• Pédocriminalité : les insoutenables « carnets noirs » de Joël Le Scouarnec
    https://lesjours.fr/obsessions/proces-pedocriminalite-le-scouarnec/ep1-enquete-hors-norme

    Nouvelle série. Le chirurgien est jugé à partir du 24 février pour viols et agressions sexuelles aggravés sur 299 ex-patients. Il a consigné ses actes dans ses journaux intimes.

    • Procès Le Scouarnec : comment l’ex-chirurgien pédocriminel aux 299 victimes est si longtemps « passé entre les gouttes »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/02/24/pedocriminalite-ouverture-du-proces-le-scouarnec-ex-chirurgien-aux-299-victi

      La plus importante affaire de pédocriminalité jugée en France débute à partir de lundi et pour quatre mois. Age moyen des victimes : 11 ans à l’époque des faits. Des crimes que l’accusé racontait méthodiquement dans ses journaux intimes.
      Par Florence Aubenas

      A la télévision et dans les magazines de faits divers, le docteur Joël Le Scouarnec aimait suivre les histoires d’hommes qui lui ressemblaient : les pédophiles. Il se reconnaissait en eux, fier d’être différent. A un détail près : lui ne se ferait jamais attraper. Ça n’arrivait qu’aux autres, il se sentait intouchable. Pendant toute sa carrière, aucun personnel soignant ne l’avait jamais surpris sur le fait, aucune plainte n’avait été déposée par un petit patient ou ses parents. D’une manière redoutable, le chirurgien avait inventé le crime sexuel parfait.

      Finalement arrêté en 2017, à quelques mois de sa retraite, Joël Le Scouarnec, 74 ans, va être jugé pour viols ou agressions sexuelles aggravés de 299 victimes présumées, qu’il a reconnus pour la plupart. Age moyen de ces dernières : 11 ans à l’époque des faits. Mais si le médecin comparaîtra seul dans le box, les défaillances des institutions françaises dans la protection de l’enfance devraient envahir les débats.

      C’est à Vannes, ville où se tiendra son procès devant la cour criminelle du Morbihan à partir de lundi 24 février, que la grande majorité des faits auraient eu lieu. Aujourd’hui disparue, la clinique du Sacré-Cœur était un petit établissement privé tenu par des religieuses quand Joël Le Scouarnec y a été recruté en 1994. A cette époque, le secteur de la santé s’enfonce déjà dans la misère, avec ses restructurations féroces et ses pénuries de recrutements. L’arrivée d’un chirurgien digestif de 44 ans, ancien interne des hôpitaux de Nantes, une femme et trois enfants, ressemble alors à une aubaine.

      A vrai dire, cela fait dix ans que la passion de Le Scouarnec pour son métier a commencé à s’émousser. Sa vie est ailleurs, dans sa « bulle pédophile », selon son expression, depuis qu’il a abusé d’une nièce, 8 ans, sa première victime, en 1985. Désormais, « ça » le tyrannise, il le raconte dans ses journaux intimes tenus pendant plus de trente ans, où, jour après jour, enfant après enfant, il détaille ce qu’il nomme « sa vie sexuelle ».

      Ses viols et agressions d’une dizaine de proches y sont décrits, le volet dit « familial » du dossier, pour lequel il a déjà été condamné à quinze ans de réclusion en 2020. Mais ce sont les hôpitaux qui vont devenir son principal terrain de chasse et le noyau de ce second procès. « Je n’examinais plus les enfants comme des petits malades, j’avais sur eux un regard de pédophile. Tout geste prenait une connotation sexuelle », expliquera le chirurgien pendant l’enquête.

      Au long de sa vie professionnelle, d’autres praticiens vont se faire arrêter pour crime sexuel dans la dizaine d’établissements où il a officié : un psychiatre retrouvé dans le lit d’une malade ou un manipulateur en électroradiologie en gynécologie qui avait violé deux patientes. Joël Le Scouarnec, lui, a mis au point ce qu’il a appelé sa « procédure ».

      Une alerte du FBI

      Dans les couloirs, il repère les enfants seuls dans leur chambre. Si un parent ou un soignant est présent, le chirurgien fait demi-tour : leur demander de quitter la pièce attirerait l’attention. Il revient plus tard. Pousse la porte. Lance quelques phrases, toujours les mêmes, lapidaires et professionnelles : « Je viens voir si tu as mal au ventre », ou bien « Est-ce que ça te brûle quand tu fais pipi ? » Ensuite, tout va très vite. Le bas du corps est dénudé, les mains s’y glissent, gestes furtifs maquillés en examens médicaux. La porte s’ouvre ? Il suffit de rabattre le drap.

      Joël Le Scouarnec veille à ne jamais provoquer ni traces ou douleur physique, rien qui puisse entraîner des cris. Trop de résistance le fait renoncer. Ça n’arrive jamais, ou presque. La blouse blanche, le statut d’adulte, la maladie, tout pousse les enfants à se soumettre. Les petits surtout : « L’avantage des filles de cet âge [entre 3 et 10 ans], c’est qu’on peut les toucher sans qu’elles se posent trop de questions », écrit le chirurgien dans son journal.

      Passée la puberté, ou à son approche, les viols et agressions auraient surtout été commis en salle d’opération, sous anesthésie. Le médecin évitait tout geste susceptible d’inquiéter les jeunes malades. Mais au bloc, il est impossible d’être seul, cet univers très fermé où cinq professionnels au moins se surveillent les uns les autres. « Il faut savoir être patient et compter sur sa chance », explique le journal de Joël Le Scouarnec. Une infirmière tourne le dos ? L’anesthésiste regarde ailleurs ? De nouveau, les mains du chirurgien plongent sur ou sous le drap, qui recouvre les corps endormis, hors de la zone à opérer. « J’ai fait des centaines d’interventions avec lui et je n’ai jamais rien vu », racontera plus tard un confrère.

      La première alerte va arriver dans les années 2000, de très loin : les Etats-Unis. Au cours d’une opération internationale ciblant des sites pédopornographiques sur le dark Web, la police fédérale américaine (FBI) alerte la France sur trois paiements effectués par le biais de la carte bancaire du chirurgien. Mais, le 9 décembre 2004, pas d’opération surprise à l’aube dans la maison familiale : Joël Le Scouarnec est convoqué à la #gendarmerie à Grand-Champ, près de Vannes, ce qui lui laisse le temps de dissimuler les preuves. Aucune perquisition n’a lieu à l’hôpital, aucun proche ni collègue n’est entendu.

      Imbroglio institutionnel

      Pendant sa garde à vue, pliée en vingt-cinq minutes et cinq questions, le chirurgien plaide la crise conjugale. Dès le lendemain, il est de retour dans la chambre des petits patients. Condamné en novembre 2005 à quatre mois de prison avec sursis, sans obligation de soins ni restriction professionnelle, il triomphe dans son journal : « Je suis passé entre les gouttes. »

      En 2005, il a 55 ans et vient de quitter la clinique de Vannes pour l’hôpital public de Quimperlé, dans le Finistère. Il y brigue, pour la première fois, le statut de « praticien hospitalier », un poste plus stable, mais plus contrôlé que dans le privé.

      A ce moment-là, va se nouer un imbroglio institutionnel aux conséquences terribles. Tout démarre d’un psychiatre, Thierry Bonvalot, alors président du comité médical d’établissement de l’hôpital de Quimperlé. Par un confrère, qui a expertisé Joël Le Scouarnec dans l’affaire de pédopornographie de 2004, Thierry Bonvalot a eu écho de sa condamnation et s’alarme de son recrutement dans une lettre au directeur de l’hôpital, en juin 2006, puis dans une autre au conseil départemental de l’#ordre_des_médecins du Finistère, le mois suivant. Réclamé, le casier judiciaire du chirurgien arrive. Il porte la mention : néant. Débordé, le greffe de Vannes n’a toujours pas mis le fichier à jour, sept mois après la condamnation du chirurgien, qui peut officiellement être titularisé le 1er août 2006.

      Enfin actualisé, l’extrait de casier est posté à l’ordre des médecins du Finistère en novembre de la même année. Mais au lieu d’éclaircir l’affaire, il va augmenter la confusion, faisant du cas Le Scouarnec celui dont chacun tente de se défausser. L’ordre transmet le dossier à l’antenne locale de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass), qui le transmet elle-même à la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) – ces deux instances ont été remplacées, en 2010, par l’agence régionale de santé –, ainsi qu’au ministère de la santé.

      Admis à l’unanimité au conseil de l’ordre

      « Si sa condamnation avait été connue avant, il n’aurait pas été nommé », regrette le ministère de la santé début 2007. Mais que faire désormais ? Aucune nouvelle plainte ne vise le chirurgien. Au contraire. Dans une lettre, le directeur de l’hôpital de Quimperlé loue Joël Le Scouarnec, « sérieux et compétent » ; son recrutement aurait même sorti son établissement d’une « grave crise ». Dès lors, le ministère tranche : retour de l’affaire à l’envoyeur, c’est-à-dire à l’ordre des médecins du Finistère, garant de la moralité de la profession. La Drass estime que c’est à la Ddass de le saisir, la Ddass pense que c’est le rôle de la Drass. Personne ne bouge. Entretemps, dans le département, Joël Le Scouarnec a été admis à l’unanimité au conseil de l’ordre.

      Les courriers du psychiatre Thierry Bonvalot auraient pu déclencher des investigations administratives. Mais ils n’ont été transmis ni au ministère, ni à la Drass, ni à la Ddass. L’affaire Le Scouarnec vient de se dissoudre dans le marécage bureaucratique.
      Quand le service de chirurgie ferme à Quimperlé, Joël Le Scouarnec rejoint l’hôpital de Jonzac (Charente-Maritime) en 2008. Cette fois, son casier le suit. Mais là encore, la directrice d’alors évoquera devant les enquêteurs la pénurie de médecins. « Il était très gentil », précisera-t-elle en parlant du chirurgien. « Aucune agression physique n’ayant eu lieu », il n’est pas accompagné de mesure particulière.

      C’est une petite fille de 6 ans, alors voisine du chirurgien à Jonzac, qui a permis son arrestation en avril 2017 : il l’avait agressée au fond de son jardin. Alors seulement, ses journaux intimes ont été découverts : ils constitueront la principale pièce à charge au procès de Vannes.

      #enfants #malades #inceste #crimes_sexuels

    • Les « carnets noirs » de Joël Le Scouarnec, le chirurgien pédophile
      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/01/03/les-carnets-noirs-de-joel-le-scouarnec-le-chirurgien-pedophile_6024661_16535

      Au téléphone, le gendarme répète que Joël Le Scouarnec vient d’être arrêté, mais la jeune femme n’arrive pas à l’imaginer en prison, lui « qui était toujours passé entre les mailles du filet ». Elle se trouve projetée trente ans en arrière, petite fille invitée dans le manoir des Le Scouarnec. Comme jadis, il lui semble sentir la main de son oncle Joël venir se poser sur son épaule, « une main lourde », pareille à « une chape de plomb ». Et remontent ses sentiments d’alors : « Contre lui, je ne suis rien. »

      (...) Depuis le collège, il dresse l’inventaire des livres lus, des opéras entendus, des monuments visités, des plus beaux paysages. Certains recensements pourtant obéissent à un autre ordre : 301 544 photos et vidéos pédopornographiques, rangées méthodiquement, par série et par thèmes – zoophilie, scatologie, enfants nus… Les journaux intimes du chirurgien − que des victimes ont aujourd’hui baptisés « les carnets noirs » − aussi sont découverts.
      Pendant vingt-huit ans (de 1989 à 2017), jour après jour, Le Scouarnec y détaille des abus et des viols sur des enfants dans la douzaine d’établissements où il a opéré. 349 victimes potentielles auraient déjà été dénombrées, menaçant de submerger l’enquête sous les investigations.

      https://archive.ph/XIwlo

  • Enquête pour viol contre un ponte de la gynécologie : huit ans d’alertes ignorées - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/021021/enquete-pour-viol-contre-un-ponte-de-la-gynecologie-huit-ans-d-alertes-ign

    Une enquête pour « #viol sur mineure de plus de quinze ans », visant un #chirurgien de l’hôpital #Tenon, a été ouverte par le parquet de Paris fin septembre. Plusieurs de ses patientes avaient dénoncé, depuis 2013, des #violences_gynécologiques auprès de l’#AP-HP, de Sorbonne Université et de l’Ordre des médecins, sans qu’aucune vérification n’ait été lancée.

    #pédocriminalité

  • « Les sages-femmes n’ont jamais fait fortune de leur activité »
    https://www.humanite.fr/les-sages-femmes-nont-jamais-fait-fortune-de-leur-activite-711956

    Nathalie Sage Pranchère, historienne chargée de recherche au CNRS, revient sur quatre siècles d’histoire du rôle des femmes dans l’ #accouchement et sur leur émancipation des médecins. Entretien

    En quoi le XVIIe siècle marque-t-il une rupture dans l’histoire des sages-femmes ?

    Nathalie Sage Pranchère : C’est alors que les #chirurgiens, un corps de soignants moins considérés que les #médecins, commencent à investir le champ de la naissance. Leur recherche de promotion sociale passe par une revendication de #scientificité, notamment dans l’accouchement. Ils recourent aux instruments, inventant le #forceps. Pour s’imposer dans le champ de la #naissance, il leur faut en déconsidérer les actrices traditionnelles : les #femmes. Cela passe d’abord par une #dévalorisation des compétences féminines. Cela se traduit aussi par des propos très durs sur les « #matrones », qui seraient sales, grossières et dangereuses pour les femmes. Ce mouvement d’appropriation de la naissance est toutefois très progressif et inégal. Si Mme de La Vallière, maîtresse de Louis XIV, est accouchée par un chirurgien, c’est bien une #sage-femme qui assiste la reine lors de ses accouchements.

    Cette prise de pouvoir progressive des chirurgiens entraîne-t-elle une disparition des #sages-femmes ?

    Nathalie Sage Pranchère Non. S’il est économiquement et symboliquement intéressant pour

    • La réforme des #retraites d’Emmanuel Macron sera présentée en toute fin d’année voire au début 2020. Mais l’essentiel est déjà connu. Il s’agit d’un braquage à main armé du gouvernement contre TOUS les Français. Voici des faits et des arguments pour démonter leurs mensonges.

      1) Vous l’avez vu, Macron et ses ministres se sont déchaînés ces derniers jours pour répéter que la grande grève du 5 décembre ne concernait que les cheminots et autres professions voulant défendre des régimes spéciaux de retraite et donc « leurs privilèges ».

      Or, c’est FAUX❌ : le passage à un système par points concerne tout le monde, salariés du privé comme du public. Ils instrumentalisent le sujet des régimes spéciaux de retraite mais la grève et manifestation du 5 décembre proteste contre une réforme qui nous fera TOUS perdants.

      En effet, le gouvernement a annoncé que la part de la richesse consacrée aux retraites restera bloquée à 14 % du produit intérieur brut. Comme la population vieillit et qu’il y aura plus de retraités à l’avenir, cela veut dire que les pensions vont nécessairement baisser.

      Selon H. Sterdyniak, économiste à l’OFCE, « Le ratio retraités-actifs va obligatoirement évoluer à la hausse. L’objectif est donc de baisser progressivement le niveau des retraites, de l’ordre de 25% d’ici à 2050 ». La réforme va baisser fortement le pouvoir d’achat des retraités !

      2) Avec la réforme, le montant de la pension sera basé sur l’intégralité de la carrière au lieu des 25 meilleures années dans le privé ou des 6 derniers mois dans le public. En intégrant les mauvaises années, la baisse des pensions est donc mathématique.

      Pour les femmes & les salariés précaires, qui subissent davantage de boulots à temps partiel et à salaire réduit, c’est la double peine. En Suède, modèle de Macron, le passage à la retraite par points en 1994 a fait baisser les pensions de 92% des femmes !

      Aujourd’hui en Suède, 16% des personnes âgées vivent sous le seuil de pauvreté, soit plus du double qu’en France. La valeur du point y a baissé à plusieurs reprises, en fonction de la conjoncture : de 3% en 2010, de 4,3% en 2011 et de 2,7% en 2014. C’est ce qui nous attend aussi.

      3) Car avec une retraite par points, le montant des pensions dépend de la valeur du point qui peut être modifié n’importe quand par le gouvernement et par Bercy. C’est ce que François Fillon expliquait en 2016, hilare, devant un parterre de patrons : " la retraite par points a pour but de baisser le montant des pensions ".

      La valeur du point sera votée par les députés avec le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Meilleure façon de permettre aux gouvernements d’imposer des économies, comme ils l’ont fait sur la Sécu et les hôpitaux depuis que leurs budgets sont votés par le Parlement

      4) Les pistes évoquées par le gouvernement pour équilibrer financièrement notre système de retraite sont toujours les mêmes : soit allonger la durée de cotisation, soit retarder l’âge de départ, soit augmenter les cotisations. "There is no alternative !", comme disait Thatcher.

      On nous demande de choisir quel membre nous préférons amputer : le bras, la jambe droite ou le pied gauche ? Et jamais il n’est dit qu’il est possible de faire cotiser davantage les grosses entreprises, les revenus financiers, de supprimer les exonérations indues.

      Depuis 1993 et la réforme Balladur, ce sont toujours les mêmes axes de réforme, répétés depuis par tous les gouvernements, qu’ils soient de droite ou du PS. Ils martèlent leur slogan comme un mantra : « On vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps. »

      Pourtant, c’est FAUX ❌ : L’espérance de vie en bonne santé baisse pour les femmes (64 ans) et stagne pour les hommes (63 ans). De plus, l’espérance de vie dépend fortement des conditions de vie, de travail et de revenus.

      L’écart d’espérance de vie entre un cadre et un ouvrier est de six ans, voire le double pour les métiers les plus exposés aux risques ! Allonger la durée de cotisations, reculer l’âge de départ, c’est priver du droit à la retraite en bonne santé les salariés les plus modestes.

      Mais les salariés les plus formés sont eux aussi perdants : comme ils rentrent plus tard sur le marché du travail, après des études longues (27 ans en moyenne en CDI), ils devront travailler au-delà de 68 ans pour cumuler leurs trimestres.

      5) Travailler plus longtemps est aussi un non-sens économique quand 20,8% des 15-24 ans sont au chômage. Si les vieux partent plus tard à la retraite, ils occupent plus longtemps des emplois au détriment des jeunes qui entrent sur le marché du travail.
      Ainsi, nous sommes passés de 60 à 62 ans, bientôt 64 voire 67 dans 10 ans… Macron a confirmé le 3 octobre à Rodez la nécessité de faire travailler les Français plus longtemps en les frappant au portefeuille s’ils partent avant l’âge légal, avec une décote de 10% avant 64 ans !

      6) Dans un système par points, les périodes liées aux aléas de la vie (chômage, maladie, maternité, invalidité) n’entrent pas dans le décompte des trimestres. Elles seraient en partie financées par l’impôt, et deviendraient des aides sociales pouvant être réduites & conditionnées

      Une étude de l’Institut de la protection sociale montre que la réforme est catastrophique pour les femmes avec enfants & les familles nombreuses. 1 mère avec 1 enfant ayant cotisé pour un salaire de 25000€ par an durant 152 trimestres subirait ainsi une perte annuelle de 1250€.

      ‏Un couple ayant cotisé pour un salaire global de 35000€ par an durant 162 trimestres chacun essuierait une perte de 10624€ par an, soit plus de 20% du revenu amputé. Les pertes s’aggraveraient avec le nombre d’enfants, les femmes étant les premières à les subir.

      Mais quelle que soit notre situation familiale, salariés du privé comme du public, enseignants, soignants, professions libérales, ouvriers, employés, agriculteurs, cadres, toutes les simulations montrent que nous serons TOUS perdants.

      7) Pour vendre sa réforme, le gouvernement ose promettre une retraite minimum de 1000€. C’est FAUX❌ ! Car ce qu’ils ne précisent jamais, c’est que c’est pour une carrière complète de 43 annuités, un total quasiment impossible à atteindre pour les femmes et les précaires.

      Autre mensonge : Édouard Philippe dit faire la réforme pour rendre le système plus « simple » et plus « lisible ». Or, il a annoncé hier qu’il négocierait la réforme secteur par secteur, donc il n’y aura pas un système universel mais de nombreux régimes…

      La simplification est un argument totalement bidon, le même qui a servi au détricotage du code du travail soi-disant trop épais. Ce sont toujours nos droits sociaux qu’ils veulent simplifier, mais jamais les innombrables niches fiscales qui permettent la fraude des riches…

      Quant à la lisibilité, quelle blague : en réalité, comme la valeur du point changera fréquemment, personne ne pourra connaître la réalité de ses droits avant 62 ans. Simplicité, lisibilité, prévisibilité ? Non, complexité, régimes différenciés et opacité totale.

      Le vrai but de cette réforme, c’est de faire des économies en nous retirant du pouvoir d’achat. Elle permettra de booster le secteur assurantiel privé, qui nous vendra des retraites complémentaires par capitalisation. Des produits financiers coûteux et risqués car spéculatifs.

      8) Avant même que les détails du projet de loi soient sur la table, avec les annonces de Macron et de ses ministres, nous savons donc que cette réforme est une arnaque totale pour TOUS. Pourtant, il existe des solutions pour consolider notre système de retraites par répartition.

      Comme le note la CGT, le problème des retraites est d’abord un problème d’emploi. En améliorant l’emploi, les salaires, les carrières, on fait rentrer davantage de cotisations sociales, donc on permet au système de se financer. Il faut un grand plan de lutte contre la précarité !

      Il faut aussi revenir sur les 66 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociale accordées aux entreprises. Ces cadeaux au patronat ont permis de grossir leurs profits et ont déséquilibré notre système par répartition. Assez !

      Imposer l’égalité salariale entre les femmes et les hommes rapporterait 5,5 milliards d’euros de cotisations pour la retraite. Intégrer les primes et tous les éléments de rémunération dans les revenus soumis à cotisation rapporterait 36 milliards.

      https://twitter.com/MaximeCochard_/status/1200160747533287425

    • « Qu’on arrête ces régimes spéciaux qui créent des inégalités très fortes » : Olivier, plombier, favorable à un régime de retraite « pour tout le monde »

      Olivier Beurton le "Plombier" basique de #FranceInfo 🤔🤣
      –Militant #LREM
      –Fils de #Chirurgien
      –Diplômé d’#HEC
      –Ancien #CadreSup de l’agro-alim
      –Ajd #Patron à 6600€ nets/mois‼️

      « Qu’on arrête ces régimes spéciaux qui créent des inégalités très fortes » : Bruno Bonnell, plombier chauffagiste à 12200€, favorable à un régime de retraite « pour tout le monde » 😂😂😂

      « Sortir les rames »
      https://twitter.com/Poulin2012/status/1200429118271213568

    • Le texte de positionnement de la Confédération paysanne nationale sur la réforme des retraites et le mouvement du 5 décembre :

      Solidaire avec l’ensemble des travailleurs et travailleuses, la Confédération paysanne participe à la convergence du mouvement social et appelle à rejoindre la mobilisation contre la réforme des retraites, en participant aux manifestations du 5 décembre. Nous nous battrons pour un système de retraite par répartition solidaire et équitable, où chacun-e cotise selon ses moyens et perçoit selon ses besoins.

      Le système des retraites agricoles est à bout de souffle si tant est qu’il ait déjà respiré. Il reproduit les inégalités de la vie active et conduit à des retraites misérables en particulier pour les femmes et retraité-e-s d’outre-mer. C’est pourquoi nous revendiquons dès aujourd’hui une revalorisation des pensions les plus basses : pas de retraite en dessous du seuil de pauvreté (1015€) !

      Le futur système de retraite doit garantir l’égalité entre les femmes et les hommes, instaurer une retraite plancher quel que soit le parcours professionnel et un plafonnement des plus grosses pensions. Pour être à la hauteur de nos ambitions, il est temps de stopper l’évasion sociale et fiscale qui affaiblit le financement de notre protection sociale.

      La précarité des retraité-e-s agricoles est le reflet de celle des actifs et actives. Se battre pour nos droits sociaux, c’est se battre pour de meilleurs revenus pour les paysan-nes. Un système de retraite universel et équitable est un des fondements du combat de la Confédération paysanne.

  • Invasive Procedure, by Josh Ng-Kamstra · thewalrus.ca
    http://thewalrus.ca/invasive-procedure

    The standards must be kept high. But to maintain these rigorous standards while also recruiting enough surgeons, anesthesiologists, and obstetricians to satisfy the world’s growing demands for surgical care, we must do more to engage, encourage, and accommodate every corner of the global talent pool. Without a diverse, inclusive global surgical workforce, we will continue to lose millions of lives to preventable causes.

    #racisme et #sexisme forment une barrière à l’entrée dans la carrière de #chirurgien, et concourrent ainsi au manque de personnel qualifié indispensable
    #Ilooklikeasurgeon #médecine #santé #inégalités