• #Grèce : Des enfants demandeurs d’asile privés d’école

    À cause de sa politique migratoire appuyée par l’Union européenne qui bloque des milliers d’enfants demandeurs d’asile dans les îles de la mer Égée, la Grèce prive ces enfants de leur droit à l’éducation, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
    Le rapport de 51 pages, intitulé « ‘Without Education They Lose Their Future’ : Denial of Education to Child Asylum Seekers on the Greek Islands » (« ‘Déscolarisés, c’est leur avenir qui leur échappe’ : Les enfants demandeurs d’asile privés d’éducation sur les îles grecques », résumé et recommandations disponibles en français), a constaté que moins de 15 % des enfants en âge d’être scolarisés vivant dans les îles, soit plus de 3 000, étaient inscrits dans des établissements publics à la fin de l’année scolaire 2017-2018, et que dans les camps que gère l’État dans les îles, seuls une centaine, tous des élèves de maternelle, avaient accès à l’enseignement officiel. Les enfants demandeurs d’asile vivant dans les îles grecques sont exclus des opportunités d’instruction qu’ils auraient dans la partie continentale du pays. La plupart de ceux qui ont pu aller en classe l’ont fait parce qu’ils ont pu quitter les camps gérés par l’État grâce à l’aide des autorités locales ou de volontaires.

    « La Grèce devrait abandonner sa politique consistant à confiner aux îles les enfants demandeurs d’asile et leurs familles, puisque depuis deux ans, l’État s’est avéré incapable d’y scolariser les enfants », a déclaré Bill Van Esveld, chercheur senior de la division Droits des enfants à Human Rights Watch. « Abandonner ces enfants sur des îles où ils ne peuvent pas aller en classe leur fait du tort et viole les propres lois de la Grèce. »

    Human Rights Watch s’est entretenue avec 107 enfants demandeurs d’asile et migrants en âge d’être scolarisés vivant dans les îles, ainsi qu’avec des responsables du ministère de l’Éducation, de l’ONU et de groupes humanitaires locaux. Elle a également examiné la législation en vigueur.

    L’État grec applique une politique appuyée par l’UE qui consiste à maintenir dans les îles les demandeurs d’asile qui arrivent de Turquie par la mer jusqu’à ce que leurs dossiers de demande d’asile soient traités. Le gouvernement soutient que ceci est nécessaire au regard de l’accord migratoire que l’EU et la Turquie ont signé en mars 2016. Le processus de traitement est censé être rapide et les personnes appartenant aux groupes vulnérables sont censées en être exemptées. Mais Human Rights Watch a parlé à des familles qui avaient été bloquées jusqu’à 11 mois dans les camps, souvent à cause des longs délais d’attente pour être convoqué aux entretiens relatifs à leur demande d’asile, ou parce qu’elles ont fait appel du rejet de leur demande.

    Même si l’État grec a transféré plus de 10 000 demandeurs d’asile vers la Grèce continentale depuis novembre, il refuse de mettre fin à sa politique de confinement. En avril 2018, la Cour suprême grecque a invalidé cette politique pour les nouveaux arrivants. Au lieu d’appliquer ce jugement, le gouvernement a émis une décision administrative et promulgué une loi afin de rétablir la politique.

    D’après la loi grecque, la scolarité est gratuite et obligatoire pour tous les enfants de 5 à 15 ans, y compris ceux qui demandent l’asile. Le droit international garantit à tous les enfants le même droit de recevoir un enseignement primaire et secondaire, sans discrimination. Les enfants vivant en Grèce continentale, non soumis à la politique de confinement, ont pu s’inscrire dans l’enseignement officiel.

    Selon l’office humanitaire de la Commission européenne, ECHO, « l’éducation est cruciale » pour les filles et garçons touchés par des crises. Cette institution ajoute que l’éducation permet aux enfants de « retrouver un certain sens de normalité et de sécurité », d’acquérir des compétences importantes pour leur vie, et que c’est « un des meilleurs outils pour investir dans leur avenir, ainsi que dans la paix, la stabilité et la croissance économique de leur pays ».

    Une fille afghane de 12 ans, qui avait séjourné pendant six mois dans un camp géré par l’État grec dans les îles, a déclaré qu’avant de fuir la guerre, elle était allée à l’école pendant sept ans, et qu’elle voulait y retourner. « Si nous n’étudions pas, nous n’aurons pas d’avenir et nous ne pourrons pas réussir, puisque nous [ne serons pas] instruits, nous ne saurons parler aucune langue étrangère », a-t-elle déclaré.

    Plusieurs groupes non gouvernementaux prodiguent un enseignement informel aux enfants demandeurs d’asile dans les îles, mais d’après les personnes qui y travaillent, rien ne peut remplacer l’enseignement officiel. Par exemple il existe une école de ce type dans le camp de Moria géré par l’État sur l’île de Lesbos, mais elle ne dispose qu’à temps partiel d’une salle dans un préfabriqué, ce qui signifie que les enfants ne peuvent recevoir qu’une heure et demie d’enseignement par jour. « Ils font de leur mieux et nous leur en sommes reconnaissants, mais ce n’est pas une véritable école », a fait remarquer un père.

    D’autres assurent le transport vers des écoles situées à l’extérieur des camps, mais ne peuvent pas emmener les enfants qui sont trop jeunes pour s’y rendre tout seuls. Certains élèves vivant à l’extérieur des camps de l’État suivent un enseignement informel et ont également reçu l’aide de volontaires ou de groupes non gouvernementaux afin de s’inscrire dans l’enseignement public. Ainsi des volontaires ont aidé un garçon kurde de 13 ans vivant à Pipka, un site situé à l’extérieur des camps de l’île de Lesbos, désormais menacé de fermeture, à s’inscrire dans un établissement public, où il est déjà capable de suivre la classe en grec

    Des parents et des enseignants estimaient que la routine scolaire pourrait aider les enfants demandeurs d’asile à se remettre des expériences traumatisantes qu’ils ont vécues dans leurs pays d’origine et lors de leur fuite. À l’inverse, le manque d’accès à l’enseignement, combiné aux insuffisances du soutien psychologique, exacerbe le stress et l’anxiété qui découlent du fait d’être coincé pendant des mois dans des camps peu sûrs et surpeuplés. Évoquant les conditions du camp de Samos, une fille de 17 ans qui a été violée au Maroc a déclaré : « [ça] me rappelle ce que j’ai traversé. Moi, j’espérais être en sécurité. »

    Le ministère grec de la Politique d’immigration, qui est responsable de la politique de confinement et des camps des îles, n’a pas répondu aux questions que Human Rights Watch lui avait adressées au sujet de la scolarisation des enfants demandeurs d’asile et migrants vivant dans ces îles. Plusieurs professionnels de l’éducation ont déclaré qu’il existait un manque de transparence autour de l’autorité que le ministère de l’Immigration exerçait sur l’enseignement dans les îles. Une commission du ministère de l’Éducation sur la scolarisation des réfugiés a rapporté en 2017 que le ministère de l’Immigration avait fait obstacle à certains projets visant à améliorer l’enseignement dans les îles.

    Le ministère de l’Éducation a mis en place deux programmes clés pour aider les enfants demandeurs d’asile de toute la Grèce qui ne parlent pas grec et ont souvent été déscolarisés pendant des années, à intégrer l’enseignement public et à y réussir, mais l’un comme l’autre excluaient la plupart des enfants vivant dans les camps des îles gérés par l’État.

    En 2018, le ministère a ouvert des écoles maternelles dans certains camps des îles, et en mai, environ 32 enfants d’un camp géré par une municipalité de Lesbos ont pu s’inscrire dans des écoles primaires – même si l’année scolaire se terminait en juin. Le ministère a déclaré que plus de 1 100 enfants demandeurs d’asile avaient fréquenté des écoles des îles à un moment ou un autre de l’année scolaire 2017-2018, mais apparemment ils étaient nombreux à avoir quitté les îles avant la fin de l’année.

    Une loi adoptée en juin a permis de clarifier le droit à l’éducation des demandeurs d’asile et, le 9 juillet, le ministère de l’Éducation a déclaré qu’il prévoyait d’ouvrir 15 classes supplémentaires destinées aux enfants demandeurs d’asile des îles pour l’année scolaire 2018-2019. Ce serait une mesure très positive, à condition qu’elle soit appliquée à temps, contrairement aux programmes annoncés les années précédentes. Même dans ce cas, elle laisserait sur le carreau la majorité des enfants demandeurs d’asile et migrants en âge d’être scolarisés, à moins que le nombre d’enfants vivant dans les îles ne diminue.

    « La Grèce a moins de deux mois devant elle pour veiller à ce que les enfants qui ont risqué leur vie pour atteindre ses rivages puissent aller en classe lorsque l’année scolaire débutera, une échéance qu’elle n’a jamais réussi à respecter auparavant », a conclu Bill Van Esveld. « L’Union européenne devrait encourager le pays à respecter le droit de ces enfants à l’éducation en renonçant à sa politique de confinement et en autorisant les enfants demandeurs d’asile et leurs familles à quitter les îles pour qu’ils puissent accéder à l’enseignement et aux services dont ils ont besoin. »

    https://www.hrw.org/fr/news/2018/07/18/grece-des-enfants-demandeurs-dasile-prives-decole
    #enfance #enfants #éducation #îles #mer_Egée #asile #migrations #réfugiés #école #éducation #rapport #Lesbos #Samos #Chios

    Lien vers le rapport :
    https://www.hrw.org/report/2018/07/18/without-education-they-lose-their-future/denial-education-child-asylum-seekers

  • Grecia mantiene confinados más de 12.000 refugiados en cinco islas del Egeo

    Las inclemencias meteorológicas agravarán por desgracia la ya difícil situación de los ‘hotspots’ de #Lesbos, Chíos, #Samos, #Kos y #Leros, transformados en “lugares de confinamiento indefinido para los solicitantes de asilo”, decía hace unos días Nicola Bay, director de Oxfam en Grecia. Miles de mujeres, hombres y niños muy pequeños siguen viviendo allí en precarias tiendas de campaña, durmiendo literalmente en el suelo, esperando una respuesta a su solicitud de asilo en Europa. Algunos llevan así casi 19 meses.

    Desde que entró en vigor el acuerdo UE-Turquía sobre refugiados, en marzo del 2016, la situación en estos ‘hotspots’ se ha ido deteriorando hasta límites insospechados. Actualmente, según el Gobierno griego, más de 15.000 refugiados están atrapados en estas islas, el doble de su capacidad de acogida. Entre ellos, más de 12.000 viven recluidos en los ‘hotspots’, con acceso limitado al agua potable y a los servicios básicos.


    http://www.elperiodico.com/es/internacional/20171204/grecia-mantiene-confinados-a-mas-de-12000-refugiados-en-cinco-islas-del
    #statistiques #îles #chiffres #réfugiés #Grèce #asile #migrations #Chios #attente #anti-chambre

    • Greece: 13,000 Still Trapped on Islands

      The Greek government has moved more than 7,000 asylum seekers from the islands to the mainland as an emergency measure, as it had promised in early December 2017. But with more than 5,000 people arriving since December, it has also increased the number of unsuitable makeshift shelters in the already overcrowded island camps.

      https://www.hrw.org/news/2018/03/06/greece-13000-still-trapped-islands
      #accord_UE-Turquie
      cc @i_s_ @isskein

    • « Samos est le pire endroit en Grèce pour les réfugiés »

      A Samos, où les arrivées d’exilés se poursuivent malgré l’accord de 2016 entre l’UE et la Turquie, les conditions de vie dans le camp de transit sont devenues inhumaines. Sur cette île transformée de facto en prison, les habitants, au départ tous solidaires des réfugiés, cèdent parfois aux sirènes d’une « radicalisation raciste ».

      « Regardez comment nous vivons ! » s’exclame Manos, en désignant la clôture qui entoure sa propriété agrippée au flanc de la colline. C’est une maison modeste, conçue au départ pour les vacances. Jusqu’à ce que Manos et son épouse Vasso prennent leur retraite et viennent s’installer définitivement sur l’île dont ils sont originaires. Ils pensaient y couler des jours tranquilles, d’autant que la vie sur l’île est moins chère qu’à Athènes. Sauf que désormais, au bout du minuscule petit jardin, il y a ces silhouettes adossées au grillage. Et juste derrière, un océan de tentes et de bicoques précaires en bois : La « jungle » de Samos, où s’installent tous ceux qui arrivent clandestinement sur l’île mais ne peuvent plus loger, faute de places, à l’intérieur du hot spot, qu’on distingue un peu plus loin. Cet ancien camp militaire a été reconverti en centre de « transit » pour les réfugiés et migrants arrivées des côtes turques, toutes proches.

      Les dirigeants européens se félicitent régulièrement d’avoir mis un terme à la crise migratoire amorcée en 2015 ? A Samos, ce « succès » fait grincer des dents. Car les îles grecques proches de la Turquie payent le prix lourd de cette normalisation. Les arrivées peuvent avoir diminué, elles n’ont jamais cessé. Et désormais, tous ceux qui accostent à Samos, comme sur les îles voisines, sont contraints de rester sur place jusqu’à l’achèvement de la longue procédure de demande d’asile. Cela peut prendre six mois, un an, parfois plus encore.

      Dans le jardin de Manos et de Vasso, le face-à-face est saisissant. Les nouveaux « voisins », les doigts agrippés au grillage, gémissent et implorent de l’aide : « On s’entasse les uns sur les autres, c’est sale, il y a des rats et des serpents partout », énumèrent en cœur ces Congolais, d’une voix plaintive. « Ceux-là sont vraiment gentils et je leur fais souvent à manger. La nourriture du camp est infecte », murmure Vasso. Mais Manos tient aussi à montrer les branches cassées de son amandier, la porte fracturée du frigo extérieur : « Une nuit, des gamins un peu ivres y ont trouvé mes gouaches s’en sont emparé et ont maculé de peinture les murs de la maison. Juste comme ça, sans raison, raconte ce professeur de dessin retraité. Un autre jour, c’est le pare-brise de ma voiture qui a été cassé. » Le grillage est une barrière fragile, maintes fois détruite, maintes fois réparée par Manos. « C’est une honte ! L’Europe nous a sacrifiés pour sa tranquillité », gronde-t-il.

      « Faux certificats »

      Conçu à l’origine pour 648 places, le hot spot et la « jungle » qui l’entoure ont accueilli 6 000 personnes au plus fort de cet hiver. A Vathi, la capitale de l’île, il n’y a guère plus de 8 000 habitants. A la différence des autres îles grecques, le hot spot de Samos a été installé, non pas dans un endroit isolé, mais juste à la sortie de cette petite ville qui se déploie en amphithéâtre verdoyant autour d’un joli port. « L’aspect positif, c’est que les réfugiés peuvent échapper quelques heures à l’enfer de ce camp et venir respirer en ville. Il y a donc moins de tensions qu’ailleurs à l’intérieur du hot spot. Mais toute cette nouvelle population, c’est aussi un choc pour les gens du coin », souligne Manos Logothetis, le directeur général de l’office de santé public et l’un des deux seuls médecins du hot spot. « Jusqu’en 2008, il n’y avait qu’une seule Africaine à Samos. Les gens ne connaissent pas l’Afrique, nous n’avions pas de colonies ! Et voilà qu’on met face à face une population vieillissante, dont la moitié a plus de 60 ans, confrontée à des réfugiés ou migrants, pour la plupart très jeunes. C’est normal que certains aient peur. Notre île est devenue une belle prison où les réfugiés sont coincés le temps de statuer sur leur sort », soupire le médecin.

      Sur son bureau, il montre un paquet de photocopies : « Ce sont de faux certificats médicaux saisis par la police. Tous ceux qui arrivent ici se prétendent malades. C’est le moyen le plus rapide pour se faire évacuer à Athènes. Mais il y a de vrais malades, et ceux-là se perdent parfois dans la masse de ceux qui trichent. » En réalité, personne ne veut rester dans ce hot spot aux conditions de vie inhumaines. « Ils arrivent ici après un dangereux périple, et personne ne leur dit rien. On les dirige vers le camp, à eux de comprendre ensuite comment ça marche. Tous les documents sont en grec, il n’y a aucune aide juridictionnelle prévue. Ils s’installent où ils peuvent, sans sanitaires. Mais même à l’intérieur du camp, les douches sont insuffisantes, les toilettes déglinguées », se désole Domitille Nicolet, une jeune juriste française, arrivée ici il y a quelques mois pour Avocats sans frontières (ASF) et qui tente avec quatre collègues de gérer « 300 dossiers », ballottés dans le labyrinthe de la légendaire bureaucratie grecque. Les lenteurs administratives ont été accentuées par les réductions du nombre de fonctionnaires imposées par la crise économique. Et les contrôles se sont multipliés, en principe pour lutter contre la corruption. « Résultat, pour commander une cartouche d’encre, il me faut cinq autorisations, un appel d’offres. Et ça peut prendre un an », soupire Manos Logothetis.

      « Il faut faire la queue pour tout »

      « Il y a beaucoup d’incompétence. Mais c’est aussi une stratégie volontaire », considère de son côté Antonis Rigas, coordinateur de Médecins sans frontières (MSF), qui vient d’ouvrir une clinique en ville. « Dès le départ, la situation a été difficile dans les hot spots. Parce qu’il fallait faire passer un message : décourager ceux qui seraient tentés par la traversée depuis la Turquie. A Samos, quand on a récemment proposé de réparer les ampoules cassées et d’améliorer le système hydraulique dans le hot spot, on nous a répondu que les réfugiés n’avaient qu’à faire les réparations eux-mêmes », explique-t-il, avant d’insister : « Aujourd’hui, Samos est devenu le pire endroit en Grèce pour les réfugiés. » Début mai, en visite sur l’île, Dimitrios Vitsas, le ministre grec des migrations l’a lui aussi reconnu, promettant de tenter d’alléger la pression sur l’île.

      Les nouveaux arrivants, près d’un millier rien qu’en avril, sont désormais évacués sur les îles voisines de Kos ou Leros. Sept cents réfugiés ont également été transférés à Athènes au début du mois, et un nouveau camp éloigné de la ville est également prévu. « Mais cette construction prendra beaucoup de temps. Et en attendant, on a du mal à comprendre pourquoi l’Europe, le continent le plus riche du monde, n’accepte pas de partager le fardeau migratoire imposé à la Grèce : 15 000 personnes coincées sur les îles, ce n’est pas insurmontable à l’échelle europèenne ! » s’exaspère Bogdan Andrei, un Roumain qui a créé Samos Volonteers, la plus grande ONG qui aide les réfugiés sur l’île.

      Depuis trois ans, Bogdan les voit arriver plein d’espoirs, malgré les traumatismes vécus. « Et voilà qu’il leur faut endurer la promiscuité, la saleté. Il faut faire la queue pour tout : l’obtention d’un papier, les repas, les douches. Puis attendre. Sans cesse attendre, sans même savoir pour combien de temps. Une vie privée d’horizon qui rend souvent dépressif », se désole-t-il.

      « Le pire a été évité »

      Cette attente sans fin est visible à Vathi. Elle s’est même incrustée dans la carte postale : dès le matin, ils sont nombreux à fuir le bourbier infâme du hot spot, pour aller passer en ville ce temps qui ne compte pour rien. Assis en grappes sur les bancs des places, les yeux rivés sur leurs portables, ils ont forcément changé la physionomie des lieux. Et plus le temps passe, plus ce huis clos devient tendu.

      « En 2015, les gens d’ici, comme ailleurs en Grèce, ont fait preuve d’une solidarité incroyable. Ils ont spontanément aidé tous ceux qui arrivaient des côtes turques. Puis quand ils ont été coincés ici, l’ambiance a changé », se souvient Nikos Kaklamanis, un neurologue qui est aussi le responsable local de la section de Syriza, le parti de gauche au pouvoir à Athènes. Une association de citoyens en colère s’est créée dès 2016, dénonçant la saleté, « les risques de maladie », mais aussi « l’islamisation de l’île ». Puis on a fait pression sur ceux qui louaient des logements aux ONG afin qu’ils cessent de le faire, et un an plus tard des parents en colère ont voulu chasser les enfants réfugiés d’une école.

      « Pour l’instant, le pire a été évité à chaque fois. Car les responsables politiques locaux évitent la surenchère extrémiste. Elle profite toujours à l’extrême droite, personne d’autre ne gagne de voix en stigmatisant les réfugiés, en Grèce comme ailleurs », rappelle le docteur Logothetis, qui appartient à la branche locale de Nouvelle Démocratie, le parti conservateur grec. Il avoue cependant ne pas être toujours suivi par la direction de son parti. « Les gens de Samos ne sont pas racistes. Ils ont vécu une situation totalement inédite depuis trois ans. Ils sont déboussolés ! Il y a eu plusieurs braquages, sur une île qui n’a jamais connu de délinquance. Et la présence de ce hot spot horrible est une honte qui pèse sur le moral, la vie quotidienne », défend Manos, le prof de dessin à la retraite.

      Issu des rangs de Syriza à gauche, Nikos Kaklamanis redoute, lui, une « radicalisation raciste de l’île ». Elle s’exprime déjà. Des restaurants et des bars refusent désormais les réfugiés, et particulièrement les Africains. Ioanna, une jeune Samiote qui a ouvert un bar à chicha sur le port, n’en revient toujours pas. « Soudain j’ai été ostracisée par tous mes amis et connaissances ! Ils ne me parlent plus », lâche, amère, cette jeune femme qui songe désormais à quitter l’île. « Le poison qui dévaste l’Europe se répand insidieusement chez nous aussi hélas. Partout, le réfugié devient l’équivalent du Juif des années 30 », s’inquiète Nikos Kaklamanis.


      https://www.liberation.fr/planete/2019/05/23/samos-est-le-pire-endroit-en-grece-pour-les-refugies_1728873

  • Op-ed: Winter has arrived, thousands left at its mercy in Greece’s hot-spots

    The capacity of the hotspots in #Lesvos, #Samos, #Chios is exceeded by somewhere between 100 and 250 per cent. People including vulnerable groups like children, sick people and pregnant women are accommodated in anything from small summer tents to makeshift shelters and damaged prefabricated houses, left at the mercy of the hard weather. Further the lack of hot water and limited sanitation makes hygiene a problem and with very few NGO’s still operating in the hotspots there is a shortage of even basic provisions like milk powder and diapers on top of the extreme conditions. Traumatized, mentally ill or disabled people do not have sufficient access to proper medical, psychological support and treatment and the with the combination of confinement, lack of information and perspective tensions are running high with incidents of violence and self-harm.


    https://www.ecre.org/winter-has-arrived-thousands-left-at-its-mercy-in-greeces-hot-spots-op-ed-by-e

    #îles #Grèce #asile #migrations #réfugiés #chiffres #statistiques #hiver #sur-population #hotspots #Lesbos #Leros #Kos

  • Surge in migration to Greece fuels misery in refugee camps | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2017/sep/29/surge-in-migration-to-greece-fuels-misery-in-refugee-camps

    Greece is experiencing a dramatic rise in the number of refugees and migrants entering the country, exacerbating already deplorable living conditions on island camps.
    ’Europe’s dirty secret’: officials on Chios scramble to cope with rising tensions
    Read more

    The number of people arriving, across land and sea borders, has more than doubled since the beginning of the summer. Authorities estimate arrivals are now at their highest level since March 2016, with over 200 men, women and children being registered every day.

    #migrations #asile réfugiés #grèce

  • Number of migrants trapped on Aegean islands increases

    A total of 3,873 migrants are on currently on Lesvos with another 3,847 on #Chios and 1,939 on #Samos, according to police figures made public on Monday.
    In total there are 9,548 migrants on those islands compared to 8,892 a month ago. In May Chios was shouldering most of the burden, hosting 3,889 migrants compared to 3,083 people on Lesvos.


    http://www.ekathimerini.com/219568/article/ekathimerini/news/number-of-migrants-trapped-on-aegean-islands-increases

    #mer_Egée #îles #migrations #asile #réfugiés #attente #anti-chambre #piège #Lesbos #chiffres #statistiques

    • Urgent need for a real solution for unaccompanied minor refugees in Greece

      The issue of the identification, protection and support of unaccompanied minors in Greece remains of major importance, following the recent negative developments related to the discontinuation of specialised support programs, the withdrawal of NGOs dealing with their identification from the so-called hotspots, the closure of shelters for minors, but also the enormous delays in the process of asylum, family reunification and relocation. Many of these children are basically unprotected – often wrongly registered – and may even end up homeless in the streets of Greek cities, exposed to great dangers.

      http://rsaegean.org/urgent_need_for_a_real_solution_for_unaccompanied_minor_refugees_in_greece

    • Growing number of unaccompanied refugee and migrant children in Greece in urgent need of shelter, care and protection

      Only a third of the nearly 3,000 unaccompanied refugee and migrant children currently in Greece are receiving proper shelter and care, UNICEF warned today. The children’s agency is urging key policy and legal reforms to help keep vulnerable children safe.

      The recent surge in the refugee and migrant arrivals has led to further overcrowding and deteriorating living conditions in island camps. In September this year there were more than 5,700 arrivals in Greece compared to an estimated 3,080 arrivals in September 2016.

      https://www.unicef.org/media/media_101396.html

  • Greece : between deterrence & integration

    Seven years of economic depression have not been kind to the city blocks around 17 Halkokondyli St., the office of the Greek ombudsman in downtown Athens. An alphabet soup of graffiti has been splattered across empty storefronts where “for rent” stickers alternate with ads for closing-down sales. Of the two grand squares nearby, #Victoria is haunted by touts for people-smuggling gangs, while #Omonia is home to a run-down hotel where stolen passports are rented to desperate migrants for $3,200 a go.


    http://issues.newsdeeply.com/greece-between-deterrence-and-integration

    #Athènes #asile #migrations #réfugiés #santé #éducation #Grèce #logement #hébergement #Moria #Lesbos #Chios #Golden_dawn #aube_dorée

  • Greece paying asylum seekers to reject appeals

    The Greek government is giving cash incentives for rejected asylum seekers on the islands to forgo their legal rights to appeal their cases.

    Some €1,000 and free plane tickets home are now part of a largely EU-financed package to send them packing as quickly as possible.

    “This is quite complicated and quite immoral,” a Greek lawyer working for Save the Children, an international NGO, told EUobserver on Tuesday (2 May).

    The move is part of a larger effort to return people to Turkey and free up administrative bottlenecks, but the plan has generated criticism from human rights defenders who say asylum seekers are being pushed into taking the money.

    People have five days to decide whether to take the cash, with reports emerging that even that short delay was not being respected by authorities. Previously, people were entitled to the assistance even if they appealed.

    https://euobserver.com/migration/137762
    #asile #migrations #réfugiés #money #argent #Grèce #expulsions #renvois #Turquie #hotspots #Chios, #Kos, #Leros, #Lesvos, and #Samos_islands #îles_samos #Lesbos #accord_UE-Turquie #recours #droit_d'asile #IOM #OIM #it_has_begun

    @i_s_

    • Greece denies voluntary return incentives to asylum seekers appealing negative decisions

      The Greek authorities have adopted a policy which excludes asylum applicants in the so-called refugee hotspots who appeal a rejection from the possibility of participating in IOM’s #Assisted_Voluntary_Return_and_Reintegration (#AVRR) programme in a later stage.

      This policy forces applicants to choose between appealing a negative decision or benefiting from voluntary return programmes, which includes material support for reintegration in the country of origin. The Greek minister of asylum, Mr. Mouzalas, said that highlighting the financial bait by choosing for assisted return was needed to prevent bogus claimants from abusing the asylum system.

      Applicants have just five days to make this vital decision and incidents of applicants being forced to make a decision on the spot without being able to consult a lawyer are reported by leading civil society organisations in a statement calling for a reversal of the policy. The statement further argues that the rushed decision process results in a high risk of refoulement, jeopardizes the right to a fair asylum process and the right to appeal. The policy further contradicts IOM’s guidelines for the AVRR stating that voluntariness is a precondition.

      The fact that the AVRR used as incentive to give up the right to appeal is financed mainly by the European Commission and that German authorities seem prepared to copy the principle of the Greek policy as reported ECRE member ProAsyl, suggests that it could be a new tool to push for return at national and European level.

      https://www.ecre.org/greece-denies-voluntary-return-incentives-to-asylum-seekers-appealing-negative

  • Moria: Thousands of Refugees live in tents covered by snow

    Literally buried in the snow were the tents providing shelter to several thousands of refugees and migrants in the camp of Moria. The snow weather stroke the island of Lesvos and neighboring islands of Chios and had the thousands living in tents desperately seeking protection and warmth.


    http://www.keeptalkinggreece.com/2017/01/08/moria-thousands-of-refugees-live-in-tents-covered-by-snow
    #neige #froid #hiver #Grèce #îles #Lesbos #Moria #Chios

  • A Neo-Nazi Group Just Attacked A Refugee Camp In Greece | Genevieve Zingg
    http://www.huffingtonpost.ca/genevieve-zingg/refugee-camp-golden-dawn_b_13053790.html?ncid=engmodushpmg00000004

    Right-wing fascist group Golden Dawn attacked refugees and set fire to Souda camp on Chios island on Wednesday night. According to eyewitnesses, approximately sixty members of the group descended on the camp around 01:00, launching a series of flares and throwing large rocks before setting fire to several tents.

    The group reportedly entered the camp through its entrances on either end and attacked some of the camp’s 1,000+ residents. Refugees and volunteers posted videos online depicting the significant size of the rocks, which were thrown from above and tore through the canvas of the UNHCR tents as refugees slept inside.

    Several refugees were taken to the hospital as a result of the attack, including one pregnant woman and one man whose skull was fractured after being struck by a rock.

    Members of the group then allegedly set fire to one of the large rubhalls in Souda’s center and blocked the camp exits. Videos of the fire posted online show chaos and panic throughout the camp as refugees, including many families with babies and young children, tried to escape to safety. The nearby Athena Centre for Women, run by the NGO Action from Switzerland, was quickly opened as an emergency refuge.

    Riot police arrived on scene and used tear gas and flares in an attempt to quell the confrontation. However, tweets from volunteers on the ground reported that riot police did little to restrain members of Golden Dawn and instead became violent with refugees. Several reports of police brutality have emerged. One refugee providing updates via Facebook in real time said police had “stormed the tents and started beating refugees and arresting people randomly.”

    More than 50 people have been detained, including two international volunteers. Witnesses report one of the volunteers, a nurse, was beaten and detained as he attempted to assist the refugees. It is unclear whether the majority of the detainees are refugees or Golden Dawn members.

  • Cruelty and care in Chios, Greece

    Below we publish an article by Malcolm James* on a visit he paid to Chios in Greece and what he witnessed while volunteering in early 2016 and the contradictions between caring for refugees and the cruelty meted out to them.


    http://www.irr.org.uk/news/cruelty-and-care-in-chios-greece
    #Chios #Grèce #asile #migrations #réfugiés #îles #Souda #camps_de_réfugiés

  • The migrant camps of #Chios: Greece’s ongoing refugee crisis

    There are three refugee camps on the Greek island of Chios. Your quality of life depends a great deal on where you’ve been placed, and where you’ve been placed is mostly down to luck.


    https://opendemocracy.net/can-europe-make-it/john-mark-philo/refugee-camps-of-chios-greeces-ongoing-refugee-crisis
    #Grèce #asile #migrations #réfugiés #îles

  • Gisti | Accord UE-Turquie : la grande imposture
    http://asile.ch/2016/07/25/gisti-accord-ue-turquie-grande-imposture

    Depuis le 20 mars 2016, date d’entrée en vigueur de l’accord migratoire conclu entre l’Union européenne et la Turquie, des milliers de personnes en besoin de protection sont abandonnées dans les prisons à ciel ouvert que sont devenues les îles grecques de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos.

  • #Accord_UE-#Turquie : la #Cour_européenne_des_droits_de_l’homme rejette une contestation française (Le Monde, 28 juin 2016)

    La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rejeté, jeudi 23 juin, la demande d’étude en urgence de la situation des migrants dans l’île grecque de #Chios. Le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), dépositaire de la plainte, et qui a révélé l’information mardi 29 juin, demandait à la Cour de faire injonction à la #Grèce de prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux violations répétées des droits des réfugiés. Trois avocats français, mandatés par le Gisti, se sont rendus en Grèce en mai. Parmi eux, Eve Shahshahani a passé cinq jours dans l’île de Chios où elle a recueilli les témoignages de 50 migrants, afin de de déposer des requêtes au nom de ces personnes devant la CEDH.

    Comme les jugements sur le fond devant cette juridiction sont très longs, et comme la situation semblait dramatiquement urgente, le Gisti a fait valoir l’article 39 du règlement de la Cour, utilisé lorsqu’il y a « mise en danger d’autrui ». « Nous l’invoquons en cas de violation, de dommage personnel caractérisé imminent, grave et irréparable pour les victimes », explique Eve Shahshahani. Mais la Cour européenne n’a pas retenu la demande d’instruction en urgence, le sujet sera donc discuté sur le fond.

    « Des milliers de personnes sous-nourries »

    En attendant, la juriste témoigne de ce qu’elle a vu sur l’île. « Des milliers de personnes ne peuvent quitter Chios. Elles sont sous-nourries, peu soignées et humiliées », raconte-t-elle après avoir entre autres rencontré Ahmed, un Syrien grièvement blessé le 31 mars au cours d’une bagarre dans le camp de Vial et qui a été hospitalisé pendant cinq jours. Le 24 mai, il a été témoin de la tentative de suicide par pendaison de son camarade Muhammad et aujourd’hui lui aussi exprime des tendances suicidaires. « Pourtant, à ce jour, aucun représentant légal n’a été désigné et le garçon n’a bénéficié d’aucune prise en charge psychologique ni éducative », rappelle la juriste.

    Depuis le 20 mars, date d’entrée en vigueur de l’accord entre UE et Turquie, les migrants qui arrivent à Chios ne sont plus transférés sur le continent grec. Presque tous demandent l’asile en espérant pouvoir rester en Europe. En attendant un entretien avec le bureau européen de l’asile, ils tuent le temps comme ils peuvent.

    Dans la plupart des cas, cet entretien débouche sur une irrecevabilité de leur demande au motif que la Turquie est un pays sûr ; ce qui signifie qu’Ankara est censée leur offrir la protection dont doivent bénéficier des réfugiés au regard des accords de la Convention de Genève. Ils se voient donc remis un ordre d’expulsion dont ils suspendent la mise en œuvre en faisant appel.

    « Une situation inhumaine »

    Dans l’attente, les autorités grecques les obligent à rester sur l’île de Chios.« Et ceux qui tentent de quitter l’île pour se rendre à Athènes sont arrêtés par la police et remis dans le camp, a observé Mme Shahshahani. Les gens n’en peuvent plus. la situation est vraiment inhumaine. Lors de mon séjour dans l’île entre les camps de Vial et de Souda, où sont parqués les migrants, j’ai été témoin de la tentative de suicide d’un jeune Afghan au bord du désespoir, et quand je suis partie, un groupe venait d’entamer une grève de la faim pour faire entendre ses protestations. » Depuis, la grève de la faim s’est arrêtée. « Mais rien d’autre n’a vraiment changé d’après les relations téléphoniques quotidiennes que je maintiens avec eux », dit-elle.

    A ses yeux, « les deux camps de Chios ressemblent vraiment à des zones d’attente où les gens sont parqués en état de sous-nutrition », insiste Eve Shahshahani. Certes, dans le camp de Vial des repas sont servis par les autorités, mais cet espace affiche complet et une partie des personnes en attente ont été transférées dans un autre camp, Souda, qui, lui, n’a pas de service officiel de distribution de repas. Là, les exilés survivent par 35° C, cherchant des espaces d’ombre et de l’eau. Le manque alimentaire dont ils souffrent a été évalué entre 200 et 1 300 calories quotidiennes par personne.

    abonnes.lemonde.fr/international/article/2016/06/28/accords-ue-turquie-la-cour-europeenne-des-droits-de-l-homme-rejette-une-contestation-francaise_4959714_3210.html
    #CEDH #droits_humains #asile #migrations #réfugiés

    • Grèce : des exilés enfermés sur l’#île de Chios craignent pour leur vie (Mediapart, 28 juin 2016)

      Pour dénoncer les traitements inhumains dont ils s’estiment victimes, une cinquantaine de migrants, principalement syriens et afghans, ont mandaté une avocate du Gisti pour qu’elle dépose en leur nom une requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Arrivés en Europe après l’« accord » entre la Turquie et l’UE, ils sont bloqués en Grèce.

      Depuis que l’Union européenne (UE) s’est accordée avec la Turquie pour renvoyer sur son sol les migrants (y compris les demandeurs d’asile, à certaines conditions) arrivés sur ses côtes, les îles grecques se sont transformées en centres de rétention à ciel ouvert. Les exilés débarqués après le 20 mars, date fatidique de mise en œuvre de cette« déclaration » sans fondement juridique, n’ont quasiment plus aucune chance d’être transférés sur le continent et de poursuivre leur route à travers les Balkans, comme cela a été le cas tout au long des mois précédents, pour rejoindre l’Allemagne ou la Suède. Désormais, quitter ces îles leur est matériellement et légalement interdit.

      Alors que la plupart d’entre eux, originaires de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak ou du Pakistan, fuient la guerre ou les persécutions, ils se retrouvent coincés en bordure d’un continent qui ne veut plus d’eux. Rongés par le désespoir, ils croupissent là, dans des conditions désastreuses, selon le témoignage de trois avocates du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), association française se consacrant à la défense du droit des étrangers, qui se sont rendues en mission à Chios et Lesbos à la fin du mois de mai 2016. En l’absence de perspective, soumis à l’arbitraire et à l’hypocrisie des autorités européennes et grecques, certains vont jusqu’à la tentative de suicide.

      Constatant qu’après avoir risqué de mourir en mer Égée ces migrants sont de nouveau en danger de mort, le Gisti a déposé, le 16 juin, une requête en urgence auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), sur le fondement de l’article 39 de son règlement, au nom de 51 personnes dont Eve Shahshahani a obtenu le mandat à Chios. Dans un lapidaire retour, le 23 juin, la Cour a rejeté la plainte, mais le Gisti entend la maintenir au fond.
      La requête de 29 pages que Mediapart a pu consulter dans sa version anonymisée (pour protéger la confidentialité des dossiers) témoigne de l’enfer dans lequel ces réfugiés sont cloîtrés. La plupart sont syriens, originaires de Damas, Alep, Deir ez-Zor, Alkamishli, Dariya, Homs ou encore Gazala ; certains sont des Palestiniens nés en Syrie ; d’autres viennent de Bagdad, en Irak, ou d’Herat et de Kaboul, en Afghanistan. Se trouvent, parmi eux, des familles, des femmes seules avec leurs enfants, des fratries. Tous appellent au secours (lire sous l’onglet Prolonger la poignante lettre manuscrite, écrite en anglais, d’une Syrienne de 14 ans).

      Ces requérants, qui affirment vouloir demander l’asile, se disent victimes de traitements inhumains et dégradants les exposant à des « risques de dommage imminent, grave et irréparable » pour leur intégrité physique et psychique, comme l’indique la requête, qui regroupe des situations individuelles multiples mais privilégie un support unique en raison des similarités observées.

      À l’origine, le projet de la mission du Gisti était d’ordre exploratoire. Il s’agissait, après la signature de l’« accord » entre l’UE et la Turquie, de mesurer ses effets pratiques sur le terrain. Dans quelles conditions sont retenus les derniers arrivants ? Peuvent-ils entrer et sortir des camps dans lesquels ils sont enfermés ? De quels droits disposent-ils (information juridique, interprètes) ? Quels sont les besoins des avocats grecs ? Il s’agissait aussi d’évaluer les possibilités d’un contentieux international permettant de dénoncer – et si possible désactiver – le deal conclu le 18 mars en mettant en cause non seulement les autorités grecques mais, au-delà, la politique menée par l’Union européenne.
      Et puis, sur place, la confrontation avec la réalité a précipité les choses. Le désarroi des personnes rencontrées a été si marquant qu’une action juridique urgente s’est imposée d’elle-même aux avocates. À peine arrivée à Chios, Eve Shahshahani, qui a pu entrer à l’intérieur des camps, a été témoin de la tentative de suicide d’un adolescent afghan de 16 ans. À l’aide d’un câble électrique, il a essayé de se donner la mort. La tension était palpable, se souvient-elle. « On sentait que chacun pouvait basculer vers un geste désespéré. Je me suis retrouvée au milieu d’une sorte d’émeute : c’est là que j’ai commencé à recueillir les témoignages et que j’ai proposé à ces victimes d’essayer de se défendre collectivement. C’est ainsi qu’on a établi les mandats pour la requête auprès de la CEDH », raconte-t-elle. Chacun lui montre ses plaies ; les enfants blessés affluent ; les femmes enceintes se présentent à elle ; les hommes qui ont perdu leur famille cherchent à lui parler ; les histoires sont toutes plus dramatiques les unes que les autres. En soixante-dix jours, c’est le premier avocat qu’ils rencontrent.

      Alors que ces camps sont sous la responsabilité conjointe des autorités grecques et européennes, ils ressemblent à des no man’s land juridiques. L’enfermement et l’absence de transparence dans les procédures sont source d’incompréhension et d’angoisse sur cette île où sont désormais pris au piège 2 500 réfugiés. « Chios est devenue une prison à ciel ouvert. Les migrants expriment un fort sentiment d’injustice : ils sont confrontés à l’arbitraire le plus total », explique l’avocate. La plupart n’ont reçu ni assistance linguistique, ni information juridique. Après un préenregistrement, ils sont censés être entendus pour vérifier si leur demande d’asile est recevable : mais beaucoup n’ont été convoqués pour aucun de ces entretiens, en raison du manque de personnel administratif.

      « Ces personnes sont sacrifiées à titre d’exemple »

      Outre les barbelés encerclant les camps et les grillages autour du port, la contrainte se manifeste par le bracelet qu’ils portent au poignet, sur lequel est inscrit un numéro, ainsi que par un bout de papier sur lequel leur est notifiée, en grec, leur interdiction de quitter les lieux. « Ces personnes sont sacrifiées à titre d’exemple, estime Eve Shahshahani. Elles sont bloquées là pour décourager les éventuels candidats à la traversée de la mer Égée encore en Turquie, et pour rassurer l’UE sur les capacités de la Grèce d’assumer la fonction de garde-barrière qui lui a été confiée. »
      Les conditions matérielles sont tout aussi déplorables, selon ses observations. Dans le camp de Vial, situé à 10 kilomètres du centre-ville, sous la surveillance des militaires, les demandeurs d’asile reçoivent des portions de nourriture insuffisantes, quand elles ne sont pas périmées ; dans des plats chauds, des vers ont été retrouvés ; les files d’attente pour obtenir son plateau sont si longues sous le soleil que plusieurs cas d’évanouissement ont été signalés ; dans le camp de Souda, aux allures de « jungle », ils ne peuvent compter que sur la solidarité de quelques bénévoles : les autorités grecques ne fournissent pas de repas. « Le soir, ils n’ont qu’une soupe de légumes ou une salade, a noté l’avocate, les menus étant limités aux faibles capacités des associations. »
      Malgré leur vulnérabilité, les enfants de moins de 2 ans ne sont nourris qu’une fois par jour. « La totalité des requérants déclarent avoir faim et se sentir affaiblis par la piètre qualité et la trop faible quantité de nourriture. Ils ont en outre tous déclaré que cette situation engendrait un sentiment d’humiliation et de souffrance psychique, notamment parce qu’elle les met dans l’incapacité de nourrir dignement leurs propres enfants », indique la requête.

      La prise en charge médicale est totalement défaillante. Dans les allées des camps, certains marchent avec des béquilles de fortune ; d’autres supportent des bandages sales sur leurs blessures ; d’autres encore ont perdu des membres ; quelques-uns seraient atteints de cancer, dont la guerre en Syrie a interrompu le traitement ; une petite fille de 18 mois, sourde, ne bénéficie d’aucune prise en charge particulière ; un enfant de 6 ans souffre de troubles respiratoires. « Le diagnostic des maladies est quasiment impossible ; il en va de même des soins nécessaires. Alors que les conditions d’hygiène et de vie sont plus que précaires, les risques d’infection et de surinfection sont tout à fait réels et peuvent s’avérer très dangereux pour la santé de personnes déjà affaiblies et malnutries », note la requête. « Il n’existe aucune possibilité de soins psychiques ou psychiatriques dans les camps, alors que de nombreux migrants ont fui des situations de conflits armés particulièrement traumatisantes, poursuit-elle. La totalité des requérants estime que cette insuffisance met directement leur vie et celle de leurs enfants en danger. »
      Les conteneurs, quand il y en a, comme à Vial, sont suroccupés, si bien que la plupart des réfugiés dorment par terre, à l’abri de bâches. Les douches et sanitaires sont en nombre insuffisant. Malgré les températures élevées, les possibilités de se rafraîchir sont inexistantes. « Le soleil est brûlant à l’extérieur des conteneurs, et le camp de Vial, au sommet d’une colline, et construit sur le site d’une ancienne usine d’aluminium, est balayé par le vent et la poussière. Ces conditions matérielles ont pour conséquence de cantonner de facto les requérants à leurs conteneurs pourtant surpeuplés. Se tenir à l’extérieur est une gageure physique », souligne la requête.
      Des vipères se promènent entre les matelas, comme en témoignent des photos prises par les habitants. À Souda, des familles sont contraintes de dormir près de flaques d’eau stagnante infestées de sangsues. Des personnes ont tenté de s’immoler par le feu, d’autres sont en grève de la faim ; des Iraniens se sont cousu les lèvres en signe de protestation. Humiliante pour tous, la promiscuité est particulièrement redoutée par les femmes : les risques d’agression sexuelle et de viol sont avérés. Sans rien pour “cantiner”, les migrants tentent de se procurer de l’argent pour acheter de la nourriture d’appoint ou des médicaments. Les enfants et adolescents, notamment ceux qui voyagent sans leurs parents, sont en première ligne face aux risques d’esclavage moderne ou d’exploitation. Aucun d’eux ne s’est vu désigner d’administrateur ad hoc, ni n’a été pris en charge par un service d’aide à l’enfance. Ils dorment au milieu des adultes. Selon la requête, « ils sont sollicités par des hommes qu’ils identifient comme des “locaux” qui rôdent autour des camps et leur suggèrent de se prostituer ».

      Le désespoir est tel que des rixes éclatent : les Afghans, par exemple, reprochent aux Syriens de bénéficier d’un traitement de faveur. « C’est pourtant faux, explique l’avocate. Les Syriens sont appelés en premier pour les entretiens. Mais cette faveur n’en est pas une : les autorités espèrent montrer que leur demande est irrecevable dans la mesure où ils sont susceptibles d’obtenir une protection en Turquie ; et qu’ils peuvent dès lors être renvoyés vers ce pays. Il est plus difficile de prouver que les ressortissants d’autres nationalités seront protégés en Turquie ; mais comme l’UE ne veut pas d’eux, les autorités retardent leurs entretiens. »
      Chios est un hotspot, selon la terminologie bruxelloise, ce qui signifie qu’il s’agit d’un lieu où s’opère un tri : non plus entre les migrants dits économiques et les demandeurs d’asile, mais entre quelques rares chanceux et la masse des rejetés, distingués selon des critères non dits et changeants. « L’opacité totale des procédures, les différenciations de traitements inexpliquées et inexplicables (certains se voient remettre des formulaires avec ou sans tampon, d’autres rien ; certains sont transférés à Souda, d’autres non ; certains ont pu faire enregistrer leur demande d’asile, et d’autres non ; etc.) rendent fou, et sont vécues comme des humiliations supplémentaires », indique la requête.
      « Les personnes se rendent compte que les pouvoirs publics les laissent moisir, les laissent mourir », s’indigne Eve Shahshahani. Face à ce constat, les termes de la plainte apparaissent évidents : la mise en danger d’autrui à laquelle il est demandé aux autorités concernées de mettre fin. Si la Grèce est dans le viseur pour des raisons de respect de la procédure, c’est en réalité toute une politique, celle de l’Union européenne, qui est dénoncée.

      Dans l’attente de l’examen de la requête de la CEDH, les avocates du Gisti gardent le contact avec les victimes, dont elles soulignent le « courage » et la « dignité », puisqu’elles trouvent les ressources quotidiennes nécessaires pour prendre soin d’elles et s’entraider, malgré les conditions de vie honteuses qui leur sont infligées.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/280616/grece-des-exiles-enfermes-sur-l-ile-de-chios-craignent-pour-leur-vie

    • Is the European Council responsible for the so-called “EU-Turkey Agreement” ? The issue is on the Court of Justice table…

      Until now the legal nature of so called “EU-Turkey Agreement” has been debated at academic level (see the posts here and here ) and briefly presented and debated before the Civil Liberties Committee of the European Parliament following a presentation by the legal service of that institution (see the transcript here). The latter has considered that the so called EU-Turkey “deal” is not legally binding but is just a political catalog of measures adopted (or to be adopted) on their own specific legal basis (no matter if in their recitals reference is made to the EU-Turkey deal).

      https://free-group.eu/2016/06/07/is-the-european-council-responsible-for-the-so-called-eu-turkey-agreement-the-issue-is-on-the-court-of-justice-table/#_ftn1
      #cour_de_justice #légalité

    • The EU-Turkey Agreement on migration and asylum: False pretences or a fool’s bargain?

      The agreement concluded on the 18 March between the EU and Turkey deserves attention due to both the severity of the crisis and the largely negative public opinion surrounding the draft of the text which appeared on the 7 March. The serious legal questions which persist feed doubts about not only the viability of the proposed solution, but also its implementation in practice (1). Conversely, doubts no longer remain on the ability of the Union to renounce its fundamental values (2). The market of “subcontracting”, as already mentioned on this blog, has now been finalised and is beginning to be implemented.

      http://eumigrationlawblog.eu/the-eu-turkey-agreement-on-migration-and-asylum-false-pretences-o

    • Accord politique ou juridique : Quelle est la nature du “machin” conclu entre l’UE et la Turquie en matière d’asile ?

      Alors que trois demandeurs demandeurs d’asile – apparemment deux Pakistanais et un Afghan dans les affaires T-192/16, 193/16 et 257/26 – ont demandé au Tribunal de l’Union Européenne l’annulation de l’accord conclu le 18 mars 2016 entre l’UE et la Turquie, il est permis de s’interroger sur la nature exacte de ce “machin” considéré par le service juridique du Parlement Européen comme un simple accord politique, sachant cependant que la recevabilité du recours sera tout d’abord au coeur des débats…

      http://eumigrationlawblog.eu/accord-politique-ou-juridique-quelle-est-la-nature-du-machin-conc

    • EU-Turkey agreement: solving the EU asylum crisis or creating a new Calais in #Bodrum?

      Turkey, a historical land where the East is said to meet the West, is the only country separating war-torn Syria and Iraq from the external borders of the EU. The Turkish coast is just a stone’s throw away from the Greek Dodecanese Islands, which have become, for many refugees, the port of entry into the EU. It is therefore no surprise that Turkey, due to its geographical position, has a key role to play in managing the current refugee crisis. Turkey knows it is a key player on this issue and now the EU arguably needs Turkey more than Turkey needs the EU. Yet, the question is: how will Turkey stem the flow?

      http://eumigrationlawblog.eu/eu-turkey-agreement-solving-the-eu-asylum-crisis-or-creating-a-ne

    • Why the EU-Turkey Deal Can Be Legal and a Step in the Right Direction

      A sense of urgency and desperation had been building up among decision-makers in Brussels and national capitals over recent weeks. The acting Council Presidency warned that ‘we’re running out of time’, while German and Austrian politicians openly considered the move towards a domestic ‘Plan B’. In short: the Common European Asylum System (CEAS) and the Schengen Area may have been on the brink of collapse – and the effective closure of the Western Balkans route indicated that there was little time left to thwart a vicious circle which could be a serious throwback to both EU integration and effective refugee protection. This danger has been averted for the moment: the EU managed to buy some time in order to find out whether the ‘deal’ with Turkey will deliver, a result which is no foregone conclusion for legal and operational reasons.

      http://eumigrationlawblog.eu/why-the-eu-turkey-deal-can-be-legal-and-a-step-in-the-right-direc

  • #Grèce : des exilés enfermés sur l’île de #Chios craignent pour leur vie
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280616/grece-des-exiles-enfermes-sur-l-ile-de-chios-craignent-pour-leur-vie

    Pour dénoncer les traitements inhumains dont ils s’estiment victimes, une cinquantaine de #migrants, principalement syriens et afghans, ont mandaté une avocate du Gisti pour qu’elle dépose en leur nom une requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Arrivés en Europe après l’« accord » entre la Turquie et l’UE, ils sont bloqués en Grèce.

    #International #asile #réfugiés

  • I rifugiati di #Chios

    Sono circa 3.000 i rifugiati sull’isola greca, in attesa che le domande di d’asilo vengano prese in esame, secondo l’UNHCR il 55% dei quali sono donne e bambini. Reportage, prima parte

    http://www.balcanicaucaso.org/aree/Grecia/I-rifugiati-di-Chios-172226
    #asile #migrations #réfugiés

  • La #CEDH accepte d’examiner la situation des migrants dans un « #hotspot » en Grèce

    Les faits de la cause, tels qu’ils ont été exposés par les requérants, peuvent se résumer comme suit.

    Le premier requérant et la deuxième requérante sont frère et sœur. Le troisième requérant est l’ami de la deuxième requérante. En Afghanistan, la famille de la deuxième requérante voulait la marier avec l’un de ses cousins. La deuxième requérante décida alors de quitter le pays avec son frère et son ami.

    Le 20 mars 2016, les trois requérants arrivèrent sur l’île de #Chios. Ils furent détenus dans le « #hotspot » #VIAL, une ancienne usine d’aluminium, avec interdiction de sortir. Les autorités ne les informèrent pas des raisons de leur détention, ne leur fournirent aucune information dans leur langue maternelle et n’émirent aucun mandat d’arrêt.

    Le « hotspot » VIAL fut mis en place en 2015 comme centre d’enregistrement des réfugiés arrivant sur les îles grecques et géré par des organisations humanitaires et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Ces derniers se retirèrent le 20 mars 2016 lorsque l’Union européenne et la Turquie signèrent un accord sur les réfugiés venant de Turquie. À partir de cette date, le « hotspot » VIAL fut transformé en centre de détention géré par les autorités grecques et la Frontex.

    Les requérants firent une demande d’asile qui est encore pendante en raison des effectifs limités d’agents en mesure de traiter ces demandes.

    Les requérants soulignent que dans le « hotspot » VIAL les conditions de détention sont mauvaises. La #nourriture est d’une quantité insuffisante et de pauvre qualité nutritionnelle. Il n’existe pas de système sanitaire et les #toilettes sont sales. Temporairement, il y a des coupures de l’#eau_courante.

    Aucun soin médical n’est prodigué aux détenus. La deuxième requérante aurait commis deux tentatives de #suicide.

    Le 2 avril 2016, le parlement grec adopta une loi qui autorise une totale restriction de mouvement pour ceux qui arrivent aux points d’entrée sur le territoire grec – tels les îles – jusqu’à vingt-cinq jours pendant l’étape de réception et d’identification. La même loi prévoit que les demandeurs d’asile, dont la demande est sous examen, peuvent être détenus jusqu’à trois mois.

    http://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-164078#{%22itemid%22 :[%22001-164078%22]}
    #asile #migrations #réfugiés #détention_administrative #rétention #santé

  • 22 refugees where returned ( deported from Lesvos again back to Turkey with a boat and Frontex and police escort of 80 people! all of them had arived in Greece after the 20.3.16. some where brought from Chios and Samos to Lesvos to be deported all on one boat.

    http://www.lesvosnews.net/articles/news-categories/astynomiko-reportaz/mytilini-epaneisdohi-22-metanaston-stin-toyrkia

    #renvoi #asile #migrations #réfugiés #expulsion #Turquie #Grèce #accord #Frontex #Lesbos #Chios #Samos

    Επέστρεψαν σήμερα στη Τουρκία 22 μετανάστες Share Like us Tweet Follow
    us Plus One Στις 11.30 το μεσημέρι υπό τα γνωστά αυστηρά μέτρα
    περιφρούρησης και με τη συμμετοχή περισσοτέρων των 80 Aστυνομικών και
    Λιμενικών και στελεχών της Frontex ολοκληρώθηκε η διαδικασία
    οικειοθελούς επανεισδοχής από τα νησιά του βορείου Αιγαίου στην Τουρκία,
    22 μεταναστών και προσφύγων.

    Πρόκειται για άτομα που στο σύνολο τους μπήκαν στην Ελλάδα μετά τις 20
    του περασμένου Μαρτίου όταν και ξεκίνησε η εφαρμογή της συμφωνίας
    Ευρωπαϊκής Ένωσης και Τουρκίας και παραιτήθηκαν του δικαιώματος αιτήσεως
    ασύλου. Πρόκειται για πέντε Αλγερινούς, πέντε Ιρανούς, έναν Μαροκινό και
    έναν Αφγανό που κρατούνταν υπό περιορισμό στο χοτ σποτ της Μόριας στη Λέσβο.

    Αλλά και πέντε Αφγανούς που κρατούνταν στη Χίο και τέλος μια οικογένεια
    πέντε Ιρακινών που κρατούνταν στη Σάμο. Οι εκτός Λέσβου μεταφέρθηκαν στο
    σύνολο τους στη Μυτιλήνη σήμερα το πρωί με τα πλοία της γραμμής. Ας
    σημειωθεί ότι στους παραπάνω αριθμούς περιλαμβάνονταν και πέντε ακόμα
    Αλγερινοί, τρεις από το χοτ σποτ της Λέσβου και δυο από το χοτ σποτ της
    Σάμου, οι οποίοι στο μεταξύ προφυλακίστηκαν για σοβαρά πλημμελήματα οι
    της Λέσβου και για κακουργήματα οι της Σάμου.

    Η διαδικασία

    Σύμφωνα με πληροφορίες, αμέσως μετά την επανεισδοχή τους στην Τουρκία η
    οποία πραγματοποιήθηκε μέσω του λιμανιού στο Δικελί απέναντι από τη
    Λέσβο, πρόσφυγες και μετανάστες θα μεταφερθούν σε δημοτικό κλειστό χώρο
    άθλησης της πόλης Δικελί που λειτουργεί υπό την εποπτεία της τουρκικής
    υπηρεσίας μεταναστευτικής πολιτικής. Εκεί θα παραμείνουν επί 24ωρο το
    πολύ και θα λάβουν τα απαραίτητα έγγραφα. Οι έχοντες προσφυγικό προφίλ
    (Σύριοι στην πλειοψηφία τους που δε συμπεριλαμβάνονται όμως στη σημερινή
    αποστολή) θα μεταφερθούν σε καταυλισμό προσφύγων στα Άδανα. Οι δε
    μετανάστες θα μεταφερθούν σε καταυλισμό στην περιοχή Κιρκλαρελί της
    Κωνσταντινούπολης όπου και θα παραμείνουν έως της όποιας μετακίνησης
    τους κυρίως στις χώρες καταγωγής τους. Ας σημειωθεί ότι οι έχοντες
    προσφυγικό προφίλ μπορούν να ξεκινήσουν τη διαδικασία ασύλου στην
    Τουρκία καθώς και σύμφωνα με τη συμφωνία Ευρωπαϊκής Ένωσης και Τουρκίας,
    να επαναπροωθηθούν σε χώρες της Ευρωπαϊκής Ένωσης. Εδώ να σημειώσουμε
    ότι προς το παρόν και παρά τα περί του αντιθέτου λεγόμενα από μεριάς της
    Τουρκίας ισχύουν τα όσα έχουν συμφωνηθεί με την Ευρωπαϊκή Ένωση.

    Οι ροές προς τα νησιά έχουν ελαχιστοποιηθεί. Χαρακτηριστικά να αναφερθεί
    ότι το τελευταίο 10ήμερο σε όλα τα νησιά του βορείου Αιγαίου πέρασαν
    συνολικά 439 πρόσφυγες και μετανάστες αριθμός πολύ μακριά από τις
    μαζικές εισροές χιλιάδων ανθρώπων σε καθημερινή βάση την αντίστοιχη
    περσινή περίοδο. Όπως χαρακτηριστικά έλεγε σήμερα στέλεχος των Ελληνικών
    διωκτικών αρχών η Τουρκία προς το παρόν τηρεί τα όσα είχε συμφωνήσει.
    Σκάφη της Τουρκικής ακτοφυλακής αποτρέπουν τη συντριπτική πλειοψηφία των
    όσων - λίγων έτσι κι αλλιώς -προσπαθούν να περάσουν στην Ελλάδα.
    Σημαντική δουλειά γίνεται επίσης σε θέματα ενημέρωσης του ντόπιου
    πληθυσμού από την πιθανή τους εμπλοκή σε διακίνηση μεταναστών και
    προσφύγων προς τα νησιά. Για πρώτη φορά λέχθηκε χαρακτηριστικά, έγιναν
    κατασχέσεις σκαφών όσων προσπάθησαν να περάσουν κόσμο στην Ελλάδα, ενώ
    τα πράγματα έγιναν... δύσκολα και προς όσους είχαν κατηφορίσει με σκάφη
    στην περιοχή ακόμα και από τη Σαμψούντα του Πόντου με σκοπό τη συμμετοχή
    τους σε διαδικασίες μεταφοράς προς την Ελλάδα. « Το ερώτημα είναι η
    συμφωνία της Τουρκίας με την Ευρωπαϊκή Ένωση έως πότε θα τηρείτε. Κι αν
    η νέα κυβέρνηση αποφασίσει να πιέσει την Ευρώπη μέσω του ανοίγματος της
    μεταναστευτικής στρόφιγγας προς την Ελλάδα. Προς το παρόν αυτό δε
    φαίνεται να συμβαίνει αλλά κανείς δεν ξέρει τι θα γίνει στο μέλλον »
    ειπώθηκε χαρακτηριστικά από το ανώτερο στέλεχος των Ελληνικών διωκτικών
    αρχών.

    Πάντως, να σημειώσουμε ότι στα απέναντι από τα νησιά παράλια δεν
    υπάρχουν πληροφορίες για τη συγκέντρωση μεγάλων αριθμών προσφύγων και
    μεταναστών με σκοπό το πέρασμα τους στα νησιά. Οι Πακιστανοί και οι
    Αφγανοί στην περιοχή του Τσεσμέ, οι χιλιάδες Σύριοι στο Μπασμανέ της
    Σμύρνης, οι περιφερόμενοι στους δρόμους σε αναζήτηση μεταφορέων στις
    ακτές απέναντι από τη Λέσβο, πλέον δεν υπάρχουν. Ο ανασφαλής αλλά και
    πλέον οικονομικός και γρήγορος δρόμος προς την Ευρώπη μέσω των Ελληνικών
    νησιών αρχίζει να γίνεται βίωμα πως έχει κλείσει. Ιδιαίτερα προς τους
    βορειοαφρικανούς για τους οποίους έκλεισαν και οι δρόμοι περάσματος τους
    από τις χώρες καταγωγής τους στην Τουρκία. Πρέπει να ειπωθεί ότι πολλοί
    βορειοαφρικανοί έφταναν στην Τουρκία με πτήσεις « one way » με οικονομικές
    προσφορές εισιτηρίων από την Τουρκική Αεροπορική Εταιρεία ΤΗΥ που
    έφταναν τα 50 ευρώ το πολύ και χωρίς καμία διαδικασία βίζας. Αυτό λόγω
    της εφαρμογής των λεγόμενων προαπαιτούμενων για την κατάργηση της βίζας
    των Τούρκων που θα επισκέπτονται την Ευρώπη σταμάτησε. Έτσι και
    δικαιολογείται το ξανάνοιγμα των δρόμων της Μεσογείου από τη βόρεια
    Αφρική κυρίως προς την Ιταλία αλλά και την Ισπανία.

    Στρατής Μπαλάσκας/ ΑΠΕ - ΜΠΕ

  • The Chios Hilton: inside the refugee camp that makes prison look like a five-star hotel

    ’We are, right now, in a prison. Two nights ago, in the potatoes, we saw a small animal,’ says inmate at refugee detention centre on Greek island near Turkey


    http://www.independent.co.uk/news/world/europe/the-chios-hilton-inside-the-refugee-camp-that-makes-prison-look-like-
    #Chios #asile #migrations #réfugiés #détention_administrative #Grèce