• Les #circulations en #santé : des #produits, des #savoirs, des #personnes en mouvement

    Les circulations en santé sont constituées d’une multitude de formes de mouvements et impliquent aussi bien des savoirs, des #normes_médicales, des produits de santé, des patients et des thérapeutes. L’objectif de ce dossier consiste ainsi à mieux saisir la manière dont les #corps, les #connaissances_médicales, les produits se transforment pendant et à l’issue des circulations. Ouvert sans limite de temps, ce dossier thématique se veut un espace pour documenter ces circulations plus ordinaires dans le champ de la santé.

    Sommaire :

    BLOUIN GENEST Gabriel, SHERROD Rebecca : Géographie virale et risques globaux : la circulation des risques sanitaires dans le contexte de la gouvernance globale de la santé.

    BROSSARD ANTONIELLI Alila : La production locale de #médicaments_génériques au #Mozambique à la croisée des circulations de #savoirs_pharmaceutiques.

    PETIT Véronique : Circulations et quêtes thérapeutiques en #santé_mentale au #Sénégal.

    TAREAU Marc-Alexandre, DEJOUHANET Lucie, PALISSE Marianne, ODONNE Guillaume : Circulations et échanges de plantes et de savoirs phyto-médicinaux sur la frontière franco-brésilienne.

    TISSERAND Chloé : Médecine à la frontière : le recours aux professionnels de santé afghans en contexte d’urgence humanitaire.

    #Calais #réfugiés_afghans #humanitaire #PASS #soins #accès_aux_soins

    https://rfst.hypotheses.org/les-circulations-en-sante-des-produits-des-savoirs-des-personnes-en
    #Brésil #humanitaire #Brésil #Guyane

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  • Visualizing mobility data : the scalability challenge
    https://medium.com/teralytics/visualizing-mobility-data-the-scalability-challenge-2575fe819702

    Understanding mobility patterns is important for urban and transportation planning, as well as for development of smart city initiatives. It’s also relevant for migration studies, epidemiology, ecology and disaster response. At our company, Teralytics, we help transportation planners and mobility providers meet people’s ever-changing travel needs, and we use exploratory visualization tools to bring to life our mobility insights.

    #cartographie #visualisation #statistiques #données #mobilité #transports #circulation

  • L’UE veut sophistiquer la surveillance de ses frontières boisées…

    La Commission Européenne veut améliorer la détection des passages à ses frontières densément boisées, difficiles à surveiller par des patrouilles.
    Le projet de recherche sur la sécurité FOLDOUT (through FOliage Detection in the inner and OUTermost regions of the EU) doit tester une combinaison de différentes technologies avec des caméras, des radars, des détecteurs de mouvement, des capteurs électromagnétiques et des microphones.

    Y participent : Autriche, France (Thales), Bulgarie, Finlande, Lituanie, Pologne. Il coute 8 millions d’euros. Les tests commencent en 2021 (frontières bulgaro-turc, puis greco-turc, finlandaise et guyanaise).

    […]
    Die Grenzabschnitte werden zunächst mit konventionellen Systemen überwacht, darunter Kameras, akustische oder Bewegungsdetektoren. Dabei soll etwa „verdächtiger Autoverkehr“ festgestellt werden. Die verschiedenen Sensoren sind in einem gemeinsamen Gehäuse verbaut. Die Behörden wollen sich außerdem die mitgeführten Handys von Geflüchteten zunutze machen. Wird ein Telefon in einer bestimmten Funkzelle festgestellt, erfolgt eine Ortung des Geräts.
    Geostationäre Beobachtung aus 20 Kilometer Höhe
    Anschließend kann eine Kaskade weiterer Maßnahmen in Gang gesetzt werden, darunter die Beobachtung aus dem All und aus der Luft. Dabei sollen auch Radarsatelliten eingesetzt werden, deren Bilder Laub durchdringen können. Werden Personen geortet, können diese mit Drohnen aufgespürt werden. Auch die unbemannten Luftfahrzeuge befördern kleine Radarsensoren oder Wärmebildkameras. Am Ende erfolgt der Zugriff durch die zuständige Grenzpolizei.
    FOLDOUT könnte auch zur dauerhaften Überwachung einer bestimmten Region genutzt werden. Dabei würde die Überwachungstechnik an „stratosphärische Plattformen“ montiert, wie sie von einigen Rüstungsfirmen derzeit entwickelt werden. Die geostationären Anlagen fliegen in rund 20 Kilometer Höhe und bieten daher eine deutlich höhere Auflösung als die Erdbeobachtung per Satellit. Der an FOLDOUT beteiligte Konzern Thales vermarktet ein solches System unter dem Namen „Stratobus“.
    […]

    https://www.heise.de/tp/features/Grenze-zur-Tuerkei-EU-Kommission-will-Gefluechtete-mit-Laubdurchdringung-aufsp
    https://foldout.eu

    #Union_Européenne #frontière #forteresse #surveillance #FOLDOUT #circulation

  • #Achille_Mbembe : peut-on être étranger chez soi ?

    L’#Afrique doit être la première à libérer les circulations, à élaguer les frontières héritées de la colonisation, à refonder entièrement la politique des visas d’un pays à l’autre du continent. Pour ne plus dépendre des diktats de l’Europe et fonder enfin un droit à l’#hospitalité.

    De nos jours, l’une des manières de vulnérabiliser des millions de gens est de les empêcher de bouger.
    De fait, la structuration contemporaine de notre monde est de plus en plus fondée sur une répartition inégale des capacités de mobilité et de circulation, ainsi que de cette ressource qu’est désormais la vitesse.
    De ce point de vue, l’Afrique est doublement pénalisée, du dehors comme du dedans.
    Elle est pénalisée du dehors parce que les Africains ne sont les bienvenus nulle part dans le monde. Il n’y a pas un seul pays au monde où des Africains ou des gens d’origine africaine arrivent, peu importe par quels moyens, et sont accueillis au son des tambours et des trompettes. Partout où ils font leur apparition, ils sont les plus exposés à toutes sortes d’entraves, à l’incarcération et à la déportation (1). En vérité, très peu de pays au monde veulent des Africains ou des personnes d’origine africaine parmi eux.
    Elle est pénalisée du dehors parce qu’un nouveau régime global de mobilité est en train de se mettre en place. Il participe d’une nouvelle partition de la Terre. Il est une dimension fondamentale de la nouvelle course pour la domination du cosmos (des régions polaires, des océans, des déserts, des continents extraterrestres).
    Un pacte continental

    Ce nouveau régime de gouvernement des mobilités humaines repose sur des dispositifs de sécurité qui sont de plus en plus électroniques, biométriques, de plus en plus militarisés. Ces dispositifs sont aussi et de plus en plus somatiques, dans le sens où leurs cibles principales, ce sont des corps rendus abjects, jugés de trop, qui ne comptent pas, et que l’on est en droit de neutraliser. De gré ou de force, ces corps sont donc appelés à déguerpir des espaces qu’ils occupent.
    Ce nouveau régime repose enfin sur l’externalisation des frontières. Ainsi de l’Europe dont les frontières s’étendent désormais bien loin de la Méditerranée. En étendant ses frontières au-delà de la Méditerranée et en les rendant mobiles, l’Europe cherche en réalité à abroger la souveraineté des Etats africains sur la gestion de leurs populations, qu’il s’agisse de la gestion du nombre (d’où la relance des débats sur la démographie africaine) et de la gestion des mouvements (qui peut bouger, qui ne doit pas bouger, qui ne peut bouger qu’à certaines conditions).
    Mais l’Afrique est aussi pénalisée du dedans par le fait que nous sommes le continent au monde qui compte le plus grand nombre de frontières internes. C’est ici que la taxe sur la mobilité est la plus chère au monde. Il faut donc élaguer les frontières.
    Libérer les circulations est devenu un impératif. Il y va non seulement de la survie de millions de nos gens, mais aussi de la réaffirmation de notre souveraineté. Comment le faire de façon pragmatique ?
    Il faut rouvrir le débat sur le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Ce principe fut ratifié par les Etats africains en 1963 au moment de la fondation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Ce faisant, les Africains endossèrent la partition du continent opérée lors de la conférence de Berlin en 1884 par les puissances européennes.
    Il faut rouvrir ce débat dans la mesure où ce principe d’intangibilité, qui était supposé consacrer la souveraineté des Etats nationaux, est désormais un facteur d’émasculation de cette souveraineté dans le contexte des politiques antimigratoires poursuivies par l’Europe.
    Il faut le rouvrir non pas pour abolir dans l’immédiat les frontières héritées de la colonisation, mais pour définir des étapes concrètes visant à atteindre cet objectif d’ici à 2050.
    Nous avons besoin de définir, pour nous, notre propre politique migratoire. Celle-ci ne doit pas dépendre des diktats de l’Europe. Ceci exige la mise en place d’un pacte continental sur les migrations intra-africaines. L’objectif de ce pacte serait de transformer le continent en un vaste espace de circulation pour tous ses enfants.
    Des expériences ont déjà cours et vont dans ce sens, notamment dans plusieurs parties de l’Afrique de l’Ouest.
    Dans l’immédiat, il nous faut déclarer un moratoire sur les déportations. Il nous faut mettre un terme à la longue histoire des déportations et des déplacements forcés sur ce continent. Il faut arrêter les déportations. Nous devons, en ce siècle, mettre un terme à cette horrible pratique qui aura confiné les Africains à ne jamais se déplacer que dans des chaînes. Il faut désenchaîner les corps noirs, arrêter de les souiller, et ouvrir, pour nous-mêmes, une nouvelle page de notre longue lutte pour l’affranchissement et la dignité.
    Plus concrètement encore, nous devons procéder à une refonte générale de la politique des visas à l’intérieur de l’Afrique. Les nouvelles technologies nous permettent, par exemple, de passer à un nouveau stade où chaque détenteur d’un passeport africain qui voyage à l’intérieur du continent se verrait octroyer un visa à l’arrivée.
    Il nous faut encourager les Etats à passer des accords réciproques qui permettent d’abroger les visas entre eux.
    Cette phase de détente devrait ouvrir la voie à des changements plus structurels et à long terme. Elaguer puis moderniser les frontières, dans le sens de les rendre plus fluides, afin qu’elles puissent favoriser le passage et la flexibilité.
    Un énorme travail est à faire de ce point de vue en matière de modernisation des régimes d’identité. Que d’ici à 2050 chaque Africain puisse disposer d’un acte de naissance, d’une carte d’identité, bref de documents biométriques virtuellement infalsifiables. Si au passage un tel effort aboutit à élargir le champ des surveillances, ce sera le modique prix à payer pour intensifier les circulations internes.
    Aller au-delà des lumières

    Le recours aux nouvelles technologies nous permettra également de mettre en place des bases de données que les Etats pourront partager entre eux dans le but de diminuer les risques, car ceux-ci existent. En matière d’échanges commerciaux, l’une des priorités est l’instauration de postes douaniers uniques qui permettraient d’alléger la contrebande aux frontières.
    L’Afrique doit sortir du paradigme de la clôture et de l’enfermement qui anime la politique antimigratoire de l’Union européenne. Nous devons aller au-delà des notions héritées des Lumières, à l’instar du « droit d’hospitalité ». En matière de traitement des étrangers et des hôtes, nos traditions philosophiques ont toujours reposé sur un socle anthropologique élargi. Le sociologue marocain Mehdi Alioua a ainsi montré comment, dans les oasis du désert saharien, une tradition multiséculaire d’hospitalité a longtemps prévalu.
    Elle reposait sur une agriculture qui soutenait cette hospitalité. Faute de palmiers, arbres fruitiers et légumineuses étaient mis à contribution. Une partie des récoltes était toujours épargnée. Des protéines et calories étaient réservées pour les voyageurs, mais aussi les oiseaux et les insectes qui arrivaient à l’improviste, surtout en cas de disette.
    Que dire du droit à une demeure (right of abode) inscrit dans la Constitution ghanéenne ? Il s’agit du droit à un abri, le droit sinon à un chez-soi, du moins à un lieu que l’on peut habiter en tout repos.
    Dans le cas ghanéen, les bénéficiaires d’un tel droit sont essentiellement des personnes de descendance africaine dont les ancêtres furent autrefois déportés à l’époque de la traite des esclaves. Il s’agit donc de personnes qui, à un titre ou à un autre, sont nos parents, des êtres humains avec lesquels nous lient des liens de parenté lointains et, au besoin, fictifs. Ces parents ne sont pas des allogènes. Mais ils ne sont pas non plus des autochtones ou des natifs d’un lieu.
    Il existe donc dans nos traditions des bases pour élargir le débat contemporain sur les migrations et le sortir des impasses philosophiques d’une Europe qui tourne en rond. Le droit à l’hospitalité suppose un visiteur qui vient d’ailleurs, qui n’est pas un parent, qui est un allogène, et un hôte, un autochtone, qui le reçoit, l’héberge et au besoin prend soin de lui. Ce droit est supposé bénéficier non seulement aux visiteurs, mais aussi aux réfugiés, à ceux et celles qui fuient une menace. Dans ses considérations sur la paix perpétuelle, Kant affirme que ce droit à l’hospitalité est un droit universel.
    Il est inconditionnel dans le sens où, à supposer qu’un étranger frappe à notre porte et demande à rentrer, nous sommes dans l’obligation de lui ouvrir la porte et de lui accorder un abri si, en le renvoyant chez lui, il risque de perdre sa vie. Kant précise cependant que nous ne sommes pas obligés de faire de cet étranger un membre à part entière de notre communauté. Son séjour parmi nous ne peut pas être permanent par définition. Ce séjour est appelé, à un moment donné, à prendre fin car il est de la nature de l’étranger de devoir repartir à un moment donné.
    Le droit ghanéen à une demeure peut être élargi au-delà des parents réels ou fictifs. Le rêve est que chacun puisse affirmer : « Le chez-moi, c’est le cosmos. » C’est l’ensemble de l’univers dont je suis l’un des habitants parmi d’autres habitants. Alors que notre monde devient chaque jour plus petit et que le temps nous est désormais compté, il nous faut réhabiliter cette appartenance première à l’univers. Elle doit primer sur l’appartenance seconde à un Etat territorial donné.

    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/13/achille-mbembe-peut-on-etre-etranger-chez-soi_1763182
    #Mbembe #frontières #ouverture_des_frontières #immobilité #vulnérabilité #vulnérabilisation #immobilisation #capacité_de_mobilité #capacité_de_circulation #Africains #contrôles_frontaliers #corps #externalisation_des_frontières #externalisation #frontières_internes #liberté_de_mouvement #liberté_de_circulation #souveraineté #colonisation #intangibilité_des_frontières #déportation #visas #régimes_d'identité #circulation_interne #droit_d'hospitalité #droit_à_une_demeure (#right_of-abode) #chez_soi #chez-soi

    En lien avec le thème de #faire_monde :

    Le rêve est que chacun puisse affirmer : « Le chez-moi, c’est le cosmos. » C’est l’ensemble de l’univers dont je suis l’un des habitants parmi d’autres habitants. Alors que notre monde devient chaque jour plus petit et que le temps nous est désormais compté, il nous faut réhabiliter cette appartenance première à l’univers. Elle doit primer sur l’appartenance seconde à un Etat territorial donné.

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  • Le #passeport, technologie de capture - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Le-passeport-technologie-de-capture.html

    Alors que cela fait près de vingt ans qu’est paru The invention of passport, inaugurant l’ouverture d’un champ nouveau d’investigation historique consacré aux pratiques d’identification des personnes – champ qui s’est depuis largement développé, en France notamment avec les travaux de chercheurs comme Vincent Denis, Ilsen About ou Pierre Piazza [1] –, l’ouvrage vient de faire l’objet d’une réédition augmentée d’un dernier chapitre qui nous porte jusqu’aux frontières de notre propre actualité. En croisant, comme l’indique le sous-titre de l’ouvrage, les questions de la surveillance, de la citoyenneté et de l’État, le sociologue et historien américain John C. Torpey examine les conditions d’émergence de ce qui apparaît aujourd’hui comme l’outil indispensable de reconnaissance d’un individu en dehors du territoire dont il porte la nationalité : le passeport. Au-delà d’un simple outil de contrôle, le passeport agit comme acte de reconnaissance, par un État, de la qualité de ressortissant de l’individu à qui il est délivré. Ni strictement linéaire ni strictement comparatiste, l’analyse proposée tient le pari ambitieux de tirer de la singularité de contextes d’élaboration de pratiques de contrôle des mouvements de populations aussi différents que ceux de la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore des États-Unis, un ensemble de déclinaisons historiques du gouvernement des mobilités.

    #contrôle #visa #passeport #circulation #mobilité

    • Voir aussi cet article de #Jouni_Häkli :
      The Border in the Pocket : The Passport as a Boundary Object
      https://link.springer.com/chapter/10.1057/9781137468857_5

      Ici des citations...

      Häkli 2015 - The border in the pocket : passport as a boundary object

      The paper first traces the history of passport as part of a growing global mobility regime, with the latest twist of added biometrical technologies to ensure positive identification. This history is shown to be a development towards the universalization of passport as a document, and passport checking as a border control practice during the 20th century. Rather than diminishing the significance of proven identity, loosening border control within the Schengen area and similar zones of free movement has underscored the role of boundaries and border control in regulating mobility to and from these territories. (Häkli, 2015)

      The number of international border crossings related to corporeal travel has grown for decades. While no uniform statistical information exists, estimates of the contemporary volume exceed two billion annually (Koslowski 2011). Most of the growth in global mobility has come from business and leisure travel, international migration and movement for refugee and asylum. As one indicator of this growth, air travel has expanded year by year with short periods of economic recession and fear of terrorism as the main exceptions in the trend. According to the statistics provided by International Air Transport Association (IATA), the total number of domestic and international airline passengers has grown from 1.81 billion in 2003 to 2.97 billion in 2012, and for 2013 the number is estimated to exceed 3 billion (IATA 2013). Political reactions to the growth of global mobility reflect the nature of travelling at hand. Most countries are very interested in maintaining high levels of business and leisure travel as these are directly connected to economic growth and tourism industry (Edgell et al. 2008). However, at the same time many countries are developing selective migration policies that favor highly educated and skilled workforce while preventing the entrance of irregular migrants. Refugees and asylum seekers represent yet another form of global mobility that demands policy measures attuned to the specific circumstances of forced displacement (Leitner 1997; Van Houtum & Pijpers 2007). (Häkli, 2015)

      Treaties such as the Central America Four Agreement or the Schengen Agreement have made travelling between the signatory countries very easy, but for those seeking to enter these zones of free mobility the border checks are as strict as ever (Walters 2002). As scholars studying contemporary patterns of mobility have aptly pointed out, these routines do not treat passengers equally (e.g. Lyon 2002; Graham & Wood 2003; Paasi 2013). In particular the heightened attention to air travel security after the 9/11 has led into the adoption of security measures and technologies that aim at screening passenger flows so as to detect people who fulfill the criteria of “high-risk traveler” (Salter 2004, 77). These procedures are not neutral or innocent as the criteria by definition reflect certain assumptions on what skin colors, ethnicities, nationalities, past travel patterns, places of origin, destinations, and behavioral traits count as indicating terrorism risk (Adey 2003). (Häkli, 2015)

      Cresswell 2010: “Broadly speaking, the scale of regulation for mobility has moved in the past 500 years or so from the local to the global. While mobility of the poor was always a problem for those high up, it was a more local problem in feudal Europe … By the end of the 19th century the nation-state had a monopoly on the means of legitimate movement and … [n]ow we are in a new phase of mobility regulation where the means of legitimate movement is increasingly in the hands of corporations and transnational institutions. The United Nations and the European Union, for instance, have defined what counts and what does not account as appropriate movement”. (Cresswell
      2010, 27). (Häkli, 2015)

      Even with the scale of mobility expanded and speeded up, key element in this regime is states’ cooperation in identifying and regulating moving bodies (Cresswell 2010). (Häkli, 2015)

      While the origins of the passport cannot be traced back to a nascent “travel regime”, it certainly has developed as a response to practical problems from early on. The precursor to passport was a “safe-conduct pass” (sauf-conduit or guidaticum) that rulers begun to issue in the 13th century as a protective measure to merchants, diplomats and other passengers who needed to travel outside or into the realm of the sovereign (Mau et al. 2012). (Häkli, 2015)

      These early travel documents served purposes beyond the safety of their bearers. In reducing risks to travelers and goods they facilitated the expansion of trade and the intensification of diplomatic ties both of which were instrumental to the consolidation of the territorial state system (Torpey 2000). In this regard passport and its precursors have been developed as solutions to practical problems, such as the sovereign’s need to accumulate wealth, and the travelling elites to conduct their business. (Häkli, 2015)

      Over time and especially in the aftermath of major wars the passport gained new functions tied less to the practicalities of safe travel and more to the territorial states’ concern with national security. Whereas the 19th century witnessed a development from the co-existence of variegated policies regarding the regulation of mobility in different countries toward a period of liberalist tendencies and the abolishment of passport in many countries after the mid-19th century, the First World War marked a turn towards contemporary security-centered functions and practices (Torpey 2000). (Häkli, 2015)

      A major step towards an international mobility regime was taken in 1920 in a League of Nations Conference on Passports, Customs Formalities and Through Tickets, motivated by the member states’ twin desire of at once fostering international mobility and national security. Passports and border control procedures were mainly seen as a temporary but necessary measure to stabilize the post-war world political scene (Salter 2003). Yet, despite the liberalist spirit of the interwar period that was strongly geared towards abolishing all restrictions to travel as detrimental to economic recovery and growth, once established the international passport regime was never lifted. (Häkli, 2015)

      In practice this meant that a growing number of states begun to require a passport as a means of personal identification from all travelers seeking to enter the country. This change coincided with the expansion of tourism and travelling in the early 20th century and was not greeted with pleasure among international travelers, many of whom still at that time were members of the upper social strata (Löfgren 1994). (Häkli, 2015)

      Because the passport is a proof of nationality as much as of personal identity, it begun to project travelers under a “nationalizing gaze” and thus was instrumental in naturalizing the idea of borders and territorial belonging (Löfgren 1999, 11). (Häkli, 2015)

      Governments asserted their right to control movement across their boundaries and used passports as a legal device to “embrace” private individuals, and a technique for “nationalizing” them as citizens (Torpey 2001, 6). Passport became an instrument of nationalization in that the control of mobility applied not only to foreign travelers but citizens as well (Salter 2003). (Häkli, 2015)

      The newly permanent attention that passport gave to nationality after the First World War helped consolidate the now taken-for-granted bondage between nationality, citizenship rights and territorial residence. (Häkli, 2015)

      Passport was, as it still is, first and foremost a travel document needed by those who cross international borders for one or another reason. When thinking of global mobility comprising business travel, tourism, and voluntary and forced migration, it is the vast expansion of leisure travel after the Second World War that has most increased the number of people facing what Löfgren (1999) terms “new forms of anxiety” related to border crossing. The passports are carefully and suspiciously scrutinized and hence “[p]eople cross the border like a criminal under surveillance. Who are you, is this passport photo really you? Are you quite sure you have nothing to declare?” (Löfgren 1999, 10-11). (Häkli, 2015)

      If passport once was a document that granted its holder specific privileges, protection, and place above reasonable doubt, with the securitization of international travel it has come to symbolize suspicion that targets all travelers (Adey 2009; Muller 2011; Prokkola & Ridanpää 2014). (Häkli, 2015)

      Even though the presence of the traveler is still needed for the machine-operated validation of biometric passports, it is the passport as a mobile object that actually performs the task of certifying that the traveler is who she or he claims to be – human border guards are no longer a necessity. Passport, thus, represents in its own right the unique body and individuality of its holder while being a generally recognized and internationally valid travel document. (Häkli, 2015)

      As Salter (2008) aptly points out, the travelers’ anxiety or unease that characterizes border control situations is the direct consequence of the de facto institutionally embedded discretionary powers that border guards hold as representatives of the sovereign power of the state (see also Romero 2006). This power is largely based on the border agents’ need to pass a quick judgment on each traveler under pressure caused by uncertainty concerning the traveler’s intentions. Although the decision to admit or exclude is seemingly systematized by legislation, international treaties, and administrative regulations, in reality the situations at the border are so complex and manifold that no uniform policy can abolish the discretionary power at play in border control (Salter 2008, 376). (Häkli, 2015)

      This discretionary use of sovereign power is effectively obscured by the fact thatmost travelers with a valid passport never encounter any trouble in border crossing. For the ‘mobile citizens’ the passport functions as a problem-solving boundary object that does the work of communication between them and the representatives of the sovereign at the border, with maybe only a slight feeling of anxiety as a reminder of the uncertainty that pertains to the situation (Löfgren 1999; Häkli 2007). However, for those whose entry is denied the sovereign power to expel is excruciatingly tangible and the passport they possibly hold is deprived of its function as a boundary object. (Häkli, 2015)

      This use of sovereign discretion can turn passport from a problem solver into a problem in itself – from a world-bridging boundary object into what could be called a ‘border object’ that functions as its opposite. As a border object the revoked passport prohibits communication and curbs the autonomy of its holder, thus revealing the way we are ultimately “all made objects of the decision of the sovereign” (Salter 2008, 378). New technologies may introduce some changes into the ways in which passports are checked by humans and machines, but they will not change the fact that in a passport we carry the border in our pocket, a border that the sovereign may choose to enforce upon us. (Häkli, 2015)

  • Open Access, the Global South and the Politics of Knowledge Production and Circulation

    #Leslie_Chan is Associate Professor in the Department of Arts, Culture and Media and the Centre for Critical Development Studies at the University of Toronto Scarborough, where he serves as the Associate Director. An early practitioner of the Web for scholarly exchange and online learning, Leslie is particularly interested in the role and design of network in the flow of knowledge and their impact on local and international development. As one of the original signatories of the #Budapest_Open_Access_Initiative, a historical and defining event of the global open access movement, Leslie has been active in the experimentation and implementation of scholarly communication initiatives of varying scales around the world. The Director of Bioline International, Chair of the Electronic Publishing Trust for Development, Leslie is a long-time advocate for knowledge equity and inclusive development. Leslie has served as advisor to numerous projects and organizations, including the Canadian Research Knowledge Network, the American Anthropological Association, the International Development Research Centre, UNESCO, and the Open Society Foundation. He was the Principal Investigator of the Open and Collaborative Science in Development Network, funded jointly by the IDRC and DIFD.

    https://www.openlibhums.org/news/314
    #circulation_des_savoirs #savoirs #open_access #production_des_savoirs #université #science #recherche

    ping @karine4 @cede

  • «Libertà di movimento: Quanto vale un passaporto europeo ? – VoxEurop (italiano)

    Come si valuta la libertà di viaggiare nel mondo? Il Passport Index di Henley & Partners è uno dei metodi più usati per valutare la forza del passaporto di un paese e – di conseguenza – la libertà di movimento dei suoi cittadini.»

    https://voxeurop.eu/it/2019/libert-di-movimento-5123637

    #passaport #eu

  • À Paris, entre 600 et 1000 Vélib’ sont volés ou « privatisés » chaque semaine Pierre Zéau - 9 Juillet 2019 - Le figaro
    http://www.lefigaro.fr/conso/a-paris-entre-600-et-1000-velib-sont-voles-ou-privatises-chaque-semaine-201

    Face à cette situation, la mairie de Paris assure que le nombre de vélos n’est pas suffisant. 6000 doivent être remis en service avant la fin du mois, le service maintenance « monte en puissance ».

    Un effrayant cimetière de vélo. À Villeneuve-la-Garenne, au nord de Paris, un grand hangar recueille des centaines d’épaves de Vélib’ en attente de réparation. À Alfortville, il y en a même un deuxième, pour les Vélib’ du sud de la capitale cette fois. Visiblement, ces deux centres ne sont pas de trop : 600 à 1000 vélos sont volés ou « privatisés » chaque semaine, assure Smovengo, entreprise en charge de faire tourner le nouveau réseau Vélib’. « Ce phénomène de dégradations volontaires nous a un peu pris de court », reconnaît au Parisien/Aujourd’hui en France Pierre Heyraud, directeur des opérations pour Smovengo. Après avoir été volés et parfois gardés quelques jours, la plupart de ces vélos sont en effet abandonnés, mais n’en ressortent pas indemnes loin de là...Certains terminent leur vie dans la Seine, d’autres se retrouvent roues tordues, freins arrachés, repeints ou encore brûlés, notamment.

    « Dans les autres villes où nous avons des vélos, à Clermont, Montpellier, Helsinki, Moscou, ils n’en reviennent pas. Personne ne connaît autant de dégradations », note Pierre Heyraud. Selon lui, 60% des dégradations sont à mettre sur le compte du vandalisme. Naturellement, ce phénomène augmente à mesure que le réseau s’amplifie. Entre juin 2018 et juin 2019, le nombre de vélos sur le terrain est passé de 2000 à 11.500 et le nombre de courses quotidiennes de 3800 à 85.000. D’ailleurs, ce mardi, la barre des dix millions de courses dans l’année devrait être franchie, nous souffle-t-on. Enfin, sur l’intégralité du réseau, il y a trois fois plus de stations qu’il y a un an, couvrant un périmètre près de quatre fois plus grand.

    2500 Vélib’ ont disparu pendant les samedis de manifestation

    Pendant ce temps, à Paris, « le nombre de vélo n’est pas en rendez-vous », déplore Christophe Najdovski, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des Transports. Il a ainsi demandé à Smovengo de « travailler sur la maintenance », chose que font actuellement 363 personnes, dont 87 appelées en renfort. Il y a un an, ils étaient 165. « On va monter en puissance », promet-on chez Smovengo. Objectif affiché : avoir 19.000 vélos disponibles à la fin du mois de juillet, contre 13.000 aujourd’hui. Ce sont principalement les vélos à assistance électrique (VAE) qui sont visés par ces prochaines injections. Pour atteindre cet objectif, il faudrait en réparer 850 par jour, à savoir 650 dans les deux centres de réparation au nord et au sud de Paris et 200 directement sur le terrain. Cela ne concerne bien sûr que les Vélib’ retrouvés par les maraudes de Smovengo. Depuis le lancement du service il y a 18 mois, 8800 vélos n’ont jamais été retrouvés, « dont 2500 liés aux manifestations », assure l’entreprise.

    #vélib #paris #transport #velib #espace_public #privatisé #circulation #rejet #smovengo

    • Pourquoi ce rejet ?
      – Une agression ressentie envers ces #vélo aux couleurs agressives qui privatisent l’espace public.
      – Ressentiment envers les utilisateurs - utilisatrices ? Envers les élus municipaux qui ont imposé ce truc ?
      – Raz le bol contre ce qu’impose cette société de merde ?
      – Combat de classe ?

  • Lyon : plus d’un millier de vélo en libre-service vandalisés 24 Juin 2019 - Le figaro
    Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/lyon-plus-d-un-millier-de-velo-en-libre-service-vandalises-20190624

    Depuis plusieurs semaines, des groupes de jeunes dégradent en masse des stations de vélo lyonnaises. En conséquence, JCDecaux a décidé de déployer d’anciens vélos, retirés de la circulation en 2018.

    C’est une vague de dégradations sans précèdent qui s’abat sur le dispositif de transport lyonnais « Vélo’v ». Depuis plusieurs semaines, le service est confronté à des actes de vandalisme d’une violence sans précédent avec 1.200 vélos à réparer sur un parc de 4.000 cycles. « Ces actes ont démarré au mois de mars et se sont nettement intensifiés ces dernières semaines. Les attaques sont très rapides, en quelques secondes les personnes cassent des parties des vélos, notamment la béquille, pour pouvoir les récupérer », explique au Figaro la Métropole de Lyon.

    Pour freiner cette recrudescence de vandalisme plusieurs stations ont été fermées. « Nous avons remarqué que quand nous réparions la flotte d’une station, celle-ci était attaquée dès le lendemain. C’est du pur vandalisme. En conséquence, nous avons fermé plus de 25 bornes », précise la Métropole. Les services de police municipale de Lyon et Villeurbanne sont mobilisés pour accentuer la surveillance des stations exposées à ces actes. « Mais ces opérations de dégradations se déroulent tellement vite qu’il est difficile de prendre en flagrant délit les vandales. On peut toutefois espérer qu’une arrestation dissuadera les autres de continuer », dévoile la Métropole.

    Face à ces actes malveillants, l’opérateur en charge du service, JCDecaux, a récemment porté plainte pour dégradations. D’après la Métropole, les auteurs de ces dégradations sont des jeunes lycéens et collégiens. « Dans ce contexte, la Métropole de Lyon s’est pleinement engagée aux côtés de JCDecaux, pour mettre fin à cette situation préjudiciable, non seulement pour les équipes de JCDecaux, les collectivités, mais aussi et surtout les utilisateurs », souligne la Métropole.

    Car ce sont, en effet, les utilisateurs du service qui payent les conséquences de ces incivilités. Sur Twitter, nombre d’entre eux se plaignent de l’absence des vélos et de la fermeture de certaines bornes. Pour pallier ce manque, un millier d’anciens vélos en libre-service sont réintroduits à partir de ce lundi, le temps de réparer le quart du parc touché. « 1 000 Vélo’v de la précédente génération, utilisés jusqu’en juillet 2018, seront progressivement réintroduits le temps de remettre en circulation l’ensemble des Vélo’v. Grâce à la qualité de ses solutions et selon les principes de l’économie circulaire, JCDecaux prévoit systématiquement de donner une 2ème vie à ses équipements, ce qui permet, dans cette situation exceptionnelle, de remettre rapidement des vélos en circulation », précise la Métropole de Lyon et JCDecaux dans un communiqué commun.

    Le service lyonnais de vélo-partage comptait plus de 77.500 abonnés annuels en avril, chaque vélo du parc étant utilisé 6 à 10 fois par jour. Environ 8,5 millions de locations avaient été recensées en 2018.

    #vélib #vélo #paris #transport #velib #espace_public #circulation #JCDecaux

  • #pollution du #temps
    http://carfree.fr/index.php/2019/05/22/pollution-du-temps

    Bien que le gain de temps constitue la principale justification économique des nouveaux aménagements routiers, l’expansion du réseau routier et l’augmentation du #trafic ne semblent pas avoir donné plus de Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Argumentaires #Etalement_urbain #Fin_de_l'automobile #Fin_des_autoroutes #Ressources #angleterre #circulation #congestion #critique #société #transport #usa #vitesse

  • Le trafic automobile responsable de quatre millions de nouveaux cas d’asthme infantile par an
    http://carfree.fr/index.php/2019/05/16/le-trafic-automobile-responsable-de-quatre-millions-de-nouveaux-cas-dasthme-

    Un travail récent sur la #pollution atmosphérique a isolé et montré l’impact important du trafic routier (soit principalement des autos et motos selon les pays) sur la santé des #enfants Lire la suite...

    #Pollution_automobile #air #asthme #circulation #monde #paris #santé #ville

  • #Crise_climatique : près de 300 #militants arrêtés à #Londres à la suite de #blocages « écologiques »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/04/17/crise-climatique-pres-de-300-militants-arretes-a-londres-a-la-suite-de-bloca

    "Près de 300 personnes ont été arrêtées à Londres depuis lundi, a annoncé mardi 16 avril au soir la police de la capitale britannique,

    Scotland Yard a également dénombré 55 lignes de #bus ayant vu leur trafic interrompu, ce qui a affecté 500 000 passagers. « Nous nous attendons à ce que les manifestations se prolongent toute la semaine », a-t-elle mis en garde, prevenant que les #transports en public devraient être de nouveau perturbés mercredi.

    Cinq militants ont notamment été arrêtés lundi après avoir dégradé l’entrée du siège du grand groupe pétrolier Royal Dutch #Shell. Ils ont depuis été libérés mais font l’objet d’une enquête. Les autres arrestations ont été menées sur le pont de Waterloo, pour trouble à l’ordre public, entrave à la #circulation, et, pour l’une d’entre elles, « obstruction » à l’action de la #police.

    Extinction Rebellion a annoncé l’arrestation de Farhana Yamin, qu’elle présente comme « l’une des plus éminentes avocates engagées contre le changement climatique », ayant pris part « aux négociations de l’accord de Paris » sur le climat.
    "

  • « Ma ville est devenue une forteresse » : témoignage d’un No Border de Calais
    https://www.politis.fr/articles/2019/03/ma-ville-est-devenue-une-forteresse-temoignage-dun-no-border-de-calais-40148

    [P]our nous, [NoBorder] renvoie à un certain mode d’organisation et à des manières de faire : ne pas agir pour les communautés de personnes en situation de migration mais avec elles, les inclure dans un maximum de processus, protéger leur anonymat, leur rendre possible l’accès à la ville, ne pas parler à leur place, faire en sorte qu’elles puissent être autonomes, qu’elles puissent s’approprier l’outil médiatique par exemple, qu’elles soient moins dépendantes de l’aide humanitaire en étant en mesure de préparer des repas elles-mêmes sur leurs lieux de vie, soutenir les personnes enfermées en centre de rétention.

    [...]

    Toutes nos pratiques visent à répondre aux principes de la liberté de circulation, la liberté d’installation et la fermeture instantanée des centres de rétention. On essaie de mettre à la base de toutes nos actions et de notre manière de nous organiser l’antiracisme, l’antisexisme et l’antiautoritarisme entre autres.

    [...]

    La stratégie des autorités, c’est de briser les migrants physiquement et psychologiquement, pour qu’ils veuillent repartir ou qu’ils ne soient plus en capacité physique et mentale de passer. Nous défendions qu’ils puissent se poser. Qu’ils puissent avoir le temps de reprendre des forces. Pour cela, il fallait préserver des espaces où la police ne pouvait pas faire ce qu’elle voulait.

    [...]

    À Calais, tout le monde est impacté par la frontière d’une manière ou d’une autre, personne n’ignore la présence des migrants, que les gens l’exprime ou non, qu’ils prennent position ou non. Ça fait partie de la réalité, de la vie quotidienne. La question est plutôt de quelle manière cette frontière nous impacte. Calais est anéanti par la psychose de l’appel d’air et de la peur du « migrant. » Tout est fait et mis en œuvre dans cette ville pour que les personnes migrantes inspirent un sentiment de peur et d’insécurité.

    [...]

    Calais est une ville portuaire, une ville côtière, un espace de transit par définition. Mais elle est devenue une forteresse où les arbres et les buissons sont coupés pour ne pas pouvoir servir d’abris. Une ville entourée de grilles et de barbelés. Ce qui peut être encore choquant ailleurs, ici est banal. La normalité n’est pas d’accueillir et vivre avec, mais de dénoncer, enfermer, avoir peur de l’Autre. Récemment, le magasin Decathlon a reçu l’ordre de ne plus vendre de gilets de sauvetage sans papiers d’identité. La frontière grandit.

    #noborder #squat #calais #apartheid #répression #police #lutte #liberté #circulation #installation

  • #paris #sans_voiture, on en rêvait déjà en 1790
    http://carfree.fr/index.php/2019/03/07/paris-sans-voiture-on-en-revait-deja-en-1790

    Interdire l’usage des voitures particulières dans Paris ? Le débat ne date ni d’aujourd’hui, ni de l’apparition de l’automobile. La place de la « voiture » (soit une caisse suspendue sur des roues Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Fin_de_l'automobile #Insécurité_routière #Marche_à_pied #Ville_sans_voitures #accident #anti-voitures #architecture #circulation #congestion #histoire #piétons #trottoir #urbanisme #ville

  • Fußgänger-Verband gegen E-Scooter auf Gehwegen | heise Autos
    https://m.heise.de/autos/artikel/Fussgaenger-Verband-gegen-E-Scooter-auf-Gehwegen-4247590.html

    Fußgänger- und Radfahrerinitiativen machen gegen die geplante Erlaubnis für Tretroller und Skateboards mit Elektromotor mobil. Der Fußgänger-Lobbyverein Fuss warnte am Dienstag (11. Dezember 2018) in Berlin vor drohenden Unfallgefahren durch Motor-Skateboards auf den Gehwegen.

    Der Verein kündigte an, eine geplante Demonstration der Elektro-Fahrzeug-Lobby am Dienstag vor dem Bundesverkehrsministerium symbolisch zu blockieren. Der Radfahrer-Verband ADFC hatte bereits kürzlich von „chaotischen Zuständen“ auf den Radwegen durch die angekündigten E-Tretroller gesprochen.

    Das Bundesverkehrsministerium will kleine Tretroller mit E-Motor im kommenden Jahr auf Radwegen und Straßen erlauben. Außerdem soll es laut mehreren Berichten eine zweijährige Testphase für das Fahren von Skateboards mit Motor geben. Bisher sind diese Fahrzeuge auf öffentlichen Straßen und Wegen verboten.

    Referentenentwurf aus dem verkehrsministerium
    https://www.fuss-ev.de/download/Entwurf_E_Kleinstfahrzeuge-19.02.2019.pdf

    Scheuer greift alle Fußgänger an
    https://www.fuss-ev.de/76-presse/pressemitteilungen/748-scheuer-greift-alle-fussgaenger-an.html

    Plan des Verkehrsministers: E-Fahrzeuge dürfen den Schutzraum der Fußgänger vernichten

    (25.02.2019) Nach dem neuen Referentenentwurf aus dem Bundes-Verkehrsministerium zu Elektrokleinstfahrzeugen sollen auch elektrisch angetriebene Roller auf Gehwegen fahren – streckenweise bis 20 Stundenkilometer. Schon Zwölfjährige sollen ohne jede Schulung und Prüfung mit mehrfachem Fußgängertempo rasen dürfen.

    Im Einzelnen sieht der Entwurf vom 19. Februar 2019 vor, dass E-Fahrzeuge mit „bauartbedingter Höchstgeschwindigkeit“ bis 12 Stundenkilometer Gehwege benutzen müssen und solche bis 20 Stundenkilometer Gehwege benutzen dürfen, die mit einem neuen Verkehrsschild dafür freigegeben sind. Eine Versicherung ist Pflicht; die zugehörige Plakette muss aber aus mehr als acht Metern Entfernung schon nicht mehr lesbar sein. Zwölfjährige sollen auf dem Gehweg bis 12 Stundenkilometer fahren dürfen, Vierzehnjährige bis 20 Stundenkilometer.

    Für FUSS e.V. sagt Sprecher Roland Stimpel zu dem Entwurf: „Andreas Scheuer versucht auf Faktenverbiegen und Knochenbrechen Elektrofahrzeuge durchzusetzen. Der Entwurf ist eilig dahingepfuscht; er enthält Widersprüche, Faktenverdrehungen und Lücken. Er zeigt, dass der Minister und sein Haus vom Gehen keine Ahnung haben – und am wichtigsten Stadtverkehrsmittel nicht das geringste Interesse. Eine Horde Pubertierender auf E-Rollern ist Andreas Scheuer wichtiger. Egal sind ihm Zigmillionen Alte, Junge, Menschen mit Behinderungen und alle Menschen, die einfach nur sicher und stressfrei auf den Gehwegen unterwegs sein wollen. Scheuer denkt über Gehwege so zynisch wie über Autobahnen: Faktisch gelten soll nur das Ellbogen-Recht des Stärkeren und Schnelleren.“

    FUSS e.V. kritisiert besonders folgende Punkte des Referentenentwurfs:

    Erstmals sollen überhaupt Motorfahrzeuge auf Gehwegen zugelassen werden. Das ist ein Dammbruch, der den Schutzraum der Mehrheit und gerade der Schwächsten zu vernichten droht.
    In der amtlichen Begründung des Entwurfs heißt es, es „entsprechen Elektrokleinstfahrzeuge mit einer bauartbedingten Höchstgeschwindigkeit von weniger als 12 Stundenkilometer dem Geschwindigkeitsniveau von Fußgängern“ (S.36). Das ist ministerialer Unsinn. Scheuer und seine Beamten wissen noch nicht einmal, wie schnell Fußgänger unterwegs sind. 12 Stundenkilometer sind gehobenes Jogger-Tempo. Fußgänger sind mit 3 bis 5 Stundenkilometern unterwegs.
    Der Entwurf sieht nicht vor, dass E-Roller mit Höchsttempo 12 von denen mit Höchsttempo 20 äußerlich unterscheidbar sein sollen. Das heißt: Auch mit dem Tempo-20-Roller wird überall auf Gehwegen gefahren werden, selbst wo diese nicht dafür zugelassen sind.
    Der Entwurf schreibt im vier Zeilen kurzen Absatz „Erfüllungsaufwand der Länder (und Kommunen)“ (S.3) nichts dazu, dass die Kontrolle von Rollertyp, Fahrer-Alter, sicherem und rücksichtsvollem Fahrverhalten einen immensen Zusatzaufwand für die Städte und Gemeinden bedeuten würde. Diese haben oft schon vor dem Gehweg-Radfahren kapituliert. Jetzt nimmt Andreas Scheuer Anarchie und faktische Gesetzlosigkeit auf dem Gehweg in Kauf.
    Zwar sind Bußgelder vorgesehen, doch diese sind erstens faktisch nicht vollziehbar (siehe voriger Punkt) und zweitens lächerlich niedrig. Selbst wer einen anderen Menschen gefährdet, soll höchstens 25 Euro zahlen müssen. 30 Euro kostet dagegen Sachbeschädigung durch E-Roller. Der Schutz von Kneipentischen auf dem Gehweg ist Andreas Scheuer wichtiger als der Schutz der Hüftknochen alter Menschen.
    Der Entwurf enthält noch nichts zu lenkstangen-losen Fahrzeugen wie Hoverboards, Monowheels und Hovershoes. Hier droht Andreas Scheuer nach wie vor mit einer zusätzlichen Ausnahmeverordnung. Mit mindestens vier Fahrzeugtypen drohen dann der Gehweg und seine Benutzer vollends unter die E-Räder zu kommen. - Gegen den Entwurf gibt es schwere verfassungsrechtliche Bedenken. Der Berliner Jurist Prof. Stefan Klinski weist darauf hin, dass eine Verordnung wie die von Scheuer geplante laut Straßenverkehrsgesetz (StVG) „die sonstigen zur Erhaltung der Sicherheit und Ordnung auf den öffentlichen Straßen (...) erforderlichen Maßnahmen" regeln müsse. Dem Berliner Tagesspiegel sagte Klinski heute (25.2.): Eine Freigabe von Gehwegen für … Elektrofahrzeuge würde jedoch nicht der Erhaltung der Sicherheit dienen, sondern neue, zusätzliche Gefahren auf Gehwegen schaffen", so Klinski. „Sie würde auch der Ordnung des Verkehrs nicht dienlich sein, weil sie weder für den Ablauf des Verkehrs auf der Straße noch für den reibungslosen Verkehr auf Gehwegen einen Nutzen bringt, sondern dessen Ordnung im Gegenteil erschwert.“ Für die vorgesehene Verordnung müsste laut Klinski erst eigens das Straßenverkehrsgesetz geändert werden. Der Experte für Verfassungs- und Verkehrsrecht weist auf weitere Abwägungsfehler oder unterlassene Abwägungen im Entwurf hin.

    FUSS e.V. resümiert: „Für den Entwurf gibt es nur einen richtigen Ort: den Papierkorb. Bevor Scheuer einen neuen Entwurf versucht, sollte er sich dringend mit dem Wissen von Experten und Betroffenen ausstatten. Das haben ihm am 7.2. vier Verbände schriftlich angeboten, die vier Millionen Menschen vertreten: der Deutsche Blinden- und Sehbehindertenverband, FUSS e.V., der Landesseniorenbeirat Berlin und der Sozialverband VdK Deutschland. Dem Minister war das bisher nicht einmal eine Antwort wert. Wie sein Vorgehen zeigt, will er von Sachverstand nicht gehemmt werden.“ Das müssen jetzt seine Ministerkolleginnen und -kollegen sowie die Mitglieder des Bundestags tun, die sich für Soziales, Senioren, Familien, Kinderschutz und Menschen mit Behinderungen einsetzen. Wir fordern insbesondere Franziska Giffey und Hubertus Heil auf, ihrem fachlich durchdrehenden Kollegen in die Lenkstange zu greifen.“

    #Allemagne #pietons #circulation #disruption

  • Le baromètre des villes cyclables #2017 ouvre ses données
    http://carfree.fr/index.php/2019/02/22/le-barometre-des-villes-cyclables-2017-ouvre-ses-donnees

    A l’occasion de la stratégie gouvernementale d’épuisement de l’insurrection en court, la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) met en open-data l’ensemble des réponses libres issues du baromètre Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Ressources #Vélo #circulation #cyclabilité #cyclistes #écologie #france #grenoble #marseille #politique #sécurité_routière #société #strasbourg #ville

  • Deep Routeing and the Making of ‘Maritime Motorways’: Beyond Surficial Geographies of Connection for Governing Global Shipping

    Geography has turned to towards the seas and oceans with much attention being paid to ‘water worlds’ through socio-cultural, political and environmental lenses. Geo-economic analysis, in particular, has considered the role of containerisation, the port, and logistics global flows central to the contemporary shipping industry. However, where routeing enters discussion these debates remain ‘surficial’ with a focus on the rationale of lines of connection which are mapped onto the sea (rather than into the sea, as a liquid, three-dimensional, motionful space). This paper challenges considerations of ship routeing that only skim the surface. This paper adds depth to the discussion. It is argued that ship routeing is not a purely surficial exercise of charting a voyage across seas and oceans. Routes have a geo-politics predicted at times on the water’s depth, the topography of the ocean floor and seabed and marine resources. Drawing on a variety of examples, notably the traffic routeing scheme – or ‘maritime motorway’ – governing the flows of shipping in the Dover Strait, UK, this paper brings a ‘wet ontology’ and three-dimensional analysis to ship routeing. It is contended that such a recognition and discussion of deep routeing is necessary to shed light upon the often invisible processes sea that underscore the global logistics flows vital to society and the economy.

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14650045.2019.1567499?journalCode=fgeo20
    #transport_maritime
    ping @reka @simplicissimus

  • Mobilités : le monde rural peut-il se désintoxiquer du tout-voiture ?
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/mobilites-le-monde-rural-peut-il-se-desintoxiquer-du-tout-voiture-800563.h


    D’après l’Union routière de France (URF), plus de 90% des ménages vivant dans des communes de moins de 5.000 habitants (moyenne des trois dernières années) sont motorisés.
    Crédits : Regis Duvignau

    Alors que sévit la colère des "Gilets jaunes", la question des mobilités en zone rurale a jusqu’ici été largement sous-traitée par les pouvoirs publics. Pourtant, la loi d’orientation des mobilités espère apporter des solutions alternatives au tout-voiture. Mais le problème semble être bien plus profond.

    "Qu’ils roulent à l’électricité" va-t-il devenir le "qu’ils mangent de la brioche" de 1789, pour reprendre la phrase attribuée à Marie-Antoinette (même si cela est contesté par les historiens) alors que le peuple, révolté, réclamait du pain. Avec les "Gilets jaunes", c’est le prix du carburant qui semble avoir cristallisé la colère du peuple, comme si le gouvernement avait sous-estimé la dépendance d’une partie d’entre eux aux motorisations thermiques. Pourtant, beaucoup de Français s’étaient déjà émus de la décision de limiter à 80 km/h certaines nationales, assimilé à la vision d’un "président des villes", et premier symptôme d’une fracture territoriale.
    […]
    Reste la solution des transports en commun... Pour les communes, c’est un immense casse-tête économique. Elles ont eu beau s’associer à travers des communautés de communes pour mutualiser les moyens, la mayonnaise n’a jamais pris... D’après l’observatoire de la mobilité créé par l’Union des transports publics, l’espace desservi par les transports en commun a augmenté de 25% entre 2014 et 2016 pour atteindre les 40.000 km². Paradoxalement, la population desservie n’a quasiment pas augmenté. Résultat : le coût des transports en commun a explosé mais sans effet sur la population.
    […]
    Le député [Jean-Marc Zulesi, LREM] croit également à la navette autonome qui peut permettre de "résoudre la question du dernier kilomètre". Mais il reconnaît que « cette solution en est encore au stade expérimental ».
    […]
    Pour la chercheuse [Marie Huyghe, chercheuse associée au CNRS], la culture du tout voiture n’est pas un problème mais une conséquence d’une politique urbanistique. Il faut donc traiter le problème par la racine : « Il s’agit de sortir du modèle de l’étalement urbain pour adopter notamment une stratégie de réhabilitation des centres-bourgs, et remettre en cause le modèle du lotissement très consommateur d’espace ». La voiture individuelle comme Totem des mobilités en zone rurale a encore de beaux jours devant elle…

  • « La gratuité est plus économe que le système actuel »
    https://usbeketrica.com/article/paul-aries-gratuite-decroissance-transports

    Entretien avec le politologue Paul Ariès, partisan d’une décroissance fondée sur le désir et la gratuité, notamment celle des transports en commun.

    « La #gratuité dans les #transports franciliens, la belle utopie que voilà ! », déclarait en octobre dernier la présidente du conseil général d’Ile-de-France, Valérie Pécresse. En effet, après sa mise en place à Dunkerque, Paris est en train d’étudier la gratuité des transports dans la capitale. Tandis que certains critiquent une mesure trop coûteuse, d’autres voix s’élèvent pour défendre la gratuité comme un modèle de société d’avenir, remettant en question la marchandisation et permettant de renouer avec le politique. Parmi ces voix, celle du politologue Paul Ariès, proche du réseau international des villes lentes, directeur de l’Observatoire de la gratuité et auteur de plusieurs ouvrages, dont Gratuité vs Capitalisme (Larousse, 2018).

    #mobilité #circulation #déplacements

  • La #fermeture_des_frontières empêche le #retour des migrants africains au pays

    En Europe, quand on parle de migrations africaines, on fait souvent référence aux arrivées de migrants, moins au fait qu’ils pourraient rentrer volontairement dans leur pays d’origine.

    Ces hommes et femmes sont la plupart du temps associés à des individus fuyant la misère et la guerre, recherchant des conditions de vie meilleures et n’ayant aucune intention de retourner d’où ils viennent. Quand les décideurs politiques européens parlent de « retour », ils font référence aux expulsions de migrants en situation irrégulière ou aux programmes incitant à un retour définitif, avec l’idée de décourager toute migration à venir.

    Tout cela laisse croire que la plupart des migrants africains voudraient s’établir définitivement en Europe et qu’aucun ne souhaiterait rentrer au pays, à moins d’y être contraint. Pourtant, l’éventualité d’un retour est toujours présente et fait partie de la #stratégie_de_mobilité de tout migrant. La migration est une #circulation et non un aller simple dans un sens ou dans l’autre. Le plus souvent, c’est le migrant qui décide de se mettre en mouvement.

    Des retours effectifs nombreux

    Les enquêtes « Migrations entre l’Afrique et l’Europe », menées à la fin des années 2000, ont montré que, à leur arrivée en Europe, de nombreux migrants envisageaient seulement une #migration_temporaire et avaient l’intention de #repartir. Ainsi, la moitié des migrants sénégalais et congolais arrivés en Europe entre 1960 et 2009 projetaient de rentrer dans leur pays d’origine.

    Les retours effectifs vers l’Afrique ont été nombreux. Après 10 ans, 20 % des Sénégalais et 40 % des Congolais qui avaient migré en Europe avaient effectué un retour au pays d’une durée d’un an ou plus, ou y étaient revenus temporairement avec l’intention de s’y installer.

    En fait, la grande majorité des retours sont décidés spontanément ou volontairement par les migrants eux-mêmes. Ils ne rentrent pas parce qu’ils y ont été forcés ou encouragés par les autorités du pays d’accueil. Seuls 11 % des Sénégalais et 3 % des Congolais ayant effectué un retour l’imputent à l’absence de titre de séjour régulier en Europe.

    Préparer soi-même son retour

    Les programmes d’#aide_au_retour « volontaire » (bien que ce choix résulte plutôt de contraintes) ne dissuadent pas de revenir en Europe. Les migrants circulent et les retours peuvent donner lieu à de nouvelles migrations si l’installation n’a été ni voulue ni préparée. C’est le cas, par exemple, de ceux dont le séjour en Europe a été trop court pour qu’ils puissent acquérir suffisamment de ressources pour réussir leur réinstallation réussie au pays d’origine. La part des Sénégalais de retour qui repartent en Europe est impressionnante : au bout de 10 ans, un peu moins de la moitié sont repartis pour l’Europe.

    Les migrants sont bien plus susceptibles de rentrer dans leur pays et d’y rester lorsqu’ils ont eux-mêmes préparé leur retour. Si on connaît mal la réalité statistique des retours décidés et mis en œuvre par les migrants dans le monde (rares sont les pays d’origine et de destination à enregistrer les migrations de retour), on cerne mieux les motivations de retour des migrants africains depuis les enquêtes biographiques MAFE. Particulièrement riches, ces enquêtes ont collecté des informations sur les parcours de vie des migrants, notamment sur leur trajectoire migratoire, leur vie familiale et professionnelle et leur expérience administrative en Europe et en Afrique.

    Les enquêtes MAFE montrent, enfin, que les politiques restreignant l’accès des migrants à l’Europe, même si elles sont accompagnées de programmes d’aide au retour « volontaire », ont un effet négatif sur les retours. Plus il est difficile de migrer vers l’Europe, moins les migrants retournent dans leur pays d’origine. Ils anticipent les difficultés de réinsertion dans un pays qu’ils ont parfois quitté depuis longtemps. Quand la situation du pays d’origine est instable et les conditions de vie difficiles, comme c’est le cas pour les Congolais partis après la crise de 1990, les migrants qui rentrent au pays le font le plus souvent à condition d’avoir l’assurance de pouvoir repartir.

    Les restrictions à l’immigration interrompent cette circulation et découragent les retours en poussant les migrants à s’installer définitivement en Europe. Un paradoxe sur lequel les décideurs pourraient méditer.

    https://theconversation.com/la-fermeture-des-frontieres-empeche-le-retour-des-migrants-africain
    #migration_circulaire #aller_et_venir #migrations #Afrique #Europe #retour_volontaire #mobilité #préjugés

  • L’Afrique, du #Sahel et du #Sahara à la #Méditerranée : intégrations, #circulations et #fragmentations

    Catherine Fournet-Guérin et Géraud Magrin
    L’Afrique, du Sahel et du Sahara à la Méditerranée : intégrations, circulations et fragmentations [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Africa, from the Sahel and the Sahara to the Mediterranean Sea. Integrations, circulations and fragmentations
    Alexis Gonin

    Le #foncier_pastoral au Sahel, des #mobilités fragilisées [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Pastoral land tenure in Sahel : jeopardized mobilities)
    #pastoralisme
    Ronan Mugelé

    La #Grande_muraille_verte au Sahel : entre ambitions globales et ancrage local [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The great green wall in Sahel : from global to local ambitions
    Géraud Magrin et Christine Raimond

    La région du lac #Tchad face à la crise #Boko_Haram : interdépendances et vulnérabilités d’une charnière sahélienne [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The Lake Chad region and Boko Haram crisis : links and vulnerability of a sahelian hinge
    Anne Bouhali

    Les places marchandes du #made_in_China au #Caire et à# Oran : #mondialisation et transformations des espaces et des pratiques de consommation [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The marketplaces of made-in-China goods in Cairo and Oran : globalization and transformations of consumption spaces and practices
    Nora Mareï et Olivier Ninot
    #Chine #Chinafrique

    Entre Afrique du Nord et de l’Ouest, les #relations_transsahariennes à un moment charnière [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Between north Africa and west Africa : trans-Saharan relations at a key moment
    Alice Franck

    L’échec de la partition d’un État à la charnière entre monde arabe et Afrique subsaharienne : le cas du #Soudan [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    The failure of the partition of a pivotal State between the arab world and sub-saharan Africa : the case of Sudan
    Raphaëlle Chevrillon-Guibert et Géraud Magrin

    Ruées vers l’#or au #Soudan, au #Tchad et au Sahel : logiques étatiques, mobilités et contrôle territorial [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Gold rushes in Sudan, Chad and the Sahel : state logic, mobility, territorial control
    Laurent Gagnol
    #extractivisme #mines_d'or #mines

    Marginalité, spécificités et instabilité du #tourisme saharien [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    Marginality, specificities and instability of Saharan tourism
    Pierre-Arnaud Chouvy

    Du #kif au #haschich : évolution de l’industrie du #cannabis au #Maroc [Texte intégral disponible en juillet 2019]
    From kif to hashish. the evolution of the cannabis industry in Morocco

    #drogues


    https://journals.openedition.org/bagf/2953
    #revue

  • Eric Fassin : « L’#appropriation_culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de #domination »

    Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.

    Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais #Jamie_Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois #Robert_Lepage, #Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».

    Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
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    D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?

    Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « #colonialisme_culturel ». Au début des années 1990, la critique #bell_hooks, figure importante du #Black_feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.

    Un regard « exotisant »

    Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de #Paris_Is_Burning, un film #documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice #Jennie_Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’#appropriation_symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

    Comment définir ce concept ?

    E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de #récupération quand la #circulation s’inscrit dans un contexte de #domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos #musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le #primitivisme_artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.

    Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?

    E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».

    En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?

    E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le #voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « #reine_berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.

    La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

    Par comparaison, l’affaire du « #riz_jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la #nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette #mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.

    Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?

    E. F. : En France, on dénonce volontiers le #communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.

    Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà #Bernard-Marie_Koltès, en opposition à #Patrice_Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « #Exhibit_B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.

    En tout cas, l’#esthétique n’est pas extérieure à la #politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les #rapports_de_pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des #femmes et des #minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).

    Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?


    https://mobile.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-
    #géographie_culturelle #pouvoir #culture #Madonna #exotisme #peuples_autochtones #film #musique #cuisine #intersectionnalité #Eric_Fassin

    • Cité dans l’article, ce numéro spécial d’une #revue :
      #Représentation et #non-représentation des #Roms en #Espagne et en #France

      Les populations roms ou gitanes, en France comme en Espagne, sont l’objet à la fois d’un excès et d’un défaut de représentation. D’une part, elles sont surreprésentées : si la vision romantique des Bohémiens semble passée de mode, les clichés les plus éculés de l’antitsiganisme sont abondamment recyclés par le racisme contemporain. D’autre part, les Roms sont sous-représentés en un double sens. Le sort qui leur est réservé est invisibilisé et leur parole est inaudible : ils sont parlés plus qu’ils ne parlent.

      Ce dossier porte sur la (non-) représentation, autant politique qu’artistique et médiatique, des Roms en France et en Espagne des Gitanxs (ou Gitan·e·s) ; et cela non seulement dans le contenu des articles, mais aussi dans la forme de leur écriture, souvent à la première personne, qu’il s’agisse de sociologie, d’anthropologie ou d’études littéraires, de photographie ou de littérature, ou de discours militants. Ce dossier veut donner à voir ce qui est exhibé ou masqué, affiché ou effacé, et surtout contribuer à faire entendre la voix de celles et ceux dont on parle. L’enjeu, c’est de parler de, pour et parfois avec les Gitan·e·s et les Roms, mais aussi de leur laisser la parole.

      https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2018-1.htm

    • Au #Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire

      Tout est parti d’un éditorial dans Write, revue trimestrielle de la Writers’ Union of Canada (l’association nationale des écrivains professionnels) consacrée pour l’occasion aux auteurs autochtones du Canada, sous-représentés dans le panthéon littéraire national. Parmi les textes, l’éditorial d’un rédacteur en chef de la revue, Hal Niedzviecki, qui disait ne pas croire au concept d’« appropriation culturelle » dans les textes littéraires. Cette affirmation a suscité une polémique et une vague de fureur en ligne.

      On parle d’appropriation culturelle lorsqu’un membre d’une communauté « dominante » utilise un élément d’une culture « dominée » pour en tirer un profit, artistique ou commercial. C’est ici le cas pour les autochtones du Canada, appellation sous laquelle on regroupe les Premières Nations, les Inuits et les Métis, peuples ayant subi une conquête coloniale.
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      Des polémiques, plus ou moins importantes, liées à l’appropriation culturelle ont eu lieu ces derniers mois de manière récurrente, par exemple sur l’usage par la marque Urban Outfitters de savoir-faire traditionnels des Indiens Navajos ou la commercialisation par Chanel d’un boomerang de luxe, considéré comme une insulte par certains aborigènes d’Australie.
      Le « prix de l’appropriation »

      La notion est moins usitée pour la création littéraire, où l’on parle plus volontiers « d’orientalisme » pour l’appropriation par un auteur occidental de motifs issus d’une autre culture. Mais c’est bien cette expression qu’a choisie Hal Niedzviecki dans son plaidoyer intitulé « Gagner le prix de l’appropriation ». L’éditorial n’est pas disponible en ligne mais des photos de la page imprimée circulent :

      « A mon avis, n’importe qui, n’importe où, devrait être encouragé à imaginer d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres identités. J’irais même jusqu’à dire qu’il devrait y avoir un prix pour récompenser cela – le prix de l’appropriation, pour le meilleur livre d’un auteur qui écrit au sujet de gens qui n’ont aucun point commun, même lointain, avec lui ».

      Il y voit surtout une chance pour débarrasser la littérature canadienne de sa dominante « blanche et classes moyennes », dénonçant la crainte de « l’appropriation culturelle » comme un frein qui « décourage les écrivains de relever ce défi ».

      Le fait que cette prise de position ait été publiée dans un numéro précisément consacré aux auteurs autochtones a été perçu comme un manque de respect pour les participants. L’un des membres du comité éditorial, Nikki Reimer, s’en est pris sur son blog à un article « au mieux, irréfléchi et idiot, au pire (…) insultant pour tous les auteurs qui ont signé dans les pages de la revue ».

      « Il détruit toutes les tentatives pour donner un espace et célébrer les auteurs présents, et montre que la revue “Write” n’est pas un endroit où l’on doit se sentir accueilli en tant qu’auteur indigène ou racisé. »

      La Writers’ Union a rapidement présenté des excuses dans un communiqué. Hal Niedzviecki a lui aussi fini par s’excuser et a démissionné de son poste, qu’il occupait depuis cinq ans.
      Un débat sur la diversité dans les médias

      Son argumentaire a cependant dépassé les colonnes du magazine lorsque plusieurs journalistes ont offert de l’argent pour doter le fameux « prix ». Ken Whyte, ancien rédacteur en chef de plusieurs publications nationales, a lancé sur Twitter :

      « Je donnerai 500 dollars pour doter le prix de l’appropriation, si quelqu’un veut l’organiser. »

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      D’autres figures de la presse canadienne, comme Anne Marie Owens (rédactrice en chef du National Post), Alison Uncles (rédactrice en chef de Maclean’s Magazine), deux éditorialistes du Maclean’s et du National Post, entre autres, se sont dits prêts à faire de même. Quelques heures plus tard, une poignée d’entre eux se sont excusés, dont Anne-Marie Owens, qui a déclaré qu’elle voulait simplement défendre « la liberté d’expression ».

      Comme le débat a débordé sur les réseaux sociaux, des lecteurs anonymes s’y sont invités pour dénoncer l’attitude de ces pontes du journalisme. « Imaginez, vous êtes une personne de couleur qui étudie le journalisme, et vous voyez les trois quarts de vos potentiels futurs chefs tweeter au sujet d’un prix de l’appropriation culturelle », grince une internaute.

      Pour les journalistes issus des minorités, l’affaire a également rappelé à quel point les médias manquent de diversité. Sur Buzzfeed, Scaachi Koul écrit : « Je n’en reviens pas d’avoir à dire ça, mais personne, dans l’histoire de l’écriture littéraire, n’a jamais laissé entendre que les Blancs n’avaient pas le droit de faire le portrait d’autochtones ou de gens de couleurs, en particulier dans la fiction. Franchement, on l’encourage plutôt. » Elle poursuit :

      « S’abstenir de pratiquer l’appropriation culturelle ne vous empêche pas d’écrire de manière réfléchie sur les non blancs. Mais cela vous empêche, en revanche, de déposséder les gens de couleur, ou de prétendre que vous connaissez leurs histoires intimement. Cela vous empêche de prendre une culture qui n’a jamais été à vous – une culture qui rend la vie plus difficile pour ceux qui sont nés avec dans le Canada d’aujourd’hui à majorité blanche – et d’en tirer profit. »

      sur le même sujet Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?
      « Faire son numéro »

      Helen Knott, l’une des auteurs d’origine indigène dont le travail était publié dans la revue Write a raconté sur Facebook, quelques jours après, une étrange histoire. Contactée par la radio CBC pour une interview à ce sujet, elle est transférée vers quelqu’un qui doit lui poser quelques questions avant l’antenne. Elle entend alors les journalistes se passer le téléphone en disant, selon elle :

      « Helen Knott, c’est l’une de ceux qui sont super énervés par cette histoire. »

      « Précisément, la veille, dans une autre interview, raconte Helen Knott, j’ai rigolé avec le journaliste en lui disant que, contrairement à une idée largement répandue, les autochtones ne sont pas “super énervés” en permanence. »

      Au cours de cette pré-interview, elle dit avoir eu a le sentiment grandissant qu’on lui demandait de « faire son numéro » pour alimenter un « débat-divertissement-scandale ». « Je suis quelqu’un d’heureux et mon droit à être en colère quand la situation mérite de l’être ne me définit pas en tant qu’individu », explique-t-elle.

      « C’est tout le problème de l’appropriation culturelle. Les gens utilisent notre culture pour leur propre profit mais peuvent se désintéresser ensuite de nos difficultés à faire partie de la communauté autochtone, de la politisation continuelle de nos vies, des événements et des institutions qui viennent tirer sur la corde de notre intégrité et de notre sens moral, et qui exigent que nous répondions. Aujourd’hui, j’ai refusé de faire mon numéro. »

      En 2011, les autochtones du Canada représentaient 4,3 % de la population. Ils concentrent le taux de pauvreté le plus élevé du Canada et sont les premières victimes des violences, addictions et incarcérations. En 2016, une série de suicides dans des communautés autochtones de l’Ontario et du Manitoba avaient forcé le premier ministre, Justin Trudeau, à réagir. Sa volonté affichée d’instaurer une « nouvelle relation » avec la population autochtone est critiquée par certains comme n’ayant pas été suivie d’effet.

      https://mobile.lemonde.fr/big-browser/article/2017/05/16/au-canada-la-notion-d-appropriation-culturelle-suscite-la-polemique-d