• De la Californie à la Chine, les 10 plus grosses catastrophes climatiques ont couté plus de 120 milliards de dollars en #2025

    #Incendies, #inondations, #tempêtes… En 2025, les catastrophes climatiques ont infligé au monde une facture d’au moins 120 milliards de dollars (103 millions d’euros), selon l’ONG Christian Aid. Un chiffre sous-estimé, calculé à partir des seules pertes assurées, qui souligne l’ampleur croissante des #dégâts liés au réchauffement climatique.

    Ce chiffre rappelle que la lutte contre le réchauffement climatique est aussi un impératif économique. En 2025, les dix plus grosses catastrophes liées au climat ont engendré environ 122 milliards de dollars (103 millions d’euros) de pertes à l’échelle mondiale, selon un rapport de l’ONG britannique Christian Aid, publié ce samedi. Un montant colossal, bien que moins élevé que celui de 2024, qui s’élevait à 200 milliards de dollars (169 milliards d’euros).

    Vagues de chaleur, incendies de forêt, sécheresses, tempêtes… Ces catastrophes et leur ampleur ont témoigné, cette année encore, de « la réalité actuelle de l’effondrement climatique », a réagi le climatologue Davide Faranda, alors même que le seuil de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle est sur le point d’être franchi.

    Ce chiffre de 122 milliards a été calculé à la baisse : pour parvenir à ces estimations – encore partielles, certains dégâts n’ayant pas pu être pleinement chiffrés – l’ONG s’est appuyée sur les seules pertes assurées. « Cela signifie que les coûts financiers réels sont probablement bien plus élevés », souligne le rapport.

    Des incendies particulièrement ravageurs aux Etats-Unis

    En tête des catastrophes les plus couteuses figurent les incendies de janvier en Californie, qui ont à eux seuls représenté plus de 60 milliards de dollars (50 milliards d’euros) de pertes. En seconde place arrivent les typhons et les inondations qui ont frappé l’Asie du Sud-Est en novembre, causant 25 milliards de dollars de dégâts et la mort de plus de 1 750 personnes en Thaïlande, en Indonésie, au Sri Lanka, au Viêt Nam et en Malaisie.

    Viennent ensuite les inondations dévastatrices en Chine, qui ont contraint des milliers de personnes à se déplacer, causé 11,7 milliards de dollars (10 milliards d’euros) de dégâts et fait au moins 30 morts au mois de juillet. Puis l’Ouragan Melissa, qui a touché les Caraïbes fin octobre, provoquant des pertes d’une valeur estimée à 8 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) en Jamaïque, à Cuba, et dans les Bahamas.

    Cette année, « aucune région du monde n’a été épargnée par les catastrophes climatiques paralysantes », conclut le rapport, qui pointe également les désastres causés par l’épisode de sécheresse sévère qui a touché le Brésil au premier semestre, les incendies de cet été en Espagne et au Portugal, ou encore les cyclones de février en Australie et sur l’île de La Réunion.
    Les pays pauvres particulièrement touchés

    Si le top 10 s’est concentré essentiellement sur les coûts financiers – qui sont généralement plus élevés dans les pays riches en raison de la valeur plus élevée des biens et de l’accès à l’assurance –, certains des événements météorologiques extrêmes les plus dévastateurs de 2025 ont frappé des pays plus pauvres, insiste Christian Aid. Des pays qui « ont peu contribué à la crise climatique et disposent de moins de ressources pour y faire face », souligne l’ONG.

    Il pointe notamment les inondations au Nigeria en mai et en République démocratique du Congo en avril, qui ont touché des milliers de personnes et causé potentiellement jusqu’à 700 morts au Nigeria seulement. Ainsi que la sécheresse sévère en Iran et en Asie occidentale, qui a menacé, fin novembre, les 10 millions d’habitant·es de Téhéran d’une possible évacuation en raison d’une crise de l’eau.

    Dans ce contexte, Christian Aid appelle à une « action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mondiales » et renforcer le soutien aux communautés vulnérables. « Les impacts de ces catastrophes peuvent être atténués si des mesures appropriées sont prises », martèle l’association.

    La professeure émérite Joanna Haigh, de l’Imperial College London, abonde : « Ces catastrophes ne sont pas “naturelles”. Elles sont le résultat prévisible de l’expansion continue des combustibles fossiles et des retards politiques ». Et de conclure : « À moins que les gouvernements n’agissent dès maintenant pour réduire les émissions et financer des mesures d’adaptation, cette souffrance ne fera que se poursuivre. »

    https://vert.eco/articles/de-la-californie-a-la-chine-les-10-plus-grosses-catastrophes-climatiques-ont-c
    #coût #changement_climatique #climat #catastrophes #catastrophes_climatiques #chiffres #statistiques

  • Le #Tribunal_de_Nuremberg est-il encore une référence pour l’Ukraine, Gaza ou la RDC ?

    En 1945, à Nuremberg, de hauts responsables nazis étaient jugés pour crime de guerre et crime contre l’humanité… 80 ans après ce procès historique, comment s’inspirer de ce tribunal fondateur de la justice internationale pour en finir avec l’impunité dans les conflits armés en #Ukraine, à #Gaza ou encore en #RDC ?
    Le 20 novembre 1945 s’ouvrait à Nuremberg, en Allemagne, le plus grand procès de l’histoire. D’un commun accord, la France, les États-Unis, l’Union soviétique et le Royaume-Uni affirmaient leur volonté de juger vingt-deux dignitaires nazis, chefs militaires ou hauts fonctionnaires, tous accusés de crimes de guerre ou de #crimes_contre_l'humanité.

    Mais pourquoi invoquer Nuremberg lorsque l’on réclame la fin de l’impunité ? Le président ukrainien Volodymyr Zelensky l’a fait pour son pays l’Ukraine en interpellant le peuple russe dès le 4 avril 2022, suite à l’invasion russe du 24 Février :

    « Le moment viendra où chaque Russe apprendra toute la vérité sur ceux de ses concitoyens qui ont tué. Qui a donné des ordres. Qui a fermé les yeux sur ces meurtres. Nous allons établir tout cela. Et le faire connaitre dans le monde entier. Nous sommes maintenant en 2022. Et nous avons beaucoup plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale. »

    Et le docteur #Mukwege, prix Nobel de la paix a explicitement fait référence à Nuremberg, en octobre 2024, lors d’un passage à l’Université de Strasbourg en France :

    « Les Congolaises et les Congolais ont aussi droit à leur Nuremberg. Telle est la raison pour laquelle nous plaidons aux côtés des victimes et des survivant.es pour l’établissement d’un Tribunal international pénal pour le Congo et/ou des chambres spécialisées mixtes. »

    Un Nuremberg pour l’Ukraine, Gaza ou la RDC est-il possible ?

    Une enquête signée Clémentine Méténier avec #William_Schabbas, professeur de droit pénal international et des droits de l’homme à Londres, Université de Middlesex, Leyden et Sciences Po ; Christian Delage, historien et cinéaste, réalisateur du film historique « Nuremberg, les nazis face à leur crime » ; Thierry Cruvellier, rédacteur en chef du site Justice Info ; Rafaëlle, professeure de droit international à l’Université Paris Saclay et travaille sur la justice pénale internationale, précisément sur la notion de génocide. Reagan Miviri, avocat au Barreau de Goma dans le Nord-Kivu, il travaille au sein de Ebuteli l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.

    Le 20 novembre 2025 marque le 80è anniversaire de l’ouverture, à Nuremberg, du procès des grands criminels #nazis, où, pour la première fois, des responsables politiques et militaires de haut niveau – accusés des crimes de conspiracy (complot), crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité – étaient traduits devant une cour internationale, composée des principales forces alliées victorieuses de l’Allemagne nazie. Pour le procureur général Robert H. Jackson, il s’agissait de construire un « procès documentaire », où, en raison des crimes considérables commis par les nazis, notamment leur politique d’extermination des Juifs d’Europe, il était nécessaire de faire reposer l’accusation sur des preuves irréfutables, pour éviter qu’à l’avenir leur réalité fasse l’objet d’une négation. Contre toute attente, les images allaient jouer un rôle majeur pour confronter les nazis à leurs propres crimes.

    La journée de colloque s’interrogera sur l’héritage des « principes de Nuremberg » depuis les années 1990, grâce au développement d’une justice internationale fondée sur des tribunaux ad hoc (du Rwanda à la Centrafrique) et des cours permanentes (Cour pénale internationale, Cour internationale de justice), appelées à statuer en particulier sur le risque potentiel ou la commission de génocides. Or, la collecte de preuves qui s’inspire de la jurisprudence de Nuremberg est forte des nouveaux outils mis en place par les autorités judiciaires, en collaboration avec des ONG et des applications en open source qui en garantissent la fiabilité. Pour la première fois dans l’histoire, en Europe comme au Proche-Orient, la fabrique du dossier probatoire se déroule en co‑construction avec la société civile, en flux tendu et en temps réel.

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-marche-du-monde/20251122-le-tribunal-de-nuremberg-est-il-encore-une-r%C3%A9f%C3%A9rence-pour-l-u
    #nazisme

    #justice #guerres #seconde_guerre_mondiale #WWII #justice_internationale #procès #crime_d'agression #crime_contre_la_paix #images #images_comme_preuve #preuves #protocole_de_preuves #justice_pénale_internationale #impunité #vérité #esprit_de_justice #Eyal_Weizman #architecture_forensique
    #podcast #audio

    • #Dan_Kiley

      Daniel Urban Kiley (2 septembre 1912 – 21 février 2004) est un important paysagiste américain du style moderne.

      C’est lui qui a conçu l’aménagement des salles du palais de justice de Nuremberg, pour le Procès de l’après-guerre.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dan_Kiley
      #architecture #tribunal

    • Le procès de Nuremberg, les nazis face à leurs crimes. Un #film de #Christian_Delage
      https://www.youtube.com/watch?v=uK7JvNFCJTI

      Nuremberg, 20 novembre 1945. Dans une ville encore en ruine, s’ouvre le procès des criminels nazis. États-Unis, France, Grande-Bretagne et Union soviétique sont réunis pour rendre une justice exemplaire aux motifs de crimes contre la paix et, pour la première fois dans l’histoire, de « crimes contre l’humanité ».

      Nuremberg, 20 novembre 1945. Dans une ville encore en ruine, six mois à peine après la capitulation allemande, s’ouvre le procès des criminels nazis. États-Unis, France, Grande-Bretagne et Union soviétique sont réunis pour rendre une justice exemplaire aux motifs de crimes contre la paix et, pour la première fois dans l’histoire, de « crimes contre l’humanité ».

      Sur le banc des accusés, 21 des plus hauts dignitaires nazis, parmi lesquels Hermann Göring, Rudolph Hess, Joachim von Ribbentrop et Wilhelm Keitel. Tous plaident non coupable. Pourtant, les « atrocités » commises sont immenses. Pour preuve, les films tournés à la libération des camps et qui, fait inédit, seront projetées au tribunal. Présentation des preuves à charge, confrontations, témoignages des bourreaux et des victimes se succèdent.

      Après dix mois d’audiences, le verdict est rendu : 12 condamnation à mort dont une par contumace, 7 peines d’emprisonnement et 3 acquittements. Ainsi s’achève le procès qui a ouvert la voie à la création d’une justice internationale.

      Le documentaire de Christian Delage évoque autant le procès lui-même que ses enjeux, la manière dont il est perçu par l’opinion ou encore la recherche des archives filmées de la guerre. Des témoignages d’acteurs de l’époque viennent enrichir le montage d’archives restaurées qui offre un point de vue inédit sur ce procès fondateur pour le droit international.

      https://www.fondationshoah.org/memoire/le-proces-de-nuremberg-les-nazis-face-leurs-crimes-un-film-de-christ

    • Nuremberg : « Les juges ne sont plus au centre, car c’est l’écran qui s’y trouve »

      Il y a 80 ans, le 20 novembre 1945, s’ouvrait le procès de Nuremberg. L’historien et réalisateur français Christian Delage revient sur un héritage spécifique de ce premier grand tribunal international : la double innovation du filmage du procès et de l’image comme preuve au procès. Et comment les Ukrainiens déclarent s’inspirer de sa jurisprudence en la matière.

      JUSTICE INFO : Qu’est-ce qui a poussé l’historien et cinéaste que vous êtes à vous intéresser à l’usage de l’image au tribunal de Nuremberg ?

      CHRISTIAN DELAGE : Je savais que des images avaient été montrées au procès des dignitaires nazis, mais je ne m’étais pas engagé dans une recherche documentée sur ce sujet. J’ai commencé à le faire au début des années 2000, en me rendant aux archives nationales à Washington DC. J’en ai tiré un premier article, « L’image comme preuve : l’expérience du procès de Nuremberg », ce qui m’a aidé à obtenir une bourse de recherche Fulbright pour pouvoir séjourner longuement aux États-Unis. J’ai alors enquêté sur la manière dont les Alliés, pendant l’été 1945, ont rassemblé un ensemble de documents, majoritairement scripturaires, pour fonder l’accusation contre les dignitaires nazis, sur des qualifications pénales de crime contre la paix/crime d’agression, crime de guerre, crime contre l’humanité et plan concerté pour commettre ces crimes. La masse des archives rassemblées en Europe par l’équipe du procureur général, Robert H. Jackson, est d’autant plus impressionnante quand on mesure le temps dont les envoyés spéciaux ont disposé pour nourrir les chefs d’accusation en pièces à conviction. C’est dans un tel contexte documentaire que Jackson prend deux initiatives inattendues : présenter des images comme preuve à l’audience, et filmer les sessions du procès pour le constituer en archive historique.

      Est-ce la première fois que l’image entre dans le prétoire et en quoi cela a-t-il affecté la procédure judiciaire ?

      Aux États-Unis, il y avait déjà eu des procès au civil qui avaient recouru à la photographie puis à l’image animée comme preuve. Les Alliés considéraient également que l’image pouvait jouer un rôle dans la confrontation des Allemands aux crimes commis par les nazis, pour ceux et celles qui n’étaient pas dans le voisinage des camps de concentration. Seront ainsi montrées pendant le procès des images d’actualités provenant des nazis eux-mêmes, sous la forme d’un montage de plusieurs heures réalisé par l’équipe de John Ford et intitulé The Nazi Plan, ainsi que quelques images-trophées des persécutions contre les juifs, ainsi que les documentaires américain et soviétique sur la libération des camps.

      Afin de projeter ces images dans le prétoire, il a fallu modifier, lors du réaménagement du tribunal de Nuremberg par l’architecte américain Dan Kiley, la scénographie coutumière d’un procès. Les juges ne sont plus au centre, car c’est l’écran qui s’y trouve, lui donnant ainsi symboliquement un rôle de tiers. Il s’agissait de confronter les nazis à leurs propres crimes et de surprendre leurs réactions pendant la projection, par l’Accusation américaine, du film Les Camps de concentration nazis, le 29 novembre 1945, en disposant une rampe de néons au-dessus de leurs bancs pour voir leurs visages.

      Qui est en charge de filmer le procès ?

      Dans l’un de mes films, De Hollywood à Nuremberg. John Ford, Samuel Fuller, George Stevens, je fais lire la lettre qu’envoie Ray Kellogg à Ford, dont il était le bras droit. Il lui raconte que « c’est la bonne vieille armée » (le Signal Corps, en charge des transmissions) qui s’occupe – et mal – des préparatifs du filmage. Mais c’est bien la Field Photographic Branch, l’équipe spéciale pilotée par Ford pour filmer la guerre depuis 1942, qui a été chargée en juin 1945 de réaliser un court-métrage présentant l’enjeu du procès (That Justice Be Done, Que justice soit faite), le montage du documentaire sur les camps et la préparation du filmage des audiences. Kellogg a participé à la construction de la cabine de projection. Les opérateurs avaient pour consigne de rendre les emplacements de caméras discrets pour ne pas perturber la sérénité des débats, une contrainte que l’on retrouvera plus tard pour le procès Eichmann [en Israël, en 1961] et les procès de Klaus Barbie et Paul Touvier [en France, en 1987 et 1994]. Il faut préciser que les Soviétiques ont également participé au filmage, en présence de Roman Karmen.

      Vous dites que le tournage du procès a commencé dès le début mais il semble qu’il a été très peu filmé, puisque l’on ne dispose aujourd’hui que d’une trentaine d’heures d’enregistrement. Pourquoi si peu ?

      Comme ce ne sont pas les professionnels formés par Ford qui ont été chargés du filmage, les cameramen étaient peu expérimentés. D’une part, les caméras 35 mm utilisées étaient chargées avec des bobines qui n’excédaient pas 13 minutes. D’autre part, il n’est pas facile de rendre par l’image la dynamique de la confrontation des parties aux procès. Ce ne sont donc que certains moments qui ont été tournés. Malheureusement, parfois, une phrase est coupée au milieu. Lorsque, avec ma collègue Caroline Moine, nous avons préparé mon film « Nuremberg, les nazis face à leur crime », nous avons bénéficié du transfert numérique que venait de faire le Musée de l’Holocauste, à Washington. Mais il a fallu mettre bout à bout et dans l’ordre chronologique l’ensemble des rushes, en les légendant. Ce travail a pris deux mois mais nous avons ainsi créé une archive d’ensemble du procès que nous avons déposée au Mémorial de la Shoah, à Paris, et au Musée de l’Holocauste, à Washington.

      Est-ce que l’héritage de ce travail a marqué les expériences suivantes, pour le procès Eichmann tout d’abord, puis pour les tribunaux internationaux contemporains dans les années 90 ?

      De tous les procès qui ont été filmés depuis Nuremberg, le procès Eichmann est celui qui l’a été le mieux. La captation était d’ailleurs retransmise dans une salle de 500 places, proche du tribunal, et des extraits étaient cédés chaque semaine pour être exploités par les télévisions du monde entier. L’avocat d’Eichmann, Robert Servatius, a tenté de s’opposer au filmage, sans succès, en avançant deux arguments : « Le fait de savoir que les délibérations sont enregistrées pour la télévision et le cinéma peut conduire les témoins à ne pas fournir leurs preuves de manière sincère, d’une part parce qu’ils peuvent ressentir la crainte que leur déposition télévisée est regardée en dehors de la salle d’audience, et d’autre part à cause d’un désir de composer devant un public mondial » ; « Les enregistrements télévisés sont susceptibles de conduire à une présentation déformée des audiences, par exemple en omettant les arguments de la défense ». Les juges y ont opposé une fin de non-recevoir, argumentant à leur tour sur la pertinence du dispositif et son absence d’effet négatif sur les témoins ou sur l’audience.

      Concernant les tribunaux internationaux mis en place pour juger les crimes commis en ex-Yougoslavie et au Rwanda [TPIY, à partir de 1993 et TPIR à partir de 1994], ils ont été filmés mais avec cette nouveauté qu’il n’y a plus de réalisateur, seulement un régisseur employé par le service audiovisuel du tribunal qui pilote des caméras automatisées.

      Quant aux images présentées comme preuves, le TPIR n’en a disposé que de très peu, le génocide s’étant déroulé loin des caméras. En revanche, pour l’ex-Yougoslavie, il y beaucoup d’images, en particulier celles tournées par un groupe paramilitaire serbe, actuellement analysées par Ninon Maillard, qui pilote un groupe de recherche, ProFil, « La Fabrique du procès filmé », et enquête depuis plusieurs années sur cette vidéo dite des « Scorpions », une vidéo-trophée qui a fait l’objet d’intenses débats à l’audience.

      En France, le seul procès bien filmé a été celui de Paul Touvier, ancien milicien de Vichy, accusé de complicité de crimes contre l’humanité pour l’exécution de sept juifs en représailles à l’assassinat d’un propagandiste. Ce procès a contribué à la réflexion sur la responsabilité de l’État français sous l’Occupation. C’est le dernier qui est filmé en présence d’opérateurs dans la salle, sous contrôle d’un réalisateur expérimenté et conscient des enjeux mémoriaux et historiques, Guy Saguez. À partir du procès Papon [en 1997] les caméras sont déjà installées dans les prétoires et pilotées par un joystick dans un studio. Le plus souvent, les captations filmées servent pour la retransmission externe des audiences, quand la salle du tribunal n’est pas assez grande pour accueillir ceux et celles qui veulent venir y assister.

      Plus récemment, concernant les grands procès contemporains comme ceux des attentats de janvier et novembre 2015 [attentats terroristes en France], c’est un peu différent. Les parties civiles ont pu écouter à distance les débats, dont la captation filmée était retransmise dans des salles réservées à la presse et aux chercheurs. L’enjeu sociétal était très important, comme Martine Sin Blima-Barru et moi-même l’avons souligné dans l’exposition Filmer les procès.

      Cette exigence de filmer n’est cependant jamais première pour les magistrats. Ce n’est pas leur culture ni leur préoccupation, car ils ont d’abord à juger des accusés, mais c’est aussi une question de génération. Les jeunes magistrats et avocats sont mieux préparés et plus informés des attendus du filmage des audiences, et de l’importance de l’image-preuve.

      Les procès qui ont été filmés constituent une archive de grande ampleur, dont l’accès paraît cependant très limité.

      Pour l’instant, en France, ce sont des chercheurs et bientôt des réalisateurs – sous réserve d’en avoir l’autorisation – qui peuvent consulter ces images, parce que le grand public ne peut pas y accéder avant 50 ans, mais cette contrainte est la même pour toutes les archives. Cependant, il y a bien une contradiction entre l’enjeu que j’ai souligné, celui de garder une trace intégrale d’un procès à caractère historique, et la norme de conservation et de communication des archives nationales. La publicité des débats se heurte ici au respect de l’intimité des personnes.
      Le 4 avril 2022, cinq semaines après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le président Zelensky fait allusion à un « Nuremberg pour l’Ukraine » et déclare : « Le moment viendra où chaque Russe apprendra toute la vérité sur ceux de ses concitoyens qui ont tué. Et le faire connaître dans le monde entier. Nous sommes maintenant en 2022. Et nous avons beaucoup plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale. » De quels nouveaux outils parle-t-il ?

      Il parle essentiellement d’outils visuels. Comment les Ukrainiens ont-ils pu se convaincre matériellement, concrètement, de l’invasion dont ils allaient être victimes ? Par les premières images américaines du satellite Maxar, qui montraient cet incroyable convoi qui avançait extrêmement lentement, depuis la Biélorussie, et dont on a compris qu’il avançait vers Kyiv. Les images satellites, ce sont aussi celles qu’Elon Musk a permis aux Ukrainiens d’utiliser.

      Ensuite, il y a les drones. Je crois que tout le monde aujourd’hui a compris qu’ils avaient plusieurs fonctions. Une fonction de surveillance : dans une tranchée, les Ukrainiens utilisent des drones pour anticiper les mouvements et les opérations de l’ennemi en surface. Une fonction criminelle, puisque ce sont des armes utilisées au quotidien et visant parfois précisément des personnes civiles. Une véritable course aux drones s’est mise en place dans cette guerre.

      Enfin, il y a bien sûr les téléphones portables, massivement utilisés par les citoyens. 20 millions d’Ukrainiens utilisent ainsi une application multifonctions, DIIA, sur laquelle ils peuvent faire des démarches administratives, mais aussi alerter une instance proche de l’État-major ukrainien de l’approche d’un soldat ennemi sur le territoire, d’un bombardement, d’un crime qui vient d’être commis, ou d’une nécessité d’envoyer immédiatement des secours sur place.

      Sur le plan judiciaire, le procureur général ukrainien a ouvert des enquêtes très rapidement, en parallèle de celles de la Cour pénale internationale, et avec le concours d’ONG, comme le Centre pour les libertés civiles, prix Nobel de la paix en 2022, ou de plateformes numériques d’enquête, comme Bellingcat, Eyewitness, Truepic. Ces structures ont déjà travaillé sur d’autres terrains de conflits, en Syrie, en Irak, en Tchétchénie. Bellingcat, en particulier, a une très forte expertise et sait réagir très vite : sa première enquête arrive tout de suite après la découverte des massacres de Boutcha [près de Kyiv], et c’est une enquête extrêmement solide.

      Dans votre livre Filmer, juger. De la Seconde Guerre mondiale à l’invasion de l’Ukraine, vous parlez justement d’un « protocole de preuves » qui a commencé dès le début de la guerre en Ukraine. Ces images pourraient-elles servir de preuves si demain un grand procès international s’ouvrait contre l’envahisseur russe ?

      Ce qui est très étonnant en Ukraine est la rapidité et la qualité du travail d’enquête mené. La difficulté maintenant repose sur le fait de croiser toutes ces sources pour que ce soit plus lisible et plus facile à conserver et à utiliser, le moment venu, dans un dossier judiciaire. Les applications dont j’ai parlé permettent d’authentifier les images envoyées par les citoyens, de vérifier leur légendage – le lieu, l’heure, la personne présente, la nature de l’événement, etc. – mais aussi de les conserver de manière pérenne et de les classer pour que ce soit utilisable. Donc tous ces travaux sont faits à plusieurs échelles, nationale et internationale.

      La valeur probatoire de l’image ne se construit que dans le cadre de la confrontation judiciaire. À Nuremberg, à Jérusalem, les images des violences extrêmes perpétrées par les nazis provoquaient surtout un effet de sidération. Aujourd’hui, leur viralité se déploie en amont du procès, dont le rôle est alors de les mettre à distance, de les contextualiser. C’est une responsabilité majeure.

      https://www.justiceinfo.net/fr/152468-nuremberg-les-juges-ne-sont-plus-au-centre-car-cest-lecran-qui-s

    • Filmer, juger. De la Seconde Guerre mondiale à l’invasion de l’Ukraine

      En avril 2022, le président ukrainien Zelensky se rend à Boutcha pour attester, par sa présence, les crimes de guerre commis par l’armée russe. Il annonce qu’il disposera, pour les prouver, de « bien plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale ». En 1945, à Nuremberg, la documentation filmée des « atrocités » avait été déterminante dans la confrontation des nazis à leurs crimes. Depuis, l’instance judiciaire s’est familiarisée avec ce type de pièces à conviction, même si la projection d’images est l’objet de débats. Celui qui filme doit-il respecter certaines règles s’il veut faire preuve ? Un témoignage filmé vaut-il un récit sous serment, fait à la barre d’un tribunal ? Qu’en est-il du statut de vérité des images ? Autant de questions qui ont trouvé à s’illustrer à la Cour pénale internationale de La Haye ou aux États-Unis lors des jugements des violences commises par la police.

      Une forme partagée d’attestation, commune aux démocraties, s’élabore ainsi, sous la forme d’archives qui offrent un appareil à la fois documentaire et critique pour l’écriture d’une histoire immédiate du temps présent.

      https://www.gallimard.fr/catalogue/filmer-juger/9782072996986

  • #Algues_vertes, l’histoire interdite

    Pas moins de 3 hommes et 40 animaux ont été retrouvés morts sur les plages bretonnes. L’identité du tueur est un secret de polichinelle : les algues vertes. Un demi-siècle de fabrique du silence raconté dans une enquête fleuve.Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre Van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

    https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-algues-vertes-l-histoire-interdite/album-algues-vertes-l-histoire-interdite
    #BD #livre #bande-dessinée
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    • Les marées vertes

      Qu’y a-t-il de commun entre les plages de Bretagne, la lagune de Venise, et le littoral chinois de Qingdao ?

      Tous les trois ont fait la « une » des journaux en raison d’impressionnantes « marées vertes », causées par l’accumulation estivale de macroalgues du genre Ulva.

      Ces marées vertes sont la forme la plus visible d’un enrichissement excessif des eaux marines. Cela ne doit pas faire oublier la forme planctonique, bien plus étendue vers le large, qu’on appelle « eaux colorées ». Ces phénomènes peuvent s’avérer dangereux tant pour la faune marine, que pour le promeneur du littoral ou le consommateur de coquillages. Alors quelle est la cause de ce soudain dérèglement ? Peut-on y remédier ?

      Depuis quand y a-t-il des marées vertes ? Est-ce un phénomène permanent ou saisonnier ? Que fait-on pour se débarrasser d’une marée verte déjà formée ? Quels sont les impacts sur l’écosystème marin ? Quelles sont les nuisances pour la société humaine ? Peut-on tirer de l’énergie des algues vertes ? Quelle est l’attitude du monde agricole ? Que fait l’administration pour diminuer la nuisance ? Eaux « rouges » contre marées « vertes » : quelles différences pour l’environnement ?

      Autant de questions auxquelles ce petit livre répond sans complaisance ni catastrophisme, au plus près de la connaissance scientifique actuelle, loin des polémiques qui masquent trop souvent la réalité ! Il intéressera les personnes soucieuses de la qualité de leur environnement côtier.

      https://www.quae.com/produit/1402/9782759225552/les-marees-vertes

  • Un documentaire sur les chasses aux sorcière en Europe qui venait tout juste d’entrer dans « l’époque moderne ». On y apprend qu’au Labourd (partie nord du Pays Basque faisant alors partie du royaume de France), les autorités ecclésiastiques se sont particulièrement « distinguées » en 1609 avec plus de 80 procès en sorcellerie suivis de bûchers, visant des femmes jugées beaucoup trop émancipées par rapport à leurs consœurs du reste de l’Europe de cette époque-là. Avec l’intervention de Mona Chollet dans le documentaire.

    https://www.arte.tv/fr/videos/112345-000-A/sorcieres-chronique-d-un-massacre

    Convoquant les témoignages éclairés de spécialistes de la chasse aux sorcières (historiens, archivistes, anthropologues...) de Bayonne à Lausanne en passant par Strasbourg et Pampelune, et également l’essayiste Mona Chollet, autrice de l’essai best-seller Sorcières – La puissance invaincue des femmes (éd. La Découverte), cette enquête saisissante décrypte les mécanismes cruels, irrationnels et misogynes qui conduisirent quatre-vingts personnes à la mort. Grâce à un habile montage d’entretiens, de reconstitutions tirées du film Les sorcières d’Akelarre (2020) de Pablo Agüero, et de séquences animées, la réalisatrice Marie Thiry (Le chevalier au dragon – Le roman disparu de la Table ronde) souligne à quel point les autorités religieuses et politiques s’en prirent aux femmes, mais aussi aux traditions païennes et aux rites dévolus aux solstices d’été et d’hiver, dont serait issu le fameux balai de la sorcière. Nourrie d’extraits du film La sorcellerie à travers les âges de Benjamin Christensen (1922) et de gravures, animées à partir de celles ornant le livre publié par Pierre de Lancre en 1612, cette étude rigoureuse d’une des faces les plus sombres de la Renaissance rend aussi justice à toutes celles que la folie religieuse et misogyne de cette époque a voulu effacer.

    #église_catholique #religions #christianisme #clergé #misogynie

  • François d’Assise en inventeur du capitalisme
    (c’est un peu ancien, mais réactivé à l’occasion de sa fête en discutant avec quelqu’un qui me la souhaitait)
    https://www.lejdd.fr/Chroniques/Francois-d-Assise-en-inventeur-du-capitalisme-82683

    Le sujet Pauvreté, marginalité, richesse : tels sont les débats qui, dès la fin du XIIe siècle, agitent les cités italiennes et, bientôt, les grands centres urbains de la chrétienté.

    Au cœur du Moyen Age naissent en Occident la question sociale et les théories économiques. Giacomo Todeschini le rappelle dès le début de sa Richesse franciscaine, l’un des essais les plus originaux de cette fin 2008.

    Depuis le XIe siècle, l’Europe, massivement rurale, connaît un début d’exode vers les villes. Une nouvelle urbanisation se développe. Elle ne ressemble à rien de connu et suscite une réflexion intellectuelle et politique inédite dont témoigne l’apparition des premières Universités et d’un personnage nouveau : le marchand voyageur. Celui-ci devient banquier avec l’invention de la lettre de change. L’Occident se trouve alors face à ce que nul n’avait « pensé » : la naissance d’une société de marché où se développe un autre « impensé », la finance. Voici une richesse créée non par un travail visible mais par le jeu de l’espace, du temps et des écritures. Ce dont s’angoissent les marchands eux-mêmes : tout cela est-il moral ?

    Ainsi François d’Assise rompt-il en 1206 avec sa famille marchande. Il choisit la pauvreté radicale sur le modèle de Jésus. Dès 1209 (on fête les huit cents ans l’an prochain) des compagnons s’organisent autour de lui. C’est l’ordre franciscain. Celui-ci repose sur la pauvreté volontaire, refusant les « bénéfices » qui assuraient la vie des monastères. François vit de la mendicité tout en prêchant dans les villes un peuple déraciné. On doit aux franciscains, soit dit en passant, la crèche de Noël.

    Mais on leur doit aussi bien davantage. Giacomo Todeschini suit la genèse d’une de leurs inventions révolutionnaires : celle de la théorie économique. Pour moraliser la richesse, il faut la comprendre. L’historien raconte comment les franciscains décrivirent la circulation de l’argent, la formation des prix, le contrat et les règles du marché.

    L’intérêt
    Critiquant la thèse simpliste selon laquelle la révolution capitaliste aurait été le propre de l’Europe protestante face à une Europe catholique attardée, Giacomo Todeschini montre la vitalité du débat au XIIIe siècle. Les « intellectuels » que sont alors les universitaires franciscains se fondent sur leur expérience de la pauvreté choisie pour opposer l’accumulation « vaine », immobile, des propriétaires fonciers (châtelains, nobles) à la richesse « utile » du capital mobile des marchands. Ce capital, à condition qu’il soit redistribué, contribue à la croissance du « bonheur citadin ». Les conséquences artistiques, culturelles et matérielles de ce choix seront considérables.

    Richesse franciscaine, de Giacomo Todeschini. Traduit de l’italien par Nathalie Gailius et Roberto Nigro, Verdier poche, 281 p., 13,80

    • Giacomo Todeschini, Richesse franciscaine , De la pauvreté volontaire à la société de marché. Trad. de l’italien par N. Gailius et R. Nigro. Verdier, 2008, 280 pages, 13,80 € | Cairn.info
      https://shs.cairn.info/revue-etudes-2009-4-page-XXXVI

      Voici le récit, bien écrit et documenté, de la genèse paradoxale de l’économie de marché à partir de la pauvreté radicale voulue par saint François d’Assise. Le titre est donc faux qui ne parle de richesse franciscaine que par antiphrase. Le sous-titre prête au contre-sens puisqu’il s’agit non pas de la société de marché anonyme d’aujourd’hui, mais de la communauté de marché, cet espace social où tous les partenaires se connaissent, assument les responsabilités de leur état, inspirent confiance, et où les « infidèles » sont tout simplement ceux à qui on ne peut pas se fier (les marginaux, les avares, les prodigues, les adeptes d’une autre religion). L’histoire commence au xi e siècle par la critique cistercienne des dépenses somptuaires improductives des clunisiens. Elle se poursuit par la réhabilitation des marchands qui fournissent à la communauté ce qu’elle ne produit pas elle-même ; c’est sur cette première vague d’urbanisation occidentale que surfe le mouvement franciscain : la proscription de toute propriété, l’interdiction de toucher à l’argent permet aux économistes franciscains de comprendre, par expérience, que la valeur n’est pas liée à la propriété mais aux besoins singuliers. Ce qui conduira les théologiens franciscains à justifier non seulement le commerce productif, mais encore les rentes d’Etat, et de créer les premiers Monts de piété. Cet ouvrage peut cependant induire en erreur : loin de canoniser les prix erratiques qui s’établissent sur les marchés, la réflexion franciscaine pointe très classiquement vers « l’évaluation commune » des marchandises, c’est-à-dire l’estimation qui offre les conditions d’une vie honnête à chacun des membres de la communauté.

    • Sur un sujet très proche, je viens de lire le très intéressant ouvrage de Mathieu Arnoux, Un monde sans ressources. Besoin et société eu Europe (XIe-XIVe siècles) chez Albin Michel (2021). Du reste il parle essentiellement de Paris, de l’Ile de France et de la Bourgogne, notamment par une description assez fascinante du modèle économique cistercien. Sa thèse est que ce monde sans ressources des XI-XIVe s. a néanmoins permis un essor démographique et économique sans précédent, notamment avec la croissance de Paris qui atteint 250-300.000 habitants à la veille de la Guerre de Cent ans. Il montre que cela est permis par une rationalisation remarquable de l’exploitation des ressources naturelles (notamment la production de blé, mais aussi les eaux puis l’air avec le développement de moulins de plus en plus performants).
      Pour autant, il montre que l’époque ne connait pas la notion de ressources telles qu’elle a été pensée depuis les Physiocrates au XVIIIe s. On parle et on discute alors de « besoins » notamment chez les Franciscains justement et la pauvreté qui implique la sobriété est le revers de cette productivité impressionnante du milieu naturel du bassin parisien. Mais il est clair que chez les Cisterciens s’inventent des logiques de productivité, qui marque selon lui une première dynamique industrielle européenne, impliquant une accumulation productive des richesses et préfigurant aussi une logique industrielle capitaliste.
      Un autre aspect très intéressant, qui constitue selon lui comme un premier acte de la révolution industrielle, est l’advenue de l’architecture gothique, dont l’originalité consiste notamment dans l’accélération de l’utilisation du fer (et du plomb), non seulement pour les vitraux mais aussi pour des broches et agrafes permettant à cette architecture de l’instabilité de rester debout (ce n’est pas uniquement une histoire d’arcs boutants). La puissance calorique nécessaire pour forger ces pièces métalliques reste alors dépendante du bois et du charbon de bois mais augmente fortement l’empreinte écologique urbaine, poussant ce monde vers la limite. Les catastrophes politique (Guerre de cent ans) et épidémiologique (peste de 1348) vont ralentir cet élan et le rétablissement, lent et entrecoupé d’acoups, jusqu’au XVIIIe s. entravera l’essor de la consommation des ressources.

  • Les monastères : deux millénaires d’utopie ?
    https://lvsl.fr/les-monasteres-deux-millenaires-dutopie

    Deux mille ans d’histoire des monastères chrétiens peuvent-ils constituer une source d’inspiration pour les militants progressistes ? C’est le pari du journaliste #Timothée_de_Rauglaudre, qui jette un regard original sur cette institution dans #La_grâce_politique_du_monastère. Une utopie pour notre temps (Seuil, 2025). L’idée est provocatrice. Si elle a peu de chance de convaincre les matérialistes endurcis, du moins éveillera-t-elle leur intérêt. Analyse.

    #Idées #christianisme #écologie #Église_catholique #ZAD

  • #Payer_la_terre. À la rencontre des premières nations des #Territoires_du_Nord-Ouest_canadien

    En 2015, Joe Sacco s’est rendu par deux fois dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, au-dessous de l’Arctique. Il est allé à la rencontre des Denes, un peuple autochtone. L’auteur nous raconte l’histoire de ce peuple, ses traditions, restées intactes pour certaines, les premières rencontres avec les Anglais.
    Pendant longtemps, les peuples indigènes du Grand Nord, vivant sur des terres non propices à la colonisation agricole, restèrent livrés à eux-mêmes, jusqu’à ce que la découverte de pétrole et d’or incite le gouvernement à officialiser son autorité sur eux, comme sur leurs terres. À cette période, les autorités s’appropriaient les territoires, non plus par les massacres, mais cliniquement, méthodiquement, et de façon administrative – grâce à des traités.
    En lisant ceux-ci, on n’échappe pas à l’impression que les « Indiens » ont donné la terre où ils vivaient en échange de la promesse d’une annuité de quelques dollars, de quelques outils et de médailles pour ceux qui se disaient leurs chefs. Aujourd’hui, la fracturation hydraulique ajoute la pollution à la spoliation initiale.

    https://www.futuropolis.fr/9782754818551/payer-la-terre.html
    #BD #livre #bande-dessinée
    #Joe_Sacco #Canada #peuples_autochtones #Dene
    #nature #forêt #nomadisme #environnement #montagne #animaux #humilité #fracturation_hydraulique #fracking #pétrole #Territoires_du_Nord-Ouest #industrie_pétrolière #Compagnie_de_la_Baie_d'Huston #extractivisme #conflits #résistance #travail #alcoolisme #drogue #alcool #argent #éducation #champs_pétroliers #exploitation_minière #développement #gaz_naturel #Sahtu #Mackenzie_Valley_Land_and_Water_Board #missionnaires #Eglise_catholique #religion #spiritualité #communauté #mines #uranium #ski-doo #fourrures #or #Traité_8 #Traité_11 #René_Fumoleau #oralité #tradition_orale #Wunk_Sheek #Fraternité_indienne_des_Territoires_du_Nord-Ouest #Denedeh #affaire_Paulette #François_Paulette #justice #combat_juridique #gazoduc #prise_de_conscience #identité #Fort_Simpson #Nation_dene #diamants #prospection #droits_miniers #accords_territoriaux #quantum #autonomie_gouvernementale #Fraternité_indienne #logement #harcèlement_policier #Hire_North #Accord_tlicho #colonisation #sédentarisation #genre #langue #violence_domestique #maltraitance #abus_sexuels #suicide #scolarisation #évangélisation #pensionnats #assimilation #acculturation #pensionnats_autochtones #christianisation #châtiments_physiques #commission_de_vérité_et_conciliation #viols #travail_salarié #excuses #génocide_culturel #souffrance #traumatisme #dédommagement #inceste #colère #déculturation #parentalité #Trout_lake #aides_sociales #revendication_territoriale #différend_territorial #Colombie-Britannique #Yukon #Fort_Liard #mer_de_Beaufort #Inuvik #racisme #identité #violence_relationnelle #Dene_Nahjo #Idle_No_More #déracinement #capitalisme #genre #dépossession #mine_Giant #complexe_d'infériorité

    • ’My work is not finished’ : #François_Paulette named officer of Order of Canada

      Denesuline elder has long advocated for Indigenous and treaty rights

      Denesuline Elder François Paulette has many accomplishments under his belt. He’s an educator, activist, spiritualist, father, grandfather, former chief, and a traditional knowledge holder.

      Now he can add one more title to his name — officer of the Order of Canada.

      The national order recognizes people who have made extraordinary contributions to the country. Paulette is among 120 people — six from the North — who are being honoured this year. He is being recognized for his longtime contributions to treaty and Indigenous rights and his promotion of circumpolar health research.

      “My biggest job has always been protecting the Earth and the water. And that’s always for the future of the children. And also the rights of Indigenous people, treaty rights,” he said.

      But Paulette, who is a member of the Smith’s Landing First Nation, said he’s not one for medals and awards. When he learned he was an Order of Canada recipient, he said he had to think about whether or not to accept the honour. He ultimately decided to do it for his 10 grandchildren.

      “It’s not in my blood to get recognition, at least from the Canadian government or the Crown for the work I’ve done, because my work is all about protecting Mother Earth and working on rights of Indigenous people,” he said.

      For Paulette, one of his proudest accomplishments is moving back to his home community where he and his wife built a log home and raised their children in a contemporary-traditional lifestyle.

      “It was a sense of renewal for me,” he said.

      Paulette was born in April 1949, near Fort Fitzgerald, Alta, and lived there until his community was relocated to Fort Smith, N.W.T., by the federal government beginning in 1959.

      Paulette said he’s also proud of his work negotiating outstanding Crown treaty obligations.

      In 1969, Paulette was one of the founding members of the Indian Brotherhood of the Northwest Territories — renamed the Dene Nation in 1978 — which was formed in opposition to The White Paper. That federal document proposed terminating existing treaties and assimilating Indigenous people in Canada.

      A turning point for the Dene

      In 1971, Paulette became the youngest chief in the territory at that time. The following year, he was part of the Paulette Case, something he said was a “turning point for the Dene.”

      In that case, Paulette and 16 other chiefs from the Mackenzie Valley, challenged the Canadian government to recognize Indigenous title to over 1,165,494 square kilometres of land in the N.W.T. They filed a caveat arguing the Dene didn’t surrender their rights or land when they signed Treaty 8 and Treaty 11 and sought to prevent construction of the proposed Mackenzie Valley Gas Pipeline.

      In 1973, Supreme Court Justice William Morrow ruled that the chiefs had established a case for claiming rights to the land. While the ability to register the caveat was overturned by the Supreme Court of Canada, Morrow’s findings regarding Indigenous rights were upheld. The case also helped prompt the Berger Inquiry, which led to a moratorium on the proposed gas pipeline.

      “I think that turned the page of how the Dene were to begin to negotiate … Canada’s outstanding obligation to the First Nations,” Paulette said.

      Paulette said he is also proud to have been one of the delegates that travelled to Geneva, Switzerland, in 1977, to begin talks that led to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

      “That was nice to see that eventually unfold and be recognized by the world.”

      Since then, Paulette has been involved with the Institute for Circumpolar Health Research and is now an adjunct professor at the University of Alberta’s School of Public Health. He has also travelled around the globe speaking to people about Indigenous and treaty rights, spiritualism, healing and environmental protection.

      “If this little token of, this Order of Canada can elevate my profile, I will continue,” he said. “My life in that way is not going to change, my work is not finished.”

      Paulette will be honoured by the Order of Canada at a ceremony in Ottawa later this year.

      https://www.cbc.ca/news/canada/north/francois-paulette-order-of-canada-1.5413265

  • L’industrie “verte” s’accapare les terres des #Samis, dernier peuple autochtone d’Europe

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’#élevage traditionnel de #rennes »

    Installé depuis près de 10 000 ans en #Laponie, les Samis sont considérés comme le dernier peuple autochtone d’Europe. Mais leur activité traditionnelle, l’élevage de rennes, est menacée par des projets industriels présentés comme essentiels à la croissance verte.

    La #colonisation des territoires Samis

    Pendant près de 10 000 ans, les Samis et leurs ancêtres ont vécu sur un territoire appelé #Sápmi, à cheval entre la #Norvège, la #Suède, la #Finlande et la #péninsule_de_Kola (#Russie). Nomades vivants en petits groupes familiaux, les Samis étaient animistes et vivaient de cueillette, de pêche et de chasse aux rennes sauvages.

    Ils occupaient une zone difficile à contrôler par des États, relativement à l’écart des dynamiques de #sédentarisation, de construction étatique et de #christianisation du reste de l’Europe.

    Mais à partir du XVIIe siècle, les royaumes scandinaves s’étendent vers le nord et cherchent à intégrer le Sápmi à leurs frontières. Les Samis, appelés péjorativement Lapons – d’où le terme Laponie -, subissent alors la soumission à l’impôt, la christianisation forcée et sont chassés de leurs terres.

    L’intensification des interactions entre les Samis et les Scandinaves, décuple aussi la pression sur les #écosystèmes. Pour faire face à la baisse du nombre de proies sauvages et à l’intégration progressive dans un système marchand, les chasseurs de rennes se convertissent à l’élevage.

    Au XIXe siècle, des #mines, des #lignes_ferroviaires et des #villes se développent pour exploiter le riche #sous-sol du Sápmi. La région perd sa difficulté d’accès et se peuple de Scandinaves. En parallèle, les Samis subissent la politique de « #norvégianisation ».

    « Ils ont été méprisés, cette politique les obligeait à parler uniquement norvégien et visait à éradiquer leur #culture », explique Marie Roué, éco-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS et au Muséum National d’Histoire Naturelle, pour La Relève et La Peste.

    Au XXe siècle, l’exploitation du Grand Nord devient l’un des principaux moteurs de croissance des États scandinaves. Les Samis sont chassés de leurs terres pour l’#exploitation_minière, les #barrages_hydrauliques engloutissent des #pâturages, l’#exploitation_forestière s’industrialise.

    Le 11 octobre 2021, la Cour suprême de Norvège conclut que deux #parcs_éoliens violent les droits du peuple Sami. Deux ans plus tard, en octobre 2023, une centaine de militants samis, habillés en tenue traditionnelle, bloquent à plusieurs reprises l’entrée de ministères pour réclamer le démantèlement des éoliennes toujours en activité.

    La militante suédoise Greta Thunberg, qui a rejoint la lutte, dénonce alors une « colonisation systématique », ajoutant que « la violation des #droits_humains et l’#oppression demeurent une réalité pour les Samis aujourd’hui ».

    Entre adaptation et conservation d’un mode de vie

    Face à ces bouleversements les Samis ont dû s’adapter tout en essayant de conserver leurs modes de vie. Certains, vivant près des côtes, ont dû se spécialiser dans la pêche, d’autres dans l’élevage de rennes.

    Aujourd’hui moins de 10 % des 80 000 à 100 000 samis, vivent encore de cette activité. Les éleveurs restants ont dû augmenter la taille de leurs troupeaux : notamment pour investir dans les voitures et motoneiges aujourd’hui essentielles à l’élevage. Beaucoup ont également une activité annexe, souvent liées au #tourisme.

    « Ils maintiennent souvent une multi activité pour ne pas être dépendants ni d’une ressource, ni d’un marché. Ils ont donc une très forte résilience, explique Marie Roué. Aujourd’hui, c’est une économie mixte. C’est une continuation d’une #tradition et en même temps une adaptation à l’époque moderne. Les éleveurs continuent à manger leurs rennes et à utiliser la peau, mais la vendent aussi comme viande de boucherie. »

    « Je mange de la viande de renne, et ma femme fait des chaussures avec la peau » témoigne Per Olof Kuhmunen, éleveur de rennes dans le nord de la Suède, pour la Relève et La Peste.

    Avec son épouse, ils passent l’été près des #montagnes du parc national de #Sarek où paissent les rennes. Ils vivent dans des mobil-homes modernes, à côté des anciennes #goahti, des huttes à armatures de bois, recouvertes de mousses, de tourbe ou de terre.

    Tandis que Per Olof part durant plusieurs jours pour marquer les jeunes rennes dans la montagne, sa compagne pêche dans le grand lac à côté du campement. L’hiver, ils habitent dans la ville de Jokkmokk, peuplée par de nombreux éleveurs de rennes Samis.

    Si une petite minorité de Samis sont encore éleveurs de rennes, ces cervidés continuent d’occuper une place centrale dans leur culture. La perte de pâturage au profit d’autres activités économiques – minières, forestières ou production d’électricité – est ainsi mise en avant pour illustrer les menaces qui pèsent sur l’ensemble des Samis.

    L’étau du #colonialisme_vert et le réchauffement climatique

    La pratique du pastoralisme semi-nomade rend les Samis dépendants des conditions de pâturage et de circulation des troupeaux sur de vastes territoires. Ainsi, dans le nord de la Suède, les rennes pâturent l’été dans les montagnes et descendent passer l’hiver dans les forêts.

    Ils subissent donc l’industrialisation de la gestion forestière qui détruit les lichens dont se nourrissent les rennes. Ils sont aussi impactés par les conséquences de l’exploitation minière qui empiète sur leurs territoires, coupant les voies de migration des rennes.

    Ces mines sont aujourd’hui présentées comme essentielles à la transition énergétique et comme neutres en carbone. La société Beowulf Mining, qui prévoit d’exploiter la mine de fer de Gállok, près de Jokkmokk, promet ainsi une « exploitation minière durable alimentée par de l’électricité renouvelable. »

    « Une mine dans cette zone causerait des dommages environnementaux graves et irréversibles, avec des conséquences considérables pour la faune, les communautés locales et, en particulier, pour l’élevage traditionnel de rennes » réplique le groupe Jåhkågaska tjiellde, la communauté sami locale.

    La justification de l’exploitation des territoires samis par le développement durable est également très utilisée dans le pays voisin.

    « En Norvège, le principal problème réside dans les éoliennes, mais aussi dans l’exploitation minière. Nous luttons contre le « colonialisme vert » », affirme Petter, Sami habitant le comté de Troms, dans le nord de la Norvège.

    Deux parcs éoliens ont par exemple été construits par le groupe énergétique public Statkraft sur des zones d’élevage de rennes de la péninsule de Fosen, à l’ouest du pays. La construction de ces 151 éoliennes a été déclarée illégale en 2021 par la Cour suprême de Norvège, les juges estimant que « les parcs éoliens portaient atteinte au droit des éleveurs de rennes à jouir de leur propre culture ».

    « En juillet 2025, près de quatre ans après la décision, les éoliennes fonctionnent toujours », constate pourtant Petter. « Le gouvernement ne respecte pas la décision de la Cour suprême » ajoute ce militant, qui lutte aussi contre un projet de mine de cuivre, matériau très prisé pour la transition énergétique.

    En effet, si l’économie norvégienne repose en grande partie sur l’exportation de pétrole et de gaz naturel, le pays se présente désormais comme un champion de la décarbonation. Près de la moitié du mix énergétique intérieur repose sur l’électricité, dont environ 90 % provient de l’hydroélectrique.

    « La Norvège et la Suède ont construit toute leur richesse de l’extractivisme dans les territoires samis, explique Marie Roué. Le pétrole a rendu les Norvégiens riches et ils le savent. Aujourd’hui il y a une volonté d’exploiter les ressources jusqu’au bout pour conserver leur niveau de vie. »

    Pour la chercheuse, l’exploitation des territoires samis pour des projets éoliens, miniers et hydroélectriques se place dans la continuité de l’histoire coloniale du Sápmi.

    « La Norvège prétend imposer un verdissement de sa politique, dénonce-t-elle. Mais comme par hasard, ça veut dire 150 éoliennes sur un territoire d’élevage de renne sami. En réalité, c’est un colonialisme vert. »

    En parallèle, les éleveurs de rennes samis subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique, la région Arctique se réchauffant deux fois plus vite que le reste du globe.

    Les redoux et les pluies hivernales provoquent des épisodes de fonte des neiges puis de regel, créant une couche de glace empêchant aux rennes d’accéder au lichen dont ils se nourrissent, ce qui obligent les éleveurs à acheter des aliments pour leurs animaux.

    Dans leur ouvrage Future in Sápmi (AgroParisTech, 2025), Marie Roué et ses quatre coéditeurs mentionnent l’inquiétude des samis face à cette double menace climatique et coloniale. Mais les chercheurs soulignent aussi les résistances : car les Samis tentent de s’organiser collectivement pour obtenir le droit à la terre.

    « Ces projets d’exploitation alimentent aussi les revendications à plus d’autonomie et les luttes pour affirmer les droits autochtones au sein de sociétés dominantes » affirment-ils.

    https://lareleveetlapeste.fr/lindustrie-verte-saccapare-les-terres-des-samis-dernier-peuple-aut
    #peuples_autochtones #barrages_hydroélectriques #exploitation #extractivisme #Scandinavie #énergie #énergie_verte #green-washing #menaces #industrialisation #forêt #exploitation_minière #transition_énergétique #Beowulf_Mining #Jokkmokk #Gállok #énergie_éolienne #éoliennes #résistance #Statkraft #Fosen #cuivre #décarbonation #électricité #pétrole #climat #changement_climatique #droits #autonomie

    ping @reka

  • “Apocalypse in the Tropics”: Brazilian Filmmaker on Evangelicals, Bolsonaro & Trump’s Tariff Threat
    https://www.democracynow.org/2025/7/10/apocalypse_in_the_tropics_petra_costa?jwsource=cl

    Brazilian filmmaker Petra Costa’s latest documentary, Apocalypse in the Tropics, explores the impact of evangelical Christianity on Brazil’s political landscape. Once a small minority, evangelicals now constitute about 30% of Brazil’s population and played a key role in the rise of former far-right President Jair Bolsonaro. “It’s one of the fastest-growing religious shifts in the history of mankind,” Costa tells Democracy Now! She says right-wing evangelicalism in Brazil is largely a U.S. import, after Washington sought to undermine the influence of left-wing Catholic teachings during the Cold War.

    U.S. President Donald Trump on Wednesday threatened to impose 50% tariffs on Brazil, partly as retribution for what he calls the “witch hunt” against Bolsonaro, now facing trial in Brazil for an alleged coup attempt following his defeat in the 2022 presidential election to Luiz Inácio Lula da Silva.

    Apocalypse in the Tropics is available on Netflix starting July 14. Costa’s previous film, The Edge of Democracy, was nominated for an Academy Award for Best Documentary Feature.

    Partie 2
    https://www.democracynow.org/2025/7/10/trump_of_the_tropics_filmmaker_petra

    #Brésil #christiannisme #apocalypse #rapture #enlèvement #politique #Israel #extrême_droite

  • Stop Netanyahu Before He Gets Us All Killed

    via https://diasp.eu/p/17700907

    We could soon see several nuclear powers pitted against each other and dragging the world closer to nuclear annihilation.

    https://www.commondreams.org/opinion/netanyahu-war-on-iran

    Jeffrey D. Sachs & Sybil Fares
    Jun 16, 2025, Common Dreams

    For nearly 30 years, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu has driven the #Middle_East into war and destruction. The man is a powder keg of violence. Throughout all the wars that he has championed, Netanyahu has always dreamed of the big one: to defeat and overthrow the Iranian Government. His long-sought war, just launched, might just get us all killed in a nuclear Armageddon, unless Netanyahu is stopped.

    #Netanyahu’s fixation on war goes back to his extremist mentors, Ze’ev Jabotinsky, Yitzhak (...)

    • (... #Netanyahu’s fixation on war goes back to his extremist mentors, Ze’ev Jabotinsky, Yitzhak) Shamir, and Menachem Begin. The older generation believed that Zionists should use whatever violence–wars, #assassinations, terror–is needed to achieve their aims of eliminating any Palestinian claim to a #homeland.

      The founders of Netanyahu’s political movement, the Likud, called for exclusive Zionist control over all of what had been British Mandatory Palestine. At the start of the British Mandate in the early 1920s, the #Muslim and #Christian Arabs constituted roughly 87% of the #population and owned ten times more land than the Jewish population. As of 1948, the Arabs still outnumbered the Jews roughly two to one. Nonetheless, the founding charter of #Likud (1977) declared that “between the Sea and the Jordan there will only be Israeli sovereignty.” The now infamous chant, “from the River to the Sea,” which is characterized as anti-Semitic, turns out to be the anti-Palestinian rallying call of the Likud.

      Israel’s war on Iran is the final move in a decades-old strategy. We are witnessing the culmination of decades of extremist #Zionist manipulation of US foreign policy.

      The challenge for Likud was how to pursue its maximalist aims despite their blatant illegality under international law and morality, both of which call for a two-state solution.

      In 1996, Netanyahu and his American advisors devised a “Clean Break” strategy . They advocated that Israel would not withdraw from the Palestinian lands captured in the 1967 war in exchange for regional peace. Instead, Israel would reshape the Middle East to its liking. Crucially, the strategy envisioned the US as the main force to achieve these aims—waging wars in the region to dismantle governments opposed to Israel’s dominance over Palestine. The US was called upon to fight wars on Israel’s behalf.

      The Clean Break strategy was effectively carried out by the US and Israel after 9/11. As NATO Supreme Commander General Wesley Clark revealed, soon after 9/11, the US planned to “attack and destroy the governments in seven countries in five years—starting with Iraq, then Syria, Lebanon, Libya, Somalia, Sudan, and Iran.”

      The first of the wars, in early 2003, was to topple the Iraqi government. Plans for further wars were delayed as the US became mired in Iraq. Still, the US supported Sudan’s split in 2005, Israel’s invasion of Lebanon in 2006, and Ethiopia’s incursion into Somalia that same year. In 2011, the Obama administration launched CIA operation Timber Sycamore against Syria and, with the UK and France, overthrew Libya’s government through a 2011 bombing campaign. Today, these countries lie in ruins, and many are now embroiled in civil wars.

      Netanyahu was a cheerleader of these wars of choice–either in public or behind the scenes–together with his neocon allies in the U.S. Government including Paul Wolfowitz, Douglas Feith, Victoria Nuland, Hillary Clinton, Joe Biden, Richard Perle, Elliott Abrams, and others.

      Testifying in the U.S. Congress in 2002, Netanyahu pitched for the disastrous war in Iraq, declaring “If you take out Saddam, Saddam’s regime, I guarantee you that it will have enormous positive reverberations on the region.” He continued, “And I think that people sitting right next door in Iran, young people, and many others, will say the time of such regimes, of such despots is gone.” He also falsely told Congress, “There is no question whatsoever that Saddam is seeking, is working, is advancing towards to the development of nuclear weapons.”

      The slogan to remake a “New Middle East” provides the slogan for these wars. Initially stated in 1996 through “Clean Break,” it was popularized by Secretary Condoleezza Rice in 2006. As Israel was brutally bombarding Lebanon, Rice stated:

      “What we’re seeing here, in a sense, is the growing – the birth pangs of a new Middle East and whatever we do we have to be certain that we’re pushing forward to the new Middle East not going back to the old one.”

      In September 2023, Netanyahu presented at UN General Assembly a map of the “New Middle East” completely erasing a Palestinian state. In September 2024, he elaborated on this plan by showing two maps: one part of the Middle East a “blessing,” and the other–including Lebanon, Syria, Iraq, and Iran–a curse, as he advocated regime change in the latter countries.

      Israel’s war on Iran is the final move in a decades-old strategy. We are witnessing the culmination of decades of extremist Zionist manipulation of US foreign policy.

      The premise of Israel’s attack on Iran is the claim that Iran is on the verge of acquiring nuclear weapons. Such a claim is fatuous since Iran has repeatedly called for negotiations precisely to remove the nuclear option in return for an end to the decades of US sanctions.

      Since 1992, Netanyahu and his supporters have claimed that Iran will become a nuclear power “in a few years." In 1995, Israeli officials and their US backers declared a 5-year timeline. In 2003, Israel’s Director of Military Intelligence said that Iran will be a nuclear power “by the summer of 2004.” In 2005, the head of Mossad said that Iran could build the bomb in less than 3 years. In 2012, Netanyahu claimed at the United Nations that “it’s only a few months, possibly a few weeks before they get enough enriched uranium for the first bomb.” And on and on.

      This 30-year-plus pattern of shifting deadlines has marked a deliberate strategy, not a failure in prophecy. The claims are propaganda; there is always an “existential threat.” More importantly, there is Netanyahu’s phony claim that #negotiations with Iran are useless.

      #Iran has repeatedly said that it does not want a nuclear weapon and that it has long been prepared to negotiate. In October 2003, Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei issued a fatwa forbidding the production and use of nuclear arms—a ruling later officially cited by Iran at an IAEA meeting in Vienna in August 2005 and referenced since as a religious and legal barrier to pursuing nuclear weapons.

      Even for those skeptical of Iran’s intentions, Iran has consistently advocated for a negotiated agreement supported by independent international verification. In contrast, the Zionist lobby has opposed any such settlements, urging the US to maintain sanctions and reject deals that would allow strict #IAEA monitoring in exchange for lifting sanctions.

      In 2016, the Obama Administration, together with the UK, France, Germany, China, and Russia, reached the Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) with Iran—a landmark agreement to strictly monitor Iran’s nuclear program in exchange for sanctions relief. Yet, under relentless pressure from Netanyahu and the Zionist lobby, President Trump withdrew from the deal in 2018. Predictably, when Iran responded by expanding its uranium enrichment, it was blamed for violating an agreement that the US itself had abandoned. The double-standard and propaganda is hard to miss.

      On April 11, 2021, Israel’s Mossad attacked Iran’s nuclear facilities in Natanz. Following the attack, on April 16, Iran announced that it would increase its uranium enrichment further, as bargaining leverage, while repeatedly appealing for renewed negotiations on a deal like the JCPOA. The Biden Administration rejected all such negotiations.

      At the start of his second term, Trump agreed to open a new negotiation with Iran. Iran pledged to renounce nuclear arms and to be subject to IAEA inspections but reserved the right to enrich uranium for civilian purposes. The Trump Administration appeared to agree to this point but then reversed itself. Since then, there have been five rounds of negotiations, with both sides reporting progress on each occasion.

      The sixth round was ostensibly to take place on Sunday, June 15. Instead, Israel launched a preemptive war on Iran on June 12. Trump confirmed that the US knew of the attack in advance, even as the administration was speaking publicly of the upcoming negotiations.

      Israel’s attack was made not only in the midst of negotiations that were making progress, but days before a scheduled UN Conference on Palestine that would have advanced the cause of the two-state solution. That conference has now been postponed.

      Israel’s attack on Iran now threatens to escalate to a full-fledged war that draws in the US and Europe on the side of Israel and Russia and perhaps Pakistan on the side of Iran. We could soon see several nuclear powers pitted against each other and dragging the world closer to nuclear annihilation. The Doomsday Clock is at 89 seconds to midnight, the closest to nuclear Armageddon since the clock was launched in 1947.

      Over the past 30 years, Netanyahu and his US backers have destroyed or destabilized a 4,000-km swath of countries stretching across North Africa, the Horn of #Africa, the Eastern #Mediterranean, and Western #Asia. Their aim has been to block a Palestinian State by overthrowing governments supporting the Palestinian cause. The world deserves better than this extremism. More than 170 countries in the UN have called for the two-state solution and regional stability. That makes more sense than Israel bringing the world to the brink of nuclear #Armageddon in pursuit of its illegal and extremist aims.

      #Sionisme #Israel #États-Unis #Palestine

  • Nouvelle-Calédonie : le leader indépendantiste kanak Christian Tein remis en liberté - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20250612-nouvelle-cal%C3%A9donie-le-leader-ind%C3%A9pendantiste-kanak-christian-

    Le leader indépendantiste kanak Christian Tein, en détention provisoire depuis un an dans l’enquête sur les émeutes mortelles en Nouvelle-Calédonie au printemps 2024, a été libéré jeudi 12 juin par la cour d’appel de Paris. Les trois juges d’instruction du tribunal de Paris, chargés des investigations, avaient ordonné le 3 juin la remise en liberté sous contrôle judiciaire du militant de 57 ans. Mais le parquet s’y était opposé, estimant que Christian Tein avait joué un rôle central dans les émeutes qui ont éclaté le 13 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie, faisant 14 morts, dont deux gendarmes, et plus de deux milliards d’euros de dégâts.

    • « Ils font tout pour m’isoler de mon pays » : le leader indépendantiste de Nouvelle-Calédonie Christian Tein accuse le gouvernement de retarder délibérément l’émission de son passeport
      https://www.liberation.fr/politique/ils-font-tout-pour-misoler-de-mon-pays-le-leader-independantiste-christia

      Autorisé par la justice en octobre à retourner en Nouvelle-Calédonie, le président du #FLNKS, mis en examen notamment pour vols en bande organisée avec arme et association de malfaiteurs, reste bloqué en métropole, faute de papiers.

      Placé en détention en juin 2024, Christian Tein, 57 ans, avait pu sortir de prison un an plus tard. Fin septembre, les juges d’instruction avaient assoupli son contrôle judiciaire, l’autorisant à rentrer dans l’archipel, mais le parquet avait fait appel. En octobre, il a finalement bien été autorisé à retourner en Nouvelle-Calédonie.

      [...]

      « Nous avons oublié les valeurs des droits humains. La valeur que, quand on inculpe quelqu’un, cela est basé sur des preuves, des preuves qui sont bien fondées. Mais ils ont tout fait pour m’isoler de mon pays », déplore Christian Tein auprès du Guardian. Avant d’ajouter : « J’espère que [le système judiciaire français] trouvera des façons et des moyens de nous blanchir de cette injustice dont on a souffert. »

      « L’indépendance, notre seule ambition »

      #Christian_Tein dénonce également ses conditions de détention en France. « Une année à l’isolement, c’était très, très dur », souligne-t-il. « Psychologiquement, on ne sort jamais indemne d’une telle situation », confie-t-il encore au journal britannique.

  • Manifest Destinies - The Tangled History of American and Israeli Exceptionalism
    https://www.thenation.com/article/archive/amy-kaplan-our-american-israel-book-review

    Un livre sur les croyances incroyables des chrétiens états-uniens.

    John Kennedy and David Ben-Gurion, 1961

    3.6.2025 by Rashid Khalidi - The American publishing industry does not skimp when it comes to Israel. It has provided us with bookshelves groaning with hagiographies of generations of Israeli leaders, acres of glossy coffee-table books lauding the Israeli miracle in the desert, and a plethora of studies of Israel and its relations with the world.

    In the last category, studies of Israel’s relationship with the United States have a special place. Most are informed by a deep sympathy with Israel and staunchly defend the closest possible partnership between the two countries, even if they are occasionally critical of each other’s excesses. Much of this writing is by political scientists or former diplomats, whether Israeli or American, and concentrates on diplomacy and strategy.

    The better books in this extensive literature have a narrow temporal focus, like Michelle Mart’s Eye on Israel and Peter Grose’s Israel in the Mind of America, or take an international-relations approach, like Camille Mansour’s Beyond Alliance, John Judis’s Genesis, and Irene Gendzier’s Dying to Forget. As a result, even the best of these studies often ignore the cultural, intellectual, religious, and emotional forces that have also played a role in shaping Israeli-US relations since the end of World War II.

    Amy Kaplan’s Our American Israel: The Story of an Entangled Alliance helps fill that void. A tour de force of both history and cultural studies, it is the first work to describe, fully and rigorously, America’s relationship with Israel in terms of the profound cultural ties that bind the two countries so closely together and to examine their evolving relationship over several generations. The title of Kaplan’s book is extremely telling: This is a story of how a national and colonial settler project in a distant and seemingly exotic part of the world was normalized and Americanized to the point that, in the American imagination, Israelis are seen as close kin. In a certain sense, for many Americans, Israel is a part of us.

    Amy Kaplan is a historian of American culture and intellectual life at the University of Pennsylvania. Her work is widely respected among scholars in the field for its perceptive understanding of the crucial role of culture in history, and here she offers an exemplary examination of how American exceptionalism and the sense of Israel as a special place and people fostered by Zionism have mirrored each other. For Kaplan, this explains a crucial aspect of the extraordinary affinity between the two peoples: They share a belief that their nation’s existence was divinely ordained and that it is therefore exempt from the rules that apply to other nations.

    In explaining this affinity, Kaplan draws on the two peoples’ parallel pioneering mythologies and their similarly disdainful views of the indigenous populations in the lands they rule over. She shows that American and Israeli forms of exceptionalism intersect in many ways—not just in the manner in which both countries understand their respective manifest destinies but also in the material means by which they have realized them through systematic colonization and the suppression of indigenous populations. Kaplan stresses the crucial importance of this process of suppression in the paradoxical victim-and-victor image that Israel has long enjoyed in the United States. Emphasizing the consequences of this long-standing sympathetic view of Israel for the usually invisible third party to this triangle—the Palestinian people—she also notes how the negative image of Palestinians in the American mind was largely shaped by hostile Israeli views of them, as well as by American Islamophobia and Arabophobia.

    Many aspects of Our American Israel are revelatory, even for those who have long been immersed in this topic. Kaplan’s discussion of Leon Uris’s novel Exodus, as well as its film adaptation, places both hugely influential works precisely where they belong: firmly at the center of an entire generation’s understanding not just of Israel but of the entire Middle East. As Kaplan points out, a lyric from the theme song for the film—“This land is mine, / God gave this land to me”—is perhaps one of the most concise and gripping pieces of political persuasion about colonization, grounding territorial conquest in a divine injunction. Similarly brilliant is Kaplan’s analysis of the striking success of Joan Peters’s 1984 book From Time Immemorial, which had a powerful impact in persuading all those eager to believe that the Palestinians never existed as a distinct people, although reputable scholars universally debunked the book’s argument.

    Among the other notable aspects of Our American Israel is Kaplan’s perceptive reading of how the 1982 Israeli invasion of Lebanon, the subsequent massacres in the Sabra and Shatila refugee camps, and the outbreak, five years later, of the first Palestinian intifada reshaped American views of Israel and the Middle East. While the Palestinians—erased from public consciousness after the 1948 Nakba (Catastrophe), the brutal forced exodus of hundreds of thousands from their homes during the war that led to Israel’s creation—were able to draw international attention to their cause in the 1960s and ’70s, they did not achieve a similar new salience in the United States. If they existed at all in the public consciousness, they were often seen as terrorists. The 1982 war and then the first intifada started to change this equation. Israel’s invasion of Lebanon and its two-month siege of West Beirut, in which more than 17,000 people—mostly civilians—died, had a strong impact on American public opinion. The televised images of this hail of fire raining down on a defenseless city could not be squared with the carefully cultivated image of plucky little Israel holding off hordes of murderous Arabs. This was “not the Israel we have seen in the past,” said John Chancellor of NBC News, speaking from a rooftop in West Beirut as buildings burned in the background. The news reports on the first intifada had a similar effect: Month after month of nightly images showing the shootings and savage beatings of young Palestinian demonstrators by Israeli soldiers further altered the way that many Americans viewed the conflict.

    Even as Kaplan underlines the importance of these events in helping transpose the well-established David-versus-Goliath image of Israel and the Palestinians, she chronicles how agilely Israel’s American advocates responded and fought back, rapidly rebuilding the support that Israel had lost, by using a new set of tropes and arguments focused on the Holocaust, Israeli vulnerability, and Palestinian terrorism. Although Peter Novick’s monumental The Holocaust in American Life examines how Americans’ reactions to the Nazi genocide against the Jews affected their views of Israel, Kaplan’s book provides the most thorough study of how the close interconnection of the two was developed in the American imagination. Building on the work of Novick and other scholars, Kaplan analyzes the ways in which the Holocaust and Israel effectively became the twin pillars of American Jewish identity, with an emphasis on the former underlining the vulnerability of the latter. Thus the Holocaust now also “signified an imminent threat to the future of the Jewish state,” she writes. “A past atrocity in Europe came to foreshadow an impending apocalypse in the Middle East.”

    Kaplan is similarly persuasive in her examination of Christian Zionism, particularly among evangelicals. With the rise of the Christian right in the 1970s, this has become a topic of increasing importance, helping explain the shift in the Republican Party toward unwavering support for the most extreme Israeli policies. Indeed, today some of the most passionate support for Israel comes from evangelical Christians, a fact underlined when Secretary of State Mike Pompeo, a fervent evangelical, told an interviewer that God may have raised Donald Trump to the presidency in order to protect Israel.

    While the Trump administration’s effusive support for Israel may make it seem nothing has changed between the two countries, in fact much has been going on beneath the surface over the past half-decade. Public opinion on the left, particularly among the young and people of color, has shifted significantly where Palestine and Israel are concerned in recent years. Correspondingly, politicians appear to be willing to break from the lemming-like consensus that supports Israel’s every action. A new cohort of young, progressive women of color elected to Congress, including Rashida Tlaib and Ilhan Omar, have spoken out against Israeli policies and in favor of the pro-Palestinian boycott, divestment, and sanctions movement. In spite of the ferocious, often racist pushback against them, they have demonstrated that things can be said today about Israel and Palestine in Congress, on college campuses, and even, feebly, in the media that were simply unsayable in American public discourse only a few years ago.

    This is therefore the right time for the appearance of Kaplan’s compelling book on the extraordinary nature of the American relationship with Israel over the last three-quarters of a century. Her deep historical grounding and highly sophisticated treatment of culture, the arts, and the media help explain the crucial—indeed, she would probably argue (and I would agree), the preeminent—role of novels, film, journalism, and other forms of cultural and artistic production in shaping the American view of Israel. Such an understanding is especially useful at a moment when large numbers of younger Americans are increasingly scornful of their elders’ often uncritical and misty-eyed views of Israel. Palestine today has a place in the American public debate that it never previously enjoyed, and with this increased attention has come greater critical scrutiny of the US-Israeli alliance and the myths we have been told. In this environment, Our American Israel could not be timelier, and it will likely find a broad audience not only in a number of academic fields but also among activists and nonspecialist readers. For this is a book that anyone can read with enormous benefit: It is beautifully written, carefully crafted, and entirely free of jargon.

    The book will also likely provoke intense controversy, as it gently but deeply gores many sacred cows. But it will be welcomed by anyone seeking to understand and to depart from the myths that have been central to producing the American/Israeli/Palestinian conundrum we face today. Our American Israel ’s clear-eyed analysis helps show us how we ended up in this conundrum, and by doing so it also helps us map out a realistic path through which justice and equality for both peoples can replace the discrimination and oppression that are the status quo.

    #USA #religion #christianisme #Israel #destinée_manifeste

  • Chrétiens et à #gauche
    https://laviedesidees.fr/Chretiens-et-a-gauche

    Le #christianisme social n’est pas mort. Une nouvelle génération de croyants puise dans la Bible et ses lectures non occidentales pour agir contre la misère, la colonisation et la destruction des écosystèmes. Ils engagent à retisser le lien entre vie spirituelle et existences concrètes.

    #Société
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250425_chretiensdegauche.pdf

  • The Authoritarian State in Miniature - Christian Nationalists’ 50-Year Plan to Capture the Country.
    https://inthesetimes.com/article/author-interview-talia-lavin-christian-nationalism-authoritarianism

    Jamais on aurait cru que la religion chrétienne, surtout protestante aurait pu constituer de notre temps une menace pour la civilisation humaine comme à l’époque des croisades. On avait tort. Les fidèles de la devise Deus Vult constituent la menace la plus dangereuse pour la paix et l’avenir du monde humain.

    21.4.2025 by Shane Burley - A conversation with author Talia Lavin

    Not all coups change a country in an instant. Some are a slow-boil process of subversion that nonetheless leaves the institutions they affect unrecognizable. Journalist Talia Lavin has spent her career looking at the violent and bigoted politics of the United States’ rightward turn, and, as she chronicles in her recent book, Wild Faith: How the Christian Right is Taking Over America, the Christian nationalist movement currently remaking U.S. society was one such long revolution.

    From the Christian Right’s early mobilization in the 1970s, as they fought desegregation by embracing private schools and homeschooling, to the culture wars seeking to undo myriad progressive reforms, Lavin finds that most of the movement’s political projects emerged from an authoritarian evangelical culture centered in the home. Through increasingly strict — and sometimes violent — forms of parenting to increasing rigidity around gender and sexuality, Lavin reveals how the localized fiefdoms of evangelical homes serve as a microcosm for what Christian nationalists want to see nationwide, and how the stark cruelty of today’s right-wing politics grew out of abusive family dynamics framed as biblically-mandated ​“tough love.”

    But just as Lavin traces the hyper-local roots of the ​“spiritual war” that made Christian nationalists a decisive factor in Donald Trump’s reactionary counterrevolution, she also explores how that world may have sowed the seeds of its own undoing, as she talks with ​“ex-vangelicals” leaving the movement behind.

    In These Times talked with Lavin about her journey into the Christian nationalist movement and what it tells us about our current political landscape amid the second Trump administration. This interview has been edited for length and clarity.

    SB: What drew you to cover Christian nationalism specifically and what did you encounter once you did?

    TL: A big turning point for me was watching a documentary called The Way Down, about a Christian weight loss church. One episode dealt with child abuse. It was the first time I had really heard about child abuse in the evangelical context and it made a profound impression on me. When they were describing child rearing manuals and specific equipment for corporal punishment, suddenly I knew this can’t be just one congregation. And the question for me was: How does this kind of system develop?

    I reached out to folks online and asked if they were raised in a household with stuff like James Dobson and gurus of Christian child rearing and was horrified by what I encountered. I wrote a series about my initial findings because the response was so intense — people desperate to tell their stories, people who obviously felt their stories hadn’t been told. From there it became a question of how these cultures create totalitarian states in miniature and how that relates to authoritarian politics in general.

    SB: You talk a lot in the book about the culture of abuse in many evangelical homes. What ramifications does this culture have across our social and political spheres?

    TL: If we talk about what tenderizes society to accept authoritarianism, an authoritarian family structure is a huge part of it. This is especially true on the Christian Right, where obedience is considered a chief virtue and the core education on how to be a person. In a democracy, your voice and actions matter, at least nominally. If you grow up in an authoritarian environment, where you’re told your voice and actions don’t matter and that you should be obedient, then these two ideas, authority and democracy, are going to be in conflict.

    If you create an authoritarian state in the home that raises people to expect and empathize with violence, then what you receive is a generation of people who do just that. In many ways, that’s the heart of Trumpism: watching an authoritarian father figure mete out punishment against the wicked.

    This leads to a lot of gleeful malevolence in the MAGA movement and on the Christian Right. Recently, there was a bestselling book called The Sin of Empathy, about how liberals perverted the church by talking about empathy. The idea that empathy is a Trojan horse corrupting Christianity is a major bestseller right now. Mel Gibson and Tucker Carlson separately, a couple of months apart, compared Trump becoming president again to daddy coming home to beat you with a belt, framing that in very positive terms: he’s going to beat some sense into the nation.

    SB: Do these dynamics affect how people are responding to some of the incredibly cruel governmental changes we’re seeing now, from mass layoffs to closing social service programs?

    TL: I think for the perpetrators and those eagerly embracing this destruction, that’s where you’re seeing this authoritarian family influence — where you are forced from a very early age to empathize with your abuser, because if you don’t, you have to answer a lot of very painful questions about your life, your beliefs and the way you were raised.

    But avoiding that questioning means that you go through the world with ​“might makes right” as a positive social value and where the person who is the most flagrantly cruel and authoritarian is the inherently appealing figure.

    SB: You describe some of these communities as composing a ​“society within a society.” How so?

    TL: There is an insular material culture created by evangelicals for evangelicals. People who were not familiar with the Christian Right who read my book asked how they didn’t know these things. It’s because their books weren’t written for you. Their marriage manuals, parenting guides, movies and TV shows and homeschool curricula are by and for evangelical Christians. Their movement has created a parallel and parasitic material culture that puts mainstream culture through a fun house mirror and makes it its own. There are Christian thrillers patterned off secular thrillers. Bibleman is Superman, but with the Bible.

    There is also a broad persecution complex that suggests that not being able to enforce their religion through law and impose it on the general public is a form of persecution. That being forced to experience religious pluralism is a form of persecution. No one embodies this more than Kim Davis, the Kentucky clerk fired after refusing to issue a marriage license to a gay couple and who has been suing ever since. She positioned herself as a martyr and raised all this money for lawsuits and ultimately what she is advocating for is the absolute power, for Christians — and Christians alone — to discriminate, using civil power at will.

    You also have very restrictive and fixed gender norms, with men at the top, women submissive to them and children little better than property. There are definitely female leaders and speakers, but much of the right-wing church has expunged female pastors over the last half-decade.

    Another profound element is the absolute hostility to gay rights and trans rights in particular — the fixity and hierarchy of gender norms and the idea that people who defy the gender of their birth or opt out of the gender binary are an existential threat.

    SB: You write about the private infrastructure evangelicals created, such as the explosion of Christian homeschooling as an alternative to public schools. Does this dynamic affect how they see the gutting of our public services?

    TL: It’s all of a piece. The Christian Right became politically active as a result of school desegregation. They were opening tax-exempt racially segregated Christian schools and the government said they can’t do that, so they said, ​“I guess we’ll start a 50-year plan that will eventually overturn American democracy.” The political origins of this movement are in devaluing and fleeing from public services.

    Earlier than that, some of the pre-rumbling that this was going to be a major political force came when church leaders came out against FDR and the New Deal. Their argument has always been that charity should be administered through churches, which means if you are an unwed mother or queer or non-white applying for charity through a white evangelical church, you will face roadblocks.

    It’s a limitation on a publicly-funded safety net that enables people to rebound, grow and contribute in their own way. The trouble with that, if you’re a member of the Christian Right, is you lose this vector of control.

    SB: It seems like the turn towards homeschooling is also about creating more control at home. Now that we’re seeing a major push to destroy the Department of Education, to erase homeschool regulations and to win ​“school choice” — aka, school privatization — do you think this will result in fewer safeguards to protect kids?

    TL: Yes. Homeschooling can enable abuse by removing children from seeing mandated reporters on a regular basis, like a school nurse who might see bruises and ask where they’re coming from, or an English teacher a student could confide in. Isolation is a really important factor in abuse.

    Currently in Utah, there’s a bill that would remove the requirement for homeschooling parents to attest to any criminal background, including child abuse, explicitly enabling people convicted of child abuse to homeschool their kids. That is, of course, a heavily Republican legislature and it’s being boosted by a ton of people within the homeschool community.

    Even for public schools, you’re seeing so much movement on the Right to assert more control, to dominate schools and make them more submissive to parents. Parents demanding control over curricula. Parents controlling how children are referred to in terms of their gender. Kids being disallowed from using nicknames at school. Not to mention book bans.

    SB: For the people you interviewed who left evangelicalism, what challenges did they face as they were entering adulthood or abandoning this isolating environment?

    TL: It’s well documented that people who come out of abusive homes are more likely to either be abused or to abuse. Many of the people I spoke to have been involved in abusive relationships even after leaving this community. They talked about not knowing what a healthy, nurturing love is supposed to look like or feeling like they deserved poor treatment and pain. Some talked about a crippling lack of self-confidence or an inability to make decisions after having spent so long being forced into obedience.

    There isn’t one personality type that breaks away. Some folks were very thoughtful and introspective. Some folks were never going to fit in the model, who were gay, queer or women who couldn’t spend their lives in this very small box. There are many pathways to leaving, but everyone came out with scars and had to spend a lot of time rethinking how to interact with other people and how to think about themselves.

    It’s the path of least resistance to stay. And I say that as someone who did leave a restrictive, high-control faith. I think a lot of people may ask why a Jew wrote this book. But I didn’t just grow up Jewish — I grew up Orthodox. The way I grew up was such that when I talked to former evangelicals, I was not at all weirded out because I had also lived a life dominated by religion. Religion was the school I went to. Religion was what I could eat, what I could wear, who I could date and that was natural to me. And even under the gentle circumstances by which I left that religious community, where I’m not cut off from my family, it was still quite painful and challenging.

    SB: What do you think motivated the former evangelicals you spoke with to share their stories?

    TL: I heard from multiple people that the fact that someone outside their community cared was validating. As a journalist, it’s always significant to be entrusted with someone’s vulnerabilities and traumas.

    But, more broadly, ex-evangelicals have been sounding this warning for a long time. Ex-evangelicals have been some of the clearest voices saying: this is what the Christian Right’s political project is. So many people I spoke to had this very clear understanding: that this is an authoritarian movement that has been gathering power my whole life and I don’t want to live in a country that suddenly has the same home I escaped.

    SB: Do you think the Christian nationalist movement was the decisive factor in moving the country Right?

    TL: Absolutely. I think their chief project has been an aggressive, reactionary, counterrevolutionary movement against the various civil rights movements of the 20th century — women’s rights, gay rights and, above all, civil rights.

    This movement is still a minority, but a loud minority with a lot of power, built quietly, in insular ways. They created these pipelines to power. The so-called ​“Joshua Generation” of former homeschool kids are bulking up Senate staff right now. Some are reactionary senators themselves. It’s a multi-generational project.

    They sensed Trump’s momentum, so tacking with the winds of power, if you’re a movement primarily concerned with power, makes all the sense in the world.

    SB: What role do ex-evangelicals have in the fight against the Christian Right? Is resistance to Christian nationalism coming in part from people who left this movement?

    TL: To some extent. Tim Alberta, who came out of an evangelical background, had an influential book asking what happened to his community. Sarah McCammon’s book The Exvangelicals is about the movement more broadly and her experience in particular. Other ex-vangelicals like Blake Chastain and Chrissy Stroop are out there writing about Christian nationalism and I think these voices are really important to highlight.

    At the same time, the unearned respectability that white evangelicalism has makes it very hard for these critical voices to gain prominence. The people who know Christian nationalism from the inside out are arguably the best equipped to refute it. But there has to be more mainstream education about Christian nationalism for their voices to be taken seriously.

    #USA #trumpisme #droite #christianisme #putsch

  • Saint Augustin est-il janséniste ?
    https://laviedesidees.fr/Simon-Icard-Le-jansenisme-une-theologie

    Quelles relations le “jansénisme” entretient-il avec la doctrine de Cornélius Jansen, et celle-ci avec l’augustinisme dont il se réclame ? S. Icard fait le point sur les débats qui jouèrent un rôle déterminant dans la première modernité.

    #Philosophie #religion #christianisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250410_jansenisme.pdf

  • Ce que cache #Périclès, le projet politique réactionnaire du milliardaire #Pierre-Edouard_Stérin

    Après avoir fait fortune dans les affaires, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin assume désormais vouloir financer les projets « #métapolitiques » susceptibles de faire gagner la droite et l’extrême droite. Une première liste de ces initiatives vient d’être mise en ligne. Selon nos informations, elle pourrait ne constituer que la partie émergée de l’iceberg.

    Un média, une chaîne Youtube, des associations catholiques ou libérales, des think tanks destinés au lobbying politique... La première liste des projets soutenus par « Périclès » - mise en ligne il y a quelques jours sur son site internet - n’est pas bien longue mais permet déjà de lever toute équivoque sur les intentions de l’homme à l’origine du projet, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Après avoir fait fortune dans les affaires, cet exilé fiscal de 51 ans - il a fui en Belgique après l’élection de François Hollande en 2012 - ambitionne de faire gagner la droite et l’extrême droite en mettant à contribution son compte en banque. Soit un investissement de 250 millions d’euros annoncé en dix ans. Du jamais vu.

    Cette initiative, baptisée donc « Périclès » (pour « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes »), devait, à l’origine, rester discrète mais elle avait été dévoilée en juillet dernier par nos confrères de « l’Humanité ». Lesquels, documents confidentiels à l’appui, ont détaillé le plan de « #bataille_culturelle » imaginé par Stérin et ses équipes pour « permettre la victoire idéologique, électorale et politique » de ses idées et de ses valeurs. Parmi elles, « la #famille, base de la société », la « #préférence_nationale », le « #christianisme ». Au programme également : la promesse de mener une « #guerilla_juridique » et « médiatique » face au « #socialisme », au « #wokisme » ou à « l’#islamisme ». Surtout, ces documents énuméraient des objectifs politiques précis, dont une aide concrète à apporter au #Rassemblement_national de Marine Le Pen pour remporter le plus grand nombre de victoires lors des prochaines #élections municipales en 2026.

    Offensive sur tous les fronts

    En l’état, au moins 24 projets auraient déjà bénéficié de la générosité de l’homme d’affaires l’année dernière, selon le site flambant neuf de Périclès. L’ensemble confirme sa volonté de mener son #offensive par petites touches et sur tous les fronts. On y retrouve sans surprise ses obsessions libérales avec la promotion des idées antiétatistes et anti-taxes, incarné par son soutien à des think tanks comme le #Cercle_Entreprises et #Libertés, de l’ex-patron d’#Elf_Loïk_Le_Floch-Prigent ; ou encore #Ethic, le syndicat patronal de #Sophie_de_Menthon (une des rares à assumer dialoguer avec Marine Le Pen), qui a reçu, selon nos informations, 3 000 euros pour l’organisation d’une conférence. Des cercles de juristes, comme #Justitia, le collectif d’avocats de l’#Institut_Thomas_More, qui propose d’offrir « une réponse juridique aux nouvelles intolérances » ou le #Cercle_Droit_et_Liberté, qui prétend lutter contre le « #politiquement_correct » de l’Université et du monde juridique, sont également cités. Sans oublier, les enjeux migratoires et sécuritaires, via le #Centre_de_Réflexion_sur_la_Sécurité_intérieure (#CRSI), présidé par l’avocat connu des réseaux de droite dure #Thibault_de_Montbrial. Présents également, la marque #Terre_de_France, chouchou des influenceurs #identitaires ; #Eclats_de_femme, l’association fondée par #Claire_Geronimi, victime de viol par un homme visé par une OQTF en 2023, depuis proche du collectif identitaire #Némésis (elle vient d’être nommée vice-présidente de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, ce dimanche 9 février), ou encore l’association #Léa, en croisade contre le « #racisme_anti-Blanc ». Idem pour le mensuel « #l'Incorrect » - lancé en 2017 par des proches de #Marion_Maréchal - ou #Les_Films_à_l'arrache, une chaîne Youtube humoristique moquant - entre autres - l’antiracisme et le féminisme...

    Objectifs politiques

    Au-delà de ces combats marqués à l’extrême droite, Périclès a également investi dans le combat contre le « #wokisme_à_la_fac », via l’#Observatoire_du_décolonialisme, ainsi que le champ de la #laïcité au travers de #Défense_des_serviteurs_de_la_République, dont le comité d’honneur compte #David_Lisnard, le maire Les Républicains de Cannes et #Astrid_Panosyan-Bouvet, l’actuelle ministre du Travail et de l’Emploi - laquelle ignorait le lien avec Stérin, nous assure son cabinet. D’autres structures présentées par le site de Périclès font plus directement référence à l’objectif politique du projet. C’est le cas de #Data_Realis_Conseil, une société spécialisée dans la #cartographie_électorale rappelle la « #Lettre », ou de l’#Institut_de_Formation_Politique (#IFP), qui ambitionne de doter les militants de toutes les droites du bagage nécessaire pour garnir les rangs des formations politiques, des Républicains aux RN. En bonne place, enfin, #Politicae, l’école de formation au mandat de maire, destinée à faire élire « le maximum de candidats pour les prochaines élections municipales », que Stérin a confié à #Antoine_Valentin, édile LR de Haute-Savoie et candidat d’#Eric_Ciotti lors des dernières législatives. Auprès du « Nouvel Obs », ce dernier ne souhaite pas communiquer le montant du financement consenti par son mécène mais indique que l’effort financier pourrait atteindre « plusieurs centaines de milliers d’euros », d’ici au scrutin de 2026.

    Des projets plus discrets

    Cette liste pourrait, selon nos informations, ne constituer que la partie émergée de l’iceberg Stérin. Les sites internets de plusieurs structures citées plus haut semblent avoir été montés de toutes pièces et sur le même modèle... Surtout, la plupart de ces initiatives n’auraient en réalité reçu que de maigres sommes. Moins de 5 000 euros par exemple pour l’association #Les_Eveilleurs, proche de #La_Manif_pour_Tous, à l’occasion d’un peu rentable concert de #Jean-Pax_Méfret, chanteur des nostalgiques de l’Algérie française. Idem au #Cérif (#Centre_européen_de_Recherche_et_d'Information_sur_le_Frérisme), où la chercheuse au CNRS #Florence_Bergeaud-Blackler jure ne pas avoir touché plus de 10 000 euros. Très loin des 10 millions d’euros que Périclès claironne avoir investi au total en 2024. De quoi nourrir les soupçons sur la réalité de ce montant : est-elle artificiellement gonflée ? Ou, plus probable, l’essentiel de cet argent passe-t-il dans des projets tenus secrets ?

    « Nous nous gardons le droit d’être discrets sur nos investissements », élude #Arnaud_Rérolle, président de Périclès et ancien du #Fonds_du_Bien_Commun, la branche philanthropique des activités de Pierre-Edouard Stérin. Un paravent caritatif - Stérin y finançait aussi des associations au diapason de ses idées réactionnaires - dont est également issu #Thibault_Cambournac, le nouveau « responsable stratégie » de Périclès. L’équipe compte aussi dans ses rangs #Marguerite_Frison-Roche, ancienne petite main de la campagne présidentielle d’Eric Zemmour. Quant au « senior advisor » de Périclès, #Philippe_de_Gestas, c’est l’ancien secrétaire général du #Mouvement_Conservateur, allié à #Reconquête. Pour 2025, le #budget de Périclès est annoncé autour des 20 millions d’euros. L’achat ou la création d’un institut de sondage fait déjà figure d’objectif prioritaire.

    https://www.nouvelobs.com/politique/20250209.OBS100069/ce-que-cache-pericles-le-projet-politique-reactionnaire-du-milliardaire-p
    #Stérin #extrême_droite #réseau

    ping @karine4 @reka @fil @isskein

  • Un patron de département parmi tant d’autres

    Lyes Louffok ‪@lyeslouffok.bsky.social‬
    https://bsky.app/profile/lyeslouffok.bsky.social/post/3lgn5tjk6ns2q

    Le président du département du Nord, Christian Poiret, semble avoir trouvé une solution à la pénurie de travailleurs sociaux : les décourager encore davantage en leur hurlant dessus.

    Ces “petites mains” qu’il méprise sont pourtant celles qui empêchent son département de sombrer.

    Respectez-les.

    Je sais pas importer cette vidéo, qui vaut le détour : "si vous trouvez que vous travaillez dans des conditions dégradées (...) allez travailler ailleurs ! (bis) il y en a qui n’ont pas de travail" (bis))

    edit vidéo récupérée ailleurs
    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1883092535439974400/pu/vid/avc1/848x394/n2LXPBNeNZ7nhNWt.mp4?tag=12

    Il répond aux huées de travailler(pas)heureuses social, joignant le geste à la parole

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Poiret

    Rappel, c’est dans ce département que l’on sait si bien sanctionner et radier les RSAstes, décourager les demandeurs de revenu (non recours), que l’on arrive à en diminuer le nombre
    https://seenthis.net/messages/1089083#message1089170

    #département_du_Nord #Christian_Poiret #divers_droite