• Fuite de gaz meurtrière dans une usine en Inde
    https://www.la-croix.com/Monde/Fuite-gaz-usine-Inde-moins-six-morts-1-000-personnes-hospitalisees-2020-05

    Le styrène est un composé organique toxique utilisé notamment pour la fabrication de polystyrènes, dont LG Polymers India se présente comme l’un des principaux producteurs dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants. Une forte exposition peut entraîner des syndromes de détresse respiratoire aiguë et le coma.

    Il doit être conservé à une température inférieure à 17°C. Mais la température à l’intérieur d’un réservoir avait grimpé à la suite de l’arrêt partiel de l’usine, en raison du confinement national décrété en Inde pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, selon une responsable de la police locale.

  • Masques FFP2 : des salariés de l’industrie mieux protégés que les soignants | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240420/masques-ffp2-des-salaries-de-l-industrie-mieux-proteges-que-les-soignants

    Les masques FFP2, les plus protecteurs face à la pandémie, sont ceux qui manquent le plus aux soignants, contaminés par milliers. Dans le même temps, les entreprises en consomment d’importantes quantités, à tel point que des salariés de Renault ou Michelin sont mieux équipés que les hospitaliers.

    Les livraisons de masques accélèrent, enfin. Grâce aux commandes passées en Chine, l’État en a importé 178 millions en trois semaines, soit plus de masques qu’il n’en consomme, a annoncé dimanche 19 avril le premier ministre lors d’une conférence de presse avec son ministre de la santé, Olivier Véran (lire notre enquête ici). Le gouvernement envisage même pour la première fois « un élargissement de la politique de distribution » dans « les prochaines semaines ». Il y a urgence, vu le rationnement en vigueur depuis le début de la crise, y compris en ce qui concerne les simples masques chirurgicaux, conçus pour empêcher de contaminer les autres. 

    Il n’y a, par contre, aucune embellie à attendre du côté des masques de protection respiratoire FFP2, les plus efficaces et les plus rares, conçus pour empêcher leur porteur de contracter le virus. « Il existe encore des tensions d’approvisionnement », a reconnu Olivier Véran dimanche. L’État ne les a donnés qu’au compte-gouttes aux hôpitaux. Et leur distribution aux soignants reste extrêmement restreinte, alors qu’ils sont contaminés par milliers.

    Olivier Véran a ajouté qu’il n’est « pas encore possible » pour l’État « d’en distribuer dans de larges proportions », notamment aux « professionnels de santé en ville [qui] voudraient pouvoir en disposer ». « Les masques FFP2 sont tellement précieux pour le secteur hospitalier aujourd’hui […] qu’il faut prioriser vraiment encore l’hôpital, tant qu’il y a des malades », a insisté le ministre.

    Mais une enquête de Mediapart montre que, dans le même temps, les entreprises qui ne sont pas dans le secteur sanitaire achètent et consomment des quantités importantes de masques FFP2 et de son cousin haut de gamme, le FFP3, un modèle essentiellement industriel qui n’est pas en temps normal utilisé à l’hôpital.

    Certaines entreprises les utilisent pour protéger leurs salariés du coronavirus. À tel point que dans de grands groupes, comme Renault ou Michelin, certains salariés sont mieux équipés en FFP2 que beaucoup de soignants hospitaliers qui travaillent dans des services Covid-19. 

    D’autres n’ont tout simplement pas le choix : dans l’industrie et le bâtiment, il est obligatoire d’équiper certains ouvriers pour les protéger des poussières, des produits chimiques ou de substances comme l’amiante.

    Cette situation est tout à fait légale, puisque le gouvernement a libéralisé le 21 mars l’importation des masques, y compris les FFP (2 ou 3). Vu la paralysie de l’économie – plus de 10 millions de salariés sont au chômage partiel –, qui frappe de plein fouet les finances publiques et les Français les plus modestes, le gouvernement encourage les entreprises à s’équiper pour que le travail reprenne au plus vite. 

    Mais cette politique pose question, vu la situation dans les hôpitaux. D’autant plus que la consommation des masques de protection respiratoire par les entreprises risque d’exploser avec le déconfinement prévu à partir du 11 mai.

    Plusieurs grands groupes français ont déjà repris partiellement le travail ou s’apprêtent à le faire. Chez Renault, trois usines ont redémarré cette semaine. Celle de Flins (Yvelines) va suivre la semaine prochaine.

    Dans une vidéo postée sur YouTube pour expliquer les nouvelles consignes sanitaires aux salariés de Flins, la direction indique que le port du masque chirurgical sera obligatoire. « Pour les rares postes où la distance d’un mètre minimum ne peut être garantie, les salariés concernés sont équipés d’un masque FFP2, qui assure une protection maximale », ajoute la vidéo.

    Un document interne obtenu par Mediapart (ci-dessous) confirme qu’il s’agit bien d’une consigne nationale, qui sera appliquée dans tous les sites français. Contacté, Renault a refusé de nous répondre.


    Consignes de Renault sur le port des masques chirurgicaux et FFP2 dans ses usines. © Document Mediapart

    Plusieurs salariés nous ont indiqué avoir été « choqués » par l’usage de masques FFP2. « Vu la pandémie, ils seraient plus utiles dans les hôpitaux que pour faire des voitures », indique l’un d’entre eux.

    Il est tout à fait louable que Renault protège ses salariés. Mais ils sont, de fait, mieux traités que les soignants. Depuis un avis du 4 mars de la Société française d’hygiène hospitalière, le port du masque FFP2 à l’hôpital est prescrit seulement lors des actes invasifs comme l’intubation, c’est-à-dire pour l’essentiel dans les services de réanimation. 

    Même ces soignants les plus exposés ne sont pas toujours correctement fournis. Dans le service de réanimation de l’hôpital Tenon, à Paris, sont utilisés « des masques FFP2 périmés depuis 2013 », témoigne un aide-soignant. Alors qu’ils doivent être étanches, « ils ne collent pas vraiment au visage, on sent l’air passer », assure-t-il. Et la pénurie est telle qu’ils sont « distribués au compte-gouttes ». 

    Olivier Youinou, co-secrétaire général de SUD-Santé à l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), confirme : « Pour les masques FFP2, c’est plus que tendu. L’hôpital Henri-Mondor, à Créteil, utilise des masques périmés, fabriqués en 2009. Même chose à Saint-Antoine, à Paris. Les urgences de la Pitié-Salpêtrière ont récupéré un stock datant de 2001 pour réaliser les tests de dépistage : la mousse des masques est restée collée sur leur visage. »

    Jean-Michel Constantin, professeur de réanimation à la Pitié-Salpêtrière ne nie pas le problème : « J’ai moi même été stressé, car on a reçu nos premiers stocks de masques FFP2 périmés. Mais j’ai vérifié la littérature et les tests réalisés sur ces masques : ils filtrent aussi bien. Je ne mettrai pas en danger mon équipe ni sur le plan humain, ni sur le plan pénal. » Dans les services hors réanimation, la plupart des personnels hospitaliers doivent se contenter d’un masque chirurgical. Une doctrine souvent jugée trop restrictive par les soignants. Olivier Youinou estime que les FFP2 devraient être généralisés dans tous les soins rapprochés, ou dans certains services qui se sont révélés particulièrement à risque de voir se diffuser le virus. 

    Il cite l’exemple des centres de dialyse, où les patients ont de très forts risques de contracter le virus, mais aussi de développer des formes graves. De nombreux centres de dialyse ont été « foudroyés avec des taux de contamination de plus 30 % », raconte un néphrologue sous le sceau de l’anonymat. « Au début de l’épidémie, les patients, comme les soignants, n’étaient même pas équipés de masques, ajoute-t-il. Pourtant, les soins sont rapprochés, beaucoup de patients toussent. On plaide pour obtenir des FFP2. Il est question de nous les accorder, mais seulement pour les soins sur les malades du Covid-19. Oui, on se sent en danger. Des soignants sont tombés malades, certains sont en réanimation. »

    Les ouvriers de Renault équipés de FFP2 sont loin de courir de tels risques. Et le constructeur automobile n’est pas le seul à appliquer une politique de distribution plus généreuse que celle des hôpitaux. Interrogé par Mediapart, Michelin, dont l’ensemble des sites français a repris partiellement le travail, indique équiper ses salariés de masques chirurgicaux, mais aussi de FFP2 « dans les cas de risques avérés d’exposition directe au virus afin de protéger les personnes » : personnel de nettoyage, agents d’accueil du public, « personnel médical et de secours » des usines, ou encore les « personnes fragiles ». 

    Le fabricant de pneus indique que ses sites français ont consommé cette semaine 71 921 masques chirurgicaux et 5 164 FFP2, et que les besoins hebdomadaires devraient grimper à 178 277 chirurgicaux et 6 634 FFP2 d’ici à la mi-juin.

    L’État laisse des masques aux entreprises au nom de la la « continuité d’activité »

    Interrogé sur la pénurie de masques chez les soignants, Michelin répond qu’il s’est lancé dans la production de masques, et qu’il a établi pour politique de donner un masque pour chaque exemplaire consommé. L’objectif est atteint pour les masques chirurgicaux (203 800 dons au total), mais pas pour les FFP2 : 3 000 ont été offerts depuis le 3 mars, soit moins d’une semaine de consommation.

    Sur les huit groupes français interrogés par Mediapart, Michelin est le seul à s’être montré transparent (lire notre boîte noire). Dans les grandes entreprises, le sujet est d’autant plus sensible que les syndicats s’emparent du sujet. Chez PSA Peugeot Citroën, la CGT a dénoncé le 14 avril le fait que la réouverture prochaine des usines allait engendrer la consommation de « plusieurs centaines de milliers de masques » chirurgicaux par semaine, alors que les soignants et les activités économiques essentielles « n’arrivent pas à en avoir en quantité suffisante ».

    Interrogé par Mediapart, PSA nous a dit avoir donné 700 000 masques, « tout en conservant le nécessaire pour les salariés en activité sur site ». Le groupe a refusé de nous dire s’il allait consommer des FFP2. Toyota, dont l’usine d’Onnaing (Nord) a rouvert, ne nous a pas répondu.

    En Alsace, l’une des régions les plus touchées par le coronavirus, l’intersyndicale de l’usine Ricoh de Wettolsheim, qui fabrique notamment du papier à étiquettes, a lancé début avril une pétition en ligne pour demander que l’entreprise donne l’ensemble de ses masques « à ceux qui en ont besoin ».

    « Dès le 18 mars, on a supplié le PDG, lancé un appel pour qu’il donne des masques, notamment à l’hôpital Pasteur de Colmar, qui est l’épicentre de l’épidémie, indique Olivier Delacourt, délégué CFDT et porte-parole de l’intersyndicale. Sur 12 000 masques chirurgicaux, ils en ont donné 4 000, plus quelques FFP2 périmés. Mais il reste des FFP2 et FFP3 sur le site, qui devraient revenir aux soignants. » 

    Ricoh répond que certains de ses ouvriers doivent être protégés par des masques FFP3, qui sont donc indispensables au fonctionnement de l’usine. Le groupe estime que l’activité est essentielle, car son papier sert à étiqueter les produits frais vendus dans les supermarchés, ce que le préfet du Haut-Rhin a « reconnu ». Ricoh ajoute avoir fait des dons de masques et que l’état de son stock et son utilisation « sont partagées avec les services de l’État en totale transparence ».

    On retrouve aussi des FFP2 dans des activités absolument non prioritaires. Par exemple, selon nos informations, sur le visage des ouvriers qui repeignent les pylônes électriques à haute tension de RTE, filiale à 50 % d’EDF. C’est indispensable afin qu’ils n’inspirent pas de particules de plomb. « Ces chantiers pourraient être reportés sans problème. Je ne comprends pas que RTE cautionne ça », fulmine un acteur du secteur.

    Interrogé, RTE reconnaît que ces chantiers de peinture n’étaient « pas prioritaires et urgents », mais dit avoir accepté que certains d’entre eux reprennent, « à la demande expresse des entreprises » de peinture, qui souhaitaient « maintenir une partie de leur chiffre d’affaires ».

    Il est aujourd’hui impossible de chiffrer les achats et la consommation de masques FFP par les entreprises. Le Medef et l’UIMM, la puissante fédération patronale de la métallurgie, ne nous ont pas répondu. Les fédérations du bâtiment, des travaux publics et de la chimie nous ont dit n’avoir aucune donnée. Elles estiment que la consommation est faible, car les entreprises de leur branche éprouvent de grandes difficultés à se fournir en masques, ce qui menace le fonctionnement des usines et empêche la majorité des chantiers de repartir.

    Le gouvernement entretient l’opacité sur les FFP2, politiquement ultrasensibles. Il ne donne aucun chiffre pour le privé, et aucun sur sa propre consommation. Côté livraisons, le ministère de la santé nous a répondu que, sur les 178 millions de masques importés de Chine par l’État entre le 30 mars et le 19 avril, « 15 à 20 % » étaient des FFP2, soit au moins 26 millions d’unités en trois semaines. Mais sans s’expliquer vraiment sur les incohérences dans ses chiffres (lire notre enquête ici).

    Interrogé par Mediapart, le cabinet d’Olivier Véran estime qu’il n’y a aucune concurrence entre « commandes de l’État et commandes privées », car elles « concourent au même objectif : augmenter nos capacités d’importation de masques FFP2 ou chirurgicaux ». Sauf que les masques du privé n’iront pas chez les soignants.

    Le ministère ajoute que « les professionnels de santé sont systématiquement priorisés » et leur approvisionnement assuré par les mégacommandes à la Chine annoncées à partir du 21 mars. Et précise que « le décret de réquisition en vigueur réquisitionne les stocks présents sur le territoire ».

    La réalité est plus nuancée. L’État a réquisitionné le 3 mars les stocks de FFP2 de toutes les entités publiques et privées, mesure étendue le 13 mars à l’ensemble des masques de protection respiratoire, dont les FFP3.

    De nombreuses entreprises ont alors donné spontanément tout ou partie de leurs masques, y compris les chirurgicaux, qui n’étaient pourtant pas réquisitionnés. Mais la réquisition a connu des ratés. Comme nous l’avons raconté, certains masques ont été préparés mais jamais récupérés par l’État. Et les préfets ont laissé des masques FFP aux entreprises.

    Dans un message interne consulté par Mediapart, un dirigeant d’une PME industrielle de Vendée, qui consomme des FFP2, écrit qu’il a reçu en mars une réquisition du préfet, mais que le représentant de l’État a « validé » que l’entreprise « garde une partie des masques pour répondre à la continuité d’activité demandée par le gouvernement ».

    « Le préfet fait les arbitrages sur le nombre de masques réquisitionnés en fonction des besoins au jour le jour des services de santé », ajoute-t-il. Contactée, la préfecture de Vendée n’a pas répondu.

    Comme l’a expliqué la secrétaire d’État à l’économie Agnès Pannier-Runacher, l’État a, après une période de flottement, autorisé les entreprises qui avaient, avant la pandémie, l’obligation légale de protéger certains salariés avec des masques pouvaient continuer à le faire. 

    « Si des réquisitions ont pu être envisagées au début de la crise et nous les comprenons, elles ont été rapidement mises en suspens avec l’approvisionnement massif [de l’État en] masques, permettant de diminuer la tension », confirme la fédération patronale France Chimie. 

    Le jour de l’annonce des commandes chinoises, le 21 mars, l’État, estimant avoir assuré l’équipement des soignants, a libéralisé les importations. Seules les commandes supérieures à 5 millions de masques sur trois mois peuvent désormais être saisies. Un seuil difficile à atteindre pour les FFP2, vu la difficulté à en trouver.

    Mais comme nous l’avons raconté, des entreprises privées parviennent à en trouver en Chine. Selon nos informations, le géant aéronautique Safran, qui fabrique notamment des moteurs pour Airbus et Boeing, est parvenu à commander plusieurs centaines de milliers de masques FFP2. L’entreprise a refusé de commenter.

    Plusieurs importateurs sélectionnés par la cellule de Bercy pour aider les entreprises à s’approvisionner nous ont confirmé avoir acheté des FFP2. « J’ai envoyé plusieurs millions de FFP2 en France [pour le privé], mais j’ai arrêté de prendre les commandes. C’est un cauchemar pour s’approvisionner en Chine », témoignait un importateur le 8 avril. Il a eu la surprise d’être sollicité par plusieurs hôpitaux, qui souhaitaient court-circuiter les canaux d’approvisionnement de l’État pour faire face à la pénurie.

    Un autre importateur confirme avoir fait venir un premier million de FFP2 début avril. « Si aujourd’hui on me demande de livrer 5 millions de FFP2, je peux les faire en 12 ou 15 jours », ajoutait, début avril, un troisième professionnel sélectionné par Bercy.

    Certains importateurs référencés par Bercy nous ont indiqué refuser de commander des FFP2 pour le privé pour des raisons éthiques. « Je n’en importe pas, pour moi ils doivent être réservés au personnel soignant, qui n’en a pas assez », explique Christine Tarbis, de l’entreprise À pas de géant.

    Depuis le 21 mars, les seuls stocks entièrement réquisitionnés sont ceux des usines françaises et des distributeurs. Selon nos informations, ces derniers peuvent toutefois continuer à fournir les entreprises en masques FFP, à condition d’obtenir une autorisation préfectorale.

    Selon nos informations, le géant de l’aéronautique Airbus, dont nous avions révélé la consommation de masques FFP3 pour protéger ses salariés exposés aux poussières, a pu s’en faire livrer 20 000 unités supplémentaires par le fabricant américain 3M au mois d’avril, avec l’accord d’un préfet, selon un document consulté par Mediapart.

    Airbus a refusé de répondre à nos questions précises. Les préfectures de Haute-Garonne et de Loire-Atlantique, où sont situées les principales usines, n’ont pas pu nous répondre. Elles nous ont précisé que nos questions sur les masques devaient être remontées au « central » ou au « ministère », c’est-à-dire au gouvernement, qui les prendrait en charge. Nous n’avons pas eu de réponse.

    3M a refusé de répondre à nos questions, au motif que les informations sont « confidentielles ». « La grande majorité de notre production de masques respiratoires FFP2 et FFP3 est actuellement destinée aux besoins des professionnels de santé en réponse à l’urgence sanitaire », indique le fabricant américain. Qui confirme ainsi fournir aussi les entreprises.

    Comme nous l’avions révélé, les consignes que 3M dit avoir reçues du gouvernement indiquent pourtant que le secteur aéronautique est classé « non prioritaire », loin derrière les hôpitaux (priorité 1) et les industries essentielles comme l’alimentaire et l’énergie (priorité 2).


    © Document Mediapart

    Le groupe a pourtant fourni Dassault Aviation, lui aussi classé « non prioritaire ». Le 17 mars, premier jour du confinement, les salariés du site d’Argenteuil ont débrayé et les élus syndicaux du CSE ont lancé une procédure pour « danger grave et imminent », dénonçant l’insuffisance des mesures prises pour protéger les salariés du coronavirus. Ce qui a forcé le fabricant des chasseurs Rafale et des jets privés Falcon à stopper ses usines le lendemain. 

    Dassault a alors revu sa copie, en proposant notamment que « le port du masque de type P3 » soit obligatoire « les ateliers nécessitant l’intervention de deux techniciens et que la distanciation est difficile à respecter », indique l’inspection du travail dans l’avis favorable qu’elle a rendu le 6 avril. Selon nos informations, Dassault a réussi à se faire livrer au même moment plusieurs milliers de masques FFP3, ce qui a permis aux usines de repartir progressivement le 3 avril. L’entreprise a refusé de nous répondre.

    La Fédération des industriels de la chimie, dont les adhérents ont besoin, même en temps ordinaire, de masques FFP3 pour protéger certains salariés les plus exposés, indique que ses membres ont « le plus grand mal » à en trouver, au point que « si cette situation était amenée à perdurer, nous aurions à arrêter certains ateliers ». « Les services de santé n’utilisent pas de masques FFP3. Il n’y a pas de concurrence entre les besoins », ajoute France Chimie.

    Le gouvernement, qui avait pourtant réquisitionné les FFP3 le 13 mars, est aujourd’hui du même avis. « Conformément aux recommandations des sociétés savantes, il convient de noter que les masques destinés à l’usage des soignants sont les masques chirurgicaux et les masques FFP2 », s’est contenté de nous répondre le ministère de la santé. 

    C’est exact, mais pas pour des raisons d’efficacité, puisque le FFP3 est le modèle qui filtre le plus. « Il n’y a pas de contre-indication. Un soignant qui porte un FFP3 est autant protégé, voire mieux, qu’avec un FFP2 », indique la Dre Dominique Abiteboul, conseillère médicale au Groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants (Geres).

    Si la quasi-totalité des FFP3 sont utilisés dans l’industrie, c’est parce qu’en temps normal, le FFP2 est le meilleur choix à l’hôpital : il est presque aussi performant que le P3, beaucoup moins cher et plus agréable à porter.

    Les FFP3 classiques sont tellement étanches que leur porteur a du mal à respirer. De nombreux masques industriels sont d’ailleurs dotés d’une valve, qui facilite l’expiration, mais crée du même coup un risque que son porteur contamine l’air ambiant s’il est lui-même infecté. Il serait toutefois possible de résoudre ce problème, par exemple en équipant de FFP3 à valve tous les soignants d’un même service dédié au coronavirus.

    Dans le contexte de la pandémie, les FFP3 ne seraient-ils pas plus utiles à l’hôpital que dans les usines ? Le professeur Didier Lepelletier, président du conseil scientifique de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), estime qu’à cause de ses inconvénients, l’usage de FFP3 industriels chez les soignants ne serait utile qu’en dernier recours, « si on avait une vraie pénurie de FFP2, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en milieu hospitalier ».

    Après une période de tension, « nous avons désormais des approvisionnements réguliers en masque chirurgical et FFP2 », ajoute-t-il. La SF2H ayant par ailleurs « bien cadré les indications du FFP2 » en préconisant le 4 mars que son usage soit désormais restreint aux actes invasifs.

    Confronté aux critiques des soignants qui jugent la nouvelle doctrine trop restrictive, le Pr Lepelletier, qui en est l’un des trois signataires, dément formellement qu’elle ait pu être motivée par la gestion de la pénurie. Il indique que, comme pour chaque nouveau virus à transmission respiratoire, il est d’abord recommandé par précaution que tous les soignants au contact des malades portent des FFP2, et que la doctrine est ensuite adaptée lorsque la connaissance du virus progresse.

    « On pense que le mode de transmission par gouttelettes est le mode principal de ce virus en situation clinique standard », contre lesquelles « le masque chirurgical suffit dans la plupart des situations, à l’exception de certains actes qui peuvent diffuser dans l’air des agents infectieux de très petite taille », indique le Pr Lepelletier. Il ajoute toutefois que la question n’est pas encore tranchée sur le plan scientifique, et que « des études cliniques complémentaires sont nécessaires pour statuer sur la persistance à distance dans l’air de particules virales infectantes ». 


    Document Mediapart

    Dans un avis rendu le 20 avril à Martin Hirsch, patron de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), à la suite d’une saisine de deux membres du CHSCT pour « danger grave et imminent », l’inspection du travail de Paris estime au contraire qu’il faut appliquer le « principe de précaution » au sujet des masques FFP2 (notre document ci-dessus).

    Vu l’incertitude scientifique sur le mode de contamination du Covid, l’inspection du travail demande à l’AP-HP d’apporter à ses soignants « un niveau de sécurité maximal sans se borner à constater que la pénurie de masques FFP2 serait un justificatif suffisant à l’utilisation de moyens de protection alternatifs (masques chirurgicaux) ».

    Quoi qu’il en soit, l’État ne peut de toute façon pas fournir davantage de FFP2 aux soignants. Et des milliers de ces précieux masques de protection respiratoires continuent à être utilisés dans les entreprises, beaucoup moins exposées au coronavirus que les hôpitaux.

    #crise_sanitaire #masques #industrie #BTP #automobile #aéronautique #chimie

  • Le #Nobel de #chimie [français] 2016 avait tout faux (!)

    L‘attribution du prix Nobel de chimie 2016 à un trio comprenant Jean-Pierre Sauvage a déclenché l’habituel flot de félicitations des responsables politiques. Président de la République, ou espérant l’être un jour, ministres en activité, ou espérant l’être un jour… tous y vont de leur cocorico. Mais la bonne question est : faut-il les féliciter, eux ? Conduisent-ils, aujourd’hui, des politiques pour l’enseignement supérieur et la recherche permettant d’espérer de futurs Nobel ?

    La carrière de Jean-Pierre Sauvage permet de répondre. Par la négative. En résumé, pour avoir le Nobel, il faut faire le contraire de tout ce que préconisent les gouvernants : instabilité professionnelle, précarité sociale, bougeotte disciplinaire et géographique, recherche des sujets à la mode qui donnent rapidement des résultats prévus à l’avance dans des demandes de financements auprès d’Agences qui mettent en compétition les chercheurs. Une politique de gribouille, où l’emphase permanente du discours (le mot « excellence » mis à toutes les sauces) cache mal une décision politique majeure : ne plus augmenter l’effort de recherche public, le réorienter en diminuant les efforts de la recherche de base, précariser le plus possible les personnels (chercheurs, ingénieurs, techniciens). Si cette politique s’est heurtée à de nombreuses actions depuis 2007 (mouvements sociaux, associations SLR, SLU, cris d’alarme de scientifiques de renom…) et a donc été freinée, ses dégâts sont patents.

    Thèse brillante, il entre donc directement au CNRS l’année de sa thèse, en 1971 (un truc dont plus personne ne rêve dans les labos où passer sa thèse signifie démarrer une phase de CDD) et y reste jusqu’en 2009 (retraite, mais il continue de travailler comme « émérite »). Il représente donc le type même du chercheur « fonctionnaire » (en fait seulement depuis 1982) qui, selon Nicolas Sarkozy lors d’un discours célèbre le 22 janvier 2009, viendrait au labo parce que « c’est chauffé et il y a de la lumière ». Or, c’est justement ce statut qui permet aux scientifiques recrutés sur concours, largement ouvert à l’international aujourd’hui, de se consacrer entièrement à leur sujet de recherche. Tout en tissant des liens avec leurs pairs-concurrents-collaborateurs dans le monde et avec les universitaires, doctorants et autres personnels des laboratoires (aujourd’hui tous « mixtes » entre organismes de #recherche et #universités).

    C’est donc en ayant « tout faux » au regard des responsables politiques tous formés à Sciences-Po – Ena et complètement étrangers au monde de la science et des #laboratoires, que Jean-Pierre Sauvage construit une carrière qui, en creusant profond un même sillon, débouche sur des #avancées #scientifiques majeures.

    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2016/10/07/le-nobel-de-chimie-2016-avait-tout-faux

  • Dark Waters Is a Terrifying Exploration of the Real-Life Horrors Committed by DuPont Chemicals
    https://earther.gizmodo.com/dark-waters-is-a-terrifying-exploration-of-the-real-lif-1839980321

    https://www.ehn.org/dupont-c8-parkersburg-2644262065.html

    j’aime ces acteurs, mais le #film est pesant, très « didactique » ; sur le fond, en revanche, wow… le PFOA (le composé que DuPont a exploité pour le teflon et d’autres produits), qui provoque #cancer et autres maladies, est désormais présent dans 99% des organismes vivants de la planète…

    #industrie #chimie #pollution #santé

  • Sapins de Noël : excédé par les pesticides, il a tiré au fusil sur une cuve d’épandage | Gaspard d’Allens
    https://reporterre.net/Sapins-de-Noel-excede-par-les-pesticides-il-a-tire-au-fusil-sur-une-cuve

    Un sapin de Noël sur quatre provient du Morvan. Ils y poussent sous perfusion d’engrais et aspergés de produits phytosanitaires. Excédé de voir ses abeilles mourir, Roger a tiré au fusil sur une cuve d’épandage de pesticides traitant les parcelles voisines de chez lui. Son acte a révélé le ras-le-bol des habitants de la région face à cette activité industrielle. Source : Reporterre

  • Roland Barthes lave plus blanc

    « (…) Quel meilleur terrain que celui de la publicité, espace de la
    prolifération de signes supposés insignifiants, pour accomplir ce
    programme ? Comme après lui Daniel Boorstin, Guy Debord ou Jean
    Baudrillard, Barthes voit la culture de masse comme une production de simulacres destinés à tromper un public crédule. Le territoire de la
    propreté lui permet d’opposer la lessive Persil, qui revendique un
    blanc superlatif, vérifié par des comparaisons qui ont tout l’air de
    faux-semblants, au mousseux aérien d’Omo : « L’important, c’est d’avoir su masquer la fonction abrasive du détergent sous l’image délicieuse d’une substance à la fois profonde et aérienne qui peut régir l’ordre moléculaire du tissu sans l’attaquer. » Pourtant, « Persil et Omo, c’est tout comme », conclut le sémiologue, qui note que ces deux marques appartiennent au même trust : Unilever.

    (…)

    Avant l’arrivée de nouveaux concurrents, à partir de 1956, le paysage
    décrit par Roland Barthes est celui de l’affrontement de deux marques et de deux produits à la composition et aux qualités différenciées, que la publicité met en récit. Dans le contexte d’une revue littéraire, il est certes tout à fait remarquable qu’un chercheur en sciences sociales se préoccupe des représentations publicitaires de produits ménagers. Mais Barthes ne fait pas lui-même sa lessive, et en l’absence d’une expérience pratique de ces détergents, il est
    difficile de s’apercevoir que les slogans caractérisent bel et bien
    des propriétés effectives.

    Le blanchiment de Persil ou la mousse d’Omo ne sont pas que des
    métaphores destinées à abuser un public naïf. De façon générale, c’est l’ensemble du rapport à la consommation et aux industries culturelles – et donc bien souvent à un univers assigné aux femmes ou aux classes inférieures, qui subira pendant longtemps la même approche condescendante et réductrice de la part des observateurs spécialisés.

    Pourtant, proposer la sémiologie d’une pratique dont on n’a pas
    l’expérience, c’est un peu comme tenter de décrypter une langue dont on n’a pas l’usage. On risque de ne voir que le jeu gratuit des
    signes, là où il y a aussi des faits sociaux. »

    http://imagesociale.fr/8096

  • La première catastrophe de #Bhopal date du 3 décembre 1984. La fuite de plus de 40 tonnes de gaz toxiques provenant de l’usine #Union_Carbide, fait de nombreuses victimes. Selon les estimations, entre 5000 et 25 000 personnes ont perdu la vie. 150 000 victimes souffrent de maladies chroniques, Plus de 574 000 personnes ont été exposées à ces gaz.
    https://www.arte.tv/fr/videos/090185-000-A/inde-bhopal-35-ans-apres

    35 ans plus tard, l’usine est toujours là, au milieu d’une zone densément peuplée. Le site n’a jamais été décontaminé. Pas plus que les bassins d’évaporation où des déchets toxiques ont été enterrés. La contamination des nappes phréatiques se poursuit et empoisonne les habitants. De plus en plus d’enfants naissent avec un handicap physique ou mental dans les quartiers pollués.

    L’équipe d’Arte Reportage s’est rendue à Bhopal et a notamment suivi les activités de Chingari et Sambhavna, deux ONG, qui fournissent des soins gratuits aux victimes, pour palier l’inefficacité, voire l’absence des services publics de santé.

    #pesticides

  • Pourquoi le Natrium a-t-il été renommé Sodium ?
    https://forums.futura-sciences.com/chimie/492203-natrium-a-t-ete-renomme-sodium.html

    J’aimerai savoir pourquoi le Natrium a été appelé Sodium.
    J’aimerai aussi savoir pourquoi les noms ont aussi été changés pour ces autres éléments : Kalium (Potassium), Nitrogène (Azote), Aurum (Or) et Hydrargium (Mercure).

    Merci.

    #chimie #intéressant #jignorais #nationalisme_scientifique #procrastination

    (tout ça parce que je me suis marré en voyant ce t-shirt)


    https://twitter.com/Luladita/status/1179875558357905409

    • Cela date du 18ème et du 19ème siècle. A cette époque il y avait des rivalités et des guerres entre les grandes nations européennes. Et cette rivalité existait aussi au niveau scientifique.
      Quand un élément nouveau était découvert, celui qui le découvrait avait droit de lui donner un nom à sa guise. Le symbole dérive du nom.
      Le sodium a été découvert dans la soude, que les Allemands appellent Natron. Mais comme c’est un Allemand qui l’a trouvé le premier, il l’a nommé Natrium, et a choisi le symbole Na. Les Français et les Anglais ont dû accepter le symbole Na, mais ils ont préféré nommer cet atome d’après leur idée, et l’ont nommé sodium.
      Il y a pire. L’azote N a été découvert par un Anglais dans un minéral appelé nitre. Donc, en anglais l’azote s’appelle Nitrogen, ce qui signifie « qui génère du nitre ». Les Français ont dû accepter le symbole, mais ont créé leur propre nom, l’azote. Les Allemands ont voulu leur propre nom, et ont créé Stickstoff, qui veut dire « substance qui étouffe », ce qui est un peu analogue à l’azote français, qui a une origine grecque.

  • En France, le scandale de l’amiante soldé par un non-lieu pour Eternit agences/jvia - 16 Juillet 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10575820-en-france-le-scandale-de-l-amiante-solde-par-un-non-lieu-pour-eternit.h

    Au terme de plus de 20 ans d’enquête, des juges d’instruction parisiens ont rendu une ordonnance de non-lieu pour les responsables d’Eternit, groupe suisse spécialisé dans l’amiante et un des premiers à avoir été visé par une plainte contre ce matériau cancérigène.
    Comme dans d’autres non-lieux ordonnés ces dernières années, les trois magistrats chargés des investigations fondent leur décision sur l’"impossibilité de dater l’intoxication des plaignants".

    Dès lors, « il apparaît impossible de déterminer qui était aux responsabilités au sein de l’entreprise (...) et quelles réglementations s’imposaient à cette date inconnue », estiment-ils dans leur ordonnance datée du 10 juillet, consultée par l’AFP et relayée par l’Association des victimes de l’amiante et autres polluants (AVA).

    L’AVA dénonce dans un communiqué une volonté selon elle délibérée des magistrats instructeurs du pôle de santé publique de Paris de « mettre un terme par des non-lieux à toutes les affaires engagées par les victimes de l’amiante depuis 23 ans ». L’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva), lui, parle d’un « véritable déni de justice ».

    Les associations vont faire appel
    L’AVA et l’Andeva ont annoncé qu’elles allaient faire appel de ce non-lieu, qui concerne tous les sites d’Eternit.

    Mais l’AVA compte surtout sur une citation directe à laquelle plus de mille victimes se sont jointes à ce jour et qui sera déposée officiellement en septembre prochain. Cette citation directe, qui vise les « responsables nationaux » de la catastrophe sanitaire de l’amiante, doit permettre de contourner l’instruction et la décision du 11 juillet, explique l’association.

    #amiante #Stephan_Schmidheiny #Schmidheiny #santé #cancer #pollution #toxiques #environnement #eternit #chimie #déchets #poison #esthétique #pierre_serpentinite #enquéte #non-lieu non #justice #impunité #Andeva #AVA

    • 2000 à 3000 décès par an en France
      L’amiante a fait des dizaines de milliers de victimes en France, qui meurent encore au rythme de 2000 à 3000 chaque année, 20 ans après l’interdiction de ce produit, selon les estimations.

      En 2012, les autorités sanitaires estimaient que l’amiante pourrait provoquer, d’ici à 2025, 3000 décès chaque année causés par des cancers de la plèvre ou des cancers broncho-pulmonaires.

  • A Toray, des soutiers de l’aéronautique dans l’enfer de la fibre de carbone
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280619/toray-des-soutiers-de-l-aeronautique-dans-l-enfer-de-la-fibre-de-carbone

    À l’ombre du prestige de Safran, Airbus, Boeing, Dassault ou Ariane, les ouvriers de Toray Carbon Fibers Europe sur le bassin de Lacq endurent des conditions de travail éprouvantes. L’usage de ce matériau composite est pourtant en plein essor, grâce aux économies de CO2 qu’il permet.

    #CHIMIE #santé_environnementale,_aéronautique,_Travail,_Toray,_Bassin_de_Lacq,_Ecologie,_A_la_Une

  • Haute-Loire : les chevaux « dopés » avaient en fait mangé de la #paille_ancienne - France 3 Auvergne-Rhône-Alpes
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-loire/haute-loire-chevaux-dopes-avaient-fait-mange-paille-anc

    Deux chevaux ayant participé à des réunions à l’hippodrome de Jullianges en Haute-Loire à l’été 2018 ont été détectés positifs à la #boldénone, un #stéroïde_anabolisant. Une enquête a permis d’établir que la présence de cette substance dopante était due à l’ingestion de paille ancienne !

    #hippisme #dopage #chimie #drogue

  • #EPA blasted for failing to set drinking water limits for ‘forever chemicals’ | Science | AAAS
    https://www.sciencemag.org/news/2019/02/epa-blasted-failing-set-drinking-water-limits-forever-chemicals

    After intense pressure from politicians and environmental and public health groups, the U.S. Environmental Protection Agency (EPA) today published a plan to tackle industrial chemicals known as per- and polyfluoroalkyl substances (PFAS) that are showing up in drinking water supplies across the nation. But critics say the plan is vague and lacks regulatory teeth, and it will do little to reduce health risks.

    #corruption #eau #pollution #chimie #etats-unis

  • Un « principe d’innovation » porté par l’industrie chimique pourrait entrer dans le droit européen
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/12/10/un-principe-d-innovation-porte-par-l-industrie-chimique-pourrait-entrer-dans

    Instaurer un « principe d’innovation ». L’idée sonne comme une belle promesse, innocente comme le bon sens. Elle pourrait pourtant gravement saper la protection de l’environnement et de la santé publique. Car ce concept qui s’apprête à faire une entrée officielle dans la législation européenne n’a pas été élaboré par des responsables publics. Il a été imaginé par des industriels soumis à des réglementations très strictes : tabac, pesticides, substances chimiques ou pétrole.

    Ce « #principe_d’innovation » figure en effet en préambule du texte établissant le prochain programme de recherche de l’UE qui distribuera près de 100 milliards d’euros en six ans. Appelé « Horizon Europe », il doit être discuté et mis au vote mercredi 12 décembre au Parlement européen en séance plénière. Que dit ce « principe » ? En des termes très généraux, que « l’impact sur l’#innovation devrait être pleinement évalué et pris en compte » à l’occasion de chaque initiative législative.

    « Aucune personne sensée ne pourrait s’y opposer. C’est le génie de cette opération de lobbying », décrypte Kathleen Garnett, une chercheuse indépendante, coauteure d’un article sur le sujet dans une revue académique de droit. Mais ce que ce concept, flou et consensuel en apparence, cible en réalité, explique-t-elle, ce sont les réglementations environnementales de l’UE, et en particulier celles qui encadrent l’usage des produits chimiques – comme le règlement Reach –, des #pesticides, des #OGM ou encore des nano et biotechnologies. Intégré à la loi, le « principe d’innovation » permettrait de faire contrepoids à ce que ces industriels estiment être un obstacle majeur à leurs affaires : le principe de précaution.

    et #paywall

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17579961.2018.1455023?journalCode=rlit20

    • Un « principe d’innovation » porté par l’industrie chimique pourrait entrer dans le droit européen

      En apparence anodin, le concept a été imaginé pour neutraliser le principe de précaution par un think tank issu de la pétrochimie et du tabac.

      Instaurer un « principe d’innovation ». L’idée sonne comme une belle promesse, innocente comme le bon sens. Elle pourrait pourtant gravement saper la protection de l’environnement et de la santé publique. Car ce concept qui s’apprête à faire une entrée officielle dans la législation européenne n’a pas été élaboré par des responsables publics. Il a été imaginé par des industriels soumis à des réglementations très strictes : tabac, pesticides, substances chimiques ou pétrole.

      Ce « principe d’innovation » figure en effet en préambule du texte établissant le prochain programme de recherche de l’UE qui distribuera près de 100 milliards d’euros en six ans. Appelé « Horizon Europe », il doit être discuté et mis au vote mercredi 12 décembre au Parlement européen en séance plénière. Que dit ce « principe » ? En des termes très généraux, que « l’impact sur l’innovation devrait être pleinement évalué et pris en compte » à l’occasion de chaque initiative législative.

      « Aucune personne sensée ne pourrait s’y opposer. C’est le génie de cette opération de lobbying », décrypte Kathleen Garnett, une chercheuse indépendante, coauteure d’un article sur le sujet dans une revue académique de droit. Mais ce que ce concept, flou et consensuel en apparence, cible en réalité, explique-t-elle, ce sont les réglementations environnementales de l’UE, et en particulier celles qui encadrent l’usage des produits chimiques – comme le règlement Reach –, des pesticides, des OGM ou encore des nano et biotechnologies. Intégré à la loi, le « principe d’innovation » permettrait de faire contrepoids à ce que ces industriels estiment être un obstacle majeur à leurs affaires : le principe de précaution.
      « Porte dérobée »

      Pour Geert Van Calster, professeur de droit à l’Université de Louvain (Belgique) et coauteur de l’article, « il est tout simplement extraordinaire de voir les institutions européennes se faire complètement avoir par un lobby de l’industrie pour introduire cela dans le droit communautaire ». A ce jour, ce « principe d’innovation » n’est rien qu’un slogan de lobbying : contrairement au principe de précaution, inscrit, lui, dans les traités européens, il n’a aucune existence légale. Or son entrée dans un texte officiel « par une porte dérobée » le « légitimerait ». « Et c’est là le véritable danger : si, en tant que fait accompli, il acquiert le statut de principe, il sera alors très difficile de revenir en arrière », déplore M. Van Calster.

      Le « cerveau » de cet outil d’influence est un think tank bruxellois au fonctionnement opaque, l’European Risk Forum. Créé en 1996 par British American Tobacco (Lucky Strike, Dunhill…), il avait pour objectif initial d’entraver la mise en place de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, en intervenant sur la conception des politiques de gestion des risques par l’UE. La science documentait alors la nocivité du tabagisme passif. En 2010, le minutieux travail d’enquête d’une équipe de politologues de l’université de Bath (Grande-Bretagne) avait montré comment le cigarettier s’était entouré d’autres industriels, alliés naturels dans la vente de produits dangereux, en particulier le secteur chimique.

      Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment le lobby des implants médicaux a fait plier la Commission européenne
      Au début de l’année, le Risk Forum comptait une vingtaine de membres, comme le numéro un mondial de la chimie, BASF, Bayer (qui vient de racheter Monsanto), le fabricant de détergents Henkel, Philip Morris ou encore les organisations de lobbying des secteurs des énergies fossiles et du plastique. A ses membres, le Forum propose de « contribuer à l’élaboration des règles et procédures utilisées par les institutions de l’UE pour déterminer comment les décisions réglementaires sont prises », en ciblant « les leaders d’opinion et les décideurs » au sein des institutions, ainsi que l’indique son site.

      « Aversion au risque »

      L’histoire publique du « principe d’innovation » a commencé en octobre 2013, quand, à l’initiative du Risk Forum, une vingtaine de PDG de grandes firmes adressaient une lettre aux présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil européen. Bruxelles était alors le théâtre d’une offensive de grande ampleur menée par les lobbys des pesticides et de la chimie contre la réglementation des perturbateurs endocriniens. Offensive à laquelle le think tank avait participé.
      Dans ses rapports et livrets publiés au fil des années, les mots du Risk Forum ne trompent pas. Il s’agit bien de systématiquement « soumettre le principe de précaution à une étude d’impact », expliquait-il en 2011. La manière de procéder en Europe actuellement, précisait-il quatre ans plus tard, est « empreinte d’une aversion au risque » et aurait empêché le développement de « la locomotives à vapeur, du four à micro-ondes, du téléphone mobile et de la radiographie ».
      Depuis 2013, le Risk Forum a multiplié les actions de lobbying pour imposer son idée dans les cercles du pouvoir européen. C’est ce que montre un rapport de recherche publié lundi 10 décembre par l’ONG Corporate Europe Observatory. Par le biais d’une demande d’accès aux documents administratifs à la Commission, cette ONG spécialisée dans la surveillance du lobbying à Bruxelles s’est procuré de nombreux documents que Le Monde a pu consulter. « Cet exemple montre bien de quelle manière les intérêts des firmes essaient de capturer les processus de décision européens, analyse Nina Holland, auteure de ce travail. Il fait ressortir un niveau exceptionnel d’accès privilégié » auprès des décideurs.

      « Evangéliste de l’innovation bien encadrée »

      Les courriels et notes internes ont permis à la chercheuse-militante de retracer précisément le parcours du « principe » : essentiellement des rendez-vous et interactions avec les hauts fonctionnaires de plusieurs directions générales (DG) de la Commission (recherche, industrie et santé). En juin 2015, la démarche était soutenue par Carlos Moedas, le commissaire à la recherche, et en février 2017 une « Task Force » dédiée était créée au sein de la DG recherche. Le Risk Forum a également ciblé les Etats membres ayant assumé la présidence de l’UE comme Malte, la Bulgarie ou les Pays-Bas. En janvier 2016, la présidence néerlandaise a même coorganisé une conférence sur le sujet avec le Risk Forum et les deux principales organisations industrielles, BusinessEurope et European Roundtable of Industrialists.

      Tous ces efforts d’influence ont également bénéficié de la bienveillance d’un homme-clé. Robert Madelin a exercé plusieurs fois la fonction de directeur général, poste parmi les plus importants dans la hiérarchie administrative de la Commission, avant de devenir conseiller spécial pour l’innovation du président Juncker en 2015. Le Britannique produisait l’année suivante une « note stratégique » faisant la promotion d’un « principe d’innovation ». Trois mois après sa publication, il basculait vers une activité de lobbyiste : M. Madelin est désormais consultant pour Fipra, un cabinet influent dont il est aussi président et qui est également… membre du Risk Forum. « Je suis un évangéliste de l’innovation bien encadrée, explique Robert Madelin, interrogé par Le Monde. Alors je pense que ce serait tragique d’oublier qu’on doit la soutenir en Europe à cause de l’historique d’un think tank. »

  • George P. Smith, lauréat du prix Nobel est un pro palestinien de longue date et militant de BDS
    AURDIP - 5 octobre | Allison Kaplan Sommer pour Haaretz |Traduction CG pour l’AURDIP
    https://www.aurdip.org/george-p-smith-laureat-du-prix.html

    Le scientifique « antisioniste » dit s’opposer à la « souveraineté ethnique juive sur d’autres peuples » et il apparaît sur le site internet de la controversée Mission Canary

    George P. Smith, un des lauréats du Prix Nobel de chimie 2018 est un vétéran du soutien au mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions, dans le cadre de son militantisme pro palestinien.

    Smith, qui est professeur émérite de biologie de l’Université du Missouri à Columbia, a été désigné mercredi comme co lauréat du prestigieux prix pour ses efforts de maîtrise du développement de la production de nouveaux enzymes et anticorps.

    L’activité politique de Smith en a fait une figure controversée à l’Université du Missouri, où il est professeur titulaire et une cible de groupes pro israéliens. On peut le voir sur le site internet controversé de la Mission Canary qui publie des dossiers en ligne sur des professeurs, des étudiants et des intervenants pro palestiniens sur les campus ; et il a été signalé par des représentants d’Israël dans le cadre du refus de laisser entrer des militants dans le pays. (...)

    • Nobel Prize Winner Supports BDS Movement For Palestinian Rights, Ending Military Aid to Israel
      October 6, 2018 5:16 AM IMEMC News
      http://imemc.org/article/nobel-prize-winner-supports-bds-movement-for-palestinian-rights-ending-milita

      Dr. Samia Botmeh, Dean at Birzeit University in the occupied Palestinian West Bank and leading activist in the Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI), said:


      Congratulations to Professor George P. Smith for winning the 2018 Nobel Prize in Chemistry. His principled commitments are evident in both his scientific work to protect human life and his support for the Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) movement for Palestinian rights.

      Professor Smith has consistently spoken out against Israel’s egregious violations of Palestinian human rights, and taken the extremely important step of calling on his government in the United States to end arms sales to the Israeli military. His call to end military aid to Israel is not only deeply principled, but a critical and effective form of solidarity that we hope to see multiplied. The US government should be investing in human needs, including health, education and dignified jobs, rather than giving Israel $3.8 billion in military aid a year to repress and destroy Palestinian life.

      Thank you Professor Smith for your inspiring solidarity.

  • On a beaucoup parlé du Prix Nobel de Physique cette année, puisqu’il a été décerné à un Français, mais aussi à une Canadienne (de 60 ans, dans une petite université, qui n’est pas prof titulaire et qui n’avait pas de page wikipedia la semaine dernière. Ce n’est pas pour la diminuer que je dis ça mais au contraire pour montrer que malgré sa valeur, elle n’a pas obtenu les titres et les honneurs auxquels « on » a en général droit, surtout si « on » est un homme).
    https://seenthis.net/messages/726591

    On a moins parlé du Prix Nobel de Chimie 2018, décerné à une américaine, un américain et un britannique. Pourtant, l’américain en question, George P. Smith, de l’université du Missouri, est un membre de Jewish Voice for Peace, de Mid-Missourians for Justice in Palestine, et de Missouri Right to Boycott, régulièrement dénoncé par le lobby sioniste américain pour son soutien de la cause palestinienne et de la campagne BDS ! Il a écrit des articles dans Mondoweiss, participé à des manifestations, organisé des conférences et des protestations sur le campus, au moins depuis 2012 :

    Columbia, MO, mobilizes against Israeli assault on Gaza
    George Smith, Mondoweiss, le 28 novembre 2012
    https://mondoweiss.net/2012/11/columbia-mo-mobilizes-against-israeli-assault-on-gaza

    Voilà comment il se décrit sur le site de Mondoweiss :

    I’m a retired biology professor and a member of Mid-Missourians for Justice in Palestine as well as Jewish Voice For Peace. I’m not religious or Jewish by birth. But my wife is Jewish and our sons are bar-mitzvahed, and I’m very engaged with Jewish culture and politics.

    Il a donné, en avril de cette année, alors qu’il est à la retraite, des cours dans son université sur l’occupation en Palestine. Il a aussi publié un article dans la Columbia Tribune :

    Gaza, then and now
    George Smith, Columbia Tribune, le 16 avril 2018
    http://www.columbiatribune.com/news/20180416/gaza-then-and-now

    Voici comment il y décrit le mouvement BDS :

    Palestinian civil society’s call for the global community of conscience to ostracize Israeli businesses and institutions until Israel repudiates Dayan’s abhorrent syllogism and the Palestinian people, including the exiles, achieve full equality with Jews in their shared homeland.

    #Palestine #BDS #Boycott_universitaire #Prix_Nobel #Science #Chimie #George_Smith

  • L’enfer vert s’étend au Palais Rameau – Contre la cyber-agriculture Hors-sol, Braderie 2018 - 31 Aout 2018 - hors-sol.herbesfolles

    http://hors-sol.herbesfolles.org/2018/08/31/lenfer-vert-setend-au-palais-rameau-contre-la-cyber-agricultu

    La Ville de Lille vient de céder le Palais Rameau à trois écoles d’ingénieur qui en feront un laboratoire d’agriculture automatisée et hors-sol. Alors que la Ville détruit les derniers espaces possibles de verdure, îlot Pépinière et friche Saint-Sauveur, elle recrée une nature artificielle, sous cloche, et pilotée par des capteurs. Cette artificialisation des terres et de l’agriculture avance d’un pas serein grâce l’appui des Verts qui voient là une réponse aux « enjeux écologiques du XXIe siècle ». Avec des amis pareils, la nature n’a plus besoin d’ennemis.


    Le calendrier se passe parfois de commentaire. Dans le même Conseil municipal, Martine Aubry rappelle son engagement dans la bétonnisation de l’îlot Pépinière, ancienne parcelle horticole, et cède le Palais Rameau, du nom d’un horticulteur lillois, à trois écoles d’ingénieur spécialisées dans l’« agriculture de précision ». Donc : Martine Aubry remplace des horticulteurs avec de la terre sur les mains par des agro-informaticiens du substrat chimique. Après que la mécanisation des champs ait saigné les rangs des paysans, l’automatisation supprime les derniers « travailleurs de la terre ».

    Une agriculture sans terre ni agriculteurs
    Les trois écoles d’ingénieur en question appartiennent à la Catho et se nomment ensemble « Yncréa ». Leur regroupement forme des ingénieurs et chercheurs en nanotechnologies, smart farming, chimie verte, smart grids (ex : Linky) ou maison intelligente. Yncréa est donc un agent du renouvellement actuel du capitalisme dans les technologies de pilotage de la planète, de la ville, de la maison et du vivant, pour aller decrescendo dans la perspective. Détail qui ne manque pas de saveur : le directeur d’Yncréa est ingénieur militaire, à la fois chevalier de la Légion d’honneur et du Mérite agricole, passé par la Délégation générale à l’armement et la sûreté nucléaire. Ses rangs de topinambours seront bien désherbés sur les côtés.

    Leur agriculture hors-sol (préférez « urbaine », « de précision », « connectée » ou « verticale » si vous deviez masquer vos intentions) passe au stade 2.0. Les semences sont toujours sélectionnées pour ce type de terroir hydroponique. Les légumes plongent toujours leurs racines dans un substrat et des intrants artificiels. Mais les bâtiments sont désormais « pilotés par des technologies contrôlant les paramètres de production (luminosité, apports en eau, en nutriments…) et alliant les compétences en conception de bâtiments intelligents, agronomie et automatisation. »1 Les Pays-Bas par exemple, surnommés la « Silicon Valley de l’agriculture », ont les meilleurs rendements du monde grâce à des serres où la lumière, l’arrosage, les intrants ou la ventilation sont entièrement automatisés. Le modèle vaut aussi pour les élevages de porcs, de volailles – sans parler des citadins. Le smart farming est à l’agriculture ce qu’un « réseau social » est à l’amitié. Une relation à la terre pilotée par ordinateur, privatisée par des ingénieurs et leurs firmes, produisant une alimentation sans goût pour une vie sans qualité.

    L’avancée du désert vert
    L’élu Julien Dubois soutint l’initiative au nom du groupe écologiste. Reprenant les éléments de langage de circonstance, celle-ci répondrait aux « enjeux écologiques du XXI° siècle ».2 Quels sont ces « enjeux » ? En quoi Yncréa y « répond » ? Nulle explication chez les élus qui s’écharpent à peine sur le superflu, l’absence d’appel d’offres ou la privatisation du Palais Rameau. Mais sur le fond : rien.

    Dans les Hauts-de-France comme au niveau global, les terres cultivables manquent. La planète compte bientôt 10 milliards d’estomacs en même temps que les terres arables disparaissent sous les effets conjoints de l’urbanisation, de la pollution et l’appauvrissement des sols, de l’élevage intensif ou du manque d’eau. Près de nous, autour de l’ancien site Metalleurop, 500ha de terres saturées en plomb interdisent toute culture comestible. À Lille, les 23 ha de la friche Saint Sauveur seront enfouis sous du logement intensif et des bureaux, plutôt que rendus – enfin ! – à des activités plus humaines.

    Face à ce dilemme comptable, les technocrates ont leurs solutions. Pour aller des plus lointaines aux plus proches, Elon Musk (Tesla) souhaite coloniser Mars ; Peter Thiel (PayPal, Facebook) bâtit des villes flottantes alimentées aux algues3 ; Larry Page (Google) finança le premier steak in vitro ; et toute une flopée d’urbanistes se gaussent d’agriculture urbaine : soit en utilisant les toits des buildings, soit sur les sols pollués des friches industrielles, soit encore dans les souterrains des grandes villes, ainsi qu’Anne Hidalgo l’expérimente à Paris. Après avoir épuisé la Terre, la cyber-agriculture s’attaque aux océans, aux sous-sols, et pourquoi pas à l’espace, dans une fuite en avant technologique. Les écologistes applaudissent. Et l’Union européenne s’interroge sur une labellisation « bio » du hors-sol.

    Ce scénario d’artificialisation et de privatisation du vivant ne devrait surprendre aucun Lillois. Non seulement parce qu’il est d’une banalité confondante au regard de l’état du monde. Surtout parce que la Ville nous avait prévenus, dès 2013, dans une exposition « Natures artificielles » à la Gare Saint-Sauveur. Les artistes convoqués nous y jetaient leurs « visions originales d’un réel transfiguré par une époque mutante où l’homme joue de son emprise ambiguë [sur la nature]. On y crois[ait] des expérimentations scientifiques qui réécrivent l’Histoire, théâtres de robots agriculteurs, parcelles de cosmos comprimées, poupées mutantes issues d’expérimentations génétiques, végétaux à humeurs variables, terre tremblant au son de la voix, etc. »4 L’enfer vert était annoncé.

    Quant à ceux qui ne veulent pas ajouter de l’artifice au désastre, qui ne souhaitent pas gérer les nuisances mais bien les supprimer, ils peuvent se joindre à nous dans une opposition résolue à la bétonnisation de Saint-Sauveur et à la reconversion technologique du Palais Rameau.

    Hors-sol, Braderie 2018

    1Yncrea.fr

    2Conseil municipal du 22 juin 2018, site d’Europe écologie – Les Verts

    3Paradis Pourri – Smart islands en Polynésie, https://hors-sol.herbesfolles.org/2017/10/02/paradis-pourri-smart-islands-en-polynesie

    4L’art de nous acclimater à la technopole – Visite de l’expo « Natures artificielles », http://hors-sol.herbesfolles.org/2013/07/31/lart-de-sacclimater-a-la-technopole-contre-visite-guidee-de-l

    #Lille #artificialisation #martine_aubry #écologie #agro-informaticiens #Catho #Yncréa #nanotechnologies #smart_farming #chimie_verte #smart_grids #agriculture_urbaine #agriculture_connectée #agriculture_verticale #smart_farming #hydroponique #Julien_Dubois #Hauts-de-France #écologistes #enfer_vert #nuisances

  • #Glyphosate : 8 000 procédures aux Etats-Unis contre #Monsanto
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/08/23/glyphosate-8-000-procedures-aux-etats-unis-contre-monsanto_5345543_3244.html

    Mais #Bayer martèle depuis que « rien n’a changé » dans sa stratégie et ses objectifs, et qu’il demeure « très optimiste pour l’avenir de son activité », basée sur le rôle croissant de la #chimie dans l’#agriculture, a répété jeudi M. Baumann.

    #pesticides #santé

  • Sciences - Comprendre Mode d’action du Roundup
    http://les-desherbants-tpe.e-monsite.com/pages/fiches-techniques/mode-d-action-du-roundup.html

    1- Les plantes fabriquent des acides aminés aromatiques pour se développer.
    2- L’EPSP Synthase (un autre produit boostant utilisé sur les plantes) est une molécule qui accélère cette réaction chimique. C’est donc une enzyme.
    3- Le glyphosate est un inhibiteur compétitif qui empêche la réaction de se produire car il prend la place du substrat.
    4- Mais utilisé seul, il est moins efficace car il a dû mal à pénétrer par les feuilles, donc on lui ajoute des adjuvants.

    En 3 mots raccourcis, Le Roundup est donc un bloqueur d’acides aminés .
    (c’est la saison de l’épandage, alors j’en profite)
    #agriculture #chimie #conventionnel #vulgarisation

  • Dérégulation, #Lobbying et culture du secret : les dessous de l’accident dans l’usine texane d’Arkema
    https://multinationales.org/Deregulation-lobbying-et-culture-du-secret-les-dessous-de-l-acciden

    Les autorités semblent avoir repris le contrôle de la situation dans l’usine d’Arkema au Texas qui menaçait d’exploser suite au passage de l’ouragan Harvey. Mais les événements survenus dans cette usine continuent à susciter beaucoup de questions, et de débats. Ils ont aussi été l’occasion de mettre en lumière le lobbying de l’industrie chimique pour échapper à toute régulation, et les échos très favorables qu’elle rencontre dans l’administration Trump. #Arkema, une entreprise française jusqu’ici relativement (...)

    Actualités

    / #Chimie, #États-Unis, Arkema, A la une, Lobbying, #influence, #normes_et_régulations, #santé_environnement, #santé_et_sécurité_au_travail, (...)

    #transparence
    « http://multinationales.org/Explosion-programmee-d-une-usine-chimique-d-Arkema-au-Texas-comment »
    « https://www.reuters.com/article/us-storm-harvey-arkema-epa/epa-any-toxic-materials-from-arkema-plant-fire-not-yet-a-concern-idUSKCN1BB »
    « https://www.reuters.com/article/us-storm-harvey-fema-arkema/fema-plume-from-flood-hit-arkema-chemical-plant-incredibly-dangerous-idUSKC »
    « http://hosted.ap.org/dynamic/stories/U/US_HARVEY_CHEMICAL_PLANT?SITE=AP&SECTION=HOME&TEMPLATE=DEFAULT »
    « http://www.chron.com/news/houston-texas/article/Arkema-backtracks-refuses-to-provide-public-12167110.php »
    « https://www.opensecrets.org/lobby/clientsum.php?id=D000024130 »
    « https://www.opensecrets.org/orgs/toprecips.php?id=D000024130&cycle=2016 »
    « http://multinationales.org/Elections-americaines-l-argent-du-CAC-40-irrigue-toujours-les-candi »
    « https://www.nytimes.com/2017/03/05/us/politics/trump-deregulation-guns-wall-st-climate.html »
    « http://www.api.org »
    « https://www.americanchemistry.com/Media/PressReleasesTranscripts/ACC-news-releases/ACC-Elects-New-Class-to-Board-of-Directors.html »
    « https://apnews.com/27796dd13b9549b0ac76aded58a15122 »
    « https://www.theguardian.com/us-news/2017/sep/02/houston-hurricane-harvey-pollution-petrochemical-plants »
    « https://theintercept.com/2017/08/31/harvey-victims-face-toxic-pollution-as-hurricane-recovery-begins »
    « http://www.ibtimes.com/political-capital/texas-republicans-helped-chemical-plant-exploded-lobby-against-safety-rules »
    « https://www.nytimes.com/2017/08/07/business/trump-deregulation-teams-transportation-department.html »
    « https://www.nytimes.com/2017/08/31/us/texas-chemical-plant-explosion-arkema.html »
    https://multinationales.org/IMG/pdf/lettre_arkema.pdf

  • Dérégulation, #Lobbying et culture du secret : les dessous de l’accident dans l’usine texane d’Arkema
    http://multinationales.org/Deregulation-lobbying-et-culture-du-secret-les-dessous-de-l-acciden

    Les autorités semblent avoir repris le contrôle de la situation dans l’usine d’Arkema au Texas qui menaçait d’exploser suite au passage de l’ouragan Harvey. Mais les événements survenus dans cette usine continuent à susciter beaucoup de questions, et de débats. Ils ont aussi été l’occasion de mettre en lumière le lobbying de l’industrie chimique pour échapper à toute régulation, et les échos très favorables qu’elle rencontre dans l’administration Trump. #Arkema, une entreprise française jusqu’ici relativement (...)

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    / #Chimie, #États-Unis, Arkema, A la une, Lobbying, #influence, #normes_et_régulations, #santé_environnement, #santé_et_sécurité_au_travail, (...)

    #transparence
    « https://www.reuters.com/article/us-storm-harvey-arkema-epa/epa-any-toxic-materials-from-arkema-plant-fire-not-yet-a-concern-idUSKCN1BB »
    « https://www.reuters.com/article/us-storm-harvey-fema-arkema/fema-plume-from-flood-hit-arkema-chemical-plant-incredibly-dangerous-idUSKC »
    « http://hosted.ap.org/dynamic/stories/U/US_HARVEY_CHEMICAL_PLANT?SITE=AP&SECTION=HOME&TEMPLATE=DEFAULT »
    « http://www.chron.com/news/houston-texas/article/Arkema-backtracks-refuses-to-provide-public-12167110.php »
    « https://multinationales.org/IMG/pdf/lettre_arkema.pdf »
    « https://www.opensecrets.org/lobby/clientsum.php?id=D000024130 »
    « https://www.opensecrets.org/orgs/toprecips.php?id=D000024130&cycle=2016 »
    « https://www.nytimes.com/2017/03/05/us/politics/trump-deregulation-guns-wall-st-climate.html »
    « http://www.api.org »
    « https://www.americanchemistry.com/Media/PressReleasesTranscripts/ACC-news-releases/ACC-Elects-New-Class-to-Board-of-Directors.html »
    « https://apnews.com/27796dd13b9549b0ac76aded58a15122 »
    « https://www.theguardian.com/us-news/2017/sep/02/houston-hurricane-harvey-pollution-petrochemical-plants »
    « https://theintercept.com/2017/08/31/harvey-victims-face-toxic-pollution-as-hurricane-recovery-begins »
    « http://www.ibtimes.com/political-capital/texas-republicans-helped-chemical-plant-exploded-lobby-against-safety-rules »
    « https://www.nytimes.com/2017/08/07/business/trump-deregulation-teams-transportation-department.html »
    « https://www.nytimes.com/2017/08/31/us/texas-chemical-plant-explosion-arkema.html »
    http://multinationales.org/IMG/pdf/lettre_arkema.pdf

  • Vallée de la #chimie : la sourde colère des verriers

    Les cas de cancers et les décès se multiplient parmi les anciens verriers de #Givors, au sud de la métropole lyonnaise. Depuis la fermeture de l’usine en 2003, ils demandent réparation pour avoir été exposés à un cocktail de produits cancérogènes. Un combat judiciaire lancinant, dont la prochaine étape aura lieu le 13 septembre.


    https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2017/08/21/vallee-de-la-chimie-la-sourde-colere-des-verriers

    #cancers #santé #industrie_chimique #Lyon #France #paywall #justice

  • Explosion programmée d’une usine chimique d’Arkema au Texas : comment l’ouragan Harvey met à nu les mythes de l’industrie pétrolière
    https://multinationales.org/Explosion-programmee-d-une-usine-chimique-d-Arkema-au-Texas-comment

    Depuis plusieurs jours, l’ouragan Harvey ravage les côtes du Texas et de Louisiane, faisant au moins 37 victimes. Derrière le drame humain s’en joue un autre, puisque la région de Houston est également un bastion de l’industrie chimique et pétrolière mondiale. Une usine du groupe français #Arkema menace d’exploser. Les mêmes industriels qui ont misé sur le gaz de schiste et la fuite en avant dans les énergies fossiles se sont-ils préparés aux conséquences du dérèglement climatique ? Une usine du groupe (...)

    Actualités

    / A la une, #Chimie, #Énergie, #États-Unis, Arkema, #Énergies_fossiles, #changement_climatique, #impact_sur_l'environnement, santé (...)

    #santé_environnement
    « https://www.nytimes.com/aponline/2017/08/30/us/ap-us-harvey-chemical-plant.html »
    « https://www.propublica.org/article/hell-and-high-water-text »
    « http://www.politico.com/story/2017/08/29/hurricane-harvey-chemical-danger-242142 »

  • Explosion programmée d’une usine chimique d’Arkema au Texas : comment l’ouragan Harvey met à nu les mythes de l’industrie pétrolière
    http://multinationales.org/Explosion-programmee-d-une-usine-chimique-d-Arkema-au-Texas-comment

    Depuis plusieurs jours, l’ouragan Harvey ravage les côtes du Texas et de Louisiane, faisant au moins 37 victimes. Derrière le drame humain s’en joue un autre, puisque la région de Houston est également un bastion de l’industrie chimique et pétrolière mondiale. Une usine du groupe français #Arkema menace d’exploser. Les mêmes industriels qui ont misé sur le gaz de schiste et la fuite en avant dans les énergies fossiles se sont-ils préparés aux conséquences du dérèglement climatique ? Une usine du groupe (...)

    Actualités

    / A la une, #Chimie, #Énergie, #États-Unis, Arkema, #Énergies_fossiles, #changement_climatique, #impact_sur_l'environnement, santé (...)

    #santé_environnement
    « https://www.nytimes.com/aponline/2017/08/30/us/ap-us-harvey-chemical-plant.html »
    « https://www.propublica.org/article/hell-and-high-water-text »
    « http://www.politico.com/story/2017/08/29/hurricane-harvey-chemical-danger-242142 »

    • Une usine du groupe chimique français Arkema à Crosby, à 45 kilomètres de Houston, au Texas, serait sur le point d’exploser, en conséquence du passage de l’ouragan Harvey et des inondations qui ont suivi. En raison des pannes successives des équipements de réfrigération des produits chimiques hautement inflammables, il n’est désormais plus possible, selon les dirigeants du groupe, d’empêcher la catastrophe. Une explosion de l’usine et un « incendie intense » devraient survenir dans les prochains jours. Une zone de 2,4 kilomètres autour du site a été évacuée. Une dépêche de l’Associated Press relève que dans une étude d’évaluation des risques datant de 2014, Arkema avait estimé que dans le pire des scénarios, une explosition de usine pouvait impacter jusqu’à 1,1 million de personnes dans un rayon de 37 kilomètres. Selon l’entreprise, ce scénario demeure cependant « très peu probable ». Deux explosions ont été entendues sur le site ce jeudi 31 août.