• Extrait de la newsletter de la Mozilla Fundation reçue en début de semaine.

    Le 14 octobre, les gouvernements de l’UE devraient voter pour se prononcer sur « Chat Control », une proposition de surveillance généralisée qui pourrait sérieusement compromettre le chiffrement.1
    Si elle est adoptée, cette loi pourrait transformer Internet tel que nous le connaissons. Imaginez ouvrir WhatsApp, Signal ou iMessage tout en sachant que chaque message privé, chaque photo et chaque fichier pourrait avoir été analysé avant même que vous ne l’envoyiez.

    Nos téléphones et ordinateurs se transformeraient en outils de surveillance. Heureusement, ce futur n’est pas inévitable : certains gouvernements de l’UE y sont opposés tandis que d’autres n’ont pas encore tranché. À quelques jours de ce vote crucial, la pression publique peut faire pencher la balance. C’est là que vous avez un rôle à jouer.

    Les législateurs·trices de l’UE sont sous pression pour conclure un accord qui pourrait ni plus ni moins démanteler le chiffrement. Mais le gouvernement de chaque État membre a son mot à dire et tous ne sont pas d’accord. Certains y sont favorables quand d’autres réfléchissent encore.

    C’est précisément ce qui peut faire de ce moment un tournant décisif. Un accord au Conseil européen le 14 octobre lancerait la phase suivante des négociations, rapprochant cette loi de sa promulgation. Votre voix, votre signature et votre soutien peuvent faire pencher la balance, et ce quel que soit l’endroit en Europe où vous vivez.

    Les pays opposés : Autriche, République tchèque, Estonie, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne et Slovénie.

    Les pays indécis : Belgique, Allemagne, Grèce, Italie, Lettonie, Slovaquie et Suède.

    Les pays favorables : Bulgarie, Croatie, Chypre, Danemark, France, Hongrie, Irlande, Lituanie, Malte, Portugal, Roumanie et Espagne.

    Il y a cette pétition à signer : https://www.mozillafoundation.org/fr/campaigns/tell-the-eu-dont-break-encryption-with-chat-control

    #chat_control #surveillance #chiffrement #cyber-communications #Internet #merdification (une manifestation de plus de la)

    • Ils nous mènent sans doute à la guerre, mais une fois n’est pas coutume, les allemands bloquent ce projet liberticide.

      Patrick Breyer - Mastodon
      https://digitalcourage.social/@echo_pbreyer/115337976945525419

      La ministre allemande de la Justice : « Le #ChatControl sans motif doit être un tabou dans un État de droit. » La communication privée ne doit pas faire l’objet d’une suspicion généralisée. « L’Allemagne n’approuvera pas de telles propositions au niveau européen. »

    • La Mozilla Foundation me fait savoir dans sa newsletter que :

      Après des mois de pression, de campagne et d’action à travers l’Europe, la proposition de loi « Chat Control » de l’Union européenne a été bloquée, du moins pour l’instant.

      https://www.techradar.com/vpn/vpn-privacy-security/the-vote-on-chat-control-has-been-postponed-but-the-fight-isnt-over-yet-h
      https://www.techradar.com/computing/cyber-security/its-official-germany-will-not-agree-to-chat-control-heres-everything-we-k

    • Est-ce vraiment une arrière garde vouée à la défaite ou est-ce que la "protection des enfants" revendiqué par des adultes qui se foutent de l’enfance marquera des points ?

      Projet Chat Control : « Il faut avancer sans crainte vers le recours au scan des données personnelles pour protéger au mieux les mineurs »
      TRIBUNE
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/27/projet-chat-control-il-faut-avancer-sans-crainte-vers-le-recours-au-scan-des

      Dans une tribune au « Monde », un collectif emmené par l’universitaire Jean-Claude Planque et la sénatrice Olivia Richard défend la mise en place d’outils permettant la recherche systématique des contenus pédocriminels. A leurs yeux, un tel dispositif est loin d’être incompatible avec la protection des libertés fondamentales.

      En 2022, plus de 32 millions de signalements de #contenus_pédocriminels venus du monde entier ont été reçus par le Centre national pour les enfants disparus et exploités aux Etats-Unis. En France, ce sont quelque 170 000 rapports de ce type dont l’Office mineurs a été destinataire en 2024, soit une augmentation de 12 000 % en dix ans.

      Ces données présentent un tableau particulièrement sombre des enjeux actuels de la #pédocriminalité, où les auteurs comme les victimes sont de plus en plus jeunes – parfois des nourrissons de quelques mois – et où les actes sont de plus en plus violents et abjects.

      Devant l’ampleur du phénomène et au regard de ses conséquences, l’Union européenne (UE) a, dès 2021, adopté un règlement dérogeant à la directive « vie privée et communications électroniques » [de 2002] afin de permettre aux plateformes, temporairement et sur la base du volontariat, de détecter en ligne et de signaler les contenus issus de l’exploitation sexuelle de mineurs. Depuis quatre ans, leur aide est précieuse pour aider nos enquêteurs à arrêter les pédocriminels en France et en Europe.

      Caractère systématique

      Dans la continuité, la Commission européenne a proposé de mettre en place un cadre permanent permettant de lutter au mieux contre la pédocriminalité en ligne. Pourtant, les différentes instances européennes peinent à s’accorder sur le contenu du texte. C’est en particulier l’instauration du scan chat qui peine à faire l’unanimité parmi les Etats membres.

      De quoi s’agit-il ? L’idée est simple : les plateformes seraient contraintes de scanner le contenu de chaque message, au moment de l’envoi, afin de détecter les contenus pédocriminels et les signaler aux autorités. Si un groupe de pays, parmi lesquels la France, soutient la nécessité d’un tel contrôle, un autre groupe s’y oppose farouchement au nom de prétendus risques d’atteintes aux libertés individuelles.

      Une avancée semblait se profiler, à l’occasion du vote sur cette question lors de la réunion du Conseil de l’UE mi-octobre. Malheureusement, le sujet a été retiré de l’ordre du jour et repoussé à une prochaine session au mois de décembre sans véritable explication. Pourtant, le temps presse car la dérogation permettant aux plateformes de signaler les contenus pédocriminels prendra fin en avril 2026.

      Les opposants à la mise en place de ce scan chat avancent un certain nombre d’arguments. C’est d’abord le caractère systématique du contrôle, rendu possible par le recours à l’intelligence artificielle (IA), qui est critiqué. Mais le principe même de la recherche d’auteurs d’infractions implique un contrôle large. De plus, l’ampleur et la gravité du phénomène pédocriminel justifient le recours aux méthodes de détection les plus performantes.

      La fragilisation du chiffrement est un autre argument évoqué pour rejeter l’utilisation du scan chat. On objectera d’abord que, lorsque le chiffrement « de bout en bout » est proposé en option, les utilisateurs y recourent assez peu… sauf s’ils échangent du contenu illicite [le chiffrement de bout en bout est prévu par défaut sur la majorité des applications de messagerie, et n’est optionnel que dans de rares cas, notamment celui de l’application Telegram]. Techniquement, il suffit d’opérer le contrôle avant le chiffrement, c’est-à-dire avant l’envoi, c’est ce que l’on appelle le client-side scanning [analyse côté client]. C’est cette solution qui a la préférence dans le projet de texte européen.

      Le risque de « faux positifs » est souvent mis en avant. Il est certes réel, dans la mesure où certains échanges, à caractère sexuel, pourraient être identifiés comme pédocriminels alors qu’ils ne concernent que des adultes consentants ; mais il ne doit pas amener pour autant au rejet du scan chat. Il s’agit plutôt d’appeler à une attention particulière portée au calibrage de l’IA et à la mise en place d’un contrôle humain rigoureux.

      Réglementation cadrée

      Enfin, les détracteurs de ce contrôle mettent en avant le risque de prendre prétexte de la protection des mineurs pour mettre en place un système de surveillance généralisée : un gouvernement « autoritaire » pourrait utiliser cette technologie pour cibler des groupes d’individus en fonction de l’orientation sexuelle ou des opinions politiques. Il s’agit là d’un sophisme. En effet, la technologie existe d’ores et déjà et est utilisée par certains régimes à ces fins éminemment contestables.
      Bien au contraire, une réglementation encadrant son utilisation et la réservant à des hypothèses bien déterminées rendrait son utilisation malveillante beaucoup plus complexe. En la matière, il convient de se départir de toute peur fantasmatique, visée politique ou idéologique. Le but recherché n’est pas de « faire de notre monde numérisé un grand panoptique policier » [comme le craignait Rodrigo Arenas, député La France insoumise, dans une tribune au « Monde », en septembre], mais bien de faciliter l’identification des auteurs et les complices des crimes parmi les plus abjects qui soient.
      Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Rodrigo Arenas, député LFI : « Sous l’étendard de la protection des mineurs, l’UE s’apprête à faire un pas décisif vers une société de contrôle »

      Il faut donc avancer sans crainte vers le recours au scan control pour protéger au mieux les mineurs. Il faut bien entendu le faire en adoptant une réglementation parfaitement cadrée permettant d’assurer l’efficacité de ce contrôle tout en préservant nos droits fondamentaux. Il ne faut pas se focaliser sur les risques inhérents à la lutte contre le crime, mais sur les moyens d’éviter leur réalisation tout en gardant à l’esprit la priorité à donner à la protection des mineurs. C’est bien là l’apanage de l’Etat de droit : assurer la sécurité des citoyens en utilisant les outils les plus performants, tout en préservant au maximum les libertés essentielles.

      Une part certaine des auteurs, majeurs comme mineurs, de violences sur des enfants a été victime de ce type de fait, et tous ont eu une activité pédocriminelle en ligne. C’est donc en protégeant les enfants d’aujourd’hui que nous éviterons qu’ils deviennent les agresseurs des enfants de demain. La mise en place de la recherche systématique des contenus pédocriminels n’est pas un prétexte à une surveillance généralisée, mais bien une nécessité absolue.

      Jean-Michel Arnaud, sénateur (Union centriste) des Hautes-Alpes, membre de la commission des lois, de la commission des affaires européennes et de la délégation aux droits des femmes ; Annick Billon, sénatrice (Union centriste) de Vendée, membre de la commission de la culture et vice-présidente de la délégation aux droits des femmes ; Laure Darcos, sénatrice (Les Indépendants - République et Territoires) de l’Essonne, vice-présidente de la commission de la culture, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes ; Lauriane Josende, sénatrice (Les Républicains) des Pyrénées-Orientales, membre de la commission des lois et de la délégation aux droits des femmes ; Jean-Claude Planque, docteur en droit privé et sciences criminelles, est maître de conférences à l’université de Lille et ancien codirecteur de l’Institut de criminologie de Lille ; Olivia Richard est sénatrice des Français établis hors de France (Union centriste), membre de la Commission des lois et de la délégation aux droits des femmes ; Dominique Vérien, sénatrice (Union centriste) de l’Yonne, membre de la Commission des lois et présidente de la délégation aux droits des femmes

    • Le risque, c’est le détournement de finalité. Avec toutes nos données privées qui finissent avalées par des organisations peu scrupuleuses et régurgitées pour autre chose que la protection des enfants, comme par exemple, pour déterminer quelle source a alimenté quel journaliste, pour ne citer que le plus trivial, mais malgré tout assez parlant.

    • End of “Chat Control”: EU Parliament Stops Mass Surveillance in Voting Thriller – Paving the Way for Genuine Child Protection!

      https://www.patrick-breyer.de/en/end-of-chat-control-eu-parliament-stops-mass-surveillance-in-voting-t

      Les bonnes nouvelles se faisaient rares ces derniers temps.

      The controversial mass surveillance of private messages in Europe is coming to an end. After the European Parliament had already rejected the indiscriminate and blanket Chat Control by US tech companies on 13 March, conservative forces attempted a democratically highly questionable maneuver yesterday to force a repeat vote to extend the law anyway.

      However, in a true voting thriller today, the Parliament finally pulled the plug on this surveillance mania: With a razor-thin majority of just a single vote, the Parliament first rejected the automated assessment of unknown private photos and chat texts as “suspicious” or “unsuspicious”. In the subsequent final vote, the amended remaining proposal clearly failed to reach a majority.

      This means: As of 4 April, the EU derogation will expire for good. US corporations like Meta, Google, and Microsoft must stop the indiscriminate scanning of the private chats of European citizens. The digital privacy of correspondence is restored!

  • #Infomaniak supports mass surveillance, calling for legal change to end online anonymity + mandatory metadata retention

    Here are some quotes from Infomaniak’s spokesperson, on Swiss national TV and Radio:

    “Today’s Internet is not yesterday’s Internet, and we still have companies offering free services that enable people to be completely anonymous, to encrypt their content and to be completely opaque when it comes to the law. This poses a problem, and it’s only right that the Swiss justice department should do its job.”

    “Anonymity is a no-no, because if there’s a legal problem, we can’t do the job…. We’re not talking about accessing the contents of emails, but tracking exchanges, just to be able to track people down, …it’s necessary.”

    “We speak about metadata, it doesn’t threaten encryption, and what the revision of the law is asking for is simply to make it impossible to create a completely anonymous identity to do unlawful activities that could not be prosecuted. Somehow, in “real life”, we would not accept this: as evidence, when we create a phone number with a SIM card, it is mandatory to provide an ID card and it’s exactly for the same reason.”

    Infomaniak, a company that positions itself as “ethical”, and one who built a brand based on user security and privacy, is now publicly supporting the Swiss government’s move to force VPN and email providers to log user data and collect PII. I think the quotes speak for themselves, but TLDR they are explicitly calling for:

    - Mandatory metadata retention
    - A blanket ban on anonymity online
    - Making free & encrypted services subservient to the Swiss justice department

    This is completely disqualifying, and it’s important to spread the word, because there are posts where Infomaniak is recommended as a good option for activists and privacy sensitive people.

    IMO they should never be recommended because unlike other service providers talked about here (i.e. Proton), they don’t use end-to-end encryption, so they have access to all of your data, and now it seems they are apparently eager to hand it over to the government.

    Just to clarify how insane this is, the legal change they want to see in Switzerland would:

    – Require MANDATORY retention of all metadata & last connection info.
    – Outright ban no-logs VPNs
    - Require ID for all cloud services when registering
    – Require companies to automatically hand over data to the govt. with no chance to appeal, no court order needed.

    You can read more in-depth on this topic itself here (it’s in Swiss German but you can translate): https://www.republik.ch/2025/05/07/die-schweiz-ist-drauf-und-dran-autoritaere-ueberwachungsstaaten-zu-kopieren

    Infomaniak is, in effect, calling for a police state and elimination of all personal privacy rights online. Outrageous.

    As the TG article suggests, Proton & others are on the right side of this and fighting the proposal Infomaniak supports.

    They are resisting, have rejected the proposal, and stated that they will leave Switzerland if this passes: Surveillance: le géant des mails cryptés Proton prêt à quitter Genève | Tribune de Genève

    I think it is clear who can be trusted and who cannot be trusted. Looking forward to your thoughts on this also, especially if anyone here is using the kSuite.

    https://discuss.privacyguides.net/t/psa-infomaniak-supports-mass-surveillance-calling-for-legal-change-to-end-online-anonymity-mandatory-metadata-retention/28065
    #Internet #anonymat #protection_des_données #Suisse #loi #métadonnées #chiffrement #vie_privée #liberté

    signalé aussi par @biggrizzly
    https://seenthis.net/messages/1119352

    • Die Schweiz ist drauf und dran, autoritäre Überwachungs­staaten zu kopieren

      Die Vorlage klingt, als wäre sie vom Kreml verfasst worden: Geht es nach dem Bund, müssen sich Schweizer Internet­nutzer künftig mit Ausweis oder Telefon­nummer identifizieren. Der Zeitpunkt dafür ist denkbar schlecht.

      Selten sorgt eine Verordnung in IT-Kreisen für so viel Aufsehen wie jene zum Bundes­gesetz zur Überwachung des Post- und Fernmelde­verkehrs. Doch die Verordnung, zu der die Vernehmlassung gestern Dienstag endete, ist auch alles andere als gewöhnlich.

      Das zeigt sich nicht nur daran, dass der bei Fachleuten sehr angesehene Blog Techradar.com schon vor fünf Wochen warnte, in der Schweiz seien die sichere Verschlüsselung und die Online-Anonymität gefährdet. Sondern auch an einem Schreiben der Kommission für Verkehr und Fernmelde­wesen des Nationalrats, das diese Anfang letzter Woche an den Bundesrat schickte. Die Kommission habe Bedenken zum Datenschutz, zu Über­regulierung und zur KMU-Belastung, sagt ihr Vizepräsident und SVP-Nationalrat Thomas Hurter auf Anfrage der Republik.

      Damit argumentiert Hurter ähnlich wie die Digitale Gesellschaft, die sogar von einem massiven Frontal­angriff auf die Grund­rechte und die Rechts­staatlichkeit spricht. Genauso drastische Worte wählt der Chief Operating Officer des welschen Technologie-Start-ups Nym: «In der Schweiz wird es keine private, digitale und datenschutz­freundliche Kommunikation mehr geben», so Alexis Roussel. Und für das erfolgreiche Messenger-Unternehmen Threema ist es sogar denkbar, «wenn nötig» eine Volks­initiative gegen die Verordnung zu lancieren, wie es gegenüber der Republik bestätigt.

      Ist ihr Ärger angebracht? Stimmt es, dass eine Überwachung droht, wie man sie aus autoritär regierten Staaten kennt?

      Und: Worum geht es überhaupt?

      Wichtige Trennung soll aufgehoben werden

      Wer sich mit Schweizer Überwachungs­gesetzen auseinander­setzt, muss sich zuerst durch ein Dickicht von sperrigen Begriffen kämpfen. Die wichtigsten zwei im Zusammenhang mit der Verordnung über die Überwachung des Post- und Fernmelde­verkehrs sind die beiden folgenden:

      - Fernmelde­dienst­anbieter: Das sind Unternehmen, die klassische Tele­kommunikations­dienste für die Öffentlichkeit bereitstellen, etwa Betreiber von Mobilfunk- und Festnetzen wie die Swisscom.

      – Anbieter abgeleiteter Kommunikations­dienste: Das sind Dienst­leister, die Kommunikations­dienste erbringen, ohne eine eigene Fernmelde­infrastruktur zu betreiben. Dazu zählen Anbieter von Messaging- und E-Mail-Diensten wie beispielsweise Whatsapp oder Signal, aber auch das Non-Profit-Unternehmen Immerda.ch aus Bern, das unter anderem einen E-Mail-Dienst anbietet.

      Der beim Justiz­departement von SP-Bundesrat Beat Jans angesiedelte Dienst Überwachung Post- und Fernmelde­verkehr legt diese zweite Kategorie in seinem erläuternden Bericht sehr grosszügig aus. So zählt er auch Cloud-Anbieter wie Infomaniak dazu, zudem VPN-Tools und Firmen wie Hostpoint, die Server für das Hosting von Websites zur Verfügung stellen.

      Gemäss aktueller Schweizer Rechtslage müssen die Anbieter abgeleiteter Kommunikations­dienste auf Anfrage der Schweizer Straf­verfolgung bei verdächtigen Personen alles rausrücken, was sie über sie gespeichert haben. Nicht mehr, nicht weniger.

      Diese Trennung zwischen Fernmeldedienst­anbieter und Kommunikations­diensten hatte das Parlament bei der ersten Revision des Bundes­gesetzes zur Überwachung des Post- und Fernmelde­verkehrs vor zehn Jahren bewusst eingeführt, um KMU-Unternehmen im Digital­bereich nicht unnötig zu belasten.

      Der Dienst Überwachung Post- und Fernmelde­verkehr gibt auf Anfrage der Republik zu, dass er nicht viel von der damals beschlossenen Trennung hält. Internet­anbieter wie Swisscom und IT-Unternehmen wie Proton, die E-Mail, VPN und auch Dokumenten­verwaltung anbieten, sollten künftig denselben Überwachungs­pflichten unterworfen sein. Der Überwachungs­dienst verkauft diese Neuerung mit dem Argument der Fairness, wenn er schreibt, dadurch werde auch sicher­gestellt, dass die Anbieter abgeleiteter Kommunikations­dienste «für vergleichbare Dienst­leistungen nicht wesentlich geringere Verpflichtungen haben» als die Fernmelde­dienst­anbieter. Dies verbessere die Gleich­behandlung.

      Den ersten Anlauf für eine Revision der Verordnung startete der Dienst bereits während der Pandemie. So veröffentlichte er im Jahr 2022 einen Entwurf, in dem er die Abschaffung der Verschlüsselungen für viele Kommunikations­dienste forderte. Der Paragraf las sich wie eine Schweizer Version der Chatkontrolle: Man musste davon ausgehen, dass eine technische Hintertür bei Messenger-Apps wie Threema eingebaut werden sollte für einen direkten Zugang für Strafermittler (wie sie seit Jahren in der EU diskutiert wird). Ein Aufschrei in den Medien sorgte dafür, dass der Bund diesen umstrittenen Teil verschob und nur den weniger kontroversen Teil in Kraft treten liess.

      Identifikations­pflicht auch für Marktplätze

      Mit der aktuellen Teilrevision hat der Bund das alte Verschlüsselungs­anliegen erneut aufgenommen. Und legte noch zusätzliche Pflichten obendrauf: Neu müssten viele Schweizer Unternehmen zum Erfüllungs­gehilfen des Überwachungs­staats werden. Das Eidgenössische Justiz­departement präsentierte Ende Januar 2025 eine Vorlage, die klingt, als wäre sie vom Kreml verfasst worden.

      Denn praktisch jede Website mit Nachrichten­funktion wäre von der Vorlage betroffen: Sämtliche digitalen Dienste mit mindestens 5000 Nutzerinnen –egal ob sie E-Mail, Cloud, VPN oder Chat anbieten – müssten diese ausreichend identifizieren und die Daten speichern. Konkret heisst das: Jede Website, über die sich Personen Direkt­nachrichten zuschicken können, fiele unter diese Bestimmung. Also beispielsweise auch die Marktplätze Ricardo, Tutti und der Online­händler Digitec, schliesslich tauschen sich dort Käufer und Verkäuferinnen aus. Aber auch Videospiel-Betreiber, bei denen sich Gamerinnen über Text- und Video­kommunikation austauschen können.

      Für die Identifizierung müsste eine Ausweis- oder Führerschein­kopie vorgelegt oder zumindest eine Telefon­nummer bekannt gegeben werden (die mit der SIM-Karten-Registrierung an eine Ausweis­kopie gekoppelt ist). Im erläuternden Bericht des Bundesrats ist auch von einer möglichen Identifikation via Kreditkarte oder Bordkarte auf Flughäfen die Rede, und es wird betont, dass technische Eckdaten wie IP-Adressen nicht ausreichen.

      Diese Kunden­informationen müssten alle Unternehmen sechs Monate auf Vorrat speichern. Die St. Galler Strafrechts­professorin Monika Simmler bezweifelt, dass diese Vorgaben überhaupt noch dem Bundesgesetz entsprechen. Denn dort ist «von grosser wirtschaftlicher Bedeutung» und «grosser Benutzerschaft» die Rede. «Ich gehe davon aus, dass der Bundesrat seine Kompetenz überschreitet, wenn er bei solch für den Markt unerheblichen Anbietern weiter gehende Pflichten einführt», sagt Simmler.

      Anonymität im Internet wäre vorbei

      Der Überwachungs­dienst behauptet, dass die betroffenen Unternehmen diese Daten ohnehin sammelten. Doch das stimmt nicht: Bisher waren für die Erstellung eines Benutzer­kontos auf den entsprechenden Websites kaum Personalien nötig. Jonathan Messmer, der sich für die IT-Anwalts­kanzlei Ronzani/Schlauri detailliert mit der Vorlage auseinander­gesetzt hat, erklärt: «Wer sagt, die Daten würden ‹sowieso schon gesammelt›, verkennt: Viele Nutzer und Anbieter wollen das gerade nicht – und werden jetzt neu dazu gezwungen.»

      Mit Anonymität im Internet wäre es komplett vorbei. Sprich: Wer eine Schweizer App, Software oder Plattform nutzt, riskiert, gläsern und identifizierbar zu sein. Und: KMU müssten einen enormen Aufwand leisten, um jene neuen Daten­banken auch gebührend gegen kriminelle Cyber­attacken abzusichern, damit sie nicht im Darknet landen. Dass das möglich sein wird, dürfte eine Illusion sein. Denn Studien aus den letzten Jahren zeigen, dass viele kleine und mittlere Unternehmen das Risiko von Cyber­attacken unterschätzen und sich entsprechend zu wenig schützen.

      Es ist unklar, wie weit der Überwachungs­dienst gehen wird, sollte die Verordnung durchkommen. Zwar erwähnt er als Ausnahme explizit Online-Medien­portale mit öffentlicher Kommentar­funktion (weil die Leserinnen sich gegenseitig keine Nachrichten schicken können). Doch die Versprechungen des Bundesrats haben bei diesem Thema eine kurze Halbwerts­zeit, wie die Entwicklungen der letzten acht Jahre zeigen.

      Bereits nach der Revision des Bundes­gesetzes zur Überwachung des Post- und Fernmelde­verkehrs im Jahr 2017 liessen die Strafverfolger des Bundes nichts unversucht, um zwei Kommunikations­dienste in eine komplett sachfremde Kategorie hochzustufen: Threema und Protonmail sollten beide als Fernmeldedienst­anbieterin eingestuft werden, obwohl beide Firmen nichts mit Internet­infrastruktur zu tun haben und weder über Glasfaser­kabel noch Satelliten­netzwerke verfügen.

      Threema und Protonmail hätten als Folge umfassende Überwachungs­pflichten einführen müssen, etwa eine Echtzeit­überwachung. Beide Unternehmen wehrten sich dagegen vor Gericht. Das Bundes­verwaltungs­gericht gab Threema im Mai 2020 recht, das Bundesgericht bestätigte dieses Urteil im April 2021. Protonmail legte ebenfalls beim Bundes­verwaltungs­gericht erfolgreich Beschwerde ein.

      Über den Verordnungsweg die Demokratie aushebeln

      Die Motivation für die Revision der Verordnung liegt damit auf der Hand: Weil die Behörden mit dem Upgrade von Threema und Protonmail juristisch gescheitert sind, gehen die Bundes­angestellten nun über den Verordnungs­weg, obwohl diese Änderungen sowohl dem Bundes­gesetz widersprechen als auch dem Willen des Parlaments, eine Hierarchie von Überwachungs­pflichten zu haben. Das ist ein demokratie­politisch höchst fragwürdiges Vorgehen.

      Mit der neuen Verordnung müssten Unter­nehmen wie Threema und Proton (das mittlerweile mehr Produkte als nur E-Mail anbietet) ihr auf Daten­schutz basierendes Geschäfts­modell aufgeben. Sie wären praktisch den gleichen Pflichten unterworfen wie der Internet­konzern Swisscom, der die Standort- und Telefon-Metadaten seiner Nutzerinnen laufend und für sechs Monate speichert. Denn die neue Verordnung verlangt, dass neu eine Million Nutzerinnen (global, nicht nur in der Schweiz) oder 100 Millionen Franken Konzern­umsatz reichen für das Upgrade und die damit verbundenen «vollen Pflichten».

      Der Überwachungs­dienst verkaufte die Verordnung in einem Gespräch mit Medien­schaffenden als eine Vereinfachung und als KMU-freundliche Revision. Er betonte mehrfach, dass die Revision der Verordnung nicht dazu führe, dass der Überwachungs­apparat ausgebaut werde. Der Sprecher des Diensts spielte die Brisanz massiv herunter: «Die meisten Unternehmen werden nie von uns hören und sammeln sowieso schon diese Daten.»

      Die Revision werde eine Klärung bringen, doppelte der Dienst in einer schriftlichen Antwort an die Republik nach: «Mit der Einführung der neuen ‹reduzierten Pflichten›, welche nur minimale Anforderungen enthalten, wird der Grundsatz der Verhältnis­mässigkeit künftig besser gewahrt.»

      IT-Jurist Messmer lässt dieses Argument nicht gelten: «Neue Pflichten werden eingeführt, bestehende Schwellen drastisch gesenkt und die Privatsphäre im Netz systematisch abgeschafft. Diese Verordnung ist einer der bisher gravierendsten Angriffe auf unsere digitale Freiheit.»

      Und der Staat wird sehr wohl bald bei Unter­nehmen anklopfen.

      Auskünfte mit wenigen Klicks

      Denn: Alle potenziell betroffenen IT-Unternehmen mit 5000 Nutzerinnen oder Kunden müssen sich bei den Bundes­behörden innert kurzer Frist melden. Versäumen sie dies, droht ihnen eine Busse. Verlangt eine kantonale Staats­anwaltschaft eine Auskunft, müssen sie diese unter anderem direkt im Verarbeitungs­system des Bundes eingeben.

      Jonathan Messmer von der IT-Anwalts­kanzlei Ronzani/Schlauri sagt: «Im Extremfall könnten Strafverfolgungs­behörden alle fünf Sekunden eine automatisierte Anfrage an Unternehmen mit vollen Überwachungs­pflichten stellen und somit ‹in Echtzeit› alle soeben erst registrierten Zugriffe rausholen und eine ganze Historie aufbauen.»

      Die Schweiz will mit dieser Revision also einen riesigen digitalen Überwachungs­apparat bauen, damit die Behörden neu auf Knopfdruck unbegrenzt viele Auskünfte abfragen können. Dass das Volumen bereits heute enorm gross ist, zeigen die letzte Woche vom Überwachungs­dienst veröffentlichten Zahlen: Die Kantone und die Bundes­behörden haben doppelt so viele Überwachungs­massnahmen angefordert wie im Vorjahr.
      Noch mehr Macht für Big Tech

      Doch nicht nur der Inhalt, sondern auch der Zeitpunkt der Verordnung ist fragwürdig. So ist am Europäischen Gerichtshof für Menschen­rechte in Strassburg eine Klage gegen Vorratsdaten­speicherung hängig, eingereicht von der Digitalen Gesellschaft. Beschwerde­führer sind unter anderem Grünen-Nationalrat Balthasar Glättli und «Beobachter»-Chefredaktor Dominique Strebel.

      International lässt sich die Verordnung fast nur mit den drakonischen Internet­gesetzen von Russland, China und dem Iran vergleichen, die entweder eine Realnamen­pflicht oder eine Mobiltelefon­nummer für E-Mail, Hosting und alle Arten von digitalen Dienst­leistungen verlangen. China fordert etwa Personalien bei der Registrierung für populäre Apps wie Wechat ein. Sollte die Schweiz die neue Cybercrime Convention der Uno ratifizieren, könnten sich jene Diktaturen bei der Strafverfolgung von Dissidentinnen schlimmsten­falls ebenfalls bei den Schweizer KMU bedienen. Denn diese verlangt eine Zusammenarbeit aller Strafverfolgungs­behörden weltweit.

      Es ist eine Reform, die nicht nur auf Threema und Proton zielt – zwei der wichtigsten IT-Firmen –, sondern auf unzählige Schweizer Unternehmen, die heute wohl noch gar nichts von diesen Konsequenzen wissen.

      Die Schweiz sabotiert ihre eigene IT-Industrie damit in einem Moment, wo sie sie am stärksten braucht: in geopolitisch turbulenten Zeiten, in denen die Privacy-Tech-Branche extremen Zulauf erhält und hiesige Cloud-Unternehmen wie Infomaniak auf Plakaten mit «sichere Schweizer Cloud» werben. Gerade jetzt, wo Bundesbern damit beginnt, sich Gedanken zur digitalen Souveränität zu machen und zur Loslösung von Big-Tech-Konzernen. Und gerade jetzt, wo bereits zwei Kantone ein «Recht auf digitale Integrität» und damit auch Anonymität in ihren Verfassungen verankert haben und in weiteren Kantonen politische Debatten dazu angelaufen sind.

      Die Ironie dabei: Mit dieser Verordnung werden amerikanische Big-Tech-Konzerne wie Meta noch mächtiger. Denn für Whatsapp – wie der Sprecher des Diensts Überwachung Post- und Fernmelde­verkehr bestätigt – gelten die Schweizer Gesetze nicht.

      https://www.republik.ch/2025/05/07/die-schweiz-ist-drauf-und-dran-autoritaere-ueberwachungsstaaten-zu-kopieren

    • Maître du #cryptage, #Proton est « prêt à quitter Genève »

      Andy Yen, patron du service de courriel et Cloud aux 100 millions d’utilisateurs, refuse l’espionnage que veut imposer la Confédération.

      En bref :

      – Le géant genevois des e-mails et du Cloud cryptés Proton quittera la Suisse en cas de durcissement de la surveillance qui lui est imposé.
      – Une réponse à la refonte de l’ordonnance sur la #surveillance des télécommunications, mise en consultation jusqu’au 6 mai.
      – L’Allemagne apparaît comme une destination alternative pour l’entreprise de messagerie cryptée, esquisse son patron, Andy Yen.

      https://www.tdg.ch/surveillance-le-geant-des-mails-cryptes-proton-pret-a-quitter-geneve-94740218821

  • #Surveillance et #chiffrement : la #Suisse redéfinit-elle les limites de la confidentialité en ligne ?
    https://dcod.ch/2025/04/05/surveillance-et-chiffrement-la-suisse-redefinit-elle-les-limites-de-la-confiden

    L’article 50a précise que « l’obligation de supprimer les chiffrements ne concerne pas les chiffrements de #bout_en_bout entre les clients finaux, plus précisément entre leurs équipements terminaux ou les applications qu’ils utilisent pour communiquer. Dans ce cas, ce n’est généralement pas le fournisseur qui appose le chiffrement et il ne dispose pas de la clé ». Cependant, le rapport ajoute une nuance importante : « Toutefois, si c’est une clé du fournisseur qui est utilisée pour le chiffrement, c’est-à-dire si le fournisseur est en mesure de déchiffrer la correspondance par télécommunication chiffrée de la personne surveillée, le fournisseur est alors tenu de supprimer les chiffrements ».

    En résumé, l’#obligation de #suppression du #chiffrement s’applique lorsque le #fournisseur a la capacité technique de #déchiffrer les #communications, mais elle exclut explicitement le chiffrement de bout en bout où le fournisseur n’a pas accès aux #clés de #déchiffrement.

  • La loi Narcotrafic est une loi de #Surveillance : mobilisons nous !
    https://www.laquadrature.net/2025/02/24/la-loi-narcotrafic-est-une-loi-de-surveillance-mobilisons-nous

    La semaine prochaine, l’Assemblée nationale discutera d’une proposition de loi relative au « narcotrafic ». Contrairement à ce que le nom du texte indique, les mesures qui pourraient être adoptées vont bien au-delà du seul trafic de…

    #Censure

    • « La proposition de loi de lutte contre le narcotrafic ne peut affaiblir la sécurité des entreprises et des citoyens ! »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/03/05/la-proposition-de-loi-de-lutte-contre-le-narcotrafic-ne-peut-affaiblir-la-se

      Des parlementaires peu informés pris par surprise au détour d’un amendement, des ministères régaliens tentés par l’accroissement des moyens de surveillance afin de répondre à des problématiques malheureusement bien réelles : voilà comment la pire évolution possible en matière de #sécurité_numérique est en train de se frayer un chemin dans nos lois ! Une évolution unanimement crainte et dénoncée depuis des années par tous les experts de la sécurité numérique, par toutes les associations et institutions préoccupées de protéger nos droits et libertés dans ce dangereux et complexe monde numérique. Elle se veut être la loi pour lutter contre le #narcotrafic, elle ne peut devenir la loi qui favorise l’espionnage et le piratage !

      En matière de surveillance, la proposition de loi donne à l’Etat des pouvoirs considérables pour espionner numériquement les citoyens sur suspicion de « crime en bande organisée », une dénomination très large qui, loin de se limiter au narcotrafic, pourra permettre l’atteinte au secret des correspondances numériques de militants de causes variées. Et quand on dit espionnage, c’est l’ensemble des moyens techniques qui est concerné : logiciels espions, activation à distance des caméras et micros, etc. Et cela restera secret même pendant l’instruction du dossier, privant les personnes surveillées de leurs droits fondamentaux de contradiction. Il ne nous appartient pas de juger de la proportionnalité de telles mesures, mais les révélations de MM. Snowden et Assange ont malheureusement déjà amplement démontré la tentation des démocraties libérales à utiliser largement les techniques numériques pour espionner massivement, avec le risque de glisser insensiblement sur une pente illibérale.

      La tentation des « portes dérobées »

      Plus grave, la loi envisage d’imposer aux opérateurs de communications numériques de prévoir des backdoors (« portes dérobées ») dans les systèmes de messagerie numérique, permettant l’espionnage sur requête. Rien de bien nouveau, cela fait des années que la tentation d’introduire des #backdoors réapparaît : lutte contre le terrorisme, contre la pédocriminalité, aujourd’hui contre le narcotrafic. Mais le consensus absolu et universel des personnes expertes en sécurité est qu’il s’agit là de la pire idée possible. De telles portes dérobées, malgré toutes les précautions qui peuvent être prises, ne peuvent que mécaniquement diminuer le niveau de sécurité des communications et créer une aubaine pour les gouvernements qui ne respectent pas les droits fondamentaux, pour les services de renseignement de tous les pays – à commencer par ceux de nos adversaires –, pour les cybercriminels et malfaisants en tout genre.

      Tout le monde le sait, nous vivons dans un monde incertain, où les universités, les hôpitaux, les collectivités locales, toutes les industries sensibles, mais également les PME, se font attaquer en permanence par des cybercriminels aux profils variés – petits escrocs, grandes mafias et services étatiques. Ce sont des entreprises qui font faillite, des informations sensibles gravement compromises, parfois des vies menacées. Le consensus des experts recommande d’investir jusqu’à 10 % de ces budgets informatiques dans la #cybersécurité, tant la menace est forte : à l’échelle de la France, cela représenterait plus de 100 milliards d’euros chaque année. Et dans ce monde où la menace numérique est encore difficilement contrôlable, la loi ne peut, même pour d’apparentes bonnes raisons, imposer de baisser le niveau de protection !

      Stopper l’engrenage infernal

      En 2016, quand le conseil scientifique de la Commission européenne avait rassemblé des centaines d’experts pour un colloque préparatoire à son rapport sur la cybersécurité, parmi les dizaines de propositions et contre-propositions, une seule proposition s’est dégagée avec un consensus absolu, et c’était d’ailleurs la première recommandation du rapport : « Pour maintenir la confiance des utilisateurs/citoyens, ainsi que protéger leur vie privée et assurer la sécurité, aucune porte dérobée ni aucun autre moyen d’affaiblir le chiffrement ne doit être introduit. »

      En 2016 toujours, quand l’Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques s’exprime sur le sujet, elle indique clairement que l’introduction de portes dérobées aurait un « effet désastreux », affaiblissant la sécurité et permettant en outre aux criminels de créer désormais leurs propres solutions de chiffrement, plus sûres que celles de ceux qui respectent la loi. Toujours en 2016, quand le Contrôleur européen de la protection des données donne son avis sur le sujet, il insiste : les citoyens doivent avoir le droit d’utiliser des messages pleinement chiffrés, sans portes dérobées.
      En fait, tous les comités d’experts, toutes les institutions compétentes, toutes les associations de protection des #libertés_numériques, mais également les opérateurs eux-mêmes, affirment d’une seule voix, comme une évidence : « No backdoors ! » Et cela dure depuis plusieurs décennies. La proposition de loi de lutte contre le narcotrafic ne peut tourner le dos à toutes les recommandations des experts et à un très fort consensus scientifique et technique. Elle ne peut affaiblir la sécurité des entreprises et des citoyens, elle ne peut envisager légitimement un monde où les réseaux criminels pourront communiquer avec plus de sécurité que leurs proies et les pirater plus facilement !

      Il existe un moyen simple de stopper cet engrenage infernal : députés, corrigez cette proposition hâtive, inefficace et catastrophique pour notre sécurité numérique en retirant l’article 8 ter.

      Signataires : Nicolas Arpagian, enseignant à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye ; Gilles Babinet, entrepreneur et coprésident du Conseil national du numérique ; Eric Bothorel, député (Ensemble pour la République) des Côtes-d’Armor ; Philippe Latombe, député (Les Démocrates) de Vendée ; Anne Le Hénanff, députée (Horizons) du Morbihan ; Jean-Michel Mis, ancien député, rapporteur de la mission d’information commune sur l’évaluation de la loi renseignement ; David Naccache, chercheur en cryptologie ; Guillaume Poupard, expert en cybersécurité ; Sébastien Soriano, ancien président de l’Arcep ; Cédric Villani, mathématicien, ancien député, rapporteur de la mission parlementaire de préfiguration de la stratégie nationale d’intelligence artificielle.

    • Un aspect absolument stupéfiant, c’est qu’au moment même où l’on voit le techno-fascisme prendre le pouvoir aux États-Unis, nos politiciens s’empressent de fournir clé en main tous les instruments de la dictature pour quand l’extrême-droite décidera que c’est plus la peine de finasser.

    • Narcotrafic : l’article 8 ter sur l’affaiblissement du chiffrement est supprimé
      https://next.ink/brief_article/narcotrafic-larticle-8-ter-sur-laffaiblissement-du-chiffrement-est-supprime

      Alors que Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, et Gérald Darmanin, ministre de la Justice, défendaient la proposition de loi Narcotrafic à l’Assemblée depuis deux jours, le texte vient de perdre l’un de ses articles les plus critiqués.

      Le fameux article 8 ter entendait imposer aux prestataires techniques, notamment les éditeurs de messageries sécurisées, d’introduire un mécanisme facilitant la récupération des informations par les forces de l’ordre. Dans le cadre de la lutte contre le crime organisé, la mesure devait permettre une percée dans certaines enquêtes.

      Bruno Retailleau a eu beau expliquer qu’il ne s’agissait pas d’une porte dérobée, mais d’envoyer une copie des informations à une tierce partie (solution dite du « fantôme »), la mesure revenait quand même à affaiblir le #chiffrement de bout en bout.

      Très largement critiqué, l’article 8 ter a fait l’objet de plusieurs dépôts d’amendements demandant sa suppression pure et simple. Comme on peut le voir sur le site de l’Assemblée nationale, presque tous ces amendements ont été adoptés en commission des lois hier soir (voir la vidéo), par 33 voix pour la suppression et 9 absentions, relève le Projet Arcadie.

    • @arno les défenseur·es des libertés (numériques) ont souvent été accusé·es d’avoir une pensée individualiste ou hasbeen devant l’essor des technologies de surveillance.
      Sauf qu’éviter ou contrer les lois qui lèvent les protections érigées contre un nouveau régime nazi a toujours été pour beaucoup une motivation profonde et juste. Il est pourtant devenu évident avec Foucault que la surveillance est liée au contrôle social et qu’échapper à la traque des régimes autoritaires sanguinaires et fous est quasiment impossible avec les nouveaux systèmes mis en place.

      Le coussin des sénateurs pue la merde nazie, c’est un fait.

      EDIT
      Retrait de l’article 8, c’est déjà ça. Tu vas me dire que même Babinet a signé la tribune du monde alors qu’il adore le fichage et le croisement des fichiers santé notamment.

  • Opinion | The Point: Conversations and insights about the moment. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/live/2024/08/27/opinion/thepoint

    Zeynep Tufekci
    Aug. 27, 2024, 12:05 p.m. ETAug. 27, 2024

    ‘Free Speech’ Should Not Shroud Criminal Activity

    The detention in France of Pavel Durov, the founder and chief executive of the messaging app Telegram, has sparked a loud outcry about free speech. Elon Musk has portrayed the arrest on his X account as an ominous threat to free speech, and Robert F. Kennedy Jr. referred to the app as an “encrypted, uncensored” platform and said “the need to protect free speech has never been more urgent.”

    It’s a curious case, and the French government hasn’t helped matters by releasing information in dribs and drabs. While it is possible that there are free speech issues entangled here, some early details suggest the issue may be one of criminal activity.

    On Monday, the French prosecutor said in a statement that Durov — who is a citizen of France, Russia, St. Kitts and Nevis and the United Arab Emirates — was being held for questioning in connection with an investigation into criminal activities on the app, including the trading of child sexual abuse material as well as drug trafficking, fraud and money laundering. Notably, Telegram explicitly boasts that it has never disclosed user data to any government, ever.

    Questions have long swirled around Telegram. Contrary to widespread belief, Telegram is not encrypted in any meaningful sense. That would be “end to end” encryption, so that even the company couldn’t read users’ messages. Telegram — and anyone it chooses — can read all group chats, and there is no way to fully encrypt them. Those very large groups are the main attraction of the platform.

    Private chats on Telegram also lack end-to-end encryption by default. Here, though, users can undergo an onerous process to turn on end-to-end encryption, which then applies only to that conversation. Even the protection provided to private chats is murky: Cryptography experts have long questioned whether Telegram’s limited encryption actually meets security standards.

    Durov was born in Russia, where Telegram is used widely. The Kremlin has Durov’s back: It issued a statement that unless more evidence is provided, Durov’s detention may be “a direct attempt to limit freedom of communication.” Russian antiwar activists have long wondered how the Kremlin seems to know so much about their activities on Telegram. (Good question.)

    Free speech is an important value, but protecting it does not mean absolving anyone of responsibility for all criminal activity. Ironically, Telegram’s shortage of end-to-end encryption means the company is likely to be more liable simply because it can see the criminal activity happening on its platform. If, for example, Telegram did not cooperate with authorities at all after receiving legal warrants for information about criminal activities, that would mean trouble even in the United States, with its sweeping free speech protections.

    #Telegram #Pavel_Durov #Zeynep_Tufekci #Chiffrement

  • Opposez-vous à Chat Control !
    https://framablog.org/2023/10/25/opposez-vous-a-chat-control

    Sur ce blog, nous transposons régulièrement différents points de vue concernant les luttes pour les #Libertés_numériques. Dans ce domaine, on constate souvent que les mouvements sociaux (solidariste, durabilistes, préfiguratifs, etc.) ne prennent que trop rarement en compte les implications … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique

    • Comme si l’intention d’interdire ou de fragiliser le #chiffrement n’était pas déjà assez grave, il y a encore pas mal d’autres choses qui nous inquiètent sérieusement avec Chat Control. Ainsi, l’introduction de systèmes de #blocage_réseau4 est également en discussion. Plus grave encore, l’obligation de vérifier l’âge et donc de s’identifier en ligne. Cela aussi fait explicitement partie du projet. Il s’agira de faire en sorte que l’accès à certains sites web, l’accès aux contenus limités selon l’âge, l’utilisation et le téléchargement de certaines applications comme Messenger, ne soient possibles qu’avec une #identification, par exemple avec une carte d’identité électronique ou une #identité_numérique.

      Voici l’accomplissement du vieux rêve de tou·tes les Ministres de l’Intérieur et autres autoritaires du même acabit. L’obligation d’utiliser des vrais noms sur Internet et la « neutralisation » des #VPN5, #TOR et autres services favorisant l’#anonymat figurent depuis longtemps sur leurs listes de vœux. Et ne négligeons pas non plus la joie des grands groupes de pouvoir à l’avenir identifier clairement les utilisateur·ices. L’UE se met volontiers à leur service6. Tout comme le gouvernement allemand, Nancy Faser en tête, qui se distingue par ailleurs avec une politique populiste et autoritaire de droite.

      #internet #libertés_numériques #libertés_politiques #libertés #messageries #communications_chiffrées #signal #telegram #Europe #chat_control #surveillance #surveillance_de_masse #auto-défense_numérique

  • [on veut un chiffrement de bourre en bourre] Casser le chiffrement des messageries, un serpent de mer politique inapplicable
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2023/10/20/casser-le-chiffrement-des-messageries-un-serpent-de-mer-politique-inapplicab

    Interrogé sur BFM-TV, jeudi 19 octobre, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a désigné une cible bien commode pour expliquer que le terroriste ayant assassiné le professeur de français Dominique Bernard à Arras, vendredi 13 octobre, ait pu agir alors même qu’il était sous surveillance rapprochée des services de renseignement : les applications de #messagerie.
    « Hier encore, les écoutes téléphoniques classiques nous renseignaient sur la grande criminalité et le terrorisme. Aujourd’hui, les gens passent par Telegram, par WhatsApp, par Signal, par Facebook (…) Ce sont des messageries cryptées (…) On doit pouvoir négocier avec ces entreprises ce que vous appelez une “porte dérobée”. On doit pouvoir dire : “Monsieur Whatsapp, Monsieur Telegram, je soupçonne que M. X va peut-être passer à l’acte, donnez-moi ses conversations.” »
    L’argument semble frappé au coin du bon sens et M. Darmanin s’est dit favorable à un changement de la loi pour imposer aux plates-formes de fournir le contenu des messages chiffrés lorsque les autorités le requièrent. Le problème, pourtant, c’est que ces demandes sont contraires à des lois bien plus difficiles à faire évoluer que celles de la République : celles des mathématiques.

    .... la seule méthode efficace dont disposent les enquêteurs pour lire le contenu de conversations WhatsApp ou Signal est tout simplement d’avoir accès aux téléphones ou ordinateurs utilisés par un ou plusieurs interlocuteurs d’une conversation. C’est d’ailleurs ce qu’ont tenté de faire les agents qui surveillaient l’auteur de l’attentat d’Arras, a rappelé M. Darmanin, en le contrôlant la veille de l’attaque dans l’espoir de mettre la main sur son téléphone portable, sans succès.

    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2023/10/20/casser-le-chiffrement-des-messageries-un-serpent-de-mer-politique-inapplicab
    https://justpaste.it/c9a2b

    #police #surveillance #signal #chiffrement_de_bout_en_bout

    • Attentat d’Arras : comment la DGSI a échoué à accéder aux messages cryptés de Mogouchkov
      https://www.lexpress.fr/societe/attentat-darras-comment-la-dgsi-a-echoue-a-acceder-aux-messages-cryptes-de-

      .... le travail de la Direction générale de la sécurité intérieure (#DGSI) a bel et bien été compliqué par une immense faiblesse technique : l’incapacité du service secret français à accéder aux conversations du terroriste, Mohammed Mogouchkov, sur les messageries cryptées, WhatsApp, Signal, Telegram et Snapchat. L’enquête judiciaire en cours montre d’ailleurs que l’assaillant entretenait une correspondance troublante sur Snapchat avec un détenu fiché S pour radicalisation islamiste, Maxime C., par l’intermédiaire d’un des membres de la famille de ce dernier. Dans une de ces missives, le prisonnier radicalisé et prosélyte évoque « la mort douce avec l’épée à la main », selon Le Parisien.

      Le #contrôle_d’identité diligenté à l’encontre de Mogouchkov par les policiers, jeudi 12 octobre, la veille de l’attentat, avait notamment pour but de placer un #logiciel_espion dans son téléphone portable. Gérald Darmanin l’a reconnu au détour d’une réponse passée inaperçue lors de sa conférence de presse du 14 octobre : "La veille de l’attentat, nous avons procédé à l’interpellation de cette personne pour vérifier qu’il n’avait pas des armes sur lui mais aussi pour procéder à d’autres techniques de #renseignement plus intrusives, c’est-à-dire notamment d’avoir accès à son téléphone et aux messageries

      #Paywall

  • « Affaire du 8 décembre 2020 » : un procès pour terrorisme d’ultragauche sur des bases fragiles

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/09/25/affaire-du-8-decembre-2020-le-proces-d-une-supposee-menace-terroriste-d-ultr

    Sept personnes sont renvoyées à partir du 3 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris pour « association de malfaiteurs terroriste ». Ce dossier terroriste d’ultragauche est le premier à être jugé depuis le groupe Action directe, dont le dernier procès remonte à 1995.

    https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org

    –—
    Suivi du procès qui a débuté mardi 3 octobre 2023 :
    https://seenthis.net/messages/1019505

    –—
    En commentaire ci-dessous : détails sur l’affaire.

    • C’est un groupe qui n’a pas de nom. Un groupe dont la plupart des membres ne se connaissent pas. Un groupe sans lieu ni objectif défini. Bref, ce n’est pas vraiment un groupe. Mais cela n’a pas empêché les juges antiterroristes de renvoyer sept individus – six hommes et une femme – classés politiquement à l’ #ultragauche devant un tribunal pour « association de malfaiteurs #terroriste ». Leur procès doit se tenir du 3 au 27 octobre devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Ils encourent jusqu’à dix années de prison.

    • Par quelque bout qu’on le prenne, le dossier tient essentiellement sur une seule personne : Florian D., qui se fait appeler désormais « Libre Flot ». Agé de 39 ans, ce militant anarchiste est parti combattre au Kurdistan syrien aux côtés des Unités de protection du peuple (#YPG), des brigades intégrées aux Forces démocratiques syriennes contre l’organisation Etat islamique (EI), d’avril 2017 à janvier 2018.

      #libre_flot

    • A l’été et à l’automne 2020, les pièces versées au dossier vont même en décroissant. Les écoutes sont de peu d’intérêt, seule la sonorisation du camion dans lequel vit et se déplace Florian D. vient alimenter quelque peu le dossier. Or, en novembre 2020, les enquêteurs apprennent que Florian D. a l’intention de vendre son camion et de partir à l’étranger. Il est alors décidé, au terme d’une réunion le 19 novembre 2020 entre la #DGSI, le #PNAT et le juge d’instruction Jean-Marc Herbaut, d’interpeller les mis en cause. Le coup de filet a lieu le 8 décembre 2020, les mises en examen de sept des onze interpellés, appréhendés dans toute la France et ramenés au siège de la DGSI, sont prononcées le 11 décembre.

    • Au bout de quinze mois d’isolement, qu’il assimile à de la « torture blanche » et qui a occasionné pertes de mémoire, désorientation spatiotemporelle, etc., Florian D. a mené une grève de la faim d’un mois, qui s’est achevée par sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. Après sa sortie de prison, il a attaqué l’Etat devant le tribunal administratif de Versailles et a obtenu, le 18 avril 2023, l’annulation des décisions de mise à l’isolement et la condamnation de l’Etat à 3 000 euros de réparations.

    • « Dans ce dossier, le PNAT et le juge d’instruction ont plaqué de manière totalement artificielle une méthodologie et un récit directement empruntés au terrorisme djihadiste, estiment les deux avocates. On retrouve la notion de “séjour sur zone” [au Kurdistan syrien] pour aller combattre, la figure du “revenant” tout comme l’idée d’un “réseau transnational” kurde. C’est absurde, il n’y a jamais eu de lien entre une entraide internationale au Rojava et des actions en Occident, c’est un procédé grossier pour criminaliser à bas coût l’extrême gauche. Au contraire, les Kurdes combattent Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique], avec l’appui de la coalition. » « Il ne faut pas oublier que nous défendons quelqu’un qui a combattu Daech au péril de sa vie », renchérit Me Kempf, qui assure la défense de Florian D., avec Me Coline Bouillon. D’autant qu’il n’est pas illégal d’aller combattre avec les YPG au Kurdistan, comme le confirme un jugement du tribunal administratif du 31 mars 2017.

    • Pour Mes Simon et Vannier, « ce dossier pose les bases de ce qui va suivre : les notions d’écoterrorisme et de terrorisme intellectuel agités par Gérald Darmanin depuis un an, la dissolution des Soulèvements de la Terre [ #slt ] en juin ». Me Kempf, lui, y voit la logique dévorante de l’antiterrorisme en action : « Les acteurs de l’antiterrorisme ont besoin de se nourrir de dossiers pour justifier leur existence. Avec le reflux du djihadisme, on peut penser qu’ils ont besoin de se tourner vers d’autres horizons. Or, eux seuls décident, en fonction de critères obscurs, de ce qui est terroriste ou pas. » Pour Mes Chalot et Arnaud, « ce dossier est une porte ouverte extrêmement dangereuse pour les années qui viennent ».

      Des avocats expriment la crainte d’une requalification terroriste à l’avenir de plusieurs dossiers de destruction de biens dans lesquels les Soulèvements de la Terre sont poursuivis.

    • AFFAIRE DU 8 DÉCEMBRE -L’antiterrorisme à l’assaut des luttes sociales
      https://lundi.am/Affaire-du-8-decembre

      Le 8 décembre 2020, une opération antiterroriste visait 9 militants politiques français. Les quelques éléments de langage et de procédure distillés dans la presse par la police laissent alors songeur. Une association de Paint Ball, un artificier qui travaille à Disneyland et quelques discussions de fin de soirée où l’on dit tout le mal que l’on pense de la police nationale captées par des micros cachés par la DGSI. À partir du 3 octobre, sept personnes seront jugées à Paris, soupçonnées de participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Afin de mieux saisir les enjeux comme le fond de cette affaire, nous avons reçu cette analyse détaillée et politique du dossier d’instruction.

      #luttes #antiterrorisme #police #justice #enquête #téléphonie #fadettes #géolocalisation

    • Ça parait tout droit issu de la culture des recrues de l’intérieur nourrie de la bibliothèque rose, un truc comme la DGSI et le club des cinq ou bien Darmanin et La girafe noire

      Et pourtant, la DGSI n’avait pas lésiné sur les moyens de surveillance. A la sonorisation de lieux d’habitation, s’ajoutent des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques, le recours à la géolocalisation en temps réel, des dizaines d’opération d’IMSI catching, des centaines de filatures et bien entendu l’analyse des dizaines de supports numériques saisis lors des arrestations et des comptes associés (mails, réseaux sociaux...). Soit sept intimités violées pour venir satisfaire la curiosité malsaine des quelques 106 agent.es du renseignement ayant travaillé sur ce dossier.

    • Affaire du « 8 décembre » : le droit au chiffrement et à la vie privée en procès - 2 octobre 2023

      https://www.laquadrature.net/2023/10/02/affaire-du-8-decembre-le-droit-au-chiffrement-et-a-la-vie-privee-en-pr

      Le 3 octobre prochain s’ouvrira le procès de l’affaire dite du « 8 décembre ». Sept personnes sont accusées d’association de malfaiteurs terroriste. Pour construire le récit du complot terroriste, les services de renseignement de la DGSI chargés de l’enquête judiciaire, le parquet national antiterroriste (PNAT) puis le juge d’instruction instrumentalisent à charge le fait que les inculpé·es utilisaient au quotidien des outils pour protéger leur vie privée et chiffrer leurs communications . Face à cette atteinte inédite, que nous documentions longuement il y a quelques mois, le temps de ce procès va donc être crucial dans la bataille contre les velléités récurrentes de l’État de criminaliser des pratiques numériques banales, sécurisées et saines, pratiques que nous défendons depuis toujours.

      [...]

      Ce procès est une énième attaque contre les libertés fondamentales, mais surtout un possible aller sans retour dans le rapport que l’État entretient avec le droit à la vie privée. Alors votre mobilisation est importante ! Rendez-vous demain, 3 octobre, à 12h devant le tribunal de Paris (Porte de Clichy) pour un rassemblement en soutien aux inculpé·es. Puis si vous le pouvez, venez assister aux audiences (qui se tiendront les après-midis du 3 au 27 octobre au tribunal de Paris) afin de montrer, tous les jours, solidarité et résistance face à ces attaques.

      –—

      Affaire du 8 décembre : le chiffrement des communications assimilé à un comportement terroriste - 5 juin 2023

      https://www.laquadrature.net/2023/06/05/affaire-du-8-decembre-le-chiffrement-des-communications-assimile-a-un-

      nous avons été alerté du fait que, parmi les faits reprochés (pour un aperçu global de l’affaire, voir les références en notes de bas de page7), les pratiques numériques des inculpé·es, au premier rang desquelles l’utilisation de messageries chiffrées grand public, sont instrumentalisées comme autant de « preuves » d’une soi-disant « clandestinité » qui ne peut s’expliquer que par l’existence d’un projet terroriste.

      Nous avons choisi de le dénoncer.

      –—

      « Affaire du 8 décembre 2020 » : le #chiffrement des communications des prévenus au cœur du soupçon

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/09/25/affaire-du-8-decembre-2020-le-chiffrement-des-communications-des-prevenus-au

    • Procès pour terrorisme d’ultragauche : la cause kurde en filigrane de l’accusation

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/10/03/proces-pour-terrorisme-d-ultragauche-la-cause-kurde-en-filigrane-de-l-accusa

      Florian D. et six autres personnes sympathisantes de l’ultragauche sont jugées à Paris à partir de mardi. A l’origine du dossier, le séjour de Florian D. au Kurdistan syrien, durant lequel il a appris le maniement des armes pour combattre l’organisation Etat islamique.

  • How a ubiquitous keyboard app puts hundreds of millions of Chinese users at risk | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2023/08/21/1078207/sogou-keyboard-app-security-loophole/?truid=a497ecb44646822921c70e7e051f7f1a

    For millions of Chinese people, the first software they download on a new laptop or smartphone is always the same: a keyboard app. Yet few of them are aware that it may make everything they type vulnerable to spying eyes.

    Since dozens of Chinese characters can share the same latinized phonetic spelling, the ordinary QWERTY keyboard alone is incredibly inefficient. A smart, localized keyboard app can save a lot of time and frustration by predicting the characters and words a user wants to type. Today, over 800 million Chinese people use third-party keyboard apps on their PCs, laptops, and mobile phones.

    But a recent report by the Citizen Lab, a University of Toronto–affiliated research group focused on technology and security, revealed that Sogou, one of the most popular Chinese keyboard apps, had a massive security loophole.

    “This is an app that handles very sensitive information—specifically, every single thing that you type,” says Jeffrey Knockel, a senior research associate at the Citizen Lab and coauthor of the report. “So we wanted to look into that in greater detail and see if this app is properly encrypting this very sensitive data that it’s sending over the network—or, as we found, is it improperly doing it in a way that eavesdroppers could decipher?”

    Indeed, what he and his colleagues found was that Sogou’s encryption system could be exploited to intercept and decrypt exactly what people were typing, as they were typing it.

    Sogou, which was acquired by the tech giant Tencent in 2021, quickly fixed this loophole after the Citizen Lab researchers disclosed it to the company.

    “User privacy is fundamental to our business,” a Sogou spokesperson told MIT Technology Review. “We have addressed the issues identified by the Citizen Lab and will continue to work so that user data remains safe and secure. We transparently disclose our data processing activities in our privacy policy and do not otherwise share user data.”

    But there’s no guarantee that this was the only vulnerability in the app, and the researchers did not examine other popular keyboard apps in the Chinese market—meaning the ubiquitous software will continue to be a security risk for hundreds of millions of people. And, alarmingly, the potential for such makes otherwise encrypted communications by Chinese users—in apps like Signal, for example—vulnerable to systems of state surveillance.
    An indispensable part of Chinese devices

    Officially called input method editors (IMEs), keyboard apps are necessary for typing in languages that have more characters than a common Latin-alphabet keyboard allows, like those with Japanese, Korean, or Indic characters.

    For Chinese users, having an IME is almost a necessity.

    “There’s a lot more ambiguity to resolve when typing Chinese characters using a Latin alphabet,” says Mona Wang, an Open Technology Fund fellow at the Citizen Lab and another coauthor of the report. Because the same phonetic spelling can be matched to dozens or even hundreds of Chinese characters, and these characters also can be paired in different ways to become different words, a keyboard app that has been fine-tuned to the Chinese language can perform much better than the default keyboard.
    Related Story
    An early mock-up of a Chinese bitmap font made by the Graphic Arts Research Foundation (GARF).
    Behind the painstaking process of creating Chinese computer fonts

    More than 40 years ago, designers drew and edited thousands of characters by hand to make it possible to type and print in Chinese.

    Starting in the PC era, Chinese software developers proposed all kinds of IME products to expedite typing, some even ditching phonetic spelling and allowing users to draw or choose the components of a Chinese character. As a result, downloading third-party keyboard software became standard practice for everyone in China.

    Released in 2006, Sogou Input Method quickly became the most popular keyboard app in the country. It was more capable than any competitor in predicting which character or word the user actually wanted to type, and it did that by scraping text from the internet and maintaining an extensive library of Chinese words. The cloud-based library was updated frequently to include newly coined words, trending expressions, or names of people in the news. In 2007, when Google launched its Chinese keyboard, it even copied Sogou’s word library (and later had to apologize).

    In 2014, when the iPhone finally enabled third-party IMEs for the first time, Chinese users rushed to download Sogou’s keyboard app, leaving 3,000 reviews in just one day. At one point, over 90% of Chinese PC users were using Sogou.

    Over the years, its market dominance has waned; as of last year, Baidu Input Method was the top keyboard app in China, with 607 million users and 46.4% of the market share. But Sogou still had 561 million users, according to iiMedia, an analytics firm.
    Exposing the loophole

    A keyboard app can access a wide variety of user information. For example, once Sogou is downloaded and added to the iPhone keyboard options, the app will ask for “full access.” If it’s granted, anything the user types can be sent to Sogou’s cloud-based server.

    Connecting to the cloud is what makes most IMEs successful, allowing them to improve text prediction and enable other miscellaneous features, like the ability to search for GIFs and memes. But this also adds risk since content can, at least in theory, be intercepted during transmission.

    It becomes the apps’ responsibility to properly encrypt the data and prevent that from happening. Sogou’s privacy policy says it has “adopted industry-standard security technology measures … to maximize the prevention of leak, destruction, misuse, unauthorized access, unauthorized disclosure, or alteration” of users’ personal information.

    “People generally had suspicions [about the security of keyboard apps] because they’re advertising [their] cloud service,” says Wang. “Almost certainly they’re sending some amount of keystrokes over the internet.”

    Nevertheless, users have continued to grant the apps full access.

    When the Citizen Lab researchers started looking at the Sogou Input Method on Windows, Android, and iOS platforms, they found that it used EncryptWall, an encryption system it developed itself, instead of Transport Layer Security (TLS), the standard international cryptographic protocol that has been in use since 1999. (Sogou is also used on other platforms like MacOS and Linux, but the researchers haven’t looked into them.)

    One critical difference between the two encryption systems, the Citizen Lab found, is that Sogou’s EncryptWall is still vulnerable to an exploit that was revealed in 2002 and can turn encrypted data back into plain text. TLS was updated to protect against this in 2003. But when they used that exploit method on Sogou, the researchers managed to decrypt the exact keystrokes they’d typed.
    Example of recovered data; line 19 contains the user-typed text and line 2 contains the package name of the app in which the text is being typed.
    THE CITIZEN LAB

    The existence of this loophole meant that users were vulnerable to all kinds of hacks. The typed content could be intercepted when it went through VPN software, home Wi-Fi routers, and telecom providers.

    Not every word is transmitted to the cloud, the researchers found. “If you type in nihao [‘hello’ in Chinese] or something like that, [the app] can answer that without having to use the cloud database,” says Knockel. “But if it’s more complicated and, frankly, more interesting things that you’re typing in, it has to reach out to that cloud database.”

    Along with the content being typed, Knockel and his Citizen Lab colleagues also obtained other information like technical identifiers of the user’s device, the app that the typing occurred in, and even a list of apps installed on the device.

    A lot of malicious actors would be interested in exploiting a loophole like this and eavesdropping on keystrokes, the researchers note—from cybercriminals after private information (like street addresses and bank account numbers) to government hackers.

    (In a written response to the Citizen Lab, Sogou said the transmission of typed text is required to access more accurate and extensive vocabularies on the cloud and enable a built-in search engine, and the uses are stated in the privacy agreement.)

    This particular loophole was closed when Tencent updated the Sogou software across platforms in late July. The Citizen Lab researchers found that the latest version effectively fixed the problem by adopting the TLS encryption protocol.
    How secure messaging becomes insecure

    Around the world, people who are at high risk of being surveilled by state authorities have turned to apps that offer end-to-end encryption. But if keyboard apps are vulnerable, then otherwise encrypted communication apps like Signal or WhatsApp are now also unsafe. What’s more, once a keyboard app is compromised, even an otherwise offline app, like the built-in notebook app, can be a security risk too.

    (Signal and WhatsApp did not respond to MIT Technology Review’s requests for comment. A spokesperson from Baidu said, “Baidu Input Method consistently adheres to established security practice standards. As of now, there are no vulnerabilities related to [the encryption exploit Sogou was vulnerable to] within Baidu Input Method’s products.”)

    As early as 2019, Naomi Wu, a Shenzhen-based tech blogger known as SexyCyborg online, had sounded the alarm about the risk of using Chinese keyboard apps alongside Signal.

    “The Signal ‘fix’ is ‘Incognito Mode’ aka for the app to say ‘Pretty please don’t read everything I type’ to the virtual keyboard and count on Google/random app makers to listen to the flag, and not be under court order to do otherwise,” she wrote in a 2019 Twitter thread. Since keyboard apps have no obligation to honor Signal’s request, “basically all hardware here is self-compromised 5 minutes out of the box,” she added.

    Wu suspects that the use of Signal was the reason some Chinese student activists talking to foreign media were detained by the police in 2018.

    In January 2021, Signal itself tried to clarify that its Incognito Keyboard feature (which only works for users on Android systems, which are more vulnerable than iOS) was not a foolproof privacy solution: “Keyboards and IME’s can ignore Android’s Incognito Keyboard flag. This Android system flag is a best effort, not a guarantee. It’s important to use a keyboard or IME that you trust. Signal cannot detect or prevent malware on your device,” the company added to its article on keyboard security.

    #Chine #Keyboard_apps #Surveillance #Chiffrement

  • « Attachés aux libertés fondamentales dans l’espace numérique, nous défendons le droit au chiffrement de nos communications »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/06/14/attaches-aux-libertes-fondamentales-dans-l-espace-numerique-nous-defendons-l

    Le chiffrement des communications est un droit indissociable de la protection de la vie privée. Un collectif de cent vingt signataires, à l’initiative de l’association La Quadrature du Net, s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la criminalisation de cette pratique, que ce soit par la police française ou au niveau européen et international.

    Chiffrer ses communications est une pratique banale qui permet qu’une correspondance ne soit lue par personne d’autre que son destinataire légitime. Le droit au chiffrement est le prolongement de notre droit à la vie privée, protégé par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantit à chacun le « droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ».
    Toute personne qui souhaite protéger sa vie privée peut chiffrer ses communications. Cela concerne aussi bien des militants, des défenseurs des droits humains, des journalistes, des avocats, des médecins… que de simples parents ou amis. Dans le monde entier, le chiffrement est utilisé pour enquêter sur la corruption, s’organiser contre des régimes autoritaires ou participer à des transformations sociales historiques. Le chiffrement des communications a été popularisé par des applications comme WhatsApp ou Signal.
    En 2022, ce sont ainsi plus de deux milliards de personnes qui chiffrent quotidiennement leurs communications pour une raison simple : protéger sa vie privée nous renforce toutes et tous. Pourtant, le droit au chiffrement est actuellement attaqué par les pouvoirs policiers, judiciaires et législatifs en France, mais aussi dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En tant que société, nous devons choisir. Acceptons-nous un futur dans lequel nos communications privées peuvent être interceptées à tout moment et chaque personne considérée comme suspecte ?

    Criminaliser les technologies de protection de la vie privée

    La Quadrature du Net a récemment révélé des informations relatives à l’affaire dite du « 8 décembre » (2020) dans laquelle neuf personnes de l’« ultragauche » – dont l’une avait précédemment rejoint la lutte contre l’organisation Etat islamique aux côtés des combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) – ont été arrêtées par la DGSI et le RAID. Sept ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs terroristes », et leur procès est prévu pour octobre 2023. Ces éléments démontrent, de la part de la police française, une volonté sans précédent de criminaliser l’usage des technologies de protection de la vie privée.

    Le chiffrement des communications est alors utilisé comme « preuve » d’un comportement clandestin… donc terroriste ! Des pratiques de sécurité numérique parfaitement légales et responsables – dont le chiffrement des communications qui est pourtant soutenu, et recommandé, par de nombreuses institutions, comme les Nations unies, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), l’Agence européenne pour la cybersécurité (Enisa) ou la Commission européenne – sont criminalisées à des fins de mise en scène d’un « groupuscule clandestin » vivant dans « le culte du secret ».

    Outre l’usage de messageries chiffrées sont aussi incriminées des pratiques telles que le recours à des services comme Proton Mail pour chiffrer ses e-mails, l’utilisation d’outils permettant de protéger la confidentialité de sa navigation sur Internet (VPN, Tor, Tails), de se protéger contre la surveillance des Gafam, le simple chiffrement d’ordinateurs personnels ou encore l’organisation de formations à la protection numérique (chiffro-fêtes).
    Rejet de l’amalgame entre protection des données et terrorisme
    Par la criminalisation du chiffrement et de pratiques répandues de sécurité informatique, la police française vise à construire un récit selon lequel les sept personnes mises en examen vivraient « dans la clandestinité ». En l’absence d’un projet terroriste prouvé et avéré, cette prétendue « clandestinité » devient une preuve de l’existence cachée d’un projet inconnu.
    Nous, journalistes, activistes, fournisseurs de services tech ou simples citoyens attentifs à la protection des données à l’ère numérique, sommes profondément révoltés de voir qu’un tel amalgame entre la protection basique des données et le terrorisme puisse être alimenté par les services de renseignement et la justice antiterroriste française.

    Nous sommes scandalisés que des mesures nécessaires à la protection des données personnelles et de la vie privée soient désignées comme des « actions conspiratives » de personnes vivant supposément dans le « culte du secret ».
    Nous dénonçons le fait qu’une formation classique et bienveillante au numérique, portant sur Tails, un système d’exploitation grand public développé pour la protection de la vie privée et la lutte contre la censure, puisse constituer un des « faits matériels » caractérisant « la participation à un groupement formé (…) en vue de la préparation d’actes de terrorisme ».

    Sous prétexte de terrorisme, le système judiciaire français incrimine des pratiques basiques de sécurité. Mais l’exemple français ne représente malheureusement pas l’unique tentative d’affaiblir le droit au chiffrement. A Bruxelles, la Commission européenne a proposé en 2022 le règlement Child Sexual Abuse Regulation (CSAR). Au nom de la lutte contre la pédopornographie, ce texte veut obliger les fournisseurs de messageries chiffrées à donner accès à chacun de nos messages pour les vérifier.

    Pour un numérique émancipateur, libre et décentralisé

    De nombreuses voix se sont élevées contre cette proposition, parmi lesquelles celles de cent trente organisations internationales. Elles dénoncent notamment l’absence de considération pour la mise en place d’autres moyens qui permettraient de lutter contre ces graves infractions de manière moins liberticide. De récentes fuites ont d’autre part révélé que des pays comme l’Espagne veulent purement et simplement interdire le chiffrement de bout en bout.

    En Grande-Bretagne, le projet de loi Online Safety Bill et, aux Etat-Unis, le projet EARN IT s’ajoutent à cette inquiétante guerre contre le chiffrement. Attachés à promouvoir et défendre les libertés fondamentales dans l’espace numérique, nous défendons le droit au chiffrement et continuerons à utiliser et à créer des outils protégeant la vie privée.

    Nous refusons que les services de #renseignement, les juges ou les fonctionnaires de #police puissent criminaliser nos activités au motif qu’elles seraient « suspectes ». Nous continuerons de nous battre pour un numérique émancipateur, libre et décentralisé afin de bâtir une société plus digne pour toutes et tous. Le combat pour le #chiffrement est un combat pour un futur juste et équitable.

    Parmi les signataires : Vincent Brengarth, avocat au barreau de Paris ; Vanessa Codaccioni, maître de conférences, université Paris-VIII ; Isabela Dias Fernandes, directrice exécutive de Tor ; Emmanuel Poupard, premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes ; Dominique Pradalié, présidente de la Fédération internationale des journalistes ; Raquel Radaut, porte-parole de La Quadrature du Net ; Vanina Rochiccioli, coprésidente du Gisti ; Serge Slama, professeur de droit public, université Grenoble-Alpes ; Emmanuel Thomé, chercheur à l’Inria ; Meredith Whittaker, présidente de Signal.

  • Infrastructures numériques de #Communication pour les #Anarchistes (et tous les autres…)
    https://framablog.org/2023/04/14/infrastructures-numeriques-de-communication-pour-les-anarchistes-et-tous-

    Des moyens sûrs de communiquer à l’abri de la surveillance ? Évitons l’illusion de la confidentialité absolue et examinons les points forts et limites des applications… PRÉAMBULE Nous avons des adversaires, ils sont nombreux. Depuis la première diffusion de Pretty … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique #Militantisme #Traductions #Briar #Chiffrement #Crypto-anarchistes #Cwtch #guide #Modèle_de_menace #P2P #pair_à_pair #PGP #Réseau #Securite #Signal #TOR #vie_privée

  • Une lettre d’Ivan, enfermé à la prison de Villepinte : perquisitions et disques durs déchiffrés - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/une-lettre-d-ivan-enferme-a-la-16935

    En ce qui concerne l’enquête, ces derniers mois des nouveaux éléments ont été versés au dossier.
    Le plus significatif est que la police a réussi à avoir accès à mes ordinateurs, même s’ils étaient chiffrés.
    Celui du travail, sur lequel est installé Windows, est chiffré avec BitLocker. Un PV précédemment versé au dossier dit qu’ils avaient déjà essayé d’y accéder pendant ma garde à vue mais qu’ils n’avaient pas réussi. Mais en septembre la Brigade d’appui en téléphonie, cyber-investigation et analyse criminelle (BATCIAC) a envoyé à la SDAT une copie du disque dur. Dans le PV, ils expliquent seulement qu’ils ont démarré l’ordinateur avec une clef USB bootable et que, ensuite, ils ont utilisé le logiciel AccesData FTK imager 3.3.05 pour copier le disque dur. Mais ils ne parlent pas du déchiffrement en soi.

    Mon ordinateur personnel, qui tourne avec Ubuntu 18, est chiffré avec Luks (le mot de passe est de plus de vingt caractères : lettres, chiffres, signes de ponctuation...). Je n’ai trouvé dans le dossier aucune indication sur le moyen qu’ils ont utilisé pour le déchiffrer, mais là aussi ils ont fait une copie du disque dur. Il y a même des fichiers qui avaient été effacés et des e-mails qui avaient été téléchargés avec Thunderbird (et ensuite effacés).
    Ils n’ont trouvé rien qui puisse se rapporter aux incendies dont je suis inculpé. Mais je pense que le fait même qu’ils aient pu avoir accès à des disques durs chiffrés avec des logiciels censés être inviolables doit être connu le plus largement possible.

  • #doctolib joue sur les mots : rien d’illégal dans sa pratique de sécurisation des données puisque « ce n’est pas à strictement parler du chiffrement de bout en bout mais cela peut l’être en termes de communication ».

    ENQUETE. Doctolib : certaines données médicales ne sont pas entièrement protégées
    https://www.francetvinfo.fr/internet/securite-sur-internet/enquete-doctolib-certaines-donnees-medicales-ne-sont-pas-entierement-pr

    « On a reçu de Doctolib les données en clair sur vos prochains rendez-vous. On ne les a pas reçues chiffrées, explique Benjamin Sonntag. Donc cela veut dire que Doctolib lui-même a ces informations en clair. » Or ces rendez-vous médicaux sont signifiants et renseignent sur l’état de santé d’une personne. « Si vous allez régulièrement chez un oncologue ou chez un psychologue, cela raconte quelque chose sur votre état de santé », poursuit Benjamin Sonntag.

    #protection_des_données #santé_privatisée #RGPD #chiffrement

    Voir aussi : https://seenthis.net/messages/954868

  • Mon pays fabrique des #armes

    Depuis quelques années, les ventes d’armes françaises explosent et notre pays est devenu le troisième exportateur mondial. Pourtant, le grand public sait peu de choses de ce fleuron industriel français, de ses usines, de ses salariés, des régions productrices d’armes et des grandes instances d’État chargées de les vendre.
    Car la France exporte massivement vers le Moyen-Orient. Beaucoup vers l’Arabie Saoudite. Au sein de l’État, qui arbitre lorsqu’il s’agit de vendre à des régimes suspectés de crimes de guerre ? A quoi la realpolitik nous contraint-elle ? Dans le reste de l’Europe, la société civile réagit à cette question. Si les armes sont si cruciales pour l’emploi des Français, si elles participent autant à l’indépendance de notre pays, pourquoi y sont-elles un angle mort du débat public ?

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/54294_1

    #film #film_documentaire #documentaire
    #France #armement #commerce_d'armes #Dassault #Rafale #François_Hollande #Hollande #Inde #Qatar #Egypte #avions #bombes #munitions #missiles #MBDA #Nexter #Bourges #Avord #industrie_militaire #armée #La_Chapelle_Saint-Oursin #emploi #Jean-Yves_Le_Drian #ministère_de_l'armée #hélicoptère_Caïman #Direction_générale_de_l'armement (DGA) #commission_interministérielle_pour_l'étude_des_exportations_de_matériels_de_guerre (#CIEEMG) #Louis_Gautier #guerres #conflits #Cherbourg #CMN #Arabie_Saoudite #Yémen #crimes_de_guerre #ventes_d'armes #Traité_sur_le_commerce_des_armes (#TCA) #justice #contrat_Donas #Jean-Marc_Ayrault #licence_d'exportation #Jean-Charles_Larsonneur #canons_caesar #hypocrisie #impératif_de_vente #armes_de_surveillance #armes_d'interception #ERCOM #chiffrement #nexa_technologies #AMESYS #torture #complicité_d'actes_de_torture #Libye #al-Sissi #écoutes #Emmanuel_Macron #Macron #secret_défense

  • ProtonMail scandalise ses utilisateurs en livrant l’adresse IP d’activistes
    https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/internet-protonmail-scandalise-utilisateurs-livrant-adresse-ip-acti

    Une réquisition émanant d’Europol et qui visait des militants de l’association Youth for Climate. Les membres de cette dernière utilisaient le service pour communiquer de façon sécurisée dans le cadre de l’occupation jugée illégale de locaux situés à Paris dans le Xe arrondissement. Comment Proton Technologies, qui assure ne pas collecter de données personnelles et notamment les adresses IP, a-t-elle pu les transmettre aux autorités françaises ?

    Non, mais vous pensiez à quoi ? Faire confiance à... ça n’existe pas en informatique.
    #sécurité_informatique #militants #chiffrement

  • #Apple veut protéger les #enfants mais met en danger le #Chiffrement
    https://framablog.org/2021/08/08/apple-veut-proteger-les-enfants-mais-met-en-danger-le-chiffrement

    Apple vient de subir un tir de barrage nourri de la part des défenseurs de la vie privée alors que ce géant du numérique semble animé des intentions les plus louables… Qui oserait contester un dispositif destiné à éradiquer les contenus … Lire la suite­­

    #G.A.F.A.M. #Internet_et_société #Libertés_Numériques #abus #EFF #Green #Kobeissi #lettre_ouverte #porte_dérobée #Snowden

  • Les quatre #RFC sur le protocole de transport #QUIC viennent d’être publiés. Ce nouveau protocole de transport, concurrent de #TCP, pourrait bien devenir le transport majoritaire sur l’Internet, notamment via son utilisation dans la nouvelle version de #HTTP, HTTP/3.

    Il utilise systématiquement le #chiffrement, et chiffre même des parties du dialogue qui restaient en clair quand on utilisait #TLS sur TCP.

    https://www.bortzmeyer.org/quic.html

  • Cybersécurité : « Les attaques informatiques peuvent créer le chaos », alerte le patron de l’ANSSI | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/cybersecurite-les-attaques-informatiques-peuvent-creer-le-chaos-alerte-l

    Interrogé par le sénateur RDSE, Ludovic Haye, ingénieur en cybersécurité de profession, sur la #surveillance par #algorithme des sites internet (dont la majorité est en protocole HTTPS, donc chiffré et protégé) prévu par la future loi antiterroriste, Guillaume Poupard a rejeté une solution technique qui consiste à supprimer le chiffrement. « Je ne veux pas faire de polémiques, mais il faut éviter les mauvaises solutions […] le chiffrement est une technologie qui est là pour aider. Sans chiffrement on ne peut pas faire de cybersécurité […] Le fait de dire que le chiffrement empêche les #services_de_renseignements de faire leur travail d’enquête donc il faut supprimer le #chiffrement, c’est quelque chose qui me fait bondir, ce n’est pas efficace », a-t-il estimé.

    Pour rappel, sur France Inter, fin avril, Gérald Darmanin avait jugé nécessaire de laisser le gouvernement « rentrer et faire des failles de sécurité » au sein « des messageries cryptées ».

  • Austrian press reporting EU Council of Ministers have an ’almost complete’ resolution on the table to ban end to end encryption on apps like #whatsapp & #signal

    https://twitter.com/jsrailton/status/1325546833624625157

    Source:
    .
    Auf den Terroranschlag folgt EU-Verschlüsselungsverbot

    Im EU-Ministerrat wurde binnen fünf Tagen eine Resolution beschlussfertig gemacht, die Plattformbetreiber wie WhatsApp, Signal und Co künftig dazu verpflichtet, Generalschlüssel zur Überwachbarkeit von E2E-verschlüsselten Chats und Messages anzulegen.


    https://fm4.orf.at/stories/3008930
    #surveillance #internet #Autriche #cryptage #encodage #chiffrement
    ping @etraces