• La maison, miroir de soi - Ép. 1/5 - Habiter, demeurer, se loger
    https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser/habiter-demeurer-se-loger-15-la-maison-miroir-de-soi


    De la philosophie à la géographie, de l’anthropologie à l’architecture en passant par l’urbanisme ou l’histoire, la notion d’habiter traverse les sciences sociales et humaines et rencontre quelques-uns des débats majeurs de notre vie contemporaine. Habiter, c’est bien plus que se loger.

    #habiter #habitat #logement #chez_soi

  • Il a vesqui, il a queté.

    Le rappeur Moha La Squale interpellé et placé en garde à vue à Paris
    https://www.bfmtv.com/police-justice/le-rappeur-moha-la-squale-interpelle-et-place-en-garde-a-vue-a-paris_AD-20200

    Moha La Squale a été placé en garde à vue vendredi dans le XVIIIe arrondissement de Paris pour refus d’obtempérer, violence sur agent de la force publique et rébellion.
    Le rappeur Mohamed Bellahmed, dit Moha la Squale, a été placé en garde à vue vendredi dans le XVIIIe arrondissement de Paris après un contrôle routier, pour refus d’obtempérer, violence sur agent de la force publique et rébellion, a-t-on appris de source policière.

    C’est lors d’un contrôle routier dans le XVIIIe arrondissement, dans le nord de Paris, que les policiers se sont aperçus que la personne qu’ils contrôlaient faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour refus d’obtempérer, selon cette source policière.

    Vidéos de l’interpellation

    Cette personne a toutefois réussi à prendre la fuite à pied avant d’être rattrapée et « difficilement menottée », alors que l’amie qui l’accompagnait et filmait la scène a tenté d’agripper le bras d’un policier, selon cette même source [qui l’a elle-aussi mise en GAV pour violence etc...].

    La scène commence classiquement par un « délit de fuite » qualifié ici de #refus_d'obtempérer, inclus dans un kit aux délits assortis de #rébellion et #violence_sur_agent_de_la_force_publique

    Des vues mises en scène de la vie d’un tout autre #chez_soi, au tiécar : Bienvenue à la Banane, quartier des Amandiers, Paris 20ème
    https://www.youtube.com/watch?v=96h97kNEgXM

    C’était pas triste, c’était la street, c’était La Squale sur Rue Duris
    C’était pas triste, c’était la street, c’était La Squale sur Rue Duris

    Bienvenue à la Banane, ici ça tire, ça t’pète ton crâne
    Ici ça vend d’la came, ici tout petit j’étais armé
    T’as même des grands qui d’viennent camés
    C’est pas l’vingt heures, gros c’est réel
    C’est bien le XXème, c’est bien la haine
    C’est bien la Squale tah la Banane
    Chacal on s’est p’t-être croisé, j’me faisais courser, j’étais chargé
    La Squale aime détailler, El Diablo charge la bonbonne
    Midi minuit ça charbonne, ça m’fait l’remake de mon époque
    Remake de mon époque où l’petit Rambo vendait d’la drogue
    J’étais tout petit, j’vendais du shit, c’était pas triste, c’était la street
    C’était la Squale sur rue Duris, La Squale, l’amour du risque
    La BAC passe, gros c’est risqué, tu viens d’saigner, tu t’sens pisté
    Mais tu saignes le terrain, la rue la vraie et ses gagne-pains
    Des Noirs, des Blancs, des Sarrasins, connard m’sers pas la main
    Bendero Bendero, dis-leur ma gueule qu’on a les crocs
    Dis-leur que l’affaire est salée, sah ma gueule on veut croquer
    Pourquoi ça serait pas notre tour, notre tour ma gueule, d’quitter la tour ?
    Notre tour de quitter l’four, la juge cette pute elle fait la sourde
    Elle te foudroie pour très peu d’poudre
    Elle te foutra mon grand, au trou
    La Squale lui il s’en fout, c’qu’il veut ma gueule, gros c’est des sous
    J’habite Paname, j’suis d’la Banane oui j’viens d’un coin où on t’a banane
    Oui j’viens d’un coin pas très banal, la rue la vraie, chacal c’est sale
    Les petits t’arrachent, tu deviens tout pâle
    Go fast en i, ma gueule tu craques
    24/24 y’a de la patate, sept jours sur sept y’a du poulet
    Le four il est grillé, nous on s’en fout on veut manger
    Je t’ai dit bienvenue à la Banane, la rue la vraie, gros ça fait mal
    C’est pas marrant gros c’est fanant, c’est bien réel c’est pas l’Parrain
    C’est pas un film, fais pas l’malin, tu m’fais marrer à parler d’armes
    La Squale vient d’la Banane, j’t’ai dit ma gueule, j’viens d’la Banane

    Ma gueule bienvenue à la Banane
    Ici ça vend d’la came, ici ça tire, ça t’pète ton crâne
    C’était pas triste, c’était la street
    C’était La Squale sur Rue Duris, La Squale, l’amour du risque
    Ma gueule bienvenue à la Banane
    Ici ça vend d’la came, ici ça tire, ça t’pète ton crâne
    C’était pas triste, c’était la street
    C’était La Squale sur Rue Duris, La Squale, l’amour du risque

    J’ai dit bienvenue à La Banane
    La Squale magane
    Ouais bienvenue à La Banane, j’ai dit bienvenue à La Banane
    Ici tout petit, j’vendais d’la came

    #police

    • « un homme malheureux fait le malheur », Paris fougue avec roue arrière, "Justice pour Théo", béquilles et grappes de mômes, sur la #vidéo de #Moha_la_Squale signalée plus haut.

      Pourquoi
      https://www.youtube.com/watch?v=-DtBhpDBNDo

      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Un teh et une salope, j’ai dit un teh et une salope
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      Pourquoi ce serait pas nous, gros ?
      Pourquoi ce serait pas nous qui siroteraient au bord d’la mer ?
      Un teh et une salope et j’décolle de la terre
      Non je n’déconne pas, dans la lère-ga, c’était pas ça
      Nous on voulait s’sapper quitte à s’faire tabasser
      Quand j’repense à mon passé, gros j’ai failli y passer
      Mon avenir il s’est tracé depuis qu’papa il s’est cassé
      Les condés, le placard, le terrain et la bagarre
      Le soir j’ai traîné tard, j’étais pas un froussard
      C’est pas un hasard si yemma avait le cafard
      Rarement elle avait l’sourire et devant les keufs j’devais courir
      J’voulais pas qu’elle pleure, c’est un bonhomme, elle a pas peur
      J’me rappelle à six heures, derrière son dos j’me cachais
      Est ce que tu m’entends ? c’est mon calmant
      J’me sentais si bien qu’j’avais plus besoin d’paniquer
      Jusqu’au bout elle met l’paquet, même quand son fils est menotté
      Elle est sérieuse, elle t’a serré, elle t’serre dans ses bras
      T’as quitté la maison, elle au card-pla elle te quitte pas
      C’est bien la seule qui te quitte pas, la seule qui t’envoie des mandats
      Celle qui lave toujours tes pe-sa, elle t’a mis ton premier pansement
      Son amour c’est pas du vent, pour elle j’peux t’éventrer
      Neuf mois elle m’a porté, dans ses bras elle me bordait
      J’serai toujours son bébé, toujours là en cas d’pépin
      Pour moi elle donne ses reins, je te parle de ma reine
      J’lui ai fait d’la peine, maman je t’aime
      J’suis désolé, inconscient j’étais
      La rue m’a tiré mais t’as jamais lâché
      Lâche j’ai été en lâchant la maison
      Les shmits, la ke-skun, le douze, le pe-pom
      Ça pompe, ça tire, un T-Max, on s’tire
      Et ça y est c’est reparti, on repart sur une story
      Le baveux, les ennuis, et toi tu m’fais marrer
      Tu balances du pe-ra, fais pas le fou, on sait qui t’es
      J’ai visser dans l’Marais et j’y vois rien d’marrant
      J’suis paro et franc mais c’est pas une franchise
      Gros j’t’affranchis, vrai est mon récit
      Pendant qu’tu récitais, à la cité j’me faisais lever
      Et pendant que tu faisais l’kéké, à quatorze ans Samson tombait
      Un mental de béton, on a pas peur d’tourner en rond
      Une grosse pile d’euros, j’t’ai dit une grosse pile d’euros
      On veut une grosse pile d’euros, j’t’ai dit une grosse pile d’euros
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      Ouais, pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Un teh et une salope, un teh et une salope
      Un teh, une salope, un cocktail dès l’réveil
      Un teh, une salope, un cocktail dès l’réveil
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      J’ai dit moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      Ouais, moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ?
      Moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      Moi et ma mère, une villa au bord d’la mer
      Pourquoi ce serait pas nous gros, pourquoi ce serait pas nous ? (Sale !)
      Sale !
      Ça le fait
      Wallah, ça va, le fait
      Sale, La Squale
      Pourquoi ça serait pas nous ?
      Moi et ma mère

  • Mom-Shaming Ourselves - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/05/20/parenting/mom-shaming-social-media.html?smid=tw-nytimes&smtyp=cur

    I am usually fairly immune to the social media performance of parenthood. I know that behind the curtain there is someone else watching the children as the crackers are being made, or that the compliant toddler ripped her mask off moments after the photo was taken.

    But now, two months into staying at home, I find myself engaging in painful comparisons with other moms. I’m particularly disgusted with myself for the pettiness, considering how much death, fear and disruption I read about and report on every day.

    And yet, I can’t help myself from getting sucked into the scroll and compare. I asked Amanda Hess, the host of The Times’s video series “Internetting with Amanda Hess” and an incisive cultural critic, about why it is so irresistible. “I have also been thinking about the insane explosion of low-level gossip,” Hess said. “We don’t have these in-person bonds, where if I saw you at a bar, we might gossip a little bit about a friend, and that might release something in us.” Because we’re deprived of those bonds right now, when you see some cracker-making jerk on your timeline, “it looms in your mind.”

    Kathryn Jezer-Morton, a sociology Ph.D. candidate at Concordia University who researches the internet and motherhood and has written for NYT Parenting, said that part of the reason that comparing ourselves to others may feel irresistible right now is that we’re all under lockdown orders, and so our lives are superficially similar. “It flattens the playing field in a disturbing way,” she said.

    There’s a body of research about what psychologists call “social comparison,” or the comparison of one’s self to others. Researchers have described social comparison as “a fundamental psychological mechanism influencing people’s judgments, experiences and behavior.” During health scares, the need for social comparison increases, because the future isn’t clear and there are “no objective standards of how to cope,” researchers have found. In other words, we look to our peers even more intensely to figure out how we’re supposed to behave and what we’re supposed to feel.

    #psychologie_sociale #confinement #réseaux_sociaux #maternité #femmes #chez_soi

    https://www.nytimes.com/2020/04/16/parenting/mommy-influencers.html
    https://www.nytimes.com/video/arts/100000007120740/celebrity-bookshelves-coronavirus.html

  • Télétravail, Covid19 et après…, Patrick Cingolani
    https://lundi.am/Teletravail-Covid19-et-apres

    Dans le contexte du confinement, le télétravail a été mis à l’honneur. Selon la ministre du Travail, Muriel Penicaud, « un emploi sur trois peut être en télétravail ». Eu égard aux conditions d’aménagement du temps, aux disponibilités des membres de chaque famille, aux possibilités d’échapper à l’enfermement du bureau, le mot a une tonalité plaisante. À son propos d’aucuns parlent au demeurant de « travail agile » ou de « smart work », deux belles qualités juvéniles. Derrière les promesses heureuses, il y a un horizon plus dystopique qui mérite d’être interrogé.

    Par définition une crise est un moment où doit se prendre une orientation décisive et rien n’assure, compte tenu de l’asymétrie et la configuration des forces en présence, que celle-ci soit favorable aux travailleurs.

    Le télétravail a sa source dans l’histoire récente de la dématérialisation des entreprises. Depuis un demi-siècle elles sont en transformation et perdent de plus en plus l’ancrage temporel et territorial qui les ont caractérisées au XXe siècle : le travail intérimaire relativisait déjà cet ancrage, le travail détaché, depuis quelques années, illustre encore cette dimension, puisqu’il s’agit d’un contrat envoyant un salarié dans un pays distinct de celui de son employeur. La montée en puissance tout aussi récente du travail indépendant, que ce soit dans le secteur de la culture ou de la logistique, avec les plates-formes, est une autre dimension de cet effacement progressif de l’entreprise et de ses frontières sans même évoquer l’externalisation et la sous-traitance, qui concernent un très grand nombre d’entreprises dans le monde et en France. Là encore, la distance entre ceux qui exécutent le travail et ceux qui le vendent peut être étendue sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Tout cet ensemble s’inscrit dans un processus de numérisation tant au niveau des process des grandes firmes qu’au niveau de la miniaturisation des conditions de travail à travers le micro-ordinateur. Cela peut paraitre une évidence, mais il faut comprendre qu’une bonne partie de ces mécanismes, notamment les plus tertiaires, sont subordonnées aux puissances du numérique.

    #travail #Télétravail on est plus #chez_soi #Patrick_Cingolani

  • Voix_sans_maitre_03-04-2020_20h00.mp3
    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/2020-04-03/Voix_sans_maitre_03-04-2020_20h00.mp3

    Émission montée le 1er avril, chroniques et lectures.
    « État d’urgence ridicule »
    #confinement
    « De la mer à la ville ! - L’Alarm Phone a cinq ans »
    #migrant -es
    « Chronique désordonnée de la militarisation »
    #militarisation #fascistovirus #violences_policières
    Lecture d’un texte de #Wu_Ming sur Bologne : « L’injonction à rester #chez_soi témoigne d’une idée précise de ce que doit être le chez soi »
    Lecture aussi de « Durant le confinement, les dominations de genre et d’âge continuent de s’exercer… en pire ! » de #Claude_Guillon
    https://lignesdeforce.wordpress.com/2020/03/17/durant-le-confinement-les-dominations-de-genre-et-dage-cont
    #infanticide #féminicide

  • [Les #quenouilles] Les Quenouilles - #chez_soi
    http://www.radiopanik.org/emissions/les-quenouilles/les-quenouilles-cesar

    Le mot d’avril aurait du être César, et si le temps est bien à la compression dans nos espaces, on a plutôt souhaité dénouer les mots du #confinement, tricoter autour du Restez chez vous et s’épandre sur le « Chez Soi », quand t’en as pas, quand t’as pas le choix, quand t’en peux plus et quand tu te sens le devoir d’être là, juste : là.

    Et sinon, vous, ça va ?

    (c) Haller Frigyes - Windows - Florence, 1934

    #mot_clé #chez_soi,quenouilles,mot_clé,confinement
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/les-quenouilles/les-quenouilles-cesar_08580__1.mp3

  • Il y a donc désormais les confiné.e.s et les non-confiné.e.s qui assurent leur vie quotidienne des premiers...

    « Il y a donc désormais les confiné.e.s et les non-confiné.e.s qui assurent leur vie quotidienne des premiers – qui apportent les denrées aux boutiques, qui rangent sur les étagères, nettoient, tiennent la caisse, les éboueurs, les postier.e.s, les livreurs (j’en ai vu 3 déjà depuis ce matin), les conductrices/conducteurs de transport, les femmes de ménage des hôtels et les serveuses/serveurs des hôtels (qui restent ouverts et assurent un room service), et tant d’autres. Classe, genre, âge, racialisation, santé traversent les deux groupes mais les non-confiné.e.s sont les plus exposé.e.s. Dans les éléments du confinement, il y a celles/ceux qui vivent dans 12m2 et celles/ceux dans 150m2, qui peuvent se faire livrer ou pas, qui ont de quoi s’abonner à des tas de sites de streaming ou pas, qui ont un grand débit pour assurer les cours à la maison ou pas, qui peuvent aider les enfants à faire les leçons ou pas, qui ont un ordinateur et une imprimante ou pas, qui sont totalement isolées ou pas, qui ont des papiers ou pas, qui sont financièrement à l’aise ou pas, les femmes et enfants qui vivent avec des compagnons violents, les femmes seules avec des enfants, bref, des milliers et milliers de situations noyées sous le discours d’#union_nationale dans un pays où les #inégalités, les violences d’état, le #racisme et le #sexisme organisent la #vie_sociale depuis des années. Les actes de #solidarité, nombreux, qui s’organisent et sont formidables ne doivent pas remplacer les responsabilités de l’état. (Je parle là de la #vie_quotidienne, pas du personnel médical et de toutes les personnes qui assurent la vie d’un hôpital – donc aussi celles/ceux qui nettoient, gardent, font l’administration…- évidemment très exposé).

    Le confinement est rendu possible grâce à toutes ces personnes invisibilisées et bien trop souvent mal payées et exploitées. »

    #Françoise_Vergès

    Texte publié le 17 mars 2020 sur la page « Faire lien en vivant le confinement » de l’association grenobloise Modus Operandi :
    https://www.modop.org/se-relier/#17mars

    #confinement #violence #non-confinés #confinés #travail #classes_sociales #invisibilité #invisibilisation #exploitation

    • Confinement révélateur

      « Il a été évident au premier jour du confinement qu’il exacerbait les #inégalités : certains seraient enfermés dans un espace de vie confortable et généreux, quand d’autres le seraient dans des appartements au contraire trop petits pour une famille entière toute une journée et sans possibilité de sortir, voire dans des lieux juste pas prévus pour y passer des journées entières, je pense aux centres d’hébergement du #dispositif_hivernal ; enfin d’autres seraient « #enfermés_dehors ».
      Après une semaine, ce confinement agit comme un révélateur de la #violence restée jusque-là invisible. Désormais, elle devient évidente :
      – des personnes vivent à la rue ; un genre d’indifférence s’était installée sur ces situations, et comme une habitude scandaleuse. Une fois tout le monde confiné « #chez_soi », seules les personnes qui n’ont pas de « chez soi » restent dans les rues, on ne voir plus qu’elles. On a rarement autant parlé d’elles dans les médias.
      Le confinement nous révèle cette anormalité de s’habituer et d’accepter que des personnes vivent dans la rue.
      – pour se nourrir, des personnes dépendent de manière régulière de #distributions_alimentaires organisées par les associations, grâce à des dons et du travail bénévole. Ces pratiques ont été mises hors-jeu au premier jour du confinement, créant le besoin urgent de palier ce manque et en imposant à de nouveaux acteurs de prendre en charge ce besoin, l’a mis sur le devant de la scène. Dans les centres de l’#hébergement_d’urgence, les personnes accueillies ont d’abord manqué de nourriture avant que de nouvelles pratiques puissent se mettre en place pour fournir cette #nourriture. Mais surtout, cette urgence-là a rendu criante combien notre société organise des #dépendances, là où une #autonomie des personnes pourrait trouver une place.
      – les personnels soignants dans les hôpitaux accumulent environ 18 mois de mobilisation pour dénoncer le manque de moyens, les pénuries, la logique néo-libérale qui détruit le service public de santé. S’ils et elles ont pu bénéficier épisodiquement d’une certaine couverture médiatique, rien n’y a changé. Cette épidémie rend insupportable le manque de masques, et d’autres matériels de protection, et dévoile au grand jour des modes de gestion des stocks à l’opposé des logiques médicales de prévention. Des personnes se sont mises à coudre des masques en tissu pour les personnes soignants… alors que le ministère avait fait le choix de réduire le nombre de masques stockés.
      – les inégalités sociales entre les #étudiants ont pu être évoquées l’automne dernier dans la presse au détour d’un événement dramatique ; le confinement en organisant une continuité pédagogique dépendante de moyens technologiques en ordinateurs et connexions Internet rend criante la fracture numérique. Des associations et le CROUS essaient d’y palier en distribuant ici des tablettes, là des portables… mais les exclus des réseaux restent exclus.

      Voici seulement quelques uns des exemples éloquents de ce confinement comme un révélateur de #ce_qui_déconne. Qu’avons-nous envie de faire de ces « révélations », maintenant qu’elles ont éclaté au grand jour ? Serons-nous capables de fermer à nouveau les yeux ? Et de continuer à bricoler pour les réparer avec les moyens imparfaits du bénévolat ? Ou bien voulons-nous profiter de cette aubaine que nous donne l’épidémie pour s’en saisir et chercher à transformer ces situations ?

      Aidez-nous à recenser de telles situations révélées au grand jour par la gestion de l’épidémie par le confinement, là où vous les observez, là où vous êtes, pour essayer de faire ensemble la première étape sous la forme d’un diagnostic le plus large possible de ces situations. »

      https://www.modop.org/se-relier/#27mars
      #SDF #vivre_à_la_rue

  • Des #squats ruraux pour sortir du capitalisme ?
    Rapports de Force publie un reportage (fait en mai 2018) qui interroge sérieusement sur l’action politique de l’occupation.

    https://rapportsdeforce.fr/ici-et-maintenant/des-squats-ruraux-pour-sortir-du-capitalisme-01045505

    De retour du Mexique j’étais partie visiter un de ces villages pour envisager de m’installer en #communauté hors #capitalisme. Mais le gros impensé, comme quasiment partout, c’est l’accessibilité et le #capacitisme induit et la #validisme rampant. Et puis la tendance, humaine, à se conformer au capitalisme au fur et à mesure de l’habitus et du confort. Et l’obligation sous-jaccente, de bonne-entente. Comme pour la #zad #NDdL.
    C’est d’ailleurs le constat de Manuelo*, qui y fait de fréquents séjours :

    Aujourd’hui, pour moi, on ne peut plus parler d’action politique quand on parle des villages occupés. Il faut chercher ailleurs une nouvelle forme d’engagement.

    J’avais fait toute une série de photos qui sont restées bloqués depuis, ne sachant quoi en dire. Il est peut-être temps de les sortir ?

    #habiter_en_lutte #squat_politique

  • #Achille_Mbembe : peut-on être étranger chez soi ?

    L’#Afrique doit être la première à libérer les circulations, à élaguer les frontières héritées de la colonisation, à refonder entièrement la politique des visas d’un pays à l’autre du continent. Pour ne plus dépendre des diktats de l’Europe et fonder enfin un droit à l’#hospitalité.

    De nos jours, l’une des manières de vulnérabiliser des millions de gens est de les empêcher de bouger.
    De fait, la structuration contemporaine de notre monde est de plus en plus fondée sur une répartition inégale des capacités de mobilité et de circulation, ainsi que de cette ressource qu’est désormais la vitesse.
    De ce point de vue, l’Afrique est doublement pénalisée, du dehors comme du dedans.
    Elle est pénalisée du dehors parce que les Africains ne sont les bienvenus nulle part dans le monde. Il n’y a pas un seul pays au monde où des Africains ou des gens d’origine africaine arrivent, peu importe par quels moyens, et sont accueillis au son des tambours et des trompettes. Partout où ils font leur apparition, ils sont les plus exposés à toutes sortes d’entraves, à l’incarcération et à la déportation (1). En vérité, très peu de pays au monde veulent des Africains ou des personnes d’origine africaine parmi eux.
    Elle est pénalisée du dehors parce qu’un nouveau régime global de mobilité est en train de se mettre en place. Il participe d’une nouvelle partition de la Terre. Il est une dimension fondamentale de la nouvelle course pour la domination du cosmos (des régions polaires, des océans, des déserts, des continents extraterrestres).
    Un pacte continental

    Ce nouveau régime de gouvernement des mobilités humaines repose sur des dispositifs de sécurité qui sont de plus en plus électroniques, biométriques, de plus en plus militarisés. Ces dispositifs sont aussi et de plus en plus somatiques, dans le sens où leurs cibles principales, ce sont des corps rendus abjects, jugés de trop, qui ne comptent pas, et que l’on est en droit de neutraliser. De gré ou de force, ces corps sont donc appelés à déguerpir des espaces qu’ils occupent.
    Ce nouveau régime repose enfin sur l’externalisation des frontières. Ainsi de l’Europe dont les frontières s’étendent désormais bien loin de la Méditerranée. En étendant ses frontières au-delà de la Méditerranée et en les rendant mobiles, l’Europe cherche en réalité à abroger la souveraineté des Etats africains sur la gestion de leurs populations, qu’il s’agisse de la gestion du nombre (d’où la relance des débats sur la démographie africaine) et de la gestion des mouvements (qui peut bouger, qui ne doit pas bouger, qui ne peut bouger qu’à certaines conditions).
    Mais l’Afrique est aussi pénalisée du dedans par le fait que nous sommes le continent au monde qui compte le plus grand nombre de frontières internes. C’est ici que la taxe sur la mobilité est la plus chère au monde. Il faut donc élaguer les frontières.
    Libérer les circulations est devenu un impératif. Il y va non seulement de la survie de millions de nos gens, mais aussi de la réaffirmation de notre souveraineté. Comment le faire de façon pragmatique ?
    Il faut rouvrir le débat sur le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Ce principe fut ratifié par les Etats africains en 1963 au moment de la fondation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Ce faisant, les Africains endossèrent la partition du continent opérée lors de la conférence de Berlin en 1884 par les puissances européennes.
    Il faut rouvrir ce débat dans la mesure où ce principe d’intangibilité, qui était supposé consacrer la souveraineté des Etats nationaux, est désormais un facteur d’émasculation de cette souveraineté dans le contexte des politiques antimigratoires poursuivies par l’Europe.
    Il faut le rouvrir non pas pour abolir dans l’immédiat les frontières héritées de la colonisation, mais pour définir des étapes concrètes visant à atteindre cet objectif d’ici à 2050.
    Nous avons besoin de définir, pour nous, notre propre politique migratoire. Celle-ci ne doit pas dépendre des diktats de l’Europe. Ceci exige la mise en place d’un pacte continental sur les migrations intra-africaines. L’objectif de ce pacte serait de transformer le continent en un vaste espace de circulation pour tous ses enfants.
    Des expériences ont déjà cours et vont dans ce sens, notamment dans plusieurs parties de l’Afrique de l’Ouest.
    Dans l’immédiat, il nous faut déclarer un moratoire sur les déportations. Il nous faut mettre un terme à la longue histoire des déportations et des déplacements forcés sur ce continent. Il faut arrêter les déportations. Nous devons, en ce siècle, mettre un terme à cette horrible pratique qui aura confiné les Africains à ne jamais se déplacer que dans des chaînes. Il faut désenchaîner les corps noirs, arrêter de les souiller, et ouvrir, pour nous-mêmes, une nouvelle page de notre longue lutte pour l’affranchissement et la dignité.
    Plus concrètement encore, nous devons procéder à une refonte générale de la politique des visas à l’intérieur de l’Afrique. Les nouvelles technologies nous permettent, par exemple, de passer à un nouveau stade où chaque détenteur d’un passeport africain qui voyage à l’intérieur du continent se verrait octroyer un visa à l’arrivée.
    Il nous faut encourager les Etats à passer des accords réciproques qui permettent d’abroger les visas entre eux.
    Cette phase de détente devrait ouvrir la voie à des changements plus structurels et à long terme. Elaguer puis moderniser les frontières, dans le sens de les rendre plus fluides, afin qu’elles puissent favoriser le passage et la flexibilité.
    Un énorme travail est à faire de ce point de vue en matière de modernisation des régimes d’identité. Que d’ici à 2050 chaque Africain puisse disposer d’un acte de naissance, d’une carte d’identité, bref de documents biométriques virtuellement infalsifiables. Si au passage un tel effort aboutit à élargir le champ des surveillances, ce sera le modique prix à payer pour intensifier les circulations internes.
    Aller au-delà des lumières

    Le recours aux nouvelles technologies nous permettra également de mettre en place des bases de données que les Etats pourront partager entre eux dans le but de diminuer les risques, car ceux-ci existent. En matière d’échanges commerciaux, l’une des priorités est l’instauration de postes douaniers uniques qui permettraient d’alléger la contrebande aux frontières.
    L’Afrique doit sortir du paradigme de la clôture et de l’enfermement qui anime la politique antimigratoire de l’Union européenne. Nous devons aller au-delà des notions héritées des Lumières, à l’instar du « droit d’hospitalité ». En matière de traitement des étrangers et des hôtes, nos traditions philosophiques ont toujours reposé sur un socle anthropologique élargi. Le sociologue marocain Mehdi Alioua a ainsi montré comment, dans les oasis du désert saharien, une tradition multiséculaire d’hospitalité a longtemps prévalu.
    Elle reposait sur une agriculture qui soutenait cette hospitalité. Faute de palmiers, arbres fruitiers et légumineuses étaient mis à contribution. Une partie des récoltes était toujours épargnée. Des protéines et calories étaient réservées pour les voyageurs, mais aussi les oiseaux et les insectes qui arrivaient à l’improviste, surtout en cas de disette.
    Que dire du droit à une demeure (right of abode) inscrit dans la Constitution ghanéenne ? Il s’agit du droit à un abri, le droit sinon à un chez-soi, du moins à un lieu que l’on peut habiter en tout repos.
    Dans le cas ghanéen, les bénéficiaires d’un tel droit sont essentiellement des personnes de descendance africaine dont les ancêtres furent autrefois déportés à l’époque de la traite des esclaves. Il s’agit donc de personnes qui, à un titre ou à un autre, sont nos parents, des êtres humains avec lesquels nous lient des liens de parenté lointains et, au besoin, fictifs. Ces parents ne sont pas des allogènes. Mais ils ne sont pas non plus des autochtones ou des natifs d’un lieu.
    Il existe donc dans nos traditions des bases pour élargir le débat contemporain sur les migrations et le sortir des impasses philosophiques d’une Europe qui tourne en rond. Le droit à l’hospitalité suppose un visiteur qui vient d’ailleurs, qui n’est pas un parent, qui est un allogène, et un hôte, un autochtone, qui le reçoit, l’héberge et au besoin prend soin de lui. Ce droit est supposé bénéficier non seulement aux visiteurs, mais aussi aux réfugiés, à ceux et celles qui fuient une menace. Dans ses considérations sur la paix perpétuelle, Kant affirme que ce droit à l’hospitalité est un droit universel.
    Il est inconditionnel dans le sens où, à supposer qu’un étranger frappe à notre porte et demande à rentrer, nous sommes dans l’obligation de lui ouvrir la porte et de lui accorder un abri si, en le renvoyant chez lui, il risque de perdre sa vie. Kant précise cependant que nous ne sommes pas obligés de faire de cet étranger un membre à part entière de notre communauté. Son séjour parmi nous ne peut pas être permanent par définition. Ce séjour est appelé, à un moment donné, à prendre fin car il est de la nature de l’étranger de devoir repartir à un moment donné.
    Le droit ghanéen à une demeure peut être élargi au-delà des parents réels ou fictifs. Le rêve est que chacun puisse affirmer : « Le chez-moi, c’est le cosmos. » C’est l’ensemble de l’univers dont je suis l’un des habitants parmi d’autres habitants. Alors que notre monde devient chaque jour plus petit et que le temps nous est désormais compté, il nous faut réhabiliter cette appartenance première à l’univers. Elle doit primer sur l’appartenance seconde à un Etat territorial donné.

    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/13/achille-mbembe-peut-on-etre-etranger-chez-soi_1763182
    #Mbembe #frontières #ouverture_des_frontières #immobilité #vulnérabilité #vulnérabilisation #immobilisation #capacité_de_mobilité #capacité_de_circulation #Africains #contrôles_frontaliers #corps #externalisation_des_frontières #externalisation #frontières_internes #liberté_de_mouvement #liberté_de_circulation #souveraineté #colonisation #intangibilité_des_frontières #déportation #visas #régimes_d'identité #circulation_interne #droit_d'hospitalité #droit_à_une_demeure (#right_of-abode) #chez_soi #chez-soi

    En lien avec le thème de #faire_monde :

    Le rêve est que chacun puisse affirmer : « Le chez-moi, c’est le cosmos. » C’est l’ensemble de l’univers dont je suis l’un des habitants parmi d’autres habitants. Alors que notre monde devient chaque jour plus petit et que le temps nous est désormais compté, il nous faut réhabiliter cette appartenance première à l’univers. Elle doit primer sur l’appartenance seconde à un Etat territorial donné.

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  • « #Habiter le monde, c’est être libre de se déplacer »

    Exister, c’est « sortir de soi et de chez soi ». Pourtant, les hommes sont-ils égaux quand il s’agit de vivre chez l’autre ?, interroge la philosophe ivoirienne #Tanella_Boni dans un récit très personnel.

    Invitée à s’interroger sur le verbe « habiter » pour la collection « Paradisier » des éditions Museo, la philosophe ivoirienne Tanella Boni ne livre pas un essai aride sur ce qu’habiter le monde peut vouloir signifier. Au contraire, elle a opté pour un récit personnel et intime. C’est qu’en plus d’être professeure de philosophie à l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan, l’actuelle membre du comité d’organisation de la Fédération internationale des sociétés de philosophie est aussi une romancière (prix Ahmadou-Kourouma 2005 pour Matins couvre-feu) et une poétesse reconnue.

    A partir de son expérience de vie entre Abidjan et Toulouse et de ses souvenirs d’enfance, elle questionne cette « spécificité humaine » qu’est l’habiter, qui s’exprime de diverses manières à travers les âges et les cultures. « En Afrique, explique-t-elle au Monde, on oublie peu à peu comment vivre avec l’ensemble du vivant. Il ne s’agit certes pas de revivre comme avant, mais on peut néanmoins s’interroger sur l’érosion de ce lien avec le vivant qui nous amène à construire des villes sans espaces verts, par exemple, ou à utiliser des matériaux modernes introduits par le colonisateur et qui nous oblige à utiliser la climatisation, alors que l’on n’en avait pas besoin avant. Il est important de revaloriser les savoir-faire locaux pour contrer cette obsession moderniste. »
    Lire aussi La Colonie, quartier général de l’intelligentsia « décoloniale »

    Dans Habiter selon Tanella Boni, elle montre comment en Côte d’Ivoire, dans des temps pas si anciens, « l’eau, la terre, le feu, le vent, l’arbre et l’animal étaient parties prenantes de la société des humains qui vivaient en symbiose avec la nature. Des valeurs fondamentales – comme la solidarité – trouvaient leur ancrage dans cette société hiérarchisée où les inégalités avaient toute leur place. On était solidaire parce qu’il y avait des puissants et des faibles, des hommes et des femmes, des enfants et des personnes âgées. » Il importe aujourd’hui, affirme-t-elle, de revaloriser ces savoir-faire traditionnels qui « ont fait leurs preuves » et permettent d’habiter durablement le monde, de manière écologique, et de renoncer à la standardisation de la mondialisation qui a abouti à l’effacement des mondes locaux.
    « Profondes empreintes »

    Tanella Boni rappelle qu’habiter le monde ne se dit pas uniquement dans des structures matérielles, mais s’exprime également dans les imaginaires et les langues que l’on vit. Or le « grand chambardement » qu’a été la colonisation a profondément bouleversé les manières africaines d’être au monde et frappé les esprits et les psychés. En imposant, par exemple, un droit colonial sur des lois coutumières, la France a introduit de la dissonance dont l’écho retentit encore aujourd’hui contribuant aux délétères – et parfois meurtriers – conflits fonciers. « Le pays dominant laisse toujours de profondes empreintes sur nos manières de penser et d’agir », écrit-elle. La question qui se pose alors est de savoir comment ne pas être habité par l’ancien colon.

    En pillant et en détruisant les œuvres d’art, dont il est question aujourd’hui de les restituer aux Etats africains demandeurs, c’est tout une manière d’habiter les mondes que la colonisation a sapée. Les statuettes que les Baoulé, Wan, Gouro, Mona désignent par ce que l’on pourrait traduire par « humains de bois », analyse Tanella Boni, ne sont jamais des objets mais « l’esprit d’un humain qu’un sculpteur qui a appris les règles de son art “rencontre”. Il sculpte ou incruste cet esprit dans le bois » et ensuite les « humains de bois » « jouent leur propre rôle, de protection des vivants ».

    En procédant de la sorte, la France coloniale a affirmé haut et fort aux colonisés que le monde qu’ils habitaient n’étaient pas le leur, comme l’Europe ou les Etats-Unis peuvent le proclamer aujourd’hui à la face de ceux que l’on qualifie désormais de « migrants ». Or, explique Tanella Boni, « se déplacer dans une autre région de son pays fait partie de l’habiter. Migrer dans un autre pays, c’est aussi habiter. (…) Habiter, ce n’est pas être figé en un lieu », c’est se mouvoir, « être libre de se déplacer », et évoluer, ne pas être fermé sur soi.

    Habiter, c’est se sentir chez soi. Mais il arrive que l’on puisse être étranger chez soi, lorsque l’on est mis au ban de la société, à l’image des enfants microbes, ces enfants des rues d’Abidjan qui volent, agressent et parfois tuent. L’on peut également être étranger chez soi lorsqu’il s’agit d’« habiter un monde hétéronormé et patriarcal dans un corps de femme », explique encore Tanella Boni, qui a été pendant deux décennies la seule femme à enseigner au département de philosophie de l’université Félix Houphouët-Boigny.
    « Strates d’habitation »

    Les appartenances sont mouvantes et relèvent aussi d’un choix. En cela, migrer n’est pas une sinécure. C’est une épreuve existentielle qui renvoie « à une manière d’exister, d’être et de connaître ». Epreuve, car il n’est pas toujours aisé d’endosser différentes « strates d’habitation », de composer sa manière de vivre et d’être au monde à partir des différents legs qui sont les nôtres, qu’il s’agisse d’éléments culturels ou de langues. Comment alors se dire soi dans la langue de l’autre ? En l’apprivoisant et en la faisant sienne sans pour autant oublier sa propre langue, suggère l’écrivaine, qui confie se situer « à la croisée des langues », c’est-à-dire écrire en français « en présence d’autres langues qui [l]’habitent ».

    La migration est épreuve également parce qu’elle « n’en finit pas de durer, puisqu’elle apparaît comme un passage éprouvant pour le corps, la mémoire, l’imagination, et toutes nos facultés ». La schizophrénie guette lorsque l’on éprouve une double absence, celle du pays de départ et celle du pays d’arrivée qui refuse de vous accueillir pleinement. « Vivre entre ici et là-bas, ne pas savoir où l’on habite est une histoire de folie qui peut durer toute une vie. » Et de rappeler qu’exister, c’est littéralement « sortir de soi et de chez soi ». Dès lors, refuser aux migrants le droit de vivre hors de chez eux n’est rien d’autre que nier leur humaine condition. Et rejouer la partition coloniale qui distinguait en l’Occident une zone de l’être et dans les pays colonisés, une zone du non-être.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/10/habiter-le-monde-c-est-etre-libre-de-se-deplacer_6018695_3212.html#xtor=AL-3
    #mobilité #liberté #liberté_de_circulation #être_au_monde #colonisation #Afrique #solidarité #droit_colonial #lois_coutumières #foncier #conflits_fonciers #chez_soi #langue #langues #corps #mémoire #double_absence
    #faire_monde
    ping @karine4 @cede

  • Development and migration : POLICIES AND OUTCOMES IN THE NETHERLANDS


    https://www.cordaid.org/nl/wp-content/uploads/sites/2/2019/05/Development-and-Migration-2019.pdf

    #Pays-Bas #développement #migrations #réfugiés #asile #aide_au_développement #rapport #migrations #économie #travail #welfare #remittances #discriminations #welfare_state #marginalisation #réfugiés #asile #brain-drain #fuite_de_cerveaux #armes #commerce_d'armes #SDG #SDGs

    Particularité de ce rapport : il regarde la contribution des migrations à la fois au développement des pays d’origine des migrants résidents aux Pays-Bas et au développement des Pays-Bas par la présence de migrants...

    ping @_kg_ @karine4

    • La migration contribue au développement

      Tant pour le développement de la #Belgique que celui du pays d’origine des migrants, la migration a des effets positifs. Telle est la leçon principale du dernier rapport de Caritas International, réalisé en partenariat avec deux chercheurs universitaires. Rien que pour vous, nous en avons extrait ses conclusions principales et recommandations politiques.

      Encore un rapport ? Oui ! Car nous pensons que le débat et le discours public belge en matière de migration et de développement doit être plus équilibré et fondé sur des données fiables. Par cette publication, nous souhaitons reconnaître, et faire connaître, la contribution vitale des migrants au développement et au bien-être de nos sociétés.

      Une contribution diversifiée

      La littérature s’accorde : la migration contribue au développement économique tant du pays de résidence des migrants que de celui d’origine. Les effets principaux sont les suivants :

      Plus de biens et services disponibles sur le marché belge ;
      Une source importante de main d’œuvre – un apport d’autant plus important pour les secteurs en pénurie et dans un contexte de vieillissement de la population ;
      Des effets positifs pour les finances publiques – 0,8% du PIB belge ;
      Plus d’échanges bilatéraux entre la Belgique et les pays d’origine ;
      Des transferts de fonds pour les pays d’origine – quelque 4,16 milliards d’euros ont été transférés par des migrants depuis la Belgique en 2017.

      La contribution sociale des migrants est également fondamentale, puisque la migration permet aux idées de circuler. Ainsi par exemple, de nombreux transferts financiers servent à financer l’éducation – et particulièrement celle des filles – dans les pays d’origine. La migration promeut ainsi l’égalité des genres.

      Au niveau politique, la migration a une influence profonde sur la sphère politique belge, comme en témoigne la présence d’immigrés d’origine italienne, mais également l’influence grandissante d’immigrés de première génération et de leurs descendants d’origine turque, marocaine et congolaise.

      La migration participe enfin à façonner l’identité culturelle de la Belgique. De multiples artistes et sportifs aux horizons divers – tels que le chanteur Stromae ou certains joueurs des Diables Rouges pour ne citer qu’eux – exercent une influence durable sur la scène publique belge.
      Une contribution malgré les obstacles

      Les résultats du rapport illustrent l’urgence de répondre aux obstacles conséquents qui empêchent la migration – et les migrants eux-mêmes – de contribuer pleinement au développement de la Belgique.

      Le premier obstacle renvoie à l’absence de voies légales et sûres tant pour les migrants désirant travailler, étudier ou vivre en famille que pour les personnes qui pourraient bénéficier d’un statut (protection subsidiaire ou réfugié). Cela explique pourquoi certaines personnes n’ont d’autre choix que d’emprunter des routes informelles, qui coûtent la vie à certains et affectent les autres. « Ce n’est qu’en respectant la dignité des personnes migrantes – durant tout leur parcours migratoire – qu’elles pourront s’épanouir et faire partie intégrante de la société » explique Elise Kervyn, chargée de plaidoyer.

      Certains migrants ne voient également pas leurs besoins fondamentaux remplis. En raison de certaines politiques et pratiques, il est plus difficile pour les migrants que les natifs de vivre en famille, d’avoir un logement de qualité et abordable et un travail où leurs droits sont respectés autant que ceux des natifs. Les causes sont diverses : obstacles administratifs, absence de réseaux, discriminations sur base ethnique, etc.
      Une ligne de conduite à adopter

      Avant que la migration ne voie son potentiel valorisé, les migrants doivent jouir de conditions de vie dignes. Cette nécessité ne répond pas uniquement à un impératif d’ordre moral. Les personnes contraintes de lutter quotidiennement pour satisfaire leurs besoins fondamentaux ne peuvent guère, au-delà, valoriser leurs compétences et connaissances et en faire bénéficier la société. Nos recommandations répondent à ces préoccupations majeures et à l’objectif de construire une société plus juste et plus solidaire. En voici les principales :

      Élargir les voies d’entrée sûres et légales
      Garantir un accueil de qualité aux demandeurs et bénéficiaires de protection internationale
      Protéger les droits fondamentaux de tous les migrants
      Concevoir et mettre en œuvre des politiques visant une meilleure insertion des migrants
      Lutter contre la discrimination et la xénophobie
      Soutenir la contribution des migrants envers les pays d’origine

      Une place pour toutes et tous

      Ce rapport insiste donc sur les besoins et la dépendance de la Belgique vis-à-vis de la migration. Caritas International est toutefois convaincue que la solidarité que nous devons manifester aux personnes migrantes ne doit en aucun cas être tributaire de leur niveau de contribution. Nous croyons en effet que tous et toutes, des personnes hautement qualifiées aux moins qualifiées, peuvent être des acteurs de développement si la société leur donne les moyens et la chance d’y parvenir.

      https://www.caritasinternational.be/fr/urgence-et-developpement/la-migration-contribue-au-developpement

      Pour télécharger le rapport sur la Belgique :


      https://www.caritasinternational.be/wp-content/uploads/2019/05/Rapport_Penser_Maison_Commune.pdf?x34636

    • Et pour l’#Allemagne...
      Gemeinsam Heimat sein

      Studie zum Zusammenhang zwischen Migration und Entwicklung am Beispiel Deutschlands hier herunterladen.
      Migration und Entwicklung sind zwei Begriffe, die populärer nicht sein könnten. Dass es eine Beziehung zwischen den beiden Prozessen gibt, ist inzwischen ein gängiges Thema in der Diskussion unter Forschern, Politikern und Praktikern. Dennoch ist es recht schwierig nachzuvollziehen, wie sie sich gegenseitig beeinflussen.

      Dem Landes-Caritasverband Bayern ist es, im Rahmen des EU-Projekts MIND, gelungen einen wissenschaftlichen Beitrag zu dieser Thematik zu leisten. Gemeinsam mit Dr. Annett Fleischer, Caritas Europa und Global Migration Policy Associates, ist die Publikation „Das gemeinsame Zuhause“ in der Edition Common Home für Deutschland entstanden. Anhand der Quellen und durch eine Vielzahl an Interviews mit Praktikerinnen und Praktikern aus diesen Bereichen, will die Studie eine Grundlage schaffen, um das öffentliche Verständnis für den Zusammenhang zwischen universeller nachhaltiger Entwicklung und Migration in Deutschland und in ausgewählten Entwicklungsländern zu verbessern. Des Weiteren werden deutsche Beiträge zur Entwicklungszusammenarbeit und das verstärkte Engagement von Regierungsbehörden aller Ebenen, zivilgesellschaftlichen Organisationen (CSOs), Einzelpersonen und anderen Akteuren bei der Bewältigung von Ursachen und Faktoren der Migration erläutert. Und schließlich rückt sie Migranten und Flüchtlinge als wichtige Entwicklungsakteure in den Vordergrund. Dabei geht es nicht nur um Zahlen, Daten und Fakten, sondern auch welche Hürden, Chancen und Möglichkeiten sich Migranten in Deutschland stellen müssen. Die Publikation schließt mit Empfehlungen, um Themen mit Migrationsbezug zukünftig erfolgreich zu gestalten:

      Diskriminierung und Fremdenfeindlichkeit verhindern!

      Gewährleistung des Schutzes aller Migranten und Flüchtlinge durch die Menschenrechte.

      Anwendung und Durchsetzung des Arbeitsrechts, der Normen für menschenwürdige Arbeit sowie des Arbeits- und Gesundheitsschutzes für alle Migranten.

      Ersetzung des negativen Diskurses durch eine zutreffende und positive Erzählung über Migration.

      Ausbau sicherer und legaler Wege der Migration.

      Verstärktes Engagement der Städte und lokalen Akteure bei der Integration.

      Stärkung und Ermöglichung der Teilnahme von Migranten und Flüchtlingen in der lokalen Gemeinschaft und Städten sowie am politischen Dialog.

      Bewältigung der Fluchtursachen.

      Verbesserung der Datenerhebung und Wissensbestände zur Stärkung des Zusammenhangs zwischen Migration und Entwicklung.

      Stärkung des deutschen Engagements für die regionale, nationale und ganzheitliche menschliche Entwicklung im Ausland.

      Neben der deutschen Veröffentlichung werden auch die MIND Partnerländer (Österreich, Belgien, Bulgarien, Tschechien, Italien, Holland, Portugal, Slowakei Slowenien und Schweden) eine Publikation in der Edition Common Home veröffentlichen. Das Gelingen dieses Projekts ist ein gutes Beispiel für europäische Zusammenarbeit. Im Rahmen des MIND-Projekts hoffen wir, dass wir durch die europäischen Publikationen und den verschiedenen landesspezifischen Facetten wichtige Akzente zu den zukunftsweisenden Themen Migration und Entwicklung setzen können.


      https://www.caritas-bayern.de/beitraege/common-home-2019/1443490

      Pour télécharger le rapport en anglais :
      https://www.caritas-bayern.de/cms/contents/caritas-bayern.de/medien/dokumente/building-the-common/building_the_common_home_englisch.pdf?d=a

    • Interlinks between migration and development

      The EU and its Member States have reshaped their external policies, including development cooperation, to place more focus on migration-related issues. Widely used in this context, political rhetoric on ’addressing root causes of migration’ has been questioned by academics as creating unrealistic expectations. Indeed, a positive correlation between migration and narrowly understood economic development persists until countries reach middle-income country level. However,several key drivers of migration are related to discrepancies in levels of human development. Demographic pressures, youth unemployment, job opportunities in the country of destination, the growth of migrant networks and the desire to reunite families, all play roles in migration. A complex interaction between aid and migration also exists, which is far from a simple one-way causality. In general, poverty alleviation, the primary objective of development aid, tends to enhance rather than deter the realisation of the aspiration to migrate, in the short- and medium-term, by increasinghousehold incomes. A more global approach to cooperation with third countries, such as the EU’s already well-established assistance focusing on good governance, infrastructure, rural development and strengthening resilience, as well as going beyond development assistance to include trade and investment, appears promising in terms of deterring migration. On the other hand, studies confirm that international migration is an important path for development: remittances constitute a tool forpoverty reduction, while diaspora skills and networks provide resources for economic and social progress. Nevertheless, EU policy integrating development aid as an instrument for curbing irregular migration is criticised by development stakeholders as undermining aid effectiveness, principles, and risks diverting aid from the most needy and indirectly prompting human rights violations. To avoid such outcomes, a contextual analysis must be the basis for identifying genuine synergies to be reinforced between development and migration management.

      http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2019/630351/EPRS_BRI(2019)630351_EN.pdf
      #migration-development_nexus

    • What is home ?

      MIND ist ein Projekt, das von der Europäischen Kommission für drei Jahre finanziert wird. Es wird umgesetzt von zwölf Caritas-Organisationen in elf EU-Mitgliedsstaaten, nämlich Österreich, Bayern, Bulgarien, in der Tschechischen Republik, den Niederlanden, Belgien, Italien, Portugal, der Slowakei, Slowenien und Schweden. Außerdem wirkt Caritas Europa als Dachorganisation mit. Wir möchten gemeinsam mit unseren Partnern mehr Aufmerksamkeit auf Prozesse in der Entwicklungszusammenarbeit und das Wissen um nachhaltige Entwicklung lenken. Die europaweite Webseite ist unter https://www.whatishome.eu zu finden.


      https://www.caritas.at/aktuell/kampagne/mind

      https://www.youtube.com/watch?v=SuKPn0lFwBY

      #home #chez_soi #maison

  • “Chez moi, c’est…” (Séance d’écriture-flash n°1, CM2)

    Consigne : Je vais taper dans les mains une fois et vous devrez faire silence. Mes instructions seront écrites au tableau et vous n’aurez aucune autre indication. Impossible de me poser des questions, impossible d’en discuter avec vos camarades, le silence doit être complet. Lorsque je frapperai par deux fois dans mes mains, cette contrainte sera levée. Des questions ?
    – Prenez une feuille de classeur et un crayon.
    – Écrivez votre prénom.
    – Écrivez une phrase ou un court texte commençant par « Chez moi, c’est… ».
    – Je chronomètre 3 minutes à l’horloge et je relève les feuilles.

    Productions des élèves (1er jet, orthographe corrigée par moi)

    – Chez moi, c’est toute la cité et chez ma mère.
    – Chez moi, c’est la fête, on s’amuse, on fait la fête et des animations. J’ai invité mes amies et même toute la classe. On mange des gâteaux et d’autres choses. C’est trop bien chez moi.
    – Chez moi, c’est grand : c’est tout comme moi.
    – Chez moi, c’est le bazar et ça pue.
    – Chez moi, c’est grand, joyeux.
    – Chez moi, c’est grand, on s’amuse et il y a une famille. Il y a le père, la mère et trois sœurs qui s’appelle Mounia, Hilma et la petite dernière Maïmouna. Chez moi, personne ne pleure, est triste. Tout le monde est content de vivre et de découvrir des choses extraordinaires.
    – Chez moi, c’est grand. Je vis dans un T3, un appartement à 3 pièces différentes comme le salon, chambre, cuisine, toilettes.
    – Chez moi, c’est les disputes avec ma sœur, un peu avec mes frères.
    – Chez moi, c’est.
    – Chez moi, c’est grand, beau. Il y a un canapé, des choses, cinq chambres, une télévision, des placards, des rideaux.
    – Chez moi, c’est petit comme une souris.
    – Chez moi, c’est la fête, on a beaucoup à manger.
    – Chez moi, c’est Auch, une ville petite.
    – Chez moi, c’est un peu pareil tous les jours : on ne discute pas trop mais on joue.
    – Chez moi, c’est agréable de lire un livre. Il y a un grand jardin et on peut regarder les astres avec le télescope. On peut bien voir les Pyrénées les jours de pluie et le soir le soleil est magnifique. Le garage est très grand et on peut bricoler et jouer.
    – Chez moi, c’est grand et c’est joli.
    – Chez moi, c’est vide.
    – Chez moi, c’est très grand.
    – Chez moi, c’est bien. Je joue avec mon frère ou ma sœur. Je regarde la télé ou je joue toute seule et aussi je travaille mais pas beaucoup.
    – Chez moi, c’est génial, je peux jouer tranquillement.

    #école #témoignage #production_d'écrits #CM2 #habiter #chez_soi #domicile

  • #safe_space
    http://www.radiopanik.org/emissions/pbg/safe-space

    Du repli sur son canapé et son espace intérieur, aux zones neutres militantes et à celles « sécurisées » des interwebs, petit tour des espaces où l’on se sent bien. Comfort music, comfort movies illustrerons nos explorations des endroits protégés, des forteresses inviolables, des panic rooms, des carapaces d’invulnérabilité et des abris sociaux et en béton, en une heure trentre de paroles et de musiques, avec l’équipe de la Police du Bon Goût, toujours là pour vous servir.

    #talk #coach #ambiant #musique #chez_soi #talk,coach,ambiant,safe_space,musique,chez_soi
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/pbg/safe-space_04175__1.mp3

  • Rifugiati senza rifugio

    Il 12 gennaio #Ali_Moussa è morto intossicato nel rogo generato da un corto circuito in un ex mobilificio occupato. Conoscevo Ali, era stato nel centro dove lavoro. È morto per salvare i documenti. Quelle carte che, se ottenute, valgono come oro, anche se nella realtà ti garantiscono solo il diritto di respirare e niente più. È rientrato nel rogo per cercarle e si è perso anche lui. Parlava male italiano Ali, a volte lo prendevo un po’ in giro e lui rideva col suo dentone d’oro retaggio di un mondo che non c’è più. Vissuto e cresciuto con la guerra, con cannonate, pallottole, ferite, malattie e roghi. Un rogo se l’è portato via. Nel gelo italiano di un capannone di Aiazzone, quello di «Provare per credere». Ali ci ha creduto e provato a modo suo. La Somalia prima e l’Europa poi lo hanno abbandonato.


    http://wots.eu/2017/01/24/rifugiati-senza-rifugio

    #réfugiés #asile #migrations #décès #Italie #Sesto_Fiorentino #mort #logement #hébergement #maison #chez_soi

  • De vieux oliviers andalous en exil dans la froide campagne allemande
    http://www.leparisien.fr/flash-actualite-insolite/de-vieux-oliviers-andalous-en-exil-dans-la-froide-campagne-allemande-06-1

    Rhâââââââ et ces #triples_crétins_abyssaux disent aimer les #arbres

    Mais jamais encore ils ne s’étaient retrouvés hélitreuillés, leurs racines dans des sacs en plastique noir à des dizaines de mètres de hauteur.
    Il y a bien longtemps qu’ils ont cessé de produire des olives, ces vieux arbres qui ressemblent à des sculptures torturées. Venus d’Andalousie, ces « sages » de 300, 500 ans ou même parfois millénaire, s’apprêtent donc à entamer une nouvelle vie dans des jardins allemands, un monde propret de massifs de roses et de géraniums soignés où l’on tond sa pelouse le samedi. Loin, très loin des plis et replis des paysages arides de l’Europe du sud.
    Ces oliviers qui peuvent afficher jusqu’à 5 tonnes et demi sur la balance sont replantés grâce à l’intervention d’une grue ou d’un hélicoptère quand le terrain est trop difficile d’accès.
    « Je n’ai plus besoin de monter dans un avion, je peux rester chez moi et profiter de mes oliviers. C’est moins polluant pour la planète ! », assure à l’AFP Karl Heinz Maier, heureux propriétaire de deux spécimens à Willsbach, un village viticole au nord de Stuttgart (sud).
    Avec ses 400 ans au compteur, l’un garde désormais l’entrée de la villa cossue de M. Maier où cet olivier jouit désormais d’un statut exceptionnel : la nuit venue, des spots de lumière éclairent de mille feux sa toison de feuilles argentées...

    @touti

  • La #clé de #chez_soi.

    La clé de chez soi, on essaie de jamais l’oublier. Quand on part en vacances, on la met dans une poche bien au fond de son sac à dos, pour être bien sur qu’elle y reste. Quand on part en weekend, on la prête parfois à des amis, pour qu’ils changent un peu d’air. Quand on part pour ses études, on la rend ou alors on la prête à quelqu’un d’autre, en gardant un double dans un coin quelque part, au cas où. Quand on part à l’inconnu, parce qu’il faut partir et qu’il n’est pas d’autre choix, on la prend avec soi aussi. Parce qu’on pense toujours #rentrer. On pense toujours rentrer vite. On pense toujours rentrer chez soi.

    J’ai en mémoire ces photos de clé de maisons palestiniennes, des grosses clés bien lourdes, comme celle des vieilles caves. Ces clés qui n’ont plus jamais servi.

    Les #photos de #Bradley_Secker montrent elles des centaines de clés de #Syriens qui partis avec, attendent de pouvoir réouvrir leurs #portes.

    Elles sont sobres et élégantes, ces photos. On peut inventer des vies derrière les #mains. On tente d’imaginer les #maisons. Une clé. Plusieurs clés. Serrées dans le creux de la paume. Combien reviendront. Combien les réutiliseront, ces clés.

    La naiveté de l’#objet au regard des photos qu’il nous a été donné de voir. Les destructions systématiques. Les immeubles à moitié effondrés. Qu’en est il de toutes ces portes.

    L’objet est simple. Mais il se cache derrière tout un jeu de #symboles. La clé de chez soi. La clé du retour. La clé d’un temps qui n’est plus.

    http://orientenmigration.wordpress.com/2014/04/20/la-cle-de-chez-soi

    #photographie

    cc @albertocampiphoto
    #migration

    Sur Libération :
    http://www.liberation.fr/photographie/2014/04/18/syrie-les-cles-de-l-exil_1000054?photo_id=638191
    #objets #clés #clefs