• Journée nationale de la récupération des dépouilles des martyrs
    Date de publication : 2019/08/27
    http://french.wafa.ps/page.aspx?id=yODo4Da75004798671ayODo4D

    Ramallah, le 27 août 2019,WAFA- Aujourd’hui est le début des activités de la Journée nationale pour la récupération des dépouilles de 304 martyrs, détenus par les autorités de l’occupation israélienne, soit dans des chambres froides soit dans les cimetières de nombres, comme une punition collective pour les familles des martyrs.

    En 2017, la Cour suprême d’Israël a publié une loi permettant pour les autorités israéliennes de détenir les dépouilles des martyres.

    Depuis 2015, les autorités d’occupation israéliennes ont détenu les corps de plus 220 martyrs pendant différentes périodes (de quelques jours à plusieurs mois et certains martyrs depuis plus de deux ans).

    L’article 17 de la première Convention de Genève oblige les États contractants de respecter les corps des victimes de la guerre provenant du territoire occupé et de permettre à leurs familles de les enterrer conformément à leurs traditions religieuses et nationales.

    En 2010, les autorités israéliennes ont libéré la dépouille du martyr Mashhour al-Arouri après 34 ans de détention dans les cimetières de nombres.

    Le 31 mai 2012 Les forces d’occupation israéliennes ont remis les dépouilles de 91 martyrs, dont 18 corps inconnus.

    K.R

    #cimetière_des_nombres

  • #Espagne : les migrants inconnus des cimetières du détroit de #Gibraltar

    Selon le décompte de plusieurs ONG andalouses, entre 6 700 et 8 000 personnes sont mortes en tentant la traversée de la mer Méditerranée entre le Maroc et l’Espagne, ces trois dernières décennies. Des tombes mais aussi des plaques à la mémoire de ces migrants morts en mer parsèment les cimetières qui bordent le détroit de Gibraltar.

    De Tarifa, on aperçoit facilement les côtes marocaines. En ce mois de juin, le vent souffle avec sa force et sa régularité habituelle. Les voiles aux couleurs vives des kitesurf flottent dans un ciel d’un bleu intense.

    La petite ville située tout au bout de la péninsule ibérique a des allures de station balnéaire. Mais ses habitués savent-ils que le vieux fort à l’entrée du port est un centre de détention pour les migrants entrés de façon irrégulière sur le territoire espagnol ? Qui sait que c’est sur la plage de Los Lances, à la pointe de la péninsule, qu’en novembre 1988 le premier corps d’un migrant marocain a été rejeté par la mer ?

    Une visite au petit cimetière sur les hauteurs de la ville offre un autre regard sur Tarifa. Les sépultures sont simples, blanches, fleuries et se logent dans des niches, comme bien souvent en Andalousie. Un seau d’eau à la main, des habitants viennent enlever le sable et la poussière qui s’accumulent sur les tombes de leurs proches.

    En regardant vers les niches en hauteur, on découvre les tombes d’hommes et de femmes qui ont perdu la vie en traversant le détroit dans la clandestinité. « Immigrant du Maroc, 7 mars 2001 » : quatre plaques funéraires portent cette inscription. Un peu plus loin, deux autres portent la même mention mais sont datées de 2009. Enfin, une simple plaque déposée dans une niche porte une inscription encore plus administrative : « cadavre non identifié. 3ème chambre du tribunal d’Algésiras. Décision provisoire 47/2017 ».

    En 2018, selon l’APDHA, 1064 personnes ont perdu la vie en tentant la courte mais périlleuse traversée vers l’Europe. La plupart de ces victimes sont rapidement identifiées, car, lorsque se produit un naufrage, les survivants connaissent souvent l’identité de ceux qui n’ont pas réussi à gagner le rivage. Mais il y a aussi les anonymes, ceux dont les corps sont alors enterrés sans noms, en Espagne.

    En continuant la visite du cimetière de Tarifa, d’autres stèles attirent l’attention. Celles-ci portent des noms aux consonances peu espagnoles : Esther Adawale, Nigéria, 24 février 2003. Hope Ibrahim, Nigéria, 19 avril 2005. Yacouba Koné, Côte d’Ivoire, 17 avril 2013. Dans ces tombes reposent des migrants qui ont été identifiés par la police judiciaire espagnole mais qui, pour diverses raisons, n’ont pas été rapatriés vers leurs pays d’origine.

    José Maria Perez, un membre actif de la paroisse locale, raconte que ces tombes reçoivent les visites périodiques de « chrétiens et de musulmans » et que « de l’autre côté du détroit, on connaît l’existence de ces sépultures ».

    Miguel Delgado, en charge de l’aide aux migrants à l’archevêché de Cadix (dont dépend la commune de Tarifa), organise, lui, chaque 1er Novembre une cérémonie œcuménique à la mémoire des immigrants morts dans les eaux du détroit.

    Fidèle au message de l’église catholique sur le sujet des migrations, il réclame « un passage sûr pour ceux qui veulent émigrer en Europe et dont l’Europe a besoin ». Pour sensibiliser ses paroissiens et l’opinion publique, chaque deuxième mercredi du mois, dans plusieurs villes de part et d’autres du détroit (Cadix, Barbate, Tarifa, Algésiras, Ceuta, Tanger, Tétouan, Melila etc…) son association organise des « rondes du silence » qui réunissent des personnes de tous horizons derrière un seul mot d’ordre « solidarité avec les immigrants ».

    Chaque année, pour la journée internationale des migrants, il se rend sur la plage de Tarifa pour une prière publique qui réunit militants, habitants et parfois quelques surfeurs.

    A 25 kilomètres de Tarifa, dans le port de Barbate, l’apparition de corps de migrants sans vie sur les rivages n’est pas non plus inédite. Dans le cimetière, les mêmes tombes blanches nichées sur les murs révèlent les histoires des disparus du détroit.

    Là aussi, des emplacements sont marqués par un simple numéro ou une mention « inconnu », ainsi qu’une date. Les plus anciennes de ces tombes de migrants anonymes datent de 2002, les plus récentes de 2019. Là encore, des corps non identifiés. Et une plaque à la mémoire « des victimes du détroit ».

    Mais dans une des allées, une tombe se distingue des autres. Celle de Samuel Kabamba, un enfant originaire de la RD Congo âgé de 5 ans. Son histoire a provoqué une grande émotion dans cette région du sud de l’Espagne et bien au delà.

    Fin janvier 2017, son corps a été retrouvé sans vie sur une plage proche du petit port de pêche andalou. Celui de sa mère, Véronique, est rejeté par la mer 15 jours plus tard sur les côtes algériennes.

    La découverte du corps du petit garçon a provoqué l’indignation des associations de défense des migrants et de Gabriel Delgado qui a organisé une veillée funèbre le 1er février sur la plage où il s’était échoué. Une centaine de personne sont venues prier et lancer des fleurs à la mer. L’affaire s’est médiatisée faisant écho à celle du petit Alan Kurdi, cet enfant syrien retrouvé noyé sur une plage de Turquie en septembre 2015.

    Début mars, les autorités espagnoles ont autorisé le père du petit garçon à se rendre en Espagne. Un test d’ADN a confirmé que le petit Samuel était bien son fils. Le père de famille a organisé l’enterrement de son fils à Barbate, le 10 mars.

    Ce jour-là, l’église était pleine à craquer. Les habitants de Barbate sont venus en nombre, le petit Samuel repose désormais parmi eux. Chaque jour, des femmes fleurissent sa tombe « car ses proches sont loin, il faut bien que quelqu’un s’occupe de lui » confie une vieille dame.


    https://www.infomigrants.net/fr/post/18435/espagne-les-migrants-inconnus-des-cimetieres-du-detroit-de-gibraltar
    #cimetière #morts #décès #migrations #réfugiés #asile #cadavres #identification #mourir_en_mer

  • Algerian artist Rachid Koraichi builds cemetery for drowned migrants | The Art Newspaper
    http://theartnewspaper.com/news/rachid-koraichi-migrants-cemetery-algerian

    The Algerian artist Rachid Koraichi is building a cemetery and memorial in southeast Tunisia for migrants who have drowned in the Mediterranean Sea.

    Located in the coastal town of Zarzis, Jardin d’Afrique (garden of Africa) will include a non-denominational cemetery, a place for washing the bodies before they are buried, a monument and a chapel honouring all religions.

    Though Koraichi intends to have Jardin Afrique opened for next spring, he unexpectedly found himself having to bury 56 anonymous bodies last month in a temporary trench-like grave, where each body is separated by bricks, after the Tunisian Red Crescent (a humanitarian organisation affiliated with the Red Cross) brought the corpses over. This occurred after 90 migrants, including a baby and a heavily pregnant women, drowned in early July this year. Local authorities have become overwhelmed by these tragedies and an existing cemetery was reportedly full. “The Red Crescent didn’t know where to take the bodies, so they brought some of them here,” Koraichi says, adding that one Libyan and several Bangladeshis were among the dead. “When we’ve finished the cemetery, we’ll move them to proper graves.”

    The initiative is being self-financed by the Paris-based artist, who is joined by his two daughters, Aïcha and Fatma. “As a human being, I think it’s fundamental to make a nice sepulcher for these poor people,” Koraichi tells The Art Newspaper. “My brother, who was 18 months older than me, drowned in the sea shortly after Algeria’s independence from France [in 1962] and this dramatically affected my life.”

    Koraichi first visited Zarzis last December out of concern about the hundreds of drowned migrants from countries such as Mali, the Ivory Coast, Ghana, Egypt and Pakistan, who have been buried in Tunisia. Situated on a 2,500m2 plot of agricultural land that Koraichi purchased from a local farmer, Jardin d’Afrique will feature hand-made ceramic tiles and a number of plants such as jasmine shrubs and citrus trees.

    Cette action de Rachid Koraichi, pourtant très bien connu en France, n’est apparemment pas relayée par les médias francophones...

    #réfugiés #migrants #cimetière

  • La #Nuit en feu (Light My Fire)
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/la-nuit-en-feu-light-my-fire

    https://www.youtube.com/watch?v=qAv-a9bLFH4

    Samedi 20 juillet, dans le cadre du festival #Paris l’Été, la Compagnie Carabosse a transformé le Parc de la Villette avec une installation éphémère, visuelle et sonore. À la nuit tombée, nous avons déambulé avec Caroline au milieu des flammes malgré la pluie battante. Je repensais à la #Mort de Jim Morisson. Tu sais ce serait déloyal. Je vais souvent au #Cimetière du Père-Lachaise, j’aime m’y promener, parfois je remarque en passant des tombes de personnes célèbres en leur #Temps, et parfois même encore (...) #Entre_les_lignes / #Art, #Danse, #Sons, #Vidéo, #Musique, Cimetière, Paris, Mort, #Fantôme, #Mémoire, #Dérive, #Jeu, #Nature, Nuit, #Ciel, #Corps, (...)

    http://www.parislete.fr
    http://ciecarabosse.fr/fr/actu
    https://lavillette.com

  • La #Tunisie, nouveau cimetière des migrants morts en mer

    Après le naufrage du 1er juillet au large des côtes libyennes qui a fait au moins 90 morts, les autorités tunisiennes sont de nouveau débordées. Cimetières saturés, centres d’accueil débordés, absence de droit d’asile… Le gouvernement dénonce aussi l’inaction des pays européens.
    #Médenine (Tunisie), envoyée spéciale.– Quatre-vingt-dix corps repêchés. C’est le bilan définitif, fait par le gouvernorat de Médenine au sud de la Tunisie, du naufrage il y a plus de deux semaines d’un bateau transportant des migrants maliens, ivoiriens, ghanéens, égyptiens et gambiens. Parmi eux, des hommes mais aussi des femmes enceintes et des enfants, selon les témoignages des survivants.
    Pour les autorités tunisiennes, le drame n’est ni le premier ni le dernier. Une semaine après ce naufrage, la marine tunisienne est intervenue pour sauver les migrants d’un autre bateau, au large de Sfax. Depuis 2011, plus de 1 000 migrants ont été enterrés à Zarzis, selon le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

    Mais ce naufrage est aussi celui de trop, renvoyant à la fois à la responsabilité des pays européens et à la frilosité du gouvernement tunisien. Manque de moyens, débats sur les enterrements des victimes, surcharge des centres d’accueil pour les survivants… La Tunisie a de plus en plus de mal à faire face à l’afflux de réfugiés sur son sol.

    Après une polémique entre les municipalités du sud de la Tunisie – plusieurs villes ont refusé toute prise en charge –, c’est la mairie de Zarzis qui a fini par procéder cette semaine à la mise en terre des cadavres dont personne ne voulait.

    La loi tunisienne prévoit que seule la commune est habilitée à procéder à des enterrements. « Nous avons des cas de migrants morts, ramenés par les eaux à cause des courants marins, depuis les années 1990, explique le maire adjoint de Zarzis, Faouzi Khenissi. Jusque-là, nous les enterrions dans les cimetières tunisiens. Mais le nombre était très inférieur à ce qu’il est aujourd’hui. »

    En 2003, un cimetière dédié aux migrants a finalement été créé. Mais il est aujourd’hui saturé : près de 900 corps y ont été enterrés, dont 18 samedi 13 juillet. « Nous avons enterré 56 autres corps dans le nouveau cimetière donné par le Croissant-Rouge à la commune », poursuit le maire adjoint.

    D’après lui, la situation devient difficile à gérer pour la commune qui n’a pas les moyens. Fatigués et surchargés, les officiels de Zarzis parlent ouvertement du sujet et se préparent déjà à la suite en cas d’un nouveau naufrage.

    « On nous a reproché dans les médias d’utiliser des camions-poubelles pour transporter les corps… Figurez-vous que nous n’avons rien d’autre ! Nous les avons nettoyés. Ce qui nous aiderait, c’est d’avoir plus de matériel, ainsi qu’une unité avec un médecin légiste à Zarzis au lieu de faire 300 kilomètres aller-retour pour transporter les corps depuis Gabès », se défend encore Faouzi Khenissi.

    Quant à l’accueil des trois survivants, il s’est fait dans des centres qui seraient déjà à leur pleine capacité, selon les représentants de l’OIM (Organisation mondiale pour les migrations) et du HCR (Haut-Commissariat pour les réfugiés).

    Le gouverneur de Médenine ainsi que le chef du gouvernement Youssef Chahed avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, quelques jours avant le naufrage, sur les difficultés pour le Sud tunisien de gérer des flux en constante augmentation, aussi bien par voie terrestre que par voie maritime.

    « Le nombre d’arrivées de migrants et de demandeurs d’asile a beaucoup augmenté depuis fin 2018, déclare France Lau, représentante du HCR en Tunisie. Même si les autorités tunisiennes sont prévoyantes par rapport à un afflux possible de personnes en provenance de Libye – on nous a demandé à ce titre de mettre en place des mécanismes de réponse d’urgence en cas d’arrivées massives comme en 2011 –, elles sont tout à fait légitimes à alerter des problèmes qu’elles peuvent avoir pour gérer ces nouveaux arrivants. »

    « Les politiques italiennes qui conduisent à fermer les ports aux migrants et l’appui européen aux milices libyennes qui ramènent et enferment les migrants en Libye dans des conditions épouvantables, font que la Tunisie devient de plus en plus la seule échappatoire pour beaucoup d’entre eux, mais pas forcément l’endroit où ils souhaitent rester », déclare Valentina Zagaria, auteure d’une thèse en anthropologie sur les migrations dans le Sud-Est tunisien.

    En dehors du manque de moyens, c’est aussi un choix politique des autorités. Le chef du gouvernement tunisien l’a dit plusieurs fois très clairement : il ne souhaite pas que la Tunisie devienne une « plateforme d’accueil » pour les candidats à l’exil vers l’Europe. Le pays n’a d’ailleurs pas de loi sur l’asile – seul le HCR est habilité à octroyer le statut de réfugié en Tunisie dans le cadre de son mandat.

    Rien que la mise en place de six centres (répartis entre le HCR et l’OIM) a pris beaucoup de temps dans le gouvernorat. À part celui du HCR mis sur pied dès 2013 après le démantèlement du campement de Choucha, dressé en 2011 pour faire face à l’afflux de personnes fuyant la Libye, l’installation des cinq autres centres a fait l’objet de longues négociations avec les populations et les autorités régionales, et de plusieurs relocalisations.

    « C’est difficile au quotidien, car il y a du racisme, des rumeurs propagées sur des maladies apportées par les migrants. Il faut gérer à la fois les préjugés et la protection de ces communautés qui arrivent en Tunisie et qui sont dans des situations vulnérables », déclare Khaled Sadaani, coordinateur sud du Conseil tunisien pour les réfugiés, une ONG créée en 2016 pour répondre à un manque, celui de l’absence d’association arabe pour les réfugiés.

    Dans le centre de Médenine pour réfugiés, supervisé par le HCR, les 170 places disponibles sont occupées. Les nationalités sont multiples, aussi bien d’Afrique de l’Ouest que d’Afrique de l’Est, avec une grande majorité d’Érythréens. Un étage est dédié à la trentaine de mineurs non accompagnés (entre 15 et 18 ans), un autre aux femmes et aux enfants, un autre encore aux hommes.

    Chacun cohabite pacifiquement, mais beaucoup ne voient pas la Tunisie comme une destination finale, alors que les possibilités de réinstallation dans un pays tiers sont extrêmement limitées. « Il n’y a pas de travail ici, on nous propose 20 dinars la journée (6 euros) pour travailler dans les chantiers, je ne vois pas comment subvenir aux besoins de ma famille avec ça », déclare Fayçal, un demandeur d’asile soudanais de 24 ans.

    Les routes migratoires qu’il a prises pour arriver jusqu’en Tunisie sont labyrinthiques. Du Soudan du Sud à l’Égypte, en passant par le désert du Niger et la ville d’Agadez, lieu de passage entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord, et la Libye où il a été plusieurs fois emprisonné.

    « Cela fait deux ans que je bouge sans arrêt pour trouver du travail. Une fois, l’Égypte m’a expulsé vers le Soudan et j’ai dû refaire tout le trajet… À chaque fois un membre de ma famille m’aide, car je suis le seul qui peut nourrir mes frères et ma mère. Ils sont actuellement dans un camp pour les personnes déplacées par la guerre. Je suis fatigué », ajoute-t-il.

    Lui qui avait une échoppe à Djouba, dans le Soudan du Sud, il s’est retrouvé du jour au lendemain à se débrouiller avec des camarades de cellule pour éviter qu’un gardien de prison libyen ne les viole.

    « Quand on s’est de nouveau échappés de prison, le geôlier avait peur que l’on révèle ses préférences sexuelles… Aussi, il nous a aidés en nous donnant 50 dinars libyens (24 euros) et en nous montrant la route vers la frontière tunisienne. Il nous a dit : “Marchez tout droit, vous allez finir par y arriver” », ajoute Fayçal.
    Terre d’accueil et terre de deuil

    Comme beaucoup d’autres migrants, Fayçal est en attente de sa demande d’asile en Tunisie. La moitié des migrants sur place à Zarzis choisissent de demander l’asile, d’autres ne préfèrent pas, de peur de devoir rester dans le pays.

    « Il leur est difficile d’accepter le fait que la réinstallation est une option limitée à un nombre faible de réfugiés au regard des besoins globaux, et qui obéit à des critères bien déterminés », témoigne France Lau.

    Sur place, des associations tunisiennes tentent de lancer des micro-projets, et d’aider à la mise en place de contrats de travail pour ceux qui souhaitent travailler pendant cette période transitoire. « Beaucoup arrivent à trouver des emplois en CDD dans le secteur du tourisme à Djerba, avance Yahia Rebai, administrateur associé sur place pour le HCR. Cela reste provisoire mais il y a depuis des années une forte collaboration avec les associations locales et même les délégués à la protection de l’enfance pour soutenir et protéger les mineurs. »

    Il n’empêche : le foyer du HCR et, plus loin, celui coordonné par l’OIM, sont en bordure de la ville, à l’écart des habitants. Beaucoup de migrants racontent ne pas s’aventurer trop loin si ce n’est pour le travail ou acheter à manger. Seuls quelques-uns commencent à être installés dans des appartements en zone urbaine.

    Pour l’instant, il est bien difficile de parler d’une politique globale d’intégration dans la société tunisienne. Alors qu’à Tunis et Sousse, la centrale syndicale UGTT a mis en place depuis 2018 des espaces pour migrants afin d’informer les travailleurs subsahariens sur leurs droits et de régulariser leur situation, la reconnaissance politique des migrants en Tunisie peine à se faire.

    « Reconnaître les droits des vivants comme des morts qui sont sur le territoire tunisien, c’est envoyer un signal d’acceptation aux autorités européennes. Les Tunisiens veulent éviter cela, ils ne veulent pas être forcés de s’impliquer plus dans la gestion des frontières européennes. Pour le moment donc, ceux qui arrivent à s’échapper de la Libye restent dans une situation de flou », constate la chercheuse Valentina Zagaria.
    Du côté de la délégation de l’Union européenne, présente en Tunisie, les programmes visent plutôt au soutien pour lutter contre l’immigration clandestine et aider au retour volontaire. Et les déclarations sont bien prudentes.

    « Dans un monde interdépendant, les responsabilités sont aussi partagées et interdépendantes. Ce qui se passe au Soudan a une incidence sur la Tunisie et sur l’Europe et vice versa. L’UE suit la situation de près et comprend l’inquiétude des autorités tunisiennes. À la demande de la Tunisie, elle étudiera tout éventuel soutien », répond par mail Sophie Vanhaeverbeke, cheffe de la coopération.

    En attendant, la Tunisie, à la fois terre d’accueil et terre de deuil, regarde avec appréhension le conflit en Libye. Depuis le début de l’année 2019, plus de 1 000 personnes sont arrivées de Libye, mais leur nombre pourrait être de 25 000 si le conflit empire, selon les chiffres de planification du HCR et de l’OIM.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/220719/la-tunisie-nouveau-cimetiere-des-migrants-morts-en-mer?onglet=full
    #asile #migrations #réfugiés #mourir_en_mer #naufrage #Zarzis #cadavres #cimetière #enterrement #morts #décès #corps

    Sur le cimetière de Zarzis, voir :
    https://seenthis.net/tag/zarzis
    ping @_kg_

  • Abécédaire des prépositions : Zoo
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/abecedaire-des-prepositions-zoo

    https://www.youtube.com/watch?v=3v_XyqzgoEs&feature=youtu.be

    La forme détournée de l’abécédaire est un genre voué à la célébration de l’acte créateur (le livre des livres). Cette année j’ai décidé d’aborder l’abécédaire par la #Vidéo. Deux fois par mois, je diffuserai sur mon site, un montage d’extraits de films (à partir d’une sélection d’une centaine de mes films préférés : fiction, documentaire, #Art vidéo) assemblés autour d’un thème. Ces films d’une quinzaine de minutes seront accompagnés sur le site par l’écriture d’un texte de fiction. Ce projet est un dispositif à double (...)

    #Palimpseste / Art, #Cinéma, #Animal, #Voix, Vidéo, Abécédaire des prépositions (le film des films), #Regard, #Violence, Société, #Mémoire, #Mort, #Cimetière, (...)

    #Abécédaire_des_prépositions_le_film_des_films_ #Société #Tokyo
    « http://bit.ly/filmdesfilms »

  • #Desmond resta qui

    Il 5 agosto 2018, un giovane uomo annega nelle acque del Ceresio. Era probabilmente originario del Benin, e avrebbe dovuto lasciare la Svizzera a breve, ma chi l’ha conosciuto dice “era uno di qua”. Chi era Desmond? Chi l’ha conosciuto ci mostra i luoghi che ha frequentato nei dieci anni passati nella Svizzera italiana, i legami nati, le tracce che ha lasciato, racconta di come abbia preso in mano il suo destino, malgrado il difficile passato, di come si sia integrato e abbia cercato di costruirsi un futuro. Eppure a volte nemmeno questo sembra bastare.

    https://www.rsi.ch/la1/programmi/cultura/storie/Desmond-resta-qui-11598169.html
    #asile #migrations #réfugiés #Suisse #Tessin #mort #décès #mourir_dans_la_forteresse_europe

    Les mots d’une amie sur Desmond :

    Il s’agit de l’histoire, accompagnée de témoignages de personnes qui l’ont connu, du jeune africain qui s’est noyé, début août de l’an passé dans le #lac_de_Lugano, à #Maroggia.
    Il avait 27 ans et était plein d’espoir.Il avait quitté le Bénin pour un avenir meilleur, portant sur ses épaules de lourds événements vécus dans son pays natal.
    Il avait trouvé un travail dans une entreprise de Lugano où son engagement et sa bonne volonté étaient fort appréciée de ses employeurs..
    Nos autorités, néanmoins, lui refusèrent le droit de rester en Suisse, cela le démolit dans sa santé . Il fut interné dans une clinique psychiatrique.
    Un jour accompagné, d’autres patients, il participa à une sortie à Maroggia. Il disparu dans le lac et on ne pu plus rien faire pour lui.

    #santé_mentale #NEM #Dublin #Dublin_tue #règlement_dublin #suicide (?)

    Desmond repose au #cimetière de #Taverne-Torricella :

    • La storia di Desmond, affogato con il marchio di Nem

      Il giovane africano morto nel Ceresio si era diplomato alla Spai con alti voti e aveva lavorato come asfaltatore. Fino al rigetto della sua richiesta come richiedente l’asilo.

      È una storia d’acqua e d’asfalto quella di Desmond Richard, il ragazzo africano annegato domenica pomeriggio nel Ceresio, a pochi metri da riva, davanti all’ex collegio don Bosco. Una storia di amicizie, integrazione e anche tristezza, perché è ingiusto morire a 27 anni. Integrazione è la parola chiave per capire la sua vita, frettolosamente archiviata come la vicenda di un richiedente l’asilo finito male. Anzi ex richiedente, dopo che la Segreteria di Stato della migrazione lo scorso anno aveva deciso per l’espulsione. Desmond era un “NEM”, l’autorità federale gli aveva chiuso la porta in faccia col sigillo della “non entrata in materia”. Stop, da quel giorno la Svizzera gli ha voltato le spalle.

      Una decisione che fa a pugni col fatto che Desmond era perfettamente integrato. Non opinioni, ma fatti: a partire dal diploma, ottenuto con il cinque e mezzo di media nonostante le difficoltà in italiano, alla Spai di Mendrisio come “costruttore stradale”. Qualificato, perché la formazione triennale gli aveva permesso di ottenere l’attestato federale di capacità.

      Un lavoratore molto capace e apprezzato, come lo ricorda un collega della ditta di asfaltatura, la Cogesa, dove ha lavorato fino al luglio dell’anno scorso. Un lavoro duro, quello dell’asfaltatore, che gli permetteva però di essere autosufficiente. Pagava la sua cassa malati (quanti integrati lo fanno?) e contribuiva col 10 per cento del salario al fondo per la migrazione. Intanto riusciva a mettere da parte anche dei risparmi.

      Desmond aveva un caratteraccio, dicono quelli che gli hanno voluto bene. Poteva mandarti allegramente a quel paese e questi sbalzi, accompagnati da un’aggressività solo verbale, sarebbero stati anche, ma qui avvertiamo il lettore ci siamo fermati, all’origine dei suoi ricoveri all’Osc di Mendrisio. Fino all’ultimo, quello finito tragicamente durante l’uscita a bordo lago a Maroggia con altri pazienti e accompagnatori. Fin qui i fatti, perché il lato più drammatico della vita di Desmond racconta di una madre morta, anzi uccisa, davanti agli occhi di lui bambino, durante l’esodo verso l’Europa. Non amava riaprire quella ferita, e forse molti dei suoi problemi attuali erano riconducibili a quel trauma.

      Persa tragicamente la mamma, mai conosciuto il padre, Desmond era convinto, sino allo scorso anno, di essere originario del Benin.

      Ma qualcosa non quadrava, dal momento che la sua lingua non era il francese (la parlata ufficiale di quel Paese), ma l’inglese. Un mistero che è stato risolto solo lo scorso anno, quando in un consolato africano di Zurigo Desmond ha scoperto le sue radici: Benin sì, ma Benin City, una popolosa città della Nigeria. E la provenienza nigeriana sarebbe diventata uno degli ostacoli per il riconoscimento quale richiedente l’asilo.

      Così, gravato da un decreto di espulsione che lo invitava a lasciare la Svizzera, il giovane aveva ottenuto qualcosa che poteva permettergli di rifarsi un’altra vita altrove. Un passaporto nigeriano. Un pezzo di carta che purtroppo non gli servirà più a niente.

      https://www.tio.ch/ticino/attualita/1313882/la-storia-di-desmond-affogato-con-il-marchio-di-nem?mr=1&ref=

    • La Segreteria dello di Stato della Migrazione uccide ancora

      Lo scorso 5 agosto 2018 – secondo i media – muore a Maroggia un “ex richiedente l’asilo” annegato nelle acque del Ceresio. Un “tragico incidente”, “una fatalità”, “scivolato su una passerella in riva al lago” – dicono – (…)ex richiedente, che la Segreteria di Stato della Migrazione (SEM) lo scorso anno aveva deciso per l’espulsione(…) D. era un “NEM”, l’autorità federale gli aveva chiuso la porta in faccia col sigillo della “Non Entrata in Materia” . Eppure qui qualcosa non quadra, non convince, per l’ennesima volta. Con un trascorso tragico come molti/e migranti, dopo aver conosciuto inferni come la Libia e la traversata del Mar Mediterraneo nel quale ha perso l’unica persona legata a lui ovvero sua madre, (deceduta e gettata in mare come immondizia) e padre mai conosciuto, era da diversi anni in Svizzera, il paese della tanto rinomata ”accoglienza”. Qui ha svolto diversi tirocini e conseguito un diploma da asfaltatore, per diventare solo uno dei tanti sfruttati.

      Se da una parte dopo la sua scomparsa è stato elogiato dai giornali per quanto riguarda la farsa dell’integrazione, dall’altra quest’ultima suona sempre come una dichiarazione di guerra, una sorta di minaccia verso le persone che giungono in un altro paese, un’impresa eroica praticamente irraggiungibile. È ora ben chiaro che nemmeno superarla basta più. Nonostante fosse riuscito ad adeguarsi ai canoni di questa società, diventando un numero fra tanti che si spezza la schiena per alimentare questo accogliente sistema, si è visto ritirare il suo permesso da richiedente l’asilo proveniente dal Benin, poiché, come dicono i giornali: “ (…)qualcosa non quadrava, dal momento che la sua lingua non era il francese (la parlata ufficiale di quel Paese – il Benin ), ma l’inglese. Un mistero che è stato risolto solo lo scorso anno, quando in un consolato africano di Zurigo D. ha scoperto le sue radici: Benin sì, ma Benin City, una popolosa città della Nigeria. E la provenienza nigeriana sarebbe diventata uno degli ostacoli per il riconoscimento quale richiedente l’asilo”. Dunque l’accertamento della sua provenienza ha permesso di sbloccare le pratiche per la sua deportazione. Senza se, senza ma, Richard Desmond poteva quindi essere rimpatriato forzatamente.

      Da qui, con un’espulsione pendente nei suoi confronti verso una terra mai conosciuta e, viste le sue grida di aiuto inascoltate da parte di persone e associazioni, l’unico destino a lui imposto, come accade per molte persone in tali situazioni, è stata quella del ricovero all’ospedale psichiatrico. Bombato di psicofarmaci in modo che non potesse né pensare né reagire a quello che gli stava accadendo. Letteralmente gettato nel dimenticatoio, nel luogo in cui la mente viene annientata dai sedativi e la propria personalità viene calpestata.
      D’altronde si sa, le numerose testimonianze dalle prigioni ai centri di detenzione/espulsione per migranti parlano chiaro: è più facile ottenere ansiolitici o sedativi piuttosto che pastiglie per il mal di testa, per la gioia degli aguzzini e delle case farmaceutiche – come avviene anche nella vita di molte persone bianche occidentali.
      Forse allora non si parla più di “tragico incidente”, o “scivolata dal pontile”, come riportano i media di regime, per quanto ci riguarda si tratta dell’ennesimo omicidio da parte di chi decide delle vite e delle libertà altrui. Ennesimo perché di storie simili ne abbiamo sentite abbastanza, chi si ricorda di Youssouuf Diakité, il ragazzo maliano di 20 anni che il 27 febbraio dello scorso anno rimase folgorato sul tetto di un treno? O del ragazzo marocchino travolto a gennaio da un convoglio – sempre a Balerna – lungo i binari della ferrovia? E del richiedente l’asilo di Brissago morto ammazzato da 3 colpi di pistola (!!) da parte della polizia cantonale ticinese per “legittima difesa”? Per non citare Hervé Mandundu, ucciso il 6 novembre 2016 da tre pallottole sparate da un caporale della polizia del Chablais nel Canton Vaud. O Lamine F. trovato morto in una cella del carcere della Blécherette a Losanna il 24 ottobre 2017 che tre giorni prima, alla stazione di Losanna, era stato fermato per un controllo dalle guardie di confine e trattenuto in carcere perché scambiato per un’altra persona per la quale era stato emanato un decreto di espulsione. O anche Mike, membro del collettivo Jeano Dutoit, morto il 28 febbraio 2018 a Losanna durante un controllo di polizia nel quale viene “immobilizzato” e quante storie ancora di “avventurieri” migranti morti cercando di attraversare i confini di questa maledetta fortezza Europa?
      Tutte persone non vittime di fatalità o incidenti come spesso riportato, ma uccise da questo sistema marcio, dalla Segreteria di Stato della Migrazione, uccise dai confini di Stato, uccise dalla Polizia, uccise dal silenzio di questa società complice… …ma tanto si sa, erano migranti, persone non in regola – senza documenti – dal colore della pelle nera, e le loro vite valgono meno delle vite dei bianchi occidentali, non valgono un cazzo. Ecco l’accoglienza svizzera fatta di razzismo, prigioni, deportazioni e omicidi.
      Il razzismo e le frontiere uccidono, l’indifferenza pure! Per un mondo dove nessuno/a debba morire per una linea tracciata su una cartina o per il fatto di non possedere un pezzo di carta: abbattiamo ogni frontiera!


      https://frecciaspezzata.noblogs.org/post/2018/08/25/la-segreteria-dello-di-stato-della-migrazione-uccide-ancora

  • #Journal du #Regard (Semaine 14)
    http://liminaire.fr/journal/article/journal-du-regard-semaine-14

    https://youtu.be/jGwLcDqZYtY

    Chaque jour, un film d’une minute environ, chaque lundi, la compilation du #Journal #Vidéo de la semaine précédente, et le texte qui s’écrit en creux. « Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” » Jorge Borges, Fictions Cet émerveillement par lequel tout a commencé. Si le chaos reste chaos, les plans tombent les uns sur les autres, au lieu de tomber d’aplomb. Éliminer la stratification de l’expérience. Faire et défaire (...)

    Journal / #Poésie, Journal, #Art, #Voix, Vidéo, #Sons, #Paris, #Cimetière, #Ville, #Paysage, #Numérique, #Musique, #Écriture, Regard, Journal du (...)

    #Journal_du_regard

  • Au pays des disparus

    #Taina_Tervonen remonte le fil de l’histoire d’un #migrant_anonyme, décédé à bord du chalutier clandestin qui a fait naufrage dans les eaux internationales, au large de la #Libye. Sa piste l’emmène de Milan à Catane, en passant par le #Niger et le #Sénégal. Sur sa route, elle croise des centaines de destins brisés aux portes de l’Europe, et entend le désarroi de leurs proches face à l’impossible #deuil. Une enquête, aussi bouleversante que vertigineuse, sur un des plus gros enjeux de notre temps.
    18 avril 2015. Un chalutier clandestin transportant
    800 personnes en direction de l’Italie sombre
    dans les eaux internationales, au large de la Libye.
    Au lendemain du naufrage, Matteo Renzi s’engage
    devant la presse à remonter l’épave et à donner à
    chaque victime une sépulture digne et un nom.
    Lorsque la journaliste Taina Tervonen se rend
    à la #morgue de Milan seize mois plus tard, pour
    rencontrer l’équipe en charge des identifications, elle
    découvre parmi les objets personnels des naufragés
    un téléphone Nokia jaune citron en trois morceaux
    et un bout de plastique, destiné à le protéger de l’eau.
    C’est tout ce qui reste de #PM390047, dont le #corps
    resté anonyme est enterré dans le carré des migrants
    du #cimetière de #Catane, en Sicile.
    Qui était-il ? Taina Tervonen décide de remonter
    le fil de son histoire, de Milan à Catane, en passant
    par le Niger et le Sénégal. Sur sa route, elle croise
    des dizaines de destins brisés aux portes de l’Europe,
    et entend le désarroi de leurs proches face à
    l’impossible deuil. Une enquête, aussi bouleversante
    que vertigineuse, sur un des plus gros enjeux de notre
    temps.
    Taina Tervonen est journaliste et réalisatrice.
    Elle a travaillé sur les disparus en Bosnie et en
    Méditerranée.


    https://www.fayard.fr/documents-temoignages/au-pays-des-disparus-9782213712390
    #parcours_migratoire #route_migratoire #mort #décès #livre #mourir_en_mer #migrations #réfugiés #frontières #ceux_qui_restent #anonymat #identification

    ping @reka @karine4 @isskein @pascaline

  • What happens to the bodies of those who die in the Mediterranean?

    Researchers, police, coroners and an imam in Sicily work hard to identify dead refugees and give them a proper burial.

    On All Soul’s Day, around three kilometres from the port in the Sicilian city of Catania, the pauper’s grave at the Monumental Cemetery is unusually well-tended, with fresh flowers and beads wrapped around cross-shaped headstones.

    Many belong to refugees and migrants who died at sea while trying to reach Europe. Sicilian cemeteries currently host the remains of more than 2,000 of them.

    The Mediterranean route is fraught with danger. So far this year, more than 2,000 people have died while crossing the sea, according to the International Organization for Migration (IOM).

    Local authorities here recover on average only one in 10 bodies, which usually remains unidentified.

    “An overall indifference has led to a higher non-identification rate of most bodies,” says Giorgia Mirto, a Sicilian anthropologist and founder of Mediterranean Missing, a database project collecting names of the identified dead refugees and migrants. “They just become statistics instead of humans.”

    After spending her time in cemeteries across the island, Mirto has identified a trend.

    “Here, migrants become part of the community. I noticed average citizens bringing flowers and praying over their graves,” she says. “’[It is] part of a Catholic mindset that instils the idea of taking care of the dead, in place of those who can’t afford or aren’t able to pay a visit.”

    In August, local policeman Angelo Milazzo accompanied a Jamal Mekdad, a Syrian man and his two children who had travelled from Denmark, to the cemetery of Melilli, a port village in Syracuse, eastern Sicily.

    They were visiting the grave of their wife and mother, who died while attempting to cross the Mediterranean in 2014.

    “Remembering that day still brings me tears,” Milazzo says.

    He is part of a police unit trying to prevent undocumented migration and was present on the day the Syrian woman perished, that day he saw the bodies of 24 people.

    From that moment, his work went well beyond the duties of his job as he made it his mission to try and identify the dead - often outside his working hours - spending time in port towns, cemeteries and searching on Facebook.

    Most victims do not carry identification documents, such as passports, so the first step is collaborating with coroners who examine the bodies and provide forensic police with information about the refugees’ DNA, origin, height, weight and gender, as well as pictures of clothing and notes of distinctive features or objects they had.

    “These reports are sent to our police unit, as well as to migrant help centres hosting survivors of shipwrecks, who can help identifying some of the victims, as usually, they travel with family members,” Milazzo says.

    Some of the coroners in charge of examining bones and clothes were, like Milazzo, touched on a personal level by the tragedy.

    Antonella Argo, a coroner in Palermo, Sicily’s capital, examined the bodies of several drowned migrants.

    “The frustration in this job can be tough. I remember one time, during a major shipwreck in 2016, my team and I were in charge of helping provide information about 52 bodies. We only managed to identify 18,” Argo explains.

    “I think it’s a doctor’s duty, actually any human being’s duty, to give back dignity, importance and most of all an identity, to those who’ve represented something in someone else’s life. It’s called Mediterranean compassion, and we Sicilians know that well.”

    Milazzo, the policeman, began his work in identification in 2014, having received reports from Argo’s colleagues, by visiting several towns in the province.

    One of his first stops was La Zagara, a migrant centre in Melilli.

    With the help of an Arabic-speaking interpreter, he began talking to survivors, mostly Syrians, showing them pictures of clothing and giving them details.

    Many provided him with the information he was looking for, as they were also searching for the missing.

    A young Syrian woman, simply identified with the number 23, was on his list.

    At La Zagara, he showed a man who had lost his wife the woman’s pictures.

    “Angelo showed me a face close up from the autopsy. It was her, my Sireen,” says Jamal Mekdad, the Syrian refugee father, explaining he hadn’t recognised her at first.

    Now living and working as a photographer in Denmark with his two children, he says he’s grateful for those who helped identify his wife.

    “They do an important job of giving back dignity to the victims’ families, as well as the disappeared migrants themselves,” he said.

    It took Milazzo a year, two months and 10 days to file a complete report identifying all the victims from the 2014 shipwreck, allowing Italian authorities to issue official death certificates.

    He runs a Facebook page, posting details about the dead and exchanging messages with people searching for answers.

    “Facebook has been crucial in collecting information about the disappeared and to get in touch with relatives,” Milazzo says.

    “Death certificates are fundamental for the relatives to move on and think about the future, carry on their lives, be entitled to inheritance and get peace of mind.”
    ’They deserve to rest in peace’

    The 2014 case was, however, an exception.

    Most families remain in the dark about their relatives.

    But once an identity is settled, the search for a burial site begins.

    As most victims are Muslim, it falls on Abdelhafid Kheit, an imam in the community, to take care of the bodies.

    “When the refugee crisis began, I had the impulse to help, to do something not only as a spiritual leader but as a human being,” Kheit says, holding back tears.

    Overcrowding in cemeteries, however, is a challenge.

    “For years, I’ve asked Sicily’s president to buy a piece of land and open a cemetery of the sea deaths. So far, my request hasn’t been answered. But I don’t give up, and will continue my advocacy to reach this goal,” says Kheit.

    Mekdad remembers speaking on the phone in 2014 with Kheit, who he describes as a “gentle imam with a North African accent”.

    “I entrusted my wife’s soul to him for her funeral, as I wasn’t able to attend,” he says.

    Kheit supervises the various stages of burial: washing the deceased migrant’s body, wrapping it in a white shroud and leading the burial prayer.

    These experiences have been the most challenging of his career, he says.

    “On certain occasions, I was asked to do these rituals on bodies which were so decomposed that I almost refrained from doing my job,” he says, “but then I continued because they deserved to rest in peace.”


    https://www.aljazeera.com/indepth/features/bodies-die-mediterranean-181125235524960.html
    #Catania #Sicile #Italie #mourir_en_mer #cadavres #enterrement #cimetière #corps #migrations #asile #réfugiés #Méditerranée

  • CE FIL DE DISCUSSION EST LA SUITE DE CELUI-CI :
    https://seenthis.net/messages/688734

    v. aussi la métaliste sur ce sujet :
    https://seenthis.net/messages/733721

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    Traversée des Alpes : un aperçu du calvaire vécu par des milliers d’exilés

    Pour se rendre compte des risques que prennent les réfugiés qui traversent, au dessus de Briançon, la frontière entre l’Italie et la France, une journaliste a pris le même chemin, de nuit, pour éviter les patrouilles de police et de gendarmerie. Voici son récit.

    Pour atteindre la France par la frontière de Montgenèvre, ceux que l’on désigne comme « les migrants » doivent affronter les Alpes en évitant d’être pris par les patrouilles de police ou de gendarmerie, qui entravent régulièrement les droits des réfugiés à demander l’asile (lire notre enquête à ce sujet). Afin de nous rendre compte de la dangerosité de ce parcours singulier, nous avons accompli cette traversée. L’une d’entre nous – non habituée de la montagne – a tenté d’atteindre Briançon tandis que l’autre assurait ses arrières en cas de complications sur le chemin ou d’arrestation.

    Nous avions au préalable repéré les chemins « du bas », habituellement empruntés par les « clandestins », et listé les parcours dangereux à éviter. Un « luxe » dont ne peuvent se prévaloir les personnes qui se risquent en haute montagne en espérant se réfugier en France. Voici le récit de notre « migrante improvisée ». Nous avons aussi consigné son parcours sur la carte ci-dessous. les lieux d’accueil et les cols par lesquels passent les exilés, ainsi que les dangers auxquels ils font face.

    « Je prends le départ de Clavière le 3 octobre, à 18 h. Il fait beau. Je ne suis pas rassurée pour autant : j’ai l’impression d’aller vers l’inconnu, vers une barrière minérale écrasante. Alors qu’on aperçoit au loin, à travers les arbres, la Police aux frontières (PAF) de Montgenèvre, je dois m’accroupir. Je suis quasiment à découvert. Deux silhouettes de policiers scrutent l’horizon. Je dois attendre qu’un gros camion de transport de marchandises s’arrête devant eux pour poursuivre mon chemin. Au fur et à mesure que j’avance, je vois, jetés sur le sol, des vêtements et des papiers déchirés. Un groupe vient de me précéder. J’ai l’impression de suivre le petit Poucet ! Ma boule au ventre s’est dissipée. J’ai trouvé ma « vitesse de croisière » et commence à grimper dans une clairière alors que la nuit tombe.
    « En contrebas, des halos de lumière balaient le bois »

    Une fois en haut, j’aperçois l’ombre d’un homme, assis sur un talus surplombant une piste. Je le reconnais immédiatement grâce à son bob de couleur kaki assorti à son pantalon. Il s’agit du même homme en civil que nous avons observé à la longue-vue en début d’après-midi, vers 14h, alors que nous nous trouvions sur les hauteurs de Montgenèvre. Lui-même et un autre « civil » livraient cinq jeunes noirs – agenouillés au sol avec les mains sur la tête – à des gendarmes en uniforme. « Bob » donc, est assis sur un talus. « Bonsoir ! Que faites-vous ici si tard ? », lui dis-je aussitôt d’un air guilleret. « Je fais de la randonnée de nuit », me répond-il. « Moi aussi ! », rétorquais-je amusée. Puis, nous échangeons des banalités sur la météo, le temps de remarquer son sac à dos et les jumelles high-tech posées à côté de lui. « Au fait, quelle est votre profession ? », me demande-t-il alors que je m’apprête à le quitter. « Formatrice ! Et vous ? ». « Plasticien », bafouille-t-il. « Bob » était encore en poste de surveillance !

    Le secteur est quadrillé. Il n’est que 20 h, trop tôt pour risquer de me faire arrêter. Instinctivement, je m’engouffre dans le bois qui longe les pistes, grimpe la pente me retrouve sur un chemin rocailleux qui prend de l’altitude. Essoufflée, j’ai besoin de faire une pause. A peine adossée à un arbre, je perçois des éclats de voix et l’aboiement d’un chien. En contrebas, des halos de lumière balaient le bois. Pas de répit : j’accélère le pas et continue de monter à marche forcée, franchissant un lacet après l’autre, interminables. La nuit est noire et je n’y vois pas à 5 m.

    Vers 23h, je passe à vive allure devant les tourniquets d’un télésiège surmonté d’un panneau. Dans la pénombre, je distingue « Les Gondrans » inscrit en grosses lettres. Je poursuis ma route, et discerne les contours d’une bâtisse à droite, puis une autre à gauche devant laquelle stationnent des véhicules militaires. Finalement, je débouche sur un chantier de terrassement, près d’un lac. Ne sachant plus quel chemin prendre, j’allume mon smartphone afin de me géolocaliser.

    L’écran de mon téléphone m’éblouit. Le temps que mes yeux s’habituent de nouveau à l’obscurité, j’entends dans le silence de la nuit, un son très proche, comme des chutes d’eau. Je choisis la première piste qui descend avant de me retrouver devant le tourniquet d’un télésiège... Sans même m’en rendre compte, j’étais retournée sur mes pas. La nuit, tous les chemins sont gris !
    « Je suis perdue, je rebrousse chemin, les larmes aux yeux »

    Je dévale donc la montagne, aussi vite que je peux car chaque pas devient une vraie torture. Je ne peux pas m’arrêter, au risque de ne plus pouvoir marcher. Arrivée au bas de ce satané chemin rocailleux, je tourne sur un sentier qui s’enfonce dans la forêt. Je n’avais qu’une idée en tête : rejoindre le GR5, le chemin de randonnée balisé jusqu’à Briançon. Mais c’est sans compter la peur sournoise qui, petit à petit, altère mon discernement. Sans même m’en apercevoir, je traverse le GR5 et poursuis dans une direction erronée. Je croise un panneau en bois pourri qui indique Les Alberts. Ce dernier nom ne m’est pas inconnu : Alpha, le « migrant inconnu », avait été retrouvé mort au mois de mai à proximité de ce hameau. Je continue de marcher, pour me retrouver, au bout de plus d’une heure de marche, dans une petite clairière en-cul-de-sac. Le sentier s’est volatilisé !

    Une fois de plus, je suis perdue. Je rebrousse chemin, les larmes aux yeux, commençant à désespérer. Mes jambes ne me portent plus. Chaque cailloux fait l’effet d’une braise ardente sous mes pieds. Je me suis alors souvenu d’un repère indiqué par l’ami guide qui m’a rapidement initiée. « N’oublie pas que la Durance [la rivière qui prend sa source à Montgenèvre pour se jeter dans le Rhône à Avignon] est en contrebas du GR5 et que de là, tu verras la route nationale. » Je m’arrêtes donc et tends l’oreille. J’’entends alors le clapotis rassurant d’un cours d’eau. Pour en avoir le cœur net, je coupe à travers bois, et dévale une pente raide sur mon postérieur.

    Effectivement, la rivière se trouve en contrebas, et je peux enfin apercevoir les lumières de la nationale. Je n’ai plus qu’à suivre le torrent, en sens inverse du courant. Je finis par traverser un pont. Il ne me reste plus qu’à dévaler la pente pour retrouver mon confrère. Ce dernier m’attend, mort d’inquiétude, sur un parking de Montgenèvre. Il est 2h du matin. Je suis totalement épuisée. J’ai seulement ressenti un peu du calvaire enduré par les réfugiés qui tentent cette traversée, énième périlleuse étape sur le chemin de l’exil. »

    https://www.bastamag.net/Traversee-des-Alpes-un-apercu-du-calvaire-vecu-par-des-milliers-d-exiles

    #migrations #asile #réfugiés #Alpes #frontière_sud-alpine #Briançon #Mongenèvre #Hautes_Alpes #Briançonnais #Claviere #Clavière #Italie #France #frontières

    • Humiliations, mises en danger, violences : enquête sur les #abus_policiers contre les migrants

      Le #procès des « #7_de_Briançon », poursuivis après leur participation à une manifestation contre l’action à la frontière des militants d’extrême-droite de Génération identitaire, démarre ce 8 novembre. Le tout sur fond de crise franco-italienne, après l’intrusion récente côté italien de gendarmes français refoulant des migrants. Au quotidien, sur les chemins alpins qui relient les deux pays, les réfugiés voient leurs droits piétinés, subissent des courses poursuites dangereuses, des humiliations et même des #violences de la part des forces de l’ordre. Du point de vue des migrants, peut-on encore parler d’#État_de_droit ?

      « Nous gérons ensemble une frontière commune et il y a ponctuellement, des deux côtés, de petits incidents regrettables. » Par ces mots diffusés dans la presse le 16 octobre, l’Élysée tentait de minimiser une #crise_diplomatique en train de gonfler avec l’#Italie [1]. Le 12 octobre, deux gendarmes français étaient surpris par la police italienne sur la commune de #Clavière, en train de déposer en camionnette, côté italien, deux réfugiés, ce qui déclencha l’ire de Matteo #Salvini, le ministre de l’Intérieur issu du parti d’extrême droite La Ligue. Résultat, depuis le 20 octobre, des patrouilles de la police italienne gardent la frontière à l’entrée du village de Clavière, sur la route de Briançon à Turin.
      #militarisation_des_frontières

      Cette frontière a vu passer, depuis un peu plus de deux ans, des milliers d’exilés à la recherche d’un avenir meilleur. Pour éviter les forces de l’ordre et le poste de la #police_aux_frontières (#Paf) de #Montgenèvre, les migrants traversent à pied, par le #col_de_l’Échelle (1762 m) et, surtout depuis l’hiver dernier, par le #col_de_Montgenèvre (1854 m). Quand ils sont arrêtés, ils sont ramenés côté italien. La grande majorité retente alors la traversée, une deuxième, une troisième... et même parfois une dixième fois, jusqu’à atteindre #Briançon, un peu plus bas côté français. Au #Refuge_solidaire, lieu de premier accueil qui y est mis à disposition par la Communauté de communes, un peu plus de 6250 personnes sont passées depuis son ouverture en juillet 2017 [2]. Depuis des mois, des associations, notamment #Tous_migrants, dénoncent des pratiques policières violentes et illégales qui poussent les exilés à prendre toujours plus de risques en altitude.

      Saisis de cette alerte nous avons enquêté, autour de la frontière, sur ces possibles #violences_policières. Fin août une première fois, puis fin septembre et début octobre, nous avons d’abord circulé sur ces chemins en simples promeneurs. Nous avons ensuite complété nos observations par le recueil de plusieurs dizaines de récits d’exilés et de témoins oculaires. Enfin, des rapports d’ONG viennent confirmer la litanie des « incidents regrettables » constatés.

      Tourisme de masse et rejet des migrants

      Depuis les attentats de novembre 2015, la #France a rétabli les contrôles à sa frontière avec l’Italie. Ce qui se joue au cœur de la station de Montgenèvre apparaît comme un concentré des inégalités du monde. Skis aux pieds en hiver ou club de golf à la main en été, les touristes passent d’un pays à l’autre à leur guise. La traversée de Clavière à Briançon se fait sur 16 kilomètres de chemins. Pour un randonneur un peu expérimenté, c’est une belle demi-journée. Mais les migrants peuvent être amenés à prendre d’autres itinéraires, parfois plus en altitude, sur une durée de plusieurs jours, soumis aux dangers des accidents de terrain, du froid, de la déshydratation...

      Fatigués, ils descendent parfois à Montgenèvre, tels des papillons de nuit. Là, quelques habitants les mettent à l’abri. D’autres les dénoncent. « Je suis allé à un restaurant. Je demande : "Est-ce qu’il y a le numéro d’un taxi, je voudrais partir à la croix-rouge" », nous raconte Abdoulaye*, un Guinéen de 19 ans. Sans l’inquiéter, son interlocuteur le fait patienter. C’est finalement la police qui est venue le récupérer... D’autres s’offusquent des vêtements abandonnés en route par les migrants, en quantité pourtant infime par rapport aux deux tonnes de déchets déversés par les touristes sur les pistes de Montgenèvre, que des bénévoles ont ramassé au début l’été.

      Au moins par trois fois, cette frontière a tué. Début mai, #Blessing_Mathew, une jeune nigériane, se noie dans la #Durance. Elle aurait paniqué à cause d’une « course-poursuite » policière, accuse l’association Tous migrants. Le même mois, le corps d’un jeune homme, probablement mort d’épuisement, est retrouvé dans un bois proche du hameau des Alberts, sur la commune de Montgenèvre. Inconnu, les montagnards solidaires l’on dénommé #Alpha. Enfin, le corps de #Mohamed_Fofana, venu de Guinée Conakry, est découvert dans un vallon de Bardonecchia en Italie, après avoir passé une partie de l’hiver sous la neige [3]. Quand elle ne tue pas, la frontière peut aussi mutiler. L’hiver dernier, l’hôpital de Briançon a hospitalisé pour #gelures plus de 300 malheureux qui avaient tenté de braver la neige. Heureusement, les secours de la gendarmerie de haute montagne (#PGHM) et des CRS sauveteurs portent assistance à toute personne en détresse, sans distinction d’origine.
      #mutilations

      « Arrête-toi ou je te tue ! »

      La préfecture des Hautes-Alpes, rejette les accusations portées par les associations. « L’action conduite en matière de lutte contre l’immigration irrégulière est conforme en tout point aux règles de droit national, européen et international. Nous nous attachons à appliquer ces règles de droit avec humanité et discernement. Ces accusations reposent sur des supputations », nous indique-t-elle par courriel.

      Ce samedi 29 septembre, alors que nous cheminons en début d’après-midi, de Montgenèvre à Clavière, nous sommes pourtant témoins de faits donnant une autre vision de la situation. Au loin, deux « randonneurs » sortent du poste de la Paf. Allure sportive, t-shirts bleu ciel et lunettes de soleil. Dans le bois vers Clavière [4], au moment où nous croisons un groupe d’une dizaine de migrants originaires d’Afrique subsaharienne, l’un de ces deux « randonneurs » demande son chemin au premier migrant qu’il rencontre. Le second surgit alors en courant, comme sorti de nulle part. Il tient dans ses mains une perche en plastique bleu d’environ deux mètres, qui sert normalement au balisage d’une piste de ski. « Arrête-toi ou je te tue ! », hurle-t-il, juste avant de bousculer en passant l’une de nous deux. Il plaque ensuite un homme au sol. Nous constatons trois arrestations réalisées par les deux « randonneurs ». Les autres migrants se dispersent dans la forêt.

      Opération « anti-terroriste » au milieu des bois

      Au crépuscule, dans le même secteur, nous croisons un homme athlétique, tout de noir vêtu. « C’est la dame qui a été bousculée tout à l’heure ? », nous demande-t-il. Après avoir acquiescé, nous feignons la surprise, affirmant ne rien comprendre à la situation précédemment vécue. « Je suis de la gendarmerie. Nous menons une opération anti-terroriste à la frontière », annonce l’homme en noir. Puis il contrôle nos identités « par mesure de sécurité », avant de disparaître dans les bois. Dans sa réponse à nos interrogations, la préfecture ne nous a pas confirmé le cadre « anti-terroriste » de l’opération.

      Depuis le début de l’été, le recours à des #faux_randonneurs a déjà été constaté par des observateurs locaux. Nous avons eu un autre aperçu de cette pratique grâce à une observation réalisée à la longue-vue, de celles dont on se sert plutôt, habituellement, pour observer les chamois. Mercredi 3 octobre, à 16h10, nous nous trouvons sur un point surplombant le village de Montgenèvre. Deux hommes en civil – l’un couvert d’un bob et l’autre vêtu d’une veste sportive noire et orange – amènent cinq jeunes gens, dont la peau est noire, à des gendarmes en uniforme. « A cause de ces faux randonneurs, les migrants se méfient de tout le monde. Ils peuvent partir en courant quant on vient à leur rencontre pour les aider », explique un maraudeur solidaire.

      « Le gendarme l’a mis en joue »

      Après sa mésaventure au restaurant, Abdoulaye a tenté un deuxième voyage. « Nous avons pris la route à 14h. Un hélicoptère a survolé notre groupe, alors nous sommes restés cachés dans la brousse jusqu’à 21h. Ensuite, nous sommes montés. » Sa description indique que le groupe a emprunté le #col_des_Gondrans, à 2347 mètres d’altitude. Après une longue descente, par la route militaire du Janus, son groupe atteint Briançon au milieu de la nuit. Très choqué, après avoir emprunté le même chemin, Aïssa*, un jeune ivoirien, revient de loin. « J’ai cru que j’allais mourir ! Je ne pouvais plus respirer. Je crachais du sang et je n’arrivais plus à marcher », nous confie-t-il. Finalement ce sont des automobilistes qui l’ont secouru en appelant les pompiers.

      A la lumière de ces témoignages et de plusieurs dizaines d’autres, la #mise_en_danger des migrants semble évidente. Pour comprendre comment elle peut survenir, l’une d’entre nous – qui ne connaît pas la montagne – a entrepris la traversée mercredi 3 octobre. Cette « migrante improvisée » a pris des risques pour échapper à la police, s’est perdue de longues heures nocturnes et a éprouvé la peur et l’épuisement (retrouvez son récit dans cet autre article : https://www.bastamag.net/Traversee-des-Alpes-un-apercu-du-calvaire-vecu-par-des-milliers-d-exiles). La traversée des Alpes par les exilés relève d’une véritable prouesse périlleuse. Mais la #maltraitance qu’ils subissent peut s’avérer être encore plus grave.

      Nous avons rencontré une jeune habitante du Briançonnais, sous le choc d’avoir assisté à deux arrestations violentes. En début d’après-midi, le 2 octobre, « deux migrants couraient, poursuivis par des gendarmes en uniforme, raconte-t-elle. Un gendarme a fait un croche-patte à l’un d’eux. Un autre gendarme a mis-en-joue le second migrant. Il s’est alors mis à genoux, avec les mains sur la tête. Le gendarme l’a relevé et poussé violemment dans sa voiture banalisée ». Notre témoin confirme avoir vu une arme au bout du bras du gendarme. Ensuite, « le gendarme a donné un coup de pied au premier migrant arrêté sur le golf, alors qu’il était assis par terre. Il lui a également mis des #gifles. Avec un autre gendarme, ils ont fouillé son sac, et l’ont obligé à baisser son pantalon et à se mettre les fesses à l’air en public », afin de poursuivre la fouille.

      Violences et non-respect des droits ont lieu également à l’intérieur du poste de la Paf. « Nous avons quitté Clavière à 14h. Vers 7h du matin, nous étions presque arrivés à Briançon. Mais des policiers nous ont arrêtés et emmenés au poste [de la Paf] », raconte par exemple Moustafa* en anglais. Il est originaire de Sierra Léone. Avec lui, voyageait une personne se déclarant mineur. « J’ai dit : "Laissez au moins le mineur !" Il pleurait mais le policier n’en avait rien à faire. » Moustafa pensait que son jeune ami allait être protégé. La loi française oblige en effet les Conseils départementaux à mettre à l’abri tout mineur non accompagné. Il revenait donc aux services départementaux d’évaluer si cette personne était mineure ou non. « Ensuite, je voulais refuser de donner mes empreintes car je ne suis pas un criminel. Mais à ce moment là, j’ai vu un homme se faire frapper à la matraque parce qu’il refusait. Il avait le visage gonflé. » Une heure après avoir été arrêtés, Moustafa et son jeune compagnon sont déposés par une voiture de police, sous la pluie, « non loin de l’église de Clavière ».
      #MNA #mineurs_non_accompagnés

      Des migrants volés pendant leur arrestation ?

      Autre témoignage, tout aussi édifiant, celui de Moussa*, un malien de 16 ans. Nous l’avons rencontré dans un autre département où il vit désormais sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance. Il a le regard d’une âme brisée et sa joue porte la cicatrice d’un coup violent. Le 4 août dernier, son groupe est très vite arrêté. Au poste de la Paf, il montre son acte de naissance, attestant de sa minorité (voir photo ci-dessous – cliquer pour l’agrandir). Les agents en prennent connaissance, mais le ramènent devant l’église de Clavière, en Italie. Moussa est formel, la Paf ne lui a remis aucun document, ni à lui ni à ses compagnons, alors qu’elle devait leur signifier officiellement un « refus d’entrée » [5], qu’ils devaient chacun signer. Comme beaucoup d’autres, ils n’ont pas vu la couleur de ce document, et les agents ne leur ont donné aucune information sur leur droits.

      Mais ce n’est pas tout : une fois revenu à Clavière, « j’ai fouillé mon sac, et j’ai vu qu’il manquait mon argent, 600 euros ! », témoigne Moussa. Idem pour Mario*, un jeune ivoirien du même groupe, qui déclare également que 200 euros ont disparu le même jour de ses affaires. Moussa rebrousse chemin avec Mario, en direction de la Paf. Vers minuit, ils arrivent à vingt mètres, côté italien, du panneau délimitant la frontière. A bord d’une voiture de police stationnée, se trouvent les mêmes agents qui les ont refoulés peu avant. Un « vieux aux cheveux gris » et « un grand baraqué », décrit Moussa. Celui-ci interpelle les policiers, et enregistre discrètement la conversation avec son téléphone. Nous avons pris connaissance de cet enregistrement lors de notre premier séjour au mois d’août. Des militants de #Chez_jésus, un lieu occupé pour accueillir les réfugiés, l’ont depuis mis en ligne, le 27 septembre.

      « La police, ils ont pris mon argent », accuse Moussa sur cet enregistrement. « T’accuses la police de #vol, ce soir t’es en garde-à-vue (...) Demain t’es dans un avion, (...) Paris-Tripoli, hein ! », répond l’un des policiers. Moussa insiste. Furieux, l’agent se fait encore plus menaçant : « Tu me traites encore une fois de voleur, je te jette là dedans. T’as compris ! » Mais Moussa poursuit sur sa lancée : « Vous volez mon argent. Comment je vais faire ? » A ces mots, le policier le saisit : « T’arrêtes de nous traiter de voleurs parce que je t’en colle une, hein ! » Le jeune malien rétorque : « C’est pas bon comme ça. C’est mon argent. T’as qu’à me tuer ! » Moussa déclare avoir alors reçu un coup dans le ventre de la part du « policier aux cheveux gris ». Mario, la voix haletante, tire Moussa en lui disant « Andiamo, andiamo » (on y va, on y va, en italien).

      Des forces de l’ordre en roue libre, des soutiens poursuivis

      Le type de faits que nous rapportons a également été constaté par une mission d’observation composée de douze associations pour les droits humains et les droits des étrangers [6], menée les 12 et 13 octobre 2018, et à laquelle participaient également des avocats. Selon ces constats, affranchies de tout respect de l’État de droit, les forces de l’ordre paraissent en roue libre. Dans un communiqué du 16 octobre, les ONG affirment que « de multiples violations des droits ont été constatées » et demandent que « cessent ces pratiques illégales et dégradantes ». En guise de première action judiciaire, onze référés libertés, dont huit pour des mineurs refoulés, ont été déposés devant une juridiction administrative. D’autres procédures devant des tribunaux sont annoncés.

      Pour l’heure, le procès qui retiendra l’attention sera celui de sept personnes solidaires des migrants qui se tiendra le 8 novembre à Gap. « Les 7 de Briançon » sont poursuivis pour « aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée ». Ils risquent jusqu’à dix ans de prison et 750 000 euros d’amende. Leur tort ? Avoir participé à une manifestation, le 22 avril de Clavière à Briançon, qui dénonçait la présence des militants d’extrême droite de Génération identitaire [7]. Des personnes sans-papiers, retient le procureur, se trouvaient dans le cortège. Trois des prévenus, deux jeunes suisses et une italienne, avaient été arrêtés au soir de la manifestation et placés en détention provisoire durant neuf jours, à la prison des Baumettes à Marseille. Les quatre autres prévenus, de nationalité française, se sont vus signifier leur mise en examen lors d’une garde-à-vue en juillet. Avec leurs soutiens, ils comptent faire du rendez-vous de Gap le procès du « #délit_de_solidarité » et de la « militarisation de la frontière ».

      Alors que les premières neiges s’annoncent, les autorités italiennes et françaises font le choix de la fermeté. Le 10 octobre, la police italienne a expulsé les occupants de « Chez Jésus ». A Gap le 17 octobre, la préfecture a fait évacuer la Maison Cézanne. Propriété de la ville, elle était occupée par le collectif « Un toit un droit » pour l’hébergement de personnes sans-papiers. Malgré la répression, les personnes solidaires continuent de proposer des solutions. Le 19 octobre, un « centre social autogéré » a été ouvert à Gap par le collectif Cesaï, pour faire « face à la situation des exilés et laissés-pour-compte, et au vide culturel de la ville ». A la frontière, les montagnards solidaires s’organisent à nouveau. Durant les deux derniers hivers, leurs maraudes au col de l’Échelle et de Montgenèvre, auxquelles les autorités ont répondu par une cinquantaine de convocation à la police ou à la gendarmerie, avaient évité bien des drames.

      https://www.bastamag.net/migrants-refugies-route-police-violences-gap-alpes-briancon

      #anti-terrorisme #3+4_de_Briançon #violences_policières

    • Hautes-Alpes : huit migrants secourus à la frontière

      Huit migrants secourus hier soir, entre Clavière et Cervières. Le groupe a été localisé au #col_Saurel par les secours en montagnes italiens qui ont effectué l’intervention, informations de nos confrères du Dauphiné Libéré, ce matin. Selon le quotidien cinq personnes déjà secourues souffraient d’#hypothermie. Les trois autres devaient être également pris en charge.

      http://alpesdusud.alpes1.com/news/hautes-alpes/73181/hautes-alpes-huit-migrants-secourus-a-la-frontiere

    • Hautes-Alpes, frontière de tous les dangers

      Depuis deux ans et demi, des migrants empruntent la route périlleuse des Alpes pour venir en France. Ils tentent d’échapper aux interpellations et aux violences policières. Enquête sur la frontière.

      A Briançon, dans les Hautes-Alpes, le Refuge Solidaire, une ancienne caserne des CRS de secours en montagne mise à disposition par la Communauté de communes, ne désemplit pas. Comme chaque jour, un groupe de migrants vient d’arriver : des hommes jeunes, originaires d’Afrique noire. Ils sont exténués.

      En provenance du sud de l’Italie, ils ont pris un train à la gare de Turin, puis un car pour Clavière, dernier village italien collé à la frontière. De là, ils tentent la traversée de la montagne à pied, via Montgenèvre, côté français, jusqu’à Briançon. Ils sont de plus en plus nombreux à choisir cette route des Hautes-Alpes à mesure que la frontière plus au sud, par Menton ou la vallée de la Roya, se verrouille. Selon un décompte du 30 septembre, le Refuge Solidaire a accueilli 6350 personnes depuis son ouverture en juillet 2017.

      A la fin de l’été1, les bénévoles s’activent dans le garage aménagé en réfectoire. L’urgence est de nourrir les nouveaux arrivants affamés par de longues heures de marche forcée dans la montagne. Et tandis que, tels des écoliers à la cantine, les migrants font la queue devant les grandes marmites pour remplir leurs assiettes, Benoit Ducos, membre de Tous Migrants – une association citoyenne de sensibilisation au drame des exilés –, lance à leur intention : « Nous sommes des bénévoles ici.

      Depuis des mois les droits des personnes étrangères ne sont plus respectés à la frontière et les forces de l’ordre se rendent coupables de nombreuses violences. Nous avons besoin de recueillir des témoignages de personnes qui ont été attrapées par la police ou les gendarmes, qui ont été ramenées en Italie. »
      « Arrête toi ou je te tue ! »

      Quelques semaines plus tard, sur le chemin menant de Montgenèvre à Clavière, distant de 16 kilomètres, deux « randonneurs » cavalent après une dizaine de jeunes Africains. Ces hommes, aux muscles saillants dans leurs tee-shirts bleus, étaient sortis un peu plus tôt du poste de la Police aux frontières (PAF). « Arrête toi ou je te tue ! » hurle l’un d’eux aux fuyards en brandissant une perche en plastique bleu d’environ 2 mètres, qui sert habituellement à baliser les pistes de ski. Peu de temps après, il rejoint son collègue « randonneur », avec trois jeunes migrants dont un tenu fermement par le bras. Au crépuscule, sur le chemin du retour, l’un des faux randonneurs, tout de noir vêtu avec une capuche recouvrant sa tête, se présente comme gendarme et contrôle nos identités, justifiant d’une « opération antiterroriste à la frontière ».

      Ces interventions ne sont pas isolées. Dans son avis rendu public le 1er juillet, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNDH) dressait un constat sévère, « sur une volonté politique de bloquer les frontières au détriment du respect du droit à la vie et à l’intégrité physique des personnes migrantes, contraintes d’entreprendre des parcours de plus en plus dangereux à travers les Alpes, comme en témoignent de multiples récits douloureux et des pratiques attentatoires à la dignité ». Des critiques documentées par treize ONG qui ont mené une mission d’observation à la frontière de Montgenèvre les 12 et 13 octobre – dont Amnesty International, la Cimade et Médecins du monde.

      Graves accusations

      Au Refuge Solidaire, Benoît Ducos recueille les récits alarmants des jeunes hommes qui se sont regroupés autour de lui. Pour échapper aux forces de l’ordre, ils se sont cachés en forêt, parfois plusieurs jours, ou ont pris des routes plus périlleuses, comme celle du col des Gondrans, à 2347 mètres d’altitude.

      Abdoulaye*, un Guinéen de 19 ans, y est passé lors de sa deuxième traversée. « Nous avons pris la route à 14h mais un hélicoptère a survolé notre groupe, raconte-il. Alors, nous sommes restés tapis dans la brousse jusqu’à 21h. » Aïssa*, lui, est un rescapé. Ce jeune Ivoirien peine encore à recouvrer ses esprits. « J’ai cru que j’allais mourir ! » finit-il par lâcher en retenant ses larmes. Totalement épuisé par la route des crêtes, il s’est affalé, avec une forte douleur dans la poitrine. « Je ne pouvais plus respirer. Je crachais du sang et n’arrivais plus à marcher. » Il s’est retrouvé seul, à une heure avancée de la nuit, dans le froid, en proie à une profonde terreur. Il doit son salut à un couple qui passait par là en voiture et qui a prévenu les pompiers.

      Les accusations portées contre des policiers ou des gendarmes sont graves : refoulement de femmes enceintes ou avec enfants, de mineurs isolés (qui doivent normalement être protégés selon la loi française) et de personnes malades ; menaces verbales, coups… Voire pire : guet-apens et courses poursuites mettant les personnes en danger et pouvant même, parfois, entraîner la mort. « Au début, les violences policières étaient très ponctuelles. Il s’agissait surtout d’insultes, d’intimidations et de pressions psychologiques pour décourager le passage. Mais ça s’est vraiment dégradé depuis l’intervention des identitaires (militants d’extrême droite venus intimider les migrants au printemps dans les montagnes, ndlr), avec des menaces arme à la main et même des vols d’argent ! » nous confie Benoît Ducos, inquiet.
      Morts dans la montagne

      A l’appui de leurs allégations, les observateurs locaux citent le cas d’« Alpha », un jeune Africain inconnu trouvé mort, vraisemblablement d’épuisement, en mai dans un bois en amont des Alberts, un hameau de la commune de Montgenèvre ; ou encore celui de Blessing Matthew, une Nigériane de 20 ans retrouvée noyée dans la Durance le 9 mai, après avoir paniqué à la suite d’une « course poursuite », affirme Tous Migrants. Pour les « sentinelles de la montagne », ces agissements sont destinés à dissuader coûte que coûte les « migrants » de venir en France. « Les guets-apens et courses poursuites dans la montagne pourraient constituer un délit sanctionné par le Code pénal français au titre de ‘mise en danger d’autrui’ ou de ‘manquement à une obligation de prudence ou de sécurité’, explique Me Maéva Binimelis. Sollicitée par Tous Migrants, cette avocate du Barreau de Nice vient de déposer une plainte contre X et des signalements auprès de procureur de Gap. D’autres suivront.
      Délit d’humanité

      Ces signalements sont, entre autres, documentés par Benoît Ducos, qui accumule les récits des victimes. Le 10 mars, il a pris dans sa voiture une famille nigériane perdue dans la tempête du col de Montgenèvre, à 1854 mètres d’altitude. La mère, Marcella, était sur le point d’accoucher. Aux portes de Briançon, la voiture est longuement arrêtée par un barrage des douanes malgré l’urgence, à 500 mètres de la maternité. Le bébé naîtra quelques heures plus tard par césarienne à l’hôpital de Briançon ; un accouchement risqué qui, sans l’intervention du secouriste, aurait pu se terminer par une issue dramatique.

      Depuis, Benoît Ducos a fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par Raphaël Balland, le procureur de Gap, en vue de déterminer un éventuel délit pour « aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en situation irrégulière ». Cette enquête a été classée sans suite le 27 octobre pour « immunité humanitaire », juste avant l’ouverture, le 8 novembre, du procès des 7 de Briançon (lire nos éditions du 9 et du 12 novembre).

      Désormais, les migrants n’ont plus de refuge à Clavière. La salle paroissiale squattée depuis mars par des militants de No Border a été évacuée le 10 octobre par la police italienne. Les migrants doivent désormais se contenter d’un accueil de nuit ouvert par la paroisse d’Oulx, à 18 km de la frontière française. Depuis, les premières neiges sont tombées, rendant la montagne plus dangereuse. Pour beaucoup, cette traversée des Alpes représente un dernier obstacle avant d’atteindre le « pays des droits de l’homme ». D’où leur persévérance, malgré tous les obstacles. Au péril de leur vie.

      https://lecourrier.ch/2018/11/13/hautes-alpes-frontiere-de-tous-les-dangers
      #droit_à_la_vie #col_des_Gondrans

    • Danger at high altitude: Migrant routes in the Alps

      With the crossing from Italy to France at low altitude becoming more difficult, migrants have been trying to cross the border on foot via the high alpine passes between the two countries — at great personal risk. This week, emergency services were called to help more than 14 people lost in cold conditions in the Alps.

      It is already snowy high up in the Alps, but that hasn’t deterred small groups of migrants trying to walk, often in inadequate clothing, towards France. Just this week, there were at least two reports of lost migrants in the Italian media. All were in the Bardonecchia region east of Turin and near the Italian border with France, at an altitude of about 1,700-1,800 meters. These alpine paths have become increasingly attractive to migrants since 2015, when France reinstated border controls at the low altitude crossing between the towns of Ventimiglia and Menton.

      The Italian newspaper, Corriere Della Sera, reported that the rescued migrants were suffering from hypothermia but were not in any danger. After medical checks, they were taken to a migrant reception center in Oulx, west of Turin. However, videos of other rescues show migrants attempting snowy paths dressed in trainers, jeans, and thin jackets. On Monday, a further four migrants were rescued from the snow after they became lost.

      A ’state of emergency’

      The head of the Alpine emergency services in Piedmont, Luca Giaj Arcota, said last December that rescue services could no longer cope with the number of migrants attempting to cross at Bardonecchia, which “had reached critical levels.” In the past month, Italy has been hit by bad weather, causing chaos in many regions, including the Alps, and putting added pressure on emergency services.

      Giaj Arcota also said that Alpine rescuers don’t have the powers of the police, so they can’t stop people from walking on these paths, even when they could be putting themselves, and their rescuers, in danger. He called upon the Italian authorities to resolve the situation so that migrants are dissuaded from attempting the crossing.

      Shelters needed

      The aid agency Oxfam Italy has called on Italian authorities to create more shelters for people waiting to cross from Italy into France, particularly unaccompanied minors and single women.

      In a report published in June, Oxfam says the situation at Ventimiglia remains serious. It estimates that in the first four months of 2018, more than 4,230 migrants crossed the border at Ventimiglia, the majority coming from Eritrea, Afghanistan and Sudan. Between August 2017 and April 2018, the total number of crossings reached 16,500.

      French authorities criticized

      Oxfam says migrants trying to cross the border are often refused entry and denied the right to request asylum. It also accuses French police of falsifying declarations that migrants wanted to return to Italy voluntarily, and of denying migrants access to water, food, shelter and legal assistance.

      At Bardonecchia, border crossings have also led to conflict between Italy and France. In one incident, Italian authorities said that a French police patrol dropped migrants in the forest on the Italian side of the border, telling them to go back to Italy. Italy’s Deputy Prime Minister, Matteo Salvini, suggested that the French authorities were “treating Italy like a refugee camp.”


      http://www.infomigrants.net/en/post/13393/danger-at-high-altitude-migrant-routes-in-the-alps?ref=tw

    • Arriva l’inverno, emergenza migranti in val di Susa

      La Chiesa valdese organizza una raccolta di indumenti e scarpe invernali coinvolgendo le comunità locali.

      E’ passato un altro anno, siamo di nuovo oramai in inverno e nulla cambia sul fronte del rischio per i migranti che tentano di entrare in Francia attraversando le Alpi.

      Di queste ore la notizia del recupero di 14 cittadini maliani in difficoltà fra le nevi sopra Claviére, ultimo comune italiano in valle di Susa prima del confine. Il soccorso alpino ha salvato 10 persone a circa 1800 metri di quota, con un principio di ipotermia, mentre 4 risulterebbero ancora disperse, con il rischio di iniziare nel più tragico dei modi la nuova stagione fredda. Nei giorni scorsi altri interventi di aiuto sono stati richiesti e portati a termine dagli uomini del soccorso.

      A tal proposito le chiese valdesi locali si stanno mobilitando nella raccolta di indumenti e scarpe adatti per le rigide temperature di questi mesi.

      Lo spunto nasce da un appello del pastore valdese di Susa, Davide Rostan, in prima linea nel dare quotidiana assistenza a chi in difficoltà si trova a transitare per le vie alpine: «Servono scarponi o scarponcini con taglia dal 42 in su, al massimo un numero limitato di numeri attorno al 38 per le ragazze, giacche a vento/ pile, cappelli e guanti. Altri indumenti non servono e occupano spazio, la raccolta dovrà essere mirata e limitata a questi indumenti».

      Ad Oulx da qualche settimana è stato aperto in un locale dei salesiani vicino alla stazione un piccolo centro con una dozzina di posti letto e qualcuno che tiene aperto dalle 19 alle 8 di mattina tutti i giorni. Sono due operatori della cooperativa Talita Kum, uno dei partner di Diaconia Valdese nei progetti di accoglienza diffusa in bassa val di Susa. Tra i fondatori della cooperativa c’è anche don Luigi Chiampo, parroco di Bussoleno. Ad oggi in valle transitano circa 30 persone al giorno che tentano di attraversare il confine arrivando a Claviére con il bus e poi andando a piedi verso Briançon. Spesso vengono fermati dalla polizia di frontiere che li respinge e li lascia per strada fuori dalla frontiera anche di notte a 1800 metri. Nell’ultimo anno sono passate in Francia in questo modo circa 800 persone al mese. Ora però la polizia francese ha inasprito i controlli e a Claviére a parte due jeep della polizia o dei carabinieri che ora pattugliano il confine per evitare che i francesi riportino gli stranieri in Italia non c’è nulla. Solo dalle ore 20 alle 24 c’è un mezzo della croce rossa che da qualche giorno quando ci sono dei respinti li carica e li porta ad Oulx.
      Chi volesse partecipare può contattare la propria chiesa locale del distretto delle valli del pinerolese. Ad esempio ieri le chiese del primo circuito (Val Pellice) hanno comunicato durante il culto tali necessità, e ripeteranno l’appello la prossima domenica 25 novembre, lasciando alle singole comunità gestire le modalità di raccolta. Si farà infine una raccolta complessiva prevista per lunedì 26 novembre dalle ore 15 alle ore 19 nei locali della cascina Pavarin a Luserna San Giovanni, per poi trasportare quanto raccolto a Oulx.

      https://riforma.it/it/articolo/2018/11/19/arriva-linverno-emergenza-migranti-val-di-susa

    • Mort·es en montagne ? Le rôle politique de la violence policière à la frontière

      La frontière franco-italienne des Hautes-Alpes n’est pas (encore) fermée. Elle est une zone de passage pour plusieurs dizaines de personnes tous les jours depuis plus d’un an. Cependant, depuis l’été 2017, l’Etat français y déploie tout un processus de militarisation qui a pour vocation de produire une effet impressionnant, voire effrayant.

      La militarisation, c’est d’abord une intensification du nombre de policiers : à la Police aux frontières (PAF) présente depuis 2015, à la police et gendarmerie nationales, au PSIG, se sont ajoutés depuis 2017 des renforts de gendarmerie mobile, de CRS, et parfois de l’armée. La militarisation, c’est ensuite une intensification des équipements utilisés pour le contrôle. C’est enfin une diversification des pratiques de contrôle. Tous ces éléments constituent ensemble le dispositif de contrôle mis en place par l’Etat français pour « sécuriser », comme ils disent, la frontière franco-italienne.

      Ce tableau répertorie les différentes pratiques de contrôles en place dans le Briançonnais. On peut noter que celles en-dessous de la ligne rouge, se situent un cran au-dessus en terme de niveau de violence.

      Il est important de faire le lien entre le fait que ces dernières pratiques sont plus violentes, qu’elles ciblent uniquement les personnes identifiées comme “migrantes“, et qu’elles sont relativement invisibles (et en grande partie illégales).

      Cela met en lumière toute la fonction discriminatoire de la frontière. Un régime différent s’applique pour des personnes identifiées comme “migrantes“, comme si elles appartenaient à une catégorie différente de gens, dont la vie et les droits n’ont pas besoin d’être respectés.

      A aucun moment, on ne peut oublier que la discrimination entre les personnes qui subissent des violences à la frontière et celles qui n’en subissent pas s’effectue sur une base raciste. En quatre mois de présence dans la zone frontalière, j’ai recueilli une quarantaine de témoignages de personnes qui avaient été victimes de violations de droits ou de violences policières : à l’exception d’une, d’origine kosovarde, toutes les autres étaient Noires. Les personnes qui sont susceptibles d’être contrôlées dans la zone frontalière sont presques toutes d’origine africaine, quelques rares fois d’Europe de l’Est ou du Moyen-Orient.

      Cet article a pour but de déconstruire l’idée selon laquelle la zone frontalière, à cause de sa marginalité géographique (excentrée, dans les montagnes… ?) ou d’un contexte politique plus “tendu“, serait une zone “de non-droit“, comme on l’entend souvent, où auraient facilement lieu des bavures, des abus, des dérapages de violence.

      Je veux tenter au contraire de montrer que la violence, sous toutes ses formes (symbolique, psychologique, verbale, et physique) fait partie intrinsèque du dispostif de la frontière. Elle est même utilisée (directement ou indirectement) comme un outil politique puisqu’elle est censée avoir un effet dissuasif sur les personnes qui désirent passer la frontière.

      Je ne prétend pas que toutes les pratiques de violence dénoncées dans cet article émanent directement d’un calcul précis de la part d’une tête pensante et unique. Les acteurs du contrôle à la frontière sont divers et il y a plusieurs échelles de pouvoir. Le pouvoir est diffus, il s’étend du Ministre de l’Intérieur jusqu’au au gendarme mobile qui va effectuer le contrôle, en passant par la préfète des Hautes-Alpes. Tous ces acteurs ont des champs d’actions différents, rarement concertés ; il y a, outre la stratégie politique, de nombreuses logiques situationnelles liée au contexte immédiat sur le terrain.

      Je cherche plutôt à signifier que tous les éléments du dispositif frontalier se superposent et, combinés, participent à produire de la violence, sous de nombreuses formes. Celle-ci a un effet politique très clair, celui de marginaliser celles et ceux qui en sont victimes en créant une classe de personnes, ou une catégorie de population que le pouvoir étatique peut, en toute légitimité, contrôler par l’administration de la violence. A mon sens, c’est là même que se trouve le rôle du dispositif de la frontière : cette catégorie qu’elle crée, sur la base de discrimination économique et raciale, ce sont les “migrants“, “les clandestins“.

      Je vais tenter ainsi d’analyser trois manière très différentes dont la violence contre les personnes exilées se déploie à la frontière italienne dans les Hautes-Alpes, en soulignant à chaque fois la fonction politique de la violence et son rôle au sein du dispositif frontalier.
      1. Le spectacle de la militarisation de la frontière

      Plusieurs auteur·es militant·es analysent les zones de frontières comme une scène sur laquelle les Etats jouent une mise en scène sécuritaire1. Cette notion de « spectacle » de la frontière m’a tout de suite paru très juste pour décrire ce qui se passe entre Briançon etsur les cols de Montgenèvre et de l’Echelle. Le contrôle aux frontières est constitué d’un arsenal technologique (camions de gendarmes ou CRS, voitures de police, hélicoptère…) et humain, avec une présence policière disproportionnée, qui dessine, depuis l’été 2017, dans l’espace public des villages des Alpes, un décor « de guerre ». Il a été perçu comme tel par des habitant·es locaux, ainsi que par des touristes pendant l’été et l’automne 2017.

      Une fois le décor installé, s’ajoutent à cette scénographie policière les costumes et accessoire. C’est ainsi que je croise régulièrement, traversant la frontière en début de soirée, des équipes entières de gendarmes mobiles sortant du local de la Police aux frontières, et s’élançant à pied pour leur « mission » dans la montagne, entièrement vêtus et cagoulés de noir (tenue de camouflage), équipés de lunettes infra-rouges ou thermiques, de torches, et armés. Une vraie tenue de « commandos« , qui associe symboliquement les arrestations en montagne à l’accomplissement d’une mission d’intervention spéciale, comme dans des contextes de haute criminalité. Les témoignages des personnes exilées qui ont été arrêtées ou poursuivies par la police à travers la montagne mentionnent également des tenues de civil (costume du « randonneur »), les tenues de camouflage militaire pour les renforts de l’armée, et même depuis le début de l’été 2018 des jumelles thermiques qui permettent de traquer des silhouettes dans l’obscurité. Cette scénographie d’intervention spéciale véhicule en elle-même une grande violence symbolique et psychologique pour des personnes qui fuient précisément des conflits armés.

      Lever du rideau. La scène qui est jouée sous nos yeux : la « chasse au migrant ». Cette mise en scène perverse contraint les personnes exilées, pourtant théoriquement légitimes à se présenter à la frontière et demander une protection, à se cacher, se baisser, attendre des heures dans la neige, ou bien ramper à travers “la brousse“1. En d’autres termes, elle les oblige à jouer un rôle d’indésirables, à devenir malgré elles actrices tout autant que spectatrices de ce spectacle qui leur est adressé…

      Premier acte : identifier « le migrant » grâce aux équipements de vision nocturne. Pour cela, des études sur les formations de la police aux frontières ont montré que les critères utilisés pour l’identification des personnes portant un « risque migratoire » et donc soumises au contrôle d’identité à la frontière se fonde sur des critères aussi originaux que la couleur de peau et le style vestimentaire2. « Le migrant » est donc facilement répérable : « il » est Noir, « il » a un sac à dos et « il » se déplace en groupe, souvent la nuit et dans la forêt.

      Deuxième acte : l’arrestation. Celle-ci fait l’objet de différentes stratégies, dont la plus courante est de se rapprocher dans la plus grande discrétion, grâce aux tenues de camouflage, ou en étaignant les phares du véhicules afin de prétendre qu’il est vide ; puis en jouant sur l’effet de peur et de surprise en aveuglant les marcheurs et marcheuses nocturnes, au moyen de lampes torches et de phares, avec des cris ou interpellations. Certaines personnes ont raconté des arrestations plus spectaculaires encore, impliquant une menace à l’arme à feu :

       » Il y avait plusieurs voitures garées sur la route, ils ont éteint leurs phares, c’est pour ça que je suis passé sur la route, je ne les avais pas vus. Dès qu’on est arrivés sur la route, ils sont sortis en courant des véhicules, en agitant leur armes en l’air, en hurlant « Personne ne bouge ! ». Mon ami s’est jeté à terre, moi aussi j’étais [accroupi] par terre, pendant qu’ils nous ont interrogés. Ils nous ont interrogés avec leurs armes braquées sur nous. » (Alpha*3, témoignage recueilli le 29/04)

      Si les exilé·es n’endossent pas le rôle de criminels en cavale qui leur est imposé par le jeu policier en se « rendant » pacifiquement et en se soumettant au contrôle d’identité, alors commence le troisième acte : attraper l’indésirable. Les stratégies mises en place s’identifient souvent à des pièges ou des guet-apens, avec des véhicules ou des collègues camouflés en aval pour bloquer des personnes contraintes à s’enfuir dans leur direction.

      Régulièrement le guet-apens s’accompagne d’une autre pratique tout aussi spectaculaire : la course-poursuite. Le 19 mai, une nuit de gros orage, un jeune homme Nigérian me raconte qu’il vient d’être poursuivi par deux policiers ou gendarmes à travers la forêt et arrêté par deux autres qui se cachaient en avant dans les broussailles. Ainsi, durant mes quatre mois à Briançon, une quinzaine de course-poursuites similaires m’ont été relatées, à pied1 en voiture 2 ou véhicules de montagne3,, en motoneige4, sur les pistes, sur la route, sur les ponts. Certaines de ces courses-poursuites ont poussé des personnes à se cacher pendant des heures dans la broussaille, dans des abris de fortune ou des flaques d’eau gelée5, d’autres ont poussé des personnes à sauter sur le bas-côté d’un versant et dévaler la pente6, à sauter de tunnels ou de ponts. La fin la plus tragique d’une de ces odieuses dramaturgies a été, le 07/05/2018, la mort de Blessing Matthews, une nigérianne de 21 ans qui s’est noyée dans la Durance en tentant d’échapper à la police qui la traquait dans le village de la Vachette.

      Comble de l’imagination des cyniques metteurs en scène, la semaine du 15/04/2018, la zone de la frontière a servi de terrain d’entraînement aux chasseurs alpins qui s’entraînent dans le Briançonnais (comme cela s’est produit en 2017 dans la vallée de la Roya avec les sentinelles7) : quoi de plus parfait, pour s’entraîner à l’assaut contre une armée ennemie, que de jouer à la « guerre au migrant », puisque le décor est déjà installé ? Cet exemple montre qu’il faut s’attacher à comprendre la signification politique de ce spectacle.

      Cette mise en scène puise dans l’imaginaire qui justifie politiquement la militarisation de la frontière. Pour reprendre les mots de S. Le Courant et C. Kobelinksy (La mort aux frontières de l’Europe, 2017), « La politisation de l’immigration, lue à travers le prisme de la sécurité, fait des migrants irréguliers une des principales menaces – dans un continuum de menaces qui s’étend jusqu’au terrorisme – à laquelle l’Europe en formation doit faire face. Construit comme un problème sécuritaire, la réponse à la migration doit être celle de la sécurisation. » C’est cet imaginaire construisant les étranger·es sans visa comme des menaces qui justifie sur le terrain des pratiques de violence d’un niveau proche de l’intervention militaire, alors même que les cibles sont des personnes désarmées souhaitant se réfugier en France. Les spectateurs auxquels se destine la mise en scène sont alors les citoyen·nes « légitimes », français·es (habitant·es et touristes), militant·es locaux, médias, agents de police eux-mêmes, afin de construire une image de la sécurisation du territoire national par un gouvernement fort, dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

      Les pratiques militaires doivent également être pensées dans une histoire et une géographie beaucoup plus larges. En 2006, A. Mbembé rappelait, dans Nécropolitique, que : “L’extraction et le pillage des ressources naturelles par les machines de guerre vont de pair avec des tentatives brutales pour immobiliser et neutraliser spatialement des catégories entières de personnes (…). En tant que catégorie politique, les populations sont ensuite désagrégées, entre rebelles, enfants-soldats, victimes, réfugiés (…) tandis que les « survivants », après l’horreur de l’exode, sont confinés dans des camps et zones d’exception.“ D’un point de vue symbolique, c’est la double charge de l’histoire coloniale et de la géopolitique néocoloniale actuelle qui est présente en substance dans la mise en scène de la militarisation de la frontière. D’un point de vue psychologique et traumatologique, cela rappelle que ces violences s’ajoutent pour les individus à toute une histoire personnelle fondée sur des violences vécues dans leur pays d’origine et accumulées pendant leur parcours migratoire. Ainsi, même quand la frontière n’est pas le lieu d’une violence physique directe à l’égard des exilé·es qui cherchent à la traverser, le déploiement d’un arsenal menaçant ravive le souvenir des violences passées, parfois intériorisées sous la forme du traumatisme : en témoignent les soins qui sont prodigués à certaines personnes après leur arrivée en France.

      Les spectateurs auxquels s’adresse le discours scénographique sont donc avant tout les victimes des contrôles à la frontière elles-mêmes. Le message, constitué de son, de lumières et de gestes, est on ne peut plus clair ; il vise à produire la peur, afin de dissuader ces mêmes personnes de tenter de nouveau le passage ; mais aussi, par extension, il s’adresse à tou·tes les autres exilé·es qui pourraient désirer venir en France, pour les décourager par avance : dans le langage néolibéral de l’Etat, on appelle ça “prévenir le risque migratoire“.

      2. Le contrôle absolu sur le corps des personnes, accaparées en territoire policier

      Toute cette dimension spectaculaire de la sécurisation de la frontière est paradoxale avec un autre aspect caractéristique de la violence qui y est prodiguée. Ce second type de violence peut s’exercer contre les étranger·es indésirables précisément parce qu’on se situe dans un territoire marginal, dans des espaces camouflés, et que les victimes sont dépossédées de tout moyen de contester ou rendre public ce qui leur est infligé.

      La soustraction de la personne arrêtée à l’espace public correspond à deux processus : le premier, c’est la soustraction au regard, la mise sous invisibilité qui affranchit l’agent de police du contrôle généralement garantit par le regard des citoyen·nes lambda. Le second, pour suivre l’analyse de F. Jobard (Bavures policières ?, 2002), il s’agit d’un rite de dégradation où l’interpellé·e, saisi·e dans l’espace public, passe sur le territoire policier. Jobard nomme accaparement ce rituel par lequel les personnes arrêtées passent sous le contrôle absolu de la police, au moyen de tout un tas de gestes ou de symboles (exhibition de l’arme, menottes, immobilisation à terre, enfermement dans le véhicule) qui font incarner aux policiers derniers une violence physique invincible, car ces symboles qui manifeste la puissance de l’Etat, et la continuité de l’Etat jusqu’au policier.

      Sur le plan symbolique, l’enfermement, l’interrogatoire, la fouille et la surveillance dans le poste de la police aux frontières, continuent de dérouler le spectacle qui vise à produire chez la personne arrêtée la conscience de la faute, puisqu’elle est traitée comme une criminelle ; mais surtout la peur. La personne se trouve dans un lieu clos, architecture suprême du territoire policier, où elle est physiquement à la totale merci des agents, lesquels bénéficient de tout le pouvoir symbolique de l’Etat français.

      Ainsi, dans cet espace cloisonné, dissimulé (car aucune ONG, aucun journaliste n’y a accès), aucun contrôle ne s’exerce directement sur le pouvoir de la police sur la personne arrêtée. La voie est libre à tous les abus de pouvoir et déchaînements de violence.

      Le 30 avril, je rencontre Bouba* qui me raconte son entretien avec les agents de la PAF :

      Quand il a dit « Vous les Noirs, » il s’est mis à rire. Sous forme de moquerie. Que nous les Noirs, nous sommes des menteurs. Je lui ai dit « Non, mais ne prenez pas tous les noirs pour la même chose, ne dites pas « Vous les Noirs », quand tu dis « vous les Noirs », c’est une discrimination. Ca c’est du racisme, ça veut dire vous êtes raciste. (Bouba*, 30/04)

      L’injure raciste produit l’humiliation et nie la légitimité de la présence de la personne sur le territoire. Un cran au-dessus dans la stratégie de la peur, la menace est une autre violence verbale. Les plus classiques : “on va vous renvoyer dans votre pays“, “on va vous mettre en prison“, “on va vous renvoyer en Libye“. Toute cette rhétorique vise à produire une fiction de sur-puissance de la police.

      Il y a une évidente continuité entre les menaces d’accaparement et de violence physique et l’application concrète de celles-ci. Le 17 mai, un groupe de mineurs est allé se présenter au poste-frontière pour faire valoir leur droit de demander une protection en France. Ils ont été refoulés, c’est-à-dire reconduits en toute illégalité côté italien par la police. Voici ce que l’un d’entre eux m’a raconté quand je l’ai rencontré en Italie :

      On est arrivés à la police (…) Il m’a demandé mon téléphone, (…) Il est en train de fouiller mon téléphone. Il m’a dit (…) si je ne vais pas parler, il va me gifler. J’ai dit ah si tu veux, parce que tu es mon chef, moi je ne connais pas. Il m’a giflé, une fois. [Ils ont demandé si] je sais qui était l’auteur, il m’a dit encore, si je ne vais pas parler, il va me gifler. (Tomba*, 17/05)

      Le 11 juin, j’ai rencontré Matthew*, un jeune homme qui avait été arrêté dans la forêt alors qu’il tentait de se rendre en France. Dans le poste-frontière, alors qu’il se mettait à genoux pour implorer les policiers de ne pas le renvoyer côté italien, plusieurs agents de police se sont jetés sur lui pour le battre à terre, le rouer de coups de poings. Quand nous nous sommes vus, le soir de cet événement, Matthew* portait des hématomes sur toute la partie gauche du visage et son tympan était abîmé. C’est dans cet état que la police aux frontières l’a forcé à retourner en Italie, le privant également d’accès à des soins.

      La première semaine de juillet a été marquée par des histoires semblables. Le 04 juillet, dans le local de la PAF, un policier ordonnait à quatre personnes arrêtées non loin de la frontière de vider leurs poches ; il a volé 50 euros à l’un d’entre eux, et les cartes SIM des téléphones des autres. Quand le premier a prétendu ne pas avoir de carte SIM, les policiers l’ont perquisitionné, et après lui avoir pris la SIM de l’une de ses poches, un des agents l’a giflé. Quelques jours auparavant, deux autres personnes avaient été battues et menacées, après quoi 300 euros leur avaient été volés.

      Ce second type de violence s’applique particulièrement aux personnes étrangères et en exil parce qu’elles ne possèdent pas d’existence politique dans le système légal qui en ferait des citoyen·nes en pleine possession de leurs droits : c’est ainsi que dans un précédent article, j’ai essayé de montrer comment, en renvoyant les gens côté italien, sans possibilité de pouvoir témoigner, rendre visible, porter plainte contre ces violences policières, la frontière fabrique toute une classe de personnes sans droits, sans pouvoir médiatique ou politique, invisibles au regard de l’Etat et de la société française.

      Je me suis appuyée sur les écrits de G. Agamben1 pour développer l’idée que ces personnes sont ainsi réduites à la frugalité de leur corps ; de la même manière qu’il a été possible de violer leurs droits sans entrave, il devient possible pour les forces de l’ordre de porter atteinte à leur corps, de laisser libre cours à une violence verbale et physique qui ne sera jamais dénoncée, jamais punie, et qui s’exerce en toute légitimité contre une classe d’indésirables dont les corps n’ont plus la même valeur que ceux des citoyen·nes légitimes. Encore une fois derrière ce pouvoir de faire souffrir les corps principalement Noirs des êtres catégorisés comme “migrants“, le poids de l’histoire de l’esclavagisme et de l’histoire coloniale, est criant.

      3. Laisser-mourir, la stratégie de la mise en danger en milieu montagneux

      La violence n’est pas uniquement présente directement dans l’interaction avec la police. Depuis mon arrivée à Briançon, en plein hiver, je constate qu’elle est diffuse à travers tout l’espace et tout l’environnement, si bien que je ne peux empêcher mes yeux de couvrir tout le paysage montagneux qui m’entoure d’un voile d’amertume et de haine.

      On l’a bien vu, ce qui a été médiatisé de la situation à la frontière des Hautes-Alpes, c’est l’aspect sensationnel lié au milieu de haute-montagne. Les médias et les réseaux sociaux se sont émus de Marcella, qui a accouché de justesse à l’hôpital de Briançon le 10 mars après avoir été trouvée dans la neige avec sa famille, par un habitant de Briançon ; ils ont photographié les silhouettes de personnes se frayant un chemin dans l’épaisse neige afin de gagner le territoire français ; ils ont filmé les gelures des pieds et des mains des personnes arrivant au Refuge solidaire de Briançon. On s’est exclamé à propos du danger des montagnes et on a déploré le sort des “pauvres migrants“ qui se trouvaient là et en souffraient, par accident, par hasard.

      Ce discours fait l’impasse sur une donnée essentielle : les montagnes ne sont pas dangereuses. Les différents cols possèdent chacun une route goudronnée qu’il est évident de parcourir en voiture ou en bus et de traverser ainsi, de l’Italie vers la France. Simplement, sur cette route, se trouve la police : le poste de la PAF, ou un poste mobile de surveillance. Et voici que toutes les personnes qui sont soumises au contrôle policier se voient refuser l’accès au territoire, et se trouvent donc obligées de prendre des chemins de montagne, plus dangereux, afin d’atteindre la France. Et dès lors que les renforts de forces de l’ordre aux frontières se mettent à peupler les forêts, sillonner les sentiers, à chaque fois, les chemins de contournement se font plus longs, plus périlleux, plus dangereux.

      Ainsi, toutes les violences liées au milieu de montagne qui se sont exercées contre les personnes exilées depuis 2017 n’ont rien d’accidents ou d’aléas naturels. Elles résultent d’une mise en danger des étranger·es exilé·es par les forces de l’ordre.

      Les policiers à la frontière sont eux-mêmes largement conscients de cette situation, puisque régulièrement, des mineurs qui ont tenté de se présenter au poste-frontière pour demander une protection, se voient refuser d’être entendus et pris en charge (ce qui est en théorie la procédure légale) mais suggérer plutôt un passage nocturne ou sportif à travers la montagne :

      On a montré nos documents et ils ont dit non. (…) Ils nous ont mis dans la voiture et déposés à l’entrée du village. Ils ont dit « la nuit vous pouvez passer [en vous cachant], mais pas la journée. » (Mouhammad, 02/06)

      L’incitation verbale à la prise de risques pour l’enfant exilé ne fait que mettre en lumière la conscience de ce jeu du danger par les agents qui constituent la frontière.

      Dans le cadre de mon analyse des différentes formes de violences policières à la frontière, je dirai que la troisième forme, la plus discrète, est celle-ci, qui agit de manière détournée et collatérale, en s’appuyant sur le milieu de montagne pour repousser des gens de l’autre côté.

      Mais ne nous y trompons pas : la montagne n’est en rien une frontière naturelle et la frontière n’existe que parce qu’il y a la police pour la garder. La simple présence policière est suffisante pour contraindre des personnes à traverser la montagne sur des sentiers isolés et ardus. Beaucoup des exilé·es qui arrivent dans les Hautes-Alpes ne connaissent pas le milieu de montagne et n’ont pas connaissance de certains réflexes préventifs contre les risques (risques d’avalanche en hiver, ravins et chutes de pierres…) ; quasiment aucun·e d’entre elles et eux ne connaît la géographie de l’endroit et n’a idée de la distance à parcourir ni des sentiers qu’iels peuvent prendre pour parvenir de la manière la plus sécurisée à Briançon. Enfin, aucune des personnes qui arrive dans les derniers villages italiens dans l’intention de traverser la montagne n’est équipée, pour la marche, ou contre le froid ; ni même équipée en eau ou en nourriture.

      C’est ainsi que des personnes qui se perdent en montagne, comme cela arrive très régulièrement, peuvent se mettre en danger de mort. Le 18 mai, le corps d’une personne identifiée comme Alpha Diallo a été retrouvé dans la commune des Alberts, sur le versant du col du Montgenèvre. Il a sans doute succombé suite à une chute mortelle. Le 17 mai, un homme arrive au Refuge Solidaire témoignant de la disparition d’un ami avec lequel il marchait depuis des jours depuis Turin, et avec lequel il s’est perdu ; son ami serait tombé d’épuisement, quelque part sur la route. Le 25 mai, une personne a été retrouvée morte suite à la fonte des neiges dans la commune de Bardonecchia. Aucune de ces morts n’est naturelle car aucune de ces personnes ne se trouvait perdue dans la montagne par hasard.

      La responsabilité plus directe des agents de la police aux frontières apparaît dans toutes les situations de non-assistance à personne en danger. En effet, une grande partie des exilé·es qui cherchent à rejoindre la France le font parce qu’iels ont besoin de soins médicaux auxquels iels ne parviennent pas à avoir accès en Italie. Beaucoup arrivent à la gare de Bardonecchia ou Oulx déjà malades ou vulnérables. La pratique du refoulement, à Clavière ou Bardonecchia, de personnes en situation de grande vulnérabilité, montre que la mise en danger des personnes exilées par la police n’est pas indirecte et ne repose pas que sur des attitudes passive : elle est bien une action.

      En plein hiver, quand les températures au col de Montgenèvre avoisinaient les -10°C, reconduire délibérément des gens dans la rue à Clavière (premier village italien en haut du col) alors qu’ils ne sont pas équipés contre le froid et n’ont aucun endroit où s’abriter est un acte de mise en danger. Quelle que soit la saison, renvoyer côté italien (a fortiori des femmes enceintes, des enfants, des personnes malades) tout en sachant qu’iels n’ont pas d’autre choix que de retenter de passer par la montagne jusqu’à y parvenir, est un acte de mise en danger. Le 11 juin, les agents de la PAF ont par deux fois refoulé un mineur gravement malade qui avait besoin d’une prise en charge médicale d’urgence. Loin de le conduire à l’hôpital de Briançon, situé à 20 minutes de la frontière, les forces de l’ordre ont conduit le jeune malade jusqu’à Clavière (Italie) et l’ont déposé sur le bord de la route ; quand il s’est représenté plus tard dans la même journée, on lui a à nouveau refusé l’accès au territoire français, et donc aux soins médicaux, sur la base d’une consigne de la préfète. La personne a dû être prise en charge à l’hôpital de Suse, à plus de 45 minutes de route.

      Le danger du refoulement n’a que trop bien été prouvé par la mort de Beauty, qui avait tenté de rejoindre la France, avait été arrêtée puis ramenée par la police française devant la gare de Bardonecchia, alors qu’elle était enceinte et atteinte d’un cancer ; elle a expiré à l’hôpital de Turin, le 25/03, dans les semaines qui ont suivi son refoulement.

      Il est intéressant de constater que le milieu de montagne accomplit exactement les fonctions qui sont celles du dispositif frontalier en Europe. Les risques de la montagne, illustrés par des cas emblématiques de blessés ou de morts (mais pas trop quand même, ce serait mauvais pour l’image de la France) assurent la fonction de dissuasion qui sert à prévenir les futures arrivées. La difficulté de la marche en montagne assure la fonction de tri des étranger·es, sur la base de la force physique, puisque seul·es les plus résistant·es parviendront à traverser. Le milieu de montagne est intégré au dispositif frontalier dont il agit comme un ressort important.

      La police aux frontières ne tue pas ; la frontière tue. La mort n’est jamais directement administrée par la police : causée directement par le milieu naturel, elle relève de la responsabilité partagée des Etats italien, qui par le traitement indigne des personnes exilées pousse celles-ci à fuir, et français, qui militarise sa frontière.

      Les politiques migratoires françaises et européennes ne sont pas de celles qui exterminent de manière ciblée et radicale une partie de la population. Elles reposent sur tout un dispositif qui, mécaniquement, en mer, en ville ou en montagne, va pousser au risque jusqu’au danger de mort celles et ceux qui s’y affronteront parce qu’iels n’ont pas le choix. C’est ce que S. Le Courant et C. Kobelinsky, dans La mort aux frontières de l’Europe (2017), appellent le laisser-vivre ou laisser-mourir de la frontière contemporaine. Ainsi qu’ils le soulignent, c’est le type de politique adapté au contexte économique néolibéral qui caractérise nos sociétés : ainsi, on va pouvoir canalyser un flux migratoire en laissant un peu entrer, quand c’est utile, en bloquant, quand c’est utile. La préservation de la vie, ou l’abandon à la mort, des individus, rentre dans ce calcul-là1.

      A la frontière franco-italienne des Hautes-Alpes, c’est ce jeu de blocage partiel qui est administré depuis un an, car si l’Etat souhaitait fermer complètement la frontière et bloquer réellement les exilé·es, il y parviendrait facilement. C’est pour cela qu’aucune des violences mentionnées dans cet article ne peut être comprise comme une simple bavure. La mise en danger des individus par la traversée fait l’objet d’un jeu politique, elle augmente et diminue comme un flux avec des périodes d’intensité de violences policières, souvent accompagnées de menaces à l’encontre des européen·nes solidaires, et des périodes plus calmes : on laisse un peu vivre, ou un peu mourir, selon ce qui est le plus efficace politiquement.

      CONCLUSION

      Une grande partie des données et des témoignages mentionnés dans cet article ont pu être recueillis grâce à l’existence d’un lieu solidaire localisé à Clavière, dans le premier village italien après le poste-frontière de Montgenèvre. Dans cette salle paroissiale occupée depuis le 22 mars 2018 par des militant·es français·es, italien·nes, et des personnes exilées, a ouvert un Refuge Autogéré surnommé avec autodérision “Chez Jésus“. Depuis quatre mois, ce lieu a permi d’agir contre la mise en danger des personnes qui traversent la frontière, grâce des actions de prévention des risques, à des pratiques de soin et de repos pour les personnes malades ou fatiguées, surtout celles qui sont refoulées après avoir déjà tenté la traversée. Il permet également de voir et de rendre visible toutes les violences subies par les personnes attrapées, enfermées, refoulées par la police aux frontières. Comme un pied dans une porte qui se referme, il maintient depuis des mois une présence quotidienne, jour et nuit, littéralement sur la frontière, de personnes ouvertement solidaires des exilées, et vigilantes aux violences policières.

      Ce refuge se revendique comme un lieu de lutte contre la frontière et le régime de violence qu’elle instaure. Les pressions policières et politiques auxquelles il fait face, ainsi que les militant·es qui le fréquentent, sont évidemment très fortes. La semaine dernière, des menaces d’expulsion ont été annoncées ; quelques jours plus tard, le lieu été agressé par des habitants locaux.

      De la même manière que les actions menées depuis un an par les habitant·es solidaires du Briançonnais, l’activité du lieu Chez Jésus montre que si la violence est intrinsèquement liée au dispositif frontalier, elle n’est pas une fatalité et il est possible de s’organiser pour résister contre elle. Les menaces d’expulsions explicites mettent danger l’activité du lieu. Un soutien humain (besoin de bras et de volontés supplémentaires), matériel ou financier, et surtout politique (en diffusant un discours de solidarité envers ce lieu), est vital pour que toutes les actions déployées depuis plusieurs mois continuent et que la résistance solidaire maintienne son pied dans la porte de la frontière.

      https://derootees.wordpress.com/2018/07/12/mort%c2%b7es-en-montagne-le-role-politique-de-la-violence-polic

    • À Briançon, l’urgence de sauver des vies

      [Alerte presse CAFFIM/Anafé]

      Mercredi 5 décembre 2018

      Nos associations (Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans frontières, Secours Catholique - Caritas France et l’Anafé) alertent sur l’insuffisance de prise en charge et sur les refoulements systématiques d’hommes, de femmes et d’enfants qui tentent de franchir la frontière franco-italienne, dans la région de Briançon, souvent au péril de leur vie, alors qu’un froid hivernal commence à s’installer.

      « Plus de trente personnes ont dû être secourues depuis l’arrivée du froid, il y a un mois, et nous craignons des disparitions. Certaines personnes n’ont pas de téléphones portables, rien sur le dos, alors qu’il fait -10°C dehors. Comment fait-on pour dormir tranquillement, alors qu’on craint que chaque nuit un accident mortel ne se produise dans nos montagnes ? », s’alarme Michel Rousseau de l’association briançonnaise, Tous Migrants.

      Les témoignages reçus indiquent que les personnes migrantes prennent de grands risques pour arriver à Briançon, malgré les alertes qu’elles reçoivent sur les dangers. Outre l’emprunt de chemins escarpés et enneigés, elles font face aux risques de courses-poursuites avec les forces de l’ordre dans les montagnes et à celui d’être refoulées vers Clavière, premier village italien où aucun lieu d’accueil n’existe et ce, malgré les températures négatives.

      « Les personnes refoulées en pleine nuit vers Clavière ont vécu de graves traumatismes, notamment lors du passage de la frontière. Elles ont besoin d’un accueil dans ce village. Pourtant les militants qui souhaitent leur venir en aide craignent d’être poursuivis en justice au titre de ce qui est appelé le « délit de solidarité », ajoute Agnès Lerolle, chargée de coordination des acteurs locaux engagés auprès des personnes migrantes à la frontière franco-italienne.

      « Nous soutenons les acteurs locaux qui chaque jour agissent auprès de ces personnes pour leur apporter une aide humanitaire et demandons aux autorités que ces hommes, femmes et enfants soient pris en charge tel que l’exige le droit », ajoute-t-elle.

      L’hiver dernier, trois personnes migrantes – à notre connaissance – ont trouvé la mort dans la région. La situation mérite une réponse humanitaire et juridique immédiate avant qu’un nouveau drame arrive. Les frontières françaises ne peuvent continuer à être des zones où le droit n’est pas appliqué. Les personnes migrantes doivent pouvoir y trouver la protection à laquelle elles ont droit, conformément aux textes internationaux, européens et français en vigueur.

      Des porte-parole et spécialistes sont disponibles pour des interviews.

      Reçu par email via la mailing-list Migreurop

    • RASSEMBLEMENT EN HOMMAGE À FALAH SAMEDI À MIDI à la MJC-centre social du Briançonnais

      Une collecte sera organisée pour la famille de Falah.
      Apportez un plat à partager

      Notre ami Falah est mort à Bourges jeudi 29 novembre. Pour sauver sa vie, il avait quitté son pays le Soudan et traversé les frontières.
      Il espérait trouver la paix, recommencer sa vie. Il attendait encore...
      A Briançon, il avait été accueilli par la MJC en octobre 2016 (deuxième CAO). Avec lui, nous avions marché pour le droit d’asile et pour la dignité.
      Il était notre ami, notre frère, notre filleul républicain... et nous l’aimions.
      Paix à sa belle âme.


      https://www.facebook.com/tousmigrants/photos/a.1705527143012191/2305574523007447/?type=3&theater

      Je n’en sais pas plus... je ne connais pas les causes de son décès... quelqu’un en sait plus ?

    • Parce que quand on en ferme un... il y en a certainement un autre qui va ouvrir...
      Un nouveau refuge autogeré s’ouvre

      Aujourd’hui a été ouverte la CASA CANTONIERA à Oulx, un bâtiment vide et inutilisé depuis des décennies. À partir d’aujourd’hui, il s’agit de lui redonner vie : contre les frontières et le diapositif qui les soutient et les détermine. Contre le Décret Salvini et sa politique de répression et de guerre aux pauvres. Pour un monde où toustes puissent choisir où et comment vivre.
      La situation à la frontière continue à empirer : la militarisarion est croissante, l’hiver est désormais arrivé. Le système de contrôle et de gestion toujours plus fort vient s’imposer sur toustes celleux qui, sans les bons papiers, continuent à vouloir traverser cette ligne imaginaire appelée frontière. Le Refuge Autogeré Chez Jesus, local occupé sous l’église de Clavière, a été expulsé depuis presque deux mois. Depuis ce jour, les personnes qui se perdent et risquent leur vie et leurs membres en montagne sont toujours plus nombreuses, aussi car elle n’ont ni les informations ni l’habillement adapté pour affronter le voyage. Sans espace et sans temps pour pouvoir s’organiser, se reposer, et repartir.
      Ce lieu veut egalement être cela.
      Un refuge autogeré pour celleux qui sont de passage, et qui ont besoin de plus de temps pour s’organiser que les quelques heures nocturnes offertes par les salesiens.
      Un lieu pour pouvoir s’organiser, contre les frontières sur ces montagnes ainsi que contre celles en ville, et le système qui leur est relié.


      http://www.passamontagna.info/?p=646&lang=fr

    • Migrants brave treacherous route through the Alps chasing dreams of asylum in France

      European leaders met in Brussels on Thursday, hoping to find a solution to the ongoing migrant crisis. Nearly 116,000 people have arrived in Europe this year by sea, mostly from North Africa, with 23,000 making it to Italy.

      But the Italian government is now cracking down on them. Hundreds are fleeing elsewhere, exposing themselves to new dangers.

      Sneaking through an Alpine pass and carrying what they could, CBS News was with a group of migrants as they tried to avoid being caught by French police who catch the vast majority and send them back to Italy. But the migrants are trying to cross the border into France in search of opportunities and a better life. When a car light comes on, everyone crouches down to try and hide.

      With safer routes blocked, thousands of ill-equipped migrants try the deadly route though the Alps. Some came from Africa, unaccustomed to snow or subzero temperatures.

      Dajabi is from the Ivory Coast. CBS News first met him at an Italian train station where many start the trip.

      “This is very, very difficult. This road is not for children,” he said, even though he is only 15 years old.

      Many of the migrants are from former French colonies, speak the language and dream of a future in France. In Italy, migrants are faced with an increasingly hostile environment and a new “security” law that could strip migrants’ benefits.

      The group followed GPS and their gut, traversing mountainous terrain and deep snow until they finally reached France. On Thursday, at a migrant refuge, they were exhausted but relieved.

      Lacina, 16, from Mali, said they wanted to come, so God made it happen.

      At the border between Italy and France, French police are returning a couple of migrants that they caught. Migrants are often found in the woods with hypothermia and frostbite. Last year at least three of them died along the way.

      https://www.cbsnews.com/news/migrants-brave-treacherous-route-through-the-alps-chasing-dreams-of-asylum-

    • Frontière franco-italienne – Briançon : nouvelles arrestations de maraudeurs solidaires

      Avec ses partenaires, La Cimade s’inquiète des nouvelles arrestations de maraudeurs solidaires dans la région de Briançon alors que les températures descendent sous les -15 degrés.

      Action collective

      Jeudi 13 décembre dans la nuit, trois personnes ont été arrêtées par la police à Briançon alors qu’elles portaient secours à des exilé·e·s par une température de – 15 degrés. Parmi les cinq personnes secourues, quatre étaient des mineurs voyageant seuls dont deux auraient été pris en charge au Refuge solidaire. Deux des maraudeurs ont été convoqués en audition libre vendredi 14 décembre. Le troisième est convoqué mercredi 19 décembre.

      Un peu plus tôt dans la journée, les « 7 de Briançon » avaient été condamné·e·s par le tribunal de Gap à de lourdes peines. Ce jugement a soulevé l’indignation des militant·e·s et organisations qui œuvrent pour défendre les droits des personnes exilées. Tous dénoncent les poursuites contre les personnes solidaires accusées de « délit de solidarité ».

      Malgré ces condamnations et face à la situation d’urgence en montagne, les maraudeurs du Briançonnais ont annoncé qu’ils et elles continueraient à venir au secours des personnes exilées à leur arrivée sur le territoire en leur apportant thé, nourriture, chaussures, vêtements chauds dans le village de Montgenèvre (maraudes que l’on peut désormais suivre sur https://twitter.com/nos_pas).

      Depuis, de nombreuses personnes se sont perdues en montagne et ont pu être secourues par des maraudeurs solidaires, alors que les conditions climatiques dans le Briançonnais sont extrêmes. Les personnes arrivent souvent transies de froid, en hypothermie, avec parfois des gelures et des blessures.

      En cette Journée internationale des migrants (où de nombreuses mobilisations sont prévues partout en France), nous rappelons à nouveau que les maraudes permettent de sauver des vies mises en danger par des politiques migratoires répressives et meurtrières pour des exilé·e·s. Par ailleurs, et à l’image de la CNCDH dans sa recommandation n°12, nous réitérons notre appel à mettre fin définitivement à la criminalisation des solidaires.

      Premiers signataires
      Organisations
      ACORT – L’assemblée citoyenne des originaires de Turquie
      Accueillir à Valleraugue
      ADA-Accueil Demandeurs d’Asile
      ADDE
      ADMIE (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers)
      ADN – Association pour la démocratie à Nice
      AED (Association des avocats européens démocrates)
      AHSETI (Association Havraise de Solidarité et d’Echanges avec Tou-tes les Immigré-e-s)
      AID (Association Initiatives Dionysiennes)
      Alternatiba
      Alternative libertaire
      Alternatives et Autogestion
      AMDH MAROC
      Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers)
      ANV-COP21
      ARCI
      ASEFRR EVRY (Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines Roms)
      ASSOUEVAM (Association de soutien aux étrangers du Val de Marne)
      ASTI ROMANS (26)
      ATMF (Association de Travailleurs Maghrébins de France)
      Auberge des Migrants
      Bagagérue
      Barbed Wire Britain (UK)
      CEDETIM
      Cercle Louis Guilloux
      La Cimade
      La Cimade 66
      Citoyens Solidaires 06
      Collectif Haïti de France
      Collectif Droit de Rester, Fribourg (Suisse)
      Collectif Droit de Rester, Lausanne (Suisse)
      Collectif Loire « Pour que personne ne dorme à la rue » / “Un Toit c’est Tout” / “Un Toit pas sans Toit”
      Collectif migrant.e.s bienvenue 34
      Collectif Poitevin D’ailleurs Nous Sommes d’Ici
      Collectif R, Lausanne (Suisse)
      Collectif réfugiés du Vaucluse
      Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-es (LDH)
      Collectif Voisins Solidaires de Mézy (78)
      Comede
      Comegas (Collectif des Medecins Généralistes pour l’Accès aux Soins)
      CNR (Collectif Nation Refuge)
      CRID
      DIEL
      Droits devant !!
      Emmaüs International
      FASTI
      Fédération Sud Education
      Forum Civique Européen
      GASPROM de Nantes (ASTI)
      GISTI
      Habitat&Citoyenneté
      IPAM
      Itinérance Cherbourg
      Jarez Solidarités
      Justice & Libertés 67 (Strasbourg)
      Kolone
      LDH
      LDH 06
      LDH PACA
      LDH Tarbes Bagnères
      Mom o’chaud en Aveyron
      MRAP
      MRAP 84
      Paris d’Exil
      PeopleKonsian
      Pratiques
      Refuges Solidaires
      RESF 13
      RESF 23
      RESF 48
      RESF 63
      RESF 65
      Réseau Foi Justice Afrique – Europe
      Revue Vacarme
      RITIMO
      Roya Citoyenne
      RSM 89 (réseau de soutien aux migrants 89)
      SAF (Syndicat des avocats de France)
      Secours Catholique – Caritas France
      SMG
      Solidaire 05
      Solidarité Migrants Graulhet (tarn, 81)
      Solidarité sans frontières (Suisse)
      Solidarity Watch
      SOS Asile Vaud
      Terre d’errance Norrent-Fontes
      Terre Des Hommes France, délégation de la Loire
      Tous Citoyens !
      Tous migrants
      TPC Maison Solidaire
      Turbulences
      UCIJ (Collectif Uni.e.s Contre une Immigration Jetable de la région nazairienne)
      UJFP
      Union syndicale Solidaires
      Union départementale Solidaires 79
      Utopia56
      Personnalités
      Lucile Abassade, Avocate au barreau de Bobigny
      Michel Agier, EHESS/IRD
      Christina Alexopoulos – de Girard, Psychologue clinicienne, anthropologue
      Jean-Claude Amara, Porte-parole de Droits devant !!
      Nasr Azaiez, Avocat au barreau de Paris et au barreau de Tunisie
      Anya Bakha, Médecin
      Florence Barthélémy, Bibliothécaire et militante
      Gilbert Belgrano, Retraité
      Emmanuel Blanchard, Président du réseau Migreurop
      William Bourdon, Avocat au barreau de Paris
      Vincent Brengarth, Avocat au barreau de Paris
      Mathilde Buffière
      Claude Calame, Historien, Directeur d’études à l’EHESS
      Françoise Carrasse
      Olivier Clochard, Membre du réseau Migreurop
      Fabien Cohen, Secrétaire général de France Amérique Latine (FAL)
      Mireille Damiano, Avocate, ancienne Présidente du Syndicat des Avocats de France
      Lionel Daudet, Alpiniste écrivain
      Marie-Madelaine Davée
      Martine Devries, Médecin à calais
      Bernard Dreano, Co-président du CEDETIM
      Patrice Dubosc
      Jean Dussine, Président d’Itinérance cherbourg
      Maxime Emmelin
      Eric Fassin, Sociologue, Université Paris 8
      Sonia Fayman, Sociologue, Cedetim-Ipam, UJFP
      Antonio Fernandes, Militant RESF48
      Paquerette Forest, Adhérente Tous Migrants
      Jacques Gaillot, Évêque de Partenia
      Anne-Marie Gautron
      Catherine Gégout, Ancienne Conseillère de Paris
      Marjane Ghaem, Avocate
      Guillaume Gontard, Sénateur de l’Isère
      Nadia Goralski, Institutrice retraitée Carpentras
      Anne Gorouben, Artiste
      Jacques Grange, Comédien, metteur en scène, auteur
      Gérard Grivet, Militant CFD-Terre solidaire St Etienne
      Augustin Grosdoy, Président honoraire du MRAP
      Kaddour Hadadi (HK), Chanteur
      Aline Hajduk, Retraitée
      Stéphanie Henry, Chargée de projets européens
      Marie Joinville
      Nicole Kahn
      Nastassia Kantorowicz Torres, Photographe indépendante
      Remi Kuentz
      Marie-Henriette La Rosa, Retraitée
      Paule Lachèvre, Auxiliaire de vie
      Aude Lagniet, Ancienne bénévole à l’association la maison solidaire de Saint Etienne
      Myriam Laïdouni-Denis, Conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes, EELV
      Aude Lalande, Bibliothécaire
      Véronique Lalauze, Bénévole aux refuges solidaires de Briançon.
      Catherine Larat, Retraitée
      Georges Le Bris, Maire-adjoint de Cans et Cévennes
      Renée Le Mignot, Co-présidente du MRAP
      Annie Léchenet, Professeure de philosophie
      Michèle Leclerc-Olive, CNRS, Présidente de CIBELE
      Rosanna Lendom, Avocate au Barreau de Grasse
      Jean-Marc Lévy-Leblond, Professeur émérite de l’université de Nice
      Pierre Mairat, Co-président du MRAP
      Dominique Mandart, Membre du Comité d’accueil des Réfugiés Drôme
      Jean-Louis Marolleau, Secrétaire exécutif du Réseau Foi et Justice Afrique Europe
      Jean-Pierre Meyer, Syndicaliste
      Brigitte Nessler, Bénévole La Cimade Lyon
      Brigitte Pavy
      Frosa Pejoska, Enseignante
      Claude Penotet
      Michel Peyrache,Militant bénévole retraité
      Valentin Porte, Prédisent à TPC Maison Solidaire
      Jean-François Quantin, Co-président du MRAP
      Gilles Roborg
      Mady Roborg
      Pierre Rode, Consultant en communication, bénévole, acteur
      Christophe Ruggia, Cinéaste, co-président de la Société des réalisateurs de films (SRF)
      Sania, Peintre
      Danielle Simon-Goehry, Bénévole sur la Côte d’Opale
      Nan Thomas
      Monique Treuil, Militante RESF 48
      Anaïs Vaugelade, Auteure
      Simone Vaucher, AEFJN
      Laure Vermeersch, Cinéaste

      https://www.lacimade.org/presse/frontiere-franco-italienne-briancon-nouvelles-arrestations-de-maraudeurs-s

    • ‘The Alps have always protected people,’ says Frenchman convicted of helping migrants


      When far-right activists last spring descended on the French town of Briançon to prevent migrants from illegally crossing the border, some Alp residents quickly joined forces to stop them. “These mountains have always protected people,” they insist.

      “The Briançon 7” - a group of four French, one Swiss, one Swiss-Belgian and one Italian - propelled into the spotlight in April after having taken part in a spontaneous march of solidarity in which they escorted some 20 migrants across the French-Italian border. On Thursday, they were convicted by a southeastern district court for assisting the migrants in illicitly entering France in an “organised” manner.

      “It’s ridiculous!,” Mathieu Burellier, one of the “Briançon 7” activists told FRANCE 24 in an interview. “It’s out of the question to allow a group of fascists to come and roam around here around our homes, leaving people to die up there in the mountains. We couldn’t let that happen.”

      Burellier, who was also convicted of rebellion, was handed a four-month prison sentence along with another Frenchman, while the five others were given suspended six-month sentences.

      Their convictions have sparked outrage among rights groups, who have launched petitions and staged numerous protests to have the ruling annulled by the court.

      Locals turned activists

      The group’s “act of solidarity” is the second high-profile case in France in little over a year in which locals step in to try to help migrants. Last year, Cédric Herrou, an organic olive grower from southern France, was fined and handed a four-month suspended sentence for helping some 200 migrants illegally enter France from Italy. He also sheltered many of them at his farm. On December 12, however, France’s top appeals court overturned Herrou’s sentence. This came after the French Constitutional Council in July ruled that people cannot be prosecuted for helping migrants in distress, citing France’s emblem principle of solidarity. But the constitutional council ruling does not cover the act of directly facilitating illegal border crossings.

      Burellier, who is a Briançon resident himself, said the 15-kilometre march over the French Alps occurred “totally spontaneously”, and came as a response to a group of activists from the French far-right “Génération Identitaire” and the European anti-migrant “Defend Europe” turning up in the tiny town of 12,000.

      “Some of these guys had driven in from Germany and Slovenia. They started blocking the border on the Saturday and word quickly spread around town that they were out hunting migrants. There were also reports that some migrants had been beaten up,” 35-year-old Burellier said. “We didn’t know what to do. We had the choice of either trying to get rid of these neo-Nazis by confronting them by force, which we didn’t want to, or to find some other way to protect the migrants,” he said, noting that night-time temperatures dropped to between -5 and -10 degrees Celsius at the time.

      “Three migrants died up there last winter. We can’t let these mountains become a cemetery.”

      By Sunday morning, Alp residents on both sides of the border had settled on providing the migrants safe passage by escorting them over a mountain pass. “All in all there were like 200 of us; migrants, Italians, French and Swiss.”

      Partisan heritage

      “It’s part of our [Hautes-Alpes] partisan history and heritage to help out those in need. These mountains have always protected people,” he said, referring to the region’s long history of providing refuge for people persecuted for their religious or political views, especially during World War II.

      Burellier, who claims he never crossed the border himself but joined the march once it had already reached France, said he was never worried that there would be any legal repercussions to the rally.

      “It was a demonstration. I’ve taken part in hundreds in my life, so no, I was neither worried nor afraid,” he said.

      He said he was shocked when he learned that he faced charges over it, and stunned when the court this week finally delivered its verdict.

      “The court had two choices: to side with those advocating solidarity, or condemn people [in need] to death. It chose death. It’s a clear message for all the people in the Briançon valley who show solidarity,” he said, adding that the “Briançon 7” will appeal the ruling.

      In the beginning of December, a number of aid groups, including Amnesty International, Anafé, La Cimade and Doctors Without Borders, issued a warning about the potentially deadly situation for migrants trying to cross the French-Italian border via the Alps this winter.

      “More than 30 people have had to be rescued since the beginning of winter a month ago, and we fear deaths. Some people don’t have mobile phones or sufficient clothing,” they said in a joint statement, also lambasting authorities for threatening people with penalties for helping them.

      Burellier said that despite his conviction, he is prepared to take the risks. “It’s already -17 degrees Celsius out there and we’ve got to do what we can to prevent more deaths.”

      https://www.france24.com/en/20181216-france-alps-migrants-mountains-activists-convicted-winter-deaths-

    • Des personnes interpellées par la police pour avoir secouru des exilés en détresse dans les Alpes, par -15°C

      Alors que le froid hivernal saisit les Alpes, des citoyens ont été arrêtés par la police en fin de semaine dernière alors qu’ils portaient secours à des exilés en détresse. Un collectif réunissant plus de 100 organisations et personnalités sonnent l’alerte. Les maraudes permettent de sauver des vies, rappellent-ils. Il est temps de mettre fin à la criminalisation des aidants mais surtout aux politiques migratoires meurtrières. Nous relayons leur alerte.

      Nouvelles arrestations de maraudeurs dans les Alpes : des associations donnent l’alerte

      Jeudi 13 décembre dans la nuit, trois personnes ont été arrêtées par la police à Briançon alors qu’elles portaient secours à des exilé·e·s par une température de -15 degrés. Parmi les cinq personnes secourues, quatre étaient des mineurs voyageant seuls dont deux auraient été pris en charge au Refuge solidaire. Deux des maraudeurs ont été convoqués en audition libre vendredi 14 décembre. Le troisième est convoqué mercredi 19 décembre.

      Un peu plus tôt dans la journée, les « 7 de Briançon » avaient été condamné·e·s par le tribunal de Gap à de lourdes peines. Ce jugement a soulevé l’indignation des militant·e·s et organisations qui œuvrent pour défendre les droits des personnes exilées. Tous dénoncent les poursuites contre les personnes solidaires accusées de « délit de solidarité ».

      Malgré ces condamnations et face à la situation d’urgence en montagne, les maraudeurs du Briançonnais ont annoncé qu’ils et elles continueraient à venir au secours des personnes exilées à leur arrivée sur le territoire en leur apportant thé, nourriture, chaussures, vêtements chauds dans le village de Montgenèvre (maraudes que l’on peut désormais suivre sur https://twitter.com/nos_pas).

      Depuis, de nombreuses personnes se sont perdues en montagne et ont pu être secourues par des maraudeurs solidaires, alors que les conditions climatiques dans le Briançonnais sont extrêmes. Les personnes arrivent souvent transies de froid, en hypothermie, avec parfois des gelures et des blessures.

      En cette Journée internationale des migrants (où de nombreuses mobilisations sont prévues partout en France), nous rappelons à nouveau que les maraudes permettent de sauver des vies mises en danger par des politiques migratoires répressives et meurtrières pour des exilé·e·s. Par ailleurs, et à l’image de la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans sa recommandation n°12, nous réitérons notre appel à mettre fin définitivement à la criminalisation des solidaires.

      https://www.bastamag.net/Des-personnes-interpellees-par-la-police-pour-avoir-secouru-des-exiles-en

    • Confine Italia-Francia: torna lo spettro dei “reati di solidarietà”

      Tutti condannati i sette attivisti che lo scorso 22 aprile avevano manifestato in solidarietà con i migranti da Claviere a Monginevro: l’accusa è di favoreggiamento dell’immigrazione clandestina – motivata dal fatto che alcuni stranieri irregolari avevano approfittato del corteo per attraversare il confine tra Italia e Francia – mentre l’aggravante della banda organizzata era caduta subito durante l’udienza dell’8 novembre.

      A Gap, capoluogo del dipartimento delle Alte Alpi, la sentenza del 13 dicembre ha convalidato le richieste del procuratore Raphaël Balland: Benoit Ducos, Lisa Malapert, Théo Buckmaster, Bastien Stauffer e l’italiana Eleonora Laterza sono stati condannati a sei mesi con la condizionale, mentre Jean-Luc “Juan” Jalmain e Mathieu Burellier a dodici mesi, di cui otto con la condizionale e quattro da scontare in carcere. Burellier dovrà anche pagare un risarcimento di quasi seimila euro per aggressione a pubblico ufficiale.
      Fischi e proteste in difesa della solidarietà ai migranti

      Sconcerto e indignazione fuori dal tribunale, dove la decisione del giudice è stata accolta con un coro di fischi dai sostenitori accorsi per testimoniare la propria solidarietà agli imputati. La manifestazione di aprile, a cui aveva partecipato un centinaio di persone, era stata organizzata grazie al passaparola del movimento Tous migrants e degli altri gruppi che sui due versanti delle Alpi da alcuni anni si prodigano nell’accoglienza dei rifugiati.

      In particolare, questa marcia era una risposta al presidio improvvisato il giorno prima da Generazione identitaria, un gruppo di estrema destra che per giorni, senza autorizzazione, aveva piantonato il colle della Scala, che congiunge il Piemonte alla Val de la Clarée in Francia, con l’intenzione di bloccare chiunque cercasse di passare il confine senza documenti.

      Da Claviere a Monginevro: processo a chi manifestava

      Il processo si era aperto lo scorso 8 novembre davanti al Tribunale correzionale di Gap con un’udienza durata 17 ore: interrogati, gli imputati avevano risposto che si erano limitati a partecipare a una manifestazione pacifica, senza l’intenzione di accompagnare persone senza permesso di soggiorno oltre confine. «Non potevamo permettere che le nostre montagne fossero militarizzate e occupate dai fascisti», ha ribadito Benoît Ducos dopo la lettura della sentenza, sottolineando che nel frattempo nulla è stato contestato dalle autorità ai militanti di Generazione identitaria, nonostante le numerose infrazioni commesse dal gruppo, dall’occupazione abusiva di suolo pubblico al fermo di persone senza autorizzazione.

      Ducos, che fa parte dell’associazione Tous migrants, ha ricevuto il premio “Mediterraneo di pace” per aver trasportato all’ospedale sulla sua auto una donna incinta, gesto per cui a marzo era stato indagato per favoreggiamento dell’immigrazione clandestina, inchiesta finita poi nel nulla.

      «La giustizia ha deciso di non procedere nei confronti dei fascisti di Generazione identitaria, ma di accanirsi su chi aiuta i più deboli – ha commentato Mathieu Burellier all’uscita dal tribunale – ed è un segnale molto grave: oggi lo Stato ha scelto la morte perché questa sentenza intima a tutti di lasciar crepare i migranti se non vogliono finire nei guai».

      Ai valichi Italia-Francia si gioca la solidarietà

      Eppure, soltanto il giorno prima, la Corte di Cassazione aveva deciso di invalidare la sentenza che condannava Cédric Herrou a quattro mesi, almeno per il capo d’imputazione che si riferiva all’aiuto dato in loco ai migranti: una buona notizia, che a molti era parso un timido segnale di inversione di tendenza sulla questione dell’accoglienza in Francia.

      La sentenza del 12 dicembre a favore di Herrou si basa infatti su una decisione del Consiglio costituzionale dello scorso luglio, che ha riconosciuto per la prima volta il valore costituzionale del principio di fraternità, mitigando in questo modo l’interpretazione del famigerato “reato di solidarietà”: diventa ora possibile aiutare stranieri in difficoltà sul territorio francese, ma resta netto il divieto ad agevolare l’attraversamento dei confini.

      Ora Herrou, simbolo della resistenza contro la chiusura delle frontiere in Val Roja, dovrà presentarsi davanti al tribunale di Lione per un nuovo processo. Mentre ai cosiddetti “sette di Briançon” non resta che fare ricorso davanti alla Corte d’Appello di Grenoble.
      Favoreggiamento dell’immigrazione clandestina?
      «Il tribunale ha preso una decisione politica»

      «Il tribunale di Gap – ha commentato a caldo l’avvocata Laura Martinelli, che da anni si occupa di fornire tutela legale agli immigrati – ha preso una decisione politica. Infatti, nonostante lo stesso procuratore avesse fatto cadere l’imputazione di banda organizzata, le accuse sono state portate avanti senza elementi che provassero effettivamente l’agevolazione dello sconfinamento di persone senza documenti. Una sentenza che convalida la gestione repressiva delle autorità alla frontiera, sia nei confronti dei migranti che dei cittadini solidali nei loro confronti».

      «In risposta all’ignobile presa di posizione dello Stato, che presenta come pericolose le persone che aiutano il prossimo, noi continueremo ad accogliere – ha detto Michel Rousseau, portavoce di Tous Migrants – chi arriva sulle nostre montagne. Abbiamo invitato il giudice a venire a vedere di persona la violenza e l’umiliazione che la polizia riserva ai più deboli proprio qui, alle porte d’Europa, dopo tutto quello che hanno già sofferto». L’indignazione porta ad un appello: «Dobbiamo presidiare le Alpi per evitare che diventino un cimitero, ora che l’inverno è di nuovo arrivato».

      La prima neve è caduta e di notte in montagna la temperatura scende diversi gradi sotto lo zero: l’anno scorso il gelo ha ucciso tre persone e i timori che accada di nuovo sono fondati. «C’è un posto, il confine, dove non ci sono regole – dice Agnés Ducos, attivista e moglie di Benoît – e dove i neri sono picchiati, maltrattati, umiliati. Condannando oggi chi è solidale con i migranti, la giustizia francese vuole mettere in difficoltà coloro che si battono sulla frontiera perché sono testimoni scomodi di quello che succede in questa zona franca, dove non esiste lo stato di diritto. Il nostro problema non sono le condanne di oggi, il nostro problema sono le persone che moriranno anche quest’anno alla frontiera».

      https://www.osservatoriodiritti.it/2018/12/18/confine-italia-francia-migranti/amp/?__twitter_impression=true

    • Briançon : les associations craignent que les migrants « meurent d’épuisement » dans la montagne

      Avec l’arrivée au pouvoir de Matteo Salvini en Italie et le durcissement de sa politique migratoire, les associations françaises de Briançon, à la frontière franco-italienne, craignent une arrivée massive de migrants par la montagne. Mais les sommets sont enneigés et les risques d’accident élevés.

      Les associations d’aide aux migrants à Briançon, dans les Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne, s’inquiètent d’un potentiel afflux de migrants dans les semaines à venir. En cause : le durcissement de la politique migratoire en Italie. « Le contexte en Italie a changé avec l’arrivée au pouvoir de Matteo Salvini. C’est un facteur d’aggravation de la situation pour nous », déclare à InfoMigrants Michel Rousseau, le porte-parole de l’association Tous Migrants à Briançon. « On craint de nouvelles traversées de la montagne dans les semaines à venir ».

      Michel Rousseau se dit particulièrement préoccupé par le sort des femmes et des enfants. « On a peur que des personnes vulnérables fuient l’Italie et s’aventurent dans les montagnes, vers le col de Montgenèvre, pour essayer de passer en France. Or, les familles ne sont pas préparées à ces traversées », s’inquiète le militant.

      Depuis la mi-novembre, la neige tombe dans les Hautes-Alpes, et « à 2 500 mètres d’altitude, il y a un mètre d’enneigement. La nuit, les températures descendent jusqu’à -10, -15 degrés », rappelle Michel Rousseau. Selon le bénévole, la traversée peut prendre plusieurs heures, en fonction des trajets empruntés et de la forme physique des migrants. « Entre la dernière ville italienne de Claviere et le Refuge de Briançon, il y a 17 km. Il faut au moins 3h de marche dans le froid glacial et la neige ».

      À ces nouvelles craintes d’arrivées, les associations redoutent les pressions policières. Depuis plusieurs mois, les forces de l’ordre patrouillent ponctuellement le long de la frontière. « On sait qu’il y a des renvois systématiques de migrants interceptés dans la montagne », continue Michel Rousseau. « C’est ce qu’on redoute le plus, que des personnes renvoyées vers l’Italie meurent de froid, d’accident, de fatigue là haut ». Car, selon le militant, pour chercher à éviter la police, des migrants prennent des risques. Dans des course-poursuites avec les forces de l’ordre, ils sortent des sentiers battus, se perdent, s’épuisent… « On craint les morts d’épuisement en montagne », précise-t-il.

      Michel Rousseau dénonce aussi les « ruses » dont feraient preuve certains agents. « Il y a des policiers très humains et bienveillants et il y en a qui se déguisent en randonneurs. Le souci, c’est que désormais quand les migrants voient des civils en montagne, n’importe quel civil, ils prennent peur, ils ne savent pas s’ils sont face à des bénévoles, des militants ou des policiers ».
      En attendant le retour de jours plus cléments, l’association Tous Migrants « encourage » les citoyens à « effectuer des maraudes ». « Plus de trente personnes ont déjà dû être secourues depuis l’arrivée du froid, il y a un mois », continue Michel Rousseau. « On ne demande pas aux gens d’être dans l’illégalité, mais de rester vigilant quand ils roulent en voiture dans la montagne. De regarder si personne n’est en difficulté. »

      Trois migrants ont déjà trouvé la mort dans la région, l’hiver dernier. « La situation mérite une réponse humanitaire et juridique immédiate avant qu’un nouveau drame arrive », expliquent les associations dans un communiqué publié la semaine dernière. « Les frontières françaises ne peuvent continuer à être des zones où le droit n’est pas appliqué ».

      http://www.infomigrants.net/fr/post/13894/briancon-les-associations-craignent-que-les-migrants-meurent-d-epuisem
      #hiver #neige #froid

    • Des migrants en perdition entre l’Italie et la France

      16.11.2018

      Un groupe de migrants africains a composé le 112 jeudi soir vers 21h45 alors qu’ils tentaient de traverser la frontière franco-italienne par la montagne. En difficultés dans la neige et perdus au beau milieu du domaine skiable de la Voie Lactée, ces exilés ont demandé l’aide des secours. La nuit étant tombée, les hélicoptères n’ont pas pu décoller. Les recherches ont démarré à pied. Dix migrants, a priori Maliens, ont été récupérés sains et saufs par les bénévoles italiens du Soccorso Alpino Piemontese appuyés dans leur mission par des pompiers et des carabinieri. Ils étaient dispersés sur le chemin, éparpillés entre le #col_Saurel et le #col_de_Gimont, vers 2400 mètres d’altitude. « Mais il se peut que d’autres personnes soient encore en danger et nous avons très peu d’informations sur la composition exacte de ce groupe » précise le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Briançon qui va reprendre les recherches dès ce vendredi matin sur le versant français avec l’aide du détachement aérien de la gendarmerie afin de survoler la zone. Car selon les premiers éléments recueillis par les sauveteurs, le groupe pourrait être initialement composé de quatorze individus. La presse italienne avance que les quatre migrants non secourus seraient parvenus à entrer sur le territoire français.

      Ces migrants en perdition seraient partis de Claviere (Italie) le jeudi vers 10 heures afin de regagner Briançon (Hautes-Alpes) sans se faire repérer par les patrouilles de gendarmerie ni par les policiers chargés de surveiller la frontière dans le col de Montgenèvre. Mais ils ont été pris au piège de la montagne en pleine nuit. Vers 3 heures du matin, ils ont été transportés par des ambulances de la Croix-Rouge vers un centre d’accueil à Oulx. Ils ne sont pas blessés.

      https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2018/11/16/des-migrants-en-perdition-entre-l-italie-et-la-france

    • Accoglienza a #Oulx.

      Ogni notte il piccolo centro di accoglienza di Oulx, in Val di Susa, ospita una trentina di persone: si tratta di migranti che tentano di passare il confine fra l’Italia e la Francia e vengono respinti alla frontiera. Chiese e associazioni del territorio sono coinvolte in questo lavoro di accoglienza.

      https://www.rsi.ch/rete-uno/programmi/cultura/chiese-in-diretta/Accoglienza-a-Oulx.-Natale-a-Ravecchia.-Il-Localone-di-Mendrisio-11140320.html

    • Rejected By Italy, Thousands Of Migrants From Africa Risk The Alps To Reach France

      At a ski resort in northern Italy’s Susa Valley, outside Turin, children scoot their way onto the bunny slopes as others make snow angels.

      But deeper in these woods, not far from the border with France, a dangerous and sometimes deadly scene unfolds.

      Just after midnight, Red Cross workers pick up a 28-year-old man, an African migrant. His pulse is weak and his breathing is shallow — classic symptoms of hypothermia. The altitude is 6,000 feet and it’s 10 degrees Fahrenheit, but he’s not even wearing a jacket — just a hoodie, jeans and sneakers. One of his rescuers, Alessia Amendola, pours him some hot tea.

      “Immigrants are trying to go from Italy to France, illegally of course,” she says. “We are in the mountains, where it’s really dangerous.”

      On average, she and other Red Cross volunteers rescue 15 migrants per night. But they have rescued as many as 40 in one night. Most are from sub-Saharan Africa. They’ve already risked their lives crossing the Mediterranean Sea from North Africa to Italy. Now they’re trying to get out of Italy, which has made clear it doesn’t want them. But this time, they’re in an unfamiliar Alpine climate.

      “They don’t even know what they are going to face,” Amendola says.

      The Red Cross team picks up another migrant, delirious from the freezing cold. His eyes roll back as he collapses into their van.

      “Wake up! Wake up,” says rescuer Michaela Macrì, as she slaps his cheeks.

      He too has hypothermia, and possibly frostbite on his hands and feet. For a moment, he wakes up and says his name — Seidu. He’s from Senegal. He says he’s 14.

      In this border region, an estimated 5,000 migrants have attempted to cross into France in 2018, according to local municipalities and aid groups. About half make it — local municipalities say more than 2,000 have crossed since last spring. But many don’t.

      “We found several bodies of migrants this spring during the thaw,” says Paolo Narcisi, a doctor and the president of Rainbow For Africa, an Italian nonprofit medical organization. “But some bodies we’ll never recover. Because there are wild animals. Or the bodies decompose. If you don’t know the way, it’s easy to wind up off a cliff. And no one will ever find you.”

      To understand why migrants are taking such deadly risks to leave Italy, look no further than the country’s vice premier and interior minister, Matteo Salvini. In late November, his government passed a law that eliminates humanitarian grounds for granting asylum to people who are not fleeing political persecution or war.

      “You’re not fleeing war. You’re not escaping torture. What do you have to do? Go back to your country,” Salvini said during an interview with Italian broadcaster RAI shortly after the law passed. “We already have 5 million Italians living in poverty. So I can’t host hundreds of thousands of other people from the rest of the world.”

      In 2017, roughly 130,000 people applied for asylum in Italy, second only to Germany in the European Union for the number of first-time applicants. Refugee status was granted to 6,827 people; about 27,000 others received other forms of protection.

      More than 119,000 migrants arrived in Italy by sea in 2017, according to the U.N. migration agency. Figures from the Italian interior ministry show a dramatic drop in 2018, with only 23,011 migrants and refugees arriving — a decline of more than 80 percent.

      Migrants started passing through the Alps to France even before the recent immigration law. After terrorist attacks in Paris in 2015, France reinstated border controls with Italy. That sparked a wave of migrants who sought to cross the border in temperate conditions near the Mediterranean coast.

      Starting last spring, French police cracked down on undocumented migrants crossing the border, prompting migrants to move to the Alpine north, where border controls are more difficult to enforce.

      The United Nations has blasted Italy’s new law, warning it will violate human rights and fuel hate, as well as make it harder for migrants to access shelters. It’s feared that thousands will wind up living on the streets.

      Two migrants who are living on Italy’s streets are Abdul Razak and Harouna Waija, both 22 years old and from Ghana. Razak left because of poverty, he says; Waija because he converted from Islam to Christianity. His family wanted to kill him as a result, he says.

      In a train station near the French border in December, they are suiting up to cross the Alps. It is the first time they’ve seen snow. What looks like a second pair of jeans is coming out the ankles of Waija’s pants.

      “It’s five,” he says. He’s wearing five pairs of pants.

      Razak says he understands the risks and has nothing to lose. They’ve been sleeping on the streets after failing to gain asylum in Italy. The mountains can’t be much worse, he reasons.

      “I’m worried, but I have to try,” he says. “I want a better life.”

      The two agree to let me follow along, and are joined by four other French-speaking migrants.

      The odd car whizzes by on the nearby highway as snow crunches beneath their feet. It’s pitch-dark outside — easier to evade detection, but also easier to get lost.

      A passerby pulls over and points them toward the border. Soon, they’re in the woods, just a few feet from a border post flying the French flag — and French gendarmes patrolling the frontier.

      Whispers of “la police” ripple through the group. If they get any closer, they risk being caught.

      They change course again, and decide to take their chances deeper in the woods. To the left, there’s a ravine they want to cross. The other side is completely covered in trees they can use for cover.

      I walk with them for about 200 yards, until the snow starts coming up to my knees. I hear water running nearby, and worry about falling blindly into an icy river. I say goodbye and turn back, and the six migrants disappear into the darkness.

      The next morning, I get a call from Abdul Razak. He tells me he made it across the border to France. But after four hours of wandering in the snow, he was caught by French gendarmes and sent back to Italy.

      Harouna Waija wound up in an Italian hospital, where a nurse says he was treated for exposure. After a few hours on an IV drip, he’ll be okay.

      “Yesterday the cold was freezing me,” he says, with an audible shiver still in his voice. “My blood was frozen. It was very difficult.” Going through the icy Alps, he says, is “not a good way. I’m regret.”

      For now, the two are resigned to staying in Italy. Once spring comes and the snow melts, that’s another story, they say. The seasons will change. Italy’s crackdown on migrants might not.

      https://www.npr.org/2019/01/01/679840656/rejected-by-italy-thousands-of-migrants-from-africa-risk-the-alps-to-reach-fran

      –---------------

      Commentaire de Polly Pallister-Wilkins sur twitter :

      This piece from @NPR is frustrating in characterising border crossing of the Col de L’Écelle as ’illegal’. It isn’t. The people who are crossing have been illegalised. These distinctions matter because the it is this illegalisation that causes deaths.
      Crossing the Col de L’Échelle is not illegal. I do it a lot. It’s about whose crossing is deemed illegal that matters. It’s about those that have been made illegal by Italy’s asylum system. Crossing itself is not illegal. #violentborders


      The Italian-French borderline on the way to the Colle della Scala/Col de l’Échelle... easy crossing if you’re white.

      The road from Bardonecchia-Melezet and the Pian del Colle golf club up to the plateau of the Col itself at 1,762m, the lowest of the cols in these parts

      Other cols on or close to the Italian-French border in this region of Hautes-Alpes/Savoie/Piedmont region are Montgenèvre at 1,860m and more populated; the exposed Mont Cenis at 2,083m; and the beast of Col Agnel/Colle Dell’Agnello at 2,744m.
      Col Angel/Colle Dell’Agnello is the third highest paved road pass in the Alps, after the Stelvio Pass and Col de l’Iseran. Very different to and almost 1,000m higher than the Col de L’Echelle.

      The Col de l’Échelle (pics 1 and 2) kills but it is chosen because it is relatively safer and passable in winter than other crossing points like Col Agnel (pics 3 and 4).

      https://twitter.com/PollyWilkins/status/1080450228971556864
      #illégal #terminologie #vocabulaire

    • Un #rassemblement de soutien à deux maraudeurs sur le front de neige [VIDÉO]

      Entre 80 et 100 personnes se sont réunies, ce mercredi 9 janvier après-midi, sur le front de neige de Montgenèvre, pour apporter leur soutien à deux maraudeurs, jugés ce jeudi au tribunal de Gap pour, notamment, « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger ».

      Ils se sont installés devant le télésiège du Prarial, sur le front de neige de Montgenèvre. Entre 80 et une centaine de personnes sont venues apporter leur soutien, ce mercredi après-midi, à deux maraudeurs, poursuivis pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger » en France. Tous deux seront jugés, ce jeudi 10 janvier, au tribunal correctionnel de Gap.
      Sensibiliser aux maraudes

      Outre ce soutien, ce rassemblement avait également pour but de sensibiliser skieurs et habitants de Montgenèvre aux maraudes, effectuées chaque nuit sur le secteur de la commune pour venir en aide aux personnes en difficulté.

      « On souhaite également dénoncer les violences policières qui se déroulent quotidiennement à la frontière envers les personnes souhaitant passer en France », précisait également Michel Rousseau, porte-parole de Tous migrants, collectif à l’initiative, avec le comité de soutien aux « 3+4+2... », de ce rassemblement.


      https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2019/01/09/un-rassemblement-de-soutien-a-deux-maraudeurs-sur-le-front-de-neige-vide

    • Col du Montgenèvre (Hautes-Alpes) : jusqu’à quand la chasse aux migrants ?
      Les « maraudes » ont repris au col de l’Échelle et au col du Montgenèvre. Les maraudeurs sont harcelés par les forces de l’ordre. Jusqu’à quand ?

      Les « maraudes » ont repris depuis plusieurs semaines au col de l’Échelle et au col du Montgenèvre. Ces maraudes visent à porter assistance aux personnes qui risquent leur vie en tentant de franchir clandestinement la frontière entre l’Italie et la France, de se frayer un chemin entre ravins et champs de neige, de jour comme de nuit. Les maraudeurs accomplissent un devoir d’humanité.

      Les personnes auxquelles ils apportent leur secours sont des migrants, partis depuis longtemps, en général, de chez eux et qui après un long périple périlleux, après avoir connu accidents, violences et rackets divers, souvent plusieurs fois refoulés et emprisonnés avant d’arriver là, savent que leurs droits, ces droits figurant noir sur blanc dans la Déclaration universelle des droits humains de l’ONU, ces droits reconnus internationalement sur le respect desquels veille la Commission européenne des droits de l’homme (CEDH), émanation du Conseil de l’Europe, leurs droits donc leur seront déniés s’ils tentent de s’en réclamer en se présentant simplement à un poste frontière.

      La solidarité des habitants des montagnes des Hautes-Alpes, de part et d’autre de la frontière, ne faiblit pas. Les maraudeurs sont harcelés par les forces de l’ordre, police des frontières, gendarmes et CRS, ils sont en garde à vue, ils sont mis en accusation, ils sont condamnés. Tout l’espace frontalier est comme en état de siège, la chasse aux migrants est ouverte.

      Tout récemment l’un d’eux qui s’occupait d’une femme évanouie sur le front de neige, à Montgenèvre, et exigeait qu’on appelle les secours a été arrêté sous l’accusation de « rébellion »…

      Hier, mercredi, une réunion de masse des aidants à l’appel des associations, des collectifs, des diverses structures impliqué.e.s dans la solidarité avec les migrants a eu lieu à Montgenèvre. Une action visant principalement à la sensibilisation des touristes de la station auxquels il peut arriver de croiser, sur les pistes, des personnes en difficultés. Plusieurs banderoles ont été déployées, des pancartes évoquaient le sort de certaines victimes.

      Il s’agissait aussi d’exprimer la détermination des aidants avant que ne débute, ce jeudi, à Gap le procès pour « aide à l’entrée irrégulière » de deux maraudeurs dont les pourvois ont été rejetés. Un déploiement spectaculaire de forces de police avait été organisé par la préfecture. Il n’y a pas eu d’incident.

      Dans notre pays, gouvernement, forces de l’ordre, administration et justice sont mobilisés pour organiser la répression des migrants avec principalement la couleur de peau comme référence et point de repère. En haut de l’échelle, le cynisme de ceux qui prennent en otage une cinquantaine de migrants bloqués sur deux navires au large de Malte, la realpolitik de ceux qui condamnent l’Aquarius en lui refusant des papiers de navigation, et, à chaque niveau, des institutions qui contournent le droit ou l’ignorent, qui privent les associations de moyens ou les harcèlent de procédures, qui poursuivent des citoyens, les condamnent et les incarcèrent en espérant faire des exemples qui décourageront les actes de solidarité et d’humanité. Partout, des forces de l’ordre qui agissent sans retenue, par exemple confisquent papiers et argent. Nous vivons dans un régime d’indignité nationale.

      https://blogs.mediapart.fr/michel-pinault/blog/100119/col-du-montgenevre-hautes-alpes-jusqua-quand-la-chasse-aux-migrants

    • « Je ne suis pas maraudeuse » par #Laetitia_Cuvelier

      Je ne suis pas délinquante
      J’habite trop loin, j’ai des enfants, j’ai mal au genou,
      j’ai des excuses,
      des mauvaises excuses.

      Je connais ceux qui arrivent, je les aide quand je peux, pour les papiers, pour faire un bout de chemin, vivre le moment présent. Celui de la fraternité, qui nous rend vivants, si vivants.

      Je les entends me raconter l’effroi, la peur, l’humiliation, les violences…
      avec pudeur toujours.
      On m’a un peu tapé.
      J’entends leurs silences,
      je sais qu’ils sont les rescapés d’un enfer qui n’en finit pas.

      La nuit je suis dans mon lit, il y a mon amoureux à côté
      Les enfants là-haut, trois petits chéris, leurs rêves de neige, de montagne
      et de grands voyages.
      c’est doux c’est chaud

      Et je pense au froid, là-haut là-bas
      ça me réveille parfois
      Je les vois se noyer, je les vois courir, appeler
      Je les vois avoir froid avoir peur
      Je suis dans mon lit si loin,
      Je me sens lâche.
      Trop fatiguée, trop épuisée.
      Oui ce monde me fatigue.

      Je sais qu’ils recommenceront demain,
      que s’ils n’y arrivent pas ce soir,
      ils y arriveront un jour.
      Ils n’ont pas de valise, ils n’ont rien que leurs espoirs
      Et au creux du ventre ces nuits, ces jours, ces mois et parfois ces années d’humiliation.
      Je me sens lâche, et j’ai honte.

      Pour protéger notre pays, notre petit bout de terre,
      on violente, on humilie, on rejette, on accuse,
      on tue en Méditerranée ou dans les Alpes.

      Qu’apprendrons mes petits enfants
      dans leurs livres d’histoire ?
      Qu’est-ce que nous leur dirons ?
      Que nous avons laissé faire ?
      Que ces hivers-là, je n’avais pas la force, le courage, que j’étais trop loin, qu’il fallait que je raconte une histoire qui finisse bien à mes enfants ?

      Je leur dirai, qu’il y avait des voisins, des amis, des inconnus, des gens bien qui se levaient la nuit.
      Qui offraient du thé, un sourire, un bonnet, des gants.
      Qui donnaient à chacun la chance
      d’être un humain sur terre,
      ni plus, ni moins.

      Merci aux maraudeurs, merci à toi Pierre, mon ami,
      merci à toi Kevin que je ne connais pas.
      Merci à vous tous.
      J’espère un jour, oublier toutes mes excuses et venir avec vous.
      Etre DEBOUT.

      La Grave le 9 janvier 2019

      https://alpternatives.org/2019/01/10/je-ne-suis-pas-maraudeuse-par-laetitia-cuvelier
      #poésie #poème

    • SOLIDARITE dans les Alpes – #MDM PACA soutient le sauvetage des personnes en danger

      SOLIDARITE dans les Alpes – Médecins du Monde PACA soutient le sauvetage des personnes en danger en zone frontalière, leur accueil et leur mise à l’abri

      Dans les Hautes Alpes où toutes les vies ont la même valeur, les citoyens Alpins se mobilisent pour ne voir « aucun mort dans leurs montagnes ».

      Malgré tout, 3 personnes sont mortes l’hiver dernier en traversant la frontière transalpine italo-française dans sa partie Briançonnaise, d’autres ont été grièvement blessées. Plus de 25 personnes ont succombé à la traversée de cette frontière depuis 2015, dans sa partie sud le plus souvent, entre Vintimille et Menton.

      Médecins du Monde PACA, en assurant les permanences de soins le week-end au sein même du Refuge Solidaire de Briançon (en complément des permanences assurées la semaine par la PASS), prend en charge des personnes dont plus d’un tiers sont blessées à l’occasion de la traversée de cette frontière. Les hypothermies et les gelures sont les cas les plus graves et les plus fréquents, mais la traversée de la frontière, dans ces conditions et ce contexte extrêmement dangereux, entraîne aussi d’autres types de pathologies et de souffrances.

      La fermeture des frontières en est la cause. Personnes exilées, en demande d’asile, mineures, femmes et enfants, tous s’exposent à des risques mortels pour échapper aux représentants des forces de l’ordre.

      Ces représentants doivent obéir à des ordres où le contrôle des frontières doit être assuré aux mépris du droit des demandeurs d’asile et des mineurs, au mépris de toute assistance à personne en danger. Des ordres qui mettent eux-mêmes en danger parfois.

      Ce week-end encore, un mineur en hypothermie sévère était retrouvé sur le quai de la gare de Briançon. D’autres ont été pris en charge pour des gelures.

      Chacune de ces blessures étaient évitables si le droit d’exprimer sa demande d’asile en France était respecté, si la déclaration de la minorité était entendue et considérée.

      Pour éviter tout accident, toute disparition, toute blessure, toute mort, des citoyens solidaires, bénévoles, soucieux de la vie de chacun, organisent des maraudes de recherche et de sauvetage des victimes de la montagne. D’autres ouvrent des lieux d’accueil et de mise à l’abri.

      Aucune mise en danger n’est admissible.

      Aucune blessure n’est tolérable.

      Aucune mort n’est acceptable.

      Médecins du Monde PACA soutient pleinement les acteurs solidaires qui viennent en secours auprès des personnes en exil dont la vie est mise en danger par des politiques de fermeture de frontières illégales et irrespectueuses des droits humains.

      Le sauvetage et la mise à l’abri, en montagne comme en mer, NE PEUT PAS être condamné. Et ceux qui l’accomplissent ne peuvent pas être criminalisés.

      C’est la fermeture des frontières et les drames qui en découlent qui sont à condamner.

      https://blogs.mediapart.fr/mdm-paca/blog/120119/solidarite-dans-les-alpes-mdm-paca-soutient-le-sauvetage-des-personn
      #médecins_de_monde

    • Nos montagnes ne sont pas des cimetières !
      #Solidaires, janvier 2019
      https://solidaires.org/Nos-montagnes-ne-sont-pas-des-cimetieres

      Appel à une maraude syndicale des camarades de Solidaires des Hautes Alpes :

      En réaction à l’ignoble et systématique répression qui s’exerce dans les Hautes-Alpes contre toutes celles et ceux qui viennent en aide aux centaines de migrant-e-s qui passent la frontière par -15° via Montgenèvre et le col de l’échelle (3+4 de Briançon et maraudeurs solidaires), SUD-Solidaires-05 organise une maraude syndicale le samedi 26 janvier à partir de 16H à la Frontière de Montgenèvre au dessus de Briançon. L’initiative est soutenue par l’union syndicale Solidaires et s’inscrit localement dans le cadre d’une intersyndicale CGT, FSU, CFDT, Confédération Paysanne.

      Cette date s’intercale dans le très dense et infâme calendrier des procès de maraudeurs-euses solidaires systématiquement condamné-e-s et veut rappeler que, quotidiennement, dans la montagne, de pauvres gens sont, en plus du froid de la fatigue et de la peur, agressé-e-s, refoulé-e-s, dépouillé-e-s, traqué-e-s, mutilé-e-s.

      Inacceptable !

      Notre action a pour objectif de mettre en lumière ce qui se passe quotidiennement à la frontière et que nous ne pouvons pas laisser faire sans réagir. Comme les maraudeurs et maraudeuses du Briançonnais qui apportent boissons chaudes et vêtements adaptés aux personnes qui traversent à pied la frontière dans la neige nous voulons opposer entraide, solidarité et réconfort aux traques, lâchés de chiens et autres poursuites qu’impose tous les jours la police de l’air et des frontières.
      Sous couvert syndical avec drapeaux et moufles estampillé-e-s, dans la joie, la non violence et la détermination, le 26 janvier prochain portons secours à celles et ceux qui en ont besoin !

      L’Union Syndicale Solidaires Hautes-Alpes demande aux solidaires locaux, aux fédérations, aux syndicats de relayer le plus possible cet appel et de nous rejoindre pour dénoncer les violences et couvrir de solidarité, d’espoir et de drapeaux ce petit coin de montagne à forte charge symbolique.

    • Traversées des Alpes : « Les migrants sont victimes d’une #chasse_à_l’homme qui se répète chaque nuit »

      Trois migrants ont été secourus à Montgenèvre, cette semaine, alors qu’ils tentaient de passer d’Italie en France. Des militants déplorent les « chasses à l’homme » dont sont victimes les migrants dans la montagne lors du passage de la frontière.

      Mardi 22 janvier, dans l’après-midi, trois migrants qui tentaient la traversée de la frontière italo-française à pied, entre Claviere (en Italie) et Montgenèvre (en France), ont été secourus après avoir appelé le 112, le numéro d’urgence. Ils ont été retrouvés sous un télésiège en haut des pistes. La même semaine, sept personnes ont été emmenées à l’hôpital pour des #engelures.

      Avec les températures glaciales de ces derniers jours, les traversées de la frontière par les Alpes inquiètent les associations d’aide aux migrants qui organisent des maraudes dans la montagne pour leur porter secours. La nuit, elles descendent à - 15 degrés « mais avec le vent le ressenti tourne plutôt autour de - 20 degrés », explique Thomas*, un militant qui participe aux maraudes dans la montagne.

      Plus que le froid, c’est surtout la #pression_policière qui inquiète les militants. « La présence de la #police est devenue insupportable. Tous les soirs, là haut, c’est la chasse à l’homme », confie Thomas*. « Il y a des #courses-poursuites en montagne entre les policiers et les migrants, il y a des #chiens qui effraient les migrants. On nous raconte des choses invraisemblables. »

      Pour les militants, c’est à cause de ce « harcèlement » policier, que les migrants « finissent en haut des sommets sous des télésièges ». « La police pousse les migrants à se mettre en danger… Même ceux qui sont équipés pour faire face au froid risquent le pire. Quand vous fuyez la police, que vous creusez un trou dans la neige, la nuit, pour vous cacher, les risques de mourir sont grands ».

      La traversée entre l’Italie et la France peut prendre plusieurs heures, en fonction des trajets empruntés et de la forme physique des migrants. Entre Claviere et le Refuge de Briançon, il y a environ 17 km. Trois heures de marche sont nécessaires.

      Le harcèlement des forces de l’ordre concerne également les militants, ajoute Thomas. Mardi, la nuit où les trois migrants ont été secourus, les maraudeurs ont été incapables de travailler. « Ils n’ont rien pu faire, ils ont été contrôlés plusieurs fois, ils ont été victimes d’intimidation. Ils ont fini par rebrousser chemin », explique Thomas.

      L’association Tous Migrants déplore la multiplication des contrôles des militants associatifs, notamment lors des maraudes. « On nous met des amendes de stationnement, des amendes pour véhicules défectueux. On nous met des bâtons dans les roues », dénonce encore Thomas.

      Au mois de décembre, sept militants ont été condamnés par la justice. Le parquet leur reprochait d’avoir facilité, le 22 avril, l’entrée en France d’une vingtaine de migrants mêlés aux manifestants en forçant un barrage dressé par les forces de l’ordre.

      http://www.infomigrants.net/fr/post/14734/traversees-des-alpes-les-migrants-sont-victimes-d-une-chasse-a-l-homme

  • « Mourir à Disneyland devrait être une nouvelle attraction », chronique d’#Aurélien_Bellanger
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-conclusion/mourir-a-disneyland

    Les parcs #Disneyland feraient face, partout dans le monde, à un afflux de visiteurs inquiétants, des visiteurs venus disperser, en toute discrétion, les cendres de leurs proches dans les parties les plus enchantées du parc.

    Je connaissais la légende urbaine selon laquelle Walt Disney se serait fait inhumer sous les rochers de l’attraction Pirate des Caraïbes du premier Disneyland. Selon certaines de ses variantes, dignes du mythe de l’empereur Barberousse, endormi sous une montagne, il aurait été maintenu, même, dans un sommeil identique à celui de la Belle au bois dormant, et tout l’appareillage du parc, du parc comme gigantesque laboratoire de Frankenstein, serait une sorte de respirateur artificiel — Walt Disney avait d’ailleurs continué à signer tous ses films.

    Mais il semble qu’il ne s’agisse pas, cette fois d’une légende urbaine. De nombreux visiteurs transformeraient bien les parterres des parcs Disneyland en ce qu’on appelle pudiquement, dans nos #cimetières, des carrés du souvenir.

    http://rf.proxycast.org/1497701875871391744/18292-01.11.2018-ITEMA_21876678-0.mp3

    #France_Culture #audio #radio #mort

    • Une start-up à lancer : HappyCendres !

      Elle se chargerait de disperser vos cendres dans les lieux qui ont enchanté votre existence.
      Par exemple eurodisney, le parking de votre hypermarché bien aimé, le jardin de votre patron, votre banquier, votre harceleur hiérarchique, commissariat de police, mairie, siège de parti politique, église . . .
      La liste n’est pas limitative.
      Présence de la famille possible.

      Une option d’ajout de vos cendres à un ou deux kilogrammes de ciment serait un plus.

      Paiement mensuel, c’est plus sur.

      Moyennant un supplément important, option tarte à la crème au lieu du ciment accompagnateur.

      #GloupGloup

  • Les pierres tombales sur mesure importées de Chine ont envahi le marché Pierre Fagniez - 12 mai 2016 - RTL
    Ce n’est pas qu’en Belgique, en France aussi, voir le Canard Enchaîné de cette semaine
    https://www.rtl.be/info/vous/temoignages/des-pierres-tombales-venues-de-chine-prosperent-dans-les-cimetieres-belges-c-est
    . . . . .

    Désormais, ce n’est pas seulement le bloc de pierre qu’on importe de Chine mais bien la pierre tombale entièrement façonnée et prête à être placée, comme ce fut le cas pour le monument funéraire commandé par Carine. Car le façonnage est un domaine où la main d’œuvre chinoise, très bon marché, défie toute concurrence. « Ce sont des artistes », souligne le chef de la Marbrerie Gowie. « Par ici si on voulait faire la même pièce ce serait 4 à 5 fois plus cher », estime-t-il. « La Chine est le pays de la copie. Vous prenez une photo de n’importe quel monument et on vous le fait. Ça se fait régulièrement », raconte le responsable du commerce du cimetière Robermont. Ce dernier dessine les plans des monuments funéraires avec l’aide d’un marbrier, puis achète à un producteur chinois. « C’est comme un costume », dit-il. « Vous avez les dimensions, le dessins. Je veux ci, je veux ça et il me le fait ». 

Ces pierres tombales fabriquées en Chine ne sont pas toujours synonymes de mauvaise qualité puisqu’elles ne sont pas forcément faites avec du granit local. « Les Chinois importent par exemple du granit de la Norvège, fabriquent des pierres tombales chez eux, puis les revendent. Ce qui reste encore moins cher que si elles étaient fabriquées en Europe », explique le directeur de Granit Lucas. « On pense que le transport de la marchandise rendrait le coût de revient supérieur. Mais non », constate-t-il.
    . . . . .


    #mort #cimetière #Chine #importation #mondialisation

  • 08/07: 19 travellers at Turkish-Greek landborder, pushed-back to Turkey

    Watch The Med Alarm Phone Investigations – 8th of July 2018

    Case name: 2018_07_08-AEG406
    Situation: 19 travellers at Turkish-Greek landborder, pushed-back to Turkey
    Status of WTM Investigation: Concluded

    Place of Incident: Aegean Sea

    Summary of the Case:

    On Sunday, 8th of July, at 11:14pm CEST, we were alerted to a group of travellers stuck near #Tichero, Greece, close to the Turkish landborder. The group consisted of 19 people, among them a 1-year-old child, a pregnant lady and a man that had a broken leg. At 12:11pm we managed to establish contact to the travellers. They were afraid of being pushed-back to Turkey by the police and asked for medical aid and the possibility to seek asylum in Greece. We asked them for a list of their names and birth dates in order to alert UNHCR. At 1:02am we received the list. We couldn’t get back in contact until 1:47am. The group decided not to move further and to wait until the morning for the UNHCR office to open so they could call there.
    At 8:30am we called UNHCR and asked for assistance. At 8:45am we also called the local police station but the operator refused to speak to us in English. We told the group to call 112 themselves for assistance. Until 9:30am we couldn’t reach any local police station. At 9:50am we sent an email to the local authorities and UNHCR to inform them about the people. Afterwards we continuously tried again to get in touch with the authorities and the group, but couldn’t establish a connection any more. At 2pm we reached the police in Alexandropolis. They informed us that they were searching since one hour but hadn’t found the travellers. During the afternoon, we couldn’t get any news and didn’t reach the travellers anymore. At 6:53pm the police informed us that they had not found the group yet. The next day at 11:02am we were informed by a contact person that the group had been found and that they had been allegedly violently pushed-back to Turkey. At 12:45am we managed to reach the group itself. They told us that the police had found them at 5:00pm the day before and put them in „a prison“. At 10:00pm the police had told the group that they were being moved to a camp to apply for international protection. However, the police instead brought them back to the river and handed them to officers discribed as „military“, who forced them onto a boat and across Evros border river back to Turkey. The police officers before had confiscated personal belongings of the refugees, including mobile phones, money, passports and the food for the baby.

    http://watchthemed.net/reports/view/943

    #Evros #Grèce #frontières #Turquie #push-back #refoulement #asile #migrations #réfugiés

    • WSJ: Turks fleeing Erdogan fuel new influx of refugees to Greece

      Thousands of Turks flee Turkey due to a massive witch-hunt launched by the Justice and Development Party (AK Party) government against the Kurds and the Gülen Group in the wake of a failed coup attempt on July 15, 2016.
      Around 14,000 people crossed the Evros frontier from January through September of this year, more than double the number for the whole of last year, according to the Greek police. Around half of them were Turkish citizens, according to estimates from Frontex, the European Union’s border agency. Many are judges, military personnel, civil servants or business people who have fallen under Turkish authorities’ suspicion, had their passports canceled and chosen an illegal route out.
      Nearly 4,000 Turks have applied for asylum in Greece so far this year. But most Turkish arrivals don’t register their presence in Greece, planning instead to head deeper into Europe and further from Turkey.

      About 30 Turks have been arriving on a daily basis since the failed coup, according to Kathimerini, there were zero arrivals from Turkey in 2015. However, thousands of Turkish citizens have started claiming asylum in Greece since “Erdogan stepped up his crackdown against his opponents since the failed coup attempt.”

      The Wall Street Journal interviewed some of the purge-victim families in Greece:

      “In the dead of night, Yunuz Cagar and his wife Cansu gave their baby some herbal tea to help her sleep, donned backpacks and followed smugglers on a muddy path along the Evros river, evading fences and border guards until they reached Greece.

      Mr. Cagar, a 29-year-old court clerk, was living a quiet life with his family in a provincial town near Istanbul until Turkey’s crackdown after a failed military coup in 2016 turned their world upside down. Judges, colleagues and friends were arrested. He lost his job and had to move the family into his parents’ attic. Mr. Cagar was arrested and spent four months in prison. His crime, he says, was downloading a messaging app, an act he says the state treated as evidence of supporting terrorism.
      The flow of asylum seekers crossing the Greek-Turkish border along the Evros river is rising for the first time since the peak of Europe’s migration crisis in 2015. This time, though, the increase is mainly due to Turks fleeing President Recep Tayyip Erdogan and his dragnet against real or imagined followers of the U.S.-based cleric Fethullah Gulen. Turkey accuses Mr. Gulen, an ex-ally turned enemy of Mr. Erdogan, of orchestrating the coup attempt.

      “We didn’t say goodbye to anyone before leaving,” said Mr. Cagar, who is now in Athens trying to find some way to get to Germany. His wife and child already made it there with the help of smugglers who have demanded a hefty price. “We began our journey with €13,000 ($14,700) and I have €1,500 left,” he said.

      Ahmed, a 30-year-old former F-16 pilot in the Turkish air force, spends his days talking to smugglers and trying to find a way out. “My dream is Canada, but the reality is Omonoia,” he said, referring to the gritty square in downtown Athens where migrants and smugglers mingle.

      A few months after the coup attempt, Ahmed said, he was dismissed, accused of Gulenist links, arrested and beaten, after another officer denounced him. He said he has no connections with Mr. Gulen’s network. He was released pending trial, but decided to flee when a prison term appeared unavoidable.

      Yilmaz Bilir, his wife Ozlem and their four children were on vacation when the coup attempt happened. Mr. Bilir, who worked at the information-technology department of Turkey’s foreign ministry, found out months later that he was suspected of Gulenist links, which he denies. The family went into hiding, staying with relatives and friends. Mr. Bilir was arrested when he briefly visited his own home and neighbors called the police. When he was released pending trial, the family decided to leave Turkey.

      Mr. Bilir made it to Germany using a forged passport and has applied for asylum there. His wife and children have applied to join him.

      Mrs. Bilir, stuck for now in Athens, remembers how happy the family was when they crossed the river Evros one summer night. “It was an endless walk, but we were happy, because we were away together,” she said. “I was so stressed in Turkey that I couldn’t sleep well for months, but that first night in detention in Greece, I finally slept.”

      After the coup, Meral Budak was suspended from her job as a teacher. Her husband was a journalist at Zaman, a major Turkish newspaper linked to Mr. Gulen’s movement. He had a valid U.S. visa and was able to travel to Canada, where he now works as an Uber driver. His 18-year-old son joined him a few months later.

      Mrs. Budak and the couple’s 15-year-old son Ali remained in Turkey and soon had their passports revoked. They went into hiding for a year. “The most traumatic memory was when I burned hundreds of books,” she said. “Even my children’s school books could be considered evidence, since the publishing companies were funded by Gulen.”
      On Jan. 1 of this year, Mrs. Budak and Ali undertook the long walk across the Evros and into Greece, where they now wait to join the rest of the family in Canada.

      “When I was walking through Greek villages, I realized my life was never going to be the same,” Mrs. Budak said. “I was walking into the unknown.”
      Read the full report on: https://www.wsj.com/articles/turks-fleeing-erdogan-fuel-new-influx-of-refugees-to-greece-1543672801

      https://turkeypurge.com/wsj-turks-fleeing-erdogan-fuel-new-influx-of-refugees-to-greece
      #réfugiés_turcs

    • Fourth migrant found dead near border, Greek ’pushback’ suspected

      Bodies of migrants keep piling up on Turkey’s border with Greece, while Greece denies it is involved in illegal “pushback” practices. Villagers in Adasarhanlı, where the body of another migrant was found earlier this week, alerted authorities after they discovered a body in a rice field, a short distance from the Turkish-Greek border, late Wednesday. The man is believed to be an illegal migrant forced to walk back to Turkey in freezing temperatures by Greek police as part of their controversial pushback practice.

      An initial investigation shows the man froze to death three days ago, and there were lesions on his body stemming from prolonged exposure to water.

      İbrahim Dalkıran, the leader of the village, said they have seen a large number of migrants recently in the area, and many took shelter, in wet clothes or half naked, in Adasarhanlı. “This is a humanitarian situation. Greece sends back migrants almost every three or four days. Some arrive injured, and we call a doctor. It is sad to see them in such a state,” Dalkıran told reporters.

      Olga Gerovasili, Greece’s minister for citizen protection whose ministry oversees border security, has denied previous allegations of pushback and told Anadolu Agency (AA) that Greece is not involved in such incidents. Yet, figures provided to AA by Turkish security sources show many illegal migrants were forced to go back to Turkey by Greek officials, with some 2,490 migrants being pushed back in November alone. The agency reports that some 300 of them were subjected to mistreatment by Greek security forces, ranging from beatings to being forced to go back half naked to the Turkish side of the border.

      Three bodies, believed to be Afghan or Pakistani migrants, were found in three villages in Edirne, the Turkish province that borders Greece. More than 70,000 illegal migrants were intercepted in Edirne between January and November, a high number compared to the 47,731 stopped last year as they tried to cross into Greece despite an increase in pushback reports.

      Under international laws and conventions, Greece is obliged to register any illegal migrants entering its territory; yet, this is not the case for some migrants. Security sources say that accounts of migrants interviewed by Turkish migration authority staff and social workers show that they are forced to return to Turkey, where they arrived from their homelands with the hope of reaching Europe.

      Pırıl Erçoban, a coordinator for the Association for Solidarity with Refugees (Mülteci-Der), says pushback constitutes a serious crime. She said it was “sad and unacceptable” that three migrants died, the number of deaths illustrates a serious problem. “It sheds light on the fact that pushback is being applied. It is still a crime to send those people back, even if they can make it back to Turkey alive,” Erçoban told AA. She says pushback was also taking place on migrant sea journeys, but has stopped, although the practice has continued on land. “Both Greece and Bulgaria are involved in this practice. Our figures show some 11,000 [illegal migrants] entered Turkey from Greece and Bulgaria, though not all of them were forced; we believe a substantial portion of returns are the result of pushback,” she said, adding returns were mostly via Greece. Erçoban said taking legal action to help migrants forced to return was difficult, as they could not reach the victims. “There should be administrative and criminal sanctions, and the culprits should be found. Turkey should take steps against pushback if [Greece] adopted it as a state policy. We hear that they are being beaten with iron bars and sent back without their clothes. This is a crime,” she added.

      Every year, hundreds of thousands of migrants flee civil conflict or economic hardship in their home countries in hope of reaching Europe. Edirne is a primary migration route. Turkish Directorate General of Migration Management data reveals that most of the migrants come from Pakistan, Syria, Iraq and Afghanistan. The numbers increase in late summer and autumn before dropping in the winter months.

      Temperatures hover near minus zero degrees Celsius in Edirne and other provinces at the border, which also saw heavy rainfall last week. Migrants usually take boats on the Meriç River, while some try to swim across to the other side. Early yesterday, police stopped 17 Pakistani migrants who were walking on train tracks near the border.

      https://www.dailysabah.com/investigations/2018/12/07/fourth-migrant-found-dead-near-border-greek-pushback-suspected/amp?__twitter_impression=true
      #mourir_aux_frontières #décès #morts

    • Greece accused of migrant ’pushbacks’ at Turkey border

      Hundreds of migrants including children and families have been illegally returned from Greece to Turkey despite Greek authorities being repeatedly warned about the practice, three non-governmental organizations said Wednesday.

      Migrants being forced back over the border, in violation of international law, has become the “new normality” at the border crossing with Turkey in Greece’s northeast Evros region, the three Greek organizations said.

      The testimonies of 39 people who attempted to cross the border to Europe, collected in detention centers near the border since the spring, were published in a report by the Greek Council for Refugees, ARSIS and HumanRights360.

      In their testimonies, the migrants describe being intercepted and detained by people wearing police or military uniforms, sometimes with a hood covering their face, who then forced them onto a boat to cross the Evros River back to Turkey.

      Some migrants described being physically abused or robbed by the individuals, who mostly spoke Greek.

      The report “constitutes evidence of the practice of pushbacks being used extensively and not decreasing, regardless of the silence and denial by the responsible public bodies and authorities,” the NGOs said.

      The “particularly wide-spread practice” leaves the “state exposed and posing a threat for the rule of law in the country,” they added.

      The Greek office of the U.N. refugee agency also said it had recorded a “significant number of testimonies on informal forced returns” through the Evros border.

      “On many occasions, we have addressed those concerns to the Greek authorities requesting the investigation of incidents,” the UNHCR office said.

      “The state’s response so far to these practices has not produced the results required for an effective access to asylum.”

      Greek authorities have denied involvement in the migrant returns and have announced investigations into potential militia action, without result so far.

      The flow of migrants across the Greek-Turkish land border has almost tripled this year, according to Greece’s migration ministry, with 14,000 people intercepted so far compared to 5,400 in 2017.


      http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2018/Dec-12/471620-greece-accused-of-migrant-pushbacks-at-turkey-border.ashx

    • Greece: Violent Pushbacks at Turkey Border

      Greek law enforcement officers at the land border with Turkey in the northeastern Evros region routinely summarily return asylum seekers and migrants, Human Rights Watch said today. The officers in some cases use violence and often confiscate and destroy the migrants’ belongings.

      “People who have not committed a crime are detained, beaten, and thrown out of Greece without any consideration for their rights or safety,” said Todor Gardos, Europe researcher at Human Rights Watch. “The Greek authorities should immediately investigate the repeated allegations of illegal pushbacks.”

      Human Rights Watch interviewed 26 asylum seekers and other migrants in Greece in May, and in October and November in Turkey. They are from Afghanistan, Iraq, Morocco, Pakistan, Syria, Tunisia, and Yemen, and include families traveling with children. They described 24 incidents of pushbacks across the Evros River from Greece to Turkey.

      Most incidents took place between April and November. All of those interviewed reported hostile or violent behavior by Greek police and unidentified forces wearing uniforms and masks without recognizable insignia. Twelve said police or these unidentified forces accompanying the police stripped them of their possessions, including their money and personal identification, which were often destroyed. Seven said police or unidentified forces took their clothes or shoes and forced them back to Turkey in their underwear, sometimes at night in freezing temperatures.

      Abuse included beatings with hands and batons, kicking, and, in one case, the use of what appeared to be a stun gun. In another case, a Moroccan man said a masked man dragged him by his hair, forced him to kneel on the ground, held a knife to his throat, and subjected him to a mock execution. Others pushed back include a pregnant 19-year-old woman from Afrin, Syria, and a woman from Afghanistan who said Greek authorities took away her two young children’s shoes.

      Increasing numbers of migrants, including asylum seekers, have attempted to cross the Evros River, which forms a natural border between Greece and Turkey, since April. By the end of September, the International Organization for Migration (IOM) had registered 13,784 arrivals by land, a nearly fourfold increase over the same period last year.

      In early June, Turkey unilaterally suspended all returns under a bilateral readmission agreement, stopping coordinated returns over the land border. In a July letter to Human Rights Watch, Hellenic Police Director Georgios Kossioris acknowledged an “acute problem” related to new arrivals and migrants arrested in the region, causing the overcrowding in some facilities, and inhumane conditions in police stations and registration and identification centers Human Rights Watch had documented.

      Accounts gathered by Human Rights Watch are consistent with the findings of other nongovernmental groups, intergovernmental agencies, and media reports. UNHCR, the United Nations Refugee Agency, has raised similar concerns. In a June report, the Council of Europe’s (CoE) Committee for the Prevention of Torture said it has received “several consistent and credible allegations of pushbacks by boat from Greece to Turkey at the Evros River border by masked Greek police and border guards or (para-)military commandos.” In November, the CoE human rights commissioner called on Greece to investigate allegations, in light of information pointing to “an established practice.”

      Human Rights Watch wrote to the head of border protection of the Hellenic Police on December 6, 2018, informing them of its findings. In his reply, Police Director Kossioris categorically denied that Hellenic Police carry out forced summary returns. He said all procedures for the detention and identification of migrants entering Greece were carried out in line with relevant legislation, and that they “thoroughly investigate” any incidents of misconduct or violation of migrants’ and asylum seekers’ rights. Greek authorities have consistently denied pushback practices, including a high-ranking Greek police official in a June meeting with Human Rights Watch. For a decade, Human Rights Watch has documented systematic pushbacks by Greek law enforcement officials at its land border with Turkey.

      Greek authorities should promptly investigate in a transparent, thorough, and impartial manner repeated allegations that Greek police and border guards are involved in collective and extrajudicial expulsions at the Evros region. Authorities should investigate allegations of violence and excessive use of force. Any officer engaged in such illegal acts, as well as their commanding officers, should be subject to disciplinary sanction and, as appropriate, criminal prosecution. Anyone seeking international protection should have the opportunity to apply for asylum, and returns should follow a procedure that provides access to effective remedies and safeguards against refoulement – return to a country where they are likely to face persecution, and ill-treatment.

      The European Commission, which provides financial support to the Greek government for migration control, including in the Evros region, should urge Greece to end all summary returns of asylum seekers to Turkey, press the authorities to investigate allegations of violence, and open legal proceedings against Greece for violating European Union laws.

      “Despite government denials, it appears that Greece is intentionally, and with complete impunity, closing the door on many people who seek to reach the European Union through the Evros border,” Gardos said. “Greece should cease forced summary returns immediately and treat everyone with dignity and respect for their basic rights.”

      For detailed accounts from asylum seekers and migrants, please see below. Please note that all names have been changed.

      Human Rights Watch interviewed 26 people from Afghanistan, Iraq, Morocco, Pakistan, Syria, Tunisia, and Yemen, including seven women, two of whom were pregnant at the time they were summarily returned to Turkey across the Evros River. In seven cases, families were pushed back, including children.

      In Greece, Human Rights Watch interviewed people who managed to re-enter Greek territory following a pushback, in the Fylakio pre-removal detention center and in the Fylakio reception and identification center, as well as in the Diavata camp for asylum seekers in Thessaloniki. In Turkey, those interviewed were in the Edirne removal center and in urban locations in Istanbul.

      All names of interviewees have been changed to protect their privacy and security. Interviews were carried out privately and confidentially, in the interviewees’ first language, or a language they spoke fluently, through interpreters. Interviewees shared their accounts voluntarily, and without remuneration, and have consented to Human Rights Watch collecting and publishing their accounts.

      Pushbacks in Evros

      The 24 incidents described demonstrate a pattern that points to an established and well-coordinated practice of pushbacks. Most of the incidents share three key features: initial capture by local police patrols, detention in police stations or informal locations close to the border with Turkey, and handover from identifiable law enforcement bodies to unidentifiable paramilitaries who would carry out the pushback to Turkey across the Evros River, at times violently. In nine cases, migrants said uniformed police physically mistreated them before or during the pushback.

      The accounts suggest close and consistent coordination between police with unidentified, often masked, men who may or may not be law enforcement officers. In a May interview with Human Rights Watch, Second Lieutenant Sofia Lazopoulou at the border police station of Neo Cheimonio said that police officers wearing dark blue uniforms were in charge of services at the police station and that those who wear military camouflage uniforms were patrolling officers, in charge of prevention and deterrence of irregular migrants crossing into Greece.

      Interviewees said that people who looked like police officers or soldiers, as well as some of the unidentified masked men, carried equipment such as handguns, handcuffs, radios, spray cans, and batons, while others carried tactical gear such as armored gloves, binoculars, and knives and military grade weapons, such as rifles.

      The repeated nature of the pushbacks and the fact that those officers who conduct them were clearly on official duty, indicates that commanding officers knew, or ought to have known, what was happening.

      Ferhat G., a Syrian Kurdish man in his forties, said two police officers detained him, his wife, and three children, ages 12, 15, and 19, at an abandoned train station on September 19. They were held in a large caged area in the backyard of a police station with dozens of other people for five hours. Ferhat could not say where the train station or police station were:

      We were all put in a van, 60 to 70 people. Commandos all in black, wearing face masks, drove us back to the river. We were very afraid… I saw other people there, mainly youths with just shorts, no other clothes. Our blood froze out of fear. When they opened the van, we started going out. “Stand in one line, one-by-one,” they said and hit someone. Ten by 10, they put us in a small boat, driven by a Greek soldier. I cried because of the humiliation.

      The modus operandi was largely replicated, with some variations, in the other cases Human Rights Watch documented.

      Capture

      Twenty-one of those interviewed said local police patrols detained them in towns and villages near the border or in open farmland. Two said that the police took them off a bus or a train shortly after its departure. Three said they could not identify the men who detained them and took them directly back to the border. People said they were then transported in police cars, pick-up trucks, white vans without windows or signs, or larger trucks painted in green or camouflage that appeared to be military trucks.

      Karim L., 25, from Morocco, said that police officers removed him from a train to Alexandropouli on November 8. Shortly after its scheduled departure from Orestiada, at 12:37 p.m., police officers began asking passengers who looked foreign to show their passports and took Karim and five or six others off the train. The police took him to a nearby police station and kept him there for two nights. Then four men wearing police uniforms and black masks took him to the border in a van. He said they subjected him to physical violence and a mock execution, then pushed him back to Turkey. He was not photographed, fingerprinted, or given any paper to read or sign, or otherwise informed of the reasons for his arrest. He said that other people, including families with children, were also detained in the station’s three cells.

      Mahsa N., an Afghan woman, said uniformed police officers removed her, her husband, their three children, ages 5, 9, and 11, and two unrelated Afghan men from a bus 15 minutes after it left Alexandropouli in mid-September, during their third attempt to enter Greece. They were pushed back to Turkey the same day, with the police who had detained them taking them all the way to the Evros River, where others were already being held so they could be returned on a boat.

      Dila E., a 25-year-old Syrian woman, described her experience shortly after crossing the Evros River in late April. She said she was with seven other people, including four children, when masked men she could not identify pushed them back to Turkey as they were walking in a small town near the border:

      They came with a car and took us. They put us in a white van. You couldn’t see anything from the inside. They took us directly to the river and made us cross the river with a rubber boat. They took everyone’s mobile phones, set of clothes, and even the money from some.

      Malik N., a 26-year-old Moroccan man, said uniformed police stopped him along with three other men on November 13 near a gas station in Didymoteicho, a town two kilometers from the border. He said that one of the policemen made a phone call, and a white van arrived 15 minutes later. Two men he could not identify took him and two of his group to a location that he described as barracks: “They put us in the car, which was very well made, dark inside, and without seats. There were no signs on it. … There was a terrible smell [in the barracks], and officials had their masks on… There were 30 people there.”

      Masked men took him to the border the next evening:

      After the masked people came, they started to shout at us, and hit us one by one with batons at the door. There were around eight people outside the barracks, each with a thick plastic baton. They would hit you as you walked to the car. They would shout “Fuck Islam.” They put 30 of us in the van. [There were] no chairs. I felt like I was suffocating, there was no air. When we arrived at the river, they ordered people to strip to shorts only. They took my phones, my money, €1,500, and my glasses, and broke them.

      Sardar T., 18, from Afghanistan, said that uniformed police caught him and the group of people he was traveling with at the Didymoteicho bus station on April 23. He said the police came with a white van but later brought a big car, similar to a military truck with green camouflage. Human Rights Watch researchers saw a vehicle matching Sardar’s description parked in the yard of the border police station of Neo Cheimonio, as well as numerous white vans, without police signs. Sardar said that the officers who pushed them back to Turkey were wearing police uniforms and that masks concealed their faces except for their eyes.

      Detention

      Thirteen of those interviewed reported that they were detained in formal and informal locations close to the border, for periods ranging from a few hours to five days. Five said they were taken to a police station, while eight described buildings on the outskirts of nearby villages and towns, or on farmland that they said were used as drop-off points for detained migrants. None of the interviewees, even those held at police stations, were duly identified and registered, and their detention appears to have been arbitrary and incommunicado.

      A few dozen to one hundred people were detained at a time, without food, water, and sanitation, and then taken to the Evros River and returned to Turkey. Interviewees described the rooms in the unidentified buildings as “prison-like” and “like a storage room,” with a few mattresses and a single, filthy toilet. They said women and families with children were either held together with unrelated men, or sometimes in adjacent rooms.

      Mahsa, the Afghan woman who was summarily returned to Turkey three times, said she and her family were kept for five days, along with unrelated men who were also detained, in a dark room with no beds or heat before the second pushback, in late August. They were not given any food. Their belongings, including winter coats for her young children, and a cherished backpack and doll, were never returned. Up to 10 guards, wearing belts with what appeared to be handguns, batons, and pepper spray, would check on people and lock the door but not provide any information. She saw guards beating men staying in the same room: “They had a blue uniform with writing on it in Greek on the back, with big letters. They called us dirt.”

      Azadeh B., a 22-year-old Afghan woman traveling with her husband and two children, ages 2 and 4, said they were pushed back twice from Greece – and had spent five days in detention before being returned the second time, in early October. She said they were taken to a room in a structure located in the middle of farmland:

      We could not see or hear anything. We were not asked to sign anything or told anything. The guards closed the door and locked it. When families asked for water, they filled dirty bottles and threw them inside the room through the door. They took everything from us, even the Quran. We asked them to give back our kids’ shoes, but they didn’t. They do this because they don’t want us to come back. If it’s something of value, they keep it, something they don’t like, they put it in the bin.

      She said only the children were given some biscuits while detained in a room that was about 40 square meters and shared by about 80 people whom she believed were also all migrants.

      Hassan I., a Tunisian man in his thirties, said that before being violently pushed back along with four friends in early August, they spent a day in detention. He said the location resembled a military base because they saw military vehicles, including trucks and tanks, parked near the room in which they were held. It was a 15-minute drive from the town of Orestiada, where they had been stopped and picked up in the morning by two police officers in blue uniforms in a civilian car.

      The policemen drove them to the location, where guards violently pushed them against a wall, searched them, and hit them. “First, they asked for phones, then for money,” Hassan said. They were shouting ‘malaka’ [a Greek insult meaning ‘asshole’]. I was shocked. I felt humiliated. When we tried to ask for anything, like our sim cards, memory cards, they hit us immediately.” Hassan and his friends were put in a room that looked like a storage room. In an adjacent room, they could hear the voices of families with children. Hassan estimated that by 9 p.m., when they were taken to the border in trucks, about 80 men were in his room of about 24 square meters, in which there were only a few chairs, a toilet, and a water tap.

      Zara Z., 19 and four-months pregnant, from Afrin, Syria, said that in mid-May, men wearing camouflage uniforms stopped her and her husband and detained them overnight in a room without bedding or furniture, together with other migrant families, and without any food or water. The next day they were transferred in a van to the Evros River, put on a boat, and pushed back to Turkey.

      Pushbacks across the Evros River

      All those interviewed said they were transported to the border with Turkey in groups of 60 to 80, in military trucks or unmarked vans. In all but three cases, the agents wore face masks, black pants, or camouflage, making it impossible to recognize or identify them. In the three other cases, interviewees said police in regular blue and camouflage uniforms transported them to the river. Ten out of 26 interviewees said they were physically abused or witnessed others being ill-treated during the pushback operation.

      Karim, a 25-year-old Moroccan man, said Greek police handed him over to masked men wearing police uniforms after they caught him in Greece on November 10 and that he was violently pushed back to Turkey. After ordering him to take off his clothes and shoes, two of the masked officers kicked him to the ground and hit him with a baton, then one of them subjected him to a mock execution. They dragged him by his hair and forced him to kneel on the ground, while the masked officer held a knife to his throat and said in broken English, “Whoever returns to Greece, they will die.” Karim said he could not sleep at night and was experiencing recurrent nightmares.

      Hassan, the Tunisian who was pushed back with his four friends on August 10 or 11, said that masked men wearing black clothes ill-treated them after taking them to the border in a truck. One of the men used a stun gun on Hassan’s lower back, causing burns that were still visible over two months later. He provided video footage of the group’s injuries, which he said was recorded the day after the incident and was first posted on social media on August 12, showing several bruises he said resulted from blows to their upper and lower backs and limbs. “Next time I will see you,” one of the masked men told him in English, “I will kill you.” At the time of the interview, Hassan had been sleeping in parks in Istanbul, after all his belongings were confiscated in Greece.

      Amir B., a Tunisian man in his twenties, was pushed back to Turkey at the end of September after entering Greece and hiding for six days. He said he was returned from near Alexandropouli to the border in one of two military trucks, which together took around 80 people to the border, including about 30 women and a few children. Amir said masked men pushed people around as they got off the trucks, and then pushed them toward the river, ordering them to remain silent. The agents then split the group into smaller groups of 10 and ordered them to take off their shoes. Women had to give up their coats, while some men had to strip to underwear. Amir’s jeans, where he also kept his money, were set on fire. When a black pick-up truck arrived with a small boat, the guards checked the other side of the river with binoculars, and then used the small boat to take the groups of 10 in turn across the water.

      https://www.hrw.org/news/2018/12/18/greece-violent-pushbacks-turkey-border

      #vidéo:
      Greek Authorities Beat, Push Back Migrants into Turkey
      https://www.youtube.com/watch?v=X2olpuc_tqA

    • El oscuro secreto de la frontera oriental de Europa

      Grecia deporta ilegalmente a los refugiados que llegan a su territorio, en algunos casos incluso secuestrándolos lejos de la frontera, según denuncian ONG y Acnur.

      Firas debería estar en Grecia. Es más, oficialmente, según los registros del Gobierno heleno y del Alto Comisionado de Naciones Unidas para los Refugiados (ACNUR), reside en Grecia. Pero no. Este sirio, de 17 años, malvive amedrentado, sin dinero y sin papeles en un pequeño apartamento de Estambul que comparte con otros refugiados, después de haber sido deportado ilegalmente por la policía griega a Turquía en tres ocasiones. Una práctica prohibida por las leyes internacionales, pero que, según las organizaciones de derechos humanos, se está convirtiendo en “sistemática” a medida que la ruta migratoria de entrada a la Unión Europea se desvía hacia la frontera del río Evros. Acnur ha recabado unos 300 casos de devoluciones en caliente de personas que intentan llegar a la UE desde Turquía solo en 2018.

      “En los últimos años hemos recabado un número significante de casos de pushback [término en inglés para referirse a esta práctica ilegal]”, explica Margaritis Petritzikis, representante de Acnur en el campo de detención de Fylakio, en Grecia, junto al Evros. “Los testimonios describen a quienes practican las detenciones vistiendo uniformes de diferentes colores, muchas veces sin distintivos, y con la cara cubierta, por lo que no sabemos a qué cuerpo pertenecen. La jurisdicción del control fronterizo es de la policía griega, pero el área que rodea el río es zona militarizada”, añade Petritzikis.

      Los detenidos aseguran que, una vez detenidos y antes de ser devueltos en barcas al otro lado de la frontera, son llevados a almacenes, instalaciones militares o comisarías de policía, transportados con furgonetas sin identificar, supuestamente de las fuerzas de seguridad, según los testimonios recogidos en informes de diversas ONG, entre ellas Human Rights Watch y el Greek Council for Refugees (GCR).

      El Evros, también llamado Maritsa, hace de barrera natural a lo largo de 194 de los 206 kilómetros de frontera terrestre entre Turquía y Grecia; el resto lo cubre una valla levantada en 2012. Para aquellos migrantes y refugiados que, desde suelo turco, sueñan con alcanzar territorio europeo, son apenas 100 o 200 metros que cubrir en un bote hinchable, un trayecto mucho más corto que el que separa la costa turca de las islas griegas del mar Egeo. Además, aquí no está vigente el acuerdo firmado entre la UE y Turquía en 2016, que permite la devolución de aquellos migrantes llegados de manera irregular por vía marítima. En la zona del Evros regía otro acuerdo bilateral de devolución firmado entre Turquía y Grecia, aunque Ankara lo canceló el pasado año. Por ello, en los últimos años, se ha incrementado el número de llegadas a través de esta ruta (en 2018 fueron 18.014, un 35% del total de refugiados y migrantes que arribaron a Grecia, según los datos de Acnur). La mayor parte de los que llegan son sirios, afganos y turcos.

      Sus aguas aparentemente tranquilas son un espejismo engañoso. Es un río caudaloso, de habituales inundaciones y fuertes corrientes: durante el pasado año, medio centenar de personas murieron en esta ruta, la mayoría ahogadas o por hipotermia. “El río es pequeño, pero peligroso. Sobre todo porque los botes son para cinco personas y cruzamos 30 a la vez”, explica un joven bangladesí detenido en el campo de Fylakio.

      Un residente de Edirne, en la orilla turca del río, explica que las tarifas que exigen los traficantes por pasar al otro lado van de 1.000 a 5.000 euros. Aquellos que pagan más “reciben un servicio vip”, y en la orilla griega les esperan otros traficantes que los llevan en coche hasta Salónica o Atenas: “A estos no los suele detener nunca la policía”. A los que no disponen de ese dinero, después de superar el peligro de las aguas les aguarda una nueva barrera.
      Práctica ilegal

      Dos y media de la madrugada. Se escuchan pasos entre la maleza, en la zona boscosa que rodea el Evros. Hay cuchicheos. Los pasos se detienen al escuchar el vehículo en el que viaja este periodista. Poco después, se alejan.

      Anteriormente, en cuanto veían a cualquier persona en la orilla griega, los refugiados se identificaban como tales y pedían que se avisase a la policía. Sabían que habían llegado a territorio seguro. Ya no. Entre los refugiados es sabido que, si son apresados en esta zona, corren el riesgo de ser devueltos al otro lado. Las devoluciones en caliente están prohibidas por la ley: la normativa exige que sean primero identificados y, si es el caso, se les permita presentar una petición de asilo. Firas (que no es su nombre real) cuenta que pasó por ello dos veces durante el año pasado. En la primera ocasión, durante el verano, explica que fue detenido nada más cruzar el río, llevado a una comisaría y devuelto a Turquía al cabo de unas seis horas. “En la comisaría nos pegaron a todos los hombres, nos quitaron nuestras pertenencias y destrozaron los móviles”, asegura.

      La segunda fue aún peor: una vez capturados, Firas explica que los agentes de policía llamaron a otros agentes con uniforme militar y la cara cubierta y les propinaron una paliza. Esta vez les quitaron hasta la ropa y los devolvieron a Turquía en calzoncillos. Su historia es similar a las decenas de testimonios recabados por diferentes ONG, que consideran que puede haber un patrón de actuación de las fuerzas de seguridad helenas.

      En algunos casos no se trata ni siquiera de devoluciones «en caliente», es decir, al ser detenidos en el borde mismo de la frontera, sino desde bastante más adentro en el territorio griego y pasado bastante tiempo desde que los refugiados entraron al país. A. A., un sirio que residía en Alemania de manera legal, llegó en agosto de 2017 a la ciudad griega de Alejandrópolis para encontrarse con su mujer, que había cruzado recientemente la frontera. Pero, según manifestó al GCR, fue detenido por agentes de la policía que, haciendo caso omiso a sus documentos, lo encapucharon y lo enviaron a Turquía en un bote junto a otros refugiados.

      Similar es el caso de Firas. La tercera vez que intentó cruzar a Grecia, a mediados de noviembre, explica que lo logró. Y fue enviado al centro de detención de Fylakio. A inicios de enero, salió de él con los documentos que lo acreditaban como solicitante de asilo. Tomó un autobús hacia Salónica, pero cuenta que, cuando llevaba 15 minutos de viaje, la policía le ordenó bajar junto a otros cinco sirios. “Tenía los papeles de la policía griega y de Acnur, pero los destrozaron delante de mí”, relata. “Nos llevaron a un calabozo y agentes con pasamontañas nos desnudaron y nos pegaron. No nos dieron agua ni comida. El segundo día, vinieron otros agentes y nos pegaron con tubos de cañería. Luego nos llevaron al río junto a varias familias con niños y nos devolvieron a Turquía”.

      La respuesta del Gobierno griego es siempre la misma: “No existen estas prácticas”. Así lo han dicho públicamente los ministerios de Orden Público y Migraciones ante las quejas formales de ACNUR y el Consejo de Europa. La comandancia regional en Tracia de la policía griega, preguntada por la situación, redirigió a este periodista al comisario de Orestíada, Pascalis Siritudis, quien respondió al teléfono —un día después de haberse negado a recibirlo— con gran enfado: "La policía griega respeta siempre la ley y las normas internacionales. No olvide que esta es la frontera de la Unión Europea, no solo de Grecia”. Desde el Ministerio de Orden Público, la contestación fue similar: «La policía griega cumple con los derechos humanos».

      Hay varias investigaciones en marcha. Una, sobre la devolución de varios turcos en mayo de 2017, ha alcanzado el Tribunal Supremo de Grecia. También el Defensor del Pueblo y la Fiscalía de Orestíada han iniciado un proceso judicial tras la denuncia de un ciudadano sudanés deportado ilegalmente a Turquía. Pero, hasta ahora, nadie ha sido condenado. Dimitris Koros, abogado del GCR, admite que es difícil armar estos casos: “La mayoría de los refugiados devueltos no tienen tiempo ni medios para iniciar un proceso judicial y, además, es casi imposible identificar a quienes participan en las devoluciones ya que van con la cara cubierta y sin identificaciones, y se suelen producir de noche”.

      Entretanto Firas continúa en Estambul, temeroso de que un día lo detengan las autoridades turcas y lo deporten a la misma Siria de la que escapó huyendo de la guerra. Y se sigue preguntando por qué lo echaron de Grecia si tenía derecho a quedarse. “Me sorprendió mucho el nivel de brutalidad que emplearon conmigo. Siempre habíamos escuchado que la Unión Europea era un lugar donde no había violencia y se respetaban los derechos humanos”, se queja.

      https://elpais.com/internacional/2019/03/03/actualidad/1551607634_105978.html

    • Turkish computer science student missing in Evros following failed attempt to escape to Greece

      21-year-old university student #Mahir_Mete_Kul has been missing since the boat he used to cross Evros river between Greece and Turkey capsized on March 24.

      A computer science student at Istanbul’s Beykent University, Kul spent 10 months in prison on charges of membership to the leftist group, Liseli Dev-Genc, and was released 5 months ago with judicial control, media reported. As the court in charge put an overseas travel ban on his passport, Kul embarked on the risky journey to escape Turkey the same way thousands of others have tried over the past two years: crossing the Evros river along Turkey-Greece border in a bid to seek asylum abroad.

      “My son was a pretty young university student. They sent him up to prison. Following his release, they prevented him from going back to the school. As he had a travel ban on his passport, he chose this way [to escape],” Mahir’s mother Araz Kul spoke to Gazete Karinca. Five months ago, the mother left Turkey to Greece due to political reasons too, media said.

      Thousands of people have fled Turkey due to a massive witch-hunt launched by the Justice and Development Party (AK Party) government against all kinds of opposition.

      More than 510,000 people have been detained and some 100,000 including academics, judges, doctors, teachers, lawyers, students, policemen and many from different backgrounds have been put in pre-trial detention since last summer.

      Many tried to escape Turkey via illegal ways as the government cancelled their passports like thousands of others.


      https://turkeypurge.com/turkish-computer-science-student-missing-in-evros-following-failed-atte
      #mourir_aux_frontières #morts #décès #mourir_dans_l'Evros

      L’appel de la mère :
      https://twitter.com/TurkeyPurge/status/1110989355445678080
      https://twitter.com/TurkeyPurge/status/1110990512381530113

      #réfugiés_turcs

    • À la frontière gréco-turque. Empêcher les migrants d’entrer en Europe, sauver ceux qui y parviennent

      Je copie-colle ici la partie dédiée à la région de l’Evros :

      L’Evros, région délaissée par les garde-frontières

      La gare de Marasia semble aussi abandonnée que le village éponyme. Derrière un panneau jaune et rouge signalant le passage de trains à vapeurs, un cours d’eau ruisselle dans le calme. L’Evros, large d’une dizaine de mètres à peine à cet endroit, est la plus longue rivière des Balkans, prenant sa source en Bulgarie pour se jeter dans la mer Égée, près d’Alexandroupoli. Depuis l’accord entre l’Union européenne et la Turquie et la fermeture de la route des Balkans, la pression migratoire sur la Grèce, qui se concentrait ces dernières années sur les îles en mer Égée, se déporte vers l’Evros, frontière naturelle entre la Grèce et la Turquie. “Aujourd’hui, le problème n’est plus à la barrière mais dans la rivière”, atteste Paschalis Siritoudis, le directeur de la police du département d’Orestiada.

      Un effet de vases communicants

      Cette affluence ne l’inquiète pas plus que ça. “De plus en plus de migrants arrivent ces dernières années mais c’est un vieux problème auquel la région est confrontée depuis une vingtaine d’années. Avant la construction de la barrière avec la Turquie (celle-ci longe la frontière sur 12 kilomètres dans une zone militarisée, NdlR), 30 000 migrants passaient chaque année. En 2012, nous avons lancé une opération de surveillance à la frontière, du personnel a été recruté. Les années suivantes, ce nombre est tombé entre 1 000 et 3 000 personnes. En 2018, environ 7 000 ont franchi la frontière. Ces chiffres, même s’ils sont moindres, montrent qu’il y a toujours un problème migratoire ici. Mais le flux est sous contrôle, il n’y a aucune comparaison possible avec la situation avant 2012”, martèle le colonel, d’une voix tonitruante.

      Les chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies (UNHCR) vont bien au-delà de ceux du directorat de police : en 2018, 18 014 personnes sont entrées en Grèce via l’Evros. Presque trois fois plus de personnes (dont une majorité de ressortissants turcs) que l’année précédente.

      Dès qu’une porte se ferme dans la région d’Evros, une fenêtre s’ouvre ailleurs. Et vice-versa. Quand, en juillet 2012, l’opération Aspida (“bouclier” en grec) est lancée, le nombre d’entrées à la frontière gréco-turque chute de manière vertigineuse. La première semaine du mois d’août, 2 000 migrants y sont appréhendés. Quelques mois plus tard, en octobre, moins de 10 personnes sont arrêtées par semaine.

      Les autorités compétentes et Frontex se félicitent du succès de cette opération. Les réjouissances sont cependant de courte durée : face au renforcement des contrôles à la frontière terrestre, les départs en mer se multiplient. “Immédiatement après le déploiement de l’opération Aspida, le nombre de détections de traversées illégales a augmenté, à la fois à la frontière maritime entre la Grèce et la Turquie et à la frontière terrestre avec la Bulgarie”, reconnaît Frontex dans son rapport annuel 2012, d’où sont issus les chiffres précités.

      Sur les 206 km de frontière fluviale entre la Grèce et la Turquie, seuls 12,5 kms sont terrestres et forment ce qu’on appelle le triangle de Karaağaç. C’est sur ce territoire qu’est érigée la barrière. (en rouge sur la carte)

      “Les barrières et les murs sont des solutions court-termistes à des mesures qui ne règlent pas le problème. L’Union européenne ne finane et ne financera pas cette barrière. Ça ne sert à rien.”
      Cecilia Malmström, ex-Commissaire européenne aux Affaires intérieures, février 2011.

      “Le problème n’est plus à la barrière mais dans la rivière” Paschalis Siritoudis, directeur de la police du département d’Orestiada

      Sept ans plus tard, l’opération Aspida est toujours en cours et semble faire la fierté de Paschalis Siritoudis. “Elle est connue dans toute la Grèce, dans toute l’Europe même ! Elle est effectuée avec le support de Frontex”, se félicite-t-il.

      Les officiers de Frontex déployés près d’Orestiada en 2010 (surtout pour identifier les migrants) pour prêter main forte aux Grecs sont partis. Aujourd’hui, l’agence européenne n’est que peu impliquée dans la région : quelques agents travaillent aux check-points et patrouillent avec des policiers et des militaires le long de la barrière de barbelés. “Nous avons parlé avec les autorités grecques pour augmenter notre présence mais la décision leur revient. Nous sommes prêts à intervenir s’ils en ressentent le besoin”, explique Eva Moncure, porte-parole de l’agence.

      À entendre Paschalis Siritoudis, ce n’est pas le cas. “Les officiers grecs qui effectuent l’enregistrement des migrants irréguliers, prennent leurs empreintes digitales et font le débriefing sont plus expérimentés que quiconque en Europe. Ils ont eu affaire à des dizaines de milliers de migrants et leur expertise est reconnue par tous”, s’exclame-t-il, assis derrière son bureau dans le commissariat d’Orestiada.

      De son côté, Frontex fait grand cas de ses compétences. “L’agence mutualise les ressources et fait appel aux États membres pour lui fournir du personnel. Il y a donc un turn-over important dans toutes les missions. Au fil des ans, nous avons toutefois développé une expertise, notamment au niveau de l’examen des documents. Avec quel genre de papiers voyagent les migrants ? Sont-ils faux ? Sont-ils vrais ? Où ont-ils été fabriqués ?”, explique Eva Moncure.

      Soumise à la bonne volonté des États membres, Frontex insiste pour pouvoir déployer ses guest officers. Ne serait-ce que pour partager les informations recueillies aux frontières avec une floppée d’institutions. Du point de vue de l’agence, plus celles-ci circulent, mieux les frontières sont protégées. Ainsi, depuis 2016, date du dernier élargissement du mandat de l’agence, Frontex est habilitée à mener des interviews sur le trafic d’êtres humains et à partager les informations récoltées avec Europol. “Nous n’enquêtons pas. Nous ne faisons que récolter des informations et les transmettons à qui de droit. Comme nous sommes en première ligne, nous pouvons obtenir ces informations plus aisément”, indique Eva Moncure. “Quand on parle de Frontex, tout le monde parle toujours des migrants mais personne ne parle des trafiquants d’êtres humains. Pour résumer, notre boulot est de surveiller les frontières, de venir en aide aux migrants s’ils sont en danger et de les renvoyer dans leur pays s’ils n’ont pas le droit d’asile en Europe. Un autre volet important, c’est de recueillir des informations sur les passeurs, les routes qu’ils utilisent, les connexions qu’ils ont, etc. Il ne faut pas oublier que les personnes qui font monter les migrants dans des bateaux ou qui leur font traverser une rivière ne sont pas des enfants de chœur. Le trafic d’êtres humains rapporte énormément d’argent, bien plus que le trafic de drogues. Le problème, c’est que pour l’instant, la justice arrête les petites mains pendant que les chefs des réseaux se la coulent douce à Dubaï en comptant leurs billets”, poursuit-elle.

      Pour rappel, les officiers ont un pouvoir exécutif lorsqu’ils sont impliqués dans l’enregistrement des migrants : prise d’empreintes digitales, screening (pour établir nationalité des migrants) et vérification des documents d’identité. En outre, ils ne peuvent délivrer de décisions relatives à l’asile puisqu’il s’agit d’un pouvoir régalien.

      Renvoyés en Turquie sur des bateaux

      Dans la région d’Evros, contrairement aux îles grecques, les agents de Frontex ne sont pas en contact avec les migrants et donc pas habilités à collecter des informations sur le trafic d’êtres humains. Laissé entre les mains des autorités grecques, l’enregistrement (et partant, le screening et l’interview) des migrants qui parviennent à entrer dans l’espace Schengen n’y semble pas garanti.

      À ce sujet, deux rapports, publiés en décembre 2018 - l’un par Humans Rights Watch et l’autre par le Greek Council for Refugees (GCR), Human Rights 360 et l’Association for the Social Support of Youth - sont glaçants. Confiscation de biens (“ils jettent nos téléphones dans la rivière”, “ils ont confisqué le lait artificiel pour notre bébé”, “il a déchiré mon certificat de naissance devant moi”) et de vêtements, privation de nourriture et parfois d’eau, fouilles corporelles, violences physiques et verbales… Comble du comble : les migrants seraient reconduits de l’autre côté de la rivière Evros dans des embarcations pneumatiques.

      Ces documents font état d’une pratique courante près de la rivière : le push-back, c’est-à-dire le refoulement des personnes qui franchissent la frontière. Ces expulsions collectives (et illégales) obéissent à un modus operandi bien rôdé, à lire les nombreux témoignages récoltés par ces ONG. “La plupart des incidents partagent trois caractéristiques principales : arrestation par une patrouille de police locale, détention dans des commissariats ou des emplacements informels (entrepôts, gares abandonnées, etc.) proches de la frontière avec la Turquie et remise des migrants par les forces de l’ordre à du personnel non-identifié (dont le visage serait le plus souvent caché par une cagoule, NdlR) qui procède au push-back via la rivière Evros, parfois de manière violente”, décrit Human Rights Watch. Certaines personnes interrogées ont subi plusieurs push-backs avant d’être finalement enregistrées selon la procédure légale.

      Les migrants ne sont pas photographiés, leurs empreintes digitales ne sont pas prises et les raisons de leur arrestation ne leur sont pas expliquées. Sans enregistrement, leur présence dans l’espace Schengen n’est pas attestée et il est donc impossible d’introduire une demande d’asile. Il est en revanche possible d’assurer qu’ils n’ont jamais un pied sur le sol européen.

      Ces allégations sont remontées jusqu’au Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et au Comité européen pour la prévention de la torture qui les ont jugées crédibles. Après une visite en Grèce en avril 2018, le Commissaire a par ailleurs souligné l’absence d’enquêtes sur ce genre de pratiques de la part des autorités grecques.

      Des bateaux et des chaussures d’enfants

      À Marasia, derrière le panneau jaune et rouge signalant le passage de trains à vapeur, un chemin de terre longe une forêt, qui borde l’Evros. Avec l’arrivée du printemps, des fleurs jaunes tapissent ses berges.

      Il ne faut pas marcher bien loin pour découvrir les traces d’un spectacle qui suscite malaise et interrogations. À cent mètres de la gare, une paire de rames a été abandonnée.

      Un peu plus loin, au bord de l’eau, un bateau gris et bleu est recouvert de feuilles mortes. L’inscription “Excursion 5” est écrite dessus en lettres capitales. Cinquante mètres après, un autre bateau jaune et vert se confond avec la couleur des fleurs.

      De retour sur le chemin de terre, des taches de couleur attirent le regard. Ce sont des chaussures. En daim, celles d’un adulte, à côté d’un soutien-gorge et d’un jeans délavé. À côté, deux paires de basket appartiennent à des enfants. Les plus petites, bleues, sont une pointure 26. Leur ancien propriétaire doit avoir entre trois et cinq ans. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été reconduit en Turquie ? Ses compagnons de route ont-ils été interrogés sur le trafic d’êtres humains dont ils ont été victimes ?

      Confronté aux accusations de push-backs menés dans la région, le chef de la police élude d’abord la question et jure que les migrants interceptés sont pris en charge. Avant de finir par admettre que “nous avons reçu des informations sur les push-backs de la part des ONG”.

      Pas suffisamment pour enquêter, comme recommandé par le Commissaire européen aux droits de l’homme et le Comité européen pour la prévention de la torture.

      https://dossiers.lalibre.be/greco-turque/login.php

    • Οργανωμένο σχέδιο ανομίας στον Έβρο καταγγέλλει η « Καμπάνια για το Άσυλο »

      Την κατεπείγουσα διερεύνηση των συνεχιζόμενων καταγγελιών για τις άτυπες επιχειρήσεις επαναπροώθησης προσφύγων στον Έβρο και τον έλεγχο των εμπλεκομένων ζητούν από τους υπουργούς Προστασίας του Πολίτη, Όλγα Γεροβασίλη, Μεταναστευτικής Πολιτικής, Δημήτρη Βίτσα, και Δικαιοσύνης, Μιχάλη Καλογήρου, δέκα οργανώσεις που συμμετέχουν στην « Καμπάνια για το Άσυλο ».

      Σημειώνουν ότι οι υπουργοί είναι υπόλογοι για κάθε καθυστέρηση, η οποία εντείνει την πεποίθηση ότι τα σύνορα στον Έβρο αποτελούν ένα πεδίο εκτός δικαίου και εκτός νόμου και έναν τόπο μαρτυρίου για τους πρόσφυγες.

      Υπογραμμίζουν ότι ο συστηματικός τρόπος και οι ομοιότητες της κακομεταχείρισης παραπέμπουν σε οργανωμένο σχέδιο αποτροπής, στο πλαίσιο του οποίου αναπτύσσονται γενικευμένες πρακτικές, οι οποίες έγιναν πιο εκτεταμένες, συστηματικές και σκληρές μετά την υπογραφή της ευρωτουρκικής συμφωνίας το Μάρτιο του 2016. Και αναφέρουν ότι οι πρακτικές αυτές εμπίπτουν στην αρμοδιότητα της ποινικής δικαιοσύνης και στοιχειοθετούν κατά περίπτωση κακουργήματα (βασανισμός, ληστεία, έκθεση ζωής σε κίνδυνο...).

      Οι οργανώσεις (ΑΡΣΙΣ, Δίκτυο Κοινωνικής Υποστήριξης Προσφύγων και Μεταναστών, ΕΠΣΕ, Ελληνικό Φόρουμ Προσφύγων, Κίνηση για τα Ανθρώπινα Δικαιώματα – Αλληλεγγύη στους Πρόσφυγες Σάμος, Κόσμος χωρίς Πολέμους και Βία, ΛΑΘΡΑ, PRAKSIS, Πρωτοβουλία για τα Δικαιώματα των Κρατουμένων, Υποστήριξη Προσφύγων στο Αιγαίο) κάνουν λόγο για επιδεικτική βαρβαρότητα ένστολων ή μη στην περιοχή και παράνομες ενέργειες οι οποίες αποτελούν αντικείμενο συγκεκριμένων οδηγιών και εντολών. Σημειώνουν ότι το οργανωμένο σχέδιο περιλαμβάνει επίσης τη συγκάλυψη και νομιμοποίηση των εγκληματικών μεθόδων που χρησιμοποιούνται.

      Ολόκληρη η ανακοίνωση της « Καμπάνιας για το Άσυλο » έχει ως εξής :

      Απαξίωση της ανθρώπινης ζωής και της νομιμότητας οι επαναπροωθήσεις στον Έβρο

      Αθήνα, 2 Μαΐου 2019

      Τα σύνορα της χώρας στον Έβρο τείνουν να καταστούν ένας εκτός δικαίου και εκτός νόμου τόπος μαρτυρίου για τους πρόσφυγες που επιχειρούν απελπισμένα να περάσουν στο ευρωπαϊκό έδαφος, στιγματίζοντας τη χώρα μας και τους υπευθύνους για τη διαχείρισή τους.

      Ενώ παρακολουθούμε τους αυξανόμενους πνιγμούς στα σύνορα, οι καταγγελίες προσφύγων για βάρβαρες πρακτικές επαναπροώθησης συνεχίζονται. Εκτός από τον αποτροπιασμό που προκαλούν, δείχνουν επίσης ότι η άσκηση βίας και οι συστηματικές παραβιάσεις δεν αποτελούν μεμονωμένες ατομικές επιλογές, αλλά γενικευμένες πρακτικές που αναπτύσσονται στα πλαίσια ενός σχεδίου αποτροπής και προσπάθειας ενίσχυσης του « μηνύματος » αποθάρρυνσης, που « πρέπει να σταλεί » για την ανάσχεση των προσφυγικών ρευμάτων.

      Όσα εκτενώς καταγράφονται στην κοινή έκθεση του Ελληνικού Συμβούλιου για τους Πρόσφυγες, της ΑΡΣΙΣ και της HumanRights360, που δημοσιεύτηκε πρόσφατα (1), δεν αφήνουν αμφιβολία για την αλήθεια των καταγγελλόμενων. Ο συστηματικός τρόπος και οι ομοιότητες της κακομεταχείρισης παραπέμπουν σε ένα οργανωμένο σχέδιο, η εφαρμογή του οποίου επιτρέπει -αν δεν προτρέπει- παράνομες συμπεριφορές. Οι περίπολοι ενόπλων με ή χωρίς αστυνομικές και στρατιωτικές στολές, μάσκες ή κουκούλες, που μιλούν εκτός από τα ελληνικά και άλλη ευρωπαϊκή γλώσσα (συχνά αναφερόμενη η γερμανική), που δρουν με επιδεικτική βαρβαρότητα ακόμα και μπροστά σε μικρά παιδιά και οικογένειες, βία και κακοποιήσεις, αφαίρεση προσωπικών ειδών και χρημάτων, ρούχων κατά περίπτωση και συχνά υποδημάτων, αφαίρεση ή καταστροφή κινητών τηλεφώνων (για να μην καταγράφεται η παράνομη δράση), μεταφορά σε εγκαταλειμμένες αποθήκες που χρησιμεύουν ως άτυπα κρατητήρια χωρίς τροφή και νερό και χρήση φουσκωτών για την επαναπροώθηση στην Τουρκία, παραπέμπουν σε εκτέλεση συγκεκριμένων οδηγιών και εντολών, που εφαρμόζονται επιλεκτικά σε εφαρμογή προαποφασισμένου σχεδίου, που περιλαμβάνει και τη συγκάλυψη -και κατά συνέπεια νομιμοποίηση- των εγκληματικών μεθόδων που χρησιμοποιούνται κατ’ αυτές.

      Η Καμπάνια για την Πρόσβαση στο Άσυλο καταγγέλλει για ακόμα μια φορά την εφαρμογή των πρακτικών άτυπης επαναπροώθησης που έχουν επεκταθεί και καταστεί σκληρότερες και συστηματικότερες μετά την Κοινή Δήλωση αρχηγών κρατών και κυβερνήσεων ΕΕ-Τουρκίας της 18ης Μαρτίου 2016 και επισημαίνει ότι δεν αποτελούν μόνο σοβαρή παραβίαση των διεθνών υποχρεώσεων της χώρας, αλλά εμπίπτουν στην αρμοδιότητα της ποινικής δικαιοσύνης και στοιχειοθετούν κατά περίπτωση κακουργήματα (βασανισμοί, ληστείες, έκθεση σε κίνδυνο ζωής κ.ά.)

      Ζητάμε να δοθούν απαντήσεις από τις αρχές :

      Ποια σώματα ενεργούν στα σύνορα για την αποτροπή παράτυπων εισόδων.
      Υπάρχει πλαίσιο συγκεκριμένων εντολών για την περίπτωση εντοπισμού, σύλληψης και μεταχείρισης των παράτυπα εισερχόμενων και έλεγχος για τον τρόπο εφαρμογής του από τις περιπόλους ;
      Υπάρχει υποχρέωση καταγραφής των περιπόλων που ενεργούν κατά μήκος του Έβρου και υποχρεωτική αναφορά σχετικά με την πορεία που ακολουθούν καθώς και τις ενέργειες τους ;
      Ελέγχεται από την εκάστοτε προϊσταμένη αρχή η νομιμότητα των ενεργειών αυτών των περιπόλων και η τήρηση των υποχρεώσεων που επιβάλει το διεθνές δίκαιο για την προστασία των προσφύγων ;

      Η Καμπάνια για την Πρόσβαση στο Άσυλο επισημαίνει ότι τα αρμόδια και εμπλεκόμενα Υπουργεία (Προστασίας του Πολίτη, Άμυνας και Μεταναστευτικής Πολιτικής) αλλά και ο Υπουργός Δικαιοσύνης οφείλουν να προβούν με διαδικασίες κατεπείγοντος στη διερεύνηση των καταγγελιών και τον έλεγχο των εμπλεκόμενων σε επιχειρήσεις αποτροπής και είναι υπόλογοι για κάθε καθυστέρηση, καθώς οι συνεχιζόμενες παραβιάσεις, όσο εκφεύγουν από κάθε μορφής έλεγχο, λογοδοσία και τιμωρία, επιβεβαιώνουν την πεποίθηση ότι ο Έβρος είναι ένα εκτεταμένο πεδίο εκτός δικαίου και εκτός νόμου όπου οι πρόσφυγες είτε σπρώχνονται στο θάνατο είτε στα χέρια εγκληματικών οργανώσεων, όπου μπορεί να αναπτύσσεται ανεμπόδιστα το οργανωμένο έγκλημα και όπου η ανθρώπινη ζωή είναι εξαιρετικά φτηνή ακόμη και γι’ αυτούς που είναι υπεύθυνοι να την προστατεύουν.

      https://www.efsyn.gr/node/193572

      Reçu via la mailing-list Migreurop avec ce commentaire :

      10 ONG et associations solidaires somment les Ministres de l’ordre public, de la Politique Migratoire et de la Justice d’ouvrir en toute urgence une enquête concernant les dénonciations répétées d’opérations illégales de refoulement de réfugiés à Evros (frontière fluviale gréco-turque au Nord de la Grèce) ; elles réclament aussi que tous les agents de l’état impliqués dans des telles actions fassent l’objet d’un contrôle.

      Les dix ONG qui font partie de celles ayant lancé la Campagne pour l’accès à l’asile (http://asylum-campaign.blogspot.com) font remarquer que les ministres seront tenus pour responsable de tout empêchement ou retard dans l’enquête, qui renforcerait la conviction que la frontière d’Evros est une zone de non-droit et un haut-lieu de torture pour les réfugiés (tortures, mauvais traitements, vols avec violence, mise en danger de la vie d’autrui).

      Elles soulignent que le mode opératoire quasi-identique de plusieurs opérations de refoulement et les ressemblances dans les mauvais traitements subis par les réfugiés renvoient à un plan organisé et concerté de dissuasion, dans le cadre duquel se déploient de pratiques généralisées qui sont devenus plus fréquentes, plus systématiques et encore plus dures après l’accord UE-Turquie en mars 2016.

      Les organisations Arsis , Réseau de soutien social de réfugiés et de migrants (Diktyo) Observatoire grec pour les accords d’Helsinki (Greek Helsinki Monitor ), Forum grec des réfugiés (Greek Forum of Refugees), Mouvement pour les Droits de l’Homme-Solidarité avec les Réfugiés Samos, Monde sans guerres et violence , « LATHRA » -Comité de Solidarité avec les Réfugiés de Chios, PRAKSIS , Initiative pour les droits de détenus ,

      Soutien aux Réfugiés en Egée (Refugees Support Aegean) parlent de brutalité ostentatoire de la part des policiers et de groupes paramilitaires et d’actions illégales qui ne pourraient être que le fruit de consignes précises et d’ ordres venant d’en haut. Pour les ONG, le recouvrement et la légalisation implicite de méthodes criminelles employées est partie intégrante du plan organisé de push-back.

    • “We were beaten and pushed back by masked men at Turkish-Greek border” – Turkish journalist and asylum seeker

      A group of Turkish political asylum seekers claims that, following their attempt to cross the Turkish border via Evros River in the northeast of Greece on Friday evening, they were pushed back after being beaten by masked men with batons.

      Tugba Ozkan, a journalist in the group, told IPA News on the phone that the group of 15 people fleeing persecution in Turkey crossed the Turkish-Greek border on Friday at 9 pm near Soufli, a town at Evros Regional Unit.

      When they stepped on Greek soil, however, she said a group of masked men beat them and pushed them back across the river to Turkish land, where a post-coup crackdown has persecuted tens of thousands of Turkish nationals since the abortive coup in 2016.

      A family of four from the group, including two children, disappeared after the alleged push-back. Turkish soldiers reportedly arrested the four Turkish nationals, Alpay Akinci (42), Meral Akinci (40), Okan Selim Akinci (11), and Ayse Hilal Akinci (8).

      Trying to hide from Turkish security officers, 11 people, including Ozkan, were attempting to cross the border for the second time.

      “Masked men beat us with batons. We are in a very dire situation. We are afraid to be pushed back again. We need help,” a desperate Ozkan said in dismay.

      The group of asylum seekers managed to cross the Evros safely in their second attempt, she said, and the group was attempting to hide when two Greek police cars found them.

      Greek Police detained the group at around 2 pm on Saturday near the border and took them into custody, according to the Greek Council for Refugees (GCR), a non-governmental organization defending human rights and fighting against illegal push-backs in the region.

      The group applied for asylum in Greece and are expected to be released in a few days after the official registration is done, according to GCR lawyers.
      Push-back: Infamous buzzword of immigration debate glossary

      The practice that notoriously became known as “push-back,” can be defined as ‘the use of force to stop asylum seekers at borders and to return them to the country from which they came.’

      According to official numbers of the United Nations, thousands of asylum seekers and refugees from various nations cross the Turkish-Greek border illegally every year in an attempt to reach Europe to take refuge.

      Many reported push-back incidents have occurred in recent years, but no accurate figures have been revealed yet.

      One of those incidents was the case of Murat Capan, a Turkish journalist who worked for the critical Nokta magazine. According to the narrative of Hellenic League for Human Rights, Capan and a Turkish family with three children crossed the Evros river in May 2017, escaping persecution.

      The Greek police took them into custody where they asked to apply for asylum. Subsequently, they were taken to a UN facility in a van.

      According to the information put forth by Hellenic League, the van met with a car along the road and five masked men dressed in camouflage bound the hands of the Turkish nationals. Two of the masked men then escorted them back to the Turkish side of the border where they were handed over to Turkish soldiers.

      Turkish authorities had already sentenced Capan in absentia to twenty-two and a half years in prison. Following the push-back incident, the security forces sent Capan to prison to serve his term.

      Another incident included 6 Turkish asylum seekers and took place in September 2018. Two Turkish families entered Greece via Evros and as reported by a Turkish journalist in exile, Cevheri Guven, their presence in Greece can be backed by solid evidence.

      One family had their two kids with them and took their photo on a roadside cafe in Alexandroupolis.

      Guven shares the location and picture of the coffee where the photo above had been taken to display that the families were indeed in Greece.

      The families were escorted back to Turkey after appealing for asylum by the Greek police and thrown into the water by the Turkish side, according to Guven. Turkish gendarmerie caught them after hours of walking along the road and 3 adults out of 4 in the group faced arrest.

      The cases of Capan and the Yildiz family crystalize the consequences of the push-back practice, which is a widespread method apparently enforced by Greek security forces working alongside Greece’s border with Turkey, according to the work of several NGOs.

      Greek NGOs, including GCR, HumanRights360, and ARSIS, released a report on the push-back practice in December 2018.

      The report, dubbed “The new normality: Continuous push-backs of third-country nationals on the Evros river,” includes testimonies of 39 people who tried to cross the Evros river to enter Greece, but who were pushed back to Turkey, often violently.

      The report of the NGOs concludes that “the practice of push-backs constitutes a particularly wide-spread practice, often employing violence in the process.”

      GCR, HumanRights360, and ARSIS have urged authorities to take action against the practice, which they label as “a threat to the rule of law” in Greece.

      According to a 2012 ruling of the European Court of Human Rights, push-back policy breaches international law, including the Geneva Convention and the Universal Declaration of Human Rights.

      International laws are clear on peoples’ rights to seek protection from persecution in other countries, and the latter is obliged to process these requests in order to avoid the risk of endangering people who have a legitimate claim to protection.

      https://ipa.news/2019/04/28/we-were-beaten-and-pushed-back-by-masked-men-at-turkish-greek-border-turkish-j

    • Three Kurdish children drown as more refugees try to make their way into Greece

      THREE KURDISH have perished while trying to cross from Turkey into Greece when the boat they were in capsized.

      The children were from the Iraqi Kurdistan capital of Erbil and drowned in Maritsa River.

      “In the early hours of today, around 3 am, a boat carrying thirteen immigrants who wanted to cross from Turkey to Greece through the Evros River overturned and two children drowned. One child died due to the cold weather,” said Ari Jalal, a representative of Federation of Iraqi Refugees in Kurdistan, in an interview with Kurdish Rudaw.

      Jalal further said the body of one child is yet to be found. “The search continues. We are in contact with the consulates of Iraq, Turkey and Greece after the tragic boat incident. The other immigrants were rescued by Greek police,” Jalal said.

      Turkey is used as a key and main route by thousands of refugees who want to cross into Europe through Greece, especially since 2011, when the Syrian civil war began.

      According to Greece police, the number of migrants registered and arrested after crossing the border was 3,543 by last October, an 82% increase over the same month in the preceding year.


      https://ipa.news/2019/02/04/three-kurdish-children-drown-as-more-refugees-try-to-make-their-way-into-greec
      #décès #morts

    • The new normality: Continuous push-backs of third country nationals on the Evros river

      The Greek Council for Refugees, ARSIS-Association for the Social Support of Youth and HumanRights360 publish this report containing 39 testimonies of people who attempted to enter Greece from the Evros border with Turkey, in order to draw the attention of the responsible authorities and public bodies to the frequent practice of push-backs that take place in violation of national, EU law and international law.

      The frequency and repeated nature of the testimonies that come to our attention by people in detention centres, under protective custody, and in reception and identification centres, constitutes evidence of the practice of pushbacks being used extensively and not decreasing, regardless of the silence and denial by the responsible public bodies and authorities, and despite reports and complaints denouncements that have come to light in the recent past.
      The testimonies that follow substantiate a continuous and uninterrupted use of the illegal practice of push-backs. They also reveal an even more alarming array of practices and patterns calling for further investigation; it is particularly alarming that the persons involved in implementing the practice of push-backs speak Greek, as well as other languages, while reportedly wearing either police or military clothing. In short, we observe that the practice of push-backs constitutes a particularly wide-spread practice, often employing violence in the process, leaving the State exposed and posing a threat for the rule of law in the country.
      Τhe organizations signing this report urge the competent authorities to investigate the incidents described, and to refrain from engaging in any similar action that violates Greek, EU law, and International law.

      https://www.gcr.gr/en/news/press-releases-announcements/item/1028-the-new-normality-continuous-push-backs-of-third-country-nationals-on-the-e

      Pour télécharger le #rapport:


      https://www.gcr.gr/en/news/press-releases-announcements/item/download/492_22e904e22458d13aa76e3dce82d4dd23

    • Απάντηση Γεροβασίλη για τις επαναπροωθήσεις

      Επιστολή στον επικεφαλής της Υπατης Αρμοστείας στην Ελλάδα, Φιλίπ Λεκλέρκ, έστειλε η Όλγα Γεροβασίλη απαντώντας στη δική του στην όποια, όπως αναφέρει υπουργός Προστασίας του Πολίτη, « παρατίθενται περιγραφές και μαρτυρίες μεταναστών για περιστατικά και πρακτικές προσώπων, που φέρονται να ανήκουν σε Σώματα Ασφαλείας, στην περιοχή του Έβρου.

       »Συγκεκριμένα, οι αναφορές αφορούν σε άτυπες αναγκαστικές επιστροφές στην Τουρκία, χωρίς την τήρηση των νόμιμων διαδικασιών, σε περιστατικά βίας και σοβαρών παραβιάσεων των ανθρωπίνων δικαιωμάτων, καθώς και σε περιστατικά σύμφωνα με τα οποία δεν επετράπη η πρόσβαση προσφύγων και μεταναστών στο μηχανισμό του ασύλου.

      Η κ. Γεροβασίλη υποστηρίζει πως « οι καταγγελλόμενες συμπεριφορές και πρακτικές ουδόλως υφίστανται ως επιχειρησιακή δραστηριότητα και πρακτική του προσωπικού των Υπηρεσιών Συνοριακής Φύλαξης, το οποίο κυρίως εμπλέκεται σε δράσεις για την αντιμετώπιση του φαινομένου της παράνομης μετανάστευσης στα ελληνοτουρκικά σύνορα. Από την διερεύνηση των μέχρι σήμερα καταγγελλομένων περιστατικών και από τις εσωτερικές έρευνες που έχουν πραγματοποιηθεί από τις αρμόδιες Υπηρεσίες, προκύπτει το συμπέρασμα ότι αυτά δεν δύνανται να επιβεβαιωθούν ».

      Ισχυρίζεται δε ότι « η εμπειρία, ο επαγγελματισμός και το ήθος του αστυνομικού προσωπικού των Υπηρεσιών Συνοριακής Φύλαξης, δεν αφήνουν ουδεμία αμφιβολία ότι το έργο της διαχείρισης συνόρων επιτελείται με υψηλό αίσθημα ευθύνης και ανθρωπισμού. Προς επίρρωση αυτού, σημειώνεται ότι, στον ποταμό Έβρο έχουν λάβει χώρα, πολλές φορές υπό άκρως αντίξοες συνθήκες, επιχειρήσεις διάσωσης μεταναστών που κινδύνευαν από πνιγμό, από το αστυνομικό προσωπικό, το οποίο και με κίνδυνο της ζωής του επιδιώκει την προστασία της ζωής των μεταναστών όταν εγκλωβίζονται σε επικίνδυνα σημεία του ποταμού Έβρου, αποσπώντας θετικά σχόλια από την κοινή γνώμη.

      Επίσης, η υπουργός σημειώνει πως « οι Έλληνες αστυνομικοί που πραγματοποιούν εθνικές επιχειρησιακές δράσεις επιτήρησης συνόρων στην περιοχή του Έβρου, τα τελευταία έτη, υποστηρίζονται από Φιλοξενούμενους Αξιωματούχους διαφόρων ειδικοτήτων, στο πλαίσιο Κοινών Επιχειρήσεων του Frontex που υλοποιούνται στην περιοχή. Ο εν λόγω Ευρωπαϊκός Οργανισμός ενισχύει την επίγνωση της κατάστασης και την επιχειρησιακή ανταπόκριση στα ελληνοτουρκικά χερσαία σύνορα. Σε αυτό το πλαίσιο, ουδέποτε έγινε αναφορά από ξένους Φιλοξενούμενους Αξιωματούχους του Frontex, περιστατικού παράτυπης επαναπροώθησης ή παραβίασης δικαιώματος μεταναστών, με εμπλοκή ελλήνων αστυνομικών ».

      Στην επιστολή επισημαίνεται πως « τόσο σε κεντρικό όσο και σε περιφερειακό επίπεδο, το αστυνομικό προσωπικό λαμβάνει ειδικότερες οδηγίες και διαταγές, ενώ παρακολουθεί και εκπαιδευτικά προγράμματα, σχετικά με την προστασία των θεμελιωδών δικαιωμάτων των μεταναστών, με ιδιαίτερη έμφαση στις ευάλωτες ομάδες. Οι οδηγίες εστιάζουν στην προστασία της ανθρώπινης ζωής και αξιοπρέπειας, την αποφυγή των διακρίσεων, την νόμιμη χρήση βίας και την αρχή της μη-επαναπροώθησης. Σε αυτό το πλαίσιο, το αστυνομικό προσωπικό εποπτεύεται και αξιολογείται σε μόνιμη βάση, από την ιεραρχία του σώματος.

      Τέλος, η κ. Γεροβασίλη υπενθυμίζει ότι « η Ελλάδα έχει διαχειρισθεί αποτελεσματικά, από το 2015 μέχρι και σήμερα, περισσότερους από 1.350.000 πρόσφυγες/μετανάστες, έχοντας ως γνώμονα την προστασία της ανθρώπινης ζωής και αξιοπρέπειας. Ειδικότερα, επισημαίνεται πώς, κατά το πρώτο 4μηνο του 2019 στην περιοχή δικαιοδοσίας των Δ.Α. Ορεστιάδας και Αλεξανδρούπολης έχουν πραγματοποιηθεί 3.130 συλλήψεις υπηκόων τρίτων χωρών, γεγονός που έρχεται σε αντίθεση με τις καταγγελίες περί επαναπροωθήσεων. Επιπλέον και κατά το συγκεκριμένο χρονικό διάστημα που αναφέρεται στις καταγγελίες (25-29.04.2019), πραγματοποιήθηκαν στην συγκεκριμένη περιοχή 101 συλλήψεις υπηκόων τρίτων χωρών ».

      https://www.efsyn.gr/node/193868

      Traduction de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migreurop :

      La ministre grecque de Protection du Citoyen (euphémisme pour l’Ordre Public) Olga Gerovassili a démenti les accusations de refoulements illégaux à Evros –frontière nord-est de la Grèce avec la Turquie. En réponse à la lettre que lui avait adressée Philippe Leclerc, représentant de l’UNHCR en Grèce, où celui-ci évoque des témoignages des migrants concernant des mauvais traitements et des refoulements effectués par des forces de sécurité de la région d’Evros, la ministre a tout nié en bloc.

      Philippe Leclerc faisait état des témoignages qui dénoncent d’une part des renvois forcés vers la Turquie, sans que les procédures légales soient respectées, et d’autre part des violences et des violations graves des droits humains, ainsi que des cas où on a interdit aux réfugiés et aux migrants l’accès au mécanisme de l’asile.

      Mme Gerovassili soutient que « les comportements et les pratiques dénoncées ne font nullement partie des modes opératoires et des pratiques du personnel de la Garde-Frontière, qui est surtout impliqué à des actions de contrôle du phénomène d’immigration illégale aux frontières gréco-turques. L’investigation des incidents dénoncés jusqu’à aujourd’hui et les enquêtes internes réalisées par les services compétents ont conduit à la conclusion que ces incidents ne peuvent pas être confirmés ».

      La ministre prétend que « l’expérience, le professionnalisme et l’éthos du personnel policier de la Garde-Frontière, ne laissent aucun doute sur le fait qu’ils opèrent avec un très haut sens de responsabilité et d’humanisme. Pour corroborer ce fait, elle souligne le fait qu’à Evros des opérations de sauvetage ont eu lieu plusieurs fois sous de conditions extrêmement dangereuses : les policiers opèrent au péril de leur propre vie pour la protection de la vie des migrants, lorsque ceux-ci sont bloqués à des endroits dangereux du fleuve Evros.

      La ministre ajoute que les officiers de Frontex qui sont impliqués dans des opérations conjointes avec les policiers grecs n’ont jamais dénoncé des cas de refoulement illégal ou de violation de droit de migrants de la part des agents grecs.

      Dans la lettre que la ministre a adressée à Philippe Leclerc, il est dit que le personnel policier agit sous des consignes et ordres spécifiques, tandis qu’il est souvent amené à suivre des programmes de formation spécifiques à la protection des droits fondamentaux de migrants. D’après la ministre, les consignes données mettent en avant la nécessité de protéger la vie et la dignité humaine, d’éviter toute discrimination, de s’en tenir à l’usage légal de la violence et au principe du non-refoulement. « Dans ce cadre, les agents de police sont contrôlés et évalués en continu, par leurs supérieurs hiérarchiques », dit la ministre.

      Enfin Mme Gerovassili met en avant le fait que 3.130 arrestations de ressortissants de pays tiers ont été effectuées pendant les quatre premiers mois de 2019 dans les régions d’Orestiada et d’Alexandroupolis- proches d’Evros- ce qui, d’après la ministre, contredit les accusations de refoulements illégaux. « Qui plus est, pendant la période précise où les faits dénoncés auraient pu avoir lieu (25-29.04.2019), 101 arrestations de ressortissants de pays tiers ont eu lieu dans cette région ».

      Avec ce commentaire :

      N’en déplaise à la ministre, les faits sont têtus et aucun démenti ne saurait entamer la crédibilité de rapports des ONG et des témoignages comme ceux par ex. rapportés par le Conseil Grec pour les Réfugiés

      https://www.gcr.gr/en/news/press-releases-announcements/item/1067-gcr-and-cear-publish-a-joint-video-documenting-the-harsh-reality-of-pushbac

    • Εvros Pushbacks

      The Greek Council for Refugees and CEAR (C​omisión Española de Ayuda al Refugiado), with the support of the Municipality of Madrid, publish together a video on pushbacks in Evros, today, March 20, three years since the implementation of the EU-Turkey Joint Statement, of which the consequences are obvious in Greece’s northern border, as well as on the Eastern Aegean islands. The shattering testimonies of people who attempted to enter Greece from the Turkish border and were violently pushed back to Turkey, without ever being given the opportunity to apply for asylum, reveal the systematic nature of the pushbacks practice, in direct violation of Greek, EU and international law.

      https://www.youtube.com/watch?v=LAyuOlohOss


      #routes_migratoires #accord_UE-Turquie #parcours_migratoires #Pavlos_Pavlidis #identification #corps

      Le #cimetière :


      ... qui ne semble plus être le même que celui qu’on avait visité en 2012 :

    • Ces migrants mystérieusement refoulés de Grèce en Turquie

      C’est un sujet qui, régulièrement, vient mettre en porte-à-faux les autorités grecques : l’accueil des migrants qui traversent le fleuve Evros. Frontière entre la Turquie et la Grèce, ce fleuve sert de point d’entrée en Europe pour les migrants venus d’Asie, d’Afrique ou tout simplement de Turquie.

      Et si la traversée du fleuve n’est pas insurmontable, en revanche, les conditions d’accueil sont sujettes à critique par les ONG et même par les migrants.

      L’équipe d’euronews à Athènes en a rencontrés. Ils racontent comment les policiers grecs ont pour habitude de les refouler, sans ménagement.

      Mikail est turc, demandeur d’asile en Grèce. Il explique qu’il a traversé le fleuve avec un groupe de 11 personnes. Lorsqu’ils sont arrivés sur le sol grec, des policiers les ont arrêtés. « Les types portaient des tenues militaires, raconte-t-il. Et ils avaient des matraques. On aurait dit qu’ils partaient en guerre. Nous, on a essayé de comprendre pourquoi ils se comportaient ainsi. Ils nous ont simplement dit : "On va vous renvoyer chez vous". »

      « Mes enfants étaient à côté de moi, ajoute Gulay, réfugiée turque_. Ils m’ont dit : "Maman, y vont nous tuer ?" Je leur ai dit : "Non, ils ne vont pas nous tuer. Ils veulent juste nous renvoyer en Turquie"._ »

      Le groupe de ces 11 migrants parviendra malgré tout à rester en Grèce. D’autres n’ont pas eu cette chance.

      Le 4 mai, trois personnes, deux hommes et une jeune femme, ont traversé le fleuve. Craignant d’être refoulés, ils ont prévenu un proche vivant déjà en Grèce ainsi qu’un avocat. Ils ont envoyé une photo prise dans la ville de #Nea_Vyssa.


      https://twitter.com/zubeyirkoculu/status/1124764045024821249?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed&ref_url=https

      Ils ont ensuite été emmenés dans un commissariat de police à Neo Xeimonio. Et là, on a perdu leur trace. On a appris plus tard qu’ils avaient été renvoyés en Turquie, et qu’ils étaient désormais emprisonnés dans la ville turque d’Edirne.

      Ishan, le frère de la jeune femme raconte qu’il est allé au commissariat de police pour savoir ce qui était advenue de sa sœur. « Je leur ai dit : "je sais que ma sœur a été arrêtée et qu’elle était ici". Ils m’ont juste dit : "On n’est au courant de rien". »

      « Nous avons sollicité les autorités grecques pour en savoir davantage sur cette affaire, ajoute Michalis Arampatzoglou, journaliste d’euronews . Le ministère de la Protection civile a dit n’avoir aucune information sur cet incident. Pour autant, des cas comme celui-là, il y en a de plus en plus. Les avocats des victimes comptent engager des poursuites judiciaires, pour que enquêtes soient menées et que la lumière soit faite. »

      https://fr.euronews.com/2019/05/16/ces-migrants-mysterieusement-refoules-de-grece-en-turquie


    • https://twitter.com/zubeyirkoculu/status/1124764045024821249?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed&ref_url=https

      Je copie-colle ici le thread twitter:

      Breaking: 3 Turkish nationals, Kamil Y, Ayse E, Talip N, have crossed the Turkish-Greek border through Evros on May 4 at 5 am, they were taken into custody at #Xeimonio police station. A family member and a lawyer in the region, however, were told by the Police they are absent.
      Ms. Ayse E. sent her location at Xeimonio before they were detained, she also shared a video urging Greek authorities to stop any possible push-back.
      We are Turkish political asylum seekers. We fled persecution back in Turkey and crossed Evros on May 4 at 5 am. We are hiding near Nea Vyssa in fear of push-back. We urge the United Nations and Greek authorities to protect us from being pushed back."

      The latest live location Ms. Ayse shared with me was from #Xeimonia Police station which proves 3 Turkish asylum seekers taken into custody. The Greek police currently inform their lawyer that there are no such persons in the custody which might mean another push-back on the way.

    • ’Masked men beat us with batons’: Greece accused of violent asylum seeker pushbacks

      Scores of Turkish asylum seekers have been pushed back — sometimes violently — from Greece in the last three weeks, lawyers and family members told Euronews.

      Witnesses claim various groups of masked men in military uniform, as well as those in plain clothes collaborating with the police, used physical force against those who resisted.

      There have been 82 people from Turkey, including children, that have sought political asylum in neighbouring Greece and been sent back since April 23.

      Around half have been detained or arrested by Turkish authorities upon their return to their home country on terrorism charges.

      They have been linked to the Gulen Movement, which Ankara blames for the failed 2016 coup, or the Kurdistan Workers’ Party (PKK), who have been involved in an armed struggle with the Turkish state over independence.

      The European Commission has urged Greece to follow up on the allegations that Euronews has detailed in this article.

      ’Violently pushed back’

      “We are Turkish political asylum seekers,” began Ayse Erdogan in a video she sent to a family member.

      “We fled persecution in Turkey and crossed [at] Evros on May 4, at 5 am. We are hiding near Nea Vyssa [on the Greek-Turkey land border] in fear of a push back. We urge the United Nations and Greek authorities to protect us from being pushed back.”

      Ayse, who had crossed the border with friends Kamil and Talip, was picked up by Greek police and taken into custody at a police station in the village of Nea Cheimonio. Hours later, Ayse would be part of a group of migrants that were allegedly violently pushed back to Turkey by Greek police.

      Nea Cheimonio was the last place that Ayse’s family was able to pick up a location signal from her phone.

      The same day, accompanied by a lawyer, Ayse’s twin brother, Ihsan Erdogan, who is a registered asylum seeker in Greece, went to the police station in Nea Cheimonio, based on her last location information. He was told his sister and her friends had never been held there.

      On May 5, Ihsan received a phone call from a family member saying his sister had been imprisoned by a court in the northwestern province of Edirne, over the border in Turkey.

      The relative had spoken to Ayse, who said her Turkish group, along with a number of Syrians, had been handed over to a group of masked men soon after they left the police station in Nea Cheimonio. Greek police, she claimed, seized their belongings including her phone.

      Ihsan rues that his sister was seemingly sent back just before he arrived in Nea Cheimonio. “I urge Greek authorities not to send others like my sister back to prison,” he told Euronews.
      ’Masked men beat us with batons’

      Freshly-graduated as a mathematics teacher, Ayse had spent 28 months in prison over alleged affiliation with the Gulen Movement, an organisation Turkish authorities have outlawed.

      Hundreds of people were arrested in the aftermath of the failed putsch in 2016 and accused of links to US-based Muslim cleric Fethullah Gulen.

      Ayse was not the only political asylum seeker allegedly sent back to Turkey in what appears to be a violation of international asylum law.

      On April 26 this year, at Soufli, a border town near Evros River, a group of 11 people — including three children, a pregnant woman and another one that was disabled — was sent back by masked men after being beaten violently, according to a journalist in the group.

      “Masked men beat us with batons,” said Tugba Ozkan, who is 28 and pregnant. "We are in a very dire situation. We are afraid to be pushed back again. We need help.

      “I had forgotten about my pregnancy,” she added. “I tried to stop Greek police by moving ahead but they pushed me, too. It was unbelievable and unforgettable to see my husband beaten in front of my eyes.”
      No acknowledgement from Athens

      According to the account of the group, the police cooperated with a group of masked men who forced them to return to Turkey. The group managed to cross the border again the next day, only to be detained officially and come face-to-face with a police officer who had pushed them back at Soufli. They were released under the protection of a UNHCR officer on April 30.

      Greek NGOs published reports last year with testimonies from people from various nationalities who were allegedly sent back to Turkey via Evros after being beaten by masked men.

      The UN’s refugee agency (UNHCR) and the Commissioner for Human Rights of the Council of Europe urged Greek authorities to investigate those reports.

      The claims of violent push back operations at Evros river, however, have never ended. None have been officially acknowledged by Athens.

      Greece police declined to comment after requests by Euronews regarding the latest push back allegations.

      A European Commission spokesman, speaking to Euronews, said that they were aware of the recent push back claims.

      “The Commission expects that the Greek authorities will follow up on the specific allegations and will continue to closely monitor the situation,” he said.

      https://www.euronews.com/2019/05/11/masked-men-beat-us-with-batons-greece-accused-of-violent-asylum-seeker-pus

    • Migrants tortured by Greek police, illegally pushed back to Turkey

      Three migrants allegedly tortured by Greek security forces and illegally pushed back to neighboring Turkey were found by Turkish border units and are being provided medical treatment in northwestern Edirne province.

      Iraqi national Ibrahim Khidir (35) and Egyptian nationals Hassan Mahmoud (18) and Ahmed Samir (26) were found in a rural area, half-naked and exhausted with deep marks from plastic bullets and battering on their bodies. They were taken under protection by soldiers, who gave first aid to the migrants before handing them over to the provincial migration management directorate.

      The migrants told reporters that they crossed into Greece with a group of seven other illegal migrants after making arrangements with human smugglers in Istanbul’s Esenyurt district. They were held by the Greek police at the coach station in the border district of Didymoteicho while trying to travel to Thessaloniki. They were then taken to a local police station, where they spent two days along with 35 other illegal migrants and were denied any food.

      The migrants said they were divided into groups of 10 and boarded boats with two Greek police officers accompanying each and six officers watching guard. They were pushed back to Turkey through the Maritsa River (Meriç in Turkish, or Evros in Greek) forming the border with Greece.

      The violence that began at the police station, which included battering with truncheons, shooting with plastic bullets and electroshocks, continued at the riverside and on the boats.

      Khidir told reporters that Greek security forces captured him in Didymoteicho and tortured him with electroshocks, rear-handcuffing and plastic bullets fired at his body. His clothes and money were taken when he was detained.

      Turkish soldiers treated them very well and took care that they received treatment, according Khidir.

      Mahmoud and Samir also said that they were pushed back to Turkey after being stripped of their clothes and beaten up.

      Under international laws and conventions, Greece is obliged to register any illegal migrants entering its territory; yet, this is not the case for thousands of migrants were forcibly returned to Turkey especially since the beginning of refugee influx into Europe in 2015. Security sources say that accounts of migrants interviewed by Turkish migration authority staff and social workers show that they were subjected to torture, theft and other human rights abuses. Several migrants were also found frozen to death after being left in desolate areas.

      Similar incidents have also taken place on the Aegean, in which migrants and Turkish locals accused the Greek coast guard of deflating their boats or re-routing them back to Turkish territorial waters.

      Turkey and the European Union signed a deal in 2016 to curb illegal immigration through the dangerous Aegean Sea route from Turkey to Greece. Under the deal, Greece sends back migrants held in the Aegean islands they crossed to from nearby Turkish shores and in return, EU countries receive a number of Syrian migrants legally. The deal, reinforced with an escalated crackdown on human smugglers and more patrols in the Aegean, significantly decreased the number of illegal crossings.

      Bulgarian border authorities were also accused of abuses targeting migrants and pushing them back to Turkey in several incidents.

      However, some desperate migrants still take the route across the better-policed land border between Turkey, Greece and Bulgaria, especially in winter months when a safe journey through the Aegean is nearly impossible aboard dinghies.

      https://www.dailysabah.com/turkey/2019/05/30/migrants-tortured-by-greek-police-illegally-pushed-back-to-turkey/amp
      #torture

    • Greece continues to push asylum seekers back to Turkey

      Greek border forces along the Evros River pushed 59 migrants back into Turkey on Friday morning, signaling the continuation of a policy that started before the arrival of the new government.

      The pushback was reported by Zübeyir Koçulu, an Athens-based Turkish journalist who tweeted, “It seems nothing has changed on the Evros regarding pushbacks following a recent government change in Greece.”

      A total of 59 asylum seekers, nine of them Turkish and the remainder Afghans, Syrians and Somalis, were illegally sent back to Turkey, according to Koçulu.

      “The Greek police collected the group soon after their arrival and held them in custody at the Tychero police station for four hours,” he said. “After seizing their phones, security officers pushed the 59 people through the river near Soufli by force, perpetrating violence, according to witnesses.”

      He further claimed that Turkish political asylum seekers in the group were detained by Turkish security forces soon after the pushback. Three children in the group were delivered to their relatives.

      The Evros River, which forms most of the land border between the two countries, was one of the main routes used by Turkish asylum seekers fleeing government persecution as well as migrants of other nationalities until a series of violent pushback operations a few months ago stopped the flow.

      “Ironically, Kyriakos Mitsotakis, the new PM of Greece, fled with his parents into exile in Turkey when he was a year old in 1968 during the Greek junta,” Koçulu said. “He knows what it is to be a migrant from his own experience.”

      https://www.turkishminute.com/2019/07/21/greece-continues-to-push-asylum-seekers-back-to-turkey

  • In una parte del cimitero di #Armo, piccolo paesino della Calabria, 80 tombe di migranti morti in mare.
    Di questi tempi bui, la memoria dei vivi sugli effetti delle politiche che provocano morti, è cosa fondamentale.


    #Calabre #mourir_en_mer #décès #tombes #cimetière #morts #Italie

    Photos de Sara Prestianni, partagées sur sa page FB :
    https://www.facebook.com/prestianni.sara/posts/10216262972315010

    cc @isskein

  • Simicoundza Simicourba... Sitarane ! - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/Simicoundza-Simicourba.html

    #Simicoundza #Simicourba. Sa in nom na point bon peu de monn i connaît. Et Pierre Elie #Calendrin, zot i connaît qui sa i lé ? Pourtant ala deux nom la fait tranm toute de moune #laRéunion. Ala le zistoire ek in #vidéo...

    #sorcier #criminel #crime #sang #cimetière #guillotine #sitarane

  • Re-inhabiting No-Man’s Land. FROM DEAD ZONES TO LIVING SPACES

    Nearing the centenary of the First World War, this project explores the ongoing relevance of no-man’s lands in the 21st century. Rather than merely empty, divisive spaces, the project considers the material substance of no-man’s lands, their changing social-cultural meaning and their relevance as productive political and geopolitical spaces.

    As a figure of speech, No-Man’s Land is applied to anywhere from derelict inner-city districts and #buffer-zones to ‘ungovernable’ regions and tax havens. But what is no-man’s land? What are the conditions that produce it? How is it administered? What sort of human activities do no-man’s lands harbour? These are the questions that prompt us to think about the no-man’s lands not as dead zones, but as living spaces.

    https://nmlproject.com/about
    #géographie #histoire #espace #cimetière #toponymie (apparemment le mot « no-man’s land » tire son origine d’un cimetière à la périphérie de Londres utilisant durant la peste")

    Conférence « The City Talks : #Noam_Leshem on Rethinking No Man’s Land : Sanctuaries in the Urban Dead Zone »
    https://www.youtube.com/watch?v=iIZuUeTKHjU


    #vie #mort

  • Qui a tué Rico Carpaye ? - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/qui-a-tue-rico-carpaye-2155.html

    « Tu es #pauvre. Ils sont puissants », déclare #PaulVergès dans un #cimetière, au milieu d’une foule prise entre #colère et #chagrin alors que tombe la nuit, ce #16mars 1978. Deux jours auparavant, le #14mars 1978, il y a quarante ans, #RicoCarpaye, Portois de 17 ans, trouvait la #mort au carrefour du Sacré-Cœur sous les roues d’une camionnette conduite par un #nervi. Son ou ses #assassins n’ont pas été poursuivis par la #Justice.

    #LaReunion #politique #violence

  • Il faut trouver le soldat Médine !
    http://labrique.net/index.php/thematiques/immigration/953-il-faut-trouver-le-soldat-medine-3

    2 Septembre 1939 : l’ordre de mobilisation générale appelle les patriotes à une énième boucherie à la gloire de la religion drapeautique. Ah ça, quand il faut sonner le clairon, nos dirigeants va-t’en guerre répondent toujours « présents ! » Quand il s’agit d’aller crever dans une tranchée par contre y’a plus personne, si ce n’est les prolos et les troupes coloniales ! Aujourd’hui, les descendant.es des tirailleurs africains vivent avec bien peu d’informations sur le parcours de leurs ancêtres. Lorsque Bouchra se met en tête de retrouver la trace de son arrière-grand-père, elle découvre comment l’État français profite de l’oubli des familles pour économiser sur l’entretien des tombes d’anciens (...)

    #En_vedette #Immigration