• L’Odissea di #Christopher_Nolan è troppo “americana”
    https://informareonline.com/lodissea-di-christopher-nolan-e-troppo-americana

    L’Odissea di Christopher Nolan è un film che fa parlare di sé, nel bene e nel male. Atteso da più di un anno, è una pellicola che ha spinto persino chi di #cinema non se ne intende a commentare e partecipare al dibattito su Internet venutosi a creare attorno a essa. Capolavoro – per i […] L’articolo L’Odissea di Christopher Nolan è troppo “americana” proviene da Informareonline, scritto da Maria Claudia Merenda

    #Approfondimenti #Spettacolo #Odissea

  • [Tribune] À mes amis députés de gauche qui ont voté la loi « sur la fin de vie » mais reviendront sur leur décision lors du prochain vote | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/opinions/tribune-a-mes-amis-deputes-de-gauche-qui-ont-vote-la-loi-sur-la-fin-de-

    Par Bertrand du Marais, président, au nom des Poissons Roses, association qui regroupe des chrétiens de différents partis politiques de gauche.

    Chère et Cher Ami député, toi, de gauche, lors du vote du 24 février 2026 sur l’aide à mourir, tu as fait partie des 299 députés qui ont voté favorablement à ce texte. Vous étiez moins nombreux que lors du vote du 27 mai 2025, qui avait recueilli 305 votes positifs. L’opposition à cette loi est passée de 199 voix à 226. L’écart s’est donc réduit. Lors de ce vote, tu n’as pas voté comme le député LFI, la députée écologiste, les deux communistes et les quatre socialistes, qui ont eu le courage de voter NON.

    Finalement, toi, de gauche, tu as voté massivement avec tes collègues pour autoriser ce qui s’appelle « l’aide à mourir ». Toi, de gauche, tu n’as pas frémi au souvenir de la déclaration des droits de l’homme et tu as donné ton accord pour franchir ce Rubicon de la mort donnée. Toi, de gauche, tu n’as pas craint pour les plus fragiles, toutes ces personnes économiquement faibles, ces personnes handicapées, ces personnes âgées à qui leur entourage risque de faire comprendre qu’il serait peut-être temps de laisser la place et qui se retrouveront piégés par les impatiences des bien- portants.

    Toi, de gauche, tu as fait confiance aux critères mentionnés dans le texte afin de constituer des garde-fous alors que tu sais bien que, partout où ce type de loi a été voté, ces critères ont progressivement été étendus. Ainsi, en Belgique, plus de 3,6 % des décès relèvent de cette loi, plus de 7,9 % au Québec et toutes les restrictions tombent les unes après les autres.

    Toi, de gauche, tu pensais défendre une liberté et révérer un noble stoïcisme. Mais tu ne fais que consacrer un matérialisme individualiste que tu combats pourtant ardemment lors des réformes économiques.

    Toi qui défends le collectif devant le libéralisme du marché, tu oublies que toute mort n’est pas une affaire individuelle mais embarque les familles, les voisins, bref toute la société.

    Toi, de gauche, tu t’es laissé enfermer dans la bulle des sondages que l’Association pour le droit de mourir dans la dignité répand au mépris d’une réalité plus complexe. Car si personne ne souhaite mourir dans la souffrance et l’isolement, la majorité des gens préfère être accompagnée dans ce grand voyage et ne souhaitent pas l’euthanasie pour leurs proches. Dès qu’ils bénéficient de soins palliatifs, ils abandonnent leur désir d’euthanasie jusqu’à accepter des sédations adaptées à la dégradation de leur état.

    Toi, de gauche, tu as confondu la dignité de mourir avec la volonté d’effacer ce moment essentiel de notre vie, quand nous touchons à notre humanité la plus nue dans une agonie qui revisite notre existence. Toi, de gauche, tu as mis ta raison et ton cœur au service d’une compassion détournée envers les malades. Mais il n’est pas trop tard. Actuellement, ce texte revient devant l’Assemblée nationale. Ce jour-là, toi, au nom de tes valeurs de gauche, tu pourras voter contre ce projet de loi.

  • Émeutes de 2024 en #Nouvelle-Calédonie : #non-lieu général ordonné en faveur des militants indépendantistes
    https://la1ere.franceinfo.fr/emeutes-de-2024-en-nouvelle-caledonie-non-lieu-general-ordonne-en-

    Selon des sources proches du dossier, un non-lieu général a été ordonné en faveur des militants indépendantistes de la #CCAT poursuivis dans le cadre des émeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie, a appris vendredi 5 juin l’AFP.

    #kanaky

  • À Nantes, le festival Scopitone annulé faute de subventions de la Région Pays de la Loire
    https://www.telerama.fr/musique/a-nantes-le-festival-scopitone-annule-faute-de-subventions-de-la-region-pay

    à #Nantes, l’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Le festival Scopitone, rendez-vous historique d’arts numériques et de cultures électroniques, n’aura pas lieu cette année. En cause ? Une suppression des subventions de la Région Pays de la Loire, présidée par #Christelle_Morançais d’Horizons. Prévu du 16 au 20 septembre, le festival va finalement devenir une biennale et fera son retour en 2027.

  • Das Unheilige in der Heiligen Schrift -Die dunkle Seite der Bibel
    https://lbib.de/Das-Unheilige-in-der-Heiligen-Schrift-Die-dunkle-Seite-der-Bibel-16311

    Pas encore lu, intéressant. ... mais quel gâchis de temps ...

    »Unheilige« (Lemma) :: Elberfelder Bibelübersetzung Edition CSV
    https://www.csv-bibel.de/strongs/Unheilige

    Die Bibel - das Unheilige Buch : Gaudlitz, Ruth: Amazon.de: Books
    https://www. mzn .de/Die-Bibel-das-Unheilige-Buch/dp/3837201880

    Unheiliges Schrifttum: Die Kritik eines Ungläubigen an der Bibel
    https://book8.de/unheiliges-schrifttum-die-kritik-eines-unglaubigen-an-der-bibel

    Kinderbibel Online Geschichten zum Vorlesen, Ausmalblättern & mehr
    https://kinderbibelgeschichten.net

    Bibel für Kinder - die-bibel.de
    https://www.die-bibel.de/bibel-fuer-kinder

    KinderBibel.TV - pädagogisch wertvolle Zeichentrick-Bibelgeschichten
    https://www.kinderbibel.tv

    Kinderbibeln
    https://clv.de/Bibeln/Kinderbibeln

    Zeichentrick-Comic-Lese-Bibel online – Kinderbibel.net
    http://kinderbibel.net

    Kinderbibeln zum Vorlesen oder Selbstlesen | evangelisch.de
    https://www.evangelisch.de/galerien/244720/04-08-2025/kinderbibeln-als-taufbegleiter-kinderbibeln-zum-vorlesen-oder-selbstlese

    NEU: Die Kinderbibel. Eine Entdeckungsreise 2025 | Rainer Oberthür
    https://www.rainer-oberthuer.de/veroeffentlichungen/die-kinderbibel-eine-entdeckungsreise

    Kinderbibel – Wikipedia
    https://de.wikipedia.org/wiki/Kinderbibel

    #religion #christianisme #enfants

  • Contemplating Cohen
    https://www.contemplating-leonard-cohen.com


    Voilà de la spiritualité. A prendre autant au sérieux que le sacasme.

    Hinführung zur Zen-Buddhistischen Praxis
    anhand der Texte von Leonard Cohen
    In Berlin in English for most part!
    Berlin 24. 02. 2024
    Ausverkauft
    Eventl. Restplätze auf telefonische Anfrage
    10:00 - 17:30 Uhr
    Zen-Dojo Berlin-Karlshorst
    Stühlinger Str. 21
    10318 Berlin

    Anmeldung
    Saarbücken
    In Planung für Sommer 2024

    Voranmeldung
    Über das Seminar
    Das Seminar in Berlin wird zum Großteil auf Englisch gehalten!
    The seminar in Berlin will mainly be held in English language.

    Musikbeispiele, Meditation, manche Vorträge auf deutsch... auch für non-English speakers ist das Seminar interessant.

    Inhalt (English text below)

    Dieses eintägige Seminar wirft ein poetisches Licht auf die Zen-Buddhistische Tradition und bringt uns gleichzeitig dem Menschen und spirituellen Sucher Leonard Cohen nahe. Es beinhaltet eine Einführung in die Zen-Meditation. Vorerfahrungen sind hierfür nicht notwendig. Wer nicht auf einem Meditationskissen auf dem Boden sitzen möchte, kann auf einem Stuhl sitzen.

    Leonard Cohen, einer der beliebtesten Musiker und Dichter der Welt, berührte die Herzen unzähliger Menschen rund um den Globus. Ende der 60er Jahre lernte er seinen Zen-Meister Joshu Sasaki Roshi kennen, der später sein engster Freund und Weggefährte wurde. Nach 25 Jahren meditativer Praxis zog sich Cohen sechs Jahre lang in die Einsamkeit eines Zen-Klosters zurück und wurde zum Zen-Mönch (Mönchsname „Jikan“) ordiniert - eine entscheidende Zeit seines Lebens, in der die spirituelle Praxis seinen kreativen Prozess neu entfachte.

    Auf diesem Seminar werden die beiden Freunde und Zen-Mönche Koshin Chris Cain und Shingen Jan Gaensslen* darüber reflektieren, wie Cohen seine Zen-Erfahrungen in seinen Songs persönlich-poetisch ausdrückte. Manche seiner Texte sind eindeutig auf den Zen-Weg und die Lehre seines Meisters Joshu Roshi bezogen, häufiger jedoch sind es einzelne Zeilen und Strophen, die wie kostbare Juwelen in Cohens Werk verwoben sind.

    Content

    This one-day seminar sheds a poetic light on the Zen Buddhist tradition while introducing us to the human being and spiritual seeker Leonard Cohen. It includes an introduction to Zen meditation. No previous experience is necessary for this. If you don’t want to sit on a meditation cushion on the floor, you can sit on a chair.

    Leonard Cohen, one of the world’s most popular musicians and poets, touched the hearts of countless people around the globe. At the end of the 1960s he met his Zen master Joshu Sasaki Roshi, who later became his closest friend and companion. After 25 years of meditative practice, Cohen retreated into the solitude of a Zen monastery for six years and was ordained as a Zen monk (monk’s name „Jikan“) - a pivotal time in his life in which spiritual practice re-ignited his creative process.

    At this seminar, the two friends and Zen monks Koshin Chris Cain and Shingen Jan Gaensslen will reflect on how Cohen personally and poetically expressed his Zen experiences in his songs. Some of his texts are clearly related to the Zen path and the teachings of his master Joshu Roshi, but there are individual lines and verses that are woven into Cohen’s work like precious jewels.

    Seminarleiter

    Koshin und Shingen praktizierten in den 90er Jahren Seite an Seite mit Leonard Cohen im Kloster „Mt. Baldy Zen Center“.

    Koshin Christopher Cain, geb. 1965 in London, wuchs in England und später in North Carolina, USA auf. 1990 zog er in das Kloster „Mt. Baldy Zen Center“ in Kalifornien, wo er unter Zen-Meister Joshu Sasaki Roshi Mönch wurde und 1999 von zum Osho (Priester) geweiht wurde. Koshin ist heute der vorstehende Abt und Lehrer des Puget Sound Zen Centers in den USA und des Rinzai Zen Senters Oslo in Norwegen.

    Shingen Jan Gaensslen, geb. 1970 in München, praktiziert Zen-Buddhismus seit 1991. 1994 zog er in das Kloster „Mt. Baldy Zen Center“, wo er unter dem Zen-Meister Joshu Sasaki Roshi die Mönchs-Ausbildung durchlief. 2003 wies Roshi ihn an, zurück nach Deutschland zu ziehen, wo er heute in Berlin eine Zen-Gruppe leitet und Klavier unterrichtet. Er hat einen 18-jährigen Sohn und eine 9-jährige Tochter.

    „Ich gebe zu, dass ich mir manchmal einen Grund ausgedacht habe, an Leonards Tür zu klopfen. Er lud mich immer ein, las mir oft den neuesten Vers von dem vor, woran er gerade arbeitete...“ Koshin

    "Einmal vertraute Leonard mir an, dass Roshi ihm aufgetragen habe, Gedichte zu der Beziehung zwischen „incomplete and complete love“ zu schreiben. Seine Platte „10 New Songs“, die er nach seiner Klosterzeit herausbrachte, ist voller Reflexionen zu diesem Thema." Shingen

    Seminar leaders

    Koshin and Shingen practiced side by side with Jikan Leonard Cohen at Mt. Baldy Zen Center in the 1990s.

    Koshin Christopher Cain, born in London in 1965, grew up in England and later in North Carolina, USA. In 1990 he moved to the „Mt. Baldy Zen Center“ monastery in California, where he became a monk under Zen master Joshu Sasaki Roshi and was ordained an Osho (priest) in 1999. Koshin is now the presiding abbot and teacher of the Puget Sound Zen Center in the USA and the Rinzai Zen Senters Oslo in Norway.

    Shingen Jan Gaensslen, born in Munich in 1970, has been practicing Zen Buddhism since 1991. In 1994 he moved to the „Mt. Baldy Zen Center“ monastery, where he trained as a monk under Zen master Joshu Sasaki Roshi. In 2003, Roshi told him to move back to Germany, where he now leads a Zen group and teaches piano in Berlin. He has an 18-year-old son and a 9-year-old daughter.

    „I admit that I sometimes made up a reason to knock on Leonard’s door. He always invited me over, often read me the latest verse of whatever he was working on...“ Koshin

    "Leonard once confided to me that Roshi had asked him to write poems about the relationship between incomplete and complete love. His record „10 New Songs“, which he released after his time in the monastery, is full of reflections on this topic." Shingen

    Ablauf

    10:00 Uhr
    Begrüßung, Vorstellung, kurze Meditation
    Leonard Cohen – der buddhistische Jude, der Lieder über Jesus schrieb
    Einführung in die Zen-Meditation
    Love Itself - Wahre Liebe bei Cohen und im Zen

    13:15 Uhr Mittagspause

    14:15 Uhr
    The absent Mare – Leiden und die Suche nach dem wahren Selbst
    Zazen - das Herz der Zen-Meditation
    There is a crack in everything – von der Zerbrochenheit zum Licht
    Abschluss-Ritual
    Diskussion
    17:30 Ende

    Schedule

    10:00 am
    Welcome, introduction, short meditation
    Leonard Cohen – the Buddhist Jew who wrote songs about Jesus
    Introduction to Zen meditation
    Love Itself - True love in Cohen and Zen

    1:15 pm lunch break

    2:15 pm
    The absent Mare – suffering and the search for the true self
    Zazen - the heart of Zen meditation
    There is a crack in everything – from brokenness to light
    Closing meditation/ritual
    Discussion
    5:30 pm end

    Lyrik

    Während des Seminars werden Auszüge aus Songs und Texte zu hören sein wie: Suzann, Anthem, If it be your will, Hallelujah, Heart with no companion, Love Itelf, Boogie Street, Coming Home, Come Healing, The Absent Mare, Gedichte aus dem „Book of Longing“ uvm. Folgendes Gedicht schrieb Leonard während seines Mönchstrainings auf Mt. Baldy:

    Roshi - by Leonard Cohen

    I never really understood
    what he said
    but every now and then
    I find myself
    barking with the dog
    or bending with the irises
    or helping out
    in other little ways

    Kosten/Costs

    Berlin:
    €100
    Frühbucherrabatt/Early Bird Discount:
    €90 (Paid by February 15)

    Termine & Veranstaltungsorte

    24.02.2024 Berlin
    Zen Dojo Berlin-Karlshorst
    Stühlinger Str. 21, 10318 Berlin

    Sommer 2024 Saarbrücken
    In Planung

    Anmeldung

    Jan Gaensslen, Stühlinger Str. 21, 10318 Berlin jgaensslen@gmail.com +49 (0)176 568 200 16

    Postbank Berlin, IBAN: DE78 1001 0010 0281 2231 00
    Share by:

    Leonard Cohen - The Partisan (live in France, 1970)
    https://www.youtube.com/watch?v=XY3sKuiDb7o

    Depuis les sionistes nous ont enseigné que l’antifascisme juif n’a existé que pendant la shoa. On est antifasciste ou on ne l’est pas. La religion et les traditions culturelles ou nationales n’ont aucun rapport avec la lutte contre la configuration fasciste du capitalisme.

    #religion #bouddhisme #judaisme #christianisme #spiritualité

  • D. de Villepin, C. Ventura, L. Verstrynge : #Gaza, #Europe_de_la_défense et #Occidentalisme
    https://lvsl.fr/d-de-villepin-c-ventura-l-verstrynge-gaza-europe-de-la-defense-et-occidentalism

    Vassalisation croissante de l’Europe ; retour de la doctrine Monroe en Amérique latine ; militarisation générale de la politique étrangère ; intensification de la colonisation israélienne, justifiée par un discours millénariste ; surdité face à la souffrance des Gazaouis, cécité face à l’émergence du « Sud global ». Ces dynamiques, qui sont au coeur de la ligne éditoriale du Vent Se Lève, trouvent un écho dans l’oeuvre de #Régis_Debray. De ses années latino-américaines à ses voyages en Palestine, en passant par ses réflexions sur l’Europe et l’OTAN, les relations internationales occupent une place significative dans ses livres. Elle est ici analysée par #Dominique_de_Villepin, #Lilith_Verstrynge et #christophe_ventura, dans une conférence animée par Jean Mendelson.

    #International

  • Agent automate et insoumission : faut-il désynchroniser ?
    https://framablog.org/2026/03/10/agent-automate-et-insoumission-faut-il-desynchroniser

    L’émergence contemporaine de l’intelligence artificielle, et plus spécifiquement son glissement vers l’agent autonome, marque une rupture épistémologique que la pensée critique ne peut plus ignorer sous peine de sombrer dans l’anachronisme. Nous avons quitté l’ère du programme-outil pour celle de … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique #Christophe_Masutti #émancipation #histoire_de_l'informatique #technologies

  • nopasaran.ch : le registre suisse des #dérapages de l’#extrême_droite institutionnelle
    https://www.infolibertaire.net/wp-content/uploads/2026/02/nopasaranch-le-registre-suisse-des-derapages-de-lextreme-droite-inst

    nopasaran.ch (https://www.nopasaran.ch), c’est quoi ?

    Plusieurs journalistes et militant·es suisses tiennent des listes personnelles, parfois partagées, des condamnations des membres de l’#UDC, des discours racistes ou homophobes de politicien·nes ou d’autres méfaits plus ou moins graves de la scène d’extrême droite en Suisse.

    Ces listes sont souvent incomplètes, ne concernent qu’une région du pays ou ne sont tout simplement plus mises à jour. De plus, ces informations ne sont pas stockées dans une base de données, ce qui rend difficile une recherche quand la liste devient très grande.

    C’est pour toutes ces raisons que nopasaran.ch a été créé : un registre le plus exhaustif possible, couvrant toute la Suisse et dont les informations sont organisées dans une base de données.

    Le but est de démontrer, par le nombre très élevé des entrées dans la base, que l’extrême droite est bel et bien présente dans le monde politique suisse.

    Il ne s’agit pas de dénoncer les actes de petits groupuscules néo-nazis, mais d’élargir l’action antifasciste au niveau institutionnel. J’en reparle plus loin dans le manifeste.
    Les fonctionnalités du site

    La page d’accueil du site comporte un carrousel des dix derniers signalements, afin de vous tenir au courant des dernières “dingueries”. Vous y trouverez aussi un bouton pour naviguer au hasard dans les enregistrements de la base de données. Un autre bouton permet de signaler un dérapage dont vous êtes témoin.

    Tout en haut à droite, vous pouvez changer de langue : sont disponibles le français, l’allemand, l’italien et l’anglais.

    https://www.infolibertaire.net/wp-content/uploads/2026/02/homepage.png

    Tout en haut encore, vous pouvez cliquer sur la loupe pour accéder à la page qui est certainement la plus utile, celle qui permet de rechercher des incidents selon plusieurs critères.

    Car c’est évidemment là que réside tout l’intérêt d’une base de données : toutes les informations sont stockées avec une date, une catégorie, la personne responsable du dérapage, des sources… En cliquant sur un résultat, vous accédez ensuite au détail de l’incident. De là, vous pouvez partager le lien vers l’article.
    Comment s’en servir ?

    Vous en avez marre d’entendre que l’UDC n’est pas un parti d’extrême droite ? Ou vous n’en pouvez plus d’entendre l’excuse “c’est un cas isolé” ? Eh bien, montrez-le site nopasaran.ch à votre interlocuteurice, iel sera peut-être surpris·e de voir les centaines de dérapages racistes, homophobes, les dizaines de condamnations et même parfois la violence physique dont font preuve les membres de l’UDC. Et ce ne sont pas que des commentaires sur Facebook ou des petites piques ici et là !
    Quelques exemples pour illustrer le degré de fascisation présent en Suisse

    Il y a d’abord cet amour inconsidéré pour le salut hitlérien, comme chez Benjamin Kalbermatter, Thierry Cerutti, Benjamin Fischer ou encore Liliane Jessica Tami.

    Il y a aussi les très nombreux discours homophobes et transphobes, comme avec Toni Bortoluzzi qui pense que les homosexuels ont un lobe du cerveau qui tourne à l’envers, ou avec Jérémy Gardiol pour qui être homo est une maladie, ou encore Marc Falquet qui dit que si on change de sexe, ça sera des malades à vie.

    L’UDC n’hésite pas non plus à faire les pires récupérations politiques, comme dernièrement avec le drame de Crans-Montana où l’on a entendu Christoph Mörgeli et Roger Köppel faire un lien entre l’incendie du Constellation et la libre circulation des personnes dans l’UE.

    Mais que serait l’extrême droite sans la déshumanisation des étranger·es ? Ces dernier·es sont régulièrement assimilé·es à des parasites, que ce soit sur le site de l’UDC, dans les médias ou même au Parlement. Et quand iels sont noir·es, Oskar Freysinger parle de macaques, Henry Rappaz trouve amusant de comparer Christiane Taubira à un singe et on va jusqu’à souhaiter la mort aux singes et aux porcs musulmans ! La xénophobie est tellement présente à l’extrême droite qu’iels demandent des bus séparés pour les demandeurs d’asile. Et pourquoi pas un retour du Ku Klux Klan ?

    https://www.infolibertaire.net/wp-content/uploads/2026/02/kkk.png

    Un autre marqueur du fascisme, c’est l’autoritarisme. Les réactions suite aux manifestations de soutien à la Palestine n’ont pas tardé, la droite demande des mesures sécuritaires complètement disproportionnées. C’est le cas de l’Alliance Sécurité Suisse et de Jacqueline de Quattro. Les Jeunes UDC estiment même que la police aurait pu tirer à balles réelles sur les manifestants. Andreas Glarner souhaite interdire le mouvement antifa. Et Jean-Luc Addor veut rétablir la peine de mort.

    La violence peut atteindre des niveaux intolérables. Lionel Dugerdil en a fait la démonstration plusieurs fois, comme ci-dessous à l’aide d’une fourche :

    Et que dire d’Alexander Müller qui voudrait vraiment mettre certaines personnes contre le mur et les fusiller ?
    Manifeste

    La rhétorique des partis d’extrême droite, dont l’UDC est la figure de proue en Suisse, n’est pas sans conséquence. Elle contribue directement à la montée du fascisme, légitime les agressions et empoisonne le débat public.

    Les membres de l’UDC confondent délibérément liberté d’opinion et liberté d’expression pour justifier l’inacceptable.

    Rappelons un principe fondamental : la liberté d’opinion, qui est et doit rester un pilier de notre démocratie, protège le droit de penser.

    Mais la liberté d’expression s’arrête là où commencent l’incitation à la haine, les insultes, les mensonges et la violence :

    - Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.
    - La négation du nettoyage ethnique des Palestiniens, ce n’est pas une opinion, c’est du déni.
    - Douter du réchauffement climatique n’est pas une opinion, c’est renier la science.
    - Dire que toutes les personnes bénéficiant d’aides financières étatiques sont des profiteurs ce n’est pas une opinion, c’est un mensonge.
    - La discrimination des personnes LGBT+ n’est pas une opinion, c’est un délit.
    - Considérer les femmes comme inférieures aux hommes cis ou justifier les inégalités n’est pas une opinion, c’est du sexisme.

    "C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des forces politiques, des organisations de la société civile, des médias et des citoyen·nes à former un cordon sanitaire autour de l’UDC et de tous les mouvements d’extrême droite."

    Cela signifie refuser toute alliance politique, ne plus considérer leurs propositions comme une base de discussion acceptable, refuser les campagnes d’affichage ouvertement racistes et dénoncer systématiquement leurs discours haineux. C’est le strict minimum pour protéger notre démocratie de la montée du fascisme.

    Chaque micro tendu sans contradiction, chaque plateau de télévision offert sans esprit critique, est une tribune offerte à la haine et une participation active à la propagation du fascisme. Nous appelons les journalistes et les médias à prendre leurs responsabilités.

    Informer sur l’extrême droite ne doit plus jamais signifier lui offrir une plateforme de propagande.
    Contribuez !

    Pour que la base de données soit la plus exhaustive possible, nous avons besoin d’yeux et d’oreilles dans toute la Suisse. Alors n’hésite pas à signaler tout commentaire haineux, tout discours raciste, tout dérapage homophobe ! Nous avons vraiment besoin de toi pour alimenter nopasaran.ch, alors merci de faire connaître le site autour de toi.
    Open source

    Le code source du site web est librement accessible sur GitHub.

    La base de données des incidents (textes, descriptions, compilations) est protégée par la licence Creative Commons BY–NC–SA 4.0. Vous êtes libres de partager et d’adapter ces données à condition de ne pas en faire d’usage commercial et de partager vos travaux dérivés sous la même licence. Merci de citer l’auteur (Rebel Suisse) et d’ajouter un lien vers le site nopasaran.ch.
    Remerciements

    L’extrême droite dérape de manière quasi-quotidienne.

    La compilation de toutes ces données représente un travail conséquent (plusieurs centaines d’heures !). Celui-ci n’est rendu possible que grâce à l’engagement de plusieurs militantes et militants qui consacrent généreusement une partie de leur temps.

    Merci à toutes les personnes ayant contribué.

    https://www.infolibertaire.net/nopasaran-ch-le-registre-suisse-des-derapages-de-lextreme-droite-ins
    #Suisse #liste #base_de_données #racisme #homophobie #registre #condamnation #fascisation #Benjamin_Kalbermatter #Thierry_Cerutti #Benjamin_Fischer #Liliane_Jessica_Tami #salut_hitlérien #Toni_Bortoluzzi #Jérémy_Gardiol #Christoph_Mörgeli #Roger_Köppel #Oskar_Freysinger #déshumanisation #Henry_Rappaz #xénophobie #autoritarisme #fascisme #Alliance_Sécurité_Suisse #Jacqueline_de_Quattro #Andreas_Glarner #Jean-Luc_Addor #violence #Lionel_Dugerdil #Alexander_Müller

  • Couper, contrôler, faire taire : les associations malmenées dans les villes d’extrême droite - Le Poing
    https://lepoing.net/couper-controler-faire-taire-les-associations-malmenees-dans-les-villes-dex

    L’une des prérogatives stratégiques des mairies est de verser des subventions aux associations locales. Comment l’#extrême-droite utilise-t-elle ce pouvoir quand elle arrive aux manettes ? Nous avons analysé les données financières de 10 #municipalités du sud-est pour cerner les stratégies à l’œuvre derrière les villes vitrines de la normalisation du Rassemblement national.

  • La guerre de l’#eau, un conflit explosif dans les #Pyrénées-Orientales

    Face à la #sécheresse dans les Pyrénées-Orientales, les pouvoirs publics misent sur l’#irrigation. Au risque de provoquer une #guerre_de_l’eau. #Omerta, #pressions politiques, maraîchers inquiets... Le sujet est explosif.

    « Vous voulez nous piquer notre eau ! » Ce mercredi de novembre, l’élégante salle des fêtes de #Latour-de-France bruisse d’indignation. Jardiniers ou paysans, ils sont venus en nombre exprimer leurs craintes. En face, représentants de la #FNSEA, le syndicat agricole majoritaire et productiviste, et services de l’État peinent à cacher leur impatience. « C’est une des premières guerres de l’eau du département », commente un des participants.

    Au cœur de la discorde hydraulique : un #tuyau de 10 km qui permettrait d’amener davantage d’or bleu aux #vignes et #abricotiers de la plaine de #Rivesaltes. « Un projet qui va bénéficier à toute la vallée », selon Jean Bertrand, salarié de la chambre d’agriculture catalane, dirigée par la FNSEA. Mais pour les habitants de l’amont, chez qui la précieuse ressource va être puisée, l’inquiétude est palpable : « Avec le peu d’eau que vous allez nous laisser, c’est la mort pour nous. »

    Tous les ingrédients sont réunis pour rendre le sujet explosif. Une ressource en chute libre et une demande en eau qui explose, des agriculteurs exsangues et des petits jardiniers inquiets... Le tout saupoudré d’omerta et enrobé de #pressions_politiques.

    La #rivière disparaît sous terre

    Pour bien comprendre le problème, il faut remonter deux ans en arrière. Les Pyrénées-Orientales traversaient alors une sécheresse historique. Entre avril 2023 et mars 2024, le déficit de pluie a atteint jusqu’à 70 % dans l’est du département. Avec des conséquences catastrophiques pour l’#agriculture : des abricotiers morts sur pied, des vignes desséchées… En pleine mobilisation agricole, l’État a redouté une crise potentiellement explosive. Il fallait répondre, vite et fort.

    Le 22 mai 2024, le ministre de la Transition écologique de l’époque, #Christophe_Béchu, lançait en grande pompe un #plan_de_résilience pour l’eau, assorti d’un chèque de 10 millions d’euros. Dans la foulée, il annonçait soutenir « sept projets concrets faisant consensus » dans le département, dont plusieurs portés par la chambre d’agriculture. Parmi eux, la « priorité des priorités », selon la directrice du plan eau, #Christine_Portero-Espert : « La sécurisation de l’alimentation des #réseaux_d’irrigation de l’#Agly aval. » Notre fameux tuyau.

    S’il y a urgence, c’est que la #vallée_de_l’Agly est la zone la plus affectée par la sécheresse. À Rivesaltes, les habitants n’ont pas vu couler le fleuve de décembre 2022 à octobre 2024. Une situation exceptionnelle, mais pas surprenante : en un demi-siècle, « le débit des fleuves côtiers méditerranéens a diminué de 30 à 40 %, dont au moins 20 % directement lié au changement climatique », explique l’hydrologue Wolfgang Ludwig, qui prévoit la quasi-disparition de ces #cours_d’eau d’ici la fin du siècle, dans les pires scénarios climatiques.

    Un séisme hydrologique au pays catalan. « Historiquement, il y a de l’eau dans les Pyrénées-Orientales, grâce à la fonte des neiges, rappelle le chercheur. Il y a donc ici une #culture_de_l’irrigation très développée, qui a été une chance, mais qui est aujourd’hui une grande vulnérabilité. » Car l’abondance hydrique a retardé l’adaptation au #changement_climatique — et poussé une partie des agriculteurs du Rivesaltais à miser sur l’#abricot, une culture très gourmande en eau.

    Dans la vallée de l’Agly, le #fleuve alimente tout un #réseau_d’irrigation, dont une partie héritée du Moyen-Âge. Autour de Latour-de-France et d’#Estagel, quelque 280 hectares — de petits potagers comme des exploitations viticoles — sont ainsi arrosés. À Rivesaltes, près de 400 hectares en bénéficient.

    Cerise sur le gâteau aride, le cours d’eau traverse — entre Latour-de-France et Rivesaltes — une zone rocheuse comparable à un gruyère : le #karst des #Corbières. En clair, une grande partie de la rivière disparaît sous terre. En période de sécheresse, le karst pourrait absorber jusqu’à 3 000 litres par seconde, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Résultat, en aval, les canaux d’irrigation alimentés par l’Agly sont régulièrement vides.

    Jusqu’ici, la parade consistait à lâcher d’importantes quantités d’eau depuis le #barrage_de_Caramany, à 30 km en amont, pour « passer le karst ». Sauf que la réserve se vidait à vue d’œil. D’où l’idée — apparemment simple — des élus de la chambre d’agriculture : court-circuiter la zone poreuse grâce à un tuyau. « On aura besoin de lâcher moins d’eau en période sèche pour assurer les besoins agricoles », se réjouit Jean Bertrand.

    Selon les calculs du cabinet BRL Ingénierie — mandaté pour étudier le projet —, entre 1 et 4 millions de m3 seraient ainsi « économisés » les années sèches, sauvegardés dans le barrage. Et le tour est joué ! Pas si simple, mettent en garde plusieurs experts — qui souhaitent tous rester anonymes, signe que le sujet est tendu. Car le karst alimente les nappes du #Roussillon — précieuses réserves d’eau douce pour le littoral catalan, menacées par l’intrusion saline —, mais également l’étang de #Salses-Leucate. Pour « sécuriser » son #accès_à_l’eau, la métropole de #Perpignan projette aussi de multiplier par quatre ses prélèvements dans cette zone calcaire décidément très convoitée.

    « Qui pourra se payer l’eau ? »

    Interrogés par Reporterre quant aux incidences de ce projet sur l’alimentation en #eau_douce du territoire, les acteurs locaux bottent en touche. La métropole ne nous a pas répondu. Le syndicat de l’étang de Leucate indique qu’« à ce stade, la commission locale de l’eau [qui réunit élus et usagers] n’a pas été consultée sur ce dossier ». Pour le syndicat du bassin de l’Agly, « de nombreux points techniques et opérationnels doivent encore être étudiés et précisés » avant qu’il puisse « s’exprimer publiquement ». Rien d’officiel donc, mais en coulisses, plusieurs acteurs publics de l’eau nous ont fait part de leur « vive inquiétude ».

    « Il s’agit d’un système complexe et fragile, qui n’a pas du tout été pris en compte dans sa globalité », nous indique un connaisseur du dossier. Les interactions du karst avec les #nappes et des cours d’eau catalans sont encore mal connues. « On joue aux apprentis sorciers. »

    Côté préfecture et chambre d’agriculture, on se veut rassurant : si le besoin s’en fait sentir, on lâchera davantage d’eau du #barrage pour renflouer les réseaux souterrains. Circulez, il n’y a rien à voir.

    Mais le problème ne s’arrête pas là. Car construire un #adducteur — et toutes les infrastructures autour — coûte cher, très cher. Entre 12 et 18 millions d’euros selon BRL Ingénierie. Sans oublier quelque 200 000 euros annuels pour faire fonctionner l’ouvrage. Un #prix potentiellement insoutenable pour les quelque 1 400 propriétaires reliés aux différents canaux et organisés en Association syndicale autorisée (ASA).

    D’où la volonté des porteurs du projet d’étendre le réseau d’irrigation. 250 hectares supplémentaires — de la vigne principalement, selon la chambre d’agriculture — pourraient ainsi être reliés et abreuvés. Ainsi qu’une centaine d’hectares, notamment des abricotiers, aujourd’hui arrosés grâce à des forages. « Pour atteindre la soutenabilité économique, il est en effet nécessaire d’ouvrir le réseau à de nouveaux enjeux et à un plus grand nombre d’agriculteurs pour augmenter le nombre de cotisants », indique Jean Bertrand.

    Mais même dans ce scénario, il est probable que le prix de l’eau s’envole de plusieurs centaines d’euros : qui pourra encore se la payer ? « Le risque, c’est que seuls les plus grands arboriculteurs ou viticulteurs puissent avoir accès à l’irrigation », craint Jacques de Chancel, vigneron et membre de la Confédération paysanne.

    Et c’est là que le bât blesse. « Tant qu’il s’agissait de soutenir les réseaux existants, pourquoi pas, mais là, on a l’impression d’un projet qui va profiter surtout à l’agriculture industrielle », soulève-t-il. D’autant que pour pouvoir satisfaire tous les besoins, les porteurs du projet envisagent également de réduire le robinet des petits agriculteurs et des jardiniers en amont du tuyau.

    C’est le cas de Luc, maraîcher installé depuis cinq ans à Estagel. Il cultive aujourd’hui 3 hectares de légumes, vendus ensuite localement, via une Amap. Pour arroser ses parcelles, il utilise notamment l’eau du canal voisin — qui pourrait donc diminuer voire disparaître en période sèche. « Avec ce projet, je risque de fermer boutique », alerte-t-il.

    Côté chambre d’agriculture et services de l’État, on fait valoir un projet « global », qui consiste également à moderniser les réseaux, colmater les fuites, automatiser la distribution d’eau… Autant d’économies qui « bénéficieront à tout le monde », assure Christine Portero-Espert. Pour elle, 250 hectares irrigués en plus — comparés aux 1 100 ha déjà reliés aux canaux — ce n’est pas « déraisonnable », surtout si ça permet de « sécuriser des filières », et donc de préserver des emplois.

    Omerta

    Face au flou, les relations se tendent entre habitants de l’amont et de l’aval. Rares sont les personnes qui acceptent de prendre publiquement position pour ou contre le projet. Nous avons pu contacter un des viticulteurs qui pourrait être raccordé au tuyau — aujourd’hui, il n’irrigue pas. « On touche aux limites de ce qu’on peut faire sans arroser, raconte-t-il de manière anonyme. Alors je me dis qu’avec un peu d’eau, on pourrait retrouver un équilibre économique. » S’il accueille le projet avec un œil plutôt bienveillant — « il a le mérite d’exister » —, il met aussi en garde : « Au-delà de 500 euros par hectare et par an, le prix de l’irrigation sera trop cher. »

    Interrogée sur le prix final pour les usagers, la chambre d’agriculture élude — les calculs sont toujours en cours. Mais une chose paraît certaine : « Ce sera de l’eau chère, reconnaît Jean Bertrand. La part du #coût de l’eau dans les budgets des exploitations augmente et va augmenter, il ne faut pas ignorer cette réalité. » Façon d’admettre que certains seront laissés sur le bas-côté de l’adducteur ? « C’est le risque des #solutions_techniques, souvent coûteuses, souligne Wolfgang Ludwig. Elles peuvent favoriser une #agriculture_intensive, très spécialisée, seule capable de produire les ressources financières pour payer cette eau. »

    Les questions s’accumulent, mais le projet progresse, coûte que coûte. Une des chevilles ouvrières du projet nous a fait part de « grosses pressions pour que le dossier avance vite ». « Il faut bien que les services de l’État et la chambre parviennent à sortir quelque chose pour montrer qu’ils agissent », remarque Joseph Genebrier, de la #Frene_66, une association environnementale. Quitte à prendre des décisions avant que toutes les études ne soient réalisées. Quitte à établir un « rapport de force » avec les plus réfractaires, selon les participants de la réunion publique.

    Des arguments qui ne convainquent pas les opposants, dont certains pointent une « #mal_adaptation ». Comme l’expliquait l’économiste Marielle Montginoul à propos d’un autre mégaprojet de tuyau occitan, « on assiste à une sécurisation de l’accès à la ressource plus qu’à une réflexion sur un nouveau modèle plus économe en eau ». Une « #course_en_avant, sans se poser les bonnes questions, comme le choix du type de cultures qu’on irrigue ». On se retrouve ainsi à arroser des vignes, en pleine crise de surproduction du #vin. Ou à faire perdurer la culture d’abricots, très exigeante en eau.

    « Si les #solutions_techniques permettent de se protéger contre les aléas, un peu comme le camion de pompiers qu’on ne sort qu’en cas d’urgence, pourquoi pas, indique Wolfgang Ludwig. Mais si on les utilise pour développer des #pratiques_agricoles, alors on augmente notre #dépendance et notre #vulnérabilité. » Le risque, pour le chercheur, est de louper le coche essentiel de l’adaptation : « Tant qu’on se repose sur des #outils_techniques, on ne s’adapte pas à la ressource qui baisse. »

    Penser la #transition_agricole vers des cultures de climat semi-aride, diversifier les fermes pour les rendre plus résilientes, encourager le travail des sols… Autant de pistes « explorées aussi par la chambre d’agriculture », assure Jean Bertrand. Mais qui ne font pas partie des sept projets « prioritaires » du plan de résilience pour l’eau.

    https://reporterre.net/La-guerre-de-l-eau-un-conflit-explosif-dans-les-Pyrenees-Orientales

  • De la Californie à la Chine, les 10 plus grosses catastrophes climatiques ont couté plus de 120 milliards de dollars en #2025

    #Incendies, #inondations, #tempêtes… En 2025, les catastrophes climatiques ont infligé au monde une facture d’au moins 120 milliards de dollars (103 millions d’euros), selon l’ONG Christian Aid. Un chiffre sous-estimé, calculé à partir des seules pertes assurées, qui souligne l’ampleur croissante des #dégâts liés au réchauffement climatique.

    Ce chiffre rappelle que la lutte contre le réchauffement climatique est aussi un impératif économique. En 2025, les dix plus grosses catastrophes liées au climat ont engendré environ 122 milliards de dollars (103 millions d’euros) de pertes à l’échelle mondiale, selon un rapport de l’ONG britannique Christian Aid, publié ce samedi. Un montant colossal, bien que moins élevé que celui de 2024, qui s’élevait à 200 milliards de dollars (169 milliards d’euros).

    Vagues de chaleur, incendies de forêt, sécheresses, tempêtes… Ces catastrophes et leur ampleur ont témoigné, cette année encore, de « la réalité actuelle de l’effondrement climatique », a réagi le climatologue Davide Faranda, alors même que le seuil de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle est sur le point d’être franchi.

    Ce chiffre de 122 milliards a été calculé à la baisse : pour parvenir à ces estimations – encore partielles, certains dégâts n’ayant pas pu être pleinement chiffrés – l’ONG s’est appuyée sur les seules pertes assurées. « Cela signifie que les coûts financiers réels sont probablement bien plus élevés », souligne le rapport.

    Des incendies particulièrement ravageurs aux Etats-Unis

    En tête des catastrophes les plus couteuses figurent les incendies de janvier en Californie, qui ont à eux seuls représenté plus de 60 milliards de dollars (50 milliards d’euros) de pertes. En seconde place arrivent les typhons et les inondations qui ont frappé l’Asie du Sud-Est en novembre, causant 25 milliards de dollars de dégâts et la mort de plus de 1 750 personnes en Thaïlande, en Indonésie, au Sri Lanka, au Viêt Nam et en Malaisie.

    Viennent ensuite les inondations dévastatrices en Chine, qui ont contraint des milliers de personnes à se déplacer, causé 11,7 milliards de dollars (10 milliards d’euros) de dégâts et fait au moins 30 morts au mois de juillet. Puis l’Ouragan Melissa, qui a touché les Caraïbes fin octobre, provoquant des pertes d’une valeur estimée à 8 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en Jamaïque, à Cuba, et dans les Bahamas.

    Cette année, « aucune région du monde n’a été épargnée par les catastrophes climatiques paralysantes », conclut le rapport, qui pointe également les désastres causés par l’épisode de sécheresse sévère qui a touché le Brésil au premier semestre, les incendies de cet été en Espagne et au Portugal, ou encore les cyclones de février en Australie et sur l’île de La Réunion.
    Les pays pauvres particulièrement touchés

    Si le top 10 s’est concentré essentiellement sur les coûts financiers – qui sont généralement plus élevés dans les pays riches en raison de la valeur plus élevée des biens et de l’accès à l’assurance –, certains des événements météorologiques extrêmes les plus dévastateurs de 2025 ont frappé des pays plus pauvres, insiste Christian Aid. Des pays qui « ont peu contribué à la crise climatique et disposent de moins de ressources pour y faire face », souligne l’ONG.

    Il pointe notamment les inondations au Nigeria en mai et en République démocratique du Congo en avril, qui ont touché des milliers de personnes et causé potentiellement jusqu’à 700 morts au Nigeria seulement. Ainsi que la sécheresse sévère en Iran et en Asie occidentale, qui a menacé, fin novembre, les 10 millions d’habitant·es de Téhéran d’une possible évacuation en raison d’une crise de l’eau.

    Dans ce contexte, Christian Aid appelle à une « action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mondiales » et renforcer le soutien aux communautés vulnérables. « Les impacts de ces catastrophes peuvent être atténués si des mesures appropriées sont prises », martèle l’association.

    La professeure émérite Joanna Haigh, de l’Imperial College London, abonde : « Ces catastrophes ne sont pas “naturelles”. Elles sont le résultat prévisible de l’expansion continue des combustibles fossiles et des retards politiques ». Et de conclure : « À moins que les gouvernements n’agissent dès maintenant pour réduire les émissions et financer des mesures d’adaptation, cette souffrance ne fera que se poursuivre. »

    https://vert.eco/articles/de-la-californie-a-la-chine-les-10-plus-grosses-catastrophes-climatiques-ont-c
    #coût #changement_climatique #climat #catastrophes #catastrophes_climatiques #chiffres #statistiques

  • Pour la libération du journaliste #christophe_gleizes détenu en #algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions
    https://splann.org/liberation-christophe-gleizes

    « Splann ! » s’associe aux sociétés de journalistes, aux organisations d’éditeurs, aux syndicats de journalistes et à Reporters sans frontières pour réclamer la libération de Christophe Gleizes. Spécialiste du football africain, notre confrère a été condamné fin juin à sept ans de prison ferme en Algérie, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». L’article Pour la libération du journaliste Christophe Gleizes détenu en Algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en (...)

    #La_vie_de_« Splann !_ » #journalisme #liberté_de_la_presse #tribune

  • Le #Tribunal_de_Nuremberg est-il encore une référence pour l’Ukraine, Gaza ou la RDC ?

    En 1945, à Nuremberg, de hauts responsables nazis étaient jugés pour crime de guerre et crime contre l’humanité… 80 ans après ce procès historique, comment s’inspirer de ce tribunal fondateur de la justice internationale pour en finir avec l’impunité dans les conflits armés en #Ukraine, à #Gaza ou encore en #RDC ?
    Le 20 novembre 1945 s’ouvrait à Nuremberg, en Allemagne, le plus grand procès de l’histoire. D’un commun accord, la France, les États-Unis, l’Union soviétique et le Royaume-Uni affirmaient leur volonté de juger vingt-deux dignitaires nazis, chefs militaires ou hauts fonctionnaires, tous accusés de crimes de guerre ou de #crimes_contre_l'humanité.

    Mais pourquoi invoquer Nuremberg lorsque l’on réclame la fin de l’impunité ? Le président ukrainien Volodymyr Zelensky l’a fait pour son pays l’Ukraine en interpellant le peuple russe dès le 4 avril 2022, suite à l’invasion russe du 24 Février :

    « Le moment viendra où chaque Russe apprendra toute la vérité sur ceux de ses concitoyens qui ont tué. Qui a donné des ordres. Qui a fermé les yeux sur ces meurtres. Nous allons établir tout cela. Et le faire connaitre dans le monde entier. Nous sommes maintenant en 2022. Et nous avons beaucoup plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale. »

    Et le docteur #Mukwege, prix Nobel de la paix a explicitement fait référence à Nuremberg, en octobre 2024, lors d’un passage à l’Université de Strasbourg en France :

    « Les Congolaises et les Congolais ont aussi droit à leur Nuremberg. Telle est la raison pour laquelle nous plaidons aux côtés des victimes et des survivant.es pour l’établissement d’un Tribunal international pénal pour le Congo et/ou des chambres spécialisées mixtes. »

    Un Nuremberg pour l’Ukraine, Gaza ou la RDC est-il possible ?

    Une enquête signée Clémentine Méténier avec #William_Schabbas, professeur de droit pénal international et des droits de l’homme à Londres, Université de Middlesex, Leyden et Sciences Po ; Christian Delage, historien et cinéaste, réalisateur du film historique « Nuremberg, les nazis face à leur crime » ; Thierry Cruvellier, rédacteur en chef du site Justice Info ; Rafaëlle, professeure de droit international à l’Université Paris Saclay et travaille sur la justice pénale internationale, précisément sur la notion de génocide. Reagan Miviri, avocat au Barreau de Goma dans le Nord-Kivu, il travaille au sein de Ebuteli l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.

    Le 20 novembre 2025 marque le 80è anniversaire de l’ouverture, à Nuremberg, du procès des grands criminels #nazis, où, pour la première fois, des responsables politiques et militaires de haut niveau – accusés des crimes de conspiracy (complot), crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité – étaient traduits devant une cour internationale, composée des principales forces alliées victorieuses de l’Allemagne nazie. Pour le procureur général Robert H. Jackson, il s’agissait de construire un « procès documentaire », où, en raison des crimes considérables commis par les nazis, notamment leur politique d’extermination des Juifs d’Europe, il était nécessaire de faire reposer l’accusation sur des preuves irréfutables, pour éviter qu’à l’avenir leur réalité fasse l’objet d’une négation. Contre toute attente, les images allaient jouer un rôle majeur pour confronter les nazis à leurs propres crimes.

    La journée de colloque s’interrogera sur l’héritage des « principes de Nuremberg » depuis les années 1990, grâce au développement d’une justice internationale fondée sur des tribunaux ad hoc (du Rwanda à la Centrafrique) et des cours permanentes (Cour pénale internationale, Cour internationale de justice), appelées à statuer en particulier sur le risque potentiel ou la commission de génocides. Or, la collecte de preuves qui s’inspire de la jurisprudence de Nuremberg est forte des nouveaux outils mis en place par les autorités judiciaires, en collaboration avec des ONG et des applications en open source qui en garantissent la fiabilité. Pour la première fois dans l’histoire, en Europe comme au Proche-Orient, la fabrique du dossier probatoire se déroule en co‑construction avec la société civile, en flux tendu et en temps réel.

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-marche-du-monde/20251122-le-tribunal-de-nuremberg-est-il-encore-une-r%C3%A9f%C3%A9rence-pour-l-u
    #nazisme

    #justice #guerres #seconde_guerre_mondiale #WWII #justice_internationale #procès #crime_d'agression #crime_contre_la_paix #images #images_comme_preuve #preuves #protocole_de_preuves #justice_pénale_internationale #impunité #vérité #esprit_de_justice #Eyal_Weizman #architecture_forensique
    #podcast #audio

    • #Dan_Kiley

      Daniel Urban Kiley (2 septembre 1912 – 21 février 2004) est un important paysagiste américain du style moderne.

      C’est lui qui a conçu l’aménagement des salles du palais de justice de Nuremberg, pour le Procès de l’après-guerre.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dan_Kiley
      #architecture #tribunal

    • Le procès de Nuremberg, les nazis face à leurs crimes. Un #film de #Christian_Delage
      https://www.youtube.com/watch?v=uK7JvNFCJTI

      Nuremberg, 20 novembre 1945. Dans une ville encore en ruine, s’ouvre le procès des criminels nazis. États-Unis, France, Grande-Bretagne et Union soviétique sont réunis pour rendre une justice exemplaire aux motifs de crimes contre la paix et, pour la première fois dans l’histoire, de « crimes contre l’humanité ».

      Nuremberg, 20 novembre 1945. Dans une ville encore en ruine, six mois à peine après la capitulation allemande, s’ouvre le procès des criminels nazis. États-Unis, France, Grande-Bretagne et Union soviétique sont réunis pour rendre une justice exemplaire aux motifs de crimes contre la paix et, pour la première fois dans l’histoire, de « crimes contre l’humanité ».

      Sur le banc des accusés, 21 des plus hauts dignitaires nazis, parmi lesquels Hermann Göring, Rudolph Hess, Joachim von Ribbentrop et Wilhelm Keitel. Tous plaident non coupable. Pourtant, les « atrocités » commises sont immenses. Pour preuve, les films tournés à la libération des camps et qui, fait inédit, seront projetées au tribunal. Présentation des preuves à charge, confrontations, témoignages des bourreaux et des victimes se succèdent.

      Après dix mois d’audiences, le verdict est rendu : 12 condamnation à mort dont une par contumace, 7 peines d’emprisonnement et 3 acquittements. Ainsi s’achève le procès qui a ouvert la voie à la création d’une justice internationale.

      Le documentaire de Christian Delage évoque autant le procès lui-même que ses enjeux, la manière dont il est perçu par l’opinion ou encore la recherche des archives filmées de la guerre. Des témoignages d’acteurs de l’époque viennent enrichir le montage d’archives restaurées qui offre un point de vue inédit sur ce procès fondateur pour le droit international.

      https://www.fondationshoah.org/memoire/le-proces-de-nuremberg-les-nazis-face-leurs-crimes-un-film-de-christ

    • Nuremberg : « Les juges ne sont plus au centre, car c’est l’écran qui s’y trouve »

      Il y a 80 ans, le 20 novembre 1945, s’ouvrait le procès de Nuremberg. L’historien et réalisateur français Christian Delage revient sur un héritage spécifique de ce premier grand tribunal international : la double innovation du filmage du procès et de l’image comme preuve au procès. Et comment les Ukrainiens déclarent s’inspirer de sa jurisprudence en la matière.

      JUSTICE INFO : Qu’est-ce qui a poussé l’historien et cinéaste que vous êtes à vous intéresser à l’usage de l’image au tribunal de Nuremberg ?

      CHRISTIAN DELAGE : Je savais que des images avaient été montrées au procès des dignitaires nazis, mais je ne m’étais pas engagé dans une recherche documentée sur ce sujet. J’ai commencé à le faire au début des années 2000, en me rendant aux archives nationales à Washington DC. J’en ai tiré un premier article, « L’image comme preuve : l’expérience du procès de Nuremberg », ce qui m’a aidé à obtenir une bourse de recherche Fulbright pour pouvoir séjourner longuement aux États-Unis. J’ai alors enquêté sur la manière dont les Alliés, pendant l’été 1945, ont rassemblé un ensemble de documents, majoritairement scripturaires, pour fonder l’accusation contre les dignitaires nazis, sur des qualifications pénales de crime contre la paix/crime d’agression, crime de guerre, crime contre l’humanité et plan concerté pour commettre ces crimes. La masse des archives rassemblées en Europe par l’équipe du procureur général, Robert H. Jackson, est d’autant plus impressionnante quand on mesure le temps dont les envoyés spéciaux ont disposé pour nourrir les chefs d’accusation en pièces à conviction. C’est dans un tel contexte documentaire que Jackson prend deux initiatives inattendues : présenter des images comme preuve à l’audience, et filmer les sessions du procès pour le constituer en archive historique.

      Est-ce la première fois que l’image entre dans le prétoire et en quoi cela a-t-il affecté la procédure judiciaire ?

      Aux États-Unis, il y avait déjà eu des procès au civil qui avaient recouru à la photographie puis à l’image animée comme preuve. Les Alliés considéraient également que l’image pouvait jouer un rôle dans la confrontation des Allemands aux crimes commis par les nazis, pour ceux et celles qui n’étaient pas dans le voisinage des camps de concentration. Seront ainsi montrées pendant le procès des images d’actualités provenant des nazis eux-mêmes, sous la forme d’un montage de plusieurs heures réalisé par l’équipe de John Ford et intitulé The Nazi Plan, ainsi que quelques images-trophées des persécutions contre les juifs, ainsi que les documentaires américain et soviétique sur la libération des camps.

      Afin de projeter ces images dans le prétoire, il a fallu modifier, lors du réaménagement du tribunal de Nuremberg par l’architecte américain Dan Kiley, la scénographie coutumière d’un procès. Les juges ne sont plus au centre, car c’est l’écran qui s’y trouve, lui donnant ainsi symboliquement un rôle de tiers. Il s’agissait de confronter les nazis à leurs propres crimes et de surprendre leurs réactions pendant la projection, par l’Accusation américaine, du film Les Camps de concentration nazis, le 29 novembre 1945, en disposant une rampe de néons au-dessus de leurs bancs pour voir leurs visages.

      Qui est en charge de filmer le procès ?

      Dans l’un de mes films, De Hollywood à Nuremberg. John Ford, Samuel Fuller, George Stevens, je fais lire la lettre qu’envoie Ray Kellogg à Ford, dont il était le bras droit. Il lui raconte que « c’est la bonne vieille armée » (le Signal Corps, en charge des transmissions) qui s’occupe – et mal – des préparatifs du filmage. Mais c’est bien la Field Photographic Branch, l’équipe spéciale pilotée par Ford pour filmer la guerre depuis 1942, qui a été chargée en juin 1945 de réaliser un court-métrage présentant l’enjeu du procès (That Justice Be Done, Que justice soit faite), le montage du documentaire sur les camps et la préparation du filmage des audiences. Kellogg a participé à la construction de la cabine de projection. Les opérateurs avaient pour consigne de rendre les emplacements de caméras discrets pour ne pas perturber la sérénité des débats, une contrainte que l’on retrouvera plus tard pour le procès Eichmann [en Israël, en 1961] et les procès de Klaus Barbie et Paul Touvier [en France, en 1987 et 1994]. Il faut préciser que les Soviétiques ont également participé au filmage, en présence de Roman Karmen.

      Vous dites que le tournage du procès a commencé dès le début mais il semble qu’il a été très peu filmé, puisque l’on ne dispose aujourd’hui que d’une trentaine d’heures d’enregistrement. Pourquoi si peu ?

      Comme ce ne sont pas les professionnels formés par Ford qui ont été chargés du filmage, les cameramen étaient peu expérimentés. D’une part, les caméras 35 mm utilisées étaient chargées avec des bobines qui n’excédaient pas 13 minutes. D’autre part, il n’est pas facile de rendre par l’image la dynamique de la confrontation des parties aux procès. Ce ne sont donc que certains moments qui ont été tournés. Malheureusement, parfois, une phrase est coupée au milieu. Lorsque, avec ma collègue Caroline Moine, nous avons préparé mon film « Nuremberg, les nazis face à leur crime », nous avons bénéficié du transfert numérique que venait de faire le Musée de l’Holocauste, à Washington. Mais il a fallu mettre bout à bout et dans l’ordre chronologique l’ensemble des rushes, en les légendant. Ce travail a pris deux mois mais nous avons ainsi créé une archive d’ensemble du procès que nous avons déposée au Mémorial de la Shoah, à Paris, et au Musée de l’Holocauste, à Washington.

      Est-ce que l’héritage de ce travail a marqué les expériences suivantes, pour le procès Eichmann tout d’abord, puis pour les tribunaux internationaux contemporains dans les années 90 ?

      De tous les procès qui ont été filmés depuis Nuremberg, le procès Eichmann est celui qui l’a été le mieux. La captation était d’ailleurs retransmise dans une salle de 500 places, proche du tribunal, et des extraits étaient cédés chaque semaine pour être exploités par les télévisions du monde entier. L’avocat d’Eichmann, Robert Servatius, a tenté de s’opposer au filmage, sans succès, en avançant deux arguments : « Le fait de savoir que les délibérations sont enregistrées pour la télévision et le cinéma peut conduire les témoins à ne pas fournir leurs preuves de manière sincère, d’une part parce qu’ils peuvent ressentir la crainte que leur déposition télévisée est regardée en dehors de la salle d’audience, et d’autre part à cause d’un désir de composer devant un public mondial » ; « Les enregistrements télévisés sont susceptibles de conduire à une présentation déformée des audiences, par exemple en omettant les arguments de la défense ». Les juges y ont opposé une fin de non-recevoir, argumentant à leur tour sur la pertinence du dispositif et son absence d’effet négatif sur les témoins ou sur l’audience.

      Concernant les tribunaux internationaux mis en place pour juger les crimes commis en ex-Yougoslavie et au Rwanda [TPIY, à partir de 1993 et TPIR à partir de 1994], ils ont été filmés mais avec cette nouveauté qu’il n’y a plus de réalisateur, seulement un régisseur employé par le service audiovisuel du tribunal qui pilote des caméras automatisées.

      Quant aux images présentées comme preuves, le TPIR n’en a disposé que de très peu, le génocide s’étant déroulé loin des caméras. En revanche, pour l’ex-Yougoslavie, il y beaucoup d’images, en particulier celles tournées par un groupe paramilitaire serbe, actuellement analysées par Ninon Maillard, qui pilote un groupe de recherche, ProFil, « La Fabrique du procès filmé », et enquête depuis plusieurs années sur cette vidéo dite des « Scorpions », une vidéo-trophée qui a fait l’objet d’intenses débats à l’audience.

      En France, le seul procès bien filmé a été celui de Paul Touvier, ancien milicien de Vichy, accusé de complicité de crimes contre l’humanité pour l’exécution de sept juifs en représailles à l’assassinat d’un propagandiste. Ce procès a contribué à la réflexion sur la responsabilité de l’État français sous l’Occupation. C’est le dernier qui est filmé en présence d’opérateurs dans la salle, sous contrôle d’un réalisateur expérimenté et conscient des enjeux mémoriaux et historiques, Guy Saguez. À partir du procès Papon [en 1997] les caméras sont déjà installées dans les prétoires et pilotées par un joystick dans un studio. Le plus souvent, les captations filmées servent pour la retransmission externe des audiences, quand la salle du tribunal n’est pas assez grande pour accueillir ceux et celles qui veulent venir y assister.

      Plus récemment, concernant les grands procès contemporains comme ceux des attentats de janvier et novembre 2015 [attentats terroristes en France], c’est un peu différent. Les parties civiles ont pu écouter à distance les débats, dont la captation filmée était retransmise dans des salles réservées à la presse et aux chercheurs. L’enjeu sociétal était très important, comme Martine Sin Blima-Barru et moi-même l’avons souligné dans l’exposition Filmer les procès.

      Cette exigence de filmer n’est cependant jamais première pour les magistrats. Ce n’est pas leur culture ni leur préoccupation, car ils ont d’abord à juger des accusés, mais c’est aussi une question de génération. Les jeunes magistrats et avocats sont mieux préparés et plus informés des attendus du filmage des audiences, et de l’importance de l’image-preuve.

      Les procès qui ont été filmés constituent une archive de grande ampleur, dont l’accès paraît cependant très limité.

      Pour l’instant, en France, ce sont des chercheurs et bientôt des réalisateurs – sous réserve d’en avoir l’autorisation – qui peuvent consulter ces images, parce que le grand public ne peut pas y accéder avant 50 ans, mais cette contrainte est la même pour toutes les archives. Cependant, il y a bien une contradiction entre l’enjeu que j’ai souligné, celui de garder une trace intégrale d’un procès à caractère historique, et la norme de conservation et de communication des archives nationales. La publicité des débats se heurte ici au respect de l’intimité des personnes.
      Le 4 avril 2022, cinq semaines après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le président Zelensky fait allusion à un « Nuremberg pour l’Ukraine » et déclare : « Le moment viendra où chaque Russe apprendra toute la vérité sur ceux de ses concitoyens qui ont tué. Et le faire connaître dans le monde entier. Nous sommes maintenant en 2022. Et nous avons beaucoup plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale. » De quels nouveaux outils parle-t-il ?

      Il parle essentiellement d’outils visuels. Comment les Ukrainiens ont-ils pu se convaincre matériellement, concrètement, de l’invasion dont ils allaient être victimes ? Par les premières images américaines du satellite Maxar, qui montraient cet incroyable convoi qui avançait extrêmement lentement, depuis la Biélorussie, et dont on a compris qu’il avançait vers Kyiv. Les images satellites, ce sont aussi celles qu’Elon Musk a permis aux Ukrainiens d’utiliser.

      Ensuite, il y a les drones. Je crois que tout le monde aujourd’hui a compris qu’ils avaient plusieurs fonctions. Une fonction de surveillance : dans une tranchée, les Ukrainiens utilisent des drones pour anticiper les mouvements et les opérations de l’ennemi en surface. Une fonction criminelle, puisque ce sont des armes utilisées au quotidien et visant parfois précisément des personnes civiles. Une véritable course aux drones s’est mise en place dans cette guerre.

      Enfin, il y a bien sûr les téléphones portables, massivement utilisés par les citoyens. 20 millions d’Ukrainiens utilisent ainsi une application multifonctions, DIIA, sur laquelle ils peuvent faire des démarches administratives, mais aussi alerter une instance proche de l’État-major ukrainien de l’approche d’un soldat ennemi sur le territoire, d’un bombardement, d’un crime qui vient d’être commis, ou d’une nécessité d’envoyer immédiatement des secours sur place.

      Sur le plan judiciaire, le procureur général ukrainien a ouvert des enquêtes très rapidement, en parallèle de celles de la Cour pénale internationale, et avec le concours d’ONG, comme le Centre pour les libertés civiles, prix Nobel de la paix en 2022, ou de plateformes numériques d’enquête, comme Bellingcat, Eyewitness, Truepic. Ces structures ont déjà travaillé sur d’autres terrains de conflits, en Syrie, en Irak, en Tchétchénie. Bellingcat, en particulier, a une très forte expertise et sait réagir très vite : sa première enquête arrive tout de suite après la découverte des massacres de Boutcha [près de Kyiv], et c’est une enquête extrêmement solide.

      Dans votre livre Filmer, juger. De la Seconde Guerre mondiale à l’invasion de l’Ukraine, vous parlez justement d’un « protocole de preuves » qui a commencé dès le début de la guerre en Ukraine. Ces images pourraient-elles servir de preuves si demain un grand procès international s’ouvrait contre l’envahisseur russe ?

      Ce qui est très étonnant en Ukraine est la rapidité et la qualité du travail d’enquête mené. La difficulté maintenant repose sur le fait de croiser toutes ces sources pour que ce soit plus lisible et plus facile à conserver et à utiliser, le moment venu, dans un dossier judiciaire. Les applications dont j’ai parlé permettent d’authentifier les images envoyées par les citoyens, de vérifier leur légendage – le lieu, l’heure, la personne présente, la nature de l’événement, etc. – mais aussi de les conserver de manière pérenne et de les classer pour que ce soit utilisable. Donc tous ces travaux sont faits à plusieurs échelles, nationale et internationale.

      La valeur probatoire de l’image ne se construit que dans le cadre de la confrontation judiciaire. À Nuremberg, à Jérusalem, les images des violences extrêmes perpétrées par les nazis provoquaient surtout un effet de sidération. Aujourd’hui, leur viralité se déploie en amont du procès, dont le rôle est alors de les mettre à distance, de les contextualiser. C’est une responsabilité majeure.

      https://www.justiceinfo.net/fr/152468-nuremberg-les-juges-ne-sont-plus-au-centre-car-cest-lecran-qui-s

    • Filmer, juger. De la Seconde Guerre mondiale à l’invasion de l’Ukraine

      En avril 2022, le président ukrainien Zelensky se rend à Boutcha pour attester, par sa présence, les crimes de guerre commis par l’armée russe. Il annonce qu’il disposera, pour les prouver, de « bien plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale ». En 1945, à Nuremberg, la documentation filmée des « atrocités » avait été déterminante dans la confrontation des nazis à leurs crimes. Depuis, l’instance judiciaire s’est familiarisée avec ce type de pièces à conviction, même si la projection d’images est l’objet de débats. Celui qui filme doit-il respecter certaines règles s’il veut faire preuve ? Un témoignage filmé vaut-il un récit sous serment, fait à la barre d’un tribunal ? Qu’en est-il du statut de vérité des images ? Autant de questions qui ont trouvé à s’illustrer à la Cour pénale internationale de La Haye ou aux États-Unis lors des jugements des violences commises par la police.

      Une forme partagée d’attestation, commune aux démocraties, s’élabore ainsi, sous la forme d’archives qui offrent un appareil à la fois documentaire et critique pour l’écriture d’une histoire immédiate du temps présent.

      https://www.gallimard.fr/catalogue/filmer-juger/9782072996986

  • L’épouse de Caroline Grandjean, l’institutrice qui s’est donné la mort en septembre, porte plainte contre l’éducation nationale pour « harcèlement »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/13/l-epouse-de-caroline-grandjean-porte-plainte-contre-l-education-nationale-po

    La plainte vise également le maire de Moussages, où l’enseignante, victime de propos homophobes, était directrice de l’école primaire.

    https://seenthis.net/messages/1132582
    https://seenthis.net/messages/1133154

  • #Algues_vertes, l’histoire interdite

    Pas moins de 3 hommes et 40 animaux ont été retrouvés morts sur les plages bretonnes. L’identité du tueur est un secret de polichinelle : les algues vertes. Un demi-siècle de fabrique du silence raconté dans une enquête fleuve.Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre Van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-algues-vertes-l-histoire-interdite/album-algues-vertes-l-histoire-interdite
    #BD #livre #bande-dessinée
    #Bretagne #algues #plages #hydrogène_sulfuré (#H25) #Côtes_d'Armor #intoxication #santé_publique #Halte_aux_marées_vertes #omerta #Thierry_Morfoisse #justice #Nicol_Environnement #Screg-Colas #Bouygues #Sauvegarde_du_Trégor #silence #déni #agriculture #modernisation #remembrement #industrialisation #élevage_hors-sol #industrice_porcine #agriculture_intensive #pollution #eau_potable #Marc_Le_Fur #porcherie #nitrates #modernisation_agricole #engrais #Institut_scientifique_et_technique_de_l'environnement (#ISTE) #Christian_Bursan #industrie_agro-alimentaire #stratégie_de_l'incertitude #plan_algues_vertes (#PAV) #subventions #lisier #CRESEB #CSEB #conseil_régional_de_bretagne #France #comité_de_convergence_des_intérêts_bretons (#CCIB) #Produit_de_Bretagne #Institut_de_Locarn #Club_des_Trente #Breizh_Europe #Les_dîners_celtiques #Les_amis_du_cochon #tourisme #dépendance #terreur #suicides #banques #grande_distribution #argent_public #élevage #sodiaal #Triskalia #Synutra #Laïta #Jean-René_Auffray #vasières_du_Guessant

    • Les marées vertes

      Qu’y a-t-il de commun entre les plages de Bretagne, la lagune de Venise, et le littoral chinois de Qingdao ?

      Tous les trois ont fait la « une » des journaux en raison d’impressionnantes « marées vertes », causées par l’accumulation estivale de macroalgues du genre Ulva.

      Ces marées vertes sont la forme la plus visible d’un enrichissement excessif des eaux marines. Cela ne doit pas faire oublier la forme planctonique, bien plus étendue vers le large, qu’on appelle « eaux colorées ». Ces phénomènes peuvent s’avérer dangereux tant pour la faune marine, que pour le promeneur du littoral ou le consommateur de coquillages. Alors quelle est la cause de ce soudain dérèglement ? Peut-on y remédier ?

      Depuis quand y a-t-il des marées vertes ? Est-ce un phénomène permanent ou saisonnier ? Que fait-on pour se débarrasser d’une marée verte déjà formée ? Quels sont les impacts sur l’écosystème marin ? Quelles sont les nuisances pour la société humaine ? Peut-on tirer de l’énergie des algues vertes ? Quelle est l’attitude du monde agricole ? Que fait l’administration pour diminuer la nuisance ? Eaux « rouges » contre marées « vertes » : quelles différences pour l’environnement ?

      Autant de questions auxquelles ce petit livre répond sans complaisance ni catastrophisme, au plus près de la connaissance scientifique actuelle, loin des polémiques qui masquent trop souvent la réalité ! Il intéressera les personnes soucieuses de la qualité de leur environnement côtier.

      https://www.quae.com/produit/1402/9782759225552/les-marees-vertes

  • Un documentaire sur les chasses aux sorcière en Europe qui venait tout juste d’entrer dans « l’époque moderne ». On y apprend qu’au Labourd (partie nord du Pays Basque faisant alors partie du royaume de France), les autorités ecclésiastiques se sont particulièrement « distinguées » en 1609 avec plus de 80 procès en sorcellerie suivis de bûchers, visant des femmes jugées beaucoup trop émancipées par rapport à leurs consœurs du reste de l’Europe de cette époque-là. Avec l’intervention de Mona Chollet dans le documentaire.

    https://www.arte.tv/fr/videos/112345-000-A/sorcieres-chronique-d-un-massacre

    Convoquant les témoignages éclairés de spécialistes de la chasse aux sorcières (historiens, archivistes, anthropologues...) de Bayonne à Lausanne en passant par Strasbourg et Pampelune, et également l’essayiste Mona Chollet, autrice de l’essai best-seller Sorcières – La puissance invaincue des femmes (éd. La Découverte), cette enquête saisissante décrypte les mécanismes cruels, irrationnels et misogynes qui conduisirent quatre-vingts personnes à la mort. Grâce à un habile montage d’entretiens, de reconstitutions tirées du film Les sorcières d’Akelarre (2020) de Pablo Agüero, et de séquences animées, la réalisatrice Marie Thiry (Le chevalier au dragon – Le roman disparu de la Table ronde) souligne à quel point les autorités religieuses et politiques s’en prirent aux femmes, mais aussi aux traditions païennes et aux rites dévolus aux solstices d’été et d’hiver, dont serait issu le fameux balai de la sorcière. Nourrie d’extraits du film La sorcellerie à travers les âges de Benjamin Christensen (1922) et de gravures, animées à partir de celles ornant le livre publié par Pierre de Lancre en 1612, cette étude rigoureuse d’une des faces les plus sombres de la Renaissance rend aussi justice à toutes celles que la folie religieuse et misogyne de cette époque a voulu effacer.

    #église_catholique #religions #christianisme #clergé #misogynie

  • François d’Assise en inventeur du capitalisme
    (c’est un peu ancien, mais réactivé à l’occasion de sa fête en discutant avec quelqu’un qui me la souhaitait)
    https://www.lejdd.fr/Chroniques/Francois-d-Assise-en-inventeur-du-capitalisme-82683

    Le sujet Pauvreté, marginalité, richesse : tels sont les débats qui, dès la fin du XIIe siècle, agitent les cités italiennes et, bientôt, les grands centres urbains de la chrétienté.

    Au cœur du Moyen Age naissent en Occident la question sociale et les théories économiques. Giacomo Todeschini le rappelle dès le début de sa Richesse franciscaine, l’un des essais les plus originaux de cette fin 2008.

    Depuis le XIe siècle, l’Europe, massivement rurale, connaît un début d’exode vers les villes. Une nouvelle urbanisation se développe. Elle ne ressemble à rien de connu et suscite une réflexion intellectuelle et politique inédite dont témoigne l’apparition des premières Universités et d’un personnage nouveau : le marchand voyageur. Celui-ci devient banquier avec l’invention de la lettre de change. L’Occident se trouve alors face à ce que nul n’avait « pensé » : la naissance d’une société de marché où se développe un autre « impensé », la finance. Voici une richesse créée non par un travail visible mais par le jeu de l’espace, du temps et des écritures. Ce dont s’angoissent les marchands eux-mêmes : tout cela est-il moral ?

    Ainsi François d’Assise rompt-il en 1206 avec sa famille marchande. Il choisit la pauvreté radicale sur le modèle de Jésus. Dès 1209 (on fête les huit cents ans l’an prochain) des compagnons s’organisent autour de lui. C’est l’ordre franciscain. Celui-ci repose sur la pauvreté volontaire, refusant les « bénéfices » qui assuraient la vie des monastères. François vit de la mendicité tout en prêchant dans les villes un peuple déraciné. On doit aux franciscains, soit dit en passant, la crèche de Noël.

    Mais on leur doit aussi bien davantage. Giacomo Todeschini suit la genèse d’une de leurs inventions révolutionnaires : celle de la théorie économique. Pour moraliser la richesse, il faut la comprendre. L’historien raconte comment les franciscains décrivirent la circulation de l’argent, la formation des prix, le contrat et les règles du marché.

    L’intérêt
    Critiquant la thèse simpliste selon laquelle la révolution capitaliste aurait été le propre de l’Europe protestante face à une Europe catholique attardée, Giacomo Todeschini montre la vitalité du débat au XIIIe siècle. Les « intellectuels » que sont alors les universitaires franciscains se fondent sur leur expérience de la pauvreté choisie pour opposer l’accumulation « vaine », immobile, des propriétaires fonciers (châtelains, nobles) à la richesse « utile » du capital mobile des marchands. Ce capital, à condition qu’il soit redistribué, contribue à la croissance du « bonheur citadin ». Les conséquences artistiques, culturelles et matérielles de ce choix seront considérables.

    Richesse franciscaine, de Giacomo Todeschini. Traduit de l’italien par Nathalie Gailius et Roberto Nigro, Verdier poche, 281 p., 13,80

    • Giacomo Todeschini, Richesse franciscaine , De la pauvreté volontaire à la société de marché. Trad. de l’italien par N. Gailius et R. Nigro. Verdier, 2008, 280 pages, 13,80 € | Cairn.info
      https://shs.cairn.info/revue-etudes-2009-4-page-XXXVI

      Voici le récit, bien écrit et documenté, de la genèse paradoxale de l’économie de marché à partir de la pauvreté radicale voulue par saint François d’Assise. Le titre est donc faux qui ne parle de richesse franciscaine que par antiphrase. Le sous-titre prête au contre-sens puisqu’il s’agit non pas de la société de marché anonyme d’aujourd’hui, mais de la communauté de marché, cet espace social où tous les partenaires se connaissent, assument les responsabilités de leur état, inspirent confiance, et où les « infidèles » sont tout simplement ceux à qui on ne peut pas se fier (les marginaux, les avares, les prodigues, les adeptes d’une autre religion). L’histoire commence au xi e siècle par la critique cistercienne des dépenses somptuaires improductives des clunisiens. Elle se poursuit par la réhabilitation des marchands qui fournissent à la communauté ce qu’elle ne produit pas elle-même ; c’est sur cette première vague d’urbanisation occidentale que surfe le mouvement franciscain : la proscription de toute propriété, l’interdiction de toucher à l’argent permet aux économistes franciscains de comprendre, par expérience, que la valeur n’est pas liée à la propriété mais aux besoins singuliers. Ce qui conduira les théologiens franciscains à justifier non seulement le commerce productif, mais encore les rentes d’Etat, et de créer les premiers Monts de piété. Cet ouvrage peut cependant induire en erreur : loin de canoniser les prix erratiques qui s’établissent sur les marchés, la réflexion franciscaine pointe très classiquement vers « l’évaluation commune » des marchandises, c’est-à-dire l’estimation qui offre les conditions d’une vie honnête à chacun des membres de la communauté.

    • Sur un sujet très proche, je viens de lire le très intéressant ouvrage de Mathieu Arnoux, Un monde sans ressources. Besoin et société eu Europe (XIe-XIVe siècles) chez Albin Michel (2021). Du reste il parle essentiellement de Paris, de l’Ile de France et de la Bourgogne, notamment par une description assez fascinante du modèle économique cistercien. Sa thèse est que ce monde sans ressources des XI-XIVe s. a néanmoins permis un essor démographique et économique sans précédent, notamment avec la croissance de Paris qui atteint 250-300.000 habitants à la veille de la Guerre de Cent ans. Il montre que cela est permis par une rationalisation remarquable de l’exploitation des ressources naturelles (notamment la production de blé, mais aussi les eaux puis l’air avec le développement de moulins de plus en plus performants).
      Pour autant, il montre que l’époque ne connait pas la notion de ressources telles qu’elle a été pensée depuis les Physiocrates au XVIIIe s. On parle et on discute alors de « besoins » notamment chez les Franciscains justement et la pauvreté qui implique la sobriété est le revers de cette productivité impressionnante du milieu naturel du bassin parisien. Mais il est clair que chez les Cisterciens s’inventent des logiques de productivité, qui marque selon lui une première dynamique industrielle européenne, impliquant une accumulation productive des richesses et préfigurant aussi une logique industrielle capitaliste.
      Un autre aspect très intéressant, qui constitue selon lui comme un premier acte de la révolution industrielle, est l’advenue de l’architecture gothique, dont l’originalité consiste notamment dans l’accélération de l’utilisation du fer (et du plomb), non seulement pour les vitraux mais aussi pour des broches et agrafes permettant à cette architecture de l’instabilité de rester debout (ce n’est pas uniquement une histoire d’arcs boutants). La puissance calorique nécessaire pour forger ces pièces métalliques reste alors dépendante du bois et du charbon de bois mais augmente fortement l’empreinte écologique urbaine, poussant ce monde vers la limite. Les catastrophes politique (Guerre de cent ans) et épidémiologique (peste de 1348) vont ralentir cet élan et le rétablissement, lent et entrecoupé d’acoups, jusqu’au XVIIIe s. entravera l’essor de la consommation des ressources.

  • Les monastères : deux millénaires d’utopie ?
    https://lvsl.fr/les-monasteres-deux-millenaires-dutopie

    Deux mille ans d’histoire des monastères chrétiens peuvent-ils constituer une source d’inspiration pour les militants progressistes ? C’est le pari du journaliste #Timothée_de_Rauglaudre, qui jette un regard original sur cette institution dans #La_grâce_politique_du_monastère. Une utopie pour notre temps (Seuil, 2025). L’idée est provocatrice. Si elle a peu de chance de convaincre les matérialistes endurcis, du moins éveillera-t-elle leur intérêt. Analyse.

    #Idées #christianisme #écologie #Église_catholique #ZAD

  • Christelle Morançais-Stérin. – affordance.info
    https://affordance.framasoft.org/2025/09/christelle-morancais-sterin

    Les noces sont désormais officielles. Je parle de celles entre Christelle Morançais et Pierre-Edouard Stérin. Laissez-moi vous conter une histoire. Son titre ?
    « Christelle et le Crayon. »

    Il était une fois une présidente de région (celle des Pays de la Loire) très très très à droite mais qui ne voulait pas qu’on dise qu’elle était d’extrême-droite (comme la plupart des gens d’extrême-droite). Elle était pourtant entrée en politique en supportant Alain Madelin et s’était notamment illustrée aux côtés des homophobes intégristes de la Manif pour tous. Et puis sur un malentendu (c’est elle qui le dit) elle finit par faire carrière en politique quittant le monde merveilleux de l’immobilier où elle s’épanouissait auparavant.

    Christelle adorait la culture mais seulement la culture de droite. Celle qui est faite de vieilles pierres d’abbayes effondrées et de réécritures de l’histoire à grands coups de pyrotechnie glorifiant un roman national à peu près aussi sincère qu’un verbatim de Jérôme Cahuzac sur le tourisme bancaire helvète.

    Christelle partit donc en croisade contre la culture de ces satanés gauchistes cracheurs de feu et jongleurs de diabolo accompagnés de chiens en sarouels. Et malheureusement Christelle parvînt en quelques jours à peine à coller au chômage des milliers d’intermittents et d’artistes, à priver de culture de milliers d’enfants et d’adolescents dans leurs collèges et lycées, en retirant avec la délicatesse d’un coitus interruptus filmé par jaquie et michel la quasi-totalité des budgets et subventions qui permettaient de s’ouvrir au monde autrement que par la consultation d’un catalogue de vente. 75% du budget culturel d’une région supprimé sans négociation ni concertation. Se sentant toute puissante, Christelle Morançais se transforma comme Miss Hulk et elle mesure désormais deux mètres douze.

    Et puis récemment, forte de tout le budget de la culture qu’elle avait supprimé, et ses amis du secteur de l’entreprise et de l’immobilier semblant déjà bien gavés, Christelle Morançais s’acheta un crayon. Un crayon à 250 000 euros (dans le cadre d’un appel d’offre global de 650 000 euros). Vous trouvez que c’est un peu cher pour un crayon ? Je vous explique. Il y a donc une semaine de cela, Christelle Morançais a annoncé que la région Pays de la Loire lançait un nouveau média, à destination des jeunes, sur Instagram et Tiktok, « le Média Orientation. » Parce que vous comprenez, Christelle Morançais elle veut « créer un média de confiance, pensé pour les jeunes et avec les jeunes. Un outil qui correspond à leurs codes, efficace, interactif et inspirant. » Voilà de l’argent public bien dépensé pour Christelle Morançais : 250 000 euros pour créer un compte Instagram et un compte Tiktok et les contenus qui vont avec.

    Là où ça devient croquignolet, c’est que figurez-vous que l’entreprise qui rafla ce marché, c’est Le Crayon, un média d’influence bien plus que d’information, créé par Wallerand Moullé-Berteaux et Jules Stimpfling, et qui, depuis 2023, a vu entrer à son capital un certain Pïerre-Edouard Stérin et son parfaitement putride projet Péricles. Le Crayon fait partie de ces médias à la ligne idéologique claire : offrir la parole à un maximum de représentants d’idées d’extrême-droite pour élargir la fenêtre d’Overton mais en s’abritant derrière le fait qu’il offre « aussi » la parole à des gens de gauche ou d’extrême-gauche et à différentes figures médiatiques, influenceurs, artistes, réalisateurs, etc. Dès lors à celles et ceux qui s’étonnent de la coloration très très très catho / rétro / facho / bobo de sa ligne éditoriale il lui suffit de sortir la carte totem d’immunité à base de « nous ne sommes pas d’extrême-droite car nous avons aussi invité des gens d’extrême-gauche« . Alors oui mais non. Dans ses différents formats et plateaux thématisés, l’utilisation du dispositif et les biais de cadrage sont un modèle du genre. Je vous mets juste un extrait de leur « Best-Of » autour de leur chaîne tête de gondole baptisée « Le ring ».

    Le best-of de l’émission sur l’antiracisme c’est de nous expliquer que tout va bien et que la France n’est pas un pays raciste ; le best-of de celle sur la chasse c’est de montrer comment c’est merveilleux, écologique et profondément éducatif ; celle sur les luttes féministes c’est que bah quand même est-ce que vraiment toutes ces hystériques elles pourraient pas un peu se calmer ou aller voir en musulmanie comment on traite les femmes ; celle sur le véganisme est une défense et illustration de la côté de boeuf braisée ; celle sur le climat et l’écologie est au niveau d’une éructation de Pascal Praud t’expliquant que bon quand même le réchauffement climatique faut voir parce que ce matin il faisait froid. Et puis comment dire … celui sur « Les meilleurs arguments (selon des policiers) autour des violences policières et de la police » c’est peu mon préféré (non).

    Pour le reste et s’il était encore besoin d’une quelconque démonstration sur la ligne idéologique claire de ce média, bah je le répète Pierre-Edouard Stérin a fait son entrée à son capital depuis 2023. À chaque fissure anale son proctologue.

    Il y a quelques jours, Christelle Morançais était de passage en Vendée pour (entre autres) faire la promotion de ce média. Figurez-vous qu’elle n’a pas du trouver l’adresse du campus de Nantes Université à La Roche sur Yon et donc elle a passé sa journée à l’ICES, l’institut catholique privé fondée par Philippe De Villiers, école qui forme l’essentiel des cadres de l’extrême-droite en France et accumule les scandales autour des groupuscules qui s’y déploient comme dans leur milieu naturel, de l’Action Française au GUD.

    C’est marrant parce que si Christelle Morançais-Stérin était passée sur le campus de l’université publique de La Roche sur Yon, j’aurais pu l’emmener visiter l’épicerie solidaire qui distribue gratuitement des repas à l’ensemble des étudiantes et étudiants de la ville depuis 4 ans et que la Région Pays de la Loire a soutenu un an par une subvention de 3000 euros avant de lui couper ladite subvention parce que bon si tu veux manger, tu peux, et si tu peux pas, bah t’as qu’à te forcer. J’aurais aussi pu lui expliquer que l’année dernière, sur les 3143 paniers distribués gratuitement dans notre épicerie solidaire, 20% des bénéficiaires étaient des étudiantes et des étudiants … de l’ICES. Mais c’est con, Christelle Morançais-Stérin, elle n’est pas passée. Du coup elle ne nous a pas non plus laissé un chèque pour nous aider. D’autant que nous on ne demandait pas un chèque de 250 000 euros comme celui que Christelle a fait au Crayon, média de la galaxie d’influence de Pierre-Edouard Stérin désormais également financé sur fonds publics régionaux. Je sais bien que l’argent n’a pas d’odeur mais il y a quand même des financements qui puent du cul.

    Voilà c’était l’histoire de « Christelle et le crayon. » J’espère que vous l’avez aimée. Mais n’allez pas dire à Christelle Morançais-Stérin qu’elle est d’extrême-droite ou qu’elle aide l’extrême-droite, sinon elle vous fait un procès et porte plainte en diffamation, comme elle vient de le faire contre l’élue écologiste Lucie Etonno qui avait eu le seul tort de la désigner pour ce qu’elle est : un poste avancé de l’extrême-droite la plus nauséabonde qui s’offre pour elle et les idées de son camp ce qu’elle passe son temps à condamner chez les autres : un outil de propagande « soft » au service d’un agenda idéologique clair, le tout financé sur fonds public.

    #Christelle_Morançais #culture_de droite #extrême-droite #les_blancs_de l’ouest (qui est aussi une race porcine ainsi que le nom d’une charcuterie de Maine-et-Loire faf-friendly) ... Et donc, #porcherie

  • Christelle Morançais-Stérin.

    Les noces sont désormais officielles. Je parle de celles entre Christelle Morançais et Pierre-Edouard Stérin. Laissez-moi vous conter une histoire. Son titre ?
    « Christelle et le Crayon. »

    La présidente de la région Pays de la Loire (qui a succédé à Retailleau, quand même) lance un nouveau média à destination des jeunes, sur Instagram et Tiktok, « le Média Orientation. » Pour ça, elle fait appel au média Le Crayon dont Pierre-Édouard Stérin est actionnaire (dans le cadre du projet PERICLES).

    https://affordance.framasoft.org/2025/09/christelle-morancais-sterin

    #Christelle_Morançais #Pierre-Édouard_Stérin #extrême_droite #media #Projet_PERICLES #PERICLES