• La Grande Transformation (VI)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/La-Grande-Transformation-VI

    Aperçus critiques sur le livre de Karl Polanyi
    La Grande Transformation (à suivre)

    L’argent est la représentation de l’idée d’échange, il la matérialise en quelque sorte. Il est à la fois l’idée d’échange et le moyen par lequel l’échange se réalise (la monnaie d’échange). Dans notre société l’idée de l’échange est au départ de toute l’opération comme représentation et elle déclenche tout le mouvement de la pensée jusqu’à sa conclusion : l’échange réalisé. Nous retrouvons l’argent à toutes les étapes de l’opération : au départ, c’est le capital financier ; au cours du mouvement de la pensée, de la production d’un bien à échanger — ce que j’appellerai, à la suite de Hegel, la suppression du travail en vue de l’objet à produire —, c’est l’argent comme investissement, et cet investissement prend généralement la forme de la dette ; à la fin du processus nous retrouvons l’argent comme monnaie universelle d’échange : des marchandises contre de l’argent. Tout au long de l’opération nous trouvons le marchand et les banques. Le rôle des banques consiste principalement à prêter de l’argent en vue de la production d’un bien qui entrera dans la ronde des échanges. Elles sont les dépositaires du capital, de l’argent qu’elles vont investir sous forme de prêt (et de dette) à l’entrepreneur — du petit entrepreneur, au patron d’usine, et à l’État — et cet argent est garanti par l’État, par cette connivence implicite qui lie l’État aux marchands et aux banques ; enfin ce sont encore les banques qui récupèrent sous forme de remboursement de la dette avec intérêt les sommes qu’elles avaient investies dans la production d’une marchandise et de son échange avec toutes les autres marchandises. (...)

    #Karl_Polanyi #marché #échanges #État #banques #dette #christianisme #aliénation #Mexique #zapatistes

  • Le passé nauséabond de l’industrie textile suisse

    Bien qu’elle n’ait pas eu de colonies, la Suisse a profité du colonialisme. C’est ce que montre l’histoire des #indiennes_de_coton imprimé. Le commerce de ces #tissus colorés avait des liens avec l’#exploitation_coloniale, le #prosélytisme_religieux et le #commerce_des_esclaves.

    Au 17e siècle, le #coton imprimé venait d’#Inde – la seule région possédant le savoir-faire nécessaire. Mais bientôt, cette technique de production d’étoffes imprimées de couleurs vives fut copiée par les Britanniques et les Néerlandais qui, grâce à la mécanisation, les produisaient à meilleur prix. Ils supplantèrent l’industrie textile indienne. Les « indiennes » claires et abordables produites en Europe connurent une telle vogue que, sous la pression des producteurs de laine, de soie et de lin, Louis XIV, le Roi-Soleil, dut interdire leur production et leur importation.

    Cette interdiction fut une aubaine pour la Suisse du 17e siècle. Des #huguenots français qui s’étaient réfugiés en Suisse pour fuir les persécutions religieuses dans leur pays fondèrent des #usines_textiles à #Genève et à #Neuchâtel, d’où ils pouvaient écouler les indiennes en France par #contrebande. La demande atteignait alors un sommet : en 1785, la #Fabrique-Neuve de #Cortaillod, près de Neuchâtel, devint la plus grande manufacture d’indiennes d’Europe, produisant cette année-là 160’000 pièces de #coton_imprimé.

    Le boom en Suisse et le commerce des esclaves

    Le commerce des indiennes a apporté une énorme prospérité en Suisse, mais il avait une face obscure : à l’époque, ces étoffes étaient utilisées en Afrique comme monnaie d’échange pour acheter les #esclaves qui étaient ensuite envoyés en Amérique. En 1789 par exemple, sur le #Necker, un navire en route pour l’Angola, les étoffes suisses représentaient les trois quarts de la valeur des marchandises destinées à être échangées contre des esclaves.

    Les entreprises textiles suisses investissaient aussi directement leurs fortunes dans la #traite des noirs. Des documents montrent qu’entre 1783 et 1792, la société textile bâloise #Christoph_Burckardt & Cie a participé au financement de 21 #expéditions_maritimes qui ont transporté au total 7350 Africains jusqu’en Amérique. Une grande partie de la prospérité des centres suisses du textile était liée au commerce des esclaves, que ce soit à Genève, Neuchâtel, #Aarau, #Zurich ou #Bâle.

    Un projet colonial

    Au milieu du 19e siècle, la Suisse était devenue un des plus importants centres du commerce des #matières_premières. Des marchands suisses achetaient et revendaient dans le monde entier des produits tels que le coton indien, la #soie japonaise ou le #cacao d’Afrique de l’Ouest. Bien que ces marchandises n’aient jamais touché le sol helvétique, les profits étaient réalisés en Suisse.

    L’abolition de l’esclavage aux États-Unis à la suite de la guerre de Sécession a conduit à une crise des matières premières, en particulier de la production du coton qui était largement basée sur une économie esclavagiste. Le marché indien prit encore plus d’importance. L’entreprise suisse #Volkart, active aux Indes depuis 1851, se spécialisa alors dans le commerce du #coton_brut. Afin d’étendre ses activités dans ce pays, elle collabora étroitement avec le régime colonial britannique.

    Les Britanniques dirigeaient la production et, sous leur joug, les paysans indiens étaient contraints de cultiver du coton plutôt que des plantes alimentaires et devaient payer un impôt foncier qui allait directement dans les caisses du gouvernement colonial. Combinée avec l’extension du réseau de chemins de fer à l’intérieur du sous-continent indien, cette politique oppressive permit bientôt à Volkart de prendre en charge un dixième de l’ensemble des exportations de coton vers les manufactures textiles d’Europe. Volkart avait son siège à #Winterthour et occupait ainsi une situation centrale sur le continent européen d’où elle pouvait approvisionner les #filatures installées en Italie, dans le nord de la France, en Belgique, dans la Ruhr allemande ou dans toute la Suisse.

    Les collaborateurs de Volkart devaient éviter les comportements racistes, mais cela ne les empêcha pas d’adopter en Inde certains usages de l’occupant colonial britannique : les Indiens n’avaient pas accès aux salles de détente des employés européens.

    Ardeur missionnaire

    Une autre entreprise prospère à l’époque coloniale fut la #Société_évangélique_des_missions_de_Bâle, ou #Mission_bâloise. Fondée en 1815 par des protestants suisses et des luthériens allemands, son but était de convertir les « païens » au #christianisme. Elle a connu un certain succès au sud de l’Inde dans les territoires des États actuels du #Kerala et du #Karnataka, en particulier auprès des Indiens des couches sociales inférieures qui accédaient ainsi pour la première fois à la formation et à la culture.

    Toutefois, en se convertissant à une autre religion, les autochtones prenaient le risque d’être exclus de leur communauté et de perdre ainsi leur gagne-pain. La Mission de Bâle a réagi en créant des filatures afin de donner des emplois aux réprouvés. Elle résolvait ainsi un problème qu’elle avait elle-même créé et en tirait encore des bénéfices : dans les années 1860, la Mission exploitait quatre filatures et exportait des textiles aux quatre coins de l’#Empire_britannique, de l’Afrique au Proche-Orient en passant par l’Australie.

    L’industrie textile a largement contribué à la prospérité de la Suisse mais de nombreux déshérités l’ont payé au prix fort dans les pays lointains. La Suisse n’était peut-être pas une puissance coloniale indépendante, mais elle a énormément profité du colonialisme.

    https://www.swissinfo.ch/fre/indiennes_le-pass%C3%A9-naus%C3%A9abond-de-l-industrie-textile-suisse/45862606

    #histoire #histoire_suisse #industrie_textile #textile #colonialisme #colonisation #Suisse

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    Ajouté à la métaliste sur la Suisse coloniale :
    https://seenthis.net/messages/868109

  • Jean Vanier, le fondateur de l’Arche, accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes

    La stupeur dominait, samedi 22 février, après que l’Arche, une organisation qui accueille dans le monde entier des personnes ayant une déficience intellectuelle, a dévoilé une enquête interne dans laquelle son fondateur canadien, Jean Vanier, mort en 2019, est accusé d’abus sexuels sur plusieurs femmes.

    Cette enquête a permis de recueillir les témoignages « sincères et concordants portant sur la période 1970-2005 » de six femmes adultes avec lesquelles Jean Vanier « a initié des relations sexuelles, généralement dans le cadre d’un accompagnement spirituel, et dont certaines ont gardé de profondes blessures », explique l’Arche Internationale dans un communiqué. Les investigations, menées par un organisme indépendant, n’ont pas identifié de personnes handicapées parmi les victimes, est-il précisé.

    « Ces agissements indiquent une emprise psychologique et spirituelle de Jean Vanier sur ces femmes et soulignent son adhésion à certaines des théories et pratiques déviantes du père Thomas Philippe », ajoute l’Arche. Ce dominicain, père spirituel de Jean Vanier et figure encombrante de l’Arche, a été soupçonné d’agressions sexuelles sur des femmes.

    « Cela fait quelques mois que je connais les résultats des enquêtes, et à chaque fois que je les lis à haute voix, je suis abasourdi », confie, ému, Stephan Posner en détaillant les conclusions des experts à plusieurs médias chrétiens, dont La Vie.

    A ses côtés, Pierre Jacquand, responsable France de l’Arche, ajoute : « L’écart est si vertigineux entre l’homme que j’ai connu et celui que je découvre… Je lutte pour accepter, alors même que je sais les faits indiscutables. »

    La Conférence des évêques de France a fait part de sa « stupeur » et de sa « douleur » devant ces révélations, assurant de sa « compassion les femmes qui ont été ainsi abusées », ainsi que de sa « détermination à agir pour que la lumière soit faite ».

    L’Arche, dont le siège international est à Paris, est une fédération d’associations qui anime 154 lieux dans trente-huit pays où des personnes handicapées mentales vivent – spécificité de ces communautés – avec leurs accompagnants, salariés ou volontaires.

    Au fil des ans, des livres et des conférences données à travers le monde, Jean Vanier était devenu une personnalité reconnue, un évangéliste que l’on venait consulter de loin et qui pouvait converser avec l’écrivain Emmanuel Carrère, la reine Elizabeth ou le pape François. En 2015, il avait reçu à Londres le prestigieux prix Templeton, décerné avant lui à Mère Teresa, au dalaï-lama ou encore à Desmond Tutu.

    #christianisme #catholicisme #viol #culture_du_viol #handicape

  • Les Boy Scouts of America déposent le bilan, accusés d’avoir couvert des milliers d’abus sexuels
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/02/18/plombes-par-des-scandales-d-abus-sexuels-les-boy-scouts-of-america-deposent-

    Les actions en justice se sont multipliées contre les scouts américains ces dernières années. Le scandale a poussé l’organisation à préparer un fonds d’indemnisation des victimes.

    L’une des plus anciennes et des plus importantes organisations de jeunesse des Etats-Unis, Boy Scouts of America (BSA), a annoncé déposer le bilan mardi 18 février, alors que des plaintes d’anciens scouts pour abus sexuels continuaient de s’accumuler.
    L’organisation, qui compte 2,2 millions d’adhérents âgés de 5 à 21 ans, a choisi la procédure de sauvegarde afin de poursuivre son activité et créer un fonds d’indemnisation des victimes d’abus sexuels, selon un communiqué publié mardi. Le Los Angeles Times rapporte que le document déposé auprès du tribunal fédéral des défaillances d’entreprises de l’Etat du Delaware estime le passif de l’organisation entre 100 et 500 millions de dollars. Les BSA n’ont pas indiqué quel montant ils entendaient consacrer au fonds d’indemnisation des victimes, qui prendra la forme juridique d’un trust.

    « Il fut une époque où des individus ont profité des programmes des BSA pour porter atteinte à des enfants », écrit l’organisation dans le communiqué. Les dirigeants du mouvement considèrent que le fonds d’indemnisation, dont la création devra être validée par un juge, « est le meilleur moyen d’indemniser les victimes de façon équitable et en préservant leur identité ».

    7 819 agresseurs présumés et 12 254 victimes entre 1944 et 2016
    Les révélations sur des abus sexuels chez les Boy Scouts of America (BSA) ont éclaté au grand jour en 2012. Des milliers de pages de documents avaient été publiées par le Los Angeles Times montrant que l’organisation des scouts américains avait couvert pendant des décennies de nombreux abus sexuels commis par des milliers d’encadrants bénévoles. Il était alors question de quelque 5 000 « dossiers de la perversion », correspondant à autant d’agresseurs sexuels présumés parmi les chefs scouts.

    Ces informations avaient jusqu’alors été tenues secrètes par la direction des BSA, qui n’avait souvent pas fait de signalements aux autorités, se bornant régulièrement à écarter les coupables supposés. Fin janvier 2019, lors d’un procès dans le Minnesota, une experte engagée par les BSA pour compiler ces « dossiers de la perversion » a indiqué qu’elle avait identifié 7 819 agresseurs présumés et 12 254 victimes entre 1944 et 2016, soit plus que les estimations antérieures.

    Les actions en justice se sont multipliées contre les BSA ces dernières années, notamment à la faveur de modifications législatives dans plusieurs Etats qui ont allongé les délais de prescription pour les agressions sexuelles sur mineurs.

    • Une brève histoire des hurluberlus Paul Laity
      http://www.entelekheia.fr/2016/11/20/une-breve-histoire-des-hurluberlus

      Paul Laity revisite sur le ton de l’humour la gauche britannique de l’époque de George Orwell et les rapports de ce dernier avec ceux qu’il avait appelé « les hurluberlus de la gauche ». Inutile de dire que nous avions exactement les mêmes en France.

      Pour reprendre le terme d’Orwell, les racines du #gauchisme « hurluberlu » sont similaires de chaque côté de la Manche, nommément l’Owenisme en Grande-Bretagne et en France, le socialisme utopique et ses dérivés. Différence culturelle oblige, les nôtres étaient moins épris de vélocipède, de végétarisme, de laine brute et de grand air que les Britanniques ; la version hexagonale les voulait laïcards, républicains, scientistes, athées et bouffeurs de curés, avec malgré tout parfois, comme chez leurs congénères anglo-saxons, des penchants mystiques qui les conduisaient volontiers au spiritisme. #Victor_Hugo est le chef de file des aînés de ce type « d’hurluberlus », mais d’autres noms connus du XIXe siècle l’ont rejoint au panthéon des exaltés du guéridon, par exemple #Camille_Flammarion, #Victorien_Sardou, #Delphine_de_Girardin, #Henri_Bergson qui s’adonnait à des recherches psychiques (hypnose, lucidité somnambulique, médiumnité) ou encore #Jules_Verne, etc. Cette tendance se perpétuera chez les #surréalistes, en particulier avec l’écriture automatique d’André Breton et au-delà, dans l’art moderne et contemporain, dans le « psychologisme » qui imprègne toute la gauche ainsi que dans le #pédagogisme actuel – Ainsi, malgré ce qu’écrit l’auteur dans sa conclusion, la question de l’héritage idéologique du socialisme utopique et de la gauche « hurluberlue » historique déborde très largement des seuls écologistes pour embrasser toute la gauche libérale moderne.

      « Le socialisme », a écrit #George_Orwell dans son célèbre Quai de Wigan (1936), attire à lui « avec une force magnétique tous les buveurs de jus de fruit, les nudistes, les porteurs de sandales, les obsédés sexuels, les quakers, les charlatans naturopathes, les pacifistes et les féministes d’Angleterre ». De façon mémorable, sa tirade contre ces « hurluberlus » s’étend dans d’autres passages du livre aux « végétariens à barbes flétries », aux « Jésus de banlieue » uniquement préoccupés de leurs exercices de yoga, et à « cette tribu lamentable de femmes de haute vertu, de porteurs de sandales, de buveurs de jus de fruits qui affluent vers l’odeur du ‘progrès’ comme des mouches à viande vers un chat mort. »


      Andrew Muir, architecte consultant de la ville-jardin de Letchworth, portant ce qui s’appelait à l’époque un « costume rationnel » et des sandales. Crédit photo, First Garden City Heritage Museum du Letchworth Garden City Heritage

      Les #stéréotypes et caricatures des hurluberlus de la #classe_moyenne s’inscrivent profondément dans la culture nationale anglaise. Pendant tout le XIXe siècle, Punch Magazine a brocardé les obsessionnels de la santé qui recherchaient une vie plus pure dans le chou bouilli et l’antialcoolisme. Une histoire d’Aldous Huxley, The Claxtons, qui anticipait la philippique d’Orwell, dresse le tableau d’une famille bourgeoise puritaine, radicale et aveuglée sur elle-même : « Dans leur petite maison sur le terrain communal, comme les Claxton vivaient une belle, une spirituelle vie ! Même le chat était végétarien » . Et plus tôt cette année, le Daily Mail, tabloïd de droite, a tourné le Guardian en dérision (pour la énième fois, sans aucun doute) en l’accusant d’être dirigé par, et pour, des « porteurs de sandales ». C’est une pique encore censée suggérer la même chose qu’à l’époque d’Orwell : une naïveté fumeuse, une pseudo-supériorité morale et une vie de bohème méritoire – certainement un monde bien éloigné des valeurs de pragmatisme et de décence de l’Angleterre censément « véritable ».

      La férocité des caricatures « d’hurluberlus » d’Orwell trahissent une certaine anxiété sur la liberté sexuelle, mais vise en général directement leur travers le plus évident – leur sérieux. Les hurluberlus veulent que le monde devienne un endroit moins cruel, moins bassement commercial, plus beau. Leurs plaisirs sont sains, « naturels » et énergiques. (Quand j’étais enfant, mes parents dépeignaient certaines personnes comme très « riz complet et bicyclettes »). La mentalité de ces progressistes contre-culturels veut à tout prix que tout soit sain et aide à s’améliorer. L’un des objets de raillerie d’Orwell est donc une « gueule de bois de la période de #William_Morris » [1] qui propose de « niveler le prolétariat ‘par le haut’ (jusqu’à son niveau à lui) par la méthode de l’hygiène, des jus de fruit, du contrôle des naissances, de la poésie, etc. » Dans son roman Un peu d’air frais (1939), nous rencontrons « le professeur Woad, un chercheur psychique » : « Je connaissais le genre. Végétarisme, vie simple, poésie, culte de la nature, se roulant dans la rosée avant le petit-déjeuner… ce sont tous soit des maniaques de l’alimentation naturelle, ou alors ils ont quelque chose à voir avec les boy-scouts – dans les deux cas, ils sont toujours partants pour la Nature et le Grand air. »

      La satire d’Orwell dans le Quai de Wigan s’inscrivait dans le cadre d’une cause particulière et urgente : la formation d’une #politique radicale, populaire (non-hurluberlue) et réaliste pour faire front à la menace montante du fascisme. (Peu après avoir remis le manuscrit de son livre à son éditeur, Victor Gollancz, il entamait son voyage à Barcelone pour y rejoindre le camp républicain de la guerre civile d’Espagne). A ses yeux, les hurluberlus – avec les « marxistes chevelus mâchouillant des polysyllabes » – donnaient mauvaise allure au socialisme. Il impliquait aussi qu’ils étaient superficiellement dévoués à la cause socialiste mais au bout du compte, bien plus préoccupés par leur propre pureté morale que par l’exploitation de la classe ouvrière. Mais à qui exactement Orwell pensait-il quand il a lancé ses invectives ? Qui étaient les hurluberlus ?

      Il avait fait le choix de ne jamais mentionner par écrit qu’il s’était lui-même commis avec beaucoup de personnages de la #contre-culture, à commencer par sa tante, Nellie Limouzin, une bohème dont le mari, socialiste, soutenait fidèlement le mouvement espérantiste, et les Westrope, qui possédaient la librairie de Hampstead où il travaillait au milieu des années 30. Francis Westrope avait été objecteur de conscience pendant la guerre et adhérait au Parti travailliste indépendant ; son épouse, Myfanwy, militait pour les droits des femmes – et les deux étaient des espérantistes passionnés. Sa grande admiratrice et conseillère Mabel Fierz [2] également, vivait dans une grande maison de Hampstead Garden et penchait pour un socialisme mystique et spirituel.

      Les amis et membres de sa famille ont sans nul doute influencé les portraits d’Orwell dans une certaine mesure, mais il avait toute une tradition politico-culturelle en ligne de mire. Elle s’étendait aux sectes millénaristes socialistes des années 1830 et 1840 inspirées par le réformateur #Robert_Owen et son journal, le New Moral World (le Nouveau monde moral). Les « hurluberlus » étaient sur-représentés dans ces communautés modèles – Catherine et Goodwyn Barmby, par exemple, qui s’agacèrent du ton insuffisamment puriste du mouvement Owenite et formèrent l’Église Communiste (ses organisations-sœurs comprenaient les #White_Quakers de Dublin et le #Ham_Common_Concordium de Richmond.) [3] Ils prêchaient diverses prophéties #New_Age, ainsi que le végétarisme, l’#hydrothérapie, les cheveux longs et le port de sandales. Au fil des années, #Goodwyn_Barmby se mua en figure christique, avec de longs cheveux blonds flottant sur les épaules ; ensemble, le jeune couple arpentait les rues de Londres avec un chariot où il puisait des tracts qu’il distribuait en haranguant les passants.

      Le renouveau #socialiste de la fin du XIXe siècle était lourdement investi de croyances « hurluberlues ». Comme l’a écrit Michael Holroyd, c’était largement a partir « d’ #agnostiques, #anarchistes et #athées ; de #réformistes du costume [4] et du régime alimentaire ; d’#économistes, de #féministes, de #philanthropes, de #rationalistes et de #spirites tentant tous de détruire ou de remplacer le #christianisme » que le renouveau s’est opéré. L’activiste #Henry_Hyndman, un disciple d’Engels et le fondateur de la Social Democratic Federation (SDF, fédération socialiste démocratique) en 1881, désespérait comme Orwell de ce type de tocades morales. « Je ne veux pas que le mouvement » , martelait-il, « soit un dépotoir de vieux hurluberlus, d’humanitaires, de #végétariens, d’anti-vivisectionnistes, d’anti-vaccinationnistes, d’artistes du dimanche et toute cette espèce. »  Sans surprise, William Morris et ses amis au sein de la SDF décidèrent de s’en séparer et fondèrent leur propre groupe en 1884, la plus anarchique (et sexuellement radicale) Ligue socialiste. La #Fabian_Society , [5] qui débutait au même moment, était un groupe dissident de la #Fellowship_of_the_New_Life (Compagnons de la nouvelle vie), une communauté éthico-spirituelle (et végétarienne).

      C’était également l’époque de la #Vegetarian_Cycling_Society (Société des Cyclistes Végétariens) et des clubs nés autour de l’hebdomadaire socialiste #The_Clarion, qui visait à #« amener le citadin à entrer plus fréquemment en contact avec la beauté de la nature, et faire progresser l’idéal d’une vie plus simple, d’un mode de vie modéré et d’une élévation de la pensée. » #George_Bernard_Shaw qui, en tant que végétarien porteur de laine brute, naturelle et tricotée à la main, entretenait une relation de proximité avec les hurluberlus, a résumé les deux impulsions différentes du socialisme du temps : l’une tenait à « organiser les docks » , l’autre à « s’asseoir au milieu des pissenlits ».

      Le saint patron des pique-niqueurs au milieu des pissenlits était #Edward Carpenter, et Orwell l’avait clairement à l’esprit. Ancien vicaire anglican qui avait été l’invité de Thoreau, auteur d’un long poème whitmanesque, ‘Vers La Démocratie’ , Carpenter prônait un socialisme spirituel et le retour à la nature. A la suite d’une vision, il avait acheté une petite exploitation rurale à Millthorpe, près de Sheffield, où il faisait pousser ses propres légumes. Il était végétarien et prêchait le contrôle des naissances ainsi que le mysticisme oriental ; il avait écrit The Intermediate Sex (Le Sexe intermédiaire) , le premier livre qui présentait l’homosexualité sous un jour positif à être largement diffusé en Angleterre. Il avait pour habitude de se baigner nu à l’aube en compagnie de son domestique et amant, et sa vie était dénoncée comme scandaleuse et immorale.


      Edward Carpenter devant son cottage de Millthorpe, dans le Derbyshire, 1905. Il porte une paire des célèbres sandales de style indien qu’il fabriquait lui-même et une veste, un bermuda, une cravate et une large ceinture de sa propre conception. Crédits Sheffield Archives, Carpenter Collection, Box 8/31 a.

      Plus que n’importe qui d’autre, Carpenter a été responsable de l’introduction des sandales dans la vie britannique. Quand son ami Harold Cox partit pour l’Inde, Carpenter le chargea d’envoyer une paire de sandales du Cachemire à Millthorpe. La paire en question comprenait une lanière qui remontait de la semelle, passait par-dessus les orteils et s’accrochait à la cheville. « J’ai rapidement éprouvé une joie à les porter », écrivit Carpenter. « Et au bout de quelque temps, j’ai décidé d’en fabriquer. » Les chaussures, décida-t-il, étaient « des étouffoirs en cuir » . Il prit des leçons auprès d’un bottier de Sheffield et arriva « vite à fabriquer beaucoup de paires pour moi-même et plusieurs amis. » (Il en offrit une paire à Shaw, mais elles lui sciaient les pieds et il renonça à les porter en jurant de ne jamais y revenir.) Plusieurs disciples firent le pèlerinage à Millthorpe, y compris, dans les souvenirs de Carpenter, une réformiste du costume – « Son nom était Swanhilda quelque chose » , qui avait marché des kilomètres, sous une pluie battante, seulement vêtue d’une robe de serge bleue grossièrement coupée et de sandales qui s’enfonçaient dans la boue presque à chaque pas. Un des domestiques de Carpenter à Millthorpe, George Adams, entreprit aussi de fabriquer des sandales. Quand il se brouilla avec son maître, il déménagea dans la toute nouvelle ville-jardin de Letchworth, dans le Hertfordshire, et y ouvrit un petit commerce de sandales.

      Letchworth occupe une place spéciale dans l’histoire des hurluberlus. « Un jour cet été » , écrivait Orwell dans le Quai de Wigan, « je traversais Letchworth quand le bus s’est arrêté pour laisser monter deux hommes âgés d’allure affreuse. Tous deux très petits, roses, joufflus et tous deux tête nue, ils devaient avoir dans les soixante ans. Ils étaient habillés de chemises couleur pistache et de shorts kakis dans lesquels leurs énormes arrière-trains étaient si boudinés que vous auriez pu en étudier chaque fossette. Leur arrivée fit courir un léger frisson d’horreur sur l’impériale du bus. L’homme assis à côté de moi… murmura ‘des socialistes’. Il avait probablement raison », continue le passage. « Le Parti travailliste indépendant tenait son université d’été dans la ville. » (Orwell néglige de mentionner qu’il y assistait lui-même).

      La ville-jardin de #Letchworth, une expérience en urbanisme inaugurée en 1904 – une utopie d’air frais et de vie rationnelle – devint instantanément une Mecque pour les amoureux de la vie simple et acquit une réputation nationale de ville « hurluberlue » : sandales et scandales à foison. Un de ses deux architectes originels, Raymond Unwin, avait été l’un des associés de Carpenter au sein du socialisme de Sheffield (et un végétarien). Un ancien résident a offert une description du « citoyen typique de la ville-jardin » : il portait des sandales, ne mangeait pas de viande, lisait William Morris et Tolstoï, et possédait deux tortues « qu’il cirait périodiquement avec la meilleure des huiles de moteur Lucas. » Les végétariens de la ville ouvrirent le Simple Life Hotel (l’hôtel ‘Vie Simple’), qui comprenait un magasin de produits alimentaires naturels et un restaurant réformiste alimentaire. Un membre de la famille quaker Cadbury ouvrit un pub sans alcool, la Skittles Inn (l’Auberge des Quilles), où il faisait un fructueux commerce de chocolat chaud et de Cydrax, un vin de pomme sans alcool. (Ce qui inspira un commentaire sur une vie « toute en quilles et sans bière » [6] à G.K Chesterton, et plus tard une raillerie à John Betjeman dans son poème Huxley Hall, « Ni mon dîner végétarien, ni mon jus de citron sans gin/ ne peuvent noyer mon hésitante conviction selon laquelle nous pourrions bien être nés dans le péché ».)

      Les dimanches, les Londoniens faisaient des excursions en train pour étudier l’étrange collection d’espérantistes vêtus de blouses et de théosophistes de Letchworth ; une bande dessinée d’un journal local dressait même le tableau comique de visiteurs d’un zoo d’humains. « Papa, je veux voir comment on les nourrit ! » , y réclame un enfant. Les panneaux indicateurs pour les visiteurs y signalaient : « Direction Les Lutins Raisineux Porteurs de Sandales À Pointes Longues », « Par Ici Pour Le Pub Non-toxique » et « Direction Les Mangeurs de Bananes Hirsutes » . Annie Besant, une théosophiste militante du contrôle des naissances, y ouvrit l’école St. Christopher – où le Parti travailliste indépendant tenait sa réunion d’été – et qui aujourd’hui encore offre exclusivement de la nourriture végétarienne (ses élèves admettent se rabattre sur McDonald’s).


      Dessin de Louis Weirter, publié dans le journal local The Citizen, 1909. Crédits image, First Garden City Heritage Museum de la Letchworth Garden City Heritage Foundation

      Les années 1920 et 1930 offraient nombre de tendances contre-culturelles propres à faire frémir Orwell. Un pacifisme de type jusqu’au-boutiste s’était davantage généralisé au milieu des années 30 qu’à n’importe quelle autre époque de l’histoire britannique. Il y avait aussi une manie du grand air (associée à un développement des loisirs) et d’un mode de vie hygiénique et non raffiné. Les adhésions au club cycliste du Clarion atteignirent leur apogée au milieu des années 30, et un nombre sans précédent de citadins en bermudas et chemises à col ouvert s’entichèrent d’hôtels de jeunesse et de randonnées pédestres. « Le droit de vagabonder » à travers vallons, coteaux et landes devint une cause de gauche et la randonnée de masse, un acte politique parfois nuancé de mysticisme de la nature. En 1932, l’écrivain S. P. B. Mais conduisit seize mille personnes dans le parc naturel des South Downs pour y admirer le lever du soleil sur Chanctonbury Ring (malheureusement, le ciel était nuageux ce matin-là). Le mouvement de retour à la nature prenait d’autres formes aussi. À Marylebone en 1928, la Nature Cure Clinic (clinique de cure naturelle) ouvrait ses portes, avec des idées homéopathiques venues de l’Est via l’Allemagne. Les fruits crus et les jus de légumes y étaient considérés nécessaires à l’élimination des toxines. Et dans les mêmes années 30, le Dr Edward Bach vantait les vertus curatives des essences de fleurs qu’il avait découvertes en recueillant des gouttes de rosée sur des plantes, à l’aube.

      Le #nudisme organisé fit son apparition en Grande-Bretagne à la fin des années 1920. L’un de ses premiers centres à s’ouvrir a été Sun Lodge, à Upper Norwood au sud-est de Londres. A partir de 1928, les membres de la #Sun_Bathing_Society (société des bains de soleil) se retrouvaient les week-ends pour s’imprégner des rayons salutaires et revigorants et pour d’autres activités comme la « danse rythmique. » Les habitants locaux s’agglutinaient autour de la clôture pour tenter d’entrapercevoir les baigneurs en puris naturalibus. En 1929, la police dut intervenir au Welsh Harp Reservoir, à côté de Wembley, pour protéger les naturistes contre des émeutiers. En dépit de la controverse qu’il suscitait, le mouvement #nudiste prit de l’ampleur. En 1932, une lettre au Times en appela à la reconnaissance des bénéfices du culte du soleil - « en moins qu’un costume de bain. » - Ses signataires comprenaient George Bernard Shaw et C. E. M. Joad, philosophe populaire, socialiste, pacifiste, enthousiaste de la campagne (et peut-être le modèle du “Professeur Woad » d’Orwell). Joad était convaincu des vertus des siestes « nu au soleil », même seulement sur des criques désertes. Le ridicule n’était jamais loin. Dans le film I See Ice (1938), George Formby chantait - « Une photo d’un camp nudiste/ Dans mon petit album d’instantanés/ Très jovial mais un peu humide/ Dans mon petit album d’instantanés. » -

      #Leslie_Paul, fondateur des Woodcraft Folk, une alternative antimilitariste aux scouts ouverte aux garçons comme aux filles, se décrivait comme un « socialiste du style d’Edward Carpenter, épris d’une vision mystique de l’Angleterre. » En 1933, cinq cent jeunes membres des Woodcraft Folk campèrent autour d’une pierre levée de l’âge du bronze, dans le Herefordshire, pour y écouter un exposé sur les alignements de sites. [7] Deux garçons étaient accroupis dans une cage d’osier au sommet du monument. (Aujourd’hui, le propriétaire de la terre sur laquelle se dresse la Queen Stone préfère ne pas donner sa localisation exacte pour ne pas encourager la tenue de séances.) Paul, qui était écrivain et journaliste, passait le plus clair de son temps dans un cottage de la campagne du Devonshire. Un ami local, Joe, avec des poils sur la poitrine « épais et bouclés » comme un « matelas de fils de fer » aimait à s’allonger nu au soleil, à déclarer sa passion pour Tolstoï et à dénigrer les chaussures de cuir. « Le végétarisme était dans l’air du temps progressiste », écrivit plus tard Paul. « De nouveaux magasins de nourriture offraient de quoi satisfaire de fantastiques nouveaux goûts. … j’ai bu un mélange de lait malté, d’eau chaude et d’huile d’olive qui passait pour avoir les plus heureux effets sur le colon et les nerfs. » C’était un admirateur de l’Union Soviétique, un socialiste et un pacifiste. « Le #pacifisme avait une extraordinaire affinité avec le végétarisme », se souvenait-il, « de sorte que nous vivions d’énormes saladiers de bois emplis de salade aromatisée à l’ail, de lentilles et de pignons de pin garnis de poireaux. Nous respirions la santé. »

      Orwell a participé à deux universités d’été en 1936 : l’une à Letchworth et l’autre organisée par #The_Adelphi, un magazine pour qui il écrivait, dans une grande maison de Langham, près de Colchester. L’éditeur et fondateur du journal était le critique John Middleton Murry, un pacifiste et socialiste d’un type spirituel et poète qui avait acquis la maison dans l’espoir d’en faire le foyer d’une nouvelle forme de communauté égalitaire. (« Dans cette simple et belle maison, notre socialisme est devenu réalité » , écrivait-il. « Il me semblait que nous avions atteint une nouvelle sorte d’immunité contre l’illusion. ») Tous les invités étaient mis à contribution pour aider à la bonne marche du centre : Orwell était très demandé à la plonge, où il employait des talents cultivés lors de ses jours de pauvreté à Paris. Au cours d’une des discussions, il asséna apparemment à son auditoire, en majorité des gens de la classe moyenne, qu’ils ne « reconnaîtraient même pas un mineur ou un débardeur s’il en entrait un dans la pièce. » Murry finit par penser que le Centre Adelphi tenait trop de l’atelier d’idées : les socialistes qui y résidaient manquaient de la discipline qu’apporte le rude labeur physique.
Son projet suivant fut une ferme pacifiste.

      Il y a cent autres exemples de socialistes épris de ‘vie simple’ qui auraient suscité le mépris d’Orwell. Mais, malgré tous ses efforts, la longue et riche histoire des « hurluberlus » continua au-delà des années 1930 jusqu’aux éléments de la Campagne pour le Désarmement Nucléaire, les #hippies et les #Verts. (Et au-delà de l’Angleterre aussi, bien sûr.) Dans les années 1960, un restaurant végétarien a effacé un siècle de moqueries en adoptant fièrement le nom « Les Hurluberlus ». De bien des façons, la situation s’est retournée contre Orwell. Les personnages comme Edward Carpenter et Leslie Paul peuvent désormais être considérés comme les pionniers de l’anti-capitalisme écologiste moderne. L’environnementalisme est de plus en plus une cause et de moins en moins une distraction d’excentrique.

      Beaucoup de choses qu’Orwell considérait comme hurluberlues sont aujourd’hui à la mode. Il y a trois millions et demi de végétariens en #Grande-Bretagne, le yoga fait de plus en plus partie de la vie quotidienne des classes moyennes, et des pilules homéopathiques sont avalées par millions. (Malgré tout, ces tendances suggèrent, encore plus que du temps d’Orwell, une volonté d’auto-préservation et un style de vie égoïste, le contraire d’une volonté authentique de changer le monde.)

      Inévitablement, alors que des aspects hurluberlus ont été absorbés dans le courant dominant, d’autres pratiques et croyances étranges prennent leur place et sont ridiculisées par la majorité. Dans l’esprit du Quai de Wigan , on pourrait dire de l’anti-capitalisme d’aujourd’hui qu’il attire avec une force magnétique tous les écolos forcenés, les fruitariens organiques, les scooteristes à batterie solaire, les enthousiastes des naissances dans l’eau, les pratiquants de sexe tantrique, les fans de world music, ceux qui vivent dans des tipis, les porteurs de pantalons de chanvre et les accros aux massages ayurvédiques d’Angleterre. Quant aux sandales, les journalistes du Daily Mail _ peuvent bien conserver la mémoire de l’association entre hurluberlus d’antan et pieds quasi-nus, mais les longues queues devant les boutiques Birkenstock devraient les y faire réfléchir à deux fois. La vie simple est peut être aussi illusoire aujourd’hui qu’hier, mais nous sommes tous devenus des porteurs de sandales.

      Paul Laity est rédacteur littéraire au sein de la vénérable London Review of Books. En 2001, il a publié la Left Book Club Anthology (l’Anthologie du club du livre de gauche) , (Weidenfeld & Nicolson)
      Traduction Entelekheia
      [1] William Morris, peintre, dessinateur de papier peint, écrivain et l’une des figures de proue d’un mouvement conjuguant art et artisanat, l’Arts and Crafts.
      [2] La première à avoir reconnu le talent d’Orwell. Elle l’aida à faire publier son premier livre en le portant elle-même à un agent littéraire qui le transmit à un éditeur, Victor Gollancz. Le livre, Down and Out in Paris and London, parut en 1933.
      [3] Une communauté socialiste utopique également connue sous le nom « Alcott House ».
      [4] Les réformistes du costume militaient contre le corset, pour le pantalon féminin, pour que les femmes s’habillent de façon adaptée à la mode des vélocipèdes, pour le port de sous-vêtements hygiéniques en laine, et plus généralement pour le port de vêtements pratiques, dits « rationnels ».
      [5] Club politique de centre-gauche, socialiste et réformiste créé en 1884. Gorge Bernard Shaw et Herbert George Wells en faisaient partie. La Fabian Society , qui se décrit aujourd’hui comme progressiste, existe toujours au sein du Parti travailliste. Elle est aujourd’hui alignée sur le néolibéralisme européiste de Tony Blair.
      [6] Jeu de mots sur un proverbe anglais. Littéralement, « la vie n’est pas toute faite de bière et de quilles », signifiant « la vie n’est pas toujours facile ».
      [7] Théorie loufoque sur des lignes imaginaires (également appelées « ley lines ») censées relier des sites préhistoriques de façon occulte.

      #culpabilisation #Gauche #Histoire_des_idées #Libéralisme #Socialisme_utopique #espéranto #hurluberlu #hurluberlue

      Cet article est paru dans Cabinet Magazine http://www.cabinetmagazine.org/issues/20/laity.php sous le titre ‘A Brief History of Cranks’.

    • Sur le docteur Gero Winkelmann son discours monstrueusement homophobe est exactement le meme que j’avais entendu d’un médecin invité par le lycée catholique ou j’étais. Je relève qu’il fraude la sécu avec des préscriptions d’homéopathie et de pizzas pour « guerrir » de l’homosexualité.
      #homéopathie #origan (une plante qui rend viril et hétéro selon ce medecin !)

    • « Homothérapies, conversion forcée » : « Travailler longtemps sur un sujet te force à prendre position »
      https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/2665099-20191202-homotherapies-conversion-forcee-travailler-longtemps-suje

      « Vous êtes jugés dignes d’être les martyrs de la chasteté » lâche un prêtre aux participants homosexuels venus l’écouter, dans le documentaire Homothérapies, conversion forcée, visible jusqu’en janvier sur arte.tv. Deux ans d’enquête qui ont conduit Bernard Nicolas, Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Pologne et en Suisse, pour infiltrer des groupes qui tentent de convertir les homosexuels à l’hétérosexualité ou prônent l’abstinence.

      A travers des témoignages poignants, le film montre les vies détruites de celles et ceux qui ont subi ces « thérapies ». Timothée de Rauglaudre et Jean-Loup Adénor, deux jeunes journalistes (23 et 28 ans) ont aussi publié sur le même sujet le livre Dieu est amour, [Infiltrés parmi ceux qui veulent « guérir » les homosexuels], aux éditions Flammarion, et ont répondu aux questions de 20 Minutes.

    • Petit échange sur Twitter.
      https://twitter.com/TimdeRauglaudre/status/1201533776746237952

      Je ne comprends pas pourquoi on demande toujours aux personnes LGBT si elles sont journalistes ou militantes. Laisse-t-on son humanité de côté en enquêtant sur des violations aux droits humains ? Cuisine-t-on ainsi tous les journalistes concernés par leurs sujets d’enquête ?

      Pour connaître le travail d’@audelorriaux
      je suis certain que c’était bienveillant
      🙂
      Et je pense que le fait qu’on ait été auditionnés à la mission d’info et qu’on donne notre avis sur certains points le justifie.
      Mais en-dehors de ça je suis d’accord avec le constat général !

  • Comment l’Etat français recrute les femmes au ministère de la culture -
    https://www.liberation.fr/france/2019/11/07/au-ministere-de-la-culture-les-entretiens-pervers-d-un-haut-fonctionnaire

    « J’ai uriné par terre, quasiment à ses pieds. J’étais humiliée et honteuse » : Claire (1) est l’ une des dizaines de femmes ayant passé un entretien d’embauche au ministère de la Culture avec Christian N., haut fonctionnaire du ministère de la Culture. Comme toutes celles qui ont subi ses agissements et que Libération a retrouvées, une question la hante : « Comment a-t-il pu faire autant de victimes, sans jamais être découvert ? » Dans cette affaire, les chiffres donnent le vertige. Entre 2009 et 2018, plus de 200 femmes - selon une liste qu’il a rédigée lui-même - ont été photographiées et/ou intoxiquées aux diurétiques, à leur insu, au ministère de la Culture puis à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est. Elles l’ont toutes été par l’ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines au siège du ministère, situé rue de Valois, à Paris. Son but : les pousser à perdre le contrôle et à uriner devant lui.

    #travail #femmes #recrutement #emploi #violences_sexuelles #toilettes #empoisonnement #metoo

    A l’époque, la police, aussi, va refuser de s’intéresser à la situation. En 2015, Marie a tenté de porter plainte quelques semaines après son entretien avec Christian N. Sans savoir alors précisément quoi, la jeune femme est persuadée que quelque chose d’anormal s’est produit lors de la rencontre. Las. Dans un commissariat parisien, elle est éconduite : « Ils ne m’ont pas du tout prise au sérieux. Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte comme ça. » Cette situation perdurera même après la révélation de l’affaire. En mai dernier, le Canard enchaîné publie le témoignage d’une victime sous le titre : « Le parquet saisi d’une histoire à se pisser dessus ». Choquées par cette formulation, plusieurs victimes se reconnaissent néanmoins dans les faits relatés par l’hebdomadaire et décident d’aller porter plainte. Claire a dû convaincre les policiers : « Ils minimisaient en disant que je n’allais pas porter plainte ou déposer une main courante pour avoir fait pipi. J’ai dû leur montrer l’article du Canard enchaîné pour qu’ils me reçoivent. »

    Face à ces difficultés et à l’impossibilité d’obtenir le soutien du ministère, Alizée s’est tournée vers Marlène Schiappa. En juin, la jeune femme l’interpelle sur Twitter. Le compte de soutien à la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, « Avec_Marlene », lui répond. Derrière ce pseudo, il y a une conseillère du cabinet (2). Dans un échange de textos que Libération a pu consulter, cette dernière promet à Alizée de l’aider en la mettant en lien avec Agnès Saal, haute fonctionnaire chargée de l’égalité et de la diversité au ministère de la Culture. Contactée par Libération, la conseillère n’a pas donné suite. « Depuis, elle ne m’a jamais recontactée. J’ai relancé le cabinet de Marlène Schiappa début juillet, mais ils ne me répondent plus du tout, regrette Alizée. Moi, je suis suivie psychologiquement, mais pour toutes les autres victimes, on fait quoi ? »

    #police #injustice #déni #omerta

    Le titre de cet article existe en plusieurs versions.
    Sur le papier « un sérial voyeur au ministère de la culture » #euphémisme
    Sur la version web « Au ministère de la Culture, les entretiens pervers d’un haut fonctionnaire ». #pornification
    #ligue_du_lol #male_gaze

    • « Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte »

      Ca me rappel une remarque qu’a glissé Costa-Gavras interrogé sur Médiaprat à propos de #metoo et du cas de Adèle Haenel. Costa-Gavras a marmonné à un moment qu’on pouvait croire Adèle Haenel parceque c’était une jeune femme qui avait un césar. Même phénomène lorsqu’on a parlé de #MeToo au moment ou des star s’en sont emparées. Le tag existait bien avant, inventé par Tarana Burke en 2007 pour dénoncer les violences sexuelles, notamment à l’encontre des minorités visibles (et invisibiles médiatiquement). On limite toujours le phénomène au secteur du cinéma, à la limite c’est parfois un peu étendu au domaine aux arts, mais le lien avec ce qui se passe dans l’emploi n’est pas fait. Adele Haenel et les 200 victimes de Christian N c’est exactement le même problème.

      Costa-Gavras ce qui lui importe c’est qui a le Césare. Heureusement l’agresseur d’Adèle Haenel n’as pas de césare ni palme d’or. Il n’est pas Luc Besson alors on se fait une bonne conscience en se déchainant sur lui. Adèle Haenel fait versé de grosses larmes aux crocodiles mais les victimes de Besson laissent de glace, tout comme les minorités visibles qui utilisent #metoo depuis 2007. D’ailleurs Costa-Gavras et les medias mainstream font comme si Adèle Haenel était la première à parler en France.

      Ce matin je retrouve Marlène Schiappa qui déclare dans Marianne (rapporté par le parisien) ;

      "« Nous allons désormais expulser les citoyens étrangers condamnés pour violences sexistes ou sexuelles », a-t-il clamé auprès du magazine.

      « Ces violences ne sont excusables en aucun cas, y compris lorsqu’elles se produisent chez des populations en difficulté », souligne la ministre, qui avoue que sa proposition a suscité des débats en interne. Elle a pourtant été retenue lors du comité interministériel sur l’immigration piloté par Édouard Philippe.

      http://www.leparisien.fr/politique/tolerance-zero-schiappa-veut-faire-expulser-les-etrangers-condamnes-pour-

      (au passage je croi pas que Schiappa soit ministre et « a-t-il déclaré » est une coquille)
      –—
      Ce que je comprend c’est que c’est pas la violence le problème, en fait Schiappa s’en fiche des victimes de Christian N ou de Besson, ce qui compte c’est le niveau de hiérarchie de qui l’exerce et qui la subit. C’est un peu une évidence mais ca me frappe ces derniers jours.

      Peut être parceque cette semaine j’écoutais un cours sur le talent pendant que je dessine, pour essayé de comprendre pourquoi les discriminé·es en seraient autant dénué·es pour qu’on les voient et les entendent si peu.
      https://www.college-de-france.fr/site/pierre-michel-menger/course-2016-2017.htm
      Pierre-Michel Menger parle de la parabole des talents qui serait à la base de l’idée de mérite en occident.

      Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30 :

      D’après la traduction officielle liturgique de la Bible (source wikipédia).

      « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_des_talents#Texte_de_la_parabole_des_talents

      Alors si tu as 10 talents comme Polansky, le maitre te donnera tout, mais si tu as un seul talent comme une personne immigrée racisée, Jupiter et Schiappa en bons chrétiens, te jetterons dans les ténèbres extérieurs, pour y pleurer et grincer des dents, après t’avoir délesté de ton unique talent pour le filer à Polansky.

      #inversion_patriarcale #critique_de_la_valeur #talent #mérite #christianisme #ordolibéralisme

    • Pourquoi dans l’article son nom n’est pas cité en entier ?
      On trouve encore sa photo sur le site du ministère de la culture mais sa page a été supprimée.

    • Un commentaire qui développe les particularités sociales de Adèle Haenel -

      Un des enseignements de l’affaire Haenel, au-delà du décryptage des mécanismes de la violence sexuelle, est de mettre au jour les conditions sociales extrêmement improbables d’une telle prise de parole. Pourquoi le récit d’Adèle Haenel est-il audible/crédible (pour l’instant en tout cas), plus que ceux des autres femmes ayant dénoncé des agresseurs dans le monde du cinéma, y compris depuis l’émergence du mouvement MeToo ?
      –Parce que le rapport de force entre elle et son agresseur s’est inversé, comme elle le dit elle-même. Depuis les faits, elle est montée en puissance, alors que son pouvoir à lui n’a fait que s’amoindrir. Elle ne peut donc être vraiment suspectée de monter de toute pièce cette histoire pour attirer l’attention sur elle, ou pour gagner de l’argent. Elle dispose d’allié.e.s dans le cinéma français (surtout parmi les réalisatrices), et elle peut s’appuyer sur un réseau de soutiens plus étendu que lui. Le fait que tous les témoins cité.e.s dans le papier de Mediapart parlent à visage découvert (en « on »), fait tout à fait exceptionnel comme le souligne la journaliste Marine Turchi, en atteste.
      –Parce qu’elle est belle (et blanche, et conforme aux canons de la féminité bourgeoise), et qu’elle était déjà belle au moment des faits, les photos en attestent : elle échappe donc à la suspicion d’être trop repoussante pour avoir été agressée (contrairement à Nafissatou Diallo, cible de commentaires hallucinants sur son apparence physique, au moment de l’affaire DSK).
      –Parce que, les photos en attestent aussi, elle avait le corps d’une enfant au moment des faits, c’est sûr : on le voit car une dent définitive n’avait pas encore poussé et entravait son sourire enfantin, malgré les longues robes de soirée et le maquillage discret qu’elle portait lors des cocktails autour de la promotion du film. Elle ne peut pas être suspectée d’avoir joué la « Lolita » provocatrice (contrairement à la victime de Roman Polanski, âgée de 13 ans au moment des faits, déjà « formée » et « aguicheuse », comme l’ont répété à l’envi les commentateurs autorisés). Ce d’autant qu’elle est issue d’une famille de classe moyenne supérieure, un milieu dans lequel les normes de la féminité, à cet âge, mettent fortement à distance les marqueurs de la séduction. Cela se voit, aussi, sur les photos.
      –Parce qu’elle est soutenue par une enquête journalistique d’une très grande qualité, précise, rigoureuse, de long cours.
      –Parce que, en plus de son témoignage, des documents viennent fortement conforter son récit (des lettres datant du milieu des années 2000, conservées par Adèle Haenel, dans lesquelles Christophe Ruggia lui déclare l’amour « lourd à porter » qu’il lui a porté au cours des années précédentes – alors qu’elle avait 12-13 ans).
      –Parce qu’elle dispose des ressources intellectuelles et politiques nécessaires pour désingulariser son cas et dénoncer des rapports de force systémiques, en se prémunissant ainsi (pour l’instant…) contre les classiques accusations d’hystérie et de chasse aux sorcières.
      Ce sont des conditions socialement très improbables. Adèle Haenel elle-même dit qu’une des raisons pour lesquelles elle porte ce récit dans l’espace public est qu’elle se sent en position (et en devoir) de parler au non de toutes celles qui ne peuvent être entendues - qu’elles parlent ou pas. Les conditions socialement très improbables de la crédibilité des récits de violence sexuelle par les victimes : voilà ce qu’on doit garder en tête à chaque fois que nous parvient le récit d’une femme qui dit avoir été victime de violences sexuelles, dans le cinéma ou ailleurs.

      https://www.facebook.com/laure.ber.7/posts/10156975786138737

    • Diurétiques : nouvelles victimes et ministère de la Culture aux abonnés absents

      depuis l’enquête de Libération, rien de nouveau n’a été annoncé par le ministère de la Culture. Interrogé vendredi sur Europe 1, le ministre de la Culture, Franck Riester, s’est déclaré atterré par « cette histoire complètement folle ». « La justice va prendre les décisions qui s’imposent », ajoutait-il sans évoquer ni l’ouverture d’une enquête interne ni même la mise en place d’une procédure pour recenser ou aider les victimes. « A aucun moment le ministère ne s’est rapproché de celles qui étaient sur le fameux tableau Excel de Christian N. pour donner une quelconque info, voire un accompagnement », constate aujourd’hui un salarié du ministère qui souhaite rester anonyme. En interne, on dit même « n’avoir jamais vu la couleur de la cellule d’écoute ».

      Ce statu quo a poussé les syndicats à écrire ce mercredi matin à tous les personnels du ministère. Dans ce mail interne, signé par 7 syndicats (dont la CGT, la CFDT et la Snac-FSU), ils demandent d’« en finir avec l’omerta et l’impunité des violences hiérarchiques dans la fonction publique ». Ils dénoncent par ailleurs « une situation systémique au ministère de la Culture […] où la couverture des actes de violence et d’abus de pouvoir est favorisée par un système hiérarchique vertical violent et rigide » et demandent « la protection fonctionnelle pour les victimes de Christian N. », « une enquête ministérielle approfondie » et « le retrait immédiat des labels Egalité et Diversité décernés au ministère de la Culture ».

      https://www.liberation.fr/france/2019/11/13/diuretiques-nouvelles-victimes-et-ministere-de-la-culture-aux-abonnes-abs

  • CEDH | La Suisse violerait la Convention en renvoyant un Afghan chrétien
    https://asile.ch/2019/11/07/cedh-la-suisse-violerait-la-convention-en-renvoyant-un-afghan-chretien

    La Cour Européenne des droits de l’Homme a rendu un arrêt le 05.11.2019 qui reconnaît que la Suisse violerait l’article 3 de la Convention en renvoyant un ressortissant afghan converti au christianisme. Dans l’ Affaire A.A. c. Suisse (Requête n° 32218/17) , la CourEDH relève que, selon de nombreux documents internationaux sur la situation en Afghanistan, […]

  • Taybeh, village chrétien de Palestine
    https://visionscarto.net/taybeh-chretiens-de-palestine

    On n’arrive pas à Taybeh par hasard. Dans le gouvernorat de Ramallah, dans les Territoires occupés, à 50 km au nord de Jérusalem, cette petite ville perchée sur sa colline n’est pas un haut lieu touristique de la Terre sainte. Seuls des groupes de pèlerins chrétiens s’aventurent jusqu’ici, au seuil du désert, entre la Samarie et la Judée bibliques. Qu’en est-il d’être chrétien·ne dans les Territoires palestiniens occupés ? Pour comprendre, je me suis rendue sur place et ce périple a pris la forme d’un (...) #Billets

  • Eritrea: 150 cristiani arrestati da giugno. Si teme la chiusura delle scuole cattoliche

    In Eritrea proseguono le persecuzioni governative anticristiane, dopo la confisca delle strutture sanitare cattoliche avvenute tra giugno e luglio, almeno 150 cristiani sono stati arrestati negli ultimi due mesi in diverse città. A darne notizia è il sito dell’osservatorio cristiano Wolrd Watch Monitor secondo cui l’ultimo episodio risale al 18 agosto, quando sono stati arrestati 80 cristiani da Godayef, un’area vicino all’aeroporto della capitale, Asmara.

    Chiesta la rinuncia al cristianesimo

    Il 16 agosto, sei cristiani, dipendenti pubblici del governo sono stati arrestati e portati davanti a un tribunale ad Asmara. Il giudice ha intimato ai sei fedeli di rinunciare al cristianesimo e davanti al loro rifiuto si è riservato di prendere eventuali future decisioni.

    70 cristiani condotti nei tunnel sotterranei

    Il 23 giugno altri 70 cristiani appartenenti alla Faith Mission Church of Christ erano stati arrestati a Keren, la seconda città più grande dell’Eritrea. I membri di questo gruppo, tra cui 35 donne e 10 bambini, sono stati portati nella prigione di Ashufera, che è composta da un vasto sistema di tunnel sotterranei in condizioni estremamente degradate.

    Arrestati cinque preti ortodossi

    Sempre lo scorso giugno sono stati arrestati anche cinque sacerdoti ortodossi, un atto che spinse l’osservatore delle Nazioni Unite per i diritti umani in Eritrea, Daniela Kravetz, a chiedere il rilascio di tutti coloro che sono stati imprigionati per il loro credo religioso.

    Don Zerai: perseguitate tutte le religioni

    “Il governo tollera le religioni che ha trovato già radicate nel Paese; le nuove religioni di minoranza – nel caso degli arresti riguardanti i gruppi pentecostali, battisti – sono dichiarate illegali nel Paese già dal 2001”, così a Vatican News il sacerdote eritreo don Mussie Zerai, presidente dell’agenzia Abeshia, spiega i motivi di questa ennesima ondata repressiva. Don Zerai conferma inoltre l’esistenza di carceri eritree sotterranee e racconta di persone detenute all’interno di un container senza poter vedere la luce del sole.

    Dopo gli ospedali si teme per le scuole

    Il sacerdote parla anche della confisca degli ospedali cattolici: “Tra giugno e luglio sono state chiuse in totale 29 strutture tra ospedali, cliniche e presidi medici, gestiti dalla chiesa cattolica rifacendosi a questa legge. Non solo ha fatto chiudere queste strutture ma ne ha confiscato fisicamente la proprietà”. “Il timore è che questo toccherà anche alle scuole che la Chiesa cattolica gestisce – afferma ancora Don Zerai – 50 scuole tra elementari, medie e superiori e oltre cento asili nidi in tutto il territorio nazionale. Sarà un danno enorme soprattutto per la popolazione, perché sia le cliniche che le scuole si trovavano anche in zone sperdute, rurali, dove non c’è nessun’altra presenza tranne quella della Chiesa cattolica”.

    https://www.catt.ch/newsi/eritrea-150-cristiani-arrestati-da-giugno-si-teme-la-chiusura-delle-scuole-catt
    #chrétiens #Erythrée #COI #répression #arrestation #écoles_catholiques #christianisme #catholicisme #religion #persécution #Eglise_catholique

  • John Chau, American Missionary, and the Uncontacted Tribe | GQ
    https://www.gq.com/story/john-chau-missionary-and-uncontacted-tribe


    Voici la triste histoire d’un jeune homme sérieux et doué qui a mis en danger l’existence d’une des dernières tribus vivant sans relations avec la civilisation capitaliste. Les détails de l’histoire font comprendre l’énorme danger auxquel nous sommes tous exposés à cause des croyances irrationnelles de la classe dominante étatsunienne.

    When a 26-year-old American missionary set out for a lush island in the Indian Ocean last year, it was with one objective in mind: to convert the uncontacted Sentinelese tribe, who had lived for centuries in isolation, free from modern technology, disease, and religion. John Chau’s mission had ambitions for a great awakening, but what awaited instead was tragedy.

    By Doug Bock Clark, August 22, 2019

    1. First Contact

    For 11 days in November 2018, John Chau lived mostly in darkness. While a cyclone thrashed the Bay of Bengal, Chau quarantined himself inside a safe house in the tropical backwater of Port Blair, India, never stepping outside to enjoy sunlight. The 26-year-old American missionary was hoping his body would finish off any lingering infections so that he wouldn’t sicken the Sentinelese, a hunter-gatherer tribe that he dreamed of converting to Christianity. They’d been isolated on their remote island for enough centuries that they’d never developed modern antibodies. Even the common cold could devastate them.

    During this retreat Chau kept his mountain climber’s body hard with triangle push-ups, leg tucks, and body squats. But it was his soul that he primarily fortified, with prayer and by reading a history of the tribulations faced by pioneering American missionaries in Southeast Asia, who were an inspiration to him. “God, I thank you for choosing me, before I was even yet formed in my mother’s womb, to be Your messenger of Your Good News,” he wrote in his diary. “May Your Kingdom, Your Rule and Reign come now to North Sentinel Island.”

    After the storm finally passed, a crew of local Christians hid Chau on their 30-foot open wooden boat and struck out under darkness for the most extreme outcrop of the Andaman archipelago, on a route presumably meant to resemble that of a normal fishing expedition. As they dodged other craft, Chau recorded, “The Milky Way was above and God Himself was shielding us from the Coast Guard and Navy patrols.” The Indian government bans contact with the Sentinelese as a way of protecting them from outsiders—and outsiders from them. The Sentinelese have maintained their independence by frequently repelling foreigners from their shoreline with eight-foot-long arrows.

    Bioluminescent plankton illuminated fish jumping “like darting mermaids” as the boat motored more than 60 miles. Sometime before 4:30 a.m., the crew noted three bonfires on a distant beach and then anchored outside the island’s barrier reef. While resting, eyes shut but not asleep, Chau had “a vision as I’ve never had one before,” of a meteorite—possibly representing himself—streaking toward a “frightening city with jagged spires,” seemingly Sentinel Island. Then “a whitish light filled [the city] and all the frightening bits melted away.” He couldn’t help wondering in his diary: “LORD is this island Satan’s last stronghold where none have heard or even had a chance to hear Your Name?”

    Dawn soon revealed a hut on a white-sand beach, backed by primordial jungle. Chau off-loaded from the fishermen’s boat a kayak and two waterproof cases jammed with wilderness survival supplies. He paddled a half mile in shallow water over dead coral, and as he approached shore, he heard women “looing and chattering.” Then two dark-skinned men, wearing little, if anything, ran onto the beach, shouting in a language spoken by no one on earth besides their tribe. They clutched bows, though they hadn’t yet strung arrows onto them.

    From his kayak, Chau yelled in English: “My name is John. I love you, and Jesus loves you. Jesus Christ gave me authority to come to you.” Then, offering a tuna most likely caught by the fishermen on the journey to the island, Chau declared: “Here is some fish!” In response, the Sentinelese socketed bamboo arrows onto bark-fiber bowstrings. Chau panicked. He flung the gift into the bay. As the tribesmen gathered it, he turned and paddled “like I never have in my life, back to the boat.”

    By the time he reached safety, though, his fear was already turning to disappointment. He swore to himself that he would return later that day. He had, after all, been planning for this moment since high school. It was his divine calling, he believed, to save the lost souls of North Sentinel Island.
    2. The Calling

    On the surface, John Chau enjoyed a normal 1990s childhood in a suburb of Portland, Oregon, playing soccer and performing charitable work with his church. Family photos show a chubby-cheeked boy grinning with his Chinese psychiatrist father in national parks, his American lawyer mother presumably behind the camera. But it wasn’t just those vacations that inspired his love of the wild. One day, while still in elementary school, Chau found a book in his dad’s downstairs study and wiped dust off its cover to reveal: Robinson Crusoe. The story of a solitary castaway on a tropical island hooked him on adventure tales.

    As Chau matured, he mastered the skills necessary to strike off on his own adventures in the rugged mountains just outside Portland, earning the equivalent of an Eagle Scout award from an evangelical version of the Boy Scouts. It wasn’t just a love of exploration that drove him. Wandering through mossy forests caused him to marvel at “the beautiful creation around us that we are all called to care for” and connected him to God, like the Old Testament prophets who found the Lord while alone in the wilderness.

    As posted on Instagram: Chau took public ferries to several outlying islands to test his kayak for his final trip to North Sentinel Island.

    Chau grew up Pentecostal, a charismatic Christian movement that is generally considered intensely evangelical and conservative. His mother wrote that she worked as a fund-raiser for organizations like Jerry Falwell’s Moral Majority and the Ethics and Public Policy Center, which describes itself as “Washington, D.C.’s premier institute dedicated to applying the Judeo-Christian moral tradition to critical issues of public policy,” and then for many years on the faculty at Oral Roberts University, a historically Pentecostal institution. It was during his junior year at a small Christian high school that he underwent that American evangelical rite of passage: a mission trip to Mexico. Sermonizing months later, as seen in a video uploaded to YouTube, Chau said the trip helped him realize, “We can’t just call ourselves Christians and then the next day just be like, Yeah, you know, let’s go to a party and get drunk and get high, whatever, get wasted, and live a lifestyle that’s totally against what Christ has called us to do. We actually have to do something.” The skinny teenager in an American Eagle polo reminds his listeners that one of Jesus’s commands was: “Therefore go and make disciples of all nations, baptizing them in the name of the Father and of the Son and of the Holy Spirit, and teaching them to obey everything I have commanded you.” This passage comes from what is known as the Great Commission, and it is a primary biblical justification for missionary work.

    Though overseas missions might seem a relic of the British Empire, America dispatches a significant number of missionaries abroad each year—approximately 127,000 in 2010, for example, according to the Center for the Study of Global Christianity. This number grew for decades because of American Protestantism’s emphasis on every believer’s responsibility to proselytize and the increasing ease of air travel, which has meant that spreading the Word internationally can be done over spring break. These factors have contributed to an explosion of self-regulated missionary groups that can seem practically freelance compared with the bureaucratized Catholic missionary orders of old. Chau would have likely believed missionary work “to be a divine obligation,” said Joshua Chen, a friend raised in a household with similar beliefs.

    Among some evangelicals, few missionaries are as celebrated as those who work with remote tribes. After returning from his high school trip to Mexico, Chau was surfing JoshuaProject.net, a website that catalogs unconverted peoples, and stumbled upon an entry for the Sentinelese. Today the site describes them as a “hostile” tribe that “need to know the Creator God exists.” Before long he was conjuring the islet on Google Maps, promising that he was going to bring the Sentinelese the Good News. His father, Patrick Chau, overheard him telling others this was his “calling,” but Patrick later wrote, “I hoped that he would be matured enough to rectify the fantasy before too late.”

    Indian anthropologists pass coconuts to the Sentinelese in 1991—one of the most notable attempts at contact to date.
    3. Satan’s Last Stronghold

    The Andamanese tribes, of which the Sentinelese are one, are “arguably the most enigmatic people on our planet,” according to a team of geneticists who published a paper in 2003 about trying to track their origins. The scientists found some evidence that they were part of the first wave of humans to reach Asia, more than 50,000 years ago—which makes sense, as their appearance is similar to that of Africans. But if that theory holds true, Asiatic peoples, who arrived later, eradicated their forebears, except for a remnant in the Andamans. This would mean that the estimated 50 to 200 surviving Sentinelese have been refugees since prehistory.

    Records from Roman, Arab, and Chinese traders, dating from the second century A.D., tell of Andamanese murdering sailors who put to shore looking for fresh water. In the 13th century, Marco Polo passed nearby and recorded from secondhand accounts that “they are a most cruel generation, and eat everybody that they can catch, if not of their own race,” though he was almost certainly wrong about the cannibalism. Consequently, most people who even knew about the Sentinelese were happy to avoid them until the British Empire established Port Blair, a penal colony for rebellious Indians, on nearby South Andaman Island.

    In 1879, the 19-year-old aristocrat Maurice Vidal Portman was charged with overseeing the Andamanese and—drawn by whatever impulse has moved young men across the ages—soon led an expedition to Sentinel Island. At first he and his soldiers freely roamed a jungle that was “in many places open and park like,” he wrote, and filled with “beautiful groves of bullet-wood trees.” Eventually they discovered some recently abandoned lean-tos and evidence that their inhabitants survived by hunting sea turtles, wild pigs, and fish, as well as by foraging fruits and roots. Portman, however, was not satisfied.

    After scouring the Manhattan-size island several times, and having glancing contact with the Sentinelese, the outsiders finally stumbled across an old Sentinelese man with his wife and child. The old man was tackled before he could fire his bow, and the whole family, along with three other Sentinelese children captured about the same time, was abducted back to Port Blair where Portman kept all of them in his house. (Over two ensuing decades of ostensibly civilizing the natives, Portman habitually photographed naked Andamanese captives, though it doesn’t seem that any of the disturbing pictures that survive are of the Sentinelese.) The old Sentinelese man and his wife rapidly died of sickness, and Portman eventually released the surviving children back to the island with gifts—and, perhaps, pathogens. “This expedition was not a success,” Portman wrote. “We cannot be said to have done anything more than increase their general terror of, and hostility to, all comers. It would have been better to have left the Islanders alone.”

    Some have speculated that Portman turned the Sentinelese against outsiders. Certainly his misadventures couldn’t have helped. But historical records suggest that the Sentinelese had isolated themselves long before Portman, perhaps because Southeast Asian kingdoms had raided them for slaves. Regardless, the Sentinelese violently maintained their independence until the British Empire collapsed, shortly after World War II, and the new Indian government eventually realized that some of its citizens didn’t even comprehend they were Indian.

    Consequently, in March 1974, a team of Indian anthropologists attempted to befriend the Sentinelese. As they approached the island, the anthropologists were guarded by policemen equipped with shields and shadowed by a film crew. The Indians had brought three Andamanese from a friendly tribe to interpret. “We are friends!” they shouted through a loudspeaker from a boat offshore. “We come in peace!” Evidence suggests the Sentinelese’s language has diverged from those of nearby tribes so much they are mutually unintelligible. But from about 80 yards away, one archer bent so far back that he seemed to aim at the sun, then launched an unmistakable reply. In a recording of that moment, an eight-foot bamboo shaft, with an iron nail lashed to its tip, plunges out of the heavens, ricochets off the boat’s railing, and into the water. When the camera refocuses, a Sentinelese man is pumping both fists in what is obviously a victory dance as the boat retreats.

    The anthropologists then motored up the coast, leaving coconuts, bananas, and plastic buckets on a deserted beach, and later watched as the Sentinelese carried away the offerings. But even that did not win over the tribe: The expedition was halted when the film director was wounded in the thigh by an arrow. When the anthropologists subsequently tried to leave even more gifts, the tribe immediately speared a bound live pig with their long arrows and buried it in the sand. A cotton doll left to test if they would let a human-shaped object cross their beach into the island’s interior suffered a similar fate.

    After that, anthropologists continued to make intermittent and unsuccessful visits to the island, and sometimes the outside world washed up on its shores. In 1981, a Panamanian freighter ran aground on the barrier reef during a storm. A few days later, a lookout spotted about 50 naked “wild men” waving bows and arrows on the beach. As described in The American Scholar, the crew then radioed the Regent Shipping Company’s Hong Kong office and begged for an airdrop of guns: “Worrying they will board us at sunset. All crew members’ lives not guaranteed.” Robert Fore, an American pilot who was working nearby, ended up landing a helicopter on the ship’s deck in high winds and plucking more than 30 sailors and their dog to safety. Fore had flown combat missions in Vietnam, he said, “but this was unique.” They left behind a ship’s worth of iron to be hammered into arrowheads, as well as tons of less useful chicken feed.

    The most recent contact of note was in 2006, when two Indian fishermen, believed to be drunk on palm wine, drifted ashore. Other poachers watched from outside the barrier reef as the Sentinelese hacked them to death with what were probably adzes, which an anthropologist has speculated that the tribe “must have endowed with magical power, to keep away the evil spirits.” When a helicopter investigated the deaths, archers drove it away, but not before rotor wind whipped sand off shallow graves—revealing a pair of corpses. After some time, the bodies were reportedly dug up and hung like scarecrows on bamboo poles, facing the sea.
    4. God’s University

    Chau learned this violent history while researching the tribe on his laptop. As he read on a missionary’s blog the summer after his freshman year of college: “The Sentinelese may be the greatest missions challenge anywhere!” Instead of being daunted, though, he appears to have tried to strike up a correspondence with the missionary, writing, “Hi! I genuinely believe that God has called me to go to the Sentinelese.”

    Chau was attending Oral Roberts University in Tulsa, Oklahoma. Oral Roberts, nicknamed “God’s University,” has the stated goal of fostering “evangelistic capability” in its students. In 2018, the school sent about a seventh of its student body abroad on missions. Chau enrolled in History of Missions, a course in which he learned, as a syllabus put it, “a people-to-people strategy working from within the culture” for proselytizing. According to Dan McCarthy, a friend who said he took the class and later went on a mission overseas with him, this meant: “You learn the culture of those people. You learn their language. You blend in, and then you hope you get a chance to share Jesus because they ask questions about how you’ve been modeling His love. You don’t go in and force it down their throats.”

    Putting theory into practice, Chau worked with the university’s Missions and Outreach department, under Bobby Parks, a boyishly handsome and enthusiastic 30-something. Chau helped Parks coach refugee children in soccer for Park’s not-for-profit organization and perform local missions. Parks would later describe on social media his mentorship of Chau as similar to how the older apostle Paul guided the younger Timothy. While at Oral Roberts University, Chau traveled twice to South Africa—once with Parks’s department and later to coach and teach “life values” at a Christian soccer academy, one of the countless institutions that accept short-term missionaries in the world-spanning evangelical travel industry. Chau also represented his faith closer to home. Nicole Hopkins, a university friend, said that when her sister was in the hospital for a year, John provided her with daily support but “never pushed the gospel on her during that season.” Hopkins said that a couple of years later “my sister became a Christian and she says John’s actions were a big part of her believing God is real.” Despite his conviction, Chau doesn’t seem to have been an in-your-face proselytizer; secular friends said he barely discussed religion with them. After these experiences, Chau wrote, “ORU missions gave me direction in my life.”

    Other than his dedication to missions, Chau was basically a typical college student, albeit at a school without frat parties. He had an affinity for root beer, discussed Jesus for hours, and signed a pledge to abstain from “unscriptural sexual acts, which include any homosexual activity and sexual intercourse with one who is not my spouse.” Even in such a God-fearing environment, Chau stood out for his piety, making Hopkins “question whether or not I was as sold out for Christ as I claimed to be,” as she later wrote on social media. Despite his conservative background, he was “hardly the stereotypical, Bible-thumping ‘fundamentalist,’ ” said a friend, who came out to him as homosexual. In a message responding to that revelation, Chau wrote, “I see people as people, sons and daughters of God as their identity,” and said he would be willing to bless his queer brothers as much as his straight brothers. Chau was “an introverted social butterfly,” said another friend—reserved at first, but forging many deep relationships over time. Hopkins wrote me: “I’ve never met a man who loved others so selflessly.” And yet whenever Chau could, he left the city of Tulsa—which he described as “relatively devoid of natural beauty”—for the spiritual solitude of the woods. He cultivated a backpacker vibe, sprinkling his speech with “stoked” and “rad,” and bulked up through constant athletic activity.

    Upon graduating with a degree in exercise science, in 2014, Chau led a third mission trip to South Africa for the department run by Parks. Then, according to his personal blog, it was on to an autonomous region in northern Iraq to organize soccer games in refugee camps for Parks’s organization. After the high of adventures like these, Chau settled into a one-year AmeriCorps contract on a disaster-preparedness team back in Oklahoma. Staring at the gray felt walls of his workspace in October, he Instagrammed, “Never thought I’d be working in a cubicle. #reallife #whereisthebreeze #tooquiet.” But as he waited out the dreary winter, Chau laid plans for the following summer that would eventually take him to the Andaman archipelago.

    When June arrived, Chau road-tripped across the States, anthems from the likes of Angels & Airwaves shaking his rattletrap car. In California he passed a month-long course to become a wilderness emergency medical technician that involved simulations with actors employing “tons of (fake) blood” and actual helicopters, which jazzed him with a “flood of adrenaline,” he wrote.

    Then, in August, as a final test to harden himself before India, he embarked on an ambitious 120-mile trek through the Northwest’s Cascade mountains with two friends. Chau had plotted a route through backcountry that proved impractical, so they ended up trailblazing for two days over mountains—until they found themselves with no way forward except downclimbing a dry yet slippery waterfall. He later said that as he descended, “I remember thinking about how strong the contrast was between the vibrant beauty and life seen in view,” referring to the mountainous panorama below, “and the stark potentiality of death lingering at every misstep.” It was the “scariest” thing he had ever done. But the realization of “how fragile life is” inspired his personal motto: “Make the most of every good opportunity today because you don’t know what’s going to happen tomorrow!”

    Soon after making it out of the woods, Chau boarded a plane for the Andaman archipelago.
    5. Giant Seeds

    Improbable as Chau’s calling seemed, there was an outside chance that he might befriend the Sentinelese, for it had almost happened once before. In 1967, Triloknath Pandit became the lead government anthropologist for the Andamans and promptly started depositing gifts on Sentinel’s beaches. Pandit said his project “wasn’t idle curiosity. Whatever knowledge we were able to obtain could help us protect [the Sentinelese]” and fight ignorant myths.

    For years the Sentinelese had remained hostile, as in 1974, when the film director was struck by the arrow. But after more semi-annual offerings, Pandit observed, in 1988, a “Sentinelese [who] started dancing with an adze in his hand” after presents were left on the beach. The next month, as Pandit and other anthropologists deposited bags of coconuts, some Sentinelese approached as close as ten yards. “All the Sentinelese took the gifts and expressed their joy through gestures,” he later wrote. “We reciprocated in kind.”

    In January 1991, expecting nothing unusual, Pandit dispatched a junior anthropologist, Madhumala Chattopadhyay, to help lead a gift drop—and was stunned when she reported that Sentinelese had waded out to the boat to accept the offerings. Perhaps, she suggested to me, her female presence had signaled that the researchers didn’t have warlike intentions. The next month, the horn of Pandit and Chattopadhyay’s boat echoed at dawn. Later that day, about a dozen Sentinelese splashed out to them. Soon, Pandit and others were standing in the water and passing out coconuts. There exists a photo in which Pandit, in sunglasses and a tank top, holds out a coconut to a naked Sentinelese man, who accepts it with a single hand. For a moment, modern citizen and hunter-gatherer, both, held the giant seed.

    Pandit was so exhilarated that he didn’t notice the lifeboat drifting off, making it look as if he intended to stay. Suddenly a Sentinelese youth pulled a knife from his bark belt and drew a circle with his other hand, as if saying, “I’m going to carve out your heart.” Pandit retreated and threw back an ornament of green leaves that had been given to him. The Sentinelese man tossed him a lifeboat oar that was floating nearby. The two worlds had once more separated. But Pandit was greatly encouraged and wrote in a trip report, “We felt we must carry a lot more coconuts on our future visits.”

    The next year, however, Pandit says, he struck mandatory retirement age. Perhaps feeling the Sentinelese were more trouble than they were worth, the government decided to forgo any future visits. “I regret not visiting them again,” Pandit told me in his apartment on the mainland. He was now in his 80s, and health problems meant that he was unlikely to ever return. “I think had we continued for another year or so, maybe they would have extended an invitation to come ashore.”
    6. An Incredible Adventure

    “My life becomes an incredible adventure when I follow the call of God,” Chau captioned an Instagram photo of himself riding a motorbike down a hectic street in October 2015, soon after arriving in the Andaman Islands. “I’m excited to see where He leads!” Foreigners are primarily allowed to shuttle between seedy Port Blair and a handful of resort beaches, as much of the island chain is reserved for four hunter-gatherer tribes, including the Sentinelese. But Chau quickly began testing the archipelago’s security. “John knew it was illegal,” said John Ramsey, a friend. “His facade was just that he was a traveling adventure tourist.” As Dependra Pathak, the director general of the Andaman police said, “He built the logistical support and friendships he needed during those trips.”

    Chau stayed in a $13-a-night hotel, with only a fan to stir the tropically hot air, and rode packed public buses to scuba-diving excursions, where he would question guides for more information that might help him get to Sentinel. Acquaintances of Chau’s—whose identities I have withheld, since the Indian police have asked them not to speak to journalists—described him as “enthusiastic” and “friendly.” He cultivated a wide network of contacts, from tourist guides to fishermen, and strove unsuccessfully to learn the Hindi language. Most importantly, he connected with the local Christian community, a minority in the Hindu nation. He preached at a local church and in social media posts thanked Oral Roberts’s Missions and Outreach department for teaching him to always have a sermon handy, tagging one of them “#relationshipbuilding #missions.” Parks, his former boss there, responded: “Praying for you Chau boy. Proud of you. Keep loving big.” (Parks did not respond to multiple requests for comment.) Chau was correct in his assumption that locals would eventually show him the way to Sentinel Island, but after several weeks his path there wasn’t yet clear. He would have to return the next year.

    For four years, Chau made annual visits to the Andamans, bringing gifts for a widening circle of friends until it felt like a “home away from home.” According to the Indian police and two local sources, he became close to “Alex,” a 28-year-old engineer who lived in Port Blair. Alex is Keralese, descended from a small sect of intensely Christian Indians who, tradition has it, were converted about two decades after the Crucifixion by the apostle Thomas, who’d sailed on a spice trader to southern India. At first, Alex warned Chau against his mission, but according to Indian police, Chau eventually won him over. (A lawyer for Alex said that charges had not yet been proven in court, and so the narrative of him helping Chau was “false for now.”) Alex introduced Chau to a small community of Karen, an ethnic minority from Myanmar who’d been converted to Christianity by American missionaries. During Chau’s second visit to the Andamans, in late 2016, he likely bused through the jungle reserve of a friendlier hunter-gatherer tribe, the Jarawa, to reach the remote Karen village on its outskirts. There lived the fishermen who would eventually ferry him to Sentinel Island. On returning home, Chau had an argument with his father about whether he was following the Scriptures in pursuing his missionary work. After that, they decided to “agree to disagree.”

    Now that he had an idea about how to get to Sentinel Island, Chau began to prepare with characteristic relentlessness for what he might do once he set foot on shore. A list written by Chau shows that in 2017 he read 47 missionary and anthropological books. In 2018 he read 65. He contacted several missionary organizations with reputations for supporting attempts to reach uncontacted peoples and missionaries who had actually done so, plumbing them for information. Chau even discussed with a missionary engineer using a drone to make contact, but he eventually decided it had to be done face-to-face. Any plans to make an attempt in 2017 may have been scuttled when he stepped too close to a large rattlesnake near the cabin he lived in while working at an environmental-science school in the California mountains. From his hospital bed he Instagrammed numerous shots of his grotesquely swollen foot, smeared in blood, tagging one of them #selfrescue.

    Chau was still rehabbing when he arrived that summer at the Canada Institute of Linguistics, which runs an intensive two-month training in how to translate the Bible into new languages. Fellow participant Kaleb Graves remembered, “[Chau] was the center of just about every conversation when he was comfortable,” and other aspiring missionaries were drawn to his “sense that every second was an adventure.” And yet Graves remembered that Chau also seemed “outside the norm” of the class, and they bonded while avoiding communal chapel and discussing how “all chapels feel exactly the same—you’ve heard that sermon, you’ve sung those songs—and you know time alone is the best way to encounter God.” Graves noted that Chau would often take long solitary hikes. “He seemed sort of lonely, despite everything,” Graves said. “If you think you have this one monumental divine task, but you can’t share it, you’ve got to cover up that loneliness, and maybe that’s why he was so friendly with everyone.” Chau’s friend Ramsey said, “John received a fair amount of attention from girls,” but “he didn’t want any romantic attachments because he was focused on his mission—and he was afraid that a heart could get broken.”

    Since Chau had acquired some basic tools to try to crack the Sentinelese language, there was just one more form of training he would undergo. Later that summer, when Chau visited Ramsey’s home, the two friends had a heart-to-heart. Ramsey asked him, “What are you going to do with your life, bro?” Though Chau had previously described his missionary hopes in general terms, now he explained his specific calling to the Sentinelese. Even more, he asked Ramsey and Ramsey’s mother, who was a trained editor, to look over his application to All Nations, an organization that supports missionaries targeting “neglected peoples” in places where such work can be illegal or dangerous. Chau had long known of All Nations: His first Oral Roberts mission trip to South Africa had also been supported by All Nations. Ramsey said there wasn’t any point in trying to dissuade Chau from going: “He’d already made the decision.”

    In the fall of 2017, Chau attended an All Nations program, one of the many unregulated missionary courses in America. As the New York Times reported, Chau’s training culminated with him hiking several hours through an area south of Kansas City. When he managed to track down a mocked-up tribal village, Americans dressed in secondhand clothes threatened him with spears and babbled an unintelligible language to simulate what he might experience on Sentinel Island. Chau distinguished himself as “one of the best participants in this experience that we have ever had,” the international executive leader of All Nations told the Times. (All Nations disputed the Times’ description of the event, explaining that no weapons were used and that it trained participants “to share the Good News of Jesus in a way that is cross-culturally sensitive,” but said that it had not raised its concerns directly with the newspaper.) Then he took one more preparatory trip to the Andamans, in early 2018.

    Finally, as autumn arrived that year, Chau said goodbye to his siblings and parents, knowing it could be for the last time. Since he first began to speak of going to Sentinel Island while in his teens, his parents had encouraged him to pursue medicine instead, or, failing that, to save souls in a less dangerous location. His father, Patrick, wrote in an essay about him, the existence of which was first reported by Outside, “John became the victim when my [influence],” of a more moderate Christianity, “failed to counter the irrational religious and glamorized ambition of adventures of exploration.” Patrick blamed John’s immersion in the “fanatical evangelical extreme” on professional troubles that damaged his ability to be a role model for John during his high school years. John’s elder brother and sister seem to have happily followed their father’s path into medicine and a moderate Christianity, but Patrick noted that John was always different from the more obedient pair. John may have also sought his own path outside the home because of his parents’ disharmony. Elkanah Jebasingh, an Indian friend, said that during visits John prayed for his parents’ strained marriage. John’s social media was replete with pictures of him hiking with his mother and fishing with his father, along with loving testimonies about both—but by the time of his final visit, after years of arguments, parents and son had become entrenched in their views. Patrick wrote me that before saying goodbye, John “did not have a sustained argument with me, but only a few words.” Then Patrick cited a Chinese proverb that translates as “When words get sour, adding words is useless.”

    On his way to India, Chau stopped in South Africa to see Casey Prince, an American ex–pro soccer player who ran the academy where Chau had coached during his first Oral Roberts missions. Chau had stayed in Prince’s house on two previous visits to South Africa, and the two became so close that Casey’s wife, Sarah Prince, claimed him as “family.” He admired the Princes for spending nearly a decade living in and ministering to Cape Town’s poorer communities, and now he sought their advice on integrating with the Sentinelese. When Chau had described his calling during previous visits, Casey had privately doubted whether his plan was possible, but “I now saw [John] was totally serious,” he said. They discussed how Chau would need to spend years learning the tribe’s language and culture, and then sensitively introduce them to the gospel. “The best-case scenario would be ‘I’ll see you and all my friends and family in ten years,’ ” Casey said. “Success would still be a huge sacrifice.” Chau also received counsel from a South African missionary, whom he calls “Pieter V.” in his diary, who regaled him with stories of eluding Indian authorities and who, Chau suggests elsewhere, successfully preached to the Jarawa tribe in the Andamans from 1997 to 2003.

    Chau’s final plan probably looked similar to a 27-step one laid out in a document that he had shared with confidants earlier that year. In the section “Initial Contact (2018),” Chau wrote he would overcome the Sentinelese’s mistrust with gifts and then communicate “my desire to stay with them…using pictures, drawings in sand, and/or drawings in waterproof notebook.” Once he had sufficiently learned the language and culture, he explained in section “Long-Term Contact (2018-?),” he would use “oral storytelling” to find “culturally applicable stories” that would “translate the Gospel into a context [the Sentinelese] can understand without Western cultural additions.” He hoped to identify and then convert a few influencers in the tribe, who would help him win over everyone else and lead an indigenous church. He even envisioned eventually dispatching them as missionaries to the Jarawa. “After all of the evangelism and discipleship has been passed on to local tribal believers,” he wrote in his “Exit Plan” section, he might paddle a “dugout canoe/kayak” to a beach near Port Blair. But if leaving the tribe seemed too likely to get him caught and expose everything, “I could potentially reside for the rest of my life on the islands.”

    Soon, Chau’s month of respite was finished. He sent a final email to a select group of supporters, saying goodbye, asking for prayers, and offering updates on his plans. Signing off, he described seeing outside of Cape Town a “horrific car crash” that had resulted in several corpses. “It was a stark reminder to me of how fragile our lives on earth are,” he wrote. Then he paraphrased Ephesians, “Use your time carefully…. Understand what the Lord Jesus wants you to do, and do it.” Throughout the letter, he sounds like a man who is confident he is fulfilling his destiny.

    “It was weird, to have your hugs and part ways with him saying, ‘I could arrive on the island and get shot with arrows,’ ” Casey said. “It makes you think of what it was like for people going off to war in the past.” Before Chau left, Sarah said, they had several conversations about how he had tried to “check his motives with God, asking ‘if I’m just being an adventure junkie, or rebelling, or a religious extremist.’ But he just kept feeling that this is what God was calling him to do.” They also discussed the fact that though “he loved and respected his family,” he was going against the wishes of his parents. “He knew they weren’t at peace,” said Sarah, “but he had peace at the end, leaving them—he had given it to God in his heart.” When they separated, Sarah felt divinely inspired to share a psalm with Chau: “I will not die, but live, and will proclaim what the Lord has done.”

    When Chau landed in Port Blair, in October, he likely already carried with him most of what he needed to go all the way: a collapsible kayak, two waterproof cases full of equipment—including fishing gear, medicine, multivitamins, and picture cards to help communicate—as well as gifts, like safety pins, that the Andaman police believe he chose by researching what offerings other hunter-gatherers had appreciated. Shortly after Chau’s own arrival, Parks, Chau’s former boss at Oral Roberts, and another evangelical friend from college met him at Alex’s “safe house” apartment.

    Police director Pathak believes the other Americans were there to “encourage [Chau] to feel enthusiasm” about the mission. They had timed their trip to see Chau off to North Sentinel, but once the cyclone spun up, they had to leave before the seas calmed. Chau waited out the bad weather. According to Pathak, Chau then paid the five Karen fishermen about $350, a windfall in a country where a billion people survive on less than $5.50 a day, to sneak him out to sea at night. The next morning the Sentinelese rebuffed Chau’s first attempt to save them.
    7. The Biblical Shield

    “I felt some fear, but mainly was disappointed they didn’t accept me right away,” Chau wrote in his diary on returning to the Karen’s boat. But after a quick meal of fresh-caught fish, rice, and dal, he paddled about a mile up the coast. Once he was out of sight of the Sentinelese, he buried his larger waterproof case so he would have a secret stash of supplies should the tribe accept him. Then he returned to the fishermen’s boat and outfitted his kayak with two more gift fish; his waterproof Bible; his second, smaller waterproof case; and his “initial contact response kit”—which included dental forceps, to pull arrows from his body, and a chest-seal bandage. Then he paddled back to the island.

    As he neared the beach, he heard shouts and drumming. From the sand, about six Sentinelese began yelling at him in a language full of high-pitched b, p, l, and s sounds, seemingly led by a man wearing a crown of flowers and standing on a tall coral rock. Chau stayed offshore, trying to keep out of arrow range, and parroted their words. They burst out laughing most of the time, meaning the phrases were probably bad or insulting, Chau thought.

    Eventually, two men traded their bows for paddles and approached him in a dugout canoe. He dropped the fish into the waves and backed away. The men detoured to grab them. Chau discerned increasing friendliness from the tribespeople, and so he paddled very close to land as more Sentinelese arrived—most unarmed, though one boy wielded a bow with a nocked arrow. Chau kept waving his hands to signal, unsuccessfully, for the kid to disarm. The wind had nudged Chau’s kayak into the shallows. The canoe slid in behind Chau, cutting off his escape. Chau threw the two paddlers a shovel as a gift, but one of them still clutched his bamboo knife. The kid with the bow and nocked arrow approached. Chau figured this was it. So he disembarked to show that he, too, had two legs. Then he preached to them from Genesis, likely reading from his waterproof Bible.

    Chau found himself inches from the Sentinelese man who didn’t have a knife. The hunter-gatherer stood about Chau’s height—five feet six—and had yellowish clay smeared in circles on his face. Chau noted a fly land on the man’s cheek. Hastily, Chau handed over his gifts and, in his rush, gave the tribespeople essentially everything he had. Surely, the Sentinelese couldn’t help but be moved by his good intentions?

    Then things started happening confusingly fast. The men grabbed the kayak and made off with it. The boy suddenly fired his bow. Miraculously, the arrow struck the waterproof Bible that Chau was holding, saving him.

    Chau grabbed the arrow and felt the sharpness of the nail-like arrowhead. He retreated, shouting and stumbling. The Sentinelese let him wade over the submerged dead coral. He swam nearly a mile back to the boat, thinking in his panic that rocks in the bay were pursuing canoes. Back on board, he confronted the fact that he had lost his kayak and had no access to any of his supplies. Though, he journaled, “I’m grateful that I still have the written Word of God.” Chau now had to make a momentous choice alone. “It’s weird—actually no, it’s natural: I’m scared. There, I said it,” he wrote in his diary, his handwriting becoming increasingly agitated. “I DON’T WANT to Die! Would it be wiser to leave and let someone else continue?”
    8. The First One to Heaven

    The sun smoldered on the waves. Chau prayed. Practically anyone else would have asked the fishermen to return to Port Blair, but judge the situation from Chau’s point of view. He considered the Sentinelese to be living in “Satan’s last stronghold” and destined for hell unless he rescued them for heaven. To him, there could have been no greater act of love than risking his life to save them from eternal torment. Even more, according to police director Pathak, he indicated to the fishermen that the arrow striking the Bible was a sign of God’s protection. “John assumed that they wouldn’t automatically welcome him and that the only way to win them over was to be like, ‘I’m here, and I’m not going away,’ ” said Casey Prince, his mentor in South Africa. And if Chau gave up now, he was unlikely to get another chance.

    Chau knew he could perish if he returned to shore, and he was prepared for that. As Jim Elliot, a missionary whom Chau idolized, said, “He is no fool who gives what he cannot keep to gain what he cannot lose.” Like many evangelicals, Chau grew up celebrating Elliot, whose widely publicized story helped launch, in the late 1950s, the missionary boom that is still ongoing today. It is uncanny how closely Chau followed Elliot’s footsteps. They grew up miles from each other, hiked the same mountains, and formed convictions as teenagers that they were called to uncontacted tribes. Shortly after graduating from college, Elliot was lanced to death by an Ecuadoran tribe infamous for killing outsiders. However, after a few years, Elliot’s widow and other missionaries converted some of the tribesmen who slew Elliot—leading many evangelicals to declare the original mission a success. Should he die at the hands of the Sentinelese, Chau may have reasoned, he would simply be following Elliot’s example—and that of the original missionary, Jesus Christ.

    But it’s also doesn’t seem that Chau viewed confronting the Sentinelese again as seeking martyrdom. “I can say explicitly that John wasn’t on a suicide mission,” said Jimmy Shaw, who taught the History of Missions Class taken by Chau at university, remained close to him, and was privy to his plans. “He was a person of faith. If he died, then he died. But he was a believer, and he believed he was going to get the chance to share the gospel with those who’d never otherwise have a chance to hear it. And that was the risk worth taking.” The mission plan he had shared with supporters also included his return. And not long before, he had told Sarah Prince that he hoped one day to have children and a family like hers, “if God wants it for me.”

    Though the odds of success may have seemed daunting, after overcoming so many previous challenges, Chau may have thought he could beat this one, too, by himself. Or he may have hoped for a miracle. Pentecostalism, the Christian movement Chau grew up in, gets its name from the miracle of the Pentecost, when the Holy Spirit empowered the apostles to convert foreigners by preaching in their languages. After baptism, many Pentecostalists speak in what they believe are similarly divinely inspired “tongues,” and they celebrate stories of modern missionaries performing Pentecost-like miracles. Chau’s friend McCarthy, who is now a Pentecostal minister, said, “He definitely had the gift of speaking in tongues,” though it is unclear if Chau thought that gift would manifest in this context.

    And, ultimately, converting the tribe may have been only of secondary importance to Chau. For many evangelicals, trying to discern every twist and turn of God’s master plan is impossible and presumptuous. Instead, the best a believer can do is follow what directives they can grasp. “To John, the measure of success has always been obedience,” said Hopkins, his friend. And Shaw described a video, which he believed was likely meant to be shared only if Chau did not return, in which Chau declared that the measure of a person was their obedience to Christ. So if John had felt God wanted him to go, then he would have gone.

    Whatever Chau’s final reasoning, as afternoon descended into evening, he wrote in his diary, “LORD let Your will be done. If you want me to get actually shot or even killed with an arrow, then so be it. I think I could be more useful alive though, but to You, God, I give all the glory of whatever happens.”

    Watching the sun burn out, Chau was moved to tears and wondered if “it’ll be the last sunset I see before being in the place where the sun never sets.” He described intensely missing his family, friends, and Parks, and wished there was “someone I can talk to and be understood.” He finished his thoughts for the day: “Perfect LOVE casts out fear. LORD Jesus, fill me with Your perfect love for these people!”

    The next morning, after a “fairly restful sleep” on the boat, he wrote, “I hope this isn’t my last notes but if it is, to God be the glory.” He stripped down to his black underpants, as Pandit had taken off his clothes so as not to spook the naked Andaman tribes. Then he stroked toward land.

    The fishermen motored out to sea, as Chau had requested. Pieter V., the missionary whom Chau had consulted in South Africa, had told him that he believed that the Jarawa tribe didn’t kill him when he landed because he had no boat. Chau also didn’t want the fishermen to have to witness him possibly being slaughtered. The fishermen carried away Chau’s diary and two letters, one of which was to Alex. “I think I might die,” Chau confessed in it. But he comforted his friend: “I’ll see you again, bro—and remember, the first one to heaven wins.”

    The next day, the fishermen returned to the island. They motored along the coast, searching for signs of Chau.

    Eventually they spotted something on the beach. They looked closer. It was a body in black underpants. And it was being dragged by the Sentinelese, with a rope tied around its neck.
    9. A Strenuous Case

    When I met police director Pathak in his office this summer, he described the situation as “a very, very strenuous case.” According to him, after discovering the body, the fishermen had rushed back to Port Blair and, crying, turned over Chau’s journal and letters to Alex. Alex then contacted Parks, who in turn informed Chau’s mother. Chau’s mother then alerted the U.S. Consulate General in India, which contacted the Andaman police. In the subsequent investigation, Pathak had to decide: Could a people who didn’t recognize laws be prosecuted under them? Should Chau’s remains be recovered? Chau had written, “don’t retrieve my body,” and Chau’s family posted on his Instagram account, “We forgive those supposedly responsible for his death.” So Pathak decided the rights of the “uncontacted group needed to be respected.”

    But though Chau was beyond the laws of this world, the fishermen and Alex were soon imprisoned, before being released on bail. The lawyer representing them said that the punishment of his clients was “not fair,” as Chau went to the island of his own free will, and noted that Chau must not have thought about how the subsequent legal troubles would “badly affect” their lives. According to Pathak, the Indian police had also begun the bureaucratic process to request American assistance to talk to Parks.

    The sufferings of Alex and the fishermen was the last thing that Chau would have wanted: He worried deeply that they could be harmed should his mission go awry. In his final email to supporters, he directed that if he perished they should tell the media, “I am simply an ‘adventurer’…and please do not mention the real reason for why I went to the island.” This was to lessen the chances of “persecution of local area Christians, [and] the imprisonment of the local team members.” He explained that he had built a website and Instagram account that looked like those of an adventure bro to throw people off the trail. Instead of desiring posthumous Elliot-like fame, he preferred to be remembered as a fool.

    As Chau had predicted, when the story of his death spread worldwide, in November 2018, the criticism of him was fierce. Much of it followed the red herrings he had left, but information about his missionary purpose came out soon enough, once the fishermen confessed. Pandit, the anthropologist, said, “I felt sad that the young man should lose his life, but this was a foolish thing to do.” In the news, some commentators characterized his attitude as “puritanical, prejudiced, and patronizing.” Survival International, an NGO that advocates for uncontacted tribes, declared, “The Sentinelese have shown again and again that they want to be left alone, and their wishes should be respected.” The organization warned that by supposedly saving the tribe, Chau might have ended up destroying them.

    The Andaman tribes numbered about 5,000 people when the British arrived, but today only a few hundred remain. These survivors are wracked with measles and consumed by alcohol, subjected to “human safaris” by tourists, and have increasingly become dependent on government handouts. When I joined a hundred-car convoy through the jungle reserve of the Jarawa tribe, crossing between Port Blair and another town, I saw 11 Jarawa squatting on the roadside and staring at the traffic as if watching TV.

    This was “the danger of contact” that had made Pandit “worried about the future” when he first handed the coconut to the Sentinelese back in 1991, despite his simultaneous excitement at the meeting. Pandit knew the poisonous fruit that seed could bear, because he had already led the acculturation of a Jarawa clan. In the mid-1970s he felt he had no choice; they were fatally ambushing settlers on the outskirts of Port Blair. He won their trust with gifts and then lived with them for stints before imposing government oversight. When I interviewed him this year, however, he clearly thought they had suffered from the decades of contact. “Once, they laughed so much more than us,” he said. He thinks that the Sentinelese probably have had a happy life, similar to that of the Jarawa, before his arrival, easily fulfilling their needs in their tropical Eden. Hunter-gatherers are often called “the original affluent society,” as anthropologists have found they average only three to five hours of work a day, are more egalitarian, and have fewer mental health issues. (Although it is important not to romanticize their shorter life spans and other disadvantages.) Ultimately it’s not that Pandit thinks the Sentinelese should be barred from modernizing, only that they have the human right to choose whether to do so—and they have conscientiously objected. “Change should be for the better,” Pandit said. “But if we as an external force bring the change, are we sure we are helping?”

    Though the Sentinelese have no knowledge of what has happened outside their barrier reef, they seem to have intuited Pandit’s fears. And they have adopted a defensive strategy that has preserved them as one of the approximately 100 uncontacted groups still abiding on earth.
    10. A Rebellious People

    As harshly as some individuals criticized Chau, I was struck by how often people who knew him described him as a considerate, capable young man. Even those who didn’t agree with his final actions grieved. As Nathan Fairchild, his boss at the environmental camp in California, told me through tears: “There’s a tendency when people pass away to knight them, but even when John was living, everyone would have praised him the same way.”

    Many evangelicals were outspoken in celebrating his sacrifice. “There was no colonial intention,” said Ramsey, Chau’s friend. “[John’s] motivation was love for these people.… I think he’s up there in heaven.” Oral Roberts University released a statement that concluded: “We are not surprised that John would try to reach out to these isolated people in order to share God’s love. We are deeply saddened to hear of his death.” Parks, Chau’s boss, wrote on social media that Chau was “one of the best and most selfless human beings there ever was.” Many Christians spoke of being inspired to do missions themselves—missions that might reach all the way to Sentinel Island. On the Facebook page “I Admire John Allen Chau,” a post described a young American declaring at a missionary conference, “I am called to go to the people JOHN Allen Chau tried to reach.” Ramsey said, “I could see John as a modern Jim Elliot, someone who made a greater impact in death than life.” At All Nations’ annual fund-raiser in April 2019, the organization celebrated Chau and featured as the keynote speaker the grandson of a missionary pilot who perished alongside Elliot.

    And yet not all Christians supported Chau’s actions, including many prominent evangelicals, such as the president of the Southern Baptist Theological Seminary. “Christian missionary work has evolved over the ages, and it is now profoundly important for missionaries to be sensitive to the culture of the people they are sent to,” said Ben Witherington III, a professor at Asbury Theological Seminary in Kentucky. “Chau is a pretty classic example of how not to do missions in the 21st century.” Some field missionaries criticized Chau as insensitive, ineffective, and even ignorant of biblical directives. As Mark 6:11 commands: “And if any place will not welcome you or listen to you, leave that place and shake the dust off your feet as a testimony against them.” The detractors and supporters of Chau often seemed to be screaming past one another about different realities. Where some people saw a sensitive missionary prepared by years of training, others saw an overconfident, underprepared young American cheered to his death by his mentors.

    One recent afternoon, while pondering all this, I flipped open an edition of the waterproof Bible that had stopped the arrow the Sentinelese boy had fired at Chau. He recorded the verses that the shaft broke on, which conclude in Isaiah 65:1–65:2: “I am sought of them that asked not for me; I am found of them that sought me not: I said, Behold me, behold me, unto a nation that was not called by my name. I have spread out my hands all the day unto a rebellious people, which walketh in a way that was not good, after their own thoughts.”

    While Chau didn’t record if he interpreted the “rebellious people” as the Sentinelese or if the verse impacted his decision to return to the island once again, it’s telling he swam ashore the next morning. And yet Witherington, the Asbury seminary theologian, who has written a book about deciphering Isaiah, said, “I don’t dismiss Chau’s sincerity or sacrifice, but the question is whether he interpreted Isaiah rightly—and the answer for that, I think, is clearly no.” Two more theologians confirmed that in the above passage, the “rebellious people” are actually those inside the church, as God is criticizing the Israelites for worshipping false idols.

    In all my months of reporting, I never found any evidence that Chau even once questioned his calling. His certainty was so absolute that he was willing to bet not only his life on it but the lives of the Sentinelese. (Multiple doctors have stated that his self-quarantine wouldn’t have worked.) But one inscrutable thing about religion is that while it offers definitive answers, believers draw different answers from the same words, and often different answers throughout their lives.

    Patrick Chau, John’s father, was born in China, endured six years of forced labor harvesting rice during Mao’s Cultural Revolution, escaped to the United States, studied medicine at Oral Roberts University, which John would attend, and eventually brought John up evangelical. But during a weeks-long correspondence with me, Patrick described how over the past decade he had begun to find biblical truths in the Confucianism of his youth. He came to believe that the commonalities undergirding world religions meant that people “not following Western religious terms could still be following the teachings of the Bible.” In this context, he decided, “the theology of the Great Commission”—of missions—“is the byproduct of Western colonization and imperialization, and not Biblical teaching at all.” He wrote, “I have no common opinion in faith with my youngest.” John “was not there yet.”

    I wrote back: “But it seems you think that he would have come to that realization, in time?”

    “Eventually,” Patrick answered. “I hoped.”

    The central message of Jesus and Confucius that he tried to get his son to accept was: “Fairness. Do unto others as you would have done unto you. It is the only standard of right and wrong in the whole Bible.”

    The morning of his death, Chau wrote his final letter, addressed to his parents and siblings: “You guys might think I’m crazy in all this but I think it’s worth it to declare Jesus to these people. Please do not be angry at them or at God if I get killed.” He concluded: “I love you all and I pray none of you love anything in this world more than Jesus Christ.” He signed it with a scrawl that looks a lot like “JC.”
    11. Christlike Love

    We can’t know precisely what happened when Chau encountered the Sentinelese for the final time. Shortly after reports of Chau’s death, his mother told the Washington Post that she still believed he was alive because of “my prayers.” She later declined my interview requests, explaining to acquaintances that she preferred to let Chau tell his own story when he returned. Patrick concluded his essay memorializing John: “This is [the] riddle of life I cannot see through now,” and then paraphrased a verse from the Book of Job: “The Lord gave and the Lord has taken away. Blessed be the name of the Lord.”

    Chattopadhyay, the anthropologist, speculated that when Chau emerged from the lagoon, the tribe would have likely warned him with “utterances and hand gestures” to go away, fearing “he would try to enslave them.” Pandit added, “The Sentinelese don’t go out of their way to do violence.… But of course he couldn’t understand.”

    And so Chau crossed the line in the sand that the Sentinelese hadn’t even let a foreign doll transgress all those years ago. And of course they shot him.

    A skilled hunter doesn’t aim for an instant kill with a relatively fragile bamboo arrow tipped with an iron nail—the human brain and heart are small targets and encased in bone.

    No, the projectile would have been aimed at Chau’s large and soft gut. Once he was crippled, the Sentinelese would have charged in, wielding their long arrows like spears.

    But before then, Chau would have had time to confront the fact that he was going to die.

    And I have faith that he welcomed his killers with Christlike love.

    Doug Bock Clark is a GQ correspondent.

    A version of this story originally appeared in the September 2019 issue with the title “Contact.”

    #christianisme #mission #proselytisme #impérialisme #USA #Inde

  • Joshua Project
    https://joshuaproject.net/get_involved/learn_more


    Nous voilà l’objet d’une croisade impérialiste sous prétexte de mission évangélicale. Heureusement nous, les païens du centre de l’Europe, nous ne sommes pas sans défense comme les peuples qui n’ont pas encore jamais eu à subir les invasions chrétiennes.

    Après l’éradication dans l’holocauste américain des peuples indigènes par les envahisseurs catoliques les chrétiens étatsuniens tentent d’éliminer toute forme de paganisme africain. Pour le moment ce fléau est passé à côté de l’Europe surtout à cause de la résistance des bolchéviques et de leurs héritiers illégitimes. Le laïcisme européen et d’abord français a également contribué à la limiter l’influence des fondamentalistes qui naviguent dans les eaux polluées du néolibéralisme comme des crustacés néophytes dans le ballast de la marine marchande.


    Actuellement les pentecôtistes et autres fondamenatlistes chrétiens constituent un danger pour le mouvement pour la réduction de gaz à effet de serre. Pour eux la catastrophe climatique est l’expression de la volonté de dieu et de son arrivée imminente dans l’époque de l’apocalypse et de l’enlèvement. L’angoisse générale crée un climat favorable pour ce type de mission qui propose la rédemption individuelle aux personnes faibles et sans formation philosophique solide.


    Alors où en sommes nous en ce qui concerne notre statut d’évangélisation ?

    En France comme en Allemagne il reste du travail à faire pour les missionaires qui considèrent plus de 60 % des peuples comme chrétiens. Cette estimation exagérée nous préserve de la ferveur des pires des missionaires dont l’ambition les pousse à se dévouer aux « petits » peuples dans des contrées loin de nous. Heureusement parfois même les tribus les plus éloignées de la civilisation « chrétienne » ont compris que ces missionaires mettent en danger leur existence. L’acceuil des fanatiques se passe en conséqunce.

    The Kurd, Turkish-Speaking in Turkey are an example of a unreached people group.


    Missions is all about God. God acting to save His creation and bring it back in to a relationship with Himself through Jesus Christ. Learning about missions starts with learning about God through the Bible and seeing how He used men and women to fufill His purposes on earth. Missions is also about what God is doing today around the world to build Christ’s Church.

    Datasets
    To download data for a specific continent, region, country, religion, affinity bloc, people cluster or people group, click the “Download Data” link below the listing. Use the search tool to find the data set you wish to download or go to the People Group Lists page.

    All people groups by country CSV / Excel
    Only unreached people groups by country CSV / Excel
    All countries CSV / Excel
    People group-country-language table CSV / Excel
    All language data CSV / Excel
    General field descriptions CSV / Excel
    Complete relational database Access

    API
    The Joshua Project API was developed to provide developers easier access to Joshua Project data. Once you request and receive an API key you will have live access to data regarding people groups, countries and languages throughout the world.

    On ne sait rien sur le jeune homme de la photo. Les missionnaires ont décidé d’en faire le symbole pour les Kurdes à christianiser.

    #christianisme #mission #proselytisme #impérialisme #USA #France #Allemagne #Europe #holocauste

  • Le christianisme minéral et massif de Philippe Le Guillou
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/060819/le-christianisme-mineral-et-massif-de-philippe-le-guillou

    Est-il possible pour un croyant de partager sa foi ? Comment faire saisir à l’autre l’intensité d’une conviction, d’une grâce ? Philippe Le Guillou, chrétien catholique apostolique et romain, s’y essaie dans « La Pierre et le vent », récit paru, hasards de l’édition, en mars dernier, quelques semaines avant l’incendie le 15 avril de Notre-Dame de Paris, qui a secoué croyants, agnostiques et athées.

    #Au_détour_des_livres #christianisme,_Philippe_Le_Guillou

  • Le souci du prochain passe par les services publics - ...Se réclamant du christianisme social
    https://www.christianismesocial.org/spip.php?article604

    « La charité n’est pas forcément là où elle s’exhibe ; elle est aussi cachée dans l’humble service abstrait des postes, de la sécurité sociale ; elle est bien souvent le caché du social », Paul Ricoeur, Le socius et le prochain (1954).
    Dans cette citation, issue d’un des plus fameux textes de Paul Ricoeur, protestant philosophe, que connaît forcément le président de la République, il nous est rappelé que le souci du prochain ne passe pas uniquement par la relation interpersonnelle mais aussi par les institutions et particulièrement par les services publics. C’est pourquoi nous soutenons les initiatives prises par les syndicats de la fonction publique unis – de la CFDT à Solidaires – le jeudi 9 mai.

    #service_public #Ricœur #christianisme

  • Notes anthropologiques (XXVIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVIII

    Mexico 2018
    Deuxième partie
    Le mouvement de la pensée et sa critique (II)

    Finalement Hegel ne connaît qu’un seul monde : seul le monde occidental est valide à ses yeux ; la civilisation chrétienne se trouve à la pointe du progrès, elle est à la pointe du mouvement universel de la pensée : la pensée s’objectivant, devenue visible, étant à elle-même son propre objet, c’est le mouvement universel de l’aliénation de la pensée, l’idée se donnant à voir avant de se réaliser. Karl Marx aussi ne connaît qu’un seul monde, le monde capitaliste : le capital s’engendrant lui-même à travers l’activité marchande pour connaître sa propre limite avec le surgissement et l’existence du prolétariat. Hegel et Marx sont tous deux des philosophes chrétiens dans la mesure même où ils restent tous les deux attachés à une certaine idée de « l’homme en devenir », et, à mon sens, cette idée est chrétienne. Hegel et Marx ne connaissent qu’un seul monde, le monde occidental, chrétien et capitaliste. Nous pouvons toujours supposer que les zapatistes connaissent deux mondes, un monde qui n’est ni occidental, ni chrétien, ni capitaliste — c’est le monde indien originel et préhispanique —, et le monde occidental, chrétien et capitaliste. (...)

    #pensée #civilisation #Hegel #Marx #christianisme #capitalisme #zapatistes #État #Grèce_antique #Wittfogel

  • Notes anthropologiques (XXVII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVII

    Mexico 2018
    Deuxième partie
    Le mouvement de la pensée et sa critique (I)

    S’intéresser au mouvement de la pensée, à la vie et à la mort des civilisations, c’est renouer avec une tradition et une curiosité philosophique très anciennes. Il y a toujours dans ce qui remue d’une manière intestine les civilisations des moments clés qui conduisent les idéologues à se poser la question du devenir de la société : la Révolution française et bourgeoise pour Hegel et, plus généralement, pour les romantiques allemands ; la domestication industrielle pour Marx et, plus généralement, pour les socialistes et les anarchistes européens. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de nous confronter à un aboutissement, qui pourrait aussi bien signifier une fin, accompagnée, cette fin, d’un renouveau, d’une nouvelle naissance, de la naissance dans les profondeurs du réel d’un mouvement autre, se construisant et se développant selon les déterminations qui sont les siennes. Ou alors, autre supposition, que nous avons entrevue dans les notes précédentes et dont les zapatistes apportent témoignage : l’ancrage dans la réalité comme pensée non aliénée, le retour de la pluralité, chaque communauté de pensée portant en elle son propre devenir, se créant et se reproduisant sans cesse. (...)

    #Mexique #Hegel #Marx #christianisme #zapatistes #civilisations #aliénation

  • La Chiesa anglicana neozelandese si scusa con i Maori

    Durante l’era coloniale la #Church_Missionary_Society sottrasse forzatamente le terre al popolo Maori di #Tauranga.

    La Chiesa Anglicana della Nuova Zelanda si è scusata con il popolo Maori di Tauranga per la sottrazione forzata delle terre avvenuta nel 1800.

    Gli abitanti originari, i clan #Ngati_Tapu e #Ngai_Tamarawaho, avevano affidato circa 1333 acri della loro terra alla Church Missionary Society, la quale li consegnò nel 1866 alla Corona.

    La rivista della Chiesa anglicana della Nuova Zelanda, Anglican Taonga, riporta che durante un culto speciale, celebrato ad inizio dicembre, il vescovo Pihopa Ngarahu Katene e l’arcivescovo Philip Richardson – due delle figure più alte della Chiesa – hanno letto un documento contenente le scuse.

    In particolare l’arcivescovo Richardson ha letto il testo in inglese mentre Pihopa Katene lo ha letto nella lingua maori.

    Richardson poi si è inginocchiato e ha consegnato il documento, sigillato con il sigillo dei Primati, agli anziani dei clan Ngati Tapu e Ngai Tamarawaho.

    Il Vescovo di Waiapu, Rt Rev Andrew Hedge, ha affermato che i membri della Chiesa anglicana della Nuova Zelanda che hanno partecipato al culto «portano fino ad oggi il dolore rappresentativo di una nazione intera composta da vescovi, clero e da laici anglicani».

    «Riconosciamo con solenne tristezza che gli eventi del passato hanno gettato un’ombra così lunga sulle generazioni seguenti, lasciando un’eredità di ingiustizia e controversie», ha affermato.

    «Ci aspettiamo che questo atto di pentimento possa contribuire a far brillare una luce di riconciliazione in questa whenua (terra)».

    Le scuse ufficiali sono state concordate in occasione di un incontro del Sinodo Generale nel maggio 2018, in cui il vescovo Hedge aveva affermato di non aver mai «provato in modo così palpabile un tale schiacciante dolore».

    https://riforma.it/it/articolo/2018/12/10/la-chiesa-anglicana-neozelandese-si-scusa-con-i-maori

    #Eglise #colonialisme #Maori #christianisme #histoire #excuses #colonisation #Nouvelle_Zélande #terres

  • Le végétarisme a t-il un problème ? Concept histoire assiette
    https://www.youtube.com/watch?v=LWt14eeQ1TE

    Conférence dirigé par Aurélien Barreau avec une partie très interessante sur l’ #histoire du #végétarisme depuis l’antiquité par Renan LARUE
    Il évoque le miracle de Pythagore (qui était végétarien et ramena à la vie des poissons) et il le compare aux extermination de masse de poissons et porcs perpétré par Jesus dans les évangiles.
    Jesus a tuer deux fois des quantité astronomiques de poissons dans ses pèches dites « miraculeuses », n’hésitant pas à tuer plus qu’il n’en faut dans le seul but de prouver sa puissance divine. Il y a aussi l’exorcisme d’un gamin dont la phrase célèbre « nous sommes légion » est issue. Jesus dans cet épisode provoque la mort de 2000 porcs qui broutaient dans le coin pour sauver un seul enfant. Pour un dieu c’est pas très sympas de tuer tous ces porcs qui n’avaient rien fait, sa solution est quand même très sanglante du point de vue porcin. Jesus n’était donc pas charitable avec les bêtes, il en tuait pour des raisons futiles par paquets de 1000 comme un boucher. Etre plus charitable que Jesus (et dieu en même temps) c’est pas bien, c’est un pécher d’orgeuil. Du coup les clercs ont conclu que le végétarisme est un #blasphème lorsque la question s’était posé au moyen-age.

    ps : Ils avaient aussi conclu que les canards étaient des poissons pour pouvoir en consommer pendant le carême.
    #christianisme #religion

  • Bhambatha

    En 1906, les colons britanniques introduisent une nouvelle taxe dans la colonie du Natal en Afrique du Sud. Dans le but d’inciter les jeunes Noirs à travailler pour les fermiers blancs en labourant leurs terres, les Britanniques imposent la taxe à chaque homme noir âgé de plus de 18 ans possédant une hutte.

    Chef du clan zulu Amazondi, Bambatha va parvenir à unir sa communauté contre cette nouvelle loi injuste. Bénéficiant des conseils d’un chef plus âgé d’une autre tribu zoulou, Bambatha va organiser la rébellion. Il devient ainsi un héros pour les opprimés mais surtout l’un des premiers chefs africains à organiser une réelle rébellion solidaire contre les Anglais. En effet, d’autres chefs de tribus se rallieront à Bambatha dans cette quête de justice.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bhambatha_:_War_of_the_Heads_1906
    #film #Afrique_du_sud #résistance #rébellion #histoire #terres #christianisme #poll_tax #taxes #Richmond_uprising #Zoulou #confiscation_de_terres #Natal #gorges_de_la_Mome #massacre #Rehad_Desai

    • #Bataille des gorges de la Mome

      La bataille des gorges de la Mome est livrée le 10 juin 1906, au KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, pendant la #révolte de Bambatha. Elle oppose les troupes locales de la colonie britannique du Natal commandées par le colonel Duncan McKenzie aux insurgés zoulous, dirigés par Bambatha, chef de la tribu des Zondi, en rébellion contre l’autorité coloniale et les taxes auxquelles cette dernière les assujettit. Bambatha est tué dans l’affrontement, qui prend fin avec la défaite des Zoulous.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_gorges_de_la_Mome
      #histoire

  • Changement de régime à Budapest ? Diana JOHNSTONE - 20 Septembre 2018 - LGS
    La Hongrie désobéissante : De l’Union Soviétique à l’Union Européenne

    https://www.legrandsoir.info/changement-de-regime-a-budapest.html

    CNN a récemment découvert un paradoxe. Comment était-il possible, se demandait la chaîne, qu’en 1989, Viktor Orban, alors leader de l’opposition libérale acclamé par l’Occident, appelait les troupes soviétiques à quitter la Hongrie, et maintenant qu’il est Premier ministre, il se rapproche de Vladimir Poutine ?

    Pour la même raison, imbécile.

    Orban voulait que son pays soit indépendant à l’époque, et il veut qu’il le soit maintenant.


    En 1989, la Hongrie était un satellite de l’Union soviétique. Peu importe ce que les Hongrois voulaient, ils devaient suivre les directives de Moscou et adhérer à l’idéologie communiste soviétique.

    Aujourd’hui, la Hongrie doit suivre les directives de Bruxelles et adhérer à l’idéologie de l’UE, c’est-à-dire à "nos valeurs communes".

    Mais quelles sont exactement ces "valeurs communes" ?

    Il n’y a pas si longtemps, "l’Occident", c’est-à-dire les États-Unis et l’Europe, revendiquaient une dévotion aux "valeurs chrétiennes". Ces valeurs étaient évoquées dans la condamnation occidentale de l’Union soviétique. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, en effet, l’une des raisons pour lesquelles Viktor Orban est considéré comme une menace pour nos valeurs européennes est sa référence à une conception hongroise du "caractère chrétien de l’Europe, le rôle des nations et des cultures" . La renaissance du christianisme en Hongrie, comme en Russie, est considérée en Occident comme profondément suspecte.

    Il est entendu que le christianisme n’est plus une "valeur occidentale". Qu’est-ce qui a pris sa place ? Cela devrait être évident : aujourd’hui, "nos valeurs communes" signifient essentiellement démocratie et élections libres.

    Devinez à nouveau. Orban a récemment été réélu par un raz de marée. Guy Verhofstadt, chef de file des libéraux de l’UE, a qualifié ce mandat de "mandat électoral pour faire reculer la démocratie en Hongrie".

    Puisque les élections peuvent "faire reculer la démocratie", elles ne peuvent être l’essence même de "nos valeurs communes". Il peut arriver que les gens votent mal ; c’est ce qu’on appelle le "populisme" et c’est une mauvaise chose.

    Les valeurs communes réelles et fonctionnelles de l’Union européenne sont énoncées dans ses traités : les quatre libertés. Non, pas la liberté d’expression, car de nombreux États membres ont des lois contre le "discours de haine", qui peut couvrir de nombreux domaines puisque son sens est sujet à une interprétation large. Non, les quatre libertés obligatoires de l’UE sont la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux dans l’Union. Ouvrir les frontières. Open Borders . C’est l’essence même de l’Union européenne, le dogme du marché libre.

    Le problème avec la doctrine des Open Borders , c’est qu’elle ne sait pas où s’arrêter. Ou qu’elle ne s’arrête nulle part. Quand Angela Merkel a annoncé que des centaines de milliers de réfugiés étaient les bienvenus en Allemagne, l’annonce a été interprétée comme une invitation ouverte par des immigrants de toutes sortes, qui ont commencé à affluer en Europe. Cette décision unilatérale allemande s’appliquait automatiquement à l’ensemble de l’UE, avec son absence de frontières intérieures. Avec l’influence de l’Allemagne, Open Borders est devenu la "valeur commune européenne" essentielle et l’accueil des immigrés l’essence même des droits de l’homme. 

    Des considérations idéologiques et pratiques très contrastées contribuent à l’idéalisation des frontières ouvertes. Pour n’en nommer que quelques-unes :

    • Les libéraux économiques soutiennent qu’en raison du vieillissement de la population, l’Europe a besoin de jeunes travailleurs immigrés pour payer les pensions des travailleurs retraités.

    • De nombreux militants juifs se sentent menacés par les majorités nationales et se sentent plus en sécurité dans une société composée de minorités ethniques.

    • Plus discrètement, certains patrons favorisent l’immigration massive parce que la concurrence croissante sur le marché du travail fait baisser les salaires.

    • De nombreuses personnes ayant des tendances artistiques considèrent que la diversité ethnique est plus créative et plus amusante.

    • Certaines sectes anarchistes ou trotskystes pensent que les immigrés déracinés sont "les agents" de la révolution que le prolétariat occidental n’a pas su devenir.
    • De nombreux Européens acceptent l’idée que les États-nations sont la cause de la guerre et en concluent que tout moyen de les détruire est le bienvenu.

    • Les investisseurs financiers internationaux veulent naturellement lever tous les obstacles à leurs investissements et promouvoir ainsi Open Borders comme étant l’avenir.

    • Il y a même quelques puissants intrigants qui voient dans la "diversité" la base du "diviser pour régner", en fragmentant la solidarité sur les bases ethniques.

    • Il y a des gens bienveillants qui veulent aider toute l’humanité en détresse. 

    Cette combinaison de motivations contrastées, voire opposées, ne constitue pas une majorité dans tous les pays. Notamment en Hongrie.

    Il convient de noter que la Hongrie est un petit pays d’Europe centrale de moins de dix millions d’habitants, qui n’a jamais eu d’empire colonial et n’a donc aucune relation historique avec les peuples d’Afrique et d’Asie comme en ont la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas ou la Belgique. Étant l’un des perdants de la Première Guerre mondiale, la Hongrie a perdu une grande partie de son territoire au profit de ses voisins, notamment la Roumanie. La langue hongroise, rare et difficile, serait sérieusement menacée par une immigration massive. On peut probablement dire sans risque de se tromper que la majorité de la population hongroise a tendance à être attachée à son identité nationale et pense qu’elle serait menacée par une immigration massive en provenance de cultures radicalement différentes. Ce n’est peut-être pas gentil de leur part, et comme tout le monde, ils peuvent changer. Mais pour l’instant, c’est ainsi qu’ils votent.

    En particulier, ils ont récemment voté massivement pour réélire Victor Orban, approuvant évidemment son refus de l’immigration incontrôlée. C’est ce qui a provoqué la surveillance étroite d’Orban et la recherche de signes de la mise en place d’une dictature. En conséquence, l’UE prend des mesures pour priver la Hongrie de ses droits politiques. Le 14 septembre, Victor Orban a clairement exposé sa position dans un discours prononcé devant le Parlement européen à Strasbourg :

    "Soyons francs. Ils veulent condamner la Hongrie et les Hongrois qui ont décidé que notre pays ne sera pas un pays d’immigration. Avec tout le respect que je vous dois, mais aussi fermement que possible, je rejette les menaces des forces pro-immigration, leur chantage à la Hongrie et aux Hongrois, toutes basées sur le mensonge. Je vous informe respectueusement que, quelle que soit votre décision, la Hongrie mettra fin à l’immigration illégale et défendra ses frontières contre vous si nécessaire."

    Cela a été accueilli avec indignation.

    L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, actuellement président du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen et ardent fédéraliste européen, a répondu furieusement que « nous ne pouvons laisser des gouvernements populistes d’extrême droite entraîner des États européens démocratiques dans l’orbite de Vladimir Poutine ! »

    Dans un tweet à ses collègues du PE, Verhofstadt a averti : « Nous sommes dans une bataille existentielle pour la survie du projet européen. ... Pour le bien de l’Europe, nous devons l’arrêter ! »

    CNN a publié avec approbation un article d’opinion de Verhofstadt décrivant la Hongrie comme une "menace pour l’ordre international".

    « Dans les semaines et les mois à venir, la communauté internationale – et les États-Unis en particulier – devront tenir compte de notre avertissement et agir : le gouvernement hongrois est une menace pour l’ordre international fondé sur des règles, » a-t-il écrit.

    « Les gouvernements européens et les Etats-Unis ont l’obligation morale d’intervenir », a poursuivi M. Verhofstadt. « Nous ne pouvons laisser des gouvernements populistes d’extrême droite entraîner les États européens démocratiques sur l’orbite de Vladimir Poutine et saper les normes internationales de l’après-guerre. »

    Viennent ensuite les sanctions : « Les coûts politiques et financiers doivent être affectés à la lutte contre les gouvernements qui suivent une voie autoritaire et au soutien aux organisations de la société civile... ».

    Verhofstadt a conclu : « Ce n’est pas dans l’intérêt des peuples d’Amérique ou d’Europe. Nous devons l’arrêter … maintenant. »

    L’appel de Verhofstadt à l’Amérique pour « arrêter » le Premier ministre hongrois ressemble étrangement aux appels lancés à Brejnev par des communistes purs et durs pour envoyer les chars en Tchécoslovaquie réformiste en 1968. 

    Cependant, cet appel à l’intervention ne s’adressait pas au président Trump, qui est aussi impopulaire qu’Orban parmi les atlantistes, mais plutôt à l’état permanent que le fanatique belge suppose être toujours au pouvoir à Washington.

    Au début de son article sur CNN, Verhofstadt a rendu hommage à "feu John McCain, le grand John McCain, celui qui a un jour décrit Orban comme "un fasciste en cheville avec Poutine...". Celui qui a parcouru le monde en tant que chef de la branche républicaine du National Endowment for Democracy (NED), encourageant et finançant des groupes dissidents à se rebeller contre leurs gouvernements respectifs, en préparation de l’intervention américaine. Sénateur McCain, où êtes-vous maintenant qu’il faudrait changer de régime à Budapest ?

    La réputation de dictateur d’Orban en Occident est incontestablement liée à son conflit intense avec le financier d’origine hongroise George Soros, dont la fondation Open Society finance toutes sortes d’initiatives visant à promouvoir son rêve d’une société sans frontières, notamment en Europe orientale. Les activités de Soros pourraient être considérées comme une politique étrangère étasunienne privatisée, innocemment "non gouvernementale". L’une des initiatives de Soros est l’Université privée d’Europe centrale (UEC) basée à Budapest, dont le recteur est Michael Ignatieff, partisan de l’Open Society. La Hongrie a récemment imposé une taxe de 25% sur l’argent dépensé par les organisations non gouvernementales pour des programmes qui " visent directement ou indirectement à promouvoir l’immigration " , ce qui affecte l’UEC. Cela fait partie d’un paquet de mesures anti-immigration récemment adopté, connu sous le nom de projet de loi "Stop Soros". 

    Les mesures hongroises contre l’ingérence de Soros sont bien sûr dénoncées en Occident comme une grave violation des droits de l’homme, tandis qu’aux Etats-Unis, les procureurs recherchent frénétiquement la moindre trace d’ingérence russe ou d’agents russes.

    Dans un autre coup porté à l’ordre international fondé sur des règles, le cabinet du Premier ministre hongrois a récemment annoncé que le gouvernement cesserait de financer des cours universitaires en études de genre au motif qu’ils "ne peuvent être justifiés scientifiquement" et attirent trop peu d’étudiants pour être valables. Bien que financée par le secteur privé et donc capable de poursuivre son propre programme d’études sur le genre, l’UEC s’en est "étonnée" et a qualifié la mesure de "sans aucune justification ou antécédent".

    Comme l’Union soviétique, l’Union européenne n’est pas seulement un cadre institutionnel antidémocratique promouvant un système économique spécifique ; elle est aussi le véhicule d’une idéologie et d’un projet planétaire. Tous deux sont basés sur un dogme quant à ce qui est bon pour le monde : le communisme pour le premier, "l’ouverture" pour le second. Les deux exigent des citoyens des vertus qu’ils ne partagent peut-être pas : une égalité forcée, une générosité forcée. Tout cela peut sembler bien, mais de tels idéaux deviennent des méthodes de manipulation. L’imposition d’idéaux finit par se heurter à une résistance obstinée.

    Il y a différentes raisons d’être contre l’immigration tout comme d’être pour. L’idée de la démocratie était de trier et de choisir entre les idéaux et les intérêts pratiques par une discussion libre et, en fin de compte, à main levée : un vote éclairé. Le Centre autoritaire libéral représenté par Verhofstadt cherche à imposer ses valeurs, ses aspirations, voire sa version des faits aux citoyens qui sont dénoncés comme "populistes" s’ils sont en désaccord. Sous le communisme, les dissidents étaient appelés "ennemis du peuple". Pour les mondialistes libéraux, ce sont des "populistes", c’est-à-dire le peuple. Si l’on dit constamment aux gens que le choix se situe entre une gauche qui prône l’immigration massive et une droite qui la rejette, le virage vers la droite est inéluctable.

    Diana Johnstone

    #Hongrie #UE #union_européenne #union_soviétique #indépendance #viktor_orban #guy_verhofstadt #indépendance #migration #christianisme #john_mccain #NED #soros #open_society #UEC #idéologie #populisme #ennemis_du_peuple

    • Bruxelles : Les fanatiques de l’union européenne ne lisent pas les discours de monsieur Guy Verhofstadt.

      Le premier festival européen de la démocratie au Parc Léopold à Bruxelles RTBF avec Belga - 22 Septembre 2018
      https://www.rtbf.be/info/regions/detail_le-premier-festival-europeen-de-la-democratie-au-parc-leopold-a-bruxelle

      . . . . . .
      Le citoyen y sera invité à s’exprimer et à échanger des opinions avec des responsables politiques européens ainsi que des représentants des institutions européennes et d’organisations de la société civile. Divers groupes politiques européens y seront aussi représentés.

      Le festival, à l’initiative d’individus engagés, comprendra plusieurs scènes, des stands des institutions européennes, des outils interactifs ou encore des expositions sur l’Europe citoyenne et des formats de discussion variés, comme le Pechakucha, qui mêle une présentation orale à la projection de 20 diapositives se succédant toutes les 20 secondes.

      Jubel abordera des questions telles que l’origine de l’euroscepticisme, l’avenir des dialogues citoyens et cherchera des pistes pour transformer les institutions européennes en meilleurs organismes d’écoute.

      « Malgré plusieurs initiatives entreprises par les institutions européennes pour renouer le contact avec ses citoyens, Jubel est convaincu qu’une approche plus haute en couleur, originale et bottom-up est nécessaire pour créer un lien plus fort entre les citoyens européens et leurs élites », soulignent les organisateurs dans un communiqué
      . . . . . .

      http://www.jubelfestival.eu

      The festival wants to contribute, by means of a bottom-up approach, to the idea of citizen consultations launched by French president #Macron and endorsed by his fellow heads of state and government, as well as the consolidated initiative of the European Commission, with the help of a structured output about the future of the European democratic project and the current functioning of the European Union.

  • La #famille, un nouvel idéal ?

    Depuis les années 1960, le taux de #divorce en Occident augmente chaque année. En parallèle, de nouveaux #modèles de familles, monoparentales ou recomposées, sont apparus. Pourtant, malgré ces mutations, le #modèle_traditionnel réunissant père, mère et enfants reste la superstar des publicités, comme celle de la littérature et du cinéma.

    https://www.arte.tv/fr/videos/058227-061-A/square-idee
    #stéréotypes #monoparentalité #familles_recomposées #représentations #vidéo #film #récit_familialiste #ordre #valeur_refuge #idéologie #famille_nucléaire #divorce #cellule_familiale #famille_nucléaire #norme #propriété #mariage #christianisme #Eglise_catholique #amour #idéal_romantique #égoïsme_parental #lavage_de_cerveau #politiques_natalistes #Etat #domestication_de_la_sexualité #sexualité
    enfant comme #fixateur_social —> et c’est comme cela que, selon les deux interviewés, on ne fait pas la #révolution...

    #femmes comme #armée_de_réserve, nous suggère une des personnes interviewées (9’15 min) :

    « La #prime_aux_fourneaux fait actuellement l’objet de discussions en Autriche. Le #Vorarlberg a proposé de donner 300 euro aux femmes qui n’ont pas recours à la garde d’enfants dans les écoles maternelles, et ce jusqu’à l’âge de 6 ans. Et en Haute-Autriche cette question est également discutée. C’est révélateur du fait que le nombre d’emplois diminue. Autrement dit, selon l’état actuel du #marché_du_travail, les #femmes sont utilisées comme une armée de réserve. En ce moment on préfère les avoir à la maison car il y a de toutes façons peu d’emplois. C’est toujours en fonction des besoins économiques. »

    #Empire_romain #domination_masculine #unité_de_consommation #financement_des_retraites #violence #patriatcat #matriarcat #hiérarchie #maternité

    Interviewée :

    « J’ai lu un jour une interview d’un manager qui déclarait à la fin de sa carrière : ’Je ne pouvais pas m’occuper de mes enfants, mais je vais me rattrapper maintenant à la retraite avec mes petits-enfants.’ Imaginez qu’une femme dise une chose pareille. Elle ne peut pas dire ça. » Elle ne peut pas dire cela parce que les sanctions qui pèsent sur les mères sont beaucoup plus fortes que sur les pères défaillants

    #économie #travail #formation_à_la_parentalité #modèle_familial #éducation_des_enfants #éducation_collective #anarchisme #clan #amour_romantique #responsabilité #pression_sociale #congé_parental #explosion_démographique #justice_distributive #écologie #save_the_planet_make_no_baby #pression_sociétale #infertilité #propagande_nataliste #insémination_artificielle #cliniques_de_fertilité #business #néolibéralisme #néo-libéralisme #féminisme #politique_familiale #natalité

    • APHORISMAIRE À L’USAGE DES FUTURS FAMILICIDES

      Ce recueil d’aphorismes peu compatibles avec les bonnes mœurs ne devrait pas faire remonter la cote de popularité de son auteur, pourtant au plus bas dans les sondages effectués dans les maternités. Et pas seulement dans les maternités, confirment les critiques littéraires.
      Écridéviant, performeur volontiers nudiste, cofondateur de la « Fête des Non-Parents » et peintre en statues coloniales, Théophile de Giraud, né par hasard et sans conviction en 1968, a commis quelques doigts de livres désobligeants, tatoués d’humour noir et parfois diaprés d’une vaporeuse touche d’anti-natalisme consensuel.
      Épris de subversion carabinée, ce riant comparse de Noël Godin a participé, entre deux tentatives de suicide ou de régime amincissant, aux entartages de Doc Gynéco et de l’anticontraceptif archevêque Léonard, ainsi qu’au Coup d’État burlesque de Jan Bucquoy.
      Il a d’ores et déjà prévenu ses éventuels futurs parents qu’il refusera de renaître, même contre forte récompense.


      http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=308&FamigliaID=0

      #livre #Théophile_de_Giraud

  • Débat sur l’avortement, entre hommes, à la télévision publique polonaise | Euronews
    http://fr.euronews.com/2018/03/29/debat-sur-l-avortement-entre-hommes-a-la-television-publique-polonaise

    La télévision publique polonaise a récemment consacré une partie de son émission de débat à l’avortement en invitant... uniquement des hommes. Aucune femme n’a été conviée à discuter du projet de loi controversé qui interdirait les interruptions de grossesse même en cas de malformations ou maladie génétique du fœtus.

    La Pologne fait partie des pays les plus restrictifs d’Europe en matière d’avortement. La population est divisée sur le sujet et une partie d’entre elle manifeste régulièrement pour dire son opposition aux tentatives du gouvernement de réformer l’accès à l’avortement. La loi actuellement en vigueur remonte à 1993 et permet une interruption de la grossesse en cas de danger pour la vie de la mère ou en cas d’inceste ou de viol.

    Le débat, dont vous pouvez voir une capture d’écran ci-dessus, a été diffusé sur Telewizja Polska dimanche dernier et est encore disponible en VOD. C’est un talk-show hedomadaire qui copie le modèle de deux programmes similaires sur les chaînes privées Plsat et TVN. Plus de la moitié de cet épisode (environ 34 minutes sur l’heure que dure l’émission) a été consacré à l’IVG. Voici les panelistes invités :

    Ryszard Czarnecki, député européen du parti au pouvoir PiS, ancien vice-président du Parlement européen démis de cette dernière fonction en février dernier pour « faut grave » Il avait comparé l’une de ses compatriotes de l’hémicycle de collaboratrice nazie,

    Marcin Kierwinski, représentant du principal parti d’opposition, Plateforme Civique, pro-européen,

    Pawel Bejda, représentant d’un autre parti d’opposition, le Parti du Peuple, démocrate-chrétien et ruraliste,

    Tomasz Rzymkowski membre du mouvement populiste et anti-système de droite Kukiz’15. Parfois critique du gouvernement, ce mouvement est le plus souvent proche des positions du premier ministre Morawiecki,

    Mirosław Suchoń, du parti Nowoczesna ("moderne" en Polonais), une force d’opposition libérale, pro-européenne et fortement critique de l’exécutif,

    Krzysztof Szczerski, Secrétaire d’État chargé des affaires internationales auprès du président de la République de Pologne.

    Ce dernier y fulmine contre les « libéraux de gauche » qui militent pour le droit de « tuer des enfants ». Selon lui, le problème de la démocratie en matière d’avortement réside dans le fait que les fœtus avortés n’ont pas le droit de vote.

    Selon Daniel Tilles, journaliste et historien qui gère les comptes Facebook et Twitter Notes de Pologne souligne que les producteurs de l’émission savaient que le sujet principal du jour serait l’avortement et ont choisi en toute conscience de n’inviter aucune femme. « C’est courant en Pologne ». Il rapporte à Euronews que « le même jour, une seule femme était l’invitée de l’émission concurrente de la chaîne privée TVN quand il y avait trois femmes pour trois hommes dans l’émission de Polsat ».
    Quand les femmes utilisent la dérision pour contre-attaquer

    En janvier, cinq femmes ont décidé de se moquer de ces débats 100% masculins pour parler d’un sujet qui les concerne elles au premier chef. Elles ont donc organisé un faux débat télévisé où elles échangent sur la santé sexuelle des hommes. La discussion porte donc sur les problèmes d’érection et sur le fait que, comme le rapporte Notes de Pologne, le viagra est disponible sans ordonnance dans le pays alors que la pilule contraceptive est soumise à prescription médicale.

    « Je pense que les hommes devraient être protégés du viagra car c’est un médicament extrêmement puissant qui comporte de nombreux effets secondaires » argumente ainsi l’une des invitées. « Une érection est un don de Dieu » lui répond une autre. « Utiliser du viagra interfère avec les plans de Dieu. »

    https://www.youtube.com/watch?v=KzNAA-UYwNw


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