, ma in questo contesto indica la pianta della rosa, il rosaio.

      [18] - Còglir, cògghir, cogghjìr, ha vari significati: qui è senza dubbio piegare, come dicesi dei panni asciutti, anche se non è del tutto peregrina una traduzione che preveda il significato di ‘raccogliere’, nel senso di ‘ritirare’ il fazzoletto dal rosaio dove è stato steso (spannùtu).

      [19] - E’ quasi superfluo annotare che i due ‘cu’ corrispondenti, nell’originale, sono sottoposti a raddoppiamento: ‘ccu’, ‘con’.

      [20] - Altra tipica costruzione idiomatica, dove nell’uso di ‘mando’ seguito dal verbo all’infinito si potrebbe anche avvertire qualcosa di pleonastico: te lo mando a portare con il vento (complemento di mezzo, ma, volendo modificare la costruzione, si potrebbe leggere come un complemento di causa efficiente, anche).

      Ventu và portacellu (Vai vento e portaglielo)
      Ventu và portacellu (Vai vento e portaglielo)
      A lu mio beni (Al mio bene)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Ventu và portacellu a lu mio beni (Vai vento e portaglielo al mio bene)[21]

      Mera pe’ nun ti cara (Attenta[22] che non ti cada)
      Mera pe’ nun ti cara (Attenta che non ti cada)
      Pe’ supra mari (Di sopra al mare)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Mera che nun ti cara pe’ supra mari (Attenta che non ti cada di sopra al mare)

      Ca perda li sigilli (Ché perdi i sigilli)[23]
      Ca perda li sigilli (Ché perdi i sigilli)
      De chistu cori (Di questo cuore)
      Oi riturnella (Oh rondinella)
      Ca perda li sigilli de chistu cori. (Ché perdi i sigilli di questo cuore)[24].

      [21] - Le strofe in rosso non sono presenti nella versione musicata dall’ottimo Eugenio Bennato; aggiungo un ‘purtroppo’, in quanto queste due strofe sono altamente esplicative dell’azione: al vento e al viaggio in senso inverso della rondinella viene affidato quel fazzoletto affinché torni dall’amato proprietario, dopo aver provato le cure amorose della donna.

      [22] - ‘Meràr’ è ‘guardare’, nelle sue varie accezioni, come in spagnolo e nel latino da cui deriva insieme all’italiano ‘mirare’. Ma significa anche ‘guardare’ nel senso di ‘fare attenzione che/a…’. Altra costruzione sintattica richiederebbe un ‘mera ca un ti cada…’

      [23] - E quindi l’invocazione finale alla rondine risulta essere che la stessa faccia attenzione, in quel viaggio di ritorno, che non cada in mare quel fazzoletto che è il depositario di quei sigilli del cuore della donna. ‘Sigillare’ è un termine di grande portata in dialetto calabrese, come un sinonimo di chiusura totale ad una ‘alterità’ alla quale non è permesso in alcun modo di intromettersi nella vita dei ‘custodi/depositari’ di quei sigilli.

      [24] - Tornando alla provenienza geografica del canto, annoto, sulla scorta di questo verso conclusivo, che se di Cirò si tratta, il suo dialetto prevedrebbe l’uso di una ‘erre’ eufonica, poco marcata, tra il verbo ‘perda’ e ‘i sigilli’, non contemplandosi, come articolo determinativo plurale la forma ‘li’. Tra l’altro, ma questa è una supposizione mia, ‘sigilli’ dovrebbe essere una forma ‘nobilitata’, poiché in cirotano sarebbe ‘sincìddi’ o ‘ siggìddi’: sono, queste, notazioni marginali, poiché, anche all’interno di una espressione strettamente dialettale si possono produrre esiti differenti, dovuti ad una sorta di adeguamento ad un dialetto ‘più esteso’, o regionale, come dire: una fase di avvicinamento a quella lingua nazionale sconosciuta, l’italiano, attraverso un approccio ad una parlata che si ritiene più riconoscibile almeno in ambito regionale. Tra le altre cose, parlare di ‘dialetto calabrese’ non credo sia del tutto esatto: ritengo più giusto parlare di un ‘continuum dialettale calabrese’: i nativi di Reggio, Catanzaro, Castrovillari si intendono, tra di loro, ma per linee sempre più grandi e proporzionali alle distanze intercorrenti tra i luoghi d’origine. E proprio questo mi sembra di poter dire, cioè che il ricorso a forme non strettamente locali sia un tentativo, più o meno consapevole, di abbreviare o annullare queste distanze.

      https://web.archive.org/web/20130705083003/http://www.ilcirotano.it/alla-riscoperta-della-canzone-cirotana-riturnella

  • Facimu rota
    https://www.youtube.com/watch?v=6UdgaA0zzgk

    Tanjt’anni arretu nda chistu paisi,
    canzuni e tarantelli e risati,
    nuddu era baruni o marchisi
    ma tutti quanti facianu scialati.
    Ora non c’è legrizza dintra i cori,
    non c’è armonia,
    non c’è sti caluri...
    e u paisi chianu chianu mori...
    A genti non è chiu’ ...
    com’era ieri...

    Nescimu fora e facimu rota
    a sutta a luna di jancu pittata,
    sentimu i vecchi cunti e di na vota
    facimu festa tutta la nuttata...
    facimu festa tutta la nuttata...

    Nescimu fora e facimu rota
    ’nzinà quand a lumère sti dumata,
    arretu non turnamu a natra vota
    esti nu viaggiu di sulu andata...
    esti nu viaggiu di sulu andata...

    Purtamu ’n chiazza na gutti di vinu
    e na furnata di pani di granu,
    chitarri e furmaggiu pecurinu,
    tambureddhi ed organetti a manu...
    tambureddhi ed organetti a manu...

    Balla u massaru e u mastru acustureri,
    cu mai ndeppi na stampa d’umbratura,
    cu’ ndavi a testa china di penseri,
    e cu’ la bucca curma di sarmura...
    e cù la bucca curma di sarmura...

    balla u previti e «Mela la grossa»,
    cu’ pe tant’anni non perdì na missa,
    cu’ ndavi gia’ nu pedi dintra a fossa,
    u malandrinu u sbirru e lu fissa...
    u malandrinu u sbirru e lu fissa...

    Ballanu i giovanotti e la mastranza,
    cugghià da vecchia e nova simenza,
    undavi bona o mala crianza,
    u nalfabeta e u puzzu di scienza...
    u nalfabeta e u puzzu di scienza...

    Nescì e balla puru a «Gnura Tota’»
    cull’unghi longhi e a facci pittata,
    duci comu «racina liparota»
    d’amuri duna a tutti na brocciata...
    d’amuri duna a tutti na brocciata...

    Nescimu fora e facimu rota
    prima i cala fitta la ligghjata
    sta vita chiu’ nun torna natra vota,
    esti nu viaggiu di sula andata...
    esti nu viaggiu di sula andata...

    #tarantella #tarentelle #musique_populaire #Calabre #Italie #fête #Giovanni_Favasuli #nostalgie #chant
    (c’est plutôt du new folk et pas vraiment une chanson trad, mais c’est pour que je la retrouve :-))

  • #The_Weavers : Which Side Are You On ?
    https://www.youtube.com/watch?v=Sh86h92PrH0

    Which side are you on? (4)

    Come all of you good workers,
    Good news to you I’ll tell
    Of how the good old union
    Has come in here to dwell.

    Which side are you on? (4)

    My daddy was a miner
    And I’m a miner’s son,
    And I’ll stick with the union
    ’Til every battle’s won.

    Which side are you on? (4)

    They say in Harlan County
    There are no neutrals there;
    You’ll either be a union man,
    Or a thug for J. H. Blair.

    Which side are you on? (4)

    Oh workers can you stand it?
    Oh tell me how you can.
    Will you be a lousy scab
    Or will you be a man?

    Which side are you on? (4)

    Don’t scab for the bosses,
    Don’t listen to their lies.
    Us poor folks haven’t got a chance
    Unless we organize.

    Which side are you on? (4)

    #chanson #musique #syndicat #travail #conditions_de_travail #USA #Etats-Unis #folk #mines #mineurs

  • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt
    https://us16.forward-to-friend.com/forward/preview?u=84965d21d1ed50ffea9d4c6c9&id=6c751936a3

    "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”.

    L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

    À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

    Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

    Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

    L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ?

    #agnotologie #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #écogestes #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #écologie #Marius_Bickhardt

    • Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le « nationalisme vert » ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations « natives » contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

    • Le marxisme écologique, Marius Bickhardt, Gauthier Delozière, Cannelle Gignoux, La Découverte, avril 2026

      Issu des marges du mouvement ouvrier et de l’#écologie_politique, le #marxisme_écologique est devenu l’un des foyers de la revitalisation du marxisme après la chute du bloc de l’Est. S’affirmant comme courant à la fin des années 1980, cette vaste entreprise exégétique, analytique et politique constitue désormais une ressource précieuse pour appréhender les catastrophes écosociales de l’Anthropocène. Cet ouvrage se donne pour objectif d’en présenter les principes fondamentaux.
      Il revient d’abord sur son émergence avant d’aborder les différentes relectures de l’écologisme de Karl Marx. Il s’attache ensuite à ses développements contemporains, depuis l’analyse des causes historiques du dérèglement planétaire en cours (#Capitalocène contre Anthropocène, capitalisme fossile, impérialisme écologique) jusqu’aux débats théoriques et stratégiques qui accompagnent l’aggiornamento environnemental de la théorie marxienne de l’émancipation (#État, #planification_écologique, #sujet_révolutionnaire).

      Intro et table des matières :
      https://www.calameo.com/read/0002150221e0cadad5f4f

      #livre

  • [Architecture et canicule] Clément Gaillard
    https://bsky.app/profile/clementgaillard.bsky.social/post/3mqrsdtxed22v

    Il faut arrêter de faire les surpris.

    J’ai eu une réunion avec un bailleur pour un problème de surchauffe sur une résidence senior livrée en… 2025.

    Il fallait que je vous en parle.

    L’objectif de la réunion était d’imaginer des stratégies passives de rafraîchissement pour essayer de résoudre un énorme problème de #surchauffe.

    Juste en regardant la parcelle et sans même connaître le bâtiment neuf, j’ai posé deux questions à mon interlocuteur.


    Est-ce que les #logements sont mono-orientés ?

    Réponse : oui.

    Est-ce que les appartements sont orientés plein ouest et sans masques ?

    Oui.

    En deux minutes, le diagnostic était posé et les principales causes de la surchauffe étaient manifestes.

    Faire du logement senior mono-orienté plein ouest en 2025, c’est fabriquer des pièges à chaleur.

    Ne pas prévoir de brasseur d’air, de climatisation ou tout autre système de refroidissement dans cette configuration, c’est amplifier la vulnérabilité des occupants les plus fragiles.

    Et s’imaginer rafraîchir passivement un tel bâtiment après coup relève de l’illusion.

    Cela fait plus de 100 ans qu’on sait que l’orientation plein ouest génère une surchauffe en été et ne possède qu’un faible bénéfice thermique pour l’hiver en comparaison de l’orientation sud.

    La géométrie solaire est intraitable.

    C’est un fait connu depuis 1883 et cela a été démontré par l’ingénieur Félix Marboutin et l’architecte Alfred Henry dès les années 1940 !

    Les orientations est et ouest captent le maximum d’ensoleillement au pire des moments.

    Aujourd’hui, on sait qu’une façade plein ouest (courbe rouge) reçoit plus de 700 W/m² de puissance solaire entre 15h et 18h, aux pires heures de la journée, avec un rayonnement perpendiculaire à la façade.

    C’est aussi le cas pour l’est (jaune), mais pendant la matinée.

    Pareil pour les cumuls reçues par une façade verticale.

    L’est et l’ouest reçoivent 4,5 kWh/m² dans le Sud de la France le 21 juillet, contre seulement 1,5 kWh/m² le 21 janvier (3x plus).

    Le sud ne reçoit que 2,5 kWh le 21 juillet contre 5 kWh/m² le 21 janvier (2x moins).

    J’entends souvent sur ce réseau et ailleurs que l’orientation sud pose des problèmes de surchauffe, mais c’est objectivement celle qui présente le meilleur compromis hiver/été.

    D’autant plus qu’il est très facile d’ombrager au sud avec un débord.

    Pour en revenir à la résidence senior, j’ai bien évidemment décliné ce projet et renvoyé le bailleur vers un bureau d’étude pour dimensionner un système de refroidissement.

    J’ai juste perdu 30 minutes à expliquer les bases de l’orientation et de la géométrie solaire.

    Nous sommes en 2026 et des bâtiments mono-orientés plein ouest sans système de rafraîchissement sortent encore de terre, peut-être même sans protections solaires correctement conçues.

    L’orientation d’un bâtiment à l’ouest demande une énorme vigilance.

    Ne pas y faire attention est d’autant plus dommageable que la surchauffe est parfaitement anticipable même en l’absence d’étude thermique.

    Qui peut encore être surpris qu’un tel bâtiment devienne une bouilloire à la première #canicule ?

    (exactement ça chez moi, ouvertures est et ouest, donc rayons du soleil perpendiculaires à ces fenêtres, avec la cerise du toit en zinc)

    #logements_bouilloires #habiter #architectes #soleil #changement_climatique

  • L’adattamento al clima non può essere un privilegio: serve un Welfare climatico

    Periferia nord di Milano, ultimo piano di una palazzina degli anni Sessanta, tetto piano senza isolamento. Alle undici di sera il termometro in cucina segna trentaquattro gradi e il soffitto continua a restituire il calore che ha accumulato per tutto il giorno. La famiglia che ci abita non compare in nessuna statistica sulla povertà. Si dorme a turno nella stanza che dà sul cortile, dove entra un filo d’aria. Nessuna politica climatica degli ultimi dieci anni ha mai incrociato questa famiglia. L’adattamento individuale funziona a condizione di restare minoritario, e quindi definisce in anticipo una popolazione esclusa.

    Periferia nord di Milano, ultimo piano di una palazzina degli anni Sessanta, tetto piano senza isolamento. Alle undici di sera il termometro in cucina segna trentaquattro gradi e il soffitto continua a restituire il calore che ha accumulato per tutto il giorno. La famiglia che ci abita non compare in nessuna statistica sulla povertà: due redditi, uno stabile e uno intermittente, un affitto che assorbe un terzo di quello che entra. Il condizionatore non c’è. Non per il prezzo dell’apparecchio, che costa meno di una lavatrice, ma perché la casa non è loro. L’unità esterna andrebbe fissata alla facciata, servono il consenso del proprietario e il passaggio in assemblea, e il contatore da tre chilowatt non reggerebbe il carico serale. Si dorme a turno nella stanza che dà sul cortile, dove entra un filo d’aria.

    Nessuna politica climatica degli ultimi dieci anni ha mai incrociato questa famiglia: non ha un tetto su cui installare, non ha capienza fiscale da scontare, non ha la liquidità da anticipare e recuperare in dieci anni di detrazioni. Rispetto alla transizione energetica, questi cittadini semplicemente non esistono.

    Trenta chilometri più a nord, una casa indipendente con giardino. Cappotto termico, infissi sostituiti, pompa di calore aria-acqua, nove chilowatt di fotovoltaico in copertura, una batteria di accumulo in garage, la colonnina per l’auto, l’adesione a una comunità energetica. Tutto realizzato negli ultimi anni, tutto legittimo, tutto incentivato. D’estate la casa resta sotto i ventisei gradi consumando l’energia che il tetto produce, e la bolletta annuale si avvicina allo zero. Questa famiglia ha fatto esattamente ciò che le è stato chiesto: ha ridotto le proprie emissioni, ha anticipato la transizione, ha usato strumenti pubblici previsti per legge. Non c’è nulla da rimproverarle, anzi. Ed è questo il punto.

    Il problema non è dato dalle sue scelte, è l’architettura del dispositivo che ha reso quelle scelte possibili a lei e impossibili all’altra.

    Le due scene non stanno agli antipodi per accidente. Sono il prodotto dello stesso pacchetto di politiche. Un incentivo che opera per detrazione seleziona chi ha imposte da detrarre. Un contributo erogato a lavori conclusi seleziona chi può anticipare la spesa. Un meccanismo che premia l’autoproduzione seleziona chi possiede una superficie su cui produrre. Il risultato è una transizione a doppia velocità, nella quale il denaro pubblico mette ulteriormente al riparo chi era già relativamente al riparo, mentre chi è più esposto resta dove si trovava, con l’unica differenza che nel frattempo il caldo è aumentato.

    Questa asimmetria ha un nome poco frequentato fuori dai rapporti scientifici: maladattamento. L’Ipcc definisce così le risposte al cambiamento climatico che, invece di ridurre il rischio, lo aumentano: perché accrescono le emissioni, perché spostano la vulnerabilità su altri, perché ipotecano le opzioni future. Sono l’esito prevedibile di una forma sociale precisa, l’adattamento organizzato come consumo privato.

    Chi è rimasto fuori, intanto, non sta fermo: si adatta anche lui, con gli strumenti che il mercato gli offre al prezzo che riesce a pagare. Il caso di scuola è il condizionatore. Raffredda l’interno riscaldando l’esterno e alimenta l’isola di calore urbana che rende la città più torrida per tutti, in particolare per chi in strada ci lavora. Fa impennare i picchi estivi della domanda elettrica, con costi di sistema che ricadono su chiunque abbia un contatore. E protegge solo chi può permetterselo, mentre la mortalità da caldo continua a concentrarsi sugli anziani soli, poveri, negli appartamenti mal isolati degli ultimi piani. Il risultato netto non è meno rischio: è lo stesso rischio, spinto verso il basso.

    Lo schema si ripete ovunque. Nelle campagne del bacino del Po in sofferenza idrica, chi ha capitale scava un pozzo più profondo e continua a irrigare: si adatta, e intanto abbassa la falda di tutti. Lungo i fiumi e sulle coste, argini e barriere mettono in sicurezza un tratto scaricando l’acqua su quello successivo. In montagna l’innevamento artificiale prolunga di qualche stagione un modello turistico insostenibile, consumando l’acqua che servirà a valle. E le compagnie assicurative ridefiniscono premi e coperture in funzione dell’esposizione: il mercato non protegge i territori, li seleziona.

    In tutti questi casi l’adattamento è una macchina di stratificazione sociale alimentata dal clima.

    Il limite di questa forma di protezione non è soltanto morale, è fisico. Non esiste una versione universalizzabile del riparo privato. Se tutti accendessero il condizionatore nella stessa ora la rete non reggerebbe. Se tutti scavassero un pozzo più profondo la falda si esaurirebbe. Se ogni comune innalzasse i propri argini, l’acqua non sparirebbe: cambierebbe soltanto indirizzo. L’adattamento individuale funziona a condizione di restare minoritario, e quindi definisce in anticipo una popolazione esclusa. Non è una soluzione parziale in attesa di diventare generale. È una soluzione che smette di funzionare nel momento esatto in cui diventa generale.

    A questo si aggiunge un effetto politico che agisce più lentamente ma più in profondità. Più la protezione diventa privata, più diventa difficile costruire quella collettiva, perché chi si è già messo al riparo perde interesse a finanziarla. È la dinamica che conosciamo dalla sanità e dalla scuola: quando i ceti medi escono dal servizio pubblico, il servizio pubblico non si limita a perdere utenti, perde i suoi difensori. Con il clima il meccanismo è più brutale, perché la fuga non è verso un servizio alternativo, ma verso il proprio appartamento. Ogni impianto installato è anche un voto sottratto all’idea che dal caldo ci si possa difendere insieme.

    L’alternativa non è rinunciare all’adattamento, ma il contrario. È cambiarne la velocità, la scala e il titolare. Un albero non ripara una famiglia, ripara una strada. Una scuola riqualificata non protegge un proprietario, protegge una coorte intera di bambini per trent’anni. Un piano di prevenzione idrogeologica non mette in salvo una casa, mette in salvo un bacino. L’adattamento collettivo ha una proprietà che quello individuale non può avere: i suoi benefici crescono quando il numero delle persone protette aumenta, invece di diminuire.

    È da qui che occorre ripartire. Il rischio climatico ha esattamente le caratteristiche che un secolo fa giustificarono la nascita dello Stato sociale: è prodotto collettivamente, ricade individualmente, ed è di dimensioni tali che nessuna famiglia può assorbirlo con le proprie forze. Infortunio, malattia, vecchiaia, disoccupazione: il Welfare novecentesco nasce quando diventa evidente che i rischi generati dall’industrializzazione non possono essere lasciati alla responsabilità dei singoli. Caldo, siccità e alluvione appartengono oggi alla stessa famiglia. Sono i nuovi rischi sociali, e per ora li trattiamo come sfortune personali.

    Welfare climatico significa allora una cosa precisa: trasformare l’adattamento da bene di consumo a infrastruttura pubblica. Significa riqualificare l’edilizia pubblica e popolare trattandola come politica per la salute, perché una casa isolata salva vite d’estate e d’inverno. Significa il raffrescamento come servizio: alberi, ombra, acqua pubblica, spazi climatizzati nei quartieri e nei paesi, scuole e centri civici accessibili nelle ore critiche. Significa portare la protezione dentro le case di chi non può uscirne, con servizi di prossimità che nelle ondate di calore raggiungano gli anziani soli prima che sia il pronto soccorso a farlo.

    Significa comunità energetiche progettate per redistribuire, e non per far risparmiare chi già risparmia. Significa manutenzione del territorio come politica del lavoro nelle aree fragili, dove la prevenzione è l’unica protezione disponibile. E significa una soglia minima di accesso all’energia e all’acqua sottratta al mercato, perché oltre una certa temperatura interna non si tratta più di comfort ma di sopravvivenza.

    Significa anche riscrivere gli incentivi che abbiamo. Se non abolirli, invertirne il verso: contributi diretti al posto delle detrazioni, priorità di accesso in base alla vulnerabilità e non alla capacità di spesa, misure pensate per chi vive in affitto e non solo per chi possiede. Una politica climatica che raggiunge prima di tutto la casa più fredda d’inverno e più rovente d’estate non è assistenzialismo: è la sola versione efficiente di quella politica, perché è lì che ogni euro speso evita il maggior numero di ricoveri e di morti.

    Ha un costo, e dobbiamo capire come sostenerlo e come distribuire il contributo al problema. Ma il confronto corretto non è tra spendere e non spendere. È tra spesa programmata e spesa d’emergenza, quella che già paghiamo ogni anno a disastro avvenuto e a prezzo maggiorato.

    Resta la posta politica. La domanda di protezione che il clima genera non rimane inevasa: se non la organizza una politica pubblica, la intercetta qualcun altro. L’offerta alternativa circola già: seconde case in montagna come rifugi climatici individuali, assicurazioni private, autosufficienza energetica domestica, la promessa di salvarsi separatamente. È un’illusione tecnicamente fondata per pochi e politicamente efficacissima, perché converte una questione di giustizia in una questione di sicurezza privata. E ha un vantaggio competitivo enorme sulla risposta pubblica: è disponibile subito, si compra in un pomeriggio, non richiede di fidarsi di nessuno.

    Poiché l’adattamento è ormai urgente e necessario, la scelta che abbiamo di fronte è tra un adattamento che moltiplica le disuguaglianze e uno che le riduce; tra una società che si protegge insieme e una che si frammenta in ripari singoli. Il Welfare climatico è il modo in cui decidiamo se l’adattamento diventerà un bene pubblico condiviso o resterà un privilegio.

    https://rivistadissonanze.it/agosto2026/serve-un-welfare-climatico

    #chaleur #pauvreté #habitat #logement #welfare_climatique #privilège #inégalités #adaptation #canicule #politique_climatique #sommeil #invisibilisation #classes_sociales #architecture #choix #maladaptation #changement_climatique #vulnérabilité #vulnérabilité_climatique #aménagement_du_territoire #climatisateur #climatisation #îles_de_chaleur #énergie #risque #individualisme #collectif #climat #eau #protection #risque_climatique #welfare #survie #coût #politique_publique #justice #justice_climatique

  • Évolution récente et projection future de la ressource mondiale en eau souterraine, Maya Costantini ; Bertrand Decharme ; Jeanne Colin - La Météorologie, 129, 39-45, 2025 (publication : May 01, 2025)
    https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_39

    Résumé
    Cet article analyse l’évolution des ressources en eau souterraine à l’échelle mondiale, en se basant sur des simulations de modèles climatiques. Une méthode simple est proposée pour estimer les prélèvements non renouvelables d’eau souterraine utilisée pour l’irrigation. Les résultats montrent que dans des régions clés comme l’Inde, la Chine et les États-Unis, une grande partie de l’eau utilisée est non renouvelable, aggravant la dette hydrique mondiale. Cette étude souligne que la combinaison de la diminution de la recharge sous l’effet du changement climatique et de l’augmentation des prélèvements anthropiques menace la durabilité de la ressource en eau souterraine dans les aquifères de plusieurs régions du monde.

    [...]

    L’eau, source de vie, est omniprésente sur notre planète et recouvre environ 71 % de sa surface. Toutefois, cette ressource précieuse est loin d’être équitablement répartie : 97 % de l’eau terrestre est concentrée dans les océans et seulement 3 % sous forme d’eau douce sur les continents. L’eau douce continentale est donc rare sur Terre. La plus grosse partie de cette eau douce continentale, environ 70 %, n’est pas exploitable directement, car elle est stockée sous forme de glace dans les glaciers continentaux et les calottes polaires groenlandaises et antarctiques. Près de 29 % sont difficilement accessibles car localisés en profondeur dans les aquifères. Finalement, seule une infime partie de l’eau douce continentale, environ 1 %, est facilement accessible : elle se trouve dans les lacs naturels ou artificiels, les rivières, les marais et les couches superficielles du sol, tous ces réservoirs constituant les eaux de surface.

    (...) On estime que 70 % de l’eau douce prélevée est dédiée à l’agriculture, majoritairement pour l’irrigation, ensuite pour l’élevage. L’industrie utilise 20 % de cette eau et les 10 % restants servent à notre usage domestique.

    [...]

    Depuis le début du XXIe siècle, la demande en eau par secteur (agriculture, industrie, usage domestique) augmente dans toutes les régions du monde, si bien que la consommation d’eau présente une croissance 1,7 fois plus forte que la croissance démographique. Une grosse partie de cette augmentation est due au secteur agricole avec l’irrigation des cultures.

    #eau #eau_douce #climat #changement_climatique #eaux_souterraines #nappes_phréatiques #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #agriculture #irrigation #élevage #stress_hydrique #hydrologie #écologie

    • « L’usage des grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation », Samuel Bonvoisin (Ingénieur agronome), Charlène Descollonges (Ingénieure hydrologue) et Simon Ricard (Ingénieur hydrologue)
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/19/l-usage-des-grands-reservoirs-artificiels-temoigne-d-une-meconnaissance-des-

      Face aux sécheresses intensifiées par le changement climatique, trois spécialistes de l’eau appellent, dans une tribune au « Monde », à renforcer la résilience hydrique en développant des pratiques agroécologiques et en stockant l’eau de pluie dans les nappes phréatiques et la végétation.

      L ’année 2026 est marquée par des extrêmes hydriques, #crues majeures survenues en hiver et sécheresse de l’été, qui dépasse désormais le record de 2022. En passant d’un extrême à un autre en seulement quelques mois, la situation pose la question du #stockage_de_l’eau pour l’agriculture : pourquoi ne pas prélever et stocker une partie des excédents de l’hiver afin d’irriguer quand elle vient à manquer l’été ? Si l’idée semble relever du bon sens, des confusions subsistent et peuvent conduire, de manière contre-intuitive, à une aggravation des pénuries.

      En quête d’exemple transposable à la France, le monde agricole se tourne vers le modèle espagnol. Depuis 1950, l’Espagne a abondamment investi dans la construction de #réservoirs_artificiels, réutilisant les eaux usées traitées et dessalant l’eau de mer. En dépit de ces lourds investissements, la sécheresse historique ayant touché la péninsule Ibérique entre 2021 et 2024 a provoqué une chute du niveau d’eau dans ces réservoirs artificiels. Face à un taux de remplissage critique (inférieur à 16 %), les autorités ont dû prendre des mesures de restrictions drastiques, entraînant des pertes agricoles considérables. Mais cette « catastrophe naturelle » et les impacts économiques qui lui sont associés sont-ils uniquement imputables au manque de pluie ?

      D’après une étude parue en mai dans Nature, l’Espagne figure parmi les régions du monde où le stockage artificiel destiné à l’irrigation ne protège pas nécessairement d’une pénurie d’eau – il peut même l’aggraver. Les scientifiques appellent cela l’« effet réservoir » ou le « paradoxe du développement sûr », lorsque « le renforcement des mesures de sécurité entraîne, paradoxalement, une aggravation des dégâts en cas de pénurie ».

      Cette étude révèle que les grands réservoirs destinés à l’irrigation sont les plus à risque parce que les sécheresses compromettent leur alimentation et que, en confortant l’« offre », ils soutiennent une forte demande en eau. Avec des sécheresses qui s’intensifient sous l’effet du changement climatique et une demande croissante pour l’irrigation, les scientifiques soulèvent une question cruciale : ces réservoirs resteront-ils viables s’ils deviennent de plus en plus vulnérables ?

      Une solution de « bon sens » en apparence s’avère moins évidente que prévu et requiert une analyse critique. Outre les enjeux écologiques, l’usage de ces grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation. Nous peinons à faire les liens entre les catastrophes dites « naturelles » que sont les inondations, les coulées de boue, les incendies, les sécheresses, et leurs causes structurelles d’origine anthropique que sont l’appauvrissement des sols agricoles, l’assèchement des milieux humides, l’exploitation intensive des forêts, l’artificialisation des sols et des hydrosystèmes.
      En clair, nous héritons de systèmes rendus vulnérables aux extrêmes hydriques tandis que ces aléas sont amenés à s’intensifier avec le dérèglement climatique. Plutôt que de poursuivre un investissement sans limite dans des réservoirs dont la viabilité n’est plus assurée, peut-être devrions-nous nous orienter vers des voies plus robustes.

      Des territoires pionniers

      En s’attaquant aux causes profondes de l’assèchement, l’hydrologie régénérative vise la résilience hydrique des territoires. Dans la pratique, elle fédère un ensemble de techniques suivant des principes d’aménagement : ralentir, infiltrer, stocker l’eau de pluie en priorité dans les paysages, c’est-à-dire dans les sols et les nappes, mais aussi dans la végétation (forêts et zones humides) plus dense et diversifiée.
      Ces principes s’articulent autour d’un triptyque sol-arbre-eau, qui se décline dans les milieux aquatiques, agricoles, forestiers et urbains. En contexte agricole par exemple, ces approches combinent des pratiques agroécologiques (sol), de l’agroforesterie (arbre) et des micro-ouvrages hydrauliques (eau) afin de répartir et d’infiltrer l’eau dans les parcelles, ce qui permettrait de réduire – dans une certaine mesure – la dépendance à l’irrigation. Adaptées aux contextes locaux, ces pratiques contribuent non seulement à régénérer la fertilité des sols, mais aussi à renforcer la résilience des cultures face aux vagues de chaleur, aux manques comme aux excès d’eau.

      Dans l’Ain, la Drôme et l’Ardèche, des territoires pionniers ont fait le choix de soutenir des dizaines d’agricultrices et d’agriculteurs pour implémenter et tester des pratiques d’hydrologie régénérative dans leurs parcelles. Forts des premiers retours d’expérience, ces territoires souhaitent aller plus loin, en soutenant d’autres exploitants et en élargissant le périmètre d’action aux forêts, aux rivières et aux espaces urbains. Par ailleurs, l’association Pour une hydrologie régénérative souhaite poursuivre ces démarches pilotes dans toute la France.

      La nécessité de stocker plus d’eau pour l’agriculture offre aussi l’occasion de fédérer un ensemble d’acteurs autour de projets locaux dans une recherche des bénéfices mutuels, tant pour les activités humaines que pour les milieux naturels. Ces projets pilotes ont montré qu’il était possible de dépasser les clivages autour du stockage en choisissant des alternatives aux grandes réserves de substitution. Loin d’être antinomique avec l’irrigation, l’hydrologie régénérative s’inscrit dans une vision plus large de résilience hydrique des territoires dont font partie les agrosystèmes.

      Si le stockage artificiel doit être envisagé, il est pensé comme un complément à la régénération des capacités de rétention naturelle des paysages tout en composant avec les limites des hydrosystèmes et la réalité économique des exploitations agricoles. Cette nouvelle perspective intéresse aussi bien les chambres d’agriculture que les exploitants en vue de sortir de l’impasse implacable que représente la sécheresse historique que nous vivons.

      Plus globalement, l’hydrologie régénérative nous exhorte à changer nos représentations, nos organisations et nos postures pour développer des modèles plus robustes dans un monde fluctuant. Puissent ces événements tragiques nous conduire, au-delà des seules logiques d’adaptation, vers la régénération hydrique des territoires afin de mieux les préparer aux prochaines fluctuations.

      #cycles_de_l’eau #hydrologie_régénérative #agroforesterie #agroécologie

    • « un milliard de mètres cubes d’eau disparaît par #évapotranspiration chaque année avec les retenues françaises, soit l’équivalent de 20% de la consommation d’eau du pays [ ! ?]. La loi d’urgence agricole prévoit le doublement de ce type de stockage à l’horizon 2035

      https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/mega-bassine/sainte-soline-ou-est-passee-leau-de-la-megabassine-d8034a6c-9b07-11f1-b

      C’est sous paywall, et je trouve pas le rapport de France stratégie qui citerait cette proportion himalayenne, seulement
      L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-25%20-%20NA%20156%20-%20L%27eau%20en%202050/HCSP-2025-NA156-Eau-25juin.pdf
      qui n’évoque l’évapotranspiration qu’en note.

      edit trouvé l’article de O-F :
      https://justpaste.it/g87g2

      #loi_d’urgence_agricole #LUA #Florence_Habets

    • dans le résumé de la Note d’analyse, n°134, d’avril 2024 de France Stratégie
      Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et usages ? | Haut-commissariat à la stratégie et au plan
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/prelevements-consommations-deau-enjeux-usages

      Passer des prélèvements aux consommations nécessite de faire des hypothèses sur les « facteurs de consommation », réexaminés ici. En 2020, les consommations sont estimées à plus de 4,4 milliards de m3, l’irrigation agricole en représentant près des deux tiers (irrigation des cultures destinées à l’alimentation humaine et animale notamment, principalement concentrée dans le sud et l’ouest de la France). Les stockages d’eau artificiels – hydroélectricité, retenues agricoles, plans d’eau d’agrément, etc. – ne sont aujourd’hui pas considérés comme consommateurs. Une première estimation du phénomène d’évaporation montre que ces stockages pourraient engendrer des consommations de l’ordre d’un milliard de m3 par an, élevant donc la consommation annuelle à 5,4 milliards de m3.

      note :

      Les opinions exprimées engagent leurs auteurs et n’ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

      (la lecture du document lui-même est dense…)

    • « Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance de l’eau », Sara Fernandez, géographe
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/26/secheresse-notre-principal-defi-est-d-abord-de-renoncer-a-l-illusion-de-l-ab

      Nous sommes confrontés à un changement de régime hydroclimatique, face auquel nos systèmes de régulation des usages et de répartition de l’eau ne sont plus adaptés. Nos instruments de planification et de financement, comme nos infrastructures, sont fondés sur une stabilité hydrologique historique qui ne se vérifie plus. Les normes de qualité des cours d’eau et d’encadrement des rejets s’appuient sur des débits passés que l’on observe plus difficilement aujourd’hui.

      [...]

      En moyenne, un agriculteur en zone vulnérable aux nitrates agricoles est contrôlé tous les quatre-vingts ans. Une station d’épuration l’est tous les dix ans.

      [...]
      [La LUA qui va] Accélérer le développement de ces nouveaux usages [irrigation, nucléaire, data centers] et des infrastructures associées ne peut être une réponse à un #cycle_de_l’eau qui s’accélère, avec des étés de plus en plus chauds et des niveaux qui baissent de plus en plus. De telles politiques de l’offre, fondées sur le mythe d’une eau abondante que l’on pourrait diriger et apporter où l’on veut, sont une impasse.

      Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance pour être plus attentifs aux limites environnementales. Non pas seulement en se focalisant sur les indicateurs de débit des rivières, mais aussi en questionnant l’utilité des usages et leur capacité à aggraver les phénomènes extrêmes – par leurs émissions de gaz à effet de serre, les pollutions ou l’artificialisation des sols – ou à les atténuer, par exemple par la façon dont ils ralentissent le cycle de l’eau ou limitent les pollutions diffuses. Contenir le réchauffement climatique et les événements extrêmes qui vont avec passe d’abord par une politique d’atténuation.

    • Sécheresse : les limites des retenues d’eau défendues par la ministre de l’Agriculture
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/debout-la-terre/debout-la-terre-du-jeudi-27-aout-2026-3557028
      https://www.radiofrance.fr/pikapi/images/70a62267-8edc-42d0-9810-dc55d6a90e5a/1200x680

      Ont-elles fait leurs preuves alors ces retenues d’eau face à la #sécheresse ? Beaucoup sont déjà à sec ou pas loin, comme dans les Pays de Loire, berceau des bassines. Si je prends la plus ancienne, Mauzé sur le Mignon, écoutez bien : elle était à 240.000m3 d’eau en mars, à la sortie de l’hiver, après pompage dans les #nappes_phréatiques. Et la voilà aujourd’hui à 1000m3. Donc en gros tout a été utilisé, et la saison n’est évidemment pas terminée. Pour la plus récente cette fois, Priaires, c’est pire : on part de 160.000m3 en mars et on est à ZERO depuis.... le 7 aout !!! Tout est parti avant même la fin de l’été.

      La seule qui a encore un stock digne de ce nom aujourd’hui c’est Sainte Gemme La Plaine, avec il faut le dire un bon gros 870.000m3 à la sortie de l’hiver, mais on a dix fois moins aujourd’hui, 89.000, et là encore, saison pas terminée.

      D’ailleurs la filière #maïs (pour laquelle cette eau est très utilisée) désespère : 35% de production en baisse attendus cette année.

      Quant à la célèbre retenue de Sainte-Soline, elle a été jugée illégale en décembre 2024. Donc à part les 400.000m3 qui étaient déjà dedans et que les douze agriculteurs raccordés ont eu le droit d’utiliser dans la foulée (donc en gros l’an dernier), interdiction de la remplir ou de l’utiliser. Mais devinez quoi ? Les niveaux indiquaient 56.000m3 d’eau à la fin de l’hiver. L’eau de pluie, tombée à l’intérieur car elle n’a toujours pas été démontée. Et le 21 juillet : Nada. Plus rien, zéro, bassine à sec.

      Revoir les systèmes agricoles et les priorités d’usages de l’eau

      Des opposants avancent l’#évaporation. Phénomène documenté, un milliard de mètres cube d’eau s’évaporent chaque année des retenues françaises (l’équivalent de 20 % de la consommation d’eau du pays, c’est beaucoup).

      Mais les gestionnaires de Sainte Soline assurent que là, si la bassine est vide, c’est que l’eau a été utilisée par deux agriculteurs, avec autorisation de la préfecture début mai. Sauf que la préfecture m’écrivait hier soir par mail :

      « La préfecture des Deux-Sèvres n’a pas délivré d’autorisation de prélèvement. »

      Quoi qu’il en soit, ces retenues d’eau sont « un pari risqué sur l’avenir et une fuite en avant » comme le dit au Nouvel Obs l’hydrologue Yves Tremblay de l’Institut de recherche et développement.

      Peut-être que la question de vie ou de mort serait plutôt de revoir les systèmes agricoles, et les priorités des usages de l’eau.

      #bassines #mégabassines

  • Pourquoi les canicules se répètent-elles en France ? Les questions suscitées par une succession inédite de vagues de chaleur
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/08/14/pourquoi-les-canicules-se-repetent-elles-en-france-les-questions-posees-par-

    La récurrence de ces situations de « blocage », où un anticyclone stationne pendant une longue période sur une zone et y entrave l’arrivée des vents d’ouest, est au centre de nombreux travaux. Parmi d’autres, une étude conduite en 2025 par les climatologues Michael Mann et Xueke Li (université de Pennsylvanie) a mis en évidence les liens entre l’installation de ces « dômes de chaleur » et la déstabilisation du courant-jet (ou jet-stream) de l’hémisphère Nord – un « fleuve d’air » qui souffle d’ouest en est à une dizaine de kilomètres d’altitude, et qui sépare les masses d’air froid des hautes latitudes à celles, plus chaudes, des zones tempérées.

    Or le réchauffement plus rapide de l’Arctique contribue à « détendre » ce courant-jet, qui forme alors de grands méandres. Sous certaines conditions, ces ondulations peuvent devenir stationnaires et stagner au-dessus de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, favorisant l’installation d’un anticyclone de blocage. Et les calamités qui vont avec. Pour Michael Mann, « de nombreux événements météorologiques estivaux parmi les plus persistants et extrêmes, mais pas tous, sont de cette nature ». Or, ajoute le chercheur américain, « les modèles actuels ne parviennent pas à capturer correctement ce genre d’événements ».

    D’autres équipes associent ces « ondulations » du courant-jet de l’hémisphère Nord à la présence d’une anomalie froide de l’Atlantique, en mer du Labrador, l’une des seules zones de la planète qui se refroidit malgré le réchauffement. L’interprétation de ce cold blob (bulle froide) est discutée. Pour certains chercheurs, c’est le signe d’un ralentissement du système de #courants_marins de l’Atlantique nord, qui transfère d’immenses quantités de chaleur du golfe du Mexique vers le nord de l’Europe de l’Ouest. Avec l’affaiblissement de ces courants – attendu dans un monde plus chaud –, la température des eaux au sud-est de l’Islande serait engagée dans une baisse tendancielle. Or, dit le climatologue Stefan Rahmstorf, « des études ont mis en évidence une forte corrélation entre ce cold blob de l’#Atlantique et les fortes chaleurs estivales en Europe ». « Compte tenu de ce lien, ajoute-t-il, on peut s’attendre à ce que l’#Europe continue de connaître des #vagues_de_chaleur plus fréquentes que les autres régions terrestres des latitudes moyennes. »

    Dans un célèbre article publié en 1987, par la revue Nature, le grand géophysicien et océanographe Wallace Broecker (1931-2019), de l’université Columbia, alertait ses pairs d’une sous-estimation des liens entre le climat et l’océan, montrant que les perturbations des courants marins pouvaient être associées à des changements du climat « abrupts plutôt que graduels ».

    https://justpaste.it/g7k98

    #climat #changement_climatique #océans #canicules #dômes_de_chaleur #jet_stream #anticyclone_de_blocage #cold_blob

  • #Crise_climatique : vous ne souffrez pas d’éco-anxiété, mais de lucidité

    https://www.liberation.fr/societe/sante/crise-climatique-vous-ne-souffrez-pas-deco-anxiete-mais-de-lucidite-20260

    Chaque jour, je constate les conséquences de cette #canicule sur les humains. Les conséquences physiques, les conséquences psychiques. Et le gouvernement, enfermé dans le déni pervers de son inaction qui lui permet de s’absoudre de toute responsabilité, pond, non pas un numéro vert cette fois-ci, mais un laïus délirant sur sa page Instagram pour faire face aux angoisses face au changement climatique. « Comprendre cette souffrance, repérer les signaux d’alerte, agir. » On est au-delà de 1984, on est au-delà d’Orwell. Les mots n’ont plus aucun sens. « L’éco-anxiété est une réponse légitime au regard de la crise environnementale. Le problème apparaît lorsque cette inquiétude devient envahissante. » Traduit en français, cet élément de langage infect signifie : oui, vous avez raison de vous inquiéter parce que nous n’avons rien fait pour lutter contre le changement climatique, à part tirer au LBD sur des écoterroristes et gazer des pompiers que nous vous demandons aujourd’hui d’applaudir à vingt heures, MAIS cette inquiétude ne doit en aucun cas vous paralyser et affecter votre rendement au service du système qui vous envoie tous dans le mur en klaxonnant.

    Et le décompte qui suit est aussi lunaire que cet aveu de je-m’en-foutisme : 6,3 millions de Français seraient moyennement éco-anxieux, « avec de premiers symptômes à ne pas laisser s’aggraver » ; 2,1 millions seraient fortement éco-anxieux « avec des symptômes commençant à menacer leur santé mentale » ; 2,1 millions supplémentaires seraient « très fortement éco-anxieux, avec des symptômes intenses et chroniques, à risque fort pour leur santé mentale » ; enfin 420 000 « ont leur santé mentale en réel danger ». Je ne sais pas si on mesure le niveau scientifique et médical risible de cette énonciation probablement pondue par ChatGPT.

    https://justpaste.it/f3al4

    edit quoi qu’en ait le docteur, il arrive que le pessimisme de la raison ne s’abouche pas à l’optimisme de la volonté, que la lucidité accroisse l’anxiété, mécanique que ni l’oubli du présent (ça revient lorsqu’en ce moment on apprécie quelques degrés celsius en moins) ni le déni ne parviennent plus guère à éviter.

    #changement_climatique #contestation #écologie #psychiatrisation (douce)

  • VitaNova — Chants du Bourbonnais
    https://vitanova.ledibbouk.net/spip.php?article43

    Chaque chant doit à la fois situer le lieu et laisser affleurer, sans le nommer, ce que ce lieu a produit dans le rapport à l’écriture. Le biographique reste enfoui dans le paysage, dans un détail, une opposition, un contraste que le lecteur peut ressentir sans qu’on le lui explique.

    #chants

    • Introduction par Marius Bickhardt (Newsletter Diagramme)

      En France, la succession des vagues de chaleur, des épisodes caniculaires et des mégafeux a déjà transformé l’été 2026 en enfer climatique. Cette séquence expose une fois de plus la faillite des zélateurs d’une modernisation écologique du capitalisme : le Fonds vert est sous-financé, le plan de rénovation thermique des bâtiments a été assoupli et les moyens de lutte contre les incendies ont été affaiblis.

      Alors qu’en 2020 le signifiant flottant de cet échec politique était le manque de masques FFP2 face à la « guerre contre le virus », il s’incarne à présent dans une flotte de Canadair vétustes et inopérationnels, au cœur de la « guerre contre le feu ».

      Dans le même temps, l’extrême droite cherche à tirer son épingle du jeu en accusant l’« idéologie des extrémistes verts » (Valérie Déloge) ainsi que l’« écologie de la décroissance et de l’âge de pierre » (Jordan Bardella) d’être responsables des catastrophes en cours. Elle appelle à un grand plan de climatisation du pays, au renforcement du nucléaire ainsi qu’à une baisse des émissions obtenue par le rapatriement des industries, afin de « produire davantage en France, selon nos normes environnementales » (Bardella, 25 juin 2026).

      Ce faisant, elle transforme la structure idéologique du déni climatique. « Le défi climatique est réel et il est face à nous », affirme-t-elle désormais. Si le référentiel écologique est à présent pleinement intégré à la rhétorique du nationalisme vert portée par l’extrême droite française, le négationnisme climatique ne fait que changer de forme.

      Car climatiser sans remettre en cause la mobilité privée fossile, qui constitue l’un des facteurs majeurs des îlots de chaleur urbains ; augmenter la production d’énergie nucléaire sans tarir les sources d’émissions de carbone ; ou défendre les mégabassines sans s’attaquer aux causes structurelles de la raréfaction de l’eau revient à métamorphoser le déni plutôt qu’à le dépasser.

      C’est l’histoire longue du déni que nous avons explorée avec Naomi Oreskes. L’historienne états-unienne des sciences nous dresse le portrait de ceux qu’elle appelle les « marchands de doute ». Dans l’ouvrage phare qu’elle a coécrit avec Erik Conway en 2010, elle montrait comment, dès les années 1980, un petit groupe de scientifiques, étroitement liés par des intérêts idéologiques et économiques, s’était efforcé de minimiser les risques associés au tabagisme, aux pluies acides ou encore à l’hiver nucléaire. Sous l’administration Reagan, l’objectif était clair : il s’agissait de décrédibiliser la science et d’instiller le doute afin de justifier l’inaction politique. C’est ce qu’un sous-champ de l’histoire des sciences désigne désormais sous le nom d’« agnotologie », c’est-à-dire l’étude de la production socioculturelle de l’ignorance et du doute.

      L’agnotologie est l’étude de la production culturelle de l’ignorance. Elle s’impose comme un domaine essentiel de l’histoire et de la philosophie des sciences au début des années 2000. Inventé par l’historien des sciences Robert N. Proctor, le terme désigne la production systématique du doute, de la confusion et de la désinformation, en particulier dans les domaines où les connaissances scientifiques menacent des intérêts économiques ou politiques puissants. Dans Agnotology : The Making and Unmaking of Ignorance (2008), édité par Londa Schiebinger and Proctor, le concept est développé dans un cadre analytique qui remet en question l’hypothèse conventionnelle selon laquelle l’ignorance résulte simplement d’une absence de savoir. L’ignorance est alors comprise comme quelque chose d’intentionnellement produit, entretenu et diffusé : un artefact épistémique doté de fonctions politiques et sociales spécifiques.

      En partant de cette perspective, l’ignorance n’est plus l’antithèse de la connaissance, mais l’une de ses histoires compagnes. Elle est façonnée, distribuée, et exploitée par des dispositifs institutionnels, médiatiques, étatiques, et entrepreneuriaux. L’étude de cas de Proctor, la campagne menée par l’industrie du tabac pour “semer le doute” sur les risques sanitaires liés au tabagisme, illustre bien cette dynamique. Les entreprises ont stratégiquement exploité l’incertitude inhérente à la #recherche_scientifique, en présentant des débats provisoires comme s’ils révélaient un désaccord fondamental. En transformant la prudence scientifique en controverse apparente, ces campagnes de dénégation sont parvenues à paralyser l’action réglementaire et à retarder durablement les mesures de #santé_publique.

      Cette logique devient le modèle des formes ultérieures de déni climatique. L’industrie des combustibles fossiles, les think tanks conservateurs et les médias qui leur sont affiliés adoptent des techniques agnotologiques similaires pour entretenir le scepticisme à l’égard du #changement_climatique anthropique. Le déni, en ce sens, n’est pas un simple mensonge : il repose sur l’exploitation de l’incertitude épistémique, cette condition même qui rend la science ouverte, révisable et autocorrectrice. La production d’ignorance fonctionne alors comme une forme de contre-science : elle en imite les signes extérieurs — la rationalité, la rigueur, le débat — tout en en inversant la finalité, transformant l’incertitude d’un espace d’enquête en une arme politique.

      L’agnotologie invite les historiens et les philosophes à considérer l’#ignorance comme un phénomène historiquement situé et politiquement construit. Elle met en évidence la manière dont les pratiques épistémiques s’articulent aux structures de pouvoir et montre que le contrôle du savoir, y compris l’orchestration stratégique du doute, constitue désormais une dimension centrale de la gouvernance moderne.

    • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt (Newsletter 22, 20 août 2026, Diagrammes)

      L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

      À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

      Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des #écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

      Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

      L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ? Telle est la question examinée dans notre entretien avec l’historienne des sciences Naomi Oreskes.

      L’histoire transnationale du déni climatique commence aux États-Unis, où l’industrie des énergies fossiles et les réseaux intellectuels conservateurs convergent pour contester le consensus scientifique sur le réchauffement climatique d’origine anthropique. Il apparaît à la fin des années 1980, précisément au moment où la coopération internationale sur le climat s’institutionnalise à travers le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette infrastructure négationniste combine lobbying industriel, actions de think tanks et mobilisation idéologique. Elle devient ensuite un modèle pour des campagnes similaires en Europe, où elle s’intègre aux nouvelles formes de politique d’extrême droite.

      Le George C. Marshall Institute, fondé en 1984 par les physiciens de la Guerre froide Robert Jastrow, William Nierenberg et Frederick Seitz, illustre les origines scientistes et autoritaires de ce mouvement. Initialement créé pour défendre l’Initiative de défense stratégique ("Guerre des étoiles") contre des critiques tels que Carl Sagan, l’institut réoriente rapidement son expertise de la Guerre froide vers la politique climatique. En 1989, il publie Global Warming : What Does the Science Tell Us ?, l’une des premières attaques organisées contre la science du climat. Ses fondateurs présentent l’environnementalisme comme une menace pour la sécurité nationale et la libre entreprise. Sous eux, la dissidence scientifique devient un réalisme patriotique. En mobilisant leur prestige scientifique, ils inaugurent ce que Naomi Oreskes et Erik Conway décriront plus tard comme la stratégie des "marchands de doute", transformant l’incertitude en inaction politique.

      Le Cato Institute, fondé en 1977 par Charles Koch et Ed Crane, prolonge ce projet en inscrivant le déni climatique dans la grammaire de l’économie libertarienne. À partir des années 1990, ses économistes et analystes soutiennent que la régulation climatique est incompatible avec la liberté économique. Le Center for the Study of Science de Cato, dirigé par Patrick Michaels, se spécialise dans la minimisation des relevés de température et les attaques contre les modèles climatiques. Cette approche insère le scepticisme climatique dans une critique néolibérale de l’intervention gouvernementale, transformant le débat scientifique en proxy de la défense du fondamentalisme de marché.

      Le Competitive Enterprise Institute (CEI), créé en 1984, constitue l’avant-garde militante de cette offensive idéologique. Soutenu par ExxonMobil, Koch Industries et d’autres acteurs du capital fossile, le CEI lance des campagnes médiatiques agressives contre les politiques climatiques et le Protocole de Kyoto. Son spot télévisé le plus célèbre, "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”, présente les gaz à effet de serre comme des symboles de prospérité et de liberté. Le CEI traduit ainsi les principes libertariens en rhétorique populiste, présentant les climatologues et les régulateurs environnementaux comme des élites cherchant à restreindre l’autonomie individuelle.

      Le Heartland Institute, également fondé en 1984, consolide le réseau négationniste durant les années 2000. D’abord centré sur la promotion des idées du marché libre, il devient le principal carrefour du scepticisme climatique organisé grâce à ses International Conferences on Climate Change, qui réunissent scientifiques contrariens, lobbyistes et responsables politiques. Heartland diffuse des rapports pseudo-scientifiques imitant les publications du GIEC et les envoie à des journalistes et décideurs, normalisant ainsi le langage du "débat" autour d’une science pourtant établie. Dans les années 2010, il permet à de vastes liens transatlantiques de se former avec des partis et think tanks européens de droite radicale, facilitant la circulation de récits négationnistes à travers l’Atlantique.

      L’Atlas Network, fondé en 1981 sous le nom Atlas Economic Research Foundation par l’entrepreneur britannique Antony Fisher, devient un vecteur transnational crucial qui relie toutes ces organisations. Basé à Arlington, en Virginie, Atlas se présente comme une organisation à but non lucratif promouvant la "liberté et un gouvernement limité", mais fonctionne comme une plateforme mondiale de coordination regroupant plus de 500 think tanks de marché libre dans plus de 100 pays. Par des programmes de formation, des conférences et des subventions ciblées, Atlas fournit une infrastructure idéologique et logistique aux groupes qui militent pour la déréglementation et qui s’opposent aux politiques environnementales et climatiques. Dans les années 1990 et 2000, il reçoit des financements d’ExxonMobil et du réseau Koch, et collabore étroitement avec le Heartland Institute, le CEI et Cato. Ces connexions contribuent à exporter les stratégies américaines de "doute fabriqué" — transformant l’incertitude scientifique en controverse politique — vers d’autres contextes nationaux. Des think tanks affiliés en Europe, tels que l’Institute of Economic Affairs au Royaume-Uni, le Hayek Institut en Autriche ou Timbro en Suède, adoptent des narratifs similaires, présentant les politiques climatiques comme des attaques contre la liberté économique et individuelle. Ainsi, Atlas agit comme une infrastructure transnationale du déni climatique, promouvant une politique culturelle contre toutes formes de régulations qui résonne autant avec les mouvements néolibéraux qu’avec l’extrême droite.

      La campagne institutionnelle contre la science du climat s’intensifie après la création du GIEC en 1988. Dès 1989, Exxon cherche à "semer le doute sur les conclusions scientifiques concernant sa contribution présumée à l’effet de serre", tandis qu’un consortium multinational d’entreprises d’énergies fossiles, la Global Climate Coalition, conteste ouvertement la nécessité de réduire les émissions. La même année, le rapport du Marshall Institute marque le début d’une stratégie coordonnée de fabrication du doute. Le collectif suédois Zetkin théorise cet ensemble d’organisations comme un "appareil idéologique d’État du déni climatique", empruntant le concept d’appareil idéologique d’État (AIE) à Louis Althusser. Ce concept décrit un système d’institutions et de pratiques qui reproduit l’idéologie dominante. Dans ce cadre, le déni climatique opère comme le complément idéologique du concept de capital fossile d’Andreas Malm, et constitute le mécanisme discursif par lequel le capitalisme fossile se légitime.

      D’un point de vue marxien, cet appareil fonctionne selon les trois niveaux de l’idéologie décrits par Marx : comme un ensemble d’idées dominantes au sein d’une formation sociale ; comme des idées de la classe dominante définissant ce qui relève du sens commun ; et comme des idées à travers lesquelles s’exerce la domination. L’originalité de l’interprétation du Zetkin Collective réside dans l’accent qu’il porte sur la dimension performative de l’idéologie négationniste. Plutôt que de simplement justifier le capitalisme fossile, elle produit délibérément l’ignorance et la confusion à propos des risques environnementaux, permettant la poursuite de l’expansion des infrastructures extractives dans un contexte de controverse publique.

      Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le "nationalisme vert" ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations "natives" contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

      https://shop.entremonde.net/rupture/68-tout-ce-qui-est-solide-se-volatilise-marshall-berman.html

      https://www.ucpress.edu/books/the-pyrocene/paper

      https://www.newstatesman.com/international-politics/climate-international-politics/2026/08/welcome-to-the-pyrocene

      https://theconversation.com/incendies-2022-comprendre-la-dynamique-des-feux-en-europe-grace-aux

      https://www.versobooks.com/products/1959-planet-of-slums

      https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260713.OBS116633/pourquoi-la-france-est-aussi-vulnerable-aux-incendies-nous-sommes-prisonn

      (ce texte nécessiterait un seen spécifique mais il n’est pas possible de ne citer qu’un extrait car il n’est pas disponible en ligne)

      edit j’ai finalement touvé la version en ligne :-)
      https://us16.forward-to-friend.com/forward/preview?u=84965d21d1ed50ffea9d4c6c9&id=6c751936a3

      #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #Marius_Bickhardt

  • Sofiane Saidi, Camelia Jordana & Théo Ceccaldi - Jazz à Porquerolles 2026 - Regarder le programme complet | ARTE Concert
    https://www.arte.tv/fr/videos/133223-001-A/sofiane-saidi-camelia-jordana-theo-ceccaldi
    https://www.youtube.com/watch?v=VAzTfljSvUU

    Sofiane Saidi et Camélia Jordana unissent leurs talents pour une création unique entre raï et jazz. Accompagnés par les frères Ceccaldi, les deux artistes jettent un pont musical magistral entre les deux rives de la Méditerranée.

    Pionnier du raï contemporain, Sofiane Saidi insuffle ses machines électroniques au cœur des chants traditionnels oranais et de l’héritage des medahates - chants féminins traditionnels de célébration et de transmission.

    À ses côtés à Jazz à Porquerolles, la voix lumineuse de Camélia Jordana apporte une intensité rare à cette célébration métissée, qui redéfinit la place des femmes dans cette histoire sonore. Portée par la rythmique percutante de Tao Ehrlich et sublimée par le violon de Théo et le violoncelle de Valentin Ceccaldi, la performance célèbre une mémoire vivante, libre et en perpétuel renouvellement.

    #Camelia_Jordana #chanson #concert #Jazz_à_Porquerolles #live #musique #raï #Sodiane_Saidi #Theo_Ceccaldi #Valentin_Ceccaldi #violon #violoncelle