• L’Amassada en exil
    Grève de la destruction du monde à Saint-Victor

    https://lavoiedujaguar.net/L-Amassada-en-exil-Greve-de-la-destruction-du-monde-a-Saint-Victor

    Ce 5 décembre, succès du blocage de la route empruntée quotidiennement par un incessant trafic de camions. Une petite cinquantaine de personnes a suffi pour bloquer la sortie des gravats du chantier de 10 heures du matin jusqu’à la fin de la journée.

    La gendarmerie en sous-effectif n’a rien pu faire pour nous déloger de la D31. Dans un étrange ballet ensoleillé une trentaine de gendarmes nous poussaient et telle de l’eau nous coulions sur la route, sans laisser prise aux provocations des flics. À une bifurcation nous avons décidé de remonter vers le point de blocage en prenant par les champs pour revenir devant les flics. Nous sommes ainsi remonté·e· au carrefour de départ pour constater joyeusement que les dix camions bloqués n’avaient pas bougé d’un poil. Les renforts militaires n’arrivant pas, comme c’est le cas habituellement, ce sont les camionneurs qui ont fini par faire demi-tour sous nos applaudissements. La gendarmerie a aussitôt reflué, nous laissant maîtres des lieux.

    Cette petite brèche ouverte dans le déroulement normal du chantier d’une grosse infrastructure RTE en cours de construction nous redonne du courage. Nous saluons aussi les syndicalistes CGT EDF qui nous ont apporté leur soutien. Tout le monde a bien compris que bousiller les retraites, spéculer sur l’électricité et annihiler le peu de terres agricoles qui reste sont des actes qui appartiennent à une même logique de destruction. (...)

    #Aveyron #Amassada #RTE-EDF #chantier #grève #blocage

    • Lettre reçue du Chili le 14 novembre 2019 « La lutte pour la vie s’est transformée en un mode de vie »

      À toutes et à tous,
      Je viens de recevoir les dernières nouvelles du Chili. Je souhaite qu’elles soient traduites et diffusées par celles et ceux qui prennent conscience de l’importance que l’insurrection chilienne revêt pour le monde, et en particulier pour la France, où la durée et la radicalité de la résistance sont également exemplaires (vous noterez au passage que le gilet jaune est au Chili l’uniforme de collaborateurs du régime. Voilà au moins une exportation réussie par Macron).
      La vie ne renonce à rien. Je ne sais s’il se construit une Internationale du genre humain, mais ça y ressemble. –R.Vaneigem.–

      Cher ami,
      L’État-capital en est réduit à une gestion de plus en plus répressive de la violence et ses chiens de garde n’hésitent pas à nous écraser dès que nous essayons de briser le joug de la marchandise. Les forces de l’ordre entrent en tirant dans les hôpitaux et les écoles, nous terrorisent dans nos maisons, nous font disparaître, nous emprisonnent, nous mutilent dans les rues. Le théâtre politique cherche à normaliser cette situation en utilisant les outils et les mécanismes de la démocratie. Il y a quelques jours, le Conseil de sécurité nationale, qui rassemble les plus hauts représentants de la dictature bureaucratique militarisée, a été convoqué pour organiser la répression et une série de projets de loi a été annoncée pour criminaliser les manifestations.

      Depuis le début, il s’agit d’une lutte tenace contre toute la logique du monde marchand. Les étudiants qui ont allumé la première étincelle de l’insurrection en refusant de payer ont affirmé la possibilité d’un nouveau mode de vie contre la barbarie économique. C’est pour cela que ce soulèvement a rapidement trouvé ses complices dans tous les territoires. Ce qui identifie les insurgés, c’est la conscience que la vie sous la domination de l’argent est matériellement et spirituellement misérable et il n’y a pas de raison que cela soit ainsi.

      Notre énergie libidinale, se trouvant maintenant détachée — pour un instant — de la tyrannie du travail salarié, se transforme en pure créativité et en fête dans la rue ! Elle est visible sous de multiples expressions. Dans certaines villes, par exemple, il y a ceux qui ont assumé la noble tâche de démolir les monuments des répresseurs coloniaux et modernes, de réaliser de grands actes de justice poétique comme celui de mettre la tête de l’un d’entre eux dans la main de l’une des figures héroïques de la résistance mapuche ou de piller des églises et monter des barricades avec leur mobilier. Certaines rues et places ont également été rebaptisées spontanément en souvenir des événements que nous avons vécus ces dernières semaines (place de la Dignité, du 18-Octobre, etc.). Dans toutes les rues il y a des fêtes spontanées au milieu des gaz lacrymogènes et des balles ; avec une cuillère en bois et un pot cabossé nous sommes tous musiciens ! Chacun sait ce qu’il veut faire, et démontre à ceux de la technocratie qu’aucune autorité n’est nécessaire pour prendre des décisions sur l’organisation de notre vie. L’intelligence et la générosité jaillissent de la masse des vivants.

      Comment faire face au terrorisme d’État ? Les moyens d’abrutissement de masse répètent le message des politiciens et des experts comme un mantra : quoi qu’il arrive, nous devons retrouver la paix. De quoi parlent-ils ? Cette paix n’était que la « coexistence pacifique » des mensonges qui règnent. N’était que cette normalité qui concentrait le massacre dans le sud du Chili contre les Mapuches, contre les populations marginalisées des villes (La Legua, Lo Hermida, etc.), dans les territoires fortement pollués pour les besoins du profit (Quintero, Puchuncaví, etc.), ou bien le maintenait « à faible intensité » car la vie que nous menions nous tuait à petits feux, à coups d’infarctus, de tumeurs cancérigènes ou de dépression. Aujourd’hui, en revanche, l’enveloppe des relations sociales capitalistes a craqué et nous voyons émerger la violence structurelle qu’elles engendrent : « Le Chili s’est réveillé », dit le cri collectif.

      Dans l’extrême grotesque du monde à l’envers, les politiciens accrochés au pouvoir essaient de nous diviser en servant leur vieux discours moralisateur et culpabilisateur. Ces derniers jours, une nouvelle forme de manifestation sociale est apparue. Les masses arrêtent la circulation, les automobilistes doivent sortir de leurs véhicules et danser avec les gens pour qu’on les laisse passer. Dimanche après-midi, un citoyen américain qui se trouvait au milieu d’une de ces manifestations a tiré sur ceux qui protestaient, affirmant qu’il s’agissait de « défense légitime ». Depuis, l’État condamne ce type de manifestation comme torture psychologique. C’est une « pratique fasciste », disent-ils, « une forme d’humiliation pour vous enlever votre dignité et vous dire que votre vie ne vous appartient pas, que nous la contrôlons et que vous ferez ce que nous vous demandons de faire ». Quelle ridicule absurdité ! Pour eux, cette forme de rencontre sociale est comparable à la violence de l’extermination nazie car la coquille de leur névrose empêche toute spontanéité et, pour la première fois, face à l’irruption de la vitalité, ils éprouvent la terrible douleur de leur congélation. Ils ne peuvent pas jouer ; la seule chose qu’ils peuvent vouloir, c’est que nous soyons là pour leur lécher les bottes dans le silence de leur absence de vie. Ce sont les gilets jaunes [1], ceux qui sortent avec des armes (battes de base-ball, clubs de golf et pistolets) en chantant l’hymne national, prient pour défendre ce monde qui s’écroule et prétendent que les gens qui donnent à manger et à boire dans les manifestations sont financés par des factions internationales de gauche. Les pauvres ! Ils n’ont jamais connu la solidarité humaine : pour eux tout s’achète, même l’empathie.

      Il y a ceux qui craignent que ce grand soulèvement ne se termine dans un bain de sang. Je sais que le sang sera versé, que ce soit par les forces de l’ordre qui parviennent à nous écraser ou que nous parvenions, nous, à les dissoudre et à nous en libérer ainsi que de l’obligation du travail salarié pour toujours. Mais, bien qu’il n’y ait aucune garantie de victoire finale sur le système producteur de marchandises, cette rupture nous a apporté un tel plaisir collectif qu’elle contient, ici et maintenant, un triomphe du mouvement contre la non-vie capitaliste.

      Bien qu’ils veuillent continuer à nous sucer le sang et à nous faire reprendre le travail, pour nous isoler, nous faire vivre pour acheter, et qu’ils essaient de canaliser l’énergie de ce soulèvement en nous offrant une nouvelle distribution de la misère, le masque du bien-être social du pouvoir est tombé. Pour la première fois, nous observons collectivement, sans crainte, le visage grotesque du clientélisme politique, la nature violente de la démocratie, le cynisme des gestionnaires de la réorganisation sociale et le terrorisme de l’État mafieux, et nous réalisons que nous n’avons qu’un seul choix : nous libérer de l’esclavage volontaire et organiser la production de tous les aspects de notre vie sociale.

      Plus de vingt jours de ce travail collectif sont passés. Nous sommes encore éveillés, plus vivants que jamais. Ils nous ont tant enlevé que nous avons perdu jusqu’à notre peur. Avec ou sans appel officiel, les gens descendent massivement dans les rues de plusieurs villes du Chili. C’est comme si la lutte pour la vie s’était transformée en un mode de vie.

      Nos morts nous inspirent à faire surgir en nous une nouvelle vie.

      Traduit de l’espagnol (Chili) par Marina Urquidi.
      Notes
      [1] Au Chili, ce sont ceux qui défendent le pouvoir en place qui portent des gilets jaunes.
      #raoul_vaneigem #vaneigem #Chili #Danse #manifestation

  • Un spectre hante l’Hémisphère occidental : le spectre de la démocratie

    Un espectro se cierne sobre el Hemisferio Occidental: el espectro de la democracia
    https://www.elnacional.com/mundo/un-espectro-se-cierne-sobre-el-hemisferio-occidental-el-espectro-de-la-d

    Por Michael Kozak, secretario de Estado adjunto interino para Asuntos del Hemisferio Occidental, de Estados Unidos

    En ciudades a lo largo de las Américas, las calles han sido recientemente inundadas por protestas, algunas de ellas violentas. Una vez más, algunos críticos intentan mostrar a los Estados Unidos como un actor a su conveniencia, y apelan para esto a un marco ideológico obsoleto, de los tiempos de la Guerra Fría. Los Estados Unidos tal vez no siempre coincida con las políticas o la retórica de sus vecinos pero los Estados Unidos sí los respeta; respetamos su derecho a la autodeterminación democrática. Sin embargo, compartimos una responsabilidad inherente a vivir en este hemisferio de libertad.

    La autodeterminación democrática exige el compromiso de respetar los derechos humanos, la separación de poderes y el Estado de derecho. Cuando actores autoritarios subvierten el Estado de derecho democrático para aferrarse al poder o al lucro ilegítimo, como comunidad tenemos la obligación de unirnos a nuestros vecinos y apoyar a quienes responden a través de las instituciones constitucionales democráticas.

    Esto se aplica a Venezuela, donde Nicolás Maduro manipuló una elección inhabilitando a sus opositores, censurando a medios de comunicación y recurriendo directamente al fraude electoral en mayo de 2018. Si bien casi todos los países de nuestro hemisferio ahora reconocen la legitimidad del presidente interino Juan Guaidó, Venezuela sigue padeciendo la gestión nefasta y autoritaria de Maduro y su violenta represión del pueblo venezolano. Como ciudadanos de las Américas, todos compartimos una obligación hacia Venezuela y su pueblo de ayudarles a terminar con la tiranía de Maduro y restablecer la democracia en su país.

    Esto se aplica al caso de Bolivia, donde el ahora expresidente Evo Morales intentó subvertir el proceso democrático. Hizo caso omiso de los límites de períodos de gobierno establecidos en la constitución, debilitó la separación de poderes copando las instituciones judiciales y electorales con sus acólitos, y luego recurrió directamente al fraude en un intento de permanecer en el poder. El pueblo boliviano y las instituciones se unieron en defensa de su constitución y en contra de esta captura de poder, y Morales abandonó su cargo y se fue de Bolivia. El pueblo de Bolivia, incluidos numerosos miembros del movimiento político que en su momento Morales llevó al poder, están avanzando en el delicado proceso orientado a restituir el poder al pueblo. Al igual que con Venezuela, estamos del lado de nuestros vecinos bolivianos en su construcción de un futuro democrático.

    Sin embargo, aunque defendemos el derecho de reunión, no podemos apoyar ciegamente la tiranía de las protestas callejeras violentas en lugares donde existen vías democráticas legítimas para la expresión política. En estos lugares, las protestas pacíficas ofrecen al pueblo otra vía para la expresión y para el diálogo con sus líderes políticos. Lamentablemente, también hemos visto agitadores que, a veces con el apoyo de regímenes extranjeros, tomaron de manera violenta estas protestas en una apuesta por frustrar o revertir logros democráticos.
    […]

    #Venezuela, #Bolivie et, sans le nommer, #Chili

    • A specter is haunting the Western Hemisphere – the specter of democracy
      version originale à suivre dans la même page.

      By Michael Kozak, Acting Assistant Secretary for Western Hemisphere Affairs, U.S. Department of State

      Sometimes-violent protests have recently filled the streets of cities across the Americas. Some critics once again seek to cast the United States as a convenient foil, using an outdated Cold War-era ideological framework. The United States may not always agree on policy or rhetoric, but the United States respects our neighbors; we respect their right to democratic self-determination. But we share a responsibility that comes with living in this hemisphere of freedom.

      Democratic self-determination demands a commitment to the respect for human rights, the separation of powers, and the rule of law. When our neighbors are tested, and when authoritarians subvert the democratic rule of law to retain power or unlawful profit, we as a community have an obligation to come together and support those who push back through democratic, constitutional institutions.

      This applies in Venezuela, where Nicolás Maduro rigged an election by disqualifying his opponents, censoring the media, and engaging in outright vote fraud in May 2018. While almost all countries from our hemisphere now recognize the legitimacy of interim President Juan Guaidó, Venezuela continues to suffer under Maduro’s authoritarian misrule and his violent repression of the Venezuelan people. As fellow Americans, we all share an obligation to Venezuela and her people to help them end the tyranny of Maduro and restore democracy to their country.

      This applies in Bolivia, where now-former President Evo Morales tried to subvert the democratic process. He disregarded constitutional term limits, eroded separation of powers by filling the judiciary and electoral institutions with his cronies, and then engaged in outright fraud in an attempt to remain in power. The Bolivian people and institutions rallied in support of their constitution and against this power grab and Morales abandoned his office and Bolivia. The people of Bolivia, including many members of the political movement Morales once led to power, are making progress in the delicate process of returning power to the people. Like in Venezuela, we stand on the side of our Bolivian neighbors as they build their democratic future.

      However, while we defend the right of assembly, we cannot support blindly the tyranny of violent street protests in places where legitimate democratic paths of political expression are available. In such places, peaceful protests afford the people another avenue for expression and dialogue with their political leaders. Unfortunately, we also have seen spoilers, oftentimes supported by foreign regimes, violently hijack these protests in a bid to thwart or undo democratic outcomes.

    • Les Amériques, mais pas que…

      WP[en] détaille de façon presque fétichiste les États ayant un bout dans l’H. occ.
      https://en.wikipedia.org/wiki/Western_Hemisphere

      Mais à tout seigneur, tout honneur,…

      As an example of totum pro parte, the term Western Hemisphere is widely used by the United States government to mean the Americas.

      … suit immédiatement une palanquée de notes pointant vers des administrations états-uniennes qui structurent leur relations extérieures autour de cette dichotomie du monde.

      Cette version moderne de la #doctrine_de_Monroe, suivie du #corollaire_Roosevelt est largement partagée chez nos amis (?) états-uniens. Là-bas, on dit bipartisan

      Il y a bientôt un an :
      Joe Biden : The Western Hemisphere Needs U.S. Leadership | Americas Quarterly
      https://www.americasquarterly.org/content/joe-biden-western-hemisphere-needs-us-leadership

    • Et de l’autre côté (du mauvais côté ?) du monde :

      Eastern Hemisphere - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/Eastern_Hemisphere

      The Eastern Hemisphere may also be called the "Oriental Hemisphere". In addition, it may be used in a cultural or geopolitical sense as a synonym for the “Old World”.

      Un spectre hante l’Hémisphère oriental, le spectre d…

      (bon, on avait bien une version du spectre pour l’Europe, mais il n’est pas exclu, étant donné le caractère simplificateur et manichéen de nos amis (?), Hémisphère oriental = Vieux Monde = Europe.)

    • non mais wikipedia et la cartographie c’est encore pire que wikipedia et les maths… incompréhensible et bien souvent faux :)

      Western Hemisphere | Definition | Britannica
      https://www.britannica.com/place/Western-Hemisphere

      Western Hemisphere, part of Earth comprising North and South America and the surrounding waters. Longitudes 20° W and 160° E are often considered its boundaries. Some geographers, however, define the Western Hemisphere as being the half of Earth that lies west of the Greenwich meridian (prime meridian, 0° longitude) continuing to the 180th meridian. According to this scheme, the Western Hemisphere includes not only North and South America but also portions of Africa, Europe, Antarctica, and Asia.

  • Cile: foto per la resistenza


    Légende:

    Chilean demonstrators resist on the frontline against Police’s water canon behind improvised shields in Plaza Italia (renamed Plade de la Dignidad) on November 28, 2019, Santiago, Chile. The ongoing civil protests started the mid of October against Piñera government in response of the increased cost of living, inequality and privatization.

    Il fotoreporter #Fabio_Bucciarelli realizza uno scatto che racconta quanto sta accadendo nel Paese: la ricerca del cambiamento e la richiesta di democrazia

    https://www.atlanteguerre.it/cile-foto-per-la-resistenza

    #photographie #résistance #Chili
    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere

  • Elles sont les chiliennes qui ont créé « Un violeur sur ton chemin »

    https://came2016.wordpress.com/2019/11/29/elles-sont-les-chiliennes-qui-ont-cree-un-violeur-sur-ton-chemin

    Traduction de l’article Ellas son las chilenas que crearon « Un violador en tu camino » paru dans verne.

    La chanson est devenue virale durant les manifestations pour éradiquer la violence faite aux femmes au Chili : « Le violeur c’est toi »

    Quatre femmes de 31 ans ont organisé une manifestation féministe avec une centaine de voix. « Et ce n’était pas ma faute, ni où j’étais, ni comment j’étais habillée », dit le couplet le plus répété de cette intervention. « Le violeur c’est toi », accusent les paroles de cette chanson qui a été partagée par les médias au niveau international.

    On parle du collectif Lastesis [les thèses en français ndltrad], fondé par Dafne Valdés, Paula Cometa Sibila Sotomayor et Lea Cáceres, toutes originaires de Valparaíso au centre du Chili. « On s’appelle Lastesis parce que notre postulat est d’utiliser des thèses de théories féministes et de les mettre en scène pour que le message se diffuse. », disent trois des quatre filles de la côte à Verne, par téléphone.

    J’avais modestement tenté, via @karacole, une traduction des paroles le jour même par ici https://nantes.indymedia.org/articles/47543 et j’ai l’impression que @sinehebdo était venu m’aider en commentaire... et je le découvre grâce aux précieuses fléchettes #seenthis ici https://seenthis.net/messages/813063 , expliquant un truc qu’on n’arrivait pas à comprendre avec d’autres, et qu’explique ici Camé :

    Un des couplets de cette chanson est un extrait de l’hymne des carabineros chiliens. « Il est déplacé de dire que la police veille sur le sommeil des femmes, c’est pour ça que nous les citons, pour mettre en évidence la contradiction, ironiquement. », commentent les chiliennes. Il s’agit de de la cinquième strophe de l’hymne des carabineros. « Dors tranquille, petite fille innocente, sans te préoccuper des bandits, car pour ton sommeil doux et souriant veille ton aimant carabinero ».

    #feminisme #hymne #culture_du_viol

  • #Albertina_Martínez_Burgos
    Chili : assassinat d’une femme photographe, découverte battue et poignardée chez elle. Son appareil photo, son ordinateur et ses photos ont disparu.

    Conmoción en Chile : hallaron muerta a puñaladas y brutalmente golpeada a la fotoperiodista Albertina Martínez Burgos - Infobae
    https://www.infobae.com/america/america-latina/2019/11/23/conmocion-en-chile-hallaron-muerta-a-punaladas-y-brutalmente-golpeada-a-la-

    Su familia y el movimiento feminista “Ni una menos” denunciaron que desaparecieron su computadora y su cámara de fotos. Participaba activamente registrando la represión y los abusos hacia mujeres comunicadoras en el marco de las protestas contra el gobierno de Sebastián Piñera
    […]
    Al igual que el movimiento, su familia reparó en el robo de sus herramientas de trabajo y la producción fotográfica y exigió justicia.

  • La renaissance de l’humain est la seule croissance qui nous agrée

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/La-renaissance-de-l-humain-est-la-seule-croissance-qui-nous-agree

    Les coups de boutoir que la liberté porte à l’hydre capitaliste, qui l’étouffe, font fluctuer sans cesse l’épicentre des perturbations sismiques. Les territoires mondialement ponctionnés par le système du profit sont en butte à un déferlement des mouvements insurrectionnels. La conscience est mise en demeure de courir sus à des vagues successives d’événements, de réagir à des bouleversements constants, paradoxalement prévisibles et inopinés.

    Deux réalités se combattent et se heurtent violemment. L’une est la réalité du mensonge. Bénéficiant du progrès des technologies, elle s’emploie à manipuler l’opinion publique en faveur des pouvoirs constitués. L’autre est la réalité de ce qui est vécu quotidiennement par les populations.

    D’un côté, des mots vides travaillent au jargon des affaires, ils démontrent l’importance des chiffres, des sondages, des statistiques ; ils manigancent de faux débats dont la prolifération masque les vrais problèmes : les revendications existentielles et sociales. Leurs fenêtres médiatiques déversent chaque jour la banalité de magouilles et de conflits d’intérêts qui ne nous touchent que par leurs retombées négatives. (...)

    #conscience #réalités #mensonge #dévastation #violence #La_Boétie #vie_quotidienne #souveraineté #capitalisme #explosion #Mirbeau #autonomie #auto-organisation #autodéfense #offensive #insurrections #écologistes #utopie #Gilets_jaunes #Chili #zapatistes #Rojava #Catalogne #Iran

    • Pour information, dans le mail qui accompagnait ce texte.

      A toutes et à tous,

      Je prépare l’édition d’un petit livre intitulé Textes et entretiens sur l’insurrection de la vie quotidienne, qui doit paraître aux éditions Grevis, en avril 2020. J’ai ajouté à ces interventions, qui vont de novembre 2018 à août 2019, des remarques susceptibles de contribuer aux débats et aux luttes en cours en France et dans le monde.

      La date tardive de parution du livre m’a suggéré de diffuser dès maintenant sur les réseaux sociaux ces propos sur la renaissance de l’humain. Leur lecture peut être utile avant la comédie étatique des élections municipales françaises, et en raison des flux et des reflux insurrectionnels où la moindre initiative d’individus et de collectivités, animés par la redécouverte de la vie et du sens humain, revêt une importance croissante.

      Libre à vous d’en faire (ou non) l’usage qui vous plaira.
      #raoul_vaneigem #vaneigem

  • Joshua Potash 🆘 sur Twitter : “Protesters in Chile brought down this statue Spanish conquistador Pedro Valdivia, the first governor of Chile. He was an oppressor and exterminator of native Americans. And the people are ecstatic to bring down this symbol of everything they oppose.” / Twitter
    https://twitter.com/JoshuaPotash/status/1195827248638693376

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1195516938182627329/pu/vid/480x600/bOtOUlzrgCqB5rpD.mp4?tag=10

    #Chili

  • #Colombie, Chili, Bolivie : les informations de la nuit
    https://www.courrierinternational.com/article/pendant-que-vous-dormiez-destitution-colombie-chili-bolivie-l

    #Chili : nouveaux incidents violents lors de manifestations. “De graves incidents dans diverses régions” ont marqué “une nouvelle journée de manifestations” jeudi au Chili, résume La Tercera. Alors que la crise sociale dure depuis plus d’un mois, le quotidien fait notamment état de l’incendie et du saccage d’un centre commercial à Quilicura, au nord de Santiago, après un rassemblement pour protester contre des tortures que des policiers auraient infligées à de jeunes manifestants. Et fait part de l’arrêt d’un service de train à Valparaiso, où des “manifestations massives” se sont “soldées par des troubles”. Le mouvement de protestation sociale qui a débuté le 18 octobre est le plus important que le Chili ait connu en trois décennies. Vingt-deux personnes ont été tuées pendant ces manifestations.

    #Bolivie : la police disperse une grande marche antigouvernementale. La police bolivienne a dispersé jeudi au gaz lacrymogène une vaste marche antigouvernementale à La Paz, tandis que le Congrès discutait des moyens de sortir de la grave crise politique que connaît la Bolivie. Des milliers de personnes portant les cercueils de cinq victimes tuées mardi dans des heurts étaient descendues d’El Alto, ville jumelle de La Paz considérée comme un bastion de l’ancien président Evo Morales. “Les incidents ont commencé lorsque les manifestants ont placé l’un des cercueils sur un char militaire, qu’une personne est montée dessus et a agité un wiphala (l’emblème multicolore des peuples indigènes), provoquant une réaction des troupes”, raconte El Deber. L’“énorme vague de gaz lacrymogène” qui a suivi a “causé des évanouissements et des chutes au milieu du tumulte”, selon le journal.

    • Pour celles et ceux qui ne savent pas de quoi on parle : La Mimo, une militante de 36 ans qui participait à toutes les manifs à Santiago, au Chili (sous une forme particulièrement violente puisqu’elle était mime et déguisée en clown), a été arrêtée pendant l’État d’Urgence par la police chilienne, puis violée, torturée, assassinée, et finalement son cadavre pendu à une grille, dans la rue...

      Non, on n’est pas en 1973, mais bien en 2019, et c’est pour ça qu’ils ne lui ont pas coupé les doigts...

      Un article en espagnol :

      « La Mimo » : la artista que apareció colgada en medio de la represión en Chile
      El Patagonico, le 21 novembre 2019
      https://www.elpatagonico.com/la-mimo-la-artista-que-aparecio-colgada-medio-la-represion-chile-n5066721/amp

    • Je n’arrive pas à trouver d’informations précises. Les seules informations disant qu’elle a été torturée et violée venant du collectif « Ni una menos ». Quand quel jour son corps a-t-il été retrouvé ? (le dimanche 20 apparemment) De quand est la date de son décès d’après les médecins ? Par qui a-t-elle été auscultée (les médecins de l’état/police ? des médecins indépendants ?)

      À la fois on n’a pas envie d’y croire car c’est super horrible, à la fois on a envie d’y croire car ça prouve que le gouvernement et la police sont de nouveau comme la dictature, et que c’est des gros méchants et que nous on est du bon côté, mais dans tous ça, c’est bien d’avoir des précisions sur les infos quand même, autre que des circulations de réseaux sociaux (et comme j’ai plus beaucoup de vocabulaire espagnol, c’est compliqué de trouver pour l’instant).

    • La plupart des articles utilisent le conditionnel ; celui ci, daté du 21/11, ne l’utilise pas sur les faits : La Mimo a été retrouvée pendue, accrochée à une grille, le dimanche 20 octobre.

      Conmoción en Chile por artista violada, asesinada y colgada de una reja
      https://www.periodicoelprogreso.com/conmocion-en-chile-por-el-asesinato-de-daniela-carrasco/57019/2019

      Se trata de Daniela Carrasco. Culpan a las fuerzas policiales.

      La muerte de Daniela Carrasco, la artista callejera conocida como ‘La Mimo’, causa conmoción en Chile. El cuerpo de la mujer fue hallado colgando de una reja y acusan a las fuerzas policiales del país andino haberla secuestrado, violado y asesinado.

      El domingo 20 de octubre, ‘La Mimo’, de 36 años de edad, fue encontrada ahorcada, colgada de una reja en un paraje cercano al Parque André Jarlan. La zona queda en la comuna de Pedro Aguirre Cerda, en el sector sur de Santiago de Chile.

      En redes sociales circularon versiones que refieren que la última vez que Carrasco fue vista con vida había sido detenida por carabineros. Las dudas se acrecentaron con la difusión de un video, en el que un hombre encuentra colgado el cuerpo de una persona —presuntamente ‘La Mimo’— en la comuna de Pedro Aguirre Cerda.

      El Sindicato Nacional Interempresa de Actores y Actrices de Chile (Sidarte) exigió el esclarecimiento de las circunstancias de la muerte de la artista. “El Estado de Chile debe responder y transparentar la participación de fuerza policial en su muerte. Estamos consternados y exigimos justicia”, publicó el Sidarte en su cuenta de Twitter.

      Por su parte, el colectivo feminista #NiUnaMenos-Chile denunció en la misma red social que a Daniela Carrasco “la ultrajaron, torturaron y asesinaron”.

      El colectivo feminista reiteró la exigencia de investigar y esclarecer el “feminicidio” de ‘La Mimo’, que supuestamente ocurrió en medio del estado de emergencia y toque de queda decretados por el presidente Sebastián Piñera, tras las fuertes protestas en varias ciudades chilenas para exigir su renuncia.

    • Cet article, en date du 26/10/19, de La República péruvienne contient les mêmes informations factuelles sur la découverte du corps et du conditionnel pour les circonstances (viol par du «  personnel en uniforme  »…).

      Chile : hallan muerta a artista callejera y exigen investigar a policías
      https://larepublica.pe/mundo/2019/10/26/protestas-santiago-de-chile-crisis-en-chile-daniela-carrasco-la-mimo-que

      Algunas fuentes aseguran que Daniel Carrasco, conocida como ‘La Mimo’, fue abusada sexualmente por uniformados antes de ser ahorcada. Diversas agrupaciones exigen investigar su caso.
      […]
      A la fecha, 19 personas murieron por los enfrentamientos contra las autoridades. Dentro de esta lamentable cifra se encuentra Daniela Carrasco, una artista callejera de 36 años a quien conocían como ‘La Mimo’.

      El cadáver de la mujer fue encontrado colgado de una reja de la comunidad Pedro Aguirre Cerca, al sur de Santiago de Chile.

    • En italien

      "È stata rapita dalle forze militari nei giorni della protesta il 19 ottobre"denuncia il sindacato nazionale di attori e attrici del Cile, che in questi giorni ha chiesto il chiarimento delle circostanze della morte di Daniela Carrasco. "Lo Stato del Cile deve rispondere e rendere trasparente la partecipazione delle forze di polizia alla sua morte. Siamo sgomenti e chiediamo giustizia". Il corpo è stato scoperto lo scorso 20 ottobre appeso a una recinzione in un luogo vicino al parco André Jarlan, nel comune di Pedro Aguirre Cerda, nel settore meridionale di Santiago del Cile. Il corpo della ragazza appeso all’inferriata, filmato con un cellulare è ora finito in un video diventato virale. Dall’ufficio della Polizia hanno fatto sapere che si trattava di suicidio. Il rapporto ufficiale, infatti, ha negato tracce di violenza sessuale, di sevizie e ha attribuito la morte all’impiccagione, che sarebbe avvenuta per mano della stessa Daniela.

      continua su: https://www.fanpage.it/esteri/la-morte-di-daniela-carrasco-violata-torturata-ed-esposta-impiccata-come-un-
      http://www.fanpage.it

    • Émission du 27/10/19, la position officielle du procureur est que le décès est qualifié de suicide : elle serait morte asphyxiée, par elle-même, sans trace d’aucune autre agression (1:10-1:26)

      Investigan muerte de mujer encontrada ahorcada en sitio eriazo de Pedro Aguirre Cerda - La Red : La Red
      https://www.lared.cl/2019/programas/asi-somos/investigan-muerte-de-mujer-encontrada-ahorcada-en-sitio-eriazo-de-pedro-aguirr

      El domingo pasado Daniela Carrasco fue encontrada muerta.

      –---------------

      Version reprise aujourd’hui même 22/11/19 par El Dínamo, journal chilien :
      Le procureur a qualifié le décès de suicide, le rapport de la médecine légale indiquant la cause de décès asphyxie par pendaison, l’intervention de tiers étant exclue

      Crisis social : las 23 muertes que son investigadas por la fiscalía
      https://www.eldinamo.cl/nacional/2019/11/22/muertes-fiscalia-crisis-social-fallecidos-investigaciones

      Daniela Carrasco
      Otra de las investigaciones abiertas de la Fiscalía Metropolitana Sur tiene relación con la muerte de la artista callejera de 36 años, Daniela Carrasco, quien fue hallada sin vida colgando de una reja en un sitio eriazo en la comuna de Pedro Aguirre Cerda, cerca del Parque André Jarlan.

      El caso fue descubierto luego de que un hombre que pasaba por el lugar grabó un video de la situación, quien sospechaba que la joven había sido víctima de violencia policial, incluso se especuló que la artista había sufrido abuso sexual.

      Sin embargo, desde la fiscalía señalaron que el deceso de Carrasco está siendo indagado como suicidio, ya que el informe del SML determinó que la causa de muerte fue asfixia por ahorcamiento, descartando la participación de terceros en la muerte.

      On notera que la quasi totalité des cas de «  décès du fait de la crise sociale  » abordés dans l’article d’ El Dínamo résultent de causes extérieures à l’action des forces de maintien de l’ordre, genre : suicide dans le commissariat

    • #JusticiaparaElMimo: il mondo intero chiede la verità sulla manifestante torturata e uccisa in Cile

      Daniela Carrasco uccisa in Cile: i social si mobilitano per Mimo

      “Daniela è stata violentata, torturata e impiccata perché simbolo delle proteste in Cile”, denuncia il coordinatore di “Ni Una menos” e i social network si mobilitano per chiedere chiarezza sulla morte di Daniela Carrasco, la 36enne artista di strada e simbolo delle proteste in Cile, ritrovata impiccata domenica 20 ottobre.

      Un evento tragico risalente ormai ad un mese fa, di cui i media non hanno dato notizia fino alle scorse ore perché il 20 novembre è arrivata la perizia sul corpo della giovane donna ma la sua morte resta ancora avvolta nel mistero.

      L’hashtag #JusticiaparaElMimo fa il giro del mondo e il naso rosso di Mimo inonda le bacheche di centinaia di migliaia di persone che vogliono la verità sull’omicidio che scuote il Cile.

      “Quando l’odio diventa codardo se ne va mascherato in società e si fa chiamare ‘giustizia’”, recita una vignetta condivisa su Twitter e dedicata alla giovane uccisa durante gli scontri antigovernativi che da quattro settimane stanno martoriando il Cile.

      L’artista di strada 36enne è stata ritrovata morta impiccata. In un primo momento era stato ipotizzato il suicidio, ma altri dettagli stanno emergendo anche grazie alla mobilitazione dei cittadini e del web. Una reazione che non conosce confini e valica le frontiere del Cile: a chiedere chiarezza c’è anche l’associazione italiana Non una di meno.

      “La vergogna delle barbarie umane si ripeterà sempre tra l’indifferenza e la connivenza”, scrive qualche altro utente. E c’è chi parla perfino di “femminicidio di Stato”.

      A lanciare sospetti sulla sorte di Daniela Carrasco e sulle altre vittime di violenza in Cile sarebbero anche le parole del presidente Sebastian Piñera il quale ha confermato gli abusi sui manifestanti da parte delle forze dell’ordine. “C’è stato un eccessivo uso della forza, ci sono stati abusi e i diritti di tutti non sono stati rispettati”, ha detto in conferenza stampa Piñera.

      https://www.tpi.it/esteri/daniela-carrasco-mimo-cile-campagna-social-20191122502504

    • *Cile, è ancora avvolta nel mistero la morte di Mimo:

      “Torturata per aver preso parte alle proteste”*

      Daniela Carrasco è stata trovata impiccata ad un albero: la prima ipotesi era di suicidio. La donna, conosciuta come «El mimo», aveva preso parte alle proteste che stanno infiammando il Cile. Non si esclude che la sua morte sia dovuta a torture e violenze sessuali.

      Cile, Mimo è morta in strane circostanze dopo le proteste

      In Cile va avanti da quattro settimane una violenta guerriglia urbana in seguito alle proteste iniziate il 14 ottobre contro i costi del servizio pubblico. I cortei, iniziati nella capitale Santiago, hanno poi assunto la dimensione nazionale contro le politiche del Governo e il bilancio è di 22 morti e oltre 2000 feriti.

      Tra le morti verificatesi, spicca quella di Daniela Carrasco, donna di 36 anni, artista di strada conosciuta come “La Mimo”. Nella giornata di mercoledì 20 novembre è stato consegnato ai suoi genitori la perizia effettuata. Dopo la prima ipotesi del suicidio, si fa strada anche l’opzione di una morte “simbolica”, a seguito di torture e violenze sessuali, che servisse da monito alle donne cilene.

      Daniela Carrasco è stata ritrovata domenica 20 ottobre senza vita impiccata ad un albero nelle vicinanze del arco “André Jarlan”, nel comune di Pedro Aguirre Cerda.

      Inizialmente, i medici avevano ipotizzato un suicidio, e dalla perizia, che ha accertato la morte per soffocamento. Non risulterebbero dal rapporto della polizia scientifica violenze né torture, almeno secondo le fonti ufficiali e le dichiarazioni del procuratore.

      Tra chi chiede giustizia per la donna che aveva preso parte alle manifestazioni cilene infatti sta prendendo piede un’altra ricostruzione.

      Daniela Carrasco sarebbe stata infatti vittima di terribili torture e ripetute violenze sessuali, per erigerla a esempio per tutte le donne che stanno scendendo in piazza nell’ultimo mese per protestare contro il governo cileno. Sarebbero infatti molte le donne scomparse a seguito delle proteste.

      A sostenere questa ipotesi è il coordinatore di “Ni Una menos“, il corrispettivo cileno dell’organizzazione Non una di meno, che sui social network ha denunciato come Daniela sia stata “è stata violentata, torturata, nuovamente violentata fino al punto di toglierle la vita”. Accuse sostenute anche dalla rete di attrici cilene, secondo cui la 36enne “è stata rapita dalle forze militari nei giorni della protesta il 19 ottobre”.
      Il presidente Pinera ammette gli abusi

      Intanto, il presidente cileno Sebastian Pinera ammette i recenti abusi della polizia sui manifestanti: “C’è stato un eccessivo uso della forza, ci sono stati abusi e i diritti di tutti non sono stati rispettati”, ha detto nel corso di una conferenza stampa al palazzo presidenziale de La Moneda ha riconosciuto un eccesso di violenza da parte delle forze dell’ordine nella repressione delle proteste e dei disordini.

      Il presidente ha aggiunto, nel corso del suo discorso di domenica, che “né gli atti di inusitata violenza né gli abusi resteranno impuniti”, garantendo adeguata assistenza affinché “le procure e i tribunali possano indagare e fare giustizia”.

      Quella giustizia che ancora non è stata fatta per la morte di Mimo.

      https://www.tpi.it/esteri/cile-proteste-morte-mimo-daniela-carrasco-20191121501561

    • Comme ce serait formidable d’avoir la traduction Deepl (500€/an) qui respecte beaucoup mieux le féminin, les textes originaux, les noms d’associations … et les sauts de lignes, utilise un français correct ou un procuratore ne devient pas avocat par un tour de passe passe de traduction !

      par exemple Deepl traduit

      Pour étayer cette hypothèse, le coordinateur de « Ni Una menos », l’homologue chilien de l’organisation Non una di meno, a dénoncé sur les réseaux sociaux comment Daniela a été "violée, torturée, violée à nouveau au point de prendre sa vie. Accusations également soutenues par le réseau d’actrices chiliennes, selon lesquelles la jeune femme de 36 ans « a été enlevée par les forces militaires pendant les jours de la manifestation du 19 octobre ».

      tandis que GooG accumule les erreurs

      Pour soutenir cette hypothèse, le coordinateur de « Ni Una menos », correspondant chilien de l’organisation Pas de moins, qui sur les réseaux sociaux a dénoncé comment Daniela était « a été violée, torturée, encore violée au point de la renvoyer la vie ». Accusations également soutenues par le réseau d’actrices chiliennes, selon lequel le jeune homme âgé de 36 ans « a été kidnappé par les forces militaires à l’époque de la manifestation du 19 octobre ».

    • C’est un peu ce que je demandais dès le départ : qui a fait faire l’autopsie, la police, la famille ? Et du coup en fait ça fait une semaine ou plus que sur tous les réseaux sociaux, les gens partagent en chaine le fait qu’elle a été torturée et tuée et que c’est une martyre, et en fait sa famille elle-même dit qu’elle s’est suicidée ? (mais elle a très bien pu se suicider après s’être fait torturer et violer, ça non plus c’est pas impossible et pas clair ! sauf que qui a dit qu’elle s’est faite violée, est-ce que c’est l’autopsie demandée par la famille aussi ou d’autres gens sans preuves ? j’ai pas réussi à comprendre d’où venait cette première info !)

      Bref, faut continuer de chercher et recouper vraiment les infos…

    • Ce que l’on entrevoit dans la vidéo de la découverte de son corps, suspendu à une grille, ne milite pas vraiment pour un suicide.

      Pour le reste, la confiance qu’on peut accorder à la police et à la médecine légale dans ce contexte est toute relative.

      Et dans un contexte de répression violente, avec certainement des éléments durs dans les forces de répression, chercher une source fiable semble difficile, voire dangereux.

    • Je sais bien pour le contexte, mais ya quand même pas que les infos de la police qui arrivent non ? D’où ma question de savoir d’où venaient les infos concrètement, évidemment que si les seules infos viennent des médecins de la police il ne faut pas faire confiance ! Mais ça n’empêche que pour affirmer des choses il faut forcément se baser sur des faits, il faut que Ni una menos ait pu voir le corps, voir des marques, etc, pour affirmer ensuite des choses. Dans toutes les déclarations je ne vois aucune mention indiquant d’où sortent les informations alors qu’il pourrait y avoir des phrases du genre « Nous avons pu voir son corps et nous avons vu… » ou même « Des conaissances ont pu voir son corps… » mais non, ya aucune indication du tout.

      La déclaration officielle de l’association « Avocates féministes du Chili », qui bosse directement et bénévolement pour la famille de Daniela, c’est pas une information aussi fiable que le reste ? Elles indiquent que ça pourrait décrédibiliser le mouvement social de propager des infos sans sources. Mais après je ne connais pas les forces en présence, peut-être que c’est une association de bourgeoises hors du mouvement social et qu’il ne faut pas leur faire confiance. Je n’ai pas encore trouvé de réaction de Ni una menos à cette déclaration.

      https://twitter.com/Abofemcl/status/1197997836299833344

      DECLARACIÓN PÚBLICA SOBRE MUERTE DE DANIELA CARRASCO
      El 20 de octubre, en pleno estallido de la crisis que hasta hoy atraviesa nuestro país, el cuerpo sin vida de Daniela Carrasco (36 años), más conocida como “La Mimo” apareció en la comuna de Pedro Aguirre Cerda.

      En medio de la crispación de esos días, distintas declaraciones fueron emitidas por organizaciones y colectivos, indicando que había pruebas de ensañamiento, tortura y que el crimen había sido realizado por agentes del Estado.

      Apenas la noticia llegó a oídos de Abofem, nuestras socias se pusieron en contacto con la familia y hoy llevan el caso de manera pro bono.

      Es por eso que, a pesar de que nunca nos referimos a los casos que llevamos, nos vemos en la necesidad de exigirle a la ciudadanía y también a los medios de comunicación que no sigan compartiendo información sin fuentes verificadas.

      Desde Abofem instamos a respetar tanto la memoria de Daniela como a su familia, quienes en incontables ocasiones han pedido cautela y trato digno en su duelo.

      Lamentablemente, día tras día seguimos viendo noticias falsas en medios de comunicación nacionales e internacionales, lo que nos parece del todo condenable, sobre todo teniendo en cuenta nuestro actual contexto.

      Además, nos hemos visto en la necesidad de salir a apoyar a la familia, quienes han sufrido el constante asedio por parte de periodistas y curiosos, lo que se suma a nuestra labor de solicitar y verificar que por parte del Ministerio Público...

      se realicen todas las diligencias investigativas pertinentes y conducentes para descartar cualquier participación de un tercero en este lamentable hecho, con la mayor diligencia.

      Queremos recordarles que la investigación para esclarecer las circunstancias de la muerte de Daniela sigue en curso y que los antecedentes que hasta ahora se manejan indican que habría dejado una carta explicando las razones de un eventual suicidio y que no se hallaron signos evidentes o patentes de tortura o agresión sexual. Indicamos lo anterior, sin perjuicio de que los informes médicos forenses puedan indicar algo distinto más adelante.

      También queremos aclarar, a pedido de la familia de Daniela, que no han solicitado dinero por redes sociales ni están vendiendo objetos con su imagen. Cualquiera de esas situaciones, no va en beneficio de la familia y constituye un aprovechamiento que solo profundiza su dolor

      Instamos a la ciudadanía, a las organizaciones y a los medios de comunicación a elevar los estándares éticos y profesionales para no vulnerar la memoria de Daniela ni a su familia, ni tampoco deslegitimar el movimiento social con noticias falsas sin fuentes verificables.

      De todos y cada uno de nosotr@s depende darle un trato digno a cada caso que aparezca durante estos tiempos.
      Fin.

  • Lettre reçue du Chili le 14 novembre 2019
    « La lutte pour la vie s’est transformée en un mode de vie »

    https://lavoiedujaguar.net/Lettre-recue-du-Chili-le-14-novembre-2019-La-lutte-pour-la-vie-s-est

    L’État-capital en est réduit à une gestion de plus en plus répressive de la violence et ses chiens de garde n’hésitent pas à nous écraser dès que nous essayons de briser le joug de la marchandise. Les forces de l’ordre entrent en tirant dans les hôpitaux et les écoles, nous terrorisent dans nos maisons, nous font disparaître, nous emprisonnent, nous mutilent dans les rues. Le théâtre politique cherche à normaliser cette situation en utilisant les outils et les mécanismes de la démocratie. Il y a quelques jours, le Conseil de sécurité nationale, qui rassemble les plus hauts représentants de la dictature bureaucratique militarisée, a été convoqué pour organiser la répression et une série de projets de loi a été annoncée pour criminaliser les manifestations.

    Depuis le début, il s’agit d’une lutte tenace contre toute la logique du monde marchand. Les étudiants qui ont allumé la première étincelle de l’insurrection en refusant de payer ont affirmé la possibilité d’un nouveau mode de vie contre la barbarie économique. C’est pour cela que ce soulèvement a rapidement trouvé ses complices dans tous les territoires. (...)

    #Chili #soulèvement #répression #dictature #démocratie #politiciens #résistance #correspondance

  • Dans un Chili en pleine ébullition, le peuple autochtone des Mapuches fait entendre sa voix - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/161119/dans-un-chili-en-pleine-ebullition-le-peuple-autochtone-des-mapuches-fait-

    Très vite, l’un d’eux fait référence à la situation que traverse le pays : « La répression, les arrestations, la torture, les morts, ça fait des années que nous en souffrons. Le peuple mapuche ne peut que se solidariser avec le peuple chilien qui, aujourd’hui, fait face aux mêmes horreurs. »

    La semaine précédente, les #Mapuches étaient venus en masse : plus de 12 000 d’entre eux ont manifesté. À cette occasion, ils ont décapité la statue d’un des « conquistadores » (les conquérants espagnols de la colonisation) trônant en ville. Cette fois, ils sont seulement quelques centaines mais savent se faire remarquer : les jeunes soufflent avec vigueur durant toute la marche dans différents instruments à vent et les cris de ralliement sont régulièrement repris en chœur. À mesure que la marche fait le tour du petit centre-ville, des étudiants de l’université voisine et quelques passants curieux les rejoignent, accompagnant le cortège jusqu’au palais du gouvernement local.

    #Chili #contestation #peuples_autochtones #répression

  • Chili : le Parlement convoque un référendum pour remplacer la Constitution héritée de Pinochet
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/15/chili-le-parlement-convoque-un-referendum-pour-reviser-la-constitution-de-pi

    Le Chili vient de conclure ce vendredi, à l’issue de plusieurs heures de négociation, un accord historique : l’organisation d’un référendum pour remplacer la Constitution héritée de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), toujours en place dans sa majeure partie malgré le retour à la démocratie. L’une des principales revendications du mouvement social qui secoue le Chili depuis la mi-octobre pourrait donc aboutir. « Cet accord constitue un premier pas, mais c’est un premier pas historique et fondamental pour commencer à construire notre nouveau pacte social, dans lequel la citoyenneté va tenir un rôle prépondérant », a déclaré le ministre de l’intérieur, Gonzalo Blumel.

    #chili #constitution #pinochet #démocratie

  • Lettre du Chili

    https://lavoiedujaguar.net/Lettre-du-Chili

    Ce que nous vivons ici est magnifique ! Cela fait deux semaines maintenant que ce soulèvement nous a permis de vaincre la peur, l’indolence et la frustration de vivre sous la dictature de l’argent, mais aussi de nous rencontrer comme êtres humains, par-delà toutes les identités qui nous avaient maintenus séparés.

    Depuis le début, cette insurrection généralisée spontanée exprime une critique en actes du mode de vie capitaliste. Elle exproprie et détruit ses symboles et ceux de l’État : supermarchés, pharmacies, banques, commissariats, édifices municipaux, etc. Ses revendications sont nombreuses, si nombreuses que chacun sait que la seule question qui se pose est celle d’un changement structurel. « Plus rien ne sera comme avant », entend-on dans les rues. Notre désir de vivre a retrouvé de la force dans l’aventure de cette lutte contre le système.

    La précarisation qui prévaut dans ce territoire et contre laquelle ce mouvement s’est levé, n’est pas le produit de mesures d’austérité. Ici, l’état de bien-être n’a jamais existé. Elle est le résultat d’un saccage organisé par l’État-Capital. (...)

    #Chili #soulèvement #Pinochet #dictature #néolibéralisme #assemblées

  • Vers une histoire de la violence , Le Courrier Suisse, 3 novembre 2019, par Francois Cusset
    https://lecourrier.ch/2019/11/03/vers-une-histoire-de-la-violence

    Vers une histoire de la violence
    La violence parle le langage du pouvoir. Le terme a toujours été le pivot d’un « tour de magie ancestral », selon ­l’historien François Cusset, qui consiste à agiter le « fantasme d’une violence imminente » pour justifier une violence « présente, dûment rationalisée ». L’histoire de la violence ? « Une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations. »
    dimanche 3 novembre 2019 François Cusset
    Vers une histoire de la violence
    Déploiement de la police montée lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris. FLICKR/CC/JEANNE MENJOULET
    Analyse

    Quand l’oligarchie athénienne qualifie de « barbare », il y a 2500 ans, l’immense majorité de la population extérieure à l’oligarchie – femmes, non-propriétaires, esclaves, étrangers, ennemis –, ce mot suffit à justifier par avance la violence d’Etat qui pourra être exercée contre eux. Et l’opération est plus explicite encore quand le conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush déclare en 2002 : « Un Etat voyou est n’importe quel Etat que les Etats-Unis déclarent tel ». Au-delà de la paranoïa belliqueuse post-11 septembre, l’arbitraire revendiqué de la formule sert à soumettre la justice à la puissance, ancestral coup de force rhétorique qui rappelle que si, comme le posait jadis (Blaise) Pascal le janséniste, « la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique », l’équilibre de ces deux pôles reste une vue de l’esprit, et l’usage officiel de la force sera toujours le meilleur moyen de s’arroger les vertus de la justice.

    Les exemples ne se comptent plus de cette vieille prestidigitation des pouvoirs, consistant à agiter le fantasme d’une violence imminente, et archaïque, pour justifier une violence présente, dûment rationalisée. Les migrants qu’on rafle et qu’on expulse pour le danger supposé de certains d’entre eux ou juste, à mots de moins en moins couverts, pour les emplois et les allocations qu’on ne peut pas distribuer sans limites, ni faire violence à ceux qui y auraient vraiment droit. Le missile israélien qui déchiquette quelques familles dans les territoires palestiniens pour l’attentat terroriste qu’ils seraient là-bas, d’après les services secrets, en train de fomenter dans l’ombre.

    Ou encore, moins spectaculaire, le militant écologiste qu’on jette en prison pour avoir arraché des plants de maïs, comme si les pesticides et les OGM n’exerçaient pas la plus grande des violences sur les corps et les biotopes. Et le jeune punk délogé avec brutalité de sous une porte cochère parce que sa forme de vie ou ses atours sont associés par la bien-pensance publique au parasitisme, au vandalisme ou à l’égoïsme anti-social. On n’est jamais très loin de l’autre bout du spectre, où la jeune femme venue déposer plainte pour agression sexuelle et le citadin gay pour insulte homophobe se voient reprocher plus ou moins implicitement un accoutrement ou des choix d’existence qui feraient violence à la bienséance voire à l’ordre public. Par cette inscription, cette façon de légitimer les arbitraires d’Etat, par les méfiances et les rancœurs qui relient les uns et les autres, la violence, bien plus que la déflagration d’un instant, est une chaîne de conséquences, une émotion circulatoire, le piège d’un circuit sans fin.

    C’est le premier problème que posent le mot et le concept de violence, qui rend difficile le travail nécessaire, mais délicat pour historiciser ces questions. Faire une histoire de la violence, pour en comprendre les formes d’aujourd’hui et l’usage tactique dans les luttes de résistance, est donc hautement problématique. Car si la violence légitime est exercée au nom d’une violence antérieure, pour « pacifier » les sociétés comme on le dit depuis la Seconde Guerre mondiale, alors tout dans une telle histoire risque bel et bien d’être à double lecture. Et de fait, le grand tournant historique ici, autour des conquêtes coloniales et de la naissance de l’Etat moderne, sur une longue période qui va du XVIe au XIXe siècles, nous a toujours été présenté comme celui d’une atténuation et d’un encadrement juridique et politique (voire « civilisationnel ») de la violence – alors que l’historiographie récente a pu enfin démentir cette approche et démontrer que les violences d’Etat et les violences coloniales ont été bien pires, par leur bilan quantitatif comme leur ordre normatif, que la conflictualité ordinaire, celle de la vie sociale traditionnelle ou des luttes intercommunautaires, qu’elles étaient censées réduire.

    A l’insécurité résiduelle, avant le Code pénal et l’éclairage nocturne, de nos villes et nos villages, où en effet on pouvait impunément détrousser le visiteur ou occire le manant, l’Etat moderne a substitué ses cadres coercitifs, normalisateurs et centralisateurs, et sa passion punitive légale, à mesure que se creusait le fossé entre le danger objectif et la sanction pénale : entre les années 1980 et aujourd’hui, par exemple, pendant que chutaient en France les taux d’homicides, mais aussi de délits pénaux moindres, la population carcérale a été multipliée par 2,3, « inutilement » en somme.

    Pour compléter ces deux axes majeurs de l’histoire politique moderne – conquête coloniale et formation de l’Etat – on peut ajouter que celle-là s’est prolongée, une fois acquises les indépendances nationales sur les continents concernés (de 1802 pour Haïti à 1962 pour l’Algérie), sous la forme d’un endocolonialisme1 du cru, entretenu par la tutelle économique et morale des anciennes métropoles, ou des nouvelles puissances. Quant à celle-ci (la formation de l’Etat), elle est ce qui a permis aux guerres entre nations voisines, qui avaient toujours existé, d’acquérir une forme rationnelle et systématique et une échelle absolument inédite, qui culminèrent avec les deux guerres mondiales et leur mobilisation totale des corps et des esprits – pas besoin d’être un naïf anarchiste pour y voir une conséquence directe de l’inflation de la forme-Etat, d’un Etat « paroxystique ». Plus simplement dit : Napoléon fait édicter les codes civil et pénal, mais il ravage l’Europe ; les papes de la Renaissance sauvent les âmes des autochtones, mais en en faisant massacrer les corps ; la France apporte en Afrique du Nord l’éducation publique et quelques infrastructures, mais aussi la torture et le racisme d’Etat ; et si lois et normes se sont imposées peu à peu dans les foyers et les rues, d’Occident d’abord, y limitant les risques de désordres imprévus, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgés de 1848, des communards de 1871, des mineurs de 1947 ou des refuzniks les plus têtus des années 1970 – ou encore, pour que nous vivions en paix à l’ère du « zéro mort » policier, sur les cadavres de Malik Oussékine, Carlo Giuliani ou Rémi Fraisse. Ou juste les 3000 blessures graves infligées par les policiers français en 30 samedis de « gilets jaunes ».

    En plus de la colonisation qui aurait sorti les peuples primitifs de l’arriération guerrière, et de l’Etat moderne qui aurait pénalisé les arbitraires locaux et les violences interindividuelles (jusqu’aux duels, dont la pratique disparaît enfin au début du XXe siècle), le troisième pilier de cette histoire de la modernité comme pacification sociale et restriction de la violence est à trouver du côté de la civilité. A partir du XVIIe siècle, la civilité est diffusée par les manuels de savoir-vivre et les nouvelles règles descendantes, prônées par l’aristocratie puis la bourgeoisie, ces règles neuves qui recommandent de ne pas se moucher dans la nappe, de discuter au lieu de frapper, d’être pudique et mesuré en toutes occasions.

    C’est la grande thèse du sociologue Norbert Elias sur le « processus de civilisation » comme intériorisation des normes et autorépression de la violence. Sauf qu’elle a été mal comprise, et que même Elias, plus subtil que ses exégètes, en énumérait les limites : la violence des barrières sociales qu’instaurent ces normes ; le mal-être et les complexes imputables à cette privatisation de l’existence ; et surtout les exceptions de taille que sont, au fil de ce processus de trois siècles, les mouvements sociaux qu’on massacre, l’Etat qui punit injustement, les peuples colonisés qui n’ont pas droit à un traitement aussi civil, les guerres de plus en plus longues et sanglantes qui dérogent à tout cela. Difficile, en un mot, de tracer ici le fil continu d’une histoire unidirectionnelle, qui verrait quand même, grosso modo, dans l’ensemble, réduite la violence collective et pacifiées les mœurs communes.

    La pire violence est rationnelle

    Une histoire de la violence à l’ère moderne doit donc être surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations sous le prétexte, multiforme et récurrent, d’en prévenir, d’en punir, d’en empêcher ou d’en « civiliser » la violence première – autrement dit, la violence instinctuelle, barbare, inéduquée, infantile, subjective, incontrôlable, là où la violence punitive, parce que légitime, et ne s’appelant donc plus violence, serait rationnelle, légale, élaborée, légitime, adulte, objective, mesurée.

    Certitude intemporelle : le pouvoir n’existe que pour pointer et endiguer une violence qu’il dit originelle. Et que celle-ci soit ou non un mythe, son discours infini sur elle et ses actes officiels contre elle finissent par la faire exister, au moins dans nos esprits rompus à l’idée qu’à l’origine est la violence (du Big Bang, de l’accouchement, ou du sauvage que personne encore n’a sauvé de lui-même) et qu’au terme d’une évolution digne, se trouverait l’apaisement (par les lois, l’éducation, l’ordre, la culture, les institutions, sans même parler du commerce).

    C’est précisément ce postulat profondément ancré, ce postulat d’une violence chaotique des origines à endiguer et à prohiber, qu’une véritable contre-histoire de la violence, ou une histoire des usages de la catégorie de violence, doit avoir à cœur de démonter – de mettre à nu. C’est aussi capital, et moralement faisable, que de démonter, sous l’occupation, le mensonge des affiches de propagande nazie qui présentaient la résistance comme violence sauvage et terrorisme meurtrier. Car ce récit des origines nous voile les vérités de l’histoire, à l’instar des fictions sur « l’état de nature », bien sûr introuvable dans l’histoire réelle, qui sous-tendent les simplismes de droite, avec leur méchant Léviathan venu encadrer le chaos effrayant où « l’homme est un loup pour l’homme », aussi bien que les angélismes de gauche, avec leur bon sauvage rousseauiste et leur civilisation venue corrompre l’humain pacifique. Il n’y a pas de bon sauvage ni de loup-pour-l’homme qui tiennent : loin de ces mythes, il y a les dialectiques de l’histoire, qui ont fait de l’Etat moderne comme de la civilité partout promue des forces à double effet, émancipatrices et répressives, autorisant une rupture avec la tradition aussi bien qu’une re-normalisation coercitive.

    Pendant ce temps, les violences insurrectionnelles décriées et brutalement réprimées, au présent de leur irruption, par les classes dirigeantes, furent la seule communauté réelle d’un peuple que tout divisait par ailleurs et, bien souvent, le seul moyen d’obtenir des avancées effectives sur le terrain du droit, des conditions de vie et de travail, de l’égalité sociale et des libertés civiles – au fil de trois siècles d’émeutes et d’insurrections noyées dans le sang, mais sans lesquelles les quelques progrès de l’histoire moderne n’eurent jamais été obtenus.

    La violence instinctuelle existe évidemment, mais elle n’est que ponctuelle, là où la violence instituée, rendue invisible par les dispositifs de justification étatico-normatifs, dévaste et tue partout et en continu. « Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalité », concluait Michel Foucault en 1979. Les montages financiers ultra-complexes qui mettent en faillite des pays lointains, les exploits technologico-industriels qui mettent en danger la pérennité de la vie sur Terre, ou les trésors d’intelligence stratégique et de créativité esthétique déployés pour produire à l’excès et vendre n’importe quoi ne cessent, aujourd’hui, d’en apporter la désolante illustration – outre qu’ils rappellent que derrière les guerres et les massacres, les sexismes qui tuent et les racismes qui assassinent, la violence la plus dévastatrice aujourd’hui est sans conteste la violence de l’économie. Et ce, d’abord sur les psychés, exsangues, humiliées, pressurisées, réduites à la haine de soi et à l’horizon bouché des rivalités constantes, dont on ne se libère qu’en sautant par la fenêtre.

    Notes
    1. ↑ Forme de néocolonialisme où, malgré l’indépendance nationale, le pays colonisé reste économiquement et politiquement sous l’emprise du colon.

    L’auteur est historien des idées et professeur à l’Université de Nanterre. Récente publication : Le déchaînement du monde : logique nouvelle de la violence, La Découverte, 2018.

    Article paru (version longue) dans Moins !, journal romand d’écologie politique, dossier : « La violence en question », n°43, oct.-nov. 2019.

  • El oasis chileno solo era un espejismo – Revista Late
    https://www.revistalate.net/el-oasis-chileno-solo-era-un-espejismo

    Muy temprano, por la mañana, intento caminar por el centro de Valparaíso, la ciudad que me vio nacer y crecer. Mi garganta se corruga, me pica la nariz, mis ojos se protegen con lágrimas que no se deciden a caer: todo se hace difícil, sobre todo respirar; es el gas lacrimógeno que pulula como una extraña reprensión, son los carabineros y los militares con su inacabable olor a pólvora.

    Las calles están repletas de escombros y se multiplican las filas de personas que buscan comprar algún alimento en medio de una tensa calma que recuerda los peores años de la última dictadura. Pero bueno, nada es fortuito y, entender, no es tan difícil: volvamos unos días atrás.

    Es viernes y en Santiago de Chile hay mucha gente haciendo eco de un llamado difundido por redes sociales: “evade el pago de la tarifa del metro” que ha aumentado $30 pesos (0,04 dólares). Parece insignificante, pero no lo es.

    Con el incremento asumido la tarifa es de $830 (1,14 dólares). De esta manera y, en la hora de más congestión, el metro de Santiago se convierte automáticamente en el metro más caro de América Latina. El sistema ya acumula dos alzas en este año y esta última fue la gota que rebasó el vaso.

    Los capitalinos se cansaron y empezaron a evadir el pago del sistema de transporte con una activa participación de los estudiantes: decidieron correr los torniquetes de pago y, así, abrieron paso a los ciudadanos.

    El gobierno responde como mejor sabe hacerlo: con fuerzas especiales de carabineros. La gente comienza a manifestarse en diversas estaciones de metro, con cánticos y cacerolazos, también se encienden las primeras barricadas. Después de servirse una pizza en el barrio alto, el presidente Piñera se dirige a la casa de gobierno y declara –por primera vez en Chile desde que acabó la dictadura hace 19 años- estado de excepción y lanza los militares a la calle.

    Las protestas se expanden más allá de la capital: Concepción, Valparaíso, La Serena, Valdivia, algunas de las capitales regionales más importantes del país. Ya no son los $30 del metro, son 30 años, dice la gente, 30 años de incubación del neoliberalismo más voraz.

    El modelo parece haberse agotado. Si bien logró disminuir la pobreza durante los ’90, hace tiempo venía mostrando fisuras: la revolución “pingüina” de 2006, las movilizaciones universitarias de 2012, el movimiento No+AFP, etc.

    La olla presión en la que se había convertido Chile finalmente explotó.

    El alza de la tarifa del metro de Santiago sólo fue la chispa que faltaba para que comenzara a arder la rabia acumulada: pensiones miserables para los adultos mayores, fuertes aumentos en el precio de la electricidad, eternas listas de espera en los hospitales, endeudamiento educativo, corrupción generalizada en la clase política, económica y militar, contubernios de precios por parte de grandes empresas, declaraciones indolentes y ridículas por parte de las autoridades (como que Chile es un oasis en medio de una Latinoamérica convulsionada), zonas de sacrificio y destrucción ambiental, escasez de agua agravada por su privatización y un largo –larguísimo- etcétera. ¿Y la flamante respuesta del gobierno?: toque de queda para Santiago y varias ciudades más.

    El malestar se multiplica y se matiza: la mayoría sale a la calle a manifestar su descontento, gritando o haciendo sonar sus cacerolas, desafiando el estado de emergencia y la presencia amenazante de los militares y sus armas de guerra. También actúan los grupos de ultraizquierda, que aprovechan la convulsión para estampar su anacrónica revolución con consignas en las paredes y unos cuantos edificios incendiados, esperando que el pueblo abrace el llamado a “quemarlo todo”. Tampoco falta el lumpen, que con un par de zapatillas o una pantalla led a cuestas ha encontrado la ocasión perfecta para hacerse de productos que de otra forma se le hace difícil conseguir, lo que les permite sentirse parte de la fiesta del consumo obsceno y desaforado que ha celebrado Chile desde hace décadas.

    Ahora cae la noche en Valparaíso y se puede sentir el suave jadeo del Océano Pacífico. Qué ironía. Contrasta con el desastre que hay en tierra, de mar a cordillera, desde el desierto hasta la Patagonia profunda: muertos, heridos, detenidos, un gobierno indolente e inepto, destrucción y militarización para “mantener la paz”.

    Paz, ese eufemismo tan manoseado por los que se creen los dueños de este país.

    El humo de un edificio en ruinas o alguna hoguera de protesta se asoma hacia los cerros de este viejo puerto, y las sirenas se confunden con las cacerolas que nos dicen que nada volverá a ser como antes.

    El oasis chileno sólo era un espejismo.

    Y todos estábamos muriendo de sed.

    De desigualdad.

    #Chili

  • Hurler son ras-le-bol

    Plusieurs petites gouttes d’eau ont fait récemment déborder plusieurs grands vases.

    Au Liban, la colère populaire a germé instantanément au milieu du mois autour d’une taxe sur les applications gratuites de téléphonie.

    Au Chili, en même temps, il a suffi d’une hausse de 6 ¢ du prix du ticket de métro pour déclencher des manifestations monstres.

    À Hong Kong, jeudi, des dizaines de milliers de personnes ont profité de l’Halloween pour manifester masquées en contravention d’un règlement. La fronde dure là depuis cinq mois.

    Les exemples semblables de minicauses aux mégaeffets se multiplient partout sur la planète. Il y a eu des mouvements contestataires populaires plus ou moins semblables en Russie, en Serbie, en Ukraine, en Albanie, en Algérie et bien sûr en France, où les gilets jaunes ont lancé leurs premières protestations il y a tout juste un an, d’abord pour s’en prendre à la hausse du prix du diesel.

    À tout coup, à l’évidence, de larges portions de la population utilisent un prétexte pour descendre dans la rue, le plus souvent pacifiquement, et crier leurs ras-le-bol devant la vie chère, les inégalités sociales, l’avenir bouché. Oxfam a révélé en début d’année que 26 multimilliardaires possèdent autant que la moitié de la planète.

    Il y a en fait autant de mouvements de colère populaires en cette fin de décennies que dans les turbulentes années 1960. Seulement, les chances de succès de cette effervescence sociopolitique, très souvent pacifique, semblent moins assurées qu’à l’époque.

    La répression « intelligente »

    Une étude éclairante de la professeure Érica Chenoweth, de l’Université Harvard, publiée en 2017 (Trends in Non Violent Resistance and State Response) montre que la manifestation non violente impliquant un millier de personnes et plus est devenue la norme au cours des dernières décennies. Mais si cette mécanique de changement social semblait jusqu’à récemment d’une « efficacité surprenante », selon la spécialiste, la décennie qui achève a vu ses succès « décliner dramatiquement ».

    La résistance non violente a pour ainsi dire été inventée pour libérer l’Inde de l’Empire britannique dans les années 1940. Le monde vient de célébrer en octobre le 150e anniversaire de naissance de Gandhi, père de cette stratégie politique.

    Les données de Mme Chenoweth établissent qu’entre cette période fondatrice et 2010, la moitié des manifestations suivant ce modèle ont obtenu une part du succès escompté avec une forte poussée du recours au modèle depuis les années 1980, avec la fin de la guerre froide. Le rideau de fer est d’ailleurs en partie tombé quand des millions d’Européens de l’Est ont marché dans les rues.

    Faire tomber des régimes, ce n’est pas le seul critère de la réussite. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la tête du gouvernement qu’on ne parvient pas à lui arracher des concessions et à consolider un rapport social et politique favorable.
    — Ricardo Pinafiel

    L’étude montre aussi que la répression violente n’a stoppé que 15 % des campagnes de revendications, comme à la place Tian’anmen en 1989. De plus, si toutes les formes de protestations, ou presque, déclenchent une réaction plus ou moins coercitive, les États sous pression ont maintenant appris à résister en jouant de diverses tactiques. Les régimes plus ou moins autoritaires savent renforcer la loyauté des élites partisanes (par exemple en brutalisant les « traîtres » pour servir de leçon), stimuler l’adhésion populaire (par exemple en présentant les manifestants comme des agents manipulés par l’étranger), miner les mouvements contestataires (par exemple par la censure ou des campagnes de salissage des réputations des leaders).

    La politicologue parle de « smart repression », la répression intelligente utilisant aussi des agents provocateurs, des agents infiltrés ou la surveillance de masse. De sorte que de 2010 à 2016, le taux de succès des manifs a chuté à environ 20 % sous la moyenne. Bref, l’espace civique s’est refermé.

    De la « démocrature »

    « On observe mondialement une tendance à la criminalisation de l’action collective », commente Ricardo Pinafiel, professeur de sciences politiques de l’UQAM. « C’est malheureusement une tendance forte et elle affecte aussi toutes les démocraties libérales, y compris les plus consolidées. Comme dans la France des gilets jaunes, il y a partout une manière généralisée de discréditer ce type d’action. »

    Sa spécialité se concentre sur l’Amérique latine, qui a rejeté le modèle des dictatures militaires à la fin du XXe siècle avant de migrer en partie récemment vers ce que M. Pinafiel appelle la « démocratie autoritaire » (d’autres disent démocrature), capable de réprimer les contestations.

    « C’est le modèle d’Erdogan en Turquie, celui de Poutine en Russie et celui de Maduro au Venezuela. On est face à de l’abus de pouvoir, à une trop grande centralisation du pouvoir et souvent à une politique antilibérale ancrée dans des récits révolutionnaires ou nationalistes, avec un seul leader pour guider le peuple. J’applique également ce concept de démocratie autoritaire au Chili, et même au Chili de la présidente Michelle Bachelet. »

    Le professeur québécois préfère une perspective qualitative à l’approche quantitative adoptée par sa collègue de Harvard tout en reconnaissant la valeur de ses conclusions. Avec le politologue canadien Martin Breaugh (L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique, PUF), Ricardo Pinafiel suggère de parler de « plèbe » pour comprendre l’explosion de manifestations dans le monde.

    « La plèbe est faite des citoyens qui n’ont pas de titre à gouverner. Ils peuvent représenter jusqu’à 99 % des gens. Leur parole ne compte pour rien. Ce sont des locuteurs non autorisés de la scène politique. Leur seule forme d’expression c’est le nombre, la masse, c’est le fait de sortir dans la rue. Et si ce seul espace de manifestation qu’il leur reste est censuré, à ce moment, il n’y a plus de démocratie possible. »

    En fait, parfois, à quelque chose malheur est bon. Le professeur québécois n’aime pas trop ce concept d’« efficacité » qui oublie de considérer l’ensemble des retombées des mouvements sociaux.

    « En Amérique latine, beaucoup de présidents sont autrefois tombés à la suite de manifestations, rappelle-t-il. Maintenant, Maduro ne tombe pas au Venezuela. Piñera ne tombera peut-être pas au Chili. Il a été d’une brutalité extrême et il s’est excusé. Les équipes de communications ont tiré des leçons. Mais faire tomber des régimes, ce n’est pas le seul critère de la réussite. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la tête du gouvernement qu’on ne parvient pas à lui arracher des concessions et à consolider un rapport social et politique favorable. »

    https://www.ledevoir.com/monde/566182/comment-les-etats-ont-appris-a-reagir-aux-protestations-non-violentes
    #conflits #manifestations #résistance #révoltes #pacifisme #Liban #Chili #Equateur #Catalogne #Hong-Kong #activisme

    Avec ce commentaire du Devoir sur twitter :

    Plusieurs peuples dans le monde hurlent en ce moment leur #ras-le-bol du pouvoir en place et de ses actions. Mais les révoltes pacifiques sont-elles encore efficaces ?

    https://twitter.com/LeDevoir/status/1191100471081152517
    ping @cede @karine4
    et ping @davduf autour de la question du #maintien_de_l'ordre et de la #répression de ces mouvements

  • The Guardian view on Lebanon and Chile: too little, too late for protesters | Protest | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/oct/29/the-guardian-view-on-lebanon-and-chile-too-little-too-late-for-proteste

    ... governments lumber along, unable to seize the initiative or even to respond at pace – not least because it is hardly in the interests of the powerful to offer the kind of fundamental concessions which will only weaken that power. But when things have reached this stage, there is no easy exit. Leaders may reach for sticks or sticking plasters, but there cannot be short-term solutions to long-term structural problems.

    #Liban #Chili

  • La bombe néolibérale explose au Chili | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/311019/la-bombe-neoliberale-explose-au-chili

    Ce qui se passe au Chili n’est pas une crise, mais une véritable multicrise qui touche toutes les dimensions de la vie. Une solution politique à cette question n’est pas crédible, car la classe politique fait partie du problème et non de la solution. La société civile est lasse de la culture des satrapes. Les événements, jour après jour, n’arrêtent pas. L’espoir est de construire un Chili solidaire, loin des divisions du néolibéralisme. Le combat continue !

    #chili #Sebastian-Pinera #révolte #libéralisme #néo-libéralisme

  • « La plus grande manifestation du Chili » | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/marugil/blog/261019/la-plus-grande-manifestation-du-chili

    « Bientôt s’ouvriront les grandes avenues par lesquelles passeront les hommes libres pour construire une société meilleure. » 46 ans après que Salvador Allende eut prononcé ces mots lors de son dernier discours, plus d’un million de Chiliens étaient hier dans « les grandes avenues » de Santiago.

    #Santiago #Chili #inégalités #économie

    • Il est temps de rappeller aux plus jeunes que le coup d’état de 1973 a permis aux Chicago boys des Milton Freedman d’abuser du peuple chilien pour établir le premier environnement de test pour leurs idées économiques.

      La brutalité du coup correspondait à la gravité des changements prévues.

      Costa Gravras en a paint une image impressionnate dans son film « Missing »
      https://www.youtube.com/watch?v=BJ9rvykHYV4&list=PL94wqL2y3C4SvPo3TPSeYTIbUKVMpoKRe

    • Il est temps de rappeller aux plus jeunes que le coup d’état de 1973 a permis aux Chicago boys des Milton Freedman d’abuser du peuple chilien pour établir le premier environnement de test pour leurs idées économiques.

      La brutalité du coup correspondait à la gravité des changements prévues.

      Costa Gavras en a paint une image impressionnate dans son film « Missing »
      https://www.youtube.com/watch?v=BJ9rvykHYV4&list=PL94wqL2y3C4SvPo3TPSeYTIbUKVMpoKRe

    • Je ne sais pas si vous avez parlé ou vu passer ces moments incroyables, peut-être le même sous deux angles différents (désolée pour l’origone des sources)
      Quand à la fin d’un air de Jara par un ensemble de guitaristes la foule chante en chœur :
      https://twitter.com/davycoenk/status/1188225694947561473
      quand un orchestre classique interprète Jara et que la foule chante à la fin à l’unisson :
      https://www.facebook.com/patricia.c.lanfranco/videos/10217874130663569

    • Quelques passages du livre de Naomi Klein, La stratégie du choc, sur le Chili :

      “Le coup d’Etat chilien s’assortit de trois types de chocs distincts, recette qui allait être suivie dans les pays voisins avant de resurgir, trois décennies plus tard, en Irak. La secousse imprimée par le coup d’Etat lui-même fut immédiatement suivie de deux types de choc différents. Le premier fut le ‘traitement de choc’ capitaliste de Milton Friedman, méthode à laquelle des centaines d’économistes avaient été initiés à l’université de Chicago et dans diverses franchises. L’autre fut la recherche d’Ewen Cameron sur les électrochocs, les drogues et la privation sensorielle, source de techniques de torture codifiées dans le manuel Kubark et, par le truchement des programmes de formation de la CIA, enseignées aux policiers et aux militaires d’Amérique latine.
      Ces trois formes de choc convergèrent sur les corps des Latino-Américains et sur le ‘corps’ politique de la région, et soulevèrent un ouragan irrépressible de destructions et de reconstructions, d’annihilations et de créations qui se renforçaient mutuellement. Le choc provoqué par le coup d’Etat pava la voie à la thérapie de choc économique ; les ces chocs de la salle de torture terrorisaient quiconque aurait pu songer à faire obstacle aux chocs économiques. De ce laboratoire du rééel émergea le premier Etat administré par l’école de Chicago.”

      Naomi KLEIN, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Leméac/Actes Sud, 2008, pp.92-93.

      “Pour que la révolution néolibérale eût des chances de réussir, la junte devait donc réaliser ce qu’Allende avait déclaré impossible – arracher les graines semées pendant le virage à gauche de l’Amérique latine. (…) Dans les années 1960 et au début des années 1970, en Amérique latine, la gauche représentait la culture de masse dominante – la poésie de Pablo Neruda, le folklore de Victor Jara et de Mercedes Sosa, la théologie de la libération de prêtres du tiers-monde, le théâtre émancipateur d’Augusto Boal, la pédagogie radicale de Paulo Freire, le jornalisme radical d’Eduardo Galeano et de Walsh lui-même. La gauche, c’étaient aussi les martyrs et les héros légendaires de l’histoire ancienne et récente, de José Gervasio Artigas à Che Guevara en passant par Simón Bolívar. En entreprenant de faire mentir la prophétie d’Allende et d’éradiquer le socialisme, les juntes déclaraient la guerre à toute une culture”

      Naomi KLEIN, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Leméac/Actes Sud, 2008, pp.130-131.

      “Au Chili, le plus important groupe de défense des droits de l’homme était le Comité pour la paix, composé de politiciens d’opposition, d’avocats et de dirigeants religieux. Ces militants de longue date savaient pertinemment que les luttes menées pour faire cesser la torture et libérer les opposants politiques n’étaient qu’un des fronts dans la bataille beaucoup plus vaste visant au contrôle des richesses du pays. Pour éviter de devenir eux-mêmes des victimes du régime, toutefois, ils abandonnèrent leurs traditionnelles dénonciations gauchisantes de la bourgeoisie et adoptèrent la toute nouvelle terminologie des ‘droits universels’, débarassée d’allusions aux riches et aux pauvres, aux faibles et aux forts, au Nord et au Sud. Les partisans de cette vision du monde, si populaire en Amérique du Nord et en Europe, se contentaient d’affirmer que chacun avait droit à un procès juste et équitable, sans traitements cruels, inhumains et dégradants. Simple affirmation, sans interrogation sur le pourquoi. En s’initiant au mélange de jargon juridique et de récits de vie qui caractérisent le lexique des droits de l’homme, les membres du Comité pour la paix comprirent que leurs compañeros étaient en réalité des prisonniers de conscience dont le droit à la liberté de pensée et d’expression, protégé par les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, avait été violé.
      Pour les personnes qui vivaient sous la dictature, le nouveau langage était essentiellement un code. A l’instar des musiciens qui, au moyen d’adroites métaphores, dissimulaient des messages politiques dans les paroles de leurs chansons, elles enrobaient leurs idées de gauche d’un jargon juridique – façon de s’engager dans la politique sans jamais prononcer le mot.
      Lorsque la campagne de terreur latino-américaine attira l’attention du mouvement international de défense des droits, qui croissait à vive allure, les militants concernés avaient leurs propres raisons d’éviter de parler de politique”

      Naomi KLEIN, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Leméac/Actes Sud, 2008, pp.150-151.