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Le #CHU de Bordeaux en Gironde • © THIBAUD MORITZ / AFP
En septembre 2025, après des mois sans nouvelles, un ami le contacte : une connaissance lui aurait appris la mort d’Ange. Laurent Simon contacte l’état civil de Belfort, qui lui dément d’abord l’information, avant de le rappeler pour lui indiquer que son fils est bien décédé à Bouliac, près de Bordeaux.
"Dès que j’ai appris son décès, j’ai fait le nécessaire auprès des pompes funèbres, je l’ai fait incinérer là-bas et je suis descendu chercher l’urne", raconte Laurent Simon. Avant ses recherches, Ange aura passé 4 mois à la morgue de l’#hôpital.
Apparemment, ça n’était pas à l’hôpital de faire les démarches [pour retrouver des proches], alors qui n’a pas fait son boulot, je ne sais pas, mais quatre mois ? Si je n’avais pas fait les démarches, il y serait peut-être encore ?
Laurent Simon
Quinze jours après l’annonce du décès, il reçoit une facture du CHU : « presque 4 000 euros ». Une fortune pour ce senior sans emploi, pas tout à fait assez âgé pour la retraite. Pour les frais funéraires de son fils, il a déjà déboursé 3 000 euros, toutes ses économies. "La facture, je ne peux pas la payer", constate le père endeuillé, "je peux mettre 15, peut-être 20 euros par mois". À ce rythme-là, il lui faudra 14 ans pour rembourser cette dette.
Une cagnotte pour soutenir le père endeuillé
Après une première médiatisation de l’affaire, une cagnotte a été ouverte par un syndicat du CHU de Bordeaux : "C’est une situation abjecte, donc on tenait à faire une action de solidarité pour faire quelque chose à notre échelle", explique Franck Ollivier, co-secrétaire SUD Santé au CHU de Bordeaux. "L’hôpital n’a pas d’obligation légale à prévenir la famille, mais pour nous, il a tout de même une obligation morale".
Il ne faut pas exagérer, il pouvait tout à fait le prévenir : moi, en une demi-heure, j’ai pu trouver les coordonnées du papa sur internet.
Franck Ollivier, co-secrétaire SUD Santé au CHU de Bordeaux, brancardier de profession
Le co-secrétaire SUD Santé estime que cette cagnotte "fait partie de nos missions en tant que service public hospitalier", même s’il ne s’agit pas d’une mission "syndicale traditionnelle". "On va creuser, on va demander des explications au CHU et tout faire pour que ce genre de situation ne se reproduise pas", affirme l’élu. "Cela nous touche énormément, et renvoie une très mauvaise image de notre établissement".