• Le leader des Chicago boys
    https://laviedesidees.fr/Le-leader-des-Chicago-boys

    Ministre de l’Économie puis des Finances (1975-1982) d’Augusto Pinochet, Sergio de Castro a été l’un des principaux cadres civils de la dictature chilienne. Il est l’artisan de la première application des mesures néolibérales à l’échelle internationale.

    #International #néolibéralisme #extrême_droite #Chili

  • Chili : condamnation historique d’un juge et d’un chef du renseignement militaire pour avoir espionné le journaliste Mauricio Weibel

    Le 30 juin, la justice chilienne a condamné l’ancien juge Juan Antonio Poblete et l’ancien directeur du renseignement de l’armée, le général à la retraite Shafik Nazal, à cinq ans de prison ainsi qu’à la privation définitive de leurs droits civiques pour avoir mené une opération d’espionnage illégal contre le journaliste d’investigation Mauricio Weibel. Reporters sans frontières (RSF), qui a suivi de près toute la procédure judiciaire, salue cette décision qui constitue un précédent historique pour la liberté de la presse.

    https://rsf.org/fr/chili-condamnation-historique-d-un-juge-et-d-un-chef-du-renseignement-militaire

    #chili

  • Les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, sont au cœur d’une nouvelle ruée minière
    https://theconversation.com/les-minerais-critiques-essentiels-a-la-transition-energetique-sont-

    Les bases d’une gouvernance mondiale pour les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, se heurtent à une course stratégique entre grandes puissances et pays producteurs, où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement prime sur l’écologie, la justice sociale et les droits des communautés locales.

    La #COP30, qui s’est tenue à #Belém au #Brésil en novembre dernier, a été la première à mettre les #minerais_critiques sous les feux des projecteurs. S’en est suivie en décembre la 7e Assemblée des #Nations_unies pour l’Environnement (#UNEA-7), à #Nairobi, au #Kenya.

    Ces minerais critiques, essentiels pour les technologies bas carbone, se situent en très grande majorité dans les pays du #Sud_Global. La République démocratique du #Congo détient près de 50 % des réserves mondiales de #cobalt, le #Chili, l’#Argentine et la #Bolivie représentent plus de 35 % des réserves de #lithium. Le Chili détient également près de 30 % des réserves mondiales de #cuivre tandis que les #Philippines et l’#Indonésie sont les premiers producteurs de #nickel.

  • Au Chili, le président Kast suspend la régularisation de 182 000 migrants prévue par l’administration de son prédécesseur
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/30/au-chili-le-president-kast-suspend-la-regularisation-de-182-000-migrants-pre

    Au Chili, le président Kast suspend la régularisation de 182 000 migrants prévue par l’administration de son prédécesseur
    José Antonio Kast a pris ses fonctions à la tête du pays andin le 11 mars, avec la promesse d’imposer une « main de fer » à l’immigration irrégulière.
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement du président chilien, José Antonio Kast (extrême droite), a annoncé, lundi 30 mars, la suspension de la régularisation de près de 182 000 migrants prévue par l’administration de son prédécesseur, Gabriel Boric. José Antonio Kast a pris ses fonctions à la tête du pays andin le 11 mars, avec la promesse d’imposer une « main de fer » à l’immigration irrégulière. Le chef de l’Etat le plus à droite du Chili depuis la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) associe l’augmentation de la criminalité à l’arrivée de migrants en situation irrégulière ces dernières années. Selon un communiqué du service des migrations transmis à l’Agence France-Presse (AFP), le gouvernement de Gabriel Boric (gauche) avait adopté un décret prévoyant la régularisation de 182 000 personnes ayant participé à un processus de recensement de migrants entrés illégalement dans le pays. Le texte n’était pas encore entré en vigueur. « Nous n’allons pas procéder à une régularisation massive, comme l’avait proposé le gouvernement Boric », a affirmé le directeur du service des migrations, Frank Sauerbaum. « Heureusement [le décret] n’a pas été mis en œuvre, car nous avons appris aujourd’hui que 6 000 personnes sur les 182 000 avaient déjà commis un délit », a ajouté l’autorité.
    Cinq jours après sa prise de fonctions, le président Kast s’était rendu dans la région d’Arica, à la frontière avec le Pérou, pour superviser la construction de barrières destinées à empêcher l’entrée de migrants dans les trois régions du nord du pays. Il avait fixé un délai de quatre-vingt-dix jours pour leur achèvement.Le gouvernement a également annoncé une augmentation du nombre de militaires déployés aux frontières, ainsi qu’un renforcement de leurs moyens de surveillance, incluant des drones, des caméras et des équipements spécialisés.
    Le gouvernement prévoit d’adresser au Parlement deux projets de loi destinés à freiner la migration, dont l’un sanctionnerait les personnes aidant les migrants à entrer irrégulièrement au Chili et l’autre érigerait en délit l’entrée illégale sur le territoire. « [Ces dernières années], le Chili a été fragilisé par l’immigration illégale, le narcotrafic et le crime organisé », a affirmé à la presse M. Kast, lundi. Selon des données officielles, près de 337 000 migrants en situation irrégulière vivent au Chili, principalement des Vénézuéliens. M. Kast a promis de promouvoir leur expulsion. Il a toutefois écarté l’idée d’interpellations en masse. « Nous ne voulons pas mener une traque lieu par lieu. Mais chacun sait qu’il devra, à un moment donné, se confronter à l’Etat », avait-il assuré en mars à la presse locale.

    #Covid-19#migration#migrant#chili#immigration#politiquemigratoire#regularisation#migrationirreguliere#venezuela#sante#droit

  • Les limites de la #justice_internationale
    https://laviedesidees.fr/Philippe-Sands-38-rue-de-Londres

    En croisant les destins du dictateur chilien Augusto Pinochet et du criminel nazi Walther Rauff, Philippe Sands transforme une affaire judiciaire en enquête morale sur les limites de la justice internationale.

    #International #Amérique_latine #tribunal_international #Chili #dictature
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260319_pinochetjusticeinternationale.pdf

  • Chili : “Un moindre accès à la propriété et au crédit est toujours une réalité pour les femmes chiliennes” dénonce ANAMURI

    Le 8 mars 2026, nous célébrons un nouvel anniversaire de la Journée internationale pour les droits des femmes, qui symbolise les luttes menées depuis des siècles par les femmes pour obtenir une place juste, équitable, sans violence, sans exclusion et digne dans la société.

    Cette date nous rappelle que chacun des droits que les femmes ont acquis au cours de l’histoire de l’humanité a été rendu possible grâce à un haut niveau de conscience, d’organisation, de mobilisation, de luttes et à un coût très élevé en vies humaines, conséquence de la répression féroce exercée par les puissants qui souhaitent maintenir l’exploitation et l’exclusion.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/03/15/chili-femmes-autochtones-et-paysannes-engagees-dans-le-processus-de-reconstruction-depuis-les-incendies-devastateur/#comment-72761

    #chili

  • Le Chili lance la construction de barrières à la frontière avec le Pérou pour freiner l’immigration irrégulière
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/17/le-chili-lance-la-construction-de-barrieres-a-la-frontiere-avec-le-perou-pou

    Le Chili lance la construction de barrières à la frontière avec le Pérou pour freiner l’immigration irrégulièr
    Le Monde avec AFP
    Le nouveau président chilien, José Antonio Kast, a lancé, lundi 16 mars, la construction de « barrières physiques » à la frontière avec le Pérou, une promesse de campagne destinée à freiner l’immigration irrégulière en provenance de ce pays et de la Bolivie, a constaté l’Agence France-Presse.« Aujourd’hui, nous commençons à freiner la migration irrégulière », a déclaré M. Kast à la presse, devant une excavatrice en train de creuser une tranchée près du poste frontalier de Chacalluta, à Arica. Le dirigeant d’extrême droite s’est rendu dans la localité, à environ 2 000 kilomètres de la capitale, Santiago, cinq jours après son entrée en fonctions.
    Le gouvernement a fixé un délai de quatre-vingt-dix jours pour la construction de ces barrières, sans toutefois préciser le type d’infrastructure déployée. Selon les annonces de campagne de M. Kast sur son plan de « bouclier frontalier », les tranchées devraient avoir une profondeur de 3 mètres. Les mêmes travaux sont prévus dans la région de Tarapaca, à la frontière avec la Bolivie, entrée principale des migrants en situation irrégulière en provenance notamment du Venezuela.Selon le ministre de l’intérieur, Claudio Alvarado, les dispositifs physiques de protection devraient s’étendre sur environ 500 kilomètres. Le plan promis par M. Kast comprend également le déploiement de plus de militaires aux frontières.
    Le président le plus à droite du pays depuis la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990) est arrivé au pouvoir grâce à un discours de fermeté contre la délinquance et l’immigration irrégulière. Il a promis d’agir vite pour juguler la hausse des meurtres, des enlèvements et de l’extorsion, qu’il lie en partie à l’immigration. Au Chili, environ 337 000 étrangers sont en situation irrégulière, selon une estimation officielle.
    Même si les crimes violents ont augmenté au cours de la dernière décennie, le Chili reste l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, avec un taux d’homicides en 2025 de 5,4 homicides pour 100 000 habitants.

    #Covid-19#migration#migrant#politiquemigratoire#chili#perou#frontiere#sante#migrationirreguliere

  • Après Kast au Chili, pourquoi l’extrême-droite gagne-t-elle en Amérique latine ?

    ’élection à la présidence de José Antonio Kast au Chili, le 14 décembre dernier, le montre une fois de plus : il y a dans le camp de la gauche, chez les progressistes, une sorte de sidération, ou stupeur mêlée d’incompréhension, lorsque l’on en vient à réaliser soudain que l’extrême-droite fascisante peut, en ce premier quart du XXIème siècle, arriver au gouvernement et qui plus est y parvenir par les urnes. Que s’est-il donc passé — et plus particulièrement au Chili, mais pas seulement — pour que de telles tendances si régressives et inquiétantes finissent par s’imposer ?

    Après tout, les secteurs populaires chiliens, dans le sillage du coup d’État militaire de 1973 et des politiques néolibérales du général Pinochet, ont bien goûté à la médecine dictatoriale et à ses cruautés et barbaries ! Comment expliquer qu’une partie d’entre eux ait, malgré tout en 2025, choisi d’élire à la tête de leur gouvernement, un fils de nazi non repenti devenu fasciste notoire ? Apparemment c’est à rien n’y comprendre, à moins d’oser s’interroger sur le passé récent et sur les politiques majoritaires menées par la gauche depuis les dernières décennies.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/02/13/apres-kast-au-chili-pourquoi-lextreme-droite-gagne-t-elle-en-amerique-latine/#more-102376

    #chili

  • Thirsty Forests and Expansive Droughts: The environmental impacts of data centers in Latin America

    Given the vast resources required to operate data centers today, their environmental impacts have gained increasing attention. As awareness grows, this industry is facing mounting pressure and has begun announcing mitigation strategies aimed at strengthening its environmental and social responsibility. However, are these strategies effectively addressing local environmental impacts and benefiting communities?
    To answer this question, this paper proposes a ‘feral’ approach by weaving ‘feral patches’. That is to elucidate how nonhuman beings are affected by the impacts of large-scale data centers. To do so, we present two Latin American case studies situated in #Quilicura (Chile) and #Queretaro (Mexico). Both sites are emerging as key data center hubs exposing signs of ferality: thirsty forests and expansive droughts. This paper contends that shifting from ‘global’ or ‘planetary’ scales to ‘local’ and ‘patchy’ approaches reveals the contradiction of mitigation strategies to deliver promised benefits. Instead, these compensations are increasingly entangled in the feral effects within the Anthropocene.

    https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/25148486251409055
    #Amérique_latine #data_centers #centres_de_données #sécheresse #eau #forêt #impact_environnemental #ressources #Mexique #Chili

  • Au Chili, la longue histoire des luttes féministes

    Le Chili sera bientôt dirigé par un homme d’extrême droite, José Antonio Kast, qui a remporté les élections présidentielles de décembre 2025. Face à ce nostalgique de la dictature de Pinochet, la puissance féministe va devoir continuer à se déployer. Rencontre avec Hillary Carroll Hiner, historienne féministe et docteure en histoire de l’Université du Chili.

    lire l’entretien sur le site d’axelle
    https://www.axellemag.be/au-chili-la-longue-histoire-des-luttes-feministes

    #chili #feminisme

  • Au Chili, l’angoisse des immigrés après la victoire de l’extrême droite à la présidentielle : « Tout le monde a peur »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/27/au-chili-l-angoisse-des-immigres-apres-la-victoire-de-l-extreme-droite-a-la-

    Au Chili, l’angoisse des immigrés après la victoire de l’extrême droite à la présidentielle : « Tout le monde a peur »
    Par Angeline Montoya (Antofagasta (Chili), envoyée spéciale)
    Le soir du dimanche 14 décembre, devant l’écran de télévision annonçant la victoire du candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle chilienne, José Antonio Kast, le mari d’Isarela (le prénom a été modifié à la demande du témoin) s’est effondré. « Il va falloir refaire nos valises », a-t-il soufflé. Le couple est péruvien, mais habite au Chili depuis onze ans, à Antofagasta, ville de 400 000 habitants à 1 300 kilomètres au nord de Santiago. Ici, 19,3 % de la population est étrangère.
    Depuis 2019, le permis de séjour temporaire d’Isarela, 51 ans, a expiré. Elle a demandé sa prolongation, sans succès. « On me dit que je dois attendre, mais, quand dans trois mois Kast sera au pouvoir, est-ce que je ne vais pas être arrêtée et expulsée ? », s’inquiète-t-elle. Son mari, lui, n’a aucun papier. « Il a fait de la prison au Pérou. Il a purgé sa peine, mais ils ne veulent rien savoir », explique-t-elle.
    José Antonio Kast a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière le thème central de sa campagne. « Si vous ne partez pas de manière volontaire, nous vous expulserons avec ce que vous avez sur le dos, et vous ne pourrez plus jamais revenir au Chili », a-t-il lancé, avec des accents trumpiens, dans ses clips adressés aux 336 000 migrants en situation irrégulière. José Antonio Kast a asséné que les sans-papiers devaient quitter le pays avant sa prise de fonctions, le 11 mars 2026, puis demander un visa au consulat s’ils souhaitaient revenir. Il oublie que le Chili n’a plus de consulat au Venezuela, premier pays d’origine des migrants, et que beaucoup ont construit leur vie ici, eu des enfants chiliens, le droit du sol s’appliquant. Or un retour n’est possible qu’au bout de cinq ans, après un séjour irrégulier. Catholique et fervent défenseur de la famille, José Antonio Kast n’a pourtant pas hésité à affirmer que les parents étrangers sans papiers d’enfants chiliens seraient expulsés s’ils ne partaient pas volontairement, quitte à être séparés de leurs enfants, confiés à l’Etat. Dès les jours qui ont suivi sa victoire, il a pris langue avec ses homologues argentin, bolivien, péruvien, équatorien, panaméen, salvadorien (tous de droite) pour mettre en place un « corridor humanitaire » de retours forcés.
    Le président élu a aussi menacé : « A un moment ou à un autre, vous aurez affaire à l’autorité, lors d’un contrôle routier ou dans un établissement de santé ou d’éducation. » Alors ici, « tout le monde a peur, certains n’osent même plus se rendre à leur travail », confie Isarela. Son mari avait envisagé une régularisation, mais tout est désormais suspendu, de peur d’une arrestation.
    Jusqu’en 2021, Isarela travaillait dans un supermarché, de 8 heures à 23 heures. Mais la loi s’est durcie. Autrefois, un contrat pouvait être obtenu avec un visa touristique, puis transformé en titre de séjour. Depuis 2022, il faut avoir obtenu ce dernier en amont. Sans résidence valide, elle ne peut plus travailler légalement, elle garde des enfants ou fait des ménages. « J’ai toujours travaillé, je ne veux que ça », dit-elle dans un soupir. Le couple vit à Los Arenales, un immense campamento (bidonville) à 15 kilomètres au nord du centre-ville d’Antofagasta, au pied d’une colline aride. Ce quartier informel est né en 2015, lorsque des familles chiliennes et péruviennes ont occupé 11 hectares de terres publiques. Entre 2018 et 2021, avec l’arrivée massive de migrants, surtout vénézuéliens, la population a doublé, passant de 1 000 à 2 200 familles, dont plus de 85 % sont étrangères.
    Presque tous travaillent, mais ils ne peuvent assumer les loyers très élevés d’Antofagasta, « la perle du Nord », capitale minière du Chili, coincée entre l’océan Pacifique et le désert d’Atacama. Les très bons salaires de l’industrie minière (cuivre et lithium surtout) ont fait exploser les prix : au moins 420 euros pour un deux-pièces de 35 mètres carrés, quand le salaire minimum atteint à peine 500 euros. Alors, en 2015, Isarela et son mari ont planté une tente sur une petite parcelle et y ont bâti leur maison sur deux niveaux. « On est mieux ici que dans un studio minuscule », glisse-t-elle.
    Le paradoxe de cette région est qu’elle cumule le plus grand nombre de bidonvilles et l’un des taux de pauvreté les plus élevés du pays, tout en affichant le produit intérieur brut (PIB) par habitant le plus élevé du Chili, 41 000 euros, proche de celui de la France. Les travailleurs des mines font des rotations de sept jours de travail et sept de repos : ils ne vivent pas de manière permanente à Antofagasta, mais cela a suffi à tendre le marché immobilier.
    (...)Ces dernières années, plusieurs vagues de régularisations ont eu lieu, notamment sous le président Sebastian Piñera (droite) : 325 000 entre 2018 et 2022. En 2023, le gouvernement de Gabriel Boric (gauche) a lancé un processus de recensement volontaire des migrants irréguliers : 182 000 personnes s’y sont soumises. « Beaucoup pensaient être régularisés après ça, mais rien n’est venu, s’indigne Elizabeth Andrade, la dirigeante du bidonville. On avait pourtant prévenu que cette autodénonciation pouvait servir à des expulsions. Que va devenir cette liste avec Kast ? »
    De plus en plus de voix s’élèvent pour demander au président Boric de régulariser les migrants avant la fin de son mandat. Le 18 décembre, plus de 100 organisations de la société civile lui ont adressé une lettre en ce sens, invoquant un « devoir éthique ». Braulio Jatar Alonso, journaliste vénézuélien et ancien prisonnier politique du régime de Nicolas Maduro, l’a exhorté : « Président Boric, vous les avez enregistrés. C’est votre responsabilité historique de les régulariser. »
    Elizabeth Andrade, Péruvienne de 58 ans arrivée au Chili en 1996, vit à Los Arenales depuis sa création. Elle y a fondé Rompiendo Barreras (« Briser les barrières »), une organisation d’autogestion pour le logement digne. Avec d’autres femmes migrantes originaires d’autres pays du continent, elle a créé un jardin d’enfants, deux écoles, obtenu l’électricité, l’eau potable, l’extension d’une ligne de bus et la priorisation du quartier pour le logement social. « Quand je repense aux ordres d’expulsion du début… », glisse-t-elle en souriant. Rompiendo Barreras veut à présent construire ce qu’elle appelle « la première ville latino-américaine du Chili », en participant à toutes les étapes du projet, qui doit se faire sur place. Fin 2024, le ministère du logement a alloué plus de 700 millions de dollars (soit environ 594 millions d’euros) à l’élaboration d’un plan directeur d’urbanisation. « Mais si Kast fait des coupes budgétaires comme il l’a promis, ces projets ne peuvent-ils pas être remis en cause ? », s’interroge Elizabeth Andrade, lauréate du Prix national des droits humains en 2022. Le président élu a annoncé une réduction de 6 milliards de dollars des dépenses publiques, sans préciser les secteurs concernés.
    A l’annonce de la victoire de José Antonio Kast, Elizabeth Andrade a envisagé de quitter le pays, malgré ses papiers en règle. « Les migrants redoutent qu’il fasse comme Trump : passer des accords avec le président salvadorien, Nayib Bukele, pour envoyer les migrants dans ses geôles, dit-elle. Mais j’ai aussi peur des persécutions contre les organisations sociales. On cherche déjà à créer des réseaux d’entraide, au cas où il faudrait se cacher. » Selon une étude de la Fondation porCausa, la population migrante a contribué en 2024 à 10,3 % du PIB chilien, alors qu’elle représente 8,7 % de la population. Le rapport souligne aussi que la migration a été responsable de 50 % de la croissance économique du pays entre 2013 et 2023.

    #Covid-19#migrant#migration#chili#politiquemigratoire#immigration#extremedroite#economie#maindoeuvre#sante

  • Avec la victoire électorale de José Antonio Kast, le Chili renoue avec la période sinistre d’Augusto Pinochet

    « Pinochet voterait pour moi » : José Antonio Kast, le Milei du Chili
    https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/12/pinochet-voterait-pour-moi-qui-est-jose-antonio-kast-le-milei-chili

    Le 14 décembre prochain, sauf surprise, le candidat d’extrême droite José Antonio Kast deviendra le prochain président du Chili. La chose était impensable en 2016, lorsque Kast fut responsable d’une scission au sein de l’Union démocrate indépendante (UDI), formation la plus à droite de la coalition qui a gouverné le pays pendant les deux mandats de Sebastián Piñera.

    À l’époque, l’aventure de Kast semblait vouée à l’échec.

    Le candidat représentait alors un secteur qui, bien que bruyant, était profondément minoritaire dans la société chilienne ; son projet trop radical allait à contre-courant d’un pays qui s’orientait vers une plus grande sécularisation des valeurs et des coutumes — et une remise en cause plus marquée de l’héritage de la dictature.

    Personne n’imaginait alors, que moins d’une décennie plus tard, la radicalité de ce député rebelle, qui s’opposait farouchement aux avancées en matière de droits civils et défendait bec et ongles le dictateur Augusto Pinochet, pourrait remporter une élection présidentielle.

    Depuis ce temps, beaucoup de choses se sont passées au Chili.

    De 2017 à 2021, Sebastián Piñera a effectué un second mandat, tout en affrontant en 2019 une grande crise sociale ; deux processus constitutionnels se sont soldés par un échec ; après avoir subi la pandémie, le pays a finalement connu, en 2022, la présidence de Gabriel Boric.

    Tous ces événements ont façonné le paysage politique d’une manière qui a ouvert la voie à Kast vers le palais de La Moneda.

    En dix phrases, nous passons en revue tant cette dernière décennie que le parcours de Kast lui-même.

    Qui est le candidat à la présidence du Chili et d’où vient-il ?

    Quelles sont ses idées et comment ont-elles évolué au fil du temps ?

  • Le Pérou, craignant un afflux de migrants, déclare l’état d’urgence à la frontière avec le Chili
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/29/le-perou-craignant-un-afflux-de-migrants-declare-l-etat-d-urgence-a-la-front

    Le Pérou, craignant un afflux de migrants, déclare l’état d’urgence à la frontière avec le Chili
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement péruvien a déclaré, vendredi 28 novembre dans la soirée, l’état d’urgence à la frontière avec le Chili et a annoncé envoyer des militaires pour renforcer les contrôles ; Lima craint une vague de migrants fuyant la possible élection d’un président d’extrême droite. Cette mesure doit être mise en place dans la région de Tacna (sud) pendant soixante jours, anticipant la possible victoire du candidat chilien d’extrême droite José Antonio Kast à l’élection présidentielle. Ce dernier a promis d’expulser les personnes en situation irrégulière.
    « La police nationale du Pérou assure le maintien de l’ordre, avec le soutien des forces armées », précise un décret gouvernemental. Une cinquantaine de soldats seront déployés « immédiatement », a fait savoir le ministre de l’intérieur péruvien, Vicente Tiburcio, ajoutant que cinquante autres les rejoindront au début de décembre.
    Une vidéo publiée par le gouverneur de la région frontalière d’Arica, dans le nord du Chili, montre des dizaines de personnes tentant de rejoindre le Pérou, au niveau du poste-frontière de Chacalluta-Santa Rosa.« Ils ne veulent pas nous laisser entrer au Pérou (…), on a peur qu’ils nous expulsent de force » du Chili, a déclaré sous le couvert de l’anonymat un Vénézuélien au média numérique The Clinic. La chaîne péruvienne Radio Tacna a diffusé des images de personnes avec des enfants dans les bras près du poste-frontière.
    « Il y a eu une concentration de migrants souhaitant quitter le pays et qui ont rencontré des difficultés pour entrer au Pérou », a expliqué à la presse le ministre de la sécurité, Luis Cordero, sans préciser le nombre de personnes concernées. Au Chili, l’ultraconservateur José Antonio Kast est favori du second tour de la présidentielle du 14 décembre face à la candidate de gauche, Jeannette Jara. Il promet d’expulser les 330 000 personnes en situation irrégulière au Chili, principalement des Vénézuéliens, qu’il associe à la criminalité.
    En avril 2023, le Pérou avait décrété pendant deux mois l’état d’urgence et la militarisation de ses frontières compte tenu de l’arrivée de migrants en provenance du Chili, auxquels il est exigé une documentation en règle pour entrer dans le pays. L’armée avait alors appuyé les opérations de la police.

    #Covid-19#migrant#migration#perou#chili#venezuela#frontiere#crise#expulsion#politiquemigratoire#crise

  • In Cile una rete femminista aiuta le donne ad abortire in segreto e in sicurezza

    Nel Paese è possibile interrompere la gravidanza solo in casi eccezionali. Il collettivo “#Con_las_amigas_y_en_la_casa” offre supporto a chi decide di farlo: le attiviste forniscono informazioni, medicinali, cura e ascolto, rischiando anche il carcere. Intanto José Antonio Kast, candidato presidente repubblicano che il 14 dicembre affronterà al ballottaggio Jeanette Jara, del Partito comunista, ha detto più volte che abortire è moralmente inaccettabile e che lo Stato non dovrebbe consentirlo

    “Sapevo che indossava scarpe arancioni”. Ferma in una strada di Santiago del Cile, Catalina ha riconosciuto l’attivista che l’avrebbe aiutata ad abortire dal colore degli stivali. L’incontro è avvenuto rapidamente, come un saluto veloce tra amiche: “Mi ha dato un pacchetto e io sono tornata subito a casa. Dentro c’erano le pillole che dovevo assumere per avere un aborto”, ricorda.

    In Cile è possibile interrompere la propria gravidanza solo in casi eccezionali: se la donna ha subito una violenza sessuale, se la salute della madre è a rischio e se il feto presenta malformazioni. Al di fuori di queste circostanze non è consentito farlo e chi aiuta ad abortire rischia fino a cinque anni di carcere: così le reti femministe hanno creato strategie per supportare e tutelare chi decide di non avere una gravidanza.

    Ad avere assistito Catalina è stata “Con las amigas y en la casa”. Nata nel 2016, è una rete che offre supporto a donne e persone gestanti che vogliono abortire. Alla base c’è l’idea di non lasciare nessuna da sola, rivendicando il diritto di scegliere sul proprio corpo. Il gruppo è composto da centinaia di attiviste ed è organizzato in formazioni territoriali ormai presenti in tutto il Paese. In un contesto in cui l’unica soluzione è ricorrere agli aborti clandestini, soprattutto quando si proviene da condizioni di povertà e marginalità, “Con las amigas y en la casa” è un punto di riferimento. Quando si entra in contatto con le aborteras, comincia il percorso di accompagnamento. Si inizia con l’organizzazione di un incontro telefonico in cui vengono richieste un’ecografia e dati generali sullo stato di salute. Dopo una prima conoscenza, si viene invitate a partecipare a un laboratorio collettivo, organizzato negli spazi di associazioni che supportano la battaglia per l’aborto legale.

    “Ricordo che la sala era piena di donne. C’erano anche ragazze minorenni, accompagnate da adulte. Eravamo diverse, ognuna con la sua storia: insegnanti, studentesse, poliziotte, casalinghe o impiegate. Tutte stavamo vivendo la stessa situazione”, dice Catalina. “Con me avevo un quaderno e ho scritto il numero di quante persone eravamo nella stanza. Ho capito di non essere sola, mi sono riconosciuta in chi era con me, mi sono sentita protetta. Ho sperato che le cose finissero per il meglio per ognuna di noi”.

    Nel corso del laboratorio si spiega come assumere con sicurezza il mifepristone e il misoprostol, le pillole indicate dall’Organizzazione mondiale della sanità (Oms) come farmaci sicuri per ottenere un aborto farmacologico. Le attiviste illustrano le fasi del procedimento: consigliano che cosa mangiare e bere per prepararsi, come ingerire i medicinali e cosa fare nei giorni successivi alla pratica. Tutte le informazioni fanno parte di procedure e raccomandazioni mediche consolidate. Si danno inoltre consigli su come prendersi cura del corpo usando erbe medicinali e su come cucinare tisane per calmare i dolori e i crampi. L’incontro è anche un momento per raccontarsi e, se si vuole, condividere le motivazioni della propria scelta, le paure o i desideri. “Quando sono uscita, sentivo di avere le informazioni di cui avevo bisogno. Non avevo paura, mi sentivo forte. Ero convinta della mia decisione e non avevo sensi di colpa”, conclude Catalina. Dopo il laboratorio, il supporto continua e le attiviste restano in contatto con chi sta abortendo durante l’intera durata del processo di interruzione della gravidanza. Nel caso in cui sorgano complicazioni, della rete fanno parte mediche e infermiere cui è possibile chiedere aiuto. È la pratica politica e collettiva dell’accompagnamento femminista: sostenersi attraverso gesti di cura e solidarietà, senza giudizi.

    Da quando è stato fondato ad oggi, “Con las amigas y en la casa” ha aiutato ad abortire almeno 50mila persone. Le attiviste inviano il mifepristone e il misoprostol per posta, soprattutto quando bisogna raggiungere le zone rurali del Paese, oppure le pillole sono scambiate in brevi incontri organizzati in un modo tale da tutelare chi vi partecipa. Il collettivo fornisce i medicinali in modo gratuito e chiede di contribuire solo se le proprie condizioni economiche lo consentono. Se vengono acquistate sul mercato nero, le due pillole sono vendute a prezzi che variano a seconda delle dosi e possono andare dai 70mila pesos cileni (circa 100 euro) fino ai 144mila pesos (circa 210 euro). “Spesso ci raccontano che i medicinali sono scaduti. Non è raro che una donna venga imbrogliata e che si approfitti della sua condizione di vulnerabilità”, spiega Belén (nome di fantasia) che fa parte di “Con las amigas y en la casa”. “Noi le riceviamo da organizzazioni internazionali oppure da realtà amiche attive in altri Paesi. Negli anni abbiamo creato molte reti che vanno oltre i confini del Cile”. Quando a volere abortire è una donna che ha superato i tre mesi, la rete finanzia il viaggio nei Paesi in cui è legale farlo anche quando la gestazione è più avanzata, come l’Argentina.

    Stando ai dati forniti dal governo, in Cile ogni anno si effettuano tra i 30mila e i 150mila aborti clandestini. Tuttavia i numeri non sono aggiornati, risalgono ad almeno un decennio fa, e secondo diversi specialisti in materia le cifre potrebbero essere più alte. “La situazione non migliora nei casi in cui è possibile interrompere legalmente la gravidanza”, prosegue Belén. Le attiviste denunciano ostacoli burocratici e barriere nelle cliniche e negli ospedali, oltre a medici obiettori di coscienza e personale sanitario non preparato che spesso mortifica chi vuole abortire. Le stesse aborteras ricevono minacce e intimidazioni. In questo scenario estremamente restrittivo per la salute sessuale e riproduttiva, operano organizzazioni anti-diritti che gestiscono centri rivolti a persone che non vogliono proseguire la gravidanza: offrono consulenze gratuite e, dietro un’apparente offerta di sostegno, diffondono disinformazione ed esercitano pressione emotiva per indurre a rinunciare alla propria decisione.

    Tra queste c’è Chile Unido, insieme di movimenti e associazioni “pro-life”, che ha legami con il politico conservatore José Antonio Kast, il candidato del Partito repubblicano che il 14 dicembre affronterà al ballottaggio per le presidenziali Jeanette Jara, la candidata del Partito comunista. Kast ha più volte affermato che abortire è moralmente inaccettabile e che lo Stato non deve consentirlo.

    Nonostante ciò nell’opinione pubblica cilena il sostegno a favore dell’aborto sta crescendo. Secondo un sondaggio del Centro de estudios públicos (Cep) pubblicato nel 2023, negli ultimi 25 anni si è verificata un’evoluzione significativa riguardo al tema. La percentuale di persone favorevoli all’aborto nelle tre circostanze specifiche è passata dal 35% del 1999 al 49% nel 2023. Ancora più rilevante è l’aumento del sostegno all’aborto come scelta della donna in qualsiasi circostanza: dal 10% del 1999 al 30% nel 2023. Al contrario, coloro che ritengono l’aborto sempre inaccettabile sono crollati dal 55% al 19%. Sommando chi sostiene le tre cause e chi è favorevole alla depenalizzazione totale, il sondaggio rivela che quasi l’80% della popolazione cilena oggi è favorevole a qualche forma di accesso all’aborto.

    Il presidente uscente Gabriel Boric ha presentato un progetto di legge per legalizzare l’aborto fino alla 14esima settimana di gestazione. La proposta è stata inviata al Congresso lo scorso maggio perché l’obiettivo è aprire il dibattito parlamentare prima della fine del marzo 2026, quando Boric terminerà il suo mandato. Tuttavia le possibilità che venga approvata in tempi stretti sono limitate. La Camera dei deputati, dove il governo non ha la maggioranza, è attualmente dominata da forze politiche di destra e conservatrici che si oppongono fermamente al riconoscimento dell’aborto come diritto. “Una donna che abortisce è una donna consapevole. Sta pensando al suo progetto di vita, al presente e al futuro”, conclude Belén. “È connessa con se stessa, è una donna emancipata. Fa paura perché è una donna libera”.

    https://altreconomia.it/in-cile-una-rete-femminista-aiuta-le-donne-ad-abortire-in-segreto-e-in-

    #solidarité #avortement #IVG #Chili #résistance #femmes

  • Father’s Nazi past haunts Chilean presidential frontrunner
    https://apnews.com/article/europe-media-caribbean-social-media-chile-44564195379055c3ca0bcb04e7589216

    Voilà une famille qui fait partie des vingt pour cent de nazis irréductibles.

    BERLIN (AP) — The German-born father of Chilean presidential frontrunner José Antonio Kast was a member of Adolf Hitler’s Nazi party, according to a recently unearthed document obtained by The Associated Press, revelations that appear at odds with the far-right candidate’s own statements about his father’s military service during World War II.

    German officials confirmed this week that an ID card in the country’s Federal Archive shows that an 18-year-old named Michael Kast joined the National Socialist German Workers’ Party, or NSDAP, on Sept. 1, 1942, at the height of Hitler’s war on the Soviet Union.

    While the Federal Archive couldn’t confirm whether Kast was the presidential contender’s father, the date and place of birth listed on the card matches that of Kast’s father, who died in 2014. A copy of the ID card, identified with the membership number 9271831, was previously posted on social media on Dec. 1 by Chilean journalist Mauricio Weibel.

    The ID card’s emergence adds a new twist to a highly charged presidential runoff billed on both side as a battle of extremes — between communism and right-wing authoritarianism — and marked by a steady flow of disinformation that has distorted the record and campaign pledges of Kast’s opponent.

    Kast, 55, from the newly formed Republican Party, led the first round of Chile’s presidential election last month, two points ahead of leftist lawmaker Gabriel Boric, who he now will face in the Dec. 19 runoff.

    A fervent Roman Catholic and father of nine, Kast’s family has deep ties to the military dictatorship of Gen. Augusto Pinochet that came to power following a coup in 1973. His brother, Miguel Kast, served as the dictator’s central bank president.

    “If he were alive, he would have voted for me,” Kast said of Pinochet during the 2017 campaign, in which he won just 8% of the vote. “We would have had tea together” in the presidential palace.

    On the campaign trail this year, he has emphasized conservative family values, attacked migrants from Haiti and Venezuela he blames for crime and blasted Boric as a puppet of Chile’s communists.

    He’s made inroads with middle class voters concerned that Boric — a millennial former student protest leader — would disrupt three decades of economic and political stability that has made Chile the envy of many in Latin America. To underscore those concerns, Kast traveled last week to Washington and met with American investors as well as Sen. Marco Rubio, the top Republican on the subcommittee overseeing U.S. relations with Latin America.

    Some of his more radical supporters have also launched an online scare campaign involving a fake tweet from leftist Venezuelan President Nicolas Maduro, false allegations that migrants are manning voting booths and a made-up medical report after Kast in a debate urged Boric to take a drug test.

    The latest opinion polls give a slight edge in the runoff to Boric, who has pivoted to the center to galvanize support from voters fearful of a return to the country’s tumultuous past.

    “This backs up Boric’s framing of the race as a dichotomy between fascism and democracy,” Jennifer Pribble, a Chile expert at the University of Richmond, said of the older Kast’s wartime record. “To the extent Kast seems to be hiding some element of his family’s history, it plays into that narrative.”

    It’s unclear if Kast was aware of his father’s NSDAP membership card. Carolina Araya, a spokeswoman for Kast’s campaign, wouldn’t comment when asked repeatedly by the AP.

    But in the past Kast has angrily rejected claims that his father was a supporter of the Nazi movement, describing him instead as a forced conscript in the German army.

    “Why do you use the adjective Nazi?” he said in 2018 TV appearance in which he said he was proud of his father and accused a prominent Chilean journalist of trying to spread lies.

    “When there is a war and (military) enrollment is mandatory, a 17 or 18 year old doesn’t have the option to say, ‘I’m not going,’ because they will be court martialed and shot to death the very next day,” he said later that year in comments posted on his social media account.

    There is no evidence Kast had a role in wartime atrocities such as the attempt to exterminate Europe’s Jews. But while military service was compulsory, membership in the Nazi party was voluntary.

    Some Germans enthusiastically joined the party while others did so believing it would bring advantages in a society where large parts of public life were expected to fall in line with Nazi ideology from 1933 onward.

    “We don’t have a single example of anyone who was forced to enter the party,” said Armin Nolzen, a German historian who has extensively researched the issue of NSDAP membership.

    Kast joined the party in 1942 within five months of turning 18 — the minimum age required for membership. He likely was a member of the Hitler Youth for at least four years before joining the party and would have been recommended by the district leader, Nolzen said. In all, the party had 7.1 million members that year — about one-tenth of the population.

    Michael Buddrus of the Leibniz Institute for Contemporary History in Berlin cautioned against overestimating the significance of NSDAP membership in people that young, but agreed that Kast must have joined of his own volition.

    Given that Kast entered the military soon after, Buddrus said it was possible the teenager had never actively participated in a party gathering or paid dues.

    “If you’re a party member, you’re a party member,” said Richard F. Wetzell, a research fellow at the German Historical Institute in Washington. “Being a party member does bind you to the party and its ideology even though many may have joined for purely opportunistic reasons.”

    A 2015 book about Pinochet’s civilian collaborators written by Chilean journalist Javier Rebolledo claimed that the older Kast was at first reluctant to join the Nazi party. But he was persuaded by a sergeant to do so as he was being deployed to the Crimean Peninsula, according to Rebolledo’s book, which cites a memoir by Kast’s wife.

    The war at the time was dominated by the Battle of Stalingrad, a turning point for Nazi Germany’s assault on the Soviet Union that resulted in some 2 million deaths and the local surrender of Axis forces a few months later.

    As the war was ending, Kast, then serving in Italy, obtained a false ID indicating he was a member of the International Committee of the Red Cross, according to Rebolledo.

    After twice escaping arrest at the hands of the Allied forces, he returned to Germany and was discovered during the postwar period of denazification. But when he confessed his deceit, a sympathetic prosecutor took pity and in recognition of his honesty burned his army record, according to Rebolledo’s book.

    The younger Kast has accused the Chilean journalist of taking his mother’s memoir out of context and distorting facts to attribute sinister motives to his father’s wartime activities.

    Whatever his record, Kast migrated to Chile in 1950, followed a year later by his wife and oldest two children, and established himself in Paine, a rural community south of the capital of Santiago. Eventually, the couple built a small business selling cold cuts from a roadside kiosk into a nationwide chain of restaurants and manufacturer of packaged food.

    A 1995 law passed by Chile’s congress granting the older Kast citizenship highlights his deep Catholic roots and “grand spirit of social justice” that translated into his role helping build five chapels, hospitals and a youth center as well as providing employees of his company, Cecinas Bavaria, with the means to buy their own homes.

    But there was a darker side to the clan’s success.

    According to Rebolledo, leftist agitators and peasants had threatened to expropriate the family’s business during the socialist administration of Salvador Allende. The day after Pinochet’s coup against Allende, police in Paine mopped up, disappearing in broad daylight a young militant, Pedro Vargas, who had been organizing workers at Bavaria, as he waited in line to buy bread.

    The candidate’s brother, Christian Kast, testified that as a 16-year-old in the immediate aftermath of the coup, he had delivered food to the town’s police and spent the night with them. He told investigators probing Vargas’ disappearance that the next day he attended a barbecue at the police station and saw a dozen detainees — but not Vargas — hauled away, their heads shaven, never to be seen again.

    With Vargas missing, a member of his family went in anguish to appeal for aid from Michael Kast.

    “I thought he was going to help,” the person told the AP on the condition of anonymity for fear of retaliation nearly five decades on. “But he told me to go home, that there was a war going on and it was a matter of life and death. I couldn’t believe it.”

    Today, just a few miles from where the presidential hopeful lives, symbols of the passions that filled Vargas’ shortened life — a book, a scale of justice, a photo of his dog — decorate one of 70 mosaics paying tribute to each of the victims stolen from the bucolic town that has the distinction of having suffered the most disappearances per capita in all of Chile.

    _

    Goodman reported from Miami. AP Writers Patricia Luna and Eva Vergara in Santiago, Chile contributed to this report.

    #Alllemagne #Chili #nazis

  • "Au Chili, le peuple uni ne sera jamais vaincu."
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2025/09/au-chili-le-peuple-uni-ne-sera-jamais.html

    « L’engagement des artistes prend des formes parfois très concrètes, en particulier au Chili. A l’orée des années 1960, l’électorat est très polarisé, divisé en trois camps : la gauche, la droite et le centre démocrate-chrétien. En 1958, Jorge Alessandri, candidat de droite, l’emporte devant le sénateur Allende, à la tête du Front d’action populaire (FRAP). Ce dernier échoue de nouveau en 1964, face au démocrate-chrétien Eduardo Frei. Ce dernier, qui initie des réformes économiques et sociales d’importance, se distingue par un fort anticommunisme. Dans l’optique de la présidentielle 1970, Allende s’associe aux radicaux et communistes au sein de l’Unité populaire. Il se réclame désormais du marxisme-léninisme et gauchit ses positions. L’homme envisage une "voie chilienne d’accession au socialisme", respectueuse de la démocratie. Le candidat envisage la musique comme un vecteur puissant de mobilisation politique et de conscientisation sociale. De fait, les chansons jouent un rôle crucial au cours des rassemblements politiques, d’autant que les musiciens amis de la Nueva Cancion s’engagent à fond dans la campagne aux côtés de l’Unité populaire. Le morceau "Venceremos " ("Nous vaincrons"), composé par Sergio Ortega sur un texte de Claudio Iturra résonne dans les manifestations. "Voici venir tout le peuple du Chili / Voici venir l’Unité Populaire / Paysan, étudiant et ouvrier / Camarades de notre chant (...) / Nous vaincrons, nous vaincrons, / Avec Allende, nous vaincrons en septembre / Nous vaincrons, nous vaincrons, / L’Unité Populaire au pouvoir". »

  • #Jeannette_Jara : une « communiste » à la tête du #Chili ?
    https://lvsl.fr/jeannette-jara-une-communiste-a-la-tete-du-chili

    C’est dans la surprise générale que Jeannette Jara s’est imposée avec un score de 60 % (825 835 voix) lors de la primaire de la coalition « Unité pour le Chili ». Ancienne ministre du Travail et de la Protection sociale du gouvernement de #Gabriel_Boric, figure majeure de la gauche, elle se projette dans un duel avec […]

    #International #L'Amérique_latine_en_question #Gauche_chilienne #José_Antonio_Kast #néolibéralisme #Parti_communiste

  • Entre océans, forêts et volcans. La lutte radicale mapuche
    https://infokiosques.net/spip.php?article2157

    « Dans les territoires habités par les communautés mapuche, dont les terres furent accaparées par des investisseurs capitalistes, défigurées par les exploitants forestiers, ravagées par les entreprises énergétiques, polluées par les industriels et colonisées par des suppôts de l’État chilien, les dernières décennies ont été marquées par une lutte incessante.
    La lutte radicale mapuche nous inspire pour sa continuité, pour son rejet catégorique de toute tutelle étatique, pour son combat acharné contre l’exploitation et la spoliation capitaliste, pour son choix de l’action directe contre l’extractivisme et la dévastation de la terre et du vivant. »

    Ce recueil rassemble des textes issus de la résistance mapuche dans les territoires sous domination de l’État chilien. Précédés d’une analyse historique de la lutte radicale mapuche, ces textes couvrent un an de lutte (de 2021 à 2022).

    #chili #mapuche

  • [ #Chili ] – Des nouvelles des compagnons anarchistes Aldo & Lucas Hernández
    https://nantes.indymedia.org/posts/141623/chili-des-nouvelles-des-compagnons-anarchistes-aldo-lucas-hernande

    https://informativoanarquista.noblogs.org/post/2025/03/04/chile-actualizacion-sobre-los-companeros-anarquistas- . — — . mardi 4 mars 2025 Cela fait plus de deux ans, depuis ce 22 décembre 2022, jour de plusieurs perquisitions orchestrées par le Parquet des affaires complexes de la région métropolitaine [de #Santiago ; NdAtt.] sud, quand six domiciles ont été perquisitionnés, cinq dans la…

    #1312_-_ACAB #anticarcéral #Amérique_du_Sud #Pedro_Aguirre_Cerda #Global

  • Chili : lutter contre l’impunité de l’État en payant la dette historique envers le peuple

    Entrevue avec Haydee Obereuter , sous-secrétaire des Droits humains de mars 2022 à mars 2023

    Après 27 ans de dictature, le général Pinochet sera destitué par référendum au Chili. Il mourra quelques années après sans être jugé de toutes les violences exercées par son régime. Aujourd’hui, l’État chilien n’arrive pas à payer sa dette historique à sa population, malgré l’établissement de différents projets de loi et de commission d’enquête.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/09/17/les-deux-fantomes-qui-hantent-le-chili/#comment-64383

    #international #chili

  • Le Chili, après deux refus des propositions constitutionnelles

    CONJONCTURE – Nouveaux Cahiers du socialisme – No. 31 – Hiver 2024

    Depuis 2019, le Chili vit un rythme d’intensité politique inédit depuis la fin de la dictature d’Augusto Pinochet en 1990. À l’automne 2019, un mouvement social de masse contre les grandes inégalités qui persistaient dans le pays a vu descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue. Cette crise sociale a été globalement résolue par l’adoption d’une feuille de route pour la rédaction d’une nouvelle constitution, une revendication historique de la gauche et des mouvements sociaux plus politisés.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/12/chili-un-large-rejet-de-la-nouvelle-constitution-une-analyse-autre-texte/#comment-64119

    #international #chili

  • #Macron à la conquête du #lithium en #Amérique_latine

    #Emmanuel_Macron a profité de son séjour en Amérique du Sud suite au G20 pour négocier des #accords_commerciaux avec l’#Argentine et le #Chili, sur des matériaux stratégiques comme le lithium.

    Le Cône sud du continent américain regorge de #matières_premières indispensables à la #transition_énergétique, et Emmanuel Macron le sait très bien. En Argentine dimanche, le président français a affiché ses objectifs : « La promotion des intérêts commerciaux et de la défense de l’agriculture française. » Si ce dernier point fait une claire référence à l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur qui a, de nouveau, déclenché la colère des agriculteurs en France, le premier concerne avant tout les riches sous-sols du continent... Et les entreprises françaises qui les exploitent.

    Lors de sa rencontre avec le président argentin Javier Milei, qui a sommé la délégation de son pays de quitter la COP29, Emmanuel Macron a cherché à « s’imposer comme une figure représentative sur les questions environnementales », explique Alejandro Frenkel, docteur en relations internationales à l’Universidad Nacional de San Martín. Malgré ces désaccords de façade, les deux chefs d’État ont affiché leur volonté de renforcer les investissements français dans l’industrie du lithium argentin, alors que la compagnie minière française #Eramet vient d’inaugurer une mine dans le pays.

    #Uranium, #cuivre et lithium

    Au Chili, pays dont l’économie dépend énormément du commerce international (75 % du PIB), Emmanuel Macron a trouvé un allié pour développer sa stratégie d’« #économie_bleue_et_verte ». Premier producteur mondial de cuivre et deuxième de lithium, le Chili souhaite devenir le premier fournisseur d’#hydrogène dit vert. Le président français y a annoncé des #partenariats_stratégiques pour la production d’hydrogène dit vert, le stockage d’énergie, et le développement de la filière des #batteries_électriques.

    Emmanuel Macron a aussi souhaité que la France soit « un partenaire dans l’#extraction du lithium » et dans « l’exploitation du cuivre », en ajoutant que cela permettrait, « là aussi, de faire face à nos besoins en termes d’uranium ». Le Chili possèderait, en effet, de grandes #ressources d’uranium, jamais exploitées faute d’investissements de pays étrangers.

    Au Congrès national chilien à Valparaíso, lors d’un discours de politique générale en Amérique latine, Emmanuel Macron a salué l’#accord_de_libre-échange signé en décembre 2023 entre le Chili et l’Union européenne. Un accord qui facilitera l’accès aux #matériaux_stratégiques comme le lithium ou le cuivre.

    Le président français s’est également étonné qu’au Chili comme en France, « souvent, la lutte pour la biodiversité ou contre le dérèglement climatique a été opposée à la lutte pour le développement économique ». Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de « bâtir la #croissance #en_même_temps que de lutter contre le dérèglement climatique », alors que de nombreux scientifiques s’évertuent à expliquer que la croissance est incompatible avec la préservation d’un climat vivable sur Terre.

    300 filiales d’entreprises françaises sont déjà présentes au Chili, et Emmanuel Macron a rappelé la volonté de grands groupes de son pays de continuer à investir dans l’exploitation des métaux et les #énergies_renouvelables. Il s’est aussi opposé aux « entreprises prédatrices » qui « imposent des clauses léonines pour mieux exploiter les ressources du continent, ne laissant derrière elles qu’une population appauvrie et une nature ravagée ». Ce alors que plusieurs entreprises françaises, comme #Engie et #Suez, sont impliquées dans la destruction d’écosystèmes aux conséquences sociales majeures au Chili.

    https://reporterre.net/Macron-a-la-conquete-du-lithium-en-Amerique-latine
    #extractivisme #minéraux #terres_rares

  • « Nous assistons à une escalade de la #prédation_minière »

    Une nouvelle #ruée_minière a commencé et touche aussi la #France. Au nom de la lutte contre la crise climatique, il faudrait extraire de plus en plus de #métaux. Celia Izoard dénonce l’impasse de cette « #transition » extractiviste. Entretien.

    Basta/Observatoire des multinationales : Il est beaucoup question aujourd’hui de renouveau minier en raison notamment des besoins de la transition énergétique, avec la perspective d’ouvrir de nouvelles mines en Europe et même en France. Vous défendez dans votre #livre qu’il ne s’agit pas du tout d’un renouveau, mais d’une trajectoire de continuité. Pourquoi ?

    #Celia_Izoard : Les volumes de #métaux extraits dans le monde aujourd’hui augmentent massivement, et n’ont jamais cessé d’augmenter. Ce qui est parfaitement logique puisqu’on ne cesse de produire de nouveaux objets et de nouveaux équipements dans nos pays riches, notamment avec la #numérisation et aujourd’hui l’#intelligence_artificielle, et qu’en plus de cela le reste du monde s’industrialise.

    En conséquence, on consomme de plus en plus de métaux, et des métaux de plus en plus variés – aussi bien des métaux de base comme le #cuivre et l’#aluminium que des métaux de spécialité comme les #terres_rares. Ces derniers sont utilisés en très petite quantité mais dans des objets qui sont partout, comme les #smartphones, et de façon trop dispersive pour permettre le #recyclage.

    Et la production de tous ces métaux devrait continuer à augmenter ?

    Oui, car rien ne freine cette production, d’autant plus qu’on y ajoute aujourd’hui une nouvelle demande qui est un véritable gouffre : celle de métaux pour le projet très technocratique de la transition. « Transition », dans l’esprit de nos élites, cela signifie le remplacement des #énergies_fossiles par l’#énergie_électrique – donc avec des #énergies_renouvelables et des #batteries – avec un modèle de société inchangé. Mais, par exemple, la batterie d’une #voiture_électrique représente souvent à elle seule 500 kg de métaux (contre moins de 3 kg pour un #vélo_électrique).

    Simon Michaux, professeur à l’Institut géologique de Finlande, a essayé d’évaluer le volume total de métaux à extraire si on voulait vraiment électrifier ne serait-ce que la #mobilité. Pour le #lithium ou le #cobalt, cela représenterait plusieurs décennies de la production métallique actuelle. On est dans un scénario complètement absurde où même pour électrifier la flotte automobile d’un seul pays, par exemple l’Angleterre ou la France, il faut déjà plus que la totalité de la production mondiale. Ce projet n’a aucun sens, même pour lutter contre le #réchauffement_climatique.

    Vous soulignez dans votre livre que l’#industrie_minière devient de plus en plus extrême à la fois dans ses techniques de plus en plus destructrices, et dans les #nouvelles_frontières qu’elle cherche à ouvrir, jusqu’au fond des #océans et dans l’#espace

    Oui, c’est le grand paradoxe. Les élites politiques et industrielles répètent que la mine n’a jamais été aussi propre, qu’elle a surmonté les problèmes qu’elle créait auparavant. Mais si l’on regarde comment fonctionne réellement le #secteur_minier, c’est exactement l’inverse que l’on constate. La mine n’a jamais été aussi énergivore, aussi polluante et aussi radicale dans ses pratiques, qui peuvent consister à décapiter des #montagnes ou à faire disparaître des #vallées sous des #déchets_toxiques.

    C’est lié au fait que les teneurs auxquelles on va chercher les métaux sont de plus en plus basses. Si on doit exploiter du cuivre avec un #filon à 0,4%, cela signifie que 99,6% de la matière extraite est du #déchet. Qui plus est, ce sont des #déchets_dangereux, qui vont le rester pour des siècles : des déchets qui peuvent acidifier les eaux, charrier des contaminants un peu partout.

    Les #résidus_miniers vont s’entasser derrière des #barrages qui peuvent provoquer de très graves #accidents, qui sont sources de #pollution, et qui sont difficilement contrôlables sur le long terme. Nous assistons aujourd’hui à une véritable #escalade_technologique qui est aussi une escalade de la #prédation_minière. La mine est aujourd’hui une des pointes avancées de ce qu’on a pu appeler le #capitalisme_par_dépossession.

    Comment expliquer, au regard de cette puissance destructrice, que les populations occidentales aient presque totalement oublié ce qu’est la mine ?

    Il y a un #déni spectaculaire, qui repose sur deux facteurs. Le premier est la religion de la #technologie, l’une des #idéologies dominantes du monde capitaliste. Nos dirigeants et certains intellectuels ont entretenu l’idée qu’on avait, à partir des années 1970, dépassé le #capitalisme_industriel, qui avait été tellement contesté pendant la décennie précédente, et qu’on était entré dans une nouvelle ère grâce à la technologie. Le #capitalisme_post-industriel était désormais avant tout une affaire de brevets, d’idées, d’innovations et de services.

    Les mines, comme le reste de la production d’ailleurs, avaient disparu de ce paysage idéologique. Le #mythe de l’#économie_immatérielle a permis de réenchanter le #capitalisme après l’ébranlement des mouvements de 1968. Le second facteur est #géopolitique. Aux grandes heures du #néo-libéralisme, le déni de la mine était un pur produit de notre mode de vie impérial. Les puissances occidentales avaient la possibilité de s’approvisionner à bas coût, que ce soit par l’#ingérence_politique, en soutenant des dictatures, ou par le chantage à la dette et les politiques d’#ajustement_structurel. Ce sont ces politiques qui ont permis d’avoir par exemple du cuivre du #Chili, de #Zambie ou d’#Indonésie si bon marché.

    Les besoins en métaux pour la #transition_climatique, si souvent invoqués aujourd’hui, ne sont-ils donc qu’une excuse commode ?

    Invoquer la nécessité de créer des mines « pour la transition » est en effet hypocrite : c’est l’ensemble des industries européennes qui a besoin de sécuriser ses approvisionnements en métaux. La récente loi européenne sur les métaux critiques répond aux besoins des grosses entreprises européennes, que ce soit pour l’#automobile, l’#aéronautique, l’#aérospatiale, les #drones, des #data_centers.

    L’argument d’une ruée minière pour produire des énergies renouvelables permet de verdir instantanément toute mine de cuivre, de cobalt, de lithium, de #nickel ou de terres rares. Il permet de justifier les #coûts_politiques de la #diplomatie des #matières_premières : c’est-à-dire les #conflits liés aux rivalités entre grandes puissances pour accéder aux #gisements. Mais par ailleurs, cette transition fondée sur la technologie et le maintien de la #croissance est bel et bien un gouffre pour la #production_minière.

    Ce discours de réenchantement et de relégitimation de la mine auprès des populations européennes vous semble-t-il efficace ?

    On est en train de créer un #régime_d’exception minier, avec un abaissement des garde-fous réglementaires et des formes d’extractivisme de plus en plus désinhibées, et en parallèle on culpabilise les gens. La #culpabilisation est un ressort psychologique très puissant, on l’a vu durant le Covid. On dit aux gens : « Si vous n’acceptez pas des mines sur notre territoire, alors on va les faire ailleurs, aux dépens d’autres populations, dans des conditions bien pires. » Or c’est faux. D’abord, la #mine_propre n’existe pas.

    Ensuite, la #loi européenne sur les #métaux_critiques elle prévoit qu’au mieux 10% de la production minière soit relocalisée en Europe. Aujourd’hui, on en est à 3%. Ce n’est rien du tout. On va de toute façon continuer à ouvrir des mines ailleurs, dans les pays pauvres, pour répondre aux besoins des industriels européens. Si l’on voulait vraiment relocaliser la production minière en Europe, il faudrait réduire drastiquement nos besoins et prioriser les usages les plus importants des métaux.

    Peut-on imaginer qu’un jour il existe une mine propre ?

    Si l’on considère la réalité des mines aujourd’hui, les procédés utilisés, leur gigantisme, leur pouvoir de destruction, on voit bien qu’une mine est intrinsèquement problématique, intrinsèquement prédatrice : ce n’est pas qu’une question de décisions politiques ou d’#investissements. L’idée de « #mine_responsable » n’est autre qu’une tentative de faire accepter l’industrie minière à des populations en prétendant que « tout a changé.

    Ce qui m’a frappé dans les enquêtes que j’ai menées, c’est que les industriels et parfois les dirigeants politiques ne cessent d’invoquer certains concepts, par exemple la #mine_décarbonée ou le réemploi des #déchets_miniers pour produire du #ciment, comme de choses qui existent et qui sont déjà mises en pratique. À chaque fois que j’ai regardé de plus près, le constat était le même : cela n’existe pas encore. Ce ne sont que des #promesses.

    Sur le site de la nouvelle mine d’#Atalaya à #Rio_Tinto en #Espagne, on voir des panneaux publicitaires alignant des #panneaux_photovoltaïques avec des slogans du type « Rio Tinto, la première mine d’autoconsommation solaire ». Cela donne à penser que la mine est autonome énergétiquement, mais pas du tout. Il y a seulement une centrale photovoltaïque qui alimentera une fraction de ses besoins. Tout est comme ça.

    Le constat n’est-il pas le même en ce qui concerne le recyclage des métaux ?

    Il y a un effet purement incantatoire, qui consiste à se rassurer en se disant qu’un jour tout ira bien parce que l’on pourra simplement recycler les métaux dont on aura besoin. Déjà, il n’en est rien parce que les quantités colossales de métaux dont l’utilisation est planifiée pour les années à venir, ne serait-ce que pour produire des #batteries pour #véhicules_électriques, n’ont même pas encore été extraites.

    On ne peut donc pas les recycler. Il faut d’abord les produire, avec pour conséquence la #destruction de #nouveaux_territoires un peu partout sur la planète. Ensuite, le recyclage des métaux n’est pas une opération du saint-Esprit ; il repose sur la #métallurgie, il implique des usines, des besoins en énergie, et des pollutions assez semblables à celles des mines elles-mêmes.

    L’accent mis sur le besoin de métaux pour la transition ne reflète-t-il pas le fait que les #multinationales ont réussi à s’approprier ce terme même de « transition », pour lui faire signifier en réalité la poursuite du modèle actuel ?

    Le concept de transition n’a rien de nouveau, il était déjà employé au XIXe siècle. À cette époque, la transition sert à freiner les ardeurs révolutionnaires : on accepte qu’il faut des changements, mais on ajoute qu’il ne faut pas aller trop vite. Il y a donc une dimension un peu réactionnaire dans l’idée même de transition.

    Dans son dernier livre, l’historien des sciences #Jean-Baptiste_Fressoz [Sans transition - Une nouvelle histoire de l’énergie, Seuil, 2024] montre que la #transition_énergétique tel qu’on l’entend aujourd’hui est une invention des #pro-nucléaires des États-Unis dans les années 1950 pour justifier des #investissements publics colossaux dans l’#atome. Ils ont tracé des belles courbes qui montraient qu’après l’épuisement des énergies fossiles, il y aurait besoin d’une #solution_énergétique comme le #nucléaire, et qu’il fallait donc investir maintenant pour rendre le passage des unes à l’autre moins brutal.

    La transition aujourd’hui, c’est avant tout du temps gagné pour le capital et pour les grandes entreprises. Les rendez-vous qu’ils nous promettent pour 2050 et leurs promesses de #zéro_carbone sont évidemment intenables. Les technologies et l’#approvisionnement nécessaire en métaux n’existent pas, et s’ils existaient, cela nous maintiendrait sur la même trajectoire de réchauffement climatique.

    Ces promesses ne tiennent pas debout, mais elles permettent de repousser à 2050 l’heure de rendre des comptes. Ce sont plusieurs décennies de gagnées. Par ailleurs, le terme de transition est de plus en plus utilisé comme étendard pour justifier une #croisade, une politique de plus en plus agressive pour avoir accès aux gisements. Les pays européens et nord-américains ont signé un partenariat en ce sens en 2022, en prétendant que certes ils veulent des métaux, mais pour des raisons louables. La transition sert de figure de proue à ces politiques impériales.

    Vous avez mentionné que l’une des industries les plus intéressées par la sécurisation de l’#accès aux métaux est celle de l’#armement. Vous semblez suggérer que c’est l’une des dimensions négligées de la guerre en Ukraine…

    Peu de gens savent qu’en 2021, la Commission européenne a signé avec l’#Ukraine un accord de partenariat visant à faire de ce pays une sorte de paradis minier pour l’Europe. L’Ukraine possède de fait énormément de ressources convoitées par les industriels, qu’ils soient russes, européens et américains. Cela a joué un rôle dans le déclenchement de la #guerre. On voit bien que pour, pour accéder aux gisements, on va engendrer des conflits, militariser encore plus les #relations_internationales, ce qui va nécessiter de produire des #armes de plus en plus sophistiquées, et donc d’extraire de plus en plus de métaux, et donc sécuriser l’accès aux gisements, et ainsi de suite.

    C’est un #cercle_vicieux que l’on peut résumer ainsi : la ruée sur les métaux militarise les rapports entre les nations, alimentant la ruée sur les métaux pour produire des armes afin de disposer des moyens de s’emparer des métaux. Il y a un risque d’escalade dans les années à venir. On évoque trop peu la dimension matérialiste des conflits armés souvent dissimulés derrière des enjeux « ethniques ».

    Faut-il sortir des métaux tout comme il faut sortir des énergies fossiles ?

    On a besoin de sortir de l’extractivisme au sens large. Extraire du pétrole, du charbon, du gaz ou des métaux, c’est le même modèle. D’ailleurs, d’un point de vue administratif, tout ceci correspond strictement à de l’activité minière, encadrée par des #permis_miniers. Il faut cesser de traiter le #sous-sol comme un magasin, de faire primer l’exploitation du sous-sol sur tout le reste, et en particulier sur les territoires et le vivant.

    Concrètement, qu’est ce qu’on peut faire ? Pour commencer, les deux tiers des mines sur la planète devraient fermer – les #mines_métalliques comme les #mines_de_charbon. Ça paraît utopique de dire cela, mais cela répond à un problème urgent et vital : deux tiers des mines sont situées dans des zones menacées de #sécheresse, et on n’aura pas assez d’#eau pour les faire fonctionner à moins d’assoiffer les populations. En plus de cela, elles émettent du #CO2, elles détruisent des territoires, elles déplacent des populations, elles nuisent à la #démocratie. Il faut donc faire avec une quantité de métaux restreinte, et recycler ce que l’on peut recycler.

    Vous soulignez pourtant que nous n’avons pas cessé, ces dernières années, d’ajouter de nouvelles technologies et de nouveaux objets dans notre quotidien, notamment du fait de l’envahissement du numérique. Réduire notre consommation de métaux implique-t-il de renoncer à ces équipements ?

    Oui, mais au préalable, quand on dit que « nous n’avons pas cessé d’ajouter des nouvelles technologies polluantes », il faut analyser un peu ce « nous ». « Nous » n’avons pas choisi de déployer des #caméras_de_vidéosurveillance et des #écrans_publicitaires partout. Nous n’avons pas choisi le déploiement de la #5G, qui a été au contraire contesté à cause de sa consommation d’énergie.

    La plupart d’entre nous subit plutôt qu’elle ne choisit la #numérisation des #services_publics, instrument privilégié de leur démantèlement et de leur privatisation : l’usage de #Pronote à l’école, #Doctissimo et la télémédecine dont la popularité est due à l’absence de médecins, etc. Dans le secteur automobile, la responsabilité des industriels est écrasante. Depuis des décennies, ils ne cessent de bourrer les véhicules d’électronique pour augmenter leur valeur ajoutée.

    Ces dernières années, ils ont massivement vendu d’énormes voitures électriques parce qu’ils savaient que le premier marché de la voiture électrique, c’était d’abord la bourgeoisie, et que les bourgeois achèteraient des #SUV et des grosses berlines. Donc quand je dis que nous devons réduire notre #consommation de métaux, j’entends surtout par-là dénoncer les industries qui inondent le marché de produits insoutenables sur le plan des métaux (entre autres).

    Mais il est vrai que nous – et là c’est un vrai « nous » - devons réfléchir ensemble aux moyens de sortir de l’#emprise_numérique. Du point de vue des métaux, le #smartphone n’est pas viable : sa sophistication et son caractère ultra-mondialisé en font un concentré d’#exploitation et d’#intoxication, des mines aux usines d’assemblage chinoises ou indiennes.

    Et bien sûr il a des impacts socialement désastreux, des addictions à la #surveillance, en passant par la « #surmarchandisation » du quotidien qu’il induit, à chaque instant de la vie. Là-dessus, il faut agir rapidement, collectivement, ne serait-ce que pour se protéger.

    https://basta.media/nous-assistons-a-une-escalade-de-la-predation-miniere
    #extractivisme #minières #électrification #acidification #contamination #hypocrisie #relocalisation #prédation #guerre_en_Ukraine #militarisation #déplacement_de_populations #dématérialisation #industrie_automobile

  • La double peine des quartiers issus de la production massive de logements sociaux en Amérique latine
    https://metropolitiques.eu/La-double-peine-des-quartiers-issus-de-la-production-massive-de-loge

    À partir des cas chilien et mexicain, Catherine Paquette Vassalli et Monica Bustos Peñafiel dressent le bilan (mitigé) des politiques de production massive de logements sociaux à l’œuvre en #Amérique_latine depuis plusieurs décennies. En Amérique latine, la croissance urbaine explosive de la seconde moitié du XXe siècle a donné lieu à l’apparition d’innombrables quartiers spontanés d’autoconstruction. La réponse des autorités face à cette urbanisation irrégulière massive a essentiellement consisté en un #Terrains

    / Amérique latine, #Mexique, #Chili, #logement_social, #informel

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/paquette_bustos.pdf

  • Sécheresse ou assèchement ?
    https://laviedesidees.fr/Secheresse-ou-assechement

    Particulièrement vulnérable au réchauffement climatique, le #Chili est confronté à une crise hydrique de manière récurrente. Dans ce pays phare du néolibéralisme, l’eau est un bien privé et négociable comme un autre. Le gouvernement de G. Boric tente de lutter contre cette #marchandisation délétère.

    #International #néo-libéralisme #eau
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20240927_eauchili.pdf